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 All cats are grey in the dark [PV Adriann]

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Therence Garnet

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MessageSujet: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Ven 24 Juil - 15:12



All cats are grey in the dark


-C’est pas MOI qui ai un problème, enfoiré!

Un problème? Ouais, j'ai un sacré problème... Mon corps me lance par endroit, et je ne peux pas riposter. Depuis combien de temps je suis là? Comment j'y suis arrivé?! Je devrais pas être ici, pas encore. Le sentiment de déjà vu est tenace, c'est pas réel, mais ça n'ôte rien à l'angoisse qui me ronge, je dois me tirer de là! Un nouveau coup me coupe le souffle et me fait tomber par terre.

C’est toi le problème...


Non... Je recule précipitamment en sachant ce qui m'attend, je suis pas un "problème", rien ne justifie que je doive endurer ça! Non, non, non, non, n-

Pinkman m'attrape et me projette dans une étendue aqueuse. Je me débat, je sais que c'est inutile, le feu que j'invoque parce que je sais que j'ai - eu? - ce pouvoir en moi n'a aucune efficacité là dessous, mais l'eau m’oppresse et m'envahis mortellement, il est déterminé à me tuer!!! Quand je resurgis à la surface c'est pour mieux être coulé, mais j'ai cru voir quelqu'un au loin, quelqu'un pour m'aider, il faut me sortir de là!...
Je suis tiré d'un coup sec et balancé au sol, je peux enfin respirer, mais je sais avant même d'avoir vu l'éclat métallique qui me pointe que je ne suis pas sauvé...
Adriann est là, dans l'ombre. Comme un animal qui attend le bon moment pour agir. Ou comme la voix qui guide le malade. Juste deux yeux qui scrutent, indéchiffrables... Et Pinkman, lui, me cible avec son arme, au bord de l'hystérie. Sa main tremble sur la crosse, et je suis tétanisé au sourire dément qui grandit sur sa face...
... Non...  

La détonation me fait me dresser dans un cri.

J’avale l'air par à coup et referme les bras sur mes flancs, en nage. En bas de l'immeuble la pétrolette d'un voisin pétarade salement. S*loperie...


Je tourne la vanne, l'eau éclate contre le carrelage de la douche. Je retire le pansement sous mes côtes mais ignore au possible le stigmate qu'il dévoile. J'ai plus mal, plus vraiment... Ça arrive parfois, mais c'est de plus en plus rare...

-La balle c'est logée dans la chair. Ça laissera une cicatrice, mais vous avez évitez le pire. Vous avez eu de la chance!

De la chance?... Le regard que j'ai levé sur la médecin était noir. Je me suis fait massacré par un malade mental, je me suis retrouvé coincé dans cet hôpital, mon prof est un cannibale, et j'ai de la chance?...
Je suis toujours là. Mais qu'on ne me parle pas de chance.

Les flics sont venus prendre ma dépositions. Les règlements de compte ça arrive tous les jours, et Beacon Hill ne fait pas exception, au contraire. Ça m'a fais ch*er de constater leurs manque d'implication, mais d'un autre côté, c'est peut-être pas plus mal... J'ai cru bon d’omettre et modifier quelques faits.

Après mon retour de l’hôpital, je suis resté cloitré. Le temps de ruminer sur ma vie et d'assimiler que tourner en rond à redouter le moindre bruit sur le palier de l'étage, comme si l'autre malade était de retour pour me faire payer, ça, ça allait réellement m'être fatal. Je suis pas impressionnable, quoiqu'en dise le verrous supplémentaire et l’entrebâilleur dont a hérité ma nouvelle porte d'entrée. Je me laisserais pas bouffé par des cauchemars comme une loque traumatisé... J'entre dans la douche en songeant au cours que j'ai repris depuis peu et que je ne raterais pas aujourd'hui, à la vie scolaire et sa populace insouciante, aux tracas d'apparence futile mais qui forge un avenir ordinaire...
Au cours que je ne réintégrerais pas. Tans pis pour l'apprentissage, j'ai pas besoin d'un pro pour trouver ce que je cherche.


Impossible de me concentrer. Mes pages se noircissent de traits vifs et chaotiques, et au milieu parfois, quelques zones vierges qui pourraient laisser imaginer une silhouette, une porte, un éclats, que je fini par raturer aussi en ne sachant pas moi même s'il s'agit d'une marre de ténèbres ou d'une chevelure de jais qui me hante.
A la pause, je ne repousse pas ma camarade au petit surnom de Bruny, cette fille qui ne rate pas une occasion de trainer avec moi quand elle n'est pas avec ses copines. Je ne dis rien quand elle me demande ce que j'ai fais de mon blouson noir. J'ai perdu ma seconde peau dans cette histoire, la veste en jean que je porte maintenant ne remplacera pas l'autre mais c'est ce qui s'en rapproche le mieux. Elle n'insiste pas, ou alors elle s'en fout, habitué à mes humeurs, et elle parle, parle, comme toujours, me noie avec ses ragots et problèmes dérisoires, mais j'ai la tête trop ailleurs pour écouter et m'en plaindre. Ça me conviens en fait, j'avais besoin de compagnie, juste une présence assez superficielle pour ne pas s'attarder sur mes problèmes ni me les rappeler... Jusqu'à ce qu'elle se face plus affectueuse pour m'arracher un minimum d'attention... Elle se presse contre mon bras en faisant fi mon refus évident, bécote ma mâchoire en caressant mon torse, des petites tentations qui m'agacent et un frisson grandissant à la descente de sa main à la bordure de l'abdomen...

Elle ne comprend rien quand je lui gifle violemment le bras et que je me casse en jurant comme un animal piqué. Je vais me réfugier sur un poste à la bibliothèque, je sais pas si j'ai envie d'aller au prochain cours, un de plus ou de moins de raté franchement qu'est-ce que ça change. C'est pas comme si j'étais en mesure de suivre...

"Tu n’étais pas le suivant… "

Il avait l'air bouleversé. Vraiment. Autant qu'une créature est capable de mentir je suppose... Mais c'est de sa faute si je me suis retrouvé là dedans. J'ai compris que Pinkman et lui n'étaient pas bien concertés, mais jusqu'à quel point? Je peux pas croire que celui qui se prenait pour le chien fou du charismatique enseignant ait tout planifié tout seul. "Il est comme moi, lui. Il aime ça, c’est… c’est son élément !" Ouais... c'était juste un petit trip entre tueurs qui a mal tourné quoi, un petit jeu qui est allé trop loin... "Therence, je savais pas qu’il préparait quelque chose, je… J’ai jamais voulu que tu sois impliqué".

Non, peut-être pas. Je sais pas, c'est si énorme... je le revois en train de faire sa classe, consciencieux et léger pour traiter de sujet lourds, qui envoute l’auditoire avec ses récits macabres, un regard furtif qui donne plus d’intérêt à sa leçon qu'elle n'en a, séducteur par nature, un peu suspect, mais j'aurais jamais sérieusement pensé qu'il pourrait être... J'aurais jamais du foutre les pieds dans son cours. En fait, c'est même pas moi qui m'y suis imposé! C'est lui qui m'y a attiré! Tu parles d'un hasard!... Comme son manège de séduction?... Ça me fais marrer...

"C’est en moi. Que je le veuille ou non". a admis le carnassier. "Je veux pas t’impliquer dans… dans quoi que ce soit. Tu peux choisir de me dénoncer. Je comprendrais. Mais…"

... Mais il aurait put se casser quand je me suis fait tiré dessus, me regarder mourir comme dans mes rêves, ou carrément m'achever. Comme un meurtrier. Au lieux de ça, il a pris les mesures pour me tirer rapidement d'affaire. Je me souviens de son professionnalisme et de son calme alors que je chialais quasiment de la blessure. Je me rappelle avoir été soutenu et porté, de sa voix durant le voyage, d'avoir put m'accrocher à lui jusqu'à être pris en charge, et... Et il était encore là à mon réveil. Choqué, autant que j'avais put l'être. Blessé à sa manière par ce qui était arrivé. Soucieux de mon état... Puis ce baiser appuyé, et ce visage en avouant avoir échoué et regretter le sort de certaines victimes de ses affaires...
Il est certainement pas de glace comme je le lui avait reproché. Quoi qu'il soit et quoi qu'il fasse. Et c'est pas pour Pinkman qu'il est venu ce jour là, il ne m'a pas lâché depuis son arrivé à l’entrepôt, jusqu'à ce que je le...

Je ferme les yeux, un vide cérébral rythmé par quelques lourds battements de cœur et un mal de crâne qui se profile.

M... mais ça reste un sale hypocrite! Il pleure ses victimes, mais ça ne le retient pas de tuer! Pour "nourrir" son monstre... C'est dégueulasse, je veux pas savoir comment il se débrouille pour les "manger", les légendes à son encontre sont assez explicites... Hu... Oh pitié... dire que je lui ai roulé un patin... j'ai envie de vomir.

Mais doucement, l'indignation et l’écœurement laisse place à un sentiment douce-amer.

Il avait l'air inquiet, et plutôt coincé pour un wendigo. Terrifié même. Plus victime des évènements que coupable, pris par surprise par la folie du psychopathe comme il s'était défendu...
"Il se cache dans la lumière et je vais le révéler au grand jour..." contrecarre la voix du taré. Adriann est quelqu'un de respecté, un prof aimé de ses élèves, le genre de personnalité et de physique que l'on remarque immanquablement... Un professeur de criminologie auréolé qui cache un tueur... une espèce de démon.

Victime? Coupable? Sauveur? Bourreau? J'enfouis nerveusement le nez dans mon coude et m’ébouriffe le crâne. J'en sais rien! J'arrive pas à poser un jugement clair le concernant, ma raison et ce qu'il c'est dit de la bouche de Psycoboy ou de la sienne me pousse à me méfier de ce... monstre, mais ses actes et ses attitudes m'engagent à avoir foi en ses intentions... En fait, rien n'est clair. Rien du tout. Faut que j'arrête d'y penser. Je ne demande qu'à laisser tomber, oublier, pouvoir tourner la page et ignorer le genre de monstre qui sommeille là où on s'y attend le moins! Où l'on devrait s'y attendre le plus...
Je ferme la page à la figure bestiale émaciée et barbouillée de sang, bien loin du séduisant criminologue et abandonne l'ordinateur.


La soirée est terminée depuis longtemps quand je rejoins le parking du petit ciné où je bosse depuis mon retour dans le monde extérieur, les écouteurs sur les oreilles dans l'espoir de faire taire mes pensées. La musique en bruit de fond, tout juste assez forte pour entendre les bruits alentours, et mes battements de cœur... J'ai aucune raison d'avoir la trouille, ce genre de chose n'arrivera pas deux fois, j'y suis préparé maintenant. Psychoboy s'est exploser les parties, ça m'aide à me dire que ce c*nnard ne peut pas surgir de nulle part pour me trouer pour de bon. Ni moi, ni personne d'autre. J'espère... En fait j'en sais rien, mais quoiqu'il en soit, je suis surement plus en sécurité hors de l'hosto où j'ai imaginé qu'il soit admis. Pourtant je darde sur la présence qui entre dans la lumière là bas et scrute avec insistance le passage de la femme qui déambule sans m'avoir remarquée... Je me sermonne en enfilant mon casque de moto, je dois me ressaisir.

Et pour de bon... Mes yeux s'accrochent plus que de raison à la silhouette qui apparait et file au même endroit. Un homme, une... démarche familière... la désespérante manifestation de mes inquiétudes et l’impératif supplémentaire de m'en détacher, parce que... Il passe sous un nouveau lampadaire, et mon cœur a un raté, cette fois, je sais que mes yeux ne me trompent pas.
...Adriann.

Qu'est-ce qu'il fout par ici au milieu de la nuit?... Les réponses je les connais, elles affluent et me mettent en alerte. Pourtant c'est pas la pleine lune, m... mais... Je me défend de réagir en enfourchant sèchement ma moto. J'ai foutrement aucune envie de le voir, je ferais bien de partir, ce qu'il fait de ses soirées et la façon dont ses rencontres gèrent ça, c'est pas mon problème. J'ai mes propres soucis à régler sans m'en attirer d'autres. C'est pas impossible qu'il ait tardivement quitté la FAQ aussi, qu'il soit de sortie, que... Je peux pas m’empêcher de le regarder poursuivre sa route tout au bout du trottoir... qu'il quitte pour bifurquer dans la même direction que la nana juste avant.

C'est pas vrai...

Je reste figé quelques secondes avant d'abandonner l'engin et m'élancer à leur suite. Le wendigo est en chasse, je peux décemment pas le laisser faire!
Je me cache à l'angle de la rue et conserve un peu plus de distance que l'animal en a avec sa proie. Elle n'a pas remarquée sa présence, et lui est focalisé sur la fille. Adriann ne se camoufle pas, son pas est discret et naturel, son exploration est sûre... je ne sais pas si je dois mettre ça sur le dos du prédateur ou sur le compte de sa vocation, mais ça me captive malgré moi. Et ça m’inquiète. Ils progressent, alors je bouge prudemment.

Je triture anxieusement l'objet qui niche dans ma poche sans les lâcher. Y a des années, je me baladais toujours avec un canif, parce que c'était bêtement "cool", qu'il suffisait de jouer avec pour s'imposer, et que c'était toujours utile si une bagarre dégénérait. J'aurais du en avoir un sur moi lors de cette histoire, comme à l'époque, alors à défaut de me dégoter un révolver, c'est l'une des premières dispositions que j'ai prise. Les fous furieux ont des flingues, les surnaturels sont dotés de leurs griffes, c'est pas avec mes points que je pourrais faire le poids.

Qu'est-ce qu'il attend pour l'aborder? Il doit espérer qu'elle s'engouffre dans une allées sans lumière ni ajours pour pouvoir l'attraper... Et après, qu'est-ce que je fais? Wendigo contre Therence, j'ai même pas été foutu d’échapper à un attardé mental! Et si c'est le monstre qui riposte?! Pour m'être fait lamentablement assommé, je garde mon casque en guise de protection et je pioche un tuyaux abandonné au milieu des ordures, le couteau toujours dans l'autre paume. Si c'est le monstre, alors j'ai une arme radicale pour...
Un lancinement dans le flanc et l'image d'un Adriann paumé et tristement humain me percute. Non, je v... peux pas l'abattre. Le meilleurs moyen c'est de l’assommer et j'aviserais ensuite.

L'environnement est devenu plus calfeutré, elle ralentis pour fouiller dans son sac à main, et lui accélère le pas. Ma tension grimpe en flèche, il passe à l'attaque b*rdel!

-HEY!

Ça l'a stoppé et alarmé la femme, alors je me rue sur son dos pour le retenir et m'y m'accroche fermement. Je m'apprête à lui frapper la tête, mais il se redresse et dans son élan m'écrase contre le mur le plus proche. Le heurt me coupe le souffle, mais le casque m'évite de subir plus qu'un bref étourdissement. Je me redresse, il me fait face, alors je brasse l'air pour l'écarter et pouvoir m'élancer de la façade, et je frappe aussitôt dans le bras, puis dans le flanc, profite de son replis pour atteindre violemment sa tempe et je vise à nouveau pour l’assommer, mais il se protège et fini par me priver de l'arme de fortune et me renvoyer dans le décor.
Mais quand il vient à la charge, c'est une lame dressée vers son sternum qui l'attend, et un souffle court derrière la visière.

-... Je te laisserais pas la tuer...

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Dim 26 Juil - 19:07




True friends stab you in the front

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
Katie, ma dose d'endorphine du jeudi. Rose, celle du vendredi. Christopher, celle du samedi et mercredi. Clara, mardi, dimanche. Timothy, lundi.

Tous, si seulement ils pouvaient avoir le statut de personne à mes yeux. La réalité, c'est qu'ils ne représentaient rien de plus que les doses d'endorphine dont un accroc au sexe à besoin. Dont j'avais besoin pour ne pas m'endormir. Ne pas trop réfléchir. Je sombrais encore trop souvent à mon goût. Dans le lit de Clara, qui me demandait de la prendre dans ses bras et de lui murmurer les sentiments que j'avais pour elle. Clara qui me hurlait dessus et qui revenait quand même à chaque fois. Aux côtés de Timothy, qui ne me parlait pas sauf pour préciser comment il voulait exactement prendre son pied. Tous avaient déjà été réveillés par mes crises de paniques. Tous m'avaient déjà au moins une fois foutu dehors, en pleine nuit, tandis que je continuais de supplier Therence de ne pas sombrer et que son sang imbibait ma peau entière et que je pouvais en sentir le goût dans ma bouche. Je continuais d'avancer dans les rues pour me retrouver immanquablement devant l'hôpital. C'était généralement à ce moment que mon esprit m'autorisait à sortir de ma transe et, qu'hébété, je retournai chez moi.

La lumière jaune lugubre de sa salle de bain éclairait faiblement mon reflet, donnant une couleur sombre aux cernes qui ornaient mon visage. Mais n'était-ce pas leur couleur naturelle ? Je secouais la tête légèrement. Ce n'était pas ma plus grande préoccupation pour le moment. Ce qui me préoccupait, c'était la morsure de Tim qui trônait fièrement dans mon cou. Inratable. Sous n'importe quel angle, elle était là, narquoise. Un soupir franchit mes lèvres lorsqu'il me rejoignit dans la petite pièce, un regard amusé posé sur moi. Je détestais ce type. Je le haïssais. Et pourtant, comme Clara faisait avec moi, je ne pouvais m'empêcher de revenir chaque lundi, comme le putain de dépendant que j'étais. Alors que je n'aimais en rien ce qu'il me faisait. Ce n'était même plus du sexe. C'était brutal, égoïste. Un acte qu'on répétait mécaniquement, par simple habitude. Par dépendance, par besoin et non plus par envie. Et son torse qui se colla à mon dos, ses doigts qui effleurèrent la morsure et son sourire que je ne supporte pas. Son autre main attrapa mon menton, provoquant un grognement de ma part. Je me dégageai rapidement avant de retourner dans sa chambre, de retrouver mes vêtements et de me barrer d'ici. Enfin.
Mon esprit et mon corps étaient suffisamment éveillés pour me permettre de rentrer jusqu'à la fac. Je rêvais de prendre une douche, comme à chaque fois que je revenais le lundi soir. Je rêvais de faire disparaître la marque qu'il avait apposé dans ma chaire. Je longeais une parcelle de la forêt, à l'écoute du moindre  bruit. Méfiant. Paranoïaque. Mon cerveau attentif à n'importe quelle odeur que mon odorat était capable de déceler. Un coup de vent me rapporta la présence d'une humaine, d'une louve et... de sang. Je bifurquai sans réfléchir, guidé par les effluves. Généralement,  l'équation humaine + louve + sang aurait donné un résultat que j'aurais apprécié... Si le sang avait été celui de l'humaine en question. Mais ce n'était pas le cas, et depuis que j'avais été enfermé avec Chad, j'avais légèrement plus de considération pour son espèce, même si je ne l'admettrais jamais face au premier concerné. Voilà pourquoi j'étais là, dans la forêt, Wendigo contre chasseuse, à la rescousse d'une louve trop imprudente pour survivre. Ce n'était pas mes affaires. Pas le moins du monde. Pourtant, je continuais d'avancer avec précaution. Des gémissements venaient de ma droite et j'hésitai, indécis, quand un ricanement couvrit les plaintes avant que ces dernières ne disparaissent complètement. A l'odeur de chaire découpée, je reculai de plusieurs pas. Au son des pas sur les brindilles qui jonchaient le sol, je me cachais derrière un arbre, le cœur battant. J'étais peut-être suffisamment en état pour rentrer chez moi, mais pour me défendre, c'était clairement différent... Mon Wendigo grogna, visiblement désireux de me prouver le contraire. Une chasse en pleine nuit, ce n'était pas ce dont j'avais envie, c'était ce dont ma créature avait besoin et réclamait avec ferveur. Après presque deux semaines d'abstinence, elle mourrait d'impatience de tuer.
 La chasseuse était sortie des bois. En gardant mes distances, je l'avais suivie, jusqu'à retourner vers le centre ville. Je copiais sa démarche décontractée, tranquille, en la suivant sur le trottoir face au sien, en laissant une bonne trentaines de mètres entre nous. Je pouvais sentir les traces de parfum qu'elle laissait derrière elle, le même que portait la fille du jeudi. C'était d'ailleurs le seul point commun entre les deux jeunes femmes, car contrairement à Jeudi, la chasseuse n'avait que très peu de forme... ce qui montrait qu'elle suivait un entraînement intensif. Je me demandai encore pourquoi j'avais commencé à la traquer. Pour m'amuser ? Pour rendre justice ? Pour nourrir la créature ? Devant moi, la brune flânait, s'éloignant tranquillement du centre pour passer dans des rues moins fréquentées. Malgré mon sourire, je ne pu m'empêcher de plisser les yeux. Faisait-elle ça pour rentrer chez elle, ou parce qu'elle était consciente de ma présence ? Peu importait. Je continuais, la suivant devant un cinéma perdu. Elle bifurqua à gauche, et je finis par prendre la même direction une trentaines de secondes plus tard. Le bitume continuait de courir sous nos pas, mètres après mètres. J'étais concentré sur la fille, ses cheveux épais retenus en une bête queue de cheval, sa démarche qui commença à ralentir tandis que la mienne accélérait. Elle savait que quelque chose n'allait pas. Sa main plongea dans son sac et j'accélérais encore pour l'atteindre avant qu'elle n'atteigne son ar-...

-HEY !

Un éclat de voix retentit dans mon dos. Le type fut trop rapide pour me laisser le temps de me retourner, et il s'accrocha à mon dos fermement. Je m'agitai en voyant le tuyau. Bon sang ! Ils étaient ensemble ?! Je me redressai vivement pour écraser le chasseur contre le mur le plus proche et me débarrasser de lui. Je lui fit face, sans totalement à découvert. Si la chasseuse décidait d'intervenir, j'étais mort. Mais visiblement, elle était aussi interloquée que moi... Ca voulait dire que le type n'est pas un chasseur ? C'est quoi, alors ?! Un bon samaritain qui se balade tranquillement avec un putain de tuyau ?! Je n'eut pas le temps de me poser plus de question que déjà, il frappait mon bras, mon flanc, ma tempe. La douleur éclata en moi comme un millier de lames de rasoirs. J’eus le réflexe de relever le bras, bloquant un nouveau coup, provoquant une nouvelle douleur. Ma tempe était poisseuse et ma vision se limitait à des silhouettes sombres, floues. Un liquide chaud  coulai le long de mon visage. Rageusement, je balançai le tuyau et écartai le bon samaritain d'une main. Je m'approchai en titubant légèrement. Je ne distinguais qu'un corps couvert de noir, puis... l'éclat d'une lame ?

-...Je te laisserais pas la tuer...

Cette voix. Je reculai d'un pas avant de sentir du froid sur ma nuque. Encore une lame. La chasseuse me hurla de ne pas bouger.  Son cœur battait furieusement dans sa poitrine, tout comme le mien. Je posai un regard sur Therence avant de le reposer sur le mur qui me faisait face et lentement, je levai les bras pour prouver que je n'avais aucune arme. Aucune raison pour elle de paniquer. Du sang coulait sur ma paupière et d'un mouvement de main, je l'essuyai du mieux possible. Réfléchir. J'avais apparence humaine. Chacun de mes détails était humain. J'avais même une cicatrice, cadeau de Chad, qui couvrait toute la longueur de mon avant-bras gauche. Et avec la fatigue, mon corps ne guérissait plus comme il en avait l'habitude, aussi la blessure que venait de me faire Therence était toujours ouverte et saignait abondamment. Un humain par excellence. La chasseuse me fit face, la lame sous ma gorge, à peine étonnée de la morsure qui s'y trouvait.

-Pourquoi tu me suivais ? Tu voulais me violer, hein ?! C'est pour ça qu'il t'a attaqué ?!, me hurla-t-elle au visage, hystérique. Pourquoi tu l'as attaqué ?!, hurla-t-elle encore, cette fois-ci à l'encontre de Therence.
-Je voulais juste ton porte monnaie pour payer ma dose ! Bon dieu, je viole pas les gens, moi !, m'écriai-je, vexé. Quant à ce connard, je suppose qu'il a voulu jouer au bon samaritain, j'en sais foutrement rien !

Avec mes cernes, la fille pouvait facilement tomber dans le coup du camé en manque. Je posai mes prunelles sur l'adolescent, qui serrait toujours son canif, sans savoir s'il regardait la fille ou moi. Tant pis. Lentement, je secouai la tête, lui suppliant de ne pas révéler mon secret, comme il l'avait déjà dissimulé aux flics, retenant toute la haine que je lui portais à cet instant pour avoir une chance de rester vivant.

 


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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Lun 3 Aoû - 19:19



Erreur sur la personne
... Qu'est-ce qu'il fout là... Je reste planté dans le parking, tiraillé entre le désir de m'éloigner du Mangeur d'Homme de la même façon que je souhaite reprendre ma vie en niant toute cette mésaventure, et l'attraction que me provoque sa présence. Cette balade nocturne ça n'a rien d'anodin, et il me le confirme en empruntant le même chemin que la passante avant lui... Et ch*er!  

Je me lance à la traque du traqueur, je peux pas rester inactif en étant au courant de ses agissements. Il a admit l'horreur de sa nature à l’hôpital, est-ce qu'il m'a cru trop stupide pour l'accepter sans broncher et trop lâche pour réagir? Ou est-ce qu'il espérait justement que quelqu'un s'en mêle?... Je sais au moins avec certitude qu'il a des pulsions animales à satisfaire et que cette pauvre femme va en payer les frais. Alors quand l'insouciante ralentit le pas et qu'il en profite pour se précipiter vers elle, je le charge avec vigueur.

Tout va très vite et dans la débâcle, je ne pense qu'à le frapper. Je veux pas tuer Adriann, mais je cherche hargneusement à l’assommer le temps que la fille prenne les jambes à son coup et pour éviter que... qu'il fasse ce qu'un wendigo menacé ferait! Alors je cogne, craignant la riposte, et sa tête part dans un mouvement brusque quand la barre ferrailleuse choque contre sa tempe. J'ai un bref élan de doute et de remord, mais il tient encore debout et il est hors de question que je permette au dévoreur de prendre le dessus : il n'y a pas d'"Adriann", c'est un monstre prêt à commettre son crime! Alors je le bats à nouveau, mais d'un mouvement bestial il m'arrache mon arme, je me tétanise et me retrouve éjecté plus loin.

J'ai la trouille de ce qu'il est capable de me faire tandis qu'il avance maladroitement, la figure à demi en sang à cause de mes coups. Ce couteau c'est une défense avant tout, m... mais s'il pense réellement à essayer de nous tuer, elle ou moi, alors je suis prêt à...

Il se trouble au son de ma voix... mais sa fuite est aussitôt interrompus par un ordre violent qui me surprend aussi. J'en reste confus avant de remarquer la silhouette de la femme dans son dos, et lui sagement obtempérer après un regard. Je ne sais pas s'il traduisait du reproche ou un témoignage de son innocence, mais j'ai pas le temps de m'attarder sur la question. L'inconnue fait prudemment le tour du captif toujours immobile en ramenant une lame sous sa gorge, mettant en évidence la morsure et sur un autre plan sa pleine maitrise de la situation...

... Des frissons me tombent dans le dos... Qu'est-ce que c'est que cette histoire... ça, c'était pas du tout prévu dans mon scénario...
Mon regard passe successivement du couteau à Adriann et à la femme, j'ai la très dérangeante impression que le bourreau est passé victime et inversement, et c'est pas du tout ce que je...

-Pourquoi tu me suivais ? Tu voulais me violer, hein ?! C'est pour ça qu'il t'a attaqué ?! me fait-elle sursauter de lui hurler dessus avant de me cracher. Pourquoi tu l'as attaqué ?!

-Heu... j... j'ai cru...

-Je voulais juste ton porte monnaie pour payer ma dose ! Bon dieu, je viole pas les gens, moi ! Quant à ce connard, je suppose qu'il a voulu jouer au bon samaritain, j'en sais foutrement rien !

O... ouais, mieux vaut ne pas se connaitre, je le suis sans me poser plus de question sur ce point, parce que là je suis perdu... Cette fille est limite plus flippante que lui, et je veux pas... Je m'attendais certainement pas à ce qu'il se retrouve avec une autre lame que la mienne contre la peau... Je l'avais pas envisagé.
Il n'a pas réussi à se défendre de mon assaut. Il est blessé, docile, ses yeux sont salement cernés, la morsure ajoute à sa vulnérabilité, il n'a rien d'un monstre avide, il ressemble plus à un délinquant malavisé... son histoire est carrément plausible, mais... moi je sais ce qu'il est.
La nana attend une réponse de ma part, et Adriann lorgne sur moi pour supplier d'un hochement de tête...

-...J'ai cru qu'il voulait t'agresser. Je l'ai vu te filer, j'ai trouvé ça louche, alors je vous ais suivis pour être sûr. Mais j'imaginais pas... que tu saurais te défendre... fis-je franchement perplexe en désignant prudemment son couteau avec le mien. Enfin, je pensais pas que c'était un minable qui voulait juste du fric...

Je jette un regard gêné au wendigo. Plus qu'une insulte c'est entrer dans son jeu, quoiqu'il y a peut-être une forme de constat, mais c'est pas le sujet qui nous obsède pour l'instant. Elle maintint obstinément la lame contre sa jugulaire, j'aime vraiment pas ça...

-Tu... tu peux baisser ton couteau? Je crois pas qu'il soit en état de faire du mal à qui que ce soit... fini-je par admettre.

Et moi non plus je compte attaquer personne, même si je n'arrive pas à desserrer le manche de ma lame, trop nerveux. Inutile de le garder avec la sienne sous la gorge... y a pas de danger. A part elle... Je prie pour qu'elle accepte et que tout ce passe sans incident pendant les secondes qui s'éternisent, et au terme d'un échange de regards sévère, elle fini par céder. Je ferme les yeux et expulse tout l'air accumulés dans mes poumons.
« Toi! » aboie t-elle en agitant son couteau sous le nez du prétendu camé quelle défend de recommencer à la suivre sous peine de le le dépecer et qu'elle expédie aller dépouiller ailleurs. « Et toi! » je recule immédiatement aux pas qu'elle fait vers moi, la confortant sur mon manque de dangerosité à son encontre. Et elle me reproche mon machisme, se moque de mon courage évident, et dénigre l'efficacité de mon intervention. Sal*pe...

-Dégagez maintenant!!

Ok! Ok! Je me le fais pas dire deux fois, j'empoigne la manche d'Adriann au niveau de l'épaule pour qu'il démarre plus vite, et je trace sans chercher à savoir si la femme nous surveille encore ou si elle a déjà tournée les talons.

Bon sang... je suis en nage, je m'arrête de courir et je me rend compte que j'ai toujours mon casque sur la tête. Je respire à nouveau en le retirant et me dégageant le front. P*tain, mais à quoi on vient d'échapper... C'était quoi cette fille?!...

Je me retourne spontanément sur l'homme mais aucun son ne parvient à traverser mes lèvres. La tension retombée, c'est un autre mal-aise qui s'installe.

Je sais pas quoi faire. Je voudrais pouvoir partir sans rien avoir à justifier, faire comme si rien ne venait de se passer. J'ai pas mal agis, j'ai fais ce que n'importe qui de censé ferait, ou du moins serait censé faire!... Mais mes pieds restent ancrés dans le sol, et je ne peux pas détacher mes yeux du professeur, à détailler son sale état, faire la part entre mon imagination et la réalité, et à chercher des mots pour combler le silence oppressant.

-...Son porte monnaie pour payer ta dose?... soufflè-je plus embarrassé et suspicieux que je le voudrais en le dévisageant.

Vu sa tête, j'en viens à me demander si c'était pas la vérité... je veux dire, si on laisse de côté ce que je viens de lui infliger... Il a une sale mine. M... mais on sait tout les deux que c'est pas vraiment la question qui me taraude et qui nous a menée jusque là. C'est surtout que j'ai du mal à amorcer la discussion, d'autant qu'il a pas l'air enclin à bavarder.

-Pourquoi tu la suivais? fis-je plus sévère. Parce que ça n'empêche que quel que soit le tour de cette histoire, c'est franchement douteux. Alors pourquoi si c'était pas pour du fric? Est-ce qu'il comptait réellement la tuer? Et... Et c'était quoi cette nana?!

Ça, c'est une question purement rhétorique. Mais je pensais que les filles se baladaient avec des bombes lacrimo ou prenaient des cours de selfs-defense, pas qu'elles sortaient avec des couteaux à cran dans leurs sac-à-main, quand bien même elle aurait déjà put avoir à faire à un vrai pervers!... Mais le coutelas qui niche dans ma poche me renvoie ma réflexion en pleine face. M*rde! Ce monde est dingue, et moi aussi je vais le devenir.

-... Pourquoi t'es resté... "le même"?

Je sais qu'il a des griffes. Je sais qu'il a de quoi se défendre, que les garous ont une deuxième nature moins vulnérable. J'imagine pas un animal faire la part des choses quand il est menacé... J'ai pas hésité à sortir mon arme, tout comme la fille quand chacun de nous l'a été...

J'en viens à me demander ce que je fous là. Je suis intervenu parce que j'ai cru qu'il allait tuer et boulotter une pauvre femme sans défense, je serais resté à ma place si j'avais su qu'il s'agissait d'une caractérielle pareille et qu'elle se retournerait contre lui aussi facilement! Enfin... J'ai cru revivre d'un autre point de vue ce qu'il s'est passé avec Pinkman, et on s'en est tiré alors peut-être que c'était pas un si gros mal...

J'oscille entre des reproches légitimes que je peux lui faire, un gros besoin d’éclaircissement et... le fait que j'ai peut-être fait une c*nnerie. J'ai surement pas le droit d'exiger des explications, mais en même temps, si je savais pas que c'était un monstre, j'en serais pas là et ça il doit bien le reconnaitre!...
J'ai du mal à rester en place, mais je maintint la distance avec le professeur. Même si j'étais pas dérangé par tout ça, je crois pas qu'il accepterait que j'approche... Je suis pas sûr de vouloir prendre le risque. Bien que je le soupçonne d'être plus dissuasif que dangereux... Je le détaille dans son ensemble, ses cernes, la marque de dents à son cou, son front vilainement ouvert... encore un peu sur la défensive mais inquiet.

-Tu saignes beaucoup...

Plus que ce que j'imaginais un surnaturel saigner. Je croyais qu'ils guérissaient de leurs blessures... Je fais quelques pas vers lui, et il se braque.

-...Je voulais te sonner, certainement pas t'exploser le crâne. tentè-je. Adriann, je peux pas t'empêcher d'être en colère après ce que je viens de faire, mais tu peux pas ne pas comprendre que j'ai agis comme ça suite ce que tu m'a dit à ton sujet, non?

... Non?... Comment je pouvais deviner qu'il suivait une version féminine et à peine édulcorée de Psychoboy! C'était pas marqué sur son front!... Et... et puis c'est pas à moi de me justifier!

-Y a pas mort d'homme! Et je pourrais partir sur un long discours sur tes torts, toi qui a... je veux même pas savoir combien de morts sur les bras, et je pense pas à tes affaires ratés!...

... Alors qu'on ne me reproche pas mon impulsivité ou quoi que ce soit d'autre... Je pensais pas à mal. Je fais un tour sur moi même en m'ébouriffant le crâne, excédé, avant de me calmer, quand dans mon champs périphérique la silhouette fléchie.

-Hé! Adriann!!!

M*rde! Je voulais qu'il perde connaissance, mais ça c'était avant de savoir que la fille n'allait pas se laisser toucher sans rien faire!... Je me précipite pour l'empoigner et l'aide à s'assoir le temps que sa passe. C'est moins grave que ce que je croyais, un étourdissement, enfin je crois...

Il est pâle, faible et si maniable... Et l'espace d'un instant, l'homme blessé s'efface au profit du criminel sans défense. Je me rend compte combien ce serait facile. Le laisser assis au sol. Aller chercher la barre, ou sortir mon canif et... et s'assurer qu'à la prochaine pleine lune, il ne puisse plus dévorer qui que ce soit. Une opportunité d'empêcher un tueur de sévir à Beacon Hill...

Une vague d'indignation s'empare de moi. J'ai mal au cœur. C'est... Je suis pas un timbré moi!

-Lève toi...

Y a pas à penser à des choses pareilles. Je peux pas le laisser là, pour son bien. Je l'aide à se remettre sur pied et d'une main qui ne quitte pas son dos et l'autre en prévention près de son torse, je m'assure qu'il ne flanche pas à nouveau et puisse marcher.

-La moto est pas loin, je t'emmène à l'hosto?

Vu son état c'est surement la meilleure chose à faire... Mais sa réaction est plutôt claire sur son refus de finir là bas. Ok... Il doit bien y avoir une pharmacie dans les environs... Je l'accompagne hors de notre point d'arrêt, on va retrouver la bécane et on verra après... En regagnant les rues principales, les néons me signalent une option plus accessible. L'un des rares commerce encore ouvert à cette heure-ci.

J'entre dans le bistrot en faisant fi des regards sur son visage ensanglanté et le laisse à la table la plus proche des waters le temps d'aller y chercher du papier... dans une machine vide. Je me rend jusqu'au comptoir avec agacement.

-Vous auriez du papier? Y en a plus...

-Qu'est-ce qui lui ai arrivé?
s'occupe plutôt la trentenaire, intrigué par le bellâtre à la gueule amochée.

Mes lèvres laissent place au silence tandis que mes yeux filent de la barmaid à Adriann avant de regarder ailleurs.  

-Y a eu erreur sur la personne.

Je m'en suis pas pris au bon agresseur...

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Ven 7 Aoû - 1:05




Talking and talking

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
L es odeurs nauséabondes de sang et de chaire étaient les seules choses dont j’étais réellement conscient. Ca, et ma colère grandissante envers Therence, qui gisait au sol, fermement agrippé à son couteau. Il avait beau s’excuser d’un regard gêné pour l’insulte, la douleur qui cognait dans ma tempe explosée m’empêchait de réellement ressentir autre chose qu’une rage bouillante… même si mon corps n’était pas assez en état pour l’exprimer clairement. Je me contentai seulement d’ignorer son regard, tentant vainement de reposer mon attention sur la chasseuse. A la supplique de l’adolescent, elle dégagea ma gorge en nous scrutant sévèrement, mais, trop brusquement à mon goût, recommença à jouer du couteau sous mon nez, menaçant de me dépecer si jamais nos chemins se recroisaient. Je réprimai un sourire mauvais, sachant pertinemment que je retrouverai sa trace dans les jours qui suivaient… Je n’avais jamais défendu un autre surnaturel, ni même jamais cherché à en venger un.  Durant des années, la chasse n’avait été pour moi qu’un jeu  macabre où la seule règle était de chasser ou d’être chassé. Soit on était assez malin pour survivre et s’amuser, soit on ne l’était pas… Pourtant, après un bref passage dans les bas fonds de Beacon Hills avec Chad, je n’étais plus vraiment sûr que mon raisonnement ait été le bon. Et même si je n’appréciais pas particulièrement les autres surnaturels… nous étions une sorte de communauté, non ? J’entendis vaguement les reproches que la fille fit au brun, jusqu’à ce que sa voix claque dans la ruelle, nous ordonnant de dégager. J’eus à peine le temps d’amorcer un mouvement que le brun agrippa mon haut pour me trainer avec lui. L’adrénaline du combat retombée, j’avais bien du mal à ne pas trébucher tandis que nous revenions sur nos pas. Après quelques minutes, sa main desserra sa prise et son allure ralentit. Je restais en retrait, lissant le tissu froissé d’un geste tandis qu’il ôta son casque avant de se retourner vers moi. Par habitude, il passa une main dans ses cheveux pour les remettre en place avant de me faire face. Ses pupilles détaillèrent les miennes avant de glisser sur mes cernes et la morsure. Le silence qui s’installait était  pesant, oppressant. Mais la dernière chose que j’avais envie de faire était de parler, de m’expliquer.

-...Son porte monnaie pour payer ta dose?..., souffla-t-il, suspicieux.

J’haussais un sourcil avant de tourner la tête ailleurs, avec l’envie de partir pour éviter une nouvelle confrontation. Celle de l’hôpital m’avait suffit. Mais Therence ne semblait pas de cet avis, et bien qu’il ait du mal à formuler ses pensées, je pouvais voir qu’il n'abandonnerait pas de si tôt.

-Pourquoi tu la suivais?  Et... Et c'était quoi cette nana ?!, fit-il en voyant que je ne répondais toujours pas.
-Une fille qui venait de décapiter une louve. Rien de bien important, lui assénai-je avec sarcasme, d’une voix dans laquelle planait toute ma fatigue.

Je vis sa main former un poing dans sa poche où se trouvait le couteau. Par instinct, je reculai d’un pas, malgré les forces qui abandonnaient mes jambes, sans détacher mon regard de sa veste. La situation était pitoyable. J’étais pitoyable. A la merci d’un humain, sans aucun moyen de défense. Même ma créature n’avait plus la force de grogner pour marquer sa désapprobation, trop occupée à calmer les tremblements de chacun de mes membres.

-... Pourquoi t'es resté... "le même"?

Où était passé son esprit de déduction si vif que j’avais remarqué pendant mes cours ? Il n’y avait qu’à me jeter un regard pour constater que je n’étais pas au mieux de ma forme. J’haussais une épaule sans prendre la peine de répondre à sa question avant d’essuyer une nouvelle fois le sang qui continuait de couler sur ma paupière. Pourquoi restions-nous plantés ici ? Pourquoi est-ce qu’il ne partait pas, comme il l’aurait fait à l’hôpital s’il en avait été capable ? Pourquoi est-ce qu’il ne me laissait pas ici pour repartir sur sa moto ? Therence souffla quelque chose que je n’entendis pas en s’avançant, les mains toujours plongées dans ses poches. Je reculai une nouvelle fois, brusquement, les poings serrés en le fusillant du regard, tel un animal apeuré… ce que j’étais, au fond.

-Je voulais te sonner, certainement pas t'exploser le crâne.
-C’est réussi, bravo, raillai-je.
-Adriann, je peux pas t'empêcher d'être en colère après ce que je viens de faire, mais tu peux pas ne pas comprendre que j'ai agis comme ça suite ce que tu m'as dit à ton sujet, non ?

Il n’était pas en tort, je le savais. Mais comment espérait-il que je l’accueille alors qu’il m’avait tabassé avec un putain de tuyau avant de pointer une lame sur moi ? Toute cette conversation m'embrouillait l'esprit. Mon rythme cardiaque résonnait dans mon crâne comme un mauvais morceau de musique dans lequel mon souffle se perdait. Je fermai les yeux pour tenter de rattraper la danse, en vain.

-Y a pas mort d'homme! Et je pourrais partir sur un long discours sur tes torts, toi qui a... je veux même pas savoir combien de morts sur les bras, et je pense pas à tes affaires ratés !, crachat-il, excédé.

… Mes affaires ratées ? Il osait parler de mes affaires ratées ?! J’amorçai un mouvement pour m’éloigner encore, définitivement cette fois-ci. Je pouvais comprendre ses élans de bravoure pour m’empêcher de tuer une pauvre fille, mais se rabattre sur mes aff- Wow ! Le bitume tangua brusquement. Mon bras frappa contre un mur, me rattrapant de justesse avant que ma tête ne rencontre le sol. Je sentis des mains glisser contre moi et m’accompagner jusqu’au sol sans délicatesse. Cinq secondes passèrent. Dix. Vingts. Les choses se remettaient lentement à leur place, le sol en bas et les étoiles en haut. Je levai mon regard las pour le planter dans celui de Therence. Ma main s’agrippa à son haut tandis que je haletai doucement à ses côtés.

-Ne parle pas de mes affaires ratées. Tu as… C’est pas parce que tu as résolu une enquête que tu sais ce que ça fait.
-Lève toi…, me demanda-t-il doucement.

Je me relevai pour avancer. Mes jambes étaient toujours aussi faibles. J’avais froid, et la main de Therence dans mon dos me brûlait, malgré la séparation que formaient mes vêtements. La rue défila lentement en sens inverse dans un silence pesant que Therence décida une nouvelle fois de rompre. A l’évocation de l’hôpital, mon corps entier se raidit et je me contentai de secouer la tête. Il était hors de question de poser un pied dans un hôpital : j’en avais déjà la phobie avant mes cauchemars, mais depuis, elle avait été décuplée. Le garçon sembla m’accorder cette requête et nous continuâmes de marcher. J’étais conscient de prendre de plus en plus appui sur lui, mais mon corps n’était pas capable d’aller… je ne savais même pas où nous allions. Je ne savais même pas s’il le savait.  Les lumières se faisaient plus agressives u fur et à mesure que nous nous enfoncions dans le centre ville. Puis nous franchissâmes le seuil d’un bar. Le brun m’installa à une table avant de me laisser. La serveuse s’approcha de moi après m’avoir identifié comme inoffensif. Elle avait commencé à ouvrir la bouche lorsqu’elle fut coupée par la voix agacée de Therence.

-Vous auriez du papier? Y en a plus...
-Qu'est-ce qui lui ai arrivé ?, renchérit-elle tandis que ses yeux se posent méchamment sur lui.

Je le scrutai, impatient de découvrir comment il allait se justifier. Après un bref regard sur moi, il marmonna, mi gêné mi honteux, qu’il y avait eu erreur sur la personne. La serveuse se tourna vers moi, les mains sur les hanches, un sourcil haussé et sans gêne, elle désigna Therence du doigt.

-Vous voulez que je le dégage ?
-…Non, soupirai-je après quelques secondes. J'aimerais un verre de vodka. Deux, s’il vous plaît, ajoutai-je finalement en jetant un regard au brun.
-Comme vous voudrez, dit-elle en retournant derrière le comptoir.

Je plongeai les mains dans mes poches pour sortir mon porte-monnaie, me figeant en ne sentant rien. Je tâtais mes différentes poches avant d’avoir un flash et de revoir l’objet tant désiré, échoué à même le sol dans la chambre de Timothy. Je fermai les yeux en nichant mon visage dans mes mains encore tremblantes, un frisson parcourant mon dos en pensant que je devrais retourner chez lui le lendemain. Le claquement des verres sur la table me ramena à l’instant présent. La serveuse me détailla rapidement avant de fourrer du papier et une trousse de premier secours dans les bras de Therence.

-C’est offert par la maison. Par contre, faites vos petites affaires dans les toilettes. Je veux pas de sang dans mon bar, c’est compris ?, demanda-t-elle sur un ton autoritaire.

Après un hochement de tête, j’attrapai mon verre pour le vider cul sec. Le liquide m’arracha une grimace lorsqu’il vint brûler ma gorge. Je remerciai la serveuse et, suivit de près par Therence, j’allais dans les toilettes et m’affalai sur l’abattant d’un des WC. Je relevai le visage vers l’adolescent, clignant des yeux sous la fatigue.

-Je suis pas un camé en manque d’argent… je l’ai oublié chez Lundi, murmurai-je.

Il s’afférait à nettoyer mon visage avec le papier qu’il avait mouillé. La fraicheur me fit frissonner légèrement, tout comme ses doigts qui effleuraient mon visage avec une douceur inattendue. Je fermais les yeux de soulagement en le sentant faire. Je n’étais plus habitué à ce genre de contact. Les gens m’utilisaient comme je les utilisais eux, pour s’amuser, pour s’oublier. Et ça m’allait très bien. Mais là, c’était différent. C’était presque risible, d’apprécier une simple présence et sa douceur inconsciente alors que ma sexualité était si bordélique.
Mon visage était propre. Ma tempe avait arrêté de saigner, mais j’étais toujours dans cet état de quiétude, comme si j’étais entouré par du coton. Je savais que c’était passager et que les cauchemars reviendraient trop tôt. Mais j’étais fatigué. Doucement, je glissais mes mains sur les hanches de Therence et posais mon front sur son ventre en fermant les yeux, bien trop conscient de ma vulnérabilité. Je me laissais haper par son odeur, par toute la chaleur qui émanait de lui, tel un animal en mal d'affection.



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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Mar 11 Aoû - 0:16



Weakness
Adriann Weizerling, professeur de science criminelle à l'université de Beacon Hill, profiler de meurtriers de tout poils, la coqueluches des psychopathes amateurs du bahut. Adriann Weizerling, wendigo mangeur d'êtres humains au moins une fois par mois, à la pleine-lune de ses propres dires. Adriann Weizerling qui se ballade en début de semaine, à près d'une heure du matin, dans les rues désertes de la ville pour suivre les traces d'une femme seule. Et on s'étonne honnêtement de ma méprise?! Pourquoi il la suivait? Et c'était quoi cette folle?!...

-Une fille qui venait de décapiter une louve. Rien de bien important.


Qu... Mon visage se plisse gravement. Une garou décapitée, par la femme là? Il me fait marcher?... Les explications d'un loubard sur le triste sort de son foyer carbonisé par des opposants de la race lupine et autre surhumains qui répondent au sympathique sobriquet de "Chasseurs" me reviennent à l'esprit et soutiennent la crédibilité du surnaturel et précisent l'attitude de la suspecte. L'idée que j'ai fais une bévue et pas des moindre ce creuse un peu plus...
Je refoule ma gène et les frissons et jette un œil dans la direction dont nous sommes venu en imaginant l'hystérique poursuivre son chemin, puis je juge le profiler la main cramponnée au canif dans ma poche. Mais comme si maintenant que l'autre enragée n'était plus là pour l'attaquer c'est moi qui représentait une menace, il accentue nerveusement la distance. Pourtant, la situation prêterait à rire, c'est bien lui l'espèce de zombi de cornus comme ils sont généralement représentés qui croque des gens en quelques bons coups de mâchoires?!... Et c'est de moi et mon coutelas qu'il à peur, sérieusement?...

Il se contente d'ignorer ma remarque d'un haussement d'épaules blasé, décidé à partir plutôt que poursuivre l'interrogatoire. Qu'il soit homme ou wendigo, poussé à la filature par faim, devoir ou sécurité, il est vraiment pas en forme. Mais moi je ne veux pas le laisser filer! Pas après tout ce qu'il c'est passé!... Il saigne vachement. Je croyais que ça guérissait... Puis c'est pas comme si j'avais cherché à le tuer, je voulais seulement mettre un prédateur hors d'état de nuire...

-C’est réussi, bravo.


Bon sang, je suis en train de me justifier! Il pourrait... faire l'effort de comprendre! Je prendrais pas la faute sur moi, pas entièrement, parce que si monsieur n'était pas du genre à bouffer ses voisins pour combler ses fringales de minuits, quoiqu'il se défende de pleurer ses victimes professionnelles, j'aurais eu aucune raison de lui sauter dessus dans cette ruelle!... J'ai tué personne, moi!

L’excès lui fait sèchement tourner les talons, autant que ses forces le lui permettent avant de s'écrouler. M*rde!... Je le rattrape et patiente avec lui, conscient d'avoir sensiblement impacté sa santé déjà vague. Mais est-ce que c'est vraiment un mal? Si c'est un tueur en série, est-ce que je ne devrais pas profiter de l'occasion pour... éviter que quelqu'un ne perde la vie parce qu'un autre, le wendigo, l'aura décidé?...

-Ne parle pas de mes affaires ratées.
souffle t-il d'une voix rauque en agrippant ma veste. Tu as… C’est pas parce que tu as résolu une enquête que tu sais ce que ça fait.

J'ai pointé le sujet sensible et le criminologue ne l'accepte pas, à juste titre. C'était petit... j'en ai conscience. Je l'aide à reprendre la route. Il a raison, je sais rien du tout. Et c'est justement ça mon problème...

L'hosto est proscris, et faute de mieux nous migrons jusqu'à un bistrot où se poser et regarder la blessure. Il a clairement pas la force de déambuler. J'aime pas les regards curieux qui nous accueillent, ni celui de la femme qui comprend rapidement que les comptes ce sont réglés dehors, mais qu'on espère pouvoir essuyer les plaies en accostant ici. Plus de serviettes, évidemment. Toute cette situation me contrarie, mais la conduite similaire de la barmaid et sa demande d'explications me tasse efficacement. Je suis le premier à gronder et me plaindre, mais c'est moi le fauteur de trouble de la soirée. J'ai cru... Alors j'ai... bref. J'ai fais une erreur...
Elle prend la pose d'une pervenche en fonction et me pointe franchement en demandant l'avis du persécuté.

-Vous voulez que je le dégage ?


Quoi?! Mais!...

-…Non. J'aimerais un verre de vodka. Deux, s’il vous plaît
, rajoute t-il en me jetant un regard.

Je ne sais pas quoi dire. J'aurais été moins embarrassé... moins étonné qu'il me chasse après ce qu'il s'est passé ce soir et à l'hosto. Je m'assoie en silence et le regarde fouiller ses poches après avoir tirer mon porte feuille de la mienne. La fouille s'avère inutile et l'achève un peu plus...  

-J'ai ce qu'il faut. marmonnè-je dans une tentative de consolation, en agitant le morceau de cuir. Mais le professeur garde le visage niché entre ses doigts frémissants, au bout du rouleau...

La femme revient avec la commande pour laquelle je prépare la somme, et en échange elle me refourgue une trousse de soins et les mouchoirs demandés.

-C’est offert par la maison. Par contre, faites vos petites affaires dans les toilettes. Je veux pas de sang dans mon bar, c’est compris ?


Je me contente de marmonner mon accord, le sentiment désagréable d'être un gosse qu'on réprimande à répétition pour essuyer la bêtise du siècle, et j'imite Adriann en vidant rapidement mon verre et le suivant jusqu'au sanitaire.

-Qu'est-ce que t'as fait de ton porte feuille?

-Je suis pas un camé en manque d’argent…
J'ai pas dis... je ravale ma langue, l'allusion est plus que compréhensible. Je l’ai oublié chez Lundi.

-Lundi?


Il me regarde entre deux battements de paupières quand je reviens avec du papier humide. On dirait un petit garçon sur le point de dormir... J'ai déjà trop parlé, trop jugé et poser trop de questions et pas les meilleures pour exiger plus de précisions. Alors je fais quelque chose que je devrais sans doute faire plus souvent, je me tais, et je m'applique à laver le sang de son visage. Je suis soulagé qu'il se laisse faire, mais j'éprouve aussi du remord à le sentir si docile sous mes doigts. Si fatigué... il est loin d'avoir l'allure d'un carnassier. Son visage est maculé d'hémoglobine, mais c'est son propre sang, celui qu'il a reçu grâce à ma superbe intervention...

Les boulettes rougeâtres se succèdent dans la corbeille. Je prend soin d'effacer toute trace, je repasse sur ses mèches tachées en osant pas troubler sa quiétude. Il a retrouvé un air paisible... Une fois propre, je prend un meilleur appuie, un genoux contre la faïence, et j'incline un peu plus sa tête et repousse ses mèches brunes pour tamponner la plaie du coton imbibé d'alcool. En d'autre circonstances, je ne me serais pas privé de railler son côté douillet, quitte à lui inventer une grimace ou un sursaut qu'il n'aurait pas fait, façon d'imposer ma supériorité. Mais à ce stade ce serait vraiment déplacé et inutile de jouer d'avantage les agressifs, et je me remémore avec quelle attitude pitoyable c'est moi qui geignais avec le bide en sang. Une blessure dont il n'était pas à l'origine contrairement à notre cas... J'y ai pas été de main morte, et s'il n'y a pas un fond de vengeance inconsciente parce que je le soupçonnais d'être mêlé à ce rapt pour expliquer une telle hargne, alors je suis vraiment le dernier des abrutis...

Je rebouche correctement la bouteille d'antiseptique quand ses mains se posent sur mes hanches et que sa tête échoue délicatement contre mon nombril... mon ventre se crispe instinctivement et un feu dérangeant né de la rencontre. Même si la blessure a guérit je ne suis pas à l'aise aux contacts dans sa périphérie... mais c'est surtout son attitude qui me pétrifie et me trouble... Il à l'air si... fragile. Et il se repose sur moi...

Je pose une main hésitante sur son crâne et faufile mes doigts dans ses cheveux, le couvant avec incertitude. Où est-il, le monstre effrayant qui dévore de la chair humaine? J'en viens à douter qu'il y ai réellement un prédateur là dessous. Pas celui que je me suis dépeins d'après quelques paroles, une situation trompeuse et des légendes en tout cas.

...Mais je peux pas m'être trompé à ce point! Je cherche à me raccrocher à un fait valable, quelque chose qui me prouverait que je n'ai pas tort, que mes peurs sont fondées et que je n'ai pas été assez stupide pour rejeter et attaqué le wendigo sans raisons!... Mais mes orbites roulent sur du vide, et je me maudis mentalement. Je capitule. Je ne veux plus réfléchir, arrêter de façonner mes propres réponses en imaginant courir après. Je me courbe un peu plus sur la tête au repos, honteux et attristé de l'amplitude de ma bêtise et son état. Non, c'est pas un animal dangereux, ça... Une petit signe supplémentaire me fait froncer les sourcils et du bout des doigts, je dégage le col de sa veste.

-... C'est toi qui te fais manger? ironisè-je doucement en effleurant les contours de la morsure. Mais j'aurais peut-être pas du... Excuse...

Je retire ma main de là et reprend ma position initiale, j'ai pas envie qu'il bouge par ma faute... On est plutôt bien comme ça. Juste les faibles grésillements de la lumière et les rares haussements de tons de l'autre côté de la porte. Sans parler. En laissant aller les pensées...
Cette marque d'asservissement à son cou. Son soutient quand j'ai été blessé. Le séjour interminable, seul à l’hôpital. Son angoisse après s'être révélé... Son épuisement désarmant entre mes bras. Une nana qui guillotine des loups. Ma présence qu'il n'a pas refusé malgré tout... Sa présence qui m'a manquée?... Le poids de son front appuyé tout contre moi. Le frisson que me procurent ses mains qui s'accrochent. Les haussements de son dos quand il inspire profondément...
Je continue de passer et repasser ma main dans ses cheveux, l'autre qui gratte faiblement son dos en me concentrant sur sa respiration. En me concentrant sur lui...

-Adriann?...

Il dort?... Je repousse ses épaules et saisis chaque côtés de son visage pour l'éloigner de mon ventre et m'accroupir en face de lui. Il a les paupières clauses et prend appuie dans ma paume, et il y a quelque chose d'attendrissant là dedans. Je dessine ses cernes du pouce, passant sur le petit grain de beauté à sa droite. Survole d'un bref regard la plaie à sa tempe puis redescend sur sa bouche pour caresser sa commissure. Inoffensive...

Je dépose mes lèvres contre les siennes et les referment doucement en happant l'inférieure. Pas de dentier aiguisé. Pas de gout métallique. Juste des babines alanguies à l'arôme de vodka.

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Lun 17 Aoû - 17:59




S'apprivoiser

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Un frisson me traversa lorsque l’antiseptique rencontra la plaie. Je m’attendais à une remarque de Therence, à une pique, mais… Rien. Son silence m’inquiétait plus qu’il ne me reposait. Même après m’avoir explosé le crâne tout à l’heure, il avait trouvé des choses à dire… est-ce que je paraissais faible au point qu’il ne trouve rien à dire ? Je n’avais pas envie d’y réfléchir. J’en étais incapable. Pas en sortant de chez Lundi. Sa morsure embrasait une petite zone dans mon cou et je rêvais déjà au lendemain pour le confronter… Ou comme Clara, je reviendrais et je me contenterais de m’allonger. Docile. Comme d’habitude. Mais Lundi était loin et Therence était ici. Therence qui dégageait quelque chose de doux, de presque tendre. Therence dont le ventre crispé accueillait mon esprit fatigué.

-C'est toi qui te fais manger? murmura-t-il doucement en caressant la marque du bout des doigts. Excuse, finit-il par ajouter sur le même ton.

Son ironie m’arracha un sourire qu’il ne put pas voir. La tiédeur de ses doigts calmait l’irritation sur ma peau et je me laissais aller une nouvelle fois, les mains glissées sous son haut pour sentir sa peau, replongeant dans un brouillard reposant. Bercé par son odeur. Par ses doigts dans mes cheveux, dans mon dos. Prenant conscience de son ventre qui se soulevait au rythme de sa respiration, de la chaleur et de la douceur de sa peau… De Therence tout entier…
Une parole indistincte me tira de la torpeur. De la chaleur, à nouveau, plus proche. Des caresses sur mon visage formant une sorte de dessin m’aidèrent à émerger encore un peu… L’odeur d’antiseptique que dégageait la main qui effleurait lentement mes joues, un goût de vodka sur les lèvres qui me fit deviner le visage de Therence contre le mien, nos lèvres enlacées. Je me détachai de lui doucement pour pouvoir l’observer. Son regard n’était pas comme d’habitude et je ne savais pas ce qu’il pouvait refléter… Mais il m’avait embrassé, comme à l’hôpital. En plus doux, avec d’autres émotions que la rage. Toujours mal réveillé, je glissais une main sur sa nuque, lentement. Sa peau frissonna au contact tandis que tout aussi doucement, je penchai mon visage pour reprendre ses lèvres. Le baiser s’enhardit lorsque nos langues se rencontrèrent et que nos mains glissèrent sur le corps de l’autre. Je voulais me perdre et me retrouver dans son souffle, faire disparaitre la présence de Lundi. J’aurais pu le mettre sur moi, enlever son haut, faire ce que je faisais tout le temps. J’aurais pu. J’en avais envie : le caresser, sentir son souffle contre ma peau, l’entendre gémir mon prénom… mais je n’avais pas envie de faire ça comme ça. Dans un autre lieu, dans un autre état. Je ne voulais pas réduire Therence à une simple histoire de baise dans des toilettes.
Je me reculai une nouvelle fois, le souffle court, pour poser mon front contre son épaule. Sa nuque frissonnait toujours sous mes vagues caresses.

-Viens chez moi, soufflai-je dans son cou au bout d'un moment. Je répondrai à tes questions. Toutes.

D’un même mouvement, nous nous relevâmes. L’adolescent quitta le refuge qu’était devenu les toilettes et traversa le bar en adaptant son rythme au mien. D’un geste de la tête, je remerciai la serveuse avant de pousser la porte du commerce pour nous retrouver dans le froid de la nuit. Encore une fois, nous reprenions le chemin du macadam pour rejoindre la moto de Therence. Je m’installais derrière lui en glissant mes bras autour de lui et la tête contre son épaule sans hésiter. La moto démarra dans un grognement mécanique et fila à travers la ville déserte.
Elle s’arrêta finalement sur le parking de la fac. Nous remontâmes le campus dans le silence le plus complet qu’aucun de nous deux ne brisa cette fois. C’était reposant, à l’inverse du sentiment oppressant qu’il avait dégagé après être sorti de la ruelle, mais… Mais le bâtiment C était vraiment trop loin de l’entrée de l’université. Les autres défilaient lentement sur notre gauche et finalement, au bout d’une dizaine de minutes d’une marche lente et fatigante, l’édifice apparut, couvert de graffitis. Les dessins continuaient dans le hall d’entrée, même jusque dans l’ascenseur trop étroit pour garder un semblant d’espace vital à deux. La proximité créée par l’habitacle ne me dérangeait pas, bien au contraire. J’avais toujours froid et le corps de Therence proche du mien me donnait sa chaleur. Je l’observai correctement pour la première fois de la soirée, sous un bon éclairage, sans de pénombre alentour, me permettant de découvrir des cernes qui creusaient un peu plus des traits déjà tirés…

-Je suis pas le seul à avoir des cauchemars, on dirait…, murmurai-je sans lâcher son regard.

J’avais envie de lui donner la même affection qu’il m’avait donnée tout à l’heure, par des simples caresses et une simple étreinte. Mais nous savions tout deux que pour le moment, le temps était aux explications. Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent, m’arrachant à la contemplation du garçon. Il n’avait pas détourné le regard tout comme il ne l’avait pas fait lors du premier cours. Son assurance m’avait manqué… Il m’avait manqué.
Les numéros sur les portes se succédèrent. 354, 355, 356. J’attrapai mes clefs et déverrouillait la porte. J’invitai Therence à entrer d’une main avant de le suivre et de refermer. Un verre trônait déjà sur la table, rapidement suivit par un second et par la seule bouteille de Schnaps qui n’était pas entamée ou qui ne reposait pas tranquillement dans le bureau de mon amphi. Je m’affalai plus que je ne m’asseyais et remplissait les deux verres généreusement.

-Therence, je ne vais pas mentir en répondant à tes questions. Je te le promets.



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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Sam 22 Aoû - 22:31



Questions de confiance
Isolés dans les sanitaires, silencieux, je prend soin de la blessure du professeur. La morsure est vive, je me dis que je devrais peut-être aussi passer du produit quand il dépose sa tête contre mon abdomen... Le geste me rend confus mais fond les dernières barrières que je m'imposais face au wendigo. Mes craintes et colères ont coulées avec ma bulle d'égocentrisme...
Il est épuisé. Il a besoin de repos et de soutient... il se repose sur moi.

Je l'apaise avec autant de patience et de douceur dont je sois capable, je me sens c*n d'avoir été si loin dans mon entêtement. De petits frissons électrisent mon épiderme au contact de ses doigts frais à demi sur mes reins, j'en ferme doucement les yeux. Je suis désolé et troublé de le voir si vulnérable. Et en même temps, je profite moi aussi de cet instant vaporeux, de cet Adriann à choyer...

Je me baisse à son niveau pour mieux observer son visage assoupi. Il est beau, je m'en suis déjà souvent fait la réflexion. Aussi instructif que ce soit, j'ai pas uniquement intégré sa classe pour mater le rétro-projecteur... Et le découvrir dépossédé de sa superbe le rend... différent, mais d'autant plus attachant.
J'essaie de le réveiller mais comme il ne réagit pas, je profite de son total abandon pour le parcourir du bout des doigts puis solliciter son retour par une requête délicate. Je sens ses lèvres s'éloigner et le découvre ouvrir doucement ses paupières. Plusieurs secondes passent durant lesquelles nous nous observons dans la langueur. Il bouge à peine, et je sens ses doigts couler autour de ma nuque pour répondre à mon baiser. Je ferme les yeux en happant doucement ses lèvres, les savoure et les saisis de plus belle en un coup de langue impatient et en glissant une main sur ses côtes, puis sur son visage pour approfondir d'avantage notre échange.

J'aurais beau dire ce que je veux, je l'ai regretté à l’hôpital. Quel que soit mes reproches, j'ai regretté de l'avoir viré, d'avoir creuser un ravin entre lui et moi et avoir eu la prétention de croire que je serais capable de m'y faire...

Je retrouve l'allemand avec fougue, j'accroche sa veste et m’enivre de son souffle, de sa mâchoire rugueuse sous mes doigts, jusqu'à ce qu'il m'en prive pour nicher son visage dans le creux de mon cou. Je fronce imperceptiblement des sourcils, encore perdu dans les sensations d'un baiser qui n'a plus lieux d'être. J'en tremble encore.  

-Viens chez moi.
fait-il vibrer mon feu intérieur d'une nouvelle bouffée. Je répondrai à tes questions. Toutes.

-... Ok.


Je reprend pied, la raison qui bouscule sévèrement mes émois. Nous quittons le bar pour retrouver ma moto dans le calme et le mutisme et une fois installé, je jette un coup d’œil discret par dessus mon épaule, surpris par la tête qui s'y est logée en même temps que je l'ai sentis me ceinturer sans hésitation. Un sentiment de timide satisfaction me provoque un sourire et nous partons en direction de l'université.


La FAC de nuit a un tout autre visage. Autant dire que je ne connais pas le campus, mais le peu de ce à quoi je puisse me repérer m'échappe. Plongé dans l'obscurité entrecoupée de petits éclairages, tout est transformé, vide, calme. Chaque bruit est amplifié comme les odeurs fraiches qui émanent de l'herbe, nos pas bruissent et claquent plus fort dans le silence et quand je regarde vers un bâtiment là bas, je pourrais presque y voir quelqu'un nous épier dans le noir. Pinkman. Mais je continue d'avancer en suivant la silhouette sombre devant moi. J'ai pas la trouille. Parce que je suis en train de marcher aux côtés d'Adriann, et ça suffit à me rassurer.
Je me laisse bercer par ces sons, par la présence du professeur, je hume lentement et profondément l'air. Respirer pleinement est devenu rare depuis ce qui c'est passé. Et pendant un moment je me sens bien, plus léger. Mais le mal-aise est toujours présent, il est juste plus ténu. Et il fini par revenir sans que je puisse rien y faire. Je rentre le nez dans le col de ma veste en frissonnant et en triturant inconsciemment l'objet dans ma poche. Chaque pas me rapproche d'un interrogatoire dont je redoute les réponses... Je veux comprendre, j'en ai besoin. Mais j'ai aussi peur de ce qui m'attend et de le regretter...

Nous finissons par pénétrer dans la résidence convoitée et optons pour l’ascenseur. Je m'adosse contre la parois de la cabine en soupirant, je suis fatigué. Il est tard si on laisse de côté nos émotions de la soirée... Ma tête pivote contre la cloison en direction du professeur qui me dévisage. Je le laisse faire sans embarras et l'imite avec la même nonchalance.

-Je suis pas le seul à avoir des cauchemars, on dirait…


-Ça arrive.

Parfois. Souvent. Tout le temps. Je voudrais pouvoir sourire à cette petite attention, peut-être que je l'ai fait sans m'en rende compte. Je perçois les caresses au fond de son regard, notre proximité est engageante... Mais mes pensées restent focalisées sur ce qui nous attends une fois hors de cette bulle métallisée. Je voudrais tellement que ces yeux qui m’effleurent avec affection puisse me révéler un fond tolérable... Le bruit caractéristique de l'appareil se fait entendre avant que les bols noirs et chauds se soustraient à ma vue et me ramènent sur terre. Je le suis jusqu'à l'appartement dont je retiens le numéro. Nous y sommes. La porte se referme dans mon dos, et je ne compte pas faire marche arrière, mais ça claque comme une étape décisive à franchir. Je jette un œil vague sur l'appartement de fonction puis sur le second verre qu'il dépose près de la bouteille.

-Therence, je ne vais pas mentir en répondant à tes questions. Je te le promets.

A ces paroles, j'étudie silencieusement le pédagogue criminel avant de baisser les yeux sur l'écoulement guttural qui rempli le verre.

-Je sais.

Une phrase un peu sèche mais résignée. Je suis sincère, je m'étais pas attendu à une telle confession à l’hôpital, mais j'ai fini par le comprendre et surtout par l'admettre. Sur ce point non négligeable qu'est sa seconde nature, il a été assez fou... assez honnête avec moi pour me dire ce qu'il en était. Trop, je lui en ais voulu... Y a de quoi être choqué de découvrir que son béguin assassine et mange des gens, j'avais pas besoin de ça après ce qui venait d'arriver, et je me suis fais la réflexion que ça aurait peut-être été plus simple de ne rien savoir. Fermer les yeux, et vivre dans l'ignorance... juste... une réflexion parmi tellement d'autres. Tellement d'issues imaginaires pour combler ou échapper à tant de questions et de préoccupations.
Mais je suis au courant, et de savoir ou ne pas savoir, maintenant je me dis qu'il n'y a pas de meilleure alternative. Au moins je sais que... je peux le croire. Et vu la discussion qu'on s'apprête à amorcer, pour moi c'est crucial.

Je m'assoie en face de lui, en tirant le verre vers moi. Il y a tellement de zones d'ombres. Pinkman et tout ce qu'il c'est passé à l’entrepôt, sa nature et ses crimes, ma place dans tout ça, et puis maintenant cet amalgame avec la folle... Mes yeux croisent furtivement son regard patient et glisse le long de son cou avant de plonger dans le liquide authentique que j'avale. Ouais, tant de questions. J'essaie d'y mettre de l'ordre, je ne veux surtout pas m'embrouiller d'avantage, et lui aussi par la même occasion. Je réfléchis longuement avant de briser le silence, on va traiter ça patiemment. Une chose après l'autre.  

-T'étais... vraiment pas au courant pour le coup de Psychoboy?

Je veux l'entendre me le dire. Une nouvelle fois. Parce qu'il peut bien essayer de se défendre, juste après m'avoir balancer être un meurtrier, qu'on me pardonne mais ça à du mal à passer... Aussi calmement que je pose mes questions, je suis attentif à ses réponses. J'ai pas besoin de myriades d'explications, je suis vidé et je lui fais assez confiance pour me contenter de l'essentiel.

Mes coordonnés disparues, un mot manuscrit laissé sur son bureau saccagé en guise d'invitation... Et c'est un amateur pareil qui à faillis me tuer?... Je sais pas si je dois en rire ou pleurer.
Il a rien à voir avec lui et ce qui est arrivé et ça me soulage même si je ne l'exprime pas. Je ne suis pas fier de mes doutes les plus virulents. Et puis... parfois je me retrouve dans la chambre froide, dans mes cauchemars. Je suis à la fois tiraillé par l'angoisse d'en être sorti de force ou de découvrir que je n'y suis pas seul et que le malade va surgir de nulle part pour poursuivre son lynchage, et le fragile mais puissant sentiment de sécurité. Un moment de répit oppressant, mais un moment de répit malgré tout. Mais... il y a toujours une autre épouvante qui m’effleure. Littéralement.

Je lâche le verre pour cacher ma main frémissante sous mes bras croisés. Y avait quelque chose dans cette chambre. J'ai pensé que je pouvais ne pas être le premier bougre à qui l'autre taré avait fait payé sa folie pour l'expliquer, et puis...

-... Adriann?

Je peux pas le regarder dans les yeux en lui demandant ça. Je reste bloqué malgré moi sur ce bout de membre que j'ai frôlé, parce que ça en était bien un... a moins que je l'ai inventé dans ma panique!... Ce serait chouette, mais j'ai un peu trop connaissance du morbide de cette ville pour croire à une hallucination maintenant. Les mots on du mal à sortir, ils se bousculent au bord de mes lèvres sans oser plonger au dehors...

-Est-ce que...

...parce que ça risquerait de faire mal...

-Est-ce que... Est-ce que tu sais ce qu'il est devenu?... balançais après m'être pincer les lèvres et fermé les paupières dans un dénie feint de courage.

Je peux pas, ça veut pas. Y a peut-être des doutes pour lesquels je veux pas avoir de confirmations tout compte fait.
Je lève les yeux pour fouiller dans les siens. Je veux pas passer pour effrayé concernant Psychoboy, je le suis pas!... Peut-être un peu. Disons que je m'inquiète légitimement de ce que ce malade pourrait faire en étant dans la nature... même si...

-... Il s'est vraiment explosé les parties?...

Une petite grimace rehausse maladroitement mes lèvres. J'ai besoin de détendre un peu l'atmosphère, et imaginer ce sale type réduit à l'état de larve soprano me rassure assez.

Je l'écoute, je lui expose comment il n'a pas été aperçu à l’hôpital d'après ce qu'on m'a dit. Je lui avoue avoir donné sa description aux infirmières ainsi qu'aux flics, expliqué comment il m'avait agressé et trainé je ne sais où et que je m'étais réveillé ici avec le flanc en feu, soit ce dont "je me souviens", fis-je comprendre d'un regard entendu et gêné comment j'avais jugé préférable de ne pas trop en balancer sur cette histoire. Je pouvais pas... j'ai pas pus sans avoir mis les choses aux clairs avec lui. Mais c'est pas la question.

-Est-ce que tu es possédé?... J'ai lu quelque chose comme ça à propos du Wendigo. Qu'ils ont un cœur de glace aussi. rie-je sans y mettre tout le détachement que j'aurais pourtant voulu. Et pleins d'autres trucs... fini-je par souffler.

... Qu'on ne né pas Wendigo d'après les légendes. On le devient. Je dévisage un homme harassé à la voix rauque et qui cherche ses mots, qui traque des chasseurs et m'est venu en aide. Certainement pas l'image qu'on se fait d'un philanthrope, j'aurais jamais associé le terme "innocent" sur la tête du charmeur chronique, mais comment est-ce qu'il... Je veux entendre ce qu'il a à dire sans plus spéculer. Personne ne pourra mieux m'expliquer que lui ce qu'il est et ce qui le pousse à faire ça. Je perçois son mal-aise et je ne ferais pas la même c*nnerie qu'à l'hosto, je ne veux pas juger, je veux écouter d'abord, sans le presser. Mais je dois comprendre...

-Tu... tu es touché par les gens que t'as pas pus sauvé, mais... tu prends une vie à chaque pleine lune... justifiè-je l'ampleur de ma vigilance.

Je me sens trop mal pour pas me défendre. Je lui ais collé une étiquette de monstruosité, mais c'est compréhensible, pas vrai?... J'ai essayé de comprendre durant ma convalescence, de démêler ses paroles, ses attitudes, la situation dans son ensemble, mais j'en ai retenu qu'il assassinait, et je... est-ce qu'on peux tolérer ça en ayant faillis y passer soi-même?... Que j'en sache plus ne m'ôte pas la gravité qu'implique toute cette discussion.

-Est-ce que tu... enfin, toi ou le Wendigo, est-ce que vous choisissez vos victimes selon un critère?...

La question s'échappe dans un petit souffle anxieux et trop concerné. J'attends la certification à mes suppositions avec abattement et m'enfonce dans le dossier, les lèvres closes mais l'esprit qui chahute trop pour savoir s'il a pris la peine de répondre ou non.

-... Selon Pinkman, j'étais un problème à régler. avouè-je au bout d'un temps de silence.

Il n'y a pas de colère dans ma voix, ni de peur. Mais en espérant trouver une explication qui puisse disculper ses actes, j'ai envisagé qu'il puisse se débarrasser des gens qui soient un problèmes pour la société, d'autres criminels. Et j'en suis pas un, mais dans un tel cas... comment je pourrais cautionner, et à la fois lui en vouloir?... Est-ce que s'il ne me connaissait pas autrement que pour mes frasques, ce mépris nécessaire envers mes semblables, ces petites humiliations dont je suis capable sans scrupules, est-ce qu'il m'aurait jugé indigne de vivre? Est-ce que ce serait suffisant à approuver les justifications de Pinkman?...
Je blâme, et je blâme, mais aussi hypocrites soient les excuses de celui qui me jalousait parce que j'avais toute l'attention de son admirable idole, ce c*nnard m'a fait prendre conscience que ma vie, je ne la méritais pas plus que certains pourris au final.

Non. On me fera pas avaler que ce que je fais est "mal". Jamais autant que ce qu'un véritable sociopathe peu faire... Je m'isole dans ma fierté mal placé et termine méchamment le verre qui me fouette le fond du palais, prêt à recevoir sa réponse. On est pas là pour parler de moi, le mystère à résoudre ce soir, c'est lui. Je veux comprendre ce qui le rend si compliqué, à la fois tueur, et à la fois capable de sauver.

-Pourquoi tu la suivais? enchainè-je.

La fille qui décapite des loups mais à la chair ferme. Je le regarde droit dans les yeux, parce que j’attends une réponse claire.

Il a juré de ne dire que la vérité.

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Mar 25 Aoû - 1:27




Test

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Son regard glissait sur moi comme une énième caresse ; chaleureux, doux, passionné, mais à la fois curieux. Je savais qu’il avait des questions auxquelles je devais répondre honnêtement. C’était la seule manière pour qu’il m’apprivoise, pour qu’il me fasse un tant soit peu confiance. Je repensais à Chad et ses conseils, ses questions à propos de Therence, à propos d’une ancre hypothétique. Sur le moment, j’avais pensé savoir cadrer mon Wendigo… Plus ou moins. Cette histoire avait insinué en moi plusieurs doutes, plusieurs "Et si … ?" dont les réponses n’étaient pas satisfaisantes. J’étais capable de vivre en paix avec la créature parce que ses pulsions étaient aussi les miennes, mais ces derniers temps, alors que je m’étais forcé à refréner mes penchants, la situation m’était apparue sous un angle relativement nouveau. Mais… ce n’était pas le sujet le plus important. Le plus important se trouvait en face de moi.

-Je suis pas le seul à avoir des cauchemars, on dirait…
-Ça arrive.

"Ca arrive"… Sa nonchalance me provoqua un sourire amusé, pas le moins du monde convaincu par sa petite prestation. L’ascenseur s’ouvrit, emportant avec ses battants la réplique que j’avais sur le bout de la langue. Le couloir était vide et silencieux. Pas un bruit ne s’échappait des portes, pas un seul murmure de télévision ni un seul écho d’un ébat nocturne… Il devait être tard.

L’alcool remplit les verres lentement. Je ne tenais pas à saouler Therence, mais au vu de la conversation que nous allions avoir… l’alcool nous aiderait grandement. Il ne se fit pas prier et ramena son verre à lui après qu’il se soit installé et en avala une grande gorgée... Quelque chose me disait que la bouteille serait vidée avant la fin de notre petite discussion.

-T'étais... vraiment pas au courant pour le coup de Psychoboy ?, commença-t-il en douceur.

J’omettais volontairement l’homme qui m’accompagnait lors de la découverte et la perte de mon mug préféré. J’expliquai simplement comment j’avais retrouvé mon bureau saccagé, la note de Pinkman bien en évidence. Je ne me souvenais même pas très clairement du mot en lui-même, je ne me souvenais même pas s’il indiquait l’adresse de l’usine avant que l’idée ne me soit venu de m’y rendre. Si Psychoboy savait que je le retrouverais là-bas, c’était parce que je l’avais laissé me suivre. D’une certaine manière, je l’avais invité à me connaître. Parce que j’avais beau ne pas supporter sa présence, nous étions semblables sur plusieurs points, sauf… sauf que j’avais décidé de sauver sa victime, ce jour là. Est-ce que ça changeait quelque chose ?

-... Adriann ?

Je relevai les yeux de mon verre pour les poser sur Therence. J’adorais la manière dont il prononçait mon prénom, mais je chassais cette pensée d’un haussement de sourcil alors que son regard ne croisait pas le mien. Il n’avait pas besoin de formuler la question pour que je la comprenne. Il avait été enfermé dans la chambre froide et… j’étais le mieux placé pour savoir ce qui se trouvait dedans.

-Est-ce que...

Une grande gorgée d’alcool pour noyer l’appréhension. Pas cette question.

-Est-ce que... Est-ce que tu sais ce qu'il est devenu?...

Une autre pour cacher mon soulagement. Je n’aurais pas su quoi répondre : la vérité ou… ou perdre le semblant de la chose qui nous unissait étrangement, en le faisant fuir, sans possibilité de retour en arrière comme celui qui se déroulait maintenant. Mais était-ce vraiment un retour en arrière ? J’avais plutôt l’impression qu’on progressait. Je me dissimulais peut-être toujours derrière un mensonge, mais il valait mieux ça, non ?
Le regard téméraire de Therence essaya de prouver quelque chose que les battements de son cœur contredisaient. Je sentais mon Wendigo reprendre un peu d’entrain à l’odeur de la peur et je le laissais faire, profitant coupablement de la détresse d’un simple gamin.

-... Il s'est vraiment explosé les parties ?..., demanda-t-il en esquissant un sourire.
-Ouais, souriai-je à mon tour, sans m’empêcher d’éprouver une mince satisfaction. De là à dire qu’il en est mort… Je sais pas vraiment où il est. J’ai perdu sa piste.

Il y avait du sang. Pas assez pour qu’il soit mort de ses blessures, trop pour qu’il soit allé bien loin, mais j’avais perdu sa piste. Par la suite, je dois avouer avoir pas mal fantasmé sur les façons dont je pourrais tuer Pinkman  s’il revenait entre mes pattes. Therence me confirma ce que je savais déjà, à savoir qu’il n’avait pas été aperçu dans l’hôpital et que sa description avait été donnée à la police. C'était d'un regard gêné que l'adolescent m'avouait qu'il n'avait rien dit à mon sujet. Je tus mon soulagement : j'avais assez de problèmes comme ça pour y ajouter les flics américains, aussi amis des bêtes avaient-ils l'air d'être.

-Est-ce que tu es possédé?... J'ai lu quelque chose comme ça à propos du Wendigo. Qu'ils ont un cœur de glace aussi, ria-t-il légèrement. Et pleins d'autres trucs...
-Mon cœur va plutôt bien, ça va, dis-je dans un vague sourire avant de reprendre mon sérieux. J’ai entendu l’hypothèse que le cœur de glace était justifié par le fait que les… qu’on ne s’attache à personne, pas vraiment. Du moins, rarement, ajoutai-je en lui jetant un coup d’œil. Mais… Je sais pas si on peut dire que je suis possédé. C’est… Juste une créature sauvage avec qui tu partages ta tête. La bête est en moi, je la sens et je la contrôle parce que je la laisse faire ce qu’elle veut avec une victime par mois… Therence, la personne qui devient un Wendigo par envie est un fou, mais celui qui trouve un terrain d’entente avec ça, c’est… on maîtrise notre survie, justifiai-je. On s’adapte. C’est de la simple évolution.

Je finissais mon verre après ce constat. J’avais beau m’accommoder de la présence du Wendigo maintenant, c’était loin d’être le cas au tout début, et j’avais longuement pensé à la théorie que je venais d’évoquer.

-Tu... tu es touché par les gens que t'as pas pus sauvé, mais... tu prends une vie à chaque pleine lune... Est-ce que tu... enfin, toi ou le Wendigo, est-ce que vous choisissez vos victimes selon un critère ?..., souffla-t-il, anxieux.
-Je ne touche pas aux personnes avec qui je suis proche.

Au départ, le choix n’était pas par égard pour mes sentiments envers mes proches. Simplement pour ne pas être relié aux meurtres d’une manière ou d’une autre par la police, mais… Mais ça avait changé avec le temps. Et Therence n’avait pas besoin de savoir le reste.

-Selon Pinkman, j'étais un problème à régler.

Je n’avais pas vraiment de réponse. Ce n’était même pas vraiment une question. Je ne savais pas quel genre de personne il était, mis à part le côté séducteur qu’il avait presque constamment affiché en ma présence… Avant. Avec des tendances violentes, peut-être ? La simple réaction qu’il avait eu lorsque je l’avais forcé à rester à mon cours prouvait que oui. Mais il avait un bon fond. Parce qu’il aurait pu régler mon compte sur le trottoir ou tout simplement m’abandonner. Et qu’au lieu de ça, il avait pris le temps de me soutenir, de me soigner… qu’il avait accepté l’intrusion sur son ventre et qu’il m’avait couvert de caresses. Therence n’avait pas besoin de moi pour réfuter les délires d’un malade et il confirma en reprenant :

-Pourquoi tu la suivais ?
-Je comptais la tuer, avouai-je sans une once d’hésitation. Je l’ai surprise dans les bois alors que je rentrais de… Enfin, peu importe. Elle venait de tuer une louve. Je m’en serais pas mêlé en temps normal, mais… disons que j’ai vécu des circonstances atténuantes il y a pas longtemps, autres que Psychoboy. Je sais ce que ça fait, d’être traqué. Je ne voulais pas qu’une autre personne subisse le même sort que la louve. Et si je dois lâcher mon Wendigo pour ça…

Je remplissais les deux verres à nouveaux, vidait le mien d’un coup, avant de soutenir le regard de Therence. Je me doutais que la réponse ne lui plaisait pas, mais c’était un geste nécessaire pour la plus noble des causes… pour une fois. Un soupir franchit mes lèvres. J’étais fatigué de répondre à des questions, aussi justifiées soient-elles. J’avais envie de céder à mon envie, de retrouver Therence comme il se devait d’être retrouvé, de faire l’amour jusqu’à l’aube pour finalement m’endormir avec lui. Son visage était si proche… Je m’en approchais encore sans le lâcher du regard.

-C’est qui je suis, Therence. Je ne veux pas te blesser et je ne le ferais pas, murmurai-je avant de goûter à ses lèvres à nouveau, reprenant le baiser là où nous nous étions arrêtés.



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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Lun 31 Aoû - 23:01



Heal the wounds


Il est comme moi, lui. Pas comme toi. Comme moi!

Non.

L'homme dont je fouille le regard à la recherche de réponses n'a rien à voir avec ce stupide psychopathe, ni même avec son foutue rapt. Il a essayé de me le dire à l’hôpital, et j'aurais mieux fait de croire en son innocence plutôt que m'attarder sur les racontars du camé et ce que ses aveux sur sa nature m'ont inspirés. Il à pris le risque d'être franc, j'aurais du lui faire confiance moi aussi. C'est pas à moi qu'Adriann semble vouloir faire du mal. Même si c'est pas les occasions de l'y pousser qui manquent... Je suis pas fier de mes bêtises. Bref, j'espère que Psychoboy s'est réellement atomisé ce qui lui sert de virilité...

-Ouais. De là à dire qu’il en est mort… Je sais pas vraiment où il est. J’ai perdu sa piste.


Ah... Ok. Même si notre timbré est condamné à une longue rémission, c'est... absolument tout sauf rassurant. J’espérais vivement qu'il me sorte que le mutilé croupissait quelque part, que les autorités avaient une pistes, qu'il s'en serait lui-même charg...
Je ravale ma pensée dans une bonne gorgée. Aussi tentante soit-elle, c'est pas du meilleur effet d'envisager ce genre de possibilité vu notre discussion. Adriann affiche son soulagement quand je lui explique être resté vague sur ce qu'il c'est passé à propos des flics. Et d'être là en sa compagnie, dans son appart' avec un verre de Schnaps à la main au lieu de me débattre seul avec des cauchemars et lui avec les siens si ce n'est pas avec la loi... je ne regrette pas mon choix.

Pourtant j'ai essayé de laisser tout ça de côté. Passer outre la tentative de Pinkman, oublier le professeur, mais finalement j'en revenais toujours à cette histoire, aux actes, aux paroles de celui qui m'a secouru... J'ai eu le temps de me documenter sur sa créature, mais je ne suis pas sûr que les théories qui circulent soient les plus vraisemblables. Après tout, les loups ne dévorent pas des fillettes vêtues de rouges, aux dernières nouvelles...

-Mon cœur va plutôt bien, ça va.
Je souris avec lui de la plaisanterie, un peu crétin. J'aurais mieux fait de me taire sur cette aberration là... J’ai entendu l’hypothèse que le cœur de glace était justifié par le fait que les… qu’on ne s’attache à personne, pas vraiment. ...Ok. Je prend note. Du moins, rarement. Il me lance un bref coup d’œil auquel je tique, mais il enchaine aussitôt. Mais… Je sais pas si on peut dire que je suis possédé. C’est… Juste une créature sauvage avec qui tu partages ta tête. La bête est en moi, je la sens et je la contrôle parce que je la laisse faire ce qu’elle veut avec une victime par mois…

Je suis ses précisions avec contrariété. D'accord pour le côté schizophrène, j'ai fais la connaissance d'une minette qui était pas mal atteinte dans ce genre là. Mais là où j'ai du mal, c'est qu'il partage sa tête, son être, avec cette chose, et que le seul moyen qu'il a de la domestiquer c'est... en la laissant manger. Des gens.
Je garde mes remarques, mais je peux pas accepter un tel comportement, bon sang, mais il...!

-Therence, la personne qui devient un Wendigo par envie est un fou, mais celui qui trouve un terrain d’entente avec ça, c’est… on maîtrise notre survie. On s’adapte. C’est de la simple évolution.

-De la "simple évolution"?


Mes sourcils s’arcboutent de stupéfaction. Pour qui il se prend, le sommet de la chaine alimentaire?...C'est ce qu'il est, mais mince, il bouffe des gens!!!... Pas du chien, des êtres humains, des individus comme moi!... Je me pince les lèvres avant de le regretter, je me suis promis de ne pas juger précipitamment. Mais c'est difficile en tant que repas potentiel d'approuver son principe, et comment il peut tenir ce genre de propos alors qu'il est aussi réceptif à la détresse des autres? Est-ce qu'il aime jouer les héros et faire disparaitre les êtres malsains, les criminels, les bourreaux, ceux dont la vie n'a qu'une valeur négative?! Et dans ce cas, est-ce que j'en fais parti comme l'autre s*lop me l'a reproché?...
Sa réplique laisse place à un silence vaseux. Je ne suis pas un ange. Mais je ne suis pas non plus un monstre... Et il ne touche pas les personnes dont il est proches?...

A mon tour je lui jette un petit regard, confus, avant de me perdre à nouveau. La remarque me console un peu, et me fait méditer plus calmement. Maintenant, je sais que j'ai pas grand chose à redouter de lui, mais ça n'empêche pas ces autres auxquels il pourrait s'en prendre, comme la fille de tout à l'heure... Pourquoi il l'a suivait? J'ai peut-être imaginé à tort qu'elle était inoffensive, il y a quand même quelque chose en lui qui a faim de chair humaine, alors?...

-Je comptais la tuer.


Je me fige complétement. I... il vient de balancer ça de but en blanc, sans aucune réserve, même pas une seconde d'hésitation...

... Et toujours sur le même ton franc et tranquille, il me raconte comment est-ce qu'il l'a prise sur le fait dans les bois en rentrant de... quelque part qu'il préfère me cacher.  La cachotterie ne passe pas à la trappe et me froisse alors que je lui demande de m'éclaircir, mais il poursuit sur plus important en évoquant des circonstances qui l'auraient incités à agir ce soir. Je le détaille plus attentivement. Pendant que je ruminais en solitaire sur ma petite vie, qu'est-ce qu'il subissait de son côté?... J'assimile soucieusement qu'il ait été un gibier, lui, l'anthropophage, et baisse les yeux lorsqu'il avoue qu'il avait l'intention d'épargner ça aux futures proies de la chasseuse. Quitte à s'en remettre au wendigo...

Je m'enfonce mollement dans le dossier, désorienté par tout ça. Je ne sais plus si je dois me sentir indigné par ses actes écœurants ou coupable de l'avoir spontanément perçu comme le "méchant" de l'histoire et de malgré tout ne pas être sûr d'accepter ses agissements. Je hoche la tête en me passant une main sur le visage.

-Pourquoi c'est si compliqué?...

Il supprime des gens de la pire des manières, mais comment l'en dissuader vue les circonstances?... Je bois avidement mon verre en réprimant un gros frisson et joins mon regard au sien, désabusé. Ses brunâtres luisent d'un éclat explicite, sa proximités me grise. Le désir est contagieux. En toute conscience, je suis en train de me noyer dans le regard d'un cannibale. Celui que je ne comprend pas, ce n'est peut-être pas Adriann tout compte fait...

-C’est qui je suis, Therence. Je ne veux pas te blesser et je ne le ferais pas. susurre t-il en réduisant inéluctablement la distance, mes sens qui s'attisent jusqu'à ce qu'il scelle ses lèvres aux miennes comme une conclusion à mes incertitudes.

J'accepte le baiser. J'accepte sa promesse. Je succombe et répond langoureusement, soulagé et honteux de l'avoir blessé si facilement en retour. Je sais qu'il ne me veut pas de mal, et je veux croire qu'il ne m'en fera pas... Pas Adriann du moins. Alors dans un doute intrinsèque, je me colle un peu plus à lui et redouble de voracité, soumis aux frissons ardents qui affluent et à la volonté de m'imposer sur sa nature carnassière. Je me gorge de son souffle, de ses caresses. Bon sang, est-ce ce n'est pas être complétement dingue de fricoter avec un cannibale?! Je pose un verrou à mes pensées, je ne veux plus y songer alors que ses dents raclent contre ma langue pour mieux stimuler notre ballet.

Je lui retire mes lèvres de force pour bécoter sa mâchoire, raser son menton du bout des dents et couler le long de sa gorge avec appétit en débraillant son haut pour palper les sillons musculeux qu'il cache. Et j'aurais put me repaitre sans interruption de sa peau frémissante et ses soupirs s'il n'y avait pas cette marque incrustée dans sa chair trop faible pour cicatriser. J'ai le sentiment de repasser après quelqu'un, et ça me met mal à l'aise. Non, ça m'agace en fait. Et ça titille étrangement mon imagination aussi... Je tire son haut pour l'envoyer plus loin, contemple rapidement sa plastique souvent fantasmée à travers ses chemises, et je dévore à grande bouchée la zone encore vierge de toute trace juste sous son oreille, désireux de le sentir défaillir.
Je trésaille quand il s'en prend à son tour à mon t-shirt. J'essaie de gagner du temps d'une main sur la sienne, mais à quoi bon. On brûle tous les deux et la dissimulation est inutile, j'abdique pratiquement aussitôt.

J'ai pas honte. Je me fou de l'esthétique, je suis assez bien fait pour ne pas avoir à rougir d'une ridicule petite marque. Mais c'est tout ce qu'elle évoque et me renvoie immanquablement qui entretient ma réticence. Ça n'a rien d'un trophée de guerre qu'on peut exhiber, je l'ai pas gagnée. C'est un désir assassin incrusté dans la chaire, le rappel cuisant d'une humiliation et de mon insignifiance, de la présence et les efforts du métamorphe pour retirer le projectile et empêcher l’hémorragie pendant que je me voyais déjà mourir, à l’abri dans une chambre mortuaire...

Je reprend mon souffle en détaillant sagement mon garde malade trop concerné par l'impact. Son affliction est palpable et me touche. J'aurais du être plus attentif à lui à l’hôpital... Je glisse une main sur son visage pour attirer son attention.

-Ça va. soufflè-je.

Je vais bien. Je suis entier et en vie, parce qu'il est arrivé à temps, et qu'il a fait ce qu'il fallait. Parce qu'il est venu me tirer de ce cauchemar...
...Il a plus à se sentir aussi mal. J'ai été c*n... qu'est-ce que je serais maintenant, sans son intervention?

Je fond sur ses lèvres en l'entrainant dans mon mouvement, l'obligeant à s'étaler sur le sofa. L'échange est passionné, tendre et languissant. Je ne suis pas doué pour traduire ma reconnaissance et mon repentir par des mots. Et puis malgré tout, je refuse de me ramollir. Je lui rappelle d'une caresse du nez sur son front que je ne suis pas le seul susceptible d'être blessé et vulnérable... Et la cicatrice qu'il arbore le long du bras appuie mon insinuation.
Qu'est-ce qui lui est arrivé? Est-ce c'est seulement la première fois qu'il récolte ce genre de marques et se retrouve dans un tel état de faiblesse? Il y a un homme attaquable sous le costume de l'impétueux criminologue. J'effleure la ligne blafarde, du poignet jusqu'au creux du coude. Est-ce que quelqu'un c'est occupé de lui, pendant que moi je maudissais le monde entre les mains des infirmières avant de m'isoler volontairement?... Je ramène son bras pour y apposer trois baisers avant de me rabattre dans son cou, là où se trouve l’empreinte dominatrice. Et cette fois, je l'englouti en plusieurs lapées, sans attendre. Est-ce que c'est désiré? Même avant de savoir pour le wendigo, j'imaginais pas le fier professeur du genre à accepter ce type de traitements... Je m'y attarde dessus, pris d'étonnantes réflexions. Puis j’appose le bout de mes dents dans le moule, sans appuyer. C'est dérangeant, même par jeu. Mais mon corps s'émoustille contre celui du professeur quand il frémis nettement sous ma mâchoire. Comment je suis censé comprendre ça?... La réaction me surprend, je m'enfouis complétement dans le creux de son épaule... pour y étouffer un rire.  

-Est-ce que c'est moi? Ou est-ce que... t'es un wendigo aux tendances un peu maso? exagérè-je en me redressant au dessus de son nez, l’œil taquin.

Évidemment que ça me fait marrer. C'est pas vraiment l'image que je me faisais d'un Croqueur d'Hommes.

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Dim 6 Sep - 20:34




And then...




« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
Le fait qu’il accepta ma promesse m’apaisa légèrement, encore plus lorsque son corps se rapprocha du mien et que sa langue se joignit à la mienne. Dans une danse que mes mains connaissaient par cœur, je caressais son bras, sa nuque, son dos, ses épaules. Je voulais caresser son corps tout entier, le découvrir, en reconnaître chaque parcelle. En commençant par ses lèvres, qu’il me retira de force, provoquant un léger soupir de mécontentement, rapidement transformé en plaisir en sentant ses dents contre ma mâchoire, ses doigts contre mon ventre. J’abandonnai la frayeur et la colère que j’avais ressentie dans la ruelle pour m’abandonner à lui, paupières closes et peau frémissante. Mon haut disparut rapidement et je rouvrais les yeux pour observer Therence glisser ses lèvres sous mon oreille. Un soupir de plaisir m’échappa à nouveau, plus bruyant que les autres... Mais il était hors de question que je reste inactif. Pas avec mon obsession qui bécotait mon cou sans ménagement, pas avec nos deux corps qui brûlaient d’un désir depuis trop longtemps contenu. Ma main s’aventura jusqu’à son T’Shirt, en douceur. La zone était sensible, je le savais. Rien qu’à la manière dont son ventre s’était crispé lorsque ma tête était venue s’échouer… Et il confirma en ralentissant ma main de la sienne, qu’il retira presque aussitôt. J’appréhendais de découvrir ce que le tissu dissimulait. Nous nous étions tout deux fait tiré dessus, à des endroits et des instants différents. La seule différence était que j’avais pu guérir et cicatriser. Pas lui. D’autant plus que son assurance et son égo avait été tout autant blessés. J’arrêtai de réfléchir et fit glisser le morceau de tissu au dessus de sa tête, le long de ses bras avant de l’envoyer échouer au pied du canapé… et de découvrir la cicatrice. Et parmi le flot de sentiments qui embrouillaient mes idées, je ne pouvais pas empêcher de laisser poindre le soulagement : j’avais imaginé la blessure bien pire et la cicatrice bien plus grande. Il était vivant et en un seul morceau, après tout. C’était ce qui comptait, même si je ne pouvais pas m’empêcher de fixer la balafre. Pourtant ce n’était pas ma faute. Pas entièrement, comme essayait de me rappeler la main posée contre ma joue.

-Ça va, souffla-t-il en me détaillant.

J’écoutais les battements de son cœur en me perdant dans son regard. Il disait la vérité. Il allait bien.

-Je sais, finis-je par souffler à mon tour avant que les mots ne meurent au moment où les lèvres de Therence rencontrèrent les miennes à nouveau.

Mes doigts vinrent s’emmêler dans ses cheveux tandis que je me laissais emporter par son mouvement. J’avais l’impression qu’il s’excusait à travers ce baiser, qu’il me transmettait tout ce qu’il n’arrivait pas ou n’avait pas envie de dire. Mais ça m’allait, pour le moment. Je découvrais son torse et son ventre d’une main, profitant sans gêne de ce qui était à ma portée. Du bout du pouce, j’effleurai sa cicatrice. Il ne réprima pas un frisson, mais comme pour montrer que j’étais tout aussi vulnérable, il déposa une caresse du bout du nez sur mon front. Je me figeai légèrement en levant les yeux sur lui. J’avais tout expérimenté, fait tout ce qui était possible et imaginable en matière de sexe, mais ça… C’était nouveau. Presque… tendre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’étais pas habitué à la tendresse. Therence scrutait et découvrait mon bras, sourcils froncés. Je l’observais en silence, caressant sa hanche du bout des doigts, attentif à lui, à ses gestes, aux émotions qui s’échappaient de lui.  La cicatrice qui ornait désormais mon bras m’avait longtemps dérangé. C’était la seule que j’avais et elle n’était pas des plus discrètes… Surtout que c’était Chad qui me l’avait imposé. Et je n’aimais pas l’idée d’avoir une trace du loup sur moi, peu importe combien il m’avait aidé dans diverses situations. Je chassais l’image de la bestiole d’un mouvement de tête. Il me grognerait sûrement dessus si je pensais à lui dans un moment pareil et… J’avais un brun bien plus important au dessus de moi.

Therence embrassa mon bras à trois endroits différents avant de fondre à nouveau dans mon cou. La morsure ne le préoccupait plus autant, comme il me le prouva en la lapant plusieurs fois, m’arrachant un sourire satisfait. Furie était de retour. Cependant, ses réticences étaient toujours palpables. Je ne savais pas ce qu’il s’imaginait. Cette marque n’était pas désirée. Je ne pouvais nier que les morsures en général ne me dérangeaient pas, bien au contraire, mais Lundi… Qu’il aille se faire foutre. Therence s’appropriait sa marque du bout des dents. Je fermai les yeux en pressant encore un peu plus mon corps contre celui de l’humain en frissonnant avant d’ouvrir à nouveau les paupières en sentant son rire chatouiller le creux de mon épaule.

-Est-ce que c'est moi ?, se marra-t-il en me dominant de toute sa hauteur, ou est-ce que... t'es un wendigo aux tendances un peu maso ?

Je lui rendis son sourire taquin en glissant mes mains sur ses fesses avant de le renverser, histoire d’inverser un peu les rôles. J’effleurai son nombril du bout de la langue en remontant le long de ses abdos, de son torse, m’attardant sur l’un de ses tétons avant de finalement retrouver son cou, que je mordillai doucement. Les vagues de frissons qui traversèrent son corps me firent sourire et je relâchai l’étreinte de mes dents pour me rabattre vers le creux de son oreille.

-Je te retourne la question, murmurai-je en riant, mon regard perdu dans le sien, mouvant légèrement mon bassin contre ses hanches.

D’un mouvement, je nous redressai tout deux pour nous faire quitter le canapé et l’attirai contre moi, son dos contre mon torse. J’embrassai sa nuque et ses épaules, les bras en travers de son torse, le guidant jusqu’à ma chambre. Je n’y avais pas mis les pieds depuis des jours, si ce n’était pas des semaines… Et personne n’avait déjà eu l’occasion d’y entrer. Pas même dans mon appartement. Mes pensées se perdirent dans l’odeur de Therence, que je respirais discrètement pour la graver dans mon esprit. Ses jambes butèrent finalement contre le rebord du matelas et il s’allongea sur le dos sans lâcher mon regard. D’une main, je déboutonnai son jeans et le fit glisser le long de ses jambes. Lentement, je m’asseyais sur ses genoux et caressai son boxer du bout des lèvres avant de le retirer en prenant mon temps. L’impatience du brun était palpable et communicative, aussi je posais une main sur son membre en revenant l’embrasser. Mes caresses étaient lentes, passionnées. Un gémissement plaintif s’échappa des lèvres entrouvertes de Therence et sans me faire prier, je parcourrai à nouveau son corps de baiser ardents, jusqu’à arriver à son entrejambe. Ma langue remplaça rapidement ma main, qui se nicha sur la hanche du brun. Je m’amusais à le faire languir, lui arrachant des gémissements uniquement grâce à ma langue. Finalement, n’y tenant plus, je le prenais en bouche. Ses mouvements de hanches m’indiquèrent le rythme à suivre, que je calquais. Au bout de plusieurs minutes, le corps de Therence se crispa et il vint entre mes lèvres dans un gémissement. Quelques coups de langues plus tard, je me nichai contre lui tandis qu’il retrouvait son souffle. Je posai des baisers dans son cou en caressant ses cheveux avant de sentir son regard sur moi. Le sourire béat qu’il affichait me fit rire et je me redressai pour retourner sur ses hanches, mon pantalon entravant toujours mes mouvements.

-On fera comme tu le veux, Therence… Du moment que tu m’enlèves ce pantalon dans la minute qui suit, souriais-je en coin en me trémoussant lascivement sur son entrejambe qui se réveillait à nouveau.



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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Dim 13 Sep - 2:54



... We're burning up


Les lèvres d'Adriann, sa nuque, son dos, son torse, je visite fiévreusement chaque zones et m'en fait le conquérant, tout en me sachant délibérément soumis à ses meilleures réactions. Nous nous affranchissons ensemble de ce qui semble être des lustres de modérations, sans restrictions, vorace, ardent, désireux, reconnaissant, désolé, délicat... Comme le contact aérien de son pouce sous mes côtes.
Nos regards se croisent furtivement quand j'éloigne mon nez de sa tempe, une accroche sensible de quelques secondes où l'homme se révèle troublé... et d'autant plus troublant. Chacun est plus ouvert, curieux et vigilent à l'autre, il n'y a plus de comédie entre deux mâles suffisants à ce moment - moins, j'ai la fierté tenace... et c'est étrange. Alors je fuis discrètement vers ses cicatrices en conservant ce petit témoignage de faiblesse de sa part.

La morsure est vive et profonde, c'est dérangeant. Se faire mordre et apposer sa marque sont des actes érotiques que je n'hésite pas à pratiquer parfois et auxquels je ne suis pas insensible, mais là il s'est fait perforer la gorge à sang. C'est violent, quasi animal en dépit de l'aspect humain de l'empreinte. Comment on peut aimer faire ça?... J'essaie, juste pour voir, conscient de la nature ambiguë qui m'intrigue et que j'essaie d'appréhender à travers le geste. Je ne comprend pas comment le professeur peut accepter ce genre de traitement. C'est... masochiste. Non?

... Il a positivement réagit. J'arrive pas à croire qu'il ait pas déprécié que je le croque du bout des dents. Un comble pour un Mangeur d'Homme! Je l'imaginais plus sauvage que ça. Je me moque en lui prêtant quelques tendances parce que j'ai été surpris, mais... ça me pose pas spécialement de problème si jamais... Ce serait même rassurant d'un certain côté.

Je m'amuse effrontément tandis que ses mains prennent possession de mes fesses, loin de me laisser impressionné par son sourire si sûr de lui. Mais quand il inverse les positions je frissonne et proteste en riant. Mmh... Mon ventre est à sa merci, il suit sa route sans faire cas du stigmate et ça me rassure. Mon épiderme se hérisse au contact de sa bouche, je gémis à l'assaut sur mon torse et incline la tête pour lui laisser libre accès à ma gorge. C'est bon... c'est... Oh le...! Mais il mordille!...

-Je te retourne la question, chuchote t-il fièrement.

Je l'observe, la mine outrée. Alors ça c'était... mais il a pas tort, dans le fond je suis aussi réceptif, surement plus que d'ordinaire en connaissant sa nature gourmande. Ça n'empêche que moi, je ne me laisse pas bouffer la nuque à en laisser des marques.    

Je suis son élan hors du canapé et rencontre son torse en lui jetant un regard faussement rancunier pour sa plaisanterie, mais le sourire complice. Il longe mon épaule de baisers, j'en ferme les yeux pour mieux en profiter, caressant ses bras et sa tête dans mon cou pendant qu'il me fait entrer dans sa chambre. Je me laisse entrainé par le mouvement et me retrouve étalé sur le lit, le propriétaire des lieux qui me toise avec envie. Je m'accoude pour mieux l'observer et frissonne de manière audible quand ses lèvres parcourent la source de mon plaisir prisonnière du tissus. Il prend son temps pour me l'enlever, tout autant pour revenir à moi en s'emparant de ma virilité. Je dresse le visage vers le sien pour attraper ses lèvres au plus vite, fébrile.

-... J'ai rien fait... articulè-je à bout de souffle entre deux bouchée.

Depuis ce qu'il s'est passé, j'ai pas réussi à m'amuser pleinement avec qui que ce soit. Pas avec mon bide à cacher, je voulais pas avoir à me replonger dans ce calvaire à cause d'une stupide question ou remarque. Les filles sont trop tactiles, et j'ai essayé de faire ça vite fait derrière le Jungle un soir mais je me suis cassé avant que le type ait dégrafé mon pantalon. Alors p*tain, qu'il s'en occupe franchement, sinon je vais finir par imploser!... Adriann accède à ma supplique en semant des baisers dans sa descente, je suis aussi électrique qu'une pile. Aah nom de... je caresse ses cheveux en le laissant me maltraiter et gémis ma frustration à la mesure de ses coups de langue. Il sait comment faire durer le plaisir le bougre... mais moi j'ai besoin qu'il...
Entre mes paupières à demi-closes, je remarque les lignes qui courent sur ses omoplates et remontent jusqu'à son épaule, et je tremble et chavire quand elles se meuvent en avant et que son visage disparait pour de bon entre mes jambes.

Je ne pense plus, je me laisse consumer sans modération, reconnaissant et comblé de jouir enfin des attentions tant attendues du beau professeur.

Je m'étale sans ménagement sur le lit, haletant et l'esprit ailleurs. Je sens Adriann me rejoindre et passe mollement un bras dans son dos pour sillonner son échine pendant qu'il me bécote le cou. Ce mec est au delà des espérances que je me suis forgé au fils de nos provocations. Je plisse les yeux en guise d'avertissement quand il rit de ma béatitude, et pose les mains sur ses hanches qui croient me dominer.

-On fera comme tu le veux, Therence… Du moment que tu m’enlèves ce pantalon dans la minute qui suit, s'amuse t-il en remuant habilement sur mon giron. J'ai beau avoir prémédité le séducteur depuis le jour où j'ai atterris dans sa classe, il est encore plus allumeur que je le pensais...

Je détourne mon attention du textile pour l'interroger d'un haussement de sourcil, du feu au fond des yeux et le rictus carnassier.

-La minute? Tu peux compter tes dernières secondes!

D'un bon coup de hanche, je le renverse et lui roule dessus pour lui voler un baiser en déboutonnant frénétiquement son fut'. Record battu, il s'écrase au sol ainsi que le sous-vêtement parti avec. Je reprend ma respiration en me moquant gentiment de son bien être apparent maintenant qu'il s'est fait dépouillé. Et peau contre peau, j'entame à mon tour un lent déhanché en le regardant subir, sans gène. Il est brulant. J'aime sentir ses mains glisser sur moi, son épiderme coller à la mienne. Je retourne taquiner son oreille en palpant le tressage de muscle sous ses pectoraux, son flanc, puis je m'aventure sur son fessier en entremêlant autrement nos jambes. Je l'entendrais presque me grogner d'agir, ça me fait rire. Mais moi aussi j'ai trop attendu pour jouer plus longtemps... alors j'enfonce mes doigts dans la chair ferme de sa cuisse en me hissant enfin en lui.

Récompensé... Le son de sa voix quand il râle et soupire sous mes coups de reins m’électrise, sa mine quand il manque de défaillir m’enflamme. Ce mec a une force érotique à rendre fou. Je le goute, le cajole, écrase son corps avec plaisir, mêle mes doigts dans sa chevelure, m'y agrippe et râle contre son oreille de le sentir s'accrocher à moi et me rendre ma fougue, je murmure son nom pour le plaisir de le sentir frisonner plus fort, l'entendre me répondre avec son accent d'ailleurs, j'accélère en me perdant dans son odeur, l’appelle encore en me baignant dans son propre timbre, dans sa chaleur qui m’envahit, et débordant d'énergie, je me fond complétement en lui...


Je me dégage et m'étale contre lui pour le laisser respirer, un bras en travers de son ventre moite, le visage tout prêt du sien. Nous restons comme ça un moment, à reprendre pied en nous câlinant, bercés par la respiration de l'autre. Nous sommes deux à sourire bêtement maintenant. Je pose le doigt sur sa clavicule et suis la ramure qui remonte son épaule, jusqu'à ce qu'elle ne me soit plus accessible.

-Les anges rangent leurs ailes dans le dos. C'est là que tu caches tes cornes? sourie-je doucement.

Adriann n'est pas un ange, c'est un wendigo. Mais un wendigo qui sauve des vies... Je mets un frein à mon cheminement de pensée avant qu'il ne dévie sur un axe désagréable et effleure la morsure.

-Comment t'as eu ça?

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Sam 19 Sep - 18:55




Face the night

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
Therence sur moi, Therence sous moi, son odeur enveloppante, nos corps mêlés l’un à l’autre… Ses coups de reins qui suivaient une danse enflammée, mes hanches qui bougeaient au même rythme. Nos lèvres qui s’embrassaient pour mieux se séparer, pour se nicher dans le creux du cou, ses doigts dans mes cheveux m’électrisaient. Et mon prénom, encore et encore, qui roulait sur sa langue avec tant de plaisir que s’en était presque indécent… Je me perdais, le visage niché au creux de son cou, goûtant sa peau une nouvelle fois, me laissant aller avec lui dans le plaisir de s’être enfin trouvé.
Il se dégagea pour s’allonger à mes côtés. Je posai mes yeux sur lui, le souffle court, conscient de mon sourire. Bon sang, qu’est-ce qu’il était beau… Les minutes défilaient lentement, bercées par nos caresses désormais sages, qui s’hasardèrent sur mon tatouage. Je ne répondis rien à sa remarque, trop surpris par le sourire qu’il a eu en évoquant le Wendigo… Le changement, radical, était palpable.
Mes paupières étaient lourdes, mais les caresses de Therence m’aidèrent à rester éveiller… avant qu’elles ne s’aventurent jusqu’à la morsure. Doucement, j’attrapai sa main pour la dégager et en caressait la paume du bout des doigts. Répondre était la dernière de mes envies, mais la promesse de vérité tenait toujours.

-…Tu viens de faire foirer un super instant, soupirai-je en me tournant sur le ventre, croisant mes bras sous ma tête.

Je n’avais jamais eu honte de ma sexualité, mais je n’aimais pas parler de mes conquêtes en général. Surtout pas après un moment pareil. Je le regardai longtemps, sans un mot. J’étais trop vidé pour réfléchir ou pour trouver une vérité alternative et… Il pouvait très bien savoir, ce n’était pas comme si ce n’était pas non plus un coureur. Je tirai la couette sur nous pour gagner un tout petit peu plus de temps.

-Je fonctionne pas comme toi, finissais-je par murmurer. Quand quelque chose ne va pas, j’ai… tendance à me réfugier dans le sexe. Et puisque beaucoup de choses n’allaient pas depuis l’hôpital… Disons que ça a été proportionnel. Plusieurs personnes par jour, confessai-je après un regard interrogateur de sa part tandis que je luttais contre le brouillard qui emplissait ma tête. Ca m’évite de m’endormir, surtout. Et, bref, c’est le type du lundi soir qui m’a fait ça.  …Je voulais pas. J’aime pas.. avoir sa marque sur moi, avouai-je dans un souffle avant de fermer les paupières.

Cela faisait trop longtemps que je n’avais pas dormi. Le sommeil n’hésita pas une seconde pour s’emparer de moi et m’entrainer avec lui, malgré la boule d’appréhension qui s’était formé dans mon ventre en m’apercevant que cette fois, je ne pouvais pas lutter. Dans un dernier moment de lucidité, je posais ma main sur le poignet de Therence.

La première chose qui m’indiqua que quelque chose n’allait pas fut l’odeur. Trop propre, trop… Médicamenteuse. La seconde fut les bruits de pas. Je parcourais le couloir dans lequel j’étais des yeux.  Je savais que je la trouverais, je savais que je ne pourrais pas non plus la sauver cette fois-ci et qu’il m’était impossible de trouver une échappatoire : j’étais condamné à errer ici-bas, tout comme elle. Alors je traversais le  couloir. Les portes étaient fermées et se succédaient au fil de mes pas, guidés par elle, par son souvenir, par mon obsession. Un pouls battit brusquement dans ma paume et je baissais le regard. Sonia était là. Elle avait décidé de me guider à travers le dédale de couloirs, de m’enfoncer et de me perdre dans les entrailles de l’hôpital. La gamine ne pleurait pas. C’était différent des autres fois. Moins violent. Plus doux. Plus angoissant. Mais je la suivais, incapable de prononcer un mot. Jusqu’à la morgue. Jusqu’aux casiers. Ma main s’imbiba lentement de sang mais Sonia serra mes doigts plus fort, à s’en faire blanchir les phalanges. Elle ouvrit une porte lentement et tira vers nous un corps. Elle recommença plusieurs fois. Sans que je ne reconnaisse un seul cadavre. A part le dernier… Un froid glacial s’abattit sur moi alors que je me précipitai vers Therence. Ses yeux étaient clos mais son torse se soulevait laborieusement. Je posai une main sur son cœur pour sentir son cœur, ses battements si faible, qui résonnaient dans mes tempes et ma cage thoracique, laissait une trace de sang sur sa peau avant de me reculer brusquement. J’étais dans un cauchemar. Je pouvais me réveiller, il suffisait juste… d’ouvrir les yeux ! Mes paupières n’obéissaient pas à cet ordre et l’angoisse se faisait plus oppressante encore. La morgue se fondit brutalement dans le noir le plus complet. Mon cœur battait la chamade et un autre battait contre ma paume. Je n’étais pas sorti de mon esprit… Si ? Je tâtonnai, les yeux grands ouverts dans la pénombre… De ma chambre. Un corps chaud reposait à mes côtés. Therence. Je m’asseyais sur le matelas pour être certain de ne pas me rendormir avant de finir par quitter le lit, malgré la fatigue toujours présente.

Silencieusement, je me glissai dans la salle de bain et y restait un bon moment, coincé sous le jet tiède de la douche. Les images de la veille défilaient sans cesse dans ma tête, me faisant lentement réaliser toute l’ampleur de la soirée. Aussi improbable que cela aurait pu paraître au début… Ca c’était bien terminé. Les explications avaient permises d’arranger les choses et je ne pensais pas me tromper en avançant avoir la confiance du garçon. C’était étrange. Mais pas désagréable, loin de là.
Finalement, je me forçai à sortir de la douche. J’enfilai simplement un caleçon avant de retourner tout aussi silencieusement dans la chambre et de retrouver la chaleur de mon lit et de Therence. Un bras autour de son ventre et son dos collé à mon torse, je laissai mon esprit vagabonder les yeux ouverts, pour ne pas rechuter dans un cauchemar sans fin. J’assistai au lent cheminement de la lune à travers les volets de la chambre, bercé par les battements du cœur du garçon, de plus en plus rythmés. Je fronçai les sourcils en portant mon attention sur sa respiration anarchique. « Ca arrive », plus souvent qu’il ne l’avait sous-entendu. Je posai ma main au centre de sa poitrine et déposait des baisers sur sa nuque, l’appelant dans un murmure, espérant au fond qu’il sortirait de l’endroit où il se trouvait plus rapidement et facilement avec mon aide. Son rythme cardiaque changea légèrement, un micro-détail à peine notable. Je me détachai pour qu’il puisse se réveiller sans paniquer en sentant quelqu’un le toucher.

-Tu es chez moi, tentai-je de le rassurer en posant une main sur son épaule et l'autre au creux de son dos. Tu as plus à paniquer.




Therence & Adriann

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wendigowak


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'Ma Joe

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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Mer 23 Sep - 10:07

Retrouvailles
’Ma joe et les torches

« Une flamme encore vive ». La petite fille s’était développée plus rapidement que n’importe quel bébé. Mais elle restait un bébé, à peine une fillette. Elle faisait la fierté de sa mère, une jolie métisse, et de moi-même, qui veillait sur elle depuis que mes deux protégées étaient venues dans ce qui fut autrefois ma maison. La jeune mère avait accepté rapidement cette situation étrange, et passait de longs moments pendant ses nuits à discuter avec moi. J’apprenais à l’enfant tous mes trucs de vieille torches, puisque je ne pouvais à présent plus agir sur le monde physique. L’enfant était douée, et quand arriverai le moment, je deviendrai partie intégrante de cette jeune femme, que je voyais déjà splendide. Ce serait un partage, pas un phénomène parasitaire. Au début, j’en ai beaucoup voulu au petit fripon de mentaliste. J’avais le droit au repos, mes vieux os me faisaient souffrir le martyr, rien que de penser que tout ça allait recommencer…

Mais je comprenais son geste à présent. Il fallait que je passe le flambeau. Et puis, dans un corps jeune, je pourrai profiter, tout comme Joe junior, d’une vie ou le soleil et le vent pouvait me procurer tant de plaisir. Les fleurs autour de la maison m’apportaient leur senteur, que je percevais à travers l’enfant. L’urgence avait été de leur apprendre à ramener de quoi vivre. Elle s’en était tirée à merveille. A présent que mon esprit n’était plus occupé en permanence à assurer leur survie, je pouvais de nouveau parcourir le monde gris, et prendre des nouvelles de mes protégés, des torches qui avaient subis de façon si violente leur initiation. L’épée devant le seuil veillait au grain, et saurait les protéger si elles devaient avoir un problème.

J’avais visité Matrim et le jeune rebelle, Liam. Également l’architecte, l’homme sans passé et l’œil. Le gardien n’avait pas besoin de ma présence, il avait à ses côtés une déesse aimante. Mais L’autre rebelle, lui, je me devais de faire l’effort de le revoir. Dans son microcosme, il tentait, bravement, de ranger ce qui lui arrivait dans des compartiments. J’avais eu l’intention de lui rendre visite avec ma forme naturelle, usée, mais bienveillante.

Mais, alors que j’écartais les brumes oniriques pour m’approcher de ses pensées, je dois avouer que ses dernières me firent rougir comme jamais. Enfin.. Façon de parler. Finalement, c’est donc avec mon corps de jeune provocatrice que je l’approchai doucement… Dans son rêve, il y avait de la souffrance, du sang, de l’appréhension, de la douleur. Mais aussi un fol espoir, chevillé au corps. Le sien, et celui de cet être bien plus complexe que je ne l’aurait cru, et qui dormait à présent, lové contre Therence.

Je pris le temps de les observer, d’apprécier la beauté sauvage de leur union. Encore une fois, Therence avait fait fi des lois, des traditions, de la normalité. Sa relation présente avait la force de la bataille contre l’ordre établi. Bataille qu’il avait remportée. Mes jambes croisées, assise sur le bord du lit, je pris le temps d’épousseter mes hautes bottines. Ma ceinture bling bling réajustée, je vérifiais ma coupe afro dans la psyché que j’avais fait venir, quand Thérence poussa un petit soupir, encore un peu ensommeillé.

Lorsqu’il tourna la tête vers moi, je fis claquer bruyamment ma bulle de chewing-gum puis lui sourit chaleureusement.
-on dirait bien qu’on arrive encore, toi et moi, à faire un bras d’honneur au destin, pas vrai ? Tu m’as manqué, jeune homme.

J’avais posé ma main sur son dos. Adriann était transparent, et ma main passait à travers, comme une image rémanente. Je voyais les questions prendre place sur le visage et les lèvres du charmant jeune homme.
-je sais, moi aussi je comprenais pas comment c’était possible. On dirait bien que le jeune mentaliste qui était présent et qui à servit malgré lui d’hôte à notre ennemie, m’a transféré in extremis dans la grosse épée.. Si tu veux mon avis, elle est un peu trop clinquante… Dans quelques temps, je ne sais pas si je parle de mois ou d’années, je serai de nouveau moi… Enfin presque.

Je lui parlais de la jeune métisse et de l’enfant, dans ma maison. Je ne perdais pas une miette du spectacle alors qu’il se redressait et nous primes le temps de nous enlacer.
Je posais alors un regard sans jugement, presque attendrit, sur Adriann.
-tu sais où tu vas avec lui ?
La malice dans les yeux de Therence me renseigna et j’éclatais de rire.
-bien sûr que non, et c’est ça qui est bon, pas vrai ? C’est ta vie, tu en fais ce que tu en veux. Je crois que vous pouvez construire quelque chose. Quelque chose qui clouera le bec à ceux qui en doutent…
-je te rassure, il n’y a aucune menace qui requiert ton intervention de torche. Je voulais juste vous voir, tous… Matrim traverse une période très sombre. Je ne sais pas ce qu’il deviendra suite à ça. Mais ça ne concerne pas le monde gris.

Je soupirais un peu, passant ma main sur la joue de Therence, tout en refaisant claquer mon chewing-gum…
-je sais que parfois, tu as mal, physiquement, mentalement, et la.
J’avais posé mon doigt sur son cœur.
-je suis bien diminuée, par rapport à avant… Mais je peux encore t’offrir ça : Lorsque tu auras besoin de t’évader un peu, de panser tes plaies, regarde à l’intérieur de la flamme offerte par le jeune sculpteur. En te concentrant, tu plongeras dans une poche du monde gris. Une toute petite poche. Mais tu y seras chez toi, et tes pouvoirs de torches t’apporteront du réconfort. Je t’aime, comme vous tous. Prend soin de toi. Prend soin de lui, même si ça t’emmerde. Même si ça l’emmerde, lui… Joli ptit cul, au passage..

Therence éclata de rire en même temps que moi, alors que je matais sans vergogne un adriann endormis et un peu moins diaphane de minute en minute. Si je restai trop, à le mentionner, il allait rejoindre la poche onirique.
-oh, au fait, j’ai amorcé le processus. Si tu veux, tu peux l’amener avec toi, pour cette fois seulement.. A toi de voir si tu veux le laisser croire à un rêve ou si tu rends les choses plus… intenses… Si tu as besoin de moi, tu connais la méthode.

Après avoir épousseté ma mini jupe, refais ma coupe afro dans la psyché, j’avançais tout droit, et disparu dans le miroir,non sans avoir regardé une dernière fois le superbe jeune homme et son amant, laissant un Therence un peu plus joyeux qu’à mon arrivée.


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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Mar 29 Sep - 0:32



Beyond the nightmare
Je me sens bien. Comblé. Dire que j'ai enfin accomplis ce à quoi j'avais fini par renoncer... A quoi j'ai essayé de renoncer. C'était difficile d'envisager quoi que ce soit de bon avec le professeur après ce qui c'est passé. Mais j'ai élargie la brèche tout seul en l'éloignant, et mon attraction pour lui s'est faite persistante... Je ne suis pas mécontent que ce soit réciproque et qu'on ait finalement réussi à démêler les nœuds à en gravir une étape dans notre petit jeu...
Adriann se laisse caresser, le bout de mes doigts sur sa peau, jusqu'à ce que je m'aventure près de la morsure. Je comprend à regret que j'aurais mieux fait de m'abstenir quand il retire délicatement ma main pour se tourner.  

-…Tu viens de faire foirer un super instant.

-…Désolé de m’intéresser à ta vie. lâché-je d'un ton désinvolte en l'imitant, la joue posée dans le creux de la main.

... ou d'être trop curieux et d'avoir raté une nouvelle occasion de me taire. Nous nous regardons longuement, je vois bien sa lassitude mais je ne lui permet pas explicitement d'échapper à mon interrogation. Cette morsure, c'est pas "rien", alors je tiens à comprendre.

-Je fonctionne pas comme toi. Quand quelque chose ne va pas, j’ai… tendance à me réfugier dans le sexe.

Oh... C'est... bon à savoir? Je me claque mentalement et m’abstins de tout commentaires. Je devrais même pas avoir de pensées goguenardes à cet aveux, quand bien même on vient juste de... c'est déplacé. Et donc, je passe pour un reclus dépressif?... En règle générale quand quelque chose ne va pas, si je ne cherche pas mon réconfort dans l'alcool, je me défoule pas mal contre... ou avec un peu de compagnie, moi aussi. Mais j'avais encore jamais faillis me faire littéralement assassiné jusque là. Ça encourage pas vraiment à s'exhiber, si c'est pas une question d'orgueil blessé et d'appréhensions stupides.

-Et puisque beaucoup de choses n’allaient pas depuis l’hôpital… Je détourne les yeux avec embarras, ma bonne conscience touchée dans le mille. Disons que ça a été proportionnel. Plusieurs personnes par jour.

-... Wow.

Ok. Non pas que j'ai pas cumulé quelques excès aussi, répartis dans le temps ou simultanément - les soirées arrosées peuvent parfois prendre un drôle de tour - mais j'ai pas encore fais du sexe une drogue dure. Enfin, pas si je compare à son quotas.  

-Quand je pense que des adultes bien pensants étaient dérangés par la fréquence de mes relations...

Ils auraient du s'entretenir avec l'affamé charnel, j'aurais eu une chance de passer pour un enfant de chœur à coté!

-Ça m’évite de m’endormir, surtout. reprend t-il d'une voix basse. Et, bref, c’est le type du lundi soir qui m’a fait ça. Je fronce les sourcils en assimilant l'info. Lundi, chez qui il a oublié son porte feuille?... Maintenant je comprend d'où il sortait avant l’altercation non loin du ciné. …Je voulais pas. J’aime pas.. avoir sa marque sur moi, confesse t-il avant de s'abandonner aux bras de Morphée.  

Mon sourire mi-exaspéré, mi-séduit s'est lentement effacé. Adriann n'a pas demandé à être mordu. Ce n'était même pas un jeu qu'il avait toléré... Mon regard change sur la créature de débauche, se fait plus tendre. Soucieux. Le sexe, quitte à se résigner à des traitements indignes, c'est la seule offensives qu'il a trouvé pour résister à ses cauchemars. Et ce mec, Lundi... Il en profite, et ça m'irrite sérieusement. Je n'approuve pas. Comment ont peut faire ça?... Comment il peut se laisser... La réflexion que j'ai en face de moi un "plus qu'humain" ne me quitte pas, mais l'état dans lequel il se trouve me démontre une fois de plus que ça ne veut pas dire grand chose. Quoi qu'il soit, il y a des difficultés contre lesquelles Adriann n'est pas taillé pour se battre. Pas tout seul...  
Je glisse doucement mon bras entre l'oreiller et mon visage pour me recoucher sans le déranger. Beaucoup de choses n'allaient pas depuis l’hôpital. Le rappel est limpide, c'est pas à l'usine que sa mauvaise phase a pleinement débutée. Et le jeter comme je l'ai fait parce que je craignais le criminel en lui, ça revient à l'avoir abandonné avec ses tourments, et aux bras de ce type?... Je ferme les paupières de dépit et m'applaudis mentalement...

Mais tandis que je médite honteusement, ses doigts viennent glisser sur mon poignet. Il... me réclame? Je cherche la réponse sur un visage assoupi. Le geste suscite en moi une étrange émotion, un mélange de fierté, d’embarras et d'affection.

Lorsqu'Adriann est venu me chercher à l'usine, je me suis accroché à lui. Un témoin extérieur y verrait surement l'acte d'un héro sauvant la pauvre victime, et bien que je lui sois reconnaissant de ce qu'il a fait, ça me gène, parce que cette image risible ce n'est pas moi. C'est dégradant... Pourtant étendus côte à côte à l'abri dans cette chambre douillette, quand je fais le bilan de tout ce qu'il c'est passé, qu'il s'agisse de son mal-être depuis l’hôpital... depuis que je l'ai chassé pour tout remerciement... les marques restées gravées sur son corps de sur-homme, les moments de faiblesses qui accompagnent ses vérités... ses doigts qui cherchent une présence comme sa tête plus tôt dans la soirée, faute de mieux celle d'un crétin égoïste et aveugle... je remue juste ce qu'il faut pour entourer le bout de ses doigts des miens et rapprocher mon menton de nos mains. Je comprend qu'aussi fort soit-il pour me supporter, dans tous les sens du terme, celui qui à grandement besoin d'être soutenu n'est pas celui que cette mésaventure laisse paraitre. Et ne tient qu'à moi d'accepter ou non le rôle qui m'est confié et prouver que je peux aider, moi aussi. L'aider, lui.

Il dort déjà. Je me retient de le toucher et risquer de le déranger dans son sommeil, c'est peut-être trompeur mais il a l'air apaisé. Alors je le détaille longuement. Son visage enfoncé dans l'oreiller, son dos tatoué qui se gonfle à chaque inspiration, un ronflement léger. Je surveille par intermittence. Entre deux battements de paupières... Je ferme les yeux en m'imprégnant de sa présence, sa main qui continue de réchauffer ma paume, et je sombre inéluctablement avec la sensation réconfortante et gratifiante d'être utile à quelqu'un et accroché quelque part...


Je flotte dans une torpeur profonde, mais quelque chose me tire petit à petit de mon voyage. J'ai le sentiment d'être observé. Je me retourne mollement, mais me stoppe net en ouvrant grand les paupières à la présence au dessus de moi. Mon cerveau s'active : il y a une femme sur le bord du lit en train de me mater! Une femme qui ne dégage rien de très dangereux, mais surtout qui ne m'est pas étrangère... mais...

-... Ma' Joe?...

-On dirait bien qu’on arrive encore, toi et moi, à faire un bras d’honneur au destin, pas vrai ? Tu m’as manqué, jeune homme.


De toute l'aventure qui me revient en mémoire, je ne garde d'elle que le souvenir d'une vieille femme amicale, pourtant je sais que c'est elle sous cette apparence fringante. Mais c'est pas le plus choquant, je fixe la jeune afro comme si je voyais un revenant, et pour cause...

-Mais... je croyais...

Je l'ai vu disparaitre, la Tisseuse a finalement eu raison d'elle!... Est-ce que c'est un rêve? Ça n'aurait rien d'étonnant, toute cette histoire en était un après tout, et puis... je regarde son bras qui traverse littéralement Adriann, à moins que ce ne soit le contraire... Je suis forcé de croire aux loups-garous, wendigos, et autres créatures, mais concevoir l’existence des fantômes, c'est un peu trop spirituel pour moi. La psyché qui ne fait pas partie du décor me laisse deviner que je suis en train de dormir, ce qui n'empêche pas que la présence de la disparue soit tangible.

Face à ma stupeur, la Torche admet sa propre surprise, comment c'est le mentaliste qui aurait transféré son âme dans l'épée alors que nous la pensions finie, et elle m'explique ce qui ressemble à une forme de renaissance dans les temps à venir. Je tais la part cartésienne qui s'est refait une place depuis cette aventure et établie une trop nette différence entre le concret d'une métamorphose semi-animale et l'abstrait d'un cycle post-mortem, et je m'émerveille sagement de savoir la guide restée parmi nous. Nous nous enlaçons, et elle couve l'endormi du regard.

-Tu sais où tu vas avec lui ?


J'ouvre la bouche, mais rien n'en sort. Je suis pas sur qu'on aille où que ce sois, enfin..

-Bien sûr que non, et c’est ça qui est bon, pas vrai ?
'Ma Joe me connait bien, ça me fais sourire. C’est ta vie, tu en fais ce que tu en veux. Je crois que vous pouvez construire quelque chose. Quelque chose qui clouera le bec à ceux qui en doutent…

-Construire?


Ça parait très ambitieux ça. Mais l'idée de déranger quelques critiques quels qu'ils soient me plais bien en revanche. Je jette un œil au professeur, certain qu'il serait de mon avis. Mais un soupçon virant à l'inquiétude trouble mon attention de la savoir là.

-Est-ce qu'il y a un problème?

-Je te rassure, il n’y a aucune menace qui requiert ton intervention de torche. Je voulais juste vous voir, tous… Matrim traverse une période très sombre. Je ne sais pas ce qu’il deviendra suite à ça. Mais ça ne concerne pas le monde gris.


Je suis rassuré et touché de sa visite. Le sort du camarade de bataille me rend songeur. Je ne le connais surement pas assez hors le rêve que nous avons partagé pour débarquer dans sa vie et prétendre pouvoir lui être d'un quelconque secours, les problèmes dans la réalité... dans "cette" réalité non-onirique ne se résolvent pas avec des boules de feux ou en trouvant la réponse à des énigmes. Et à la fois, je me souviens que nous avons formé une équipe là bas. Que finalement, je ne suis peut-être pas aussi seul que je me suis borné à le penser...

La main de la jeune femme au chewing-gum me fais l'effet d'une caresse d'un autre age, l'aura qui l'entoure est celle, sage et sécurisante, d'une vieille personne sans pour autant que ça ne paraisse incohérent avec son apparence de jeune provocatrice dans cette bulle de tous les possibles.

-Je sais que parfois, tu as mal, physiquement, mentalement, et la.


Je plisses des sourcils, quelque chose qui s'est tristement agité en moi. Elle ne s'est pas contenté de frôler mon torse, son doigt a touché beaucoup plus loin.

-Je suis bien diminuée, par rapport à avant… Mais je peux encore t’offrir ça : Lorsque tu auras besoin de t’évader un peu, de panser tes plaies, regarde à l’intérieur de la flamme offerte par le jeune sculpteur.
La broche?... Ouais, je vois... En te concentrant, tu plongeras dans une poche du monde gris. Une toute petite poche. Mais tu y seras chez toi, et tes pouvoirs de torches t’apporteront du réconfort. Je t’aime, comme vous tous. déclare t-elle comme la grand-mère que je n'ai pas. Prend soin de toi. Prend soin de lui, même si ça t’emmerde. Même si ça l’emmerde, lui… Joli ptit cul, au passage...

-Hey!


Je ris avec elle le cœur allégé par sa blague. Ses paroles sonnent trop comme un au revoir, et je ne sais pas qui de moi ou du wendigo est le plus troublé pas la considération que je peux lui porter pour contester.

-Oh, au fait,
me tire t-elle de ma contemplation, j’ai amorcé le processus. Si tu veux, tu peux l’amener avec toi, pour cette fois seulement... L'emmener? Ici, dans le monde des songes? A toi de voir si tu veux le laisser croire à un rêve ou si tu rends les choses plus… intenses… Si tu as besoin de moi, tu connais la méthode.

-Ouais.
souris-je doucement et avec reconnaissance à la jeune femme.

Elle disparait finalement dans le miroir, mais un sourire persiste sur mes lèvres, parce que je sais qu'elle n'est pas définitivement partie, et qu'elle a apporté un peu de sa chaleur et de sa magie avec elle en venant me rendre visite. Je me recouche, et quand je cligne des yeux, entre deux eaux, la pièce a retrouvée une atmosphère plus physique. Sans me retourner je sais que la psyché n'est plus là.
Je me rendors en songeant à une petite fille qui grandira entourée de champs de fleurs, en respirant encore l'étreinte de la bienveillante et celles plus sulfureuses de l'homme à mes côtés, en me remémorant la bataille épique contre l'araignée, les soldats... et les galeries sans fins et aux chemins trompeurs... un labyrinthe obscur que je parcours... sans savoir où je vais... sans lui...

L'orée de mes songes était claire et engageante, mais plus je me suis perdu en profondeur, et plus je me suis laissé happé par les cauchemars sans m'en rendre compte. Les surprises oniriques ne peuvent pas effacer les accidents d'ici-bas et les questions de toujours, seulement les rendre moins pénibles. Il fait noir, encore la chambre froide, ou peut-être la grotte je ne sais pas, j'ai peur de ce qui m'attend à faire un pas en avant. Est-ce que je vais rencontrer un mur sans issue, ou est-ce que je suis voué à errer sans fin? Je trébucherais sur un membre inerte, ou bien je risquerais de tomber sur une caricature de visage familier? Je joins mes doigts et claques à plusieurs reprise, il suffisait de le vouloir pour faire jaillir des étincelles. Mais une prise de conscience m'arrête in-extrémiste dans mon mouvement qui j'en suis sûr, aurait put allumé la lumière.
... Est-ce que je suis vraiment certain de vouloir savoir?...

Je me débat avec une angoisse intrinsèque, et me retourne subitement en ouvrant les yeux.

-Tu es chez moi,
rassure Adriann qui me soutient et que j'observe, hagard. Il me faut quelques secondes pour réaliser. Tu as plus à paniquer.

-... Je panique pas.


Je lâche son bras que j'ai saisis dans la précipitation et me redresse en soupirant un bon coup. Je sais que j'ai pas à avoir honte de me réveiller en sueur à ses côtés. On est liés par l'incident de l'usine et par le mal-aise qui en ressort, chacun avec ses propres cauchemars... Je ne suis pas le seul à avoir des nuits troubles. Cette pensée me calme, je cale la joue sur mes genoux rabattus en le détaillant. C'est agréable de pouvoir partager des choses avec quelqu'un, surtout les pires. Mon orgueil somnole encore, ce serait le moment idéal pour lui dire que je... par rapport à son intervention à l'usine, puis mes emportements à l'hosto...

Les secondes s'éternisent dans le silence. Trop tard, je crois que mon ego est trop matinal.

-Je t'ai réveillé? Après réflexion, il sent le savon, mais il a pas la tête de quelqu'un qui à réussi à trouver le sommeil. Tu as fait un cauchemar... déduis-je à haute voix.

Il fait encore nuit. Peut-être quelques heures avant l'heure du levé, j'ai pas le courage de vérifier. La peur des cauchemars entraine la peur de dormir, qui entraine la peur du temps précieux qui s'épuise sans permettre le repos... cercle vicieux. Je quitte le lit et traverse l'appart' à la recherche de ma veste de l'intérieur de laquelle je décroche une babiole pour simplement revenir m'assoir sur les couvertures. Je tournicote entre mes doigts un badge à la forme d'une flamme et aux reflets iridescents, sceptique et résigné à la fois.  

-... Je crois pas trop aux grigris et ce genre de trucs en général. Mais... ça va peut-être nous aider à dormir un peu. On perd rien à essayer! espérè-je communiquer mon optimisme à Adriann.

Je ne sais pas trop si ça va marché. Je ne sais même pas si je dois lui en dire plus, ou juste laisser ça se faire... Je me rallonge avec lui sous les draps, et je tiens la petite réalisation entre nos deux visages, la faisant miroiter doucement. Dire que j'avais faillis l'abandonner dans le bazars, loin d'adhérer au concept que nous aillions réellement put vaincre une force chimérique qui aurait faillis plonger le monde dans une dictature cauchemardesque et recevoir le présent en conséquent. Peut-être que dans le fond, j'y croyais quand même un peu pour l'avoir gardé avec moi. Je m'en félicite ce soir. Je n'ai pas besoin de lui dire que cette broche est spéciale pour qu'il la regarde fixement. C'est vrai qu'elle à quelque chose d'apaisant, peut-être les scintillements du matériaux...

-Tu veux parler de ton rêve? chuchotè-je.

Les minutes nous filent entre les doigts et dormir devient urgent quand la journée qui menace est chargée de responsabilités. J'attrape la main d'Adriann que je sens nerveux et je l'invite à jouer avec la sculpture lui aussi.

-Il faisait noir, commencè-je. Je... je sais pas si c'était la chambre froide...

J'ai passé la nuit à exiger des réponses de sa part, parfois contre son grès, sans envisager de faire la même chose en retour. Je ne veux pas le forcer, mais il s'agit pas d'assouvir ma curiosité ou dénouer un malentendu cette fois. Je voudrais qu'il se confie pour son propre bien.
Alors je fais le premier pas en balançant la cause de mon agitation. Je ne lui parle pas de la Tisseuse, des sbires à deux, huit ou milles pattes, ni... d'une ombre sans identité, juste du noir, de la crainte de ne pas savoir où je me trouvais et ce que je risquais à avancer. Je continue d'admirer la petite breloque en entremêlant mes doigts à ceux du wendigo pour la faire danser entre nos phalanges. Je me sens peser dans le matelas. Et j'espère secrètement qu'il s'ouvre lui aussi, mais... même si c'est pas le cas... même si la sculpture n'a pas le pouvoir d’inhiber ses angoisses comme elle semble le faire avec les miennes... je l'emporte avec moi... pour ce restant de nuit... une halte dans ma parcelle de monde gris ou je ne laisserais pas les cauchemars nous atteindre...

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Dim 11 Oct - 23:13




Beyond the dream

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Son dos se collait régulièrement à mon torse. Sa peau contre la mienne, il dormait profondément et je profitais de cette situation pour retirer encore un peu de tendresse de sa part. Je n’étais pas habitué à traiter quelqu’un de cette manière et à être traité comme ça en retour. Avec personne. Alors oui, je profitais honteusement de ce moment de calme pour l’observer. En quelques minutes, son corps m’était devenu familier : je savais où se trouvait sa cicatrice, quel endroit déclenchait ses frissons lorsque le bout de mes doigts glissaient dessus. Je m’imprégnais de son odeur en nichant mon visage dans ses cheveux avant de ne plus bouger pour le laisser se reposer en paix comme il l’avait fait plus tôt avec moi. Ca n’avait pas été bénéfique pour autant, mais… sa présence à mon réveil m’avait fait du bien. Sans compter que son contact m’apaisait et surtout, m’empêchait de quitter le lit pour aller, une énième fois, feuilleter le dossier de Sonia.

Les agresseurs de l’enfant étaient toujours en liberté, même si les flics et la poignée de criminologues qui avaient, quelques années auparavant, enquêtaient sur le dossier savaient très bien qui ils étaient. L’oncle et le père de Sonia avaient laissés des traces qui ne pardonnaient pas, des preuves qui ne faisaient que mettre en évidence leur culpabilité. Les jurés avaient eu beau afficher leur soutien et leur désaccord envers la décision de justice, l’affaire était non classée pour cause de manque et corruption de preuves. Il avait suffit d’une preuve arrangée par l’un des policiers, une empreinte apposée sur la paupière de l’enfant, pour tout faire foirer. Les tueurs s’étaient fait lynchés à la sortie du tribunal, ce que les hommes de la sécurité n’avaient rien fait pour empêcher ; bien au contraire. La mère s’était asphyxiée dans sa voiture quelques semaines plus tard et plus aucune autorité ne souhaitait rouvrir l’enquête. Les policiers et criminologues qui avaient participés à l’enquête avions l’habitude de nous retrouver quelques fois par an pour parler de tout ça, mais beaucoup étaient passés à autre chose. Et certains, comme moi, étaient toujours bloqués et perdus au même stade qu’il y avait deux ans et demi.
Je sortais de mes pensées lorsque les battements du cœur de Therence s’accélérèrent. Si mes cauchemars s’invitaient régulièrement dans mes nuits depuis l’adolescence, ce n’était pas le cas pour lui, et je devais lui laisser de l’espace. Je me reculai pendant son réveil avant de poser mes mains sur son corps pour le rassurer. Ses doigts agrippèrent mon bras avec une force surprenante avant de le relâcher tout aussi brusquement. Ses yeux luttaient encore avec les brumes de son mauvais rêve et il se releva en soufflant. Il prit son temps pour sortir définitivement de la torpeur et posa son regard sur moi. Une certaine hésitation se lisait sur son visage, comme sur le point d’ouvrir la bouche pour parler avant de ravaler ses mots.

-Je t'ai réveillé ?, questionna-t-il avant de déduire seul : Tu as fait un cauchemar...

Therence avait l’air de connaître le genre de nuit que je venais de passer. Il quitta le lit pour traverser la chambre, sans que je le quitte du regard. Mes yeux descendirent d’eux-mêmes sur le bas de son dos tandis que je me redressais sur les coudes. Le brun revint s’installer quelques secondes après. Entre ses doigts, il me montra une babiole en forme de flamme. J’haussais un sourcil, perplexe quant à son utilité dans cette chambre à coucher…

-... Je crois pas trop aux grigris et ce genre de trucs en général. Mais... ça va peut-être nous aider à dormir un peu. On perd rien à essayer !, m’encouragea-t-il, visiblement peu enclin lui aussi à croire aux propriétés de l’objet.

Arnaque ou non, la réalisation attrapait irrémédiablement le regard. Sa couleur changeait, passant d’un jaune sombre à un orange crépusculaire avant de venir tirer dans les rouges sangs. Je me faisais violence pour ne pas fermer les yeux et me laisser emporter par le sommeil une seconde fois.

-Tu veux parler de ton rêve ?, chuchota Therence, brisant la torpeur qui m’envahissait.

Je croisais son regard. Il était hors de question que je parle de Sonia, hors de question de partager ma hantise avec quelqu’un d’autre. D’une certaine façon, je la protégeais en empêchant quiconque de la déranger, en la gardant avec moi dans mes songes. Peu importait combien j’en pâtissais : c’était le prix à payer pour n’avoir rien pu faire. Je m’attendais à ce que l’adolescent soutienne mon regard en exigeant des réponses. Au lieu de ça, il approcha ma main de la sculpture, joignant nos mains. La sculpture était chaude et je ne pouvais deviner si cette chaleur était naturelle ou dû à Therence.

-Il faisait noir, commença-t-il. Je... je sais pas si c'était la chambre froide...

Un frisson traversa mon corps à l’évocation de la chambre froide. C’était ma faute. En très grande partie. La cicatrice, les cauchemars, la peur d’aller dormir. C’était mes conséquences. Mais le sentiment de culpabilité n’était pas si présent qu’il l’avait été auparavant. Mon regard se logea une nouvelle fois sur la flamme, comme si elle était capable d’absorber mes remords. L’adolescent entremêla nos doigts encore un peu plus, sans que je ne puisse savoir ce qui m’apaisait le plus : lui ou l’objet. Dans les deux cas, cela fonctionnait et je me sentais lentement emporté vers un ailleurs plus prometteur, dans lequel je retrouverai Therence, qui s’était déjà assoupi.
Je me retrouvai dans ce qui semblait être l’intérieur de la flamme. Les couleurs étaient encore plus chaudes et vives et pour une fois, je n’avais pas peur. L’angoisse qui me tenaillait habituellement le ventre lors de mes nuits n’était pas présente : même, elle avait été remplacée par une sorte d’apaisement que je n’avais pas connu depuis une bonne dizaine d’année. Je me tournai vers Therence, un sourire au coin des lèvres.

-Tu sais qu’il me faudrait au moins 48 heures d’un sommeil comme ça pour retrouver un semblant de bon ét-…

Je m’arrêtai net et perdait mon sourire. Des faibles plaintes retentissaient contre les murs de couleurs. Sans un regard pour l’adolescent, mon esprit fit totalement abstraction de sa présence pour la trouver une nouvelle fois. Dans mes rêves, la priorité, c’était elle. J’avais encore une chance de la sauver, ou d’échouer et de pouvoir recommencer les nuits suivantes. Le cercle aux possibilités limitées et à l’infini douteuse. Je traversais la pièce aux vitres lumineuses jusqu’à ce que le sol ne se fonde en un carrelage banal. Lorsque je relevai les yeux, j’étais devant la porte de sa salle de bain. L’angoisse avait repris sa place initiale tandis que d’un pas, je franchissais l’entrée.  

Sonia n’était pas là.

Une flaque de sang se trouvait sur le sol, pas assez suffisante pour qu’elle soit toujours en vie. Les sanglots avaient cessés. Lentement puis pris d’une sensation d’effroi, je retournai sur mes pas. Vers Therence, vers la vie… et je la trouvais là, dans la salle aux couleurs de flammes, qui éclairaient son visage d’une manière inquiétante.




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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Sam 17 Oct - 3:04



Menace
Je suis pas le seul à avoir des cauchemars, on dirait…

La joue calée sur un genou, j'observe paresseusement Adriann qui m'a accueillis à mon réveil subit et que la nuit n'a pas non plus épargnée. On a longuement abordés le sujet de l'usine, il porte sur lui les conséquences de son abandon... assez désastreux dans le sexe, et le jeune profiler m'a avoué être poursuivis par certaines obsessions en essayant de se justifié à l’hôpital. Qui pourrait dormir en paix en consacrant sa vie à résoudre des affaires de meurtres et autres atrocités?...
Je chasse le rappel hypocrite de sa seconde nature qui persiste à revenir comme un petit démon. Bref. Que ce soit ça ou autre chose, ses nuits sont indiscutablement difficiles.

Mais cette nuit, j'ai une parade contre ça.

Grâce a la broche du mentaliste et l'opération de 'Ma Joe. Adriann accepte comme moi l'essaie inoffensif. Il ne répond rien lorsque je lui demande de me raconter son mauvais rêve. Pourquoi, est-ce que c'est si terrible? Personnel? Honteux?... Je n'insiste pas, et pour passer outre à sa gène, je dévoile en parti mon propre songe. Peut-être qu'admettre une peur stupide dans le noir fera passer ses propres craintes à un état plus acceptable? Je ne sais pas. Ma voix s’éteint peu à peu, mais pas les scintillements du simulacre de flamme ni la tiédeur de nos doigts liés...


Les chatoiement de la sculpture s'emparent de ma vision. Le plafond et les parois de la chambre s'en recouvrent, comme si un grand feu de cheminé y dansait... Non, ce ne sont pas des reflets, ni la chambre... ce sont les façades d'une nouvelle pièce à l'architecture particulière qui possèdent ce mélange de tons et de matériaux... En y regardant bien, je suis même certain de reconnaitre les lieux.

Alors voilà ma zone personnelle de Monde Gris. L'intérieur de cette toute petite flamme. L'explication de Joe était plutôt littérale en fait. Mais ça me va tant que c'est "chez-moi" et j'ai une occasion d'y convier qui je veux...
Je termine ma contemplation de l'endroit par Adriann qui m'a bien suivis, retenant un brin d'euphorie.

-Ça a marché...

Bien sur que ça a marché! Il n'y avait même pas à en douter.

-Tu sais qu’il me faudrait au moins 48 heures d’un sommeil comme ça pour retrouver un semblant de bon ét-…


Je souris à son début de phrase, amusé par son exigence alors qu'il a le privilège de visiter ce monde si particulier, et prêt à rétorquer que je suis capable de faire des miracles ici, mais son interruption m'alerte.

... C'est quoi ces gémissements?... J'aime pas ça, en débarquant dans ma petite bulle onirique, je m'attendais pas à ce que quoi que ce soit de louche se manifeste. Mama Joe avait l'air plutôt confiante en m'en donnant l'accès et il devrait plus y avoir d'hallucinations manipulatrices, on a réussi à venir à bout de sa majesté l'araignée. Enfin je crois...
Je pose les yeux sur Adriann, peu rassuré, et son attitude ne me conforte pas. Il n'est pas juste mal-à-l'aise, on dirait un animal à l'affut, complétement accaparé par les petites plaintes qui retentissent de nulle part au delà de l'enchevêtrement de vitraux.

-Adriann?!

Il s’élance subitement et je le suis d'un pas vif, loin de comprendre ce qu'il entend et où il compte aller. Je stoppe net et recule machinalement quand le sol sous mes pieds se pare de carrelage. C'est même plus étrange que ça, les sols fusionnent... Je reste planté au seuil du mélange de lieux et lève les yeux sur l'allemand qui se tient debout devant le cadran d'une porte de salle de bain. Nous sommes dans un monde que je suis censé connaitre et maitrisé, mais la situation m'échappe, et l'idée de le voir traverser une porte apparu de nulle part me fout la trouille... Pousser par une crainte subite, je me précipite de quelques pas lorsqu'il la traverse... pour m'apercevoir avec soulagement qu'il est toujours là. La salle douteuse ne l'a pas avalée et envoyer je ne sais où.

Adriann reste immobile, rien ne s'est produit, mais les pleurs ont cessés. Le silence n'en ai pas un. J'entends mon cœur battre dans mes tempes, dirigé sur l'endroit parasite et le professeur qui le quitte dans une lenteur effrayante. Il se décale de l'entrée en revenant vers moi et un frisson me traverse en apercevant une tache sombre éclatée sur les carreaux clairs. Je l'interroge d'un regard ferme et incertain, mais son attention est ailleurs, rivée par dessus mon épaule...

Woh!!! P*tain, d'où elle sort cette mioche?! Un souffle sonore, chaud et lumineux a retentit en même temps que j'ai fait volte face, je peux sentir une boule de feu danser dangereusement au creux de ma main. Mes dons de Torches sont toujours actifs comme l'a sous-entendue la Guide, c'est au moins ça face à ce mic-mac.
Je reste posté devant Adriann que j'empêche d'avancer d'un bras en travers, à reluquer la présence.

-C'est quoi ça encore... T'es qui?!

Je lève la main pour bien faire comprendre que le feu qui flambe au grès de ma volonté n'a rien d'un tour de magie et que j'hésiterais pas à l'utiliser sur elle. Je suis pas dupe, on sait tous que le meilleurs moyens d'affaiblir quelqu'un c'est en visant l'affect. Mais une gamine, non seulement c'est cliché dans le genre, mais c'est bas, je pensais que la Tisseuse aurait compris que je me laisserais pas prendre à ce genre de supercheries. Adriann en revanche...

Dans une exclamation que je n'ai pas entendu venir, l'allemand m'agrippe le poignet pour dévier le feu qui menace la fille.

-Qu'est-ce que tu fous?!

Son regard est affolé et sévère, je le soutiens avec la même hargne et incompréhension.

-Adriann! T'es peut-être un wendigo à l'extérieur, mais ici je suis pas "juste" un humain! C'est pas une gamine, ce monde regorge d'illusions!

Je tente de dégager mon bras, sans succès. Cette bourrique est en train de me broyer le poignet... pour autant je refuse d'éteindre la flamme, ici, c'est moi qui gère, il sait pas à qui il est confronté!
... Il l'a connait. Il connait la petite fille. Et c'est là que la situation me parait bizarre. Qu'il devienne la proie de ses émotions ressemble bien aux méthodes de l'araignée, mais pourquoi moi qui ais le pouvoir de lutter contre elle et ais faillis à plusieurs reprises me laisser berné sans l'aide de Joe et de la bande, je suis épargné par ses sales tours?...

La gamine nous fixe toujours, elle le fixe lui. La Tisseuse n'a rien à voir là dedans.

Je détaille différemment l'invité d'une nuit tétanisé par une petite fille. C'est lui qui a ramené un fragment de ses cauchemars ici...

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Mar 20 Oct - 1:20




Awake

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Son visage était différent. Elle était différente. Son regard, d’habitude si colérique et plein d’effroi se contentait de me fixer. Résigné. Comme si elle savait déjà d’avance qu’elle allait perdre, qu’elle n’avait aucune chance. Que je n’avais aucune chance de réussir. Ses yeux basculèrent quelques secondes sur Therence… Avec une flamme dans les mains ?


-C'est quoi ça encore... T'es qui?!

Il leva sa main en signe d’avertissement, la flamme grondant dans sa paume, un bras en travers pour me bloquer le passage… Pour me protéger ? Mais je n’avais pas besoin d’être protégé ! C’était elle, elle qui devait survivre et lui qui la menaçait ! D’un geste brusque, je saisis son poignet et le déviai d’un coup, le gardant contre ma paume. Sa question fusa sèchement, comme un affrontement s’ajoutant à celui de nos regards :

-Qu'est-ce que tu fous ?!
-Ne l’approche pas !
-Adriann ! T'es peut-être un wendigo à l'extérieur, mais ici je suis pas "juste" un humain! C'est pas une gamine, ce monde regorge d'illusions !

Je me foutais de son statut dans ce monde, je me foutais de ses pouvoirs. Elle était là et je n’allais pas laisser une troisième personne la blesser. La résistance de Therence faiblit d’un coup et je  forçai un passage jusqu’à Sonia. Les genoux à terre, j’accrochai son regard et lui tendit la main.

-N’aie pas peur, murmurai-je dans ma langue natale, tandis que ses doigts se refermèrent autour de mon index. Tu sais où ils sont ?
-Hinaus, chuchota-t-elle dans mon oreille, intimidée par la présence de l’adolescent derrière moi.

Sa voix n’avait été qu’un filet de son rapidement emporté par le silence de mort qui régnait dans la pièce. Je ne voulais pas lui mentir pour la rassurer : comme un animal traqué, elle sentait la peur et le danger à venir. Therence avait beau posséder des pouvoirs ici, l’intérieur de la sculpture ne donnait qu’une vague illusion de sécurité. Si Sonia avait pu entrer, son oncle et son père le feraient aussi. Mais puisque je n’étais pas capable de la protéger seul, il me fallait profiter de l’opportunité qui m’était offerte. Je me détachais de la fillette avant de me figer net. Son visage commençait à se tuméfier, lentement. Je me tournais vers Therence, qui nous observait sans savoir comment réagir.
Je n’eus pas le temps de lui indiquer quoi faire que déjà, ils étaient là. Son père et son oncle. Leurs lèvres se fendaient en un sourire, comme si tout ça n’avait été qu’une vaste plaisanterie douteuse depuis le début. Sonia recula de plusieurs pas tandis que je formais une barrière avec mon propre corps. Je jetai un coup d’oeil à Therence, tout aussi démuni que moi.

-C’est le moment pour tes boules de feu, suggérai-je en désignant du menton les deux types.

Si je n’arrivais pas à me réveiller, c’était la seule option possible. Se battre pour elle. C’était elle qu’ils voulaient. Un sifflement rauque fusa à travers la pièce : la première boule de feu. Un sanglot étranglé s’échappa de derrière moi. Sonia avait commencé à saigner du nez. La peau de l’oncle brûlait lentement, formant des cloques, lui arrachant des râles de douleur, sans pour autant l’empêcher d’avancer. Le père, lui, s’avançait rageusement vers nous. Ses bras faisaient la taille des cuisses de Therence, et si le feu ne les empêchaient pas d’avancer… nous allions perdre. Je me précipitai vers le père avant d’être projeté au sol, l’air chassé de mes poumons d’un seul coup. Ses  mains encerclèrent et serraient mon cou. Dans mon champ de vision de plus en plus flou, je vis Therence se tourner vers Sonia pour la protéger.

Je me débattais avec mon esprit pour sortir de là. La sauver en me laissant faire, mettant fin à la lutte, en nous libérant tous les trois de mes cauchemars. Il fallait que je sorte de là. Ma vision devint noire.
Une grande inspiration me tira de la mort fictive dans laquelle j’avais plongé.
La chambre baignait dans la lumière. A mes côtés, Therence était toujours endormi… Pour le moment. Je frottais mon visage en sueur pour me tirer définitivement des limbes du sommeil avant de le nicher dans le creux de mon bras. J’avais perdu. Encore une fois. Le garçon bougea lentement. Je sentis son regard sur moi et avant même qu’il ait pu ouvrir la bouche, je me redressai en tailleur, dos à lui.

-Je veux pas en parler.

Quelques secondes passèrent en silence. Une nouvelle fois, je passais une main sur mon visage avant de fixer le même point invisible que j’avais fixé à la mort d’Henning pendant des heures et des heures, sur le mur face à mon lit.

-Elle s’appelle Sonia. Et les types étaient son père et son oncle, coupables de l’avoir frappée à mort et… Et plus. On devait le prouver, mais on manquait de preuves. Alors un flic en a créé une, sans avertir aucun de nous au préalable. La défense l’a su, ils ont été libérés, sa mère s’est suicidée quelques semaines après. Désolé d’avoir fait foirer ton… endroit, ajoutai-je après quelques instants.

J’éclaircissais ma gorge en me relevant. J’enfilai un jean trop large et délavé qui traînait par terre et quittai la chambre, préférant la cuisine. Le sujet était clos de mon côté. Il ne fallait pas laisser mes cauchemars empiéter sur la journée. Pas devant Therence.

-Tu veux du thé, du café ou du chocolat chaud ?, questionnai-je depuis le salon, d’une voix faussement égale.






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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Lun 26 Oct - 0:06



Silence
Aucun bruit ni aucun mouvement ne perturbe les lieux, à part le souffle chaud et ondoyant du feu dans ma main. Ce n'est que lorsque je comprend qu'Adriann est tout sauf étranger à la présence inattendue de la gosse que je me calme et étouffe le pouvoir entre mes doigts. Il me contourne aussitôt d'un pas vif pour s'agenouiller en face d'elle et lui tendre la main. Je ne saisis pas plus les mots qu'il chuchote presque dans sa langue que ce que la petite fille peut représenter pour lui, mais son bouleversement et son attitude sécurisante sont révélateurs. Je les observe d'un regard perplexe, planté à la même place, la petite fille se laisse rassurer doucement. Je devine seulement un drame sans le comprendre. J'assiste en spectateur à une réunion qui ne me concerne pas. Et quand ils se séparent l'un de l'autre, une vague d'angoisse me glace le sang. Le visage de l'enfant s'abime en accéléré...

Qu'est-ce qu'il ce passe?! Je cherche l'aide du professeur lui même désemparé, puis regarde la môme subir les blessures sans savoir quoi faire. C'était pas prévu! Ni sa venue ici, ni ça là n'était prévu, je comprend rien à la situation!

Je suis de nouveau pris par surprise à l'apparition de deux mecs que je serais incapable d'identifié. Pas d'uniforme militaire digne d'une réminiscence de l’arachnide, Adriann s'est dressé en bouclier à leur approche. Ce n'est pas tellement eux et la petite fille qui sont des intrus ici que moi qui suis entrainé dans un scenario dans lequel je ne suis pas censé avoir ma place.

-C’est le moment pour tes boules de feu.

Ça marche. Je me positionne plus solidement en défiant les molosses, les deux mains s’enflammant sur commande. Ça ne semble pas les impressionner, ils rient avec la ferme intention de récupérer la gamine. Mais moi, jouer avec le feu, ça me redonne la confiance dont j'ai besoin pour affronter ces nouvelles fantaisies. Je me souviens la facilité avec laquelle ces foutus insectes cramaient en quelques jets, et je balance violemment mon attaque sur celui qui a eu la mauvaise idée d'avancer le premier. Alors quoi, une porte reste ouverte et ça s'invite dans les rêves des autres?! C'était censé être une soirée privé, sans lourdauds et sans babysitting à faire. On ne contrarie pas Therence Gar...
Mais mon sourire s'efface au profit d'une grimace peu convaincu. Pourquoi il crame pas? Je veux dire, il devrait flamber comme les araignées, ça devrait pas prendre autant de temps, et il est pas censé continuer d'avancer... Je ne jette qu'un demi coup d’œil dans mon dos quand la petite gémis. Ça va pas du tout, l'autre nous cible comme un forcené pendant que son copain en pleine combustion continue lui aussi a résolument venir vers nous. Et dans un réflexe certes peu courageux mais humain, je recule à mesure qu'ils approchent, ne sachant pas quoi faire de mes boules de feu inefficaces ni par quel moyen nous débarrasser d'eux. Conscient de leur robustesse face au feu, je jette successivement quelques flammes qui s'embrasent aux pieds du premier dans l'espoir de le ralentir. L'instant suivant, une ombre fond droit sur l'homme qui se défend d'un coup brusque.

C'est la confusion, Adriann aux prises avec le type de deux fois sa carrure, et l'autre cauchemar roussi mais pas assez sensible pour être mis hors d'état de nuire qui ne décroche pas de la petite, maintenant toute seule en arrière. Je l'incendie une nouvelle fois dans l'unique but de gagner du temps, et je me précipite sur la fillette dont l'état ne cesse d'empirer pour l'entrainer vers la seule issue qui se présente à nous dans ce huit-clos : la salle de bain. Mais à mesure que nous approchons, le monstre sur nos talons, la tâche écarlate exposée dans la pénombre de la petite salle me ramène au même dilemme et sentiment d'angoisse qui revient trop souvent depuis Psychoboy.
Il n'y a pas d'issue, seulement un moindre mal.

Je fais fi des plaintes de la gamine, la pousse à l'intérieur de la salle et referme brusquement la porte sur la vision d'un enragé à moitié mutilé par les flammes.


J'ouvre subitement les paupières dans un hoquet pour les refermer presque aussitôt, éblouis par la luminosité ambiante. De la lumière?... c'est le jour, nous sommes de retour dans la chambre, réveillés... Je m'oblige à rouvrir les yeux et parcourir la pièce du regard, à vérifier mes doigts entre lesquels je ressent encore la pression d'une petite paume et à admettre que la fillette n'est plus là.

Je me retourne vers Adriann qui semble sortir tout droit de la rixe, inquiet et la tête pleine de questions. Mais il échappe rapidement à mon examination.

-Je veux pas en parler.


Les mots restent coincés dans ma bouche. ... Mais!... Les évènements défilent encore dans ma tête, cette gosse qui pourrait être sa sœur, une amie d'enfance ou je ne sais quoi, et les deux gorilles aussi impressionnant que des métaphores cauchemardesques, c'était quoi tout ça?!... Je voudrais lui soutirer des explications, parce qu'il ne peut pas juste ce taire après un évènement pareil. C'est pas comme si ça le touchait pas! Mais je capitule péniblement devant les épaules tendues et fatiguées qu'il m'impose. Jusqu'à ce qu'il décide de parler.

-Elle s’appelle Sonia. Et les types étaient son père et son oncle, coupables de l’avoir frappée à mort et… Et plus.

Je reste interdit. Frappé par un coup invisible aux répercussions successives, incrédulité, éveil, indignation, navrance, un panel d'émotions qui s'ajoutent et s'emmêlent au résumé qu'il poursuit.

-On devait le prouver, mais on manquait de preuves. Alors un flic en a créé une, sans avertir aucun de nous au préalable. La défense l’a su, ils ont été libérés, sa mère s’est suicidée quelques semaines après. Désolé d’avoir fait foirer ton… endroit.

Je hoche la tête à la négative. C'est... c'est pas grave...

Je suis incapable de quoi que ce soit tandis qu'il s'habille et quitte la chambre, sonné par les diverses connexions qui s'établissent. Le silence bourdonne dans ma tête.

C'était l'unique chance qui m'a été donnée de l’amener là bas. Une excursion censée être reposante, mais on ne pouvait pas deviner quels monstres allaient s'incruster... J'examine la broche en revoyant les molosses résister aux attaques et la gamine pétrifiée. Je me sens moins capable de miracles que ce dont j'avais faillis me vanter auprès de l'étranger au Monde Gris. Pourtant si notre voyage là bas a put avoir une infime chance d'avoir de l'impact sur... ce souvenir? Ce crime? Sur la fillette trop réelle que j'ai l'impression d'avoir laissé dans la salle d'eau et sur la santé d'Adriann dont j'ai osé blâmer les affaires ratées... je dois essayer de retourner là bas avec lui. J'ai peur que l'entreprise soit aussi inutile que tenter de faire jaillir la moindre étincelle d'un claquement de doigt dans ce monde. Mais je suis un Rebel après tout. Les limites ne sont là que pour être enfreintes...

-Tu veux du thé, du café ou du chocolat chaud ?

...Sauf celle que m'impose Adriann ce matin. Le ton indifférent qu'il adopte me met mal-à-l'aise. Je ne suis pas dupe. Mais j'ai assisté à son cauchemar comme un voyeur, malgré moi, mais certainement pas avec sa permission. Alors ce que je peux faire de mieux c'est encore respecter sa réserve, pour aujourd'hui. Quitte à entrer dans le jeu déplaisant mais arrangeant du déni...

-... Du café. Merci. Réponde-je en enfilant mon t-shirt et posant un pied dans la cuisine, la broche dans la poche de mon pantalon.

L'homme qui s'occupe de la boisson matinale est différent de celui affecté du songe. Et j'ai beau essayé de suivre l'exemple... j'ai du mal à "faire comme si" en sortant d'un rêve pareil et sachant que c'est le lot quotidien du criminologue. Je jette un dernier regard concerné dans son dos, hésitant à faire un pas en avant pour le consoler et risquer de donner trop de poids à ce qu'il s'est passé... ou baisser les yeux et fouiller le placard à la recherche de quelques chose à me mettre sous la dent pour tirer un trait sur cette histoire et commencer officiellement la journée.
Je marque une pause et lève timidement les yeux du garde mangé.

-Je... je sais pas que faire du feu.

Ce n'est que l'une des manifestations des limites que je suis susceptible de transgresser, celle que je maitrise le mieux. Enfin...

J'abdique au manque significatif de réponse en me pinçant les lèvres. Ok. Le sujet est clos. Définitivement clos.

Je m'attarde sur un sachet de biscuit au céréales, je n'ai pas très faim. Le café a un gout amer, mais ce n'est pas la faute d'Adriann. C'est surtout l'atmosphère qui persiste que je voudrais pouvoir chasser et que je fuis en lui empruntant la douche une fois ma tasse terminé. Je soupire profondément avant d'entrer sous l'eau tiède. J'ai jamais été doué pour jouer les baumes, et je déteste être démuni face à une situation. J'ai besoin de me rafraichir les idées deux minutes pour vraiment laisser cette histoire de côté et m'accorder à sa désaffection. De toute façon, il n'y a rien à faire pour l'instant sinon mener sa journée... jusqu'aux prochains cauchemars.


-Tu donnes un cours ce matin?

J'ai trop abusé des absences pour me permettre des manquements supplémentaires et envisager des bêtises. Mais je marine mes pensées en passant les doigts dans mes cheveux encore humides et rassemblant mon sweat et ma veste.

-... Est-ce que Monsieur le Ministre a un créneaux à m'accorder dans son planning? Retrouvè-je un sourire en lui laissant le temps de se remémorer les meilleurs vices que ce monde ait fait et qui lui vaut le qualificatif. Je hausse les épaules. Admettons...

... Les mêmes horaires qu'il avait griffonné sur un papier, après une première leçon assez passionnante pour me faire rester?...

Je reprend les cours de criminologie. En espérant qu'il soit toujours disposé à m'accepter dans sa classe, évidemment. Réponse que j’appréhende sans en donner l'air en enfilant mes chaussures au lieux de regarder sa tempe malmenée stupidement. Pourquoi je doute, il ne peut pas me refuser l'offre qu'il m'a lui même faite de toute façon!...
Mais il me semble que c'est autre chose qui lui ramène une mine sombre, et je devine rapidement quoi.

-Il habite où Lundi? J'ai la moto, je t'y amène.

Il est encore tôt, assez pour faire un détour et chopper le bonhomme au réveil avant de devoir regagner chacun son établissement.

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Sam 31 Oct - 1:04




Face à face

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La nette impression d’avoir les mains du père autour de mon cou avait persisté quelques minutes après mon réveil. Encore maintenant, alors que la machine à café ronronnait doucement, je ne pouvais m’empêcher de passer distraitement le bout des doigts sur mon cou, comme pour m’assurer qu’elles n’étaient pas réellement là. Mais le soleil était levé : Sonia avait déjà mes nuits, elle pouvait attendre... Elle attendait toujours.

-Je... je sais pas que faire du feu.

Je mordis l’intérieur de ma joue en fixant la tasse de café qui se remplissait lentement. Les secondes passèrent dans le silence le plus complet. J’avais des tonnes de questions à lui poser à propos de la sculpture, de son monde à lui et des pouvoirs qu’il avait là-bas… mais rien ne venait. Therence avait assisté à mon cauchemar contre mon gré et je n’avais pas envie d’en dévoiler plus sur l’enfant et sur moi-même que ce que j’avais déjà fait. Je fis glisser la tasse vers lui et passa mes mains autour de la mienne, jouant distraitement avec mon sachet de thé, l’esprit ailleurs, le regard fixé sur mon bureau. J’avais toujours détesté faire le tri là-dedans : ça signifiait les relire, réfléchir, se perdre dans les « Et si… », les hypothèses foireuses. Les piles, elles, restaient toujours anonymes, les noms se noyaient les uns sur les autres et les meurtres ne hantaient pas les pensées. Toujours s’occuper d’une enquête à la fois et passer à autre chose… jeter la bouteille à la mer, en quelque sorte.

-Tu donnes un cours ce matin ?

Je relevai brusquement la tête sur Therence. Ses cheveux étaient mouillés et il se rhabillait tranquillement. Il avait quitté la pièce et pris le temps de prendre une douche ? Je levai ma tasse à mes lèvres avant de grimacer : l’eau avait singulièrement refroidi.

-J’en donne même trois, souriai-je fièrement.
-... Est-ce que Monsieur le Ministre a un créneaux à m'accorder dans son planning ?

Les yeux posés sur l’adolescent, je le scrutai de haut en bas sans même essayer de dissimuler mes pensées : mon sourire me trahissait largement. S’il n’avait pas sa place dans mon emploi du temps, qui en aurait une ?

-Je vais voir ce que je peux faire, assurai-je en lui offrant un clin d’œil. Quant aux cours de criminologie…

Je me détournai de lui pour aller jusqu’à mon bureau. J’ouvris les tiroirs et m’accroupit pour mieux fouiller, disparaissant derrière les dossiers. Vidés de quelques bouteilles en quelques secondes, je commençais à soulever les papiers avant de tomber sur ce que je voulais. Retournant vers Therence d’un air triomphant, je m’avançai jusqu’à ce que nos épaules se frôlent. Ma main se faufila contre ses côtes, passèrent dans son dos et glissèrent jusqu’à la poche arrière de son jeans, dans laquelle je déposais sa carte d’étudiant, sans manquer de profiter du contact et de la proximité avant de me reculer narquoisement… et de me rappeler soudainement que ma matinée commençait avant tout par une petite visite obligatoire chez Lundi. Et comme si Therence me connaissait déjà trop, il demanda :

-Il habite où Lundi ? J'ai la moto, je t'y amène.
-Tu es pas obligé. C’est pas très loin, je peux y aller à… D’accord !, capitulai-je devant son regard noir, les yeux levés au ciel.

Nous étions donc parti pour chez Lundi. Therence m’avait jeté un regard amusé lorsque j’avais avoué qu’il habitait finalement à l’autre bout de la ville. J’avais espéré que la distance serait suffisante pour trouver comment évincer l’adolescent et éviter qu’il voie avec quel genre de type j’avais passé un bout de la nuit avant de la finir avec lui… mais rien ne m’était venu à l’esprit. Lorsqu’enfin, la moto s’arrêta devant la maison de Lundi et que je fus descendu, je me tournais vers Therence.

-Je suppose qu’il est inutile de te demander de partir, alors… bon. Reste ici tranquillement, au moins. S’il te plaît.

Je m’avançai jusque sous le porche et frappai à la porte. Lundi l’ouvrit presque immédiatement, un sourire au coin des lèvres, son sourire à la con, et s’appuya contre le battant. Son regard glissa sur la morsure et son sourire s’élargit, avant de glisser sur ma tempe. Il approcha sa main pour la caresser, mais je reculais la tête en le toisant. Comme pour se venger, il attrapa mon menton entre ses doigts et fit tourner mon visage pour mieux observer… son œuvre ou celle de Therence, je ne savais pas trop. Tout ce dont j’étais conscient, c’était ma colère qui commençait lentement à se réveiller. D’un geste rageur, je dégageai sa main de moi.

-J’ai oublié mon portefeuille hier soir, lâchai-je froidement en le scrutant.
-C’est par lui que tu te fais baiser, maintenant ?, souria-t-il calmement en désignant Therence du menton, qui attendait sur sa moto. C’est sympa de sa part, de faire le taxi.

Sans rien répondre, je le bousculai pour entrer et aller tout droit dans sa chambre. Le portefeuille n’était nulle part en vue. Dans un grognement, je retournai sur mes pas pour découvrir Lundi dans son salon, fier comme un coq, me tendant l’objet si désiré.

-Ce sera pas gratuit, susurra-t-il en pointant son doigt sur mon entrejambe. Mais quand on y pense, j’ai même pas besoin de te faire du chantage pour que tu reviennes te faire prendre.
-Tu veux voir du véritable chantage ?, souriais-je en m’approchant de lui. Qu’est-ce que tu dirais si j’avais une vidéo de toi en train de me tailler la plus belle pipe de ta vie… et que la vidéo se retrouvait sur le bureau de ta maman qui dirige le plus gros centre de cure homosexuelle de tout l’Etat ? …On est d’accord sur au moins un point. On ne veut pas que ça arrive, hein ?

D’une main, je récupérais mon portefeuille et sortais sur le porche, prêt à rejoindre Therence… jusqu’à ce que la main de Lundi me retienne pour se poser sur mon entrejambe. Son souffle chaud et humide s’écrasa dans mon oreille tandis qu’une bribe de mot s’échappait de ses lèvres. Violemment, je me dégageai pour lui foutre un coup de poing en plein dans le nez. Le choc fut suffisant pour le faire tomber au sol et rageusement, je m’agenouillai au dessus de lui et continuais de le frapper, du sang giclant sur mes phalanges, ses cris se noyant dessous.



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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Dim 1 Nov - 23:03



Défenses
Une nouvelle journée commence. Il faut savoir passer à autre chose pour pouvoir avancer. J'arrache mon hôte à ses pensées lorsque je lui demande s'il fait cours dans la mâtiné, une façon de réengager la conversation et de juger la teneur de sa journée alors que la nuit n'a pas été aussi revigorante que je l'aurais voulu.

-J’en donne même trois se félicite le fier pédagogue.

Et son humeur contagieuse devient meilleure quand je sous-entend à la fois que je compte revenir dans sa classe, et... profiter jusqu'au bout de son apprentissage, s'il m'accorde un peu de son temps surchargé...

-Je vais voir ce que je peux faire. son sourire gourmand en dit bien plus, ça me fait rire. Quant aux cours de criminologie…

Ah... Je ne sais pas trop comment prendre ce suspense de prime abord. Je baisse le nez sur mes chaussures, et suis son cheminement jusqu'à son bureau du coin de l’œil. Il fouille et disparait derrière les piles de dossiers et feuilles anarchiques. Je n'ai pas à rougir du bordel qui règne sur mon bureau de lycéen. Le stock de bouteilles vides qu'il débarrasse prête à rire autant qu'elles témoignent de la difficulté et des tristes conséquences de son travail... Enfin il revient vers moi avec un sourire triomphant. Je l’accueille sans ciller, n'attendant que de me retrouver nez-à-nez avec lui et me confronter à son air malicieux. Sa main frôle mon flanc pour suivre un chemin affriolant. Il glisse quelque chose dans la poche de mon jean en même temps que je lève doucement les mains jusqu'à sa taille, louchant sur ses lèvres à prendre... et qu'il me ravit pour se détourner loin de moi. Je reste suspendu quelques secondes avec mes mains qui s'apprêtent à saisir du vide, et mes lèvres aussi par la même occasion. Ok... J'aurais du m'y attendre. Je lui jette un coup d’œil vexé et pétillant en tirant le cadeau de ma poche.

-... Génial. le remerciè-je sincèrement en examinant la carte d'un côté et l'autre.

Elle est parfaite. Le professeur Weizerling n'y pense pas, mais en me remettant cette carte il ne me permet pas seulement de poser régulièrement un pied dans son amphi. En toute impunité, j'ai enfin accès à un autre bâtiment du campus dont je compte bien pouvoir tirer les avantages.

Mais les réjouissances laissent place à une contrariété partagée. Le porte-feuille qu'il a oublié chez son coup du lundi... J'ai pas spécialement envie de le quitter sur mon acquis un peu trop intéressé du pass frauduleux, et sachant quel rapport il entretient avec ce mec je tiens à venir.

-Tu es pas obligé. C’est pas très loin, je peux y aller à…

C'était pas une proposition.

-D’accord !

J'y crois pas quand il m'avoue devoir se rendre à l'autre bout de la ville. Il n'avait aucune excuse à donner pour se charger de ça sans moi. J'examine le quartier et la baraque de Lundi une fois sur place. Un mec avec une bonne situation qu'on imagine surement pas du genre à croquer ses partenaires comme un animal.

-Je suppose qu’il est inutile de te demander de partir. Bien vu, signalè-je d'un regard évident. Alors… bon. Reste ici tranquillement, au moins. S’il te plaît.

Je soupire mon mécontentement, hésitant à le suivre avant d'obtempérer.

-... Ok. Mais grouille toi, j'ai cours.

Je croise les bras sur mon guidon et y pianote un petit rythme en regardant Adriann se présenter au porche. Monsieur a sa fierté, et je suis le mieux placer pour savoir que cette chose là est sensible. Alors je lui ferais pas l'humiliation de le chaperonner jusque sur le seuil de chez celui qui sait comment le soumettre au pieux. Il est assez grand pour se débrouiller de toute façon. Même s'il est assez stupide pour se laisser mordre...

Le rythme de mes doigts sur la moto est de plus en plus frénétique. J'ai mal vu la tête du type avant qu'ils ne rentrent à l'intérieur. Ça me démange de ne pas aller y frapper et le rejoindre. Juste pour voir sa tronche. Lundi. Pourquoi il a fait de ce genre de type son rendez-vous hebdomadaire? Est-ce qu'en dehors de sa baise assez bestiale pour lui vider l'esprit, il a un autre atout?... Je conçois déjà très mal l'idée de se laisser maltraiter, je ne peux pas imaginer qu'il n'ai rien de spécial pour le pousser à revenir comme ça. Du charisme? Sa belle gueule? Une énorme... Je soupire à nouveau. Ils prennent un café ou quoi?... J'aime pas ça. Les yeux rivés sur la maison, j'ai un pied au sol, prêt à les retrouver, mais je m'oblige à rester le derrière vissé sur la moto comme me l'a demandé le prof. J'aurais du poser une condition, qu'il revienne dans deux minutes tapantes, sans quoi...

Il ressort enfin, mais avant d'avoir atteint les marches, l'autre l'agrippe et le tire violemment en arrière.

-HEY!

Le s*lop! Il va pas s'en tirer sans casse!

Mais le temps que j'arrive, Adriann s'est jeté sur lui pour le passer à tabac. Je marque un court arrêt en arrivant dans son dos, si c'était pas lui, c'est moi qui lui aurais explosé les dents pour les marques qu'il a laissé... Mais son visage ne ressemble plus à grand chose et Adriann continu de frapper, sans s'arrêter, ses points qui se maculent de sang...

-Adriann...

Il frappe, encore, et encore, il ne répond pas.

-Adriann! Hey! C'est bon! m'accroupis-je en attrapant fermement son bras. Il a eu son compte...

Je le détaille gravement. Qu'est-ce qui lui prend?... Il le mérite, mais... ça va un peu loin... je crois que sous ses airs résistant, le professeur à atteint ses limites.
L'autre gémis pitoyablement en ramenant un bras tremblant près de son visage. Je ne suis pas sûr de vouloir savoir si son crâne est indemne sous tout ce sang...

-Viens, on s'en va.

Je pose une main dans son dos essoufflé, ramasse le porte-feuille tombé dans l'élan et l'aide à rapidement se relever. De l'autre côté de la rue, quelqu'un ouvre ses volets. J'ai pas envie d'avoir des ennuies pour un sale type comme lui.

Sur le chemin, je suis partagé par ce qu'il vient de ce passer. J'ai aucun scrupule pour Lundi, connaissant ses penchants sordides et vue ce qu'il a fait, je lui aurais moi-même sauté dessus pour lui donner une leçon, et je n'aurais surement pas été plus tendre qu'Adriann. Sa violence est plus que légitime, mais... j'en sais rien. Je le revois le tabasser sans plus s'arrêter. Peut-être que j'ai surestimé son self-control... à moins que ce ne sois le contraire jusqu'à maintenant...
A mi-parcours, je me gare sur le trottoir prêt de quelques commerces où il pourra se laver les mains. Je lève les yeux de ses doigts tâchées qui se tiennent encore à moi jusqu'à son visage.

-Ça va?...

Je peux comprendre la raison de son geste. L'accumulation des s*loperies de Lundi, la honte et la colère de l'agression, sans parler du contre-coup de la nuit... C'est juste... surprenant.

Nous quittons la bécane et nous engouffrons dans l'établissement le plus proche... c'est quand je croise le regard de la tenancière que je tique. Vue de jour le bistrot à... un autre air... Je hausse les épaules et me défend d'un froncement de sourcil quand elle remarque les mains d'Adriann. J'ai rien fait!!! Je le presse de rentrer dans les toilettes avant que la mégère ne me tombe dessus.

Je ferme la porte derrière nous et m’adosse contre le mur pendant qu'il se nettoie. En fait malgré l'image erronée que je m'étais forgé de lui, c'est la première fois que je le vois être si agressif. Je crois que ça me fait comprendre qu'il y a bien une part de révolte en lui, et encore heureux! Je trouvais qu'un côté maso c'était rassurant pour un bestiaux de sa nature, mais pas au point de se laisser balafrer par le premier venu. J'ai un trop grand intérêt du respect de soi. Seulement, ça me rappelle aussi qu'il y a... une "autre" part de violence en lui...

Je refuse de m'attarder là dessus. Je chasse mes pensées et le mal-aise qu'elles instaurent, et le rejoins prêt du lavabo.

-Qu'est-ce qu'il c'est passé à l'intérieur? T'as pris du temps. Je tire plusieurs bandes de papiers pour qu'il s'essuie. Vous vous êtes engueulés?

Dans le genre, ils se voyaient déjà depuis un bon moment et l'autre a pas apprécié qu'il se rebiffe?...

-Au moins il ne risque pas de chercher à te revoir... pas sans une escorte. ricannè-je. Dis moi que Mardi est pas du même acabit. Ni les autres jours de la semaine d'ailleurs.

Je retire doucement sa main de l'eau en me rendant compte qu'il s'est abimé les phalanges. Je plisse les sourcils en caressant sans arrière pensée le pourtour de l'égratignure. Je connais la capacité d'auto-guérison des garous. Mais chez lui, ça freine. Une contrainte propre aux Wendigos? Je ne crois pas.

-Sérieux, évite de te laisser rosser si t'arrive pas à guérir.

Je me permet l'effronterie en sachant que je fais parti de ceux qui l'on blessé. Mais c'est qu'entre sa tempe, sa gorge, son bras ou ses points, il va finir par ressembler à un défouloir. Et... je veux pas parler de la petite fille, ça ne servirait à rien d'aborder le sujet maintenant. Mais je me demande s'il ne s'inflige pas volontairement... ou du moins si le manque de cicatrisations, ou son penchant pour des pervers comme Lundi ne sont pas liés à ça...

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Dim 8 Nov - 19:54




Rise up

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Le sourire de Lundi s’était enfin effacé. Je prenais les dessus sur lui, je relâchais toute la peur, la haine et la violence que j’avais trop retenue depuis des semaines. Les émotions s’échappaient au rythme des coups, tous plus brutaux les uns que les autres. Il n’y avait que ça : son visage, mes poings, son sang  qui giclait et ses cris de douleurs. Je reprenais le contrôle, j’acceptais la force enragée du Wendigo en l’acceptant à nouveau, j’atteignais l’apothéose de la bestialité en jubilant sous l’adrénaline, sous le goût du sang dans ma bouche et sous les coups. Encore et toujours, sans jamais m’arrêter, sans aucun autre but que de le tuer grâce à mes propres mains. Jusqu’à ce que l’un de mes coups soit retenu. Froidement, je me retournais vers celui qui osait m’arrêter et ce n’est que lorsque je croisais ses prunelles sombres que je sortis de ma transe.

-Il a eu son compte...

Un gémissement confirma les dires de l’adolescent. Mes yeux découvrirent le visage désormais informe de Lundi. Entre mes jambes, son corps faiblissait imperceptiblement et je ne pus réprimer un frisson de plaisir d’envahir mon échine. Mais ce n’était pas le moment de chuter à nouveau dans le côté le plus primitif de l’animal… parce que Therence était là, m’aidant pour me relever et que je ne pouvais pas me permettre de le blesser lui.
Nous quittâmes rapidement le quartier sur sa moto. Mes mains tremblaient encore de l’excitation que j’avais ressentie en frappant Lundi, aussi j’attrapais la veste de l’adolescent entre mes doigts pour calmer les tremblements. Les images de ce que j’avais fait repassaient en boucle encore et encore et lentement, je sentais le Wendigo reprendre sa place et ses droits. Il ne tenait qu’à moi de le repousser à nouveau...

-Ça va ?..., demanda Therence en regardant mes mains puis mon visage.

Ca allait même très bien. Mais je savais pertinemment que ce n’était pas comme ça que je devais jouer si je voulais continuer à voir le brun. Je fermais les yeux quelques secondes avant de les rouvrir et d’hocher la tête, les lèvres pincées.

-Je… Ca va, soufflai-je.

Je le suivais à l’intérieur d’un bar. L’édifice me rappelait vaguement quelque chose, mais ce ne fut que lorsque la barmaid jeta un regard mauvais à Therence que je reconnus l’endroit, la table à laquelle je m’étais brièvement reposé… et les toilettes, que je connaissais au final plus que le reste. Le verrou de la porte résonna derrière nous tandis que je fis couler l’eau. Le stock de papier avait été visiblement refait et j’en prenais quelques feuilles pour nettoyer mes avant-bras : le moins touché avant le reste. Lentement, j’arrivais jusqu’à mes phalanges. Du pouce, je faisais disparaître les couches de sang avant que le garçon n’approche enfin. Je relevais les yeux sur lui, appréhendant légèrement ses premières paroles.

-Qu'est-ce qu'il c'est passé à l'intérieur ? T'as pris du temps.
-Disons qu’il… n’était pas particulièrement à me rendre mon porte feuille sans une petite contrepartie.
-Vous vous êtes engueulés?
-On était pas assez proche pour ça… Il voulait tirer son coup matinal, pas moi. Pour résumer.
-Au moins il ne risque pas de chercher à te revoir... pas sans une escorte, conclut-il d’un petit rire. Dis moi que Mardi est pas du même acabit. Ni les autres jours de la semaine d'ailleurs.
-Mardi est… spéciale. Mais pas assez pour être violente, ni pour avoir besoin de ton aide, souriais-je légèrement.

Sa main tira la mienne hors du filet d’eau. Mes phalanges n’avaient pas encore guéries, mais je ne m’en inquiétais pas, elles le seraient bientôt. Therence, en revanche, les caressaient avec une légère inquiétude. Tendrement, comme lors de cette nuit. La même tendresse à laquelle je n’avais jamais été habitué…

-Sérieux, évite de te laisser rosser si t'arrive pas à guérir.

…Et la même ironie qu’à son habitude. Je laissais échapper un léger rire en le regardant, mais son sarcasme semblait cacher quelque chose d’autre. Est-ce qu’il s’inquiétait réellement pour moi ? La perspective me fit sourire un petit peu et je m’approchais de lui jusqu’à glisser mes mains sur ses hanches. Pas pour le provoquer ni l’allumer, cette fois-ci. Juste pour… être proche de lui.

-J’essayerai de suivre ton conseil la prochaine fois qu’un gamin me suivra la nuit avec un canif et un tuyau en ferraille, chef, me moquai-je en le regardant.

Je posais un chaste baiser sur ses lèvres avant de jeter un coup d’œil à la pendule fixée au mur. J’avais beau avoir cours dans deux heures, ce n’était pas le cas de Therence et je n’avais pas envie qu’une nouvelle absence s’ajoute aux anciennes par ma faute. Pourtant, ma main descendit jusqu’à ma poche et je lui tendis mon téléphone pour qu’il y rentre son numéro.

-Histoire d’avoir un vrai premier rendez-vous moins compliqué que celui de la veille, lui indiquai-je en souriant en coin.

Nous sortîmes des toilettes, passant devant la barmaid. Un sourire gêné plus tard à son encontre et nous étions dehors, devant la moto. Le garçon s’installa dessus tandis que je le regardais faire, les mains dans les poches.

-Essaye de ne pas arriver en retard… Et je t’attends en cours. Tu relèves largement le niveau de cette classe là, avouai-je sans me départir de mon sourire.



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MessageSujet: Re: All cats are grey in the dark [PV Adriann]   Ven 13 Nov - 23:28



Call me, maybe?
C'était violent. Si j'étais arrivé avant qu'Adriann ne se charge de Lundi, je lui aurais collé mon propre point dans les dents, et je ne m'en serais pas tenu à un seul uppercut. Puisqu'il aime les contacts qui font mal, j'aurais exhaussé ses vices avec plaisir! Sa tronche méconnaissable me soulage. Mais la rage avec laquelle Adriann s'est acharné sur lui était différente d'une bonne leçon, c'était furieux et incontrôlable...

-Je… Ça va. bredouille le professeur qui se remet doucement.

Je garde un œil attentif sur lui et nous nous rendons aux sanitaires pour laver le sang de ses mains et discuter. Il était resté longtemps à l'intérieur. Pas parce qu'ils étaient assez proche pour une scène de ménage, mais parce que l'autre espérait prendre un peu de bon temps en échange du porte-feuille. Un chantage salace qui me renfrogne. J'espère que Lundi est le seul cas de ce genre qu'il côtoie.

-Mardi est… spéciale. Mais pas assez pour être violente, ni pour avoir besoin de ton aide.

Je rive les yeux sur lui, interrogatif. Spéciale?... Heu... dans le sens, "elle sort de l'ordinaire", ou "elle représente quelque chose de particulier pour lui?"... Au moins elle n'a pas l'air aussi tarée que Lundi, mais... ce serait quoi, une sorte de "deuxième Sonia"? Je dévisage le professeur, comme si ça pouvait me permettre de voir à travers, avant de me rendre compte de l'indiscrétion et m'occuper des mouchoirs en papiers. Je crois pas qu'il m’aie déjà dit avoir quelqu'un. Pas plus qu'il n'ai clairement réfuté en fait...

Je ne sais pas quoi en penser, et dans le fond, tant qu'il n'en ressort pas en miette, je ne sais même pas pourquoi je m'en soucierais. C'est sa vie, c'est un prof de criminologie séduisant et complexe, et moi je suis l'un de ses... meilleurs élèves, pour ne pas dire très libre et compétent, avec qui il transgresse quelques interdits sans rendre de compte à personne. C'est ce qui rend les choses si intéressantes pour lui comme pour moi d'ailleurs. Non?...
Ouais. Alors tout va bien. Et franchement, je me démarque très bien des autres sans avoir besoin de devenir "spécial" au yeux de qui que ce soit pour me sentir à l'aise, moi.

Il migre ses mains sur ma taille pour nous rapprocher après que j'ai vérifié l'état de ses phalanges. Sa main nettoyée dévoile nettement sa peau à vif. Ça ne va pas faire très propre pour donner ses cours. Il fait un être surnaturel un peu pathétique dans son genre, il devrait s'abstenir de bagarre, de jeux sexuels louches et de se fourrer dans des ennuies s'il ne peut pas guérir correctement...

-J’essayerai de suivre ton conseil la prochaine fois qu’un gamin me suivra la nuit avec un canif et un tuyau en ferraille, chef.

-... C'est bon, c’était pas voulu.
râlé-je.

On a abordé le sujet assez longuement la veille, je pensais que la situation était différente, et... et il dépose ses lèvres sur les miennes, tout simplement. Son baiser me laisse un gout de "à plus tard" qui se suffirait à lui même et me rend plus heureux que je ne voudrais l'admettre. Enfin... je crois que si le temps nous le permettait, je me contenterais de plus que caresser ses bras et de le couver du regard avec envie. Il me tend son téléphone.

-Histoire d’avoir un vrai premier rendez-vous moins compliqué que celui de la veille.

Je lui rend son sourire conquis et entre mon numéros en essayant de modérer mon humeur. On risquerait de croire que ça me fait trop plaisir...

Là dessus nous quittons notre petit refuge, et je sursaute en ouvrant la porte. La barmaid nous attend, les mains sur les hanches.

-Est-ce que je dois encore sortir la trousse de secours?

J'échange un regard avec Adriann. Je lui laisse refuser gentiment et souris brièvement à la bonne femme pour manifester mon innocence en l'entrainant prestement vers la sortie.


Dehors, le professeur ne s'installe pas derrière moi sur l'engin. Je pensais le déposer au passage, mais après la nuit qu'on a passé, je n'ai pas l'indélicatesse d'insister. Je me suis déjà assez imposé comme ça. Et je dois repasser chez moi prendre mon sac de toute manière.

-Essaye de ne pas arriver en retard… Et je t’attends en cours. Tu relèves largement le niveau de cette classe là.

C'est... une flatterie? Je reluque bêtement Adriann, sans vraiment pouvoir cacher la joie déguisée de satisfaction que sa confidence me procurent.

-Puisque tu as tellement besoin de moi dans cette classe... haussè-je négligemment les épaules. Je tacherais de ne pas te décevoir.

Mes yeux cafés luisent à la perspective d'être attendu. Je démarre la bécane en humectant mes lèvres, il se détourne...

-Adriann?

... Je l'attrape par le col de sa veste et l'attire à moi pour coller mes lèvres aux siennes dans un baiser digne de ce nom.

-... Sois pas en retard non plus. Et passe une bonne journée.

Qu'il ne se formalise pas. Ce baiser, c'était pas un échange innocent, je ne suis pas aussi mignon qu'il peut l'être. C'était une provocation supplémentaire pour être certain d'accaparer ses pensées une fois que je serai parti, ce que je lui fais comprendre d'un sourire effronté. J'enfile aussitôt mon casque, une banane indomptable collé au visage. J'y vais cette fois.


La Harley rugit à travers Beacon Hill, et au fond de moi, je rugis avec elle. Je me sens léger, plus solide et plus confiant que depuis les dernières semaines qui viennent de s'écouler. Je ne pourrai pas me débarrasser de l'inquiétude et des conséquences "Psychoboy" seulement parce que j'ai renoué avec le professeur, mais je sais que ça ne pourra qu'aller mieux maintenant. Les fragments du rêves qui n'est pas le mien, les confessions sinistres et les opportunités vers de nouvelles recherches qui m'engagent à de nouvelles préventions flottent aussi comme de prochaines difficultés, mais ce matin j’exulte ; j'ai retrouver mon assurance, quelque chose de plus même, et j'ai de nouvelles préoccupations à l'esprit pour contrarier mes stupides traumas et reprendre le gouvernail de ma vie.

Arriver en bas de mon immeuble, je raccroche la broche en forme de flamme là où elle se trouvait, à l'intérieur de ma veste, lève les yeux sur la lune croissante encore visible dans le bleu du ciel, et... je fais tournicoter la carte étudiante entre mes doigts en jetant un regard tout autour de moi.

Spoiler:
 

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All cats are grey in the dark [PV Adriann]
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