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 L’innocence a parfois l’apparence du crime (Jordan et Maxence)

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Maxence Reagan

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MessageSujet: L’innocence a parfois l’apparence du crime (Jordan et Maxence)   Mar 6 Oct - 22:21


L’innocence a parfois l’apparence du crime

La nuit, je rêvai être dans la peau d'un personnage d'une série, celle où un jeune avocat aux mœurs légères tentait de cacher qu'il était complice d'un meurtre. Je ne me sentis pas particulièrement détendu en me réveillant bien que cette histoire eut été comique.

La douche que je rejoignis avec l’effervescence du réveil des autres étudiants me mit les idées au clair. De retour dans ma chambre, j'enfilai une tenue appropriée pour la journée. Je l’avais choisi sur les conseils de Chad qui m'avait accompagné dans une boutique de prêt-à-porter. Sans être habillé comme un avocat de renom, je souhaitais transmettre l'image d'un étudiant motivé mais avant tout celle d'un citoyen respectable. J'avais la chance de pouvoir vivre la justice de l'intérieur, ce que je ne souhaitais pas gâcher.

Avant de partir, bien en avance, je saisis la petite boite qui m'avait été transmise quelques jours plus tôt. Matrim en était à l'origine comme l'indiquait son petit mot où il me demandait de ne pas l’ouvrir avant ce jour. Je n'avais pas de nouvelles de lui depuis son départ, il m'avait indiqué aller bien puis s'était ravisé quand j'avais compris. Il était parti pour s'affranchir d'une menace qui le terrifiait. Il m'avait fait part de l'existence de celle qu'il appelait la harpie. Pour avoir partagé certains de ses souvenirs, je savais cette personne immensément perfide et manipulatrice.

Le cadeau du photographe était le symbole d'une amitié sincère. Il avait su m'écouter et m'aider grâce à – je n'en doutais pas – l'utilisation de son pouvoir. Lors de longues conversations sur nos pouvoirs respectifs je lui avais fait part de l’effet du cuivre sur ma télépathie, capacité psychique qui, s'il elle était entravée par ce matériau, me faisait éprouver des sensations physiques désagréables. Matrim avait promis d’effectuer quelques recherches. Et il avait fait bien plus que ça.  J’observai l’attrape-rêves miniature noyé dans ce qui était du cristal comme indiquait dans le petit mot. Une fine chaînette me permettait de porter le bijou autour du cou. J’eus un instant d’appréhension avant d’essayer.

L’effet fut immédiat.  Pourtant c’était subtil et très différent de l’étouffement mental que me procurais habituellement le cuivre. Comme si le bruit d’une cascade assourdissante devenait un cours d’eau paisible. Un calme apaisant m’envahit sans que j’eus à faire l'effort de taire les voix intérieures qui se plaignaient ou s'extasiaient aux alentours. Je ressentis une sérénité comme je n'en avais pas connu depuis l'apparition soudaine de ce pouvoir intrusif. Un soulagement également.

J’aurais aimé que Matrim soit là pour m’expliquer comment ça pouvait être possible, j’imaginais sans mal son sourire enjoué d’avoir trouvé une parade en sculptant ce petit objet.

Je sortis du campus avec la sensation d’être un étudiant ordinaire. Certains de mes camarades me saluèrent et firent une remarque amicale sur mon allure soignée. Sur le trajet, j'énumérai à nouveau les étapes de la procédure dans ma tête afin d’être bien préparé à ce qui m’attendait. Je n’avais pour seule information qu’une convocation à un procès pénal dans lequel l’accusé plaidait non-coupable, raison pour laquelle un jury de douze personnes avait été constitué.

En arrivant au palais de justice, je me projetai quelques années dans l’avenir, songeant à une carrière glorieuse qui m’apporterait satisfaction. Je montai les quelques marches pour pénétrer à l’intérieur de cet imposant bâtiment et me confortai aussitôt dans l’idée que j’étais fait pour cette voie.

***

- Je m’appelle Maxence Reagan, je suis étudiant en droit à l’université de Beacon Hills.

Comme l’ensemble des personnes de ce panel hétéroclite, je me présentai. Je tentai de me souvenir du prénom et du métier de chacun. La personne qui nous avait accueillis nous rappela ensuite le déroulement de la procédure dans laquelle nous étions engagés.

- Quand vous passerez les portes de cette petite salle pour prendre place dans le tribunal, vous vous installerez sur le côté. Les faits et les éléments à charge vous seront exposés. Lorsque la séance sera levée vous vous réunirez pour délibérer. Vous pourrez accéder aux preuves et aux éventuelles requêtes qui auront été faites par l’une ou l’autre des parties. Est-ce que c’est bien clair ?

Nous acquiesçâmes. J’allais pouvoir observer la mise en pratique, par les avocats, des enseignements que mes professeurs m’avaient prodigués. Et faire partie du jury était bien plus enrichissant que d’être simple spectateur dans le public autorisé à assister à la séance.

Bien qu’il s’agisse d’une affaire parmi tant d’autres pour les protagonistes présents dans le tribunal, ça s’apparentait à un combat, une joute verbale étayée par des arguments et des preuves, parfois faibles, d’autres fois infaillibles. La défense et l’accusation s’affronteraient sous nos yeux pour tenter de nous convaincre en faisant appel à notre raison ou de nous persuader en touchant notre sensibilité. Juger en notre âme et conscience, tel était notre consigne, si simple et si exigeante à la fois. Je possédai un avantage non négligeable que je parvenais à occulter grâce au pendentif que Matrim m’avait offert. Mais entre ces quatre murs, cet atout pourrait être d’une efficacité redoutable.

Le juge, figure d’autorité devant l’audience, demanda le silence et parla d’une voix forte.

- Faites entrer l’accusé.




Dernière édition par Maxence Reagan le Lun 16 Nov - 15:07, édité 2 fois
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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: L’innocence a parfois l’apparence du crime (Jordan et Maxence)   Ven 9 Oct - 17:48


L’innocence a parfois l’apparence du crime
Il y a trois trucs que je déteste dans mon boulot. Le premier, la paperasserie. Mais je m’y suis fait, à force. C’est un mal nécessaire. Le deuxième, enfermer des pauvres types parcequ’ ils étaient au mauvais moment, au mauvais endroit. Brian a d’ailleurs récemment eut affaire à Jansen, qui entrait dans cette deuxième catégorie. La troisième, aller au tribunal, pour assister l’autorité de jugement. Je n’étais pas à l’aise, à jouer au planton de sécurité, et à faire entrer l’accusé. Parfois, cela s’avérait intéressant, car l’affaire pouvait être complexe. Mais souvent, c’était soit joué d’avance, soit écœurant car l’accusé en question avait de l’argent ou des relations… J’assistait alors impuissant à sa relaxe, sans rien pouvoir y faire.

Malheureusement pour moi, aujourd’hui était un jour « 3eme catégorie ». ça voulait dire que je devais mettre mon uniforme, mais une version un peu plus soignée… ça voulait aussi dire que j’allais m’ennuyer a mourir toute la journée, attendant un verdict joué d’avance. Le type que j’emmenai clamait haut et fort son innocence, cependant tout les éléments semblaient contre lui. J’avais beaucoup de mal à garder une neutralité vis-à-vis de lui, sachant les charges retenues contre lui…

J’en avais touché deux mots à Brian. Il m’avait soutenu du mieux qu’il pouvait, mais il ne pouvait pas me remplacer, ni moi me soustraire à mes obligations. Brian prenait une place de plus en plus importante dans ma vie. Mon apart n’était plus mon apart, et je vivais depuis quelques jours chez Brian. Les travaux avançaient, moins rapidement qu’ils n’auraient du, mais, plus important, la reconstruction de Brian se passait bien. C’était ce qui me motivait, tous les jours, à continuer alors que je me sentais moi-même si mal...

Je devais accorder la liste à Brian, mais je n’avais aucune nouvelle de Matrim. Il m’était indispensable pour le faire. Sachant à quel point il avait eu l’air de vouloir ma contribution à sa collection de nus, je commençais à vraiment penser qu’il était dans la panade, car il n’avait répondu à aucun de mes messages. Ruby n’avait pas de nouvelles non plus… Visiblement, seule la famille d’accueil du garçon dont il s’était occupé, ce qui avait marqué la rencontre du jeune photographe avec la louve qu’était Ruby, avait reçu des nouvelles, assez laconiques. Matrim avait envoyé une grosse peluche, accompagnée d’un mot « je pense a toi, avec tout mon amour »…
Cependant, régulièrement, nous plongeons, Brian et moi, dans la liste, pour qu’il appréhende ce nouvel univers. Il s’en sort très bien, même si il semble affolé par tant d’informations surnaturelles. Je l’étais moi-même lorsque j’avais démarré l’ancienne version de cette liste. Plus nous plongeons dans la liste, plus je sens comme une sorte de présence, autour de moi. Plutôt deux. La première, que j’ai eu du mal à identifier, est une sorte de rémanence de Matrim. Comme si il avait « teinté » l’objet auquel j’étais maintenant accordé. Mais la deuxième m’inquiétait. Je n’avais pas de mot pour la décrire, mais elle me donnait l’impression d’être surveillé, épié, plutôt. Je n’en avais pas parlé à Brian, pour ne pas l’inquiéter inutilement. Je n’étais pas sûr d’être fiable sur ce que je ressentais, et en étant lucide, les derniers événements avaient pu activer une paranoïa en moi..
C’est donc avec une sorte d’angoisse que j’arrive au tribunal, assistant, en coulisse à la présentation du juré.

- Je m’appelle Maxence Reagan, je suis étudiant en droit à l’université de Beacon Hills.
- Quand vous passerez les portes de cette petite salle pour prendre place dans le tribunal, vous vous installerez sur le côté. Les faits et les éléments à charge vous seront exposés. Lorsque la séance sera levée vous vous réunirez pour délibérer. Vous pourrez accéder aux preuves et aux éventuelles requêtes qui auront été faites par l’une ou l’autre des parties. Est-ce que c’est bien clair ?

Après un rappel à l’ordre, car l’assemblée était dissipée, ce fut à mon tour d’entrer… J’accompagnais l’accusé, restant assez proche, mais m’effaçant au bénéfice de l’assemblée. L’impression d’être épié s’intensifia, sans que je puisse savoir pourquoi.
Promenant mon regard dans la salle, je ne vis rien de spécial, aussi, avec un soupir, je me redressai, attendant la suite.





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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: L’innocence a parfois l’apparence du crime (Jordan et Maxence)   Lun 26 Oct - 18:41


L’innocence a parfois l’apparence du crime

Un officier sortit d’une salle à proximité de celle des jurés et amena l’accusé. Puis il resta à ses côtés comme l’exigeait la procédure. Il se tenait droit mais son regard observait les alentours. Ce poste devait être relativement ennuyeux à tenir. Je pris place sur l’une des douze chaises qui nous étaient destinées. Celles-ci étaient installées sur une estrade ce qui nous permettait d’être vu et de distinguer l’ensemble des personnes présentes dans l’audience.

Je détaillai l’homme qui avait les traits tirés. Son regard se jetait parfois dans notre direction avant de se baisser sur le pupitre en face de lui. Son affliction pouvait être factice et faire partie de sa stratégie de plaider non coupable.

Une femme se leva au premier rang, ses cheveux étaient maintenus serrés d’une manière stricte, comme l’ensemble de sa tenue. Elle n’avait aucune note dans les mains et son attitude montrait qu’elle connaissait parfaitement son sujet. Elle avait retenu les chefs d’accusation et les détails de cette histoire sordide qu’elle nous présenta.

- Monsieur Felson, ici présent est accusé du kidnapping, de la séquestration, du viol et du meurtre de trois jeunes femmes.

L’homme devint livide. Il ne s’agissait pas d’une mise en examen pour une quelconque fraude mais d’un procès lourd. Il était potentiellement un assassin. L’accusation énuméra d’une voix forte le nom des victimes.

- Amelia Jones, 25 ans, étudiante. Miranda Sault, 43 ans, libraire. Estelle Crawford, 17 ans, lycéenne.

La gravité du ton était déstabilisante mais ça n’était pas suffisant pour déceler un aveu inconscient dans un regard ou un geste particulier. Le fait que l’accusation soit représentée par une femme la rendait d’autant plus sensible aux faits qu’elle évoquait.

Bien qu’il s’agisse d’une analyse sexiste et que la justice se devait d’être impartiale – ceux qui la rendaient et se battaient pour elles étant des êtres sensibles – ce serait mentir que de dire que toutes les affaires étaient perçues de la même manière.

En s’attardant à montrer que l’accusé était un prédateur sexuel et un sociopathe, l’avocate énonça son réquisitoire sans faillir.

- Monsieur Felson, reconnaissez-vous les faits ?

- Je…je suis innocent.

L’homme plaidait non coupable, dans le cas contraire, cette ambiance pesante n’aurait pas lieu d’être.

Faire suite au discours accablant était délicat pour l’avocat de la défense. Mais plusieurs de ses arguments montrèrent la rapidité avec laquelle cette affaire était traitée. Il nous mit en garde en interpellant également le juge quant aux conclusions hâtives qui pourraient être prises.

- Procédons alors à l’examen des preuves. Officier Parrish, je vous prie.

Celui-ci qui était resté jusqu’à présent immobile amena les pièces à conviction qui portaient chacune un numéro spécifique. L’une après l’autre, les deux parties agrémentèrent leur dossier en avançant des preuves ou en les réfutant.

- Cette fleur de Camélia par exemple. Vous en laissez systématiquement une chez vos victimes, pour montrer votre suprématie sur celles que vous récoltez comme des objets dont vous disposez ensuite. Vous n’êtes pas un criminel, M. Felson, tout ceci s’apparente au mode opératoire d’un tueur en série.

- Il y a bien un lien factuel entre toutes ces victimes mais il est absolument nécessaire que cette preuve soit sans contestation liée à l’accusé, or ça n’est pas le cas.

- Je voudrais donc présenter aux jurés une preuve irréfutable. Des traces d’A.D.N. de l’accusé ont été retrouvées chez l’une des victimes.

De main en main, le rapport d’analyse nous parvint. Je pus lire qu’incontestablement cet homme s’était rendu chez l’une des victimes avant qu’elle ne soit retrouvée morte quelques jours plus tard. Sans même avoir lu le document, l’avocat de la défense plaida la non recevabilité de cette preuve.

- Cet homme est employé des services postaux depuis bientôt quinze ans. Le domicile des victimes se trouvant dans son secteur, il était très probable de retrouver des indices sur sa présence récente dans plusieurs habitations.  

L’accusation rebondit sur ce détail, comme si elle avait attendu que ce fait soit exposé pour le tourner à son avantage.

- C’est ainsi que vous les repérez ? Quand elles vous laissent entrer chez elles, dans leur intimité. A quel moment décidez-vous de passer à l’acte ? Quand décidez-vous de les faire votre au point de vouloir les violer, à plusieurs reprises !

L’homme flancha en se levant. Il clama et jura n’avoir rien fait de tout ça avant de se taire à nouveau sous l’autorité du juge. Les preuves le désignaient coupable. Mais l’absence d’aveux devait nous alerter. Quelque chose n’était pas clair et j’avais la réponse à portée de mon esprit.

Alors que le cadeau que Matrim m’avait offert me permit d’utiliser mon pouvoir sans contrainte, je perçus deux choses. Un ricanement discret dont je ne pus déterminer la provenance. Et l’innocence de cet homme.


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Celeano

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MessageSujet: Re: L’innocence a parfois l’apparence du crime (Jordan et Maxence)   Mar 3 Nov - 19:39

L’empreinte


Je suis un chien de chasse, je suis la patience , attendant dans son cocon, je suis la promesse qu’il n’y aura aucune échappatoire. Matrim m’a filé entre les doigts, mais il n’a pas pu dissimuler son empreinte efficacement partout. Chaque fois qu’il utilise son pouvoir, il laisse une rémanence, sur les objets, et sur les gens pour lesquels ils les utilisent. Nous sommes très peu de personnes capables de suivre ce genre de trace. 3 en fait. Mes salopes de sœurs, et moi.

Il y a son empreinte, son odeur, sa délicieuse odeur, qui me manque si cruellement. Je n’ai jamais été douée pour les cures de désintoxication, et je n’ai pas du tout l’intention de me passer de mon jouet préféré. Alors j’ai arpenté la ville, j’ai trouvé sa cachette, son magasin, et son habitation.. Mais il n’y était pas. J’ai remonté, patiemment, les effluves de corruption que mon lien à tissé avec lui, et quelle ne fut pas ma surprise de constater que cette piste m’amenait au bureau du shérif…

Son pouvoir avait œuvré ici , même si je ne comprenais pas en quoi exactement. Puis, tout d’un coup, l’adjoint était apparu, et j’avais sentis le pouvoir, brut, magnifique, qui sommeillait en lui. L’ivresse que m’apporta cette apparition est indescriptible. Mais je ne suis pas stupide. Je ne m’attaquerai pas à cette.. chose… Le pouvoir qu’il héberge en son corps est trop étranger à ce monde pour me laisser une prise de perversion, et j’ai peur de ce que je pourrai déclencher en essayant. Même moi, je suis prête à accorder une importance à certaines forces, pour que monde surnaturel ne sombre pas dans le chaos. Je n’ai rien à gagner au chaos. Le monde des humains et le monde surnaturel me conviennent tels qu’ils sont. Je n’ai pas l’intention de casser ma boite de jouets.

En revanche, je sens l’empreinte de Matrim sur lui. Curieuse, je décide de le scruter, de l’observer. Cela fait trois jours qu’il est la cible de mon attention lorsqu’il se décide enfin à partir, visiblement pas spécialement ravis de le faire.

J’arrive donc pour assister à une plaidoirie concernant un individu visiblement peu recommandable. Je me fiche totalement de savoir si il est innocent ou coupable, mais j’aime bien assister aux plaidoiries. Les tournures d’esprits, les coups de théâtre, tout ça me distrait beaucoup. L’ennui avec ceux de mon espèce, c’est la lassitude qui s’installe au fil des siècles…
Ouahou ! kidnaping, sequestration, viol, meurtre… Du bon potentiel, tout ça.
Finalement, l’officier Parish du présenter les preuves concernant l’accusation. Je regardait une nouvelle fois vers l’officier, me demandant ce qu’il pouvait bien être, et s’il avait lui-même conscience de son potentiel de destruction… Il m’intéressait, il serait à surveiller.
La liste des preuves s’accumulant, je ne donnais pas cher de la peau de cet homme, qu’il soit innocent ou non.

Mais alors que j’attendais la suite, un événement inattendu vint raviver mon appétit de prédatrice… Parmi les jurés, il y avait une résonnance… Tout d’abord, je ne parvins pas à comprendre d’où ça venait, mais tous mes sens particuliers étaient soudain en alerte. Plissant les yeux, et ôtant pour la première fois mes lunettes noires, je parcouru un à un du regard les représentants parmi les jurés.

J’eus un coup au cœur en reconnaissant une pulsation particulière du pouvoir de Matrim. Cette saloperie de pouvoir que je ne pouvais contrôler et qui me faisait peur pour une raison inconnue. Je reconnu cette saloperie qu’il appelait « bestiole » en œuvre sur un médaillon que tenait….
Furies ! Un mentaliste ! Le jeune homme assis dans le juré était un mentaliste !
J’émis un ricanement que je ne put retenir à temps. Tant de pouvoir brut à portée de main ! Mais il me fallait encore déterminer quel était exactement son don et les limites inhérentes… Oh grande furies, tant de pouvoir brut à portée de main… Déjà, je sentais une capacité d’intrusion, il me plaisait beaucoup cet inconnu.

Je penchai la tête de côté…. Et sacrément beau gosse, en plus…. Pour la première fois depuis très longtemps, j’éprouvais un désir intense, du même genre qui m’animait habituellement envers Matrim… Les minutes et les heures suivantes seraient précieuses, car elles me permettraient de comprendre son pouvoir, et de le pervertir, comme toujours, pour qu’il puisse me servir…

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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: L’innocence a parfois l’apparence du crime (Jordan et Maxence)   Mer 18 Nov - 16:40


L’innocence a parfois l’apparence du crime

Les deux parties ayant exposé leurs arguments, l’audience fut levée pour permettre la délibération du jury. Celui qui avait été présenté comme le second adjoint au shérif referma les portes de la petite salle qui nous avait été attribuée. Un premier silence s’installa entre nous. Les faits étaient terribles et faisaient peser sur nos épaules une grande responsabilité. Puis, il nous fut rappelé de décider en notre âme et conscience. Coupable ou non-coupable. La peine encourue serait décidée à posteriori. Un deuxième silence nous entoura, entrecoupé de prise de paroles brèves et affirmatives.

Nous étions douze et la décision devait être prise à l’unanimité. Le tour de table fut rapide. Puis les visages se tournèrent vers moi. Aussi concluantes soient les preuves qui nous avaient été présentées, je savais cet homme innocent. Et je refusais de condamner quelqu’un à tord.

- Je ne peux pas me prononcer et je demande la possibilité de procéder à un examen complémentaire des preuves.

Les yeux de certaines personnes s’écarquillèrent. Je remettais en question le déroulement du procès. Ceux qui souhaitaient que ça se termine rapidement étaient d’autant plus agacés par ma prise de position. Mais je comptais défendre ce en quoi je croyais – la justice est la vérité en action – et qui était la raison pour laquelle j’avais tourné ma vie professionnelle vers le droit.

- Il nous a été rappelé que « l’accusé est présumé innocent et que le doute doit lui profiter », et sur ces indications, j’ai juré, comme vous, d’agir selon mon intime conviction.

Je ne savais pas réellement comment m’y prendre pour les convaincre. Toujours est-il que cet homme n’était pas coupable et que onze personnes devaient se ranger de mon côté.

Informée de notre délibération infructueuse, le juge nous rejoignit. Dès lors que la demande d’étudier une seconde fois les preuves était formulée, son accord n’était donné que par principe.

- Monsieur Reagan, vous avez vingt-quatre heures pour examiner ce dossier et rendre votre verdict à l’audience de demain. Mesdames, Messieurs les jurés, il conviendra d’écouter ses arguments et de nous faire part une nouvelle fois de votre décision.

J’observai le document qui listait les pièces à conviction et je me demandai si les enquêteurs avaient réellement cherchés à interroger tous les témoins ou si la facilité l’avait emporté sur leur devoir.

- Vous n’êtes pas autorisé à rester seul, l’officier Parrish restera avec vous.

Quand les jurés furent sortis, l’officier s’approcha et se présenta de manière moins formelle. Je réfléchis à voix haute.

- Les faits et les preuves l’indiquent coupable, alors pourquoi s’évertue-t-il à nier ? Dans une grande majorité des cas, l’accusé finit par avouer ses crimes sous la pression émotionnelle forte subie lors du procès. Je ne comprends pas.

Alors que tous les éléments de l’enquête préliminaire, les pièces à conviction et les témoignages étaient éparpillés sur la table, je remarquai qu’il y avait quelque chose dans le regard de Jordan qui m’interpellait. Était-il secrètement attiré par l’aspect sordide de cette affaire ? C’était la vérité que je cherchais à découvrir. Car au delà d’innocenter l’homme actuellement accusé, il fallait trouver le véritable coupable et le traduire en justice pour ses crimes. Et ça pouvait être engagé que si le suspect ne l’était plus.

Rien dans le comportement de M. Felson ne laissait penser qu’il avait pu kidnapper, torturer et tuer ces femmes.

- Il faut absolument trouver un élément décisif pour ce procès car je dois convaincre les jurés de voter en faveur de l’accusé.

Jordan me dit qu’il me trouvait très impliquée dans cette affaire. Je ne pouvais pas avouer avoir eu accès aux pensées de cet homme et que c’était la raison pour laquelle je savais qu’il était véritablement innocent.

- Je sais qu’il n’est pas coupable. Ce n’est pas une supposition mais une certitude. Je ne peux pas te dire pour quelle raison j’en suis sûr mais M. Felson n’est pas impliqué.

L’adjoint fut surpris de me voir si sûr de moi sans donner une explication. Il m’était très difficile de révéler mon pouvoir à un inconnu. Derek puis Chad avaient été deux exceptions. Le destin nous avait mis dans des situations où je n’avais pas su cacher ma capacité psychique. Je n’ai d’ailleurs pas de nouvelles de mon ami architecte. Lorsque ce procès sera terminé, j’irai lui rendre visite. La fin du dernier semestre approchait ce qui signifiait que nous allions nous retrouver prochainement pour les matchs du championnat.

Je cherchai en vain un détail qui pourrait nous pousser vers une preuve tangible de l’innocence du pauvre homme. Nous supposâmes un bon nombre de choses en voulant reconstituer l’histoire de ces meurtres. Hormis le fait que le coupable était tout désigné, nous n’avions que peu de certitude. La cause de la mort, elle, était en revanche clairement expliquée dans les rapports d’autopsie.

L’évidence me sauta aux yeux. J’expliquai à Jordan ce que je venais de comprendre en comparant ces documents avec l’enregistrement de l’arrestation du suspect. Nous avions mis la main sur une solution à ce problème.

À la sortie du tribunal, Jordan me proposa de me raccompagner. Il me déposa un peu en retrait sur le campus. Arriver dans un véhicule de police aurait pu être mal perçu. Ça m’était égal mais je saluai sa politesse et sa discrétion. C’était quelqu’un d’étrange mais de très sympathique. Il y avait un espace clos et très sombre dans son esprit. Le bijou que Matrim m’avait offert annihilé le caractère incontrôlable de mon pouvoir, j’avais donc sciemment sondé l’officier après avoir douté un instant de lui. Je ne m’étais pas permis de forcer le passage vers son secret. Quelque chose me laissait croire que cette obscurité n’était pas forcément négative.

Le lendemain, juste avant que le procès ne reprenne, j’avais entre les mains des informations à faire connaitre aux autres membres du jury. Les preuves de la culpabilité de M. Felson pouvaient être remises en question car l’autopsie du corps des victimes révélait un détail important. La personne qui avait assassiné ces femmes était gauchère.

Quand j’annonçai que ça n’était pas le cas de l’accusé, je sentis l’effroi gagner les autres jurés. L’individu dont la cruauté nous avait saisis était donc toujours à l’extérieur libre d’assouvir ses envies morbides.

Ainsi, quand l’audience reprit, je pus parler au nom de l’ensemble du jury.

- Votre honneur, permettez moi de poser une question à l’accusé. J’apporte la preuve que cet homme est innocent et que par conséquent, le coupable est toujours en liberté.

Certain d’avoir gagné l’attention de tous, je me tournai vers l’homme dont l’espoir d’un acquittement adoucissait un peu les traits du visage.

- M. Felson, dites nous, êtes vous bien droitier ?

Je le regardai dans les yeux et scrutai son esprit lorsque l’avocat de l’accusation m’interpella.

- Monsieur, où voulez-vous en venir exactement ?

- J’ai avec moi deux rapports médicaux. Le premier atteste que M. Felson est bel et bien droitier. Le second, rédigé par le légiste, stipule de manière formelle que la personne ayant commis ces meurtres est gauchère. La contradiction de ces documents prouve qu’il y a méprise. C’était un détail très simple, si simple que nous allions tous passer à côté.

Certains commencèrent à s’insurger de l’apparition d’une preuve si évidente. Tout désignait cet homme comme coupable. En partant de ce postulat, les informations qui n’allaient pas dans ce sens avaient être écartées. Consciencieusement ou non.

Lorsque nous dûmes nous exprimer, je ressentis une certaine fierté quand, un à un, les jurés déclarèrent à voix haute que M. Felson était innocent. L’homme en question sembla même se rasséréner. Une nouvelle lueur brilla dans ses yeux.

Alors que le juge allait annoncer officiellement l’acquittement, un officier entra d’un pas vif dans son dos et le rejoignit sur l’estrade. Quelques mots furent rapidement échangés puis le magistrat prit la parole.

- Une jeune femme est portée disparue. Le mode opératoire est le même que pour les victimes évoquées lors de ce procès. Je suspends donc le jugement. La séance est reportée pour laisser aux deux parties le soin d’étudier ces nouveaux éléments.

La défense protesta, justifiant que le jugement ne pouvait être suspendu pour des faits qui n’avaient pas été relevés au moment du procès et qui n’étaient pas, jusqu’à preuve du contraire, intimement liés à M. Felson.

Au regard de la loi, le juge fut dans l’obligation de rendre sa liberté à l’accusé. Les autres jurés et moi-même étions convoqués le lendemain.

Sur le perron du tribunal, je me pris à penser que l’audience qui avait eu lieu ressemblait beaucoup à une pièce de théâtre en trois actes. Les retournements de situation et le suspens avaient toutefois un caractère grave dans la réalité.

Quand j’entendis le juge préconiser à l’adjoint au shérif de garder un œil sur l’homme qu’il venait de relaxer, je ne pus m’empêcher de demander à y prendre part. Pour la seconde fois depuis que Chad et moi avions découvert des activités macabres sur le campus, je me demandai si j'aurais pu faire un aussi bon enquêteur qu’avocat.


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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: L’innocence a parfois l’apparence du crime (Jordan et Maxence)   Sam 21 Nov - 16:23


L’innocence a parfois l’apparence du crime
L’ennui avec l’ennui c’est qu’on s’ennuie… Bref, les minutes s’égrennent et je ne suis pas du tout dans l’atmosphère. Trop de choses me perturbent. Déjà je n’arrive pas à me défaire de cette présence insidieuse que je sens m’épier, et dont je n’arrive pas à déterminer la source. Il y a mieux, pour se détendre. Ensuite, j’ai beau rester le plus neutre possible, c’est mon job, j’ai envie d’étrangler l’accusé au vue de ce que j’entends contre lui. Présumé innocent jusqu’à preuve du contraire, je sais…

Mais allez dire ça à toutes ses filles tuées… Que ce soit lui ou un autre, ça me met hors de moi. Tout ce gâchis. Heureusement je n’ai pas mon mot à dire dans cette affaire, mais juste à faire le planton de garde. Je ne pense qu’a une chose, maintenant : rentrer chez Brian et profiter d’un bon café et de sa présence. Peut-être, si il est de bonne humeur, me jouera-t-il un peu de guitare ? Il semble reprendre beaucoup de plaisir à jouer. Et moi à l’écouter. Et à le regarder. J’avais jamais compris comment on pouvait tomber dans l’addiction.. Maintenant je sais… Dès que je l’ai plus dans mon périmètre, il me manque. J’ai parfois l’impression d’être un chiot qui cherche ses marques…
- Monsieur Felson, ici présent est accusé du kidnapping, de la séquestration, du viol et du meurtre de trois jeunes femmes.

Il cumule, et mes poings se ferment d’énervement, avant que je reprenne le contrôle dessus. Le fait de les énumérer par la suite me donne la nausée mais je fais mon travail. Cependant mon regard se balade dans la foule et je remarque une femme d’une certaine élégance, avec un sourire plutôt malsain sur le visage. Ses lunettes noires cachent sont regard, mais je suis à peu près sur qu’elle m’observe… Une cougar ? L’idée me fait sourire, ce qui me permet de reprendre contenance.
En attendant, l’accusé plaidait innocent… Ben voyons…

- Procédons alors à l’examen des preuves. Officier Parrish, je vous prie.

Ah, vite, sortir de ma torpeur et apporter les documents.. Attention, lumières, caméra, action ! Décidément je pense beaucoup à Matrim aujourd’hui… Il va falloir que je tire les choses au clair. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, mes fesses ! Ici ça ne marche jamais comme ça. En plus, l’accusé faisait dans l’originalité. Du camélia ? Comme une signature… Pas froid aux yeux, dans le genre singulier, on ne faisait pas mieux. A moins d’écrire avec du sang « Homard m’a tué »…

Et comme si ça ne suffisait pas, de l’ADN retrouvé chez les victimes. Mon vieux, ton compte est bon. Pour ma part, son avocat peut bien battre des bras pendant des heures, ce n’est qu’un numéro de pantomime, un dernier tour sur la piste de ce cirque que je ne trouve pas du tout à mon goût.

- Je ne peux pas me prononcer et je demande la possibilité de procéder à un examen complémentaire des preuves.

Quoi ? ! Il plaisante, j’espère ! Il allait me coincer encore deux jours de plus avec ses conneries ! Mais son argument fait mouche, et je rougis un peu. Jusqu’à preuve du contraire, cet homme est innocent.. Un peu d’éthique ne me ferait pas de mal… Le juge n’en avait pas fini non plus.

- Vous n’êtes pas autorisé à rester seul, l’officier Parrish restera avec vous.
Je m’y attendais, aussi je pris mon mal en patience et me présentai au jeune homme. Je n’allais pas lui en vouloir de faire son travail correctement, et le minimum c’était de faire de même.

-jordan Parrish. Je vous lâche plus d’une semelle à partir de maintenant.

Un sourire de ma part le mit un peu plus à l’aise, je n’étais pas très protocolaire de toutes manières.
-Les faits et les preuves l’indiquent coupable, alors pourquoi s’évertue-t-il à nier ? Dans une grande majorité des cas, l’accusé finit par avouer ses crimes sous la pression émotionnelle forte subie lors du procès. Je ne comprends pas.

Je haussai les épaules. Oui, il n’avait pas tort, mais j’avais du mal à prendre le recul nécéssaire. Il allait falloir que je me force, comme pour mes autres enquêtes.

-vous m’avez l’air plutôt impliqué la dedans non ? tant mieux pour lui, surtout si vous avez raison, mais c’est rare de voir un juré agir de la sorte.

Finalement, m’ayant fait part de ses réflexions, je l’accompagnai près du campus. Un brave garçon. Cette ville était décidément tout en nuances. C’est en partie ce que j’aime ici. La soirée me permit de me détendre, au son de la voix et de la guitare de Brian. Il avait tenté de faire des muffins, qui étaient plutôt bons une fois la croute cramée enlevée. J’avais plaisanté en les appelant des « muffins d’attaque » et nous avions finit la soirée en nous balançant des muffins à la tronche, dans de grands éclats de rire.

Le lendemain fut riche en rebondissements, jusqu’à nous apporter une nouvelle plutôt inquiétante. Une autre fille avait disparue. L’accusé s’en sortit donc, mais le juge me confiat la mission de veiller sur lui… Maxence voulu m’aider sur ce point, et je pris le temps de le jauger avant d’accepter. Après tout, il avait trouvé des indices qui avaient échappés à tous jusqu’à présent.

Ça fait deux bonnes heures qu’on poireaute devant sa maison.. L’ennui avec l’ennui.. Ouais, vous connaissez la suite… Tout à coup, un bruit de casse dans la maison nous alerte. Je bondis hors de la voiture, et remarque que Maxence me suit. Je lui fais signe de se placer derrière moi, ne voulant pas qu’il se blesse… Mon flingue sortit, je m’approche rapidement de la porte, puis, après les sommations d’usage, rentre en me plaquant contre le mur du couloir. Du sang sur le sol me met immédiatement en alerte, et , tout en répétant mes sommations, je grimpe les escaliers.

En arrivant en haut, nous trouvons l’homme en train de se faire un pansement, en nous souriant.
-oh, désolé, je me suis coupé en faisant tomber un vase… J’ai bien peur d’avoir eu un petit malaise, mais tout vas bien à présent.
Je n’aimais pas ce type… Quelque chose me gênait profondément et l’impression de me faire mener en bateau était omniprésente.
Nous ressortons donc, perplexes, mais je m’atarde un peu, sentant quelquechose de pas net.
-tu peux surveiller la fenêtre et me dire si il regarde vers nous ? Pardon pour le tutoiement.. C’est juste.. t’es un peu mon coéquipier, depuis hier…

Son sourire me rassure, il ne l’a pas mal pris.

Farfouillant dans les poubelles, je finis par tomber sur ce qui m’avait intriguer… Une vague odeur, pas du tout camouflée par les détritus.. Un bouquet de camelia ? ! Et il venait de se couper en faisant tomber un vase… Ce type se fiche de nous ou quoi ?
Montrant ma trouvaille à Maxence, je lui indique, avec un ton glacial.
-sa voiture.. Il faut fouiller sa voiture…


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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: L’innocence a parfois l’apparence du crime (Jordan et Maxence)   Ven 4 Déc - 11:06


L’innocence a parfois l’apparence du crime

Jordan trouva légitime ma demande de l’assister durant sa mission de surveillance. En effet, j’avais pu découvrir un indice qui disculpait M. Felson ce qui prouvait mon implication dans cette affaire. Mais l’ironie de la situation était telle que, par intuition, le juge avait demandé à ce qu’un officier garde un œil sur l’homme qui avait failli être officiellement innocenté. Ainsi, j’attendais dans la voiture en compagnie du second adjoint au shérif.

Nos discussions furent basiques durant deux heures. Puis un bruit de casse en provenance de la maison du suspect potentiel attira notre attention. Rapidement, Jordan sortit de la voiture pour se précipiter vers le perron. Je le suivis à la hâte, écoutant ses recommandations à rester derrière lui.

Son arme dressée et prête à toute éventualité, il prévient le propriétaire qu’il allait entrer avant de s’exécuter. Je tentai d’être son ombre et de ne pas le gêner. J’avais l’habitude avec Chad, lui passait devant, attentif à ce que je ne pouvais pas déceler, et j’étais derrière lui, ouvert au monde psychique dont je possédais les clés. Je suivis le regard de Jordan qui découvrit des traces de sang sur le sol. J’avais peut être devant moi la scène d’un crime qui venait d’avoir lieu. Personne ne nous répond à l’intérieur de la maison. J’accompagnai Jordan à l’étage, grimpant rapidement les marches de l’escalier dans une discrétion professionnelle.

Le pallier donnait sur une salle de bain. L’homme que je ne connaissais que depuis le début de ce procès nous sourit en expliquant ce qui était arrivé.

- Oh, désolé, je me suis coupé en faisant tomber un vase… J’ai bien peur d’avoir eu un petit malaise, mais tout vas bien à présent.

Il semblait un peu désorienté malgré l’air accueillant qu’il affichait. Nous finissons par nous excuser de cette intrusion et ressortons de la maison. Je ne saurais pas dire s’il s’agit de son expérience ou d’un instinct plus intime, mais Jordan n’était pas serein vis-à-vis de la situation.

- Tu peux surveiller la fenêtre et me dire s’il regarde vers nous ? Pardon pour le tutoiement.. C’est juste… t’es un peu mon coéquipier, depuis hier…

Je ne m’offusquai pas de sa manière de me parler. Nous étions suffisamment respectueux et de la même tranche d’âge pour qu’il puisse me tutoyer. Et puis, il avait l’air de quelqu’un de bien. J’avais capté une étincelle similaire à celle qui s’illuminait chez Chad lorsqu’il évoquait Mick. Les personnes capables d’une telle force dans leur sentiments avaient quelque chose de rassurant. Comme une douce lumière qui irradiait autour d’eux. Mon amitié avec Chad comblait beaucoup d’une solitude que mon pouvoir m’avait longtemps imposée. Le cadeau de Matrim pouvait véritablement me changer la vie.

Jordan coupa court à mes réflexions intérieures en me montrant ce qu’il venait de trouver dans les poubelles de M. Felson. Le bouquet de camélias n’avait rien de rassurant. C’était précisément la fleur que le tueur en série déposait sur ses victimes après les avoir délaissées, loin du lieu de ses crimes.

- Sa voiture… Il faut fouiller sa voiture…

Nous n’étions pas autorisés à perquisitionner l’intérieur du véhicule quand bien même une vitre brisée et une porte ouverte nous facilita l’accès. Pourtant, la suspicion du policier se trouva confirmée quand nous découvrîmes une preuve formelle sous le siège passager. La carte de membre à un club de fitness de la ville était au nom de la jeune femme disparue récemment.

Cette découverte enclencha une deuxième fois le processus d’arrestation. Une équipe d’intervention, contactée par Jordan, vint en renfort pour prendre en charge le suspect. Je ne comprenais pas ce qui arrivait. J’avais clairement décelée son innocence. Je pensai au coup monté, au subterfuge pour que le véritable coupable ne soit pas incriminé. Ce fut ce que proclama M. Felson lorsqu’il fut placé de force dans une voiture de police.

Après que Jordan m’ait raccompagné sur le campus, je songeai à cette affaire une bonne partie de la nuit. Quelque chose nous échappait encore. Je m’inquiétai du puzzle que ce procès était devenu. L’innocence a parfois l’air du crime. Je ne savais plus quoi en penser.

Le lendemain, l’audience reprit. Un nouveau chef d’accusation, pour un nouveau kidnapping. L’accusation voulut se montrer faussement clémente en envisageant un aménagement de peine si le suspect révélait où était séquestrée la jeune femme. Si elle venait à mourir avant d’avoir été retrouvée, l’arrangement serait caduc.

Mais l’homme réfuta toute implication. Je n’étais moi-même plus sûr de la démarche à adopter. Les preuves étaient contre lui. C’était indéniable. L’interrogatoire des parties durant plusieurs heures. Nous ne décelâmes pas l’ombre d’un aveu. Quelque chose clochait sérieusement. Protégeait-il les agissements d’un autre ? Il serait de fait complice. Mais, après l’annonce à plusieurs reprises des peines encourues, maintiendrait-il sa version de l’histoire ? Non, je savais pertinemment qu’il était innocent. La solution était ailleurs.

Dans un silence pesant, je me tournai vers le suspect. Nos regards se croisèrent.

Alors, j’eus le souffle coupé. Un rictus sur son visage attira mon attention. Je penchai mon esprit vers le sien et je ne compris pas immédiatement comment ce que je perçus était possible.

La conscience était comme un paysage vivant dont certains repères représentaient les fondamentaux de la personne. Quelques secondes m’étaient nécessaires pour reconnaitre un esprit que j’avais déjà visité. Mais en cet instant, j’étais en territoire inconnu.

La personne que j’avais en face de moi n’était plus la même.

«  Vous ne saurez jamais ! »

J’eus la certitude que cette pensée provenait de lui. De cet autre lui. Le meurtrier lâche et sournois qui était dissimulé dans les tréfonds de sa conscience. Là où je ne pouvais le déceler au premier abord.

Je compris enfin toute cette histoire. C’était un esprit malade. Sa réalité était altérée parce qu’il était schizophrène. Je vis enfin clairement cette partie de sa conscience, et j’eus accès à ses souvenirs.

Je découvris un enfant malmené et martyrisé par les femmes de sa famille qui assurèrent son éducation en l’absence d’une figure masculine. Il était chétif, renfermé et gaucher, une tare que même ses professeurs avaient voulu soigner en le punissant à chaque fois qu’il n’écrivait pas comme tout le monde. Sa mère ne l’avait pas aimé, c’était un fils déshérité de l’amour car elle l’avait accusé d’être la cause du départ de son mari. Ce climat de torture psychologique conduisit le garçon à mettre le feu à sa maison d’enfance. Le fait divers dramatique passa pour un accident et  l’orphelin finit en foyer. La scission dans son esprit s’était opérée après cet acte terrible.

Ces assassinats – considérés comme plus graves que les meurtres car commis avec la circonstance aggravante qu’était la préméditation – avaient donc pour origine la frustration malsaine d’un homme dont l’enfance avait été broyée.

En toute connaissance de cause, je dus agir. Mais comment procéder ? Me ridiculiser en changeant d’avis alors que je m’étais battu pour qu’il soit innocenté ? Je ne serais pas crédible pour un tel revirement de situation. La décision précédente avait été rendue à l’unanimité, il ne pouvait en être autrement. Les arguments de M. Felson portaient à croire que quelqu’un cherchait à lui faire porter le chapeau. Il se justifia en racontant que sa voiture avait été volée. Ce pour quoi le second adjoint au shérif, assermenté, pouvait témoigner car nous avions tous les deux remarques que sa voiture avait été fracturée.

Je savais que tout ça n’était qu’un mensonge. Des alibis factices auxquels une partie de la conscience du suspect croyait fermement. Pour ma part, il ne s’agissait plus de doutes mais de certitudes. Je ne souhaitais pas que ce meurtrier soit libéré. Je ne pouvais pas laisser faire ça, ce serait me rendre complice des crimes à venir.

Une voix dans ma tête me souffla qu’il me serait facile d’agir efficacement, de briser cet autre lui qui ne désirait que recommencer. J’avais pu sentir son envie morbide et sa motivation froide et sans faille. Cette solution était à ma portée mais étais-je capable de m’y résoudre ? La limite était fine entre la vengeance et la justice. Le bien et le mal étaient des notions bien trop complexes pour que la frontière soit clairement établie.

Agir en mon âme et conscience, ça n’avait jamais été aussi difficile.


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Celeano

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MessageSujet: Re: L’innocence a parfois l’apparence du crime (Jordan et Maxence)   Ven 11 Déc - 9:04

L’empreinte



Le jeune homme me plaisait beaucoup. Il avait l’air de lutter contre son propre pouvoir, et visiblement, ses mouvements corporels le trahissant, il comptait sur le nouveau jouet fabriqué sans doute par Matrim pour l’aider à utiliser son… don…

Les gens se levaient, alors que l’audience était levée. Mes lunettes noires remises sur le bout de mon nez, j’observais le dénommé Maxence Reagan avec une réelle convoitise. Si j’avais vu juste, il pourrait faire un deuxième favori à côté de moi. Quelle puissance coercitive j’aurais alors, avec lui à mes côtés. Il pourrait même m’aider à reprendre le contrôle sur Matrim et, si ça se trouve, à me débarrasser une fois pour toute de cette partie de son pouvoir qui m’effrayait pour une raison inconnue. Il avait failli me tuer, une fois, avec ce pouvoir brut… Je ne lui laisserai pas l’occasion de le refaire.

Mais quoi qu’il ait pu inventer pour que je ne puisse pas remonter vers lui, ça marchait, à mon grand dam. Je ne le laisserai pas impunis quand je lui remettrai la main dessus. En attendant, joli Maxence, voyons ce que tu as dans le ventre…

Coup de théâtre quand le joli minois propose à une étude des preuves. Ohhh, le petit chenapan ! Je suis si fière de lui, il est allé fourrer son nez psychique dans le cerveau ravagé du suspect ? Je sens tellement de corruption dans ce dernier que j’imagine sans peine qu’il a dû trouver quelque chose… Pourtant, il semble convaincu de son innocence… Mignon.

- Vous n’êtes pas autorisé à rester seul, l’officier Parrish restera avec vous.
-jordan Parrish. Je vous lâche plus d’une semelle à partir de maintenant.

Merde ! il ne pouvait pas continuer à jouer au bellâtre dans le fond de la scène, plutôt que de venir gâcher ma pièce de théâtre ? Mais je suis belle joueuse… J’aime l’imprévu. Très bien. Je vais donc devoir corrompre le jeune bonbon pour les yeux tout en me méfiant de l’autre friandise ambulante…

Je les suis en voiture, me méfiant de l’officier Parrish. Il semble vouloir veiller sur le jeune homme. L’ayant raccompagné au campus, j’observe Maxence s’éloigner. Il est temps de lancer un filet de pêche, en espérant qu’elle soit bonne. Allant chercher ma connexion particulière avec la corruption, je lance une toute petite spire vers Maxence, histoire qu’il s’habitue à cette petite gêne. C’est comme lorsque vous avez un son dans votre oreille, pas vraiment pénible, mais auquel vous vous faites petit à petit. Il finit par disparaitre dans votre esprit, mais il est encore la…
A demain, joli cœur.

Je ne suis pas déçue le lendemain. Garée non loin de la maison du suspect, ayant suivit les deux compères, je les vois ressortir en fouillant les poubelles, puis la voiture. Oh Oh.. Pas si innocent que ça, le bonhomme hmm ?

Ma petite vrille fait son œuvre, doucement. Maxence est stressé. Il est moins méfiant. Je sens déjà son envie d’utiliser son pouvoir. Brave petit.
Leur trouvaille dans la voiture me donna l’opportunité de creuser mon avantage. Je sentis le doute, et je m’y engouffrais. Portant mes mains à mes lèvres, je murmurai des paroles insidieuses, les enfermant dans l’espace entre mes paumes… Puis, les ouvrant, je soufflais vers Maxence, pour lui susurrer mes mots doux…

Fouille. Sonde. Utilise ton pouvoir. Il cache quelque chose. Tu dois savoir. Tu en as le pouvoir. Tu peux le faire. C’est toi le héros. Fouille. Agis… Utilise ton pouvoir

Mes vrilles de corruptions l’enveloppaient comme des caresses lascives…

A demain, joli cœur

(…)

Parrish s’est tourné plusieurs fois vers moi, et je n’aime pas le regard qu’il m’a lancé… Mais il ne se doute de rien, pour autant… Qui est-il ? Je n’aime pas ce que je sens en lui….
Soudain, je sentis Maxence assaillis par le doute et l’envie. Le regardant, je vis qu’il scrutait le suspect. Et je sentis son pouvoir, si fort, si brut. Il devait fouiner dans l’esprit du suspect. Un petit sourire de satisfaction illumina mon visage, et je passais ma langue sur ma lèvre inférieure, affamée, en me mordillant ensuite au même endroit… Vas-y, Maxence, donne-moi une ouverture, mon tout beau… Je ne pouvais pas plonger dans les pensées des gens, mais je sentais les pouvoirs et j’arrivais la plupart du temps à les tourner à mon avantage. Maintenant que j’avais mis le grappin sur Maxence, chaque fois qu’il l’utiliserai, il se rapprocherai de ce que je veux qu’il soit… Et donc de moi… Mais je ne pouvais pas me lier complètement avec lui comme je l’avais fait avec Matrim avant qu’il n’arrive à me paumer, sans quoi je perdrai aussi ce lien, qui restait, bien que ténu.

Alors je repris mon manège.

Agis, vas-y, il est à ta portée. Tu peux le faire, tu es un héros. C’est si facile. Tu peux briser l’assassin qui est en lui. Tu es le seul à pouvoir le faire. Tu voudrais bien être un héros non ? Il est là, devant toi. Si tu ne fais rien, il va recommencer. Utilises ton pouvoir. Libère le. Dans tous les sens du terme.

-madame ? vous pouvez arrêter de marmonner ?

Une vieille dame assise à côté de moi me regardait.

-dégage, vieille peau ou tu vas le regretter.

Baissant mes lunettes, mon regard l’effraya et elle partit sans demander son reste.
Retournant mon visage vers Maxence, je le vis me regarder, et je lui souris. Je sentis le déclic se faire. Oui, oui, mon joli. Il est à toi ! Et ensuite tu seras à moi…


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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: L’innocence a parfois l’apparence du crime (Jordan et Maxence)   Jeu 17 Déc - 15:04


L’innocence a parfois l’apparence du crime

Plus je me questionnai sur ce que je devais faire, plus la tentation d’une solution radicale était grande. J’eus cette sensation désagréable qui m’envahit à nouveau comme ces précédents jours à chaque fois que j’usais de mon pouvoir. C’était comme un souffle léger sur ma nuque, comme une ombre qui m’observait. Une présence invisible qui me dit de franchir la frontière que je m’imposais.

La première fois que j’avais emprunté cette voie, ce fut de manière involontaire. Lors d’une crise, j’avais broyé la volonté d’un homme qui s’était jeté sur la chaussée pour mettre fin à ses jours. La culpabilité m’avait fait voir mon pouvoir comme un fardeau – une malédiction qui m’empêchait de vivre – et j’avais mis du temps à m’accepter et à façonner un mode de vie avec ce don, pour mon bien et celui des autres.  Aujourd’hui, j’avais la possibilité d’agir de manière volontaire et de faire tellement plus. Je pouvais repousser mes limites, progresser et lutter activement pour la justice dont je prônais les valeurs. Une justice impartiale dont la vérité était reine.

- Officier, placez l’accusé en détention provisoire. Nous devons impérativement retrouver cette jeune femme avant qu’il ne soit trop tard.

Le juge fit part de son inquiétude. Il ne savait pas que M. Felson, celui qui était responsable de tous ces crimes, ne laissait que quelques heures à vivre à la victime, supposant même que son état physique ne donnait que peu de chances qu’elle ait tenu jusqu’à maintenant. Le procès avait contrecarré ses plans mais il se réjouît que la lenteur des investigations joue en la défaveur de la jeune femme.

Cette perversion me révulsa. Immobile sur le banc du jury, je me projetai mentalement vers l’assassin.

Alors, j’enfonçai les portes de son esprit, envahissant ses souvenirs et sa conscience de l’instant présent. Je captai toutes les parties de son être, celles qui demeuraient saines comme celles qui étaient meurtries et perverties.

Je fis fléchir ses pensées, le forçant à dire à voix haute ce qu’il gardait caché. L’esprit malade se révéla au grand jour contraint par mon pouvoir.

Je vais tout avouer…

- Je vais tout avouer.

Avant que l’assemblée ne se mette en mouvement, le juge réclama le silence puis tourna le regard vers le greffier afin de s’assurer qu’il était prêt à transcrire les paroles de l’accusé.

…J’ai tué toutes ces femmes…

- J’ai tué toutes ces femmes.

L’assistance fut stupéfaite. Les mots étaient formulés, la vérité énoncée.

… J’ai pris soin de ne laisser aucune preuve…

- J’ai pris soin de ne laisser aucune preuve.

Coupable. Il expliqua comment il s’était moqué des services de police, laissant des indices qui pourtant ne l’incriminaient pas avec certitude. Il raconta l’extase de se rendre compte qu’il jouait la carte du complot, se plaçant comme la victime quand il perdait conscience de ses actes.

… La jeune femme est enfermée dans une scierie désaffectée…

- La jeune femme est enfermée dans une scierie désaffectée.

Le juge demanda avec précision où était localisé l’endroit. M. Felson, comme une marionnette de ventriloquie, n’eut pas d’autre choix que de répondre.

A l’évocation des secours que le magistrat envoya, l’homme se remémora les sévices qu’il faisait subir à ses victimes. Je perçus le plaisir qu’il avait éprouvé, le mal dont il se nourrissait. Une part de cet homme aurait fait de lui un honnête citoyen. Étais-je capable de le guérir, d’annihiler cette scission ? En châtiment de ses crimes, cette gangrène psychique devait disparaitre. Ma décision était prise.

Broyer cette personnalité malsaine fut d’une incroyable facilité. Il m’avait fallu repenser à la manière dont j’avais failli détruire l’esprit de Mick. Plonger dans les fondements d’un être et les réduire en poussière ne prend que quelques secondes.

Puis l’intéressé émit un râle étrange, sa tête, désertée d’une conscience instable, s’affaissa. Il eut un malaise au milieu du tribunal alors qu’il allait être transféré. Ce fut mis sur le compte de sa démence et d’une culpabilité trop écrasante. Mais je savais que je venais de rompre un équilibre mental. Peut être ne recouvra-t-il plus ses facultés. Une part de lui l’aurait pourtant mérité.

Soudain, le rire que j’avais entendu auparavant survint à nouveau et s’intensifia dans ma tête. Je tentai d’en découvrir la provenance, balayant des yeux l’assemblée. Il n’y avait qu’une personne qui me regardait sans ciller. Cette femme aux cheveux flamboyants qui affichait un rictus victorieux. Pouvait-elle percevoir ce qui venait de se produire ? Cet homme avait perdu une partie de sa conscience, le plaisir que l’inconnue semblait éprouver me fit froid dans le dos. Et j’étais la cause de cet acte destructeur.

Puis, je n’aurais su l’expliquer, mais en un regard, cette femme fit disparaitre la honte que je ressentais. Un héros. Elle m’adressa un clin d’œil avant de se perdre dans la foule qui sortait du tribunal.


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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: L’innocence a parfois l’apparence du crime (Jordan et Maxence)   Jeu 24 Déc - 17:55


L’innocence a parfois l’apparence du crime

Suite à nos nouvelles découvertes, j’avoue que je ne sais plus trop à quel saint me vouer… Brian aurait peut-être une idée lumineuse ? Il semble parfois aussi bourrin et têtu que moi, et à d’autres moments, il va mettre le doigt sur ce qui m’échappe… Et non je ne pensais pas à ça, bande de pervers… En parlant de pervers, notre suspect me parait bien mal partit. Si ma fonction m’empêche d’agir, c’est tant mieux pour lui, car là j’ai une furieuse envie de lui aplatir sa face de rat… Rien qu’à le voir sourire ainsi, je ne peux que regretter de ne pas avoir eu un « accident de parcours »…

- Officier, placez l’accusé en détention provisoire. Nous devons impérativement retrouver cette jeune femme avant qu’il ne soit trop tard.

Oui, il nous fallait trouver cette fille. Si un truc de bon pouvait ressortir de cette sordide histoire, c’était de retrouver cette fille et de la sauver… Max avait l’air particulièrement impliqué et je reconnaissais un air consterné, voir perdu, quand j’en croisait un.. Il se posait des questions d’ordre moral, et malheureusement je ne pouvais rien y faire.

Et l’accusé qui prenait un malin plaisir à faire durer l’interrogatoire.. Soudain, il faisait plus chaud dans la salle. Je réussis, je ne sais pas trop par quel miracle, à me reprendre, avant de me transformer en exhibitionniste enflammé…
Et puis soudain, un truc se passa… Je ne sais pas quoi exactement, mais je pense que Max n’y était pas étranger, vu son air concentré…

- Je vais tout avouer.
Je sursautai presque en me retournant vers l’accusé.
- J’ai tué toutes ces femmes.
- J’ai pris soin de ne laisser aucune preuve.

C’était à la fois répugnant, et trop beau pour être vrai. Il nous livrait tout sur un plateau d’argent, nous expliquant même comment il s’y prenait pour masquer ses actes, et fabriquer des pistes de cartons à suivre par nos soins. Ma mâchoire crispée, mes muscles tendus, j’écoutais sans rien pouvoir faire.
- La jeune femme est enfermée dans une scierie désaffectée.

Nous avions l’adresse, suite à la question du juge.. Il nous expliqua tout, et dans le moindre détail, puis sa tête s’affaissa, et il fut évacué pour son malaise… Je guettai le moindre signe de manigance, mais il semblait réellement aller mal. Je ne lui trouvai aucune circonstance atténuante, et espérait presque qu’il y reste, mais après de nombreuses années de prison…
Je perçus cependant un rire, que j’avais déjà entendu. Un rire clairement féminin, mais ne put en trouver la source…

Finalement je m’imposai pour faire partie de l’équipe de secours, et Maxence me suivit… Il y avait quelque chose d’étrange en lui, et même si je n’en avais pas le temps tout de suite, il fallait que je garde dans un coin de ma tête cette étrangeté à surveiller.

Les secours étaient déjà la quand nous arrivâmes, mais je du tout de même enfoncer quelques portes. La jeune femme était dans un sale état, et les secours s’affairaient autour d’elle. Son pronostic vital était engagé… Comme je détestais cette phrase, comme je l’avais déjà trop entendue, cette phrase. Mais je n’étais pas médecin. Juste un putain de démineur… Et mes compétences, dans cette situation, ne servaient à rien.

Maxence avait l’air de chercher quelqu’un, comme angoissé. Quand finalement une étrange femme s’approcha de lui, je mis ma main sur mon flingue, par réflexe. Me rendant compte que j’étais ridicule, surtout quand elle lui sourit et qu’il répondit à son sourire, je me détendit.. Non.. Pas vraiment, surtout pas avec le regard glacial qu’elle me lança. Elle murmura quelque chose que je ne compris pas, mais je me sentis inexplicablement attiré par elle… Mais, en moi, l’autre se révolta, et je vis dans son regard une crainte… Honteux, je m’éloignais un peu pour cacher ma nature surnaturelle. Ce n’était vraiment pas le moment.

Quand je me retournais, la femme semblait charmée par Maxence, et ce dernier n’était pas du tout indifférent à sa gestuelle. Je la voyais poser sa main parfaitement manucurée sur l’épaule de Maxence, et je trouvais cela immonde, sans savoir pourquoi. Visiblement ce n’était pas le cas de ce dernier, que je vis partir, pratiquement bras dessus, bras dessous, avec elle.. Je n’aimais pas ça du tout…


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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: L’innocence a parfois l’apparence du crime (Jordan et Maxence)   Sam 2 Jan - 21:24


L’innocence a parfois l’apparence du crime

Je suivis un temps du regard la femme qui m’avait fixé droit dans les yeux. J’avais eu l’impression qu’elle avait compris ce qui s’était produit et qu’elle en avait éprouvé de la fierté, gratifiant mon égo et confirmant que j’avais fait ce qui devait être fait.

Les autres membres du jury furent satisfaits de pouvoir sortir de la salle d’audience, certains étaient peut-être même déjà hors du tribunal. Si cet acte civique n’était pas une obligation, nul doute que la justice peinerait à trouver des volontaires. Chacun se contente de profiter du système – se confortant dans la sécurité de leur quotidien et de ses avantages – sans vouloir participer activement à sa pérennité.

Je rejoignis Jordan et en signe de tête il comprit ce que je souhaitais faire. Je n’eus pas besoin d’utiliser ma télépathie pour savoir que lui aussi voulait secourir la jeune femme qui avait été kidnappée. Il nous permit de faire partie de l’équipe qui partait immédiatement à l’endroit indiqué par le psychopathe à qui j’avais infligé un châtiment extrême. Et efficace.

Il y avait déjà beaucoup de monde sur place. La foule attirée par l’arrivée des médias observait la scène. La scierie désaffectée était éclairée par les projecteurs apportés par les secours. Les journalistes parlaient de la dernière victime, ménageant le suspens en jouant de l’incertitude à savoir si elle serait retrouvée à temps, rappelant le sujet d’actualité de ce criminel qui séquestrait et tuait des jeunes femmes depuis plusieurs semaines. Ils évoquèrent rapidement les retournements de situation qui avaient agité le procès. Et pour attiser la curiosité d’un public captivé par les histoires sordides, les tortures subies par les victimes furent évoquées, à la limite de ce qui était respectueux de raconter. Puis le mystère plana sur le lieu où avait été envoyé l’assassin après sa crise. Les médias décrivirent l’homme comme apathique et amorphe. Comment étaient-ils si rapidement au courant de tous ces détails ?

Notre arrivée et celle d’autres policiers accéléra la situation. Les secours souhaitaient une intervention conjointe, ne sachant pas ce sur quoi ils tomberaient. Puisqu’il était démineur, Jordan s’apprêta à prendre les devants, par sécurité.

- Il n’y a personne mise à part elle.

Jordan me dévisagea, cherchant la certitude dans mes propos avant de choisir de me faire confiance. On m’empêcha de le suivre et je dus attendre, soucieux, qu’il revienne.

Puis, les secours sortirent la jeune fille de ce lieu de cauchemar. Ce fut à ce moment que je croisai à nouveau ce regard attractif. La femme du tribunal. Elle était là, stoïque dans l’agitation comme le serait un rocher balayé par une houle puissante. Puis elle se mit en mouvement, ondulant comme une sirène dont le chant envouteur ne nécessitait pourtant pas que j’entende sa voix.

- Bonjour Maxence.

Elle connaissait mon nom. Je ne savais rien d’elle. Elle me souriait. Je répondais à son charme. Pourquoi étais-je attiré par cette femme ? Un voile se déposa sur ma volonté. Elle me questionna sur la raison de ma présence. Je lui répondis, sans crainte, sans éprouver l’envie de me taire. Lorsqu’elle posa délicatement sa main sur mon épaule, j’eus l’impression que mon pouvoir ne demandait qu’à être libéré pour répondre à une sollicitation inconnue et forte.

Puis un couinement à proximité retint mon attention. Une vielle dame, attirée par les gyrophares et en quête des derniers ragots, trainait son chien plus qu’elle ne le promenait. On eut dit une espèce de porc-épic mal embouché qui refusait de la suivre.

La triste monotonie de la scène enveloppa mon esprit dans un calme plat et reposant. Alors, j’entendis un appel à l’aide. Je compris qui était à l’origine de cette détresse.

Je bafouillai une excuse à la femme avec qui je m’entretenais et me dirigeai vers le véhicule des secours. La jeune femme secourue depuis peu était agitée, plongée dans un état proche de l’inconscience. Son esprit était hanté par les images de tortures qu’elle avait subies et par le visage de son ravisseur. Elle ne supportait pas d’être touchée ne serait-ce que pour panser ses blessures. Sa respiration s’accélérait, elle était en proie à la panique et son corps, très affaibli, finirait par abandonner.

Je glissai mon esprit aux côtés du sien, comme une caresse, insufflant l’idée rassurante qu’elle était libre et qu’on allait s’occuper d’elle. Les secouristes approchèrent le brancard vers l’ambulance mais je saisis la main de la jeune fille qui y était allongée.

Elle se calma aussitôt, la promesse d’être en lieu sûr renforcée par le contact que je lui offrais. L’un des hommes me proposa spontanément de monter avec eux et d’accompagner la victime à l’hôpital.

Lorsque les portes du véhicule se refermèrent, je vis la femme aux cheveux flamboyants me regarder. La seconde suivante, elle n’était plus dans la foule. Jordan eut le temps de me voir partir, son visage affichait l’étonnement et le soulagement.


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Celeano

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MessageSujet: Re: L’innocence a parfois l’apparence du crime (Jordan et Maxence)   Ven 15 Jan - 11:27

L’empreinte



Je n’aurai jamais pensé ressentir ça pour quelqu’un d’autre que Matrim. Je le pensai unique, et dans un sens il l’est toujours, mais ce Maxence est si stimulant et nouveau… Son pouvoir est absolument grisant. J’ai depuis longtemps dépassé le stade ou je regrettais de ne pas être capable de m’approprier réellement le pouvoir des autres, mais le détourner pour qu’il me serve revient pratiquement au même. Et puis surtout il y a ce plaisir à nul autre pareil de voir mes proies lutter lorsqu’elles se rendent compte qu’elles franchissent la ligne apposée sur leur idiome moral. Je suis loin d’en avoir fini avec Matrim, mais j’avoue apprécier énormément cet intermède. Je pensais que ce ne serait que ça, un intermède, mais j’ai bien envie d’avoir Maxence à mes côtés, en plus de Matrim, à présent. Je suis une vilaine petite gourmande.

Mon rire soudain attire le regard d’un passant, mais mon sourcil haussé le dissuade bien vite de continuer à me fixer.

Alors lorsque le bel adjoint sortit secourir la pauvre petite créature sans défense et que l’étalon psy le suivit, je fis de même, à une certaine distance. A présent que j’avais planté mes griffes sur mon adorable nouvelle proie, il m’était relativement facile de la suivre. La corruption avait commencé, et je pouvais remonter les effluves envoutants qu’elle laissait derrière elle. Dire que mes sœurs avaient refusé ce pouvoir. Idiotes. Elles se sont consumées à vouloir me combattre, et maintenant elles sont de l’autre côté, la d’où on ne revient pas… Aello et son insupportable moralité aérienne, sa façon qu’elle avait de tout survoler. Maitresse du vent. Pff ! A quoi ça lui a servi, maintenant qu’elle est morte. Et Ocypète, cette petite sauvageonne éprise de liberté, qui pouvait s’incarner dans n’importe quoi… Elle n’en a pas eu le temps, quand je l’ai expédié de l’autre côté du voile. Maintenant je suis seule, et personne ne peut me barrer la route. Des trois, la seule qui aurait pu réellement me faire mourir était Ocypète, en s’incarnant en moi et donc en m’enlevant mon immortalité… Je ne crains donc plus rien ni personne.

Mais pour autant, je reste prudente. Ce jordan, par exemple, a un pied dans les deux mondes, si je ne me trompe pas. Je n’aime pas ça. Du tout…

Bien évidemment, la foule, les journalistes étaient déjà là pour le spectacle. Si prévisible, tout ça.. Si lassant… Mais mon beau Maxence est la, lui aussi. Et il utilise son pouvoir. Bien, mon tout joli. Fais ça. Fais exactement ça… Nos regards se croisent et je lui souris. Je n’ai pas besoin de lui plaire physiquement pour lui plaire tout cour, c’est justement la beauté de la chose.

-Bonjour, Maxence..

Ma voix portée par le souffle de mon pouvoir l’atteignit, je le vis. Ses pupilles légèrement dilatées m’indiquèrent que le charme opérait. Décidément très mignon… Le plaisir de la chair n’est qu’éphémère, mais ça reste un plaisir, pourquoi le bouder ? J’avais des projets plutôt enthousiasmant pour lui. Je n’ai pas réellement de pouvoir mental, mais le sien est amplement suffisant pour nous deux. Via notre lien spécial, je le force à utiliser son don, pour qu’on puisse se parler. Je lui demande ce qu’il fait ici, tout en me rapprochant, et il me répond, déjà en partie conquis.

Ma main délicatement manucuré se pose sur son épaule, et j’ai soudain un apétit féroce de lui. Je sens son pouvoir, si fort, si puissant, il ne demande qu’a servir. Et je vois maintenant de plus près ce que cette canaille de Matrim lui a fabriquer. Ingénieux. Je ne t’oublie pas, l’homme-enfant. Je ne sais pas comment tu as fait pour échapper à mon attention, mais tu ne pourras pas me fuir longtemps, surtout avec ce Maxence et son pouvoir brut.

Je claque la langue, agacé de voir que son attention est détournée et que mon pouvoir n’agit plus, temporairement. C’est le problème avec les mentalistes, ils ont une volonté plus forte et donc il me faut déployer des trésors de perversion pour arriver à mes fins.
Je le regarde partir pour aider la jeune pintade. Très bien, joue au bon samaritain si ça te fait plaisir… J’ai tout mon temps.

Je regarde le véhicule partir, et je ne lache pas des yeux le beau télépathe, alors qu’il accroche mon regard à travers les vitres du véhicule.

Me mêlant à la foule, je lui laissais cette petite victoire pour aujourd’hui.
L’adjoint m’avait regardé, lui aussi, et je n’aimais pas du tout son regard. Il avait l’air de pouvoir percer le voile, sans même en être conscient. Je n’avais pas l’intention de le lui laisser comprendre…

(…)

J’avais laissé passer quelques jours… Je n’étais jamais bien loin, mais pas trop insistante non plus… Ce répit m’avait permis d’observer l’emploi du temps du jeune homme. Aussi, avec un sourire presque innocent, je me suis permit de l’attendre devant le café qu’il fréquente parfois… Le troisième jour fut le bon.

Assise à la terrasse, habillée de velours pourpre sombre, je le toisais alors qu’il me reconnaissait.

-tiens, voila notre splendide héros. Quel plaisir de te revoir, cher Maxence… Un café ? Un thé ?

Mon sourire était sincère, mais il cachait mon appétit vorace. Si jamais il essayait de lire mes pensées, ce serait mon sésame pour accéder aux siennes et … changer un peu la déco…


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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: L’innocence a parfois l’apparence du crime (Jordan et Maxence)   Jeu 28 Jan - 11:10


L’innocence a parfois l’apparence du crime

Ces deux derniers jours furent à la fois fatigants et grisants. Les secours avaient emmenée la jeune femme aux urgences, je ne l'avais pas quittée du trajet. Elle était terrifiée et au bord de la rupture émotionnelle et psychique. Je tentai de maintenir le calme dans son esprit agité quand une idée s'imposa. Je songeai à Matrim, au lien qui nous unissait et à ce qu'il avait été capable de faire. Je ne pouvais pas m'octroyer le droit d'effacer les souvenirs de la victime, aussi durs qu'ils soient, ils constituaient maintenant une partie de sa vie. Mais je pouvais les épurer de sorte qu'elle ait la force de passer outre, de se relever et de se détacher de cette peine indéfinissable, un sentiment de honte coupable et de cruelle impuissance qui l'empêcheraient d'avancer.

Ce n'est pas ta faute, le seul coupable est cet homme. Tu es saine et sauve maintenant. Courage.

Jusqu’à la fin de la semaine, je lui rendais visite dans l’après-midi. La fin d’année approchant, les créneaux libres pour permettre aux étudiants de réviser se multipliaient.

- Tu as bien agi l’autre jour.

Le compliment de l’officier fut sincère lorsqu’il était venu lui aussi s’assurer que la jeune femme se remettait de ce traumatisme. Puis nous nous fîmes discrets, nous tenant simplement informés de sa sortie de l’hôpital.

Après le procès, mes camarades de la promotion voulurent en connaître les détails. J'expliquai l'impression que j'avais ressenti en entrant dans le tribunal, le sens du devoir et l'appréhension de mal juger une personne sur des actes contés et parfois non vérifiables. Les rebondissements survenus pendant l'audience et au delà les intéressèrent mais je restai discret sur la fin de cette histoire.

- Dura lex, sed lex.

L’exclamation du professeur captiva notre attention lorsqu’il entra dans la salle et il interrogea un élève du premier rang sur le sens de cette locution latine. « Dure est la loi, mais c’est la loi. ». Il avait l’habitude de ponctuer ses cours par des expressions de la sorte. Et c’était une introduction idéale pour aborder les notions de peines et jugements applicables par les différentes autorités judiciaires. En préambule, il nous rappela que la sentence extrême qu’était la peine de mort était encore en vigueur dans le monde – et même dans notre pays –  et l’était depuis l’aube de la civilisation et dans plusieurs cultures. Il calma rapidement le débat qui allait s’élever parmi nous et proposa de le reporter à plus tard dans un échange plus constructif.

Je repensai à ce que j’avais fait subir au meurtrier au camélia comme l’avaient appelé les médias. C’était peut-être pire que la mort bien que, comme pour elle, il ne s’en rendait pas compte. Je revis en pensées le visage de cette femme qui avait participé à l'audience et qui était ensuite venu à ma rencontre. Sa présence et sa curieuse satisfaction me perturbaient mais je ne parvenais pas à en déduire quoi que ce soit.

En fin de journée, je rejoignis la salle de sport où l'équipe se réunissait régulièrement. J'avais envoyé un message à Chad dans la journée pour savoir comment il allait et s'il serait présent à l’entrainement. J’appris alors la terrible nouvelle. Il avait perdu sa mère, la femme qu’il souhaitait rendre fier par le projet qu’il portait alors qu’il n’était pas encore véritablement diplômé. Quelques paroles échangées suffirent à me montrer la détresse qui était la sienne.

Le décès de sa mère l’avait rendu distant mais je m’en rendis davantage compte ce soir là alors que je lui avais proposé d'évacuer toutes ses mauvaises ondes en épuisant ses forces.  Chad était particulièrement vif, il évacuait une colère bien trop grande pour être contenue. Je lui rappelai avec bienveillance que nos adversaires actuels ne l'étaient que pour améliorer notre jeu. Ils faisaient partie de notre équipe performante qui avait gagné le match contre les Red Storm. J'avais peur de lire davantage en lui et je savais qu'il m'expliquerait uniquement ce qu'il souhaitait. De toute façon, sa rage intérieure faisait comme un écran contre lequel je me percutais. Ainsi, notre contact psychique s’il n’était pas rompu était devenu bien amoindri. Nous étions suffisamment loyaux en amitié pour que ça ne crée pas de tensions supplémentaires. Je respectais son deuil et me montrait présent s’il le souhaitait. En silence, avec humour ou plus sobrement. Chad était quelqu’un d’intègre et de fort, je n’avais pas de doute sur le fait qu’il trouve le moyen de surmonter cette épreuve. Je ressentais toujours sa peine – qui ne disparaitrait pas mais avec laquelle il devait apprendre à vivre – et cette faible connexion me permettrait de savoir s’il parvenait à se relever.

Le lendemain, la mauvaise nuit qui m’avait empêché de dormir plus longtemps que je l’aurais voulu se fit ressentir après le déjeuner. Je sortis prendre l’air avant le début des cours et me dirigeai vers le café où les joueurs et moi allions régulièrement après nos entrainements.

Ce fut à cette terrasse que je la reconnus, vêtu de pourpre et coiffée d’un fin chapeau qui pouvait témoigner d’un certain prestige.

- Tiens, voila notre splendide héros. Quel plaisir de te revoir, cher Maxence… Un café ? Un thé ?

Le sourire qui accompagnait sa proposition était distingué. D’un geste envolé de la main, elle désigna la chaise disposée en face d’elle, m’invitant à m’y installer.

Je ne refusai pas.

J’interpellai le serveur pour commander. Il passait souplement entre les tables sans regarder son plateau qu’il gardait en équilibre dans une main.

Quand il me déposa un café fumant, un autre client protesta qu’il était arrivé avant moi et qu’il attendait toujours d’être servi.

Malgré son agacement évident, le serveur lui répondit avec amabilité. Toutefois, son interlocuteur ne semblait pas enclin à la discrétion ni à la coopération. Il se leva, fortement contrarié.

L’homme manqua de trébucher sur le sac à main que la femme que j’avais rejoint venait tout juste de poser au sol. Son regard noir se voulut intimidant. Elle ne perdit pas contenance mais se contenta de redresser le menton et de s’adresser à moi comme si l’individu ne pouvait pas nous entendre.

- Quel manque de politesse, tu ne trouves pas ?

Je partageai sa critique. Et je ne me contentai pas de laisser partir cet homme qui avait dérangé la tranquillité des clients, nous y compris.

Excuse-toi.

L’ordre avait fusé. Si promptement formulé qu’il aurait pu n’être qu’une pensée. Mais ça ne l’était pas.

S’il m’était facile de contraindre quelqu’un à faire quelque chose, faire naitre les émotions était bien plus complexe pour être exigée par une simple phrase. Ainsi, l’homme s’excusa platement alors que les traits de son visage affichaient encore sa mécontentement.

- Je vous prie de m’excuser, Madame.

Il prit congés quand elle lui répondit, hautaine et satisfaite.

Puis son attention se reporta immédiatement sur moi alors que je réalisai qu’elle n’était encore qu’une inconnue et que je ne savais rien d’elle.

- Vous ne m’avez pas dit votre prénom.

Son regard pétilla, empli d’une vigueur nouvelle, comme si le fait que je fasse preuve d’intérêt à son égard lui était d’une importance capitale.


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Celeano

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MessageSujet: Re: L’innocence a parfois l’apparence du crime (Jordan et Maxence)   Lun 8 Fév - 20:34

L’empreinte



L’instant était délicat. C’était le moment de ferrer, comme on dit. Je savais reconnaitre un esprit fort. Celui du jeune homme était de ceux-là. Pas étonnant vu le pouvoir dont il était dépositaire. S’ériger des barrières mentales, et même une sorte de morale, pour ne pas céder à la tentation de l’utiliser en permanence. Mon dieu… Contrôler n’importe qui sur qui se poserait son regard… Tant de puissance coercitive à portée de main. Ne pas se faire trop avide, ni pressante. Au contraire, doser un peu d’indifférence, voir d’ennui. Jouer son rôle de femme d’expérience, devenir intéressante pour lui.

Il ne le sait pas encore, mais sa lente descente à commencer. Seulement je n’ai jamais été très patiente, alors j’ai très envie d’accélérer cette descente. Car, au bout, lorsqu’il sera arrivé au bout de cette chute, son pouvoir sera mien. Du moins, il me servira.
Je l’observe. Il est sublime, et il le sait. Bien sûr, ce pouvoir brut est presque irrésistible pour moi, mais même sans ça, je dois avouer qu’il m’émoustille… Le pouvoir de la chair est éphémère, mais bien réel…

Je suis, de plus, heureuse de le voir seul, sans cet agaçant adjoint, certes bellâtre, mais un peu trop de l’autre côté du voile pour mon bien. Je n’aime pas les gens qui sont capable d’aller la bas, et de revenir… Matrim l’a fait, en quelque sorte, mais une unique fois, et il ne pourrait pas le refaire. Mais ce Parrish… J’ai horreur de me sentir en danger, et c’est bien le cas avec lui. Pas par lui, directement, même si il semble une vraie menace, mais par sa connexion avec les deux mondes… Cette garde est coincée pour l’éternité la bas, hors de question qu’elle franchisse le voile.

Alors que sa commande était passée, un des autres clients manifesta son mécontentement quand mon beau spécimen fut servi avant lui. Une occasion en or pour moi. Il est si facile d’appuyer sur certains leviers, et je suis maitresse en manipulation. Il n’en fallait pas plus pour qu’il se lève, agacé, et trébuche sur mon sac savamment posé à dessein. Il me fustigeât naturellement du regard, et je soutins le sien, sans y mettre une once de pouvoir. Je devais me contenir à mon rôle de femme distinguée demandant l’aide de son chevalier servant.

-quel manque de politesse, tu ne trouves pas ?

Il n’est rien pour toi. Un insecte. Tu es un dieu parmi les insectes. Écrase-le. Ecrase sa volonté. Utilise ton pouvoir. Rappelle-toi le bien que tu fais avec ton pouvoir. C’est si simple. Il le mérite. Comme le tueur. La société se porterait tellement mieux si, enfin, tu laissais libre court à ton pouvoir… Tu as le monde qui te tend les bras, Maxence. Cueille-le !

L’impulsion mentale la grisa. Elle ne comprit pas l’ordre, mais le ressentis. Puissant. Impérieux. L’homme du s’excuser, contre sa volonté.

- Je vous prie de m’excuser, Madame.
-au moins, vous savez formuler correctement des excuses. La plupart disent « je m’excuse ». Ceci dit, une excuse n’amende pas une grossièreté. Vous m’indisposez, partez à présent.

Un vague mouvement de ma main lui précisa son insignifiance, le provoquant de plus belle. Je le vis serrer la mâchoire, mais partir cependant.

- Vous ne m’avez pas dit votre prénom.
Je le regardai, ravie. Il était vraiment sublime. Et la petite tâche de noirceur que je voyais dans son cœur se développait de façon satisfaisante. J’avais tellement hâte.
-Cel.. Séléné. Je m’appelle Séléné. Un ancien prénom, un peu désuet de nos jours, mais que j’espère porter en lui faisant honneur.

Mon hésitation était volontaire. Si il tentait de plonger dans mon esprit, ce serait l’équivalent, dans les films idiots de vampires, d’indiquer à l’un d’entre eux qu’il peut rentrer chez vous. Mais je le croyais suffisamment gentleman, hélas, pour ne pas le faire.. Bientôt, bientôt.

-J’apprécie beaucoup votre compagnie. Vous êtes vraiment charmant. Votre petite amie a bien de la chance.. Vous voudriez faire une balade ? Le parc est assez agréable en ce moment. C’est pour moi, j’y tiens. Il est si rare de tomber sur des chevaliers blancs comme vous en ce moment…

Et je réglais donc nos consommations.
Bientôt nous passerons au tutoiement… Je regarde la forme de ses pommettes, sa mâchoire, virile, la naissance de ses épaules… Je n’ai jamais été très patiente…

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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: L’innocence a parfois l’apparence du crime (Jordan et Maxence)   Mar 23 Fév - 9:48


L’innocence a parfois l’apparence du crime

- Cel... Séléné. Je m’appelle Séléné. Un ancien prénom, un peu désuet de nos jours, mais que j’espère porter en lui faisant honneur.

Elle l’avait soufflé comme pour le draper autour de moi telle une écharpe de soie. Séductrice. Nous ne nous étions pas quittés des yeux. Et maintenant que je connaissais son identité, j’eus l’impression qu’un rapprochement, à peine perceptible, s’opérait entre nous.

- J’apprécie beaucoup votre compagnie. Vous êtes vraiment charmant. Votre petite amie a bien de la chance...

J’esquissai un fin sourire. Excepté avec Chad – avec qui j’étais entièrement moi-même et avec qui nous discutions mentalement – je gardai mon pouvoir enclavé, comme toujours avec les personnes que je côtoyais. Par respect principalement. Et parce que connaitre les pensées des autres m’empêchait de faire connaissance comme quelqu’un d’ordinaire.

Quoi qu’il en soit, je n’eus pas besoin de sonder ses pensées pour comprendre que cette affirmation sur mon éventuelle petite amie était en réalité une question. Je ne me méprenais pas à essayer de trouver un sens caché à sa sollicitation, n’était-ce pas une remarque anodine ? Je passais un agréable moment et c’est ce qui comptait.

- Vous voudriez faire une balade ? Le parc est assez agréable en ce moment.

J’inclinai la tête poliment en guise d’acceptation et me levai après avoir interpellé le serveur pour régler nos consommations.

- C’est pour moi, j’y tiens. Il est si rare de tomber sur des chevaliers blancs comme vous en ce moment…

Nous nous éloignâmes de la terrasse puis nous primes la direction d’une rue qui descendait davantage dans le centre-ville. Plusieurs personnes nous observèrent. Certaines simplement attirées par l’allure altière de Séléné, d’autres avec un regard plus farouche envers elle.

Elle me posa des questions, désireuse de connaitre mon histoire. Et bien qu’il s’agisse d’une inconnue, je lui racontai d’où je venais. Je n’évoquai pas mon secret ni la véritablement raison de mon départ de Chicago qui y était intimement liée.

Ses réponses, quant à elle, furent évasives lorsque je lui retournai la curiosité avec politesse. Sa famille semblait être assez particulière et synonyme de problèmes. Je ne souhaitai pas la mettre mal à l’aise alors le sujet fut évité.

- Pouvons-nous nous assoir sur un banc, quelques minutes ? Demanda Séléné.

D’autres passants s’étaient également installés, certains à l’ombre des grands arbres, d’autres se laissant baigner dans la chaleur du soleil. Au dessus de nos têtes, balayées par un vent faible, les frondaisons jouaient avec la lumière, dessinant une frontière immatérielle qui nous séparait, Séléné et moi.

Ébloui, je ne remarquai que tardivement qu’elle avait tendu le bras vers mon visage. Je ne sus comment réagir. Puis sa main descendit simplement sur mon cou, saisissant le pendentif que Matrim m’avait offert.

- Quel curieux bijou, c’est un artiste très doué qui a dû le créer. Un ami à vous peut-être ?

Je lui confiai que le bijou était précieux par sa valeur sentimentale car il s’agissait en effet d’un cadeau offert par un ami.

Ce fut à ce moment que le ricanement malsain s’éleva dans mon esprit. Fugace. Je ne découvris pas sa provenance mais je sus, comme au tribunal et plus tard ensuite, qu’il n’avait rien de rassurant.

Je tournai la tête vivement pour scruter les promeneurs. Je ne perçus rien d’anormal.

Nous discutâmes encore de longues minutes avant de nous séparer. Je fixai ma main qu’elle avait caressé si subtilement que le geste me parut involontaire. Sa peau était douce mais sa fraîcheur m’avait surpris.

Je suivis des yeux cette femme captivante, bercé par l’ondoiement de sa chevelure cuivrée.

Sur le chemin jusqu’au campus, quelque chose me perturba, comme un bruit de fond. Le lointain écho d’une litanie que je n’entendais pas. Que je ne voulais pas entendre.

Tous deux accaparés par des pensées envahissantes, Chad et moi faillîmes nous manquer.

Ces derniers temps, je ne percevais qu’un maelstrom de pensées négatives qui m’empêchait de le sonder. Cette vérité m’attristait. Je ne savais plus ce qu’il ressentait. Et cette habitude extraordinaire qui a entretenu notre amitié n’était plus.

- Comment vas-tu, Chad ?

Ma question ne pouvait être plus sincère. Je le sentais animé par des projets, sans doute professionnels, mais il n’affichait pas cet engouement qui lui était propre lorsqu’il travaillait sur ce qui le passionnait.


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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: L’innocence a parfois l’apparence du crime (Jordan et Maxence)   Ven 26 Fév - 22:44



L’innocence a parfois l’apparence du crime

Ma virée à Las Vegas a été assez épique et j’en garde un souvenir plaisant, sauf pour le moment où Matthias et moi nous nous sommes retrouvés en plein territoire chasseur sans le vouloir. Nous nous étions battus pour filer, mais je me souviens bien du plaisir ressenti à briser leur os et déchirer leur chair. Je ne me suis pas battu dans l’unique but de me défendre, mais bien dans l’intention de les handicaper suffisamment pour les gêner dans leur chasse, à défaut de les tuer purement et simplement. Seule la présence de Matthias m’a retenu de le faire.

A mon retour, j’ai eu droit à un vrai inventaire de la part de Mick. Heureusement j’avais pris le soin de passer chez moi me changer et effacer les traces de combat avant de me présenter à l’œil scrutateur de mon homme. Il sent que j’ai changé, difficile de le tromper et de paraitre égale à moi-même, mais je crois qu’il n’a pas idée de degré de changement. Je donne le change et si à l’extérieur les autres me trouvent soudainement plus cynique qu’avant, avec Mick je reste le gentil loulou qu’il aime. Je n’ai pas à me forcer pour ce rôle, car je l’aime sincèrement et qu’il est le seul à qui je permets d’avoir de l’ascendance sur moi. Je pourrais tuer pour lui et je compte bien écarter tous dangers de sa personne, quel qu’en soit le prix à payer.

J’ai repris les cours… et mes recherches. Je tente d’en savoir plus sur ceux qui nous sont tombés dessus sur la route secondaire qui file en direction de Las Vegas. Je veux comprendre les ramifications et les éventuelles alliances entre les chasseurs. Je sais qu’ils sont loin d’être unis et coopérants entre eux. Tous ne combattent pas le surnaturel pour la même raison. Certains comme les Argent c’est par quête familiale, d’autre c’est pour le fric comme ceux qui nous avaient piégés avec Adriann et qui commercent des morceaux d’êtres surnaturels et enfin il y a ceux qui font ça pour le plaisir. Officiellement nous n’existons pas, nous sommes donc des cibles sans risque de poursuites en justice. Se servir de leurs désaccords, de leurs disputes territoriales et de leurs conflits d’intérêt, voilà mon plan. Je ne suis pas assez stupide pour penser les exterminer à moi seul. Non, je vais faire en sorte qu’ils s’en chargent eux-mêmes, ou du moins qu’ils me fassent une partie du travail. Je me demande ce que trafiquent les chasseurs de la route de Las Vegas. Ils avaient capturé une louve. Pourquoi ne pas l’avoir simplement tuée ?

- Comment vas-tu, Chad ?

- Hein ? Ah ! Salut Maxence.

Je suis surpris. C’est vrai qu’on ne s’était plus trop vu depuis qu’il avait été occupé par le procès dont il avait été désigné comme juré. Instinctivement je bloque mes pensées. Maxence a la capacité de forcer la barrière que j’élève, mais je le connais suffisamment pour savoir qu’il ne le fera pas, ni s’y risquera.

- Ça va. Je suis rentré de Las Vegas en ramenant Matrim en un seul morceau. Il est un peu amoché, mais Matthias est auprès de lui. Ça devrait aller mieux.

Je suis sincèrement content d’avoir ramené mon ami à Beacon Hills. Rien que voir le sourire revenir sur les lèvres de Matthias est un cadeau en soi. Ces deux-là sont fait pour être ensemble. Deux artistes à la sensibilité exacerbée. Puis cela rend de nouveau plus probable mon projet de travailler avec eux. Car je ne désespère pas tout mener de front. Entre la conception de notre future maison à Mick et moi avec les démarches administratives qui s’annoncent lourdes car nous sommes en bordure d’une zone protégée, l’éradication durable de nos ennemis, monter ma boite d’architecte et très certainement aider Matrim contre la harpie qui le poursuit. Le programme s’annonce chargé, difficile et dangereux.

- Et toi comment vas-tu Max’.

Avant, j’aurais simplement pensé la question, mais c’était avant. Maxence est quelqu’un d’honnête et je me doute qu’il ne soit pas en accord avec mes intentions. Toutefois je vois une ombre dans son regard.

- Ton procès s’est bien passé ?


© Fiche & montage by Mafdet Mahes, Dessin by Mokolat


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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: L’innocence a parfois l’apparence du crime (Jordan et Maxence)   Mer 9 Mar - 15:29


L’innocence a parfois l’apparence du crime

- Hein ? Ah ! Salut Maxence.

Je me demandai si cette politesse semblait distante parce qu’il était sérieusement préoccupé ou bien parce qu’il éprouvait une quelconque réticence à me voir.

- Ça va. Je suis rentré de Las Vegas en ramenant Matrim en un seul morceau. Il est un peu amoché, mais Matthias est auprès de lui. Ça devrait aller mieux.

Je hochai la tête, heureux de cette bonne nouvelle. Matrim et Chad sont deux amis. L’un photographe, l’autre architecte. L’un artiste sensible, l’autre intellectuel pragmatique. J’entretenais avec chacun d’eux une amitié franche. Ma télépathie avait très vite renversé les barrières entre Chad et moi et m’avait également permis de me rapprocher de Matrim lui aussi doté d’un pouvoir particulier. Nous étions deux mentalistes, nous pouvions discuter librement sur ce sujet parfois délicat et la manière de vivre avec le don qui était le notre. Mes deux amis m’avaient, chacun à leur manière, montré que ma capacité extraordinaire – que j’avais longtemps perçue comme un fardeau –  pouvait être autre chose qu’une malédiction pour moi et ceux qui m’entouraient.

Beacon Hills étant une ville très imprégnée de phénomènes surnaturels, j’avais dû faire davantage d’efforts pour me contrôler, ne pas me laisser envahir par les pensées parasites de ses habitants, plus ou moins communs. Chad et Matrim m’avaient bien aidé et je portais un bijou confectionné par le télémètre qui me permettait de contenir mon pouvoir sans éprouver l’effet désagréable que me procure le contact du cuivre.

- Et toi comment vas-tu Max’ ?

J’expliquai justement que je laissai peu à peu derrière moi l’appréhension due à la télépathie. Il plissa légèrement les yeux. En temps normal, j’aurais su ce qui l’avait fait réagir mais notre contact psychique était très amoindri. Je n’effleurai que la surface de son esprit, plus par habitude que par réelle nécessité. Mais la différence était bien là. Peut-être était-il justement en train de se demander si je détectais quelque chose en lui. Le doute et la distance qui s’immisçait me fit hésiter un instant.

- Je vais bien, merci. J’ai eu pas mal de choses à faire cette dernière semaine.

Étrangement, je n’évoquai pas l’inconnue que j’avais rencontrée tout récemment. Quelque chose me poussait à garder ça secret. S’il avait eu accès à ma conscience, il aurait pu percevoir, comme un rêve insaisissable, la femme à la chevelure flamboyante et au regard glacial.

- Ton procès s’est bien passé ?

J’étais content de pouvoir discuter avec lui. Et lui peut être satisfait de changer de sujet, certainement submergé par les condoléances et les marques d’affection depuis le décès de sa mère. Il était mon ami et dialoguer, ne plus être seul, pouvait être bienfaiteur. Il n’existait pas de remède contre la peine si ce n’était de se focaliser sur une idée plus forte encore.

- C’était assez particulier. Je me sentais à ma place et pourtant au début j’avais l’impression d’être impuissant. Avec l’adjoint Parrish nous avons suivi notre intuition et l’affaire s’est avérée plus compliquée que prévue. L’homme était coupable sans l’être. Innocent et pourtant animé par la barbarie. J’avoue avoir utilisé mon pouvoir pour démêler le vrai et le faux. Et je me suis rendu compte que même la télépathie ne pouvait pas combler tous les manques dans la quête de la vérité. Même si c’était un sacré atout.

J’expliquai le dénouement de l’histoire en précisant que le suspect était en réalité schizophrène, ce qui l’avait, dans un premier temps, protégé de mon pouvoir. En y repensant, c’était comme si j’avais été appelé sur cette affaire en particulier, là où mon don avait pu être utile. Et il l’avait été. Après un moment de gêne, je racontai à Chad, en faisant le parallèle avec l’expérience malheureuse que j’avais tentée avec Mick, comment j’avais pu stopper cet homme qui était prêt – pour l’avoir lu sans sa conscience – à enlever et torturer d’autres femmes.

J’aurais aimé connaitre sa réaction, la vraie, le fond de sa pensée, lorsqu’il apprit que j’avais franchi le seuil de ce que je m’autorisais à faire ou ne pas faire avec mon pouvoir. Pouvait-il me reprocher d’avoir fait le nécessaire ? Moi-même, bien que je fusse satisfait que le meurtrier soit hors d’état de nuire, j’avais encore du mal à me faire à l’idée. Il était de toute façon impossible de revenir en arrière.

- Chad, Maxence !

Un étudiant s’était dégagé des autres et nous avait interpellés. Il arriva rapidement à notre hauteur. Nous reconnûmes Dean et son air inquiet ne présageait rien de bon.

- Il fallait absolument que je vous vois. Il y a un problème.

Il n’y avait pas besoin d’être devin ou télépathe pour présager de quoi il retournait. Nous avions rencontré Dean durant la série de disparitions – et de décès – inquiétante qui a semé le trouble à l’université. Très peu de personnes connaissaient la vérité. Les victimes avaient été malmenées par des scientifiques fous pour en faire des…chimères. Le processus ne s’était pas montré satisfaisant car ces monstres n’avaient pas été aussi physiologiquement stables que des créatures surnaturelles. Et comme Chad et moi avions découvert leurs agissements, ils avaient déserté et emporté toutes les preuves avec eux. Presque toutes les preuves.

- Mon contact à la morgue est formel. Tous les corps en lien avec les événements du campus ont disparu. Et ça s’étend à toutes les personnes décédées dans des circonstances étranges et présentant des signes…disons distinctifs.

Chad et moi échangeâmes, pour la première fois depuis des jours, quelques mots, psychiquement. Un grognement de contrariété et une injure d’étonnement.

- Il y a autre chose. Et c’est encore plus inquiétant. Le corps que j’avais dissimulé, celui dont je suis le seul à connaitre l'emplacement, a aussi disparu.

La conclusion fut triviale et perturbante. Quelqu'un d'autre était entré en jeu. Quelqu'un qui subtilisait les cadavres pourtant placés sous surveillance. Mais qui ? Et pourquoi ?

C’était comme si rien de tout ça n'avait existé. Les preuves et les corps rattachaient cette hérésie – vouloir créer artificiellement ce que seule la Nature était capable de faire – à la réalité.

Dean n'avait aucun indice à nous fournir. Il affirma que, sur place, il n'y avait aucune signature olfactive. Comme si le corps s'était tout simplement volatilisé.

Quelqu’un avait-il pu sentir la mort et remonter sa piste ?

Peut-être devrions-nous retourner à la morgue, explorer ce coin reculé qu’avait mentionné Dean. Chad avait-il une idée, des informations en plus ? Était-il au moins prêt à replonger là-dedans alors que nous venions d’en sortir ? Les bouleversements récents dans sa vie l’empêchaient-ils de projeter quoi que ce soit ? Quel était ce regard dans lequel je ne parvenais pas à lire ?

- Que fait-on ?

Ma question était à la fois posée à mon ami qu’à Dean qui nous avait apporté cette nouvelle. Sa petite amie avait été l’une des victimes, il ne souhaitait pas laisser ça impuni.

Je n’avais passé que quelques jours au tribunal et bien que le procès ait été intense, ce n’était rien comparé à ce qui pouvait arriver dans cette ville. Ma vie d’homme était tournée vers la justice et le droit. Mais je n’étais pas quelqu’un d’ordinaire. Et il était impossible de l’oublier ici.

La nuit même, comme replongé dans l’aventure macabre dans laquelle Chad et moi n’étions finalement jamais sortis, je me réveillai avec la sensation d’être épié.

Un cliquetis mécanique accompagné de grésillements résonnait encore dans ma tête. Mais ces bruits ne provenaient pas de la chambre, parfaitement silencieuse.

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