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 Un ami à poings nommés (Mick & Derek)

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Mickael Wayne
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MessageSujet: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Dim 29 Nov - 22:49


Weakness

Les étoiles dans les yeux de Chad me sont précieuses. Celles de la passion que j'avais découverte lors de notre première nuit. Les étoiles de joie lorsque j’évoque notre futur foyer. Celles de la sincérité quand nous nous sommes fiancés. Si l'amour caractérise notre couple, il a besoin d'être choyé, entretenu comme le brasier des premiers jours.

Depuis quelques temps nous nous chamaillons sur l'espace restreint que nous offre l'appartement, sur la place que prennent nos chemises respectives. Nous rêvons d'un grand dressing, d'un lit démesuré, d'une salle de bain luxueuse et d'une cuisine moderne. Nous voulons un foyer, une maison pour y garder précieusement nos secrets du bonheur. Rapidement, ces désirs informulés avaient fini par se concrétiser et j’avais proposé à Chad de créer notre chez nous, durant le shooting que Matrim nous avait proposé de faire.

Chad est architecte, et plus qu'une conscience professionnelle je sais qu'il veut que ce projet de construction soit parfait. Pendant ses temps libres, qui sont parfois peu nombreux, il passe de longs moments à dessiner des plans. Je n'ai pas vraiment le droit de regarder, c'est son monde à lui et je partage ses goûts autant qu'il connait mes préférences. J’aime le voir animé d’idées innombrables, se projetant dans ce futur auquel on croit. Sans heurt ni danger tapis dans l'ombre.

Mais j'ai voulu participer à la création de notre avenir. Aussi splendide soit notre future maison, il faut un écrin dans lequel la déposer. Je veux trouver le lieu idéal comme une comme réelle contribution à notre projet de vie. L'héritage de mes parents ne peut être aussi bien utilisé que pour m'offrir la possibilité d'un foyer aux côtés de l'homme que j'aime. Et je ne remercie jamais assez James d'avoir su faire fructifier les finances de ma famille. J'ai cru pendant un temps avoir sali le nom de mon père, Jonathan Wayne. Puis j'ai compris que les choses ne sont jamais aussi simples qu'elles n'y paraissent. J'espère faire sa fierté, quoi que j'ai pu faire, je souhaite être un homme de bien.

La confiance que Chad et moi nous accordons me permet une certaine liberté. Rester en ville réduit les risques tant que Robin portera le fardeau qui devait être le mien. J'avais craint pendant un temps que Fiona Ferjones ait été envoyée pour moi. Avant de découvrir qu'elle était la mère de Chad. Nos vies sont étroitement liées. L'ont été et le seront encore. Son père, le mien... Ces histoires sont inscrites dans un très long roman dont nous ne décelons ni le commencement ni la fin.

Je souhaite rester à Beacon Hills, cette ville nous a réuni Chad et moi.

Je prends le temps, jour après jour, de visiter quelques endroits, certains plus naturels que d’autres et pour la plupart en retrait. Je cherche les plus grands terrains. Et qui dit espace, dit liberté de construction. Et sécurité. Je n’aime pas l’idée d’être dans une enclave. Comme lorsque j’entre quelque part à la recherche de la sortie, je veux un foyer sécurisant, ouvert sur l’extérieur.

Je crois que mon entrainement a joué pour beaucoup sur cette manie de vérifier les points de fuite. Mais ça provient peut être d’un traumatisme antérieur. Si mes parents avaient pu s’échapper le jour de l’explosion, ma vie serait toute autre.

Je sais donc précisément quel terrain je souhaite et je finis par trouver la perle rare. Si je ne me trompe pas, il est aux frontières de Beacon Hills. Il n’est pas à vendre, peut-être n’a-t-il même pas de propriétaire encore en vie à qui s’adresser. Mais je me dirige, décidé, vers l'Hôtel de Ville où je pourrais consulter le registre des cadastres.

En feuilletant les documents, je finis par comprendre que les Hale possèdent certains des terrains les plus importants de la ville. En m’orientant sur la carte, je découvre ces quatre lettres inscrites sur la parcelle qui m’intéresse.

C’est ce qui m’amène à rejoindre l’intéressé dans son loft. La dernière fois que j’étais venu ici, la soirée entre mecs s’était plus ou moins mal terminée. J’avais rencontré Luka qui m’avait révélé que nous nous étions déjà rencontrés par le passé. Ce soir-là, Therence était également présent et notre contentieux ne s’en était pas trouvé apaisé. Y a-t-il un endroit dans Beacon Hills qui ne soit pas chargé d’évènements qui paraissent anodins et qui ne le sont jamais vraiment ?

D’abord étonné de me voir sur le seuil de sa porte, Derek finit par m’accueillir. C'est la même poignée de main franche et amicale qu’il m’adresse quand nous nous rejoignons près du manoir, quelques semaines plus tard.

* * *

Je ralentis le pas en approchant de la grande bâtisse.  Je sais que Derek y est de bon matin pour prendre part aux travaux de rénovation. Depuis ce qui est arrivé, sa confiance a dû être mise à mal. Il arrive parfois avant les premiers ouvriers. Depuis qu'il avait accepté de nous vendre un des terrains qui appartenait à sa famille, nous nous sommes rapprochés lui et moi. La meute nous unit indubitablement mais l'amitié ne peut être forgée qu'intimement. Je l'ai senti très affecté par la mort de Fiona.

A l'heure actuelle, c'est sans aucun doute le seul Hale avec qui je peux devenir ami. Peter gardera toujours sans rancœur contre moi. Notre entente est cordiale et si la haine ne transparait pas dans notre relation, ça me convient. La sagesse de Ruby tend à apaiser ses ténèbres intérieures.

Derek s'approche et semble rassuré de voir qu’il s’agit de moi. Il se plaint souvent que des étrangers se donnent le droit d'entrer sur sa propriété malgré les panneaux d'indication placés aux alentours.

Il n’a pas dû me reconnaitre de loin, sans doute parce que le sweat à capuche me camoufle le visage. Chad est parti tôt avec Mathias ce qui m'a donné une deuxième justification pour aller courir en forêt et y rejoindre Derek.

- Prêt à te faire botter le cul ? Demande-je pour le taquiner.


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Derek Hale
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MessageSujet: Re: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Dim 6 Déc - 14:02




Un ami à poing nommé

Derek & Mick
L’épisode du manoir restera marqué dans nos cœurs. Ce moment semble avoir été la concordance de plusieurs événements majeurs. Me dire que l’histoire est écrite à l’avance, me donne l’amertume de penser que nous ne sommes que des pantins. Mais à tête reposée, plus j’analyse ce qu’il s’est passé, plus j’en ai le vertige. Des pantins ? Peut-être pas… J’avais toutes les pièces de ce jour terrible… Si j’avais su les mettre en place avant, aurai-je pu éviter le drame ? Je comprends mieux mon lien particulier avec Chad, le fait que j’ai réussi à faire fonctionner la Chad Boussole, quand il était prisonnier au Mexique. Chaque détail trouve une explication. Mais c’est trop tard pour Iona.

***

Chad a vraiment fait des merveilles pour la reconstruction du manoir. Il a su garder l’aspect originel tout en modernisant l’intérieur. Pendant son deuil, je prends la relève pour le suivi du chantier. Mon frère de meute se terre dans une colère larvée. Alors quand Mick frappe à ma porte au loft, je suppose qu’il vient me voir pour son fiancé. Je lui serre la main et après une accolade fraternelle, l’invite à entrer. Je suis seul, Stiles est au lycée. Sur ma table de travail s’étalent les marchés de travaux concernant le manoir. Je pointe scrupuleusement ce qui a été fait et ce qui reste à faire. Le chantier n’a eu qu’une semaine d’arrêt suite à l’attaque des ouvriers qui n’en étaient pas. Le patron de l’entreprise n’en revenait pas comment ces employés avaient tous pris la poudre d’escampette le même jour. Je l’avais mis en contact avec un ami de la famille qui pouvait lui trouver rapidement des remplaçants… remplaçants qui ne seraient pas à la solde des chasseurs.

- Mick, tu es inquiet pour Chad ?

Surpris de ma question, il acquiesce. Mick me dit qu’il n’est pas venu pour cela, mais que l’état de son compagnon lui donne des soucis. Il me dit que Chad se tient tranquille, mais Mick reste persuadé que c’est une façade que son amoureux lui affiche.

- Je ressens beaucoup de colère en lui. Ruby n’est pas dans le meilleur de sa forme pour l’aider. Mais soit assuré que la meute le surveille de manière discrète. Je…

J’allais poursuivre, puis me retins. Si Mick sait que Chad et moi sommes proches et qu’un lien historique nous lie par le biais de sa mère, il n’a pas idée de l’étendue de ce lien, ni de ses implications. Je suis moi-même trop dans le flou pour vraiment comprendre les tenants et aboutissements. Et de toute manière je ne suis qu’un fil dans cette toile immense. Cependant, il y a une chose que j’ai comprise lors de l’enterrement de Iona : chacun doit garder son libre arbitre. Iona savait que Jordan allait se prendre cette fléche. Son âme avait déjà prise sa décision bien avant que le drame se produise. Je pense qu’elle était comme moi, avec des images fugaces qui ne donnent aucune vue d’ensemble, mais seulement des fragments de ce qui va être. Ces visions parcellaires sont-elles une manière pour je ne sais quoi, de nous manipuler ? Ou au contraire de nous laisser le choix d’agir ou non entre notre âme et conscience ? Iona a agi, paix à son âme.

- Parle-moi de ce qui t’amène Mick.

Son regard s’anime soudain, et il m’évoque le projet qu’il a avec Chad de construire leur foyer.

- Cela serait un merveilleux dérivatif pour Chad. Je me souviens de la fièvre qui s’était emparée de lui quand je lui avais demandé de l’aide pour le manoir. Si je peux vous être d’une quelconque aide, dites-le.

Mick me sort une copie du cadastre et la pose sur la table. Je reconnais Beacon Hills, et surtout le coin que je préfère de la région, la zone boisée où se situe le manoir. Sans plus attendre Mick me pointe un endroit sur le plan. Je souris immédiatement, il n’y a pas meilleur endroit, surtout quand on connait les qualités de Chad. Mon cœur a déjà pris sa décision, mais je laisse Mick m’exposer son projet. Je sens qu’il a préparé son sujet et réfléchit chaque point pour me convaincre. Je ne veux pas lui casser son argumentaire.

- C’est bientôt midi, je te propose que tu m’expliques ça devant une assiette.

Je file dans le coin cuisine du loft. Après une légère gêne, je lui dis de fouiller dans les placards pour dresser le couvert. Mick m’aide à nous installer pour un repas amical. Je mets des lasagne au four, cela nous laisse du temps pour parler. Mick évoque leur rêve, et c’est sans mal que je visualise celui-ci surtout sur ce terrain qui m’appartient. Alors que je le ressers à boire, je heurte mon propre verre et me coupe en ramassant les morceaux.

- La maladresse de Stiles est contagieuse…

Mick rit de bon cœur, et m’aide à nettoyer les dégâts. Quand nous nous rasseyons enfin, je vois son regard étonné sur ma main. La plaie ne s’est pas refermée… Je sais que quelque chose ne va pas en moi. Je me suis fait rassurant auprès de Stiles lui disant que mes capacités de guérison reviennent. Mais je lui ai menti. Au contraire, c’est de plus en plus long. Je perds aussi ma force de garou. L’autre jour, je n’ai pas pu faire le poids contre l’ours garou venu taper dans les ruches sauvages près du manoir. Heureusement qu’il n’était pas plus vindicatif que cela et que seul le miel l’intéressait…



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MessageSujet: Re: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Dim 13 Déc - 22:17


Aux grands maux...

La prévenance dont Derek fait preuve auprès de Chad me montre combien il est bon pour lui d’appartenir à la meute.  Ruby est une alpha bienveillante mais il est aussi fondamental que nous soyons proches les uns des autres en conservant notre autonomie et en demeurant dans le respect de l’intimité de chacun.

Par amitié, Derek ose sans gêne aborder l’état psychologique de l’homme qui partage ma vie.

- Mick, tu es inquiet pour Chad ? Me demande-t-il.

- Tu peux facilement imaginer l’épreuve qu’il traverse, dis-je sans avoir besoin de mentionner à nouveau le drame de la famille Hale. Il a parfois le sommeil agité et se laisse aller au chagrin en ma présence bien qu’il souhaite reprendre le dessus sur cette douleur. Mais je m’inquiète davantage pour ce qu’il ne me dit pas, ce qui le ronge de l’intérieur. Même avec tout mon amour, il y a des maux que je ne peux pas soigner. Je reste à ses côtés quoi qu’il fasse. Qu’il faille le relever ou lui montrer un avenir meilleur. C’est plus précisément ce qui m’amène ici.

- Je ressens beaucoup de colère en lui, reprend Derek. Ruby n’est pas dans le meilleur de sa forme pour l’aider. Mais soit assuré que la meute le surveille de manière discrète. Je…

Il tait ses mots et détourne le sujet sur ma propre venue. Quelque chose le contrarie.

- Parle-moi de ce qui t’amène, Mick, enchaine-t-il.

- Je veux passer ma vie avec Chad, dis-je sincèrement. Je veux vivre à ses côtés, m’endormir et me réveiller avec lui jour après jour. C’est une réalité banale mais précieuse, surtout dans cette ville. Jusqu’à présent nous mêlons nos vies autant que nos affaires. Il a son propre appartement et j’ai le mien dans lequel nous vivons pour être ensemble mais nous n’avons pas de chez nous. Tu sais, depuis que j’ai évoqué mon souhait de fonder un foyer avec lui, il est extatique.

- Cela serait un merveilleux dérivatif pour Chad. Je me souviens de la fièvre qui s’était emparée de lui quand je lui avais demandé de l’aide pour le manoir. Si je peux vous être d’une quelconque aide, dites-le.

- Je veux apporter ma contribution à ce projet d’avenir, continue-je. Depuis plusieurs jours, je parcoure les environs, pour trouver l’endroit qui portera notre future maison. Et j’ai trouvé ce petit paradis, le lieu idéal.

Je pose sur la table l’extrait du cadastre et indique la parcelle qui m’intéresse. Et je me lance. Cette partie du projet que j’élabore pour deux n’est suspendu qu’à la décision de Derek.

- C’est pour cette raison, Derek, que je viens te voir aujourd’hui, déclare-je. Ce terrain appartient à ta famille, c’est ton héritage et je suis bien placé pour savoir que ce sont parfois les biens matériels qui nous rattachent à ceux qui nous ont quittés.

Je songe à mes parents et à la fierté que j’aimerais qu’ils éprouvent. Il y a bien trop de zones d’ombre dans ma vie pour que je ne me batte pas pour y instaurer la lumière. Chad est ma luciole, mon étoile. Et si je me tourne tant vers l’avenir ces derniers temps, c’est aussi parce qu’inconsciemment, je rechigne à me retourner vers le passé en allant une nouvelle fois à San Francisco. Surtout à cet endroit en particulier. Dans le contexte actuel, après tout ce qui est arrivé, je me demande si certaines informations sensibles doivent être révélées. Je ne sais rien de ce que j’ai pu cacher par le passé. Ne pas savoir est parfois difficile. Mais la vérité peut être très douloureuse.

- C’est bientôt midi, je te propose que tu m’expliques ça devant une assiette, me dit Derek.

Je ne sais pas comment interpréter cette réponse. S’il ne dit rien, peut-être est-il froissé de se séparer d’une portion du territoire de sa famille.

Il m’invite à l’aider pour installer la table pour déjeuner. Je souris lorsqu’il me dit mettre un plat de lasagnes surgelées au four et garde dans l’esprit qu’il faut que je rappelle à Chad combien il est chanceux que je sache passer derrière les fourneaux.

Je fais part à Derek de mes arguments et des critères qui m’ont conquis dans le choix du terrain. La vue et la localisation sont les deux coups de cœur de cette partie de Beacon Hills. J’exprime notre envie d’être à l’écart, en sécurité, mais toujours à proximité de la meute et de nos amis. La forêt est la gardienne des chemins qui lient le manoir des Hale et notre future maison.

Alors que nous discutons, j’esquisse un geste pour rattraper le verre de Derek mais ne parviens pas à éviter la chute.

- La maladresse de Stiles est contagieuse…se moque-t-il.

S’il y a bien un trait de caractère indéniable chez son petit ami c’est bien ça. L’hyperactif a l’esprit aiguisé mais aussi très souvent deux mains gauches. Je récupère avec précaution les débris pour ne pas me blesser comme vient de le faire Derek.

Nous reprenons notre discussion jusqu’à ce que je remarque un détail qui est loin d’être anodin. Je regarde sa main et comprends qu'il y a un problème. J'ai l'habitude avec Chad que les blessures soient rapidement oubliées et Derek, loup né, possède le même pouvoir. Normalement, car cette coupure ne cicatrice pas. Je ne dis rien mais toute mon interrogation est dans mon regard.

Lorsque nous avons fini de manger, Derek a le dos tourné et s'affaire sur le plan de travail. Profitant du bruissement de l'eau qui s'écoule dans l'évier, je m'approche doucement sans qu'il puisse me voir. C'est un silence dans lequel n'importe quel loup-garou aurait entendu les battements de mon cœur me trahir juste derrière lui. Mais Derek ne réagit que lorsque je plante un couteau dans la planche à découper tout près de sa main.

Il me dévisage, perplexe.

- Derek, qu'est ce qui se passe ? M'inquiéte-je. Tu as perdu tes réflexes. Et pire, tu ne sembles pas cicatriser.

J'espère un instant qu'il me fait marcher mais son air inquiet me fait craindre autre chose.


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MessageSujet: Re: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Ven 18 Déc - 14:24




Un ami à poing nommé

Derek & Mick
Je suis heureux du projet dont Mick me parle. Lui et Chad font partie de ma meute. Et j’apprécie chaque composante de celle-ci. Ruby a réuni autour d’elle des loups matures, un kanima qui comme Stiles n’est pas vraiment l’insouciant qu’il affiche être et bientôt, Matrim, celui qui m’a aidé à retrouver la mémoire va nous rejoindre. Mick m’a expliqué ce qui se passe avec le photographe et que Chad est parti le chercher avec le petit ami de celui-ci, un loup qui tient à son indépendance. Chad m’avait parlé du groupe de Matthias et de leur idéaux. Il m’avait demandé ce que j’en pensais. L’intérêt d’une meut est une évidence même. Toutefois, je comprends que cela ne cadre pas forcément avec un moment précis de sa vie. J’avais répondu à Chad qu’appartenir à une meute, devait être vu comme un aboutissement. Et que celle-ci devait être une famille choisie et non subie. Car dans ce cas-là, il était à mon sens préférable de rester un oméga.

Je ne fais pas languir Mick plus longtemps et lui donne mon accord de principe pour le terrain qu’il convoite. C’est avec joie que je leur cède ce bout de terre, car ils sont de ma meute, de ma famille, des frères sur qui je sais pouvoir compter et réciproquement. Je sens le soulagement dans la voix de Mick. Il a vraiment flashé sur cette parcelle et devoir trouver autre chose aurait été pour lui difficile. Je lui donne les coordonnées de mon notaire pour les papiers. Pour le prix, nous convenons de le fixer en fonction de celui du marché quand Mick aura délimité de manière exacte la parcelle qu’il souhaite pour abriter son couple.

Je range un peu et commence à faire la vaisselle. Je sais pourtant que Mick a largement prouvé son intelligence et même s’il n’avait rien relevé, ma blessure qui ne cicatrise plus aussi rapidement qu’avant ne lui a pas échappé. Je sursaute quand il plante un couteau près de ma main sur la planche en bois juste dessous. C’est un bon guerrier, il sait parfaitement se faire discret et furtif. Mais en temps normal, jamais il n’aurait pu m’approcher ainsi sans que je l’entende ou le sente…

- Derek, qu'est ce qui se passe ? Me demande Mick. Tu as perdu tes réflexes. Et pire, tu ne sembles pas cicatriser.

-…

Que dire ? Que tout ce qui faisait de moi un loup disparaît petit à petit. La première chose a été la cicatrisation et ma force. J’en avais fait l’amère expérience quand ce balourd d’ours était venu piller notre miel sauvage.

- Assis-toi Mick.

Je nous prépare deux cafés et viens le rejoindre autour de la table basse. Le regard de Mick est sincèrement inquiet.

- Je ne sais pas ce qui m’arrive Mick. Stiles… se doute que quelque chose cloche. L’autre fois… après l’attaque du manoir, il a dû me soigner. Je l’ai rassuré en lui disant que c’était simplement le contre coup de mon rajeunissement et que mes capacités faisaient un peu des siennes, mais que ça allait de mieux en mieux…

- C’est de pire en pire ?

- Oui… Je crois que je deviens humain Mick… Je…

Nous nous taisons un moment. Il n’y a rien à dire à cela que de constater les faits. Je deviens faible et vulnérable comme un simple humain.

- Je ne suis plus adapté aux risques que j’encours… Je ne dis rien à Stiles ni a Ruby pour ne pas les affoler… mais à la prochaine bataille…

Je regarde mes mains sur lesquelles aucune griffe ne peut plus apparaître. Mick se met à me parler. Il se veut rassurant, mais il ne comprend pas que la prochaine fois, je ne pourrais pas me défendre, ni défendre ceux que j’aime et qui comptent sur moi pour être présent. C’est là que Mick me fait remarquer qu’il n’a pas ma force passée et que malgré la vie de danger qu’il mène, il est toujours en vie.



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MessageSujet: Re: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Dim 27 Déc - 15:01


...les grands remèdes

L’air de Derek est grave lorsqu’il me demande de m’assoir. Je le suis des yeux, inquiet, jusqu’à ce qu’il vienne à mes côtés accompagné de deux tasses de café. Ces derniers temps il avait également eu son lot de mésaventures. Blessé au Mexique, il avait par la suite vécu dans son corps d’adolescent sans le moindre souvenir de sa vie d’adulte. Il était redevenu plus sage et mystérieux avant de retrouver son corps d’homme. Nous avons tous nos secrets, mais à présent il semble vouloir me dire quelque chose d’important et son comportement laisse penser qu’il se sent démuni.

- Je ne sais pas ce qui m’arrive Mick, commence-t-il. Stiles… se doute que quelque chose cloche. L’autre fois… après l’attaque du manoir, il a dû me soigner. Je l’ai rassuré en lui disant que c’était simplement le contre coup de mon rajeunissement et que mes capacités faisaient un peu des siennes, mais que ça allait de mieux en mieux…

- C’est de pire en pire ? Rectifie-je en comprenant qu’il avait modéré ses propos pour ne pas inquiéter son petit ami.

- Oui… reprend-il. Je crois que je deviens humain Mick… Je…

Il se tait baissant légèrement le menton comme si énoncer sa crainte ne faisait que la renforcer. Je connais beaucoup de choses sur les loups-garou comme tous les membres de la meute où les connaissances de chacun sont utiles à tous. Toutefois, je n’ai jamais entendu qu’il existait un moyen de redevenir humain. Et le processus parait d’autant plus improbable que Derek est né loup. Je comprends son désarroi.

- Je ne suis plus adapté aux risques que j’encours…Continue-t-il. Je ne dis rien à Stiles ni à Ruby pour ne pas les affoler… mais à la prochaine bataille…

Il plie et déplie ses doigts sous nos yeux révélant tristement que les armes naturelles que constituaient ses griffes ont disparues.

- Je sais combien il est difficile de se savoir impuissant, dis-je pour lui montrer ma compassion. Lorsque Chad a été kidnappé,  j’aurais donné cher pour avoir ta force ou celle de n’importe lequel des loups garou que je connais. Pourtant, même sans capacité surnaturelle, tu sais comment je suis capable de me battre. Tu connais en partie ma vie et ce que j’ai pu endurer. Et je suis encore là. Humain ne veut pas nécessairement dire faible.

Je pose ma main sur son épaule et l’invite à se lever.

- Même sans tes pouvoirs je te garantis que tu peux devenir un adversaire difficile, promis-je. Cette anomalie n’est peut-être que passagère mais tu sauras te défendre.

- C’est protéger ceux qui me sont chers qui m’importe le plus, déclare-t-il.

- Et pour ça il faut rester en vie, droit sur tes deux pieds, réponds-je en lui faisant perdre l’équilibre d’un mouvement inattendu.

Il doit pouvoir réapprendre à réagir sans ses réflexes de loup-garou avec les atouts que le simple humain a en sa possession.

- Je suis là pour t’aider, si tu le souhaites, propose-je en lui tendant la main pour qu’il se relève. Tu es mon ami Derek, si tes problèmes doivent rester entre nous, ils le seront. Mais tu as besoin de quelqu’un pour t’aider à passer ce cap.

Il râle sur mon coup en fourbe mais me remercie finalement pour ma proposition. Accepter de l’aide n’a jamais été une preuve de faiblesse.

* * *

- Prêt à te faire botter le cul ? Demande-je pour le taquiner.

Je sais comment je vais engager cette journée. J’avais promis à Derek de lui accorder du temps pour l’aider à surmonter son problème. Et c’est avec un entrainement physique que nous devons commencer. Je ne souhaite pas de blessure autre que celles qui seraient dues à son apprentissage alors il est nécessaire d’échauffer notre corps.

Je propose de courir en repérage du chemin qui relierait le manoir à notre futur terrain à Chad et moi. La forêt est grande et les sentiers nombreux, nous sommes rapidement tranquilles et à l’écart de voyeurs mal avisés. Derek est d’un tempérament sportif, son statut de loup-garou ne faisait qu’accroitre cette forme physique.

- C’est la technique que je dois t’enseigner, précise-je. Se défendre à mains nues, attaquer sans arme et s’en protéger.

Ni l’un ni l’autre ne voulons nous lancer dans un cours d’arts martiaux en 40 leçons. Et avant toute chose, ce sont avec les bases rudimentaires que nous devons commencer. Je me remémore des moments similaires dans mon passé, entrainé à combattre ou même à tuer. J’avais quitté l’adolescence tôt. Ce n’était peut-être pas si mal, le danger attire le danger, j’avais dû apprendre à survivre.

- Je te laisse m’attaquer le premier, dis-je. Ton objectif est simple, me plaquer au sol.

Après un moment de réflexion, Derek s'élance avec tant de force qu'il donne l'impression d'être un bulldozer à réaction. Ce n'est pas l'atout qu'il doit utiliser face à moi. Ou du moins pas de la sorte. D'une pirouette, restant mobile dans un petit périmètre, je le fais chuter sous son propre poids.

Ma main tendue cherche à nouveau la sienne pour l'aider à se relever mais surtout lui signifier que je ne cherche pas la domination. Il doit pouvoir se défendre sans ses capacités lupines et c'est en ami que je me suis proposé de l'entraîner.

Il m’attaque, cherchant à me frapper, encore et encore.

Je réussis à parer ses coups facilement en lui expliquant à chaque mouvement qu’il effectue comment il aurait dû s’y prendre. Je précise ma manière d’agir, une technique propre à ce que je connais de moi-même, mon corps est mon arme.

- C’est la colère qui te transformait en loup autre fois, puise dans ça, conseille-je. C’est toujours cette émotion qui peut te permettre de vaincre. L’adrénaline est un facteur important. Canalise ta colère.

Ses gestes sont plus brutaux moins habiles mais c’est cette force brute qu’il faut façonner. Je lui réponds à la hauteur de ses attaques. Je ne veux pas le blesser mais Derek s’est confié à moi, pour survivre il doit savoir se battre.


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MessageSujet: Re: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Dim 27 Déc - 16:57




Bagarre

Derek & Mick
Je n’aime pas avouer ma faiblesse, cependant je suis conscient que je ne dois pas me fermer totalement, car je sens bien que là, je ne vais pas réussir à gérer seul ce qui m’arrive. Le souci est que je veux inquiéter personne de proche. Mick fait une bonne alternative.

S'il fait partie de la meute, son passif lui donne une position un peu spéciale. Peter ne dit rien car il ne veut pas aller contre l’autorité de Ruby, mais je sais que mon oncle est irrité et ne pardonne pas. En ce qui me concerne, je sais ce qu’il s’est passé entre Chad et Mick. Chad a défendu l’honneur des Hale et s’est battu avec Mick quand il a appris sa participation à l’incendie. Mais il a su lui pardonner parce qu’il a compris que Mick n’a pas eu le choix. J’ai suivi le raisonnement de Chad et accepté Mick dans notre meute sans arrière-pensée.

C’est cette relation qui fait que j’arrive à lui dire ce qu’il m’arrive. Et mine de rien sa réaction et sa réponse me rassurent. Il est possible de vivre dans ce monde de violence en étant un simple humain. Il en est la preuve vivante. Alors quand Mick se propose de m’entrainer, de m’apprendre les ruses du combat, là ou avant je comptais sur mes réflexes hors normes et ma force brute, je lui réponds que je suis d'accord et l'en remercie.

***

- Prêt à te faire botter le cul ?

- Prêt à ne pas me laisser faire !

Mick me propose d’aller courir pour nous échauffer. J’ai toujours pratiqué l’effort physique, mais sans prendre cette précaution. C’est à cela que je dois ma carrure et mon endurance. On peut être un loup et être fin comme un coton tige si on reste vautré dans son canapé ou collé à son ordinateur. Au moins, je ne pars pas de rien. J’ai une bonne masse musculaire, il me manque juste la technique. Alors que nous courons côte à côte en direction du terrain qui verra la construction de sa future demeure, je sais que je risque d’en baver, car je ne fais pas l’affront de sous-estimer le petit ami de Chad. Enfin nous nous arrêtons dans un endroit tranquille où aucun gêneur ne viendra pointer son nez.

- C’est la technique que je dois t’enseigner. Se défendre à mains nues, attaquer sans arme et s’en protéger. Je te laisse m’attaquer le premier. Ton objectif est simple, me plaquer au sol.

Simple en apparence. Car si je n’ai plus mes sens développés de loup, il est évident que la posture de Mick a changé. Il s’attend à mon attaque, il faut que j’arrive à lui mettre la main dessus et le basculer au sol. A priori rien de vraiment difficile. Je m’élance avec une forte poussée sur les cuisses. Mick esquive, s’enroule autour de moi et me déséquilibre. Première tentative ratée, je mange les feuilles. Je soupire, exaspéré, non contre Mick mais contre moi et ma faiblesse. Une main amicale tendue, et je me relève.

- On continue, dis-je.

Je tente de varier les angles d’attaque, ou essaye de feinter. Mais c’est comme si Mick était capable de prévoir mes mouvements. Immanquablement je finis au sol. Je commence à râler. Heureusement que tout dans l’attitude de Mick reflète l’aide sincère. Il ne fanfaronne pas de pouvoir ainsi me mettre si facilement au sol. J’apprécie d’autant que tout cela me frustre.

- C’est la colère qui te transformait en loup autre fois, puise dans ça, conseille-je. C’est toujours cette émotion qui peut te permettre de vaincre. L’adrénaline est un facteur important. Canalise ta colère.

- D’accord. C’est idiot, je n’arrive pas à te toucher, pourtant j’ai peur de te blesser…

Nous reprenons l’entrainement et tente de trouver une faille. Puis je me souviens de quelque chose. La force brute, ne m’est pas utile, sinon pour porter un coup final. Me voilà de nouveau en train de mordre le sol et m’enterrer dans les feuilles. Je souffle pour me dégager le visage. Je fais une mine déconfite à Mick qui s’approche en souriant et comme à chaque fois me tend la main pour m’aider à me relever en signe amical.

- En plus d’être beau gosse, tu es fort !

Comme les fois précédente, je saisis sa main et m’ébroue des feuilles. Je garde sa main et esquisse lentement une accolade fraternelle. Mais alors que nous sommes presque l’un contre l’autre, mon regard change est se fait sensuel. Détaillant son visage, je m’attarde sur ses lèvres. Je note une imperceptible raideur de la part de Mick. Je sais son attachement à Chad, mais il ne s’attend à cela de ma part. Ma main dans son dos descend pour s’arrêter en haut de ses fesses. Je profite de sa milliseconde de confusion pour effectuer un bête balayage de la jambe. Pour la première fois depuis que l’on a commencé, c’est Mick qui se retrouve au sol. Il secoue la tête dans un grand sourire. J’ai réussi à l’avoir. Au loft, il avait réussi à me déséquilibrer par ruse. Je crois que je commence à comprendre le principe. Cela n’empêche pas qu’il doit m’apprendre les techniques de combat. Car je ne l’aurais pas deux fois de cette manière. Je lui tends la main pour l’aider à se redresser. Il s’en saisit, tente de m’entrainer au sol. Petit jeu de bras de fer qui finit en match nul.

- Bon ça c’est fait ! La suite ?

La suite est si rapide, que je regarde le ciel à plat dos sans comprendre comment je suis passé de la position verticale à l’horizontal sans rien avoir vu venir.

- Tsss!



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MessageSujet: Re: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Mar 29 Déc - 22:13


3 mots

Le dos de Derek claque lourdement sur le sol. Les beaux jours arrivant, le tapis végétal qu’offre la forêt n’est plus aussi meuble qu’il l’était après la saison des pluies. Mais mon frère de meute dépourvu de ses capacités de loup garou persévère agrémentant chaque chute de son approbation à continuer.

Sa réponse me fait sourire lorsque je lui dis de se focaliser sur ce qui décuple sa force.

- D’accord, répond-il. C’est idiot, je n’arrive pas à te toucher, pourtant j’ai peur de te blesser…

Derek réfléchit avant de s’élancer, multipliant les tentatives en modifiant son angle d’approche. Je ne me laisse pas surprendre. Ma réaction la plus frustrante est certainement celle où je ne bouge que très peu pour l’éviter, lui qui dévie au dernier moment en voulant anticiper un mouvement de recul de ma part.

- En plus d’être beau gosse, tu es fort ! Déclare-t-il après de longues minutes d’essais infructueux.

Je perçois dans son accolade le souhait de faire une courte pause. Son regard se plisse quand il croise le mien. La pudeur voudrait que ça ne soit pas insistant mais il me fixe. Je me redresse imperceptiblement. Je suis sincèrement troublé lorsque je sens sa main descendre le long de mon dos. Suffisamment pour ne pas anticiper le mouvement rapide qu’il effectue pour me faire tomber.

C’est la fierté que je peux lire dans son sourire, il est venu à bout de mes défenses après s’être acharné. À son tour de m’aider à me relever, notre relation aujourd’hui est un mélange de complicité et de rivalité. Je suis là pour le malmener et lui pour ne pas se laisser faire.

- Bon ça c’est fait ! La suite ? Fanfaronne-t-il sans orgueil.

Aussi vite qu’un claquement de doigt, je passe sur sa gauche et le saisis par le bras. Je déstabilise ses points d’appuis pour lui faire mordre la poussière.

- Deuxième leçon, une ruse ne fonctionnera jamais deux fois, énonce-je.

- Tsss, parvient-il à prononcer en relevant le menton.

Nous reprenons la même procédure, Derek essayant de me faire chuter. Avant que sa patience légendaire n’arrive à son terme, je modifie l’exercice. Notre confrontation est plus rapprochée, plus physique. Je ne résiste pas pour qu’il applique les techniques que je lui explique au fur et à mesure. Ses efforts sont fructueux lorsqu’il parvient à me rendre des coups. Je le soupçonne de se venger pour ses côtes que j’ai rendues douloureuses quelques minutes auparavant.

Nous prenons une courte pause. Et lorsqu’il me remercie à nouveau, je lui réponds qu’il en aurait fait de même pour moi. Notre meute est particulière, nous sommes proches et indépendants à la fois. Pourtant, s’il lui arrivait quelque chose, j’en serais touché. Et Chad bien davantage. Derek et lui partage un lien spécial.

Nous reprenons, un peu plus amis, un peu plus rivaux.

- Attaque comme si tu souhaitais réellement me blesser, insiste-je.

- Je ne voudrais pas te mettre K.O., plaisante-t-il.

- Ne t’inquiète pas, je tâcherais de te pas t’assommer avant ! Rétorque-je en riant.

Les heures passent, la chaleur du début de l’été nous fait transpirer presque autant que les exercices physiques. Nous prenons le temps de faire des étirements avant de retourner en petites foulées vers le manoir. Derek y avait laissé de quoi nous restaurer pendant cette journée un peu moins ordinaire pendant laquelle nous nous découvrons un peu plus l’un et l’autre.

* * *

Nous rejoignons le cœur de la forêt en marchant, trouvant un autre endroit pour poursuivre cette initiation. Les exercices sont sensiblement les mêmes que durant la matinée, nous allions cette fois-ci autant de techniques d’attaque que de défense.

À la pause suivante, je sors quelque chose du sweat que j’avais retiré plus tôt. Derek fronce les sourcils en voyant de quoi il s’agit.

- Ça, c’est un semi-automatique de fabrication suisse, calibre 9mm, déclare-je en le posant sur une souche.

- J’aime pas les armes à feu, râle-t-il.

- C’est parce qu’on t’a pas appris à t’en servir, taquine-je en retour.

- Ou parce que je me suis fait tirer dessus…à maintes reprises, me précise-t-il à raison.

- Celle-là tu vas l’aimer, assure-je.

Je démonte l’arme pour en sortir le chargeur que j’agite sous ses yeux.

- La loi californienne n’autorise pas plus de 10 balles par chargeur, continue-je à expliquer. Il faut toujours savoir de combien de tirs tu disposes. Être à court de balles peut s’avérer fatal. Et ça te donne aussi l’air d’un imbécile.

J’enfonce le chargeur sans armer le pistolet puis le repose sur la souche.

- Mais se servir d’une arme ne se résume pas à viser et tirer, reprend-je.

- Pourquoi ça ? Intervient un Derek dubitatif.

- Parce qu’une personne lambda peut parcourir six mètres en une seconde et demie, précise-je. Et si cette personne a un couteau, elle peut te poignarder avant que tu ais pressé la détente. Avec une arme à feu, la distance est ton alliée.

Je lui tends alors le pistolet et me recule d’un grand pas.

- Vas-y, menace-moi, dis-je en désignant l’arme.

Avec un sourire à peine masqué, Derek lève le bras et me met en joue… En un tour de main, je le désarme et retourne le canon contre lui.

- D’accord, comprend-il.

- Tu veux réessayer ? Questionne-je.

Ce petit jeu dure plusieurs minutes. L’arme est davantage dans mes mains que dans celles de Derek. Il aurait eu la possibilité de tirer quelques fois mais me toucher aurait été difficile sans qu’il se blesse lui-même.

Je lui demande de faire une dernière tentative. Lorsqu’il braque le canon sur moi, je remonte son bras droit suffisamment pour qu’il comprenne qu’en allant plus loin je lui ferrais mal. Une lame frôle à présent sa pomme d’Adam.

- D’où tu sors ça ? Demande-t-il.

- Troisième leçon, ne jamais croire que ton adversaire n’est pas plus armé que ce qu’il y parait, explique-je.

Je relâche aussitôt la pression sur son bras et le laisse se défroisser les muscles.

- En conclusion, je dirais qu’il faut être suffisamment dynamique et polyvalent pour agir selon trois champs d’action, énonce-je. Tu en as eu un exemple aujourd’hui. La défense. L’attaque. Et l’imprévu.

Derek acquiesce, l’obligation de survie dans le monde impitoyable que nous côtoyons tous nous force à être attentif. Derek n’est pas un imbécile, je sais qu’il a parfaitement retenu les leçons de cette première journée. Il s’agit des bases rudimentaires. L’entrainement paie plus que l’enseignement.

- Pour survivre il faut que tout ton corps s’inscrive dans ce schéma, continue-je. Et qu’une seule pensée te suffise à passer dans l’une ou l’autre des positions. Ton endurance, ton environnement, la nature et la puissance de ton adversaire sont autant de facteurs qui induisent tes décisions.

Je saisis le poignard d’une main et effectue quelques pirouettes et acrobaties, pour l’animation, tranchant les arbrisseaux autour de moi.

- C’est un ballet mortel, dis-je en reprenant appuie sur mes jambes.

Je continue à tourner autour de lui, le forçant à me fixer pour disparaitre un court instant de son champ de vision.

- Veille à ce que ça soit toujours toi qui mène la danse, conclue-je en réapparaissant à ses côtés, le manche de mon poignard légèrement enfoncé dans son abdomen.


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MessageSujet: Re: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Sam 2 Jan - 17:01



Un ami à poings nommés

Derek & Mick
- Deuxième leçon, une ruse ne fonctionnera jamais deux fois, me dit Mick.

Je tais ma remarque car je sais qu’il fait tout pour m’aider. J’ai à réapprendre ma manière de me battre, mais être un loup et avoir été doté d’une force surhumaine ne rend pas idiot pour autant. Avec deux sœurs, on apprend très jeune qu’une ruse ne marche pas deux fois de suite. Cora était plus naïve, mais surprendre Laura était un vrai challenge. Mais pour l’instant, je suspecte Mick être un poil vexé de s’être fait avoir par ce type de ruse. Il est tellement focalisé sur Chad qu’il ne fait plus attention au regard des autres sur lui. Bref, je suis assez content de moi pour avoir trouvé quelque chose qui pouvait le distraire le temps nécessaire pour placer une attaque. Mais comme précisé, il a compris que j’ai compris, il ne se fera plus avoir.

Nous reprenons, Mick se fait plus lent pour m’expliquer les prises et les parades qui vont avec. Le rythme s’intensifie au fur et à mesure que je prends mes marques avec ce corps qui ne me répond plus comme avant. Je dois être couvert de bleus et les ecchymoses commencent à devenir un handicap là où avant cela ne me gênait que quelques instant avec ma cicatrisation accéléré. J’apprends donc l’art de l’esquive et aussi l’économie d’énergie. Je mesure mes mouvements et mise sur la précision. Les coups qui passent, la douleur, certes m’irrite, mais aussi me donne un autre gout à ce combat. Il y a bien plus de chalenge avec ces faiblesses d’humain.

On se taquine, mais le combat est sérieux. Nous fatiguons tous les deux. J’ai mal et Mick aussi. Si je prends plus que je donne, j’ai une puissance musculaire un peu supérieure à celle de Mick, donc quand ça pas, ça fait mal.

- Toi tu as Chad pour te soulager, moi je vais avoir le babille de Stiles et sa maladresse avec la pommade à l’arnica…

***

Rome ne s’est pas fait en un jour, ma rééducation en simple humain non plus. J’apprécie le temps que m’accorde Mick. Il prend son rôle à cœur et c’est bien en frère de meute qu’il agit. Il m’apprend donc à attaquer mais aussi à me défendre. Lors de la pause que nous nous accordons pour souffler un peu, il sort une arme de ses affaires. JE fronce les sourcils. JE n’ai jamais aimé ces engins.

- Ça, c’est un semi-automatique de fabrication suisse, calibre 9mm, dit-il.

- Je n’aime pas les armes à feu.

- C’est parce qu’on t’a pas appris à t’en servir.

- Ou parce que je me suis fait tirer dessus…à maintes reprises.

Et avec des balles enduites d’aconit. Non, je n’aime pas les armes à feu car elles me rappellent les chasseurs. Mick m’explique la particularité de l’arme qu’il a amenée, celle de la loi californienne que j’ignorais totalement.

- Mais se servir d’une arme ne se résume pas à viser et tirer, reprend Mick.

- Pourquoi ça ?

Car c’est bien ce que je fais au stand de tir à la foire pour gagner la grosse peluche que Stiles convoite. Il suffit de compenser après le premier tir qui donne la déviation de l’arme, toujours très importante dans ce genre de stand.

- Parce qu’une personne lambda peut parcourir six mètres en une seconde et demie. Et si cette personne a un couteau, elle peut te poignarder avant que tu ais pressé la détente. Avec une arme à feu, la distance est ton alliée.

Une arme de lâche, pensé-je. Mick me donne l’arme et recule d’un pas.

- Vas-y, menace-moi, dit Mick

Vraiment pas convaincu, je tends le bras. JE me retrouve rapidement désarmé.

- D’accord, dis-je.

- Tu veux réessayer ?

- Allons-y puisque c’est nécessaire.

S’ensuit un jeu de main, jeu de vilain. On dirait presque que l’on se dispute l’arme plus qu’on essaye d’abattre l’autre. A ma dernière tentative, je me retrouve avec une lame de poignard contre la gorge. C’est frustrant, exaspérant et très vexant, bien que je comprenne que l’effet de surprise est certainement plus formateur que s’il m’avait prévenu avant.

- Troisième leçon, ne jamais croire que ton adversaire n’est pas plus armé que ce qu’il y parait.

…Il faudrait peut-être que je lui parle de Chris Argent qui doit porter la moitié de son propre poids en armes diverses. Je crois que je ne veux pas savoir où il les planque…

- En conclusion, je dirais qu’il faut être suffisamment dynamique et polyvalent pour agir selon trois champs d’action, dit Mick. Tu en as eu un exemple aujourd’hui. La défense. L’attaque. Et l’imprévu.

- Je crois que j’aime bien l’imprévu…

- Pour survivre il faut que tout ton corps s’inscrive dans ce schéma, continue Mick. Et qu’une seule pensée te suffise à passer dans l’une ou l’autre des positions. Ton endurance, ton environnement, la nature et la puissance de ton adversaire sont autant de facteurs qui induisent tes décisions.

Mick s’improvise ballerine et tournoie autour de moi, souple et rapide, il est difficile de savoir dans quel sens il va partir. Je comprends que je vais devoir m’entrainer et gagner en souplesse. J’ai déjà la forme physique pour y arriver et je suis déjà habitué aux pirouettes. Il faut que je m’adapte avec ma force et résistance actuelle. La chorégraphie mortelle de Mick se termine avec le manche de son poignard enfoncé dans mon ventre. Je maitrise ma riposte, je crois que Chad n’apprécierait pas que son mec monte d’un ou deux octaves dans la voix….

- Bon ok ! Tu me donnes un peu de temps pour que je m’entraine en solo, que j’assimile ce que tu viens de me montrer aujourd’hui. Puis on se revoit et cette fois-ci TU manges la poussière.

Nous rentrons en petites foulées vers le manoir. Le chemin d’accès a enfin été refait et nos deux Camaro sont stationnées l’une à côté de l’autre.

- Chad n’arrête pas de me parler d’un restaurant français où vous avez vos habitudes. Ça te dit qu’on s’y retrouve ce soir en récompense des bleus que nous avons chacun ? Stiles est chez Scott. Pas que je te demande de parler autant que lui, mais j’aime de moins en moins la solitude.




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MessageSujet: Re: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Dim 3 Jan - 13:22


L'homme et le loup

Si quelques agaceries fusent durant l’entrainement c’est parce que je sais que derrière ses airs bourrus, Derek est quelqu’un d’amical avec un sens de la répartie bien à lui.

Les exercices pourtant consentis ont fatigué et même meurtri notre corps. Cette journée me rappelle tant les aspects qui composent ma vie. Se battre pour ne pas tomber en est un des piliers.

- Bon ok ! Lance-t-il. Tu me donnes un peu de temps pour que je m’entraine en solo, que j’assimile ce que tu viens de me montrer aujourd’hui. Puis on se revoit et cette fois-ci TU manges la poussière.

Sa combativité est un atout. Il progresse face à moi. Contre un véritable adversaire, la motivation et l’instinct de survie seront des atouts supplémentaires.

- Pas de problèmes mais ne compte pas sur ma coopération, répond-je en souriant.

Nous regagnons le manoir en courant à faible allure. Lorsque la bâtisse réapparait derrière les arbres, je ressens de la fierté que Chad soit responsable de cette reconstruction. La franche satisfaction de Derek, l’impatience chaleureuse de Ruby, la joie exclamative de Stiles et la reconnaissance discrète de Peter sont autant de réactions qui ont touché leur ami architecte.

En songeant à l’adjointe du shérif, je note mentalement que je dois la contacter dans l’après-midi. J’aimerais, à elle aussi, présenter notre projet d’avenir. Notre meute, récemment meurtrie, avait besoin de se réunir, de se ressourcer. Je crois que si l’espoir pouvait être matérialisé, le bien que Chad et moi allons acquérir en est une preuve réelle.

Derek et moi nous approchons de nos voitures, garées à proximité du manoir, signe que la propriété des Hale est accessible et bientôt prête pour y accueillir la vie.

- Chad n’arrête pas de me parler d’un restaurant français où vous avez vos habitudes, dit Derek. Ça te dit qu’on s’y retrouve ce soir en récompense des bleus que nous avons chacun ? Stiles est chez Scott. Pas que je te demande de parler autant que lui, mais j’aime de moins en moins la solitude.

- Bien sûr, accepte-je en regardant mon téléphone. Chad ne m’a pas donné de nouvelles, je suppose qu’il ne rentrera pas. J’espère néanmoins que s’il avait un problème il trouverait le moyen de me contacter.

Lorsque je démarre le moteur de la Camaro, je décide de me rendre immédiatement chez Ruby. Pour deux raisons. La première est pour évoquer la fête que nous souhaitons organiser. Et la seconde, plus implicite, est pour m’assurer qu’en temps qu’alpha elle ne soit pas alarmée par les dangers que Chad est susceptible d’encourir.

Son accueil est bienveillant même si je sens une pointe d’anxiété car il est rare que je lui rende visite seul.

- Tout va bien pour toi aussi ? Demande-je pour répondre à sa question muette et avoir la réponse à ma propre inquiétude.

La grossesse a décuplé ses perceptions. Je ne doute pas qu’elle souhaite que cela se termine car la fatigue qu’occasionne ses facultés et celles de ses bébés doit mettre à mal sa patience.

Installés dans son salon, je lui fais part de notre projet récent. Elle s’émerveille et en est émue, son côté maternel était présent bien avant qu’elle apprenne qu’elle était enceinte.

- Je peux te montrer cet endroit, propose-je.

Nous n'y allons pas à pieds car si le terrain est à une distance acceptable, le confort de la voiture est plus appréciable pour Ruby.

- Évite de perdre les eaux dans la Camaro, d’accord ? M’inquiète-je.

- Mick, même si c’est éprouvant, enchaine-t-elle, je souhaite quand même arriver à terme, pour le bien des bébés.

- Et c’est pour quand ? Demande-je.

- Dans approximativement 1 mois et demi, déclare la future mère. Ne t’inquiète pas je me sens bien.

La surprise de Ruby en découvrant notre terrain me fait chaud au cœur. Elle comprend parfaitement pourquoi mon choix s’est tourné vers cette partie de Beacon Hills et s’étonne à peine que ça nous lie à la famille Hale. Une famille dont elle sera bientôt la seule femme. Un rôle majeur quand on sait combien était respectée Talia, la mère de Derek et sœur de Peter.

- Je me suis dit que la fête que nous voulons faire tous ensemble pourrait avoir lieu ici, propose-je. Les travaux au manoir ne sont pas encore achevés j’ai cru voir que vous prépariez déjà quelques cartons chez toi.

L’été approche et depuis le début du mois les journées sont chaudes et ensoleillées. Ce cadre naturel et paisible me semble propice pour nos retrouvailles à tous. Ruby et moi énumérons les raisons pour lesquelles cette fête doit avoir lieu. Nous avons besoin de marquer le coup pour des évènements joyeux et profitez des instants de bonheur. Elle sourit sans me dire ce à quoi elle pense. Prochainement, la meute au complet sera réunie ici pour une belle journée.

* * *

Je rentre à l’appartement prendre une douche et enfiler des vêtements propres. En m’essuyant les cheveux, je jette un œil curieux sur la table basse du salon. Je sais que notre future maison est quelque part entre l’imagination de Chad et les lignes tracées grâce à sa palette graphique, son trésor.

Je n’oserais pas gâcher la révélation en fouillant dans son travail. C’est un projet commun, pourtant, l’un comme l’autre souhaitons conserver quelques surprises.

Derek et moi sommes à l’heure au rendez-vous que nous nous étions fixé. Quelques passants observent les deux Camaros garées l’une à côté de l’autre. Puis ils se désintéressent de nous, certainement par habitude. Nous sommes peu dans Beacon Hills à posséder de telles voitures.

- Chad a toujours une faim de loup lorsqu’on approche du restaurant, raconte-je à Derek. Malgré ton « problème », je suppose que ton appétit n’est pas affecté.

Nous échangeons un sourire franc puis je passe devant lui, habitué des lieux, et m’apprête à entrer.


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MessageSujet: Re: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Mar 5 Jan - 12:07







Flash back

Derek & Mick
Ce début de soirée est tranquille. Comme je m’y attendais, Mick et moi arrivons quasiment en même temps devant le restaurant. C’est agréable les gens ponctuels. Avec Stiles, j’ai pris l’habitude de prendre une marge d’une demi-heure et pourtant il m’arrive souvent de devoir l’attendre… Chad m’avait vanté la qualité de ce restaurant. C’était bien avant que sa mère biologique ne fasse irruption dans sa vie.

- Chad a toujours une faim de loup lorsqu’on approche du restaurant, me dit Mick. Malgré ton « problème », je suppose que ton appétit n’est pas affecté.

- Tout à fait, réponds-je  en souriant.

J’apprécie l’instant. Mick est un homme avec une rare intelligence de vie. Je comprends pourquoi Chad s’est fixé avec lui. A contrario m’engager avec Stiles n’est pas une alliance évidente. D’un certain côté Chad et Mick se ressemblent alors que tout m’oppose à Stiles. Je souris encore en réfléchissant aux contrastes de nos couples respectifs. J’ai tout de même hâte que Stiles prenne de l’âge et que nos différences de maturité s’estompent et s’effacent.

Mick entre le premier, je le suis. A l’intérieur, nous nous sentons comme transporté en France. Je suis déjà entré dans des restaurants chics américains avec de belles nappes et les couverts dressés de manière compliquée, cependant ici on devine tout de suite que c’est naturel et non pas une reproduction de style. J’ai peut-être perdu mes sens aiguisé de loup, mais je comprends rapidement pourquoi Chad salive à l’approche du restaurant. Un délicat fumé annonce un repas prometteur. J’entends le maître d’hôtel, que Mick me cache, le saluer effectivement comme un client habitué. Nous le suivons jusqu’à un petit salon isolé et vierge de tous autres clients.

C'est quand Mick se décale un peu, que je vois enfin le visage de notre interlocuteur. Mes réflexes sont instinctifs, mais mon corps n’obéit pas… plus. Aucune griffe au bout de mes doigts, aucun croc dans ma bouche. La panique, non la terreur me submerge. Un sourire fleurit sur les lèvres de Marc Argent. Je sais que lui m’a reconnu dès que j’ai posé un pied dans l’établissement. Pourtant cela date... Il a pris soin de rester simplement caché à ma vue pour nous amener ici à l’écart. Il sait donc pour ma perte de capacité ! Avec mes pouvoirs de lycan, j’aurai reconnu son odeur. Elle m’a suffisamment traumatisé étant jeune…

Gérer l’imprévu m’avait dit Mick. Être toujours prêt… Il semble que je ne vais pas avoir le temps d’approfondir ma formation. Pas le temps d’avertir et d’expliquer le danger à Mick. Je dois être rapide, mais difficile avec ce loup-chasseur qui me regarde en souriant. Feinter, être là où on ne m’attend pas. Donc au lieu de foncer sur mon adversaire, je fonce sur Mick autour duquel je m’enroule, récupérant au passage deux verres à pieds que je fracasse. Je n’ai peut-être plus de griffes, mais je peux toujours m’en improviser, et j’ai l’habitude de me battre avec des poings affûtés.

***

La situation est confuse. Je suis dans le dos de Marc, un verre coupant posé sur sa gorge au niveau de la carotide, mon autre main lui remontant un de ses bras dans une clé douloureuse. Marc ne bouge pas. Mick est totalement ahurri. Ce loup peut se défaire de ma prise comme si je n’étais qu’un simple gamin… Que fait-il ici ? Pierre ne doit pas être loin, les deux frères opèrent toujours ensemble. Bordel, j’avais quel âge la dernière fois que je les ai vus ?

***

- Derek ! Tu as triché !
- Non, j’ai fait un six, ton cheval dégage Cora.
- Non, il ne dégage pas !
- Si !
- Maman ! Derek triche !
- ‘Tain! Mais c’est même pas vrai ! Bordel !
- Derek ! Dans ta chambre ! Je ne tolère pas un tel langage sous mon toit.
- Mais ‘Man, Cora n’admet pas de perdre. Je n’ai pas triché !
- Monte dans ta chambre !

Le rougeoiement des iris de Talia me fait plier l’échine. Je file sans demander mon reste. Dans le dos de notre mère, Cora me tire la langue, hâbleuse. Ma mère ne se sert que rarement de son autorité d’alpha au manoir et certainement pas sur les enfants qui vivent ici... Elle n'est pas dans son état normal.

- t’as fait quoi encore ? Me demande mon cousin qui joue aux voitures dans le couloir qui mene aux chambre.

- Rien ! La peste n’aime pas perdre ! Râlé-je.

Je rentre dans ma chambre et claque la porte pour bien faire comprendre à tous les lycans de cette bicoque que je suis en colère. C’est injuste ! ‘Man passe tous les caprices de Cora. Laura est sa chouchoute car c’est elle qui héritera de la meute à son décès. Dans ces moments-là, j’ai l’impression d’être un intrus, un peu comme Peter. D’ailleurs il m’a dit qu’il m’emmenait avec lui le jour où il se cassera de cette maison tyrannique.

***


Je repose le livre que je suis en train de lire, submergé par l’aura de ma mère. Il se passe quelque chose dehors, mais ce n’est pas du côté où se trouve ma chambre. Discrètement je sors et vais rejoindre Peter dans la sienne. Il me fait un signe pour que je me fasse discret. Il est inquiet. Je le rejoins à la fenêtre. En contre bas, ma mère parle avec deux hommes. J’entends leur discussion mais ne comprends pas le sujet qu’ils abordent. Je sais que ma mère est impliquée dans les affaires inter meute et qu’il y a en ce moment de graves tensions. Je crois que quelques meutes de la région semblent se rallier pour faire la guerre à notre ennemi commun : les Argent. Je ne pige rien à ces affaires de grandes personnes, juste qu’il faut se méfier des Argent et que maman est la plus forte des alphas. C’est pour cela qu’ils viennent tous la consulter. Pourtant, les deux hommes qui lui font face n’ont absolument aucune crainte vis-à-vis d’elle. Ils lui parlent durement. Le ton monte. L’aura de maman aussi. C’est si fort que j’ai les poils qui se hérissent. Je vois que Peter aussi est affecté et rentre la tête dans les épaules. Jamais je n’avais ressenti l’aura de ma mère à sa pleine puissance. Qui sont ces deux types pour qu’elle sorte le grand jeu ? Je ne donne pas cher de leur peau s’ils insistent. Le vent nous apporte leur odeur, ce sont de vulgaires humains. Et ils osent menacer ma mère sur son territoire ! Des fous, surtout quand j’entends ma mère les nommer clairement. Marc et Pierre Argent. Des chasseurs ! Ici !

- Pourquoi elle les pressent avec son aura Peter ? Ils sont humains, ils ne peuvent pas la percevoir.

Peter hausse les épaules. Il n’en sait rien et me fait signe de me taire. Je me retourne vers la scène que je ne comprends pas. Ma mère refuse de faire quelque chose, en face ils insistent. Elle persiste, faisant même un pas menaçant vers les deux hommes. Son geste provoque l’impensable… L’odeur des deux humains change. Ce sont des loups ! Comment peuvent-ils masquer leur nature à nos sens ? La suite restera marquée dans ma mémoire. L’aura de ce Marc et de ce Pierre sont sans commune mesure avec celle de ma mère. Toute notre meute plie. Je tombe à genoux comme écrasé par un grand poids. Ma mère tente de réagir et de les arrêter. Celui qui s’appelle Pierre reste en retrait, laissant son frère s’opposer à ma mère. Le combat est bref et sans appel. Talia cède.


***

Ma main tremble et le cristal affûté fait perler une goutte de sang sur la gorge de Marc. Je n’ai jamais eu l’explication de ce qui s’est passé ce fameux jour, je sais juste que des discussions houleuses ont suivi avec les autres meutes. Mon otage est calme et ne se débat pas. Il peut m’écarser dans un claquement de doigt, et tout le savoir de Mick en matière de combat contre celui qui est à la fois un chasseur et un loup est inutile. Pourquoi sont-ils revenus ?




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MessageSujet: Re: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Mar 12 Jan - 23:12


Le goût de la trahison ?

Rien de présageait du déroulement que prend cette soirée. L’ambiance offerte par le restaurant captive Derek, et la finesse de la décoration lui laisse entrevoir la qualité des repas qui y sont servis. Nous sommes salués personnellement, je suis reconnu ici car Chad et moi sommes des habitués.  Et que nous y allions seuls ou que nous décidions de faire découvrir ce lieu à nos amis, une table semble toujours prête à nous accueillir dans l’intimité d’un salon privé exempt de tout autre client.

Derek marque un temps d’arrêt alors que je pose une main sur le dossier de la chaise. Je n’ai le temps de me retourner que je le vois se précipiter vers moi, me contourner et saisir les deux verres qui avaient été placés devant l’assiette. D’un geste vif, il les brise en gardant dans les mains ces deux armes de fortune. Je retiens une exclamation quand il menace notre hôte, le verre tranchant proche de sa gorge et le bras maintenant celui du maitre d’hôtel dans une position douloureuse. Comme je le lui ai montré.

Je croise le regard de Derek et y lit un réel sentiment d’urgence et une crainte qui n’a rien de factice. A-t-il repéré une menace que je n’ai pas perçue ? J’avoue intérieurement avec honte que je m’affranchis des vérifications d’usage en entrant dans ce restaurant. D’habitude, j’analyse mon environnement, les gens qui le composent et les points de fuite. Je ne le fais plus ici. Peut-être à tort. J’ai pourtant appris deux choses à Derek aujourd’hui : « ne jamais croire que ton adversaire n’est pas plus armé que ce qu’il y parait » et être toujours capable de gérer l’imprévu. Deux conseils utiles mais que je n’ai pas appliqués.

Derek a l'ingéniosité qui compense ses faiblesses physiques. Pourtant, dans l'absence de réaction, qui n'en est pas une, je comprends que cet homme dont je connais la nature auraient pu réaliser des dizaines de mouvements, certains fatals, avant que nous ayons pu esquisser une attaque. Pourquoi donc n'a-t-il rien fait si ce n'est donner à son regard une insistance particulière ? Derek trésaille, son visage est celui d'un homme plongé dans des souvenirs confus. Des souvenirs qui prennent du relief et qui deviennent certitude.

Je pensais que Chad avait mentionné à son frère de meute que ce restaurant était tenu par deux individus singuliers. Ce n'est à priori pas le cas. Et quand bien même, il y a autre chose qui perturbe Derek, bien plus méfiant depuis que le manoir a été témoin d’une attaque surprise. Il n'est peut-être plus un loup mais il demeure un être humain. Et sa mémoire lui est revenue bien avant son corps d'adulte.

Avec fluidité, quelqu’un nous rejoint. Il ne s’agit de nul autre que Pierre dont le visage n’affiche ni l’étonnement ni aucune trace de décontenance.

Je ne sais pas ce qui se passe et pire que mon ignorance de ce secret qui flotte entre les trois hommes devant moi, je ne parviens pas à déterminer si les deux gérants qui portent le même nom que Chad, en partie, sont animés de mauvaises intentions. Amis ou ennemis ?

Après tous ces moments passés ici, je refuse de croire à une animosité de leur part. Ce serait comme une trahison. Mais Chad n'est pas Derek. Il n'est pas non plus un Hale. Qu'est-ce que cette famille, ancestrale et autrefois respectée, avait pu avoir à faire avec les deux Argent ?

Il y a quelques années, les chasseurs avaient incendié le manoir et ses habitants. Cette querelle était-elle liée à ça ? Pourtant Pierre et Marc se montrent garant du respect de leur code d'honneur et n'hésitent pas à supprimer ceux qui le bafouent. Intransigeants mais justes. Stephan avait su faire appel à eux après le combat qui avait coûté la vie à Fiona.

Je ne sais pas qui prendra la parole le premier. Derek ou l'un d'eux ? Je me tiens prêt à me défendre, faisant imperceptiblement confiance à la réaction quasi instinctive de mon ami.

Ils demeurent impassibles. Immobiles. Alors, ont-ils l'assurance de nous surpasser ou n'y a-t-il aucune menace ?


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MessageSujet: Re: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Sam 16 Jan - 17:11




Misleading appearance


Feat : Mick & Derek

C’est le coup de feu. La cuisine raisonne aux sons des couteaux qui tranchent, des casseroles qui frottent les feux des pianos et des bruits de cuisson. Je donne mes ordres à la brigade qui travaille ici d’un ton calme et assuré. Chacun sait ce qu’il a à faire et comment le faire.

- Un veau marengo, et deux turbots pour la quatre, annonce Marc qui repart en salle.

Il est suivi par un autre serveur qui annonce aussi la suite pour une autre table. Nous avons fait le choix d’informatiser la prise des commandes. L’affichage de ce qu’il y a à faire s’étale sur un grand écran à la vue de tous. Chaque table est représentée avec ce que les clients ont commandé. Un code couleur nous aide sur le suivi. En gris les commandes prises qui sont en attente, en violet ce que l’un de nous a commencé à préparer en avance, en rouge l’ordre du serveur pour dire que la table attend son plat, en vert les assiettes prêtes à être envoyées en salle. J’ai pris la commande de Marc et remet le veau que j’avais commencé un peu plus tôt sur le gaz. Les poissons mettant moins de temps à cuire, c’est  donc moi qui donnerai l’ordre au poissonnier de commencer les deux turbos afin que les trois assiettes soient prêtes en même temps. La principale difficulté dans un restaurant, hormis de faire de la nourriture succulente, c’est de servir tous les convives d’une table en même temps. Il n’y a rien de plus agaçant pour les clients qu’un d’entre eux soit servi avant les autres.

Les parfums se mélangent. En quelques gestes assurés je dresse mon assiette, donnant du volume et une harmonie à la présentation. Le poissonnier pose ses deux assiettes en même temps que moi sur le comptoir chauffant. Je valide l’avancée de la commande et repart sur la commande suivante. L’équipe est à son rythme de croisière. Le professionnalisme de chacun nous évite les heurs, et nous faisons face aux imprévus sans difficulté. L’ambiance de la cuisine fait que, ce qui se passe côté salle, m’arrive de manière très feutrée et atténuée.

… Pourtant, l’aura de Marc qui augmente subitement ne me laisse pas de doute. Il se passe quelque chose. Je sais que Mickaël Wayne a réservé une table pour deux. Cela a-t-il un rapport ?

- Carol, tu me remplaces.

Je laisse à mon second de cuisine, le soin de gérer la suite, car je lui fais entièrement confiance. Je pose mon tablier et c’est donc en veste de cuisinier et pantalon de coton noir que je passe côté salle. Je prends le temps de saluer de la tête un client assez assidu de notre établissement. Mickaël est bien là, mais ce n’est pas Chad qui l’accompagne. Je ne reconnais pas l’odeur de l’homme qui l’accompagne et qui flotte dans le passage qui même aux salons privatifs. Je n’assiste pas à la scène mais l’entend. Le fracas du cristal, deux cœurs qui battent plus vite, celui de Marc qui ne bouge pas d’un iota… Avec souplesse, je me glisse dans le salon et referme doucement la porte derrière moi. Marc a le bras bloqué dans le dos, sous sa gorge, un verre à pied affuté par son calice brisé. Du sang rouge rubis orne le buvant devenu acéré. Le cou de Marc est intact, déjà cicatrisé. Dans son dos… Derek Hale. Son odeur est caractéristique de celle d’un simple humain. C’est donc arrivé… En face d’eux, Mickaël qui visiblement ne comprenant pas ce qu’il se passe, hésite sur la conduite à tenir.

Le regard du jeune Hale qui alterne entre la nuque de Marc et moi, montre qu’il nous reconnait. Je capte le regard de Marc et hoche la tête imperceptiblement.

- Bonsoir Mickaël. Bonsoir Derek Hale.

J’attrape le ramasse miette sur la desserte contre le mur, contourne Mickaël et m’affaire à ranger le désordre sur la table dans un silence quasi religieux. Ensuite je dispose quatre verres. Je sens l’impatience de Marc à rester immobile, la gorge offerte à un objet tranchant.

- Et si nous en discutions autour d’un verre de vin ?

Le ton de ma voix se veut calme et amical. Je ne sais pas exactement ce que Derek sait de nous. Et pour la suite, il est préférable que nous sachions son degré de connaissance vis-à-vis de la branche française historique des Argent. Beacon Hills est une vraie poudrière et il se pourrait bien que nous y retrouvions un ancien ennemi, autant ne pas s’en faire de nouveau. Je ressors de la pièce alors que Derek semble enfin décidé à lâcher Marc. Aucune autre parole n’a été prononcée. Dans le cellier, je prends un bourgogne de qualité, m’assure auprès du personnel qu’ils peuvent se passer de nous pour un moment et retourne dans le salon privé. Mickaël, Derek et Marc sont encore debout. D’un geste je les invite à s’assoir. Marc obtempère le premier suivi par les deux autres.

- Tu n’as pas choisi parmi les moins chères, me fait remarquer mon frère en voyant l’étiquette de la bouteille sur je pose sur la nappe blanche.

- C’est à la hauteur de l’importance de nos convives Marc.

Puisque nous sommes entre nous et que c’est aussi l’aspect sur lequel je veux appuyer, je laisse de côté le tire-bouchon et découpe  la collerette du goulot du bout de l’ongle. J’extirpe le bouchon en plantant deux griffes dans le bouchon en liège. Servir le vin requière un cérémoniel auquel je ne me défile pas. Je laisse donc couler un peu de ce précieux nectar dans le verre qui me fait face. Puis tenant le verre par sa cuvette, (la partie sur laquelle repose le verre), je l’incline légèrement et regarde le vin par transparence.

- Charnu, équilibré, léger arôme de framboise.

Après Marc, c’est le jeune Derek que je sens bouillir de l’intérieur. Je stoppe mes commentaires œnologiques et serre les autres verres.

- Pourquoi cette animosité Derek ? Je propose que nous nous tutoyions et usions de nos prénoms, si cela te convient.

Le jeune Hale se rembrunit. Il est visiblement perdu dans ce qu’il doit penser.

- Talia t’a-t-elle expliqué pourquoi nous étions venus ?

- …

- Je suppose que non… Se faire dominer si aisément et ce devant toute sa meute, n’a pas dû aider. Mais comprend qu’avant cela, nous avions tenté de la convaincre par la négociation… Tout cela est bien dommage, car si elle avait mis de côté son orgueil et parlé à ses enfants de la menace qui pesait sur ta famille et des meutes alentours, tu ne te serais pas fait berner aussi facilement par Kate Argent quelques années plus tard…

Je regarde Mickaël. Il tressaille sous mon regard, se demandant certainement si je sais son rôle dans l’incendie du manoir. Marc apprécie son verre à sa juste valeur et comme à son habitude met les pieds dans le plat.

- Nous savons ce qui t’arrive, dit-il.

- Qu’est ce qui m’arrive ? C’est enrayable ? Se récrie Derek.

- Il y a des choses que tu dois découvrir par toi-même Derek… Repris-je.

- Si vous savez, pourquoi ne pas me le dire ? Et qui êtes-vous vraiment ?

Je soupire doucement et lance un regard contrarié à mon frère. Comment répondre suffisamment pour satisfaire Derek sans trop le frustrer ?

- Pour un mathématicien, nous sommes le point d’origine, pour un religieux, la genèse, et pour une sentinelle… le point central de la balance.

Je regarde Mickaël, son regard affiche sa concentration. Il y a des données que je ne peux pas lui livrer. Mais je suis heureux de la cohésion qu’il a avec la meute de son fiancé. D’une certaine manière, il représente leur barycentre.

- Nous sommes aussi bien des lycans que des chasseurs. Notre histoire est si secrète que bien des Argent l’ignorent. Pour l’instant, apprend à survivre avec ce que t’offre la nature. Quand tu auras compris ce qu’il t’arrive, la suite te sera évidente. Ta mère avait bénéficié l’enseignement de son propre père pour passer… ce cap.

Marc fronce les sourcils, pensant surement que j’en dis trop. Il est drôle lui ! Il ne pouvait pas fermer sa bouche !

- Nous ne pouvons pas rattraper l’intégralité des enseignements que Talia semble avoir omis de te donner, car cela infléchirait ton libre arbitre. Mais sache que nous suivons le code d’honneur ancestral. Il n’y a aucune raison de nous craindre… sauf si l’un d’entre vous s’égare dans la noirceur… Et même là, je suis certain que vous serez de notre côté…

Je vois Mickaël serrer la mâchoire. Il a compris de qui je parlais implicitement. Chad a un lourd fardeau à porter. Sa raison vacillera-t-elle ? Il fait partie des nœuds névralgiques de cette immense toile. S’il se dérobe à son rôle… Alors que je me lève pour retourner à mes fourneaux, je lance une dernière recommandation muette.

Mes yeux luisent de leur couleur surnaturelle. Et bien que Derek a perdu ses capacités de lycan, le message de l’alpha que je suis, s’inscrit dans son corps. « On va se revoir pour parler seul à seul ». Je prends congé et les laisse prendre commande auprès de Marc.



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MessageSujet: Re: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Dim 17 Jan - 18:49


Scientia
potestas est

- Bonsoir Mick. Bonsoir Derek Hale, dit Pierre Argent d’une voix calme.

Ce sont les seuls mots qu’il prononce avant de s’affairer à redonner de l’ordre à la table comme si la situation s’y prêtait, exempte de toute tension. De nouveaux verres complètent le dressage tandis que Derek maintient son arme d’appoint sur la gorge de Marc.

- Et si nous en discutions autour d’un verre de vin ? Propose celui des deux frères encore libre de ses mouvements.

Son invitation est amicale et le ton de sa voix cache à la perfection son autorité. Derek lâche enfin son otage lorsque Pierre quitte la pièce. À moins que celui-ci ne soit sorti que lorsqu’il avait senti que Derek se détendait. Je reste sur mes gardes, tant physiques qu’intellectuelles. La méfiance de mon ami m’influence à ne plus me dévêtir de cette armure que j’ai l’habitude de porter. Les apparences sont trompeuses, c’est là une certitude aussi cruelle que primordiale à retenir.

Pierre nous rejoint à nouveau avec la bouteille qu’il est allé chercher dans leur cellier. D’un geste poli, il nous fait signe de nous assoir. L’ambiance baisse à nouveau d’un cran dans l’animosité. Marc montre l’exemple en s’asseyant à table comme un convive.

Derek et moi nous installons enfin, plus proche l’un de l’autre que des deux hommes en face de nous. Méfiants. J’espère que la soirée de Chad elle plus tranquille que ce qui se profile pour la nôtre. Les discussions sont parfois aussi difficiles que les actions de combat tant les paroles sont des armes efficaces.

- Tu n’as pas choisi parmi les moins chères, fait remarquer Marc.

- C’est à la hauteur de l’importance de nos convives Marc, justifie son frère.

Ce qui parait être un dialogue trivial pourrait être un échange de mots clés qui passeraient inaperçus. Je suis à l’affût. Derek et moi comprenons le message que Pierre transmet lorsqu’il ouvre la bouteille sans tire-bouchon mais avec deux griffes. Ce sont des loups et ils l’affirment. Inutile d’être d’une nature similaire pour saisir leur aura. Pourtant, je sais qu’ils n’usent pas de cette force en ce moment.

Ce vin français qu’il nous offre mérite d’être servi dans les règles de l’art. Un goût exacerbé et un œil vif sont appropriés pour en déceler la qualité.

- Charnu, équilibré, léger arôme de framboise, détaille-t-il.

La scène est ironique. Les deux chefs français s’évertuent à draper le problème derrière leur charisme et leur bienséance. Mais Derek ne se satisfait pas de leur bon accueil alors que cette rencontre le bouleverse.

- Pourquoi cette animosité Derek ? Demande Pierre. Je propose que nous nous tutoyions et usions de nos prénoms, si cela te convient.

L’absence de réponse témoigne du trouble qui le malmène. Ces hommes ont ravivé quelque chose en lui. Je ne sais pas de quoi il s’agit mais il a besoin de temps pour s’y faire.

- Talia t’a-t-elle expliqué pourquoi nous étions venus ? Continue-t-il.

S’il avait pu grogner et montrer les crocs, je crois qu’il n’aurait formulé que cette seule réponse. Évoquer sa mère est toujours risqué. Le profond respect qu’il a pour la défunte alpha de la famille et la tristesse de son absence en font un sujet délicat.

- Je suppose que non… Conclue Pierre. Se faire dominer si aisément et ce devant toute sa meute, n’a pas dû aider. Mais comprend qu’avant cela, nous avions tenté de la convaincre par la négociation… Tout cela est bien dommage, car si elle avait mis de côté son orgueil et parlé à ses enfants de la menace qui pesait sur ta famille et des meutes alentours, tu ne te serais pas fait berner aussi facilement par Kate Argent quelques années plus tard…

L’incendie du manoir a été une terrible épreuve pour Derek comme pour Peter. Aux yeux de ce dernier, je sais que je ne serais pas entièrement pardonné ni disculpé. J’étais un chasseur ce soir-là. Mais l’histoire n’est pas aussi simple comme je l’ai découvert plus tard. Récemment, Chad et moi avons appris que Pierre et Marc étaient loups et chasseurs à la fois, deux antagonismes. Et pourtant…

Que signifie le regard que m'adresse Pierre ? Mon père connaissait Christopher Argent.  Les deux français sont-ils au courant de cette relation ? Peut-être en savent-ils plus que moi. Mon ignorance sera peut-être bientôt comblée. J’ai des réponses à portée de main, des informations qu’on m’avait demandées de détruire en même temps qu’on m’avait ordonné de tuer un homme.

Pourquoi n'ai-je encore rien fait ? Me voiler la face ne m’apportera rien. Je dois saisir la vérité avant qu’elle ne m’échappe. Pourquoi suis-je en proie au doute ? Mon passé demeure ma quête personnelle, une quête inassouvie placée sous le signe de la vengeance. Mais j’ai peur. Peur d’aller à San Francisco là où je sais avoir caché ces données sensibles. Pourtant, je ne peux pas mettre ce pan de ma vie de côté. Ni pour Chad, ni pour quiconque. Le bonheur sera fade s’il est construit sur l’ignorance. Si je n’ai pas de certitudes sur ce que je suis et ce qui a noirci les premières années de ma vie, comment puis-je construire mon devenir ? Ma tête bourdonne, je me perds à comprendre. Qu’est-ce qu’il m’arrive ?

- Nous savons ce qui t’arrive, dit Marc subitement.

L’espace d’une seconde, je crois qu’il s’adresse à moi autant qu’à Derek. Pourquoi ces hommes auraient les réponses à mes questions ? Le mystère de la famille Hale, le lien inextricable avec celle des Argent, Chad… tout ceci appartient à un grand tableau sur lequel je sais avoir une place. Mais laquelle ?

Derek sort de sa torpeur.

- Qu’est ce qui m’arrive ? C’est enrayable ? S’écrie-t-il.

- Il y a des choses que tu dois découvrir par toi-même Derek… Reprend Pierre d’un ton calme.

- Si vous savez, pourquoi ne pas me le dire ? Et qui êtes-vous vraiment ? Renchérit mon ami.

Les deux frères s’échangent un regard, décidant de la marche à suivre.

- Pour un mathématicien, nous sommes le point d’origine, pour un religieux, la genèse, et pour une sentinelle… le point central de la balance, conclue le chef.

Mentionner une sentinelle me fait songer à Mafdet. Les paroles sibyllines de Pierre auraient pu être tenues par l’une d’elle. Toutefois, je sais que ces deux hommes sont foncièrement différents.

- Nous sommes aussi bien des lycans que des chasseurs, déclare-t-il. Notre histoire est si secrète que bien des Argent l’ignorent. Pour l’instant, apprend à survivre avec ce que t’offre la nature. Quand tu auras compris ce qu’il t’arrive, la suite te sera évidente. Ta mère avait bénéficié l’enseignement de son propre père pour passer… ce cap.

L’information qu’il vient de nous donner est précieuse. Derek comprend-il qu’il s’agit d’une étape et non d’une destination ? Sur ce sujet, si je compte aider mon ami, mais je ne sais pas à quel point je dois m’impliquer.

- Nous ne pouvons pas rattraper l’intégralité des enseignements que Talia semble avoir omis de te donner, car cela infléchirait ton libre arbitre, clame Pierre. Mais sache que nous suivons le code d’honneur ancestral. Il n’y a aucune raison de nous craindre… sauf si l’un d’entre vous s’égare dans la noirceur… Et même là, je suis certain que vous serez de notre côté…

Je songe immédiatement à Chad et serre les dents. La menace est réelle. Si l’on accepte les justiciers, quand est-il lorsqu’ils prennent pour cible un être cher, quoi qu’il ait fait ?

Aussi souplement qu’il nous avait rejoint, Pierre quitte la table et se dirige vers la porte de service. Le regard écarlate qu’il adresse à Derek ne laisse aucun doute sur son intention.

Certaines choses ont été dites, d’autres passées sous silence. J’espère que Derek sera prêt pour leur prochaine rencontre. Et que la meute sera préparée à ce que la présence des Argent à Beacon Hills semble annoncer. Qu’ils lèvent un peu plus leur masque sur leur identité et la raison de leur venue signifie que les choses fluctuent et se mettent en mouvement.

Marc nous apporte deux menus, reprenant son rôle d’hôte pour tourner la page à cet accueil singulier par lequel cette soirée a commencé.

- Je prendrai du canard au poivre vert, commande-je après avoir refermé la carte.


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MessageSujet: Re: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Mar 19 Jan - 18:41




Scientia potestas est

Derek & Mick
La réponse sybiline que me donne le deuxième des frères n’améliore pas mon humeur. Je ne sais plus quoi penser. Ces deux types, du moins Marc a été capable de mettre à terre ma mère et toute la meute en quelques seconds. Ils portent le nom d’Argent, mais sont également des loups redoutables. J’ai déjà subi l’aura de Deucalion, Alpha d’une meute d’alpha. Sa puissance était grande, mais… Elle n’avait rien à comparer avec celle de Pierre ou de Marc qui me semble être… souveraine ? Leur attitude est civilisée et cordiale. Mais je sais qu’ils peuvent nous laminer Mick et moi en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

Quelle étrange scène que celle qui nous voit tous les quatre assis comme si de rien n’était, après mon geste agressif. Je n’ai que le choix d’obtempérer. Des loups chasseurs, est-ce possible ? Quelle affaire sont-ils venus traiter avec ma mère ? Le drame du manoir aurait-il pu être évité ? A écouter Pierre, ils semblent être de notre côté, mais leur dominance évidente me semble cacher autre chose.

- Si vous savez, pourquoi ne pas me le dire ? Et qui êtes-vous vraiment ?

- Pour un mathématicien, nous sommes le point d’origine, pour un religieux, la genèse, et pour une sentinelle… le point central de la balance.

Le visage de Mick tressaille. Lui aussi doit faire le rapprochement avec notre druide. Sans parler que le mot balance n’est pas sans me rappeler autre chose. Quelque chose qui concerne l’origine de ma famille, si intimement mêlée à celle de Chad… Que fait-il d’ailleurs ? La perte de mes capacités, me coupe du lien que nous avions. Mick m’avait dit qu’il était allé à Las Vegas avec un ami de la FAC, pour retrouver le photographe. Matrim, celui qui avait réussi à ouvrir les portes de ma mémoire. Étrangement, je ne suis pas très serein sur l’état émotionnel de mon frère de meute.

- Nous sommes aussi bien des lycans que des chasseurs. Notre histoire est si secrète que bien des Argent l’ignorent. Pour l’instant, apprend à survivre avec ce que t’offre la nature. Quand tu auras compris ce qu’il t’arrive, la suite te sera évidente. Ta mère avait bénéficié l’enseignement de son propre père pour passer… ce cap.

Le deuxième frère réagit aux paroles de Pierre. Il y a donc dans ces mots une information capitale. Ma mère serait-elle passée par la même épreuve ? L’idée me rassure, car cela signifie que je peux récupérer mes caractéristiques de loup si tenté que je réussi je ne sais quelle épreuve. Pierre poursuis et ce qu’il dit confirme que leur bienveillance a des limites.

- Nous ne pouvons pas rattraper l’intégralité des enseignements que Talia semble avoir omis de te donner, car cela infléchirait ton libre arbitre. Mais sache que nous suivons le code d’honneur ancestral. Il n’y a aucune raison de nous craindre… sauf si l’un d’entre vous s’égare dans la noirceur… Et même là, je suis certain que vous serez de notre côté…

Je jette un coup d’œil en biais à Mick. S’attaquer à Chad son compagnon, c’est s’en faire un ennemi, quoi que fasse celui qui est né de sang Argent. Je ne suis pas spécialement plus avancé, sinon que nous avons potentiellement une aide de la part des deux frères, aide qui peut se retourner contre nous. Ruby ne lâchera jamais Chad quoi qu’il fasse et… ce lien spécial fera que je suivrais pour défendre mon frère de meute, de la même manière que j’ai pardonné à Mick son terrible geste dans le passé.

Ce que mon expérience me dit, c’est qu’il ne faut pas juger un homme à ses actes, mais à ce qui l’a amené à le faire. Lorsque Pierre s’apprête à rejoindre sa cuisine, il laisse un message clair. Je serre les dents sous la pression de l’alpha. Finalement je ne suis peut-être pas encore tout à fait humain, car l’aura m’atteint de plein fouet. J’ai compris le message : nous allons nous revoir. Mick choisit le canard, je le suis dans son choix. Une viande relevée est adaptée à mon humeur.

- Je ne sais pas toi, mais je n’ai jamais été fan des histoires mystiques.

Notre repas se passe parfaitement bien. La cuisine est à la hauteur de ce que Mick m’en avait vanté. Marc jour l’hôte charmant en parlant de choses et d’autres. L’intermède du début est clôt. Les deux frères ont l’art de passer du coq à l’âne avec une aisance incroyable. Mick me charrie, disant que je bénéficie du même traitement de faveur que Chad sur le copieux de mon assiette. Il est clair que je n’en laisse pas une miette. Je songe un instant à inviter Stiles à venir manger ici, puis me souviens dans la foulée qu’il ne sait pas se tenir à table…

***

Je suis monté dans la voiture de Mick. Lui comme moi nous nous interrogeons sur la place exacte qu’ont les deux français dans l’équation globale. Nous regardons l’enseigne du restaurant à travers le pare-brise. Que faire ? Je vois Mick consulter ses messages sur son téléphone.

- Des nouvelles de Chad ?

- Non.

Je sens sa lassitude et son inquiétude. Mick est lui-même dans une optique de vengeance contre ceux qui ont assassiné ses parents, cependant sa quête se teinte aussi d’un désir de comprendre. Quant à ce qui tombe sur les épaules de Chad en si peu de temps… l’amène en border-line d’une frontière qu’il est préférable qu’il ne dépasse pas si j’en crois la menace implicite de Pierre Argent.

Le point d’équilibre… est-ce que cela se pourrait que ? Je soupire longuement et calle ma nuque contre l’appui tête en cuir.

- J’allais te proposer de suivre les deux frangins pour savoir où ils habitent, mais Marc m’a donné sa carte avec son adresse… C’est limite frustrant.

Mick hoche la tête et recopie d’adresse sur son téléphone. Un pli soucieux barre son front.

- On l’empêchera de sombrer Mick. Tous ensembles, on y arrivera.

Au pâle sourire qu’il me rend, je lis toute sa vulnérabilité. Mick est un homme qui a l’habitude de ne rien laisser au hasard, il assure ses arrières constamment. Il maîtrise sa vie, du moins ce qu’il peut appréhender. Il savait que laisser Chad entrer dans sa vie allait créer une faille dans sa carapace. Mais que vaut une vie sans amour à partager ? Mick a choisi de ne pas vivre que pour la vengeance et de s’offrir la possibilité de tout simplement vivre.

- On recommence l’entrainement demain ? Cette fois, j’aimerai qu’on le fasse près du Nemeton… si on arrive à le trouver. Puisqu’il semble y avoir une composante « initiatique » dans cette perte de pouvoir, autant aller à la source de toute chose.







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MessageSujet: Re: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Ven 22 Jan - 10:24


Le souvenir d'une blouse blanche

- Je ne sais pas toi, mais je n’ai jamais été fan des histoires mystiques, me dit Derek.

Je lève les yeux au ciel et hoche la tête en guise de réponse. Je suis quelqu’un de pragmatique. Toutefois, le monde dans lequel nous vivons nous oblige à une ouverture d’esprit et à un sens de l’analyse relativement différent. Dans ce quotidien, le mysticisme côtoie la science. Les créatures surnaturelles existent bel et bien, Derek en est la preuve vivante, mais les prouesses techniques sont elles aussi effarantes. Chad avait découvert les recherches malsaines qui avaient eu lieu sur le campus, camouflées dans ce vivier de cobayes idéal. Le soir où j’étais allé les aider, Maxence et lui, j’avais une nouvelle fois pris conscience de cette réalité. Mais ça remuait quelque chose en moi sans que je parvienne à mettre le doigt sur plus de précisions. Ces hommes avaient fui, emportant avec eux leurs plans inhumains.

Marc nous ressert du vin avec autant de bienveillance que si le début de la soirée n’avait pas commencé dans l’agressivité.

- Effectivement tu as le même appétit que Chad, commente-je, en mentionnant l’assiette généreusement garnie que Derek avait eue.

Nous pouvons discuter librement, sachant que même si nous souhaitions garder certains faits secrets, Pierre et Marc étaient capables d’en avoir connaissance par quelque moyen que ce soit. Leur conclusion était sincère, ils ne représentent pas un danger pour ceux qui ne perturbent pas l’équilibre et l’ordre des choses. Mais leur adage joue sur une corde sensible, la limite entre le bien et le mal est parfois infime. Face à eux, s’égarer est synonyme de péril.

Je choisis l’un des desserts préférés de Chad et nous finissons le dîner en reparlant de ce qui avait occupé notre journée. Je fais remarquer à Derek qu’il apprend vite et qu’il est loin d’être démuni. Ma motivation à l’aider est en partie source de son amélioration. Il me remercie à nouveau et complimente mon rôle de professeur, rôdé aux techniques que je lui apprends. J’évoque rapidement les pans de mon passé durant lesquels j’ai dû apprendre à me défendre et à me battre. Chad est le seul à en connaitre autant sur moi mais j’ai confiance en Derek pour me dévoiler davantage.

Lorsque nous quittons le restaurant, nous continuons de discuter, d’essayer de tirer des conclusions. Derek s’installe machinalement dans ma voiture alors que nous fixons tous les deux l’enseigne française qui illustre la gastronomie mise en valeur dans cet établissement.

Je sors mon téléphone quand mes pensées dérivent vers mon fiancé.

- Des nouvelles de Chad ? Demande Derek.

- Non, répondis-je partagé entre l’angoisse, la déception et la lassitude.

- J’allais te proposer de suivre les deux frangins pour savoir où ils habitent, mais Marc m’a donné sa carte avec son adresse… C’est limite frustrant, râle Derek en s’enfonçant dans le siège.

Je tends la main pour saisir la carte et l’enregistrer dans mon téléphone. Toutes les informations en notre possession peuvent nous être utiles à un moment ou à un autre. Si ces deux hommes décident de s’en prendre à Chad, je serais à quelle porte frapper. Peu importe s’ils vivent dans une forteresse ou s’ils ne me laissent aucune chance de contrecarrer leur décision. J’essaierai. Coûte que coûte.

- On l’empêchera de sombrer Mick, tente de me rassurer Derek. Tous ensembles, on y arrivera.

Notre meute est forte. Je me suis ouvert à ses membres après avoir accepté la présence de Chad dans ma vie. Mais est-elle capable de supporter tout le malheur qu’elle attire ? Et si, pour nos ennemis, il n’était pas plus facile de faire grandir la part d’ombre que nous avons tous en nous plutôt que de tenter de nous assaillir ?

Par le passé, c’est Chad qui m’a aidé à dévier d’une voie douloureuse placée sous le signe d’une vengeance irréfléchie. Son amour m’a changé. Et si je souhaite éliminer ceux qui ont causé la mort de mes parents, je cherche également à comprendre. Mes premières questions débutaient le soir de cette explosion et se complexifiaient. Quel est ce grand schéma qui nous lie autant qu’il nous délite ?

Derek coupe court à ces réflexions capables de gâcher une soirée agréable.

- On recommence l’entrainement demain ? Propose-t-il. Cette fois, j’aimerai qu’on le fasse près du Nemeton… si on arrive à le trouver. Puisqu’il semble y avoir une composante « initiatique » dans cette perte de pouvoir, autant aller à la source de toute chose.

- Pas de problème, dis-je. De bonne heure et de bonne humeur.

Derek maugrée contre cette agacerie mais me salue chaleureusement avant de rejoindre sa propre Camaro. Les moteurs grondent en cœur puis nous prenons chacun une route différente.

* * *

Le matin je me réveille avec l’impression étrange d’un rêve qui s’accroche à ma mémoire. Je comprends qu’il s’agit d’un souvenir. D’un souvenir heureux. Je touche instinctivement le médaillon que mes parents m’avaient offert et referme les yeux pour revoir encore leur visage.

- Dis papa qu’est ce que tu fais ? Demande l’enfant qui a semé sa mère à la sortie de l’ascenseur pour foncer dans le laboratoire.

- Tu tombes à poings nommés, je viens de finir. Approche mon grand, dit l’homme d’une voix aimante.

Le petit garçon tente de se hisser sur le tabouret haut sans grand équilibre mais est vite rattrapé par son père qui le place à ses côtés.

- C’est toi qui as fait ces dessins ? Questionne le fils dont le regard est attiré par toutes les couleurs qui s’affichent à l’écran.

- En quelque sorte oui, répond l’intéressé en souriant à sa curiosité.

- Et tu as dessiné quoi ? Continue l’enfant.

- Ça s’appelle le génome et c’est très important pour mon travail, explique l’homme en blouse. Tu vois, c’est comme un puzzle, il faut comprendre comment les différents morceaux s’assemblent.

- J’aime bien les puzzles mais je ne connais pas le gemone, répond l’enfant en faisant tourner l’assise du tabouret.

Le jeune Mick regarde une dernière fois le dessin et tous les papiers disposés sur le plan de travail et entreprend de descendre.

La mère s’approche de son mari pour lui murmurer quelque chose à l’oreille ce qui arrache une grimace au petit garçon.

- Vous vous dites un gros secret ? Demande-t-il l’air faussement boudeur.

Le biologiste cherche un petit objet dans sa poche et le branche sur l’ordinateur avant d’adresser un clin d’œil complice à son fils.

- Oui mon grand, un secret très important, conclue le père.

Après quelques minutes, il récupère ses affaires et oriente sa famille vers la sortie.


Je sors rapidement du lit pour ne pas être en retard au rendez-vous que Derek et moi nous sommes fixés la veille. Le voyant lumineux de mon téléphone m’indique que j’ai reçu un message de Chad, certainement dans la nuit. Ça me rassure enfin. Ils sont sur la route du retour et Matrim semble aller relativement bien. C’est du moins ce que je comprends dans ses quelques mots succincts.

En apercevant le manoir, je me demande si nous allons trouver le Nemeton. C’est un endroit mystique et s’il sera certainement utile pour Derek, peut être qu’il le sera également pour moi. Même si j’ai la certitude d’être à l’origine du blocage de ma mémoire, je ne sais pas par quel procédé ça a été possible.

- Ça va ? M’interroge Derek.

- Je n’ai pas très bien dormi, confie-je. J’ai pensé à Chad et je me suis inquiété. Mais il devrait rentrer aujourd’hui.
J’emploie le conditionnel car je ne serais rassuré que lorsqu’il sera en face de moi, sain et sauf.

Je vois malgré ma réponse que Derek esquisse un sourire.

- Oh ne crois pas avoir l’ascendant sur moi parce que ma nuit a été courte, menace-je. Même après un marathon je serais encore capable de parer tes coups.

La taquinerie est purement amicale mais elle fait ressortir le côté rustre et franc de Derek. Je renvoie le même sourire à la réponse qu’il m’offre de bonne guerre.

- J’ai même pensé à venir cette nuit pour te surprendre, dis-je. Mais je me suis finalement dit que Stiles risquait de faire une crise cardiaque. Tu lui as parlé de tes problèmes ?

Je sais que les promesses d’un couple portent généralement sur la confiance et le soutien. Pourtant, dans la difficulté, on cherche par réflexe à préserver l’autre de l’inquiétude.

Nous nous enfonçons dans la forêt en petites foulées. Je laisse Derek nous guider. Trouver le Nemeton est une affaire d’instinct.


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MessageSujet: Re: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Lun 25 Jan - 11:38





Un ami à poings nommés


Derek & Mick
Je regarde le plafond, les bras croisés derrière la tête. Stiles n’est pas avec moi. Son père s’inquiète, et à juste raison, de son comportement actuel. Nous ne sommes que deux à être au courant pour cette marque étrange qu’il a sur l’avant-bras, Miyavi et moi. Étonnant comme souvent les histoires restent confinées à la meute. Le kanima pour Stiles, Mick pour moi… En tout état de cause, j’avais gentiment jeté Stiles du loft pour qu’il passe du temps avec son paternel. Le sheriff ne croit que ce qu’il voit, donc autant que son fils aille faire bonne figure sous son toit, le temps que l’on comprenne ce qui lui arrive.

J’ai du mal à m’endormir. Et recroiser le chemin de ces deux loups-chasseurs n’est pas pour me calmer. J’étais jeune à l’époque, et je comprends maintenant que ma mère m’a caché beaucoup de choses. Mais à sa décharge que dire à un môme qui n’a pas dix ans ? Pierre Argent a sous-entendu que si j’en avais su un peu plus, le malheur aurait pu être évité. Je rumine cette idée. Toutefois quelque chose me dit que savoir, n’aurait pas changé grand-chose. Que si cela n’avait pas été Kate, la terrible sentence serait tout de même arrivée, d’ailleurs. Il y a derrière cela une notion de destin. Et ce que j’ai pu apercevoir dans la mémoire de Luka, me laisse penser que notre libre arbitre a ses limites. Peter a tué Kate, et pourtant elle est de nouveau vivante quelque part, comme si l’option de la tuer ne nous était pas accordé. Quant à Chad… Pierre a dit des mots qui confortent ce que je sais. Plus que jamais, il est important qu’on le soutienne, car s’il s’avérait que mon frère de meute bascule… cela engendrerait un enchaînement meurtrier qui nous mènerait à un conflit ouvert et inexorablement à notre perte. Le monde n’est pas prêt à admettre puis tolérer notre existence. Car ce que j’ai vu dans ce qui n’est ni des souvenirs, ni une prémonition dans l’esprit de Luka, ce sont les conséquences de la révélation de notre existence au regard du monde entier. L’humanité entière se liguerait contre nous. Chaque humain serait alors un chasseur… Je sais que ce n’est qu’une possibilité de futur parmi d’autre. Cependant, j’ai peur que le détonateur de tout cela soit à Beacon Hills…

***

Levé de bonne heure, j’arpente le manoir, appréciant les finitions qui avancent à bon train. Mes doigts glissent sur le bois lisse de la rampe d’escalier. J’ai un léger coup de cafard, car je ne suis pas certain de gouter à la joie d’habiter de nouveau ici durablement. J’entends la Camaro de Mick, je descends pour l’accueillir.

- Ça va ? Demandé-je face à son visage encore froissé du sommeil.

- Je n’ai pas très bien dormi. J’ai pensé à Chad et je me suis inquiété. Mais il devrait rentrer aujourd’hui.

Je lui tapote l’épaule, compatissant puis esquisse un sourire narquois.

- Oh ne crois pas avoir l’ascendant sur moi parce que ma nuit a été courte, menace-t-il. Même après un marathon je serais encore capable de parer tes coups.

- Vraiment ? Alors c’est parti pour un marathon !

- J’ai même pensé à venir cette nuit pour te surprendre. Mais je me suis finalement dit que Stiles risquait de faire une crise cardiaque. Tu lui as parlé de tes problèmes ?

- Stiles est rentré chez son père qui s’inquiète pour lui. Et oui, je lui ai dit ce qu’il m’arrivait. De toute manière, j’allais avoir du mal à lui cacher cela plus longtemps. La meute n’a pas fini d’en voir Mick…

Je tais le problème de Stiles. Je tais les conséquences funestes si jamais Chad bascule. Je tais le fait que Pierre Argent a raison, et que je serais le premier à le suivre s’il faut stopper mon frère de meute. Talia, ma mère, semble avoir réussi l’épreuve que je passe. Il n’y a pas de raison que je n’y arrive pas. Je dois le faire pour ceux que j’aime et qui me sont proches. Nous nous enfonçons dans la forêt à la recherche du Nemeton.

Je laisse mon esprit vagabonder, car je sais que me focaliser sur l’arbre ne sert à rien. Mais, je n’ai pratiquement plus une once de loup en moi. Je ne suis qu’un simple humain, comme Mick.

Une heure que nous courons. Mick me suit sans rien dire. Il n’est pas stupide au point de ne pas s’apercevoir que nous tournons un peu en rond. Sans le soleil pour nous orienter nous serions tout bonnement perdus.

- Bon, ben ça veut pas… dis-je dépité en m’arrêtant près d’un grand frêne.

Je ne sais pas si l’arbre sacré me refuse le chemin parce que je suis humain, ou pour une autre raison plus mystique. Mick me propose de tenter une sorte de méditation. J’accepte en haussant les épaules. On va dire que j’ai plus l’habitude de « méditer » en bougeant qu’en restant statique. Mais là, j’ai perdu tous mes repères, je me fie donc à Mick. Nous nous installons en tailleur sur le sol. La posture importe peu, il suffit d’être à l’aise pour tenir longtemps. J’écoute Mick me guider et j’entre à l’écoute de mon corps. Je me focalise sur ma respiration, les battements de mon cœur qui s’apaise après notre course. Les bruits de la forêt s’estompent peu à peu, parfois troublée par les trilles d’un oiseau. La frontière entre mon corps et l’espace qui m’entoure devient floue.

Je ne sais pas depuis combien de temps je suis ainsi, dans un quasi demi-sommeil sans rêve quand soudain une vision m’assaille. Cela commence par un incendie. Mes poings se crispent car je n’ai pas envie de voir « ça ». Mais je ne maîtrise pas la vision. Les flammes qui enflent, les cris de panique, le brasier qui devient intenable, les pleurs d’un bébé et de nouveau l’air frais. Je ne reconnais pas les lieux. Ce n’est pas le manoir. J’ai soudainement peur. S’agit-il d’une menace sur les petits de Ruby et Peter ? La vision suivante me cloue sur place. Chad tombe à genoux, un carreau d’arbalète en plein cœur. Le rêve macabre me fait prendre sa place. Une douleur fulgurante me déchire le cœur. Je vois le visage de la personne qui vient de tirer. Ce regard haineux, ce sourire satisfait. Je ne peux m’empêcher de hurler un « Pourquoi ?! », puis m’effondre, évanoui.




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MessageSujet: Re: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Ven 29 Jan - 22:54


La souche d'un mal

Derek prend au pied de la lettre ma provocation amicale. Alors que nous débutons la course pour nous échauffer autant que pour nous défier, la phrase qu’il a prononcé tourne dans ma tête « La meute n’a pas fini d’en voir Mick… ».  Espérons que Derek ne soit pas devenu devin au dépend de son statut de loup.

Nous restons silencieux, le cadre solennel de la forêt nous plonge dans nos pensées respectives. Nous nous laissons guider par le hasard, portés en avant par nos foulées, sans cheminements précis mais avec une destination bien particulière.

Depuis plusieurs jours, certains souvenirs refont surface. Le message vidéo que je m’étais adressé précisait que le phénomène allait s’amplifier. Pourtant, j’ai la certitude que malgré ces précieux indices sur mon passé, le cœur même de ma mémoire demeure un coffre-fort imprenable. Mais pourquoi revoie-je des instants de mon enfance ? Et pourquoi ces souvenirs avaient été également bloqués ? La fin de mon adolescence et les premières années de ma vie d’adulte n’étaient finalement pas les seuls moments qui avaient été occultés. J’avais pris cette décision de mon plein gré, pour mon bien et pour préserver je ne sais quoi. La frustration n’en est que plus grande. Avais-je réellement conscience de ce que ça engendrerait pour moi ? J’avais pris part à ça bien avant de l’avoir choisi. C’était une voie sur laquelle mon père s’était aventuré avant moi. Une voie qui l’avait conduit à rencontrer le père de Chad et un troisième homme.

Toutes mes réflexions mènent à une conclusion. Cette autre personne du triumvirat était un traitre. Pourquoi ai-je délibérément souhaité oublier le nom et le visage de celui qui se fait appeler le Baron et qui me traque autant qu’il se sait traquer ?

Derek et moi courons depuis presque une heure. Sans concurrence entre nous, il avait pris la tête de notre duo. Tout comme la Chad-boussole pointe en direction de mon fiancé, nous pensons qu’un descendant des Hale pouvait être naturellement attiré par le Nemeton. Ce n’est à priori pas le cas.

Nous essayons de ne pas nous laisser envahir par l’agacement sachant pertinemment que le lieu sacré pouvait se trouver à proximité sans jamais être accessible. Après l’attaque du manoir, Chad avait été bloqué à distance du Nemeton, repoussé parce qu’il était en proie à une rage terrible.

La finalité est la même pour Derek et moi qui tournons en rond.

- Bon, ben ça veut pas… déclare Derek en prenant appui contre un arbre.

Je le vois baisser imperceptiblement les yeux vers ses mains. Elles sont dépourvues de griffes quand bien même il aurait souhaité les sortir. Je prends conscience que le mysticisme du Nemeton rend inutile sa recherche dans le monde physique. C’est avec l’esprit qu’il faut entrer en contact avec le mysticisme qui nous entoure. Et c’est avec foi que nous pourrons être guidés vers lui.

- J’ai une idée qui pourrait peut-être marcher, conclue-je après avoir expliqué mon point de vue.

Je fais signe à Derek de nous assoir au sol, dans une position confortable et qui ne sollicite pas nos muscles ni n’éprouve notre souplesse.

- Inspire, expire, dicte-je à Derek. Concentre-toi sur les mouvements de ta cage thoracique.

Ces techniques de relaxation m'avaient été inculquées en partie par maître Doiden. Bien que cette discipline à part entière s'établisse dans le calme et l'immobilité, son enseignement était utile au combat comme dans l’effort physique. Se caler sur le temps de l'autre, sur le courant d'une rivière pour ne pas se noyer, sur les mouvements d'un sol instable pour ne pas tomber. Ça nécessitait une certaine maitrise et de la concentration.

Mais pour le moment, c'est uniquement la sérénité et le lâcher prise qui étaient requis.

Derek ne peut pas entendre ma respiration ni les battements de mon cœur mais nous tentons de nous synchroniser et de ralentir notre rythme interne.

- Redresse la tête et laisse ton esprit s'évader un peu plus vers le haut à chaque inspiration, continue-je.

Quant à moi, je tente de rester à la frontière intangible de ma mémoire. J’avais essayé mainte fois de percer mon blocage par la méditation et ça avait toujours été un échec douloureux.

Mais après plusieurs longues minutes, c’est Derek qui semble mal en point.

- Pourquoi ! S’écrie-t-il alors que je découvre que son corps se crispe lorsque je rouvre les yeux.

Je tends le bras vers lui à l’instant où il perd connaissance. Je m’inquiète de son état. Il est immobile et ne reprends pas connaissance avant ce qui me semble être un long moment.

- Ça va ? M’inquiète-je.

Il ne me répond pas mais se redresse presque mécaniquement. Je claque des doigts devant ses yeux pour m’assurer qu’il réagisse.

Puis, quand je l’aide à se relever, le Nemeton est face à nous. Comme si les frondaisons s'étaient écartées pour laisser voir ce qui n'était pourtant pas facilement dissimulable. Juste sous nos yeux.

La dernière fois que j'étais à proximité de cette souche c’était pour les funérailles de la mère de Chad. L'âme de Fiona avait rejoint les cieux, comme un aigle aurait gagné son royaume. Chad souffrait de son absence. La meute en souffrait aussi. Le drame nous avait plongés dans la colère autant que la peur. Nos proches pouvaient nous être arrachés si facilement. Si rapidement.

Je fais signe à Derek de s'avancer avec moi, ne sachant pas qui doit s’en approcher le premier. Mais nous sommes ici pour lui. Le Nemeton agit selon son bon vouloir. On raconte des histoires incroyables à son sujet, comme des aventures qui vous embarquent à une autre époque paraît-il.

Si Derek devait apprendre quelque chose ici, ça arriverait sans qu'il ne le contrôle. Chercher ne signifie pas toujours trouver. Localiser ce sorbier autrefois vénérable en a été une première preuve.

- Rien ne nous tombera tout cuit dans le bec, plaisante-je. Tu te sens mieux ?

Derek semble toujours prêt à me montrer qu'il a évolué en bien.

- J'ai une idée, repris-je. Comme pour un combat de lutte, la souche est la limite. L'objectif est d'en faire sortir l'autre par tous les moyens.

L’espace restreint nous oblige à un combat au corps à corps avec des actions moins amples. Je plaisante au sujet de la ruse qu’il avait utilisé la veille et le préviens de ne pas ressayer. Alors que nous échangeons des coups sans dommage, Derek me rappelle qu’une attaque rapprochée d’un loup aurait été particulièrement douloureuse pour moi.

- Ne pense pas à ce que tu étais, conseille-je. Pense à l'instant présent et à ce que tu veux être à l’avenir.

Je crois que mes paroles ont un sens plus profond qui fait échos en lui. Le futur est source d’angoisse. Derek s’en imprègne et se met en mouvement.

Son geste est rapide, fort. Et précis. Je suis poussé hors de la souche.

- Tu ne souhaites toujours pas me dire ce qui t’a mis dans un état pareil ? Questionne-je.


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Derek Hale
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MessageSujet: Re: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Ven 5 Fév - 22:33




Un ami à poings nommés

Derek & Mick
La douleur dans mon cœur est atroce. Instinctivement mes mains entourent l’empannage de la flèche qui me transperce.

- Pourquoi !?

Cette scène je l’ai vu, mais c’était Fiona, la mère de Chad qui se prenait le carreau d’arbalète. Serait-il le suivant ? S’il meure, j’ai bien peur que la meute ne s’effondre. Il est d’une manière le point d’équilibre… Je regarde celui s’approche de moi, tenant son arbalète nonchalamment au bout de son bras. Je me sens sombrer dans le néant.

- Pourq…

Le souffle me manque, je me sens vaciller. Mon assassin s’accroupit devant moi et me relève le menton. En quête de réponse, je plonge mon regard dans ses yeux bleus. Il a ramené ses cheveux en arrière, ça lui donne un air totalement différent, bien loin du gars gentil que je connais. Un sourire sadique se dessine sur ses lèvres. Il ne répondra pas à ma question. D’un geste douloureusement lent, Chad m’arrache la flèche qu’il vient de me planter dans le cœur, non… C’est lui qui se prend ce carreau d’arbalète. La douleur coupe court à mes interrogation, je sombre et m’évanouis.

- Ça va ?

La voix de Mick me parvient comme à travers un filtre. Mon corps est raide et douloureux. Je me redresse machinalement. Je suis hébété. Je ne sais pas comment prendre la vision que j’ai eue. Est-ce la matérialisation de ma crainte exacerbée par la présence de Mick pour son fiancé ? Ou bien un avertissement ? Chad tuant Chad ? Ou moi? Car mon cœur se souvient de la douleur. Je me frotte le torse pour faire disparaitre cette sensation désagréable quand un claquement de doigt me fait réagir et revenir à la réalité. Mick me regarde inquiet. Il m’aide à me relever. Qu’est ce que je vais pouvoir lui dire ? Que j’ai vu Chad tomber, une flèche en plein dans le cœur. Que l’homme qui a tiré lui ressemble comme un jumeau… Je suis fatigué de toutes ses énigmes. Il est peut-être temps que je mette Mick au courant de ce que je sais. Nous nous approchons de la souche sacrée. Je n’ai pas le courage de reprendre l’entrainement avec Mick et il le sent bien.

- Mick…

Alors qu’il m’aide à me relever, le Nemeton apparait comme s’il avait toujours été là. Je soupire de nouveau. Oui, j’en ai assez de me faire balader. Et si comme le sous-entendait Pierre Argent, j’ai un parcours initiatique à faire, je pense qu’il y a longtemps que je me suis planté de route. Nous nous approchons de la souche sacrée.

* * *

Je n’ai pas le courage de reprendre l’entrainement avec Mick et il le sent bien. D’ailleurs, je vois bien qu’il s’agite un peu. Il s’est aperçu de mon regard fuyant. S’il ne m’a pas posé de question, elles lui brûlent les lèvres.

- Je… asseyons-nous Mick…

Je lui montre la souche. Je pense que l’arbre ne nous en tiendra pas rigueur de le prendre pour siège. Je ne sais pas par quoi commencer, ni que lui dire et que lui taire.

- Mick, depuis la lune rousse l’an passé, je suis sujet à des visions…

Je ne lui dis rien au sujet de Luka qui a été le facteur déclenchant sans même en avoir conscience. Mick est suspendu à mes lèvres. Je n’aime pas le faire languir ainsi, car il sent bien que c’est séreux ce que j’ai à lui dire.

- C’est difficile à décrire, car ce n’est pas évident à comprendre. Mais par exemple j’avais vu la mort de Fiona avant que ça arrive. L’image était parcellaire… des mains qui serraient l’empannage d’une flèche. Au début j’ai cru que ce sombre présage était pour moi et que c’était mes mains. Mais, j’ai réalisé lors du drame que c’étaient les mains de Jordan que j’avais vu et non les miennes.

Mon visage se crispe à ce souvenir. J’ai longuement réfléchit à cela et je ne crois pas que j’ai le rôle d’une banshee comme Lydia qui annonce la mort. Suis-je là pour l’éviter ? Mais lors de la discussion que j’ai eue avec Ezéquiel père de Fiona, celui-ci m’a affirmé que c’était dans le destin de sa fille de partir ainsi. Légende, croyance, prémonition, vérité ? Que croire ?

- Je vois comme des lambeaux de souvenirs, sauf que ce ne sont pas des souvenirs ou plutôt des futurs souvenirs… Je… Mick… Là, je viens de voir Chad mourir dans les mêmes circonstances que sa mère…

Le visage de Mick devient blanc et son regard se fige.

- Mais, je ne comprends pas ma vision. Car celui qui tire c’est Chad. Il est coiffé différemment, porte des habits plus sombres que ce qu’il porte habituellement, mais c’est bien lui. Est-ce une vision métaphorique ?

Mick me bombarde de question. Je lui détaille au mieux ma vision. Chad qui tombe à genoux, le cœur transpercé, moi qui prend sa place. Chad qui s’avance, le regard satisfait… Quelque chose cloche dans tout ça, mais je n'arrive pas à mettre le doigt dessus.




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I want answers. Did you ?

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MessageSujet: Re: Un ami à poings nommés (Mick & Derek)   Dim 7 Fév - 18:43


Keep a secret

Je crois que cette démonstration de force a achevé de solliciter les ressources de Derek. Après son malaise, je voulais qu’il se ressaisisse pour surpasser sa faiblesse. Mais je vois bien qu’il est tourmenté, ainsi et malgré la discrétion dont je sais faire preuve, j’ose lui demander ce qui ne va pas.

- Tu ne souhaites toujours pas me dire ce qui t’a mis dans un état pareil ? Questionne-je.

- Je… asseyons-nous Mick… Me répond-il en désignant le Nemeton duquel nous sommes descendus.

Nous nous y installons, cette fois-ci sans intention de nous affronter, même amicalement. Dans la grande inspiration qu’il prend, je comprends que Derek souhaite me faire partager quelque chose de très important.

- Mick, depuis la lune rousse l’an passé, je suis sujet à des visions… Révèle-t-il.

Je saisis la portée de son angoisse car il m’a interpellé à deux reprises par mon prénom, signifiant qu’il est certainement perdu face à ce qu’il garde intimement depuis plus d’une année. Notre échange est presque solennel, je ne l’interromps pas.

- C’est difficile à décrire, car ce n’est pas évident à comprendre, commence-t-il. Mais par exemple j’avais vu la mort de Fiona avant que ça arrive. L’image était parcellaire… des mains qui serraient l’empannage d’une flèche. Au début j’ai cru que ce sombre présage était pour moi et que c’était mes mains. Mais, j’ai réalisé lors du drame que c’étaient les mains de Jordan que j’avais vu et non les miennes.

D’autres images défilent dans son regard et ses pensées y tourbillonnent. Ce qu’il m’avoue est un fardeau lourd à porter. Nul n’a pu sauver Fiona ce jour-là et si nous l’avions pu, je crois que personne n’aurait hésité. Moi le premier car je sais combien sa mort a blessé Chad jusque dans son âme. J’ai le cœur serré d’y penser à nouveau quand bien même il ne quitte jamais mes pensées. Il me manque à présent. Notre cocon de tranquillité ne suffit parfois plus à nous couper du monde. Mais le voulons-nous seulement réellement ? L’amour égoïste est-il un amour louable ? Nous avons tous nos propres démons à terrasser pour libérer notre horizon de leur noirceur.

- Je vois comme des lambeaux de souvenirs, sauf que ce ne sont pas des souvenirs ou plutôt des futurs souvenirs… Continue-t-il. Je… Mick… Là, je viens de voir Chad mourir dans les mêmes circonstances que sa mère…

Sa révélation me fait l’effet d’un orange sourd, d’une menace fracassante et pourtant sinueuse car il ne s’agit là que d’une vision. Mafdet m’en avait dit peu sur le don de percevoir le futur mais suffisamment pour que je retienne que le temps est malléable. Sauf qu’il existe des nœuds inaltérables. Comment être sûr que ce que Derek a vu n’est pas un évènement figé plutôt qu’une possibilité parmi tant d’autres ? Ses angoisses n’altèrent-elles pas ces précieuses indications ?

Je sers péniblement la mâchoire alors que je sens mon corps tressaillir et se tétaniser sous l’effet de cette menace à venir, effrayante car elle concerne l’homme que j’aime.

- Mais, je ne comprends pas ma vision, m’interpelle Derek. Car celui qui tire c’est Chad. Il est coiffé différemment, porte des habits plus sombres que ce qu’il porte habituellement, mais c’est bien lui. Est-ce une vision métaphorique ?

- Quel en est le message ? M’exclame-je. C’est invraisemblable ! Que pouvons-nous faire pour que ça ne se produise pas ? Que dois-je faire ?

Derek ne peut répondre à mes questions. Les réponses ne sont pas limpides pour lui non plus. Je lui demande encore et encore de me décrire ce qu’il a vu, de se souvenir du moindre détail. Son récit tourne dans ma tête, je tente ainsi de graver les images que j’imagine grâce aux explications de mon ami. Je n’oublierai rien de tout ça.

La métaphore m’échappe comme trop souvent avec ce genre d’aide sibylline, ou ce fardeau. Savoir sans pouvoir est une torture.

J’ai un devoir d’amour envers Chad, le chérir et le protéger. Suis-je capable de le faire s’il est face à lui-même ?

Je sais combien il est difficile pour d’être de s’ouvrir à moi. Ces deux derniers jours ensemble ont porté leur fruit davantage que depuis que nous nous connaissons. Et même s’il m’a pardonné d’avoir participé à l’incendie du manoir, je sais que c'est aujourd’hui qu’une réelle amitié est scellée entre nous. Suivant le chemin qu’il a lui-même emprunté, je m’ouvre à lui en retour.

- Je revois des choses aussi, dis-je. Des souvenirs anciens dont mon père est le fil conducteur. Quand nous sommes allé à San Francisco, Chad, Maxence et moi, nous avons découvert que je m’étais infligé cette perte de mémoire et qu’elle me reviendrait partiellement. Ce que je ne sais pas aujourd’hui, c’est pourquoi cette précaution s’étend jusqu’à des moments précis de mon enfance.

J’évoque les fois où j’ai essayé de fouiller mon esprit, d’abord grâce à Mafdet puis ensuite avec l’aide de Maxence. Ça avait été des tentatives partiellement ratées. Et atrocement douloureuses.

- Je crois… je crois que mon père m’a fait quelque chose, avoue-je sans avoir aucune certitude pour développer cette impression.

Si nous pouvions mettre sur pause les informations visuelles dont Derek et moi sommes malgré nous détenteurs, nous serions certainement capables d’éclaircir ce que chacun de nous doit faire. Mais ce n’est pas le cas. Rien n’est simple ni ordinaire. Mafdet parlerait d’équilibre là où nous nous contentons de percevoir le combat entre la vie et la mort, la victoire ou la défaite. Sans pouvoir nous permettre l’abnégation.

- Que pouvons-nous faire ? M’inquiète-je à voix haute.

Le silence marque notre incapacité à trouver une solution efficace. Mais nous pouvons nous promettre une chose. Dans le secret de ce possible avenir, aussi obscur soit-il, Derek et moi veillerons à ce que les personnes qui nous sont chères demeurent saines et sauves.

Notre poignée de main est plus franche et amicale qu’elle ne l’a jamais été.

Amis. Liés par la confidence, partageant à nous deux le même poids, œuvrant pour un objectif commun.


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Un ami à poings nommés (Mick & Derek)
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