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 De whisky et de stout

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Alex Cormier

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MessageSujet: De whisky et de stout   Ven 20 Nov - 12:59

De whisky et de stout



La semaine précédente, Alex était rentré chez lui plus riche d'une carte de visite et d'une invitation officielle à prendre un verre de Whisky.  La brune avait intrigué le scientifique qui n'y voyait qu'une rencontre banale et l'occasion de se faire une nouvelle amie.  Heureusement pour lui, elle ne semblait pas l'avoir considérer comme un prédateur.  Il n'en avait pas vraiment parlé avec Jenny, la serveuse les considérant toujours comme deux électrons libres et indépendants, bien que la carte de crédit d'Alex commençait à soupirer, la ceinture un peu trop serrée pour conserver un compte bancaire en santé.

Un peu vieux-jeu, un peu ignorant de la procédure, Alex avait opter pour le coup de téléphone plutôt que le message texte afin de prendre rendez-vous avec la galloise. Après une conversation vaguement malaisante, Alex regretta sa décision.  Au moins avait-il réussi à établir les paramètres de la rencontre.  Ils se réuniraient au seul pub  irlandais de Beacon Hills, et donc le bar qui avait le meilleur choix de whiskys.

Fidèle à sa nature à la fois nerveuse, ponctuelle et prévoyante, il arriva une bonne vingtaine de minutes avant l'heure établie.  Il eut à peine posé son postérieur sur l'une des banquettes vert foncé que son téléphone se mit à vibrer.  C'était Jenny.

Votre conversation avec Jenny <3

Jenny <3 :
Tu fais quoi c'soir?

Alex Cormier :
J'suis sorti prendre un verre

Jenny <3 :
Cool!

Jenny <3 :
Tu diras salut à Alister

Alex Cormier :
C'est pas avec lui, c'est

Jenny <3 :
Vous êtes où? Je pourrai vous rejoindre aprè mon shift

Alex Cormier :
avce une amie

Jenny <3 :
Je la connais?

Alex Cormier :
Bien sûr, plus on est de fous!
Je pense pas, tu connais une Zoey?



Jenny <3 :
J'y retourne, Charlie a enfin terminé mon assiette pour la 22

Jenny <3 :
xxxx

Alex Cormier :
A+ xx



Le druide soupira.  Pourquoi devait-elle toujours lui parler de son ex?  Bon, c'était également son collègue et ami, mais quand même.  Lui qui avait voulu rendre le cuisinier jaloux en acceptant la première invitation de la serveuse s'était bien fait prendre à son jeu.  Quelques minutes plus tard, le serveur vint prendre la commande d'Alex, qui lui signifia qu'il préférait attendre plutôt que de commander avant que Zoey n'arrive.  Il bidouilla un peu sur son téléphone en attendant, puis il fut tiré de ses préoccupations virtuelles par l'arrivée de la britannique, qu'il n'avait pas vue arrivée.

-Oh!  Salut!  Ça va?

Il se leva et tendit la main à Zoey pour la saluer poliment.  Ils échangèrent les politesses de circonstances, Alex dansant sur un pied puis sur l'autre, à la manière d'un pingouin particulièrement grotesque.  Oh qu'il n'avait jamais été bon pour cela, mais tout le monde dans son entourage, en commençant par Jenny, lui disait qu'il était temps de rencontrer d'autres gens que les pipetteurs fous avec lesquels il travaillait.  Il ne savait pas ce qui l'exaspérait le plus, qu'elle le considère comme un simple pipetteur, ou qu'elle ait raison.

-J'ai invité Jenny à se joindre à nous quand elle aura fini le boulot, ça te dérange?
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MessageSujet: Re: De whisky et de stout   Ven 20 Nov - 15:12



Un whisky sans glaçon.


Les sous-bois étaient enveloppés d’un silence si profond que le moindre pas de Zoey semblait résonner dans l’entièreté du territoire forestier. Elle ne n’en formalisait pas tant que ça, le soleil était haut dans le ciel, ce qui indiquait une heure de la journée où il ne faisait pas bon chasser. Non, elle parcourait juste la zone dans l’espoir de trouver des indices, ou mieux, la preuve de ses méfaits. 4 jours en arrière, elle avait été attaquée par une meute désordonnée, aux têtes mises à prix. Enragés par le meurtre d’un des leurs par les mains de la chasseuse, elle s’était faite avoir par leur manque de technique au combat, l’obligeant à fuir pour sa peau après avoir abattu un des leurs, ou alors l’avait-elle juste blessée ? Elle était sortie de cette embuscade avec une cuisse mal en point. Grâce à des soins rapides, le pire avait été évité. L’instinct de la galloise l’avait poussé à se rapatrier chez Dallas, un ami et collègue si l’on pouvait dire cela ainsi. Le repos était conseillé, mais la hargne qui l’animait, la rancœur qu’elle ressentait envers son propre échec l’avait rapatrié sur le terrain à peine 4 jours après l’incident. Sa démarche était légèrement plus raide, mais la plaie cicatrisait correctement, ce qui lui permettait d’avancer sans trop grincer des dents. Ca faisait maintenant une bonne heure et demie que Zoey rôdait près des lieux de l’altercation, la nature ayant repris ses droits sur les possibles traces de lutte, les feuilles tachées de sang ayant été apportées bien loin d’ici par le vent, ou avalées par l’épaisseur de humus. Finalement, elle avait même oublié ce qu’elle était venue chercher. Sa jambe lui intimait un peu de repos, et alors qu’elle amorçait un demi tour, son téléphone portable vibra dans la poche arrière de son jean, la faisant bondir de surprise comme une débutante.

« Zoey Ceallaigh, j’écoute  ?»

Au bout du fil, un certain Alex. Encore sous l’emprise de cette montée d’adrénaline incongrue, la brune eut quelques secondes d’hésitation avant de récupérer les informations nécessaires à l’identification de l’interlocuteur. Quand son cerveau se décida à se remémorer le laborantin, Zoey lâcha un bref soupir, possiblement mal interprété par l’homme au combiné. A vrai dire peu lui importait, ce n’était ni l’heure ni l’endroit pour qu’elle ait envie de faire durer cette discussion. La tête ailleurs, les phrases courtes et concises, une politesse arrachée par simple réflexe, et l’appel se terminait sur une note de je m’en foutisme de la part de Zoey, malgré une invitation bloquée à boire un verre. Ca lui avait arraché ces dernières forces de ne pas envoyer valser férocement l’inquisiteur, alors elle reprit aussitôt le chemin du retour.

-

Ses boots claquaient d’un bruit sourd sur le trottoir, tandis que la galloise pressait le pas. On la disait ponctuelle, et c’était une qualification bien précise : pas de retard, pas d’avance. Non, l’heure juste. Parfois au détriment d’un pas de course, certes, mais elle n’avait jamais compris l’utilité des quarts d’heure de politesse. Sa cuisse la brûlait légèrement, la plaie sur cette dernière contenue à la fois par le bandage mais aussi par ce jean slim qui datait surement de quelques années déjà et avait gagné à la force des lavages et de la réduction de la matière, le surnom de « bas de contention ». Elle appréhendait légèrement son arrivée auprès du laborantin, non pas qu’elle soit du genre à être effrayée par les premiers verres avec de quasis inconnus, mais l’appel téléphonique qui avait engagé cette seconde rencontre avait été quelque peu désagréable, la faute à un mauvais timing. Soit, il était là, assis, les yeux rivés sur son téléphone, se balançant légèrement sur sa chaise. Elle ne l’avait donc pas fait fuir, voilà qui était déjà un bon point. Alors, courageux ou désespéré ? La brune pouffa à sa propre cruauté, et aborda le jeune homme.

« Je vais merci, j’espère que tu n’es pas là depuis trop longtemps. »

Elle s’assit après avoir déposé sa veste en jean sur le dossier, s’étirant légèrement vers l’arrière en sentant quelques vertèbres craquer. Malgré des doutes tenaces tout au long de la journée, elle était tout de même venue jusqu’ici. A vrai dire elle ne le comprenait pas vraiment, ses pensées ne gravitant qu’autour d’une seule et même chose : l’incident. Et peut être était  ce qui l’avait poussé jusqu’ici, si elle continuait ainsi elle allait devenir folle, ou faire des conneries. Ou les deux. Un programme pas très réjouissant. Alex était là, devant elle, malaisé, malaisant peut être, fidèle à la première impression de la semaine dernière, bref, à des années lumières de la bataille qui faisait rage dans sa tête. Et en plus, il y avait des whiskys formidables dans ce bar.

« Jenny ? J’ignore qui est-ce mais oui, bien sûr, aucun problème ! »

Et même s’il y en avait eu un, Zoey se demandait bien comment elle aurait pu l’avouer. Elle héla  un serveur, qui débarqua tout sourire à leur table. Elle n’hésita pas une seconde et refusa gentiment la carte tendue par ce dernier. Quand elle venait dans ce lieu, le premier verre qu’elle buvait était toujours un hommage à sa patrie et son peuple, aussi elle commanda, son cœur semblant s’alléger à la simple énonciation du mot, un Penderynn, un « wysgy » fait au pays, certes pas l’un des meilleurs sur le marché, mais sa valeur émotionnelle était bien plus grande.Soudain, elle reprit la parole, une moue exagérée sur son visage.

« Attends ne dis rien… Jenny, c’est l’amie imaginaire qui t'a presque retenu de boire un verre avec moi ? » lâcha t’elle, un sourire aux lèvres.


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MessageSujet: Re: De whisky et de stout   Lun 23 Nov - 3:25

De whisky et de stout



-Non, ça va, je viens d'arriver aussi.  J'ai à peine enlever ma veste à l'instant... mentit le biochimiste dans ce qui était dans son esprit un soucis de politesse. Il était un peu nerveux. Il avait bien senti que Zoey ne s'était pas souvenue de lui, ou de l'invitation qu'ils s'étaient échangée, et qu'elle avait finalement accepté de le rencontrer à contre-coeur.  Son bref rire, potentiellement nerveux, rassura toutefois le canadien.  Si elle n'avait pas eu envie d'être présente, elle n'aurait pas accepté l'invitation, ou ne serait simplement pas venue.  À moins d'être une alcoolique qui n'avait besoin que d'un simple prétexte pour boire.  Ce qui était possible, même sans les préjugés que la coupe asymétrique de la femme pouvaient présager, mais tout de même plutôt improbable.

Le regard d'Alex suivit un instant la veste en jeans de la journaliste, avant de se concentrer de nouveau sur le visage de celle qui était désormais assise en face de lui.  L'invitation lancée à Jenny ne lui déplaisait apparemment pas.  Par contre, elle ignorait qui était Jenny.  Voilà qui n'était pas pour mettre le druide à son aise.  Il commençait déjà à tanguer de nouveau, cherchant la formulation qui ne laisserait pas croire que sa copine était un pitbull qui contrôlait les fréquentations de son copain, ou qu'Alex eut été intimidé par l'idée de partager un verre avec une femme.  Ce n'était pas le premier rendez-vous qu'il vivait.  Le premier dans un but non romantique, par contre.  Ses pensées galopantes, ses tentatives d'explications avortées, furent toutefois stoppées net par l'arrivée du serveur que Zoey  s'était empressée de quérir.  Après s'être fait répondre qu'ils n'avaient pas de Corby, Alex opta plutôt pour un verre de Gibson's Finest.  Il était trop orgueilleux pour prendre un simple Canadian Club.

Aussitôt le serveur reparti, Zoey feignit de chercher dans sa mémoire et souligna la relation imaginaire entre Alex et sa copine pourtant bien réelle.  Oh!  La velimeuse, comme dirait sa grand-mère.  Elle l'avait bien eu.  Toute la tension du laborantin désormais évanouie avec ce qu'il était certain de bien avoir interprété comme une blague, il se détendit et sourit en hochant affirmativement la tête.

-Ç’aurait quand même été dommage de rater une occasion de me faire narguer de la sorte, grimaça-t-il, les pattes d'oie bordant ses yeux trahissant le passage lent mais sûr du début de la vingtaine à la seconde moitié de celle-ci.  Le serveur repassa, posant leurs consommations sur deux sous-verres, et c'est son rye en main qu'Alex reprit, sans la moindre honte à l'idée de se moquer de lui-même.  Aussi bien rire plutôt que de s'en faire avec le poids du monde et de tous les éventuels qui proquo de la terre.

-Bon, comme le chat est sorti du sac, je dois t'avouer la vérité, commença-t-il, le visage fendu d'un sourire qui annonçait bien le niveau de sérieux de la déclaration à venir.  J'ai demandé à une amie actrice de jouer le rôle de Jenny, ma copine imaginaire, alors aussi bien l'inviter à prendre un verre...

Alex prit une petite gorgée du liquide.  La chaleur de l'éthanol dans sa gorge, les arômes de seigle et de chêne qui roulaient sur sa langue.  Voilà une des définitions du bonheur.  Il sentait déjà que ses épaules étaient plus lestes et c'est avec un air serein et amusé à la fois qu'il poursuivit.

-Ou alors je suis juste un intello de plus qui ne sait pas comment réagir quand y'a une femme dans la pièce, et qui se met à dire la première trollerie qui lui trotte par la tête.

Et pourtant, le troll intellectuel qu'il était avait réussi à se trouver une copine.  Et pas n'importe quelle copine : une fille ravissante, drôle et charmante, avec une personnalité en relief.  Qui plus est, il avait détrôné mister bad boy de son rôle de prince consort du cœur de la princesse.  Rien que ça, ça vous donnait un bon coup d'estime.  Aussi, ça ne lui dérangeait pas vraiment de plaisanter sur les stéréotypes qui s'appliquaient, à tort ou à raison, à sa personne.

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MessageSujet: Re: De whisky et de stout   Mar 24 Nov - 16:41



Idées reçues.


Le simple fait d’être entré à l’intérieur du bar semblait avoir ôté un certain poids des épaules de la galloise. Une soirée conventionnelle, faite de discussions banales, de l’apprivoisement d’une nouvelle connaissance, au sein d’un lieu qu’elle connaissait et appréciait. L’ambiance était familière, loin d’elle l’idée d’être associée à un vice concret au niveau de l’alcool, ça lui rappelait surtout sa patrie. On est tous un peu chauvin dans l’âme, et malgré une arrivée sur le sol américain datant de quelques années maintenant, c’était toujours un plaisir de retrouver le cachet si particulier des « pubs ». Le serveur apporta la commande avec une rapidité qui ravit la brune, ses lèvres s’étirant en un sourire apaisé. Face au laborantin, son instinct qui jouait au trublion depuis quelques jours dans ses pensées, se taisait, tapi dans un coin sombre de son crâne, bercé par l’aura innoffensive qui se dégageait de celui-ci.

« Je le savais ! Si c’est déjà l’heure des aveux, alors je te laisserais entendre que je suis ici uniquement par acte de charité. »

Ravie de voir son interlocuteur délaisser sa gêne pour une autodérision bien sentie, elle veillait malgré tout à ne pas jouer plus que de raison de son verbe qui manquait parfois de subtilité et de tact. C’était ce qu’il lui avait toujours valu un cercle d’amis peu étendu, loin d’être un martyre dans le domaine de l’amitié, le cynisme était une marque de fabrique à laquelle pas mal de personnes semblaient être allergiques. Elle remercia d’un bref signe de tête le serveur, attrapant son verre avec enthousiasme avant de venir le faire tinter contre celui du plus jeune et d’en boire une gorgée à son tour.

« Il y a effectivement une légende urbaine tenace à propos des difficultés que rencontrent les têtes scientifiques pour ce qui est des relations sociales. Je la connais bien, car elle s’applique aussi pour les femmes passionnées de lettre semblent vouées à une vie entre les pages et les chats, et cela à 30 ans déjà. »

Elle leva son verre à ses dernières paroles, même si les deux domaines étaient considérés comme ennemis, ils se voyaient tous les deux accusés de milles et uns stéréotypes parfois similaires. Malgré le ton léger sur lequel elle avait pris la parole, elle se doutait bien que si ces préjugés étaient bien loin de sa réalité, premièrement car elle ne possédait pas de chat et deuxièmement car les temps avaient changé et que les mots s’alignaient sur des écrans et non du papier pour elle, ils étaient sûrement un peu plus concrets pour ce qui était de la vie du laborantin. Ce n’était pas une critique, ou ne serait-ce qu’une approche péjorative, mais simplement une impression que Zoey se permettait malgré le peu de temps passé aux côtés du concerné.

« Je propose de dédier ce verre au pied de nez que nous faisons tous les deux à ces foutus préjugés ! A notre vie sociale !»

Elle décida de laisser de côté de possibles autres réflexions à propos de la vie sentimentale du garçon, elle l’avait déjà bien assez taquiné à ce propos, et plus que de devenir désagréable à un moment ou à un autre, elle craignait un possible quiproquo d’intention. Loin d’elle le but concret de flirter ouvertement avec celui-ci, non pas qu’il serait impossible que le blond lui plaise, elle le trouvait objectivement charmant, et si elle avait exprimé l’intention de boire un verre avec lui lors de leur rencontre hasardeuse, c’est qu’il avait éveillé un intérêt chez elle, et non plus car ce dernier n’était apparemment pas célibataire, comme elle l’avait déjà fait remarqué sur le ton de la plaisanterie non moins sincère, elle estimait que tout statut relationnel était voué à être changé, mais elle n’avait pas pour habitude de décider d’une quelconque approche à visée plus « intime », et préférait se laisser aller au bon chemin du hasard et des coïncidences dans cette matière.

« Parlons d’autres sujets qui fâchent, comment s’est passé ta semaine ? »

Décidément, elle prenait du gallon en matière de discussions futiles. En même temps, avec un verre d’alcool à peine entamé, difficile de faire appel à son potentiel de recherches de sujets de conversation frétillants, qui semblait se réveiller au gré des degrés d’alcool dans son sang uniquement.


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MessageSujet: Re: De whisky et de stout   Mer 25 Nov - 4:16

De whisky et de stout



Ahah!  La galloise avait donc décidé d'entrer dans son jeu et de tourner un peu plus la situation un peu plus au ridicule en prétendant n'avoir agi que par charité.  Alex émit l'un de ses ricanements dissyllabiques caractéristiques : brusques et courts, mais à la sincérité indéniable.  Un nuage passa sur son visage, une déciseconde -à moins qu'elle ait été franche? Bien sûr que non, ç'aurait été carrément effronté, voyons donc- puis le biochimiste fit cette drôle de chose où les gens soupirent la fin de leur rire.

-Très vertueux! commenta-t-il sur le même ton qu'il aurait décrit un portrait de la renaissance dans un musée d'art, une moue ostentatoire ornant son visage un instant avant de reprendre son naturel sérieux.

Le laborantin imita la journaliste, levant son verre à mi-hauteur alors qu'elle établissait un intéressant parallèle entre les rats de laboratoire et ceux de bibliothèque.  Ce type d'humour bonace et absurde à ses yeux était beaucoup trop rare à son goût pour tenter de passer à côté.  La soirée promettait d'être agréable, et ça c'était le genre de promesses qu'Alex aimait.  Le scientifique tentait d'empêcher son cerveau de superposer à la journaliste décontractée le paysage austère d'une bibliothèque sombre en lieu et place du pub, accompagnée d'une ou deux douzaines de chats qui venaient lui ronronner sous le nez alors qu'elle tentait d'y voir quelque chose à travers des lunettes posées en équilibre précaire sur le bout de son nez.  Il était certain, à l'énergie que dégageait la jeune femme, qu'elle ne tolérerait pas ainsi d'être tournée en bourrique par un contingent de félins.  En fait, comme toute personne à peu près saine d'esprit -ou qui tente de le faire croire- elle ne devait avoir qu'un matou ou deux, maximum.

-Il paraît que le pire, dans la trentaine, ce sont les dix premières années! envoya-t-il au-dessus de son verre avec un clin d'oeil.

Quant au stéréotype du laborantin toujours devant un écran ou une trousse de fioles, prêt à tout faire exploser accidentellement, il ne pouvait pas dire que c'était si près de la réalité.  Il pratiquait de l'activité physique régulière, n'avait pas vu la télévision de son père allumée une fois depuis son arrivée à Beacon Hills et, de façon générale, était un mordu de plein air.  En fait, plusieurs de ses amis d'université l'étaient aussi.  Peut-être était-ce parce qu'ils étaient pour la plupart vancouvérois, et vivaient à la hauteur de leur réputation, ou alors peut-être simplement que les préjugés avaient des fondements dépassés.  Là où ils faisaient tout de même mouche, c'était au niveau de la douce asociabilité du jeune homme, qui parvenait toujours à être suffisamment malaisant pour créer un froid sans pour autant qu'on ose lui en tenir rigueur.

-À nos vies sociales! reprit-il en choeur, amusé par ce toast inattendu et on ne pouvait plus à propos, avant de prendre une nouvelle gorgée du liquide sirupeux.  Ce n'est qu'alors qu'il réalisa sa bévue : on prenait généralement la première gorgée après un toast quelconque...  Les yeux légèrement écarquillés, il voyait en face de lui la silhouette floue de la galloise.  Il suspendit son geste dans les airs, un court instant, puis reposa son verre en décidant de faire comme si de rien n'était. Peut-être qu'au pays des pubs, la tradition différait, après tout!  Et, comme une vieille amie qui nous a déjà demandé douze fois depuis la veille ce qui s'était passé de neuf, ou comme une cousine qu'on ne voit qu'à Noël et qui nous est étrangement étrangère, Zoey lui demanda comment avait été sa semaine.  Automatiquement, le druide songea au travail, puis à autres choses qu'il préférait ne pas mentionner à d'autres gens que les concernés, et retour à la case « travail ».  Il haussa vaguement les épaules, le regard inexpressif.

-Comme d'habitude.  J'ai fait mon jogging matinal, ensuite on m'a payé pour faire des miracles avec presque rien. Et mes collègues ont été fidèles à eux-mêmes...  Et c'était parti, il allait raconter sa vie de A à Z, répéter le discours qu'il tenait fréquemment à Jenny, à Gabriel et à quiconque autre acceptait de l'écouter se plaindre de ses collègues, de ses conditions de travail, des médecins qui se prenaient pour Dieu, des instruments qui n'avaient qu'une tâche à effectuer et ne tenaient manifestement pas à la faire comme il le fallait, des fournisseurs qui...
Il suspendit plutôt ses paroles en s'apercevant de ce qu'il était en train de faire.  Ses yeux se plissèrent, il se fourra illico presto un sourire sur le visage, sa tête tilta un peu sur le côté, et il cru bon et socialement acceptable de retourner la question.  N'était-ce pas, après tout, qu'une interrogation polie qui ne servait qu'à meubler la conversation en attendant une étincelle qui embraserait le bûcher d'une véritable discussion?

-Et toi, tu as eu une bonne semaine?

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MessageSujet: Re: De whisky et de stout   Mer 25 Nov - 22:09



Idées reçues.


Au fil des secondes qui défilaient, Zoey tentait de repêcher dans son esprit encore un peu embrouillé des détails de leur première rencontre. Il ne s’était passé qu’un peu plus d’une semaine, et le double-train de vie de la chasseuse lui permettait difficilement de garder une mémoire sans faille sur son quotidien ordinaire. Qui pourrait lui reprocher de monopoliser son cerveau uniquement dans le but de sauver sa peau, au lieu de s’attacher à la couleur de la chemise que portait son banquier ? Réflexion évidement rhétorique.  En s’entendant répondre au laborantin,  elle se permit de relever le tutoiement naturel qui s’était installé. Difficile de se remémorer si leur coup de fil avait d’ores et déjà bénéficié de cette marque de familiarité, au combien légitime évidement, mais une petite voix sembla confier à la galloise que vu l’humeur noire dans laquelle elle avait décroché le combiné et son incapacité à prononcer une phrase de plus de 3 mots durant l’échange, c’était peine perdue de deviner. Peu importe, elle était quasi-certaine que le vouvoiement pouvait faire tourner le whisky, tellement la pratique pouvait s’avérer austère. (ndlr : alors oui je viens de me relire et de saisir que techniquement, c’est de l’anglais qui se parle, et que du coup, mon tutoiement je me le met au cul, MAIS ! j’ai aucun argument. Juste, voilà. JE SAIS. PARDON.) Elle salua d’un sourire la précision sur la condition de trentenaire apportée par Alex, avant de lui tirer la langue de manière totalement puérile et pourtant assumée. La brune ne rencontrait pas vraiment de problème avec le nombre d’années parcourues, elle ne s’imaginait ni plus jeune ni plus vieille que ce qu’elle ne l’était, ne regrettait pas l’avant, n’appréhendait pas l’après, ne cherchait pas à user de milles et une ruses pour contrer les marques du temps. Malgré son style parfois un peu en décalage, à commencer par ses tatouages et les vestiges de sa coupe de cheveux à géométrie variable, loin d’elle l’envie de chercher à effacer l’arrivée tranquille de quelques ridules. Elle tenait à son quotidien de fumeuse, qui n’arrangerait certainement pas le processus des années et de son effet sur sa peau, et hors de question de mettre des milles et des cents dans des cosmétiques qui nécessitaient un sacrifice de sommeil d’au moins 2 heures pour pouvoir les appliquer avant de sortir.

Elle se rappela soudainement que de l’âge du blond elle n’avait qu’une approximation donnée par son propre jugement. Zoey le devinait plus jeune, mais rien de précis. Avec sa dernière remarque, il n’avait apparemment pas encore attaqué sa trentaine.

« Ne fais pas trop le malin, et donne moi ton ID que je vérifie que tu sois en âge de boire de l’alcool. »

En parlant de, elle se permit une nouvelle lampée d’alcool, les saveurs de fruit jonglant adroitement avec la tourbe contre son palais, roulant sur sa langue. Elle fit un signe discret au serveur, intimant ce dernier de leur ramener quelques bricoles à piocher. Ils n’étaient pas là pour une dégustation pompeuse, et à vrai dire la chef d’édition était à jeûn depuis le début de matin, ses obscures pensées ayant pris tant de place qu’elle en avait oublié de manger. Son adolescence étant loin derrière elle se savait capable de quelques levers de verre avant de se sentir atteinte par l’alcool malgré son estomac vide, mais rien n’était plus agréable que de se mettre du sel plein les doigts, de se casser les ongles contre des pistaches, ou encore de briser une trentaine de cure-dents avant de réussir à attraper une olive, tout en buvant son whisky ? Ah ? Si ?

« Flûte, j’aurais été motivée pour une longue plainte à propos de la routine de mes journées mais ton enthousiasme m’a découragée. » répondit-elle, taquine. A croire que c’était lot commun de la  vie d’adulte, la vie professionnelle n’étant pas aussi exaltante que prévu lors de la sortie d’université. Zoey songea par réflexe à son double-cursus si spécial, qui paraissait sur le papier bien plus intéressant, mais qui finalement ne l’était pas tant que ça. Son boulot de chasseuse n’était pas un exutoire comme pour bon nombre de ses collègues. Ou du moins, ça ne l’était pas avant l’incident survenu au début de semaine. Comme une punition envers ses neurones qui replongeaient à nouveau du côté obscur, la blessure de sa jambe s’alarma soudainement et la galloise se crispa imperceptiblement, portant une pression contre sa cuisse afin de calmer l’élancement. A blessure surnaturelle, cicatrisation compliquée, c’était le deal. Elle reprit d’une voix qu’elle voulait libre de tout étau de douleur.

« Je l’ai passé à célébrer ma victoire contre l’administration, et à m’acharner sur la com des dernières publications pour réussir à payer cette foutue amende à laquelle je n’échapperais pas. Je bosse dans l’édition numérique, je sais plus si je t’avais dit. »

Elle doutait d’avoir déjà apporté une précision sur le domaine dans lequel elle travaillait, auquel cas elle passerait pour une vieille femme sénile et radoteuse.

« Bon du coup on a déjà mis au tapis 2 sujets de discussion fort agréables. Du jogging tu disais ? Tu as d’autres passe-temps ?  Dis moi que tu sais cuisiner comme un chef ou que tu joues d’au moins 4 instruments de musique, que je puisse commencer à noter des avantages autre que ce bon whisky à mon élan de condescendance »


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Alex Cormier

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MessageSujet: Re: De whisky et de stout   Sam 28 Nov - 16:36

De whisky et de stout



Malgré l'éducation rigoureuse et militaire de sa mère, certaines notions n'avaient jamais pénétré le cuir chevelu épais du druide.  Parmi celles-ci, la formalité des relations interpersonnelles, qui avait plutôt été hérité de son côté paternel, excessivement plus libertin, même après son départ.  Comme pour poursuivre dans cette lignée, il avait aussi emprunté un cursus scolaire qui ne prêtait guère aux politesses excessives.  À preuve, il avait plutôt tendance à tutoyer ses tubes d'analyse, ses éprouvettes ou ses pipettes, si l'envie lui prenait de leur adresser la parole -rassurons-nous, ce n'était que très rare et généralement signe d'une concentration ou d'une frustration plus ou moins intenses- et elles ne le lui avaient jamais reproché.  Il en était de même avec ses collègues de travail.  Malgré les courts délais, la pression et le stress, le climat relationnel était en général assez bon enfant et tout le monde utilisait un langage courant et respectueux, mais qui ne se restreignait pas de politesses excessives.  Comme quoi, malgré les préjugés tenaces envers leur classe, les scientifiques aimaient aussi peu s'encombrer de pirouettes socio-culturelles que d'un balai là où ce n'est pas sa place.  C'était d'ailleurs un peu la même chose à leurs yeux, pour la plupart à tout le moins.  Aussi bien dire que, pour Alex, tant que le ton était respectueux, la forme ne lui importait que très peu.  Bref, même si le niveau de langage plus familier utilisé lors de sa conversation avec Zoey, et même si d'autres indices outre que le vouvoiement inexistant participaient à indiquer l'informalité de la discussion qu'ils avaient, Alex ne se rendait aucunement compte de tout cela.  C'était simplement normal à ses yeux de parler sans filtre.

Ou, au vu de la légèreté de leur échange, de se faire tirer la langue par une trentenaire espiègle.   Ou se faire demander ses cartes d'identité par quelqu'un qui n'avait nullement cette autorité.  Le druide sorti tout de même son permis de conduire de son portefeuille, et le tendit à la brunette en souriant.  La photo datait déjà de quelques années et il devrait certainement faire le renouvellement l'an prochain.  Il y apparaissait, plus jeune et imberbe, une mèche de cheveux se contrefichant des autres comme  s'il s'agissait de la mèche scientifique du peloton.

- T'sais qu'après vingt-cinq ans, on est pas supposé demander, hein?  Et je suis lion, précisa-t-il comme une habitude qu'il avait prise en boîtes.

Bon, ça c'était son interprétation erronée de la loi qui obligeait -ou recommandait, pour ce qu'il en savait- de demander une pièce d'identification à toute personne semblant avoir jusqu'à 25 ans.  Après avoir vérifié qu'elle se trouvait en compagnie légale, Zoey fit un étrange signe au serveur, qu'Alex ne sut interpréter.  Il songea qu'ils étaient peut-être dans la même ligue de baseball, ou quelque chose du genre, mais ne s'en formalisa pas.  Il crut également que la tension qu'il lut dans son visage lorsqu'elle lui expliqua sa semaine était la suite de l'échange muet avec le serveur.  S'il savait qu'elle travaillait dans l'édition numérique?

-Peut-être? répondit-il naturellement, sur un ton interrogateur.  Il n'en gardait pas souvenir, mais ce n'était pas comme si sa mémoire était son atout le plus fiable.  Du moins pas pour ces choses qu'il suffit de redemander au besoin.  Il passerait probablement pour un hurluberlu qui était incapable de porter assez d'attention à une conversation pour s'en souvenir le moindrement , mais tant pis.

Alors que Zoey entamait un tierce sujet de discussion, le serveur revint, tel un messager providentiel et posa sur la table entre les deux convives un petit bol de cacahuètes barbecue.  Surpris, Alex s'exclama sur un ton un peu plus infantile qu'il n'aurait dû l'être.

-Super, des peanuts!

Il en pigea une poignée qu'il conserva dans sa main gauche et commença à les manger, une à une, en répondant à la dernière inquisition de la galloise.

-J'aime croire que je cuisine bien.  Je fais pas dans la gastronomie, mais j'ai jamais rendu personne malade non plus.  Je fais pas de musique par contre... J'ai que vingt-quatre heures dans ma journée, et en plus j'ai jamais eu l'oreille pour.   Je préfère le plein air, de façon générale.  Randonnée, camping, canot, n'importe quoi.  Et toi, t'as un talent caché?  Il avait réellement l'impression de ne faire que des renvois, mais il faut dire que c'était un peu tout ce qu'il savait faire lors de conversations socialement préétablies.  On vous a dit qu'Alex était parfois un peu mésadapté?
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MessageSujet: Re: De whisky et de stout   Dim 13 Déc - 21:54





Il aurait été exagéré que dire que l'exercice de sociabilisations en cours était désagréable. Quelque peu laborieux peut-être, apparemment les réflexes grégaires de Zoey ne fonctionnaient pas aussi bien que l'apprentissage réputé immuable de la bicyclette. Mais pourtant rien qui ne semblait pouvoir entacher l'humeur jouasse de la trentenaire face à son interlocuteur. Elle suivit les mouvements de son corps en haussant un sourcil avant de le voir brandir devant ses yeux brillants sa licence de conduite. Le visage de la brune s'éclaira d'un rire sincère, même si surpris par la prise de position au combien premier degré du laborantin. Ne prenant pas la peine d'exagérer sa taquinerie, elle ne s'attarda pas sur la date de naissance du blond, relevant simplement leur léger écart d'âge. Sans surprise, elle avait vu juste. Loin d'elle l'envie de rire de la photo d'identité qui ornait le papier, premièrement car il s'agissait d'un usage vu et revu. La capacité des photomatons à soulever le pire, ou dans le meilleur des cas, le moins bon, sur le visage de chacun, relevait de la magie.  Elle-même s'armait toujours de courage lors des obligations administratives qui la forçaient à réapparaître face à un objectif automatique, et si de telles démarches ne la dégoutaient pas autant, elle aurait surement cherché à changer le portrait qui s'affichait sur sa licence : photo qui datait maintenant d'une dizaine d'années à laquelle elle était confrontée au moins une fois par jour dès qu'elle utilisait son portefeuille. Du haut de ses 32 ans elle avait dompté son corps, et son auto-appréciation, mais à 20 ans, le reflet du miroir était encore une agression d'orgueil.

Elle  tiqua à la précision de son interlocuteur, devinant un possible contexte précis qu'il lui aurait échappé, mais choisit la facilité en acquiesçant tout sourire. Comme 90% de la population mondiale, la galloise était capable de lier uniquement 3 signes astrologiques à leur date : un pour son père, un pour sa mère, et un pour soi. Par manque de chance, ses deux parents étaient nés en novembre, elle ne savait donc situé dans le calendrier que le Scorpion, et le Bélier. Et désormais le Lion. Au delà de ça, elle n'avait aucune croyance dans les mythes qui gravitaient autour de l'astrologie, et donc aucune possibilité d'analyser le psyche d'Alex à travers le simple fait qu'il était né en plein été. Sa crinière était blonde. Ca s'arrêtait là.

"C'est ton salaire de misère qui t'oblige à être affamé à ce point et à accueillir un apéritif avec autant d'entrain?" railla-t'elle en piochant à son tour dans le ramequin tout juste amené par le serveur. Elle déplora un instant l'arôme étrange de ses dernières, mais une rasade de whisky plus tard, la pointe de sel apporté par celles-ci semblaient ouvrir un nouveau palais à sa boisson.

Le coude posé sur la table, elle vint caler son menton contre sa paume de main, dans une posture exagérée de l'écoute attentive. Hochant la tête de manière bien trop intensive, les yeux plissés, elle se foutait ouvertement des banalités échangées, ou du moins en apparence. Il fallait bien commencer quelque part, et quitte à s'enfermer dans un cycle de questions/réponses bateaux, il valait mieux désamorcer cela puisse créer un malaise. Même si à vrai dire, la brune pressentait que ce triste sort leur serait épargné, les deux adultes semblant capables de prendre assez de recul sur la situation avant que cela ne puisse sombrer dans un apéritif soporifique.

"Le tricot, la guitare, et tuer." fut la première réponse envisagée par Zoey. Elle contrôla un rire malvenu, et réfléchit à une formulation moins honnête, mais bien plus agréable à entendre.

"L'extérieur aussi , c'est mon exutoire. Rando, course, chasse. Et sinon, je dessine." La première partie de sa phrase était habituelle. Il lui était plus facile de légitimer sa condition sportive, ses réflexes ainsi que la possibilité à son entourage de tomber sur des munitions, ou des armes dans son environnement, bien que cela ne soit jamais arrivé. Moins il y avait de mensonge, moins les erreurs étaient possibles, aussi Zoey avait toujours pris pour acquis de parler de son activité de chasseuse. De là à expliquer ce après quoi elle courait, là, c'était différent. Par contre, elle s'étonna de la fluidité avec laquelle elle précisa un autre passe-temps. C'était tout ce qu'il y avait de plus vrai, mais d'ordinaire elle ne le précisait que très rarement. Peu de ses connaissances, ou même amis, avaient déjà pu croiser ses croquis. Non pas par honte, plus par pudeur. Et pourtant, l'effet que l'aura du laborantin avait sur la jeune femme semblait avoir agi une nouvelle fois. Apaisant était peut-être un grand mot, mais c'était celui qui se rapprochait le plus de la vérité. Après des années de pratique, elle estimait avoir une technique des plus raisonnables, mais ce n'était pas pour autant qu'elle trimballait ses carnets devant le nez de quiconque voulait bien y jeter un oeil. Par contre, quelques exemples de ces oeuvres étaient disponibles de manière plutôt libre pour qui serait capable de faire le lien.

"J'en ai plein le dos de lire des histoires, alors j'ai fini par m'entrainer à mettre des images dessus. Si t'es malin, tu en as même à portée de regard." continua t'elle en faisant rouler son verre entre ses mains, attendant de voir si la précision ferait son chemin dans l'esprit de l'homme en face d'elle.


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MessageSujet: Re: De whisky et de stout   Jeu 17 Déc - 2:32

De whisky et de stout



Avec une réciprocité non feinte, Alex avait discrètement rit au retour de sa pièce d'identité, en observant de nouveau l'image.  La prochaine fois, il devrait tenter de le faire exprès pour avoir l'air de rien, juste pour voir s'il serait même reconnaissable.  Et lorsqu'elle moqua sa voracité, il se contenta de hausser les épaules, tout sourire, en prétextant vaguement être en pleine croissance.  Un mensonge éhonté si gros qu'il n'avait évidemment pas besoin de le préciser.  Et au vu de son gabarit, il ne pouvait même pas pousser la farce à prétendre être en croissance longitudinale.  Maudites soient les saines habitudes de vie qui vous bousille les pires blagues du jour!

L'attitude excessivement trop attentive de Zoey commençait à mettre Alex mal à l'aise, ne sachant pas s'il venait de découvrir qu'elle était bizarre -ou pire-, si c'était une maladroite tentative de flirt -car il n'aurait pas vu les précédentes-, ou si elle s'ennuyait simplement pour mourir.  Bref, de jolis scénarios en somme, et son assurance risquait de tomber en chute libre, entraînant avec elle son humeur.

Lorsqu'elle partagea à son tour ses passe-temps, Alex fut soulagé de constater que son interlocutrice aimait également passer du temps dehors.  Après tout, c'était toujours une bonne nouvelle que de se trouver des points en communs avec les gens lorsqu'on prenait un verre ensemble, comme le communiqua son acquiescement d'un mouvement de la tête qui s'apparentait davantage au roulement qu'au hochement.  Il s'interrompit en entendant le mot chasse, et fit aussitôt passer la galloise, et pourquoi pas le Pays de Galles entier, de « Hippie de la côte Pacifique » à « Redneck du Midwest ».  Il n'avait pas tellement l'habitude de côtoyer des chasseurs, peu importe leur type de proie préférée et devait avouer qu'il ne savait plus trop s'il devait feindre l'enthousiasme ou laisser couler.  Il choisit la deuxième option, intrigué par les talents de dessinatrice de la femme d'en face.  Lui-même dessinait, mais il savait fort judicieux de ne pas se vanter des gribouillis géométriques et normatifs qui constituaient en réalité un langage à part, langage qui lui était devenu familier au tournant de la vingtaine : personne ne voulait savoir qu'il savait dessiner des molécules, aussi complexes soient-elles.

Tentant de se convaincre que l'échange environ équivalent des deux partis impliqués indiquait la mutualité de la relation et trahissait donc l'absence d'ennui de l'européenne, le canadien de naissance se laissa tomber contre le dossier bas de sa chaise, avançant son bassin sur le siège dans une position que sa mère aurait qualifiée d'infâme pour le dos, à tout le moins, assurément aussi de négligé et de décadent.  Tant pis pour elle, elle n'était plus là pour lui reprocher une posture civile ou quoi que ce soit d'autre.  Et puis, à son âge, il avait tout de même un peu acquis le droit de faire ce qu'il voulait de son corps. Après tout, il y avait longtemps qu'elle ne s'informait plus, à son grand bonheur, de l'endroit où il passait la nuit, par exemple.  Pas depuis Max.

Dans tous les cas, son attention avait été revigorée par l'énigme à saveur de défi que la galloise lui fit, et Alex se redressa inconsciemment pour observer un peu mieux la situation.  Bien qu'il sache déjà que la table n'accueillait que la présence de leurs deux sous-verres et verres, son regard s'y attarda un instant comme s'il cherchait la trace d'un griffonnage qu'elle aurait subtilement effectué durant leur conversation.  Rien.  Ou du moins rien de bien évident.  Un vif coup d'oeil à ses yeux noisette, rien que pour vérifier si elle se moquait une fois de plus, gentiment il va sans dire, de lui, mais son regard lui échappa derrière sa frange habilement positionnée dans la pénombre du pub.  Il suivit la direction générale que pointait son menton, et observa le verre qui roulait, insolent, dans la main de la joueuse.  Son regard vert remonta tranquillement sa trajectoire, sur un amalgame de lignes qui se croisaient, évoquant diverses choses.  Les coins de ses paupières se pincèrent aussitôt, et ses lèvres s'étirèrent, ravi d'avoir trouvé la solution.  Ça ne pouvait être autre chose.  C'était effectivement sous ses yeux et, même si ça ne lui avait pas sauter au visage, c'était immanquable en soi.

-C'est toi qui a designé tes tatous?  Cool!  C'est lequel...

Il marqua une pause, s'apercevant que peu importe comment il comptait finir sa phrase, ce ne serait probablement pas la première fois qu'on lui poserait cette question précise.  Il n'avait lui-même pas de tatouages, se jugeant trop impulsif, paradoxalement, pour se fier sur son jugement au moment d'encrer.  Même s'il n'avait pas été un élève sage et relativement tranquille, même s'il était devenu un gentleman cambrioleur, ou un bandit lourdement armé, il était quasiment certain qu'il aurait conservé sa pigmentation vierge. Probablement un peu parce qu'il préférait les aiguilles lorsqu'elles étaient en dehors de son corps, aussi... Un peu...  Sortant de son moment de réflexion, il reformula sa question, en espérant y ajouter un brin d'originalité ou, à défaut, de courtoisie.

-Ce serait duquel que t'aurais envie de parler?  J'suis intrigué.
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MessageSujet: Re: De whisky et de stout   Dim 3 Jan - 19:11





ILe sourire au bord des lèvres, les yeux de Zoey brillaient d'une lueur enfantine suite à la semi-énigme lancée au laborantin. Elle ne doutait pas une seule seconde que celui-ci serait apte à percer cette dernière, malgré leur très récente rencontre, elle lui attribuait d'ores et déjà une intelligence certaine. Elle suivit avec intérêt le cheminement du regard de son interlocuteur, qui remontait tout doucement la piste de possibles indices. Non pas qu'elle aimait se sentir épiée, loin de là, mais elle savourait le silence calme de ces quelques secondes de recherche, un bras certes occupé par le maintien du verre d'alcool, l'autre sagement posé sur la table, ne cherchant pas à compliquer la tâche. Absorbé par la résolution de ce défi, il s'offrait à la vue de la galloise, qui s'amusait elle à décrypter un peu plus les expressions de son visage. Pas de barrière de politesse réduisant un angle de vision à un simple regard ancré dans celui de l'autre, non, là elle pouvait s'autoriser à le parcourir autant qu'il le faisait. Le cadre de son visage dur, allié à des yeux à la couleur froide, légèrement enfoncés, qui contrastait avec une peau claire, qui semblait capter la lumière, offrant un paradoxe de tons, mais aussi d'expressions. Le léger froncement de sourcil dont il para son portrait ne suffisait même pas à assombrir son masque. Malgré la découpe raide de ses traits, il semblait doux. Pas fragile, pas faible, non, doux. L'ombre d'un rasage datant de quelques jours achevait le contour de sa mâchoire, qu'elle vit se tendre à l'apparition d'un sourire franc. Il avait trouvé. Sortant de son analyse physionomique de première zone, elle retrouva son attention.

"Bien joué petit homme." lâcha t'elle, le sobriquet plus taquin que véritablement péjoratif compensant une félicitation sincère.

Le blond sembla réfléchir à une tournure de phrase différente de celle qui avait franchi ses lèvres instinctivement. Gardant le silence, elle le laissa à sa courte réflexion, intéressée par cette question encore mystère, même si Zoey avait de sérieux apriori sur ce qu'il voulait bien pouvoir lui demander. Elle ne le blâmait pas, il y avait deux types de réactions lors de la découverte d'un tatouage chez autrui, qui correspondaient à 2 types de personnes bien distinctes : ceux qui étaient encrés, sachant donc que même s'il s'agissait d'un art parfois visible à n'importe quel œil, les motivations demeuraient parfois intimes, et qui se contentaient donc sagement de demander "Tu l'as fait chez qui?", et les autres, à la peau vierge de toute modification irréversible, qui s'élançaient sur des quizz bien moins intéressants, et parfois plus sinueux, passant du "Ca fait mal?" au "Et ça veut dire quoi?". Elle connaissait donc bien le panel des réflexions, et même si Alex ne semblait pas arborer de tatouages, du moins pas visibles à cet instant, et que tout poussait la galloise à penser qu'il faisait partie de la première catégorie, elle sentait qu'il ferait preuve d'adresse. Et il ne la déçut pas.

"Jolie pirouette ! Hum, je ne sais pas trop..."

A l'instar du plus jeune il y a quelques minutes, elle glissa son regard sur ses avants bras, où apparaissaient 2 œuvres à part entière. La première n'était pas entièrement apparente, recouvrant l'entièreté de son bras gauche. Des couleurs vives, une imagerie variée, passant d'animaux, à silhouettes humaines, une arme, des symboles, phrases, entremêlées avec plus ou moins de réussite. Par un simple coup d'oeil il s'agissait d'un brouillon sans aucune organisation. La vérité n'était pas si loin de ça, les dessins ayant été amenés au compte goutte au fil des années, que ce soit par envie soudaine ou pour la traduction designée d'un véritable souvenir. Rien que de penser à la multitude de sens qui coloriaient son derme de ce côté là, la jeune femme abandonnant instantanément l'envie d'en parler. La plupart des autres œuvres étaient camouflées par des vêtements, que ce soit sur son ventre, dans son dos ou encore sur son aine. Il ne restait donc qu'une œuvre complète, sur son avant-bras droit, une dague coincée dans une paire d'ailes en haut de son avant-bras, aux traits manquant parfois de précision, et aux couleurs délavées. Son premier en date, il y a 15 ans maintenant, à signification particulière, style particulier.

"C'est le tout premier." débuta t'elle en repassant les traits avec son doigt. "Il y a des influences indiennes, que je ne saurais trop expliquer, mais c'était le seul concept culturel de tatouage identitaire que je connaissais, j'étais encore gosse, j'avais pas ouvert beaucoup de bouquins à ce propos." Elle laissa échapper un rire un peu honteux en levant les yeux au ciel, bien qu'elle n'ait jamais regretté ce tatouage, le trouvant plus attachant que fâcheux.

"C'est essentiellement la famille je dirais. Le symbole de la famille est le corbeau. D'où les ailes. La dague en argent est un héritage un peu plus... lointain. Le noir et le gris étaient certes les couleurs originelles mais je trouvais ça beaucoup trop sombre, surtout pour un si dessin aussi apparent, aussi j'ai triché un peu. Ca donne ce côté à la fois comics ou motarde des 70's."

Elle clôtura son explication en se pinçant un peu les lèvres, la dernière personne à qui elle avait raconté tout cela était très certainement son père, qui avait découvert la chose par inadvertance seulement 2 mois après l'échappée rebelle de sa fille dans le salon de tatouage. Comble de tout, c'était lors d'un de ces entraînements hebdomadaires. Alors au delà des traits et de leurs significations, l'œuvre avait encore plus de poids dans les pensées de la trentenaire. C'était donc étrange de se retrouver attablée en face d'un quasi-inconnu, et de lui parler aussi naturellement de ceci. Elle doutait d'avoir franchement intéressé le scientifique avec ses explications, mais elle avait au moins sagement et sincèrement répondu à la question de celui-ci.

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MessageSujet: Re: De whisky et de stout   Ven 22 Jan - 4:35

De whisky et de stout



Quiconque connaissait réellement le biochimiste aurait su, sans même avoir à se questionner, que le laborantin n'était pas du genre à s'offusquer pour un surnom tel que le dernier en lice.  D'une part, il avait généralement plutôt bon caractère.  D'autre part, il avait définitivement connu pire que "petit homme", ou même "l'intello", comme un certain ours s'était plu à l'appeler une dizaine d'années auparavant.  Rien de bien traumatisant, rien qu'il n'ait pu surmonter et surtout, rien qui n'ait pas aider à le lui forger, justement, son caractère. Il avala un une nouvelle et brève gorgée, les yeux plissés d'amusement au-dessus de son verre.  Les sillons qui dansaient aux coins de ses paupières comme ses sourcils s'étiraient doucement, ceux-là que sa mère appelaient affectueusement des pattes d'oies, trahissaient les tracas de l'âge adulte qui envahissaient désormais son quotidien, mais qu'il avait pour le moment oblitéré.

La trentenaire sembla honnêtement surprise et appréciatrice de son rattrapage en bonne forme.  Zoey sembla juger un instant ses bras, de la même façon que son aïeule jaugeait parfois deux petites fiches de dessert, aussi salies de gras et d'usure l'une que l'autre, le temps de se demander laquelle elle préférait cuisiner.  Ou bien, peut-être, ce tatouage dont elle aurait envie de causer un peu était invisible et elle contemplait la limitation de ses choix.  Abandonnant le bric-à-brac de son bras gauche, elle désigna un courte épée ailée.  Alex eut l'impression d'avoir droit à un aveu intime dès le début de son explication.  Le premier tatou, ça lui semblait quelque chose de personnel, à tout le moins.  Comme un premier vélo, ou un premier amour, pensait-il en son for intérieur. Penché au-dessus des rares cacahuètes ayant survécu à son appétit, il suivait des yeux le doigt explicatif.  Il trouvait quelque chose de candide à ce dessin, sans pouvoir se l'expliquer.  Peut-être était-ce le paradoxe de choisir un symbole familial pour se rebeller, ou simplement la façon dont la journaliste expliquait les origines partiellement connues des motifs qui ornaient sa peau.

Elle se tut en une grimace qu'Alex interpréta comme une certaine gêne, ou une moue d'excuse.  À des années-lumières de penser que c'était un réflexe conditionner par une vague de mélancolie ou d'autre chose du genre, il se redressa, chipa deux arachides et sourit un instant, replaçant un peu ses idées dans son crâne.

-T'as pas à t'excuser.  Je trouve ça joli.  Et encore plus avec tes explications. J'espère juste que tu ne regrettes pas.  Si tu as fait ce que tu pensais être le mieux à l'époque, ça vaut pas la peine de s'en mordre les lèvres.

Alex se tut un instant.  Si il continuait dans cette direction, il ne ferait que s'embourber et s'empêtrer dans ses paroles et finir par causer un froid ou insulter la demoiselle.  Un faux-pas était si vite arrivé, et ce serait dommage de gâcher un si beau moment : il avait enfin trouvé quelqu'un qui, dans cette ville au moins, semblait être sur la même planète que lui. Outre Alister, Zoey était probablement la première personne avec laquelle il parvenait à discuter en baissant à peu près complètement ses gardes.  Il reprit la parole, un petit rictus au coin des lèvres, le regard entendu.  Il détournerait le sujet, mais peut-être pas tellement, en fait.

-Quand j'étais au lycée, il y avait une fille.  Kim.  Elle me plaisait et je n'avais aucune idée si je lui plaisais également.  Il ne l'admettrait pas aussi facilement à une inconnue, mais la vérité était qu'il était aux antipodes du Don Juan et autre Casanova.  On aurait pu lui épeler l'amour sous le nez qu'il ne l'aurait pas vue.  Il prenait parfois les devants et faisait avec hésitation les premiers pas, ce qui lui valu nombre de râteaux, ainsi que quelques relations plaisantes, mais la plupart du temps, c'était lui qui se faisait approcher, comme avec Jenny.  Et si on avait le malheur de se montrer trop subtil, on venait de rater sa chance, car Alex n'aurait su différencier le flirt d'un geste amical ou tout bonnement généreux.  C'était peut-être également un peu pour cela qu'il se croyait moins populaire qu'il ne l'était réellement -et demandez donc à ses jambes si ça leur en faisait un pli, pour voir...

-Et du haut de ma décennie et demie, conseillé par un paquet d'hormones, j'imagine, j'ai décidé que la meilleure façon d'attirer son attention et de la séduire était de m'inscrire dans l'équipe d'athlétisme.  Ça s'est révélé être l'une des meilleures décisions de ma vie : j'ai adoré et j'ai continué jusqu'à l'université, bien après que j'aie perdu Kim de vue.  Pourtant, rationnellement, se mettre à un sport, n'importe lequel, pour séduire quelqu'un n'est pas vraiment la meilleure des raisons.

Zoey trouverait-elle qu'il délirait et lui ordonnerait-elle de ne plus toucher son verre, pour cause d'ivresse?  Tout ce qu'il tentait de dire, c'était que leurs expériences passées avaient formé la personne qu'ils étaient dans le présent et qu'ils devaient s'assumer ainsi.  Plus facile à dire -surtout dans ces conditions- qu'à faire, et le druide parlait un peu au travers de son chapeau, ayant lui-même ses propres squelettes dans le placard.  Toutefois, il avait cru que Zoey nécessitait un brin de réassurance et il l'avait offerte sans se poser de questions!

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