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 Rod Trippes

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AuteurMessage
Charlie Crowley

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MessageSujet: Re: Rod Trippes   Jeu 3 Déc - 11:45


Road trip





Le silence s’était installé dans la salle de bain, à peine troublé par la respiration saccadée de Matrim. Charlie ne savait si c’était le regard de tueur qu’il avait adressé à la porte mais Liam et ses grognements s’en étaient éloignés, ce qui laissa tout loisir à l’ours de se caler contre le mentaliste. Il n’avait pas pris la peine de se sécher et gouttait tranquillement mais surement. La peau chaude du photographe faisait un contraste étrange avec le carrelage glacé dans son dos mais le garou en prit son parti, comme toujours. Après la… moiteur du jacuzzi, se rafraîchir les idées ne pouvait pas lui faire de mal, quand bien même la proximité de Matrim compliqua les choses à ce niveau.

La bouteille de champagne passa de main en main. Charlie s’était habitué au silence, état parfaitement normal pour lui qui n’avait jamais été à l’aise avec les mots, quand ce dernier fut brisé par une voix qui l’était tout autant. Le garou tourna un regard attentif vers le mentaliste. Le jeune homme semblait défait et sa détresse était évidente, même pour un cuisinier parfois un peu obtus. Que dire dans ce genre de circonstance ?

« Tu l’as pas trahi, répliqua-t-il finalement d’un ton bourru, fixant à nouveau un point devant lui. T’as juste voulu le protéger. Je sais pas si c’était le meilleur moyen, mais enfin… »

Sa main se perdit dans sa propre tignasse avant qu’il gratta frénétiquement sa nuque. Pourquoi était-il rentré déjà, au lieu de laisser le mini garou se taper la partie réconfort ? Bon ok, il aimait bien Matrim, même beaucoup. Et le photographe était un putain de canon. Mais est-ce que ça valait le coup s’il en arrivait à être obligé de se creuser autant la cervelle ?

« Pis moi… franchement te prends pas la tête avec ça. J’attends rien, j’ai pas réfléchi aussi loin. »

Ses sourcils se froncèrent alors qu’avec difficulté, les rouages poussiéreux de son cerveau s’activaient, le menant à une constatation qu’il devait bien être le seul à n’avoir jamais fait.

« Je réfléchis jamais aussi loin, en fait. »

Qui, des deux hommes, était vraiment le profiteur dans le fond ? Matrim, qui tentait maladroitement d’échapper au mal qui le poursuivait ou lui, qui n’avait aucun problème de conscience avec le fait de traîner, et plus si affinité, avec un type en pleine détresse, en couple et de surcroit bourré quand ils s’étaient croisés pour la première fois ? C’était une question qu’il ne s’était même pas posée jusque-là et il aurait préféré continuer. Pour Charlie, les choses étaient d’habitude beaucoup plus simples, aussi binaire que lui : il avait rencontré un mec, ils s’étaient plus, point barre. Taper dans les sujets éthiques lui retournait les synapses.

Le cuisinier s’ébroua alors que son voisin continuait, s’attirant un regard perplexe, voir un peu inquiet, de la part de l’ours. Charlie n’eut pourtant pas le loisir de s’appesantir sur la question : à peine avait-il ouvert les bras que Matrim venait s’y blottir et pendant un instant, il lui sembla qu’il réussirait à gérer la situation comme il l’avait promis. C’était mal connaître le don si imprévisible du photographe :

« Charlie.. j’ai peur.. Protège-moi, par pitié… Transforme toi, tu seras assez fort pour.. pour...

— De… Quoi ? »

Tout se passa très vite : Le mentaliste s’affaissa contre lui et il semblait au garou que soudain, une troisième présence envahissait la pièce. Dans un réflexe protecteur, l’être mi-homme mi-animal qu’il était à présent se replia au-dessus du corps inanimé qu’il tenait dans ses bras, la tête repliée contre lui. Des bris, des coups, une soudaine explosion et un déluge de verre s’abattit sur son dos. Bon dieu de merde, qu’est-ce que c’était que ce bordel ?  Au milieu du vacarme ambiant, à peine sentit-il la présence de Liam qui, devant l’ampleur de la catastrophe, préféra battre en retraite. Quelque part dans son crâne verrouillé par l’urgence, un neurone nota que c’était toujours une personne de moins à protéger. Il n’essaya ni de comprendre ce qui se passait, ni d’où cela pouvait provenir. Instinctif plutôt que réfléchi, l’ours préféra agir et abandonna sa posture défensive pour agripper le mentaliste et le secouer :

« Debout là-dedans ! Il faut te réveiller, Matrim ! Il faut… »

Un soupir de soulagement lui échappa alors que les paupières du jeune homme papillonnaient enfin :

« Ah, enfin ! »

La pièce était sens dessus dessous mais le vent d’enfer qui semblait l’agiter s’était calmé, au contraire de Matrim, gagné par la panique au fur et à mesure que les couleurs lui revenaient aux joues.

« Hey, doucement, c’est moi, c’est Charlie ! »

La transformation rendait sa voix rauque mais il s’efforçait de parler plus doucement pour ne pas effrayer d’avantage le photographe. Serrant avec précaution le jeune homme contre lui, il sentit que le cœur de ce dernier manquait plusieurs battements et il crut bien l’avoir définitivement perdu quand sa voix fébrile s’éleva :

« Embrasse-moi. »

L’ours écarquilla les yeux. Qu’on panique en le voyant ne l’étonnait pas, qu’on lui réclame un baiser, un peu plus :

« Attend, pas comme ça, t’as vu ma tronche ?

— Si.. Comme ça… comme ça. »

Charlie cligna des paupières, plusieurs fois, bouleversé malgré lui par les doigts du jeune homme qui effleuraient ses crocs. Il savait le mentaliste un tantinet barré du bulbe, mais à ce point ? Le baiser fut doux pourtant, emportant avec lui crainte et trouble du garou, et Matrim s’endormit contre lui. Avec toutes les précautions du monde, Charlie se releva sans lâcher le jeune homme, constatant avec étonnement que les dégâts de la salle de bain étaient bien moindres que ce à quoi il s’attendait. Liam s’était terré dans le canapé et avec un grognement, l’ours redevenu homme lui piqua une couverture sans sommation.

« Et t’as intérêt à te tenir à carreaux ! » Menaça-t-il. Dans un coin, le petit saumon roupillait aussi et lui-même put profiter de la largeur du lit pour s’installer confortablement, utilisant comme à son habitude la couette comme caverne de fortune. Matrim blottit contre lui, son museau dans la nuque du jeune homme il s’endormit sans demander son reste, un bras protecteur passé autour de la taille de sa peluche improvisée. Que pouvait-il arriver de mal dans une grotte pareille ?

Il était tard ce matin-là quand ils émergèrent. Peinant à quitter la chaleur de son cocon, l’ours finit par libérer son prisonnier dans un grognement, s’asseyant sur l’immense lit en se frottant les yeux. Au moins Matrim semblait-il avoir retrouvé ses esprits, suffisamment en tout cas pour laisser un mot à leur hôte disparu pendant la nuit. A sa déclaration, Charlie, en train de s’habiller, jeta un regard à Liam en roulant des yeux. Il attendit que le mentaliste s’éloigna un peu pour lui murmurer :

« Sérieux, c’est nous les garous, mais c’est à lui qu’il va falloir mettre une laisse… »

Le louveteau tempêtait et menaçait mais si peu fin psychologue fut-il, même l’ours comprit parfaitement que ce n’était que des paroles en l’air et il gratifia l’adolescent d’une petite tape sur l’épaule.

« Arrête de faire le roquet, ça te va pas bien au teint ! »

Sa moquerie lui attira un coup de la part du gamin auquel seul un rire irritant du cuisinier répondit. Lui aussi pouvait jouer les perturbateurs de service ! Malgré les agaceries mutuelles, leur inquiétude grandissante devant le déroulé de la journée finit par amener les deux garous à faire front commun. Matrim semblait incontrôlable, tant est si bien que l’ours se demandait s’il n’allait pas finir par lui faire lâcher les machines, par la force s’il le fallait. L’argent facile, il adorait, mais la pâleur et les cernes sous les yeux de leur mentaliste préféré ne lui disaient rien qui vaille, crainte partagée par le bébé louveteau. Comment Matrim finit-il par réussir à échapper à leur vigilance ? Un instant sur une machine à sous, il suffit à l’ours de détourner les yeux une seconde pour que le jeune homme disparaisse. Pestant et maugréant, Charlie joua des coudes, en vain. Aucune trace de son protégé. De hauts cris attirèrent par contre son attention et à force de parcourir la foule des yeux, l’homme finit par repérer l’adolescent hystérique qu’il rejoignit, espérant que ce dernier en sache plus. Évidemment, ils ne purent que constater leur impuissance mutuelle. Satané photographe.

« Je te jure que s’il est pas mort quand on lui met la main dessus, je le tue ! » Maugréa Charlie.

Les heures qui suivirent avaient comme un goût de hargne. L’improbable duo ne débordait pas de patience et les noms d’oiseau fleurirent plus d’une fois. Au moins avaient-ils maintenant un ennemi commun à blâmer et le pauvre Matrim en prit pour son matricule. Pour l’ours comme pour le loup, il était plus facile d’insulter le jeune homme plutôt que d’admettre que leur inquiétude grandissait. L’odeur de leur protégé était difficile à discerner au milieu du pot-pourri puant que formait Vegas et il semblait au cuisinier qu’ils avaient exploré jusqu’au plus petit trou à rat de cet énorme souricière lorsqu’ils se retrouvèrent paumé au milieu d’un dédale de ruelles malfamées. Le parfum de Matrim était plus présent ici et pris d’un regain d’espoir, l’ours redressa la tête, le museau attentif. La petite main de Liam enserrant sa veste, il guida leur pas vers la direction qui lui semblait la plus judicieuse, jusqu’à ce que des éclats de voix leur parviennent. Les garous échangèrent un regard et se rapprochèrent à pas de loup. Enfin. Jackpot. Et plus important encore, l’abruti qui leur servait de compagnon de route semblait bien vivant. Pour combien de temps, ça, c’était une autre histoire.

Un cercle menaçant se resserrait autour de leur ami et fort de sa longue expérience dans le domaine, Charlie savait pertinemment ce qui allait suivre.

« Et qu’est ce qui nous empêche de prendre ton fric, la tout de suite.

— Nous ! »

Les deux garous se jetèrent dans la bagarre avec une jubilation évidente. Combien de coups l’ours distribua-t-il ? Il aurait été bien incapable de le dire. La technique mise au point au pied levé avec le petit loup qui lui renvoyait leurs adversaires comme un lanceur de baseball servirait avec beaucoup d’amabilité le batteur qui lui fait face fut couronnée de succès, et de son côté, le mentaliste n’était pas en reste. Lorsque Charlie retrouva ses esprits, les corps gémissant jonchés le sol autour d'eux et deux ou trois silhouettes rescapées s'enfuyaient sans demander leur reste. Le garou fit craquer ses jointures, puis se tourna avec un regard sombre en direction du mentaliste :

« A nous deux maintenant... Tu veux mourir ou quoi ?? Non parce qu'il faut le dire tout de suite, on arrêtera de te courir après ! »

Ses yeux croisèrent ceux de Liam qui semblait au moins aussi en pétard que lui, avant de revenir sur le photographe penaud :

« Qu'est-ce que t'es venu foutre ici ? Et pas de salades, on veut toute la vérité maintenant !  »

© Mafdet MAHES



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MessageSujet: Re: Rod Trippes   Sam 5 Déc - 8:59




Las Vegas, YEAH BABY

Seth, liam, charlie et matrim
Ils étaient la ! Liam et Charlie m’avaient suivis. J’étais tellement heureux, même si je voyais bien à leur tronche que si jamais je survivais à cette bagarre, j’allais passer un sal quart d’heure entre leur pattes… Mais pour le moment.. Je n’ai pas leur force, leur rapidité ou leur incroyable guérison. Mais je sais quand même me battre. J’ai appris auprès de mon père. Puis plus tard au court de virées nocturnes, et enfin pour échapper à Celeano. Les pantins de bois d’entrainement n’ont pas de couteaux ni de langue bien pendue, mais j’ai eu des cours de rattrapage à ce sujet.

Je prends des coups, bien sûr, mais j’en donne avec plaisir. Tant pis, ce n’était pas les bonnes personnes, il faut croire… Si je cherche des tueurs à gage, ce n’est pas pour me contenter de petites frappes minables comme ceux que nous sommes en train d’affronter. Ceci dit, cette bagarre est vite pliée, grâce à l’équipe super efficace constituée de Charlie et son rabatteur de Liam. Ce gamin n’est pas à prendre à la légère, et je préfère l’avoir avec moi que contre moi…

Les survivants, façon de parler, de cette petite rixe s’enfuient au loin, sans demander leurs restes… Mon sourire se fige lorsque Charlie se retourne vers moi, faisant craquer ses jointures.
« A nous deux maintenant... Tu veux mourir ou quoi ?? Non parce qu'il faut le dire tout de suite, on arrêtera de te courir après ! »

Évidemment, Liam avait l’air de son avis. Quand je regarde ce dernier, il à l’air aussi furax que Charlie. Je me sens minable, comme un gamin ayant fait une grosse connerie.

« Qu'est-ce que t'es venu foutre ici ? Et pas de salades, on veut toute la vérité maintenant ! »

Je suis fatigué… Je m’adosse contre un mur, assis sur le sol, tortillant les cheveux d’un des connards dans les vapes, machinalement. J’ai vraiment une case en moins, et le savoir ne m’aide pas… Je déconne à plein tube…

-j’ai besoin de fric, pour Matthias. Je lui ai envoyé des cadeaux, et aussi du matériel de surveillance. Il a déjà été kidnapé et torturé. Avec ce que je lui ai envoyé, il sera plus en sécurité. Les cadeaux c’est pour qu’il ait une chouette vie… Pas pour qu’il me pardonne. On se reverra sans doute plus jamais de toute façon.

J’essuie une larme rien que d’y penser, avant de balancer mon pied dans la gueule des cheveux à tortiller.

-la deuxième partie de mon plan, c’était de trouver des tueurs à payer. Pour les mettre sur la piste de Celeano et la dézinguer. J’utilise des moyens détournés pour qu’elle ne le sente pas venir. Elle peut pervertir les gens, et retourner leurs actions à son bénéfice. Pas de pouvoirs, donc. C’est trop dangereux.

Je hausse les épaules.

-je me suis dit que si je payais des types, ils seraient déjà pervertis et elle n’aurait rien pour les faire s’allier à elle. L’argent, Ya pas mieux pour contrer cette salope. Et surtout elle doit ne pas s’attendre à ça de moi. C’est… l’opposé de ce que je suis.. Je peux pas descendre plus bas, de toute façon… Comme à chaque fois, elle m’a pris ce qui pouvait me rendre heureux… Même en essayant de l’éloigner de Mathias, elle arrive à me le prendre, me forçant à me couper de lui.

J’avais mal. Et pas seulement à cause de la bagarre. J’avais envie d’utiliser mon pouvoir, c’était carrément un manque, je commençais même à trembler…

-elle en a peur, vous savez ?

Relevant la tête vers eux, j’envoyais ma bestiole, qui fit bouger les bennes a ordures. Au prix d’un grand effort, je la rappelai à moi, a peine rassasié par l’utilisation du pouvoir… Je tremblai, comme un drogué en manque.

-elle a peur de ça et je sais pas pourquoi… Elle a dit, une fois, quand on s’est rencontré avec Seth, qu’elle arrivera un jour à pervertir cette partie de moi aussi. Ça veut dire qu’elle n’y arrive pas pour le moment. Seth m’a sauvé, quand elle me poursuivait. C’est là que j’ai eu l’idée de venir ici. J’ai compris comment elle s’était liée à moi. Elle adore me pervertir, elle dit que je suis un homme-enfant, et qu’il y a encore tellement en moi à gâcher.

Je soupirai, tellement las de tout ça..

-alors je me suis dit que j’allais devenir quelqu’un d’autre… Pour la paumer. Le temps de trouver des tueurs à lui balancer sur la tronche. Et de mettre matthias à l’abri du danger et du besoin. Avant elle, j’ai été quelqu’un de bien je crois…

Je me rappelle le temps passé, enfant, et plus tard, dans la forêt, en compagnie de mon père. Le bois à couper, les entrainements, les moments de joie. Puis Celeano, qui m’a pris tout. Qui ne m’a laissé que la crainte et la tristesse. Pas la colère. Pas l’amour. Pas l’émerveillement. Je leur raconte, comment elle est venue tout gâcher. Comment elle a utilisé mon don, en me menaçant, pour prendre l’ascendant sur la région. Comment elle a tué ma mère, et sans doute mon père, et comment je lui ai échappé, avec ma bestiole, pensant l’avoir tué.

Quand je me suis libéré d’elle, tous les sentiments qu’elle m’avait volé sont revenus. Je leur raconte que j’apprends tout comme un enfant, dans un corps d’adultes. Je ne savais pas ce qu’était aimé. Je l’ai découvert avec Matthias. La colère, quand il a été torturé. L’émerveillement, avec chad et mick, les rires quand on a fait la séance photo, et le temps que j’ai passé à faire leur sculpture. Mon envie de faire une exposition dédié à la beauté du corps, du cœur et de l’âme. Et les moments passés avec Liam, Charlie, seth. Même l’aventure dans le monde onirique faisait partie de mes souvenirs précieux.

Je vois Liam serrer quelque chose dans sa poche, et j’imagine ce que c’est. Je lui souris.
-et voilà ou j’en suis maintenant. Alors je veux trouver des putains de tueurs à lui envoyer. Et en finir une bonne fois pour toute. Quand je serai sur que Matthias pourra entamer le reste de sa longue vie à l’abri du danger et du besoin, je serai en paix. Je pourrai m’en aller en paix, après ça. Retrouver mon père, et ma mère, ou qu’ils soient. Il doit bien y avoir un après. Avec tout ce monde surnaturel qui existe, il y a forcément un après.

Je regarde le sol. Il est crade, poisseux, et sans but.. Comme ma vie. Mais j’ai mon pouvoir. Je peux l’utiliser. Je vais le faire, je me sentirai mieux après.




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MessageSujet: Re: Rod Trippes   Dim 13 Déc - 19:18





Explications embrouillées


En position, bien calé sur mes deux jambes, je tapote du bout de ma chaussure le goudron abîmé de la sombre ruelle. Et voici notre équipe favorite près à en découdre. En lanceur vous m'avez et en tant que batteur, c'est Charlie qui occupe cette position. Est ce que notre duo de choc sera-t-il réussir à se coordonner pour vaincre l'adversaire ? On va vite le savoir. Je rabats avec facilité les voyous à coup de griffes. L'ours lui, s'occupe juste des les assommer pour de bon. Toutefois, je ne pensais franchement pas que le mentaliste se jette dans ma bagarre dans son état. Qu'importe, le principal objectif en ce moment, c'est d'éliminer la vermine. On verra le reste plus tard.

Après avoir combattu ou plutôt pousser les voyous vers l'ours pour ma part, je m'étire tandis que certains gémissements s'entendent au niveau du sol rempli de crasse et que j'attrape du coin de l'oeil quelques survivants fuyant comme s'ils avaient le diable au trousse. Aucun humain lambda sans connaissance du surnaturel arrivera à nous battre. D'ailleurs, cette bagarre était beaucoup trop simpliste à mon goût. C'était réellement des méchants psychopathes et avide de sang ou des faux méchants avec un diplôme de génie du mal donné en cadeau dans les paquets pour lessive ? Bizarrement, je pencherai dangereusement vers la deuxième option. S'ils sont effectivement dans la première, la reconversion, ça existe messieurs !

D'ailleurs en y parlant, on a deux ou trois truc à dire à notre poseur de lapin ! Charlie, en bon nounours colérique, se retourne vers notre déserteur, prêt à en découdre une nouvelle fois. On va lui apprendre les bonnes manières à ce mentaliste. Déjà pour semer des garous, essayer d'effacer son odeur par exemple. Ou peut être ne pas nous prendre pour des crétins, même si certains sont plus lents à la réflexion que d'autres. Mais là n'est pas le problème pour l'instant. En ce moment, je suis plus en colère, inquiet, furieux, angoissé et perdu que tout le reste. Pourquoi ? Pourquoi nous a-t-il laisser en plan alors qu'on a bien vu qu'il allait mal. Pourquoi nous laisser le moyen de le suivre malgré tout ? Je voudrais qu'il réponde à toutes mes interrogations tout comme je voudrais le taper pour m'avoir foutu la frousse de ma vie. Enfin, la frousse de la journée on va dire.

- Qu'est-ce que t'es venu foutre ici ? Et pas de salades, on veut toute la vérité maintenant !

Je m'attendais à tout. Des cris, du déni, un changement de sujet, un faux sourire nous demandons qu'est ce qu'on raconte, un « surprise » ou même un poisson d'avril malgré que ce ne soit pas l'époque. Tout sauf ça. Un Matrim abattu s'effondrant littéralement devant nos yeux. Je ne sais pas ce qui le ronge depuis tout ce temps, mais ça a l'air d'être un lourd fardeau. Peut être bien trop lourd à partager. En tout cas, son secret le détruit et lui retourne la cervelle. La preuve, il caresse les cheveux de l'un de nos assaillant comme si c'était la fourrure d'un animal de compagnie. C'est donc tous pendu à ses lèvres que nous écoutons attentivement et curieux son plan initial dont je suis sûr que nous avons chamboulés rien qu'avec notre présence. Faut dire que nos personnalités prennent de la place !

Il nous explique donc qu'il a besoin d'argent pour son louveteau d'amour afin de le protéger contre une méchante. Mouais. Le truc typique. Tu brises son petit cœur et tu lui offres des babioles pour tenter de le ressouder. Sauf que ça marche pas comme ça. On le saurait depuis le temps quand même si l'argent et l'amour allaient ensemble. Le bonheur ne s'achète pas malgré tout les efforts du monde. S'il le pense vraiment.. Et bien, je ne savais pas qu'il était tombé si bas. L'argent ne résoudra rien, pire, elle empirera la situation. Toutefois, je ne comprends pas. S'éloigner pour protéger, je trouve cela stupide. Comment veux-tu protéger quelqu'un si tu ne sais même pas où il est ou ce qu'il fait ? De toute façon vu l'état d'esprit du mentaliste, je ne pense même pas qu'il ait pensé à cela. Il m'a l'air d'avoir perdu les pédales. Ce qui le rends dangereux vu qu'il est imprévisible maintenant.

Tiens, justement ! Il donne un coup de pied à son doudou ou plutôt à l'homme qui lui a servi de peluche. Aie, je grimace en imaginant recevoir le coup. Quand sa victime se réveillera, elle va morfler avec la douleur sourde qu'elle va ressentir. Bon, de ce que j'ai compris, la méchante c'est Celeano, un nom vachement facile à retenir, sentez l'ironie dans la phrase, et il faut devenir un méchant pour la battre. Houla, le délire de malade là. Devoir se détruite pour la détruire, c'est complètement space comme plan ! Et Matrim, l'air de rien, hausse les épaules comme si c'était normal dans le meilleur des mondes. C'est peut être moi, mais je trouve cette idée totalement stupide. Si même éloigné le dénommé Mathias est en danger pourquoi partir ?

-Depuis quand te poursuit-elle ? Pensais-je à voix haute.

J'ai du mal à imaginer quelqu'un qui t'en voudrais à mort pendant des années sans rien faire pour s'en débarrasser une bonne fois pour toute. C'est malsain ce truc. Et ça doit cacher quelque chose d'encore plus grave. Je ne sais pas dans quoi je me suis encore embarqué en montant dans cette voiture, mais c'est bien trop tard pour reculer. Je ne suis pas un lâche qui s’enfuit au moindre obstacle. Même si celui ci risque de m'offrir un aller simple dans le monde des cauchemars encore une fois. Je le regarde trembler de ses membres, me demandant ce qui lui arrive. Est ce que sa douleur est si forte qu'elle en deviens somatique ?

-Elle en a peur, vous savez ?

Peur de qui ? Je suis perdu là. Mais terriblement à coté de la plaque. Sa Cele-machin, elle a peur de qui ? Ou de quoi ? Je ne sais même pas s'il parle d'un être vivant ou d'un objet, c'est pour vous dire. Je lance un regard à Charlie, espérant futilement  qu'il ait compris de qui le mentaliste nomme. Vu que l'ours pose la question, je suis quand même soulagé de ne pas être le seul largué dans cette histoire. Tout à coup, les poubelles se déplace. Surpris, je bondis de quelques centimètres dans les airs, les yeux écarquillés et le cœur battant à tout rompre. Son pouvoir ? Elle a peur de ses pouvoirs de mentaliste ?

-Elle a peur de ça et je sais pas pourquoi… Elle a dit, une fois, quand on s’est rencontré avec Seth, qu’elle arrivera un jour à pervertir cette partie de moi aussi. Ça veut dire qu’elle n’y arrive pas pour le moment. Seth m’a sauvé, quand elle me poursuivait. C’est là que j’ai eu l’idée de venir ici. J’ai compris comment elle s’était liée à moi. Elle adore me pervertir, elle dit que je suis un homme-enfant, et qu’il y a encore tellement en moi à gâcher.

Ok, maintenant, je sais pourquoi l'humain le connaissait dans le bar et pourquoi il nous a laisser si facilement rentrer dans sa suite. Ils s'étaient déjà rencontrer. Donc, ça veux dire que le Seth sait la vérité au sujet du surnaturel. A part s'il a voulu jouer les bon samaritain en se balançant à corps perdu dans une affaire qui le dépasse sans le savoir. A réfléchir. Le pouvoir de Matrim est donc une partie de lui ? Un peu comme moi et mon loup, même si celui ci est plus mon instinct primaire qui se manifeste. Ou bien c'est une entité avec une volonté qui lui est propre ? Ou bien réponse trois avec un truc totalement inimaginable dont l'idée ne m'aurait même pas traversé une seule fois dans ma vie l'esprit ? Je resserre machinalement ma broche dans ma poche, que j'embarque partout avec moi depuis sa redécouverte sur mon bureau avant mon départ de la ville.

J'ai l'impression que la situation s'empire un peu plus chaque jour depuis mon arrivée à Beacon Hill. La fin sera-t-elle un happy-end ou au contraire, un massacre digne de la guerre du Temps ? Dans tout les cas, cette Celenor? Celena ? Celebi ?, on va l’appeler Cel' pour le bonheur de ma mémoire des noms, elle a réussi en quelques sorte son coup. Matrim n'a plus aucune confiance en lui, pire que moi. Il a perdu sa propre personnalité. On peut avoir une personnalité mais pas de la personnalité disait un héros de film. C'est un peu ce cas de figure ci dont nous faisons face. A vouloir changer, il est bêtement tombé dans son double piège. A part si c'est moi qui suis parano depuis toutes ces mésaventures et imagine des choses là où il n'y en a pas.

Je me suis moi même égaré du chemin mais pas à ce point. Pour ma part, ce n'est qu'une peur enfantine qui m'agrippe à chaque pas. Comme tout gamin qui a peur du noir ou des monstres sous le lit. Sauf que là, je sais que c'est réel. J'ai dévié parce que je marchais dans le noir le plus complet à la recherche d'une source de lumière. Et je pense l'avoir trouvé. Je ne sais toujours pas comment mais je sais que cette broche magique va me permettre de m'éclairer quand j'en aurait le plus besoin. Un coup d’œil vers Matrim et je le vois me sourire. Il a dû deviner à quoi je m'accrochais tellement.  Après tout, c'est bien lui qui l'a créer donc ce ne m'étonne pas qu'il sache que cette broche est devenu une lampe torche dont je vais découvrir comment m'en servir.  

-Et voilà ou j’en suis maintenant. Alors je veux trouver des putains de tueurs à lui envoyer. Et en finir une bonne fois pour toute. Quand je serai sur que Matthias pourra entamer le reste de sa longue vie à l’abri du danger et du besoin, je serai en paix. Je pourrai m’en aller en paix, après ça. Retrouver mon père, et ma mère, ou qu’ils soient. Il doit bien y avoir un après. Avec tout ce monde surnaturel qui existe, il y a forcément un après.

Un après quoi ? Ce question me dérange. Et je n'ai pas envie de deviner réellement ce qu'il se cache derrière ces mots. Sinon, je risque fortement de pété les plombs, de lui mettre une rouste digne de ce nom et lui donner des coups de pieds dans l'arrière train jusqu'à le faire décoller jusqu'à la planète Mars. Parce que ok, t'es poursuivi par une méchante maléfique et alors ? T'élimine la menace et tu vas de ce pas reconquérir l'amour de ta vie point final ! S'il imagine un seul instant que je vais le laisser gâcher le cadeau que lui a offert 'Ma, il se fourre le doigt dans l’œil jusqu'au coude. Et je préviens d'avance, je suis têtu et tenace. Je ne lâche pas jusqu'à que je suis gagnant dans l'histoire.

En faites, vous savez quoi ? Je vais même pas me retenir. Son regard vide veux tout dire à sa place. Sans attendre un signe quelconque, je donne un coup de poing à Matrim en plein visage. Ça ne me soulage pas. Pire, ça augmente considérablement ma rage. De quel droit ose-t-il bafoué un sacrifice ! Beaucoup de monde on supporter beaucoup plus pire que lui à cet instant. Certains ont tellement morflés qu'ils étaient à deux doigts de se mettre une balle entre les deux yeux. Mais ils ont surmontés cela et on réussi. Faut se battre dans la vie, zut ! Se débattre de toute ses forces et même dépasser ses limites pour profiter du bonheur. Pas se suicider à la moindre occasion.. S'il y a bien une chose que je ne supporte pas, c'est la mort. Qu'importe que ce l'on subit, l'important c'est de s'accrocher à la vie de toutes ses forces et de la garder jusqu'au bout.

-Ça il en est hors de question ! Tu me balance cette idée stupide à la corbeille avant que je te le fasse faire de force. Tu vas te relever, prendre du poil de la bête et te battre au lieu de jouer les mollusques ! J'ai peut être nié certains trucs qui me dépasse , je suis peut être parfois à deux doigts de me soulager dans mon pantalon quand je suis terrifié mais je n'ai jamais perdu confiance en moi ni la foi que je place en l'espoir.

Confiance, foi et poussière de fée, ça va devenir mon leitmotiv si ça continue. Je tapote ma poche, toujours pour vérifier s'il et bien là. Peut être que c'est ça la solution. Cette broche, c'est peut être ma poudre de fée et les deux premiers, ma clé pour ouvrir la porte du monde onirique. Peut être que Matrim lui aussi a besoin d'un simili de la poudre de fée. Quelque chose de magique à quoi s'accrocher pour continuer d'avancer. Surtout, ne jamais reculer ni s'arrêter définitivement. Je tente de reprendre une respiration normale et de refluer ma colère avant que mon TEI prenne le dessus. Tout compte fait, ce voyage à Vegas m'a servi à quelque chose. Me remettre les idées en place et donner l'énergie d'avancer avec une lampe torche cette fois ci.

-Je ne vais pas m'excuser pour le coup de gueule ni le coup de poing. Si tu pensais réellement faire ce que je pense que tu vas faire, tu l'a amplement mérité alors.




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MessageSujet: Re: Rod Trippes   Mar 15 Déc - 20:35


Road trip





Le regard furieux puis désarçonné de l’ours suivit le mouvement du mentaliste. Matrim s’était assis contre un mur et son air éreinté sautait aux yeux. Il avait la mine hâve et lorsque, tortillant machinalement entre ses doigts les mèches d’une de leur victime, il releva la tête vers eux, Charlie constata que ses joues étaient creusées de cernes.

« J’ai besoin de fric, pour Matthias… »

La voix du jeune homme s’écoulait dans la petite ruelle, monocorde. Il avait vraiment l’air au bout du rouleau. Le garou, les bras ballants, observa un instant les lieux désertés, puis se dirigea finalement vers une poubelle pour se jucher sur son couvercle. Les explications avaient l’air d’être longues et l’ursidé n’était pas capable de faire deux choses à la fois. Oui, même s’il s’agissait juste de tâcher de comprendre et de rester debout en même temps.

Sur la joue du mentaliste, une larme solitaire prit la tangente alors que Matrim envoyait un coup de pied rageur dans la face qu’il tripotait quelques secondes auparavant. Une pause salutaire pour que l’ours puisse faire le point sur ce qu’il avait capté jusque là. Du fric pour protéger son mec, le couvrir de cadeaux… et disparaître ?  Pourquoi disparaître ? Les traits du garou trahissaient l’effort de concentration dont il devait faire preuve pour parvenir à suivre le raisonnement du photographe. C’était sans doute pour ça qu’on ne lui expliquait pas les plans complexes et qu’on se contentait de lui donner les directives : toute la théorie qui englobait l’action l’ennuyait. Liam s’inquiétait de savoir depuis quand le mentaliste était poursuivi ; Charlie, qui avait déjà eu la version raccourcie de cette histoire, gratta son sourcil froncé :

« C’est marrant, elle a l’air tellement… je sais pas… genre… maléfique… tu crois qu’elle se laissera surprendre par un bête flingue ? »

Matrim haussa les épaules. La vérité, c’était sans doute qu’il était désespéré, au point de tout tenter, même ça. Son récit déviait sur cette étrange force dont l’ours avait pu tester l’imprévisibilité la veille, dans la salle de bain. La poubelle sur laquelle il était assis remua lorsque le jeune homme leur fit une démonstration, tirant au garou un sourire de gamin monté dans les auto-tamponneuses, et ce malgré le ton grave de la situation.

« Elle en a peur, vous savez ? »

Depuis son perchoir, ce qu’il perçut des tremblements des mains du mentaliste fit perdre le sourire à Charlie. Celeano était une sacrée salope et elle n’avait surement pas peur pour rien : quel que soit le pouvoir du jeune homme, il le dévorait de l’intérieur. Apprendre que Seth, ce petit saumon bourré qu’ils avaient failli faire cuire au court-bouillon dans son propre jacuzzi, avait sauvé le photographe surprit passablement le garou. Il ne voyait pas ce type, dont la dernière vision qu’il avait eu était celle du jeune homme affalé, ronflant avec délectation, capable de mettre en déroute la femme implacable que Matrim leur décrivait. Comme quoi, certains cachaient bien leur jeu.

«  Alors je me suis dit que j’allais devenir quelqu’un d’autre… Pour la paumer. Le temps de trouver des tueurs à lui balancer sur la tronche. Et de mettre matthias à l’abri du danger et du besoin. Avant elle, j’ai été quelqu’un de bien je crois… »

Les sourcils de l’ours se froissèrent un peu plus :

« Bah… Tu protèges le mec que t’aimes et t’essayes d’empêche une grosse pute de vous faire du mal… En quoi ça fait de toi quelqu’un de pas bien ? »

Non, il ne voyait pas le problème. Difficile de faire comprendre au type qui n’avait aucun souci à faire sauter les dents de ceux qui l’emmerdaient trop, ou simplement qui s’étaient trouvés là au mauvais endroit, au mauvais moment, ce qu’il y avait de répréhensible ici. Alors certes, il constatait bien quelques côtés moralement douteux au plan du photographe mais de son point de vue, la question de vie et de mort prévalait et il ne se serait jamais mis martel en tête pour ça. Evidemment, il n’avait pas le code moral de base du photographe. Ou même de la plupart des gens.

Indifférent au questionnement interne si rare qu’il avait fait naître, Matrim poursuivait son récit. Le bref sourire qu’il avait adressé à Liam se perdit dans le béton crade et s’il avait repris quelques couleurs à l’évocation de ses meilleurs souvenirs, elles s’étaient évanouies dans le néant, chemin que, apparemment, le jeune homme envisageait également de suivre. Devant cet aveu, les deux garous restèrent interdits, mais le bébé loup fut le plus rapide à réagir. Son poing s’écrasa dans le visage du mentaliste sous le regard effaré de l’ours, très perturbé de voir ses propres techniques utilisés avant même qu’il ait le temps de lever le petit doigt.

« Ça il en est hors de question ! Tu me balance cette idée stupide à la corbeille avant que je te le fasse faire de force. Tu vas te relever, prendre du poil de la bête et te battre au lieu de jouer les mollusques ! J'ai peut être nié certains trucs qui me dépasse, je suis peut être parfois à deux doigts de me soulager dans mon pantalon quand je suis terrifié mais je n'ai jamais perdu confiance en moi ni la foi que je place en l'espoir.

— Calmos le microbe, le casse pas quand même ! »

Charlie jeta un coup d’œil ennuyé à Liam et se laissa glisser au bas de sa benne pour rejoindre l’adolescent sur les nerfs et le pauvre photographe qui protégeait son nez sans doute douloureux d'éventuelles nouvelles velléités du loup. Liam lui avait coupé l’herbe sous les pattes, embarquant avec lui toute la colère que l’ours aurait pu ressentir, et Charlie se contenta donc de s’agenouiller aux côtés de Matrim, relevant le menton du jeune homme sans brusquerie pour constater les dégâts. Derrière lui, le lycéen frissonnait toujours de rage :

« Je ne vais pas m'excuser pour le coup de gueule ni le coup de poing. Si tu pensais réellement faire ce que je pense que tu vas faire, tu l'as amplement mérité alors.

—  Il a au moins raison sur un point t’sais… Je vois pas l’intérêt de se donner autant de mal pour pas en profiter après. Tes vieux t’auras tout le temps de les retrouver plus tard, quand t’auras fini tout le reste. Et tout, hein. Pas juste renvoyer cette salope en enfer. Ce que je me ferai un plaisir de faire si on la croise, je peux te l’assurer. Je suis bon pour ça. »

Une vérité quelque peu « enjolivée » puisqu’il n’avait jamais tué jusqu’alors. Personne en tout cas ne nierait qu’il foutait des baffes de folie et que c’était plus par chance qu’autre chose que personne jusqu’ici n’y avait succombé. Charlie se redressa, aidant Matrim à se relever, puis épousseta ses mains crasseuses sur son jean :

« Je sais pas pour vous mais moi, j’ai besoin d’un verre. On décolle ? »


*


« A gauche ! Tourne à gauche ! »

Charlie braqua le volant et les pneus de la voiture crissèrent dans un dérapage absolument pas contrôlé. Penché vers eux sur le siège passager à l’arrière, Liam lui braillait des directives dans l’oreille. L’ours agita une main agacée, comme s’il tentait de chasser une mouche :

« Pourquoi à gauche ?? Qu’est-ce t’en sais de toute façon, tu connais pas plus ce bled que nous ! Mat’ ! tu les vois ? »

A côté de lui, le mentaliste avait les yeux braqués sur la route derrière eux :

« Prends à droite ! »

A nouveau, la voiture manqua de se renverser le trottoir alors que l’ours virait au dernier moment. Bon dieu, que cette petite altercation dans la ruelle lui semblait loin maintenant. Comme quoi, en deux jours, on pouvait vraiment s’attirer une merde monumentale si on y travaillait bien !


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Merci pour la sign Chuck & Mat' !
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MessageSujet: Re: Rod Trippes   Mer 16 Déc - 11:56




Las Vegas, YEAH BABY

Seth, liam, charlie et matrim
La vie ça fait mal, c’est comme ça… C’est ce que me disait mon père. Il me disait aussi que ça valait le coup, que quoiqu’il arrive, il fallait que je m’y accroche. Comme un rêve s’accroche aux gamins, comme une moule s’accroche à un rocher, comme une teigne s’accroche aux cheveux… Il n’y a pas de trucs universellement bons ou mauvais. Je ne connaitrai jamais de période entièrement euphorique ou entièrement sombre. La vie, c’est comme ça…

Je suis assis par terre, dans cette ruelle ou tout peut finir, mais je sais que ce ne sera pas le cas. Charlie et Liam sont venus à mon secours et maintenant que l’ivresse du combat est terminée, je me rends compte que j’ai mal dans tout mon corps. Pas seulement parce que j’ai reçu des coups, mais plutôt parce que je ressens le manque alors que je tente d’échapper à l’envie d’utiliser mon pouvoir…

Je viens de finir mon monologue, sans haine, sans joie, factuel. Mais ce n’est visiblement pas du goût du jeune loupiot. La véhémence de Liam me surprend, mais moins que son poing qui m’arrive avec douleur sur le coin de la tronche. Il n’a pas ménagé sa force et je sens ma mâchoire douloureuse, mais je n’ai même pas envie de la frotter.

-Ça il en est hors de question ! Tu me balance cette idée stupide à la corbeille avant que je te le fasse faire de force. Tu vas te relever, prendre du poil de la bête et te battre au lieu de jouer les mollusques ! J'ai peut être nié certains trucs qui me dépasse , je suis peut être parfois à deux doigts de me soulager dans mon pantalon quand je suis terrifié mais je n'ai jamais perdu confiance en moi ni la foi que je place en l'espoir.

Me battre ? la bonne blague.. A-t-il la moindre idée de ce que j’ai essayé contre elle ?

-je l’ai tué, une fois... Elle est revenue. Tu comprends ? Une putain d’immortelle !

-Je ne vais pas m'excuser pour le coup de gueule ni le coup de poing. Si tu pensais réellement faire ce que je pense que tu vas faire, tu l'a amplement mérité alors.

Je me marre, acide. Ce que ça peut faire mal, il a dû me briser un os…

« C’est marrant, elle a l’air tellement… je sais pas… genre… maléfique… tu crois qu’elle se laissera surprendre par un bête flingue ? »

- elle ne me lâchera pas. Soit je trouve le moyen de la vaincre, et ça implique de ne pas utiliser de pouvoirs ou de personnes non humaine, car elle peut les retourner à son avantage. Soit je tire ma révérence. Pas pour moi, pas pour plus souffrir. Tu crois que je veux faire ça parce que je suis lâche ? Si elle me contrôle complètement, elle pourra avec mon pouvoir avoir qui elle veut sous sa coupe… Les empreintes que je laisse sur les objets, ce serait son portail vers son hégémonie…Mais avec des traîne-potence comme ces connards, elle n’aurait aucune emprise… Je ne sais pas si on peut la tuer… Mais je voulais l’occuper assez longtemps avec des mecs qu’elle ne pourrait pas contrôler, car ils sont déjà sous contrôle. Celui du fric. C’est pratiquement la pire corruption qu’il puisse exister.

Je fais une pause, j’ai super mal, ça pulse dans ma mâchoire.

-Vegas c’est pas pour rien. Elle ne me cherchera jamais ici, et ne se douterait jamais de ce que je suis prêt à devenir et à faire contre elle, et pour le protéger lui…

Je me rend compte de ce que je suis en train de devenir. A cause d’elle, mais c’est quand même une décision que j’ai pris seul. Je suis un putain de junkie, accro à mon pouvoir…

« Bah… Tu protèges le mec que t’aimes et t’essayes d’empêcher une grosse pute de vous faire du mal… En quoi ça fait de toi quelqu’un de pas bien ? »

J’aime bien Charlie. Tout à l’air plus simple avec lui. Il a une façon de gérer les problèmes qui me fait penser à un dessin animé, ou plutôt un comics. Si on était dans un comics, j’aurais eu droit à une case avec un gros « POW » au moment où Liam m’arrachait la gueule.

Quand il me prend le menton pour le relever, je me laisse faire. Je dois avoir une sale tronche. Pas comme si ce n’était pas déjà le cas ces derniers temps.

— Il a au moins raison sur un point t’sais… Je vois pas l’intérêt de se donner autant de mal pour pas en profiter après. Tes vieux t’auras tout le temps de les retrouver plus tard, quand t’auras fini tout le reste. Et tout, hein. Pas juste renvoyer cette salope en enfer. Ce que je me ferai un plaisir de faire si on la croise, je peux te l’assurer. Je suis bon pour ça. »

Je lui souris.

-ça marchera pas, mais c’est gentil… C’est une putain d’immortelle pour ce que j’en sais.. Elle a plusieurs siècles, à ce que j’ai compris… Oh, ça, je vous fais confiance, des mecs comme vous, vous pourrez lui faire mal. Elle ressent la douleur. Elle saigne… mais elle ne meurt pas.. Du moins je ne sais pas comment. Les types que je voulais lui envoyer ne l’auraient pas tué, mais elle aurait perdu du temps. Si vous l’approchez, elle pourrait très bien vous avoir à sa botte, au final… Elle peut contrôler les dons des gens. Du moins faire en sorte qu’ils la servent, elle. Surnaturels ou naturels… Quand il s’agit de créatures surnaturelles, elle les contrôle, donc, ou les obligent à agir pour elle… Vous voyez le topo ?

En tourne en boucle. Comme si je n’avais pas déjà ressassé tout ça dans ma tête… Et pourtant, il doit bien y avoir une solution… Forcément…
Finalement, Charlie m’aidant à me relever, on décide de retourner à l’hôtel. C’est avec une poche de glaçons sur la tronche que j’arrive à atténuer la douleur, et je finis par m’endormir, en sécurité dans les bras de Charlie. On est de nouveau dans notre chambre moins grandiloquente que celle de Seth.

Le lendemain matin, c’est une équipe solidaire qui affronte le casino. Charlie fait des miracles au poker, Liam n’est pas en reste, et je change de tactique, contrôlant quelques dés pour passer au niveau supérieur. C’est en voulant changer les jetons en gains tangibles que je sens l’embrouille. Pourquoi le patron tiens à nous féliciter en personne ? Et pourquoi sa poigne, un peu trop ferme, sonne comme un avertissement ?

-profitez bien de vos gains. Au plaisir de vous revoir… Si vous revenez un jour…

OK.. Message reçu… On se regarde, concours de tronche en biais, Charlie, Liam et moi… On sait très bien que ça sent l’embrouille à plein nez… Bizarrement, nous voilà assez rapidement en train de rassembler nos affaires, dans la chambre. Soudain, je n’ai plus vraiment envie de trainer, et je trouve mon idée d’embaucher des tueurs vraiment conne…
Nous dirigeant vers le parking, en vue de récupérer ma poubelle sur roue pour retourner a Beacon Hill, nous avons la désagréable surprise de voir que des personnes pas très nette attendent devant notre voiture…

-Oh ? Vous nous quittiez déjà ? Laissez vos sacs rouges par terre et filez dans votre poubelle vers ploucville ou peu importe d’où vous venez..

Les sacs rouges sont ceux remplis de liasses de billets… Ils nous suivent avec des caméras ou quoi ?
Hors de question d’avoir fait tout ça pour rien !

-les mecs ?
Liam et Charlie me réponde d’un « ouais » lapidaire.
-RUUUUUUUUUUUUUUN !

Et je me précipite non pas sur ma bagnole, mais sur la leur, qu’ils ont eut la bêtise de laisser, les portes ouvertes… Je n’ai aucune idée de la marque ou de la race, je ne sais pas comment on dit, mais je sais qu’elle a l’air rapide et stylée… Même si elle a une tronche de mafieux, elle aussi. Charlie saute et glisse sur le siège conducteur, moi a côté, et Liam fait un magnifique roulé-boulé pour atterrir sur la banquette arrière.

-et comment vous allez la démarrer, connards ?

Me lance un des types, pendant que les autres nous tiennent en joue, après avoir tiré sur le sol près de nous…
-comme ça, connard !

Et j’envoie ma bestiole. Contact ! Le moteur ronfle, Charlie part en trombe sous les insultes !
(..)

« Pourquoi à gauche ?? Qu’est-ce t’en sais de toute façon, tu ne connais pas plus ce bled que nous ! Mat’ ! tu les vois ? »

-j’ai la gerbe, surtout… Je crois qu’on les as aux basques, encore.

Un coup de feu qui arrache une étincelle au bitume confirme mes craintes… C’est une course effrénée qui se poursuit, totalement incroyable, alors que nous sommes totalement paumés dans cet univers que nous ne connaissons pas…

-hors de question qu’ils s’en tirent comme ça… Attend un peu que je les aie en visuel, leur bagnole vas avoir envie d’aller prendre un bain dans le fossé, je te le dis… Et qu’ils crèvent !

Je tremble. Non pas de peur, mais parce que j’abuse de mon pouvoir. Charlie et Liam s’échangent des regards via le rétroviseur, se demandant s’il ne vaut pas mieux m’assommer, à ce que je sais…
Finalement, j’aperçois la voiture derrière nous, et un type qui nous vise avec son flingue… Je me sens partir, avec une joie sauvage, et je m’attache avec cette partie de mon être qui réclame cette sauvagerie. Les pneus crissent, la voiture fait une embardée. Plus. Il faut plus. Il faut que je contrôle plus. Je sens le métal, l’asphalte, l’essence, les forces de tractions. Je n’ai jamais fait ça. Contrer une masse conséquente déjà en mouvement. Il suffirait d’un peu.. D’un peu… Le sang coule de mon nez, et de mes oreilles. Putain de merde ! Il coule de mon œil droit aussi…

La dernière chose que je vois avant de recevoir un coup derrière la tête, c’est la voiture qui bifurque, dans un cri affolé de son conducteur, derrière nous, un bruit de choc, et des pneus qui crissent. Black out…




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MessageSujet: Re: Rod Trippes   Ven 18 Déc - 13:01











Road movie



Matthias m’a filé le volant de sa sportive. Jusqu’à refaire le plein d’essence, nous avons peu parlé, moi enfermé dans ma rage froide contre les chasseurs et Matthias encore choqué que l’une des nôtres ait été séquestrée ainsi. La fille que nous avons libérée est partie sans demander son reste. La zone est aride, je ne sais pas comment elle arrivera à mettre de la distance entre elle et les Kalaveras.

Conduire me détend. Je donne à Matthias mes impressions et les différences avec ma Maserati. Je ne le lui dis pas, mais je préfère ma voiture à la sienne. Elle a une meilleure stabilité dans les virages. Nous poursuivons notre voyage vers Matrim. Bientôt Las Vegas nous accueille avec son orgie de panneaux lumineux. On doit voir cette ville depuis Neptune !

- Tu as une idée de comment le trouver ? Demande Matthias. Je crains qu'il ne s'esquive si nous le prévenons de notre venue.

- Je ne lui laisserai pas le choix Matthias. Pour le trouver… il va nous falloir de la chance car, si je sens notre lien de meute qui me confirme bien qu’il est ici, ce n’est pas comme un GPS malheureusement. Je propose qu’on fasse la tournée méthodique des casinos. On pousse notre odorat à fond et on le cherche.

On allait certainement se choper un mal de tête carabiné car les ambiances des casinos ne sont pas les meilleures pour nos sens. Mais, nous devons le faire. Cette histoire est vraiment trop bête. Matthias et Matrim qui souffrent chacun de leur côté… Ce que je n’ai pas dit à Matthias, c’est que je perçois un peu l’état émotionnel de Matrim. Pour l’instant il semble euphorique ou du moins content, m’incitant à penser qu’il triche aux jeux et que par corollaire il est dans un casino.

L’atmosphère du casino où on se trouve me plait finalement bien. Cela sent l’argent, le plaisir et le vice. Est-ce mon état d’esprit actuel, mais si nous n’avions pas une mission à accomplir, je me laisserais bien tenter par une partie de poker. Mes atouts de lycans me permettraient de démasquer les bluffeurs et de gagner facilement. Cependant, j’ai promis à Matthias de lui trouver Matrim. Mes amis passent avant cette joie facile autant qu’éphémère du jeu.

Cela fait le quatrième casino que l’on écume sans que je ne sente la moindre odeur de Matrim. Alors que l’on se dirige à pied vers le cinquième, une angoisse m’arrête. Ce n’est pas moi qui la ressent, mais mon futur frère de meute qui l’est un peu déjà. Matthias me questionne du regard, comprenant que je ressens quelque chose. Je ne parle pas pour ne pas perdre ma concentration et l’invite d’un geste à rejoindre la voiture où je m’assoie derrière le volant. Je ferme les yeux.

- Danger… il est en danger.

Je lève les mains du volant,  impuissant, à la question du « où » de Matthias. Puis soudain j’ai une sensation de mouvements rapide, d’une fuite. Je démarre le moteur et m’engage dans la circulation.

- Cherche une voiture qui roule trop vite !

Je sens une vague direction et un gros sentiment d’urgence. J’appuie sur l’accélérateur et me faufile entre les voitures quitte à passer sur la voie en contre sens pour aller plus vite. Plus qu’à prier de ne pas se faire prendre en chasse par des flics.

C’est un enjoliveur qui file tout seul sur la chaussée qui nous fait tourner la tête à Matthias et moi. Juste le temps d’apercevoir le coffre d’une voiture qui bifurque un peu rapidement, j’ai déjà fait un tête à queue pour la suivre dans un concert de klaxonne. Mes réflexes de loups et mon habitude à conduire ce genre de voiture aident bien, mais c’est assez chaud, la circulation est dense et les piétons lents à se pousser quand je me mets à rouler sur le trottoir. Je devrais être inquiet, mais en fait je suis aux anges. L’adrénaline se déverse dans mes veines. Je n’ai pas aperçu l’occupant de la première voiture, mais je suis certain que Matrim y est. Quant à la deuxième voiture qui le prend en chasse… elle en évite une troisième qui semble avoir subi les malices de Matrim.

- Je te rembourse les dégâts.

J’apprécie la puissance que j’ai sous le capot et colle au train des deux voitures fuyardes. Je ne sais pas qui poursuit notre ami, ni pourquoi, mais il semble tenace. Notre poursuite et digne d’un film d’action. La circulation m’empêche de remonter à la hauteur de la voiture de Matrim, d’un coup de volant je bascule sur la voie en sens inverse. Matthias se cramponne me traitant de fou, je reste concentré à éviter les voitures qui viennent vers nous. Le risque en valait le coup, car non seulement je dépasse la voiture des poursuivant, mais aussi celle des poursuivis. Je ne connais pas le conducteur, mais reconnais Liam à l’arrière qui semble bien affolé.

Nouveau coup de volant, je repasse sur la bonne voie et freine pour arriver à la hauteur de Liam et compagnie. Matrim semble inconscient sur le siège avant. J’ouvre la fenêtre et crie.

- Liam ! Continuez en direction du nord, on va les retenir !

Je lui fais des gestes rapides pour lui dire d’y aller. Je capte une bribe de ce qu’il dit au conducteur « Je les connais, c’est Chad et Mat.. »

- Ne t’inquiète pas il est vivant, dis-je à Matthias alors que je zigzague pour empêcher la voiture des poursuivant de me doubler.

(…)

- Ce qu’ils sont collants !

Je maugrée, nos poursuivants nous collent aux fesses et la voiture de Matrim ne prend pas suffisamment d’avance pour pouvoir s’enfuir. Pire elle s’engage dans une voie qui est clairement identifié comme sans issue !

- Mais c’est qui l’âne bâté qu’ils ont en conducteur ?!

La confrontation va être inévitable…

- Matthias ! Tu t’occupes de Matrim OK ? Tu le mets à l’abri.

Depuis l’attaque des chasseurs lors de notre arrêt, j’ai les poings qui me démangent. Je ne sais pas qui sont ces types qui en veulent après Matrim, mais ils vont aller manger la poussière. Une chose est certaine, je vais avoir plaisir à le faire.

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MessageSujet: Re: Rod Trippes   Mar 22 Déc - 21:55





Course de voiture


Non, je ne regrette rien. En toute franchise, je n'ai plus envie de regretter quoi que ce soit. Alors le coup de poing, c'est des broutilles comparé à autre chose que j'ai pu faire dans le passé. S'il n'y avait pas eu le nounours, j'en aurait fait de la charpie moi du Matrim pour penser de telles sornettes. On ne se suicide pas, point final. Je serait même capable de le ressusciter pour botter l'arrière train de la personne qui ose attenter à sa vie.

Si tu fais parti de mon cercle de connaissance, t'es obligé de me supporter jusqu'à que tu deviennes vieux et sénile, c'est la règle d'or. Et encore, je pourrais même venir vous embêter avec votre déambulateur juste pour le fun. Trimbaler un Liam dans ses liens sociaux, c'est jusqu'au bout. Pas de retour en arrière ni service après-vente. J'écoute d'une oreille distraite les commentaires des deux autres, préférant rester dans ma bouderie. Les immortels ça n'existe pas. La preuve, Jack Harkness est bel et bien mort même si cela à durer des millénaires d'attente.

Il y a toujours un moyen pour s'en débarrasser. Il faut juste trouver lequel. Mais bon, si le mentaliste veux jouer les Cosette, je ne l'empêche pas. Ça ne servira strictement à rien de s'apitoyer sur son sort. Je l'ai appris à la dur cette leçon. Alors si je veux casser quelqu'un, je le fait. C'est pas un ours des cavernes qui va m'obliger à faire le contraire. Ah, tiens, maintenant on parles de fric. Ce n'est vraiment pas ça qui va rendre la vie plus heureuse. Si le bonheur s'apportait avec des billets, ça ferait longtemps qu'on le saurait. Je comprends que Vegas est la ville du vice, de la luxure et de l'exubérance mais je ne comprends pas cette mentalité comme quoi la richesse monétaire apport le pouvoir.

Après discussion sur le pourquoi il ne doit pas mourir et un bref topo sur la méchante immortelle du jour, nous nous sommes mis d'accord pour l'aider. Je ne suis pas de mauvaise foi mais je tiens à signaler que je ne le fais que pour 'Ma Joe.... Bon, ok, je l'avoue, je le fais en grande partie pour lui.  Mais c'est juste pour qu'il me soit redevable et puisse plus tard répondre à mes questions sur l’événement tisseuse. Depuis ma montée dans sa voiture, les souvenirs pourtant enfouis resurgissent. Toutefois, je ne m'embête plus à les traiter et les laisse dans un coin de ma tête pour plus tard. Vu qu'ils ne veulent pas disparaître pour de bon, autant s'en servir le moment donné. Mais voyons tout cela plus tard voulez vous ? Ça attendra un certaine discussion avec Stiles pour savoir où il en est avec sa pré-enquête.

(…...)

Durant la nuit, alors que Matrim dort dans les bras de Charlie accompagné d'une poche de glace, je fixe du regard ma broche. Nous voilà plus que tout les deux ma cocotte, toi et moi dans cette chambre d’hôtel beaucoup moins prestigieuse que la précédente. Mais on s'en fout n'est ce pas ? Ce qui compte c'est de voir si j'ai bel et bien trouvé le moyen d'ouvrir la serrure entre nos deux mondes.  Quel était la formule secrète déjà. Ah oui, confiance, foi et poussière de fée. Certains pourront me prendre pour un illuminé en entendant cela, mais je m'en contre fiche. L'important, c'est que ça marche. Les druides y arrivent bien, pourquoi pas moi ?

Tenant en main la broche enflammée, je ferme les yeux et visualise ce grand portail infranchissable. Ceci est mon immense barrière m'empêchant de naviguer entre deux univers. C'est donc l'heure de vérité. Si je réussi, j'en serai terriblement heureux. Si c'est l'inverse par contre... Certains meubles vont y passer sous ma frustration, je suppose. Ma broche est en même temps la clé et la serrure. Faut juste que j'arrive à assembler correctement les morceaux au bon moment. Je respire un bon coup et m'approche de la serrure de la porte qui apparaît sous la poignée. Allez, j'ai pleinement confiance en moi, je sais que je vais y arriver. J'ai déjà parcouru la moitié du chemin, je ne vais pas abandonner maintenant.

Je lève mon bras et tends vers la serrure ce que je pensais être la broche. J'ai tellement cru que c'était la clé que je me suis littéralement retrouvé avec une clé dans la main. Ok... Pas flippant du tout. Au moins j'ai compris que mes pouvoirs de rebelle se basait sur le physique et non le mental. Il me faut une base pour pouvoir la modifier. Mes mains pour les transformer en pistolet enflammée et ma broche pour la modifier en clé. Je ne sais pas si c'est exactement comme ça qu'on puise dans les pouvoirs de rebelle mais c'est ma méthode. Modeler à partir de la matière/ Je tourne la clé et entends le bruit distinctif d'ouverture des verrous.

J'ai réussi à accomplir mon exploit en solo cette fois ci ! Sans attendre, je pousse la lourde porte afin d'atteindre le monde gris. Rien à changer. C'est parfait. La porte derrière moi que je viens de traverser est le lien de passage entre les deux mondes. Je quitte donc ces lieux gris en repassant par la porte, qui sert aussi bien d'entrée que de sortie. La prochaine fois, je tenterai d'imaginer une fenêtre. Surtout, ne jamais sous estimer les fenêtres. Les loups garous en sont dingues, ils passent les trois quart du temps par là, parait-il. Faut dire qu'avec mes nouveaux réflexes, ma fenêtre de chambre à Beacon hill n'est pas si insurmontable à franchir. C'est donc heureux d'avoir testé avec succès ma méthode à la Peter pan que je m'endors dans cette chambre d’hôtel.

Au réveil, c'est reparti pour un tour au casino. L'objectif du jour ? Vider la cagnotte jusqu'au moindre centimes. Certes assez brute de fonte comme méthode mais on a pas le choix. Je retourne à mes jeux de prédilection, esquivant le plus possible les tables des deux autres. Ça serait con et contre productif de se retrouver en duel alors qu'on doit empocher le plus de jetons possible. Ayant eu une bonne récolte, nous partîmes échanger les jetons contre des petits sou-sous bien réel. Toutefois, en voyant le patron venu nous féliciter, Matrim change d'odeur. Elle est plus âcre, comme s'il sentait que quelque chose clochait. Pour ma part, je ne trouve rien de bizarre. Faut dire que je ne m'y connaît pas du tout en casino ni le fonctionnement de celui ci.

-Profitez bien de vos gains. Au plaisir de vous revoir… Si vous revenez un jour…

Ah ok, j'ai compris. Faut dire que là, la menace n'était pas du tout voilée. Elle est même bien trop voyante pour notre propre bien. Je savais bien que m'embarquer dans des affaires pas très net me plongerai dans les ennuis. Mais comme d'habitude, j'ai fait ma tête de mule. Nous nous regardâmes pour savoir que faire et en un clin d'oeil on se retrouve dans notre chambre pour y emballer le plus rapidement possible nos affaires. Ok pour gagner de l'argent mais si c'est pour se faire tuer par le patron du casino parce qu'on gagne trop, non merci. Je préfère être en vie et pauvre que mort et riche. Encore heureux de n'avoir eu que de maigres affaires, en quelques minutes, tout était dans les sacs, et nous étions prêt à disparaître dans la nature.

Descendant quatre par quatre les marches des escaliers, nous nous dirigeâmes vers la voiture de Matrim. Enfin, elle ne le porte que de nom. Elle reste pour moi une carcasse métallique ambulante motorisée. Néanmoins, on ne pu jamais l'atteindre. Des gens puant la poudre et le sang barrent notre chemin. Et zut, pas assez rapide on dirait.

-Oh ? Vous nous quittiez déjà ? Laissez vos sacs rouges par terre et filez dans votre poubelle vers Ploucville ou peu importe d’où vous venez.

Ploucville ?! Je sais que Beacon Hill a subi de lourd dégâts durant cette décennie mais tout de même. Je l'aurai plus renommé purgatoire terrestre. Mais c'est chacun qui voit. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il ne mettront pas ne serait ce qu'une griffe sur les sacs ciblés. On a pas bosser comme des dingues pour se faire dévaliser par des rigolos. Rigolos armés par contre. Ça change la donne. Appel du mentaliste dont je réponds par un « ouais » en même temps que l'ours.  On va taper ? Ou on va appliquer une retraite stratégique avec notre butin ? Je pense pas que sa voiture ira très vite, jusqu'à les semer dans le dédale de la ville.  

-RUUUUUUUUUUUUUUN !

Okidoki, je commence à courir vers la voiture avant de me rendre compte que les autres courraient vers celle de nos ravisseurs. Petit dérapage contrôlé et demi tour au pas de course. Je rattrape vite fait mon retard avec ma super-vitesse de loup. Oh le con que j'ai fait. Me gourer de voiture. Fallait précisé quand même la direction où courir ! Sinon je pars au quart de tour et basta ! Les portes ouvertes, je m’engouffre dedans pour basculer au dessus de la banquette avant et atterrir sur cette de derrière. La classe ! On recommencera une prochaine fois ? Pour une fois que les acrobaties du Lacrosse me servent à quelque chose.

En joue par les tueurs à gages du jour, ou un truc dans ce genre là, je trépigne sur place. Comment ça se fait qu'on n'a toujours pas démarré ! J'ai pas envie de me faire canarder comme un pigeon ! Même si c'est dans une sublime voiture de sport. Tout à coup, après une insulte du mentaliste, nous démarrons sur les chapeau de roue, laissant derrière nous une bel trace des pneus sur l'asphalte. Allez bon débarras ! J'ai parlé trop tôt, comme d'habitude. Un jour, il me faudra me la fermer une bonne fois pour toute avant d'attirer tout les ennuis de la planète. Poursuivi en voiture, par les mafieux, Charlie nous fait zigzaguer dans les rues pour éviter un maximum les coups de feu qu'on nous tire dessus et les coups foireux pour nous faire quitter la route.

-A gauche ! Tourne à gauche! Dis-je près de l'oreille de l'ours.

Penché en avant, vers les adultes, je donne des directions par rapport au panneau que j'aperçois vite fait. Vu à la vitesse auquel on roule, il est difficile de lire correctement de tout manière. Mais Charlie ose tout de même me chasser de la main. Ce qui ne m'empêche pas de continuer. Je suis parfois pire qu'une teigne dans certains moments. Comme celui ci d'ailleurs.

-Pourquoi à gauche ?? Qu’est-ce t’en sais de toute façon, tu ne connais pas plus ce bled que nous ! Mat’ ! tu les vois ?
-Parce que je lis les panneaux indicateurs, crétin d'ours des cavernes ! Donc tourne à gauche !
-J'ai la gerbe, surtout… Je crois qu’on les as aux basques, encore.

J'ai l'impression de parler dans le vide. Au lieu de m'écouter, le nounours n'en fait qu'à sa tête. Si ça continue qu'il se démerde tout seul le nounours à l'orientation soit disant infaillible. A part trouver une grotte et des pots de miel, j'ai des doutes pour le reste. La preuve, on viens de louper une sortie. Tout ça parce que monsieur ne veux pas m'écouter. Je sais pas eux mais moi, je n'ai pas envie que l'on nous rattrape pour ensuite se faire descendre une balle entre les deux yeux. Je suis bien trop jeune pour mourir ! Par ailleurs, Matrim a l'air d'avoir changer d'avis à ce sujet car il menace de mort nos poursuivant et sous entends d'user de ses pouvoirs pour y arriver.

Voyant ses tremblements devenir de plus en plus intensif, je regarde inquiet l'ours. Qu'est ce qu'on fait ? On l'assomme puis on se dispute tout les deux sur la direction à prendre ? Ou on le laisse ainsi  et on attends de voir ce qu'il se passe. Vu la perceptive de se crêper le chignon juste pour une direction, mieux vaut pour l'instant le laisser en pleine possession de ses moyens. On avisera le moment venu. Tout à coup, j'entends la voiture derrière nous crisper sur le bitume. Et crotte. Il utilise son pouvoir. Je le observe et voit avec horreur qu'il saigne.

-Oh mon dieu ! Il saigne. Il saigne !!! C'est pas normal qu'il saigne ainsi ! On fait quoi ? Paniquais-je devant autant de sang.

La réponse du nounours ne se fait pas attendre. Emmenons le dans le monde du rêve en attendant qu'on est semer nos poursuivants. Plus facile à dire qu'à faire. On l’assomme avec quoi ? Je suis pas fait pour assommer les gens moi. Avec un ustensile de cuisine ou une batte ok, mais les mains vides... là c'est la panne sèche d'idée. J'ai bien trop peur de louper mon coup et de le tuer par inadvertance. Et le mentaliste saigne encore plus qu'avant. Le temps presse. Je fais quoi à par paniquer ? C'est l'ours habitué aux baffes qui m'explique comment le faire. Je suppose qu'il en avait marre de me voir disjoncter pour un peu de sang puisque c'est lui même qui donna le coup de grâce. Ok, je ne suis donc bon à rien faire dans cette voiture à par paniquer devant du sang et donner des directions à tout va.

- Liam ! Continuez en direction du nord, on va les retenir !

J'entends une voix venant d'à coté de nous. Je regarde vers la vitre et observe une voiture roulant à nos cotés. A l'intérieur des personnes que je reconnais via souvenirs. L'amoureux et le louveteau du dormeur! L'ursidé par contre, n'a pas l'air d'avoir envie d'écouter les nouveaux venus. Je le comprends. Va falloir que je le convaincs. Comme s'il allait m'écouter celui là. Aussi têtu qu'une mule ce bonhomme. Attendez, c'était quoi déjà leurs prénoms... Je le sais pourtant, Stiles me les avait donner lorsqu'on en avait discuter. Chad et Matthias !

- T'as entendu ? Tout droit ! Je les connais, c'est Chad et Matthias. Tu sais l'amoureux de Matrim. Bref, longue histoire sur notre rencontre mais tu peux les faire confiance. Histoire de meute et tout le bazar.

Toutefois, comme j'avais prévu, il n'en fait qu'à sa tête le nounours. Au lieu d'aller tout droit comme prévu, ce qui n'aurait pas du être très compliqué en soi, il bifurque dans une autre rue. En sens interdit en plus, à ce que je constate avec horreur en voyant le panneau rouge. Je m'agrippe au fauteuil, y plantant mes griffes dedans alors que mes yeux clignotent d'or de terreur. On va tous mourir avec si une voiture est en face. Cette ruelle est bien trop étroite pour laisser passer deux voitures dedans. Oh mon dieu, oh mon dieu ! Dans quel galère je me suis encore embarqué ?!

-Bon sang, fait demi-tour ! On va tous mourir ! Qu'est ce que tu fous dans un sens interdit ?! Tu vas nous rameter les flics en plus des mafieux! Oh mon dieu, faites moi descendre de là....


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MessageSujet: Re: Rod Trippes   Lun 28 Déc - 13:40












Le mal se fait sans effort

Feat. Chad, Liam, Charlie et Matrim

Chad s’arrête brusquement au milieu de la foule en mouvement. Un flot de personnes nous contournent. Dans cette ville, l’immobilité est une gêne. Je reste accroché au visage de Chad qui semble capter une sensation ténue. Comme un funambule qui ne voudrait pas s’écarter de la voie, il nous dirige vers la voiture et s’installe derrière le volant.

Je comprends que je dois garder le silence lorsqu’il ferme les yeux.

- Danger… il est en danger, annonce-t-il.

Mon cœur s’emballe, je n’ai pas ce contact avec Matrim mais l’urgence dans la voix de Chad suffit à m’effrayer.

- Où est-il ? Demandé-je précipitamment.

Chad ne sait pas me répondre, le lien ne fonctionne pas comme une boussole précise qui pointerait Matrim. Ce sont d’infimes perceptions qui nous en apprennent déjà beaucoup.

Le moteur de l’Aston démarre subitement et nous sommes plongés la seconde suivante dans la circulation de Las Vegas.

- Cherche une voiture qui roule trop vite ! S’exclame l’architecte.

Je manque d’arracher la poignée à laquelle je m’agrippe lorsque Chad slalome entre les voitures, sur l’une ou l’autre des voies.

Puis, de concert, nous tournons la tête sur le côté. Dans la densité du trafic, c’est presque inespéré que nous tombions sur le bon véhicule. Mais ceux-là ont l’air d’effectuer une course poursuite effrénée digne des films d’action. À cela, Chad braque le volant d’un coup sec pour filer à son tour dans la même direction. Je suis angoissé par le sourire que je vois se peindre sur son visage. Il aime cette sensation de danger plus que raisonnablement. Les piétons hurlent en se jetant hors de notre trajectoire. Je ne sais pas dans quel état sera la voiture après ce rallye urbain.

- Je te rembourse les dégâts, promet mon ami.

Nous formons une guirlande de voitures de luxes ou tout du moins puissantes. La troisième de la file effectue une embardée violente et s’encastre dans une borne incendie.

Chad accélère encore pour les dépasser toutes.

- Tu es fou ! Crié-je sans lui interdire d’agir.

Nous finissions à hauteur de la voiture des poursuivis. C’est alors que je le vois. Matrim est inconscient contre la portière côté passager. Je suis sorti de ma stupeur par l’air qui balaie mon visage lorsque Chad ouvre ma fenêtre  pour s’adresser à celui que je reconnais comme un ancien compagnon d’aventures.

- Liam ! Continuez en direction du nord, on va les retenir ! Ordonne Chad avec des gestes secs et une voix forte.

Je vois les lèvres de l’interpellé s’agiter pour s’adresser au conducteur. Je ne les entends pas, ne les écoutes pas. Je fixe Matrim et le sang qui macule son visage.

- Ne t’inquiète pas il est vivant, me rassure l’architecte.

Il ne s’agit plus de conduite mais de pilotage lorsqu’il tente par tous les moyens de faire barrage aux voitures qui suivaient jusqu’alors celle de nos amis.

- Ce qu’ils sont collants ! S’énerve-t-il.

Je me tords le cou à regarder dans toutes les directions, le regard de Chad est braqué sur les rétroviseurs.

- Mais c’est qui l’âne bâté qu’ils ont en conducteur ?! Hurle-t-il quand nous comprenons dans quoi s’engage la voiture que Chad tente de protéger.

Une voie sans issue. J’imagine sans mal le mur par lequel nous allons être stoppés net. Matrim pourrait faire mouvoir l’obstacle brique après brique ou bloquer la rue en amont pour que les poursuiveurs ne puissent plus nous atteindre. Mais il ne fait rien de tout ça. Il ne le peut pas.

Dans un dernier tour de volant, Chad place la voiture perpendiculairement au sens de la rue de façon à bloquer celles qui suivent.

- Matthias ! Tu t’occupes de Matrim OK ? Tu le mets à l’abri, s’exclame-t-il.

Je ne prends part au combat que pour trouver le moyen de rejoindre Matrim. Son image me hante. Je blesse autant qu’on me blesse parce que je ne suis pas concentré. La colère de Chad irradie. Bien plus que lorsque nous avons pris la fuite dans ce petit village. Qu’on s’attaque à ses amis renforce de manière exponentielle sa rage et sa soif de vengeance.

Je n’écoute ni les grognements de rage de l’adolescent qui est sorti de la voiture ni même le mécontentement plus rauque de celui qui conduisait. Ils ne souhaitent pas laisser Chad seul face aux hommes qui les suivaient. Mais Matrim…Matrim lui est seul. Et son état me préoccupe plus que tout le reste.

Il y a cet homme qui s’est approché, arme à la main, et qui semble attiré par des sacs plein d’argent comme un ours serait attiré par le miel.

- Matrim ! Hurlé-je.

Mon cri aurait pu être entendu par le plus sourd des hommes tant il venait du cœur.

J’attrape le mafieux par l’épaule est l’envoie valser plusieurs mètres derrière moi. Je n’ai que faire de savoir si sa chute lui sera fatale.

Mes mains sont tremblantes mais je parviens à attraper fermement Matrim. Je le serre une seconde contre moi avant de le poser délicatement au sol.

C’est une capacité miraculeuse que nous possédons nous les hybrides loups. Absorber la douleur d’une personne en souffrance. Je sers ainsi mon bras sur le sien autant que mon cœur est serré de le voir ainsi.

Les coupures sur mes mains cicatrisent mais un peu de mon sang marque ses pommettes lorsque je lui caresse le visage. Il en a déjà tellement… Ses larmes étaient-elles réellement écarlates ? Il m’a un jour parlé des effets qu’une utilisation excessive de son pouvoir pouvait avoir sur lui. Aujourd’hui, je crois qu’il a fait l’effort de trop pour tenter d’aider ses amis. Je refuse égoïstement que sa vie en soit le prix.

J’avais peur de ne plus me souvenir de la sensation de ses lèvres sur les miennes. Une main sous sa nuque, je retrouve ce plaisir dans un sombre moment. L’émotion me saisit avec force, je sens la tempête qui meurtrit son corps et son esprit certainement bien plus encore. Sa respiration est si faible que j’ai l’impression qu’il dérive sur un lointain océan. Un endroit duquel je ne pourrais pas le ramener.

- Reviens, Matrim…soufflé-je. Je t’aime.

Mon sang pour ton sang,
Ma force devient tienne.
Rejoins les vivants,
Que la vie te revienne.


Mes veines noircissent encore. Je l’embrasse avec plus de force que je n’ai jamais osé le faire.

Alors quelque chose se produit.









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MessageSujet: Re: Rod Trippes   Sam 2 Jan - 16:44




Las Vegas, YEAH BABY

Liam, charlie, chad, Matthias et matrim

Ici au moins je n’ai plus mal. Si seulement je pouvais rester dans cet entre monde, le temps que tout s’arrange… Mais je sais très bien que tout ne va pas s’arranger comme ça. Avec une correspondance étrange, je sens mon corps bouger, se faire malmener. Je sais que je suis toujours dans cette voiture, et que nous sommes poursuivis, mais que j’ai été assommé, sans doute par Charlie, peut être Liam.

Alors, pour la première fois depuis quelques temps, j’ai le temps de réfléchir, puisque mon corps ne m’appartient plus et que je n’ai plus à m’occuper des contingences matérielles de la vie.
Envoyer des mercenaires humains, par définition déjà corrompus, contre Celeano, ça peut marcher, mais ça ne fera que la ralentir. Ça ne fera que retarder la vraie confrontation. Tôt ou tard, il me faudra rentrer à Beacon Hills pour l’affronter. J’ai besoin de trouver quelque chose contre elle. La seule chose dont je sois sûr, c’est qu’elle a peur de ma bestiole. Longtemps, j’ai cru que ce n’était qu’une partie de mon pouvoir, mais je crois à présent que c’est bien autre chose. J’ai l’impression de partager des sentiments sauvages avec elle quand je l’utilise. Et pourtant, paradoxalement, c’est bel et bien mon esprit qui agit sur la matière, les objets…. Les livres de mon père ne contiennent rien à ce sujet, je les ai lus maintes fois. Mais peut-être, parmi tous les gens que je connais, il en est qui pourraient avoir d’autres sources de savoir ?

Le chaos environnant ne me donne pas assez d’informations pour que je comprenne ce qui se passe, mais je me souviens….

Je me souviens de l’époque ou j’étais encore un enfant. C’était après l’accident, celui ou je suis cliniquement mort. C’est suite à ça que mes pouvoirs se sont réellement manifester, et que j’ai vu pour la première fois cette harpie qui allait ruiner ma vie. Je me souviens de ma mère, même si c’est très dur à présent. De plus en plus dur de me rappeler d’elle. Elle avait prédit ma mort, et était très bouleversée quand finalement je suis revenue, après plusieurs minutes de respiration artificielle. Ce qu’elle m’a dit à l’époque me paraissait sibyllin. Aujourd’hui, j’ai peur de comprendre.

« Tu es revenu, mon fils. Mais tu n’es pas revenu seul… »

Mon père m’avait examiné, fait passé des tests, il m’avait même soumis à des rituels, mais il n’avait rien vu qui puisse expliquer la conviction de ma mère. Quand mon pouvoir s’est renforcé, il m’a aidé à le canaliser, alors même que cela m’empêchait de devenir un Druide accomplis comme lui. Lorsque ma mère est morte, il était toujours la…

Quand finalement Celeano a tenté de me corrompre, et a échoué, elle a utilisé le chantage, la peur, pour me contrôler. En aidant le loup, j’ai débloqué cette partie de moi, ce que j’ai nommé ma bestiole. Quand elle s’en est pris à mon père, je suis allé l’affronter. Elle a tenté de corrompre ce pouvoir, comme elle le fait avec n’importe quel autre, mais elle n’avait aucune prise sur lui. Alors je l’ai tué. Du moins, je le pensais… Je sais, depuis qu’elle est réapparu, qu’elle a également tué mon père, et qu’il l’a maudite, avec toute sa force spirituelle de Druide. Il doit y avoir un moyen….

Alors je cherche en moi, je cherche à contacter cette partie de moi, et j’entends une voix hurler mon nom. Une voix qui m’ébranle jusqu’au plus secret de mon être. Matthias ! Je dois rêver.
Et pourtant, alors même que je me sens revenir à la réalité, que mon corps me fait mal, je sens cette douleur partir, être absorbée. J’entends sa voix, je sens son odeur, sa merveilleuse présence. Comme il m’a manqué. J’espère que ce n’est pas encore un effet de mon pouvoir, comme dans le jacuzzi.

Lorsqu’enfin il m’embrasse, je me laisse aller à cette sensation depuis trop longtemps perdue.
-Ma.. Matthias ? Tu es réel ?

Mes yeux papillonnent, j’ai du mal à voir clairement son visage. Mais sa présence ne trompe pas. Il est vraiment là. Alors cette fois ci, je l’embrasse réellement.
- Reviens, Matrim… Je t’aime.

-je t’aime… je t’aime.. je..


Et là, une incroyable sensation de vide, de libération, m’accompagne. Je sens que quelque chose m’est arraché, et est transmis à Matthias ! Mon pouvoir, ma Bestiole ! Ecarquillant les yeux, alors que je l’embrasse toujours, je recule ma tête, mais il est trop tard. Je vois une sorte de masse phosphorescente, passer de ma bouche à la sienne. Il est aussi surpris que moi.

-NON ! Oh mon dieu non !

Je m’accroche à lui, désespéré. Les raisons de ce désespoir sont multiples : il hérite de mon fardeau, ce que je ne souhaite à personne, et je suis déjà en manque, je sens le vide en moi, j’ai envie, besoin d’utiliser ce pouvoir.

-comment ? Comment …
Mais je n’arrive pas à formuler l’incroyable : comment es-tu arrivé la ? Comment peux-tu encore m’aimer ? Comment mon pouvoir as-t-il pu t’être transmis, comment allons-nous nous en sortir maintenant ?





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MessageSujet: Re: Rod Trippes   Dim 3 Jan - 12:09


Road trip





Tout était normal dans le meilleur des mondes. Les mains bien agrippées à son volant, au milieu d’un concert de crissements de pneus et de klaxon,  l’ours s’efforçait de conserver leur bagnole sur ses quatre roues sans s’emplafonner celles qui arrivaient en sens inverse, tâche qui exigeait tout le peu de concentration dont il était capable de faire preuve. Autant dire que les directions que lui piaillait Liam lui passaient bien au dessus du crâne, et bientôt ce fut Mat’ qui se chargea de lui faire perdre le nord.

« Hors de question qu’ils s’en tirent comme ça… Attend un peu que je les aie en visuel, leur bagnole vas avoir envie d’aller prendre un bain dans le fossé, je te le dis… Et qu’ils crèvent ! »

Jusque là, Charlie avait conservé son sang froid. Il passait son temps à se foutre dans les emmerdes, un peu plus ou un peu moins… Et puis pour s’inquiéter, il fallait anticiper, ce qu’il ne faisait jamais. Mais lorsqu’une larme de sang commença à perler au coin de l’œil de son ami alors qu’un  filet écarlate s’écoulait sans discontinuer de son nez à sa lèvre, le garou senti une pointe sourde dans son estomac qu’il eut du mal à identifier. Son regard croisa celui du louveteau dans le rétroviseur et il y aperçut la même lueur d’appréhension.

« Mat’… Hey, Mat’ ! Bordel mais qu’est-ce que tu fous ? »

Le mentaliste ne semblait même plus l’entendre. Il s’était tourné vers l’arrière les yeux dans le vague et Charlie aurait parié toute sa réserve de miel qu’il utilisait, une fois encore, son pouvoir. Non pas qu’il ne trouva pas ça très cool comme don, mais il aurait préféré si ça n’avait pas bouffé le photographe de l’intérieur par la même occasion.

« Oh mon dieu ! Il saigne. Il saigne !!! C'est pas normal qu'il saigne ainsi ! On fait quoi ? »

Avait-on précisé que l’ours n’avait jamais été très doué pour gérer plusieurs choses à la fois ?  Il ne savait déjà plus par où il devait passer pour se sortir de cette panade et les tremblements de Mat’ conjugués à la panique de Liam et aux froissements de tôle derrière eux achevèrent de lui faire abandonner toute logique. Avant qu’il ait eu le temps de réfléchir, son poing heurta dans un bruit sec la tempe du mentaliste qui s’affaissa sur le siège passager, inconscient. Pas de panique. Non seulement la voiture derrière eux s’était réengagée dans la course malgré l’intervention de Matrim mais en plus une seconde s’efforçait maintenant de les coincer en remontant à leur hauteur.

« Liam ! Continuez en direction du nord, on va les retenir !

— T'as entendu ? Tout droit ! Je les connais, c'est Chad et Matthias. Tu sais l'amoureux de Matrim. Bref, longue histoire sur notre rencontre mais tu peux les faire confiance. Histoire de meute et tout le bazar. »

Charlie jeta un bref coup d’œil à la voiture voisine mais elle perdait de la vitesse et il ne parvint pas à apercevoir ses occupants. Tout droit. Ok. Ca ne devrait pas être si compliqué. Slalomer entre les voitures et continuer tout dr… Ou pas. Même lui se rendit compte de sa connerie quand, après avoir jeté un nouveau regard au visage blême strié de sanglants sillons sur le siège passager, il bascula le volant vers la gauche dans un réflexe stupide.

« Et merde…

— Bon sang, fait demi-tour ! On va tous mourir ! Qu'est ce que tu fous dans un sens interdit ?! Tu vas nous rameter les flics en plus des mafieux! Oh mon dieu, faites moi descendre de là....

— Oh la ferme, Liam ! »

Non seulement la voie était-elle sans issue mais en plus, pas si longue que ça. Son pied enfonça le frein avec l’énergie du désespoir : les pneus crissèrent et une odeur de caoutchouc brûlé agressa l’odorat sensible des garous. Charlie tenta le tout pour le tout et braqua le volant alors que la fin de la zone se rapprochait à vitesse grand V. Bien lui en prit puisque après un dérapage poussiéreux, ils ne finirent pas sous forme de crêpe. Un regard vers le mur auquel sa portière se trouvait à présent presque collée, puis il tourna les yeux vers le louveteau :

« Tu vois qu’on est pas mort ! »

Le triomphe fut de courte durée : leurs poursuivants avaient anticipé l’arrêt forcé et déjà, les portières claquaient. Charlie pesta : coincé entre le béton et le siège passager, il perdit de précieuses secondes à enjamber un Matrim toujours inconscient. La respiration du jeune homme était faible mais vu les circonstances, il n’avait pas vraiment le choix et il se jeta dans la bataille à la suite de Liam. Leurs adversaires étaient clairement un niveau au dessus des petites frappes qu’ils avaient joyeusement massacrés il y a quelques jours mais rien qui ne pouvait arrêter une paire de garous en colère, alors deux… Des deux hommes qui les avaient rejoints, l’un s’était jeté aussi férocement qu’eux dans la bataille et le sang avait déjà était versé :

« Nan mais je rêve, il nous en laisserait même pas un peu ! »

On ne changeait pas une équipe qui gagnait et Charlie rattrapa d'une main le type que Liam rabattait vers lui pour lui foutre un coup qui l'envoya violemment faire connaissance avec un mur. Remonté à bloc, il cherchait des yeux un nouveau punching ball quand un hurlement attira son attention :

« Matrim ! »

Le cri du cœur. Si les retrouvailles avaient moins été teintées de drame par l'état du photographe, l'ours aurait presque pu s'en émouvoir. Presque. Disons qu'il aurait pu éventuellement sourire, mais ça c'était jusqu'à ce que le dernier homme debout, planqué derrière sa portière, le choisisse comme cible à canarder. Le coup de feu le surprit mais moins que la douleur cuisante à son épaule. L'ours jeta un regard féroce au tireur :

« Aoutch. »

Ça n'était a priori pas la réaction à laquelle s'attendait son adversaire. Si le faciès du garou se déformait sous l'effet de la transformation, c'est la terreur qui défigura le visage du mafieux. Il tenta bien de se jeter derrière le volant pour fuir mais trop tard : la portière qui l'avait abrité jusque là sortit de ses gonds dans un craquement métallique et vola plus loin, bientôt suivie par son propriétaire après une série de baffes griffues. Inconscient et ensanglanté, l'homme s'effondra sur le bitume.

L'ours se redressa. La blessure dans son épaule était douloureuse, certes, mais largement supportable au vu de ses capacités surnaturelles. Des mafiosos, aucun ne tenait encore sur ses jambes. Liam et celui que Charlie supposait être Chad se tenaient non loin, quant à Matthias, il serrait un Matrim inconscient contre lui. Les lèvres des deux jeunes hommes s'étaient jointes dans un baiser désespéré et le cuisinier détourna les yeux. A Matthias de reprendre son rôle de prince charmant, lui-même réenfilait ses bonnes vieilles baskets de brute épaisse. D'ailleurs, en parlant de ça... Son regard parcourut rapidement la scène qu'ils laissaient derrière eux et en habitué des galères, les réflexes revinrent au grand galop.

« Faut pas qu'on traîne ici, on se casse. »

Tous les réflexes. Sans attendre, l'ex déliquant se dirigea à grand pas vers le coffre où se trouvait encore leurs sacs plein de fric, mais son mouvement fut stoppé en pleine course par quelque chose auquel il ne s'attendait pas. Matrim avait ouvert les yeux, ce dont le garou ne s'aperçut pas tout de suite, jusqu'à ce qu'un reflet phosphorescent en lisière de son champs de vision attira son œil.

« C'est quoi ce truc ?? »


© Mafdet MAHES



Merci pour la sign Chuck & Mat' !
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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Rod Trippes   Lun 4 Jan - 13:50



Go Home

L’air sentait la gomme brûlée, la poudre, la poussière, la transpiration et le sang. Derek m’avait appris à sentir non pas qu’avec mon nez, mais aussi avec cette perception particulière qu’on les garous quand ils mixent toutes leurs capacités sensorielles pour n’en faire qu’une. Et ce que l’animal que je suis sens à l’instant présent, c’est la colère, la peur, la vengeance, et l’amour. Un combo de sentiment qui m’atteint et qui déverrouille une porte dans mon être, bloquée par l'éducation que j'ai reçue.

Je sais que Matthias s’est rué auprès de Matrim. Pour l’instant, je ne peux rien pour le photographe sinon écraser ses ennemis. Et c’est avec un pur plaisir que je le fais. Liam et l’autre garou dont l’odeur indéfinissable me dit qu’il n’est pas un loup s’en donnent à cœur joie. Ils la jouent en combo, Liam rabat sur… un ours ?! Et celui-ci s’amuse à faire des revers avec les types qui lui sont lancés. Le pote de Liam et Matrim ne s’embarrasse pas de fioriture et cela me galvanise à faire de même. Je prends le reste des adversaires, jouant sur ma rapidité et ma souplesse. Peu de coups passent ma garde, beaucoup d’os se brisent sous mon poing. Ces types sont acharnés malgré notre forte résistance. Je ne sais pas ce qu’ils veulent au trio, mais ils sont bien décidés à les arrêter. Ce ne sont que des portes flingues, alors je ne retiens plus mes coups et me moque si une de mes attaques se fait fatale ou non. Je protège les gens qui m’entourent et qui me sont proches. Mon lien avec Matrim n’est plus à expliquer puisqu’il va même intégrer ma meute. Avec Liam, je garde un secret bien particulier sur un monde gris. « L’architecte… » Je me souviens de mes pouvoirs dans le monde où Ma’ Joe nous avait envoyés.  Maîtriser l’espace autour de nous, bouger les murs, en construire d’autres rien qu’en le pensant. Je me dis que c’est un don qui nous serait bien utile lorsque j’entends au loin des sirènes de police.

- Faut pas qu'on traîne ici, on se casse, dit celui qui s’appelle Charlie et que je suppose être celui avec qui Matrim a…

- C'est quoi ce truc ??

Je me retourne et vois avec horreur l’échange surnaturel qui s’opère entre Matrim et Matthias. Je fais un bond pour les séparer, mais c’est trop tard. Matthias semble sous le choc et Matrim panique et s’affole.

- Comment ? Comment …

- On n’a pas le temps. Matthias tu me suis !

J’attrape Matrim et le charge sans délicatesse sur mon épaule, puis tire brutalement sur le bras de Matthias pour qu’il bouge.

- Vous deux, vous nous suivez ! Dis-je aux deux garous. Charlie quoi qu’il se passe, tu me colles au cul. Compris ?!

Ça bougonne dans les rangs, mais je ne leur laisse pas le temps de me contredire, je me précipite vers la voiture de Matthias. L’urgence de filer prime, je colle donc un Matrim un peu en vrac dans les bras de Matthias qui s’est installé à l’arrière de sa voiture. Je sens qu’il commence aussi à dérailler quand toute la voiture commence à trembler.

- La bestiole… Matthias arrête ça ! Dis-je en démarrant dans un dérapage qui me remet dans le sens de la sortie de cette impasse.

J’ai repris mon apparence de loup et grogne de manière menaçante. Matthias est de nature pacifique, m’imposer est assez facile et… plaisant. Les vibrations cessent. Cela me rappelle les sensations que j’avais eues à Boston, quand nous étions allés délivrer l’ami de Mick et que pour ne pas se faire submerger par Shadowcat j’avais « emprunté » le rang d’alpha de Nathan. Cette capacité à s’imposer aux autres est très grisante et addictive… L'envie de renouer avec ce pourvoir est...

J’appuis sur l’accélérateur, un regard au rétroviseur me confirme que Charlie applique à la lettre l’ordre de me coller aux fesses. Au moindre coup de frein un peu brusque de ma part et il nous emplafonne le coffre. Mais je n’ai pas l’intention de freiner.

***

Eviter les flics, les piétons, les autres voitures fut un moment particulièrement intense quand nous sommes sortis de l’impasse dans laquelle nous avions échoués. Cependant, la chance nous a souris, nous permettant de nous insérer dans la circulation sortante de la ville. Mis à part que Charlie collait toujours aussi dangereusement  mon pare-choc, alors que nous essayons de nous fondre dans la masse. Jusque-là, je n’ai pas eu le temps de me préoccuper de ce qui se passait à l’arrière. Les deux amants sont accrochés l’un à l’autre, mais je ne saurais dire s’ils s’attirent ou se repoussent.

- Ça va aller ?

Pas de réponse. La tête de Matrim est à faire peur avec ses traces de larme de sang. Et le regard halluciné de Matthias ne présage rien de bon.

Nous sommes sortis de la ville depuis une bonne vingtaine de kilomètres quand ça recommence. La voiture vibre, les essuie-glaces se mettent en route tous seuls, la radio s’allume et s’éteint et je devine aux leds lumineuses du tableau de bord que les éclairages doivent s’amuser à faire la guirlande de Noël.

- Matthias arrête ça ! Hurlé-je quand cette chose tente de s’emparer du volant.

Heureusement, la route est relativement déserte, car la voiture fait une embardée sur la droite nous sortant carrément de la route. J’arrive à freiner et couper le contact, tout en sachant que ce n’est pas ce qui arrêtera la bestiole. Nous sommes en plein désert. J’entends Charlie qui me dit qu’il faut l’assommer. J’arme mon poing, mais Matrim s’interpose. Toute la voiture vibre et grince, c’est digne d’un film sur les poltergeists.


© Fiche & montage by Mafdet Mahes, Dessin by Mokolat


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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Rod Trippes   Mar 12 Jan - 11:09








Nouveau maître

Feat. Chad, Liam, Charlie et Matrim

La réponse de Matrim est la plus douce des mélodies. Il a la voix d’un enfant qui sort d’un lourd sommeil. Ses mots sont aussi faibles que leur signification est puissante.

- Je t’aime… je t’aime... je..., souffle-t-il.

Une onde de soulagement se propage dans mon cœur. Toujours en contact avec sa peau nue, j’achève d’absorber son mal, le vidant de la fatigue qui alourdit ses muscles, de l’angoisse qui le tétanise et de la douleur de sa perte de contrôle.

Dans cet espace où le temps est suspendu à nos lèvres, où aucune parole ne peut traduire ce que nos regards se disent, dans cette seconde, j’entrevois des centaines d’images par vagues successives. Des images du passé, des images d’avenir, captées par mon don que je ne peux maîtriser. Des impressions fugaces éclairées par cet orbe de lumière qui s’échappe de sa bouche entrouverte.

Mon bras se resserre sur celui de Matrim. Une inspiration suffit à capturer ce pouvoir voluptueux qui déchirait son esprit, une partie de ce qui avait été lui et qui ne l’est plus.

- NON ! Oh mon dieu non ! S’écrie-t-il en se redressant davantage.

Il s’accroche à moi avec la vivacité du manque, posant ses deux mains sur mon visage comme pour s’assurer que tout ceci n’est pas un mirage. Moi-même, je ne sais pas définir mon état. Je ressens comme une gêne.

- Comment ? Comment … cherche-t-il à formuler plus faiblement.

- On n’a pas le temps. Matthias tu me suis ! Ordonne Chad.

Matrim est soulevé du sol avec force. Dans le même mouvement, l’architecte me tire en avant. La réalité de ce qui s’est passé quand nous étions dans notre bulle me percute de plein fouet, libérant tous mes sens qui étaient jusqu’à présent focalisés. Déjà, Chad donne des directives à Liam et Charlie.

Nous nous installons à la hâte à l’arrière de ma voiture. Je remercie muettement la qualité des charnières lorsque les portières claquent. Comme la première fois que je l’ai démarré, j’entends avec précision le bruit du moteur. Pourtant, c’est étrange comme je perçois tout ça d’une manière différente. En plus de mon ouïe, d’autres détails me parviennent. Lorsque Chad, redevenu pilote, fait crisser les pneus et s’oriente vers la sortie de la ruelle, j’ai conscience d’autre chose. J’ai la tête qui tourne alors je m’accroche à tout ce qui est à portée de mes mains tremblantes. La texture du cuir sur les sièges, les moulures de l’habitacle même la carrosserie sous mes pieds sont des points d’attache. Je me laisse aller à des sensations nouvelles.

- La bestiole… Matthias arrête ça ! Hurle Chad.

Je sens immédiatement  qu’il utilise ce langage que ne peuvent percevoir que les êtres surnaturels. Cette aura qui véhicule aussi bien l’apaisement que la domination. Lorsque la voiture file vers l’avant, je me sens m’enfoncer dans mon siège comme si je ne faisais plus qu’un avec lui, épousant sa forme et découvrant sa place dans tout cet assemblage.

- Ça va aller ? Demande Chad.

Ni Matrim ni moi ne répondons. Je sens la présence de Matrim, sa main sur ma cuisse, me demandant de calquer sa respiration et d’oublier le reste. Je parviens à faire ce qu’il me demande sans réellement en comprendre la nécessité. Lorsqu’il m’embrasse, une explosion de sensations se fait à nouveau ressentir. Comme pour illustrer cela, tout ce qui se trouve autour de nous réagit à mon engouement intérieur. La voiture prend vie, au-delà du mouvement mécanique qui la maintient à pleine vitesse. Les essuie-glaces s’activent alors qu’il ne pleut pas, la radio diffuse un grand classique romantique et tout l’éclairage du tableau de bord semble vouloir diffuser un message en morse. J’ai conscience de tout cela alors que j’ai les yeux clos. Cela provient de moi comme l’indique la crainte dans le sourire fade que me renvoie Matrim quand je le regarde à nouveau.

- Matthias arrête ça ! Me hurle Chad.

Je ne sais pas comment tout cela se produit, j’entrevois l’ombre d’une explication, insensée. Même lorsque la voiture s’engage en plein désert, sursautant sur les reliefs rocailleux, je ne parviens pas à stopper notre course.

Matrim se redresse pour se mettre en Chad et moi, me protégeant de sa colère engendrée par l’urgence.

- Rappelle-la, me dit Matrim.

Il me guide, m’aide à visualiser ces sensations dont les provenances sont multiples mais qui sont toutes concentrées en moi. Petit à petit, je tire sur ce lien ténu jusqu’à réussir à faire le vide.

La voiture s’arrête dans un nuage de poussière. Je ne sais pas quelle distance nous avons parcourue mais les amis de Matrim nous ont suivis. Je sors penaud de la voiture, coupable de cette agitation dont nous n’avions pas besoin.

Nous nous regardons tous ne sachant pas comment apprécier ce répit.

- Je suis désolé, m’excusé-je.

Je cherche le soutien de Matrim mais s'il en connait la cause il ne semble pas avoir d’explications. Le sujet est pour le moment mis de côté. Bien avant que cette chose s’agite en moi, Chad m’avait accompagné car son ami, mon amoureux, avait des ennuis. Nous nous sommes précipités pour les aider et même si je n’ai pas été d’un grand secours, leurs agresseurs ont été neutralisés.

-  Qu’est-ce qui vous est arrivé ? Finit par demander Chad.

Après une courte hésitation, Matrim raconte alors ce voyage à Las Vegas, ce qui leur ai arrivé, de ce matin où il m'a quitté jusqu’au moment où nous les avons retrouvés.

Je suis reconnaissant des cadeaux qu’il m’a offerts et je me sens idiot de ne pas avoir compris. J’ai mal de savoir qu’il a pu partager plus que de la tendresse amicale avec l’un de ses amis. Je suis en colère lorsqu’il évoque la raison de sa fuite. J’ancre dans ma mémoire le nom de cette ennemie. Enfin, je suis perplexe et désarmé quand il m’explique que sa bestiole, ce pouvoir, avait trouvé un nouvel hôte.

Prétextant de vérifier si les voitures sont en état pour rentrer à Beacon Hills, les autres s’éloignent pour nous laisser nous retrouver, Matrim et moi.

Nous sommes enfin seuls.

- Comment ? Pourquoi ? Recommence-t-il, désireux de réponses qui pourraient toutefois le blesser.

Qu’il craint. Qu’il espère. Ses mots se perdent dans les larmes qui dévalent ses joues. Autant de questions qui font battre son cœur, celui dont le rythme avait bercé mes nuits.

Je me focalise sur ses yeux. Dans ses iris, promesses d’un azur sans défaut, j’entrevois son âme que je sais capable d’être forte d’émerveillement, de passion et de créativité aussi bien qu’elle peut être tourmentée par des doutes et des désillusions.

- Je t’aime, Matrim, déclaré-je. Je t’aime et même si je les comprends, je n’accepte pas les raisons qui t’ont poussé à me laisser. Je veux être là pour toi, t’offrir ma force lorsque tu n’en as plus, bander nos volontés dans un même effort pour chaque difficulté. Je veux ton rire et tes flatteries, tes peurs comme tes colères. Je veux tout ce qu’en quelques jours tu m’as laissé entrevoir.

Je songe à toutes les facettes de sa personnalité, tout ce qui fait qu’il est lui, un filtre à mon quotidien. C’est une nouvelle palette de couleurs, plus riche, qui m’ouvre d’autres perspectives. Dans ce désert, grâce à lui, je pourrais peindre la joie, l’amitié, la vie et l’amour comme la plus belle des aventures.

Lors de notre première soirée, nos sensibilités s’étaient rencontrées, entrechoquées et avaient finalement fusionnées.

Ce moment de retrouvailles aurait pu être idéalisé, se dérouler dans un cadre idyllique, sans les désagréments du jours. Mais cela n'en demeure pas moins fort.

Rassurés l'un et l'autre, nous finissons par aborder un sujet plus délicat, empreint d'inconnu et marquant un changement important.

- Qu’est-ce que je dois faire ? Demandé-je en mentionnant sa bestiole.

J’écoute ses explications et ses mises en garde. Je tente de garder mon calme lorsque ses mots semblent autoriser la bestiole à agir d’elle-même pour illustrer ce dont elle est capable.

Est-ce tout cela que Matrim ressentait avec son pouvoir, la compréhension de toutes ces choses qui nous entourent, la sensation grisante de pouvoir leur donner vie et les faire se mouvoir au gré de sa volonté ?

En me remémorant comment Chad grondait pour que je me ressaisisse, je comprends la difficulté de ne pas se laisser prendre dans ce piège et la facilité d’y succomber.

Je sais que Matrim a conscience de combien ce qu’il a fait est malhonnête. Mais, ce que je sais surtout, c’est qu’il a fait tout ça pour moi.






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MessageSujet: Re: Rod Trippes   Mar 19 Jan - 22:03





Toute bonne chose à une fin


La voiture va à vive allure. Tout droit vers une impasse. Non, pas une impasse, c'est un direct vers la mort. J'avais pourtant pas demander un aller simple au purgatoire en débutant cette aventure hors de ma ville. Crispé sur le siège arrière, je m'époumone, les griffes plantés dans la mousse du siège avant, tandis que le véhicule fonce à vive allure en direction d'un mur. Une voix me paraissant lointain m'impose le silence avant de tenter de stopper le bolide dans sa course. De quel droit ose-t-il me demander de me taire ?! Je hurle si je veux et quand je le souhaites.

Liberté d'expression, il connaît le nounours ? Oui, non, peut être, joker ? En faites, vous savez quoi, je m'en fiche de le savoir. Tout ce qui m'importe maintenant, ce sont les crissements des plaquettes de freins sur les disques, le caoutchouc des pneus s'imprimant sur la route, mes cris de terreur qui quittent ma gorge et ce mur, ce tas de briques empilés les unes sur les autres qui se rapproche à chaque secondes. C'est le temps des confessions n'est ce pas ? Les derniers instants d'un homme en face des portes de la mort à défaut de celui des rêves. Et bien, je ne sais pas quoi dire. En vérité je n'avais jamais prévu un truc pareil pouvant se produire.

J'ai toujours cru que lorsque notre dernière heure était arrivé, on verrait un kaléidoscope de notre vie passée. Vous savez un machin sympa où le temps se fige et l'on repasse en accélérer tous nos regrets, nos bonheurs, nos chagrins, nos joies, nos douceurs. Donc ceci sera mon testament, dont personne ne connaîtra l’existence. Je vais tout vous dévoiler pendant ces dernières secondes. J'ai quand même un grand risque d'y passer, soit de rester vétéger dans un lit at vitam æternam ou cas le plus chanceux, m'en sortir en mauvais état mais vivant aussi bien physiquement que mentalement. Mais connaissant ma poisse, j'en doute fort. Bref, où en étais-je ? Ah oui, Moi, Liam Dunbar, va vous révéler ses plus grands secrets cachés depuis des lustres. Je suis...

- Tu vois qu’on est pas mort !

Je suis foutrement entier, vivant et sans aucune blessure. Euh, j'ai loupé un épisode où quoi ? On était pas en train de foncer dans un mur il y a quelques secondes ? Sérieusement, vous allez me faire croire que le dérapage en tête à queue de l'ours à fonctionner ? Mini check up de mes fonctions vitales et je suis à vous. Tout m'a l'air comme d'habitude. Je tourne la tête, fixant le mur à moins de cinq centimètres de la carrosserie, stupéfait. On a vraiment réussi. C'est décidé les lapins porte bonheur, c'est has been. La mode maintenant, ce sont les ours. Ou les mentalistes dans les vapes. Peut être un mix des deux. J'observe Charlie, me souriant goguenard comme s'il avait trouvé la recette secrète du miel à volonté et hausse un sourcil incrédule.  

-Pas mort ?! On a failli y rester ! Bon sang, j'étais à deux doigts de mourir à cause d'un ours qui connait même pas ses directions ! Criais-je.

Note capitale, ne jamais lui confier un volant dans ses mains de sa vie. Surtout quand on est en danger. Je dirais même interdiction quand on est en danger. C'est un danger public à lui seul ! J'ai faillit devenir pote et plus avec un mur. Un simple et banal mur dans une rue signalée comme sans issue. Zut enfin quoi. Moi et un mur, on est pas compatible. Oui, je raconte des bêtises et alors ? Je suis sous le choc ! Ma couverture orange, elle est où celle là ? Je suis un loup garou traumatisé des course de voiture avec un ursidé, je réclame ma couverture de choc ! Toutefois, je n'ai pas le temps de m'enflammer à ce sujet que les portes de nos poursuivants s'ouvrent puis se referme prestement.

Sérieux, j'ai pas le droit de rester en état de choc plus de deux minutes ou quoi ? Je vais me plaindre au syndicat des méchants si ça continue. En tant que victime, j'ai le droit à mon moment d'affolement et à ma couverture. Oui j'y tiens à ma couverture orange. Sans elle, tu peux pas vraiment être sous le choc. Mais bon, on verra ça plus tard. Là on a de la compagnie. Et pas dès plus commodes. Je me décroche de mon siège, faisant fi des trous qu'on provoquer mes griffes dans le tissu et ouvre la portière du coté non bloqué pour sortir hors du véhicule. Enfin les pieds sur le bitume, je m'élance dans le regroupement formés par les mafieux.

Franchement, qui a dit que j'étais un stratège et non un bourrin ? Mon plan c'est foncer dans le tas, les assommer ou bien les déséquilibrer pour les renvoyer vers Charlie qui est à quelques pas derrière moi. Avant de me rejoindre, il a du se dépatouiller avec Matrim qui imite la belle au bois dormant. C'est pour ça, le retard. Mais pas d'inquiétude, il le rattrapera vite en cognant sur les gens. C'est le Lucky Luke des baffes. Un cowboy pas partageur au vu de ses grognements quand il remarqua que certains avaient commencer sans nous. Et violemment. J'ai pas envie d'être son adversaire sur le coup en voyant une gerbe de sang voler. Je bouscule un individu dans les bras de la grosse boule de poil peu avant qu'un hurlement fait écho contre les parois de la petite ruelle.

-Matrim !

Prince Charmant retrouve sa belle... Euh, son beau. Belle scène émouvante de retrouvailles entre deux amoureux séparés depuis trop longtemps. Ça donne envie de sortir les mouchoirs et de pleurer comme si l'on était devant Titanic. Manque plus que la touche bien américaine et c'est parfait. Bin oui, comme toute film tournant à l'eau de rose Américain qui se respecte, il faut obligatoirement la touche patriotique qui à sauver tout le monde après que l'amour est triomphé. C'est ainsi que ça se passe. A chaque fois c'est le même procédé. Statue de la liberté, drapeau, insigne, Captain America,  etc... C'est la touche personnel made in USA. Alors il nous la faut. Quelqu'un n'aurait pas un symbole américain près de lui ou sur lui ? Même un caleçon fera l'affaire. Nan ? Zut alors.

Tout à coup, un bruit de canon retenti puis la plainte de douleur d'un des nôtres. On nous tire dessus comme des pigeons ? Ah nan, en faites, le tireur à eu un coup de cœur pour notre mangeur de ruche. C'est en regardant le carnage que le blessé créer sur sa victime à l'agonie que je me dis qu'il faudrait mieux que j'évite les taquineries un certain temps. Juste pour ne pas finir en terrine de loup. Malgré toute mes élucubrations, j'ai quand même un instinct de survie en fonction. Déjà que le pâte de mafieux n'est pas terrible, j'ai pas envie de tenter le diable. Ou tout du moins, jusqu'à qu'il se calme. Je peux quand même m'estimer heureux qu'il ne l'ai pas tuer devant mes yeux.

Les rendre inconscients ok, créer des dommages irréparable bof, mais prendre une vie hors de question. C'est quelque chose dont je me remettrai jamais si cela m’arrivais. D'accord j'accepte avec réticence d'être un prédateur, de toute façon avec mon TEI je l'ai toujours été d'une certaine manière. Mais être un meurtrier, ça non jamais. Avoir du sang sur les mains n'est pas une responsabilité que je suis prêt à endosser actuellement. Je décide donc de reporter mon regard vers le couple star en plein baiser avant de détourner vite fait le regard. Brut. Hey, ici ado tenant à son innocence oculaire et non voir deux individu se lécher les amygdales ! A croire qu'ils ont tout occulter autour d'eux.

-Faut pas qu'on traîne ici, on se casse.
-Tant que tu conduis pas.

J'suis ok. Cent pour cent ok en entendant au loin les sirènes de la police locale. Ils vont bientôt débarquer ici et il est hors de question que mes parents apprennent que je suis à Vegas et plus précisément dans leurs cellules au lieu de gambader autour de Beacon Hill comme prévu. Je suis un loup condamné à perpétuité dans sa chambre si ma mère l'apprend. Allez on prends la poudre d'escampette et on fuit à l'anglaise en quatrième vitesse. Mais pas avec Charlie en tant que conducteur. Je tiens à rentrer en vie à la maison. Alors que l'ursidé va chercher dans le coffre les sacs rouges, il se statufie avant d'atteindre la poignée, regardant d'un œil effaré la vive lumière sortant de la bouche de Matrim comme nous tous. Hou-là, c'est quoi encore le délire cette fois ci?!

-C'est quoi ce truc ?

On viens de m’ôter les mots de la bouche. C'est quoi ce bordel, encore ? Ouais, encore. Ça pouvait pas attendre plus tard ? Bien sûr que non voyons. Faut accumuler les catastrophes les unes après les autres. Gérer plusieurs situations en même temps n'apporte jamais rien de bon. La preuve, les deux zigotos paniquent, certainement au courant de ce qu'il s'est passé. S'ils sont autant affolés, c'est que cette lumière n'était pas bon signe. Pas bon du tout. C'est quoi cette fois ci ? Échange de corps, amnésie ou autre chose d'encore plus improbable ? Allez y, je suis tout ouïe à n'importe quel délire maintenant. Après cette virée à Vegas, je suis blindé à tout. Enfin, presque tout. Mais là n'est pas la question.

- On n’a pas le temps. Matthias tu me suis ! Vous deux, vous nous suivez ! Charlie quoi qu’il se passe, tu me colles au cul. Compris ?!

Sur ces paroles, il embarque tel un sac à patate Matrim vers sa voiture. Attendez, nous deux ?! Ça veux dire Charlie et moi ? Mais il est malade ce gars ! C'est niet, nada, impossible, irréalisable. Je ne remonte plus un seul pied avec ce chauffard du dimanche. Je suis persuadé qu'il a trouvé son permis dans un pot de miel. Certes au début ça me dérangeais pas, un moyen de transport étais mieux que me balader à pince dans le désert du Nevada. Ou un désert quelconque. Je sais qu'il y a des préserves nationale mais bon, j'ai jamais dit être doué en géographie. La preuve, j'ai passé ma journée à tourner en rond après mon départ pour n'être qu'à 3h30 en voiture de ma ville d'origine.

-Taratata, pourquoi on se sépare en deux groupes ? Je veux pas remonter avec un gars qui a faillit nous réduire en purée devant un mur!

Pff, même pas me temps de protester, que Chad est déjà près de sa voiture. Je soupire de découragement, rejoignant ma banquette arrière attitré en grommelant sur les garous-adultes au volant. Je ne reçois d'ordre de personne. Même pas de marque de politesse, un comble ! Un petit s'il vous plaît ne mange pas de pain. Mais nan, j'ai juste le droit à monte dans la voiture et ferme là, gamin. Boudeur, je croise les bras assis sur ma banquette tandis que l'ours allume le moteur. J'ai même pas pu profiter encore un peu du voyage. Je suis déçu. Mais bon, comme on dit, toute chose à une fin. Et là c'est le moment de dire bye-bye à la ville qui ne dort jamais.

Prenant l'ordre à la lettre, l'ours colle littéralement le pare-choc arrière de la voiture de Chad. Véhicule qui tremble de toute sa carrosserie d'ailleurs. On peut avoir des explications ou c'est top secret défense la loupiote sortant des bouches ? Je n'en sais strictement rien. Tout ce que je suis sûr, c'est qu'il est terriblement galère de vouloir jouer au jeu du chat et de la souris avec des policiers. Sans compter les obstacles mouvants qui barrent notre chemin tel que Papy prenant trois plombes à traverser un passage clouté ou encore les chauffards qui ne respectent pas le code de la route. Bon sang, pour un gamin qui se fait appeler trublion, je me sens vachement respectueux des lois. Effet secondaire d'une course de voiture ayant failli mal finir ? Peut être que oui.

-T'es obliger de les coller autant ? Demandais-je à Charlie.

Non pas que ça me gène, le loup garou est quand même assez flippant dans son genre pour ne pas désobéir à ses ordres. Mais quand même. Je pensais pas qu'il faudrait autant les coller. Il veut faire une voiture deux en un ou quoi ? Ok, j'ai compris, j'ai pas mon mot à dire. Je me la ferme si c'est comme ça. Ou mieux, faire un mini résumé de mes aventures. Après s'être décompresser dans des casinos, le sérieux reprends ses droits avec un Top dix des trucs à retenir. Premier, la Tisseuse n'était pas un rêve. Deuxième, je me souviens d'à peu près tout ce qu'il s'est passé là bas. Troisième, mes pouvoirs sont toujours présent dans le monde gris.

Quatrième et pas des moindres, je peux accéder au monde onirique avec ma broche. Faut juste que je trouve l'ajustement parfait pour y rentrer correctement dedans. Cinquième, plus jamais je ne toucherai aux billes roses. Le mélange est déroutant. Sixième, les jacuzzi sont cool. Et le photographe peut se reconvertir en masseur si sa profession coule. Septième, les jeux d'argents, c'est pas mal pour remplir rapidement ses poches mais attention à ne pas se faire chopper. Huitième, en rentrant, je téléphone illico presto à Stiles pour tout lui raconter. Un peu de soutien moral presque extérieur ne sera pas de trop.

Neuvième, je me suis embarqué dans une nouvelle histoire en suivant Matrim pour pour l'aider à obtenir des moyens financiers pour battre Cele-machin. Les prénoms, c'est pas du tout mon truc. Surtout des méchants. Dixième, l'amour et l'amitié triomphe toujours. Mais apporte aussi plein d'embrouille ensuite. Surtout quand une boule lumineuse s'en mêle avec un loup hargneux, un mentaliste en mauvais état et un ursidé têtu. Surtout les boules lumineuses secrète. Tout à coup, la voiture d'en face se met à être possédée. C'est normal ça ou pas ? A en juger par le cri de l'autre conducteur, ça ne l'est pas. Un hors-route et des moteurs coupés plus tard, on se retrouve dans le désert de Mojave avec un véhicule qui se la joue boule de disco en plein jour.

-Qu'est ce qui s'est passé ? Pourquoi être vous sorti de route? Pas de dégats ?

Ouais, curieux. On roulait peinard et bam la voiture devant imite les 4x4 dans les zones rocheuses. J'ai de quoi m'inquiéter. Euh, on va dire que je m'informe. C'est mieux. Après avoir compris que c'était l'oeuvre de Matthias par je ne sais quel raison, Charlie, en bonne brute, propose une technique qui a fait précédemment ses preuves, c'est à dire un bon coup de poing pour rejoindre le monde merveilleux des rêves. Ou de l'écran veille, c'est selon les personnes. Chad n'a pas l'air d'accord avec cette méthode, risquant d'envenimer la situation en rentrant en conflit avec l'ours. Bagarre en vue ? A non, Matrim s'interpose avant que les coups fusent entre eux. Tant pis pour le pop corn.

-Je suis désolé

Ah, il s'excuse. De quoi d'ailleurs ? Non, la question est plutôt à qui ? J'ai cependant un petit doute sur les personnes concernés. L'autre loup demande des explications sur notre périple Las Vegan. Oui, il n'y a pas d'erreur de frappe, c'est ainsi qu'on nomme les habitants de cette ville. Enfin bref, le mentaliste qui d'après ce que je vois n'en est plus un, lui raconte en détail ce qu'ils ont loupés. Ceci fait, on apprends qu'en réalité la boule lumineuse est une bestiole. « La bestiole » d'après lui. Trop complexe les trucs surnaturel pour moi là. Déjà que je suis en train d'assimiler sur certaines créatures ne venez pas m'en rajouter plus. Si l'on me dit un jour que les vampires existent, je ne réponds plus de rien !

Après tant de bavardage, les deux garous s'éloigne du couple prétextant vérifier l'état des voitures en m'embarquant avec eux. Hey, si vous vouliez les laisser en solo fallait me prévenir au lieu de me tirer par le tee shirt. Je ne peux même pas écouter leur conversations sous peine de me faire grogner dessus. Injustice, je vous le dit ! En parlant de ça, j'ai mon ventre qui commence à gargouiller. Je vais donc fouiller mon sac en quête de provision de secours sans succès. Crotte, c'est bien ma veine. Coincé dans un désert sans nourriture.

-Dites, quelqu'un aurait pas un truc à grignoter ? J'ai faimmmm....



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Charlie Crowley

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MessageSujet: Re: Rod Trippes   Sam 23 Jan - 8:26


Road trip





« C’est quoi ce truc ?? »

L’ours suspendit son geste en plein vol alors que ses doigts allaient se refermer sur les bandoulières rouges. Liam paraissait aussi interdit que lui mais Chad, plus réactif, se précipita pour séparer les amoureux. Cette intervention sembla un déchirement pour les deux hommes : Matrim avait l’air complètement perdu et ses yeux hagards firent de la peine à l’ours qui se garda bien de le montrer. Sans délicatesse, le photographe fut hissé sur l’épaule du loup. Qui que soit l’ami du couple, il prenait les choses en main avec autorité. Le genre de gars qu’en temps ordinaire, Charlie aurait suivi les yeux fermés. En temps ordinaire, car le mentaliste faisait maintenant parti de ses protégés et il rechignait à s’en séparer. Reprendre sa place habituelle de grosse brute était plus dure qu’il ne l’aurait cru.

Son bougonnement se perdit dans les hurlements des sirènes de plus en plus assourdissantes. Grognant pour lui-même, le garou lâcha la sangle des sacs et referma le coffre de la voiture dans un claquement sec. Son épaule blessée eut la gentillesse de se rappeler à son bon souvenir, ce qui lui tira une grimace fugace.

« Oh la ferme, Liam ! »

Il avait beaucoup répété ça ces derniers jours, non ? Malgré ses récriminations, le jeune homme retrouva sa place sur la banquette arrière et l’ours entreprit de les extirper de la ruelle. Coller au cul ? Ok, parfait pour lui. Appliquant la consigne à la lettre, Charlie profita de la route qu’ouvrait Chad devant eux dans la circulation, entre voitures et feux. L’avantage d’être plongé tout entier dans l’instant présent, concentré sur sa mission de ne pas lâcher d’une semelle la première voiture, c’est que le mal-être engendré par une foule de questions dont on n’avait pas la réponse, et des hypothèses sans fin, ne l’atteignait jamais. Que s’était-il passé entre Matrim et Matthias ? Pff, aucune idée, et alors ? Est-ce qu’il aurait dû se sentir nostalgique de quitter la parenthèse que leur avait offert cette ville, coupable de quelque chose, ou jaloux de leur relation ? Définitivement pas son problème. Qui était arrivé en premier, de l’agaçant louveteau ou de l’art consommé d’emmerder les honnêtes conducteurs à l’avant ? Rien à battre, mais à la prochaine remarque, il jetait le gamin par la fenêtre. Et vu que la bagnole n’était pas centralisée, il ne prendrait pas la peine d’ouvrir la fenêtre, non.

Les sirènes avaient fini par décliner au loin et sa conduite repris une certaine souplesse. A présent qu’ils avaient dépassé les limites de la ville, les choses allaient sans doute se calmer. C’était sans compter l’imprévisible don de Matrim : l’ours était heureusement focalisé sur le cul de la bagnole qui le précédait, sinon il aurait bien fini par l’emboutir quand celle-ci fit une embardée surprise. Qu’est-ce que c’était encore que ce bordel ? Pestant, il braqua à son tour le volant et suivit le véhicule fou dans la poussière du désert. La bestiole faisait encore des siennes.

« Mais assommez le ! » Beugla-t-il, exaspéré, alors qu’il sautait hors de la voiture après un freinage d’urgence. Le temps qu’il rejoigne Christine, la nouvelle bagnole hantée, tout s’arrêta aussi subitement que cela avait commencé. L’ours se pencha pour observer l’intérieur de l’habitacle, le front barré de ses sourcils perplexes. Les trois hommes s’en extirpaient, visiblement surpris de se révéler encore entier, et Matthias s’excusa, penaud. L’ours haussa les épaules : si l’épisode de la salle de bain lui avait bien appris une chose, c'était que ce truc était incontrôlable, même pour quelqu’un d’habitué, alors un bleu…

Après leur course poursuite effrénée, ce combat sanglant et l’intervention surnaturelle inattendue, cette pause forcée au milieu du désert et sous un soleil de plomb prenait des allures de respiration pour le moins bienvenue. Les mains collées au fond des poches, Charlie s’appuya contre la voiture à présent calmée, écoutant sans en avoir l’air le récit que fit le photographe de leur périple. Les yeux de Matrim semblaient peiner à retrouver ceux de Matthias et quand un long silence suivit ses paroles, Chad intervint, précisant qu’il allait voir si la seconde voiture pouvait reprendre la route. Le cuisinier eut un instant d’hésitation mais quand il comprit enfin ce que le loup avait en tête, il lui emboîta sagement le pas, non sans saisir Liam par la manche pour l’attirer. Pour faire bonne mesure, le garou ouvrit son capot une minute mais il ne poussa pas le vice jusqu’à tripoter le moteur brûlant. Cette bagnole était tout à fait capable de les ramener à Beacon Hills, ce qu’elle allait faire d’ici peu d’ailleurs.


« J'ai rien à bouffer. » Répliqua-t-il, sans appel, à l'adolescent geignant et affamé.

Désœuvré, l’ours s’assit sur le siège passager, laissant les deux autres papoter sur la façon dont les deux loups avaient bien pu les retrouver, à des centaines de kilomètres de distance. Ses yeux se baladèrent sans but un moment, puis tombèrent sur un objet tombé au pied du siège. Le portable de Matrim, sans doute perdu dans la folie de cette dernière heure. Charlie se baissa pour le ramasser, hésita une seconde, puis ouvrit le téléphone. Laisser son numéro ne mangeait pas de pain, tout comme récupérer celui du photographe, on ne savait jamais. Son forfait accompli, le cuisinier retourna au coffre et en tira un des sacs rouges, accompagné des affaires du mentaliste qu’il confia à Chad.

« Tu lui rendras tout ça. »

L'ours jeta un dernier regard à Matrim, blotti dans les bras de son homme, puis détourna les yeux. Les deux amoureux ne se trouvaient qu'à quelques mètres mais le photographe lui paraissait déjà très loin.

« Monte Liam, je te ramène chez toi... Nan mais sérieux, arrête de faire cette tête, comment veux-tu que je nous envoie dans le mur en plein désert ! »

Ses bougonnements se perdirent dans le claquement des portières. Le trajet promettait vraisemblablement de nombreuses chamailleries mais après tout ça, c'était peut-être exactement ce dont il avait besoin.

[HRP : Je pense pas que je reposterai, topic fini pour moi ! /o/ Merci les enfants, on a un peu galéré c'est vrai, mais c'était bien cool quand même :3.]


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Merci pour la sign Chuck & Mat' !
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MessageSujet: Re: Rod Trippes   Sam 30 Jan - 11:11




Las Vegas, YEAH BABY

Liam, charlie, chad, Matthias et matrim

L’incroyable s’est produit. Un incroyable dont j’ai rêvé, et un incroyable que j’aurai préféré ne pas vivre. Matthias est venu me chercher, avec Chad. Mon Matthias. Je n’ai pas vraiment le temps de tout analyser, mais je comprends, en voyant Chad, qu’il a dû vivre un grand malheur, je le sens au fond de mes tripes, même si je ne suis pas encore dans leur meute. Je comprends qu’il a pu me retrouver grâce à ce lien, plus facile à suivre pour lui que pour moi. J’ai cru comprendre que Mick avait une certaine connexion, et peut être que je pourrai avoir un jour, non pas une connexion aussi poussée et précise que ce qu’a Chad, mais en tout cas ce sentiment d’être entouré.

J’ai cru avoir des amis, autrefois, quand j’étais dans la forêt, avec mon père. Un en particulier m’avait attiré dans son groupe d’amis, pensant bien faire, je pense. Mais ces derniers ne m’ont jamais accepté, malgré tous les efforts que j’ai tenté de faire pour intégrer leur groupe. Pire, ils m’ont insulté, méprisé, et traité d’envieux, racontant à mon ami que je les jalousais, car ils avaient plus de succès que moi. Je n’ai jamais compris cette injustice.

Mais Chad n’est pas comme ça, il est venu à ma rescousse, et Mick et lui veulent m’intégrer dans leur meute, comme me l’a proposé Ruby. Je les aime.

Et Matthias. Mon Matthias, qui arrive à m’amener une lumière là où je n’ai que des ténèbres. Et maintenant, une partie de mes ténèbres est en lui, par ma faute. Je n’aurai jamais pensé que ce pouvoir, cette... bestiole puisse se transmettre. Je n’ai jamais vraiment compris ce que c’était. J’ai toujours cru que ça faisait partie de moi, après ma mort clinique… Mais je n’en suis plus sûr, à présent. Et je ressens la douleur du manque, déjà, comme n’importe quel drogué… Mais j’ai enfin le recul nécessaire pour comprendre que je suis drogué à ce pouvoir, à cette sensation grisante de pouvoir contrôler le monde autour de moi. Je comprends d’autant plus Maxence à présent, et le contrôle de fer qu’il doit exercer pour ne pas plonger dans les pensées des gens ou les contrôler. Quand Chad me porte comme un sac de patates, je suis encore bouleversé, mais quand je me retrouve collé contre Matthias, je me sens si bien. Ma main reprend sa place habituelle, sous son t-shirt. Je l’aime. Pour toujours. C’est lui, ce sera toujours lui. Et il est là.

Mais déjà, Matthias est sous l’emprise du pouvoir, et la voiture semble comme possédée.
- Matthias arrête ça ! Hurle Chad quand cette chose tente de s’emparer du volant.
Je tente de le guider, ma main sur sa cuisse.

-respire comme moi, Matthias. Je suis la. Je t’aime. Respire comme moi, il faut que tu la maitrises, sinon c’est elle qui prendra les rênes. Tu pourras tenir plus longtemps que moi, mais même un loup a ses limites.

Mon dieu comme j’ai envie de lui. Je l’embrasse, je ne veux plus jamais le quitter. Même pour la fuir, elle.

Freinant en urgence, la voiture finit par se stopper, pendant que je m’interpose pour que Chad n’assomme pas Matthias.

-rappelle la. Comme un chien en laisse. La laisse s’est ton esprit. Si elle est trop courte, elle se brise. Si tu la lâche trop, le pouvoir s’échappe. Rappelle-la.

Je lui touche les mains, le cou, je l’embrasse dans le cou, lui caresse les avants bras, pour que son esprit reconnaisse la différence entre la chair, et les matériaux autour de lui. Je me souviens parfaitement de la sensation ressentie la première fois, et les fois suivantes. On ne sait plus ce qui est nous, ce qui est autour de nous.

-ton bras, tes mains, ta peau, tes lèvres, les miennes sur ton cou. C’est ça, qui est toi, qui est nous. La pierre, le doux, le rugueux, le froid, le coupant, l’urticant, que tu sens tout autour, c’est elle. Fais la différence. Rappelle-la

-  Qu’est-ce qui vous est arrivé ? Finit par demander Chad.

Alors, avec honte, mais sans baisser les yeux, je leur raconte. Pourquoi je suis parti, pourquoi j’ai voulu attirer Celeano loin d’eux. Je leur explique qu’elle peut détourner à son profit les pouvoirs surnaturels, ou les surnaturels eux même. Je leur décris ma stratégie idiote, mais la seule que j’entrevoyais : lui envoyer des tueurs à gage, pour la ralentir, car elle est immortelle, des gens qu’elle ne pouvait pas tellement corrompre, étant déjà corrompus… Elle est si pernicieuse.
A leurs questions, je réponds sincèrement. A ma connaissance, la seule chose qui lui a fait peur, c’est ma bestiole, qui est maintenant le fardeau de Matthias… Je ne sais pas pourquoi, et je leur explique que dans les livres de mon père, qui était druide, je n’ai jamais rien trouvé s’y référant… Mais peut-être, à nous tous, pourrions-nous trouver des renseignement…

De nouveau, nous sommes seuls, Matthias et moi. Matthias et ses beaux yeux, qui voient la beauté partout, même en moi. Qui ne me fera pas de mal, comme mon ami, dans mon ancienne vie.

- Je t’aime, Matrim. Je t’aime et même si je les comprends, je n’accepte pas les raisons qui t’ont poussé à me laisser. Je veux être là pour toi, t’offrir ma force lorsque tu n’en as plus, bander nos volontés dans un même effort pour chaque difficulté. Je veux ton rire et tes flatteries, tes peurs comme tes colères. Je veux tout ce qu’en quelques jours tu m’as laissé entrevoir.

Je me colle à lui, il comprend ce que je ressens.
-je n’ai jamais cessé moi non plus. Tu rends tout plus beau, même moi. Je ne veux pas que tu souffres pour moi, mais je suis encore plus accro à toi qu’à mon pouvoir. Je ne pourrais pas tenir sans toi. Surtout maintenant que je ressens le manque. Je ne me rendais pas compte à quel point j’y avais pris gout.

Mes deux mains dans son dos, sous son t-shirt, je m’enveloppe de son odeur, je ronronne presque d’être dans ses bras. Ça a toujours été lui.

- Qu’est-ce que je dois faire ?

-le plus important, c’est d’arriver à faire la différence entre toi, ta chair, et ce qu’il y a autour. Sinon tu ne sauras plus si tu es toi, ou elle. Elle est sauvage, capricieuse, mais c’est comme un enfant, il n’y a pas de malice. C’est pour ça qu’on s’entendait si bien, que j’ai cru longtemps que c’était vraiment moi, mon pouvoir. Je crois que j’ai perdu un peu de cette sauvagerie d’enfant, au profit de quelque chose de plus sombre, et c’est comme ça que j’ai perdu le contrôle. Ton esprit est sa laisse, mais aussi la main qui la caresse, qui la réconforte. Qui punit, mais qui récompense quand elle fait ce que tu lui demandes…

Je continue de lui expliquer mes expériences, comment la maitriser. Dans mon cas, ce fut plus facile, car mon autre don, que je sens encore avoir, fait vraiment partie de moi. Je comprends les objets, je sais y enfermer des pensées, et donc j’avais plus de facilité pour contrôler la bestiole.
Il voit dans mon regard tous mes regrets. Mais il y voit aussi tout mon désir.
Ça a toujours été lui.

(finit pour moi, on rentre et on fait la fête.. enfin matthias va avoir du boulot pour me faire passer la desintox à la dure)






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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Rod Trippes   Mar 9 Fév - 15:55

Fini pour moi également. Je n'ai rien à ajouter de trippant sur le retour à Beacon Hills et l'évoquerais lors de mon prochain RP qui devrait être avec Matrim et ma meute pour son intégration.


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MessageSujet: Re: Rod Trippes   Jeu 11 Fév - 0:08




Retour à la maison


Alors là, c'est le pompon qui clôture bien la fin de ma fugue improvisée. Se retrouver en plein désert entouré d'adulte que je ne connais qu'à peine voire pas du tout, c'est tout à fait mon genre. Donc, comme vous pouvez le constater, le coup de la voiture hanté pour ensuite apprendre que les pouvoirs de Matrim se sont barrés de son corps pour aller faire un petit tour dans celui de son petit ami qu'il aime toujours mais qu'il a quitter justement pour le protéger de ses pouvoirs... A la fin, plus rien ne m'étonne. Je suis près à tout croire en cet instant. Tout. Même la super méga révélation du siècle. Laquelle ? J'en sais rien moi.

Toutefois, ce qui est sur, c'est qu'on peut pas faire plus fort qu'en ce moment avec le don non volontaire de pouvoir. On pourrait me dire qu'à mon retour je me marierai de force à un troll que je ne sourcillerai pas d'un iota. Quoi que, les trolls ça pue. Je risque juste de me boucher le nez face à l'odeur. Et vous savez pourquoi ce manque de réaction ? Parce que je nage en plein délire. Le pire dans l'histoire, c'est que je m'en suis fait une raison. La morsure, le monde onirique, le combat avec une araignée géante, le voyage dans une broche magique et les journées de folie à Vegas, après tout ça si tu reste totalement saint d'esprit, c'est que t'as un mental plus que d'acier.

Ou soit je suis dans le coma depuis un bon moment sans que je ne le sache comment et tout ce qui m'arrive est un méga giga rêve super structuré. Ce qui est peu probable vu mon niveau pitoyable d'imagination organisée. Enfin bref, c'est pour vous dire à quel point je suis totalement à l'aise face à notre nouvelle situation. Sérieux, vous m'avez cru ?! Non mais, j'ai l'impression de vivre dans un monde parallèle. Impossible de gober toutes ces péripéties et encore moins de les accepter pleinement ! Même si je ne suis plus en phase de déni, ce n'est pas pour autant que je trouve tout cela cohérent. Je sais ce qui m'est arrivé dans les grandes lignes durant ce mois, c'est un grand pas en avant.

D'ailleurs, perdu dans mes pensées, je ne remarque pas le silence qui s'est installé. Oups ? J'ai loupé quelque chose d'important ? J'espère franchement que ce n'est pas le cas. Sinon je vais avoir du mal à expliquer pourquoi je n'ai rien écouter de la conversation précédente. Tout à coup, Chad s'en va, prétextant vérifier la voiture. Mon oeil va. Je repère les mensonges à des kilomètres à la ronde maintenant ! Je sais que c'est une excuse bidon pour laisser les amoureux discuter seul à seul. Je devrais en faire tout autant mais voyez vous, le problème avec les ragots que j'entends au lycée, c'est que j'en deviens légèrement accro. J'aime bien savoir le scoop de la journée.

Alors vous voyez, une discussion à cœur ouvert, c'est une occasion à pas louper au cas où qu'il y est un potin bien croustillant à se mettre sous la dent. Je reste donc là, avec un sourire benêt, avant que l'ours ne décide à ma place qu'il faut partir. M'attrapant par la manche, Charlie me tire jusqu'à notre voiture que nous avons précédemment abandonné au profit de celle qui s'illuminait toute seul comme une boule de disco. Là bas, le loup garou était le nez sous le capot afin de rendre cohérent son mensonge. D'ailleurs en parlant de mensonge, il y aurait pas un gâteau dans le coin ou un truc qui se mange ? Non, mon estomac ne gargouille pas de famine mais les émotions ça creuse par contre. Après avoir fouiller mon sac en vain, je demande aux autres au cas où qu'ils planquent une sucrerie dans les poches de leurs pantalons.

- J'ai rien à bouffer.

Quoi ?! Pas de nourriture ? Rien ? Même pas une barre aux céréales ? Bande de sans cœur ! J'aurai bien voulu vous boudez à mort et me plaindre de cette injustice à plein poumons, mais il y a un grand risque potentiel que l'ours me laisse sur le bord de la route comme un con pendant qu'il se barre en bagnole. Et comme j'ai pas envie que ça se produise et me taper tout le chemin à pattes, je me la ferme. Mais je n'en pense pas moins. Assis sur le sable chaud à coté de la voiture, les bras croisés, je regarde Charlie traficoter avec un portable. Sûrement pas le sien au vu de son hésitation avant de le prendre en main. Puis il se lève pour sortir les sacs rouges hors du coffre et les donner à l'autre adulte. Ça sens la séparation à plein nez.

- Tu lui rendras tout ça.

Donc c'est là que Matrim nous quitte. L'aventure avec lui pendant ces derniers jours n'étaient pas  si mal que cela. C'était court et long à la fois. Une part de moi n'a pas envie que ça s'arrête mais je n'ai pas trop le choix. On a déjà quitter Vegas, le seul chemin qui nous reste à faire, c'est celui pour rentrer à Beacon Hill. En tout cas, la route à faire va être étrange sans le mentaliste. Plus de bisou à protester ni d'étrange comportement à observer et bye-bye le rôle du gamin capricieux avec ses faux parents. Je trouvais ça pourtant marrant. C'était une belle aventure à y repenser. Au moins, j'ai pris goût à découvrir le monde. Et je sens que ça ne sera pas l'unique fois où je partirai hors de la ville.  

- Monte Liam, je te ramène chez toi...

Me ramener chez moi ?! Ok, ça j'ai compris vu que t'avais enlever les affaires de Matrim de la voiture. Mais j'avais pas penser aux conséquences que cela engendrerai. Si nous sommes que deux, ça veux dire que c'est lui qui retourne devant le volant. Oh mon dieu, je vais jamais rentrer en un seul morceau avec cet ours ! Je sens que je vais franchement reconsidérer la question de faire e trajet à pied. Sachant que je n'ai pas le permis, il ne va sûrement pas me passer le volant. Quoi que... Charlie non plus n'a pas l'air de l'avoir vu sa façon de conduire. A part s'il fait une fixette sur les murs. Fétichiste du miel, des baffes et des murs. Tout un CV.

-Nan mais sérieux, arrête de faire cette tête, comment veux-tu que je nous envoie dans le mur en plein désert !
-Tu serais bien capable de trouver l'unique mur du désert pour te crasher dedans. Murmurais-je.

Je me relève, enlève la poussière de sable sur mes vêtements et lui tire la langue avant de rentrer dans la voiture avant de claquer la portière en grommelant sur l’incompétence des ours en tant que conducteur. M'en fiche s'il m'entend. J'ai pas envie de passer le reste du voyage dans un silence pesant. Et puis les chamailleries qu'on créer durant tout le voyage du retour, c'est un peu notre moyen de communication. Lui il greuh et moi je grr. Tout un concept de langage. Ouais, en fin de compte, se faire des amis provenant de Beacon Hill, c'est pas si mal. Grâce à eux, j'ai réussi à remettre un peu d'ordre dans ma tête. Et j'ai aussi copier un peu le style de vie de l'ours. De justement de ne pas se prendre la tête au sujet de l'épisode Tisseuse et ne plus se battre à oublier les souvenirs de ce moment passé. Après tout, j'ai ma poussière de fée personnelle pour m'y aider !



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