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 Rois des coeurs | Therence & Adriann

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Mer 18 Nov - 22:00




Avant toute chose

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
 L'heure de cours était passée trop lentement, comme le voulait la tradition des dernières heures du vendredi après-midi. Mes élèves s'étaient montrés dissipés, fatigués et négligents... J'avais même eu envie de les laisser partir, mais le doyen, en plus de sa surveillance déjà constante, avait commencé à jeter des coups d'œil de plus en plus répétitifs sur la façon dont je gérais mes cours : entre Therence, dont la présence avait été irrégulière, Pinkman qui avait disparu du jour au lendemain et plusieurs élèves qui s'étaient plaints de la "dureté" de mes cours et des témoignages. Sans compter sur les rumeurs qui grossissaient largement le nombre de mes conquêtes parmi les élèves... alors qu'il n'y en avait vraiment qu'un seul. Ce qui était encore plus "grave" étant donné qu'il n'était même pas étudiant. Mais je n'avais aucune envie de mettre fin à ce qui se passait entre Therence et moi. Notre première nuit ensemble  datait de la semaine dernière et nous n'avions pas eu l'occasion de renouveler l'expérience depuis... Ce qui, pour être honnête, ne faisait que rendre nos œillades et nos caresses furtives plus intéressantes.

Mais devant la jupe courte et le chemisier très avantageux de Marie, l'une de mes élèves, qui m'invitait à la fête organisé le soir-même pour ses 21 ans en minaudant comme une adolescente, je n'arrivais pas à être assez raisonnable pour refuser une offre si tentante. Tant pis pour les rumeurs, tant pis pour le doyen... Et puis je ne serais pas le seul professeur, ce qui permettrait d'éviter les rumeurs, au moins pour ce soir. Je n'entendais que d'une oreille sa voix grave qui précisait l'adresse de la soirée, alors que Therence prenait tout son temps pour ranger ses affaires en lançant quelque fois des regards sombres à la blonde qui mettait une éternité à clore la conversation, tandis qu'encore derrière eux, une autre tête passa l'encadrement de la porte. Sans même me laisser le temps de soupirer, le professeur de Chimie commença à déambuler les marches de l'amphi, un sourire benêt aux lèvres. Sa tasse de thé fumante dans les mains commença à lui brûler les doigts et il finit sa marche au pas de course pour pouvoir la poser sur mon bureau. Marie l'observa quelques secondes avant de tourner les talons, rapidement suivi de Therence, qui, visiblement, était fatigué d'attendre.  

-Attends, Therence !, le hélai-je avant de me tourner vers l'enseignant.

D'un air faussement embarrassé, je lui expliquais devoir aider l'étudiant sur un certain aspect de mon cours. Quelques thermes techniques plus tard et il était parti, reprenant avec lui sa tasse brûlante. Je le suivis du regard et attendis quelques secondes pour être certain de son départ avant de me tourner vers l'adolescent, un mince sourire aux lèvres. Face à son regard las, j'attrapais son poignet pour l'attirer contre moi et l'embrasser. Nos lèvres se retrouvèrent férocement tandis que mes mains vinrent se nicher au creux de sa hanche et dans ses cheveux. Je retrouvais la même fougue que lorsque nous nous étions quitter, la même envie alors que je rapprochais son corps du mien.  

-Navré de t'avoir fait attendre, finis-je par murmurer à son oreille avant de la taquiner du bout des dents. Tu m'as manqué.

Et j'étais sincère. Son dernier baiser avait eu le temps de me faire languir et je m'étais surpris à espérer le vouloir lui, au lieu de mes habituels plan culs... que j'avais de moins en moins envie de voir. J'avais même sauté quelques rendez-vous sans prévenir à l'avance. Ils étaient tous capables de me trouver un remplaçant, je ne m'inquiétais pas pour eux, tout comme ils ne s'inquiétaient pas pour moi. C'était la seule chose que nous avions en commun, fin de l'histoire.

-Tu viens à la soirée ?  

Sur ces mots, je passais derrière le bureau et en sortait deux tasses. J'y versais du café, en tendit une à Therence avant de remarquer son coup d'œil accusateur. J'avalais quelques gorgées avant de le fixer en souriant légèrement.

-Ne sois pas jaloux parce que j'ai plus de succès que toi, soufflai-je, amusé par son haussement de sourcil outré.  

-...On fait un jeu pour nous départager ? Celui qui finit la soirée avec le plus de numéro à gagner, proposai-je sans me départir de mon sourire.

C'était un jeu auquel nous jouions très souvent dans les bars de Berlin, tard dans la nuit. Celui ou celle qui terminait la soirée avec le plus de numéro de téléphone avait gagné... Mais gagné quoi ? C'était au vainqueur de le définir.


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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Jeu 26 Nov - 23:15



Jouons comme des grands
Mon cœur pulse comme un fou, j'ai l'estomac noué. J'ai beau avoir délibérément décidé d'être là à cet instant, une part de moi me demande ce qui me passe par la tête. Mon corps me hurle de prendre les jambes à mon coup. Pourtant, je ne cesse de me répéter qu'il n'y a aucune raison de paniquer. Et en effet, au cœur de la foule d'étudiants qui se meut d'un bout à l'autre du campus sans imaginer les émotions qui me traversent de façon viscérale, chaque tête susceptible de me rappeler Psychoboy se révèle ne pas être lui. Ça va aller. Je prend une longue inspiration, cramponne la sangle de mon sac, et je quitte ma pétrification pour me diriger à l'amphi.  
J'ai eu la bêtise d'ignorer ce type qui m'a observé à sa guise durant les quelques cours que nous avons partagés. En entrant dans la salle, je passe au radar chacun de mes "camarades" - ma carte d'étudiant me permet d'officiellement les appeler comme tels - de crainte d'y croiser une casquette douteuse ou un regard trop prononcé dans ma direction. J'ai rarement autant cherché à être discret... Mais parmi tous les yeux présents, je me laisse happer par un regard particulier.

Tout en bas, près du tableau, Adriann m'a repéré parmi la troupe qui entre en masse. D'un échange court mais appuyé, il m'accueille d'un sourire encourageant. Et ça m'apaise. Je lui rend un sourire soulagé quoiqu'un peu timide et pars en quête d'une place.
Je sais pourquoi je suis là aujourd'hui, et pourquoi je serais là aux prochains cours de criminologie d'Adriann Weizerling. J'ai jamais eu autant de raisons d'y assister.


Les jours se sont succédés, les leçons en amphi, les exercices et le flirt indécent aussi. Écoutant d'une oreille la voix de l'allemand qui poursuit ses explications, je griffonne négligemment autour de mes notes. Une paire de bois de cerf dessiné de mémoire côtoie des ébauches de visages abandonnés en l'état, le tout surplombé d'un rond longuement et grassement détouré. Plus loin dans la marge, j'abandonne le croquis insatisfaisant d'une flamme pour retenter le coup d'une ligne plus souple...
Je lève les yeux sur le professeur. Calé comme il est contre son bureau, note en main, son dos fait une courbe légère que je me plais à reproduire sur le papier... Mes pensées s'égarent entre l'image de l'homme que j'essaie de croquer et celles qui me reviennent de la nuit passée ensemble. J'aimerais pouvoir reproduire les volumes de chacun de ses muscles, le granulé de sa peau, capturer chaque mouvement de son corps fiévreux, les sentir frémir sous la mine...

La sonnerie retentit, la perspective d'un bon weekend ranime la classe à moitié endormie. C'est une autre perspective qui me réveille et m'invite à ranger tranquillement mes affaires, mais je me fais doublé par Merry, Marie, je sais plus, qui fête son anniversaire. J'y suis convié comme le reste de la classe. Qu'est-ce qu'elle lui veut? C'est pas pour les cours qu'elle gigote stupidement sous les yeux... intéressés du prof. Sans blague... et pourquoi je prend c*nnement mon temps alors? Le vendredi après les cours, c'est censé être notre moment "approfondissement de la leçon", non?... On l'a jamais clairement établie, mais comme le mercredi c'est coton, c'est notre meilleure alternative!... Je m'en vais les rejoindre et prétexter avoir moi aussi besoin de monopoliser le prof un moment que c'est un autre qui se précipite sur lui. Mais c'est pas vrai, ils ce sont tous donnés le mot?!...
Je zippe méchamment mon sac et m'engage à la suite de Marie en direction de la sortie. Tans pis pour le bon temps, je trouverais de quoi me faire plaisir ailleurs. Ciao, à la semaine prochaine Adriann...

-Attends, Therence!


Je me retourne sur le prof qui s'excuse visiblement auprès de son collègue. Peut être que ce week-end va pouvoir commencer de manière plaisante en fait... Je le retrouve en bas et m'appuie la hanche contre le bureau, tapotant un petit rythme pour passer le temps pendant que l'autre prend congé avec sa tasse fumante suite à quelques blabla. Je lève les yeux en inclinant mollement la tête quand il daigne enfin me prêter toute son attention. La lueur dans son regard précède la poignée enthousiaste avec laquelle il m'attrape et m'attire à lui. Mmh... il a le mérite de me réveiller... et comment...

-Salut professeur... prononcè-je entre deux souffles, pressant mon corps contre le sien et faufilant mes mains de part et d'autre de son dos, de ses omoplates au bas des reins...  

-Navré de t'avoir fait attendre. Tu m'as manqué.

Son murmure me fait sourire plus que de raison.

-... Toi aussi...

Au diable la part suffisante de moi même qui aurait préférée gardée cet aveux comme un précieux trophée à lui remettre sous le nez en guise de preuve de son intérêt pour moi. Sa franchise mérite bien un retour équivalent, et le souffle tiède qui quitte mon oreille pour migrer sur ses sillons mordus avec délicatesse inhibe ma raison...

-Tu viens à la soirée ?  

Je m'écarte juste ce qu'il faut et jauge le dragueur de blondinette. Parce qu'il y va?

-Ouais. marmonnè-je. Je rate jamais une fête.

C'est la vérité, là où il y a de la musique, de l'alcool et une jeunesse endiablée, il y a de grande chance de croiser un Therence. Si je suis d'humeur à m'amuser, y a pas de raison que j'y aille pas. Et ça tombe bien, je suis d'humeur! Je retire mes mains de son fessier quand il s'éloigne à son tour servir deux tasses de café.

-Alors? T'as couché avec combien de personnes aujourd'hui? demandè-je puisqu'il aborde indirectement le sujet, avant de lever les mains en témoignage de mon innocence. Je veux juste être sur que tu vas mieux!

Quand on sait que le nombre de ses liaisons est proportionnel à ses états d'âmes... le calcul est vite fait!

-Ne sois pas jaloux parce que j'ai plus de succès que toi.

-Jaloux?! éclaté-je de rire, estomaqué. Parce que j'ai des raisons de l'être? T'as quel age, 25, dans ces eaux là? L'abus de sexe, ça fait vieillir prématurément il parait, quand on te laissera tomber parce que tu te fais trop usé, je ramasserais chacune de tes conquêtes. Puis je privilégie la qualité à la quantité, moi, et je suis pas un dragueur de la dernière heure. T'as pas idée du nombre de personne que j'ai à mon actif...

-...On fait un jeu pour nous départager ? Celui qui finit la soirée avec le plus de numéro à gagner.

Un jeu? J'aime les jeux. Mais je me tâte, essayant de déceler le piège. C'est quoi, une façon pour lui de profiter de blondy et ses copines en me gardant dans sa poche? Il continue de s'amuser alors que je le fixe soupçonneux...

-S'il y a un concours, il y a un gain. Ce sera quoi?

"Au souhait du vainqueur", propose t-il. Je malmène l'intérieur de ma joue, hésitant, avant qu'un sourire en coin ne grandisse irrésistiblement.

-Ça marche.

Et en gage de notre acceptation commune, je lui tend ma main pour qu'il y tape dedans.

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Dim 29 Nov - 23:09




Mixed medecines

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
 Ses mains dans mon dos suffisaient à me faire tourner la tête. Je retrouvais son odeur qui continuait d’imprégner mes draps, sa veste rêche entre mes doigts, son regard ténébreux et sa langue experte. Il m’avait réellement manqué. Sûrement un peu plus que ce que laissait entrevoir mon aveu, d’ailleurs.

-... Toi aussi...

J’accusais le coup de sa réponse, dissimulant mon sourire dans son cou avant de m’enquérir d’autre chose. La perspective d’une soirée pouvait être intéressante, malgré le fait que nous ne pourrions pas la passer « ensemble »… Mais nous nous retrouverions en partant... Non ? Je me secouais les idées. Dans le pire des cas, finir la soirée avec un de mes collègues ou une des étudiantes désormais majeures n’était pas non plus un scénario désagréable.

-Ouais, marmonna-t-il, peu amène. Je rate jamais une fête.

Je l’observais, sourcil haussé, en lui servant distraitement une tasse de café. Qu’est-ce qu’il avait ? Etait-ce la fatigue, ou autre chose ? Ce n’était pas comme si la perspective d’une fête semblait le déranger, alors pourquoi est-ce qu’il tirait une tête pareille ?

-Alors ? T'as couché avec combien de personnes aujourd'hui ?

Mes yeux roulèrent dans leurs orbites automatiquement. Sérieusement ? J’avais l’impression d’être un cas spécial étudié dans un cours de psychologie. Je ne pris même pas la peine de répondre, préférant avaler une gorgée de café.

-Je veux juste être sur que tu vas mieux !
-Ne sois pas jaloux parce que j'ai plus de succès que toi.
-Jaloux?!, rigola-t-il franchement. Parce que j'ai des raisons de l'être ? T'as quel âge, 25, dans ces eaux là? L'abus de sexe, ça fait vieillir prématurément il parait, quand on te laissera tomber parce que tu te fais trop usé, je ramasserais chacune de tes conquêtes. Puis je privilégie la qualité à la quantité, moi, et je suis pas un dragueur de la dernière heure. T'as pas idée du nombre de personne que j'ai à mon actif...

…Il avait fini, ou il voulait encore ajouter quelque chose ? Je le fixai sans un mot, la moue cachée par la tasse de café. Je n’avais rien à répondre et après une tirade pareille, je pensais que c’était mieux comme ça. Alors à la place d’une réplique acerbe, je lui proposais un petit jeu. De quoi passer la soirée sans s’ennuyer. Et le trophée était au souhait du vainqueur.

*

Nous avions décidé d’aller à la soirée séparément. D’une part parce que venir ensemble faisait trop suspect et de l’autre parce que je devais me changer. Rapidement, j’étais retourné chez moi pour enfiler quelque chose de plus décontracté avant de prendre le chemin du bar. L’étudiante n’avait pas donné d’adresse précise, mais la plupart des bars se trouvant dans la même zone, il suffisait de se laisser guider par la musique tapageuse et les quelques retardataires comme moi. J’étudiais l’endroit d’un simple coup d’œil. Sur le trottoir, des étudiants se roulaient un joint tout en en faisant tourner un. Ils le planquèrent en m’apercevant. Je rigolais légèrement tout en entrant avant de froncer le nez. L’odeur d’alcool imbibait chaque pore de la pièce, chaque personne, chaque siège… et il n’était que 22 heures.
Rapidement, je repérais mes collègues parmi la jungle d’étudiant. Je commençais à me frayer un chemin lorsqu’une main s’abattit sur mon épaule. Avec espoir, je me retournais, espérant trouver Therence… avant de perdre bien vite le sourire. Marie. Bon. Ce n’était pas mal non plus. Elle se pencha sur mon oreille pour couvrir la musique.

-Je pensais que vous ne viendrez pas !

Son haleine alcoolisée me fit légèrement reculer le visage. Ses yeux m’indiquèrent aussi qu’elle n’avait pas fait que boire. Je souris légèrement en lui assurant que je tenais toujours parole avant de me dégager de son étreinte. Une étudiante chaleureuse et sobre, pourquoi pas, mais chaleureuse et saoule… ce n’était pas vraiment ce que j’aimais. Un petit détour par le bar et une bière à la main plus tard, je pu enfin retrouver mes collègues. Eux aussi commençaient à être bien… mais toujours moins que les étudiants. Je les enviais, d’un côté. J’avais beau boire souvent, l’effet recherché ne venait jamais. L’ivresse dans une nuit froide, assister au lever de soleil dans les rues, tout ça datait de bien trop longtemps pour que je ne sois pas un peu amer face à la débauche qui s’offrait devant mes yeux.
Les paroles assourdissantes des autres enseignants finirent par me lasser. J’avais depuis longtemps décroché de leur blablas incessant et insignifiant pour regarder la foule, un anonyme parmi tant d’autre. Je venais même de repérer Therence… qui parlait avec une fille. Je la détaillais rapidement avant d’hausser un sourcil. C’était ça, son genre ? D’un geste, j’attirai l’attention d’un professeur et lui désignais la fille.

-Tu trouves qu’elle est mignonne ?!

Il répondit par la positive. Je tournais les yeux vers lui pour lui montrer clairement que ce n’était pas la réponse que j’attendais. Non, elle n’était pas mignonne. Elle était fade... Et puis de toute façon qu’est-ce que j’en avais à foutre ? Il parlait avec qui il voulait. Ce n’était pas comme si nous… lui et moi étions quelque chose.
J’avais besoin de prendre l’air, de sortir. Je me frayais à nouveau un chemin parmi la foule, dans le sens inverse cette fois. Les jeunes étaient rentrés et le trottoir était désert… à l’exception d’une fille, penchée en avant, qui vomissait ses tripes. Un coup de vent m’apporta toute l’odeur, qui me monta à la tête. Je retins un haut le cœur. Dégueulasse. Je m’approchais et posais ma main sur son épaule. Pas de réaction. J’attrapais ses cheveux pour dégager son visage, histoire qu’elle puisse vomir en paix. Elle n’avait pas l’air de vouloir s’arrêter pour le moment. Et tandis que doucement, je frottais ses épaules, une odeur autre que celle de son vomi m’interpella. C’était une louve ?

-Tu es ivre ?, m’enquerrai-je.
-Hé ! Elle vomit depuis longtemps ?, demanda un type qui déboula du bar. Attends… T’es aussi un surnaturel ?

Je le scrutais froidement avant de comprendre qu’il en était un aussi. Jeune, certes, mais un surnaturel quand même. Le parfait stéréotype du petit chimiste. Lunettes, bonnet de hipster et chemise blanche entrouverte sur un T’Shirt Breaking Bad.

-J’voulais créer un truc qui permettait à l’alcool de faire effet. On l’a pris ensemble, mais j’crois que les effets secondaires sont pas top pour elle…, dit-il alors que sa copine était toujours en train de gerber sur le trottoir.
-… Il t’en reste ?, demandai-je.
-Euh… Oui. Ouais. Mais c’est pas… c’est pas cool, les effets secondaires.

J’haussais une épaule pour signifier mon manque total d’intérêt dans ses babillages. Ca avait l’air d’aller pour lui. Il suffirait de boire raisonnablement et j’aurais les effets de l’alcool sans les effets négatifs de son cachet… peu importait ce qu’il avait pu mettre là-dedans. Du moment que ça fonctionnait. Nous échangeâmes la pilule contre la poignée de cheveux de sa copine, qui semblait s’en remettre doucement. Les effets secondaires n’étaient pas si terribles que ça, au fond.
Le cachet sur la langue, je retournais dans le bar, direction le comptoir. Et comment mieux commencer une buverie depuis longtemps que par quelques shots de tequila ?



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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Dim 13 Déc - 3:11



Let the party beguin!


-C'est mignon. Ça représente quelque chose?

Musique à la mode, joyeux bavardages entre potes, et alcool avec plus ou moins de modérations, tous les ingrédients pour une bonne soirée. Petite-blonde-mutine se retourne et me reluque avec une mimique gourmande avant de me remercier et prendre le verre que je suis venu lui rendre, pleins. Je la dévisage également sans cacher mon intérêt, et elle se hisse à mon oreille pour me souffler "c'est un triquetra. Ça veux dire pleins de choses". Ah. Ah, ouais! Un triquetra, tout le monde connait ce symbole particulier rendu célèbre par un feuilleton télé sur trois sœurs sorcières, quoiqu'il soit légèrement stylisé ici. Je me demande si elle a des sœurs, elle... Mais c'est autre chose qui m'intrigue, et... je repousse délicatement ses cheveux pour admirer encore le dessin sur sa nuque... avant que son amie qui visiblement ne capte pas que nous sommes occupé ne la réclame avec un enthousiasme cachottier pour l'entrainer dans la discussion.
Elle lui désigne deux consommateurs, et la bande observe et commente le manège qui se trame. Donc elle, là bas, c'est la prof de psycho. Et l'autre qui la colle avec insistance et beaucoup trop d'espoir pour ne pas susciter les moqueries, c'est le chargé de TD d'anglais. Je me détache des amourettes fallacieuses mais écoute d'une oreille pour me familiarise avec le monde universitaire dont les portes ne devraient pas m'être ouvertes. C'est différent de côtoyer la faune estudiantine en tant que terminale qui s'incruste comme chez lui à leurs soirées pour s'éclater, et se fondre parmi ses vrai-faux camarades d'études. Ça me donne un aperçu de la vie à la FAQ aussi. Bien que je ne sois pas très bien parti pour poursuivre mon cursus scolaire une fois que j'aurai achevé ma dernière année de lycée, je crois... Enfin, je suis pas venu ici pour penser à mon avenir. Puis je suis curieux de mieux connaitre l'univers et les gens qui gravitent autour du cosmos qu'est la filière criminologie. Ouais, pour l'instant, j'ai d'autres projets en tête... songè-je en avalant une gorgée et faisant le tour de la salle.

Parmi les visages sur lesquels je tente de mettre une identité, je cherche négligemment le professeur allemand. En retard, ou déjà en train de s'amuser dans un coin à labris des regards? A cette pensée, je retire le goulot de mes lèvres et attire l'attention de la jeune femme en me penchant à son oreille. Je vais devoir la laisser rejoindre des potes, mais on pourrait se revoir d'ici peu? Je brûle de savoir d'où lui vient ce petit tatouage...

Je range mon téléphone dans la poche de mon jean avec satisfaction en migrant à travers les gens. Pas d'Adriann en vu. En revanche je repère Marie qui profite allégrement de sa soirée. Au moins, il n'est pas avec elle... Elle est canon, un peu trop même. Je réfléchi en l'observant de loin. Et si j'allais lui demander son numéro, à elle? Ce serait l'occasion de savoir si elle a vraiment les atouts nécessaires à intéresser ou non l'enseignant?...

-Therence, salut!

Interrompu dans mon plan, je me retourne sur la voix féminine qui semble me connaitre... de manière non réciproque. Je me rappelle, c'est avec elle que j'ai bossé l'exercice de criminologie le premier jour. On ne s'est pas adressé plus de trois mots de depuis, mais son regard est plutôt explicite sur son envie de mieux faire connaissance... Je souris un peu plus, mon numéro de téléphone gagné d'avance, et pourquoi pas d'avantage. C'est qu'elle est plutôt simple comparée à certaines bimbo à jupette et cheveux décolorés, mais pas moins jolie derrière sa paire de lunettes accordée au rouge de ses lèvres...

... Et elle n'est pas bête en prime. Heather est passionné par la criminologie, je saurais à qui demander de l'aide si notre cher professeur ne peut pas se mettre à ma disposition. Puis elle est fan d'astronomie. C'est cool. J'y connais rien, mais j'ai tout intérêt à m'y intéressé ce soir! Je bois ses explications digne d'une série de science fiction - nuages de Oort, planètes hypothétiques et naine brune?! - quand d'un coup d’œil vers le bar, un dos se démarque des autres... Je retrouve un sourire mutin et quitte la fille sur un "à plus tard", direction la cible que je ne lâche pas des yeux. Enfin, la soirée peu vraiment commencée...

-Alors, la pêche est bonne?

Je retire ma main de son épaule et mes lèvres de son oreille pour contourner Adriann et m'installer à côté, rien qu'un geste furtif et tout au plus amical dans ce lieu un peu trop bruyant. Puis c'est bien connu, le jeune professeur Weizerling est apprécié et proche de ses étudiants... J'agite mon tel d'une main et affiche quatre doigts en évidence. Et je ne suis là que depuis trois-quart d'heure. Bon, j'ai choppé le premier numéro avant d'entrer dans ce bar, mais il n'a pas besoin de le savoir. Quoiqu'il s'en doute peut-être... Je ne cache ni ma fierté ni ma malice en jouant avec ma bouteille. Le truc, c'est que s'étant lancé dans un jeu, on a naturellement évoquer les gains. Mais... on ne s'est imposé aucune règles. Alors...
Bienvenue dans les parties de jeu à la Therence Garnet, où il faut savoir profiter du moindre avantage à sa disposition pour parvenir à ses fins! J'espère qu'il ne m'en voudra pas, mais j'ai l'esprit de compétition, et je ne compte pas gagner sans lui en mettre plein la vue. Dans ce bar, nous sommes deux séducteurs en chasse, et quel que soit le gain final, c'est mon honneur de mâle que je parie. Est-ce que ce sourire sournois collé au visage lui fait craindre le jeu qui l'attend? J'espère. Ça m'amuse de croire que si j'étais un animal, je tiendrais un peu du renard ce soir... Mh, je l'ai pas attendu pour boire. Mais pas assez pour être ivre non plus, je veux rester frais pour notre duel. D'ailleurs j’attends qu'il m'étale sa propre réussite...  

-... Me dis pas que t'as pas encore un seul numéro?

Mais il est arrivé y a combien de temps?! Il en a même pas profité pour prendre de l'avance avant qu'on se retrouve? Sérieux?!

-Pour être le dragueur attitré qui m'a lancé ce défis, je trouve que t'es pas très préparé. m'amusais-je. Ou bien monsieur à des principes que je ne partage pas, un top départ par exemple? Tu sais, je suis prêt à te laisser un peu d'avance pour me rattraper si tu me le demandes. le narguais-je en tournicotant mon téléphone.

Je sais, je suis terrible dès qu'il s'agit de bataille. Mais un jeu, ce n'est jamais vraiment qu'un jeu, c'est une manière de montrer ce que chacun vaut. Et puis, je me dis en le reluquant que la mise est de taille... Enfin! La partie commence à peine. J'ai aucune idée de ce que je pourrais lui réclamer pour l'instant, j'ai toute la soirée pour y réfléchir.

-Tu fais souvent la récolte des numéros de téléphones? questionnè-je en reluquant négligemment sa boisson. Ou c'est un de ces trucs que tu sort à l'occasion?... Le genre de trucs auquel t'as pas joué depuis longtemps. Depuis que t'es arrivé à Beacon Hill?

Simples suppositions. Je sais qu'il n'est pas d'ici ni là depuis bien longtemps, mais... c'est manière d'engager la conversation. En dehors de son rôle de pédagogue et de ses côtés les moins ragoutants, finalement, je ne sais pas tant de chose sur lui.

Autour de nous, les élèves et le personnel de la FAQ vaquent à leurs propres vies, nous ne sommes qu'un prof et son élève discutant au bar de choses et d'autres. Deux hommes qui profitent de l'opportunité pour apprendre à se connaitre?

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Mer 23 Déc - 0:56




Let's talk about...

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Les shots de tequila étaient vides. Au final, c’était un début bien sage. Mais la nuit ne faisait que commençait et il n’était certainement pas dans mes intentions de finir dans le même état que la louve à a peine vingt-deux heures trente. Je levais la main pour commander une bière, observant distraitement la professeure de psycho en proie avec un gamin aux atouts que l’alcool flattait un peu trop. Tout le monde semblait en rire. C’était parfait. Il suffisait de laisser trainer encore un peu, histoire de bien faire grimper l’énervement, puis de s’interposer comme le chevalier servant… un classique sur lequel il ne fallait pas se louper pour gagner le numéro tant désiré.
Une nouvelle main glissa sur mon épaule avant qu’un souffle chaud ne résonne à mon oreille. Un sourire fleurit sur mes lèvres à ce contact furtif tandis que mon camarade de jeu s’installait face à moi.

-Alors, la pêche est bonne ?, dit-il d’un air presque victorieux, quatre doigts fièrement dressés qui s’abaissèrent bien vite pour retrouver la bouteille.

Je ne répondis rien. Parce que je n’avais rien à répondre… J’avais oublié. Tout simplement oublié le petit défi que j’avais lancé à Therence, noyé dans l’éventualité de pouvoir enfin, après tant d’années de sobriété forcée, retrouver l’alcool et la perspective d’une bonne gueule de bois.

-... Me dis pas que t'as pas encore un seul numéro ? Pour être le dragueur attitré qui m'a lancé ce défi, je trouve que t'es pas très préparé. Ou bien monsieur à des principes que je ne partage pas, un top départ par exemple? Tu sais, je suis prêt à te laisser un peu d'avance pour me rattraper si tu me le demandes.

J’éclatai de rire face à son assurance. Un temps d’avance ? Jamais personne n’avait demandé un temps d’avance. Je n’allais certainement pas être le premier.

-Seulement quatre ? Et tu es arrivé il y a combien de temps ?, le narguai-je en haussant un sourcil.

On pouvait être deux à jouer à son jeu, l’informai-je d’un regard plus intéressé qu’amusé. Je me tournais vers la serveuse et la remercia d’un clin d’œil lorsqu’elle me tendit la bière… avant de l’exhiber fièrement devant les yeux de Therence. Au stylo argenté, tout en courbe et en paillette était écrit « Stacey », suivit de son numéro et de l’heure à laquelle elle terminait.

-C’est la barbe, expliquai-je simplement dans un sourire, en haussant les épaules.
-Tu fais souvent la récolte des numéros de téléphones ? Ou c'est un de ces trucs que tu sors à l'occasion ?... Le genre de trucs auquel t'as pas joué depuis longtemps. Depuis que t'es arrivé à Beacon Hill ?
-Disons… que ça fait depuis que je suis arrivé que je ne l’aie pas fait. Sans la compétition entre potes, c’est moins marrant, soupirai-je en avalant une gorgée de bière avant de le détailler. Je te vois toujours seul, hormis les gens que tu dragues. Tu t’es pas fait spécialement d’amis en amphi, peut-être pour préserver ton secret, mais j’en doute. Ton côté rebelle solitaire est totalement assumé, ou… c’est juste que tu as peur de t’attacher ?

Le silence qui suivit fut d’autant plus gênant que nos regards étaient plantés l’un dans l’autre, sans qu’aucun de nous ne puisse s’en détacher. Therence voulait me connaitre. Le problème, c’était que ce désir n’était pas à sens unique, et qu’il allait devoir lui aussi répondre à mes questions. Pour amorcer la discussion et étoffer ma réponse, je livrais quelques bribes de la jeunesse berlinoise en général assez mouvementée… à moins que ça n’ai été que la mienne :

-On s’était habitués à sortir très souvent pour créer des liens un peu moins morbides que ceux formés par la criminologie. Même très très souvent. Au bout d’un moment, j’ai dû baisser le rythme et un… ami, enfin, un mec m’a parié que j’aurais moins de succès si je le faisais. Du coup, on a lancé le défi, et c’est resté. Même quand on a tous quittés la fac. Et je détiens le plus grand total de numéro accumulé, souriais-je à pleine dents avant d’avaler une rasade de bière et de capturer à nouveau son attention avec mon regard. A ton tour. Quelle est l’histoire qui se cache derrière le solitaire au blouson de cuir ?

J’étais à l’écoute, intégrant et mémorisant tout ce qu’il disait, sans pouvoir empêcher une petite partie de moi-même de se questionner. Je doutais que Therence n’était pas du genre à se livrer, même un tant soi peu… mais était-ce un privilège, ou resservait-il toujours la même tranche d’histoire au premier venu qui insistait un peu ? Gardant ce doute à distance pour ne pas perdre le fil des paroles du brun, à peine couvertes par les rumeurs incessantes sur le gamin et la professeure de psycho. Jusqu’à ce qu’un visage surgisse face au mien, un regard colérique mais surtout haineux qui balayait toute ma personne, de haut en bas. Sa tête ne me revenait pas et je ne manquais pas de lui faire savoir. Si ce qu’il me cracha presque au visage était vrai, je connaissais peut-être plus intimement sa sœur, Clara. Clara, la fille du mardi et du dimanche ?

-Je vois pas, mentis-je en haussant les épaules. Elle te ressemble ? Ca doit pas être mon genre, alors...

Il fallait pourtant avouer que, certains soirs, il suffisait de posséder deux bras et deux jambes pour rentrer dans mes standards. Sa tête à lui, par contre, ne me disait absolument rien. Il m’informa être professeur de français à la fac, tandis que Clara enseignait… la même matière. Au lycée. Elle m’avait expliqué, un soir de grand monologue, avoir grandi là-bas. Ce qui justifiait, au préalable, leur accent encore plus embarrassant que le mien.

-Sa tête me revient. Par contre, ce n’est vraiment pas mon genre.

Un ricanement s’échappa de derrière son épaule, qui lui fit faire volte face. Le français darda un regard assassin sur Therence avant d’écarquiller les yeux, le visage rougit par la colère.

-Toi ! Tu te fous de ma gueule ?!, hurla-t-il en brandissant un doigt rageur sur la poitrine de l’adolescent. T’es le connard à la moto ! Toi aussi, t’es allé baiser ma sœur ?! Ne mens pas, le prévint-il en lui soufflant son haleine au visage. J’ai vu ta moto garée devant chez elle un soir !
-On se découvre des points communs au fur et à mesure que la soirée avance, m’amusai-je avec un regard angélique à l’adresse du professeur.



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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Mar 29 Déc - 23:19



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Enfin ma soirée prend tout son intérêt lorsque je trouve le professeur tant attendu en train de siroter. Je m'étonne ouvertement qu'il n'ait aucun numéro à me présenter, ça mérite quelques provocations auxquelles il répond d'un éclat de rire.

-Seulement quatre ? Et tu es arrivé il y a combien de temps ?

Je me contente de plisser méchamment les yeux, conscient qu'une réponse sera sans effet contre sa répartie. Et loin de se laisser impressionner par ma récolte, il montre fièrement la bouteille de bière qu'on lui amène, joliment intitulée au stylo pailleté. Je grimace un peu plus sans me départir d'un petit sourire. Sale crâneur...

-C’est la barbe.

Tsss. Je leurs en foutrais moi de la barbe à tous les barbus qui rôdent dans les bars! Je me caresse le menton, j'adopterais le style un jour moi aussi. Ça fera de la concurrence à certains...
Je le reluque, lui et sa pilosité attractive. Depuis combien de temps il teste son sex-appeal en défiant les autres au jeu des numéros? Je suis curieux. La soirée se prête aux bavardages, c'est pas comme si on pouvait se permettre de faire autre chose ici, me dis-je en jetant un œil rapide sur un couple qui s'affichent sans embarras.

-Disons… que ça fait depuis que je suis arrivé que je ne l’aie pas fait. Sans la compétition entre potes, c’est moins marrant.

Je souris sur le goulot de ma boisson. Pauvre Adriann qui a perdu son terrain et ses compagnons de chasse... Je croise son regard observateur et plisse les sourcils, curieux de savoir où il veut en venir avec ses déductions.

-Je te vois toujours seul, hormis les gens que tu dragues. Tu t’es pas fait spécialement d’amis en amphi, peut-être pour préserver ton secret, mais j’en doute. Ton côté rebelle solitaire est totalement assumé, ou… c’est juste que tu as peur de t’attacher ?

Ses paroles me saisissent, mon regard pris dans le sien comme un animal dans les phares d'une voiture. Wow. Je... m'attendais pas vraiment à ce genre d'indiscrétions là. Je le dévisage avec du recul, touché par une question qui n'en est pas vraiment une et vexé de me faire sonder comme il le fait. J'aime pas qu'on se permette des affirmations à mon sujet, qu'est-ce qu'il cherche exactement?... Apprendre à me connaitre ou... est-ce qu'il espère quelque chose d'autre?...
Sa question m'affole intérieurement, et lui même semble plus captif que conquérant à la façon dont il me scrute, langoureux sans le vouloir, un regard dont il est difficile de s'extraire...  Notre mal-aise n'en est que plus partagé, et ça n'aide pas à me calmer. Les secondes ont pris des airs d'interminables minutes...

Je me libère de son regard et noie discrètement le trouble dans ma boisson quand il consent à me parler un peu plus de lui plutôt que m'imposer une confirmation que je ne tiens pas à fournir. Ma bière avalée, je respire à nouveau.

-On s’était habitués à sortir très souvent pour créer des liens un peu moins morbides que ceux formés par la criminologie. m'explique t-il. Même très très souvent. Au bout d’un moment, j’ai dû baisser le rythme et un… ami, enfin, un mec m’a parié que j’aurais moins de succès si je le faisais. Du coup, on a lancé le défi, et c’est resté. Même quand on a tous quittés la fac. Et je détiens le plus grand total de numéro accumulé.

-Ça m'aurait étonné...

-A ton tour. Quelle est l’histoire qui se cache derrière le solitaire au blouson de cuir?

-"Solitaire"?... répétè-je dans un rire agacé, parce que ce n'est pas la première fois qu'on me chante ce refrain et que j'apprécierais pas que ça en devienne une habitude. Je choisi bien mes relations. C'est tout. lâché-je en ramenant sur lui un petit regard désinvolte mais insistant que je lui laisse libre d’interpréter.

-Je suis pas un solitaire. Je veux dire, je côtoies beaucoup plus de monde que tu sembles le croire.

Il y a Bruny, la deuxième année que je retrouve souvent entre les heures de classes, ces types du cours de sport qui marchent à chacune de mes c*nneries sans même réfléchir, tous ceux à la table ou aux côtés de qui je peux m'inviter comme chez moi en dehors des heures de classe, parce qu'on me respecte et que je m'adapte à toutes les mentalités, sans parler de mes aventures régulières même si elles ne méritent pas de porter des noms de jours de la semaine...
Je suis pas le pauvre solitaire qu'il sous-entend avec sa supposition d'une incapacité à m'attacher. Un constat qui met l'accent sur un vide visiblement plus évident que je le souhaiterais. Et c'est vexant.

-Une histoire, ça fait beaucoup de chapitres à raconter. inspirè-je avec un peu plus d'entrain et laissant comprendre qu'il ne suffirait pas de jouer les profiler pour me faire parler. Mais ok, chapitre "Le solitaire au blouson de cuir". D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours bougé. Une ville ou une autre, un état, un pays... J'ai rencontré un tas de gens, vu des lieux différents, ça forge le caractère. Quoique j'ai un peu hériter ça de ma mère aussi... admis-je dans un petit rictus. J'ai jamais eu beaucoup de mal à m'adapter. J'ai toujours su me faire respecter et apprécier. Mais du coup, c'est pas forcément évident de conserver des liens dans ces conditions. Faut savoir renouveler son répertoire assez souvent. haussè-je négligemment les épaules.

Se faire des amis, les quitter pour de nouveaux visages, garder contact mais pour un temps seulement parce que les amitiés s’estompent pour de plus récentes fréquentations, et ainsi de suite...

-Je suis pas fais pour la stabilité.

Je lui fais pas l'affront de le regarder. J'ai pas non plus envie de savoir ce que ces quelques mots peuvent susciter...

-Mais j'ai pas besoin de ça. Des fréquentations trop proches, c'est contraignant. Seul, j'avance à mon propre rythme, je côtoie qui ça m'arrange... Je suis libre de faire ce que je veux, sans dépendre de quelqu'un ni avoir de compte à rendre. Je n'ai à me soucier que de moi.

Et l'inverse est aussi vrai. Je ne suis le fardeau de personne. Pas tant que je ne me retrouve pas mêlé à la vie d'autrui ou que je ne m'embarque pas dans des situations desquelles je ne suis pas en mesure de me sortir seul...

-... Tant qu'on la choisi, la solitude a du bon! déclarè-je avec conviction.

Je n'ai pas... peur de m'attacher. J'ai simplement décidé d'être mon propre chef, et mon propre gouvernail. Je me suffit à moi-même.
Je me sens mieux d'avoir recadré cet angle là de la question, et je clos mon discours sur un petit air amusé.

-Et le blouson... C'est moi, c'est tout.

Therence Garnet n'a pas toujours endossée sa peau de rebelle, mais c'est comme ça qu'on me connait ici et que je compte faire en sorte qu'on se souvienne de moi.

-Et toi, "Monsieur j'ai pas de potes avec qui jouer à la récolte de numéro"? T'es encore capable d'avoir des relations en dehors du travail et de tes parties de jambes en l'air?

Je retrouve un sourire effronté et une mine exagérément interrogative. Qu'est-ce qu'il affiche de lui sinon son statut de savant du crime et de Casanova? Il peut déblatérer sur mon tempérament solitaire, lui même reste un séducteur qui que soit l'interlocuteur qui lui fait face. J’appelle pas vraiment ça nouer des relations sérieuses...  

Mais un type à l'accent prononcé, manifestement lui aussi très intéressé par la question, ne nous permet cependant pas de l'approfondir. Je hausse un sourcil à l'intention d'Adriann qui découvre avoir à faire au frangin d'une Clara qu'il aurait honoré...

-Je vois pas. Elle te ressemble ? Ça doit pas être mon genre, alors...

Je camoufle mon sourire grandissant dans le creux de ma main, accoudé à la table, et les reluques tour à tour. Mon gars, tu sais pas à qui tu t'attaques... Ça ne m'empêche pas d'être attentif à cette histoire. Le français est un collègue à lui, et sa sœur prof dans la même matière.

-Sa tête me revient. Par contre, ce n’est vraiment pas mon genre.

Le flegme du criminologue m'achève cette fois, et je m'attire les foudres du blindé qui me fiche son haleine alcoolisée sous le nez en s'égosillant.

-Toi ! Tu te fous de ma gueule ?! T’es le connard à la moto ! "Le connard à la moto?"... Tenant compte de l'une et l'autre de ses affirmations, c'est très probable. Mais qu'est-ce qui me vaut... Toi aussi, t’es allé baiser ma sœur ?! J'ouvre grand les yeux pour le coup. Ne mens pas, j’ai vu ta moto garée devant chez elle un soir !

Heu... quoi? Sa sœur? Je suis passé sur les sœurs de beaucoup de mecs, mais quand il est question de la prof de français, ça me surprend vivement. Wow, la prof du lycée? MON lycée?!...
Le type boue sous le regard facétieux d'Adriann pendant que je remue c*nnement mes pensées. Ben, pour être honnête, je crois pas avoir déjà couché avec un prof... un de MES profs hormis celui de criminologie, mais... hors du contexte scolaire, l'alcool aidant, est-ce que ce ne serait pas impossible?...

-On se découvre des points communs au fur et à mesure que la soirée avance, jubile innocemment l'allemand sans quitter l'autre des yeux.

-Difficile à dire... admis-je sincèrement en reluquant le même prof à la recherche d'un déclic concernant sa sœur. Non, sans blague, je m'en souviendrais si j'avais couché avec la prof du bahut?!...

Ma méditation profonde et le visage d'ange d'Adriann n'aide pas le pauvre type à retrouver son calme. J'ai l'élan de me pencher en arrière quand son bras fait un crochet entre nous, l'allemand qui l'évite lui aussi de peu. D'un regard nous nous demandons s'il nous visait réellement tous les deux ou si l'alcool l'a légèrement dévié de sa cible avant qu'il ne revienne à la charge, plus rageur que jamais.

-Vous foutez pas de moi!!! gueule t-il avant de célébrer son accent avec exaltation. Je vais vous faire passer l'envie de rire, sales fils de p*tes!

Alors ça, il aurait pu éviter...
Il se rétame ridiculement dans les tabourets sous un réflexe d'Adriann, et je vais le cueillir par le col avant qu'il ait put ce relever, claquant d'un même jeu de langue.

-Je vais te faire passer l'envie de me traiter de fils de p*te, fils de...

-Du calme ici! Du calme!


Il a du bol que le professorat s'en mêle. Je lui aurais arrangé les dents à ce sale c*n, y a des insultes légitimes, et d'autres plus difficiles à tolérer. Les collègues l'éloignent de nous sous les regards plus inquiets que sévères des employés, et les excuses passées, l'ambiance festive reprend ses droits. Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse avec son assistance, puis je ramasse mon siège et scrute les témoins de l’altercation en redisciplinant mes cheveux en même temps que mon humeur.

-... Je crois qu'on a grimpés dans les sondages... me vantè-je en détaillant les regards insistants dans notre directions, puis celui de mon rival d'un soir. Bon. On en étais où?

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Dim 3 Jan - 16:29




... You and me

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Solitaire. Le mot en lui-même semblait lui déplaire, comme s’il était le reflet d’une quelconque réalité qu’il cherchait à dissimuler. Son regard chercha le mien, bien plus assuré que celui de tout à l’heure, voir totalement désinvolte.


-Je choisi bien mes relations. C'est tout.
-Je devrais me sentir honorer ?, me moquai-je légèrement en haussant les sourcils.

Avant de m’assurer une nouvelle fois qu’il n’était pas l’étiquette que le monde entier s’entêtait à lui coller. Un sourire naquit sur mes lèvres face à l’entêtement avec lequel il réfutait mon affirmation. Jusqu’à ce qu’il inspire comme pour se donner un peu de courage.

-Une histoire, ça fait beaucoup de chapitres à raconter. Mais ok, chapitre "Le solitaire au blouson de cuir". D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours bougé. Une ville ou une autre, un état, un pays... J'ai rencontré un tas de gens, vu des lieux différents, ça forge le caractère. Quoique j'ai un peu hérité ça de ma mère aussi...
-…Faut savoir renouveler son répertoire assez souvent. Je suis pas fais pour la stabilité.

Haussement d’épaule négligé et regard soigneusement planté ailleurs. J’hochais légèrement la tête, pas certain de savoir ce que ses mots me faisaient ressentir. Pas certain d’avoir envie de le découvrir. Et il continuait à m’expliquer les avantages à rester seul. Au moins, il avait le mérite d’être franc. Même si là aussi, le doute subsistait quant à savoir si j’aurais ou non préféré un mensonge.

-Et le blouson... C'est moi, c'est tout.

Explication simple mais suffisante, je souris légèrement à son air amusé qui se transforma rapidement en sourire beaucoup plus effronté. Il rattrapait bien le sérieux de son discours…

-Et toi, "Monsieur j'ai pas de potes avec qui jouer à la récolte de numéro" ? T'es encore capable d'avoir des relations en dehors du travail et de tes parties de jambes en l'air ?

Parties de jambes en l’air qui avaient l’air clairement contestées par l’arrivée soudaine du frère d’une de mes conquêtes. Et pas n’importe laquelle. La seule qui pensait que mon corps n’appartenait qu’à elle et qu’une quelconque fidélité aussi… Je doutais que si elle était assez cinglée pour envoyer son frère, il devait l’être tout autant. Ce qui semblait se confirmer lorsqu’il se tourna pour fusiller Therence d’une haleine alcoolisée. L’adolescent ne sembla pas assez intimidé pour l’empêcher de se pencher franchement sur la question. Avait-il vraiment couché avec sa prof de français ? Plus ses réflexions duraient, plus un ricanement était difficile à dissimuler, ce qui fit craquer l’autre prof. Son poing décrivit un large crochet que nous esquivions avec… beaucoup de facilité, pour tout dire.

-Vous foutez pas de moi!!!, hurla-t-il avant de continuer avec un enchaînement de sons incompréhensibles.

Mais visiblement pas pour tout le monde, puisque Therence lui sauta dessus pour répliquer quelque chose en français. Son poing était levé et je n’avais même pas amorcé un mouvement pour l’arrêter. Il m’avait laissé cogner sur Lundi, et je comptais bien le laisser cogner sur ce type s’il en avait envie.

-Du calme ici ! Du calme !, aboya je ne sais pas quel professeur en séparant les deux hommes, attirant sur nous les regards indiscrets des élèves. Génial.
-... Je crois qu'on a grimpés dans les sondages..., se vanta-t-il en disciplinant ses cheveux. Bon. On en étais où?

J’avais beau afficher le contraire, des dizaines de questions tournaient dans ma tête. Le frère de Clara me connaissait. Je savais qu’en plus d’être fragile, elle n’était pas particulièrement saine d’esprit. Mais de là à parler d’un simple plan cul à son frère ? Ce dernier s’éloignait à grand renfort d’autres enseignants, qui, contrairement aux employés du bar, semblaient penser que tout était de ma faute. Ce qui était faux ! La faute était partagée. Pas équitablement, certes. Mais quand même. Dans un élan de bonté, j’envoyais un SMS pour prévenir Clara de l’état dans lequel se trouvait son frère. S’il pouvait enrager à cause d’une connerie pareille, qui sait quel genre de crise il pouvait encore provoquer. Il valait mieux qu’elle vienne le chercher.

-Clara est… c’est Mardi, expliquai-je à Therence. Et aussi Dimanche. Donc, souriais-je faiblement, je suppose que ça répond à ta question. Je n’ai pas vraiment d’amis à Beacon Hills.

J’entamais la bière en réfléchissant. J’avais tout laissé à Berlin. Amis, famille et même amant. Et pourtant, aucun manque ne m’avait poussé à créer de vrais liens. A peine des plans culs réguliers pour meubler les nuits et faire passer le temps. Personne. Sauf…

-Attends, mais j’ai un pote !, m’exclamai-je avec surprise, avant de perdre rapidement la face après avoir plus mûrement réfléchis. C’est pas vraiment ça, en fait. Chad Wilder. Il t’apprécie pas trop, d’ailleurs… même si ça m’étonnerait qu’il aime beaucoup de monde en dehors de son loulou.

Ni que le loulou en question n’apprécie beaucoup de monde non plus… Même si pour le moment, j’essayais de ne pas transférer mon impression de Chad sur Mick. Je n’aimais pas juger les gens à la va-vite et je préférais attendre de le rencontrer pour me faire une idée. Il y avait déjà quelque chose de positif, c’était qu’il m’avait sauvé la vie malgré tout ce que j’avais fait subir à son fiancé. Des éclats de voix se firent entendre à l’entrée du bar, me tirant hors de mes pensées. La voix de Clara. En me relevant, je repérais d’un coup d’œil la porte des toilettes. Hors de question de tomber sur elle et qu’elle ne ruine la soirée. J’attrapais la main de Therence dans l’une des miennes, la bière de l’autre et l’amenait avec moi fendre la foule compacte, plus occupée par la dispute qui avait éclatée que par un duo relativement interdit par la loi. Les toilettes franchis, je poussais l’adolescent dans une cabine et refermais la porte derrière nous avant de me tourner vers lui. Seules nos deux respirations résonnaient dans l’espace restreint.

-Désolé. Mais cette fille !, murmurai-je en roulant des yeux avant de les poser sur lui.

Le silence ambiant me faisait réfléchir à des choses légèrement plus sérieuses que ne l’était Mardi. Comme le rêve dans lequel il m’avait invité et que j’avais lentement et sûrement détruit en y amenant des fragments de mes cauchemars. J’ouvris la bouche avant de la refermer, les sourcils froncés, incertain quant à la manière d’aborder le sujet.

-Le rêve… Tu as dit que tu n’étais pas juste un humain, dedans. Alors tu es quoi, au juste ?

J’avais peut-être été plus choqué par le cauchemar que par la découverte d’un rêve commun sur le moment, mais j’avais plusieurs autres questions en réserve.

-Et c’était quoi, cet endroit ?


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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Ven 8 Jan - 19:14



Explications
-Je devrais me sentir honorer ? ironise doucement le professeur lorsque je laisse entendre que je ne suis pas un solitaire mais que je fais attention à mes fréquentations.

Sa rhétorique lui fait marquer un point auquel je me contente de sourire en glissant mon regard ailleurs en meilleurs perdant que je pourrais l'être. Se sentir honorer?... Ça me traverse l'esprit sans vraiment m'y attarder, une discrète petite pensée. Peut-être, d'une certaine façon...

Adriann cherche à décortiquer cette image de réfractaire, alors je rétablis sa présomption. Je n'aime pas passer pour un handicapé relationnel. Je suis un indépendant, pas un pauvre esseulé. Quoique me retrouver dans de sales situations sans compter sur autre chose qu'une aide providentielle puisse laisser voir. Et je met un point bref mais ferme à ce que mon choix et mon besoin de liberté soient clair. Je... ne suis pas certain du sens réel de la question par laquelle il m'a emmené à parler, s'il y avait vraiment une autre interrogation, ou si c'est moi qui... Mais faire croire que je suis capa... que je veuille me lier à qui que ce soit, est-ce que ce n'est pas engendrer de faux espoirs?...
Que je l'admette ou non en ces termes, je suis un "solitaire" comme il le dit si bien. Un type volage et sans attaches, qui n'a pas vraiment de scrupules à briser quelques cœurs. Mais j'en sais rien, je trouve ça correct de le prévenir. Et de toute façon quelle que soit sa véritable question, c'est pas comme s'il n'avait pas lui même constamment des vues ailleurs, non?

L’aparté "frangin gueulard" terminé, nous en revenons à la question sous les regards plus ou moins intéressés, plus ou moins accusateurs. A juger la suspicion de ses collègues, je ne suis pas le seul à avoir une réputation bien ancrée.

-Clara est… c’est Mardi. Je lorgne vivement sur lui, piqué et dubitatif. C'est avec elle, le sujet de notre altercation, et ma prof de français, qu'il couche tous les mardi?!... Et aussi Dimanche.

Oh... deux jours. Rien que ça. Pas de quoi imaginer qu'elle soit assez "spéciale" pour avoir ce privilège! A me repasser les dards envoyés au frérot, je ne sais plus jusqu'à quel point il plaisantait...

-Donc, je suppose que ça répond à ta question. Je n’ai pas vraiment d’amis à Beacon Hills.


Je le regarde en coin, mi-sceptique, mi-concerné.

-Et ça me traite de "solitaire"...

J'ai envie de lui retourner sa propre question en le détaillant. Pourquoi? Il a tout pour plaire, c'est facile pour lui de s'entourer, tester les gens, faire le tris entre les personnes sincères de celles qui ne le sont pas et avec qui partager un minimum? Mais les raisons pouvant inciter le criminologue à restreindre ses proches sont nombreuses et s'imposent rapidement dans ma tête. En même temps, sa franchise qui le caractérise si bien, sans honte et sans détour me calme alors que je n'ai réussi qu'à essayer de noyer le poisson à coup de longs discours vaseux.
Je me laisserais presque aller à compatir avec lui de notre manque d'entourage respectif si Clara ne clignotait pas dans ma tête. Adriann couche avec ma prof de français... Je visualise l'enseignante, fais le point de tout ce qu'il y a de plus affriolant chez elle qui puisse me séduire ainsi que le profiler, et j'essaie intensément de me souvenir si non d'un chien, oui ou non, j'ai moi aussi coucher avec elle, et si je sais ce qui pourrait la rendre si particulière sans être ni sont "amie", ni assez dangereuse, ni assez en détresse pour mérité cette distinction aux yeux de l'allemand. Je tapote mes doigts sur le bord du comptoir. Dans le fond si on lui est passés dessus tous les deux, c'est qu'elle doit elle aussi être du genre à tenir un agenda sexuel et cumuler les coups... si ça se trouve...

-Attends, mais j’ai un pote !

Ça sort si spontanément que ça me surprend et me fais craindre pour le comble affectif de l'allemand. A moins que ce ne soit qu'une joie orgueilleuse d'avoir un champs relationnel un peu plus vaste que ce dont il semblait avoir conscience...
Je suis attentivement son cheminement de pensées qui rendent son visage strict jusqu'à ce qu'il s'exclame plus calmement, atténuant mon enthousiasme partagé mais renforçant ma curiosité.

-C’est pas vraiment ça, en fait. Chad Wilder.

Je manque d'avaler de travers, heureusement je crois que c'est passé inaperçue. Beacon Hill, ton manque d'envergure et de population devient dérangeant...

-Il t’apprécie pas trop, d’ailleurs… même si ça m’étonnerait qu’il aime beaucoup de monde en dehors de son loulou.

-Non, c'est vrai?...


Ça me ramène un sourire carnassier. Je ne sais pas ce que j'ai pu faire de si terrible à "son loulou" hormis le chercher un peu ou ce que je peux inspirer de si menaçant au jaloux chronique, mais son animosité était indubitable dès notre premier regard. Bizarrement, avoir la confirmation que ma tête ne lui revient pas me ravis... Et donc, ils sont potes. Ou "pas vraiment en fait". Ils sont quoi, alors?! J'ai du mal à leurs trouver des points communs. L'un est fidèle, l'autre un coureur, l'un au tempérament grave pour ce que je l'ai côtoyé, l'autre plus léger, tirant autant sur le blond et aux yeux bleu que l'autre est brun aux iris sombres... un ange et un démon. Un démon sans vraiment de retenus... J'hésite à lui demander s'il est au courant que le Wilder est fiancé à son Mick, avide de la plus petite de ses réactions sur le sujet... Si le châtain est trop occuper à coller son amoureux pour regarder ailleurs - c'est pas lui qui m'inquièterait en la matière! -  rien ne retient Adriann en revanche. La preuve ce soir... Alors ma suspicion est on ne peut plus légitime. Non?

Mais un regard alerte par dessus mon épaule m’interpelle, et le temps de regarder ce qui dérange l'allemand qu'il m'embarque avec sa bière. Il me bouscule dans une cabine avant de refermer la porte derrière nous.

-... Tu m'expliques?

J'ai rien contre une virée au toilette, mais... je croyais qu'on était là pour récupérer des tonnes de numéros? Exercice pour lequel j'étais échauffé, prêt, et enthousiaste d'ailleurs. Je le scrute des pieds à la tête, c'était pas la peine de venir se perdre dans ce bar si c'était pour...

-Désolé. Mais cette fille !

..."Cette" fille. Je retiens un soupir agacé en renversant la tête en arrière. Le frangin et maintenant la sœur qui rapplique... Mais l'exaspération avec laquelle il l'évoque me rassure un peu. Un ras-le bol de Clara?... Puis voir Adriann fuir une nana comme s'il avait un diable au fesses alors qu'il n'hésite pas à provoquer un poltron qui a envie d'en découdre à quelque chose de comique à quoi je ne peux pas m'empêcher de sourire.

Je garde le silence autant que lui, maintenant certain que personne ne nous a suivis. Plus personne pour envahir notre espace et nous regarder, nos respirations pour seule musique... je le détaille doucement, plus sage que mes réflexions le laisse croire. La dernière fois qu'on s'est retrouver tous les deux enfermés dans des toilettes, c'était...

-Le rêve…


Mon cœur rate un battement d'incompréhension, je cherche instinctivement son regard perdu dans le vague.  

-Tu as dit que tu n’étais pas juste un humain, dedans. Alors tu es quoi, au juste ? Et c’était quoi, cet endroit ?

Ah, ouais, c'est vrai. LE rêve. Je m'assoie sur la cuvette en marinant ma réponse.

-C'est une longue histoire...

Mais sa bière luit comme un accompagnement salvateur pour écouter le récit digne d'un célèbre conte victorien. Quoique s'il était du genre à être éberlué pour un rien, sa virée à elle seule dans un rêve lucide et commun l'aurait déjà effarouché.

-Je suis une Torche. Comment expliquer... j'ai été... élu? avec d'autres, pour agir sur le plan des rêves, le Monde Gris, et... sauver le monde. énoncè-je modestement avant de reprendre plus fièrement. Et là bas, je suis le Rebel. Mon don consiste à me jouer des lois.

J'élude volontairement l'existence de mon double onirique, si tant est qu'un loupiot impulsif et pleurnicheur avec qui je partage mon nom de Torche et pouvoir puisse être considéré comme mon double.
Considérant notre temps à perdre et l'absence d'oreilles indiscrètes, je lui raconte ce rêve qui n'en était pas un. Je lui parle d'impressions étranges, de signes évidents indéchiffrables avant d’atterrir dans un centre militaire ou m'attendait le jeune camarade. Un centre qui en réalité était une boite à musique géante dont les soldats nous on pris en chasse jusqu'à ce que l'on brise une pierre précieuse immense pour en être expulsés tous les deux. Et je narre comment on a ensuite manqués de se faire assaillir d'araignée énormes avant de faire la rencontre d'une femme bienveillante à l'origine de tout ainsi que du reste de la bande dans un cadre idyllique. Dans le feu de mon récit, j'évoque naturellement et sans trop m'attarder un lycan pro du la crosse au lycée, un camarade hyperactif, le vairon, et Ch...
...ier . J'ai aucune raison de donner plus d'importance à l'autre sur-protecteur qu'il n'en a déjà en l'incluant là dedans! Bref, trop tard. Donc Chad en bon inséparable de son Wayne et garant d'une épée magique, et quelques quidams tous affublés de leurs petits surnoms et pouvoirs qu'il n'a pas besoin de connaitre d'avantage - de toute façon, j'en ai oublié certains. Puis j'enchaine sur notre épopée sensationnelle du côté du lac de Beacon Hill, l'invasion de promeneurs zombis, des bestioles peu ragoutantes, de notre progression dans la grotte aux multiples tromperies, mes combats à coups de flammes et mes prouesses mentales, puis LA menace, la Tisseuse, l'araignée qui espérait tisser une toile de terreur sur le monde et que Mick et Cha... que NOUS avons vaincus!

Au terme de mon histoire, je ne sais pas jusqu'à quel degrés il me prend au sérieux... Je crois que je me suis un peu emporté et que j'ai quelques étoiles dans les yeux. J'ai jamais eu l'occasion de m’épancher sur cette aventure là avec un inconnu à l'affaire, et je dois admettre que ça paraissait... plus cousu dans le fil de l'action que raconté avec des mots. Mais c'était... assez dingue!... Si l'on fait l'impasse de mes vaines courses après un spectre, mes retrouvailles terrifiante avec une réplique de ma mère, ou mon réveil à l'hosto. Mais je préfère m'attarder sur le meilleurs, sur ce qui l’intéresse aussi. Mes capacités de Torche et ce havre insoupçonné dans lequel il a put poser un pied...

-Je peux faire beaucoup plus que du feu là bas. continuè-je avec un certain enthousiasme qui se meurt doucement. Mais... ça ne veut pas dire que je sois capable de faire des miracles.

Je l'ai appris à mes dépends. Je décroche le badge de l'intérieur de ma veste et le triture entre mes doigts d'un air désolé. Ressusciter des gens, empêcher des cauchemars de s'incruster ou même créer des passages, ce n'est pas de mon ressort... pas pour l'instant.

-Je reste un humain. Mon statut de Torche ne vaut que dans les rêves, dans le Monde Gris, je ne peux rien faire ici. Histoire de faire un test, je fais claquer mes doigts à plusieurs reprises, mais pas la moindre étincelle. Et pour la dernière fois, ta présence... c'était une exception.

J'évoque notre guide onirique comme l'ange gardien qu'elle incarne bien et qui était venu me visiter et m'autoriser cette entorse. J'évite de dire franchement que je n'ai aucune explication à la présence de ses cauchemars et que cette situation me dépasse. Mais y a pas à s'en inquiéter en fait, parce que...

-Mais... je travaille à changer ça. Je vais y arriver.

Je dois le faire venir à nouveau dans ma bulle de Monde Gris. Pour la gamine... et pour... Je m’embarrasse un peu. Enfin, ça, ça ne regarde que moi. Que ça le concerne, lui, ou non, ou quelque soit mes intentions... mieux vaut que j'évite d'y penser en partageant un local réduit avec lui...

Je suis attentif à ses questions comme à ses réactions. La soirée festive ne se prête pas à s'attarder d'avantage sur ce qu'il c'est malheureusement passé cette nuit là dans notre rêve et ce qu'il m'en a révélé... pourtant, je suis conscient que ça le hante surement comme ça le hante depuis la cloturation tragique de l'affaire.  

Je lui laisse le choix de me questionner encore, puis je me dis que changer de sujet nous évitera de nous engager sur un sujet trop délicats. Nous tendons l'oreille le temps de mouvements derrière la porte des water, puis je le dévisage, contemplatif et à mon tour curieux. Cette nuit là, il a été franc sur tous les points que nous avons abordés le concernant. Il l'a aussi été sur... l'incapacité présumé des êtres de sa nature à... s'attacher. Pourtant, il avait émis un doute. Et si le wendigo a ses propres instincts, lui... qu'est-ce qui en est au juste?...
J'humecte mes lèvres, hésitant longuement sur la formulation de ma question.

-... Qu'est-ce qui t'attires chez Mardi?

... Et c'est finalement ce qui me traverse la bouche, un air incrédule. Quoi? Y a pas de quoi être étonné, je me renseigne. C'est tout!

-Et qu'est-ce que tu lui a fais pour la fuir comme ça? ne puis-je m'empêcher de présumer quand au même instant l'appel reconnaissable de la française franchie la porte des sanitaires...

Je me tais et hausse les épaules à l'intention d'Adriann. Toilettes pour hommes. Elle n'entrera pas...

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Dim 10 Jan - 18:32




Not alone

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY

J’essayais d’assimiler tout ce que Therence expliquait. Le monde du rêve, le Monde Gris dans lequel il avait plongé, atterrissant dans un camp d’entrainement tenu par des soldats visiblement pas très avenants. L’esprit légèrement grisé et un vague sourire aux lèvres, j’imaginais l’étudiant en uniforme… Je secouais la tête en gardant cette idée dans un coin de ma tête, pour en revenir à son récit. Des araignées, une épée magique possédée par… Chad ? Je tiquais à la manière qu’il avait eu de dire son prénom. Soit l’animosité que le lycanthrope portait à son égard était partagée, soit… Mais déjà, il enchaînait son épopée, qui les avait menés jusqu’au lac, dans une grotte, sans oublier une course avec des zombies. Je plissais les yeux, incrédule. C’était… Très improbable et surtout très farfelu. Mais après tout, c’était le monde des rêves. Tout ce qui s’y passait était étrange, surnaturel, irréel.

-Je peux faire beaucoup plus que du feu là bas, m’avoua-t-il avec enthousiasme.

Ses yeux pétillaient de joie comme jamais, un sourire dansant sur ses lèvres. Pas hautain ni narquois. Juste un vrai sourire, qui le rendait magnifique et donnait envie de l’embrasser à pleine bouche. Je calmais mes ardeurs en voyant son regard s’assombrir légèrement et reportai mon trouble sur la bière, que je diminuais d’une gorgée. On se calme, m’intimai-je en m’adossant contre la porte.

-Mais... ça ne veut pas dire que je sois capable de faire des miracles. Je reste un humain. Mon statut de Torche ne vaut que dans les rêves, dans le Monde Gris, je ne peux rien faire ici.

La pièce résonna du claquement de ses doigts pour prouver ses dires.

-Et pour la dernière fois, ta présence... c'était une exception.

Une exception que j’avais fait foirer par le simple fait de poser les pieds dans son espace à lui, lui dévoilant par la même occasion l’une des seules choses que j’avais besoin de garder pour moi et de protéger.

-Mais... je travaille à changer ça. Je vais y arriver.
-Je suis pas sûr… d’avoir envie de réessayer. J’en ai même vraiment pas envie, avouai-je en soupirant.

Je n’avais pas non plus envie de donner plus d’explications. Pas sur ce sujet. Je croyais comprendre l’étendue de ses pouvoirs dans le Monde Gris, tout comme je comprenais aussi ses limites. Therence ne pouvait pas sauver Sonia. J’en étais incapable aussi. Elle était morte, continuait et continuerait de mourir. Il n’y avait rien que l’on pouvait faire pour arrêter le cercle vicieux. Mais si je ne pouvais plus la sauver, je pouvais toujours empêcher l’adolescent d’ajouter un cauchemar dans sa mémoire. Dans cette affaire comme pour tant d’autre, mieux valait en savoir le moins possible pour pouvoir dormir le mieux possible. Pour moi, c’était déjà trop tard. Mais ce soir, je voulais en oublier le plus possible pour pouvoir profiter. Et quitte à rester enfermer dans des toilettes… Autant tirer parti de notre sort, non ? Je le détaillais, toujours appuyé contre le battant de la porte. Plus à la recherche de Therence que d’un simple coup à tirer, mon regard vagabondait librement sur ce dernier alors que mon esprit jonglait entre les souvenirs de la nuit passée ensemble et l’instant présent. Je plaidais coupable. J’avais envie de lui, oui. Et surtout pas de quelqu’un d’autre. Son corps fin contre le mien, son visage au bord de la jouissance, ses lèvres entrouvertes laissant échapper des soupirs, sa langue qui les humectaient doucement et…

-Qu'est-ce qui t'attires chez Mardi ?

…Quoi ? Je le scrutais noirement. Merci pour la douche froide.

-T’as l’art pour l’ascenseur émotionnel, grinçai-je en passant une main sur mon visage.

Qu’est-ce qui m’attirais chez Mardi ? Pourquoi est-ce qu’il voulait savoir ça ? Et d’ailleurs, qu’est-ce que j’en savais ? Cela faisait près d’une semaine que je n’étais pas allé la voir. Sûrement plus, d’ailleurs. Alors savoir ce qui me plaisait chez elle… Le fait qu’elle parle français pendant nos parties de jambes en l’air ? Sa… souplesse ?

-Il y a sûrement moins de chose que chez toi, admettais-je en le fixant dans les yeux, avide de provoquer une réaction. Mais… J’en sais rien. Elle a rien de spécial. Elle était juste… là. C’est tout, soupirai-je en haussant un sourcil comme pour lui demander s’il avait terminé.
-Et qu'est-ce que tu lui a fais pour la fuir comme ça ?

Non non non, il y avait erreur sur les rôles, là… Elle était flippante. Pas l’inverse ! Therence se tut en entendant l’appel de Clara. La blonde était à l’entrée des toilettes. Je posais mon regard sur l’étudiant, qui se contenta d’hausser les épaules. Lâcheur… S’il croyait qu’il suffisait de se réfugier dans des toilettes pour hommes pour lui échapper, il se trompait lourdement.

-Adriann !, dit-elle en haussant le ton.

Bruits de pas, porte qui se referme. Soupir.

-Je sais que tu es là dedans, Adriann. J’ai besoin de te parler…
-D’accord. C’est bon, je sors, soupirai-je à mon tour en jetant un coup d’œil à Therence.

J’ouvris la porte le minimum possible et me glissai à l’extérieur pour faire face à Clara. Enfin. Ses yeux étaient rougis et elle se mordillait les lèvres nerveusement. La scène donnait l’impression que j’étais sur le point de rompre, alors que… Ok. Si elle se mettait à pleurer, c’était fini. J’étais incapable d’être cruel devant une femme en pleurs.

-Ca fait onze jours... Tu ne m’as pas prévenu… Qu’est-ce que j’étais censé faire ?
-Clara, tu te souviens qu’on s’était… mis d’accord ? On couche ensemble. Couchait ensemble. On a pas plus de liens. Si je n’ai pas envie de venir, je ne viens pas. C’est tout.

Elle leva sur moi un regard désespéré. Je savais déjà ce qu’elle allait demander lorsqu’elle posa une main sur ma joue. Je reculai d’un pas en la fixant. C’était le signal pour l’excuse bidon… Bon. Peut-être pas si bidon que ça, finalement.

-Ecoute, j’ai… quelqu’un d’autre en tête. Il vaudrait vraiment mieux que tu t’en ailles, maintenant. Ah, et prends ton frère avec toi.

Je m’attendais à ce qu’un flot de pleurs se déverse de ses yeux. Au lieu de ça, ce fut des insultes alors qu’elle tournait les talons, sa fierté visiblement piquée au vif. Je me permettais de souffler au moment où elle fit claquer la porte, ramenant le calme le plus total dans les toilettes. J'avais évité qu'elle pleure. C'était déjà ça. Au moins, elle était plus raisonnable que son frère. Qui l’eut cru. Therence sortit des toilettes en me regardant. J’haussais les épaules, plus gêné par mon semblant d’aveu que par la scène à laquelle il avait assisté.

-Désolé de t’avoir obligé à assister à ça.

Et désireux de changer de sujet, je lui  offris un sourire de défi.

-Prêt à récolter des numéros, alors ?


Therence & Adriann

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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Ven 15 Jan - 1:59



Let's play!
C'est drôle, je ne pensais pas que parler de cette histoire onirique était si libérateur. C'est pas le genre de chose que je peux raconter au premier venu, pas tant que l'un de nous n'est pas bien éméché du moins. Même un surnaturel ignorant me verrait bon pour l'asile local si j'essayais de lui expliquer que le rêve est devenu réalité! ou inversement. Les compagnons d'aventure, ça ne compte pas, ils étaient là et le vécu de chacun refaisant surface, ça n'est pas forcément si joyeux à revivre... alors avoir l'occasion d'en parler à un tiers, quelqu'un qui connait et qui accepte cette réalité sans me prendre pour un dingue, mais quelqu'un d'étranger à l'affaire et auprès de qui je peux vanter les meilleurs aspects de ce périple!... C'est plutôt cool.

Mais je n'en oublie pas le plus important. Les chimères fantasmagoriques ne sont plus, mais mon pouvoir, lui, est toujours là. Alors je compte bien l'utiliser pour essayer de changer les choses, quel que soit le plan et l'adversaire que ça vise au final.
J'arriverais à le faire revenir. Et on arrivera à faire le nécessaire contre son cauchemar.

-Je suis pas sûr… d’avoir envie de réessayer. J’en ai même vraiment pas envie.

-Quoi?...


Mais... Et pour la gosse?!... Je fouille le regard d'Adriann, sidéré, mais il est distant, déjà loin. Ça me laisse sans voix, et je baisse doucement les yeux sur la petite flamme dans le creux de ma main. Je me sens idiot. Je m'attendais à quoi, à ce qu'il exulte de joie?! Je pensais que... enfin, tout le monde n'a pas la chance de pouvoir compter sur ses rêves pour agir sur une affaire, le repos d'un défunt, ou quoi que soient ces incarnations oniriques. C'est un moyen exceptionnel qu'il a à sa disposition!... Je suis déçu, mais je ravale mon égoïsme. Sa réaction est compréhensible. Cette histoire est personnelle, pénible. Je me suis lancé là dedans sans demander l’avis de personne, persuadé que mon rôle était indispensable, mais j'ai rien à voir avec tout ça. J'ai même pas à me sentir concerné. Pourtant, il y a une mioche enfermée dans une sale de bain quelque part, et puis surtout il y a... lui! Comment est-ce qu'il peut continuer à vivre avec ça? Il me met l'écart c'est évident et c'est son droit, je ne peux pas lui en vouloir, mais... j'ai du mal à m'y résoudre.

J'hésite longuement en malmenant ma lèvre inférieure, puis je referme les doigts sur la broche que j'épingle à sa place. Une détermination silencieuse... Personne ne pourra m'empêcher ou m'interdire de continuer à braver les règles qui régissent cette petite bulle.
Si je ne le fais pas pour lui, alors je le ferais pour moi.

J'observe et me laisse observé par l'être dual. C'est un criminel révélé. Mais c'est un être plus impliqué par la vie d'autrui et plus farouche que sa nature condamnable et ses entreprises légères le laissent paraitre... il mérite d'être accompagné. Et protégé... Un regard friand a remplacé sa pudeur, mais ses yeux glissent sur moi sans vraiment m'atteindre. Je réfléchi à autre chose... C'est un solitaire lui aussi, mais est-ce que ça veut forcément dire que...
Qu'est-ce qui lui plait chez Mardi? Qu'est-ce qui la démarque des autres? En quoi est-elle si singulière?!

Ses airs sirupeux sont soudainement devenus bien noirs...

-T’as l’art pour l’ascenseur émotionnel, grogne t-il à juste titre avant de se pencher sur le problème. Il y a sûrement moins de chose que chez toi.

Heu... cette réplique balancée dans le blanc des yeux a comme un gout de vengeance, enfin je crois... Je m’embarrasse. C'est... C'était pas la question!...

-Mais… J’en sais rien. Elle a rien de spécial. Elle était juste… là. C’est tout.

-... Rien de spécial? Fis-je répéter en le regardant à mon tour dans les yeux, sceptique. C'est pas ce qu'il avait dit l'autre jour!... Et puis qu'est-ce qu'il a bien put lui faire pour préférer pendre la fuite plutôt que lui faire face?

Son visage transmet plus de négation que de honte. Il a rien à se reprocher? C'est sérieusement elle le soucis? Ben tiens! Quand on parle de la blonde... Je lui fais comprendre mon manque d’inquiétude en gestes et regards. Même si elle empiète dans le sanctuaire masculin, elle ne s'attardera pas indéfiniment, on a rien à craindre. Mais Adriann n'a pas l'air de cet avis, et la femme appelle plus fort et s'immisce dans le vestiaire pour corroborer son affirmation. Je mime un soupir. Quelle idée de venir s'enfermer dans des chiottes aussi...

-Je sais que tu es là dedans, Adriann. J’ai besoin de te parler…

-D’accord. C’est bon, je sors.


Je me tais et me contente de regarder le professeur disparaitre de l'autre côté de la porte sans me dévoiler à l'enseignante de lycée. Je l'entend se poster face à elle, puis plus rien qu'un silence gêné. Elle est résolue à le voir et a l'air bouleversée. C'est pas vraiment le genre de comportement qu'une banale liaison aurait... Je me lève discrètement pour me poser contre la parois, attentif et sourcils froncés.

-Ça fait onze jours... Tu ne m’as pas prévenu… Qu’est-ce que j’étais censé faire ?

-Clara, tu te souviens qu’on s’était… mis d’accord ? On couche ensemble. Couchait ensemble. On a pas plus de liens. Si je n’ai pas envie de venir, je ne viens pas. C’est tout.


... Wow. J'ai l'impression d'assister à une rupture. Un instant, je soupçonne le séducteur d'avoir jouer avec les sentiments de la jeune femme, mais je comprend vite que ces deux là ne sont pas sur la même longueur d'ondes. Le ton las et ferme d'Adriann est plutôt clair. Et c'est confortant pour ma part...
Je jurerais avoir entendu le cœur de Clara se briser, mais plus réalistement, je ne distingue que de légers bruissements et une déglutition difficile. Je la plaindrais presque si elle n'était pas manifestement en train de s'accrocher à lui... Ça m'agace, j'aime pas ce silence qui s'éternise...

-Écoute, j’ai… quelqu’un d’autre en tête.

Je darde mon regard là où se tient hypothétiquement Adriann, un petit coup de fouet au cœur. Ça... veut dire quoi, ça?...

-Il vaudrait vraiment mieux que tu t’en ailles, maintenant. Ah, et prends ton frère avec toi.

Plus un bruit ne retentit des toilettes, jusqu'à ce que la française ne s’épanche dans une litanie d'insultes. Mais je n'ai ni le cœur à rire ni à m'offusquer de la situation. Je suis encore coincé à l'instant ou l'allemand balance avoir quelqu'un d'autre qui lui occupe l'esprit... La porte claque, et la présence de l'autre côté de la cabine reprend sa suprématie dans les sanitaires. Est-ce que je dois me sentir menacé par cette déclaration, ou est-ce que je peux vraiment m'autoriser à être flatté?... Je balaie ces réflexions, éberlué par ma propension aux prises de tête sans fondements. C'était une excuse Therence, pas de quoi se faire un films et prendre le melon!  

C'est calmé que je quitte ma cachette, observant attentivement l'enseignant. Ça ressemblait pas vraiment à une partie de plaisir de chasser cette nana...

-Désolé de t’avoir obligé à assister à ça.

-Non. C'est bon.
le rassurè-je vaguement en refluant mes propres embarras. Au moins, ce qui les concerne est limpide maintenant. Malgré tout j'essaie de déceler quelque chose dans son attitude qui puisse m'aiguiller sur... ce qu'il a dit. Juste pour savoir. Un tout petit quelque chose?...

-Prêt à récolter des numéros, alors ?

Ses yeux bruns rivés sur moi, il m'offre un sourire qui m’enflamme et me donne envie de le mater à la fois. Clara n'est déjà plus qu'un souvenir, c'est moi qu'il défis avec malice, et ça suffit à me convaincre. A mon tour, mes lèvres se fendent à demi et mes yeux pétillent.

-Et comment.


Je vais pour le devancer à la sortie des toilettes, mais je marque volontairement un recul pour revenir tout prêt de son oreille.

-Au fait... j'ai toujours mes trois numéros d'avance. T'es sur que tu ne veux pas que je te laisse une marge?

Est-ce que tu penses être assez doué pour me rattraper, professeur? C'est sur l'un de mes meilleurs sourires que j'échappe à son regard en coin, puis je m'engouffre dans la masse en rajustant ma veste et balayant la faune du regard. Que la chasse commence...


Je butine de belles en belles en gardant toujours un œil sur le séducteur qui évolue de son côté, curieux de son score et de ses performances. Onze jours sans avoir revu l'un de ses rendez-vous bihebdomadaire... Je crois que le boulimique sexuel s'est bel et bien remis de ses rudes états-d'âmes, et puis... Mardi n'a rien de si extra-ordinaire finalement. Je m'en réjouis en détournant les yeux de sa personne pour en revenir à la châtain-au-grands-yeux-clairs qui me rend mon téléphone.

Comment se débrouille le dragueur professionnel, celui dont la renommée s'illustre aux nombres de ses numéros récoltés? J'observe son manège en naviguant lentement au cœur de la foule, le temps de me faire oublier de mon précédent butin pour mieux rebondir sur un autre. Je veux savoir comment il s'y prend. Qui il vise. Lundi, Clara, Marie, ont-il des points communs? A t-il des critères? Hommes, femmes, son champ est large et il semble capable de changer de genre sans trop de difficulté. Il est doué... Évidemment, qu'il est doué! Je ne me cache pas quand nos regards se croisent, je m'éloigne du coté de la sono comme je le projetais, certain de ne pas être le seul à analyser le jeu de l'autre.

Une brunette un peu isolée se dandine, un verre à la main, je me pose à côté d'elle. Il fait une chaleur à crever, alors je retire ma veste en la frôlant... malencontreusement. Nos regards se chevillent, nous échangeons un sourire, et il n'en faut pas plus pour que ses yeux glissent le long de mes bras à nus et qu'elle n'engage la conversation. La musique trop forte nous incite à se parler au creux de l'oreille. Elle a le rire facile, et si je n'envisage pas de la mettre dans mon lit, je sais que son numéro m'est acquis... Mais je veux faire ça bien. Alors bizarrement, lorsque je lui propose de me le donner, je n'entend rien de ce qu'elle me dit. Je lui fais répéter, une fois, deux fois, elle me propose donc simplement de le taper sur mon appareil, mais là non plus, je ne comprend pas. Elle n'est pas dupe face à mon petit air désolé, mais elle se prend au jeu et accepte les consignes que je dicte alors au creux de son oreille. Je lui offre mon bras, le téléphone de l'autre main, et du bout des doigts, elle dessine lentement chacun des numéros. Je tape en simultané sur mon téléphone, me trompe juste pour la forme, mais au terme de caresses appliquées je fini par lui soutirer une affirmation charmée quand je lui montre l'écran. Je valide le numéro et la quitte en lui volant un baiser près de l'oreille et en jetant un sourire fugace à Adriann.

Voilà comment moi j’exerce mon art. Que le champion allemand me montre ce qu'il vaut!

Œillades, sourires, effleurements et murmures sur fond de baratins, c'est un jeu facile pour qui sait s'y prendre. Le professeur a l'avantage de pouvoir viser parmi ses collègues là où je passerais pour un jeune effronté, même s'il faut croire que j'ai déjà réussi mon coup avec Clara. Mais ce ne sont pas les cibles accessibles qui me manquent...
Premier round, j'ai tranquillement enregistré un premier lot de numéros pour garantir ma lancée et j'en ais profité pour juger Adriann et pouvoir me calquer à son jeu. Satisfait, je passe dans son champs de vision pour lui signaler que je rejoins notre coin du côté du bar prendre un verre et faire le point. Je joue encore avec mon téléphone quand il me rejoint.

-Alors? Peut-être que t'étais le roi à Berlin, mais ici t'es à Beacon Hill. me vantè-je en lui donnant mon chiffre. Quatre nouveaux numéros à mon actif. Et un cinquième qui n'est plus qu'à réceptionner, j'en suis certain...

Je hausse fièrement des sourcils quand le tél vibre entre mes doigts. Et voilà! Un sms aux ardeurs abrégées mais pas moins compréhensibles. Cinq numéros. Je prend un mojito, et l'enthousiasme avec lequel Adriann accueille sa boisson m'étonne et me fais marrer. J'ai l'impression qu'il enchaine les verres depuis son arrivée ici. En soit, je ne trouve pas ça extraordinaire, mais... j'ai le sentiment confus que les effets de l'alcool sont assez relatifs selon les individus surnaturels qui se l'autorisent, si c'est pas carrément contre-nature dans son cas...

-Cette soirée à l'air de sacrément te détendre. m'amusè-je avec curiosité.

Et je suis heureux que ce soit avec moi qu'il prenne plaisir ici et se laisse aller... Je sonde l'homme décomplexé en grignotant mon citron.

-Tu sais déjà ce que tu vas demander si tu gagnes?

Je le scrute avec avidité. A quoi il pense? Qu'est-ce qu'il envisage? Est-ce qu'il redoute son propre sort s'il perd? Est-ce qu'il sait à quel point il est sexy quand ses mèches se rebellent sur son front? Je me retient de rire. A quoi bon me gêner. On est là pour ça non? Discrètement, je tend mes doigts jusqu'aux siens affairés sur son téléphone dans une fausse tentative de le lui emprunter. Mais au lieux de le lui prendre, je profite de l'appareil pour en dessiner les lignes du bout de mes digitales, frôler les siennes, ses phalanges, le dos de sa main, délicatement... avant de subitement lui retirer le portable et m'y plonger dedans en m'écartant de lui pour dissimuler notre proximité du rire familier qui passe aux abords de notre table. Marie... Jouer avec les interdits a son irrésistible saveur. Mais ça a aussi ses petites contraintes dont parfois, je me passerais bien. La blonde enivrée n'a rien captée, mais Adriann, lui, n'a pas manqué sa présence que je doute être due au hasard...

Mes yeux passent de l'un à l'autre. Hors de question que je les laisses faire! J'abandonne l'exploration du mobile d'Adriann et bondit de mon siège avant lui pour me poster devant la blonde et son amie.

-Marie! Bon anniversaire.

Sa bouche s'ouvre sur une question en suspend, puis elle me remercie en me détaillant.

-21 ans, c'est pas rien. C'est c*n, je voulais marquer le coup avec un petit quelque chose, alors j'ai réfléchi à un truc qui te correspond, et je me suis rendu compte qu'on ne se connaissaient pas encore très bien toi et moi. J'aurais pu t'offrir une babiole facile, mais vue que tu serais surement déjà gâtée dans le genre, je me suis dit que le mieux ce serait de t'inviter boire un verre pour parler un peu de toi, tes gouts, ce que tu aimes. Je suis sûr qu'il doit y avoir quelque chose de particulier qu'on ne t'as pas encore offert? Quelque chose de... spécial?

...Comme elle que je reluque langoureusement? Elle me juge, moi, mon speech, peut-être ce que je suis susceptible de lui offrir... Aller, contente toi de t’intéresser à moi, laisse toi séduire par l'attention aveugle et taquine que je pourrais te porter, parlons de tes rêves les plus fous, puis refile moi ton numéro...

-C'est... gentil. Lawrence Barett, c'est ça?

-Therence Garnet.

Ça, ça fait... mal. D'autant que je n'arrive pas à savoir si c'est sincère ou une pure hypocrisie... sale actrice. Et je jurerais que l'autre qui se ramène cueillir la jeune femme se paie de ma tête. J'aurais du savoir que la blonde en avait après le prof sans se laisser amadouer par un autre ténébreux. Ok! Je suis bon joueur, j'ai des touches moi aussi de toute façon, Marie est à lui... Je lui tapote amicalement le dos pour le féliciter, mais un nouveau sourire remplace bien vite mon irritation. Par esprit de compétition pour ne par parler d'une dissuasion évidente de trop gâter la reine du jour, je lui fais un signe du menton et murmure un simple "coup double" avant de les quitter tous les deux, concentré sur mon objectif. Un peu plus loin, je m’immisce amicalement auprès d'un couple de jeunes filles, même age, même chevelure vénitienne, même nez caractéristique, même look extraverti... Deux sœurs identiques et complices, conquises par l'arriver de ce bellâtre qui s'accorde à leurs pas de danse, avide de les connaitre autant l'une que l'autre...  

Je glisse un regard provocateur à l'allemand et sa blonde. La soirée n'est pas terminée, la population estudiantine quitte tout doucement le bar, mais donnons nous un deuxième round pour chasser les numéros avant de déterminer le vainqueur?
Prouve moi que t'es si fort que ce que tu veux bien te vanter que je puisse t'écraser en toute beauté, roi des cœurs de Berlin!

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Dim 31 Jan - 1:08




Party Hard

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Nous replongieons ensemble dans le bain de musique qui emplissait la salle. Le bar était bondé d’opportunités : des collègues comme des étudiants, autant de numéros à portée de main que de sourire et coups d’œil lubriques. Ma première cible restait la professeure de psycho, toujours en proie à l’espérance inépuisable du fameux gamin. Il me suffit de retourner au bar pour les trouver, lui encore un peu plus désinhibé et elle à la recherche de n’importe quel échappatoire. Parfait. J’arrivais à son côté, un grand sourire aux lèvres, m’exclamant d’être heureuse de la revoir. Prise d’un énorme soulagement, elle hurla quelque peu mon prénom, passa un bras autour de mes hanches, effritant le peu d’espoir qu’il restait chez le gamin. Il se détourna tristement, le regard rivé sur sa bière. J’aurais pu avoir de la peine pour lui. Le gosse était mon double quelques années plus tôt, lorsque confiant, j’avais abordé Henning alors qu’il se prélassait devant un verre, seul au bar. A la seule différence près que mon coup avait réussie… Le charisme payait plus que les bonnes intentions. Et la théorie se révéla confirmée à nouveau lorsque la charmante enseignante se pencha à mon oreille pour m’avouer son départ imminent.  Je lui proposais mon numéro de téléphone si, un de ces jours, elle avait besoin de mon petit show de sauveur. Elle l’accepta en souriant et disparut dans la foule. Un verre plus tard et mon portable vibrait dans ma veste. Je ne lui accordai pas un regard, trop absorbé par ma contemplation de Therence. Lui aussi avait un nouveau numéro en poche… et il fallait faire honneur à ma réputation de bourreau des cœurs berlinois.

Mes yeux scannèrent la foule, à la recherche d’une autre proie. Homme, femme, peu importait pour le peu qu’ils se laissaient berner. Je m’avançais à mon tour dans la foule. J’avais trouvé. Des cheveux blonds coupés courts, un écarteur dans une oreille et des habits noirs, le ténébreux accrocha mon regard comme si lui aussi m’avait déjà repéré. Mais le jeu était trop facile pour vraiment être apprécié. Je m’approchais lentement, butinant un numéro facilement auprès d’une jeune un peu trop éméchée, sans me départir d’un regard enflammé  pour l’androgyne aux cheveux de blés… avant de finalement l’approcher, sourire allumeur au coin des lèvres, sûr de moi. Pourquoi ne le serais-je pas ? Mais sa confiance à lui fondit comme neige au soleil au fur et à mesure que j’approchais… Grand timide ? Tant pis. Il me fallait son numéro. Therence était déjà avec une autre fille, leur proximité engageante. Je ne pouvais m’empêcher de zieuter sur le couple. Voir l’adolescent à l’œuvre m’amusait autant que ça m’emmerdait, mais… J’avais envie de savoir si je me faisais des idées ou s’il était comme ça avec tout le monde.

Je revenais à mon petit blond d’un revers de la tête. Discussion bien plus banale que son apparence ne pouvait le laisser prévoir, mais pas vraiment désagréable non plus. Le sujet dériva lentement sur lui. Il fallait lui faire croire qu’il était spécial, unique, que c’était la seule personne qui comptait vraiment dans ce bar : plus une œillade discrète vers Therence ni sur quiconque d’autre, et des gestes de plus en plus amicaux. Poser ma main sur son bras, son épaule, effleurer sa main malencontreusement, et finalement dégager une mèche de ses yeux verts pétillants. Un compliment murmuré presque langoureusement et ses joues rougissantes… Le spectacle me flatta mais me laissa insensible. Je n’avais pas envie de jouer avec un gamin. Ce que je voulais, c’était le brun ténébreux entre mes mains, sous mes caresses, pour la nuit entière… Si ma prestation l’a libéré de la triste prison de la timidité, il trainait un boulet assez lourd pour ne pas me proposer un coup rapide dans les toilettes, même s’il avait l’air d’en mourir d’envie. Au lieu de ça, il s’empara de mon téléphone, pianota son numéro et écrivit "Thomas ♥" alors que dans mon coin, je ne loupais pas une miette  de la performance de mon rival avec la fille, et encore moins de son sourire lorsqu’il posa un baiser près de son oreille. Dans un léger haussement d’épaule que j’espérais insensible, je me penchais sur Thomas et effleurai son cou du bout des dents avant de l’embrasser… et de le mordiller. Son épiderme frissonna tellement que son souffle s’emballa. Satisfait, je le laissais en plan pour rejoindre Veste de Cuir dans notre coin de bar.

-Alors ? Peut-être que t'étais le roi à Berlin, mais ici t'es à Beacon Hill, se vanta-t-il en mettant en avant ses quatre nouveaux numéros.

Avec au total mes quatre numéros, j’étais loin derrière. Mais la nouvelle n’entama pas ma joie décuplée par la boisson. L’image de la louve entrain de vomir ses tripes étaient une image du passée à part entière, alors que la perspective d’une belle cuite était presque palpable. Prometteuse. Alors à l’arrivée de mon White Russian, j’étais incapable d’empêcher un large sourire de fleurir sur mes lèvres.

-Je pense que mon accent les freinent, m’excusai-je en feignant la peine.
-Cette soirée à l'air de sacrément te détendre, se moqua-t-il en grignotant son citron. Tu sais déjà ce que tu vas demander si tu gagnes ?

Mon regard coula sur lui avec amusement. Si je savais ce que j’allais demander … ? Bien sûr que non. Mais j’avais quelques idées qui trottaient à l’arrière de ma tête… qui pouvaient ou non impliquer des citrons, au vu de la manière dont il grappillait le fruit. Quoi qu’il en soit, je n’avais pas envie de lui dire à quelle sauce il serait mangé. Tout le secret résidait dans l’attente, et… dans le vibrement d’un téléphone. J’ouvrais le message et sourit en coin à l’invitation implicite de l’expéditeur. Sourire qui s’élargit en voyant que l’expéditeur en question était "Un ami de Thomas". Cinq numéros, donc. Une remarque satisfaite se bloqua dans ma gorge alors que Therence caressait ma main lentement. Des frissons coururent dans tout mon corps tandis que de mes yeux rivés sur son visage, je cherchais à découvrir ses intentions. Ses véritables intentions. Nos doigts s’entremêlèrent dans un balai, qui se déconstruisit tout aussi rapidement qu’il s’était créé à l’approche d’un rire. Marie… Sa présence m’exaspérait autant qu’elle me soulageait, incapable encore une fois de ranger le comportement du brun dans une boite spécifique. Alors au lieu de me faire des illusions, je préférais me rabattre sur la fille. Sans compter qu’elle restait un bon moyen de réduire l’écart des numéros et me permettre de remporter mon prix…

-Marie! Bon anniversaire, s’exclama Therence en bondissant devant elle.

Les yeux de la blonde se plissèrent en même temps que les miens à l’écoute du baratin qu’il lui débitait. Marie comme sa copine ne se laissèrent pas impressionner le moins du monde. L’occasion était parfaite pour me permettre d’étudier le blousonneux en pleine action : pas de blond timide à entreprendre, simplement sa manière de parler, de jouer à capturer le regard de son interlocuteur… Or, la brume de l’alcool commençait largement à s’épaissir dans mon cerveau. Je n’appris absolument rien, comme si tout mon savoir faire s’était noyé dans la vodka.

-C'est... gentil. Lawrence Barett, c'est ça ?

Mon éclat de rire m’empêcha de l’entendre rectifier l’étudiante. D’une traite, je finissais mon verre pour aller la chercher. Inutile de préciser à quel point mon sourire trahissait mon amusement tandis que, fair-play, il me laissa récupérer Marie… avant d’annoncer un coup-double. Je le suivis des yeux jusqu’à ce qu’il se joigne à deux sœurs visiblement comblées par l’arrivée du garçon. C’est… tant mieux pour lui. L’étudiante me guida jusqu’au bar pour trois nouvelles tournées de shots, avant de nous laisser entrainer par l’appel du billard. L’exercice releva plus d’un parcours du combattant que d’une partie de plaisir, au vu de notre état. Quelques petits groupes quittaient le bar au rythme de nos essais pour parvenir à casser le triangle parfait que formait les boules. Au but d’une longue partie très serrée entre trois boules rentrées par elle et deux par moi, son amie se décida enfin à sortir de la grisaille dans laquelle l’avait plongée l’alcool. Pourtant, loin de vouloir se joindre à nous, la rousse voulait partir, emportant bien évidemment la reine de la soirée avec elle. La rousse… pas une de mes étudiantes et clairement loin de succomber à mon charme. Elle était sûrement maléfique. Ou peut-être préférait-elle les filles ? Néanmoins, Marie ne voulut pas quitter le bar sans marquer son numéro de téléphone, convaincue qu’un "truc se passait entre nous". Loin de vouloir la contredire, je lui attrapais un feutre et lui tendit mon avant-bras. Elle refusa la zone nettement et, dans l’obscurité relative du billard, déboutonna le haut de ma chemise pour pouvoir s’ajouter à la brève liste de numéros que j’avais récolté dans la soirée.

Son départ sonna comme la fin officielle de la soirée. Le peu d’étudiants restants partaient lentement et j’étais toujours dans mon coin d’ombre, réfléchissant intensément en observant Therence continuer à s’amuser avec les deux filles. Je quittais le mur à regret, tanguant sur mes deux pieds avant d’avancer. Plan sur ma main qui agrippa la rampe pour descendre les trois pauvres marches menant au billard. Plan sur moi demandant un verre d’eau à la serveuse. Plan sur moi finissant les verres qui trainaient sur le bar. Plan sur moi qui attrapai la main de Therence. Plan sur nous qui sortions dehors, dans la lumière d’un lampadaire, dans l’air froid de la nuit qui me réveilla comme un coup de fouet. Je n’avais aucun souvenir de comment j’étais sorti du bar, aucun souvenir de comment je me retrouvai à embrasser le brun à pleine bouche, mes mains contre ses joues, le corps brûlant.



Therence & Adriann

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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Sam 13 Fév - 18:32



Hail to the king!
Adriann aime les blondes. Irritant constat au terme de cette soirée de drague. Marie, Clara, et maintenant cette sorte de emo en mal d'affection... Minute. Une tronche dont je me serais bien passé s'incruste dans mon esprit. Blond, châtain... L'autre espèce de mérinos mal peignés tire d'avantage sur le brun clair que je me souvienne, hein?... Ouais, et de toute façon, il est casé à son intouchable de blondinet vairon. Bref, que ce soit culturel ou génétique, j'ai presque envie de dire que c'est cliché, ne serait-ce pour trouver une base solide à mon reproche. Parce que moi et ma chevelure brune, je ne sais pas quoi en penser... Mais ce n'est qu'un jeu après tout. Comme moi qui embrasse ma conquête du moment, et lui qui m'imite avec le même regard provocateur...

C'est l'heure d'étaler notre réussite respective. Égalité, si ce n'est que j'ai de l'avance sur lui. Ça serait presque trop facile...

-Je pense que mon accent les freinent.

-Quoi? Parce que le pouvoir d'attraction de ta barbe ne contrecarre pas les effets de ton horrible accent?


Je sirote ma boisson dans un sourire ravi. Je plaisante, son accent n'est pas si horrible. C'est une élocution qui racle, qui frappe, mais... qui souffle, qui glisse, des vocalises languissantes aussi... il faut juste tendre l'oreille et savoir comment lui soutirer les meilleures sonorités... Et s'il me gratifiait encore de son accent à la beauté controversée en me disant ce qu'il envisage, dans l'hypothèse ou monsieur arriverait à me battre au terme de la soirée? J'attends, avide, mais il garde sa réponse pour lui... Ok. Je n'insiste pas, un brin suspicieux, et je réfléchi à mes propres desseins. Qu'est-ce que j'exigerai de lui si je gagne - ce qui soit dit en passant devient une certitude. En fait j'en sais encore rien. Un truc hot probablement. Pervers... gênant? On ne joue pas pour se faire des cadeaux. Ou peut-être quelque chose de plus subtil. Y a que les esprits mal tournés qui n'envisagent que du sexe, et moi je m’enorgueillisse d'être bien plus vicieux que ça. Ce serait l'occasion de creuser le mystérieux Weizerling, lui faire avouer des trucs dont il ne parlerait pas en temps normal, en exigeant de lui toute la vérité, et rien que la vérité, évidemment...
Mais une prise de conscience vient doucement annuler cette dernière pensée, et me pousse à contempler l'homme concentré sur son portable avec moins de malice et plus d'attendrissement. Parce que je sais déjà que j'ai pas besoin d'un jeu pour qu'il soit honnête avec moi...

Je cherche le contact, le trouve, et je savoure cette connexion interdite et presque chaste entre nos doigts si ce n'était pas toute la sensualité qu'elle nous inspire. Un bref échange que je brise à l'approche de l'autre pimbêche. Le temps pour moi de découvrir un autre numéro dans le répertoire de l'allemand, de juger le danger imminent à laisser ces deux là continuer à se reluquer, et je tente de m'emparer de Marie avant lui. Lamentable échec. Mais de toute façon, je ne peux pas me blairer cette fille pour m'amuser de façon crédible avec elle, et s'il espère encore me battre, il faudra bien qu'il la lâche pour aller grappiller ses numéros ailleurs. C'est sur cette assurance et la résolution de surveiller qu'ils n'aillent pas tous les deux dans les toilettes avant la fin de la soirée que je les quitte et profite du double phénomène pour mettre en avant mon statut de conquérant et de vainqueur.

Je m'occupe des deux demoiselles sans lâcher le cinéma de la blonde. Ils enchainent les shots, et ça me fais marrer. Peine perdu, Adriann n'est pas seulement né au pays de la beuverie, il a une particularité qui rend ses chances de se saouler pratiquement nulle. Enfin, je crois?... Les mains baladeuses de Miss n°1 et les minauderies de n°2 détournent mon attention. Je crois que leur présence aurait été vachement plus appréciable si ça avait tiré autre chose qu'un air peu concerné au professeur... A mon tour je hausse les épaules et les mains sur leurs hanches, on migre aller boire aussi.

J'adresse un geste du menton aux sœurs quand elle disparaissent aux chiottes, puis j'en reviens à mon tél et ma nouvelle bière. Adriann est toujours avec Marie, à choquer dans les boules, visiblement très loin de s'ennuyer... Pourquoi? Il aurait du aller voir ailleurs depuis un moment. La jeune femme lui tourne autour, ça n'échappe à personne, mais est-ce que son petit ego flatté par son dévouement et sa paire de... l'incite à en profiter? J'en viens à me demander s'il a oublié notre petit jeu. J'avale une bonne rasade en coulissant un regard méfiant sur le couple, et j'écrase mon bras sur le mur, prêt du visage peu impressionnable et manifestement sobre d'une afro-américaine, avec mon petit sourire enjôl...

-Désolée beau gosse, mais je vous vois faire votre manège avec ton pote depuis tout à l'heure.

-Ah.


Ben c'est raté pour le numéro alors... Je vais voir ailleurs en me demandant si ça vaut encore la peine. Ça me démange de les rejoindre, m'incruster comme un parfait emm*rdeur, juste manière de rappeler que je suis là. On a pas dit qu'on ne pouvait pas se mettre des bâtons dans les roues, non? Mais l'idée de faire du rentre dedans à la décolorée ne m'emballe absolument pas. Je l'ai vu, tout à l'heure, faire son numéro du héro sauvant la prof de psycho aux prises avec le super lourdingue. Je le vois déjà faire la même chose avec sa protégée d'un soir. Pfff... Et le bar qui se vide doucement, ne laissant dans sa marrée basse que son lot de beurrés, de couples soudés et des esprits vigilents qui nous ont vu changer de garçons et filles comme de chemise tout au long de la soirée. Ça va être beau pour récolter maintenant. Mais pourquoi il reste avec elle au lieux de grappiller?!... Si ça se trouve, le fourbe a déjà de l'avance en dépit de ce qu'il a dit. Et depuis le début. Oh ch*er, je serais vraiment mal si c'est vrai.

Suspicieux et dépité, je regarde tout autour de moi pour juger ce qu'il reste d'abordable, et mon regard se pose sur une table pleine de jeunes femmes inconnues aux bataillons et dont un trio reluquent et commentent blondinet emo - pas encore parti celui-là? - qui s'est trouvé un nouvel étalon.

... Si le baratin ne passe plus, y a peut-être une autre solution.


-Wouhou!!!

Jackpot! Je lève les bras pour brandir les morceaux de papiers qui s'accumulent. Cinq... six! Sept!! Si ça ne me sauve pas la mise face à une avance imaginaire du Casanova allemand, ça ne pourra qu'élever mon titre de Roi des cœurs local à la consécration. Ah! Qu'il vienne se mesurer à moi, le malin qui aura fait le tour de force de chopper en une seule prise et sans user de la drague des numéros de téléphones! Parce qu'il n'y a pas qu'une belle gueule ici, y en a dans la tête aussi! Je remercie la tablée en bises et en courbettes, ça les amuse et elles le méritent, et maintenant je n'ai plus qu'à chopper Adriann et remplir ma part du...

Les regards gourmands de mes sauveuses auraient du m’alerter avant qu'une main n'agrippe la mienne. mais je n'ai pas le temps de me réjouir qu'il se soit décollé de Marie qu'il m'embarque sous les sifflements éméchées et les protestations de la bande d'animale. Qu'est-ce que je leur avait promis déjà? Je me revoie aller les aborder avec mon petit air engageant, me pencher vers la plus extravertis et la plus accessible du comptoir, et prendre tantôt ma mine charmante tantôt ma mine embêtée en leur expliquant le plus simplement et authentiquement la situation. Je fais un parie avec mon ami là bas, le beau brun au billard, sur celui qui ramènera le plus de numéros et à la clef, le gagnant pourra demander ce qu'il veut à l'autre... je leur laisse se faire leurs idée en reluquant le joueur sans aucune retenu, un petit coup de langue sur la lèvre inférieure. Et je conclus que ce serait vraiment sympas de leurs part d'avoir un petit coup de main, en échange de quoi, je leur offrirais un avant gout du spectacle de la nuit qui se profilera grâce à leur intervention.
...Ah! C'est ça. Un baiser torride et obscène, du genre à se bouffer les lèvres avec exhibition de nos langues à l’œuvre et avec une main bien placée sur le fessier, ça aurait fait sensation. De là, les numéros des trois interpellées me sont tombés dans les mains sans attendre, suivit des curieuses de la table d'a côté qui n'ont pas perdues une miette de ma demande. Et avant d'avoir pu les exaucer, je me fais kidnappé... Oups. Désolé les filles, ça ne dépend plus de moi!  


Mon dos heurte le mur sans prévenir et mon exclamations se perd entre les lèvres voraces d'Adriann. Mmh... Mon visage fourmille, tout à lui entre ses mains chaudes qui contrastent avec le froid mordant de la nuit, et remis de cette subite possession et une faiblesse due à l'alcool, un bras crochetant sa nuque l'autre dans le dos, je réplique avec autant d'ardeur à attraper ses lèvres et son souffle brulant.

... J'ai gagné!... ris-je en m'extrayant de ses lippes qui partent à l'aventure dans mon cou.

J'ai perdu les bouts de serviette avec les numéros dans notre escapade. Mais qu'est-ce qu'on en a à faire?! Je me fous de mon coup d'éclat, de savoir qui est le roi, ma récompense elle est là, ici et maintenant.
Je râle doucement à la pression de nos corps impatients. Adriann est un âtre qui gronde de plaisir, et je glisse mes doigts puis ma main entière entre les boutons de sa chemise pour profiter de sa chaleur et caresser ses abdos, son flancs, dérangeant un bouton de plus à chaque fois et me délectant des frissons qui parcours sa peau découverte, jusqu'à dégrafer son col avec l'intention d'y gouter et... découvrir le souvenir de Marie...

-...Ma soirée est gâchée. exagérè-je, la mine blasée.

Comment cette pouffe a pu le marquer avec son numéro?! Non. Comment IL a put se laisser marquer par cette pouffe?!!

Je vois passé l'attaque dans ses yeux brouillés par l'alcool, et je m'extrais aussi agilement qu'un ninja ivre d'entre lui et le mur avant qu'il ait put me coincer d'un nouveau baiser. A quoi il pense, c'est pas ça qui va effacer cette saleté de numéro! Mais je voudrais jouer les fâché que je m'amuse malgré moi de mon esquive quand il se retourne, perplexe de rencontrer le mur. Je lui tend les bras pour lui faire signe d'approcher. J'ai pas le cœur de le vexer...

-Mon appart'... soufflè-je en collant le bout de mon nez au sien. J'ai des voisins à emm*rder...

La perspective de faire connaitre nos prouesses vocales nous fait jubiler de concert. Je laisse mes doigts glisser des siens et prend de l'avance sans me départir d'un regard pleins de promesses... Je le sens bouillir dans mon dos, et m’apprête à engager une course dans les rues désertes que le départ de l'allemand le conduit de justesse à se rattraper contre un mur. Je me tiens les côtes en riant tout mon saoul avant de me laisser tomber l'épaule contre le crépit, face à lui.

-... Dis? Ça t'arrive souvent d'être cuit?

Parce que je peux difficilement en douter maintenant. Le wendigo est ivre.
Je l'aide à se relever, et coller l'un a l'autre dans un semblant d'équilibre, éclatant de rire pour la moindre c*nnerie, nous cherchons à trouver le chemin de mon quartier.


-Psht. Attend au moins d'être en haut! chuchotè-je sévèrement.

La chaleur du hall de l'immeuble me provoque un gros frisson, rapidement accompagné par ceux des caresses du professeur. Je le repousse et grimpe les escaliers en fouillant mes poches qu'il revient à la charge. Ok! Il l'aura voulu. Un bruit de choc métallique se répercute dans toutes les cages d'escaliers, suivit d'éclats de rires étouffés. Si ce n'était pas Adriann, je m'inquiéterais du bleu que se retrouver brutalement acculer contre la rampe en ferraille lui aurait provoqué, j'y ai été plus fort que je le pensais. Je l'embrasse, câline ses reins, sa hanche, ma main migre plus en avant alors qu'il peine à se cramponner à la barre...

-En haut... le martyrisè-je avec affection.

Trois étages de grimpés, je me dirige vers la porte quasi neuve qui ressort dans le décor vivable mais usité des lieux en fouillant mon trousseau de clef que l'allemand me ravit. Nouveau jeu passionné contre la porte, je le laisse se démener avec les serrures pendant que j'attaque la boucle de sa ceinture. Mais le pauvre peine à s'en sortir, ça en fait pas mal à déverrouiller. Je ne dis rien et lui retire le trousseau des doigts pour m'en charger moi-même. Un gros verrous supplémentaires. Conséquences de l’effraction de l'autre timbré de drogué. Juste une... stupide question de prudence.

Je le fais traverser l'appart' à l'aveuglette en évitant ce qui traine et le dépouillant de sa veste et sa ceinture, puis j'allume la lampe sur un studio d'étudiant banal, avec son bordel, ses bouquins, sa paperasses, et son optimisation savante de l'espace exiguë... Je le pousse sur le lit et lui grimpe dessus pour le dévorer du regard, sans vergogne.

-Qu'est-ce que je vais demander de toi, "pas si impressionnant bourreau des cœurs de Berlin"?...

Déjà lui retirer sa chemise. Et essayer d'effacer ce satané numéro... Parce que j'ai récolté assez de numéros pour être félicité et convenir que j'ai le droit de réclamer ma récompense, hein!

-Admet que t'as fais exprès de perdre. ronronnè-je. T'attendais que ça...

...De se faire commandé, possédé... marqué? Ça me parait plus plausible que des excuses vaseuses sur l'alcool!

-Pourquoi tu te laisses marqué si facilement...

Lundi, Marie... Je passe et repasse mon pousse humide sur l'encre coriace, soupire d'impatience... et un regard canaille pour avertissement, je plonge dans son cou et y capture sa peau pour l'aspirer sans délicatesse, décidé à apposer MES empreintes! Que sa nature surnaturelle me contredise, et je l'aspirerais autant de fois qu'il le faudra. C'est de sa faute. Fallait pas la laisser lui écrire dessus... Et on ne vexe pas Therence Garnet, LE champion des numéros de téléphone de Beacon Hill!

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Dim 21 Fév - 19:27




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Therence était à moi. Acculé contre le mur, sa langue dansant avec la mienne et ses bras m'enserrant contre lui, Therence était à moi. Pas de filles pour détourner l'attention. Juste lui et moi qui nous retrouvions dans un baiser passionné... auquel il mit fin en riant. Il avait gagné, et pour honorer le roi de Beacon Hills, je glissais mes lèvres dans son cou, loin d'avoir envie de le lâcher. Je ressentais tout en cent fois plus puissant : ses doigts courant contre le tissu de ma chemise, ses doigts contre ma peau frissonnante, les boutons qui lâchaient au fur et à mesure. Notre désir commun, notre... Hé ! Pourquoi s'était-il arrêté ? Je plantais mon regard perdu dans le sien.

-...Ma soirée est gâchée, lâcha-t-il en contemplant... En contemplant quoi ?

Je baissais les yeux sur le numéro. Celui de Marie ? Je relevais la tête vers Therence. Une soirée gâchée équivalait à pas de sexe. Et ça, c'était inconcevable. Inimaginable.

-J'ai plein d'autres moyens de me faire pardonner, argumentai-je en haussant les sourcils tout en me rapprochant de lui.

Déployant tous mes atouts de séduction, regard larmoyant mais néanmoins de braise, visage penché prêt à attraper ses lèvres à pleine bouche, j’étais prêt à le faire changer d'avis comme il se devait. Sauf qu'au lieu de son front, le mien heurta le mur. Plutôt violemment, même. Je coulai un regard accusateur sur la cloison. Pas très sympa. Pas très sympa du tout. Mais le plus important était de découvrir où avait disparu le jeune homme. Dans un élan d'inspiration, je me tournais et sourit à m'en décrocher la mâchoire lorsque je le vis à cinq mètres de moi. Répondant à son invitation, j'avançai précautionneusement et passai une main dans la sienne et une autre sur ses hanches, au cas où il aurait eu la bonne idée de disparaître à nouveau.

-Mon appart'... J'ai des voisins à emmerder..., souffla-t-il.

Des voisins, des murs fins et son corps à flatter. La proposition était alléchante. Et elle le fut d’autant plus au regard appuyé qu'il me lança par dessus son épaule lorsqu'il me devança. Quel allumeur ! Je m'apprêtai à le rejoindre, prêt à le rattraper et à entamer un bout de notre nuit, mais à peine commençai-je à courir que la rue se renversa sur le côté, m'emportant dans sa folle chute pour terminer contre le mur une nouvelle fois. J'éclatais de rire, la tête posée contre la brique, pas certain de vouloir ou même de pouvoir me relever. Et pourquoi le voudrais-je puisque la moue moqueuse de Therence apparut devant mes yeux ?

-... Dis? Ça t'arrive souvent d'être cuit ?
-Cuit ? T'as rien vu du tout pour le moment ! souriais-je fièrement en me rappelant mes prouesses de Berlin.

*

-Psht. Attend au moins d'être en haut !

Je secouais la tête. Hors de question. Ce n'était qu'une main sous le T'Shirt... et l'autre au cul, certes. Mais en haut avait l'air tellement loin et Therence était tellement plus près que lorsqu'il me repoussa, je retournai directement à la charge. Il ne pouvait pas me planter deux fois, si ? Non. La preuve, il venait tout juste de me plaquer contre la rambarde ! Je grognais juste pour la forme puis afficha un sourire triomphant sur mon visage.

-Tu vois que tu peux pas attendre en haut non plus, minaudai-je en allant rencontrer ses lèvres.
L'attaque était déloyale. Ses mains étaient à la fois partout et nul part où je les désirais vraiment, et je ne savais pas quoi faire avec les miennes. Elles n'arrêtaient pas d'hésiter entre se cramponner faiblement à la rambarde ou profiter du corps offert de l'étudiant. Un soupir plus fort que les autres franchit mes lèvres lorsque ses doigts coururent sur mon bassin. Prêt à attraper ses lippes, j’avançai les miennes, jusqu’à ce qu’elle se referme sur du vide. Il avait disparu à nouveau. Il avait fait ça toute la soirée.

-En haut..., souffla sa voix.

Je ne retins pas une plainte, bien réelle cette fois-ci. C’était de la torture… Arrivé  devant sa porte, je lui ravissais les clefs en mordillant son cou. Mais face à la porte, avec Therence dans mon dos qui assaillait ma ceinture, impossible de trouver la serrure. Il y avait tellement de clef et beaucoup trop de verrous pour n’importe qui dans mon état. Le brun attrapa les clefs et soudainement mon corps fut dans son appartement, mon esprit toujours sur le palier, envisageant sérieusement de faire l’amour sur le seuil de la porte, jusqu’à ce que mon dos heurte le matelas de son lit, mystérieusement dépouillé de quelques vêtements.

-Qu'est-ce que je vais demander de toi, "pas si impressionnant bourreau des cœurs de Berlin" ?...

"Ce que tu veux", sous-entendais-je en lui lançant un regard plus qu’explicite. Je n’étais peut-être pas le bourreau des cœurs de Beacon Hills, mais j’étais certainement le bourreau du sien. Les mains sous son T’Shirt, je le caressais du bout des doigts avant de lui ôter le bout de tissu et de venir embrasser sa peau, friand de pouvoir la goûter à nouveau.

-Admet que t'as fais exprès de perdre, ronronna-t-il sous mon traitement. T'attendais que ça... Pourquoi tu te laisses marquer si facilement…, grogna-t-il ensuite en essayant vainement d’enlever l’encre.

A peine un regard d’avertissement que je me retrouvais plaqué contre le matelas à nouveau, ma peau entre ses lèvres. Mes mains se perdirent dans ses cheveux tandis que je tournai la tête sur le côté pour lui laisser tout l’accès à mon cou. Une, deux et trois fois, il apposa ses marques sur moi  jusqu’à ce que je me redresse, les mains glissées sur ses cuisses. Je mordillai ses lèvres avant de lui ravir les miennes, et dans un sourire enjôleur, je tirai ses jambes pour les passer autour de mes hanches. Du plat de la main, je parcourai son corps, son entre-jambe, remontai jusqu’à sa nuque, et l’attirai dans un baiser passionné auquel je mis une fin au bout de longues secondes.

-Tu m'as trop fait attendre pour que ce soit si simple, susurrai-je narquoisement à son oreille.

Mes doigts redescendirent sous ses cuisses, assez fermement pour pouvoir me relever en le portant. Enfin debout, mes jambes tanguèrent de longues secondes. De longues secondes pendant lesquelles le hasard, indécis quant à ma situation, semblait tranquillement prendre une décision. Heureusement, ce fut la bonne et j'avançais jusqu'au canapé... Et évidemment, la chance m'abandonna brusquement et emporté par le poids de Therence, je me rétamais contre le sofa. Un bref silence flotta, rapidement coulé par nos deux éclats de rires simultanés.

-Ca aurait pu être... hyper sexy !, argumentai-je avec une pointe de déception dans la voix avant de poser un baiser dans le cou de l'étudiant et de le pousser sur le côté.

Si c'était lui le vainqueur incontestable de notre petite compétition, le perdant avait droit à une compensation. Et pour avoir cette compensation, il fallait de l'alcool. Je fouillais le petit appartement des yeux avant de me lever droit vers une étagère, d'attraper deux bouteilles, le même nombre de verre et de venir m'étaler à nouveau sur le canapé.

-On va faire un autre jeu, expliquai-je en versant les boissons. Ca s'appelle... Je me souviens plus. Il faut dire "Je suis sûr que tu n'as jamais...". Si tu n'as jamais fait ça, tu bois une gorgée. Si je me suis trompé, c'est moi qui boit !

-Bien. Hmm..., réfléchissais-je à haute voix en détaillant mon vis-à-vis. Je suis sûr que tu n'as jamais... couché avec plus de trois personnes en même temps.

J'écarquillai les yeux à son sourire indicatif. Plus de trois personnes ? Intéressant... Très intéressant, même. J'avalai ma gorgée sans aucun regret avant de sourire.

-Dans un lieu public, alors ? Et avec un autre professeur que moi ?




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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Mer 24 Fév - 23:31



Have You Ever...
Vive le roi!!! Pour avoir conquis une douzaine... quinzaine? quelque chose comme ça de cœurs à la barbe du champion notoire, j'ai remporté mon titre. Me manque une terre où établir mon règne. Dans mon horizon, une contrée splendide, ni vierge, ni fertile, un lieux dangereux et attirant maintes fois occupée mais dont les vestiges des batailles qui me restent inconnues ont disparus par eux mêmes. Si ce n'est... le passage encore frais de Marie...
Alors en ma qualité de conquérant, je m'empare de mon futur royaume et le fais mien sans résistance. Je pose comme un étendard trois poinçons représentant... heu... une constellation inconnue, ainsi, nul ennemi ne pourra plus roder aux alentour de ma propriété ni en fouler les reliefs sans ignorer ma domination. Gare à celui qui osera prétendre s'en faire le prochain envahisseur! Car par cet acte, moi, Therence Garnet, bourreau des cœurs de Beacon Hill, je me proclame roi d'Adriann!!!

Je suçote la parcelle de peau prisonnière et la laisse coulisser entre mes dents dans un sourire insatiable, convoitant déjà un autre morceau. L'infidèle d'un soir se rachète en m'offrant son cou sans réserve, jusqu'à ce qu'il se redresse et reprenne mes lèvres d'assaut. Un hoquet m'échappe quand il me tire brusquement contre lui et que nos bassins se heurtent. Sa main exploratrice gonfle et entretient le feu qui flambe dans mes entrailles, et rythme le soufflet chaleureux de ma respiration qui se mêle à nouveau à la sienne. J'ouvre difficilement les paupières lorsqu'il interrompt notre baiser.

-Tu m'as trop fait attendre pour que ce soit si simple, se venge t-il d'une voix de velours.

Je macère mon impatience derrière un regard bas et ardent et des lèvres pincées. C'est frustrant, mais je ne me plaindrais pas de vive voix! Puis la prise plus ferme sous mes cuisses me provoque un rire, et j'encercle son cou et resserre mes jambes autour de ses reins pour nous retrouver debout. Je savais qu'il ne résisterait pas... Aller, passes à l'action mon beau, contre le mur, sur un meuble, je m'en fous! Tout me va! Mais de vigoureux appuie, le fier allemand devient un mât chancelant. A moins qu'il ne me fasse encore marcher?... Wooow!
Nous nous écrasons dans un bruit de souffle, remplacé par nos éclats de voix.

-Ça aurait pu être... hyper sexy !

-Ça aurait pu!...
hoquetè-je encore en roulant mollement sur le dos.

Pas tellement plus lucide qu'une perruche, je suis des yeux Adriann en pleine réflexion, et la nuque calées sur le dossier du sofa, ma tête fait un tour presque complet sur elle-même pour le regarder farfouiller dans le coin à manger et revenir avec les bouteilles et les verres.

-On va faire un autre jeu. Ça s'appelle... Je me souviens plus.

-"Je me souviens plus". Ça à l'air chouette.
acquiescè-je bêtement.  

Il faut dire "Je suis sûr que tu n'as jamais...". Si tu n'as jamais fait ça, tu bois une gorgée. Si je me suis trompé, c'est moi qui boit !

-J'aime déjà ce jeu.
confessè-je en me rasseyant plus correctement et contemplant langoureusement l'alcool couler dans les verres.

Un jeu sans moyen de flouer, sans tactique, juste Adriann, moi, et nos petits secrets. Je le dévore du regard en attendant sa question.

-Bien. Hmm... Je suis sûr que tu n'as jamais... couché avec plus de trois personnes en même temps.

Haussement de sourcil et sourire en coin qui se suffiraient à eux même.

-Tu crois ça?

Sa mine intéressée me comble. Je l'imagine me mettre en situation dans un scénario inconvenant... et j'avoue que ça ne me déplais pas!

-Les soirées arrosées ça part vite en vrille, et je suis pas du genre à m'effaroucher.

Adriann avale sa gorgée et poursuit avec enthousiasme à l'idée d'en savoir plus.

-Dans un lieu public, alors ? Et avec un autre professeur que moi ?

-Dans un lieu public avec un autre professeur? Wow, tu vois pas les choses à moitié! M'amusè-je. Je me caresse la lèvre du bout de la langue le temps de sérieusement réfléchir. Un parking, un ciné, dans les gradins du stade d'un lycée, ce genre de choses, ça compte pour des lieux publics?

Évidemment que j'ai franchis les barrières du batifolage dans un lieux public. Mais pour ce qui est de sa deuxième question... je me tâte, je m'enfonce un peu plus dans mon coin de sofa et ancre un regard effronté dans le sien.

-Est-ce que j'ai déjà coucher avec un prof... Si on en croit le frangin de Clara, j'ai couché avec elle.

Je hausse une épaule, interrogatif et taquin. C'est ma prof de français! Cela dit... Je remue longuement mon verre... avant de le porter à mes lèvres.

-J'imagine que ça compte pas si je m'en souviens pas. Si ça se trouve, j'ai fais que la raccompagner chez-elle. Je sais être gentleman quand la situation le demande...

Et puis des gus qui montent une Harley et s'invitent chez des françaises au frangin sur-protecteur, y en a peut-être d'autres qui trainent dans le coin? Plus strictement parlant :

- C'est pas faute d'avoir fait les yeux doux à certains, et du rentre dedans à ma prof de sport y a un ou deux ans. Mais c'était pas une femme facile... une sacré maitrise du "take down". C'est parce qu'elle préférait les filles, je suis sûr.

Je sonde le professeur avec intérêt, sourire persistant aux lèvres. Est-ce que monsieur fantasme sur le fait d'être le premier pédagogue de ses conquêtes estudiantines? Ou est-ce que je dois comprendre qu'il essaie de cibler de potentiels rivaux?...

-A mon tour de te poser des questions! Remplis-je à nouveau joyeusement les verres. C'est pas du jeu sinon.

Des questions j'en manque pas, mais comme la formulation est un peu traitre et me restreint plus dans mes choix que je l'aurais cru, je réfléchi, le nez levé au plafond. Bah! Je sais.

-Je suis sûr que t'as jamais couché avec un lycéen. Autre que moi...

Je guette ses réactions. Est-ce qu'une négation me surprendrait? Pas tellement. Marie n'a pas besoin de jouer les midinettes pour savoir que je ne suis pas le premier de ses élèves avec qui il s'est éclaté, et enfreindre les lois fait complétement partie de ses habitudes, alors... Mais de là à s'être laissé tenté et avoir offert quelques privilèges à d'autres lycéens ou lycéennes?...

Ma bouche forme un petit "Oh" à sa réponse, déguisant un sourire difficilement contrôlable. C'est... bien? Ce n'est pas mal en tout cas... pas mal du tout. Je me cale le menton dans la main pour cacher ma risette trop évidente et je suis des yeux les ondulations de sa gorge lorsqu'il boit en signe d'innocence. Hum! On continue.

- Je suis sûr que t'as jamais couché pour de l'argent.

J'en suis pas sûr du tout, et c'est ce qui est si bon. Je veux connaitre ses petits secrets, même les plus sales, même "la fois où"... J'ai des principes, et m'abaisser à marchander une partie de jambes en l'air ça n'en fait pas partie. Trop dégradant. Mais ça a quelque chose d'aussi excitant que dérangeant... de l'envisager... pour les autres... si jamais...

-Je suis sûr que t'as jamais... couché sur une scène de crime!

Celle là je l'attend avidement. Peut-être un peu trop vu la question... Rah, exit la mine choqué! On rigole, je suis d'humeur très-très enjouée, y a pas de place pour les pensées négatives, pourquoi des pensées négatives d'ailleurs?! et je veux vraiment savoir. Il est criminologue, non? C'est un tombeur, non? Y a des tas de flics et d'agents mignons, non?! Et puis, ça a rien de gore! C'est même plutôt fun!... Je veux dire, selon le contexte, la personne, en oubliant toute éthique, et surtout en étant bien sûr que le propriétaire des lieux et les autorités locale ne sachent jamais ce qu'il c'est passé!...
Moi, quelque chose à cacher? Pas du tout.

Mon esprit revient de son petit égarement dans le passé pour s'accrocher au présent et un Adriann bien énigmatique. Je me rapproche de lui, accoudé au dossier et la joue reposant mollement dans le creux de ma main, plus captif que jamais...

-Aller, raconte. Ou bois moi ce verre!

Mais donne moi ta réponse!

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Dernière édition par Therence Garnet le Jeu 3 Mar - 20:35, édité 1 fois
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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Dim 28 Fév - 23:03




Drunk in love

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY

Mon imagination courait aussi vite que l’alcool me montait à la tête. Et avec ce que Therence venait d’avouer sur ses soirées, mon esprit avait rapidement comblé les sous-entendus plus qu’explicites par des images qui l’étaient tout autant. Et les lieux publics. Comment ne pas fantasmer sur un Furie pantelant au dernier rang d’une salle de cinéma, alors que tout le monde regardait un film sans se douter le moins du monde de ce qui se passait derrière leurs dos ? Mais si transgresser les règles pouvait se montrer si excitant, en briser une seconde pouvait faire monter la température d’un cran encore. Alors jusque-là… avait-il déjà fait avec, ou sans professeurs ?

-C'est pas faute d'avoir fait les yeux doux à certains, et du rentre dedans à ma prof de sport y a un ou deux ans. Mais c'était pas une femme facile... une sacré maitrise du "take down". C'est parce qu'elle préférait les filles, je suis sûr.
-Je comprends. Ca m’arrive parfois, compatissais-je sincèrement.
-A mon tour de te poser des questions ! C’est pas du jeu sinon, s’exclama-t-il en remplissant nos deux verres.

J’eus tout le loisir de le contempler lorsqu’il réfléchit  aux questions. Son visage, ses lèvres fines, son cou, ses épaules et son torse…  Contemplation rapidement écourtée lorsque Therence  m’annonça sa question :

-Je suis sûr que t'as jamais couché avec un lycéen. Autre que moi...

Un lycéen ? Je scannais ma mémoire appauvrie à la recherche d’une réponse. Des étudiants, ce n’était pas impossible. Malencontreusement, en trainant dans certaines boites de nuit, peut-être… Mais des lycéens ? J’avalai une gorgée sous le large sourire communicatif du brun, curieusement heureux de le voir se trahir ainsi.

- Je suis sûr que t'as jamais couché pour de l'argent.

Oh. Ca… Je lui indiquais son verre d’un geste du menton, un sourire narquois sur les lèvres, une main dans mes cheveux, le rire un peu facile.

-C’est déloyal, comme question !, me plaignais-je, conscient d’éveiller sa curiosité. Je dirais… Une fois et demie ? La seconde fois est pas très intéressante. Mais la première fois était accidentelle, alors ça compte pas vraiment comme une fois entière, plaidais-je pour ma cause.  Bien. Je devais avoir 20 ans, 21 ans ? On allait souvent en boite en bande et on repartait la plupart du temps séparément, mais accompagnés.
Bref, un soir un type a commencé à danser avec moi. Il devait avoir la trentaine, plutôt pas mal, donc j’ai laissé faire. La soirée a continué, il m’a payé un verre. On a un peu parlé, jusqu’à ce qu’il me demande si je voulais coucher avec lui. J’ai voulu l’amener dans les toilettes, mais il a refusé, et il avait pas de voiture, alors… On est allé dans un hôtel un peu pourri qui était à deux rues. On commence à coucher ensemble et…
Enfin, il menait le truc et il était plutôt du genre… dominant. Mais pas sexy, tu vois ? Le genre à te demander de l’appeler "papa", des choses comme ça, riais-je. Donc bon, il avait l’air vraiment à fond, j’ai pas voulu briser son fantasme ! alors j’ai plus ou moins marché. Jusqu’au moment de se rhabiller, où il me tend 80 euros en me sortant "J’ai toujours rêvé de baiser un gigolo". Arrête de rire !, souriais-je avant de reprendre. C’était trop tard pour refuser, alors je l’ai fait augmenter à 100 euros, plus la chambre.

Je n’arrivais pas à savoir le véritable effet de l’histoire sur Therence. A l’époque, néanmoins, l’anecdote avait pris une toute autre tournure lorsque pour continuer la blague, chacun essayait de ramener un pigeon dans une chambre d’hôtel pour voir qui obtiendrait le plus d’argent. Mais l’adolescent ne se laissa pas déconcentré par ma réponse et il continua sur sa lancée, prêt à entendre ma réponse à sa question :

-Je suis sûr que t'as jamais... couché sur une scène de crime!

Un sourire collé aux lèvres, je contemplais l’étudiant, cherchant à découvrir d’où lui venait cette idée. Son regard embrumé, presque rêveur, ne donnait aucune réponse. Accrochant mon regard, il se rapprocha mollement de moi.

-Aller, raconte. Ou bois moi ce verre!

Je m’exécutais sous le regard presque déçu de Therence. Riant, je m’étouffais à moitié avant de finalement pouvoir finir ma gorgée. Je m’approchais de lui, frôlait sa mâchoire du bout des lèvres jusqu’à remonter à son oreille.

-Ca fait parti de mes fantasmes. Tu fais parti de mes fantasmes. Je t’appellerai la prochaine fois que je suis sur une scène de crime ?, murmurai-je en  effleurant sa peau. A moi !, m’exclamai-je soudainement, coupant court au chauffage en règle auquel Therence avait droit. Délaissant les verres pour la bouteille, je m'installais sur les genoux du brun.
-Qu’est-ce que tu n’as pas pu… ne jamais pu… n’a jamais pu faire ? Ouh. C’est compliqué à prononcer.  Je dirais que tu n’as jamais… Coucher avec quelqu’un sur ta moto ?

Il y tenait trop pour le faire, non ? Ou du moins… Pas avec n’importe qui. Ca devait être acrobatique, mais c’était justement ça qui pimentait la chose.  Aller, bois une rasade pour me permettre d’ajouter la Harley à la liste des endroits où j’ai envie de coucher avec toi, pensai-je en l’observant. La seconde question commençait déjà à germer dans mon esprit. Quelque chose de plus intime. Quelque chose de beaucoup plus intéressé qu'une simple partie de jambe en l'air.

-Je suis sûr que tu n’as pas, ou du moins pas encore, été dans une relation sérieuse. Et exclusive.



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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Jeu 3 Mar - 20:57



... been in love?
- Je suis sûr que t'as jamais couché pour de l'argent.

Je le détaille avec gourmandise. Est-ce que l'aventureux n'a jamais franchis le cap? Une expérience supplémentaire, pour mettre du piquant dans sa vie? Une façon de rentabiliser ses petits plaisirs? L'influence malsaine d'un plus charmeur que lui?
Je bondis presque de joie quand il me fait signe de boire. Yes! Aller le gigolo, balance toute l'histoire!

-C’est déloyal, comme question ! Je dirais… Une fois et demie ? Je regarde bêtement mon verre en déglutissant le liquide. Ah... Hey! Et il m'a laissé boire ma gorgée entière?... La seconde fois est pas très intéressante. Mais la première fois était accidentelle, alors ça compte pas vraiment comme une fois entière. Mouais. Il a intérêt à être convainquant, j'en veux pour ma gorgée! Bien. Je devais avoir 20 ans, 21 ans ? On allait souvent en boite en bande et on repartait la plupart du temps séparément, mais accompagnés.

Il raconte comment un type a commencé à le draguer ce soir là, comment il s'est laissé séduire... Je suis sa petite histoire comme on regarde un film, essayant de me dépeindre un Adriann à peine plus jeune dans son Allemagne natale, lumière fade et cadrages strict comme dans les séries germaniques. Je l'imagine se déhancher dans un club aux côtés d'un compatriote conquis avant de rires et bavarder autours d'un verre jusqu'en venir aux fait... Toilettes refusées, pas de véhicule, les deux protagonistes s'échappent dans un hôtel miteux pour satisfaire leur besoin mutuel. Et…?

-Enfin, il menait le truc et il était plutôt du genre… dominant. Mmh... je me régale sans gène de la tournure que prend mon film, le plus jeune offert à l'autre, scandant des cris et ses soupirs que je me projette très très fidèlement... Mais pas sexy, tu vois ? Le genre à te demander de l’appeler "papa", des choses comme ça.

-Hun!... dégeu... grimacè-je, franchement plus dérangé qu'amusé. Il m'a cassé tout mon plaisir là!...

-Donc bon, il avait l’air vraiment à fond, j’ai pas voulu briser son fantasme ! alors j’ai plus ou moins marché. Jusqu’au moment de se rhabiller, où il me tend 80 euros en me sortant "J’ai toujours rêvé de baiser un gigolo".

Mes yeux s'écarquillent, et c'est l'explosion. Un gros éclat de rire qui fait remuer quelqu'un quelque part dans l'immeuble, ce dont je me fous éperdument. J'essaie de me calmer en enfonçant mon visage dans le moelleux du dossier, mais rien n'y fait, mes côtes convulsent toujours dans de franches goulées.

-Arrête de rire ! C’était trop tard pour refuser, alors je l’ai fait augmenter à 100 euros, plus la chambre.

Et mon rire augmente de plus belle. Aah, j'aime ça! J'aime!!! Trop fort le voisin de Francfort! J'applaudis son vilain tours, il avait bien raison!
Puis j'expire bruyamment... donc Adriann, incorrigible manipulateur, s'amusait à faire tourner des demandeurs en bourrique contre de petites concessions salaces... j'avoue que c'est troublant, mais... excitant aussi...

La suite : je défis le profiler de me dire qu'il n'a jamais consommé sur son lieux de travail. Ce type est le roi de la débauche, est-ce qu'il y a un vice qu'il n'ai encore jamais commis?! Mais mon sourire se fige quand il lève le verre, et je perd de mon enthousiasme à mesure que je regarde l'alcool disparaitre entre ses lèvres.

-Naan, sans blagues? Jamais?...

Même pas une fois? Une demi-fois alors?!... Je grommèle mon mécontentent. Pour quelqu'un qui a surement baptisé cent fois son amphi, je trouve ça très décevant, et je ne m'en cache pas. Et ça le fait marrer... et il approche, sensuellement, pour effleurer des lèvres le chemin de mon menton à mon oreille...

-Ça fait parti de mes fantasmes. Je frissonne. Tu fais parti de mes fantasmes. Mon cœur s'emballe, noyé par une bouffée de chaleur... Je t’appellerai la prochaine fois que je suis sur une scène de crime ?

Je plonge un regard intense dans le sien, passant de l'une à l'autre de ses noiraudes. D'une impulsion je peux lui sauter dessus et...

-A moi !

Ah? Heu... J'ai du mal à réconcilier mon moi prêt à le prendre sans cérémonie - déjà mentalement parti le faire en fait - et la situation qu'il m'impose en me dérobant son visage à embrasser pour s'emparer de la bouteille et faire de moi sa monture.

-Qu’est-ce que tu n’as pas pu… ne jamais pu… n’a jamais pu faire ? Ouh. C’est compliqué à prononcer. Sa locution me fait marrer comme un gamin. Je dirais que tu n’as jamais… Coucher avec quelqu’un sur ta moto ?

-Un autre de tes fantasmes, prof'?

Sa mine alléchée en dit long. J'entoure volontairement mes doigts autours des siens pour guider la bouteille jusqu'à ma bouche dans un geste lent et suggestif.

-... Jamais. J'ai fais des tas de trucs, mais ça... c'est trop casse gu*ule. Enfin, je crois. Pis Harley et les plans à trois, il faudrait qu'elle soit ok d'abord...

Nah, ma moto je l'ai toujours vu se faire examiner par les mains d'une jolie mécano. Ça c'est le summum du sexy... mais je me pourlèche la lèvre en imaginant un Adriann partiellement nu cramponné à elle... y a peut-être moyen, rêve-je en caressant machinalement les genoux de l'enseignant, attendant de recevoir la question qui le rend si sage.

-Je suis sûr que tu n’as pas, ou du moins pas encore, été dans une relation sérieuse. Et exclusive.

Son indiscrétion me trouble. Je me gratte le crâne en réfléchissant le plus sérieusement dont je puisse être capable dans mon état. Même si elle peut paraitre évidente, la question mérite que je m'y attarde dessus. Je fini par me mettre d'accord avec moi-même, ou du moins assez pour décrypter.

-Y avait une fille, j'avais 14... non, 15 ans. Elle allait vers ses 18. C'était une sacré bombe, du genre à faire tourner les têtes : botte de motarde, look rebelle, coupe au carré strict. C'était une déconneuse, elle était vachement cool. Et avec mon caractère de ch*eur... rie-je fièrement. Elle aimais bien mon cran. Tout le monde aime mon cran. On a fait pas mal de c*nneries ensembles, elle m'a appris des trucs...

Certain aurait dit que c'était un peu comme une grande sœur, qu'on était complice et qu'on se cherchait facilement pour un rien. Qu'on basculait vite dans le flirt en sachant combien elle aimait allumer et combien j'étais doué pour amadouer mon monde.

-J'sais plus combien ça a durer... Trois? Quatre mois? J'l'aimais bien, elle pareille, alors j'ai pas réfléchis à que ça puisse se terminé... Mais un jour elle a dit que c'était fini, qu'elle allait se mettre avec le grand... heu... j'sais plus, enfin, un mec plus de son age. Que moi c'était fun, c'était mignon, mais c'était pas non plus la grande alchimie... Le pire c'est qu'elle a même pas été vache, ni méprisante, hein! J'étais un bon pote, quoi, le cliché du frère de cœur! Mais ça m'a fait bizarre, ça m'a dégoutté, et énervé, je lui en ai voulu, a elle et son moche, là.

Du haut de mes 15 piges, je la trouvais belle et dégourdie, j'étais flatté qu'elle s’intéresse à moi, je me la croyais acquise. Alors la "rupture" a été un peu brute. Mais...

-J'ai ruminé un moment, mais environ trois semaines plus tard... je sortais avec une copine de classe. Et je me foutais complétement d'elle! sourie-je tout fier.

Et le pire c'est que même si j'exagère un brin, c'était pas si faux. Alors voilà, la morale de cette passion adolescente, ce n'est pas que le petit Therence a eu le cœur brisé, mais c'est que le mioche d'avant comme le blousoneux d'aujourd'hui sont juste des possessifs attirés par les relations qui ont de l'allure. C'était pas... "sérieux" quoique j'ai pu en penser. C'était juste un gros béguin. Comme les rares autres liaisons qui aient un semblant de consistance que j'ai pu avoir.

-Ça m'est arriver de tenir avec quelqu'un, quelques mois, mais j'allais quand même voir ailleurs en même temps, alors...

C'est pas être très, très exclusif, ça. Je contemple la bouteille plutôt qu'Adriann, mon petit sourire qui a fondu. Parce que... enfin je sais pas trop. Tout ça c'est pas mon truc, vaut vraiment mieux pas s'attendre à ce genre de rapports avec moi!... Et je devrais lui dire, peut-être. Juste au cas où ce serait son genre, à lui et que... enfin pour être sur, c'est tout. En même temps... j'ai pas envie d'en parler. Pas ce maintenant. Pas ce soir... On s'amuse bien comme ça... non?...

...Depuis combien de temps il me dévisage?... Ma bouche reste bêtement ouverte comme celle d'un poisson et je fini par détourner les yeux et m'exclamer :

-J'suis sûr que t'as jamais aimé faire pleurer les filles!

...Clara. On parle de relation, et c'est elle qui me vient indirectement à la bouche. Pourtant en vérité, c'est pas un reproche, pas totalement. J'avais juste besoin d'un truc efficace pour changer de conversation... Et puis si! Ça reste peut-être bien une critique en fait! Sait-on jamais ce qu'il pense de moi, le collectionneur de conquêtes qui ose parler de relation sérieuse!
Mais il y a plus de défense que d'attaque dans mes intentions, et je le dévisage, patiemment. C'était un peu désolant dans les toilettes tout à l'heure. Et pour être honnête...

-Je croyais que t'allais la j'ter comme un vieux mouchoir. Mais en fait, t'as été plutôt cool.

J'aurais pas été étonné qu'il accepte une gifle sans se plaindre si l'enseignante c'était lâchée. Si ça avait été moi dans le rôle d'Adriann, les choses auraient surement été différentes. J'ai ni son tact, ni ses scrupules envers les autres... ça non...

...Je trouve ça mignon de devoir boire. Adriann est un coureur, oui, mais avec une éthique! C'est étonnant mais c'est beau. Ça mérite certainement pas de moqueries... C'est quelqu'un de chouette. Et l'insensible que je suis admire ça.
Je me passe la main sur les tempes, ça tourne un peu... beaucoup. Un petit vertige euphorique qui me fait marmonner et me fait rire en envisageant la suite...

-Mmmh... Jamais testé le BDSM...

Je souris largement. Il va finir par croire que je fais une fixette la dessus, alors que c'est juste que je trouve qu'il est trop passif pour son bien. Parfois. De manière bien plus large que l'aspect sexuel de la chose. Et que j'ai du mal à accep... à comprendre comment il a put se laisser faire par cette mâchoire de sadique de Lundi. Et puis, il parait que culturellement, les allemands, le cuir... tout ça, tout ça.
La curiosité rend mon esprit moins épart, et j'enchaine sur le même registre.

- J'suis sûr que t'as jamais couché avec une vieill... nan, une femme d'âge mûre! Ou un homme!

Oui? Non?!

- Et marié? Cette réponse, je suis sûre de la connaitre de la part de quelqu'un qui a besoin de tenir un planning pour ses coups réguliers... Et qui va l'être?... Réussi à tenter quelqu'un de fidèle? Un célibataire endurci?! Un hétéro?!!

Plus rien ne m'arrête, je veux savoir à quoi je m'expose! Non, je veux dire... je veux savoir de quoi il est capable!... Question de fierté, j'ai peut-être pas encore fait la moitié des exploits que j'ai cité, j'ai du potentiel en la matière. Moi aussi je pourrais!

Il se plaint de mon flot de questions ininterrompus, et en retour je l'accuse de mentir sur certains points. Alors je lui dispute la bouteille pour avaler ma part et par ce geste, décider de moi même de ce qu'il a ou non pu accomplir, et dans la même optique je le force à avaler selon mes désirs en lui collant le goulot devant la bouche. Je jure en riant quand il s'étouffe à moitié d'avoir avaler de travers par ma faute, et me défend de sa riposte avec des coups inoffensifs et à grand éclats de rire.

Je me calme doucement, les poumons qui se gonflent et se dégonflent d'avoir trop chahuté. Tout est vague, chancelant, chaleureux, alors je me fait attentif et je m'ancre à son regard pour retrouver un semblant d'équilibre. Il est beau. Il est tellement désirable... J'ai envie de lui. Tout entier. Tout à moi. Pour la nuit, et sans penser à ensuite... Je le détaille taquin et curieux... J'hésite dans un petit sourire ballant. C'est rien de plus qu'un jeu qui se poursuit innocemment.

- ... Ch'uis sûr que t'as jamais été amoureux.

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Dim 6 Mar - 22:12




Truth is...

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY

J’avais fait un tas d’expériences sexuelles  au cours de ma vie : tellement qu’il était largement plus simple de compter ce que je n’avais pas fait. Pourtant, la liste de mes fantasmes était encore longue et sûrement impossible à satisfaire pleinement. Mais il y en avait certains, concernant Therence directement, que je voulais à tout prix réaliser. Alors quitte à m’avancer hasardeusement dans un fantasme singulier, autant emporter l’adolescent avec moi. Je fus à peine déçu lorsque ses doigts se mêlèrent au mien, me guidant…  guidant la bouteille jusqu’à ses lèvres dans un geste ensorcelant, captivant mon regard et mon souffle brûlant, créant une bouffée de chaleur au creux des reins. Mon sourire s’étendit largement avant de disparaître au fur et à mesure de ses paroles.

-... Jamais. J'ai fais des tas de trucs, mais ça... c'est trop casse gu*ule. Enfin, je crois. Pis Harley et les plans à trois, il faudrait qu'elle soit ok d'abord...
-Je suis sûr que tu n’as pas, ou du moins pas encore, été dans une relation sérieuse. Et exclusive.

A moins qu’il compte Harley comme l’une de ses conquêtes ? Sagement, il commença le récit de ses déboires adolescents, une brune tout aussi ténébreuse que lui qui visiblement, avait le même mal que son compagnon à se fixer clairement. Mais ses aventures ne m’éclairaient pas comme je le voulais et son sourire mi-taquin mi-fier n’arrangeait rien… d’autant qu’il le perdit rapidement, perdu qu’il était dans la contemplation de la bouteille. Mon regard à moi était toujours rivé sur son visage à la recherche… A la recherche de quoi ?

-Ça m'est arrivé de tenir avec quelqu'un, quelques mois, mais j'allais quand même voir ailleurs en même temps, alors...

Le silence qui s’installa était vaseux, plein de questionnements et de réponses hasardeuses que j’étais certain de ne pas vouloir entendre. Rester dans la brume et dans l’inconnu. Et ce n’était certainement pas ce soir qu’il fallait commencer à réfléchir : j’étais saoul, dans les bras d’un mec séduisant, baignant dans une sorte d’érotisme lattant. C’était bien comme ça. C’était mieux comme ça.

-J'suis sûr que t'as jamais aimé faire pleurer les filles ! Je croyais que t'allais la j'ter comme un vieux mouchoir. Mais en fait, t'as été plutôt cool.
-Ca a pas toujours été le cas, avouai-je en buvant ma gorgée. Mais disons que j’ai appris la leçon, rigolai-je.
-Mmmh... Jamais testé le BDSM...

J’éclatais sincèrement de rire. Jamais ? On ne pouvait pas vraiment dire jamais à cette question. Certes, jamais rien de trop hard, mais… Il suffisait que quelqu’un soit attaché pour que ça entre dans la catégorie, non ? Alors j’attrapai la bouteille sous le regard inquisiteur de Therence, qui ne s’attarda pas et continua de poser ses questions, à la vitesse d’une mitraillette.

-J'suis sûr que t'as jamais couché avec une vieill... nan, une femme d'âge mûre ! Ou un homme ! Réussi à tenter quelqu'un de fidèle? Un célibataire endurci?! Un hétéro?!!

J’entendais  à moitié le flot de questions, noyé sous mes rires, noyé sous l’alcool qu’il versait entre mes lèvres… rapidement détourné sur lui, trempant son jeans et son torse.

-Oh, soufflai-je en souriant narquoisement. C’est domm-…

Son regard. Perdu, ancré dans le mien, tout ça à la fois, et son sourire. Je me rapprochai instinctivement de lui, de sa chaleur, de son corps tout entier. Pas de relations, pas de long termes ou quoi que ce soit de sérieux. Juste ce soir, et sûrement des suivants. Rien d’autre.

- ... Ch'uis sûr que t'as jamais été amoureux.
-Hmm… Il y a plus d’alcool dans la bouteille, mais on te trouvera un verre demain, souriais-je en grand. Amoureux d’un homme d’âge mûr, marié, fidèle et hétéro à la base. Sympa, comme combo, non ? Mais moi... suis sûr qu'à part ta rebelle, t'as jamais été amoureux.

Alors ; que dirait-il ? Je contemplais ses sourcils froncés, son regard brumeux toujours planté dans le mien, ses lèvres... Oh, et puis tant pis. Sans rompre notre lien visuel, je glissais une main dans ses cheveux et attrapais ses lippes entre les miennes pour le baiser le plus chaud et le plus alcoolisé de la soirée. Il pouvait interpréter ça comme il voulait, aveu ou simple pulsion, du moment qu’il n’arrêtait pas de balader ses mains partout sur moi.

-J’suis sûr qu’aucun de nous deux n’a jamais fait l’amour sur les toits, murmurai-je à son oreille, le souffle court.

Je me redressais dans un sourire narquois et l’aidais à faire de même. Le jeans déboutonné, les cheveux en bataille, le regard flou et les joues rosies, Therence était un véritable appel à la luxure. Alors autant voir les choses en grands ! Nos doigts liés ensembles, titubant légèrement, je menais la marche jusqu’à sortir de son appartement, jusqu’à traverser son couloir pour arriver à une petite niche. La porte en ferraille qui nous bloquait l’accès au toit céda brusquement sous nos deux poids et nos éclats de rires combinés lorsque nous retombâmes sur les fesses, le vent fouettant nos visages. Aussi prudemment que ne l’autorisait notre état, nous avançâmes jusqu’au centre du toit avant de retrouver les lèvres de l’autre dans un nouveau baiser alcoolisé. Enivrant, enivrés, de plus en plus déshabillés, nous nous offrions au paysage de la ville endormie.



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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Dim 13 Mar - 17:49



... You turn me on!
Le croissant de lune fait tranquillement son petit chemin dans le ciel pendant qu'ici bas les verres s'enchainent. Ça boit, ça rigole, ça chahute et ça fouille les profondeurs de la c*nnerie de l’autre sans honte.

Un Adriann joyeux c'est contagieux et ça me ravi de le voir dans cet état. Je savoure son rire qui éclate si facilement. Je partage ses fantasmes décalés avec intérêt, m'attarde sur ses paroles sans fars, son sourire torve qui articule mal... son cou à bécoter déjà habillé de trois rougeurs... ses yeux imbibés qui me scrutent parce que c'est à moi. Ah? Alors je m'ouvre à mon tours sans exagérer, ou à peine. Parce que je me mesure un peu à lui aussi, l'air de rien. Y a rien à gagner à ce jeu, mais Adriann reste quand même un sacré rival. Un autre mâle aux atouts indiscutables et aux expériences variées que j'admire, dont je me moque ou auquel je ne peux que déballer franchement ma déception quand il m'avoue ses réussites ou ses déboires, toujours sincère mais un peu provocateur. C'est un bourreau des cœurs. Et je veux le connaitre. Savoir dans quelle mesure il est meilleurs ou pire que moi. Savoir comment riposter à ses charmes. Comment le séduire... déterminer ce que "spécial" peut vouloir dire pour quelqu'un comme lui...

Pourquoi il a été si correct avec Clara? Il a essayé de faire bonne impression parce que j'étais là, ou il est réellement moins sal*p que ce que je pensais?

-Ça a pas toujours été le cas. Mais disons que j’ai appris la leçon.

Je souris un peu plus. Adriann, homme d'expérience qui mérite son diplôme du parfait Don Juan... J'enchaine en supposant qu'il ce soit essayé à des jeux plus audacieux, et il avale son verre en riant. J'en étais sur. Je malmène ma lèvre inférieure en l'imaginant en situation. Points liés, yeux bandés? Mmh, sans sombrer dans la vulgarité, ça doit être terriblement jouissif.

Puis je l'attaque de questions, mes propres réponses à l'esprit. S'il a déjà eu une aventure avec quelqu'un de mâture? Possible. Marié? Certain! Fidèle? Probable. Célibataire convaincu? Sûr! Un hétéro? J'hésite...

L'alcool se perd ainsi que nos rires mêlés quand l'on se calme et que je prononce une énième indiscrétion. Il sait que je ne suis pas un adepte des relations sérieuses et exclusives. Mais lui? Sous ses airs libertins, est-ce qu'il a déjà eu un semblant de rapport sincère et durable? Est-ce qu'il a déjà été "amoureux"?

-Hmm… Il y a plus d’alcool dans la bouteille, mais on te trouvera un verre demain.

Je fronce les sourcils, intéressé de bien des façons. Alors il l'a été? C'est vrai?

-Amoureux d’un homme d’âge mûr, marié, fidèle et hétéro à la base. Sympa, comme combo, non ?

-Tu me fais marcher...

-Mais moi... suis sûr qu'à part ta rebelle, t'as jamais été amoureux.


J'installe nonchalamment un bras derrière ma nuque et un silence de respiration et de battements de cœurs inaudibles remplace mon rire incrédule. Je le fixe langoureusement, une pointe de défis dans le regard. Ça sonne un peu comme une provoc' ça, non? Indirectement, j'ai déjà répondu à sa réponse. Mais qu'est-ce que ça peut faire. Est-ce que ça a du sens pour quelqu'un? Est-ce que ça me donne quelques crédits de plus ou de moins en tant que coureur exemplaire, ou même en tant qu'homme si je ne peux pas affirmer être vraiment tombé amoureux? Ça n'empêche en rien que je suis un excellent coup et quelqu'un d'attrayant sans être superficiel, et c'est suffisant... non?...

Son regard est gourmand... hypnotique. Je vais finir par avouer un petit "non" de la tête qu'il m'en empêche de la meilleure des façon. Baiser humide, soupirs avides, mes mains glissent, pressent et attirent ce qu'elle peuvent de son corps nu ou à découvrir. Mes dernières capacités de réflexion se sont envolées. Je ferme les yeux pour mieux profiter de ses attaques et contrer par mes propres caresses, sa voix à l'accent prononcé me chatouille les entrailles aussi fort que ses mains sur moi.

-J’suis sûr qu’aucun de nous deux n’a jamais fait l’amour sur les toits murmure t-il a mon oreille comme un vilain démon.

-Ah... alors faut changer ça...

Je le regarde m'échapper en renversant mollement la tête de côté et un petit soupir impatient. Heureusement il me prête sa main pour me mettre debout. J'y parviens non sans un vertige et me laisse amener par Adriann en riant de notre bêtise à venir, parcourant avec lui les locaux instables et franchissant des portes rebelles, jusqu'à atterrir c*nnement sur le par-terre froid et rugueux de la terrasse. Brrr! le brusque changement de température me fait grelotter un bon coup, mais il en faudrait bien plus pour m'arrêter. Le professeur m'entraine maladroitement jusqu'au cœur du toit, rieur, plein de désir. Tout simplement irrésistible... Bon sang ce que j'ai envie de lui... Je le choppe par la taille pour le coller à moi et presser vigoureusement mes lèvres au siennes. Aussi instables l'un que l'autre, je le bouscule contre la tôle d'un évent d'aération avant qu'on perde encore ridiculement l'équilibre. J'en profite pour libérer ses jambes de son pantalon, le mien qui suis de près quelque part plus loin, puis je câline et j'embrasse son torse par succession de sussions labiales en pétrissant les parties les plus tendres de son anatomie. Le numéro de Marie n'est plus là, ou plutôt je ne le vois plus vraiment, rien qu'une tâche sans importance sur laquelle passent mes lèvres pour aller s'emparer d'un téton. Il gémit, je souris, et je le retourne pour embrasser partout aux alentour de sa nuque brulante et m'approprier plus que la fière expression de ses attentes...

Vois, Beacon Hill, entends ce qu'ils sont comblés tes rois des cœurs!!!


~***~


Mmmmmh...
C'est quiqui rit? Et quiqui parle?... Beaucoup de monde dans ma tête. Beaucoup de monde. Me retourne paresseusement, et la mâchoire d'un beau barbu m'apparait un instant. Sourire béat, je me sens bien. Alors je m'installe mieux contre ma source de chaleur en marmonnant mon bien être. J'ai envie de me marrer, ch'ais pas pourquoi, mais c'est drôle. Mmmouaiiis. Je me sens comme dans un cocon. C'est bien. Et ça tourne un peu. Ça tourne...
... Ça tourne...
... Ça tourne...
... Ça tourne...
Ça tremble!
... Ça tourne...
... Ça tourne.
... Ça tourne!
... Ça tourne trop vite!
J'ai le vertige! Je grimace, j'aime pas ça, hého! Je veux descendre! J'agrippe le tissue moelleux sous mes doigts, c'est plus drôle! C'est plus drôle du tout!!!

OH LA VACHE!

Plus rien.
Ou peut-être que si...
... Un cowboy?!!

J'ouvre subitement les yeux pour les refermer aussitôt en maugréant contre la luminosité et les échos matinaux qui tonnent dans l'immeuble. Rah, LA FERME!... j'ai l'impression horrible d'être passé sous une roue. Mmrh, mais je sais pas ce qui me fait le plus frémir dans tout ce micmac... Que le dit cowboy, un bon gaillard, cause à un lapin, ou sa... pilosité...
Je cligne vivement des paupières et fixe subitement mon partenaire nocturne entre mes yeux toujours plissés. Et soudain à la prise de conscience que le menton dru de mes rêves n'appartient qu'à mon prof de criminelle, et à lui seul, je sens un poids tombé de mes épaules et m'éviter un haut le cœur assuré. ...Ou pas... On y a pas été de main morte sur la bouteille... Houuu...

Je replonge le nez dans mon oreiller en maudissant les deux bouteilles... deux... trois verres... plus? Mrrrrmmmh... en maudissant tout, et c'est le trou noir jusqu'à ma prochaine résurrection.

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Dim 27 Mar - 20:44




Morning Glory

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Des cris résonnaient partout. Dans mon ventre, dans mes tempes, dans mes oreilles, aucun endroit n’était épargné par les hurlements des gamins. Qu’est-ce qu’ils foutaient là, d’ailleurs … ? D’ordinaire, les étudiants ne hurlaient pas. Alors… Oh, Scheiße. La soirée étudiante, l’anniversaire de la… la blonde, là… Pas elle … ? Si ? Allongé sur le ventre, je rabattis mes bras sous ma tête. Il ne fallait pas qu’elle voit que j’étais réveillé. Surtout : discrétion… Mes paupières pesaient une tonne. Difficilement, l’une après l’autre, millimètre par millimètre, je les ouvr- RAAH ! C’était quoi, toute cette lumière ?! Ma main rabattit directement le drap sur mes yeux. Noir complet. Petit soupir de soulagement. Mes souvenirs de la veille tentaient tant bien que mal de se frayer un chemin jusqu’à mon cerveau imbibé… Premièrement, pourquoi avais-je la gueule de bois ? J’étais censé être un wendigo ! J’étais censé avoir une sorte d’armure contre tout ça, non ? Ohlalalala. La température commençait à drôlement grimper, sous le drap. Timidement, je pointais le bout de mon nez hors de la couverture pour retrouver un peu d’air frais. Un râle de soulagement naquit du fond de ma gorge –non, ce n’était pas vraiment du soulagement. C’était plus fort que ça. C’était une libération. La libération de la nausée qui avait commencé à s’installer dans mon estomac. Mais bordel, ce qu’il faisait chaud. Ma tête entière glissa hors des draps, les paupières résolument closes. Hors de question de voir la lumière du jour pour le restant de ma vie. Malgré ça, la chaleur augmenta encore, sous forme humaine. Il y avait pas idée de se coller comme ça contre un mec qui était déjà en sueur ! Au moins, soupirai-je intérieurement en me collant d’avantage au corps, ce n’était pas une fille. Donc ce n’était pas la blonde. C’était quoi, son nom, déjà … ? Julie ? Marie ? Bof… Tant pis.

Le torse collé contre son dos, le visage dissimulé de la lumière par le creux du cou de mon inconnu, j’étais bien. Une de mes jambes sortait des draps pour me procurer assez de fraîcheur. C’était bien... Et en plus, il sentait bon… La débauche, la fatigue, mais aussi une touche lointaine de parfum pour homme… Je passais un bras autour de ma proie pour la garder contre moi. J’avais faim, et autant profiter du petit déjeuner au lit, non ? Encore attiré par les tréfonds du sommeil, mes lèvres déposaient, presque par automatisme, de légers baisers sur la nuque et le cou de l’inconnu… juste assez légers pour sentir son goût sur le bout des lèvres, rapidement remplacés par le bout de mes dents. La chaire tendre roulait entre mes incisives, provoquant des frissons, autant chez le garçon que chez moi. Je relâchais la pression avant de déposer de nouveaux baisers et de recommencer l’opération. A chaque fois un peu plus fortes, je devinais la marque que laissaient mes dents sur la peau. J’ouvris un œil, à peine, pour observer l’œuvre sur mon futur repas. Les  rougeurs commençaient déjà à apparaître, traçant un petit chemin jusqu’à la naissance de la mâchoire… Mâchoire qui, étrangement, me disait quelque chose. Intrigué, j’ouvrais mes deux yeux, toujours plissés, et balayait du regard le corps pressé contre moi, le visage endormi de Therence enfoncé dans les oreillers. Oh, non… Brusquement, je me dégageai de lui pour me redresser. Un peu trop brusquement, car un haut le cœur me faucha à peine assis. Respirant profondément, en vain, pour calmer ma nausée, je me ruais dans la salle de bain pour vomir les litres d’alcool que j’avais avalé la veille, les jambes nues contre le carrelage. Je revoyais maintenant clairement la louve vomir sur le trottoir…  Et moi l’imiter, toujours penché sur la cuvette des toilettes. "C’est pas… c’est pas cool, les effets secondaires." Si je le retrouvais, cette enflure… Enfin, le corps tremblant de froid et de faiblesse, je pu me redresser. A tâtons, j’activais la chasse d’eau et me remettait debout, affrontant mon reflet dans le miroir. Oh… Je comprenais pourquoi l’alcool et les surnaturels ne faisaient pas bon ménage. Des cernes foncées creusaient le contraste entre ma peau plus pâle qu’à son habitude, et mes… Mes cornes étaient sorties ! Assorti à ça, ma peau était transformée en certains point de mes épaules jusqu’à mes mains. Bah… Au moins, la nausée et la migraine avaient disparues. C’était déjà un bon point. Lentement, je fouillais dans le placard de Therence. Il me fallait une brosse à dent. Et une bonne douche.

J’en sortais un bon quart d’heure plus tard et retrouvai l’étudiant, toujours affalé dans son lit, même s’il avait l’air de vouloir se réveiller... Enfin, plus ou moins. Je ne pu réprimer un petit sourire en allant tirer les rideaux pour plonger la pièce dans la pénombre, histoire de rendre son réveil moins pénible. Et pour continuer de l’aider, je déposais un verre avec un cachet d’aspirine près du lit. Il ne restait plus qu’à trouver mes vêtements, bien que l’idée de rester nu toute la journée dans l’appartement de Therence était tentante. Voir extrêmement tentante. Mais au bout d’un large tour décrit dans l’habitation, il n’y en avait toujours aucune trace, et l’effort pour retrouver mes souvenirs était toujours aussi énorme. Où se planquaient mes vêtements ? A pas de loup, je m’approchais du matelas, l’enjambais et me mis à califourchon sur le garçon. Quelques baisers là où mes marques trônaient déjà pour avoir sa pleine attention, puis je murmurais :

-Je crois qu’on a perdu nos vêtements.



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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Lun 4 Avr - 2:35



Gueule de bo...?!
Ma tête est pleine. J'ai envie de fuir et de rester lover, je suis tantôt mal à l'aise, et ensuite béat. Aucune cohérence, aucun sens, je patauge dans du lourd... Je crois que mon corps a fusionné avec le matelas. Impossible d'en sortir ni même de revenir à la surface, c'est trop dur. Ou... peut-être trop doux...

Ça glisse sur ma nuque avec légèreté, à peine humide et chaud, et ça émoustille mes sens encore endormis. Je prend conscience de certaines parties de mon corps depuis la zone de brouillard intense dans laquelle mon esprit est encore empêtré et qui se réchauffe et s'illumine sous les effets des voluptés matinales. De petits frissons courent le long de mon dos collé contre mon réceptacle chaleureux et ferme quand un morceau de peau se fait gentiment pénétrer... Je pousse un soupire dans mon sommeil... puis je grimace un peu quand la prise se fait plus forte. Aïe. Mais la bouche relâche la pression, soulage la petite zone de picotement, et elle migre ailleurs recommencer sa douce persécution... impossible de lutter.

Je replonge à la recherche d'une quiétude qui se fait la malle, et quand j’émerge de ma torpeur, c'est pour revenir avec une mémoire basique de la veille et prendre pleinement conscience de la la migraine et du mal-être, mais surtout du vide qui m'entoure. Où est passé ma source de confort?...

Je me frotte le visage dans l'oreiller avant de retrouver un semblant d'attention. Y a du tintamarre à côté... C'est la douche qui coule. C'est Adriann. Mon bras pend du lit à la recherche de la fraicheur du parquet, et dans un faible remous mes phalanges frôlent quelque chose. Son téléphone portable traine par terre. Peut-être qu'il a été posé là dans un élan de bon sens la veille, ou parce qu'il y a atterri au cours de nos préliminaires, tout cas... c'est pas le mien... Je m'en empare avec la vélocité d'un paresseux et l’œil à moitié ouvert, résolu à passer-outre la lumière artificielle de l'appareil, j'y pianote négligemment. Voyons ce qu'il y a là dedans... Je passe en revu les derniers sms reçus par Adriann, des noms et numéros de téls avec des propositions explicites qui me font faire la moue. J’écrase mollement mon pousse sur l'écran. Effacé. Message suivant...
Son répertoire est plein à craquer. Je me tâte à supprimer certains numéros, ceux qui ont des pseudo trop évocateurs ou qui ne me plaise tout simplement pas y passent direct. Je guette, mais pas de trace d'un Mercredi ou d'une Samedi. Bah... tiens, une... deux Marie?... Poubelle. Espérons que la Marie qui n'était pas en trop n'était pas quelqu'un d'important. Et les numéros et les textos continus de défiler sous mon pouce, jusqu'à ce que je stoppe net tout mouvements, comme si j'avais prémédité durant mon plus profond sommeil le nom qui me saute à la figure.

... Chad?...

Qu'est-ce qu'il a dit hier déjà? Un ami? Lui?... Ils ont rien en commun! Ça mérite une fouille approfondis, mais le temps d'ouvrir leur conversation que l'eau arrête de couler et je l'entend remuer dans la salle voisine. Dans l'urgence, j'enfouis complétement mon nez dans l'oreiller et glisse le tél sous ce dernier. Quand la porte s'ouvre, je beigne dans un sommeil d'ivrogne tout ce qu'il y a de plus innocent...

Ce traitre de rideau qui racle contre la suspension me fait râler, mais soudain, c'est la pénombre, et en mon fort intérieur je béni le professeur pour son attention. J'écoute ses mouvements d'un bout à l'autre de la pièce, en essayant de déterminer ses faits et gestes... Ça me berce, je pourrais presque me rendormir... Mais mon illusion de sécurité se trouble. Le matelas s'enfonce, doucement, de plus en plus proche... C'est pas son tèl qu'il cherche depuis tout ce temps au moins?... Je frémis aux lèvres qui me butinent le cou sans savoir s'il s'agit d'un appât pour me faire lever le nez ou d'une punition en préparation...

-Je crois qu’on a perdu nos vêtements. me murmure l'allemand.

Oh, alors c'est juste ça. Je me retourne mollement sur le dos, en me massant les paupières, l'autre main calfeutrée sous l'oreiller, et je détaille vaguement le corps à demi détouré de lumière qui me surplombe. Entièrement nu. La vue est belle...

-Mmh... Mince. Ça va être difficile pour toi de partir sans tes fringues...

Mon sourire s'élargit, certain que l'homme n'espère que de rester ici quitte à rejeter la faute à nos vêtements cachés on ne sait où. Mais d'un regard sur la chambre, il manque effectivement quelques tissues nécessaires... et un grand verre d'eau est posé sur la table de chevet. Je le remercie d'un "Heureusement que t'es là!" en me redressant pour avaler l'intégralité du liquide, j'en demanderais un autre pour la pastille, puis je pousse un soupir extatique en me renfonçant dans mon oreiller.  Aah! Ça fait du bien...

Les yeux toujours clos mais le sourire mutin, je remue sous ses cuisses qui m'écrasent triomphalement. Les douceurs du matin ont sauvées quelque chose de la dégrise. Je suis... en forme. Et ce serait trop bête que je sois le seul à en profiter...
La fougue de la veille s'en est allée, mais je l'attrape par la nuque en remuant des jambes pour essayer de me débarrasser du draps qui me sépare de sa peau tiède. Mon envie de lui est au plus haut, même s'il a une tête à faire peu...
J’entrouvre les paupières, prêt à embrasser l'homme aux méchantes cernes, qu'un détail m’interpelle enfin. Je suis le chemin de ses yeux jusqu'au sommet de son crâne d'un regard louche qui se fronce d'incertitude et s'écarquille lentement mais surement d'une saisissante compréhension en poursuivant leur interminable contemplation...

-Non de...! Adriann!!! protestè-je en le repoussant de toute mes forces en dehors du lit. Ta tête! P*tain, t'as des... T'as des cornes?!

Je rêve?!... Je fixe son crâne qui semble sortir tout droit d'un film d'épouvante tandis qu'il se redresse, moi plaqué dans le coin de mur contre lequel est casé le lit. Avoir la gueule de bois prend un drôle de sens ce matin...

-Tu... restes où tu es! le gardè-je à distance en me massant la tempe douloureuse et le menaçant du pied.

Je suis peut-être pas au meilleurs de mes capacités physiques et mentales, je suis pas débile! Je sais à quoi ça ressemble un wendigo! Au moins maintenant j'en ai la confirmation...

-T'es... t'es moins poilu et décharné que je croyais... m'étonnè-je.

Il a pas non plus l'air d'un mort-vivant, et encore moins d'un géant de glace comme les diverses représentations que j'avais trouvé. Je me posais la question depuis un bon moment, mais c'est pas le genre de sujet qu'on a abordé. On à jamais abordé aucun sujet en ce qui concerne le wendigo de toute façon, je... j'y tenais pas. Mais là, sur l'instant, je me demande si c'était pas une mauvaise idée...
Dans notre élan, la créature a dérangée le rideaux. Le mince faisceaux qui éclaire notre coin me permet de détailler un Adriann... ordinaire comparé à d'autres surnaturels, si ce n'est les sombres ramures qui naissent parmi quelques mèches brunes encore humides et ses bras tachetés de façon anarchique. La respiration anxieuse, je baisse les yeux sur sa main à la recherche d'éventuelles griffes. Celles là mêmes qui avaient permis d'extraire une balle de mon abdomen...

J'ose croiser son regard à nouveau, indécis. Il n'a pas l'air si... dangereux. En terme d'animalité j'ai vu des loups et eux avaient des abribus sacrément féroces couplés à un contrôle assez fragile de leur deuxième nature. L... là... j'ai à faire à un grand démon. Plutôt... stable? Voir les bois bouger si naturellement avec le reste de sa tête, c'est... stupéfiant. Mais y a un détail que je ne risque pas d'oublier sur lui. Alors quand il approche, je le menace sérieusement de lui foutre un bon coup de pied.

-T... tu... tu vas quand même pas...

Si je pouvais passer à travers le mur, je l'aurais déjà fait.
Il va quand même pas me dévorer?...

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Mer 13 Avr - 22:45




S'apprivoiser

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
Ce début de matinée avait quelque chose d'étonnamment doux. Sûrement grâce aux caresses dont Therence usait et abusait, ce qui, au vu de ma... forme, était plutôt étrange. Mais tant pis. Je profitais sans honte du passif de l'étudiant, dissimulant un sourire dans l'ombre, sûrement un peu niais, lorsqu'il se redressa pour attraper son verre. Un nouveau sourire remplaça le premier, bien plus prédateur, au corps pressé contre moi, à sa main sur ma nuque, à ses lèvres de plus en proches. Mes mains n'étaient pas en reste non plus, se baladant sur chaque parcelle de peau offerte, rapprochant encore un peu plus nos cor- Wow !, criai-je dans ma tête lorsque je tomba en arrière, le dos heurtant le parquet et les doigts agrippés aux draps.

-Non de...! Adriann !!!  Ta tête ! Putain, râlions-nous en choeur. T'as des... des cornes ?!

Je me relevai, plus inquiet par l'état de mes bois que par l'état de Therence. Je ne pourrais jamais me pardonner de les casser. Un soupir de soulagement inaudible franchit mes lèvres. Intacts. Bien. Maintenant, il fallait s'occuper du garçon.

-Tu... restes où tu es !, cria-t-il en se protégeant de son pied, niché dans le coin du lit.

Les bras levés au ciel en signe d'apaisement, j'essayais d'inventer un plan pour le calmer. Il était déjà effrayé ; avancer ne servirait qu'à augmenter encore sa panique. Dieu merci, les crocs et les griffes n'étaient pas de sortis. C'était une maigre consolation, mais s'en était une quand même.

-T'es... t'es moins poilu et décharné que je croyais..., s'étonna-t-il sans méchanceté.
-On est décharnés. Habituellement. C'est juste que je suis pas... entièrement transformé.

Et si je l'avais été, il y aurait de grandes chances pour que l'adolescent soit déjà mort, baignant dans son sang Je me forçais d'effacer  les quelques images qui apparurent dans mon esprit d'un Therence cherchant de l'air malgré sa gorge tranchée, une main tendue comme pour appeler à l'aide. A la place, je cherchais son regard, avide de lui prouver ma bonne volonté. Ce matin, j'étais inoffensif, et ce sera aussi le cas de tous les autres. Je lui avais promis de ne pas le blesser et je comptais bien tenir parole. Mais ses yeux passaient sur mon corps à toute vitesse, s'attardant sur mes cornes, mes mains, avant de venir, enfin, croiser les miens. Son regard trahissait son hésitation. Qu'allait-il décider ? Peu importait. J'avais décider de décider à sa place en avançant à pas lents, feutrés, pour ne pas l’effrayer... ce qui eut pour seul résultat l'effet inverse, comme le prouvait son pied, prêt à passer à l'attaque.

-T... tu... tu vas quand même pas... 
-Therence, si j'avais eu l'intention de te dévorer, tu serais déjà mort, crois-moi, admis-je le plus calmement au monde. Observe. Je suis plus humain que wendigo. C'est pareil à l'intérieur.

J'avais grappillé quelques centimètres en parlant, les bras toujours levés. La jambe du brun était toujours tendue, et brusquement, je consuma la distance restante, me saisit de sa cheville et le fit glisser jusqu'à moi comme s'il ne pesait rien. Pour l'immobiliser, je m'assis sur ses cuisses et attrapai ses poignets pour les placer de chaque côté de sa tête. Un petit sourire victorieux s'esquissa sur mes lèvres en s'approchant des siennes.

-Fais-moi confiance, murmurai-je en captant son regard. Je ne vais pas te faire de mal, je te l'ai promis.

Je déposais un baiser sur ses lèvres avant de relever mon visage. Patiemment, j'attendis que l'humain se fasse  à la situation, l'oreille concentrée sur sa respiration, sur les battements de son cœur, attendant aussi que les miens se calment. J'avais le mauvais pressentiment que tout se jouait ici. Toute notre... relation. Ou quoi que ce soit. Tout doucement, je relâchai ses poignets, préférant ses doigts auxquels je mêlais les miens. A nouveau, je lui demandai de me faire confiance, tout en guidant nos mains sur mes bois. Inutile de préciser que la nervosité piquait mes entrailles. L'autorisation que je lui offrais de toucher mes cornes était bien plus intime que n'importe quoi d'autre que je pouvais lui offrir. Et au risque de passer pour une vierge effarouchée, oui, c'était la première fois.
Pour le détendre et surtout pour faire tomber ses barrières petit à petit, je dessinais des petits cercles sur sa hanches, du bout des doigts, tandis que de l'autre main, je caressais son flanc. Lentement, sa méfiance s'effaça. Pas complètement, juste assez pour que mes lèvres glissent dans son cou pour l'embrasser sans qu'il ait un quelconque mouvement de recul. Elles continuèrent leur voyage un peu partout, explorant des zones déjà connues, remontant sur ses lèvres pour un baiser fougueux, rapidement suivit par le ondulement respectif de nos hanches... Wow. Tout se passait beaucoup mieux que tout ce que j'avais pu imaginer. Poussant à mon avantage, je rattrapais les poignets de Therence et les tint fermement au dessus de sa tête. Un sourire provocateur répondit à son regard outré.

-On s'habitue à tout, t'inquiète pas, affirmai-je avec un clin d'oeil.

Ce n'était clairement pas son avis, puisqu'il dégagea ses poignets d'un air joueur avant d'agripper ma nuque pour m'attirer dans un nouveau baiser. Le souffle court, j'écartais ses cuisses du bout des doigts, lui arrachant un frisson. Nos lèvres se retrouvèrent comme nos deux corps, avidement et passionnément.


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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Rois des coeurs | Therence & Adriann   Dim 17 Avr - 22:48



Domestic beast, wild pet


B*rdel de... des cornes!... Adriann a des cornes! Mais d'où ça sort?! On est pas la pleine lune... Je confirme, on était pas la pleine lune, alors qu'est-ce que ça fout là?! Et depuis combien de temps?!!

Si c'est pas un nouveau cauchemars qui s'ajoute à ma nuit stupidement agitée, je souffre peut-être encore de mon abus d'alcool. Ou cette chienne de réalité. Je flippe, je suis paumé, et rabattu dans mon coin, le verre d'eau vide et la draperie font office d'armes minables pour venir à bout de... de "ça".  Puis je me sens trahis. Alors c'est de cette manière qu'il s'y prend, il séduit ses victimes et leur fait l'amour pour les débarrasser de leur emballage et de tout moyens de défenses, si ce n'est leurs muscles et leurs cervelles toute prête à être consommés avec le jus de fruit du matin!... Parce que si ses attributs sont de sortie, c'est que le wendigo projette de passer à table. Et l'heureux morceaux qui va terminer dans son estomac : c'est moi!...

J'ai mal au crâne. Ce début de weekend prend des accents folkloriques difficile à intégrer...

Collé à mon mur, j'observe avec des yeux paniqués et un soupçon évident la créature amérindo-européenne ou je ne sais même pas quelle est son origine exacte tâter ses cornes. C'est moi où il a l'air aussi inquiet pour ses bois qu'une fille pour sa manucure?... Je fais soudainement moins le malin quand il se relève lentement. Je me tasse et suis malgré moi l'image incongrue et captivante d'un homme entièrement nu et aux bois majestueux se tenir debout dans ma chambre. Il a beau lever ses mains dépourvues de griffes en signe d'apaisement, je me sens... petit. Cela dit, il est esthétiquement moins fauves et monstrueux que je l'avais imaginé...

-On est décharnés. Habituellement. C'est juste que je suis pas... entièrement transformé.

... Ok... et c'est censé me rassurer? Parce qu'il a quand même une sacré paire sur la tête, et je sais pas ce qu'il en est des wendigos, mais autrement c'est rarement bon signe! Et j'ai du mal à concevoir qu'un homme qui mange des hommes ait nécessairement besoin d'endosser sa peau de bête pour aller dévorer ses congénères, alors sur une échelle de 1 à 10, est-ce que je dois m'attendre à ce que son appétit de chair humaine soit quantifiable?! Proportionnelle aux nombres d’attributs et particularités de sa race qui se manifestent peut-être?! Qu'on m'excuse, mais éprouver ne serait-ce qu'à 20% le désir de manger quelqu'un, ça ne me rassure absolument pas!!!

Il me fixe avec une petite pointe d'appréhension, avance tout doucement, mais je peux pas me calmer. Qu'est-ce qui me dit qu'il est honnête et que c'est pas une façon pour son cannibale intérieur de me sauter dessus quand j'aurais baisser la garde? Qu'il approche pas, je le laisserais pas me boulotter!!!

-Therence, si j'avais eu l'intention de te dévorer, tu serais déjà mort, crois-moi.

J'ouvre de grands yeux effarés et déglutis en prenant conscience que j'aurais pu ne jamais me réveiller ce matin et des circonstances dans lesquelles j'aurais disparu. Dévoré à vif, comme un gibier. Ça me donne un mauvais vertige... S'il espérait me tranquilliser, c'est raté!...

-Observe. Je suis plus humain que wendigo. insiste t-il d'une voix posée, sans me lâcher des yeux. C'est pareil à l'intérieur.

Je reste méfiant mais j’obéis. J'observe. Au delà des bois et de la teinte étrange de ses bras, j'observe son allure et les messages inoffensifs qu'il me renvoie. Je suis d'accord, il a pas vraiment l'air d'une bête féroce prête à passer à l'attaque, mais comment je peux être sur que c'est pas un piège pour m'amadouer? Est-ce que ce n'est pas comme ça que procède le wendigo, se servir de l'apparence attrayante et du caractère envoutant de son hôte pour attirer ses proies et pouvoir les dévorer, sans état d'âme?...  

Je baisse les yeux un instant, partagé entre l'envie d'y croire et la crainte de me tromper. Je suis pas certain d'être en mesure de pouvoir évaluer le danger que représente réellement Adriann dans cet état... Subitement, un mouvement brusque s’abat sur ma jambe. Hey! NON! Ma cheville se fait croquer par sa main couleur suie, et il m'arrache à mon bout de lit pour me chevaucher.

-NON! Arrête! Lâche moi espèce de dingue!!!

Je me laisserais pas bouffer! Je me débats avec force, j'essaie sans y parvenir à le déloger de dessus mon giron, cogne ce que je peux et envoie mon point dans sa mâchoire, mais il s'en empare avant que j'ai pu le toucher et immobilise mon autre main de la même façon. M*rde!!!... Je râle et je gesticule mais ça ne sert à rien, et lui il me sourit, heureux de gagner un... un jeu?!... Je l'incendie du regard et râle de plus belle. Mais quel sal*p!

-Fais-moi confiance, chuchote t-il en tentant d'accrocher mon regard. Je ne vais pas te faire de mal, je te l'ai promis.

Et pour appuyer sa sincérité, sa bouche presse délicatement la mienne avant de se retirer. Un touché fugace, chaste et éphémère.
Je détaille le monstre, toujours farouche, mais enclin à cesser de lutter. Ma cage thoracique ce gonfle et se dégonfle profondément sous celle qui m'écrase sans me faire de mal, retenant mon cœur qui tambourine énergiquement de se sauver. En captant mon attention avec acharnement mais tendresse, Adriann a peut-être tiré une part de raison du tumulte intérieur qui m'agite. Mon regard inspecte frénétiquement l'une et l'autre de ses billes sombres à la recherche de véridicité. Il a promit de ne pas me faire de mal. C'est vrai. J'ai pas oublié, et il a honoré ses dires jusqu'à aujourd'hui... Alors...
Je sais que je peux croire en lui... Au moins l'envisager...

Adriann relâche lentement la pression autours de mes poignets. Ses doigts se délient et glissent avec douceur jusqu'au miens, nos paumes de charbon et d’albâtre qui s'épousent dans la même tiédeur. J’appréhende le geste d'un regard en coin que je dirige à nouveau sur l'hybride à l'air confiant quand il guide ma main jusqu'à sa joue. Il gagne ma confiance, étape par étape, et je le laisse décider pour moi le chemin de mes caresses le long de son visage jusqu'à l'une de ses cornes. Un frisson indicible me traverse de pouvoir toucher aux défenses du prédateur, inquiet, impressionné, mais fier. Lui même semble réceptif à l'étonnant cadeau qu'il m'offre, et ça me conforte un peu plus. Je me libère doucement de ses doigts, et je l'explore, j'effleure les rugosités plus ou moins marquées de l'excroissance osseuse, glisse mes phalanges entre ses différentes ramures et caresse à pleine main la courbure des fourches avant d'aller redécouvrir la racine perdue entre ses cheveux...

-C'est des vrai... m'émerveillais-je avec une note de nervosité dans mon rire. Rien à voir avec un postiche pour effrayer les gens...

C'est dément... Absorbé par ma découverte, je me mordille la lèvre en entourant le bois et... y tiraille gentiment dessus. Sa tête suis le mouvement. Et outre l'assurance qu'il ne risque pas de les perdre, c'est assez drôle de manier sa tête comme un guidon... Wow! J'enlève subitement ma main quand il s'ébroue. Ok! Ok! On ne joue pas avec les cornes d'Adriann!

Un geste brusque suffit à m'impressionner, mais pas au point de lui empêcher l'accès à mon cou et tout ce qui lui est accessible. Je m'abandonne en soupirant à ses lèvres et à l'ombre de ses bois qui frôlent mon visage. Je veux bien admettre qu'il est pas aussi dangereux que sa transformation inopinée pouvait le laisser croire...

Nous nous embrassons avec fougue, joignant un déhanché lascif à nos coups de langues avides. L’excitation qui me consume est un mélange enivrant d'envie et de soulagement encore fébrile. Je m'unis à une créature hybride, un prédateur en sommeil... Et je me sais inconscients, mais... je me sens tellement euphorique à la fois! Parce que je crois qu'on viens de passer un cap supplémentaire mon surhumain et moi...
Mais j'ouvre les yeux en retirant mes lèvres de celles de l'animal qui me surplombe. Qu'est-ce qu'il s'imagine faire à me maintenir les bras au dessus de la tête, là?

-On s'habitue à tout, t'inquiète pas, se trouve t-il malin de conclure d'un clin d’œil.

J'ouvre la bouche comme un c*n, le menton outré. J'y crois pas... monsieur à des cornes pour faire le fier, alors il se croit tout permis?! La mine joueuse et vengeresse, je me retire vivement de sa prise, et je me redresse sur un coude pour fermement saisir une poigne de ses cheveux, de quoi lui rappeler quel indomptable humain je suis et compte rester, et lui clouer sa sale bouche de demi-cervidé avec toute l'impétuosité qu'il mérite.

-Prend pas la grosse tête parce que t'as des branches sur le crâne, Bambi... me moquè-je en gardant sa lèvre inférieure coincée entre mes dents avant de l'avaler de nouveau avec sa langue.

J'hésite à renchérir que vu ma facilité à garder le dessus les cornes sont uniquement là pour la déco, mais reconsidérant qu'a sa façon de m'attraper et m'immobiliser sans efforts il n'y est certainement pas pour rien, quelque chose m'incite à ne pas trop provoquer le beau bestiaux...
Je m'électrise quand ses doigts effleurent l'intérieur de ma cuisse en guise de permission et je prend quelques secondes pour le considérer. Ces deux bois immenses qui me dominent, son corps superbe quoiqu'un peu différent, et son regard gourmand et innocent à la fois rivé dans le mien. Je glisse une main entre sa mâchoire et son oreille et l'attire à moi pour un échange fiévreux en cambrant mon nombril contre le sien, ses hanches entres mes jambes, et l'autre baladeuse qui pétrie son dos et remonte le long de sa chevelure et... jusqu'à ses bois à guider et auxquels m'agripper...

-... On s'habitue à tout, t'inquiète pas, répétè-je sur le même ton que lui, un sourire en coin difficile à retenir et auquel pouvoir s'empêcher répondre avec passion.

Ce serait une bêtise... ouais, une énorme bêtise d'oublier quel genre de créature est fondamentalement le wendigo, mais... pour le moment, que ce soit un carnassier ou non, qu'il soit muni ou dépouillé de ses cornes... Adriann reste mon irrésistible compagnon, et un amant débridé mais pas moins apprivoisé...

Spoiler:
 

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