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 Singulières retrouvailles : PV Mick, Chad et Fiona

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Stephan Wilder

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MessageSujet: Singulières retrouvailles : PV Mick, Chad et Fiona   Ven 31 Juil - 11:44


Singulière retrouvailles









HRP:
 

Lorsque Mick partit avec Fiona collée à ses trousses, je m’interrogeais sur ce qu’allait donner cette rencontre. Honnêtement, je la pensais décédée. La famille Argent ne se serait pas freinée à l’éliminer si elle en avait eu l’occasion. Gérard avait bien assassiné son propre frère de sang-froid… Toutefois la Fiona d’aujourd’hui ne ressemble pas à la Iona que j’ai vue pour la dernière fois lors de l’adoption de Chad. Ce n’est plus la baba-cool toujours gaie et enjouée que je connaissais. Elle était certes le point stabilisateur de Chris, mais il n’y avait pas cette ombre sur son regard. Ruby m’explique quelle est la particularité de l’unité 51 à laquelle elle appartient. Cela me fait froid dans le dos en pensant au cheminement qui l’a amené là. Iona était douce et exubérante. Jamais elle n’aurait pu tenir une arme et tirer de sang-froid. Non, la femme que je viens de voir n’est plus celle que j’ai connue. Son regard est celui d’une personne qui en a bien trop vu. Il est froid, et glacial bien que toujours intense. J’ai hâte de connaitre les raisons qui l’ont poussée à ne pas reprendre contact au minimum avec moi. J’aurai su garder le secret si elle me l’avait demandé.

Je vois que Ruby s’angoisse, je lui fais un sourire encourageant, elle s’inquiète pour mon fils qui semble s’être encore mis dans un beau bourbier, sans parler du choc qu’il va avoir en rencontrant sa mère biologique. Quand Jordan et Mafdet reviennent de l’interrogatoire de Buck, je vois à leur air soucieux que les informations qu’ils ont pu soutirer au flic véreux, sont minces. Je donne quelques appels à l’extérieur et contacte aussi James, l’ami de Mick. Le fil qui remonte jusqu’aux chasseurs qui sont derrières, va être ardu à suivre, car je suis persuadé qu’il y aura beaucoup de leurres.

Nous patientons, attendant chacun de notre côté. Iona ne semble laisser personne indifférent. Si Mafdet l’a observée plutôt comme un chat regarde une souris se dépatouiller dans un labyrinthe, le premier adjoint est manifestement troublé par ce qu’il vient d’apprendre. Je vois un homme blessé de ne pas avoir été considéré comme suffisamment proche pour certaines confidences. Cet homme est au antipode de Chris, mais Iona... Fiona a aussi changé.

Ruby est la première à les entendre revenir. Chad et Mick entre les premiers, suivit par Iona qui semble trainer volontairement. A l’air harassé de Chad, nous comprenons tous qu’il ne sait encore rien et qu’il est encore sur l’effet de ce qu’il vient de vivre. Il s’inquiète en me voyant et je le rassure sur sa mère… son autre mère. Le silence qui se fait dans la salle de réunion se fait pesant. Je capte le signal de détresse de Iona, je suis le point centrale dans cette histoire.

- Chad, commencé-je.

Mais mon fils m’interrompt et se colle à Mick comme un naufragé à une bouée. Si jamais il devait arriver quelque chose de terrible à Mick…

- Mick… Je te présente ma mère biologique… Iona Jefferson…

Mon fils a compris seul. Son émotion était palpable. De la même manière quand je lui avais avoué sa vraie origine, il s’était accroché à Mick. Je vois qu’il fait front à cette nouvelle de la même manière. Je comprends que l’amour qui les lie est infiniment profond. J’aime ma femme, mais je crois que leur amour à tous les deux a quelque chose d’exclusif. C’est une relation rare.

Iona de son côté scrute ce fils qu’elle n’a pas revu depuis tout bébé. Je suis fier de ce qu’est devenu mon fils. Évidemment, il n’a pas eu la même éducation qu’il aurait pu avoir avec Chris et Iona si les choses s’étaient passées différemment. Mais en déchiffrant la gestuelle de mon amie, je devine qu’elle est contente de ce qu’elle voit. Quand son regard s’attarde sur leurs mains jointes et leurs alliances, j’y vois une légère déception que Chad remarque aussi. Il affirme son choix en entourant Mick.

La gêne qui s’installe fini par devenir pesante, je propose qu’on aille tous manger, pour nous remettre de nos émotions. Ruby et Jordan déclinent l’invitation. Cela me navre, mais va nous permettre de parler franchement, enfin je l’espère.

Je monte à coté de Mick alors que Iona et Chad s’installent à l’arrière. Chad demande à ce qu’on récupère sa voiture qu’il a laissé non loin de l’entrepôt qu’il a fui un peu plus tôt. Le trajet se passe en silence. Quand Mick se gare devant la Maserati, Chad me donne ses clés, nous demandant à Iona et moi, de bien vouloir le laisser seul avec Mick le temps du trajet vers le restaurant français qu’ils m’avaient fait découvert lors d’une de mes précédentes visites. Alors que galant, j’ouvre la portière pour Fiona, Chad descend aussi pour passer devant.

- Suivez-nous, dit Mick.

Je tiens la portière de la Maserati pour que Iona s’installe. Elle me remercie d’un sourire. Alors que je me suis installé derrière le volant que que je mets le contact, faisant rugir malgré moi le V8, je l’entends s’esclaffer de rire. Intrigué de son hilarité, je me tourne vers elle, l’œil interrogatif.

- Tu te souviens de la Cherokee de Chris ?

C’est à mon tour de m’esclaffer en me remémorant ce tacot pétaradant et brûlant son huile moteur dans un grand nuage bleuté à chaque accélération un peu violente.

- Je t’avoue que Chad n’a pas hérité de Chris sur ce point. Je suis un peu responsable de ses gouts de luxe… Par contre… tu as vu ses cheveux ? Prisci a tout essayé, il n’a jamais été coiffée plus de cinq minutes depuis que tu me l’as confié.

Iona ne peut qu’acquiescer en silence, elle a des larmes dans les yeux. Je comprends son émotion, Chad a vraiment une ressemblance frappante avec son père au même âge.

- Iona… Mick est un gars de valeur. Et je ne dis pas ça car il a la même singularité oculaire que moi.

- Dis-moi l’essentiel s’il te plait, me murmure-t-elle alors que je suis la Camaro de Mick en direction du centre-ville.

Je lui raconte que Chad va terminer ses études cette année avec un diplôme d’architecte. Que c’est un métier qui l’a toujours passionné. Je lui explique qu’il est en couple avec Mick depuis plus d’un an et qu’ils se sont fiancés y deux mois à peine sans avertir personne.

- C’est Ruby qui l’a mordu ?

Je lui demanderais plus tard comment elle a compris qu’il est un lycan, mais je préfère, que pour cette partie, que ce soit Chad qui lui en parle. De plus, je ne sais toujours rien de ce jour qui m’a enlevé Emy. Je lui tais la mort de ma fille. Et je sais que Chad ne dira rien, tant qu’il ne le souhaite pas.

- Non. Il s’est fait mordre à Boston. Je sais peu de chose sur sa morsure. Tu sais comme moi que ce sujet est souvent délicat à aborder pour eux…

Ils ont tant de choses à se dire, à s’expliquer. Alors que je pense à la présence d’Elias en ville c’est elle qui aborde le sujet.

- J’ai croisé Elias dans…

- Sa boutique d’antiquité ? Il ne dépareille pas au milieu de ces vieilleries, tu ne trouves pas ?

- Oui, répond-elle avec un sourire. Sait-il pour Chad ?

- Nous sommes entrés par hasard dans sa boutique pour lui montrer… la Chad-boussole. Ce qu’on a pas fait, continué-je en voyant son regard affolé. Chad ressemble tellement à Chris…, et ce vieux renard est malheureusement très intelligent. Il sait qu’il est ton fils, mais je crois qu’il ne se doute pas qu’il soit un loup. Mais ce secret risque de ne pas perdurer et est déjà peut-être éventé.

Iona m’explique qu’elle essaye de le piéger sur ses affaires douteuses, mais que c’est difficile et complexe. Je lui avoue que j’ai posé tous les traceurs bancaires possibles sur le chasseur. Nous avons la même inquiétude. La famille Argent est tenace dans sa haine. Nous sommes arrivés sur le parking du restaurant. Mick est Chad nous attendent mains dans la main sur le trottoir. Avant de sortir, Iona me fait part d’une dernière remarque.

- J’ai toujours imaginé avoir des petits enfants… Mais s’il est heureux ainsi, ça me va.

- Il t’entend, dis-je doucement en regardant Chad qui nous observe.

- Ah oui c’est vrai ! S’exclame-t-elle. Puis, de toute manière, je n’ai pas mon mot à dire sur ce sujet.

Elle secoue la tête et sort de la voiture. J’ai une impression désagréable, comme si l’espace d’un moment, elle venait de se remémorer quelque chose. Quelque chose de majeur et grave.
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Mickael Wayne
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MessageSujet: Re: Singulières retrouvailles : PV Mick, Chad et Fiona   Sam 1 Aoû - 23:06


Tempus fugit

Les traits de Chad se froissent lorsqu’il comprend que nous ne rentrons pas à l’appartement.

- On était tous très inquiets, dis-je. Ruby veut te voir.

Je lui tais l’inquiétude grandissante au sujet de l’implication d’un flic ripoux dans la menace qui pèse sur la meute, sur lui-même et nos amis. Et sur toutes les personnes qui seraient en danger si ceux qui protègent le secret de Beacon Hills étaient déstabilisés, discrédités ou traqués au point de ne plus pouvoir agir.

J’offre à Chad le moindre contact dont il a besoin pour avoir le courage de ne pas se laisser submerger. Il esquisse un léger sourire lorsque nos doigts s’entrelacent.

Quelques marches nous mènent au hall du poste de Police. Fiona nous suit, légèrement en retrait, ses cheveux longs m’empêchent de discerner l’expression de son visage.

Nous rejoignons Ruby qui nous indique une salle dans laquelle nous serons tranquilles. Elle serre Chad contre elle, rassurée, puis entreprend aussitôt d’inspecter  s’il n’est pas blessé, non sans pouvoir retenir quelques sermons.

- Je vais bien, marmonne-t-il  en faisant un pas en arrière.

Puis il remarque l’homme qu’il n’avait pas vu jusqu’alors. Sa présence est une information qui lui fait aussitôt comprendre que quelque chose d’autre se trame.

- Papa ? Y a un problème ? Maman va bien ? S’inquiète-t-il.

Stephan Wilder est le genre d’hommes à ne manquer aucun détail, aucune subtile précision. Et d’un regard ou d’un mouvement de la tête il sait transmettre un message.

Le père et le fils regardent alors cette femme qui avait expressément demandé de m’accompagner.

- Chad…, reprend le trader.

Mais il est coupé avant même de formuler une explication. Chad se rapproche de moi et nos mains se retrouvent à nouveau. Il s’accroche. Je suis son ancre, celui avec qui il souhaite affronter la vie. Et ses tourments.

Une infime seconde sépare deux instants, deux états diamétralement opposés.

- Mick… Je te présente ma mère biologique… Iona Jefferson…, déclare Chad.

La révélation formulée à voix haute nous fait basculer dans cet après. Le changement est inéluctable, quand la vérité est dite il est impossible de faire marche arrière. Chad a intimement reconnu cette femme que je dévisage également. Elle est si différente de l’homme que j’aime. Mais qui peut prétendre connaitre une personne jusque dans son âme ? Chad a forcément des points communs avec ses parents biologiques. Je caresse sa paume pour l’accompagner dans l’assimilation de cette nouvelle.

Alors qu’il lâche la Chad-boussole qu’il avait touché, je comprends que cet objet est amplement plus précieux. C’est la représentation matérielle d’un lien qui subsiste malgré les évènements tragiques qui sont survenus dans le passé de Chad. Le lien entre une mère et son fils.

Cette femme forte et si sûre d’elle cherchait à le secourir. Voilà ce qui a motivé son comportement face à moi.

Le silence est pesant. Il transporte les pensées de chacun, les doutes, les questions qui ne franchissent pas les lèvres. Je me demande à cet instant ce que pense Chad, ce qu’il ressent. Je crois le deviner aisément.

Puis Stephan dissout notre trouble en proposant de déjeuner. Dialoguer dans un cadre plus serein serait une échappatoire au malaise qui accompagne ces singulières retrouvailles.

* * *

Nous passons récupérer la Maserati que Chad avait laissée près du hangar qu’il a visité. Je songe que ça aurait pu très mal tourner. Je ne pose pas les questions qui tournent dans ma tête. L’importance du moment est centrée sur la vie de Chad qui s’agite à nouveau. Lorsqu’il avait appris que Stephan et Priscilla n’étaient pas ses vrais parents, ça avait été difficile. Puis il avait retrouvé une stabilité, acceptant ce qui ne pouvait être changé. L’amour et la reconnaissance qu’il ressent pour ceux qui l’ont élevé ont grandement aidé à passer cette étape.

Alors que nous nous garons sur le parking du restaurant, suivis par Stephan et Fiona, Chad se tétanise. La colère, l’appréhension, le doute se mêlent et lui font perdre le calme factice qu’il tente d'afficher jusqu’à présent.

- On peut partir ? Se retrouver tous les deux, les rejoindre plus tard…enchaine Chad.

Il n’ose pas sortir, imaginant qu’on pouvait redémarrer en trombe et s’éloigner, retarder le moment fatidique.

- Chad, focalise-toi sur mes yeux. Que vois-tu ? Demande-je.

Mon regard l’a toujours séduit. La surprise nous avait tous les deux cueillis lorsque Stephan avait révélé cette même particularité. Je lui rappelle les promesses qu’on s’est faites, quoi qu’il puisse arriver.

- Depuis tu as appris la vérité, ta relation avec ton père n’en est que plus forte, libérée des secrets qui t’entouraient, repris-je.

Je comprends ce qui le pousse à ne pas vouloir ouvrir la portière alors qu’il a inconsciemment mis la main sur la poignée.

- Laisse-lui une chance, dis-je avec amour en évoquant Iona. J’ai vu comment elle te regardait, elle a le cœur brisé. Tu as la chance de pouvoir la connaitre, d’apprendre des choses sur tes origines, d’en connaitre davantage sur ton père biologique. C’est une chance Chad, pas un fardeau.

Il me remercie du soutien que je lui apporte naturellement. Je le laisse reprendre ses esprits, inspirer doucement et s’assurer à nouveau de ma présence en répondant à mon baiser.

Nous sortons de la Camaro et les attendons main dans la main près de l’entrée du restaurant.

- Ils parlent de moi, et de nous, me dit Chad qui a le regard braqué vers sa voiture garée à proximité.

Le duo magistral approche. Stephan et Iona ont l’air un peu plus apaisés. Peut-être que leur amitié restaurée est un baume pour l’un et l’autre. Je regarde cette femme en réalisant une fois de plus qu’elle est la mère de l’homme que j’aime. Celle qui lui a donné la vie. Quel plus beau cadeau pour Chad que d’avoir l’opportunité de lui parler.

À Beacon Hills, on en vient souvent à se demander ce qui peut arriver de mieux. Ou de pire.


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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Singulières retrouvailles : PV Mick, Chad et Fiona   Dim 2 Aoû - 16:43











Révélations


Ma vie bascule de nouveau. Combien de fois devrais-je vivre cette sensation de chute vertigineuse ? La première fois c’était à Boston, Emy n’y avait pas survécu… La deuxième, c’est quand Miya était parti se remettre sous les ordres de ses tortionnaires. La troisième fois, à Boston de nouveau quand je me suis mis dans l’intention de le tuer pour le sauver… La quatrième fut de servir de cobaye. La cinquième d’apprendre que j’avais eu d’autre parents… que mon vrai père était mort tué par son propre frère et que ma mère avait certainement dû subir le même sort…

Je serre la main de Mick à presque la broyer. Car dans les tempêtes qui me malmènent, il est la seule constante. Celui qui ne change pas. Son amour est mon armure. Pour garder contenance, j’ouvre mes sens à son corps. Son parfum me rassure, sa chaleur également. Je perçois ses muscles tendus. Je le sais prêt à m’entourer si je défaille. J’encaisse la nouvelle avec ce constat : J’ai, au plus proche de moi, un être d’exception sur qui je peux compter à tout instant.

La femme qui me regarde… ma mère, n’est pas celle à laquelle je me serais attendu. Je ne retrouve pas la description que mon père, Stephan, m’a faite d’elle. J’ai devant moi un agent du FBI, un flic… une guerrière. Je ne me retrouve pas dans ce que je vois d’elle. Si brune que je suis blond, les yeux noisettes alors que les miens sont bleus. Cette différence ne m’avait jamais déstabilisé avec mes parents adoptifs. Mais là, je cherche une quelconque ressemblance que je ne trouve pas. Ça ne la rend que plus étrangère encore. Comment appeler une femme « Maman » dans ces conditions ? Que sait-elle de moi ? Pas grand-chose, si j’en crois son regard avide de mon image. Mon père dégèle le moment qui devient désagréable.

Je lâche à regret la main de Mick pour m’installer à l’arrière de la Camaro avec… elle. Coup d’œil gênés, silence pesant que je perce en demandant de récupérer ma voiture. Ce n’est qu’un prétexte, car là pour être franc, je me moque de ce qu’il peut lui arriver. Mais j’ai besoin d’un moment tampon, d’un petit break juste pour... pour… Mon regard alterne entre Mick et mon père qui parlent voiture à l’avant pour meubler le silence.

Mon père, égal à lui-même, aide Iona à sortir de la voiture et l’accompagne à la Maserati comme s’ils s’étaient vus la veille. Ce que j’aimerai avoir hérité de Stephan pour sa capacité à gérer les imprévus de la vie. Je ne sais pas quelle est sa recette pour mettre en veille ses émotions. Mais j’en aurai bien besoin. Quand je m’installe à côté de Mick, il pose sa main sur mon genou et serre doucement.

- Ça va mon loulou ? Demande-t-il doucement.

- Je crois que je sature ce soir… entre ce qu’on a trouvé dans cet entrepôt avec Adriann, la menace sur la meute… et elle…

Mick redémarre en me murmurant des mots apaisants. Je sais que ce qui me touche, le touche également. Nous sommes un couple, un binôme bipolaire. Nous existons à deux. Je comprends que Miya avait raison et moi tort. J’ai aimé mon cousin, mais pas de cet amour-là. Je me rends compte maintenant de la profonde blessure que je lui ai infligé, car lui m’aimait… m’aime sincèrement. Miya… mon cousin…  Elias… Décidément, ma famille me revient en boomerang. Un fugace instant, j’espère que Iona va dire que Chris n’est pas tombé ainsi… que lui aussi se cache quelque part… ce père auquel je ressemble tant, ce père en qui j’ai envie de m’identifier…

Perdu dans mes pensées, je vois qu’on arrive sur le parking du restaurant français « Chez Marc et Pierre ». Ceux qui tiennent ce restaurant sont assez… atypiques pour leurs chamailleries incessantes sur les assaisonnements. Puis, on avait aussi découvert, qu’ils étaient très au courant des affaires surnaturelles, à se demander leur rôle dans tout cela… Toutefois, je les sentais de mon côté. Je ne sais comment, mais ils savaient pour moi. Et sans que rien ne se disent de leur part ou de la mienne, je voyais bien qu’ils soignaient le contenu de mes plats pour les adapter à un appétit de loup. A ce propos, Mick me taquinait à chaque fois que je proposais de venir déjeuner ici. La voiture est arrêtée, le contact coupé. Je pose la main sur la poignée de la porte et me tétanise. J’ai peur de ce que je vais apprendre. Si j’ai compris l’urgence dans laquelle j’avais été adopté, je ne peux trouver une légitimé à ces vingt années de silence. J’ai peur de ne pas être aimé par cette femme que je ne connais pas. Fuir… partir… aller ailleurs loin de cette foutue ville, de cette famille maudite. Je veux m’en aller, voyager avec Mick et changer de continent.

- On peut partir ? Se retrouver tous les deux, les rejoindre plus tard… Demandé-je.

- Chad, focalise-toi sur mes yeux. Que vois-tu ?

- Toi… Ton amour… Ma voix me trahit.

- Depuis tu as appris la vérité, ta relation avec ton père n’en est que plus forte, libérée des secrets qui t’entouraient.

- Oui, tu as raison. J’aime ma nouvelle relation avec lui. Surtout qu’il t’accepte sans conditions, avec tout ton…

Pas besoin de continuer, Mick a compris que je parle de son passé obscure et des dangers qui l’entourent. De sa condition de mise en liberté provisoire. Mick est toujours sous le coup d’une accusation de meurtre. Je sais que James et mon père se démènent à le sortir de là.

- Laisse-lui une chance, poursuit-il. J’ai vu comment elle te regardait, elle a le cœur brisé. Tu as la chance de pouvoir la connaitre, d’apprendre des choses sur tes origines, d’en connaitre davantage sur ton père biologique. C’est une chance Chad, pas un fardeau.

Je n’arrive pas à répliquer. Je hoche la tête comme un gamin qui a un gros chagrin. Il a raison et aussi par égard pour Mick dont les parents sont morts, je ne dois pas gâcher ce moment, cette chance comme il le dit. Alors qu’on les attend sur le trottoir, je capte leur conversation.

- Ils parlent de moi, et de nous.

Au ton qu’emploie mon père, je le sens serein. Je fais donc confiance en celui qui m’a élevé. C’est Marc qui nous accueille. Je me surprends même d’être agacé du regard flatteur qu’il lance à ma mère. Nous lui demandons une table loin des autres convives. Il nous installe donc dans un petit salon. Nous pourrons parler librement de nos affaires surnaturelles. Pour briser le silence qui s’est de nouveau installé, mon père me demande dans quoi je me suis embarqué. J’ai un moment de retenue pour rassembler mes pensées. Il a raison, un problème après l’autre. Alors je leur explique mes recherches avec Adriann. Ce qui nous a amené à aller visiter cet entrepôt.  Mick me fait remarquer mon imprudence. Je plaide coupable et dis m’être fait influencer par l’arrogant professeur en criminologie. C’est avec effroi qu’ils écoutent le résultat de nos trouvailles. Ce business qui n’est d’autre qu’une banque d’organes d’êtres surnaturels. Je dis que c’est autre chose ou une autre ramification que celle des cinglés qui agissent sur le campus. Que ceux de l’entrepôt n’ont pas de lien avec ceux qui m’avait torturé au Mexique. A l’exclamation de ma mère, je m’aperçois que j’ai oublié qu’elle me rencontre juste et n’a donc pas tous les éléments. Je lui passe les détails, disant juste que mon ADN les intéresse car… Je me rends compte que je viens jusque-là de parler librement de ma condition de loup. Pour elle aussi ça fait beaucoup à encaisser...

Mick me presse de question, je raconte donc mon emprisonnement avec Adriann. De mon angoisse d’être coincé avec un wendigo qui même en étant relativement sociable, reste sous l’emprise de sa créature. Je me tais, car ma mère vient de se couper avec le verre qu’elle vient de laisser tomber. Pendant qu’elle va se nettoyer dans les toilettes, mon père nous met rapidement au courant d’une affaire qu’elle a géré avec Jordan Parrish deux jours plus tôt. Je frissonne en me demandant si c’est une bonne chose que je recroise Adriann…

Quand Iona revient, nous faisons une pose dans nos discussions et honorons le repas servi. Vient ensuite le sujet de la menace sur la meute. C’est ma mère qui nous explique plus longuement l’affaire. La liste que Jordan s’est fait volé, ce flic véreux. Il va falloir se montrer prudent à l’avenir. Alors que le dessert arrive, nous n’avons toujours pas évoqué la présence d’Iona.

- Pourquoi ? Finis-je par souffler.

Une seule question pour un millier d’autre.

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Fiona Ferjones

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MessageSujet: Re: Singulières retrouvailles : PV Mick, Chad et Fiona   Mar 4 Aoû - 11:59



Point sur le passé


Feat : Stephan, Mick Chad  

La vie est un fil étrange. J’ai été amenée à faire les pires choix qu’ils soient pour une mère et une épouse, afin de tenter d’éviter un destin soit disant tracé. Je ne voulais pas croire à cette fatalité qui mène inexorablement à une vie finalement écrite en dehors de notre propre volonté. Cela allait contre ce sentiment de liberté et de libre arbitre qui m’avait fait choisir Chris… Rencontre fortuite…vraiment ? La suite de la soirée allait m’apprendre ma naïveté et que tout avait été défini, bien avant notre naissance. Je me fais philosophe en regardant ce fils que je trouve beau et étincelant comme un soleil. A la manière dont il s’accroche au jeune homme qui lui est proche, je comprends où il puisse cette lueur irradiante. L’amour lui va bien, même s’il est voué à un autre homme. Je n’échappe pas à la réaction parentale basique qui constate avec quelques regrets que sa ligné va s’éteindre. Cette pensée égoïste est balayée par l’évidence de leur couple.

Je remercie intérieurement Stephan de soulager l’atmosphère et de nous proposer de quoi reprendre contenance. Avant de quitter le poste de police, je regarde longuement Ruby.  Elle comprend que je la remercie pour son inquiétude pour mon fils. Elle est son alpha et son attitude maternelle, certainement exacerbée par sa grossesse, lui donne un rôle de matriarche qui lui sied bien. Je dois aussi des réponses à Jordan. J’ai peur de sa réaction et de subir son rejet. Mine de rien, ce que nous avons vécu ensemble et pas seulement notre dernière affaire, nous a liés de manière forte… partenaires… et bien plus. J’espère avoir le temps de lui parler avant que tout s’emballe.

Dans la voiture qui nous emmène rejoindre celle de Chad, je tente de faire le tri dans ma tête et mon cœur. Je vais devoir parler et expliquer. J’ai tant de temps  à rattraper et si peu pour le faire… Quelle est l’échéance ?  J’ai peur, vraiment peur. Alors que depuis vingt ans j’accumule les situations qui glacent l’âme par leur horreur, pour une fois j’ai vraiment peur de l’inconnu qui se profile devant moi, devant nous.

A la demande de mon fils, je suis Stephan dans sa Maserati. Je reconnais bien le meilleur ami de Chris, posé et pertinent quant à l’attitude à avoir. Je sais que par égard à son ami, il n’est jamais allé plus loin qu’un ou deux regards flatteurs à mon égard. Je sais qu’il aime Prisci sincèrement. Puis, il est bien trop raisonnable pour moi… cela n’aurait jamais collé, nous en étions conscients. De plus Chris brillait comme un soleil à mes côtés que le doute n’a jamais eu lieu dans mon cœur quant au choix de l’homme avec lequel je souhaitais partager ma vie.

Nous rions au souvenir de cette poubelle que Chris nommait « voiture de fonction ». Stephan fait quelques remarques évidentes sur mon fils… notre fils. Il a la légitimé d’un père, que jamais je ne lui ôterai. Quand il me fait remarquer que Chad a entendu ma remarque sur les petits enfants, je souris et me moque de moi-même. Évidemment, mon fils est un loup garou. C’est presque sans surprise que j’ai vu ses yeux luire dans l’entrepôt. Quoiqu’en disent les agaceurs professionnels, le grand pigeon céleste ne prend pas la peine de se poser sur un vulgaire réverbère pour roucouler des commérages et poser une fiente sur un quelconque blouson de cuir… Je ne peux rien arrêter, ni même retarder le moment… juste le préparer… à souffrir de nouveau.

Je devrais me révolter, taper du pied sur le sol et maudire tous les chamans puants de peau de bique de ma tribu. Je pourrais crier à l’injustice, au peu de temps qu’on me laisse pour lui dire qui il est, d’où il vient et où il va.  Je ne crois pourtant pas aux dieux de mes ancêtres, ni à ceux des églises, mais c’est pourtant bien une volonté divine et implacable qui s’applique sur nos vies. Vouloir la contrer est une perte de temps.

Alors qu’un certain Marc nous guide vers un salon privé, – les garçons semblant être des habitués des lieux, –  je jette un regard à Stephan. Et si je le mettais au courant ? Au regard qu’il me renvoie, je devine que son cerveau subtil et affuté a perçu quelque chose. Il a ce pli particulier en haut du front. Chris se moquait de lui pour ce détail qui trahissait Stephan dans ses intenses réflexions intérieures, au plus grand désespoir de celui-ci.

Mick me donne un répit en questionnant Chad sur son absence de ces deux derniers jours. Tel père, tel fils, au flot intarissable de mon fils, qui semble ainsi se libérer d’une tension nerveuse extrême, je comprends qu’il est un vrai paratonnerre à ennuis. J’en serais presque amusée tant la similitude de ton et de geste avec son père est frappante, si ce qu’il décrivait n’était pas l’antichambre de l’enfer.  Apprenant que l’homme qui était avec lui et qui est aussi monté dans la voiture lors de leur sauvetage est un wendigo, je ne peux refreiner ma stupeur. Je me coupe le doigt en essayant de retenir le verre que je viens de briser en le laissant tomber sur mon assiette. Le souvenir de ma mission avec Jordan est bien trop frais pour que je reste de marbre. Je m’excuse et vais au sanitaire me nettoyer.

***

Je me passe de l’eau sur le visage, puis tamponne ma peau avec une serviette en papier. Le cuisinier, un français, vient poliment s’enquérir de mon état et me donne une trousse de secours. Alors que je la saisis, il ne la lâche pas immédiatement et me regarde longuement avant de s’éclipser. Pierre A. est le nom brodé sur sa poitrine. Satisfaite du pansement que je me suis faite, je range la trousse et mon sac. Mon téléphone reflète le spot du plafond. Dans un geste presque mécanique, je l’allume et compose un numéro de mémoire. L’homme qui décroche ne parle pas, il attend patiemment.

- C’est moi, murmurai-je au bout d’un moment dans un dialecte que je n’avais plus parlé depuis des lustres.

- Tu as le talisman, demande dans la même langue, celui qui est mon père. Sa voix, que je n’ai pas entendue depuis plus de vingt-deux ans, est celle d’un vieil homme. Cependant le ton est directif, pas de « bonsoir, comment tu vas » ou de « tu aurais pu donner des nouvelles depuis tout ce temps ».

- Non, je ne l’ai plus. C’est le compagnon de Chad qui le porte.

- C’est qu’il doit en être ainsi.

- L’oiseau m’a parlé…

- Je sais. C’est ce qui doit arriver, on n’échappe pas à son rôle.

- J’ai peur… pour lui, pour moi… Je… Quand ?

- C’est une renaissance Iona. Tu auras le temps. Je t’aime ma fille.

- Je t’aime papa.

La dernière fois qu’on s’est vu, c’était à la maternité. Chris avait mis une semaine pour se remettre de sa rencontre avec son beau-père. Il savait pourtant que j’étais originaire d’une tribu indienne qui, si elle avait tout à fait appréhendé la modernité amenée par l’homme blanc, gardait une grande part pour les traditions. C’était donc en véritable chaman, avec plumes, peau de bête et calumet mal odorant mais tout de même éteint qu’Ezéquiel  A. Jefferson était venu saluer la venue au monde de mon enfant. Je me souviens encore de la panique du personnel soignant. Une tribu indienne prend la maternité d’assaut. Je crois que certaines femmes ont accouché plus rapidement ce jour-là… Certains pensaient que mon père, et mes oncles qui l’accompagnaient, sortaient du tournage d’un film. Mais mon père n’était pas là pour un remake de Dance avec les loups. Il avait apposé la marque sur Chad, comme un curé baptise un enfant. Mais autant on n’a encore jamais vu un enfant devenir un ange… Je m’en veux de mon insolence ce jour-là.

***

Quand je retourne à table, j’ai repris une contenance que l’émotion de parler avec le patriarche de ma tribu, mon père, avait sérieusement mise à mal. Nous mangeons le reste du repas tranquillement. Puis je leur explique les conséquences de la liste que Jordan s’est fait volé et que visiblement pour sauver ses fesses, Buck Lancaster, le flic véreux, a vendu la meute de Ruby. Je leur dis qu’ils doivent redoubler de prudence. Le dessert arrive avec la question terrible de Chad. « Pourquoi » ? Je soupire doucement et regarde tour à tour les trois hommes qui sont avec moi. « On n’échappe pas à son rôle… » Et quand on tombe, quelqu’un prend la relève…

J’écarquille soudainement les yeux et me mords la lèvre. Je regarde tour à tour Chad et Mick. Puis je tourne la tête vers Stephan qui hausse les épaules, fataliste. Il a compris ce que je viens de remarquer.

- Je suppose que Mick ressemble à son propre père ? Me demande-t-il alors que lui-même n’a jamais vu l’homme dont il fait mention.

Je n’ai vu le contact mystérieux de Chris que deux fois, ce Jonathan Wayne. Je me souviens de son regard, de son allure. Mick est effectivement son portrait vivant. Dire que lui et Chad…  Mick me confirme son nom de famille et me demande si je connais son père. Sa voix trahit son émotion. S’en est vertigineux, comme si un écrivain farceur s’amusait à écrire notre vie avec d’invraisemblables coïncidences. Cette fois je souris, même si je sais que la tristesse est au bout de la route. J’ai pris tous les chemins de traverse pour éviter mon destin, notre destin. Et le voilà bien en face de moi qui me regarde, l’un avec des yeux d’un bleu l’limpide, l’autre avec cette bichromie si dérangeante. Je leur explique donc ce que je sais.

D’habitude Chris rencontrait Jonathan à l’extérieur, par sécurité. Mais cette fois-ci, il devait lui donner un dossier volumineux. Chad était grognon, il avait de la fièvre. Jonathan, après les salutations d’usage et autres compliment pour mon fils, m’avait dit que la grippe était mauvaise, son propre fils était lui aussi bien malade, et que même avec un an de plus que mon Chad, sa mère était obligée de le veiller. Quand je demande des nouvelles de son père au compagnon de mon fils, il n’a pas besoin de parler. Je devine le drame qui a dû se passer et devait finalement se passer... Sa présence auprès de mon fils…

Je demande à Mick de me prêter un instant ce qu’ils appellent la Chad-boussole. Le surnom du talisman est amusant et approprié. Le tenant au creux de ma paume, je me concentre sur ce que je veux voir et leur montrer. La lumière jaillit entre mes doigts comme si je tenais une ampoule puis une sorte d’image holographique apparaît. Cet objet n’a rien de magique. Le définir est difficile. Il a sa propre volonté et son origine se perd dans la nuit des temps. Les terres des Kawaiisu, ma tribu, apparaît sous nos yeux. C’est la partie nord, celle dans les contreforts des rocheuses, près des falaises à nids d’aigle. La suite de la soirée est un long monologue entrecoupé des questions de chacun.

- Chad, j’ai eu l’audace et l’impudence de croire que je pouvais te faire échapper à ce qui est écrit, ce qu’on appelle communément le destin. Mais j’ai été bien naïve de penser que je pourrai changer quelque chose. Ton union avec Mick en est la preuve. Je n’ai pas le droit de te demander pardon pour cette terrible erreur de jugement, dont la conséquence est celle que tu connais. Ton adoption, mon silence et absence… Je… suis heureuse de l’homme que tu es devenu. Ne pas te voir grandir a été terrible. J’ai tenu en pensant que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire pour que tu échappes à cette maudite famille de chasseur… Je me suis trompée.

J’explique que Gérard s’était juré de corriger l’anomalie qu’avait été son frère Chris en « éduquant » son rejeton comme un chasseur. En le confiant à Stephan et surtout en m’éloignant, j’avais naïvement pensé que Chad pourrait vivre une vie normale, ignorant du monde des surnaturels. Le destin me le rendait sous la forme d’un loup. Quelle ironie du sort.

- Je regrette ce temps perdu…

J’allais ajouter, rassurante, que maintenant on allait prendre le temps de se connaitre. Maïs mentir devant un loup…

- Je veux t’expliquer d’où tu viens. Stephan t’as donné la moitié de ton histoire, celle qu’il connait, celle des Argent. La famille Jefferson, la mienne, n’en est pas moins une grande lignée. Ce nom nous a été donné par les colons blancs il y a deux ou trois siècles. Mais nous sommes sur ces terres depuis bien plus longtemps. Je dois mon apparence hispanique à une grand-mère maternelle enlevée de son hacienda par mon grand-père… Autre temps, autre mœurs… ma remarque les fait sourire.

Je leur raconte alors la vie et les croyances des miens. Notre vie en toute quiétude avec une meute de loup voisine. Meute, dont un des fils s’est établi ici-même à Beacon Hills pour une alliance, il y a longtemps aussi. J’explique que mon père et son père avant lui et le père de celui-ci et ainsi de suite, sont les chamans de notre tribu. Je leur parle de mon rejet de nos coutumes ancestrales quand à l’adolescence j’ai dû aller à l’école des blancs. J’ai renié ma culture pour m’intégrer au monde occidental. Le fait que je ne sois pas très typée indienne m’avait aidée à faire oublier mes origines. Et dans le monde hippie de San Francisco peu savaient d’où je venais vraiment. Je rends la Chad-boussole à Mick. Elle leur a montré les miens, le visage de mon père et de mon grand-père quand j’étais jeune, ceux de mes frères et sœurs aussi. Ils ont vu le village fait de maisons simples en bois. Le totem qui trône au centre avec sa tête d’aigle et le « Tipi des grandes occasions ». Je leur explique qu’il n’est là que pour le folklore et les touristes qui passent par là. L’artisanat indien se vend mieux si une certaine mise en scène est faite une peu autour des boutiques de souvenirs. La Chad-boussole leur a montré le vrai lieu important de notre tribu. C’est une grande excavation dépouillée à flanc de montagne. La voute de pierre est noircie des fumées des innombrables feux allumés ici de génération en génération. Mon peuple était proche de la nature. Une proximité qui frôle une certaine intimité… L’oiseau m’a rappelé qui je suis… ou plutôt quel est mon sang. Je termine cette partie de ma vie avec un aveu qui bouleverse profondément Chad.

Je le regarde. Il n’a rien d’un indien tellement il a hérité des gênes de Chris. Mais il n’a pas le côté insouciant de son père. Le regard qu’il pose sur moi est calme. Il est bouleversé de me voir et de ce que je lui dis, mais derrière ses prunelles azur, je vois un autre regard. Chad a la gestuelle de Chris. Cette manière de bouger qui m’avait fait craquer sur l’homme avec lequel je me suis unie. Mais par moment il semble se poser, comme « écouter ». C’est latent, fugace et inexprimé, et là c’est un autre homme que Chris que je reconnais. Un homme qui avait bercé mes premières années avec des histoires merveilleuses sur notre animal totem.

J’aborde enfin mon enrôlement au FBI. L’endoctrinement que j’ai subi et qui fait ce que je suis maintenant. Non sans ironie, je dis que je fais presque le travail d’un chasseur, mais avec une vision gouvernementale.  La section 51 accorde le droit de citoyenneté aux surnaturels, leur conférant ainsi implicitement les mêmes droits que tout un chacun. Simplement, pour des raisons de confidentialité, la justice qui leur est appliquée est différente… Pas de procès, ni de prison pour ceux qui deviennent ingérables.

Quand le gérant nous amène la note, je ne peux m’empêcher de lever un sourcil étonné sur le symbole qui orne le ticket. Le clin d’œil qu’il me fait avant de s’éclipser m’apporte plein de questions. L’oiseau messager me rend paranoïaque et je cherche des signes dans tout ce qui m’entoure. Les deux frères français me trouvent peut être simplement à leur gout… A trop chercher des signes, on finit par en voir de partout. C’est Stephan qui dit à haute voix ce qui m’a interpellé. Il est vrai que pour un restaurant français, je m’attendais à autre chose qu’un aigle royal comme symbole. Quelque chose comme un coq ou un quelconque pigeon comme ils savent si bien les cuisiner.






La mort est un cadeau que nous offrent ceux qui partent.

Un cadeau exigeant, écrasant, mais un cadeau.

La possibilité de grandir, de comprendre, de s'ouvrir, d'apprendre.

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Stephan Wilder

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MessageSujet: Re: Singulières retrouvailles : PV Mick, Chad et Fiona   Mer 5 Aoû - 13:18


La toile...









Iona… Celle qui avait fait vibrer le cœur de Chris de manière si absolu. Il l’avait déjà rencontrée quand il était venu sur Boston pour finir ses études… et me sauver la vie. Je me souviens de la manière dont il m’en parlait. Quand, je  rencontrai Iona Jefferson pour la première fois, je fus moi-même subjugué. Elle était une très belle femme. Elle avait à cette époque un côté sauvage qu’elle masquait par des allures de bohème. Racée… C’était le mot qui m’était venu à l’esprit. Je souris en me remémorant l’histoire de leur rencontre. Ils me l’avaient raconté chacun de leur côté. C’est incroyable comment la même scène peut paraître différente suivant le point de vue de chacun. Pour Chris, il était apparu en sauveteur de demoiselle en détresse perdue dans un groupe de buveur de bière et fumeur de joint. Pour Iona, il était arrivé comme l’écologique casse pied leur priant de baisser leur sono et de ramasser leurs déchets. Mais quel que soit l’impression première, ces deux-là ne s’étaient plus quittés, même lors des études de Chris loin de la Californie, ils s’écrivaient de longues lettres.

Si nous n’abordons pas tout de suite le sujet qui nous brûle tous, Iona peut se vanter le mérite de nous avoir captivés par la suite. Je ne sais pas quels sont les sentiments précis de Chad à son égard, mais il me semble voir à son regard et ses hochement de tête, qu’il apprécie ce qu’il entend. Je suis fier de celui qu’il est maintenant. Fier et aussi heureux que Iona puisse constater que sa confiance en Prisci et moi était fondée. Quand elle met le doigt sur un lien avec le père de Mick, je vois mon beau fils se crisper. Je sais sa lutte pour se souvenir et briser le verrou mental qu’il s’est lui-même imposé. Que cache cette précaution ultime ? Hier Jonathan et Chris, aujourd’hui Mick et Chad. Au ton que prends Iona, je devine une ramification vertigineuse vers le passé.

Je suis fasciné par l’histoire de sa famille. Cela avait toujours été un sujet tabou dans le passé. Son propre père, Ezéquiel A Jefferson, avait vraiment impressionné Chris lors de leur seule et unique rencontre à la maternité.

« - Stephan ! Ils ont débarqués de nulle part et sont repartis de la même manière ! Pouf !» M’avait-il dit.

Cinq indiens en tenues traditionnelles au milieu de San Francisco, cela se repère… Mais mis à part à la maternité, aucun indien emplumé n’avait été vu ailleurs ce jour-là…

« - Steph ! Il a fait des signes étranges sur le berceau de Chad, il était effrayant ! »

Je sais de la bouche de Chris, que ce jour-là Iona avait eu des mots durs envers son père et ses conneries d’un autre âge. Tout ce que je me rappelle, c’est que la scène avait tant impressionné Chris, qu’il m’en avait parlé chaque jour de notre séjour avec Prisci pour l’occasion de la naissance de Chad. Je crois que j’aurai aimé rencontrer un tel homme. Est-il seulement encore en vie ?

Avec tristesse, je comprends les remords de mon amie. Elle dit s’être trompée, mais avait-elle d’autre choix que de tenter d’agir pour soustraire Chad de Gérard ? Elle affirme qu’on ne peut échapper à son destin, je ne peux qu’être en accord avec elle quand je vois le regard de Mick refléter le mien. Je commence à me demander sérieusement quel est mon propre rôle dans tout cela. Mon propre père a été assassiné. Jamais il ne m’a parlé de sa famille. Je me rends compte que je ne sais pratiquement rien sur ma famille... ni celle de Prisci qui m’a toujours affirmée avoir définitivement coupé les liens à son envol de chez elle. Qui était le père Mick ? Quel était la nature de son lien avec Chris ? Iona ne peut nous en dire plus, les deux hommes semblaient avoir écarté leur compagne respective de leur activité. J’ai l’impression de me retrouver dans une spirale infernale et je n’aime pas cela.

Avant de nous parler de sa période au FBI, elle nous dévoile une nouvelle qui nous abasourdit tous. Chad encaisse le choc en serrant les dents. Quand Chris est tombé sous ses yeux, une balle en plein cœur, il ne savait pas, de même que Iona, que celle-ci était enceinte d’une petite fille. La mort de son mari l’a tant choquée que même maintenant Iona n’est plus certaine de ce qu’elle a fait pendant cette période jusqu’à son accouchement dans un dispensaire pour déshérités dans le sud de la Californie. Chrystie, ainsi aurait dû s’appeler la petite, n’aura vécu qu’une journée. Un incendie s’est déclaré dans un local de stockage. Iona a été évacuée de force par un infirmier. La nursery où se trouvait son bébé a été ravagé par les flammes. La chaleur a été si intense que le bâtiment s’est désagrégé de lui-même. D’abord Emy, puis maintenant Chrystie, Chad perd de nouveau une sœur. La fille de Iona n’apparaît sur aucun registre car tout a brûlé et que ce jour funeste elle entama une lente descente aux enfers pour cette femme qui en a trop subi.

La soirée est riche d’émotions pour chacun de nous quatre. S’il y a bien une chose dont j’ai horreur, c’est d’avoir l’impression de ne pas être maître de ma vie. Je me targue d’avoir une très bonne qualité d’analyse et de savoir prendre du recul pour avoir une vision d’ensemble. Mais là, j’ai la désagréable sensation d’avoir été et d’être encore une marionnette. Si j’attrape celui… ou l'entité qui qui tire les ficelles… Je me fais un flash-back, avec cette idée que finalement mon libre arbitre n’a été que de la poudre aux yeux. Je suis impliqué dans cette histoire parce que Chris est venu me sortir de ce laboratoire glauque où j’avais été traîné à cause de la particularité de mes yeux. Nous ne faisions pas les même études, n'avions pas le même âge et pourtant il est venu me chercher alors qu’il ne me connaissait pas. Qu’est-ce qu’il l’a incité à venir terminer ses études à Boston, certes loin de sa famille mais aussi loin de Iona ? Qui a tué mon père ? Que savait ma mère ? Je cherche le facteur déclenchant, celui qui ensuite par cascade fait que Chad devient mon fils, celui qui fait que Mick le rencontre et s’attache à lui ?

C’est à prendre un mal de tête. Chaque élément tourne comme une nébuleuse. Je n’arrive pas à percevoir le cheminement chronologique. Alors je tente de reprendre l’équation à l’envers partant… de la solution :

Chad et Mick qui forment un couple à Beacon Hills, c’est le premier nœud. Mick a été attiré dans cette ville plus ou moins par lui-même pour chercher des réponses sur le meurtre de ses parents. Il a les yeux vairons comme moi, père adoptif de Chad : deuxième nœud. Première inconnue : Qu’a-t-il mis en évidence pour que cela justifie le verrouillage de sa mémoire ?

Chad est venu à Beacon Hills suite à sa morsure et la mort d’Emy. L’explication physique peut être une attirance du Nemeton. Ce qui met l’arbre sacré dans la boucle des causes initiatrices.

J’ai adopté Chad car Chris est devenu mon meilleur ami. Le prétexte de notre rencontre est mon sauvetage, la cause est celle de la couleur de mes yeux… Le lien se reboucle avec Mick, ses parents… Ceux qui m’ont enlevé sont-ils les mêmes qui s’en sont pris à lui et sa famille ? Jonathan Wayne est de la même génération que moi. Ai-je un lien plus direct avec lui, moi qui ne sais pas grand-chose de ma propre famille ? Mon esprit échafaude les hypothèses les plus folles. Jamais je n’ai été si subjectif dans mes raisonnements. Moi à Boston, Chris et Jonathan à San Francisco et maintenant Chad et Mick à Beacon Hills. Iona qui y met les pieds pour la première fois il y a quelques mois… Elle a rencontré le père de Mick, ce qui semble raisonnable puisque Chris le fréquentait. Sans vraiment comprendre, j’ai l’impression que quelque chose tend à se répéter.

Je regarde Chad et Mick qui sont assis en face. Le lien qui les uni est fort. Le lien entre leur père respectif était également fort bien que d’une autre nature. Chris, Chad… descendants de chasseur. Jonathan, Mick avec cette particularité génétique. La même que la mienne, moi qui semble avoir servi de lien entre les deux générations.

J’arrête de me remuer les méninges, la solution m’échappe. Je ne peux m’empêcher de remarquer le symbole sur la note qu’on nous apporte. L’aigle royale n’est pas vraiment l’emblème de la France. Iona semble troublée, mais tant de chose sont arrivées ce soir qu’il est difficile de savoir à quoi elle pense.

Il est tard quand nous nous levons… plus d’une heure du matin. Mais a aucun moment, on nous a pressé de partir. Le geste est gauche et maladroit quand Chad s’avance vers Iona. Puis l’étreinte vient d’elle-même. Iona pleure silencieusement sur l’épaule de son fils. Je suis heureux pour Chad que la vie lui offre ce cadeau. Lorsque nous sortons du salon privé, les deux français, propriétaires des lieux, discutent dans leur langue maternelle au comptoir du bar. Ils nous demandent avec chaleur si le repas nous a plu et nous invitent à revenir. Aucun grief apparent sur le fait qu’on les a fait veiller tard. Les autres clients sont partis depuis longtemps. Celui qui se prénomme Marc me tend une carte que je prends avec un remerciement pour leur accueil.

Sur le parking, Iona serre de nouveau Chad dans ses bras et lui souhaite une bonne nuit. Puis elle se tourne vers Mick, elle hésite, presque timide, puis serre contre elle celui que son fils a choisi pour compagnon.

- Merci pour le bonheur que tu allumes dans son regard, lui murmure-t-elle.

On convient que je rends la voiture de Chad le lendemain et que je raccompagne Iona chez elle. Avant de démarrer, je vais pour ranger la carte que m’a donnée le restaurateur dans ma poche. Je fronce les sourcils car rien ne rappelle le nom du restaurant. Le carton ne comporte qu’un simple numéro de téléphone. Je trouve cela plutôt étrange puis mon cœur cesse de battre une fraction de seconde. Ce numéro… B*rdel ! Je tourne brusquement la tête vers le restaurant. Les lumières ont été éteintes… comme une invitation à ne pas venir déranger. Iona se rend compte de mon trouble.

- Un souci Stephan ?

- Euh… Tu crois à la théorie du grand complot ?

- Non. Ni aux dieux de toutes sortes. Mais si tu me dis que Chad et Mick ne sont pas ensemble par hasard… Je te croirai volontiers.

Je démarre la voiture et roule en suivant les indications de ma passagère. J’ai trop de question sans réponses. Quand je m’arrête devant chez elle, nous restons un moment sans parler.

- J’ai l’impression d’être un papillon de nuit collé sur une toile d’araignée, dis-je enfin.

Iona me sourit et se penche vers moi pour me faire une bise sur la joue. Son parfum est agréable et ses cheveux me caressent l'oreille.

- Tu as de beaux restes Stephan, Prisci doit être heureuse, dit-elle avant de sortir.

Je suis tellement perturbé que je ne suis même pas descendu pour lui tenir la portière.

- Tu as fait ce qui devait être fait, dit-elle énigmatique avant de fermer la portière.

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Mickael Wayne
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MessageSujet: Re: Singulières retrouvailles : PV Mick, Chad et Fiona   Dim 9 Aoû - 13:47


Mother

Le restaurant est accueillant, comme à l’accoutumée. Les propriétaires des lieux semblent s’adapter à chaque client, s’attardant davantage auprès des habitués. Lorsqu’ils nous reconnaissent, ils nous invitent avec politesse à nous installer dans un espacé privatisé. Pourtant la tranquillité qui règne dans ce cadre agréable adoucit que très légèrement l’appréhension de chacun. Même Stephan semble être doublement observateur et en pleine réflexion. Je croise son regard l’espace d’une seconde. J’apprécie la finesse de son esprit. Celui qui a élevé Chad est un homme de bien.

La question qu’il pose à son fils nous replonge immédiatement dans des histoires surnaturelles et alourdit l’ambiance. Tout comme eux, j’apprends avec plus de détails ce que Chad et Adriann, le professeur en criminologie de l’Université, ont découverts dans un hangar abandonné. Si les dangers que nous affrontons ne sont peut-être pas tous liés, ils le sont au moins parce que nous sommes au cœur de toutes ces histoires.

La barbarie évoquée par Chad prouve que le monde sombre peu à peu dans le chaos. Et la composante surnaturelle n’arrange en rien la situation. Un de nos amis a récemment pu malheureusement découvrir ce dont sont capables les personnes malfaisantes autour de nous. Tous ces comportements sont autodestructeurs.

Découvrant ce qui est clairement le quotidien mouvementé de Chad, Fiona a une faiblesse et laisse s’échapper son verre. Il se brise en tombant sur son assiette. Je la suis des yeux lorsqu’elle s’excuse et rejoint les toilettes. Stephan nous explique ensuite sa réaction, évoquant une mission particulièrement déroutante qui l’a marqué quelques jours auparavant.

Lorsqu’elle nous rejoint, je remarque un détail qui m’interpelle. Un renflement sur le haut de sa cuisse. Elle a changé son téléphone de poche. Son trouble a été réel pourtant je me demande à qui elle a pu parler ou même si elle a un feint de se sentir mal pour contacter un allié. Ma suspicion est déplacée, je décide de laisser à cette femme le bénéfice du doute. Chad a tant à apprendre d’elle.

Après que le repas nous soit servi, Fiona relance la conversation en expliquant ce qui les avait poussés à tous se réunir au poste de police. Je connais déjà l’histoire de Buck Lancaster qui a vendu une liste des membres de la meute pour gagner les grâces de personnes influentes. Et parce que ce genre de secret a un prix très élevé. Notre inquiétude est plus que justifiée. Chad en est immédiatement conscient. Ruby en voyant son air harassé n’a pas osé évoquer le sujet lorsque je l’ai ramené auprès d’eux.  

Fiona met cartes sur table, nous révélant ce dont elle a connaissance. Dans ce jeu, les risques sont réels et le bluff est une arme. Mais avons-nous réellement choisi d’entrer dans la partie ? Quelque chose, quelqu’un a-t-il déjà écrit toute l’histoire, comme les scènes d’un film que nous jouerions en boucle jusqu’à trouver la raison à tout ça ?

Chad a attendu la fin du repas pour aborder le sujet le plus personnel et le plus délicat. Je comprends que la plus simple des questions lui brulait les lèvres.

- Pourquoi ? Demande-t-il tandis que je le regarde avec amour.

Fiona ne répond pas immédiatement, lâchant un soupir, léger en comparaison du poids qu’elle doit avoir sur le cœur. Elle nous regarde un à un puis s’attarde auprès de Stephan. Ils se comprennent sans un mot.

- Je suppose que Mick ressemble à son propre père ? Demande Stephan qui semble deviner la réponse de Fiona.

Je trésaille à l’évocation du parent que j’ai perdu. Ma voix est tremblante quand je lui confirme porter le nom de Jonathan Wayne.

- Vous le connaissiez ? Questionne-je.

J’ai l’espoir fugace qu’elle le connaisse et puisse me parler de lui. Mais elle ne l’a rencontré que deux fois. Ce qui se révèle n’être qu’une anecdote me fait mal. Ce ne sont que de trop maigres informations. Rien qui puisse me gorger de souvenirs que j'étais trop jeune pour me les rappeler mais qui me rapprocheraient de lui. Elle semble touchée lorsque je lui apprends la disparition de mes parents. Comme Chris qu’elle aimant tant, ils ne font plus partie de ce monde.

Avec bienveillance, elle me demande de lui prêter la Chad-boussole accrochée autour de mon cou. Alors qu’elle pose l’artefact antique dans le creux de sa paume, celui-ci s’anime comme s’il était en réalité un objet d’une grande modernité. Des images, commentées par Fiona. Nous découvrons la terre de ses ancêtres, appelés Kawaiisu, comme si nous survolions le paysage au travers des yeux d’un aigle. Les montagnes rocheuses sont d’ailleurs leur habitat de prédilection. Cet animal royal n’est autre que le totem de la tribu dont est originaire Fiona. Ou plutôt Iona Jefferson. Chad semble captivé par cette histoire d’antan, comme s’il pouvait percevoir depuis Beacon Hills les récits et légendes contés de générations en générations.

Avant de nous en dire davantage sur l’histoire de sa lignée, elle tente de répondre à la question légitime de son fils. Petit à petit, elle se confie comme elle n’a dû le faire que très rarement durant ces dernières années.

- Chad, recommence-t-elle. J’ai eu l’audace et l’impudence de croire que je pouvais te faire échapper à ce qui est écrit, ce qu’on appelle communément le destin. Mais j’ai été bien naïve de penser que je pourrai changer quelque chose. Ton union avec Mick en est la preuve. Je n’ai pas le droit de te demander pardon pour cette terrible erreur de jugement, dont la conséquence est celle que tu connais. Ton adoption, mon silence et absence… Je… suis heureuse de l’homme que tu es devenu. Ne pas te voir grandir a été terrible. J’ai tenu en pensant que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire pour que tu échappes à cette maudite famille de chasseur… Je me suis trompée.

L’admettre semble à la fois douloureux et libérateur. Gérard Argent a été une menace réelle. Le genre que nous connaissons bien à l’heure actuelle. Les rivalités ou les alliances, les rencontres fortuites ou délibérées, toutes ces histoires se répètent inlassablement.

Elle retient d’autres mots, cherche dans les méandres de son cœur meurtri ce qui pourrait expliquer, justifier davantage les tournures des évènements. Les choses sont ainsi qu’on le veuille ou non.

Il y a un adage français qui illustre parfaitement l’ironie de la situation, « On rencontre sa destinée souvent par des chemins qu'on prend pour l'éviter ». Nul besoin d’être un sage pour admettre que quelque chose doit effectivement régir nos vies. Mais je me battrai toujours pour en être le maître, quand bien même il s’agirait d’une illusion. Je crois qu’on deviendrait fou à se résoudre de faire autrement.

- Je regrette ce temps perdu…murmure Fiona.

Le masque tombe. Elle est soudainement bien différente de la femme qui était monté dans ma voiture et qui avait tiré sur ces hommes à la poursuite de Chad. Force et faiblesse. Les deux se confondent dans un même regard.

- Je veux t’expliquer d’où tu viens, reprend-elle. Stephan t’as donné la moitié de ton histoire, celle qu’il connait, celle des Argent. La famille Jefferson, la mienne, n’en est pas moins une grande lignée. Ce nom nous a été donné par les colons blancs il y a deux ou trois siècles. Mais nous sommes sur ces terres depuis bien plus longtemps. Je dois mon apparence hispanique à une grand-mère maternelle enlevée de son hacienda par mon grand-père… Autre temps, autre mœurs…

Nous sourions à cette note d’humour tandis qu’elle raconte ce que sont les croyances et la vie parmi les siens. Puis elle aborde sa vie de femme, rappelant l’amour que Chris et elle partageaient. Elle marque un temps d’arrêt avant de nous confier le traumatisme qu’elle a vécu. Lorsque le père biologique de Chad a été tué, la vie de Iona a été détruite. Endeuillé par la mort de son mari, elle subit une autre perte terrible. Insurmontable. Celle d’une enfant. La petite sœur de Chad.

Celui-ci me serre la main sous la nappe. La douleur est sans doute moindre car il ne l’a pas connu mais celle que nous pouvons tous lire dans le regard de Iona nous serre le cœur.

La mère et le fils s’observent avec intensité. Il y a tant qui les rapproche et les éloigne à la fois.

La suite du discours de Fiona retrace la nouvelle vie qu’elle avait construite. Son engagement auprès du FBI attire mon attention. D’autant plus qu’elle fait partie d’une brigade spéciale qui n’est pas sans me rappeler le fonctionnement de l’organisation A.R.G.U.S. dans laquelle j’ai moi-même été enrôlé.

Chad, tout comme moi, sommes ravis de savoir que des instances dont le pouvoir n’est pas négligeable accordent le droit de vie aux êtres surnaturels. Quand bien même ce combat pour le respect et la paix n’est pas tenu de manière officielle et publique, cette information révèle que quelque part cette cause juste fédère des hommes et des femmes, des alliés.

L’un des gérants du restaurant nous apporte la note. Fiona semble réagir à quelque chose que je ne perçois pas. La fatigue et les émotions fortes ont peut-être raison de sa sensibilité.

Jusqu’à présent, je parle peu et écoute beaucoup. Puis  Fiona me prend à partie, désireuse de connaître davantage de l’homme avec qui son fils partage sa vie. J’évoque le bonheur que nous souhaitons obtenir après avoir chassé les ombres du passé. Je crois que mon souhait lui parle, qu’elle le comprend et l’accepte.

- Tu le trouveras à terme, continue-t-elle en nous souhaitant d’être heureux chaque jour.

Tu le trouveras à terme, cette phrase résonne en moi d’une manière particulière.

- On ne peut échapper à son destin, clame-t-elle réticente à cette vérité.

Qu’il soit bon ou mauvais, ce qui doit arriver, arrivera. Je n’aime pas ce genre de paroles fatalistes mais je dois bien avouer que nous ne contrôlons que très peu de choses. C’est pour ça que Chad et moi nous évertuons à faire de notre couple la seule et véritable stabilité de nos vies.

J’ai la sensation que Fiona ne nous dit pas tout. Mais le fait-elle pour notre bien ou pour une raison qui nous surpasse ?

Nous nous apprêtons à quitter le salon privé. Chad et Fiona émus mais maladroits finissent par s’enlacer. Stephan et moi leur laissons le temps et l’espace pour se retrouver.

Les deux hommes qui nous ont accueillis discutent en français lorsque nous rejoignons la sortie. J’en connais quelques rudiments pour avoir voyagé quelques fois en Europe. Nous confirmons tous avoir passé une agréable soirée et avoir été encore une fois conquis par leur cuisine.

L’accolade entre Chad et sa mère est plus sereine, comme s’ils ne s’étaient jamais perdus de vue. J’aimerais connaitre les sentiments qu’il éprouve. Est-ce qu’il se sent mieux ? Je l’aime éperdument, je souhaite que son lien ave Fiona perdure et se renforce au fil du temps.

Elle se tourne vers moi et hésite quelques secondes sur l’attitude à adopter. Puis elle me serre contre elle. J’en suis ému alors qu’une pensée lointaine me fait éprouver la douloureuse envie de serrer ma propre mère dans mes bras.

Nos regards se croisent comme la première fois où nous nous sommes rencontrés, à la différence près qu’il n’y a plus aucune véhémence entre nous.

- Merci pour le bonheur que tu allumes dans son regard, murmure-t-elle.

Les mots de Fiona me touchent profondément. Ils sont ceux d’une mère, rassurée parce que son fils a trouvé quelqu’un pour l’aimer d’une manière inconditionnelle alors qu’elle n’était pas là pour le faire. Heureuse de savoir que la solitude qui était sienne blessait plus faiblement son fils.

Nous évoquons rapidement mon père quand elle réitère ses condoléances. Mes parents me manquent. Tout comme Chad a découvert ses origines maternelles, je n’oublie pas d’où je viens. N’oublie pas d’où tu viens.

Je retiens ma respiration. Le déclic ! Je viens de comprendre le sens caché d’un message pourtant si simple.

Chad me dévisage, il a très certainement senti mon cœur s’affoler. Comment lui dire que je viens de réaliser où se trouvait ce fameux dossier que j’avais caché à bon escient. Mes propres mots étaient des indices. Je dois retourner à San Francisco... Mais après les révélations faites par Fiona, je ne suis plus tout à fait sûr qu’y mettre les pieds ne signifierait pas m’avancer vers ce destin qui semble plus que trouble.

Nous rentrons en silence. Lorsque nous sommes allongés l’un contre l’autre, Chad me confie ce qu’il ressent. Cette soirée de retrouvailles a été riche en émotions et en révélations. L’obscurité apaise notre cœur et notre esprit en ébullition. Que faire maintenant ?


(c) Fiche par Mafdet


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Singulières retrouvailles : PV Mick, Chad et Fiona
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