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 Chimaera

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Maxence Reagan

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MessageSujet: Chimaera   Mer 5 Aoû - 17:56


Chimaera

Suite de ce RP:
 

Je réfléchissais à la proposition de Chad. Il y a deux jours, il m'avait qu'il serait rassuré si j'allais vivre dans son appartement.

Il avait plaisanté sur le fait que je le rembourse lorsque je serais un avocat riche et célèbre. L’attention m’avait touché mais je ne savais pas quelle décision prendre. Ce fut un nouveau cauchemar qui me décida. Il n’était dû aux pensées volatiles des victimes comme ça avait pu être le cas mais il mettait en relief ce que je pensais intérieurement.

Je ne pouvais pas m’éloigner du campus sinon qui serait sur place si quelque chose arrivait. Penser à ma sécurité nous empêcherait d’être réactifs dans cette histoire si étrange qu’elle en devenait effrayante. Les créatures, ces chimères comme Chad les avait si bien nommées, regroupaient tous les critères pour être des monstres malfaisants. Les limites entre la science et le surnaturelles se confondaient, les expériences génétiques devenaient des prouesses contrecarrant les lois de la Nature, qu’elle soit ou non explicable et expliquée aux yeux des Hommes.

Ainsi, puisque je demeurais dans ma chambre d’étudiant, je prenais des précautions, refermant toujours les portes derrière moi et essayant de ne pas être seul sur le campus ni dans des endroits isolés. Et quand j’y étais forcé mon pouvoir fonctionnait comme un radar, repérant à l’avance la présence de quelqu’un. Même sans sonder les esprits, je pouvais sentir qu’une conscience était dans les environs. Comme si nous étions tous reliés aux fils d’une harpe. Je saisissais les mouvements sur  l’instrument psychique, les connexions, c’était du moins la représentation imagée que je m’en faisais.

J’étais allongé sur mon lit. Je voyais Chad en fin de journée pendant l’entrainement de handball pour lui rendre la clé que je jetais en l’air et rattrapais à plusieurs reprises. J’avais l’esprit occupé. Et l’impression d’être deux personnes dans une. D’abord un étudiant en droit ordinaire, joueur de handball dans une équipe universitaire et choisi pour être prochainement jury dans une affaire pénale. Et puis, cet autre moi que très peu de personne connaissait. Le pouvoir que je possédais avait été l’élément déclencheur me propulsant vers Chad puis tout un monde que j’ignorais encore avant de le rencontrer.

Je tentai tant bien que mal de conjuguer les impératifs de cette double vie. J’étais seul, ce qui d’un point de vue pragmatique m’exonérait des difficultés que m’apporterait éventuellement une petite amie. Surtout si elle faisait partie de ce monde que je côtoyais depuis peu. Chad n’était pas en reste car lui et Mick affrontaient beaucoup de choses, avec brio à mon sens. Leur amour avait permis l’issue du combat qui nous avait opposé à la Tisseuse. Les tentatives qu’elle m’avait fait percevoir revenaient parfois s’immiscer dans mes pensées. Mais cette notion de pouvoir, bien que je sache l’effet grisant qu’il procurait, ne m’intéressait pas. Matrim m’avait dit une fois que le pouvoir attirait l’attention. Et que ça n’était pas toujours celle de personnes avisées. Quand il s’agissait d’une personne. Cette harpie comme il l’appelait n’était qu’une femme mais à ses yeux elle était davantage un démon effrayant. Je lui avais promis mon aide, toutefois devenir une cible à mon tour était effrayant. Être utile dans l’ombre, ne pas me faire remarquer, ça me convenait.

Lorsque je retrouvai Tyler, le capitaine de notre équipe, il me demanda aussitôt si mon binôme allait se joindre à nous. Ce fut Chad lui-même qui confirma en arrivant. Le ton fut donné quand on nous rappela que notre victoire contre les Red Storm à San Francisco ne signifiait pas que nous devions relâcher nos efforts. Le match durant lequel notre équipe avait fini par écraser celle de nos adversaires, nous avait assuré d’accéder à l’étape suivante sans autre confrontation. Mais l’étape suivante signifiait rencontrer des équipes différentes, qui elles aussi avaient su se démarquer par la qualité de leur jeu.

L’entrainement nous épuisa mais il eut le mérite de consolider davantage la bonne entente au sein de l’équipe et de permettre de préparer de nouvelles techniques. Bien plus qu’avant, Chad et moi travaillions à deux, synchronisés quand c’était nécessaire. Mais nous préservions la majeure partir du temps cet atout qui s’apparentait tout de même à de la triche. Notre jeu était bon, même sans ce contact privilégie. Les autres joueurs aussi étaient grandement motivés par le championnat.

En se rhabillant, Chad me demanda si mes cours se passaient bien malgré nos préoccupations nocturnes de ces derniers jours. J’avouai qu’une nuit de sommeil paisible me ferait du bien.

- Pour le moment ça se passe bien, je vais bientôt être appelé comme jury au tribunal. Ça m’angoisse un peu, par rapport à…

Je tus la fin de ma phrase. Même sans le préciser mentalement, il savait que mon inquiétude était liée à mon pouvoir.

Chad comprenait parfaitement. Le rôle d’un avocat était de défendre l’intérêt du « client » Mais qu’en était-il s’il connaissait la vérité et que celle-ci était indéfendable ? Ou au contraire, si c’était l’autre en face qui était coupable ? Comment le faire comprendre à la majorité ? Sans se faire remarquer ? De manière légale…ça ne pouvait pas être facile. Et la justice possédait déjà ses propres limites.

- Les gars on vous voit ce soir ?

Tyler nous interpella en évoquant la soirée organisée par différentes fraternité. Chad et moi échangeâmes un regard avant de confirmer que nous serons présents. Mentalement, nous avions conclu que ce serait lors de rassemblements du genre qu’il fallait être le plus vigilant. Toute distraction sur le campus pouvait être une opportunité pour les ennemis du sous-sol, et nous devions protéger l’inconnu que nous savions en danger.

À propos de ça, Chad…je crois que je vais refuser ta proposition. Ce serait égoïste.

Il comprit mes motivations tout en réitérant son inquiétude quant à ma sécurité. Je tentai de le rassurer en disant que je pouvais certainement capable de l’appeler au secours même en pleine nuit. Il évoqua Mick qui ne le laisserait pas sortir si facilement, ce qui nous fit rire.

À la sortie du vestiaire, Chad insista pour me raccompagner jusqu’au bâtiment où était située ma chambre. Je l’en remerciai par la pensée jusqu’à ce que la distance rompe le lien.

- - - - -

Je gardai un œil ouvert, ainsi que mon pouvoir dont je lâchai un peu plus la bride lorsque j’étais en présence d’un grand nombre de personne. C’était ce qui restait le plus difficile mais j’essayais de capter d’éventuelles pensées de surface qui me sembleraient suspectes.

Un verre à la main pour nous fondre dans l’ambiance, Chad et moi étions à cette grande fête étudiante organisée pour la succession de membres de diverses fraternités. Ces groupes d’étudiants étaient très souvent caricaturés dans les films. Parfois, ce n’était pas tout à fait éloigné de la vérité.

Je ne voyais pas l’étudiante que nous tâchions de surveiller depuis que nous avions appris son implication. Elle devait se faire discrète. Chad mit du temps à capter son odeur dans la foule.

Elle était avec un jeune homme. Le plan d’attaque avait été clair. Nous en avions eu connaissance pendant notre espionnage récent. Elle devait gagner sa confiance – ses charmes aidant – l’isoler, et le faire disparaitre.

Mais quelque chose se produisit.

Un étudiant eut soudainement l’air de se sentir mal. Un autre ploya les genoux en se tenant la gorge. Et plusieurs autres personnes ressentirent les mêmes effets de ce mal à première vue invisible.

Je suivis le cheminement de pensées de Chad. Puis, il huma le contenu de son verre et y trempa très légèrement les lèvres.

De l’aconit, la quantité n’est pas mortelle mais extrêmement irritante.

L’alcool devait camoufler le poison. Heureusement que Chad n’avait pas encore bu. Tous ces étudiants et étudiantes étaient donc des loups-garou à découvert ? Si cette arme naturelle était utilisée à l’échelle d’une soirée étudiante très peuplée, que pouvait-il se passer si la confrontation sous-jacente prenait de l’ampleur en ville ?

Les humains ordinaires ne semblaient pas approprier le phénomène à une quelconque origine surnaturelle. Les pensées fugaces s’orientaient vers une allergie ou une intoxication massive. Rapidement, les cocktails furent retirés.

Chad et moi nous regardions, effarés par l’absence de limite dont disposaient les hommes qui agissaient dans l’ombre du campus comme des scientifiques au dessus d’une cage de souris.

Puis nous comprîmes ensemble.

Et merde, une diversion !

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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Chimaera   Mer 12 Aoû - 13:27











Chimaera


J’avais fait un résumé aussi complet que possible à Mick sur mes avancées avec Maxence. Je le savais inquiet de mes vadrouilles que ce soit avec Max’ ou Adriann. Cependant, Mick était bien conscient que nous n’avions pas le choix. On devait absolument prendre un coup d’avance sur cet échiquier afin de nous élever au minimum au rang de cavalier. Qui étaient le roi et la reine de ce jeu infernal ? Nos questions restaient pour l’instant sans réponse. J’avais donné la clé de mon appartement à Maxence. Je n’aime pas le savoir seul dans cette chambre d’étudiant où il s’est déjà fait attaquer. J’ai une entière confiance en lui, notre lien psychique aide à avoir des relations saines et sans ombrages. Il sait ce que je pense, et il m’ouvre ses pensées. Ce moyen de communication a le mérite d’être clair et franc à défaut d’une certaine intimité. Toutefois, je sais que Max’ ne plonge pas trop profondément dans les méandres de ma cervelle. De mieux en mieux il maitrise son don et sait ajuster ses intrusions. Mais je n’ai plus rien à lui cacher, je lui ai servis de cobaye. C’est sur moi qu’il s’est justement entrainé à doser son pouvoir. Je suis heureux de lui avoir rendu ce service, même si cela signifie qu’il sait à peu près tout de ma vie intime avec Mick.

Je suis légèrement en retard pour l’entrainement de hand. Je ne regrette pas d’avoir suivi Max’ qui était déjà un joueur confirmé alors que j’avais une préférence pour le basket. En fait j’adore notre manière de jouer même si elle n’est pas tout à fait fairplay. Mais c’est tellement devenu une habitude de communiquer par la pensée qu’on ne le fait même pas exprès. Cela devient instinctif, c’est tellement plus précis et clair que de devoir formuler une phrase qui ne sera de toute façon jamais aussi précise qu’une pensée. Tyler, le capitaine de l’équipe, est plutôt content de notre duo. Nous nous restreignons tout de même à quelques phases de jeu par respect pour les autres. Max’ est sacrément bon dans son rôle de pivot, c’est de lui que dépend la circulation de la balle.

L’effort a été salutaire, toute l’équipe profite joyeusement des douches pour plaisanter et se relâcher. Je m’inquiète auprès de Max’ de son bien-être. Il me dit préoccupé par sa convocation pour être dans un jury au tribunal. Son don va lui compliquer les choses. C’est une question d’éthique.  Il saura si le prévenu est coupable ou non, mais n’aura que les éléments trouvé par le procureur pour justifier son vote, avec le risque de voir un coupable acquitté et un non coupable… accusé, ce qui est malheureusement plus fréquent qu’on ne le pense.

- Les gars on vous voit ce soir ?

Tyler nous rappelle une soirée organisée par une des fraternités du campus. Nous lui confirmons que nous serons bien là.

« À propos de ça, Chad…je crois que je vais refuser ta proposition. Ce serait égoïste. »

« Je comprends Max. C’est généreux de ta part de penser aux autres avant toi. Garde la clé. Même si tu ne l’utilises pas. Si un jour tu as besoin de t’isoler au calme… »

« Si j’ai un soucis, je t’appellerai. »

Je plaisante avec Mick qui risque de me retenir, trouvant déjà que je m’expose déjà trop à son gout. Le côté possessif de mon compagnon nous fait rire. Bien que Mick se maîtrise mieux que moi sur ce sujet où je montre vite les crocs dès qu’on s’approche trop de lui.

La fête avait commencée depuis une heure. Nous donnions le change, un verre à la main. J’avais un léger mal de tête que la musique n’arrangeait pas. Je ne touchais donc pas au contenu de mon verre, même si l’alcool n’a aucun effet sur moi. Je ne voulais pas solliciter plus mon cœur à combattre la douleur. C’est infernal ce que les étudiant s’asperge d’eau de toilette. J’essayais de tracer l’étudiante malfaisante au milieu de cette foule et je mis u temps à la repérer. Quand enfin je la repère, elle sourit de manière aguichante à un gars qui semble bien intéressé par la jeune fille.

«  Max’, elle est là avec sa cible, à droite de la sono ».

Max’ se rapproche de moi, nous pensions les tracer puis d’intervenir juste avant que cela ne soit trop tard. Pour être crédible, on devait laisser aller l’étudiant ciblé jusqu’à leur repère. Sinon, jamais il nous croirait. J’emboite le pas du couple qui semble vouloir chercher un coin plus tranquille quand un étudiant s’effondre en se tordant de douleur. On suivit l’étudiante, mais un nouvel étudiant se sentit mal devant moi. Son odeur était caractéristique des lycans, puis je l’avais déjà aperçu dans le groupe que m’avait présenté Mathias. Je n’avais pas encore reposé mon verre, je le hume puis y trempe légèrement les lèvres. Je recrache aussitôt. Il y a une dose infime d’aconit. Pas suffisamment pour que le poison soit détectable pour un nez de loup. Mais après deux ou trois verre, la dose devient significative. Tous les surnaturels de la soirée qui ont consommé assez de ce punch trafiqué se retrouvent facilement identifiables. C’est ainsi qu’une bonne dizaine d’étudiants sont pris de malaise à des degrés divers, provoquant une belle panique.

« Et merde, une diversion ! »

Le constat est mutuel. Ils ont pris leur précaution. Notre instruction de l’autre soir les a rendus prudent. Nous nous précipitons dehors, mais mis à part les fumeurs, notre cible est hors de vue. Il y a trop d’odeur, les pistes sont totalement brouillées. Max’ ne peut rien faire non plus dans ce capharnaüm de pensées.

« Ils ne vont certainement pas retourner au laboratoire où on les a surpris. »

Puis je réfléchis et repense au colocataire de Max’ quand le je coursais, il allait dans une direction donnée. C’était du quitte ou double. J’avertis Max’ de mon raisonnement et nous partons en flèche vers cette destination imprécise. Cent mètres plus loin, nous retombons sur le couple qui avance doucement main dans la main.



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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: Chimaera   Mer 19 Aoû - 15:29


Chimaera

Chad et moi étions indécis sur notre manière d'agir. Le gars que nous suivions à distance était clairement en danger. Je percevais dans l'esprit de la jeune femme qu’elle comptait lui faire une injection qui le rendrait inconscient. Puis il serait envoyé dans me laboratoire dont nous avions découvert l'accès. Plusieurs possibilités s'offraient à nous. La première consistait à tenter de convaincre la future victime de ce qui allait lui arriver, au risque de passer pour des fous et de clairement nous dévoiler. La seconde, toute aussi peu sûre,  nous laissait l'effet de surprise mais nous avions aucune envie de nous attaquer aux personnes que comptait rejoindre l'étudiante. La dernière possibilité était beaucoup plus subtile. Chad m'y encouragea m'aidant à chasser l'appréhension.

Je glissai dans l'esprit de celui qui venait de s'approcher intimement de la jeune femme.

Tu n'es pas intéressé par elle. Tu as envie de rentrer.

Je souhaitai que cet ordre mental s'imprime dans ses convictions profondes. Je restai à la limite de ce territoire psychique qui m'avait permis sans le vouloir de blesser profondément Mick.

Le jeune homme commença à s’éloigner, rattrapé par l'étudiante qui l'embrassa avec entrain. Je perçus aussitôt le conflit entre le désir qu'il éprouvait et le sentiment de danger que j'essayais de lui inculquer. J'insistai, tout en ayant peur d'agir de manière irrémédiable. La technique sembla réussir lorsque je freinai également la motivation de l'étudiante. Confus, ils se séparèrent.

Je portai la main sur mes tempes et inspirai à plein poumons.

- Je doute qu'il soit en sécurité. S'ils le veulent, ils ne s'arrêteront pas à cette tentative ratée.

Chad sembla être de mon avis. Je ne savais que faire. On ne pouvait pas rester aux côtés de ce gars constamment.

La fête qui n'avait été qu'une excuse ne nous attirait pas. Alors, de loin, nous raccompagnâmes l'étudiant qui, sans l'avoir réellement voulu, retournait dans sa chambre.

Sur le trajet, je fis part à Chad de mon inquiétude sur le fait d'être incapable de protéger ceux qui seraient choisis pour être de futurs cobayes. Peut-être faudrait-il prévenir les autorités. Certaines forces de l'ordre étaient de notre côté comme il me l'avait expliqué. Pour une machination de cette envergure, on ne pouvait plus continuer à agir seul.

Nous étions au bout du couloir quand l'étudiant entra dans sa chambre.

Par chance, le bâtiment où je passais la nuit se situait à proximité. Je pourrais veiller sur lui par la pensée. Même si ça signifiait que je ne dormais pas. Chad me fit à nouveau part de son inquiétude sur mon état, le stress et le manque de sommeil seraient forcément préjudiciables.

Il me raccompagna également à ma chambre puis resta connecté jusqu’à ce que la distance entre nous soit trop grande. Il rentrait retrouver Mick.

Dans la nuit, je ne saurais dire si j'avais entendu l'alarme incendie depuis mon lit ou si je l'avais capté à travers plusieurs personnes aux alentours. Je pensai ne pas m’être endormi mais le sentiment d’urgence acheva de m’éveiller complètement.

J'enfilai une tenue adéquate et sortis dans le couloir. Comme je le craignais, le signal provenait du bâtiment où se trouvait l’étudiant que nous avions suivi Chad et moi.

Dans l’affolement général, j’eus des difficultés à récolter des informations auprès des étudiants qui remplissaient les couloirs pour rejoindre le point de rassemblement.

Il y avait eu un  départ de feu, sans doute une mauvaise blague qui fut attribuée à la seule personne qui manquait à l’appel. Bien évidemment, cette mise en scène était fausse. Ce n’était qu’une ruse, une seconde diversion contre laquelle nous n’avions rien pu faire.

J’ai hésité longtemps avant d’appeler Chad. Puis, je saisis mon téléphone et composai son numéro. Je m’excusai de le déranger mais il comprit rapidement pourquoi j’étais dans un tel état.

Il me rejoignit rapidement, sa présence avait quelque chose de rassurant malgré le fait que ce qu’on redoutait eu bien lieu.

- Chad, il a disparu. Ils l’ont eu. On a été incapables de les en empêcher… J’ai rien pu faire.

Je m’effondrai sur le banc à proximité, torturé entre la honte et la peur de voir ressurgir une créature enragée dans les jours à venir.

Ils laissaient leurs bêtes aller en plein jour, comme un test, un moyen de savoir si leur expérimentation pouvait s’acclimater. Ça avait été un échec jusqu’à présent et nous n’avions été attaqués qu’une fois, par mon colocataire. Les autres… les autres avaient été retrouvés morts. Leurs corps et la cause du décès minutieusement dissimulés.

Le lendemain me sembla maussade. Je n’étais pas attentif au cours car présent uniquement physiquement. Je projetais mon esprit vers cet endroit, cette porte derrière laquelle filaient les couloirs de la chaufferie puis ce laboratoire clandestin. Je restai bloqué par le cuivre présent en sous-sol, il m’était impossible de déceler quoi que ce soit.

Alors je m’attardai vers le bureau du professeur de biologie. Il n’y était pas. Encore une fois, je ne pus rien capter. J’enviai un instant le pouvoir de Matrim, celui de recueillir des informations dans les objets. Le mien était similaire mais avait besoin d’un être vivant, d’une conscience, même minime.

Je fus reconnecté à la réalité du cours par un de mes camarades. Je l’en remerciai, car je n’avais pas envie d’attirer l’attention du professeur sur mon manque de concentration.

Deux jours plus tard, ce fut le coup de grâce. Un nouveau nom s'ajoutait sur une liste macabre. Mais ce qui se produisit confirma une des craintes que nous avions soulevées. Les expérimentations ne s’arrêtaient pas au désir surréaliste de créer de manière artificielle des loups garou. Nous découvrîmes l’étudiant en question dans un bâtiment aux abords de l’université, comme s’il souhaitait quitter les lieux mais qu’il y était retenu de force.

Chad et moi avions entendu plusieurs personnes s’agiter. Et nous avions repérer Dean qui allait dans le sens contraire de la foule. On parlait d’une bagarre violente et d’une salle saccagée. Nous nous dépêchâmes davantage lorsque Chad remarqua une odeur particulière.

Avant que quiconque soit ameuté par les premiers témoins qui avaient fui, nous fûmes seuls avec lui.

C’est quoi ça ?

J’avais déjà vu Chad transformé en loup-garou, je connaissais les griffes, les crocs et la pilosité accrue. Mais ce que je voyais possédait en plus de ça des différences qu’on ne pouvait pas louper.

Chad et Dean poussèrent un grognement pour tenter de maitriser la créature aux allures reptiliennes. Mais ils restèrent prudents, éloignés de cette queue qui fouettait l’air.

Je n’avais aucune connaissance de toutes ces choses. Chad était comme un référent en la matière pour moi.

Je me forçai à percevoir l'étudiant derrière ce masque d'agressivité.

Mais alors qu'il s’apprêta à nous attaquer, son corps se contracta. Il suffoqua devant nos yeux et tomba au sol, agité de convulsions. Un liquide s’échappa de ses lèvres après un dernier battement de cœur. J’osai à peine m’approcher de lui et je découvris plus en détail les changements physiques qu’il présentait et qui n'étaient pas ceux d'un loup-garou. Par endroit, sa peau était légèrement écaillée.

Je posai à peine quelques questions, pas certain de vouloir connaitre tous les secrets de ce monde surnaturel et dangereux.

Nous dévions décider rapidement de ce qu’il fallait faire. Et surtout, ne pas être vu ici avec le cadavre.

- Je me charge du corps.

Je me tournai vers Dean, lui demandant ce qu’il comptait en faire. Pouvions-nous réellement le dissimuler, nous en débarrasser ? Cacher ça à la police était un acte grave. Mais dans les circonstances c’était peut être la meilleure chose à faire.

Nous quittâmes finalement les lieux, Chad et moi, tâchant de poursuivre cette journée le plus normalement possible.

Je me perdis dans mes pensées où s’y mêlaient des sentiments contradictoires. Mon idéal de justice était mis à rude épreuve face à des monstres pareils – ces scientifiques sans scrupule – qui jouaient avec la vie, se prenaient pour Dieu ou Mère Nature. L’absolue nécessité d’arrêter ces actes inhumains passait avant tout. Nous devions faire bouger les choses, les forcer à arrêter leurs expériences. La seule personne que nous pouvions atteindre était cet homme qui se dissimulait derrière son poste à l’université. Si nous le menacions, peut-être avouerait-il son implication dans ces abominations ? Nous aurions des aveux, des preuves. Peut-être nous donnerait-il suffisamment d’informations pour les arrêter une bonne fois pour toute ?

L’après-midi même, je sortis de l’amphithéâtre dans les premiers. Je devais demander à Chad s’il acceptait de jouer au grand méchant loup une fois la nuit tombée.


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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Chimaera   Dim 23 Aoû - 11:14











Chimaera


Le couple était là devant nous. Il m’apparaissait de moins en moins opportun que nous intervenions à découvert. J’incitai donc Max’ à « pousser » le jeune homme à refuser la rencontre et partir. Je sais la réticence qu’à mon ami à utiliser son don pour influencer une autre personne. Ce n’est pas sans danger. Je sais ce qu’il lui est arrivé par le passé et combien les remords sont pesant sur son cœur. J’argumente sur le fait, que si on ne fait rien, l’étudiant s’expose à bien pire.

Je vois l’étudiant s’écarter de la fille, celle-ci redouble d’attention et se fait un peu plus provocante. Puis, enfin ils s’écartent l’un de l’autre. Max’ se masse  les tempes, l’effort doit lui causer un sacré mal de tête.

- Je doute qu'il soit en sécurité. S'ils le veulent, ils ne s'arrêteront pas à cette tentative ratée.

- Je le crois aussi malheureusement.

Alors qu’on suivait l’étudiant qui visiblement retournait vers sa chambre, Max’ me fit part de ses inquiétudes. L’affaire devenait trop grosse pour nous deux. Je lui promis donc d’en parler à Ruby, bien que cela ne me plaisait pas de mêler une femme enceinte à ces atrocités. Je m’inquiétais aussi sur l’état de Maxence qui semblait vouloir se faire le gardien des lieux. Il s’investissait d’une mission bien trop colossale. C’est avec des sentiments mitigés que je rejoignis Mick. Je lui fis part de mes inquiétudes et de ma décision de mêler Ruby à cela. Mick me dit qu’il verrait avec James s’il y avait un moyen de faire une surveillance du campus par le biais de l’informatique. J’acceptais, mais je soulignais qu’un partie du campus n’était pas modernisée et notamment celle où semblaient opérer ces monstres. Je ne doutais pas non plus qu’ils aient déménagé le laboratoire où nous nous étions fait surprendre avec Maxence.

Je mis du temps à émerger du sommeil, mais quand je lus le nom de celui qui m’appelait, je fus immédiatement en alerte. Un incendie s’était déclaré dans le bâtiment de l’étudiant que nous tentons de protéger. A cette heure de la nuit, il ne me fallut pas beaucoup de temps pour rejoindre le campus et un Maxence bien angoissé.

- Chad, il a disparu. Ils l’ont eu. On a été incapables de les en empêcher… J’ai rien pu faire.

- Ce n’est pas de ta faute Max’. Je vais en parler à Ruby.

Nous restâmes un moment sur ce banc. Etrangement je me sentais comme détaché, non que le sort de cet étudiant m’était indifférent, mais je crois que j’avais atteint un stade où une horreur de plus ou de moins ne pesait plus aussi lourd sur ma conscience. A force de subir ces atrocités, cela fini par devenir presque une normalité. De là à devenir cynique, je n’avais plus qu’un pas à franchir. Je n’aime pas la personne qu’on me fait devenir. Avant de partir, je réitérai mon offre à Maxence. Je n’avais pas récupéré ma clé malgré son refus de l’utiliser.

Une violente bagarre deux jours plus tard nous remit sur la piste du malheureux étudiant. Dean était là aussi. Nous remontions un flot d’étudiants qui sortaient un peu paniqué quand je sentis une odeur étrange. Le colocataire de Max’ lui n’avait pas d’odeur, c’est ce qui m’avait fait douter de sa nature.

« C’est quoi ça ? »

- Un kanima…

La monstruosité qui nous faisait face ne ressemblait plus que vaguement au jeune étudiant qu’il était. Mais surtout, dans tous ses mouvements désordonnés, son regard affichait une terreur sans nom. La sombre expérience sembla être un échec, car la créature tomba à genoux en prise avec des convulsions. La mort suivit rapidement.

- Je me charge du corps.

Dean semblait plus prompt que nous à réagir. Laisser ce corps présentant de telles monstruosités risquait de causer beaucoup de problème et de faire venir des enquêteurs extérieurs. J’avoue que cela m’arrangeait que Dean s’occupe de ça. J’aspire à une vie paisible, mais ce rêve semble bien lointain.

Continuer à vivre, suivre les cours et parler avec les autres est une épreuve. Je sais que Max a autant de mal que moi à se concentrer. Il faut que cela s’arrête, mais comment agir. Je n’en pas encore touché un mot à Ruby. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens l’imminence d’un drame, sans en deviner les tenants.

Je retrouve Maxence dans l’après-midi. Il affiche un air décidé. Nous allons à l’écart pour discuter. Je ne suis presque pas étonné par la demande de mon ami : Effrayer le professeur suffisamment pour qu’il arrête. Je ne sais pas si cela sera suffisant. Tout dépend de sa place dans cette grande machination. Est-il un simple exécutant ? Un illuminé qui « s’amuse » ?

- Ok, je suis ton homme.


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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: Chimaera   Mer 2 Sep - 12:58


Chimaera

Chad et moi fûmes autant décidés l’un que l’autre de mettre à terme à ce qui se produisait sur le campus.

- Je suis ton homme.

J’eus justement l’impression de faire appel aux services d’un homme de main. Le genre de personne qui disparait une fois l’ordre donné. Toutefois Chad n’était pas d’un tempérament agressif. Je connaissais de lui son caractère enjoué et altruiste. Ce fut d’ailleurs son incapacité à dire non à la proposition de me parrainer qui nous avait fait nous rencontrer. Et puisque je connaissais la majeure partie de son passé, je savais pertinemment que malgré tout ce qui lui était arrivé, sa bonté naturelle n’avait jamais disparu.

Mais nous étions tourmentés par ce qui se tramait sur campus. Nous avions une certaine responsabilité dans cette affaire, « celui qui sait ne peut ignorer ». Et nous avions identifié un coupable parmi d’autres. Le professeur de biologie devint la cible d’une mise en scène que nous organisâmes pour le soir même.

Chad devait me rejoindre un peu plus tard parce qu’il avait quelque chose à faire et qu’il était préférable d’agir lorsque le campus était partiellement vide. Nous avions relevé l’emploi du temps de cet homme et il restait tardivement dans son bureau après les cours.

Je profitai des deux heures suivantes pour tenter d’évacuation mon appréhension. J’étais convoqué le lendemain au tribunal pour être jury dans un procès. Pratiquer mon pouvoir avec Chad ainsi qu’avec Matrim renforçait mon contrôle sur l’aspect constant de la télépathie. Je devais faire abstraction de ce que je percevais pour tenter de vivre normalement, d’avoir une relation avec les autres sans l’avantage majeur de percevoir la sincérité de leurs paroles ou de leurs sentiments. Et cet exercice serait très difficile dans un tribunal où se côtoyaient la vérité et le mensonge. Le cuivre était un verrou désagréable à cette faculté. Avec Matrim, nous avions songé à étudier les propriétés de matériaux et de certaines pierres. Il était tout à fait possible que l’un d’eux puisse me permettre de canaliser mon don psychique sans que je ressente les effets négatifs d’une entrave. Nous nous confortions en disant ne pas être des erreurs de la Nature mais plutôt des particularités. Il devait donc existait quelque part un élément complémentaire à notre pouvoir. Et Matrim était un excellent sculpteur.

Je pris de l’avance sur un devoir à rendre en fin de semaine. Je me doutai que la journée suivante allait me laisser dans un état de fatigue incompatible avec un travail sérieux. L’avantage d’avoir l’esprit développé pour capter les pensées des autres était que je n’avais pas de problème de mémoire et retenais facilement les notions étudiées en cours.

Puis Chad capta mon attention en me contactant mentalement. Je le rejoignis à l’extérieur. Il me précisa avoir repéré l’alimentation électrique qui concernait certains bureaux, dont celui du professeur de biologie.

Quand cette partie du bâtiment fut plongé dans le noir, je suivis Chad qui s’orientait certainement avec ses autres sens. Le bureau était proche, il s’assura de la présence du professeur. Nous ne parlions pas à voix haute. Dans ces circonstances, notre lien mental était privilégié. Mon propre dont me permis de percevoir la frustration de l'homme qui venait de perdre un précieux travail lorsque l'ordinateur s'était subitement arrêté. Toutes les problématiques scientifiques auxquelles il songeait avaient le mérite de n'évoquer aucun kidnapping ni aucune expérience sordide. Il semblait toutefois très énervé des résultats et de mesrures malmenés par un déplacement imprévu. Plus tard, je compris de quoi il s'agissait. Au moment présent, ça n'effacait pas les méfaits dans lesquels il prenait part lorsqu'il sortait de son rôle de professeur.

Je laissai Chad agir, j’aurais presque pu être effrayé par le grognement qui modifiait sa voix. Nous devions savoir. Nous devions arrêter le massacre, prendre le dessus.

Ce fut lorsque j’entendis le cri de Chad que je compris notre erreur.

Il y eut un flash de lumière qui me permit de voir que de la fumée s’échappait d’un aérosol qui venait d’être lancé sur le sol. Cette fois-ci, il ne s’agissait pas d’une diversion mais d’un piège.

Nos adversaires se savaient observés puisque leur laboratoire avait été visité. Ils avaient prévu une riposte dans l’éventualité où nous passerions à la manière forte.

Je tentai de me rapprocher de Chad, de le sortir d’ici. J’étais gêné par le fumigène mais bien moi qu’il ne l’était. Je sentis son mal sans qu’il ne m’en fasse part. Je ne trouvai pas sa main pour le tirer en dehors de la pièce. Et quand bien même, on ne nous laisserait pas sortir.

Mais le professeur partit en vitesse, c’était bien cet homme que Chad avait senti. Il était resté en guise d’appât comme je le compris en sondant ses pensées. Un exécutant allait arriver d’une minute à l’autre tandis que celui qui possédait des preuves irréfutables prenait la fuite.

Chad parvint à se lever et sembla avancer derrière moi. Je pensai qu’il me suivait quand je tournai dans un couloir pour ne pas me laisser distancer par le professeur de biologie. Je fus stoppé sur place quand je ressentis à travers lui la sensation électrique qui le percuta. Il m’avait parlé de l’effet du sorbier, même réduit en poudre ou en cendre, sur les créatures surnaturelles. Il était bloqué par une barrière invisible qui l’avait projeté au sol.

Je revins sur mes pas à toute vitesse quand une deuxième présence s’immisça dans la pièce où était Chad. Je vis l’homme lever le poing, un doigt sur la détente de son pistolet.

Chad était à sa merci. Comme un lapin dans les phares d’une voiture, ses yeux avaient cet éclat ambré. Il n’avait pas la force de se défendre car l’aconit contenu dans ces fumigènes était un poison pour les loups garous. Mais je n’en étais pas un. Une vérité dont notre adversaire n’avait pas connaissance. Je pouvais sauver mon ami comme il l’avait fait cette première nuit il y avait des semaines.

Je ne fis aucun pas en avant mais tout mon esprit fut projeté hors de mon corps.

Un coup de feu retentit. Lorsque l’homme s’effondra, j’apparus derrière lui. Je vis la stupeur et le soulagement dans le regard de Chad. Il comprit que si celui qui avait tiré avait finalement orienté le canon de son arme vers le plafond ce fut parce que je contrôlai ses actes.

J’avais eu un instant d’hésitation. La première fois, aucune des personnes que nous espionnions n’avait pas pu voir nos visages. Mais cette fois-ci, c’était différent. Et Chad sera constamment en danger. Je m’en serais voulu auprès de Mick de n’avoir rien fait. Mick…Je trouvai une solution moins radicale. Je n’étais pas prêt à franchir cet autre cap.

L’homme était inconscient. Les instants précédents étaient à jamais effacés de sa mémoire. Son esprit désireux de combler ce vide reprogrammait certainement des souvenirs cohérents. A moins que l’amnésie partielle ne se résorbe pas comme dans le cas d’un traumatisme. Ça m’importait peu. Je devais m’occuper de Chad.

Alors que nous sortions du bâtiment, l’air frais lui fit du bien et prenait peu à peu la place de l’aconit qui devait lui brûler les poumons. Je le conduisis à ma chambre en le soutenant un maximum. C’était là le seul endroit où nous pouvions nous sentir à peu près en sécurité. Je l’aidai à s’installer sur mon lit tandis que son organisme luttait encore contre le poison et faisait refluer la douleur. Il m’assura que ça finirait par passer.

J’étais à côté de lui et fixai le lit de mon colocataire. Ce fut dans cette chambre que tout avait commencé.

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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Chimaera   Ven 4 Sep - 22:20











Chimaera


Max’ m’avait demandé si je pouvais faire “le grand méchant loup” pour effrayer le professeur et l’inciter à stopper ses activités. Moi faire le méchant… L’antiphrase ironique par excellence. Enfin si on parle du moi actuel. Car à Boston sous les ordres d’Hugues, j’étais particulièrement violent et plutôt redouté. Mais ce n’était pas vraiment moi, cet être plein de fureur n’était que l’extériorisation d’un adolescent brisé par la perte de sa sœur. C’est à Boston encore que j’ai endossé, non pas le rôle de méchant, mais celui de tueur déterminé quand j’ai confondu Shadowscat, lui faisant croire que j’étais capable de tuer Miya de sang-froid. Finalement… Tout gentil que je pense être, je sais que suivant les circonstances, je peux me muer en un être féroce et sans pitié. Toucher à ceux qui me sont chers en est le simple déclencheur. Max’ avait failli y rester si je n’étais pas intervenu quand son colocataire l’a attaqué. Il a refusé mon offre d’occuper mon appartement par altruisme pour les autres étudiants ignorant le danger qui couve sous leurs pieds. Sa vie est donc toujours en danger. Ce simple fait me fait accepter sa proposition. Il faut mettre un terme à ce trafic qui n’est qu’une abomination et une tuerie.

Le plan était simple, coller le professeur dans l’obscurité dans son bureau, grogner bien fort et lui faire comprendre que c’était un avertissement sérieux. J’ai un peu de mal à me concentrer dans l’après-midi. J’ai un peu hormis de dire à Mick ce qu’on allait faire avec Maxence. Je lui ai tout de même dit que je restais sur le campus avec Max’. En plaisantant, je luis avais stipulé qu’il pouvait sonner la cavalerie si je n’étais pas rentré avant minuit. Penser que Mick est dupe serait faire un affront à son intelligence. Mais depuis quelques temps nous fonctionnons sur ces non-dits. Pas que l’on ne se fasse pas confiance, mais juste pour nous éviter des discussions de désaccords. Tout n’est pas bon à dire ou à discuter dans un couple. Si Mick me disait tout ce qui le tourmente, il m’aurait constamment collé dans son dos et inversement. Donc parfois, ne pas savoir, même de manière consciente, est la meilleure des solutions pour gagner un peu de quiétude.

***

Il était presque trop facile d’agir. Maxence avait pu trouver les habitudes du professeur de biologie et ses heures de présence dans son bureau. Nous avons choisi le soir où il reste le plus tardivement. Max’ coupe l’électricité alors que je suis à proximité du bureau. Notre communication mentale nous aide grandement dans cette approche qui doit se faire le plus silencieusement possible. Je pousse au maximum ma transformation pour que ma voix soit la plus bestiale possible. Je commence part grogner fortement et joue de mes griffes sur un casier métallique juste à côté. J’entends le cœur du type accélérer.

- Tu stoppes immédiatement tes expériences morbides. C’est le seul et unique avertissement. Sinon nous dévoilerons ton identité à tous les surnaturels de la région, ainsi qu’aux proches de tes précédentes victimes ! Si tu t’enfuis pour continuer ailleurs, ils sauront. Si tu arrives à nous faire taire, ils sauront quand même !

Avec Max’ nous répugnions de l’éliminer. Nous ne sommes pas des tueurs de sang-froid. Puis nous ne vaudrions pas mieux que ceux que nous dénoncions en agissant ainsi. Le menacer de le révéler à la communauté scientifique devrait nous donner une certaine protection et c’était également un argument de choix pour l’inciter à s’arrêter. Mais la facilité de l’action aurait dû nous alarmer. Un flash lumineux m’aveugle et j’entends comme une bombe lacrymogène qu’on jette au sol. La douleur est immédiate et me paralyse. L’homme passe à côté de moi et s’enfuit sans que je puisse esquisser le moindre geste pour le retenir. La présence de Max’ non loin de moi me donne le courage de me relever malgré la douleur qui me vrille le corps. Tous mes sens sont out, je me déplace comme un ivrogne. J’essaye de suivre tant bien que mal mon ami quand je me heurte à une barrière invisible qui me déstabilise. Ma vision est bien trop brouillée pour que j’aperçoive la ligne de sorbier, mais mon corps s’est très bien à quoi il s’est heurté. Je ne vois presque rien et le sol tangue comme sur un navire pris dans une tempête. Un coup de feu retentit, instinctivement je me recroqueville les bras devant mon visage. Je suis totalement incapable de me défendre.

Je sens qu’on me soulève. Max’ me parle en pensée, je passe mon bras autours de ses épaules. Une chance qu’il soit sportif, car je pèse sur lui de tout mon poids. L’air du dehors me fait du bien, mais j’ai toujours aussi mal et mes sens sont totalement affolés. Je suis incapable de me souvenir comment il arrive à me transporter jusqu’à sa chambre. Je suis sur le dos et fais de grande inspiration alors que Max’ a ouvert en grand la fenêtre pour me donner un maximum d’air.

- Ils nous attendaient… J’espère que la menace de les vendre à tous les surnaturels de Beacon Hills va les stopper…

J’essaye de bloquer mes pensées et parle de vive voix pour que mon ami ne ressente pas ma douleur. Un regard sur son réveil m’apprend qu’il est presque minuit.

- Mick va me passer un savon…

Je ne suis pas en état de conduire pour rentrer…

- Tu peux l’appeler pour lui dire que je serais en retard ?

Je sais que Max’ ne pourra pas mentir si Mick le questionne, ce qu’il ne manquera pas de faire. Je suis bon pour des « Tsss… mon loulou… »

- Plus qu’à attendre voir ce qu’ils font…
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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: Chimaera   Ven 11 Sep - 17:09


Chimaera

J'appréhendai d'appeler Mick. Je cherchai encore mes mots lorsqu'il décrocha.

- Salut Mick, c'est Maxence, je sais qu'il est tard mais c'est à propos de Chad...

- Il va bien ?

- Ça devrait aller mais il ne peut pas rentrer seul...

- Où êtes-vous ?

- Dans ma chambre sur le campus, bâtiment F, la 305.

- Ne bougez pas j'arrive.

Je prévenus Chad qui fut soulagé. Ses pensées s'apaisèrent et il commença à avoir moins mal. Je restai silencieux pour qu'il se repose et s'il souhaitait parler notre lien psychique demeurait très utile.

Mon esprit vagabonda jusqu'à remarquer la présence de Mick qui approchait du bâtiment. Je souris intérieurement de sa manière d'entrer, se faufilant comme s'il faisait partie du décor. Je connaissais son âge et je me demandai s'il avait un jour étudié à l'université.

Lorsqu’il frappa à la porte, je n'eus pas besoin de prévenir Chad que c'était lui. Il avait les yeux fermés mais son sourire s'élargit un peu. Mick s’approcha de lui pour s’assurer qu’il aille bien puis demanda qu’on lui raconte en détails ce qui était arrivé.

- Tout depuis le début.

Et il écouta attentivement l’intégralité de cette histoire. Chad l’avait bien entendu tenu au courant mais à présent il put se rendre compte de l’ampleur du phénomène. Je sortis le dossier que j’avais pu subtiliser dans le laboratoire. Celui-là même qui nous avait permis de mettre un nom sur les créatures que ces savants tentaient de créer. Les chimères.

Puis nous racontâmes ce qui s’était produit les jours et l’heure précédente.

- S’ils ont agi comme ça, c’est qu’ils avaient une porte de sortie.

- Oui, le professeur a pris la fuite.

- Je veux dire, une véritable sortie. Préméditée. Je pense qu'ils sont partis.

J'accueillis cette conclusion avec soulagement mais Mick ne vit pas les choses ainsi.

- Je doute que ça veuille dire qu'ils arrêtent. Seulement qu'ils se déplacent. Dès l'instant où vous avez trouvé leurs installations, ils ont prévu de quitter le campus et de supprimer les preuves derrière eux. En l'occurrence vous deux en faisiez partie.

A défaut de connaître Mick aussi bien que Chad, je savais qu'il avait des aptitudes particulières et une certaine expérience dans ce genre d'affaires. Si j'apprenais qu’il était un ancien espion, ça ne m'étonnerait pas vraiment. Mais ça ne me regardait pas. Comme la majeure partie des informations que j'apprenais sur les gens, bien malgré eux et bien malgré moi.

- C'est quand même une bonne chose, non ?

Mais je compris que le problème n'était que déporté. Et cette fois-ci hors de notre surveillance, même très maigre.

Mick proposa de retourner dans les sous-sols du campus pour récolter d'éventuelles preuves qu'ils auraient oubliées. Quand Chad dit être contre l'idée, Mick lui adressa un regard réprobateur alors que ses pensées traduisaient l'amour et la peur.

- Avec tous les risques que vous avez pris, autant que ça ne soit pas pour rien.

Mick n'évoqua pas l’éventuel danger que ça représentait et me demanda mentalement de ne pas inquiéter Chad. Un de ces hommes restait probablement encore sur place pour s'assurer que personne n'ait été témoin. Mais, il ne s'attendait pas à voir quelqu'un cette nuit. C'était la seule ouverture possible pour aller jeter un œil. Surtout celui d’une personne avisée.

- - - - -

Tout semblait avoir été nettoyé. Mais Mick avait persisté, personne n’était infaillible. Nous ne savions pas si la neutralisation des lieux avait été faite dans la précipitation ou s’ils avaient engagé cette procédure aussitôt après que Chad et moi ayons fait intrusion dans le laboratoire.

- Ce sont des professionnels. Parmi eux, quelques uns sont chargés de couvrir les traces et de créer des preuves plausibles. Sans toi ni un facteur chance, cette histoire aurait été camouflée derrière un problème de drogue classique mais efficace.

Nous n’avions que quelques éléments supplémentaires, minimes par rapport à l’envergure des expérimentations qui avaient eu lieu. Chad se sentait mieux quand nous retournâmes dans ma chambre. Mais il avait grand besoin de rentrer se blottir contre son fiancé. La bêtise qu’il me transmit par la pensée nous fit rire tous les deux, au grand dam de Mick qui ne pouvait que se douter de notre dialogue psychique.

Quand ils quittèrent ma chambre, je me rendis compte que j’avais besoin de repos. Depuis le début de cette histoire, j'éprouvai une forte tension qui avait du mal à disparaître. J'entendais parfois un rire dans mon sommeil, quelqu'un qui semblait s'amuser de voir mon esprit ainsi torturé. Je devais lâcher prise avant de me rendre encore plus mal ou de devenir fou.

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Mickael Wayne
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MessageSujet: Re: Chimaera   Mer 16 Sep - 22:35


Biologicae


Chad m’avait fait la promesse de rentrer avant minuit. Si ça m’avait fait sourire quand il avait fait une moue digne d’une princesse, je n’étais pas moins sérieux sur sa sécurité. Vivre ensemble nous change l’un et l’autre. Je suis sorti de ma solitude et ai accepté quelqu’un dans ma vie. Aujourd’hui, je suis certain de la force de nos sentiments. Toutefois, je déteins sur lui autant qu’il déteint sur moi. L’amour n’est pas sincère si l’on n’est pas transformé par lui. Chad aime se sentir utile et agir en pensant au bien d’autrui. Et pour ça, il prend de plus en plus de risques.

Je bondis presque sur mon téléphone lorsque je l’entends vibrer. Un coup d’œil à l’horloge m’annonce d’ores et déjà la nature de cet appel.

- Salut Mick, c'est Maxence, je sais qu'il est tard mais c'est à propos de Chad..., commence-t-il.

- Il va bien ? M’inquiète-je en premier lieu.

- Ça devrait aller mais il ne peut pas rentrer seul..., précise Maxence.

- Où êtes-vous ? Demande rapidement.

- Dans ma chambre sur le campus, bâtiment F, la 305, m’indique-t-il, sentant ma contrariété.

- Ne bougez pas, j'arrive, dis-je légèrement autoritaire.

Je commence à comprendre Ruby lorsqu’elle nous réprimande sur notre comportement vis-à-vis du danger. Et si elle ressent chaque moment difficile que l’un de ses bêtes vit, je la trouve très calme et maitresse d’elle-même. Sa grossesse la rend plus sensible mais elle reste à l’écoute de la meute. Nous ne le disons pas vraiment mais je crois que pour tout le monde, l’arrivée des jumeaux est attendue avec impatience. J’ai espoir de former une famille avec Chad dans un futur que j’espère relativement proche. Mais à l’heure actuelle, nos prérogatives sont nettement plus graves que celle de devenir parent.

J’arrive près du campus et me gare à l’écart. Si je n’ai pas de mal à me fondre parmi les quelques étudiants que je croise, la Camaro attirerait trop l’attention. J’entre dans le bâtiment que m’a indiqué Maxence en faisant attention à ce qu’on ne me voit pas. Discret mais avec l’air naturel, je rejoins la chambre 305.

Je toque une fois par politesse mais j’entre aussitôt. Je salue Maxence d’un signe de tête et me dirige immédiatement vers Chad allongé sur le lit comme s’il était brûlant de fièvre. Je pose doucement une main sur son front et prend la sienne dans l’autre en le scrutant de part et d’autre. Je reconnais l’effet du poison mais il ne semble pas avoir de blessure. Il a donc dû inhaler le produit toxique sous forme d’un aérosol.

- Je peux tout t’expliquer, me dit Maxence certainement pour épargner à Chad de parler.

- Tout depuis le début, demande-je.

Chad, James et moi-même sommes au courant d’expériences qui avaient été faites sur des enfants comme l’indiquent des dossiers que nous avons retrouvés. En lien avec mon passé, ces enlèvements et ces meurtres étaient effroyables. Quand Chad m’avait fait part de ce qui arrivait sur le campus, ça m’avait à nouveau terriblement effaré quant à la capacité de l’être humain à devenir un monstre. Je m’inquiétais constamment quand Chad me racontait de nouvelles horreurs. Je comprends leur souhait d’y mettre fin même si je ne peux m’empêcher de réprimander celui auquel je tiens le plus au monde.

J’apprends qu’ils se sont échappés de justesse d’un guet-apens qui a laissé Chad dans le mauvais état actuel. De ce stratagème, j’en comprends alors la cause autant que la conséquence.

- S’ils ont agi comme ça, c’est qu’ils avaient une porte de sortie, dis-je sûr de moi.

- Oui, le professeur a pris la fuite, continue le télépathe.

- Je veux dire, une véritable sortie, précise-je. Préméditée. Je pense qu'ils sont partis.

Au regard de Maxence, je comprends qu’il se satisfait de cette nouvelle.

- Je doute que ça veuille dire qu'ils arrêtent, explique-je. Seulement qu'ils se déplacent. Dès l'instant où vous avez trouvé leurs installations, ils ont prévu de quitter le campus et de supprimer les preuves derrière eux. En l'occurrence vous deux en faisiez partie.

Je parle aussi sûrement qu’il faut être méfiant dans cette histoire. Je suppose une machination à plus grande échelle que ce qui s’est tramé à Beacon Hills jusqu’à très récemment.

- C'est quand même une bonne chose, non ? Demande Maxence.

Je hausse les sourcils sans vraiment savoir quoi lui répondre. Non, ce n’est pas une bonne chose. Ils n’avaient fait que déterrer un problème qui allait s’enraciner ailleurs. Mais je ne pouvais pas les blâmer. Je n’aurais peut-être pas pu être plus efficace. « Tu ne peux pas aider tout le monde », c’est une phrase terrible et cruellement vraie qui m’affecte beaucoup. Mais pour que tout ça ne soit pas laissé pour compte, il me vient une idée.

- Il y a bien quelque chose que nous pouvons faire dès ce soir, commence-je. S’ils ont débarrassé leurs installations, il y reste peut être des indices qu’ils auraient pu oublier, tels que des résidus que nous pourrions faire analyser.

Chad se redresse sur le lit et exprime sa désapprobation. De la même manière qu’il sait lorsqu’il doit et peut agir seul, je lui adresse un regard persuasif.

- Avec tous les risques que vous avez pris, autant que ça ne soit pas pour rien, conclue-je.

J’aime autant qu’il reprenne des forces en sécurité dans cette chambre. Je ne suis pas sûr que les souterrains qui abritaient le laboratoire clandestin soient dénués de surveillance.

J’embrasse Chad tendrement et lui vole les mots qu’il va prononcer.

- Oui je suis prudent, promis-je. Moi, aussi je t’aime.

Je demande à Maxence de nous guider à l’accès en question sans montrer notre précipitation à nous y rendre. Il se fait tard et des personnes se baladant dans l’université deviennent davantage suspectes.

Nous passons devant des salles de classes. L’une des portes verrouillées ne résiste pas longtemps lorsque je souhaite pénétrer à l’intérieur. Les paillasses disposées en rangées me confirment la nature scientifique des cours qui y ont lieu. Je cherche quelques fournitures particulières dans les armoires placées contre le mur du fond. En faisant face au tableau, j’imagine sans mal comment mon père aurait été s’il s’était orienté vers l’enseignement plutôt que la recherche.

Je ne sais pas toujours très clairement comment m’adresser à Maxence à travers son don de télépathie. Même s’il ne m’entend pas, j’explique mentalement ce que je compte faire de ce matériel, principalement des sachets hermétiques pour collecter le moindre indice que nous pourrions trouver.

Nous descendons dans la chaufferie avec la plus grande prudence. Surtout après que Maxence m’explique le malaise qu’il ressent dans cet endroit. Je trouve l’accès très peu commode ce qui m’oriente sur la possibilité d’une autre entrée qui aurait fait également office de sortie.

Je scrute ce couloir vide et imagine les personnes s'agiter. Comme des silhouettes transparentes, je visualise ce qui semble être leurs itinéraires les plus pertinents. Cette pièce la plus proche n'était qu'un lieu tampon. La suivante est le laboratoire où s'étaient cachés Chad et Maxence. J'entre avec prudence, paré à chaque instant à l'éventualité qu'on me surprenne. Les plans de travail ont disparus. J'écoute avec attention ce que me révèle Maxence sur ce qui se trouvait dans ce local auparavant. Je passe le doigt sur le sol, là où les objets les plus lourds ont laissé des marques. Il n'y a rien dans celle-ci. Nous ressortons avec prudence tout en écoutant le moindre bruit. L'absence de mobilier fait résonner nos pas. C'est un avantage non négligeable si quelqu'un surveille l'endroit. Nous l'entendrions arriver. Mais à l'inverse, même avec la plus grande discrétion, nous signalons aussi notre présence.

- Vous n’êtes pas allé jusqu’ici ? Demande à Maxence qui me le confirme.

Je tente de réfléchir à la manière dont auraient procédé ces hommes pour vider l’intégralité de ces locaux que nous visitons. Leurs matériels ont dû être entreposés quelques part, je présume vers cette sortie que je pense trouver à l’autre extrémité.

Nous avons récupéré au passage ce qui peut être des cheveux ou d’autres résidus mais aucune empreinte digitale sur les poignées de porte. Nous débouchons finalement à l’extérieur dans une allée qui s’apparente à un accès pour les livraisons. C’est certainement ici que des camions ont emportés le fruit de leur travail. J’analyse le sol et repère une grille de caniveau. Les quais de débarquement sont régulièrement nettoyés à grande eau, ce qui précipiterait le moindre résidu à l’égout. Maxence s’étonne de cette déduction mais l’est encore plus lorsque je récupère un morceau de plastique que je mets dans un des sachets. Puis je découvre une trace brillante semblable à de l’argent liquide sur une paroi. Une substance épaisse qui n’aurait pas été diluée dans l’eau. J’en prélève un peu puis me redresse.

Autour de nous, il n’y a que des containers à déchets. D’autres indices sont certainement indécelables.

- Comment tu fais ? Me demande Maxence, intrigué par ce que l’on peut trouver en sachant où chercher.

- J’ai été quelques fois nettoyeur par le passé, dis-je simplement.

Pas besoin de mots pour lui expliquer le rôle d’un tel agent. Je sais où les indices les plus minimes peuvent être dissimulés. ARGUS menait des missions risquées, rien ne devait être laissé au hasard. Ce sont une partie de ces compétences qui me permettent de lutter contre le destin que nous ne contrôlons pas. Être précis, efficace. La «  Lupara bianca », l’allocution de la mafia italienne avait été une réalité. L’organisation essayait jour après jour d’amoindrir les dommages collatéraux en dissimulant certains crimes pour ne pas créer le chaos.

En repartant, je pense à Chad. S’il se met dans le pétrin si souvent c’est pour s’assurer que ceux qui l’entourent ne souffrent pas. Il a perdu sa sœur et appris qu’il avait été adopté, c’est sans doute sa manière de garder le contrôle et une certaine stabilité. Maxence aussi s’est placé dans des situations dangereuses.

- Je ne te demande pas de veiller sur lui, c’est mon rôle, confie-je au télépathe qui semble aller mieux. Mais si cela devient nécessaire n’hésite jamais à me contacter.

Nous regagnons rapidement la chambre de Maxence. Chad semble aller mieux. Je lui parle des quelques éléments que nous avons pu trouver. Ils nécessitent l’avis de James et une analyse dans un laboratoire. Concernant la bombe à l’aconit utilisée contre lui, nous pourrions en rechercher les revendeurs et retracer les transactions sur les mois précédents. James a l’habitude de croiser les informations que nous avons en notre possession. Il réitère plusieurs fois ses recherches dans différentes bases de données dont celle que nous emplissons au fur et à mesure de nos découvertes. Tant sur mon passé que sur ce qui s’y rattache de près ou de loin. Chad fait partie intégrante de ses variables. Quelque chose me dit que rien n’est tout à fait isolé.

Nous laissons Maxence se reposer après lui avoir dit l’un et l’autre de faire attention à lui.

J’aide Chad à entrer dans la Camaro. Lorsque je démarre, il murmure quelque chose à propos de la berceuse produite par le ronflement du moteur. Je pose ma main sur la sienne. Je roule plus doucement qu’à l’aller, rassuré de l’avoir près de moi. Sur le trajet, j’ai la désagréable sensation qu’on nous guette dans le noir. Puis, une voiture semble nous suivre. Au moment où ça devient une certitude, elle bifurque. L’impression n’est pas paranoïaque. Ce n’est pas un comportement aléatoire. Les distances de sécurité, les mouvements latéraux lorsqu’un autre véhicule se plaçait entre nous et bloquait la vue, les vitres légèrement tintées, la vitesse calée sur la mienne avec régularité... Je reconnais les techniques de filature. Pourtant, un infime détail me rassure. Si c’était pour nous nuire, nous le saurions déjà.


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Chad Wilder

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Humeur : En colère
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MessageSujet: Re: Chimaera   Lun 21 Sep - 13:51











Chimaera


La douleur diffuse dans chaque parcelle de mon corps, me clouant sur le lit du colocataire de Maxence. Je l’entends parler à Mick au téléphone. A ses réponses je devine les questions de Mick et même le ton qu’il prend pour interroger Max’. Cela m’embête de mettre mon ami entre nous deux et de se prendre de prime abord les inquiétudes de Mick. Mais mon état m’interdit tout geste hormis celui  de me rouler en boule et d’attendre que mon corps élimine cette substance qui l’empoisonne. Si Mick arrive trop fâché, je n’aurais rien à simuler pour faire retomber sa colère.

Je sais que Mick est derrière la porte grâce à ses battements cardiaque que je reconnaitrais entre tous. Mon odorat est en berne à cause de ce que j’ai inhalé. Je sens sa main fraiche sur mon front, je veux lui parler mais l’effort est encore trop couteux en souffrance. J’écoute donc Maxence faire le résumé de nos aventures de la soirée. Nous avons été trop naïfs… Une chose me saute aux yeux alors qu’ils discutent sur les conséquences de notre intervention. Moi j’ai Mick et le reste de la meute pour m’aider et me protéger. Je joue ce rôle auprès de Max’ mais c’est bien peu fasse à la menace qui pèse sur lui. Ils ont vu nos visages…

- Il y a bien quelque chose que nous pouvons faire dès ce soir. S’ils ont débarrassé leurs installations, il y reste peut être des indices qu’ils auraient pu oublier, tels que des résidus que nous pourrions faire analyser.

- Mick ce n’est pas prudent. Ne fait pas la même erreur que nous.

Il me regarde avec amour mais il est décidé. Je sais qu’il ira quoique je dise. Puis je suis mal placé pour lui parler de prudence…

- Avec tous les risques que vous avez pris, autant que ça ne soit pas pour rien,

Alors que je vais lui dire de faire attention, il me fait taire de la plus délicieuse des manières. Ses lèvres sont douces et apaisent le temps d’un baiser la douleur de l’acide qui circule dans mon corps.

- Oui je suis prudent, promet-il. Moi, aussi je t’aime.

Je suis contraint de les regarder ressortit, totalement impuissant.

« Max, contacte-moi au moindre problème… Si vous êtes en danger, poison ou pas, mon corps m’obéira. Dac ? »

Maxence me promet de me tenir au courant via notre connexion. Ils restent dans l’enceinte du campus et donc dans une zone où nous pouvons garder le contact. Mais je romps celui-ci car cela me demande de la concentration, ce que la douleur m’empêche d’avoir trop longtemps. Quand ils sont sortis, je sors du lit plus en rampant qu’en marchant. J’attrape une bouteille d’eau que je me force à boire intégralement. Il faut que j’élimine au plus vite cette merde qui circule dans mon sang. J’élimine ce que je peux déjà aux toilettes et retourne m’effondrer sur le lit.

Quand ils reviennent, l’effet d’avoir ingurgité  autant d’eau à fait un peu effet. J’ai éliminé une partie du poison, mais je reste faible et sans force même si la douleur s’est considérablement estompée. Mick et Maxence me font un résumé de ce qu’ils ont trouvé, ou plutôt de ce que Mick a réussi à dénicher. Il est clairement plus professionnel que nous dans ce domaine. Cela me rend fier de lui mais aussi cela m’attriste en pensant ce qui lui a donné la nécessité de développer de telles compétences.

Mick est pratiquement obligé de me porter jusqu’à sa voiture. Pour les rares noctambules que nous croisons, j’ai l’air de quelqu’un qui a trop bu. C’est avec soulagement que je m’avachi dans le siège en cuir de la Camaro. J’aime le doux ronronnement du V8 quand Mick démarre. Je lui fais part de mon impression, sa main vient serrer la mienne. Je m’abandonne à lui et à la fatigue qui me submerge.

J’ai dû sombrer dans un sommeil assez profond, car je me réveille devant la porte de l’appartement avec un Mick qui tente de sortir ses clés de sa poche tout en me portant.

- Pose moi, je dois pouvoir naviguer jusqu’au lit.

Naviguer est bien le terme, car je frôle les murs et les étagères, me cogne au montant de la porte de la chambre avant de m’écrouler le nez en premier sur le  lit. J’ai Mick au mieux quand il me déshabille. J’ai juste la force de l’attraper dans mes bras quand il vient se coucher à côté de moi. Je colle mes lèvres sur son cœur et m’endors enfin.




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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: Chimaera   Ven 9 Oct - 19:23


Chimaera

La nuit précédente avait marqué un tournant dans les évènements qui survenaient sur le campus. Chad avait fini par se remettre du poison qu’il avait inhalé et Mick avait gardé précieusement les échantillons que nous avions prélevés.

Sans mauvaises nouvelles apparentes, la journée fut si agréablement ordinaire. Autant que pouvait l’être un jour passé à Beacon Hills. Je reçus enfin ma convocation pour être jury dans un procès pénal qui aurait lieu la semaine suivante.

J’en parlai à Chad lorsque nous nous retrouvâmes pour l’entrainement avec l’équipe de Handball. Une deuxième slave de matchs approchait, les difficultés seraient croissantes ce qui nous motiva à des efforts supplémentaires. Le jeu entre Chad et moi était rodé mais nous pouvions faire face à des surprises. Il ne fallait pas négliger nos futurs adversaires quand bien même nous avions un atout particulier. Toute force possédait sa faiblesse et pouvait être contrée.

Pendant que nous nous changions, fiers de la séance qui avait fait travailler nos corps, Chad me parla de sa mère. Je compris qu’il voulait qu’elle soit fière de lui lorsqu’il évoqua l’idée de lui présenter le projet du manoir des Hale. Il y travaillait beaucoup et avec passion ce qui témoignait que c'était important pour lui. Je me souvins de mon après-midi avec Derek passée à faire les mesures nécessaires à l’installation d’une clôture. Cette propriété familiale avait quelque chose de sacrée. Il s’y était et se passerait des évènements importants.

Avant de nous séparer, je lui demandai s’il avait un peu de temps l’après-midi suivante pour m’aider à choisir une tenue adéquate pour ma venue au tribunal. De cette manière, je ne l’embêtais pas durant le week-end. Il accepta en sachant exactement dans quelle boutique il me conseillait d’aller.

Ainsi, je me retrouvai le lendemain devant un choix difficile à faire. Les deux looks que j'avais essayé me semblaient très bien. Je souhaitais faire bonne figure sans pour autant être mal à l’aise car trop apprêté. Ce n'était pas une soirée mondaine mais un impératif professionnel.

Me voyant indécis, Chad comprit mon appréhension sous-jacente de cette journée. C’était une très bonne opportunité que je ne regrettais pas.

- Ça risque d’être un peu spécial pour moi.

Il comprit que je faisais allusion à mon pouvoir télépathique. C’était un avantage impossible à justifier en public bien qu’il m’était si facile d’y recourir. Je conservais un code de conduite par rapport à ce don, mais en matière de justice, chacun se devait d’œuvrer pour la vérité avec tous les moyens en sa possession. À plusieurs reprises, le contact psychique entre Chad et moi nous avait été utile. Tout comme l’aspect plus terrifiant de cette capacité qui nous avait permis de sortir de situations délicates.

J’inspirai à plein poumons en observant mon reflet dans le miroir.

- Je prends celui-ci, c’est décidé.

Le vendeur me félicita de mon choix, ce qui me valut une remarque mentale de Chad quant à l’attirance dont j’étais le sujet. Je n’avais aucun problème avec l’homosexualité de mon ami ni de quiconque, mais comme pour beaucoup de personne ça pouvait être intimidant.

Nous sortîmes du centre commercial en souriant. C’était agréable car la moitié du temps que Chad et moi passions ensemble revêtait un caractère beaucoup plus grave. Il me raccompagna sur le campus en Maserati après m’avoir demandé si son appartement ne m’intéressait toujours pas. Il était vrai que le répit dont nous croyions bénéficier me fit réfléchir à nouveau à cette proposition.

Je le remerciai pour sa bienveillance. C’était l’un de ses traits de caractère les plus appréciables.

En rejoignant l’université, je regardai tous ces étudiants, sondant en surface l'esprit de ceux qui passaient à proximité. Aucun d'eux ne soupçonnait le drame qui s'était produit ici.

Suite :
 

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