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 Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)

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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Ven 7 Aoû - 21:35







Unifiés dans la peine



Feat. Chad

Chad, assis en face de moi, me tend la main comme il l'a fait plus tôt. Je ne sais pas trop comment me comporter. Il a reconnu Jimmy lorsque qu’il est apparu auprès de moi, dans cette hacienda isolée. Cela a-t-il ravivé une certaine tension ou au contraire, l’évènement tragique est-il également pesant pour lui. Tous les trois ont pris des risques inconsidérés. J’imagine sans mal la détresse de Matrim qui l’a poussé à appeler ses amis pour me porter secours. Je me sens gêné bien qu’apaisé.

- Je te remercie, dis-je en plaquant mon avant-bras contre celui de Chad.

Le pouvoir de guérison est un grand privilège et j'en sens immédiatement le bienfait. Perdu dans mes pensées, je ne parviens pas à éclaircir cette histoire, comprendre ce que me voulaient ces hommes. Pour des chasseurs, je devais être une proie évidente. C’était aussi facile que cela. Et aussi angoissant. Ils auraient pu surgir à un tout autre moment, dans un tout autre lieu. Mes semblables seront-ils un jour à l’abri de cette menace constante ? Je me focalise sur le fait que Matrim, avant d’y mettre consciemment les pieds, était resté en dehors de tout ça. Les hybrides sont pourchassés par ceux qui nous considèrent comme des monstres. D’autres personnes possèdent des aptitudes qui peuvent attirer l’inimitié. Et Matrim en fait partie, bien que son don à mes yeux soit synonyme de jeux sensuels ou d’un incroyable talent pour la sculpture.

- Lujan des Acomas, un fanatique, renseigne Chad à ma question.

Il m'explique ensuite ce qu'il sait de ce groupe de chasseurs. Matrim tremble légèrement à côté de moi. Il est sans doute extrêmement fatigué et se remet difficilement des émotions qu'il a ressenties. À mon tour je puise dans ce pouvoir altruiste pour l'aider à s'apaiser. C’est étrange comme le lien qui se forme entre nous tous s’enracine de manière naturelle.

Je remercie Mick qui nous apporte des encas. Je ne sais pas quelle heure il est ni à quand remonte le moment où j'ai avalé quelque chose de solide. Matrim m'adresse enfin un sourire dont il a le secret, celui qui montre qu'il est attendri par un geste que j'ai pu faire. Je crois que ça lui fait du bien de voir que je ne me laisse pas abattre. Et pourtant, je suis épuisé.

Lorsque nous évoquons le carnet à dessins qui a alarmé Matrim, je me sens redevable d’une explication. Ainsi, je tente de mettre en lumière ce pouvoir que je n’ai jamais maitrisé. Je dessine. Je transpose des scènes du futur sur le papier.

- C’est d’ailleurs comme ça que nous sommes rencontrés, raconté-je plus en détails.

Je finis par avouer à Mick la raison pour laquelle j’avais été surpris de sa présence dans le bar où nous étions le soir de la Saint Patrick. J’avais tout bonnement fait un croquis de cette fin de soirée, de ce moment où il a donné une correction méritée à un homme qui tenait des propos homophobes.

Nous discutons un petit moment puis je n’ose abuser de l’hospitalité de Chad et Mick. J’ai besoin de retrouver Matrim, de serrer son corps avec la même passion qu’il l’a fait lorsqu’il m’a retrouvé.

Lorsque nous sortons, je prends le temps d’appeler Parker et Anna. Je les rassure immédiatement sur mon état avant de leur expliquer ce qu’il s’est passé. Je ne sais comment aborder une nouvelle encore plus terrible que celle de mon enlèvement. Ma voix change, ils comprennent que les mots sont difficiles à prononcer.

- Je n’étais pas seul là-bas, reprends-je. Ils avaient aussi capturé Jimmy.

Anna s’empresse de me demander comment il va. Il est toujours très attentif à ce qui se rapport de près ou de loin au groupe.

- Ils l’ont tué, murmuré-je en sentant la main de Matrim se glisser dans la mienne. Je l’ai vu mourir sous mes yeux.

Il n’en faut pas plus pour que mes deux amis soient dans un état de contrariété et de tristesse maximal. Je leur fais la promesse de leur rendre visite le lendemain matin.

Ainsi, mes retrouvailles avec Matrim m’aident à affronter l’effet qu’a cette triste nouvelle au sein du groupe. La grande salle dans laquelle nous nous réunissons est beaucoup plus calme que d’ordinaire, les discussions cessent quand les premiers qui m’aperçoivent annoncent mon arrivée. Parker et Anna m’accueillent, me laisse le temps de trouver une certaine contenance. Je ne veux raconter cet évènement en détails qu’à mes deux meilleurs amis, ceux qui se portent de manière naturelle garant du bien-être du groupe. Mais je dois tout de même la vérité aux autres.

- La cruelle vérité, c’est que pour la première fois, l’un des nôtres a été tué par des chasseurs, déclaré-je.

Les yeux s’écarquillent tandis que des grondements s’élèvent çà et là. Des pleurs aussi se font entendre dans l’assemblée. Les amis se regroupent, les affinités et les amitiés sont une part importante de ce qui fait notre cohésion.

Lorsque Parker, Anna et moi discutons en privés, mes explications sont plus graves.

- Lujan des Acomas, renseigné-je à Parker.

Je me souviendrai toujours de ce nom. Avant de repartir, j’annonce avoir pris la liberté de transmettre nos condoléances aux parents de Jimmy. J’aimerais que nous soyons là pour ses funérailles.

Et beaucoup d’entre nous s’y sont rendus. J’ai pris le temps d’appeler Chad. Je ressens le besoin qu’il soit présent, tout comme Matrim. Je ne les en remercierais jamais assez d’avoir pris le risque de se faire prendre à leur tour pour pouvoir me sortir de là. Chad fait partie d’une meute, je ne veux pas qu’elle soit dans la ligne de mire des fous furieux qui avaient kidnappés Jimmy, Niko et moi. Car c’était bien l’objet de leurs interrogatoires. Ils cherchaient à débusquer les membres des meutes qui vivaient en ville.

Pour chaque discours en l’hommage de l’adolescent, l’émotion est plus que palpable. Nos sens surnaturels nous permettent de percevoir les effluves que dégage le chagrin de la perte. Je serre la mâchoire car les dernières minutes de Jimmy me reviennent en mémoire. Et il y a ce dessin que j’avais fait sans le savoir, que j’avais même caché à mon insu. Je m’en veux cruellement d’avoir pu l’espace d’un instant percevoir l’avenir et ne pas avoir eu la possibilité de le changer.

Après la cérémonie, je m’approche de ses parents endeuillés. J’ai un petit paquet dans les mains. J’avais soigneusement pris le temps d’envelopper le dessin que je leur offre dans un cadre des plus sobres.

- C’est très joli, balbutie le père. Nous sommes très touchés de votre présence à tous.

Je baisse les yeux sur cette petite œuvre que détaille la mère de Jimmy de ses yeux remplis de larmes.

- Un loup…c’est peu commun, merci…me dit-elle en me prenant la main d’émotion.

C’est ainsi que je me représente maintenant leur fils, son esprit libéré des tortures des derniers instants. D’anciennes tribus croyaient en la réincarnation en animal ou en arbrisseau. J’espère simplement que Jimmy est bien là où il est, loin de la menace quotidienne des chasseurs, qu’ils soient fanatiques ou extrêmement discrets.

Quand Chad évoque avec bonté la nécessité de se protéger, je sais qu’il relance le sujet sur lequel nous sommes en conflit d’opinion. Mais avec respect, il comprend que ce n’est ni le lui ni le moment pour en discuter sereinement. Il souhaite notre sécurité et s’en inquiète.

Matrim est très proche de Chad, je n’aime pas imaginer que notre différence de point de vue pourrait être à terme une source de conflit, plaçant Matrim dans une mauvaise posture.

L’architecte me dit me tenir au courant de nouvelles propositions professionnelles. La fin d’année approchant, nous devons décider si nous souhaitons ou non collaborer à l’avenir.

Un détail conséquent marque une grande différence entre nous. Parker et Anna, qu’il avait comparés à de chefs de meute lors de sa visite auprès du groupe, ne sont pas des alphas. Et cette idée de soumission est étrangère pour nous.

Il nous offre une accolade avant de s’éloigner. En le suivant des yeux, je me dis que je ne sais rien de ce que représente une meute. Si ça n’est pas tant différent qu’un groupe étroitement lié comme le nôtre, la douleur de perdre l’un de nos membres est compréhensible par tous. En cela, nous sommes sensiblement identiques. J’apprécie Chad pour le respect qu’il a à notre égard alors que je le sais en grand désaccord avec notre mode de vie.






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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Dim 9 Aoû - 17:04











Demain


La confrontation avec les chasseurs japonais ajoute encore un mur entre “eux” et “nous”. Les discours que j’ai entendu dans la bouche de ce guerrier d’un autre âge, démontre parfaitement que dans la vie, il n’y a pas une vérité, mais bien plusieurs suivant les points de vue de chacun. Nous avons finalement rejoint l’appartement de Mick. Nous sommes enfin soulagés de nous trouver dans un lieu familier. Il y a un moment de gêne. C’est certain que ce que nous avons fait n’est pas anodins et particulièrement dangereux. Mais je n’aurai pas pu me regarder dans une glace si j’avais tourné le dos à la détresse de Matrim et de Matthias. Le premier est clairement un ami à mes yeux, le deuxième n’est encore qu’un camarade du campus. Pas mal de points fondamentaux nous divisent, mais j’apprécie sa sensibilité artistique et son sens de l’amitié.

Matthias accepte de nouveau mon aide en collant son avant-bras au mien. Autant accélérer la guérison de ses blessures. Ce qu’on a vécu, le sort de Jimmy me font penser que je n’ai pas entièrement tord quant à l’utilité d’une meute. Lui et ses amis bloquent sur l’aspect dominant de l’alpha. Ruby est pourtant un des rares loups que j’ai eu l’occasion de croiser avec une si forte aura et pourtant jamais je ne me suis senti soumis. Il faudrait que je fasse sentir ce lien de meute à Matthias. Cette connexion qui fait que Derek m’a entendu alors que j’étais au Mexique. Le corolaire à ce point fort est que lorsqu’un lien se brise, la peine en est décuplée.

J’explique à Matthias qui est l’homme à qui il a eu affaire. Lui et ses hommes s’étaient déjà manifestés il y a un an lors de la lune rousse. Matrim à ses côté ne dit rien. Je ne sais pas si le peintre se rend compte du changement de son petit ami, mais je perçois quelque chose de plus profond qu’un simple choc émotionnel. Mick réconforte tout le monde en apportant des encas. Je souris quand je vois Matthias apaiser Mat’ en le serrant contre lui. Leur couple est différent du nôtre. Ce sont tous deux des artistes, ils ont chacun une sensibilité exacerbée. Il suffit que mon regard plonge dans celui de Mick pour que mes doutes s’envolent. Je crois que Matrim n’a pas la capacité de trouver une telle assurance. Il serre Matthias comme si ce dernier allait disparaitre. Son angoisse est palpable, et je crois Matthias trop éprouvé par ce qu’il vient de vivre pour vraiment voir l’étendue de la détresse de Mat’. Ni Mick, ni moi ne pouvons l’aider sur ce point, mis à part d’être présents comme ce soir et de répondre à ses appels. Ce soir il nous a appelé, mais la prochaine fois ?

Matthias nous explique une capacité extraordinaire qu’il possède, celle de prévoir l’avenir au travers ses dessin. Il ne maitrise pas l’acte et le subit contre son gré. Il ne serait pas inintéressant qu’il rencontre Maxence. Max’ a déjà pas mal avancé dans sa maitrise de son don, il pourrait être une aide précieuse à Matthias.

Quand les M&Ms sont partis, je fais part de mon inquiétude à Mick. Il me promet qu’on sera attentif à nos amis. Le lendemain je reçois un appel de Matthias qui me demande si je veux bien être présent à l’enterrement de Jimmy. Je lui assure ma présence et mon soutient pour ce deuil.

***

L’émotion est palpable. Je ne sais pas comment la mort de Jimmy sera traitée par les autorités. Je ne doute pas que Ruby, le sheriff et Jordan Parrish doivent se faire des nœuds au cerveau. Car il faut bien rendre la justice pour cette famille endeuillée qui perd un fils sans savoir qu’il était un loup. Il est plus facile pour des parents de faire son deuil quand le coupable est jugé… Mais je vois mal Lujan  des Acomas se laisser prendre. Le dessin que Matthias a prévu d’offrir aux parents attristés est magnifique. Il rend hommage à ce jeune loup un peu trop arrogant et bien trop regardant sur les licols qu’on pouvait lui imposer.

Anna et Parker se sont quand même fendus d’un « merci » à mon égard. Je leur en veux de leur naïveté et idéaux certes bien honorables, mais qui les exposent au danger. J’évoque discrètement qu’il est important qu’ils se protègent. Mais le regard des deux amis de Matthias en dit long. Ce n’est pas le moment et… je n’ai pas mon mot à dire. Du moins c’est ainsi que je perçois la signification de ce regard. Je soupire. C’est vrai que ce n’est pas le lieu pour relancer ce débat. Mais cela me désole, j’ai peur pour eux, même si à leur yeux je ne suis qu’un chien obéissant à son maitre, un soumis... Je n’ai jamais été aussi libre depuis que Ruby est mon alpha. Il est vrai que mon expérience avec Hugues alimente le moulin d’Anna et Parker. Il faut juste faire le bon choix.

Je ravale ma frustration et salue ceux que je connais des amis de Matthias. Avant de partir, je lui rappelle que ma proposition de travailler ensemble tient toujours. Dans peu de temps on aura notre diplôme. Je vais me mettre à fond sur le projet de maison que j’ai avec Mick. Il sera ma vitrine. Puis j’ai déjà une offre du cabinet où j’ai effectué mes différents stages. Cependant, je souhaite être autonome et m’entourer de collaborateurs choisis. L’impact de Matthias sur les plans de la maison de Miya est évident quant à la valeur ajoutée qu’il a amené. C’est justement cette différence qui peut nous valoir du succès. Mais je sais aussi que ce travail sera loin d’un pur travail d’artiste. Il sera confiné à la restriction inhérente à la construction.

Alors que je retourne chez Mick, je pense à cette collaboration. Matthias ne voudra certainement pas se cloisonner à ça. Cela sera trop restrictif vis-à-vis de son art, mais tout de même d’avoir une part fixe de revenu assuré. Je me souris à moi-même, car je commence à réfléchir comme mon père. Je prends du recul à ce projet professionnel. Je souhaite de l’excellence, une bonne entente et une satisfaction personnelle pour tous. Je dois inventer un nouveau concept. Faire de la construction autre chose qu’un assemblage des éléments nécessaire pour faire une maison. Le bâtiment se doit d’avoir une âme, et croiser l’art et l’architecture peut être une nouveauté qui sera suivie dans le futur. J’imagine déjà des projets individuels ou collectifs, de nouveau quartier où les gens se sentent bien… Matrim pourrait bien nous aider pour la décoration intérieure…

Quand je rentre, Mick me questionne pour savoir si ça s’est bien passé. Je lui résume la cérémonie, puis fonce sur mon ordinateur. Il n’insiste pas, il connait mes phases de transe ou il pourrait bien y avoir le big one, que je ne lèverai pas le nez pour tous les tremblements de la terre possible. Je couche par écris ce à quoi je pense. Je veux proposer quelque chose de construit à Matthias. Mon père pourrait être satisfait, car ce que je mets noir sur blanc est un vrai projet d’entreprise dont l’activité centrale serait l’architecture et la conception de bâtiment. Mais avec une visée artistique pour donner une personnalité à nos futures constructions. La part la plus lourde du travail serait la mienne. Matthias et pourquoi pas Matrim si le projet l’intéresse seraient sollicités en début et fin de projet. Cela leur laisserait du temps pour leur propre activité personnelle. Ils auraient ainsi l’assurance d’une part de revenue fixe tout en conservant le caractère volatil et forcément rarement rentable de l’art.

J’ébauche un financement et réfléchit à ce qui manquerait quand Mick pose devant moi une tasse fumante de chocolat chaud accompagné de biscuits.

- Merci, j’avais faim !

- Tu as sauté l’heure du repas Loulou…

Je regarde ma montre, trois heures que je n’ai pas décollé de mon projet. Je fais donc une pause salutaire. En regardant Mick, qui m’accompagne dans ce gouté improvisé, la dernière illumination de la journée agrandit mon sourire.

- Quoi ? Demande-t-il ?

- Rien, tu verras plus tard.

Vingt minutes plus tard, je reprends mon dossier et ajoute une ligne. Car si je suis doué pour concevoir des bâtiments, Matthias pour les sublimer, et Matrim pour personnaliser leur intérieur, aucun de nous trois ne se préoccupent de la sécurité des lieux. Je sais que Mick veillera à cela pour notre propre maison, mais maintenant cela m’apparait comme un élément essentiel et indispensable. Je souris à l’écran. Est-ce possible de faire bosser deux couples dans les mêmes lieux ? Cela pourrait avoir un effet néfaste sur nos vies personnelles. Bon déjà, il faut que j’aie l’avis de Matthias avant d’élaborer des plans sur la comète. Je sors mon téléphone et l’appelle.

- Matthias ? On peut se voir demain, j’ai un dossier à te montrer.

Avant d’en parler à Mick, je veux savoir si je peux bosser avec Matthias. Arriverons nous à mettre nos désaccords de côté ?

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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Mar 11 Aoû - 16:16







Le projet est en lui-même une jouissance



Feat. Chad

Je referme ma pochette lorsque le professeur signale la fin du cours. Je suis plutôt satisfait du rendu. Certains pourraient rapidement évoquer le syndrome de Stockholm s'ils savaient ce que je représente. Mais l'hacienda dans laquelle j'ai été enfermé retrouve sa beauté et ses couleurs d'antan sur le dessin que j'ai eu envie de faire pour ce sujet libre. Cette partie luxuriante de la forêt transformée en une jolie propriété à l'abri des regards. C'est un moyen pour moi de passer outre le drame. Même si cela dure qu'un temps, le décès de Jimmy étant impossible à être perçu d'une quelconque manière positive.

Je sursaute quand je sens une main de poser sur mon épaule. Un de mes camarades me propose de me joindre à lui et quelques autres pour aller déjeuner en centre-ville. Je le remercie mais refuse car je dois voir Chad. La veille, il m'a appelé et semblait enjoué à l'idée de me montrer un dossier sur lequel il travaille.

Je prends donc le chemin de la cafétéria quand je remarque deux officiers en train de discuter avec Parker. Je tends l'oreille et vois quelques membres de notre groupe dispersés aux alentours être eux aussi attentifs. Parker se sait écouté.

Comme je le crains, la conversation est au sujet de Jimmy et sur le groupe qu'il fréquentait sur le campus. Il faisait partie de ces quelques adolescents qui une fois le lycée terminé nous rejoignait. Nous recueillons tout le monde sous la bannière Oméga, un nom si vrai mais qui passe inaperçu pour qui n'est pas au courant de la seconde nature de cette ville, un véritable repère pour les êtres surnaturels. Nous passons pour une énième faction d'étudiants.

Toutefois, les autorités qui avaient retrouvé le corps de Jimmy s'inquiétaient de nos activités. L'adjointe du Sheriff dont Chad est le bêta masquait notre existence dans les faits divers. Officiellement, Jimmy s'était brisé la nuque lors d'une randonnée.

Parker rassure les enquêteurs quant à l'absence de bizutage en tout genre. Nous n'envoyons personne seul en forêt pour une initiation.

Chad me rejoint et comprend à mon air soucieux que quelque chose me tracasse. Je désigne Parker du menton et lui explique la situation.

Notre groupe connaît quelques troubles avec cette douloureuse histoire.

Alors qui semble vouloir s'excuser d'avoir émis un avis différent lors de l'enterrement de Jimmy, je le remercie de la franchise dont il a fait preuve et me dis prêt à entendre à nouveau ses arguments et tenter de les comprendre. C'est loin d'être une prise de décision mais seul l'idiot refuse d'être instruit. J'aimerais accentuer nos ressemblances et gommer nos différences. Peut être finirai-je par rencontrer son alpha qu'il avait décrite comme très très proche de sa meute afin d'avoir un jugement objectif.

S'il s'avérait que je sois convaincu, je serai un interlocuteur que Parker et Anna écouteront avec attention.

- Alors, que voulais-tu me montrer ? Demandé-je pour changer de sujet.

L'idée qu'il me décrit a le mérite d'être réfléchie. Il me précise aussitôt que l'intérêt d'une telle collaboration est aussi l'épanouissement de chacun. La nouveauté, le lancement d'un concept innovant requiert une bonne entente et de la motivation, nous en sommes conscients.

- J'ai beaucoup aimé travailler avec toi pour ce projet en duo, dis-je.

Nous avons eu une très bonne note, si ça n'est la meilleure. Chad est dans les premiers de sa promotion. La passion et le travail paient et j'en suis très content pour lui.

- Nous pourrions dîner tous ensemble pour en discuter ? Proposé-je.

Il trouve l'idée très bonne et ajoute que faire cela chez lui et Mick serait plus pratique que dans un quelconque restaurant. Et ses idées sont en majeure partie sur son ordinateur de toutes façons. Je sais qu'il travaille énormément sur une palette graphique. Pour dessiner, je n'ai jamais essayé ce type de matériel et je doute que cela me plaise. J'aurais peur de perdre cette sensation agréable de sentir la mine gratter le papier ou le pinceau caresser la toile. Car ce n'est pas tant l'acte en lui même qui me plaît que l'état dans lequel je suis quand je dessine. Sensible, l'esprit ouvert, laissant libre cours à mon imaginaire.







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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Mer 12 Aoû - 17:47











Projection sur l’avenir


Je suis les cours de la matinée avec une certaine impatience. Avoir mon diplôme n’est plus qu’une simple formalité. Je peux même totalement échouer aux prochains partiels que cela n’y changera rien. Cependant, le dossier que j’ai monté hier soir en quelques heures, me pousse à donner le meilleur de moi-même et de viser pourquoi pas la tête de la promotion. Je suis au coude à coude avec deux autres étudiants très brillants. La différence ne se fera pas sur notre savoir, mais sur notre motivation et notre hargne à réussir. Et cette volonté je l’ai. Je veux faire de ma vie avec Mick une réussite. Je veux lui offrir un toit agréable et à notre image. Je souhaite aussi rembourser rapidement mon père qu’il m’avancera pour la construction. Je veux donner à Mick la vie qu’il mérite. Jusque-là il était resté vague sur ses projets professionnels, trop concentré sur sa quête personnelle. L’héritage de ses parents lui permettait de tenir cette ligne de conduite. Mais, j’avais la désagréable sensation qu’il en oubliait de vivre. Nous nous étions promis des toujours et des ensembles. Mais je crois qu’il est temps de concrétiser cette volonté de vie commune. Notre future maison n’en est que le point de départ.

D’un pas rapide, je me dirige vers la cafétéria où je dois rejoindre Matthias. Je ne sais pas encore comment il va prendre l’affaire. Je sais que je peux me montrer impulsif et envahissant quand je suis mordu sur un projet qui me tient à cœur. Travailler ensemble nécessite que l’on s’entende bien. Et je sais pertinemment qu’il reste des zones d’ombre entre nous. Il va falloir les éclairer, mais je ne sais pas si l’un de nous est prêt à lâcher du lest. Le système de meute est inclus en nous, c’est dans l’état des choses. Vouloir révolutionner ce système, aller contre nos gènes n’est à mes yeux que le reflex du monde moderne qui pense qu’il est bon de faire une révolution existentielle à chaque décennie. Chaque génération veut participer à un changement sans se préoccuper de ce qu’elle détruit ou construit sur les bases incertaines de ruines encore fumantes. Je ne peux faire comprendre à Matthias ce qu’est de faire partie d’une meute. Car c’est quelque chose que l’on vit, c’est indescriptible, intangible.

Quand je vois Matthias, il affiche un air soucieux. Je lui demande muettement ce qui le tracasse et d’un geste du menton, il me désigne Parker aux prises avec un policier. J’écoute un peu la conversation et comprends que la suspicion se fait sur les pratiques du groupe de Matthias. C’est vrai que certaine fraternité d’étudiant pousse parfois un peu loin les rites initiatiques d’entrée. Je perçois aussi que leur groupe traverse une mauvaise passe, je m’excuse donc auprès de Matthias d’avoir abordé, lors de l’enterrement, le sujet qui nous divise. C’était maladroit de ma part. Mais l’artiste ne semble pas me tenir rigueur de ma franchise. J’en suis heureux, car pouvoir se dire librement les choses est gage de bonne entente. Il est impossible d’être d’accord avec tout le monde. Mais lorsqu’on s’inquiète pour un proche, on doit pour dire ce qui nous met mal à l’aise. Matthias ne dit rien de plus à ce sujet, mais il ne semble pas se fermer au dialogue.

- Alors, que voulais-tu me montrer ?

- Ça ! Dis-je en brandissant mon dossier.

Nous nous installons à une table tranquille, et pendant que nous mangeons, je lui expose chaque détail du projet que j’ai en tête. L’idée de base pour se démarquer des autres architectes, le fait que pour lui, ça lui donnerait un travail fixe tout en lui préservant suffisamment de temps pour des activités plus artistiques mais plus aléatoire pour en vivre pleinement. J’évoque également la participation de Mick qui aurait un regard lié à la sécurité et à son côté pratique, ainsi que Matrim qui pourrait proposer ses services pour structurer et embellir les intérieurs et les extérieurs des bâtiments construits. Cela me permettrait d’offrir à ma future clientèle une offre très large allant de la simple réalisation de plan de construction, jusqu’à la décoration.

- J'ai beaucoup aimé travailler avec toi pour ce projet en duo,

- Moi également, et c’est bien ce qui m’a donnée le déclic pour ce concept.

- Nous pourrions dîner tous ensemble pour en discuter ?

- Bien sûre ! Par contre j’ai du mal à joindre Matrim en de moment. Il est très évasif dans ses réponses à mes SMS.

Nous convenons de nous retrouver le lendemain soir chez Mick. C’est plus simple car Matthias habite encore chez ses parents. J’ai rangé mes papiers et nous dégustons notre dessert quand Parker nous rejoint.


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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Ven 14 Aoû - 10:57







À force d'idées



Feat. Chad

Chad me fait part de son inquiétude au sujet de Matrim. Je lui confirme sentir son mal-être.

- Il est très angoissé, expliqué-je. Il se montre encore plus tendre qu'avant et ne me lâche plus quand nous nous retrouvons. Je sais qu'il n'est pas bien par rapport à ce qui est arrivé mais il se renferme sur lui même.

Le diner tous les quatre lui fera peut-être du bien, je sais qu'il tient beaucoup à lui et Mick. Je les remercie encore d'avoir été présents pour moi autant que pour Matrim.

Après avoir salué Chad, Parker s'assied avec nous.

- Je pense qu'il a senti que j'étais honnête, nous dit-il.

J'espère qu'aucun soupçon ne planera au dessus de notre groupe. Le père de Parker est assez influant sur le conseil d'administration de l'université. Cela nous assure une certaine tranquillité et la mise à disposition d'un bâtiment excentré pour nous regrouper.

Un léger silence s'installe. Pour prévenir tout malaise entre mes deux amis, je prend la parole sans relancer le sujet qui nous divise.

Anna nous rejoint rapidement avant d'être obligée de retourner en cours. Je ne sens pas de colère vis à vis de Chad mais les modes de pensées différents creusent tout de même un écart. Pourtant nous visons la même finalité. Vivre en paix et en harmonie avec soi et les autres. Je reste quelques minutes avec Chad en regardant mes deux amis s’éloigner.

Je demande à Chad ce que changerait le fait d'appartenir à une meute. En terme de sécurité, cela n'empêche pas l'existence des chasseurs. Le soutien nous le trouvons également au sein du groupe. Ce n'est pas une hiérarchie à proprement parlé.

Sa réponse se veut la plus honnête possible. Comment peut-on espérer échanger nos opinions si cela n'est pas fait avec sincérité.

Subitement en observant Parker et Anna, je comprends ce qu'avait voulu dire Chad lorsqu'il était venu rendre visite au groupe. Ils sont nos guides. Tout comme le serait un couple d'alpha.

Je me perds à imaginer une confrontation de forces et d'idées pour éprouver les opinions de chacun. La meute de Chad. Quelques membres de notre groupe. Un jeu de piste, une course, une activité quelconque. Une rencontre au delà des dogmes et des modes de vie des uns et des autres. Je vois là l'occasion de nous rendre compte que nous ne sommes pas si différents. Je trouve que c'est au contact des autres que nous apprenons le plus. Et ce à tous les niveaux.

Nous nous séparons pour retourner en cours. Si nous ne nous recroisons dici d'ici là, nous nous donnons rendez-vous chez Mick et lui le lendemain soir.

Lorsque les cours s'achèvent, je rentre rapidement chez moi pour déposer mes affaires dont ma grande pochette à dessin, encombrante dans les transports.

Je rejoins Matrim qui semble s'écrouler dans mes bras. Cette faiblesse me fait le serrer encore plus fort. Les mots sont murmures, les gestes emprunts de tendresse. Je trouve son atelier particulièrement rangé ce qui lui confère une sensation de vide. Il n'a pas sculte5 aujourd'hui et ne semble pas avoir travaillé sur un quelconque projet.

Je m'inquiète de son état et de la fatigue qu'exprime son corps. Mais c'est son esprit et son cœur qui trahissent son trouble.

Nous nous retrouvons dans un cocon de bien être. Derrière nos murailles, intouchables. La peur est une ennemie sournoise.

Le lendemain, le projet initié par Chad alimente la discussion durant toute la soirée. Nous extrapolons même les idées les plus folles par plaisir de susciter une réaction ou imaginons ensemble un avenir autant professionnel que personnel. Chad et Mick sont des personnes intelligentes, appréciables et dont l'amitié est synonyme de privilège. Matrim...c'est Matrim. Son sourire, quoique qu'effacé ces derniers temps, me fait fondre. J'ai envie de me rouler en boule contre lui, protecteur et protégé.






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Mickael Wayne
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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Mer 19 Aoû - 19:35


4 talents bouches à nourrir

Comme à chaque fois que je cuisine, Chad aime me féliciter sur l’odeur alléchante qui se dégage du four. J’aime essayer la cuisine française que nous affectionnons tant. Je crois que mes plats sont victimes de leur succès.

J’avais hésité entre un repas sophistiqué pour taquiner Chad avec son diner d’affaires comme je l’avais qualifié ou préparer une collation plus légère pour nous permettre d’entrer plus rapidement dans le vif du sujet. Finalement, comme il me le rappelle, on travaille mieux le ventre plein.

Une fois que la table est dressée, je passe dans la salle de bain. Chad ne peut s’empêcher de vouloir tirer sur ma serviette lorsque j’en ressors encore humide.

- Va te coiffer, dis-je en secouant ses cheveux pour l’embêter à mon tour.

Lorsque nous sommes enfin prêts, nous nous félicitons, dans les bras l’un de l’autre, de ce que nous avons préparé pour nos amis. Je lui adresse un regard malicieux en glissant mes mains dans son dos puis sur ses fesses pour le soulever. J’aurais la force de le porter au bout du monde s’il le fallait.

Nos lèvres amoureuses comme au premier jour se retrouvent tendrement. Je le tire ensuite vers le salon avec l’envie de mettre en pagaille la tenue qu’il a choisie de porter.

- Ils toqueront, ils ne seront pas ce qu’on fait, répond-je à Chad qui me précise que nous n’avons pas le temps de batifoler.

- Matrim non, mais Matthias si, me rappelle-t-il.

- Entre les oreilles indiscrètes et Maxence qui sait beaucoup de choses, bonjour l’intimité, grogne-je.

Je fais mine de bouder, c’est devenu une habitude pour exprimer notre mécontentement sans jamais brusquer ni vexer l’autre.

En réponse, il m’embrasse avec fougue, puis sa langue s’attarde dans mon cou. Je frissonne. Et mon désir est grandissant quand il continue ses baisers humides sous ma chemise qu’il a soulevée.

Mais il tourne la tête vers la porte et m’adresse un grand sourire en se redressant. Je comprends que nous amis ne sont pas loin puis ils frappent à la porte.

J’expire longuement et lui offre une claque aux fesses pour le pousser à aller leur ouvrir.

* * *

Je retombe amoureux de Chad à chaque fois qu’il parle de ce qui le passionne. C’est l’architecture qui l’a conduit devant le bâtiment dans lequel j’emménageais. Peut-être que nous ne nous serions jamais rencontré. Toutefois, les récents évènements nous ont montré que le Destin possède une volonté inégalable lorsqu’il s’agit de réunir deux personnes.

J’aime le savoir heureux, motivé et découvrir les étoiles dans ses yeux lorsqu’il se projette dans ce qu’il fait. Je sais que l’un des aboutissements de son travail est de pouvoir nous offrir un foyer. Pour ce projet de vie à deux, j’ai également une surprise à lui présenter. Elle prend forme petit à petit, c’est difficile de lui cacher quelque chose alors le moment de le lui annoncer approche. Ce sera un moment rien qu’à nous, comme lorsque nous nous sommes fiancés. Mais je ressens également le besoin de partager notre bonheur qui d’après Matrim, fait du bien à voir. Je le sais attaché à l’image du couple que nous renvoyons. Et ces compliments nous font rire autant qu’ils nous touchent.

Je comprends parfaitement le but d’une association de compétences et de connaissances entre Chad, Mathias, Matrim et moi. Les deux premiers s’étant trouvés lors d’un projet en binôme, ils savent ce dont ils sont capables de faire. Je suis ravi quand ils m’annoncent que leur travail a été récompensé d’une note excellente.

Je suis d’accord pour apporter un œil critique, aiguiller Chad dans la conception. Je ne pourrais agir qu’à certains stades, comme un consultant. Avec l’avantage nous négligeable de partager ma vie avec celui qui mènera à bien ces futurs projets.

Une construction solide et fonctionnelle, belle, vivante et sécurisée. C’est le concept global et complet que souhaite mettre en place Chad. Les compétences de chacun apporteraient une réelle plus-value à son travail, qui reste tout de même le pilier du projet. Enfant, il voulait être constructionneur. Il sera bien plus que ça.


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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Mer 19 Aoû - 21:15




4 touches et sourires

Matrim & ses ames soeurs
Je suis heureux. Je suis heureux car ce soir, je vais retrouver les personnes que j’aime le plus au monde. Et par ce simple fait, elles vivent dangereusement. L’espoir est plus cruel que toute certitude. L’espoir qu’elle était morte, enterrée, disparue... L’espoir que j’avais trouvé quelqu’un à aimer. Plusieurs personnes, en fait, d’une façon différente, mais tout aussi intense… Même ma rencontre avec Maxence m’a fait retrouver de l’espoir. Car avec lui, nos pouvoirs semblent croitre. Leur similitudes nous nourrissent et j’entrevois des façons plus personnelles, plus originales de l’utiliser. Je suis conscient de ma lassitude, et, plus important, de mon angoisse.

Angoisse que je compense en utilisant de plus en plus mon don. Mais je ne suis pas Matthias, Chad ou même ce gamin-loup qui n’en était pas un… Mes réserves physiques sont limitées et mon pouvoir y puise… Mais je n’arrive pas à m’arrêter… Chaque jour sans l’utiliser est presque douloureux… Je n’ai même plus d’idées créatives… Je crois que Matthias s’en est rendu compte et ça me fait de la peine. Pour lui. Pour moi. Pour nous… Je sais avec une certitude glaçante vers quel chemin je me dirige, et que je vais devoir emprunter ce chemin sans lui, sans Chad et sans Mick. Je sais aussi que je vais devoir effacer mes traces de pas dans la poussière du voyage, sans quoi ils pourraient vouloir me retrouver malgré moi. Je n’ai pas la force de les blesser suffisamment pour qu’ils me rejettent. Je suis un lâche.

Mais ce soir, je suis un lâche heureux, blottis contre Matthias alors qu’une délicieuse odeur de plats qu’à concocté Mick réveille mon appétit. Ma main sous le t-shirt de mon loup, comme à mon habitude, je respire à plein poumon l’odeur de la nourriture, l’odeur de Matthias.. Pour profiter des bons moments tant que j’en ai encore…

Ce soir c’est la soirée de Chad et de Matthias, ce sont les héros… Chad a un projet dans lequel je vai peut être jouer un rôle.. J’aimerai tellement que ce soit possible… Son rêve est majestueux et inspirant… Je vais tout faire pour que ce soit possible, mais avant ça, il faut que je me débarrasse de mes problèmes, et de ceux que je vais causer, que je cause déjà à mes amis…. La tisseuse, l’enlèvement de Matthias, et maintenant elle… Je dois trouver une solution. Les livres de mon père ne m’ont pas enseigné comment la combattre. Mais peut être que je peux l’attirer loin d’eux… En attendant une autre solution.

Alors ce soir, je souris, je plaisante, je dragouille, je reluque… j’essaie de jouer à Matrim, mais je crois que l’acteur est fatigué. J’ai envie de prendre Matthias dans mes bras pour le rassurer. A la place, je l’embrasse. Passionnément. Je l’aime.

- Je t’aime…

Son regard me bouleverse, et c’est tant mieux, car les deux loups présents doivent sentir les battements de mon cœur, cela me fait un rideau derrière lequel cacher mon désespoir. Je me rapproche de Matthias, piquant dans son assiette, faisant rire Mick, et, tout ouïe, j'écoute en souriant le projet de Chad...



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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Lun 24 Aoû - 17:28











Un projet entre amis


Je suis heureux car ce soir nous recevons deux amis. Si je suis si enchanté par la soirée qui s’annonce, c’est que pour une fois il s’agit de parler concrètement de notre avenir à Mick, à moi et que cela pourrait bien y mêler Matthias et Matrim. Pour une fois on ne va pas parler des chasseurs fanatiques qui s’en sont pris à l’artiste, ni de la Tisseuse qui nous a tous les quatre durement éprouvé, encore moins des atrocités qui se passent sur le campus, ou de la composition exacte de ma meute qui a filtré entre de mauvaises mains.

Non, ce soir nous allons parler de projet de vie, d’envies et de désirs. Nous allons nous projeter sur l’avenir, et préparer ce que sera notre vie de demain. Je veux y croire et ferais tout pour que cela marche. Je suis au cœur du projet que je leur propose. Construire l’avenir, construire des habitations et des bâtiments. C’est en quelque sorte un pied de nez à la destruction qui nous entoure. A ces vies qui se font balayer sans états d’âmes.

Mick s’est proposé de se charger du repas pour me laisser plus de liberté pendant la soirée. L’odeur qui se repend dans la cuisine est alléchante. L’animal que je suis a, du mal à se retenir de gouter et re-gouter ce qui mijote. J’aime ce côté de Mick qui passe du plus implacable des guerriers, à un homme attentionné et attentif.

L’heure approche et Mick passe devant moi, sortant de la salle de bain, une serviette autour des reins. Depuis tout à l’heure je suis la proie de tentations culinaires, alors évidement s’il me laisse deviner ainsi, son corps que je sais bien fait… Je tente de retirer ce linge qui me cache le meilleur morceau.

- Va te coiffer !

- Je suis coiffé ! Dis-je en frottant mes cheveux avec mes doigts.

Comme je suis prêt, je le suis dans la chambre pour le regarder se vêtir. Je lui conseille une autre chemise plus sombre quand il en saisit une d’un blanc immaculé.

- Tu pourrais te tacher en cuisine Loulou, dis-je avec affection.

Mick obtempère et fini par venir se lover contre moi. Ses mains épousent mon dos, me plaquant contre lui. Son regard se fait brûlant quand il descend sur le gable de mes fesses. Alors je m’accroche à ses épaules et me laisse soulever, entourant mes jambes autour de ses hanches. Je pèse pourtant mon poids de muscles, mais il ne fléchit pas. Je lui mange le cou alors qu’il me transporte dans le salon pour commencer à déranger ma chemise.

- Ils vont arriver Mick !

- Ils toqueront, ils ne seront pas ce qu’on fait.

- Matrim non, mais Matthias si !

- Entre les oreilles indiscrètes et Maxence qui sait beaucoup de choses, bonjour l’intimité, râle Mick.

Je ris de sa bouderie, mais c’est vrai que notre intimité est souvent mise en défaut. J’adore l’air faussement bougon qu’il prend. Il n’en devient que plus craquant et le sait. Je capture ses lèvres et me fait de plus en plus volcanique. Déjà mes doigts ont sorti sa chemise de son pantalon et je me baisse langoureusement jusqu’à son nombril que j’agace des dents et de la langue. La respiration de Mick se fait plus courte et je sens son désir monter. J’entends l’ascenseur qui s’arrête à notre étage. Je me redresse et fait un clin d’œil malicieux à Mick qui a compris que nos amis arrivaient. Il souffle pour baisser la tension sexuelle qui était montée et me gratifie d’une claque sur les fesses pour que j’aille ouvrir.

***

J’ai durement bossé sur ce dossier que j’avais présenté à Matthias la veille. Je connais mon sujet sur le bout des doigts. Mais soudainement j’ai peur. Peur que cela ne leur convienne pas. Cela ne m’empêchera pas de poursuivre ma carrière dans la voie que j’ai choisie, mais ce chemin, j’aimerai le faire avec eux. On a vécus ensemble de sales moments, nous nous en sommes sortis. Cela donne une certaine légitimité à notre groupe, notre amitié. Je ne sais pas ce qu’il en sera pour Matthias et Matrim dans un an ou dans dix ans. Seront-ils toujours ensemble ? Je ne peux me projeter à leur place, mais j’espère sincèrement que leur union va perdurer dans le temps. En ce qui concerne mon couple, la question ne se pose même pas, tellement c’est une évidence. Penser à cela me rassérène et je commence à exposer mon idée. Pendant ce temps, Mick s’occupe de nourrir nos estomacs affamés.

J’explique donc ce concept d’une offre globale. Cela vise évidement une clientèle un peu aisée, mais je suis certain que Matthias aura des idées peu onéreuses pour transformer une simple construction en un lieu qui a une âme. Tant lui que moi, nous allons devoir apprendre à travailler ensemble pour que l’alchimie fonctionne. J’expose aussi à nos deux artistes d’amis, l’avantage pour eux de cette association. Le gros du travail est de mon côté, ça leur garde ainsi un temps non négligeable pour leur réelle activité. Je sais que Matrim galère parfois avec sa boutique qui tourne plus avec les photocopies que la photographie. Je leur promets une base de rémunération fixe, qui leur permettrait d’être serein et de ne pas courir après les fins de mois.

Matrim me semble un peu lointain, mais l’idée a l'air de lui plaire. Son rôle serait plus dans la conception et confection de ce que j’appelle du mobilier urbain revisité. Ses interventions cibleraient essentiellement la clientèle aisée et avide d’art. Il interviendrait plus en marge, ce qui est tout à fait compatible avec sa propre boutique. C’est un travail de consultant, comme ce que je propose à Mick pour qu’il regarde l’aspect sécurité de ce qu’on va créer. Si je connais les normes, embringué dans l’habitabilité de ce que dessine, j’ai parfois un manque de recul dans ce domaine.

Nous en sommes au dessert quand j’aborde le rôle de Matthias. Là, j’aurai besoin de lui dès le début des projets. J’ai l’exemple de la maison de Miya. Si Matthias avait été là dès le début, il aurait pu faire d’autres propositions qui ont été bloquées par la structure figée de l’édifice lors de notre devoir commun. L’idée lui plait d’associer son art à du concret. Cependant je sens une certaine réserve dont je devine les racines du côté de son « groupe d’amis ». Nous avons une divergence d’idée de comment vivre sa vie de loup. Je crois pouvoir passer outre, après tout on ne peut obliger quelqu’un à mettre sa ceinture de sécurité en voiture s’il ne le veut pas. A mes yeux, il prend un risque dangereux et inutile. On a déjà tant à se méfier… Cela m’attriste, car je serais en peine s’il devait lui arriver quelque chose. Mais ai-je droit de faire de l’ingérence dans sa vie et de lui apposer mon modèle qui a aussi ses limites. Je le sais assez pour ce que j’ai vécu à Boston.

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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Lun 7 Sep - 20:05







Ô Muse



Feat. Chad

Sur le chemin du retour Matrim et moi discutons de cet avenir professionnel que le projet de Chad peut nous assurer. L'architecte a insisté sur le fait que nous aurons tout de même du temps libre pour continuer de créer et de faire vivre notre art. C'est plaisant d'avoir une personne altruiste qui n'oublie pas les besoins de chacun. Et le sérieux avec lequel sera guidée cette collaboration ne fait aucun doute pour nous.

- Ce serait génial, s'exclame Matrim.

La perspective d'être avec ses deux meilleurs amis et moi ne peut pas être un avenir plus radieux à ses yeux.

Puis son sourire se fige. Ces derniers temps toute association d'idées à la notion de bonheur le rend joyeux puis profondément mélancolique la seconde suivante.

- Tu n'es pas sûr ? Demandé-je.

Il élude la question avec une technique dont il a le secret. Je le serre contre moi, inquiet mais protecteur, chassant son mal, ne gardant que le meilleur.

Les jours suivants sont agréables. Matrim est vraiment quelqu'un de formidable. Je découvre quotidiennement combien il peut être émerveillé comme s'il se gorgeait de petites choses simples mais qui demeurent fantastiques dans le regard d'un enfant. Il est encore plus beau dans cette fragilité, plus précieux. Je ne dis que très peu combien je l'aime mais je le montre dans mes gestes affectifs, je le représente sur le papier, enlaçant nos prénoms à l'aide d'une plume. Je l'illustre en couleurs sur une toile qu'il n'a le droit de voir que lorsqu'elle est achevée. Il me demande quelques fois l'autorisation de photographier mon travail ou bien lorsque je suis en train de peindre ou de dessiner. Je le soupçonne d'enfermer ces moments précieux et les sentiments forts qu'ils véhiculent dans ces photos.

L'inspiration qu'il m'offre pourrait remplir un book entier avec toutes mes œuvres, petites ou grandes, qui ont un rapport, même infime, avec Matrim. Depuis notre rencontre, c'est le fil conducteur secret de tout ce que je crée.

Mentionner la statue de nu qu'il a sculptée pour Chad et Mick et qu'il va bientôt offrir est l'excuse idéale pour un rapprochement plus coquin et intime.

Parfois je m'imagine ne pas être pourvu de cette passion intense pour l'art, je m'imagine également comment serait ma vie si je n'avais pas été mordu. Je ne me serais jamais lié d'amitié avec Parker et Anna. Rêveur, je m'imagine aussi né dans un autre pays avec une culture différente de la notre. Mais, amoureux de Matrim, je n'imagine jamais un futur sans lui.

Deux jours plus tard, des larmes sincères viennent effacer ce bel avenir. Je ne comprends pas le revirement de situation. Tantôt le bonheur. Puis l'abandon.

Je veux voir Chad, lui demander s'il a des nouvelles de Matrim. Si j'ai fait quelque chose de mal. Si c'est un mauvais rêve ou bien une blague.

Dans les yeux de l'architecte, je lis de la compassion. Tout le monde connait la douleur d'un chagrin amoureux. Je peux y voir mon propre reflet, désemparé, blessé par la personne qui en une seule seconde pourrait faire disparaître cette douleur.

Je suis un artiste sans muse. Et le cadeau mystérieux que je reçois ne va pas servir beaucoup si je ne parviens pas à me remettre de ma séparation avec Matrim. Je découvre le paquet en arrivant chez moi.

Je le prends délicatement comme s'il contenait une bonne nouvelle fragile qui pourrait se briser si je me précipite.  Au vu du papier d’emballage, je devine le contenu sans comprendre de qui provient ce cadeau. Je tente de percevoir des odeurs et n’en sens qu'une familière. Le parfum largement composé de jasmin caractéristique de cette vendeuse à la boutique d'art. J'ai eu l'espoir que Matrim demande pardon, qu'il signe son retour, qu'il...m'aime. Je m'en veux de douter de ses sentiments après le message qu'il m'a laissé dans sa statuette. Mais la réalité est toute autre. Le doute et la tristesse ne font pas bon ménage. Ne décide pas quand tu es triste, dit l'adage. Matrim a fait un choix cruel. Je m'en veux de lui en vouloir. Et je me rend bien vite compte que je n'y arrive pas véritablement. Je n'éprouve pas de colère pour occulter son absence. Cela serait plus facile, mais injuste.

Je découvre le mot qui accompagne le paquet : « J’ai remarqué ton air triste. Je n’ose te parler directement. J’espère que ce cadeau te remontera le moral. ». Il provient d'un mystérieux inconnu qui se dit admirateur. Seul le regard de Matrim m’importe. Deux yeux verts et pétillants qui se sont posé une dernière fois sur moi alors que nous nous endormions, à l'abri dans cet hôtel de charme, ce cocon.

Le lendemain, Chad remarque que la situation est difficile pour moi. Je lui parle du cadeau mystère, de sa valeur tant pécuniaire que sentimentale, pour un artiste. La mallette de matériel est semblable à celle que tout enfant à un jour désirée recevoir, moi le premier. Au détail près que les pastels, les crayons et les encres sont de très bonne qualité. Cette gamme de matériel permet un travail de précision et un rendu remarquable entre de bonnes mains.

Je reprends les cours, encouragé par une accolade amicale de Chad.

Durant la même semaine, je reçois à nouveau un cadeau de cet admirateur secret. Cela m'inquiéte d'autant plus que je ne perçois pas la présence de Matrim derrière ces cadeaux qui, sans hasard aucun, me plaisent particulièrement.

En récupérant la veste de costume, je découvre les billets d'avion et le ticket d'entrée pour une exposition de renom et dont l'invitation est très prisée.

« Pour te changer les idées. Tu es beau au naturel, mais encore plus avec cet ensemble, j’espère ne pas m’être trompé dans les mensurations. Signé : un admirateur secret qui te veux-tu bien ». L’intention de l’expéditeur est claire mais j’hésite à profiter de cette gentillesse sans visage.

Plus l'absence de Matrim devient pesante, plus je ressens le besoin de fortifier les liens que j'ai pu créer. Je passe beaucoup plus de temps avec Parker, Anna et le groupe. Chad également qui semble rester discret sur tout autre sujet que le travail et notre future collaboration. Nous évoquons quelques fois Matrim quand j'en ressens le besoin. Je cherche à comprendre ce qui fonctionne si bien dans son couple avec Mick. Et ce qui a échoué dans ma relation avec Matrim. Je mélange les sentiments autant que les idées. Je m'autorise parfois à penser que ça n'est pas ma faute. J'aurais peut-être pu l'aider. Mais qu’aurais-je fait, moi, hybride mais artiste pacifiste ?

Anna me dit trop sensible et me préconise de prendre du recul. J'écoute ses conseils et tente de penser à autre chose. Mais Matrim revient par vague, comme un éclat de rire inattendu qui se propage. Le sien. Que j'aime tant et que j'ai peur d'oublier.

Je sors très tard de la bibliothèque. Il me semble n’y avoir plus personne. Je vérifie ne rien laisser sur la table et sors sans possibilité d'entrer à nouveau à l'heure qu'il est. Je passe dans un local alloué à notre promotion pour récupérer des bombes de peinture pour un prochain cours sur l'art urbain.

Je rentre à pied en faisant le vide dans mon esprit. Je me surprends à m'arrêter à peine sorti du campus. Je fixe un mur blanc délavé et dont une large fissure lézarde sa surface. Mon cœur doit être dans ce même état. Abîmé et vide.

Je ne me serais jamais cru capable de succomber à l'envie soudaine et folle qui me traverse l'esprit.

J’ai mal. Et je veux le dire, le crier. L’expier. Sans mot, sans parole. Alors je prends ce qui est à ma portée. Les bombes de peinture, ces couleurs différentes, ce noir intense. Sur ce mur blessé j'entreprends de représenter ma peine. L’abandon d'un être cher, l'amère transition entre le bonheur et la solitude. Frontière causée par le temps dans le béton, la fissure sépare le dessin en deux. L’avant et l'après. L’amour et ...y a-il un mot suffisamment fort pour définir son contraire ? Je n'en trouve pas.

Je lâche la dernière bombe de peinture et observe, les yeux embués, ce dessin géant sorti de nulle part. Je n’assume pas cette œuvre que je me refuse de signer. Pour les autres cela apparaîtra comme un acte de vandalisme. Au diable, l'art, la métaphore, la mise en abime et toutes les subtilités que Matrim m'inspirait. Je n'assume pas cette œuvre. Ni même ce qu'elle représente. La tristesse qui est mienne.

Le lendemain, j'écoute sans rien dire les propos rapportés quant à ce que j'ai fait. Quelques-uns trouvent cela fabuleux. Je croise même le regard de certaines personnes qui me soupçonnent, éventuellement. En fin de matinée, j'ai un tout autre sujet de préoccupation.

Plusieurs personnes parlent de quitter le groupe spécial auquel j’appartiens. Parfois pour se mettre à l'abri de la cible de masse que nous représentons, parfois pour rejoindre une meute. Certains noms sont même évoqués.

Les discours de Parker et Anna sur l'unité et la cohésion ne changent rien. Je suis impuissant, affaibli pour subir à nouveau une perte quelconque. La division s'insinue petit à petit.

Je veux parler à Chad sans faux semblants à ce sujet, sans discorde. Je me tourne vers lui en sa qualité d'ami et je le retrouve à la sortie de la cafétéria. Il est en compagnie d’un étudiant en droit d'après leur discussion.

- Chad, j'aimerais te parler très sérieusement, commencé-je.

Mes questions sont nombreuses. Quelle plus-value apporte un lien de meute ? Ses membres sont-ils réellement unis ? L’harmonie facilite-t-elle les prises de positions communes ? Qu’en est-il de la sécurité ? Sont-ils plus forts, plus à même de se défendre ? Un alpha peut-il imposer la cohésion ?

Je tais ainsi ma douleur derrière cette réalité qui est mienne depuis la nuit de ma morsure.












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Dernière édition par Matthias Lunsford le Jeu 17 Sep - 13:56, édité 1 fois
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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Dim 13 Sep - 15:32











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Notre soirée à quatre s’était bien passée, du moins je tente de m’en persuader. Nos deux amis avaient apprécié mon idée de les impliquer dans mon projet professionnel. Mais avec le recul de quelques jours, et la disparition de Matrim, j’en suis bien moins sûr. J’avais pourtant fait attention à leur rythme cardiaque, si Matrim m’avait paru étrange à un moment, son enthousiasme avait semblé sincère, les battements de son cœur ne le contredisant pas. Mais le photographe a un don spécial et je devine maintenant qu’il en a abusé lors de cette soirée, pour qu’elle soit réussie. Du coup, je doute aussi de la réponse de Matthias. A-t-il été influencé par la « magie » de Matrim ? Je doute aussi de moi. N’ai-je pas été trop impérieux et… prétentieux avec ce projet ? Plus je réfléchis à cette soirée, plus je ne vois que des côtés négatifs pour eux. Je leur ai présenté la liberté de travail… Mais c’est moi qui choisirai les chantiers, le type de construction, leur fonction. J’utilise leur don pour embellir mes prestations. Ce projet me donne un rôle central, un peu comme un chef d’entreprise. Auront-ils vraiment cette liberté de création que je leur ai présentée ?  Non, car le marché de l’immobilier est régi par des règles strictes qui se moquent des envies créatives.

Mais mes préoccupations personnelles sont balayées pas le regard désespéré de Matthias quand je le revois sur le campus. Il me questionne sur Matrim et se demande s’il a fait quelque chose de mal pour que le photographe le quitte ainsi. Je ne peux que lui dire toute ma sympathie, qu’il n’a rien fait de mal et que seul Matrim pourrait nous expliquer sa désertion. Tout ce que je sais c’est qu’il n’est plus en ville. Notre lien de meute est faible, mais existant car il est avant tout mon ami. Matthias est meurtri par cette rupture abrupte. Je ne connais pas les mots qui peuvent le soulager. Qui les connait seulement ? Je ne peux m’empêcher de transposer avec ma relation avec Mick. C’est moi qui l’avais quitté ainsi que Miya. Je m’étais arraché le cœur par amour, pour qu’ils arrêtent de souffrir à cause de moi. Je me souviens encore ce vide. Nous avions été trois à souffrir… Que ferais-je si Mick en venait à me quitter ? Je sais pertinemment la violence que je peux développer si on me pousse à bout…

Je ne suis pas le meilleur placé pour consoler les gens. Je suis un peu perdu avec cette mère qui fait son apparition dans ma vie. Je me pose des questions sur mon avenir, de ma vie avec Mick et de notre projet de foyer commun. Mais il y a tant d’obstacle sur notre chemin…

Le lendemain je retrouve Matthias pas plus serein que la veille. Il me parle d’un cadeau qu’il a reçu, don d’un admirateur anonyme. L’artiste est trop éprouver pour comprendre l’évidence. Je n’ai aucune certitude, mais connaissant Matrim… Il se pourrait bien qu’il tente d’acheter son départ avec des cadeaux. Mon ami me déçoit, l’amour n’est pas un bien qui se monnaye. Mais, il est foncièrement gentil, il agit donc sous une pression extérieure, mais laquelle ? Si je l’avais devant moi, je lui secouerais les puces, lui disant de s’appuyer sur ses amis au lieu de les fuir. Car franchement, nous n’en sommes plus à une merde ou deux !

Je tais mes suspicions à Matthias. Je peux toujours me tromper et il souffre déjà bien trop. Je l’encourage comme je peux, lui assurant ma présence et mon soutient de manière inconditionnelle. J’aime Matrim pour ce qu’il est, j’aime leur couple. Je ne désespère pas qu’ils se réunissent de nouveau.

Les jours passent. Je ne sais pas encore que le pire de ma vie est juste devant moi… Je revois Matthias, nous parlons de notre collaboration future. Je fais comme si le projet aboutira et ne lui parle pas de mes doutes que le départ de Matrim a éveillé. Matthias traine beaucoup avec ses amis. Son artefact de meute semble finalement être utile. Mais l’ambiance entre les surnaturels du campus semblait de plomb. Mais je ne me préoccupe plus de cette bande de rêveurs utopistes. Avec Maxence, on tente de trouver des solutions concrètes pour stopper les crimes. Sans parler de l’angoisse de savoir que mon nom et la composition de ma meute a filtré entre de mauvaises mains. Je me recentre donc sur les miens, ma meute, et Maxence qui sans en faire vraiment partie s’implique pour nous, pour Mick. Alors quand Matthias m’aborde pour parler sérieusement, j’ai presque envie de lui dire que ce n’est pas en plein cœur de la tempête, qu’il faut s’inquiéter de savoir s’il y a assez de canots de sauvetage…

Mais je n’ai pas le cœur de mon humeur, il est à bout. Son regard est éteint. Il a perdu ce qui le poussait à avancer, à créer aussi. Je lui propose qu’on aille discuter loin d’ici et l’emmène vers le parking où se trouve la Maserati. Sur le trajet, il commence à aborder le sujet qui fait discorde entre nous. J’accélère, la vitesse est grisante et permet de se vider aussi de ses émotions.

Nous nous sommes installés sur une clôture de bois un peu à l’écart des chemins. Je pense qu’il est important de s’écarter de la civilisation des hommes pour le sujet qui nous tient à cœur.

- Toi et tes amis essayez de vivre comme des hommes. S’intégrer pour pouvoir vivre est une chose, mais penser comme eux en est une autre Matthias. C’est peut être dur à accepter mais tu n’es plus humain. Et franchement ces blablas sur notre part humaine et notre part loup n’est qu’un voile que s’impose une bonne majorité d’entre nous pour justifier leur incapacité à se maitriser.

Je repense à Boston, à cette fusion entre justement cette dualité qui nous tue tous un peu à chaque pleine lune. Mais aujourd’hui, je suis convaincu d’être la preuve vivante que cette dualité n’as pas lieu d’être et n’est qu’une étape vers une unité. J’avais longuement discuté de cela avec Derek. Il m’avait beaucoup parlé de sa mère, Talia. J’aurais aimé rencontrer cette femme. Pourtant je ne sais pas comment explique cela à Matthias alors qu’il ne comprend déjà pas l’intérêt d’être dans une meute.

- A ta question de savoir si un alpha peut amener une unité dans un groupe, c’est oui. Et il perd ce rôle s’il s’y prend mal et se fait destituer pas ses bêtas. C’est la dure loi des chefs. Aucune place n’est acquise sans un dur labeur. Cette vérité ne se restreint pas qu’aux loups.

Je crois que l’artiste comprend ce que je dis et le parallèle que je fais avec le monde humain.

- La différence entre un dirigeant quelconque et un alpha chef de meute, c’est la manière avec laquelle il asservit son groupe.

Le mot choque Matthias. L’asservissement fait figure de briseur de liberté. Liberté à laquelle il est fermement attaché.

- Tout le monde est asservi par quelque chose, sauf ceux qui se mettent hors de la société. Si tu choisis de profité ce que la civilisation offre, tu dois en payer le prix. Ce prix est une part de ta liberté et de ton libre arbitre. Je suis certain que tu n’es pas en accord avec tout ce que dit notre président. Et pourtant cela ne t’empêche pas de vivre dans le pays qu’il dirige. En cas de problème majeur, c’est lui qui donnera la conduite à tenir pour le bien d’une grande majorité. Il y aura forcément des pertes. C’est la conséquence d’une vie en communauté. Dans un groupe, il est impossible d contenter tout le monde car nous sommes tous différents.

Matthias secoue la tête. Mes paroles le dérangent. Les concessions que je trouve impératives de faire pour pouvoir survivre. C’est le prix que l’on paye à se mettre sous l’autorité d’un alpha. En retour on gagne une protection, mais aussi une famille. L’étudiant en art est perdu. Il se pose des questions d’ordre organisationnel, alors qu’une meute marche à l’émotion. Je me demande si… J’avais déjà vu faire ça à Boston. L’acte en lui-même n’est qu’un placebo, mais il est un rituel universel assez marquant pour aider à ressentir ce lien si particulier. De plus son amour pour Matrim peut aider. Je n’aime pas l’idée de me servir de sa peine pour lui faire ressentir le temps de quelque instant ma propre connexion avec les autres de ma meute. Du bout d’une griffe je m’entaille l’intérieur du bras gauche.

- Laisse-moi te montrer, dis-je en faisant pareil sur son propre bras.

Nous plaquons nos avant-bras l’un contre l’autre. Je prends un air solennel. Nos blessures apposées, notre sang qui se mêle ne sont que le véhicule de ce que j’essaye de lui faire ressentir. Alors je me concentre sur ma meute. Je cherche le lien de Ruby, son aura rouge sang est comme un phare dans cette psyché collective. Sa réponse se fait sans tarder, chaleureuse, aimante. Je sens Matthias tressaillir. Alors je pousse mon lien vers Mick, Matthias le connait. Avec l’amour que je ressens pour lui, le lien apparait comme chaud et rayonnant.

Alors lentement, je cherche un autre lien, plus ténu. Je sais que je suis le seul, mise à part Ruby, à le percevoir. Matrim a vu accidentellement mes souvenirs. Il est plus qu’un ami puisque je veux le mêler à mes projets futurs. Matthias tente de se dégager, je ressers ma prise sur son bras. Il faut qu’il vive ce lien de meute dans ce qu’il a de plus fantastique comme de plus tragique. Matrim comme Mick ne peut répondre à ma sollicitation, car c’est une capacité de loup. Puis vu l’état émotionnel dans lequel le photographe semble être, je ne pense pas qu’il perçoive mon appel ou plutôt ma présence. Mick a déjà du mal, bien que je pousse mon aura souvent vers lui. Matthias finit par s’arracher de ma poigne. Nos blessures respectives ont cicatrisé. Notre connexion est rompue. Un lien de meute se vit avec le cœur, il est forcément sincère.

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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Mer 16 Sep - 13:56

Reminiscences
’Ma joe & les autres

« Une flamme encore vive ». La petite fille s’était développée plus rapidement que n’importe quel bébé. Mais elle restait un bébé, à peine une fillette. Elle faisait la fierté de sa mère, une jolie métisse, et de moi-même, qui veillait sur elle depuis que mes deux protégées étaient venues dans ce qui fut autrefois ma maison. La jeune mère avait accepté rapidement cette situation étrange, et passait de longs moments pendant ses nuits à discuter avec moi. J’apprenais à l’enfant tous mes trucs de vieille torche, puisque je ne pouvais à présent plus agir sur le monde physique. L’enfant était douée, et quand arriverai le moment, je deviendrai partie intégrante de cette jeune femme, que je voyais déjà splendide. Ce serait un partage, pas un phénomène parasitaire. Au début, j’en ai beaucoup voulu au petit fripon de mentaliste. J’avais le droit au repos, mes vieux os me faisaient souffrir le martyr, rien que de penser que tout ça allait recommencer…

Mais je comprenais son geste à présent. Il fallait que je passe le flambeau. Et puis, dans un corps jeune, je pourrai profiter, tout comme Joe junior, d’une vie ou le soleil et le vent pouvait me procurer tant de plaisir. Les fleurs autour de la maison m’apportaient leur senteur, que je percevais à travers l’enfant. L’urgence avait été de leur apprendre à ramener de quoi vivre. Elle s’en était tirée à merveille. A présent que mon esprit n’était plus occupé en permanence à assurer leur survie, je pouvais de nouveau parcourir le monde gris, et prendre des nouvelles de mes protégés, des torches qui avaient subis de façon si violente leur initiation. L’épée devant le seuil veillait au grain, et saurait les protéger si elles devaient avoir un problème.

J’avais pu suivre le parcours de Matrim et Liam, je les avais visités dans leur rêve. Mais, alors que je me tournais vers L’œil, Matthias, je vis dans quel état émotionnel il était. J’en eus le cœur brisé. Tans d’amour, transformé en tant de souffrance. Je m’attendais à le trouver dans un monde empli de beauté, car je savais qu’il souffrait de l’absence de Matrim, mais je pensai qu’il se serait réfugié dans la création. Je le vis en rêve, je vis ce qu’il avait peint sur le mur, et j’en fus bouleversée. Je ne savais pas quoi faire, je ne devais pas intervenir dans leur vie, pas si le monde onirique dont j’avais la charge n’était pas impliqué. Mais je ne pouvais pas rester à rien faire quand un être aussi magnifique souffrait à ce point. Son don était précieux, comme sa vie, et je ne pouvais pas le laisser disparaitre.

Alors je choisis le moment, quand, dans son rêve, il regardait son œuvre, sur le mur lézardé. Il venait de le refaire encore une fois, et encore une fois il ressentait toute la souffrance de son acte. Mais cette souffrance était retranscrite dans une œuvre qui la transcendait, et qui était magnifique. Il n’avait rien perdu de son Don.

-C’est très beau, Matthias.

Surpris, il se retourna, et je lui souris. Je vis à son visage perplexe qu’il pensait rêver, mais qu’il ne comprenait pas ce que je venais faire dans son rêve. Il avait besoin de réconfort, de stabilité. Alors j’avais décidé de lui apparaitre sous ma forme plus vieille et moins avantageuse.

-je suis vraiment là. Enfin.. Tu sais comment ça marche, à présent. Viens.
Je lui ouvris les bras, et il vint s’y réfugier.

-je sais que ça fait mal, Matthias. Et ce que je vai te dire ne va pas t’aider, mais peut-être y trouvera tu quand même du réconfort.

Je pris son visage dans mes mains, et y vit ses yeux humides et tristes.

-il t’aime toujours tu sais. Il pense à toi tout le temps. Il est partit pour attirer loin de toi celle qui le torture depuis qu’il est enfant. Elle est vivante, et elle cherche à tout détruire autour de lui, mais plus que tout, elle cherche à se servir de son pouvoir. Ne perd pas espoir, il se rendra compte qu’il ne peut pas se passer de toi, même pour te protéger. Je ne peux pas te dire ce qu’il fait, ni où il est. Mais je peux te garantir que son amour pour toi brille de mille feux. Si il était une torche, il serait redoutable, et ceci grâce à ce qu’il ressent pour toi.

Matthias bredouillait, tentait de comprendre.

-il faut que tu penses comme lui. C’est un enfant dans un corps d’homme. Il ne sait pas gérer une telle menace envers ceux qu’il aime. Il réagit comme un enfant, un enfant courageux, mais un enfant : il attire le danger loin, sans penser qu’il pourrait peut-être la vaincre grâce à toi, Chad, Mick, ou Maxence. Alors à la place, il coupe les ponts avec vous tous…  J’ai besoin de toi, si tu veux bien…

Je lui pris les mains, et lui transmis mon amour, et celui que j’avais ressentis de Matrim envers lui, envers ses amis, Chad, Mick, Maxence..
-aide moi à les appeler, je ne pourrais pas tous venir les voir. Mais avec toi, avec la connexion que tu as avec eux, on peut leur parler, maintenant.

Bientôt, Chad, Mick, Maxence firent leur apparition devant le mur devenu une œuvre poignante.
Je leur souris alors qu’ils réalisaient que j’étais bien là, tout comme eux.
-rassurez-vous, il n’y a pas de menace qui requiert votre aide. Mais j’ai juste un message à vous faire passer, de la part de Matrim. Même si il serait furieux de savoir que je le fais.  Il vous aime. Tous. Il est partit loin d’ici pour attirer celle qui s’acharne sur lui depuis qu’il est enfant. Il a peur pour vous, peur qu’elle vous utilise et vous détruise, comme elle l’a toujours fait avec ceux dont il fut proche. Elle l’aime, à sa façon, et elle est exclusive. Elle le veut pour elle seule, et elle convoite son pouvoir, afin d’étendre son influence..

Je les regardais, tentant de leur insuffler un peu de compassion.

-il reviendra, il pense pouvoir régler certaines choses par des moyens détournés, pour qu’elle ne puisse pas influencer ses actions. Mais il comprendra tôt ou tard qu’il ne pourra pas la fuir éternellement.
Je me tournais vers Maxence.

-méfie-toi, jeune mentaliste. Elle t’a senti, et elle veut corrompre ton pouvoir. Il est si proche de ce qu’elle connait de Matrim. Ne la laisse pas faire, cela pourrait être catastrophique. Je dois vous laisser, mais encore une fois, ne doutez pas de son amour pour vous.

Une dernière fois j’embrassai Matthias sur la joue, et lui pris le visage d’une main.
-il souffre, mais il tient bon. Il va revenir, quand sa route prendra fin. Tiens bon, toi aussi. Il aura besoin de toi, même si il pense pouvoir gérer ça seul. Il aura besoin de vous tous.

Un dernier regard à mes protégés et je m’engouffre dans une lézarde du mur devenu œuvre d’art.



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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Sam 19 Sep - 19:04







Plus on veut, mieux on veut



Feat. Chad

Je ne cherche pas à cacher mon état auprès de Chad. Il connait ma relation avec Matrim, notre entente est à l’image de sa spontanéité. Beaucoup de choses m’ont immédiatement plu chez lui. Le perdre explique mon mal-être et je sais mon ami enclin à le comprendre.

Malgré ça,  je me focalise sur une autre problématique et il peut m’aider à saisir ce qui d’après lui est vital dans la vie de nos semblables. Bien que je ne cherche pas à les éviter, il est le premier vrai bêta à qui je peux m’adresser ouvertement.

- Toi et tes amis essayez de vivre comme des hommes, commente Chad. S’intégrer pour pouvoir vivre est une chose, mais penser comme eux en est une autre Matthias. C’est peut être dur à accepter mais tu n’es plus humain. Et franchement ces blablas sur notre part humaine et notre part loup n’est qu’un voile que s’impose une bonne majorité d’entre nous pour justifier leur incapacité à se maitriser.

- Mais sous prétexte que nous sommes différents des autres, nous devons adopter un mode de vie qui nous est propre ? Questionne-je. Je ne suis pas contre l’idée d’une meute dans sa conception d’un groupe soudé, au contraire.

- À la question de savoir si un alpha peut amener une unité dans un groupe, c’est oui, reprend-il. Et il perd ce rôle s’il s’y prend mal et se fait destituer pas ses bêtas. C’est la dure loi des chefs. Aucune place n’est acquise sans un dur labeur. Cette vérité ne se restreint pas qu’aux loups.

Je comprends ce qu’il m’explique, c’est un principe qui s’applique au quotidien. Mais j’ai du mal à attester qu’il s’agisse de la seule et unique manière de faire et de pensée.

- La différence entre un dirigeant quelconque et un alpha chef de meute, c’est la manière avec laquelle il asservit son groupe, proclame Chad.

Le terme me surprend beaucoup. C’est bien de ce contrôle parfois écrasant que s’affranchissent les membres de notre groupe. Pourtant, certains sont attirés par l’idée d’appartenir à une meute. Là où plusieurs omégas sont en quête d’un alpha, nous essayons de vivre d’une liberté commune.

- Tout le monde est asservi par quelque chose, sauf ceux qui se mettent hors de la société. Si tu choisis de profité ce que la civilisation offre, tu dois en payer le prix. Ce prix est une part de ta liberté et de ton libre arbitre. Je suis certain que tu n’es pas en accord avec tout ce que dit notre président. Et pourtant cela ne t’empêche pas de vivre dans le pays qu’il dirige. En cas de problème majeur, c’est lui qui donnera la conduite à tenir pour le bien d’une grande majorité. Il y aura forcément des pertes. C’est la conséquence d’une vie en communauté. Dans un groupe, il est impossible de contenter tout le monde car nous sommes tous différents.

Ces paroles sont vraies et la vérité est parfois à double tranchant. Nous ne cherchons pas à contenter tout le monde mais à ne pas être dirigés comme des moutons par un berger. Comprenant que je demeure sceptique, Chad me fixe intensément. Puis je suis le mouvement de sa griffe sur son avant bras. La blessure se résorbera très vit mais je ne comprends pas son intention.

- Laisse-moi te montrer, dit-il en prenant mon bras.

Bien que très perplexe, je lui fais confiance lorsqu’il place nos membres l’un contre l’autre. Je sens son cœur pulser et une impression étrange m’envahit. C’est une sensation très personnelle qui prend part en moi sans que je puisse en déterminer le point d’origine. Je le sens. Aucune explication n’est nécessaire, je sens le lien qui le connecte à son alpha. Force et bienveillance caractérisent cette présence à laquelle Chad fait appel. Ensuite, je me sens émus et mets quelques secondes à comprendre que c’est l’amour de Mick que je perçois comme un écho.  

Puis le lien invoque une troisième personne. Dans mon fort intérieur je la reconnais immédiatement. Ce que je ressens me sert le cœur alors je tente de dégager mon bras. Chad accentue sa poigne sur mon avant-bras. Une peine immense nous parvient ainsi que d’autres sensations plus ténues. Matrim…cette proximité factice me blesse. Ne pas être présent à ses côtés dans le tourment est une punition terrible.

Je me soustrais prestement de l’étreinte de Chad. Son regard est franc et compatissant. Je sais qu’il ne souhaite pas me blesser mais me montrer l’ampleur d’un phénomène que je ne découvre qu’à l’instant. J’en suis bouleversé. Tant par l’aspect abstrait de ce lien que par les sensations bien réelles que j’avais ressenties jusque dans mon corps. Ma tristesse est néanmoins ravivée, je ne sais que dire alors je reste silencieux quand nous rentrons sur le campus.

L’intervention de Chad a le mérité de me faire réagir et réfléchir. Peut être que nous pourrions créer un lien semblable au sein du groupe pour renforcer notre cohésion. Cependant, je ne suis pas sûr que la technique que Chad a mise en pratique puisse avoir les mêmes effets. Ce lien doit exister de manière presque tangible pour être ressenti de la sorte.

Les querelles sont suivies de reproches guidés par la peur. Le souvenir du meurtre de Jimmy est encore fort. Nous trahirions sa mémoire en fermant les yeux sur les menaces qui existent. Certains, qui n’ont pourtant pas choisi de nous quitter, préconisent même des affrontements pour légitimer un chef. La nature étant ainsi faite, certains d’entre nous sont plus forts que d’autres. Mais nous refuserons tout rapport de force et préconisons l’autorité du groupe sous les conseils de ceux qui nous guident. Parker et Anna, qui ont formé cette communauté petit à petit. C’est un semblant de meute, il faut l’avouer. Chad l’avait d’ailleurs exprimé en toute franchise la première fois qu’il avait rencontré le groupe. Mais nous ne possédions pas les attributs d’alpha malgré les propositions inquiétantes de certains.

Pour marquer mon mécontentement face aux débordements qui semblent s’intensifier, je grogne en laissant mon corps se transformer partiellement. C’est très rare car ma sensibilité me pousse à trouver malveillant ce genre d'émotions fortes. Je perds pied ces derniers temps. Mais je sens le soutien de Parker et Anna sans même les regarder. Je souhaite ce lien fort pour notre groupe. Que nous soyons unis dans notre liberté.

En cela, nous ne serons jamais une meute telle que celle de Chad. Nous sommes semblables et différents à la fois. Comme le sont les arbres d’une forêt. Ils composent un ensemble hétéroclite mais conservent pourtant la même nature.

D’autres propositions voient le jour. Il est question de nous présenter comme un réel groupe auprès des meutes de Beacon Hills afin d’être pris au sérieux, de former plusieurs comités d’élite pour effectuer des rondes aux alentours et protéger nos semblables. Nous ne pouvons clairement plus être qu’un simple groupe de soutien. Oméga mais pas paria, scandent plusieurs voix fortes.

Quand cette journée forte en émotions touche à sa fin, mes deux amis me raccompagnent jusqu'à chez moi. Soucieux de la solitude que je ressens.

Car la nuit ne porte pas conseil, elle me souffle uniquement à l’oreille que Matrim ne reviendra pas.

Je suis devant ce mur que j’ai peint à l’image de mon cœur douloureux. Pourquoi me trouvé-je ici ?

- C’est très beau, Matthias, dit une voix dans mon dos.

Lorsque je me retourne, je reconnais le visage bienveillant et marqué par les années de Mama Joe. Je crois comprendre comment cela est possible.

- Je suis vraiment là, confirme-t-elle. Enfin... Tu sais comment ça marche, à présent. Viens.

Je ne résiste pas à son étreinte, je ne résiste pas à la peine qui s’échappe dans mes larmes.

- Je sais que ça fait mal, Matthias. Et ce que je vais te dire ne va pas t’aider, mais peut-être y trouveras-tu quand même du réconfort.

Étrangement ses mains sont douces lorsqu’elle les pose sur mon visage.

- Il t’aime toujours, tu sais, m’informe la vieille dame. Il pense à toi tout le temps. Il est parti pour attirer loin de toi celle qui le torture depuis qu’il est enfant. Elle est vivante, et elle cherche à tout détruire autour de lui, mais plus que tout, elle cherche à se servir de son pouvoir.

Je me souviens de ce qu’il m’avait confié. Mon impuissance fait naitre la colère au creux de mon ventre.

- Ne perd pas espoir, continue Mama Joe. Il se rendra compte qu’il ne peut pas se passer de toi, même pour te protéger. Je ne peux pas te dire ce qu’il fait, ni où il est. Mais je peux te garantir que son amour pour toi brille de mille feux. Si il était une torche, il serait redoutable, et ceci grâce à ce qu’il ressent pour toi.

Je fléchis. Je sens la justesse dans ses mots mais ils n’enjolivent pas la réalité. Matrim n’est pas là. Et ce malgré l’amour dont je ne dois plus douter. Je ne parviens pas à exprimer quoi que ce soit de manière intelligible.

- Il faut que tu penses comme lui, tente-t-elle de m’expliquer. C’est un enfant dans un corps d’homme. Il ne sait pas gérer une telle menace envers ceux qu’il aime. Il réagit comme un enfant, un enfant courageux, mais un enfant : il attire le danger loin, sans penser qu’il pourrait peut-être la vaincre grâce à toi, Chad, Mick, ou Maxence. Alors à la place, il coupe les ponts avec vous tous…

J’aimerais être en face de lui pour lui dire combien il est idiot, combien il est cruel et brave d’agir ainsi. Je voudrais lui dire combien je l’aime.

- J’ai besoin de toi, si tu veux bien…me demande notre ancienne guide. Aide moi à les appeler, je ne pourrais pas tous venir les voir. Mais avec toi, avec la connexion que tu as avec eux, on peut leur parler, maintenant.

Ce que nous avons vécu dans le monde gris nous a liés à jamais. Il est si simple de rappeler à soi les personnes qui ont partagé des moments forts. Mama Joe s’adresse alors à nous tous.

- Rassurez-vous, il n’y a pas de menace qui requiert votre aide, précise-t-elle. Mais j’ai juste un message à vous faire passer, de la part de Matrim. Même si il serait furieux de savoir que je le fais.  Il vous aime. Tous. Il est partit loin d’ici pour attirer celle qui s’acharne sur lui depuis qu’il est enfant. Il a peur pour vous, peur qu’elle vous utilise et vous détruise, comme elle l’a toujours fait avec ceux dont il fut proche. Elle l’aime, à sa façon, et elle est exclusive. Elle le veut pour elle seule, et elle convoite son pouvoir, afin d’étendre son influence… Il reviendra, il pense pouvoir régler certaines choses par des moyens détournés, pour qu’elle ne puisse pas influencer ses actions. Mais il comprendra tôt ou tard qu’il ne pourra pas la fuir éternellement.

Je sais que l’union permet de faire des grandes choses. Chad et Mick m’avaient secouru des mains de chasseurs fanatiques. J’envie la durabilité de leur couple car même si leur présence est immatérielle ils reflètent toujours un amour sincère.

- Méfie-toi, jeune mentaliste, rajoute-elle en se tournant vers Maxence. Elle t’a senti, et elle veut corrompre ton pouvoir. Il est si proche de ce qu’elle connait de Matrim. Ne la laisse pas faire, cela pourrait être catastrophique. Je dois vous laisser, mais encore une fois, ne doutez pas de son amour pour vous.

La dernière caresse de Mama Joe à mon égard est comme celle d’une mère réconfortante.

- Il souffre, mais il tient bon. Il va revenir, quand sa route prendra fin. Tiens bon, toi aussi. Il aura besoin de toi, même si il pense pouvoir gérer ça seul. Il aura besoin de vous tous.

Le décor s’estompe quand elle disparait. Nous étions là sans l’être vraiment. Le sommeil reprend ses droits.

Le lendemain, je retrouve Chad à la sortie d’un cours. Nous n’avons pas besoin de confirmer l’un à l’autre que ce que nous avions vu en rêve était bien vrai.

Alors que j’avais fermement rompu cette connexion de meute dès qu’il s’était tourné vers Matrim, je demande à Chad s’il peut à nouveau prendre de ses nouvelles par cet intermédiaire.

Car bien qu’il s’agisse d’un rêve, Mama Joe était formelle. Matrim est très mal psychologiquement. Mon cœur me crie de l’aider alors que je suis inutile et si loin de lui.

Chad fronce les sourcils, tous mes sens d’hybrides m’alertent sur son inquiétude pour son ami photographe.







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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Ven 25 Sep - 16:04











Seul est digne…


Je souhaite sincérement aider Matthias car je l’apprécie beaucoup. Je ne sais pas si nous pouvons encore nous considérer comme de vrais amis. Sans Matrim, nous serions simplement que deux étudiants se côtoyant. Cependant, j’apprécie le jeune artiste pour ses qualités humaines. Comme moi il est un loup, une bête sauvage en puissance, pourtant ça ne l’empêche pas d’être d’une sensibilité exacerbée. Un peu trop d’ailleurs car la défection de Matrim lui brule le cœur. J’ai tenté de lui faire ressentir ce lien particulier que l’on éprouve dans une meute. Ce lien renforce les bêtas comme l’alpha. Si nous sommes plus forts que les omégas, ceux-ci peuvent tout de même rivaliser par la ruse ou le nombre. Bien qu’il soit souvent difficile pour des omégas de se regrouper, les loups solitaires font moins de concession que les loups ralliés à un alpha. L’indépendance a souvent comme prix la solitude. Cependant, le groupe auquel appartient Matthias, montre qu’avec un encadrement charismatique, des choses peuvent être possible… avec ses limites. Jimmy serait-peut-être en vie si Parker ou Anna étaient de vrais alphas. Car ils auraient perçu le danger et la détresse de leur compagnon. Sans l’instinct de Matrim pour se tourner vers Mick et moi, Matthias aurait subi aussi le même sort. Je crois qu’il en est conscient. Mais L’allégeance à un chef de meute le rebute toujours.

Matthias avait rompu le contact quand j’avais poussé du côté de Matrim. La réponse du photographe était bien sombre. Cependant quand nous nous étions quittés, nous étions serins quant à notre relation entre nous. Je crois qu’une réelle amitié commence à nous lier, indépendamment de Matrim.

***

Le lendemain quand je croise Matthias, je sais que nous avons fait le même rêve. J’en ai parlé ce matin avec Mick. Ma Joe est toujours vivante et je ne suis même pas étonné que cela soit grâce à notre ami qui est aujourd’hui si en détresse. La vieille afro nous a confirmé la détresse du photographe et la cause de son départ. Il est parti pour nous protéger nous ses amis et son amour. Je reconnais bien là son côté altruiste. Il a besoin de nous, mais encore faudrait-il qu’il accepte notre aide et que l’on sache comment s’y prendre avec la harpie qui lui pourrit la vie depuis l’enfance. Je veux mettre un vrai sourire sur ses lèvres et non pas qu’il arbore celui qu’il avait la dernière fois que nous nous sommes vus. Un sourire artificiel crée par l’illusion de ses billes.

Matthias s’inquiété et me demande de voir ce que je peux glaner par le lien de meute. Alors je l’invite à me suivre pour nous installer dans un endroit calme où nous ne serons pas dérangés. Je fais le vide dans mon esprit et m’isole des bruits extérieurs. Matrim est loin. La veille je n’avais perçu qu’une impression avant que Matthias rompt le contact.

Je laisse mon esprit vagabonder jusqu’à percevoir l’aura et la signature de Matrim. C’est comme tenter de capter une odeur par jour de grand vent. Le contact est incertain et intermittent. Je me concentre et plonge vers lui. Tout de suite je fronce les sourcils, l’émotion que je perçois n’est pas celle à laquelle je m’attends. C’est charnel, et… luxurieux. La perception est faible, mais sa nature ne me laisse aucun doute. Matrim s’est accroché à quelqu’un d’autre de manière intime.

Quand j’ouvre de nouveau les yeux, c’est pour voir le regard angoissé de Matthias. Il est suspendu à ce que je vais lui dire. Mais que lui dire ? Son cœur commence à s’accélérer au fur et à mesure que j’hésite à parler. Si je me tais, il va paniquer, si je parle, je risque de le blesser. Je repense à cette nuit et aux affirmations de Ma Joe. Elle a certifié que Matrim aime toujours Matthias. Nous devons nous raccrocher à cette vérité énoncée par une personne de confiance.

- Je… il semble avoir trouvé… quelqu’un… un garou mais je n’ai de détail… Et il va mal… son pouvoir… sa bestiole est en train de prendre le dessus.




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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Mer 30 Sep - 13:50







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Feat. Chad

- Je… il semble avoir trouvé… quelqu’un…commença Chad. Un garou mais je n’ai de détail… Et il va mal… son pouvoir… sa bestiole est en train de prendre le dessus.

Je reçois cette nouvelle en plein cœur et pourtant je suis incapable de la moindre réaction. Aussitôt, des pensées douloureuses me torturent l’esprit. Et pire que la déception et la peine, je ressens de l’angoisse quant aux problèmes qu’il doit affronter. Matrim m’a expliqué que parfois, ce pouvoir si particulier réclamait en échange une liberté qu’il avait peur de lui conférer. Son état d’esprit est garant du contrôle qu’il exerce sur cela. Je ne veux pas qu’il perde pied alors que toutes ses forces peuvent être focalisées sur ce qui le menace. Je comprends que Chad éprouve également ce sentiment d’impuissance. Lui comme moi sommes inutiles si nous n’avons pas la possibilité d’agir pour aider Matrim.

Alors, que je viens tout juste de quitter Chad, je m’isole dans un coin. Tremblant d’hésitation, je finis par sortir mon téléphone et recherche le numéro de Matrim. Une photo de nous deux me rappelle un souvenir agréable. Je fixe un instant son sourire, si pur et sincère dans ce moment qui avait été rien qu’à nous.

J’ai le courage de l’appeler. Mais il ne répond pas, comme toujours. La cruauté de la situation fait que je préfère imaginer qu’il ne réponde pas parce qu’il est avec un autre, en sécurité, plutôt qu’en mauvaise posture.

Quelques jours plus tard, je prends conscience que la roue du destin tourne à vive allure et que nous pouvons si facilement être éjectés d’une trajectoire sereine.

Mon pouvoir, celui qui me différencie d’un hybride ordinaire, s’est tue lorsque Matrim a pris la décision de me quitter. Toutefois, savoir quelque chose que je ne peux éviter aurait été une torture supplémentaire. Mais ce don afflue à nouveau, de la manière la plus simple qu’il est, comme pour les premières fois. Je dessine. Et je n’en prends conscience que lorsque je pose le crayon. La scène qui a noirci le papier présente également des couleurs criardes. Le rouge, celui du sang, pour la vie qui s’échappe. Le vert, pour ce lieu en forêt illuminée par le soleil. Le brun de la terre, celle qui accueille le repos éternel. Je reconnais le visage de Chad penché sur une femme. Ses longs cheveux s’étendent autour d’elle. Et puis, comme une âme amorçant un nouveau voyage, quelque chose s’échappe du corps inanimé pour rejoindre le ciel.

- Oh Chad, comme je suis désolé…soufflé-je.

Le lendemain, mon ami est si mal que ma propre affliction semble pâle à côté des sentiments forts et douloureux qui l’animent. Aucune parole n'est suffisamment forte pour le réconforter lorsqu’il évoque la perte qu’il a subie. Je ne peux qu’apporter une présence discrète et tenter de lui offrir le peu de vibrations positives qu’il me reste. Matrim, lui, aurait su le faire sourire en toute circonstance, peut être aurait-il usé de ses billes spéciales parce que la situation s’y prête. Mais il n’est pas là. Je chasse la peine de mon chagrin d’amour, incomparable à celle d’un deuil. Celui d’une mère étant certainement l’une des épreuves les plus terribles, cela l’est davantage dans les circonstances de leurs retrouvailles et de sa disparition.

Mon accolade est franche et sincère, tout comme ma proposition de sortir le soir venu pour nous changer les idées. Je ne l’y force pas et lui laisse le temps d’y réfléchir. Être seul était parfois nécessaire.

Je rentre chez moi après les cours, lourd de ma peine et de celle d’une personne qui m’est proche. Les propositions faites par Parker et Anna ont convaincu une grande partie du groupe. J’espère que cela ne dure pas qu’une courte période, et que le temps ne tourne pas à l’orage de si tôt. J’espère beaucoup, sur mon avenir et celui de mon entourage. L’espoir. C’est certainement le bien le plus précieux et le plus fragile. Parfois, je me force à ne pas l’étouffer en me montrant trop réaliste. Je suis un artiste et je souhaite de toute mon âme que le bonheur que je glisse dans mes œuvres prenne vie par delà mon imagination.

Je prépare mes affaires pour le lendemain et tâche de ne pas oublier le matériel qu’il nous est demandé d’apporter. En déplaçant ma pochette à dessins, je fais tomber les billets d’avion et les tickets pour cette exposition à New-York. Je ne sais que faire de ce cadeau mystère offert par un admirateur anonyme. Puis, une petite voix dans ma tête, celle d’Anna, me rappelle que j’ai besoin de me changer les idées, de prendre l’air et de penser à un autre horizon. Je n'ai aucune idée de la personne qui peut m’accompagner. Puis, il me parait évident que si j’en parle à quelques amis de ma promotion, je suis sûr de trouver quelqu’un de bienveillant qui serait intéressé pour s’y rendre avec moi.

Je prends un dîner très léger avant de décider d’aller me reposer. Quand bien même j’ai du mal à m’endormir ces derniers temps, je n’ai la force de ne rien entreprendre.

La révélation de Chad résonne dans ma tête. Je sais qu’il n’a pas voulu me mentir. Et il ne l’aurait pas pu car tel est l’un des privilèges, ou un fardeau, d’être un hybride. Nul ne peut nous mentir, même pour nous préserver.

J’ai mal. Mal de penser que Matrim ait pu me remplacer. Si vite et si brutalement. Pourtant, en énumérant pour la énième fois les raisons et les vagues explications que je détiens, une question me laisse perplexe. S’il a fui pour me protéger, pourquoi met-il en danger quelqu’un d’autre ? J’espère de tout cœur que cela est expliqué par l’absence de sentiments pour cette personne. Une relation de secours qui lui apporte simplement le soutien que j’aimerais tant lui fournir. Je m’accroche à cet amour que Mama Joe a dit qu’il ressent encore. Je souhaite qu’il revienne, peu importe ce qu’il a fait ou ce qu’il comptait faire. Par amour, il n'est pas de faute dont on ne puisse se faire absoudre.

Je commence à m’endormir quand mon téléphone vibre sur mon chevet. C’est un appel masqué ce qui me fait hésiter à décrocher. Mais l’heure tardive m’inquiète suffisamment pour ne pas l’ignorer.

Personne ne répond, pourtant je sens une présence de l’autre côté, peut-être à des kilomètres de Beacon Hills. Un souffle court et des battements de cœur lourds me le confirment.

Puis sa voix rompt le silence et emplit mon univers de solitude par une douce chaleur.

- Pardon, je t’aime tant, murmure Matrim.

L’instant est très bref, comme une étoile filante qui parcoure le ciel et disparait sitôt vue. Je ne peux pas répondre, ma gorge est trop serrée. Et pourtant, j’aurais prononcé des milliers de mots, même inintelligibles pour faire durer cette conversation qui n’en est pas vraiment une. Simplement pour le retenir. Parce que c’est, depuis des jours, le seul contact que j’ai pu avoir avec lui.

Je m’endors sans me rendre compte que les larmes m’ont porté vers le sommeil, mon téléphone serré dans la main.












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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Sam 3 Oct - 11:37











Peines conjointes


Je sais que mes paroles vont blesser Matthias… Mais comment mentir à un loup garou ? Je veux croire à ce que nous a dit Mama Joe, que Matrim nous a fuis pour nous protéger. Si je comprends la démarche du photographe, ne pas mêler ceux qu’il aime dans ses ennuis, il aurait dû savoir que nous ne sommes pas des amis ordinaires.

Je tente de soutenir Matthias, mais que lui dire ? Les mots sont inutiles. Je préfère me taire que de lui dire des mots creux de sens. Il n’y a rien de plus hypocrite qu’un « ça va aller ! » quand tout va mal. J’assume être le porteur de mauvaises nouvelles, car je sais que Matthias ne s’en prendra pas au messager. Je vois ses mains se serrer et trembler. Il encaisse ces informations. J’espère qu’il a assez confiance en lui-même et en Matrim pour faire le tri qui doit être fait. Mais le cœur a ses raisons que la raison ignore…

Nous restons un moment assis sans rien dire. La détresse de l’artiste est palpable. Je sais très bien ce qu’il ressent pour avoir fait comme Matrim et rompu avec Mick « pour son bien ». Je sais très bien ce que j’ai fait endurer à Mick. Je sais ce que Matthias endure, car son amour pour l’homme-enfant est sincère. Il s’éloigne me murmurant un vague au revoir. Les heures qui vont suivre seront difficiles, mais il a besoin de solitude pour exprimer sa peine sans contrainte. Un vrai ami s’est se faire présent à distance, de plus Matthias est assez pudique dans ses sentiments. Il est réservé là où Matrim est exubérant. Ils se complètent si bien, que je ne veux pas croire que c’est vraiment terminé entre eux. Matthias est la stabilité dont a besoin le photographe, et inversement Matrim lui apporte ce grain de légèreté qui pimente la vie.

***

Ma rage est sans fond. Si Mick a su refroidir ma fureur du moment, celle-ci couve dans mon ventre comme un feu en veille. J’ai écouté les paroles de celui dont je partage la vie. Je reste relativement passif, et… obéissant. Mais un autre Chad reste tapis dans l’ombre, froid et calculateur. Ce Chad fait de haine et de détermination, réfléchit… Autant celui qui pleure est plutôt spontané, celui qui rumine est calculateur. J’ai reçu un message étrange de mon grand-père.  Je l’ai transmis à Derek et Jordan, car il s’adressait à nous trois. Mais pour l’heure, je me moque du folklore de ma famille maternelle. Je retourne donc au campus. A Matthias que je croise, je raconte ce qu’il s’est passé. Non pour me faire plaindre, mais pour qu’il reste vigilant. Regretter les morts, ne les fait pas revenir à la vie. Un certain cynisme a pris possession de mon esprit. Extérieurement, je joue le jeu. J’ai promis… de rester sage… Je pleure. Ce n’est pas difficile, il suffit de me remémorer cette flèche plantée dans son cœur. Une part de ces larmes est sincère, l’autre non. Je rumine ma vengeance. Mick a stoppé ma réaction épidermique. Il sait lui, que réagir à chaud est la plus mauvaise des méthodes. Il sait être comme eux… ces chasseurs. Alors j’observe et réfléchit… comment Mick s’y prendrait pour les exterminer tous ? Bien évidement ce n’est pas quelque chose que je peux lui demander. Mon projet est bien trop dangereux.

Au campus, le peu d’étonnement de Matthias me fait comprendre que ses visions l’ont repris. Je le plains. Son don est une malédiction, voir les drames juste trop tard… Voir l’inévitable avant qu’il ne survient. Il pleure avant les autres… Je refuse sa proposition de sortie. J’ai promis à Mick de rentrer… J’ai promis de me tenir à carreau. La fuite semble colmatée, et ceux qui en avaient après nous sont morts. Mais le clan des chasseurs est vaste…

Je ne peux rien entreprendre tant que je n’en sais pas plus. Il n’est pas simple de cacher à James les recherches que je fais. Il m’a localisé si facilement à l’entrepôt avec Adriann… et je devine que Mick lui a demandé de garder un œil sur moi. Alors je travaille sur du matériel sur lequel James ne peut rien : le papier. J’ai subtilisé la carte de bibliothèque de plusieurs étudiants en droit pour brouiller les listes des emprunts de documents. Je garde une « activité informatique », mais elle ne concerne que mes études et le suivi sur le Manoir. Je me dédouble... comme le métisse que je suis de deux clans opposés...

Quand je croise Matthias, je vois tout de suite qu’il y a du nouveau. Matrim a fini par le rappeler. Ses mots ont été brefs, mais corroborent les dires de Mama Joe. Pourtant sa peine reste pesante et étouffante. C’est la rage qui me permet de tenir ce simulacre de vie normale. Je ne sais pas quoi lui conseiller pour surmonter ça, mis à part le fait d’aller chercher Matrim là où il se trouve et de le ramener en le tenant par la peau du cou si nécessaire. Nous ne savons pas où il se trouve exactement pourtant je sens le lien me pousser vers le sud-ouest. J’avais regardé la carte, et une ville évidente avait clignoté comme les néons dont elle est ornée. Mama Joe avait dit qu’il finirait pas se rendre compte qu’il ne pouvait pas se passer de nous, de la même manière que j’étais revenu vers Mick… Attendre…

- Tu veux faire quelque chose de particulier ? Dis-je à Matthias alors que nous étions comme à notre habitude depuis quelques jours, assis à l’écart, regardant nos chaussures, divisant par monosyllabes entre de longs silences.

Son cœur saigne d’un amour brisé, le mien se glace dans un besoin de vengeance.



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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Dim 25 Oct - 7:55







L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient

Feat. Chad

- Tu veux faire quelque chose de particulier ? Me demande Chad après un instant de silence.

Rien ne pourrait vraiment nous remonter le moral. Je voulais oublier un instant tous ces mauvais sentiments, les expulser et fatiguer mon corps jusqu’à pouvoir m’endormir sans être rongé par l’absence de Matrim.

- Courir…soufflé-je.

Ainsi, qu’après les cours, nous nous rejoignons à l’orée du bois. Je connais quelques endroits agréables dans la forêt de Beacon Hills. Chad en connait d’autres. Mais nous ne décidons d’aucun itinéraire. Nous laissons simplement l’animal en nous jouir de sa liberté. Sans gêne, nous entrevoyons la nature profonde de l’autre. Notre transformation modifie notre corps. Les crocs, les griffes et le pelage prononcé caractérisent cette transition partielle de l’être humain au loup.

Nous partons ensemble et sommes rapidement camouflés par les fourrés. Je m’ouvre aux sensations que je perçois, les odeurs autant que les sons. Les mouvements de mon corps dans cette course sans autre objectif que l’oubli. Dans cet état, je suis plus fort, plus agile, plus rapide. Et moins seul. Chad me dépasse d’un bond souple. Je tente de le rattraper et y parviens rapidement. Nous perdons la notion du temps, je le suis et le dépasse sans y parvenir plus de quelques secondes. Durant une courte pause, nous regardons une rivière depuis le haut d’un talus.

Au sourire de Chad, je comprends que franchir cet obstacle apparait comme un défi. Sommes-nous vraiment capable de sauter une telle distance ?

Nous nous élançons au même rythme et accélérons ensemble. Nos muscles fléchissent quand nous prenons appui sur le rivage. De concert, un grognement bestial accompagne notre effort. Et nous nous réceptionnons agilement de l’autre côté sans freiner notre course.

Quand nous nous arrêtons enfin, laissant l’animal s’apaiser, nous restons silencieux encore quelques minutes. Ce n’est peut-être que momentané mais je me sens apaisé.

- Tu sais, je ne le dis à personne mais je garde un mince espoir, raconté-je. Chaque jour et encore plus depuis que Mama Joe est venu me parler de lui, je garde dans une boîte des dessins à l'attention de Matrim. Des simples croquis qui représentent des moments de joie, ce qui serait le cas s'il n'était pas parti.

Chad esquisse un discret sourire, j’espère qu’il se sent mieux dans cet aparté que nous nous offrons.

- C’est ridicule, c’est ça ? M’empourpré-je.

Je ne me cache pas vraiment en sa compagnie. Il connait ma sensibilité et sais que je suis profondément attaché à Matrim. Il ne s’agit pas uniquement d’affection et bien que je ne les ai jamais prononcés, les trois mots d’amour sont appropriés pour lui. Et c’est ce qui est le plus blessant. Le mal d’amour, le manque de lui.

- Tu sais où il est, n’est-ce pas ? Demandé-je.

Chad ne peut me mentir et malgré nos divergences, nous sommes sincères l’un envers l’autre. Ce lien de meute donne l’avantage de ne jamais perdre de vue ceux qui nous sont proches. Je veux croire que Matrim et moi avons un lien semblable, forgés de sentiments amoureux, mais aussi fort et concret. Un lien qui peut s’étirer mais ne jamais se rompre. Je me dis qu’il n’a pas pu passer à autre chose. Que c’est un leurre et que je peux le ramener à la raison. Si tant est que le cœur et la raison puissent s’accorder.

Je ne sais plus quoi penser de cette rupture brutale. A-t-elle un sens ? Je ne peux plus rester sans réponse, sans explication. Sans lui.

- Est-ce qu’il faut attendre ou…aller le chercher ? Proposé-je avec émotion.



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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Sam 31 Oct - 22:18











Veni, vidi, vici


- Tu veux faire quelque chose de particulier ? Demandé-je à Matthias.

- Courir…

Sa demande trouve écho dans mes envies du moment. Plus que jamais je me sens loup. Je mets de côté ce qu’a pu me dire mon grand-père. Je ne peux pas faire taire ma haine, ni mon chagrin. A l’appartement, je reste le gentil Loulou, j’obéis comme un gamin à Mick et tente de paraitre ce qu’il espère que je sois. Mais cela me rend fou. Je ronge mon frein jusqu’au moment où je sors de notre nid douillet. Dehors, je tombe le masque. Au campus, mes amis habituels m’évitent. Je suis devenu sarcastique et cassant. J’évite Maxence, bien que cela ne soit pas trop difficile. Il semble bien trop pris par son procès pour s’apercevoir que mon monde s’est écroulé. Qui sont mes vrais amis ? Ceux qui fuient ma mine renfermée ? Celui qui regarde le problème de son nombril sur le banc des jurés ? Ma meute qui m’exhorte à renoncer à rendre les coups ? Ou Matthias qui a si mal au cœur que ma propre détresse le rassure de ne pas être seul à souffrir

J’en veux à tout le monde. Je me braque contre cette injustice qui me colle à la peau. Alors quand je trouve quelqu’un d’aussi malheureux que moi, je me sens moins seul et surtout compris. Nous décidons alors de balader nos souffrances respectives dans les bois.

Nous n’avons pas besoin de nous concerter sur un itinéraire. J’ai rarement vu l’artiste sous sa forme de lycan. Il est habituellement plus agneau que loup. Mais la douleur du manque et de l’abandon fait ressortir ce qu’il est réellement. Nous nous enfonçons rapidement sous les arbres, boudant les chemins, nous nous enfonçons dans la partie sauvage où seuls les êtres comme nous… ou les chasseurs osent s’enfoncer. Cela fait un moment que notre corps laisse voir ce que nous sommes. Les sens à l’affut nous savourons notre course. Le sentiment de liberté nous enivre et colle un baume sédatif sur nos douleurs de l’âme.

L’esprit d'une compétition amical fait surface. J’accélère, Matthias suit dans cette provocation. Nous sommes comme deux chiens fous qui courent sans raison, juste pour le plaisir de sentir les muscles bouger et répondre. Les lapins détalent et des nuées d’oiseaux semblent nous suivre en escadrille. Le sommet d’une butte est l’occasion d’une courte pause. J’inspire profondément. Je me sens bien, moins englué dans les pensées noires qui m’assaillent continuellement. En contre bas, une rivière nous sépare du talus de l’autre côté de la ravine. Je souris à Matthias. Il secoue légèrement la tête, amusé de mon défi. Nous nous lançons de concert dans ce saut prodigieux, appuyant notre effort d’un grognement sauvage. Pas le temps de nous retourner pour nous satisfaire de l’exploit que nous continuons notre course de l’oubli.

Le temps du repos arrive. Je m’appuie contre le tronc d’un arbre, le temps de reprendre mon souffle. Matthias s’est assis sur une grande pierre. Je me sens bien, vidé au sens propre comme au figuré. Vidé de ma haine pour quelques heures, vidé de la tension qui me crispe les muscles à en devenir douloureux.

- Tu sais, je ne le dis à personne mais je garde un mince espoir, me dit Matthias. Chaque jour et encore plus depuis que Mama Joe est venu me parler de lui, je garde dans une boîte des dessins à l'attention de Matrim. Des simples croquis qui représentent des moments de joie, ce qui serait le cas s'il n'était pas parti.

Je souris un peu, comprenant le but de l’artiste. Si cela avait été moi, j’aurai certainement dessiné les plans d’une maison de rêve pour Mick. Nous sommes un peu pareils, nous exprimons nos sentiments avec notre art, lui le dessin, moi l’art des plans. Matthias se montre sous son vrai jour. Nous sommes loin du campus et des autres étudiants. Il n’a pas besoin de porter un masque devant moi. J’ai abandonné le mien dès que nous avons mis un pied dans cette forêt.

- Tu sais où il est, n’est-ce pas ?

Je hoche la tête doucement. Mentir pour le préserver est ridicule, les battements de mon cœur me trahiraient à la seconde ou je dénierais savoir où se trouve Matrim. Puis je respecte Matthias pour son intégrité, même si cela nous met parfois en désaccord. Je ne sais pas ce qu’il en sera de mon projet professionnel que je leur ai présenté. Cela semble s’être passé dans une autre vie… Je suis sur le marché du travail à la fin du mois. Mais je n’arrive plus à me projeter dans une carrière professionnelle. Ma vie s’est arrêtée ce fameux jour devant le manoir des Hale.

- Est-ce qu’il faut attendre ou…aller le chercher ? Demande-t-il, l’émotion au bord des lèvres.

La détresse de son regard me traverse le cœur. Ce maudis photographe n’imagine pas le mal qu’il lui fait, même si je sais que cela part un bon sentiment, celui de nous protéger tous. Pourtant vouloir préserver l’autre à tout prix n’est pas forcément la meilleure des solutions. Toutefois, ne fais-je pas la même chose que Matrim quand je m’embarque dans de sombres affaires sans en avertir Mick ? Et mes recherches que je fais de manière à ce que James ne puisse pas me tracer ? Chacun de nous pense détenir la vérité absolue ou savoir ce qui est mieux pour l’autre. Comportement narcissique auquel je n’échappe pas. Je le sais et pourtant… je vais poursuivre mon idée et les traquer tous. Si je laisse le boiteux tranquille c’est que je sais qu’il ne peut aller loin et que le tuer alerterait les autres. Un génocide cela se prépare de manière froide est calculée.

- Je ne peux plus rien faire pour ma mère, mais… cette andouille de Matrim est encore en vie. Alors si tu veux, demain on met les voiles et on va le chercher. On massacre ce qui l’empêche de revenir et on le ramène en le trainant par la peau des couilles si besoin.

Je plaisante, mais je suis sérieux. Si Matthias se décide, on ira à Las Vegas.  Je lui ramènerai son Matrim par la force s’il le faut.

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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Ven 13 Nov - 16:29







Nouveau cap

Feat. Chad

La force de Chad est celle de la colère. Intense et inépuisable. Je la perçois avec tous mes sens alors que nous fatiguons nos corps. À plusieurs kilomètres d’où nous sommes, sa mère avait perdu la vie. Et puisque j’avais pu dessiner la scène avant qu’elle n’est lieu, je ne fais pas qu’imaginer la violence de cet évènement tragique. Je sais qu’il souffre autant de la perte que de son impuissance face au destin. Cette haute instance renvoie notre liberté au néant. Et c’est pour cette raison, et d’autres encore, que mes amis et moi nous acharnons à vivre au présent, à protéger notre mode de vie comme la meilleure solution possible pour ne pas être emportés par la folie des êtres pensants, quels qu’ils soient.

Je crois que, tout autour de nous, là où les sources de conflits sont beaucoup trop nombreuses, il ne faut pas laisser le mal s’enraciner. Nous devons être ce que nous voulons que le monde soit.

J’essaie de comprendre ce que Chad éprouve sans avoir connu un tel deuil, mes parents sont en vie et en bonne santé. Je n’ose pas l’alerter sur la perversité de la haine mais parce qu’il est mon ami, je m’inquiète de son état d’esprit. Tout comme j’angoisse pour Matrim. Après avoir décidé qu’accepter un choix effectué sous la contrainte n’était pas la bonne décision, je suis prêt à me battre contre toutes les raisons non légitimes qui nous sépareraient. S’il souhaite véritablement rompre, je veux qu’il me dise que c’est parce qu’il n’a plus de sentiments pour moi.

- Je ne peux plus rien faire pour ma mère, commence Chad. Mais cette andouille de Matrim est encore envie. Alors si tu veux, demain on met les voiles et on va le chercher. On massacre ce qui l’empêche de revenir et on le ramène en le trainant par la peau des couilles si besoin.

Sa sollicitude me touche. Matrim est Chad se connaissent depuis plus longtemps que je le connais moi-même mais sa proposition témoigne aussi de notre amitié. Malgré nos divergences, nous savons nous soutenir.

- Je m’en veux de savoir qu’il a certainement des problèmes et que je me laisse abattre, expliqué-je. Je ne suis pas libre demain, avec toute cette histoire, j’ai pris un peu de retard sur les travaux que nous devons rendre en fin d’année. Je ne veux pas perdre en qualité, et ce même s’il me manque cruellement.

Chad m’explique qu’il n’a pas cours demain et qu’il a même un peu d’avance sur ses projets de fin d’études. Je le croise davantage au campus ces derniers temps et je salue discrètement le  courage qu’il a de fournir un travail quasi exemplaire malgré les jours difficiles qu’il affronte. L’architecture est son exutoire.

Pour retourner à sa voiture, nous reprenons le chemin inverse en longeant la rivière jusqu’à rejoindre le pont de bois qui la traverse. Chad semble un temps lui aussi revigoré, ma propre motivation peut sans doute l’aider à avancer. Quand nous aurons retrouvé un peu de stabilité et du bonheur d’il y a quelques semaines, nous pourrons nous pencher sérieusement sur l’entreprise qu’il compte créer. Car pour celui qui a connu l’anéantissement, il n’y a rien de plus bénéfique que de construire à nouveau.

Chad me raccompagne à l’université pour que j’y récupère ma voiture. Nous rions sincèrement quand je feins la déception de rejoindre une classe sociale inférieure. Je n’ai pas la prestance de Chad au volant de la Maserati. En guise de rivalité amicale, il repart en faisant rugir son moteur.

Le quartier dans lequel je vis est tel qu’il en existe des centaines. Il est plutôt tranquille et agréable et ne ressemble pas aux banlieues chics qui s’étendent autour de Los Angeles ou dans d’autres villes plus huppées. Je ne suis pas le genre d’homme dont la quête principale est le pouvoir, la gloire ou la richesse. J’aspire à ressentir et vivre une liberté harmonieuse. Une utopie dans notre société actuelle mais pour autant se résigner serait comme se négliger soi-même.

Bien que je ne sois pas particulièrement attiré par les voitures habituellement, je reconnais volontiers la beauté de celle de Chad ainsi que celle qui est garée devant chez moi et dont le propriétaire du véhicule qui semble s’être absenté.

Je ne me doute pas un seul instant de ce que je vais trouver en récupérant le courrier à mon nom. Il y a une petite boite soigneusement enveloppée. Avant même de lire le mot qui l’accompagne, je sais qu’il s’agit de cet admirateur anonyme. Et quand je comprends enfin l’objet de la surprise, je me demande encore qui est la personne suffisamment riche pour me gâter autant. Depuis le perron, j’observe cette voiture que nous avons remarquée en arrivant. Je n’ai pas besoin d’actionner la clé pour qu’un déclic signale qu’elle se déverrouille lorsque je m’approche. Je détaille la marque, Aston Martin, en en faisant le tour. Avec un regard nouveau, presque pétillant, j’apprécie les courbes et les arrondis de la carrosserie immaculée. Je suis époustouflé, gêné par la valeur de ce cadeau. Chad est sans doute déjà rentré mais puisque cette voiture semble réellement m’être destinée, je compte bien l’impressionner quand nous nous retrouverons.

La journée suivante est chargée mais satisfaisante. En rentrant, je découvre qu’une nouvelle livraison m’est adressée. Plusieurs cartons sont disposés dans l’entrée. Mais ce qui est mentionné cette fois-ci sur le message m’inquiète beaucoup : « Pour que toi et ton groupe soyez en sécurité ». Je ne me ferrai pas l’affront de croire que les mots ont été choisis au hasard. Je comprends que la personne qui m’envoie tous ces cadeaux est au courant de l’existence de mes amis. Nous sommes des omégas, hybrides pour la plupart ou plus méconnus pour certains et notre unité réside en partie sur le secret de notre existence. Pour vivre heureux, vivons caché. C’est un adage particulièrement efficace dont j’approuve la ligne de conduite. Surtout depuis que j’avais été kidnappé et torturé par des fanatiques. Cet admirateur anonyme est-il également au courant de cette partie de ma vie ? Sinon, pourquoi veiller à ma protection ? Je demeure inquiet en appelant Parker et Anna. Le matériel de sécurité serait certes très utile à l’endroit où nous nous rassemblons. Nous prévoyons donc d’y rapatrier tout cela.

Dubitatif, je finis par préparer mes affaires que je glisse dans un sac de voyage. Je regarde ces billets pour l’exposition à New-York prévue ce week-end. C’est de l’autre côté du pays et je ne peux pas songer à y aller accompagné d’un homme pour oublier un chagrin d’amour. Discuter avec Chad m’a fait me rendre compte que si j’ai la possibilité d’aller chercher Matrim, de le ramener parmi nous, je ne peux pas m’y dérober. Je sais ce que je veux et ce dont je suis capable pour l’obtenir.

En réponse au message enjoué de Chad, me disant qu’il a des choses à me raconter, je lui explique que je le rejoindrai directement chez lui le lendemain matin. Nous serons seuls lui et moi. Je sais que Mick, très protecteur, n’aime pas s’en détacher mais j’ose espérer que notre voyage se déroulera sans encombre.

Il est très facile d’imaginer la surprise de Chad lorsque j’arrive devant chez Mick et lui avec une toute nouvelle voiture, alors que la veille nous avons justement plaisanté à ce sujet. Outre sa couleur, nos deux modèles sont différents esthétiquement mais possèdent les mêmes avantages.

Ainsi, tôt dans la matinée, nous passons le panneau de la ville à pleine vitesse.

Beacon Hills.

Où l’argent peut cacher le sang et les larmes. Où chaque personne, surnaturelle ou non, peut trouver sa place et la perdre aussi vite. C’est une ville spéciale, étrange. Mais aussi attractive soit elle, je n’éprouve plus autant de joie et de fierté d’y vivre si Matrim n’est pas là.



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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Mer 18 Nov - 18:15











On the road


J’avais quitté Matthias avec des envies de cowboy. Partir direction Las Vegas et ramener Matrim par la peau des fesses. Je me voyais bien prendre de grands airs bien badass et rabibocher ces deux-là de manière durable. Ma colère m’exaltait et me donnait envie de gouter au côté rebelle qu’affectionne tant cet allemand agaçant et le non moins pénible de Therence.

Ma colère fut douchée, propre et nette le lendemain. Mick a plus d’un tour dans son sac pour arriver à me mener par le bout du nez. La journée passée, avait été aussi idyllique que celle où nous nous étions échangés nos anneaux. Le compromis de vente était signé avec Derek. Mick s’occupait de cette partie qu’il avait amorcée en secret. Ce terrain que mon frère de meute nous cédait à la vente représentait la concrétisation d’un rêve à deux. Mon esprit n’était plus qu’hanté par des plans, des esquisse et des choix de matériaux. Le soir, Mick avait dû même insister pour que je me couche enfin. J’étais une vraie pile survolté, ne tenant pas en place.

Je me serais bien enfermé pendant un mois, le nez sur notre projet. Mais je devais tout de même terminer le semestre pour valider mon diplôme, puis j’avais promis à Matthias d’aller avec lui chercher Matrim. Explique cela à Mick me prit… beaucoup de temps. Il avait eu la barre horizontale au-dessus de ses sourcils.

- Mais fias-moi un peu confiance dis-je dépité.

- Tu es un aimant à ennuis Loulou !

- Là, on va juste chercher Matrim ! Tu verras, dès qu’il va voir le museau de Matthias, son cœur d’artichaut va fondre et il rentrera avec nous sans créer de problèmes.

- Mouais…

- C’est notre ami ! Puis, je dois prendre du recul pour notre maison ! Ce n’est pas bon que je focalise comme ça avant même d’avoir les résultats des analyses de terrain.

J’avais dû jurer une fidélité pour les dix milles prochaines années avant que Mick consent à me laisser partir seul avec Matthias.

***

Matthias m’avait dit vouloir absolument nous conduire jusqu’à Las Vegas. J’avais accepté de mauvaise grâce de faire la route avec son antique tacot. Pas que sa voiture soit réellement un tacot, mais comparé à la Maserati… Quelle n’est pas ma surprise de le voir m’attendre en bas de l’immeuble de Mick avec une superbe Aston Martin.

- Whaou ! T’as gagné au loto hier ou quoi ?

Il m’explique que c’est encore de la part de ce mystérieux admirateur. Je ne dis rien, mais je trouve cela malsain. Au départ, je pensais que c’était Matrim qui lui faisait ces cadeaux pour amoindrir son sentiment de culpabilité. Mais là, cela ne pouvait pas venir du photographe. Il n’avait pas l’argent nécessaire pour un tel achat. Qui pouvait donc s’intéresser à Mathias de cette manière ? Pourquoi s’en cacher ? Je laisse mes questions s’envoler quand nous passons le panneau de la ville. Je pose la tête sur le siège et me laisse aller à la conduite de Matthias qui se fait un réel plaisir que de conduire cette sportive. Il fait chaud, je ne boude pas mon plaisir d’être là, fonçant vers la ville du vice et du jeu. J’affiche donc un sourire ravi. Matthias a la même banane. Les paysages désertiques de Californie nous donnent l’impression d’être seuls au monde.

Au bout de deux heures, je propose qu’on fasse une halte pour manger un bout. Nous nous arrêtons dans une minuscule bourgade. Pour savourer le plaisir de cette escapade, nous avions quitté l’autoroute pour emprunter le réseau secondaire. Le bourg tend plus à la ville fantôme qu’à autre chose. Mais il semble que le seul restaurant du coin soit tout de même ouvert. J’ai l’impression que le temps s’est arrêté ici. Tout à mon insouciance de ce voyage qui va forcément aboutir aux retrouvailles entre les M&Ms, je ne m’aperçois pas que notre arrivée ne passe pas inaperçue. L’intérieur du restaurant me semble si poussiéreux que je propose à Matthias de nous installer sur la terrasse.


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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Mer 2 Déc - 16:37







Une incommensurable rage

Feat. Chad

Je ne suis pas habitué au luxe d’une telle voiture, pourtant je la prends en main très rapidement et ça devient même un réel plaisir. Que mon admirateur anonyme soit béni pour ce cadeau ! Et tous les autres. Chad est souriant ce qui me retire un poids sur le cœur. Je suis sans doute trop sensible mais les évènements qu’il a subis m’ont peiné. Perdre Matrim n’est rien contre la perte de sa mère biologique. J’avais déchiré le dessin qui représentait la scène de sa mort. Cela ne me regardait pas. S’éloigner de Beacon Hills pour notre escapade lui fait sûrement du bien.

Les grandes routes qui parcourent les plaines Californiennes sont moins monotones que les autoroutes qui détruisent l’environnement et semblent allonger le temps. Je m’amuse au gré de mon imagination à redessiner mentalement le paysage qui s’étend devant nous. Puis le soleil qui brille dans un ciel exempt de nuages finit par nous donner envie de nous arrêter pour nous restaurer.

Nous attirons l’attention quand nous entrons dans une petite ville à première vue peu peuplée. La carrosserie immaculée et lumineuse de la voiture donne l’impression que deux voyageurs célestes viennent d’entrer dans la vie de ses habitants. Nous nous dirigeons vers ce qui semble être un restaurant et où une grande partie des autochtones doivent être présents.

Nous saluons de loin l'homme qui s'occupe d'autres clients. Le temps agréable et la vétusté de l’intérieur de l’établissement nous incitent à nous installer sur la petite terrasse aménagée sur la devanture du restaurant. L'endroit doit être un point de passage régulier pour les voyageurs car je ne vois pas d’autres commodités aux alentours.

- Tu crois que Matrim sera content de nous voir ? M'inquiété-je en m'asseyant.

Nous sommes prêts à le sortir des problèmes dans lesquels il s'est mis mais lui est-il prêt à accepter notre implication ? Il avait rompu avec moi pour une raison qu'il trouvait suffisante. Notre arrivée pourrait lui déplaire, peut être même le blesser.

Mais c'est une déception qui en vaudra la peine si nous parvenons à l'aider. Chad est clair sur sa méthode pour le ramener chez nous. De gré ou de force.

C’est la première fois que nous discutons ouvertement de ce que nous savons sur l’homme-enfant que nous aimons l’un et l’autre chacun d’une manière différente. Sans évoquer notre intimité, je parviens à confier à Chad mes craintes sur le passé difficile qu’il a vécu et mon impuissance face à cela. Je sais que son ami connait lui aussi certains pans de sa vie. J’ai espoir d’être à la hauteur des attentes de Matrim, lui qui a réappris à aimer que depuis peu. S’il est aisé d’initier quelqu’un qui ne sait pas et qui est dénué de préjugés, c’est tout aussi facile de le décevoir lorsqu’il s’est forgé sa propre opinion. Ma confiance s’ébranle un peu quand je songe au fait qu’il soit accompagné d’un autre homme à Las Vegas, capitale du vice et du jeu. La séduction est un loisir là-bas et les châteaux de cartes laissent croire que tout est possible.

Notre conversation est coupée par l’arrivée d’un fourgon. Nous captons quelques murmures, suffisants pour que nous comprenions qu’il s’agit d’un groupe de trafiquants de drogue. Mais ils sont bien plus que cela. Leur nom nous révèle autre chose à Chad et moi. Les Kalaveras. Ce patronyme fait partie d’une liste noire dont nous avons connaissance nous autre hybrides. Et davantage puis mon kidnapping, Parker, Anna et moi nous sommes renseignés sur nos potentiels ennemis et les dangers qu’ils représentent.

Nous nous concertons d’un signe de la tête. Sans attirer l’attention, il faudrait mieux que nous ne nous attardions pas ici. Chad se lève et se dirige vers l’entrée du restaurant en me murmurant d’aller démarrer la voiture.

Nous ne pouvons prévoir ce qui survient ensuite. Chad est violement repoussé par une barrière invisible sur le seuil de la porte. Bien qu’il se reprenne souplement pour ne pas tomber, la scène captive l’ensemble des clients.

À cet instant, aucune des personnes qui tournent la tête vers nous ne semble amicale. Certains se lèvent, d'autres descendent la main certainement sur une arme cachée. Je regarde Chad qui jauge les réactions autour de nous.

Soudain, je bouscule à la hâte une table pour bloquer le passage à l'homme qui se précipite vers nous une seconde plus tard. La scène s'était affichée dans ma tête comme un dessin éphémère, me permettant de réagir avant que cela ne se produise. Le remue ménage que ça a causé semble être le signal de départ d’une émeute. Que faut-il faire, fuir ou se battre ?

Nous nous éloignons du bâtiment en bois de sorbier pour échapper à la précipitation qui mobilisent les hommes autour de nous. Combien sont des chasseurs ou des partisans à leur cause ?

Ils commencent à nous encercler avec des intentions clairement belliqueuses. Je relâche la partie animale qui m’habite, laissant la transformation modifier mon corps. A mes côtés, Chad est déjà en pleine possession de ses moyens. Il émet un grognement rauque qui a tout d’une mise en garde. Quelque chose répond à son appel à l’intérieur du fourgon. Nous comprenons rapidement que ces chasseurs y ont enfermé autre chose que de la drogue. Et ce trafic n’est sans doute qu’une couverture pour que personne ne s’intéresse à leurs affaires.

Je me défends malgré la peur qui m’a saisi. J’ai l’impression de revoir le moment où j’ai été attaqué dans la forêt alors que Matrim dormait dans la cabane à proximité. Je ne laisserai plus personne avoir de l’ascendant sur moi. Les entrainements que nous avons organisés au sein de notre groupe portent leur fruit.

Chad ne semble pas vraiment en difficultés dans le combat au corps à corps. Je comprends alors que le calme et même la joie dont il faisait preuve étaient factices. Au fond de son être, il n’est pas apaisé comme il le laisse croire. Il a besoin d’un exutoire, d’une cible contre qui reporter sa colère. Quelque chose qu’il puisse contrôler. Et anéantir.

Nous sommes venus ici en pacifistes sans même savoir que de nombreux chasseurs seraient présents. Mais le simple fait d’exciter est une invitation à l’opposition et la violence.

Quand je parviens à dégager un espace, je me précipite vers le fourgon quittant Chad des yeux. D’un coup de griffes, je lacère les pneus et ouvre la portière arrière. Une forte odeur d’aconit m’irrite les narines et les yeux. Une jeune femme est attachée par les poignets, du sang maculant son visage à moitié transformé. Elle avait répondu au grognement de Chad mais est totalement désorientée.

A peine ai-je fini de la libérer qu’elle se précipite hors du fourgon, fuyant la scène et ses ravisseurs. L’un de ces hommes arme un fusil et s’apprête à tirer dans le dos de la fuyarde. Il n’atteint finalement pas sa cible qui s’éloigne comme un animal sauvage. J'ai percuté de toutes mes forces ce lâche chasseur qui n’a aucun scrupule à tuer quelqu’un qui ne lui fait pas face.

- Va à la voiture ! Me crie Chad avant de bondir sur un homme en lui brisant le bras.

Je ne sais pas si c'est pour mettre toutes les chances de notre côté qu'il se bat avec férocité, ou s'il se laisse envahir par la rage choisissant d'attaquer plutôt que de se défendre. La seconde réponse n'est pas rassurante. Je sais qu'il est en accord avec son loup intérieur. Et c'est en partie ce qui le rend dangereux. Il est beaucoup plus fort. Dans la bonté comme dans la haine.



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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Dim 6 Déc - 15:01











On the road


- Tu crois que Matrim sera content de nous voir ?

- Certainement contrarié, mais content de te voir, j’en suis sûr.

Nous discutons de Matrim. J’évoque l’ami qu’il est devenu. Qu’il a même conquis Mick et est d’une nature plutôt méfiante. J’évoque à Matthias ma première rencontre avec son petit ami, et comment nous avions évité la catastrophe de justesse. Je l’avais blessé quand il m’avait fait revivre mon enlèvement pour le sceller dans ma chaine de baptême. J’en avais été honteux et confus, car il m’avait apporté une aide précieuse. Je lui raconte aussi la séance photo, soulignant que Matrim peut sembler avoir un regard coquin, mais que personnellement, j’ai pris ça comme s’il goutait un peu à mon bonheur avec Mick, non pour nous le prendre ou ressentir un peu un amour comme celui que je ressens un peu pour Mick. Avec ce que me dit Matthias, cela me conforte dans mon idée.

- Matrim est mentalement trop jeune pour gérer ses sentiments qui sont authentiques et sincères. Ne le juge pas sur les apparences.

Un fourgon arrive et se gare non loin. Impossible pour Mathias et moi de ne pas entendre les murmures des gens. Un trafique douteux semble s’opérer avec ce véhicule. Quand nous captons le murmure d’un nom de famille, nous tressaillons tous les deux. Que font les Kalaveras si loin de leur base Mexicaine ?

- Je vais payer à l’intérieur, toi mets le moteur en route, on s’en va.

Je me dirige vers la porte d’entrée alors que Matthias part en direction de la voiture. Rien ne me préparait à cela, je me fais violemment repousser quand je tente de passer la porte d’entrée. Je contrôle ma perte d’équilibre, mais c’est trop tard. Nous sommes clairement démasqués. Un silence pesant règne dans la rue. Les gens nous regardent, menaçants, des mains plongent dans les poches… Puis du monde court vers Matthias qui bloque le passage avec une table. Notre premier réflexe est de fuir vers la voiture, mais nous nous faisons encercler…

L’état euphorique dans lequel Mick avait réussi à me mettre la veille est balayé par une vague de colère. Plus besoin de se cacher, mes traits lupins apparaissent. Je hurle, ma voix est une menace. Une réponse nous parvient du fourgon. Ils ont capturé un des nôtres. C’est la goutte d’eau de trop. L’assaut est donné sans réel signal. Il n’y a aucune lueur de pitié dans le regard de nos adversaires. Il me semblait que les Kalaveras respectaient le code d’honneur. Nous étions là en paix… Mais il semble bien que notre simple existence suffit à les convaincre que nous sommes le mal. Alors, je n’ai aucun scrupule à me défendre. Si cela se joue entre eux ou nous, mon choix est clair et limpide.

Je suis trop rapide et bien trop leste pour leurs armes. En plus en nous encerclant, ils risquent de se tirer dessus. Je profite de cette faiblesse et ne fais pas de cadeau. Toute ma fureur ressort, celle que je contiens à grande peine depuis… sa mort. Du coin de l’œil, je vois Matthias délivrer la louve captive qui s’enfuit sans demander son reste. Je ne sais pas ce qu’ils lui ont fait subir, mais je sens sa peur, elle est terrorisée. Cela attise ma colère et ma détermination.

- Va à la voiture !

J’ai un rictus pour l’homme qui hurle quand je lui brise le bras. J’entends le déclic d’une arme dans mon dos, avec souplesse je me retourne et me sers du type que je tiens comme un bouclier. Son poids se fait plus pesant alors que ses jambes ne le portent plus. Il est mort, tué par les siens. L’idée machiavélique germe dans mon esprit. Alors je bondis et me mets à portée de leur tir. Je bouge rapidement, ils n’ont pas le temps d’ajuster leur tire et doivent tirer dans l’urgence, s’ils veulent avoir une chance de me toucher. Imprécision, précipitation et rage exacerbée par mes doigts d’honneurs, la place devient mortelle, mais pas pour moi. Ils tombent comme des mouches et je garde le jaune de mes yeux pur et limpide. Enfin, il y en a un qui comprend mon jeu et tente de calmer ses complices. Mais la haine rend soit idiot, soit terriblement dangereux. Aujourd’hui ce n’est pas chez les garous qu’il y aura le deuil.

Quand ma technique ne marche plus, je me contente de briser quelques os et de neutraliser les survivant avant de foncer… non de boiter vers la voiture de Matthias. Il ne faut pas exagérer, je me suis pas invincible et je me suis pris une balle dans la cuisse. Matthias démarre, inquiet.

- Ça ne brûle pas, elle n’est pas empoisonnée à l’aconit. Fonce !

Pendant que la voiture file sur l’asphalte, je charcute ma plaie pour extraire la balle du bout de mes griffes. La douleur me fait du bien, elle canalise ma hargne. D’une main ensanglantée, je jette le projectile par la fenêtre de la voiture. Ma blessure cicatrise déjà. J’évite de croiser le regard de Matthias, je ne veux pas qu’il voit ces envie de meurtres qui me rongent. Matrim a intérêt à se montrer conciliant et nous suivre sans faire d’histoire, car je ne le serais pas. Matthias a évoqué une personne qui le persécute. Cette personne ne peut pas être innocente. Je sais que Matthias est incapable de violence préméditée. Si pour que mes deux amis se retrouvent enfin et en sécurité, il faille éliminer cet « obstacle », alors cela ne me cause aucun problème. Une part de mon cœur est en accord avec cette froide résolution.



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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Dim 6 Déc - 22:34







D'ombre et de lumière

Feat. Chad

Chad exécute un balai mortel alors que je parviens tout juste à ne pas me laisser prendre. Pire que d'attaquer, il retourne les coups portés contre lui vers ses assaillants. Les hommes qui ont été revendiqués d'une grande famille de chasseurs se donnent eux-mêmes la mort. Les os brisés et les chairs arrachées sont des souffrances bien plus terribles. Les villageois qui n'ont pas été surpris de l'existence d'êtres comme Chad et moi ont fini par se retirer, couards qui ne prennent pas part à la mêlée. Le combat a des allures d'exécution. Ceux qui ont cru avoir le dessus sur deux proies égarées se retrouvent la tête ensanglantée ou pire. Certains membres forment des angles que le corps humain ne peut accepter.

Lorsque Chad se précipite dans la voiture, j'enfonce la pédale de l'accélérateur. C'est l'avantage d'un moteur puissant, nous sommes rapidement éloignés de ce village. Les légendes urbaines naissent d'événements de la sorte. Si la haine des chasseurs n'était pas suffisamment brûlante pour nos semblables, ce qui vient de se produire ne tarira pas la discorde entre nous. Qu'ils soient des hommes de mains sans scrupules ou des analphabètes diplômés, qu'ils agissent dans l'ombre ou non, les adversaires sont nombreux. Chad possède un lien de sang direct avec l'une des plus illustres famille de chasseurs, les Argent. Mais ce nom ne le protégera pas des Kalaveras ni de ceux qui se rallieront à leur croisade. D'aucun ne dira qu'ils ont attaqué les premiers. Dans cette guerre, il n'y a ni parole ni confiance. Et la loyauté elle-même est mise à l'épreuve.

L'odeur du sang s'imprègne dans la voiture camouflant celle du plastique et du cuir neuf. Chad ne cille pas en essayant de retirer la balle qu'il a reçue. Cela semble être une formalité pour lui. Tout comme le fait de lutter pour sa vie. C'est un bon ami et nous allons tous deux au secours de quelqu'un qui nous est proche. Pourtant, il y a un part de noirceur que je ne reconnais pas chez l'architecte. La colère de l'homme es absorbée par celle du loup, qui la camoufle et la préserve comme une braise ardente. Mick se rend-il compte de cela ? Et parvient-il à faire en sorte que son fiancé ne s'y brûle pas ? Chaque couple a ses propres démons, moi-même je crains de ne pas percevoir l'étendu de ceux qui rôdent autour de Matrim.

Je ne dis rien à Chad sur ce qui s'est produit, implicitement cela devient un  secret entre nous. Et les amis ne se trahissent pas l'un l'autre.

Nous hésitons entre rouler jusqu'à Las Vegas ou tenter de nous arrêter une seconde fois quelque part. Le nécessité de faire le plein de carburant finit par nous décider à nous reposer. Cette fois-ci nous restons à l'écart de toute commodité. Je me dégourdis les jambes et fais le tour de la voiture.

- Tu es en état de conduire ? Demandé-je en pointant des yeux la cuisse de Chad.

C'est davantage une formule de politesse car je sais que sa blessure s'est résorbée depuis longtemps. La capacité de guérison varie selon les individus. Chad doit pouvoir se régénérer plus rapidement que la moyenne. Je me demande s'il serait capable d'user de facultés plus rares dont peuvent être pourvus les hybrides. Je mets cette question dans un coin de ma tête lorsqu'il me répond pouvoir prendre le volant.

Notre discussion est plus légère, il évoque les différences qu'il remarque entre sa Maserati et ma voiture. Les deux ferraient un bel effet en arrivant à Las Vegas.

Nous attirons l'oeil des piétons qui s'empressent d'entrer dans l'un des nombreux bâtiments éclairés à outrance. La Statue de la Liberté et la Tour Eiffel se cotoient sur la même avenue. C'est aussi beau que tape-à-l'oeil et si je n'étais pas obnubilé par Matrim, je regarderais avec plus d'attention les tours de verre, les salles de spectacles et tous ces casinos qui appellent au vice. L'appât du gain, la luxure, le désespoir sont autant de raisons qui poussent les gens dans les bras de cette ville envoûtante. Je ne suis pas certain d'avoir envie de connaître les raisons qui ont conduit Matrim ici.

- Tu as une idée de comment le trouver ? Questionné-je. Je crains qu'il ne s'esquive si nous le prévenons de notre venue.

Chad est du même avis et me propose de regarder dans quelques casinos. Il est trop tôt pour qu'il ait rejoint sa chambre d'hôtel. Peut-être ne dort-il pas à l'hôtel d'ailleurs. Il est certainement avec cet ami que Mama Joe avait évoqué. Mais cette méthode que nous voulons utiliser nous oblige à entrer dans chaque établissement. Et nous n'y serons pas autorisés dans notre état. Nous cherchons avant tout la première boutique de prêts-à-porter parmi celles dont les vitrines éclairent les rues comme en plein jour.

Je m'inquiète de ne pas pouvoir rejoindre Matrim aussi facilement que je le souhaiterais. Le doute m'envahit et me fait oublier toutes les belles scènes que j'ai pu imaginer pour nos retrouvailles. La peur me vrille le ventre. Et si je découvrais dans ses yeux qu'il ne m'aime plus ? Il est parti avec ces quelques mots d'espoir, mais qu'en est-il de cela des semaines plus tard ?


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MessageSujet: Re: Seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir (feat. Chad)   Ven 18 Déc - 13:03

La suite Ici, où on tape l'incruste Wink


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