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 L'espoir est un remède d'amour (Mick & Chad)

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Mickael Wayne
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MessageSujet: L'espoir est un remède d'amour (Mick & Chad)   Dim 8 Nov - 21:26


Avenir


Je ne sais pas depuis combien de temps Chad et moi ne nous sommes pas retrouvés seuls. Rien que tous les deux. Bien sûr nous vivons ensemble et chaque nuit comme chaque matin nous tâchons de nous épanouir en présence de l’autre. Pourtant, ces derniers temps, nous avons été bousculés sans ménagement. Je crois que notre dernier moment paisible, même s’il a été court, est l’instant magique où nous nous étions coupés des ennuis du monde pour nous fiancer. Ce n’était pas un acte irréfléchi mais le symbole d’un amour inconditionnel.

Depuis ce jour, nous avons connu le désarroi, la défaite, l’incompréhension et la peine. Nous nous efforçons d’être un pilier, un roc qu’aucune tempête ne peut altérer. Et pourtant, la vie nous malmène, meurtri nos amis et camoufle ceux qui sont à l’origine des dangers que nous affrontons.

Nous avons besoin d’air. D’un nouveau point d’appui pour continuer notre route. Je veux redonner cet élan à Chad. Combler le vide qui s’étend en lui et ramener la vie dans cette partie de son âme qui a été déchirée le jour où sa mère est morte dans ses bras. Je ne peux pas faire disparaitre ce mal. Mais je donnerai ce que j’ai de plus cher pour lui montrer une autre alternative.

Je sors du lit avant lui et tente d’être le plus silencieux possible. Dans l’espace de mon appartement, ne pas le réveiller est un exercice impossible. Et si ce n’est pas moi, c’est l’odeur alléchante du petit déjeuner qui l’attire vers la cuisine. Pour ne pas gâcher la surprise d’une journée simple en amoureux, je ne lui fais pas part du planning des heures à venir. Je l’invite simplement à profiter de moi. De nous. J’aime être aux petits soins avec lui. Et je sais qu’il sait ce dont je suis capable pour lui. Entre nous, il n’y a parfois pas besoin de mots. Une présence silencieuse apporte tout autant de force et de réconfort.

Je souris lorsqu’il râle de ne rien avoir à mettre sur les pancakes. Je réponds par une taquinerie en lui secouant la main dans les cheveux et lui mettant le pot de chocolat sous le nez. Il semble encore paisible après le réveil, avant que la réalité ne reprenne tout à fait sa place.

Mais aujourd’hui, je ne laisse le choix à rien ni personne. Ni la tristesse, ni la colère ni même un inconnu ou un fantôme du passé ne gâchera cette journée.

Nous nous préparons ensemble, profitant d’une douche pour réveiller nos corps. Lorsque je lui conseille une tenue simple, sa curiosité lui fait plisser les yeux. Je reste mystérieux quand il me demande ce que je mijote, agrémentant mon excuse d’un « loulou » attendrissant.

Matrim nous parlait souvent des jeux coquins qu’il aimait pratiquer. Mais si je couvre les yeux de Chad avec un ruban, ce n’est pas pour un moment intime. Je veux qu’il se sente transporté ailleurs. Et avec ses sens de loup-garou, c’est un peu plus délicat de lui cacher des indices.

Quand nous sortons, je lui demande de se focaliser sur mon odeur pour ne pas déceler d’information sur l’environnement, qu’il perçoive le battement de mon cœur au lieu des bruits alentours.

J’emprunte un trajet allongé avec la Camaro, espérant lui faire perdre le sens de l’orientation. Je sais que nous allons devoir la laisser à l’entrée du chemin. Il y a bien un autre endroit où j’aurais pu me garer mais la ballade serait moins belle. Avant que l’entrave ne soit trop désagréable, je retire le bandeau des yeux de Chad. Je l’embrasse avant qu’il ne retrouve la vue.

- Il n’y a rien que nous deux, dis-je en lui prenant la main.

Je veux que ces instants soient beaux et j’y accorde un aspect solennel. Je tente de le rassurer alors que l’inconnu l’angoisse.

Mais c’est autre chose qui plane sur nos têtes quand le ciel s’assombrit. Je râle discrètement en forçant le pas mais nous n’échappons pas à la pluie. Par chance, nous sommes suffisamment avancés pour rejoindre un abri.

La petite bâtisse de pierre est en ruine. Pourtant, ce vestige du passé fait partie du charme du lieu dans lequel j’emmène Chad. C’est l’avant-garde de ce qui s’étend derrière. Je l’empêche de voir par-delà un mur partiellement démoli parce que je souhaite qu’il découvre la suite sans les désagréments de cette averse.

Nous retirons nos vestes mouillées et alourdies. Un vieil épouvantail sans tête fait office de porte manteau. Je me sens un peu hébété que notre escapade soit si vite ralentie. Chad, curieux, m’observe avec fermeté.

- Tes cheveux sont trempés et encore moins coiffés, dis-je en y passant ma main.

C’est un geste habituel qu’il fait lui-même d’habitude pour apporter une touche moins stricte à son apparence, sujet d’agacerie quand il me taquine sur mon côté tatillon. Je vais pour l’embrasser puis dévie ma bouche sur son cou, récoltant une goutte d’eau avant qu’elle ne se perde dans son col.

- D’ailleurs, ils sont en train de mouiller ta chemise, dis-je avec un sourire taquin. Il vaudrait mieux la retirer, tu ne crois pas ?

Nous bataillons gentiment en voulant débarrasser l’autre de son haut. Je le soupçonne de s’être laissé faire quand je lui fais perdre l’équilibre en tirant sur une grande toile qui recouvrait des gravats. Je siège au-dessus de lui, victorieux.

Alors que je vais pour me pencher sur sa bouche, d’un mouvement rapide il inverse les positions pour m’allonger sur le dos. Je grimace en sentant quelque chose contre mon omoplate. En détaillant sur quoi nous avons installés cette couchette de fortune, nous découvrons une vieille porte recouverte d’un tapis végétal. J’avais heurté la poignée.

- On en revient à notre première fois, tu te souviens…souffle-je.

Nous avons fait du chemin depuis mais je n’oublie rien de ce qui nous a amené à nous rencontrer et à nous rapprocher. Nous n’aurions peut-être pas cette relation s’il n’avait pas su comprendre que je regrettais les actes terribles de mon passé. Nous nous étions battu, j’avais paré sa rage et accusé plusieurs coups. Mais lorsque tout cela c’était envolé, l’attraction qui nous rapprochait de plus en plus nous avait fait céder. Contre la porte de son appartement. Sur le plan de travail de sa cuisine. Sur son lit.

Ce souvenir nous enivre de désir. Je ne le quitte pas des yeux alors qu’il termine de déboutonner ma chemise. Je m’accroche à lui, je ne serais pas le seul à être dévêtu. Pour la forme, il proteste quand je tire, presque sauvagement, sur la sienne.

Je n’ai pas froid. Et encore moins quand une douce chaleur irradie depuis mon bas ventre. J’attrape son poignet, réclamant un baiser, avant qu’il ne s’attarde sur le haut de mon pantalon. « Embrasse-moi », murmuré et accompagné d’un regard pénétrant…c’est une formule magique, un appel pour le partage d’une envie fulgurante. La paume de sa main se veut aventureuse de mon désir naissant. Et parce qu’il me sait rapidement à l’étroit, il retire doucement mon jeans.

Ses mains parcourent mon entrejambe, glissant le long de mes cuisses pour y revenir. Il connait la moindre de mes sensibilités et s’amuse de me voir me mordre les lèvres pour ne pas gémir. Ce sont des faiblesses que j’accepte. Parce que c’est lui. Il se fait conquérant sur mon corps et souverain des sensations délicieuses qui achèvent de me gonfler de désir. Lorsque ses lèvres m’offrent un plaisir intime, il me surprend en soulevant mes fesses pour engager un mouvement langoureux à mon bassin.

Durant ces tentations auxquelles nous succombons, nous finissons par ne plus avoir d’entrave. Le contact de nos corps est électrisant. Je ne veux pas m’en libérer mais je meurs d’envie de lui rendre le bien être qu’il me procure.

Je connais aussi bien que lui les courbures de son corps. Ses muscles se contractent dessinant des formes agréables sur son torse. Ma langue parcoure le chemin du bonheur tandis que mes doigts font le trajet inverse. Pour redescendre à nouveau. J’explore son intimité comme si je n’en connaissais pas les secrets. J’ai envie de lui comme au premier jour.

Son plaisir facilite la pénétration. Je savoure l'idée de maintenir son sexe dans une envie brûlante. Nous avons peu d’espace pour nous étendre pourtant, nous savons profiter pleinement l’un de l’autre. Les minutes s’écoulent comme la pluie sur le toit de notre abri.

L’extase est si proche…Mais la retenir est une douce torture. Nous sommes attentifs aux réactions de l’autre, jouant à tenter le déséquilibre sans franchir le point de non-retour. Nos mouvements s’accordent même lorsque nous changeons de rythme, c'est la clé d'un plaisir accentué. J’aime plonger mon regard dans le sien et combler la distance qui nous sépare en relevant le buste alors qu’il est à nouveau au-dessus de moi. Son souffle sur mon visage est saccadé. Dans cette position assise l’un contre l’autre, je mordille son corps chaud et guérit cette faible douleur par des baisers. Lorsque ma langue titille l’un de ses tétons, je perçois les frissons qui parcourent son corps. Il me rend ces coups de langues et ces caresses, gardant entre les dents le lobe de mon oreille. Les mots qu’il murmure exacerbent mon envie.

Nous approchons de l’apothéose de cet acte charnel primaire et pourtant gage d’un amour profond. Nous ne résistons plus. La raison s’envole et un court instant plus rien ne compte que la fusion de nos corps. Nos bouches se rejoignent pour atténuer le râle de plaisir que nous ne pouvons retenir.

Enlacés pendant une petite éternité, nous finissions par nous rhabiller. Le soleil qui traverse une ouverture nous apprend qu’il a repris ses droits sur l’averse estivale. Nous apprécions qu’il réchauffe l’air déjà tiède quand nous regagnons l’extérieur.

- Viens, je ne t’ai pas encore montré ce pour quoi nous sommes venus, explique-je.

- Qu’est-ce que c’est ? Questionne-t-il.

- Une surprise, dis-je en lui souriant.

Après nous être éloignés de la bâtisse qui nous a abrités, nous marquons une pause. Nous sommes au milieu de cette étendue naturelle. D’un côté la forêt prend naissance, de l’autre, des champs s’étendent à perte de vue, tandis qu’en face de nous, un petit massif donne du relief au paysage.

Ce promontoire pourrait être un rappel, un petit aperçu des montagnes dans les Rocheuses, un aspect que Chad est susceptible d’aimer parce qu’en rapport avec ses origines. Au-delà des arbres se situe un accès au lac et plus loin dans la forêt un long chemin mène à la propriété des Hale. Nous sommes aux frontières de Beacon Hills. Sans quitter la ville, cet endroit apparait comme un petit coin de paradis hors de tout.

Après un instant de silence, il inspire longuement en collant contre mon épaule et en passant son bras sous le mien.

- Elle aurait aimé cet endroit, dit-il.

Je le serre contre moi. Et comme une réponse divine, un aigle glatit au-dessus de nos têtes. J’entends le consentement d’une mère. Son amour malgré la distance.

Ensemble, on est plus forts.

Les sujets douloureux doivent être abordés si l’on ne veut pas qu’ils nous rongent.

- Moi non plus je pensais ne pas pouvoir profiter de la vie qu'ils n'avaient plus, avoue-je en ouvrant mon cœur. Mais tu m’as prouvé que j’avais tort.

J’écoute sa peine aussi bien que ses silences. Mon soutien est infaillible.

- Viens, on monte admirer la vue, dis-je en pointant du doigt l’objectif.

L’exercice est plus facile qu’il n’y parait car un sentier nous y emmène progressivement. Nous sommes satisfaits de cette ascension et bien que je sois déjà venu ici, je suis à nouveau subjugué par la vue. Chad semble ému, j’aime son sourire et ses exclamations quand il me rapporte ce que sa vision accrue lui permet de voir.

Quand nous nous asseyons pour profiter encore de ce spectacle inanimé, je sors une enveloppe de la poche intérieure de ma veste.

Je la tends à Chad qui comprend aisément qu’il doit l’ouvrir pour comprendre. Elle ne contient qu’un simple feuillet et pourtant il est peut-être la clé de notre avenir.

- C’est à nos deux noms, explique-je pendant qu’il lit. Ce sera à nous.

Je ne conçois pas de fonder un foyer et de bâtir notre avenir, en commençant par notre chez nous, sans que tout ce que nous entreprendrons soit à l’image de notre couple. Uni. Notre futur et tout ce qui le composera nous appartiendra à tous les deux.

- Regarde derrière la feuille, continue-je.

Le document possède une valeur officielle. C’est la première étape vers la propriété. Je l’embrasse dans le cou alors qu’il découvre que j’ai déjà signé cet accord. Ma décision est prise. Elle l’est depuis cet après-midi dans le parc. Je veux vivre avec lui le reste de ma vie.

- Ce n’est pas une décision à prendre dans l’euphorie. J’ai longuement cherché cet endroit. Je ne voulais faire de concession sur aucun de nos critères.

Je lui décris le paysage comme je le ressens. Le champ de blé est changé en or par le soleil dont la lumière se reflète dans les dernières gouttes de pluie qui y sont éparpillées. La prairie arbore le vert de l'espoir, le bleu du ciel dépourvu de nuage parfait ce cadre idyllique.

Ces deux couleurs se partagent dans mes yeux. Il peut y lire mon amour pour lui. Celui qui dissimule mes propres blessures et mes propres doutes. Faire de l’autre sa priorité, c’est ça aimer.

- Ici, explique-je en caressant la pierre sur laquelle nous sommes assis, on pourrait avoir notre maison pour observer le coucher de soleil pile de cet angle. En contrebas, ce terrain nous appartiendra aussi. Seulement si tu le souhaites.

Si ce n’est pas ici, ce sera ailleurs. Mais cette ville est importante, symbolique. Je crois en notre couple mais l’espace d’une seconde j’ai peur que ma surprise l’effraie. Qu’il ne soit pas prêt ou qu’il ne l’envisage peut être plus.

- Je n’ai pas oublié que tu travaillais sur les plans de notre maison, dis-je. Je voulais te faire la surprise de trouver l’endroit parfait pour que notre projet voit le jour.

Il doit sentir ma soudaine inquiétude car il pose sa main sur ma poitrine, là où pulse la vie que je lui offrirai sans la moindre hésitation.

- Aussi fort que puisse battre mon cœur, il ne vit que par ta présence, déclare-je.

Et je me perds sur ses lèvres.

L'amour est une ouverture. Des possibles qui se dessinent dans le regard de l'autre. C'est un chemin à parcourir à deux. Une quête. Et l'objet même d'un voyage où la destination n'importe plus.


(c) Fiche par Mafdet


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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: L'espoir est un remède d'amour (Mick & Chad)   Jeu 12 Nov - 21:38











Mon avenir : Lui


Faire une nuit sans cauchemar, est un luxe suprême en ce moment. Le deuil prend du temps dit-on. Pourtant j’ai l’impression que jamais je ne pourrais oublier ce moment. Les images repassent en boucle dans mon esprit. La douleur me déchire le cœur.

***

L’autre jour je suis passé au poste de police. Je ne sais pas ce que je cherchais vraiment en me dirigeant vers le bureau de Jordan. A ce moment-là, le poste était calme, dans un creux de la vague qui ne manquerait pas de s’enfler de nouveau. J’ai stoppé mon geste de vouloir frapper à l’encadrement de son bureau. Jordan regardait un presse papier en verre. Il le regardait sans vraiment le voir. Ses traits étaient figés dans une douleur indicible. J’ai reculé d’un pas, puis d’un autre. Ce masque sur son visage était le même que celui que je vois dans mon miroir quand je me laisse aller à ma peine. Pensais-je trouver du réconfort en venant le voir ? Est-ce par lâcheté, que je me suis effacé sans signaler ma présence ? J’ai si mal que je suis incapable de l’aider, sinon à nous faire couler ensemble. J’ai entendu une chaise que l’on poussait dans le bureau de Ruby. J’ai paniqué un peu, je ne veux pas la voir, ni son regard de compassion. J’ai la larme trop facile en ce moment. En reculant, j’ai bousculé un policier aux yeux bleus. Un nouveau que j’ai entraperçu une fois déjà. Il courrait avec Jordan dans la forêt. Je suis sorti, muré dans ma peine.

***

Je ne peux m’empêcher de sourire le nez dans l’oreiller. Trois minutes que Mick tente doucement de s’extirper du lit sans me réveiller… Je feins le sommeil profond et pousse le vice à simuler un léger ronflement. Je le laisse croire qu’il va me surprendre avec un petit déjeuner de rêve. Depuis le… drame, il redouble d’attention à mon égard. Il est naturellement aux petits soins pour moi, là c’est quasiment du non-stop. Je me laisse choyer, Mick est le seul à arriver à me faire penser à autre chose. Il n’a pas ce regard compatissant des autres. J’apprécie les efforts de la meute, mais leurs gestes affectifs me replongent dans la douleur. Alors je reste enfermé avec Mick ou je suis concentré sur… mes affaires au campus. Je n’ai pas avancé de manière notable, juste quelques noms d’hommes de main. Rien de tangible. En fait, il semble y avoir une grande concurrence entre les chasseurs. C’est une vraie mafia avec des clans, des jalousies, des territoires… Ils pourraient presque m’aider à faire le ménage dans leurs propres rangs.

Une odeur de pancakes chatouille mes narines. Mon ventre émet une protestation et la jauge de ma vessie passe dans le rouge. Je grogne et frotte mon visage dans l’oreiller. Après une séance d’étirement et bâillement, je file à la salle de bain, la main dans mes cheveux désordonnés. Quand je pointe le museau à la cuisine, Mick me sourit. J’ai droit à son « Loulou ! » habituel quand il détaille mon tee-shirt qui vrille sur mon ventre et mon caleçon beige avec une jambe plus courte que l’autre. Me voilà dans l’état fraichement débarqué du plumard. Je lui grimace un sourire, les yeux pas vraiment ouverts.

- Ça sent bon, dis-je en piquant un pancake. Y a plus de sirop d’érable pour mettre dessus ?

Loulou ronchon, mais cela ne décourage pas Mick qui m’explique le « programme » de la journée. Nouveau « Loulou ! » quand je demande des éclaircissements. Je n’en tirerai rien, alors je profite des douceurs sucrées qu’il a faites pour moi. Mick est ce soleil qui éclaire ma vie, le phare de mon port d’attache. Alors quand il me bande les yeux pour son expédition mystérieuse, je joue le jeu. Je me concentre sur lui, le bruit des battements de son cœur, son odeur corporelle que j’aime tant car elle me renvoie à des moments de plaisir. Sa conduite est souple, j’apprécie le bruit du V8 de la Camaro. Je devine qu’il prend des détours et j’ai du mal à ne pas accrocher les repères sonores. Je devine que l’on va vers la forêt. La voiture s’est arrêtée. Je reste sagement assis, les mains sur les genoux, puis je sens l’odeur de Mick se faire plus intense, plus proche. Ses lèvres se posent sur les miennes, il me rend la vue en détachant le bandeau qui me masquait les yeux. J’attrape sa nuque pour approfondir notre baiser.

- Il n’y a rien que nous deux, dit-il.

Une balade en forêt. Je suppose qu’il veut me rendre la pareille quand j’avais fomenté avec Matrim une nuit en forêt avec nos amoureux respectifs. J’apprécie tous les efforts qu’il fait pour moi. Je chasse mes idées noires et me force à être de bonne compagnie. Je lui dois bien ça. C’est donc sans grande difficulté que j’arrive à lui sourire. Il est le seul à y arriver en toute circonstance. Main dans la main nous avançons sur un sentier. La forêt est tranquille bien qu’un orage menace au-dessus de nos têtes. Cela semble d’ailleurs inquiéter Mick que je sens se tendre au fur et à mesure que des gouttes de pluie s’écrasent sur le sol et sur nous.

- Je suis un loup waterproof, dis-je avec une mimique comique.

Mais Mick est contrarié. Le temps ose bousculer son programme. Il est du genre à tout planifier et aime avoir le contrôle sur toute chose même les gouttes de pluie s’il le pouvait. Je le taquine d’ailleurs souvent sur ce point, lui disant qu’il y a une chose qu’il n’arrivera jamais à contrôler au monde : mes cheveux. Et c’est bien comme un chien qui s’ébroue que je me mets à l’abri avec Mick dans une vieille bâtisse en pierre. C’est bien parti pour durer un moment, nous mettons donc nos vestes à sécher.

- Tes cheveux sont trempés et encore moins coiffés !

- Si, ils sont coiffés ! Regarde !

Je passe rapidement mes doigt en râteau sur mon crane. Le temps de dix secondes, j’ai une coiffure sage, puis alourdie par la pluie, ma frange retombe un peu plus longue, voilant un peu mon regard.

- D’ailleurs, ils sont en train de mouiller ta chemise, reprend-t-il charmeur. Il vaudrait mieux la retirer, tu ne crois pas ?

Comment résister à son regard qui me dévore déjà ? Alors qu’il bataille sur les boutons de ma chemise et moi de la sienne, je sors mes griffes et fait mine d’y aller franco.  Un « Tsss ! » me fait rire. Nos chemises à moitiés ouvertes Mick tire sur une toile et nous voilà au sol, moi sur le dos, lui en grand vainqueur à califourchon sur moi. Je passe un bras derrière ses reins, et d’un coup de hanche je pivote, inversant nos positions. « Naméoh ! » Amusés, nous découvrons que sous la bâche, il y a une porte.

- On en revient à notre première fois, tu te souviens… me souffle Mick.

- Comme si je pouvais oublier ce jour… J’étais en colère aussi ce jour-là…

Nous nous étions battus quand il m’avait avoué avoir été là, du côté des chasseurs lors de l’incendie du manoir. Je m’étais senti trahi. Puis il avait fait le premier pas, m’attendant devant chez moi. C’est au moment où perdant espoir que je lui pardonne et qu’il allait repartir, que j’avais compris ses remords et son impuissance à changer le passé. Je me rappelle notre première fois comme si c’était hier. Mon envie de lui est comme au premier jour. Son regard si troublant attise mon désir et je termine de déboutonner sa chemise avec fébrilité. Au diable son programme, j’en ai trouvé un plus intéressant. Mick se fait avide de mes lèvres, alors je les lui donne. Mes mains partent explorer son corps et le centre de son plaisir. J’aime faire ma main légère pour qu’il se cambre et cherche le contact dont je le prive faussement. Je le dépouille de son pantalon comme si j’ouvrais le plus précieux des cadeaux. Jamais il ne montre une quelconque défaillance, sauf dans ces moments charnels avec moi. Je joue avec son corps et savoure l’ascendance que je prends sur lui. Il se tend et se cabre réclamant encore le doux supplice que je lui inflige. Alors j’accède à sa demande et me fait encore plus gourmand de son sexe. Ma force naturelle me permet de lui soulever les fesses sans effort, le cambrant encore un peu plus. Je le mène à la limite du supportable avec mes lèvres et ma langue puis accepte sa revanche.

Mick sait commander à mon corps. Il joue à l’expert et au méthodique. Il sait pourtant ce qui me fait vibrer, mais s’attarde ailleurs, me frustrant de manière voluptueuse. A mon tour de me cambrer sous l’action de ses doigts et de ses lèvres. Je le trouve si beau, si désirable. Le plaisir qu’il me donne me tire des râles, puis je me fais impatient. J’ai envie de lui, de m’unir à lui. Le plaisir est intact, comme lors de notre première fois. Un feu me ravage les reins alors que je le sens se glisser en moi. Nous avons encore le bonheur de cette première fois, mêlée à notre connaissance approfondie de l’autre. Nous faisons l’amour sans retenue, l’envie toujours redoublée. Notre danse n’est jamais la même et nous varions les tempos. Souvent nous finissons par une position qui permet de nous regarder, de voir le regard de l’autre quand il entre dans l’extase suprême. Assis sur Mick, j’ai totalement oublié le lieu où nous nous trouvons. Il n’y a que lui et sa chaleur à l’intérieur de mon corps. La boule de plaisir qui pulse dans mon bas ventre, sa main sur mon sexe, nos lèvres que se cherchent et ses yeux qui ne lâchent pas les miens électrisent mon corps. Nos va et vient s’accélèrent et nous passons la limite de non-retour. Je lui chuchote des mots doux et d’autres plus crus qui attisent, si c’est possible encore, son envie. Je suis à lui, je lui appartiens et n’ai pas honte de le lui dire. La jouissance électrise nos corps. Je tremble comme une feuille par vagues successives. Je passerai bien ma vie entière rien qu’à faire l’amour avec lui.

Nos corps encore emmêlés, nous reprenons notre souffle. Je sers de matelas à Mick qui s’est lové contre moi et je trace sur son dos de longues arabesques avec mes doigts. Son nez qui se niche dans mon cou s’enivre de mon odeur. Tous mes sens sont à son écoute. Je scrute le rythme de son cœur qui se calme, sa respiration qui s’apaise, ses cheveux qui me chatouillent le menton et son odeur si délicieuse après l’acte d’amour. Dans ma position, la tête légèrement relevée, j’ai une belle vue sur ses fesses. Mick me plait comme au premier jour. L’anneau que nous portons chacun représente notre amour, mais aussi le serment de rester ensemble… Mon amour pour lui est si clair et limpide.

L’averse est terminée et les rayons du soleil filtrent dans la vieille maison délabrée. Dehors la nature reprend vie. Les couleurs sont plus éclatantes, l’air plus transparent, lavé de ses poussières. Une brume se lève du sol sous les effets des rayons de soleil. La nature n’a jamais été aussi belle.

- Viens, je ne t’ai pas encore montré ce pour quoi nous sommes venus, explique-t-il.

- Qu’est-ce que c’est ?

- Une surprise !

Je tente de prendre un air boudeur mais j’en suis bien incapable après le plaisir que nous avons pris ensemble et la plénitude que je sens dans mon corps. Je m’impatiente. Qu’est-ce qui peut être mieux que ce que l’on vient de faire ? Car le bonheur qui s’affiche sur le visage de Mick n’est pas seulement dû à l’amour que l’on vient de faire. Je discerne une nouvelle résolution dans son regard, quelque chose de profond et de pérenne.

Nous poursuivons notre ballade. Nous débouchons sur un panorama à couper le souffle. Il est encore préservé de la vie citadine car ce sont de grandes étendues de champs cultivés qui s’offre à nous. La forêt est présente. Je devine la présence du lac en contre bas dont la surface miroite entre les arbres. Je tente de me repérer et devine que le chemin que j’aperçois doit mener au manoir de Derek. Non loin de nous la pente s’élève jusqu’à un promontoire d’où la vue doit être encore plus impressionnante. J’ai l’impression que nous sommes seuls au monde dans cette nature préservée. Ce paysage représente les prémisses des contreforts des Rocheuses où vit ma famille maternelle. Avec ce que je sais maintenant sur la… ma tribu, je comprends que ce lieu est une terre qu’ils auraient appréciée. Penser à cette famille si étrange et si chargée de responsabilités, me renvoie au sacrifice de ma mère. Jordan devait vivre, Grand Père est resté vague sur la nature exact de l’adjoint. Je sais simplement que celui qui maitrise le feu a lui aussi une longue initiation à faire. Je ne peux l’aider car… j’ai moi-même mon propre destin à affronter. Face à ce paysage qui me rappelle les devoirs du sang qui coule dans mes veines, j’oublie un temps ma soif de vengeance.

- Elle aurait aimé cet endroit…

Mick est là, sa présence m’aide à gérer l’émotion qui me submerge.

- Moi non plus je pensais ne pas pouvoir profiter de la vie qu'ils n'avaient plus. Mais tu m’as prouvé que j’avais tort.

Ma réponse est muette. Mon regard est amplement suffisant pour qu’il saisisse mon émotion et mes sentiments. De toute manière, la boule que j’ai dans la gorge m’empêcherait d’avoir une voix claire et nette.

- Viens, on monte admirer la vue, dit-il.

Lors de cette petite ascension, je ne cache pas mon émerveillement et pointe des éléments du décor. La perspective est si belle… Arrivés sur une pierre plate, nous dominons la vallée en contre bas. Rien ne gâche la vue et pourtant Beacon Hills n’est pas si loin dans notre dos. L’ouest américain cache vraiment des merveilles. C’est une belle surprise que de m’offrir cette balade et ce beau paysage. Ici, je me sens apaisé. J’ai l’idée qu’on pourrait de temps à autre venir camper ici et quand je vais pour en faire part à Mick, celui-ci me tend une enveloppe. A son regard solennel, je devine que c’est important. Il n’a pas choisi le lieu par hasard. Je m’interroge sur le contenu. Ma bague de fiançailles me renvoie l’éclat du soleil. Souhaite-il passer à un engagement plus solennel que nos fiançailles en catimini ? Mon cœur se met à battre plus fortement. J’ai déjà ma réponse si tel est le cas. J’ouvre maladroitement l’enveloppe qui contient une simple feuille. Je suis suffisamment habitué par ce qui va être mon métier officiel à la fin du mois pour comprendre dans la seconde de quoi il s’agit. C’est une promesse de vente…

- C’est à nos deux noms, dit Mick. Ce sera à nous. Regarde derrière la feuille.

Le recto du papier décrit le bien mis en vente. Il s’agit d’un grand terrain à flanc de colline… Celui sur lequel nous sommes assis. Je suis assez familiarisé avec les numéros de parcelles pour deviner le nom qui va apparaitre au dos de la page… Derek Hale… Nous sommes sur ses terres. Pour avoir dû m’occuper du permis de reconstruction du manoir, je sais que la propriété des Hale est divisée en deux parts égales entre Peter d’une part et Derek et Cora de l’autre. Derek a pratiquement racheté la totalité de la part de sa sœur  qui pour des raisons personnelles a préféré que cela reste entre les mains de son frère. Seul le manoir est en indivision entre Peter et Derek. Mon frère de meute nous fait un immense privilège et aussi une grande confiance en nous vendant ce terrain.

- Ce n’est pas une décision à prendre dans l’euphorie, reprend Mick. J’ai longuement cherché cet endroit. Je ne voulais faire de concession sur aucun de nos critères.

Sans parler qu’il lui a fallu convaincre Derek de vendre un morceau des terres auxquelles je le sais très attaché. Je crois que le lien particulier entre nos deux familles n’est pas étranger à son acceptation. Mick a déjà signé, il ne manque plus que mon paraphe. Je n’en reviens pas. Moi qui n’osais qu’imaginer venir ici avec une simple tente, me voilà à me projeter sur la construction de notre maison. J’ai du mal à réaliser que ce projet prenne enfin réalité. Cela me paraissait tellement loin… Mon mutisme doit l’inquiéter car il commence à se justifier et préciser l’inutile.

- Je n’ai pas oublié que tu travaillais sur les plans de notre maison. Je voulais te faire la surprise de trouver l’endroit parfait pour que notre projet voit le jour.

Avec un sourire rassurant, je pose ma main sur son cœur. C’est de là que vient ce projet. Il ne peut donc qu’être parfait.

- Aussi fort que puisse battre mon cœur, il ne vit que par ta présence.

- Et le mien ne bat que pour lui répondre.

Je goute à nouveau à ses lèvres. Au-delà de l’aspect charnel, nous scellons un pacte. Celui de notre union.

- Mick, je n’aurais jamais rêvé mieux comme terrain pour notre maison. Ne t’inquiète pas pour les plans que j’ai déjà travaillés. Il s’agissait surtout de mettre en forme ce dont on a envie, toi et moi. Je sais ce qui te plait et ce dont tu as envie. Cette maison doit nous convenir à tous les deux. J’y veux un espace pour nous, mais aussi un espace pour toi et un autre pour moi.

Alors que le soleil monte doucement dans le ciel, nous nous projetons déjà sur notre future habitation. Nous sommes d’accord sur les grandes lignes, reste les détails à peaufiner… Un bon million de détails… Le terrain est totalement en pente. Pour ne pas dénaturer le paysage, je propose donc une construction en niveau… avec un ascenseur intérieur pour le rouletteux et aussi en prévision de nos vieux jours. Mick sourit à l’évocation de ce lointain futur. Je conçois notre demeure comme un nid d’aigle… Une forteresse…

- Mick ? L’endroit n’a pas de nom particulier hormis son numéro de parcelle ou « Forêt de Beacon Hills ». Lors de la cession de terrain, il est possible de le renommer. Que penserais-tu de « Eagles Hills » ou « Eagles Rock » ?

Car tels des aigles, nous guetterons la vallée depuis notre promontoire. La position du lieu donne un sentiment unique. La vallée donne au sud, l’exposition est idéale. Je griffonne sur l’enveloppe les idées qui nous viennent. Notre chambre à l’est, Mick aime être réveillé par le soleil levant, moment où généralement je me cache la tête sous l’oreiller... Je vois bien mon bureau à l’ouest et profiter des couleurs du soleil couchant pour réfléchir sur mon travail. Mick veut une salle de sport, moi un grand dressing. La salle de bain prend vite des allures de piscine olympique…

- Il ne faut pas que l’on dénature le site, on va donc s’étendre sous terre. Si c’est faisable bien sûr.

L’idée d’une partie underground plait à Mick. Je dois voir pour la faisabilité. Nous rions et partons vite sur des délires invraisemblables. Nos idées sont folles, mais cela m’aide à concevoir notre maison. Un lieu unique, étudié à notre image.

- Je souhaite tout de même l’aval de Derek quand j’aurais les plans finaux.

Mick me tend un stylo, j’ajoute ma signature à côté de la sienne. Je me noie dans son regard à deux couleurs. Nous parlons d’un projet concret, qui commence maintenant. Bien évidemment, il faut que la vente se fasse et que nous obtenons les permis nécessaires. Je devine que cela ne se fera pas sans embuches. Mais avec mon expérience du Manoir et les relations de Derek, je ne doute pas de mettre rapidement notre projet debout. La construction sera plus longue que pour la maison de Miyavi qui est essentiellement basée sur une ossature bois. Nous allons marier le bois, l’acier et le béton. Je veux que notre maison ne choque pas, mais qu’elle soit aussi fièrement dressée comme un nid d’aigle.

Midi est passé depuis bien longtemps quand on se décide à retourner vers la voiture. J’ai des rêves plein la tête. Pour l’heure, j’ai oublié mes envies de vengeance et de tuerie. J’ai une maison à dessiner !

- J’ai promis à Matthias d’aller avec lui chercher Matrim par la peau des fesses. Il est à Las Vegas. Nous y allons demain, ensuite je te dessine la maison de tes rêves !


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MessageSujet: Re: L'espoir est un remède d'amour (Mick & Chad)   Jeu 19 Nov - 15:24


Des idées plein...le coeur

Nous maintenons le contact de nos lèvres. Et rien d’autre ne compte.

- Mick, je n’aurais jamais rêvé mieux comme terrain pour notre maison, me rassure Chad. Ne t’inquiète pas pour les plans que j’ai déjà travaillés. Il s’agissait surtout de mettre en forme ce dont on a envie, toi et moi. Je sais ce qui te plait et ce dont tu as envie. Cette maison doit nous convenir à tous les deux. J’y veux un espace pour nous, mais aussi un espace pour toi et un autre pour moi.

Il s’agit d’un formidable espoir pour l’avenir. Quand tout ce que nous avons entrepris sera achevé, nous aurons ce nid douillet dans lequel nous aimer. Sereins et plus amoureux que jamais.

- Mick ? M’interpelle Chad. L’endroit n’a pas de nom particulier hormis son numéro de parcelle ou « Forêt de Beacon Hills ». Lors de la cession de terrain, il est possible de le renommer. Que penserais-tu de « Eagles Hills » ou « Eagles Rock » ?

Je réfléchis au fait que nous puissions nommer cet endroit. Notre territoire. Notre foyer. Je sais que ce nid d’aigles  est comme un hommage éternel à sa mère qui nous a quittés. La vue y est magnifique et je suis heureux que ce coin de paradis lui plaise.

- Eagles’ Hill, la colline aux aigles, reprend-je. Ça sonne bien.

Son sourire est angélique. Je le regarde se jeter sur l’enveloppe qui contenait la promesse de vente. Il écrit à la hâte les idées que nous évoquons en nous projetant dans ce futur. Nous savons ce que nous voulons et nos envies s’accordent, se complètent.

- Il ne faut pas que l’on dénature le site, prévient Chad. On va donc s’étendre sous terre. Si c’est faisable bien sûr.
L’aspect irrégulier du terrain, le grand espace disponible, les accès à redéfinir clairement, il y a de nombreuses contraintes et perspectives à étudier. Nous avons un diamant brut que Chad peut façonner d’une très belle manière.

- Je souhaite tout de même l’aval de Derek quand j’aurais les plans finaux, précise-t-il.

Je sais la confiance que Derek a en nous. Il a loué le travail de Chad pour la restructuration du manoir et je pense qu’il sait que son frère de meute respectera le lieu. Et même, qu’il le sublimera en y apportant la vie de manière harmonieuse avec l’environnement.

J’ai une pensée émue pour mes parents à qui je ne peux pas expliquer que l’homme que j’aime vient d’accepter officiellement de bâtir un toit pour notre couple. En regardant sa signature, je souris de voir nos deux noms. Nous nous taquinons souvent sur ce que sera notre patronyme si nous nous unissons aux yeux de la loi.

Nous redescendons doucement de notre promontoire, admirant encore la vue. Nous contournons la bâtisse de pierre qui a abrité nos ébats. Il y a une grande arche en assez bon état qui semble border la limite du terrain. C’est l’entrée de notre propriété, nous pourrions trouver une manière de lui redonner toute son utilité. La pierre est garante du passé, il est important de la conserver.

- J’ai promis à Matthias d’aller avec lui chercher Matrim par la peau des fesses, m’explique Chad. Il est à Las Vegas. Nous y allons demain, ensuite je te dessine la maison de tes rêves !

Je fronce les sourcils en apprenant pour leur expédition. Je sais pertinemment que je ne peux pas rester collé à lui mais nous séparer a une fâcheuse tendance à attirer les menaces. Pourtant, l’exemple récent du manoir me prouve qu’être rassemblés n’évite pas non plus les dangers.

- Je ne peux pas vous accompagner, il y a plusieurs choses importantes dont j’aimerais m’occuper, réplique-je.

- Mais fais-moi un peu confiance dit-il en faisant la moue.

- Tu es un aimant à ennuis Loulou ! Réplique-je.

- Là, on va juste chercher Matrim ! S’exclame-t-il. Tu verras, dès qu’il va voir le museau de Matthias, son cœur d’artichaut va fondre et il rentrera avec nous sans créer de problèmes.

- Mouais… concède-je inquiet.

- C’est notre ami ! Affirme-t-il. Puis, je dois prendre du recul pour notre maison ! Ce n’est pas bon que je focalise comme ça avant même d’avoir les résultats des analyses de terrain.

- J’aime le fait que tu te focalises sur notre maison, dis-je du fond du cœur.

Je ne cherche pas à raviver de mauvais sentiments, simplement à lui dire qu’au delà de l’émerveillement immédiat, je souhaite que ses blessures s’effacent. Et je sais que notre vie à deux peut être un remède.

- Je veux sentir que tu vas mieux, m’inquiète-je. Je sais que ça prendra du temps, je sais que ça ne sera pas facile. Mais nous pouvons construire cette maison, cette vie qu’on désire tant. Et ça ne sera pas un aboutissement mais une nouvelle chance de connaitre le bonheur.

Je pose ma main sur la sienne, le caressant du bout des doigts. Je veux lui dire que certaines craintes n’ont plus lieu d’être.

- James a fait en sorte que les données concernant la meute soient effacées, confie-je. Et ton père, Stephan, a quelques contacts qui ont aidé à faire disparaitre le problème.

Bien sûr, ça n’a pas un caractère définitif car la mauvaise herbe recommence à pousser sitôt arrachée mais nous avons un cours répit en ce qui concerne les chasseurs. Le temps de guérir. Et de porter notre attention sur autre chose.

- Tu as raison, c’est bien pour la meute que tu aille chercher Matrim, explique-je. Il est notre ami. Il faut que nous restions tous souder. La meute peut être un roc sur lequel s’appuyer dans un moment de faiblesse.

Je repense à la conversation que j’avais eue avec Derek lorsque je suis allé le voir pour évoquer mon envie d’acquérir l’un des terrains qui appartiennent à sa famille.

- Derek…, commence-je.

Je me ravise pour ne pas trahir son frère de meute. L’omission est de mise pour ne pas ajouter du poids sur les épaules de Chad. Il avait confié un rôle de confiance à Derek après le massacre du manoir, je ne voulais pas qu’il se sente coupable d’avoir occulté les difficultés que celui-ci rencontre. D’autant plus que lui-même semble ne pas en avoir fait part aux autres.

- Derek s’inquiète pour toi, finis-je.

Le Chad pétillant est toujours là quelque part, désireux de revenir, comme aujourd’hui, et de rester. Mais il a bien trop peur et est bien trop en colère pour que ce soit définitivement le cas.

- Je t’aime, loulou, souffle-je.

Je l’embrasse juste avant de lui mettre la main aux fesses pour le pousser à s’installer dans la Camaro. Je n’ai pas réservé de table dans notre restaurant préféré mais je sais que nous y avons toujours une place pour déjeuner même à cette heure.

Marc et Pierre nous accueillent aussi chaleureusement que d’habitude. Depuis qu’ils ont délibérément fait comprendre à Chad qu’ils sont des loups, leur comportement n’a pas changé. Leur charisme dissimule ce secret et bien d’autres. Bien que je n’aie pas la même sensibilité que les loups-garou, je sais qu’en leur présence nous sommes en sécurité. Je veille sur Chad, bien sûr et je suis prêt à toutes les éventualités. Mais entre ces murs, nous avons l’impression d’être moins harassés par le monde extérieur.

Je me retiens de rire lorsque je vois Chad chercher un morceau de papier pour recommencer à dessiner. Les serviettes sont en tissu dans ce restaurant gastronomique tout comme la nappe. Seuls les sets de table sous les assiettes sont en papier.

- On a rarement deux fois les mêmes idées géniales, justifie-t-il en sortant un stylo.

Nous discutons des aménagements que nous aimerions, allant des idées les plus simples aux suggestions les plus folles. Chad intègre certaines d’entre elles, sûr de réussir à réaliser les subtilités que nous souhaitons.

Nous nous chamaillons sur les goûts et les couleurs, l’ordre et le désordre. Pas de mosaïque dans la salle de bain ni de pot apparent pour les brosses à dents. Nous imaginons jusqu’au couleur des serviettes de toilettes.

Je pose ma main sur celle de Chad pour le sortir du projet qui noircit nos deux sets en papier. Le dessert nous est servi.

Le repas est toujours très appréciable, nous restons longtemps après la fin du service, discret dans ce coin du restaurant dans lequel nous sommes installés à chacune de nos venus. Notre dernière visite remonte à ce moment où le grand père de Chad avait pris contact avec lui. Puis avant ça, au diner que nous avons partagé avec Stephan et Iona. Je sais pertinemment qu'on finit par s’habituer à la douleur. Jamais à l’absence. Et malgré ça, le temps passe incroyablement vite.

Quand nous sortons, je sais qu’il trépigne désireux de rentrer rapidement pour continuer de travailler nos idées sur son ordinateur. Le soir, je ne nous prépare que quelques encas que nous mangeons dans le salon.

Je lui souris en pointant du menton l’écran de son ordinateur qui affiche plusieurs plans, des idées en vrac qu’il tente d’organiser.

- Tu crois que notre future douche pourra accueillir deux personnes sans qu’elles se marchent dessus ? Demande-je en me dirigeant vers la salle de bain de l’appartement.

Je me réjouis de l’étincelle que je vois dans son regard juste avant qu’il s’agite à nouveau sur sa palette graphique.

Nous finissons par nous coucher tard, laissant la fatigue nous porter dans un sommeil agréable. Ponctués d’idées et de belles promesses pour l’avenir.



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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: L'espoir est un remède d'amour (Mick & Chad)   Mar 16 Fév - 22:43

Il y a eu un petit détour par Ici Smile



Come Back

« - Tu es un aimant à ennuis Loulou ! » M’avait dit Mick peu avant que je parte à Las Vegas avec Matthias… Fin observateur que l’homme qui partage mes nuits et ma vie. Je sais que je joue sur le fil du rasoir, un double jeu qui risque de me faire tout perdre, Mick et ma propre vie. Mais quand il m’a montré ce terrain où il espère que nous construirons notre maison, je n’ai pas pu m’empêcher de penser au manoir de Derek. Manoir qui était parti en cendres avec ses occupants… Je ne veux pas que Mick vive continuellement en regardant par-dessus son épaule. C’est un tic chez lui qui m’avait marqué lors de nos débuts. Avant même d’entrer dans un lieu, il réfléchit aux possibilités d’en sortir. Dans un bar ou un restaurant, il s’assoit toujours le dos au mur, sauf chez Marc et Pierre où étrangement il baisse son système d’alarme. S’il fait tout cela de manière quasi automatique, je ne conçois pas le bonheur ainsi. Mick n’est pas expressif dans ses pensées personnelles, hormis pour m’affirmer son amour à mon égard. Je sais que le blocage de sa mémoire le mine. Il s’est lui-même infligé cela dans le passé. Pas besoin d’être grand psychologue pour deviner l’angoisse de découvrir la raison qui l’a poussé à une telle extrémité. Que s’est-il passé pour qu’il soit préférable qu’il oublie ? J’ai de mon côté échafaudé plusieurs hypothèses, retenant les pire pour y faire face le jour où on saura de quoi il retourne.

Ruby avait dit une chose juste en acceptant Mick dans la meute. Que même s’il s’avérait que Mick était bien un réel coupable lors de l’incendie du manoir, même s’il avait participé à ce génocide de son plein gré, l’homme qu’il était maintenant avec sa mémoire tronqué, était digne de notre confiance et affection. Ce matin-là, avant de partir avec Matthias, je m’étais longuement regardé dans la glace. Les autres ont toujours vu en moi le sage étudiant en architecture. Le gars sympa et agréable, toujours souriant qui aide volontiers. J’étais connu pour ne pas savoir dire non et beaucoup ont profité de cette faiblesse. Apres avoir fuis Boston, je pensais m’être enfin retrouvé, celui d’avant la morsure. J’avais rencontré Miya, puis Mick. Cela aurait pu finir en happy end…

Mais, le sort ou le destin m’avait replongé le museau à Boston pour sauver James et ce foutu Jap qu’est mon cousin et ex-amant. Retrouvé la meute de Boston, emprunter le rang d’alpha à Nathan avait laissé des traces, ou plutôt semé une graine qui n’attendait qu’un terreau fertile et d’être arroser. C’est le sang de ma mère qui a fait germer cette graine…

***

J’ai été agréablement surpris que Matthias vienne me chercher au volant d’une Aston Martin. Son admirateur secret avait blinde d’argent pour lui offrir un tel présent. Et c’est avec un certain contentement que je m’étais installé au côté de mon ami. J’ai tût mes observations et déductions toutes personnelles. Mais il est un fait, que Matthias, lui le non violent et fervent défenseur  de son groupe autonome sans alpha avait accepté, sans vraiment s’insurger contre le prix d’un tel cadeau, la belle sportive. Depuis la mort de la mère, je m’analyse froidement. Ma fréquentation rapprochée d’Adriann me permet d’avoir un miroir qui me renvoie mon image sans concession. Le professeur de criminologie ne me rate pas. Et cela est d’autant mieux, que Mick n’est pas objectif à mon égard. Dans d’autre circonstances, s’il n’avait pas eu le cœur en miette, Matthias aurait-il accepté ce cadeau ? Sa peine et sa souffrance, ne le font-ils pas lui aussi basculer un peu vers l’ombre ?

Le Chad qui est parti pour Las Vegas n’est pas le gentil Loulou que Mick pense héberger chez lui. Cela avait commencé par ses chasseurs lors de notre halte, puis par ce road movie improvisé. Le retour avait été particulièrement chaud, avec le pourvoir de Matrim qui avait pris la poudre d’escampette pour s’installer dans le corps de Matthias. La part la plus sombre de mon cœur s’était désolée que cela ne m’échoit pas. Une telle capacité, alliée à celle d’un loup pouvait être un précieux atout pour ma quête d’extermination de mon ennemi héréditaire : ma propre famille. Mais d’un autre côté, ce transfert allait peut -être les rapprocher. J’avais conduis tout le retour. Matrim et Matthias étaient restés collés l’un à l’autre à l’arrière. Le photographe conseillant l’artiste sur la maitrise de sa bestiole. L’image que me renvoyait le rétroviseur était celle d’un couple heureux de se retrouver enfin.  J’étais content pour mes deux amis.

***

Je me suis arrêté au pied de l’immeuble de Mick, repassant le volant à Matthias. Il semble arriver à maintenir la bestiole plus ou moins sous contrôle. Matrim garde ma main quelques secondes dans la sienne. Il n’y a pas besoin de mot pour que lui exprime sa reconnaissance et moi la fidélité de mon amitié. Je les regarde partir et au lieu de prendre la direction de l’immeuble, je prends ma Maserati et vais à  mon appartement pour me laver et me changer. J’ai du sang séché sur mes vêtements et une bonne couche de poussière dans les cheveux. Je ne veux pas que Mick s’inquiète de ce qu’il s’est passé. Quand j’arrive chez lui, c’est frais comme un étudiant qui sort de cours. J’affiche un beau sourire et le surprends en plein travail sur son ordinateur. Sans un mot, je couche l’écran contre le clavier et bascule Mick sur le canapé.

- Tu m’as drôlement manqué toi, dis-je les mains baladeuses.

Si Mick savoure mon étreinte rapidement il m’assomme de question pour savoir comment cela s’est passé. Je lui raconte en édulcorant beaucoup. Je centre ce que je dis sur Matrim et Matthias, omettant les chasseurs et allégeant mon rôle dans la séance de bourre pif avec les gangsters du casino où Matrim avait fait des siennes.

- J’ai envie de toi, Mick.

Est-ce le changement qui s’opère en moi, mais je me sens plus conquérant et plus avide de Mick. J’étais déjà de nature possessive, ce qui avait bien fait souffrir Miya, mais là j’entre dans un niveau supérieur. Je veux construire cette maison pour nous. Y vivre avec lui. Je veux que Mick soit en totale sécurité où qu’il aille, sans avoir à constamment surveiller ses arrières. Je veux être le premier qu’il regarde le matin et le dernier qu’il voit avant de s’endormir. Je veux son bonheur, et tant qu’il y aura un Argent en vie, cela ne sera pas possible.


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MessageSujet: Re: L'espoir est un remède d'amour (Mick & Chad)   Mer 27 Avr - 22:53


Secrets for each other

Un petit tour ici avant:
 

- …mais pas de piscine, conclue Chad après m’avoir longuement expliqué l’avancée de la conception de notre maison.

C’est lui, l’architecte, qui fournit le travail le plus important dans un projet de construction. Les plans ne sont pas seulement des lignes qu’il trace avec dextérité sur son ordinateur. Ce sont des contraintes, des exigences et des impasses. Des prouesses également. La technique employée pour la création d’une terrasse qui surplombe le vide me laisse admirateur. Il signe chacune de nos décisions communes avec un large sourire. Cette maison sera notre maison.

Les journées de Chad sont parcellaires, il alterne entre le campus pour des examens et le rendu de travaux de fin d’études et mon appartement, où il se replonge presque aussitôt dans sa passion. Nous avons évoqué son avenir professionnel, ses envies et ses possibilités. Il sait que je l’imaginerais bien professeur, l’idée a été semée, c’est un choix parmi d’autres. Ouvrir son propre cabinet d’architecte est une certitude déjà actée pour lui. D’autres collaborateurs pourraient intégrer son entreprise. Matthias ajoute de l’esthétisme à l’idée. Quant à moi, Chad sait que j’accepterais volontiers le rôle de consultant avec un regard critique sur la sécurité. Et je le soutiendrai dans tout ce qu’il entreprend.

Je l’observe mettre en application ce que nous décidons de garder ou de supprimer parmi toutes les idées, parfois folles, que nous avons.

Je me perds dans mes pensées.

C’est étrange comme le curseur de la vie se place tour à tour sur chacun de nous. Avec une main de maitre, le Destin dirige le jeu. C’est un cycle éternel qui influence plus ou moins notre existence à chaque passage.

Je pense aux membres de la meute, tous autant que nous sommes.

Lorsque je suis arrivé à Beacon Hills, Ruby était une jeune alpha. À présent, elle s’apprête à se marier et à donner naissance à deux enfants. Les jumeaux bouleverseront à jamais son existence. Je n’ai pas de doute sur le fait qu’elle fera une bonne mère et demeurera une alpha, et une amie, formidable. Je ferai tout pour rester digne de la confiance qui m’a été donnée quand j’ai accepté d’être le parrain de Ian.

Peter Hale offrira prochainement son nom à l’adjointe. Lui qui semble opter pour la rédemption. Ses actes passés auraient pu réduire à néant tout droit au bonheur. Et pourtant.

Derek vit lui aussi un grand changement même si sa perte de pouvoir demeure un secret. Sa relation avec Stiles lui a permis de s’ouvrir et de libérer la colère qui était restée pendant longtemps son ancre. C’est ce qu’il m’avait confié quand que nous avons appris à nous connaître.

Miya a également évolué. C’est sans doute la transformation la plus importante et pourtant la moins visible. Hormis son look plus assagi, psychologiquement, il a fait beaucoup de progrès. Après la disparition de Shadowcat puis la révélation de son lien familial avec Chad, il a mûri. Ça ne s’est pas fait sans peine ni déception. Je crois que je m’en voudrais toujours un peu de m’être immiscé dans la vie qu’ils avaient. Mais maintenant nous savons que c’est sans doute ce qui aurait pu arriver de mieux.

Luka et lui sont les électrons libres de la meute. Le Kamiga est aussi fidèle et droit qu’il est mystérieux et passager à Beacon Hills. Mais c’est une personne de valeur. Nous nous étions rencontré le jour où mes parents avaient été tués. Je n’en avais gardé aucun souvenir jusqu’à ce qu’il me le révèle l’an passé.

Matrim qui revient à peine d’une virée aussi troublée que son enfance n’échappe pas au phénomène. Il a connu des moments sombres et en connaîtra sans doute à nouveau. Mais l’hilarité qu’il avait provoquée à la fête nous a donné la certitude que son Matthias lui rendait la vie meilleure. Pour ce qu’il est et la part d’ombre qui l’habite, comme chacun de nous, sa place est légitime au sein de la meute.

Même Mafdet, pourtant insaisissable, avait été emporté par le changement. Bien qu’elle demeure toujours mystique, depuis la nuit de la lune rousse, elle n’est plus une sentinelle. Pourtant, elle nous donne à tous l’impression d’être encore plus facétieuse. Comme si en l’absence de responsabilités écrasantes, sa nature féline reprenait l’ascendant.

Enfin, Chad. Parce qu’il est mon fiancé et parce que son traumatisme est le plus récent, c’est pour lui que je suis le plus inquiet. Après avoir été kidnappé et torturé, après avoir découvert la vérité sur sa famille et qui étaient ses vrais parents, il venait de perdre sa mère. C’est l’antithèse d’une apothéose. Le deuil l’a blessé profondément. Parfois, sans le dire à quiconque, honteux d’y penser, je doute d’être capable de l’aider à guérir complètement. Suis-je vraiment l’onguent approprié pour soigner ses blessures ? La menace dont Derek a eu la vision est ambiguë. Mais le message est clair. Chad est en danger, et pire qu’être menacé, il est son propre ennemi.

Il faut être fou pour occulter tout ça, pour ne vouloir prendre que le meilleur. Ne songer qu’à un avenir radieux et pas à ce qui pourrait le faire s’écrouler, ce qui est peut-être déjà en train d’attaquer les fondations d’un être, impactant celui avec qui il est lié. Chad et Mickaël Wilder Wayne. C’est la promesse que nous nous sommes faites. Un objectif si lointain et si proche à la fois.

Il faut être fou pour y croire. Ou très amoureux.

Notre quotidien à tous n’est pas ordinaire, stable ou paisible. Nous sommes balayés, les uns après les autres, comme cet épi de blé que nous avions cueilli sur notre terrain et que j’égraine du bout des doigts.

Et moi ? Où suis-je situé dans ce grand schéma ? Quel bouleversement m’attend ?

J’ai de l’espoir. Celui d’en découvrir plus sur mes parents, sur mon père. J’avance dans un jeu de pistes que je me suis adressé à moi-même. Pourtant, je doute être le seul à l’origine de cet imbroglio.

Je serre dans le creux de ma main une figurine particulière qui fait office de bibelot pour ceux qui ne savent pas. La reine rouge qui me fait penser depuis quelques années que je ne suis qu’une pièce sur un échiquier. Mais laquelle ?

Un grognement de mécontentement me reconnecte à Chad qui maugrée contre lui-même.

- Loulou, on en a pas parlé mais pour le financement, comment on procède ? Demande-je. Derek nous a fait un prix d'amis mais ça reste une somme conséquente et j'aimerais mettre un part de l'héritage de mes parents.

Ce terrain est mon avenir. Je veux qu'ils y prennent part. À défaut de pouvoir admirer la maison que Chad y construira.

- Oui ? Me répond-il en levant le nez de sa palette graphique.

Il met un temps avant que ma question se faufile parmi les notions techniques qui lui remplissent la tête et qui l’ont fait râler à l’instant.

* * *

Je ne possède que très peu de choses de ma famille. L’appartement où nous vivions était parti en fumée. Alors, les feuillets signés par Chad et moi pour officialiser notre achat auprès du notaire ont une valeur matérielle particulière à mes yeux.

Nous marchons dans la rue main dans la main quand nous croisons un visage connu. Chad et moi n’avons pas honte et parfois susciter la jalousie est même plaisant. Alors le regard de travers de Therence m’amuse presque. L’adolescent, pseudo rebelle dans l’âme, et moi n’avons jamais eu de bonnes relations. Cette rivalité semble être inscrite dans nos gènes. Et son arrogance me déplaît dès lors que j’essaie de relativiser.

Il s’apprête à répliquer.

- Mon loulou, cette bonne nouvelle vaut bien une bonne mousse au chocolat en dessert, interviens-je pour lui couper l’herbe sous le pied en insistant bien sur le surnom que j’attribue à Chad.

Les sourcils de Therence se dressent, il gonfle sa poitrine, s’apprête à parler, croise mon regard puis expire fortement sans rien dire.

Lorsqu’il s’éloigne, Chad et moi sourions sans remord pour cette agacerie.

Je lui laisse le choix du restaurant. Quand nous passons la journée ensemble, nous allons régulièrement chez Pierre et Marc qui sont arrivés à Beacon Hills en experts de la gastronomie française. Mais nous savons que ce n’est qu’une façade.

Chad n’a peut-être pas envie d’y retourner. Quand y sommes-nous allés la dernière fois ?

* * *

La journée est passée. Notre projet prend de l’ampleur et nous rend heureux d’avance. Quand je suis lové contre Chad qui a insisté pour que ce soit lui qui me prenne dans ses bras, notre quiétude amoureuse et le silence qui nous entourent laissent toute la place aux pensées que notre foi en l’avenir avait occultées.

J’ai envie de lui dire que j’ai fini par comprendre que mon père avait été trahi par un homme en qui il avait confiance. Que le juge Lynch aurait dû être éliminé car il détenait des preuves accablantes. Que j’avais compris que ces preuves étaient à San Francisco dans la sépulture de mes parents.

Je me rends compte que mes souvenirs effacés ne correspondent pas qu'à la même période...et le blackout n'est là que pour m'empêcher d'arriver aux mêmes conclusions que celles qui m'ont forcé à m'infliger cette perte de mémoire. Toute ma vie est un puzzle. Des images de mon enfance me reviennent, des moments passés avec mon père. Des choses qu’il a pu dire ou faire.

J’avais confié tout ça à Derek. À Derek mais pas à Chad. Ces deux jours passés ensemble nous avaient rapprochés. Je sais qu’il avait fini par avouer à Stiles qu’il perdait ses pouvoirs. Depuis la fête de la meute, j’ai compris qu’il est maintenant entièrement humain. S’il s’est confié à son compagnon, pourquoi n’ai-je rien dit à Chad ?

La réponse m’est évidente. Il souffre malgré le sourire qu’il affiche. Il rumine sa douleur, alimente sa colère. Mais il ne me dit rien. Je sais qu’il reste sincère avec moi, que nos sentiments sont véritables mais nous ne parlons pas de ces sujets. Ni du mal qui le ronge, ni des questions qui me bouleversent.


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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: L'espoir est un remède d'amour (Mick & Chad)   Dim 1 Mai - 22:24



Construire

Parler de la construction de notre future maison est ce qui nous lie le plus en ce moment, Mick et moi. Je tiens d’autant plus ce projet à cœur que j’en suis l’architecte. Cette demeure est un double challenge vue qu’elle regroupera notre foyer et mon cabinet professionnel. Elle doit nous plaire et nous ressembler, tout en servant de vitrine à mon métier. J’ai passé mes derniers partiels complétement serein. Travailler, étudier, ce n’est certes pas sur les dernières semaines que je vais faire une différence notable. Mais je compte bien exploser le compteur sur mes dernières notes. J’avais eu une inflexion après le Mexique, mais je m’étais repris et là je me battais avec un autre pour sortir majeur de ma promo. J’y ai mis une telle hargne, un tel acharnement que je ne doute pas de l’issue des résultats. Sortir premier, me permettra d’attirer immédiatement des clients.  

Un soir où j’avais mis des lunettes de repos afin d’éviter de m’exploser les yeux sur mon écran, Mick m’avait gentiment taquiné sur le fait qu’ainsi je ressemblais à un jeune professeur. De fil en aiguille, la discussion était devenue plus sérieuse, Mick me voyait clairement enseigner. Je l’avais écouté vanter mes qualités pour ce travail, ma passion pour ce métier, ma patience aussi. J’aime l’écouter parler de moi. Il me décrit comme l’homme que j’aimerais être vraiment, mais je sais que ma raison est en balance instable.

La fête de la meute m’avait ébranlé avec cette hache ancestrale offerte par mon grand-père Ezéquiel. J’ai un peu de mal à reconnaitre mes origines dans les traits burinés de ce vieil indien. Il est aussi brun à la peau mate que je suis blond avec des yeux bleus. Ma mère m’avait expliqué que sa propre arrière-grand-mère avait été enlevée par son arrière-grand-père. Cette femme avait les yeux marron et la peau mate de son père d’origine espagnol, mais sa mère avait les cheveux blonds comme l’été et les yeux bleus. Le hasard de la génétique avait amené ces gênes jusqu’à moi.

La hache de guerre de la tribu des Kawaiisu est rangée dans la caisse que Mick garde sous notre lit. L’objet est trop précieux pour qu’on le laisse exposé aux yeux de tous. Il a une dimension mystique particulière. Mafdet avait pris des gants au sens propre du terme pour me la donner. Mick s’en était saisi pour la regarder, mais tous les autres membres de la meute s’étaient contentés de la regarder sans la toucher. Je suppose que c’est parce que Mick est mon compagnon. Cette hache a semé une graine dans mon cœur. La symbolique qu’elle représente, le fait qu’elle inclue Mick dans son cercle… Je ne suis pas un grand fervent de mysticisme, mais depuis la mort de ma mère, il m’arrive souvent de voler dans le ciel… en rêve. C’est troublant. Je sais exactement comment orienter mes ailes pour plonger à pic ou virer de bord, mais je n’ai pas d’aile. Et quand nous sommes sur le haut de la falaise où sera notre maison, je devine au loin les courants ascendants. C’est ce qui me conforte sur cette terrasse qui surplombera le vide. Notre nid sera aérien et nos visiteurs ne devront pas avoir le vertige. Il faut que je montre mes ébauches à Matthias. Avec son talent et sa sensibilité, il saura ajouter un plus qui fera oublier que cette maison va contenir pas mal de tonnes de béton.

Je liste les points critiques de notre projet. Il va y avoir beaucoup de roche à décaisser pour que je puisse insérer la maison dans la falaise. Je souhaite qu’elle en émerge comme un iceberg mais avec la majesté d’un nid d’aigle… la face cachée étant la plus grande. Cela va faire l’objet de dérogations. Je regarde la route d’accès qui se fera par le haut du terrain, calculant en gros ce qu’il faudra pour amener les réseaux. J’ai commencé un budget prévisionnel, rien de précis, juste des estimations enveloppe. Mince ! Je découvre un souci : l’évacuation des eaux sales. Bien évidemment, il n’y a pas de tout à l’égout possible, il faut donc une fosse septique. Mais avec la maison qui s’enfonce dans la roche et le niveau zéro par rapport au sol correspond au dernier étage…

- Crotte, il faut une pompe de relevage… le truc qui va se boucher à tous les coups !

Je râle, ne trouvant pas comment solutionner mon problème plus élégamment. Je pourrais envoyer une canalisation en bas du terrain, mais la cuve doit être accessible à un camion et il est hors de question que je dénature la sente qui est en bas et qui mène soit au manoir de Derek ou à la route. C’est par ce chemin que Mick m’avait fait découvrir notre terrain.

- Loulou, on en a pas parlé mais pour le financement, comment on procède ? Demande Mick. Derek nous a fait un prix d'amis mais ça reste une somme conséquente et j'aimerais mettre un part de l'héritage de mes parents.

Je relève le nez de mes plans et le regarde. C’est vrai que nous n’avons qu’une promesse de vente. Celle-ci se fera avec comme close que le permis de construire nous soit accordé. Mais il y a évidemment le financement à planifier. Au regard de Mick, je comprends que c’est important pour lui de participer notablement dans ce projet. Je ne sais rien des moyens exacts dont il dispose, juste qu’il est largement à l’abri du besoin et que James s’occupe de son patrimoine suffisamment bien pour que Mick n’ait pas à travailler. D’ailleurs mon offre de travail le concernant n’est pas un poste de complaisance, mais bien un travail à part entière. Il y a cela aussi à monter… Mon cabinet d’architecte. J’ai proposé à Matthias et Matrim d’en être. Mais cela ne sera pas leur travail principal, mais plus un appoint. Matrim a sa boutique photo, je ne sais pas comment Matthias envisage son avenir, sinon qu’il était partant pour une place de consultant dans mon cabinet. Est-ce que je monte ma boite seul, prenant les « M » en employés, ou j’inclus Mick ? Mais aura-t-il l’argent ? Nous avons déjà la maison à financer. Il faut que j’en parle avec mon père, Stephan. Il saura me conseiller sur le meilleur montage financier.

- Et bien comme tu le souhaites. Nous partageons en deux parts équivalentes ? Depuis que je suis gamin, mon père fait fructifier de l’argent à mon nom. Et tu le connais, il est plutôt bon dans ce domaine. Pour ma part dans la maison, je ferai moitié apport cash et moitié crédit. J’aurais un taux avantageux avec la banque de mon père. Il faut aussi que je réfléchisse au montage de mon cabinet d’architecte. Là pareil, je vais jouer entre apport et crédits. Le cabinet étant partie intégrante de la maison… Oh ! Le sac de nœuds ! Je propose de coller le mal de tête à mon père au lieu qu’à nous. Par contre, il faut savoir quelle implication tu veux avoir dans le cabinet d’architecte. Fondateur ou employé ?

Mick semble bien embarrassé de mes questions concrètes. Je lui propose qu’on demande à mon père de venir nous expliquer ce que nous pouvons faire pour ce montage financier complexe.

***

Mick a dû menacer d’arracher la prise de mon ordinateur pour que je décroche de mes plans. Il me dit son envie de sortir et de passer du temps à deux. Activité rare ces derniers temps. Pourtant j’ai fini au campus, il me reste à attendre les résultats. J’ai postulé pour un poste dans le cabinet où j’ai fait mes différents stages et déposé un dossier de maitre-assistant en CAO. J’ai bon espoir d’être pris dans mes deux demandes.

- D’accord, mais avant je te montre un schéma de ce que pourrait donner notre maison.

Mick trépigne presque d’impatience alors que j’ouvre un fichier Jpeg. C’est une simple vue schématique, un concept. Il y a trop de données en suspens pour que j’affine un plan plus détaillé.

Spoiler:
 

- C’est une idée ok ! Juste le principe de base. Il y a de forte chance pour que le dernier niveau recule un peu et qu’il ne fasse pas toute la surface de la base. Il y a du relief à donner aux façades.

Je précise, car je sais Mick prompt à voir ce qui n’est pas droit ou symétrique. C’est d’ailleurs souvent sources de chicaneries entre nous. Le « pas droit » étant souvent pour moi la manière de souligner une perspective et jouer en trompe œil, alors que pour Mick c’est synonyme de défaut.

La maison s’enfonçant dans la roche, il y a des pièces « underground ». Au-delà l’aspect fun de la « Batcave », il y a malheureusement un intérêt à ces pièces aveugles, ou comme le reste de la construction en nid d’aigle. Il sera très difficile pour quiconque d’y pénétrer s’il n’est pas invité à le faire. Ce qui est arrivé au manoir Hale sera difficilement transposable sur notre foyer. Le risque zéro n’existe pas, cependant je souhaite que Mick puisse se reposer sereinement dans notre maison. Je dessine une maison sûre de manière intrinsèque. Je laisse le soin à James et Mick de me concevoir le système de surveillance centralisé qui va avec. Ce n’est pas Fort Knox, mais il y a de l’idée. J’aime la lueur qui s’allume dans le regard de celui qui est le centre de ma vie.

***

Un soleil radieux illumine cette journée d’été. La main de Mick serre la mienne avec fermeté. Je tire un peu sur son bras pour le rapprocher de moi. Je me moque des regards divers que l’on nous porte. Mick est une telle évidence pour moi, que le reste importe peu. Au coin d’une rue nous croisons celui que j’appelle mentalement le mini-Derek, car côté look c’est vraiment le modèle réduit de mon frère de meute.

- Mon loulou, cette bonne nouvelle vaut bien une bonne mousse au chocolat en dessert dit Mick. Dit Mick avec malice.

- Surtout que j’ai une faim de loup ! Répliqué-je pour entrer dans son jeu.

Le visage du Rebelle comme l’appelait Mama Joe se fige. Il cherche une réponse cinglante comme il en à l’habitude. Mais je ne lui laisse pas le temps d’en placer une.

- Salue Adri’ pour moi, clamé-je. Puis non, je vais le faire directement, me repris-je en lui montrant mon téléphone.

Jamais je n’ai donné ce surnom au wendigo, mais j’avais déjà croisé l’air contrarié de Therence nous voyant faire affaire son amant et moi. Bien évidemment le professeur ne lui parle pas de notre activité, augmentant le degré de suspicion de l’humain. S’il ne me savait pas si amoureux de Mick, il s’inquièterait vraiment. Nos agacerie finies, Mick me demande où je souhaite manger. J’hésite un instant et opte pour un italien. Il y a bien le restaurant des français, mais aujourd’hui, je n’ai pas envie que l’on me remette une couche de mon histoire sous le nez. Je souhaite simplement passer un bon moment avec mon homme.

***

- Tu as mangé trop vite Loulou !

- Mais non… Ces lasagnes étaient une tuerie !

Pour ne pas changer de thème, après le restaurant nous avons décidé de passer au Pink Print, le bar semble en pleine évolution depuis le changement de propriétaire. Assis en terrasse, nous sirotons un café agrémenté d’une liqueur italienne.

- Il est comme moi, dis-je à Mick en désignant d’un coup de menton, le patron qui fume sur le trottoir non loin de nous.

Je sais qu’il peut m’entendre, comme sentir mon odeur de la même manière que j’ai senti la sienne. Un échange de regard quand il retourne dans son bar avec un discret salut de ma part comme de la sienne. Finalement, si ce bar est tenu par un loup, cela me plait bien d’y revenir plus souvent.

Avec Mick nous parlons quelques instants du Pink Print et de la décoration qui est sympa. Nous constatons aussi que la clientèle est plutôt mixte, ce qui est gage de bonne ambiance. Cela fait depuis plusieurs jours que je tourne et retourne mes phrases. Depuis la fête de la meute, depuis que je suis en possession de cette hache. Jusqu’à présent je surfais sur deux vagues à la fois, mais le message de mon grand-père est clair. Soit j’enterre cette hache, soit… je l’utilise…

- Mick… Je…

- Oui Loulou ?

- Je t’aime.

Y a pas moyen que cela sorte. Que pensera-t-il de moi si je lui dis que je traque les chasseurs, pour pouvoir les éliminer plus tard ? Mick n’est pas naïf, ni un enfant de cœur. Je sais que s’il trouve les assassins de ses parents, il s’arrangera pour que justice soit faite d’une manière ou d’une autre. Alors pourquoi je crains de lui révéler mes noirs desseins ? Ai-je peur de le perdre ? Il m’a rencontré et aimé quand je n’étais encore qu’un simple étudiant, qui arrivait plutôt bien à se remettre de son vécu à Boston.

- Tu avances pour tes parents ?


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Mickael Wayne
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MessageSujet: Re: L'espoir est un remède d'amour (Mick & Chad)   Sam 14 Mai - 17:01


Liberté provisoire


Nous sortons du restaurant en nous chamaillant amoureusement.

- Tu as mangé trop vite Loulou ! Dis-je à Chad en appuyant mon index sur son ventre.

- Mais non… Ces lasagnes étaient une tuerie ! Se défend-il.

Sur le trottoir d’en face, je reconnais la boulangerie dans laquelle j’avais assisté aux premières frasques de Therence. L’avoir croisé plus tôt me fait me rappeler combien il m’avait presque supplié, genoux à terre, de lui rendre son téléphone puis plus tard, sa carte SIM. J’avais réclamé un « s’il vous plait » poli qu’il avait orgueilleusement refusé de dire.

À Beacon Hills, nous sommes finalement en interaction avec beaucoup de personnes, que nous le voulions ou non. Combien sont insignifiants ? Combien ont ou auront un impact sur nos vies ? C’est étrange la manière dont fonctionne notre mémoire. Les choses que nous oublions, des pans entiers de son histoire. Et les petites choses dont on se souviendra toujours. Une scène. Un regard. Une porte ouverte.

Comme pour lier le présent au souvenir de notre rencontre, Chad me tire gentiment la main pour nous diriger vers un bar qui dispose d’une terrasse ensoleillée donnant sur la rue. C’est un établissement récent qui connait un nouvel essor grâce à l’investissement et au travail de son propriétaire.

Nous sommes accueillis par une jeune fille à la bonne humeur communicative.

- Il est comme moi, me dit Chad en désignant l’homme qui se tient à l’écart.

Sa manière d’écouter sans le montrer confirme ce que m’indique mon loup. Qui pourrait dire combien de surnaturels habitent dans cette ville ? Qui sont-ils ? Que sont-ils ? Malgré les tourments que chacun peut vivre, je crois que Beacon Hills est quand même un modèle de communauté hétéroclite et paisible. Ne serait-ce qu’en surface.

- Cet endroit est sympa, déclare-je un peu à la surprise de Chad.

- Et plusieurs amis sur le campus disent qu’il y a toujours une très bonne ambiance, me confirme mon fiancé. Il est de plus en plus fréquenté.

Je ne vais que très rarement dans un bar mais je sais que les établissements réputés destinés aux homosexuels attirent une plus large clientèle. La décoration et le personnel ainsi que les différentes animations proposées comme le montre les affiches font du Pink Print le nouveau bar à la mode.

- Mick… Je…commence Chad sans me regarder directement.

- Oui Loulou ? Interroge-je en tendant ma main vers la sienne.

L’hésitation et le ton de sa voix me laissent l’espoir qu’il va aborder le sujet qui le mine, celui que nous camouflons derrière des heureux projets d’avenir.

- Je t’aime, déclare-t-il avec sincérité.

- Moi aussi, réponds-je en masquant une certaine déception.

Pourquoi est-ce que je souhaite qu’il aborde le sujet lui-même, pourquoi n’ose-je pas l’aider à formuler les sentiments qu’il garde enfermés ?

- Tu avances pour tes parents ? Me demande-t-il autant pour rompre un silence pesant que par réelle sollicitude.

- Tu te souviens de la vidéo que nous avons découverte ? Demande-je en évoquant le voyage que nous avons fait avec son ami Maxence.

Chad acquiesce. La surprise nous avait laissé ébahis. Il s’agissait d’un monologue adressé à travers le temps qui m’était destiné. Celui que j’étais durant la période dont je n’ai plus de souvenirs m’avait laissé un indice primordial.

- J’ai compris où sont cachés les documents compromettants que le juge Lynch avait en sa possession, explique-je. Certainement des informations sur le Baron et mes parents.

Il n’est pas nécessaire que je rappelle à mon fiancé mon désir poignant de récupérer ces éléments.

- Avec James, j’ai demandé une dérogation pour pouvoir me rendre à San Francisco. Il semblerait que j’ai bénéficié de certains appuis car elle m’a été accordée. La justification de ce voyage n’en est pas moins sincère, dis-je mollement en faisant tourner la paille dans mon verre.

Le sourire de Chad m’invite à préciser mes paroles. Il est l’homme qui partage ma vie. Je sais qu’il comprend ma peine lorsque j’évoque mes parents.

Je lui explique alors le message caché "terme", "tombe" et ""souviens-toi d'où tu viens". Ces mots qui m'ont mis sur la piste.

- C’est l’anniversaire de leur mort prochainement, je suis autorisé à aller me recueillir sur leur tombe, révèle-je.

J’ai appréhendé lui dire tout ça. Parce que je marque une nouvelle fois le fait d'être orphelin. Et parce qu’après la mort de Fiona, évoquer un tel sujet me semble délicat. Chad doit sentir que j’éprouve un certain soulagement.

- C’est prévu depuis un moment, n’est-ce pas ? Me demande-t-il doucement.

- C’est vrai, j’ai attendu. J’ai attendu tout ce temps car tu n’étais pas bien, je voulais être là pour toi. Après ce que tu as vécu, ce que nous avons tous vécu, je n’arrivais pas à aller de l’avant. Alors j’attendais, souffle-je.

- On ira tous les deux, loulou, déclara-t-il avec un regard d’amour.

Je redoutais de le mêler à ça alors qu’il avait perdu sa mère. Mais mon histoire se déroule également, parallèle à la sienne. Aucun de nous deux ne peut se permettre d’être immobile si nous voulons atteindre notre destination. Nous devons avancer à la même allure. Ensemble.

Et avec les réponses à nos questions personnelles, avec la solution à nos problèmes et le remède à nos doutes, nous créerons le terreau pour notre avenir.

* * *

- Tu peux entrer, Robin, dis-je en ouvrant la porte de mon appartement.

La veille, j’ai expliqué à Chad comment nous allions faire pour cette excursion. La dérogation qui m’a été accordée pour m’éloigner du périmètre restreint nécessite que le bracelet que je suis censé porter à la cheville soit désactivé.

Nous procédons de la même manière que lorsque James avait réussi à déverrouiller le dispositif. Avant qu'il ne se mette en sécurité, je le verrouille autour de ma cheville comme Robin l’avait fait à l’inverse. La sensation est désagréable. Le bracelet marque le crime que j’ai commis aux yeux de la loi, alors que je suis innocent en réalité. Il n’y a d’ailleurs pas eu crime pour lequel m’incriminer. Mais toute cette histoire est aussi loin d’être officielle que Chad semble ravi de la présence de mon ancien compagnons d'armes.

Deux heures plus tard, ils restent tous deux silencieux lorsque les deux agents de police se présentent à mon appartement.

- Vous avez une liberté de mouvements de 24 heures, déclare l’officier responsable de mon assignation à domicile. Passé ce délai, si vous n’êtes pas revenu dans la zone autorisée, vous serez considéré comme fugitif.

Je sers la mâchoire. Il m’est difficile d’être privé d’une liberté pourtant tout juste accordée pour une courte période et d’être assimilé à un criminel.

Avec discrétion, Robin quitte l’appartement juste après les deux policiers. Disparaitra-t-il ? Rien ne l’oblige à être présent que nous reviendrons. Il ne m’est pas redevable. Je connais le prix de la liberté pour savoir combien son sacrifice était grand. Je le réalise à nouveau et je ne comprends pas entièrement ses motivations. Robin est hermétique, il n’a rien dit de plus que ce qu’il souhaitait révéler. Ou ce qu’on lui avait autorisé.

* * *

Lorsque le départ est proche, Chad sent mon appréhension et mon empressement. Avant aujourd’hui, je n’étais peut-être pas prêt à faire un pas de plus vers la vérité. Je ne pouvais pas m’éloigner de Beacon Hills avec facilité et prendre soin de lui après le décès de sa mère était une excuse marquée d’une lâcheté dont j’ai honte. Mes parents ne méritent-ils pas que je découvre la raison de leur assassinat ? Luka m’a un jour dit que ma mémoire est plus précieuse que je ne le pense et que, même s’il ne pouvait pas me restituer mes souvenirs, il sentait que cette quête était primordiale. Plus qu’une quelconque vengeance.

- Loulou ? Commence Chad.

- Oui ? Tu m’aimes, c’est ça ? Réponds-je en devinant sa pensée.

- Oui, bien sûr. Mais je voulais aussi te dire que quoi qu’on trouve, je serai avec toi, promit-il.

Mes mains se posent sur ses joues et mon baiser porte toute ma reconnaissance et mon amour. Quoi que l’un et l’autre puisse faire, nous nous soutiendrons. Toujours ?

* * *

Nous avons roulé toute la nuit en nous relayant. Les heures sont comptées et ni Chad ni moi n’avons envie que je sois accueilli par la police pour avoir dépassé le délai autorisé.

Alors le soleil matinal fait ressortir toute la splendeur du Golden Gate Bridge, nous nous éloignons de quelques kilomètres de la mégapole. Le trajet est aussi paisible que l’endroit vers lequel nous nous dirigeons.

Là-bas, quelques mille habitants cohabitent avec des millions de corps répartis dans une vingtaine de cimetières. Cette une destination peu commune, au caractère historique.

Colma. La cité des âmes de San Francisco.


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MessageSujet: Re: L'espoir est un remède d'amour (Mick & Chad)   Mer 18 Mai - 18:33



L'espoir est un remède d'amour

A ma question de savoir s’il avancait sur l’enquete concernant la mort de ses parents, Mick me rappelle la vidéo qu’il avait enregistré pour lui-même. Je me souviens du vertige qu’un tel acte nous avait donné, rendant Mick encore plus mystérieux, même pour lui-même.

- J’ai compris où sont cachés les documents compromettants que le juge Lynch avait en sa possession. Certainement des informations sur le Baron et mes parents.

Je hoche la tête. Je sais combien tout cela est important pour l’homme qui partage ma vie. Pour envisager un futur, Mick a besoin de savoir d’où il vient et de comprendre les zones d’ombres de son passé. Je comprends sa volonté et sa démarche, à sa place je réagirais de la même façon. Mais une angoisse me noue le cœur. Qu’est-ce que le Mick de hier a voulu cacher au Mick d’aujourd’hui ? Ce qu’il va apprendre ne risque-t-il pas tout bonnement de le détruire ? Je prends la main de mon fiancé dans la mienne et la serre chaleureusement. Il sait que je ferai n’importe quoi pour lui et que je serais toujours présent.

- Avec James, j’ai demandé une dérogation pour pouvoir me rendre à San Francisco. Il semblerait que j’ai bénéficié de certains appuis car elle m’a été accordée. La justification de ce voyage n’en est pas moins sincère.

Je me demande quel motif il a pu trouver pour gagner une telle liberté d’action et l’incite à poursuivre d’un sourire. Mick m’explique alors le message caché dans la vidéo. Je secoue la tête de contentement. Je suis fier de la malice de mon compagnon et de son intelligence. C’est ce que j’aime chez lui, son esprit affuté et aussi sa grande noblesse. Il est de ces gens auprès de qui on s’élève. Un peu comme d’autres membres de la meute. Sans parler de Ruby qui nous pousse vers le meilleur de nous-même malgré son propre passé de tueuse. Même Peter se rachète une nouvelle conduite. Quand à Derek… Il serait furieux que je ne lui parle pas de la dernière vision qui m’a pris la dernière fois que j’ai trituré le tomawak de ma tribu. Il y a des épreuves qui doivent s’affronter seul. Si j’évite mon frère de meute en ce moment, c’est en parti pour cela. Même si une sombre colère me ronge le ventre depuis l’assassinat de ma mère, je reste au fond de moi un gentil. Et me connaissant, je finirais par parler.

- C’est l’anniversaire de leur mort prochainement, je suis autorisé à aller me recueillir sur leur tombe.

Je lui souris faiblement. Je sais qu’il ne sait pas comment faire avec mon deuil récent. Cela me désole qu’il y ait ce flottement entre nous, alors je suis soulagé que nous pouvons enfin parler de ce qui le préoccupe. Je sais que de mon côté, je ne fais que reculer pour mieux sauter.

- C’est prévu depuis un moment, n’est-ce pas ?

- C’est vrai, j’ai attendu. J’ai attendu tout ce temps car tu n’étais pas bien, je voulais être là pour toi. Après ce que tu as vécu, ce que nous avons tous vécu, je n’arrivais pas à aller de l’avant. Alors j’attendais.

- On ira tous les deux, Loulou, dis-je. Et arrête de me ménager, je ne suis pas en sucre. Je fais face tu sais. Désolé si je me plonge dans le travail, mais c’est le meilleur exutoire que je connaisse.

Nous quittons le Pink Print main dans la main. Me balader ainsi avec lui me remue les tripes. Je suis heureux de pouvoir m’afficher avec celui que j’aime. Mick est la personne qu’il me faut et subitement je n’aime pas la noirceur qui me hante. J’ai l’impression de salir notre union et d’assombrir le soleil qui est l’homme qui marche avec moi. A l’instant présent, je me moque de l’apparence guimauve que nous pouvons donner, car nous avons une foi inébranlable en l’autre et peu de couple peuvent se targuer de ça.

***

Je ne m’y ferai jamais que ce pignouf au sourire facile ait pu être avec Mick avant. Ma jalousie me ferait presque gronder quand il entre dans l’appartement. Pourtant, Robin se prive de sa liberté pour que Mick puisse bouger à sa guise. Je ne sais pas ce que cache une telle abnégation. Je les regarde procéder à l’échange. Mick se retrouve à nouveau entravé. Les ratées des battements de son cœur ne m’échappent pas. Pour le réconforter, je vais près de lui et lui caresse doucement le bas du dos.

***

- Vous avez une liberté de mouvements de 24 heures, déclare l’officier responsable de mon assignation à domicile. Passé ce délai, si vous n’êtes pas revenu dans la zone autorisée, vous serez considéré comme fugitif.

J’ai envie de hurler à la tête de ce flic que Mick est innocent. Mais je dois me contenir et serrer les mâchoires quand je vois son regard moralisateur en ma direction. Me juge-t-il coupable de partager la vie d’un présumé criminel ? Il en faut peu pour que mes yeux ne se mettent à luire. Je deviens instable, ou du moins j’écoute de plus en plus mon côté sauvage.

Je fais de mon mieux pour ignorer Robin qui était resté pour je ne sais quelle raison. Je n’aime pas la manière avec laquelle il reluque mon homme. Je n’aime pas la façon qu'il a de me mater les fesses ! Je vais l’égorger… Je me colle dans la tête une image mentale où je lui esquinte sa belle gueule et parviens à inscrire un sourire benêt sur mon visage jusqu’à ce qu’il parte. Dès que son dos est effacé par la porte qui se referme, je saute sur Mick, plus possessif que jamais et l’entoure de mon affection très tactile comme si mes gestes pouvaient « nettoyer » les zones lorgnées par son ex. Je suis partagé entre le souhait de ne plus le revoir et celui où il revient prendre le bracelet électronique de Mick.

***

Mick s’agite. Il n’est pas serein. Je sais qu’il a fait de son mieux pour m’aider à me reprendre après le drame du manoir et la mort de ma mère biologique. Mais il a ses propres démons et je veux aussi être là pour lui.

- Loulou ?

- Oui ? Tu m’aimes, c’est ça ? Me répond Mick.

- Oui, bien sûr. Mais je voulais aussi te dire que quoi qu’on trouve, je serai avec toi.

Moi qui frôle avec des projets bien sombres, je serais mal venu de le juger sur quoi que ce soit de peu reluisant sur son propre passé. Ruby avait une fois dit que la meute rassemblait des êtres qui avaient été brisés par la vie et qui retrouvaient un nouveau souffle. Je veux saisir cette nouvelle chance avec Mick. De toute façon, sans lui… je sombre. Il me montre son amour et son affection de la plus belle manière qu'il soit comme toujours. Je suis peut-être possessif, mais j’aime être à lui, être « son Loulou ».

***

Le moteur de la Maserati ronronne comme un chat tranquille. Nous avons roulé sans nous arrêter. Le temps nous est compté. C’est au petit matin que nous arrivons à San Francisco. Mick m’indique le chemin pour Colma et ses nombreux cimetières.

L’air est un peu frais, pourtant ce n’est pas la cause du frisson qui s’empare de nous quand nous quittons la voiture. L’appréhension de ce que nous allons trouver est grande. Je fais un sourire à Mick essayant de lui donner du courage. Car si nous sommes effectivement venu dans un but précis, il s’agit tout de même de la tombe de ses parents. Je me mets à sa hauteur et lui prends fermement la main. Il y a plusieurs mois de cela, Mick et Miya m’avaient accompagné au cimetière de Boston pour que je fasse la paix avec mon passé et saluer ma défunte sœur.

- Oh ! Tu as vu, il y a la tombe du marshall Wyatt Earp.

Mick sourit faiblement. Le cœur n’y est pas. Je le laisse me guider dans les allées. Je tente à nouveau de détendre l’atmosphère.

- Je réalise que tu vas me présenter à tes parents. J’espère ne pas les décevoir.

Je ne plaisante qu’à moitié. Avec tout ce que j’ai vécu récemment, je suis un peu confus sur ce que je pense de l’au-delà. Mais je souhaite sincèrement être le compagnon qui aurait plu à ses parents. Mick les estime beaucoup. Je veux en être digne.


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Mickael Wayne
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MessageSujet: Re: L'espoir est un remède d'amour (Mick & Chad)   Sam 28 Mai - 16:21


Parents

Le vent qui provient de l’océan apporte avec lui la fraicheur d’un matin d’été. Chad sent-il les emprunts marins lorsque nous sortons de la voiture ? Son sourire me montre qu’il n’est attentif qu’à moi. Il sait que lorsque je parle peu c’est que je réfléchis beaucoup. C’est évident que je ressens de l’appréhension et je crois que lui aussi. À travers mon angoisse, il se demande également ce que nous allons découvrir sur l’homme avec qui il a décidé de vivre. Quelles vérités seraient suffisamment fracassantes pour changer la relation de deux personnes aussi proches que nous le sommes ?

Nous avançons lentement dans ce paysage monotone. Des panneaux indiquent les différents cimetières, certaines sépultures sont presque célèbres.

- Oh ! Tu as vu, il y a la tombe du marshall Wyatt Earp, m’informe Chad enjoué.

J’esquisse une moue un peu terne. Plus d’un siècle auparavant, l’homme qu’il évoque avait rencontré un autre Wayne. Je ne sais pas si sa remarque est une coïncidence ou s’il en sait davantage.

- Je réalise que tu vas me présenter à tes parents. J’espère ne pas les décevoir, dit-il avec sincérité.

C’est quelque chose que je n’aurais jamais l’occasion de faire. Lorsque Chad nous avait emmené Miya et moi rencontrer Stephan et Priscilla, l’homme d’affaires m’avait tout de suite interpellé. Il était et est toujours un modèle pour son fils. Pour moi, c’est une figure paternelle par procuration.

Il y a un instant de flottement quand nous entrons dans le cimetière que je viens d’indiquer à Chad d’un mouvement de la tête.

Je sais qu’il s’étonne en silence que nous ne nous dirigions pas vers les tombes traditionnelles. Mais dans l’explosion de l’appartement, il ne subsistait rien de décent qui aurait pu être mis en bière.

Je sens son étreinte à travers nos doigts liés quand nous cessons de marcher.

La pierre tombale d'un gris clair ne porte que très peu d'inscriptions. Aucune ne transcrit le chagrin d'un orphelin. Lorsqu'ils sont morts, j'étais trop jeune pour m'occuper de quoi que ce soit. Par la suite, combien de fois suis-je venu ?

Je serre la main de Chad. Des souvenirs flottent à la dérive dans ma mémoire, ramenés à la surface par l'émotion qui me saisit comme un flot inaltérable.

Le regard humide, je lis à voix haute ce qui orne la sépulture de mes parents.


Jonathan et Nora Wayne

29 juin 2000


* * *

16 ans et quelques jours auparavant

- Maman ? Demande le garçon en s'approchant doucement.

- Oui, mon chéri ? Répond la femme dont le sourire peinait difficilement à faire oublier les larmes.

- Pourquoi tu es triste ? Questionne le petit Mick, inquiet.

- Je ne suis plus triste, ça va mieux, tu vois, le rassure-t-elle en agitant une main dans les cheveux de son fils.

Pour une fois il ne râle pas pour ce geste affectueux qui le laisse toujours decoiffé.

- Tu ne pleures plus alors ? Reprend l'enfant.

- Ne t'inquiètes pas. Parfois les histoires de grandes personnes sont compliquées, explique la mère doucement.

- Tu sais, l'autre jour j'ai pleuré aussi. Un autre garçon à l'école s'est moqué de moi à cause...commence-t-il avant de baisser la tête.

Nora s'accroupit pour se mettre à la hauteur de son fils et d'une main douce elle lui relève le menton.

- À cause de la couleur de tes yeux, conclue-t-elle. Ils sont très beaux mon chéri, ceux sont deux petits trésors. N'écoute pas ceux qui sont jaloux.

L'amour de sa mère lui redonnant de l'assurance, le garçon retrouve son sourire.

- Papa dit que ça me rend très spécial, se réconforte-il. Il rentre bientôt ? Je lui ai préparé une surprise !

- Il travaillera tard ce soir mais il viendra t'embrasser, promis Nora.

Satisfait des réponses qu'il a obtenues, le garçon se précipite dans sa chambre en récupérant la voiture noire de super-héros qu'il avait laissée dans le salon.

Sur le pas de la porte, il s'arrête et se retourne.

- Maman ? Recommence-t-il. J'ai entendu quand tu as dit à papa que tu avais peur. Moi, je laisserais personne t'embêter !

* * *

Comment aurais-je pu faire quoi que ce soit à mon âge ? Et aujourd’hui, faire payer aux responsables de leur mort, comprendre leurs motivations, c’est une tâche ardue pour laquelle je ne suis que des pistes intangibles. Je suis à l’origine de ma plus grande difficulté dans cette quête. Je sais que je ne sais plus. Il y a quelque chose dans ma mémoire capable de déchiffrer tous les évènements terribles qui sont arrivés depuis cette nuit d’été.

Je fixe l’urne qui repose dans la cavité de la pierre tombale. Des réponses se trouvent à l’intérieur. Sans me le rappeler,  je sais que j’ai dû laisser s’envoler les cendres de mes parents avant d’y cacher quelque chose.

Lorsque je la saisis, un bruit confirme qu’elle n’est pas vide. J’imagine sans mal une clé usb ou une carte mémoire qui contiendrait des données précieuses. Celle pour lesquelles le Baron m’avait ordonné de tuer le juge Lynch. Prudent, j’ouvre délicatement le couvercle et y plonge la main. Je sens le petit objet et le prend dans le creux de mon poing.

Chad me regarde comme si j’avais plongé la main dans la boite de Pandore. J’écarquille les yeux en comprenant ce que je venais d’en sortir. Il ne s’agit pas d’une clé usb ou d’une carte mémoire.

Quelqu’un s’est joué de moi. Je redoute que des informations cruciales m’aient été volées. Car elles n’étaient destinées qu’à moi seul. Je fulmine sans détailler l’objet que je connais déjà.

Une pièce d’échec trône dans ma paume. La Reine rouge.

* * *

Je serre la mâchoire pour calmer la violence de mes émotions. Je fulmine. Impuissant. Encore. Je suis manipulé, torturé. Encore.

Par respect pour les lieux et pour le souvenir de mes parents qui ne me quittent pas malgré la distance qui s'étend entre leur sépulture et moi à chaque pas, je ne dis rien.
Ma colère gronde comme un orage d'antan qui n'aurait jamais explosé. Voit-on la flamme qui brûle dans le regard que ma mère avait qualifié de trésor ? Ma bichromie est finalement une illustration physique de la dualité qui me caractérise. Une sérénité et une maîtrise apparentes. Une rage et une détermination trop longtemps contenue. Étouffée.

Lorsque nous atteignons la Maserati, en dehors de l'enceinte des cimetières, j'explose.

- On me nargue, Chad ! M'exclame-je, plus fort que je l'aurais voulu. On se moque de moi, je deviens fou !

Ma voix résonne dans les environs déserts. Nous n'avons croisé que peu de visiteurs dans cette nécropole drapée de discrétion et de respect.

- Quelqu'un s'amuse à me diriger, il ou elle a ce pouvoir sur moi ! M'insurge-je. Je ne sais pas quel est mon rôle dans tout ça. Tout ce que j'aurais pu découvrir m’a été volé !

La figurine du jeu d'échecs marque un sillon dans ma paume tant j'ai le poing serré. Mes muscles me font mal. Sans lui en vouloir personnellement, je recule vivement lorsque Chad s'approche pour me réconforter.

Il n'y a rien qu'il puisse faire. Je suis seul. Encore.

* * *

Je suis resté longtemps silencieux, perdu dans l’orage de mes pensées qui gronde bien plus fort que le moteur de la Maserati. Chad est au volant, il me jette sans cesse un regard tendre d’amour et de compassion.

- J’aurais aimé être réellement libre, dis-je enfin. M’échapper avec toi l’espace d’une journée. Trouver un hôtel. Un endroit paisible. Et vivre dans notre bulle pendant un weekend.

C’est avec cette image utopique que nous passons devant le panneau de la ville. Je regarde les bâtiments et les rues de Beacon Hills défiler. Nous avons plus de deux heures d’avance sur le délai qui m’a été accordé.

Je me sens vide, ma détermination est une nouvelle fois rincée. Mes mouvements sont mécaniques, rendus habituels lorsque nous montons les étages. Mais l’instinct demeure.

- Loulou ? Intervenons-nous en même temps en se fixant l'un et l'autre.

Chad et moi nous figeons devant la porte d'entrée de notre appartement. Pour la même raison mais en ayant perçu des détails différents. Je sais qu'elle a été ouverte. Et mon loup doit percevoir que quelque chose ne va pas. N’est-ce pas un de ces moments troubles qui nous prend par surprise ? Je suis las des attaques sans crier gare, des infiltrations redondantes chez moi, de l’angoisse qui s’immisce dans notre quotidien comme d’une vipère malicieuse qu’on ne parvient jamais à attraper.

- Quelqu’un est gravement blessé, souffle Chad. Je sens l’odeur du sang.

Je pousse la porte sans ménagement ni réelle prudence. Il n’y a pas traces de lutte, uniquement un cheminent écarlate sur le sol. Qui mène jusqu’au blessé adossé tant bien que mal au canapé.

- Mick, prononce Robin d’une voix faible.

Je me précipite vers lui. Je découvre quelques contusions sur son visage et sa blessure à l’abdomen qui rend ses vêtements poisseux. C’est très mauvais signe, je ne sais pas depuis combien de temps il est dans cet état.

- Je t’attendais pour mourir dans tes bras, plaisante-t-il en essayant de sourire.

- N’essaie pas de parler, dis-je en dégageant ses mains qu’il avait plaquées sur son ventre pour contenir l’hémorragie.

- Je n’ai rien trouvé à Colma, c’était sûrement un leurre pour t’atteindre, enchaine-je en sortant la pièce d’échec de ma poche. Pourquoi ?

- C’est ça la clé, Mick, peine-t-il à dire.

- Qui t’a fait ça ? Questionne-je en cherchant les signes d’une attaque de surnaturel tant le combat a semblé violent.

- Je ne sais pas, ça a peu d’importance, lâche-t-il.

Il peine à rester droit. Derrière moi, Chad est aux aguets. Quand il esquisse un geste pour tenter de calmer la douleur de Robin, celui-ci refuse d’un hochement de tête.

- Ça ne servira à rien, souffle-t-il. Je vais mourir et je n’ai déjà plus mal.

Nous nous dévisageons tous les trois.  Il n’y a rien à faire. Je regarde avec angoisse l’horloge sur le mur d’en face. En fin d’après-midi, la police se présentera ici. Et quoi que nous puissions faire, nous sommes face à un problème.

- On ne soupçonne pas le nombre de fois où les deux mondes se rencontrent, délire-t-il. Ça ne finit jamais bien. Prend garde à toi. Je ne te parle pas de choisir un camp. Ton père…il a échoué, Mick.

- Qu’est-ce que tu essaies de dire, interpelle-je en l’aidant à se redresser car sa tirade l'a vidé de ses forces.

- Des personnes te surveillent dans l’ombre. Certains te protègent, d’autres en ont après toi, révèle-t-il.

- Je sais que ma vie est constamment en danger, tu ne m’apprends rien, maudis-je.

- Pas pour te tuer, tousse-t-il douloureusement. Tu es précieux.

Ses mots se répercutent avec ceux que ma mère a prononcés dans mon souvenir.

De l’écume sanglante s’échappe de ses lèvres et sa respiration devient sifflante. Je lui saisis la main, nos avant-bras l’un contre l’autre dans ce geste d’autrefois qui marquait la solidarité entre deux compagnons d’arme.

Je sens sa force le quitter et son étreinte disparaitre. Sa poitrine cesse de se soulever. Je sais que si Chad tend l’oreille, il saura que le cœur de Robin ne bat plus à présent.

Je me relève puis reste stoïque. Le corps d’un ami est à mes pieds, son sang est sur mes mains. Sa mort vient se poser sur ma conscience comme un poids supplémentaire. Sans son lien avec moi, rien de tout ça ne serait arrivé.

Mon téléphone vibre au fond de ma poche. Le nom de James s’affiche et malgré la situation invraisemblable et la tétanie qui immobilise mes muscles, je sens qu’il est urgent que je réponde.

- Mick, écoute-moi attentivement, déclare-t-il.


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MessageSujet: Re: L'espoir est un remède d'amour (Mick & Chad)   Mer 8 Juin - 11:38



Despair

L’instant est solennel devant le funérarium. Comme un idiot je m’attendais à une sépulture ordinaire, mais la stèle devant laquelle nous sommes arrêtés me rappelle que les parents de Mick sont morts dans une explosion. Les cendres de ma mère biologique ont été dispersées par le vent. Je n’ai pas de tombe devant laquelle me recueillir, mais sa crémation a été un acte choisi, ou plutôt imposée par mon grand-père et que j’ai accepté plus ou moins bien. J’aurais bien aimé avoir une pierre tombale vers laquelle pouvoir venir, quelque chose de concret où m’interroger ou m’effondrer. Les doigts de Mick s’accrochent aux miens avides d’un soutien. Je tente d’être son point fixe dans son horizon qui tangue.

- Jonathan et Nora Wayne, 29 juin 2000, prononce Mick à voix haute.

Dire que nos pères respectifs se sont rencontrés dans un passé obscur qui semble avoir causé leur perte. Je ne sais pas où est enterré le mien, si tenté que Gérard ait donné une sépulture digne de ce nom à son petit frère. Je suis perdu face à cela. Je me suis retrouvé brusquement orphelin de deux parents dont j’ignorais l’existence il y a quelques mois à peine. Je considère toujours mes parents adoptifs comme mes vrais parents. Ce sont eux qui ont fait l’homme que je suis aujourd’hui, eux qui sont mon modèle. Quant à ceux qui m’ont mis au monde… ils me plongent dans un rôle que je n’ai pas vraiment envie de connaitre et encore moins d’endosser. Fruit de l’union d’un chasseur et d’une femme dont la tribu protège les loups depuis des générations. Je suis le confluent de deux fleuves impétueux et antagonistes. J’ai été adopté pour me mettre à l’abri de la mainmise de la famille Argent. Si Gérard m’avait trouvé quand j’étais bébé, aurait-il tué le fils de ce frère qui avait renié les principes de la chasse, ou m’aurait-il éduqué dans la haine des loups, me transformant en chasseur impitoyable ? Que serais-je si Stephan Wilder ne m’avait pas adopté dans l’urgence ?

Ceux qui nous élèvent font ce que nous devenons. Je ne sais pas ce qui est le mieux. Connaitre ses vrais parents comme Mick, mais les perdre à sept ans à peine, ou grandir choyé par une famille adoptive et croiser sa vraie mère pour la perdre aussitôt. J’ai un tas de questions sur mes origines, et Mick aussi. Nous sommes deux esquifs bravant un océan mouvant et hostile. Deux naufragés de la vie qui reprennent espoir car ils ne sont plus seuls. Je resserre mon étreinte sur la main de Mick. Nous allons nous épauler.

Une fois ressaisi Mick attrape l’urne funéraire et l’ouvre. Je ne sais pas qui de nous deux est le plus fébrile de savoir ce que nous allons trouver. Quand sa main s’ouvre sur une pièce d’échec, la même dame rouge trouvée à son appartement, je le sens vaciller. Sa rage est palpable, je me rapproche et lui enserre la taille. J’enrage avec lui sur celui ou celle qui le torture ainsi. Que dire ? Que faire ? Je suis aussi démuni que lui à trouver une solution. Je ne peux que partager son désarroi.

Mick explose quand nous arrivons à la voiture. Sa frustration de se faire balader m’attriste. Je ne peux l’aider qu’en étant là pour lui, mais c’est bien peu. C’est bien trop peu face à son désarroi total. C’est mon propre cœur qui se tord de douleur quand il esquive vivement mon geste de tendresse. J’ai peur que tout cela ne finisse par nous séparer. Sans un mot je me mets derrière le volant. Je n’ai aucune réponse à lui apporter, que de banals mots de réconfort. Je ne sais même presque rien sur ses recherches. Mais je suis bien mal placé pour lui reprocher quoique ce soit. Par contre, ce que je ressens, ma propre frustration d’être écarté de ses recherches, me fait comprendre qu’il va falloir que je lui parle des miennes et de mon but. De toute manière, j’ai déjà jeté les bases de cet aveu avant qu’Adriann s’envole pour l’Allemagne. Je planifie de laisser passer le mariage de Peter et Ruby le plus sereinement possible avant de nous plonger dans la noirceur.

Le chemin du retour est pesant. Je jette des coups d’œil à Mick qui reste hermétique. Je lui suis inutile. Même ma présence ne semble pas alléger un peu son oppression.

- J’aurais aimé être réellement libre, dit-il enfin. M’échapper avec toi l’espace d’une journée. Trouver un hôtel. Un endroit paisible. Et vivre dans notre bulle pendant un weekend.

La formule est purement rhétorique et n’appelle pas vraiment une réponse. Je lui murmure tout de même un « Moi aussi ». C’est tristes que nous arrivons à Beacon Hills. Il nous faut encore voir les policiers qui viendront remettre le bracelet électronique à Mick. J’espère que Robin est toujours partant pour prendre sa suite. C’est égoïste de ma part, mais je ne tolère pas de savoir Mick entravé.

C’est d’un pas las que nous montons dans l’immeuble de Mick. L’odeur de sang est forte et récente. Je suis immédiatement sur mes gardes. Mick a dû percevoir autre chose car lui aussi est devenu attentif.

- Quelqu’un est gravement blessé. Je sens l’odeur du sang.

Quand nous entrons, nous sommes confrontés à une trainée de sang qui nous même au salon et à Robin plutôt salement amoché.

- Je t’attendais pour mourir dans tes bras, plaisante Robin.

- N’essaie pas de parler, lui répond Mick.

Ma jalousie sur leur ancienne relation est toujours aussi féroce, mais les signes vitaux de l’ami de Mick ne donnent rien de bon. Je crains le pire.

- Je n’ai rien trouvé à Colma, c’était sûrement un leurre pour t’atteindre. Pourquoi ?

- C’est ça la clé, Mick.

- Qui t’a fait ça ?

- Je ne sais pas, ça a peu d’importance.

Je m’approche pour prendre sa douleur, mais Robin m’arrête disant que c’est trop tard. Je sais qu’il a raison. Je pensais le faire plus par égard pour Mick qui voit son ami souffrir alors qu’il a déjà tant de peine face à ce que nous avons trouvé à San Francisco.

Robin utilise ses dernières forces pour mettre Mick en garde. Mais il nous ouvre plus de question qu’il ne répond à nos interrogations. « Ton père a échoué », « Tu es précieux ». A quoi fait-il allusion ? Impossible d’en savoir plus, celui qui prononce ces mots s’éteint. La douleur de Mick si évidente me prouve l’attachement qu’il avait pour cet homme. Je sais son amour pour moi, pourtant mes sentiments sont partagés et mitigés. La part sombre de mon être se satisfait de ne plus avoir de concurrence, mais tout le reste de mon âme se rebelle contre cette infâme pensée. Le portable de Mick sonne, je regarde ma montre. Il nous reste une heure et demie avant l’arrivée des flics et ce foutu bracelet électronique. Robin ne prendra plus la place de Mick pour ce fardeau. J’entends la voix de James, mais ne m’attarde pas. Il faut agir et vite. Pendant que Mick écoute ce que le rouleteux lui dit, je vais chercher une paire de draps pour envelopper la dépouille de Robin.

Avec le plus d’attention possible j’entoure Robin dans ce qui sera son linceul faisant attention à ne pas me tacher. Nous devons faire vite et être efficace avant l’arrivée des policiers. Il y a le sol à nettoyer, Mick est aussi plein du sang de son ami. Son visage crispé me fait craindre le pire. Nous pataugeons déjà dans le pire. Je regarde l’appartement de Mick. Nous sommes en plein jour, pas moyen d’emmener le corps de Robin discrètement. Le manque de temps me fait enrager. Même si je n’appréciais pas ce type, il a droit à du respect et à être traité dignement. La baignoire est peut-être le meilleur endroit en attendant que les flics passent pour remettre le bracelet électro… Mercredi ! Cela veut dire que Mick ne pourra pas m’aider, ni participer à… faire disparaitre le corps de son ami. Tout cela est injuste, vraiment trop injuste. Une idée me vient, je pense qu’elle plaira à Mick ou au moins amoindrira sa peine à ne pouvoir rien faire. Il y a un endroit sur notre futur terrain qui ferait un lieu acceptable pour une tombe. Nous pouvons offrir à Robin une vraie tombe, sans pouvoir cependant y mettre une stèle trop évidente. Mais Mick pourra se recueillir sur la tombe de son ami quand ce merdier sera terminé.

- Mick, il faudrait que tu prennes une douche avant que je….

Ma voix devient rauque quand je désigne le corps emmailloté. Je veux épargner à Mick la tâche de nettoyer le sol du sang de son ami.

- Que dit James ?

Mon émotion laisse la place à l’inquiétude. Qui a mortellement blessé Robin ? Mick est-il en danger immédiat ?


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MessageSujet: Re: L'espoir est un remède d'amour (Mick & Chad)   Dim 21 Aoû - 23:15


Parabatai


Robin est mort. La réalité est cinglante et définitive. Comme si une divine horloge s’agitait soudainement alors que son cœur a cessé de battre, James me fait comprendre que les prochaines heures seront cruciales.

- Mick, écoute-moi attentivement, déclare-t-il. On a été attaqué chez moi mais Robin a réussi à les entraînés à l'extérieur.

- Il vient de mourir, James. Dans mon salon, bordel dis-moi ce qu'il se passe ! M'exclame-je malgré l’importance donnée par le ton qu’il emploie.

- On a très peu de temps devant nous, réitère-t-il, sans doute moins insensible qu’il en donne l’air. La police devait arriver dans une heure pour te remettre ton bracelet, sûrement moins. Mais il s’est passé quelque chose qui va tout changer.

- Est-ce que tu vas bien ? Le coupe-je, reportant notre discussion après le trouble et la précipitation de l’instant.

- Je vais bien ne t’en fais pas, reprend-il. Dissimulez le corps de Robin jusqu’à ce que vous puissiez l’évacuer. Maintenant serait trop risqué.

Je ne sais pas s’il entend les consignes de James mais Chad entreprend d’envelopper le corps de Robin dans un grand drap. Il ne l’appréciait pas mais par respect, je sais qu’il effectue cette tâche avec soin.

-  Le FBI est en chemin pour t’interroger, révèle mon ami hacker.

- James, tu as toute mon attention, dis-je. Explique-moi.

- Je ne sais pas pourquoi ces hommes ont débarqué et pourquoi aujourd'hui, raconte-t-il. Mais Robin avait dû prévoir que quelque chose arriverait, il avait une carte à jouer en cas d'urgence.  J’ai capté une transmission qu’il a effectuée, sans doute quand il a compris qu’il ne s’en sortirait pas. Il a enregistré un message sur son téléphone et l’a envoyé au FBI.  Il s’agit d’aveux, Mick. Il donne le numéro d’un coffre où serait gardée l’arme qui a été utilisée contre le juge Lynch.

- Il tente de me sauver la mise, conclue-je.

-  Les choses risquent de se compliquer, tu devras rester crédible quand ils t’interrogeront. J’ai pu intercepter des appels. Ils sont en chemin pour récupérer la pièce à conviction et arriveront très vite ici.

- Je ne préfère pas en savoir davantage avant que tout ça soit fini, dis-je. Au cas où je serais interrogé, je veux pouvoir mentir sans me trahir.

- Chad devra se charger du corps, conseille James. Et lorsque tu sortiras, Mick, rejoignez-moi. Ça devrait prendre du temps mais je vous attends.

Je me force à focaliser sur ce que je dois faire, occultant mes pensées parasites. C’est une crise qui demande du sang froid et des réactions réfléchies. J’attendrai l’accalmie qui s’en suivra pour laisser mes émotions brouiller ma maitrise de moi-même et les schémas comportementaux acquis dans ce genre de situation.

- Mick, il faudrait que tu prennes une douche avant que je…., commence Chad lorsque j’ai raccroché.

Son regard se fane et sa voix devient grave. Il sait combien je suis affecté et tente de me soutenir.

- Que dit James ? Demande-t-il.

En me dirigeant vers la cuisine, je lui explique ce que je viens d’apprendre. Je remplis l’évier d’eau et y ajoute du détergeant.

- Loulou, tu n’es pas obligé de faire ça, me dit Chad en s’approchant.

- Je vais m’en occuper, réponds-je.

Il me confie son intention de dissimuler le cadavre dans la baignoire. Et lorsqu’il saisit le corps sans vie de Robin, nous découvrons le sang imbibé sur la housse du canapé. Pour des fées du logis mortuaires, nous avons chacun une tâche à faire disparaitre.

J’entreprends de nettoyer le sol. L’eau froide évite autant que possible la coagulation et facilite la corvée. Les joints, les fissures et les rayures. Tout doit être frotté. Deux fois. Trois fois.

Sous le filet d’eau avec lequel je rince l’éponge, je tremble.

Cette scène en appelle une autre et un souvenir afflue. Quel crime avais-je un jour dissimulé avec minutie ? Combien de fois avais-je eu du sang sur les mains ?

Bientôt l’appartement ne présente plus aucune preuve de ce qui est arrivé. Tout comme la vie qu’il a vu s’envoler, il ne reste rien.

Chad feindra d’utiliser la salle de bain. Ainsi, par réflexe de pudeur, les policiers qui seront bientôt-là ne s’attarderont pas sur ce qui est encore dissimulé derrière la porte.

* * *

- M. Wayne, vous êtes libre, déclare l’agent du FBI qui vient d’ouvrir la porte de la salle d’interrogatoire. Toutes les charges retenues contre vous ont été levées.

Je ne souris pas. J’accueille la nouvelle d’un mouvement de la tête.

Il n’avait pas fallu de temps à l’équipe d’intervention pour arriver à mon appartement. Le bracelet électronique clignotait encore à ma cheville quand j’ai été sommé de les suivre. Chad et moi avons échangé un regard indéchiffrable. Il m’avait apporté son soutien pour les heures à venir.

Et il est présent lorsque je sors du commissariat. Mon visage est fermé mais il ressent certainement mon soulagement. Je baisse les yeux pour lui indiquer que j’étais dorénavant sans entrave.

Son baiser est chaleureux et sa présence me permet de tenir autant qu’elle me donne envie de m’effondrer contre lui.

La nuit est tombée. En peinant à trouver ses mots, Chad m’explique qu’il avait pu sortir le cadavre de la baignoire. Pour que je puisse faire le deuil d’un vieil ami, il m’assure que nous lui accorderons des funérailles et une sépulture digne. La décision de mon fiancé a une symbolique forte surtout dans l’urgence de la situation à laquelle il a fait face. Là où nous bâtirons bientôt notre maison, là où nous nous créerons un avenir heureux, nous n’oublierons pas ceux qui ont, un jour, apporté leur aide.

Je serre plus fort sa main en guise de remerciements pour s’être occupé de Robin. Cette mission funèbre aurait sans doute fait sourire un wendigo professeur de criminologie mais Chad et moi gardons le silence et une expression austère.

Nous rejoignons James dont l’appartement a été saccagé par l’altercation entre Robin et leurs agresseurs.

- Deux hommes ont fait irruption dans l'appartement, raconte James. Robin a aussitôt réagi mais je n'ai pas vu ce qui a suivi. Il s'est pris un coup avant de réussir à les faire fuir. À moins qu'ils n'aient eu ce qu'ils voulaient. Quand j'ai pu me redresser et ramper jusqu'à la porte, il n'y avait plus personne. Il s’est précipité derrière eux.

Nous l’aidons à remettre de l’ordre tandis que j’explique ce que j’avais raconté au FBI.

La base d’un mensonge qu'on nous avait demandé d’apprendre par cœur lorsque Robin et moi avions été désignés comme binôme. Des Parabatai comme nous étions appelés. Si l’un tombait, il assurait la survie de l’autre, devenait bouc émissaire, dédouanait son binôme de ses fautes. Tout ce qui pouvait être fait pour ne pas disparaitre en vain. C’est ce qu’il avait fait pour assurer ma liberté.

À la question « Connaissez-vous M. Robin Bane ? », je n’avais pas menti. Pour le reste, je ne m’étais pas trahi en racontant une histoire totalement fausse dont je connaissais l’existence de preuves fabriquées pour servir d’alibi. Ce procédé faisait partie de la couverture montée de toute pièce pour deux coéquipiers.

J’avais rencontré Robin dans un foyer pour mineurs. Il y avait fait un court séjour après plusieurs altercations dues à un grave problème d’autorité. Des années plus tard, nous nous étions revus et notre relation s’était soldée par un échec. Robin était une personne instable.

Jamais je n’aurais pu imaginer qu’il assassinerait un juge fédéral.

Mais ni lui ni moi n’avions commis ce crime. Gardant cette pensée à l’esprit, j’avais fait part de tout ce que je « savais ».

Robin avait bafoué son honneur en sachant pertinemment qu’il serait désigné officiellement comme un criminel. Mais il était un homme de l’ombre dont la vie n’était que duplicité et falsification. Je n’oublierai jamais ce qu’il a fait pour moi.

- Aux yeux du FBI, Robin a pris la fuite, conclue-je. Et je suis acquitté sans procès. Ils n’ont plus rien contre moi. L’arme du crime a été retrouvée à l’endroit qu’il avait indiqué et ses aveux ont fait de lui une nouvelle cible.

Nous décidons d’un commun accord de ne pas évoquer à d’autres ce qui vient d’arriver. Ni à nos amis et à Ruby, l’alpha de notre meute ni même à Miya dont Robin était devenu proche. Peut-être plus que nous l’imaginions à cet instant. Ce choix est nécessaire pour ne pas gâcher le mariage à venir ni exposer ce que je considère comme une histoire personnelle. Robin complète une liste de noms, trop longue, de personnes dont la proximité avec moi avait abouti à leur fin tragique.

Je reste silencieux, inquiet d’un nouveau retournement de situation alors que j’ai l’impression de reprendre mon souffle depuis que nous sommes rentrés de Colma. J’aimerais des certitudes et non des doutes.

- James, tu avais pourtant analysé la vidéo après avoir réussi à en récupérer une copie, me rappelle-je. C’était moi qui y apparaissais.

- Oui, mais d’après le dernier rapport du dossier de preuves,  il s’avère qu’une deuxième analyse ne permet pas d’aboutir à une reconnaissance faciale exploitable, explique-t-il.

- Tu avais pourtant passé au crible cette vidéo et aboutit aux mêmes conclusions, insiste-je.

- L’original du fichier a été ouvert une unique fois depuis ton arrestation, continue James dont les doigts s’agitent sur son clavier. C’était un accès extérieur avec une permission spéciale. Les restrictions sont très limitées et le chiffrement est différent de celui utilisé par le FBI comme s’il s’agissait d’une façade.

- Qui est l’agent qui a eu accès à ses informations ? Demande Chad d’une voix hésitante.

- Ta mère, déclare James après un instant de réflexion. Fiona Ferjones, quelques jours avant…
Même s’il n’avait pas assisté au drame qui s’était déroulé au manoir, James sait pertinemment que ce sujet est délicat. Bien que ça n’atténue pas la douleur, Chad lui est surement reconnaissant de ne pas achever sa phrase.

Combien de ceux qui m’ont aidé, de près ou de loin, seront encore là lorsque tout ça sera terminé ?

Je regarde l’horloge numérique posée sur le bureau de James reprendre sa course à son point de départ. Une journée s’est achevée. Une autre recommence. Le cycle est immuable. C’est peut-être bien le seul qui nous offre une certitude. Le jour succède à la nuit. Et inversement.

Quand nous repartons, Chad propose que nous allions à son appartement. Changer de cadre, au moins pour la nuit, nous fera du bien.

Sur le trajet, je rumine de sombres pensées, dressant le bilan de ce que j’avais ou non fait. On ne peut pas se contenter d’essayer de nous défendre et d’avancer vers la vérité quand nos ennemis ont le dos tourné puis faire disparaitre les preuves de nos échecs ! Il faut attaquer les premiers. Les débusquer. Peu importe la raison de tout ça, c’est légitime. Et c’est un combat qu’on aurait dû mener de front depuis bien longtemps.

En entrant dans l’immeuble, je me rends compte que j’étais allé dans l’appartement de Chad que quelques rares fois. Malgré les circonstances, je souris à un de nos souvenirs forts. Notre première nuit. Nous nous étions disputés, nous avions ressenti la trahison et la déception puis nos sentiments avaient éclos. La passion et le désir nous avaient occupés des heures dans la conquête et la découverte de l’autre.

Je suis attaché à mon appartement car Chad m’a aidé à reprendre la décoration des lieux mais après ce qui vient de s’y produire, une autre possibilité se profile. En redécouvrant l’espace, je saisis que derrière nos agaceries sur l’endroit où nous vivons actuellement se cache un « sacrifice » de la part de celui qui partage ma vie.

Bien que le logement soit inhabité, Chad récupère de quoi nous préparer un café.

Je tourne en rond et finit par m’arrêter, droit bien qu’abattu, devant la grande baie qui donne sur la ville illuminée. L’immeuble a plus de standing que celui dans lequel j’ai emménagé en arrivant à Beacon Hills.

- Je sais que nous avons vécu des choses terribles et douloureuses mais, j’en ai marre de me laisser porter par les évènements, d’être balloté par le destin que l’on dit immuable, dis-je lorsqu’il s’approche doucement de moi.

Chad comprend que mon énervement provient également d’une vérité qui me meurtrit et dont Robin a voulu me faire part dans ses dernières paroles. Quand il me pose la question, j’ose à peine formuler la réponse.

- C’est à cause de moi que mes parents sont morts, fustige avec peine. Et mon père…mon père m’a dit ou fait quelque chose dont je n’arrive pas à me souvenir. J’étais enfant mais je crois que je l’ai aidé à cacher une de ses découvertes.

Les paroles de Chad se veulent rassurantes. Mais comment ne pas me sentir coupable. Mon désir de venger leur mort était brûlant. À présent, il se consume encore plus férocement dans la honte et le chagrin.

- Mon père était en contact avec le tien et un troisième homme. Je crois…je sais que le Baron ne peut être que lui. Il a su gagner leur confiance je ne sais comment, et leur combat s’est retourné contre eux. Ton père a été tué par son propre frère et mon père a été trahit par cet allié.

Je sais qu’il n’oublie rien de ce que nous avons pu apprendre sur nos parents respectifs. Si les miens avaient littéralement explosé bien des années auparavant, Chad a vécu, plus récemment, une remise en question de ce qu’il croyait être sa famille.

- Ils méritent d’être vengés, déclare-je. En leur nom et en celui de toutes les personnes qui ont souffert.

À cet instant, je ne savais pas combien ma propre colère pouvait nourrir celle de Chad. Dans une toute autre mesure, notre agacement exacerbé et nos douleurs s’enracinent en nous au risque de nous orienter dans de sombres directions.

Les choses ont changées et changeront encore.

Je ne suis plus assigné à domicile et le bracelet m’a été retiré.

C’est en homme libre que j’assisterai au mariage de Ruby. Et c’est en homme libre que je poursuivrai mon objectif et vengerai mes parents. Je recouvrirai la mémoire et lèverai le mystère qui plane sur mon passé et mon avenir.

Je suis bien décidé à donner ce grand coup de pied dans la fourmilière comme je me l’étais promis. Les ramifications de ce qui compose ma quête sont bien plus étendues mais mon intention est la même. Intacte. Renforcée.

Si l’espoir est un remède d’amour, la colère est force de mouvement.


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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: L'espoir est un remède d'amour (Mick & Chad)   Ven 26 Aoû - 17:41



Snowball

Je ne sais pas où je trouve la force de garder mon calme. Le corps Mick me renvoie toute sa détresse. Si je suis celui qui occupe la place dans son cœur, Robin y a tenu par le passé un rôle. Le corps sans vie que j’ai entouré d’un drap a été serré par Mick. Des images inappropriées dans un tel moment m’assaillent. J’éprouve le sentiment égoïste de ne pas avoir été le premier et son unique amour. Mais de la même manière que j’ai accepté son passé, sa participation au manoir, je dois admettre que son intermède avec Robin a participé à construire l’homme qu’il est maintenant. Je me raisonne, mais la morsure de la jalousie fait mal.

- Que dit James ? Demandé-je à Mick.

Il ne me répond pas tout de suite et se dirige vers la cuisine. Je ne comprends pas tout de suite son intention, puis la lumière se fait quand il prend le détergent et l’éponge. Je veux lui épargner cela ! Pour qu’il ait le temps de se ressaisir avant la venue de la police.

- Loulou, tu n’es pas obligé de faire ça, dis-je.

- Je vais m’en occuper, me répond-il d’une voix atone.

Puis il m’explique ce que vient de lui apprendre James.  Un pan de ciel bleu semble émerger dans la tempête à laquelle nous faisons face. Cependant, le corollaire est l’attachement de Robin envers Mick. Un attachement suffisamment fort pour qu’il lui donne sa vie. Si j’avais une chance contre le souvenir de leur liaison, comment puis-je rivaliser avec sa mort ? Avec ma jalousie, je deviens possessif. J’ai peur de décevoir Mick, de le lasser. Mais il faut que je stoppe mes atermoiements. Je propose à Mick de cacher Robin dans la salle de bain pendant que les flics seront là. L’idée lui semble bonne. Nous convenons que je feindrais d’utiliser la douche pour les éviter d’entrer.

Ma tâche accomplie je rejoins Mick qui rince une éponge plein du sang de son ami dans l’évier. Il tremble. Je sens sa détresse et sa colère. Ces deux sentiments trouvent écho dans mon cœur. Me collant dans son dos, je l’entoure de bras et frotte mon nez dans ses cheveux. Les mots sont vains et inutiles pour soulager sa douleur.

***

Je me suis dessapé au cas où et écoute ce qu’il se dit dans le salon. Je me suis mouillé vite fait. Ce moment a été terrible avec le corps de Robin emmailloté à côté de moi. J’ai mis le chantier dans la salle de bain, et laissé couler sciemment de l’eau sur le sol, le rendant glissant. C’est en bas de jogging et torse nu que je rejoints le salon, m’ébrouant les cheveux avec une serviette. J’ai laissé la porte de la salle de bain légèrement entre ouvert. Juste ce qu’il faut pour voir de désordre. Je joue au petit ami contrarié de voir son homme embarqué par le FBI alors qu’il semble être innocenté. J’admire Mick qui arrive à donner le change. Quand la porte se referme sur eux, je vais ranger le désordre que j’ai mis. Par acquis de conscience je fouille le corps de Robin, mais ne trouve rien sinon son portefeuille avec ses papiers.

La nuit est tombée, l’interrogatoire de Mick dure. Je décide qu’il est préférable de ne pas garder Robin dans son appartement. J’enroule son corps dans le tapis qui orne le salon. Il est neuf, mais je n’ai rien d’autre pour camoufler Robin. Mes sens de loup sont bien pratiques pour trouver un timing pour descendre et mettre mon chargement macabre dans le coffre de la Maserati.

C’est le cœur lourd que je fais le trajet que j’ai fait avec Mick cette fameuse après-midi où il m’avait annoncé avoir trouvé le terrain, notre terrain. Je pose Robin dans un fourré puis file en courant vers le manoir où je sais pouvoir trouver une pelle.

***

Mick m’a appelé qu’il allait bientôt être relâché. Je vais le chercher à la sortie du poste de police. Quand il sort, je scrute son visage. Du regard il m’annonce sa nouvelle liberté. Merci Robin… Je le serre contre moi et l’embrasse. Je garde pour moi le charivari d’émotion que cette journée m’a apporté pour lui servir de soutient. Une fois dans la voiture, je lui dis que j’ai enterré Robin sur notre terrain. Et que plus tard, nous lui feront une sépulture honorable. Mick apprécie mon geste. J’ai choisi la bonne solution, garder mon rival près de moi et non pas de le faire disparaitre. Mick est déjà privé d’une réelle sépulture pour ses parents, il est important pour lui de pouvoir commémorer le geste de son ami sur sa tombe.

***

James nous explique en détail ce qu’il s’est passé. Je comprends mieux le lien qui unissait Mick et Robin. Ils étaient partenaires avant d’être amants.

- Aux yeux du FBI, Robin a pris la fuite, conclut Mick. Et je suis acquitté sans procès. Ils n’ont plus rien contre moi. L’arme du crime a été retrouvée à l’endroit qu’il avait indiqué et ses aveux ont fait de lui une nouvelle cible.

S’ensuit une discussion avec James pour comprendre comment la vidéo qui accusait Mick n’est plus tenue en compte. James dit qu’un agent du FBI a accédé à ce fichier et que depuis il est difficile de reconnaitre Mick.

- Qui est l’agent qui a eu accès à ses informations ? Demandé-je.

- Ta mère, déclare James après un instant de réflexion. Fiona Ferjones, quelques jours avant…

- …

C’est douloureux mais chaud à la fois. Celle que je connais si peu a protégé Mick pour me protéger moi. C’est émus que nous quittons James. La nuit est bien entamée. Mick est d’accord pour que nous allions chez moi. Je suis content d’entrer dans mon appartement avec lui. J’y passe de temps en temps pour tourner un peu dans ma garde-robe ou récupérer des manuels d’architecture. Je suis plus ou moins en camping chez Mick car il n’y a pas assez de place pour que j’y déménage complétement. Je ne sais pas ce qui nous a conduits à ce que ce soit moi qui aille chez lui et non l’inverse. Peut-être la position de l’escalier de secours. Il est plus difficile de sortir discrètement de mon immeuble, l’entrée et la sortie des garages étant sur le même côté. Puis Mick avait choisi son appartement en pensant y vivre seul. Un architecte ça tient de la place… Je lui fais un café alors qu’il tourne comme un fauve pour finir par se planter devant la baie vitrée.

- Je sais que nous avons vécu des choses terribles et douloureuses mais, j’en ai marre de me laisser porter par les évènements, d’être balloté par le destin que l’on dit immuable, murmure Mick.

- Je comprends, dis-je.

C’est bien ce raisonnement qui m’a conduit à l’entreprise d’envergure dans laquelle je me lance. Ne plus devoir subir le vent qui nous pousse à sa guise.

- Tu as compris le sens caché derrière les derniers mots de Robin ?

- C’est à cause de moi que mes parents sont morts, fustige avec peine. Et mon père…mon père m’a dit ou fait quelque chose dont je n’arrive pas à me souvenir. J’étais enfant mais je crois que je l’ai aidé à cacher une de ses découvertes.

- Nous… nous ne sommes pas responsable de la mort de nos parents.

Je repense à ma mère qui s’est pris cette flèche car elle visitait le manoir en compagnie de la meute. Mais comme le père de Mick, elle était consciente du danger de côtoyer des êtres surnaturels.

- Mon père était en contact avec le tien et un troisième homme. Je crois…je sais que le Baron ne peut être que lui. Il a su gagner leur confiance je ne sais comment, et leur combat s’est retourné contre eux. Ton père a été tué par son propre frère et mon père a été trahit par cet allié.

- Nous sommes liés depuis notre naissance Mick, dis-je tendrement.

- Ils méritent d’être vengés. En leur nom et en celui de toutes les personnes qui ont souffert.

- Il faut aussi que cela ne puisse plus se reproduire, répondis-je.

Je ne lui parle pas de mon idée d’éradiquer tous les chasseurs, même ceux qui ne sont pas en lien avec nous… pas encore ! Je veux tuer la poule dans l’œuf. Éradiquer la menace avant qu’elle ne naisse. Cependant ce projet a un synonyme que j’ai du mal à assumer : c’est un génocide.

Dans quelques jours nous assisterons au joyeux événement du mariage de Ruby. J’entraine Mick dans la chambre. Nous n’avons pas la tête aux légèretés. Nous nous endormons serrés l’un contre l’autre, nous protégeant mutuellement des cauchemars qui guettent dans un coin de notre cervelle.



© Fiche & montage by Mafdet Mahes, Dessin by Mokolat


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L'espoir est un remède d'amour (Mick & Chad)
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