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 Opening | Feat Jordan

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Brian O'Conner

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MessageSujet: Opening | Feat Jordan   Ven 25 Sep - 11:58


Opening


Feat : Jordan Parrish



Il y a la nuit et il y a le jour…
L’ombre qui me cache, et la lumière qui m’expose…
Mon inconscient qui se réveille, et ma conscience qui se terre…

Ma relation avec Jordan diffère entre ces deux moments de la journée. L’obscurité et l’ombre masquent les tourments que peuvent trahir mon regard ou les expressions de mon visage. La nuit, je peux le serrer contre moi et enivrer mes sens de sa chaleur si spéciale. Nos contacts sont chastes, il s’agit plutôt de goûter la présence de l’autre, de la sécurité qu’il apporte. Mes rêves ont changés depuis qu’il dort avec moi, contre moi. Ils imagent ce que j’espère et non plus ce que je fuis. Je ne suis plus seul pour lutter contre cette peur irraisonnée du contact charnel. La nuit, dans ce lit bien trop petit, cela me parait presque accessible… avec lui. Les mots, les aveux, la franchise sont encore des étapes à franchir. Néanmoins, ces épreuves m’apparaissent bien moins insurmontables qu’auparavant.

Ce matin à mon réveil, calé contre son torse à l’abri de ses bras, j’ai renoué avec un sentiment de plénitude oubliée. Celui de me sentir bien dans mon corps, d’apprécier sa peau contre la mienne, et ressentir sa chaleur m’envelopper, douce, protectrice. J’ai feins le sommeil pour en profiter un maximum et aussi me poser ces questions que j’élude depuis trop longtemps. Ma totale confiance en Jordan, me permet de me projeter timidement vers des sensations et des envies qui m’effraient. Suis-je cet homme ? Un homme qui est aussi attiré par ceux du même sexe que lui ? Par le passé, j’ai été volage… une fille dans chaque port… N’était-ce pas tout simplement une fuite en avant et un déni total avant même de me poser la moindre question ? L’homosexualité m’aurait fermé les portes de l’armée... L’espoir de ma vie… J’ai beau eu faire l’autruche, pourtant maintenant, au fond de mon trou de souris, je sais bien que j’apprécie le contact du corps de Jordan contre le mien et que par simple réflexe, je me calle et me colle contre lui quand l’obscurité cache la rougeur de mes joues et la honte qu’une telle envie et besoin naissent en moi. Les paupières closes, je visualise son visage, son regard si clair et franc. Je sais les formes de son corps et me redessine mentalement le dessin de ses muscles. Je le trouve beau et… attirant ? Non, je ne peux pas avoir de telles pensées… si je m’égare à cela, les souvenirs atroces vont refaire surface.

Un mouvement de celui qui partage ma couche, brise le fil de mes pensées. Je pique un fard rien qu’en imaginant qu’il puisse deviner ce à quoi je pense. C’est la première fois que je médite sur un contact charnel sans que les images cauchemardesques du passé viennent me hanter. Jordan serait-il mon antidote ? Avec regrets je me lève. Toutefois je suis serein, car il accepte ce marché de dupe. Le jour… je me terre au fond de ma carapace.

Il n’est là que depuis trois jours, mais c’est comme si cela faisait des mois qu’il habite là. Nous déjeunons ensemble, divisant sur les affaires du poste de police. Je sais que la reprise va être difficile. Jordan a échoué chez moi suite à un naufrage émotionnelle. Son attitude en a inquiété plus d’un et maintenant qu’il m’a avoué sa nature si particulière, je comprends mieux les rumeurs qui circulent à son sujet.  Certains le craignent. Je crois avoir réussi à l’apaiser un peu. Je veux le croire.

Les regards glissent sur nous quand nous arrivons. Nous sommes en tenue, depuis quelques jours nos entraînements matinaux sont mis de côté. J’ai bon espoir de reprendre dès demain. Jordan en a besoin. Nous en avons besoin. Je n’aime pas ce silence qui se fait autour de lui, alors je plaisante tout haut, disant qu’il me faut un autre collègue à épuiser avec mes rénovations. Le travail reprend son droit et l’atmosphère se détend. Jordan rejoint son bureau et son chat qui l’attend roulé en boule sur son bureau. Mes jours de congé se comptent en centimètres de dossiers empilés sur mon bureau…

Aujourd’hui, je dois me synchroniser sur l’objet qui renferme la liste des surnaturels que Jordan a répertorier sur Beacon Hills. Il me fait entrer dans la confidence. Je suis curieux des noms que je vais y trouver, mais j’appréhende de découvrir ce monde que je ne faisais que pressentir l’existence. Je ne suis non plus rassuré de voir ce Matrim. Cela sera la première fois que je rencontrerais un autre mentaliste. Autre chose me trouble particulièrement, je prends la suite de l’agent Fiona Ferjones pour le secret de cette liste. Quelle est ma place dans la vie de Jordan ? Je suis perdu sur ce que je dois croire ou penser. J’ai peur de me faire des illusions et de souffrir à nouveau.

Au bout d'une heure à classer du dossier, je décide de faire une pose. Je vais me chercher une tasse de café, et j'en prends une pour Jordan.

- Toc toc, je peux entrer ? Un café ?

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Dernière édition par Brian O'Conner le Sam 26 Sep - 17:57, édité 2 fois
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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: Opening | Feat Jordan   Ven 25 Sep - 20:01








The opening



Depuis quelques jours, mes collègues me fuient, rasent les murs, se taisent quand j’approche. Je ne sais pas ce qui est le pire, ça, ou le regard plein de compassion, mais toujours franc et droit, de Stilinsky…

Mafdet joue à mafdet, et tente bravement de me réconforter. Je passe beaucoup de temps, seul, dans mon bureau, à la gratouiller et à la laisser me mordiller, parfois jusqu’au sang, quand je plonge dans mes noires pensées. Et pongo a changé, avec moi. Je le retrouve souvent à trainer dans mes pattes. Au début, j’ai pensé que c’était Ruby qui me l’envoyait, comme un signe de soutiens, une présence à laquelle me raccrocher. Mais c’est autre chose. Ses gémissements, ses « wouf » qui me répondent, aussi intelligemment, bien que d’une autre façon, que pourrait le faire Mafdet. Depuis que j’ai traversé un océan d’incompréhension et de souffrance, les chiens semblent comme attirés par moi.. Comme si ils voulaient me soutenir… Ce serait risible si ce n’était pas la seule chose qui me fasse tenir.

Non, ce n’est pas vrai. Il y a Brian.

Jusqu’alors, même lorsque ça allait bien dans ma vie, je rentrai seul chez moi, le soir. Je faisais durer le moment où je restai au poste, car personne ne m’attendait, et personne ne partageait mes anecdotes de la journée, ou mes banalités. Puis il y avait eu Fiona, même si ce n’était que dernièrement. J’avais gouté au plaisir de dormir contre quelqu’un, avec quelqu’un, la serrant dans mes bras. Et au moment où je pensai avoir tout perdu, ou je crois toujours m’être perdu moi-même, je passe mes nuits à étreindre un être qui souffre d’une blessure ancienne. Il ne se passe rien d’autre entre nous, que du partage, du soutient, une indéfectible loyauté et présence. Mais je me trouble parfois à penser vouloir plus. J’ai cru que ce serait juste une nuit ou deux, pour me permettre de faire un transfert, pour accepter ma peine… Mais je n’ai pas envie que ce soit juste une nuit ou deux… Même si je devais passer des mois sans qu’il ne se passe rien de plus que de sentir sa peau contre la mienne, sa peine contre la mienne, je crois que je pourrais accepter, car, lorsqu’il est là, tout près, j’ai l’impression d’avoir encore le choix. Le choix de ne pas franchir ce seuil, même si je sais en mon fort intérieur que je l’ai déjà fait, et que je devrai tôt ou tard en découvrir les conséquences.

Et que penser du matin ? J’ai toujours détesté le matin. Me lever, me doucher, courir, seul, puis attaquer la journée. Là, je ne suis plus seul. Trois putains de jours à partager un déjeuner avec Brian, et c’est comme si c’était normal, bienheureuse normalité. Je m’en veux, car j’éprouve du bienêtre. Je ne devrais pas. Je devrai être ravagé par la perte cruelle que j’ai subît, en sachant que je lui dois la vie sauve… Mais quand je mange mes céréales, que je relève la tête et que je vois son sourire, j’ai ce stupide bienêtre qui insiste, et qui me fait croire que je ne vai peut être pas devenir un monstre, finalement.

-qu’est ce que tu en dis, Maf ? Je deviens fou ? Je sais même plus ce dont j’ai envie
-mmrrouw ?

Je souris à l’animal farceur, puis ne pouvant résister à sa bouille, la prend contre moi, la caressant, profitant du ronron si régulier qu’il m’apaise, tellement, tellement…
J’ai proposé à Brian de le synchroniser sur le presse papier qui n’est plus tout à fait une presse papier… Son toucher à changer, depuis que Matrim l’a investi. Il répond à mon propre toucher. Mais ça fait mal de le regarder, car je me rappelle y avoir accordé Fiona. Et maintenant, quelqu’un doit prendre sa place. Pour les mêmes raisons que la première fois, ça ne peut pas être Maf, ni ruby et encore moins Stilinsky… Brian donc.. Mais il est si.. Nouveau, si fragile, ai-je le droit ?  Je souris en repensant à ce qu’il m’avait dit : hors de question de le surprotéger.

- Toc toc, je peux entrer ? Un café ?

Je relève la tête, pour voir le même espoir qu’au petit déjeuner.

-oui, entre, ferme derrière toi..

Maf réclame sa dose de grattouille, et je ne me fais pas prier. Je crois qu’elle aime bien Brian. J’ai fais un drôle de rêve, ou je les voyais tous les deux partir pour une balade complètement abracadabrante, mais je ne me souviens pas vraiment…

-j’ai essayé de joindre Matrim, mais son téléphone ne répond pas… Ce qui m’inquiète, c’est que sa boutique non plus de répond pas… Et ruby ne semble pas avoir de ses nouvelles… J’hésite à lancer un avis de recherche, mais techniquement, il n’a pas vraiment disparu et c’est un adulte, il n’a pas de compte à nous rendre… Mais ça m’inquiète…

Le jeune homme avait l’air d’être un brave garçon, et du genre à ne pas pouvoir dire « non » facilement. Je n’aimais pas le savoir dans le pétrin, il allait falloir que je tente de le retrouver.. Peut-être était-ce encore un coup de ma paranoïa, mais Ruby m’avait raconté ce qu’il avait fait pour le gamin, alors qui sait ce qu’il pouvait encore faire en ce moment et s’il n’avait pas besoin d’aide ?

-Mais je peux te montrer la liste, te la partager, on a pas besoin de lui pour ça… Assied toi, et prépare toi pour le voyage…

Mafdet s’est roulée en boule sur mes genoux, et, avec un peu d’appréhension, je pose la main sur l’objet, puis indique à Brian de poser la sienne par-dessus. Je le vois se faire violence, puis accéder à ma demande avec un sourire. Je lui fais signe que tout allait bien, l’encourageant du regard.

C’est à ce moment-là que nous plongeons tous les deux dans ce qui est devenu une liste presque vivante. Je ne sais pas vraiment comment décrire la sensation. Je m’y suis fait, depuis le temps, mais c’est pourtant si étrange à chaque fois. La liste, les mots, sont à la fois lu, pensés, sentis.. Lorsque la créature est associée à un élément, on le sent presque, on accède à des odeurs, des sensations, et tout devient plus facile à retenir… Le processus m’échappe totalement, mais c’est comme faire un rêve éveillé, et que l’on dirige. Pour feuilleter un livre, ou plutôt une longue liste… Lorsque c’est terminé, je vois Brian assez interloqué, les yeux brillants.

-tu comprends à présent ? Tant de gens. Certains sont innocents, d’autres sont de vraies saletés. Et ce n’est que ce que j’ai pu déduire ou confirmer. Qui sait combien, encore, sont là, dehors, cachés de tous ? Nous devons préserver cette liste, et surtout la protéger. Pour protéger la plupart qui y sont. Scott et les siens œuvrent pour le bien, ici.. Et Ruby… Elle est si forte, Brian… Sans elle, nous serions tous anéantis par le drame.. Tu sais… le..

Mais c’est trop dur, et mes épaules s’affaissent, agitées de soubresauts… Il n’y avait pas que ma souffrance dans l’équation. Le regard de Chad. Sa demande de vengeance, et ma promptitude à y accéder.. Tout était si fort, si terrifiant. Ce manque total de contrôle….

-J'ai peur de ce que je suis, ou ce que je deviens... De perdre le contrôle...
arrive_je à dire, d'une voix rauque...





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Brian O'Conner

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MessageSujet: Re: Opening | Feat Jordan   Dim 27 Sep - 15:54


Opening


Feat : Jordan Parrish



- Toc toc, je peux entrer ? Un café ?
- oui, entre, ferme derrière toi..


Je pose la tasse sur son bureau et m’installe sur la chaise en face de lui. Je devine qu’il veut me parler de ce dont nous avons évoqué ce matin… La liste. Cela me stresse un peu. Initialement, j’étais venu voir comment il allait et s’il se sentait bien. Son chat quémande des câlins que Jordan s’empresse de lui donner. Au début, je trouvais la présence de cet animal un peu incongrue dans son bureau, mais là, en le voyant s’accrocher à cet animal comme si celui-ci avait un quelconque pouvoir pour l’aider à rester à la surface, j’ai conscience de l’ampleur de sa peine et de son affliction. Je me souviens de mon arrivée ici. Nous étions exactement à la même place. Il y avait le même désordre sur son bureau jonché de dossiers, de notifications et autres injonctions diverses et variées… le même chat noir aussi… Mais les traits de Jordan étaient différents. Je me souviens de son sourire franc, de sa poignée de main ferme et par-dessus tout d’une certaine joie de vivre. Ce Jordan là s’est éteint.

Avec le recul, ce que j’ai appris des autres de la brigade et des confidences de Jordan, à ce moment-là il semblait plutôt heureux, même s’il avait un million de questions quant à sa nature et sa relation avec l’agent du FBI. Mais qui ne se pose pas de question sur la pertinence de ses choix ? Aujourd’hui, j’ai devant moi un homme qui souffre. Son regard est comme terne… ailleurs… Ses traits sont un peu moins tirés, car depuis deux nuits il dort suffisamment… Au-delà de ma satisfaction personnelle d’aider quelqu’un, j’éprouve un certain bien être assez égoïste d’avoir ce pourvoir sur lui. Je compte à ses yeux, il me l’a dit. J’aimerais pouvoir lui retourner sa franchise, mais les mots ne passent pas. C’est trop tôt… Il n’y a que la nuit où j’arrive à baisser suffisamment mes barrières pour le prendre dans mes bras. L’obscurité me donne la force de laisser émerger des sentiments que ma peur étouffe. Jordan me déstabilise, tout son être me fait réagir, bien que je ne suis pas sûr de savoir ce que je veux vraiment.

-j’ai essayé de joindre Matrim, mais son téléphone ne répond pas… Ce qui m’inquiète, c’est que sa boutique non plus de répond pas… Et ruby ne semble pas avoir de ses nouvelles… J’hésite à lancer un avis de recherche, mais techniquement, il n’a pas vraiment disparu et c’est un adulte, il n’a pas de compte à nous rendre… Mais ça m’inquiète…
- Il a peut-être simplement pris des vacances ?


Je crois que je suis un peu soulagé que le mentaliste ne soit pas disponible, car je n’ai aucune idée de l’implication physique que demande le fait de « m’accorder » à cet objet. Cela a un côté un peu magique qui m’effraie. De plus, la personne précédente avoir été accordée à cette liste était quelqu’un dont Jordan était amoureux. Si je conçois qu’il ait une vie avant… moi… Je ne veux pas me retrouver confronté avec  leur intimité passée. Déjà, je me sentirais horriblement gêné, et cela remettrait en cause ma capacité à l’accepter le soir dans mon lit. Le comble pour quelqu’un comme moi qui n’a jamais été fidèle… Plus j’analyse mes réactions, plus je sens qu’avec lui c’est différent de mes rencontres précédentes, au-delà du fait qu’il soit un homme, ce qui est déjà assez compliqué dans ma tête. Il est naturel que cette femme prenne encore autant de place dans son cœur, surtout qu’elle est morte en lui sauvant la vie. Mais si d’aventure nous devions… lui et moi… devenir plus proche… comment rivaliser avec quelqu’un qui lui a fait don de sa vie ? Nous nous connaissons que depuis deux mois à peine, et deux nuits passées avec moi changent la vision que j’ai de lui. Cela devient plus personnel, plus émotionnel, et source potentielle de souffrance… Mais quel niveau d’importance ai-je à ses yeux ? Celui d’un partenaire fiable ? Plus ?

-Mais je peux te montrer la liste, te la partager, on n’a pas besoin de lui pour ça… Assied toi, et prépare-toi pour le voyage…

Pas très rassuré j’approche ma chaise à côté de la sienne. Le chat s’est lové sur ses genoux et ronronne fortement. Je me dis que les animaux sont sensibles à ce qui ne se perçoit pas et que s’il y avait un danger quelconque, il ne serait pas aussi paisible. Je suis étonné en regardant le fameux objet. C’est un simple presse papier en verre. Il n’est pas de nature très précieuse. Jordan pose sa main dessus et m’invite à la recouvrir de la mienne. J’hésite quelques secondes, puis me lance avec le sourire. Il me fait confiance, cela me rend heureux et m’aide à passer au-dessus de mes  blocages.

Sa main est chaude. Je ne sais pas si je dois serrer ou pas. Au début il ne se passe rien et je me sens un peu idiot à lui tenir la main ainsi. Cela ne doit pas fonctionner si je ne suis pas accor… J’ai l’impression de plonger dans un jeu vidéo en 3D. Je vois des fiches de renseignement tout autour de moi, comme des icônes ou plutôt des bulles qu’il suffit que je touche pour accéder à leur contenu. C’est si surprenant, mais je comprends vite le principe. Il semble y avoir un code couleur, je reconnais la bulle qui correspond à Jordan, elle est auréolée de flammes oranges. J’hésite puis consulte sa « fiche ». Je n’apprends pas grand-chose de plus que ce qu’il m’a déjà raconté. Le nom de Mafdet m’interpelle. Car elle est citée comme druide qui l’aide à se découvrir. Quelle n’est pas ma stupeur en trouvant une bulle au nom de Ruby Volpha… c’est une louve garou et une alpha chef de meute! Rien que ça ! Je suis abasourdi par la nouvelle. Je poursuis dans ce monde étrange qui n’a d’existence que dans mon crane. Je trouve quelques élèves du lycée, d’autres sont au campus. Il y a même des professeurs, c’est là que je repère une bulle portant le nom de Mafdet Mahes. Ma main doit se serrer un peu plus sur celle de Jordan. Cette femme… c’est… c’est le chat de Jordan ! Ce chat qui est constamment sur ses genoux. Je découvre un monde que je ne comprends pas dans sa manière d’être. Jamais je n’aurai deviné que l’adjointe était un loup et que le chat qui vit dans le bureau de Jordan soit une femme. Le constat que je peux faire, est que je ne suis jamais sûr de la réelle nature des gens qui m’entourent. Je trouve cela effrayant.

Je retire ma main de celle de Jordan, me coupant de la liste. Il comprend que cela m’a perturbé d’autant que je regarde le chat sur ses genoux avec effarement. Le dit minet semble prendre un malin plaisir à me fixer. J’ai un peu de mal avec tout cela. Des animaux qui n’en sont pas, des humains qui sont des animaux… Dire que moi aussi je fais partie de ce monde-là. Jordan aussi… dans un sens cela me rassure car je peux être honnête sur mes capacités et être soulagé qu’il ne me perçoive pas comme un monstre de foire.

-tu comprends à présent ? Tant de gens. Certains sont innocents, d’autres sont de vraies saletés. Et ce n’est que ce que j’ai pu déduire ou confirmer. Qui sait combien, encore, sont là, dehors, cachés de tous ?
- Oui je comprends, c’est si… incroyable… je ne pensais pas qu’il pouvait y avoir autant de gens qui…
- Nous devons préserver cette liste, et surtout la protéger. Pour protéger la plupart qui y sont. Scott et les siens œuvrent pour le bien, ici.. Et Ruby… Elle est si forte, Brian… Sans elle, nous serions tous anéantis par le drame.. Tu sais… le..
- Jordan…


L’émotion le fauche comme une vague. Ses épaules tressaillent. Sa détresse est totale. Tout se mélange entre perte d’un être cher, perte de contrôle, et menace sur ce monde qui pour la plupart ne demande qu’à vivre en paix. Je veux le rassurer, stopper ce chagrin, lui rendre son sourire qui est si lumineux, mais… Nous sommes en plein jour, au poste de police, dans son bureau. Je suis écrasé par deux forces, l’une qui me pousse vers lui, l’autre qui m’en écarte. Le chat me regarde attentivement comme s’il me mettait au défi d’agir. Alors je me lève et soulève le félin avec le plus de révérence possible. L’animal se laisse faire. C’est insensé ! J’ai entre les mains… une femme, druide, professeur et bien plus si j’en crois ce que j’ai lu sur la liste.

J’entrouvre la fenêtre et pose le chat sur le rebord. Celui-ci s’étire puis saute sur la pelouse. Je ne sais pas ce que je vais faire, mais moins il y a de témoin… Quand je me retourne vers Jordan sont regard est si empreint de détresse que c’en est insupportable.

-J'ai peur de ce que je suis, ou ce que je deviens... De perdre le contrôle...
- Je t’empêcherai de perdre le contrôle Jordan, dussé-je t’attacher à moi la nuit.


Ses pouvoirs semblent si puissants, pourtant je ne me sens pas en danger avec lui. Quoi qu’il soit, il reste à mes yeux cet homme qui m’a accueilli chaleureusement, cet homme qui est venu s’écrouler dans mes bras au pire moment de sa vie. Alors doucement je lui caresse la joue. Du pouce, j’essuie une larme. Son regard qui s’accroche au mien me fait chavirer. Au diable la sécurité de la nuit et la protection de l’obscurité, je le serre contre moi. Mon étreinte est forte et ferme. Mes lèvres viennent naturellement embrasser sa tempe. J’ai du mal à garder les yeux secs, car il vient de transpercer toutes mes barrières. Je savoure cet instant car je sais que lorsqu’on va se reprendre, le masque va de nouveau reprendre sa place et l’armure qui le complète aussi.


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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: Opening | Feat Jordan   Mar 29 Sep - 22:28


The Opening

Il faut absolument que je découvre mon rôle, car j’ai cru avoir celui de protéger Fiona, et j’ai échoué. A présent, j’éprouve le besoin de protéger Brian, et je ne peux pas échouer, c’est inconcevable. Mais de nouveau je me trompe. Ce n’est pas moi qui suis là, en train de le réanimer. C’est lui. Ça a toujours été lui. Chez lui. Et maintenant ici.

Mafdet a sentis un changement. Un changement important, qui va peut-être bouleverser aussi bien Brian que moi. Alors qu’elle se laisse déposer dehors, et que j’observe, presque au ralenti, les mouvements de Brian, tout en tentant de calmer mes spasmes de chagrin qui me dégoutent, je ne peux m’empêcher de me remémorer son visage, son regard, alors qu’il découvrait ce monde qui œuvrait sous son nez et qui pourtant était tellement loin de la normalité. Pas de rejet, ou de panique. Presque… de l’émerveillement, même s’il y avait aussi de la peur.

Il était de taille à encaisser ça, je le savais. Mais ce que je n’aurai pu imaginer, c’est qu’il trouverait la force pour nous deux. Je me pensais de taille, moi, à encaisser. A tout encaisser. Je me trompais lourdement. Et pourtant, il allait bien falloir que je retrouve mon costume de Jordan Parrish, adjoint au shérif, en espérant que ce costume la ne soit pas lui aussi partis en fumée.
- Je t’empêcherai de perdre le contrôle Jordan, dussé-je t’attacher à moi la nuit.

Je ne comprends pas comment il peut être aussi altruiste. Comment il arrive à combattre sa peur, sa blessure, sa peine, sa révulsion. Mais assez égoïstement, je m’en fiche. Tout mon univers se réduit à son pouce sur ma joue, sa main sur mon visage, et son baiser sur ma tempe… Tout me bouleverse, je ne sais plus la texture du bureau sous mon coude, ni la saveur du café. Je n’ai aucune idée de la signification des aiguilles sur l’horloge, ou des touches sur le clavier de l’ordinateur. Mais je sais que je vis encore, et que quelqu’un est la pour me le rappeler.

Avec un grand soupir, je respire Brian. Je respire mon nouvel air, ma nouvelle ere… Il est le vent qui apporte le renouveau, celui qui assainit l’atmosphère d’une pièce laissée trop longtemps fermée. Assez de ces boites, partout.

Nous vivons, roulons, dansons, et mourront dans des boites. Cela n’a aucun sens. Je sais à présent qu’il existe un autre monde, et que j’ai un rôle à y jouer. Et pourtant, je troquerai tous mes horizons contre une boite avec lui, du moment qu’il me tienne dans ses bras comme maintenant.

Mais, trop vite, nous savons tous les deux que ce moment ne peux pas durer.
-merci. Ça.. ça ira.. brian… Merci d’être la… On va s’aider, tous les deux… Et on ressortira plus fort, toi et moi.

Je plonge mon regard dans le sien, pour qu’il y lise ma conviction, ma gratitude, mais, plus fort que tout, ma promesse.

Comme si elle savait, Mafdet revient, discrète, et reprend sa place sur mes genoux, ronronnant. Nous sourions tous les deux, et je retiens un peu la main de Brian, qui, pour une fois, n’a aucun mouvement de recul. Oui. Nous ressortirons plus fort, tous les deux.

-on a encore beaucoup de travail. Je pense, maintenant que tu es dans la confidence, qu’il va falloir te présenter à Ruby. On lui doit la vérité, et ça facilitera ton travail et le sien.
J’arrive a sourire, pour le rassurer. Mais je sens qu’un pan de mur est tombé, et que j’ai de nouveau accès à un paysage de ciel et de mer, la ou je ne voyais que nuit et béton.
-parfois.. je fais … faisais des rondes, la nuit, pour ces aspects-là. Pour éviter d’avoir trop d’affaire non résolues. Car, tu comprends, la situation délicate ? On ne peut pas les résoudre. Mais si on ne le fait pas un minimum, ils nous enverrons d’autres personnes… Et ce sera une catastrophe.

J’ai… une sorte de liste. On appelle ça un bestiaire.. J’hésite, mais je pense que tôt ou tard, je devrai le montrer à Brian. Je suis pragmatique. Si je disparais, il faut quelqu’un qui prenne la suite.
Plus tard…

On a encore plein de travaux à faire chez lui.. Plein de nuits à passer ensemble… Et un putain de matelas à acheter, bon sang !


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MessageSujet: Re: Opening | Feat Jordan   Jeu 1 Oct - 21:57


Opening – Act Two -


Feat : Jordan Parrish



Le temps suspend parfois son vol, ou plutôt il semble ralentir fortement. Dans des moments intenses comme des combats meurtriers, j’ai quelquefois été confronté à ce phénomène étrange, où je pouvais presque suivre une balle des yeux, avant qu’elle ne disparaisse dans le corps d’un camarade. Pur effet subjectif ? C’est fort possible, car mis à part mon don, je n’ai pas de pouvoir particulier et indubitablement pas celui de pouvoir suivre une balle en plein vol du regard. Pourtant ces « ralentis caméra » semblent si  réels. Aujourd’hui, dans ce bureau, il n'y a aucun danger pourtant le temps s’étire et chaque seconde devient double. La peau de Jordan est chaude contre ma paume et quand il s’abandonne à mon étreinte, je n’en conclus aucune faiblesse de sa part, mais bien une preuve de sa confiance et aussi… de son besoin de ma personne. Sa détresse et cet élan qui le pousse vers moi perforent mes ultimes défenses.

Pour la première fois depuis des siècles, mes lèvres ont frôlé la peau de quelqu’un d’autre. Je renoue avec une sensation que je croyais définitivement éteinte. Alors je le serre contre moi encore plus fortement car c’est différents de nos étreintes nocturnes. Si nous sommes toujours deux naufragés qui s’épaulons dans nos tourmentes personnelles, un nouveau lien s’ajoute et une nouvelle chaleur nait dans mon corps. Celle-ci n’est pas à cause de Jordan, mais grâce à lui et par-dessus tout, pour lui. Dans l’instant, je n’ai pas honte de cette envie et de ce sentiment qui l’accompagne, de l’avoir rien que pour moi. Pendant ces secondes qui s’étirent paresseusement, cela me semble si… approprié et tellement en adéquation avec ce que je ressens. Le rouge qui éclot sur mes joues n’est pas dû à la gêne, mais bien au plaisir de le sentir contre moi. L’idée de vouloir plus, germe au fond de mon cœur.

-merci. Ça.. ça ira.. brian… Merci d’être la… On va s’aider, tous les deux… Et on ressortira plus fort, toi et moi.
- Ne me remercie pas Jordan. Sinon je crois que nous allons continuellement nous remercier mutuellement.


J’accepte le regard qu’il plonge sur moi et en moi. Ce n’est pas juste un merci, ou de la reconnaissance, mais bien une promesse de futur. Le serment qu’un jour nous ferons de nos deux bulles respectives plus qu’une seule et même armure contre le reste du monde, plus grande, plus forte. Extérieurement rien ne semble changer, mais pour moi la différence est marquante. Je n’accepte pas le contact de Jordan parce qu’il est en détresse et qu’il a besoin d’une main secourable. Non, j’accepte son contact parce que c’est lui et personne d’autre. Lui avec ses yeux si clairs, du vert des mers difficiles des pôles, lui avec ce corps si finement sculpté, et musclé mais sans le gabarit lourdaud d’un quarterback, lui que j’ai envie de serrer entre mes bras la nuit… et pas seulement pour lui éviter de mauvais rêves. Lui que je voudrais… mais j’ai peur de lui infliger ce que j’ai subi… Je n’ai pas un bon souvenir des étreintes entre hommes... Doux euphémisme... Je me sens à la fois incapable de revivre cela et incapable de lui faire ça, sachant ce que j’ai moi-même ressenti… Le chat qui n’en est pas un, revient prendre possession de son territoire : les genoux de Jordan. Cela nous fait sourire tous les deux. Jordan a gardé ma main dans la sienne. Je la lui abandonne volontiers.

- On a encore beaucoup de travail. Je pense, maintenant que tu es dans la confidence, qu’il va falloir te présenter à Ruby. On lui doit la vérité, et ça facilitera ton travail et le sien.
- Je…OK. Je n’aurais jamais deviné qu’elle était une louve… par contre son statu d’alpha se ressent bien !


C’est un fait. L’adjointe en impose. Et même avec sa silhouette élancée de belle femme, aucun des hommes du poste de police ne moufte quand elle donne des ordres. J’appréhende un peu l’entrevue. Le chat sur les genoux de Jordan me semble moins effrayant. D’ailleurs, je me demande quelle est son apparence en humaine. A-t-elle des moustaches, les iris verticaux et un nez triangulaire typique des félins ? Je m’imagine plein de configurations que j’efface vite de mon esprit… L’animal me fixe… Si cette femme a un caractère de chat, je préfère ne pas avoir à faire à elle.

-parfois.. je fais … faisais des rondes, la nuit, pour ces aspects-là. Pour éviter d’avoir trop d’affaires non résolues. Car, tu comprends, la situation délicate ? On ne peut pas les résoudre. Mais si on ne le fait pas un minimum, ils nous enverrons d’autres personnes… Et ce sera une catastrophe.
- Oui je comprends. Avec le recul, je crois qu’il devait y avoir ce genre d’affaire dans les dossiers qui encombraient mon bureau quand je suis arrivé… Je… Nous pouvons faire ces rondes ensemble si tu veux. Puis quand je serais familiarisé avec cette… faune, on alternera. Tu as besoin de repos et aussi de penser à toi…


Je saisi l’ampleur de ce qu’il me disait en étant seul. Tellement seul qu’il n’a pas vraiment de vie à part son travail officiel comme officieux. J’ai l’audace de penser que je peux lui créer cette vie personnelle que tout le monde a besoin. Nous travaillons pour vivre et non l’inverse… Je me souris à moi-même. C’est bien moi qui pense cela ? Alors que j’avais voué ma vie à la Navy ?

(…)

L’entrevue avec Ruby Volpha s’est bien passée. Elle n’a pas sorti de croc, ni de griffe et ne s’est pas recouverte de poils hideux comme dans un film que j’avais vu avec des loups garous. En fait, elle est une femme ordinaire qui fait attention aux personnes autour d’elle. Je ne sais pas si elle est au courant que Jordan dort chez moi… avec moi… mais elle semblait satisfaite que l’adjoint me prenne sous son aile ou inversement. Je lui ai fait une petite démonstration de mes dons. C’est toujours préférable qu’une une longue explication.

(…)

Cela fait quelques jours que Jordan m’a initié à la liste. Les soirs, nous consacrons une heure aux travaux, puis le repas englouti, les douches prises, nous restons souvent sur la terrasse à contempler le jardin ou le ciel qui s'étoile peu à peu. J’ai donné libre accès au jardin à Jansen, il a investi le cabanon en bois avec ce qui lui semble vital à mon « trésor ». Depuis qu’il vient s’occuper des choses à épine, je regarde ces roses d’un autre œil. Ce soir, j’essaye de redire les noms savants de ces précieuses à Jordan et quand il me demande si je suis sûr que celle-ci s’appelle « Cuisse de Jupiter », je déclare forfait. Comme il se moque gentiment de ma confusion, je prends un bout de corde qui pend sur un tuteur et lui dit de revenir s’asseoir sur la terrasse. Un chien dort éclairé par les dernières lueurs du soleil couchant. Depuis quelques temps, j’ai l’impression que tous les toutous du coin se sont donné le mot pour squatter la terrasse ou le jardin à tour de rôle. Je suis peut-être nul en nom de fleur, par contre en nœuds marins…

- Il faut que je te parle de l’ingéniosité des nœuds d’arrêt, de la différence entre les nœuds d’amarrage et ceux d’attache.

Je prends son poignet pour faire un nœud de grappin, et lui demande de refaire le nœud d’ajut que je viens d’exécuter sous ses yeux. Je le ligote fermement et le détache juste en tirant sur un bout, ou encore l’emprisonne de ce nœud si spécial… celui qui se serre au fur et à mesure que la proie, prise en son étau, se débat. La soirée se termine assis côte à côte, épaule contre épaule. Depuis ce jour au poste de police, quand nous sommes que tous les deux, j’éprouve le besoin de le sentir contre moi, même en dehors de la nuit. Je me laisse apprivoiser et j’ai beau être expert pour nouer les cordages, c’est dans les filets de Jordan que je me laisse volontairement prendre.

Au moment de nous coucher et sous la énième taquinerie de sa part sur l’étroitesse du lit, je lui coupe l’herbe sous les pieds.

- Nous avons fini les gros travaux salissants. Il est temps de meubler ma chambre et le salon. Je n’ai pas l’habitude de faire les magasins… J’ai besoin d’une blonde pour choisir… T’es disponible demain soir pour une virée shopping ?

Je rougis un peu de mes propos, mais la réaction de « la blonde » se fait sans attendre. Je me retrouve à faire un vol plané de bien trois mètres avant d’atterrir, le nez en avant, sur le lit. Je ne sais pas si nous irons faire des courses demain, mais je crois que nous ne sommes pas prêts de dormir… Jordan ronchonne sur le fait qu'il n'est pas blond mais châtain clair. Je ne sais plus combien de temps nous épiloguons sur ce sujet. Un cousin vole en signe de ponctuation... percutant.

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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: Opening | Feat Jordan   Sam 3 Oct - 16:33


The Opening

Il va falloir que j’aie une conversation avec ce Nemeton. Du moins une communication, car il est bien question de communication avec lui. Depuis que je me suis sentis attiré par cette ville, ce lieu, j’ai su, avant même de subir les affres de la souffrance d’être brûlé vif, que quelque chose m’appelait. Depuis, je ne peux pas tourner la tête sans sentir ou voir quelque chose lié au monde du surnaturel. Et au moment où je sombre, ou je me perds, tout en sachant au plus profond de moi que j’ai un rôle à jouer et que quelque chose, comme une force antédiluvienne, me pousse vers ce rôle, j’ai soudain un contact qui m’apaise, un horizon aux yeux bleu clairs et un bouleversement de tout mon être bien plus important que mon changement du au pouvoir. Brian. Sa main dans la mienne. Pas longtemps. Suffisamment pour trouver ça enivrant. Suffisamment pour regretter le moment ou je ne serai plus chez lui, ou je ne pourrai plus utiliser mon état comme prétexte à un bien être de proximité… La sienne. Le feu qui me réchauffe le corps, le cœur, est bien plus universel et absolu que celui qui me rend plus fort, plus rapide, et mortellement dangereux.

Et pourtant, en son nom, je sais que je pourrais tuer, ou faire du mal. Pour protéger, pour préserver, pour venger… Car j’y reconnais un frère, comme un miroir, un écho de celui que j’avais commencé à ressentir avec un aigle dont le cri me transperce encore les tripes dans mes cauchemars.

- Ne me remercie pas Jordan. Sinon je crois que nous allons continuellement nous remercier mutuellement.

- Alors on ne s’arrêtera pas. J’ai tout mon temps. Et je compte bien en utiliser beaucoup pour toi, avec toi, si tu veux bien… Tu connais la légende de Penelope ? Je l’ai toujours aimé. La journée, elle confectionnait une tapisserie, la travaillant d’arrachepied. La nuit, elle défaisait ce qu’elle avait fait, pour pouvoir attendre, faire durer le moment.

Je vois à son sourire qu’il comprend ou je veux en venir
-ne t’étonne pas si tu retrouves ta chambre ou ton salon dans le même état qu’il y a une semaine, un de ces quatre !

Un rire de ma part et un « salaud » de sa part, que je prends comme une boutade, nous fait du bien à tous les deux. Je lui rends une accolade, sincère, plus fraternelle.
Suite à ça, nous convenons tous les deux qu’il faut le présenter à Ruby. Je crois qu’elle ne sera pas tellement surprise, en fin de compte. Par contre je le charge d’y aller lui-même, ne souhaitant pas une confrontation directe, suite à mon comportement au manoir. Elle le sait, et me laisse cette liberté, et pourtant il faudra bien en parler. Le cri de douleur de Chad avait fait écho au mien, et j’étais parti promptement à sa demande de vengeance, sans même chercher à contrôler ou refuser cette demande.

Quand je lui parle des rondes, Brian, de nouveau me promet que je n’aurai pas a subir ça seul, comme avant.
- Oui je comprends. Avec le recul, je crois qu’il devait y avoir ce genre d’affaire dans les dossiers qui encombraient mon bureau quand je suis arrivé… Je… Nous pouvons faire ces rondes ensemble si tu veux. Puis quand je serais familiarisé avec cette… faune, on alternera. Tu as besoin de repos et aussi de penser à toi…

Le reste de la journée est tellement banal, habituel, que je n’arrive pas vraiment à me projeter dans tout ce que j’ai pu ressentir en si peu de temps. Pourtant, il suffit que j’y pense pour immédiatement ressentir une douce euphorie.

(…)

Nous passons les jours suivant dans notre routine si agréable, à poncer, récurer, peindre, et faire des projets d’avenir pour Brian. Cela nous fait du bien à tous les deux. Je ne lui avais pas menti en débarquant chez lui, j’avais besoin de construire quelque chose. La maison n’est qu’un aspect de ce qui me manque, mais c’est déjà ça. Pour le reste…

Jansen apparait de temps en temps, et semble prendre son rôle très à cœur, concernant les rosiers de Brian. Il m’avait donné du fil à retordre à notre rencontre, et grimpé immédiatement dans mon estime, alors que je l’avais pris pour un playboy des bacs à sable. Je me trompais lourdement sur son compte, et il s’avérait non seulement de taille à suivre notre entrainement, mais d’une grande bonté et , si j’ose dire, d’une grande profondeur d’âme.
Brian me fait rire en tentant de se rappeler le nom des roses. Je lui avoue sans honte, tout en buvant ma bière, à moitié couché, appuyé sur un coude, que je n’aurai pas été mieux que lui sur ce point.

Le clebard en profite pour venir se ruer sur moi, me renversant, dans un grand éclat de rire, sa langue me chatouillant le visage, puis les mains, que j’ai mis devant pour m’éviter une douche canine…

- Il faut que je te parle de l’ingéniosité des nœuds d’arrêt, de la différence entre les nœuds d’amarrage et ceux d’attache.

Je le regarde, haussant un sourcil. Je suis sur le point de le taquiner, mais son air sérieux, et surtout, surtout, cette passion que je vois dans son regard, ses gestes, m’arrête immédiatement. Je l’écoute donc, un petit sourire, ravis de le voir comme ça. Je me prête gentiment à ses jeux, et me laisse prendre au piège de ses cordes.

Il y a des moments, pas vraiment de la gêne, ou nous nous arrêtons tous les deux, nos deux regards cherchant dans l’autre le courage de dire quelquechose. De dire que ça me plait d’être lié à lui, avec ses cordes, avec ses mots, avec ses yeux…
Le soir arrive, et Brian aborde ce que nous avons laissé en suspens..

- Nous avons fini les gros travaux salissants. Il est temps de meubler ma chambre et le salon. Je n’ai pas l’habitude de faire les magasins… J’ai besoin d’une blonde pour choisir… T’es disponible demain soir pour une virée shopping ?

-Blonde hein ? Prend ça !

S’en suis une bagarre assez musclée, mais qui finit par une tactique guerrière ancestrale, et à cette occasion je découvre quelquechose de très important sur Brian : il est chatouilleux. Comme tout bon guerrier, je décide les minutes suivantes d’abuser de cette nouvelle information stratégique, jusqu’à ce que le fou rire de Brian soit communicatif.
Soudain, il s’arrête de rire, car il se rend compte qu’il m’a laissé le toucher, et je vois dans ses yeux une lueur encore plus belle que d’habitude : l’espoir.

Demain, ce lit qui garde nos secrets sera un souvenir pour moi ou pour lui. Mais c’est demain.


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Brian O'Conner

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MessageSujet: Re: Opening | Feat Jordan   Lun 5 Oct - 22:03


The Opening


Feat : Jordan Parrish



Qu’y a-t-il de mieux que la plaisanterie pour aborder les sujets sérieux et délicats ? Je viens clairement de l’inviter à choisir avec moi ce qui va meubler mon intérieur, pour que cela lui plaise aussi. Mais pour l’heure, c’est une bagarre improvisée qui commence sur le seul lit de la maison, qui devientrapidement un véritable champ de bataille. La couette a vite dégagé, ainsi que les oreillers. Nous essayons de nous bloquer mutuellement, mais au hasard d’une prise, Jordan constate ma contraction quand ses doigts viennent effleurer mes flancs un peu au-dessus de l’aine. Il vient, et c’est le cas de le dire, de mettre le doigt sur mon point faible. Je suis horriblement chatouilleux... Le perfide en profite et me voilà réduit à l’état de larve qui se contorsionne, impuissant et lamentable. Je râle entre deux fous rires. Mes gestes sont sporadiques, je me tords comme une anguille pour me soustraire de sa prise. Puis il se met également à rire et perd de l’efficacité dans ses attaques déloyales.

Nous arrêtons, essoufflés et heureux. Je suis sur le dos, Jordan est avachi sur moi, le nez dans mon cou. J’ai arrêté de rire et les yeux clos, je reprends ma respiration. Je me sens si bien, là, maintenant, ici. Son poids, sa chaleur… Nous ne sommes pourtant pas dans le cadre d’un entrainement ou de la consolation de l’autre, non. C’est bien un moment purement hédonique et pourtant, je ne trésaille pas, ni ne me crispe. Je savoure ce progrès immense pour moi, il a le gout de l’espoir et d’un futur possible. Quand je croise le regard de Jordan alors qu’il relève enfin la tête, je lis une joie et une espérance dans ses iris couleur des mers difficiles. Petit à petit, il grignote mon armure. Tel le petit Prince qui chaque jour s’assoit un peu plus près du renard pour l’apprivoiser, Jordan me touche de plus en plus souvent, de plus en plus intimement. Et comme le renard de ce conte pour enfant, qui n’en est pas vraiment un, je le regarde et le laisse s’approcher. Je veux qu’il m’apprivoise.

« On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. »


En cet instant, la citation de Saint Exupéry prend tout son sens. Je lui suis reconnaissant de sa douce persévérance. Cela fait si longtemps que le volcan couve dans mon cœur. J’ai tant à donner, alors quand le dernier verrou tombera… Je ferme les yeux, emportant sur l’écran de mes pensées l’image de son regard si franc. J’enroule mes bras au-dessus de ses épaules et l’attire doucement vers moi. Le geste n’est pas simple et objet d’un combat acharné entre conscience et inconscient.  L’espoir gagne pour ce soir. Quelques instants plus tard, je tends un bras et ramasse un oreiller pour le coller sous nos deux têtes. J’attrape ensuite la couette qui traine sur le sol, juste à côté du lit et la jette en vrac sur nos corps au repos. D’un commun accord, nous ne bougeons pas, nous ne disons rien. Jordan m’aide du pied à placer au mieux la couette, ses bras sont bloqués dans mon dos et sous ma nuque. Nous restons ainsi, dans ce statu quo à la frontière entre amitié et… amour. Le geste n’est pas fraternel, où plutôt ne l’est plus. Pourtant, nous passons presque toutes nos nuits blottis l’un contre l’autre. Mais ce soir aucun de nous n’est pris par ses angoisses ou son chagrin pour justifier ce rapprochement. Ce soir nous serrons l’autre pour l’avoir à soi et se l’approprier. J’ai espoir qu’il veuille bien rester et continuer à dormir avec moi, même quand il y aura deux lits, même si les travaux de rénovation finiront un jour par s’achever. Avec son allusion à Pénélope, Jordan m’a réchauffé le cœur, car c’est une allusion à son désir de rester. Je m’endors doucement abrité par son corps qui pèse sur le mien. Son poids n’est pas écrasant, mais rassurant.

(…)

J’ai les paupières closes. Une sensation désagréable de froideur me fait frissonner. Je suis couché sur le ventre, le nez dans l’oreiller. La couverture a dû glisser dans la nuit. Je tends la main pour la remonter, mais mon geste est rapidement bloqué par un bracelet métallique à mon poignet. Je bouge l’autre main, les deux jambes et la panique commence à affluer telle une lame de fond implacable. Je suis attaché sur ma couchette, vulnérable. L’obscurité serait presque totale si ce n’était le halo orange projeté par la lampe qui indique… dans les zones confinée… si dehors, c’est le jour ou la nuit. J’espère avoir un répit, mais il est là, silencieux. Je sais qu’il m’observe et guette mes réactions. Je me fais violence pour ne pas bouger un muscle, cependant il a dû percevoir mon réveil, car je sens sa matraque m’effleurer l’intérieur de la jambe, au niveau du mollet. Je serre les dents, je connais la danse. Ma couverture glisse totalement m’offrant à la froideur de ma cellule en fond de cale, et à son regard. La pression de la matraque qui remonte lentement le long de ma jambe finir par me braquer. J’essaye de me soustraire à cette caresse obscène, les mors des menottes s’incrustent dans ma peau. Il ne dit rien, mais j’entends sa respiration qui se fait haletante. J’ai des larmes de rage et d’humiliation dans les yeux. Je suis son jouet, et il me le fait bien comprendre.

La lumière qui s’allume soudainement m’aveugle. Puis mes yeux s’habituent. Le visage du type n’est pas celui auquel je m’attends. C’est le pirate éthiopien qui me regarde en grimaçant avec ses trois yeux… Je hurle à m’en briser la voix.

(…)

Je me débats contre ce qui m’entrave et  crie ma terreur. Il me faut du temps pour reconnaitre où je me trouve. La chaleur a remplacé le froid, Jordan me bloque les bras, tout en prononçant mon nom. Sa voix finit par faire son chemin dans mon esprit et je me réveille enfin, en larme. Je m’accroche à son regard et l’agrippe comme si m’a vie en dépend.

- Tu… tu restes là, hein ?

Je suis terrorisé, mais pour une fois, je ne suis plus seul pour affronter mes cauchemars. Je le laisse me bercer comme un enfant. Il m’embrasse le front, la joue, essuie mes larmes. Je resserre mon étreinte de crainte qu’il ne se lève ou qu’il ne s’écarte de trop. J’ai peur de me rendormir et de renouer avec ce mauvais rêve, alors je somnole contre celui qui m’apporte réconfort et sentiment de sécurité. Je dois lui dire pourquoi j’ai quitté l’armée. Il faut que je lui avoue ce que j’ai subi, et que fou de rage, j’ai failli tuer mon supérieur hiérarchique. Jordan doit savoir qui je suis… ce que je suis. Mais pour cela je dois trouver le courage de simplement parler… dire ces mots qui me pèsent et m’emprisonnent autant qu’ils m’empoissonnent.

(…)

La fin de journée s’étire mollement au poste de police. A deux reprises dans la journée, Jordan est venu m’apporter un café sous prétexte de discuter d’une affaire en cours. Mais je vois bien le regard soucieux qu’il pose sur moi. Ce matin, il ne m’a pas posé de question. Je n’ai rien dit de mon cauchemar. Pourtant, il faut que je lui parle et que je déballe cette horreur qui me ronge de l’intérieur. La seule chose que nous avons planifiée est d’aller faire la tournée des marchands de meubles après le travail.

Comme nous rentrons ensemble, nous prenons la voiture de patrouille de Jordan. Alors qu’il s’insère dans la circulation pour rejoindre le premier magasin, je prends une grande inspiration et me lance. Je me jette à l’eau et fait en sorte de ne plus pouvoir reculer.

- Ce soir, je te dirai ce qui s’est réellement passé pour que je quitte l’armée… Et si… si je ne le fais pas… oblige-moi à le faire Jordan.

Je le regarde un peu désespéré. Seul je n’y arriverai pas, mais avec lui ou plutôt pour lui, je crois qu’il est du domaine du possible que je pose enfin ce fardeau.


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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: Opening | Feat Jordan   Ven 9 Oct - 10:04


The Opening
Il veut que je l’aide à choisir des meubles pour sa nouvelle vie. C’est si simple, si simple et si franc. Il y a un contraste flagrant entre chez moi et chez lui. Je ne lui avais pas menti, quand je lui avais dit que cette maison m’intéressait, mais que je n’avais pas les moyens de me l’acheter. Chez moi, je ne fais que dormir, c’est juste quelques murs, un toit, aucune personnalité, aucun moment à partager… Mon appartement commençait à vivre uniquement depuis que Fiona y venait, et les souvenirs que j’y avais étaient à présent empreints de son souvenir. Trop durs à supporter. Mon appartement devenait une torture pour mon esprit et mon cœur. Ma plus grande crainte était de me réveiller en plein cauchemar, dans un appartement en flamme. Mais je suis persuadé que ça ne peut pas m’arriver quand je suis auprès de Brian, car je sais que ça ne pouvait pas m’arriver quand j’étais auprès d’elle. Le parallèle est si frappant de simplicité qu’il me fait un peu paniquer. Ce que je commence à ressentir pour lui est vertigineux. Et totalement inattendu.

Nos deux rires emplissent cette pièce, que nous avons fini de rénover, et j’y trouve un réconfort sans artifice, sans la lourdeur des promesses ou des regrets. Brian se tortille comme un ver sous mes chatouilles et son rire est un baume sur mon cœur. Mais, plus que tout, j’ai gagné une bataille, alors que je m’affale sur lui, épuisé par mes pitreries. Il accepte mon contact, et ceci dans un moment plus léger, un moment que j’espère pouvoir lui offrir aussi souvent que possible. Mon nez dans son cou, je suis bien, contre lui. Comme à chaque fois, ma chaleur enveloppante se diffuse, pour l’accueillir, le protéger, lui assurer un bien être que je ressens moi-même. Tapis au fond de moi se trouve une grande noirceur, et une peur encore plus grande. Mais leur grande sœur, la tristesse, commence petit à petit à perdre de sa superbe. Et Brian en est la raison. Il devient MA raison.

Quand nos regards se croisent, j’ai cette nouvelle vague d’euphorie qui se déclenche encore et encore. Nous sourions, et remettons, comme à chaque fois, pour plus tard, les questions qui nous taraudent. Les interrogations qui nous hantent, les espoirs qui nous narguent. Mais notre proximité, elle, est trop tentante pour souffrir un quelconque retard. Alors, sans rien dire, nous arrangeons notre cocon pour la nuit. Nous sommes comme deux chiots perdus , se lovant l’un contre l’autre pour avoir chaud, pour ne plus avoir peur, pour sentir l’autre contre soi et pouvoir s’endormir en sachant que lorsqu’on se réveillera, il sera là. Son bras sur mes épaules m’électrise, il redevient un phare pour mon vaisseau de chair. Ou que je regarde, à présent, je vois ses yeux. Ou que je regarde, je veux y voir son sourire. Quel que soit mon horizon, je veux y percevoir son rire, libre, sans montagne pour le bloquer, sans vent contraire pour l’éteindre et surtout sans personne d’autre que moi pour l’entendre, à sa naissance.

Je veux lui construire un nouveau décor, comme pour sa maison. Un décor ou il pourra enfin commencer une représentation idéalisée de ce qu’il est vraiment. Pas ce soldat obéissant, pas cet être qui ne peut plus aimer. Je veux être les planches de la scène ou il va se présenter pour la première fois. Je veux être celui qui lui souffle les répliques s’il panique. Je veux aussi être le public qui s’émerveille de ce qu’il lui apporte. Et enfin, je veux être la lumière qui l’enveloppe, qui le sublime.
C’est prétentieux de ma part, et sans doute égoïste, mais c’est une pièce sans metteur en scène que je veux jouer avec lui, sans savoir si elle aura du succès, mais avec la conviction qu’elle touchera au moins deux êtres.

(…)

Le hurlement de Brian me transperce le cœur. Je lui murmure son prénom en boucle, en le bloquant, lisant la panique dans ses yeux, priant pour qu’il revienne vite. Quand il m’agrippe, je suis tellement bouleversé que je n’arrive pas à parler. J’espère que ma présence suffit.
- Tu… tu restes là, hein ?

-bien sur, Brian. Je suis la. Tu ne crains rien, avec moi. Je laisserai personne te faire du mal. Regardes moi bien, Brian.
Son regard est si touchant, si plein de terreur et d’espoir.
-personne, tu m’entends ?

Je l’embrasse, comme pour un enfant, je le console, le berce, et l’enveloppe de feu que j’espère comprendre un jour. J’ai posé le menton sur son crâne, et je le tiens dans mes bras, accompagnant ma chaleur d’un lent bercement. Je n’ai que des idées sur ce qui lui est arrivé. Mais ces idées me révoltent. Je pourrais tuer pour lui, je le sais. Je brûlerai tout ce qui se mettra en travers de son chemin vers sa nouvelle vie.

(…)

Je m’inquiète pour lui toute la journée, au poste. Je viens le voir à plusieurs reprises, lui apportant un café. J’aimerai faire quelque chose pour lui, mais l’impulsion doit venir de lui. Je déteste le dossier que j’ai lu, et ce que j’ai perçu entre les lignes. J’ai faillis le brûler. Je le ferai sans doute, le moment venu.
Alors que nous partons, le cœur un peu plus léger à l’idée d’aller acheter des meubles, j’entends la détresse dans ses mots, quand, assis à côté de moi dans ma voiture, il se lance.

- Ce soir, je te dirai ce qui s’est réellement passé pour que je quitte l’armée… Et si… si je ne le fais pas… oblige-moi à le faire Jordan.

Son attitude est si bouleversante que j’ai du mal à me concentrer sur la conduite. Je voudrai le prendre dans mes bras, comme ce matin.
-je serai là, Brian. Ce soir, comme demain, et ceci aussi longtemps qu’il le faudra. Tu ne me dois rien. Mais saches que je serai là, dans cette épreuve comme dans les autres. Je te promets.

La circulation le permettant, je lui prend la main, la serrant tant que je peux, avant de la lâcher a regret pour passer les vitesses.

L’arrivée à la grande surface se fait dans une atmosphère un peu tendue, et Brian à l’air d’un gamin perdu. Je prends donc les choses en main, bien décidé à le faire rire, mais aussi bien décidé à le débarrasser de ce fardeau.

La visite est l’occasion pour moi de faire le pitre, surtout quand la vendeuse, qui visiblement nous trouve à son goût, nous amène vers la partie consacrée au salon. Je ne résiste pas à prendre le faux cigare et le verre rempli de résine pour jouer au gentleman, assis dans le fauteuil en cuir.
-qu’est-ce que tu en penses ? Parfait pour nos réunions entre gentleman non ? Il nous faut absolument du brandy et des sujets universels à débattre.

Son rire est une récompense en soi.

Évidemment, dès que nous nous retrouvons seuls au rayon literie, j’en profite pour le chatouiller de façon déloyale. Nous tombons d’accord sur le lit à choisir. Un des paramètres est une sorte de coefficient ondulation, tortillement et confort.

-je veux m’assurer que tu dormes bien, et que tu te tortilles convenablement quand je te chatouille.

Son regard est brillant. Car à travers cette boutade, je viens de lui assurer que je resterai aussi longtemps qu’il le voudra.

Le salon sera livré dans 4 jours, mais nous embarquons le lit à monter, et le matelas à mémoire de forme dans mon véhicule. Le matelas pèse un âne mort, mais il est si confortable qu’il en est indécent.

Nous débarquons donc les différents éléments emballés dans la maison de Brian. Le laissant amener le dernier élément, je prends comme prétexte d’aller à la décharge pour jeter les emballages encombrant. J’en profite pour faire un détour au poste, et je récupère le dossier de Brian que j’avais laissé de côté. Il n’a rien d’officiel.

A mon retour, je vois que Brian a déjà commencé a monter le lit, la notice de montage étalé devant ses yeux. Son regard sourit autant que sa bouche, alors que je m’assois en face de lui. Il regarde, curieux, le dossier que je viens de poser devant nous.
Je lui souris, alors que je vois la peur dans ses yeux.

-viens, on a un truc important à faire..

Étonné, il me suit alors que je l’aide à se relever, et que je récupère le dossier. L’attirant dans le jardin, je lui montre l’emplacement que j’ai déblayé. Aucun risque de propagation d’incendie.
Nous nous asseyons tous les deux.

-Je suis prêt, Brian. Et toi aussi, même si tu en doutes.

Je prends mon élan, ouvrant le dossier, le clac de l’élastique résonant dans le silence. Nous sommes à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes, derrière la maison. Il fait un peu frais, je vois Brian frissonner, sans doute pour diverses raisons.

-j’ai compris un certains nombres de choses. Je te dis pas ça pour que tu m’en parles pas. Mais pour que tu saches que tout ce qui m’importe, c’est toi. Tout ça..

J’éparpille son dossier par terre, dans l’emplacement que j’ai dégagé.

-n’a aucune importance à mes yeux. Et ce soir, on va définitivement réduire en cendre ce qui te fait si mal.

Les flammes que je déclenche nous réchauffent, et brulent le dossier. Je vois des larmes couler le long de la joue de Brian, alors qu’il regarde les pages prendre feu. Nous n’avons plus froid. Je relâche mes flammes pour ne garder que ma chaleur, et viens me placer derrière lui, l’enserrant dans mes bras.

-je suis là. Ce soir, et après aussi. Dans ce feu, on va bruler, toi et moi, ce qui te fait mal. Dis-moi. Parle-moi. Jamais je ne te ferais du mal, Brian. Laisse-moi, pour une fois, être le phare que tu as été pour moi. Tu n’es pas seul, je ne te lâcherai pas.

Il avale sa salive, sa main posé sur mon avant-bras. Puis il parle, et chaque mot donne au suivant une puissance de libération.


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Brian O'Conner

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MessageSujet: Re: Opening | Feat Jordan   Jeu 15 Oct - 19:05


Deliverance


Feat :  Jordan Parrish



J’ai fait ce pas, franchit cette ligne rouge qui me glace d’effroi dès que je m’en approche. C’est un peu comme un suicide, un acte insensé, un geste contre nature. Pourtant si j’ai réussi cette folie, c’est que je suis persuadé que ce grand plongeon dans le vide, ne sera pas sans fin et que l’atterrissage a beaucoup de chance de se passer en douceur. Je le fais pour moi, mais aussi pour lui. Cela fait des jours que l’on se tourne autour, vient le temps où il faut partir à l’assaut, se dévoiler, risquer sa vie, pour… gagner la bataille. Du moins c’est ce que j’espère en disant à Jordan que je vais lui dire ce qui me rend ainsi, craintif aux moindres contacts.

Il y a plein d’ombres entre nous, ma phobie, sa nature et ce qu’elle implique, celle qu’il serrait dans ses bras avant moi… Il est temps d’éclaircir ce qui peut l’être. Je sais sa peur de ne pas se maitriser et l’angoisse de ne pas savoir ce qu’il est réellement. Il craint de blesser les autres. Je sais que je peux l’aider. Ma présence l’apaise. Instinctivement, il s’était tourné vers moi au plus fort de son naufrage. Je l’ai aidé, mais j’aurais pu faire plus si je ne me contractais pas à chaque contact. Pourtant, perdu dans sa propre tempête, Jordan a su m’approcher, et m’apprivoiser. Je l’ai laissé venir, mais je l’ai laissé ramer seul. Je ne suis pas d’une nature passive ou contemplative. Je n’aime pas laisser aux autres tous les efforts à faire. Je dois faire ma partie du travail et bouger dans sa direction, finir le reste du chemin à parcourir. Alors j’ai fait ce pas. J’ai eu la sensation de me jeter dans le vide, mais une main m’a retenu aussitôt. Comme cette nuit, il répond présent, immédiatement et sans hésitation.

- Ce soir, je te dirai ce qui s’est réellement passé pour que je quitte l’armée… Et si… si je ne le fais pas… oblige-moi à le faire Jordan.
-je serai là, Brian. Ce soir, comme demain, et ceci aussi longtemps qu’il le faudra. Tu ne me dois rien. Mais saches que je serai là, dans cette épreuve comme dans les autres. Je te promets.
-… Merci.


Mon cœur fait un soubresaut tandis qu’il lâche le levier de vitesse pour me tenir la main. C’est mon cœur qui bondit et non pas ma main qui s’écarte. La première bataille est en passe d’être gagnée. C’est un homme, et pourtant j’aime l’idée qu’il prenne soin de moi, qu’il s’inquiète pour moi. Cela fait un moment que l’idée fait son chemin. Cet aspect de ma personne que j’avais totalement renié qui prend un sens quand enfin je trouve la bonne personne. Jordan a ce que j’admire chez une personne, le sens de la justice et du dévouement. Il est en phase avec mes principes et j’ai l’audace de croire que ceci est réciproque.

Devant le magasin de meuble, une nouvelle angoisse m’éteint. Comment dois-je m’y prendre ? Je n’ai jamais eu à meubler une maison, ni créer un chez moi. Alors quand je vois toutes ces pancartes avec des promotions, des facilités de paiement et autres extension de garantie, j’ai soudainement l’impression de débarquer de la planète Mars… Heureusement Jordan prend les choses en main. Je le suis comme un chien fidèle. Dix mètres plus loin, je me mords la joue pour ne pas éclater de rire. Je ne pensais pas que le très sérieux adjoint Jordan Parrish pouvait faire si bien le potache !

-qu’est-ce que tu en penses ? Parfait pour nos réunions entre gentleman non ? Il nous faut absolument du brandy et des sujets universels à débattre.
- Je pense que tu pourrais très bien faire clown dans un cirque, ou un one man show… Il faudra te l’acheter toi-même ton Brandy, moi je tourne à la bière !


Le choix du canapé est l’objet d’âpres discussions à savoir quelle est la meilleure manière de se vautrer dessus. Après de multiples essais agrémentés de fou rire, le choix est statué sur un canapé en L. Sa couleur est non négociable : bleu outremer. Nous choisissons ensuite la table basse qui ira bien pour y poser nos pieds.

Faire simplement des courses ensemble et pas n’importe lesquelles. Nous aménageons un lieu de vie. Ce que je savoure pardessus tout, c’est le naturel avec lequel Jordan s’implique dans nos choix. Il ne cherche pas ce qui me plait, mais bien ce qui nous plait. Le moment de choisir le lit m’embarrasse un peu. Je cache la rougeur qui naît sur mes joues en tâtant les différents matelas. De plus Jordan se fait de plus en plus taquin. Cela me gêne un peu car nous sommes en public, mais j’adore ça.

-je veux m’assurer que tu dormes bien, et que tu te tortilles convenablement quand je te chatouille.
- Cette ascendance sur moi est totalement déloyale ! Je trouverai une riposte à ta mesure !


Je me tiens les côtes, essayant d’intercepter ses doigts chatouilleurs. Ses attaques finissent par me faire perdre l’équilibre et je me vautre sur un des matelas en exposition. J’aime cette complicité qui s’installe entre nous. J’aime la promesse qu’il y a sous ses mots ou la lumière de son regard. Nous avons fini de nous tourner autour, et marchons maintenant l’un vers l’autre. La vendeuse doit nous prendre pour deux grands gamins quand nous établissons le bon de commande. Pour la première fois depuis longtemps, je suis pleinement heureux. En fait, je pense même que la dernière fois que j’ai ressenti ce sentiment de plénitude, c’était quand je me suis engagé dans l’armée avec la conviction d’avoir trouvé ma place et une famille.

Jordan a insisté pour qu’on embarque le lit dès aujourd’hui. Je doute de la capacité de sa voiture de patrouille pour contenir le matelas XXL et les montants du lit sans parler du sommier. Mais la crédence des gyrophares fait un très bon point d’attache. Evidemment, nous ne passons pas inaperçus dans cette voiture de flic, remplit comme une voiture de réfugiés… et deux gars qui ont du mal à garder un semblant de sérieux. Cela fait si longtemps que je n’ai pas ri autant et de manière si sincère.

Jordan est allé jeter les emballages, alors je commence à monter ce nouveau lit. J’ai remis le petit lit dans sa chambre initiale et collé du bazar dessus. Le message est clair, plus question que quelqu’un y dorme dessus, à moins d’un invité bien entendu.

J’ai attaqué bille en tête, mais je rends vite compte que les suédois n’ont pas la même méthode que nous pour assembler les meubles. Jordan me retrouve donc assis par terre, outils en main et manuel de montage sous le nez. J’ai bon espoir qu’on ne soit pas obligé de dormir à nouveau sur le petit lit.

- On a oublié d’acheter la couette et les draps qui vont avec, faudra faire avec ceux du petit lit…

Autant dire qu’on va devoir se coller si on veut avoir chacun un bout de couette. Au sourire de Jordan, je comprends que ça lui convient plutôt bien. C’est là que je remarque le dossier qu’il tient dans sa main. Mon nom écris sur la couverture ne me laisse aucun doute sur sa teneur. Il n’a pas oublié la promesse que je lui ai faite. J’ai fait un premier pas, le plus difficile. Je dois faire le second pour amorcer cette nouvelle dynamique.

-Viens, on a un truc important à faire..

Je suis trop ému pour lui répondre, alors qu’il me tend la main pour m’aider à me relever. Il m’emmène jusque dans le jardin. Je remarque un espace dégagé vers lequel il m’invite à m’assoir. Je sais que je ne peux plus reculer, que je dois sauter, lui faire confiance à nouveau.

- Je suis prêt, Brian. Et toi aussi, même si tu en doutes.
- Je… n’en suis pas convaincu, mais…


Alors qu’il ouvre le dossier, un frisson glaciale me parcours l’échine. J’appréhende ce qu’il y a dedans, ce qu’il sait déjà et ce que je vais devoir lui avouer.

- J’ai compris un certains nombres de choses. Je ne te dis pas ça pour que tu ne m’en parles pas. Mais pour que tu saches que tout ce qui m’importe, c’est toi. Tout ça..
- Jordan…
- n’a aucune importance à mes yeux. Et ce soir, on va définitivement réduire en cendre ce qui te fait si mal.


Les flammes qui naissent sur sa main sont fascinantes, mais quand elles embrasent ce dossier qui sous-entend l’horreur que j’ai subi… je me laisse déborder et envahir par mon émotion. Ma vue se trouble et crée une nouvelle danse sur ce feu libérateur. C’est quand je sens sa chaleur m’envelopper que je m’aperçois que Jordan s’est collé dans mon dos.

- Je suis là. Ce soir, et après aussi. Dans ce feu, on va bruler, toi et moi, ce qui te fait mal. Dis-moi. Parle-moi. Jamais je ne te ferais du mal, Brian. Laisse-moi, pour une fois, être le phare que tu as été pour moi. Tu n’es pas seul, je ne te lâcherai pas.

Mon dos glacé se réchauffe contre son torse. Son souffle me caresse la nuque. Il est si près, et je me sens en sécurité. Si bien que je fais ce deuxième pas. Je me laisse aller contre lui, calle ma tête contre son épaule et pause ma mais sur son bras qui m’enserre le torse. Les premiers mots sont difficiles. Je balbutie et ne sais pas comment ni par où commencer. Alors, je pars du début pour qu’il comprenne qui je suis et pourquoi.

- Je suis le fils unique d’un comptable et d’une mère au foyer. J’ai mangé à ma faim, eu des vêtements correctes à me mettre et été soigné pour chaque maladies que j’ai pu avoir. Mais mon père était du style psychorigide.

Je lui explique comment, enfant, j’ai étouffé dans cette vie monotone et sans imprévu. Comment, adolescent, j’ai plus ou moins mal tourné, découvrant mon don et la liberté du lycée de secteur. Je narre la fin pathétique de mon père, nous faisant, à ma mère et moi, encore des procès d’intention sur son lit de mort. Je lui raconte ma délivrance, le jour de mes dix-huit ans. Ma motivation et le bonheur éprouvé à servir mon pays sur les mers du globe. Avec fierté, j’explique comment j’ai repris mes études, épaulé par un lieutenant qui croyait à mon potentielle.

- Tu m’aurais vu le jour où j’ai reçu ma nomination comme enseigne de vaisseau première classe !

Jordan me félicite pour ma persévérance et fait quelques commentaires sur les anecdotes que je lui donne de ma vie de marin. J’ai aimé servir à la Navy. Je suis fier des opérations où j’ai participé. Etant lui-même ancien militaire, il comprend ce que je ressens sur ce point. J’évoque alors l’affectation qui allait tout saccager. J’étais lancé sur une carrière prometteuse, mais il a fallu que je croise la route du Capitaine Marvin… Jordan resserre son étreinte au fur et à mesure que j’avance dans mon histoire. Sa présence et sa chaleur me donne le courage de continuer. Ma voix reste étonnamment limpide.

- Le Capitaine Marvin m’a accueilli très chaleureusement. Il s’est comporté comme un père avec moi. N’ayant jamais eu une telle attention de la part du mien, je lui ai fait confiance… Je n’ai pas vu le piège se refermer sur moi… Naïf, j’ai accepté les petites facilités qu’il m’accordait. Un jour de permission de plus, une cabine loin du bloc moteur. Les hommes d’équipage ne l’aimaient pas et je ne comprenais pas pourquoi. J’ai même essayé de le défendre, disant que c’était un brave homme. Mais, ils me considéraient comme le chouchou du pacha et se sont mis à me détester.

Je secoue la tête. J’ai vraiment été naïf. Avec le recul, je sais que j’aurais dû enquêter et comprendre pourquoi le capitaine n’était pas aimé malgré ses airs affables.

- De ce fait, je passais beaucoup de temps avec lui. Nous discutions de stratégie militaire, de navigation… Je n’ai rien vu venir… Un soir comme un autre, j’ai pris le verre de bourbon qu’il me tendait. Quelques instants après ma vue à commencé à se brouiller… Ce qui m’a fait réagir, c’est… sa main qui s’est glissée sur mes fesses et… J’ai essayé de me dégager, mais j’étais comme ivre. Il a certainement mal dosé sa drogue, car visiblement il pensait pouvoir faire ce qu’il voulait de moi. J’ai finis par me dégager violemment en le frappant. Le bruit de lutte a attiré le planton qui est entré. C’était sa parole contre la mienne. Le capitaine contre un officier visiblement soul… J’ai été mis aux arrêts dans la seconde.

Je me rends compte que je broie le bras de Jordan, alors je colle mes deux mains sur mon torse et le laisse m’envelopper de ses bras. Il ne dit rien, ne s’exprime pas avec des mots mais avec des gestes tendre. Il me donne le courage de poursuivre.

- Marvin a été vexé de se faire prendre. Les analyses médicales plus tard montreront des traces de la molécule de l’oubli dans mon sang. Ce salopard pensait certainement pouvoir abuser de moi sans que je m’en rende compte… Naïvement, je pensais que cela s’arrêterais là… Mais il amplifia l’affaire, me dénonçant comme alcoolique et violent. Il avait le témoignage du planton… J’ai donc été enfermé à fond de cale et… ligoté car soit disant violent et dangereux… Il est venu dès le premier soir… Je n’ai rien pu faire pour l’empêcher de me…

Je me tais, Jordan me rassure et me murmure des mots qui me prouvent son attachement réel. Alors je gagne la force de poursuivre.

- J’étais perdu et terrorisé. J’avais honte, car il était évident que l’équipage savait ce que j’endurais… mes liens m’empêchaient de me rhabiller correctement après son départ de ma cellule… Je voyais bien les regards fuyant de celui qui était chargé de m’accompagner à ma toilette. J’ai cru perdre la raison quand j’ai appris que je ne serais pas transféré à terre avant un bon mois… A chacune de ses visites, j’ai lutté, j’ai refusé de plier malgré la douleur. L’équipage a fini par réagir. Un jour, le matelot chargé de me ramener à ma cellule après mon heure de promenade, a sciemment oublié de me rattacher…

Nouveau silence… La suite fait apparaitre une facette de moi qui m’effraie. J’ai été poussé à bout, mais je me souviens encore de cette envie de tuer… Jusque-là j’avais toujours ôté la vie pour me défendre, jamais avec plaisir.

- Quand il est venu le soir… j’ai frappé si fort… L’équipage m’a laissé lui mettre une dérouillé de première. Les hommes ont volontairement tardé à venir me stopper. Je lui ai défoncé la mâchoire à coup de poing et de pied, explosé les parties... Je n’étais que haine et violence… La suite… Hélitransport à la base de Manama, lui à l’hôpital militaire, moi dans la prison de la police militaire. La famille de Marvin est de longue tradition militaire, autant dire qu’ils ont le bras long dans la Navy… la cours martiale était prête à m’accueillir deux jours plus tard… Je dois l’annulation de mon procès à la menace collective de témoigner en ma faveur de tout l’équipage du destroyer. L’armée n’aime pas ce genre de scandale. La seule chose que la famille de Marvin a obtenue est que je sois rayé de la Navy et de l’armée. J’ai négocié mon silence contre un poste au NCIS. C’est ce qui me semblait comme le plus opérationnel, le plus proche de ce que je pouvais aimer. Tu connais la suite… Ce couple gay qui va se faire abattre sous mes yeux dans cette banque, mon intervention, le deuxième terrorise qui se fait exploser au C4… Beacon Hills…

Je me sens vidé, presque à bout de souffle. Mais je ressens  un immense soulagement. Cela n’efface pas mon passé. Les cauchemars viendront encore me hanter, mais je sais maintenant que je ne suis plus seul. Que je peux, dans cette maison, dans ses bras, baisser ma garde. Jordan est là et remplace cette armure que je me suis faite. Mon dossier a fini de se consumer depuis longtemps. Alors, je lève la tête pour croiser son regard.

- Voilà, tu sais maintenant pourquoi je sursaute quand on me touche… Mais le plus humiliant dans tout ça, au-delà du viol, et d’avoir échappé à la prison à vie grâce aux témoignages de tout un équipage… Je… avant je n’ai jamais regardé que des femmes. Mais j’ai finalement compris pourquoi je n’ai jamais eu de liaison sérieuse… une fille dans chaque port… L’homosexualité m’aurait fermé les portes de la Navy… Comprendre ses préférences par un viol… est une pilule amère à avaler.

Je baisse le regard, j’ai honte de moi. Je dois la vérité à Jordan. Si ce que je pense que nous sommes en train de construire est véritable, il est primordial que cela se fasse sur les bases d’une confiance totale. Je sais qu’il a aimé cette femme, et qu’il l’aime encore. J’ai envie d’être l’unique personne qui occupe son esprit et son cœur. Mais pour ce faire, je dois être à cent pour cent honnête avec lui. Plus que jamais, je comprends la peur de celui qui avoue ses sentiments, la crainte du rejet, et de la non réciprocité…

- C’est… c’est depuis que je te connais, que j’ai compris ce que je suis… ce que je préfère… qui je préfère…

J’attends sa réaction tel un condamné. Je sais que je suis loin d’être prêt pour… une intimité poussée… et je me refuse à lui faire subir… ce que j’ai subi. Car je n’imagine aucun plaisir possible ainsi. Je me refuse à toute nouvelle intrusion de mon corps, mais ne me sens pas le cran de l’infliger à quelqu’un que… j’aime.

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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: Opening | Feat Jordan   Ven 23 Oct - 12:37


The Opening
J’ai toujours eu envie…non.. Besoin de protéger les autres. Mais depuis le rituel au Nemeton, que j’ai pour le moment caché à Brian, mais dont je compte bien lui parler, je sens ce besoin irrépressible de protéger, de préserver, de cacher. Pourtant, ce n’est pas ce qui m’anime, en ce moment, alors que je tiens Brian dans mes bras, contre moi. Je veux tenter, si c’est possible, de lui offrir un nouveau départ. Cela fait longtemps que j’attends ce moment, et je pense que c’est la même chose pour lui. Il a besoin de se libérer, de parler à quelqu’un de ce fardeau, de cette souffrance.

Dans le magasin, il m’avait fait penser à un gamin perdu. Mon cœur s’était serré à l’idée qu’il puisse être désemparé, mais ce n’était rien à côté de ce que je ressens, alors que je tente de l’envelopper de ma chaleur, de lui faire comprendre qu’il n’est pas seul, que je suis là. La simple idée que quelqu’un ai pu le faire souffrir sciemment me révolte. Je n’ai aucune haine ni rage contre des ennemis amené par la guerre. Mais contre celui qui n’est pas encore apparu dans ses mots, je n’ai aucune pitié. Je l’emmènerai se prosterner à ses pieds, sur une terre brûlée, et demander son pardon. Je frissonne, bien qu’enveloppé de chaleur, à ses pensées qui dansent dans mon esprit.

Je suis venu le trouver au plus profond de mes ténèbres, pensant avoir un ami sur qui compter, quelqu’un qui puisse m’aider à rester humain, à ne pas sombrer, à moins souffrir. Concentré sur ses paroles, je repense néanmoins à tout ce que nous vivons, tous les deux, au contact de l’autre. Je nous vois courir et nous battre dans la boue. Je nous vois plaisanter et nous tordre de rire alors qu’il se tortille sous mes chatouilles, et je nous vois nous arrêter si souvent dans nos paroles ou dans nos actes, le regard brillant, ému, accroché à un espoir et une envie.

Je n’ai compris que récemment ce qui commence à éclore dans mon cœur, cette terre ravagée par le départ de Fiona. Je n’ai jamais regardé un homme comme je le fais avec lui. Je n’ai jamais lutté comme je le fais, contre moi-même, pour ne pas nier ce que je ressens, de plus en plus fort, pour lui. Mais je n’ai pas l’habitude. J’ai tenté d’être réaliste, d’analyser… Mais son contact m’électrise. Au-delà d’une attirance physique, ce que je n’aurai jamais soupçonné chez moi, c’est avant tout ce qu’il est qui m’attire. Il représente un idéal que je veux épingler dans mon esprit, dans mon cœur, pour garder le mien intact, grandit.

Je regarde le dossier partir en cendre, et je serre Brian dans mes bras, pour qu’il finisse ce qu’il a entrepris. Sa tête sur mon épaule, sa main sur mon bras sont les deux seules choses dont je suis sur dans ma vie.
Je suis le fils unique d’un comptable et d’une mère au foyer. J’ai mangé à ma faim, eu des vêtements correctes à me mettre et été soigné pour chaque maladies que j’ai pu avoir. Mais mon père était du style psychorigide.

Je l’encourage doucement à continuer, posant ma main sur la sienne, mon nez dans son cou. Je suis la, Brian. Libère toi. Je n’ose l’interrompre, mais j’ai peur de la suite et de ma réaction. Il n’a pas besoin que quelqu’un souffre de nouveau avec lui, pour lui. Il a besoin d’un roc, d’un pilier, de l’assurance qu’il n’est pas seul, et je compte bien lui donner tout ça.

Bercé par ses paroles, je me représente Brian, enfant, puis adolescent. Je souris en faisant ça, car dans chacune de ces représentations, il a le même regard clair et magnifique. Puis je le vois, si fier, admis à l’armée, et lorsqu’il fut nommé enseigne de vaisseau.
-je sais que tu ne lâches rien, Brian. Je l’ai toujours su, et je suis fier de t’avoir rencontré.
Je ris doucement quand l’anecdote me le permet, je fais quelques commentaires doux ou taquins, mais je sens ses muscles et sa voix se tendre au fur et à mesure qu’approche la partie de l’histoire dont je veux le libérer.

Malgré moi, je serre les poings, sitôt le nom du Capitaine Marvin prononcé. Je sais avec une certitude absolue qu’il lui a fait du mal, que c’est lui, la bête à abattre. La suite ne fera que me confirmer cette triste vérité. Je serre Brian un peu plus fort, et pose mon front contre son crâne. La poigne, de plus en plus douloureuse, de Brian me renseigne sur son état. J’aimerai faire plus, mais je tente de le réchauffer. La douleur n’est rien. La sienne est plus importante.
Brian s’en rend compte et finis par se coller un peu plus contre moi, réclamant ma protection. Je lui caresse doucement les bras, sèche une larme en passant, et le berce doucement, massant ses mains, passant mon pousse sur sa paume, puis emmêlant mes doigts dans les siens. Il ne recule pas. Ni physiquement, ni dans ses paroles. Il est lancé sur une pente vertigineuse, mais je ne le lâcherai pas. S’il tombe, je tombe avec lui.

- Marvin a été vexé de se faire prendre. Les analyses médicales plus tard montreront des traces de la molécule de l’oubli dans mon sang. Ce salopard pensait certainement pouvoir abuser de moi sans que je m’en rende compte… Naïvement, je pensais que cela s’arrêterais là… Mais il amplifia l’affaire, me dénonçant comme alcoolique et violent. Il avait le témoignage du planton… J’ai donc été enfermé à fond de cale et… ligoté car soit disant violent et dangereux… Il est venu dès le premier soir… Je n’ai rien pu faire pour l’empêcher de me…

Sa voix se brise alors que je sens une colère sourdre en moi..
-Brian, tu y es presque. Je suis là. On va affronter ça ensemble. Tu ne seras plus jamais seul, je te promets. Je te promets, Brian…

Mes yeux s’embuent à la suite de son récit. Quand finalement il le termine, j’ai reconstitué le puzzle, les morceaux manquant à la tapisserie toute en nuances de Brian. Mais les couleurs noires et sombres que j’y découvre ne font que rendre plus belles celles qui brillent d’or et de bleu azur. Toute sa personne est magnifique.
-C’est… c’est depuis que je te connais, que j’ai compris ce que je suis… ce que je préfère… qui je préfère…

Son regard dans le mien quémande, attend, redoute… Je pose mes deux bras sur ses épaules, face à lui. Mes yeux ne lâchent pas les siens, mais je suis désemparé. Il vient de m’avouer ce que je trouve en moi comme un miroir… Et ce que je ressens est si fort, que ma raison pourrait vaciller, mes convictions être balayées.

-C’est réciproque, Brian. Totalement inattendu de ma part, et je sais pas comment gérer ça. Mais je me sens plus vivant auprès de toi. Plus humain. Plus confiant dans l’avenir. On a fait un pacte, tous les deux, sans même le savoir. Celui de s’aider à se reconstruire. Tu es une si belle personne, Brian, j’aimerai que tu te voies comme je te vois…
-mais…
-plus de questions, pour ce soir…

Mes pouces, balayant les dernières larmes sur ses joues, s’attardent sur son visage, sa peau, le caressant. Mon cœur semble battre à tout rompre, alors que je dépose un baiser timide, pas tout à fait chaste, sur ses lèvres. Nous frissonnons tous les deux, pour diverses raisons. Il semble épuisé, mais ni lui ni moi n’avons envie de dormir, et encore moins de le faire séparément.

-Brian. J’aurai aimé que le premier homme qui t’ai embrassé le fasse parce qu’il t’aime, et pas parce qu’il voulait te posséder. J’aurai aimé que tu découvres ce genre d’amour avec quelqu’un qui t’aime vraiment.

Je relève son menton alors qu’il baisse la tête, peut être déçu, pensant sans doute que je vai lui annoncer que ce n’est pas mon cas.

-je ne peux pas être le premier, mais je voudrai m’assurer que, ayant pleinement conscience de ce que tu souhaites, tu sois le premier pour moi… Parce que je t’aime…

Ses yeux agrandis de surprise me laissent une chance. Je ne sais pas vraiment ce que je fais, mon cœur semble trop petit et prêt à exploser alors que je l’embrasse, ce coup-ci réellement, sans me soucier de ce que je suis, de ce que je souhaite. Je suis sûr d’une chose, il est tout ce dont j’ai besoin maintenant. J’aimerai remplacer son souvenir glacial par une chaleur rayonnante, et je tente de lui transmettre ça, gouttant à ses lèvres, à sa bouche, rougissant de plaisir.

Il se passe de longues minutes, pendant lesquelles ni lui ni moi ne disons mot. Puis, je l’aide de nouveau à se relever. Arrivé devant le lit, qui n’est pas complètement monté, je sens un petit abattement dans l’attitude de Brian.
Je lui souris alors malicieusement, puis sous son regard perplexe, je nous installe une tente de gamin, avec le matelas au sol, le sommier appuyé contre un mur, et des draps suspendu. J’apporte alors la couette, et une lampe, pour compléter la cabane de gosse, dans laquelle on se sentira tous les deux à l’abri.

Tapotant le matelas près de moi, je l’invite à venir se lover contre moi.
-a mon tour de te raconter une histoire.
Je lui parle de mon enfance, rapidement, et de ma vie passée dans l’armée… Mon récit est moins fourni que le sien, car je n’ai bizarrement que peu de souvenirs de mon enfance et de mon adolescence. Je termine mon récit par le rituel au Nemeton, et ce qu’il a déclenché chez moi.
-je sais ta crainte, Brian. Mais je te jure que tu n’es pas, pour moi, une transition, un remplacement. Tu es toi, et c’est tout ce qui compte, tout ce dont j’ai besoin.

Nous ne sommes pas prêt, lui et moi, à vivre quelque chose de plus intime, mais nous avons tout notre temps pour ça. Nous nous aidons cependant mutuellement à enlever nos vêtements, et, avec un sourire confiant et ravis, nous endormons l’un contre l’autre, après avoir parlé toute la nuit. L’aurore nous trouve enlacés avec un peu moins de ténèbres dans nos tapisseries respectives.


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MessageSujet: Re: Opening | Feat Jordan   Mer 28 Oct - 17:06


Deliverance


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Les secondes qui passent sont cruelles et assassines. Je viens de faire un pas dans le vide, sans corde ni parachute. Suicide moral et émotionnel, j’ai l’impression de me relever en pleine bataille et de me livrer au feu de l’ennemi. Je ne sais pas où je trouve ce courage, est-ce dans sa chaleur si particulière, ou son regard si troublant ? C’est du quitte ou double, un pari fou dont le gain me rendra le plus heureux des hommes, où la perte m’achèvera, aussi surement qu’une balle en pleine tête. La prise de risque est absolument non calculée et déraisonnable. Je reste suspendu à la réaction de Jordan, guettant le moindre tressaillement de son visage, la moindre expression qui pourrait me révéler son sentiment à mon égard. Son regard accroche le mien et ne le lâche pas alors qu’il se place face à moi. Cherche-t-il ses mots pour me ménager et m’offrir une fin de non-recevoir acceptable ? Ses bras qu’il pose sur mes épaules, sont-ils là pour m’éviter de chuter à cette annonce ? J’en oublie de respirer et maudis le temps qui s’amuse à faire durer chaque seconde, des heures entières.

-C’est réciproque, Brian. Totalement inattendu de ma part, et je sais pas comment gérer ça. Mais je me sens plus vivant auprès de toi. Plus humain. Plus confiant dans l’avenir. On a fait un pacte, tous les deux, sans même le savoir. Celui de s’aider à se reconstruire. Tu es une si belle personne, Brian, j’aimerai que tu te voies comme je te vois…
-mais…
-plus de questions, pour ce soir…


Réciproque ? J’oublie mes joues trempées des larmes de la honte et de la haine. C’est si inespéré, que j’aimerai m’assurer que j’ai bien compris, que je ne me leurre pas sur la signification de ses mots. Mais il me fait taire d’une manière bien plus explicite que des mots ou de belles phrases. Ce contact m’électrise, cette chaleur sur mes lèvres… Mon instinct initie un mouvement de recul, toutefois ma raison… non… mon cœur commande à mes mains de m’agripper à lui. Je suis trop ébaubi pour songer à répondre à ce chaste baiser, promesse de bien d’autres. Mon cœur joue au yoyo dans ma poitrine et une nouvelle chaleur sort de mon corps. Une sensation que je croyais éteinte refait surface. Cependant, les phrases qui suivent me glacent, j’ai l’impression que le sol se dérobe, et de prendre une douche glacée après avoir baigné dans sa douce chaleur. J’ai mal compris, je me suis fourvoyé sur le sens de ses mots. Son attirance pour moi n’est que charnelle…

-Brian. J’aurai aimé que le premier homme qui t’ai embrassé le fasse parce qu’il t’aime, et pas parce qu’il voulait te posséder. J’aurai aimé que tu découvres ce genre d’amour avec quelqu’un qui t’aime vraiment.

Je baisse les yeux. La honte m’envahie à nouveau, sentiment qui me mord le cœur et le déchire douloureusement. Je ne résiste pas quand il me relève la tête. Seulement, je garde les yeux baissés. Je n’ai pas le courage d’affronter son regard.

-je ne peux pas être le premier, mais je voudrai m’assurer que, ayant pleinement conscience de ce que tu souhaites, tu sois le premier pour moi… Parce que je t’aime…

Mon cœur subit une nouvelle ascension. Cette soirée va m’achever ! Le premier pour lui… Cela a valeur de don de soi. Je le regarde, incapable de prononcer le moindre mot. Je respire à peine. Bien trop d’émotions me traversent. Mon fol espoir se transforme en réalité. J’ai encore du chemin à parcourir avant de me libérer du carcan de mes phobies, mais Jordan ronge un à un les barreaux de la prison qui m’enferme. Alors quand ses lèvres se posent à nouveau sur les miennes dans un contact sensuel, mes mains qui encadrent son visage, ne sont pas là pour m’empêcher de reculer, mais bien pour le maintenir contre moi. Je me laisse enivrer par ce contact, et goute à sa saveur. Timidement, je commence à répondre par de petits baisers sur ses lèvres. Une douce chaleur envahit une partie de mon corps que je croyais éteinte et morte. Cela fait une éternité que je n’avais pas ressenti cette pulsation dans mon sexe. Mes joues rosissent de plaisir et non plus de honte. Jordan a su m’apprivoiser et je reprends confiance en me faisant plus conquérant et avide de ses lèvres, de son souffle. Je reste toutefois à la frontière d’un baiser plus osé, plus intrusif. C’est aussi nouveau pour lui. Les sentiments que nous avons exprimés l’un et l’autre nous permettent de ne pas brûler les étapes et de prendre notre temps. Cela ne m’empêche pas pour autant de malmener un peu sa bouche et d’aller butiner ses paupières ou ses tempes. J’ai tant à rattraper…

Nous restons un long moment collés l’un à l’autre, savourant le moment présent et nos barrières baissées. Jordan m’aide à me relever et nous rentrons nous coucher, bien qu’absolument pas en état de fermer l’œil. Je laisse échapper un soupir de découragement devant le lit à moitié monté. Je ne me sens pas le courage de m’y remettre. Le regard amusé de Jordan m’intrigue. Je l’observe nous construire une cabane avec le matelas et le sommier. L’effet fait un peu boy-scout, mais cela correspond à l’image de l’adjoint. Alors quand il m’invite à venir me coller contre lui dans cet abri insolite, je ne me fais pas prier.

- A mon tour de te raconter une histoire.

Je l’écoute évoquer son enfance, son passé dans l’armée qu’il m’avait déjà plus ou moins évoqué et les funérailles de celle que je… remplace. Jordan me rassure et répond à mes interrogations muettes. Sa prévenance prouve qu’il est à l’écoute de ma personne et surtout à ce que je ne dis pas. Il a deviné mon embarra face à cette défunte contre laquelle je me sens bien incapable de rivaliser. Les choses auraient pu être compliquées si elle n’était pas décédée. Mais je ne la remplace pas. Sa mort simplifie juste notre relation, ôtant une variable de ce triangle complexe et impossible.

- je sais ta crainte, Brian. Mais je te jure que tu n’es pas, pour moi, une transition, un remplacement. Tu es toi, et c’est tout ce qui compte, tout ce dont j’ai besoin.
- Je te remercie de ta franchise et… de deviner ce que je n’ose dire… Je t’ai… je t’aim…


Les mots ne sortent pas. C’est trop tôt. Pourtant lorsque Jordan entreprend de me débarrasser de ma chemise, je sais qu’il ne dépassera pas la limite que je ne suis pas prêt de franchir. Alors je le laisse faire, puis le dépouille à mon tour de ses vêtements. Ensemble nous apprenons l’autre. Nos gestes sont emplis de retenue. Nous nous frôlons et effleurons. Je n’ai jamais connu ce sentiment qui nait en moi, si puissant, si sauvage, même avec cette femme à Manama. Elle était la fille d’un diplomate anglais. Elle avait un côté sauvage qui m’avait plu. Avec le recul de ce que je sais, depuis que Jordan m’a initié à la liste, je me demande si elle ne pourrait pas en faire partie aussi. Elle était la seule, parmi toutes mes conquêtes, pour laquelle j’éprouvais, il me semble, un peu de sentiments. Mais face aux doigts de Jordan qui m’effleurent d’une puissance difficilement retenue, tout ce que j’ai pu vivre et ressentir avant, me semble bien fade. Alors j’ose et prend l’initiative timide de l’embrasser. Ses bras qui se referment dans mon dos, me donnent de l’assurance. Doucement j’effleure ses lèvres des miennes et nous commençons un doux ballet sensuel et chaste à la fois. Quand nous nous écroulons enfin sur le matelas, ce n’est pas pour dormir, mais pour parler. Jordan m’avoue ressentir un peu de jalousie envers Jansen. Je lui explique la nature de mon attachement pour le jeune serveur et cette impression de reconnaître une douleur en lui et ce besoin de le protéger.

Quand je m’éveille au matin, je suis sur le ventre, le bras de Jordan me sert d’oreiller et sa respiration régulière s’invite sur mon front. Son réveil suit le mien de peu. Nous nous regardons un long moment sans rien dire. Comme si nous souhaitons nous assurer que ce qui s’était passé la veille n’est pas qu’un songe. Comme il me sourit, j’ai l’audace de me hisser à sa hauteur et d’effleurer ses lèvres des miennes. Je guette les signes de ma panique, mais il semblerait qu’en présence de Jordan ma phobie reste sagement rangée dans un placard. Je savoure cette liberté retrouvée et j’ai beaucoup de mal à m’extirper de notre cocon. Nous sommes attendus au poste de police.

(…)

La matinée a commencé calmement jusqu’à cet appel étrange du garde-chasse. Aujourd’hui je suis affecté à la paperasserie… encore, donc normalement pas appelé à aller sur le terrain. Mais c’est pourtant à moi que Jordan demande de le suivre. Rapidement je comprends qu’il suspecte que l’affaire est liée au surnaturel.

Assis sur le siège passager de la voiture de patrouille, je m’interroge. Je n’ai pas encore été confronté à un autre surnaturel de manière conflictuelle. Nos patrouilles le soir n’ont jusque-là, rien donné de tangible. Je n’ai aucune expérience en la matière et je ne sais pas à quoi m’attendre. C’est un peu comme un baptême du feu. J’espère être à la hauteur et ne pas décevoir Jordan.

-  Des difficultés à prévoir ?

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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: Opening | Feat Jordan   Sam 31 Oct - 14:37


Le vent et le feu
L’espace entre mes yeux et les siens semble se raccourcir. Mais l’espace que je découvre dans ses yeux semble infini, et rempli de lumières. Des lumières fugaces, comme les craintes et les interrogations, des lumières célestes, comme des promesses et des conclusions. J’ai tellement envie de le protéger, j’ai l’impression d’être né pour ça, dans cet unique but. Le premier baiser que j’ai déposé sur ces lèvres à ébranlé toutes mes certitudes, balayé toutes mes convictions.

Ses mains, agrippées à moi, son désir si évident à présent, et sa peur d’être rejeté, jugé ou dédaigner. Ohh non, Brian, ça n’arrivera pas. Pas après ce que tu as eu le cran de me dire, et pas après ce que j’ai eu le cran d’accepter.

Mais de nouveau, je vois le désespoir en lui, alors que je tente de lui faire comprendre que je veux, en quelque sorte, remplacer son premier baiser. C’est chose impossible, mais je veux y mettre la conviction que j’ai toujours mise dans mes actes. D’autant plus que c’est pour lui. Il est bouleversé à mes mots, à ma déclaration. Mon cœur fait des bonds totalement affolants, et je ne maitrise plus rien alors que nos lèvres se rejoignent. La chaleur qui se déverse en moi ne doit rien à mon pouvoir, je me sens totalement euphorique, et paniqué en même temps, car je ne sais pas dans quelle direction je vais. J’ai peur de ce que je lui ai dit, car ça vient du cœur. Un cœur meurtri, blessé, avec un grand besoin de soins… Mais je sens que Brian peut me soigner, et je peux lui rendre la pareille de mon côté.

Ses mains sur mon visage sont réelles, c’est du concret. Comme ses magnifiques yeux, comme la texture de sa peau, de ses lèvres, de sa langue… Et je trouve ça tellement plaisant. Qui aurait cru… La sensation n’est pas du tout la même qu’avec une femme, et je ne me lance pas dans une comparaison qui serait ridicule, c’est juste différent. Et c’est juste… Lui.

Plus tard, j’apprécie son contact contre moi, alors que je le serre tendrement, pour lui raconter à mon tour une partie de ma vie. Je suis assez troublé, car je me rends compte que j’ai beaucoup de passages flous, comme si ma mémoire était trop petite pour tout contenir. Il me manque des pans entiers de mon existence… Cela m’angoisse, et je lui en fais part…

Lorsque j’aborde le sujet délicat de sa place dans ma vie, je sais que je le soulage d’un poids.
- Je te remercie de ta franchise et… de deviner ce que je n’ose dire… Je t’ai… je t’aim…
Je souris gentiment lorsque je vois le mal qu’il a à prononcer ces mots, et je l’enserre d’autant plus, pour le rassurer.

-on a tout notre temps, Brian… Tu sais… la légende de la tapisserie qui se défait pendant la nuit. S’il le faut, je suis prêt à le faire… Pour rester avec toi…

Son soupire et son sourire sont un baume plaisant que j’aimerai avoir tous les jours, tous les soirs, toutes les nuits.

Les gestes que nous faisons tous les deux ensuite sont si doux et si forts en promesses qu’ils me laissent haletants, hésitants, perdus. Je le déshabille doucement, effleurant sa peau, caressant sa nuque, ses épaules, son torse, et il se laisse faire, un sourire ravit au visage, toute trace de peur ou de doute effacée. A mon tour, je me laisse aller aux caresses déshabillantes de Brian, qui font naitre des frissons sur toute ma peau. Il me faut une concentration assez soutenue pour ne pas exprimer trop ostensiblement mon envie, mais je constate que je ne suis pas le seul à avoir ce problème-là.

Nous décidons cependant de ne pas nous assoir sur ce constat, du moins pas ce soir.
Le baiser suivant ne fait pourtant rien pour nous aider, et le constat se fait plus important. Couché l’un contre l’autre, je lui caresse le dos gentiment, insistant quand je vois ses yeux se fermer sous le plaisir.
-je sais que c’est ridicule, et c’est un brave gars, je pense… Mais.. Je suis un peu.. Jaloux ? De Jansen. Il est beaucoup plus beau que moi, et.. Et surtout il a l’habitude de séduire… Je dois être tellement gauche, comparé à lui…

Brian me rassure sur ce point, et je me sens un peu idiot, comme un adolescent.
Au matin, je me réveille, ravis, avec un Brian toujours contre moi. Ma main suis les courbes de son dos, puis ses reins, et je refais ce chemin déjà parcouru, le long de ses cicatrices.
-tu sais, je veux être la pour toi, aussi longtemps que tu voudras… Si tu veux me parler de ça, aussi, tu peux… Et si tu veux tout savoir, je trouve ça super sexy

Son sourire est ma récompense. Son baiser une victoire. J’aimerai mener cette guerre tous les jours, car même une défaite sous ces auspices vaut toutes les victoires du monde.
(…)

Les premières heures de la matinée me valent des taquineries de la part de Mafdet, qui bien sûr à tout compris, sans doute en sentant l’odeur de Brian un peu plus entremêlée à la mienne.
-quoi ?... oui. Je ne sais pas du tout ou je vais avec ça. Mais tu sais Maf ? Je me sens bien avec lui. C’est comme si le monde s’écroulait autour de moi. J’ai bien compris que le brasier que j’ai allumé pour Fiona n’est que le premier. Qu’il y en aura d’autres. Mais auprès de lui, je me sens moins… démuni

-meow !

Au même moment, un appel me sort de mes rêveries… Les sourcils froncés, j’écoute le rapport du garde-chasse, avant de prendre une décision, qui m’inquiète un peu. Je ne veux pas le mettre en danger, mais il est le seul à présent sur qui je peux compter dans ce genre d’histoire.
Je file donc ventre à terre pour chercher Brian, qui me suis sans discuter, un plis soucieux sur le visage.
- Des difficultés à prévoir ?
-ya des chances oui… Le garde-chasse m’a parlé d’une bête sauvage.. Tu sais ce que ça veut dire… Sauf que ses descriptions collent pas avec nos.. Garous habituels. Il m’a parlé de poison, et de déchirures des tissus adipeux… Des crocs empoisonnés ? Autre chose ? Bordel de merde ! On n’a pas besoin d’autres créatures encore ! Ses paroles étaient confuse, mais j’ai eu l’impression que c’était un mélange de plusieurs créatures lorsqu’il m’a décrit une silhouette, courant à quatre pattes, avec une grande queue, puis se relevant pour finir sa course dans les ombres comme un bipède. Bien sûr, je lui ai dit qu’il avait dû imaginer ça sous la panique, mais on sait tous les deux que ce ne doit pas être le cas…
Je soupire bruyamment, avant d’accélérer.

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MessageSujet: Re: Opening | Feat Jordan   Dim 1 Nov - 18:53



The wind and fire


Feat : Hell Toutou



Je reste silencieux à la description que Jordan me fait de ce qu’aurait vu le garde-chasse. Si cela avait été n’importe qui d’autre qui me faisait une telle description, je l’aurais traité de fou… Mais c’est un gars qui peut créer du feu au bout de ses doigts qui me conduit aux abords de la ville, vers la forêt. Je me contente de secouer la tête. Je suis impatient que ce Matrim me synchronise sur La Liste.

Si tu connais ton ennemi et si tu te connais, tu n’auras pas à craindre le résultat de cent batailles.
Si tu te connais toi-même sans connaître ton ennemi tes chances de victoires et de défaites seront égales.
Si tu ne connais ni ton ennemi ni toi-même tu perdras toutes les batailles.


L’art de la guerre de Sunzi est enseigné dans les écoles militaires. La formulation est plus moderne, mais il est un fait qu’entre deux pays, c’est celui qui a le meilleur service de renseignement qui part vainqueur. Si j’applique ce dogme deux fois millénaire, mes chances de vaincre ou de perdre sont égales. Il est important que j’augmente ce facteur risque à mon avantage, sinon je ne ferais pas de vieux os à Beacon Hills. Quand je tourne la tête vers Jordan, je remarque qu’il a la mâchoire crispée. Lui-même ne sait pas vers quoi on va. La description du garde donne des éléments incohérents. Et même si j’ai compris que beaucoup de nos légendes ont finalement un goût de vérité comme pour les loups garous, je ne vois pas de créatures mystiques qui correspondent au descriptif donné. A ma décharge, mis à part l’Odyssée de Homère, je ne me suis jamais intéressé aux mythes et légendes.

Mon dos se colle au dossier quand Jordan accélère avec la circulation qui se raréfie. Le soleil commence à projeter de grandes ombres. Nous avons encore quelques heures de soleil devant nous. Je ne préfèrerai pas à avoir à traquer une telle créature dans l’obscurité de la nuit. J’imagine sans mal que, comme un loup garou, ses sens sont sur-développés par rapport à un humain, ou le mentaliste que je suis. Est-ce que Jordan bénéficie de ces avantages ? Son don s’apparente au mien, quoi que différent sur l’élément maitrisé et la manière de le faire. Je ne pense pas qu’il soit un simple mentaliste, il est plus fort et plus rapide que moi. Ce qui est sûr, c’est que je suis content de l’avoir à mes côtés pour cette mission.

(…)

Cela fait bien un bon kilomètre que nous marchons sur ce sentier forestier. Nous avons dû laisser la voiture de patrouille car le passage est trop juste et Stilinski en ferait une jaunisse si nous abimions le véhicule. Déjà que Jordan avait cramé, ou plutôt s’était fait bruler avec le précédent. Je pense souvent à cette histoire, la douleur qu’il a ressentie, la panique de se retrouver ligoté… Cela fait partie de l’un de ses cauchemars récurrents. Quoi que je fasse, jamais il ne pourra oublier cet instant.

La forêt est agréable. C’est un coin que je ne connais pas. Nous ne venons pas courir ici, car c’est un peu loin du centre-ville. Nous passons une cabane de chasseur et bifurquons sur la gauche. L’endroit où le garde-chasse a vu la bête n’est plus très loin. Ce qui nous inquiète, c’est qu’il ne répond pas à notre appel radio. Il est censé nous attendre à un deuxième refuge de chasseur. Ce sont en fait plus des promontoires couverts pour attendre les sangliers. Il y a souvent des appâts de nourriture juste en dessous. Pour la énième fois Jordan appel le garde-chasse. Toujours rien. Sans nous concerter, nous marchons de manière silencieuse, les sens aux aguets. Je projette même mon don au-devant de nous. Je palpe la matière. Cela me donne l’équivalent d’une image de sonar. Je me suis découvert cette capacité lors d’un combat maritime où je m’étais retrouvé à l’eau. Pourtant, je n’avais jamais réussi à réitérer cela, malgré un nombre incalculable de tentative. Et là, cela me vient presque naturellement… Est-ce à cause de mes entrainements quotidiens avec Jordan qui me pousse à utiliser mon don pour rester à sa hauteur ? Mes maux de têtes ont fini par s’estomper. Je ne m’étends pas plus sur mes dons qui semblent se renforcer car je trouve le corps avant qu’on le voit. Je sors mon arme et fais le signe d’arrêt, bras en l’air, poing fermé. Du doigt je désigne Jordan et lui indique le sol, puis me désigne à mon tour et la direction où je vais. Il n’y a pas de chef ou de subordonné. C’est celui qui a vu quelque chose qui va voir et l’autre qui reste en couverture.

Ce qui me permet de « visualiser » le corps et de ne pas le confondre avec le reste, c’est la résistance semi-molle du corps, et ses atomes vibrent très légèrement sous la chaleur corporelle. J’aurai eu plus de difficultés s’il était mort depuis longtemps. Je sais qu’il ne vit plus car plus rien ne bouge en lui. Les atomes qui le constituent sont immobiles mis à part la vibration due à sa chaleur. Et effectivement…

- Jordan… J’ai trouvé le garde-chasse…

Il a le torse lacéré, mais surtout sur son flanc, il a une blessure violacée comme s’il s’était fait poignardé avec un pieu. La blessure est vilaine. L’arme, ou je ne sais quoi, devait être empoisonnée. Les veines autour de la blessure sont très marquées et presque noires. Le garde a le regard exorbité.

- Poison… sa langue est bleue.

Jordan hoche la tête et regarde attentivement autour de nous. Avant d’appeler le central, nous balisons la zone. Il nous faut maintenant attendre l’arrivée du légiste.

- Comment nous allons expliquer ses blessures ?

Un bruit à une vingtaine de mètres nous fait taire. Quelque chose se faufile non loin de là. Nous nous approchons prudemment, arme au poing en formation de tenaille. Quinze mètres, puis dix, puis… Une forme étrange fuit brusquement. Nous la prenons en chasse. La chose semble courir à quatre pattes qui doivent être solidement armées de griffes, si j’en juge les traces sur le sol. La végétation est trop dense et la bête a un peu d’avance, suffisamment pour que je n’aperçoive pas son corps. Je pousse mon don pour la « palper », mais me retire vivement. Le « contact » est dérangeant… froid. La poursuite finit par nous perdre. Nous avons tourné et bifurquer mainte fois. Seul le soleil couchant reste notre point de repère.

J’aperçois enfin la forme de ce que nous traquons quand la chose débouche hors de la forêt et se précipite dans ce qui semble être une friche industrielle. Des murs de béton, des escaliers métalliques… Erreur tactique du monstre. Sur ce terrain, c’est comme si je savais voler. J’ai rangé mon arme et déjà pris de l’avance sur Jordan en marchant littéralement sur les murs pour bondir d’obstacle en obstacle. Mais le fauve que nous poursuivons reste rapide et les cachettes sont nombreuses. Je me rends compte que je l’ai dépassé quand un mouvement sur ma gauche me fait réagir. Je dois à ma grande souplesse et mon agilité d’éviter la main griffue qui s’abat sur moi. Je frissonne d’effroi en regardant le monstre dans les yeux. Les iris qui s’illuminent, je trouve ça beau chez Jordan, mais pas du tout chez cette chose. Ce regard me fige, j'entends Jordan me dire de bouger, mais je ne le peux pas...



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MessageSujet: Re: Opening | Feat Jordan   Mar 3 Nov - 20:33


Le vent et le feu
Je suis inquiet, car je sens au fond de moi que, même à l’aulne des standards surnaturels, la description reçu de la possible créature brave tous ces standards. Elle est, j’en suis sûr, une sorte d’aberration. J’espère donc, sans trop y croire, que le garde-chasse à mal vu, ou à extrapoler, à cause de la panique, mais l’angoisse ne me quitte pas, à mesure que nous approchons de l’endroit.

Cependant, la présence de Brian à mes côtés me rassure. Et surtout, pour la première fois depuis que je suis dans cette ville, j’ai un partenaire de ronde, je ne suis plus seul. Fiona avait amorcé ce changement, mais elle était partit bien trop tôt. Est-ce que l’aigle me surveillait, de l’endroit où il était à présent ? Est-ce que je le la décevais ?

J’enrage de ne pas avoir plus de certitudes, ni de contrôle sur les événements et sur moi-même. La présence de Brian me fait du bien, mais j’ai peur pour lui. D’une part nous risquons d’affronter des forces qui nous dépassent, d’autre part je ne suis pas sûr de ne pas être un danger pour lui. Ce manque de contrôle est, je le sens, quelque chose qui fait partit intégrante de mon rôle, et le contrôle total sur ce que je suis m’empêcherai de mener ce rôle comme il le faut.

Nous avons quitté le véhicule depuis un moment déjà, et nous marchons, en veillant l’un sur l’autre, comme ce que l’on nous à enseigné pendant notre formation militaire. Il veille sur moi, je veille sur lui. On ne laisse personne derrière, ni blessé, ni mort. La dernière option me fait frémir et je regarde, inquiet, Brian. J’ai difficilement survécu à la perte de Fiona, je ne pourrai survivre à celle de Brian. Cette brusque prise de conscience m’entraine sur une pente vertigineuse, mais pour rien au monde je ne regrette ce qu’elle implique, et pour rien au monde je ne changerai quoi que ce soit à mon attitude vis-à-vis de lui.

Nous marchons tous les deux sur le qui-vive, car nous ne connaissons pas les lieux… Cela fait plusieurs fois que j’essaie de joindre notre contact, sans succès, et au fur et à mesure que les minutes s’égrènent, j’ai de moins en moins d’espoir de le retrouver sain et sauf. Je n’ose pas en parler à Brian, et je tente de faire bonne figure, mais je sens au fond de moi qu’il est mort, et de façon non naturelle. Cette certitude prend appuis sur mes nouvelles capacités, et j’en ai peur. Je me sens comme… attiré par cette mort…

Soudain, Brian semble en alerte maximale, et sort son arme. Il m’étonne de jours en jours, et je soupçonne son pouvoir d’être bien plus vaste que la démonstration qu’il m’en a fait, ou l’explication qu’il a donné à Ruby.

Il me fait donc signe d’attendre, pendant qu’il va vérifier. J’angoisse à mort, mais un feu bouillonnant est prêt à exploser en moi au moindre problème, je ne laisserai personne lui faire de mal. Mais j’ai peur de ne pas être assez rapide si toutefois ça arrivait.
- Jordan… J’ai trouvé le garde-chasse…

Je n’ai même pas besoin de m’approcher. Le ton de la voix de Brian est suffisant pour corroborer ce que je redoutais. M’approchant, je constate, avec Brian, l’étendue des dégâts. Les blessures sont impressionnantes et témoignent d’une grande sauvagerie.
- Poison… sa langue est bleue.

Je suis d’accord, hélas, et lui confirme mon assentiment, inquiet. Nous n’avons plus grand-chose à faire pour le pauvre homme, aussi je suis la procédure, quand bien même je trouve ça grotesque. Nous délimitons donc le périmètre, avant d’appeler le central.
- Comment nous allons expliquer ses blessures ?

Avec un grand soupir, j’exprime mes regrets.
-Ruby va encore avoir du boulot… Masquer tout ça… C’est quand même pas de bol, on sait maintenant que les créatures surnaturelles existent, mais il y en a pas une qui soit fichue de faire oublier les choses au gens, se serait tellement pratique d’avoir un tel allié… Enfin qui sait, ça existe peut-être…

J’allais ajouter quelque chose lorsqu’un bruit nous remis immédiatement en alerte.
La créature surgit brusquement, puis prend tout aussi brusquement la fuite. Nous nous élançons à sa poursuite, sans trop savoir ce qu’elle est exactement.

Quand finalement, elle nous attire vers la ville, s’éloignant du lieu de ses méfaits, je vois Brian pratiquement se métamorphoser. Je le savais dans son élément, en milieu urbain, mais je n’avais jusqu’alors pas eut l’occasion de l’admirer, car c’est bien le mot, réaliser ses exploits. Il est l’incarnation du vent, il vole pratiquement. Malgré la situation et le danger, je souris à cette image, et je me sens hypnotisé par ses mouvements. Mon admiration pour lui monte encore d’un cran, je ne sais pas si elle a des limites.

Je suis donc à la traine quand j’arrive enfin à sa hauteur, et j’assiste avec effroi à une attaque, heureusement ratée, de la créature envers Brian. Mais cette torpeur que je vois soudain sur son visage m’inquiète. Il est lui aussi hypnotisé, mais pour des raisons bien moins romantiques. Je ne laisserai pas cette saloperie lui faire du mal.

M’approchant j’ai alors l’occasion de voir un peu plus précisément ce à quoi elle ressemble. Queue de scorpion, griffes acérées, et, semble-t-il, regard hypnotique. Qu’est-ce que c’est que cette chose ? Le reste semblait humanoïde. Je constate très vite que je suis trop loin pour la ceinturer ou l’affronter au corps à corps, mais je vois le dard se redresser, prêt à frapper. N’ayant aucune illusion sur l’efficacité des balles, je ramasse une barre de métal lourde, à portée, et laisse la peur attiser le feu. Je ne suis pas encore en flamme, mais je sens le feu parcourir mes muscles, et c’est en criant, pour attirer son attention que je jette la barre sur lui, comme un javelot, ayant chauffé presque à blanc le métal. Je ne me pensais pas capable de faire ça aussi vite.

Le sifflement du métal en approche et mon cri suffisent pour détourner son attention, et Brian retrouve immédiatement la maitrise de son corps. La créature est trop rapide , et arrive donc esquiver, mais seulement en partie, mon projectile. Le « javelot » de métal se plante sur le sol, dans une flaque d’eau, en crissant, non sans avoir percuté le flanc de la créature et lui avoir arraché un morceau de peau et de chair. Son cri strident fait écho à sa douleur et sa haine m’atteint de plein fouet. Elle se met à grimper à toute vitesse sur le mur, et disparait très vite…
-on va avoir un gros problème. Elle est en hauteur, et elle peut nous tomber dessus n’importe quand… ça va ? Tu n’as rien ?

Mon regard inquiet rencontre le sien, et je vois, aussi incongru que cela puisse parraitre, son sourire… Il est.. Heureux ? Je suis troublé…


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MessageSujet: Re: Opening | Feat Jordan   Mer 4 Nov - 21:00


Opening


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Ce regard froid me glace, un frisson désagréable remonte le long de mon dos. Les pupilles de la créature sont verticales comme celles d’un reptile. Pire, je n’arrive pas à détacher mon regard de cet être de cauchemar. J’ai pourtant bien conscience de ce qui m’entoure, de Jordan qui m’exhorte à bouger, de l’appendice caudal de cette chose qui se redresse et pointe vers moi, le dard duquel goutte ce que je devine être du poison. L’image du garde-chasse mort me traverse l’esprit. J’essaye de me secouer, ma volonté commande, portant mon corps ne m’obéit pas, prisonnier de ce regard, je suis vulnérable et à la merci de la créature. Je m’insurge contre la fatalité de ce qui va suivre. Ce n’est pas une mort honorable… Je ne veux pas tomber ainsi, sans combattre, sans aller jusqu’au bout de mes capacités. Je suis un soldat, un… !

J’entends le hurlement de Jordan, la créature détourne le regard… je suis libre. Je réagis dans la seconde et bondis en arrière hors de sa portée. Une barre de fer chauffée à blanc se plante dans le sol. Elle vibre encore de l’énergie que lui a donnée Jordan. Un morceau de peau  de la bête y est resté collé, son cri nous fait comprendre sa fureur. Mais déjà, elle grimpe sur le bâtiment le plus proche.

-on va avoir un gros problème. Elle est en hauteur, et elle peut nous tomber dessus n’importe quand… ça va ? Tu n’as rien ?
- Je vais bien, grâce à toi !


Je lui offre un beau sourire. Il est sincèrement inquiet pour moi et cela me touche énormément. Je serre son épaule pour le rassurer, puis lève le nez vers le toit d’un air ravi.

- Sur le navire école, je grimpais sur le grand mât en moins de trente secondes. Je ne laisse personne me surplomber !

Alors que ma main attrape déjà le rebord de la gouttière que la bête à emprunté pour grimper, je rassure Jordan, lui disant que j’ai compris qu’il ne faut pas la regarder dans les yeux. Sa sollicitude me touche, cependant j’aimerais qu’il fasse un peu confiance quant à mes capacités, ou plutôt qu’il comprenne qu’il ne pourra jamais me garder dans un nid protecteur. Je suis fait pour le danger et l’adrénaline que cela apporte. Alors tout en grimpant à mon tour, je crée un léger vent qui lui caresse le visage, amical, rassurant... aimant. Je ne suis pas un simple humain. Je suis un soldat avec quelques astuces et malices dans les poches et j’adore jouer les filles de l’air.

- Nous sommes deux, il est seul. Je le rabats vers toi.

Mes doigts se couvrent de la rouille qui parsème le tuyau. La corrosion m’aide à adhérer à la paroi. L’exercice tire sur mes muscles. Je reste bien décollé du mur comme à l’entrainement. Dire que l’on faisait ça sur des mâts passés au savon… Là, c’est presque une promenade de santé. Je marque un temps d’arrêt juste avant le sommet. Je sonde le haut de l’immeuble désaffecté comme j’ai sondé la forêt. C’est le moment que choisi le dernier collier de fixation pour lâcher brusquement. La gouttière plie sous mon poids. D’un violent coup de rein je me rétablis de justesse au rebord du toit. Il me faut quelques secondes pour assurer une prise correcte, puis d’une poussée des pieds sur le mur, je bascule enfin sur le toit plat.

Une main et un genou à terre, je scrute les environs. Rapidement je trouve la créature. C’est un véritable cauchemar vivant. De forme humanoïde, elle possède une queue comme celle d’un scorpion, ses mains sont celles d’un loup, ses yeux ceux d’un reptile. Je n’arrive pas à croire que la nature ait pu engendrer un tel être. Quoi qu’il en soit, le fauve semble avoir des problèmes avec la porte qui mène à l’escalier. Alors qu’il s’aperçoit de ma présence, semblant étonné que j’aie réussi à monter en empruntant le même chemin que lui, il commence à s’avancer sur moi. Alors, je sors mon arme et tire sans sommation. La bête est rapide, je visais l’aine, pourtant je la touche à l’épaule. La blessure fait changer d’avis l’animal qui rebrousse chemin et tente de fuir par les toits. Une course poursuite s’engage. Je fais du bruit pour que Jordan, resté au sol, repère la direction que l’on prend. Je l’aperçois furtivement quand je suis la bête, sautant d’immeuble en immeuble. Ce ne sont pourtant pas ces sauts dans le vide qui sont les plus dangereux, mais de se réceptionner sur ces toits parfois juste faits de tôles rongées par le temps. C’est d’ailleurs dans un boucan infernal que la créature chute, courant sur une partie trop rongée par les pluies acide. A l’intérieur, c’est plein de poutrelles d’acier. Je suis en glissant sur une tôle qui plie sous mon poids, me créant une rampe régulière… Au bout de la rampe le vide… L’endroit est mal éclairé, la nuit est pratiquement tombée, néanmoins une ombre trahit la présence de la bête juste en dessous. C’est donc moi qui lui tombe dessus, entraînant avec moi un tas de tôle et d’autres débris dérangés pas ma chute.

Roulant sur moi-même, je me redresse rapidement. Seulement je n’ai pas le temps de contempler mes coupures diverses et semblent toutes variées, car l’animal se dégage des gravats juste sous mon nez. Je pousse sur mes jambes, c’est là que le programme de Jansen va m’aider…, et saute sur dos de la créature. Mais avec effroi, je comprends rapidement que sa queue est suffisamment souple pour m’atteindre. Cet être a trop d’atouts pour être battu au corps à corps. Je me dégage en m’aidant d’une forte surpression latérale qui me fait planer au-dessus du sol sur une poignée de mètres. Ma réception est plus qu’hasardeuse dans un fatras de débris. C’est à moitié sonné que je me redresse. Je n’ai que le temps de voir la créature plonger sur moi et de sentir une chaleur intense nous irradier brusquement, avant de basculer de nouveau en arrière, emporté par l’élan de la bête. J’émets un râle de douleur quand ses griffes entament mon flanc. Je tire deux coups sans prendre le temps de sortir mon arme de son holster. Je n’en ai matériellement pas le temps, ni la liberté de mouvement nécessaire. Un grognement m’indique que je l’ai touché, cependant ma tête heure quelque chose de dur qui allume une voie lactée dans mon crane.

J’ai les paupières closes, mais je suis tout de même ébloui par une forte lumière. J’ai juste le réflexe de pousser violemment sur mes jambes, projetant le monstre je ne sais où, avant de m’effondrer à la limite de l’évanouissement, vulnérable à nouveau.

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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: Opening | Feat Jordan   Dim 8 Nov - 13:56


Le vent et le feu
- Je vais bien, grâce à toi !

Son sourire me réchauffe le cœur, je me sens bien et pourtant la situation ne s’y prête pas du tout. Mais les secondes suivantes, l’angoisse me reprend, car je sais à présent que je ne supporterai pas de le perdre. Métaphoriquement, ou physiquement. J’ai toujours été comme ça. Parfois borné comme un bourricot, refusant de voir, d’accepter. Mais une fois que j’ai fait cette démarche, que j’ai accepté un fait, ou, dans le cas présent, un sentiment ; rien au monde ne pourrait me faire revenir en arrière. Ma déclaration avait valeur de serment. Je veux être présent à ses côtés, dans sa vie, et pas seulement le temps qu’il aille mieux. Je m’investis dans la rénovation de sa maison, je le sais maintenant, car j’aimerai que « sa » devienne « notre ».
- Sur le navire école, je grimpais sur le grand mât en moins de trente secondes. Je ne laisse personne me surplomber !

Je n’ai d’autre choix que de le regarder grimper avec aisance, inquiet, mais en même temps si fier de lui, si impressionné par tant de souplesse, de maitrise et de rapidité. Il répond à mon inquiétude en m’envoyant la caresse d’un vent. Le regardant disparaitre sur le toit, je pose ma main la ou j’ai sentis le vent créé par Brian. Oui. Je l’admire, et je le veux auprès de moi. Je ferais tout pour qu’il ai une meilleure vie, et l’amour dont il a besoin, tout comme j’ai besoin du sien.

- Nous sommes deux, il est seul. Je le rabats vers toi.
-ok, mais si jamais tu te blesses, je te frappe !

Je grimace, inquiet, lorsque je le vois se rétablir suite à la défection de la solidité de l’échelle improvisée. Puis, enfin, il est sur le toit. Je ne peux plus rien pour lui, a part ne pas le perdre de vue. Son sourire est la dernière chose que je vois avant qu’il ne disparaisse sur le toit. Je tente de suivre son parcours, me basant sur les bruits, me penchant du mieux que je peux pour ne pas le perdre de vue, quant à la lumière blafarde, je le repère de temps en temps.

Je ne peux qu’extrapoler leur parcours. Je suis au sol, et je n’ai pas l’aisance de Brian pour grimper comme il le fait. Si je maitrisais parfaitement ce que je suis, je pense que je serai capable de faire un bond impressionnant, mais je ne me risque pas à le faire dans le cas présent, ne sachant pas vraiment comment déclencher le processus, et n’ayant pas envie de perdre le contrôle, comme lorsque Chad m’avait envoyé venger … Fiona.

J’entends un coup de feu et je serre la mâchoire, m’angoisser encore plus ne changera rien. Il faut plutôt que je tente de le rejoindre, et être là quand il aura besoin de moi. C’est donc avec rapidité et toute ma concentration auditive que je me déplace, pour rejoindre Brian et son ennemi, qui agissent plus en hauteur. Je le vois sauter d’un toit vers un autre, jouant la fille de l’air. Le boucan d’enfer me renseigne sur la suite :

La créature vient de chuter, et Brian doit surement la poursuivre dans sa chute. Courant plus rapidement, j’arrive vers la bâtisse abandonnée que j’estime être la bonne. Il y a une porte, mais fermée. Je tente de la forcer, mais rien à faire et plus je cogne, plus je sens la rage, portée par l’urgence, changer quelque chose en moi. Bon sang ! Brian est de l’autre côté, au prise avec cette… chose ! Fais quelque chose, imbécile d’adjoint inutile ! L’homme que tu aimes est de l’autre côté, et sa survie dépend peut être de toi ! FAIS QUELQUE CHOSE !

Soudain, je sens le changement, et ce détachement si étrange, car très loin de la zénitude que j’associe habituellement au détachement. Il y a un changement, subtil. Je ne contrôle plus la suite, mais une partie de moi, de Jordan, est encore la, et j’arrive à diriger ce feu, ces flammes, et cette force décuplée sur un seul but : sauver Brian. Je connais la suite. Mes vêtements partent en lambeaux, calcinés par les flammes, qui irradient d’une rare intensité. Le métal de la poignée commence à fondre, mais ce n’est pas assez rapide. D’un violent coup de pied, j’arrive à défoncer la porte et je pénètre à l’intérieur, entouré de flamme, et témoin de la scène qui me fera de nouveau basculer complètement.

La créature a réussi à blesser Brian, et ce dernier, dans un dernier effort, la repousse, lui ayant également tiré dessus. La créature se relève, et fonce vers Brian. Mais j’ai bondit, et je suis à présent entre elle et mon coéquipier. Je… Je.. Nous nous interposons, conscients que notre humanité s’accroche, désirant garder le contrôle. Nous nous en fichons, seule compte cette aberration devant nous, et les ravages qu’elle pourrait causer si nous la laissions libre de ses mouvements. Elle semble avoir compris notre détermination et la fatalité de son destin, car, elle arrête de courir, pour semble-t-il prendre la fuite.

Mais il est trop tard, nous ne la laisserons pas s’en aller… Alors que nous approchons elle nous griffe, provoquant une vive douleur. Mais se faisant, elle met à notre portée ses pattes, que nous enserrons dans une poigne d’acier. Les os qui craquent ne nous font ni chaud ni froid, car nous avons une mission. Cette chose ne doit tout simplement pas exister, elle mettrait en péril le secret nécessaire à préserver, de l’existence de notre monde. Nos mains enserrent à présent le cou de la créature, et nous voyons le dard et son poison tenter de nous atteindre. Mais nous ne la laissons pas faire, et bientôt elle ne respire plus.

Nous sommes navrés de voir le résultat, alors qu’elle se transforme, devenant une jeune femme que nous trouvons belle, mais qui garde des caractéristiques trop évidente. Nous savons instinctivement ou nous devons l’amener. Le Nemeton.

Nous nous abaissons, et, avec douceur, car nous n’avons aucune haine pour elle, nous la prenons dans nos bras, et nous relevons. L’humain au sol nous regarde, s’éveillant. Nous sommes troublés par son regard, qui éveille en nous une étrange chaleur, situé au niveau du cœur. A-t-il un pouvoir sur nous ? Étrangement, nous trouvons cette idée plaisante. Après l’avoir observé, nous lui sourions, mais restons sourds à ses paroles, qui ne nous atteignent pas. Il semble remarquer que nous sommes autre chose que ce qu’il croyait. Notre sourire a disparu, remplacer par un objectif, une détermination.

Nous sortons dans la nuit tombée, et nous dirigeons vers le nemeton, sans plus d’égard envers le jeune humain aux yeux clairs. Avons-nous pensé « beaux yeux clairs » ? Nous devrons étudier ce pouvoir plus tard. Nous marchons dans une sorte de transe, inconscient des obstacles et des dangers qui pullulent sur notre chemin, nous nous blessons au passage, d’ailleurs, mais nous sommes inexorablement attirés vers notre but, portant notre devoir dans nos bras.


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Brian O'Conner

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MessageSujet: Re: Opening | Feat Jordan   Dim 8 Nov - 16:35


Fire


Feat : Hell Toutou



Je ne sais pas combien de temps je suis resté semi-inconscient. Mais c’est une lumière vive qui me ramène à moi. Une violente douleur à l’arrière du crane m’explique pourquoi je vois un peu double. Je me suis presque assommé moi-même en m’écartant de la créature brusquement. Les deux coups que j’ai tirés ne semble pas avoir fait mouche. Je n’ai pas eu le temps de viser, ni même de sortir mon arme de son étui. Le monstre me charge de nouveau et je sais parfaitement que je suis parfaitement incapable de dégager à temps. Alors que je m’attends à un choc frontal violent, Jordan s’interpose comme par enchantement. Il est… à moitié en flamme. Son uniforme est parti en fumé... Je cligne des yeux plusieurs fois pour ajuster ma vision dédoublée. Le moment est comme hors du temps. Il vient encore de me sauver la vie. La créature est là qui feule son mécontentement d’avoir été interrompue dans sa mise à mort, pourtant la seule chose dont j’ai conscience pour l’instant, est le corps nu de Jordan qui me tourne le dos. Les flammes ont laissé des traces de suie qui souligne le dessin de ses muscles, le galbe de ses fesses… Mais le trouble que cela me provoque est vite remplacé par l’incongruité de ce qui suit.

- Jordan ! Fait attention à sa queue !

Mais il ne m’entend pas. Il est comme dans un état second et maitrise la créature de manière méthodique et sans aucune émotion. Je ne reconnais pas l’homme qui habite avec moi. Un côté sauvage se dégage de lui, c’est comme si une force séculaire émanait de son être. Pourtant je ne ressens aucune peur alors qu’il achève la créature presque avec douceur.

- Jordan ?

Alors qu’il se saisit de celle qui était une jeune femme, mais dont le corps sans vie laisse apparaitre sa nature surnaturelle, Jordan semble enfin me voir. Un sourire fugace passe sur son visage, puis il reprend ce masque inexpressif si étrange.

- Jordan ! Tu ne peux pas sortir ainsi ! Tu es à poil ! Écoute, je vais aller  chercher la voiture OK ?

Autant parler à un sourd, alors je me place devant lui. Il ne doit pas sortir ainsi… si quelqu’un le voit… Je n’imagine pas les explications qu’il nous faudra donner. Il tente de m’éviter, mais je m’interpose de nouveau.

- Jordan c’est import… Aïe !

Je n’ai pas eu le temps d’éviter son poing enflammé qui m’atteint pile sur mon flanc, déjà lacéré par les griffes du surnaturel. Son geste était lent… évitable… mais je n’imaginais pas qu’il me blesserait. Médusé, je le regarde sortir dans la nuit, reprenant son chargement à deux bras. C’est à peine que je me rends compte que ma chemise s’enflamme, tant je suis estomaqué par son absence d’expression. J’éteins le début d’incendie sur ma chemise déjà lacérée de toute part et sors à mon tour. A la douleur de mes multiples blessures, de la bosse que je sens grossir à l’arrière de mon crane, s’ajoute la brûlure que vient de me faire Jordan. Ce n’est pas lui qui m’a fait ça, mais... la chose qui a pris les commande de son corps. Inquiet, j’accélère et le rejoins. Il se dirige d’un pas ferme et régulier vers la forêt.

- Jordan ! Écoute-moi !

Il regarde droit devant lui. Son corps n’est plus en flamme et c’est impuissant je le regarde s’enfoncer pied nu dans la forêt. Je le suis en restant un mètre derrière lui. Il est comme un somnambule. Ma radio crachote un appel. Le coroner est sur place et demande après nous… Que lui dire ? Que nous avons suivi une créature née d’un bouquin de légende ? Que Jordan s’est transformé en torche vivante ?

- Ici Brian O’Conner, je suis avec l’adjoint du shérif, Jordan Parrish. On a suivi la piste d’un suspect. Nous… venons de le perdre…On le cherche. Ne nous attendez pas, embarquez le corps du garde-chasse. Nous ferons notre rapport demain.
- Entendu O’Conner. Je vous envoie du renfort ?
- Négatif. Nos éléments sont trop minces. Bonne soirée.


Je m’étais arrêté pour répondre à l’appel. Je pose mes deux mains sur mes genoux. J’ai la tête qui tourne encore du coup reçu et je remarque que ma chemise colle à mes blessures. Je défais donc les derniers boutons qui tiennent encore et éloigne les pans de tissu de ma peau. Je grimace car cela tire sur les blessures. Je n’ai rien de grave, je dois juste nettoyer cela avant que cela s’infecte. Mais pas le temps de m’apitoyer sur mes bobos, Jordan avance et avec horreur, j’aperçois qu’il va droit là où nous avons laissé le garde-chasse. Nos hommes sont encore là-bas !

- Jordan ! Nous ne pouvons pas passer par là !


Je marche à sa hauteur, mais il ne m’écoute pas. J’accélère et me place devant lui, tout en reculant alors qu’il avance.

- Jordan, les gars sont encore là ! Ils font les relevés avant d’embarquer le corps du garde-chasse. Il ne faut pas qu’ils te …

La main brulante de Jordan vient de se poster sur ma poitrine et me pousse. Je m’écarte vivement sous la morsure de la brulure. Je commence à paniquer, non pas pour mes blessures, mais à mon incapacité à le raisonner. Je dois atteindre l’homme qui m’a confier ses sentiments, l’homme qui dort avec moi, le seul dont j’accepte le contact, mais comment ? Je n’ai que ce que je ressens pour lui comme conviction. Alors à nouveau, je le bloque en m’imposant sur son chemin. Je plante mon regard clair dans son regard de braise et quand son poing s’orne de flamme pour me repousser de nouveau, je me concentre sur celui-ci et éteint ce feu surnaturel. Dans le reflet de ses yeux, je vois mon propre regard s’illuminer d’un bleu intense. Jordan rallume de nouveau son poing…

- Je ne veux pas t’empêcher de passer Jordan. Je te demande simplement de faire un détour et de contourner nos collègues qui bossent à moins de cent mètres de là…

Le poing enflammé s’approche de mon torse. La chaleur qui en émane n’arrange pas la douleur de mes brûlures précédentes, pourtant je ne recule pas. Le temps s’arrête dans une confrontation de regard. Je mets dans le mien tout ce que j’éprouve pour lui et mon besoin de le protéger.

C’est sans aucune autre expression, qu’un visage impassible que Jordan me contourne… et fait le détour demandé. Je renverse la tête en arrière et laisse passer un soupir de soulagement. J’ai la peau en feu, mais je suis heureux. Il m’a entendu ! Je crois avoir compris comment fonctionne l’être qu’il est là à ce moment précis. Il ne me considère pas comme son ennemi, mais je ne dois pas le bloquer de son objectif. Il faut que je me contente de le guider. Je ne sais pas où il m’emmène comme ça. Il poursuit son chemin sans montrer une quelconque fatigue. Alors que nous passons près d’un lac, je stoppe un moment pour tremper ma chemise dans les eaux noires. La seule lumière qui nous éclaire est celle de la lune. J’ai perdu ma lampe lors de ma chute dans l’entrepôt. L’eau froide me fait un bien fou. Je n’ai pourtant pas le temps de m’attarder si je ne veux pas que Jordan me sème. Je renfile donc ma chemise trempée. La sensation est agréable et désagréable en même temps. Agréable sur les brulures, mais agressive sur le reste de ma peau constellée de coupures et de marques de griffures.

Je ne sais pas depuis combien de temps nous marchons ainsi en silence. J’observe le corps nu de Jordan à la dérobée. Il ne semble pas souffrir des buissons épineux qui le griffent au passage, ni du sol irrégulier sous ses pieds. Je sais que nous sommes arrivés au moment où j’aperçois la souche de l’arbre. L’endroit est étrange, mystérieux. Le corps de Jordan s’enflamme à nouveau. Je ne sais pas quoi faire, pourtant je me sens comme apaisé. Le lieu me renvoie de bonnes vibrations. Alors je me laisse glisser contre le tronc d’un arbre. Mon rôle de gardien est fini. Je suis lessivé. L’adrénaline est retombée et avec elle, mon énergie. Je n’ai pas froid car Jordan chauffe l’endroit, pourtant je frissonne. Je le regarde poser le corps sur la souche. Puis un immense brasier s’allume. C’est beau et majestueux, mais si inquiétant. Je vois un aspect de Jordan que lui-même semble ignorer. Je ne sais pas ce qu’il est, ni quel est sa mission surnaturelle. Pourtant, malgré les brulures qu’il m’a infligées, malgré sa force incommensurable, je sais que ma place est près de lui. Je n’éprouve aucune peur, aucun grief envers lui. J’ai un rôle, celui de lui permettre de faire ce qui doit être fait. Je suis celui qui ôtera les obstacles qui se mettront devant lui. Il faut juste… que l’entité qui est en lui m’écoute… Il a réagi quand j’ai éteint son feu…

Les avant-bras posés sur mes genoux, je regarde le sol entre mes jambes. Je suis lessivé, j’ai envie d’une douche tiède qui lave mes blessures, d’un lit douillet où m’effondrer. Mais je suis un soldat, j’ai déjà enduré pire. Je sais attendre mon heure, je patiente. L’ombre de mes jambes bouge. Je lève le menton et vois Jordan avancer vers moi, toujours en flamme.

- C’est fini ?

Il ne répond rien et continu d’avancer vers moi. Sous ses pieds, les feuilles mortes s’enflamment. Il avance toujours, sans émotions apparente. Beau, inquiétant, majestueux.

- Jordan ? Tu vas cramer la forêt !


Toujours cet air impassible et il commence à s’approcher dangereusement de moi avec ses flammes. Sous la chaleur crescendo, ma peau à vif se rappelle à ma mémoire de manière cuisante. Alors je tends les mains devant moi, non pas pour lui faire obstacle mais pour visualiser au mieux la zone où je projette mon don. Mon regard s’illumine d’un bleu irisant et j’éteins les flammes. Celles qui courent sur le sol et les autres sur sa peau. J’éteins ce mini soleil qui s’avance vers moi. Je ne me suis pas relevé, car je doute que mes jambes m’obéissent. Des pensées pratiques me traversent l’esprit, comme notre voiture de patrouille qui ne doit pas être si loin, si nous coupons tout droit, ou la tenue de rechange qui se trouve dans le coffre… pour Jordan. Nous sommes tous deux couverts de suie, de sueur et de sang pour moi. Et pourtant, Jordan m’apparait comme magnifique, même si son regard n’est pas encore celui de l’homme qui partage mes nuits.

- On rentre ?

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