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 Erreur de casting

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Jansen Avery

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MessageSujet: Erreur de casting   Dim 23 Aoû - 10:57





Erreur de casting


Les nuits étaient agréables en ce moment, se disait la jeune femme, alors qu’elle se préparait à gagner sa pitance, en sirotant un bon café à la terrasse de ce bar qu’elle affectionnait, s’y sentant comme chez elle. Les matinées également. Celle-ci particulièrement promettait... Elle ne se souciait guère de l’avenir, elle avait cette chambre, dont elle ne se rappelait jamais avoir reversé le loyer, mais pourtant aucun propriétaire bougon ou pire n’était venu la trouver pour lui réclamer son dû.

L’appartement n’était pas bien grand, et elle s’était crue folle, au début, alors qu’elle s’était réveillée dans les draps aux odeurs musquées. Elle avait vite fait le tour des lieux, inconnus pour elle, et s’était rendu compte qu’elle était dans le lit d’un homme… Elle avait craint le pire, ayant lu toutes ces histoires sur internet. Toutes ces filles qui se réveillaient sans aucun souvenir de la soirée, et avec des examens forts peu rassurants à faire à l’hôpital pour voir si elles n’avaient rien subit contre leur gré…

La première fois, elle était avait eu peur. Et puis elle avait fini par accepter cette vie étrange, avec une impression tenace qu’avant, elle parcourait une grande forêt, mais aucune réminiscence agréable n’y était associée. Elle fuyait, elle le savait, mais quoi ? Elle n’avait aucune notion de ce qu’elle faisait parfois pendant des semaines. Elle regardait la date, et une partie de sa vie avait disparue, engouffrée entre deux circonvolutions mémorielles…

Elle était devenue méfiante envers les étrangers, c’est-à-dire envers tout le monde. Sauf le patron du bar, qui était heureux de la voir revenir encore et encore. Il lui offrait un café chaque fois qu’elle pointait sa frimousse parsemée de taches de rousseur, bien que discrètes.. Ses grands yeux verts en amande, aux longs cils noirs avaient fait leur office plus d’une fois, la sortant de situations pour le moins embarrassantes.

Sa voix lui valait habituellement de bien gagner sa journée, lui permettant même de s’acheter un petit ampli de rue, et une guitare. Elle avait la musique dans la peau. Mais les accords qu’elle tirait parfois de son instrument étaient étranges, comme hors du temps. Elle chantait des chansons sans paroles, la plupart du temps. Sa voix jouait comme un instrument de musique, modulant un chant hypnotique, apaisant. Les pièces, parfois les billets, atterrissaient dans son panier en osier avec une régularité satisfaisante.

Mais satisfaite, elle ne l’était pas. Elle avait un attrait irrésistible pour ce qui ne lui appartenait pas. Pas par besoin, pas par envie, juste par un impérieux désir de chaparder des choses… Parfois, lorsqu’elle se réveillait dans son appartement, ces choses qu’elle avait volé n’y étaient plus, et elle avait vu quelques anecdotes sur l’ordinateur portable de son appartement, en cherchant. Des propriétaires qui n’expliquaient pas la réapparition d’objets chez eux avec parfois un petit mot « toutes mes excuses ». Mais lors qu’aucun vol n’avait été déclaré, visiblement, les objets restaient.. Comme sa guitare et son ampli…même cet ordinateur était étrange. Il appartenait à … Elle n’arrivait jamais à se souvenir. Au moment où elle cherchait, elle tombait bien sûr sur le nom, mais elle ne se souvenait pas du mot de passe pour les mails, et le profil qu’elle consultait était juste là, sur le bout de sa langue, mais rien à faire…. De toutes manières, elle n’aimait pas être enfermée. L’idée même d’être contrainte lui était insupportable. Elle ne venait dans cet appartement que pour y dormir et prendre une douche.

Ayant avalé son café, elle alla se mettre au travail. Elle avait choisi une rue relativement fréquentée, pour ne pas passer des heures avant d’avoir un résultat.
Cela faisait une heure et demie qu’elle chantait, mais c’était moins plaisant pour elle, car elle n’avait pas pris sa guitare et son ampli… Et puis la tentation, affublée de ses plus beaux atours, brillants, vint lui jouer chanter à son tour un chant hypnotique… Ce n’était pas grand-chose, mais l’envie était là, et elle ne souffrait aucun retard…

Alors après avoir salué le public, elle fit son sourire le plus charmeur au type qui la regardait derrière la vitre du magasin de décoration. Elle avait repéré ce magnifique chandelier, suffisamment petit pour tenir sous son pull. Elle avait presque réussit son coup, embobinant son interlocuteur pour qu’il aille lui chercher un vieux cadre dans sa remise. Elle s’apprêtait à prendre l’objet de sa convoitise, lorsqu’un jeune homme, affublé d’un sweat a capuche, déboula dans le magasin, pris tout ce qui lui tombait sous les yeux, et pris la fuite dans un grand fracas. Le propriétaire arriva à ce moment-là , et, la bouche en cul de poule, regarda successivement la sortie que venait d’emprunter le voleur, puis la jeune femme présente devant le chandelier, la main tendue.
-VOLEUR ! VOLEUSE ! A L’AIDE !

Elle fit sans doute le truc le plus stupide de sa journée. Paniquée, elle se mit à fuir, sans rien d’autre dans les poches que son argent gagné quelques instants plus tôt. Les passants sur son chemin eurent l’impression d’un courant d’air, alors que la jeune dryade, svelte, se faufilait pour échapper à ses éventuels poursuivants… Bien sûr, sa chance ayant décidé apparemment de faire grève, elle avait attiré l’attention d’un poursuivant particulier, et ayant tous les droits de l’être, qui avait bien vite réagit aux invectives du propriétaire.


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Brian O'Conner

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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Dim 23 Aoû - 16:48


Run


Feat : Jansen Avery



Centre ville 1:30 PM
La journée se prête bien à la tâche qui m’a été confiée aujourd’hui. Assurer la sécurité de proximité. Il s’agit de circuler à pied dans les quartiers ciblés où la municipalité met une priorité pour la tranquillité des gens. C’est évidemment pas dans le quartier où je loge que cette priorité est mise, mais dans le centre-ville prêt des commerces. Je n’ai pas à décider de ce qui est juste ou qui ne l’est pas, mais je sais très bien que le shérif est limité en moyen. C’est pour ça que je flâne du côté des boutiques d’une avenue particulièrement marchande. Je soupçonne même Jordan, de m’avoir collé là sciemment pour que je « m’aère ». A-t-il eu pitié de son coéquipier qui s’est vu de fait, chargé de « nettoyer » la pile de dossiers en souffrance qui encombrent le bureau qui m’a été attribué ? Je suis tout de même assez content de mon travail. Mon bureau se dégage un peu. Mais je dois bien avouer que ce n’est pas le travail que je préfère. Je suis plus à mon aise dehors que devant un ordinateur pour faire de la saisie. Mais je prends tout de même à cœur ma tâche. Je suis conscient qu’il y a toujours une contrepartie à chaque job.

Pour ne pas faire mentir les films de série B, je me suis acheté un donuts que je savoure avec plaisir. C’est vraiment un écart à mes règles alimentaires. Bien que pas très doué en cuisine, j’essaye de manger sainement. Surtout depuis que chaque matin, je m’entraine avec Jordan, je suis bien obligé de veiller à ma forme. Ce maudit adjoint a toujours une longueur d’avance, m’obligeant à m’améliorer et à chercher mes limites. Mais j’adore ça ! Avec lui, je peux me lâcher et me donner à fond. C’est peut-être bien ce qu’il me faut pour canaliser ma propension à foncer dans le tas quand il ne le faut pas. Jordan est peut-être le catalyseur qu’il me faut.

Une altercation dans un bar m’amène à traverser l’avenue. Heureusement, la simple vue de mon uniforme calme immédiatement les deux protagonistes. Le patron me remercie d’un signe de la main, je ressors donc dehors. La journée avance sans que d’autres heurs n’arrivent. Ma simple présence suffit souvent à calmer toutes velléités… du moins quand on capte ma présence « avant » de commettre un larcin. Car la suite allait mettre en application mes footings matinaux. Un cri me rend subitement attentif.

- Voleur ! Voleuse ! A l’aide !

J’aperçois une jeune femme qui sort d’une boutique précipitamment. Le boutiquier qui la suit ne laisse aucun doute sur ce qui se passe. C’est un flagrant délit de vol à la tire. Je tiens ma matraque contre ma jambe pour qu’elle ne tape pas en cadence sur ma cuisse et je me met en chasse de la fuyarde. La belle sauterelle a une belle foulée, car pour l’instant j’ai du mal à réduire la distance qui nous sépare. Il ne faut pas que je la perde de vue, alors quand elle bifurque dans une ruelle, je mets une accélération qui me tire une grimace.

La ruelle est encombrée par des poubelles et tout un tas d’obstacles propices à mon sport favori : le street jumping. Je m’aide donc de ce que la ruelle m’offre et gagne ainsi du terrain sur cette voleuse décidément bien sportive. Je ne m’essaye pas à de belles figures comme dans les films, mes gestes et prises optimisent ma course. Je mentirai si je disais que je n’étais pas ravi de cette course poursuite. Le délit de fuite aggrave le cas de la fille, mais me permet de m’éclater à rebondir sur les poubelles et autres murets. Doucement mais surement je gagne du terrain. Je canalise mon souffle pour tenir face à l’endurance incroyable de celle que je poursuis. C’est une championne olympique du sprint ou quoi ? Mais l’étau se resserre et la configuration de la ville m’aide. La jolie demoiselle arrive dans un cul de sac. Le mur qui lui fait face fait bien six ou sept mètres. Alors que j’arrive, je la vois s’élancer. Elle n’espère tout de même pas y arriver ?! Dans le doute, je fonce et j’ai juste le temps de la saisir à la cheville.

Je reprends mon souffle en la maintenant face contre le mur. Puis je lui lis ses droits tout en lui collant les menottes. Le trajet vers la boutique, d’où elle est sortie un peu rapidement, n’est pas si long car on a plus ou moins tourné en rond. Le boutiquier a un sourire vainqueur quand il me voit arriver avec ma prisonnière. J’écoute sa version des faits. Il me montre un chandelier qui intéressait vraisemblablement la belle et parle d’un complice qui s’est enfuit avant elle.

- Quel est votre nom mademoiselle ?

Dans le même temps j’appelle le central pour qu’il m’envoie une voiture. On a un tas de papier à faire et une belle fille à coller en cellule. La pèche au délinquant aura été bonne. Je me demande ce qui amène cette fille à voler. Besoin de survie ou pour payer sa dose de came ? Nous allons éclaircir tout cela au poste.


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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Jeu 27 Aoû - 9:01





Erreur de casting


»Mais qu’est-ce qui m’a pris » se disait la jeune femme, en panique, alors qu’elle s’enfuyait loin des lieux du crime. Car il y avait bien eut vol, finalement, même si ce n’était pas elle. Elle aurait dû rester, expliquer qu’elle n’avait rien à voir avec ça, mais elle n’était pas sûre que le propriétaire accepte une telle explication alors qu’elle lorgnait ce fichu chandelier.

Comme si ça ne suffisait pas, elle se savait à présent coursée par un flic, qui bien sûr se trouvait là à ce moment-là… Et pas un gras du bide, en plus, pouvait elle constater amèrement alors qu’il tenait la distance derrière elle. Si seulement elle avait été en forêt, elle aurait pu le semer si facilement ! Mais non, en guise d’arbres, elle frôlait des immeubles, en guise de branches elle devait louvoyer entre des cordes à linges, et par-dessus le marché, elle avait la malchance de ne tomber sur aucune palissade en bois ou parc naturel ou même magasin de fleuriste, ce qui aurait pu lui assurer une retraite…. Tel qu’elle voyait à présent les choses, son poursuivant ne la lâchera pas avant de l’avoir menottée… Et ensuite que pourrait-elle dire ? Qu’elle chantait dans la rue, ce qui était déjà limite, et qu’elle n’avait rien à voir avec l’autre type ? Ça avait beau être la vérité, elle avait peur de ce qui pouvait s’en suivre… Prise de sang, notamment, car ils allaient surement la prendre pour une droguée… Eh bien, ma vieille, tu es dans de beaux draps !

Mais ce n’est pas vrai ! En plus il fallait qu’elle tombe sur un adepte d’art martial ou de Streets jump, ou allez savoir quoi. D’habitude, ses propres acrobaties la sortaient rapidement de toute situation, mais le jeune homme qui la poursuivait aurait pu tourner comme cascadeur à Hollywood… Ce coup-ci elle était foutue.

Complètement en panique, la jeune femme avait mis son sens de l’orientation en berne, prenant les ruelles au hasard. Ce fut ce qui la perdit. Alors qu’elle faisait face à un mur a priori infranchissable, son poursuivant à présent sur de la rattraper, elle voulut tenter le tout pour le tout, et tant pis pour la discrétion, elle irait se planquer quelques temps dans la forêt… Mais la jeune dryade n’eut pas le temps de sauter, et le jeune flic n’eut pas le temps d’assister à un saut impossible. Ce dernier fut plus rapide et la plaqua contre le mur, après l’avoir saisi au bond.
Sa voix lui récite ses droits, mais son oreille n’entend qu’une suite funeste à son destin. Ils allaient faire des examens sur elle, et elle ne pourrait plus jamais être libre. Oh, comme sa chère forêt lui manquait. Seulement elle ne savait même plus ou était sa chère forêt.

Alors qu’elle refaisait le chemin inverse en direction de la boutique, elle ne tarda pas à voir le sourire triomphant du propriétaire, qui expliqua au flic sa vision de la chose. Elle fut estomaqué par son manque de chance.
-non.. Ce n’est pas du tout vrai, je ne connais pas ce voleur, et je voulais acheter ce chandelier, seulement j’ai paniqué…
Mais rien à faire, le policier prenait son travail très au sérieux, aussi quand il lui demanda son nom, elle se résigna, ses grands yeux en amande humides de frustration.
-Janice…. Je m’appelle Janice…et je ne connais pas mon nom… je chante dans la rue

-ben voyons ! Se permit le propriétaire, hautain et dédaigneux, la jaugeant du regard… Pour lui, ça ne faisait aucun doute, elle n’avait pas les moyens de se payer quoique ce soit dans sa boutique. Il rigolerait moins s’il avait vu sa guitare et son ampli, qui valaient largement plus que ce stupide chandelier…Mais qu’est ce qui clochait chez elle à la fin ? Pourquoi ce besoin de s’approprier les choses, comme si ça la rendait plus réelle, comme si le fait de voler des choses objets marquait son empreinte sur le monde…

A présent qu’elle partage le même véhicule, en direction du poste, que celui qui l’a coffré, elle peut voir son magnifique regard. Pourquoi fallait-il qu’il soit attirant, en plus ? Ça aurait été plus simple de le haïr, elle aurait eu moins de mal à user de ses charmes… Mais il faisait son travail.. Ça ne rendait pas la suite plus appréciable pour autant… Comme son arbre-mère aurait eu honte d’elle, à ce moment… Et qu’allait-elle devenir, entre ces murs de pierre ou de béton ? Elle dépérirait, comme n’importe quelle dryade sortie trop longtemps de son environnement…

Le bref interrogatoire, qui n’était pas le vrai, elle le savait, n’aboutit bien sur à rien, si ce n’est un regard troublé de la part de la jeune femme, mais aussi du jeune flic qui l’avait coffré. Elle s’était contenté de dire la vérité, mais qui bien sur était dure à entendre : qu’elle ne savait pas son nom, qu’elle ignorait si elle avait une famille. Ceci n’était pas vrai. Elle savait qu’elle avait plusieurs sœurs, mais elle ignorait ou était leur sylve… Mais elle ne pouvait pas dire ça…

Assise dans sa cellule, elle pouvait estimer être privilégiée alors que c’était une cellule individuelle, vu les sifflements désagréables qui avaient accompagné son chemin vers sa nouvelle demeure pour la nuit.
Perdue, elle se mit à se balancer, les jambes repliées vers elle, assise contre le mur, et, se balançant légèrement, elle fredonna, dans un premier temps, pour se redonner du courage. Puis elle se laissa embarquer par le chant, et se mit à chanter son chagrin, mêlant un peu de sylve à travers la mélodie… Son chant l’enveloppa, réconfortant. Il racontait la feuille qui tombe de l’arbre, mais pas loin de lui. Il racontait l’humus qui donnait naissance, la rosée qui se déposait, la tristesse de voir se coucher le soleil.

Au bout d’un moment, tous les braillards des cellules avoisinantes se turent, captivés par le chant, et le jeune flic qui avait se nommait B. O’Conner, comme écrit sur son badge, vint également, alerté par le calme soudain. Lorsque Janice tourna la tête, elle vit son regard clair, et son émotion… Une larme coula sur sa joue et elle arrêta de chanter, troublée par le jeune homme…. Fronçant les sourcils, elle se détourna résolument, et regarda le mur vide. B… B comme Bruce ? Barry ? Byron ? Brian ? … Quelle importance, après tout ?


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Brian O'Conner

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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Ven 28 Aoû - 21:53


Prévenue particulière


Feat : Jansen Avery



A ma question sur son identité, la jeune femme tente de se disculper et contredit la version du propriétaire du magasin. C’est le réflexe habituel des voleurs à la tire qui nient l’évidence des faits. Réflexes dérisoires pour échapper à la sentence.

- Non... Ce n’est pas du tout vrai, je ne connais pas ce voleur, et je voulais acheter ce chandelier, seulement j’ai paniqué…

Je me demande bien ce que cette fille ferait avec un tel objet. Elle n’a pas vraiment le style qui colle avec ce qui ressemble plus ou moins à une vieillerie pour personnes d’un certain âge. A la rigueur pour un style gothique, ce que la jeune femme n’a pas.

- Janice…. Je m’appelle Janice…et je ne connais pas mon nom… je chante dans la rue
- Ben voyons !


Le propriétaire exprime tout haut ce que je pense tout bas. Cette fille est bonne pour une prise de sang… Je suis navré pour elle. Elle semble pourtant en parfaite santé, et elle est plutôt jolie. Alors pourquoi se détruire la vie avec des substances qui certes vous font planer quelques heures… mais à quel prix ? Celui d’oublier son nom de famille ? Car sur ce point, je veux bien la croire et qu’elle ne tente pas de me cacher un passif avec un dossier déjà chargé à la police. De toute façon avec ses empreintes, il sera facile de la retrouver dans nos fichiers si toutefois, elle a déjà été « invitée » par l’état.

Dans la voiture, elle choisit de se taire et cela me convient parfaitement. Cela m’évite de devoir jouer de mon autorité. Je n’aime pas le faire et je n’ai jamais abusé du pouvoir intrinsèque que me procure le port de l’uniforme. Si je m’étais engagé dans la Navy à mes dix-huit ans, ce n’était pas pour commander une armée, mais bien pour être sur le terrain.

Je trouve ridicule de lui laisser les menottes alors qu’on entre dans le poste de police, mais c’est la procédure. Cette fille coure vite, ce qui d’ailleurs m’étonne si elle est une junkie à ses heures. Mais sa constitution fine et élancée, lui donne que peu de chance de pouvoir rivaliser avec un policier entrainé. Cependant, je me suis juré de ne plus laisser de prise à la faute professionnelle. J’applique donc le manuel à la lettre. Je l’interroge brièvement pour compléter son dossier. Elle me donne une adresse dans un quartier populaire et je lui prends ses empreintes pour comparaison avec la base de données de l’état de Californie. Dans la case où je suis censé écrire son nom de famille, je mets un « attente des résultats du fichiers central ».

Poliment, je l’invite à se lever et je la conduis vers le bloc des cellules. C’est une belle fille, alors évidement tous les caïds minables et poivrots déjà présents, lui font un accueil sonore et déplacé. Je ne dis rien, car cela ne sert à rien. Je la boucle dans la cellule du fond, l’isolant un peu de ses codétenus pas très raffinés.

De retour à mon bureau, je rédige la plainte du commerçant et fait une fiche de signalement pour le complice qui s’est échappé. La jeune femme a nié être de mèche avec lui. Difficile de savoir si c’est, oui ou non, la vérité. Son profil de vie ne prêche pas en sa faveur. Ensuite je me fais submerger par de l’administration. Au poste de police, il y a comme une routine qui s’installe. On entend le cliquetis des claviers où chaque agent tape allégrement avec plus ou moins de doigts, suivant sa familiarité avec le monde informatique, puis il y a le fond sonore qui provient des cellules. Je vois une collègue enfiler sa veste. Je crois que la climatisation défaille encore. Il fait un peu frisquet. Une plaisanterie tourne dans le poste au sujet de Jordan qui aurait, parait-il, la pièce la mieux chauffée du poste. C’est vrai que j’ai souvent une impression de chaleur quand je suis amené à le voir dans son bureau.

- Que font-il encore ?
- Laisse, je vais voir.


Le chahut des cellules s’est tût et on dirait qu’on a allumé un poste de radio sur une chaine musicale. Avant d’entrer dans le bloc, je prends une des couvertures que l’on a en stock pour couvrir les victimes si besoin et j’entre voir ce qu’il se passe. Tous les fiers à bras se tiennent cois. L’origine de la mélodie est cette jeune femme que j’ai bouclé il y a une heure ou deux. Sa voix est particulièrement envoutante et comme les autres gars présents, je reste paralysé, comme prisonnier d’un charme. Les mots que je ne comprends pas et la mélopée qui l’accompagne, sont chargés d’émotion. Je n’ai jamais entendu un chant si beau. Je ne peux nier être troublé par la tristesse et la mélancolie qui se dégage de cette chanson.

Elle finit par s’apercevoir de ma présence, car son regard croise le mien. Est-ce une larme que je vois couler sur sa joue ? Je n’ai pas bien le temps de voir, qu’elle se détourne, regardant le mur. Le charme de la chanson s’est brisé. Je m’approche doucement. Heureusement, les autres détenus semblent encore sous l’influence du chant et restent calme. C’est vrai que moi-même, je n’ai pas envie de troubler le silence qui vient de se faire.

- La climatisation déraille un peu.

Je lui tends la couverture à travers les barreaux, mais elle ne bronche pas. Être enfermé ici a un effet dégrisant. Elle n’est pas la première à verser une larme et ne sera pas la dernière. Elle me fait l’image d’un oiseau en cage, d’un gâchis.

- Cela serait idiot de prendre froid mademoiselle.

Toujours pas de réponse, alors je pose doucement la couverture sur le sol. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai envie d’être rassurant, bien que ce soit une voleuse. Il existe tant de raison pour basculer du mauvais côté.

- Si vous êtes inconnue de nos services, vous vous en tirerez avec un blâme et une leçon de morale. Il serait bien de donner votre complice. Il semble vous avoir abandonné. Janice ?

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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Mar 1 Sep - 19:35





Erreur de casting


Le mur ne lui renseignait rien, ne lui disait rien. Ah, comme sa sylve lui manquait ou qu’elle puisse être. Avec les plantes, les arbres, elle ne se sentait jamais seul, jamais abandonnée. Elle leur parlait, en quelque sorte. Pas de ce genre de langage avec des mots, des temporalités, rien de tout ça. Plutôt une sorte de communion, l’expression de besoins simples, d’un amour sans condition, de l’assurance d’être protégée, préservée, comprise. Entre les murs froids de sa cellule, son cœur de dryade baissait de plus en plus de rythme, bien que de façon imperceptible pour le moment.

Comment une si petite chose, insignifiante, pouvait elle entrainer tant de conséquences ? Un petit chandelier de rien du tout, à peine brillant, et elle se savait condamner. Car elle savait ce qui allait suivre après les prises de sang. Un sang comme le sien, si anormalement chargé de points communs avec une biologie appartenant plutôt à la flore qu’à l’espèce humaine. Elle se doutait, sans vouloir le formuler, de ce qui allait suivre. Les questions, d’abord, mais les expériences, ensuite… Jamais encore elle n’avait été attrapée, jamais aussi proche du désespoir que maintenant… Et tout ça pour un petit chandelier de rien du tout…

Les empreintes, encore, ça pouvait aller. Elle n’était fichée nulle part, donc elle n’aurait pas de problème de ce côté-là… Soudain, elle remercia la personne, qui qu’elle soit, qui avait rendu d’une façon ou d’une autre tout ce qu’elle avait chapardé auparavant. Car avec l’adresse qu’elle avait dû donner, nul doute qu’ils allaient vouloir comparer avec un fichier ou autre si des éléments chez elle correspondaient avec des disparitions.. Minute.. Non… Ils n’avaient pas le droit de faire ça. L’avaient-ils ?

Et puis il y avait ce flic, celui qui courrait si vite, et qui pouvait faire des bonds… Il était venu, attiré par son chant, et elle s’était tue. Mais elle avait pu voir son regard si clair. Comment quelqu’un d’aussi lumineux pouvait commettre une telle injustice ? Elle avait du mal avec tous ceux qui ne faisaient pas partis du petit peuple. Du mal à les comprendre. En fait, en étant tout à fait honnête, elle voyait bien qu’il n’y était pour rien, qu’il ne faisait que son travail. Elle avait vraiment eu de la malchance…
- La climatisation déraille un peu.

Même sa voix était claire et lumineuse… Elle se retourna vers la source de lumière, B.O’Conner.
D’un geste hésitant, toute son attitude démontrant un côté sauvage, la jeune femme pris la couverture du bout des doigts, puis la tira bien vite vers elle, comme un chat sauvage, ayant peur de tomber dans un piège. A travers ses longs cils noirs, la couverture maintenant blottie contre elle, elle détaillait le jeune homme, y cherchant une réponse, comme si tout d’un coup il pouvait révéler autre chose de lui qu’un simple humain vivant loin des arbres, loin du cœur-monde.

Lorsqu’il lui parla de nouveau, elle ne compris pas les mots, comme si ils ne signifiaient rien. Elle connaissait ces signes avant-coureurs. Elle savait qu’elle allait bientôt se recroqueviller, s’endormir, et se réveiller des jours plus tard, en ayant presque tout oublié. Seulement cette fois ci, il n’y avait aucune chance qu’elle se réveille dans le lit qu’elle aimait tant, et qui sentait le musc, la présence de l’autre dont elle n’arrivait pas à se rappeler les traits.
Si vous êtes inconnue de nos services, vous vous en tirerez avec un blâme et une leçon de morale. Il serait bien de donner votre complice. Il semble vous avoir abandonné. Janice ?
Ce coup-ci elle comprit, elle comprit qu’il lui donnait un peu de sa lumière… Alors elle parla, de nouveau, et se fut un effort qui lui couta cher, car elle devait faire attention à ne pas mêler à ses paroles le son de la sylve, elle ne voulait pas le charmer, juste lui parler, lui faire comprendre si elle pouvait.

-Je vous le jure, je ne sais pas qui était cet homme, et oui, je suis inconnue de vos services… C’est une terrible injustice… C’est tellement frustrant, je vois bien que tout joue en ma défaveur. Mais je n’ai rien pris, rien volé et…

Très bien, autant donner un os à ronger. Soupirant, elle ajouta.
-oui, j’ai eu envie de prendre ce chandelier et de partir avec, mais je ne l’ai pas fait. Alors quand l’autre type s’est pointé pour réellement voler et que le propriétaire est revenu, me voyant tendre la main vers le chandelier, j’ai paniqué, je me suis enfuie… Je n’aurais pas dû, mais c’est fait à présent et je ne peux rien y changer.

Il ne pouvait pas comprendre. Au pire, pour lui, il devait penser qu’elle passerait une nuit désagréable, et si elle avait raison, elle aurait droit à des excuses, affaire classée… Mais il y avait le problème de la prise de sang… Elle ne pouvait pas se laisser embarquer dans cette histoire sans fin. Elle avait beau chercher, comme un animal acculé, des éléments dans lesquels se fondre, il n’y avait rien ici qu’elle puisse utiliser..
Elle soupira de nouveau, frustrée…

-vous ne pouvez rien pour moi, je le sais. Alors laissez-moi. Ma vie s’arrête ce soir et vous n’y pouvez rien.

Le regard perplexe du jeune homme la toucha au cœur… Il ne comprenait pas qu’elle en fasse tout un drame, mais pourtant, elle le savait, pour préserver la sylve, elle se laisserait mourir, se desséchant, ne donnant aucun élément susceptible de révéler l’existence du petit peuple. En se concentrant très fort, elle arriverai à n’être plus que poussière de feuille d’ici le lendemain matin. Elle n’avait pas assez de connexion avec la terre et le bois pour s’échapper, mais suffisamment pour ça. Cela serait douloureux et elle laisserait nombre de regrets et de questions sans réponse derrière elle. Mais elle préserverait ses sœurs, ou qu’elles soient.

-ne vous en voulez pas, pour rien… Votre lumière, en vous, gardez la… Je sais que je passe pour une folle ou une droguée, et je ne peux pas vous demander de me croire, mais gardez ces paroles en tête, pour plus tard… Ne vous en voulez pas.

Elle attendit que le jeune homme parte pour se mettre dans le coin le plus sombre de la pièce. Emmitouflée dans la couverture, elle se recroquevilla, presque comme un cocon. La petite douleur qui commençait à sourdre dans ses veines lui indiqua qu’elle s’y prenait bien, même si c’était la première fois qu’elle le faisait. Elle s’endormit dans une sorte de torpeur bienheureuse, et la douleur reflua.

(…)
Quelques heures plus tard, Jansen s’éveilla dans un cri de douleur. Paniqué, il chercha la lampe de chevet, mais ne rencontra que pierre froide. Repoussant sa couverture, il fronça les sourcils, son cœur battant la chamade. Il finit par apercevoir les barreaux et compris ou il se trouvait. Mais ce fut la seule chose qu’il puisse comprendre alors que ses tempes battaient douloureusement et qu’il se rendait compte qu’il avait le gosier sec et la langue pâteuse…
-a boire, s’il vous plait.. Ou suis-je ?

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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Mer 2 Sep - 19:42


Erreur de casting


Feat : Jansen Avery



J’ai un sentiment étrange vis à vis de cette jeune femme. Elle est belle et il se dégage un côté sauvage de sa personne qui est assez déroutant. Toutefois, je ne crois pas que ce soit mon taux de testostérone qui se réveille de la période glaciaire où il se trouve confiné depuis plus d’un an et demi. Non que je me trouve un point commun avec cette fille, mais il y a une étrangeté que je n’arrive pas à définir. Ce qui est incontestable, c’est que j’ai bien plus de sympathie pour cette apprentie voleuse que le reste de nos pensionnaires.

- Je vous le jure, je ne sais pas qui était cet homme, et oui, je suis inconnue de vos services… C’est une terrible injustice… C’est tellement frustrant, je vois bien que tout joue en ma défaveur. Mais je n’ai rien pris, rien volé et…
- Vous vous êtes enfuie du magasin, mademoiselle…
- Oui, j’ai eu envie de prendre ce chandelier et de partir avec, mais je ne l’ai pas fait. Alors quand l’autre type s’est pointé pour réellement voler et que le propriétaire est revenu, me voyant tendre la main vers le chandelier, j’ai paniqué, je me suis enfuie… Je n’aurais pas dû, mais c’est fait à présent et je ne peux rien y changer.
- Je veux bien vous croire, mais il faudrait retrouver l’autre type. Il serait facile de vérifier s’il vous connait ou pas.
- Vous ne pouvez rien pour moi, je le sais. Alors laissez-moi. Ma vie s’arrête ce soir et vous n’y pouvez rien.
- Ne soyez pas si effrayée. Au pire vous vous en sortez avec une amande et des travaux d’intérêt généraux.


Je suis attristé de la voir si défaitiste. Son angoisse de petite fille, me prouve la présence d’une part d’innocence et de candeur chez elle. J’aimerais la réconforter au mieux, cependant je dois faire mon travail avec le plus de neutralité possible.

- Ne vous en voulez pas, pour rien… Votre lumière, en vous, gardez la… Je sais que je passe pour une folle ou une droguée, et je ne peux pas vous demander de me croire, mais gardez ces paroles en tête, pour plus tard… Ne vous en voulez pas.
- Vous n’êtes pas folle à mes yeux, Mademoiselle. Juste un peu naïve, sans vouloir vous offenser.


Je lui souris afin qu’elle garde au moins une impression amicale de ma part. Passer une nuit au poste peut impressionner les gens sensibles. Et je pense que Janice est ce genre de personne très à l’écoute de son environnement immédiat. Plus que jamais elle me donne l’impression d’être un oiseau en cage. Ma journée se termine dans une routine soporifique. Avant de partir, je passe voir dans le bloc des cellules. Janice s'est enveloppée dans la couverture et semble dormir.

J’avais emménagé dans ma future nouvelle maison. L’actuelle propriétaire m’avait gentiment invité à emménager dans la chambre d’ami en attendant que la vente soit effective. Nous avions conclu un accord, je l’aidais à démonter ses meubles et faire ses cartons en échange de mon occupation précoce. J’ai vite sympathisé avec elle, et elle me considère plus comme un fils qu’un locataire provisoire. C’est Jordan qui m’avait déniché cette affaire. Sans lui, je serais vraisemblablement passé à côté. Je rentre donc, non sans avoir fait quelques courses. La situation de Janice me touche, j'ai donc décidé de lui faire des muffins, même si je n’ai aucune idée de comment faire ça. Toutefois, Madame Travis, la dame à qui j’achète la maison, m'est d’un grand secours. La confection de ces gourmandises est l’occasion d’un bon moment et de beaucoup de plaisanterie à mon égard. Ma logeuse s’était donnée comme mission, de m’apprendre à cuisiner le temps que nous allions nous croiser dans cette maison. Autant dire que l’objectif est très ambitieux…

Je dois acheter le silence de ma collègue avec 2 muffins, quand j’arrive au poste avec mon colis bien odorant. Je suis mal à l’aise qu’elle pense que j’essaye de charmer la prévenue que j’avais arrêtée la veille. C’était juste de l’empathie pour celle qui me faisait penser à une biche éga… Euh… pourquoi il y a un type plutôt balèze dans la cellule de Janice ? Je suis à la porte du bloc des cellules et je constate l’absence de la jeune femme, même dans les autres cellules. Je me retourne vers ma collègue, lui demandant s’ils l’ont libérée dans la soirée ou tôt dans la matinée. Elle me répond que non.

- Et le grand balèze, il est arrivé quand ?
- Je ne sais pas, demande lui donc !


Elle est bien bonne celle-là ! Ce n’est tout de même pas un moulin à vent cette boutique. Je m’approche donc du gars qui a été mis dans la cellule où est censée être Janice.

- Pouvez-vous me rappeler la raison qui vous a amené ici ?
- A boire, s’il vous plait... Ou suis-je ?


Ok… Encore un qui a été ramassé suffisamment ivre pour ne rien se souvenir. Je suis tout de même perturbé de ne pas trouver la jeune femme. De plus en me remémorant ses propos hier soir, je trouve cela de plus en plus inquiétant. Par acquis de conscience je vérifie que la porte est bien verrouillée. Ce qui est le cas. Pas de tunnel creusé pour s’évader, tous les barreaux sont là et il n’y a pas de fenêtre vers l’extérieur. Mais qui a fait sortir ma prisonnière ? J’en suis presque vexé, moi qui ai confectionné spécialement pour elle ces muffins que je tiens encore à la main. Je suis assez perturbé pour donner le paquet à ce gars et ressortir lui chercher une bouteille d’eau. C’est lorsque je reviens la lui donner que je remarque quelque chose. Il y a comme un air de famille entre ce gars et Janice. Surtout au niveau du regard. Je l’observe attentivement alors qu’il se désaltère. Il se dégage de lui la même étrangeté que j’avais perçue chez la jeune femme.  Tout cela est trop étrange et invraisemblable, je vérifie donc qu’il n’y a pas mes collègues planqués dans un coin pour une farce idiote. Mais il semble que non…

- Quel est votre nom ? Et… vous n’avez pas vu une jeune femme détenue ici ? Elle était dans votre cellule hier soir quand j’ai quitté mon poste.

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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Jeu 3 Sep - 11:58





Erreur de casting


C’était la panique totale. Cette fois, sa malédiction lui valait bien plus de désagréments qu’une simple suite de questions sur ce qu’il était, ce qu’il faisait quand il devenait cette autre personne. Mais bon sang, pourquoi ici ? Pourquoi maintenant ? Il était enfermé en prison, et il n’avait aucune idée de ce qu’avait pu faire son alter-ego pour être arrivé ici… C’était tellement frustrant qu’il avait envie de hurler. Mais il y avait la douleur. Cette douleur dans les veines, dans son corps. Il était pour ainsi dire desséché. Il avait tellement soif.

Soudain, il comprit ce que son double avait voulu faire et toute l’horreur de l’inéluctabilité de ce geste avorté vint le frapper de plein fouet. Et en même temps que l’horreur, une prise de conscience se frayait un chemin dans son corps douloureux. Il comprenait avec une acuité glaçante pourquoi elle avait amorcé ce processus. Si jamais il devenait la proie de médecins, il n’aurait pas d’autre choix que de continuer ce qu’il avait arrêté. Il en voulait à ses sœurs, à ses bourreaux. Il avait été violé à plusieurs reprises, pour la seule raison qu’il était un Drus et qu’elles n’en avaient pas vu depuis des centaines d’années. Mais pour autant, il ne voulait pas sacrifier son peuple. Son sang, sa sève, était plus forte que sa haine. Il ne pouvait pas sacrifier son peuple, alors il lui faudrait peut-être se sacrifier lui…

Mais il veut comprendre. Alors, encore une fois, il tente de se rappeler, en vain, ce qu’il a fait ces dernières heures, peut-être ces derniers jours… Mais il n’a pas plus de résultat que d’habitude, à part des flashs, des images fugaces, des senteurs, des impressions. Liberté, insouciance, envie, sauvagerie… Et une poursuite, la peur, la joie d’avoir quelqu’un qui tienne la distance, qui puisse jouer avec vous…Et un visage, aux yeux clairs. La seule image nette qui lui reste.
Quand il ouvrit de nouveau les yeux, ses mains accrochées aux barreaux, il reçut un coup au cœur. Le visage, réel, qu’il voyait de l’autre côté des barreaux était celui qu’il avait vu dans ses flashs. La seule image nette qui lui restait.  

- Pouvez-vous me rappeler la raison qui vous a amené ici ?
Jansen clignait des yeux, étant incapable de demander autre chose qu’a boire, et ne comprenant pas pourquoi, pour la première fois, il avait un souvenir tangible, une image qui lui restait de son double. Son corps lui faisait mal, mais il ne voulait pas passer pour un drogué, alors il prenait sur lui. Mais la soif ne pouvait attendre.
-je ne comprends rien du tout. Je ne sais même pas pourquoi je suis ici, si c’est une blague elle est mauvaise ! Je meurs de soif. Je suis un citoyen, j’ai des droits ! Comment se fait-il que je sois enfermé ici !

Mais le cœur n’y était pas. D’une part, Jansen était assez faible à ce moment précis, et d’autre part, cette faiblesse l’empêchait de laisser libre court à sa rage. C’était injuste, oui. Mais d’un autre côté, qui sait ce que son double avait fait ? Et s’il méritait d’être là, après tout.
-écoutez, appelez le patron du Pink Print. Il me connait, il sait que je suis irréprochable, à part mes retards… C’est la seule personne que je connaisse.. Il… Il pourra …

Mais il était décidément trop faible. Il lui fallait de l’eau, et vite. Dans un brouillard de sens, il ne se rendit même pas compte que le jeune flic lui tendait un paquet de muffins. Il s’affaissa sur le sol, faible, si faible. Alors quand le jeune homme revint avec une bouteille d’eau, il la vida d’un trait. Ce ne serait pas suffisant, son double ayant bien œuvré, mais ça irait pour le moment. Il reprit une contenance, et suffisamment de lucidité pour savoir qu’il n’était pas sorti de l’auberge.
-Quel est votre nom ? Et… vous n’avez pas vu une jeune femme détenue ici ? Elle était dans votre cellule hier soir quand j’ai quitté mon poste.

Le jeune Drus prit le temps de regarder les yeux clairs de son interlocuteur.
-Jansen. Jansen Avery. Et.. Non. Ecoutez, je ne comprends rien du tout … Mais appelez mon patron, il me connait…. Je ne comprends même pas comment je suis arrivé ici. J’ai fini tard, comme souvent, et je me suis endormis avec un mal de crâne.

Bon. C’est le moment où il fallait jouer une autre carte. La victime… Pas le choix. C’était ça, ou il devrait continuer le travail commencé par son alter ego.

-on m’a fait boire, je crois… bon sang ! Je travaille dans un bar gay qui est clean, mais avant ça…. Bref, je devrai être le premier à me méfier de ce genre de choses ! Écoutez, je veux rentrer chez moi… je… Je crois qu’on a abusé de moi, je veux juste rentrer…

Il n’avait pas à chercher bien loin pour se remémorer l’effet que cela faisait d’être abusé par quelqu’un. Le fait que ce soit des femmes qui soient à l’origine de ces souvenirs ne changeait rien. Alors ses yeux humides avaient la sincérité du vécu.

Il avait eu l’intention d’utiliser son glamour sur le jeune policier. C’était la meilleure chose à faire. La seule chose convenable. Ce don du petit peuple pouvait rendre certaines questions superflues, sans intérêt. En influençant son interlocuteur, le jeune Drus se savait capable de lui faire avaler une couleuvre, ou du moins qu’il ne cherche pas à en savoir plus. Mais quelque chose dans le regard du jeune policier lui fit l’effet d’un coup de poignard.

Ce que Jansen avait dit, ou son état, ou peut-être les deux, avait fait mouche, et de façon beaucoup trop intense pour que ce soit un hasard. Si Jansen ne se trompait pas, il avait en face de lui une victime, et non un tortionnaire. Les pupilles dilatées, les petites crispations corporelles. Jansen y était très sensible.

Alors quand la voix chargée d’émotion du policier lui demanda s’il voulait porter plainte, Jansen répondit bien vite.

-non.. Pitié, je ne veux pas d’examens… Je pourrais pas supporter… je veux pas de dossier, d’examen.. je veux… je veux pas de trace… S’il vous plait…

IL mit un peu de sylve, bien que de façon inconsciente, dans ces derniers mots. La sylve était le chant des arbres, la communion. Quand elle se glissait entre les mots, elle apportait plus de compréhension, une proximité, une empathie. La peur et la douleur de Jansen devenait en partie celle de Brian. Mais la sylve ne se contrôle pas, elle communique et communie dans les deux sens. Alors Jansen reçu en retour une douleur différente, mais pourtant semblable, et elle émanait de Brian.


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Brian O'Conner

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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Ven 4 Sep - 12:01


Erreur de casting


Feat : Jansen Avery



- Ecoutez, appelez le patron du Pink Print. Il me connait, il sait que je suis irréprochable, à part mes retards… C’est la seule personne que je connaisse.. Il… Il pourra …
- Le Pink Print ?


Je ne connais pas encore bien Beacon Hills pour savoir ce qu’est le Pink Print. Une imprimerie peut-être ? L’homme ne me répond pas immédiatement. Je n’insiste pas, car il ne me semble pas être au meilleur de sa forme. Peut-être qu’il n’a pas que seulement bu de l’alcool… Si par le passé, j’ai déjà pris quelques des cuites mémorables, je n’ai jamais touché aux substances psychotropes. C’est un pas que je n’ai jamais franchi malgré les sollicitations extérieures. Puis il n’était pas recommandé de revenir de permission dans un état stone. La discipline militaire est assez stricte sur ce point. Nous avions entre les mains des armes puissantes, il était hors de question que l’un de nous soit à l’ouest lors de nos missions.

- Votre nom ?
-Jansen. Jansen Avery. Et.. Non. Ecoutez, je ne comprends rien du tout … Mais appelez mon patron, il me connait…. Je ne comprends même pas comment je suis arrivé ici. J’ai fini tard, comme souvent, et je me suis endormis avec un mal de crâne.
- Avez-vous bu ou pris du speed Jansen ? Vous ne me semblez pas très en forme, il serait peut-être prudent que je vous amène à l’hôpital pour un bilan.


Mon rôle de flic est aussi de faire de la prévention. Je sais que la répression ne doit pas être systématique car elle entraine souvent la réaction inverse à celle souhaitée. Je pense pouvoir facilement jouer le jeu du policier sympa et l’amener à coopérer. Je préfère attraper ceux qui vendent ces substances illicites, que les pauvres consommateurs bien trop naïfs et souvent sans grande force de caractère pour ne pas se laisser tenter par ce plaisir artificiel.

-on m’a fait boire, je crois… bon sang ! Je travaille dans un bar gay qui est clean, mais avant ça….

Bon apparemment le Pink Print n’est pas une imprimerie… Avec un nom pareil j’aurais dû comprendre, mais soit je suis naïf… ou plus vraisemblablement, je me voile la face sur des questions métaphysiques sur moi-même.

- Bref, je devrai être le premier à me méfier de ce genre de choses ! Écoutez, je veux rentrer chez moi… je… Je crois qu’on a abusé de moi, je veux juste rentrer…

Ses derniers mots me tétanisent. Mes doigts serrent les barreaux qui nous séparent au point de faire blanchir mes articulations. Une vague de mémoire afflue comme un raz de marée dans ma tête, charriant ses images détestables. Je sens mes joues rougir en même temps qu’un sentiment de honte, mélangé à de la colère m’envahit le cœur. Quand je regarde Jansen, je superpose mon propre visage et ma propre détresse. Je ne sais que trop bien l’effet que ça fait de devoir dire et décrire ce qu’on a subi. L’examen médical qui suit ce genre d’affaire n’est qu’un nouveau viol.

-non.. Pitié, je ne veux pas d’examens… Je pourrais pas supporter… je veux pas de dossier, d’examen.. je veux… je veux pas de trace… S’il vous plait…

La gâche électronique de la cellule se déclenche. J’ai ouvert la porte sans même avoir conscience de faire le geste. J’ai l’impression d’éprouver sa détresse, car elle me renvoie à la mienne. L’horreur de ce qu’on a subi et surtout l’envie d’aller se planquer dans un trou où personne ne peut plus vous atteindre. Moi, je n’ai pas eu le choix. Mis aux arrêts pour avoir démoli le portrait de ce porc… J’ai dû faire face et plaider ma cause, dire ce que j’avais subi sous les sourires moqueurs de ceux qui m’écoutaient. Il y a peu encore, les homosexuels étaient interdits de service militaire... Ils ne me croyaient pas. Seul le témoignage commun des hommes d’équipages, corroborant mes dires, m’ont permis de passer devant le médecin pour prouver les... ces… Sans ces témoignages, la famille de l’autre fumier aurait réussi à étouffer l’affaire et me faire porter le chapeau.

Je rougis encore plus quand je vois Jansen me scruter avec un air effaré. Je baisse le regard aussitôt. J’ai l’impression que ce qui m’est arrivé est écris dans mes yeux. Je lui fais signe de me suivre jusqu’à mon bureau, puis voyant le regard un peu trop intéressé de ma collègue sur Jansen, je change d’idée et le mène jusqu’à la salle d’interrogatoire où nous sommes tranquilles pour parler.

- Je vais appeler votre patron ok. J’ai compris que vous ne voulez pas porter plainte, mais il faut trouver ceux qui ont fait ça pour qu’ils ne recommencent pas. Je me débrouillerais autrement pour les confondre de manière légale. Ok ?

Je n’avais aucune idée de comment m’y prendre. Déjà, j’allais devoir garder mon sang froid et mes poings dans mes poches… J’ai amené une nouvelle bouteille d’eau que Jansen vide aussitôt. Je suis inquiet pour sa santé et sur le danger de la substance qu’on lui a fait prendre à son insu. Je sais qu’il est inutile que je lui parle d’hôpital. Je comprends trop bien ce qui le répugne. Pourtant je ne peux me résoudre à le laisser partir ainsi. Nous sommes le matin, avec étonnement j’aperçois mon paquet de muffins sur la table à côté de Jansen. Je ne me rappelle pas de le lui avoir donné, ni de les avoir gardés. Ne pas trouver Janice m’a vraiment perturbé !

- Je vous propose d’aller se manger ça au café du coin. Le nôtre n’est qu’un vague breuvage coloré qui n’a de café que le nom. Et après je vous raccompagne chez vous, d’accord ? Vous avez de la famille ? Quelqu’un qui peut veiller sur vous le temps que vous allez mieux ?

Il semble totalement déshydraté. Il y a clairement une urgence de santé, mais aussi une urgence morale. La détresse de Jansen me touche et m’affecte fortement. A part son patron, il ne semble pas avoir beaucoup de connaissance. Je suppose qu’il évite les relations personnelles avec les clients du bar où il travaille. Je ne peux pas lui dire pourquoi je comprends si bien ce qu’il ressent, mais je ne veux pas le lâcher chez lui comme ça. Je me souviens de mon effarouchement passé, alors j’y vais doucement. Il y a une grande chance pour qu’il ne le fasse jamais, mais je lui donne mon numéro de portable s’il a peur, besoin de parler ou non. Je sais qu’il n’y a pas que les mots pour communiquer. Une simple présence parfois vaut mieux qu’un long discours rassurant. Pour l’instant, je dois le rassurer. Et quoi de mieux qu’un bon café et des muffins préparés avec soin sous l’œil vigilant de Madame Travis.


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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Jeu 10 Sep - 8:55





Erreur de casting


Il y a longtemps, il avait ressenti ça. Une communion. A l’époque, c’était un jeune homme-loup qui lui avait fait ressentir ce voyage à double sens, cet abandon. Seulement à l’époque, seule la joie, le bonheur, une parfaite plénitude avaient été partagés. Aujourd’hui, il reconnait le processus, mais ce sont souffrance, horreur, dégout et compassion qui sont partagés. Alors, quand Jansen reçoit en retour le vécu, la souffrance de Brian, il n’en est que plus perturbé.  

L’homme qui était en face de lui cachait son malheur sous une carapace, son métier. Jansen cachait le sien également dans son métier. Se mettre pratiquement à nu devant des inconus, même si il connaissait quelques habitués, était pour lui un moyen de reprendre le contrôle sur sa vie, sur son corps. Il décidait quand et comment il s’exposait. Plus jamais. PLUS JAMAIS il ne laisserait quiconque le réduire en quasi-esclavage, abuser de lui. Il savait que les dryades de sa sylve l’aimaient, à leur façon. Pour elles, il n’avait tout simplement pas d’autre choix que de servir de reproducteur. Ce n’est pas par cruauté ou sadisme qu’elles abusaient de lui. Mais par nécessité, pour que le sang reste pur dans leur lignée. Ça ne changeait rien pour Jansen. Il avait été violé, et ce de nombreuses fois, maintenant qu’il pouvait mettre un mot sur cette négation de son corps. Et l’homme qu’il avait en face de lui résonnait de la même souffrance.

Au vu de la question que le jeune policier lui avait posée, Jansen avait compris qu’il le prenait pour un drogué. L’ironie ne lui échappait pas. Lui qui ne pouvait pratiquement pas être indisposé par ce genre de choses, et qui ne s’y intéressait pas, risquait de devoir le prouver par une prise de sang, qui, elle, révélerait son métabolisme si particulier. Comment son alter-ego avait –elle pu être si imprudente ? Et de nouveau cette frustration, de ne pas savoir ce qui se passait quand il était cette autre personne.

Le regard du jeune Drus cherche un espoir dans celui de Brian. Alors que la tension augmente, qu’il reçoit une partie du vécu du jeune policier, Jansen remarque à quel point ce dernier serre avec force les barreaux de sa prison. A présent, il en est sûr, il comprend que le jeune policier est lui aussi prisonnier. De ce vécu, de son histoire. Il s’est construit lui-même une prison et toute l’ironie de la chose ne lui échappe pas… Il aimerait faire quelque chose pour lui, car il est prisonnier de son propre envoutement. Il ressent tellement de compassion, à cet instant présent, qu’il ne remarque pas tout de suite que la porte s’ouvre, actionnée par Brian.

Alors que le jeune Drus regarde, effaré, son geôlier, ce dernier baisse le regard, presque honteux. Il s’en faut de peu pour que Jansen ne le prenne dans ses bras, pour le réconforter, lui dire qu’il comprend, qu’il peut l’aider à se reconstruire. Mais son geste est avorté, par une volonté vacillante, ne voulant pas gêner l’inconnu pourtant si familier.

Alors que les deux jeunes hommes se dirigent vers la salle d’interrogatoire, Jansen se sent dépassé par les événements. Des centaines de questions se bousculent dans sa tête. Il aurait pu utiliser le glamour, mais il en est à présent incapable, soucieux de faire quelquechose pour atténuer toute cette souffrance. Le monde des humains était décidément si intense. Pas une seconde, même à présent qu’il est confronté à des difficultés, pas une seconde il n’a regretté son choix, celui de vouloir s’intégrer à eux. Petit à petit, il devient lui-même si humain, si sujet aux détails, aux comportements, à cette soif de vivre l’instant présent, tout en se projetant vers un avenir. Pour la première fois de sa courte vie, alors même qu’il expérimente la compassion dans sa forme la plus pleine, il se rend compte du chemin parcouru. Sa vie d’avant n’avait aucun avenir. Seul son arbre le réconfortait. Pouvait-il être un arbre pour le jeune policier ? Lui permettre de panser ses plaies, lui prêter la force de son enracinement ? Mais comment, alors que lui-même se sentait meurtris par un vécu similaire ?

- Je vais appeler votre patron ok. J’ai compris que vous ne voulez pas porter plainte, mais il faut trouver ceux qui ont fait ça pour qu’ils ne recommencent pas. Je me débrouillerais autrement pour les confondre de manière légale. Ok ?
-je… Merci… Je ne sais pas comment ça peut être possible, mais.. merci.

Cette fois-ci, il renifla, essuyant une larme, tremblant comme une feuille. Repérant une nouvelle bouteille d’eau, il lui fit subir le même sort que la précédente. La larme lui avait laissé la sensation d’une brulure. Il avait été proche de la mort, du dessèchement. Le vent aurait balayé sa vie comme une feuille morte, mais il avait farouchement envie de vivre.

Il relève la tête, et puise une nouvelle conviction dans le regard clair du policier.
- Je vous propose d’aller se manger ça au café du coin. Le nôtre n’est qu’un vague breuvage coloré qui n’a de café que le nom. Et après je vous raccompagne chez vous, d’accord ? Vous avez de la famille ? Quelqu’un qui peut veiller sur vous le temps que vous allez mieux ?

Jansen lui sourit, sincèrement, et ses yeux en amande lui sont reconnaissant.
-c’est gentil à vous… ça m’angoisse de ne pas me rappeler ce que j’ai pu faire hier soir… Je sais que ça peut être les effets de.. de.. qu’on m’aurait fait boire du..

Jansen se dandine, mal à l’aise. Le pire c’est que ça lui était déjà arrivé. Mais son organisme s’était débarrassé de la drogue, et le type qui lui avait fait prendre  à son insu n’était plus jamais revenu dans ce bar, quand il avait compris que sa victime était parfaitement consciente de ses intentions et l’avait regardé de façon glaciale, sa voix charriant des menaces à peine voilées. Ça ne marchait pas avec tout. Paradoxalement, les médicaments, les substances chimiques censées aider, en inhibant certaines caractéristiques du sang, pouvaient lui être fatal. Le fardeau du sang pur d’un Drus né d’un arbre.

-non, je ne connais personne, à part mon patron, mais ce n’est pas un ami, juste une connaissance de travail. Je suis seul. Je ne suis pas là depuis très longtemps, et ma famille… n’ai pas fréquentable. Du moins je ne souhaite plus les fréquenter. Ils ne comprennent pas mes préférences, et ne comprennent pas mon choix de vie… Je suis seul.

Cruelle et triste vérité. Le fait de le dire la rend soudain un peu trop réelle, et Jansen, encore sous le coup de ces émotions, se prend cette vérité en plein cœur, comme un coup de couteau.

Seul.

Mais il ne s’attendait pas à ce que Brian lui fasse confiance à ce point. Alors, quand le jeune policier lui donne son numéro de portable, il est réellement surpris et touché. Il ne connait pour ainsi dire personne dans cette ville. Il se mêle aux humains depuis trop peu de temps pour accorder sa confiance, il se sent encore traqué, il a peur. Et puis la, tout d’un coup, dans des circonstances si étranges, un homme lui donne sa confiance, et son numéro. C’est attendris, presque émerveillé qu’il prend d’une main tremblante le numéro afin de le noter sur son portable. Il n’y avait que deux contacts sur son portable : son patron, et maintenant, Brian.. Il compose immédiatement son numéro, pour que Brian puisse avoir le sien à son tour, et il lui sourit quand il entend la sonnerie.

Un chocolat bienfaiteur plus tard, Jansen se laisse tenter par un muffin qui à l’air vraiment appétissant. Il a le gout de l’authenticité, il n’est pas industriel. Jansen le reconnait immédiatement.

-des faits maison ? C’est super bon ! Je déteste tellement la nourriture chimique et industrielle… Brian ? je peux vous appeler par votre prénom ?

Le jeune policier lui accordant sa confiance, il poursuit
-je vais pas vous attirer des ennuis ? Je veux dire… ça m’a pas l’air d’être la procédure… Je voudrais pas vous attirer des ennuis… Je voulais vous remercier, vraiment… J’ai à la fois envie de rentrer dans mon appartement, et en même temps, je crains le moment ou je vai être de nouveau seul. Et..

Il soupira, car il ne voulait pas mentir au jeune homme.

-je sais qu’il faudrait que j’aille voir un médecin, au cas où… si… enfin si il s’est vraiment passé ce que je crois…

De nouveau quelques fourmillements humides dans les yeux. Oh, il ne connaissait que trop bien le ressentiment, la honte, la détresse. Il ne comptait plus le nombre de fois où il se recroquevillait, dans la protection compatissante de son arbre, alors qu’une de ses sœurs avait fini son affaire…
-j’ai 48 heures pour le faire….si jamais .. je devais avoir été… J’irai, j’ai pas le choix. Je tiens à la vie, même si elle est merdique…

Mais le muffin était trop bon pour se laisser aller à des pensées aussi sombre.
-c’est vous qui les avez fait ? Sont super bon !. Oui, je sais, je l'ai déjà dit un éclat de rire sincère, qui sonnait comme un rayon de soleil, vint enfin briser l'ambiance un peu lourde.
-vous voulez bien m'accompagner jusqu'à chez moi ? en tout bien tout honneur ? Ou.. Si vous avez le temps, marcher un peu au parc ? Je crois que je vai lézarder au soleil, et me balader dans la forêt ensuite. j'ai besoin de reprendre pied, et de plus penser à .. ça..

Oh, oui.. se perdre d'arbre en arbre, peut être retourner auprès de celui qui l'avait appelé, le Nemeton. Mais il ressentait une crainte respectueuse envers ce dernier, et il savait qu'il ne devait pas aller le voir par caprice, et encore moins y amener un inconnu.




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Brian O'Conner

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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Dim 13 Sep - 21:34


Erreur de casting


Feat :



-non, je ne connais personne, à part mon patron, mais ce n’est pas un ami, juste une connaissance de travail. Je suis seul. Je ne suis pas là depuis très longtemps, et ma famille… n’ai pas fréquentable. Du moins je ne souhaite plus les fréquenter. Ils ne comprennent pas mes préférences, et ne comprennent pas mon choix de vie… Je suis seul.

Je soupire tant nos situations respectives semblent être le reflet l’une de l’autre. Comme lui je n’ai personne vers qui me tourner quand ça va mal. Ma seule famille… ma mère… Nous sommes devenus des étrangers. Elle ne reconnait pas celui que je suis devenu et j’ai du mal à voir un lien avec cette génitrice qui vit comme un automate. La mort de mon père aurait dû la libérer de cette vie ennuyeuse et codifiée. Mais non, elle se contente de survivre. Elle travaille, paie sa nourriture et ses factures, et regarde les mêmes programmes de télévision qu’avant. Elle n’est qu’un fantôme. Je la juge, mais je sais que je suis mal placé pour donner des leçons. Je ne me lie à personne. Et ce qui me fait m’intéresser à Jansen, c’est de me voir quand je le regarde. Quant à son choix de vie… il dépasse ce que je peux comprendre, cependant il semble en accord avec ça. Je n’ai pas à le juger.

Le jeune homme entre mon numéro de téléphone sur son portable et m’envoie même un message dans la seconde. J’ai encore agi impulsivement, la détresse des autres m’est insupportable. Et me voilà donc avec mon numéro de portable enregistré sur le téléphone d’un gay. J’ai semble-t-il l’art et la manière de me fourrer dans des situations que je risque ne de pas savoir gérer. Son univers est ce que je fuis le plus…

Tête brûlée… Il n’y a pas que dans les batailles que je fonce un peu trop vite. Alors que nous nous dirigeons vers le coffee shop, je regrette de ne pas avoir plus réfléchi aux conséquences de lui avoir donné mon numéro de téléphone. Après, il peut très bien garder ça, comme ces gens qui ont plus de trois cent « amis » sur Facebook, Myspace ou un autre de ces sites. Je peux très bien être un nom ou un numéro de plus dans une liste déjà longue. Je l'espère lâchement en fait.

J’ai commandé un café noir et Jansen un chocolat. J’aime bien cet endroit. J’y viens souvent avec un autre policier du bureau. Il est marié et a trois marmots. Nous parlons souvent de sa famille, je crois qu’il apprécie mon écoute silencieuse. Non qu’il se plaint de sa vie, mais parfois il est bon de pouvoir relâcher la pression et de parler de ce qui crispe et agace. Il m’aide aussi à me tempérer, à moins foncer et plus écouter, surtout Jordan. Et pardessus tout cela me permet d’élargir mes liens au sein du bureau de police. Je ne refais plus l’erreur de passer pour le chouchou, et je dois reconnaître que Jordan ne m’aide pas sur ce point. Je suis également fautif, car j’apprécie aussi son rapprochement. Dieu que les relations humaines sont délicates.

-des faits maison ? C’est super bon ! Je déteste tellement la nourriture chimique et industrielle… Brian ? je peux vous appeler par votre prénom ?
- C’est ma première tentative de faire des muffins. Mais j’ai été aidé par une dame sympathique et surtout très patiente. J’ai broyé deux œufs avant d’arriver à en casser un correctement… Pas de soucis pour le prénom… mais en dehors du poste de police. J’ai un devoir de réserve…
-je vais pas vous attirer des ennuis ? Je veux dire… ça m’a pas l’air d’être la procédure… Je voudrais pas vous attirer des ennuis… Je voulais vous remercier, vraiment…
- Je crois que si cela pose problème, votre situation est suffisamment difficile, pour qu’on ne me reproche pas de tenter de régler cela sans alourdir ce qui vous pèse déjà.
-J’ai à la fois envie de rentrer dans mon appartement, et en même temps, je crains le moment ou je vai être de nouveau seul. Et..


Sa détresse est grande, mais elle me fait peur. Je crains où cela me mène. Je veux l’aider, mais je connais mes limites.

-je sais qu’il faudrait que j’aille voir un médecin, au cas où… si… enfin si il s’est vraiment passé ce que je crois…

Je serre les mâchoires. Je me souviens que trop bien de cet examen… Du matériel froid, de cette inspection faite avec un regard neutre. Le légiste qui m’a examiné à Bahreïn, le quartier général de la cinquième flotte, ne voit que rarement des cas de viol sur un homme. C’est habituellement le personnel féminin qui est victime de ces crimes et cela malheureusement assez souvent dans les bases navales. Les hommes perdent souvent leur retenue après des mois passés en mer. Un peu d’alcool et le passage à l’acte répréhensible n’est qu’à un pas. Le sujet est sensible, d’autant plus qu’en pays musulman la loi condamne aussi la femme qui s’est faite violée… Ce qui se passe dans l’armée américaine, reste dans l’armée américaine, mais à la moindre fuite, ces femmes ne sont plus en sécurité dans ces pays aux mœurs incompréhensibles pour un occidental.

-j’ai 48 heures pour le faire….si jamais .. je devais avoir été… J’irai, j’ai pas le choix. Je tiens à la vie, même si elle est merdique…
- Je crois en effet que c’est plus prudent. Le personnel de l’hôpital est compétent et attentionné. Je le sais pour y avoir fait un cours séjour…
-c’est vous qui les avez fait ? Sont super bon !. Oui, je sais, je l'ai déjà dit.
- Merci ! Je suis content car c’est vraiment une première.
-vous voulez bien m'accompagner jusqu'à chez moi ? en tout bien tout honneur ? Ou.. Si vous avez le temps, marcher un peu au parc ? Je crois que je vai lézarder au soleil, et me balader dans la forêt ensuite. j'ai besoin de reprendre pied, et de plus penser à .. ça..
- Je… D’accord pour aller marcher un peu. Je passe rapidement au bureau pour prendre ma radio afin d’être joignable si besoin.


Je retourne donc au poste et récupère ma radio dans mon vestiaire. J’avertis Jordan de ce que je vais faire et que je suis joignable si une urgence arrive. Jansen m’attends devant le coffee shop. Il me fait l’impression de ne pas être à sa place sur ce trottoir humide du jet d’eau que le propriétaire vient de passer pour enlever la poussière. Nous partons en direction du parc qui se trouve à un bloc de là. Nous y trouvons quelques mamans avec de jeunes enfants. Des châteaux sont en construction dans le bac à sable. Je laisse Jansen mener la route. Il semble préférer l’espace arboré que la grande pelouse découverte. Aux regards intrigués d’une jeune mère que l’on dépasse, je comprends que notre duo doit être étrange. Un flic qui se balade avec un jeune homme… L’image me dérange, alors je tente d’endosser le rôle de celui qui surveille le parc tout en discutant avec Jansen. Celui-ci semble avoir meilleure mine. Cette ballade lui fait du bien. J’aime aussi me trouver à l’extérieur.

- A part ça, quels sont vos loisirs ?

Je me trouve un peu idiot à tenter de trouver un sujet de conversation. Je ne suis vraiment pas doué à cela. J’ai toujours été plus à l’aise pour écouter les autres, que de tenir un rôle moteur dans une discussion.

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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Mer 16 Sep - 17:49





Erreur de casting


Jansen commençait à se sentir mieux. Il y avait une légende qui se murmurait encore dans les sylves. Dans cette légende, on disait que les Drus pouvait se régénérer au soleil, et engendrer la vie et l’énergie, dans un processus similaire à la photosynthèse. Jansen pour sa part n’avait jamais expérimenté une telle sensation, mais une chose était sure, il se sentait toujours mieux sous l’astre diurne, même si la lune le charmait avec sa fragilité apparente, mais sa beauté sauvage et intacte, malgré les millénaires.

Alors que Jansen avoue à demi-mot ses sentiments vis-à-vis de sa famille, il surprend Brian en train de soupirer. Comprenant que lui aussi doit avoir un passé assez lourd, et ayant été baigné dans cette communion de souffrance, il se sent mal. Fautif d’avoir remis dans l’esprit et le cœur de ce jeune policier ce passage de sa vie dont il ne connait pas les détails, mais dont il a ressentis l’angoisse et l’horreur. Fautif non pas de lui avoir mentis, car il a lui-même perdu ses droits sur son corps, et ce à maintes reprises, mais de ne pas lui avoir dit toute la vérité. Mais la vérité est trop dure à encaisser. Lui-même ne fait que la deviner, la subir, sans trouver d’échappatoire pour le moment.

Il repense à la petite gêne occasionnée alors qu’ils se dirigeaient vers le coffee shop.
Quand Brian lui avait donné son numéro de téléphone, et que Jansen l’avait composé immédiatement, il avait été frappé de voir la gêne de son interlocuteur. Pourtant il n’avait pas hésité une seconde à le lui donner. Il connait bien le milieu, pour y travailler, et il sait ce que l’on pense de la frivolité des gays. Il déteste ce mot, au passage. Il déteste mettre des mots sur des comportements, car pour lui cela caractérise un comportement, alors qu’il ne fait que vivre, aimer, désirer. Mais il comprend les craintes de Brian.

Pour le rassurer, il lui avait montré son portable, et le répertoire de ses contacts. Le tour est vite fait, puisqu’il n’y en a que deux. Son patron, et lui.

-tu viens de doubler le nombre de mes contacts, on dirait bien… Ne t’inquiètes pas, je me suis toujours débrouillé seul, je vais pas te harceler. OH !

Merde ! Depuis quand était-il passé au tutoiement ?

-désolé, je voulais dire vous.. Je voulais pas… désolé.
La gêne était passée, et ils avaient profité tous les deux de leur boisson. Café pour lui, chocolat pour Jansen. Lorsque le jeune Drus l’avait questionné, sur les muffins et sur le reste, il avait apprécié le ton de la voix du jeune policier.

- C’est ma première tentative de faire des muffins. Mais j’ai été aidé par une dame sympathique et surtout très patiente. J’ai broyé deux œufs avant d’arriver à en casser un correctement… Pas de soucis pour le prénom… mais en dehors du poste de police. J’ai un devoir de réserve…

Jansen avait acquiescé sans rien dire. Mais les indications corporelles du pâtissier en herbe ne trompaient pas. La référence aux examens, et plus globalement à ce qu’il avait subi, même si ce n’était pas vraiment la veille, faisait mal à Brian. Aussi Jansen tenta d’orienter la conversation sur autre chose. Il ne savait pas comment faire, mais il avait tellement envie d’expliquer au jeune homme qu’il savait parfaitement ce qu’il ressentait. Pour sa part, il avait eut la chance de pouvoir se fondre dans les arbres, pour panser ses plaies. Mais comment faisait Brian ? Avait-il peu seulement se remettre de ça ?

Brian était partit chercher sa radio, avant d’accompagner Jansen au parc, après avoir marqué une petite hésitation. Alors qu’il attendait le policier, il se sentait soudain très petit, et pas du tout à sa place. Mais la promesse d’une balade et la proximité des arbres lui suffisait pour le moment. Bien sur, il n’allait pas pouvoir se fondre dans l’écorce, pas devant quelqu’un qui ne fait pas partie du petit peuple. Parfois, il comprenait avec amertume pourquoi certaines dryades préféraient avoir le sang dilué. Pouvoir vivre avec les autres, avoir des relations, ne plus se sentir seul. Les arbres l’aimaient, le chérissaient, mais ils étaient si hors du temps. Il avait besoin d’une connexion avec ce temps. Ici et maintenant.

Au fur et à mesure que le duo improbable marche, de plus en plus proche de la forêt, le jeune Drus se sent revivre. Son corps se redresse, il reprend des couleurs, ses yeux sont plus lumineux, et une joie de vivre arrive péniblement à refaire surface. Mais il voit la gêne qu’occasione sa présence auprès de Brian, et les regards qu’il jette aux alentours. Il se fait violence, mais il craint d’être associé à lui et aux regards des autres.

- A part ça, quels sont vos loisirs ?
Jansen le regarde, presque amusé.
-je passe beaucoup de temps à lire, à aller au musée, à profiter du soleil quand il y en a. Je fais beaucoup de sport aussi. Mon travail nocturne rythme de façon particulière ma semaine. En fait, je sais très bien que je ne pourrais pas faire ça éternellement. Je sais aussi ce qu’on pense de moi. Je n’ai pas honte, mais parfois, j’aimerai prouver que je ne suis pas … un sac de viande…

Jansen baisse le regard, attristé de cette vérité qu’il doit affronter quotidiennement.

-j’aimerai me lancer dans des études, mais il me faut de l’argent pour ça. Comme je dis souvent : retour à la case départ…  Je suis doué avec les plantes, le paysage etc… D’ailleurs j’ai sentis… Pardon mais… Vous avez une légère odeur de Rose il y en a plus de 200 sortes vous savez ? Humm.. Laissez-moi deviner.

Jansen essaya de ne pas tricher, de ne pas demander à son environnement. Mais il était sensible aux odeurs, il savait dégager lui-même une senteur musquée et boisée.
Pour ne pas gêner le jeune policier, il ne s’approcha pas de lui.
-Plusieurs types on dirait non ? Mon dieu, se pourrait-il ? Une Rosa Centifollia ? On en trouve si peu à présent.. et peut-être… Une cuisse de nymphe ou un rosier d’york ? C’est si rare ! Vous les entretenez vous-même ? Serait-ce trop vous demander, un jour, de pouvoir les voir ? Ces espèces sont devenues si rares de nos jours, leur senteur est unique.

Brian semblait très surpris et Jansen du faire un gros effort pour calmer son ardeur. Il était réellement amoureux des roses, et les effluves qu’il avait senti avait titillé sa curiosité.
-si.. si vous avez besoin de quelqu’un pour vous aider à les entretenir, disons.. pour payer ma dette, ce serait avec plaisir. Et je vous rassure, vous sentez pas la rose .. Enfin non ! Je veux dire !
Jansen pour le coup, pris une jolie couleur pivoine
-vous faites tres masculin, vous...
Rame, rame, jansen
-c'est juste... j'adore les roses..

Son sourire était radieux. Il adorait les roses. Une Rosa Centifollia !




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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Jeu 17 Sep - 21:45


Erreur de casting


Feat : Jansen Avery



- A part ça, quels sont vos loisirs ?

Que je me sens idiot avec une question aussi banale et ordinaire. Je ne suis pas à Beacon Hills depuis assez longtemps pour trouver un sujet local de conversation. Si je commence à connaitre un peu de monde, c’est encore bien peu pour que nous ayons une connaissance commune. De plus, si j’en crois le répertoire téléphonique de Jansen, il me semble très seul. Cela me désole pour lui, toutefois je sais qu’il est parfois difficile de se créer un réseau d’amis. Sa profession doit faciliter les contacts… Mais pas forcément ceux que le jeune homme recherche.

-je passe beaucoup de temps à lire, à aller au musée, à profiter du soleil quand il y en a. Je fais beaucoup de sport aussi. Mon travail nocturne rythme de façon particulière ma semaine. En fait, je sais très bien que je ne pourrais pas faire ça éternellement. Je sais aussi ce qu’on pense de moi. Je n’ai pas honte, mais parfois, j’aimerai prouver que je ne suis pas … un sac de viande…
- Je… j’avoue que c’est un métier que je ne pourrais pas exercer. Mais je trouve qu’il faut du courage pour s’exposer ainsi, afin de satisfaire les plaisirs futiles des gens. Vous gagnez votre vie honnêtement. Ceux qui vous jugent devraient commencer par balayer devant chez eux…
-j’aimerai me lancer dans des études, mais il me faut de l’argent pour ça. Comme je dis souvent : retour à la case départ… Je suis doué avec les plantes, le paysage etc… D’ailleurs j’ai sentis… Pardon mais… Vous avez une légère odeur de Rose il y en a plus de 200 sortes vous savez ? Humm.. Laissez-moi deviner.
- Je… oui... Il y a des rosiers chez moi.
-Plusieurs types on dirait non ? Mon dieu, se pourrait-il ? Une Rosa Centifollia ? On en trouve si peu à présent.. et peut-être… Une cuisse de nymphe ou un rosier d’york ? C’est si rare ! Vous les entretenez vous-même ? Serait-ce trop vous demander, un jour, de pouvoir les voir ? Ces espèces sont devenues si rares de nos jours, leur senteur est unique.


Jansen me cite des noms inconnus. Il pourrait très bien me dire n’importe quoi que je ne m’en apercevrais pas. J’ai des roses qui sont roses, point. Pourtant, j’aime la nature, mais en liberté. L’emprisonner dans un jardin ou des pots, est un art que je ne maitrise absolument pas. Je ne m’y suis jamais intéressé. Jusque-là, j’ai soit vécu sur un bateau, soit plus récemment à New York. Donc autant dire que seuls le béton et l’acier étaient mon horizon, mis à part l’océan évidement quand j’étais à la Navy. Pourtant, j’aime mes sorties matinales avec Jordan. Courir dans les bois et se rouler dans les feuilles lors de nos minis combats, e’est certainement une approche qui diffère du point de vue de Jansen.

- Bien en fait je viens d’emménager dans une maison. L’ancienne propriétaire a laissé une immense roseraie. Je lui ai promis de garder ses rosiers vivants… Mais je n’y connais strictement rien aux plantes. Ces choses à épines sont de redoutables guerrières ! Je suis bien plus doué avec une arme qu’un sécateur... Pas de soucis pour passer, si cela vous intéresse de les voir.

Je me rends compte de nos différences, lui très esthète et proche de la nature, moi le combattant et le guerrier. Nous avons tous deux subis le même préjudice et pourtant cela ne change rien à nos blessures. Personne ne peut sortir indemne d’un tel acte. Jansen se plonge dans ce qu’il aime. Il est sensible à la beauté de la nature, alors que je m’anesthésie les sens dans le sport et l’effort physique. Je cache ma vulnérabilité derrière une image de soldat combatif, là où lui choisit de s’exposer à sa volonté. Quelle est la meilleure méthode ? Y’en a-t-il seulement une qui soit bonne ?

-si.. si vous avez besoin de quelqu’un pour vous aider à les entretenir, disons.. pour payer ma dette, ce serait avec plaisir. Et je vous rassure, vous sentez pas la rose .. Enfin non ! Je veux dire !

Je le regarde étonné et un peu amusé de son double sens. D’autant plus que sur sa lancée son dérapage continue à sa plus grande gêne. Je ne me moque pas, car je suis aussi sujet à ce genre de maladresse verbale.

-vous faites tres masculin, vous...
- J’ai compris, il n’y a pas de mal.
-c'est juste... j'adore les roses..
- Et bien pourquoi pas demain soir après mon service ? Mais vous n’avez aucune dette envers moi. Toutefois je suis preneur de conseils pour que j’évite de les massacrer trop vite…


Autant question bricolage, je n’avais aucun soucis, puis étant secondé par un ancien démineur… autant dire qu’aucun fils rouge n’ose dépasser de son boitier d’alimentation. Mais Jordan comme moi étions bien en peine de savoir comment nous y prendre avec le monde végétal qui entoure la maison. On nous a appris à protéger et détruire l’ennemi, pas à créer ou faire pousser la vie qu’elle soit à épine ou non.

- Il y a des petites bêtes vertes sur les bourgeons des fleurs. J’ai arrosé pour les enlever, mais elles sont revenues. C’est grave ?

Vu le regard de Jansen, je comprends qu’une bataille semble avoir lieu dans mon jardin. Bataille que ni mes poings, ni mon arme de service ne peuvent venir à bout. Finalement si cela permet à Jansen de se sentir utile en faisant ce qu’il aime et que cela me permet de tenir ma promesse envers madame Travis…

- Je vous raccompagne chez vous ?

Il semble aller mieux puisqu’il sourit. Mais le peu de contact qu’il semble avoir m’inquiète un peu. Je souhaite m’assurer que son environnement de vie est correct.


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Dernière édition par Brian O'Conner le Ven 18 Sep - 22:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Ven 18 Sep - 9:55





Erreur de casting


Jansen était surpris et amusé de cette rencontre. Brian ne faisait pas partit du petit peuple, mais sa curiosité, les questions qu’il lui posait, et sa sollicitude le touchait. Pour s’amuser, il essayait de superposer les images des représentants de la sylve qu’il connaissait à celle du jeune policier séduisant. Non… Pas un leprechaun… Ni un sylvain, d’ailleurs… Il était intelligent, vif, presque… aérien… Penchant la tête de côté, il sourit en pensant à ce dernier terme. Un sylphe. Oui, il ferait un magnifique sylphe.
Alors que Jansen lui expliquait simplement ses occupations, et aussi son regret, celui d’exercer ce métier et de reconnaitre la condescendance et le jugement dans le regard des autres, Brian ne se moqua pas de lui, bien au contraire.

- Je… j’avoue que c’est un métier que je ne pourrais pas exercer. Mais je trouve qu’il faut du courage pour s’exposer ainsi, afin de satisfaire les plaisirs futiles des gens. Vous gagnez votre vie honnêtement. Ceux qui vous jugent devraient commencer par balayer devant chez eux…

Décidément, Jansen aimait bien ce jeune policier. Il avait l’esprit vif, et tout dans ses mouvements démontraient une maitrise corporelle. Il ne subissait pas son environnement, comme tant d’autres humains. Il semblait agir, se forger une carapace, pour survivre, mais une carapace dynamique, qui n’entrave pas ses mouvements. Il forgeait son corps et son esprit, et se mettait au service des autres… Lui-même passait beaucoup de temps à faire du sport, car, à présent qu’il avait enfin retrouvé ses droits sur son corps, qu’il lui appartenait, il aimait se sentir vivant, sentir le travail physique, les muscles protester, puis la bienheureuse euphorie grisante après les entrainements.
Et puis vint sa question sur les roses, qui lui fit oublier tout le reste. Jamais il n’aurait espérer trouver de telles merveilles dans son nouvel environnement, même si il adorait la grande forêt et les trésors qu’elle recelait. Alors, quand Brian lui confirma être propriétaire de rosiers, Jansen eut vraiment envie d’en savoir plus, et de découvrir ces merveilles.

- Bien en fait je viens d’emménager dans une maison. L’ancienne propriétaire a laissé une immense roseraie. Je lui ai promis de garder ses rosiers vivants… Mais je n’y connais strictement rien aux plantes. Ces choses à épines sont de redoutables guerrières ! Je suis bien plus doué avec une arme qu’un sécateur... Pas de soucis pour passer, si cela vous intéresse de les voir.

C’était un grand cadeau. Quand il s’était réveillé dans la cellule, avec la conscience de ce qu’avait voulu faire son alter ego, un grand désespoir avait empli son cœur, car il savait qu’il allait poursuivre ce geste s’il n’avait pas eu le choix. Et puis, quelques heures plus tard, il discutait avec un charmant sylphe humain, et qui possédait des rosiers. Et des rosiers rares, si ses sens ne le trompait pas. Et il lui permettait de venir voir ces roses… Il se sentait tellement bien, tout d’un coup.

Après s’être empêtré maladroitement dans ses double sens, Jansen eut une réponse qui le mit en joie.

-Et bien pourquoi pas demain soir après mon service ? Mais vous n’avez aucune dette envers moi. Toutefois je suis preneur de conseils pour que j’évite de les massacrer trop vite…

Il avait déjà hâte d’être au lendemain, et la journée allait être longue, d’ici là. Il irait s’occuper en faisant du sport. D’abord la salle, pour profiter des installations, puis son parcours dans la forêt. Il préférait largement s’exercer dehors.

- Il y a des petites bêtes vertes sur les bourgeons des fleurs. J’ai arrosé pour les enlever, mais elles sont revenues. C’est grave ?

Jansen fronça les sourcils. Il prenait très au sérieux son nouveau rôle.

-si ce sont de simples pucerons, ce sera facile… Je connais un endroit où on peut trouver quelques coccinelles, qui seront ravies… C’est le moyen le plus efficace. Les rosiers sont très résistants aux maladies.

Jansen était bien placé pour le savoir… Certaines guerrières, parmi les dryades, préféraient développer une hybridation avec des rosiers sauvages… Elles formaient une élite martiale redoutable.

-mais si c’est plus grave…ça peut être des acariens, qui eut vont amener les rares maladies qui peuvent les affecter… Oïdium, par exemple. Faudrait vraiment que je jette un œil. Et surtout, aucun produit chimique la dessus… Je regarderai ça demain, j’amènerai deux ou trois trucs, si ça ne vous gêne pas…

Brian regardait le jeune Drus avec amusement. Il faut dire que Jansen était visiblement très enthousiaste par sa nouvelle tâche.
Finalement, Brian lui proposa de le raccompagner chez lui. Sur le chemin, Jansen osa lui proposer un partenariat d’entrainement.

-je… Désolé si je vous parais trop entreprenant, mais je peux constater que vous faites, vous aussi visiblement du sport, et je me demandais… Est-ce que ça vous dirait de vous entrainer de temps en temps avec moi ? Je préfère courir et me muscler dans la nature, plutôt que dans une salle de sport, mais j’ai tout de même un abonnement en ville… J’aime courir le matin quand je n’ai pas finit trop tard, ça donne une bonne énergie pour la journée… Enfin je comprendrai si ça vous gêne, c’est juste que … Je connais pas grand monde… Je connais personne, en fait…

Arrivé à son appartement, Jansen fit entrer Brian dans ce qui était une collocation non désirée. Le lieu de vie était décoré avec gout, très masculin cependant. Assez ensoleillé, on y trouvait beaucoup de plantes, visiblement bien entretenues.. Mais, alors qu’habituellement ce genre de plante était « sages », suivait un code normé, celles qui étaient dans l’appartement de Jansen semblaient plus libre, presque sauvage. Des lierres s’accrochaient à la bibliothèque, au demeurant bien fournie.

Quand Brian lui fit la remarque, qu’il s’attendait à voir plein de livre sur les plantes, Jansen ria.
-je m’intéresse à beaucoup de choses.. Et les plantes.. Disons… je n’ai pas besoin de livre pour bien les connaitre. Si certains habitués du bar venaient ici, ce qui n’arrivera jamais, ils seraient bien surpris… Pas de magazine de mode, de poster de mecs sur les murs ou de popers sur les étagères.

Il ria de nouveau, entrainant un rire sincère mais gêné de Brian.

Puis ce dernier s’arrêta, surpris, sur la guitare et le système portatif d’amplification… Jansen fut gêné.. Il savait que la guitare était un modèle grand luxe, et l’ampli aussi… Du matériel de pro.
-Je… je sais pas jouer de ça, mais le locataire précédent l’a laissé. C’est très beau, alors j’ai pas eut le cœur de le vendre sur ebay… Je sais chanter, mais pas jouer… Oh.. Je vois que vos mains vous démangent.. Vous savez jouer ?


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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Sam 19 Sep - 17:35


Erreur de casting


Feat : Jansen Avery



Lorsque je parle de la colonie verte qui s’est installée sur les boutons floraux, Jansen prend un air sérieux.

-si ce sont de simples pucerons, ce sera facile… Je connais un endroit où on peut trouver quelques coccinelles, qui seront ravies… C’est le moyen le plus efficace. Les rosiers sont très résistants aux maladies.

Des coccinelles… D’accord, moi qui pensais aller acheter le dernier produit de chez Monsanto… Je crois qu’il est préférable que je ne dise pas mon intention à Jansen. Il semble avoir une approche avec la nature très sensible. D’ailleurs, je n’en reviens pas qu’il ait senti sur moi le parfum des fleurs qui ornent mon jardin. Je ne m’en occupe pas vraiment, plus accaparé par la peinture et les murs à lessiver. Jansen m’apparaît bien plus sérieux que la superficialité de son métier pourrait laisser imaginer de sa personne. Il aime les belles choses, les belles apparences comme en dénote son allure malgré une nuit passée derrière les barreaux. Mais son attrait pour les roses de mon jardin semble aller au-delà de ce gout du paraitre. Je comprends que les gens peu observateurs et surtout centrés sur eux même, puissent se tromper sur le jeune danseur. Au premier regard, il semble avoir une sensibilité affectée, que trop souvent la faune nocturne accentue à un point qui frise souvent le ridicule. Pourtant il suffit de plonger son regard dans ses yeux vert, pour percevoir la grandeur et l’authenticité des réactions de Jansen.

-mais si c’est plus grave…ça peut être des acariens, qui eut vont amener les rares maladies qui peuvent les affecter… Oïdium, par exemple. Faudrait vraiment que je jette un œil. Et surtout, aucun produit chimique la dessus…
- Oui aucun produit chimique…
- Je regarderai ça demain, j’amènerai deux ou trois trucs, si ça ne vous gêne pas…
- Non. C’est moi qui vais finir par vous être redevable. J’ai mis mon honneur de marin en jeu sur ces fragiles à piquants… Jordan… enfin mon supérieur dit que j’ai tendance à m’emballer et à m’engager un peu trop vite quand il s’agit de sauver quelque chose…


La radio posée sur mon épaule est calme. C’est donc avec tranquillité que je raccompagne Jansen jusqu’à chez lui. Sur le chemin nous discutons de choses et d’autres. Caché sous son enthousiasme, je devine sans grande solitude. Je suis le deuxième contact sur son téléphone. Pourquoi me fait-il confiance ? Je n’ai rien fait de spécial. J’ai simplement agi avec un peu d’humanité comme tout bon policier. Je ne suis pas quelqu’un de spécialement drôle, je ne me mets pas en avant. Je n’ai jamais été le meneur d’un groupe d’ami, juste une des composantes plutôt paisible.

-je… Désolé si je vous parais trop entreprenant, mais je peux constater que vous faites, vous aussi visiblement du sport, et je me demandais… Est-ce que ça vous dirait de vous entrainer de temps en temps avec moi ? Je préfère courir et me muscler dans la nature, plutôt que dans une salle de sport, mais j’ai tout de même un abonnement en ville… J’aime courir le matin quand je n’ai pas fini trop tard, ça donne une bonne énergie pour la journée… Enfin je comprendrai si ça vous gêne, c’est juste que … Je connais pas grand monde… Je connais personne, en fait…
- Je suis sportif en effet. C’est vitale pour ma santé mental… mon passé de militaire y est pour beaucoup. Le métier de policier peut être parfois assez bureaucratique. J’ai du mal à tenir en place… Cela ne me dérange pas que vous m’accompagnez.


Je lui explique que chaque matin, je m’entraine avec Jordan. Et que je ne pense pas que celui-ci soit opposé à ce que quelqu’un se joigne à nous. Le fait de le dire, me pousse à la réflexion. Ce moment avec Jordan est quelque chose qui est devenu important pour moi, bien plus que je ne le pensais. Je ne peux pas savoir que dans quelques jours un drame va considérablement accélérer notre proximité. Mon amitié pour Jordan s’exprime pleinement lors de nos courses et de nos combats. On se cherche et on pousse l’autre dans ses limites. Nos « jeux » sont empreints d’un caractère guerrier. Est-ce que cela conviendra à Jansen ? Jordan et lui sont si différents. L’un est comme moi, un guerrier, l’autre plutôt pacifique. Arrivera-t-il à nous suivre ? Et ne me suis-je pas trop avancé sur l'accord de Jordan ? Je sais que comme moi il apprécie ces moment à deux, seuls avec la nature. Lors de nos entrainement, j’ai commencé à tricher en utilisant mon don pour donner plus d’impulsion à mes foulées afin de ne pas me laisser distancer par l’adjoint qui, quoique je fasse, est toujours légèrement devant moi. Un peu comme s’il adaptait sa puissance pour se caler à mon rythme.

Je repense à Janice que j’ai eue tant de mal à rattraper et que j’ai bouclée là où j’ai trouvé Jansen à sa place. S’il coure comme cette fille… c’est moi qui vais avoir du mal à suivre, du moins en forêt où je ne peux pas m’aider avec le jump street. Cela me donne l’idée de proposer à Jordan d’aller courir en zone urbaine pour une fois, être devant lui et non plus derrière, à regarder ses semelles. J’ai toujours l’argument de notre travail pour lui faire accepter d’aller faire du sport en zone polluée. Je ne sais pas si Jansen serait intéressé à ce genre d'acrobatie et tant que je ne sais pas ce qu'il vaut à la course...

- Je suis intéressé par la salle de sport. Cela permet de travailler de manière plus technique et de cibler les muscles que l’on souhaite solliciter. Me prendre une carte là-bas peut, pour moi également, ouvrir mon horizon. C’est toujours plus motivant d’y aller à deux.

Jansen semble heureux que j’accepte que nous fassions du sport ensemble. Je ne suis pas un solitaire de nature, mais plus par conséquence… J’ai décidé de m’intégrer dans cette ville. Il est logique que je crée de nouvelles amitiés… Bon le coté gay et gogo-danser de Jansen mettent à rude épreuve mes réticences psychotiques. Cependant je force ma raison pour me conduire normalement. Il n’y a aucune raison pour que je refuse cette main amicale tendue. Je dois réapprendre à vivre entouré des autres. De plus j’ai l’intuition que le jeune homme est une bonne personne.

Arrivés au pied de l’immeuble de Jansen, celui-ci m’invite à venir voir chez lui. Je suis un peu gêné, mais j’accepte, motivé par le besoin de vérifier qu’il est bien logé et dans un environnement sain. Quelle n’est pas ma surprise en découvrant son appartement. Les plantes se disputent avec les livres. On est loin du danseur de charme d’un bar gay. Je suis émerveillé de l’ambiance végétale qui règne ici et un peu ému aussi, car c’est aussi un peu son jardin secret. Alors que je parcours rapidement les titres sur les étagères, je me demande comment il arrive à créer un tel environnement. Le retombé des plantes n’est absolument pas forcé, bien que savamment disposé. Un peu comme si celles-ci savent ce qu’elles peuvent recouvrir ou pas. L’enthousiasme de Jansen à me faire découvrir son univers est communicatif.

-je m’intéresse à beaucoup de choses.. Et les plantes.. Disons… je n’ai pas besoin de livre pour bien les connaitre. Si certains habitués du bar venaient ici, ce qui n’arrivera jamais, ils seraient bien surpris… Pas de magazine de mode, de poster de mecs sur les murs ou de popers sur les étagères.
- C’est très impressionnant Jansen !


Je vois dans son regard qu’il cherche mon approbation ou plutôt qu’il veut me montrer qui il est vraiment. Il cherche à se détacher de cette réputation que son travail lui colle à la peau. Cela me trouble un peu de l’importance qu’il donne à mon regard sur lui. Je me demande à nouveau pourquoi, alors qu’il semble assez farouche sur ses relations avec les autres, il m’a clairement choisi pour développer une amitié. Perçoit-il la noirceur qui assombrit mon cœur et qui finalement nous rapproche l’un et l’autre ?

Mon regard se pose sur une guitare. Elle est magnifique. Celle de feu monsieur Travis est de bonne qualité et a bien été entretenue. Mais celle de Jansen est clairement du matériel de professionnel.

-Je… je sais pas jouer de ça, mais le locataire précédent l’a laissé. C’est très beau, alors j’ai pas eu le cœur de le vendre sur ebay… Je sais chanter, mais pas jouer… Oh.. Je vois que vos mains vous démangent.. Vous savez jouer ?
- Je… oui… Moi également, j’ai hérité d’une guitare de la même manière. C’est un bon instrument, mais pas de la qualité de celle-ci. Vous… Tu peux en avoir un bon prix en effet.


Le vouvoiement commence à me paraître trop guidé et lourd. A son sourire, je sais que Jansen est plutôt rassuré que nous poursuivons sur un registre familier. Je regarde ma montre, il va bientôt être midi, mais l’instrument est si tentant... Je m’en saisi avec des gestes quasiment religieux. Je remarque quelques éraflures çà et là. Cette guitare a eu une vie. Je me cale sur un pouf et plaque quelques accords de base. Je règle les clés afin de l’accorder au mieux, puis joue les premières séquences de Money for Nothing. Je suis très fan de Mark Knopfler et de ses solos grandioses.

- Je repose ça, sinon je vais jouer toute la journée je pense.

Je pose doucement la guitare dans son étui et me retourne vers Jansen. Il va nettement mieux que depuis le moment où je l’ai trouvé dans la cellule à la place de Janice. Il faut que j’éclaircisse ce mystère.

- Tu devrais manger et te reposer. Je retourne travailler, sinon ils vont se demander où j’ai disparu. Je te propose de se retrouver demain devant le poste de police vers dix-sept heure ou une demi-heure plus tard chez moi. Comme tu préfères.


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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Mar 22 Sep - 19:43





Erreur de casting


Jansen ne s’était jamais sentis vraiment étranger à son lieu de vie. Mais jamais non plus il n’avait eu l’impression d’être chez lui. Un peu comme son corps, sa vie, qui ne lui appartenait pas réellement, ou complètement. Brian pose les yeux sur son appartement, et Jansen pose les yeux sur Brian. Que vois-t-il ? Sans vraiment pouvoir s’en empêcher, Jansen essaie de se justifier, de paraitre moins… Gogo danseur, en quelque sorte.

Ses mains se nouent et se dénouent, au rythme de son angoisse. Il n’a pas mentit. Brian est bel et bien le deuxième contact qu’il a. Le jeune Drus ne se laisse pas approcher facilement. D’une part il a vécu une négation de son corps et de son libre arbitre pendant trop longtemps, et d’autre part il ne sait pas comment gérer son autre, son double… Brian , c’est… Quelqu’un dont il a ressentis la souffrance, d’une manière si proche, si connue, si semblable à la sienne qu’il ne peut tout simplement pas le laisser disparaitre de son microcosme si restreint.

Pendant que Brian regarde son univers, son environnement, Jansen se rappelle leur petite marche. Spontanément, il lui avait proposé de partager les moments d’entrainement sportif. Jansen aimait s’entrainer. Il contrôlait son corps, c’était lui qui était aux commandes, et le modelait à son envie. Plus personne n’aurait le contrôle sur lui.. Restait à régler le problème de son alter ego.

- Je suis sportif en effet. C’est vitale pour ma santé mental… mon passé de militaire y est pour beaucoup. Le métier de policier peut être parfois assez bureaucratique. J’ai du mal à tenir en place… Cela ne me dérange pas que vous m’accompagnez.

Jansen lui avait souri, et en écoutant son programme journalier, il était intrigué par ce Jordan dont lui parlait Brian. Curieux de nature, il avait hâte de pouvoir assister à leur entrainement. Et puis Brian lui avait aussi fait part de son intérêt pour la salle de sport, et un programme plus ciblé. Jansen était ravis. Avoir un partenaire, ce qui se rapprochait le plus d’un ami… Tragique, quand il y pensai.. Vouloir se mêler aux humains, c’était bien beau, comme projet, sauf qu’il n’arrivait pas à leur accorder sa confiance, ce qui était pourtant une étape cruciale.

Pour Brian, un lien s’était créé, un lien de souffrance, mais qui avait la force de la vérité, de la compassion.

Ses entrainements étaient ce qui le rapprochait le plus de la vie d’un humain ordinaire. Il avait changé deux fois de salle avant de garder la dernière, car dans les deux premières il avait sentis sur lui des regards. Féminins pour la plupart, masculins parfois, mais avec la même concupiscence. Là où il allait à présent, c’était simplement des gens qui faisaient du sport, et ne cherchaient pas autre chose, et ça lui allait très bien comme ça.

- C’est très impressionnant Jansen !

Les yeux en amandes de ce dernier se plissent, surpris du terme, mais heureux. La suite le met dans un état étrange, car il sait que cette guitare ne lui appartient pas, mais appartient à son double. Il ne sait pas jouer. Elle, oui. Aussi, lorsque Brian prend la guitare et se met à jouer, il entend pour la première fois le son de l’instrument, alors qu’il n’avait pour sa part réussit qu’à en tirer des gémissements pathétiques.

-Je… oui… Moi également, j’ai hérité d’une guitare de la même manière. C’est un bon instrument, mais pas de la qualité de celle-ci. Vous… Tu peux en avoir un bon prix en effet.

Il n’intègre pas tout de suite le tutoiement, car il imagine son double en train de jouer. Que jouait-elle ? Il avait longtemps hais cette personne, avant de se rendre compte qu’elle était lui, en partie du moins, et qu’elle devait souffrir autant que lui de la situation. Le fait qu’elle ait tenté de mourir pour préserver la sylve en disait long. C’était tout simplement une personne à part entière, avec sa propre souffrance. L’ironie du sort était que la personne qui pouvait probablement en savoir davantage était la rose trémière, qui faisait office de shaman, dans son ancien monde… Mais lui parler revenait à se condamner à une vie d’entraves et de viols à répétitions..
Une rose, elle aussi. Belle, mais avec des épines.
Brian le sort de ses pensées, et Jansen sursaute au son de sa voix.
- Tu devrais manger et te reposer. Je retourne travailler, sinon ils vont se demander où j’ai disparu. Je te propose de se retrouver demain devant le poste de police vers dix-sept heures ou une demi-heure plus tard chez moi. Comme tu préfères.

Il le regarde, un sourire triste car encore empreint de ses souvenirs.

-C’est super gentil, Brian… J’attendrai devant chez toi, je ne veux pas que tu sois gêné par ma présence devant le poste. Je sais que tu n’es pas comme ça, j’en ai la conviction… Mais certains de tes collègues sauteraient plus vite aux conclusions que toi, et avoir un mec qui t’attend devant le poste, et qui plus est qui était la veille encore dans une cellule, ça va parler…

Jansen voit au regard de Brian qu’il fait mouche, et il y voit aussi de la reconnaissance. Le jeune Drus lui évite de se mettre dans l’embarras sans pour autant lui faire prendre cette décision qui aurait pu être blessante.
Le policier part donc, rassuré, tandis que Jansen soupire en regardant sa guitare. Quel étrange coup du destin, encore, se dit-il… Le sylphe, comme il l’appelle désormais dans l’antre de ses pensées, le trouble plus que de raison… Instinctivement, il a envie de l’aider. A panser ses blessures, car il ne les connait que trop bien.4

(…)

Le lendemain matin, Jansen arrive à se réveiller tôt, malgré une soirée épuisante. Son patron ne lui a pas trop posé de questions, car les clients ont vite fait débordé les commandes et sonner la cloche pour Jansen. Ce ne sont pas des mauvais bougres, dans l’ensemble. Jansen ne leur en veut pas d’avoir les yeux, et parfois les mains, baladeuses…Mais il sait qu’il ne pourra pas supporter cette situation toute une vie…

Il se dirige donc dans le parc, à un endroit qu’il connait très bien, et, discrètement, demande son chemin aux plantes jusqu’à arriver à un endroit grouillant de petites vies rouges, noires, orangées. Les bêtes à bon dieu, comme disent les humains. De petites coccinelles, vivent, qu’il capture aisément dans un bocal suffisamment aéré pour qu’elles ne suffoquent pas. Il y place un bouchon de liège, dans lequel il a pratiqué quelques trous pour leur assurer de l’oxygène. Elles ne sont même pas affolées, sentant peut-être que Jansen ne leur veut pas de mal. Il prend le temps de les déposer chez lui, avant de se rendre dans la petite boutique de fleurs qu’il a repéré. La veille dame va surement prendre sa retraite bientôt, mais elle connait son travail et semble apprécier le choix de terreau et de granulés riches en protéines que lui achète Jansen.

C’est donc avec son sac de sport sur le dos que Jansen attend depuis quelques minutes devant la maison de Brian. Il est impatient, et se tortille pour apercevoir la roseraie, car ses sens sont en ébullition depuis qu’il a senti les roses, à présent si proches. Il n’entend même pas Brian approcher, et sursaute presque lorsque ce dernier lui parle, d’un air enjoué.




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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Jeu 24 Sep - 18:47


Rosa rosae rosarum rosis


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Alors que je prends congé pour retourner travailler, Jansen m’explique pourquoi il préfère aller me retrouver directement chez moi.

-C’est super gentil, Brian… J’attendrai devant chez toi, je ne veux pas que tu sois gêné par ma présence devant le poste. Je sais que tu n’es pas comme ça, j’en ai la conviction… Mais certains de tes collègues sauteraient plus vite aux conclusions que toi, et avoir un mec qui t’attend devant le poste, et qui plus est qui était la veille encore dans une cellule, ça va parler…
- Ok, devant chez moi…


J’avoue ne pas y avoir songé en lui proposant l’option de me rejoindre devant le poste de police, et je ne peux m’empêcher de piquer un fard en songeant à cette éventualité. Je regarde mes pieds, un peu gêné. Je n’ai jamais été du genre à me montrer, même avant… ce connard. Mais penser qu’autrui puisse me prêter une préférence sexuelle que je ne suis pas prêt d’assumer, car pour le moment je n’ai aucune préférence du tout en la matière, me met dans le désarroi complet. Je ne sais pas si je suis touché que Jansen fasse attention à cela, ou si je ne suis pas plutôt honteux de constater qu’il m’a cerné si facilement…

Le poste de police est heureusement calme quand je reviens. Pour la pause de midi, je mange avec Jordan et le collègue avec qui je déjeune souvent. L’adjoint nous fait part de son envie de moderniser un peu nos méthodes de travail. Il dit que c’est en partie avec mon idée sur le système de classement des dossiers.

- Ah les jeunes ! C’est sans moi vos bidouilles en informatiques. J’ai déjà bien assez de mal à taper les dépositions avec deux doigts.

Nous rions de bon cœur aux protestations de ce père de famille pas très au fait des nouvelles technologies. Notre repas est paisible. Jordan est plutôt bien apprécié par le reste des hommes, mais la fonction hiérarchique isole malgré tout. Je remarque bien qu’il se détend qu’avec un cercle restreint de personnes dont j’ai la chance de faire partie. J’aime ce moment en marge de notre profession. Nous écoutons notre collègue vanter les mérites de son fils aîné. Je l’apprécie d’autant plus que j’aurais rêvé d’avoir un père tel que lui. Tout en jouant de son autorité, il sait écouter les attentes de ses deux enfants. Avec son épouse, ils forment une famille équilibrée. Ils ne font peut-être pas des activités extraordinaires, mais ils vivent sereinement. Et rien que ce fait, vaut de l’or pour qui n’a vécu que dans l’indifférence et le déni total de sa personne.

L’après-midi est une somme de procédures routinières. Beacon Hills est calme aujourd’hui. C’est ainsi que Jordan est disponible assez tôt pour m’aider à passer la première sous couche dans le salon. Nous n’avançons pas spécialement rapidement. Je crois même que nous faisons un peu durer ces travaux, car travailler ainsi de concert est une chose qui nous plait… ou plutôt Jordan prend le temps de m’apprivoiser doucement, ces travaux rendant sa présence plus facile à admettre qu’un pur besoin affectif de part et d’autre.

(...)

C'est non sans un grand soulagement que je gare la voiture de police pas très loin de la maison. Autant la journée d’hier était paisible, autant celle d'aujourd’hui a été infernale. Entre une bande de jeunes désœuvrés qui s’est amusé à semer la panique dans le square, le braquage d’une supérette pour la somme ridicule de dix dollars et quarante-cinq cents, et une troupe de motards un peu enivrés, le poste de police a été en effervescence toute la journée. Je suis fatigué et excédé. J’ai une faim de loup, car je n’ai eu le temps que d’engloutir un misérable sandwich jambon beurre – où je cherche encore le jambon – et j’ai besoin d’une bonne douche pour dissiper toute cette tension.

Le soleil est encore haut dans le ciel, et la tiédeur de l’air est agréable. Je vais peut-être commencer par une bière et profiter de ce calme sur la terrasse côté jardin. C’est là que j’aperçois Jansen. La densité de ma journée m’avait sorti de l’esprit qu’il devait passer voir mes rosiers. Je souris à la manière dont il essaye d’apercevoir le jardin sans trop oser s’avancer dans l’allée qui mène à la porte.

- Il fallait entrer, le jardin est accessible par l’extérieur.

Je lui souris. Je suis ravi de voir une tête amicale malgré ma fatigue. Je m’excuse et passe devant pour aller ouvrir. A sa question un peu inquiète, je lui explique ma mine un peu tirée par ma journée de fou.

- Fait attention, c’est un peu le chantier. Je refais tous les murs avant d’acheter du mobilier.

Je lui propose une bière et m’en serre une, puis me jette sur un paquet de biscuit. Je ne suis pas prêt de manger car Jordan va probablement rentrer tard, son grade lui donnant beaucoup d’obligations. Et je trouve correcte de diner ensemble. J’ouvre la porte fenêtre qui mène à la terrasse et sort avec ma bière et mon paquet de biscuit auquel je mets une sacrée claque. Ma goinfrerie semble faire sourire mon invité, je hausse les épaules, un peu penaud.

- Voilà les choses à épines.

Je fais un geste vers la roseraie. Je n’y connais strictement rien, mais il semblerait que madame Travis a cultivé une rare collection, si j'en crois les réactions de Jansen.

- Alors ? C’est grave les bestioles vertes et la poudre blanche sur les feuilles ?

J’agite machinalement ma canette, elle est déjà vide. Je pense plus prudent de continuer à l’eau. Je suis en hypo-calorie et j’ai besoin de m’asseoir un moment.


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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Dim 27 Sep - 12:12





Erreur de casting


Le jardin est un endroit intime pour Jansen. Pour lui, on pourrait presque dire que « jardin secret » prend tout son sens. Alors qu’il se dandine depuis 10 bonnes minutes, à essayer de comprendre celui qu’il sait n’être pas très loin, juste à portée, il est surpris pas l’arrivée de Brian.

Se retournant vivement, il voit se dernier presque hilare, en train de l’observer.

Une nouvelle fois, il est frappé de son regard si clair, et de l’impression de bonté qui se dégage de lui. Lorsqu’il avait envisagé de se mêler aux humains, il avait pris cette expression comme étant un aveu de sa part, que lui-même n’était pas humain. Mais depuis, il avait révisé son jugement. Si être humain était ressentir intensément, s’angoisser, se faire des soucis, être joyeux, s’intéresser aux gens, et ne pas comprendre ce qui lui arrive, alors il était sans doute plus humain que beaucoup d’entre eux. Il ne s’était rendu compte du cadeau de son arbre-père que depuis qu’il était loin de lui : cette communion, qu’il pensait être universel parmi sa sylve, auprès de ses sœurs, était bien plus exacerbée chez lui. Il sentait, ressentait, éprouvait bien plus intensément que toutes ses sœurs, trop habituées à préserver leur race, et que beaucoup d’humains, soit trop meurtris pour faire confiance ou oser éprouver, soit trop centrés sur leur personne pour ressentir le besoin des autres. Mais Brian semblait différent… Jansen avait ressentis sa souffrance, en écho à la sienne. Peut-être, se disait-il, lorsqu’on perd, même temporairement, les droits sur son corps, lorsqu’on est nié, lorsque notre propre chair nous ait spoliée, peut être devenons nous plus humains. Car, au final, la seule chose qui nous appartienne réellement, c’est notre corps, et les décisions que nous prenons pour lui, et pour les autres êtres qui comptent pour nous.

- Il fallait entrer, le jardin est accessible par l’extérieur.

Brian lui souris, et le rouge monte au visage de Jansen. Le jeune Drus s’écarte pour laisser passer le jeune policier, en lui demandant si ça allait. Brian lui répond qu’il a eu une rude journée, alors Jansen n’insiste pas.

- Fait attention, c’est un peu le chantier. Je refais tous les murs avant d’acheter du mobilier.

-ok. Je n’avais pas compris que tu t’installais. Enfin, si, mais je ne pensai pas que c’était aussi récent. Si tu as besoin d’aide pour les travaux, hésites pas. C’est vrai que je suis plus à l’aise dans un jardin qu’avec des fils électriques, mais je peux aider pour le gros œuvre. Un peu d’huile de coude, ça fait du mal à personne.

Brian lui sourit de façon énigmatique, puis lui propose une bière, en lui promettant d’y réfléchir. Jansen le regarde, amusé, dévorer un paquet de biscuit innocent, et l’accompagne, bière à la main, sur la terrasse. Le liquide amer lui plait. Il synthétise l’alcool d’une façon exacerbée, mais contrôlée, la plupart du temps… Enfin, à condition de ne pas boire d’absinthe, par exemple… Là, ça devient du grand n’importe quoi.

-affamé à ce que je vois ?

Lui dit-il, malicieux. Brian hausse les épaules, puis lui indique les roses.
- Voilà les choses à épines.

Depuis qu’il était arrivé ici, il les sentait, les désirait. Maintenant qu’il les a sous les yeux, il est bouleversé. Il tente de se contrôler, pour ne pas paraitre trop étrange, mais il est tellement ravis de voir ce spectacle qu’il pose sa bière sur le sol, avant de se précipiter vers la roseraie.
-oui.. oui.. oh ! C’est bien ça ! Des cuisses de Nymphes, et un rosier d’york. Mais ! Oh ! Il y a même un Rosa Gallica Officinalis ! Mais tu as un trésor dans ton jardin Brian.

Il s’était approché, et caressait les feuilles, apparemment indifférent aux piquants, et pourtant ses gestes étaient vifs, mais aimant.

-tu sais que cette rose était utilisée par les Romains ? Si une de ces roses, je parle de la Gallica, était suspendue, c’était un hommage au dieu Harpocrate. Les secrets et les paroles échangées sous elle devaient rester secrets. Si j’avais su…

- Alors ? C’est grave les bestioles vertes et la poudre blanche sur les feuilles ?

-poudre blanche… Oh non !

Jansen ne peut que découvrir le désastre. Oïdium… Et si on en est à ce stade-là, c’est que c’est grave.

-merde merde merde ! Bon.. Il y a urgence, la.. Surtout, ne les arrose plus le soir. Ça ne ferait que renforcer les champignons.. Pour les pucerons, j’ai amené de petites amies qui vont s’en charger… Mais pour l’Oïdium… Il va falloir être plus radical.

Jansen farfouille frénétiquement dans son sac, pour en sortir les petites coccinelles captives du grand bocal. Avec une infinie délicatesse, il débouche le bouchon de liège, puis exhorte les petites bestioles rouges et oranges à sortir, les disposant doucement sur les rosiers. Elles semblent en confiance, ne paniquent pas et ne s’envolent pas… Sans perdre de temps, elles semblent se répartir entre les différents rosiers..

-braves filles. Je compte sur vous.

Jansen hausse à son tour les épaules, en voyant le regard amusé et un peu surpris de Brian. Il prend son rôle à cœur.

Cherchant de nouveau dans son sac, il en sort un sécateur, et se met rapidement à faire des coupes franches, avec un air navré sur le visage.

-je vais avoir du travail, ici. Désolé Brian, mais il faut couper… Je… Je peux rester la un moment ce soir ? J’ai pas le cœur à les laisser comme ça jusqu’à demain, c’est.. Cruel.

Ses gestes sont ceux qu’on pourrait avoir pour soulager un blessé, ou un animal en détresse. Son visage est soucieux, sourcils froncés, et il semble observer le moindre centimètre carré à la recherche d’une faille.

-je veux pas m’imposer Brian, mais ça me tord les tripes de voir ça… Tu veux m’aider ? Comme ça je te montre comment faire et je ne m’imposerai pas chez toi plus que nécessaire.

Ses mains pleines de terres fouillaient déjà au pied des rosiers. Dans sa précipitation, il s’était griffé plusieurs fois, mais avait guérit aussi très vite. Il espérait juste que Brian n’ait pas pu s’en rendre compte.

-ce sont des boosters naturels.. C’est un peu comme de prendre des compléments alimentaires pour nos séances de sport, mais des compléments naturels…

Il sourit au jeune policier, qui le chambre un peu sur sa comparaison sportive. Pourtant, il est bien question de muscler un peu ces rosiers.

-tu vois ? Comme ça..

Jansen montre à Brian comment former un creux sans se blesser, puis déposer les nutriments, et enfin recouvrir. Ce faisant, il avait voulu prendre la main de Brian, pour lui montrer le geste, mais il avait senti immédiatement une réticence incontrôlable.

-pardon.. Je voulais pas…

Le regard rassurant du jeune policier le réconforte, mais il ne commet pas l’erreur de lui retoucher la main.

-tu peux les arroser en journée s’il fait beau. Surtout pas le soir, il faut assécher les champignons sans assécher les roses… Je veux bien une autre bière, ste plait.

Attendant que Brian parte chercher une deuxième bière, il plante ses doigts dans les épines, lui arrachant une douleur cuisante. Son sang coulant à présent sur les ronces, les tiges, les pétales, il renforce son lien, communique sa force au rosier. Son sang est vite absorbé par le rosier, mais la terre ne bénéficie pas du même traitement. Maladroitement, il recouvre ce qu’il peut pour que ça ne voit pas trop.

Pendant le processus, son sang, son esprit communie avec la rose, lui montrant une image d’elle améliorée, plus forte, capable de se défendre. Ce sera long, il lui faudra revenir souvent, et distiller sa force pendant quelques jours. Mais il avait bon espoir de rendre ces rosiers plus fort, et capable de se défendre.

Le jeune Drus avait raison… Mais il ne pouvait pas se douter à quel point il allait transformer, de façon radicale, ces roses… La terre et les nutriments, qui étaient si efficaces, l’étaient pour une raison…



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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Lun 28 Sep - 23:19


Erreur de casting


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En apprenant que je viens juste de m’installer et que je suis en plein travaux de rénovation, Jansen se propose spontanément de m’aider sur les tâches qui ne demandent aucune compétence particulière sinon de l’huile de coude. Je lui souris, décidément poncer et lessiver semble être devenu la thérapie à la mode. Car je devine, caché sous sa proposition, c’est surtout l’opportunité d’une activité et d’être un peu moins seul qui le motive. Jordan, maintenant lui… A New York j’ai rencontré plusieurs fois ce genre de rapprochements qui sont finalement anodins… sauf pour moi. Sur la grosse pomme, je m’étais toujours arrangé pour garder une certaine distance. Rares étaient ceux qui avaient franchi le seuil de mon antre. Le poste ponçage et lessivage est déjà pourvu et même si nous avancerions plus vite à trois, je souhaite garder ces moments privilégiés pour Jordan. Nous ne travaillons pas, nous nous apprivoisons…

C’est étonné que j’observe le changement de comportement de Jansen quand il découvre la roseraie. Il nomme ces choses à épine avec des noms savants que j’oublie aussitôt… rosier de New York, cuisse de nain, et autre rosier Galactica… D’après lui, j’ai un véritable trésor. J’observe les dites merveilles parées de leurs pucerons et, –je vais l’appendre deux exclamations plus tard de mon herboriste en herbe,– d’oïdium. Me voilà tout impressionné par ce que j’appelais… des roses…

Je manque de l’avertir que ce trésor a des piquants acérés, mais Jansen plonge ses mains dedans, caressant les fleurs comme si elles étaient de frêles jeunes femmes. Je comprends vite que mes avertissements sont inutiles, il semble être ailleurs, comme transporté et exalté. Là où je vois de simples taches de couleur rosée, il y voit des merveilles. Les goûts et les sensibilités sont aussi nombreux qu’il y a d’individus sur terre. A l’inverse, je crois que Jansen ne comprendrait pas l’intérêt que je porte aux bateaux et aux nœuds marins.

- Tu sais que cette rose était utilisée par les Romains ? Si une de ces roses, je parle de la Gallica, était suspendue, c’était un hommage au dieu Harpocrate. Les secrets et les paroles échangées sous elle devaient rester secrets. Si j’avais su…
- Alors ? C’est grave les bestioles vertes et la poudre blanche sur les feuilles ?
- Poudre blanche… Oh non !
- Donc c’est grave…
- Merde merde merde ! Bon.. Il y a urgence, la.. Surtout, ne les arrose plus le soir. Ça ne ferait que renforcer les champignons..
- Ok, plus d’eau le soir. Le matin c’est bon ?
- Pour les pucerons, j’ai amené de petites amies qui vont s’en charger… Mais pour l’Oïdium… Il va falloir être plus radical.


Jansen ouvre son sac et en sort un bocal dans lequel je reconnais des coccinelles. J’ai envie de lui dire que ces pauvres bêtes à bon dieu vont faire une belle ingestion, avant de venir à bout de la colonie verte. Mais le sérieux de son visage me fait comprendre qu’il prend à cœur, ce qui à ses yeux est un désastre.

- Braves filles. Je compte sur vous.

Je ne peux m’empêcher de sourire. Ce grand gaillard qui parle aux coccinelles et à mes roses comme si elles pouvaient le comprendre, voire lui répondre. Jansen me sourit à son tour, conscient de la scène qu’il me donne. Mais il n’en a pas honte et je ne suis pas de ceux qui se moquent des passions des autres. Je suis plutôt content de le voir si heureux pour la tâche qu’il semble vouloir s’assigner.

- Je vais avoir du travail, ici. Désolé Brian, mais il faut couper… Je… Je peux rester là un moment ce soir ? J’ai pas le cœur à les laisser comme ça jusqu’à demain, c’est.. Cruel.
- Je… oui pas de souci. Reste le temps que tu veux, si tu juges que c’est nécessaire.
- Je ne veux pas m’imposer Brian, mais ça me tord les tripes de voir ça… Tu veux m’aider ? Comme ça je te montre comment faire et je ne m’imposerai pas chez toi plus que nécessaire.
- Euh… je veux bien, mais pour être honnête, je crois que ça va entrer par une oreille et ressortir par l’autre… J’ai vécu plus de dix ans sur un cuirassé en haute mer… Les seules plantes vertes que l’on avait à bord étaient en plastique… Je réapprends à vivre sur la terre ferme…


Je prends néanmoins le sécateur qu’il me tend et coupe là où il me dit de le faire. Puis je me prends un peu au jeu. En fait, couper les tiges de ces épineuses, a un petit côté dominateur qui me plait. Je m’emballe d’ailleurs un peu trop et c’est un Jansen tout affolé qui vient freiner mes ardeurs destructrices. Les vicieuses se sont d’ailleurs bien vengées en me griffant les mains. Jansen creuse ensuite le sol pour y déposer de l’engrais. Il le fait si délicatement que cela me laisse songeur. J’avais appris le langage des fleurs ou plutôt la soit disant signification qu’on leur accorde en fonction de leurs espèce et couleur. Ce n’était pas par intérêt floral, mais juste pour ne pas gaffer avec les filles… En regardant Jansen s’occuper de mes rosiers, je comprends que le langage des fleurs prend un autre sens pour lui. Il est sincèrement inquiet pour mes roses, comme il le serait d’un ami.

Il montre sa sensibilité sans pudeur. Pour moi qui suis englué dans mes blocages, je le trouve admirable. Je subis l’éducation que l’on m’a appliqué sans ménagement, ensuite l’armée n’a pas arrangé les choses… Un homme ne pleure pas, ne se plaint pas. Il doit serrer les dents et être fort, ne pas courber l’échine, ou seulement devant un supérieur hiérarchique ou familial. Alors s’extasier sur le parfum des roses et s’affoler pour une attaque fongique… J’ai conscience d’être un produit fabriqué par cette morale américaine aussi rigide qu'hypocrite. Je chante l’hymne nationale, les doigts sur la couture du pantalon, j’ai été un bon soldat et je pense faire un policier honorable, seulement… face à l’émotion authentique de Jansen, je me sens vide… Quoique depuis quelques temps la chaleur si particulière de Jordan semble remplir ce vide sidéral qu’est mon cœur.

- Ce sont des boosters naturels.. C’est un peu comme de prendre des compléments alimentaires pour nos séances de sport, mais des compléments naturels…
- Je devrais les inscrire à la salle de sport, tu ne crois pas ?
- Tu vois ? Comme ça..


Jansen passe outre ma plaisanterie et me montre comment il s’y prend. Sans prévenir il me prend la main. Ma réaction est malheureusement immédiate. Ce n’est pas que son contact me répugne, mais… en fait si, mais il n’y est pour rien…

- Pardon.. Je voulais pas…

Je secoue la tête pour le rassurer. Il me redonne des conseils pour les arrosages et me réclame une nouvelle bière. Je retourne donc à la cuisine et en profite pour me laver les mains et mes égratignures. Jordan va se moquer de moi, mais c’est que ça picote méchamment. Je reviens avec deux nouvelles bières et un nouveau paquet de chips. J’invite Jansen à se poser comme moi sur la terrasse, à même le sol.

- Jansen ? Tu m’expliques ce que tu ressens pour ces fleurs ? Je… sans vouloir t’offenser, je ne comprends pas l’importance que tu leur accordes. Si un rosier vient à mourir, il suffit d’en replanter un autre. J’ai entendu dire que cela se bouture facilement.

Je veux comprendre ce qui l’anime et l’exalte autant. Je ne tomberais peut-être pas amoureux de mes roses, mais j’aimerais, moi aussi, pouvoir me laisser aller à ce genre d’émotion. Car plus j’observe Jansen, plus je suis persuadé que ce n’est pas un signe de faiblesse de sa part, mais au contraire une grande force.


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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Ven 2 Oct - 12:01





Erreur de Casting


Jansen était en alerte maximale. Dans le monde qu’il avait pourtant quitté de son plein grès, et malgré la haine qu’il pouvait à présent ressentir envers celles qui l’avaient séquestré et violé, il vouait une admiration sans bornes à la garde des roses trémières. Ces guerrières d’élite étaient à la fois belles et redoutables, et il avait beaucoup appris concernant la survie et la tactique à leur contact. Dans le monde sylvain, elles formaient les troupes d’élites, rares, mortelles…Elles étaient toutes de sang pur, et donc il y en avait peu. Trop peu, en fait. Car, les connaissant, il était persuadé qu’elles n’auraient pas toléré un tel traitement envers lui, si seulement elles avaient eu un peu plus de poids politique.

Alors, quand il voyait l’attaque fongique sur ces roses, il se sentait le devoir de faire quelque chose. La maladie était trop avancée pour recourir aux méthodes classiques. Les coccinelles allaient se charger des pucerons sans problème, mais cette saleté de champignon avait remporté une bataille. Mais certainement pas la guerre. Déjà, avec son sang, il avait établi un lien et envoyé une image idéalisée aux roses. Elles l’avaient compris, et la petite conversation sans mots qu’il avait échangée avec elles l’avait rassuré. A condition de refaire régulièrement cet échange, certes douloureux pour lui, elles allaient développer un système de défense. A vrai dire, il pensait qu’elles n’allaient plus jamais être malades, et sans doute ne mourraient-elles pas de sitôt. Ce qui pourrait bien sur poser un problème sur le long terme. Comment expliquer une telle vivacité, quand bien même il serait le jardinier le plus doué de la région… Haussant les épaules, il décréta ne pas être doué pour se projeter sur le long terme. Il avait agi avec l’urgence de ses sentiments. Pour les roses, et pour Brian…
Ce dernier avait poliment refusé son aide pour le gros œuvre, et Jansen pensait savoir pourquoi. Sans doute, même si il faisait des efforts, l’aspect ouvertement gay du jeune sylvain ne le rassurait pas. Il avait vu sa réaction, quand il lui avait touché la main par inadvertance. Avec ce qu’il avait ressentis dans sa cellule, il était facile de déduire ce que lui-même avait expérimenté hélas à de maintes reprises. Comment faire pour lui expliquer qu’il savait, qu’il comprenait, sans se compromettre ? Il voulait l’aider, mais pour ça il fallait lui faire confiance. Mais Jansen n’était pas prêt à lui révéler sa nature, surtout avec son alter ego sur lequel il n’avait aucune prise.

Brian l’avait autorisé à rester aussi longtemps que nécessaire, et Jansen était ravis. Enfin il renouait, et de façon positive, avec son monde. Enfin il pouvait faire quelque chose de concret, et recevoir l’amour via son lien si particulier avec la flore.. Brian avait eut la main leste sur les coupes franches, ce qui avait un peu affolé le jeune Drus, mais au final, plus de peur que de mal.
Pendant que Brian était partis chercher de nouvelles bières, et que le sang du jeune homme était absorbé et transformé par les rosiers, Jansen s’était remémoré une de ses rares parenthèses heureuses de son ancienne vie.

-Non, Hyacinth, tu t’y prends mal

Jansen se rappelait. Son vrai prénom. Hyacinth. Il se rappelait aussi cet entrainement, avec la cinquième ronce de l’ordre des Roses Tremières. Elle était belle, et sauvage. Sa longue chevelure cuivrée lui valant des boutades de la part de ses sœurs d’arme, car elle avait du mal à se fondre dans la nature, contrairement aux autres ronces qui avaient des teintes brunes, vert sombre ou bleu nuit. Mais, lorsqu’elle se battait, plus personne ne se moquait d’elle. Elle était rapide, précise, et son lien avec les plantes et les arbres, puissant. Jamais, dans la mémoire de la sylve, jamais on avait vu une dryade capable de transformer aussi vite la flore autour d’elle. Elle maniait d’une main experte une sorte de rapière, taillée dans un métal étrange. Hyacinth … Non.. Jansen, c’était son prénom, désormais, n’avait jamais pu savoir de quoi était faite cette épée. Mais les coupures et les filets de sang sur son torse et ses avant-bras lui laissaient un souvenir cuisant.

La cinquième ronce l’avait pris sous son aile, sachant ce qui lui arrivait, mais n’y pouvant rien. Les moments qu’il passait avec elle étaient intenses, et il développait un esprit combatif, et des compétences pour aller avec cet esprit. Aujourd’hui, il comprenait qu’elle le préparait à sa fuite, sa rébellion. Ce faisant elle s’était mis en danger de mort, pour haute trahison. Il ne le comprenait que maintenant, alors le moins qu’il puisse faire, c’était de prendre soin de ces roses pour honorer sa mémoire. Qu’était-elle devenue ? Il aimerait tellement le savoir. Elle avait une voix magnifique, il avait pu le découvrir alors qu’elle lui chantait des chansons apaisantes après leur entrainement. Elle fut son seul lien aimant, dans son ancienne vie.

- Jansen ? Tu m’expliques ce que tu ressens pour ces fleurs ? Je… sans vouloir t’offenser, je ne comprends pas l’importance que tu leur accordes. Si un rosier vient à mourir, il suffit d’en replanter un autre. J’ai entendu dire que cela se bouture facilement.

Brian était revenu, et les deux jeunes hommes étaient assis sur le sol de la terrasse, dans une sorte de bien heureuse torpeur.

Jansen mit un moment avant de lui répondre, son regard mélancolique encore accroché à ses souvenirs heureux.

-On peut toujours replanter, comme tu repeins les murs de ta maison. Lorsque tu fais ça sur tes murs, tu leur donne une nouvelle vie, tu te les appropries, tu construis quelque chose. Ton histoire, celle que tu choisis.

Il fit une pause, regardant sa main, pleine de terre, avec une coccinelle qui jouait entre ses doigts.

-Les roses sont belles, et fragiles. C’est ce qui fait leur beauté. Elles ont des ronces, et des piquants, pour se défendre. Et cependant, elles sont si éphémères, parfois. Pas toujours. SI tu arraches ces roses, et que tu en replantes d’autres, c’est comme si tu niais leur existence précédente. Je parle pas d’âme, mais simplement d’un cycle de vie. En tentant de les sauver d’une maladie, tu … tu te sauves un peu toi-même. Si elles doivent mourir, la beauté de leur existence tiendra entre le moment où tu les auras regardés, le soir, ou au lever du soleil, ou habillées de rosées, alors que la lumière leur voue un culte hédoniste, et celui où elles se faneront, à la fin de leur vie. La tienne durera beaucoup plus longtemps que la leur, mais en prenant soin d’elle, et en t’exposant pour le faire, car elles prendront leur tribu de sang, inévitablement, tu grandis.. Parce que tu fais un acte qui n’est pas pérenne. Qui ne t’apportera rien sinon les moments que tu passes entre la première goutte de rosée, alors qu’elles s’ouvrent à la vie, et la dernière caresse sur leur pétale fané. Et tu recommenceras avec les suivantes, dans un cycle qui donne, qui transmet.

Il se retourna pour regarder la maison, et la pointer du doigt.

-ici, tu construis ta nouvelle vie, tu bâtis ton territoire.
Puis il pointa du doigt les rosiers.

-ici, tu perds un peu de temps, plutôt que de chercher la facilité. Mais ce que tu perds, tu le gagnes en sincérité, en altruisme. La beauté n’a pas de prix, mais chacun choisis celui qu’il est prêt à dépenser pour elle.

Le jeune Drus regardait intensément Brian. Il ne voulait pas l’influencer par le glamour ou le chant de la sylve. Mais il espérait sincèrement lui avoir communiqué cette beauté qu’il ressentait à cultiver … son être.



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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Dim 4 Oct - 16:49


Erreur de Casting


Feat : Jansen Avery



La fin d’après midi coule dans la perspective d’une soirée calme et agréable. La lumière change de couleur avec le soleil qui commence à raser l’horizon. Je suis revenu avec des bières. Jansen semble en avoir fini avec mes roses pour ce soir. Alors que la nuit prend la suprématie dans le ciel, j’ai envie de comprendre le jeune serveur. Je n’arrive pas à le cerner. Dans la cellule au poste de police, il m’avait semblé si fragile et si triste… Cette après-midi dans le jardin, il s’était littéralement métamorphosé en une autre personne. Il a pris très sérieusement le devoir de sauver mes rosiers d’une double attaque, principalement dues à ma négligence et ma méconnaissance de ces choses à épines. Jansen ne cache pas qu’il est gay. Cela m’effraie un peu, mais… je veux comprendre… Si seulement il y a quelque chose à comprendre à cela…

Pourquoi ai-je une préférence pour le bleu et non le rouge ? Car cela me rappelle l’océan ? Pourtant aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé cette couleur, même enfant, quand j’étais bien loin de m’imaginer une carrière maritime. Je ne peux expliquer pourquoi j’apprécie cette couleur, c’est comme ça. Alors pourquoi il y a fallu que je passe par « ça » pour me rendre compte que je suis… J’ai renié ce fait. C’est trop honteux et humiliant de découvrir cela de cette manière, et cela donnerait la victoire à ce salopard. Néanmoins depuis que Jordan habite ici, avec moi… je n’ai plus le droit de fermer les yeux sur mes démons, ni de continuer à faire l’autruche. Assumer… Si simple en apparence quand je regarde Jansen, mais si compliqué pour moi. J’ai abordé le sujet des fleurs, je tourne autour du pot, c’est le cas de le dire. Je veux comprendre la personne qu’il est, pour tenter de me comprendre moi-même. Chaque être humain est différent. Je ne ressemble pas à Jansen, ni par le caractère, ni pas nos gouts ou passions, mais… il se pourrait que nous ayons un point commun. Un point sur lequel je rougis, rien qu’à l’idée de l’évoquer.

-On peut toujours replanter, comme tu repeins les murs de ta maison. Lorsque tu fais ça sur tes murs, tu leur donne une nouvelle vie, tu te les appropries, tu construis quelque chose. Ton histoire, celle que tu choisis.

La voix de Jansen est chaude et grave. Ma question n’est pas si anodine que ça. Elle semble le transporter dans une intériorisation un peu mélancolique. Il se tait un moment, j’en profite pour aller prendre ma guitare. Cela me permet de me sentir moins passif et m’occupe les doigts. Alors quand Jansen reprend et se lance dans un long monologue, je me contente de meubler par une série d’accords qui ne forment pas vraiment une mélodie.

-Les roses sont belles, et fragiles. C’est ce qui fait leur beauté. Elles ont des ronces, et des piquants, pour se défendre. Et cependant, elles sont si éphémères, parfois. Pas toujours…

Ce que je comprends dans son explication tient en fait en un mot. Respect. Que ce soit pour une fleur, un animal, un lieu d’habitation, ce n’est pas parce que ces choses ne peuvent pas parler ou communiquer qu’il ne faut pas les respecter. Car finalement au bout du compte, respecter ce qui nous entoure, c’est se respecter soit même.

-ici, tu perds un peu de temps, plutôt que de chercher la facilité. Mais ce que tu perds, tu le gagnes en sincérité, en altruisme. La beauté n’a pas de prix, mais chacun choisis celui qu’il est prêt à dépenser pour elle.

J’ai vécu un tiers de ma vie dans un univers d’acier, avec comme idéal celui d’aider mon pays en étant à l’autre bout du monde, une arme à la main. J’ai peut-être aidé à maintenir la paix dans le golfe persique, mais je ne peux plus me voiler la face. Il y a bien des intérêts économiques derrière tout ça et pas uniquement un élan humanitaire. Je ne suis pas en train de renier mon passé de soldat. L’armée est ce qui a sauvé l’adolescent perdu que j’étais. Honneur, patriotisme et courage étaient des mots forts qui m’ont élevé et je le crois sincèrement, rendu meilleur.

Je regarde mes mains que les roses n’ont pas épargnées. J’ai ôté des vies, beaucoup de vie. Ce n’était pas beau à voir… sordide… Il faut du temps pour créer une vie et une simple balle… ou flèche arrête tout en moins d’une seconde. Parfois quand le temps se fait humide, la cicatrice que j’ai au bas du dos me démange. Est-ce le type qui me l’a faite qui se rappelle à moi ? Je vois encore son regard étonné et ce troisième œil au milieu de son front. C’était lui ou moi, mais les rêves se moquent bien des circonstances. Ils s’appliquent à vous remontrer ce qui s’est imprimé sur votre rétine un peu trop fortement.

J’ai envie de vivre ma vie, d’aimer et d’éprouver des sentiments sincères. D’en finir avec ce vide qu’est ma vie depuis plus de dix-huit mois. Jordan… J’ai peur qu’il finisse par rentrer chez lui. Aurais-je le courage de le retenir, de faire face à ce que me dicte mon cœur et de lâcher enfin la vérité ?

- Je crois que je saisis ce que tu exprimes Jansen. Tu peux te laver les mains dans le lavabo à l’étage si tu veux.

Ma montre m’indique que j’ai du temps avant le retour de Jordan. Je culpabilise un peu de le laisser travailler si tard. Mais je ne peux pas faire le travail qui lui incombe à sa place. Et avec la journée merdique que l’on a eue, il a préféré boucler tous les dossiers, quitte à sortir tard pour ne pas alourdir la journée du lendemain.

- Je te raccompagne en voiture si tu le souhaites. Tu mérites du repos. J’ai l’impression que les fleurs te remercient de ton intervention. Au fait, tu travailles ce soir ?

Finalement, je ne lui poserai pas ma question idiote, car il n’y a pas de réponse. J’aime le bleu, point.

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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Lun 5 Oct - 14:35





Erreur de Casting


Comme à chaque fois qu’il repensait à son passé, un étrange mélange de sentiments l’envahissait. La haine, bien sûr. L’envie de leur montrer, à toutes, ce qu’elles avaient fait, et le mal qu’elles lui avaient fait. Mais aussi le regret. Le temps qu’il passait avec la Cinquière Ronce était douloureux, physiquement, mais elle avait fait de lui quelqu’un qui pouvait se défendre, un survivant. Elle l’avait aidé, indirectement, à s’échapper et à supporter ce long voyage et la suite.

Mais jamais il n’avait réellement retrouvé la communion avec son arbre-père. Sauf lorsqu’il s’était réveillé sur la souche d’arbre si puissante, à son arrivée. Il n’osait pas y aller, juste pour recevoir de nouveau cet amour. Il sentait que cet arbre particulier avait une importance qui allait bien plus loin que sa petite personne. Mais pourtant il recherchait son chant aimant et compréhensif. Il avait également sentis des choses plus sombres, autour de lui. Tout n’était pas que lumière et bienfaisance, parmi les énergies qu’il semblait renfermer.

Alors, pendant que le dernier rayon du soleil réchauffe sa peau, Hyacinth se sent presque heureux. Car il va pouvoir faire quelque chose de positif, pour les roses, et pour l’homme qui les regardera peut être différemment lorsqu’il arriverait à lui expliquer ce qu’elles peuvent lui apporter.
La veille encore, il envisageait d’en finir avec sa courte vie, pour préserver notamment ses sœurs qu’il détestait tellement. Et aujourd’hui, il se sent plus vivant, et un peu moins seul. Brian a besoin de lui, plus qu’il ne le croit. Du moins, c’est ce que pense le jeune Drus. Les roses survivront, mais sa blessure ? Si semblable à la sienne qu’il la reconnait immédiatement, quand bien même il n’aurait pas été connecté à lui pendant quelques instants. Mais que faire ? Aborder le sujet est trop délicat, et la façon dont il a compris le problème encore plus.

C’est décidé. Il allait transmettre autre chose aux fleurs. Elle serait plus solides, capables de se défendre contre la maladie, mais il venait de prendre une décision qui allait tout changer. Celle de leur donner une parcelle, une toute petite parcelle du chant de la sylve, pour qu’elles puissent apporter du réconfort à Brian, un peu comme lui-même trouve du réconfort lorsqu’il se fond dans un arbre. Pour ça, il distillerait un peu de son sang, ce serait douloureux, mais pas autant que de rester assis à regarder la souffrance du jeune policier sans pouvoir rien y faire. Lorsqu’il avait décidé de vivre comme un humain, jamais il n’aurait pensé ressentir autant de choses pour eux.
Hyacinth/Jansen sourit au jeune sylphe, l’écoutant jouer de la musique. Comme tous ceux de son espèce, il est sensible au chant, et se laisse volontiers transporter par ces accords. Il sait que son alter ego est une grande chanteuse, capable de faire vivre une mélodie par son émotion autant que par sa voix, et il se sait doué en chant aussi. Mais il ne sait pas faire de musique. Jouer d’un instrument. Il aimerait apprendre…

Mais quand il parle, il module les intonations, son explication est presque un conte, une fable, qu’il tente de rendre intéressante, vibrante, pour Brian. Au regard que celui-ci lui jette, il comprend qu’il a atteint un objectif…

Hyacinth regarde les yeux de Brian, qui regardent ses mains. Son intériorisation suit un chemin que seul le jeune policier connait, mais le jeune Drus l’encourage mentalement, et espère qu’il aura l’occasion de faire quelque chose pour lui. Il pourrait facilement disparaitre de sa vie, mais il ne le souhaite pas…

Si seulement il l’osait, il l’amènerait près de la forêt, et lui ferait partager le réconfort sylvestre, mais en pensant à ça, il se rend compte, attristé, que c’est le seul réconfort dont il bénéficie lui-même. Et que cela ne lui suffit plus.

- Je crois que je saisis ce que tu exprimes Jansen. Tu peux te laver les mains dans le lavabo à l’étage si tu veux.

Hyacinth lui sourit, avant de se lever pour aller se laver les mains. En montant, il repère une autre odeur que celle de Brian, une odeur masculine, et comme un reste de fumée dans l’air… Intrigué, mais n’osant pas pousser plus avant son investigation, il se contente de se laver les mains. Aucune éraflure ne subsiste. Parfois, il aimerait pouvoir contrôler ça aussi, pour porter une plaie, montrer qu’il souffre, avoir quelqu’un qui s’inquiète pour lui. Mais il sait ce qui lui arriverait si il devait aller à l’hôpital… Au mieux, il mourrait sous l’effet de médications trop chimiques. Au pire, il serait un rat de laboratoire…

Son reflet lui renvoi un regard clair, mais qui vire au cuivré, signe de mélancolie chez lui. Ça non plus il n’y peut rien. Espérant que Brian ne fasse pas la différence, il vérifie tout de même que ses oreilles soient restées normales, et que ses cheveux soient toujours des cheveux bouclés et en batailles de Jansen, et pas de Hyacinth, un peu trop Drus pour son bien parmi les humains.
Lorsqu’il redescend, Brian s’arrête de jouer de la guitare.

Je te raccompagne en voiture si tu le souhaites. Tu mérites du repos. J’ai l’impression que les fleurs te remercient de ton intervention. Au fait, tu travailles ce soir ?
Le jeune Drus lui fait une grimace contrite.
-je suis obligé, oui.. Le patron tolère mes absences et mes écarts parce qu’il a un peu le béguin pour moi, mais je dois bien gagner ma vie en attendant de pouvoir changer de métier ou reprendre mes études…

Les yeux brillants, il s’apprête à dire une nouvelle fois le mensonge qui le maintien à flot, celui qui lui permet de continuer à faire ça.

- Puis ce n’est pas si terrible. On s’y fait, à force. Je sais ce que je vaux, c’est plus que ce que je trouve dans leur regard… Je suis plus qu’un morceau de chair qu’ils pensent pouvoir se payer.

Il écrase une larme rageuse du coin du pouce, avant de sourire, avalant sa salive, à Brian.

-merci, je veux bien profiter de la voiture, oui.

Alors que les deux jeunes hommes s’en vont, un puceron, survivant de la goinfrerie des coccinelles, s’aventure sur une rose qui semble un peu plus vivace… La ronce se détend, et claque comme un fouet, embrochant le puceron.
Au même moment, en ville, la veille fleuriste relève brusquement la tête, se coupant avec un papier d’emballage.

-ça y est.. ça a commencé…

Son sourire est étrange. Nul ne saurait dire s’il est aimant ou glacial.



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MessageSujet: Re: Erreur de casting   Mar 6 Oct - 21:45


Soleil couchant


Feat : Jansen Avery



Jansen est à l’étage pour se laver les mains et se rafraichir. Il traine un peu, je souris un peu sur l’image que je me fais de lui, toujours bien habillé et attentif à sa présentation. Cependant, je sais qu’il n’est pas quelqu’un de superficiel, loin de là. Je termine ma bière en circulant dans ce jardin qui semble prendre une autre dimension dans le regard du danseur. C’est important pour lui, alors je me promets de mémoriser le nom de ces épineuses qui m’étaient totalement indifférentes auparavant. J’ai l’impression que Jansen est comme ces roses, une apparence belle et fragile, mais qui cache des capacités impressionnantes.

Je reprends ma guitare et plaque les accords d’une ballade. L’air sent la terre remuée et les effluves de fleurs. Mes doigts reprennent leur agilité et les cales se reforment, rendant à cet exercice le plaisir de jouer. Il fait nuit et la seule lumière qui éclaire le jardin et la terrasse est celle de la rue de l’autre côté de la maison. L’ambiance est feutrée, propre aux confidences. Je crois que je commence à apprécier ce coin tranquille, cette bulle de nature à l’intérieur de la ville. Je ne regrette pas cette rencontre avec Jansen. Il me montre un aspect de la vie que j’ai jusque-là totalement ignoré. Doucement, j’apprends à vivre autrement de ce que j’ai pu faire ces onze dernières années. Je reste utile aux autres par ma fonction de policier, mais je découvre que je peux aussi vivre pour moi et interagir avec mon environnement qu’il soit humain ou végétal autrement que dans un aspect purement professionnel. Mes doigts plaquent un accord final quand j’entends Jansen revenir. La lumière orangée de l’éclairage public donne une couleur mordoré à ses yeux. L’effet est surprenant, mais joli.

Quand il me confirme devoir aller travailler ce soir, je comprends que ce travail est purement alimentaire. Cela m’attriste qu’il doive s’exhiber pour gagner de quoi vivre.

-je suis obligé, oui.. Le patron tolère mes absences et mes écarts parce qu’il a un peu le béguin pour moi, mais je dois bien gagner ma vie en attendant de pouvoir changer de métier ou reprendre mes études…
- Pourquoi n’offrirais- tu pas tes services comme jardinier ? Cette activité a l’air de te plaire.
- Puis ce n’est pas si terrible. On s’y fait, à force. Je sais ce que je vaux, c’est plus que ce que je trouve dans leur regard… Je suis plus qu’un morceau de chair qu’ils pensent pouvoir se payer.
- Je… oui.


Je ne sais pas quoi ajouter devant sa brusque monté d’émotion. Sa réaction contredit ses dires. J’aimerais pouvoir le rassurer, lui offrir une accolade amicale… Mais si Jordan a réussi à m’approcher avec sa détresse, pour Jansen c’est différent, car… il est ouvertement gay. Cela me renvoie à une guerre interne que je suis loin de maitriser. J’essaye tout de même de faire bonne figure, car je ne souhaite pas le blesser avec une attitude de recul.

- Merci, je veux bien profiter de la voiture, oui.
- Je vais en profiter pour passer au poste de police après, voir si Jordan a fini. C’est… l’adjoint du shérif, je… je l’héberge quelque temps…


Ma langue a été plus rapide que la censure de mon esprit. Ma cohabitation avec Jordan est singulière. Bien trop pour que je fournisse une quelconque explication. Le trajet est rapide jusqu’à l’appartement de Jansen que j’ai déjà visité.

- Je te souhaite bon courage pour ce soir. Envoie-moi un SMS quand tu reviens guerroyer avec les pucerons.

Gauchement, je lui tends la main. Je suis un vrai handicapé des relations sociales… En redémarrant pour rejoindre le poste de police et proposer à Jordan de le ramener, je réalise que Jansen s’apprête à faire un vrai travail dans mon jardin. Nous n’avons pas évoqué l’idée d’une compensation financière et je me trouve soudain penaud. J’ai l’impression d’abuser de lui, alors qu’il fait déjà un job pas très gratifiant pour subsister. Je ne vais pas le rémunérer en bière… Je me promets donc d’aborder le sujet à son prochain passage. Pour l’heure, Jordan…

Le planton est étonné de me voir revenir alors que j’ai fini mon service depuis plusieurs heures. Après un salut rapide, je me dirige vers le bureau de Jordan. Ça aussi, cela va être un cap à franchir. Comme sa relation avec l’agent Ferjones, il serait naïf de croire que nos collègues ne vont pas comprendre que nous logeons ensemble… Je m’arrête à l’encadrement de la porte. Jordan est plongé sur son ordinateur. Son bureau est seulement éclairé par une lampe de bureau. L’ambiance est intimiste

- Le dîner va refroidir…

Il lève le nez de son écran me regarde en souriant, puis jette un œil l’heure sur la pendule. Il semble content que je vienne l’interrompre. Jordan s’étire comme un chat et éteint sa session. Quand nous sortons du poste je l’averti.

- Y a rien de prêt en fait, ça va finir par une pizza du congèle…

L’intérêt n’est pas ce que nous allons manger, mais de partager notre repas.

Fin du RP Smile




© Fiche par Mafdet Mahes


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