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 Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature

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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Mar 17 Nov - 15:59



Il était une fois l’amérique


Feat : Jansen Avery


Je passe mes derniers instants dans cette ville que je connais par cœur. Los Angels, la ville des anges. Je ne peux nier que cela me chagrine de laisser ma ville natale et de partir. Mais c’est cela ou dans le meilleur des cas… une balle dans le dos. Le vent a tourné, et je suis bien contraint de plier pour ne pas casser. Je suis banni de la ville pour les dix prochaines années. C’est long, mais je suis encore jeune. Je reviendrai, c’est une simple question d’honneur. La Famille… Je n’en suis pas exclu, ils me demandent juste de me faire oublier pour calmer les susceptibilités. Toutefois, je sais que seule mon extrême prudence à engranger quelques solides leviers menaçants, me permet de ne pas finir six pieds sous terre. Car si on aime bien dans le milieu de la pègre, on châtie aussi avec la même ferveur.

J’ai réglé les derniers détails. Dispatché mes activités, récupéré l’argent qui en découle, et construit un réseau de veille active. Bon, pour être honnête, je suis contraint de lâcher quatre-vingt pour cent de mon business local. C’est frustrant et je tue mon agacement par une surdose de cigarettes. Seulement, ma fierté égratignée vaut bien le prix de ma vie.

Une semaine que j’ai reçu le listing du personnel de l’établissement que je viens de m’acheter à Plouc Hills dans la plus légale des transactions. C’est le B A BA du métier. Toujours commencer par s’implanter avec une affaire irréprochable. Beacon Hills n’est qu’à un grand jet de cailloux de LA… Don Stephano m’avait donné trois mois pour disparaitre. C’est un immense privilège que j’ai apprécié à sa juste valeur, lui cédant une bonne moitié de mes propres affaires à un prix défiant toute concurrence… Il faut savoir faire amande honorable. Faire du fric, c’est mon métier. Je sais que j’arriverai à me refaire sans mal. J’ai juste un pincement au cœur de quitter LA et sa communauté italienne, les quartiers de mon enfance…

(…)

Je repose le listing. Le personnel comprend deux barmans, deux serveurs et deux danseurs. Trois femmes et trois hommes. J’ai leur nom, leur adresse et leur évolution de carrière, si on peut appeler ça ainsi. Grace à quelques appels passés à droite et à gauche, j’ai aussi une idée de leurs soucis personnels. Le patron actuel a eu la très riche idée d’informatiser son système d’encaissement. Ce qui avant était englouti dans la masse, apparait maintenant de manière limpide, si tenté qu’on sache faire parler une base de données. Un des employés tape dans la caisse et j’ai ma petite idée sur qui est cette personne. Les salaires ne sont pas mirobolants, mais les postes ne sont pas non plus des jobs qui demandent de grandes études. Un entretien avec chacune de ses personnes s’impose. Je dois savoir à qui j’ai affaire.

Je conçois mon entreprise comme une famille. Je protège ceux qui bossent pour moi, en retour je demande une loyauté sans faille. Il est évident qu’un employé frustré trahira plus facilement. Tout est question de dosage entre prise en considération de leur personne et fermeté. De prime abord, je vais me faire apprécier d’eux, puis ensuite s’épurerais à ma manière.

- Di cosa si tratta?

Mon téléphone peine à tenir sa batterie dans la journée tant il passe son temps à sonner. Encore un intermédiaire qui m’appelle à la rescousse. J’ai envie de l’envoyer balader, mais si je souhaite conserver cette ascendance…

- Augusto può risolvere il problema.

Je raccroche et réponds à un mail du garde meuble qui va stocker mes affaires le temps que je trouve un logement décent. En attendant, j’occuperai l’appartement qui se trouve au-dessus du Pink Print. D’après les plans de l’établissement, c’est un trois pièces pas très fameux. Je devrais m’en contenter. J’étudie la possibilité d’agrandir le bar, mais pour l’instant la configuration des lieux ne me permet pas d’élargir mon champ d’action et d’activités comme une salle de jeu… ou autre.

« Se avete bisogno di qualcosa, mi chiami. » C’est ce que m’avait dit Don Stephano à notre dernière rencontre. J’avais fait les courbettes usuelles et avait quitté le bureau de celui qui m’avait sorti de la plus grande panade de ma vie, lorsque je m’étais fait mordre par un loup garou. Je ne lui en voulais pas de cet exil forcé. Normalement ma sanction aurait dû être la mort…

(…)

Le paysage désertique borde les deux côtés de la route qui m’éloigne de LA. Coup de blues passager, mais je me ressaisis. Je ne suis pas du genre à me laisser abattre. Sur les sièges arrière de ma sportive, deux valises rassemblent mes affaires indispensables. Le reste suivra plus tard. C’est donc avec une vraie curiosité que je dépasse le panneau annonçant Beacon Hills. J’ai bien l’intention de redémarrer mon business, puis je ne pars pas de zéro avec ce bar gay. L’affaire est saine et rentable. Bien entendu, je vais lui donner ma touche personnelle, commencer par asseoir une certaine autorité et petit à petit m’étendre sur le business de la ville. Tout est à faire. Mon réseau d’informateurs m’a dressé le tableau des caïds locaux, rien de bien inquiétant. Je vais commencer par baisser l’échine pour mieux les prendre en traitre. Le seul bémol est la concentration de chasseurs. Beacon Hills semble être le fief d’une famille légendaire de ces empêcheurs de mordre en rond. Mais il semblerait qu’elle soit sur le déclin. Côté lycans, j’ai dénombré trois meutes. Je tiens à mon statut d’oméga. La puissance que je gagnerais à m’associer à une meute est alléchante… mais seulement si j’en suis l’alpha. J’évite de me frotter à mes congénères, tant que ceux-ci me laissent en paix.

(…)

Cela fait deux heures que je discute avec celui qui devient l’ancien propriétaire des lieux. Il n’y avait pas grand monde à mon arrivée. Le personnel se limitant, à l’ouverture, à un barman et une serveuse. Le type en face de moi est agité. Il n’est de toute évidence, pas ravi de perdre son affaire pour de stupides dettes de jeux.

- Vous êtes de mèche avec ceux qui m’ont piégé à cette partie de poker ?!
- Je ne vois absolument pas de quoi vous parlez.
- Vous arrivez à point nommé pour reprendre le bar… je n’avais même pas dit que je vendais !
- J’ai simplement un bon réseau d’informateurs… Cela ne signifie pas que je suis à l’origine de vos… difficulté
s.

Il est évident que si j’avais eu affaire à un lycan, je n’aurais pas exposé le problème ainsi… mes battements de cœur m’auraient trahi. Par contre cet homme est en colère. Toutefois ce n’est pas le premier, ni le dernier à avoir des griefs contre moi. Si on ne souhaite pas avoir d’ennemi, on ne se lance pas dans le genre d’activité, ni de milieu que j’affectionne. J’ai pourtant fait profil bas en écrasant ma cigarette à peine allumée quand il m’a sèchement montré le panneau d’interdiction de fumer qui trône sur son bureau. Je calme ma patience sur autre que je triture en attendant que midi sonne. Là les rôles s’inverseront, je serais officiellement le patron de cette boite. Je pourrai enfumer mon bureau à ma guise.

(…)

Enfin ! Le passage de relais est fait. L’ancien patron s’en va non sans saluer les deux employés présents. Le reste devrait arriver dans l’après-midi. Les heures d’affluence sont plutôt concentrées en soirée. Ma première initiative est de changer les mots de passe de tout ce qui est important que ce soit sur les comptes, ou digicode de la porte de derrière. Cette petite prise en main faite, je passe en salle. Je souris et vais me présenter à ce qui semble être des clients habitués du bar. Je joue mon rôle, charme et courtise de manière légère dames ou messieurs suivant le cas.

- Che altro?

Et ce téléphone qui n’en finit pas de sonner. S’ils ont tant besoin de moi à LA, il ne fallait pas me bannir ! Je ne crains pas de parler ouvertement « des affaires », peu de gens comprennent le sicilien, même les romains ne nous comprennent pas. Et si d’aventure quelqu’un venait à saisir le sens de mes mots, il n’y a que deux options. Soit il fait partie de la Famille, soit il a appris à se mêler de ce qui le regarde…

- Chiedere Giovanni!

Je me suis installé à une table qui me semble stratégique. Je pense que je vais me l’attribuer. De là, j’ai un œil sur le bar, ainsi que les podiums de danse. Je n’ai pas l’intention de rester claquemuré dans mon bureau, hormis pour fumer en paix. Tout en jouant avec une cigarette éteinte, je prépare un questionnaire qui va me servir aux entretiens que je prévois de faire à la fermeture. Je veux cerner rapidement les gens qui bossent pour moi. Savoir à qui je peux faire confiance ou non. Quels sont les maillons faibles et les points forts de chacun. Je n’y tiens plus et vais m’en griller une dehors. Je crois que le trottoir devant le Pink Print n’a pas fini de voir mes semelles. Le milieu d’après-midi arrive avec le reste des employés. Je suis toujours sur le trottoir à m’enfumer les poumons quand un gars et une fille se tapent la bise devant le bar. Aux prénoms qu’ils prononcent j’en déduis qu’il s’agit des deux danseurs, qui officient également comme serveur quand ce n’est pas encore l’heure du spectacle.

Sans m’en cacher, je les détaille des pieds à la tête. La fille est de taille moyenne, mais a un corps bien proportionné. On sent dans sa gestuelle la souplesse de la danseuse. Le gars est une pure merveille pour les yeux. D’ailleurs, il sent mon regard insistant et finit par tourner la tête dans ma direction. Je lui offre mon plus beau sourire et un regard plus qu’admirateur. Confus, il semble se troubler et entre dans le bar avec sa collègue qui elle, m’a rendu mon sourire. D’une chiquenaude, j’envoie mon mégot sur la chaussée et les suis à l’intérieur de l’établissement.

- Bonjour ! Laissez-moi me présenter. Alessandro Amaro. Je suis le nouveau patron du Pink Print.

Je saisis la main que me tend la danseuse et à sa surprise, la retourne pour poser mes lèvres à la naissance de son poignet.

- Tu sei bella mio caro.

Elle ne comprend pas l’italien, mais a parfaitement compris le sens de ma flatterie. Prise au dépourvue, elle rougit de manière charmante. L’italien est la plus belle des langues pour séduire. Je plante ensuite mon regard dans celui du danseur. Il a des yeux magnifiques. La question n’est pas de savoir s’il va finir dans mon lit, mais plutôt quand cela se fera. Je le veux !

Je romps le moment de gêne en les prévenant qu’en fin de service, je verrais tout le monde de manière individuelle, puis retourne à ma table pour continuer à travailler. Seulement mes yeux ne peuvent s’empêcher de s’attarder sur le corps de Jansen. Il est un appel à la luxure.

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Dernière édition par Alessandro Amaro le Dim 29 Nov - 22:16, édité 1 fois
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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Mar 17 Nov - 20:01





Nouveau patron, nouvelles galères ?


Jansen avait passé une bonne après-midi, surtout qu’elle s’était terminée avec une séance très profitable, à la salle de muscu, pour lui comme pour Brian. Cette proximité avec lui lui faisait le plus grand bien. Surtout à présent qu’ils avaient partagés tous les deux leur secret le plus important : leur nature non humaine. Jansen avait d’ailleurs signifié à Brian qu’en fait, il le trouvait bien plus humain que bon nombre de gens « normaux » et ce dernier lui avait retourné le compliment. Il s’enivrait de sa présence, et en même temps, il se faisait une raison. Brian était amoureux, et pas de lui. Mais il avait gagné deux amis, lui et Jordan, et il faisait maintenant partie de la troll patrol.  Un éclat de rire s’échappant du jeune danseur fit se retourner une vieille dame et son petit-fils sur lui. Il leur fit un clin d’œil, rien ne pourrait entacher une si belle journée. La veille dame lui rendit son sourire, en lui précisant que ça faisait drôlement du bien de voir un jeune qui fasse pas la tronche… Son petit-fils évidemment fit la tronche en entendant ça, ce qui déclencha le rire aux tons chauds de Jansen.

Évidemment, ce soir il allait devoir gagner son salaire, son maigre salaire, comme beaucoup d’autres soirs. Et Brian le regardait toujours avec une certaine tristesse quand Jansen tentait de plaisanter sur le fait que la séance de muscu le rendait encore plus désirable pour les habitués comme les nouveaux clients… Mais sur ce sujet, Brian semblait beaucoup moins affecté qu’avant. Sa proximité de plus en plus évidente avec Jordan lui faisait beaucoup de bien. Rien que pour ça, Jansen ne pouvait pas être jaloux de l’adjoint. En fait il le remerciait. Toute personne avec un cœur assez bon pour donner un peu de réconfort, d’assurance et de joie à Brian valait qu’on se batte pour elle. Sans le savoir, donc, Jordan avait maintenant l’aide inconditionnelle de Jansen. A la salle, ils avaient discutés avec Brian. Ce dernier était furax, car Jordan s’était enfermé dans une cellule de son propre chef. Le jeune Drus n’eut pas d’autre explication et n’en chercha pas, ne voulant pas être indiscret. Mais cela le perturba néanmoins.

Arrivé chez lui, il prit le temps de chercher ses affaires pour son numéro du soir. Toutes les deux semaines, au lieu de l’effeuillage habituel, Jansen et ses collègues devaient faire un numéro particulier. Il y en avait pour tous les goûts. Pompier, garagiste, footballeur, et même des trucs complètement farfelus que des clients avaient spécialement commandé pour une soirée d’enterrement de vie de garçon ou de fille... Il s’était donc retrouvé à l’occasion en « mickey soirée mousse » ou encore en Moby d.. Ouais, vous voyez le genre… Mais ce soir, rien de tout ça. Il avait deux numéros à faire, et il rangeât avec un mélange de dégoût et d’amusement les accessoires. Si Brian ou Jordan savaient, ils riraient surement beaucoup…

Finalement, un sac chargé sur les épaules, il arriva devant le Pink Print, bien entendu plutôt calme à cette heure-ci. Il eut la bonne surprise d’y trouver Anna, qui arrivait en même temps. Il l’aimait bien, Anna. Elle faisait sa vie, et les regards glissaient sur elle comme la pluie sur de l’aloé vera. Il l’enviait pour ça. Et elle n’était pas mauvaise danseuse. Elle aurait pu sans doute persévérer dans ce domaine. Il lui avait touché deux mots de sa propre envie de devenir danseur professionnel, et elle ne s’était pas moqué, au contraire. Elle lui avait dit qu’il était doué, et qu’il gâchait son talent ici. Ça s’était terminé en soirée confidences, avec option lacrymale. Un jeune homme plutôt séduisant se trouvait devant l’entrée, fumant pour cacher un regard insistant qui visiblement visait Anna. Quand les deux danseurs se retournèrent vers lui, il fit un sourire totalement désarmant à Jansen, et se dernier en fut très troublé. Bon.. ok.. Très séduisant… C’est encore un peu perturbé que Jansen entra, ouvrant la porte pour Anna. Le type ne tarda pas à les suivre, et se présenta.

- Bonjour ! Laissez-moi me présenter. Alessandro Amaro. Je suis le nouveau patron du Pink Print.

Quoi ? Mais comment cela était-il arrivé ? Bien sûr, leur patron.. Ex patron n’avait pas l’air vraiment dans son assiette ces dernier temps. Lui était-il arrivé malheur ? Tout se passait très vite dans la tête de Jansen. Ces escapades, toujours passées sans problème avec son ancien patron risquaient de vite devenir un problème avec le nouveau… Il allait être obligé d’utiliser le Glamour pour couvrir les folies que lui faisaient prendre son double, mais il n’aimait pas ça. Le jeune homme à l’accent italien fit un numéro de charme à Anna, que Jansen trouva… charmant.
Pour le coup, se concentrant sur cette voix suave et chantante, Jansen en oublia de rester couleur locale, et son propre accent français, qui faisait d’ailleurs craquer son ancien patron, ressortis avec flamboyance.
-J.. Jansen. Avery…

Le regard de braise et de désir que lui lance Alessandro trouble Jansen au plus haut point, et une part de lui se révulse à cette idée… Et il fallait que ça tombe ce soir ! Son numéro était plus osé que d’habitude, mais il était commandé à l’avance, aucun moyen de s’y soustraire. Rouge de colère et de honte, Jansen se dirige vers les vestiaires, se demandant quoi faire. Ce regard… Presque un regard de prédateur… Il se sentait déjà sale. Et en même temps, sa voix était si douce, si chantante…

Et en plus Alessandro voulait les voir en fin de service. Oh nom de la Sylve, pourquoi ?! Ce nouveau patron allait le perturber au plus haut point, il le sentait déjà !

Il commença son service normalement, apportant les boissons, et bien entendu Alessandro lui fit signe très souvent. Son sourire était presque carnassier, quand Jansen s’approchait, et la façon dont il s’humidifiait les lèvres en disait long sur ce que Jansen lui inspirait. Mais ce dernier fit son travail de façon professionnelle, en lui souriant, sans trop en rajouter, comme avec n’importe quel client. Au moins l’italien eut la décence de faire virer un gros lourd qui commençait à devenir tactile avec Jansen, au grand dégout de ce dernier. Un jour ou l’autre, il enfoncerait leurs sales mains dans leur gosier… ou ailleurs….

Puis vint le moment de son premier numéro. Il était assez simple. Les lumières tamisés se firent intimistes et la bande son fit rapidement penser à un match de baseball. Au moment où les présentateurs et la foule en délire confirmèrent un « home run », Les lumières s’allumèrent, comme un conne venant d’un projecteur de stade, sur un Jansen habillé en tenue de baseball très moulante. Tout en dansant, très souple, le jeune Drus s’effeuillait, transpirant, sous les regards et les commentaires approbateurs des clients, et notamment d’un groupe de jeunes filles étant venue fêter un enterrement de vie de jeune fille. Il se retrouva rapidement avec comme seul habit un jockstrap de protection, un gant de baseball, et une batte. Un complice dans les coulices lança une balle, qu’il prit avec souplesse et précision, en vol, avec sa batte, cassant un verre sur le plateau de la future mariée, l’aspergeant d’alcool. C’était bien sur prévu, et Jansen se rapprocha pour éponger de façon très sensuelle la jeune fille, qui était très frustrée de ne pas pouvoir le toucher. Son corps ondulant devant elle, Jansen regarda Alessandro en coin, et fut à la fois inquiet et ravis de voir l’effet qu’il lui faisait. Finalement, il retourna sur scène, et une nouvelle balle fut lancée. Il la cueillit comme la première, avec rapidité, précision et souplesse, et son mouvement lui permit de faire sauter la pression sur son jockstrap. Se retournant, les cris hystériques des filles un peu alcoolisées se muant en rire alors que Jansen faisait une mimique comique, rattrapant une dernière balle, puis cachant son anatomie intime avec le gant et la balle. Tout était répété minutieusement pour ne rien révélé de trop essentiel, tout en laissant tout à la suggestion. Avec un sourire allumeur, il laissa tomber le gant pil au moment ou le projecteur s’éteignait, frustrant de nouveau son auditoire.


Son deuxième numéro eut un franc succès également, bien que plus classique. Jansen ne résista pas au plaisir de faire un selfie alors qu’il se défeuillait petit à petit dans son rôle de policier. Son déhanché et sa chorégraphie était ce coup-ci destiné à un fils à papa visiblement plein aux as, qui se rinça l’œil avec complaisance. On sentait tout le mépris, en même temps que le désir, qu’il avait pour Jansen. Il devait le prendre pour un minable, mais le désirait visiblement. Un jour ou l’autre…


Jansen était exténué, même si ce ne serait pas longtemps, quand il arriva pour se présenter à son entretien, une boule au ventre… Et s’il perdait son job ? Il trouva la force de sourire en pensant aux sms qu’il avait envoyé à Jordan et Brian, dans sa tenue de policier pas très conventionnelle … Rien ne pouvait entacher cette journée, cette nuit…





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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Ven 20 Nov - 15:47



Il était une fois l’Amérique


Feat : Jansen Avery


J’ai laisse les deux danseurs aller se changer dans les vestiaires. Ils attaquent leur service comme serveurs. Je retourne à ma table et me replonge dans la comptabilité. Rapidement, une cigarette éclot au bout de mes doigts et entre dans une danse frénétique entre mes phalanges. Heureusement que le goudron et la nicotine n’ont aucun effet sur moi, mise à part l’addiction totale, car je serais mort d’un cancer des poumons depuis bien longtemps. Je fume et je bois sans en récolter l’ivresse ou le plaisir. La cigarette est mon anti dépresseur et l’alcool… disons que j’aime bien le gout en bouche qui explose mes papilles. Les clients affluent. De temps à autre je me lève et vais me présenter aux habitués. Je suis à l’aise dans le milieu des bars et des scènes de spectacle. Je n’ai donc pas de mal à faire passer ce changement de propriétaire et intéresser les gens sur ce que je pense changer ou améliorer. Je note les habitudes des anciens et les petits « arrangements » concédé par l’ancien patron. Il faut savoir être souple dans ce métier. J’entre sans forcer dans la peau du patron relaxe qui qui tient son affaire. Juste doigté entre courtoisie et fermeté.

J’ai rangé mes papiers dans mon bureau et surveille le service depuis ma table privée. Je fais signe à Jansen et lui commande un double scotch.

- Sans glaçon s’il te plait et avec une olive verte.

Le monde afflue encore. D’après  Sophie la barmaid, il y a toujours plus de monde quand Jansen danse. Ce qui n’est pas le cas chaque soir. Le bar doit avant tout en rester un. Je constate rapidement que les trois serveurs en poste peinent à satisfaire les commandes. Cela va donc s’empirer quand les deux danseurs vont s’éclipser pour les numéros. Pendant vingt minutes, le service des consommations va se reposer sur les épaules d’un seul serveur. Le quatrième étant de repos, car il assure le service le matin à l’ouverture. Je note dans un coin de ma cervelle qu’il faut réévaluer soit la manière de servir, les clients pourraient aller eux même chercher leur consommation, j’en vois quelques-uns le faire déjà, soit songer à embaucher. Ça pêche aussi par l’absence de vigile. Je remercie Jansen d’un sourire appréciateur quand il m’amène mon verre. Ce gars est vraiment désirable… Ce sont les barmans qui gèrent aussi la musique hors spectacle. Cela ralentit leur service. J’observe, je regarde et cherche les failles et les améliorations possibles.

A un moment, un client légèrement alcoolisé ennuie la serveuse de façon exagérée. Je me lève et vais calmer le type. Rien de bien méchant. Pour ce cas-là, inutile de passer en force. Quelques mots bien choisis, un sourire glacial et un accent italien un peu trainant suffisent à le calmer. Je fais un clin d’œil à la serveuse qui me le retourne, visiblement ravie que je me sois occupé de cet incident. Je souhaite que mon personnel sache que je suis là pour le préserver. « Boss » à mes yeux n’est pas simplement une étiquette ou un titre, mais bien un travail de management. Personne n’ennuiera mes gens… sauf moi évidemment.

La soirée avance, Jansen et Anna s’éclipsent. J’ai hâte de voir leur numéro. Je sais que Jansen a deux commandes particulières ce soir. Est-il aussi bon sur scène que plaisant à regarder ? Je m’installe confortablement pour savourer le spectacle, verre à la main et un pied négligemment posé sur la table basse devant moi. Les lumières changent et se concentrent sur la scène, plongeant le public dans l’ombre. Je n’ai pas voulu savoir le programme à l’avance pour être dans la même ignorance du public et apprécier la surprise. Jansen apparait, vêtu en tenue de baseball avec gant et batte comme accessoire. Ses déhanchés provoquent des cris hystériques d’une bande de jeune filles qui semblent être les commanditaires de ce numéro. J’apprécie le numéro de Jansen et scrute la réaction des spectateurs. Bientôt je fais comme eux et suis les mouvements lascifs de Jansen. Ses vêtements tombent rapidement révélant un ventre finement nervuré d’abdominaux bien entretenus. Un V plonge sous le jockstrap qui est la seule chose qui cache son intimité. Comme les spectateurs, je suis surpris par la balle qui fuse vers lui. Je salue l’adresse avec laquelle il la revoie, éclaboussant une future mariée. La suite de ses contorsions sensuelles devant la belle commence à me faire sentir un peu à l’étroit dans mon pantalon.

Nos regards se croisent, je ne cache pas le désir qu’il fait monter en moi. Je ne sais pas interpréter sa réaction. Il y a trop de bruits, trop de cœur qui battent, trop d’odeur… Mais ce qui est certain, c’est que j’ai envie de le prendre là, maintenant sur la scène. Je laisse mes pensées érotiques aller à leur guise, la cigarette que je triturais depuis le début de la soirée, frustré de ne pouvoir la fumer dans un lieu public, a trouvé à se ranger sur mon oreille. C’est un autre exutoire à mon impatience juste sous mes yeux qui calme mon besoin de fumer. Je devine sans mal la suite du numéro, le cache sexe qui tombe, le gant qui vient masquer à point nommé ce que tous rêvent de voir. Le sourire allumeur que Jansen lance avant de tout lâcher et que les lumières s’éteignent, me tire un grognement de frustration. Je me joins au public pour les applaudissements. Je n’ai strictement rien à redire sur son numéro. Il maitrise ses gestes et la coordination avec les accessoires. Pas dessus tout il ne laisse rien paraitre de ses sentiments. Combien de fois j’ai vu des danseurs au regard éteint ou froid.  Jansen est un vrai professionnel. Sa côte monte dans mon estime et pas seulement pour la bosse qu’il a su faire naitre à mon entrejambe.

Son deuxième numéro est plus classique. Le fantasme de l’uniforme de flic… Il n’y a bien que comme ça que j’apprécie de voir cet uniforme… Le commanditaire est un merdeux arrogant. Mais le client est roi, Jansen doit s’exécuter avec le même professionnalisme. Il pousse le vice à se prendre lui-même en photo. Un pied de nez au client ? Je ris de ce geste.

Retourné dans mon bureau pour préparer les entretiens, je revois les questions que je souhaite leur poser et imprime un plan de la ville. Mon questionnaire est simple et direct. Ce n’est pas tant leur réponse qui va m’intéresser, mais surtout les yoyos de leur rythme cardiaque.

Questionnaire :
1- Êtes-vous satisfait de votre travail au Pink Print ?
2- Habitez-vous loin ? Pointez le lieu sur la carte.
3- Envisagez-vous de changer de métier ?
4- Trouvez-vous votre salaire à la hauteur de votre travail effectué au Pink Print ?
5- Avez-vous une famille ? Conjoints ? Nombre d’enfants ?
6- Avez-vous des amis en dehors du bar ?
7- Êtes-vous intéressé par une couverture sociale entreprise ?
8- Avez- vous des difficultés personnelles ?
9- Avez-vous déjà volé quelque chose au Pink Print ?
10- Avez-vous des idées d’amélioration ?
11- Avez-vous une revendication quelconque ?
12- Avez-vous des problèmes avec la clientèle ? Parfois ? Souvent ?
13- Avez-vous le temps de faire votre travail, de manière à satisfaire nos clients ?
14- S’il je vous demandez de changer quelque chose dans ce bar ? Que diriez-vous ?


Pour leur permettre de partir pas trop tard alors qu’ils doivent ranger, je commence par la serveuse, puis les deux barmans, pour finir avec les danseurs. Honneur aux filles à chaque fois. Jessy la serveuse me confirme le manque de personnel sur ce poste surtout quand les danseurs s’éclipsent. Anna n’a pas dansé mais elle a assisté Jansen dans son numéro. C’est à ce moment-là qu’il ne faut pas rater les commandes, tout à leur excitation, les clients sont moins regardant sur la note finale. La serveuse a une fille en bas âge. C’est le papa qui la garde le soir. Je sens bien la lassitude dans sa voix. Jessy aime son travail ici et son salaire est indispensable, mais les horaires ne lui permettent pas de profiter de son enfant.

Je note les points à regarder au fur et à mesure de notre discussion. Si j’embauche une autre personne, il serait possible de la décaler un peu et lui éviter de faire systématiquement les fermetures tardives.

Sophie la barmaid est une fille dynamique. Il est presque deux heures du matin et elle pète encore le feu. Elle est franche sur mes questions, bien consciente que je ne vais pas lui doubler son salaire, mais tente de demander une augmentation. Comme avec la serveuse je lui donne un surligneur et lui demande de me pointer sur la carte que j’avais imprimé son lieu d’habitation.

Quand Jerry le barman arrive, tout dans son attitude sent la criante. L’homme n’est pas tranquille. Étonné par mon questionnaire, il se lâche sur ses prétentions salariales, son cœur fait une embardée à la question sur d’éventuels problèmes personnels et il frise la crise d’apoplexie sur la question des vols. Je le stoppe, je me moque de ses réponses suivantes et lui souffle une bouffée de fumée dans la figure.

- Je vais être clair Jerry. Pioche une seule fois dans la caisse et… c’est la porte manu militari.
- Mais je ne vole rien !
- Me prendre pour un imbécile, est la meilleure manière de m’encourager d’aller gratter du côté des ennuis que tu as, et qui semblent te pousser à ne pas être honnête avec ton employeur !
- Je…
- Pourquoi as-tu besoin de fric ?
- … Mon fils est tombé dans la drogue… je n’ai pas l’argent pour la cure de desintox… Il nous vole sa mère et moi pour ses doses… ne me renvoyez pas…
- Rompicoglioni ! Sors de là ! Demain revient avec les noms des dealers de ton fils ou ce que tu sais. Mais ne tape plus dans la caisse !


Jerry sort du bureau sans demander son reste. Mon père n’a jamais touché au trafic de drogue. Et c’est à cause de ça qu’il s’est fait serrer par les Fed. En sa mémoire, je me suis promis de ne jamais y tremper non plus. Je ne chercherais pas stopper le trafic de came qu’il peut y avoir à Beacon Hills, non pas par manque de moyen, mais par respect du business de chacun. Je n’ai pas de grandeur d’âme sur ce point, juste une promesse faite à titre posthume à mon défunt paternel.

Anna qui entre à la suite commence par s’inquiéter pour son collègue. Je devine qu’elle n’était pas dupe des agissements du barman. Je la rassure d’un geste et l’invite à s’asseoir. Elle répond à mes questions avec plus ou moins de réticences. Je n’en prends pas ombrage. Mes questions sont personnelles. Et on ne gagne pas forcément mon estime en répondant à toutes. Chacun a le droit d’avoir son jardin secret. C’est simplement leur façon de réagir que je note et ausculte. Je teste leur loyauté. Anna appréhende son boulot de manière sereine. Elle dit savoir couper sa vie professionnelle de sa vie personnelle. Elle se satisfait de son job et est curieuse de la touche novatrice que je pourrais apporter.

Quand Jansen arrive, il fait une moue dépréciative face à l’atmosphère enfumée de mon bureau. Le cendrier est témoin d’un carnage tabagique. Mon regard ne peut s’empêcher de le détailler. Ce que j’ai pu voir ce soir m’a mis en bouche… Je l’invite tout de même à s’asseoir et lui glisse sous les yeux ma feuille de question. Il prend le temps de toutes les lire avant de commencer à me répondre. L’homme est prudent et posé. A la première question, je comprends vite que ce job est purement alimentaire. Cela me contrarie, car dès qu’il trouvera mieux, il s’en ira. Et ça je le refuse ! Je ne peux pas stopper les regards concupiscents des clients, c’est le but même de ce job… Il faut que je lui trouve une raison de rester, mais laquelle ?

Renversé sur mon fauteuil, les pieds callés sur l’écriteau interdiction de fumer, je l’écoute répondre aux différentes questions. Je plisse les yeux sous les volutes de fumée de ma cigarette que je tiens entre le pouce et le majeur. J’écoute d’une oreille distraite. Je m’abreuve de son image, de sa voix masculine et de son odeur boisée. Anna nous interrompt un moment.

- Boss ? Nous avons fini de ranger, on peut y aller ?

Je regarde l’heure… trois heures du matin. J’acquiesce et la regarde qui part, non sans un geste de désolation pour Jansen qu’elle abandonne. Celui-ci fait bonne figure et lui souhaite un bon repos. J’entends la porte de derrière se fermer, nous sommes seuls. Jansen a répondu à toutes les questions. Son cœur l’a trahi sur certaines, non qu’il m’ait menti, mais plus que le sujet le renvoie à une détresse personnelle. Il se dégage de lui une fragilité mais aussi une force que je ne sais pas qualifier.

- Autre chose à ajouter avant que je te ramène chez toi ? Il est tard, j’y tiens.

Comme les autres, il a mis un point sur la carte, point rose pour les filles, bleu pour les garçons. Le personnel est amené à finir tard et l’idée de les raccompagner germe dans mon esprit si tenté que cela ne m’oblige pas à faire le tour de la ville chaque soir.

Pour être franc, je n’ai pas envie de le raccompagner, mais de me lever et de le plaquer contre le mur pour rassasier le feu qu’il a mis dans mes reins un peu plus tôt dans la soirée. Je sors une nouvelle cigarette, la triture un peu, puis la colle sur mon oreille. Il faut que je baisse ma consommation, l’air est irrespirable dans ce bureau…

Je me lève enfin et m’étire comme un chat, le comble pour un loup. Ma tenue est un peu négligée. J’ai largement ouvert ma chemise et les pans de celle-ci s’échappent de mon pantalon pas de manière uniforme. Je ne fais rien pour arranger l’image sinon de me gratter la barbe naissante.

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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Ven 20 Nov - 18:59





Nouveau patron, nouvelles galères ?


C’est le cœur battant la chamade que le jeune danseur était revenu aux vestiaires. Le regard navré d’Anna le réconfortait. Elle savait très bien ce qu’il ressentait, et le jeune merdeux amateur de flic légèrement vêtu était vraiment méprisant et hautain, mais surtout il voulait visiblement se taper Jansen vite fait bien fait dans les toilettes, sa voiture ou allez savoir quel autre endroit glauque. Juste après le numéro, il s’était précipité pour rattraper Jansen, mais ce dernier avait été plus rapide et l’avait évité. Il était donc retourné boire, c’est encore ce que faisait de mieux ce fils à papa. Parfois il avait presque envie de se retrouver dans la rue, comme avec ce connard qui avait tenté de le droguer, et leur mettre une bonne dérouillée, à tous ces mecs qui assumaient même pas leurs envies, et qui confondaient danseur et pute !

-le nouveau patron est genre… wahou ! sexy a mort, et.. Italien, t’as vu ? Il m’a dragué en italien. Il a dit que j’étais belle.

Jansen ria de bon cœur. Elle ne changerait jamais. Elle était jolie, et bonne danseuse, et elle avait beau faire comme si le regard des autres lui était égal, en vérité elle voulait être tout le temps rassurée.

-bien sûr qu’il a dit que tu étais belle, Anna ! Tu ES belle ! T’es pétillante, sexy, et ça c’est uniquement ce que voient les autres. Moi je sais que t’es belle ici aussi.

Le jeune Drus lui tapota gentiment le cœur, ce qui déclencha une petite larme sur le visage de la jeune danseuse.
-oh jansen… Ils ont cassé le moule après toi non ?

- tu ne crois pas si bien dire, ma chère…

- T’es tellement chou… viens par la toi, avant que je passe mon entretien, je veux tes bonnes vibes… Et me coller un peu à ton corps splendide.

Anna devait être une des rares personnes, femmes, surtout, dont le contact aussi intime ne faisait pas remonter tous ces mauvais souvenirs dans le cœur du jeune sylvain… Alors c’est sans aucune gêne qu’il se colla contre elle, et qu’ils entamèrent un petit slow, pour rassurer Anna.
-t’as rien à craindre. T’es indispensable ici.

-merci, toi aussi tu sais…

Alors qu’elle allait partir, elle se retourna, émue.

-Jansen ? T’es ma raison de continuer ici. Je veux dire.. Ça me plait, et je me fiche des vieux libidineux, mais… T’es tellement… Bon, j’y vais, le boss m’attend.. c’est à toi, après, fais toi beau..

Resté seul, Jansen rangea avec un petit sourire ses affaires. Utilisant des lingettes nettoyantes, car il n’y avait pas de douche ici, mais juste un lavabo, il se sentit un peu moins sale et transpirant. Il avait souvent entendu Anna s'extasier de son odeur musquée et boisée, qu'elle trouvait irresistible, et lui avait même demandé son parfum.. Si elle savait... Un jean propre et un t-shirt plus tard, il était prêt à affronter son nouveau patron. L’était-il ? Il ne savait pas trop quoi penser de son premier regard sur lui. Il était charmant, mais il s’en méfiait également.

Et s’il ne s’était pas trompé, il ne l’avait pas laissé indifférent. Était-ce bien ou pas bien ? Son sac prêt, il se présenta devant le bureau, et vit Anna sortir, pour lui laisser la place. Elle avait l’air satisfaite, et pas inquiète du tout, ce qui rassura Jansen.

En entrant dans le bureau, Jansen est immédiatement agressé par l’odeur de fumée, et de renfermé. Mais il n’avait pas son mot à dire à ce sujet, bien qu’ayant lorgné par réflexe sur le panneau « interdiction de fumer ». C’était pas lui le Boss, et puis de toutes façons sa nature le protégeait contre la toxicité des cigarettes…

Alors quand Alessandro lui fait signe de s’assoir, il le fait, sans broncher, mais intrigué, en voyant la feuille que son nouveau patron lui glisse sous le nez. Etudiant chaque question avant de répondre à une seule d’entre elle, Jansen se sent observé. Pour autant, ce n’est pas avec gêne qu’il lui répond, du moins au début.

-Mon travail ici.. C’est… Plus que j’espérais en arrivant dans cette ville, sans diplôme, sans bagages… Maintenant je vous mentirai si je vous disais que les commentaires et les tentatives libidineuses sur ma personne ne me mettent pas mal à l’aise. Mais quand je danse, je suis … Je suis comme ailleurs, tout ça n’a plus d’importance. Je me sens comme… Comme de l’électricité, comme loin de ces regards hautains et méprisants.

Le regardant dans les yeux, troublé, le jeune danseur poursuit, sans honte.

-j’aimerai être danseur, pas juste stripteaseur. J’aimerai faire partie d’un spectacle, voir des regards émerveillés parce que je danse, que je fais passer une émotion, pas parce qu’on a envie de .. ..de… Alors je tente d’économiser, pour me payer des cours de danse, intégrer une école avec de la réputation, je sais qu’il y en a deux non loin de Beacon hills, en voiture.. que je n’ai pas… Vous voyez le tableau….Je suis pas prêt de partir, si c'est le but de la question. Cela lui fit très mal au cœur de s'en rendre compte aussi simplement.

Il respira profondément avant de répondre au reste. Lui montrer ou il habitait ne lui posait pas de problème, et il lui avait déjà parlé de son envie de rester dans le spectacle, mais de ne plus être un simple stripteaseur.

-je me plains pas de l’argent que je gagne ici. Je fais un travail, je suis payé pour. On m’a donné ma chance alors que j’ai aucun diplôme, alors je vais pas commencer à pêter plus haut que mon cul.. Euh.. pardon, boss…

Ce dernier était plutôt amusé en fait, quand il lui fit signe de continuer. Un peu emballé, car c’était son premier véritable entretien, le précédent ayant été facilité par le Glamour, son accent ressorti de plus belle.

-je suis célibataire, et je n’ai plus personne dans ma vie. Ni père, ni mère, ni .. sœurs..

Oh, comme cela lui faisait mal de dire ça. Mais c’était la vérité. Il avait été séquestré, trahis. Seule la cinquième ronce l’aimait sincèrement. Son père lui manquait, mais il était loin, son père Arbre..
-je sais pas encore si j’ai des amis, mais j’aime bien Anna, et j’ai rencontré deux types qui ont l’air bien, et avec qui je fais du sport… On s’entend bien, l’avenir dira si on est amis ou non…et je crois que Dan me considère parfois un peu comme son fils..

Son nouveau patron semblait sincèrement touché de la franchise de Jansen et du fait qu’il était assez seul dans sa vie.

-je ne suis pas souvent malade. Presque jamais, en fait… Alors je crois que pour la couverture sociale, je peux me débrouiller sans.

Hors de question de remplir des questionnaires et subir des examens… Il répondit sincèrement aux autres questions, lui indiquant qu’il n’avait jamais rien volé.. Concernant ses ennuis et bien…
-j’ai.. été drogué une fois, par un connard.. pardon.. Un type qui voulait me violer. Je pense avoir réglé le problème, et il doit encore poser des glaçons sur ses couilles à l’heure qu’il est, si vous voulez mon avis… Pardon…

Impeccable ! Jurer comme un charretier à son entretien, bravo…

-Pour les lieux oui, j’aurai bien une idée, ça nous changerait la vie : une douche ! Se laver au lavabo, c’est sympa dans les camps de colo, mais la…

L’italien le regardait, paupières mi closes, et Jansen se livra un peu plus.

-j’aime bien mon travail, quand je danse, je suis heureux, je crois que les clients aussi… Mais quand je me dessape pour servir les boissons, je.. Les mains baladeuses c’est….
Un haussement d’épaule servit d’explication.

- Boss ? Nous avons fini de ranger, on peut y aller ?

Le jeune drus fit un clin d’œil à Anna, et lui souhaita une bonne nuit.

-changer un truc dans le bar ? A part la douche ? hmm oui… ça pourrait devenir un peu plus.. je sais pas.. arty ? La déco, si vous voulez mon avis, c’est trop passe partout, trop vu et revu.. Ça pourrait avoir plus de gueule si… pardon, ce n’est pas mon travail. C’est juste que j’aime les belles choses…

Et il en avait un bel exemplaire devant lui, qui s’étirait, révélant un corps très intéressant.
- Autre chose à ajouter avant que je te ramène chez toi ? Il est tard, j’y tiens.

-et bien.. Le patron d’avant n’avait pas pris cette peine.. Nous demander tout ça.. J’apprécie,… Je peux rentrer chez moi, ça me fait une bonne marche, mais il ne fait pas encore trop froid à cette époque.

Alessandro insista, et Jansen ne se fit pas prier longtemps. C’est donc un Jansen passablement intimidé qui suivit Alessandro vers sa voiture, et il ne trouvait pas si terrible cette odeur de cigarette, finalement. Surtout mélangée à l’odeur masculine qui se dégageait de son nouveau patron qui dégageait un magnétisme presque animal. Mais toujours, quelque chose le dérangeait. Comme une certaine violence retenue ou se faisait-il des idées ? Chez lui, il lui proposerait bien un double scotch avec olive verte, mais il ne voulait pas que ça se termine comme ce qu’impliquait souvent un dernier verre chez une personne raccompagnée… C’était son boss, point.



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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Dim 22 Nov - 15:17



Il était une fois
L'Amérique.


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- Catzata di merda ! J’ai laissé mon téléphone sur le bureau. Attend moi, je n’en ai pas pour longtemps.

Je rebrousse chemin. C’est que je m’y habitue à ce bijou technologique qui braille à toutes heures du jour et de la nuit. Je le retrouve enseveli sous des bordereaux de livraison. Sept messages en attente. Je regarde vite de qui cela provient, et décide que cela attendra bien demain matin, ou plus exactement dans quelques heures. Je recolle donc mon téléphone dans la poche de mon pantalon et ressors du bureau.


Je suis encore dans le hall près de la porte de sortie, quand j’entends le bruit d’une altercation. Les mots prononcés, la voix que je reconnais provoque une étincelle bleue électrique dans mon regard que je maîtrise rapidement. Je sors et claque la porte qui se verrouille automatiquement dans mon dos. Ils sont trois dans la ruelle qui dessert l'arrière du bar, le merdeux fils à papa et deux acolytes pas très recommandables. La raison de leur présence est évidente : Jansen. Son numéro a été bien trop efficace sur la libido du jeune imbécile. J’avance d’un pas décidé déverrouillant à distance, les portières de ma voiture.

- Vous lui foutez la paix !
- Il n’est plus en service, c’est une affaire privée.
- Non ! C’est mon affaire. Jansen ! Monte dans la voiture.


Les deux gorilles s’interposent et valsent rapidement sur les containers poubelles juste à côté. Ces péquenauds ne savent que faire peur et en aucun cas se battre. Je ne fais même pas appel à ma force de loup. Les combats de rue… la moitié de ma vie. Mon poing les cueille aux abdos abaissant leur menton pour un beau direct qui les met KO.  

J’avance de nouveau, agressif. Le tache merde commence à me menacer de la soit disant puissance de son géniteur, puis recule geignant comme une fillette devant mon air décidé. Arrivé à sa hauteur je l’attrape à l’entrejambe et serre. L’autre part dans les aiguës et se plie en deux appelant sa mère.

- Filio di putana ! Ne t’avise plus d’ennuyer mon personnel, car il faudra un peu plus qu’un daron friqué pour te sortir de la merde dans laquelle je vais te coller si tu n’obtempère pas. Hai capito?
- …
- Hai capito?!!
- Oui…
- Oui Monsieur Amaro !
- Oui Monsieur Amaro…
- Jansen ! Je t’ai dit dans la voiture !


Je lâche le compiscatole et monte dans la voiture, invitant Jansen à en faire de même. Alors qu’il ouvre la bouche pour protester, disant qu’il pouvait largement se débrouiller par lui-même, je lui tiens le menton, mon pouce sur sa bouche pour le faire taire.

-  Ascoltami Jansen ! Je veux bien te croire quand tu dis pouvoir te débrouiller seul pour ce genre de problème. Mais c’est à moi de gérer ce qui te tombe dessus à cause du travail que tu fais pour moi. Je n’interférerais pas dans tes affaires privées… mais tout ce qui touche de près ou de loin au bar, c’est aussi mon affaire. Ce genre de type doit comprendre que tu es « protégé ». Ainsi, on ne t’embêtera plus, ni Anna, ni les autres. Hai capito?!!

Jansen est si désirable, si proche…  Son menton prisonnier de mes doigts, il semble comme une biche prise dans les faisceaux des phares d’une voiture. Il suffit que je me penche… J’entends son cœur s’emballer… J’avorte mon geste partiellement esquissé et lui rend sa liberté, non sans avoir effleuré ses lèvres de mon pouce.

- Andiamo !

Je démarre doucement et m’insère dans les rues désertes de Beacon Hills. Je me dirige au jugé de ce que je me rappelle de la carte. Puis demande à Jansen de m’indiquer la route. Le trajet est court avec l’absence de circulation. Je sors mon paquet de cigarette de ma poche… vide… Avec un soupir je le lance sur le tableau de bord. Je vais devoir tenir jusqu’à l’ouverture du tabac le plus proche.

Je me range sur le côté, au pied de l’immeuble de Jansen. Avec curiosité, je baisse la tête et regarde par le pare-brise, l’allure de son immeuble. C’est à la hauteur de ses moyens… modeste. L’appartement que j’occupe au-dessus du Pink Print n’est pas non plus reluisant. L’ancien propriétaire manquait d’envergure. Il y a des travaux à prévoir.

- Jansen ? Je ne pourrais rien faire contre les mains baladeuses et les regards concupiscents… c’est lié à ton travail. Mais quand cela dérape, dis le moi et je les calme. Je sais imposer ma loi. J’ai bien noté tes remarques. J’ai prévu de faire des travaux… Je crois que je vais changer beaucoup de choses, cela va donc prendre du temps. Toi et Anna, utilisez la douche de mon appartement en attendant, OK ?

Je le regarde et l’écoute. Il est tard, L’ordinateur du tableau de bord indique presque 3:45 du matin. Nous avons tous deux besoin de repos. Je regarde avec misère mon paquet de clope vide. Je ne vais même pas pouvoir m’en griller une dernière avant de fermer les yeux…

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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Lun 23 Nov - 10:39





Nouveau patron, nouvelles galères ?


Tout tournait à vitesse grand V dans la tête du jeune danseur. Il avait eu sa dose de surprises pour la soirée, du moins le croyait-il. Il n’était pas très à l’aise avec l’idée de se faire raccompagner par son nouveau patron, surtout si ça se savait, car les commérages pouvaient aller très vite… Mais d’un autre côté, il avait beau avoir une constitution avantageuse, c’était une grosse soirée, et il était fourbu.

- Catzata di merda ! J’ai laissé mon téléphone sur le bureau. Attend moi, je n’en ai pas pour longtemps.

Jansen lui sourit, fourrant ses mains dans ses poches, et commençant à faire les cents pas, pour se réchauffer un peu. « Il ne fait pas si froid à cette période de l’année ». Mon cul ! Parfois, il était un peu trop fier, et s’en mordait les doigts. L’hiver approchait à grand pas. Il le sentait dans l’air, dans la rosée plus fraiche sur les feuilles, dans le vent jouant dans les branches. Il n’aimait pas l’hiver, mais le respectait. Car c’était une trêve, et il révélait, au printemps, une nature apaisée, vive, éternellement jeune. Ah, le printemps ! Sans nul doute sa saison favorite. Il n’avait pas encore réellement mit un pied dans l’hiver qu’il languissait déjà des premiers rayons de soleils. Brian semblait avoir trouvé son petit soleil personnel. Jansen l’enviait un peu pour ça. Avoir une bouillotte humaine, recevoir la chaleur d’un corps et bien plus encore, la chaleur d’un amour… Car il ne pouvait plus il y avoir de doute. La façon dont Brian parlait de Jordan, et celle dont celui-ci le regardait… Cela donnait des coups au cœur au jeune Drus, mais aussi un grand bien être, quand il pensait à eux.

-Hey, la tafiole ! Viens donc sucer ce que tu as fait grandir, la… Je saurai être généreux.

Les rires gras des deux autres hommes lui indiquèrent que cet enfoiré de fils à papa n’était pas venu seul. Regardant derrière lui, il vit les trois hommes s’approcher, menaçant et goguenards. L’espèce de petit enfoiré agitait quelques billets, ajoutant à l’humiliation.

-tout s’achète non ? Cinquante dollars ? Ça mérite pas plus selon moi…

-non, pas tout, non ! T’auras beau agiter des billets, aucun moyen de t’acheter une queue digne de ce nom. T’es trop généreux, elle mérite à peine un dollar, si c’est tout ce que t’ as dans le froc ! Et les deux autres, la, c’est pour te l’astiquer parce que t’y arrives plus tout seul ?

-espèce de ..

Un bip bip caractéristique empêcha Jansen de s’élancer au combat, se reprenant au dernier moment. La voiture déverrouillée, la voix masculine de son nouveau patron retentit, charriant des menaces..

- Vous lui foutez la paix !
- Il n’est plus en service, c’est une affaire privée.
- Non ! C’est mon affaire. Jansen ! Monte dans la voiture.

Ce dernier n’a pas vraiment le temps de réagir, se demandant encore s’il doit révéler ses capacités martiales. Les deux gorilles, déjà échauffés par les propos du danseur, s’élancent et se retrouvent pliés en deux, dans les poubelles, ce qui est encore la meilleure place pour eux, se dit jansen.

Estomaqué, ce qui est une expression qu’il doit être le seul à pouvoir utiliser, vu que les deux gorilles sont pliés en deux sous la douleur, Jansen assiste au combat entre Alessandro et ses agresseurs. Il en profite pour l’analyser. Sa façon de bouger, de se battre. Ce n’est pas un coup d’essai, ses gestes sont précis, puissants… Les paupières mi-closes, Hyacinth décortique le combat, efficace, précis… Voila une information qu’il n’oubliera pas sur son nouveau patron…

- Filio di putana ! Ne t’avise plus d’ennuyer mon personnel, car il faudra un peu plus qu’un daron friqué pour te sortir de la merde dans laquelle je vais te coller si tu n’obtempère pas. Hai capito?

Ayant fait deux pas involontaires vers Alessandro, les poings serrés, il se fait rabrouer par ce dernier.

- Jansen ! Je t’ai dit dans la voiture !

Il n’aime pas ce ton. Il n’aime pas recevoir des ordres, même quand on essaie de le protéger. Mais intérieurement, une petite chaleur agréable le réconforte. Alessandro a pris sa défense.
Grimpant dans la voiture, suivit de peu par Alessandro, Jansen s’apprête à protester. Il est capable de se défendre tout seul.

-je suis capab…

La main d’Alessandro sur le menton du jeune danseur le surprend et son pouce sur sa bouche le laisse interdit. Ses yeux en amande clignent de surprise, regardant pour la première fois franchement ceux de son patron. Il y a un magnétisme animal chez lui. Quelquechose d’hypnotique, de sauvage. Une part du jeune Drus reconnait une connexion, troublante, avec la nature, mais il n’est pas sûr de lui, car encore sous l’adrénaline du combat avorté. Respirant un peu plus intensément que nécessaire, il se sent comme prisonnier de ce regard, dans un mélange très perturbant mêlant l’agréable à la crainte.

- Ascoltami Jansen ! Je veux bien te croire quand tu dis pouvoir te débrouiller seul pour ce genre de problème. Mais c’est à moi de gérer ce qui te tombe dessus à cause du travail que tu fais pour moi. Je n’interférerais pas dans tes affaires privées… mais tout ce qui touche de près ou de loin au bar, c’est aussi mon affaire. Ce genre de type doit comprendre que tu es « protégé ». Ainsi, on ne t’embêtera plus, ni Anna, ni les autres. Hai capito?!!

Jansen hoche la tête, déglutissant, son regard se troublant, puis opte finalement pour un sourire sincère lorsque le pouce d’Alessandro caresse rapidement ses lèvres. Agréable. Dangereux. Désagréable. Désirable. Merde ! Il ne sait plus du tout quoi penser à présent. Alors il s’en tiens aux faits. Alessandro est intervenu, et pour le sauver, même le jeune Drus pensait pouvoir s’en sortir seul. Ceci est respectable…

Alessandro démarre. Le cœur de Jansen aussi. Il ne s’était même pas rendu compte qu’il était au point mort. Les rues impersonnelles défilent, et Jansen arrive à guider, lorsque c’est nécessaire, machinalement, son conducteur… Quand finalement ils arrivent devant son immeuble, Jansen à eut tout le temps nécessaire pour réfléchir à Alessandro. Dommage qu’il ne l’ai pas utiliser pour le faire, du coup.. A la place, une brume aussi enfumée que le bureau de son patron en guise de cerveau, ses émotions contradictoires lui apprenant une nouvelle chorégraphie dont il se serait bien passé, il écoute la voix envoutante et cet accent qui lui plait.

- Jansen ? Je ne pourrais rien faire contre les mains baladeuses et les regards concupiscents… c’est lié à ton travail. Mais quand cela dérape, dis le moi et je les calme. Je sais imposer ma loi. J’ai bien noté tes remarques. J’ai prévu de faire des travaux… Je crois que je vais changer beaucoup de choses, cela va donc prendre du temps. Toi et Anna, utilisez la douche de mon appartement en attendant, OK ?

-oh.. ok, c’est… Merci.. merci pour tout à l’heure aussi, on m’a jamais… Personne n’a jamais fait ça pour moi… C’est noté pour la douche… Et désolé si je me suis un peu emballé, en vous proposant des changements de déco… mais j’aime cet endroit, et même mon travail, faut pas croire… C’est juste que j’aimerai pouvoir prouver que je suis autre chose qu’un sac de viande… J’imagine que c’est une forme de narcissisme… Mais le narcisse est une fleur comme une autre, belle, fragile… Parfois elle a besoin d’un petit coup de pouce..

Le sourire du jeune Drus se fait timide et nostalgique, ce qui est presque sa signature, finalement. Le regard d’Alessandro se fait scrutateur, étonné, intrigué… Chacun son tour.

-merci de m’avoir raccompagné. Demain je vais juste servir et m’effeuiller au fur et à mesure des commandes. On vous a expliqué ? Seul le barman ou la barmaid connaissent les commandes associées au coup de sonnette. A chaque sonnette, je sais que je dois enlever une fringue, et c’est le client qui choisis. Je me retrouve en boxer, avec le logo du pinkprint sur la fesse droite… C’est plutôt bon enfant, mais parfois ça dérape. Alors.. Maintenant que je sais que je peux compter sur vous, ça va me permettre de mieux dormir…J’arrive vers les 18h, mais vous le savez déjà. Et les commandes spéciales commencent à partir de 22h. Demain il n’y a pas de numéro de danse, mais après demain c’est Anna. Vous verrez, elle est top !

Un coup d’œil vers son immeuble le fait soupirer. Il n’a pas envie de rentrer, ni de dormir…
-a demain, alors, et merci.

La main qu’il serre est chaude au toucher, et il sent les pulsations de son propre cœur battre au bout de ses doigts… Il n’est pas prêt de dormir… Encore une nuit ou il irait sans doute se perdre en forêt pour dormir au creux d’un arbre. Trop de choses l’ont bouleversé ce soir. La forêt l'appelle.



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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Mer 25 Nov - 23:03



Il était une fois
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Feat :  Jansen Avery


- Oh.. ok, c’est… Merci.. merci pour tout à l’heure aussi, on m’a jamais… Personne n’a jamais fait ça pour moi… Et désolé si je me suis un peu emballé, en vous proposant des changements de déco… mais j’aime cet endroit, et même mon travail, faut pas croire… C’est juste que j’aimerai pouvoir prouver que je suis autre chose qu’un sac de viande…
- Jansen, sache que je considère les gens qui bossent pour moi comme s’ils étaient de ma famille. Il est vrai que ton métier peut avoir une connotation dégradante aux yeux des gens. Sache que je ne te considère pas comme quelqu’un qui vend son corps, mais comme un serveur-artiste. Tu non sei una puttana Jansen. Et si quelqu’un te le dit, il se prend mon poing dans la figure.

Son analogie avec la fleur du narcisse me fait sourire. Je n’ai de connaissance dans le domaine florale que les roses rouges que j’offre à mes conquêtes, toujours en nombre impaire, il va de soi. Il est des jeux extrêmement sensuels avec les pétales de ces belles en robe rubis. En observant Jansen, je le vois comme ces roses, belles et délicates mais aux épines acérées. Je ne doute pas qu’il avait la capacité de se défaire des gêneurs de tout à l’heure. Cependant, molester un client, même si celui-ci est en tort, peut le mettre dans une situation délicate. En tant que patron, j’ai des moyens d’agir plus efficaces. La conversation dans la voiture devient plus informelle, Jansen est bien moins stressé que dans mon bureau ou du moins pas sur le même plan.

Il m’explique son travail prévu pour demain. L’ancien patron m’avait déjà expliqué comment tournait le bar et le planning de la semaine. Toutefois, je laisse le jeune serveur me l’expliquer à sa façon. Par sa manière de dire et de s’exprimer, je comprends ou plutôt devine les non-dits. Visiblement, finir en boxer lors de son service ne semble pas le gêner. Il n’y a, dans ce dénudement partiel, pas de tensions sexuelles comme lors de ses shows. Il semble être fier de son corps ou plus vraisemblablement il n’a pas honte d’être bâti comme beaucoup de mecs rêveraient d’être et de se montrer. C’est simplement le regard malsain de quelques clients qui lui font mal. Je ne peux rien changer à cela, mais je peux lui offrir mon propre regard, certes déshabillant et avec une idée plutôt coquine en tête. Mais toutes celles ou tous ceux qui sont passés dans mon lit, du simple serveur à la pute du coin, peuvent témoigner que j’ai toujours eu un grand respect pour eux, même dans l’acte sexuel et après...

- À demain, alors, et merci.
- Buonanotte Jansen. Repose-toi. A demain.


La portière se referme doucement. J’attends qu’il rentre dans le hall de son immeuble pour démarrer et rentrer au Pink Print. En chemin, je froisse mon paquet de cigarette vide et le jette sur l’asphalte. Va falloir faire sans pour m’endormir.

Je reste un long moment sous le jet brûlant de la douche. Cette première journée est satisfaisante en tant que patron de cet établissement. Les jours qui viennent s’annoncent avec une belle charge de travail. Sans remanier de fond en comble le bar, je vais y apporter ma touche personnelle et faire que la boite soit encore plus rentable.

Je m’effondre sur le lit, les cheveux encore humides et une simple serviette nouée à la taille. Etrangement le sommeil vient me cueillir comme une fleur. Je rêve de roses, de narcisses et d’un regard vert bien troublant.

(…)

La semaine qui suit passe vite. En attendant de faire des travaux, j’ai réaménagé mon bureau, virant les antiquités de mon prédécesseur et son amour pour les archives papier. Si les murs restent jaunis par le temps, le mobilier que j’ai acheté se satisfait d’un bureau fait de verre et de métal, d’une armoire assortie pour les papiers inévitables et de deux fauteuils en cuir. J’ai gardé l’équipement informatique qui a moins d’un an. Le cendrier a fait place à un vase, plus en adéquation avec ma consommation de ces tiges à la nicotine. Le reste est parti à la benne.

C’est avec une certaine timidité qu’Anna et Jansen ont utilisé pour la première fois la douche de mon appartement. Et c’est non sans un certain amusement après le passage de Jansen, que j’ai retrouvé son odeur sur mes affaires de toilettes, relevant sa douce senteur boisée sur mon peignoir de bain. Il avait dû simplement l’essayer. Je trouve cela adorable et aussi un peu excitant quand on connait sa plastique superbe.

(…)

Je suis irritable depuis que j’ai posé un pied par terre ce matin. Rien ne va comme je le souhaite, alors je le fait savoir haut et fort.

- Porca putana troia ! Jerry ! Ce n’est pas quand ça va être le coup de feu qu’il faut veiller au plein des fûts de bière !

Je sors dehors et vais me griller cette cigarette mainte fois triturée entre mes doigts. Comme si cela était encore possible, ma consommation de clope augmente. Je cherche dans la nicotine un calmant à ma nervosité croissante. L’apogée est pour bientôt. J’ai encore quelques heures de répit avant une longue nuit de veille… comme chaque mois. Les femmes ont leur menstruation, moi j’ai cette maudite lunaison qui me rend à moitié fou une nuit par mois. J’arrive à me maitriser mais au prix d’un violent effort de concentration. « Il te faut une ancre solide » m’avait dit l’alpha de Phoenix, chez qui la Famille m’avait envoyé pour maitriser ce loup qui cohabite dans mon corps. Si j’ai réussi à passer le stade des chaines, les pleines lunes restent toujours une épreuve.

Je rentre pour engueuler la terre entière car les carafes d’eau sont mal lavées. Jansen a fini son numéro et se douche dans ma salle de bain. Je seconde Sophie qui galère avec un fût de bières. Jerry ne m’a pas écouté…

- Vous avez tous deux mains gauche au quoi !

L’écrou est mal serré, la boisson pressurisée se met à jaillir m’inondant la chemise de blonde ambrée. J’arrache littéralement la clé des mains de Sophie, dévisse la bonde et la remet correctement. Nous pataugeons dans la bière, je suis trempé… excédé. Sophie est au bord des larmes, ce qui  m’irrite encore plus. Je la laisse donc, les pieds dans la bibine et monte me changer. Je zappe totalement la présence de Jansen et ouvre la porte de la salle de bain. L’instant de quelques secondes, je me demande ce qu’il trafique à poil dans ma salle de bain, puis me rappelle qu’il vient de terminer son numéro plutôt salissant… Sans un mot, je quitte ma chemise et la balance au sale et ressort comme le courant d’air à mon arrivée. Une nouvelle chemise sur le dos, je redescends et vais m’aérer la tête dehors, à l’arrière de l’établissement. Il faut que je me calme. La pleine lune est pour demain soir.

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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Jeu 26 Nov - 13:29





Nouveau patron, nouvelles galères ?


- Jansen, sache que je considère les gens qui bossent pour moi comme s’ils étaient de ma famille. Il est vrai que ton métier peut avoir une connotation dégradante aux yeux des gens. Sache que je ne te considère pas comme quelqu’un qui vend son corps, mais comme un serveur-artiste. Tu non sei una puttana Jansen. Et si quelqu’un te le dit, il se prend mon poing dans la figure.

Le jeune danseur souriait sincèrement à présent. Il n’était pas parmi les humains depuis suffisamment longtemps pour être à l’aise avec les personnalités complexes. Aussi ne savait-il pas trop quoi penser d’Alessandro. D’un côté il ressentait cette espèce de sauvagerie, de violence, de domination, dans son attitude, ses gestes maitrisés. D’un autre côté, il y avait ce côté protecteur qu’il trouvait très plaisant. Sans parler bien sûr du physique, qui avait dû lui servir maintes fois à arriver à ses fins… Et son sourire, celui que son patron lui montre, à présent, est presque une force de la nature en soi. Il voit le regard d’envie de l’italien, et il espère que le sien n’est pas aussi flagrant, mais il apprécie que son nouveau patron soit suffisamment délicat pour ne pas le forcer à quoi que ce soit… En dehors du bureau, dans cette voiture, Jansen a moins peur de ce qu’il capte chez le bel italien…

- Buonanotte Jansen. Repose-toi. A demain.

Pourquoi fallait-il en plus qu’il est le kit complet avec l’accent craquant inclus ? Se secouant, Jansen se précipita dans son immeuble informel et monta quatre à quatre les marches, non sans avoir apprécié le fait qu’Alessandro soit resté jusqu’à ce que la porte d’entrée de l’immeuble soit fermée. Charmant…

Après un décrassage en règle, le lavabo et les lingettes du club étant un peu limite, Jansen s’écroula dans son lit, intrigué. Il tourna beaucoup, ayant du mal à trouver le sommeil. Finalement, n’y tenant plus, il enfila un jogging a même la peau, puis partis dans la forêt pour trouver la paix. Blottis comme un fœtus au creux d’un arbre, il put dormir du sommeil du juste, à l’abri.

Ses entrainements le matin avec Brian et certains débuts de soirées en salle sont un peu tristes pour les deux compères. Jordan leur manque à tous les deux, et Jansen, avec sensibilité, pour ne pas dire sensiblerie, le fait remarquer à Brian. Mais il aime passer du temps avec lui. La semaine s’écoule, pas vraiment monotone, et Jansen découvre un aspect chez Alessandro qui refrène beaucoup le jeune danseur. Il semble pouvoir passer d’une humeur charmante à une agressivité qui met tout le monde sur les nerfs.

Comme promis cependant, il semble prendre les rênes en mains, et, petit à petit, des changements s’opèrent sur son lieu de travail. En attendant d’avoir une douche rien qu’à eux, Alessandro à indiqué aux deux danseurs qu’ils pouvaient utiliser la sienne. Anna était un peu plus prompte à le faire que Jansen, et c’est donc elle qui étrenna la douche. Jansen quant à lui fut assez timoré la première fois.

Pénétrant dans ce qui était devenu l’appartement d’Alessandro, il avait l’impression de déranger une scène de crime, ou d’être un voleur se faufilant en catimini. Il dut se forcer à ne pas aller voir toutes les pièces, étant curieux de nature, et fila donc directement à la douche. L’espace était clairement très masculin. Il repéra un gobelet, avec une seule brosse à dent. Des serviettes spécialement pour Anna et lui. Après s’être douché et refait une coupe de cheveux à peu près cohérente, il repéra dans le reflet de la glace un peignoir qui avait l’air fait dans un tissus très doux et précieux. Sa main effleura la matière et il ne résista pas longtemps, enfilant le peignoir et appréciant la douce texture sur sa peau encore légèrement humide. L’odeur très masculine, avec un vague soupçon de nicotine, l’enveloppa et il se sentit en sécurité, comme entouré par Alessandro.
Il se regardait, et il se plaisait à penser qu'un jour, il serait considéré par quelqu'un, qui voudrait prendre soin de lui et le protéger.

Tu non sei una puttana Jansen

Rougissant jusqu’à la racine des cheveux, il retira non sans regret son peignoir et finit de s’habiller…

La deuxième fois allait être encore plus gênante pour lui… Alessandro était d’une humeur de chien depuis qu’il était arrivé, selon les dires de ses collègues et tout le monde rasait les murs à son approche. Voilà qui calmait totalement les ardeurs du jeune danseur, et qui le confortait dans son idée qu’Alessandro était quelqu’un de potentiellement violent et caractériel.  Son numéro du soir était un peu spécial, et la scène avait été aménagée avec un bac assez grand, aux rebords peu conséquents… Jansen dansait plus que d’habitude, et un jeu de lumière jouait avec la poudre colorée qu’il utilisait. C’était le même genre de poudre utilisée pour certains festivals de couleurs, en inde. C’était beau, mais salissant. Son corps était entièrement enduit de bleu, rouge, orange et les spectateurs avaient l’air ravis. Mais à présent il fallait se nettoyer et ça prendrait du temps… Filant sous la douche d’Alessandro sans demander son reste, loin de son accès de colère, il ferma les yeux sous le jet d’eau brulant, savourant l’instant.

Quand Alessandro débarqua comme une furie, il y eut un instant de flottement, car Jansen venait de quitter la douche et c’est donc dans son plus simple appareil qu’il reçut son patron et qu’il le regarda, interloqué, jeter avec fureur sa chemise dans un coin et repartir. Rouge comme une pivoine, totalement paniqué, Jansen refis son paquetage rapidement et descendit presque au pas de course dans les vestiaires, pour y retrouver une Anna pratiquement en larmes.

-qu’est ce qu’il y a, Anna ?
-non.. C’est juste… Je sais pas, on en prend tous plein la tronche, la.. On a l’impression qu’on fait tout de travers, et ça va être mon tour de danser, et je le sens pas… Je ne suis pas prête, ça va être nul et il va me renvoyer.
-arrêtes un peu tu veux ? T’es irremplaçable. Et tu es prête. Tu étais prête pour ça avant même que je sois né !
-merci, t’as qu’à me traiter de vieille !

Les deux amis rirent ensemble, évacuant le stress

-aller, montre leur à tous ce que c’est qu’une vraie star !
-la star c’est toi, et tu le sais ! C’était sublime, ton show..
-Ne - dis pas n’importe quoi… Tu voudrais juste sortir avec moi, mais je ne pourrai pas assumer d’avoir une belle fille comme toi à mon bras

Elle lui colla un gros smouack sur la joue et fila pour faire son show…
Jansen fronçait les sourcils… Si Alessandro changeait si facilement d’humeur, ça allait poser des problèmes pour le long terme… Il fallait qu’il tente de savoir comment le calmer, ou si il pouvait faire quelque chose… Mâchouillant son pouce, il finit par se décider, et, en demandant à ses collègues, il sut où trouver Alessandro.

-boss ? Je peux vous parler ?
Ce dernier se retourna, agacé, l’air de dire « fous moi la paix ». Mais son regard sembla se radoucir en voyant Jansen.

-c’est juste… On se demandait si on pouvait faire quelquechose… On sait qu’on n’est surement pas aussi pro que la d’où vous venez, mais on demande qu’a apprendre… Si.. Si on a mal fait un truc, on peut s’améliorer, faut nous donner notre chance.

Il le regarda écraser son mégot. Tout chez lui transpirait l’énervement.. L’énervement et le désir. Jansen du se concentrer pour ne pas faire un pas en arrière.


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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Sam 28 Nov - 22:52



Il était une fois l’amérique


Feat : Jansen Avery


Jamais la crise n’avait été si sévère. Qui y a-t-il dans cette ville pour exacerber ainsi le loup que je suis ? Je ne peux pas tout mettre sur le compte de ma nouvelle installation et de ce bar dont je reprends tout juste les rênes. La lune presque pleine fait sa fière, inatteignable dans le ciel. C’est si facile pour elle de me renvoyer les rayons du soleil modifiés par son sol de sable sans vie. Je jette mon mégot au loin et allume une nouvelle cigarette. Que va être demain, si déjà j’ai du mal à me contenir ? Ici, je n’ai pas encore la même assise que j’avais à LA. La présence fantomatique de la Famille simplifie certaines choses. Mais à Beacon Hills… Il y a certes des truants, mais ils n’ont pas la main mise sur la ville comme à LA. Mes employés pourraient bien aller voir ailleurs s’ils me trouvent ingérable…

Un chien errant passe dans la ruelle qui dessert l’arrière du Pink. Je montre les crocs, il émet un couinement plaintif et s’enfuit en rasant les murs. Dégage de mon territoire le clebs ! J’ai organisé ma journée de demain pour n’avoir presque rien à faire. Je pourrais me terrer dans mon bureau et limiter les contacts.

- boss ? Je peux vous parler ?

Je me retourne, agacé. Quel est l’abruti qui n’a pas capté que ce n’était vraiment pas le moment de me… Jansen… Je tais la réplique cinglante qui me monte aux lèvres.

- c’est juste… On se demandait si on pouvait faire quelque chose… On sait qu’on n’est surement pas aussi pro que la d’où vous venez, mais on demande qu’à apprendre… Si.. Si on a mal fait un truc, on peut s’améliorer, faut nous donner notre chance.
- On est un con ! Stupido !


Genre ! Mon personnel qui pense à ma place ! Je ne peux refréner une nouvelle vague de colère qui monte de nouveau et jette d’un mouvement agacé ma cigarette à peine entamée. D’un pas rapide, ne lui laissant pas le temps de réagir, je m’approche vers Jansen et le plaque contre le mur d’une poigne de fer.

- Je ne retiens personne, c’est compris ?!

Je le fixe droit dans les yeux. J’entends son cœur s’accélérer. A ce moment précis, il ressemble à une biche égarée. Un autre appétit s’ouvre en moi… Impérieux, sauvage… Je me penche vers son cou, je le sens se contracter. Mon nez est immédiatement envahi par une odeur boisée plus prononcée qu’à l’habitude. Cela a le don de me calmer sur le champ. Doucement je desserre ma prise sur sa gorge, inspire profondément et m’enivre de ce parfum qui m’apaise et le lâche enfin.

Sans un mot, je rentre dans le bar et vais dans mon bureau. Je n’en sors que pour le strict minimum. Le reste de la soirée se passe tant bien que mal. J’arrive à contenir mes remarques acerbes, et le personnel fait profil bas. Ce n’est pas la meilleure des ambiances de travail et cela s’en ressent auprès des clients. J’angoisse pour demain soir. Je pourrai déléguer, mais je ne les connais pas suffisamment pour cela. Charlie… J’espère qu’il va vraiment venir. Ce type n’est pas très finaud, mais il a l’avantage d’être simple et d’aller souvent à l’essentiel. Il pourrait devenir plus qu’un simple cuisinier… Il me faut des gens sur qui pouvoir m’appuyer en toute confiance.

Minuit-trente. Sophie et Jessy commencent à ranger et nettoyer. Il reste les derniers fêtards qui ne partiront que lorsque nous éteindrons les lumières du bar à une heure du matin. J’aide à mettre les chaises sur les tables dans un coin du bar où il n’y a plus de client, puis tire un premier listing de la caisse enregistreuse pour le ravitaillement à prévoir pour demain. Je repasse donc dans l’arrière salle vers les vestiaires et mon bureau. Je monte à mon appartement pour prendre un paquet de cigarettes neuf. Un courant d’air m’alerte. La porte de mon logement est entrouverte. Il ne peut s’agir de Jansen ou Anna, ils sont tous deux côté salle. Un homme et une femme me sautent dessus. Un troisième larron tente de me prendre à revers. Au peu de mots qu'ils ont le temps de prononcer, je comprends qu'il s'agit d'une vengeance de l'autre gosse de riche de hier au soir.

Spoiler:
 

- Pensez à changer d’employeur, pezzo di merda ! La prochaine fois, je vous tue !

Il va falloir trouver un peu plus costaud et surtout éviter de venir me chercher des poux sur la tête une veille de pleine lune.

(...)

J’ai peu dormi et mal. Attablé à ma table, je bois le café que m’a servi Dan. Souvent, à l’ouverture il est seul. J’apprécie l’homme. Il sait se faire discret. C’est le genre de type qui écoute et ne parle que lorsque c’est nécessaire. C’est un ancien qui connait son métier. Il est efficace et apprécié des clients. Dehors, il fait soleil. Cela m’apaise un peu et contre la montée de la lune qui est pour l’instant masquée dans le ciel.

Mais chassez le naturel, il revient au triple galop. Ma tension monte d’heure en heure. Je passe mon temps entre mon bureau et la ruelle à l’arrière du bar. Le personnel rase les murs. Étrangement, j’appréhende l’arrivée de Jansen qui prend son service vers dix-huit heures. Je m’en veux d’avoir péter un câble sur lui hier soir… il voulait bien faire… Mais comment lui expliquer… que je ne maîtrise rien…

Vingt-heure, c’est le coup de feu, et rien ne va. Des gens attendent leur commande depuis des plombes et je viens d’en rattraper quatre qui se tiraient sans payer. J’ai l’air d’un Don Quichotte à brasser de l’air et râler à tout va. Anna est en larmes dans les vestiaires, juste parce que je lui ai dit que le vert de sa robe ne lui allait pas du tout…

Le service se poursuit avec ces heurts habituels qui tournent au mélo drame car je n’arrive plus à me contenir. Jansen intervient plusieurs fois en médiateur. Cela me hérisse, mais j’ai plus de mal à lui crier après qu’aux autres. Les minutes durent des heures. J’ai envie d’annoncer la fermeture du bar prématurément. Il me faut de la solitude, personne sur qui frapper quand l’apogée sera à son maximum. J’ai regardé le calendrier, cela arrive un peu après la fermeture. Je dois tenir jusque-là… que tous soient partis.

C’est non sans un certain soulagement que je baisse le rideau de fer de la devanture. J’entends les employés se dire au revoir et m’adresser un timide salut que je rends vaguement d’un geste de la main, qui signifie plus « dégagez  de là » que « bonne nuit »… Passant derrière le bar, je cherche mon whisky préféré. Je peste et entrechoque les bouteilles dans une vaine fouille. Je maugrée en jurant contre Jerry et son rangement anarchique, quand enfin je trouve la bouteille convoitée. J’arrache le bouchon de liège des dents et bois de longues gorgées à même le goulot. L’alcool me brûle la gorge, je ne peux ressentir l’ivresse, mais m’annihiler les papilles est un dérivatif à ma fureur qui enfle. Quand je monte enfin vers mon appartement, la bouteille dans une main, une cigarette dans l’autre, je croise Jansen qui range son casier, il est le dernier. Je passe sans rien dire. Le loup ne demande qu’à sortir et je ne suis pas certain de maîtriser l’intonation de ma voix.

Arrivé dans ce qui est chez moi, je ferme la porte du pied, défait ma cravate et ouvre ma chemise complètement. Mes boutons de manchette atterrissent en aveugle je ne sais où. J’ouvre grand la fenêtre de ma chambre et m’assois sur le rebord de mon lit. La lune est là, insolente de rondeur. Aucun nuage ne masque ses rayons. J’ai envie de hurler, alors je bois une gorgée d’alcool, puis tire longuement sur ma cigarette.

- L’esprit, le cœur, le corps…  L’esprit, le cœur, le corps…  L’esprit, le … Bordello !

Ça ne marche pas. Ce foutu mantra ne marche pas. « Il faut maîtriser les trois, pour que cela fonctionne Alessandro ! » Il en avait de bonne cet alpha… Je maîtrise mon esprit. Mon cœur n’est à personne, donc je ne peux maîtriser mon corps… Mais vers qui envoyer de l’amour ? Mon père ? Il est mort lâchement assassiné en taule. Ma mère ? Comment aimer une… pute, même si c’est sa mère et qu’elle fait ça pour qu’on mange à notre faim ? Mon petit frère ? Je préfère ignorer où il se trouve… Les hommes ou les femmes qui sont passés dans mes bras ? Je n’ai jamais ressenti d’autre que des pulsions sexuelles. Quelques-uns y ont vu de l’amour… Mais il est si facile de faire croire à quelqu’un qu’il est unique. Il suffit de regarder cette personne avec attention, de faire des petits gestes anodins qui laissent penser à une connivence sur le long terme. Quelques roses rouges, un parfum au prix scandaleux et trois mots d’italien… Même ceux qui n’y croient pas, font semblant de penser que c’est un geste d’amour de ma part. Les gens préfèrent se leurrer eux même…

- L’esprit, le cœur, le corps…  L’esprit, le cœur, le corps…  

Mes mains s’agrippent au matelas, je sens la transformation poindre le bout de son museau. Je respire lentement et tente de faire refluer l’inévitable.

- Boss ça va aller ?
- …


Jansen… Non ! Pas maintenant ! Je baisse la tête et ferme les yeux pour qu’il ne voit pas mon regard noisette passer au bleu électrique et mes crocs tenter de dépasser de ma bouche que je garde close. Qu’il s’en aille, le temps qu’il me reste un peu de raison. Je ne veux pas lui faire de mal, je ne veux pas le blesser…

- Boss !
- FOUT MOI LE CAMP DE LÀ !


Ma voix est devenue grave et rauque avec la transformation. C’est trop tard, la bête prend les rênes de ma conscience. Mes griffes s’extirpent du matelas où elles se sont enfoncées et d’un appui d’une main, je bondis vers le danseur et le plaque au sol, ma main griffue autour de son cou. La pointe de mes griffes entaille sa peau. L’odeur du sang affole mes sens, la violence prend le dessus, j’arme mon autre bras pour frapper l’intrus qui ose me déranger dans mon antre. Mais mon poing est bloqué et mon attaque déviée. Cela me rend furieux, à la place je lui donne un violent coup de tête à la place. J’entends l’os de mon nez craquer. Avec défi, je lèche mon sang qui coule sur ma lèvre et me relève brusquement, déstabilisant mon adversaire. J’en profite pour lui retomber sur le dos et le bloquer enfin efficacement. Le voir ainsi à ma merci ouvre de nouveau un appétit plus féroce. Je me penche sur son cou dans l’intention d’y lécher les blessures que je lui ai faites. Mais à ma grande surprise, elles sont déjà partiellement cicatrisées.

- Chi sei tu Jansen ?

L’odeur boisée intense qui se dégage de lui m’enivre et me calme un instant. Mais ma proie bouge et se contorsionne pour se dégager. Le mouvement de ses hanches déclenche un nouveau feu. Je resserre ma prise et mes hanches viennent plaquer les siennes.

- Sei così desiderabile.

J’embrasse son cou et mon bassin commence à onduler contre ses fesses. Le désir me déconcentre et je me fais désarçonner par ce corps que je désire prendre. Nouvelle surprise, si ce n’est l’agilité qu’il met à s’écarter de moi, ce sont ses yeux d’un vert particulier. Qu’est-il ? Ce n’est pas un loup, ni un ours. En fait, je ne sens aucune entité animale, juste cette senteur boisée qui me rend fou. Qu’importe ce qu’il est, je ne sais qu’une chose : je le veux, là maintenant. J’oublie presque la lune et son emprise sur moi. Mon sourire est celui d’un loup, mon regard est fiévreux. Je bondis, Jansen esquive. Focalisé sur mon objectif, je n’écoute pas ce qu’il me dit. Je finis par l’attraper et nous chutons sur le lit. La chambre est sens dessus-dessous de notre combat. Après un bras de fer plutôt costaud, j’arrive de nouveau à le bloquer, lui sur le dos, moi à califourchon au-dessus de lui, ses poignets prisonniers de mes poings. Je le contemple, son T-shirt est déchiré par mes griffes. Il est si parfait et cette fragrance qui fait penser à une forêt… Je repense à ses shows, à la manière qu’il a de se contorsionner. Je me lèche la lèvre supérieur rien qu’en y repensant. Doucement, avec une lenteur cruelle, je plonge mes lèvres sur son visage. Jansen m’évite en tournant la tête. Qu’importe, je poursuis et lui mordille la naissance du cou. Son parfum est si enivrant. J’ai envie de me fondre en lui. Je veux juste le serrer contre moi et lui faire l’amour. Le garder pour moi, tel un amant possessif.

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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Dim 29 Nov - 21:23





Nouveau patron, nouvelles galères ?


Jansen était mal à l’aise. Il avait finalement fait un pas en arrière en voyant et en sentant l’état de fureur qui caractérisait à présent son nouveau Patron. Alessandro était une vraie bombe prête à exploser, et elle explosa d’ailleurs, déversant ses shrapnels de mots sur Jansen, qui restait interdit.

- On est un con ! Stupido !

Jansen était meurtris, choqué, et pris ça comme un coup au cœur.. Mais ce n’était rien par rapport à ce qui allait arriver ensuite. Il vit avant même de la subir la fureur de son patron et fut tenté d’esquiver et de partir loin d’ici. Mais il ne pouvait pas faire ça. Alors, suivant des yeux la cigarette malmenée, et sachant que ce serait son tour, il se prépara au choc. Celui-ci fut violent, et il laissa échapper un petit souffle de douleur.

- Je ne retiens personne, c’est compris ?!

Le regard d’Alessandro dans le sien, martelant ses mots. Le cœur du jeune Drus qui bat à tout rompre. Il trouve ça injuste. Ça lui fait mal. Beaucoup plus mal que la douleur physique, dont il se remettra facilement. Non.. Rien ne le retiens, effectivement. Serait-ce la fin ? Qu’allait-il faire ? Serveur dans un restaurant ? Sans diplôme ? Le glamour avait ses limites… Il voulait être danseur, ce qu’il faisait ici était ce qui s’en rapprochait le plus, même si c’était presque risible. Soudain il se sentait minable, à la merci de quiconque, à la merci d’Alessandro.

Il le sent s’approcher, il redoute le contact qui pourrait arriver, et en même temps, il ne peut nier ressentir une certaine excitation et fascination. Il y a ce côté sauvage, qu’il se rappelle avoir connu mais sans se souvenir comment et pourquoi… La peur le fait exhaler une odeur boisée et musquée plus forte qu’à l’ordinaire et il s’en faut de peu que la panique le fasse se transformer en sa version mythique.

« Un mythe doit rester un mythe » lui répétait la Cinquième Ronce. « Nos sœurs au sang mêlé peuvent se mélanger facilement à la population et enfanter. Tu sais très bien que c’est plus dur pour nous. Ton émotion te trahis, révèle qui tu es, contrairement à elles. Si tu n’y prête pas attention, tu te déplaceras trop vite, tu séduiras trop facilement. Et des gens te traquerons et t’étudierons. De façon douloureuse… »

-pourquoi tu me dis tout ça ? lui avait demandé Hyacinth. Je ne sortirai jamais d’ici, tu le sais bien.. Je n’ai aucun avenir…

« Tu es si sur de tout n’est-ce pas ? Si plein de certitudes… Tu te trompes. Sur ça comme sur le reste . Alors apprend, ou cesse de me faire perdre mon temps. Plus haute, la garde.».

Plus haute, la garde… Alessandro était reparti, et Jansen était bouleversé, une larme coulant sur sa joue, vite séchée par sa main agacée.

Il ne décrocha pas un seul mot, à personne, de la soirée, et se dépêcha ensuite de rentrer chez lui. Avec un pincement au cœur, il se rappela qu’Alessandro l’avait ramené, et maintenant il souhaitait être loin de lui. Avoir parlé de ses envies avec le bel italien lui avait ouvert des perspectives motivantes, mais tout ça n’était que du vent… Pourtant il ne voulait pas quitter la ville. Il y avait Brian, pour qui il comptait. Sa main tremblait alors qu’il rédigeait sa lettre de démission. Son cœur était lourd, et c’est avec un sentiment intense de solitude qu’il plia la lettre et la mise dans son blouson pour le lendemain. Il irait faire son travail, car il avait été engagé pour, puis il donnerait sa lettre a Alessandro. Dan allait lui manquer, et Anna et Jessy aussi.
La nuit ne le réconforta pas, et il dormit d’un sommeil sans rêve, sans envie.. Il n’allait plus pouvoir payer son loyer, mais il pourrait toujours dormir au creux d’un arbre… Il ne laisserait pas tomber Brian ni Jordan, et il y avait aussi Charlie et Alex… Non.. il ne partirait pas de cette ville.
Lorsqu’il arriva au Pink Print, c’était avec une angoisse et une tristesse chevillée au corps. La tension est palpable et tout le monde est sur les nerfs… Inutile de chercher pourquoi. Sa décision est prise, il ne pourra pas cacher longtemps sa nature dans ses conditions. L’instinct de survie lui ferait commettre des erreurs.

Pourtant, toute la soirée, les employés semble s’être choisis le jeune Drus comme pacificateur et médiateur, et ce dernier fait cet effort avec conviction pour ses collègues qu’il voit pour la dernière fois ce soir. Il affronte donc Alessandro, pas pour lui, pour eux… Mais de nouveau, quelque chose d’étrangement familier vient lui titiller la mémoire, sans qu’il sache se rappeler quoi exactement.

Alors qu’il range son casier, retournant en boucle sa lettre de démission, il croise le regard si beau et si angoissant de son patron… Quelque chose ne vas pas.. ; Quelque chose de pas naturel, il le sent au fond de lui, comme une attaque, comme une perturbation. Si le bar avait été une forêt, il était persuadé qu’il aurait entendu les murmures inquiets dans les branches.
Il doit lui donner la lettre. Maintenant. Il ne reviendra pas demain… S’approchant de la porte, il sent que quelque chose de terrible se passe de l’autre côté. Le bois lui transmet la souffrance d’Alessandro. Il lutte, contre quelque chose de violent et d’impérieux…

-boss , ça va aller ?
Aucune réponse, mais cet halètement, cette souffrance et cette lutte…
-Boss ?

Il avait ouvert la porte, qui avait bien voulu obéir à son murmure. En voyant Alessandro, Jansen compris. Un regard inquiet tourné vers la Lune, il comprit. Et il comprit aussi son erreur…
- FOUT MOI LE CAMP DE LÀ !

Lorsque Alessandro bondit sur lui, il se rappelle enfin ce qu’il cherche à retrouver depuis tout ce temps. Il avait rencontré un loup, la veille de sa fuite. Il a d’ailleurs le temps de se faire cette réflexion, dans une amère ironie, étant donné qu’il s’apprête de nouveau à fuir, le lendemain, alors que de nouveau un loup le blesse. La dernière fois, il avait révélé sa nature, ce qui avait calmé son adversaire, sous l’emprise de la Lune. Il ne pouvait pas, cette fois ci. Pas sans la protection de la forêt.

Se retrouvant plaqué au sol, les griffes lui entaillant le cou, il sait qu’il doit se défendre. Le poing qui arrive vers lui n’est qu’une arme comme une autre. Il la dévie. Le coup de tête est plus violent et la douleur fulgurante, mais son organisme est déjà sollicité pour réparer les dégâts. Alessandro se délecte de sa propre violence et de son sang. Luttant pour le faire tomber, il est déstabilisé par le brusque soulèvement de son adversaire. Se retrouvant sur le ventre, avec Alessandro plaqué contre lui, Jansen ne sait plus quoi faire. Son instinct de guerrier lui hurle de se défendre, de frapper, de faire mal, mais il se rappelle la détresse du loup qu’il avait trouvé au pied de son arbre. Alessandro est aussi en détresse, même si elle lui fait peur.

- Chi sei tu Jansen ?

Son souffle sur sa nuque le fait frissonner de peur et de désir… Il se contorsionne pour se libérer, attisant l’envie soudaine d’Alessandro.

- Sei così desiderabile.

Les lèvres de l’italien sur son cou, et ses mouvements de reins révulsent Jansen, qui ne se rappelle que trop bien ce qu’il a vécu dans sa sylve. Alors il le repousse, avec son agilité de Drus, et son regard émeraude, a présent flamboyant, se pose, implacable, sur celui d’Alessandro, qui est bleu électrique. Si beau.. Si effrayant.

-je sais ce qui t’arrive, Alessandro.

Un nouveau coup de griffe esquivé.

-je peux t’aider. Écoutes moi. La lune n’est pas plus forte que toi. Alessandro !

Mais il ne l’écoute pas. Il est rendu fou de violence et de désir… Après une lutte violente, Alessandro finit par reprendre l’ascendant sur le jeune danseur, le plaquant sur le lit. Ce dernier ne souhaite pas utiliser ses épines, qui révéleraient de façon trop drastique ce qu’il est… Alors qu’Alessandro se penche vers lui pour l’embrasser, Hyacinth détourne le visage, et frémit lorsque l’italien lui mordille le cou. Malgré la situation, malgré cette violence, une vague de désir s’abat sur son corps, érodant sa résistance. Des frissons de plaisir le parcoure brièvement, et quand il regarde de nouveau Alessandro, il voit un changement en lui. Un changement encourageant.

-pas sans ma permission ! JAMAIS !

Il sait où frapper, même si il est moins fort. Alors il frappe, libérant ses mains sous la douleur engendrée. Puis il bondit au-dessus du lit, et retombe sur Alessandro, sa bouche près de la sienne, son odeur de Drus, envoutante, plus intense. Il se rappelle l’effet qu’il avait eu sur le loup rencontré dans son ancienne sylve et ce qu’il lui avait avoué. Que son odeur l’avait calmé. Comme un bois protecteur, comme une cachette a l’abri de la lune. Sa libération a contrarié Alessandro, et la rage le reprend. Mais Hyacinth lui sourit.

-je vais te protéger. D’elle, la haut. Et de toi. Pas sans ma permission, Alessandro…

Enlevant son t-shirt, une main d’Alessandro sur son torse, comme il le faisait avec les clients lorsqu’il dansait de façon rapprochée pour eux. Ondulant, il le laissa le caresser, sa griffe le blessant même de nouveau. Le regard d’Alessandro semblait fasciné par la plaie qui se refermait. Ondulant le bassin, le jeune danseur se rapprocha de lui, et déposa des baisers, léchant son cou, mordillant son oreille, et chatouillant ses crocs. Alessandro râlait, ahanait, le souffle court, mais la Lune perdait petit à petit son emprise. Hyacinth se frottait sur lui, enlevant ses habits, l’enveloppant de son odeur, lui souriant , car il savait que cette violence n’était pas la sienne. Il l’espérait, il misait la dessus.

A présent que leurs ébats devenaient acceptables et excitants pour lui, Jansen prenait du plaisir à gouter la peau d’Alessandro. Il l’avait craint. Puis détesté. Il le désirait, maintenant. Alors il s’abandonna à lui, et découvrit une certaine violence maitrisé de la part du bel italien, qui les emmenèrent tous les deux jusqu’au petit matin, transpirants, épuisés, apaisés. Hyacinth se donna complètement jusqu’à ce qu’Alessandro jouisse, avec un cri qui sonnait comme une libération, avec, peut-être même, l’extase. Jansen, lui, prit aussi beaucoup de plaisir. Mais les circonstances étaient trop violentes pour qu’il expérimente lui-même cette extase qu’il redoutait tant.

Le soleil, jaloux de la lune, caresse le corps nu de Jansen, qui regarde, avec un sourire aguicheur, Alessandro.

Ce dernier s’est levé pour remettre un peu d’ordre et regarde le jeune Drus, qui tente de percer les sentiments du loup. Est-il satisfait ? Comme d’avoir eu un trophée ? Attendrit ? Ni l’un ni l’autre ?

Puis l’italien fronce les sourcils, tombant sur la lettre pliée, tombée de la poche du blouson de Jansen.
-c’est quoi ça ?
Jansen est rouge en repensant à sa décision.

-ma démission…


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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Lun 30 Nov - 23:13



Il était une fois l’amérique


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Son odeur est celle d’une forêt au printemps, riche de nuance et vivante. Sa senteur agit sur moi comme un calmant. Je sais que ma nature me tourne instinctivement vers les bois, quand la lune perturbe ma maitrise de ce côté sauvage, qui est un peu inné chez moi. Seulement je suis un citadin, et je ne vais certainement pas aller courir dans les bois, le museau au vent et hurler à l’instar de mes congénères. Les joggings et les marcels c’est bon pour les ploucs. A Los Angeles, j’avais tenté de créer un jardin d’intérieur dans mon luxueux appartement. Mais je n’ai visiblement pas la main verte et les végétaux n’ont guère apprécié de boire mes fonds de verre de Whisky.

Le grain de peau de Jansen est un délice à effleurer des lèvres, je caresse sa joue avec la mienne. Son contact m’électrise. J’ai oublié le calendrier, oublié la narquoise blanche dans le ciel. Toute mon attention est tournée vers LUI. Alors que je le hume et le goute, ma proie se rebiffe.

- Pas sans ma permission ! JAMAIS !

Sans avoir le temps de comprendre ce qu’il se passe et de pouvoir reprendre la situation en main, Jansen inverse les rôles. Mais où a-t-il appris à se battre ainsi ? A mon tour de me retrouver sur le dos, coincé. L’entrave brise la quiétude qui était venue me calmer. Je grogne et montre les crocs. Pourtant au lieu d’afficher un air contrarié, Jansen me sourit. Ses lèvres sont si proches des miennes… Désirable…

- je vais te protéger. D’elle, la haut. Et de toi. Pas sans ma permission, Alessandro…
- Rien, ni personne n’a jamais empêché la lune de prendre le contrôle de mon corps ! Rompe via da lì! Casse-toi !


Son parfum m’a donné un répit. Il faut qu’il s’en aille avant que la prochaine vague de sauvagerie m’emporte. Je le veux, mon désir comprimé sous mon pantalon ne demande qu’à l’explorer, le visiter, et le prendre pour le faire mien. Cependant, une part de moi, ne veut pas le blesser. Est-ce à cause de ce parfum qu’il exhale ? Alors que je crois qu’il obtempère enfin en me lâchant, il prend ma main et la pose sur son torse. Se défaisant de son t-shirt, il commence à onduler comme lors de ses danses. Le regarder m’hypnotise, ma respiration s’accélère, et mes doigts se crispent sur cette peau qui épouse ses muscles parfaits. Sans vraiment le vouloir, je marque son torse de cinq stries. Son sang perle doucement, mais cela ne dure pas. Il cicatrise à vue d’œil. Fasciné je regarde sa peau de nouveau intacte. Il n’est pas loup, alors qu’est-il ? Le désire qu’il fait monter en moi noie tous mes questionnement. Ses lèvres sur mon cou, mes tempes, ma bouche et mes crocs me donnent une fièvre intense. Son corps qui se frotte contre le mien, son membre que je sens aussi dur que le mien, provoquent mes contorsions. Je tends mon corps contre le sien, la bouche entrouverte, je ne le lâche pas du regard. C’est au prix d’un immense effort que je ne prends pas le commandement de ce combat, pas tout de suite... Nos vêtements s’éparpillent, je connais son corps pour l’avoir vu sur scène, mais maintenant mes mains le parcourent, avides et possessives. J’aime la cambrure de ses reins, le galbe de ses fesses. J’embrasse son torse glabre et excite ses tétons du bout de mes crocs quand il se redresse un peu, pour se frotter langoureusement contre mon bas ventre. Je le laisse mener la danse jusqu’à ce que je n’y tienne plus. Alors mes gestes se fond plus fermes, conquérant. Je m’assoie et le prends entre mes bras, une main sur ses fesses, l’autre sur sa nuque. Je ne lui laisse aucune échappatoire. Quand je le renverse, je lui murmure des mots en italien, des mots doux et chantants. Je m’enivre du plaisir qu’il offre, du goût de sa peau, de ce parfum qui m’apaise et me grise en même temps. Nous prenons le temps de nous explorer, d’une manière à peine contenue de ma part. Après un temps infini à frôler le point de non-retour, j’explose en lui alors que je suis dans son dos, léchant sa nuque en sueur. Épuisé, je m’effondre sur Jansen, le couvrant de mon corps comme une couverture. Mes mains enserrent ses poignets, mon nez se niche dans son cou, totalement dépendant de son parfum.

Je ne sais pas combien de temps j’ai dormi ainsi. Quand je me réveille, je sais que mon partenaire l’est aussi. Je ne bouge pourtant pas. Je savoure ce calme et cette quiétude qui est la mienne. Si la lune n’est plus à son apogée, elle est encore bien ronde, invisible dans la lumière du jour. Pourtant, je ne sens aucun énervement, ni fureur à réprimer. Je crois que je n’ai jamais été aussi calme depuis que j’ai été mordu. Ce sentiment de paix est aussi intense que ma jouissance d’il y a peu. Le déroulement de la soirée repasse dans ma tête comme dans un film. Je n’aurais pas parié sur un tel dénouement…

Doucement, je m’extirpe de mon matelas humain, puis remets mon boxer et mon pantalon. Ma chambre est un vrai champ de bataille. Nous nous sommes battus sévèrement. Tout est sans dessus-dessous. Il y a même de la casse… Je ne sais que penser, ni comment réagir. Je suis troublé par ce que j’ai ressenti depuis que Jansen est entré dans ma chambre. Je ramasse quelques vêtements et tombe sur une enveloppe égarée sur le sol. Il y a mon nom dessus.

- C’est quoi ça ?
- Ma démission…


J’encaisse la nouvelle sans broncher. Je reste un moment sans bouger, regardant cette enveloppe. Est-ce pour cela qu’il a été si conciliant cette nuit ? Car il savait qu’il partait ? C’est moi-même qui lui ai dit que je ne retenais personne… A quoi pouvais-je m’attendre ici à Beacon Hills ? A Los Angeles, personne n’aurait osé me donner sa démission… C’était moi qui virais les gens. Mais ici, je n’ai pas la même influence, ni l’arrière garde de la Famille pour faire peur… Je ne souhaite pas lui faire peur… « Pas sans ma permission ! JAMAIS ! » Pourquoi ces mots me font mal ? Depuis quand je me préoccupe de ce que les gens acceptent ou non ? J’ai toujours pris ce que je convoitais… Je reste imperturbable malgré cette douleur inconnue qui m’oppresse subitement le cœur. État extraordinaire, si on sait que normalement une telle situation m’aurait fait entrer dans une éruption meurtrière aussi surement que le Vesuvio a rayé Pompéi de la carte.

J’ai comme un dédoublement de la personnalité. Je me regarde me baisser, ramasser l’enveloppe maudite, la froisser et la mettre dans la poche arrière de mon pantalon. J’attrape ma chemise et sors. Je ne veux pas qu’il s’en aille ! Je ne tolère pas l’idée qu’il puisse s’éloigner de moi ! Mais je ne pipe pas un mot, moi qui habituellement suis dans l’excès de verbes, me voilà muet… Le bel Alessandro Amaro se tait…

J’enfile ma chemise sans la fermer et passe derrière le bar. Le sol est froid sous mes pieds nus. Je mets en route le percolateur, sors un plateau et y met deux sous tasse. Mes gestes sont ceux d’un automate. Dans une panière, je pose des viennoiseries de la veille, et sers deux jus d’orange dans des grands verres. Quand le percolateur est enfin en pression, je fais couler deux italiens, puis les pose sur les soucoupes.

Je reste là, les bras ballants regardant ce plateau déjeuner qui sera le premier et le dernier que l’on va partager. Je sors l’enveloppe de ma poche et en lisse le papier. Mon nom s’étale en belles lettres bouclées qui montrent le sens artistique de Jansen. Ouvrir et lire le contenu reviendraient à accepter, me résigner… Je ne veux pas ! Je refuse ! Mais ai-je seulement le choix ? Et de quoi je me plains ? Il m’a fait un beau cadeau de départ… Je serre les dents de rage et de frustration. J’ai déjà acheté des gens, j’en ai forcé d’autres par des moyens inavouables. Mais dans un lit, jamais on ne m’a refusé… ou imposé ses conditions. « Pas sans ma permission, Alessandro… » Je pourrais m’imposer, le prendre de force… mais cela ne serait pas pareil. Ce n’est pas ça que je veux, je le veux à moi, pour moi, mais consentant…

Je remets l’enveloppe dans ma poche sans l’avoir ouverte, de toute manière tout est dit, « ma démission »… Il aurait pu dire « rien d’important », « quelque chose qui n’a plus lieu d’être »… Non sa décision est belle et bien prise... Je prends le plateau, puis le repose. Je lui ai préparé un italien serré comme je les aime. Un centimètre et demi de café au fond d’une tasse, noir comme une nuit sans lune. Mais que boit-il le matin ?, je regarde le bar, attrape un mug et une grande tasse. Je fais chauffer de l’eau, et du lait. Thé ? Chocolat ? Le plateau devient vite trop petit, j’en sors un plus large. Mes gestes s’impatientent, la vaisselle tinte dangereusement. Je relance un nouveau café, en mode normal.

Me voilà paré avec ce plateau ou les liquides tanguent dangereusement. J’ai le pied sur la première marche quand je m’aperçois que j’ai oublié le sucre. Je ne sucre jamais… Retour au bar, où je prends une poignée de dosette, je plonge la main dans les portions de confiture… Ce n’est pourtant pas le premier plateau de petit déjeuner que je fais, mais là je suis pris au dépourvu, je me sens perdu… presque vulnérable. Je subis une situation et ne la domine pas. C’est nouveau pour moi.

Quand j’entre à nouveau dans la chambre en poussant la porte de l’épaule, Jansen est en train ramasser la cendre du cendrier qui s’est renversé. Le reste de la chambre est à peu près rangé.

- Laisse… je rangerai. Je ne sais pas ce que tu bois le matin, j’ai pris un peu de tout…

J’ai posé le plateau sur la table basse qui trône au pied du lit. Je prends mon italien et vais le poser sur le rebord de la fenêtre toujours ouverte. Je me rends compte que je n’ai pas encore allumé de cigarette. Le Zippo claque et j’inspire profondément une bouffée de fumée. Puis je la regarde se déliter dans l’air du matin quand je l’exhale longuement. Je tourne le dos à Jansen, je sais qu’il a pris quelque chose sur le plateau. Mais je ne me suis pas retourné pour voir quel a été son choix.

- C’est effectif à partir d’aujourd’hui ?

Je regarde dehors. Mon cœur bat fort, pourtant je reste étrangement calme. Je ne veux pas qu’il démission, ni qu’il s’éloigne, pourtant je ne me bats pas pour le retenir. Il est impossible d’obliger quelqu’un à vous… aimer… ou du moins vous apprécier suffisamment pour rester auprès de vous de manière volontaire. Il est pourtant de toute évidence, la première personne capable de contenir le fauve que je suis. Mais à quel prix ? Celui de recevoir ma domination brutale ? Pas étonnant qu’il veuille s’en aller… Je n’ai pas encore de réseau sur Beacon Hills, mais s’il veut bien aller à LA, je peux le pistonner pour quelques emplois…

Je sens l’enveloppe à travers le tissu de mon pantalon. J’ai envie d’en faire des confettis, mais je reste là, muet à siroter mon café et tirer sur ma cigarette. Je m’imagine m’excuser et palabrer pour le faire changer d’avis. Mais soyons honnête, je reste la bête sauvage qu’il a vu dans mes pires moments. Qu’a-t-il faire d’un loup arrogant et dominateur ? Lui comme moi, ne sommes pas dupe, je suis et resterai un fauve dangereux. S’il reste, je vais finir par le briser. C’est mieux ainsi, mieux pour lui. Je ferme les yeux et me remémore nos ébats de cette nuit. Peut-être si j’arrive à y repenser lors de la prochaine lunaison, si je pense à Jansen, j’arriverai à me contenir. Je soupire et envoie valdinguer mon mégot d’une pichenette dans la rue. Je prends mon paquet pour en allumer une autre, une main m’en empêche… Qu’il parte, mais qu’il me laisse me goudronner les poumons en paix…

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Mar 1 Déc - 20:46





Nouveau patron, nouvelles galères ?


Violence, passion, est-ce la même chose ? Il avait été entrainé au combat, pas à celui-ci. Se battre pour ne pas se perdre, se battre pour que l’autre qui comptait à ce moment-là ne se perde pas. Aucune passe d’arme ne l’avait préparé à cette lutte entre deux corps meurtris. L’un par l’influence de l’astre nocturne, l’autre par celui qui était son esclave. Mais pourtant, alors que les lèvres et les mains d’Alessandro revendiquent un par un tous les territoires de chair de Jansen, ce dernier apprend à céder, et trouve dans cette défaite une conquête. Avec pour seule arme son corps retrouvé, sa voix qu’il ne donne qu’a Alessandro pour cette nuit, il se lance à la conquête de la Lune, il lui fait la guerre. Il ne la laissera pas gagner, quitte à payer chaque petite victoire par le sang concédé…

Leur regards sont chevillés l’un à l’autre, leurs corps ondulent, et le loup découvre ce nouveau territoire offert, parcourant les vallées et les monts du sanctuaire de chair et de sueur, de muscles tendus et de frissons que lui offre Hyacinth. Il se fait entreprenant, conquérant, pendant que le jeune Drus se laisse aller au plaisir, et que ses mains se perdent dans les cheveux et sur la peau du bel italien. Sa forme de loup ne le gêne pas, mais petit à petit elle reflue, ne laissant qu’un désir brulant qu’il concède à assouvir. Les mots prononcés par Alessandro chantent, le cajolent, l’excitent et Jansen se laisse sombrer dans les eaux noires des yeux de son amant. Il flotte, dans une pesanteur de désir et de crainte, mais toujours il trouve Alessandro qui le retient, qui l’enserre, qui ne le laissera pas sombrer ou peut être bien qu’il l’entrainera au fond avec lui.

Les ongles de Hyacinth tracent des sillons de plaisir sur les muscles du dos d’Alessandro, et se laisse emporter par lui, ses râles devenant sa nouvelle symphonie.

Quand, enfin, Alessandro s’écroule, en sueur, sur lui, il ferme les yeux de plaisir, sentant le poids de son corps sur lui dans son dos, sans le poids des remords. Les mains d’Alessandro enserrent ses poignets, et son souffle caresse son cou. Il est encore en lui, et Hyacinth ne veut rien y changer. Alessandro ne le laisse pas partir, ne le laisse pas bouger. Mais au regard de l’astre nocturne, Hyacinth savoure sa victoire, car il revendique Alessandro et le soustrait à son influence. Alessandro est à lui, et il ne le rendra pas à la blanche jalouse. Il le gardera près de lui, prêt à souffrir pour ça. Mais pas prêt à renoncer à ce qu’il est, à la prérogative sur son corps, car c’est la seule chose qu’il a réussi à retrouver jusqu’ici et qui lui appartienne vraiment. Comme les plantes agripantes, il laisse Alessandro lui enserrer les poignets, en guise de possession, mais les mains de ce dernier ne peuvent décrocher de Hyacinth, qui s’endort en ayant l’impression de posséder à son tour Alessandro.

Lorsque Alessandro se réveille, Hyacinth remue doucement, pour profiter du contact de sa peau, ne sachant pas comment va évoluer la suite, ni si il y en aura une. La pièce est blessée elle aussi, témoin de la violence de la veille. Avec un ton de voix incertain, Alessandro lui demande ce que signifie la lettre,alors Jansen lui répond la vérité. Il se retourne, l’observant, alors qu’il reste interdit en regardant la lettre, pour finalement l’emporter avec lui, descendant les escaliers.

Jansen soupire, se mordillant le pouce. Et maintenant, que faire ? Il se lève, et observe le ciel, encore nu, et toujours bouleversé par l’enchainement des événements. Mais il est heureux, car il a réussi à aider Alessandro. Mais quelle était la part venant de la Lune et la part venant de son patron ? Ne sachant pas comment gérer la suite, il se met à ranger ce qu’il peut, comme pour réparer en partie la violence dont il a fait partie. La violence d’Alessandro. La douceur de ses mots. La douleur de ses coups. La délicatesse de ses caresses… Qui est-il ? Et vers quelle lumière se tourner ? Celle de sa douceur, belle, délicate, dorée comme la caresse du soleil, ou celle de sa violence, torturée, intense, authentique, perdue ? Jansen ne voulait pas du soleil, ni de l’obscurité. Il voulait être dans ce moment à nul autre pareil, vécu avec lui… Plus qu’un acte sexuel, pas encore un acte d’amour, mais définitivement une ode à sa possibilité d'amour.

Entendant Alessandro remonter les escaliers, avec des tintements étrange, il réalise qu’il n’a pas eut le temps de se préparer à ce nouvel affrontement. Il y a a peine 6 heures, il avait pris sa décision. Et maintenant il ne savait plus si c’était une bonne décision. Leur regards gênés se croisent, mais celui d’Alessandro glisse sur le corps encore nu de Jansen. Il semble comme perdu, et Jansen trouve adorable qu’il se soit donné la peine de remonter de quoi petit-déjeuner.

- Laisse… je rangerai. Je ne sais pas ce que tu bois le matin, j’ai pris un peu de tout…

Dan lui avait expliqué les différents cafés existants. Dolce, frappés, gourmands, italiens… Alessandro n’a pas le temps de voir le sourire lumineux que lui envoie Jansen, et ce dernier le voit partir avec son italien, le posant sur le rebord de la fenêtre. Le jeune Drus l’observe, et se perd dans son souffle matérialisé par la fumée, qui s’échappe, libre, sans contrainte, dans le ciel. Il le voit apaisé, et peut être un peu triste ? Il regarde son corps se découper à travers la lumière filtrant du dehors, et sa chemise encore ouverte. Il remarque également sa lettre, sans doute pas encore ouverte, dans la poche. Il aime le voir ainsi, le contraste est si saisissant par rapport à la veille.

- C’est effectif à partir d’aujourd’hui ?

Jansen soupire, ayant pris lui aussi un italien, et humant l’arôme fort.

-oui. A partir d’aujourd’hui.

Les épaules d’Alessandro s’affaissent. Cela fait aussi mal à Jansen, qui se rapproche, et pose son italien à côté de la tasse vide d’Alessandro, arrêtant son geste alors qu’il va pour s’allumer une nouvelle cigarette.

Alessandro le regarde, à la fois irrité, et un peu perdu, son regard triste mais fier. Jansen prend alors son café et le boit, commentant.
-amer, mais fort, généreux. C’est aussi comme ça que j’aime mon italien.

Un petit sourire se dessine sur ses lèvres, et Alessandro semble encore plus perplexe. Jansen ne souhaite pas jouer avec lui, il ne fait qu’exprimer sa propre perplexité, ses propres contradictions. Se collant contre Alessandro, lui embrassant le cou, son corps nu caché par les pans de la chemise de l’italien, il passe ses mains dans le dos d’alessandro, et finit par descendre sur le galbe de son fessier, prenant au passage la lettre.

S’écartant un peu, il l’ouvre devant les yeux noisettes du loup apaisé, mais se croyant victime à tord d’un jeu cruel du jeune Drus. Ce dernier se met à lire à voix haute la lettre.
« Cher Alessandro… Je vous adresse cette lettre pour vous signifier ma décision. Suite à notre entretien, vous avez fait naitre en moi des espoirs pour mon avenir ici. Cependant… » Dans un geste volontairement trop large, Jansen laisse la lettre s’envoler au loin, suivant dans une imitation un peu pataude la trajectoire de la fumée laissée par le souffle d’Alessandro.

Les yeux plantés dans ceux de ce dernier, se collant de nouveau à lui, il poursuit
-Cependant je ne renoncerai pas à toi aussi facilement. Je veux me battre auprès de toi, et s’il faut laisser un tribu de sang pour que tu sois apaisé, et que tu dormes contre moi, alors je le ferais. S’il faut souffrir pour y arriver, je le ferai. Si je dois passer ne serait-ce que quelques minutes tous les jours ici, pour que mon odeur t’accompagne dans ces épreuves, et que tu ne te sentes pas seul, alors oui.

Le cœur de jansen bat plus vite. Il n’est pas amoureux, pas encore, mais il se donne la possibilité de l’être. Il a peur, il ne sait pas si cette décision est stupide, courageuse, ou destructrice, mais il ne reviendra pas sur celle-ci.. Embrassant Alessandro, savourant l’odeur du café sur sa langue, l'odeur de son parfum présent sur la chemise, et sur son corps, et sentant les mains de ce dernier le caresser avec douceur, il conclue :
- et c’est effectif à partir d’aujourdhui.


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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Jeu 3 Déc - 18:23



Il était une fois l’amérique


Feat : Jansen Avery


La fenêtre de ma chambre donne sur la ruelle qui est à l’arrière du Pink. Cette arrière cours m’offre un paysage de béton, de briques poussiéreuses et d’escaliers de secours. En bas, un chat se prélasse sur le couvercle d’un conteneur poubelle qui chauffe doucement sous les rayons du soleil matinal. Une légère brise dérange mes cheveux et joue avec les pans de ma chemise. J’ai passé une nuit que je qualifierais de sublime, bien que commencée dans les affres habituelles des nuits de pleine lune. Le réveil aurait pu être délicieux. Mais la douche fut glaciale.

« Ma démission »…

J’aurais dû lui sauter dessus, et l’obliger à revenir sur sa décision. Mais je suis là, devant la fenêtre, bataillant à sortir une cigarette de mon paquet. Mon geste est maladroit, pour la première fois de ma vie, je ne sais pas quoi faire et me sens totalement impuissant. Que m’a fait Jansen ? Je sais que certains être surnaturels peuvent influencer le comportement des autres. Cela vient forcément de lui, je ne peux pas défaillir ainsi… Mon âme me dit de hurler, et de me battre pour le garder auprès de moi, de l’asservir à moi car il est devenu une composante essentielle à ma propre survie. Pourtant, mon corps ne bouge pas sinon pour extraire cette maudite cigarette qui se fait à son tour rétive. Jamais je ne me suis résigné sur quoi que ce soit. Je me suis toujours battu, crocs et griffes dehors s’il le fallait.

- C’est effectif à partir d’aujourd’hui ?
- Oui. A partir d’aujourd’hui.


Résigné… Est-ce là ma punition pour tout le mal que j’ai pu faire ? Tous les faux espoirs que j’ai donnés à d’autres ? Suis-je en train de payer pour mon arrogance passée ? Moi, cet homme si sûr de moi, sûr de mon charme et de mon emprise sur les autres. A mon tour de me faire jeter, et balayer… Sans m’en rendre compte, je me voute, j’accuse le coup sans réagir. C’est donc ça la douleur du cœur ? Dieu que c’est sournois. Je préfère de loin une blessure physique… une blessure visible que l’on peut panser et faire guérir. Car celle-ci, même si elle se refermera un jour, me laissera à jamais une cicatrice invisible.

Jansen vient poser l’italien qu’il a finalement choisi à côté de moi. Dernière provocation, son odeur m’enveloppe, enivrante et apaisante. Je le regarde, irrité de me tenter ainsi. Il tient sa vengeance. Et comme les vaincus, je n’ai pas vraiment mon mot à dire, sinon que de subir à mon tour. J’enrage, mais la colère ne monte pas.

- Amer, mais fort, généreux. C’est aussi comme ça que j’aime mon italien.
- …


Je ne comprends plus rien. Quel jeu joue-t-il ? Il repose la tasse qu’il vient de boire et se colle contre moi. Le contact avec sa peau nue m’électrise. Un frisson me parcourt l’échine quand ses mains se glissent dans mon dos. Je ferme à moitié les yeux et penche légèrement la tête en arrière, savourant sa présence sensuelle. Je suis prisonnier de ses effleurements, me retenant avec difficultés de le serrer fort contre moi et de parcourir son corps encore nu. Quand sa main prend sa lettre dans la poche de mon pantalon, mon cœur bondit dans un fol espoir. Va-t-il finalement la déchirer ? Mais nouveau coup de poignard, il s’écarte de moi et ouvre l’enveloppe.

- Cher Alessandro… Je vous adresse cette lettre pour vous signifier ma décision. Suite à notre entretien, vous avez fait naitre en moi des espoirs pour mon avenir ici. Cependant…

Je serre les dents. Il ne devrait pas trop jouer sur sa capacité à me calmer. Une boule de colère nait dans mon ventre. La lune est toujours là, cachée dans le ciel lumineux. Je le regarde, menaçant. Le volcan explosif que je suis, va bientôt entrer en éruption. Je ne veux pas lui faire de mal… mais il ne faut pas venir agacer un fauve, sans s’assurer de pouvoir se mettre rapidement en sécurité. Mon regard change et la couleur noisette laisse place à un bleu qui annonce la couleur de mon passé, celui d’un meurtrier.

La lettre s’envole dans l’air du matin. Le temps s’arrête. Je le regarde comme un fauve observe sa proie, attentif au moindre geste, au moindre mot, prêt à fondre sur lui.

- Cependant je ne renoncerai pas à toi aussi facilement. Je veux me battre auprès de toi, et s’il faut laisser un tribu de sang pour que tu sois apaisé, et que tu dormes contre moi, alors je le ferais. S’il faut souffrir pour y arriver, je le ferai. Si je dois passer ne serait-ce que quelques minutes tous les jours ici, pour que mon odeur t’accompagne dans ces épreuves, et que tu ne te sentes pas seul, alors oui.

Son cœur bat à une vitesse folle quand il vient de nouveau se coller contre moi et m’embrasser passionnément. Je bois ses lèvres comme un naufragé du désert, avide et assoiffé.

- Jansinio…
- Et c’est effectif à partir d’aujourdhui.
- Tu vis dangereusement à me provoquer ainsi passerotto. Sei tanto sexy…  Comment me passer de toi


Mes mains descendent sur ses fesses et le ramènent contre moi. Je l’entraine dans une ronde où il finit le dos plaqué contre le mur. Ses mains caressent mes épaules qu’elles dénudent, faisant tomber ma chemise sur mes avant-bras. Je me défais du tissu noir et lui pose la chemise sur ses épaules comme une cape. Mes mains descendent le long de son corps, glissent le long de ses côtes, s’attardent sur ses hanches pour venir lui attraper l’arrière des cuisses et le hisser contre moi. Ses jambes se referment sur mes hanches alors que son dos prend appui sur le mur. Mes bras le soutenant, je n’ai que mes lèvres pour agacer ses sens. Je dévore à nouveau son cou de baisers.

- J’ai encore faim, tresoro mio…

Nos regards s’accrochent et ne se lâchent pas. Une de ses mains quitte mes épaules où il s’accroche pour descendre sur la fermeture de mon pantalon.

(…)

La chambre est encore plus en désordre qu’après notre première bataille. Cigarette au coin des lèvres, je regarde le plafond. Jansen est couché sur moi. Ses doigts caressent doucement ma peau. Du regard, je cherche le cendrier, pour me souvenir qu’il est quelque part sur le sol, fracassé. D’une pichenette, j’envoie mon mégot voler vers la fenêtre non sans épandre sa cendre dans un bel arc de cercle.

- Il faut songer à… aménager cette pièce si tu y viens…

Jansen lève la tête et me sourit. Ses doigts ont arrêté de jouer sur ma peau.

- No, non smettere, Jansinio…

D’un mouvement de rein, je le renverse et me colle à mon tour sur lui. Je l’observe avec voracité. La courbe de son menton, sa barbe naissante, la couleur de ses yeux.

- Jansinio, tu es comme una foresta… Je ne sais pas pourquoi ta senteur m’apaise. Mon loup se sent rasséréné par ta présence… Tu as… une grande ascendance sur moi… mais n’oublie pas que je suis comme un volcan… Je ne peux pas promettre de ne pas te blesser… Cela ne sera pas volontaire… c’est ma nature, je suis arrogant et impulsif. N’espère pas me faire changer… Cependant, je te promets de veiller sur toi… Toutefois ne t’éloigne pas trop, je suis bien trop possessif et jaloux pour te lâcher si facilement…

Mes doigts se perdent dans ses cheveux. Je souhaite être le plus honnête possible. Je ne suis pas le plus facile des compagnons. Mais pour lui, je me sens capable de faire des efforts. En bas, Dan s’agite et peste. J’ai laissé le porte filtre avec le café engagé dans le percolateur. J’ai du mal à me défaire du contact de Jansen. Je l’ai invité à se servir dans ma penderie, ses affaires ont subi l’attaque de mes griffes… Il choisit une chemise avec une coupe ajustée qui lui va plutôt bien, surtout en n’ayant que cela comme vêtement…

(…)

L’ambiance au Pink est redevenue cordiale. Je n’étale pas ma relation avec Jansen, mais le personnel n’est pas dupe d’un certain rapprochement entre lui et moi. Le soir, je raccompagne à leur domicile ceux qui n’ont pas de voiture. Jansen fait parfois le chemin aller et retour à la case départ : le Pink Print.

Je travaille sur les plans pour réagencer totalement l’arrière salle du bar, et de créer une cuisine. Car si même si Charlie n’accepte pas mon offre, je compte bien proposer à ma clientèle que quoi se restaurer rapidement. J’étudie aussi une possibilité d’agrandissement. Le magasin de gadgets électroniques qui jouxte le bar, bat de l’aile. J’y suis allé présenter mes salutations au gérant en bon voisin. Cela m’a permis d’analyser les lieux alors qu’il croyait à une visite de pure politesse. J’attends de recevoir le dossier que j’ai demandé sur lui. Il ne devrait pas être trop difficile de finir de couler son affaire et d’arriver comme un sauveur en lui rachetant son fond de commerce.

- Boss, il y a un client qui souhaite vous saluer.
- OK Jessie, j’arrive.


J’enregistre les différents documents qui sont ouverts sur mon PC et enclenche la veille active de celui-ci J’attrape mon paquet de cigarette, je vais en profiter pour en griller une après. Dans la salle, Jessie et Jansen s’activent à servir les clients qui commencent à affluer en ce début de soirée. Il n’y a pas de show ce soir.

Jessie m’indique une table dans un angle de la salle. Un homme regarde avec nonchalance la carte de nos boissons. Vincenzo Leonelli…. Je marque un temps d’arrêt. OK… Le répit aura été de courte durée… Je demande deux whiskies à Jerry, de l’Irish Single Malt. L’alcool dépasse les 53%, il arrache la bouche et a un gout très prononcé que seuls les amateurs de whiskies apprécient. Je connais les gouts de Vincenzo pour ce type de breuvage. Je prends le plateau que me donne Jerry. Le ton de ma voix a dû l’alerter, son service est impeccable. Mon invité surprise m’observe. Et c’est parti pour le grand cinéma à l’italienne… Ça faisait longtemps…  Avec une souplesse animale, je me faufile vers la table du numéro deux de la branche napolitaine de San Francisco. Je parie à dix contre un, qu’il va me dire qu’il passait par là par le plus grand des hasards et a souhaité prendre des nouvelles.

- Ciao Alessandro! Stavo attraversando Beacon Hills, ho smesso di prendermi da te.
- Ciao Vincenzo ! Che gioia vederti !


Il se lève, j’écarte les bras pour lui donner une accolade fraternelle et très familière, sa main venant négligemment atterrir sur le bas de mes reins, ou plutôt le haut de mes fesses.

- Ancora bello, non si cambia!
- Per contro di voi …


Vincenzo  part dans un rire franc, mais je sais que ma pique l’a mouché. Il n’aime pas qu’on lui rappelle son ventre qui avec l’âge, lui donne des allures de femme enceinte. S’il croit pouvoir me trouver aussi docile qu’il y a quelques années, où je payais volontiers de ma personne  afin me faire une place et de bons appuis dans la Famille, il va comprendre que la donne a quelque peu changé.

- J’ai appris que l’air de Los Angels ne te convenait plus.
- Un peu trop… plombé à mon gout.
- Je n’imaginais pas que toi le bel Alessandro Amaro vienne s’enterrer dans ce trou paumé… Il y a de la place à San Francisco pour les hommes de ta trempe…
- L’air y est tout aussi… plombé qu’à LA…
- Voyons !


Nos sourires sont larges sur nos visages. Négligemment, je tourne la tête vers la vitrine. Deux types attendent, l’un semble absorbé sur une appli de son téléphone, l’autre lit le journal de la veille si je me fie à ma vue perçante. De l’autre côté de la rue, une limousine noire aux vitres teintées attend sagement. Au moindre geste maladroit de ma part et le bar se transforme en champ de tir.

- Ils n’apprécient pas tes talents à sa juste valeur Alessandro…
- Vue ma bonne santé actuelle, je crois bien que si Vincenzo.
- Tu pourrais avoir plus… grand comme établissement à gérer.
- Le Pink est un établissement prometteur.
- Les petits commerces ont souvent de tristes aléas…
- Les aléas trouvent toujours solution…


Jansen nous amène une nouvelle tournée, quand Vincenzo montre mon paquet de cigarette et m’en réclame une. Je lui en sors une à moitié et lui tends le paquet.

- L’établissement est non-fumeur, tu vas devoir aller la griller dehors. Je te tiendrai compagnie si tu le souhaite.

Au lieu de prendre la tige de nicotine tendue, Vincenzo emprisonne mon poignet entre ses mains. Il me faut toute mon habitude des manières de la pègre pour ne pas m’arracher à son étreinte. Je reste de marbre, attendant qu’il daigne prendre cette cigarette. Depuis qu’il est entré ici, il me jauge et me teste. Notre conversation amicale et polie est truffée de menaces cachées. Je tourne ostensiblement le dos à la vitrine et au trottoir où stationnent les porte-flingues de Vincenzo Leonelli. Je fais tourner mon verre entre mes doigts et laisse mariner mon interlocuteur. J’ai un atout majeur sur ce type qui attend patiemment de prendre un jour, la place de son patron. Il n’a aucune connaissance du monde surnaturel qui l’entoure. Alors autant dire que les conversations entre ses gardes par le biais de leurs oreillettes ne tombent pas dans une oreille de sourd.

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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Ven 4 Déc - 20:21





Les ailes du papillon


Jansen guettait la réaction d’Alessandro. Ce dernier était un volcan prêt à exploser, et Jansen n’avait jamais été très résistant face au feu, encore moins face à la lave en fusion. Et pourtant, face à lui, il avait envie de se brûler les ailes, de se brûler les lèvres. Son baiser passionné était spontané, et il y mit tout son cœur. Il avait entendu son portable vibrer, et il se doutait que ça devait être Brian, mais il lui répondrait plus tard. Son attention était entièrement tournée vers Alessandro. Le grain de sa peau, sous ses lèvres, était un délice. Ce mélange masculin de parfum et de nicotine était très plaisant pour le jeune danseur.

- Jansinio…Tu vis dangereusement à me provoquer ainsi passerotto. Sei tanto sexy…  Comment me passer de toi…



La voix du bel italien chantait et résonnait dans tout le corps de Jansen. Il aimait cet accent, et la sensualité des sonorités de cette voix. Il espérait que son propre accent français puisse le séduire. Oui, il vivait dangereusement. Alessandro était comme un prédateur, en fait il en était littéralement un, maintenant qu’il connaissait son secret. Mais son magnétisme animal était beaucoup trop puissant pour que le jeune danseur puisse y résister. Il n’en avait de toute façon pas envie. Une voix, bien trop raisonnable, lui indiquât, dans sa tête, qu’il risquait de se brûler les ailes, mais il la fit taire.

Alessandro parcoure de nouveau son corps, plaqué contre lui, et l’entraine dans une roulade sensuelle, pour finalement le plaquer contre le mur. Sans violence, ce coup-ci. Ses yeux redevenus noisettes sont un feu ardent, qui ne laisse pas Jansen indifférent. Se cambrant, en sentant les mains d’Alessandro sur ses fesses, il parcoure lui-même le chemin entre le cou, les deltoïdes et les épaules de l’italien. La chemise tombe sur les bras d’Alessandro et se dernier la place autour de Jansen. Son odeur l’enveloppe. Il se sent bien, et très excité, comme peut le constater rapidement son patron.

Ses caresses lui déclenchent des frissons et lorsqu’Alessandro le hisse contre lui, Jansen s’accroche à lui, de ses jambes nouées comme des lianes, prêt à revivre des moments aussi intense, mais sans l’influence violente de la lune. Ses baisers sont un délice, et Jansen lui tend son cou, en signe de reddition. Il sait les loups sensibles à cette attention. Dans le monde animal, c’est un signe de confiance absolue, quand un loup tend son cou à un autre. Jansen n’est pas un loup, mais la nature profonde d’Alessandro comprend le message et grogne de plaisir.

- J’ai encore faim, tresoro mio…

Ils passèrent encore beaucoup de temps à profiter l’un de l’autre. Jansen est allongé sur Alessandro, caressant son torse. Il est beau, fort, et souple comme l’animal qui est en lui. Jansen y trouve un charme détonnant, et se laisse porter par ses sentiments ambigus envers son patron. Ce dernier enchaine encore une nieme cigarette avant de la jeter par la fenêtre.

- Il faut songer à… aménager cette pièce si tu y viens…
Le jeune Drus penche la tête, s’étant relevé, et sourit à Alessandro.

-tu penses à quels aménagements ? Une infirmerie ?

Mais Alessandro ne relève pas la provocation.

-No, non smettere, Jansinio…

Il aime la façon dont il l’appelle. Il a l’impression d’être spécial, de vraiment lui plaire. Mais est-ce le cas ? Ou Alessandro fait-il régulièrement ce numéro de charme, comme lors de sa présentation avec Anna ? Jansen est perplexe. Ce bel italien est bien trop séduisant pour se contenter de lui, il en est sûr. Il devrait s’en foutre royalement, après tout, il n’y a eu aucune promesse, mais il ressent cependant une certaine tristesse, presque une déception. Alessandro à la beauté, le pouvoir, l’argent, et ce magnétisme animal qui doit lui ouvrir les bras de n’importe quel amant ou amante… Et puis quoi ? Quelle affaire ! Jansen serait tout de même la pour lui les soirs de pleine lune.

-Jansinio, tu es comme una foresta… Je ne sais pas pourquoi ta senteur m’apaise. Mon loup se sent rasséréné par ta présence… Tu as… une grande ascendance sur moi… mais n’oublie pas que je suis comme un volcan… Je ne peux pas promettre de ne pas te blesser… Cela ne sera pas volontaire… c’est ma nature, je suis arrogant et impulsif. N’espère pas me faire changer… Cependant, je te promets de veiller sur toi… Toutefois ne t’éloigne pas trop, je suis bien trop possessif et jaloux pour te lâcher si facilement…

Il le regarde avec un vrai désir.

-moi aussi je veillerai sur toi. Et je veux pas que tu me lâches. Je suis très bien la ou je suis, dans tes bras. J’aime pas les clopes. Mais j’aime sentir l’odeur des clopes sur toi, avec ton parfum. J’aime pas la violence. Mais j’aime ta passion. Je n’aime pas les menaces, mais j’aime ta voix, ton accent, le chant que j’entends derrière les mots.

Jansen l’embrasse de nouveau, caressant les cheveux de l’italien.

-j’aime pas ta souffrance, mais j’aime savoir que tu as une fragilité. Je te ferais pas chier, Alessandro. Je m’imposerai pas. Je ferai mon travail, comme avant. Et dès que tu sentiras que ça va pas, je serai la… Je serai la aussi si ça va

Le sourire du jeune Drus est contagieux.

Alessandro est descendu, et Jansen boit un dernier café, ayant posé sur ses épaules une chemise prise dans les affaires d’Alessandro. Il l’aime, cette chemise. Il n’a jamais eu de vêtement aussi cher, aussi bien coupé. Et puis elle est à lui. Sur le lit il y a encore la chemise noire que portait Alessandro hier. Il la ramasse et s’enivre de son parfum. Qu’allait-il faire à présent ?
Descendant un peu plus tard, ayant pris le temps de répondre à Brian, Jansen tombe inévitablement sur Dan, qui le regarde avec un air indéchiffrable.

-j’espère que tu sais ce que tu fais, gamin

Ce cher Dan.

- oui, ne t’inquiète pas. Et merci de t’inquiéter. Tu es presque comme un père pour moi.

Dans répond d’un ton bourru pour masquer sa gêne. Il a compris, bien sûr. Et les autres comprendrons surement aussi, ils ne sont pas idiots.. Mais jansen se fait la promesse d’être le plus discret possible à ce sujet. Les jours suivants sont presque euphoriques pour le jeune Drus. Il aime ce moment, quand Alessandro le ramène chez lui, et qu’il lui fait ce sourire irrésistible, pour finalement refaire le chemin inverse. Il aime se réveiller contre sa peau chaude et sentir ses bras possessifs autour de lui. Mais il ne s’impose pas. Il se contente de prendre les moments que le bel italien veut bien lui donner.

Est-il heureux ? Pas encore. Pas vraiment. Mais c’est une bonne imitation. Des sms amusés sont échangés régulièrement avec Brian, et ce dernier semble ne pas vouloir trop intervenir. Pourtant, Jansen sent qu’il n’apprécie pas spécialement Alessandro. Les deux frères ont repris leur entrainements et Jansen est rassuré de voir que les cicatrices de Brian ne sont plus qu’un souvenir rosissant, tout comme leur joues à tous les deux quand ils mentionnent leur nuits parfois très brulantes… Littéralement pour le cas de Brian, avec l’espèce de chaudière ambulante qui lui sert d’oreiller.

Ce soir la, des clients étranges semblent attendre Alessandro. Jansen leur jette un regard furtif, étant en service, mais spontanément, il n’aime pas le regard que l’homme pose sur son patron…. Ce n’est pas son affaire. Ayant apporté les commandes, il ne peut cependant pas s’empêcher de rougir et de sourire quand la main d’Alessandro touche par hasard celle du jeune serveur. Un hasard ou une manœuvre de sa part ? Il aime son contact.. C’est dangereux, mais grisant.
Quand il se retourne, quelques pas plus loin, il remarque le regard acéré que lui lance l’autre homme, puis son sourire mesquin quand il se reporte sur Alessandro. Les sourcils froncés, Jansen se retourne, essayant de se concentrer sur son travail plutôt que sur ses craintes…. Peine perdue.. Ses coups d’œils fréquents, inquiets, rencontrent systématiquement le regard de l’autre homme…  Merde !

Alessandro, pour sa part, ignore ostensiblement Jansen, mais ce dernier trouve ça mieux comme ça. Il doit rester professionnel. On ne couche pas avec son patron ! Peut-être que ce soir, il reviendra la ? Oh, il aimerait bien revenir la ce soir. Il a envie de sentir la peau d’Alessandro contre la sienne.

Son téléphone vibre. Amusé, il s’attend à devoir répondre à Brian.

Numéro inconnu.

« Elle a crié, avant d’avouer… Tu crieras aussi, sixième ronce. Profite bien de cette terre, tu en paieras le prix, très vite »

Son cœur manque de s’arrêter. Une terreur sans nom le submerge, sans doute ressentis à l’autre bout de son lien par Brian. Il n’arrive plus à tenir debout sur ses jambes flageolantes… Qui ? Et pourquoi maintenant ? Tremblant comme une feuille il tente de se reprendre.



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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Dim 6 Déc - 22:32



Il était une fois l’amérique


Feat : Jansen Avery


Vincenzo Leonelli n’a pas l’habitude de se déplacer pour des affaires mineures. La rivalité entre la pègre napolitaine qui tient Sans Francisco et celle sicilienne de Los Angeles, n’est pas un secret dans le milieu. Se servir de ma disgrâce temporelle pour me débaucher est malin. Mais je vois à long terme. Et le long terme c’est LA et non San Francisco. Puis, le clivage est ainsi fait, même si je roule pour Vincenzo, je resterai le sicilien… Donc aucune réelle chance de grimper dans les hautes sphères à part de réaliser le prodige de prendre carrément la tête de l’organisation de San Francisco. J’ai peut-être les dents longues, mais je suis loin d’être stupide. Je ne cherche pas à terminer ma carrière en « parrain ». Car mine de rien c’est un travail à temps plein. J’ai une très bonne idée de ce que je souhaite faire. Et pour l’instant gérer le Pink, l’agrandir et me faire une place à Beacon Hills, me plait bien plus qu’un job de sous fifre à la solde de Vincenzo, dont je n’aime pas du tout le regard qu’il porte sur Jansen… D’ailleurs ce dernier reçoit un appel, mon oreille de loup reconnait la discrète sonnerie de son téléphone. Si je ne peux entendre ce que lui dit son interlocuteur, j’entends parfaitement son cœur défaillir. Je dois me contenter de l’observer par le miroir qui orne le mur. Vincenzo scrute la moindre de mes réactions. Est-il à l’origine du coup de fil que vient de recevoir Jansen ?

- Allons griller cette tige à cancer dehors, pas que je m’ennuie, mais le bar a besoin de moi.
- Andare lì !

Serviable, je laisse passer mon visiteur, mais celui-ci refuse et m’indique de passer devant lui. Ne jamais tourner le dos à un ennemi potentiel… Mais là je n’ai pas le choix, je sors sur le trottoir, mes pas emboités par ceux de Vincenzo. Dehors, ses gardes se rappellent à mon bon souvenir. Tandis que l’un tapote le flan de sa veste marquée par la bosse d’un holster, l’autre fait mine de refaire son lacet remontant suffisamment le bas de son pantalon pour me montrer la lame cachée. L’authentique folklore à l’italienne… J’allume ma cigarette, puis celle de mon invité. L’air emporte nos fumées comme notre conversation qui se poursuit dans un italien rapide. Cette langue est sonore et rythmée, difficile de savoir si nous nous menaçons ou si nous nous disons des gentillesses… Il est temps de clore.

- Tu sei qui da solo Alessandro…
- Credi?


Je garde mon assurance, car je sais qu’il n’ordonnera pas qu’on me colle une balle dans la nuque, du moins pas dans l’immédiat. Il s’est déplacé en personne, cela donne le niveau d’importance que j’ai à ses yeux. Il pense avoir besoin de moi. Il croit que j’ai des dossiers importants sur un type de LA qu’il aimerait faire tomber légalement. Mes « assurances vie » qui me permettent d’être encore en vie et de le rester... Par contre, le dossier dont s’entretenaient ses hommes de mains n’est qu’un coup de bluff de ma part. Il est vrai que dans tout ce que j’ai prétendu avoir, certaines choses sont de beaux fakes. Mais la réalité consistante des autres dossiers, leur donne une existence substantielle à défaut de réellement exister. Toutefois je dois rester prudent, car Vincenzo n’a pas tort. Ici je suis seul… Il devient urgent que je recrute du monde. Si je suis presque certain d’embaucher Charlie, il ne pourra pas toujours être derrière mes fesses surtout quand il sera derrière ses fourneaux…

- Ciao Vinsenzo, i miei rispetti a Graziella.
- Christina…
- Ce tombeur…


Petite moue de fierté de la part de pingouin qui n’arrive à coller une belle fille dans son lit que grâce à la peur qu’il inspire sur les proches de sa proie. Je jette mon mégot au loin et rentre dans le bar sans me retourner sur la limousine qui démarre doucement. Je m’enquière auprès de Jansen. Lui demandant s’il va bien. Il me répond que oui, les battements de son cœur le contredisant avec une belle raté de rythme.

- Jansinio, je ne veux pas que tu ais des soucis par ma faute.

Il m’assure que ce n’est pas le cas. Son cœur me dit qu’il est sincère. Mais il est effrayé. Alors quand arrive le moment où je reconduis une partie des employées chez eux, Jansen revient avec moi. Ce soir, nos étreintes sont presque chastes. Il met du temps à s’endormir pelotonné contre moi. Il est inquiet et n’a rien voulu me dire sur ce qui le ronge. Il serait peut-être nécessaire que je contact ce Brian. Il en parle comme d’un frère. Si c’est bien la relations qu’ils ont, ce type doit savoir ce qui peut faire peur à Jansen.

(…)

Deux jours sont passés, j’ai embauché un type en intérim. Son poste officiel est la sécurité du bar. Je lui ai dit que l’on pouvait s’attendre à des « problèmes » de la part de la concurrence. Le type, la quarantaine à peine passée a de bonnes références et semble connaitre son métier. Il ne sera peut-être pas efficace contre des types de la mafia, mais il aura le mérite d’interférer suffisamment pour m’alerter.

Charlie passe souvent au Pink avant de prendre son service dans le diner où il bosse. A chaque fois nous discutons soit de ses ennuis avec la flicaille. Il semble que son « oubli » d’aller se présenter à la volaille ait amené la dite volaille sur son lieu de travail. Soit il me donne son opinion sur les travaux que j’envisage.

Ce soir Jansen danse et comme à chaque fois qu’il paye de son corps pour le spectacle, je lui refuse l’accès de ma chambre pour qu’il se repose et aussi qu’il n’y ait pas d’amalgame entre son travail et… nous deux. Ce n’est pas dans mon habitude d’être fidèle, mais je regarde un peu moins à droite et à gauche depuis qu’il passe souvent ses nuits avec moi.

Je claque la portière et la verrouille avec la commande. J'ai raccompagné tout le monde. La ruelle derrière le bar est tranquille. Le vent apporte même une odeur apaisante. Je suis fourbu, les travaux pour le bar vont bientôt commencer, il y a une quantité astronomique de détails à régler. Avec agacement, je vois que le couvercle du conteneur poubelle du bar est resté ouvert. Cela va attirer tous les chats et chiens du quartier et mettre une belle pagaille. Alors que je ferme le conteneur, un choc violent à la nuque me prend par surprise. Je sens mes jambes me lâcher, puis c’est le trou noir.

(…)

J’ai un mal de crâne carabiné. J’ai froid, le devant de ma chemise a été ouvert brutalement, il manque la moitié des boutons. J’ai les mains ligotées au-dessus de la tête. La brûlure de l’entrave, m’indique que mes liens sont en sorbier. Mon cœur fait un bond. Vincenzo sait pour ma nature de lycan ! C’était mon seul atout contre lui… mes capacités surnaturelles qui me permettent d’écouter ses hommes au-delà de la vitrine, de sentir leur présence… Comment ont-ils fait derrière le bar ? Je ne les ai ni sentis, ni entendu venir…

Je regarde autour de moi. Je suis complètement désorienté. Je crois que je suis en pleine forêt, je sens l’écorce rugueuse d’un arbre dans mon dos. Ce n’est pas dans les habitudes de la mafia qui préfère vous ligoter sur une chaise métallique avec une baignoire à coté et un groupe électrogène pour pigmenter la chose.

Un rire cristallin me fait tourner la tête sur la gauche. La fille qui s’avance est belle, mais son regard sur moi est féroce. Elle exhale le même parfum que Jansen… Mais autant celui de Jansen m’apaise, là mon instinct animal me crie que je suis en danger. Alors quand les yeux de la fille s’éclairent d’une lueur émeraude, je sors mes crocs et grogne une menace. Je ne peux rien contre ses liens d’apparence fragile… Je ne comprends rien. Cette fille… et celle qui arrive à ses côtés sont-elles de mèche avec Vincenzo ? Forcément, sinon pourquoi me ligoter ? Mais pourquoi en forêt ?

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Mer 9 Déc - 9:52





Les ailes du papillon



Jansen était effrayé. Il pensait avoir fui suffisamment loin de sa sylve, et qu’il ne reverrait jamais ses tortionnaires. Mais le coup de fil qu’il venait de recevoir résonnait encore dans son esprit, comme une promesse insidieuse. Elles l’avaient retrouvé ! Et elles avaient avoué la mort de la fleuriste. Une SerreVive, qui pouvait être assez cruel pour assassiner une telle personne ? Les SerreVives ne prenaient pas part à la politique, ni à la guerre. Elles étaient le lien spirituel, les garantes de la mémoire collective. Il fallait des années pour achever leur formation. Hyacinth ne connaissait pas la défunte, mais cette dernière lui avait donné une terre spéciale, qui était visiblement convoitée par les assassins envoyés à ses trousses. Et cette terre avait été répandue au pied des rosiers de Brian. Etait-ce ce qu’avait prévu la SerreVive ? Et pour quelle raison ? Soudain sa vie qui lui paraissait si brillante se révélait plongée dans l’obscurité. A qui en parler.  ... Brian ? Alessandro ? Jordan ? Il ne voulait pas les impliquer, c’était son fardeau, son combat… Car il n’en doutait pas à présent, il lui faudrait se battre. Il ne fuirait plus. Il ne voulait pas passer une vie à fuir. Si elles l’avaient retrouvé ici, elles le retrouveraient n’importe où.

Le jeune homme jeta un regard indéchiffrable à Alessandro, mais ce dernier était parti fumer dehors avec son interlocuteur. Hyacinth n’aimait pas du tout cet homme. Tout dans son attitude indiquait des ennuis potentiels. Et, pour une raison encore pas très définie, le jeune Drus n’aimait pas l’idée qu’Alessandro puisse avoir des ennuis, quand bien même il en serait responsable. Il avait juré de veiller sur lui, en souvenir du loup qui était à l’origine de sa fuite, de sa liberté. Il n’avait qu’une parole. Réfléchissant tout en s’inquiétant pour Alessandro, Hyacinth pensait à cette terre étrange. Celle qui avait non seulement changer son pouvoir sur les plantes, transformant les roses, mais également établit ce lien étrange qui existait à présent avec Brian. Il lui fallait masquer ses émotions, sinon ce dernier sentirait les affres et l’angoisse du jeune sylvain.
Reprenant son service, le jeune danseur avait les traits soucieux. Ce qui n’échappa pas au regard noisette d’Alessandro. Alors, quand ce dernier revint, seul, au soulagement de Hyacinth, il demanda à son employé si tout allait bien.

-pas de soucis, je suis juste un peu fatigué.

Gros mensonge… Hyacinth ne connaissait pas vraiment les pouvoirs des loups, aussi ne se doutait-il pas qu’Alessandro avait éventé la feinte… En revanche, il répondit sincèrement à l’inquiétude de son patron.

- Jansinio, je ne veux pas que tu ais des soucis par ma faute.

-Ce n’est pas le cas. Pas d’inquiétude à ce sujet. Merci, Alessandro

Le sourire pâlichon que le jeune Drus lui fit ne sembla pas vraiment satisfaire Alessandro, mais ce dernier n’insista pas. Le soir venu, cependant, Jansen fut heureux de revenir avec Alessandro au Pink Print, alors que ce dernier lui avait proposé, pratiquement arrivé au domicile de Jansen. Ce dernier le regarda avec beaucoup de gratitude, et d’envie. De retour dans l’appartement d’Alessandro, c’est un loup presque tendre que découvrit Jansen, et, après avoir lutté longtemps contre le sommeil, il finit par se laisser emporter, à l’abri dans les bras chauds de l’italien, son souffle le rassurant, son odeur masculine et légèrement marquée par la nicotine le réconfortant. Alessandro avait tenté de lui tirer les vers du nez, mais le jeune Drus avait tenu bon, se contentant de serrer un peu plus fort le bel italien.

Les jours suivants, Jansen se concentra sur son prochain spectacle, afin de ne pas sombrer dans la paranoïa. Il avait l’impression d’être épié, surveillé. Chaque fois qu’il se retournait rapidement, il avait la désagréable sensation d’avoir aperçu, en périphérie de sa vision, une ombre s’éclipser. C’est donc d’une humeur sombre qu’il prépara son spectacle. Pour la première fois, les clients qui assistèrent au show furent muets, captivés par l’ambiance, plutôt qu’excités. Jansen avait commencé de façon assez classique, si ce n’est que le sol de la scène avait été jonché de peinture noire. Il y avait également un mannequin, semblable à ceux qui servaient parfois aux couturières. Il était plongé dans la pénombre, et recouvert de formes indéfinissables. Enfin, un sceau empli de peinture rouge reposait, enveloppé de draps noirs, pour le camoufler, non loin du mannequin. Alessandro avait indiqué à Jansen qu’il pouvait acheter quelques éléments, en étant raisonnable, pour agrémenter les shows.

La lumière éclairait Jansen, et une musique lascive accompagnait ses gestes. Il se retrouva, au grès de sa danse, les pieds noircis par la peinture, nu comme un ver. Ses mouvements lui permettaient de masquer son anatomie intime. La musique se fit plus violente, et Jansen tomba à terre, comme foudroyé, déclenchant quelques cris inquiets de la part des clients. Mais Jansen enchaîna sa chorégraphie, se roulant au sol, souple et rapide, recouvert pratiquement entièrement de noir. La lumière éclaira alors le mannequin, qui ressemblait à un être recouvert de feuilles. Le sceau à côté était habilement camouflé de draps noirs, ce qui fait que seule une flaque rouge, représentant sa surface, flottait à quelque distance du sol. Sautant en tournant, comme un mouvement de danse martiale, Jansen trempa sa main dans le sceau, ou une dague reposait. La main et la dague maintenant rouge, comme du sang, il enchaina des tours sur lui-même, et le rouge formait des volutes sur son corps noir. A la fin de son mouvement, alors que plus aucune musique ne se faisait entendre, il planta son couteau dans le corps du mannequin. Reculant de quelques pas, haletant, dans une posture guerrière, la lumière s’attarda sur lui, dans un jeu d’ombre et de lumière, pour finalement s’éteindre. Il se passa quelques secondes, étranges, sans aucun son à part le tintement des verres au bar. Puis des applaudissements d’abord timides et ensuite déchainés saluèrent la prestation. Mais Jansen était déjà partit prendre sa douche. Ce soir il ne dormirait pas là, mais il aimait ce moment où il était chez Alessandro. Si ces mystérieuses ombres l’observaient encore, le message avait dû être clair. Partez ou subissez ma colère.

La fin de soirée approchant, Alessandro avait raccompagné Jansen chez lui. Cela faisait maintenant une bonne heure que ce dernier tentait de trouver le sommeil. En vain. Il décida de braver l’interdit pour retourner au Pink Print, quitte à subir les reproches d’Alessandro. Arrivé devant le bar, il appela son patron, qui ne répondit pas. Fronçant les sourcils, il grimpa par le côté cour, sautant souplement pour atterrir à la fenêtre ou il lui avait fait sa déclaration. Rien… Inquiet, il alla voir ou il garait sa voiture, et cette dernière était présente… Son cœur fit un bond lorsqu’il vit une feuille d’Automne, liée par un cordon rouge, laissée au sol. Le message était clair, et lui était adressé. Le portable d’Alessandro était lui aussi au sol. Tremblant de rage, Hyacinth le prit et le rangea dans la poche de son jean.

Qui qu’elles soient, elles avaient fait une erreur. Cette forêt, il avait eu le temps d’apposer sa marque, son habitude, dessus. Les troncs, les plantes, les fougèrent le connaissait, du moins il lui suffisait de se rappeler à eux. Il parvint rapidement à suivre une piste, sachant pertinemment qu’elles l’attiraient à lui. Au bout d’une course rapide, ne voulant pas s’épuiser à se téléporter d’arbre en arbre, il parvint à une sorte de petite clairière, et son sang se glaça en voyant Alessandro ligotté, sans doute par du Sorbier, ainsi que deux guerrières végétales. La faction guerrière se reconnaissait aux coupes de cheveux courtes de ses représentantes, à leur corps souple et noueux, et au marques rouges sombres sur leur gantelet de cuir. 1 marque pour une recrue, 2 pour une disciple, 3 pour une guerrière, 4 pour une épine et enfin 5 , formant une ronce stylisée, pour les 5 guerrières d’élites appelées les Ronces. Seule la cinquième, par bravoure ou égotisme, avait laissé ses cheveux longs.

-montre toi, petite sève, on sait que tu es la,


Dit la plus grande, en riant. Elle avait 3 marques sur son gantelet. L’autre, avec deux marques, caressait lascivement Alessandro pendant ce temps.

-je peux me le garder celui-là ? Pour m’amuser ? il est beau.

Alessandro était enragé, et son regard croisa celui de Jansen quand ce dernier se montra.

-laissez-le partir ! C’est moi que vous voulez !

-ah, te voilà, petite sève ! on a été un vilain garçon ! Il va falloir se rattraper ! Tu dois nous fournir des semences régulièrement, et tu as beaucoup de retard.


Jansen serra les poings, révulsés, alors qu’elle l’amenait près d’Alessandro, pour le narguer, une main déjà glissée dans le jean du jeune Drus.

-le fait que nous, les guerrières, ne puissions prétendre à une progéniture, ne nous empêche pas de vouloir prendre du bon temps à l’occasion. Et voilà deux beaux spécimens pour une belle occasion.

-tu vas être bien gentil, petite sève, sinon on lui sort les boyaux par la bouche.

La deuxième venait d’approcher sa main de la bouche d’Alessandro. Bien mal lui en prit. Ce dernier venait de la mordre au sang, lui arrachant un doigt. Il n’en fallut pas plus pour Hyacinth. Une petite distraction, une erreur que n’aurait jamais commise une épine. Touchant les liens d’Alessandro, il imposa sa volonté, plus impérieuse que celle des guerrières, au sorbier qui se délita et tomba au sol, libérant le loup garou. Le Drus avait aussi arraché une écorce de l’arbre retenant Alessandro, et se rua sur la guerrière, enchainant les prises martiales, pour finalement la projeter au loin.

Cette dernière se releva, pendant qu’Alessandro affrontait l’autre Dryade.
-tu as appris à te battre ? C’est inadmissible ! Qui a osé t’apprendre à te battre ? ! Il lui en coutera la vie !

-tu n’auras pas l’occasion de faire ton rapport !

Les coups échangés étaient rapides. Hyacinth était implacable et avait clairement l’avantage.

-tu sais très bien que tu es soumis au même serment que nous toutes : tu ne peux tuer tes sœurs, pour perpétrer la race. !

Bondissant, et tournant sur lui-même, il transforma l’écorce en fine dague effilée, bardée d’épines. Au terme de son bond, il planta avec précision la lame en plein cœur de la guerrière et tourna, dans un bruit sinistre.

-uniquement celles pouvant procréer. C’est aussi ce qui vous a permis de tuer la SerreVive !

Le regard horrifié de la guerrière fut également la dernière chose que vit la deuxième Dryade, achevée par Alessandro. Tout à sa rage de vouloir sauver le bel italien, Jansen avait oublié d’épargner sa proie, pour savoir ce qu’elles voulaient… Il pesta, mais se précipita pour rejoindre Alessandro., laissant tomber son morceau d’écorce.

-je suis désolé Alessandro. Je t’ai mis en danger. Elles en avaient après moi… Je pensais pas en revoir. Jamais

Le jeune Drus avait une folle envie de se blottir contre Alessandro, mais n’osait rien faire, certain que ce dernier lui en voudrait, et peut être même lui ordonnerait de partir loin de lui. A présent que l’ivresse de la bataille était tombée, Jansen était emplis de tristesse. Lui révéler qui il était vraiment était peut être la meilleure chose à faire, pour lui prouver sa confiance. D’un autre côté, il avait peur qu’Alessandro le rejette, préférant peut-être que Jansen cultive le mystère quant à son identité.

Regrets... Espoirs… Tout se mêlait.




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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Ven 11 Déc - 17:57



Il était une fois l’Amérique


Feat : Jansen Avery


J’ai sorti mes crocs, car le sorbier qui me retient prisonnier démontre que mon secret est éventé. Inutile de faire semblant, je dévoile donc mon vrai visage, celui du loup qu’il est préférable d’éviter d’agacer, et pire de l’emprisonner. Qui a bien pu me trahir ? Car il ne peut s’agir que de cela. Je suis certain de n’avoir commis aucune erreur. Alors que ces deux femmes qui me paraissent bien étranges, me tournent autour, m’agaçant de paroles aussi osées que leurs gestes sont provocateurs et déplacés, je réfléchis tout en attendant une ouverture et la moindre erreur de leur part.

A Los Angeles peu sont au courant de ma nature de lycan. Cela se résume à Don Stephano, ses hommes de confiances, et deux types qui m’accompagnaient souvent pour des missions… exécutives. J’ai pris l’habitude de me battre sans me transformer et en mesurant ma force. Qui a moufté ? J’imagine mal une manœuvre de la part du parrain de LA. S’il voulait que je m’infiltre chez les napolitains, il me l’aurait clairement signifié. Quelqu’un de la bande de Phoenix ? Cela fait plus de huit ans que je n’ai pas eu de contact avec eux et à l’époque, ils étaient loin de s’imaginer que j’appartenais à la mafia de Los Angeles…  A Beacon Hills ils ne sont que deux à savoir. Charlie qui est bien trop flemmard pour imaginer un plan rentable en vendant un de mes atouts et Jansen.

Jansen… Me serais-je trompé autant sur son compte ? L’idée de m’être fait avoir si… bêtement redouble ma colère d’être piégé par ces deux garces qui me soupèsent comme un… étalon reproducteur… Sans blague… Je n’ai jamais voulu de gosse au grand désespoir des quelques filles avec qui j’ai été proche, et ça ne va pas changer maintenant. Je pense à Jansen dont le cœur s’était emballé quand Vincenzo était au Pink. Il avait reçu cet appel qui l’avait littéralement affolé. Son mensonge était évident quand il m’avait assuré bien aller. Et c’est un corps tremblant et pas vraiment rassuré que j’avais serré contre moi, le soir de la visite de courtoisie des napolitains. Avec quoi ils le tiennent pour qu’il m’ait trahi ainsi ? Il semble ne plus avoir de famille. Ses amis se restreignent à deux types avec qui il fait du sport. Est-ce l’argent ? Je ne suis pas monté à son appartement que je devine n’être pas très grand. Je suis bien placé pour savoir quels sont ses revenus… et savoir aussi que tout homme à un prix… L’assurance d’une somme rondelette qui lui éviterait de s’exhiber sur les pistes du Pink peut être tentant, même pour le plus honnête des danseurs...

Je n’en veux pas spécialement à Jansen…  ou plutôt si, je suis furieux ! Notre prochain face à face risque d’être fortement désagréable pour lui et expéditif. Je m’en veux d’avoir baissé mes barrières devant lui, de m’être laissé aller à ma faiblesse pour son parfum enivrant et son corps si souple entre mes bras... L’amour est la plus belle des conneries inventées par l’homme ! Cela rend aveugle et crétin. Je soupire, je me sens pourtant si bien quand il est près de moi. J’avais l’assurance de ne plus craindre l’astre lunaire, de ne plus avoir cette nervosité grandissante qui me ronge avant chaque pleine lune. Mais je ne peux pas garder à mes côtés quelqu’un qui me trahi ainsi. Jansinio… Aurai-je la deuxième faiblesse de te laisser t’en aller… en vie ?

- Montre-toi, petite sève, on sait que tu es là.

En alerte, je scrute la forêt autour de moi. Je ne discerne rien, puis le vent m’apporte un parfum bien connu, un parfum sur lequel je me suis abandonné. Le traitre est là. Vient-il recevoir sa récompense ? Je feule une menace.

- Je peux me le garder celui-là ? Pour m’amuser ? Il est beau.

Celle qui vient de parler se permet de me toucher de manière indécente. Je bande mes muscles et pousse de toutes mes forces, mais rien n’y fait, les délicates branches de sorbier qui me retiennent me repoussent. Je hurle ma colère, ma rage et ma frustration. Quand mon regard capte enfin celui de Jansen, je n’arrive pas à me persuader de ce qu’il m’a fait.

- Laissez-le partir ! C’est moi que vous voulez !
- Ah, te voilà, petite sève ! On a été un vilain garçon ! Il va falloir se rattraper ! Tu dois nous fournir des semences régulièrement, et tu as beaucoup de retard.


C’est lui qu’elles veulent ? Semences régulières ? Je ne comprends rien à la discussion. Effaré, je vois l’autre fille plonger sa main dans le jean de Jansen sans que celui-ci ne réagisse, sinon par une grimace de dégout. S’il y a bien deux choses que je n’aime pas, c’est de ne pas comprendre ce qu’il se passe autour de moi et que l’on touche à ce qui m’appartient ! Je grogne de nouveau et rage contre mes entraves.

- Le fait que nous, les guerrières, ne puissions prétendre à une progéniture, ne nous empêche pas de vouloir prendre du bon temps à l’occasion. Et voilà deux beaux spécimens pour une belle occasion.
- Tu vas être bien gentil, petite sève, sinon on lui sort les boyaux par la bouche.


Voilà l’erreur que j’attendais. Je lui recrache son doigt en pleine figure. Les derniers mots me font comprendre que je suis l’appât et non la cible. Alors quand Jansen, passe devant moi dans un mouvement aérien, et que je me sens enfin libéré de toute entrave, je bondis sur celle qui avait eu l’audace de me toucher aussi intimement sans ma permission. Je ne sais pas qui elle est, ni ce qu’elle veut à Jansen. Mais ce qui est une garantit certifiée par Alessandro Amaro, c’est que cette chienne va mourir de mes crocs et maintenant !

Je suis tout de même perplexe de la résistance que je rencontre. Quelle est leur nature ? Me battre, ne m’empêche pas d’écouter ce que l’autre fille crache avec aigreur contre Jansen ainsi que les répliques de celui-ci. Leur discours, autant que leur manière de se battre, les changements sur leur corps me laissent interrogateur. L’autre harpie avec qui je me bats commence à m’agacer avec ses grivoiseries de ce qu’elle me fera une fois que je serais de nouveau attaché. J’ai laissé la donzelle me dévoiler ses techniques. C’est aérien, rapide, puissant… mais pas assez pour un Alessandro passablement énervé. D’un mouvement souple, je l’esquive pour mieux lui attraper le bras et l’attirer à moi. Je lui déchiquète la gorge avec mes crocs et mon poing griffu se fraye un chemin à travers les viscères de son abdomen. Elle passe de vie à trépas en moins d’une seconde. Ma technique est toujours la même : observation, test et mise en application. Suivant les adversaires c’est plus ou moins long, mais face à l’inconnu, j’ai toujours laissé venir mon adversaire à moi. Dix ans que j’applique cette méthode, dix ans que je survis à mes combats.

Alors que je me retourne, m’essuyant négligemment les lèvres avec la manche de ma chemise déchirée, je vois la deuxième fille-plante s’écrouler au pied de Jansen. Ce dernier lâche une arme étrange qui reprend la forme d’une vulgaire écorce dès qu’il ne la tient plus. Il s’approche de moi. Une pensée pratique, me fait réfléchir qu’une telle arme ne peut pas être retournée contre son propriétaire.

- Je suis désolé Alessandro. Je t’ai mis en danger. Elles en avaient après moi… Je ne pensais pas en revoir. Jamais…
- Moi, en danger auprès de toi ?


Je souris de manière narquoise, l’idée me semble risible. Toutefois, je ne dois pas sous-estimer cette espèce de surnaturels que je découvre. Je recule quand Jansen avance vers moi. S’il pense gagner une étreinte aimante parce qu’il est venu me sortir de là… Ce rapt a fait sortir le loup de la cage où je le camoufle avec des allures de patron playboy. Je suis d’humeur sauvage et carnassière, avec  griffes, crocs, oreilles allongées de sortis et une lueur plus électrique que jamais dans le regard. Je garde une bonne distance avec le danseur dont je ne comprends pas la nature. Je le scrute et tourne autour de l’arène improvisée, observant tour à tour les deux corps inanimés, puis Jansen. Dans leur conversation, il a été question de conservation et de perpétuation de leur race. L’attitude des deux femmes envers moi, était aussi d’ordre sexuel. Si ces deux femelles pensaient pouvoir me faire… sans mon consentement… S’il y a bien une partie de mon anatomie sur laquelle j’ai une entière maîtrise, lunaison ou pas, femelle experte ou non, c’est celle qui permet la procréation qui semble leur être si chère.

Je laisse les deux corps au soin d’une armée d’insectes qui se précipitent pour un festin de choix et me concentre sur Jansen. Il n’est pas rassuré à me voir tourner autour de lui comme un fauve indécis. Il me regarde avec appréhension, guettant mes réactions. Je ne dis rien, et continue à lui tourner autour comme le prédateur que je suis. Je n’ai pas encore décidé quelle attitude prendre. Quelle place tient-il dans ma vie ? Pour l’instant elle n’est pas énorme. Celle d’un employé qui passe un soir sur deux dans le lit de son patron… Mais, plus je lui tourne autour, plus son odeur m’enivre et m’ensorcelle. La vulnérabilité apparente qu’il affiche à cet instant précis face à ma réaction qui tarde à venir, me grise et m’attire.

- Chi sei tu, Jansinio ?

Ses yeux agréablement soulignés par des cils soyeux ne lâchent pas les miens. Jusque-là, il m’avait semblé sensible, et presque vulnérable.  Pourtant, il avait résisté à mon assaut ce fameux soir et là il confirme qu’il a appris l’art de se battre. Il est loin d’être la petite chose fragile qu’il m’avait donné l’impression d’être au premier regard. Le fragile roseau sait se faire chêne. Il n’a pas hésité à tuer et rien que cela, lui vaut mon respect. La vie ne fait pas de cadeau, la moindre hésitation, ou commisération déplacée et c’est peut-être la mort qui vous saute dessus prématurément. J’étais en danger, il est venu et a fait ce qui devait être fait. Rien à redire.

Le fauve que je suis se décide enfin à réagir. Brusquement je le charge à longues enjambées, et le plaque contre le tronc d’arbre le plus proche. C’est moi ou je perçois une désapprobation dans le bruissement du vent dans les feuilles des arbres qui nous entourent ? J’ai l’air d’un sauvage, la main et le visage maculés du sang de mon adversaire. Mon souffle est profond alors que j’approche mon visage de celui de Jansen. Je ferme les yeux à moitié, prisonnier de l’ivresse que sa proximité produit sur mes sens. J’attrape ses lèvres dans un baiser farouche et avide. Mes crocs entrechoquent ses dents. Le gout ferreux du sang de sa condisciple se mêle à nos salives.  Je suis affamé de lui, et glisse le long de son cou lui mordillant la peau. Quand enfin, j’ai eu ma dose de Jansen, je me décolle légèrement et le douche par la véhémence qui suit sans transition après ce contact charnel intense.

- Plus jamais tu ne me caches quelque chose Jansinio ! Mai più ! Je veux tout savoir, les moindres détails, les noms, les adresses et par-dessus tout ce que tu es ! C’est quoi cette histoire de fourniture de semence ? Tu n’es tout de même pas qu’un étalon reproducteur ?!

Ma main se porte machinalement à la poche de poitrine de ma chemise, mais mon paquet de cigarette n’y est plus.

- Rompiscatole !

J’ai vraiment besoin d’en griller une ! Mais mon paquet n’a pas suivi cette aventure. J’écoute ce que me brefouille Jansen en me rapprochant des deux corps. Je m’accroupis pour les examiner de plus près. La sonnerie de mon téléphone retentit et coupe Jansen dès le début de ses explications. Le son de la sonnerie vient de la poche de son pantalon. Je le regarde d’un œil inquisiteur. Comment cela se fait-il ? Sans lui demander son avis, je plonge la main dans sa poche et récupère mon bien.

- Pronto ?! Cosa sta succedendo?

S’ensuit une discussion animée en italien. Mon interlocuteur me reproche de ne pas lui avoir répondu plus tôt… Tout en lui expliquant que je suis parfois occupé à autre chose et que per gridare forte ! Il ne doit pas être loin de quatre heures du matin ! Je finis par raccrocher au nez de mon interlocuteur. J’ai un Jansen à écouter et deux macchabées à planquer… Ils croient quoi à LA ? Que je me tourne les pouces en province ? Puis qu’elle idiotie de me bannir, si c’est pour m’appeler à tout bout de champ ! Je regarde l’écran de mon téléphone, je n’ai pas moins de neuf appels qui ont atterri sur ma messagerie et une bonne dizaine de SMS… Pff ! Je fais alors ce que je ne fais jamais en temps normal, j’éteins mon téléphone.

Le silence est revenu sur la forêt. Des bruits non loin de nous me laissent penser que le fameux lac de Beacon Hills n’est pas très loin. Depuis le temps que je voulais… étudier les lieux, c’est l’occasion de tester la navigation en eau profonde avec les corps des deux gazelles qui gisent sur le sol. Jansen coupé dans son élan semble avoir du mal à poursuivre. J’ai juste capté le mot « Dryade » dans ce qu’il a commencé à me dire.

- OK ! Je t’écoute !

Mon ton est sec et froid. Je ne sais pas comment m’y prendre avec lui. Je crois qu’il a le pouvoir de m’adoucir et cela me fait peur. Comme je ne peux pas passer mes nerfs sur une cigarette, j’attrape un corps dans chaque main au niveau de leur ceinture et me dirige vers le lac. Je n’ai pas de corde pour les lester avec une pierre, je vais devoir plonger avec les corps pour les coincer au fond… Ça date le temps où je devais me charger de ce genre de besogne…

- Recommence par le début, je ne capte rien !

Le cœur de Jansen bat à fond, il a voulu me soulager d’un des corps, mais j’ai grogné. Il me suit ne sachant pas quoi faire de ses mains.

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Lun 14 Déc - 20:55





Les ailes du papillon



Le combat est passé. Mais les blessures arrivent après ce dernier. La violence d’Alessandro envers ses sœurs n’est pas le problème. Celle qu’il suinte à présent en le regardant lui, lui tournant autour lui fait beaucoup de mal. Pour lui il n’a pas hésité à tuer deux de ses sœurs. Il n’a jamais reçu d’amour de ces dernières, mais il sait que son peuple est condamné, ou en tout cas voué à s’affaiblir. Le sang s’affaiblit, se dilue dans le génome humain, et il n’y a plus de reproducteur né d’un arbre à part lui. Le dernier apparu depuis deux siècles. Et il n’a que très peu d’années d’existence. Fuir était déjà une trahison pour la perpétuation de sa race, mais tuer deux des siens… Plus de la moitié de sa vie, ayant grandi jusqu’à l’âge adulte en très peu de jours, a été passé en étant séquestré et abusé régulièrement. Et pourtant il ne souhaite pas que sa lignée s’éteigne. Devrait-il retourner là-bas? En voyant Alessandro lui tourner autour, furieux, il se le demande…

- Moi, en danger auprès de toi ?

Le ton de sa voix, son sourire cruel… Il pourrait lui planter un couteau dans le cœur, le résultat serait le même. Il ne comprend pas les humains, et il ne comprend pas ce qu’il ressent pour les humains. Chaque fois qu’il se rapproche de ce qu’il pense être de l’amour, il se trompe. Et pourtant, il se sentait bien auprès de lui. Contre lui. Le soir ou il a eu si peur, il avait trouvé la peau d’Alessandro douce et chaude, et ses bras protecteurs. Il s’était endormis moins terrorisé.
Jansen fait un pas vers lui, Alessandro recule. Le danseur se redresse, bravache, tentant une attitude fière, le menton relevé. Mais il est loin de ressentir autant d’assurance et de détachement. Alessandro s’est transformé en une bête dangereuse, et Jansen commence à contracter ses muscles, sous la tension, prêt à se défendre. Est-ce que Brian ressent ça ? Il espère que non. Il rêve que oui.

- Chi sei tu, Jansinio ?

Le jeune danseur tente de trouver quelque chose dans le regard d’Alessandro. Peut-être un peu d’espoir ? Un petit signe, d’une affection, même minime ? Tout plutôt que cette haine qu’il croit percevoir chez lui. Lorsque l’italien lui saute dessus, il est comme un papillon pris dans sa lumière. Il ne réagit pas à temps. Le choc contre le tronc de l’arbre lui fait mal, et ce dernier se met à réagir, mécontent qu’on maltraite le Drus. Les mains contre l’écorce, Hyacinth lui intime de ne rien faire. Normalement, son pouvoir de Drus est nécessaire pour animer et transformer les arbres et les plantes. Mais il a remarqué depuis quelques temps que parfois ils arrivent à le faire seuls. Ou alors une nouvelle sylve est en train de s’établir dans la région… Il n’a pas le temps d’approfondir la question, car Alessandro se fait avide de ses lèvres, de son souffle. Le sang se transmet, à nouveau, et Jansen goute à se baiser interdit. Le sang de ses sœurs… Quand son cou devient le nouveau terrain de jeu de la bouche d’Alessandro, un frisson de plaisir parcoure le jeune danseur. Il est pratiquement sous sa coupe, et il n’arrive pas à s’en inquiéter.

- Plus jamais tu ne me caches quelque chose Jansinio ! Mai più ! Je veux tout savoir, les moindres détails, les noms, les adresses et par-dessus tout ce que tu es ! C’est quoi cette histoire de fourniture de semence ? Tu n’es tout de même pas qu’un étalon reproducteur ?!

Jansen le regarde, interloqué, incapable de répondre, devant tant de violence, qui le ramène à son passé. Les adresses ? Tu veux le nom de l’Arbre et savoir après quelle fougère tourner à droite ?

Il n’a de toutes façons pas le temps de lui répondre, car le téléphone de son patron, qu’il a récupéré sur le parking devant le pink print, sonne soudainement… C’est un Alessandro passablement énervé qui répond, arrachant le téléphone de la poche du jean de Jansen.
La suite est confuse. Jansen tente de lui dire ce qu’il est, d’où il vient, il lui explique qu’il est une Dryade, et qu’ils viennent de tuer deux de ses sœurs. Il se tord les mains, et voudrait lui expliquer qu’il serait peut-être préférable de leur donner l’impulsion menant au dessèchement, la mort sylvestre, mais à le voir si agacé, refusant même son aide pour porter le cadavre, d’un grognement, il préfère s’abstenir de lui dire que c’est inutile.

- Recommence par le début, je ne capte rien !

Recommencer… Depuis le début. Finalement, c’est peut-être le mieux à faire. Là-bas, il connait la souffrance qui l’attend. Il peut survivre encore quelques années. Ici, elle se cristallise sur Alessandro, pour qui il ressent des émotions violentes et floues. Il a l’impression de vouloir volontairement se mettre en danger, juste pour pouvoir être avec lui, et passer ses nuits dans ses bras.

-je viens d’un autre endroit. Je suis un Drus.. Une dryade mâle. Des créatures sylvestres, dans une société matriarcale. Tu veux savoir ce qu’était ma vie ? Ce qu’elles m’ont fait ? Comment elles ont abusé de moi, jour après jour jusqu’à ce que je puisse m’enfuir ? Tu veux tous les détails ? Comment le dégout s'est installé en moi ? Comment je me rappelle chaque caresse ? Comment les tiennes arrivent à les effacer ?

Alors Jansen raconte. Et plus il raconte, plus la tristesse l’envahit. Sa séquestration, le fait qu’il soit le seul mâle qui soit jamais né depuis plus de 200 ans, même si lui n’en a que 25. Comment un Drus passe à l’âge adulte en à peine 10 années. Et comment, pendant près de 15 ans, on lui a refusé le droit le plus fondamental de tout être vivant : l’usage de son corps. Alors le Drus raconte. Et plus il raconte, plus il transforme sa tristesse en colère. De quel droit le replonge –t-il dans ses affres de douleurs et de souffrance ?

Il avait presque trouvé un équilibre, presque. Mais l’arrivée de ce bel italien chamboule tout. Ses poings serrés, il poursuit son récit, plantant son regard à présent déterminé, implacable, froid, dans les yeux d’Alessandro. Il lui explique qu’il préférait se fondre dans son arbre Père, pour supporter les journées, et avoir la force de survivre au lendemain. Et comment, paradoxalement, lorsque sa souffrance était à son paroxysme, il pouvait la partager avec toutes ses sœurs, car c’est ainsi qu’existe le lien entre les Dryades.

-j’ai appris à me battre, auprès de la seule d’entre elles qui ne m’ait jamais aimé. Elle fait partit de l’élite guerrière. Celles qu’on a vaincu ce soir ne sont que des guerrières ordinaires… Tu veux savoir si je ne suis qu’un simple étalon pour elles toutes ? Oui… Mais tu ne les trouveras pas si tu les cherches. Nos habitats ne sont pas sur les gps..

Pour lui prouver ses dires, le jeune Danseur semble reculer contre un tronc, et y disparait, pour réapparaitre derrière Alessandro, depuis un autre arbre.

-tu raserais la forêt pour les vaincre ? Alors tu aurais la forêt à affronter… Mais elles ne sont pas là. Je viens de loin, je te l’ai dit. Je pense que le mieux, c’est que j’y retourne, quand ça ira mieux pour toi… Comme ça elles ne viendront plus…

Son regard est de nouveau triste. Il observe Alessandro, comprend ce qu’il va perdre, et comprend aussi qu’il lui a fait une promesse…

-je serais là. Pour le travail. Pour … La pleine lune.

Il avait pris sa décision, il ne vivrait plus chez lui, il ferait son travail, ne resterait pas plus que nécessaire. Les bois seront de nouveau son foyer, pour ne pas qu’Alessandro le force à venir le soir, même s’il en meure d’envie. Même si c’est peut-être la seule chose qui puisse le réchauffer à présent. L’odeur d’Alessandro, ses bras, sa peau…
Une larme coule sur sa joue lorsqu’il s’élance, sautant dans un arbre. Il ne réapparait pas derrière Alessandro, cette fois ci.



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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Mer 16 Déc - 20:44



Il était une fois l’amérique


Feat : Jansen Avery


Nous sommes en plein milieu de la nuit, ma chemise est déchirée, mon sang a coulé, mais mes blessures ont cicatrisé et je trimballe deux cadavres pour aller les couler dans un lac… Ce décor est digne de la mafia sicilienne à laquelle j’appartiens. Rien de bien choquant dans mon quotidien, alors pourquoi je fulmine autant ? Car Jansen y est mêlé ? Depuis quand je me préoccupe de ce genre de détail ?! Alors que je marche en direction du lac avec mon fardeau, Jansen se lance dans les explications que je lui ai réclamées. Et ce qu’il me dit, me fait taire.

- Je viens d’un autre endroit. Je suis un Drus.. Une dryade mâle. Des créatures sylvestres, dans une société matriarcale. Tu veux savoir ce qu’était ma vie ? Ce qu’elles m’ont fait ? Comment elles ont abusé de moi, jour après jour jusqu’à ce que je puisse m’enfuir ? Tu veux tous les détails ? Comment le dégout s'est installé en moi ? Comment je me rappelle chaque caresse ? Comment les tiennes arrivent à les effacer ?

Je ralentis un peu face à cet aveu. Comment lui me considère-t-il ? Dans mon lit, j’ai vu passer un peu de tout, mais jamais quelqu’un qui avait pour moi un intérêt vraiment sincère... Sauf elle… Mais maintenant elle cause aux poissons au large de Long Beach… Ne jamais s’attacher, les gens sont si éphémères… Comment Jansen me voit-il ? Une relation choisie alors que je l’ai presque violé lors de notre première fois ? Je sais pertinemment comment je suis dans les relations dites amoureuses. Je suis avide, exclusif, jaloux et possessif. Et d’après ce qu’il me raconte, je n’ai pas l’impression de lui apporter mieux que ce qu’il a vécu. Transpose-t-il son traumatisme, pour autre chose de similaire, avec la faible nuance du choix de partenaire ? Le ton de sa voix fait ressortir sa colère. Je perçois sa rage mais aussi la tristesse qui est derrière. Je ne vais pas m’apitoyer sur un… passé de pute ! Il n’est ni le premier, ni le dernier à se faire exploiter sexuellement… Cependant… Il est mon employé… à moi… Et tant que ce fait est une réalité, personne n’a le droit de lui faire du mal. Je ne peux rien faire pour effacer son passé, juste lui garantir un présent en sécurité. L’avenir… je ne raisonne jamais au futur quand il s’agit de relations humaines, quelles qu’elles soient.

Nous sommes arrivés au bord du lac. Sa surface est perturbée par un léger vent. Seul un croissant de lune et les étoiles éclairent l’endroit. La faible luminosité du lieu ne gêne ni Jansen, ni moi. Je pose les corps à terre et me mets en quête de quelque chose qui servira de lest. Jansen poursuit son monologue. Je préfère ne pas l’interrompe. Je crois qu’il a besoin de déballer son sac, nous ferons le tri après, afin de savoir ce qu’il convient de faire.

- J’ai appris à me battre, auprès de la seule d’entre elles qui ne m’ait jamais aimé. Elle fait partit de l’élite guerrière. Celles qu’on a vaincues ce soir ne sont que des guerrières ordinaires… Tu veux savoir si je ne suis qu’un simple étalon pour elles toutes ? Oui… Mais tu ne les trouveras pas si tu les cherches. Nos habitats ne sont pas sur les gps..

Avec stupeur je vois Jansen se fondre dans un arbre et disparaitre. Même son odeur s’efface. Il me surprend en apparaissant dans mon dos. Quelle race étrange… et redoutable dans ses atouts. J’ai du mal à imaginer que ce corps que j’ai étreint, soit capable de telles prouesses. J’ai une pensée pour un livre que j’ai lu adolescent et d’un passage qui m’avait alors émerveillé sur la forêt de Fangorn et des dernier représentants d’une antique race, les Ents. Et ce qu’ajoute Jansen me laisse penseur sur la réalité ou non de ces légendes.

- Tu raserais la forêt pour les vaincre ? Alors tu aurais la forêt à affronter… Mais elles ne sont pas là. Je viens de loin, je te l’ai dit. Je pense que le mieux, c’est que j’y retourne, quand ça ira mieux pour toi… Comme ça elles ne viendront plus…
- Jansen… J’ai l’habitude du danger, un de plus ou de moins…


La lueur que je vois dans le regard de mon danseur favori ne me plait guère. Il a pris une décision, et je sais d’avance que celle-ci ne va pas me plaire. Mon expérience me dit qu’il ne sert à rien d’objecter maintenant. Je ne ferai que me cogner à un mur de résolutions. C’est avec un pincement au cœur que je l’écoute m’énoncer la suite.

- Je serais là. Pour le travail. Pour … La pleine lune.
- Au diable la pleine lune ! Bordello !


C’est vrai qu’il est l’espoir pour moi, de passer ces phases difficiles de manière bien plus sereines. Mais cela fait plus de dix ans que je fais sans lui, alors… Alors… Si je ne l’utilise pas dans l’unique but de calmer le loup lors des apogées lunaires ou de simplement réchauffer mes nuits le reste du temps, qu’est-ce qui me gêne dans sa décision de s’éloigner de moi ? Ma fierté écorchée de ne pas être celui qui prend l’initiative d’un tel éloignement ? Autre chose ? Je n’ai pas le temps de réagir plus, car Jansen disparait dans l’arbre le plus proche. Est-il toujours là à me guetter, ou est-il vraiment parti ? Je ne peux pas le savoir. Je lève un bras agacé. Qu’il aille au diable !

- Vaffanculo !

Dio ! Que j’ai en horreur, quand mon interlocuteur se casse avant que je décide que la discussion est close. Et d’où il décide sans mon accord ?! La nuit est témoin de toutes les obscénités de mon répertoire italien. Je trouve enfin ce que je cherche dans une carcasse de voiture volée qui a entièrement été brulée. Ma force de loup me permet de récupérer sans grande difficulté les deux essieux. Cela sera parfait pour bloquer les corps de ces… dryades au fond du lac.

Ma peau frissonne quand je retire ma chemise. Rageusement je me déchausse. Mes mocassins fine fleur de cuir sont maculés de boue. Je crains que le cuir ne soit marqué à jamais. Le reste de mes affaires et ma montre suivent. J’ai les poils qui se hérissent en protestation contre le froid nocturne. Je ne sais pas à quelle température est l’eau du lac, mais le vent frais qui plisse sa surface me prévient que cela ne va pas être agréable. Je prends un des cadavres d’une main, un essieu de l’autre et avance un pied dans l’eau qui est tout bonnement gelée. Je serre les dents et me crispe sous la morsure du froid. Mais rien ne sert de tergiverser quinze ans, je vais devoir me mouiller. J’avance et souffle profondément pour habituer mes poumons à l’apnée à venir. Je n’ai aucune idée de la profondeur du lac et je n’ai rien pour attacher le corps à son lest. Je vais donc devoir aller jusqu’au fond. Seule certitude, mon record est de deux minutes cinquante-cinq secondes. Dans mon passé, j’ai eu à subir quelques « représailles », et jouer au poisson est une habitude… familiale. Quand l’eau m’arrive à la taille, il me faut une volonté d’acier pour ne pas reculer. Je poursuis sur quelques mètres, le sol descend rapidement, une dernière inspiration et je disparais dans le monde obscur et glacial du lac et de sa profondeur.  Je me laisse couler et compte les secondes. Au bout d’un temps bien long, des algues m’avertissent que le fond n’est plus très loin et en effet dix secondes plus tard je touche le fond vaseux du lac. J’en suis à une minute et quatorze secondes. La température de l’eau ne doit pas dépasser les 6°. Je lâche le corps de la femme et dépose l’essieu à cheval dessus. Pour remonter, je prends un fort appui dessus l’enfonçant un peu plus dans la vase. Lorsque j’arrive à la surface, mes poumons sont en feu et mon corps frigorifié.

- Altro…

(…)

Ma besogne terminée, c’est en claquant des dents que je récupère mes vêtements. Je m’essuie comme je peux avec les mains avant de me rhabiller, trempant rapidement mes vêtements. Mon portable indique cinq heure du matin, il fait encore nuit, mais l’aube ne va pas tarder. Je suis exténué et le bain glacé a calmé ma colère. Je pars en courant pour me réchauffer un peu et rêve d’une bonne douche chaude pour ôter de mon corps cette odeur de vase. Sur le chemin du retour, j’essaye de ne penser à rien. J’allonge ma foulée, et finalement trouve un rythme plaisant. Avant j’avais l’habitude de courir, mais avec les « affaires » qui m’occupent à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, ce genre d’activité est impossible à caser dans un emploi du temps en perpétuel changement. Ainsi quand j’arrive à la porte de service du Pink, je me sens relativement bien. Mes vêtements me collent à la peau, je sens mauvais, mais la course m’a réchauffé et surtout le loup que je suis, a apprécié cet exercice. Alors que la porte claque dans mon dos, je me promets d’aller courir de temps en temps en forêt. Si je dois me passer de Jansen, cela me sera peut-être utile pour m’apaiser. Et certainement mieux que de subir la lunaison sans bouger, en grillant cigarettes sur cigarettes comme un fauve en cage.

(…)

Je me réveille après un sommeil court et sans rêve. En bas les bruits du bar, il est presque midi. Je n’aime pas ma tête dans le reflet du miroir et décide de raser cette barbe que j’entretiens depuis quelques temps. Mes pensées sont loin d’être calmes. Je ne suis pas à l’aise avec ce qui s’est passé hier soir. Nous n’avons eu aucun mal Jansen et moi à nous débarrasser des deux pseudos guerrières. Cependant, je suppose que son peuple ne fera pas deux fois l’erreur de nous sous-estimer lui et moi. Je dois en savoir plus sur ses… sœurs. Quand à ce que m’a dit Jansen et sa décision de prendre du recul… Quel naïf. Le simple fait qu’il soit venu à mon secours et qu’il ait tué l’une des siennes prouve que je suis son maillon faible. Ce point me flatte, mais son revirement par la suite me met dans une rage froide. Mon orgueil de mâle dominant en a pris un coup.

Du gras du pouce, j’apprécie la qualité de mon rasage puis me rince le visage. J’affiche un sourire carnassier, je ne vais pas me laisser abattre pour si peu… Je soigne mon look avec un pantalon d’une marque connue et une chemise d’un bleu profond. Une touche de parfum et un coup de peigne plus tard, la classe à l’italienne fait face au miroir.

(…)

J’ai envoyé mes plans à un professionnel pour qu’il me fasse les devis qui vont avec. L’après-midi est calme. Je chambre un peu Sophie, la barmaid, sur sa nouvelle coupe de cheveux. Nous partons dans un jeu de petites agaceries mutuelles sur notre physique. C’est une fille intelligente qui sait ce qu’elle veut ou ne veut pas. C’est elle que je trouve la plus belle parmi mon personnel féminin. Anna a de bons atouts, mais elle se déplace d’une manière qui frôle la vulgarité. C’est une danseuse, et par déformation professionnel amplifie toujours ses gestes. Les clients semblent l’apprécier ainsi, je ne lui fais donc aucune remarque. Seulement je préfère de loin la grâce au naturel de Sophie. Me chamailler gentiment avec elle me détend. C’est même elle qui me fait remarquer que je suis en retard sur ma consommation de cigarette. Je râle en italien quand elle part dans un grand éclat de rire quand elle me voit partir en griller une. Pourquoi m’a-t-elle rappelé que je n’avais pas fumé depuis au moins une heure… L’air dehors est frais. J’espère ne pas à devoir refaire trempette cette nuit. Le vent emporte ma fumée et m’amène un parfum inimitable. Jansen arrive pour prendre son service. Il est dix-huit heure pile. Il me salue de la tête et entre sans un mot. Je jette mon mégot et entre à sa suite. J’ai besoin de boire quelque chose, arrivé au bar, je pique un verre que Sophie vient juste de préparer.

- Hé ! Alessandro !
- Tu n’as pas pitié d’un chiot assoiffé ?
- Un chiot toi ? Un loup plutôt !


Je m’esclaffe à son jeu de mot inconscient et elle me suit. La porte des vestiaires qui claque violemment me tire un sourire de satisfaction. Que croit-il ? Qu’il est indispensable pour égailler mes nuits ? Sophie est une femme de caractère, il en faut pour être barmaid. Elle est belle et attirante, cependant elle a sa fierté. L’approcher de plus prêt ne va pas être facile, mais cela me va. Je n’aime pas les paris gagnés d’avance. Je lui rends son verre vide et file dans l’arrière salle.

- Mi perdoni il mio amore.

Dans les vestiaires, Jansen ferme son casier, il a mis sa tenue de serveur. Je sens son cœur s’accélérer, mais il regarde obstinément la porte de son vestiaire. Je m’approche doucement de son dos et me penche à son oreille.

- Je me passerai de ton aumône pour les pleines lunes. Fait ton travail comme stipulé dans ton contrat et c’est tout. Tu as carte blanche pour tes show, je te fais confiance.

Je me retourne aussi sec et file dans mon bureau fermant la porte derrière moi. Je me plonge dans les commandes à passer et les factures à honorer, mais je n’arrive pas à me concentrer et finis par retourner côté bar au bout d’une heure. Je fais mon job de boss, discute avec les clients, aide au service quand cela coince et rattrape ma consommation de tabac manquée de l’après-midi. Quand la musique annonce le show de Jansen, sans un regard vers la piste, je retourne m’enfermer dans mon bureau, non sans avoir plaisanté avec Sophie.

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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Jeu 17 Déc - 23:40





Cant take my mind of you



Jansen ne rentre pas chez lui ce soir. Il ne sait plus vraiment ou il doit aller… Alors il marche, sans but particulier. Les paroles blessantes jouent une partition précise, virtuose, sur ses nerfs, et il expérimente une douleur qu’il ne connait pas vraiment… Une musique particulière, qui reste dans son corps, mais aussi dans sa tête, et, dans son cœur… Alessandro l’a fait revenir la bas, lorsqu’il n’existait pas...

Les animaux semblent le suivre, toujours à quelques mètres de lui, et le jeune Drus laisse courir sa main sur l’écorce des arbres, ne la sentant pas vraiment. Il se rappelle… Se recroqueviller dans l’oubli végétal, et attendre avec angoisse la lumière du soleil sur l’écorce de son père, ce qui signifie une nouvelle journée à attendre. Que l’une d’entre elles l’arrache de force de son repli, abuse de lui, sans amour… Sans haine non plus… Est-ce de la haine qu’il a senti ce soir ? Même quand il se bat, il ne ressent pas ça habituellement. Elles ont les cheveux courts. Il a les yeux noisette. Elles sentent les fougères ou les fleurs, parfois… Il a une odeur de parfum couteux et de nicotine.

Pourquoi aime-t-il cette odeur ? Et pourquoi as-t-il l’impression d’être encore plus mal que lorsque l’une d’entre elles le quittait, enfin, pour un jour, quelques-uns si il avait de la chance…
Ses yeux lui piquent et il s’arrête, les jambes tremblantes, contre un arbre. Il observe, étonné la texture particulière de la lumière sur l’eau salé qu’il a récupérer à la naissance de son œil.. Et si en fuyant de son cauchemar il avait déclenché une suite d’événement qu’il commençait à peine à percevoir ? Cet arbre a l’air solide, accueillant. Il est si fatigué. Il voudrait rester là, simplement. Alors il se fond doucement en lui, et finit par s’assoupir, partageant sa peine avec les arbres environnants. Et pour la première fois, ces arbres ressentent la peine d’un Drus. De compassion, leurs feuilles se brunissent, se recroquevillent, et tombent, formant un tapis qui n’aurait jamais existé à cette époque. Leur larmes ne sont pas salées, mais de feuilles mortes…

(…)

Le matin ne lui apporte pas la plénitude d’un nouveau jour. Il traine toute la journée au parc, observant les gens.. Il ne sait pas quoi faire… Mais peut-être qu’il pourrait faire comme certains, venir et faire comme si tout allait bien ? Allons, il y en a tellement qui y arrivent, ça ne doit pas être si compliqué… Mais comment ont-ils avec ce sang de plomb qui alourdit tellement le corps ?
Ses pas le ramènent la ou il était la veille. Il retrouve les traces de l’altercation. Il retrouve même les morceaux de sorbier… Pendant quelques instants, il est tenté de le prendre, par précaution. Mais il sait très bien qu’Alessandro a d’autres moyens que ses griffes et ses crocs pour le blesser. Quand il arrive finalement au Pink Print, il ne sait plus quoi faire à part son travail. Saluant de façon informelle son patron lorsqu’il arrive, il ne peut s’empêcher de regarder ses yeux riches de bruns et de dorés. Des yeux qui peuvent devenir bleu polaires… Quand, à sa suite, il entend Alessandro charmer Sophie, il réagit un peu trop violemment contre la porte des vestiaires qui n’y est pour rien…

Ouvrant la porte de son casier, il regarde avec un air vide ses affaires à l’intérieur… Son pouce caresse le tissu riche de la chemise donnée par Alessandro. Il repense à certains jeux lorsqu’il ne met que ça, pour lui faire plaisir… De nouveau cette musique cruelle joue sur sa sensibilité… Mais cette fois ci, elle s’accompagne de paroles, alors qu’il referme la porte de son casier

- Je me passerai de ton aumône pour les pleines lunes. Fait ton travail comme stipulé dans ton contrat et c’est tout. Tu as carte blanche pour tes show, je te fais confiance.

No sei una putano, Jansinio.. No sei… Il attend qu’Alessandro se soit enfermé, loin de lui, pour relâcher sa peine, croisant le regard d’une Anna surprise, qui ne l’a jamais vu pleurer… Il lui fait signe que ça ira, mais son sourire fait peine à voir.

Son show n’est peut-être pas le plus réussit de tous ses shows, mais il le fait avec professionnalisme… Les applaudissements, sourires grivois et regards allumés glissent sur lui, car il se sent comme une coquille vide…

Il ne prendra pas sa douche chez Alessandro. Ni ce soir, ni jamais plus… Avec un sourire acide, il se décrasse avec le lavabo et les lingettes, sous le regard réprobateur d’Anna… Mais elle ne cherche pas à en savoir plus…

Il se dépêche pour ne pas avoir à être humilié à sa sortie. Il imagine sans peine Alessandro lui montrer ostensiblement raccompagner Anna ou Sophie ou même démarrer devant lui en le regardant rentrer ses mains dans les poches de son blouson… Arrivé devant son appartement, il rebrousse chemin, pour aller se perdre dans un after et ses alcools forts… Il n’a pas de quoi se payer ça, mais son glamour fait un très bon travail, et il se fait offrir des verres.

No sei un putano…

Le karaoké passe soudain une chanson qui ne lui parle que trop bien à cet instant. Sa voix riche, et écorchée d’émotion va faire dans les prochaines minutes un ravage, les clients arrêtant même de beugler, captivés par sa voix et le chant sylvestre qui transparait à travers.

And so it is
Alors c'est comme ça
Just like you said it would be
Tout comme tu l'avais prédit
Life goes easy on me
La vie vient facilement vers moi
Most of the time
La plupart du temps
And so it is
Alors c'est comme ça
The shorter story
L'histoire la plus courte
No love, no glory
Aucun amour, aucune gloire
No hero in her skies
Aucun héros dans ses cieux

I can't take my eyes off of you
Je ne peux décrocher mes yeux de toi
(…)

Ses yeux humides arrivent même à émouvoir un type qui se contente de le prendre dans ses bras, sans rien dire, alors que Jansen tremble… Puis, finalement, il tombe sur un flyer qu’il a déjà vu…

Des auditions pour une école de danse. Des auditions pour décrocher une bourse d’étude. Sa seule chance de pouvoir suivre ces cours et enfin devenir quelqu’un qu’il choisirait d’être. L’école semble être d’un grand niveau, et il se doute que les auditions doivent être particulièrement difficiles…  Utiliser le glamour pour être prit reviendrait à nier complètement ce qu’il souhaite être…
De retour chez lui, il prend la guitare. Il ne sait pas jouer. Son autre moi, oui. Il le sait, même si il n’en a aucun souvenir.

Pinçant les cordes, il observe le prospectus et les dates d’auditions, comme si il pouvait trouver une raison, un moyen caché dans ces quelques mots lapidaires…

La guitare sur ses genoux, il la berce pratiquement, avant de se décider à la reposer… Assis sur le sol, il sort une boite qu’il n’a pas ouverte depuis très longtemps, de sous son lit.. L’ouvrant, il redécouvre à l’intérieur ce qu’il avait laissé trop longtemps de côté. Son costume de danse glisse sur lui, les bandes à ses poignets, ses mains, et ses pieds, l’enserrent. Il sent le talc et la craie empêchant de glisser et il refait des gestes longtemps répétés en secret. Les cinq positions classiques, les variations modern jazz, les danses martiales. Transpirant sous l’effort, il enchaine les pas, les sauts, souplement, l’esprit libéré, jusqu’à ce qu’il se surprenne à rire… Des coups frappés à son sol lui indiquent que le voisin du dessous apprécie moyennement sa passion retrouvée.


C’est décidé. Ces journées lui appartiennent, maintenant qu’Alessandro l’a chassé, sinon de son cœur, au moins de ses bras, de son lit. Alors au lieu de sombrer, il va utiliser ces heures pour s’entrainer sans relâche, et être prêt pour l’audition…

Plusieurs fois, au Pink Print, il croise le regard d’Alessandro alors qu’il répète, à la fois pour ses shows et pour son audition. Chaque fois que ça arrive, le regard de son patron se pose immédiatement sur quelqu’un ou quelque chose d’autre…

Souvent, les pieds de Jansen saignent. Et il fait exprès de freiner sa guérison, pour retrouver les sensations que tout danseur doit ressentir, pour compenser avec son corps, pour prendre les postures qu’il faut prendre, pas celle qu’il peut prendre parce qu’il n’est pas ordinaire. Souvent, Dan, Sophie ou Anna l’observent, les yeux brillants, car ils comprennent ce qu’il fait et voient dans ses mouvements une grâce qui transcende les lieux. Jansen danse, pour la première fois… A la petite salle ou il va souvent à présent, il arrive à faire abstraction de sa peine, de sa solitude… Il danse. Et, comme lorsqu’il chante avec sa voix de Drus, les gens le regardent, émus, sans même qu’il s’en rende compte lui-même…

Un soir, alors que la nuit est particulièrement éclairée, il se retrouve près du lac ou il avait suivi la femme chat, il y a si longtemps, lui semble-t-il… Et pour la première fois, il ne danse pas sa peine, ou sa tristesse, ni même sa conviction ou sa revanche. Il ne fait pas les pas de la liberté retrouvé, ni ceux de la fierté. Il danse pour la danse elle-même. Et les herbes, les arbres, les feuilles semblent s’accorder à lui. Le spectacle est captivant, car il n’a pas d’autre finalité que la danse elle-même. Jansen semble presque aérien. Lorsqu’il s’arrête, il croit sentir une présence. Tournant vivement la tête, il ne voit rien, mais entend une course rapide… aurait-il sentis une odeur de nicotine et un parfum masculin si il s’était approché de la source de ce bruit ? Mais Jansen n’en fait rien… Cette nuit, encore, il dort dans les bras aimant mais si impersonnels de l’arbre qui l’accueille pour la nuit…

Les auditions sont dans 3 jours… Il a une idée du numéro qu’il veut préparer…



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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Dim 20 Déc - 21:17



Il était une fois l’amérique


Feat : Jansen Avery


J’ai accepté les devis pour la première partie des travaux de rénovation, la seconde étant liée à la faillite de mon voisin... Une enquête est lancé sur lui et j’attends de voir quel est le meilleur modus operandi pour le virer de là, sans m’attirer d’ennuis. J’ai aussi transféré mon bureau dans mon appartement au-dessus qui est de ce fait dans un désordre innommable. L’agencement de l’appartement est totalement à revoir. Il y a moyen d’en faire quelque chose qui me ressemble mieux, mais une chose après l’autre. Je ne peux pas tout gérer de front, pour l’instant je privilégie le bar au dépend de mon confort personnel. Puis de toute façon, ma vie privée est au point mort. Ce n’est pas comme si j’avais quelqu’un à… accueillir… ou à épater. J’ai tout à faire dans cette ville, tout à construire. Entre me recréer un réseau de contacts, trouver des « hommes d’appui » pour les problèmes et enfin agrandir le Pink Print, le fait que je ne fasse rien d’autre que travailler est pour le moment salutaire à ma paix intérieure. Je me couche trop fatigué pour penser et réfléchir à ma vie. Je patiente donc sans grande difficulté pour retrouver un logement luxueux comme j’avais à Los Angeles. Quoi qu’avec mes affaires qui traînent de toute part, j’ai l’impression d’avoir reculé de dix ans…

Le maître d’œuvre m’explique comment il compte s’y prendre sans trop perturber l’activité du bar. Cependant, nous allons être obligés de fermer pendant une semaine quand il y aura les cloisons à abattre et à repositionner. Il y en a pour un bon mois de travaux, plus deux semaines de finitions, si tous se passe sans soucis, ce dont je doute fortement. En récupérant le volume occupé par mon bureau, plus une partie d’un débattement un peu inutile, il est ainsi possible de créer une cuisine correcte pour Charlie et des vestiaires confortables avec douche et sanitaires pour le personnel.

Quand nous repassons côté bar, je vois Jansen qui répète sur scène. Nous sommes le matin, il n’est pas en service. La partie du bar où il se trouve, n’ouvre aux consommateurs qu’en fin d’après-midi. Je ne peux m’empêcher de le regarder. Concentré, il ne s’aperçoit pas qu’il est observé. Il bouge avec souplesse et force. Ses mouvements ne sont pas ceux dont il a coutume pour ses shows. Les pas de danse qu’il effectue sont de nature plus classique. Il est beau… authentique et dans son élément. Son regard capte le mien lors d’une de ses rotations. Immédiatement je reporte mon attention sur le maître d’œuvre. Pas question que Jansen croit que je m’intéresse à sa personne. Pourtant voir son corps bouger ainsi, réveille en moi des envies pas très sages. Je désire le serrer contre moi, de le caresser et de lui faire arquer son corps sublime contre le mien. Je veux l’entraîner dans une danse charnelle qui nous laisserait épuisés l’un et l’autre au petit matin. Seulement, Jansen a décidé de prendre du recul vis-à-vis de moi. Mon ego en a pris un coup, je n’ai que mon indifférence à lui opposer... ou ma violence...

Alors que je raccompagne à la porte le professionnel en bâtiment, convenant avec lui d’une date pour commencer, j’entends Anna commenter ce que fait Jansen à Jerry, lui disant qu’il a toutes ses chances pour son audition. Ma curiosité est piquée au vif et une inquiétude me submerge. Son audition est pour faire quoi ? Va-t-il vraiment partir ?

Dans l’après-midi, je laisse traîner mes oreilles et écoute ce que mon personnel raconte. Jansen semble travailler sérieusement pour cette audition. Tôt ou tard il compte donc bien s’en aller... Je ressens déjà un manque et de la colère aussi. Je ne sais pas comment réagir car je pensais avoir plus de temps. Je ne devrais plus m’en préoccuper et plutôt lui chercher activement un remplaçant, mais... Cette contrariété me tape sur les nerfs, cela s’en ressent sur mon humeur qui devient massacrante, digne des veilles de pleines lunes. Après avoir raccompagné le personnel chez lui, je monte me changer puis ressors pour courir.  

Mes pas me guident vers la forêt. Je cours au maximum de ma vitesse pour m’épuiser, ne plus penser, ni plus rien ressentir sinon que la fatigue. C’est alors que je le vois… si cruellement beau et désirable. Ses mouvements sont si puissants que j’ai envie de le rejoindre, de caler les mouvements de mon corps aux siens, bien que je sache être bien incapable de suivre sa chorégraphie. Je veux glisser mes mais sur ses hanches pendant qu’il tourne. Je veux partager ce… De dépit, je me retire et repars en sens inverse. Les muscles de mes cuisses chauffent de la vitesse que je leur impose. Cependant mon malaise intérieur prend le pas sur ma fatigue et ne m'accorde aucun repos possible.

Le petit matin me voit me lever hagard. J'ai tourné dans le lit toute la nuit, mais finalement pris une décision comme jamais je n’ai prise, car elle va à l’encontre de mon désir et de ma volonté. Je vais aider Jansen à prendre son envol. L’aider à trouver un travail moins dégradant que celui qu’il a au Pink, ne plus à avoir à me supporter ou penser qu’il m’est redevable. Reste l’inconnu de la menace qui pèse sur lui. Je ne peux pas abattre les arbres, et en attendant de trouver une solution viable, je ne peux que lui assurer une protection discrète. Un de mes contacts à Los Angeles peut me trouver la personne qu’il faut. Ça va me coûter un œil, mais je m’en moque. Pour la première fois de ma vie, je fais passer l’intérêt d’un autre avant le mien. Je ne tiens pas à analyser ce qui me pousse, car je sais que j’en serais malheureux. Faire l’autruche sur ce que je ressens vraiment est salutaire pour mon équilibre.

Alors que je repose mon téléphone à côté du café que Dan vient de me servir avec des viennoiseries celui-ci sonne de nouveau. Un appel en numéro caché… Le message ne contient que trois images d’un document qui a été scanné à la va vite...

La terre s’écroulerait cela serait pareil. Et pour la première fois depuis presque vingt ans, mes yeux se remplissent de larmes. Je me lève brusquement renversant la table et ce qu’il y a dessus. Sans un regard pour le personnel présent qui me regarde interloqué, je sors à l’arrière de l’établissement. Je passe ma rage et ma douleur sur le conteneur poubelle le plus proche qui va se fracasser contre un autre, à plus de cinquante mètres de là. Mes crocs sortent et tout le reste suit. Le choc émotionnel est si fort que je ne maîtrise plus rien. Nous sommes en plein jour, je ne peux pas aller me perdre en forêt sans me faire remarquer, alors je rentre me terrer dans mon appartement.

Nouveau message, toujours en numéro masqué. Encore des photos. Celle d’une boite aux lettres et une autre dans une rue indiquant une adresse… M’y rendre signe mon arrêt de mort. Pourtant je dois y aller… Mon poing s’encastre dans le mur. Je tape encore et encore défonçant le plâtre. Les phalanges en sang, je m’arrête quand je ne plus rien voir, les yeux brouillés de larmes.

- C’est un piège… Cela ne peut être qu'un piège, je ne dois pas y croire… ne pas y aller…

Je deviens fou. Assis sur le lit je regarde mes mains ensanglantées mais indemnes de toutes blessures. Tracer l'appel est à mon avis inutile. Le téléphone émetteur a certainement dû être volé. Que faire ? La musique du bar me parvient en sourdine. Anna et Jansen animent la soirée. Je ne peux pas me montrer, mes yeux brillent d'une lueur électrique. Il faut que je me calme...

Je l'avais gardé alors que j'avais fait mine de le jeter à la poubelle. Le T-shirt de Jansen, celui que j'avais déchiré et qui lui avait valu une de mes chemises. Je suis trop fier pour admettre avoir besoin de lui, mais il est le seul capable de calmer le loup. Sa senteur boisée est un peu passée, mais elle est toujours là. Je me roule en boule sur mon lit, le nez dans ce bout de tissu. Le loup reflue peu à peu. Je dois aller à Los Angeles, mais comment faire pour ne pas me prendre une balle dans le dos ? Ils ont ordre de tirer à vue. Cette maudite adresse ne sera pas sans surveillance...

La musique devient plus lascive. C'est celle du show de Jansen. Je dois l'aider avant d'aller me faire trouer la peau...


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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Mar 22 Déc - 21:41





A rain dance, histoire d’une audition




(la musique ci-dessus est celle sur laquelle danse Jansen dans ce rp)

Il se rongeait les sangs pour trouver quel show préparer, quelle en serait la thématique. Il ne voulait pas arriver et présenter les pas de danse classique. Il avait besoin d’apprendre, sinon il n’y aurait aucun intérêt à entrer dans cette école de danse. Mais il voulait montrer qu’il était prêt à s’investir, et à proposer de la nouveauté, de l’émotion, avant tout, plutôt que de la technique. Et de l’émotion, il en avait à revendre, depuis qu’Alessandro avait été si rude dans ses propos. Mais, comme le lui avait enseigné la Cinquième Ronce, il s’échinait à transformer cette blessure en force. Se servir de sa tristesse, de son émotion à fleur de peau pour la transmettre, via la danse.
Il avait croisé plusieurs fois le regard d’Alessandro, et il enrageait de se sentir encore si attiré par lui, et si triste de ne plus passer du temps avec lui. Et puis il y avait eu l’épisode avec Jordan et Brian… Il était de nouveau seul, et seul il s’entrainait. Seul il se projetait, sur l’unique raison qui ne lui faisait pas perdre la sienne : la danse.

Seulement tout ce qu’il avait fait jusqu’ici était, au mieux, de la technicité au service de sa plastique. Des types bien foutus, il y en aurait d’autres, à l’audition. Alors sur quoi tabler ?
Finalement, c’est Sophie qui fut le déclic. Il ne savait plus trop comment l’aborder, car elle était visiblement la nouvelle proie d’Alessandro, et Jansen se faisait violence pour ne pas lui en vouloir à elle. Mais, en la voyant écouter son mp3, il se dit que c’était une façon comme une autre de l’aborder.

-tu écoutes quoi ? ça a l’air de te bouleverser… C’est triste ?

Elle lui sourit, haussant les épaules. Elle était belle, son sourire radieux, et sa tristesse, même si elle était due à sa musique, lui donnait une sorte de grâce. Elle lui tendit un écouteur, afin qu’il puisse profiter de la musique. Et il découvrit une artiste qu’il ne connaissait pas.

-ce n’est pas tout récent, ça fait un peu vieillot… Mais c’est fort. C’est une danseuse, elle aussi, tu connais ? Kate Bush… Elle danse, fait sa propre chorégraphie, les paroles, la musique, et même ses clips…

Et alors qu’il écoutait les paroles, une idée et une émotion se mirent à pousser sur le terreau fertile de sa nostalgie. Il pensait à son arbre père, à la perte que son éloignement signifiait, et à la pluie qui tombait à travers ses feuilles, et sur lui. Les larmes de son père pour le réconforter après ses viols répétés. Les branches de son père qui le soutenaient quand ses propres jambes ne pouvaient plus. Et la pluie, encore, qui faisait repousser les feuilles piétinées, comme son cœur, qui faisait pulser la vie dans son arbre-père, comme dans son propre corps meurtris. Les larmes du ciel, la lumière du soleil qui revenait invariablement ensuite, le réconforter, chauffer son âme, si des créatures comme lui en avait une…

I still dream of Orgonon.
Je rêve encore d'Orgonon*.
I wake up crying.
Je me réveille en pleurs.
You're making rain,
Tu fais tomber la pluie,
And you're just in reach,
Et je te touche presque,
When you and sleep escape me.
Alors je me réveille et tu m'échappes.

Les deux jours suivant, il ne ménage pas ses efforts, construisant ou récupérant les éléments de décors dont il projette l’utilisation au cours de son audition. On ne lui demande pas ça, c’est un pari risqué, il peut très bien être à côté de la plaque, mais il préfère tenter le tout pour le tout, et, si la sylve le veut, faire passer via la danse ce qui le ronge, mais aussi ce qui le porte.

-tu vas t’en aller, Jansen, si tu réussis ?
Lui demande Dan, alors qu’il est venu pour s’entrainer, comme la veille. Le drus lui sourit, attendrit par l’attitude du vieux baroudeur.

-non, ce n’est pas prévu… Je me plais bien ici. Tant que le patron me vire pas, je vais essayer d’étudier la journée, et de faire mon travail le soir.

-mais tu vas y laisser ta santé, tu ne peux pas, c’est pas humain !

-de toutes façons, il y a peu de chance que je sois pris…

Pour toute réponse, le jeune danseur lui fait un sourire énigmatique. Il peut se permettre, lui, puisqu’il n’est pas humain… Oui mais alors pourquoi il a si mal en pensant à Alessandro et à ses yeux qui brillent dans le noir ? Alessandro, si dangereux, si attirant ?

You're like my yo-yo
Tu ressembles à mon yoyo
That glowed in the dark.
Qui brillait dans le noir.
What made it special
C'est ce qui le rendait spécial
Made it dangerous,
C'est ce qui le rendait dangereux,
So I bury it
Alors je le cache
And forget.
Et j'oublie

Il est presque prêt. Reste à gérer le problème de la pluie. Mais il a une idée sur la question. Il ne lui sera pas trop compliqué de persuader le jeune vendeur de lui prêter le système, avec un peu de glamour. Le type en question, Stan, gère une petite boutique pour faire pousser des plantes d’intérieur, avec des systèmes hygrométriques, et de récupération d’eau. Oui, c’est un magasin pour fumeur de joint déguisé… C’est justement ce dont il a besoin, avec un peu de modifications. Un sourire charmant de sa part, et l’usage du glamour parviennent à le convaincre de non seulement lui prêter le matériel, mais aussi de venir faire le technicien de service pour le déclencher, et lui servir de chauffeur.

Il a surement une autre idée derrière la tête, mais Jansen n’a pas la bagatelle à l’esprit, pour sa part. Le jour J, alors que Jansen n’a pas dormit de la veille, ils embarquent la baignoire particulière dont il a besoin, ainsi que le système de pluie artificielle.… Les lumières seront simples, brutes, authentiques…

Oh, God, Daddy--
Oh, mon dieu, papa
I won't forget,
Je n'oublierai pas,

(..)

Il est le dernier à passer, car il doit placer ses éléments sur la scène, et le jury a été prévenu. C’est donc un jury très las de sa journée, et pas forcément très réceptif, qu’il devra convaincre. Prenant place sur la scène, son cœur battant à tout rompre, il se prête au jeu des questions, avant sa représentation.

-Jansen Avery, de Beacon Hills, c’est bien ça ?
-oui, mdame…
Les lunettes et le chignon dressée donnent un air sévère à la quinquagénaire, et les trois autres jurés ne font rien pour le rassurer. Deux hommes, deux femmes.

-quelles sont vos études ?

-je. Je suis autodidacte, je m’y connais en plantes et je danse dans des bars…

Les spectateurs, car il s’agit d’une audition avec un public, s’esclaffent, se moquant du jeune homme.

Baissant un peu ses lunettes, et consultant le dossier, très maigre, remplis par l’écriture élégante de Jansen, elle fait une moue fort peu engageante…

-je vois… et bien ? Pourquoi avoir voulu des artifices pour votre audition ? Un décor, a priori rudimentaire, certes, et des lumières…. Quoi d’autre ?
-je voudrai vous le faire découvrir, si vous permettez…

Elle lui fait signe de procéder… Une baignoire élégante, blanche, trône au milieu de la scène, éclairée simplement. Devant elle, Jansen se place en position classique. Il est presque nu, ayant ôté ses vêtements en coulisse. Certains spectateurs murmurent, choqués devant si peu de pudeur. Mais visiblement le jury apprécie sa plastique. Alors, les premiers sons arrivent. De la pluie. De la pluie artificielle qui tombe, formant une petite mélodie sur l’émail de la baignoire, et au sol. Jansen bondit, pour se retrouver sur la baignoire, en extension, le port altier. L’autre musique, de l’artiste qui l’a inspiré, commence elle aussi.



On top of the world,
Sur le toit du monde,
Looking over the edge,
En regardant au loin,
You could see them coming.
On pouvait les voir arriver

La danse qu’il commence n’a rien de classique, elle prend ses racines dans une tradition qui n’est pas de ce monde. Mais Jansen danse, il danse son père perdu, la pluie qui le réconforte, le soleil qui vient ensuite. Il danse sa peine du moment, sa peur pour l’examen qu’il passe. Ses mouvements sont de plus en plus rapides, fluides, il semble en osmose avec la pluie. Chaque fois qu’il quitte la baignoire, enchainant des sauts réclamants technique et force, il y revient, et il se rapproche de plus en plus de la surface… Petit à petit l’émotion se fait ressentir dans le public, lorsqu’il comprend que l’eau qui affleure à présent le bord de la baignoire est non seulement un miroir de regret, de larmes, de passé, mais aussi, peut-être, un danger, car il peut s’y noyer.



'Cause every time it rains,
Car chaque fois qu'il pleut,
You're here in my head,
Je pense à toi,
Like the sun coming out--
Regarde, le soleil perce
Ooh, I just know that something good is going to happen.
Oh, je sais seulement que quelque chose de bien va arriver.
And I don't know when,
J'ignore quand,

Il pense à son père, il aimerait s’endormir dans ses bras. Il pleure à présent, mais ne lâche pas sa chorégraphie, alors qu’un raz de marée émotionnel l’emporte pourtant. Comme lorsqu’il se bat, il se sert de cette attaque pour la transformer. Il libère son émotion, à travers les mouvements…
Oh, mon père, comme tu me manques, se dit-il…
Finalement, la musique s’arrêtant, il se retrouve plongé entièrement dans l’eau, utilisant ses capacités hors norme pour rester en apnée un long moment…



The sun's coming out.
Le soleil perce.
Your son's coming out.
Ton fils va s'en sortir.

Le public est sous le choc, angoissé, certains se lèvent déjà. Puis jansen ressort de l’eau, au moment où la lumière se fait presque inexistante, alors que les dernières gouttes de pluie tombent… Il salue le jury, et le public.

Sur le chemin, il veut féliciter le jeune vendeur de système hygrométrique, mais ne le trouve pas. Encore bouleversé par son spectacle et les émotions qui sont revenues, il ne remarque pas une légère odeur de nicotine…

Dans les coulisses, il retrouve les autres concurrents. La plupart le félicitent, mais un en particulier à de la haine sur le visage.

-tu sais ce qui va se passer ? le danseur de bar? ils vont te féliciter, mais ils ne te prendront pas… Tu as aucun niveau d’études…
-pourquoi tu es la, de toutes façon ? vu tes costumes, tu es blindé de fric.. Tu n’as même pas besoin de cette bourse, de ce prix.
-je suis le meilleur, point… Et toi tu vas retourner à ta campagne pourrie…

Le poing de Jansen vole, et rencontre la mâchoire du jeune salopard, qui se retrouve au sol, au pied de la présidente de Jury venu annoncer que les candidats doivent à présent retourner sur scène pour les résultats… Son regard sévère sur Jansen ne lui laisse aucun espoir pour la suite….



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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Jeu 24 Déc - 14:24



Il était une fois l’amérique


Feat : Jansen Avery


La fumée s’échappe de mes lèvres, le regard dans le vague je regarde les voitures passer dans la rue devant le Pink. Le cimetière de mégot à mes pieds dans le caniveau, est le témoin de ma contrariété. Ces tiges de nicotines sont la seule chose qui me calme. Je suis sorti, car c’est une véritable torture de voir Jansen s’entraîner. Mon regard ne peut s’empêcher de suivre ses mouvements. Je rêve de m’emparer de son corps et de le soumettre sous mes caresses. Depuis l’attaque de ses copines pas très commodes, et notre altercation qui a suivi, il semble s’être muré dans une détermination farouche pour cette audition. Je n’ai posé aucune question, les membres de mon personnel sont assez bavards pour remédier à mes demandes muettes d’informations, surtout quand ils ignorent que même depuis le trottoir, je peux les entendre discuter entre eux à voix basse. Je tourne toujours le dos au bar lorsque je sors fumer. J’ai besoin de m’aérer et de faire une coupure avec les activités du bar pour me calmer. Cette fois c’est Dan qui questionne Jansen et il lui pose LA question qui me brûle les lèvres depuis que je suis au courant pour cette audition que Jansen prépare dans le but d’obtenir une bourse d’étude dans une école de danse.

- Tu vas t’en aller, Jansen, si tu réussis ?
- Non, ce n’est pas prévu… Je me plais bien ici. Tant que le patron ne me vire pas, je vais essayer d’étudier la journée, et de faire mon travail le soir.


J’exhale une longue bouffée de fumée et ferme les paupières de contentement. Pourtant sa présence me met à la torture. J’ai envie de l’embrasser, de le dévorer de baisers, mais aussi de lui hurler dessus, d’en faire ma chose. Mes sentiments sont ambigus et moi-même je ne me reconnais pas. A Los Angeles, il y a longtemps que je l’aurais viré. Si je n’ai jamais forcé les gens, je ne supporte pas que l’on reste sous mon nez à me tenter… me narguer. Toutefois Jansen est un type bien. C’est cette bonté qui lui fait tenir sa promesse de venir travailler, comme pour sa proposition de venir les soirs de pleine lune alors qu’il a rompu notre relation. Et là il dit à Dan qu’il se sent bien au Pink.

- Mais tu vas y laisser ta santé, tu ne peux pas, ce n’est pas humain !
- De toutes façons, il y a peu de chance que je sois pris…


Je me souviens de son regard quand il m’a narré les horreurs qu’il a subi étant plus jeune. Son souffle s’était accéléré de même que les battements de son cœur, comme s’il revivait ces instants maudits. Il s’était vaillamment battu, j’ai pu moi-même tester sa résistance au combat. Pourtant une part de lui est fragile. Il me donne envie de le protéger, de l’aider à accéder à son rêve. Mais ça, je ne l’avouerai pour rien au monde. Je ne veux pas que l’on puisse penser que je donne dans la sensiblerie. Quand je me fais protecteur, c’est pour le panache, l’image et surtout ce n’est jamais gratuit.

Lorsque je retourne dans le bar, Dan hoche la tête dans ma direction avec un sourire indéfinissable. En montant à l’étage vers mon appartement où j’ai transféré mon bureau, je trouve ce signe étrange. Un peu comme un message du genre « Tu vois, il reste. » Dan est un ancien à qui on ne la fait pas. M’a-t-il démasqué dans ma capacité à les entendre ? De tout mon personnel, c’est lui que je considère le plus fiable et le plus intelligent. Je ne sais pas grand-chose de son passé, mais j’ai le sentiment qu’il en a vu d’autre lors de sa carrière de serveur.

Les travaux du bar requièrent toute mon attention dans les jours qui suivent. Je garde cependant un œil sur les activités de Jansen. J’ai obtenu le nom de l’école qu’il vise – la meilleure de Beacon Hills –. L’affaire m’aura pris le temps de quelques coups de téléphone et d’un virement bancaire conséquent au trésorier de cet établissement. Dans ce genre d’institution, l’argent providentiel n’est jamais refusé. J’ai par contre, exigé l’anonymat de mon mécénat. Il ne faut pas que Jansen se doute que j’installe quelques leviers au cas où il ait besoin d’un petit coup de pouce. Il le prendrait comme un affront et serait capable de tout lâcher. Je sais très bien comment gérer ce genre de pression. Il est toujours plus difficile de refuser un service à un donateur à qui on a déjà accepté et encaissé son argent, voir même commencé à le dépenser, que d’accepter un chèque pour fermer les yeux et accepter quelqu’un qui a été recalé. Jansen réussira peut être et j’aurai dépensé cet argent pour rien. Cependant je veux m’assurer qu’il ait enfin toutes ses chances devant lui avant que je ne me décide de retourner à Los Angeles… Je n’ai pas l’intention de les laisser me descendre facilement, mais ils sont nombreux, et je suis seul… ou presque.

(…)

Je n’y connais strictement rien en danse classique pourtant je ne dénature pas dans le paysage et suis plutôt à l’aise dès que j’entre. Assis dans la salle avec les autres spectateurs qui sont souvent des amis, de la famille ou des curieux de ce qui se passe dans ce théâtre, je regarde passer un après l’autre les postulants à cette bourse d’étude. J’écoute attentivement les reproches que fait le jury à ceux qui ont fini leur démonstration. « Trop tonique, trop mou, pas en rythme, trop sportif… » Le jury et moi ne sommes pas en accord avec ce qui me semble aller ou pas. Ils semblent avoir des critères bien précis et bien vieillots à mon avis. Mais peu à peu je commence à anticiper ce qu’ils vont dire en fonction de ce que je vois. Je guette aussi les battements de leur cœur.

Je commence à m’impatienter, je ne vois toujours pas Jansen. A-t-il abandonné ? Je ne peux l’imaginer se dégonfler après l’acharnement qu’il a mis à s’entraîner. Mais je comprends quand il arrive, bon dernier à passer. Il a amené avec lui une installation assez encombrante. Un jeune homme l’assiste pour la gestion du système. Il semble avoir plus d’ami que ce que j’en sais. J’éprouve une violente jalousie envers ce type, auprès de qui, MON danseur s’est tourné. Sont-ils amants ? Je plisse les yeux et serre les dents.

Son décor consiste en une baignoire et un système d’arrosage. Je devine que derrière la pluie, se cache son humeur du moment. Ordinairement, je ne suis pas très doué pour comprendre ce que les artistes tentent de retranscrire dans leurs œuvres que ce soit de la peinture, de la musique ou comme ici de la danse. Je me tasse sur mon siège, les coudes sur les genoux, le menton calé sur mes mains. Tous mes sens sont tournés sur la scène. Son entrée avait provoqué des murmures parmi les spectateurs. Il est sublimement beau. Certains sont choqués de sa quasi nudité, j’apprécie chaque courbes de ses muscles.

- Jansen Avery, de Beacon Hills, c’est bien ça ?
- Oui, mdame…


Pfff… Il va falloir que je lui apprenne à articuler et à s’exprimer de manière correcte, surtout devant quelqu’un qui est là pour le juger. Jansen marque un mauvais point. Les battements du cœurs de la femme qui le questionne ont marqué une ratée caractéristique du mécontentement.

- Quelles sont vos études ?
- Je. Je suis autodidacte, je m’y connais en plantes et je danse dans des bars…


Les rires moqueurs fusent. Bordel, il est en train de se saborder avant même de commencer. Je fulmine sur place. J’aurais dû mettre mon orgueil de côté et le coacher, au moins pour qu’il passe l’épreuve des questions avec un peu plus de classe. Je ne suis pas danseur, mais question aisance en société, je peux lui apprendre beaucoup. Le ton de la femme quand elle poursuit n’engage rien de bon. Elle s’est déjà fait des à priori sur Jansen.

- Je vois… et bien ? Pourquoi avoir voulu des artifices pour votre audition ? Un décor, a priori rudimentaire, certes, et des lumières…. Quoi d’autre ?
- Je voudrai vous le faire découvrir, si vous permettez…


La musique commence, la pluie se met à tomber et Jansen bondit sur la baignoire. Ses gestes sont sûrs et précis. C’est un athlète et sa force supérieure à celle d’un être humain l’aide à tenir des postures aussi complexes qu’esthétiques. Ses muscles se dessinent sous sa peau, le public est conquis et avec un sourire de prédateur j’apprécie la rythmie que Jansen impose aux cœurs des jurés. Il les a capturés, alors je m’abandonne aussi au spectacle qu’il nous offre. Son émotion me traverse et me bouleverse. C’est d’autant plus fort que je sais précisément quelle histoire il raconte.

Son final est grandiose, une femme à côté de moi se lève inquiète de l’apnée prolongée de Jansen. J’ai synchronisé mon oreille sur le cœur de Jansen, il bat fort, puissant. Il est tout à fait dans son élément. Je n’attends pas que les lumières se rallument pour disparaître. Il y a quelque chose que je dois vérifier.

Quand j’entends l’altercation il est déjà trop tard pour intervenir. Masqué par une tenture, je vois un des danseurs s’étaler au pied de la femme qui avait questionné Jansen… J’aurais dû m’imposer et lui mener une vie d’enfer pour le préparer à cet examen. Il ne suffit pas d’être bon, il faut savoir aussi gérer le reste, se gérer… Jansen est trop à fleur de peau depuis l’attaque… L’inévitable vient de se produire. Je ne sais pas quelle va être la sanction, mais ce qui est certain c’est que le connard qui se frotte la mâchoire d’un air goguenard va regretter d’avoir osé faire du mal à Jansen. Ce soir, il dormira à l’hôpital, pleurant sur ses rêves de danseur à jamais envolés. Je sais quoi lui casser pour ruiner sa carrière. Et je sais aussi comment m’y prendre pour qu’aucun lien avec ce qui vient de se passer ici ne puisse être fait. Je ne prends pas le risque de prendre les policiers de cette ville pour des demeurés. Et si Jansen est recalé, il sera toujours temps d’aller rappeler de bons souvenirs au trésorier de l’école.

Je reste à porté d’oreille, mais sors discrètement pour corriger ce type à ma façon. Je suis déjà rassuré sur ce que j’ai senti sur le jeune homme qui accompagnait Jansen. Il n’y a pas l’odeur de mon danseur sur lui.


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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Mar 29 Déc - 14:10





A rain dance, histoire d’une audition




Jansen reste interdit, le regard rivé sur celui de la juge à la mine sévère. A voir le visage goguenard de celui qui l’a provoqué, il ne peut que se rendre à l’évidence : il l’a provoqué volontairement, et ne s’attendait certes pas à recevoir un tel coup, mais bel et bien à faire sortir Jansen de ses gonds. Sans doute, étant visiblement un habitué, avait-il qu’un des jurés venait annoncer la suite dans les vestiaires.

La cinquième ronce aurait eu honte de lui, elle qui l’entrainait à savoir se battre, mais aussi à savoir quand ne pas se battre. Elle qui l’exhortait à toujours être maître de ses humeurs, de son corps, comme une revanche sur ce que lui faisait subir ses tortionnaires… Et voilà qu’il était tombé dans un piège grossier, et qu’il ruinait ses chances d’entrer dans l’école.

De retour sur la scène, il tente de faire bonne figure, mais il est triste et résigné. Ils sont une quarantaine, il n’y a que deux places… Alignés devant le jury, sous les feux des projecteurs, les danseurs attendent le verdict. Jansen relève tout de même le menton, au fur et à mesure que les premiers résultats tombent. Ils ne sont plus que dix sur scène, et le jury prend à présent le temps de commenter chaque prestation.

Il y a déjà eu l’annonce d’un boursier, un jeune homme assez timide, d’allure très classique, tout comme sa prestation. Blond, les yeux noisettes, il semble comme perdu, mais un sourire de circonstance s’affiche sur son visage.

Puis le jury annonce vouloir prendre cinq jeunes danseurs dans l’école, vu leur grande qualité d’interprétation, et malgré leur manque de technique.

"pour autant, vous devrez trouver vous-même un moyen de financement. Nous acceptons à titre exceptionnel de vous faire intégrer l’école, alors qu’il n’y avait à la base que deux places, mais nous ne pouvons allouer à présent qu’une seule bourse d’étude supplémentaire."

Le type qui se frotte à présent le menton n’en fait pas partie. Il a été recalé, comme les deux années précédentes, semble-t-il.
Finalement il ne reste que deux personnes, dont Jansen. Le jury désire s’entretenir avec chacun d’entre eux, resté seul sur la scène. Le cœur battant à tout rompre, Jansen attend donc son tour, laissant son camarade passer l’épreuve… Quand finalement on l’appelle, lui, il a l’impression de jouer sa vie.

"monsieur Avery. En préambule, nous tenons à vous signifier que votre attitude intolérable un peu plus tôt pèse lourd sur la balance à l’aulne de notre jugement. Un élève en danse doit maitriser parfaitement son corps, ses pulsions, et il est inadmissible de se laisser aller à une telle violence. Même si la personne en question l’a…"

"-hmm hmm-"

L’homme qui s’est raclé la gorge masque difficilement un sourire en coin.
"oui. Bien… Votre dossier est bien maigre, et il faut que vous soyez conscient que dans cette école, l’apprentissage de la danse est un lourd tribu à payer. Nous n’avons pas le temps de consacrer trop d’heures à la culture générale, aux sciences et pourtant vous devez vous montrer à la hauteur dans ce domaine. C’est pour cette raison que nous ne prenons pas habituellement quelqu’un ayant un si faible niveau d’études"

Habituellement ? Jansen n’ose y croire. Il y a comme un espoir dans ce « habituellement ».

"Ceci étant dit, votre prestation nous a tous impressionné, nous sommes unanimes sur ce point. Vous avez une sensibilité et une base technique solide, il serait donc navrant de ne pas façonner ce diamant brut que vous êtes, monsieur Avery. Nous vous indiquerons donc comment procéder administrativement pour profiter de cette bourse d’étude."

-m.. merci.. Oh mon dieu, merci…

Jansen en a les larmes aux yeux, il se sent léger, presque euphorique…
"une dernière chose. Vous devrez quitter votre travail actuel. Il ne serait pas convenable, pour votre santé et pour notre réputation, que vous continuiez à ... faire ce que vous faites."

C’est comme apprendre à voler et se faire couper les ailes. Se retirant, Jansen pense à l’implication. Ne plus voir Dan, ou Charlie. Ne plus voir Sophie ou Anna… Ne plus voir Alessandro, bon sang !

Ses yeux noisettes, son corps superbe. Sa violence, son mépris… Sa protection, le désir qu’il fait naitre en lui… Il ne peut pas renoncer à ça… Il ne sait plus quoi faire, il est si perdu.
De retour au Pink Print, c’est déjà la fermeture… Il n’y a plus qu’Alessandro, et jansen, qui dépose ses affaires. Alessandro ne lui a pas adressé la parole depuis un moment, si ce n’est pour le prévenir que les travaux débuterons bientôt. Et pourtant il lui demande, avec une certaine retenue.
"alors ? Tu nous quittes ? Tu as réussi ton audition ?"

Jansen le regarde. Il le regarde vraiment. Cette nervosité, cette puissance masculine, ce visage si plaisant. Et il répond, mentant effrontément.
-non j’ai échoué… Faudra que je m’entraine plus. En attendant j’ai du travail, ici, si vous voulez encore de moi.

Son cœur est lourd. Mais il ne veut pas renoncer à ça, même pour son rêve. Il n’aura qu’à recommencer dans un an, qu’est ce qui l’en empêche. Il est parti avant d’avoir laissé son adresse personnelle, persuadé que cet affront lui vaudrait d’être exclu… Cependant, dans les prochains jours, alors que les travaux commencent, une lettre adressée à « monsieur Avery, travaillant au Pink Print », atterrit sur le bureau d’Alessandro. A l’intérieur, une explication sur son mensonge défile devant les yeux curieux d’Alessandro.

« Cher monsieur Avery.
Vous êtes parti sans nous laisser votre adresse personnelle. Nous vous rappelons que vous avez quinze jours pour remplir le dossier administratif ou le faire remplir par un tiers de confiance, et signifier votre démission de votre emploi actuel. Il serait inconvenant de continuer ce… travail, pour la réputation de notre école, et la vôtre. Vous trouverez ci-joint la procédure. Cordialement, Mr Hickle. »


Jansen ne revient pas, pendant les jours dédiés aux travaux. Pour la première fois de sa vie, il expérimente une détresse absolue. Tellement absolue qu’elle s’apparente à une extase. La demi-lune y est associée. Celle des regrets, de la mélancolie. Alors, de nouveau, Jansen n’est plus, et c’est une jolie jeune femme aux longs cheveux cuivrés qui s’éveille le lendemain matin, sortant de l’arbre refuge ou Jansen a passé la nuit.
Janice foule à nouveau le même sol que son hôte.



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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Sam 2 Jan - 21:38




Il était une fois l’amérique


Feat : Jansen Avery


Je reste dehors, suffisamment loin pour ne pas entendre le jury donner son verdict car je sais que j’aurais du mal à me contenir si Jansen est recalé, et suffisamment près pour ne pas rater l’autre conard qui a osé le provoquer. Finalement, je n’ai pas à attendre longtemps, le type sort de très mauvaise humeur, son sac sur l’épaule. Une des participantes tente de le retenir, mais il ne se retourne pas et poursuit son chemin en haussant les épaules et criant à l’injustice sur les fils de riches qui achètent le jury. C’est vrai que le jury est potentiellement acheté, mais je n’ai encore rien fait. Si je suis sorti, c’est bien pour laisser Jansen la capacité d’obtenir cette bourse par ses propres moyens. J’attends que la fille réintègre le théâtre et commence à suivre discrètement le danseur visiblement recalé. Sa prestation, n’avait pas été mauvaise, mais les autres étaient meilleurs. Ce type est en rage, il fulmine et pleure en même temps. Sa frustration me fait presque de la peine et je songe un instant à le laisser tranquille. Cependant, il murmure quatre petits mots de trop… « Je vais me venger ».

Jamais il n’aurait dû emprunter cette ruelle sombre pour cacher ses larmes. Le lendemain, les journaux parleront de l’attaque féroce d’un fauve qui a handicapé à vie un danseur très prometteur… La réalité est qu’il a fait dans son slip quand je lui suis tombé dessus. Il a parfaitement vu mes crocs, mes yeux bleu électrique et bien compris que ce n’était pas un animal qui l’attaquait. L’agression surnaturelle restera coincée dans ses cauchemars. Il faisait bien trop sombre pour qu’il me reconnaisse. Et il ne se risquera pas à dire qu’il s’est fait attaquer par une sorte de vampire. Car je l’ai soigneusement mordu pour ne laisser que deux trous dans son cou, comme dans les films du genre. J’étais parti son sans un chuchotement près de son oreille. « Tu m’appartiens, je reviendrais. Jusque-là tiens-toi à carreau… sinon… »

(…)

Quelques clients s’attardent. Ce soir, il n’y a pas de spectacle, nous fermons plus tôt. J’ai dit Jessy de rentrer que je m’occupais du service et proposé à Jerry de faire pareil dès qu’il a fini de ranger ce qu’il pouvait. Les fins de soirées peuvent se montrer propices à des discussions informelles avec les clients qui restent. Ce soir, il reste un couple de gars qui sont des habitués et avec lesquels j’ai déjà discuté. Ce sont deux hommes d’âges murs, l’un d’eux est tailleur de profession et… italien d’origine. Jerry me salue en partant et alors que je vais pour aller discuter « garde-robe à refaire » avec le couple, Jensen fait son apparition. Il vient, semble-t-il, déposer du matériel. Son audition est terminée depuis un moment, mais je suppose qu’il a eu fort à faire avec le rangement de sa baignoire pleine d’eau et tout son système d’arrosage. Je scrute son visage qui est fermé. A son air triste en regardant le bar, je suppose qu’il a réussi et le sachant attacher au bar, il a un peu de nostalgie de le quitter. C’est un peu la mort dans l’âme que je lui pose la question. S’il doit s’en aller, je souhaite que nous nous parlions à nouveau, au moins dans une relation normale de patron – employé.

- Alors ? Tu nous quittes ? Tu as réussi ton audition ?
- Non j’ai échoué… Faudra que je m’entraine plus. En attendant j’ai du travail, ici, si vous voulez encore de moi.
- Ton poste n’a jamais été remis en cause… Pas par moi en tout cas.


Il ment, tout son corps me le crie, son cœur qui bat le tocsin, ses yeux qui me regardent avec affront, cherchant surement un air de satisfaction de ma part. Pourquoi me ment-il ? S’il a réussi, pour participer à ses cours, il sera obligé d’adapter ses horaires ici au Pink. Je suis dérouté alors que Jansen va à son vestiaire. Les travaux vont débuter, arrêtant par la même occasion les exhibitions de Jansen et Anna. J’ai prévenu mes quatre serveurs et serveuses que j’allais diminuer leur nombre d’heure de travail pendant la période qui allait nous amputer d’une bonne partie de la salle pour les transformations. J’avais rassuré Jessy pour qui son salaire est important, que cela serait transparent pour eux. Les comptes du bar sont sains, je peux me permettre cette largesse. Puis c’est important de se faire apprécier de son personnel par ce genre de geste.

(…)

C’est un vrai chantier en bas. Je me réfugie donc souvent dans mon bureau à l’étage. J’ai mis un casque avec de la musique pour ne plus entendre la masse qui casse une cloison à l’étage inférieur. J’épluche le courrier. Entre accusés de réception de commande, les bordereaux de livraison et les factures, j’ai de quoi m’occuper. J’attrape la lettre suivante et la décachette proprement avec mon coupe papier avant de m’apercevoir qu’elle ne m’est pas destinée… Que faire ? Le mal est fait, je l’ai ouverte. Jamais Jansen ne me croira, si je lui affirme que je ne l’ai pas lue… et il aurait raison. D’un geste sec, je sors le courrier qui se trouve à intérieure.

« Cher monsieur Avery.
Vous êtes parti sans nous laisser votre adresse personnelle. Nous vous rappelons que vous avez quinze jours pour remplir le dossier administratif ou le faire remplir par un tiers de confiance, et signifier votre démission de votre emploi actuel. Il serait inconvenant de continuer ce… travail, pour la réputation de notre école, et la vôtre. Vous trouverez ci-joint la procédure. Cordialement, Mr Hickle. »


… Inconvenant… Je serre le poing froissant par la même occasion la lettre. Je ne sais pas ce qui me faire rager le plus, ce monsieur Hickle qui émet un jugement de valeur sur le travail de Jansen ou sur le mensonge de ce dernier.

- Jansinio… pourquoi ?

Il a choisi le Pink au dépend de son rêve le plus cher… D’habitude, j’aime que les gens se sentent redevables envers moi, mais là… Jansen ne me doit rien, c’est plutôt l’inverse… son odeur si apaisante, son corps si gracile et souple sous mes doigts… Reste-t-il pour me protéger d’un nouveau rapt de ses « sœurs » ? Dire que son choix me déçoit serait mentir. Mon orgueil est flatté par sa priorité. Cependant, je me souviens parfaitement son air triste l’autre jour, quand il m’a dit avoir échoué. Mon verre de whiskies finit fracassé contre le mur en face de moi. J’aimerais l’enfermer dans une cage dorée où personne ne pourrait l’atteindre, mais on ne met pas la nature en cage et… je n’ai jamais su garder une plante verte plus d’une semaine. Alors un Drus…


Je soupire et me coupe en ramassant les morceaux… Ma montre m’indique vingt-deux heures, mes cigarettes sont toutes fumées dans le cendrier. Je prends un blouson et sors. Prêt de la poste y a un petit bar qui dépanne en cigarettes. Je peux faire lever cette clause qui déchire Jansen, mais dois-je intervenir ? Je pousse la porte et viens m’asseoir au bar. Quatre patibulaires tapent le carton près des waters. Je commande un whisky et deux paquets de tiges à la nicotine. Une blonde platine sirote sa fine et me dit « Champagne ? » Je fais glisser mon verre sur le zinc, il s’arrête juste devant la fille. Je commande un autre verre et l’accompagne. Elle se rapproche et me dit « Cinquante ? » Je la regarde, les lèvres écarlates comme le sol d’un abattoir, les paupières fardées de couleurs criantes, les cheveux platines savamment coiffée en chignon décoiffé. Ça serait tentant, se vider la tête et le reste.

La porte du bar claque, la blonde range son billet entre ses seins et je rejoins, seul, ma voiture. Demain, j’irais voir le trésorier. J’ai déjà un dossier sur les membres du jury. Il sera simple de le convaincre de virer cette puttana de clause quand je lui montrerai une photo de ce monsieur Hickle en compagnie d’une fille de mauvaise vie. Qu’on ne vienne pas me parler de convenance…

(…)

Jansen n’est pas venu depuis deux jours. Techniquement cela ne gêne pas à cause des travaux, mais personne semble savoir où il est. A mes questions, Anna a dit qu’il doit se cacher dans un coin à cause de son échec  et qu’il ne faut pas s’inquiéter. J’ai fait taire ma fierté et je suis allé chez lui, mais il n’y était pas. Je n’aime pas ne pas savoir où il est. Son odeur me manque. Je lui ai dit que je me passerais de lui pour la pleine lune… Je suis déjà en manque… pathétique. Au Pink, mon humeur massacrante pèse sur tous. Les nuisances des travaux n’aidant pas. Je passe plus de temps dehors à fumer et regarder passer les voitures.

- Ce parfum !...

Une fille vient de passer dans mon dos, la démarche souple, de longs cheveux cuivrés… Encore une de ses « sœurs » ? J’écrase ma cigarette et la suis à distance. Jansen m’avait dit que les guerrières ont les cheveux court et chose troublante, l’odeur de cette fille ressemble de manière troublante à celle de Jansen avec un côté plus féminin. Mais la base est la même. Une proche parente ? Je n’ai encore pas bien tout saisi les mystères de ceux de son espèce.


© Fiche par Mafdet Mahes
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