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 L'ombre est une lumière pour l'ombre [ft J]

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Miyavi Kyomu

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MessageSujet: L'ombre est une lumière pour l'ombre [ft J]   Mer 22 Juil - 0:12




   
Un guitariste fait un mauvais équilibriste


   
Clink

Je lève les yeux au ciel. Je suis musicien, pas jongleur, et en cet instant précis, cela saute aux yeux. Les jambes à demi-pliées, le dos cambré, calé contre le mur le plus proche pour m’aider à descendre, un bras libre qui essaye désespérément d’attraper la clé qui vient de tomber, l’autre, chargée de dossiers et de boissons chaudes, le casques et les viennoiseries coincés sous le bras…J’offre sans aucun doute un spectacle clownesque.

Il est tôt, mais je sais qu’il sera réveillé et puis, je peux l’entendre bouger de l’autre côté de la porte. Je récupère enfin les clefs — YEEEEAAAAHHH— et j’avance pour toquer.

Frrfrrrffrrrshh

Je ferme les yeux alors que la porte s’ouvre sur les dossiers qui viennent de retrouver le sol.

FLASH BACK

La porte se ferme. Je n’ai pas envie d’être ici. D’abord, je trouve cela stupide. À quoi bon surveiller un type en fauteuil roulant ? Craignent-ils vraiment qu’ils prennent ses jambes à son cou ? Mauvais choix d’expression, quoiqu’il traduise plutôt bien le ridicule de la situation. De plus, je n’aime vraiment pas l’idée d’être confronté à quelqu’un qui connaît si bien Mick. IL y a plusieurs raisons à cela. Déjà, ça me rappelle Chad et la douleur que je lui ai infligé, celle que je me suis infligée. Cela me rappelle leur couple, qui se porte sans doute bien mieux maintenant. Et puis s’il me reconnait, que va-t-il penser de moi ? Enfin, ça encore, je m’en fiche un peu. Ce qui me gêne c’est que sa présence ici mette Mick et Chad en danger. Sans nouvelle de ce type, ils vont forcément rappliquer. J’espère juste que ce ne sera pas trop tôt car ils feront sauter ma couverture à coup sûr. Et ça, c’est dans l’éventualité où James lui-même ne fiche pas tout en l’air avant ! Décidément, sa présence ici n’a rien d’encourageant. Et encore une fois, à quoi ça sert de le surveiller ?!

*Si tu as peur de t’ennuyer, on peut toujours tester sa résistance à la douleur. *

Mon sang se glace. C’est impossible, absolument impossible. Il est mort lorsque Jay et moi avons retrouvé notre liberté.

*Mort ? Mais enfin, je ne peux pas mourir. Je suis toi, bougre d’âne. Et tu crois vraiment être libre ? Pauvre imbécile, ce n’est qu’une illusion. Tu ne seras jamais libre. Regarde-toi ! Tu reviens de toi-même dans leurs pattes. Tu es pathétique. *

Tais-toi ! Je suis là pour…

*Ta sœur ? Chad ? Mick ? J’en ai assez de tes excuses de gosses. Tu as peur. Pauvre petit chaton. Tu es minable. Où est passé le guerrier ?*

Tu ne penses qu’au sang.

*Je ne pense qu’à survivre et comme je trouve que cela n’est pas assez, je m’arrange pour y trouver du plaisir, voilà tout.*

Je te hais.

*Merci, cela me va droit au cœur. Oh, regarde, notre ami à roulette a un téléphone !*

Que…Non !

—     «  Mais qu’est-ce que tu fais ?! Non content de les mettre en danger en te laissant capturer tu veux voir leur mort arriver plus vite ?! Ces types ne rigolent pas, ils vont te mettre en pièces…ils vont me faire te mettre en pièces !

TOCTOC


Que…

—     «  Appelle le patron, notre ami a mal été fouillé. »

Quoi ? Non, non, non, non, non, NON ! Shadowcat, depuis quand es-tu là ? Depuis quand pour avoir la force de….

*De quoi, Te posséder sans que tu ne t’en rendes comptes ? Sans que tu ne puisses rien y faire ? Mon pauvre chaton, tu es si faible en ce moment que la manipulation est un jeu d’enfant. Et pour répondre à ton autre question, je ne t’ai jamais quitté. Ce petit saligaud de Kanima a réussi à me museler pendant quelques temps, mais il a relâché sa prise depuis qu’il est revenu vers toi. Depuis que tu es avec le joli blondinet en costard. Il n’y peut rien, il est conditionné à se montrer…l’appel du maître.*

Quoi ? Je ne comprends rien. Tu…

*Je te l’ai dit, je ne t’ai jamais quitté. Je dois l’avouer, il est sexy. Mais franchement ? Tu me dégoûtes ! Tu ne seras jamais rien d’autre qu’un pantin et que tu puisses te perdre dans l’illusion de ta liberté ne te rend que plus affligeant et misérable. Tu ne seras jamais libre. Mets-toi ça dans le crâne !*

Je suis terrifié, s’il est là, il…

*Je n’aime pas ces types. Ils me prennent pour un esclave. Je ne te grillerai pas…pas si tu me laisses m’amuser !*

Pas avec James. Je ne te laisserais pas le toucher.

*Tu ne lui en veux pas d’avoir prévenu Mick et Chad ? Il les a mis en danger.*

Il est important pour Mick, donc pour Chad. Je dois le protéger.

*Tu sais qu’ils vont vouloir le faire parler…*

Nous sommes coupés par l’arrivée de mes supérieurs. Je reste impassible mais intérieurement c’est la panique et je suis quasiment sûr que Goran peut le sentir. Je n’ai même pas parlé à James, trop occupé que j’étais par le retour à la surface de Shadowcat. L’ami de Mick a dû me prendre pour un fou. Je ne pense pas avoir parlé à voix haute mais je ne peux l’affirmer avec certitude. Après tout, Shadow a bien réussi à prendre possession de mon corps sans que je m’en aperçoive.

Ils font venir celui qui a fouillé James. Il a commis une erreur et si j’en crois les regards qui se tournent vers moi, il va en payer le prix. Ses yeux s’emplissent d’une certaine peur et il serre les dents. J’ai déjà eu à remplir ce genre de mission et ils savent tous que je ne suis pas tendre. Mais Shadowcat est là maintenant et bientôt, ce sont des regards de terreurs qui apparaîtront.

*Oh oui !*

Goran reporte son attention sur James et le téléphone qui est tendu à Noah. Je l’observe tandis qu’il bidouille l’appareil. Son cœur ne bouge pas d’un poil. Il affiche une mine contrariée, et pourtant son cœur n’a pas eu le moindre tressaillement d’agacement, si ce n’est peut-être, une infime pointe d’excitation ? L’instant d’après, un flash émane du téléphone et Noah nous annonce qu’une sécurité a fait griller le système avant qu’il n’y ait eu accès. Son cœur ne bouge pas, celui de James si. Il se reprend vite, mais…était-ce de la surprise ? Personne ne le remarque, c’est une chance. Ce qui l’est moins, c’est la suite. Je dois lui faire payer son insolence… Tous me laissent seul, avec James. Seul Noah décide de rester. Après James, il faudra que j’aille voir l’homme de main qui l’a mal fouillé.

*Laisse-moi faire.*

Non.

*Tu ne veux pas lui faire du mal. Moi, ça ne me dérange pas.*

Tu le tuerais.

*Aller, s’il te plaît ?!*

Non !

*Je peux le faire même si tu ne veux pas, tu sais ? *

Je t’en prie, non.

*D’accord, mais seulement si je peux m’occuper de l’autre.*



*Miya, j’ai besoin de me défouler. Alors ? Attention, l’offre ne tiendra pas longtemps. Je peux aussi bien m’occuper des deux, ainsi que de ton blondinet chéri quand il viendra.*

D’accord !

*Je veux ta parole.*

Ça change quelque chose, tu es en moi, tu sais que je te laisserai faire.

*Mais c’est bien plus amusant de l’entendre.*

Je te donne ma parole. Je te laisserai te charger de l’autre type, si tu me laisses James.

*Ok ! Alors entre en scène chaton, Ice-blondi te regarde.*

Je regarde Noah et j’inspire profondément avant de m’approcher de James. Je ne dis rien, mais mon regard s’excuse pour ce que je m’apprête à faire. Je vais le frapper. Il va souffrir, mais il sera en vie et ne subira que des coups. Je ne peux pas en dire autant du suivant. Je ne peux pas dire que les coups me font mal autant qu’à lui, mais je souffre d’avoir à faire cela. J’essaye d’y mettre le moins de force possible, mais cela doit rester crédible. Je sais que je suis surveillé.  Lorsque nous arrivons dans l’autre cellule, l’homme de main qui s’apprête à recevoir son châtiment pour avoir mal fouillé James me défis du regard. Il me dit qu’il ne criera pas, que mes petits coups ne le détruiront pas. Qu’il sait qu’il restera en vie car je ne suis pas capable de tuer. Je le regarde avec toute la pitié dont je suis capable dans mon regard, car j’ai pitié de lui. Je lui murmure que je suis désolé, puis je laisse Shadowcat rendre le dessus. L’homme voit mon regard et ma posture changer. Il aperçoit ce sourire malsain qui orne toujours le visage de Shadowcat, et il comprend qu’il n’y survivra peut-être pas finalement. Un hurlement de terreur lui échappe avant même que Shadow le touche, car on ne peut que hurler lorsque le démon nous apparaît.

Lorsque j’ouvre à nouveau la cellule de James, je suis bien moi et je dépense beaucoup d’énergie pour faire taire Shadwcat. Je nettoie les plaies de James et passe un ongue réalisée selon la recette d’une amie de Noah. Noah est de mon côté. Noah est à mes côtés.

—     «  Pourquoi les as-tu prévenu. Ils vont venir. Tu les as mis en danger. Tu nous as mis en danger. Chad finira forcément par faire tomber ma..

—     « Miya, me rappelle Noah.

Rien ne doit être dit de compromettant. Mais notre simple présence ici n’est-elle pas compromettante en soi ? Je nettoie ses plaie avec autant de douceur que je le peux. J’ai dû frapper fort pour être crédible, même si c’est loin de ce dont je suis réellement capable. J’essaye d’aspirer son mal, mais le kanima que je suis n’y parvient pas. Je n’existe pas pour soigner mais pour tuer et quand je vois les blessures que je lui ai faites, je sais que cela ne changera jamais.

—     «  Je suis désolé. »

FIN Flash back

Quand je rouvre les paupières, je vois deux mains tendues pour me débarrasser des boissons et du casque avec le paquet de la boulangerie. J’aperçois un sourire moqueur et je réponds avec une moue boudeuse mais je lui confie toute de même mon « borda » avant de m’agenouiller pour ramasser les feuilles sauvages.

Quand je repense à nos premières collaborations, je pense pouvoir dire que nous avons su nous apprivoiser l’un l’autre. Si l’on met les rencontres formelles, en présence de Mick et Chad, je ne connaissais pas James, et je m’attendais sincèrement à me faire jeter. J’avais décidé de lui demander de l’aide avant la grande révélation de Chad. En fait, c’est même Noah qui m’avait convaincu d’oser. Il savait que James était le plus à même de m’aider. Il faut dire aussi que le choix des individus était restreint. Impossible de demander à un membre de la meute. Jay et les Winchester étaient trop loin et trop occupés. Noah m’aider quand il venait, mais il était de plus en plus impliqué dans la meute de Boston. Il n’y avait que James. Et pour être honnête, ça m’allait bien. Même si je craignais franchement d’être repoussé, j’ai toujours eu une image de lui comme étant un élément neutre. Même s’il aide Mick il me semble être juste et plutôt objectif. Évidemment, son lien avec Mick le rend… moins objectif — ce n’est pas une critique, c’est normal— mais au moins, il est franc. Je savais en allant le voir que s’il ne désirait pas m’aider, il l’aurait dit sans détour. Il a accepté.

Depuis, je vais le voir. Au début, je ne voulais pas le gêner alors j’y allais une fois par semaine, puis c’est passé à deux et ça n’a cessé d’augmenter. Aujourd’hui, je me rends chez James dès que je le peux. Je crois qu’il apprécie ma présence, sinon, il me l’aurait dit, enfin, je l’espère.

Me voilà donc aujourd’hui, les bras chargé du petit déjeuner et de dossiers récemment décryptés par Noah et de mon casque de moto. Alors que j’entre dans l’appartement, je grogne contre Ruby qui refuse de me voir prendre la moto sans casque.

—     «  Comme si je risquais de mourir dans un accident de moto…

Je pose les feuilles sur la table et James me demande ce que contiennent les dossiers.

—     «  Je ne sais pas. J’ai passé ma soirée à décrypter le mot de Noah… »

Oui, je lis mieux, mais cela me demande énormément de temps. Par chance, j’ai une mémoire exceptionnelle ce qui me permet de mettre les données en relation.
   
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James R. Kelley

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MessageSujet: Re: L'ombre est une lumière pour l'ombre [ft J]   Mer 22 Juil - 8:22


06/13/2015 – 08:23 AM

L’appartement est calme. Hormis une table jonchée de documents, il parait inhabité tant il est en ordre. Ma condition m’empêche de faire ce qui semble évident dans le quotidien. Le lit est fait et la salle de bain rangée. Pour le reste, je n’en ai pas vraiment l’utilité. Je ne cuisine pas car les odeurs m’indisposent. Je préfère le côté pratique des repas livrés à domicile.

Seul le bruit des touches de mon clavier vient rompre le silence. Ça et un fracas contre la porte. À cette heure, il n’y a que Miyavi pour venir me rendre visite. D’habitude, je le laisse entrer, étant incapable d’aller l’accueillir avant qu’il ne franchisse le seuil. Mais, je vais ouvrir la porte découvrir les feuilles qu’il venait de faire tomber par paquet sur le sol.

Bien qu’il ait l’apparence d’un adolescent, Miyavi est beaucoup plus complexe qu’il ne parait au premier abord. Nous partageons au moins un point commun, celui d’être dans l’ombre d’un autre. Et c’est sans doute ce qui nous a rapprochés. Ce n’est pas que nous nous plaignons de notre condition mais parfois, il est bon de se sentir compris. Et puis, il représente un point d’attache. Une autre carte dans une main discrète.

La première fois que j’avais vu Miyavi avait été rude. Après mon kidnapping, j’avais été emmené à Boston, comme je l’ai appris plus tard. On m’avait arraché la cagoule qui me masquait le visage et un japonais me faisait face. Il était jeune, ce qui avait remué bon nombre de questions sur les circonstances de mon enlèvement. Toutefois, mon amitié avec Mick en était la cause première. Je l’avais compris à la seconde où ces types avaient fait irruption.

03/22/2014 – 07:12 AM

J’ai le dos et les avant-bras douloureux, mes jambes qui sont insensibles m’empêchent de bouger convenablement. Je suis plongé dans le noir puisqu’une cagoule me cache le visage. Je me sens balloté à l’arrière d’un van tout ce qu’il y a de plus inconfortable. La peur et la honte s’ajoutent à cette sensation d’être désorienté. Je me sens comme un chien aux abois, rampant au sol pour supplier sans dignité.

On me place avec violence sur un fauteuil roulant, entravant mes mains derrière mon dos. Ils n’avaient pas besoin de m’attacher, car si je sortais de ce fauteuil, je tombais à plat ventre sans aucun moyen de m’enfuir.

Avant qu’on me permette de voir où je me trouve, je sens qu’on glisse furtivement quelque chose entre mes doigt. Je serre le poing sur ce que je reconnais comme étant un téléphone. Je ne sais pas qui, mais il semble que quelqu’un veuille m’aider.

C’est un regard dur qui m’observe ensuite tandis que j’essaie de rester immobile. Même si je devine son attention fixé sur moi, j’ai l’impression que mon geôlier a l’esprit ailleurs. Mes articulations craquent quand j’essaie d’actionner les touches du téléphone. Je n’ai pas besoin de le voir pour connaitre les touches du clavier et composer le bon numéro. Celui de Mick. Qui d’autre pourrait se soucier de ma sécurité.  Cela n’aurait pas dû se passer comme ça.

- Mais qu’est-ce que tu fais ?! S’écrit le japonais. Non content de les mettre en danger en te laissant capturer tu veux voir leur mort arriver plus vite ?! Ces types ne rigolent pas, ils vont te mettre en pièces…ils vont me faire te mettre en pièces !

Je trésaille mais ne lâche pas l’appareil, je tente à la hâte de recomposer le numéro. Lorsque la porte s’ouvre, c’est une voix différente qui s’exprime, pas nécessairement son timbre mais sa détermination.

- Appelle le patron, notre ami a mal été fouillé, déclare-t-elle.

Puis le japonais écarquille les yeux, comme s’il venait de marcher sur une braise chaude, il lutte, comme pour surpasser la douleur. Il se redresse légèrement quand des hommes entrent dans la petite pièce où j’avais été placé. Celui qui fait figure d’autorité est large d’épaules, il s’exprime peut mais observe l’autre adolescent qui est à ses côtés. Celui-ci essaie de collecter des informations dans le téléphone qu’on m’avait repris des mains. Quelques secondes plus tard, la mémoire de l’appareil part littéralement en fumée. Un flash, dégageant de la chaleur, s’assure que personne ne puisse remonter vers Mick dont j’avais composé le numéro.

- C’est inexploitable, dit le blond. Les circuits ont tous grillés.

Lorsque les supérieurs quittent la pièce, j’ai l’intime conviction qu’ils savent que je suis entre des mains expertes. L’adolescent qui a tout l’air d’un petit génie et le japonais me fixent. Ce dernier finit par s’approcher avec une lueur particulière dans le regard. Comme un semblant de compassion.


06/13/2015 – 08:25 AM

Miyavi avait été violent avec moi, mais à présent je sais qu’il avait dû protéger sa couverture en me faisant payer ma tentative de communiquer avec quelqu’un de l’extérieur. Le cri de l’homme situé dans la pièce à côté de celle où j’avais été retenu prisonnier m’avait fait comprendre que j’aurais pu subir bien pire. Ainsi, quand je vois l’air penaud de Miyavi devant la conséquence de sa maladresse, je ne peux m’empêcher de penser qu’il est très différent de celui que j’avais vu aux premiers abords. J’affiche un sourire taquin en tendant les bras pour récupérer le petit déjeuner qu’il a pu sauver ainsi que son casque de moto. Il s’empresse ensuite de ramasser les documents que j’ai évité de froisser en approchant avec mon fauteuil. L’habitude permet parfois d’oublier ma condition, les années rendent moins difficile mon handicap à défaut de ne jamais chasser la rancœur.

- Comme si je risquais de mourir dans un accident de moto…Râle-t-il contre les recommandations de Ruby, l’alpha de la meute de Chad, et par extension celle de Mick.

Miyavi finit par poser les feuilles sur la table.

- Qu’est ce que tu as trouvé ? Demande-je en prenant place.

- Je ne sais pas. J’ai passé ma soirée à décrypter le mot de Noah…

Il a de grandes difficultés pour lire, parce qu’on ne lui a pas appris. C’est l’une des raisons qui l’ont poussé à demander mon aide. La principale étant qu’il n’avait personne d’autre vers qui se tourner. Je n’avais pas refusé mon soutien. Je sais que c’est grâce à lui que j’ai découvert de précieux indices sur ce qui fait l’objet de mes recherches depuis longtemps déjà. Plus qu’un allier, il sera un alibi. Et si je suis occupé, ça me donne une excuse pour rester dans cette tour d’ivoire, guidant ceux qui contrairement à moins peuvent passer à l’action.

Je saisis l’ordinateur portable et referme les dossiers sur lesquels je travaillais avant qu’il arrive.

- Tu étais sur des recherches pour Mick ? M’interroge-t-il.

- Oui mais ne t’inquiètes pas je t’ai promis de t’aider, je le ferrai, dis-je.

Il me remercie sans évoquer davantage mon ami ni son compagnon. Car ça le blesse. Ça l’a toujours blessé.

03/22/2014 – 10:47 AM

- Pourquoi les as-tu prévenus ? S’exclama-t-il. Ils vont venir.

Alors que les hématomes me lancent, je me mets à penser : c’est bien le but malheureusement. Mais dans combien de temps Mick allait-il arriver ?

Quand la porte s’était ouverte, j’avais sursauté lorsque javais reconnu celui qui m’avait frappé. Mais à présent, il entreprend de nettoyer mes blessures.

- Tu les as mis en danger, continue-t-il. Tu nous as mis en danger. Chad finira forcément par faire tomber ma…

- Miya, lui rappelle le blond qui l’a accompagné.

Ainsi donc, cet adolescent qui semble regretter les ordres qu’il a exécutés s’appelle Miya. Je note la familiarité avec laquelle il s’est adressé à lui.

Lorsque la serviette humide a suffisamment épongé mon sang, le tortionnaire repenti passe ses doigts enduits d’onguent sur mes plaies.

- Je suis désolé, finit-il par dire.


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Miyavi Kyomu

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MessageSujet: Re: L'ombre est une lumière pour l'ombre [ft J]   Jeu 20 Aoû - 1:00




   
Remember


   
Misérable petit pion stupide.

Il aimait m’appeler ainsi. Et après coup, je crois qu’il n’était pas si loin de la vérité. Shadowcat était bien plus conscient de la réalité de notre vie que je ne le serais sans doute jamais. À ce moment-là, je l’ignorais, mais c’est lui qui a donné ce téléphone à James. Nous avons beaucoup parlé de ce qu’il s’est passé et c’est ce qu’on en a déduit. Shadowcat était vraiment tordu. Que cherchait-il vraiment à faire quand il a donné ce téléphone à James ? James m’a pardonné les coups que je lui ai donné alors moi je ne me le pardonne toujours pas. Cette expédition était stupide. C’est clair. Mais je ne peux la regretter, pas après ce que j’ai découvert. Et puis, après coup, je me demande si je n’essayais pas inconsciemment de me défaire de l’emprise du maître en m’éloignant de Chad. Ni lui ni moi n’en étions conscient, mais Shadwcat le savait, je le sais, il savait que Chad était un Argent et qu’en tant que tel il avait une emprise sur moi, même inconsciente. Je ne dis pas que c’est ce qui m’a poussé à l’aimer. Je l’ai aimé de tout mon cœur, je l’aime encore. Mais peut-être est-ce ce qui m’a empêché de rompre alors que l’évidence était là…

J’ai appris à connaître James. Lorsque j’étais à Boston, je ne le voyais que comme l’homme de main de Mick, ou un deuxième cerveau dédié à la recherche du passé du blond. Je ne le voyais que comme l’homme qui allait attirer Mick et Chad à Boston parce qu’il était faible. Mais James est loin d’être faible. Il ne peut marcher mais son esprit est fort. Il faut être fort pour vivre dans l’ombre d’un autre par dévotion et rester malgré tout soi-même. Noah l’adore lui aussi. Quand ils sont tous les deux ils se lancent des défis informatiques. Ils me font trop rire à déblatérer leur jargon incompréhensible de port, de BUS et de code, de veracrypte et autre enigmail.

James m’aide à récupérer ma bêtise en prenant sur lui le petit-déjeuner et mon casque puis je ramasse les documents éparpillés que je vais déposer sur la table. Je reconnais sans peine les nombres maintenant, même si j’ai un peu de mal quand il y en a trop d’alignés. Je peine encore à déchiffrer les contrats de la maison de disque mais James et Noah m’aident. En tout cas, je suis capable de remettre les pages — que Noah a numérotées— dans l’ordre. Mais je ne sais pas vraiment ce qu’il y a dans le dossier. Je mets encore du temps à déchiffrer les lettres de Noah. Il ne les fait plus aussi simple qu’avant pour que je progresse. Et comme je bossais hier, je ne m’y suis attelé que tard dans la soirée.

James se contente d’hocher la tête. Depuis le départ de Mary-Jaycee c’est grâce à Noah et James qui m’aident. Au début, c’était Noah, mais il fait partie de la meute de Nathan et de fil en aiguille, c’est James qui a commencé à m’aider. Lui qui sait déchiffrer des lignes qui ne sont composées que de mots et de chiffres est peut-être bien le plus à même à m’aider à comprendre ce qui semble facile à tous. Il ne me lâche pas et me donne des exercices de plus en plus durs. Mais je progresse. Aurait-il accepté de m’aider même sans cette information que je lui ai apportée ?


FLASH BACK

Je joue avec mon piercing à la langue. Oui, je l’ai remis. J’ai l’esprit occupé en ce moment et je cherchais mon piercing dans mes TIC de stress. J’hésite. Est-ce vraiment une bonne idée ? Il va surement me jeter. Surtout avec ce qu’il s’est passé. À cause de moi, Chad a aussi rompu avec Mick. Et en plus, j’ai essayé de tuer Mick. Enfin, je ne voulais pas le tuer, mais j’ai vu rouge en comprenant que l’enlèvement de Jaycee avait rapport avec ce qu’il a vécu. Il n’y est pour rien. Il est une victime lui aussi. Mais j’ai perdu mon sang froid. J’ai du mal à me contrôler en ce moment. La mort de Shadowcat a laissé un vide étrange que je ne sais pas comment gérer. Et maintenant, il faut que je gère avec le vide qu’a laissé Chad. Ah mer*de !

Je porte mon bras à mon visage pour essuyer les larmes qui m’échappent. Je suis encore à fleur de peau, mais je dois donner ces données à James. Je ne sais pas pourquoi mais Shadowcat a dû intimer un blocage sur la transformation de Nineko qui a tenu même après sa mort. Je me suis transformé peu après la rupture, une transformation quasi complète. Et j’ai enfin pu récupérer la carte SD que j’avais planqué dans ma queue de panthère. Comme promis, je l’ai envoyé à Noah d’abord. Il m’a ramené la carte hier. C’est lui qui m’a dit de venir voir James. Il m’a rappelé que c’était pour ce type d’informations que j’avais risqué ma vie et mes relations en allant à Boston. J’ai tenté toutes les argumentations par simple peur de croiser Mick ou le regard plein de reproche que portera surement James, mais les arguments de Noah étaient meilleurs et du coup, je me retrouve là, comme un glandu, la main levée devant une porte que je n’ose frapper. Je soupire, baisse la main et pose mon front contre le bois.

Un clique aurait dû attirer mon attention, mais je suis trop occupé à me morfondre et lorsque la porte s’ouvre, je perds l’équilibre précaire que je conservais grâce à la force de la surface verticale et je me vautre sur…oh…Oups. Moi et mes entrées remarquables, décidément… J’éloigne mon visage de la zone privée de mon hôte qui m’aide comme il peut à me relever. En fait c’est carrément plus simple de tomber au sol que sur une personne en fauteuil roulant. On tombe de plus haut mais on ne se pose pas la question de où mettre les main pour se relever…

Après démêlage de nœuds je suis enfin à nouveau sur mes pieds. Je baisse la tête en me frottant l’arrière du crâne de gêne. Il me fixe et je n’ose pas le regarder. Ce n’est pas la première fois que je lui amène des données, mais c’est la première fois depuis…la rupture, mon coup de sang… J’hésite. J’essaye de parler mais je ne sais pas vraiment quoi dire alors je plonge pas main dans ma poche et je sors la carte SD que je lui tends.

— «  Ce sont les dernières données que j’avais piquées le jour où on t’a sorti de là. Je l’avais planquée dans le corps de Nineko. Noah dit qu’il y a beaucoup d’infos susceptibles de t’intéresser.

Il prend la carte et commence à faire demi-tour.

«  James ! » Je ne voulais pas crier, mais c’était un appel de désespoir. Peu importe ma honte, le fait est….  « Il y a aussi des informations sur mon…je… Il faut que je le retrouve. Aide-moi, s’il te plaît. J’ai besoin de toi. »


FIN FLASH BACK

Il m’a aidé. Plus que je l’aurais espéré. Rien ne l’obligeait à m’aider pour mes problèmes de lecture et d’écriture mais les choses ont évolué entre nous. Il ne m’aide plus par intérêt, enfin je crois.

Il s’avance vers son ordi dont il referme les fichiers qui l’occupaient jusqu’à mon arrivée. Je l’interroge sur le sujet de ces dossiers. Mick, évidemment. Il a de la chance d’avoir un ami dévoué comme l’est James. Le rouquin me réitère sa promesse et je souris. Je le remercie sans m’éterniser sur le sujet. Si nous avons mis les choses au clair avec Chad, cette situation me fait encore souffrir. Il me faudra du temps. Rationnellement, je parviens à m’en remettre, mais côté cœur, c’est plus difficile à commander. Cette relation…elle nous a brisé tous les trois. Ils s’en sont remis, ensemble, je m’en remettrais, peut-être.

James se penche sur les dossiers que je lui ai ramenés. Il connecte la carte SD où ces dossiers sont également répertoriés pour les inclure à sa base de données. Je le regarde faire. Ses gestes sont précis. Tout semble si simple quand c’est lui qui le fait. Moi, je mets déjà trois plombes à taper les paroles d’une chanson alors faire ce qu’il fait. Ah…nop, même pas en rêve ! Non, je ne suis pas fait pour réfléchir. Je suis un homme d’action. J’exécute. C’est ainsi que j’ai été élevé…c’est en ce but que l’on m’a dressé. Un écran noir apparait et une multitude de lignes défilent tandis qu’il décrypte les données que Noah a chiffrées avec une clé qu’ils partagent pour garder ces informations confidentielles.

Je songe à ce moment à Boston. Celui où je suis passé d’infiltré à prisonnier. Entre le coup de fil et la délivrance, combien de fois suis-je entré dans la cellule de James pour le frapper ? Combien de fois suis-je entré pour le soigné ? Combien de fois ai-je croisé son regard ? Combien de mots aurai-je voulu prononcer sans le pouvoir ou sans l’oser ? N’est-ce pas à ce moment-là qui nous nous sommes liés en réalité ? En ces instants que nous avons appris à nous décrypter sans avoir à parler ?


FLASH BACK

L’urgence me gagne. Si seulement je pouvais récupérer plus de fichiers. Mon esprit est obnubilé par le regard de Chad. Shadowcat est un monstre, mais je suis celui qui lui a donné naissance. Jamais Chad ne me pardonnera, mais je peux vivre avec ça, je le peux si je parviens à leur fournir des données. Sinon, tout ça n’aura servi à rien. Je refuse cette possibilité. Je remonte le masque sur mon nez et replace les lunettes sur mes yeux. Je me redresse et adopte l’arrogance et la nonchalance de Shadowcat. Ce n’est vraiment pas facile. Je dois me contrôler pour ne pas me précipiter aux archives pour récupérer les fichiers. Quand nous y sommes enfin et que la porte est fermée, je relâche le jeu et exécute les instructions de Noah et de Goran. Je dois récupérer un maximum d’informations ! C’est capital ! Je ne comprends rien à ce que contient ou doit faire la carte SD mais je suis les ordres de Goran et ça semble marcher.

Et puis vient le moment de quitter cet endroit. Goran manipule un des gardes pour nous mener à la cellule de James. Lorsque le pantin a accompli sa tâche, Goran le tue sans remord et me laisse prendre le relais. Je m’agenouille devant James pendant que mon maître défait les liens qui enserrent ses mains à son fauteuil. Je relève les lunettes que Shadowcat affectionne tant et je plonge mon regard dans celui du roux. Son visage fin est encore tuméfié mais il peut ouvrir les yeux. Il serre les dents. Mon accoutrement est celui de Shadowcat, mais je le fixe sans ciller jusqu’à ce qu’il se défasse de cette image et se concentre sur mes yeux. Nous n’avons pas vraiment parlé pendant sa détention. Lorsque je le rejoignais dans cette pièce c’était soit pour le frapper, soit pour le soigner, mais nous n’échangions que peu. Shadowcat se serait sans doute servi de nos conversations. Mais je sais. Je sais que James peut faire la différence entre Shadowcat et moi.

James finis par hocher la tête pour confirmer qu’il est prêt à nous suivre. Goran s’agenouille devant son fauteuil et je l’aide à installer James sur son dos. Nous nous mettons en route. Je passe devant pour déblayer le chemin. Je dois éliminer nos ennemis pour que Goran puisse sortir James d’ici. Nous devons sauver James. Il est important pour Mick, donc pour Chad…Et…pour moi. C’est bizarre, je sais, mais même sans son lien avec Mick et Chad, je refuserai de le laisser ici. Quoique, je ne me serais sans doute pas lié à lui s’il n’était lié à Mick. Paradoxe !

Nous parcourons le chemin jusqu’à la sortie mais je dois rester en arrière où nous le resterons tous. Je peux sentir les pensées de Goran. Il ne veut pas me laisser là. Il veut revenir en arrière et m’aider mais s’il fait ça, nous ne sortirons pas d’ici.

«  Toi et moi, on tiendra le coup, mais James est à bout ! S’il est encore passé à tabac, il ne survivra pas. Sors-le de là ! »

Je laisse mon regard trainer sur la tête rousse qui disparaît derrière la porte puis je me tourne vers mes ennemis, la peau noire et tachetée, la queue de félin battant l’air, les griffes et les crocs prêts à déchiqueter tout ce qui tentera de passer !


FIN FLASH BACK

Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai…que nous avons compris que nous nous comprenions. Nous étions plus semblables que nous voulions l’admettre. Aujourd’hui, nous l’acceptons et ça a créé un lien entre nous difficilement descriptible.

Bon, c’est bien beau de se souvenir, mais ça ne fait pas avancer le schmilblick ! James s’est déjà mis au boulot. Je ne vais pas rester là à le regarder. Je suis plus lent, mais j’aide comme je peux. Je récupère mon casque et prend la direction de la chambre d’ami. Comme d’habitude— oui, j’ai des habitudes ici— je vais poser mon casque et ma veste et récupérer les documents que j’utilise pour aider James que nous entreposons dans un coffre dans cette chambre. Comme je commençais à venir de plus en plus régulièrement, James a proposé que j’arrête d’emmener ce tas de documents à chaque fois. Et à force, j’ai même fini par laisser une de mes guitares ici. Alors, comme à chaque fois, j’entre. Comme à chaque fois, je pose mon casque et ma veste en cuir sur le lit. Comme à chaque fois, je…

«  Whoa.

Je penche la tête sur le côté. Il sort d’où celui-là ? La vache, il est canon ! C’est possible d’avoir autant d’abdominaux ? Et des yeux bleus pareil, c’est pas humain ! Mon regard glisse. Ooooh, il a l’air très bien proportionné le beau gosse. Oui, je le mate sans vergogne. Je confirme. Je ne vais pas m’encombrer d’une chose telle que la gêne alors qu’un corps pareil se présente à moi. Ça va faire un moment que je n’ai pas eu de…moments….depuis Boston en fait… Alors si je peux me faire plaisir au moins aux yeux, je ne vais clairement pas me gêner ! Oh ! Ce sourire… Ce type pourrait carrément être le personnage beau gosse  central d’une saga ciné avec des nanas plantureuses, des voitures encore plus belles, de l’action à en faire une overdose et un scénario qui tiendrait sur le ticket cinéma, mais on s’en fout parce qu’on y va pas pour le scénar’ de toute façon !  

C’est à ce moment-là que James se rappelle avoir un occupant dans la chambre d’ami. Il me dit qu’elle est occupée. J’avais remarqué. Il m’appelle mais comme je ne réponds pas, il finit par venir me chercher en m’expliquant que je dois quitter la chambre.

«  Nan, mais je suis bien là. Je peux pas rester ?

Il peste gentiment et me tire vers le salon en levant les yeux au ciel le temps de laisser l’apollon s’habiller. Je tente le coup, prétexte que j’ai oublié un truc mais James me tire par la manche et me taquine sur le besoin de me mettre une laisse. Je tire la langue de façon tout à fait adulte et râle sur le fait qu’on ne met pas une laisse à un chat !

«  James, rassure-moi, t’es au courant que le principe, quand tu ramènes une conquête chez toi, c’est qu’elle dorme dans ton lit, pas dans celui de la chambre d’ami ?

Il me jette sa balle dé-stressante qui a la forme d’un cube dans Portal — c’est un cadeau que je lui ai fait— en pleine tête et je rigole. J’adore le taquiner là-dessus. Il me fait rire à essayer de se défendre sur ses préférences. Je les connais pertinemment et c’est ce qui rend cela encore plus drôle. Ah, voilà le beau gosse. Je le fixe avec délice. Tant pis si je passe pour un pervers ou une groupie, il est trop canon pour que je me prive ! Je ne suis certainement pas prêt à me lancer dans une relation, mais ça ne veut pas dire que j’ai l’intention de me faire moine !  Je me tourne vers James, attendant que vienne les présentations !

— «  Miya, je te présente Robin, l’ex de Mick. Robin, voici Miyavi, l’ex de Chad.
« Techniquement je suis aussi sorti avec Mick…en quelques sortes…

   
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James R. Kelley

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MessageSujet: Re: L'ombre est une lumière pour l'ombre [ft J]   Dim 6 Sep - 22:35


03/29/2014 – 10:04 AM

Les choses se sont agitées. J’ai mis du temps à comprendre qui donnait les ordres. Et qui les outrepassait. J’essaie de ne pas perdre le fil conducteur des informations que je recueille. Mon handicap ne me rend ni sourd ni idiot.

Je suis à nouveau déplacé, sans ménagement. J’entends parfois les bruits de lutte, on me murmure des avertissements qui s’apparentent davantage à des ordres. Je comprends que Mick est à Boston, sur le point de trouver le repère où je suis enfermé. Pour que les couvertures des alliés encore anonymes ne tombent pas, ils suivent le mouvement et les mêmes précautions.

Je ne sors de cet endroit sordide que lorsqu’un homme, Goran, et Miyavi interviennent. Quand le japonais entrait dans cette pièce où j’étais retenu, il me suffisait de regarder ses yeux pour comprendre s’il était lui-même ou si cette entité avait le contrôle. L’adolescent semble dans le bon camp, même si j’ai des doutes persistant à son sujet. Il parait facilement manipulable. Je garde en mémoire cette sombre réalité. Mais alors que nous pourrions prendre le risque de fuir tous ensemble, il reste en arrière et s’assure de ma propre sécurité.

- Toi et moi, on tiendra le coup, mais James est à bout ! Crie-il à l’homme qui me porte. S’il est encore passé à tabac, il ne survivra pas. Sors-le de là !

Alors je suis raccompagné dans l’hôtel où se sont rendus Mick et Chad. Je mesure l’étendu de l’inquiétude qu’ils ont ressenti. Le dialogue est houleux entre Goran et le petit ami de Mick. Je sais qu’ils évoquent celui qui m’a aidé, Miyavi. Il est clair que sa survie ne soit pas dans les priorités de Chad. J’observe avec une envie irrépressible les documents qui viennent d’être jetés sur le lit. Ils concernent Mick, la réponse y est peut-être. Chad se lève d’un pas vif et s’approche de moi. Suffisamment près pour que je sente une certaine colère animer ses moindres gestes. Je sais ce qu’il est. Toutefois, lorsque qu’il me saisit le bras, j’éprouve sur le moment une incroyable sensation de bien-être. Revigoré, je lui adresse un remerciement silencieux. Mick hésite un instant puis descend à la réception, me laissant seul avec son petit ami. Je comprends beaucoup de choses sur leur relation. C’est parce qu’il est lié à Mick qu’il est ici, pour l’aider, à travers mon sauvetage. Il semble perplexe alors qu’il observe Boston par la grande baie de la chambre. J’aimerais quitter cette ville au plus vite.

Je ne sous-estime jamais les capacités et les moyens de quiconque, mais malgré ça, je suis surpris par ce jet mis à notre disposition. Nous rentrons à Beacon Hills, là où la quête de Mick l’avait mené. Pour m’être renseigné auparavant sur cet endroit, je sais que cette ville est très spéciale.


06/13/2015 – 08:29 AM

Je fais le tri dans les documents que nous avons et j’entreprends de répertorier ceux que Miya vient d’amener. Je l’entends rassembler ses affaires et se diriger vers la chambre.

- Whoa, s’exclame-t-il après être entré.

Je suspends ma main au-dessus de la souris quand je comprends qu’il est tombé nez à nez avec Robin, que j’héberge depuis son arrivée il y a quelques temps. Miya s’était absenté pour enregistré un nouvel album, j’aurais dû envisager qu’ils se rencontrent plus tôt. Mais c’est en dehors de mes préoccupations habituelles.

J’entends Robin s’étirer ostensiblement et bruyamment, dépliant ses muscles.

- Salut, lance celui-ci, aucunement dérangé par l’arrivée d’un inconnu alors qu’il sort du lit à moitié nu.

- Miya, cette chambre est occupée, dis-je suffisamment fort pour qu’il m’entende.

Je me retourne et ne le voyant pas sortir de la pièce, je vais le chercher. Il est immobile comme un enfant devant un marchand de glace.

- Nan, mais je suis bien là, râle-t-il. Je peux pas rester ?

Je le tire par la manche tandis que l’ancien compagnon de Mick s’apprête à s’habiller.

- Est-ce qu’il faut que j’envisage de te mettre des œillères, et même une laisse à chaque fois que tu viendras en sa présence, préviens-je.

Il miaule presque son mécontentement en tirant la langue. C’est un comportement puéril qui contraste complètement avec la noirceur que j’avais pu entrevoir en lui à Boston.

- James, rassure-moi, commence Miya. T’es au courant que le principe, quand tu ramènes une conquête chez toi, c’est qu’elle dorme dans ton lit, pas dans celui de la chambre d’ami ?

Je lui lance la première chose qui est à ma portée. Ça l’amuse de plaisanter sur ce sujet alors qu’il connait mon orientation sexuelle pour avoir posé la question sans retenu. Robin semble s’amuser de notre dialogue lorsqu’il sort de la chambre.

Je dévisage les deux hommes qui se jaugent l’un et l’autre.

- Miya, je te présente Robin, l’ex de Mick, explique-je. Robin, voici Miyavi, l’ex de Chad.

- Techniquement je suis aussi sorti avec Mick…en quelques sortes…ajoute le japonais.

S’il y a bien quelque chose de compliqué dans la vie de ces trois-là, c’est bien leur relation. Les choses s’étaient finalement éclaircies. Chad avait choisi de rompre avec Miya et Mick, pour finalement choisir l’évidence et former un couple encore plus fort avec ce dernier. Mais ça avait blessé Miya et ce genre de blessure demande du temps.

10/02/2014 – 09:37 AM

On toque un seul coup à la porte. J’attends un instant que quelqu’un s’annonce. Très peu de personnes savent que je suis installé ici. Je n’entends rien. Je me déplace en fauteuil et m’écarte un peu avant d’actionner la poignée à bout de bras. Je ne reconnais pas immédiatement la personne qui tombe à terre et manque de se cogner le menton sur mes genoux immobilisés. J’aide l’adolescent maladroit qui finit par se relever. Je fixe Miyavi, curieux de connaitre la raison de sa présence. Il vient quelques fois m’apporter des données supplémentaires récupérées par Noah, resté à Boston. Sa mine plutôt fermée est sans doute due à la rupture douloureuse qui vient de se produire. Chad venait de le quitter lui et Mick. Ce dernier est davantage présent depuis qu’il a lui aussi été laissé de côté. Je ne lui en tiens pas rigueur et sais écouter quand il se confie. Ce qui arrive très rarement.

Miyavi reste muet et me tend quelque chose qu’il vient de sortir de sa poche. C’est une carte SD classique pourtant, à sa manière de la tenir fermement, je sais qu’elle est précieuse.

- Ce sont les dernières données que j’avais piquées le jour où on t’a sorti de là, dit-il enfin. Je l’avais planquée dans le corps de Nineko. Noah dit qu’il y a beaucoup d’infos susceptibles de t’intéresser.

Je souris à l’évocation du jeune garçon, féru d’informatique et qui continue à me transmettre des informations, parfois via Miyavi. Je l’en remercie d’un hochement de tête et fais demi-tour.

- James ! Crie-t-il. Il y a aussi des informations sur mon…je… Il faut que je le retrouve. Aide-moi, s’il te plaît. J’ai besoin de toi.
La détresse dans sa voix me fait me retourner. C’est assez surprenant venant de sa part. Je ne sais pas grand-chose de lui. Je ne connais pas bien son histoire ni ses difficultés. Il est une source d’informations importante. En retour de l’aide qu’il a apporté, je lui accorde mon attention. Je le laisse ainsi m’expliquer ce qui le tourmente et apprends à le connaitre.


06/13/2015 – 08:42 AM

Je tourne le dos à Miya et Robin, je n’écoute pas leur conversation mais je ne peux m’empêcher d’entendre. Leur rencontre est un concours de circonstances, je suis étonné de ce dont ils parlent l’un et l’autre, comparant leur implication dans le couple que forment Chad et Mick. Ils ne se connaissent pas mais se ressemblent sur plusieurs points.

- Tu dis être libre mais tu t'imposes tes propres barrières, en conclue Robin. Regarde-moi, sans attache, sans famille tout juste quelques fidèles partenaires. Je suis libre.

- Mais tu as choisi de venir aider Mick en te privant toi aussi de ta liberté, contredit le jeune chanteur. Tu contredis ton propre raisonnement.

- C'est pour une raison très précise que je suis revenu, justifie-t-il.

- Revenu ? Demande Miya au moment où cette information m’interpelle aussi.

- Réfléchis à ce que je t'ai dit. Sans attache, ils se débrouillent sans toi, non ? Achève Robin en se préparant à sortir.

Ça tombe bien que Robin quitte l’appartement. Même s’il semble avoir bien discuté avec lui, je ne pense pas que Miya veule que le sujet que je m’apprête à aborder le soit devant lui.

- Miya, j’ai trouvé quelque chose d’important, dis-je.

Il s’approche de moi et se place à hauteur de l’écran. En quelques clics de souris, le document s’affiche avec la meilleure résolution possible, nettoyé, arrangé et retravaillé dans un programme de reconstitution. Tout ça après avoir été décrypté grâce à un programme que Noah et moi avions récupéré et amélioré.

- Le feuillet est très endommagé. Il a dû être récupéré des flammes, explique-je en montrant les traces significatives de papier carbonisé.

J’effectue un zoom sur l’en-tête et recherche l’hôpital en question. Je pianote rapidement sur le clavier et je découvre qu’il a effectivement brûlé il y a plusieurs années. Ses archives sont donc précieuses. D’autant plus pour Miyavi.

- Le prénom du patient doit être Lily, commence-je. Le nom ne possède qu’une lettre à peine lisible.

- Le G pour Argent, dit le japonais qui reconnait bien l’alphabet sans savoir tout à fait lire.

- Lilly Argent ? Conclue-je en comprenant l’ampleur de la révélation.

- C’est…c’est ma mère, dit Miya en flanchant.

05/14/2015 11:47 AM

Notre extrême concentration n’est pas altérée par le téléphone qui vibre sur le bureau. Mes doigts s’agitent machinalement. Depuis mon plus jeune âge, je connais par cœur l’emplacement de chaque touche et connais toutes les combinaisons utilisables dans les nombreux programmes que j’utilise. Et ce, parfois en même temps. Noah est aussi très efficace. Il s’est rendu à Beacon Hills pour une opération délicate qu’une association en réseau aurait mise en péril. Nous sommes deux hackers passionnés, presque drogués par le désir de passer outre les protections qui bloquent l’accès aux données que nous souhaitons récupérer. Il s’agit d’un programme de cryptage anciennement utilisé par les services secrets russes. La base de ce code a été utilisée très récemment pour mettre au point un système de sécurité plus que performant.

D’une manière on ne peut plus triviale, deus voyants passent au vert tandis que le téléchargement affiche complet.

- Je l’ai ! M’exclame-je en levant les bras.

Je sens alors mes muscles endoloris. Noah, aussi extatique que moi de notre prouesse, saisit son téléphone pour écouter le message qu’on lui avait laissé.

Il se lève paniqué et sort de l’appartement quelques secondes plus tard en criant que ça a un rapport avec Miya. Quand il revient au bout d’une heure, il m’explique la situation. Si je connais la vérité sur cette branche de la famille Argent, je sais que les  liens familiaux sont parfois difficiles à assumer. Le jeune chanteur a décidé de prendre l’air pour évacuer la pression du moment. L’entrevue a été d’une extrême tension. Je place cette pièce supplémentaire dans un puzzle mental.


06/13/2015 – 10:25 AM

Je sais que Miya tend l’oreille lorsqu’il voit le nom s’afficher sur mon téléphone. Je stoppe ce que je suis en train de faire et me rend compte de la crainte dans la voix de Mick.

- James ? Chad est introuvable, s’inquiète son petit ami. On a des raisons de s’inquiéter de son état, dis-je en vitesse. Est-ce que tu pourrais…

- Localiser son téléphone, bien sûr, l’interrompe-je.

- On voudrait te solliciter aussi pour te renseigner sur un certain Buck Lancaster, continue-t-il. Il prépare quelque chose et il en sait beaucoup trop.

Je lance immédiatement une recherche avec ce nom. Les répertoires ciblés sont ceux du FBI, des organismes sociaux, de la CIA et du fichier des criminels internationaux  d’Interpole.

- Le téléphone de Chad est éteint ou il n'a pas de réseau, réponds-je. Mick, je ne peux pas savoir où il est. Mais laisse-moi un peu de temps.

Je cherche la moindre connexion de Chad à un quelconque réseau. Ainsi, je repère qu’il a effectué un transfert de données depuis l’espace sécurisé dont je lui avais parlé.

Lorsque j’annonce la teneur d’informations qu’il a enregistré, Mick est plus qu’inquiet. Je lui indique l’endroit renseigné par l’adresse IP de l’ordinateur.

Miya s’inquiète lui aussi pour son ancien amant, officiellement son cousin. Il me regarde et je lis dans ses yeux qu’il hésite à rejoindre Mick pour secourir Chad. La situation est difficile pour lui. Les minutes sont longues. Puis les quelques mots de Mick nous rassurent. Sain et Sauf.

Après plusieurs jours, je suis sans nouvelle de Miya. Mick m’a récemment fait part d’une nouvelle importante. Je savais que, tôt ou tard, il comprendrait où se trouvaient les informations qu’il avait cachées à San Francisco. C’est chose faite. Si la vie de Chad, bouleversée par le retour de sa mère, ne l’en empêchait pas, il pourrait y aller rapidement. Je me suis assuré qu’il soit prêt à trouver cette pièce majeure dans le mystère qui l’entoure.

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Miyavi Kyomu

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MessageSujet: Re: L'ombre est une lumière pour l'ombre [ft J]   Mar 29 Sep - 22:14




   
Child memories


   

Hum! Je ne m’attendais certainement pas à ça. Mon absence a-t-elle donc été si longue ? Quand diable a-t-il changé de bord ? Il aurait pu me prévenir quand même ? Et d’où il lève une beauté pareille ? Ce type est un véritable Apollon. Nan, mais je suis sérieux, c’est genre un fantasme vivant. Aaaahhh ces yeux …..Aaaaaahhhh ce sourire .……AAAAAAAhhhh ces abdoooooo ! Je cligne des yeux, plusieurs fois, vraiment, de nombreuses fois. Des images desquelles la chasteté a été bannie envahissent mon esprit. Ooooohhhhh !

J’entends James, mais….oui, oui, je vos bien qu’elle est occupée, et j’aime bien la façon dont elle est occupée d’ailleurs ! Il m’attrape par la manche pour me tirer hors de là. Je résiste pour la forme, surtout que ça n’a pas l’air de le gêner plus que ça le mannequin pour voiture, que je le mate ainsi. James se moque de moi en envisageant un attirail pour me tenir au calme.

— «  Niyyyah ! James, je suis une panthère. Une PAN-THERE, pas un canasson ni un chienchien.

De façon tout-à-fait mature, je lui tire la langue. C’est improbable la façon dont notre relation a évoluée depuis notre première rencontre à Boston. À ce moment-là, qui aurait pu deviner que nous deviendrions si proche…amis ? En retour, je le taquine sur les manières de traiter une conquête et lui aussi adopte une technique très adulte en me lançant le premier objet qu’il trouve pour me punir de mon affront. Je ris franchement. C’est agréable de pouvoir rire ainsi. Je me tourne quand le beau blond débarque dans le salon, le sourire aux lèvres.  Je le jauge, je le mate mais pas que. Le mystère reste entier et je me demande bien qui il peut être pour que James accepte de le loger.

Oh ! Ainsi, il est sorti avec Mick. Eh bien, notre mystérieux homme sans passé ne s’embête pas. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a du goût ! Je suis présenté comme l’ex de Chad et je rappelle que techniquement, je suis aussi sorti avec Mick…enfin, je crois. J’aurais pu l’aimer. J’étais malléable et amoureux de Chad. Pour lui, j’aurais pu aimer Mick. Je crois bien que je l’ai aimé en fait. Aujourd’hui, je me demande ce qui était vraiment de mon fait et ce qui était induit par ce lien de maître à Kanima auquel j’obéis dès lors que je suis en présence de sang Argent. Et Chad savait que je ne pouvais le partager sans profiter du partage…enfin, je me comprends. Alors pendant un temps, au moins officiellement, je suis sorti avec Mick…même s’il ne m’a jamais aimé, je le sais bien.

Je commence à discuter avec Robin. Je suis curieux de savoir de quand date sa relation avec Mick, combien de temps elle a duré et de quel genre elle était. Je me demande aussi comment Chad a réagi et quand Robin a débarqué. S’il a encore contact et pourquoi.  Pourquoi est-ce qu’il vit chez James aussi. Il répond, sans rechigner, à mes questions. Parfois, avec un simple sourire qui me donne envie de tester ses lèvres, parfois avec un regard empli de mystère qui en dit long sur tout ce qu’il ne dit pas. je ne sais pas pourquoi, mais j’aime bien ce type, même si au fond de moi, il y a une pointe de méfiance qui reste alerte. Appelez cela autodéfense, mais il cache suffisamment de chose pour que je ne recouvre pas cette étincelle. Il est aussi suffisamment sexy pour que je ne l’attise pas pour autant….Roo, ça va, ne criez pas au scandale, je n’attise pas l’étincelle parce que je sens que pour l’instant en tout cas, il n’est pas mon ennemi…même si j’ai vraiment du mal à statuer, je ne peux m’empêcher de bien l’aimer. Il y a une sorte de franchise dans sa façon d’être, d’oser…

D’une façon toute à fait incongrue, je livre de nombreux détails relatifs à ma vie avec le loup et son fiancée. Je me livre également sur mes sentiments, mon positionnement, mon désir de liberté. Comme c’est surprenant, d’avoir confiance aussi vite, de se sentir si…semblable, et en même temps de craindre la tromperie…le tout d’un parfait inconnu.

— « Tu dis être libre mais tu t'imposes tes propres barrières, me dis le beau gosse. Regarde-moi, sans attache, sans famille tout juste quelques fidèles partenaires. Je suis libre.

« Mais tu as choisi de venir aider Mick en te privant toi aussi de ta liberté. Tu contredis ton propre raisonnement.


Nous sommes tous liés, quoiqu’on en pense. Tous ce qu’il nous reste à faire, c’est mener l’enquête, tirer les ficelles en douceurs pour éviter les nœuds, essayer de comprendre sans froisser, sans tromper ni tout chambouler. Le moindre faux pas pourrait tout détruire. La délicatesse et l’ingéniosité est de mise dans toutes ces histoire…La patience est notre plus grande arme lorsque des forces supérieures jouent avec nous… Qi peut dire qui tire les ficelles à quel moment ?!

— «  C'est pour une raison très précise que je suis revenu, ajoute-t-il.

— «  Revenu ?


Je suis parolier, je suis que chaque mot a un sens, et celui-ci en a un qui m’asticote. De quand date sa précédente visite ? Que fait-il ici précisément ?

— «  Réfléchis à ce que je t'ai dit. Sans attache, ils se débrouillent sans toi, non ?

Ses mots sont durs, mais indubitablement, ils sonnent justes. Il a raison. Ils n’ont pas besoin de moi. Je n’ai pas ma place à leurs côtés. Il est temps que je me détache, que je me libère réellement, que j’avance….La porte se referme sur l’un des plus beaux hommes qu’il m’ait été donné de voir et je me tourne vers Jaimes.

Je me souviens de ce jour où je suis venu retrouver l’infirme pour lui confier la carte avec les derniers dossiers dérobés. La perte de Shadowcat m’avait désorienté suffisamment pour que je sois incapable de me transformer pendant un moment, mais je l’avais désormais….et lui, James, il pouvait m’aider à en savoir plus sur…si je la retrouvais, je pourrais….

— «  Miya, j’ai trouvé quelque chose d’important.

Je fronce les sourcils et j’oublie Robin, ou tout du moins, je place cette conversation et son joli petit fessier dans un coin de ma tête. J’y reviendrais après. Nul doute à ce sujet ! Je m’approche de James et me penche sur son écran, attentif comme jamais je ne l’ai été.

FLASH BACK

Les roues crissent alors qu’il s’écarte pour me laisser entrer. Il accepte, au moins pour le moment. Il attend que je lui en dise plus. Cela parait logique vu ce que je lui demande. Alors je lui avoue ce que m’a révélé Goran. Il me regarde avec des yeux ronds et je hausse les épaules en baissant les yeux. Il ne me connait pas, mais sa relation avec Mick et intrinsèquement avec Chad fait qu’il sait ce que cela signifie pour moi. Il comprend que j’ai besoin de savoir et que pour cela, j’ai besoin de lui, de son aide. Il accepte, je soupire et je me rends compte que je retenais mon souffle jusque-là. Moi-même, je crois que je n’ai pas tout à fait conscience de l’importance que cela a pour moi. Avec Jay, nous nous sommes plongés dans ces dossiers subtilisés à l’Organisation, et puis nous avons découvert que son enlèvement et l’assassinat des siens avait un lien avec Mick, ou tout du moins avec l’Organisation qui le poursuit. J’ai vu rouge, j’ai été stupide, mais j’ai aussi cessé d’être aveugle. Jay va partir. Elle a retrouvé un membre de sa meute. Il est temps pour elle d’avancer. Elle sait pourquoi sa meute était ciblée, elle sait pourquoi elle a été enlevée, puis mise dans la même cellule que moi…elle sait et peut désormais avancer. Moi, j’ai encore trop d’ombres dans ma vie, dans mon passé, dans mon esprit….J’ai besoin que quelqu’un trouve les piles pour la lampe torche. James peut trouver les piles, j’en suis certain.

FIN FLASH BACK



Quelques clics retentissent et un document s’affiche à l’écran. Il s’agit d’un document numérisé. Un document papier qui a subi de graves dommages. James m’explique que l’en-tête est celui d’un hôpital. Il n’y a que peu d’informations encore lisibles. Les flammes ont avalé la quasi-totalité du document. James me montre une ligne. Le prénom est entier. Lily. C’est ainsi qu’elle s’appelait.

FLASH BACK
— « Ma clochette blanche est là.

Sa voix grave me fait frémir. Nous ne parlons pas souvent sinon ils viennent nous punir. Au début, il parlait quand même. Il disait qu’il n’avait pas peur d’eux. Mais après, c’est moi qu’ils emmenaient. Alors maintenant, on parle moins, parce qu’il ne veut pas que j’ai mal. Et je crois que j’aime encore plus sa voix maintenant. Elle est douce et forte en même temps.

— « Votre clochette blanche ? demande Mary-Jaycee.

Je l’aime bien Mary-Jaycee. Elle est là depuis pas longtemps, mais je l’aime bien. Elle est comme Papa. Elle est un loup. Moi, je ne peux pas me transformer. Je crois que Papa aime bien Mary-Jaycee parce qu’elle veut me protéger.

— « C’est Maman, dis-je en souriant. Papa, il l’appelle comme ça parce que Lily, c’est une fleur.

— « Lily of the valley, le muguet. C’est une petite fleur qui ne se montre qu’au mois de Mai. Une très jolie fleur avec des petites clochettes blanches, pleine de grâce et de délicatesse.

— « Comme Maman ?

— « Oui, comme ta maman.

FIN FLASH BACK


Lily… mon regard continue le long de la ligne. Une tache brune, un trou, une autre tâche brune. Le feu a mangé presque toute la ligne. Du nom, il ne reste presque plus rien. Je peine même à distinguer ce G que je pointe à James. Je perçois un trait juste avant. Un R ? Difficile à dire. Ce serait une rature que ce serait pareil. Et à la fin un T. Je descends mon regard jusqu’au bas de la feuille. Le coin n’a guère été épargné pourtant, la signature est toujours en partie visible. Le A, le G et le T. Je me souviens de sa façon de signer. Ce sont les trois premières lettres que j’ai appris à reconnaître.

FLASH BACK

Je tourne la tête sur le côté. Je fronce les sourcils et je fais une moue qui fait naître un rire chez cet homme que j’admire mais je ne vois jamais qu’à travers les barreaux de nos cages. Je ne comprends pas. Il est tout content parce que il y a ce dessin sur le sol. Ce dessin qui n’est visible que parce que la pleine lune traverse notre cage. Alors je lui demande ce que signifie ce dessin. Et il rigole. Il rigole et en même temps il grogne. La pleine lune, c’est difficile pour lui. Et aussi pour MJ.

— «  Ce n’est pas un dessin, Miyavi. C’est une signature. C’est celle de ta mère. Tu vois. Ca c’est un A. Et si tu suis cette ligne-ci, c’est un G. Et enfin ces deux traits, un T. Tu te souviens comment s’écrit son nom de famille ?

— « A comme alpha. R comme quand on rit. Un G comme quand on grogne. Un E comme… Un éclaire dans le ciel. Un N comme quand je ne veux pas. Un T comme un toutou. Mais, papa, je n’arrive pas bien à reconnaître les autres lettres. Je sais que ça s’écrit comme ça, mais…

— « Ce n’est pas grave. Déjà, tu sais que ce sont ces lettres.

— « Pourquoi elle n’écrit que celles-là ?

— « Elle dit que le A, c’est pour l’Amour qu’elle porte à son enfant, donc toi. Le G, c’est parce que son amour est grand et le T c’est parce qu’il durera toujours.

— « C’est vrai ? Elle m’aimera toujours, maman ?

— « Bien sûr. Et moi aussi je t’aimerais toujours, fiston.

— « C’est aussi ton nom à toi ?

— « Non.

— « Pourquoi vous n’avez pas le même nom ?

— « C’est une histoire de grands.

— «  Ton nom c’est Kyomu ? Monsieur Maître m’appelle Kyomu.

— « Non, ce n’est pas mon nom, fiston…

— « Et personne ne veut connaître ton nom, chien ! interrompt le garde de nos cellules.

FIN FLASH BACK


Pendant mon séjour au Japon, j’ai appris ce que signifiait Kyomu. Néant. Elias a été jusqu’à me choisir un nom pour signifier mon insignifiance à ses yeux. Kyomu n’est pas le nom de mon père. Je ne connais pas son nom. Après avoir retrouvé notre liberté, Jay et moi sommes allés au Japon. Nous avons commencé par apprendre à vivre enfin libres. Puis nous avons commencé à chercher, mais nous n’avions pas les ressources dont je dispose aujourd’hui grâce à James et Noah. Nous avons trouvé un village dont me parlait souvent mon père, mais là-bas, ils ne connaissaient pas son nom. En revanche, ils disaient beaucoup de bien de lui. Je n’ai pas appris grand-chose de lui à ce moment-là, mais j’ai appris à l’aimer encore plus…à m’en vouloir encore plus aussi, car c’était un homme bien et qu’il est mort de mes mains.

— Lily Argent ?
— C’est…c’est ma mère…

Rien de nouveau, je sais qu’elle s’appelle Lily Argent, mais ce bout de papier cramé c’est ce que j’ai de plus proche d’elle depuis qu’elle a arrêté de venir me voir… Je recule d’un pas, fébrile, puis d’un deuxième, tremblant. Je m’accroche à la table et je m’assoie, troublé. Ma mère. Nous pouvons peut-être la retrouver. James se tourne vers moi et me demande si ça va. Je hoche la tête, mais je sais que je suis livide. Je suis heureux d’avoir enfin une piste. Lily Argent, ma mère. Qu’est-elle devenue ? James se tourne à nouveau vers son écran pour creuser un peu plus cette nouvelle piste vers mon passé. Je me lève et m’approche à nouveau de lui. Je me penche sur son épaule pour le regarder faire, même si je n’y comprends pas grand-chose, mais il est interrompu par son téléphone.

Je décrypte le nom. Mick. Je fronce les sourcils et je m’écarte pour lui laisse rune intimité apparente, mais je sais qu’il sait que j’écoute. La voix de Mick est empreinte d’inquiétude, peut-être même de panique. J’attends, patiemment, enfin plus ou moins, que James trouve Chad. Je suis aux aguets, prêts à partir au moindre signe. Mick mentionne un autre nom et tandis que l’algorythme destiné à retrouver Chad travaille, James commence déjà ses recherche sur le dénommé Buck Lancaster. Je grince des dents alors que James avoue avoir besoin d’un peu plus de temps pour localiser mon ex-petit-ami…mon …cousin. James le localise et me jette un regard en me désignant le canapé. Si la situation n’était si critique, il m’aurait certainement taquiné en me demandant de ne pas user son sol avec mes cents pas. Je m’assoie et je ronge mon frein en attendant des nouvelles de Mick. Alors quand il nous les donne bonnes, je laisse échapper un soupire de soulagement.

Je reçois un appelle de Fhury. Je quitte l’appartement à regret mais je sais que James continuera à creuser même en mon absence.

°+°+°+°+°+°+°+°

Je toque trois coups pour annoncer ma présence puis j’entre. Très vite, je capte les bruits on ne peut plus caractéristiques de la douche et je comprends pourquoi James n’est pas dans le salon. Le temps de fermer la porte et les odeurs d’un autre homme me rappellent la présence de Robin. J’ai longuement réfléchi à ce qu’il m’a dit et le fait est qu’il n’a pas tort. Je m’imposais à moi-même des chaînes qui me reliaient de façon malsaines à Chad et Mick. Il est des chaînes que je ne peux briser, comme celles de mon Kanima — d’ailleurs Nineko continue à faire la sourde oreille— et d’autres, maintenues par un cadenas dont je détiens la clé. Ces chaînes se sont détachées il y a quelques jours de cela, lors de cette attaque au manoir. La perte de la mère de Chad a laissé une marque, même sur mon âme. Je ne la connaissais pourtant pas et je ne suis pas de ceux qui vont pleurer un être pour la seule raison que par une alliance ou une goutte de sang, nous sommes de la même famille. Mais j’ai senti un pincement, plus violent que ce à quoi je m’attendais. Une preuve que je suis lié à Chad, d’une façon ou d’une autre…

J’ai évolué. Je sais désormais quelle est ma place auprès d’eux, Chad et Mick. Un ami, un membre de la meute, de la famille, un protecteur. Ils sont tous deux plus vieux et plus sages alors évidemment, je ne parle pas d’un protecteur type grand-frère. Plutôt d’un bras armé.  Ça n’a rien de péjoratif. C’est un rôle qui me convient très bien. Néanmoins, l’histoire que nous avons partagée a laissé des traces et je doute être prêt pour une relation sérieuse. Et c’est là que je reviens aux mots de Robin ; Peut-être devrais-je adopter ses façons, au moins le temps de véritablement cicatriser.

Ah ! Quand on parle du loup ! Décidément, dans notre monde, cette expression perd tout son sens lorsqu’il s’agit d’un non-lycan. Je suis incapable de détourner les yeux lorsqu’il entre dans la pièce. Je veux dire, Mick est mignon, Chad est vraiment beau, mais ce type, il est carrément canon, à s’en damner ! Et je suis un célibataire, à l’heure affirmé, alors pourquoi devrais-je me priver. Des œillères ? Très peu pour moi !

— «  J’ai ramené le p’tit déj’ ! Je ne savais pas ce que tu aimais alors j’ai pris un peu de tout et un café noir. James est rentré depuis quand dans la douche ?


Quand il me dit qu’il vient tout juste d’ouvrir l’eau, je vais dans la cuisine et je glisse la boisson du Hacker dans un grand thermos. Si je me fie à la durée usuelle de ses douches, sa boisson sera parfaite à consommer lorsqu’il sortira de la salle d’eau. J’hésite un instant, mais un instant seulement avant de prendre la parole.

«  Ca marche vraiment ton truc, Ton barratin sur le fait d’être sans attache ? Tu y arrives vraiment ?

Je me demande si c’est quelque chose qu’il exploite aussi pour le reste de ses relations. Vu ce qu’il a fait pour Mick, j’aurais tendance à dire que non mais ensuite ses mots me reviennent. Pourquoi est-il là en réalité ?

   
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James R. Kelley

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MessageSujet: Re: L'ombre est une lumière pour l'ombre [ft J]   Dim 18 Oct - 21:26


04/07/2015 02:26 PM

- J’ai beaucoup de choses à vous dire à tous, déclare Mick.

Les faits sont aussi précis que l’origine de tout ça est mystérieuse. La situation touche chacun de nous. Et trouve racine dans le passé. Celui de Mick en l’occurrence lorsque Robin l’interrompt en mentionnant vaguement leur ancienne collaboration. Avant que je ne le rencontre. Ainsi donc, certaines personnes dans l’organisation qui les avaient recrutés sont au courant de ce qui se trame à Beacon Hills. Et de l’ampleur révélée au fil de nos recherches.

Alors qu’un visage inconnu se tourne tour à tour vers chacun de nous, je me sens scanné, comme le serait mon ordinateur dans les mains d’un hacker un minimum compétent.

Je sais exactement comment rester à ma place dans ce tableau où Mick est l’élément central. Je garde à l’esprit les informations pour lesquelles je souhaite discuter avec Stephan Wilder. Dans cette grande entreprise, je sais que nous pouvons être utiles l’un à l’autre.


06/17/2015 06:43 PM

Je n’apprends ce qui est arrivé que plusieurs heures après les faits. Mick a pris le temps de m’appeler lorsqu’il a enfin réussi à canaliser les émotions de son fiancé. Mais notre discussion est brève. La mère de Chad venait de se faire tuer. Les pions tombent un à un sur ce jeu d’échec que j’observe en retrait, à défaut de pouvoir y prendre part. Miya me rejoint bien plus tard, m‘expliquant qu’une de ses amies avait elle aussi des ennuis. Je sais que le jeune kanima s’ennuierait si ses journées n’étaient pas constamment comblées par des complications en tout genre. Il m’explique ainsi en détails ce qui est arrivé plus tôt dans la journée. Je sens sa peine alors que Chad, qui compte pour lui, éprouve un sentiment semblable mais démultiplié. Je l’écoute se confier sur ce qui apparait pour lui comme la place évidente parmi la meute et envers son cousin. Peut-être que son rapprochement avec Robin l’a aidé à comprendre qu’il a le droit de tracer son propre chemin.

J’ai la certitude que toutes les personnes qui gravitent autour de Mick ou même Chad sont liées par quelque chose d’incommensurable. Et j’en ai encore eu la preuve avec les découvertes que Chad et Maxence avaient faites sur le campus.

06/10/2015 10:18 AM

Après la nuit que Mick avait passé, je pouvais comprendre son attitude. Je le connais bien et je sais comment il réagit lorsqu’il est inquiet. Maxence l’avait appelé parce que Chad et lui avait été pris de cours alors qu’ils avaient tenté un coup dur pour mettre fin aux expériences macabres qui semaient le trouble à l’Université.

Je connais les compétences de Mick lorsqu’il s’agit de récupérer des preuves. Ou les éliminer. S’il y avait quelque chose à trouver c’était sûr qu’il mettrait la main dessus. Mais ce que j’avais découvert était plus inquiétant encore. Des traces ADN d’un scientifique et quelques substances qui avaient utilisées dans des expériences plus anciennes. Sur les enfants qui avaient été kidnappés et soumis à des essais cliniques pour lesquels nous avions récupéré les dossiers. C’était le terme usuel mais il n’y avait aucune perspective positive derrière ça. Il ne s’agissait certainement pas de trouver un vaccin ou un remède pour une maladie encore incurable. La vérité était toute autre. Je bute en revanche sur la provenance de l’échantillon en plastique. Il provenait de quelque chose de sans doute cassé ou qui aurait dû être détruit. Celui-ci avait subi une batterie de tests dans un laboratoire privé dans lequel une petite partie du patrimoine de Mick avait permis quelques passe-droit. L’objet est à présent vierge de toute preuve. Je le regarde sous tous les angles essayant de me faire une représentation virtuelle de ce qu’il aurait pu être.

Que caches-tu que tu puisses me révéler ?


06/19/2015 08:15 AM

Miya et Robin sont en pleine discussion dans la cuisine de mon appartement. Alors qu’il m’entend arriver, Miya se précipite pour me tendre le thermos dès lors que je franchis le seuil de la pièce.

- Miya, heureusement que je suis un niveau plus bas sinon j’aurais pris ça dans la tête, dis-je en tendant le bras vers le récipient.

Son air penaud me fait décrocher un sourire au coin. Il s’avère être aussi maladroit que bien intentionné. Il s’excuse en me montrant qu’il avait apporté le petit déjeuner. Mais mon attention est captée par une alerte sonore en provenance de mon ordinateur.

Mes doigts se posent sur le clavier à l’endroit exact où je le souhaite. Des lignes complètes s’affichent dans une boite de dialogue. Une barre de progression apparait à l’écran et une fois le transfère achevé, le téléphone posé près de ma souris émet un bip et affiche un nouveau message.

- Ça c’est du progrès, se moque gentiment Miya.

Il qui sait pertinemment qu’il n’y a rien d’exceptionnel à transférer des données d’un ordinateur vers un portable.

- Figure-toi que ce téléphone que tu as récupéré sur l’un des corps m’a été très utile, lui dis-je.

Celui-ci hoche la tête en s’approchant davantage. Il m’avait expliqué quel rôle il avait eu dans le nettoyage opéré au manoir des Hale.

- J’ai extrait tout ce qu’il contenait et principalement des contacts. Et c’est exactement ce qui va me permettre d’éviter la propagation de cette liste.

Je sais qu’il est parfois perdu face à ce dont je suis capable.  C’est un autre champ de bataille dont peu de personnes perçoivent l’étendu. Lorsque Noah me rend visite, Miya est fasciné par nos exploits informatiques.

- Pour faire simple, ce programme efface systématiquement les données lorsque certains mots clés sont repérés, explique-je. C’est ce canevas qui a été le plus délicat à mettre en place. Lorsque c’est fait, le téléphone envoie un message à ses contacts, qui le transfèrent à leurs contacts et ainsi de suite. Et ça se propage en effaçant méticuleusement les preuves. Les téléphones sont couplés à des mails et divers comptes qui sont fouillés et purgés.

Le japonais siffle d’admiration en félicitant le procédé simple et efficace. Ça l’est en apparence mais sa programmation a demandé du temps.

- La question de la légalité ne se pose pas lorsque la sécurité d’un grand nombre de personne est en jeu, ajoute-je.

- Mais quand est-il des personnes qui connaissent vos identités et qui gardent en mémoire des informations sur vous ? Interrompt Robin.

- Et bien, sur ce point je ne peux rien faire, admis-je. Ce n’est pas de mon ressort comme tout ce qui s’éloigne de mes compétences.

- Donc le problème demeure, insiste le blond.

- D’autres personnes se chargent de cette problématique, confie-je. Stephan possède des contacts on ne peut plus compétents dans ce domaine. Il me semble que nous sommes à l’abri pour un moment.

Je ne sais que très peu de choses sur les deux français qui, en apparence, tiennent un restaurant en ville. Mais le père adoptif de Chad a su en quelques mots nous assurer que le nécessaire serait fait avec une précision redoutable.

- Ruby, Stephan et moi nous sommes arrangés pour que les fédéraux ne viennent pas mettre la main sur cette affaire, continue-je à l’intention de Robin. Tu n’as certainement pas envie qu’on découvre comme tu portes ce bracelet électronique à la place de Mick.

- Le décès de Fiona sera de toute façon dissimulé, répond-il.

Je laisse de côté son air presque arrogant, attendant plus d’information. Miya aussi est attentif à ce qu’il dit et le fixe intensément, peut-être pas pour les mêmes raisons.

- L’agent Ferjones faisait partie d’un service spécial, explique-t-il. Nous n’avons que d’étroits contacts avec eux. Ils constituent une branche parallèle d’ARGUS, le genre qui traite des affaires non ordinaires. S’il n’y avait que les conflits géopolitiques sous-jacents  dans le monde, il se porterait mieux. Mais la face cachée dont vous connaissez l’existence est une source de grand désordre. C’est un travail titanesque que de maintenir dans l’obscurité ce qui doit le rester. Le savoir est une arme puissante. Je n’imagine pas un monde où ces secrets seraient dévoilés.

Je hausse les sourcils devant ce discours presque sibyllin et ma réaction fait sourire Miya.

- Je vous l’accorde, c’est presque mot pour mot l’explication qu’on a daigné nous donner. Mais les faits sont avérés. Fiona Ferjones savait beaucoup de chosse. Et c’est peut-être ce qui l’a poussé vers la fin.

A l’heure du diner, alors que Miya et Robin sont sortis, je reçois un appel de Mick. Par précaution, il souhaite que je tente de découvrir qui se cache derrière un numéro de téléphone. Je ne trouve aucune information mais je suis en mesure de localiser l’appel que Chad hésite à passer. Un lieu plutôt qu’une personne, c’est tout de même un renseignement utile.

06/21/2015 05:27 AM

L’appartement est calme. Le soleil n’est pas encore levé, seul l’écran de mon ordinateur fournit de la lumière. Je n’ai pas dormi cette nuit. Près de la fenêtre, j’observe la rue en contrebas. Derrière ces constructions s’étend la forêt de Beacon Hills. En son cœur, le Nemeton est un lieu sacré.  Je suis seul.

Et ils sont tous là-bas.

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Miyavi Kyomu

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MessageSujet: Re: L'ombre est une lumière pour l'ombre [ft J]   Mer 16 Déc - 22:16

Une information de taille
Un sourire en coin étire les lèvres de l’Apollon. Il s’installe sur le canapé tandis que j’enferme la boisson de James dans un thermo qui la tiendra au chaud jusqu’à ce qu’il sorte de la douche. Quand je me retourne, Robin sourit toujours et me fait signe de venir m’assoir. Honnêtement, je n’ai pas la moindre raison de ne pas m’exécuter, alors je ne réfléchis pas longtemps avant d’aller poser mon derrière sur le sofa. J’hésite, le temps d’un silence, le temps de me lancer, puis je lui demande si ça marche vraiment, cette façon de fonctionner. Il hausse un sourcil sans se départir de son sourire. Il m’agacerait presque s’il n’était pas aussi séduisant.

— «  Ca marche pour moi. Chacun fonctionne différemment.
« Tu penses que ça peut marcher sur moi ?
— « Tu le sauras très vite si tu essayes.

Son regard en dit long, plus long que n’importe quel mot. Je soupire un rire gêné en me mordillant la lèvre. Il se moque car je rougis, ce qui n’a pour effet que de me faire rougir plus encore. Son sourire me fait baisser les yeux. Je ne pensais pas si prude.

« Libre. Sans attache. Essaye. Qu’est-ce que ça te coûte ?
— « Tu m’aiderais ?
« Sans attache, dit-il pour s’assurer que j’ai bien compris.
« Sans attache.

Sans attache. Est-ce que je peux vraiment le faire ? Cela me ferait sans doute du bien. À mon âge, je crois qu’on n’est pas supposé trouver LA personne. Je dois essayer de vivre ma vie d’adolescent, même si je ne serai jamais comme les autres de mon âge. Je fixe ses magnifiques yeux bleus et je le vois froncer les sourcils d’étonnement.

— «   Tu as les yeux bleus ? Je croyais qu’ils étaient noirs.
— « Des irisations…je les tiens de ma mère.

Ma voix se perd, comme le reste de ma raison…Ma mère…J’ai quelques souvenirs d’elle, mais ils sont bien trop flous pour me satisfaire. Je ne me souviens plus de son visage. Je ne parviens pas à me remémorer sa voix. Je sais qu’elle est venue me voir lorsque j’étais chez grand-père, mais les seuls souvenirs qui me hantent sont des anecdotes qui ne m’aideront pas à la retrouver.
Je retrouve la terre lorsque j’entends James arriver. Dans un sursaut, principalement motivé par la gêne, je saute sur mes jambes et vais chercher le café pour l’apporter à mon ami. Je me précipite, et comme toujours, pressé ou non, je suis maladroit. C’est incroyablement paradoxal de voir comme je suis gauche alors que je suis capable de véritables prouesses en combat. James récupère son gobelet de justesse avant que le contenu de ce dernier se répande sur son corps tout propre. Je fais une moue penaude alors qu’il se moque de moi, rapidement rejoint par Robin. Je glisse un regard faussement noir vers le blond.

«  Mais j’ai ramené le petit déjeuner….et t’avais dit qu’on ferait des knaki…

James lève les yeux au ciel à cette référence mais son attention est très vite attirée sur son ordinateur et la petite alarme qui se fait entendre. Je le suis du regard et fais quelques pas pour pouvoir voir l’écran. La plupart du temps, je ne comprends absolument pas ce qu’il s’y passe, et c’est pire quand il y a Noah, mais j’arrive tout de même à reconnaître certains messages, certaines fenêtres et actions. Je hausse un sourcil et me fais sarcastique.

«  Ca c’est du progrès !
— « Figure-toi que ce téléphone que tu as récupéré sur l’un des corps m’a été très utile, me dit James.

Je repense à cette journée horrible. Je ne connaissais pas Fiona, mais la douleur qu’a ressentie Chad, je la connais. Mon esprit s’égare un instant vers le souvenir de mon père, puis il revient à cette journée. Chad n’est plus mon ancre, mais de voir que cet homme dont la stabilité m’inspire s’est laissé engloutir si vite par la haine, ça m’a fait peur. Ce jour-là, j’ai su ce dont j’étais désormais capable. J’ai commencé à accepter ce qu’était Shadowcat. Je sais dissocier les choses. Je sais prendre de la distance, dans une certaine mesure. Tuer ces hommes, j’ai pu le faire sans remords et sans une once de sentiments. J’ai su être efficace. J’ai tué en évitant de faire souffrir. C’est à ce moment-là que j’ai compris tout ce que Shadowcat m’avait appris. Je dispose d’un self-contrôle dont je ne me pensais pas capable. Si je fais souffrir, je le fais en âme et conscience. Si je cède à la haine, c’est que je le veux bien. Je n’aurais pas été capable de cela avant. Je sais aussi que si Chad perdure sur cette voie sombre, je serais peut-être bien le seul à pouvoir me dresser contre lui. Mick est le seul à pouvoir l’en sauver et s’il n’y parvient pas, alors je serais celui qui mettra un terme à ce chemin. Je ne le laisserais pas s’engouffrer dans une ténébreuse vengeance dont aurait été chassée la raison, car le Chad que je connais s’y refuserait. Il a eu le courage de tuer une partie de moi, j’aurais l’audace de l’arrêter.

— « J’ai extrait tout ce qu’il contenait et principalement des contacts. Et c’est exactement ce qui va me permettre d’éviter la propagation de cette liste.

Je suis ramené au présent par cette explication. Mon regard doit en dire long. James commence à le connaître. C’est celui que j’adopte lorsque Noah et lui m’explique leurs affaires en oubliant que je n’y comprends rien à tout ça. James reprends donc son explication avec plus de détails et avec des mots que je comprends. C’est très astucieux. L’idée est simple mais diaboliquement efficace ! Et comme il le dit si bien, peu importe l’aspect légal de la chose. Nos proches sont concernés ! Moi aussi d’ailleurs… Robin intervient en notant, avec justesse, que cela ne peut fonctionner sur la mémoire des gens. Là-dessus, James ne peut intervenir. Le problème persiste, c’est vrai, mais il est amoindri. À nous d’être à la hauteur pour nous protéger les uns les autres. Mais déjà, si l’information n’est pas relayée par l’électronique grâce à son algorithme, nous éviterons de nombreux ennuis. Pour en avoir été un à plein temps, je sais que les chasseurs ne se font pas des Tea Party si régulièrement que cela. Et puis, James continue en affirmant que Stephan s’occupe aussi de son côté de neutraliser cette partie de la menace. À l’abri pour un moment, hein ?

«  Ce ne sera pas du luxe. Nous avons nos propres problèmes internes à régler…

Quant aux fédéraux, ils sont tenus à l’écart par nos infiltrés de la police. Avoir une alpha au poste d’adjointe du Sherif et le fils de Sherif directement impliqué dans la meute par une romance avec l’un bêta de tête, c’est un sacré avantage tout de même ! Sans parler des contacts avec Jordan, l’actuel adjoint. Mes iris noirs et bleus se tournent vers Robin et plus spécialement sur sa cheville avant de revenir sur son visage à ses mots. Que cache-t-il ? Qu’y a-t-il derrière ce magnifique masque ? Le beau blond concède à lâcher quelques explications. L’ARGUS…Cette organisation me fait peur tant sa toile est étendue. Que savent-ils ? Quelles sont les ficelles qui transitent par leurs griffes ? Un monde où l’existence du surnaturel serait dévoilée ? Difficile à concevoir. Il pourrait être merveilleux, mais l’humain n’est pas tolérant, donc j’en doute fortement. Un tel monde serait le socle d’une guerre sans fin, sans aucun doute. Mais je ne m’attendais pas vraiment à entendre ces mots de la bouche de Robin. Je ne le connais que peu, c’est vrai, mais tout de même. D’ailleurs, la réaction de James va dans ce sens et cela me fait sourire.

Je quitte l’appartement de James en début de soirée. Une soirée qui s’avèrera plus chargée que je ne l’avais initialement prévu.

-*-*-*-*

Le regard planté sur l’horizon, je relâche un soupir et pose mon front contre la vitre avant de fermer les yeux. Mes doigts se resserrent, froissant le papier qu’ils détiennent. Elle ne reviendra pas. Je peux le sentir. Le lien qui nous unissait n’est plus qu’un souvenir. Fhury est partie et elle ne reviendra plus. Elle doit vivre sa vie. Beacon Hills la retiendrai. Elle doit s’épanouir, se libérer, loin d’ici. Elle va me manquer. Terriblement. Mais je ne lui souhaite que du bonheur. James m’a déjà accordé la promesse de suivre ses mouvements de temps à autres. Je lui ai fait tellement de peine. Mais je ne pouvais pas répondre à ses sentiments. J’en étais incapable.

Je baisse les yeux alors que mes pensées vont vers Chad. Je peux le sentir à travers le lien de la meute. Cette haine est toujours là. Il y a une pénombre qui plane et qui m’effraie. Je prie pour qu’il soit en mesure de lui résister, pour qu’il ne se laisse pas happer.

— «  Tu n’arriveras jamais à t’en défaire pas vrai ?
— « De ?
— « Chad.
— « Il est important pour moi, et ce qu’il lui arrive en ce moment…
— « À d’autres, tu n’as toujours pas coupé ce foutu cadenas.
— « Tu peux parler…

Je me tourne vers Robin et je souris. On se taquine mutuellement à ce sujet. Non, Chad sera toujours mon premier amour. Mais je pense que je ne suis plus retenu par les chaînes que je m’imposais. Aujourd’hui, c’est un pur lien de meute, de famille. Un peu plus fort peut-être en considérant notre passif.

«  Je m’inquiète pour lui.
« Tu as peur ?
« Oui. De ne pas pouvoir faire ce que je devrais faire s’il revêt la cape d’une vengeance radicale.
« Tu en seras capable.
« Et c’est bien ?
« …

Est-ce bien, d’être capable d’arrêter à tout prix un être que l’on aime de faire ce qui va à l’encontre de ses valeurs ? À tout prix ? Je ne sais pas ce que cela dit de moi. Mais Robin a raison. J’en serais capable. Si je le dois, je l’arrêterais, dussé-je m’attirer la haine des autres. Je ne le laisserais pas s’enfoncer dans une voix qu’il souhaiterait condamner, tout comme il m’a empêché de devenir ce que j’exècre, même si in fine, je le deviens, d’une certaine façon, d’une façon plus modérée, plus équilibrée, sans me détester…

La sonnette retentit. Un enchaînement spécifique qui vient éclairer mon visage d’un sourire. Je sors en trombe de la chambre et je vais accueillir mon ami en lui sautant dessus. J’arrache une exclamation étouffée à mon meilleur ami.

«  Miyaaa, si tu me casses le dos en deux, Nathan va t’en vouloir !
« Ta mère va m’en vouloir, et sans vouloir vexer ton alpha, elle me fait bien plus flipper que lui !

Noah pose son sac sur le bureau qui lui est réservé dès qu’il est là et s’approche de Robin pour que je les présente. Comme moi, il savoure la vue qui s’offre à lui, sans véritable gêne. Je ne sais pas vraiment ce qu’il en est de sa relation avec Nathan. Je crois que c’est compliqué. Et il me semble que Noah ne compte pas rester ad vitam aeternam dans la meute de Boston. Enfin, bref, le fait est qu’il apprécie ce qu’il voit.

«  Un cadeau, pour moi, fallait pas !
« Noah, voici Robin. L’ex de Mick qui s’est gentiment porté volontaire pour porter le joli bracelet d’assignation à résidence à la place de notre Bulldozer à réaction. Robin, je te présente Noah. Actuellement il est dans l’ancienne meute de Chad, à Boston. Je l’ai rencontré quand j’ai travaillé pour l’organisation. Il y bossait sous couverture avec son père.
« Sincèrement enchanté.
— « Qu’est-ce que tu as de beau pour moi ? demande James en levant les yeux au ciel de nous voir ainsi reluquer le grand blond.
— « J’espère que tu n’avais rien prévu aujourd’hui !

Noah et James passent la quasi-totalité de la journée à travailler de concert pour déjouer des niveaux de cryptages d’une extrême complexité. Si l’un et l’autre excellent dans ce domaine qu’est le piratage informatique, à deux, ils sont invincibles ! Aucun obstacle ne peut les retenir quand ils forment une équipe. Certains dossiers sont conservés par James car ils concernent Mick. D’autres sont décortiqués soit pour en savoir plus sur nos ennemis ou même d’éventuels alliés, soit pour essayer de trouver des choses sur ma famille…sur mon père.

Parallèlement à ça, Robin s’est dévoué pour m’aider à corriger mes textes. Il dit que de toute façon, il n’a pas grand-chose de mieux à faire. Qu’à force de zoner toujours dans le même périmètre, il se lasse et qu’il finira par être remarqué ce qu’il veut justement éviter. Il dévie souvent, et me posent de nombreuses questions sur mon passé. Je me déride. Je raconte sans tabou. Parfois son visage se ferme et je peux sentir James se renfrogner et Noah se crisper quand on aborde les moments les moins soft. D’autres fois, je perçois, que mine de rien, il essaye de faire remonter des souvenirs insoupçonnés. C’est grâce à cette méthode que nous avons mis le doigt sur un détail crucial.

Mon père était un alpha. J’ai toujours su qu’il faisait partie d’une meute importante du Japon. Ou du moins, nous l’avions très vite compris avec James en fouillant mes souvenirs. La façon dont mon grand-père et les autres chasseurs le traitaient, ce qu’ils lui disaient par moment. Mais c’est grâce à Robin que je me suis souvenu de la couleur de ses yeux. Ce rouge luisant comme un feu dans la nuit. Je l’ai rarement vu. Mon père était en total contrôle de sa transformation et il perdait très rarement son calme. Mais un jour j’avais vu son regard luire. Il avait des yeux rouge incandescents, aussi chauds et rassurants que porteurs d’une étrange puissance destructrice. Comme s’il pouvait se déchaîner avec la rage d’un dragon si on venait à lâcher sa bride.

Cela ne paraît rien de savoir qu’il était un chef de meute, mais c’est énorme. Chercher une meute importante au japon, ayant perdu son alpha il y a une dizaine d’année, c’est tout de même moins difficile que chercher une meute au Japon ayant perdu un membre.

Et puis, Robin a mis le doigt sur un autre indice. Un dont on aurait dû prendre conscience il y a déjà bien longtemps. Il était juste sous notre nez. Tous les jours, je nous le rappelais sans même le savoir. Chaque fois que je devais attendre, un crayon à la main, une feuille sous les doigts. Chaque fois que je me mettais à gribouiller pour passer le temps. Chaque fois que je laissais glisser la mine dans un ordre précis, sans vraiment y penser. Chaque fois que je dessinais cette fleur, ces cinq pétales, sa couleur douce…

«  Miya…

Je pose la feuille porteuse de cet indice sur la table basse et rejoins James qui fixe son écran avec de grands yeux. Noah fait rouler son fauteuil jusqu’au au bureau de James d’une impulsion du pied.

— « Sans déconner….
— « Quoi ? demandé-je en franchissant les derniers pas et en me penchant par-dessus l’épaule de James.

Sur l’écran, la page d’accueil, très bien organisée, d’une grande entreprise japonaise. Aux USA, elle est connue également, mais surtout car elle fournit certains composants nécessaires aux technologies les plus en vogue. Au Japon, elle est directement leader sur plusieurs domaines de nouvelles technologies. Elle est spécialisée dans l’utilisation de la nouvelle technologie jusque dans les plus profondes campagnes. Comme toutes les entreprises, elle cherche le profit, mais cette enseigne s’efforce de s’investir dans quelques causes qui semblent nobles ou au moins respectables, comme l’aide pour pallier les handicapes. Bon okay, c’est une entreprise japonaise, et alors ? Je m’apprête à faire une remarque sarcastique en rappelant que nous ne sommes pas tous parents quand je le vois, ce symbole, cette fleur.

— « Ce n’est pas leur symbole officiel, mais tu peux y aller, quelle que soit la construction, quelle que soit l’acte, tu trouveras toujours cette fleur là où ils vont. C’est même devenu un défi pour les jeunes de là-bas si j’en crois plusieurs forum, m’annonce James. Ils essayent de trouver la fleur de cerisier des Miharu.
« Tu crois que parce que je la dessine tout le temps, je…
« Miyavi, le village où tu es allé ave Jay, les Miharu ont investi énormément dans ce village. Ils ont tenté d’effacer leurs traces mais cette fleur les trahit. Et en plus on est trop bon avec James pour que ces cryptages nous résistent…se vante Noah.
« Ils étaient quand même coriaces. On aurait dit une bêta du code de Phenix pour les plus anciens. Et les plus récents étaient carrément corsés, admet James.
« Phenix, de Everyone ? J’avais entendu dire qu’il ne donnait plus signe de vie depuis des années, demande Robin.
« C’est quoi Everyone ? Je vous ai déjà entendu en parler, mais... demandé-je.
« C’est une communauté de Hacker. Mais James et ton ami Noah les connaissent très bien, je me trompe ?

Je regarde le blond platine et le rouquin qui ne confirment ni n’infirment. Ils en seraient ? Et comment Robin sait-il tout ça,

«  Attendez, pourquoi une entreprise de cette renommée irait protéger son implication dans un village avec un code aussi complexe ? demandé-je.
« Pourquoi iraient-ils se compromettre en demandant l’aide de Everyone ? Everyone se fait payer avec des informations compromettantes. C’est jouer très gros pour un simple village perdu au fin fond de nulle-part.
« À moins qu’ils n’aient pas eu à payer, soumet Robin.

Noah et James le regarde, puis se regardent et soudainement se jettent sur leurs ordinateurs avec une frénésie presque effrayante. Les voilà qui se mettent à parler avec des mots que je ne comprends pas. Ils s’enferment dans leur monde. Je cligne plusieurs fois des yeux et je me tourne vers Robin mais il se contente de hausser les épaules. Il m’agace quand il fait ça. Il a compris quelque chose mais je ne sais pas quoi.

" Amène toi le Zoive interplanétaire. Ils sont entrés dans un nouveau système solaire; Allons voir du côté du trou noir!

Je ricane de sa bêtise mais je ne me fais pas prier. Je ne peux me défaire de mon sourire. J’ai la sensation que bientôt, très bientôt, nous en saurons beaucoup plus !


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James R. Kelley

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MessageSujet: Re: L'ombre est une lumière pour l'ombre [ft J]   Ven 22 Juil - 23:40


06/26/2015 09:12 AM

La mort de Fiona a grandement affecté Mick. Il éprouve le deuil au travers Chad mais pas seulement. Lorsque son fiancé s’isole, il vient parfois me rendre visite. Je sais combien cet évènement le projette des années en arrière lorsque ses parents ont été tué.

Les deux amants sont en quelque sorte orphelins, même si je sais que Stephan tient une place importante dans le cœur de son fils adoptif et dans celui de mon meilleur ami.

Je les laisse tous deux reprendre pied. Lorsque Mick sera prêt, nous aurons encore beaucoup de chose à découvrir. Et je ne manque pas d’occupation car Miya a également besoin de mon aide pour tenter d’en savoir plus sur la famille qu’il a très peu connue.

Ce matin, j’ai déjà l’esprit occupé par des codes et des syntaxes de langage Assembleur et binaire. Noah ne devrait plus tarder si j’en crois les dernières données que j’ai pu intercepter sur son téléphone. Quand il est en partance pour Beacon Hills, nous avons toujours ce petit jeu lui et moi. J’essaie de cracker son téléphone ou tout autre matériel connecté qu’il apporte avec lui pour déterminer sa position. Mais il est très fort pour contrer mes attaques virtuelles sur les pare-feu qu’il dresse pour notre duel de hacking.

Robin n’est pas un colocataire désagréable. Il est discret et il a l’incroyable capacité de faire que Miya s’ouvre sur ce qu’il ressent. Le japonais est plus serein depuis que la situation entre lui et Chad est devenu plus stable. Les choses sont claires à présent et ce qui peut ressortir de leur relation sera sans doute plus sain pour l’un comme pour l’autre.

La sonnette dévoile un code en morse. Un appui long suivi d’un court. Puis un long, un court et un long. Les initiales de Noah.

Miya se précipite sur son ami à la seconde où il franchit la porte.

- Miyaaa, si tu me casses le dos en deux, Nathan va t’en vouloir ! Se plaint le blond.

- Ta mère va m’en vouloir, et sans vouloir vexer ton alpha, elle me fait bien plus flipper que lui ! Se moque le musicien.

Le jeune hacker pose ses affaires sur le bureau et laisse en évidence son téléphone portable. Il m’adresse un clin d’œil significatif sur la victoire qu’il considère acquise puisque je n’ai pas réussi à le repérer avant qu’il n’entre dans l’immeuble.

Si je ne connaissais pas les compétences dont Robin peut faire preuve, je penserais sans cesse qu’il n’est qu’un playboy tout droit sorti d’un magazine. Je me souviens du regard béat de Miya la première fois qu’il est tombé nez à nez avec lui. Et Noah n’échappe pas à l’attraction naturelle qu’il semble dégager.

- Un cadeau, pour moi, ne fallait pas ! Dit-il à son ami.

- Noah, voici Robin, présente Miya. L’ex de Mick qui s’est gentiment porté volontaire pour porter le joli bracelet d’assignation à résidence à la place de notre Bulldozer à réaction. Robin, je te présente Noah. Actuellement il est dans l’ancienne meute de Chad, à Boston. Je l’ai rencontré quand j’ai travaillé pour l’organisation. Il y bossait sous couverture avec son père.

- Qu’est-ce que tu as de beau pour moi ? Souffle-je à l’attention du principal intéressé.

À l’hilarité des deux plus jeunes, je me tourne vers mon ordinateur.

- Tu traines, Noah, dis-je. Je suis déjà prêt !

- James, non, attends, râle-t-il en se précipitant pour sortir son ordinateur et se connecter à mon réseau.

À partir de ce moment, nous entrons tous les deux dans un autre monde, virtuel et purement intellectuel. Les données que nous collectons passent plusieurs filtres, nous ouvrons les portes à des milliers d’octet d’information.

La première piste plus que tangible s’affiche sur mon écran. Le réseau privé et crypté d’une grande entreprise nippone nous est accessible. Je jubile d’avoir surpassé Noah et d’avoir réussi le premier à percer leurs systèmes de sécurité.

- Sans déconner, râle le plus jeune en s’approchant.

- Quoi ? S’inquiète Miya en nous rejoignant.

J’ouvre le site internet de Miharu Corporation. Le japonais reconnait un élément graphique essentiel.

- Ce n’est pas leur symbole officiel, mais tu peux y aller, quelle que soit la construction, quelle que soit l’acte, tu trouveras toujours cette fleur là où ils vont, explique-je.

Je pianote rapidement sur mon clavier pour relier cette découverte à plusieurs autres informations.

- C’est même devenu un défi pour les jeunes de là-bas si j’en crois plusieurs forums, précise-je. Ils essayent de trouver la fleur de cerisier des Miharu.

- Tu crois que parce que je la dessine tout le temps, je… commence Miya avant d’être interrompu par son ami.

- Miyavi, le village où tu es allé ave Jay, les Miharu ont investi énormément dans ce village. Ils ont tenté d’effacer leurs traces mais cette fleur les trahit. Et en plus on est trop bon avec James pour que ces cryptages nous résistent…se vante Noah.

-  Ils étaient quand même coriaces, rappelle-je pour ne pas dénigrer mon mérite. On aurait dit une bêta du code de Phenix pour les plus anciens. Et les plus récents étaient carrément corsés.

- Phenix, de Everyone ? Intervient Robin. J’avais entendu dire qu’il ne donnait plus signe de vie depuis des années.

- C’est quoi Everyone ? Je vous ai déjà entendu en parler, mais... Demande Miya.

- C’est une communauté de Hacker, explique l’ancien compagnon de Mick. Mais James et ton ami Noah les connaissent très bien, je me trompe ?

Nous ne répondons pas. Même entre hacker, l’appartenance à telle ou telle communauté n’est jamais confirmée. Tout comme l’identité de la personne qui se tient derrière un écran reste secrète. L’anonymat est le défi primordial dans cette spécialité.

- Attendez, pourquoi une entreprise de cette renommée irait protéger son implication dans un village avec un code aussi complexe ? Tente de comprendre le japonais.

- Pourquoi iraient-ils se compromettre en demandant l’aide de Everyone ? Enchaine Noah aussi perplexe.  Everyone se fait payer avec des informations compromettantes. C’est jouer très gros pour un simple village perdu au fin fond de nulle-part.

- À moins qu’ils n’aient pas eu à payer, soumet Robin en se réinstallant nonchalamment sur le canapé.

Noah et moi le dévisageons avant de nous précipiter sur nos claviers. Non sans nous lancer le défi d’un regard provocateur.

Fouiller le monde de la finance c’est comme plonger en haute mer avec un tuba. Mais Noah et moi avons un sous-marin sous les doigts, un talent qui nous aidera à récupérer ce que nous recherchons.

Je peste quand, sans scrupule, le jeune blond se faufile dans une faille que j’avais décelée grâce à Stephan Wilder avec qui je suis quelques fois en contact. De comptes bancaires en comptes bancaires, plus ou moins légaux, nous traversons une mer numérique de chiffres faramineux.



06/27/2015 01:08 PM

- Et tu as abouti à cette conclusion comment ? Demande-je à Mick installé en face de moi.

- La vidéo que je me suis laissé n’était pas anodine, il fallait s’en douter, explique mon ami. C’était évident que je m’étais laissé un message personnel.

Je comprends la finesse du jeu de mot sur ce sujet sensible. Ainsi, les données qu’il avait volées au Baron sont cachées dans la sépulture de ses parents.

- Colma n’est pas si loin d’ici, pourtant y aller me terrifie, m’avoue-t¬-il. Je n’ai aucune idée de ce que je vais y trouver. Après avoir tant cherché des pistes fiables, après les déceptions et les voies sans issue, je suis paralysé à l’idée d’aller plus loin.

Je ne sais quoi répondre. Il ira jusqu’au bout de son projet. C’est crucial. Bien qu’il s’agisse d’un puzzle minutieux que lui seul peut reconstituer, le temps manque au temps.

- Je dois y aller en personne, reprend-il.

- Oui, il est clair que tu ne peux te fier qu’à toi-même, valide-je.

En réfléchissant au problème, nous déterminons le stratagème qui nous semble le plus crédible. Et avec l’accord de Mick, je sollicite une dérogation pour qu’une journée hors de Beacon Hills lui soit accordée. Annuellement et sans que l’on puisse remonter jusqu’à Mick,  je fais déposer des fleurs au cimetière où deux sépultures avaient été dressées pour ses parents. Cette année, il aura l’occasion d’honorer lui-même leur mémoire.

Et ça deviendra une réalité quand quelques jours plus tard, Robin me confirme que notre requête allait être acceptée. C’est sans doute l’œuvre d’ARGUS qui a fait jouer quelques leviers. Sinon, comment aurait-il été au courant ? Une décision de justice édictée la semaine suivante officialise une liberté provisoire d’une journée pour Mick.

C’est également le cas de Robin qui ne portera plus le bracelet électronique à sa place et sera entièrement libre de ses mouvements pendant 24 heures.

Il nous faut espérer qu’à la date venue, Mick se sente prêt à aller de l’avant.



07/08/2015 07:59 PM

- Ils vont se marier ! S’écrit Miya lorsqu’il arrive comme une furie dans l’appartement.

- Qui ça ? Demande-je sans quitter mon écran des yeux.

- Ruby et Peter ! S’extasie-t-il. Ils nous l’ont annoncé pendant la fête.

- C’était bien ? Questionne-je sans grand intérêt.

- C’était super ! Confirme le japonais avant de me raconter la journée passée auprès de la meute.

Leur cercle s’agrandit et Miya me confirme qu’ils s’entendent tous très bien. Mais même si Chad et lui se sont à nouveau rapprochés, il me confie sa crainte que son cousin feigne d’aller mieux.

Ses doutes sont les mêmes dont Mick m’a fait part. Sans qu’il me le demande, j’ai tenté de savoir si son fiancé ne sombrait pas dans un chagrin alarmant. Mick refuse que je l’espionne littéralement, je me contente de remarquer que rien ne sort de l’habituel. Chad semble studieux en cette fin d’année et si son diplôme est acquis avec une certitude objective, il ne travaille davantage que pour obtenir la meilleure mention.



07/13/2015 14:35 PM

Je n’aurais peut être pas accepté d’accompagner Miya au mariage de son alpha si j’avais su qu’il m’accaparerait également pour lui trouver un costume. Avec ses goûts vestimentaires et sa maladresse, Robin et moi assistons à un véritable spectacle de pitreries.

- Lève la tête, ordonne le blond en agitant une cravate.

-  Meow ! Rechigne le japonais.

- Et arrête de râler ! Gronde Robin.

J’essaie d’oublier ces jérémiades car je suis concentré sur une affaire délicate déterrée par Noah. Ça m’apprendra à vouloir lui rendre service. Mais je saurais lui demander en retour.

- Pas vrai, James, que ça lui va bien ?! M’interpelle Robin.

-  Si je dis oui, je serais obligé d’en porter un aussi ? demande-je.

- Oui ! Proclame Miya avec conviction.

-  Alors je ne me prononce pas, déclare-je en me retournant vers mon écran.

J’avoue apprécier une certaine tranquillité quand Miya décide sur un coup de tête de rentre visite à Jaycee au Canada. Robin, toujours aussi mystérieux, se fait de plus en plus discret. Même  par curiosité en utilisant les moyens à ma disposition, je ne parviens pas à savoir ce qui justifie ses absences dans un périmètre restreint à une partie de la ville.



07/29/2015 01:29 PM

- Tu peux entrer, Robin, dit Mick en accueillant son ancien compagnon.

Les deux s’installent sur le canapé  et me laisse de la place pour passer mon fauteuil et manipuler le bracelet électronique. S’il est possible de pirater l’appareil, il nécessite d’être passé à la cheville de quelqu’un pour ne pas déclencher une sécurité.

À l’inverse de la première fois où l’échange a été fait, cette fois ci le bracelet passe de Robin à Mick. Mon ami est tout de suite dérangé par la présence plus psychologique que physique du dispositif. Mais pas écart pour Robin qui avait sacrifié sa liberté, il ne dit rien.

Ce n’est que l’histoire de quelques heures car les policiers dépêchés pour libérer Mick viennent le lui retirer.  Robin ne tarde pas à disparaitre.

Le lendemain matin, après qu’ils aient roulé durant la nuit, Mick me confirme qu’ils sont bien arrivés à Colma. Ce que je ne manque pas de vérifier en localisant son téléphone. Comme je le fais quelques heures plus tard pour vérifier qu’ils sont sur le chemin de retour et qu’ils ne louperont pas le rendez-vous.

Ils ne se seraient pas douté que la facilité est immanquablement équilibrée par des complications.

- Robin ? Lance-je en direction de la porte que j’ai entendu s’ouvrir.

Personne ne me répond.

Puis quelqu’un se précipite derrière moi, beaucoup trop vite pour que je me retourne et beaucoup trop fort pour que je ne sois pas propulsé hors de mon fauteuil contre le bureau.

Assommé, je mets du temps à comprendre que les deux hommes qui ont fait irruption se retrouvent face à Robin. Était-il dissimulé quelque part pour surprendre les agresseurs qu’il a pu voir arriver ? Couché sur le sol, je ne perçois pas tout ce qui se passe mais mon appartement est vite saccagé.

Je ne prends conscience de la gravité de ce qui arrive qu’en découvrant les traces de sang sur la table basse brisée. Mon fauteuil est en mauvais état, je peine à me redresser pour saisir mon ordinateur.

Chad et Mick sont à proximité de Beacon Hills. Une alerte s’affiche soudainement pour m’informer d’un envoi de fichier. Celui-ci s’ouvre à l’instant où il est également reçu par son destinataire.

Et la source de ce transfert n’est autre que Robin dont le téléphone m’est enfin accessible.

- À quoi tu joues ? Demande-je à voix haute. Ça doit vouloir dire que…

Bien qu’il faille agir vite, je reste prudent face à ce qui est en train de se produire.

Lorsque je comprends le stratagème, je parviens à attraper mon téléphone portable et à composer le numéro de Mick.

- Je sais que Robin est chez toi, j'ai réussi à localiser son téléphone, précise avant qu'il ne pose la question.

Je vérifie le transit des données en instantané et la position de la patrouille de police censée être chez lui à une heure précise, si ce n’est en avance, pour lui remettre le bracelet électronique.

- Mick, écoute-moi attentivement, déclare-je.

Quelques heures plus tard, Chad et Mick se retrouvent dans mon appartement. Nous y remettons de l’ordre et décidons de ne rien dire à personne pour ne pas gâcher la cérémonie à venir ni risquer que la situation ne se dégrade alors qu’elle semble se stabiliser.

Le lendemain, je suis donc obligé de mentir ouvertement à Miya au sujet de mon colocataire.

-  T’as des news de Robin ? Demande-t-il en abandonnant son nœud papillon qui tente d’essayer à nouveau.

- Non, rien depuis que tu es parti, invente-je.

- Le mariage est pour bientôt. J'espère que l'un de vous d'eux m'aidera avec mon nœud papillon au lieu de vous moquez comme vous l'avez fait quand je l'ai acheté, se plaint le japonais.

- Je t'aiderai, dis-je sans décoller les yeux de mon écran.



07/31/2015 02:48 PM

La curiosité de Miya se transforme peu à peu en une inquiétude dont il essaie de faire abstraction alors que nous venons de finir de nous préparer pour le mariage.

- James, commence-t-il.

- Nous allons être en retard, rétorque pour éviter une nouvelle fois le sujet.

Il se résigne mais je sais qu’il est touché par la situation, ne comprenant pas ce qui me retiendrait de lui dire ce que je sais. Robin aurait très bien pu partir sans prévenir. C’était dans sa nature.

-  T’aurais pu mettre un nœud à tes roues quand même ! Se moque-t-il plus joyeusement.

- Tu m’as pris pour une voiture tunée ? Me fâche-je en essayant de lui rouler sur les pieds.

L’ambiance qui règne autour de l’église et sur la place redonne le sourire au japonais. Le buffet, la décoration et les musiciens sont, selon lui, parfaits.

Je l’ai sans doute trop pressé car nous sommes dans les premiers à arriver et nous ne connaissons personne. Puis Mick et Chad finissent par nous rejoindre. Son cousin n’était pas dupe et même si la relation entre Miya et moi n’a rien de secret, notre amitié semble tout de même étonner.

- Je n’aurais pas parié que tu aurais porté un nœud papillon ! S’étonne Chad dont la main n’a pas quitté celle de Mick.

- M’en parle pas ! S’exclame le japonais. J’ai l’impression de porter une laisse. Mais on m’a lancé un défi, et je ne pouvais pas ne pas le relever. Le pire, c’est qu’il n’était même pas là pour vérifier que je le relever son fichu défi ! Bah, une photo fera office de preuve, et puis tu lui diras, hein Mick, que je portais cet affreux coupe-gorge ! Robin est capable de ne pas croire une photo, mais toi il te croira ! En plus faut que je lui fasse écouter une musique, je suis sûr qu’elle va le faire marrer ! C’est un des loups de la meute de Jay qui m’a fait découvrir ça. C’est complètement frivole et idiot, mais ça le fera bien ri…re…

Il se tait sous le regard froncé et Mick. Évoquer Robin crée toujours un malaise car Chad ne l’apprécie pas. Autant pour son passif avec son fiancé que pour son attitude désinvolte. Les invités s’installent et leur arrivée dissipe la tension et les non-dits.

- Installe nous, dis-je sans le quitter des yeux. Miya, reste assis là, à côté de moi.

Je peux presque sentir son angoisse, peut-être pense-t-il au pire. Et il aurait raison. Je ne peux pas taire plus longtemps ce qui est arrivé.

- Miya ? Interpelle-je pour rompre le malaise qui nous entoure.

Il relève à peine la tête mais ne dit rien comme s’il se préparait à recevoir le coup.

- Miya…reprendre-je.

- Depuis quand peut-il l’entendre à chaque fois que je la répète, cette chanson ? Demande-t-il faiblement.

Si je comprends l’allusion de sa question, j’hésite un instant. Pas entre le mensonge ou la vérité mais sur la manière de lui annoncer. De confirmer sa crainte.

- Il est arrivé quelque chose en ton absence, commence-je.

Ce n’est pas le moment ni le lieu pour raconter en détails ce qui est arrivé mais je pose les mots vrais sur la question qui le taraude.

- Il est mort, Miya, avoue-je. Je suis sincèrement désolé. Et nous pourrons en reparler quand tu le souhaiteras.

- Il doit bien se fiche de moi, dédramatise-t-il. Mes premiers essais étaient vraiment médiocres et il a tout entendu. Il réussit à m’embêter jusqu’au bout, il n’y a vraiment que lui pour parvenir à cet exploit.

Son visage est expressif et quand son sourire le quitte, il ferme à nouveau les yeux pour contenir son émotion.

- Miya, ça va ? M’inquiète-je.

- Je ne sais pas, répond-il avec un sourire froissé. J’ai rarement eu à gérer en même temps une grande joie et une grande tristesse. Alors, je vais déjà essayer de prendre la joie, c’est ce qui convient le mieux à la journée…on verra le reste plus tard.

Mais le chagrin de Miya n’est rien comparé au drame qui se produit à l’apogée de la cérémonie.


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