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 Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature

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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Mar 17 Nov - 15:59



Il était une fois l’amérique


Feat : Jansen Avery


Je passe mes derniers instants dans cette ville que je connais par cœur. Los Angels, la ville des anges. Je ne peux nier que cela me chagrine de laisser ma ville natale et de partir. Mais c’est cela ou dans le meilleur des cas… une balle dans le dos. Le vent a tourné, et je suis bien contraint de plier pour ne pas casser. Je suis banni de la ville pour les dix prochaines années. C’est long, mais je suis encore jeune. Je reviendrai, c’est une simple question d’honneur. La Famille… Je n’en suis pas exclu, ils me demandent juste de me faire oublier pour calmer les susceptibilités. Toutefois, je sais que seule mon extrême prudence à engranger quelques solides leviers menaçants, me permet de ne pas finir six pieds sous terre. Car si on aime bien dans le milieu de la pègre, on châtie aussi avec la même ferveur.

J’ai réglé les derniers détails. Dispatché mes activités, récupéré l’argent qui en découle, et construit un réseau de veille active. Bon, pour être honnête, je suis contraint de lâcher quatre-vingt pour cent de mon business local. C’est frustrant et je tue mon agacement par une surdose de cigarettes. Seulement, ma fierté égratignée vaut bien le prix de ma vie.

Une semaine que j’ai reçu le listing du personnel de l’établissement que je viens de m’acheter à Plouc Hills dans la plus légale des transactions. C’est le B A BA du métier. Toujours commencer par s’implanter avec une affaire irréprochable. Beacon Hills n’est qu’à un grand jet de cailloux de LA… Don Stephano m’avait donné trois mois pour disparaitre. C’est un immense privilège que j’ai apprécié à sa juste valeur, lui cédant une bonne moitié de mes propres affaires à un prix défiant toute concurrence… Il faut savoir faire amande honorable. Faire du fric, c’est mon métier. Je sais que j’arriverai à me refaire sans mal. J’ai juste un pincement au cœur de quitter LA et sa communauté italienne, les quartiers de mon enfance…

(…)

Je repose le listing. Le personnel comprend deux barmans, deux serveurs et deux danseurs. Trois femmes et trois hommes. J’ai leur nom, leur adresse et leur évolution de carrière, si on peut appeler ça ainsi. Grace à quelques appels passés à droite et à gauche, j’ai aussi une idée de leurs soucis personnels. Le patron actuel a eu la très riche idée d’informatiser son système d’encaissement. Ce qui avant était englouti dans la masse, apparait maintenant de manière limpide, si tenté qu’on sache faire parler une base de données. Un des employés tape dans la caisse et j’ai ma petite idée sur qui est cette personne. Les salaires ne sont pas mirobolants, mais les postes ne sont pas non plus des jobs qui demandent de grandes études. Un entretien avec chacune de ses personnes s’impose. Je dois savoir à qui j’ai affaire.

Je conçois mon entreprise comme une famille. Je protège ceux qui bossent pour moi, en retour je demande une loyauté sans faille. Il est évident qu’un employé frustré trahira plus facilement. Tout est question de dosage entre prise en considération de leur personne et fermeté. De prime abord, je vais me faire apprécier d’eux, puis ensuite s’épurerais à ma manière.

- Di cosa si tratta?

Mon téléphone peine à tenir sa batterie dans la journée tant il passe son temps à sonner. Encore un intermédiaire qui m’appelle à la rescousse. J’ai envie de l’envoyer balader, mais si je souhaite conserver cette ascendance…

- Augusto può risolvere il problema.

Je raccroche et réponds à un mail du garde meuble qui va stocker mes affaires le temps que je trouve un logement décent. En attendant, j’occuperai l’appartement qui se trouve au-dessus du Pink Print. D’après les plans de l’établissement, c’est un trois pièces pas très fameux. Je devrais m’en contenter. J’étudie la possibilité d’agrandir le bar, mais pour l’instant la configuration des lieux ne me permet pas d’élargir mon champ d’action et d’activités comme une salle de jeu… ou autre.

« Se avete bisogno di qualcosa, mi chiami. » C’est ce que m’avait dit Don Stephano à notre dernière rencontre. J’avais fait les courbettes usuelles et avait quitté le bureau de celui qui m’avait sorti de la plus grande panade de ma vie, lorsque je m’étais fait mordre par un loup garou. Je ne lui en voulais pas de cet exil forcé. Normalement ma sanction aurait dû être la mort…

(…)

Le paysage désertique borde les deux côtés de la route qui m’éloigne de LA. Coup de blues passager, mais je me ressaisis. Je ne suis pas du genre à me laisser abattre. Sur les sièges arrière de ma sportive, deux valises rassemblent mes affaires indispensables. Le reste suivra plus tard. C’est donc avec une vraie curiosité que je dépasse le panneau annonçant Beacon Hills. J’ai bien l’intention de redémarrer mon business, puis je ne pars pas de zéro avec ce bar gay. L’affaire est saine et rentable. Bien entendu, je vais lui donner ma touche personnelle, commencer par asseoir une certaine autorité et petit à petit m’étendre sur le business de la ville. Tout est à faire. Mon réseau d’informateurs m’a dressé le tableau des caïds locaux, rien de bien inquiétant. Je vais commencer par baisser l’échine pour mieux les prendre en traitre. Le seul bémol est la concentration de chasseurs. Beacon Hills semble être le fief d’une famille légendaire de ces empêcheurs de mordre en rond. Mais il semblerait qu’elle soit sur le déclin. Côté lycans, j’ai dénombré trois meutes. Je tiens à mon statut d’oméga. La puissance que je gagnerais à m’associer à une meute est alléchante… mais seulement si j’en suis l’alpha. J’évite de me frotter à mes congénères, tant que ceux-ci me laissent en paix.

(…)

Cela fait deux heures que je discute avec celui qui devient l’ancien propriétaire des lieux. Il n’y avait pas grand monde à mon arrivée. Le personnel se limitant, à l’ouverture, à un barman et une serveuse. Le type en face de moi est agité. Il n’est de toute évidence, pas ravi de perdre son affaire pour de stupides dettes de jeux.

- Vous êtes de mèche avec ceux qui m’ont piégé à cette partie de poker ?!
- Je ne vois absolument pas de quoi vous parlez.
- Vous arrivez à point nommé pour reprendre le bar… je n’avais même pas dit que je vendais !
- J’ai simplement un bon réseau d’informateurs… Cela ne signifie pas que je suis à l’origine de vos… difficulté
s.

Il est évident que si j’avais eu affaire à un lycan, je n’aurais pas exposé le problème ainsi… mes battements de cœur m’auraient trahi. Par contre cet homme est en colère. Toutefois ce n’est pas le premier, ni le dernier à avoir des griefs contre moi. Si on ne souhaite pas avoir d’ennemi, on ne se lance pas dans le genre d’activité, ni de milieu que j’affectionne. J’ai pourtant fait profil bas en écrasant ma cigarette à peine allumée quand il m’a sèchement montré le panneau d’interdiction de fumer qui trône sur son bureau. Je calme ma patience sur autre que je triture en attendant que midi sonne. Là les rôles s’inverseront, je serais officiellement le patron de cette boite. Je pourrai enfumer mon bureau à ma guise.

(…)

Enfin ! Le passage de relais est fait. L’ancien patron s’en va non sans saluer les deux employés présents. Le reste devrait arriver dans l’après-midi. Les heures d’affluence sont plutôt concentrées en soirée. Ma première initiative est de changer les mots de passe de tout ce qui est important que ce soit sur les comptes, ou digicode de la porte de derrière. Cette petite prise en main faite, je passe en salle. Je souris et vais me présenter à ce qui semble être des clients habitués du bar. Je joue mon rôle, charme et courtise de manière légère dames ou messieurs suivant le cas.

- Che altro?

Et ce téléphone qui n’en finit pas de sonner. S’ils ont tant besoin de moi à LA, il ne fallait pas me bannir ! Je ne crains pas de parler ouvertement « des affaires », peu de gens comprennent le sicilien, même les romains ne nous comprennent pas. Et si d’aventure quelqu’un venait à saisir le sens de mes mots, il n’y a que deux options. Soit il fait partie de la Famille, soit il a appris à se mêler de ce qui le regarde…

- Chiedere Giovanni!

Je me suis installé à une table qui me semble stratégique. Je pense que je vais me l’attribuer. De là, j’ai un œil sur le bar, ainsi que les podiums de danse. Je n’ai pas l’intention de rester claquemuré dans mon bureau, hormis pour fumer en paix. Tout en jouant avec une cigarette éteinte, je prépare un questionnaire qui va me servir aux entretiens que je prévois de faire à la fermeture. Je veux cerner rapidement les gens qui bossent pour moi. Savoir à qui je peux faire confiance ou non. Quels sont les maillons faibles et les points forts de chacun. Je n’y tiens plus et vais m’en griller une dehors. Je crois que le trottoir devant le Pink Print n’a pas fini de voir mes semelles. Le milieu d’après-midi arrive avec le reste des employés. Je suis toujours sur le trottoir à m’enfumer les poumons quand un gars et une fille se tapent la bise devant le bar. Aux prénoms qu’ils prononcent j’en déduis qu’il s’agit des deux danseurs, qui officient également comme serveur quand ce n’est pas encore l’heure du spectacle.

Sans m’en cacher, je les détaille des pieds à la tête. La fille est de taille moyenne, mais a un corps bien proportionné. On sent dans sa gestuelle la souplesse de la danseuse. Le gars est une pure merveille pour les yeux. D’ailleurs, il sent mon regard insistant et finit par tourner la tête dans ma direction. Je lui offre mon plus beau sourire et un regard plus qu’admirateur. Confus, il semble se troubler et entre dans le bar avec sa collègue qui elle, m’a rendu mon sourire. D’une chiquenaude, j’envoie mon mégot sur la chaussée et les suis à l’intérieur de l’établissement.

- Bonjour ! Laissez-moi me présenter. Alessandro Amaro. Je suis le nouveau patron du Pink Print.

Je saisis la main que me tend la danseuse et à sa surprise, la retourne pour poser mes lèvres à la naissance de son poignet.

- Tu sei bella mio caro.

Elle ne comprend pas l’italien, mais a parfaitement compris le sens de ma flatterie. Prise au dépourvue, elle rougit de manière charmante. L’italien est la plus belle des langues pour séduire. Je plante ensuite mon regard dans celui du danseur. Il a des yeux magnifiques. La question n’est pas de savoir s’il va finir dans mon lit, mais plutôt quand cela se fera. Je le veux !

Je romps le moment de gêne en les prévenant qu’en fin de service, je verrais tout le monde de manière individuelle, puis retourne à ma table pour continuer à travailler. Seulement mes yeux ne peuvent s’empêcher de s’attarder sur le corps de Jansen. Il est un appel à la luxure.

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Dernière édition par Alessandro Amaro le Dim 29 Nov - 22:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Mar 17 Nov - 20:01





Nouveau patron, nouvelles galères ?


Jansen avait passé une bonne après-midi, surtout qu’elle s’était terminée avec une séance très profitable, à la salle de muscu, pour lui comme pour Brian. Cette proximité avec lui lui faisait le plus grand bien. Surtout à présent qu’ils avaient partagés tous les deux leur secret le plus important : leur nature non humaine. Jansen avait d’ailleurs signifié à Brian qu’en fait, il le trouvait bien plus humain que bon nombre de gens « normaux » et ce dernier lui avait retourné le compliment. Il s’enivrait de sa présence, et en même temps, il se faisait une raison. Brian était amoureux, et pas de lui. Mais il avait gagné deux amis, lui et Jordan, et il faisait maintenant partie de la troll patrol.  Un éclat de rire s’échappant du jeune danseur fit se retourner une vieille dame et son petit-fils sur lui. Il leur fit un clin d’œil, rien ne pourrait entacher une si belle journée. La veille dame lui rendit son sourire, en lui précisant que ça faisait drôlement du bien de voir un jeune qui fasse pas la tronche… Son petit-fils évidemment fit la tronche en entendant ça, ce qui déclencha le rire aux tons chauds de Jansen.

Évidemment, ce soir il allait devoir gagner son salaire, son maigre salaire, comme beaucoup d’autres soirs. Et Brian le regardait toujours avec une certaine tristesse quand Jansen tentait de plaisanter sur le fait que la séance de muscu le rendait encore plus désirable pour les habitués comme les nouveaux clients… Mais sur ce sujet, Brian semblait beaucoup moins affecté qu’avant. Sa proximité de plus en plus évidente avec Jordan lui faisait beaucoup de bien. Rien que pour ça, Jansen ne pouvait pas être jaloux de l’adjoint. En fait il le remerciait. Toute personne avec un cœur assez bon pour donner un peu de réconfort, d’assurance et de joie à Brian valait qu’on se batte pour elle. Sans le savoir, donc, Jordan avait maintenant l’aide inconditionnelle de Jansen. A la salle, ils avaient discutés avec Brian. Ce dernier était furax, car Jordan s’était enfermé dans une cellule de son propre chef. Le jeune Drus n’eut pas d’autre explication et n’en chercha pas, ne voulant pas être indiscret. Mais cela le perturba néanmoins.

Arrivé chez lui, il prit le temps de chercher ses affaires pour son numéro du soir. Toutes les deux semaines, au lieu de l’effeuillage habituel, Jansen et ses collègues devaient faire un numéro particulier. Il y en avait pour tous les goûts. Pompier, garagiste, footballeur, et même des trucs complètement farfelus que des clients avaient spécialement commandé pour une soirée d’enterrement de vie de garçon ou de fille... Il s’était donc retrouvé à l’occasion en « mickey soirée mousse » ou encore en Moby d.. Ouais, vous voyez le genre… Mais ce soir, rien de tout ça. Il avait deux numéros à faire, et il rangeât avec un mélange de dégoût et d’amusement les accessoires. Si Brian ou Jordan savaient, ils riraient surement beaucoup…

Finalement, un sac chargé sur les épaules, il arriva devant le Pink Print, bien entendu plutôt calme à cette heure-ci. Il eut la bonne surprise d’y trouver Anna, qui arrivait en même temps. Il l’aimait bien, Anna. Elle faisait sa vie, et les regards glissaient sur elle comme la pluie sur de l’aloé vera. Il l’enviait pour ça. Et elle n’était pas mauvaise danseuse. Elle aurait pu sans doute persévérer dans ce domaine. Il lui avait touché deux mots de sa propre envie de devenir danseur professionnel, et elle ne s’était pas moqué, au contraire. Elle lui avait dit qu’il était doué, et qu’il gâchait son talent ici. Ça s’était terminé en soirée confidences, avec option lacrymale. Un jeune homme plutôt séduisant se trouvait devant l’entrée, fumant pour cacher un regard insistant qui visiblement visait Anna. Quand les deux danseurs se retournèrent vers lui, il fit un sourire totalement désarmant à Jansen, et se dernier en fut très troublé. Bon.. ok.. Très séduisant… C’est encore un peu perturbé que Jansen entra, ouvrant la porte pour Anna. Le type ne tarda pas à les suivre, et se présenta.

- Bonjour ! Laissez-moi me présenter. Alessandro Amaro. Je suis le nouveau patron du Pink Print.

Quoi ? Mais comment cela était-il arrivé ? Bien sûr, leur patron.. Ex patron n’avait pas l’air vraiment dans son assiette ces dernier temps. Lui était-il arrivé malheur ? Tout se passait très vite dans la tête de Jansen. Ces escapades, toujours passées sans problème avec son ancien patron risquaient de vite devenir un problème avec le nouveau… Il allait être obligé d’utiliser le Glamour pour couvrir les folies que lui faisaient prendre son double, mais il n’aimait pas ça. Le jeune homme à l’accent italien fit un numéro de charme à Anna, que Jansen trouva… charmant.
Pour le coup, se concentrant sur cette voix suave et chantante, Jansen en oublia de rester couleur locale, et son propre accent français, qui faisait d’ailleurs craquer son ancien patron, ressortis avec flamboyance.
-J.. Jansen. Avery…

Le regard de braise et de désir que lui lance Alessandro trouble Jansen au plus haut point, et une part de lui se révulse à cette idée… Et il fallait que ça tombe ce soir ! Son numéro était plus osé que d’habitude, mais il était commandé à l’avance, aucun moyen de s’y soustraire. Rouge de colère et de honte, Jansen se dirige vers les vestiaires, se demandant quoi faire. Ce regard… Presque un regard de prédateur… Il se sentait déjà sale. Et en même temps, sa voix était si douce, si chantante…

Et en plus Alessandro voulait les voir en fin de service. Oh nom de la Sylve, pourquoi ?! Ce nouveau patron allait le perturber au plus haut point, il le sentait déjà !

Il commença son service normalement, apportant les boissons, et bien entendu Alessandro lui fit signe très souvent. Son sourire était presque carnassier, quand Jansen s’approchait, et la façon dont il s’humidifiait les lèvres en disait long sur ce que Jansen lui inspirait. Mais ce dernier fit son travail de façon professionnelle, en lui souriant, sans trop en rajouter, comme avec n’importe quel client. Au moins l’italien eut la décence de faire virer un gros lourd qui commençait à devenir tactile avec Jansen, au grand dégout de ce dernier. Un jour ou l’autre, il enfoncerait leurs sales mains dans leur gosier… ou ailleurs….

Puis vint le moment de son premier numéro. Il était assez simple. Les lumières tamisés se firent intimistes et la bande son fit rapidement penser à un match de baseball. Au moment où les présentateurs et la foule en délire confirmèrent un « home run », Les lumières s’allumèrent, comme un conne venant d’un projecteur de stade, sur un Jansen habillé en tenue de baseball très moulante. Tout en dansant, très souple, le jeune Drus s’effeuillait, transpirant, sous les regards et les commentaires approbateurs des clients, et notamment d’un groupe de jeunes filles étant venue fêter un enterrement de vie de jeune fille. Il se retrouva rapidement avec comme seul habit un jockstrap de protection, un gant de baseball, et une batte. Un complice dans les coulices lança une balle, qu’il prit avec souplesse et précision, en vol, avec sa batte, cassant un verre sur le plateau de la future mariée, l’aspergeant d’alcool. C’était bien sur prévu, et Jansen se rapprocha pour éponger de façon très sensuelle la jeune fille, qui était très frustrée de ne pas pouvoir le toucher. Son corps ondulant devant elle, Jansen regarda Alessandro en coin, et fut à la fois inquiet et ravis de voir l’effet qu’il lui faisait. Finalement, il retourna sur scène, et une nouvelle balle fut lancée. Il la cueillit comme la première, avec rapidité, précision et souplesse, et son mouvement lui permit de faire sauter la pression sur son jockstrap. Se retournant, les cris hystériques des filles un peu alcoolisées se muant en rire alors que Jansen faisait une mimique comique, rattrapant une dernière balle, puis cachant son anatomie intime avec le gant et la balle. Tout était répété minutieusement pour ne rien révélé de trop essentiel, tout en laissant tout à la suggestion. Avec un sourire allumeur, il laissa tomber le gant pil au moment ou le projecteur s’éteignait, frustrant de nouveau son auditoire.


Son deuxième numéro eut un franc succès également, bien que plus classique. Jansen ne résista pas au plaisir de faire un selfie alors qu’il se défeuillait petit à petit dans son rôle de policier. Son déhanché et sa chorégraphie était ce coup-ci destiné à un fils à papa visiblement plein aux as, qui se rinça l’œil avec complaisance. On sentait tout le mépris, en même temps que le désir, qu’il avait pour Jansen. Il devait le prendre pour un minable, mais le désirait visiblement. Un jour ou l’autre…


Jansen était exténué, même si ce ne serait pas longtemps, quand il arriva pour se présenter à son entretien, une boule au ventre… Et s’il perdait son job ? Il trouva la force de sourire en pensant aux sms qu’il avait envoyé à Jordan et Brian, dans sa tenue de policier pas très conventionnelle … Rien ne pouvait entacher cette journée, cette nuit…





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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Ven 20 Nov - 15:47



Il était une fois l’Amérique


Feat : Jansen Avery


J’ai laisse les deux danseurs aller se changer dans les vestiaires. Ils attaquent leur service comme serveurs. Je retourne à ma table et me replonge dans la comptabilité. Rapidement, une cigarette éclot au bout de mes doigts et entre dans une danse frénétique entre mes phalanges. Heureusement que le goudron et la nicotine n’ont aucun effet sur moi, mise à part l’addiction totale, car je serais mort d’un cancer des poumons depuis bien longtemps. Je fume et je bois sans en récolter l’ivresse ou le plaisir. La cigarette est mon anti dépresseur et l’alcool… disons que j’aime bien le gout en bouche qui explose mes papilles. Les clients affluent. De temps à autre je me lève et vais me présenter aux habitués. Je suis à l’aise dans le milieu des bars et des scènes de spectacle. Je n’ai donc pas de mal à faire passer ce changement de propriétaire et intéresser les gens sur ce que je pense changer ou améliorer. Je note les habitudes des anciens et les petits « arrangements » concédé par l’ancien patron. Il faut savoir être souple dans ce métier. J’entre sans forcer dans la peau du patron relaxe qui qui tient son affaire. Juste doigté entre courtoisie et fermeté.

J’ai rangé mes papiers dans mon bureau et surveille le service depuis ma table privée. Je fais signe à Jansen et lui commande un double scotch.

- Sans glaçon s’il te plait et avec une olive verte.

Le monde afflue encore. D’après  Sophie la barmaid, il y a toujours plus de monde quand Jansen danse. Ce qui n’est pas le cas chaque soir. Le bar doit avant tout en rester un. Je constate rapidement que les trois serveurs en poste peinent à satisfaire les commandes. Cela va donc s’empirer quand les deux danseurs vont s’éclipser pour les numéros. Pendant vingt minutes, le service des consommations va se reposer sur les épaules d’un seul serveur. Le quatrième étant de repos, car il assure le service le matin à l’ouverture. Je note dans un coin de ma cervelle qu’il faut réévaluer soit la manière de servir, les clients pourraient aller eux même chercher leur consommation, j’en vois quelques-uns le faire déjà, soit songer à embaucher. Ça pêche aussi par l’absence de vigile. Je remercie Jansen d’un sourire appréciateur quand il m’amène mon verre. Ce gars est vraiment désirable… Ce sont les barmans qui gèrent aussi la musique hors spectacle. Cela ralentit leur service. J’observe, je regarde et cherche les failles et les améliorations possibles.

A un moment, un client légèrement alcoolisé ennuie la serveuse de façon exagérée. Je me lève et vais calmer le type. Rien de bien méchant. Pour ce cas-là, inutile de passer en force. Quelques mots bien choisis, un sourire glacial et un accent italien un peu trainant suffisent à le calmer. Je fais un clin d’œil à la serveuse qui me le retourne, visiblement ravie que je me sois occupé de cet incident. Je souhaite que mon personnel sache que je suis là pour le préserver. « Boss » à mes yeux n’est pas simplement une étiquette ou un titre, mais bien un travail de management. Personne n’ennuiera mes gens… sauf moi évidemment.

La soirée avance, Jansen et Anna s’éclipsent. J’ai hâte de voir leur numéro. Je sais que Jansen a deux commandes particulières ce soir. Est-il aussi bon sur scène que plaisant à regarder ? Je m’installe confortablement pour savourer le spectacle, verre à la main et un pied négligemment posé sur la table basse devant moi. Les lumières changent et se concentrent sur la scène, plongeant le public dans l’ombre. Je n’ai pas voulu savoir le programme à l’avance pour être dans la même ignorance du public et apprécier la surprise. Jansen apparait, vêtu en tenue de baseball avec gant et batte comme accessoire. Ses déhanchés provoquent des cris hystériques d’une bande de jeune filles qui semblent être les commanditaires de ce numéro. J’apprécie le numéro de Jansen et scrute la réaction des spectateurs. Bientôt je fais comme eux et suis les mouvements lascifs de Jansen. Ses vêtements tombent rapidement révélant un ventre finement nervuré d’abdominaux bien entretenus. Un V plonge sous le jockstrap qui est la seule chose qui cache son intimité. Comme les spectateurs, je suis surpris par la balle qui fuse vers lui. Je salue l’adresse avec laquelle il la revoie, éclaboussant une future mariée. La suite de ses contorsions sensuelles devant la belle commence à me faire sentir un peu à l’étroit dans mon pantalon.

Nos regards se croisent, je ne cache pas le désir qu’il fait monter en moi. Je ne sais pas interpréter sa réaction. Il y a trop de bruits, trop de cœur qui battent, trop d’odeur… Mais ce qui est certain, c’est que j’ai envie de le prendre là, maintenant sur la scène. Je laisse mes pensées érotiques aller à leur guise, la cigarette que je triturais depuis le début de la soirée, frustré de ne pouvoir la fumer dans un lieu public, a trouvé à se ranger sur mon oreille. C’est un autre exutoire à mon impatience juste sous mes yeux qui calme mon besoin de fumer. Je devine sans mal la suite du numéro, le cache sexe qui tombe, le gant qui vient masquer à point nommé ce que tous rêvent de voir. Le sourire allumeur que Jansen lance avant de tout lâcher et que les lumières s’éteignent, me tire un grognement de frustration. Je me joins au public pour les applaudissements. Je n’ai strictement rien à redire sur son numéro. Il maitrise ses gestes et la coordination avec les accessoires. Pas dessus tout il ne laisse rien paraitre de ses sentiments. Combien de fois j’ai vu des danseurs au regard éteint ou froid.  Jansen est un vrai professionnel. Sa côte monte dans mon estime et pas seulement pour la bosse qu’il a su faire naitre à mon entrejambe.

Son deuxième numéro est plus classique. Le fantasme de l’uniforme de flic… Il n’y a bien que comme ça que j’apprécie de voir cet uniforme… Le commanditaire est un merdeux arrogant. Mais le client est roi, Jansen doit s’exécuter avec le même professionnalisme. Il pousse le vice à se prendre lui-même en photo. Un pied de nez au client ? Je ris de ce geste.

Retourné dans mon bureau pour préparer les entretiens, je revois les questions que je souhaite leur poser et imprime un plan de la ville. Mon questionnaire est simple et direct. Ce n’est pas tant leur réponse qui va m’intéresser, mais surtout les yoyos de leur rythme cardiaque.

Questionnaire :
1- Êtes-vous satisfait de votre travail au Pink Print ?
2- Habitez-vous loin ? Pointez le lieu sur la carte.
3- Envisagez-vous de changer de métier ?
4- Trouvez-vous votre salaire à la hauteur de votre travail effectué au Pink Print ?
5- Avez-vous une famille ? Conjoints ? Nombre d’enfants ?
6- Avez-vous des amis en dehors du bar ?
7- Êtes-vous intéressé par une couverture sociale entreprise ?
8- Avez- vous des difficultés personnelles ?
9- Avez-vous déjà volé quelque chose au Pink Print ?
10- Avez-vous des idées d’amélioration ?
11- Avez-vous une revendication quelconque ?
12- Avez-vous des problèmes avec la clientèle ? Parfois ? Souvent ?
13- Avez-vous le temps de faire votre travail, de manière à satisfaire nos clients ?
14- S’il je vous demandez de changer quelque chose dans ce bar ? Que diriez-vous ?


Pour leur permettre de partir pas trop tard alors qu’ils doivent ranger, je commence par la serveuse, puis les deux barmans, pour finir avec les danseurs. Honneur aux filles à chaque fois. Jessy la serveuse me confirme le manque de personnel sur ce poste surtout quand les danseurs s’éclipsent. Anna n’a pas dansé mais elle a assisté Jansen dans son numéro. C’est à ce moment-là qu’il ne faut pas rater les commandes, tout à leur excitation, les clients sont moins regardant sur la note finale. La serveuse a une fille en bas âge. C’est le papa qui la garde le soir. Je sens bien la lassitude dans sa voix. Jessy aime son travail ici et son salaire est indispensable, mais les horaires ne lui permettent pas de profiter de son enfant.

Je note les points à regarder au fur et à mesure de notre discussion. Si j’embauche une autre personne, il serait possible de la décaler un peu et lui éviter de faire systématiquement les fermetures tardives.

Sophie la barmaid est une fille dynamique. Il est presque deux heures du matin et elle pète encore le feu. Elle est franche sur mes questions, bien consciente que je ne vais pas lui doubler son salaire, mais tente de demander une augmentation. Comme avec la serveuse je lui donne un surligneur et lui demande de me pointer sur la carte que j’avais imprimé son lieu d’habitation.

Quand Jerry le barman arrive, tout dans son attitude sent la criante. L’homme n’est pas tranquille. Étonné par mon questionnaire, il se lâche sur ses prétentions salariales, son cœur fait une embardée à la question sur d’éventuels problèmes personnels et il frise la crise d’apoplexie sur la question des vols. Je le stoppe, je me moque de ses réponses suivantes et lui souffle une bouffée de fumée dans la figure.

- Je vais être clair Jerry. Pioche une seule fois dans la caisse et… c’est la porte manu militari.
- Mais je ne vole rien !
- Me prendre pour un imbécile, est la meilleure manière de m’encourager d’aller gratter du côté des ennuis que tu as, et qui semblent te pousser à ne pas être honnête avec ton employeur !
- Je…
- Pourquoi as-tu besoin de fric ?
- … Mon fils est tombé dans la drogue… je n’ai pas l’argent pour la cure de desintox… Il nous vole sa mère et moi pour ses doses… ne me renvoyez pas…
- Rompicoglioni ! Sors de là ! Demain revient avec les noms des dealers de ton fils ou ce que tu sais. Mais ne tape plus dans la caisse !


Jerry sort du bureau sans demander son reste. Mon père n’a jamais touché au trafic de drogue. Et c’est à cause de ça qu’il s’est fait serrer par les Fed. En sa mémoire, je me suis promis de ne jamais y tremper non plus. Je ne chercherais pas stopper le trafic de came qu’il peut y avoir à Beacon Hills, non pas par manque de moyen, mais par respect du business de chacun. Je n’ai pas de grandeur d’âme sur ce point, juste une promesse faite à titre posthume à mon défunt paternel.

Anna qui entre à la suite commence par s’inquiéter pour son collègue. Je devine qu’elle n’était pas dupe des agissements du barman. Je la rassure d’un geste et l’invite à s’asseoir. Elle répond à mes questions avec plus ou moins de réticences. Je n’en prends pas ombrage. Mes questions sont personnelles. Et on ne gagne pas forcément mon estime en répondant à toutes. Chacun a le droit d’avoir son jardin secret. C’est simplement leur façon de réagir que je note et ausculte. Je teste leur loyauté. Anna appréhende son boulot de manière sereine. Elle dit savoir couper sa vie professionnelle de sa vie personnelle. Elle se satisfait de son job et est curieuse de la touche novatrice que je pourrais apporter.

Quand Jansen arrive, il fait une moue dépréciative face à l’atmosphère enfumée de mon bureau. Le cendrier est témoin d’un carnage tabagique. Mon regard ne peut s’empêcher de le détailler. Ce que j’ai pu voir ce soir m’a mis en bouche… Je l’invite tout de même à s’asseoir et lui glisse sous les yeux ma feuille de question. Il prend le temps de toutes les lire avant de commencer à me répondre. L’homme est prudent et posé. A la première question, je comprends vite que ce job est purement alimentaire. Cela me contrarie, car dès qu’il trouvera mieux, il s’en ira. Et ça je le refuse ! Je ne peux pas stopper les regards concupiscents des clients, c’est le but même de ce job… Il faut que je lui trouve une raison de rester, mais laquelle ?

Renversé sur mon fauteuil, les pieds callés sur l’écriteau interdiction de fumer, je l’écoute répondre aux différentes questions. Je plisse les yeux sous les volutes de fumée de ma cigarette que je tiens entre le pouce et le majeur. J’écoute d’une oreille distraite. Je m’abreuve de son image, de sa voix masculine et de son odeur boisée. Anna nous interrompt un moment.

- Boss ? Nous avons fini de ranger, on peut y aller ?

Je regarde l’heure… trois heures du matin. J’acquiesce et la regarde qui part, non sans un geste de désolation pour Jansen qu’elle abandonne. Celui-ci fait bonne figure et lui souhaite un bon repos. J’entends la porte de derrière se fermer, nous sommes seuls. Jansen a répondu à toutes les questions. Son cœur l’a trahi sur certaines, non qu’il m’ait menti, mais plus que le sujet le renvoie à une détresse personnelle. Il se dégage de lui une fragilité mais aussi une force que je ne sais pas qualifier.

- Autre chose à ajouter avant que je te ramène chez toi ? Il est tard, j’y tiens.

Comme les autres, il a mis un point sur la carte, point rose pour les filles, bleu pour les garçons. Le personnel est amené à finir tard et l’idée de les raccompagner germe dans mon esprit si tenté que cela ne m’oblige pas à faire le tour de la ville chaque soir.

Pour être franc, je n’ai pas envie de le raccompagner, mais de me lever et de le plaquer contre le mur pour rassasier le feu qu’il a mis dans mes reins un peu plus tôt dans la soirée. Je sors une nouvelle cigarette, la triture un peu, puis la colle sur mon oreille. Il faut que je baisse ma consommation, l’air est irrespirable dans ce bureau…

Je me lève enfin et m’étire comme un chat, le comble pour un loup. Ma tenue est un peu négligée. J’ai largement ouvert ma chemise et les pans de celle-ci s’échappent de mon pantalon pas de manière uniforme. Je ne fais rien pour arranger l’image sinon de me gratter la barbe naissante.

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Ven 20 Nov - 18:59





Nouveau patron, nouvelles galères ?


C’est le cœur battant la chamade que le jeune danseur était revenu aux vestiaires. Le regard navré d’Anna le réconfortait. Elle savait très bien ce qu’il ressentait, et le jeune merdeux amateur de flic légèrement vêtu était vraiment méprisant et hautain, mais surtout il voulait visiblement se taper Jansen vite fait bien fait dans les toilettes, sa voiture ou allez savoir quel autre endroit glauque. Juste après le numéro, il s’était précipité pour rattraper Jansen, mais ce dernier avait été plus rapide et l’avait évité. Il était donc retourné boire, c’est encore ce que faisait de mieux ce fils à papa. Parfois il avait presque envie de se retrouver dans la rue, comme avec ce connard qui avait tenté de le droguer, et leur mettre une bonne dérouillée, à tous ces mecs qui assumaient même pas leurs envies, et qui confondaient danseur et pute !

-le nouveau patron est genre… wahou ! sexy a mort, et.. Italien, t’as vu ? Il m’a dragué en italien. Il a dit que j’étais belle.

Jansen ria de bon cœur. Elle ne changerait jamais. Elle était jolie, et bonne danseuse, et elle avait beau faire comme si le regard des autres lui était égal, en vérité elle voulait être tout le temps rassurée.

-bien sûr qu’il a dit que tu étais belle, Anna ! Tu ES belle ! T’es pétillante, sexy, et ça c’est uniquement ce que voient les autres. Moi je sais que t’es belle ici aussi.

Le jeune Drus lui tapota gentiment le cœur, ce qui déclencha une petite larme sur le visage de la jeune danseuse.
-oh jansen… Ils ont cassé le moule après toi non ?

- tu ne crois pas si bien dire, ma chère…

- T’es tellement chou… viens par la toi, avant que je passe mon entretien, je veux tes bonnes vibes… Et me coller un peu à ton corps splendide.

Anna devait être une des rares personnes, femmes, surtout, dont le contact aussi intime ne faisait pas remonter tous ces mauvais souvenirs dans le cœur du jeune sylvain… Alors c’est sans aucune gêne qu’il se colla contre elle, et qu’ils entamèrent un petit slow, pour rassurer Anna.
-t’as rien à craindre. T’es indispensable ici.

-merci, toi aussi tu sais…

Alors qu’elle allait partir, elle se retourna, émue.

-Jansen ? T’es ma raison de continuer ici. Je veux dire.. Ça me plait, et je me fiche des vieux libidineux, mais… T’es tellement… Bon, j’y vais, le boss m’attend.. c’est à toi, après, fais toi beau..

Resté seul, Jansen rangea avec un petit sourire ses affaires. Utilisant des lingettes nettoyantes, car il n’y avait pas de douche ici, mais juste un lavabo, il se sentit un peu moins sale et transpirant. Il avait souvent entendu Anna s'extasier de son odeur musquée et boisée, qu'elle trouvait irresistible, et lui avait même demandé son parfum.. Si elle savait... Un jean propre et un t-shirt plus tard, il était prêt à affronter son nouveau patron. L’était-il ? Il ne savait pas trop quoi penser de son premier regard sur lui. Il était charmant, mais il s’en méfiait également.

Et s’il ne s’était pas trompé, il ne l’avait pas laissé indifférent. Était-ce bien ou pas bien ? Son sac prêt, il se présenta devant le bureau, et vit Anna sortir, pour lui laisser la place. Elle avait l’air satisfaite, et pas inquiète du tout, ce qui rassura Jansen.

En entrant dans le bureau, Jansen est immédiatement agressé par l’odeur de fumée, et de renfermé. Mais il n’avait pas son mot à dire à ce sujet, bien qu’ayant lorgné par réflexe sur le panneau « interdiction de fumer ». C’était pas lui le Boss, et puis de toutes façons sa nature le protégeait contre la toxicité des cigarettes…

Alors quand Alessandro lui fait signe de s’assoir, il le fait, sans broncher, mais intrigué, en voyant la feuille que son nouveau patron lui glisse sous le nez. Etudiant chaque question avant de répondre à une seule d’entre elle, Jansen se sent observé. Pour autant, ce n’est pas avec gêne qu’il lui répond, du moins au début.

-Mon travail ici.. C’est… Plus que j’espérais en arrivant dans cette ville, sans diplôme, sans bagages… Maintenant je vous mentirai si je vous disais que les commentaires et les tentatives libidineuses sur ma personne ne me mettent pas mal à l’aise. Mais quand je danse, je suis … Je suis comme ailleurs, tout ça n’a plus d’importance. Je me sens comme… Comme de l’électricité, comme loin de ces regards hautains et méprisants.

Le regardant dans les yeux, troublé, le jeune danseur poursuit, sans honte.

-j’aimerai être danseur, pas juste stripteaseur. J’aimerai faire partie d’un spectacle, voir des regards émerveillés parce que je danse, que je fais passer une émotion, pas parce qu’on a envie de .. ..de… Alors je tente d’économiser, pour me payer des cours de danse, intégrer une école avec de la réputation, je sais qu’il y en a deux non loin de Beacon hills, en voiture.. que je n’ai pas… Vous voyez le tableau….Je suis pas prêt de partir, si c'est le but de la question. Cela lui fit très mal au cœur de s'en rendre compte aussi simplement.

Il respira profondément avant de répondre au reste. Lui montrer ou il habitait ne lui posait pas de problème, et il lui avait déjà parlé de son envie de rester dans le spectacle, mais de ne plus être un simple stripteaseur.

-je me plains pas de l’argent que je gagne ici. Je fais un travail, je suis payé pour. On m’a donné ma chance alors que j’ai aucun diplôme, alors je vais pas commencer à pêter plus haut que mon cul.. Euh.. pardon, boss…

Ce dernier était plutôt amusé en fait, quand il lui fit signe de continuer. Un peu emballé, car c’était son premier véritable entretien, le précédent ayant été facilité par le Glamour, son accent ressorti de plus belle.

-je suis célibataire, et je n’ai plus personne dans ma vie. Ni père, ni mère, ni .. sœurs..

Oh, comme cela lui faisait mal de dire ça. Mais c’était la vérité. Il avait été séquestré, trahis. Seule la cinquième ronce l’aimait sincèrement. Son père lui manquait, mais il était loin, son père Arbre..
-je sais pas encore si j’ai des amis, mais j’aime bien Anna, et j’ai rencontré deux types qui ont l’air bien, et avec qui je fais du sport… On s’entend bien, l’avenir dira si on est amis ou non…et je crois que Dan me considère parfois un peu comme son fils..

Son nouveau patron semblait sincèrement touché de la franchise de Jansen et du fait qu’il était assez seul dans sa vie.

-je ne suis pas souvent malade. Presque jamais, en fait… Alors je crois que pour la couverture sociale, je peux me débrouiller sans.

Hors de question de remplir des questionnaires et subir des examens… Il répondit sincèrement aux autres questions, lui indiquant qu’il n’avait jamais rien volé.. Concernant ses ennuis et bien…
-j’ai.. été drogué une fois, par un connard.. pardon.. Un type qui voulait me violer. Je pense avoir réglé le problème, et il doit encore poser des glaçons sur ses couilles à l’heure qu’il est, si vous voulez mon avis… Pardon…

Impeccable ! Jurer comme un charretier à son entretien, bravo…

-Pour les lieux oui, j’aurai bien une idée, ça nous changerait la vie : une douche ! Se laver au lavabo, c’est sympa dans les camps de colo, mais la…

L’italien le regardait, paupières mi closes, et Jansen se livra un peu plus.

-j’aime bien mon travail, quand je danse, je suis heureux, je crois que les clients aussi… Mais quand je me dessape pour servir les boissons, je.. Les mains baladeuses c’est….
Un haussement d’épaule servit d’explication.

- Boss ? Nous avons fini de ranger, on peut y aller ?

Le jeune drus fit un clin d’œil à Anna, et lui souhaita une bonne nuit.

-changer un truc dans le bar ? A part la douche ? hmm oui… ça pourrait devenir un peu plus.. je sais pas.. arty ? La déco, si vous voulez mon avis, c’est trop passe partout, trop vu et revu.. Ça pourrait avoir plus de gueule si… pardon, ce n’est pas mon travail. C’est juste que j’aime les belles choses…

Et il en avait un bel exemplaire devant lui, qui s’étirait, révélant un corps très intéressant.
- Autre chose à ajouter avant que je te ramène chez toi ? Il est tard, j’y tiens.

-et bien.. Le patron d’avant n’avait pas pris cette peine.. Nous demander tout ça.. J’apprécie,… Je peux rentrer chez moi, ça me fait une bonne marche, mais il ne fait pas encore trop froid à cette époque.

Alessandro insista, et Jansen ne se fit pas prier longtemps. C’est donc un Jansen passablement intimidé qui suivit Alessandro vers sa voiture, et il ne trouvait pas si terrible cette odeur de cigarette, finalement. Surtout mélangée à l’odeur masculine qui se dégageait de son nouveau patron qui dégageait un magnétisme presque animal. Mais toujours, quelque chose le dérangeait. Comme une certaine violence retenue ou se faisait-il des idées ? Chez lui, il lui proposerait bien un double scotch avec olive verte, mais il ne voulait pas que ça se termine comme ce qu’impliquait souvent un dernier verre chez une personne raccompagnée… C’était son boss, point.



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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Dim 22 Nov - 15:17



Il était une fois
L'Amérique.


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- Catzata di merda ! J’ai laissé mon téléphone sur le bureau. Attend moi, je n’en ai pas pour longtemps.

Je rebrousse chemin. C’est que je m’y habitue à ce bijou technologique qui braille à toutes heures du jour et de la nuit. Je le retrouve enseveli sous des bordereaux de livraison. Sept messages en attente. Je regarde vite de qui cela provient, et décide que cela attendra bien demain matin, ou plus exactement dans quelques heures. Je recolle donc mon téléphone dans la poche de mon pantalon et ressors du bureau.


Je suis encore dans le hall près de la porte de sortie, quand j’entends le bruit d’une altercation. Les mots prononcés, la voix que je reconnais provoque une étincelle bleue électrique dans mon regard que je maîtrise rapidement. Je sors et claque la porte qui se verrouille automatiquement dans mon dos. Ils sont trois dans la ruelle qui dessert l'arrière du bar, le merdeux fils à papa et deux acolytes pas très recommandables. La raison de leur présence est évidente : Jansen. Son numéro a été bien trop efficace sur la libido du jeune imbécile. J’avance d’un pas décidé déverrouillant à distance, les portières de ma voiture.

- Vous lui foutez la paix !
- Il n’est plus en service, c’est une affaire privée.
- Non ! C’est mon affaire. Jansen ! Monte dans la voiture.


Les deux gorilles s’interposent et valsent rapidement sur les containers poubelles juste à côté. Ces péquenauds ne savent que faire peur et en aucun cas se battre. Je ne fais même pas appel à ma force de loup. Les combats de rue… la moitié de ma vie. Mon poing les cueille aux abdos abaissant leur menton pour un beau direct qui les met KO.  

J’avance de nouveau, agressif. Le tache merde commence à me menacer de la soit disant puissance de son géniteur, puis recule geignant comme une fillette devant mon air décidé. Arrivé à sa hauteur je l’attrape à l’entrejambe et serre. L’autre part dans les aiguës et se plie en deux appelant sa mère.

- Filio di putana ! Ne t’avise plus d’ennuyer mon personnel, car il faudra un peu plus qu’un daron friqué pour te sortir de la merde dans laquelle je vais te coller si tu n’obtempère pas. Hai capito?
- …
- Hai capito?!!
- Oui…
- Oui Monsieur Amaro !
- Oui Monsieur Amaro…
- Jansen ! Je t’ai dit dans la voiture !


Je lâche le compiscatole et monte dans la voiture, invitant Jansen à en faire de même. Alors qu’il ouvre la bouche pour protester, disant qu’il pouvait largement se débrouiller par lui-même, je lui tiens le menton, mon pouce sur sa bouche pour le faire taire.

-  Ascoltami Jansen ! Je veux bien te croire quand tu dis pouvoir te débrouiller seul pour ce genre de problème. Mais c’est à moi de gérer ce qui te tombe dessus à cause du travail que tu fais pour moi. Je n’interférerais pas dans tes affaires privées… mais tout ce qui touche de près ou de loin au bar, c’est aussi mon affaire. Ce genre de type doit comprendre que tu es « protégé ». Ainsi, on ne t’embêtera plus, ni Anna, ni les autres. Hai capito?!!

Jansen est si désirable, si proche…  Son menton prisonnier de mes doigts, il semble comme une biche prise dans les faisceaux des phares d’une voiture. Il suffit que je me penche… J’entends son cœur s’emballer… J’avorte mon geste partiellement esquissé et lui rend sa liberté, non sans avoir effleuré ses lèvres de mon pouce.

- Andiamo !

Je démarre doucement et m’insère dans les rues désertes de Beacon Hills. Je me dirige au jugé de ce que je me rappelle de la carte. Puis demande à Jansen de m’indiquer la route. Le trajet est court avec l’absence de circulation. Je sors mon paquet de cigarette de ma poche… vide… Avec un soupir je le lance sur le tableau de bord. Je vais devoir tenir jusqu’à l’ouverture du tabac le plus proche.

Je me range sur le côté, au pied de l’immeuble de Jansen. Avec curiosité, je baisse la tête et regarde par le pare-brise, l’allure de son immeuble. C’est à la hauteur de ses moyens… modeste. L’appartement que j’occupe au-dessus du Pink Print n’est pas non plus reluisant. L’ancien propriétaire manquait d’envergure. Il y a des travaux à prévoir.

- Jansen ? Je ne pourrais rien faire contre les mains baladeuses et les regards concupiscents… c’est lié à ton travail. Mais quand cela dérape, dis le moi et je les calme. Je sais imposer ma loi. J’ai bien noté tes remarques. J’ai prévu de faire des travaux… Je crois que je vais changer beaucoup de choses, cela va donc prendre du temps. Toi et Anna, utilisez la douche de mon appartement en attendant, OK ?

Je le regarde et l’écoute. Il est tard, L’ordinateur du tableau de bord indique presque 3:45 du matin. Nous avons tous deux besoin de repos. Je regarde avec misère mon paquet de clope vide. Je ne vais même pas pouvoir m’en griller une dernière avant de fermer les yeux…

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Lun 23 Nov - 10:39





Nouveau patron, nouvelles galères ?


Tout tournait à vitesse grand V dans la tête du jeune danseur. Il avait eu sa dose de surprises pour la soirée, du moins le croyait-il. Il n’était pas très à l’aise avec l’idée de se faire raccompagner par son nouveau patron, surtout si ça se savait, car les commérages pouvaient aller très vite… Mais d’un autre côté, il avait beau avoir une constitution avantageuse, c’était une grosse soirée, et il était fourbu.

- Catzata di merda ! J’ai laissé mon téléphone sur le bureau. Attend moi, je n’en ai pas pour longtemps.

Jansen lui sourit, fourrant ses mains dans ses poches, et commençant à faire les cents pas, pour se réchauffer un peu. « Il ne fait pas si froid à cette période de l’année ». Mon cul ! Parfois, il était un peu trop fier, et s’en mordait les doigts. L’hiver approchait à grand pas. Il le sentait dans l’air, dans la rosée plus fraiche sur les feuilles, dans le vent jouant dans les branches. Il n’aimait pas l’hiver, mais le respectait. Car c’était une trêve, et il révélait, au printemps, une nature apaisée, vive, éternellement jeune. Ah, le printemps ! Sans nul doute sa saison favorite. Il n’avait pas encore réellement mit un pied dans l’hiver qu’il languissait déjà des premiers rayons de soleils. Brian semblait avoir trouvé son petit soleil personnel. Jansen l’enviait un peu pour ça. Avoir une bouillotte humaine, recevoir la chaleur d’un corps et bien plus encore, la chaleur d’un amour… Car il ne pouvait plus il y avoir de doute. La façon dont Brian parlait de Jordan, et celle dont celui-ci le regardait… Cela donnait des coups au cœur au jeune Drus, mais aussi un grand bien être, quand il pensait à eux.

-Hey, la tafiole ! Viens donc sucer ce que tu as fait grandir, la… Je saurai être généreux.

Les rires gras des deux autres hommes lui indiquèrent que cet enfoiré de fils à papa n’était pas venu seul. Regardant derrière lui, il vit les trois hommes s’approcher, menaçant et goguenards. L’espèce de petit enfoiré agitait quelques billets, ajoutant à l’humiliation.

-tout s’achète non ? Cinquante dollars ? Ça mérite pas plus selon moi…

-non, pas tout, non ! T’auras beau agiter des billets, aucun moyen de t’acheter une queue digne de ce nom. T’es trop généreux, elle mérite à peine un dollar, si c’est tout ce que t’ as dans le froc ! Et les deux autres, la, c’est pour te l’astiquer parce que t’y arrives plus tout seul ?

-espèce de ..

Un bip bip caractéristique empêcha Jansen de s’élancer au combat, se reprenant au dernier moment. La voiture déverrouillée, la voix masculine de son nouveau patron retentit, charriant des menaces..

- Vous lui foutez la paix !
- Il n’est plus en service, c’est une affaire privée.
- Non ! C’est mon affaire. Jansen ! Monte dans la voiture.

Ce dernier n’a pas vraiment le temps de réagir, se demandant encore s’il doit révéler ses capacités martiales. Les deux gorilles, déjà échauffés par les propos du danseur, s’élancent et se retrouvent pliés en deux, dans les poubelles, ce qui est encore la meilleure place pour eux, se dit jansen.

Estomaqué, ce qui est une expression qu’il doit être le seul à pouvoir utiliser, vu que les deux gorilles sont pliés en deux sous la douleur, Jansen assiste au combat entre Alessandro et ses agresseurs. Il en profite pour l’analyser. Sa façon de bouger, de se battre. Ce n’est pas un coup d’essai, ses gestes sont précis, puissants… Les paupières mi-closes, Hyacinth décortique le combat, efficace, précis… Voila une information qu’il n’oubliera pas sur son nouveau patron…

- Filio di putana ! Ne t’avise plus d’ennuyer mon personnel, car il faudra un peu plus qu’un daron friqué pour te sortir de la merde dans laquelle je vais te coller si tu n’obtempère pas. Hai capito?

Ayant fait deux pas involontaires vers Alessandro, les poings serrés, il se fait rabrouer par ce dernier.

- Jansen ! Je t’ai dit dans la voiture !

Il n’aime pas ce ton. Il n’aime pas recevoir des ordres, même quand on essaie de le protéger. Mais intérieurement, une petite chaleur agréable le réconforte. Alessandro a pris sa défense.
Grimpant dans la voiture, suivit de peu par Alessandro, Jansen s’apprête à protester. Il est capable de se défendre tout seul.

-je suis capab…

La main d’Alessandro sur le menton du jeune danseur le surprend et son pouce sur sa bouche le laisse interdit. Ses yeux en amande clignent de surprise, regardant pour la première fois franchement ceux de son patron. Il y a un magnétisme animal chez lui. Quelquechose d’hypnotique, de sauvage. Une part du jeune Drus reconnait une connexion, troublante, avec la nature, mais il n’est pas sûr de lui, car encore sous l’adrénaline du combat avorté. Respirant un peu plus intensément que nécessaire, il se sent comme prisonnier de ce regard, dans un mélange très perturbant mêlant l’agréable à la crainte.

- Ascoltami Jansen ! Je veux bien te croire quand tu dis pouvoir te débrouiller seul pour ce genre de problème. Mais c’est à moi de gérer ce qui te tombe dessus à cause du travail que tu fais pour moi. Je n’interférerais pas dans tes affaires privées… mais tout ce qui touche de près ou de loin au bar, c’est aussi mon affaire. Ce genre de type doit comprendre que tu es « protégé ». Ainsi, on ne t’embêtera plus, ni Anna, ni les autres. Hai capito?!!

Jansen hoche la tête, déglutissant, son regard se troublant, puis opte finalement pour un sourire sincère lorsque le pouce d’Alessandro caresse rapidement ses lèvres. Agréable. Dangereux. Désagréable. Désirable. Merde ! Il ne sait plus du tout quoi penser à présent. Alors il s’en tiens aux faits. Alessandro est intervenu, et pour le sauver, même le jeune Drus pensait pouvoir s’en sortir seul. Ceci est respectable…

Alessandro démarre. Le cœur de Jansen aussi. Il ne s’était même pas rendu compte qu’il était au point mort. Les rues impersonnelles défilent, et Jansen arrive à guider, lorsque c’est nécessaire, machinalement, son conducteur… Quand finalement ils arrivent devant son immeuble, Jansen à eut tout le temps nécessaire pour réfléchir à Alessandro. Dommage qu’il ne l’ai pas utiliser pour le faire, du coup.. A la place, une brume aussi enfumée que le bureau de son patron en guise de cerveau, ses émotions contradictoires lui apprenant une nouvelle chorégraphie dont il se serait bien passé, il écoute la voix envoutante et cet accent qui lui plait.

- Jansen ? Je ne pourrais rien faire contre les mains baladeuses et les regards concupiscents… c’est lié à ton travail. Mais quand cela dérape, dis le moi et je les calme. Je sais imposer ma loi. J’ai bien noté tes remarques. J’ai prévu de faire des travaux… Je crois que je vais changer beaucoup de choses, cela va donc prendre du temps. Toi et Anna, utilisez la douche de mon appartement en attendant, OK ?

-oh.. ok, c’est… Merci.. merci pour tout à l’heure aussi, on m’a jamais… Personne n’a jamais fait ça pour moi… C’est noté pour la douche… Et désolé si je me suis un peu emballé, en vous proposant des changements de déco… mais j’aime cet endroit, et même mon travail, faut pas croire… C’est juste que j’aimerai pouvoir prouver que je suis autre chose qu’un sac de viande… J’imagine que c’est une forme de narcissisme… Mais le narcisse est une fleur comme une autre, belle, fragile… Parfois elle a besoin d’un petit coup de pouce..

Le sourire du jeune Drus se fait timide et nostalgique, ce qui est presque sa signature, finalement. Le regard d’Alessandro se fait scrutateur, étonné, intrigué… Chacun son tour.

-merci de m’avoir raccompagné. Demain je vais juste servir et m’effeuiller au fur et à mesure des commandes. On vous a expliqué ? Seul le barman ou la barmaid connaissent les commandes associées au coup de sonnette. A chaque sonnette, je sais que je dois enlever une fringue, et c’est le client qui choisis. Je me retrouve en boxer, avec le logo du pinkprint sur la fesse droite… C’est plutôt bon enfant, mais parfois ça dérape. Alors.. Maintenant que je sais que je peux compter sur vous, ça va me permettre de mieux dormir…J’arrive vers les 18h, mais vous le savez déjà. Et les commandes spéciales commencent à partir de 22h. Demain il n’y a pas de numéro de danse, mais après demain c’est Anna. Vous verrez, elle est top !

Un coup d’œil vers son immeuble le fait soupirer. Il n’a pas envie de rentrer, ni de dormir…
-a demain, alors, et merci.

La main qu’il serre est chaude au toucher, et il sent les pulsations de son propre cœur battre au bout de ses doigts… Il n’est pas prêt de dormir… Encore une nuit ou il irait sans doute se perdre en forêt pour dormir au creux d’un arbre. Trop de choses l’ont bouleversé ce soir. La forêt l'appelle.



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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Mer 25 Nov - 23:03



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L'Amérique.


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- Oh.. ok, c’est… Merci.. merci pour tout à l’heure aussi, on m’a jamais… Personne n’a jamais fait ça pour moi… Et désolé si je me suis un peu emballé, en vous proposant des changements de déco… mais j’aime cet endroit, et même mon travail, faut pas croire… C’est juste que j’aimerai pouvoir prouver que je suis autre chose qu’un sac de viande…
- Jansen, sache que je considère les gens qui bossent pour moi comme s’ils étaient de ma famille. Il est vrai que ton métier peut avoir une connotation dégradante aux yeux des gens. Sache que je ne te considère pas comme quelqu’un qui vend son corps, mais comme un serveur-artiste. Tu non sei una puttana Jansen. Et si quelqu’un te le dit, il se prend mon poing dans la figure.

Son analogie avec la fleur du narcisse me fait sourire. Je n’ai de connaissance dans le domaine florale que les roses rouges que j’offre à mes conquêtes, toujours en nombre impaire, il va de soi. Il est des jeux extrêmement sensuels avec les pétales de ces belles en robe rubis. En observant Jansen, je le vois comme ces roses, belles et délicates mais aux épines acérées. Je ne doute pas qu’il avait la capacité de se défaire des gêneurs de tout à l’heure. Cependant, molester un client, même si celui-ci est en tort, peut le mettre dans une situation délicate. En tant que patron, j’ai des moyens d’agir plus efficaces. La conversation dans la voiture devient plus informelle, Jansen est bien moins stressé que dans mon bureau ou du moins pas sur le même plan.

Il m’explique son travail prévu pour demain. L’ancien patron m’avait déjà expliqué comment tournait le bar et le planning de la semaine. Toutefois, je laisse le jeune serveur me l’expliquer à sa façon. Par sa manière de dire et de s’exprimer, je comprends ou plutôt devine les non-dits. Visiblement, finir en boxer lors de son service ne semble pas le gêner. Il n’y a, dans ce dénudement partiel, pas de tensions sexuelles comme lors de ses shows. Il semble être fier de son corps ou plus vraisemblablement il n’a pas honte d’être bâti comme beaucoup de mecs rêveraient d’être et de se montrer. C’est simplement le regard malsain de quelques clients qui lui font mal. Je ne peux rien changer à cela, mais je peux lui offrir mon propre regard, certes déshabillant et avec une idée plutôt coquine en tête. Mais toutes celles ou tous ceux qui sont passés dans mon lit, du simple serveur à la pute du coin, peuvent témoigner que j’ai toujours eu un grand respect pour eux, même dans l’acte sexuel et après...

- À demain, alors, et merci.
- Buonanotte Jansen. Repose-toi. A demain.


La portière se referme doucement. J’attends qu’il rentre dans le hall de son immeuble pour démarrer et rentrer au Pink Print. En chemin, je froisse mon paquet de cigarette vide et le jette sur l’asphalte. Va falloir faire sans pour m’endormir.

Je reste un long moment sous le jet brûlant de la douche. Cette première journée est satisfaisante en tant que patron de cet établissement. Les jours qui viennent s’annoncent avec une belle charge de travail. Sans remanier de fond en comble le bar, je vais y apporter ma touche personnelle et faire que la boite soit encore plus rentable.

Je m’effondre sur le lit, les cheveux encore humides et une simple serviette nouée à la taille. Etrangement le sommeil vient me cueillir comme une fleur. Je rêve de roses, de narcisses et d’un regard vert bien troublant.

(…)

La semaine qui suit passe vite. En attendant de faire des travaux, j’ai réaménagé mon bureau, virant les antiquités de mon prédécesseur et son amour pour les archives papier. Si les murs restent jaunis par le temps, le mobilier que j’ai acheté se satisfait d’un bureau fait de verre et de métal, d’une armoire assortie pour les papiers inévitables et de deux fauteuils en cuir. J’ai gardé l’équipement informatique qui a moins d’un an. Le cendrier a fait place à un vase, plus en adéquation avec ma consommation de ces tiges à la nicotine. Le reste est parti à la benne.

C’est avec une certaine timidité qu’Anna et Jansen ont utilisé pour la première fois la douche de mon appartement. Et c’est non sans un certain amusement après le passage de Jansen, que j’ai retrouvé son odeur sur mes affaires de toilettes, relevant sa douce senteur boisée sur mon peignoir de bain. Il avait dû simplement l’essayer. Je trouve cela adorable et aussi un peu excitant quand on connait sa plastique superbe.

(…)

Je suis irritable depuis que j’ai posé un pied par terre ce matin. Rien ne va comme je le souhaite, alors je le fait savoir haut et fort.

- Porca putana troia ! Jerry ! Ce n’est pas quand ça va être le coup de feu qu’il faut veiller au plein des fûts de bière !

Je sors dehors et vais me griller cette cigarette mainte fois triturée entre mes doigts. Comme si cela était encore possible, ma consommation de clope augmente. Je cherche dans la nicotine un calmant à ma nervosité croissante. L’apogée est pour bientôt. J’ai encore quelques heures de répit avant une longue nuit de veille… comme chaque mois. Les femmes ont leur menstruation, moi j’ai cette maudite lunaison qui me rend à moitié fou une nuit par mois. J’arrive à me maitriser mais au prix d’un violent effort de concentration. « Il te faut une ancre solide » m’avait dit l’alpha de Phoenix, chez qui la Famille m’avait envoyé pour maitriser ce loup qui cohabite dans mon corps. Si j’ai réussi à passer le stade des chaines, les pleines lunes restent toujours une épreuve.

Je rentre pour engueuler la terre entière car les carafes d’eau sont mal lavées. Jansen a fini son numéro et se douche dans ma salle de bain. Je seconde Sophie qui galère avec un fût de bières. Jerry ne m’a pas écouté…

- Vous avez tous deux mains gauche au quoi !

L’écrou est mal serré, la boisson pressurisée se met à jaillir m’inondant la chemise de blonde ambrée. J’arrache littéralement la clé des mains de Sophie, dévisse la bonde et la remet correctement. Nous pataugeons dans la bière, je suis trempé… excédé. Sophie est au bord des larmes, ce qui  m’irrite encore plus. Je la laisse donc, les pieds dans la bibine et monte me changer. Je zappe totalement la présence de Jansen et ouvre la porte de la salle de bain. L’instant de quelques secondes, je me demande ce qu’il trafique à poil dans ma salle de bain, puis me rappelle qu’il vient de terminer son numéro plutôt salissant… Sans un mot, je quitte ma chemise et la balance au sale et ressort comme le courant d’air à mon arrivée. Une nouvelle chemise sur le dos, je redescends et vais m’aérer la tête dehors, à l’arrière de l’établissement. Il faut que je me calme. La pleine lune est pour demain soir.

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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Jeu 26 Nov - 13:29





Nouveau patron, nouvelles galères ?


- Jansen, sache que je considère les gens qui bossent pour moi comme s’ils étaient de ma famille. Il est vrai que ton métier peut avoir une connotation dégradante aux yeux des gens. Sache que je ne te considère pas comme quelqu’un qui vend son corps, mais comme un serveur-artiste. Tu non sei una puttana Jansen. Et si quelqu’un te le dit, il se prend mon poing dans la figure.

Le jeune danseur souriait sincèrement à présent. Il n’était pas parmi les humains depuis suffisamment longtemps pour être à l’aise avec les personnalités complexes. Aussi ne savait-il pas trop quoi penser d’Alessandro. D’un côté il ressentait cette espèce de sauvagerie, de violence, de domination, dans son attitude, ses gestes maitrisés. D’un autre côté, il y avait ce côté protecteur qu’il trouvait très plaisant. Sans parler bien sûr du physique, qui avait dû lui servir maintes fois à arriver à ses fins… Et son sourire, celui que son patron lui montre, à présent, est presque une force de la nature en soi. Il voit le regard d’envie de l’italien, et il espère que le sien n’est pas aussi flagrant, mais il apprécie que son nouveau patron soit suffisamment délicat pour ne pas le forcer à quoi que ce soit… En dehors du bureau, dans cette voiture, Jansen a moins peur de ce qu’il capte chez le bel italien…

- Buonanotte Jansen. Repose-toi. A demain.

Pourquoi fallait-il en plus qu’il est le kit complet avec l’accent craquant inclus ? Se secouant, Jansen se précipita dans son immeuble informel et monta quatre à quatre les marches, non sans avoir apprécié le fait qu’Alessandro soit resté jusqu’à ce que la porte d’entrée de l’immeuble soit fermée. Charmant…

Après un décrassage en règle, le lavabo et les lingettes du club étant un peu limite, Jansen s’écroula dans son lit, intrigué. Il tourna beaucoup, ayant du mal à trouver le sommeil. Finalement, n’y tenant plus, il enfila un jogging a même la peau, puis partis dans la forêt pour trouver la paix. Blottis comme un fœtus au creux d’un arbre, il put dormir du sommeil du juste, à l’abri.

Ses entrainements le matin avec Brian et certains débuts de soirées en salle sont un peu tristes pour les deux compères. Jordan leur manque à tous les deux, et Jansen, avec sensibilité, pour ne pas dire sensiblerie, le fait remarquer à Brian. Mais il aime passer du temps avec lui. La semaine s’écoule, pas vraiment monotone, et Jansen découvre un aspect chez Alessandro qui refrène beaucoup le jeune danseur. Il semble pouvoir passer d’une humeur charmante à une agressivité qui met tout le monde sur les nerfs.

Comme promis cependant, il semble prendre les rênes en mains, et, petit à petit, des changements s’opèrent sur son lieu de travail. En attendant d’avoir une douche rien qu’à eux, Alessandro à indiqué aux deux danseurs qu’ils pouvaient utiliser la sienne. Anna était un peu plus prompte à le faire que Jansen, et c’est donc elle qui étrenna la douche. Jansen quant à lui fut assez timoré la première fois.

Pénétrant dans ce qui était devenu l’appartement d’Alessandro, il avait l’impression de déranger une scène de crime, ou d’être un voleur se faufilant en catimini. Il dut se forcer à ne pas aller voir toutes les pièces, étant curieux de nature, et fila donc directement à la douche. L’espace était clairement très masculin. Il repéra un gobelet, avec une seule brosse à dent. Des serviettes spécialement pour Anna et lui. Après s’être douché et refait une coupe de cheveux à peu près cohérente, il repéra dans le reflet de la glace un peignoir qui avait l’air fait dans un tissus très doux et précieux. Sa main effleura la matière et il ne résista pas longtemps, enfilant le peignoir et appréciant la douce texture sur sa peau encore légèrement humide. L’odeur très masculine, avec un vague soupçon de nicotine, l’enveloppa et il se sentit en sécurité, comme entouré par Alessandro.
Il se regardait, et il se plaisait à penser qu'un jour, il serait considéré par quelqu'un, qui voudrait prendre soin de lui et le protéger.

Tu non sei una puttana Jansen

Rougissant jusqu’à la racine des cheveux, il retira non sans regret son peignoir et finit de s’habiller…

La deuxième fois allait être encore plus gênante pour lui… Alessandro était d’une humeur de chien depuis qu’il était arrivé, selon les dires de ses collègues et tout le monde rasait les murs à son approche. Voilà qui calmait totalement les ardeurs du jeune danseur, et qui le confortait dans son idée qu’Alessandro était quelqu’un de potentiellement violent et caractériel.  Son numéro du soir était un peu spécial, et la scène avait été aménagée avec un bac assez grand, aux rebords peu conséquents… Jansen dansait plus que d’habitude, et un jeu de lumière jouait avec la poudre colorée qu’il utilisait. C’était le même genre de poudre utilisée pour certains festivals de couleurs, en inde. C’était beau, mais salissant. Son corps était entièrement enduit de bleu, rouge, orange et les spectateurs avaient l’air ravis. Mais à présent il fallait se nettoyer et ça prendrait du temps… Filant sous la douche d’Alessandro sans demander son reste, loin de son accès de colère, il ferma les yeux sous le jet d’eau brulant, savourant l’instant.

Quand Alessandro débarqua comme une furie, il y eut un instant de flottement, car Jansen venait de quitter la douche et c’est donc dans son plus simple appareil qu’il reçut son patron et qu’il le regarda, interloqué, jeter avec fureur sa chemise dans un coin et repartir. Rouge comme une pivoine, totalement paniqué, Jansen refis son paquetage rapidement et descendit presque au pas de course dans les vestiaires, pour y retrouver une Anna pratiquement en larmes.

-qu’est ce qu’il y a, Anna ?
-non.. C’est juste… Je sais pas, on en prend tous plein la tronche, la.. On a l’impression qu’on fait tout de travers, et ça va être mon tour de danser, et je le sens pas… Je ne suis pas prête, ça va être nul et il va me renvoyer.
-arrêtes un peu tu veux ? T’es irremplaçable. Et tu es prête. Tu étais prête pour ça avant même que je sois né !
-merci, t’as qu’à me traiter de vieille !

Les deux amis rirent ensemble, évacuant le stress

-aller, montre leur à tous ce que c’est qu’une vraie star !
-la star c’est toi, et tu le sais ! C’était sublime, ton show..
-Ne - dis pas n’importe quoi… Tu voudrais juste sortir avec moi, mais je ne pourrai pas assumer d’avoir une belle fille comme toi à mon bras

Elle lui colla un gros smouack sur la joue et fila pour faire son show…
Jansen fronçait les sourcils… Si Alessandro changeait si facilement d’humeur, ça allait poser des problèmes pour le long terme… Il fallait qu’il tente de savoir comment le calmer, ou si il pouvait faire quelque chose… Mâchouillant son pouce, il finit par se décider, et, en demandant à ses collègues, il sut où trouver Alessandro.

-boss ? Je peux vous parler ?
Ce dernier se retourna, agacé, l’air de dire « fous moi la paix ». Mais son regard sembla se radoucir en voyant Jansen.

-c’est juste… On se demandait si on pouvait faire quelquechose… On sait qu’on n’est surement pas aussi pro que la d’où vous venez, mais on demande qu’a apprendre… Si.. Si on a mal fait un truc, on peut s’améliorer, faut nous donner notre chance.

Il le regarda écraser son mégot. Tout chez lui transpirait l’énervement.. L’énervement et le désir. Jansen du se concentrer pour ne pas faire un pas en arrière.


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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Sam 28 Nov - 22:52



Il était une fois l’amérique


Feat : Jansen Avery


Jamais la crise n’avait été si sévère. Qui y a-t-il dans cette ville pour exacerber ainsi le loup que je suis ? Je ne peux pas tout mettre sur le compte de ma nouvelle installation et de ce bar dont je reprends tout juste les rênes. La lune presque pleine fait sa fière, inatteignable dans le ciel. C’est si facile pour elle de me renvoyer les rayons du soleil modifiés par son sol de sable sans vie. Je jette mon mégot au loin et allume une nouvelle cigarette. Que va être demain, si déjà j’ai du mal à me contenir ? Ici, je n’ai pas encore la même assise que j’avais à LA. La présence fantomatique de la Famille simplifie certaines choses. Mais à Beacon Hills… Il y a certes des truants, mais ils n’ont pas la main mise sur la ville comme à LA. Mes employés pourraient bien aller voir ailleurs s’ils me trouvent ingérable…

Un chien errant passe dans la ruelle qui dessert l’arrière du Pink. Je montre les crocs, il émet un couinement plaintif et s’enfuit en rasant les murs. Dégage de mon territoire le clebs ! J’ai organisé ma journée de demain pour n’avoir presque rien à faire. Je pourrais me terrer dans mon bureau et limiter les contacts.

- boss ? Je peux vous parler ?

Je me retourne, agacé. Quel est l’abruti qui n’a pas capté que ce n’était vraiment pas le moment de me… Jansen… Je tais la réplique cinglante qui me monte aux lèvres.

- c’est juste… On se demandait si on pouvait faire quelque chose… On sait qu’on n’est surement pas aussi pro que la d’où vous venez, mais on demande qu’à apprendre… Si.. Si on a mal fait un truc, on peut s’améliorer, faut nous donner notre chance.
- On est un con ! Stupido !


Genre ! Mon personnel qui pense à ma place ! Je ne peux refréner une nouvelle vague de colère qui monte de nouveau et jette d’un mouvement agacé ma cigarette à peine entamée. D’un pas rapide, ne lui laissant pas le temps de réagir, je m’approche vers Jansen et le plaque contre le mur d’une poigne de fer.

- Je ne retiens personne, c’est compris ?!

Je le fixe droit dans les yeux. J’entends son cœur s’accélérer. A ce moment précis, il ressemble à une biche égarée. Un autre appétit s’ouvre en moi… Impérieux, sauvage… Je me penche vers son cou, je le sens se contracter. Mon nez est immédiatement envahi par une odeur boisée plus prononcée qu’à l’habitude. Cela a le don de me calmer sur le champ. Doucement je desserre ma prise sur sa gorge, inspire profondément et m’enivre de ce parfum qui m’apaise et le lâche enfin.

Sans un mot, je rentre dans le bar et vais dans mon bureau. Je n’en sors que pour le strict minimum. Le reste de la soirée se passe tant bien que mal. J’arrive à contenir mes remarques acerbes, et le personnel fait profil bas. Ce n’est pas la meilleure des ambiances de travail et cela s’en ressent auprès des clients. J’angoisse pour demain soir. Je pourrai déléguer, mais je ne les connais pas suffisamment pour cela. Charlie… J’espère qu’il va vraiment venir. Ce type n’est pas très finaud, mais il a l’avantage d’être simple et d’aller souvent à l’essentiel. Il pourrait devenir plus qu’un simple cuisinier… Il me faut des gens sur qui pouvoir m’appuyer en toute confiance.

Minuit-trente. Sophie et Jessy commencent à ranger et nettoyer. Il reste les derniers fêtards qui ne partiront que lorsque nous éteindrons les lumières du bar à une heure du matin. J’aide à mettre les chaises sur les tables dans un coin du bar où il n’y a plus de client, puis tire un premier listing de la caisse enregistreuse pour le ravitaillement à prévoir pour demain. Je repasse donc dans l’arrière salle vers les vestiaires et mon bureau. Je monte à mon appartement pour prendre un paquet de cigarettes neuf. Un courant d’air m’alerte. La porte de mon logement est entrouverte. Il ne peut s’agir de Jansen ou Anna, ils sont tous deux côté salle. Un homme et une femme me sautent dessus. Un troisième larron tente de me prendre à revers. Au peu de mots qu'ils ont le temps de prononcer, je comprends qu'il s'agit d'une vengeance de l'autre gosse de riche de hier au soir.

Spoiler:
 

- Pensez à changer d’employeur, pezzo di merda ! La prochaine fois, je vous tue !

Il va falloir trouver un peu plus costaud et surtout éviter de venir me chercher des poux sur la tête une veille de pleine lune.

(...)

J’ai peu dormi et mal. Attablé à ma table, je bois le café que m’a servi Dan. Souvent, à l’ouverture il est seul. J’apprécie l’homme. Il sait se faire discret. C’est le genre de type qui écoute et ne parle que lorsque c’est nécessaire. C’est un ancien qui connait son métier. Il est efficace et apprécié des clients. Dehors, il fait soleil. Cela m’apaise un peu et contre la montée de la lune qui est pour l’instant masquée dans le ciel.

Mais chassez le naturel, il revient au triple galop. Ma tension monte d’heure en heure. Je passe mon temps entre mon bureau et la ruelle à l’arrière du bar. Le personnel rase les murs. Étrangement, j’appréhende l’arrivée de Jansen qui prend son service vers dix-huit heures. Je m’en veux d’avoir péter un câble sur lui hier soir… il voulait bien faire… Mais comment lui expliquer… que je ne maîtrise rien…

Vingt-heure, c’est le coup de feu, et rien ne va. Des gens attendent leur commande depuis des plombes et je viens d’en rattraper quatre qui se tiraient sans payer. J’ai l’air d’un Don Quichotte à brasser de l’air et râler à tout va. Anna est en larmes dans les vestiaires, juste parce que je lui ai dit que le vert de sa robe ne lui allait pas du tout…

Le service se poursuit avec ces heurts habituels qui tournent au mélo drame car je n’arrive plus à me contenir. Jansen intervient plusieurs fois en médiateur. Cela me hérisse, mais j’ai plus de mal à lui crier après qu’aux autres. Les minutes durent des heures. J’ai envie d’annoncer la fermeture du bar prématurément. Il me faut de la solitude, personne sur qui frapper quand l’apogée sera à son maximum. J’ai regardé le calendrier, cela arrive un peu après la fermeture. Je dois tenir jusque-là… que tous soient partis.

C’est non sans un certain soulagement que je baisse le rideau de fer de la devanture. J’entends les employés se dire au revoir et m’adresser un timide salut que je rends vaguement d’un geste de la main, qui signifie plus « dégagez  de là » que « bonne nuit »… Passant derrière le bar, je cherche mon whisky préféré. Je peste et entrechoque les bouteilles dans une vaine fouille. Je maugrée en jurant contre Jerry et son rangement anarchique, quand enfin je trouve la bouteille convoitée. J’arrache le bouchon de liège des dents et bois de longues gorgées à même le goulot. L’alcool me brûle la gorge, je ne peux ressentir l’ivresse, mais m’annihiler les papilles est un dérivatif à ma fureur qui enfle. Quand je monte enfin vers mon appartement, la bouteille dans une main, une cigarette dans l’autre, je croise Jansen qui range son casier, il est le dernier. Je passe sans rien dire. Le loup ne demande qu’à sortir et je ne suis pas certain de maîtriser l’intonation de ma voix.

Arrivé dans ce qui est chez moi, je ferme la porte du pied, défait ma cravate et ouvre ma chemise complètement. Mes boutons de manchette atterrissent en aveugle je ne sais où. J’ouvre grand la fenêtre de ma chambre et m’assois sur le rebord de mon lit. La lune est là, insolente de rondeur. Aucun nuage ne masque ses rayons. J’ai envie de hurler, alors je bois une gorgée d’alcool, puis tire longuement sur ma cigarette.

- L’esprit, le cœur, le corps…  L’esprit, le cœur, le corps…  L’esprit, le … Bordello !

Ça ne marche pas. Ce foutu mantra ne marche pas. « Il faut maîtriser les trois, pour que cela fonctionne Alessandro ! » Il en avait de bonne cet alpha… Je maîtrise mon esprit. Mon cœur n’est à personne, donc je ne peux maîtriser mon corps… Mais vers qui envoyer de l’amour ? Mon père ? Il est mort lâchement assassiné en taule. Ma mère ? Comment aimer une… pute, même si c’est sa mère et qu’elle fait ça pour qu’on mange à notre faim ? Mon petit frère ? Je préfère ignorer où il se trouve… Les hommes ou les femmes qui sont passés dans mes bras ? Je n’ai jamais ressenti d’autre que des pulsions sexuelles. Quelques-uns y ont vu de l’amour… Mais il est si facile de faire croire à quelqu’un qu’il est unique. Il suffit de regarder cette personne avec attention, de faire des petits gestes anodins qui laissent penser à une connivence sur le long terme. Quelques roses rouges, un parfum au prix scandaleux et trois mots d’italien… Même ceux qui n’y croient pas, font semblant de penser que c’est un geste d’amour de ma part. Les gens préfèrent se leurrer eux même…

- L’esprit, le cœur, le corps…  L’esprit, le cœur, le corps…  

Mes mains s’agrippent au matelas, je sens la transformation poindre le bout de son museau. Je respire lentement et tente de faire refluer l’inévitable.

- Boss ça va aller ?
- …


Jansen… Non ! Pas maintenant ! Je baisse la tête et ferme les yeux pour qu’il ne voit pas mon regard noisette passer au bleu électrique et mes crocs tenter de dépasser de ma bouche que je garde close. Qu’il s’en aille, le temps qu’il me reste un peu de raison. Je ne veux pas lui faire de mal, je ne veux pas le blesser…

- Boss !
- FOUT MOI LE CAMP DE LÀ !


Ma voix est devenue grave et rauque avec la transformation. C’est trop tard, la bête prend les rênes de ma conscience. Mes griffes s’extirpent du matelas où elles se sont enfoncées et d’un appui d’une main, je bondis vers le danseur et le plaque au sol, ma main griffue autour de son cou. La pointe de mes griffes entaille sa peau. L’odeur du sang affole mes sens, la violence prend le dessus, j’arme mon autre bras pour frapper l’intrus qui ose me déranger dans mon antre. Mais mon poing est bloqué et mon attaque déviée. Cela me rend furieux, à la place je lui donne un violent coup de tête à la place. J’entends l’os de mon nez craquer. Avec défi, je lèche mon sang qui coule sur ma lèvre et me relève brusquement, déstabilisant mon adversaire. J’en profite pour lui retomber sur le dos et le bloquer enfin efficacement. Le voir ainsi à ma merci ouvre de nouveau un appétit plus féroce. Je me penche sur son cou dans l’intention d’y lécher les blessures que je lui ai faites. Mais à ma grande surprise, elles sont déjà partiellement cicatrisées.

- Chi sei tu Jansen ?

L’odeur boisée intense qui se dégage de lui m’enivre et me calme un instant. Mais ma proie bouge et se contorsionne pour se dégager. Le mouvement de ses hanches déclenche un nouveau feu. Je resserre ma prise et mes hanches viennent plaquer les siennes.

- Sei così desiderabile.

J’embrasse son cou et mon bassin commence à onduler contre ses fesses. Le désir me déconcentre et je me fais désarçonner par ce corps que je désire prendre. Nouvelle surprise, si ce n’est l’agilité qu’il met à s’écarter de moi, ce sont ses yeux d’un vert particulier. Qu’est-il ? Ce n’est pas un loup, ni un ours. En fait, je ne sens aucune entité animale, juste cette senteur boisée qui me rend fou. Qu’importe ce qu’il est, je ne sais qu’une chose : je le veux, là maintenant. J’oublie presque la lune et son emprise sur moi. Mon sourire est celui d’un loup, mon regard est fiévreux. Je bondis, Jansen esquive. Focalisé sur mon objectif, je n’écoute pas ce qu’il me dit. Je finis par l’attraper et nous chutons sur le lit. La chambre est sens dessus-dessous de notre combat. Après un bras de fer plutôt costaud, j’arrive de nouveau à le bloquer, lui sur le dos, moi à califourchon au-dessus de lui, ses poignets prisonniers de mes poings. Je le contemple, son T-shirt est déchiré par mes griffes. Il est si parfait et cette fragrance qui fait penser à une forêt… Je repense à ses shows, à la manière qu’il a de se contorsionner. Je me lèche la lèvre supérieur rien qu’en y repensant. Doucement, avec une lenteur cruelle, je plonge mes lèvres sur son visage. Jansen m’évite en tournant la tête. Qu’importe, je poursuis et lui mordille la naissance du cou. Son parfum est si enivrant. J’ai envie de me fondre en lui. Je veux juste le serrer contre moi et lui faire l’amour. Le garder pour moi, tel un amant possessif.

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Dim 29 Nov - 21:23





Nouveau patron, nouvelles galères ?


Jansen était mal à l’aise. Il avait finalement fait un pas en arrière en voyant et en sentant l’état de fureur qui caractérisait à présent son nouveau Patron. Alessandro était une vraie bombe prête à exploser, et elle explosa d’ailleurs, déversant ses shrapnels de mots sur Jansen, qui restait interdit.

- On est un con ! Stupido !

Jansen était meurtris, choqué, et pris ça comme un coup au cœur.. Mais ce n’était rien par rapport à ce qui allait arriver ensuite. Il vit avant même de la subir la fureur de son patron et fut tenté d’esquiver et de partir loin d’ici. Mais il ne pouvait pas faire ça. Alors, suivant des yeux la cigarette malmenée, et sachant que ce serait son tour, il se prépara au choc. Celui-ci fut violent, et il laissa échapper un petit souffle de douleur.

- Je ne retiens personne, c’est compris ?!

Le regard d’Alessandro dans le sien, martelant ses mots. Le cœur du jeune Drus qui bat à tout rompre. Il trouve ça injuste. Ça lui fait mal. Beaucoup plus mal que la douleur physique, dont il se remettra facilement. Non.. Rien ne le retiens, effectivement. Serait-ce la fin ? Qu’allait-il faire ? Serveur dans un restaurant ? Sans diplôme ? Le glamour avait ses limites… Il voulait être danseur, ce qu’il faisait ici était ce qui s’en rapprochait le plus, même si c’était presque risible. Soudain il se sentait minable, à la merci de quiconque, à la merci d’Alessandro.

Il le sent s’approcher, il redoute le contact qui pourrait arriver, et en même temps, il ne peut nier ressentir une certaine excitation et fascination. Il y a ce côté sauvage, qu’il se rappelle avoir connu mais sans se souvenir comment et pourquoi… La peur le fait exhaler une odeur boisée et musquée plus forte qu’à l’ordinaire et il s’en faut de peu que la panique le fasse se transformer en sa version mythique.

« Un mythe doit rester un mythe » lui répétait la Cinquième Ronce. « Nos sœurs au sang mêlé peuvent se mélanger facilement à la population et enfanter. Tu sais très bien que c’est plus dur pour nous. Ton émotion te trahis, révèle qui tu es, contrairement à elles. Si tu n’y prête pas attention, tu te déplaceras trop vite, tu séduiras trop facilement. Et des gens te traquerons et t’étudierons. De façon douloureuse… »

-pourquoi tu me dis tout ça ? lui avait demandé Hyacinth. Je ne sortirai jamais d’ici, tu le sais bien.. Je n’ai aucun avenir…

« Tu es si sur de tout n’est-ce pas ? Si plein de certitudes… Tu te trompes. Sur ça comme sur le reste . Alors apprend, ou cesse de me faire perdre mon temps. Plus haute, la garde.».

Plus haute, la garde… Alessandro était reparti, et Jansen était bouleversé, une larme coulant sur sa joue, vite séchée par sa main agacée.

Il ne décrocha pas un seul mot, à personne, de la soirée, et se dépêcha ensuite de rentrer chez lui. Avec un pincement au cœur, il se rappela qu’Alessandro l’avait ramené, et maintenant il souhaitait être loin de lui. Avoir parlé de ses envies avec le bel italien lui avait ouvert des perspectives motivantes, mais tout ça n’était que du vent… Pourtant il ne voulait pas quitter la ville. Il y avait Brian, pour qui il comptait. Sa main tremblait alors qu’il rédigeait sa lettre de démission. Son cœur était lourd, et c’est avec un sentiment intense de solitude qu’il plia la lettre et la mise dans son blouson pour le lendemain. Il irait faire son travail, car il avait été engagé pour, puis il donnerait sa lettre a Alessandro. Dan allait lui manquer, et Anna et Jessy aussi.
La nuit ne le réconforta pas, et il dormit d’un sommeil sans rêve, sans envie.. Il n’allait plus pouvoir payer son loyer, mais il pourrait toujours dormir au creux d’un arbre… Il ne laisserait pas tomber Brian ni Jordan, et il y avait aussi Charlie et Alex… Non.. il ne partirait pas de cette ville.
Lorsqu’il arriva au Pink Print, c’était avec une angoisse et une tristesse chevillée au corps. La tension est palpable et tout le monde est sur les nerfs… Inutile de chercher pourquoi. Sa décision est prise, il ne pourra pas cacher longtemps sa nature dans ses conditions. L’instinct de survie lui ferait commettre des erreurs.

Pourtant, toute la soirée, les employés semble s’être choisis le jeune Drus comme pacificateur et médiateur, et ce dernier fait cet effort avec conviction pour ses collègues qu’il voit pour la dernière fois ce soir. Il affronte donc Alessandro, pas pour lui, pour eux… Mais de nouveau, quelque chose d’étrangement familier vient lui titiller la mémoire, sans qu’il sache se rappeler quoi exactement.

Alors qu’il range son casier, retournant en boucle sa lettre de démission, il croise le regard si beau et si angoissant de son patron… Quelque chose ne vas pas.. ; Quelque chose de pas naturel, il le sent au fond de lui, comme une attaque, comme une perturbation. Si le bar avait été une forêt, il était persuadé qu’il aurait entendu les murmures inquiets dans les branches.
Il doit lui donner la lettre. Maintenant. Il ne reviendra pas demain… S’approchant de la porte, il sent que quelque chose de terrible se passe de l’autre côté. Le bois lui transmet la souffrance d’Alessandro. Il lutte, contre quelque chose de violent et d’impérieux…

-boss , ça va aller ?
Aucune réponse, mais cet halètement, cette souffrance et cette lutte…
-Boss ?

Il avait ouvert la porte, qui avait bien voulu obéir à son murmure. En voyant Alessandro, Jansen compris. Un regard inquiet tourné vers la Lune, il comprit. Et il comprit aussi son erreur…
- FOUT MOI LE CAMP DE LÀ !

Lorsque Alessandro bondit sur lui, il se rappelle enfin ce qu’il cherche à retrouver depuis tout ce temps. Il avait rencontré un loup, la veille de sa fuite. Il a d’ailleurs le temps de se faire cette réflexion, dans une amère ironie, étant donné qu’il s’apprête de nouveau à fuir, le lendemain, alors que de nouveau un loup le blesse. La dernière fois, il avait révélé sa nature, ce qui avait calmé son adversaire, sous l’emprise de la Lune. Il ne pouvait pas, cette fois ci. Pas sans la protection de la forêt.

Se retrouvant plaqué au sol, les griffes lui entaillant le cou, il sait qu’il doit se défendre. Le poing qui arrive vers lui n’est qu’une arme comme une autre. Il la dévie. Le coup de tête est plus violent et la douleur fulgurante, mais son organisme est déjà sollicité pour réparer les dégâts. Alessandro se délecte de sa propre violence et de son sang. Luttant pour le faire tomber, il est déstabilisé par le brusque soulèvement de son adversaire. Se retrouvant sur le ventre, avec Alessandro plaqué contre lui, Jansen ne sait plus quoi faire. Son instinct de guerrier lui hurle de se défendre, de frapper, de faire mal, mais il se rappelle la détresse du loup qu’il avait trouvé au pied de son arbre. Alessandro est aussi en détresse, même si elle lui fait peur.

- Chi sei tu Jansen ?

Son souffle sur sa nuque le fait frissonner de peur et de désir… Il se contorsionne pour se libérer, attisant l’envie soudaine d’Alessandro.

- Sei così desiderabile.

Les lèvres de l’italien sur son cou, et ses mouvements de reins révulsent Jansen, qui ne se rappelle que trop bien ce qu’il a vécu dans sa sylve. Alors il le repousse, avec son agilité de Drus, et son regard émeraude, a présent flamboyant, se pose, implacable, sur celui d’Alessandro, qui est bleu électrique. Si beau.. Si effrayant.

-je sais ce qui t’arrive, Alessandro.

Un nouveau coup de griffe esquivé.

-je peux t’aider. Écoutes moi. La lune n’est pas plus forte que toi. Alessandro !

Mais il ne l’écoute pas. Il est rendu fou de violence et de désir… Après une lutte violente, Alessandro finit par reprendre l’ascendant sur le jeune danseur, le plaquant sur le lit. Ce dernier ne souhaite pas utiliser ses épines, qui révéleraient de façon trop drastique ce qu’il est… Alors qu’Alessandro se penche vers lui pour l’embrasser, Hyacinth détourne le visage, et frémit lorsque l’italien lui mordille le cou. Malgré la situation, malgré cette violence, une vague de désir s’abat sur son corps, érodant sa résistance. Des frissons de plaisir le parcoure brièvement, et quand il regarde de nouveau Alessandro, il voit un changement en lui. Un changement encourageant.

-pas sans ma permission ! JAMAIS !

Il sait où frapper, même si il est moins fort. Alors il frappe, libérant ses mains sous la douleur engendrée. Puis il bondit au-dessus du lit, et retombe sur Alessandro, sa bouche près de la sienne, son odeur de Drus, envoutante, plus intense. Il se rappelle l’effet qu’il avait eu sur le loup rencontré dans son ancienne sylve et ce qu’il lui avait avoué. Que son odeur l’avait calmé. Comme un bois protecteur, comme une cachette a l’abri de la lune. Sa libération a contrarié Alessandro, et la rage le reprend. Mais Hyacinth lui sourit.

-je vais te protéger. D’elle, la haut. Et de toi. Pas sans ma permission, Alessandro…

Enlevant son t-shirt, une main d’Alessandro sur son torse, comme il le faisait avec les clients lorsqu’il dansait de façon rapprochée pour eux. Ondulant, il le laissa le caresser, sa griffe le blessant même de nouveau. Le regard d’Alessandro semblait fasciné par la plaie qui se refermait. Ondulant le bassin, le jeune danseur se rapprocha de lui, et déposa des baisers, léchant son cou, mordillant son oreille, et chatouillant ses crocs. Alessandro râlait, ahanait, le souffle court, mais la Lune perdait petit à petit son emprise. Hyacinth se frottait sur lui, enlevant ses habits, l’enveloppant de son odeur, lui souriant , car il savait que cette violence n’était pas la sienne. Il l’espérait, il misait la dessus.

A présent que leurs ébats devenaient acceptables et excitants pour lui, Jansen prenait du plaisir à gouter la peau d’Alessandro. Il l’avait craint. Puis détesté. Il le désirait, maintenant. Alors il s’abandonna à lui, et découvrit une certaine violence maitrisé de la part du bel italien, qui les emmenèrent tous les deux jusqu’au petit matin, transpirants, épuisés, apaisés. Hyacinth se donna complètement jusqu’à ce qu’Alessandro jouisse, avec un cri qui sonnait comme une libération, avec, peut-être même, l’extase. Jansen, lui, prit aussi beaucoup de plaisir. Mais les circonstances étaient trop violentes pour qu’il expérimente lui-même cette extase qu’il redoutait tant.

Le soleil, jaloux de la lune, caresse le corps nu de Jansen, qui regarde, avec un sourire aguicheur, Alessandro.

Ce dernier s’est levé pour remettre un peu d’ordre et regarde le jeune Drus, qui tente de percer les sentiments du loup. Est-il satisfait ? Comme d’avoir eu un trophée ? Attendrit ? Ni l’un ni l’autre ?

Puis l’italien fronce les sourcils, tombant sur la lettre pliée, tombée de la poche du blouson de Jansen.
-c’est quoi ça ?
Jansen est rouge en repensant à sa décision.

-ma démission…


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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Lun 30 Nov - 23:13



Il était une fois l’amérique


Feat : Jansen Avery


Son odeur est celle d’une forêt au printemps, riche de nuance et vivante. Sa senteur agit sur moi comme un calmant. Je sais que ma nature me tourne instinctivement vers les bois, quand la lune perturbe ma maitrise de ce côté sauvage, qui est un peu inné chez moi. Seulement je suis un citadin, et je ne vais certainement pas aller courir dans les bois, le museau au vent et hurler à l’instar de mes congénères. Les joggings et les marcels c’est bon pour les ploucs. A Los Angeles, j’avais tenté de créer un jardin d’intérieur dans mon luxueux appartement. Mais je n’ai visiblement pas la main verte et les végétaux n’ont guère apprécié de boire mes fonds de verre de Whisky.

Le grain de peau de Jansen est un délice à effleurer des lèvres, je caresse sa joue avec la mienne. Son contact m’électrise. J’ai oublié le calendrier, oublié la narquoise blanche dans le ciel. Toute mon attention est tournée vers LUI. Alors que je le hume et le goute, ma proie se rebiffe.

- Pas sans ma permission ! JAMAIS !

Sans avoir le temps de comprendre ce qu’il se passe et de pouvoir reprendre la situation en main, Jansen inverse les rôles. Mais où a-t-il appris à se battre ainsi ? A mon tour de me retrouver sur le dos, coincé. L’entrave brise la quiétude qui était venue me calmer. Je grogne et montre les crocs. Pourtant au lieu d’afficher un air contrarié, Jansen me sourit. Ses lèvres sont si proches des miennes… Désirable…

- je vais te protéger. D’elle, la haut. Et de toi. Pas sans ma permission, Alessandro…
- Rien, ni personne n’a jamais empêché la lune de prendre le contrôle de mon corps ! Rompe via da lì! Casse-toi !


Son parfum m’a donné un répit. Il faut qu’il s’en aille avant que la prochaine vague de sauvagerie m’emporte. Je le veux, mon désir comprimé sous mon pantalon ne demande qu’à l’explorer, le visiter, et le prendre pour le faire mien. Cependant, une part de moi, ne veut pas le blesser. Est-ce à cause de ce parfum qu’il exhale ? Alors que je crois qu’il obtempère enfin en me lâchant, il prend ma main et la pose sur son torse. Se défaisant de son t-shirt, il commence à onduler comme lors de ses danses. Le regarder m’hypnotise, ma respiration s’accélère, et mes doigts se crispent sur cette peau qui épouse ses muscles parfaits. Sans vraiment le vouloir, je marque son torse de cinq stries. Son sang perle doucement, mais cela ne dure pas. Il cicatrise à vue d’œil. Fasciné je regarde sa peau de nouveau intacte. Il n’est pas loup, alors qu’est-il ? Le désire qu’il fait monter en moi noie tous mes questionnement. Ses lèvres sur mon cou, mes tempes, ma bouche et mes crocs me donnent une fièvre intense. Son corps qui se frotte contre le mien, son membre que je sens aussi dur que le mien, provoquent mes contorsions. Je tends mon corps contre le sien, la bouche entrouverte, je ne le lâche pas du regard. C’est au prix d’un immense effort que je ne prends pas le commandement de ce combat, pas tout de suite... Nos vêtements s’éparpillent, je connais son corps pour l’avoir vu sur scène, mais maintenant mes mains le parcourent, avides et possessives. J’aime la cambrure de ses reins, le galbe de ses fesses. J’embrasse son torse glabre et excite ses tétons du bout de mes crocs quand il se redresse un peu, pour se frotter langoureusement contre mon bas ventre. Je le laisse mener la danse jusqu’à ce que je n’y tienne plus. Alors mes gestes se fond plus fermes, conquérant. Je m’assoie et le prends entre mes bras, une main sur ses fesses, l’autre sur sa nuque. Je ne lui laisse aucune échappatoire. Quand je le renverse, je lui murmure des mots en italien, des mots doux et chantants. Je m’enivre du plaisir qu’il offre, du goût de sa peau, de ce parfum qui m’apaise et me grise en même temps. Nous prenons le temps de nous explorer, d’une manière à peine contenue de ma part. Après un temps infini à frôler le point de non-retour, j’explose en lui alors que je suis dans son dos, léchant sa nuque en sueur. Épuisé, je m’effondre sur Jansen, le couvrant de mon corps comme une couverture. Mes mains enserrent ses poignets, mon nez se niche dans son cou, totalement dépendant de son parfum.

Je ne sais pas combien de temps j’ai dormi ainsi. Quand je me réveille, je sais que mon partenaire l’est aussi. Je ne bouge pourtant pas. Je savoure ce calme et cette quiétude qui est la mienne. Si la lune n’est plus à son apogée, elle est encore bien ronde, invisible dans la lumière du jour. Pourtant, je ne sens aucun énervement, ni fureur à réprimer. Je crois que je n’ai jamais été aussi calme depuis que j’ai été mordu. Ce sentiment de paix est aussi intense que ma jouissance d’il y a peu. Le déroulement de la soirée repasse dans ma tête comme dans un film. Je n’aurais pas parié sur un tel dénouement…

Doucement, je m’extirpe de mon matelas humain, puis remets mon boxer et mon pantalon. Ma chambre est un vrai champ de bataille. Nous nous sommes battus sévèrement. Tout est sans dessus-dessous. Il y a même de la casse… Je ne sais que penser, ni comment réagir. Je suis troublé par ce que j’ai ressenti depuis que Jansen est entré dans ma chambre. Je ramasse quelques vêtements et tombe sur une enveloppe égarée sur le sol. Il y a mon nom dessus.

- C’est quoi ça ?
- Ma démission…


J’encaisse la nouvelle sans broncher. Je reste un moment sans bouger, regardant cette enveloppe. Est-ce pour cela qu’il a été si conciliant cette nuit ? Car il savait qu’il partait ? C’est moi-même qui lui ai dit que je ne retenais personne… A quoi pouvais-je m’attendre ici à Beacon Hills ? A Los Angeles, personne n’aurait osé me donner sa démission… C’était moi qui virais les gens. Mais ici, je n’ai pas la même influence, ni l’arrière garde de la Famille pour faire peur… Je ne souhaite pas lui faire peur… « Pas sans ma permission ! JAMAIS ! » Pourquoi ces mots me font mal ? Depuis quand je me préoccupe de ce que les gens acceptent ou non ? J’ai toujours pris ce que je convoitais… Je reste imperturbable malgré cette douleur inconnue qui m’oppresse subitement le cœur. État extraordinaire, si on sait que normalement une telle situation m’aurait fait entrer dans une éruption meurtrière aussi surement que le Vesuvio a rayé Pompéi de la carte.

J’ai comme un dédoublement de la personnalité. Je me regarde me baisser, ramasser l’enveloppe maudite, la froisser et la mettre dans la poche arrière de mon pantalon. J’attrape ma chemise et sors. Je ne veux pas qu’il s’en aille ! Je ne tolère pas l’idée qu’il puisse s’éloigner de moi ! Mais je ne pipe pas un mot, moi qui habituellement suis dans l’excès de verbes, me voilà muet… Le bel Alessandro Amaro se tait…

J’enfile ma chemise sans la fermer et passe derrière le bar. Le sol est froid sous mes pieds nus. Je mets en route le percolateur, sors un plateau et y met deux sous tasse. Mes gestes sont ceux d’un automate. Dans une panière, je pose des viennoiseries de la veille, et sers deux jus d’orange dans des grands verres. Quand le percolateur est enfin en pression, je fais couler deux italiens, puis les pose sur les soucoupes.

Je reste là, les bras ballants regardant ce plateau déjeuner qui sera le premier et le dernier que l’on va partager. Je sors l’enveloppe de ma poche et en lisse le papier. Mon nom s’étale en belles lettres bouclées qui montrent le sens artistique de Jansen. Ouvrir et lire le contenu reviendraient à accepter, me résigner… Je ne veux pas ! Je refuse ! Mais ai-je seulement le choix ? Et de quoi je me plains ? Il m’a fait un beau cadeau de départ… Je serre les dents de rage et de frustration. J’ai déjà acheté des gens, j’en ai forcé d’autres par des moyens inavouables. Mais dans un lit, jamais on ne m’a refusé… ou imposé ses conditions. « Pas sans ma permission, Alessandro… » Je pourrais m’imposer, le prendre de force… mais cela ne serait pas pareil. Ce n’est pas ça que je veux, je le veux à moi, pour moi, mais consentant…

Je remets l’enveloppe dans ma poche sans l’avoir ouverte, de toute manière tout est dit, « ma démission »… Il aurait pu dire « rien d’important », « quelque chose qui n’a plus lieu d’être »… Non sa décision est belle et bien prise... Je prends le plateau, puis le repose. Je lui ai préparé un italien serré comme je les aime. Un centimètre et demi de café au fond d’une tasse, noir comme une nuit sans lune. Mais que boit-il le matin ?, je regarde le bar, attrape un mug et une grande tasse. Je fais chauffer de l’eau, et du lait. Thé ? Chocolat ? Le plateau devient vite trop petit, j’en sors un plus large. Mes gestes s’impatientent, la vaisselle tinte dangereusement. Je relance un nouveau café, en mode normal.

Me voilà paré avec ce plateau ou les liquides tanguent dangereusement. J’ai le pied sur la première marche quand je m’aperçois que j’ai oublié le sucre. Je ne sucre jamais… Retour au bar, où je prends une poignée de dosette, je plonge la main dans les portions de confiture… Ce n’est pourtant pas le premier plateau de petit déjeuner que je fais, mais là je suis pris au dépourvu, je me sens perdu… presque vulnérable. Je subis une situation et ne la domine pas. C’est nouveau pour moi.

Quand j’entre à nouveau dans la chambre en poussant la porte de l’épaule, Jansen est en train ramasser la cendre du cendrier qui s’est renversé. Le reste de la chambre est à peu près rangé.

- Laisse… je rangerai. Je ne sais pas ce que tu bois le matin, j’ai pris un peu de tout…

J’ai posé le plateau sur la table basse qui trône au pied du lit. Je prends mon italien et vais le poser sur le rebord de la fenêtre toujours ouverte. Je me rends compte que je n’ai pas encore allumé de cigarette. Le Zippo claque et j’inspire profondément une bouffée de fumée. Puis je la regarde se déliter dans l’air du matin quand je l’exhale longuement. Je tourne le dos à Jansen, je sais qu’il a pris quelque chose sur le plateau. Mais je ne me suis pas retourné pour voir quel a été son choix.

- C’est effectif à partir d’aujourd’hui ?

Je regarde dehors. Mon cœur bat fort, pourtant je reste étrangement calme. Je ne veux pas qu’il démission, ni qu’il s’éloigne, pourtant je ne me bats pas pour le retenir. Il est impossible d’obliger quelqu’un à vous… aimer… ou du moins vous apprécier suffisamment pour rester auprès de vous de manière volontaire. Il est pourtant de toute évidence, la première personne capable de contenir le fauve que je suis. Mais à quel prix ? Celui de recevoir ma domination brutale ? Pas étonnant qu’il veuille s’en aller… Je n’ai pas encore de réseau sur Beacon Hills, mais s’il veut bien aller à LA, je peux le pistonner pour quelques emplois…

Je sens l’enveloppe à travers le tissu de mon pantalon. J’ai envie d’en faire des confettis, mais je reste là, muet à siroter mon café et tirer sur ma cigarette. Je m’imagine m’excuser et palabrer pour le faire changer d’avis. Mais soyons honnête, je reste la bête sauvage qu’il a vu dans mes pires moments. Qu’a-t-il faire d’un loup arrogant et dominateur ? Lui comme moi, ne sommes pas dupe, je suis et resterai un fauve dangereux. S’il reste, je vais finir par le briser. C’est mieux ainsi, mieux pour lui. Je ferme les yeux et me remémore nos ébats de cette nuit. Peut-être si j’arrive à y repenser lors de la prochaine lunaison, si je pense à Jansen, j’arriverai à me contenir. Je soupire et envoie valdinguer mon mégot d’une pichenette dans la rue. Je prends mon paquet pour en allumer une autre, une main m’en empêche… Qu’il parte, mais qu’il me laisse me goudronner les poumons en paix…

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MessageSujet: Re: Il était une fois l’Amérique feat Jansen | Attention contenu mature   Mar 1 Déc - 20:46





Nouveau patron, nouvelles galères ?



Je soupire et me coupe en ramassant les morceaux… Ma montre m’indique vingt-deux heures, mes cigarettes sont toutes fumées dans le cendrier. Je prends un blouson et sors. Prêt de la poste y a un petit bar qui dépanne en cigarettes. Je peux faire lever cette clause qui déchire Jansen, mais dois-je intervenir ? Je pousse la porte et viens m’asseoir au bar. Quatre patibulaires tapent le carton près des waters. Je commande un whisky et deux paquets de tiges à la nicotine. Une blonde platine sirote sa fine et me dit « Champagne ? » Je fais glisser mon verre sur le zinc, il s’arrête juste devant la fille. Je commande un autre verre et l’accompagne. Elle se rapproche et me dit « Cinquante ? » Je la regarde, les lèvres écarlates comme le sol d’un abattoir, les paupières fardées de couleurs criantes, les cheveux platines savamment coiffée en chignon décoiffé. Ça serait tentant, se vider la tête et le reste.

La porte du bar claque, la blonde range son billet entre ses seins et je rejoins, seul, ma voiture. Demain, j’irais voir le trésorier. J’ai déjà un dossier sur les membres du jury. Il sera simple de le convaincre de virer cette puttana de clause quand je lui montrerai une photo de ce monsieur Hickle en compagnie d’une fille de mauvaise vie. Qu’on ne vienne pas me parler de convenance…

(…)

Jansen n’est pas venu depuis deux jours. Techniquement cela ne gêne pas à cause des travaux, mais personne semble savoir où il est. A mes questions, Anna a dit qu’il doit se cacher dans un coin à cause de son échec  et qu’il ne faut pas s’inquiéter. J’ai fait taire ma fierté et je suis allé chez lui, mais il n’y était pas. Je n’aime pas ne pas savoir où il est. Son odeur me manque. Je lui ai dit que je me passerais de lui pour la pleine lune… Je suis déjà en manque… pathétique. Au Pink, mon humeur massacrante pèse sur tous. Les nuisances des travaux n’aidant pas. Je passe plus de temps dehors à fumer et regarder passer les voitures.

- Ce parfum !...

Une fille vient de passer dans mon dos, la démarche souple, de longs cheveux cuivrés… Encore une de ses « sœurs » ? J’écrase ma cigarette et la suis à distance. Jansen m’avait dit que les guerrières ont les cheveux court et chose troublante, l’odeur de cette fille ressemble de manière troublante à celle de Jansen avec un côté plus féminin. Mais la base est la même. Une proche parente ? Je n’ai encore pas bien tout saisi les mystères de ceux de son espèce.


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