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 Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish

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Brian O'Conner

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MessageSujet: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Mar 28 Juil - 20:30


Un coin nommé Beacon Hills


New York – Penn Station 9:15 AM
Je pose mes deux sacs sur le quai de la gare. Voilà tout ce que je possède comme biens matériels. Ils tiennent dans mon sac de marine et une grosse valise à roulettes. Onze ans dans la Navy à passer entre huit et dix mois en mer, ne permet pas vraiment d’encombrer les placards. Je souris à mes sacs en me disant que j’ai plus entassé ces douze derniers mois à New York que lorsque je servais mon pays, au large des côtes du moyen orient. Un sentiment de nostalgie m’envahit que je chasse rapidement. Il ne faut pas que je regarde en arrière… Lors de mes permissions au pays, je partageai un appartement avec trois autres marines. Nous ne nous croisions quasiment jamais, il n’y avait que deux chambres, ce qui était bien suffisant pour trois gars. La première chose à faire en arrivant était de changer les draps où le colocataire avait dormi deux ou trois mois plus tôt avant de rejoindre son unité. Nous nous étions cotisés pour les besoins communs, comme pour la télévision, et la console de jeu, outils indispensables pour de jeunes soldats. En quittant la Navy, et donc cet appartement, je n’avais rien réclamé…

Après mon installation dans un meublé à New York, j’avais investi dans un ordinateur portable qui faisait office de télévision, chaîne HIFI et console de jeu. Non, je n’ai pas grand-chose, mais cela ne veut pas dire que je n’ai rien, car l’essentiel de ce que je possède se trouve sur des comptes bancaires auxquels je n’ai jamais touchés. Prévisions de militaire qui se prépare un avenir potentiellement plus sombre en cas de blessure handicapante. Je ne me leurrai pas sur mon taux de survie ou de risque d’handicap. A force d’être exposé, les statistiques finissent par ne pas jouer en votre faveur… Mais c’était une vie pleinement choisie et aimée. La paye d’un marine en zone feu et loin du pays est plutôt conséquente, sans parler du fait que j’avais tout de même fini avec le grade d’enseigne de vaisseau 1ere classe. Sans être riche, j’avais un confortable matelas qui me permettait d’attaquer sereinement la division par trois de mon salaire entre l’armée et la police de ce bled perdu en Californie.

New York – Penn Station 9:30 AM
Le train de l’Amtrak arrive en gare. J’en ai pour trois jours de voyage et quatre correspondances. Cela aurait été moins complexe et bien plus rapide en avion, cependant j’avais imaginé que ce long voyage me permettrait de faire le deuil d’une carrière doublement ratée et de trouver dans l’avenir quelques promesses. Regarder le paysage et se laisser bercer par les bruits saccadés des rails permettraient une introspection, dont j’avais bien besoin. Je n’ai jamais été un Caliméro. Si j’ai effectivement beaucoup subi, et que persistent encore de solides griefs contre certains individus ou institution, je préfère être acteur de ma vie que de me complaire dans un rôle de la victime… Du moins j’essaye de me tenir à cette conduite. Je m’installe dans le train en direction de Washington. Je mangerai dans le wagon restaurant, nous arriverons vers une heure de l’après-midi. Je pense flâner un peu dans la capitale en attendant ma correspondance.

La capitale a finalement été décevante. Trop de touriste en transit, j’ai fini par aller patienter dans un parc à regarder les pigeons se disputer des miettes de pain. L’action me manque…

Washington 4:55 PM
Mon train pour Chicago démarre enfin avec vingt-cinq minutes de retard. Mes yeux s’égarent sur le paysage du Maryland. La nuit tombe, je m’endors au rythme des saccades régulières du wagon. Pittsburgh au petit jour m’offre la vue typique d’une ville de Pennsylvanie. La traversée de l’Ohio est ennuyeuse par ses paysages plats et sans intérêt. Puis c’est Indianapolis. Voir le nom de la ville du célèbre circuit me sort de mes pensées moroses. J’ai peu d’information sur Beacon Hills, mais je suppose que cette ville de province doit nécessiter une voiture. Je rêvasse un long moment sur quelques belles cylindrées à la carrosserie agressive. Une fois, j’ai pu tester une Porche sur un circuit privé d’un émir arabe. La boucle ne faisait que deux kilomètres, mais je me souviens encore de la sensation de vitesse et du moteur qui répondait à la moindre sollicitation de l’accélérateur. Le contrôleur annonce que nous serons bientôt à Chicago où j’ai ma prochaine correspondance, la plus longue. Les prairies de l’Indiana laissent place à une ville industrielle terne et morose. C’est triste et désolant, un peu comme la progression de ma vie. Ce voyage prend les formes d’un voyage initiatique. Je sais que je choisirai ma future voiture pour son aspect pratique et utile et non pas pour le fun. Je ne peux me permettre de flamber, même si j’en ai pour l’instant du moins, les moyens. J’espère bien ne pas rester simple flic trop longtemps, mais sans vouloir viser les très hauts rangs, je ne me vois pas rester consigné à la circulation toute ma vie.

Chicago 9:00 AM
Mon prochain trajet sera le plus long. Chicago – Los Angeles pour une durée de quarante-trois heures. Pour l’instant, j’ai six heures à tuer pour me dégourdir les jambes. J’abandonne mes deux sacs à la consigne et prends un bus pour le centre-ville. Je commence par me prendre un solide petit déjeuner. La nourriture dans les trains est correcte mais sans plus. Avec joie, je m’aperçois que j’ai le temps pour aller au United Center, il y a un match. Les Chicago Bulls reçoivent à domicile. C’est une rencontre amicale, mais j’aime bien regarder le basket. Être dans les gradins, c’est autre chose que de regarder ça à la télévision.

Lincoln, Nebraska 10:00 AM le lendemain
J’ai assez mal dormi. Par-delà la fenêtre le paysage s’étend sur les grandes plaines. Je soupire. J’aurais mieux fait de prendre l’avion… Que c’est long, alors pour tuer le temps, je prépare oralement mon futur entretien au poste de police de Beacon Hills.  Je suis seul dans mon compartiment, j’ai baissé les rideaux de la porte pour ne pas me sentir ridicule quand quelqu’un passe dans le couloir. Je veux faire bonne impression dès le début. Car par expérience, il est difficile de se débarrasser de cette fameuse première impression qui conditionne toutes futures relations. Evidemment, je ne pourrais pas être franc quant aux raisons de mon départ de la Navy. Mon dossier est classé secret, la police de Beacon Hills ne peut y avoir accès, contrairement au NYPD où j’ai dû expliquer, la honte au visage, ce qui m’avait amené à refaire le portrait de mon supérieur direct. J’avais choisi de dire que les longues périodes loin de tout avaient finalement eu raison de mon engouement pour la Navy. Par contre, je pensais qu’il valait mieux que je sois honnête quand à ma radiation du NYPD.

C’est là que je tournais et retournais mes phrases, pour tenter de ne pas donner cette image de tête brulée que l’incident de la banque pouvait laisser présager. Toutefois, je ne peux pas trop mentir sur mon caractère… chassez le naturel… il revient au galop. Non, je voulais juste qu’on me fasse confiance et qu’on trouve en moi un homme de valeur sur qui on pouvait compter.

La nuit commence à s’installer de nouveau. Je reviens du wagon restaurant avec un paquet de bonbon. Heureusement que je ne suis pas fumeur, car plus d’un jour et demi coincé dans un train, peut donner de sacrés problèmes à un adique de la tige.

Los Angeles – 8:15 AM
Trois jours que j’ai quitté New York. Je crois que je suis prêt à cette nouvelle vie. Je me résigne à cette existence plus commune, loin des dangers violents et imprévisibles que j’ai pu trouver à New York ou dans le golfe persique. Le bus qui me déposera à Beacon Hills part dans une heure. J’ai réussi à négocier avec le chauffeur qu’il mette déjà mes deux sacs dans la soute. Je ne pense pas que ce sont mes talents d’orateur qui l’auront convaincu, mais plutôt l’uniforme réglementaire de la police de conté que j’ai troqué avant de descendre du train, contre mon éternel jean – tee-shirt. Si j’ai déjà ma matraque attachée au ceinturon, mon holster est vide ainsi que mes épaulettes. Mon arme de service et mes insignes me seront donnés par le shérif.  

Beacon Hills – 1:25 PM
L’air est chaud et sec, typique de la Californie. Le climat ne me change pas trop du moyen orient. Je suis surpris par la ville. Elle semble relativement étendue. Le bus a longé une vaste forêt pendant un long moment puis une zone industrielle assez sinistre. Je ne devrais pas m’en réjouir, mais c’est tout à fait le genre d’endroit à problème.

Me voilà enfin devant le poste de police, mon sac de marine à l’épaule, ma valise dans l’autre main. Je prends une grande inspiration, serre fortement la poignée et m’élance enfin. J’espère tomber sur un supérieur sympathique ou du moins respectueux de ses hommes. Le planton m’informe que le shérif Stilinski est en mission à l’extérieur mais qu’il a transmis le soin de m’accueillir à son adjoint l’attorney Jordan Parrish. A ses sous-entendus, je comprends que l’adjoint aurait préféré partir en mission et laisser les formalités administratives à l’ancien. Je le remercie quand il m’indique le bureau concerné. Je n’ai pas encore vu ce Jordan Parrish, mais j’ai une impression positive devant un homme qui semble préférer l’action à la paperasserie. J’espère pourvoir m’entendre avec celui qui sera dorénavant mon supérieur hiérarchique.

J’ai laissé mes sacs aux soins du planton et me présente devant la porte ouverte que l’on m’a désigné. Un homme est assis à son bureau, le nez penché sur un dossier. Il semble visiblement soucieux. Je sursaute quand la porte voisine s’ouvre sur une femme mince et élancée. Elle me salut de la tête et à ce qu’elle dit à celui qui est de toute vraisemblance Jordan Parrish, me fait comprendre qu’elle est aussi une adjointe. Je me demande ce qui justifie cela. La femme flic, au prénom de Ruby, retourne à son bureau. Je me retrouve sous la projection d’un regard particulièrement clair. L’adjoint a remarqué ma présence. Je m’avance d’un pas ferme et décidé. Je m’arrête devant son bureau presque en claquant des talons. Mes habitudes militaires s’emballent à la vue d’un uniforme.

- Brian O’Conner, monsieur. Dis-je d’une voix que je veux ferme et calme, tout en lui tendant mon dossier d’affectation.

C’est maintenant qu’il allait falloir être bon. Je suis stressé comme lorsque je partais pour une mission d’importance où les premières minutes sont cruciales. L’homme qui est en face de moi à sensiblement le même âge que moi. Je pense que cela joue en ma faveur, sauf si c’est un vrai fils de p*te qui en a que pour sa carrière. Cependant, il ne me donne pas l’impression d’être un carriériste acharné. J’essaye d’afficher un visage neutre, mais je boue littéralement. J’espère qu’il ne verra que le positif dans mes états de service et me considérera un peu mieux qu’un simple bleu.
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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Mer 29 Juil - 16:17








Un nouveau collègue



Pour la dixième fois de la journée, je pestait contre la paperasserie qui semblait se donner comme mission principale de me rendre chèvre. Mafdet faisait son possible pour me détendre, et ses ronronnements y parvenaient d’ailleurs, mais trop de choses se passaient en ce moment pour que ma zenitude aie eut vraiment le temps de se recharger à bloc.

Il me restait beaucoup de choses à régler. Je devais avoir une conversation avec Fiona.. non.. Iona… Il y avait l’affaire avec Buck. Grâce à Matrim, la liste était maintenant en sécurité, mais j’avais l’impression d’y ajouter des noms tous les jours. En parlant de Matrim, je ne pourrais pas me défiler éternellement, il allait bien falloir que j’aille poser pour lui, comme convenu dans notre « deal ». Je sais que je ne risquai rien avec lui. Mais la vérité, c’est que je ne savais pas moi-même quelle réaction j’allai avoir dans ces conditions… Fiona.. Mafdet… L’attirance était toujours intacte… mais l’espoir non. Pour des raisons différentes elles étaient inaccessibles. Merde ! Rien que de penser aux liens qui se tissaient entre elle, Chad, Mick, tout s’embrouillait dans ma tête.

C’est comme si les pièces d’un puzzle étaient révélées au fur et à mesure, et je n’étais même pas sur de faire partie de ce puzzle la…Ma nature ambivalente, que je commençais à percevoir était-elle due à ma condition surnaturelle ou l’avais-je déjà avant ? De toutes manières, je n’avais pas le temps de me poser ce genre de questions et encore moins d’y trouver une réponse.
La banalité des affaires que je classai actuellement était presque rassurante, mais ça n’enlevait rien à leur pénibilité. Classer, ranger, commenter, rapports, rapports, rapports… Chacun d’entre nous devait s’y coller à un moment donné ou à un autre, et il était hors de question, sous prétexte de la protéger des missions plus musclées, que je laisse à Ruby le soin de se taper toute la paperasserie. Alors quand ça se calmait, comme aujourd’hui, sur le terrain, je donnai volontiers de mon temps pour faire avancer ces affaires tellement banales… Je comprenais depuis quelques temps que je n’étais pas venu à Beacon Hills par hasard, et que, selon toutes vraisemblances, c’était le Nemeton qui m’y avait attiré. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de penser que je n’étais pas le seul, du coup. Et si avoir rencontré Matrim me rassurait sur l’utilisation qu’il faisait de son don, qui sait ce qui courrait à l’heure actuelles dans les rues de Beacon Hills, et si de plus noirs desseins n’animaient pas les personnes qui, comme moi, avaient été attirées ici ?

Ayant réussi à rattraper mon retard, je pose le dossier du nouveau devant moi. Ce n’est pas un dossier officiel. Il est issu de mes recherches.. Je suis assez curieux, à vrai dire. Beacon Hills n’est pas vraiment le genre d’endroit rêvé pour un choix de carrière, mais j’ai déjà épluché ce pseudo dossier. Ce n’est pas une personne moyenne, ou insignifiante. En fait, il a tout pour faire une carrière rapide et efficace. Reste visiblement qu’il souffre d’un problème que je ne connais que trop bien. Une vraie tête brulée, si je sais lire entre les lignes… Est-ce une sorte de punition de l’avoir envoyé ici ? Tapotant avec le stylo dont je mâchouille le capuchon, j’essaie de décrypter ce qui n’est pas marqué et qu’il ne me dira pas spontanément. Je pourrai m’en fiche, l’accueillir de façon protocolaire et l’envoyer à ses premiers boulots, mais je ne peux pas me le permettre, pas après ce qui est arrivé dernièrement au poste. Il y a trop d’enjeux.

Donc, qu’avons-nous-la ? Un certain Brian O’Conner, ex lieutenant, ex agent NYPD… On arrive pas à ces postes par hasard, mais on ne les quitte pas non plus sans raison.. « Imprudent et mal avisé », à ce qui est marqué sur ses états de services au sein du NYPD. Mon sourire s’élargit à ces termes. Je les connais. J’ai lutté contre ce genre de choses. Mais en tant qu’ex marine et démineur, je connais l’instant grisant du danger… Est-il comme moi ? Ou est-il ingérable ? Est-ce que JE suis devenu ingérable ?

Mes yeux parcourent rapidement son histoire, comblant les vides, et je m’y retrouve… Je pense m’y retrouver. Je pense comprendre pourquoi et comment un gamin a eut envie de s’engager, et d’affronter le danger, comme je l’ai fais… J’en étais la de mon introspection lorsqu’on m’annonça son arrivée.
- Brian O’Conner, monsieur. Le jeune homme au regard clair me tend son dossier, l’officiel, que je pose nonchalamment sur la table. Son salut presque protocolaire me fait sourire et je sens à son visage crispé qu’il prend ça pour de la moquerie. Je décide spontanément de détendre l’atmosphère.
-repos, lieutenant, lui dis-je avec un grand sourire… Farfouillant dans le tiroir de mon bureau, je sors une plaque militaire, souvenir de ma vie passée, et la pose sur le bureau bien en évidence.
- je ne suis pas du genre nostalgique, qui expose ses vieilleries, mais je la garde toujours près de moi, ça me rappelle d’où je viens. Démineur à l’armée, entre autre.. Pas la peine de sortir le protocole et tout ce fatras avec moi. J’ai lu votre dossier. Pas celui-ci, mais je doute qu’il me fasse changer d’avis sur vous, peu importe ce qui est marqué dedans…

Je me relevai, toujours souriant, et poussai un soupir.
-tête brulée, hein ? Je connais ça.. Même maintenant, même ici… On a sensiblement le même âge, et, de ce que j’ai lu, un parcours qui a des similitudes… Ce qui vous fait vibrer n’est pas là, au milieu des papiers , pas vrai ? Je sais pas si ça vas vous rassurer ou pas, mais je vous garantis que vous n’allez pas chômer sur le terrain, par ici… Beacon Hills est tout sauf un coin tranquille.
Je l’observai, je voyais ses muscles se tendre un peu à la mention de l’adrénaline. Je ne me trompais pas. Un homme d’action… Mais je ne devais pas commettre d’impair avec un de ses collègues.

-vos états de services vous permettent de prétendre à un poste un peu plus intéressant que planton de garde. Mais même si je pense savoir ce que vous valez, je ne peux pas me permettre de passe –droit. Alors je vous propose la chose suivante : vous m’aider à la paperasserie, et quand ce machin s’active (je lui montrai le communicateur, souvent synonyme d’emmerdements), vous m’accompagnez. On avisera en fonction de ce qui se passera. Je ne peux pas être plus honnête.

Je pris le temps de lui serrer la main, avec un regard pétillant et bienveillant.
-ça c’est pour l’officiel. Mais j’ai besoin aussi de vous faire confiance… Alors voilà pour le non officiel : je fais mon footing tous les matins, avant de venir au poste. Je fais des haltes pour différentes séries de musculation, tous les deux jours, en plus du parcours, avec des exercices différents. J’en avais marre de la salle.. Si ça vous dit, on pourrait faire le même parcours, ou se rejoindre sur le parcours, et en apprendre un peu plus l’un sur l’autre. J’ai besoin de quelqu’un en qui je peux avoir confiance, et je ne peux pas vous demander de me faire confiance sans contrepartie. Ça n’a rien d’officiel, je me ferais surement engueuler d’ailleurs si je présentai ça comme ça, mais la vérité c’est que j’ai besoin d’un homme de terrain avec moi, et j’ai déjà proposé ça à d’autres, qui n’ont pas suivis, donc ça ne passera pas pour un passe-droit. Deal ?

En vérité, Fiona m’avait accompagné déjà plusieurs fois, mais Fiona était.. Fiona… Elle en remontrait à beaucoup d’hommes. J'attendais sa réponse, en rengeant, devant son regard étonné, son dossier sans même l'avoir regardé. J'étais un ancien militaire, j'avais l'habitude de juger les gens sur ce qu'ils étaient, la, au présent, et non pas sur leur passé.










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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Jeu 30 Juil - 20:30


Un coin nommé Beacon Hills


Je sais déjà à l’air amusé de l’adjoint que j’ai recommencé… Mes collègues du NYPD se sont régulièrement moqués de moi et mes mises au garde à vous intempestives. Bon sang, onze ans de marine, ça vous formate un homme. Mon équipe m’agaçait régulièrement avec des « Attention soldat, à vos rangs fixe ! ». Immanquablement je redressais le menton, prêt à saluer… J’avais réussi à perdre cette habitude de claquer les talons… mais le stress et le fait que l’homme qui me fait face soit mon nouveau supérieur, les habitudes avaient pris le dessus.

- Repos, lieutenant. Commente-il avec un grand sourire.
- Je n’ai plus ce grade, Monsieur. Répondis-je, bien qu’il est vrai que je n’ai pas été radié, j’ai juste démissionné.

Me voilà étiqueté avec l’étiquette « bon petit soldat ». Je soupire discrètement. Il y a pire comme impression de départ… Avec étonnement et ravissement, je le vois sortir un insigne d’un tiroir de son bureau.

-  Je ne suis pas du genre nostalgique, qui expose ses vieilleries, poursuit-il. Mais je la garde toujours près de moi, ça me rappelle d’où je viens. Démineur à l’armée, entre autre.. Pas la peine de sortir le protocole et tout ce fatras avec moi. J’ai lu votre dossier. Pas celui-ci, mais je doute qu’il me fasse changer d’avis sur vous, peu importe ce qui est marqué dedans.

Je hoche la tête. Il est direct et franc. Ca me plait, et son passif... démineur en plus ! Cette activité m’avait attiré un temps, puis finalement j’avais compris que je préférais être au grand air avec des balles qui volent. Le déminage demande de la concentration et une certaine inertie. Pas assez remuant pour moi, bien que je sache tout à fait rester en planque pendant des heures. On va dire que c’est différent. Nonobstant, ses mots sous-entendent qu’il est à mène de me comprendre, moi et mon impulsivité chronique.

-  J’ai également conservé mes insignes et galons de campagne, annoncé-je doucement.

Tous les ex-militaires ne peuvent pas s’en séparer. C’est idiot et purement affectif, mais c’est ainsi. C’est comme un signe de reconnaissance, ou de preuve de notre valeur. Je me souviens avec nostalgie, que cela était du plus bel effet sur mon uniforme blanc éclatant, la poitrine ornée des différents rubans de toutes les campagnes auxquelles j’avais participé.


-  Tête brûlée, hein ? Je connais ça.. Aîe, je suis repéré. - Même maintenant, même ici… On a sensiblement le même âge, et, de ce que j’ai lu, un parcours qui a des similitudes… Ce qui vous fait vibrer n’est pas là, au milieu des papiers, pas vrai ? Je sais pas si ça vas vous rassurer ou pas, mais je vous garantis que vous n’allez pas chômer sur le terrain, par ici… Beacon Hills est tout sauf un coin tranquille.

La suite de son discourt me rassure. J’ai vraiment de la chance de tomber sur un type presque du même âge que moi et avec la même carrière. Par contre, je pense qu’il essaye de me rassurer en me disant que je ne vais pas m’ennuyer à Beacon Hills… C’est bien ce qu’il me semblait faire à mon arrivée. Mais pourquoi me vendre du rêve que j’éventerai dès les premières semaines avec la routine quotidienne d’un poste de police d’une ville tranquille de Californie.

-  Je l’espère Monsieur… euh pas que je souhaite que la criminalité augmente, me rattrapé-je en comprenant l’énormité que j’étais en train d’énoncer. Je souhaite juste être utile et servir mon pays, Monsieur.

Aïe, cela fait un peu trop de « Monsieur » dans la même phrase, je donne trop dans le protocolaire, alors qu’il m’a demandé de faire simple. Je suis perdu, comment dois-je l’appeler ? Au NYPD, on s’interpellait par nos prénoms entre nous. Les supérieurs nous appelaient généralement par notre nom de famille et on leur répondait par un Monsieur ou Madame. Bon, prochaine réponse, je tente un « shérif », il en a le grade par délégation de pouvoir…

-  Vos états de services vous permettent de prétendre à un poste un peu plus intéressant que planton de garde. Mais même si je pense savoir ce que vous valez, je ne peux pas me permettre de passe–droit.
-  Je ne veux surtout pas de passe-droit, shérif. Cela ne peut qu’engendrer des soucis. Laissez-moi faire mes preuves comme tout nouveau qui arrive. répliqué-je fermement. J’avais fait la bêtise d’accepter une fois, on ne m’y reprendra plus. Pour ce qui est du grade… je m’mentirai si je disais ne pas regretter mes galons d’officier. Mais je suis en accord avec ma décision de quitter l’armée, recommencer au bas de l’échelle n’est pas un problème pour moi.
-  Alors je vous propose la chose suivante : vous m’aider à la paperasserie, et quand ce machin s’active, vous m’accompagnez. On avisera en fonction de ce qui se passera. Je ne peux pas être plus honnête.
-  Reçu cinq sur cinq shérif !

L’idée qu’il m’acceptait d’entrée pour coéquipier me remplissait de joie. Cela en disait long sur le reste de la brigade. C’est certain que le planton à l’entrée avait un peu de ventre qui devait lui rendre difficile l’arrestation d’un voleur de bonbons de primaire… La poignée de main qu’il me fit était à l’image de ses paroles, fermes et franches. J’étais soulagé, j’avais toutes mes chances de bien m’entendre avec ce gars, il avait le même esprit de corps que moi. Finalement, la ville de Beacon Hills allait pouvoir se rendre intéressante.

-  Ca c’est pour l’officiel. Mais j’ai besoin aussi de vous faire confiance… Alors voilà pour le non officiel : je fais mon footing tous les matins, avant de venir au poste. Je fais des haltes pour différentes séries de musculation, tous les deux jours, en plus du parcours, avec des exercices différents. J’en avais marre de la salle.. Si ça vous dit, on pourrait faire le même parcours, ou se rejoindre sur le parcours, et en apprendre un peu plus l’un sur l’autre. J’ai besoin de quelqu’un en qui je peux avoir confiance, et je ne peux pas vous demander de me faire confiance sans contrepartie. Ça n’a rien d’officiel, je me ferais surement engueuler d’ailleurs si je présentai ça comme ça, mais la vérité c’est que j’ai besoin d’un homme de terrain avec moi, et j’ai déjà proposé ça à d’autres, qui n’ont pas suivis, donc ça ne passera pas pour un passe-droit. Deal ?
- Je suis votre homme shérif. J’ai besoin d’exercices quotidiens. Comme vous, je suis un ancien militaire. C’est un besoin vital et cela me permettra de connaitre la région autrement que dans une voiture de patrouille.

Le fait qu’il rangea mon dossier sans même le lire, me fit comprendre que nos relations se passeraient à l’ancienne et cela me convenait tout à fait. On procéda aux formalités d’usage qui était incontournables, soit mes insignes et mon arme de service. Je vérifiai le bon fonctionnement de l’arme avant de signer le papier de décharge. Avec un clin d’œil, Jordan me donna une belle pile de dossier et m’indiqua un bureau qui servait de rangement provisoire. C’était une pile de dossier à classer. Il fallait finir les saisies informatiques et ranger les dossiers papier dans des boites en carton.

Je m’acquittai de ma tâche avec entrain. Je pris même l’initiative de commencer à classer ce qui trainait sur le bureau qu’on m’avait affecté. Mon enthousiasme pris un coup de frein devant l’ampleur de la tache il me faudra bien plus d’une semaine pour en venir à bout. La fin de mon service approchant, je me levai et m’approchai du plan de la ville qui était accroché au mur. Je tentai de trouver l’adresse du meublé que j’avais loué via internet. Je n’avais pas fait mon difficile, l’idée étant de prendre quelque chose de pas cher au début et de chercher, une fois sur place, un appartement à acheter en pleine connaissance de cause.

Je me demandai si j’allais finir par trouver la rue qu’on m’avait indiquée quand Jordan arriva dans mon dos et me demanda ce que je cherchais. Je lui expliquai mon affaire et lui demandai s’il connaissait la dite rue et le moyen de transport le plus proche pour m’y rendre, quand il m’indiqua un point dans une zone relativement écartée du centre-ville. A son commentaire, je compris que j’avais choisi le côté le plus miteux de Beacon Hills. Tampis, ce n’était que du provisoire. Lorsque je lui demandai de me montrer son parcours de footing, je vis que j’allais habiter à l’exact opposé.

Pas question que je décline son offre, je me lèverai à l’aube ou plutôt s'il le faut et ferai le trajet en courant. Cela m’ajoutait environ six kilomètres. J’espérai juste que ça ne me pénaliserait pas trop, car je devinais, sous son uniforme, un corps musclé et bien entretenu. Je mettrai un point d’honneur à suivre, éloignement ou pas.

– Où nous retrouvons nous demain matin ? demandé-je.

(c) ystananas
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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Mar 4 Aoû - 13:08








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J’étais agréablement surpris. En fait je ne m’attendais à rien de spécial, mais disons que je le jeune homme qui se tenait devant moi me faisait bonne impression. Bien sûr, il allait falloir gommer tous ces trucs un peu trop militaires, mais j’étais franchement mal placé pour dire quoi que ce soit à ce sujet. Je n’irai pas jusqu’à dire que mon ancienne vie me manquait, mais c’est pourtant cette impression la que j’avais eu quand j’étais arrivé dans le coin, attiré, je le sais maintenant, par ce fameux Néméton.

Mais à présent que ma vie était devenue pour le moins compliquée, je ne regrettais vraiment pas mon ancienne vie. Dans mon ancienne vie, il n’y avait pas de place pour ce que je suis à présent, même si je n’ai pas une idée très claire de ce que je suis. Mais ça me plait. Dans mon ancienne vie, il n’y avait pas de Mafdet, de Fiona.. IONA, ni de doutes sur mes envies, mais je n’ai aucun doute sur le feu qui parcoure mes veines à présent. Je me sens plus proche de moi que je ne l’ai jamais été. Et ce Brian peut peut être me comprendre, vu son parcours. Il me reste à savoir ce qu’il vaut, ce qu’il est vraiment, et, pourquoi pas, si il a un rapport avec le surnaturel. Je n’en serais pas étonné outre mesure. Il avait une bonne place, et, qu’il le veuille ou non, quelque chose à fait en sorte qu’il atterrisse ici.. Je ne crois plus au hasard, pas quand tous ces éléments entrent en jeu.

Alors que je lui explique la raison de la présence de ma « relique militaire », je vois à son expression et son attitude qu’il comprend. J’aime ça.
- J’ai également conservé mes insignes et galons de campagne, dit-il, presque timide. Je lui souris franchement.

Lui et moi on se comprend. Que ce soit pendant l’entrainement ou plus tard, il y a trop de choses marquantes dans cette « carrière » pour l’oublier par la suite. Il me fait de nouveau rire alors qu’il commente ma présentation du coin, et s’embrouille pour se rattraper.
Mais sa réponse suivante me plait beaucoup.

- Je ne veux surtout pas de passe-droit, shérif. Cela ne peut qu’engendrer des soucis. Laissez-moi faire mes preuves comme tout nouveau qui arrive. Pour ce qui est du grade… je m’mentirai si je disais ne pas regretter mes galons d’officier. Mais je suis en accord avec ma décision de quitter l’armée, recommencer au bas de l’échelle n’est pas un problème pour moi.

Je comprenais à sa réponse qu’il serait mal venue de ma part de jouer les supérieurs, mais de toutes façons je n’en avait pas l’intention. En fait, j’avais toujours énormément de mal à le faire, lorsque je le devais.
Il accepta aussi facilement que le reste ma proposition de footing et entrainement sportif. Je n’étais pas étonné, en tant que militaire, on se devait de rester en forme. Mais j’étais tout de même surpris par sa réponse franche et sans ambages.
- Je suis votre homme shérif. J’ai besoin d’exercices quotidiens. Comme vous, je suis un ancien militaire. C’est un besoin vital et cela me permettra de connaitre la région autrement que dans une voiture de patrouille.

Je hochai la tête, ravis. Effectivement, je profitais de ce parcours, depuis quelques temps, pour repérer les embranchements, les retraites possibles, tout ce qui pourrait m’aider sur le terrain, et aussi, pour être honnête, tout ce qui pouvait m’aider à fuir si je devais cacher ma nature… Sans compter l’aspect exhibitionniste qui me posait toujours un problème…
Le reste de la journée ne fut pas spécialement passionnant, mais nous éclatâmes de rire à deux reprises, alors que nous nous prenions tous les deux en flagrant délit de regard appuyé sur le communicateur. La première fois, ce fut moi qui le surpris, dans son bureau provisoire, alors que je lui ramenai une liasse de plus, la deuxième fois, ce fut l’inverse, alors qu’il me ramenait une partie des papiers. Le beugleur, comme je le surnomai, resta silencieux, et la paperasserie avança du coup plutôt bien.

A la fin de la journée, je surpris Brian a regarder sur un plan, visiblement perdu. Je me sentis un peu coupable, du coup, en voyant la ou il habitait et le parcours que je lui proposais…
– Où nous retrouvons nous demain matin ? demanda-t-il.
Je pris le temps de réfléchir. Pas question de le faire passer pour un faible, je connais le principe. Mais pas question non plus de lui imposer ça. Il fallait une solution élégante.
-j’ai envie de changer un peu de parcours. Le but caché, c’est de faire du repérage, de connaitre le terrain si ça doit se faire sans la voiture, s’il doit y avoir des poursuites, ou des recherches… Alors voilà, je propose le truc suivant :
Je lui indiquais un emplacement situé vers la fin de mon parcours habituel
-je viens en voiture ici. A cet endroit, tous les deux jours, je fais un surplus de musculation. J’amène une kettlebell, et il y a des stations d’entrainement en plein air, j’ai découvert ça et depuis je peux plus m’en passer.
Je lui montrais un point situé environ à mi-parcours du sien.
-je viens en footing jusqu’ici, et on se retrouve pour revenir en faisant une boucle par la (je lui montrais sur la carte, un chemin de traverse) et on arrive à ma voiture et au terrain d’entrainement. Un jour sur deux, on repart direct pour le poste, douche, et boulot… Et un jour sur deux, entrainement muscu ou combat si tu veux… bon, c’est pas forcément aussi régulier, ça dépend des jours et du côté mouvementé ou non..
Je vis qu’il comprenait ce que j’avais fait, pour le préserver, et je lui souris

(…)

Le lendemain matin, c’est un peu en sueur, et en tenue de jogging que je le retrouvais à l’endroit convenu… Je faisais du sur place pour ne pas perdre l’échauffement. Le feu qui couvait en moi entretenait à présent à merveille ma musculature, et je me sentais bien moins fatigué. Il ne fallait pas trop en faire, donc… Je lui tendis une bouteille d’eau en le voyant arriver. Je ne m’étais pas trompé sur son compte , il était en pleine forme physique et entretenu.









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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Jeu 6 Aoû - 11:47


Un nouveau collègue


Feat : Jordan Parrish



6:38 PM
Alors que j’analyse encore le plan de la ville qui prend une grande place sur le mur de la salle commune, Jordan semble hésiter à me répondre. Je profite de l’instant pour mémoriser des rues et différentes voies de circulation. Le tracé de Beacon Hills est classique des villes américaines dans un quadrillage de streets et d’avenues, toutefois je repère quelques transversales qui font de bons raccourcis. Il y a un nombre important de zones boisées et d’autres plus pavillonnaires. Il est vraisemblable que j’aurais souvent à courir dans cette ville et pas uniquement pour faire un parcours de santé.

- J’ai envie de changer un peu de parcours.

Je me tourne vers l’adjoint, Jordan a parfaitement saisi que j’habitais à l’exact opposé de sa destination. J’apprécie qu’il mette le changement d’itinéraire sur une envie de sa part et non pas d’infléchir son parcours initial pour tenir compte de mes propres prérogatives. Je crois qu’il a aussi saisi que j’étais prêt à faire l’effort de ce surplus de distance sans rechigner. Aucun de nous deux n’est dupe, son attention est honorable.  Personne ne se sent mis en défaut et les relations n’en sont que plus saines et amicales. Ce n’est que ma première demi-journée, mais d’instinct j’apprécie déjà l’homme avec qui je vais travailler. Je crois aussi avoir marqué des points et j’en suis satisfait.

- Le but caché, poursuit-il, c’est de faire du repérage, de connaitre le terrain si ça doit se faire sans la voiture, s’il doit y avoir des poursuites, ou des recherches…

Je ne peux m’empêcher de sourire, j’étais justement en train de faire la même analyse. Je secoue la tête en signe d’assentiment. C’est vraiment un tic de militaire que prévoir une reconnaissance du terrain avant qu’un problème ne pointe le bout de son nez... Les policiers en général connaissent leur territoire au fil de leurs interventions. Serait-il lui aussi nouveau dans le secteur ? Je songe à le questionner sur le sujet, puis me ravise. C’est prématuré, il pourrait me trouver trop curieux.

- En effet, cela me permettra de me familiariser avec la ville et ses alentours plus rapidement.
- Alors voilà, je propose le truc suivant.


Je regarde l’endroit qu’il me désigne sur la carte me précisant que c’est la fin de son parcours habituel, là où il laisse sa voiture. Alors que Jordan m’explique les exercices qu’il fait, je suis impressionné par le sérieux de son entrainement. Il ne s’agit pas d’un vulgaire footing avec fractionnement et levés de genoux. Non, il a un programme établi sur la semaine avec des séquences complètes tant en étirement, et musculation. Il panache ses exercices en anaérobie avec de la musculation avec  sa kettlebell  et en aérobie sur les distances de course à pied.

- Je viens en footing jusqu’ici, et on se retrouve pour revenir en faisant une boucle par la et on arrive à ma voiture et au terrain d’entrainement.
- Cela me semble correct. Digne d’un coach si je peux me permettre Monsieur.
- Un jour sur deux, on repart direct pour le poste, douche, et boulot… Et un jour sur deux, entrainement muscu ou combat si tu veux… bon, c’est pas forcément aussi régulier, ça dépend des jours et du côté mouvementé ou non…
- J’adhère au programme à cent pour cent ! Dire que je craignais de m’encrouter dans une ville de province !


Au clin d’œil qu’il me fait, je reçois le message : il ne faut pas se fier aux apparences. Jordan retourne à son bureau quant à moi, plus enthousiaste que lors de mon arrivée, je vais chercher mes deux sacs laissé aux bons soins du planton de l’accueil. En prévision du lendemain matin, je sors ma tenue de rechange et la range avec quelques autres affaires dans le vestiaire qui m’a été alloué. Je laisse aussi mon ceinturon, inutile de m’encombrer avec demain matin. A l’intérieur de la porte du casier, il y a des photos de charmes laissées par mon prédécesseur. Tout ce qui touche de près ou de loin au plaisir charnel me tétanise. Trop d’images me viennent encore spontanément. Cela fait pourtant plus d’un an et demi… C’est avec un frisson glacé qui me parcourt l’échine, que je détache ces photos en évitant d’attarder mon regard dessus. Je les jette dans une poubelle avec dégoût. Je ferais quelques courses pour m’amener un nécessaire de toilette. Le vestiaire fermé je sors, mon sac de marine sur l’épaule, ma valise à roulette dans l’autre main.

7:47 PM
Le petit vieux qui m’ouvre la porte du studio sent le bonbon à la menthe. Il habite sur le même palier et m’explique qu’il avait acheté ce studio pour son fils. Ses yeux se sont embués quand il a vu mon sac de marin. Il me laisse un moment découvrir les lieux, puis revient avec un cadre photo. Un jeune marine sourit au photographe. Un ruban noir orne le coin du cadre... Avec douceur, je lui demande quelle était l’unité de ce fils qui visiblement est tombé pour le pays. J’apprends que comme moi, il servait dans le golfe persique. Il est tombé lors d’un arraisonnement d’un bâtiment pirate au large des côtes somaliennes. Pour financer leurs mouvements terroristes, ces fanatiques n’hésitent pas à kidnapper des touristes. C’est la partie du monde la plus dangereuse. Se battre contre des gens qui n’ont rien à perdre est très difficile. Quand votre adversaire ne tient pas à sa propre vie, le facteur risque grimpe en flèche. Le fils de mon logeur est mort dans des circonstances plus qu’honorables. Je fais un salut militaire à la photo en signe de respect. Mais onze ans de Navy, ça vous apprend à garder les yeux secs quand un camarade tombe au combat.

Le studio n’est pas vaste, mais il est d’une taille raisonnable, je ne me sens pas emprisonné. Puis c’est toujours plus grand que l’espace privatif d’un matelot sur un navire de guerre. Avec satisfaction, je constate que le matelas du lit est propre et sain. L’homme m’explique que le quartier s’est dégradé progressivement, me disant qu'avant ce coin de la ville était bien tranquille avec ses familles d’ouvriers. Une nouvelle population l’occupe, le genre à brûler les poubelles et taguer les murs. Il ne me cache pas qu’il est rassuré de me savoir policier. Sa réflexion m’incite à penser que je devrais peut-être éviter de m’afficher en uniforme dans ce quartier à problèmes.

Quand l’ancien est parti, je me laisse tomber sur le lit et regarde le plafond. Un voisin hurle sur sa femme deux étages plus bas, tandis qu’une chaise est bruyamment tirée juste au-dessus de ma tête. Rien ne peut être plus sonore qu’un navire. J’ai dormi avec les vibrations des moteurs et les sirènes qui hurlent quand ce n’est pas mon heure de quart. L’être humain est adaptable. Maintenant, il va juste falloir à mon oreille de faire la sélection des bruits que je ne souhaite pas entendre. Néanmoins lorsque j’entends un verre se fracasser contre un mur, j’aspire à un logement dans un quartier plus calme. Je sais que c’est du provisoire, ça m’aidera à être patient.

J’ai déballé mes deux sacs. Le peu que je possède est rangé dans un placard bien trop grand. J’ai mouillé mes chemises, et les ai étendues bien tirées pour les défroisser un peu… truc de matelot quand l’accès à l’unique fer à repasser du quartier était comme acheter un ticket gagnant à la loterie : rare et cher. J’ai laissé sorti une tenue de sport pour le lendemain matin. La douche enlève la poussière de mon voyage. Trois jours que je suis dans les transports. C’est avec délice que je me glisse avec un simple boxer entre les draps d’un vrai lit.

6:00 AM
Les voisins d’à côté se sont assénés leur quatre vérités jusqu’à une heure du matin quand le mari est sorti en claquant la porte.  Un chien a pris la relève jusqu’à trois heures. Après deux heures de calme, le camion poubelle et ses éboueurs ont massacré la rangée de poubelle de la rue. Alors quand j’ouvre les yeux à six heures pétantes, je me promets de passer à la pharmacie m’acheter des boules quiès. Une douche me remet à neuf.

6:14 AM
La veille, j’ai repéré un snack à un bloc de mon immeuble. J’achète de quoi caler mon ventre et assurer une dose de sucre rapide pour l’effort à venir. Je pars en petite foulée dans la ville qui s’éveille doucement. L’air tiède fait vite naître une fine pellicule de sueur sur ma peau. J’ai pris soin de prendre un maillot échancré qui laisse la peau autour des épaules libre d’évacuer la chaleur due à l’effort. Mon tatouage se devine sur le haut du torse, le haut de l’ancre marine dépasse un peu de mon maillot blanc. Ma tenue est simple et vise le confort.

6:27 AM
J’ai trois minutes d’avance sur l’horaire, pourtant j’aperçois Jordan qui fait du sur place en m’attendant. J’accepte la bouteille d’eau qu’il me tend. La longue gorgée d’eau me fait l’effet d’un torrent de montagne. J’aime cette sensation, je sens mon corps vivant dans l’effort. Nous repartons en petites foulées, puis notre rythme s’allonge pour devenir plus ample et souple. Au bout d’une centaine de mètres il n’est guère difficile pour qui nous voit passer, de comprendre que nous sommes tous deux d’anciens militaires, chassez le naturel, il revient au pas ! Naturellement nous nous sommes calés sur le rythme de l’autre. Les immeubles cèdent peu à peu la place à une zone plus arborée, Jordan accélère un peu, je réponds à la sollicitation. Je souris comme un gamin heureux, car c’est bien ce sentiment que j’éprouve en cet instant. J’aime solliciter mon corps dans l’effort, et le fait de ne pas le faire seul, amène un écho salutaire et motivant. Imperceptiblement on se cherche, le rythme s’intensifie. Jordan ne lâche rien et son souffle reste d’une régularité à faire pâlir une montre suisse.

Je faiblis le premier et stoppe près d’un arbre alors que nous longeons un chemin forestier. Je ne cherche aucune excuse ou faux semblant. Je suis loin de mes limites, mais mon cœur est légèrement monté dans les tours. Je veux faire bonne impression sur celui qui est maintenant mon supérieur. Toutefois, en tant qu’ancien lieutenant, je sais qu’il n’y a rien de plus agaçant qu’un nouveau qui fait de l’excès de zèle. Jordan semble être disposé à m’accorder sa confiance, autant lui montrer une certaine maturité pour faire mentir mes états de service qui me font paraître comme un fonceur. Alors qu’il fait des tractions sur le sol en attendant que mon cardio se stabilise, je regarde le coin où nous nous sommes arrêtés.

- La forêt devient vite dense par ici, un lieu idéal pour se cacher.

Je marche un peu en rond, pour ne pas refroidir. De loin, je discerne une marque étrange sur le tronc d’un arbre. En m’approchant un peu, je comprends que ce sont des traces de griffes. Rien de bien surprenant dans cet environnement si ce n’est la hauteur à laquelle elles sont. Jordan me distrait de mon observation en me proposant quelques prises avant de repartir. Je me fais souple sur mes jambes, écarte les pieds et baisse le bassin pour m’assurer un meilleur équilibre.  Les bras en avant parés pour le contrer, je l’invite à commencer.

- Il y a des ours par ici ?

Je ne vois que ce genre d’animal qui soit suffisamment grand pour marquer un arbre de cette façon. La première attaque de Jordan est gentille et facilement esquivable. Je le contre et tente de le faire chuter en chassant ses jambes avec la mienne. A son sourire, il me fait comprendre qu’il va venir progressivement chercher mes limites. Je lui retourne son sourire et de la main lui fais signe d’approcher. Je suis prêt à l’accueillir. Nous nous affrontons dans une saine rivalité. Ses réflexes sont très bons, aucunes de mes prises ne passent, il contre chacune de mes attaques comme je bloque les siennes.

Alors que nous nous écartons l’un de l’autre et que nous nous jaugeons du regard, il devient évident pour qu’un de nous aille au sol, il va falloir mettre un peu plus de sérieux et de force. Je me remets en position. Cette première partie m’a montré que je peux me lâcher. Jordan a largement la capacité d’encaisser et je le suspecte même de me surpasser en rapidité et force. Ce qui en soit ne me cause aucun problème, car au contraire cela me poussera à être meilleur.

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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Sam 8 Aoû - 13:55








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Encore un point commun, semblait-il, aussi bien lui que moi étions venu un peu en avance sur l’horaire prévu. Je ne savais pas si c’était réellement un point en commun ou tout simplement une habitude de militaire, pour avoir l’impression de maitriser le terrain, mais au final on en était là.
J’avais hâte de commencer le parcours avec lui, car ça me permettrait d’en savoir plus sur lui sur sa façon de voir cette espèce de « rite initiatique ». Et puis, avec un peu de chance, j’aurai enfin trouvé un partenaire d’entrainement, depuis le temps que je cherche ça. Même à l’armée, bien que faisant parti d’un corps soudé, j’étais souvent seul, de par mon choix de carrière. Un démineur risque sa vie, mais il est le seul à le faire, le but étant de mettre les autres à l’abri. Du respect, j’en avais gagné, oui, mais des amis… pas vraiment.

La veille, j’ai pas forcément bien dormis. Je crois que le nouveau m’intrigue. Tant que je n’en saurai pas plus, et notamment si son attirance pour le coin peut être la même que pour moi, je crois que je ne serai pas vraiment rassuré. Bien sûr, j’étais conscient de ma paranoïa, mais il y avait de quoi, franchement, avec toutes les affaires qui arrivaient ici. D’ailleurs mon nouveau partenaire y tremperait sans doute très vite, si il restait avec moi… ça aussi, ça devait être un choix qui allait bientôt s’offrir à moi : l’impliquer, lui faire confiance, ou rester seul ? Fiona était ma partenaire, et peut être un peu plus, même si je n’arrivai pas à y penser clairement. Mais ce n’était pas la même chose.

A vrai dire, ce qui me préoccupe un peu, pour lui, c’est l’endroit ou il loge.. Je connais le coin… Pas vraiment un coin reposant, et surtout pas l’idéal pour arriver à Beacon Hills. Chaque ville à ce genre de coin, hélas. Ils ne sont pas sur les prospectus… Mais j’ai peut-être une idée … a voir…
Il accepte ma bouteille d’eau avec plaisir, et nous repartons tranquillement, pour petit à petit prendre notre rythme de croisière. Aucun de nous deux ne parle, nous savons que ce n’est pas le bon moment et nous avons besoin d’être concentré sur notre tâche. Mais petit à petit un sourire se dessine sur mon visage, car j’ai une nouvelle sensation. Plutôt je redécouvre une sensation perdue depuis un moment : avoir un partenaire d’entrainement. Ne pas se sentir seul. Chaque fois que nos regards se croisent, nous sourions lui et moi de plus belle. Nous nous comprenons. Cette sensation est grisante, alors que nos muscles chauffent, et que nous sollicitons sainement notre corps.

Nous faisons finalement une halte au bord d’un chemin forestier. Il me fait vraiment bonne impression, il tiens le choc, comme on dit. Je suis ravis et lui montre.
- La forêt devient vite dense par ici, un lieu idéal pour se cacher.

Je prend le temps de regarder ce qu’il me montre, avant de lui répondre.
-ouais… Et je crois que tu as mis le doigt sur ce qui est à la fois l’avantage et le problème de Beacon Hils et des environs. C’est agréable, toute cette forêt. Mais c’est aussi un vrai lieu à coupe-jarret.. ça attire … toutes sortes de personnes.

Mon regard s’intensifie alors que je prononce délibérément ces mots. Mais je ne vois aucune réaction anormale chez mon partenaire d’entrainement. En revanche, il repère assez rapidement une marque de griffure, et je comprends que je n’arriverai sans doute pas à lui cacher bien longtemps les activités surnaturelles qui foisonnent à présent dans les environs. Heureusement, il semble vouloir tester nos capacités mutuelles de close combat. Bien heureux détournement.
- Il y a des ours par ici ?
-il y a toutes sortes de bêtes dangereuses dans le coin… Une particularité de la ville… Même quelques animaux improbables, sans doute échappés d’un autre lieux, et qui ont migrés ici.

Demi vérité… mieux qu’un mensonge total.

Ma première attaque est un simple test, qu’il réussit très facilement, en me contrant sans problème. J’aime beaucoup sa réaction, alors qu’il n’attend pas simplement ma prochaine attaque, et me force à mon tour à contrer. Je lui souris très franchement, alors que nous enchaînons de plus en plus rapidement nos attaques. Il y a une base commune, que je reconnais immédiatement, mais nous avons tous les deux des particularités. Comme une signature de combat, une signature corporelle.

A la faveur de la première pause, je le lui dit.
-intéressant.. Il semblerait qu’on puisse apprendre l’un de l’autre. Ça fait longtemps que j’attends ça.

Son sourire et son regard illuminé me récompense.

Nous passons alors aux choses un peu plus sérieuses. Je me rappelle mon combat avec Mafdet, comme un ballet presque mortel, mais harmonieux, beau.. Notre combat présent est plus humain, plus brut, plus précis.. Mais il y a tout de même une certaine beauté, comme une danse… Petit à petit, quelques coups passent, et je résiste à la tentation de faire partir la douleur grâce à ma nature.. Je ne veux aucun avantage… Je tombe une première fois, et profite de ma chute pour faire une roulade, lui agrippant les jambes et l’entrainement à son tour au sol. Nous nous relevons tous les deux d’un bond sur nos jambes fléchies… Les coups suivants sont plus rapides, plus précis, et nous réussissons à les parer également. Quand finalement il s’élance à nous sur moi, j’ai une image fugace, presque subliminale d’une grande panthère noire qui me saute dessus. Je fais, comme je l’ai fais à l’époque, une roulade, en repoussant une patte…. Non.. Une main de mon bras, qui claque sèchement contre le bras de Brian. Mais un reflet sur ma montre me montre mon visage, et surtout mes yeux, qui commencent à luire, le feu du combat nourrissant mon feu intérieur… Il est temps d’arrêter avant que ça ne dégénère. Je me relève mains en l’air, baissant mon visage. Lorsque je sens que je suis de nouveau « normal », je relève les yeux sur Brian. Nous soufflons tous les deux.

-je crois que pour une première ça devrait aller.
Il me sourit. Je fais de même…

Nous reprenons tranquillement le reste du parcours, et s’est avec une sensation d’épuisement sain que nous arrivons au poste, pour nous doucher…. Les adjoints ont une douche privative, et les hommes et femmes sont séparés, mais sinon les autres douches sont communes. Je ne souhaite pas faire valoir mon « rang » et je vais donc aux douches communes. Aussi bien lui que moi avons l’habitude, mais pourtant, aussi bien lui que moi sommes troublés et gênés par ce moment, et chaque fois que nos regards se croisent, une rougeur s’en suit.. Nous finissons bien vite et Brian m’interroge, surpris, sur le nombre de tenues de rechange qu’il y a dans mon casier.
-oh… je me salis beaucoup, c’est pour ça… a force, j’ai commandé à mes frais pas mal de tenue, pour toujours en avoir des propres…

Tu parles… surtout parce que ce fichu feu me fait jouer aux exhibitionnistes malgré moi.
Une serviette nouée autour de la taille, je lui fait part de ce que j’ai en tête.
-écoutes, Brian.. Ça te dérange pas que je te tutoie ? Son hochement de tête me rassure.
-tu peux pas rester là-bas. Si c’est juste quelques semaines, pourquoi pas, mais ce n’est pas un endroit correcte, surtout pour un flic, tu pourrais t’attirer beaucoup d’ennuis. Ça me chagrine que tu sois la bas.. Je peux passer quelques coups de fils pour tenter de t’avoir un meilleur coin, et même faire quelques recommandations pour éviter le syndrome « nouveau qui débarque, pas de confiance ». Donc si tu as besoin de moi pour venir te cautionner, en quelques sortes, hésites pas… Et n’attend pas trop…


Il semble presque ému alors qu'il m'écoute faire ma proposition... Je cligne des yeux, troublé, sans savoir pourquoi...









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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Sam 8 Aoû - 23:07


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6:57 AM
- Ouais… Et je crois que tu as mis le doigt sur ce qui est à la fois l’avantage et le problème de Beacon Hils et des environs. C’est agréable, toute cette forêt. Mais c’est aussi un vrai lieu à coupe-jarret.. ça attire … toutes sortes de personnes.

J’ai conscience que l’épaisseur des fourrés n’est pas un avantage si nous devons nous y engager dans le cadre de nos missions. La végétation dense est un obstacle à la progression rapide, de plus, difficile de rester discret s’il faut se mettre à courir dans ces buissons qui ne demandent qu’à nous trahir. Quand je demande à Jordan s’il y a des prédateurs particuliers dans cette forêt, sa réponse sibylline m’intrigue.

- Il y a toutes sortes de bêtes dangereuses dans le coin… Une particularité de la ville… Même quelques animaux improbables, sans doute échappés d’un autre lieu, et qui ont migré ici.

C’est étrange car j’appliquerais la même remarque à New York où pourtant le monde animal est sagement mis en cage ou en laisse. Car l’animal le plus dangereux qui rode sur la grande pomme n’est pas le lion qui somnole au Central Park Zoo, mais bien un hominidé qui traine dans les rues. Un être capable de s’entourer la taille de C4 et de se faire exploser dans une banque, emportant avec lui des gens qui n’avaient même pas conscience que leur vie s’arrêtait nette pour la seule raison d’avoir été au mauvais endroit, au mauvais moment. Après nos premières passes, Jordan se redresse et me regarde.

- Intéressant.. Il semblerait qu’on puisse apprendre l’un de l’autre. Ça fait longtemps que j’attends ça.
- A la Navy on apprend les combats d’abordage. Cela joue beaucoup sur l’équilibre. Le gîte d’un bateau est perturbé lors d’un assaut. On nous enseigne à avoir des appuis plus légers pour garder l’équilibre. C’est parfois un handicap à terre, mais plutôt un atout en zone urbaine. Je me défends bien en street jump.


Je suis ravi de pouvoir parler techniques de combat sans passer pour ex-militaire qui radote ou se la joue. C’est vrai qu’au NYPD, ils avaient apprécié ma capacité à me servir des parois verticales pour bouger. Un axe de déplacement supplémentaire est un avantage majeur dans les combats de rue.  Jordan écoute vraiment ce que je lui dis. Il a raison, nous avons à apprendre l’un de l’autre.

7:11 AM
Me battre contre lui est exaltant car il a le répondant nécessaire pour que je n’aie pas trop à retenir mes coups. Nos mains se croisent et se contrent. Nous glissons l’un contre l’autre dans un ballet d’une parfaite synchronisation, attentifs à la moindre prise ou ouverture. Mon poing l’atteint enfin aux abdominaux. Mais j’ai une seconde de retard pour dégager, mon poignet est bloqué par sa poigne dont je sens la force impressionnante. Je me retrouve au sol, puis me relève d’un coup de rein sans l’aide des mains. Jusque-là, je me suis battu en militaire, à la loyale et suivant le manuel. Jordan ayant appris la même base, je décide de lui montrer l’évolution que j’ai faite du combat en mer adapté à la rue. Le chemin forestier où nous sommes ne s’y prête pas trop, mais il y a assez d’arbres pour qu’en quelques pas, je grimpe sur une bonne hauteur. De plus, la rugosité de l’écorce me donnera de meilleurs appuis qu’un mur de béton.

Lentement, je nous rapproche de l’arbre aux traces de griffe, puis me recule un peu. Je lui fais un clin d’œil avant de m’élancer. Jordan a compris que je change de technique, il baisse son centre de gravité en attendant le choc frontal... Qui n’a pas lieu car je m’écarte sur sa droite et grimpe à la seule force de l’élan sur le tronc. C’est donc en venant par en-dessus que je lui arrive dessus. Il ne tente pas de résister et au contraire roule sur le sol, accompagnant mon mouvement. Il repousse mon bras qui vient le bloquer au thorax du plat de la main. Prêt à contre attaquer, je me relève, m’ébrouant la tête pour enlever les brindilles qui se sont prises dans mes cheveux. Mais Jordan lève les bras en signe de pause. Il reprend son souffle, la tête baissée. Il semble concentré.

- Je crois que pour une première ça devrait aller.
- En effet. C’est appréciable de rencontrer une résistance valable. L’entrainement n’est pas aussi efficace lorsqu’on se retient.


7:23 AM
Le retour au poste de police se fait tranquillement. Sur le bref chemin en voiture, Jordan m’indique ce que je dois savoir sur les rues que nous longeons. Entre la bijouterie qui se fait régulièrement braquer, le coffee shop qui est excellent, petit à petit je me familiarise avec les lieux. J’ai été affecté ici, non par choix, mais par le hasard du manque d’effectif. Lors de mon voyage en train pour parvenir ici, j’avais fait mon deuil des mégapoles dangereuses et m’étais fait à l’idée de rejoindre une bourgade tranquille. Je ne suis pourtant arrivé que la veille, mais… étrangement j’ai le sentiment d’être à ma place ici dans cette ville, ainsi que dans le siège passager de la voiture de Jordan. Cette perception est peut-être liée au fait que je me sens en accord avec mon supérieur hiérarchique, car je n’ai rien d’autre pour étayer cette impression tenace.

7:29 AM
Je salue le planton et me dirige vers les vestiaires. Je demande à un collègue qui s’y trouve s’il peut me prêter son gel douche. Je ferais les courses indispensables ce soir. Bas de jogging, boxer et maillots atterrissent sur un banc attenant au bloc des douches. Je vais écraser le bouton poussoir de la douche avec délice. Je ferme les yeux quand l’eau commence à ruisseler sur mon visage. C’est la récompense après l’effort. L’eau qui caresse ma peau éliminant les traces de sueurs a un effet relaxant. Je sors de ma rêverie en entendant la douche d’à côté couler. Étonné, je vois Jordan faire comme moi et offrir son visage au jet d’eau. Je sais qu’il a accès à une douche privative grâce à son statut d’adjoint. Au sourire spontané qu’il me fait, je comprends qu’il ne veut pas user de ce privilège alors que je suis obligé d’utiliser les douches collectives. Ce n’est pas vraiment un souci pour moi, mais au deuxième croisement de regard, je me sens gêné. Je me rends compte que cela va faire plus d’un an que je n’ai pas utilisé de douches collectives. Au NYPD ils ont des installations à faire hurler de jalousie les autres administrations. Je me trouble et cache le rouge de mes joues en empoignant le gel douche. Je me savonne consciencieusement. Toutefois je ne peux m’empêcher de glisser un regard furtif. Pas que je veuille mater,  car l’idée même m’en est insupportable. Non c’est plus un « état des lieux », pour me rendre compte l’histoire que raconte son corps. La peau de Jordan est lisse, ou du moins ce que j’en aperçois dans ce coup d’œil rapide qui me vaut de rougir à nouveau. Il ne semble pas avoir souffert de blessures, et il vaut peut-être mieux pour lui car en tant que démineur… la moindre erreur est généralement fatale ou très invalidante. Le démineur de mon unité était plutôt un type taciturne et solitaire.

Des erreurs j’en ai faite, comme en témoignent la cicatrice ronde d’une balle de Kalachnikov sur ma cuisse gauche, ou la longue estafilade dans le bas du dos, souvenir d’un mercenaire tchétchène particulièrement coriace. Mis à part ça, je m’en sors à bon compte. Nous avions un excellent chirurgien à bord qui se donnait la peine de recoudre ses patients avec soin. « Une carrière ne se fait plus au nombre de cicatrice » aimait-il à dire.

Je me sèche rapidement, et rejoins Jordan près des vestiaires. Je ne peux m’empêcher de lui faire remarquer qu’il a un nombre impressionnant de tenues de rechange.

- Oh… je me salis beaucoup, c’est pour ça… à force, j’ai commandé à mes frais pas mal de tenue, pour toujours en avoir des propres…
- Je pense m’en acheter deux supplémentaires, car deux tenues c’est un peu juste je trouve.


Alors que je boutonne ma chemise, Jordan se tourne vers moi avec un air soucieux. Il me demande si cela me gêne qu’il me tutoie.

- Non, absolument pas, nous pouvons nous tutoyer Jordan. Par contre, en service, je préfère vous appeler « Monsieur » et vous pouvez continuer à me tutoyer. Cela me parait plus correct et dans les normes de ce qui se pratique ailleurs.
- Tu peux pas rester là-bas. Si c’est juste quelques semaines, pourquoi pas, mais ce n’est pas un endroit correcte, surtout pour un flic, tu pourrais t’attirer beaucoup d’ennuis. Ça me chagrine que tu sois la bas..
- J’ai pris ce logement au hasard. Le prix me semblait correct pour l’état de l’appartement. Mais en effet, j’ai compris en une soirée qu’il est préférable que je ne me pointe pas là-bas avec mon uniforme. Je n’ai dormi que deux heures cette nuit…
- Je peux passer quelques coups de fils pour tenter de t’avoir un meilleur coin, et même faire quelques recommandations pour éviter le syndrome « nouveau qui débarque, pas de confiance ».
- C’est gentil, merci. Mais en fait c’est provisoire. L’idée était que j’attende d’être sur place pour bien choisir le quartier.
- Donc si tu as besoin de moi pour venir te cautionner, en quelques sortes, hésites pas… Et n’attend pas trop…
- Bien, je te remercie de ton offre. Je veux bien de ton aide pour surtout me conseiller sur le quartier idéal où acheter.


A son regard étonné, je poursuivi mon explication, lui disant que je n’avais quasiment jamais touché à mon salaire de marin et comme j’avais toujours servi dans une zone de feu depuis mes dix-huit ans, j’avais de quoi me payer cash un appartement. Pas assez pour quelque chose d’immense, mais suffisamment pour un deux pièces spacieux.

- Il faut que je trouve l’adéquation à ne pas être trop loin du centre-ville pour pouvoir y aller à pieds, ni trop loin du poste de police non plus, tout en conservant un calme relatif. Et si je peux me rapprocher de ton circuit footing habituel, ça sera parfait.

Je suis touché par sa sollicitude à mon égard. Je ne le connais que depuis la veille et déjà nous agissons comme si nous étions … des amis ? Un moment de gêne s’installe de nouveau. Jordan n’a qu’une serviette autour des reins, et moi je ne suis guère mieux habillé avec juste une chemise en plus.

7:56 AM
J’étouffe un soupir en voyant la pile de dossier qui m’attend sur le bureau. De son côté Jordan semble se faire assaillir par un bon million de questions ou directives à donner. J’allume l’ordinateur et consulte le premier dossier en attendant. Une affaire de mœurs. Je parcours le dossier, il est à classer. L’affaire est sans suite car les différentes parties se sont « arrangées à l’amiable ». Quand je vois les photographies du visage de la fille, je me demande si l’arrangement est vraiment à l’amiable. Mais je ne peux que constater mon impuissance, ce dossier doit être rangé et classé.

10:18 AM
Le communicateur se met à brailler. L’agent qui parle semble un peu affolé. Un vol par effraction semble avoir tourné à la prise d’otage – Une mère et son fils – en attendant plus amples détails. Le bruit dans le bureau a sensiblement diminué. Par acquis de conscience, je clique sur la touche « enregistrer » de ma page. J’ai bon espoir de m’extirper de cette paperasserie. Quand Jordan sort de son bureau, je lève les yeux vers lui. Cette fois pas de sourire ou de clin d’œil, l’affaire est sérieuse. Il me lance la clé de l’armoire où sont stockés les fusils.

- Prend en charge la distribution aux hommes et prends toi l’arme qui te convient le mieux.
- Oui, Monsieur.


C’est l’effervescence au poste de police. Si je garde un visage neutre, je jubile. L’adrénaline commence à monter, pendant que je distribue les fusils aux hommes qui feront partie de l’intervention. La radio crache des informations. Le cambrioleur a tiré une fois, brisant une fenêtre.

10:24 AM
Je trotte derrière Jordan, mon gilet pare-balle dans une main et un fusil d’assaut dans l’autre. C’est le seul que contenait l’armurerie et c’est aussi l’arme à laquelle je suis le plus habitué. Au regard de Jordan, il ne semble pas étonné de mon choix. Tandis qu’il conduit à grande allure, je m’équipe de mon gilet. Mon cœur bat un rythme  bien frappé. J’aime ce moment avant qu’on arrive sur le terrain des opérations. J’écoute les ordres que Jordan lance à la radio, mais je suis déjà dans un état second. Ce mode où mes sens occultent tous ce qui n’est pas lié à ma mission. Le trajet est court, déjà les voitures de police bloquent le quartier. Je vois des passants courir, des fenêtres se fermer et j’imagine les verrous claquer. Avant que je descende, Jordan me retient par l’épaule. Rien n'est dit, mais je comprends le message : nous ne sommes pas dans le golfe persique.


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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Mer 19 Aoû - 17:41








Un nouveau collègue



J’étais assez content de cette première prise de contact « sur le terrain » avec Brian. En fait, si je réfléchissais, il y avait beaucoup de choses qui ne me manquait pas de mon ancienne vie, mais tout de même une qui me faisait parfois prendre un chemin nostalgique : l’entrainement, et le fait d’avoir un partenaire. Le combat est grisant, surtout si on sait que son partenaire se donne à fond. A bien y réfléchir, ma nature profonde devait déjà me chauffer le sang à cette époque. Mes camarades plaisantaient sur mon côté « tête brulée » et « combatif ». A l’aulne de mes nouvelles révélations, je comprenais maintenant comment j’avais pu paraitre à d’autres. Etait-ce le cas avec Brian ? Me voyait-il comme un guerrier ? J’espérai être autre chose. Quelque chose de plus.. Noble. Mais un guerrier, s’il sait choisir ses batailles, peut parfaitement œuvrer pour une certaine noblesse.

Maintenant que cette sorte de protection, qui fait reculer la douleur, s’estompe, je me rends compte que les coups de Brian ont portés. Pas au point d’avoir des bleus, mais les petites douleurs sont révélatrices. Il est fort, souple et vif. Avec lui je pourrai sans doute reprendre mon niveau d’avant, et progresser. Nous avons des différences dans notre façon de nous placer, d’attaquer. Il profite du décor, je profite de ma nouvelle nature. Ce partenariat pourrait bien nous faire grandir tous les deux.

En jetant des regards en coin à mon nouveau collègue, je ne sens aucun mal être, ni chez lui, ni chez moi. Comme si il était à sa place. Je devrai être parcouru d’un frisson glacé rien qu’à cette idée, car c’est exactement le sentiment que j’avais eu en arrivant à Beacon Hills… Mais de la même façon que j’ai pu faire confiance à Fiona, je donne ma confiance, du moins en grande partie, à ce nouvel arrivant. L’avenir me dira si je me berce d’illusions, encore une fois.

Ainsi, je peux m’apercevoir que ma proposition lui va droit au cœur. Sans doute s’était-il attendu à un accueil protocolaire, peut-être un peu froid… A vrai dire, c’est aussi ce à quoi je m’attendais. Un nouveau collègue. Mais il y a comme une urgence, comme une certaine… détresse dans son attitude. Je ne peux décemment pas me faire à l’idée de le laisser dans cet appartement qu’il a trouvé, en tout cas pas sur le moyen terme, ni le long terme… Le quartier est non seulement mal famé, mais les flics comme nous n’y sont pas les bienvenus.

Les quelques cicatrices que j’ai aperçu sur son corps me renseigne sur son manque d’oisiveté. Je le considère rapidement comme étant un homme d’action, mais sur lequel il va me falloir peut être veiller… Pour la Nième fois depuis la révélation de ma nature, je sens une forte connexion entre mon être et le concept même de protection, de préservation. Il faudra que j’interroge Mafdet à ce sujet. D’ailleurs j’ai tellement de questions à lui poser. Une de ces questions est purement pratique : comment elle ou son scandinave peut m’aider à garder mes fringues sur moi pendant que je.. M’enflamme ?

- Je pense m’en acheter deux supplémentaires, car deux tenues c’est un peu juste je trouve.
Brian me ramène au présent. Et me fais sourire.. Si il savait… Je le trouve en revanche bien formel pour sa réponse suivante.

- Non, absolument pas, nous pouvons nous tutoyer Jordan. Par contre, en service, je préfère vous appeler « Monsieur » et vous pouvez continuer à me tutoyer. Cela me parait plus correct et dans les normes de ce qui se pratique ailleurs.
-comme tu veux, mais en mission, on perdra vite cette habitude… les normes, ici sont…. Élastiques, dirons-nous..

La question de l’appartement finit par me renseigner sur un autre point. Il a de quoi acheter. Un très bon point pour lui, ce qui lui évitera de devoir payer des loyers exorbitants en centre-ville. Étrangement, l’achat valait plus le coup qu’un loyer, dans les quartiers intéressants. Ma propre paye ne me permettait pas cette fantaisie.
-c’est une aubaine pour toi, dans ce cas, Brian. Je n’ai pas eut cette chance, mais on ne peut pas vraiment appeler ça de la chance, dans ton cas, mais plutôt de la prévoyance. Je serai ravi de te rencarder sur les bons coins. Très bonne chose, vraiment.
Mon sourire se veut sincère et rassurant. Il avait donc l’intention de rester. Il n’était pas de passage.

Le reste de la journée se passe de façon relativement usuelle. La paperasserie semble s’auto générer, un peu comme de la parthénogénèse… C’est frustrant, mais c’est ainsi. Et puis ça fait apprécier les moments de la vie disons … plus intenses.

Justement, quelques heures plus tard, nous sommes en train, lui et moi, de vivre un de ces moments. L’adrénaline, comme d’habitude, aiguise mes sens, mon instinct, mais mon partenaire semble encore plus chauffé à blanc que moi, ce que je n’aurai pas cru possible, du moins dans cette ville. Évidemment, Scott et sa clique sont hors-jeu, mais ils ont des raisons… Mais un « simple flic »… Alors que nous nous sommes armés et avons revêtus les protections standards, je m’inquiète un peu de le voir presque bouillir sur place. Mon geste pour le retenir semble être compris, mais je vois sans peine d’une part une frustration se peindre sur son visage et dans ses muscles, mais aussi une gêne… Il est conscient de son impulsivité, mais ça ne change rien.. Tout comme moi… Serait-il comme moi ? Le fait de savoir que le feu me contrôle en partie ne change rien à l’histoire.. Je subis pleinement son influence… Qu’est-ce qui l’influence, lui ?

Alors que nous approchons, de façons plus mesurée, je ne vais pas tarder à le savoir. Mais j’appréhende un peu la suite. Il y a une femme et un gosse dans cette histoire, et leur vie dépend de nos réflexes et de notre jugeote.
Nous nous plaçons d’instinct des deux côtés de la porte, plaqués, alors que nous avons profité des décors pour nous approcher, tantôt roulant, tantôt nous accroupissons. Le ravisseur est forcément au courant de notre arrivée, avec les voitures de flics et la panique locale. Mais il est étrangement silencieux, tout comme l’intérieur des lieux… Je frappe trois coups à la porte, du poing
-Ici l’adjoint Parrish ! Ouvrez et rendez-vous, vous n’avez aucune chance de vous en sortir !
Rien. Je lis dans le regard de Brian la même détermination que la mienne, mais avant que je puisse faire quoique ce soit, il défonce la porte et entre à l’intérieur, déclenchant un cri..






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Brian O'Conner

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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Jeu 20 Aoû - 11:46


A second to choose


Feat :  Jordan Parrish



10:36:00 AM
La situation est sérieuse avec un fort potentiel de dérapage. Je n’ai pourtant aucun élément concret pour étayer cette affirmation à la seconde où je la pense. Peut-être que douze années de terrain développent un sixième sens pour prévoir, si une situation va riper ou non. J’ai la conviction que mon arme ne va pas rester muette.

Comme à chaque fois, mes sens s’affinent, et s’affûtent, occultant le superfétatoire de l’environnement immédiat, amplifiant ma perception de l’essentiel. A New York, j’avais entendu une conversation dérobée, dans un couloir où je ne devais plus être à cette heure avancée de la soirée. Certaines personnes auraient l’ouïe si fine, qu’elles pourraient entendre les variations de rythme du cœur de quelqu’un. Je ne sais pas si c’était des foutaises, ou simplement une légende urbaine. Je n’en suis pas à ce stade et ne le serais jamais. Cependant, il est indéniable que chaque fois que l’ordre m’est donné de partir au feu, j’entends mieux, je vois mieux et mes réflexes gagnent en vivacité. Rien de surnaturel dans tout cela, juste une capacité à focaliser mon activité cérébrale à l’essentiel vital. Ne dit-on pas que les aveugles développent une meilleure ouïe que la normale ? Le corps est capable de compenser, c’est largement prouvé. Toutefois, cela ne se fait pas par la seule volonté de l’individu, cela serait trop simple. Il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir. Si les aveugles entendent mieux, c’est parce qu’ils sont privés d’un de leur sens et que leur corps, se sentant en danger, débloque une évolution de leur ouïe à un niveau supérieur. Je suis intimement persuadé que le corps garde en réserve des trésors de capacités, mais qui ne se déverrouillent que dans certaines conditions. C’est ce raisonnement-là qui me fait dire qu’un soldat sera bien meilleur, s’il éprouve justement ce sentiment de danger. Son corps s’adaptera ou tendra à le faire.

10:37:00 AM
Je suis satisfait d’être arrivé dans la voiture de Jordan, car cela me colle d’office en première ligne. Peut-être qu’il me teste, non c’est même une évidence qu’il cherche à jauger mes réactions face à une situation de crise. Cela me rassure même, car cela signifie qu’il ne va pas me laisser à des tâches subalternes, s’il me croit capable de mieux. C’est donc maintenant ou jamais que je dois lui prouver que je suis un homme sur qui il peut s’appuyer. J’ai bien compris son regard avant que je sorte de la voiture. Je sais qu’il m’a parfaitement cerné... Mes atouts… mes défauts…  Toutefois, je crois qu’il comprend parfaitement mon état d’esprit à ce moment précis. Je ne sais pas depuis combien de temps il a quitté l’armée, mais dans mon cas cela fait une semaine. Car je mets dans le lot mon passage au NCIS. Certaines de nos missions valaient bien quelques batailles menées outre-mer. Je refrène une certaine impatience. Mais le fait de ne pas vouloir décevoir Jordan sur cette première intervention avec lui, m’aide à canaliser ma fougue et mon impulsivité. Mais chassez le naturel…

10:38:00 AM
Jordan se glisse hors de la voiture et avance en se coulant dans le décor. Je le suis sur un chemin parallèle. Le ravisseur sait que nous sommes là, il y a assez de bagnoles de flic pour se demander si nous n’avons pas vidé le poste de police. Je cours rapidement, le fusil plaqué contre mon torse pour garder mon centre de gravité centré sur mes reins. C’est dans un mouvement commun que nous nous plaquons, dos contre le mur de la façade, de part et d’autre de la porte d’entrée de ce pavillon que nous prenons d’assaut. Il n’y a pas de bruit à l’intérieur, ou du moins rien d’audible à nos oreilles. D’un regard circulaire, Jordan s’assure que chacun est à son poste. Tout en restant le dos plaqué au mur, il tend le bras et frappe trois coups sur la porte.

-Ici l’adjoint Parrish ! Ouvrez et rendez-vous, vous n’avez aucune chance de vous en sortir !


10:39:00 AM
Le temps est une variable qui peut sembler étrange et élastique. Je suis en train de fixer les yeux de Jordan qui me regarde aussi. Une partie de mon cerveau enregistre sa détermination. Alors que mes oreilles perçoivent deux petits mots à peine chuchotés. Deux mots que j’ai souvent entendus avant que l’enfer se déchaîne. Deux mots que dit chaque personne qui comprend qu’elle va être exécutée dans la seconde. Deux mots qu’on dit ces deux gars dans cette foutue banque à New York…

« - Non, pitié… »

Mon cerveau fait un sacré raccourci d’analyse, car mon pied fracasse la serrure la demie seconde qui suit, alors que mon doigt baisse, dans le même temps, la sécurité de mon fusil d’assaut. J’entre sans attendre l’ordre. Car ces deux mots sont prononcés quand un doigt est en train de presser une gâchette. Je n’ai qu’une seconde, au mieux deux…

10:36:30 AM
Mon intrusion provoque un cri. Dehors, je n’avais perçu qu’un murmure, les otages et leur ravisseur sont juste derrière la porte. Le gosse hurle, il est serré contre sa mère. Cependant mon regard ne s’attarde pas sur eux, je suis même dans l’instant, incapable de dire quelle est la couleur de leurs cheveux ou de leurs vêtements, bien que je fonce sur les deux otages. Mon regard coule vers l’arme tendue… je note la présence du silencieux au bout du canon, ce n’est pas un banal cambriolage qui tourne mal, mais bien un meurtre prémédité.

10:36:39 AM
L’homme se sait coincé, son doigt est à mi-course sur la détente de son arme. Il vise toujours le gosse. Si je tire maintenant, le réflexe lui fera continuer son geste. Mon épaule heurte le gamin, je tire deux fois, j’entends trois détonation. Dans mon élan, j’emporte l’enfant et sa mère sur le sol. Je bloque ma roulade et me redresse visant le ravisseur, protégeant de mon corps les deux victimes. Mais mon geste est inutile. Jordan a déjà désarmé l’homme et le tient fermement ventre à terre, un genou fermement appuyé sur ses reins. J’ai touché le type à l’épaule et à l’aine. Ses jours ne sont pas en danger, il pourra répondre de ses actes.

Au regard que me lance mon supérieur je sens que je vais avoir droit à un savon. Puis il fronce les sourcils et me demande si je vais bien. Mon réflexe est de me retourner vers les otages pour m’assurer qu’ils ne sont pas blessés. Le geste me provoque une douleur dans le bras gauche. J’ai dû me froisser un muscle. L’auréole rouge qui s’épanouit sur la manche de ma chemise m’apprend où est allée se loger la balle tirée par le type. Je fais une grimace dépité, ça commence mal. Je savais que le coup allait partir, mais je n’ai pas été assez rapide pour dégager. Dans l'action, je n'ai rien senti, par contre maintenant... Je regarde le môme, il est effrayé. D’abord gérer les victimes, il sera bien temps pour les explications et les soins de premiers secours. Je souris au gamin. Il doit à tout prix oublier le fait que si cela n’avait pas été mon bras, c’était sa tête qui aurait été le réceptacle de ce bout de métal qui me brûle le biceps. Moins de deux secondes se sont écoulées depuis que j’ai démoli la serrure de la porte d’entrée, pourtant l’impression vécue semble plus longue.

- Ça va bonhomme ? Aide ta maman à se relever, OK ?


10:38:00 AM
Je lui parle et lui donne comme tache de veiller sur sa mère. Je l’investis d’un rôle fort qui le détourne de ses émotions. Ses larmes se tarissent, alors que celles de sa maman font de la concurrence aux chutes du Niagara. Les collègues ont investi les lieux. J’essaye de me faire oublier temporairement de Jordan en guidant la maman et son fils vers la sortie et l’ambulance qui vient d’arriver. Mais une main sur mon épaule me retient, la tâche est confiée à un autre. Un collègue passe devant moi avec le calibre du type enveloppé dans un sac en plastique transparent. Si le silencieux au bout du canon me donne raison sur l’urgence de l’intervention, rien, quand j’étais dehors avec Jordan, ne justifie ma précipitation. J’expire doucement, l’adrénaline se résorbe, laissant les faiblesses du corps remonter.

Mon sang se fraye un chemin sur ma peau le long de mon bras, déviant de route au gré de ma pilosité. Je ramène celui-ci contre mon ventre pour que ce liquide chaud et poisseux ne tache pas le sol de cette maisonnée déjà bien éprouvée. Cette famille n’a pas à gérer le contexte émotionnel de ma blessure. Ils ne me doivent rien, j’ai juste fait ce que je pensais juste… de mon point de vue. En me retournant vers Jordan, j’essaye de garder un masque paisible sur mon visage et de reléguer la douleur loin de ma conscience. J’ai agi sans ordre, pas question que je fasse le douillet même si cela fait un mal de chien.

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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Sam 22 Aoû - 10:37








Un nouveau collègue… blessé



Merde ! L’adrénaline à eut raison de lui, et à le voir entrer dans les lieux jusqu’ici silencieux, je sens que son action déclenche en moi une vive poussée équivalente d’adrénaline. Je perds quelques secondes à museler la force tapie au fond de moi et qui semble vouloir prendre les commandes.
J’en perds quelques-unes de plus pour me donner un avantage et diriger ce feu intérieur afin d’aiguiser mes réactions et être capable, le cas échéant, de faire reculer la douleur ou… Non.. Pas de « ou ». Il faut absolument que je me force à ne pas déclencher ce feu dans toute sa plénitude, ou je finirai de nouveau avec une pudeur au placard et des explications à fournir.

Comme à chaque fois que l’action prime sur la réflexion, le corps se souvient. La mémoire corporelle prend le relais et mes années d’entrainement physique me servent à présent. Je saute, en roulant, à le suite de Brian, et mes sens s’acclimatent à ce nouvel environnement, alors que la porte vient à peine d’être fracassée par Brian. Au moment ou nous entrons tous les deux, avec un léger retard pour ma part, le gamin piégé avec sa mère à l’intérieur pousse un cri déchirant. Mon cœur manque un battement alors que mes yeux, vifs, eux, enregistrent la prouesse dangereuse de mon nouveau coéquipier. Ils me transmettront ce qu’ils perçoivent à l’instant plus tard, comme un film en différé.

Je ne peux pas intervenir, car cela signifierai la mort du gosse et sans doute de sa mère. Alors quand ma conscience rattrape mon regard, je vois. Je vois Brian heurter le gosse et sa mère pour les sauver, alors que trois coups implacables sont tirés. L’un d’eux n’est pas de Brian et je vois l’impact, grimaçant de douleur par empathie. Mon corps reprend enfin les commandes et c’est avec rapidité et rage que mes coups forcent l’agresseur à ployer. Il a été blessé par Brian, mais je le maintien en respect, un genou sur ses reins.

L’adrénaline étant tombée, je réalise les risques, certes payants, qu’a pris Brian, et j’en conçois une sourde colère. Elle est faite de reproches envers lui, qui a foncé tête baissée sans tenir compte de mes recommandations.. non.. De mes ordres… Et aussi envers moi, car j’ai faillis perdre un collègue, et je dois en assumer la responsabilité.
Mais pour l’instant.
-Brian ? Tu vas bien ? Je le vois se retourner, pour prendre des nouvelles des ex otages.

Cela le fait immédiatement grimper d’un cran dans mon estime. Grimaçant de douleur, il semble enfin se rendre compte qu’une balle s’est logée dans son bras. Il semble faire bonne figure. Une cicatrice de plus pour lui, même si, avec un peu de chance, elle sera minime… Je pourrais.. NON !

La tentation avait été forte. Enlever la balle, cautériser la plaie. Et après quoi ? Expliquer que je suis quelque chose que je ne comprends pas encore vraiment ?... Et puis, sans mauvais jeu de mot, peut-être que ça lui mettrait du plomb dans l’aile. N’empêche que tout ça, c’est l’officiel. Officieusement, je suis fier de lui. Il a sauvé des vies, en mettant la sienne en danger. Je suis presque triste en sachant que ma version officielle devra lui faire comprendre qu’il a aussi mis la vie des otages en danger…

Il semble d’ailleurs en être conscient alors qu’il s’occupe d’eux, confiant au jeune la tâche de veiller sur sa mère… Pendant les minutes suivantes, je me retrouve très occupé à donner quelques ordres et à aider à rétablir une situation calme dans le coin.
Finalement, la confrontation arrive, et je vois au regard sans faille de Brian qu’il s’y attend et ne s’y dérobe pas.
Je fais une moue dépitée en m’approchant.
-on va prendre la voiture des secours et on va discuter tout le long du trajet. Non.. Tu vas m’écouter, plutôt… Je vois le dépit dans son regard, peut-être la déception. Alors que je l’accompagne à l’arrière de la voiture des secouristes, qui lui ont fait un bandage en attendant de pouvoir extraire la balle, car elle est toujours logée dans son bras, je lui passe un savon officiel. Haussement de ton, regard froid, questions qui n’amènent qu’une seule réponse, à savoir « oui, monsieur »… tout y est. Nous sommes presque arrivés à destination, lorsque je prends un ton plus doux et un sourire sincère.

-Brian. Je suis fier de toi et de ce que tu as fait. Mais ça ne change rien au reste. Alors je compte sur toi pour te remettre vite, et on reprendra nos entrainements le matin. Il arrive à me sourire, malgré la douleur… Il est bon pour quelques heures à l’hôpital, et moi pour quelques heures de paperasserie…

(…)

Le lendemain matin, j’arrive, encore en tenue de jogging, dans sa chambre. Les médecins m’ont dit que les visites étaient plus tard, mais un froncement de sourcil et un regard légèrement courroucé, aidé par mon feu intérieur, que j’arrive à canaliser à peine pour que mes yeux ne changent pas, ont tout arrangé. Les docteurs m’ont aussi dit qu’il pourra sortir assez vite, la blessure n’étant pas trop alarmante. Brian dors encore. Je me pose sur la chaise près du lit, et attend patiemment qu’il se réveille. Lorsqu’il émerge enfin, sans doute un peu endormis par les antis douleurs, son regard se fait presque suppliant. Il s’attend surement à un autre savon, d’ailleurs il se redresse, près à encaisser.

-Brian. Je suis en tenue de sport.. Donc je suis pas la officiellement.. Ça tombe bien, parce que tout ce que je vais te dire n’a rien d’officiel. Je le jauge du regard, puis finit par éclater de rire et me rapproche pour m’assoir sur le lit et lui serrer l’épaule.

-je suis vraiment fier de ce que tu as fait. Mais ça ne sert à rien de t’admirer si tu y restes. Il faut qu’on puisse se faire confiance. Alors on va changer quelques éléments dans notre entrainement. Pour que nos adrénalines respectives apprennent à vivre et à œuvre ensemble. Je te veux dans mon équipe, mais pas comme une étoile filante. Tu es jeune et tu as la vie devant toi, ne la gâche pas, tu pourras sauver d’autres personnes si tu restes toi-même en vie.

Je fouille dans la poche de mon jogging et en ressors un assortiment de barres céréales, le seul truc bon que nous avions à l’armée… Alors que je lui donne tout ce que j’ai pu amener, Brian rit enfin, se détendant.
-j’ai pensé que ça te ferait plaisir, c’est bien le seul truc mangeable qu’on puisse regretter au niveau de la bouffe…









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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Dim 23 Aoû - 9:42


Stupeur et tremblements


Feat : Jordan Parrish



Chroniques d’une histoire déjà écrite. Voici ce que je peux dire de ce qui va suivre maintenant. Ce n’est pas le premier savon que je prends et – autant être honnête avec moi-même – surement pas le dernier… Des supérieurs qui me hurlent dessus, c’est le quotidien à la Navy. C’est même à se demander si un reproche doit forcément être dit de voix forte pour avoir un impact. Alors quand Jordan commence à me parler d’une voix calme, celle qu’il a naturellement, je suis surpris et désarçonné. Son attitude et son expression sortent des normes dont j’ai eu l’habitude jusqu’à présent à endurer. Il n’est pas comme les autres. Bien sûr je lis le reproche dans son regard, j’ai désobéi, cette réaction est dans l’ordre des choses. Mais… J’ai une sensation étrange que je ne sais pas analyser. Jordan est peut-être tout simplement un gars au tempérament calme, il le faut pour avoir été démineur. Mais en même temps il dégage un aspect sauvage qui n’a rien de paisible. C’est un mélange de force tranquille et de… Je ne trouve même pas de mots pour qualifier ce côté mature qu’il dégage. Sa présence me trouble.

- On va prendre la voiture des secours et on va discuter tout le long du trajet. Non... Tu vas m’écouter, plutôt…
- Oui monsieur.


Je prends un air penaud. Je sais qu’il doit le faire et moi de l’écouter. Je suis désolé d’avoir provoqué cette situation… comme à New York… si j’avais laissé ce terroriste abattre ces deux gars qui n’avaient comme seul tort, que celui de s’aimer, mon coéquipier aurait eu le temps de bien viser et n’aurait pas raté le deuxième cinglé. L’explosion n’aurait pas eu lieu et le bilan final n’aurait été que de deux homosexuels morts… Alors que Jordan fait son job dans cette ambulance qui nous emmène vers l’hôpital, et que j’accepte son courroux à grande force de « oui monsieur », je revois cette scène en boucle. L’arme que le terroriste lève pour viser la tête de l’otage, moi qui bondis, puis l’enfer qui se déchaîne... J’ai de nouveau merdé. Ma  blessure me semble bénigne. Mais… tout s’est joué à la seconde près. Y avait-il d’autres options ? Si je suis passé d’enseigne de vaisseau à simple flic, c’est bien qu’il y a une raison, non ? On ne passe pas du golfe persique à ce trou paumé de Beacon Hills sans raison… Je me mords la joue en proie aux doutes. Suis-je vraiment la victime dans laquelle j’ai toujours voulu me voir dans cette dégringolade d’affectation ? Ne suis-je pas l’instrument de ma propre déchéance ? Jordan a fini son discourt. D’une main je serre mon bras, ça me brûle pourtant un frisson glacé me parcourt l’échine. Trouverais-je un jour ma place dans ce monde ? Un trou sans fond se forme dans mon estomac. L’angoisse et la peur me nouent les tripes.  Adieu le soldat plein de maîtrise qui calcule ses gestes à la demie seconde prés. Je ne suis qu’un pauvre type coincé avec ses doutes et dont la vie n’avance pas à cause d’une phobie du contact charnel. Dans cette ambulance, je me sens miteux alors que je viens vraisemblablement de sauver la vie d’un enfant.

-Brian. Je suis fier de toi et de ce que tu as fait. Mais ça ne change rien au reste. Alors je compte sur toi pour te remettre vite, et on reprendra nos entraînements le matin

Surpris, je relève la tête et lui grimace un sourire. La chaleur de sa voix repousse un peu les ténèbres qui m’envahissent. J’ai envie de m’accrocher à ses mots. Jordan  me fait penser à l’astre solaire qui éclaire et qui réchauffe. J’ai envie de rester sous le feu de son aura. Oui c’est cela le mot que je cherchais, aura… Mes pensées fantasmagoriques sont interrompues par les portes arrières de l’ambulance qui s’ouvrent. Je suis pris en charge par un aide-soignant, alors que Jordan s’occupe d’être présent auprès de la femme et son fils bien éprouvés.

L’hôpital est bien chargé, voilà deux heures que je poireaute sur une chaise dans un couloir où le défilement du personnel et des malades est sans discontinuité. Je n’aime pas cette attente, cela me laisse trop en prise avec mes pensées sombres qui sont revenues sitôt que Jordan a disparu de ma vue. Je sors de ma léthargie quand une infirmière me tend un verre et un comprimé. C’est un antalgique me dit-elle pour patienter. J’apprends que le type que j’ai shooté est prioritaire au bloc opératoire. J’acquiesce, je sais parfaitement où se sont logées mes balles : dans ses articulations pour l’immobiliser sans le tuer. Une heure après, je fais des allées venues dans le couloir. J’ai soif et le distributeur de canette me fait de l’œil. Le souci est que ma monnaie se trouve dans la poche intérieure de ma veste qui se situe, elle, dans la voiture de patrouille de Jordan. J’attends un moment d’accalmie dans le couloir et frappe l’appareil du plat de la main. Mon geste ne fait qu’allumer une led de dysfonctionnement. Un raclement de gorge à ma droite m’apprend que je viens de me faire surprendre en flagrant délit de vandalisme… sale journée pour le flic que je suis censé être. C’est l’infirmière qui m’a donné le comprimé, une latino d’une quarantaine d’année. Du doigt elle m’indique le couloir où je suis censé rester tranquille. Un dernier regard à la canette de coca bien tentatrice derrière la vitre du distributeur et je rejoins ma chaise avec un soupir.

Cette chemise d’hôpital est un délit d’attentat à la pudeur. Ils sont soi-disant en rupture des grands modèles, alors forcément avec ma carrure d’épaule…  De mon bras valide, je tiens les deux pans de tissus dans mon dos. Je soupçonne l’aide-soignante qui m’accompagne au bloc, de vouloir se rincer l’œil. Vivement que je sorte de là !

Une remarque du chirurgien qui va m’extraire la balle, me fait comprendre qu’il n’est pas d’accord avec les interventions policières musclées. Le bad day se poursuit…

- L’homme sur lequel vous avez tiré, va garder des séquelles. J’ai eu du mal à retirer tous les fragments de balle de son épaule.
- Je suppose que c’est toujours plus facile que d’enlever une balle de la cervelle d’un enfant…
- …


J’ai l’habitude de ce genre de réaction. Les habitants prompts à s’atermoyer quand un flic ou un soldat tombe dans l’exercice de sa mission, qui sont les mêmes à mépriser dans la seconde ceux qu’ils encensaient juste avant dès qu’une intervention tourne à l’affrontement sous leur fenêtrer.  Toutefois,  ce soir je suis las et harassé. J’ai eu ma dose de reproches, qu’elle vienne de Jordan ou de moi-même. Qu’il m’enlève donc cette balle et que je sorte de là ! L’acte chirurgical se fait sous anesthésie locale. Soit ils se sont trompés dans le dosage, soit c’est fait exprès, car je sens bien le charcutage des pinces dans mon biceps. Je précise une fois qu’il me fait mal, puis me tais et serre les dents.

J’ai, parait-il, de la chance d’avoir une chambre pour me reposer et me remettre de l’intervention. Je remercie l’infirmière, mais je crois que je me serais endormi même sur le sol. Je plonge dans le sommeil dès que ma tête touche l’oreiller.

Le souffle, c’est la première chose que je sens de l’explosion, puis un bruit assourdissant viole mes tympans. Je n’utilise pas mon don de manière consciente. Il s’active comme une sécurité en veille active. Je repousse l’air devant moi, provoquant un courant contraire. L’espace de quelques secondes j’ai pleinement conscience de la matière autour de moi. Le corps des deux otages dans mon dos qui se serrent l’un contre l’autre, celui du terroriste numéro un devant, étalé sur le sol, mort, ce même sol qui vibre sous mes rangers et le milliard de débris qui volent en expansion à la manière d’un mini big bang. L’air est chargé de poussière, je tousse… Je suis vivant… Je me revois mettre mes bras devant mon visage et de tomber à genou avant de sombrer dans le néant. Le temps s’efface, puis les hurlements des blessés me parviennent et me ramènent à la réalité. Je me redresse péniblement. J’opère un cent quatre-vingt degré. La position ou plutôt l’absence de débris sur le sol marque clairement la zone d’action de mon don. Cela fait comme le panache d’une météorite où j’en suis le point frontal. Par chance la file d’attente des clients se trouvait dans mon dos. Mais je n’ai pas stoppé les débris, je les ai juste freinés et un peu déviés de leur course. Ma tenue est en lambeau, la douleur est… J’aide à faire un point de compression sur une jambe alors que les lieux sont envahis par le reste de ma brigade. La douleur entre mes tempes devient insoutenable, celle de mes blessures aussi, la souffrance me fait sombrer dans un black-out total.

J’entends un doux murmure et l’odeur du café me chatouille les narines. Je n’ouvre pas encore les yeux dans cette chambre que je devine ensoleillée derrière mes paupières closes. Je me concentre sur mes sensations, la douleur de mon bras a reflué. Malgré tout, le médecin a fait du bon travail. La balle n’a rien touché de vital, ni artère, ni os. Je suis bon pour une cicatrice supplémentaire. C’est une collection dont je me passerais bien car elle stigmatise mes erreurs et… J’ouvre les yeux, la lumière m’aveugle un peu, mais je vois parfaitement Jordan assis sur une chaise près de mon lit. A sa tenue, je devine qu’il revient de son parcours matinal. Un simple questionnement des infirmières lui aurait donné mon état. Je soupçonne donc qu’il souhaite en remettre une couche. J’ai envie de lui dire que c’est bon, que j’ai compris, mais je ne me sens pas l’audace de la ramener. Alors je me redresse et m’apprête à entendre de nouveau son mécontentement.

- Brian. Je suis en tenue de sport… Donc je suis pas la officiellement... Ça tombe bien, parce que tout ce que je vais te dire n’a rien d’officiel.

Encore cet étonnement de ma part. Décidément il a le don de me déconcerter. Je dois avoir l’air d’un couillon car Jordan éclate de rire. Je pique le nez en direction des draps car je me sens rougir. Je me sens confus et vulnérable. Confusion qui frôle la panique quand il se rapproche, s’asseyant  sur le lit en me serrant l’épaule.

- Je suis vraiment fier de ce que tu as fait. Mais ça ne sert à rien de t’admirer si tu y restes. Il faut qu’on puisse se faire confiance.
- Oui, tu as raison… Je suis désolé… Pardon.


J’avale difficilement ma salive. Je mène une lutte interne dont Jordan ne peut avoir conscience. Je me concentre pour ne pas bouger, ne pas réagir à sa main posée sur mon épaule. Je me fais violence pour raisonner calmement et objectivement. Je ne dois pas laisser cette peur irrationnelle prendre le dessus. Nous sommes déjà entrés en contact lors de nos entraînements et bien plus que cela lors de prises au sol. Mais c’était dans le cadre d’un combat, là… c’est amical et même un peu plus. Je suis nouveau, j’ai merdé, mais il est là de manière non officielle à ce qu’il affirme. Une autre image se superpose au visage souriant de Jordan, celle de ce porc… Mon poing droit s’agrippe aux draps. Je me mords la joue jusqu’au sang pour garder la maîtrise et que ma phobie ne m’entraîne pas à écraser mon poing dans la figure de mon supérieur.

- Alors on va changer quelques éléments dans notre entrainement. Pour que nos adrénalines respectives apprennent à vivre et à œuvrer ensemble. Je te veux dans mon équipe, mais pas comme une étoile filante. Tu es jeune et tu as la vie devant toi, ne la gâche pas, tu pourras sauver d’autres personnes si tu restes toi-même en vie.

Je m’accroche à ses mots. Non, il n’est pas comme l’autre connard. Il n’utilise pas son grade pour me dominer… il rayonne d’une douce chaleur. Mon poing se décrispe, mais ce n’est pas grâce au sang qui coule dans ma gorge, ni à la douleur de ma joue, mais bien garce à la façon d’être de Jordan, sa présence si lumineuse. Alors quand il me tend une poignée de barres de céréale, je ne peux m’empêcher de rire.

- J’ai pensé que ça te ferait plaisir, c’est bien le seul truc mangeable qu’on puisse regretter au niveau de la bouffe…
- Celles aux cacahuètes sont mes préférées…


Je souris en regardant la canette vide de coca posée sur la table de nuit, non loin de moi. L’infirmière latino me l’avait amenée après que je sois passé au bloc. Je me laisse retomber sur l’oreiller, apaisé. Finalement, il y a des gens autour de moi qui, par un geste ou un sourire, m’aident à soulever pendant un instant, le verrou d’acier qui me noue le cœur. C’est le regard de Jordan qui se détourne qui me fait comprendre que cette maudite chemise de nuit vient de me trahir. Je remonte précipitamment le drap et gratte ma barbe naissante pour cacher ma rougeur qui dévoile ma honte. Il y a de nouveau cet échange de regards gênés, comme l’autre fois lorsqu’il m’avait rejoint dans les douches collectives. L’aide-soignante qui entre, brise l’instant et permet à Jordan de prendre congé.

Poste de police 2:11 PM
Je suis penché sur mon rapport d’intervention de la veille. J’essaye d’être le plus factuel que possible pour expliquer mon action. L’hôpital m’a lâché juste avant la pause de midi. J’étais rentré chez moi me changer et me caler le ventre avec les restes trouvés dans le réfrigérateur, avant de retourner au poste de police. J’avais commencé par faire une commande de trois nouvelles tenues avant de m’attaquer au rapport qui m’occupe maintenant. J’ai enfin fini, je ne vois pas ce que je peux apporter de plus, ni comment mieux le tourner. Je l’apporte à Jordan qui doit le contresigner. Comme il est en grande discussion avec Ruby Volpha l’autre ajointe, je pose mon papier sur son bureau et ressors. Ils se sont tus quand je suis entré et maintenant poursuivent leur conversation en ayant eu le soin de fermer la porte après mon départ. J’espère qu’ils ne parlent pas de moi et de la mauvaise impression que j’ai pu laisser hier. Je soupire en me rasseyant à mon bureau-stockage qui commence à se dégager peu à peu. Le poste de police est calme. J’ai bien quelques dossiers à classer, mais j’ai envie de faire une pause. Je me sens désorienté. Alors j’ouvre internet et regarde les offres de vente d’appartement. Résolution numéro une : écouter ce que me dit Jordan. Alors au lieu de remettre au lendemain ce que je peux faire aujourd’hui, je me lance dans la recherche de ce qui sera ma tanière. Surtout je crois que le papy qui me loge n’a pas su tenir sa langue et cela commence à ce savoir dans le quartier que je suis policier. J’ai croisé quelques regards mauvais qui laissent planer quelques soucis si je m’avise à sortir tard le soir.

Je ne sais depuis combien de temps je m’esquinte les yeux sur d’interminables listes. J’ai bien noté quelques références, mais je ne connais encore pas assez bien la ville pour faire un choix judicieux. Au départ, j’avais dans l’idée de patienter six mois pour vraiment prendre la température de chaque quartier. Mais bon, rester six mois dans le coin mal famé où je suis… Je crois que Jordan a raison, ce n’est pas très prudent. Puis, un déménagement maintenant ne serait que deux sacs à bouger, alors que dans quelques mois j’aurai déjà bien plus d’affaires, comme la vaisselle que je commence à acheter au fur et à mesure de mes besoins. Je sens une présence dans mon dos, je regarde l’heure, il est temps de me remettre au travail. Je jette à la poubelle les référence que j’avais notées, il faut que je procède autrement.


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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Mer 26 Aoû - 15:01








Un nouveau collègue… blessé



Je vois Brian se détendre à vue d’œil et ça me fait plaisir. Je pense qu’il craignait que je lui passe un savon. En vérité, je suis dans une situation insolite et un peu difficile pour moi. Tout d’abord, il y a Fiona, qui me perturbe, et ce, à plus d’un titre. Puis cette séance que je dois faire avec Matrim, même si ce n’est qu’un sujet d’agacement entre Mafdet, Fiona et moi. Mais d’ailleurs, je n’ai pas vraiment de nouvelles du photographe gourmand… Et puis il y a Brian. J’ai une responsabilité envers lui. Je dois le sermonner pour qu’il ne risque pas sa vie comme ça inconsidérément… Et en même temps, son courage et ses actions forcent le respect.

Nous rions de bon cœur tous les deux, alors que nous nous goinfrons de barres aux céréales et que Brian m’indique sa préférence. Je retiens, car j’ai quelques contacts qui me doivent beaucoup, et qui ne cessent de me répéter qu’une dette de vie ne peut pas être épongée par un stock de rations normalement réservées aux militaires. Je ne suis pas de cet avis. Elles sont vraiment bonnes, ces barres.

Lorsque je lui raconte mon marché avec quelques obligés, Brian rit de nouveau, mais avec quelques grimaces de douleur. Je n’ai cependant pas pu m’empêcher de lire son langage corporel. Ça aussi c’est nouveau pour moi, comme si j’étais en accord avec la douleur, physique ou morale, la peur, la souffrance, la mort, ce genre de choses…. Je ne sais pas quoi, mais quelque chose dans mon rapprochement physique le gêne. Je vois bien son corps se crisper. Pourtant il n’a rien à craindre de moi, mon sermon a déjà été fait. Même mon simple contact semble déplacé. Je retire bien vite ma main de son épaule, et je compte sur les prochains jours, semaines et mois pour que nos entrainements nous apprennent à collaborer sans faille, l’un et l’autre…

Il semble accepter avec plaisir les aménagements que je compte faire à notre entrainement, et, bien sûr, de mon côté, je ferai tout pour qu’il ne se sente pas amoindris par son handicap temporaire. Je connais bien le problème, même si j’arrive maintenant à repousser la douleur.
Alors que nous échangeons des regards incertains une nouvelle fois, une aide-soignante me pousse à prendre congé de mon partenaire. Je lui souris une dernière fois, et reprend le chemin du poste. J’ai une douche à prendre, et des dossiers à traiter.

Au bout de quelques heures, n’y tenant plus, je ressors le dossier personnel que je m’étais procuré sur Brian. Sa simple venue dans mon bureau m’avait suffi à le considérer superflus, mais j’avais remisé dans une zone d’ombre une partie intrigante de son dossier. Pourquoi avoir été au ncis si rapidement ? Et de plein gré ?... De ce que je sais de lui, il aimait être dans l’armée… Je connais les raisons qui m’ont poussées à venir ici, à présent, mais, bien que j’eu soupçonné le même genre de raisons pour lui, je crois que je me trompais.

Alors je relis les passages que je ne voulais pas voir. Je fais des additions, je procède à des déductions. Et la vérité, ou ce que j’espère être une fausse vérité, m’apparait dans toute son horreur. Un gradé, protégé, et un jeune homme blessé dans son âme, peut-être dans son corps. J’enrage immédiatement en comprenant ce qui lui est arrivé. Soudain, le papier que je tiens se met à noircir et une subite vague de chaleur s’abat dans la pièce. Heureusement, j’arrive à maitriser ce vif accès de rage au fond de moi. Mais les raisons et le feu n’ont pas disparus.
Le lendemain, alors que Brian m’apporte le document que je dois signer avec lui, je ne peux m’empêcher de plonger mon regard dans ses yeux clairs, et d’y chercher une trace de l’horreur que je crois connaître à présent. Je ne sais pas du tout comment aborder le sujet, et j’ai peur qu’il se braque ou que je lui fasse revivre ce moment. Alors je me promet, ainsi qu’a lui, même si il ne le sait pas, que je ferais tout pour détourner ce vécu de ses pensées…

Nous nous sommes interrompus, Ruby et moi, car nous parlions du problème de la fuite de la Liste. Elle est à présent en sécurité, mais pas les personnes nommées dessus. C’est un autre problème à régler, auquel je ne peux pas mêler Brian. Je m’inquiète pour lui. Pour ce que je crois savoir à présent, pour son bras, même si je sais que ça ira, pour le quartier ou il habite. Je ne peux rien pour les deux premiers sujets, mais je peux faire quelque chose pour le dernier. Je connais bien les endroits intéressants, et ou les gens vont vendre… Je connais même une petite maison à vendre qui n’est pas encore officiellement sur le marché. Car la veuve à qui elle appartient m’en a fait part lorsque notre enquête sur le suicide de son mari, obligatoire dans ce genre de mort prématurée, était terminée. Elle n’a plus que les dettes de son mari pour vivre et ne peux assumer cette maison… Je lui avais promis à titre personnel de l’aider sur ce point, connaissant des cabinets d’huissier, mais je ne pensais pas pouvoir l’ aider aussi rapidement… Pris d’une impulsion, je ramasse mes affaires, et agis comme lors d’une urgence.

C’est donc sur un Brian sur le qui-vive que je tombe, lui faisait signe de venir illico. J’ai grand mal à me retenir de rire lorsque je le vois courir avec moi vers la voiture.
-c’est pour une urgence ! Lui répond-je lorsqu’il me questionne.
Je pousse même le vice jusqu’à pousser un peu sur l’accélérateur et faire quelques virages sportifs. Arrivée devant la paisible maison, je le vois prendre son arme de service, mais je pose ma main sur la sienne pour lui faire ranger. De nouveau, je le vois frémir et retire bien vite mon contact. Je sonne à la sonnette de l’entrée, sous le regard intrigué de Brian. La charmante quarantenaire qui nous ouvre me reconnait et me sourit, bien que tristement. Elle nous invite à entrer.
-Madame Travis ? Je suis désolé de vous déranger, mais j’ai quelqu’un à vous présenter, quelqu’un qui vient d’arriver et qui désire avoir un foyer bien à lui. Il était lui aussi dans l’armée, comme le père de feu votre mari. Je crois vraiment qu’il peut vous aider, et vous aussi, vous pouvez l’aider. Et en ne dévalorisant pas votre bien, comme vous le craignez.

Son émotion est tangible alors qu’elle nous invite à entrer. Devant la question bredouillante de Brian, je lui réponds :
- je ne t’ai pas menti, c’est pour une urgence. Toi. Je me sentirai bien mieux si tu habites par ici. Ce n’est pas le seul bien que je peux te présenter, mais celui-ci n’est pas encore sur le marché, et c’est une chic fille… Et la maison est pas trop grande, ni trop petite. Je ne connais pas réellement ton budget, mais c’est abordable… J’ai même hésité à faire un emprunt, pour tout te dire… Bien sûr, c’est toi qui vois.

J’ai réussi à allumer quelques étincelles de joie dans les yeux de mon partenaire, et une douce chaleur se dégage à présent de moi, j’en ai conscience, mais je la laisse se libérer, elle me parait bénéfique.










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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Jeu 27 Aoû - 22:30


Un coin nommé Beacon Hills


Feat : Jordan Parrish



Je sursaute presque lorsque Jordan manifeste sa présence dans mon dos. Il semble fébrile, je suppose donc qu’une affaire importante vient de surgir. Par réflexe je verrouille ma session sur l’ordinateur, puis cours pour le rejoindre dehors. Je suis cependant étonné qu’il fasse appel à moi, plutôt qu’à un autre qui ne sortirait pas de l’hôpital le jour même. Est-ce un nouveau test, ou me fait-il suffisamment confiance, pour que même blessé, je lui sois utile et ceci plus qu’un autre ? Je ne me pose pas plus de question, s’il a décidé que je devais l’accompagner, c’est que c’est nécessaire. En montant dans la voiture à ses côtés je lui demande la raison de cette précipitation.

- C’est pour une urgence !
- Ok.


Réponse évasive, mais la nature urgente semble être corroborée par sa manière de conduire un peu rapide. J’aimerais bien connaitre la raison de notre intervention afin de me préparer mentalement et me mettre en condition, mais je vais devoir me plier à ses habitudes de travail. Je suis le nouveau, c’est donc à moi de m’adapter. Du moment que les informations m’arrivent en temps et en heure, je n’ai rien à redire. Puis la gamberge trop de temps avant l’action, est plus nuisible qu’autre chose. La voiture quitte le centre-ville dans une direction que je n’ai encore jamais prise. Les grands immeubles du centre laissent  place à un quartier plus résidentiel. Après quelques bifurcations, je juge qu’on a fait une légère boucle à cause des sens uniques et que l’on n’est pas si loin du centre-ville, tout en restant dans un quartier paisible de logements. L’endroit semble comme préservé et en dehors du temps. Les sens de circulation semblent mettre ce coin de Beacon Hills en dehors des axes de circulation.

Enfin nous nous arrêtons devant une maison d’apparence tranquille. Je sors mon arme de service pour en vérifier le chargement quand Jordan m’interrompt en posant sa main sur la mienne. Comme à chaque fois que je ne m’attends pas à un contact, je ne peux empêcher mon corps de se crisper. Je n’envisage pourtant pas d’aller consulter un psychologue, car j’ai bien trop honte pour raconter ce que j’ai subi et surtout de l’impact que cela a sur ma vie privée. Ma fierté est peut-être mal placée, mais je fais tout pour oublier les images qui reviennent souvent me hanter. Mon corps a encore la mémoire de ces attouchements et de ces intrusions. Je soupire en sortant de la voiture. Mon verrou psychologique est fort, j’en suis conscient. Mais je suis incapable de refaire confiance en quelqu’un sur des aspects personnels de ma vie, médecins dument certifiés ou pas.

L’urgence ne semble pas nécessiter une présence armée. Jordan sonne tranquillement à la porte d’entrée. Une dame d’une quarantaine d’année nous ouvre. Son visage est marqué par le manque de sommeil, mais le sourire qu’elle affiche en reconnaissant l’adjoint est sincère et ravi.

- Madame Travis ? Je suis désolé de vous déranger, mais j’ai quelqu’un à vous présenter, quelqu’un qui vient d’arriver et qui désire avoir un foyer bien à lui.

Je ne comprends pas la situation. Nous sommes sortis du poste de police pour une affaire urgente et Jordan parle de ma volonté de trouver un domicile. Je n’ai pas le temps de le questionner, car il poursuit comme si j’étais au courant du motif de notre venue.

- Il était lui aussi dans l’armée, comme le père de feu votre mari. Je crois vraiment qu’il peut vous aider, et vous aussi, vous pouvez l’aider. Et en ne dévalorisant pas votre bien, comme vous le craignez.

Les zones d’ombres s’éclaircissent, comme la raison de son air fatigué. Cette femme vient visiblement de perdre son mari. Sa volonté de vendre sa maison explique mon implication. Encore une fois Jordan me désarçonne. Il a vraiment le don d’être imprévisible. C’est étrange, mais je crois que j’apprécie ce côté impulsif qui rappelle le mien.

- Euh… Et l’urgence ?
- Je ne t’ai pas menti, c’est pour une urgence. Toi. Je me sentirai bien mieux si tu habites par ici. Ce n’est pas le seul bien que je peux te présenter, mais celui-ci n’est pas encore sur le marché, et c’est une chic fille… Et la maison est pas trop grande, ni trop petite. Je ne connais pas réellement ton budget, mais c’est abordable… J’ai même hésité à faire un emprunt, pour tout te dire… Bien sûr, c’est toi qui vois.


Ma première réflexion est de me demander s’il joue au paternel avec tous ses hommes ou bien si j’ai un traitement de faveur. Je me suis fait avoir une fois par ce genre d’attitude amicale, il n’est pas question que je me refasse piéger par des avantages qui finissent par me lier corps et âme. Je regarde Jordan et sonde son regard. Je n’arrive pas à le voir comme quelqu’un de froid et calculateur. Je suis dérouté. Je sais que je ne dois pas voir le diable derrière chaque bonne action à mon égard. Cependant, je suis comme l’animal qui s’est déjà fait traquer, je reste craintif et méfiant.

Ce sont les mots chaleureux de notre hôte qui me sortent de mes pensées. Visiblement elle apprécie beaucoup Jordan qui semble avoir eu le tact nécessaire pour gérer le plus humainement possible le décès de son époux. Je ne pensais pas chercher une maison, mais plutôt un appartement, alors je commence la visite avec l’idée que je déclinerai l’offre poliment.

De l’extérieur, la maison accuse son époque de construction, tout en étant bien entretenue. Le salon où nous sommes, montre que de gros travaux ont été faits, modernisant l’intérieur de manière judicieuse. La peinture est à refaire, mais la construction me parait saine. Alors quand madame Travis me dit qu’il y a deux chambres à l’étage et une salle de bain, je comprends que niveau superficie, c’est ce que je recherche. J’ai oublié Jordan et sa mystification de tout à l’heure et suis la femme qui me commente chaque pièce en étant tout à fait honnête sur les travaux qu’il peut y avoir à faire. Je commence même à imaginer les couleurs que je choisirais pour mettre les pièces à mon goût. Il y a une grande chambre avec un placard mural qui peut contenir dix fois le volume de mes affaires. La deuxième chambre ferait un bon bureau - débarra. Elle peut servir de chambre d’ami, mais je n’ai personne à inviter, du moins pas encore. Je ne désespère pas que ma vie sociale redémarre un jour.

La maison est un peu en désordre, çà et là il y a plein de cartons qui trahissent un futur déménagement. Je suis touché par la voix de la propriétaire. Elle ne quitte pas cette maison de gaieté de cœur, mais bien par nécessité économique. Toutefois elle se fait forte, disant que c’est mieux de se couper d’un lieu qui a vu un tel drame. Elle me questionne pour savoir si cela ne me dérange pas d’acheter une maison où quelqu’un s’est suicidé.

- Les murs n’ont que les souvenirs qu’on leur prête madame. Ceci ne m’impacte donc pas personnellement. Puis dans ma carrière militaire, j’ai malheureusement dû vivre avec des morts à mes côtés, soit par le vide de la couchette d'un camarade tombé au combat, soit par son corps qu’on ne peut évacuer rapidement. Non que je sois insensible, mais mon seuil de tolérance est plus élevé qu’un simple civil. Ce n’est pas forcément une bonne chose… Mais c’est ainsi.

L’armée change un homme de manière définitive. Et si les ex-militaires s’entendent si bien entre eux, c’est que justement ils se comprennent sur ce point. C’est peut-être ce qui pousse Jordan à me prendre ainsi, sous son aile protectrice. La femme comprend tout à fait mon point de vue et voulait surtout être honnête sur l’histoire qui pouvait se rattacher à cette bâtisse.

Un malaise me prend quand elle nous fait visiter le jardin autour. Il fait le tour de la maison et permet de s’isoler des voisins immédiats. Son émotion est grande quand elle me présente sa collection de rosiers qu’elle ne pourra pas emmener, puisqu’elle va dans un appartement. Dans son regard, je sens la demande muette de conserver cet héritage en vie. Je lance un regard paniqué à Jordan qui, comprenant ma soudaine panique, ne peut s’empêcher de sourire franchement.

- T’as une idée de comment on taille un rosier toi ?

J’ai parlé doucement, pour rester discret. Je parie qu’il serait aussi couillon que moi face à cette tâche. Mais les épaules de Jordan qui se secouent en cadence, me font comprendre qu’il a du mal à ne pas rire franchement de ma déconvenue. Je lui jette un regard faussement fâché. Il ne perd rien pour attendre, supérieur hiérarchique ou pas, j’ai aussi le sens de l’humour et il pourrait bien en faire les frais prochainement. Mais j’ai compris l’importance de la roseraie pour cette femme qui doit s’arracher de ce qui a été son foyer.

De retour à la cuisine, elle insiste pour nous offrir le café. Jordan n’a rien dit, ni commenté quoique ce soit pendant la visite. Je devine qu’il ne veut pas m’influencer. Mais si au début, je ne me voyais pas acheter une maison, les avantages d’une telle habitation ont fait leur chemin dans mon esprit. J’ai toujours eu l’habitude de faire mes choix rapidement, et celui-ci est arrêté.

- Le lieu me convient, c’est calme tout en n’étant pas loin du centre-ville. Vous pouvez considérer votre maison comme vendue madame. Je vous donne ma parole d’ex-officier de la Navy.

Je ne sais pas si c’est le fait de conclure une affaire, mais je sens une douce chaleur se rependre dans la pièce, une chaleur apaisante et réconfortante. La femme est contente que cela se passe ainsi. Je lui promets de tout faire pour conserver son joli jardin dans la limite de mes capacités. Remonter mon fusil d’assaut les yeux fermés me semble plus facile que de tailler ces choses à épines si éphémères.

Quand la discussion glisse sur le délai, je lui explique que je suis preneur au plus vite, non pas seulement pour rassurer Jordan, mais bien que le risque dans le quartier où j’habite est réel et que de toute manière, je n’ai que deux sacs à déménager. Je suis agréablement surpris et un peu gêné également, quand elle m’offre de venir m’installer dans la chambre d’ami en attendant la vente effective qui devrait se faire dans les quinze jours ou trois semaines maximum vu que je paye cash. J’accepte à la condition de lui payer un juste loyer.

- Vous n’aurez qu’à m’aider à démonter les meubles et finir mes cartons en guise de compensation.

Je ne pensais pas une heure plutôt m’engager ainsi, mais en me retournant sur la maison juste avant de remonter en voiture, j’ai le sentiment de ne pas faire d’erreur. Jordan me regarde, visiblement satisfait de son coup. Je secoue la tête en souriant, puis m’assois sur le siège passager. Alors qu’il me cherche gentiment sur la délicate tâche de garder en vie les rosiers de cette charmante dame…

- Moque-toi ! Tu sais te servir d’un pinceau ? Je vais avoir besoin d’un Michel Ange je pense. Et au fait, est-ce que http://Jordan.Parrish.com peut me trouver une voiture d’occasion ?

Cette fois nous sommes deux à rire franchement alors qu’il démarre la voiture pour nous ramener au poste de police. Sur le trajet, je lui énumère exactement ce que je veux comme voiture, tel un gamin faisant sa liste au père Noël.

- Alors, une américaine de préférence, en quatre roues motrices, noire ou gris foncée…

Cela fait longtemps que je ne m’étais pas senti aussi bien. Je viens de conclure une vente pour ma future habitation que j’ai bien l’intention de personnaliser pour vraiment m'y sentir chez moi. Il me semble que c’est le point de départ pour recommencer à vivre. Mon bras m’élance, signe que la cicatrisation fait son effet. J’ai un job, bientôt une maison, puis potentiellement une voiture, reste à écrire ma vie…

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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Mer 2 Sep - 10:36








Un nouveau collègue… blessé



J’ai rarement eut l’occasion de faire de bonnes surprises comme ça.. A vrai dire, si je m’en souviens bien, a part quelques collègues féminines qui avaient une idée derrière la tête, je n’avais pas vraiment eut de proches parmi mes anciens collègues à l’armée. Pas d’ennemis non plus, mais être démineur vous donnait une réputation pas vraiment enviable. Soit une tête brulée, comme moi, soit un être presque inhumain, froid, distant, calculateur. L’ironie de la chose ne m’échappait pas alors que je réussissais l’exploit, aujourd’hui, d’être à la fois tête brulée et inhumain… Je n’avais toujours pas d’idée précise de ce que j’étais réellement, mais il y avait comme des appels, comme des panneaux sur ma route, des directions à prendre.

Brian n’était à priori pas un de ces panneaux indicateurs, mais plutôt une surprise sur le chemin, un autostoppeur en quelque sorte.
Je ris encore intérieurement en pensant à sa tête sérieuse sur le chemin. J’ai bien réussi mon coup, car il avait l’air de vraiment vouloir me prouver qu’il pouvait reprendre du service sur le terrain immédiatement, et ce malgré son léger handicap. C’est un brave gars, je pense ne pas me tromper. Il faudra juste le canaliser un peu. Je suis persuadé que nos séances d’entrainement y aideront beaucoup.

La brave dame qui nous fait visiter est très émotive et elle commente avec un léger tremblement dans la voix quelques passages de sa vie en commun avec son défunt époux. Son histoire me touche, même si j’en ai vu d’autres, et je sais que ce ne sera pas la dernière… Mais de savoir que, peut-être, il peut résulter quelque chose de positif de tout ça me met du beaume au cœur. Je prend tout le temps d’observer Brian pendant cette visite. Les expressions qui jouent sur son visage, dans les mouvements de son corps sont parfois mystérieuses, parfois révélatrices. Ainsi, je vois petit à petit se peindre un changement. Tout d’abord, un intérêt polis, teinté d’un petit reproche envers moi. Normal, il pense s’être fait avoir et peut être aussi que je lui force la main. Mais petit à petit je vois cette étincelle. Il se projette, il superpose sa vie à celle qui existait avant lui dans ces murs.

Mon sourire s’élargit au fur et à mesure que le sien apparait. De temps en temps nos regards se croisent et on peut y lire revanche et complicité. Je ne fais aucun commentaire tout du long de la visite, le laissant s’approprier l’idée autant que les lieux..
Il y a un problème plus grave, plus important avec Brian. Je le sais, je n’en devine que l’horreur, et j’espère me tromper. Mais je pense aussi comprendre son mode de fonctionnement. Militaire. Il reste un militaire. Il n’avouera pas sa faiblesse et ne se confiera à personne, du moins pas aussi rapidement. Alors je me dis qu’avoir un environnement plus sain, une vie à Beacon Hills qui démarre dans un cadre peut être pas idéal, mais au moins reposant et rassurant, ça pourrait aider pour le reste.

Il y a un aspect non négligeable à cet achat potentiel. Il y aura des rénovations à faire. Je sais à quel point il faut occuper le corps et l’esprit lorsqu’on a plus aucune attache et un traumatisme, si j’ai vu juste, à résoudre.

Alors que la veuve questionne poliment mon collègue, ce dernier lui répond avec franchise.
- Les murs n’ont que les souvenirs qu’on leur prête madame. Ceci ne m’impacte donc pas personnellement. Puis dans ma carrière militaire, j’ai malheureusement dû vivre avec des morts à mes côtés, soit par le vide de la couchette d'un camarade tombé au combat, soit par son corps qu’on ne peut évacuer rapidement. Non que je sois insensible, mais mon seuil de tolérance est plus élevé qu’un simple civil. Ce n’est pas forcément une bonne chose… Mais c’est ainsi.

Je fais une grimace empathique à ces mots. J’ai connu ça, aussi. Je le connais ici également. La mort est une amante exigeante et le fait de perdre des collègues, parfois des amis fait partie de ma vie, que ça me plaise ou non. Je comprends donc ce sentiment mitigé qu’il dévoile, mais ma récente nature révélée me complique la tâche. Je suis à présent empli d’une rage folle lorsqu’une connaissance ou même une simple victime passe l’arme à gauche. J’ai toute la peine du monde à contrôler ce feu qui me dévore de l’intérieur et qui menace de dévorer mon environnement.

Alors quand Brian me demande si je sais m’occuper d’un rosier, je lui souris franchement, heureux que nos pensées respectives prennent un autre tournant.
-j’en ai pas la moindre idée, mais ça fera un bon sujet à chercher sur internet.
J’ai du mal à ne pas éclater de rire, et le regard courroucé de Brian ne fait rien pour arranger la chose.

Alors que nous prenons le café, j’ai soudain chaud au cœur en voyant Brian se décider, et le dire, pour l’achat de cette maison. C’est comme une liaison positive qui s’établit. Il aide cette femme, elle l’aide, lui. Et moi et bien… J’ai pris un autostoppeur et je l’ai amené un peu plus près de sa destination. Le feu en moi se nourris de mes émotions, j’en ai la conviction, alors qu’une douce chaleur se répand, répondant à mon apaisement soudain.

Je suis agréablement surpris alors que la veuve propose à Brian de l’héberger en attendant la vente. J’apprécie le geste. Alors que nous reprenons le véhicule, je tente une petite agacerie envers mon nouvel équipier.

-alors, j’espère que tu te souviens des cours de maintien floral, il va y avoir du travail !

- Moque-toi ! Tu sais te servir d’un pinceau ? Je vais avoir besoin d’un Michel Ange je pense. Et au fait, est-ce que http://Jordan.Parrish.com peut me trouver une voiture d’occasion ?
Nous rions tous les deux de bon cœur.

-non, pour ça je ne peux rien faire. En revanche, ça m’a pas échappé qu’il y ait des travaux à faire ici. Peinture, bricolage, aménagements. Alors tu peux compter sur moi. Je cherche depuis longtemps à occuper mon temps libre, et puis on pourra faire un peu plus connaissance… Se battre et courir c’est bien, mais on n’est pas des machines, mieux on se connaitra, et mieux on pourra compter l’un sur l’autre…

Je soupire soudain, conscient de mon isolement.
-a l’armée, j’étais seul, un démineur, c’est seul, point. Et ici… et bien, ici c’est particulier, mais il ne fait pas bon se sentir seul, tu le découvriras assez vite. Mais déjà je suis soulagé de savoir que tu ne restes pas dans ton quartier actuel…

Bien sur il y avait Fiona. Fiona était une énigme à résoudre, une équation qui faisait s'affoler mes convictions et mon cœur...

Brian continue tout de même à énumérer la voiture de ses rêves, et je continue à rire sur le chemin, quand bien même je ne puisse rien faire pour lui à ce sujet.

Notre retour au poste est particulièrement banal après cette petite virée, et nous reprenons tous les deux un train train quotidien. Petit à petit nos efforts conjugués arrivent à endiguer le flot de paperasserie. Brian à même quelques idées que je soumettrai à Stilinsky et Ruby, concernant une autre méthode de classement. Plus qu’à nous dégotter un as en informatique et on pourra respirer.
Je fais part de ce projet et du fait que je vais soumettre ses idées à Brian, ce qui semble lui faire plaisir. Les jours suivants sont relativement calmes. J’ai aidé Brian à emménager, mais c’était plutôt rapide, vu le peu de bagage qu’il avait.

Je le laisse totalement gérer son achat, ne voulant pas m’immiscer dans sa vie. Finalement, c’est un heureux propriétaire que je retrouve quelques jours plus tard, lui ayant promis de venir l’aider aux aménagements. C’est donc en rangers, bas treillis, et marcel militaire que je déboule, sachant que nous allons devoir nous salir et mettre un peu d’huile de coude.
Brian m’accueille simplement, et je lui demande

-alors ? On commence par quoi ?








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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Jeu 3 Sep - 15:29



Un coin nommé Beacon Hills


Feat : Jordan Parrish



Une certaine complicité s’installe entre nous. A New York j’avais aussi sympathisé avec quelques collègues. Je pensais alors y rester plus qu’une simple année… Le temps de participer à quelques anniversaires et soirées festives, puis la vie en avait décidé autrement. Je ne veux pas me poser en victime, je m’y refuse… ce serait lui donner la victoire et mon asservissement total… Je veux croire à mon intégration à Beacon Hills. Il le faut ! C’est vital, sinon, je vais finir en ermite solitaire dans un bled paumé au fin fond de l’Alaska. Jordan est peut-être le point d’entrée qu’il me faut dans cette ville californienne. Il semble m’accorder sa confiance, ce serait idiot de ma part de refuser la main qu’il me tend si gentiment. C’est un gars qui me semble sérieux, néanmoins il sait se faire plus léger, comme il vient justement de le prouver en me faisant croire à une intervention urgente en venant voir cette maison.

Sur le chemin du retour au poste de police, notre conversation commence sur un ton léger et amical. Il ne décline pas ma demande d’aide quant aux futurs travaux. Au contraire, il semble demandeur d’activité hors entrainement sportif. Jordan me parait désireux d’approfondir notre lien que je qualifierai pour l’instant de franche camaraderie. Je ne sais que penser de sa volonté d’un rapprochement qui irait au-delà d’une simple amitié. C’est évident que sur le terrain, cela ne peut qu’être bénéfique pour nous deux en terme de cohésion d’équipe et finalement de sécurité. Toutefois, mon passif bien sombre avec la hiérarchie directe, m’enclin à rester sur mes gardes.

Mais je me fais surement des films. Jordan semble plutôt attirer les regards féminins, si j’en juge ce que j’ai pu observer jusqu’à présent. Je ne sais pas exactement quels sont ses relations avec Fiona Ferjones, la femme du FBI qui semble être là pour vérifier notre travail. Mais j’en mettrai ma main au feu que ce n’est pas tout à fait innocent ce qu’il se passe entre eux. Il y a des regards qui ne trompent pas. Cette femme l’attire, c’est d’une évidence limpide. Personnellement, j’ai toujours eu du mal avec ces nanas qui arrivent à rivaliser avec les hommes sur le terrain. Non que je sois macho, mais je trouve que cela m’ôte le rôle chevaleresque de les protéger. Car c’est là que je conçois ma place, aider et défendre les autres. Je me dois de protéger ceux et celles que la nature a engendré plus faibles. J’ai déjà eu des femmes en supérieur ou en collègues de même niveau, notamment au NCIS. Mais quand elles venaient sur le terrain, je me sentais inutile, ou plutôt j’avais le sentiment d’être un vieux con totalement démodé. Servir et aider mon pays est ce qui me fait avancer. Alors si n’importe qui peut le faire…

Je scrute mon… collègue ? Partenaire ? Puis me dit que partager quelques bières entre deux coups de pinceau, me semble une approche honorable et appréciable. Il faut que je maitrise mes réflexes de méfiance. Je n’ai rien à craindre de Jordan. Subitement il se montre plus nostalgique.

- A l’armée, j’étais seul, un démineur, c’est seul, point. Et ici… et bien, ici c’est particulier, mais il ne fait pas bon se sentir seul, tu le découvriras assez vite. Mais déjà je suis soulagé de savoir que tu ne restes pas dans ton quartier actuel…
- Je te remercie de ta sollicitude. Je me souviens du gars de mon unité qui était affecté à ce poste… Il n’est pas rentré entier au pays… Mais je sais pour en avoir discuté avec lui après son… accident… qu’il ne regrettait rien. Ça… ça ne te manque pas ? Cet instant quand tu découvres une bombe… choisir le fil à déconnecter… L’adrénaline qui se décharge dans tes veines… ce sentiment de se sentir plus vivant que jamais en ayant la mort qui lorgne par-dessus ton épaule ?


Jordan ne nie pas que son ancienne activité ne lui manque pas un peu, mais je devine qu’il a trouvé ici autre chose qui semble compenser son ancien métier à haut risque. Autant il peut sembler franc du collier la plupart du temps, autant parfois il a une attitude un peu étrange. Pourtant je ne me sens pas menacé. Je ne sais même pas pourquoi je lui ai fait confiance si facilement, si on met de côté mes crispations à chaque contact physique hors entrainement. Cela n’a rien à voir avec mon côté, bon petit soldat obéissant. Jordan a un plus que je ne sais pas définir. C’est une intuition plus qu’un raisonnement étayé par des faits ou des observations concrètes. Mais quelle que soit cette part de mystère, nous formons une bonne équipe, et c’est ce qui importe.

Les jours se suivent et se ressemblent. J’ai enfin vidé mon bureau « voie de stockage » de ses dossiers à classer. Leur système d’archivage est archaïque et chronophage. C’est pour cela que les dossiers s’amoncèlent si facilement. A New York, nous faisions tout par voie informatique. Ce qui ne pouvait pas être saisi, était scanné et annexé au dossier. J’en touche un mot à Jordan, lui disant que j’ai toujours mes contacts au NCIS. Je pourrais toujours leur demander quel logiciel ils utilisent et s’il est possible de le transposer dans un poste de police. Au pire, il faut trouver un codeur ingénieux. Je suis heureux, car ma proposition est retenue par Jordan qui va en parler au shérif et à Ruby Volpha. Je ne sais pas si cela aboutira, mais au moins j’ai la satisfaction d’être écouté. C’est un pas de plus vers l’appropriation de ma vie ici.

Mon déménagement a été simple. Le vieil homme était triste de me voir partir et même s’il ne voulait pas, je lui ai tout de même payé les trois mois de préavis. Je ne veux accepter aucun avantage, même si cela semble être fait de bonne foi. Je ne veux rien devoir à personne, car l’effet boomerang peut être violent… Jordan m’a aidé surtout pour m’éviter à trimballer mon peu de possession dans les transports en commun. J’avais ris quand il avait insisté pour porter mon sac de marin. Je l’avais traité d’indécrottable militaire nostalgique. La réponse avait fusée, m’invitant à me regarder dans un miroir. Incroyable comme nous avons la même manière de penser. Comme moi, il se préoccupe des autres. Il accorde beaucoup d’importance à son rôle d’adjoint. Il n’est clairement pas à ce poste pour une histoire de carrière, mais bien parce qu’il en a les compétences et surtout l’envie.

Madame Travis m’a laissé quelques affaires dont elle n’avait plus l’usage et qui pouvaient me dépanner le temps que je meuble ma nouvelle maison. Si la grande chambre avait été entièrement vidée, elle m’avait laissé le lit de la chambre d’appoint. C’est un ancien lit, du temps où les maisons étaient petites et le chauffage inexistant ou pas très efficace.  Sa largeur se situait entre un lit une place et un de deux places. C’était bien suffisant pour moi qui avais l’habitude des étroites couchettes des navires de la Navy. Mais j’avais le rêve d’acheter un extra large, rien que pour avoir le luxe de dormir les bras écartés. Elle m’avait aussi laissé la cuisinière, un vieux frigo et son salon de jardin. J’étais donc moins pressé sur les achats primordiaux. Aussi je comptais bien faire le maximum de travaux avant d’être encombré d’objet à protéger des éclaboussures ou de la poussière.

J’avais cohabité deux semaines avec madame Travis. Pendant cette période, j’avais eu droit à un cours en accéléré sur l’art et la manière de tailler les choses à épines du jardin et un autre pour utiliser le four à autre chose que réchauffer un plat surgelé… Un soir, j’avais pris la guitare qui jusque-là avait été remisée dans un placard et qui avait fait son apparition dans le salon. J’avais plaqué quelques accords sans grande conviction. Madame Travis était alors apparue au seuil du salon, les larmes aux yeux. Je m’étais confondu en excuses d’avoir touché cet objet qui semblait lui rappeler de tristes souvenirs. Pour cause, la guitare appartenait à son défunt mari. Le soir de son départ définitif, j’avais retrouvé l’instrument sur mon lit avec un gentil mot. Je lui avais immédiatement envoyé un SMS de remerciement. Je comptais bien garder contact avec elle et l’inviter quand j’aurais terminé les travaux. Je suis persuadé que ça l’aidera à faire son deuil, si elle revoit son ancienne maison revivre de nouveau.

Je ne sais pas à quoi Jordan occupe ses heures en dehors du travail, mais je sentais l’impatience du Michel Ange en herbe. Le vendredi suivant, j’avais donc gardé un véhicule de fonction pour aller acheter ce dont nous allions avoir besoin. Je fis aussi une belle descente au rayon bières et surgelés sur supermarché d’à côté.

Le lendemain, Jordan débarque habillé en conséquence. J’ai choisi un tee-shirt que je sacrifie à la cause ainsi qu’un bas de jogging.

- Alors ? On commence par quoi ?
- Lessivage des murs !


Avec un grand sourire je lui tends une grosse éponge et un sceau. J’ai rassemblé dans le salon tout ce que j’ai acheté. Je lui explique en gros ce que je pense faire, lui précisant qu’il arrête dès qu’il en a marre.

- Je souhaite faire en priorité le salon et la grande chambre. Il faut donc lessiver les murs et les plafonds et après peinture.

Nous commençons par la chambre. Jordan attaque à un angle et moi à l’autre. C’est vrai qu’à deux cela avance plus vite et surtout c’est moins fastidieux. Nous parlons un peu de tout et de rien. Cela fait bien deux heures que nous œuvrons à un bon rythme quand quelque chose atterrit avec élan dans le seau qui se trouve juste derrière moi, m’éclaboussant au passage le bas du jogging. Dire que je n’y avais pas pensé, serait un affreux mensonge… Je me retourne et balance ma propre éponge dans la figure d’un Jordan hilare.

- Ok, on fait une pause Michel Ange. Soif ? Faim ?

Je propose que l’on s’installe dehors pour profiter du soleil. Je le rejoins avec deux bières que j’ouvre avec la bonne vieille méthode du rebord de table quand on n’a pas de décapsuleur sous la main. Comme les chaises sont remisées dans le cabanon du jardin, nous nous asseyons à même le sol le dos contre la façade, un paquet de madeleines entre nous. Nous savourons ce répit en silence, puis celui-ci devient un peu gênant. Je crois que ni l’un ni l’autre, n’avons envie de reprendre les sujets bateau qui ont meublé le silence jusqu’à présent. Je suis l’hôte, de fait c’est à moi de lancer la conversation. J’ai envie d’aborder des sujets plus personnels le concernant, mais j’ai peur des questions en retour. Je vais donc chercher la gratte que j’ai remisée dans la cuisine, vu que le salon est zone de chantier. Je m’assoie de nouveau sur le sol et joue quelques accords. Je ne me considère pas comme un très bon joueur, mais j’ai appris avec le musicien du mess des officiers et je ne me débrouille pas trop mal. Cela fait un moment que je n’ai pas joué, mes doigts ont perdu de leur souplesse. Les accords passent, mais cela manque de fluidité. J’essaye de ne pas trop massacrer ce titre des Beatles qui me revient en mémoire.

- C’est la guitare de monsieur Travis… Il faut que je m’exerce un peu pour que ça revienne. Jordan ? Tu sembles être à Beacon Hills depuis un moment… Comment cela se fait que tu sembles si seul ?

Je le sens se crisper à côté de moi. Il semble bien que ma question mouche un point sensible. Je me sens maladroit et m’empêtre encore plus en essayant d’adoucir la rudesse de ma question.

- Euh… Ce n’est pas que tu… enfin, de ce que je connais de toi, tu me sembles plutôt ouvert aux autres, puis tu as un physique qui attire le regard des femmes, alors je pensais...

Bravo Brian ! Je me mords la joue en me traitant mentalement de boulet et d’imbécile. Je vais me sentir bien con, s’il me retourne la question. Quoique je peux toujours feinter comme je suis nouveau ici. Cependant, je me dis qu’il avait un peu levé lui-même ce point l’autre fois dans la voiture.


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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Lun 7 Sep - 14:07








Reconstruction(s)



Les jours filent à une vitesse incroyable. Fiona a su toucher mon cœur, bien au-delà de ce que j’avais envisagé. D’ailleurs, je n’avais rien envisagé à vrai dire, du moins pas consciemment. Le fait est que j’aime les moments que je passe avec elle. Nous devons bientôt aller voir le manoir en reconstruction de Ruby, Dereck et Peter et je suis heureux de savoir qu’on y sera ensembles. Chad, sa mère, toute la troupe. La meute que je côtoie à présent. Je ne sais pas trop quelle est ma place parmi eux, mais je sais que je suis en partie responsable de la menace qui pèse sur eux. La liste, cette fichue liste à présent en lieu sûr, mais qui à eut le temps de faire des ravages et de poser une épée de Damoclès sur nos têtes à tous.

Je suis également heureux de voir que Brian se sente de mieux en mieux à Beacon Hills. Je ne sais pas comment aborder ce que j’ai compris entre les lignes, avec lui. D’ailleurs, je ne sais pas si je dois le faire. Il n’en résultera peut être rien de bon. Mais j’ai peur que cette plaie, qui doit rester ouverte pour lui, ne finisse par s’infecter, contrairement à son bras qui avait guéri très vite. Tôt ou tard, si je veux continuer à le considérer comme un collègue proche, peut être un soutien dont j’aurai besoin, il faudra que je lui révèle ma nature… Même si je n’ai aucune idée de ma nature. Tôt ou tard une montée d’adrénaline, une situation exceptionnelle ou un état de danger me forcera à lui révéler. C’est ça, ou me remettre en solo. Mais maintenant que je goute enfin aux interactions sociales, je n’arrive pas à envisager, aussi égoïstement que ce soit, de faire ma route seul, de nouveau.

Quelques fois, avec Brian, on discute d’autre chose que du travail. On se révèle un peu, on lâche quelques anecdotes. Mais cela reste superficiel, et nous sentons tous les deux qu’on a plus à révéler, à dire, que ces mots entre deux café ou rapports… Alors quand il me demande mon aide pour refaire à neuf son nouveau nid, j’accepte avec plaisir, et je suis même impatient qu’arrive le jour J.

Il m’avait posé une question, pas vraiment anodine, mais pas dramatique non plus, mais elle m’avait replongé dans un passé qui devenait de plus en plus flou pour moi. Comme si je n’avais pas existé avant de devenir…. Ça..
- Je te remercie de ta sollicitude. Je me souviens du gars de mon unité qui était affecté à ce poste… Il n’est pas rentré entier au pays… Mais je sais pour en avoir discuté avec lui après son… accident… qu’il ne regrettait rien. Ça… ça ne te manque pas ? Cet instant quand tu découvres une bombe… choisir le fil à déconnecter… L’adrénaline qui se décharge dans tes veines… ce sentiment de se sentir plus vivant que jamais en ayant la mort qui lorgne par-dessus ton épaule ?

Je repensai à cette question, alors que nous avions déjà commencé les travaux. Et je repensai à ma réponse.
-il y a des choses qui me manquent, d’avant. Mais pas ça. J’ai vécu des moments intenses ici. Mais ce qui me manque vraiment, c’est de me rappeler. J’ai l’impression de tout oublier de ma vie avant Beacon Hills. Comme si tout ça avait été factice. Je me rappelle les gens que j’ai sauvé, les bombes qui pouvaient me tuer si je me trompais, les sensations, même les rares aventures de cœur que j’ai eu, mais c’est comme si quelqu’un d’autre les avait vécu, et me le racontai…

Brian m’avait regardé étrangement sur le moment. Exactement comme maintenant, alors que je venais de m’arrêter. Je lui souris, et me remis à l’ouvrage. Le fait de savoir que nous avons en commun une vie militaire a fait remonter non pas des souvenirs, mais des envies. Comme lorsque je lui avais porté son sac et qu’il m’avait charrié la dessus. Je ne sais pas vraiment ce que je cherche. Pas me rappeler… Plutôt me rassurer. Ma vie d’avant avait vraiment existé… N’est-ce pas ?

Nous étions tous les deux en train de lessiver les murs, et ça avançait plutôt vite. Les muscles, d’abord réticents, avaient finis par se faire à ce mouvement répétitif, et j’aimais sentir la sensation de brulure agréable dans les fibres, à mes épaules, mes bras… Je me retournai pour voir Brian, si sérieux. Un petit sourire aux lèvres, je lui lançai l’éponge, qui atterrit dans le seau, l’éclaboussant au passage. Je ne cherchai presque pas à esquiver son éponge en retour…

C’était un bon moment pour faire une pause. Assis dehors, je me sens bien, au soleil, avec quelqu’un à qui parler, et une bière fraiche pour me désaltérer. J’’enlève mon t-shirt trempé et fais quelques pas pour me dégourdir les jambes, ma bière à la main. Mais ma soif de connaissance, elle, est toujours vivace. Je sens également que Brian est taraudé par des questions… Je le suis des yeux alors qu’il va chercher sa guitare, et je le regarde, surpris, jouer quelques notes. Il s’en sort bien. Je suis incapable de jouer d’un instrument de musique. C’est un regret. La musique peut faire passer beaucoup de choses.

- C’est la guitare de monsieur Travis… Il faut que je m’exerce un peu pour que ça revienne. Jordan ? Tu sembles être à Beacon Hills depuis un moment… Comment cela se fait que tu sembles si seul ?

Je soupire, car je me suis posé la même question.

-Euh… Ce n’est pas que tu… enfin, de ce que je connais de toi, tu me sembles plutôt ouvert aux autres, puis tu as un physique qui attire le regard des femmes, alors je pensais...

Je lui souris franchement, malicieux.

-je ne sais pas vraiment, en fait. C’est comme si j’étais exactement à ma place, la ou je DOIS être, mais, en même temps, je ne suis pas vraiment là. Je n’arrive pas à nouer des liens, car je me sens le devoir de protéger les autres, et je sais que le danger rode autour de moi. Même pour toi, Brian. Même pour Fiona. Je fais des efforts surhumains pour ne pas mettre les barrières que je m’impose habituellement, parce que…

Nouveau soupir.

-parce que je suis lassé de tout encaisser seul. C’est un peu égoïste de ma part. Je sais. Mais je ne veux pas me contenter de survivre… Ce qu’on fait, la, toi et moi, c’est ce qui m’est arrivé de plus humain depuis bien longtemps… Simple. Limpide…

Comment expliquer ? Je ne peux pas, alors je hausse les épaules et avale une gorgée de plus de bière.

-avec Fiona, c’est pas.. Ce que les gens pensent. Je ne suis pas idiot, je sais que ça parle sur nous… Mais on a pas.. Tu vois… C’est plus compliqué, plus chaste… Elle.. je sais pas, je sais pas ce que je veux, avec elle, avec d’autres.. C’est comme si tout s’embrouillait. Même le jeune photographe, quand il est venu, ça m’a perturbé…

Je hoche la tête, pas vraiment avancé… Puis je trinque avec Brian, lui retournant la question.

-et toi ? Je crois bien que tu as des touches un peu partout aussi… D’ailleurs si Matrim te vois, tu es cuit. Il cherche de beaux modèles pour une expo, un projet, j’ai pas tout compris… Mais ce n’est pas un mauvais bougre, il est juste un peu… décomplexé, je dirais… D’ailleurs va falloir que j’aille poser pour lui, je lui ai promis… ça me stress un peu.

Tu parles, comme si je n’étais pas dans le plus simple appareil de façon répétée, en ce moment…
J’attends patiemment Brian, et je n’insiste pas, je le laisse révéler ce qu’il veut. Ce n’est pas le bon moment pour panser cette plaie, ou du moins la révéler. Mais je prépare le terrain en quelque sorte.

Au bout d’un moment, nous nous rendons compte que le temps a filé, et que le soleil va se coucher. Nous étions tellement absorbé par nos échanges que nous ne nous étions pas rendu compte… Je lui promets de revenir le surlendemain, car le lendemain je dois aller au manoir Hale… C’est avec une chaleur grandissante, que nous nous promettons de rattraper le temps perdu. Je ne peux pas m’empêcher de trouver plusieurs strates de significations à cette expression.

(…)

Le lendemain, je vécu un cauchemar. Un cauchemar dont je ne suis toujours pas débarrassé, un cauchemar dans lequel je tiens un être aimé dans mes bras, et qui meurt, en me marquant comme un guerrier. Rouges, les traces de sang sur ma joue. Noir, la suie sur mon corps. Blanc, la douleur, la rage en fusion, les morts, les cris… Fiona n’est plus. J’ère dans les ténèbres.

(..)

Ça a parlé, au poste. Ils ne savent pas ce qu’il s’est passé, mais on m’évite, on rase les murs. Brian a pris quelques jours, mais je sais qu’il est au courant. Je n’ai personne vers qui me tourner. Mafdet a tenté de me consoler, mais elle est aussi démunie que moi. Ruby, chad, peter, mick, tous leurs regards, effrayés, de rage, compatissants, douloureux, je ne peux plus le supporter. Mon fardeau, ma douleur. Seul. Seul.

Mais il y a Brian. J’ai besoin de parler à quelqu’un, de faire des trucs banals, comme de peindre ou lessiver des murs ou fracasser de la pierre, du bois… Tout pour ne plus penser à ce sang, à cette vie qui quitte ses yeux. De savoir qu’un aigle a pris son envol ne m’aide pas.
Quand j’arrive, Brian balbutie son incompréhension. Qu’est-ce que je fais la ? Il peut se débrouiller seul, ce genre de choses.

-j’ai besoin d’être la. Je… Je veux construire quelquechose, alors que tout s’écroule autour de moi.

Mon regard est humide, je suis sur le point de craquer, et je sens naitre un combat dans tout ce qui fait que Brian est Brian. C’est un combat qu’il se livre à lui-même. Je ne connais pas le prix de la victoire ou de la défaite, je ne suis que l’enjeu de ce combat, ou un dommage collatéral.





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Brian O'Conner

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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Mer 9 Sep - 18:39


Find salvation…


Feat : Jordan Parrish



Je suis surpris des aveux de Jordan quant à son passé. Son impression d’avoir des souvenirs qu’il a du mal à s’approprier, comme vécu par un autre, me laisse perplexe. Son histoire personnelle pourrait être bien plus complexe qu’elle n’y parait au premier abord. Le jour de mon arrivée, il m’avait donné l’impression d’être un gars loyal et franc. Il fait son travail par réelle conviction, c’est bien ce trait de caractère qui m’a immédiatement plu. Mais alors que nous discutons autour d’une bière bien méritée, je découvre une autre facette de mon coéquipier. Un côté que peu de gens semble connaitre.

-je ne sais pas vraiment, en fait. C’est comme si j’étais exactement à ma place, là où je DOIS être, mais, en même temps, je ne suis pas vraiment là. Je n’arrive pas à nouer des liens, car je me sens le devoir de protéger les autres, et je sais que le danger rode autour de moi. Même pour toi, Brian. Même pour Fiona. Je fais des efforts surhumains pour ne pas mettre les barrières que je m’impose habituellement, parce que…

Jordan cherche ses mots. Ma question sur son apparente solitude soulève une chape de plomb sous laquelle il semble se débattre. Je ne dis rien, le laissant à son introspection. Parler, serait prendre le risque de briser ce moment et cette confiance qu’il m’accorde en se dévoilant un peu.

-parce que je suis lassé de tout encaisser seul. C’est un peu égoïste de ma part. Je sais. Mais je ne veux pas me contenter de survivre… Ce qu’on fait, la, toi et moi, c’est ce qui m’est arrivé de plus humain depuis bien longtemps… Simple. Limpide…
- Ce n’est pas égoïste Jordan… C’est humain, non ? Sache que ton envie de protéger les autres est réciproque. Et je compte bien assurer tes arrières dans nos futures missions, comme tu assures les miennes. La réciprocité c’est la base de l’amitié.


« Encaisser seul… » D’un point de vue professionnel, je n’ai pas ce problème. J’ai toujours travaillé en équipe et c’est bien en équipe que je me suis sorti des pires situations. Côté personnel… il n’y a rien à encaisser dans le néant, puisque par définition, il n’y a rien. Du moins j’essaye de m’en persuader… Tête de mule ascendant autruche…

-avec Fiona, c’est pas... Ce que les gens pensent. Je ne suis pas idiot, je sais que ça parle sur nous… Mais on a pas… Tu vois… C’est plus compliqué, plus chaste… Elle... je sais pas, je sais pas ce que je veux, avec elle, avec d’autres... C’est comme si tout s’embrouillait. Même le jeune photographe, quand il est venu, ça m’a perturbé…

Ses mots me plombent. Comment arrive-t-il a… parler de ça si facilement ? Nous nous connaissons que depuis quelques semaines et pourtant il m’avoue que les regards intéressés du photographe l’ont troublé et ceci pas dans le sens d’un rejet. En effet, au bureau les ragots courent sur sa probable liaison avec l’agent du FBI. Et avec ce qu’il vient de me confier, je comprends qu’il est totalement perdu d’un point de vue sentimental. En fait, il m’avoue sans fard qu’il se cherche.

-et toi ? Je crois bien que tu as des touches un peu partout aussi… D’ailleurs si Matrim te vois, tu es cuit. Il cherche de beaux modèles pour une expo, un projet, j’ai pas tout compris… Mais ce n’est pas un mauvais bougre, il est juste un peu… décomplexé, je dirais… D’ailleurs va falloir que j’aille poser pour lui, je lui ai promis… ça me stress un peu.

Forcément ma question était un boomerang dangereux. Je souris à l’allusion que poser nu pour le photographe n’allait pas être simple à gérer. Jordan a été honnête avec moi, mais mon blocage est puissant. Comment lui expliquer que là où il se cherche, je n’ai qu’un vide de sensation, plus aucun désir, ni plaisir même solitaire. Je sais que cela affecte mon équilibre de vie et que cela va virer à la tare sociale si je n’arrive pas à ouvrir ce verrou qui emprisonne ma libido. Mais les chaines qu’on s’impose, sont les plus difficiles à briser. Mais je ne veux plus souffrir, ni ressentir cette honte.

- Je… j’ai les réflexes de tout bon marin qui passe plus de huit mois par an en mer… une fille dans chaque port et aucun engagement. Je me souviens de mes compagnons qui voyaient grandir leurs enfants que par l’intermédiaire de photos... Je me suis toujours refusé de faire vivre ce genre d’absence à qui que ce soit… Ma vie a changé… mais les habitudes et les anciens modes de pensée ont la vie dure…

Jordan se satisfait de ma réponse et j’en suis rassuré. Je lui voue une totale confiance, pourtant je suis incapable de laisser entrer qui que ce soit dans mes failles. J’ai été volage, qu’il pense que je le suis encore ne me gêne pas vraiment. Quoique je n’aie pas envie qu’il ait l’image du mufle que je donne maintenant, pour donner le change à ma triste réalité. La discussion dévie et le temps file. Nous n’avons pas avancé les travaux mais je ne regrette pas cette journée. Je me sens bien à discuter de tout et n’importe quoi avec lui. Je ne sais pas expliquer l’affaire, mais il dégage une chaleur qui me rassure. Que ce soit là, dans un cadre hors du travail ou encore lors de nos entraînements sportifs qui nous rappellent pas mal l’armée, j’ai une sensation de bien-être. Il dit se sentir à sa place, finalement j’ai l’impression d’y être aussi à ma place. J’aimerais bien pourvoir l’aider dans son débat intérieur. Cependant ce sujet est pour moi dans le domaine du tabou infranchissable.

Jordan m’aide le lendemain, mais la tâche est vaste et je n’ai pas envie de camper trop longtemps. Entreprendre ces travaux de rénovation, me donne envie d’acheter les meubles qu’il me faut, de m’installer. Étrangement, j’avais toujours eu peur d’être confronté à devoir rester à quai. Pourtant, j’ai vraiment envie de m’établir ici et surtout d’y rester. La ville ne paye pourtant pas de mine… Quelque chose m’attire ici. Je ne saurais dire quoi. Quand Jordan me laisse, les murs sont propres et nous avons commencé à peindre. Il me promet de passer m’aider les soirs, s’il ne sort pas trop tard. Personnellement j’ai posé quelques jours, pour avancer au mieux.

Mais Jordan ne passe pas. J’apprends le drame le lendemain qu’il a eu lieu. L’homme de garde au central m’a appelé pour me prévenir que mes jours de congé pouvaient sauter du fait de l’évènement. Je suis inquiet quand il me parle du comportement de Jordan. Je n’imagine même pas l’état dans lequel il doit être. Il y a à peine trois jours, il m’avait parlé de ses doutes, mais aussi de son attirance pour celle qui maintenant n’est plus de ce monde. J’ai été tenté de l’appeler, puis vu l’ambiance qu’il semble régner au poste de police, j’ai préféré temporiser. Nous nous sommes peut-être rapprochés, mais je suis encore un nouveau et je ne me sens pas l’audace de m’imposer comme le ferait un vieil ami qui peut se permettre plus de familiarité et de rentre dedans, pour soutenir celui qui ne va pas.

La musique m’accompagne dans mes travaux. Ma chambre est finie. J’y ai transféré le lit d’appoint en attendant de m’en acheter un. J’ai choisi de peindre un mur couleur bleu outremer. Je souhaite retrouver cette sensation quand j’étais en mer loin de toute terre émergée, libre, de l’eau à perte de vue.

Je termine la première couche du salon. J’ai mal dans les épaules, et une saine fatigue occupe mon corps. Tout est à créer. Je n’ai rien mis à part mes vêtements. Je me laisse à rêver de l’ambiance que je pourrais créer ici, quand quelqu’un frappe à la porte. Je pose mon pinceau et vais ouvrir.

Le regard que je découvre me plombe lourdement le cœur. Jordan est là, ravagé par le chagrin. Il a l’allure d’un naufragé, du survivant d’un carnage. Il est dans un état où vivre est douloureux.

-j’ai besoin d’être la. Je… Je veux construire quelque chose, alors que tout s’écroule autour de moi.

Il a son treillis de quand il m’a aidé à lessiver les murs. Sa détresse est si poignante que mon geste est instinctif et ne passe pas par la censure de ma conscience. J’ai les mains tachées de peinture fraiche, mais je l’attrape à la nuque et le serre contre moi. Je ferme doucement la porte par un déplacement d’air. Je ne me sers pas souvent de mon don, mais là cela me semble être le moment. Puis il a le nez niché dans mon cou, il n’a pas pu se rendre compte de l’absence de courant d’air qui pourrait expliquer la fermeture de la porte. C’est quand ses bras entourent ma taille, que mon système d’alarme se remet en route. Je dois faire un effort surhumain pour ne pas le repousser brutalement. Je sens mes barrières se dresser. Une guerre interne fait rage dans ma tête, mon cœur et mon corps. Je m’astreins à me focaliser sur ses tressaillements et sa détresse. Il est à la limite de craquer, et d’exploser. Il a besoin de moi, de mon aide et de ma présence. Je dois tenir, ne pas laisser ma phobie le blesser d’avantage qu’il ne l’est déjà. Raisonner ainsi, me permet de me mettre dans un rôle que je peux tenir, celui du flic qui aide et soutient moralement une victime. Mais mon subterfuge à moi-même est bien fragile… Il n’y a ni flic, ni victime ici. Juste un homme dont l’univers vient de s’écrouler et un autre qui tente de vivre dans une bulle hermétique.

Je me suis voilé la face jusqu’à présent, et la réalité de la vie me met face à mes responsabilités. Je me mords la lèvre inférieure. Jordan est mon supérieur, mais je dois chasser cela de mon esprit, car des images humiliantes m’assaillent. Il a besoin de moi maintenant et pas dans dix ans ! Mon autre main vient se loger dans son dos. Mais c’est comme si nous étions deux aux commandes de mon corps avec des volontés antagonistes. Je ne sais pas combien de temps nous restons ainsi. Je n’arrive pas à parler, une boule d’émotion me noue la gorge. Enfin, j’arrive à calmer un peu ce débat intérieur qui m’écartèle dans ce que je dois faire et ne pas faire. Sans le lâcher, je me recule un peu. Ma main qui glisse de sa nuque à son épaule laisse des trainées blanches sur sa peau.

- Reste ici le temps que tu veux, ok ? Considère cette maison comme une base de repli. Rien de ce qui se passera ici ne transpirera au dehors. Je t’en fais le serment. Si tu as besoin de craquer, fais-le !

Son regard s’accroche au mien. Je ne sais pas ce qu’il attend de moi exactement, mais son désespoir est si grand, que j’arriverai à museler ma terreur des rapprochements humains.

- Dors ici ce soir, demain et après-demain, ok ? Jusqu’à ce que tu te sentes mieux…

C’est sorti tout seul, naturellement, l’invitation évidente d’un ami à un autre ami… Mais je n’ai pas de lit d’appoint puisque je dors dedans, ni de canapé et rien qui puisse faire office de lit de camp…

- Ecoute, ce soir on va se débrouiller comme on peut… Il est peut-être temps que j’affronte aussi mes propres démons… Je… J'ai eu des... mon... Demain, j’irai acheter le matelas de mon futur lit… on va s’organiser. Je ne te laisse pas seul.

Cette nuit à toutes les chances de me voir finir par dormir dehors sur la pelouse, mais je ne peux humainement pas le rejeter quelques soit les difficultés dans lesquelles sa proximité va me mettre.

- Tu es brûlant Jordan ! Tu dois avoir de la fièvre.

Je sens sa température corporelle élevée par ses bras toujours plaqués dans mon dos, de son épaule ou son dos sous la paume de mes mains. Il doit frôler les quarante degrés si ce n’est pas plus. J’oublie ma gêne et scrute son visage à la recherche de signes cliniques. Ses yeux sont rouges et humides d’avoir versé trop de larmes. Je me sens démuni, car je ne sais pas quoi faire. Le serrer de nouveau contre moi au prix d’une volonté de fer ? Le coller sous la douche pour faire baisser sa température ou créer un léger courant d’air pour l’apaiser ?

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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Jeu 10 Sep - 16:28








Reconstruction(s)



Je cherche à me raccrocher à quelque chose, à quelqu’un. Mais la cruelle vérité me frappe de plein fouet. Au poste, les gens m’évitent, car ils lisent dans mon regard un feu brulant de râge, même si ils sont loin de se douter que l’image est plus proche de la réalité que je ne le voudrai. Cette… chose qui à pris mon contrôle, il faut que j’apprenne à la connaitre, à la maitriser. Mafdet me sera d’un grand secours pour ça. Mais je n’ai pas la tête à ça, je ne suis que souffrance contenue, je revois en boucle les images et l’horreur, et je n’ai personne pour en parler. Maf est la pour me soutenir, je le sais, mais il me faut coute que coute une activité humaine, je veux pouvoir me raccrocher à cette humanité qui me fait tant souffrir alors que je me rappelle cette perte cruelle.

C’est donc naturellement que je le fais le chemin vers Brian. Pas vers sa maison, son logement. Vers lui. Parce qu’il est peut-être le seul à pouvoir m’aider à ne pas sombrer. Pourtant, je ne le connais pas depuis longtemps. Mais il sait ce que traverse tout homme arraché à un corps solidaire, à des camarades. Il sait aussi ce qu’on ressent quand on doit se reconstruire. Je m’en veux un peu de débarquer chez lui, mais je ne sais pas quoi faire, honnêtement. J’espère avoir suffisamment de force pour passer outre, et m’épuiser à peindre, déplacer, lessiver, clouer, peu importe, mais m’occuper à m’épuiser, humainement, alors que mes dernières forces mentales sont toutes occupées à m’empêcher de sombrer.

Il y a comme un étrange parallèle, comme un schéma qui se répète. Brian est arrivé, Fiona est partie… Je ne sais plus où je suis. Je sais juste qu’il n’y a personne dans ma vie, personne à qui m’accrocher un peu. C’est une honte, je suis son supérieur. Mais aujourd’hui je ne suis plus rien, à part un assemblage de chair qui tient uniquement parce que je veux comprendre, et parce que je sais que Fiona n’est pas tout à fait morte, que son esprit vole sur des plumes nouvellement acquises.

Je me remémore, il y a si peu de jours, ce que m’avait dit Brian
- Ce n’est pas égoïste Jordan… C’est humain, non ? Sache que ton envie de protéger les autres est réciproque. Et je compte bien assurer tes arrières dans nos futures missions, comme tu assures les miennes. La réciprocité c’est la base de l’amitié.

Réciprocité. Suis-je honnête avec lui ? Alors que je débarque parce que je ne suis plus que l’ombre de moi-même ? Suis-je honnête alors que je lui cache l’essentiel, cette…chose qui s’est éveillée pour de bon, en moi ?

Avant de sonner à sa porte, je me suis garé. Je suis resté la, les deux mains sur le volant, avec une envie de hurler… De repartir. Puis j’ai regardé cette maison, cette maison que je lui ai mis sous le nez, et qu’il a fait sienne. Et je me dis que peut être, si je réussi à construire quelque chose de mes mains, je pourrais me prouver qu’elles ne sont pas devenues uniquement des outils de destruction. Je me souviens de Buck, en regardant mes mains sur le volant. Il me les avait lié, puis aspergé d’essence. J’aurai pu mourir ce jour-là, brulé vif, dans cette terrible douleur. Mais je suis revenu, en étant un peu plus que ce que j’étais avant. Il doit y avoir un sens à tout ça, et je dois pouvoir compenser toute l’absurdité de ces destructions par ce que je peux donner à Brian. Mon aide. Même si c’est la sienne que je viens chercher à cet instant.

Lorsqu’il m’ouvre la porte, je vois qu’il est encore en plein dans les travaux. Son regard sur moi me brule. Il sait. Mais il ne juge pas, il ne prend pas cet air qu’ils affichent tous au poste quand ils me croisent. Son geste me surprend, alors qu’il me serre contre lui. Je sens un contact un peu plus froid, alors que la peinture me tâche la nuque, mais je lutte, mon corps se contractant sous l’effort que je fais pour ne pas craquer. La porte claque, et j’ai la sensation qu’elle se referme sur mon passé ressent. Si il me lâche, je sombre. Alors je me raccroche à lui. Je ne suis plus son supérieur, il n’est plus le nouvel équipier fraichement débarqué. Il est l’ancre à laquelle je me raccroche, la lumière dans le phare, éclairant mon salut, alors que je tente de ne pas me noyer dans mon chagrin, mon désespoir. Je nage vers cette lumière, avec la seule force de l’espoir, sans navire, sans rame, sans étoile pour m’indiquer la direction. Si cette lumière vacille, je n’aurai que mes flammes pour embraser le ciel.

Finalement, les soubresauts de mon corps trahissent ma tristesse, alors que Brian me serre un peu plus fort. C’est avec une grande respiration que j’arrive à refaire surface, échoué au pied du phare aux yeux clairs.

- Reste ici le temps que tu veux, ok ? Considère cette maison comme une base de repli. Rien de ce qui se passera ici ne transpirera au dehors. Je t’en fais le serment. Si tu as besoin de craquer, fais-le !

Mes yeux rougis le regardent, pleins de gratitude. Je n’arrive pas a parler, alors je me contente de sourire maladroitement, avec un hochement de tête. Lorsqu’il me propose de dormir ici, je comprends soudain que je ne pourrai pas trouver le sommeil chez moi, dans un lit que j’ai partagé avec celle qui est morte à présent… Je ne pourrais plus trouver le sommeil…

- Ecoute, ce soir on va se débrouiller comme on peut… Il est peut-être temps que j’affronte aussi mes propres démons… Je… J'ai eu des... mon... Demain, j’irai acheter le matelas de mon futur lit… on va s’organiser. Je ne te laisse pas seul.

Ces propos me frappent, et je me rappelle ce que j’avais commencé à supputer sur lui. Son sacrifice est grand, je m’en rends compte. Je ne lui en suis que plus reconnaissant.
-merci, Brian.. Je .. je suis une épave, j’ai tellement honte que tu me vois comme ça.. J’ai jamais… j’ai jamais… Oh mon dieu…

Et une nouvelle marée émotionnelle emporte mes dernières forces, effondrant sur lui, les spasmes de mes larmes et de mon chagrin étant trop forts pour que je les réfrenne ce coup ci, puis, alors que je me laisse guider par Brian, comme un drogué, ou un survivant d’un naufrage. Le feu, encore lui, menace de prendre le contrôle. Alors je le combat. Pour moi. Pour Brian. Pour ne pas lui infliger ça. Mais son contact me rassure, je trouve la force de rester moi-même. Cependant, sachant ou plutôt supposant ce que ça lui coute, je me dégage doucement de son étreinte pour le remercier.

-ça va, je… j’ai besoin de prendre une douche je crois… Je dois puer comme pépé le putois.

C’était un détenu pas très regardant sur son hygiène et qu’on avait surnommé ainsi, comme le dessin animé qui passait de temps en temps à la petite télé de la salle de pause. Nos deux rires furent bref, fatigués, mais sincères.

Brian m’indique où trouver serviette, et me dit de me méfier de l’eau chaude, qui est vraiment chaude…

Je ne sais pas depuis combien de temps je suis sous la douche. Sans doute beaucoup trop, car, à un moment, Brian toque à la porte, inquiet. J’entends des sons, mais ne comprend pas les paroles. Je suis dans une sorte de cocon, de léthargie. Je n’utilise plus l’eau chaude depuis de longues minutes. L’eau froide ruisselle sur mon corps, et ma température ne fait qu’augmenter. Toute la pièce est plongés dans une sorte de vapeur, résultante de cette combinaison froid / feu. Des vapeurs doivent sortir de dessous la porte, car Brian finit par ouvrir celle-ci à la volée, visiblement inquiet que je puisse avoir eu des gestes malheureux…. Je ne sais pas trop ce qui se passe ensuite. Il me parle, étonné, puis je sens comme des mouvements d’air, alors que la vapeur semble se disperser, et c’est finalement les bras puissants de Brian qui me soutiennent de nouveau, et, alors que je m’accroche à lui, qui me pousse vers le lit et des couvertures chaudes, je n’arrive qu’a murmurer.

-pardon.. je contrôle pas.. C’est… c’est si dur, de ne pas le laisser venir…

J’entends ses paroles apaisantes, et je devine les meurtrissures de son âme et l’effort surhumain qu’il fait pour ne pas me lâcher jusqu’à ce que je m’endorme, en sécurité dans ses bras. Ma chaleur corporelle est redescendu, et diffuse à présent ce qui plaisait tant à Fiona.
Peut-être, avec un peu de chance, je me réveillerai un peu plus Jordan demain qu’hier.





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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Sam 12 Sep - 16:22


Enlightenment


Feat : Jordan Parrish



La détresse de Jordan m’incite à l’accueillir et lui offrir une grotte où il peut se laisser aller et s’abriter. La conséquence est que maintenant je dois affronter ma phobie. Je tente par des mots maladroits de lui dire, et de suggérer ce que j’ai vécu. Mais le terrible aveu ne sort pas. Que dire de l’horreur et l’humiliation que j’ai subi ? Que dire de ce que je refuse à admettre. Que ce fumier en me violant m’a ouvert les yeux sur mes réelles préférences ? Jamais je ne pourrais l’accepter, ni l’admettre devant qui que ce soit. C’est trop mortifiant… Je me sens souillé dans mon corps et dans mon âme. Mon esprit a fini par enfermer ma libido, car ma honte et mon humiliation sont tout simplement insurmontables. Une fille dans chaque port… voilà ce que j’ai sorti à Jordan en retour à sa question. A l’époque j’étais sincère quant à ma volonté de ne pas m’attacher pour ne pas blesser celle sûr maintenant. Je dois bien reconnaître qu’aucune ne m’avait transcendé bien qu’elles étaient arrivées à calmer mon appétit dans un lit.

-merci, Brian.. Je .. je suis une épave, j’ai tellement honte que tu me vois comme ça.. J’ai jamais… j’ai jamais… Oh mon dieu…

Alors nous sommes deux. J’aimerais pourvoir lui dire ma propre honte pour qu’il se sente moins seul, mais mes mâchoires restent serrées sur le déni. Je pousse sur le verrou de mon âme, mais il ne bouge presque pas. Alors que je m’inquiète de sa santé, Jordan arrive à faire de l’humour.

-ça va, je… j’ai besoin de prendre une douche je crois… Je dois puer comme pépé le putois.

Je souris en pensant à ce skunk du dessin animé. J’aimerai avoir l’assurance de ce personnage qui ne désespère pas, malgré son odeur putride. Avoir un optimisme à toute épreuve est un sérieux atout dans la vie. Atout que ni Jordan, ni moi ne semblons avoir. Je le guide jusqu’à la salle de bain et lui montre où sont les serviettes et l’invite à se servir après dans mon armoire. Le choix est restreint, mais nous avons le même gabarit. Je lui fais une dernière recommandation au sujet de la température de l’eau, le chauffe-eau fait partie des grosses réparations à envisager.

Je redescends nettoyer mon matériel de peinture. Je veux bien laisser Jordan m’aider, mais pour l’instant il a besoin de repos et d’une présence amicale. Je m’inquiète sur son état nerveux. S’il est venu me voir moi, c’est qu’il a atteint ses limites. Pourtant je suis content qu’il m’ait choisi alors qu’il est à la dérive. Il m’offre un rôle important dans sa vie et cela me touche plus que je ne l’imaginais. Suffisamment pour que j’arrive à maitriser cette phobie qui ruine ma vie. Alors que je mets les pinceaux à sécher au soleil, je m’interroge sur la place que j’ai aux yeux de Jordan. En arrivant il m’a dit vouloir construire quelque chose. Parlait-il de mes travaux ou… de quelque chose de plus personnel ? Je suis confus. Jusqu’à présent je l’ai perçu comme un collègue de travail avec qui je m’entends particulièrement bien. Je m’occupe les mains en lui préparant un verre de jus d’orange et des choses à grignoter. Son affliction montre à quel point il tenait à la femme du FBI. Un sentiment étrange nait dans mon cœur. Je n’ai pas envie d’être juste une épaule sur laquelle pleurer. Je ne comprends pas ces pensées contradictoires qui se disputent dans ma tête. Je repose la bouteille de jus d’orange un peu violemment sur la table. Je ne peux tout de même pas être jaloux d’une morte ! Cela signifierait des émotions que je me refuse d’avoir… Que je suis incapable d’avoir…

Oui, Jordan m’avait dit avoir été troublé par l’attention du jeune photographe, mais c’est bien avec cette femme qu’il passait ses nuits. Une femme… pas un homme. Un maelström d’émotions contradictoires s’entrechoque dans mon cœur. Si ce Matrim perturbe Jordan, moi c’est bien l’adjoint qui m’embrouille l’esprit. Sur quoi se base notre amitié ? Notre passé dans l’armée ? Ou cela n’est-il qu’un leurre que nous nous faisons à nous-même pour nous masquer autre chose de potentiellement plus dérangeant ? Et puis, suis-je prêt à cet autre chose ?

Je suis en pleine confusion quand je me rends compte que cela fait bien trois quart d’heure que Jordan est sous la douche. Mon sang ne fait qu’un tour, c’est bien trop long. Il n’aurait tout de même pas… Je monte quatre à quatre les marches et frappe à la porte de la salle de bain.

- Jordan ? Ça va ?

De la vapeur s’échappe du bas de la porte. L’eau chaude ! Il va se bruler ! J’ouvre la porte et je suis immédiatement immergé dans un nuage de vapeur. La salle de bain s’est transformée en un véritable sauna. Je devine le corps de Jordan. Il est toujours sous la douche… vivant !

- Jordan ?

Je vais pour le soutenir et m’attends à de l’eau brulante. Mais c’est une eau froide qui tempe mes vêtements. Jordan s’appuie sur moi presque de tout son corps. Il n’est plus vraiment conscient. Ses jambes semblent être en coton. L’atmosphère est étouffante. La fenêtre est trop loin pour que je l’atteigne. Alors j’essaye de bouger la gâche. Mais comme à chaque fois que je me sers de mon don sur un solide, je n’arrive pas à le garder intègre. Mais qu’importe, la fermeture tombe en miette sur le sol et la fenêtre s’ouvre. Je peux enfin créer un mouvement d’air que je maitrise et évacuer cette vapeur qui m’étouffe. J’ai attrapé une serviette et tente de sécher ce corps encore bien trop chaud à mon gout. Mes gestes sont maladroits et pas très efficaces car j’agis d’une main, l’autre étant glissé sur la taille de Jordan pour qu’il ne s’effondre pas.

- Tu vas aller t’allonger, je vais t’amener de quoi boire et manger.

J’ai l’impression qu’il ne m’entend même pas. Après deux tentatives de lui nouer la serviette autour des hanches, j’abandonne. L’urgence me fait passer au-delà de sa pudeur et de la mienne. J’hésite à le porter dans mes bras. Je le guide jusqu’à ma chambre ou il s’écroule sur le lit. Je recouvre sa nudité avec les couvertures.

-pardon.. je contrôle pas.. C’est… c’est si dur, de ne pas le laisser venir…
- Ça va aller  Jordan, je suis là. Ne t’inquiète pas. Je gère ok ?


La fièvre le fait délirer, je ne comprends pas de quoi il parle. Il somatise sa peine. C’est cette idée qui me retiens ne pas l’emmener immédiatement à l’hôpital. Il n’est pas vraiment malade et je ne veux pas qu’on le shoot de calmant. Je veux le veiller et prendre soin de lui. Doucement je caresse ses cheveux humides.

- Je vais me changer et t’apporter une collation. Je fais vite.

Dans la salle de bain, j’étends les serviettes et ôte mes vêtements totalement trempés. Je passe rapidement sous la douche pour nettoyer les traces de peinture qui maculent ma peau. En me séchant, je me rends compte que mes affaires propres sont dans ma chambre. J’enfile donc le caleçon que je porte la nuit pour dormir, puis descends chercher ce que j’ai préparé pour Jordan.

Il ressemble trop à un enfant perdu dans ce lit top petit pour deux personnes, mais trop grand pour une seule. Ses yeux fixent un point imaginaire. Lové en position fœtale, il prend toute la place. Doucement je lui soulève la nuque et l’aide à boire. Son corps trésaille, sa main a accroché mon poignet, comme on s’accroche à une bouée. Le moment que je redoute tant arrive. Si j’ôte ma main, il sombre, pas que je veuille lui retirer mon soutient, mais… Les images humiliantes surgissent du passé. Je serre les dents, je dois passer outre, pour lui, pour moi également. Je dois avoir le courage d’affronter ce que je pressens qui arrive, ce sentiment défendu.

Sans rompre le contact, je contourne le lit et m’allonge en me calant dans son dos. J’agis comme si je me jette dans une bataille, comme avant à la Navy. Son dos qui se colle à mon torse... Le contact me brûle, alors que sa température redevient à une presque normalité. La pression de ses mains sur mes poignets qu’il a emprisonnés se renforce. Je ne sais pas à quel moment je lâche enfin ma retenue, et mes doutes quant à l’exacte place où me situe Jordan dans sa vie. Je colle mon front contre le bas de sa nuque et le serre doucement contre moi. Je lui murmure des mots rassurants, je lui parle de la rénovation de la maison, de ce que j’ai envie de faire et que je souhaite qu’il reste là. Sa respiration se fait légère et régulière. Enfin Jordan s’endort dans mes bras. Je ne me croyais pourtant pas capable d’un tel geste.

Mais l’urgence passée, les vieux démons reviennent… Je prends conscience de son corps nu collé au mien. Seul mon caleçon nous sépare. Sans bouger, juste aux contacts de nos deux corps, je devine la fermeté de ses muscles, la chaleur agréable qu’il dégage, et la douceur de sa peau dans les zones protégées. Mais le tableau est gâché par mes souvenirs… les mains de ce salopard qui me parcourent, avides de me toucher, son corps qui s’appuie sur le mien… Je ne peux plus supporter le contact, doucement je soulève mon bras, mais la main de Jordan qui se referme sur mon poignet me stoppe. Je vais rester encore quelques instants le temps qu’il sombre dans un profond sommeil, puis j’irais dormir dehors.

J’ai chaud, la sueur perle sur mon front. J’ai l’impression d’être attaché à un radiateur… un radiateur du nom de Jordan. Je me suis endormi…  Du pied, je fais glisser les couvertures. C’est un vrai four là-dessous. Mes mains sont toujours prisonnières contre le torse de Jordan. Le radio réveil m’indique qu’il est trois heures du matin. Mon bras gauche est ankylosé par sa tête posée contre mon épaule. Je bouge un peu pour faire circuler le sang. Jordan bouge également sans se réveiller, du moins c’est ce que je suppose puisqu’il ne dit rien.

J’aurais dû sursauter en me retrouvant ainsi collé à lui en me réveillant. Mais je me sens bien là, l’entourant de mes bras et de mon corps. Celui-ci s’habitue-t-il à sa présence ? Je crois que Jordan est le premier qui arrive à faire bouger ce verrou qui me bloque. Avec sa peine et son désespoir, il a réussi à entrouvrir une porte que j’ai claquée depuis bien trop longtemps. Doucement je pose mon menton sur le sommet de son crâne et ferme les yeux. J’évite de penser au matin, à la gêne que nous allons forcément avoir. Je goûte au moment présent, et à ce sentiment nouveau. J’aime l’avoir contre moi et sentir sa chaleur qui m’enveloppe. C’est enfin apaisé que je me rendors contre cet homme qui me bouleverse bien plus que je ne l’aurais jamais imaginé.


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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Dim 13 Sep - 19:53








Reconstruction(s)



Dans le monde ou j’ai pris pied, à présent, il n’y a plus de chagrin, ni de douleur. Il n’y a que cette douche chaleur, ouatée, qui m’entoure avec ses volutes de vapeurs. Dans mon nouveau cocon, je n’ai plus la place pour les doutes, mais je n’ai plus non plus d’espoir, ni de vision vers un avenir. Je ne ressens plus rien, mais je sais que si je me retrouve de nouveau à nu, sans la douceur enveloppante de ces particules d’eau et de feu, je tomberai de nouveau, dans une chute sans but ni fin, dans un vertige ne laissant aucune place à une nouvelle chance. Loin, très loin, j’entends qu’on m’appelle, qu’on s’inquiète. Mais je n’arrive pas à me rappeler ou je suis, et depuis combien de temps.

Brian. Je suis chez Brian, et je suis censé l’aider à construire sa maison. A la rénover… Je me souviens, il y a si longtemps, qu’il m’a accueillis les bras ouverts et m’a empêché de sombrer. Il y a encore quelques jours, quelques heures, je communiai, presque, corps et âme, avec une femme-oiseau, sur une souche d’arbre si ancienne qu’elle n’avait plus besoin de nom. Alors pourquoi l’appeler Nemeton ? Quelle importance. Le pouvoir était la bas, et tôt ou tard, je le sais, j’aurai un rôle à y jouer. Mais, oh mon dieu, qu’il était dur de vouloir se battre pour pouvoir jouer ce rôle. Comme tout semblait lourd, lent, et sans saveur à présent… Pendant des années, je m’étais isolé, exerçant mon métier seul, sans contact. Quand enfin je trouvais des gens vers qui me tourner, à qui je pouvais offrir un peu de moi-même, je ne savais soudain plus vraiment qui j’étais, et les gens disparaissais, souffraient et trahissaient autour de moi.

Mais au fin fond de mes ténèbres, j’ai aperçu une lumière dans les yeux d’un homme que je pensais pouvoir aider, et qui est le seul être à part Mafdet à pouvoir le faire pour moi en ce moment. Une lumière vacillante, fragile, et qui a besoin qu’on la protège aussi. Le plus étrange, et peut être effrayant, c’est de me rendre compte qu’il est peut être capable de me faire sentir euphorique. Je n’ai jamais envisagé ce genre de chose jusqu’à présent. Ça ne me gênait pas outre mesure, mais simplement je n’ai jamais…
- Jordan ? Ça va ?

Non, Brian. Non, ne reste pas près de moi, les gens meurent près de moi et je suis incapable de les sauver… Mais il ne m’entend pas, car je n’arrive pas à dire ces mots. Alors qu’il s’approche de moi, et qu’une partie de mon esprit arrive à comprendre ce qui ce passe, j’ai juste envie de me laisser aller, de dormir, de ne pas me réveiller, ou plutôt de constater que tout ça n’est qu’un cauchemar, que je vais me réveiller sur le Nemeton, en compagnie de… de…
Je sens Brian qui me soutiens, je m’accroche à lui comme à une bouée de sauvetage. Je ne comprends pas bien ce qu’il se passe, alors que la vapeur et l’air semblent presque animés, comme vivants.

Brian ne me lâche pas d’un pouce pendant tout ce temps, et j’aimerai pouvoir le remercier, mais je suis incapable de parler. Pas encore. J’avance, soutenu par mon coéquipier, presque mécaniquement, alors qu’il me parle, sans que je puisse comprendre ses paroles. Mais sa voix m’apaise, me réconforte. J’aime la musicalité de sa voix. Je me rappelle qu’il avait joué de la guitare, et je me demande, de façon totalement incongrue, s’il sait chanter également.

Alors que je m’écroule sur le lit, et qu’il me recouvre, j’arrive enfin à le comprendre.
- Ça va aller Jordan, je suis là. Ne t’inquiète pas. Je gère ok ?
Merci, merci merci… Je sens sa main sur mes cheveux, et je comprends soudain tout ce qu’il est en train de sacrifier pour moi. Sa bataille, son confort mental, son armure… Je n’ai à présent plus de doute sur ce qu’il a pu vivre, mais je n’ai aucune idée de ce que je peux faire pour l’aider. Le mieux ce serait que je parte, que je le laisse, mais j’en suis incapable. Physiquement et mentalement. J’essaie de comprendre mes propres sentiments alors qu’il m’indique s’absenter quelques minutes…

Je ne m’attendais pas à ça. Je n’ai jamais craqué comme aujourd’hui, auparavant… Mais je n’avais jamais eu à faire face à une telle violence. Le pire, c’est que ce qui m’effraie le plus, c’est ce que j’ai fait, et la perte totale de contrôle de mon vaisseau de chair.

Quand il revient, je suis de nouveau parti dans le passé, je cherche à redevenir innocent. Il m’aide à boire, et je sens toute la tension que ma main engendre en lui prenant le poignet. S’il me lâche, je pars à la dérive. Il ne le comprend que trop bien. Lorsqu’il vient se caler contre moi, je me sens enfin apaisé. J’ai peur qu’il ne parte, cependant, et mes mains enserrent ses poignets. Pour le retenir, pour que je puisse lui dire tout ce qu’il a fait pour moi, demain, et peut être le jour d’après.

Pour qu’à mon tour, je puisse l’aider. Lorsqu’il me parle des travaux, de la maison, je me laisse bercer par cette voix, tout doucement. Je ne me sens plus seul, ma peau contre la peau d’un Brian à la dérive, nous arrivons par miracle à voguer vers des eaux plus calmes. Finalement je m’endors, une vison d’un radeau sur une mer d’encre, sous un ciel étoilé, dans mon esprit. Enfin je peux dormir, bienheureux, sachant qu’on veille sur moi, pour une fois.

Dans mon rêve, je l’ai senti partir, à un moment, et j’ai trouvé la force de le retenir. Brian, lui, à trouvé la force de rester. Mon rêve est fait de mystère, de flammes, et souvent, le SEUIL revient, implacable, majestueux, hypnotique. J’ai la conviction que j’ai un rôle à jouer. Que je dois garder ce seuil, ou plutôt y faire passer ce qui doit rester dans l’autre monde, pour que celui des mortels ne tombe pas en poussière. Mortels ? Mais bon dieu, je suis quoi moi ? Je me sens pourtant si humain, entouré par Brian. Je me sens si empathiquement lié à lui, comme à d’autres dont j’ai la garde, en tant que policier. En tant qu’homme.

Je sais qu’il s’est réveillé et qu’il a lutté pour rester. Alors quand vient le petit matin, et que je devine la lutte qui l’a épuisé toute la nuit, je me réveille avant lui, sans vraiment l’avoir choisis. Il est contre moi, et je devrais me sentir mal, mais je me sens si bien, au contraire. Je me retourne doucement, bougeant ses bras pour pouvoir le faire, et, prenant milles précautions pour ne pas le brusquer ou le réveiller, je me couche sur le dos, l’emmenant contre moi, et passe à mon tour un bras protecteur sur ses épaules. Il bouge un peu, presque réveillé, et soupir finalement, comme si il renonçait à souffrir, comme je le fais moi-même en faisant taire la douleur.

Nous allons devoir parler, j’ai les yeux grands ouverts, dans tous les sens du terme. Je ne veux en aucun cas le brusquer, alors j’attends son réveil. Quand enfin il arrive, je vois les brumes du rêve s’évanouirent comme celles de la salle de bain, et ses yeux semblent soudain effrayés, alors que tout son corps se crispe. Mais je lui souris, et lui prend la main.

-Brian, tout va bien… Tu ne crains rien avec moi. C’est grâce à toi si je n’ai pas sombré dans la folie hier soir, je te ferais jamais de mal. Je… Si tu veux parler, tu peux le faire. Si tu veux juste rester la contre moi, ça me va aussi… Je comprends et je vais t’aider à traverser ça… Promis..








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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Lun 14 Sep - 18:54


Agony


Feat : Jordan Parrish



Je suis en plein rêve conscient. Je dors, pourtant je sais que je rêve. Cela ne m’arrive pas souvent d’avoir ce recul et d’assister à mon propre rêve comme un spectateur dans une salle obscure au cinéma. Je me laisse porter par l’histoire que mon cerveau crée au gré des souvenirs qu’il pioche dans ma mémoire. Mais comme dans tous rêves, il n’y a pas de suite logique, des éléments s’incorporent, d’autres disparaissent. J’ai une sensation de bien-être. Ce rêve est positif et apaisant. J’essaye de m’en imprégner pour m’en souvenir à mon réveil. Mais c’est comme retenir une rivière avec ses doigts. L’histoire que je rêve n’est qu’un snapshot sur l’écran fugace de mon cerveau endormi, sitôt vécu, sitôt oublié… Cela me désole car dans ce rêve, je suis enfin débarrassé de ce qui me bride. Le viol n’a pas eu lieu et je suis en compagnie d’une femme sublime. Elle a une silhouette élancée, des cheveux blonds cendrés et de magnifiques yeux verts. Nous sommes sur le bord d’une plage, elle me sourit et je sens mon cœur s’enflammer. Main dans la main, nous marchons là où les vagues viennent mourir sur le sable. Le soleil chauffe agréablement mes épaules.

Je cours, des arbres défilent de chaque côté. Je suis dans une forêt. La jeune femme de la plage est à mes côtés, néanmoins je n’arrive toujours pas à discerner ses traits exacts, juste la couleur si clair de ses yeux, celle de ses cheveux. Je pousse sur mes pieds, elle me suit. Je sens une belle synchronisation entre nous, mais pardessus tout je me sens libre de ressentir et d’éprouver des émotions. Je m’arrête et la prend dans mes bras. La sensation est divine. Je perçois son souffle haletant dans mon cou, j’entends son cœur battre en cadence contre mon torse. Je me vois lui caresser le visage puis la serrer contre moi. Ses bras qui se referment dans mon dos, sont la promesse d’une étreinte plus intime. Je me sens si bien, en accord avec moi-même, enfin libre d’aimer et d’être aimé en retour.

Une chaleur m’envahit, elle provient d’un feu qui crépite dans mon dos. J’observe mon ombre danser sur le sol au grès du mouvement des flammes. Je me retourne, je suis dans une clairière. En son centre, les restes d’un arbre qui fut jadis imposant. C’est la souche qui brûle, je trouve le spectacle magnifique, mais mon cœur se fige soudainement quand je devine une silhouette au milieu des flammes. Il y a autour de moi un sentiment de détresse et d’anéantissement profond. Je crie pour appeler à l’aide mais aucun son ne sort de mes lèvres. Alors je me précipite vers cette souche. Mon rêve tourne au cauchemar, mes jambes sont en coton. Je n’avance pas, malgré l’énergie que je déploie pour bouger et sauver cette personne, si elle peut encore l’être. Accablé, je tombe à genoux, impuissant à sauver cette vie. Des larmes me brouillent la vue, je suis inutile… Alors je me souviens de mon don. Je lève les mains devant moi et écarte l’air comme un Moïse ouvrant la mer rouge en deux. J’enlève tout l’oxygène autour de ce corps qui est allongé sur la souche. Enfin, j’arrive à me relever et marcher jusqu’à l’arbre mort. La personne est nue et me tourne le dos. Je la prends doucement contre moi. Sa peau est chaude, mais sans dommage, malgré le brasier subi. Ses traits sont flous, des mains agrippent les miennes. J’apporte mon soutient en serrant ce corps contre moi. C’est mon métier de protéger les autres. Alors je berce et je cajole cette personne que je tiens dans mes bras. Une brise chaude caresse mon dos. Depuis quand suis-je torse nu ? Qu’importe, je suis utile, il n’y a que cela qui importe.

Cela commence par une sourde rumeur venant de l’extérieur. J’émerge doucement de mon rêve. Je reste un instant entre veille et éveil m’accrochant aux bribes de mon rêve qui m’échappe inexorablement. J’essaye de revoir cette femme, mais elle se délite tel un fantôme. Les images s’effacent de ma mémoire me laissant juste un sentiment de frustration d’un bien-être perdu. La réalité reprend sa place avec son lot de chaînes et de verrous. Pourtant la douce chaleur de mon songe persiste. Je la savoure m’offrant à ce doux rayonnement. Puis je sens un léger mouvement, une respiration sur mon front, j’ouvre les yeux… Ce regard vert… la réalité de la situation me glace le sang.

-Brian, tout va bien… Tu ne crains rien avec moi. C’est grâce à toi si je n’ai pas sombré dans la folie hier soir, je te ferais jamais de mal. Je… Si tu veux parler, tu peux le faire. Si tu veux juste rester la contre moi, ça me va aussi… Je comprends et je vais t’aider à traverser ça… Promis..

La main de Jordan qui prend la mienne déclenche ma déraison. Je me recule brusquement, tombant sur le sol. La panique m’empêche d'avoir mal. Mes jambes s’emmêlent dans les draps, je recule sur le sol, jusqu’à ce que mon dos cogne brutalement le mur. Je me mets à trembler comme une feuille lorsque je vois le corps dénudé de Jordan. La vague de terreur me submerge. Le sol se met à tanguer, j’ai l’impression que les murs se rapprochent et m’emprisonnent. Ma vision se trouble, je suis de nouveau dans celle cellule glaciale en fond de cale… entravé… A sa merci... Je me redresse comme ivre, m’aidant du mur pour ne pas tomber.

- J’ai… je dois…

Je me cogne durement au chambranle de la porte lorsque je sors rapidement de la chambre. Je suis terrorisé, je ne trouve que la salle de bain comme salut devant moi. Je m’y engouffre et m’y cache sans prendre la peine d’allumer la lumière. Surtout pas, je ne veux pas qu’on me voit, ni qu’on me trouve. Je me laisse glisser sur le sol froid du carrelage. La tête entre mes genoux, les bras autour de mes jambes, je me balance d’avant en arrière. La crise est sévère, mon cœur bien trop rapide, ma respiration devient sifflante. Je m’étouffe à inspirer trop d’air.

Je me mords le poing pour étouffer mes sanglots. On a frappé à la porte, personne doit savoir que je suis là. J’ai si froid d’un seul coup, alors que je sors à peine de ce rêve si doux et si chaleureux. Je vis un cauchemar éveillé. Le sol tangue si fort que je me couche sur le sol en position fœtale. Je veux disparaître dans le sol, ne plus exister. J’entends la porte qui bouge sur ses gonds, une voix m’atteint déformée. Jordan ! C’est Jordan… Un semblant de raison me revient et le pourquoi de sa présence dans mon lit aussi.

Pourquoi ?! Pourquoi je réagis ainsi ? Le miroir de plein pied me renvoie mon image. J’ai les pupilles dilatées par la peur, et je suis livide. J’ai si honte de moi, de ma réaction exacerbée… Pourtant hier soir j’y suis arrivé… à rester. Jordan avait besoin de moi et a toujours besoin de moi. La voix insiste derrière la porte. J’essaye de me comprendre, de me raisonner. L’autre jour j’ai donné si facilement mon numéro de téléphone à Jansen… Cette nuit j’ai serré Jordan contre moi… Est-ce que la détresse des autres arrive à lever un peu ce verrou qui bousille ma vie ? J’en ai marre de cette peur qui me colle à la peau et qui s’infiltre, sournoise, dans mes pensées. Je fais confiance à Jordan, mais son contact m’a brûlé. J’ai honte d’affronter de nouveau son regard et d’imaginer ce qu’il peut penser de moi. Je lui ai proposé de l’accueillir et me voilà en train de pleurer comme une loque sur le carrelage de ma salle de bain. Je claque des dents, j’ai si froid. Je veux quitter ce cauchemar et cette réalité qui me tue chaque jour un peu plus et m’enfoncer de nouveau dans ce rêve si chaud et rassurant. Le bruit de quelque chose qu’on arrache me fait sursauter. Est-ce mon cœur qui se déchire ?

La chaleur est revenue. Je tiens les yeux obstinément fermés. Je crois que je m’agrippe à quelque chose. Mais j’ai si peur du contact et de ressentir quelque chose.


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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Mar 15 Sep - 23:11








Décisions



Parfois on est aussi démuni qu’un enfant devant une injustice. C’est exactement ce que je ressens. Pas pour moi. Pour lui. Je devine à peine ce qu’il a pu traverser, je fais des raccourcis cognitifs, j’extrapole à partir du dossier que j’ai lu et des réactions qu’il a pu avoir, ces petites crispations chaque fois que nos peaux se touchaient, même pendant nos entrainements.

Mais je ne sais pas comment gérer ça. Il n’y a aucun fil rouge, ou bleu à couper, pas de réflexion qui m’amène à trouver la solution, dans l’urgence. Désamorcer la bombe. Car il y a une urgence. Une urgence qui crie silencieusement. Si seulement je trouvais le fil rouge à couper, si je pouvais lui faire ce cadeau. Mais je reste là, à attendre son réveil, et à ne pas savoir quoi lui dire quand il arrivera. Je suis moi-même tellement épuisé, les yeux rougis, le cœur marqué au fer chauffé à blanc, même si la majestueuse image de l’envol de l’aigle est elle aussi gravé dans ma mémoire. Tant d’injustices, tant de souffrance, pourquoi ?

Est-ce pour ça que je suis venu le voir ? Pour qu’il me sauve, et que je puisse le sauver à mon tour ? Quelle prétention de ma part ! Je ne suis qu’un étranger pour lui. Il y a à peine quelques mois on ne se connaissait absolument pas. Alors je guette son réveil, et les secondes me narguent, s’étirant en angoisse minutée… J’essaie de guetter les signes, d’anticiper sa réaction, de le rassurer.

Quand finalement il émerge de son rêve, je suis tellement surpris que je n’ai pas le temps de réagir.
Je vois se peindre l’horreur sur son visage, je vois s’exprimer la douleur, courant sur les muscles de son corps, alors qu’il tombe au sol, victime de la violence de sa réaction. Je reste à le regarder, totalement incapable de trouver ce qu’il faut faire. Je le vois me regarder, et son regard d’horreur et de dégout me frappe de plein fouet. Qu’ai-je fait ? Quel imbécile ! Je me suis précipité vers la seule personne qui pouvait encore me faire garder un semblant de raison, mais voila que je l’entraine dans ma chute, lui faisant revivre avec une acuité cruelle sa propre perdition…
-Brian, non.. je .. pardon, c’est pas…

Je le vois tituber, se redresser avec peine, dans l’intention manifeste de me fuir. Vais-je détruire tout autour de moi ? Suis-je le messager de la détresse ? De l’injustice ? Je dois trouver les fils pour désamorcer cette bombe. Il y a des vies en jeu. Celle de Brian, prisonnier d’un passé indicible, et la mienne, car je ne peux plus errer sans but, avec comme seule chaleur celle de ma rage bouillonnante et de mon incompréhension.

Il fuit loin de moi, et j’ai pourtant envie de le rattraper, de le consoler, de lui promettre que tout ira bien. Mais comment faire ? Je me redresse maladroitement, encoure sous le choc, quand je l’entends, déjà loin, s’enfermer dans la salle de bain. Je prends les premiers vêtements qui me tombent sous la main, sachant ce que la vue de ma nudité a pu lui remémorer.

Guettant avec angoisse des signes de Brian, je m’approche doucement de la porte, et l’entend derrière elle. Je frappe doucement, mais seule sa détresse absolue, sa douleur insupportable me répond. Je n’ose pas brusquer les choses, et je m’adosse donc à la porte, tentant de percer sa bulle de douleur par des mots rassurants, le laissant venir à moi. Mais il est emmuré trop profondément dans sa forteresse, et il ne me laisse pas approcher.

Alors je finis par me relever, et je tente d’ouvrir la porte. J’ai si peur qu’il commette l’irréparable, ou qu’il se blesse, perdant la raison. Je ne sais pas exactement ce que j’ai fais par la suite. Ma main posée contre la porte, mon front appuyé sur cette dernière, je tente de le rassurer, mais j’entend ses sanglots étouffés. Je ne supporte soudain plus cette situation, et je sens une vague de chaleur, proportionnelle à ma compassion pour lui, m’emplir entièrement. Mais ce n’est pas un feu dévorant, c’est le feu qui réchauffe les cœurs, qui éclaire la nuit, qui rassemble autour d’un réconfort. Pourtant il est aussi vivace qu’un feu guerrier, et le gond de la porte finit par couler dans un filet argenté entre mes doigts. Le t-shirt que j’ai emprunté n’est plus, mais par miracle j’ai pu garder le caleçon… La porte cède sous ma sollicitation, et je découvre un Brian prostré, en proie à ses démons.

Je ne commets pas l’erreur de me précipiter sur lui, et de le prendre dans mes bras pour lui procurer chaleur et protection, et pourtant c’est exactement ce que j’ai envie de faire à ce moment-là. A la place, je m’assois doucement près de lui, alors qu’il s’agrippe au pied de l’évier, les yeux fermés, crispés, et cette vision me fait mal. Un contact physique est à proscrire pour le moment. Mais il a clairement besoin de s’accrocher à quelque chose. Pris d’une impulsion, je sors rapidement de la pièce, et je reviens tout aussi rapidement avec sa guitare. Je reprends ma place, non loin de lui, et lui tend l’instrument. Sa main se referme sur la guitare, et reconnait l’instrument de musique, même si son esprit n’a pas encore compris. Il a saisi la guitare, mais sa main semble hésiter, frôle a peine les cordes. Alors je tente de lui procurer une sensation de bien-être, de sécurité.

Je me rappelle la chanson qu’il avait joué la dernière fois, et je me mets à chanter. Je ne sais pas chanter, c’est une catastrophe, mais avec ma voix éraillée, fatiguée, je le mets sur la piste. Sa main, son corps reconnait la mélodie, et, petit à petit, rejoue les notes, comme par réflexe. Quand la musique s’exprime enfin, je me tais, car je ne veux pas gâcher ce moment avec mes médiocres performances dans ce domaine. Je lève alors mes deux bras, face à lui, et j’arrive en me concentrant à diffuser ma chaleur vers lui.

C’est le feu de camp qui rassure et réconforte, la couverture lorsqu’on est fiévreux, les flammes sur la plage, quand on écoute les accords d’une guitare. Ses yeux s’ouvrent, ses mains continuent de jouer, et il me regarde, encore trop apeuré pour parler, encore trop honteux pour me pardonner. Mais surtout, il comprend en me voyant, que je suis un peu plus que Jordan Parrish, que je lui donne ce plus, pour l’aider, mais que je vais avoir besoin de lui pour rester autant que possible Jordan… Nos regards se croisent, le mien doit être légèrement luisant, et pourtant ceci ne semble pas lui faire peur. Un sourire nait sur mon visage, et je vois enfin naitre un sourire sur le sien.

Il n’y a aucune question, aucune demande d’explication de ma part. Je lui offre ma chaleur. Humaine. Ancienne.. Et il semble l’accepter.

J’ai fais le premier pas.
-voici mon secret. Je n’en connais pas les implications. Je ne sais pas d’où ça vient, ce que je suis. Mais je te confie ça.

Alors, je lui parle de cette nuit, ou j’ai faillis mourir, de la main de buck, et où j’ai pu renaitre. Il continue à jouer et je vois son corps s’habituer à ma présence. Quand j’ai finis mon récit, il arrête de jouer également.
-Brian. On peut s’aider tous les deux. Si tu veux que je parte, je le fais, tout de suite. Mais si tu veux de mon aide, de ma présence, alors tu n’a pas besoin de parler. Juste d’accepter ce que je te donne, même si je suis pratiquement anéantis. Brian. On est juste… Deux solitudes qui se rencontrent… C’est à nous de voir ce qu’on peut faire de ça. Si tu veux qu’on oublie tout, je repars, et ça ne changera rien. On s’entrainera comme avant… Mais j’ai tellement de souffrance en moi, et je sens tellement de souffrance en toi… On peut s’aider… Si on se fait assez confiance.

Je lui tends ma main, paume face à lui, et la sensation de chaleur reflue.







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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Mer 16 Sep - 21:36


Tame


Feat : Jordan Parrish



Pathétique, et le mot est faible. Moi, l’ex-enseigne de vaisseau, l’ex-membre du NCIS, je tremble comme un gamin effrayé, couché sur le sol de ma salle de bain. J’ai les yeux fermés sur la réalité, pourtant je sens la présence de Jordan à proximité. Je crains le contact, mais il semble s’en abstenir. Mon cœur se soulage de ce stress. Je lui suis reconnaissant de cette empathie mesurée qu’il montre envers moi. Je n’ai pas encore le courage d’ouvrir les yeux, ni de le regarder en face, car j’ai si honte de moi. Soudain la chaleur s’estompe, et je l’entends descendre les escaliers. J’ouvre un œil et constate que je me cramponne au pied du meuble de l’évier… Je lâche cette bouée dérisoire et m’assois en serrant mes jambes entre mes bras. J’ai de nouveau froid, mais je suis bien incapable de me lever et d'aller chercher de quoi me couvrir. Je suis vidé de mes forces, aussi vulnérable qu’un nourrisson. Je maudis l’image que je donne en cet instant. Alors quand Jordan revient, je me cache en fermant les yeux… Remparts des lâches et des faibles…

Le bruit est caractéristique, ce son que produit la guitare quand il la pose près de moi me sort un peu de ma léthargie. Je l’attrape à tâtons. Ma main se referme sur le manche, ce contact familier me rassure. Je prends la guitare dans mes bras. Mes doigts glissent sur les cordes tendues et le bois verni de la caisse de résonnance. La bouée que me donne Jordan est solide, alors je m’y accroche de toutes mes forces. Les battements de mon cœur s’apaisent un peu plus. J’entrouvre les paupières quand il se met à fredonner une chanson. Je ne reconnais pas la mélodie, mais les paroles me rappellent le morceau que je lui avais joué il y a quelques jours. Je souris un peu, tellement c’est mal chanté. Mais je sais pourquoi sa voix est si rauque… Il est là à tenter de m’apprivoiser comme un animal effarouché, alors que lui-même est si mal… Mes doigts plaquent un accord, puis un autre sans même que j’en ai conscience et la mélodie que Jordan me souffle meuble le silence. Les yeux fermés, je me laisse bercer par la musique que je joue. Je pourrais accompagner ces notes de musique en chantant, mais je n’ai pas une tessiture très étendue et l’émotion qui me comprime la poitrine n’aide pas vraiment. Alors je me contente de meubler l’espace et de relâcher ma tension dans les vibrations des cordes que je pince.

A ma mélodie, répond une douce chaleur qui se repend autour de moi. Je la reconnais, c’est celle de mon rêve. Cette chaleur si rassurante dans laquelle je me suis plongé avidement. Son rayonnement vient clairement du côté de Jordan, alors j’ouvre doucement les yeux. Il faut que je brave ma honte et ma gêne pour les lever vers lui. J’ai la volonté de le regarder, mais je dois faire violence sur mon corps pour qu’il m’obéisse. Je reste bouche bée du spectacle qu'il m’offre. La chaleur irradie bien de lui. Il se tient bras ouverts et rayonne d’une douce tiédeur. Il a un reste de tee-shirt calciné sur l’épaule droite, mais le plus incroyable est son regard d’habitude si vert et si clair quand j’y plonge le mien. Sa couleur a changé, il y a une sorte de feu qui luit dans ses iris. Je trouve cela si beau et si fort qu’un sentiment de sécurité m’enveloppe.

-voici mon secret. Je n’en connais pas les implications. Je ne sais pas d’où ça vient, ce que je suis. Mais je te confie ça.

Alors que je viens de ressentir une panique incommensurable en me réveillant dans ses bras, je n’ai aucune peur en voyant l’étrangeté de son regard. Je ne ressens aucune frayeur, car sa chaleur m’enveloppe telle une couverture. Jordan arrive à m’entourer sans me toucher physiquement. « Je te confie ça… » Je comprends que le « ça », c’est cette chaleur étrange qu’il dégage ou encore ses yeux qui brillent d’une lueur impossible mais si envoutante. Je soupçonne que sa rapidité et son endurance à la course sont également liées à ce mystère qu’il me dévoile.

Je ne sais pas quoi répondre, ce qu’il me montre et me divulgue a coupé nette ma panique, concentrant mon attention sur lui. Je l’écoute sans que mes mains arrêtent de jouer. Cette guitare est la bouée qu’il m’a tendue. Je suis encore trop loin du rivage pour la lâcher. Je joue un rythme plus lent qui nous fait une ambiance sonore sans prendre le dessus sur le récit qu’il me fait. J’écoute l’atrocité que ce Buck lui a fait subir. J’imagine à peine la douleur indicible qu’il a dû ressentir, ni l’incompréhension de s’en sortir indemne. Je devine la rage qu’a dû être la sienne. Jordan dit ne pas savoir ce qu’il est exactement. Je ne suis pas vraiment calé en mythologie ou en créatures fantastiques, mais brûler et renaître de ses cendres n’est-il pas l’apanage du phœnix ? Je m’imagine Jordan avec des ailes de flammes, mais finalement j’ai du mal à me le représenter ainsi.

Les notes de musique meurent quand il termine son récit. Je comprends qu’il attend de moi une réaction face à cet aveu. J’opine de la tête pour dire que j’ai saisi ce qu’il vient de me dire et que je ne mets pas en doute sa parole. Les mots sont encore difficiles pour moi, je souris un peu penaud. Car je me fais consoler comme un enfant et… que finalement Jordan y arrive très bien. Ce que j’ai subi ne pourra jamais être effacé. Il faut juste que cette cicatrice invisible ne me fasse plus souffrir.

Les mots qui suivent me touchent aussi surement que s’il avait mis son bras autour de mes épaules. Mais avec la chaleur avec laquelle il m’entoure, ce contact verbal ne m’effarouche pas. Il met son âme à nue, simplement et sans fard. Nous sommes deux esquifs qui viennent de se heurter l’un contre l’autre, perdus au milieu d’une tempête. L’union a toujours fait la force…

- Mais j’ai tellement de souffrance en moi, et je sens tellement de souffrance en toi… On peut s’aider… Si on se fait assez confiance.

Lorsqu’on fait une promesse, on donne de l’espoir. Quand on l’honore, on crée la confiance. Hier soir quand il est venu s’échouer ici comme une ultime tentative pour ne pas sombrer, je lui ai fait une promesse. Celle de l’accueillir le temps qu’il faudrait. J’ai juré sur mon honneur de marin. Ce n’était pas des paroles en l’air mais bien un serment. Je regarde la main qu’il me tend, sa paume orientée vers moi en signe d’accueil et de paix. Doucement je décolle ma main de la guitare, la saisis et noue mes doigts avec les siens. Je sers fort pour ne pas le lâcher. Ma volonté se bat contre ma phobie. Sa paume est chaude, comme chauffée par le soleil. Je me focalise sur sa chaleur, sur ses yeux redevenus verts mais encore rougis de ses pleurs, et sur sa détresse qu’il m’avoue sans honte. Je ne suis pas encore prêt à raconter ce qui me hante. La parole sera une délivrance, mais pas tout de suite. Si je l’aide maintenant, je pense que plus tard j’arriverais à me confier et laver cette saleté qui m’encombre la mémoire.

- Hier je t’ai fait une promesse Jordan. Tu restes ici tout le temps que tu as besoin, même si cela doit durer des semaines ou des mois… Je… On s’occupe de toi d’abord… Moi je vis ça depuis si longtemps que ça peut attendre quelques jours ou quelques semaines… Je te fais confiance… Pour te le prouver, j’irai acheter mon matelas comme je l’avais décidé avant ta venue, c’est à dire après les travaux salissants dans la maison. Et secret pour secret… voici le mien.

Je trouve mon don ridicule par rapport au sien qui semble lui donner une force et une présence si imposante. Cependant, si je ne peux pas encore lui avouer ce qui me mine, bien qu’il semble visiblement s’en douter, je dois me livrer à lui et ne rien lui cacher. Alors je lève mon autre main. Je n’ai pas besoin de cela pour activer mon don, mais cela m’aide à visualiser l’espace que je vise. Je crée un gros volume de vide dans son dos, la résultante crée un petit courant d’air qui caresse notre peau et fait tomber une des serviettes. Je la rattrape en concentrant l’air qui se trouve en-dessous. Elle semble léviter quelques instants puis chute au sol à côté de nous.

- Ce n’est pas grand-chose… je ne suis né avec ce don… je ne sais pas d’où je le tiens. J’en ai eu conscience à l’adolescence. Je l’utilise rarement et souvent de manière inconsciente. Par contre cela m’a sauvé la vie dans des combats dans le golfe persique et surtout lors de l’explosion de la bombe dans la banque à New York. Je… j’ai contré le souffle meurtrier qui m’aurait haché menu ainsi que tous les clients qui se trouvaient dans mon dos à ce moment-là. Cela ne nous a pas évité l’hôpital, mais évité d’y rester…

Jordan ne semble pas étonné, ni surpris. Je ne suis pas plus fort que n’importe quel autre soldat entrainé. Mon don me donne juste un avantage qui crée la surprise. A ses yeux, je ne dois pas sembler si extraordinaire. Je me demande si mes yeux s’illuminent comme les siens quand je joue avec les particules et les atomes. Je regarde mon reflet dans le miroir, il me renvoie mon regard bleu habituel. Mais j’ai arrêté de bouger l’air et un début de migraine ne me donne pas envie de recommencer pour vérifier.

Je me relève et entraine Jordan, dont je n’ai pas lâché la main, pour l’aider à se relever. Je pose la guitare dans le couloir et file prendre des vêtements dans la chambre. Nos aveux respectifs, sa douce chaleur qui m’a entouré et par-dessus tout sa sincérité ont brisé la spirale de panique qui m’a secoué. Il va nous falloir du temps, cependant est-ce que Jordan a ce temps devant lui ? Son visage est marqué par la fatigue et les nuits trop courtes. Je dois l’épauler et… en le faisant il y a une chance que cela m’aide. Je reprends donc un peu de contenance et lui affiche un visage serein.

- Sers-toi dans mon placard et… essaye de ne rien cramer…

Je viens de voir du métal fondu au pied de la porte de la salle de bain. Je m’esclaffe à sa tête gênée. Il bredouille quelque chose sur une problématique liée à ses capacités surnaturelles. Je crois comprendre la raison pour laquelle il a autant d’uniforme de rechange dans son vestiaire. Je n’ai ressenti qu’une chaleur bienfaisante venant de lui, mais je devine que cela peut éventuellement se transformer en brasier comme en témoigne les maigres restes de mon tee-shirt qu’il avait enfilé.

J’ai préparé un copieux petit déjeuner. Jordan n’a rien avalé hier soir et puisqu’il veut m’aider à retaper cette maison, autant qu’il le fasse le ventre plein. Je repousse le spectre de la soirée et le moment où il faudra se coucher. Je veux le laisser m’apprivoiser. Je me détourne et rougis un peu en pensant que j’ai envie de sentir à nouveau sa chaleur sur moi. Elle m'apaise tant. Depuis ce qui m’est arrivé à l’armé, je n’avais plus jamais mis une confiance absolue en quelqu’un. En regardant Jordan attaquer avec appétit ce qu'il y a sur la table, je me sens capable de le laisser m’aider… de m’approcher. Ce que j’ai toujours refusé jusqu’à présent.

Il est de l’élément feu. Je n’ai pas d’élément attribué mais je manipule facilement l’air, le vide et l’eau. Si Jordan est venu me demander de l’aide, est-ce parce que finalement je peux l’attiser comme l’éteindre ? Est-ce cela qui fait que depuis le début, nous nous entendons si bien ?


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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Ven 18 Sep - 23:47








Décisions



A bien y réfléchir, c’est peut être la première fois que j’arrive à contrôler l’apport , ou plutôt le flux de feu que je diffuse, et que je reprends en moi. Avec Fiona, j’arrivai à l’entourer, à l’envelopper de chaleur bienfaisante. Mais je n’avais pour le moment pas réussi à diriger cette chaleur, ni à modifier son intensité en si peu de temps. Il faut croire que, comme le dit l’adage, une fois acculé, on se trouve des ressources insoupçonnées. Brian avait repris pied, petit à petit, et même sourit grâce à ma tentative minable de chanter. Ma voix était tellement lasse, fatiguée, écorchée, que ça avait plutôt eut l’air d’un animal en train de pousser son dernier râle, qu’un chant.
Je l’avais vu pincer les cordes, j’avais vu son rythme cardiaque diminuer, et, du mieux que je pouvais, je l’encourageai dans cette voie,l’entourant de chaleur, sans vraiment le toucher. Mon instinct me hurlait de ne pas le faire, qu’il fallait l’aider à se reconstruire, mais qu’il lui fallait du temps.

Petit à petit, la musique prenait la place de la terreur, de l’angoisse. Je l’observai, et pour la première fois depuis la veille, j’avais le temps de me poser des questions. Pourquoi lui ? Certes, je n’avais pas vraiment de gens dans ma vie, surtout depuis.. Mais j’aurai pu tout de même voir Mafdet, ou Ruby. Mafdet m’aurait surement secoué les puces, à sa manière, pour que je ne souffre pas et ne m’apitoie pas sur mon sort. Et Ruby aurait été un phare, elle aussi. Alors pourquoi Brian ?

Je lui vouais une confiance instinctive, et pourtant je savais que c’était une tête brulée. Mais il était peut-être temps d’être honnête avec moi-même ? Je le regardai, et j’aimais sa voix, ainsi que son regard. Je le trouvais attirant. Je n’en avais pas honte, mais je n’arrivai pas à comprendre pourquoi, et pourquoi maintenant. J’essayai de me dire que c’était pour compenser la perte de Fiona, que ce n’était surement qu’un effet d’imprégnation, temporaire. Mais je me rappelai l’effet que j’avais ressentis aux compliments de Matrim. Une gêne, oui, un trouble, certainement, mais… J’étais flatté, et un peu perturbé. Le plus important, si vraiment j’étais en train d’avoir cette conversation avec moi-même, alors que la mélodie rythmait mes pensées, était d’être sur de ne pas faire souffrir d’avantage Brian. Il fallait que je sois sur de ne pas me servir de lui, de ne pas le décevoir ou le perturber à mon tour.

En le voyant, je ne ressentais pas de pitié, juste une énorme compassion et l’envie d’être là pour lui, de l’aider. Ce matin, au réveil, je me suis sentis apaisé, quelques minutes, et son contact m’était vraiment agréable. Mais je n’avais pas le droit de lui faire revivre une souffrance visiblement pas si ancienne que ça…

Et puis, enfin, Brian redevient Brian. Son regard si clair fixe le mien, et j’ai peur quelques instants que le feu mordoré dans mes yeux ne lui fasse peur. Mais non, je ne vois qu’une étrange fascination, et son sourire me fait le plus grand bien. Il écoute mon histoire, et je vois à mon tour la compassion sur son visage. Malgré sa souffrance, il cherche à me comprendre, il partage mon agonie alors que je meurs, puis je revis. Rien que pour ça, j’aimerai lui dire à quel point il est unique…

Son sourire est timide, presque maladroit, et je lutte pour ne pas venir le prendre dans mes bras, sachant ce que cela provoque chez lui. Je n’ai pas l’habitude, ni le bagou de matrim, ou l’assurance de mafdet. Je ne sais pas comment lui dire que je me sens bien près de lui, et que ce n’est pas une compensation, un plan B ou un simple appel à l’aide. Je me sens bien, et je veux qu’il se sente bien.

Alors j’ai quelques instants de panique quand je le vois bouger, et le soulagement et la joie est immense quand ses doigts enserrent finalement les miens. Parfois les mots n’ont aucun pouvoir, mais du pouvoir, il y en a a revendre, ici. J’assiste, hahuris, à sa propre démonstration. Je comprend sans vraiment comprendre qu’il n’est pas tout à fait un simple policier, et je suis fasciné par ce qu’il me montre, ce qu’il me confit. Je devine l’importance que ça a pour lui, lorsqu’il me raconte à son tour son histoire.

- Hier je t’ai fait une promesse Jordan. Tu restes ici tout le temps que tu as besoin, même si cela doit durer des semaines ou des mois… Je… On s’occupe de toi d’abord… Moi je vis ça depuis si longtemps que ça peut attendre quelques jours ou quelques semaines… Je te fais confiance… Pour te le prouver, j’irai acheter mon matelas comme je l’avais décidé avant ta venue, c’est à dire après les travaux salissants dans la maison. Et secret pour secret… voici le mien.

Je comprends soudain l’étrange sensation que j’avais eu la veille, quand la vapeur avait eu l’air de devenir vivante. Je trouve son don fascinant. Et je repense soudain à la liste… Et au fait que je suis à présent son seul dépositaire.

- Ce n’est pas grand-chose… je ne suis né avec ce don… je ne sais pas d’où je le tiens. J’en ai eu conscience à l’adolescence. Je l’utilise rarement et souvent de manière inconsciente. Par contre cela m’a sauvé la vie dans des combats dans le golfe persique et surtout lors de l’explosion de la bombe dans la banque à New York. Je… j’ai contré le souffle meurtrier qui m’aurait haché menu ainsi que tous les clients qui se trouvaient dans mon dos à ce moment-là. Cela ne nous a pas évité l’hôpital, mais évité d’y rester…

Nous nous relevons tous les deux, un peu plus humains qu’avant, puisqu’ayant montré ce qui pouvait nous différencier des humains, dans une confiance totale et sincère.
Nous arrivons même à rire lorsque je lui raconte mes mésaventures avec mon pouvoir, sans toutefois trop insister sur ma nudité systématique. Je lui emprunte donc quelques fringues, et me voilà devant un petit déjeune digne d’un hôtel de luxe. J’ai tellement faim que je fais honneur à ce qu’à préparer Brian, et le remercie chaleureusement.

Quand enfin je me sens calé, je sens son regard sur moi, et les sentiments, les envies contradictoires qui s’y peignent…
-Brian ? Je veux te prouver à quel point je te fais confiance. J’ai… fais une sorte de Liste, quand j’ai commencé à comprendre que cette ville était une sorte d’aimant pour le surnaturel. En fait, quand je te disais m’y sentir à ma place, c’est une des raisons…

Je lui parle alors de la liste, physique, que j’avais fait, de ce salopard de Buck qui me l’avait subtilisé et des conséquences néfaste que ça avait eu… Puis de l’intervention de Matrim, et de la dette que j’avais contractée pour lui, en sachant que je lui faisais entièrement confiance.

-mais je ne peux pas être le seul dépositaire. Si.. Si tu veux bien, dès qu’on retournera au travail, je demanderai à Matrim de venir et de t’accorder avec moi sur l’objet investit… De cette façon, si il m’arrivait quelque chose, tu pourrais toujours continuer à la mettre à jour. Tu chercherais une autre personne, pour qu’il y ait toujours deux personnes qui puissent l’utiliser. Je ne t’oblige pas à te mettre dans cette liste, en fait, je pense qu’il faut que tu gardes ce secret. Mais tu m’y trouveras, ainsi que matrim, et d’autre. Si tu marches sur ce chemin, tu ne pourras plus t’en écarter. Es tu prêt à renoncer à la normalité ? Et a défendre ceux que tu n’aurais jamais pensé devoir défendre ?

J’espérai lui donner une raison de se battre, de puiser de la force pour sa propre bataille. Je l’y aiderai de toutes mes forces.

Nous passâmes le reste de la journée à bricoler, et même se chamailler. Parfois, une immense vague de tristesse m’envahissait, et je craquais, ou j’étais sur le point de le faire. Et chaque fois, il était là, se rapprochant, luttant contre sa propre peur, posant un bras sur mes épaules, ou une main sur mon cou, son front contre le mien, juste pour me dire, « je te lâche pas ».

Sans lui, je n’aurais pas pu refaire surface. Les travaux n’avancèrent pas aussi vite que si nous avions tous les deux été en pleine forme, mais finalement, assis, dehors, fourbus, une bière à la main, et la guitare comme accompagnement, nous pouvions enfin être fiers de nous… J’étais épuisés, les muscles brulants, les yeux rougis, mais apaisé… J’espérai pouvoir dormir sans revoir en boucle l’aigle s’envoler, mais je n’en étais pas sur…

-le feu et le vent… Partenaires, complémentaires… Je t’ai comparé à un phare, tu sais ? Une lumière à quoi me raccrocher quand tout vacille autour de moi. Mais tu es plus que ça, je crois… Je n’étais plus que braises mourantes, avant que tu ne souffles dessus pour les raviver. Merci..

Le soleil se couchait, les odeurs et les bruits si particuliers de la nuit arrivèrent, comme de vieux amis…

-je vais prendre une douche. Promis, je transforme pas ta salle de bain en sauna, ce coup-ci.. j’irai dormir sur le canapé, ou .. ou peu importe, ça ira, t’en fais pas..

J’en avais pas envie. Je voulais l’entourer, le sentir contre moi, et me réveiller en étant sur que je n’étais pas seul dans cette difficulté. Mais mon deuil, je ne pouvais que le vivre seul, malheureusement.










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MessageSujet: Re: Un coin nommé Beacon Hills - ft Jordan Parrish   Dim 20 Sep - 21:43


Surnaturals


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Un petit matin ordinaire. C’est l’impression que j’ai en déjeunant avec Jordan. Nous taisons ma réaction exacerbée à mon réveil et agissons comme s’il était courant qu’il déjeune là, simplement. Il mange avec appétit. J’en suis satisfait, c’est plutôt bon signe. Cela signifie qu’ici, il arrive à revivre, à respirer et à reprendre pied de son deuil et de sa peine immense. Ses yeux sont toujours rougis et fatigués, mais je sais qu’il n’a plus pleuré depuis la veille. Parler des travaux que l’on va poursuivre… ensemble… me plait car c’est du concret. En ouvrant ma porte à Jordan, j’ai fait entrer la chaleur, la sienne. Je ne comprends pas ce qu’il est, lui-même dit qu’il ignore sa nature et vers quoi cela le conduit. Mais je sais déjà que je ne peux plus me passer de cette chaleur. Je ne sais pas comment l’exprimer, pourtant j’ai peur de la perdre, comme si elle était la clé de mon propre salut.

Alors que je nous ressers en café, je me demande comment je le considère lui en tant qu’individu. Il est évidement mon partenaire, le frère d’arme à qui on s’attache énormément car on lui confie sa vie. Je me souviens d’un des matelots que j’ai eu sous mes ordres. Un soir de permission dans un bar à Manama, il m’avait confié que son épouse était jalouse des marins qui composaient son unité et en particulier d’un. En mission, ils étaient toujours affectés en binôme. L’armée, et d’autant plus dans une unité de combat active, crée une proximité entre les hommes. On dort les uns sur les autres, on se douche ensemble, on combat ensemble et… on meurt ensemble… Alors forcément, on a un sentiment particulier pour celui qui nous côtoie dans ces conditions. C’est ce sentiment qui m’a animé lorsque j’ai accueilli Jordan et lui ai proposé de dormir ici… J’ai entouré mon coéquipier de mes bras pour lui donner ma force et ma chaleur...

Mais ce matin… me réveiller collé à lui, sur sa peau nue, a changé le contexte de cette proximité. J’ai pourtant déjà dormi quasiment nu avec un autre homme, mais c’était sur un canot de survie et nous le faisions pour nous réchauffer mutuellement. Il n’y avait alors pas d'ambiguïté, même si les plaisanteries avaient fusées, plus pour nous remonter le morale qu’autre chose. Pourtant, cette nuit avec Jordan, nous étions bien dans ce contexte de protection… Qu'est ce qui a changé au matin ? Est-ce lié à mon rêve ? Cette femme sans visage, mais avec la couleur des yeux et des cheveux de Jordan, n’est-elle pas la transposition d’un désir, d’une envie inavouée ? Pourtant cette part-là de mon être est morte il y a plus d’un an et demi… J’essaye de comprendre ma réaction et la raison profonde de mon rêve… Habituellement dans mes songes soit j’y vois mes anciens combats, soit… ce connard à l’œuvre. Mais jamais je ne m’étais projeté dans une vie à deux, ou du moins avec une présence aimante. A mon réveil, ce songe s’était délité, pourtant maintenant j’arrive à en faire resurgir des bribes et des sensations. La chaleur est omniprésente, ainsi qu’un sentiment de sécurité. J’ai paniqué en sentant son corps nu contre le mien alors que quelques heures auparavant je m’étais couché contre lui sans un effort trop considérable de ma part. Je vois pourtant Jordan nu à chaque fois que nous prenons une douche après nos entraînements matinaux. C’est évident que dans un lit, le contexte diffère et les significations qui peuvent y être plaquées aussi… J’arrête d’y réfléchir, car cela m’engage dans une voie que je ne suis pas sûr de vouloir admette.

- Brian ?
- Oui ?


Je lève les yeux vers celui qui m’interpelle. Son regard clair m’avait impressionné dès notre première rencontre. Et au-delà de l’adjoint du shérif, je vois un ami qui compte beaucoup et pour qui j’ai envie de compter.

- Je veux te prouver à quel point je te fais confiance.
- Tu me le dis, cela me suffit Jordan.
- J’ai… fais une sorte de Liste, quand j’ai commencé à comprendre que cette ville était une sorte d’aimant pour le surnaturel. En fait, quand je te disais m’y sentir à ma place, c’est une des raisons…


Je pensais avoir eu ma dose d’informations surnaturelles ce matin dans la salle de bain. Pourtant ce que me raconte Jordan ne fait qu’assembler des morceaux de puzzle que j’ai en main depuis un moment… Nous ne sommes pas les seuls… je ne suis pas le seul… mentaliste… Je crois que cela me rassure qu’il me dise clairement ce que je suspectais sans vraiment en avoir la preuve concrète. Il y a suffisamment d’êtres surnaturels pour qu’il ait eu besoin d’en faire une liste… L’idée de ce monde caché aux yeux des gens ordinaires me parait vertigineuse.

- mais je ne peux pas être le seul dépositaire. Si.. Si tu veux bien, dès qu’on retournera au travail, je demanderai à Matrim de venir et de t’accorder avec moi sur l’objet investit… De cette façon, si il m’arrivait quelque chose, tu pourrais toujours continuer à la mettre à jour. Tu chercherais une autre personne, pour qu’il y ait toujours deux personnes qui puissent l’utiliser. Je ne t’oblige pas à te mettre dans cette liste, en fait, je pense qu’il faut que tu gardes ce secret. Mais tu m’y trouveras, ainsi que Matrim, et d’autre. Si tu marches sur ce chemin, tu ne pourras plus t’en écarter. Es-tu prêt à renoncer à la normalité ? Et à défendre ceux que tu n’aurais jamais pensé devoir défendre ?

Je comprends le poids de la responsabilité qu’il m’offre. Car je vois cela comme un cadeau et non pas un fardeau, bien que c’est à cela que ça ressemble le plus. J’analyse déjà les conséquences, les mensonges qui en découlent, la loi bafouée pour garder le secret… Je suis une personne intègre. C’est ce qui fait la force de mon engagement à la Navy et maintenant à la police. Pourtant, comme à chaque fois que j’ai une décision vitale à prendre, celle-ci ne me demande pas de long moment de réflexion. J'ai toujours pensé que si on éprouve le besoin de réfléchir, c’est que la réponse se doit d’être négative. C’est un raisonnement de soldat qui sait que ses choix vont décider de sa vie. Le moindre doute doit faire reculer.

- Ai-je jamais été dans la normalité ? J’accepte ta proposition et serais digne de ta confiance. Mais quant à l’option de trouver quelqu’un si tu venais à disparaître… Cette éventualité n’a pas lieu d’être, vu que je suis là pour te couvrir en toute circonstance. C’est ma condition pour accepter. Je sais que tu viens de perdre un être que tu aimais et que tu aimes toujours… Elle était un agent du FBI pleinement consciente des risques de son métier… tout comme moi. Ne compte pas sur moi pour que tu me surprotèges.

Jordan râle pour la forme, me rappelant que je suis une tête brulée. Je lui réplique que je vis ainsi depuis douze ans et que je n’ai écopé de que deux cicatrices… enfin trois avec la prise d’otage de l’autre fois. Il ne changera pas ma nature et c’est bien mon impulsivité qui parfois me fait sortir de ma carapace. Le petit déjeuner  engloutis, nous nous mettons au travail. J’ai été maladroit de lui rappeler celle qui est morte. Quand l’enthousiasme retombe, je vois Jordan sombrer à nouveau, regardant le mur qu’il peint sans le voir, le pinceau inerte entre ses doigts. Alors je lui impose ma présence par des gestes déjà fait à l’autre bout de la planète quand un camarade craque. La chaleur humaine est souvent plus forte que des mots.

-le feu et le vent… Partenaires, complémentaires… Je t’ai comparé à un phare, tu sais ? Une lumière à quoi me raccrocher quand tout vacille autour de moi. Mais tu es plus que ça, je crois… Je n’étais plus que braises mourantes, avant que tu ne souffles dessus pour les raviver. Merci..
- Merci à toi de m’avoir fait confiance dès mon arrivée… Je ne suis pas très… enfin je crois que tu as compris que j’ai mon propre combat à mener et… je te suis reconnaissant de tout ce que tu m’as dit ce matin… j’étais incapable de te répondre… mais j’accepte ton aide… Et te prie d’excuser d’avance mes réactions… qui peuvent parfois être violentes… Mais je te peux te promettre de ne pas déraper dans le cadre de notre travail… Quand je suis dans mon rôle de policier… ma phobie s’efface…


Nous sommes tous deux à vif. Son aveu me chauffe le cœur comme la chaleur dont il m’entoure presque constamment depuis qu’il est dans cette maison. J’ai envie de m’y abandonner bien que je sais que cela ne va pas être évident. J’ai quelques verrous à faire sauter avant. Mais un changement s’opère en moi. Si j’ai toujours été parfaitement conscient de mes blocages… c’est la première fois que j’éprouve l’envie d’avoir envie. Jordan pourrait-il être la clé universelle des serrures qui ferment mon cœur et mon corps ?

Nous profitons des derniers rayons de soleil assis sur la terrasse, le dos calé sur le mur. J’égrène des airs connus avec ma guitare. J’ai mal au bout des doigts, il va me falloir deux ou trois semaines avant que les cales se forment. Je ne peux guère jouer plus de deux heures, mais la musique semble apaiser celui qui semble bien être parti pour devenir plus qu’un simple ami. Alors je pince les cordes jusqu’à ce que la douleur m’empêche de jouer correctement.

-je vais prendre une douche. Promis, je transforme pas ta salle de bain en sauna, ce coup-ci.. j’irai dormir sur le canapé, ou .. ou peu importe, ça ira, t’en fais pas..
- Tu as vu un canapé quelque part dans cette maison ?


Je sais que c'est une façon pour lui de me dire qu'il ne veut pas s'imposer. Jordan grimpe à l’étage non sans m’avoir fait un sourire de remerciement. Je pose la guitare, et attrape ma bière. J’aurais pu aller acheter ce foutus matelas… mais je crois qu’il est temps que j’affronte mes peurs et mes hantises. Je ne lui ai rien dit de ce que j’ai subi, mais Jordan est observateur puis… c’est un bon flic et un ancien militaire. Il peut très bien avoir gardé quelques contacts. Sans avoir mon dossier complet, avec un peu de jugeote et quelques recoupements, il n’est pas difficile de comprendre comment j’ai pu éviter la cour martiale et pourquoi, alors que j’avais démoli mon supérieur hiérarchique. Le fait qu’il se doute de la nature de mon traumatisme m’aide. Il a eu le tact de ne pas me demander d’explications. Je sais qu’il attendra que je m’ouvre de moi-même. Rien que pour cela, il me met suffisamment en confiance pour je laisse une de mes barrières baissées.

Jordan a tenu promesse. Quand je prends sa suite sous la douche, la salle de bain n’est pas réduite à l’état de sauna. Dire qu’il n’y a pas un moment de flottement et d’embarra au moment de nous coucher serait mensonger. Mais il a besoin de moi, je réponds donc présent. Difficile pour deux hommes de notre gabarit de se coucher sur ce matelas entre deux standards sans se toucher. Nous finissons dans la même position que la veille, son dos contre mon torse. Ainsi, je ne me sens pas contraint ni prisonnier. La chaleur de sa peau contre la pulpe meurtrie de mes doigts me fait un bien fou.

- Tu es un radiateur ambulant…

Nous échangeons deux trois plaisanteries sur sa température avant de nous endormir un peu plus serin que ce matin. Je retourne sur cette plage ensoleillée. L’astre diurne réchauffe agréablement mon corps. Assis sur le sable, je regarde la mer, le vent iodé me caressant le visage. Je me sens libre et serein. Il y a une présence amicale juste dans mon dos.

Je papillonne des paupières, le réveil m’indique quatre heure du matin. La chaleur de Jordan ne me réchauffe plus le devant du corps mais bien mon dos. Nous avons bougé pendant la nuit. Son bras pèse sur mes côtes. J’ai un moment d’hésitation. Je guette les signes avant-coureurs de la panique, mais sa chaleur qui m’enveloppe et son souffle que je sens au bas de ma nuque ne sont pas un danger. Je replonge au pays des songes. Au matin, je dois reprendre mon service. C’était mon dernier jour de congé. Dans mon rêve tout se mélange un peu, je vois une liste que l’on brûle, un regard incandescent et une vieille souche étrange.

© Fiche par Mafdet Mahes


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