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 Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson

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Brian O'Conner

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MessageSujet: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Mer 18 Nov - 17:29


Un ours mal léché


Feat : Charlie Crowley



Jordan faisait sa tête de cochon dans sa cellule. L’animal s’estimait trop dangereux pour les autres. J’avais bien tenté de jouer sur sa jalousie disant que le matin je courrais seul avec Jansen. Mais il avait eu l’air si malheureux, mais déterminé à ne pas sortir… Je passais donc mes pauses à le voir. J’avais cessé de tenter de le raisonner, alors nous parlions de ce qui nous avions envie pour nous deux. C’est étrange pour moi de parler d’un futur à deux. Mais la sensation de ne plus être seul est si douce et rassurante.

Deux heures que je me tape des rapports non classés. J’en ai ma claque et m’étire à m’en faire craquer les articulations, puis attaque une nouvelle pile de dossiers dans un soupire à fendre l’âme. Savoir Jordan juste de l’autre côté du mur, enfermé par sa propre volonté, ne m’aide pas à me concentrer sur ce travail fastidieux de dossiers mal ficelés ou abandonnés à moitié. Une US-Marshall avait fait irruption au poste. Je n’étais pas encore arrivé à l’époque. Elle était repartie aussi vite que le vent qui l’avait amenée, laissant en plan moult dossiers… Je n’aime pas ces gens qui ne finissent pas leur travail et qui laisse leur b*rdel aux autres. Le dit b*rdel ayant la sournoise habitude de m’échoir…

J’ouvre le dossier en grommelant ce que je pense des gonzesses flics, ce qui me vaut un « sale macho » de ma collègue.

- Sans vouloir te vexer, très chère, tu prends soin à ne pas mettre ton nez dans les dossiers en retards. Alors oui, je fais mon macho !

Je suis agacé, énervé par ce qui m’arrive dessus. Le chien enragé, les roses qui me saucissonnent, Jansen qui est un… une brindille ? Bref que j’ai planté en terre pour qu’il repousse… Plus cet âne que j’aime et qui boude en cellule… Je sature.

« Intervention de la voiture de patrouille 4-06 au poste à essence sur la 15éme, suite à un appel pour coups de feu. Constatation du braquage de la caisse, plus quelques marchandises emportées  - Voire Annexes -. Fuite des principaux suspects dans une Chevrolet dont l’immatriculation renvoie sur une voiture volée deux mois plus tôt. Interpellation d’un suspect qui chargeait de l’essence sur une moto. Monsieur Charlie Crowley – homme blanc de type caucasien – 26 ans –  1m85 - Cuisinier dans un Diner- L’individu s’est montré hostile aux forces de l’ordre – Relâché avec une injonction de venir faire une déclaration le lendemain »

- Et débrouille-toi avec ça…

Le dossier s’arrête là. Miss Sophie Rose Merton est partie trois jours plus tard sur une nouvelle affectation plus alléchante. Rien dans le dossier ne dit si le dénommé Crowley est effectivement venu de son plein gré le lendemain faire sa déposition…. Mais quel binz… Je consulte donc les minutes des entrées pour vérifier si ce type est bien venu à la date demandée. Évidemment que non… Nouveau soupire de ma part.

- Brian tu souffles comme une adolescente déprimée !
- Tu sais ce qu’elle te dit l’adolescente ?
- Ne prends pas la mouche !
- Je prends la mouche si je veux !


Je ne suis pas d’humeur. Il va falloir qu’elle s’y fasse ! J’entre le nom de Crowley dans notre base de données qui s’empresse de me recracher un dossier…. Long. Fait chier… un ex ? Délinquant. Bon ben… quand faut y aller, faut y aller. Je prends les coordonnées du type et prends la route. Personne ne répond à son appartement. Une voisine m’indique l’endroit où il travaille.

- Il a encore fait quelque chose ?
- Comment ça « encore » ?
- Je ne sais pas trop, il n’a pas l’air net !


Procès d’intention ? Délit de faciès ? Je ne pourrais le savoir qu’en l’interrogeant. Me revoilà parti pour le restaurant où officie Charlie Crowley. Le gros du coup de feu est passé, je demande à la serveuse si je peux voir Crowley. Celle-ci fronce les sourcils.

- Il a « encore » fait quelque chose ? Charlie ! Un flic veut te parler.

Décidément… Je ne lui ai pas encore parlé qu’il me fait déjà mauvaise impression. Puis pourquoi cette nana beugle ça ainsi au milieu de la salle de restaurant…. Ça ne va pas mettre mon suspect dans de bonnes dispositions… Nouveau soupir… Et Jordan qui se prélasse en cellule, je t’en foutrais moi de lui coller le feu aux fesses ! Bon ce Crowley a intérêt de faire le bon Winnie l’ourson sinon je le colle au trou avec l’âne qui y est déjà !

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Charlie Crowley

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MessageSujet: Re: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Jeu 26 Nov - 6:26


Un ours mal léché





« Bon Dieu, Crowley, faites un peu moins de bruit ! »

L’ours regagnait sa  tanière d’un pas lourd sous le regard accusateur de sa voisine et pour toute réponse, la porte de sa petite piaule claqua violemment. Le sifflement courroucé que la ménagère adressa au battant désormais clos passa complètement inaperçu : Charlie fonçait comme un buffle et ce n’était pas les plaintes de cette emmerdeuse de première qui allait le ralentir. Oui, il avait peut-être un peu piétiner les marches comme s’il s’était agi de la tronche de cette flicette de pacotille, et alors ?? Il ne savait même pas ce qui le foutait le plus en rogne : l’attitude méprisante des poulets, qui n’avait pourtant rien d’inhabituelle, le fait de s’être fait serré de la façon la plus bête qu’il soit alors qu’il n’avait, pour une fois, absolument rien fait… Ou juste la frustration de s’être tenu pendant des mois à faire profil bas pour au final se retrouver dans le collimateur des flics à un moment où il ne s’y attendait absolument pas ?

L’ourson grognon jeta casque et veste sur son canapé défoncé. L’expression neutre qu’il arborait aurait presque démenti son attitude excédée, jusqu’à ce qu’il sorte la convocation froissée de sa poche… convocation sur laquelle il passa ses nerfs sans pitié. Les lambeaux de papier furent à deux doigts de finir mâchouiller et avaler sans plus de façon mais un sursaut de bon sens coupa le garou dans cette démarche rageuse extrême. Il se contenta d’achever en confettis le pauvre formulaire parfaitement innocent, non sans conserver cette indifférence des traits à faire pâlir d’envie le plus dangereux des psychopathes. Lui, se rendre volontairement dans un commissariat ? Y en avait vraiment qui rêvait tout debout.


*


Malgré sa colère, une fois n’est pas coutume, presque légitime, l’incident lui sortit rapidement de l’esprit. Ces dernières semaines avaient été riche en émotions et les stupidités aviaires furent chassées de sa cervelle mono tâche par des réflexions –ou du moins quelque chose s’en rapprochant- plus importantes. Actuellement : comment enterrer vivant son patron sans s’attirer les soupçons, son sujet de prédilection lorsque par malheur, ils se retrouvaient tous les deux en cuisine.  Le rush touchait heureusement à sa fin et le garou prit une profonde inspiration au milieu des écœurantes odeurs de friture. Remonté comme un coucou depuis ce matin après avoir entendu prononcé son nom à plusieurs reprises par une voix inconnue, ce qui était rarement bon signe, Charlie pinça les narines dans une vaine tentative de conserver sa zenitude. Quoiqu’on dise, il ne s’énervait pas si souvent que ça et il n’y avait bien qu’Eddy pour le faire sortir aussi vite de ses gonds. Ce dernier n’avait pourtant touché à aucun de ses protégés... Peut-être simplement car l’existence même de cet homme était une injure au monde sauvage qu’il défendait avec tant d’acharnement. L’ours n’en savait rien, tout ce dont il était sûr, c’est qu’il ne pouvait pas piffrer ce type, et que ce dernier lui rendait bien.

« Y a plus rien dans le frigo, Eddy, tu vas les nourrir avec quoi tes clients de l'après-midi, ta merde ?... »

Tout aussi excédé que lui, le dit Eddy bouscula son cuisinier pour jeter un coup d’œil à ses réserves, coupant le jeune homme dans ses persiflages. Ce qui n’empêcha pas ce dernier de conclure, les bras croisés contre son plan de travail :

« C’est vrai que vu ce que t’achètes, ça changerait pas beaucoup… »

Le poing de son patron s’abattit sur la porte du pauvre réfrigérateur qui n’avait rien demandé à personne et il tourna un œil noir vers son employé. Qui n’attendait que ça, il se triturait les méninges depuis des heures pour déterminer quels mots seraient les plus agaçants, et dans quel ordre. N’était pas le roi de la gouaille qui veut. Si Eddy voulait se battre, il était son homme, mais leur énième querelle fut interrompue par la voix de Jenny :

« … Charlie ! Un flic veut te parler. »

L’ours se raidit et son visage se crispa. Entre le sourire malsain  d’Eddy et l’invasion de son ennemi naturel au sein de son territoire, il sentait bien que la journée était définitivement très mal partie. Jetant avec humeur sur le plan de travail le torchon qu’il tenait jusque là, l’ours quitta ses pénates pour rejoindre la salle, non sans un dernier coup d’œil noir à son patron.

Jenny était retournée derrière son comptoir et heureusement, les clients encore dans la salle se comptaient sur les doigts de la main. Plaque. Uniforme. Réflexe. Le sang de Charlie ne fit qu’un tour :

« Bordel mais vous allez me casser les couilles longtemps ? C’est pas moi j’ai rien fait ! »


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MessageSujet: Re: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Lun 30 Nov - 21:06


Feat : Charlie Crowley



Une forte odeur de graillon embaume l’air. Je ne sais pas comment les gens peuvent venir manger ici. L’établissement est loin de refléter une propreté irréprochable et je suppose que la qualité de la nourriture servie ici, suit le même mouvement d’un point de vue hygiène.

Un type à l’air peu avenant fuse de l’arrière salle. Sa tenue de cuisinier laisse un peu à désirer. Au regard qu’il me lance, je sais immédiatement que les minutes qui vont suivent, vont être laborieuses….

- Bordel mais vous allez me casser les couilles longtemps ? C’est pas moi j’ai rien fait !
- Vous ne savez même pas pourquoi je suis là… De quoi pourrais-je vous accuser… à tort Monsieur Crowley ?


L’homme lève le bras dans un vague geste qui signifie tout et n’importe quoi. Je soupire, me disant que je n’ai pas de chance de me coltiner le merdier laissé par L’US-Marshall. Je serais bien mieux dans mon jardin en train de causer aux roses avec Jansen ou de profiter de la douce chaleur de Jordan bien callés devant un bon film. Mais non, j’hérite d’un gugusse qui semble avoir le don de se mettre toute la police à dos, à torts ou à raison, cela je ne le sais pas. De quoi s’innocente-t-il là avec son « J’ai rien fait ! ». En fait-il justement pas un peu beaucoup pour avoir l’habitude de se faire accuser ? Démêler le vrai du faux, ne va pas être une mince affaire, vu qu’il va tout nier en bloc même ce dont je ne le l’accuse pas...

- Pouvons-nous discuter calmement dans un endroit plus discret que le milieu de la salle du restaurant où vous travaillez ?

L’homme semble… se réveiller ? Il regarde autour de lui. Quelques clients nous écoutent attentivement, curieux de ce qui va suivre. Avec un grognement pour réponse, il se retourne et m’invite à le suivre. Nous passons la porte battante qui permet de séparer la salle du restaurant à… cauchemar en cuisine. Un type semble désespérer devant un frigo partiellement vide, ou plutôt rempli de choses d’une fraîcheur douteuse. Le cuisinier me regarde et hausse les épaules. Je devine parfaitement le « C’est pas de ma faute » qu’il pense fortement en voyant mon expression de dégoût.

- Bonjour Monsieur. Brian O’Oconner de la police de Beacon Hills. J’ai une question. De quand date le dernier passage du service sanitaire ?

Celui qui semble être le patron des lieux bredouille une vague réponse. Il est interrompu par la serveuse qui hurle la commande suivante. Machinalement, celui que je suis venu interroger se met au travail. Je le laisse le temps de suivre le patron dans son bureau. Évidemment, il n’a aucune attestation à me montrer. Il m’invente des excuses à dormir debout. Je l’arrête immédiatement, lui disant que j’appellerai les services sanitaires. Et qu’il serait judicieux qu’ils n’aient rien à redire sur l’hygiène. L’homme qui se prénomme Eddy, crie à l’injustice. Que les enquêteurs vont le faire fermer etcetera.  

- Monsieur, prendre le risque volontaire d’empoisonner votre clientèle est un délit puni de prison et d’une amande suivant la gravité des faits.

Je laisse l’homme pleurnicher sur son sort et retourne en cuisine où le cuistot termine de dresser sa commande.

- Je viens pour l’injonction que vous a donné l’US-Marshall Sophie Rose Merton lors d’une interpellation dans un une station-service où il venait d’y avoir un vol à main armée. Il n’y a aucune trace de votre passe le jour dit… Un oubli sans doute ?

Je reste magnanime, et lui offre la possibilité d’un mensonge honorable pour poursuivre dans le calme. Par contre s'il me fait des difficultés, il va goûter à mes jolis bracelets en acier. Je n’ai aucun à priori sur l’éventualité de sa complicité pour ce vol. Mais à sa décharge, son boulot est particulièrement merdique. J’ai bien remarqué que les assiettes qu’il avait dressée, l’était de la meilleure manière possible que peut lui donner cette cuisine qui a cent pour cent de chance de se voir retirer le droit de servir de la nourriture au public si rien n’est fait de manière efficace.



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Charlie Crowley

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MessageSujet: Re: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Sam 5 Déc - 16:34


Un ours mal léché





Les traits de Charlie étaient figés dans une expression d’une hostilité butée et l’argument pourtant plein de bon sens de son interlocuteur ne fit pas mouche, comme en témoigner son vague geste excédé de la main. Qu’est-ce qu’il en savait de pourquoi le flic était là ? Il était de toute façon certain que ses raisons lui déplairaient, tout simplement parce qu’il n’avait jamais vu un poulet se présenter pour autre chose que lui chier dans les bottes. Maudite volaille. De mauvaise grâce, le regard du cuisinier quitta le visage de l’agent pour jeter un coup d’œil à la salle. Certes. C’était déjà frustrant de ne pas pouvoir envoyer une baffe dans la tête de ce bellâtre, il ne tenait pas en plus à devoir se retenir de tabasser ces abrutis qui mataient la scène avec une curiosité malsaine. Ici, on servait à bouffer –ou du moins un truc qui y ressemblait- on ne proposait pas le spectacle !

Tournant les talons, le cuisinier fit signe à son envahisseur de le suivre, se contentant de ponctuer le geste d’un grognement. Un instant, ses yeux croisèrent le regard inquiet de Jenny dont il interpréta la grimace comme un « tu pourrais au moins faire semblant d’être poli ! » et il eut un vague signe de la tête pour elle. Pas la peine qu’elle se prenne le chou pour rien, ce n’était ni la première ni la dernière fois qu’il aurait des flics sur le dos.

Eddy était toujours planté devant son frigo ouvert, calculant sans doute mentalement s’il pourrait tirer un bénéfice du peu d’immondices qui y végétaient encore. Charlie l’ignora royalement et posa ses fesses contre son plan de travail, croisant les bras sur la poitrine avec une expression peu amène alors qu’il se retournait vers le policier. Visiblement, vu le dégoût qui se peignait peu à peu sur le visage de ce dernier, flic et cuistot partageaient au moins une chose : leur avis sur l’état des réserves. Leurs regards se croisèrent et Charlie haussa les épaules avec un air fataliste. S’il avait eu son avis à donner sur la question, la cuisine aurait ressemblé à autre chose, mais le fait est qu’on lui avait bien fait comprendre que s’il voulait garder le seul taf qu’on avait bien voulu lui donner, il n’avait pas son mot à dire. Sans dec’, il n’était pas un accro des 3 étoiles mais il y avait quand même des limites, la bouffe c’était sacré !

Dire qu’ O’Conner avait gagné des points était un tantinet exagéré. Mais si l’expression du cuisinier était toujours fermée, elle semblait en tout cas un peu moins hostile. Pour l’instant. Voir Eddy balbutier devant l’autorité avait même réussi à lui tirer un sourire sardonique qu’il ne prenait pas du tout la peine de cacher. Les ennemis de ses ennemis n’en devenaient pas pour autant ses amis mais enfin, il ne réduirait pas tout de suite ce poulet à l’état de nuggets. Il lui laisserait d’abord le temps de cuire à point son abruti de patron, ce serait toujours ça de gagner. La voix de Jenny le tira de ses rêves où il faisait mijoter un proprio crado à la sauce à la volaille et par réflexe, il se retourna vers ses fourneaux pour mettre en route la commande, zappant un instant qu’il avait un autre « petit » souci à gérer. Heureusement, le  flic ne s’imposa pas et profita de cet intermède pour traîner Eddy à son bureau, offrant au cuisinier frustré un nouveau grand sourire. Il avait déjà oublié que si son patron allait se faire remonter les bretelles, sa propre position n’était pas franchement enviable.

« Hey Jen’, on parie que si je vais fouiller les poubelles du resto voisin je réussis à faire un truc plus appétissant qu’avec sa merde ? »

Le début de rire de la serveuse fut vite étouffé par un toussotement alors que l’assiette passait de main en main, ce que Charlie ne comprit pas jusqu'à ce qu'elle lui indiqua d’un rapide signe de tête que le « petit » problème avait fini de faire pleurer Eddy. Se retournant pour faire face à l’homme, Charlie eut un soupir alors que ce dernier lui débiter son petit speech et son tablier pâtit de l'énervement de l'ours alors qu'il essuyait rageusement ses mains pleine de graisse dessus :

« Et pourquoi je me serai pointé ? J'étais même pas là t'façon, c'était pas moi ! Vous êtes vraiment tous bouchés chez les flics ou quoi ?? »

Il était certes passé maître dans l'art de nier, mais personne n'avait dit qu'il le faisait intelligemment. Par exemple sans insulter son interlocuteur, ou même seulement sans se contredire lui-même.

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MessageSujet: Re: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Mer 9 Déc - 21:21


Un ours mal léché


Feat : Charlie Crowley



J’ai énoncé la raison de ma visite au cuistot de ce bouiboui graisseux et insalubre. Sa réponse fuse sans l’once d’une réflexion, soulignant l’habitude de se faire lire ses droits…

- Et pourquoi je me serai pointé ? J'étais même pas là t'façon, c'était pas moi ! Vous êtes vraiment tous bouchés chez les flics ou quoi ??

Des trompettes se mettent à jouer une symphonie wagnérienne en musique de fond. Une horde de walkyries va débarquer, c’est certain. Je vais voir Diego, Sid et Many pointer leur museau et Jim Carrey va apparaître dans son rôle de The Mask et nous sortir son mot fétiche ?


Je crois que j’aurais été moins effaré d’une telle scéne…  qu’à l’énoncé de cette justification la plus grotesque qu’il soit. « J'étais même pas là t'façon, c'était pas moi ! » Saleté de Papou des Carpates ! Je me pince l’arête du nez, une grande lassitude s’abat sur mes épaules. La journée va être longue et difficile… Gardez mon calme… lui coller un direct dans le pif et plonger sa grosse tête de bad boy dans le bac à vaisselle dont l’eau est plus que douteuse à défaut d’être mousseuse… Je vois en superposition de la tête de cet abruti, l’image de Stilinski qui secoue la sienne. Je soupire bruyamment. Mais pourquoi moi ?!

- Si vous n’étiez pas là…

Je parle en articulant comme il est d’usage pour les petits vieux un peu dur de la feuille. Il faut au moins ça pour le type sans neurone qui me fait face.

- … Comment se fait-il que vous êtes au courant de l’injonction qui vous a été spécifiée justement là, où vous n’étiez pas d’après vous ?!

Le visage de mon vis-à-vis prend une expression… peut-on qualifier cela d’expression ? Car pour afficher un tantinet quelque chose sur sa figure, il faut avoir un minimum de raisonnement intelligent, non ? Donner un décapsuleur à un iguane, devrait donner le même résultat… Oui la journée va être longue…

Spoiler:
 

Dans un silence assourdissant, un troupeau d’ange passe, plus tous les pensionnaires du Panthéon. Je salue mentalement Rousseau, Mirabeau ou encore Jaurès. La serveuse revient avec une autre commande. Seule sa voix dérange le silence pesant. Les mains du cuistot s’agitent sans laisser penser que la dite commande soit passée au moins une fois par la case « cerveau ». La cuisine se remplit de chocs métalliques de la spatule du cuisinier sur la plaque chauffante d’où une fumée carbonée se dégage. Et un steak au cancer, un !

- Et bien, je crois que vous allez sagement me suivre au poste de police pour régulariser cette affaire et m’expliquer pourquoi vous n’étiez pas à la station-service ce jour-là, alors que deux agents de police assermentés et un US-Marshall affirment le contraire.

La tête de ce bourricot oscille déjà de droite à gauche, alors que la mienne réplique de bas en haut. Oui, cette journée va être lénifiante à souhait.

- Oh que si !

Machinalement je vérifie que j’ai bien mes menottes accrochées à la ceinture, puis je pose ma main sur le manche de la matraque qui est juste à côté. S’il pense que je vais me dégonfler parce qu’il est plus carré d’épaule que moi... Je connais un bourricot au poste de police qui lui dirait de se méfier des nonos particulièrement bourrins... Stilinski a déjà un homme en moins avec Jordan en cabane, il ne pourra pas se payer le luxe d’en coller un deuxième pour pseudo violence policière. Et de toute façon, je ne ferai que riposter. Moi aussi je sais jouer du « ce n’est pas moi qui a commencé, c’est lui ! ».

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Charlie Crowley

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MessageSujet: Re: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Lun 14 Déc - 17:00


Un ours mal léché





Charlie cligna stupidement des yeux, plusieurs fois, avant de se murer un peu plus dans l’entêtement. L’ours avait adopté sa face des mauvais jours et elle ne laissait de doute à personne : il n’allait pas être un client facile. Menton baissé, front buté, on aurait pu croire à un taureau sur le point de charger, quoique le pincement de ses narines sous l’effet de sa colère à peine contenue était peut-être plus proche de celui du boxeur prêt à monter sur le ring. Il était peine perdue d’essayer de faire entrer quoique ce soit dans sa caboche lorsqu’il était dans cet état : la logique lui ricochait dessus comme un galet sur l’eau. Quand elle finissait par disparaître sous l’écume, c’était pour couler à pic là où personne n’irait la chercher… et surtout pas lui.

Tête de pioche contre tête de pioche, le flic ne semblait lui-même parvenir à se contenir qu’avec difficulté. Son articulation excessive ne faisait qu’agacer un peu plus la grosse bête qui sommeillait en l’homme. Sans répondre, Charlie fit craquer son cou, avançant d’un pas en direction de l’agent. Il usait et abusait de cette « carrure » que lui offrait son totem, comme une ombre qui le faisait paraître plus grand et plus inquiétant qu’il ne l’était en réalité. D’aucun aurait pu argumenter qu’en se tenant à carreau, le contraste entre sa taille parfaitement ordinaire et sa force aurait pu être un élément de surprise jouant en sa faveur lors des bagarres mais l’ours était du genre à balayer ce genre de considération du revers de la patte. C’était une tactique qui aurait demandé trop de réflexion… et surtout de self-control. Parfaitement impossible face à un poulet.

Jenny avait-elle un don pour sentir quand une situation était sur le point d’exploser ? Toujours est-il que sa voix claire brisa à nouveau la tension ambiante. Grommelant dans sa barbe, le cuisinier se détourna de l’agent pour se remettre au travail avec des gestes dont la brusquerie trahissait sa hargne.

« Et bien, je crois que vous allez sagement me suivre au poste de police pour régulariser cette affaire et m’expliquer pourquoi vous n’étiez pas à la station-service ce jour-là, alors que deux agents de police assermentés et un US-Marshall affirment le contraire. »

Mécaniquement sa tête amorça un mouvement de dénégation de droite à gauche alors que ses mains et ses yeux restaient fixés sur le burger. Comme un écho, celle du flic répondit de haut en bas. Non. Si. Non. Si. La serveuse revenue chercher la commande terminée leur jeta un coup d’œil incertain avant de repartir aussi vite. Pas folle la guêpe.

« M’en fous j’irai pas. »

Brian aurait aussi bien pu l’envoyer au lit sans dessert que la réaction de l’ours n’aurait pas été très différente. Frottant rageusement sa plaque de cuisson pour en décoller la graisse brûlée, le cuisinier semblait prêt à balancer sa spatule métallique à la tête du policier, marmonnant dans sa barbe quelque chose à propos de ces « foutus poulets de merde qui lui casseraient toujours les couilles et que depuis quand c’était un crime de faire le plein bordel de chiotte ».

« US Marshall de mon cul oui ! Elle a laissé le sale boulot au pigeon de service ? Savez pas faire autre chose que dans la volaille par chez vous ! »

Qui perdit patience le premier ? Derrière lui, O’Conner s’était rapproché et Charlie n’attendit pas de savoir s’il comptait se servir de sa matraque pour lui apprendre la politesse. Profitant de leur soudaine proximité, il envoya son coude chatouiller les côtes du policier, retenant à peine sa force. La plus grande confusion suivit, du moins pour lui qui ne s’attendait pas à autant de résistance de la part de l’agent. Bon gré mal gré, il était bien obligé de se retenir un peu : envoyer voler le poulet, tout piaf qu’il fut, aurait été beaucoup trop louche. Sa spatule rata le front de l’homme de peu et s’il encaissa plusieurs coups en les rendant bien, une prise réussie le mit face contre terre.

C’est ainsi qu’il se retrouva à servir de perchoir au volatile apparemment ravi de pouvoir lui enfoncer son genou dans le dos. Charlie ragea en sentant les bracelets métalliques se refermer autour de ses poignets : mais pourquoi diable était-il obligé de garder le secret dans une pareille situation ?? Il aurait suffi qu’il force un peu, un tout petit peu, et il envoyait voler ses nouvelles babioles absolument pas à son goût dans la face du poulet, point barre ! La poigne du policier se referma autour de son épaule pour le redresser avec rudesse et se rendant compte qu’il avait explosé sa lèvre en se cassant la figure, l’ours cracha un peu de sang au sol, méprisant. Il avait une furieuse envie d’envoyer voler son genou dans les parties sensibles de cet abruti bien trop satisfait de lui-même : quitte à se rendre au poste, autant que ce soit pour une bonne raison.


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MessageSujet: Re: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Ven 18 Déc - 21:37



Un ours mal léché


Feat :  Charlie Crowley



Ça va dégénérer… C’est une évidence comme deux et deux font quatre. Le type que j’ai en face de moi ne supporte de toute évidence pas, l’autorité et encore moins celle de la police. Pire, je deviens persuadé qu’il ne sert à rien que j’argumente. Je suis un policier, donc par évidence pour lui quelqu’un qui veut l’ennuyer. Ce n’était pas forcément vrai la minute précédente, ça le devient face à son attitude de rejet pure et simple de tout dialogue. De toute manière, j’ai une forte tendance au mimétisme. Si en face on est conciliant, je le suis, par contre si on fait sa tête de cochon… j’adoube dans le sens du courant.

Mon suspect fait jouer sa mécanique et part dans la technique habituelle d’intimidation à l’esbroufe. Il se gonfle comme un matou en colère. Si je ne doute pas de la puissance de ses poings, j’ai en réserve une solide base de militaire. Dans la marine, nous ne pratiquons que deux formes de combat, celui à très longue distance avec la balistique ou alors le combat rapproché que sont les abordages. Je me suis battu dans des endroits bien plus restreints que celui-ci. Et ce n’est pas la présence des tôles chauffantes de sa cuisine et de la multitude de couteaux accrochés çà et là qui vont me faire reculer.

- M’en fous j’irai pas.
- Je crois que si…


Il commence à me courir sur les nerfs le cuistot mal dégrossi. Je sentais la pression monter au rythme de ses borborygmes où il était question de gallinacées. J’allais pouvoir lui coller un outrage à agent en plus de sa non-coopération. Il était bon pour passer une nuit en cabane.

- US Marshall de mon cul oui ! Elle a laissé le sale boulot au pigeon de service ? Savez pas faire autre chose que dans la volaille par chez vous !

Je ne peux plus laisser passer et m’avance pour l’interpeler dans les règles. Qui aurait cru ce bourrin pouvait être si rapide ? Son coude me chope sous les côtes flottantes, dans un coup qui me coupe le souffle. J’ai juste le temps d’esquiver sa spatule à steak qui fait comme un violent courant d’air en passant à quelques millimètres de mon visage. Le bestiau a de la force et bien plus que moi. Mon poing s’encastre dans son ventre. Un échange rapide s’ensuit. Je dois me servir de sa puissance contre lui. Pour porter ses coups, il a besoin d’un peu d’espace, j’attends donc son direct du droit que j’accueille de la paume de ma main. Mais au lieu de bloquer, je tire. Son déséquilibre est infime, mais suffisant pour que j’arrive à le faire basculer. Le choc sur le carrelage est violent, surtout que je ne prends aucun risque, mon genou en appui sur ses reins, je lui attrape les poignets pour lui coller les bracelets d’acier. Je me redresse et l’attrapant par l’épaule le relève sans ménagement.

-  Vous avez le droit de garder le silence. Si vous renoncez à ce droit, tout ce que vous direz pourra être et sera utilisé contre vous devant une cour de justice. Vous avez le droit à un avocat et d’avoir un avocat présent lors de l’interrogatoire. Si vous n’en avez pas les moyens, un avocat vous sera fourni gratuitement. Durant chaque interrogatoire, vous pourrez décider à n’importe quel moment d’exercer ces droits, de ne répondre à aucune question ou de ne faire aucune déposition.

Je ne faiblis pas sur mon débit de parole, qu’il écoute ou non, qu'il s'en tape ou pas, qu’il utilise ses droits ou non, j’ai appliqué la procédure. Il restera donc au minimum une nuit au gnouf ! D’ailleurs me vient une idée machiavélique pour faire sortir un certain bourricot de trou où il s’est collé lui-même.

Mon prévenue ne coopère pas. Il tire sur ses menottes qui semblent se déformer dangereusement. Mon instinct me dit de me méfier. Sa rapidité, la force de ses coups qu’il, après réflexion, semble avoir retenu…  Je regarde autour de moi. La serveuse n’est pas là, ni le patron qui s’est claquemuré dans son bureau. Tout en restant dans son dos, je lui presse ma matraque contre la gorge.

- Dis-moi mon beau cuistot. Toi qui semble faire des miracles culinaires avec de la bouffe avariées. Et qui semble aussi doué avec ses poings que des couteaux de cuisine, tu ne voudrais pas aller te mettre gentiment à table au poulailler central ? Je t’assure que l’on va te recevoir comme un roi de basse-cour. J’ai une très grande envie de passer du temps avec ton impressionnante personne.

Ma voix est un chuchotis près de son oreille. Je ne sais pas ce qui le décide à se mettre en branle et d’avancer, mais le balourd se met à marcher enfin. Nous passons par la porte arrière afin d’éviter un attroupement et aussi le risque que les gens assistent à de la violence policière, si Charlie Crowley décide à nouveau à n’en faire qu’à sa tête. C’est non sans un certain soulagement que je referme la portière sur mon encombrant colis. J’annonce la couleur à la radio. Il vaut mieux prévenir le central quand on rapplique avec un agité potentiel. Ce type est forcément coupable, sinon pourquoi s’agiter ainsi ?!


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MessageSujet: Re: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Mer 23 Déc - 19:54


Un ours mal léché





A l’heure actuelle, si le policier lui avait assuré que deux et deux faisaient quatre, l’ours aurait soutenu mordicus que leur somme était cinq. Il ne savait pas ce qu’il détestait le plus : le contact froid des bracelets métalliques sur ses poignets ou le souffle chaud du flic dans sa nuque ? Au moins ce dernier n’était-il pas aviné, Charlie avait eu son compte de justiciers du dimanche puant la bière et le beignet rance à des kilomètres. La mâchoire du garou se crispa : les droits Miranda avaient une tendance certaine à lui filer des crises d’urticaire et il leva les yeux au ciel :

« Sérieusement, encore ? Vous devriez vous enregistrer, vous économiseriez de la salive. »

Irritant mais pas fou le poulet, il restait prudemment derrière lui, ce qui rendait plus compliqué une castration par genou incrusté dans les valseuses. L’ours se prenait à rêver d’un monde idéal, un monde où il aurait pu assumer au grand jour ce qu’il était. Dans un tel univers, personne n’aurait jamais réussi à lui passer les menottes et si jamais cela était par miracle arrivé, il aurait pu les faire voler d’une simple tension sans se poser de questions (ce sur quoi, rappelons-le, il était très doué) avant d’apprendre à ce satané piaf comment se servir de ses ailes. Au lieu de ça, l’ursidé sentit la matraque du policier venir chatouiller sa pomme d’Adam. Sa tête se recula légèrement, par réflexe, et un chuchotement goguenard accueillit son oreille.

A croire que parfois, certains cherchaient vraiment les baffes.

« Lâche moi la grappe, t’es pas mon genre. Ni vos clapiers à lapin, d’ailleurs ! »

Son grognement n’eut que peu d’effet sur O’Conner, apparemment la proposition n’était pas facultative. L’ours n’avait pas abandonné sa face bornée des mauvais jours quoique actuellement, le message soit peut-être plutôt « tu pourras pas me faire bouger un orteil de cette cuisine. » Une statue de marbre se serait sans doute montrée plus coopérative. Ce qui finit par le décider à se mettre en mouvement ? Le souvenir d’un certain patron italien lui promettant son aide si jamais une telle situation se présentait. L’idée de voir la mine déconfite de ce flic de pacotille quand il sortirait blanc comme neige de sa cellule le faisait jubiler d’avance. Ça et laisser Eddy en plan pour la fin du service, ça lui ferait les pieds, à cet empoisonneur.

Finalement parqué dans la voiture où il se vautra sur la banquette arrière, son regard insolent ne quittait pas le rétroviseur où il croisait de temps à autres les yeux inquisiteurs de Brian. Il se croyait tellement malin, le petit poulet, mais lui aussi avait encore des cartes dans sa poche ! Et bien plus fiable que la loi où n’importe quelle petite réglementation sur laquelle cet imbécile s’appuyait…

Il n’avait encore jamais visité le bureau du shérif de Beacon Hills, et cela ne lui avait pas manqué : quand on avait vu un poulailler, on les avait tous vus. Cette agitation, ces types en uniforme à l’air épuisé, les montagnes de paperasses jonchant les bureaux… Le pire boulot de monde, qui pouvait bien avoir envie de passer la moitié de son existence dans ce trou à rat ? Traînant sa carcasse le plus lentement possible devant l’officier qui le poussait, l’ursidé adressa un regard plein de mépris à celui qui les accueillit pour la fouille et les procédures habituelles. Il finit par échouer sur la chaise d’une petite salle d’interrogation qui puait la transpiration et la peur, une petite salle comme il en avait déjà vu des milliers. Poussant un profond soupir d’ennui, le jeune homme détailla un instant le plafond. On l’avait abandonné là tout seul et il en profita pour essuyer ce qu’il restait de sang sur sa lèvre désormais cicatrisée :

« Qu’est-ce qu’il faut faire par ici pour avoir un café ? » Beugla-t-il dans le vide, agaçant jusqu'au bout.


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MessageSujet: Re: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Sam 26 Déc - 17:06


Un ours mal léché


Feat : Charlie Crowley



Je n’aime pas le regard insolent de mon détenu, ni sa nonchalance à se vautrer sur la banquette arrière. Avec son agression à mon égard il est bon pour rester coffré, pourtant je sens bien que l’animal n’aime pas être privé de sa liberté de mouvement. Donc soit c’est un crétin fini, soit il pense pouvoir se sortir de là facilement.

Je traine mon colis récalcitrant dans le poste de police. Ce type n’y met vraiment aucune bonne volonté… Ce n’est pourtant pas bien sorcier de donner dans le minimum syndical qui lui aurait permis peut-être d’être relâché dans l’heure.

Moment ordinaire pour l’enregistrer sur le registre, le fouiller et lui confisquer les objets non admis pour un prévenu, c’est-à-dire son téléphone portable, ses clés et divers broutilles comme ses lacets de chaussure.

Je le conduis dans une des salles d’interrogation, défais ses menottes pour lui lier les poignets sur le devant et aussi l’accrocher à la table dont les pieds sont sellés au sol. Je n’en rajoute pas, mais j’ai bien envie de lui faire la remarque qu’avec un peu de coopération il aurait évité ce cirque et se faire parquer comme un bestiau. Je ressors pour aller chercher le dossier qui le concerne et la paperasserie pour les interrogatoires. Lexie se moque de mon manque de motivation. Mon client est encore un de ces allergiques à la flicaille… Son passé peut l’expliquer, mais bordel nous ne faisons que notre travail pour que ce monde tourne à peu près rond. Ce n’est pas parfait, le système ne l’est pas non plus, mais ce n’est pas une raison pour toujours s’en prendre aux forces de l’ordre. C’est donc un peu irrité que j’entends mon prévenu beugler depuis la salle d’interrogatoire pour avoir un café.

- Qu’est-ce qu’il faut faire par ici pour avoir un café ?

Il veut du café ? Soit ! Qu’il partage donc mon quotidien l’autre Papou des Carpates. Je prends mon mug et un gobelet en carton et vais les remplir du jus de chaussette qui fait tourner le poste de police ou du moins l’empêche de s’endormir. J’arrive ainsi les bras bien encombrés dans la salle d’interrogatoire. L’autre me sort un sourire victorieux en voyant les deux tasses fumantes. Je lui rends un sourire angélique.

Il faut savoir que sur la table d’interrogatoire, il y a une légère marque. Elle peut sembler être anodine et du fait de sa vie propre de table d’interrogatoire, mais… Mais cette marque visualise la limite que le détenu ne peut pas atteindre, ni en tentant ses mains au maximum, ni avec sa bouche si nous prenons le soin d’ajuster l’entrave à la taille qui lui laisse peu de débattement avec l’assise de son siège. Soin que j'ai pris, prétextant son agression à mon égard.

En gros, à moins d’avoir une langue de caméléon, il ne peut pas se saisir de la deuxième tasse que je pose bien en vue de mon côté du champ de bataille virtuel que représente la table en inox. Son air d’enfant déçu est presque adorable, s’il n’est pas remplacé immédiatement par une mimique moins agréable à regarder.

J’ouvre son dossier et sirote mon café. Puis sans un mot, je commence à remplir la feuille d’interrogation avec ce que je sais de son identité. Parfois les procédures permettent de faire mariner le client. Quand je relève enfin le nez sur le prévenu qui râle pour râler, un détail me fait frémir. Il s’était pété la lèvre sur le sol de sa cuisine, et là elle est intacte. Un loup ? Je regarde les menottes déformées et reviens aux yeux de ce qui ne peut être qu’un garou. Il pouvait donc se libérer, mais ne l’a pas fait. La loi du secret passe au-dessus de sa fierté. Je dois faire en sorte qu’il poursuive sur cette ligne, car je ne suis pas sûr d’avoir le dessus avec lui. Mais un problème de sécurité se pose… Alors que je me fais préciser son adresse, je réfléchis à une parade. Puis une idée assez retorse me vient à l’esprit. Je vais le coller avec l’autre bourricot qui s’est enfermé en cellule. Garou ou pas, Jordan saura le remettre à sa place. Puis cela fera peut-être réfléchir l’adjoint sur sa bêtise. Et pour Charlie Crowley, il va comprendre ce qu’est une vraie tête de mule !

- Puisque vous vous réclamez innocent, pourquoi, n’avez-vous pas appelé la police quand vous avez été témoin du braquage du poste d'essence ? Se taire peut être pris pour de la complicité.


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MessageSujet: Re: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Lun 28 Déc - 13:31


Un ours mal léché





Les yeux de l’ours suivaient les faits et gestes de son geôlier avec la lassitude de celui passé par là des milliers de fois. Le voila qui se retrouvait saucissonné à sa chaise d’un côté, à la  table d’interrogatoire de l’autre, et son air ennuyé se mâtina d’une certaine insolence quand leurs regards se croisèrent. S’il croyait vraiment que ça pouvait l’arrêter… Ils étaient mignons, ces inoffensifs petits humains ! Conservant son expression d’indifférence favorite, il tira sans forcer sur la chaîne le retenant à la table, chaîne qui cliqueta en guise de protestation :

« C’est bon, ça a l’air de tenir. Petit poulet ne craint rien. » moqua-t-il sans se départir de son air imperturbable, quoique démenti par la lueur ironique qui brillait maintenant  au fond de ses yeux.

O’Conner quitta la pièce sans répondre à sa provocation. Ce ne devait pas être la première fois qu’il se traînait un client récalcitrant et sans doute avait-il vu passer de plus gros gibiers à sa table d’interrogatoire. Enfin, qu’il croyait… Prise littéralement, l’expression semblait avoir été créée pour l’ours. Cette pensée tira un gloussement à l’ursidé solitaire avant qu’il se perde dans la contemplation du plafond.

Ses traits s’éclairèrent d’une aura victorieuse lorsque Brian, passant à nouveau les portes les bras bien chargés, déposa un gobelet fumant sur la petite table. Le policier se laissa tomber sur la chaise qui lui faisait face et le rictus de Charlie s’agrandit. Il avait cru tomber sur un type expérimenté au-delà de sa gueule de mannequin mais finalement, le flic ne se révélait pas si terrible que ça, un vrai pied tendre. Le garou tendit la main, goguenard… et déchanta vite. Il n’aimait pas ce cliquetis désapprobateur qui l’avait stoppé net dans sa course, ses doigts tendus à encore plusieurs centimètres du St Graal. Sa moue se gonfla dans une attitude d’enfant boudeur alors qu’il réitérait son essai, en vain. Le regard qu’il releva sur le flic était celui d’un tueur. Cet imbécile ne retenait qu’avec peine son sourire de satisfaction et l’ours était à deux doigts de lui faire ravaler.

« Très drôle, vraiment ! »

Croisant les bras, le garou pris le parti, plutôt que de tout balancer, chaîne et table comprises, de fixer d’un regard pesant son vis-à-vis. Ce dernier ne semblait lui prêter aucune attention et pendant de longues minutes, seul le  grattement de son stylo sur le papier résonna dans la petite salle. Charlie serrait les dents pour ne pas laisser transparaître son agacement et il se contenta de confirmer son adresse d’un grognement :

« Pas bientôt finies vos conneries ? J’ai une carte de fidélité ici, ça devrait pas éviter la paperasse à chaque passage ? »

Trop occupé à s’enfoncer tout seul, le garou n’avait pas capté le regard de Brian sur sa lèvre intacte. Lorsqu’enfin le vrai interrogatoire débuta, il avait tout du calme retrouvé. Du moins en apparence. Un claquement de langue ponctua la première question de l’officier, suivi d’une réponse lapidaire :

« Plus de batterie. »

Le cuisinier semblait vouloir ajouter quelque chose mais seul un long silence suivit, durant lequel il contempla le policier sans moufter, le visage impassible :

« Vous allez me le filer ce putain de café ? Toute façon je répondrai plus à vos questions, j’ai le droit d’appeler quelqu’un ! »


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MessageSujet: Re: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Ven 1 Jan - 18:40


Un ours mal léché


Feat :  Charlie Crowley



- Plus de batterie.

Réponse laconique à ma question sur ce qui s’est passé au poste d’essence. Le prévenu me toise dans un silence qui suit sa non réponse. Je note sa réponse et sa réaction sur la fiche d’interrogatoire. Ce type est allergique à tout type d’autorité et son comportement va rendre mon enquête difficile. Sans parler du coté garou-bourricot… Mon regard fixe ses menottes qui ne sont plus rondes, mais ovales. Il faut une certaine force pour déformer l’acier dont elles sont faites. Cependant, je devine qu’il s’est retenu de les briser. Il existe donc sous cette montagne de négation, un semblant de raison. S’il arrive à contenir sa colère pour ne pas se faire démasquer, je dois bien pouvoir arriver à lui faire dire ce qu’il s’est passé au poste d’essence.

- Vous allez me le filer ce putain de café ? Toute façon je répondrai plus à vos questions, j’ai le droit d’appeler quelqu’un !
- C’est exact. Toutefois pour votre refus d’obtempérer avec violence sur policier en exercice de ses fonctions, vous gagnez 24h de garde à vue. Je vous donne la liste des avocats possible ?


L’homme refuse disant qu’il sait qui appeler et réclame son téléphone. A son grand mécontentement, je temporise disant que nous devons déjà établir les conditions de sa relaxe. Mais le bougre est un habitué des procédures policières et se cantonne dans un mutisme tant qu’il n’aura pas passé son coup de fil. Je me lève donc pour aller chercher son téléphone. En sortant, je vois son reflet sur la glace sans tain. Il tente d’attraper encore la tasse de café toujours hors de sa portée. Un sourire nait au coin de mes lèvres, ce n’est que juste retour à son comportement hostile.

(…)

Je suis sorti pendant qu’il appelle son contact. Je l’observe par la vitre et j’ai branché le micro pour m’assurer qu’il n’appelle pas tout son répertoire. A son langage, je sais qu’il n’appelle pas un avocat. C’est son strict droit. Mais s’il pense qu’un autre malfrat de son genre va arriver à le sortir de là… J’imagine que le cuisinier, vu ses antécédent, ne doit pas côtoyer la bonne société ou des gens ordinairement en règle avec les autorités. Quand il pose enfin l’appareil sur la table, j’entre de nouveau.

Monsieur Charlie Crowley reprend son air renfrogné. Je pousse la tasse de café vers lui et récupère le téléphone. Donnant – donnant. Je ne peux pas négliger le fait qu’il est un garou. Cela ne doit absolument pas apparaitre, mais cela ne l’exempte pas pour autant de se comporter comme un citoyen correct. Comment faire comprendre à cette tête de mule qu’il doit coopérer un minimum ? Je ne sais pas quand son contact va se pointer, je dois donc agir au plus vite. Le cuisinier n’est pas du genre à se mettre à table, même quand ça peut lui servir… Que faire ? Il grogne sur le fait que le café est mauvais en plus d’être presque froid.

- Il faut savoir se montrer coopérant au bon moment… J’ai besoin de savoir ce qui s’est passé ce jour-là. Je pense que cela nous arrangerait tous les deux… moi pour boucler de ce dossier vous concernant et… vous pour que ce séjour ici ne s’éternise pas au-delà de 24h… les… garous supportent mal le confinement je crois…


A mes mots, les yeux de mon interlocuteur s’arrondissent comme des soucoupes. J’ai décidé qu’il valait mieux que je joue cartes sur table si je veux un peu de coopération de sa part. Du doigt, je montre sa lèvre inférieure qui a cicatrisé anormalement. Sa réaction n’est pas celle que j’espérais. Mon odeur est celle d’un humain car je suis un mentaliste pas un métamorphe. Il croit que je suis un chasseur et commence à remuer dangereusement ses chaines.

- On se calme et on s’assoit comme un gentil loupiot !

Je me suis levé de ma chaise et les deux mains en appui sur la table d’acier je lui balance une bourrasque d’air qui le recolle sur sa chaise. Mon regard bleu luisant ne quitte pas les siens. Je n’ai pas sa force, alors je la joue au bluff et à l’intimidation. Je me concentre sur l’air qui l’entoure et joue avec. C’est comme si des centaines de doigts le pressaient de toute part. La méconnaissance de ce que je suis exactement peut l’inciter à réfléchir et obtempérer. A son regard surpris, je vois qu’il ne s’attendait pas à cela de la « flicaille ».

- Cela me sera plus facile de clore ce dossier si tu m’expliques ce qui s’est passé ! … Et que tu es innocent évidement.

Finis le vouvoiement. Je n’en dis pas plus, pour lui laisser croire tout et n’importe quoi sur mes capacités. Par exemple celle des loups de sa race qui entendent quand on ment. De toute façon, s’il pense m’inquiéter sur la possibilité du poste de police à le garder en garde à vue, j’ai ma botte secrète : Jordan. Crowley est bloqué ici 24h, le reste dépend de sa réaction.

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Lun 11 Jan - 20:04


Un ours mal léché





Policier et délinquant s’observaient en chien de faïence, chacun de son côté de la table. Affalé dans sa chaise comme un lycéen installé au fond de la classe, Charlie n’avait pas besoin de forcer la nature pour conserver son agaçante expression d’indifférence méprisante, elle n’était même pas feinte. On ne jugeait pas un livre à sa couverture, c’était vrai, mais de un, le garou n’en avait pas ouvert depuis la dernière fois qu’il avait mis les pieds à l’école, cela faisait un bail, et de deux… les flics faisaient partis des rares sujets sur lesquels il avait des idées bien arrêtées. Les idées des autres, comme d’habitude, mais qu’il avait si bien intériorisées qu’elles étaient devenues siennes depuis longtemps déjà. Ce n’était pas un petit poulet qui lui ferait changer d’avis comme ça. Surtout un petit poulet qui s’amusait à poser son café deux centimètres trop loin.

« Super, et je repasse pas par la case départ et je peux m’asseoir sur mes 200 dollars, j’imagine ? » Singea-t-il alors que l’officier quittait la pièce.

L’ours fixa la porte une seconde mais son regard de la mort laissant à désirer, il oublia vite l’existence de son geôlier pour se pencher sur son problème le plus immédiat. Au sens littéral du terme. Même courbé au maximum de ce que lui permettaient ses liens sans les briser, ses doigts effleuraient à peine le gobelet. Le retour de Brian le surprit tordu par-dessus la table, tentant d’attraper le bord de plastique avec les dents, et il se redressa bien vite en toussotant, ignorant le sourire moqueur du policier.

« Un seul coup de fil ! Avertit l’homme avant de quitter à nouveau la pièce.

— Ouais ouais, je sais. »

Cause toujours.  A raison ou non, Charlie avait une foi aveugle en son contact, il ne comptait pas se fatiguer à éplucher tout son répertoire. Si Alessandro avait dit qu’il pourrait l’aider, il le ferait, point.

« Hey mec, c’est moi… Ouais… Tu sais le truc dont je te parlais la dernière fois… ? Ouais, celui-là… »

La conversation ne s’éternisa pas et le jeune homme envoya un sourire très à satisfait à Brian lorsque ce dernier passa la porte. Sans un mot, le policier se réinstalla face à lui après avoir récupéré son téléphone, puis poussa le gobelet dans sa direction. Pas trop tôt ! L’ours trempa ses lèvres dans le breuvage amer et grimaça presque aussitôt.

« Tain non seulement il est froid mais en plus il est dégueulasse !

—  Il faut savoir se montrer coopérant au bon moment… J’ai besoin de savoir ce qui s’est passé ce jour-là. Je pense que cela nous arrangerait tous les deux… moi pour boucler de ce dossier vous concernant et… vous pour que ce séjour ici ne s’éternise pas au-delà de 24h… les… garous supportent mal le confinement je crois… »

C’est ça, coopératif avec une volaille, on aurait vraiment tout entend… Attendez, quoi ?? Qu’est-ce qui supportait mal le confinement ?? Les yeux du cuisinier s’écarquillèrent alors que l’information parvenait enfin à son neurone. Le doigt du policier se leva en direction de son visage et sans comprendre, l’ours porta la main à sa lèvre. Dont la blessure avait disparu, évidemment, ce n’était qu’une petite coupure après tout. Soudainement, l’enjeu de cet interrogatoire changea pour le garou. Lui qui s’était montré agacé, ennuyé et méprisant sentit une montée d’agressivité l’envahir. Chasseur. L’odeur de ce type en face de lui était tout ce qu’il y avait de plus normale. Il se contentait de rester là, assis, à observer sa réaction. Elle ne manqua pas d’arriver très vite mais avant même que l’ours ait pu réellement décoller ses miches de la chaise, une violente bourrasque l’y recolla dare-dare. Interdit, le garou cligna des yeux. Le policier s’était redressé et ses yeux luisaient d’un éclat irréel. Charlie ouvrit la bouche, il ne savait trop si c’était pour protester contre l’injure (loupiot, lui ?? et puis quoi encore !), pour menacer ou pour s’interroger mais de toute façon, O’Conner ne lui en laissa pas le temps.

L’air autour de lui semblait pris d’une soudaine agitation et au souvenir d’une certaine expérience dans une salle de bain de Vegas, le cuisinier serra les fesses. Pressé de toute part, il s’attendait à une montée en puissance de phénomène et cherchait déjà un moyen de s’y soustraire quand la pression retomba aussi vite qu’elle était apparue. Profitant de l’ascendant brutal qu’il avait pris sur la situation, le policier ne lui laissa pas le temps de comprendre ce qui s’était passé et enchaîna aussi vite, recadrant la discussion sur le dossier pour lequel l’ours se trouvait ici. Charlie renâclait :

« Je suis pas un gentil loupiot. » Grogna-t-il comme si remettre les pendules à l'heure suffisait à rééquilibrer les forces en présence.

Il n’était pas d’un naturel curieux mais quand même, se retrouver face à ce genre de pouvoir conduisait à certaines questions, questions qu'il ne pouvait décemment pas poser ici, et son air bougon ne le quitta pas alors qu'il s'agaçait.

« Bordel mais je l’ai déjà dit à peu près 150 fois à vos collègues là… J’étais juste venu faire le plein moi. Je les connais pas ces types, et si vous vous étiez intéressés à eux plutôt que vous focaliser sur moi, il serait clos depuis longtemps ce dossier, et sans me casser les couilles ! »

L’ours s’était ramassé sur sa chaise dans une attitude boudeuse. Aux questions qui suivirent, il lâcha de mauvaise grâce le peu d’informations qu’il avait sur les braqueurs. Trois. Qu’il ne pouvait pas décrire, non. Avec un gros 4x4 noir. A son refus buté de réexpliquer le déroulement des événements, un silence pesant suivit. L’œil du garou, qui fixait obstinément un mur de la pièce, s'égara sur le visage du flic.

« Quoi ? Qu'est-ce qui vous fait rigoler ?? »

Grincer aurait peut-être était le terme le plus juste. La flicaille avait l'air de mijoter quelque chose et ça ne sentait pas très bon.

« On va aller faire un tour. » Conclut l'officier avec un sourire sibyllin.


*


Franchement, ce n'était pas la peine de jouer les malins si c'était tout ce qu'il avait en réserve. Une vraie promenade de santé aux yeux du garou habitué des services. Conduit dans le couloir des cellules, Charlie jeta un regard ennuyé au policier alors qu'ils s'arrêtaient tous deux devant l'une d'elle.

« C'est tout ce que vous avez sous le coude, un séjour en cellule ? Z'avez conscience que c'est limite plus cosy que chez moi ? »

S'apercevant que la dite cellule était déjà occupée, il haussa un sourcil :

« Et en plus je vais avoir un coloc, que demande le peuple ? »

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Brian O'Conner

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MessageSujet: Re: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Jeu 14 Jan - 15:54


Un ours mal léché


Feat : Charlie Crowley



Le face à face a pris une nouvelle dimension. Le garou vient de réaliser qu’il n’a pas une simple “volaille” en face de lui, mais bien quelqu’un qui pourrait avoir assez de répondant pour le transformer en carpette de salon.

- Je suis pas un gentil loupiot.
- C’est le mot gentil ou loupiot qui te gêne ?


A la lueur incendiaire qui passe dans le regard de mon vis-à-vis, je comprends qu’il ne souhaite pas entrer dans l’une ou l’autre des deux catégories. Bon, si ce n’est pas un loup, que peut-il bien être ? Je sais qu’il y a des renards, mais il ne correspond pas vraiment au gabarit… puis les renards sont réputés pour être futés, alors que celui qui me fait face… fait tout le contraire de ce qu’il faut pour son propre bien. Un gorille ? En y regardant de plus près, je lui trouve une belle accointance avec les yétis. Un big foot ! Beaucoup de muscles, une cervelle de moineau... Alors que je vais pour lui demander de me préciser sa nature, le voilà qui se met enfin à table.

- Bordel mais je l’ai déjà dit à peu près 150 fois à vos collègues là… J’étais juste venu faire le plein moi. Je les connais pas ces types, et si vous vous étiez intéressés à eux plutôt que vous focaliser sur moi, il serait clos depuis longtemps ce dossier, et sans me casser les couilles !
- Mes collègues ne se seraient pas focalisés sur toi si tu t’étais montré coopérant !


Je n’en ajoute pas plus. Crowley s’est ramassé sur sa chaise dans un air de gamin boudeur. Ma patience commence à sérieusement s’effriter, mais je sens que j’ai réussi à gratter un peu la carapace de déni systématique du lascar. Cependant, c’est comme enlever un vieil autocollant sur la vitre arrière de sa voiture, c’est laborieux…

- Combien étaient-ils ?
- Trois.
- Une description de ces types ?
- Je n’ai pas fait attention à leur tronche.
- Leur moyen de locomotion ?
- Un gros 4X4 noir.
- La marque ?
- …
- Un numéro d’immatriculation
- …


Ok ! L’ouverture aura été brève… Je retranscris au mieux ce que ce pénible a bien voulu me lâcher. Puis j’imagine la tête de Jordan quand il va se retrouver avec cette tête de cochon enfermé avec lui ! Je ne peux pas m’empêcher de sourire à l'idée. Je sais que je vais le payer plus tard, mais cette andouille n’a pas à s’enfermer en taule… comme si cela allait arrêter « l’autre ». L’avenir allait confirmer mon opinion à ce sujet.

- Quoi ? Qu'est-ce qui vous fait rigoler ??
- On va aller faire un tour…

Marine donc un peu le singe-garou. Il sait que je sais qu’il ne peut pas me sortir le grand jeu et tout son attirail de surnaturel. Je glisse sur le fil tendu du secret à conserver, ce qui l’agace profondément et me réjouit à niveau égal. Sans un mot, je le détache de la table et de sa chaise puis le pousse dans le couloir. Une main sur son épaule, comme l’exige la procédure, je l’oriente vers le bloc des cellules.

Quand nous nous arrêtons devant la cellule de Jordan, celui-ci me sourit ravi de me voir, puis déchante immédiatement quand il me voit déverrouiller la porte de sa cellule. A sa question muette lancée d’un regard écarquillé, je lui réponds par mon plus beau sourire, celui qui le fait craquer. Mais là, devant l’autre prévenu, il ne peut rien laisser transparaître, ni ce qu’il ressent pour moi, ni ses questionnements sur pourquoi  je lui colle un colocataire.

J’ôte les entraves du garou qui se met à fanfaronner. Je devine que la cohabitation entre ces deux-là risque d’être épique.

- C'est tout ce que vous avez sous le coude, un séjour en cellule ? Z'avez conscience que c'est limite plus cosy que chez moi ?
- Nous ne sommes plus au moyen âge, nous soignons nos pensionnaires. N’est-ce pas Jordan ? Hein que les repas sont… comestibles ?
- Et en plus je vais avoir un coloc, que demande le peuple ?
- Hum… de compter les points ?
- Quoi ?!
- … Rien d’utile…


En claquant la porte d’un coup sec, j’ai bien du mal à garder mon sérieux. Jordan est de plus en plus effaré et attend visiblement une explication de ma part.

- Je doute de la solidité de nos barreaux face à notre « ami » un peu… spécial…

J’ai insisté sur le dernier mot. Jordan comprend que par spécial, je veux dire surnaturel. J’explique à Crowley que son contact n’a plus qu’une heure pour se pointer s’il souhaite lui rendre visite, sinon, il devra attendre le lendemain matin, huit heures. C’est donc avec un grand sourire que j’accueille ses remarques sur les fonctionnaires. Il ne fallait pas tenter de m’incruster une spatule à steak dans la joue sale singe!

- Bonne soirée messieurs !

Je sors non sans un clin d’œil à Jordan. Il a la bouche crispée, car il comprend que je me venge un peu sur le fait qu’il préfère dormir en taule que plutôt avec moi à la maison.

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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Jeu 21 Jan - 15:45


un ours mal léché

J’en démordrai pas. Jusqu’à preuve du contraire, tant que je ne serai pas sûr de ne pas être un danger ambulant, je resterai ici, à ma place. En prison ! Plutôt croupir ici que de tuer des gens sous prétexte d’accomplir je ne sais quelle mission mystique. Brian, bon sang ! J’aurai pu le tuer, quand il s’est interposé entre moi et mon but. Il a beau me dire qu’il a fait une erreur, et que ça n’arrivera plus, ce n’est pas le problème, je lui ai fait du mal, et je pourrai très bien recommencer. Alors je reste là, point barre.

J’ai troqué mon uniforme contre un jogging, apporté à ma demande par Brian. Je ne veux pas faire honte au Shérif et mes coéquipiers. Autant être un looser beauf en dégrisement ou que sais-je plutôt qu’être assimilé à un flic ripoux, comme ce cher enfoiré qui à voulu m’immoler… Et qui a déclenché tout le reste. Serai-je encore un simple adjoint sans pouvoir s’il n’avait pas tenté de me tuer ? Je me pose souvent la question… Il avait fallu un élément déclencheur pour que ma nature ressorte. Un événement drastique, car j’ai frôlé la mort. Ou peut-être même l’ai-je embrassé pleinement, avant de ressusciter ?

Je ne préfère pas savoir.

Entendant des pas arriver, je souris, car ça j’imagine que ça doit être Brian qui vient me rendre visite. Il a renoncé à me convaincre de sortir, et notre relation est un peu tendue, et frustrante, mais il est mon petit rayon de soleil. Quand nos doigts se touchent à travers les barreaux, je me sens un peu mieux. Je sais qu’il m’en veut et qu’il va me le faire payer d’une façon ou d’une autre, mais je vois aussi qu’il se soucie de moi, et sa voix, sa présence me font du bien.

Mais je tique en entendant les pas. Il n’est pas seul.. Stilinsky l’accompagne ? Si c’est pour me passer un savon et me faire sortir d’ici, il peut toujours se peindre en rose bonbon et danser la polka sur la place publique, il aura plus de chance d’obtenir un quelconque résultat. Déjà je commence à faire ma tête de cochon, épaules remontées, bras croisés, sourcils froncés, un mur contre lequel chaque argument de Stilinsky viendra se briser.

Mais le voir arriver me fait tout de même sourire, bien que de façon éphémère. Il n’est pas seul, mais je ne connais pas l’autre individu. A quoi joue –t-il ? Il ne va quand même pas m’enfermer avec un autre type ? Je suis DANGEREUX, Brian ! J’enrage de ne pouvoir le dire à haute voix. Je ne connais pas ce type, mais je veux pas qu’il finisse en dommage collatéral si jamais je deviens encore une fois l’autre…

- C'est tout ce que vous avez sous le coude, un séjour en cellule ? Z'avez conscience que c'est limite plus cosy que chez moi ?

- Nous ne sommes plus au moyen âge, nous soignons nos pensionnaires. N’est-ce pas Jordan ? Hein que les repas sont… comestibles ?
- Et en plus je vais avoir un coloc, que demande le peuple ?
- Hum… de compter les points ?
- Quoi ?!
- … Rien d’utile…

Quand la porte claque d’un coup sec, j’ai envie de hurler. C’est un coup bas ! J’en ai rien à foutre de la bouffe dégueulasse, j’ai mangé pire à l’armée. Rien à foutre de dormir à la dure, et de sentir le manque de liberté, c’est le but justement. Mais me coller un type ? Du genre à moitié racaille ? Et c’est qui, lui , d’abord ?

- Je doute de la solidité de nos barreaux face à notre « ami » un peu… spécial…

Un surnat ? Avec moi ? De mieux en mieux ! A quoi tu joues, espèce d’adorable crétin ! Si j’étais seul, j’aurai arraché la grille et je t’aurais appris à jouer avec moi ! Et peut-être aussi que je t’aurai embrassé car je suis en manque, mais…

OK… Ma vengeance sera terrible…

En attendant, je ne compte pas me pousser d’un poil. J’ai MON lit pourri, dans MON coin de cellule pourri, et le type se mettra ou il reste de la place.
-j’espère que ton contact arrivera à temps, parce que je tiens à ma tranquillité. On a pas l’occasion de dormir dans des hôtels grand luxe ici aussi souvent, et j’ai pas pris l’option collocation…

Bon…

-Je m’appelle Jordan….
Pour ce que ça peut me fiche, autant se présenter… Le type me regarde, presque goguenard. Il est pas net, lui…
-Alors ?
-alors quoi ?
-Ben t’as fait quoi pour être là ? Moi Je suis innocent !
-Ben voyons !
-Victime du système, c’est presque de la xenophobie sociale de la poulaille envers ma personne intègre.

Poulaille ? Ah d’accord…

-ouiiiiiiii Bien sûr, tu as l’air aussi innocent qu’un curé offrant des bonbons à la sortie des écoles…
-Pas cool de juger les gens sur leur apparence ou leur soit disant groupe social ! Et t’es qui toi d’abord ?
-Moi ? Je suis de la poulaille !
-…
Un haussement de sourcil de ma part.
-…
Oui ?
-je peux pas blairer les flics ! C’est quoi ? un nouveau truc pour me faire cracher le morceau ?
C’est une nouvelle technique pourrie que vous avez pioché dans un épisode de NCIS ?

-ohhh, je vois… Ne pas juger les gens sur leur apparence ou leur groupe social, mais par contre, sur leur métier, pas de problème ? Je ne sais pas ce que tu as fait, et je m’en fou royalement. Non. En fait je m’en fou pas, mais je ne suis pas en fonction, la, donc je fais comme si. Par contre si tu commences à me chier dans les bottes, on ne va pas être copain toi et moi !
- Moi ? Copain avec un poulet ? Ça me ferait mal au cul !
-Continue comme ça et c’est ailleurs que tu vas avoir mal.. Encore que, à la réflexion, ici ou ailleurs…

Combat de regard. Aucun ne lâche. Ses muscles se crispent, les miens aussi. Il relève le menton, je me relève tout court. Il sert les poings, je fais pareil. Il se met à grogner, je hausse un sourcil.
Il fait luire son regard ! Je fais pareil !

-tain mais vous êtes tous au club des surnaturels enfoirés ici ou quoi ? D’abord le premier poulet qui me fait le coup du maitre du vent, et maintenant.. Quoi au juste ? Oh puis merde..

Je le vois estomaqué doubler de volume, pratiquement. Heureusement que nous sommes seuls et que les cellules voisines sont vacantes… Son grognement est un défi sans équivoque, et, bien qu’il ne me frappe pas réellement, il me pousse de son torse musclé.

Brian connait le visage que je fais à ce moment là. Mâchoire crispée, menton relevé, muscles qui se tendent… Ma tête de bourricot ! Je laisse donc à mon tour ma nature de surnaturel remonter à la surface, et la chaleur grimpe soudainement, pendant que lui rend la pareille. On est totalement ridicules, comme deux gamins à la cour de récrée. Mais il a déclenché le mode mûle, et je crois que je fais de même sans me soucier des conséquences.

Il me pousse.
Je le pousse.
Il grogne, je fais de même. Son poing fuse, je le bloque, mais je suis surpris de la force qu’il déploie. Il est plus fort que moi, et ça ne m’est pas arrivé depuis longtemps. Alors je déclenche les flammes sur mon poing

-hey ! C’est pas loyal !
-va chier !
-va chier toi-même !
-prête moi tes bottes alors !

Bourricot contre nounours. Tête de mûle contre mielopathe.

On recule tous les deux d’un pas, se jaugeant.. Finalement, pour je ne sais quelle raison, nous éclatons tous les deux de rire en même temps…

-toi t’es une tête de mûle, m’étonne pas que tu sois dans la merde ! Lui lance-je.
-et c’est toi qui dit ça ?

La suite allait me surprendre… Dans d’autres circonstances, j’aurai pu … Je sais pas.. Il m’était presque sympathique. Et puis rien que pour faire chier Brian, j’avais envie de faire l’inverse de ce à quoi il s’attendait. Le pire, ce serait d’être presque copain de soirée avec le type, qui me lâcha finalement s’appeler Charlie.

A malin, malin et demi… N’empêche que j’avais bien envie de me battre quand même.. En toute amitié d’un soir…




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Charlie Crowley

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MessageSujet: Re: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Lun 25 Jan - 19:50


Un ours mal léché





Une bourrade le poussa à l’intérieur de la cellule et la porte claqua derrière lui dans un « clang » caractéristique. Charlie jeta un regard par-dessus son épaule : O’Conner avait l’expression goguenarde de celui qui vient de jouer un bon tour et qui s’en félicite. Les traits de l’homme ours conservaient leur immobilité habituelle : il ne voyait toujours pas en quoi l’enfermer ici pour la nuit consistait une menace.  Le bruit des barreaux en fer, l’odeur caractéristique des lieux… Tout ça lui était presque plus familier que sa chambre d’adolescent à Phoenix, on avait vu mieux côté déstabilisation.

« Je doute de la solidité de nos barreaux face à notre « ami » un peu… spécial… »

Les yeux de l’ours quittèrent ceux du sergent pour tomber sur le troisième larron. Son voisin de chambre lui semblait tout ce qu’il y avait de plus propret. Qu’est-ce qu’il foutait là ? Si c’était un poivrot en cours de décuvage, il le cachait bien. Et comme de la cervelle de l’ours à sa bouche, il n’y avait qu’un pas qu’il pouvait franchir allègrement quand il avait décidé de faire son emmerdeur, Charlie passa outre l’accueil aussi chaleureux que la porte qui s’était refermée derrière lui. Laissant tomber son cul sur la couchette libre, il fixa son vis-à-vis avec une expression moqueuse qu’il aurait pu emprunter  au flic qui les avait abandonnés là en tête à tête, après un sempiternel discours sur les procédures et la nuit qu’il passerait ou non ici. Quitter le poste dans une heure ou dans douze lui était égal, tout ce qu’il voulait, c’était que Brian assiste à son départ et en mange sa paire de menottes. Quand Amaro était dans la place, il n’y avait pas de « 24h de garde à vue »  qui tenait. Mais non, il ne confondait pas l’italien avec Dieu le père… Il avait la foi, c’est tout !

« Alors ? »

Le fameux Jordan le contemplait avec presque autant d’agacement que l’agent quelques minutes plus tôt. Si l’ours avait eu un tantinet plus de jugeote, il aurait fait le rapprochement. Il aurait aussi pu voir dans l’attitude fermée du jeune homme le mur que lui-même avait représenté face au flic. Mais comme tout ça lui passait bien loin au-dessus du crâne pour le moment, il s’entêta à savoir ce que l'homme foutait ici, alors que son compagnon de cellule semblait douter de sa propre affirmation d’innocence.

« Victime du système, c’est presque de la xénophobie sociale de la poulaille envers ma personne intègre. » Insista-t-il.

Rien à faire, les beaux mots sonnaient toujours mieux dans la bouche des autres que dans la sienne.

Puis la température de la pièce changea. Oh pas au sens propre du terme, du moins pas immédiatement, mais l’atmosphère sembla considérablement se rafraîchir quand Jordan avoua faire partie de la clique à bec, un air de défi peint sur les traits. Le visage de l’ours, déjà peu expressif, se ferma plus encore. Piques et noms d'oiseau volèrent. Si les deux hommes avaient été des loups, sans doute se seraient-ils tournés autour l'un de l'autre en montrant les crocs. Et lorsque les yeux du flic prirent une teinte orangée, le garou leva un regard excédé au plafond crasseux :

« ‘Tain mais vous êtes tous au club des surnaturels enfoirés ici ou quoi ? D’abord le premier poulet qui me fait le coup du maitre du vent, et maintenant… Quoi au juste ? Oh puis merde… »

Tant pis pour le secret, de toute façon, tout le monde avait l’air au courant dans ce foutu patelin ! La transformation fut immédiate. Cela faisait des heures qu’il se contenait et il ne prit pas de gant : son grognement résonna comme un défi entre les murs de béton. A son immense satisfaction, il saisit enfin une expression étonnée sur le visage de l’adjoint. Sa victoire fut malheureusement de courte durée et cette fois-ci, la température ne se contenta pas de changer métaphoriquement.

Deux gamins se défiant à qui pisseraient le plus loin. Après un échange de bourrades, les premiers coups fusèrent. Charlie grogna, à nouveau, avec une certaine frustration. Malgré sa force, l’autre avait pu parer, quoique avec difficulté. Il arma son poing pour frapper plus fort, visant le pif de l’impudent. La main de l'agent, s'enflammant soudainement, dévia son attaque :

« Hey ! C’est pas loyal !

— Va chier !

— Va chier toi-même !

— Prête moi tes bottes alors ! »

Les deux coqs se reculèrent, jaugeant l’adversaire. Charlie continuait à gronder, excédé par cette résistance inattendue, quand soudain, cela le frappa. Non, pas le poing de Jordan, mais l’effet de miroir ridicule de la scène. Si l’on exceptait sa propre taille et les flammes qui jaillissaient entre les phalanges de l’adjoint, le duo de surnaturels arborait la même face de bourricot buté, et le réaliser lui tira un éclat de rire auquel son camarade de cellule se joignit, sans doute arrivé aux mêmes conclusions.

« Toi t’es une tête de mule, m’étonne pas que tu sois dans la merde !

— Et c’est toi qui dis ça ? »

La tension retomba. Déjà, les épaules de l’ours reprenaient une largeur d'homme ordinaire, tout comme sa taille. Si ce n’était le tee-shirt qui avait peu apprécié son traitement, personne n'aurait pu imaginer que ce type, quelques secondes auparavant, arborait une carrure de grizzli. Sa main se tendit vers celle de Jordan :

« Moi c’est Charlie, au fait. »

L’heure qui suivit fut relativement surprenante, du moins pour lui qui ne s’attendait pas à fraterniser avec l’ennemi ce soir. Cependant, l’ours maîtrisait à la perfection l’art de se planter dans les grandes largeurs, tout comme celui de ne pas se poser de questions, et il accepta sans sourciller son mauvais pronostic à ce sujet. Ce n’était pas tant sur la profondeur de leur conversation –on ne peut pas dire que Charlie fut très doué pour les discussions intimes, fusse avec ses proches, alors avec un poulet fraîchement rencontré…- mais ils trouvèrent d’autres moyens de communication. Occupés à débattre de qui botterait les fesses à l’autre, les deux hommes finirent par prendre les choses en main. Pour être plus exact, le cuisinier se saisit de la seule chaise de la cellule, en arracha le dossier qu’il jeta dans un coin, puis invita le policier à s’installer sur leur table improvisée pour un bras de fer, non sans le charrier un peu.

« Quoi, t’as peur de te faire battre ? Je sais bien qu’on est dans la basse-cour des poules mouillées, mais quand même… »

Jordan avait repris sa tête de bourricot et l’ours eut un sourire moqueur. Il ne connaissait pas beaucoup ce type mais de toutes les expressions qu’il avait vues passer sur son visage, c’était celle-là qu’il préférait. Sans doute parce que c’était celle qui se rapprochait le plus de ses propres mimiques. Elle donnait une dimension humaine à tout ce fragment de population qu’il avait toujours considéré comme une entité indivisible : les flics.


*


« Bordel mec, arrête de tricher ! »

Le sourire de l’adjoint s’étirait de long en large, rappelant un peu à l’ours un certain chat dans un disney psychédélique.

« Je triche pas j’utilise mes atouts, nuance. Tu le fais bien toi.

— Alors là… Pfff… A peine ! »

Evidemment que le bras de fer était une épreuve où le garou était largement avantagé. Ce qu’il n’avait pas calculé en lançant une grimace moqueuse à Jordan, c’est que celui-ci avait d’autres atouts dans sa manche. Il s’en rendit compte lorsque, s’apprêtant à étaler bras de l’adjoint, une chaleur insupportable commença à atteindre sa main sans que cela semble gêner son adversaire. Saleté de… de machin qui brûlait. L’ursidé gronda, frustré, et du coin de l’œil, il aperçut le sourire du jeune homme s’étirait plus encore. Bordel de poulet moisi !


*


« Oh tu veux te venger ? J’ai une bonne technique pour faire chier la poulaille si tu veux ! »

L'ironie de faire cette proposition à un flic ne l'effleura pas. Assis contre sa couchette les jambes étalées devant lui, l’ours mâchouillait sa joue, désœuvré après avoir enchaîné les compétitions idiotes avec l’adjoint. Comme ni l’un ni l’autre n’avait plus d’idées pour s’affronter, il s’était laissé tomber là avec un air vague qui pouvait aussi bien passer pour de l’ennui profond que pour un souverain mépris, jusqu’à ce que Jordan se remette à ronchonner contre O’Conner. Il n’était pas très clair sur les raisons de son agacement mais soyons honnêtes, l’ours n’en avait cure. Pour le moment, il avait un « ennemi » commun, autant en profiter.

Se redressant, il adressa un sourire plein de malice à l’adjoint qui l’observait avec curiosité, toussota puis se mit à entonner à tue tête un chant paillard. Il ne fallut pas longtemps à l’officier pour en retenir les paroles mais comme il semblait hésiter à reprendre derrière lui, Charlie donna de la voix de plus belle. Et il avait du coffre. Heureusement pour tout le monde, malgré son goût douteux en matière de musique, il chantait plutôt juste, ce qui n’empêchait pas sa voix de porter. Ce qu’il recherchait, évidemment, quel intérêt de brailler si ça n’était pas pour faire chier tout le bureau du shérif ?

« Vivre sans souci
Boir'du purin, manger d'la merde
C'est le seul moyen
De ne jamais crever de faim
O merde, merde divine !
Toi seule a des appas
La rose a des épines
Toi, merde, tu n'en as pas ! »



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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Mer 27 Jan - 20:55



Un ours mal léché


Feat :  Charlie / Jordan / Brian


- Questo non è giusto a tutti!

Monsieur “due mani sinister” me regarde d’un air ahuri. Le bar est dans un chantier innommable, mon café est froid, cette foutue cloison est posée de travers, il me reste qu’une seule et unique cigarette dans mon paquet et Jansen a disparu de la planète ! Je traverse le bar tel une tornade, fonçant droit sur l’ouvrier défaillant. Conditions cycloniques rassemblées, le personnel rentre la tête dans les épaules, les clients se concentrent sur leur rond de verre. Mes yeux, à défaut de pouvoir librement luirent de leur étincelle électrique,, sont noirs comme un cumulonimbus prêt à se transformer en vortex destructeur.

- Moron !

J’ai l’index levé, accusateur. L’ouvrier couine comme une souris prise au piège, balbutiant qu’il ne capte pas l’italien. La salle retient son souffle, car je me suis saisi de son niveau à bulle et je le brandis sous le nez du fautif.

- Andare a comprare un paio di occhiali!

Je lève le réglet d’aluminium, l’autre couine de plus belle en rentrant la tête. Mon bras redescend brusquement et dans un claquement sec, je plaque la règle à niveau contre la cloison qu’il vient de poser. La bulle de l’outil n’hésite pas et accuse l’ouvrier de son mauvais travail.

- Je n’ai pas demandé un remake de la torre di Pisa ! Porca puttana troia !

Je rends l’outil à monsieur “due mani sinister”. Terrifié, il aperçoit sur la cloison de plâtre, l’empreinte de son niveau à bulle. Je surfe sur sa vague de terreur, le pointe du menton, puis ensuite lui montre la cloison. Je pivote et retourne au comptoir vérifier les notes. Les conversations reprennent peu à peu, couvrant les bruits du barman qui s’affaire. C’est l’arrivée de Janice qui me rend le sourire. Elle ne perd pas de temps et sa mélodie fait rapidement oublier l’incident passé. Sa voix envoutante arrête même les passants dehors. Certains finissent par entrer et consommer pour pouvoir l’écouter  à convenance. Mon téléphone sonne.

- Pronto !
- Hey mec, c’est moi… Ouais… Tu sais le truc dont je te parlais la dernière fois… ?
- Ton injonction ?
- Ouais, celui-là…
- J’arrive dans deux heures maximum. Essaye de ne pas en plumer un ou deux d’ici là !


Charlie réplique disant que c’est la volaille qui a commencé avant de raccrocher sans autre forme de politesse. Charlie et les flics... une grande histoire d’amour qui perdure toujours. Il doit avoir un casier judiciaire long comme le bras, alors que paradoxalement le mien est vierge.

Le type responsable du suivi du chantier vient de partir. Il a pris en compte mon gout pour les murs droits… Me voilà en direction du poste de police de la ville. Une visite que j’aurais bien repoussée aux calandres grecques. Seulement ils ont coffré mon cuisinier. Le grand poulailler s’offre enfin à mon regard. J’ai une réaction épidermique en voyant toutes ces bagnoles de flics alignées sagement comme à la revue de paquetage. Je dois vraiment me faire violence pour entrer dans le nid.

- Alessandro Amaro, propriétaire du Pink Print. Je crois que vous retenez mon cuistot. Quelles sont les charges levées contre lui ?

Le type de l’entrée me dirige vers les bureaux et me désigne un flic du doigt. Je répète mon speech à un dénommé Brian O’Conner. Sa tête ne m’est pas tout à fait inconnue, ni son odeur. Alors qu’il m’explique ce qu’il se passe avec Charlie, je me remémore où j’ai senti son odeur. Sur Jansen ! Pezzo di merda, qu’on ne me dise pas que le pote avec qui le drus fait du sport est un foutu poulet !

« Vivre sans souci
Boir'du purin, manger d'la merde
C'est le seul moyen
De ne jamais crever de faim
O merde, merde divine !
Toi seule a des appas
La rose a des épines
Toi, merde, tu n'en as pas ! »


Le concert improvisé ne semble pas du gout de O’Conner. Alors qu’il se dirige vers le bloc des cellules, je le suis sans demander son autorisation. Je trouve Charlie et un autre type en train de brailler en canon des chansons paillardes. Si le regard de O’Conner est visiblement agacé envers Charlie, il est plutôt affectueux pour le deuxième type qui a… Cette odeur ? Je maîtrise difficilement mon envie de grogner et de me coller sur la défensive. Ce type dégage une odeur et une aura particulière. C’est indéfinissable, car je n’ai jamais croisé d’autres personnes comme lui.

- Quelles sont ses conditions de sortie ?
- Il a gagné vingt-quatre heures de garde à vue pour violence sur policier. Après il est libre… moyennant caution.
- Je la paie. J’ai besoin de mon cuistot !
- Aless’ !
- Tu as fait ce que je t’ai demandé Charlie ?


D’un geste sans équivoque, Charlie me montre O’Conner et son compagnon de cellule parfaitement intacts, plumes comprises. Quelle ne sera pas ma stupeur d'apprendre le lendemain que ce Jordan est tout bonnement l'adjoint du shérif.

- A demain Charlie.
- Bonne nuit Aless’


O’Conner se fait un malin plaisir de me faire remplir des tonnes de formulaires. C’est plus qu’évident qu’il me connait. Je ne moufte pas un mot sur notre connaissance commune. Il faut vraiment que j’en parle à Jansen… quand il daignera de nouveau réapparaître. Je sors du poste de police sans avoir égorgé quelqu'un : un miracle.

(…)

La caution est salée, mais je paye sans « trop » râler. O’Conner est bien trop content de son petit pouvoir. Il est parti libérer Charlie. Ma revanche est que ça le fait suer de libérer l’ours. En attendant, j’ai pris mes aises et collé mes pieds sur le bureau du flic.




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Brian O'Conner

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MessageSujet: Re: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Sam 30 Jan - 21:22


Un ours mal léché


Feat :  Charlie Crowley
Sac à puce
Alessandro Amaro



Le premier ajdoint du shérif est en general un homme choisi pour ses qualités de meneur, mais également pour son sérieux… Bon ça c’est la théorie. Je pensais ennuyer Jordan en lui collant un colocataire et déranger Crowley en le confinant avec aussi têtu que lui. Si le départ avait été prometteur d’une belle bagarre, les deux coqs semblaient finalement s’entendre pour mettre une belle pagaille.

Je soupire, Stilinski vient de passer la tête hors de son bureau et me lance un regard sévère, comme si la faute à ce remue-ménage m’incombe entièrement. La dernière fois que j’étais passé, ils étaient partis pour un bras de fer… Finalement, Jordan est peut-être à sa place dans cette cellule… J’ai fermé la porte de communication qui mène au bloc des cellules pour nous assurer un peu de calme. Et quand je vois le regard moqueur de mes collègues, je me dis que Jordan et moi sommes en train de perdre des points de crédibilité. Et que finalement, la paire de flics parfaits du poste, n’est pas si parfaite que ça. Je ronge mon frein sur de la paperasse. Je ne rêve que d’une chose, être envoyé en intervention, prendre le large et respirer de l’air pur et… ne plus les entendre.

- C’est vous O’Conner ?
- Oui.


Je détaille le type qui vient de me parler. Un costume gris anthracite taillé sur mesure, une chemise d’un blanc impeccable, un fort accent italien, le propriétaire du Pink Print me regarde de haut. J’ai déjà un bon million d’apriori sur lui vis-à-vis de sa relation avec Jansen, me regarder ainsi porte le nombre de mes griefs à un million un. Je me redresse donc comme tout bon flic, les mains sur le ceinturon, près de mon arme de service d’un côté et de ma matraque de l’autre. Échange de sourire dédaigneux de part et d’autre. Il pense faire la loi dans un poste de police le mafioso ?

- Alessandro Amaro, propriétaire du Pink Print. Je crois que vous retenez mon cuistot. Quelles sont les charges levées contre lui ?
- Votre cuistot ? Vraiment ?
- …
- Je l’ai arrêté sur son lieu de travail qui n’est assurément pas le Pink Print…


L’agacement d’Amaro est visible. Mais, s’il veut obtenir quoi que ce soit, il est obligé de coopérer. L’italien se fend donc d’une explication, comme quoi Crowley se fait débaucher de son infâme dinner pour le bar gay sélect où Jansen travaille. Je lève un sourcil étonné. Je vois vraiment mal l’ours coller à l’image chic du Pink Print. Ce qui m’amène à la conclusion que ce bar n’est pas si chic ou si sélect qu’il n’y paraît. Crowley est un voyou congénital, et Amaro a tous les signes du gangster en col blanc. Cependant, je me dois de répondre à ses questions. Je l’informe donc que Crowley a « omis » de se présenter à une injonction en tant que témoin et que de ce fait il gagne du galon et passe au rang de suspect. Je lui parle également de sa tentative de me faire cuire comme un steak. Mais mon monologue ne semble pas impressionner le boss du Pink Print, pire, il esquisse un sourire.

- Pourquoi vous empressez vous de le faire sortir monsieur Amaro ? Auriez-vous un quelconque lien avec les exactions de Crowley ?

Je n’ai pas le temps de poursuivre que nous sommes interrompus par une chanson paillarde chantée en canon. Dans un autre contexte, j’aurais apprécié la qualité du chant, mais là… Je fonce en direction des cellules pour leur dire mon sentiment.

- C’est pas un peu fini !

Crowley me lance un regard satisfait qui me fait fulminer. Je regarde Jordan qui semble un peu penaud de s’être fait entraîner de la sorte. Mon regard est clair : « Toi tu ne perds rien pour attendre ! » Mais comment lui en vouloir à lui ? Je sais que je lui pardonnerais la pire des bêtises car il est celui que j’aime.

- Quelles sont ses conditions de sortie ?
- Il a gagné vingt-quatre heures de garde à vue pour violence sur policier. Après il est libre… moyennant caution.
- Je la paie. J’ai besoin de mon cuistot !
- Aless’ !
- Tu as fait ce que je t’ai demandé Charlie ?


Intrigué par la question, je regarde Crowley s’exprimer muettement en se contentant de me désigner ainsi que Jordan. Je comprends qu’Amaro est parfaitement au courant de la violence facile de son futur cuistot. Ce type n’est pas net. Rien qu’à le voir évoluer dans un poste de police, même s’il garde une belle prestance, il est bien trop en alerte pour être innocent. La caution de Crowley va être du montant maximal possible. Il n’avait qu’à pas tenter de me latter à coup de spatule à steak, ni avoir comme ami suffisamment proche pour se mouiller pour lui, un type réputé pour son comportement colérique, sans parler de l’emprise néfaste qu’il a sur Jansen.

Quand nous retournons à mon bureau, je fais remplir à Amaro un tas de papier. Je ne lui dis pas que certains formulaires sont caducs depuis notre informatisation. Mais nous gardons tous une liasse de ces formulaires que l’on ressort pour cuisiner un peu les gens à qui nous avons à faire. L’énervement et l’impatience poussent les gens à fauter et se dévoiler sous leur vrai jour. Amaro s’acquitte de sa tâche avec nervosité mais efficacité. Il semble connaitre la méthode et l’esquive de manière bien trop professionnelle à mon gout. Dès qu’il sort de là, je me promets d’aller fouiller dans nos bases de données ce que nous avons sur lui. Dans les papiers qu’il m’a rempli, j’ai toute les références dont j’ai besoin. Je colle le tampon du service sur le chèque que vient de me faire le Boss de Crowley et lui donne un reçu de paiement en retour.

(…)

Amaro se pointe exactement au moment où la garde à vue de son poulain s’arrête. Il a changé de costume depuis la veille. Il sent un mélange de parfum cher et de tabac. Je lui demande de m’attendre et vais chercher Crowley. Les deux zouaves sont tranquilles, chacun regardant le plafond de son côté.

- Charlie Crowley, vous pouvez sortir.

Je ne réplique pas à sa provocation et serre la mâchoire quand il passe la porte de sa cellule en roulant des mécaniques.

- Par contre, cela sera un aller simple et la perte de sa caution pour votre ami, si vous ne venez pas à l’injonction que je vais vous donner.
- Grounf !
- Ce n’est pas compliqué. Ça consistera à signer le rapport que je vais établir de vos aveux de hier soir.
- Je n’ai rien avoué poulet de mes…


Le bout de ma matraque dans sa foutue grande gueule, l’empêche de poursuivre. Si un regard pouvait tuer, nous serions tous deux mort. Un ange de la mort passe pendant que nous nous toisons tels deux coqs.

- Demain, dix heures, tu signes, tu sors ! Ce rapport contiendra strictement ce que tu as dit. Je ne suis pas le genre de flic qui trafique des interrogatoires. Tu fais autre chose, tu redors ici pour un long moment. Understand ?

Amaro s’est avancé lors de l’altercation. Secrètement j’ai envie qu’il dépasse la limite qui me permettrait de le faire coffrer pour voies de faits sur un agent de police. Mais il se retint juste à temps. Ce type sait vraiment comment s’y prendre en présence de flic… Il est définitivement pas net.

RP fini pour moi, à moins que Charlie ne fasse l'ultime connerie pour que je le recolle en taule!


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Jordan Parrish

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MessageSujet: Re: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Mar 9 Fév - 12:28


un ours mal léché

Etrange rencontre. Comique rencontre. Dans d’autres circonstances, j’aurai pu m’offusquer de la punition très claire que m’avait octroyé Brian. Mais ce type était pratiquement un miroir de moi-même quand je « passais en mode bourricot » comme le disais Brian. Cette tête brûlée pouvait parler, on était semblable sur bien des points.

« Moi c’est Charlie, au fait. »

-Jordan. Parrish. L’adjoint du shérif… Me suis enfermé tout seul ici. Parce que. C’est lié aux flammes, et au reste…

Mon air buté était étrange à regarder, car c’était son air buté à lui. C’est à ça que ça ressemblait, alors ? Amusant. Et énervant, je devais l’admettre. Pauvre Brian. Je me rattraperais. Si je lui infligeais ça, alors il était véritablement un ange de vouloir rester près de moi malgré tout.

L’heure ou les heures suivantes furent assez surprenante. On ne pouvait pas vraiment dire qu’on était copains comme cochons, et notre conversation n’atteignit jamais des sommets de grandeur d’âme, mais finalement, on réussit quand même à avoir une vraie conversation.
Finalement, à force de se lancer des piques et de se provoquer gentiment, Charlie eut l’idée d’utiliser une chaise comme ring pour nos biceps et nos mains... Bras de fer… L’ours partait avec un avantage certain quant à la puissance physique.

« Quoi, t’as peur de te faire battre ? Je sais bien qu’on est dans la basse-cour des poules mouillées, mais quand même… »

-ce qu’il y a de sûr, c’est que ce n’est pas toi qui risque de jouer le rôle du renard dans le poulailler. Faut un minimum de cervelle pour ça. Je ne crains pas grand-chose, du coup.

Oui... De vrai gamins. Le pire, c’est qu’on avait un sourire jusqu’aux oreilles, et qu’on prenait presque les piques pour des compliments. Quel dommage qu’il n’y ait pas de bière dans les cellules… Remarquez, pour des cellules de dégrisement, ça ferait un peu tâche.

« Bordel mec, arrête de tricher ! »

J’étais aux anges. J’avais envie de le serrer dans mes bras.. Je me faisais tellement suer dans cette cellule. Le fait que je m’inflige ça tout seul ne changeait rien à l’affaire.
-je triche pas, j’utilise mes atours, nuance. Tu le fais bien, toi !

Ces dénégations ne firent que me faire rire de plus belle. N’empêche, sans mon feu intérieur, ou extérieur, selon, je pense que je n’aurai eu aucune chance contre lui. Et pourtant je savais pouvoir déployer une force plutôt conséquente. Mais visiblement les garours en avaient fait leur spécialité.

Je lui expliquais, profitant de l’accalmie, pourquoi je m’étais moi-même enfermé. Et que je soupçonnais Brian de me le faire payer en l’envoyant, lui, dans MA cellule.
« Oh tu veux te venger ? J’ai une bonne technique pour faire chier la poulaille si tu veux ! »

On avait épuisé les compétitions. Concours de pompes. Ex aequo, on était visiblement autant endurant l’un que l’autre. Je soupçonnais pouvoir le battre à la course, mais allez courir dans une cellule. Il devait surement pouvoir me battre au soulever de poids, mais à part notre connerie, il n’y avait rien à relever ici…

Je fus cependant obligé d’admettre qu’il me battait à la chanson paillarde. Mais je n’avais jamais baissé les bras devant un nouveau défi. C’est donc avec ma voix pas du tout chantante que je l’accompagnais, avec vigueur, sur son histoire de rose et de merde…
Finalement, Brian finit par revenir, visiblement très agacé, mais avec CE regard sur moi qui me rend tout chose. Il était accompagné d’un type qui sortait d’un défilé de mode, et dont je me méfiais immédiatement. Visiblement il connaissait bien Charlie, et demandait les conditions de sa libération.

Son cuistot ? Ce type employait Charlie ? Il y avait quelque chose d’indéfinissable en lui… Il était pas net... Ou ... Peut-être, pas humain. Un autre ours garou ? Charlie était le premier spécimen que je rencontrais et ça commençais à m’inquiéter de penser qu’ils pouvaient être plusieurs. Une telle force, ce serait difficile à contenir.

Quand même, quand je vois l’air de Brian, je me sens un peu penaud. Je me rattraperai… ça ne doit déjà pas être facile pour lui, j’aurai pu lui épargner ça. Trop tard. Parfois je peux être vraiment obtus, borné, gamin... Mais j’ai passé tellement de temps à être sérieux, le déminage n’est pas réputé pour former des clowns. Oui, je me rattraperai.

Finalement, le lendemain, il est temps de dire au revoir à la tête de mule qui me servait de miroir. Ni lui ni moi n’avons beaucoup dormis. Il faut dire que dès qu’il s’endormait, il se mettait a ronfler comme une soufflerie, et du coup j’augmentai d’un coup la chaleur pour le réveiller. Lorsqu’il me regardait, je faisais l’innocent, semi endormis avec un vague « hmmm ? quoi ? »

Voyez le genre…

Finalement, je suis presque déçu d’être de nouveau seul... Les événements qui suivirent ne me laissèrent pas le temps de le regretter… Ce n’est pas si solide que ça, ces barreaux... Et ça fond comme toutes les résolutions de début d’année… Il en est une, cependant, que je tiendrais. Je veux rendre Brian heureux. Même si je ne suis pas doué pour ça.



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Charlie Crowley

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MessageSujet: Re: Un ours mal léché Feat Charlie l'ourson   Lun 15 Fév - 12:06


Un ours mal léché





Leurs voix résonnaient dans la cellule, à l’assaut des murs de béton et jusque dans le couloir. Pas si mal pour un chœur improvisé. Malgré sa timidité initiale, Jordan avait fini par se lancer, tirant un large sourire à l’ours. Lui qui avait tant de facilité à suivre les conneries des autres appréciait de ne pas être le seul à s’embarquer dans les emmerdes aussi facilement.

Apparemment, leur amitié nouvelle en étonna certains. Rien qu’au claquement de la porte d’accès entre le bureau et les geôles, Charlie devinait que son aussi petit que stupide stratagème fonctionnait, et le regard qui attendait Brian à son arrivée était rempli de morgue.

« C’est pas un peu fini ?? »

Le policier excédé  n’était pas seul et l’arrogance du prisonnier fondit comme neige au soleil pour redevenir un sourire sincère. Amaro avait sa tête des mauvais jours mais il était venu. Il faisait pâle figure le représentant de l’autorité, dans son uniforme crotte de canard, à côté de son patron !

«  Quelles sont ses conditions de sortie ?

— Il a gagné vingt-quatre heures de garde à vue pour violence sur policier. Après il est libre… moyennant caution.

— Je la paie. J’ai besoin de mon cuistot !

— Aless ! »

Le cri du cœur. Quoi, l’italien n’avait rien dans sa manche pour le sortir de là avant terme ? Les lèvres de l’ours se plissèrent dans une moue boudeuse mais imperturbable, Alessandro lui adressa un regard sans appel :

« Tu as fait ce que j’ai demandé Charlie ? »

Détournant les yeux, l’ours haussa les épaules en désignant les deux zozios d’un signe de main. Qu’il ne panique pas, le boss, il n’avait même pas allumé le barbecue !

« A demain Charlie.

— Bonne nuit Aless’. »

Difficile de vraiment faire la tronche alors que l’italien allait raquer pour sa pomme. Attendant que la porte du couloir se soit refermée sur les deux hommes, l’ours se tourna vers Jordan pour lui adresser un regard satisfait :

« Mon boss pourrait bouffer ton mec pour le petit déjeuner s’il voulait. »

La grimace que lui adressa l’adjoint du shérif était parlante. La compétition n’était pas terminée, ce qui tombait bien, puisqu’ils avaient encore toute une nuit à tirer.



*



« Charlie Crowley, vous pouvez sortir. »

Le cuisinier se redressa de la couchette sur laquelle il était étendu. O’Conner n’avait pas l’air ravi, ce qui, par symétrie inversée, le mettait lui-même en joie. L’ours prit son temps pour basculer ses jambes vers le sol et s’étira longuement, narguant l’officier. Depuis sa couchette, Jordan l’observait, caché sous les bras qu’il avait croisés sur son visage, et l’ours devinait son sourire. Facile, il avait feint la même attitude toute la nuit. A force, même Charlie avait fini par capter que c’était lui qui s’amusait à le réveiller sans arrêt.

« T’avais raison, claironna-t-il au flic étendu en passant devant O’Conner, il a vraiment une sale gueule le matin. J’comprends que tu préfères t’enfermer ici ! »

Sa provocation ne reçut aucune réponse mais ça n'empêcha pas l’ours d’adresser son sourire le plus agaçant au flic. Sourire qui disparut vite, remplacé par des grognements et sa tête d’ursidé buté, quand Brian revint sur le sujet de son arrestation et ses prétendus aveux :

« J’ai rien avoué poulet de mes… »

Un coup de matraque le fit taire mais n’éteignit pas la colère dans ses yeux et les deux hommes se toisèrent un instant.

« Demain, dix heures, tu signes, tu sors ! Ce rapport contiendra strictement ce que tu as dit. Je ne suis pas le genre de flic qui trafique des interrogatoires. Tu fais autre chose, tu redors ici pour un long moment. Understand ?

— Groumf. »

Il n’aurait pas fallu grand-chose pour que son poing vienne faire la connaissance du bec du poulet mais la présence de son patron qui approchait tranquillement en reboutonnant son veston l’en dissuada. Après un dernier regard mauvais à l’adresse du flic, l’ours s’éloigna à la suite d’Alessandro. La porte du bureau de shérif se referma sur leurs messes basses.

[HRP : Fini pour moi aussi !]


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