AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion


Trophées


Classement au
07 juillet 2017

Willem Shepherd


►►►◄◄◄

Ashling McLan


►►►◄◄◄

Alex Cormier




Classement au
26 juin 2017

Kada'an Ravewood


►►►◄◄◄

Alex & Derek


►►►◄◄◄

Nick O'Sullivan




Classement au
10 juin 2017

James MacAulay


►►►◄◄◄

Caleb Lockhart


►►►◄◄◄

Mickael Wayne




Classement au
27 mai 2017

Jaimie O'Sullivan


►►►◄◄◄

Arès Kye Coleman


►►►◄◄◄

Willem Shepherd




Classement au
13 mai 2017

Les Admins


►►►◄◄◄

Kada'an Ravewood


►►►◄◄◄

Jaimie O'Sullivan




Classement au
28 avril 2017

Gwen W. East


►►►◄◄◄

Caracole O'brien


►►►◄◄◄

Therence Garnet




Classement au
15 avril 2017

Civet


►►►◄◄◄

Stiles & Derek


►►►◄◄◄

Arès Kye Coleman




Classement au
1er avril 2017

Vos 2 Admins


►►►◄◄◄

Arès Kye Coleman


►►►◄◄◄

Kada'an Ravewood




Classement au
19 mars 2017

Kada'an Ravewood


►►►◄◄◄

Alessandro Amaro


►►►◄◄◄

Willem Shepherd




Classement au
4 mars 2017

Derek Hale


►►►◄◄◄

Pia Abramov


►►►◄◄◄

Matthias Lunsford




Classement au
18 février 2017

Kada'an Ravewood


►►►◄◄◄

Stiles Stilinski


►►►◄◄◄

Arès Kye Coleman




Classement au
4 février 2017

Mick & Derek


►►►◄◄◄

Maxine Evans


►►►◄◄◄

Brian O'Conner




Classement au
21 janvier 2017



►►►◄◄◄

Mick & Derek


►►►◄◄◄

Willem Shepherd




Classement au
7 janvier 2017

Liam Dunbar


►►►◄◄◄

Willem Shepherd


►►►◄◄◄

Alex Cormier




Classement au
24 décembre 2016

Mick & Derek


►►►◄◄◄

Willem Shepherd


►►►◄◄◄

Arès Kye Coleman





© Code par Mafdet Mahes

Code onglet coulissant :
Okhmhaka de Never Utopia
Partagez | 
 

 Darkness | PV Adriann

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Chad Wilder

avatar

Humeur : En colère
Messages : 833
Réputation : 70
Date d'inscription : 15/11/2014
Localisation : Beacon Hills

MessageSujet: Darkness | PV Adriann   Dim 3 Jan - 16:09



Darkness

Le périple à Las Vegas pour aller chercher Matrim avait ouvert la boite de Pandore. Celle de la facilité à user de mes capacités. Cela avait commencé par ces chasseurs, alors que nous ne faisions que nous sustenter avec Matthias dans ce que nous prenions pour un simple restaurant d’un bled paumé entre Beacon Hills et Las Vegas. Nous avions pris les routes secondaires pour profiter de la nouvelle voiture de Matthias. Bilan, nous nous nous étions fait tirer dessus. Nous avions pu prendre la fuite non sans libérer une des nôtres et casser quelques os.

La suite à Las Vegas avait été digne d’un film a sensations. J’avais aimé cette conduite dangereuse, sans parler de la récupération même de Matrim. La bande de mafieux que nous avions affronté savait se battre. Je ne peux nier que j’avais pris plaisir à rendre les coups. La violence avait de bon qu’elle permettait de s’imposer facilement. Dire que notre retour c’est passé dans la joie et la bonne humeur serait erroné. Les pouvoir de Matrim, ou d’un moins ce qu’il appelait sa bestiole est allée voir du côté de Matthias si l’hôte n’était pas plus sympa à habiter.

***

Je suis plus décidé que jamais de régler notre tranquillité de vie à ma manière. Je termine mon semestre au campus. Je sais déjà l’option que je vais poursuivre en septembre. Il ne s’agit que de quelques heures par mois, mais cela me donnera toujours accès au campus. C’est le seul endroit où je ne suis pas sous le regard de Mick, ni au bout du clavier de James. Non que je souhaite écarter Mick, mais il n’a pas ni à subir, ni à gérer le fait qu’il vive avec un loup.

Maxence se faisant rare autant que Matthias, j’ai donc beaucoup de temps seul que je passe exclusivement à la bibliothèque du campus. J’ai réussi à subtiliser les pass d’une nana qui est en journalisme. Ils ont accès à des médias un peu réservé à cette section et non ouvert au publique, sans parlé que j’ai aussi les pass d’Adriann. Un compte professeur est bien moins limité que celui d’un élève. Je souris encore aux difficultés qu’il avait fait pour me le donner, disant qu’il ne comptait pas exposer sa vie et surtout ses historiques de recherche à mon regard. Cela s’était réglé avec un « même pas cape de… ». Adriann avait proposé un jeu où il faut engranger un maximum de numéro de téléphone dans un temps réparti. C’est là que mon éducation de la haute à Boston m’avait donné un petit coup de pouce et la bévue d’Adriann de préciser le pourquoi du comment pour obtenir un numéro de téléphone. Tellement obnubilé par le sexe, il avait oublié de préciser que le numéro devait être donné pour un rendez-vous galant. De mon côté, j’avais inventé une pseudo fête à thème et argué que le challenge serait de venir déguisé suivant le thème donné par SMS moins d’une demie heure avant la dite fête. Le concept avait plus et l’autre teuton avait eu la mâchoire qui s’était décochée quand il m’avait vu rappliqué avec une feuille double A4 remplie.

- T'as recopier l’annuaire !?

- Non. Regarde, chaque personne a écrit son nom en face des numéros. Tu vois bien que je n’ai rien recopié. Tu me files tes pass maintenant ?

Adriann s’était exécuté râlant et disant que je n’avais pas assez de charme et de cran pour récolter autant de numéro. Je lui avais dit comment je les avais obtenu quand il m’avait réclamé la liste… pour vérifier soit disant. Je ne voulais pas que les étudiants qui m’avaient répondu se coltine un obsédé au téléphone. Puis j’avais fuis en lui envoyant un baiser imaginaire. Depuis la pleine lune ou je lui avais servi de punchingball, notre relation avait évolué en ce que l’on pourrait appeler « amitié vache ». C’était un grand mélange de n’importe quoi avec en toile de fond un lien relativement solide que l’on tirait de notre nature surnaturelle commune.

***

J’ai laissé un message à Adriann avec son propre compte. Je suis tombé sur des faits qui m’ont tout de suite glacé le dos quand j’ai fait le rapprochement avec ce qui nous était arrivé quand on s’était fait capturer. Les types qui nous avaient enfermés semblaient bien avoir changé de crémerie, mais le « marché de pièce détachée de surnaturel» avait trouvé repreneur. Et pire, ils étaient à la recherche d’un wendigo qui avait bouloté récemment une des leurs.  Lors de la pleine lune avec Adriann, je savais qu’il était « à jeun » de chair humaine depuis un moment. Et cela commençait à dater, depuis j’avais eu le temps de voir ma mère mourir et aller repêcher Matrim dans les bas fond de Las Vegas.

J’attends Adriann dans le bar où nous avons pris l’habitude d’aller. Les toilettes sont confortables d’après  lui. Encore à la bourre le professeur… C’est pourtant sérieux, il est peut-être dans la ligne de mire de chasseurs. Dans un sens cela m’arrange, je vais pouvoir commencer à faire table rase de ces charognards qui nous pourrissent la vie. D’autant plus que ceux-là sont fraichement installés. Ils ne manqueront à personne.



© Fiche & montage by Mafdet Mahes, Dessin by Mokolat


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adriann Weizerling

avatar

Humeur : Sanglante
Messages : 399
Réputation : 107
Date d'inscription : 10/01/2015

MessageSujet: Re: Darkness | PV Adriann   Sam 9 Jan - 15:28




Start over again

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
J’avais enfin pu mettre un terme définitif à sa vie. Celle qui prenait un plaisir sadique à décapiter toutes les créatures surnaturelles qui croisaient sa route avait connue le même sort, emportée avec la même lenteur et la même douleur. Son meurtre avait été jouissif. Dans ses derniers instants, elle m’avait reconnue. Le fameux camé qui l’avait suivie pour un peu d’argent, alors que Therence était intervenu pour la sauver. J’avais mémorisé son odeur, son apparence, sa voix, et je m’étais juré de la retrouver. En la quittant ce soir-là, la  traque avait déjà commencé. Et quelques jours plus tôt, après l’avoir suivie à la sortie du No Man’s Land, elle avait prit fin dans mon four, en viande hachée coincée entre deux pâtes à lasagnes. Le plat n’était certes pas très raffiné, mais tous les cannibales n’étaient pas aussi experts en cuisine que l’était le grand Hannibal Lecter.

Mais les choses n’étaient pas tout à fait revenues à la normale pour autant. Avoir éliminé une chasseuse entrainée en avait fait venir d’autre, en plus grand nombre. La solidarité dans ce milieu était tenace et bien réelle… et les nouveaux venus étaient bien décidés à trouver la créature qui avait fait disparaitre leur amie. Et surtout, à reprendre le marché désormais vacant de l’anatomie surnaturelle. La plupart d’entre nous avaient entendu parler de ce groupe : la discrétion n’était pas leur principale qualité. Pour me faire pardonner de mon « écart de conduite », j’étais allé prévenir les deux autres Wendigos de Beacon Hills. La discussion avec la femme avait très mal commencée. Sa palette d’accueil ne semblait se limiter qu’à un regard froid ou un poing bien lancé dans la mâchoire. Bien évidemment, j’avais eu droit aux deux, jusqu’à ce qu’elle sente que l’abstinence de chaire humaine n’était plus qu’un souvenir. Malgré cette hospitalité singulière, je lui avais tout dévoilé. L’activité des chasseurs, comment ils amadouaient leurs proies la plupart du temps… notre espèce avait beau préféré chasser en solo, j’avais appris à mes dépens qu’il fallait parfois se serrer les coudes. Sans compter qu’à partir de maintenant, les deux Wendigos me devaient une faveur.

Avide de détails pour améliorer sa sécurité toute relative, elle m’avait gardé longtemps, et je franchis le seuil de sa maison à l’heure où j’étais censé retrouver Chad. M’attendre un peu lui ferait les pieds. Il n’avait qu’à apprendre à écrire correctement mon nom de famille. En plus de m’avoir arnaqué pour le concours de numéros, môssieur Wilder ajoutait un « t » ou enlevait le « g » comme bon lui semblait et il pensait que ses crimes resterait impuni ? Il se mettait le doigt dans l’œil, pensai-je en enfilant mes écouteurs et en abattant ma capuche pour me protéger du crachin. La rue de l’école était bondée de parents qui attendaient leurs enfants devant la grille. En levant les yeux au ciel, je me faufilai parmi eux pour traverser avant de me retourner brusquement lorsqu’une main se posa sur mon flanc. Les yeux plissés, je détaillai l’homme qui me faisait face. Yeux bleus transcendants mais visage banal. Le genre de prunelles qu’on n’oubliait pas… Et donc des prunelles que je ne connaissais pas. Son visage se fendit d’un sourire gigantesque :

-Thomas !, s’exclama-t-il tandis que sa main attrapait mon épaule. Ca fait un bail !

J’haussais un sourcil en me dégageant de sa poigne. C’était quoi, ce type ?

-Mauvaise pioche, répondis-je, à peine poli. On ne se connait pas, je crois.
-Oh, je… Pardon. J’ai dû vous confondre avec quelqu’un. Vous êtes sûr que vous n’êtes pas Thomas Johnson ?, tenta-t-il.
-Plutôt, ouais. Adriann Weizerling, Thomas Johnson, ça ne colle pas tr-…

Je réalisais mon erreur alors qu’un sourire carnassier remplaçait l’amical sur ses lèvres, lui donnant un air cent fois plus redoutable que celui qu’il affichait quelques secondes plus tôt. L’enfoiré… Je m’étais fait avoir comme un bleu.

-Et bien enchanté de faire ta connaissance, Adriann Weizerling. Amateur des sorties au clair de lune, si je ne m’abuse ?

Il m’avait vu sortir de chez la Wendigo. C’était obligé. Il n’était pas là par hasard. Il savait ce qu’il faisait. Entouré par des humains, il était certain que je ne pouvais pas l’éliminer pour réparer mon erreur. Mais si c’était vrai pour moi, c’était aussi vrai pour lui. Il y avait trop de témoins pour qu’il le fasse ici… Non ? Je tournai les talons et me fondait à nouveau dans la foule, prenant sur moi pour ne pas le tuer sur place en entendant son "Je suis sûr que nos routes se recroiseront bientôt !".
Je franchis la porte du bar avec dix minutes de retard. A peine. J’avais passé le trajet à regarder par-dessus mon épaule, trop paranoïaque à l’idée que l’autre puisse me suivre. Après avoir commandé un café, je m’installais devant Chad. Par un regard plein de reproche, il me fit comprendre que la ponctualité n’était clairement pas mon fort, auquel je répondis par un haussement de sourcil.

-Chad, s’il ne me restait, disons… plus qu’une journée à vivre. Tu me ferais une place dans votre lit conjugal, à toi et à ton loulou ?, avançai-je en souriant en coin nerveusement.

Ses sens de lycanthrope devaient sentir que je flippais réellement et que la plaisanterie n’était pas faite dans le seul but de l’énerver. Quand même un peu,  certes. Je tapotais la table du bout de l’index et du majeur dans un rythme saccadé. J’étais rarement stressé. Mais quand je l’étais… Le patron de l’établissement posa le café sur la table en nous saluant. Nous étions devenus des habitués, plutôt discrets. Nous rentrions parfaitement dans les critères qui faisaient que ce genre de type nous appréciait. J’avalais une grande gorgée du breuvage en ignorant la brûlure qui descendait le long de ma gorge avant de river mes yeux sur la tasse de café, que je grattais du bout du pouce.

-J’ai deux annonces à faire. Il se pourrait que j’ai tué l’une des rares personnes en ville qu’il valait mieux ne pas tuer… et il se pourrait, hypothétiquement, que ses amis sachent que je suis responsable.

Silence.

-On pourrait les raisonner autour d’un grand dîner, mais j’ai plus l’impression qu’ils sont du genre… "J’arrache ta jambe pour la revendre". La bonne nouvelle, repris-je alors que Chad n'avait toujours rien dit, c'est qu'un chasseur a posé ses mains partout sur moi. Rien de sexuel !  Mais au moins, on a son odeur...




Les partenaires de crimes

CODE BY AMIANTE


wendigowak


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chad Wilder

avatar

Humeur : En colère
Messages : 833
Réputation : 70
Date d'inscription : 15/11/2014
Localisation : Beacon Hills

MessageSujet: Re: Darkness | PV Adriann   Lun 18 Jan - 21:51



Darkness

Songeur, je tourne mon verre entre mes doigts. Beacon Hills est loin d’être la ville ordinaire qu’elle pourrait paraitre de prime abord. Depuis que je suis ici, je me dis qu’il n’est pas possible que les habitants lambda ignorent ce qu’il se passe juste sous leur nez. Soit il y a un phénomène de déni collectif qui incite le tout un chacun à croire que l’impensable est et doit rester impensable. Ruby, le Sheriff, Jordan et si j’ai bien compris les derniers ragots, son compagnon Brian ont beau user de toutes leurs prérogatives, le fait que Jordan s’évade de la cellule où il s’était enfermé lui-même en faisant fondre les barreaux est une affaire… difficile à étouffer. Et pourtant… Parfois, je me demande si on ne pourrait pas vivre notre nature en plein jour. Si les habitants de cette ville sont si accommodants, pourquoi pas le reste du pays ? A moins que crédulité ambiante ne soit le fait de la présence du Nemeton ? Car il faut bien admettre que la quantité d’affaires non classées fait tout de même tiquer le bureau fédéral.

Je pense au terrain que Mick et moi achetons à Derek. Le choix de Mick est juste parfait. Cela correspond à nous deux. Ce qui serra littéralement un nid d’aigle, correspond à notre manière d’appréhender notre environnement. J’ai déjà dessiné quelques ébauches. Je garde la surprise à Mick, tant que je n’ai pas les retours de la mairie sur ce qu’ils nous autoriserons à construire ou pas. Le terrain en pente raide qui aboutit à une falaise donnant sur la vallée, se prête à une forteresse inexpugnable.  Je souhaite garder l’idée aérienne d’un nid d’aigle, avec une maison en multiple terrasses pour finir sur une ouverture en contre plongée devant le salon. J’ai en tête l’acier, le verre, le bois et le béton comme matériaux. J’ai promis à Derek que notre demeure ne dénaturerait pas le site, et je tiendrais promesse.

Je songe aussi à notre sécurité, car je sais que c’est la seconde nature de Mick. Il est indispensable que notre demeure ne devienne pas un piège à rat comme autrefois le manoir des Hale. Pour y arriver, il y a deux voies que je souhaite explorer. La première concerne purement mon métier d’architecte et d’être le plus ingénieux possible sur les plans de notre future maison. La deuxième… est de diminuer de manière drastique le nombre de nos ennemis.

Adriann pointe enfin son arrogante personne. Avec étonnement, je l’entends commander un café. A cette heure tardive de l’après-midi, il m’a plutôt habitué à de l’alcool, même si comme pour moi, l’ivresse n’est jamais au rendez-vous. Je lui lance un regard désapprobateur quand il s’installe à mes côtés.

- C’est quand ton anniversaire, que je t’offre un coucou suisse à mettre autour de ton cou ?

Parle à mon c*l, ma tête est malade. Mon agacerie n’est pas entendue. Le professeur se jette sur son café, se cramant le gosier au passage. J’ai toujours dit que ce type est un masochiste… Quoique pour sortir avec Therence faut vraiment être doloriste… Bref, l’allemand semble passablement agité. Encore des problèmes avec ses coucheries intempestives ? Ce type va finir plombé par un mari… ou une femme jaloux !

-Chad, s’il ne me restait, disons… plus qu’une journée à vivre. Tu me ferais une place dans votre lit conjugal, à toi et à ton loulou ?

Je le regarde effaré. Il est sérieux là ? Si l’idée de faire ch*er Therence m’effleure légèrement l’esprit, la raison reprend vite le dessus.

- Même pas en rêve Adriann. Tu es peux être bien foutu, mais d’un, notre couche est un lieu strictement privé, et tu n’es pas mon type de mec. Et j’ai toujours eu horreur des coureurs, et…

J’arrête ma litanie. Même Matrim n’avait pas pu s’incruster dans notre lit quand il était venu totalement désemparé lors de l’affaire avec la tisseuse. L’homme enfant alors en proie aux cauchemars,  avait dû se contenter du canapé dans le salon. Je note dans l’attitude d’Adriann que sa plaisanterie douteuse cache une peur réelle.

-J’ai deux annonces à faire. Il se pourrait que j’ai tué l’une des rares personnes en ville qu’il valait mieux ne pas tuer… et il se pourrait, hypothétiquement, que ses amis sachent que je suis responsable.

Je soupire à fendre l’âme. C’est bien pour ça que je t’ai invité à nous retrouver ici bougre d’âne ! Je le regarde plus attentivement. Il a la mine défaite et le regard fébrile. Il en est presque, – je dis bien presque, sait-on jamais si Mick se met à lire dans mes pensées ou ailleurs... – « attachiant », comme j’ai pu le lire je ne sais plus où dans une autre vie…

-On pourrait les raisonner autour d’un grand dîner, mais j’ai plus l’impression qu’ils sont du genre… "J’arrache ta jambe pour la revendre".

- …

- La bonne nouvelle, c'est qu'un chasseur a posé ses mains partout sur moi. Rien de sexuel !  Mais au moins, on a son odeur...

- C’est tout pour les tuiles de la journée ? Ou tu en as d’autres en réserve ? Figure-toi que c’est pour cela que je t’ai demandé de venir. Lors de mes recherches sur tu sais quoi, je suis tombé sur une bande de bouchers qui traquent un wendigo. Étrangement, j’ai immédiatement pensé à toi…

Regard agacé de mon vis-à-vis. Je lui retourne un sourire sarcastique. Je joue à l’agacé, mais je suis tout de même flatté qu’il vienne me voir moi, alors qu’il se sent en danger. C’est assez valorisant. Mais d’un autre côté, sur Beacon Hills, mise à part des relations de coucheries, vers qui d’autre peut-il se retourner sinon le premier étudiant qu’il a croisé en arrivant et à qui, il a royalement cassé les pieds ? La question est : pourquoi je l’aide ? Question que ne m’a pas posée Mick, mais qui s’affiche souvent en lumière clignotante dans son regard, chaque fois que je lui dis que je vais voir Waize… Weizoli… Weizertruc ! Kartoffel ! C’est imprononçable comme pseudonyme ! Adriann est une bête sauvage qui mange les gens. Je peux résumer ce qu’il est ainsi, mais… Quand je regarde ses cernes violettes sous ses yeux, sa tasse de café qu’il triture nerveusement, je sais que la bête sauvage est tourmenté pas son ambivalence. Adriann a imperceptiblement changé depuis la première fois où nous nous sommes croisés. A cette époque il avait tout du prédateur assuré et assurant. Maintenant, le prédateur est toujours là, mais il est en lutte contre lui-même. Il ne pouvait être qu’inévitable que son jeûne de chair humaine ne dure qu’un temps. Chassez le naturel… A-t-il seulement le moindre espoir de pouvoir se fondre vraiment à la population ? Ce qu'il y a entre lui et Therence est-il assez puissant pour... Car semer des cadavres derrière soi, n’est vraiment pas socialement acceptable. Cependant, je ne lui fais pas l’affront de le juger. Je sais ce que c’est d’être dominé par l’animal qui vous habite. Mes premières années en tant que loup ont fait des ravages à Boston. Si j’arrive à être relativement en paix avec ma conscience, c’est que mes prunelles de loup sont toujours de couleur dorée. C’est peut-être cela que je n’arrive pas à expliquer à Mick lorsque je réponds aux appels d’Adriann. Je connais mon côté obscure et la colère qui couve dans mon cœur actuellement tend à me faire glisser sur une pente que je sais que Mick réprouve. Pourtant, il faut bien régler le problème une fois pour toute, sinon nous ne serons jamais en paix.

- Je tiens mes infos d’un des geeks de la section informatique. Incroyable et assez flippant ce qu’il arrive à faire.

Je résume en quelques lignes mes recherches. Les yeux d’Adriann s’agrandissent devant l’ampleur de mon projet et commence à objecter que mon ambition d’éradiquer les nuisibles à la cause du monde surnaturel est utopique.

- Il faut bien qu’un jour que quelqu’un prenne le taureau par les cornes Adriann ! Et le fait que je sois déjà au courant de tes emm*rdes montre que mon action est utile ! Par contre je n’ai eu accès qu’à un échange de conversation. Approche toi que je te sente.

Malgré sa situation, Adriann ne peut s’empêcher de sourire. Je grogne doucement mon mécontentement. Je me recule et m’adosse sur le dossier de ma chaise l’air boudeur. Bon sang ce qu’il m’agace ! J’attrape ma pinte et bois une gorgée de ma bière. Finalement, je ne suis pas si pressé que ça de coller mon nez sur lui. Sans parler que mon comportement pourrait paraitre suspect aux regards des autres personnes présentes, Sauf le serveur qui lorgne vers Adriann. Visiblement, il semble satisfait des nombreuses compétences du professeur…

- Le mieux c’est que tu retires ta veste pour que j’isole l’odeur du chasseur.

Oui, je ne me vois décidément pas m’approcher plus que de raisonnable de cet obsédé sexuel. Déjà que, mi sérieux, mi plaisantant, il tente de s’inviter mon plumard avec Mick…

- Par contre, as-tu conscience que l’on doit éradiquer tout le nid ?

Je sais que je ne peux pas entrainer ma meute dans ce que j'ai l'intention de faire, Mais Adriann est moins regardant sur l'aspect purement éthique... Enfin je l'espère.


© Fiche & montage by Mafdet Mahes, Dessin by Mokolat


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adriann Weizerling

avatar

Humeur : Sanglante
Messages : 399
Réputation : 107
Date d'inscription : 10/01/2015

MessageSujet: Re: Darkness | PV Adriann   Jeu 18 Fév - 1:17




Get down to business

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
Le café avait laissé un sillon brûlant,  de ma gorge jusqu’au creux de mon estomac. Amer.  Tout en déblatérant mes mésaventures, je diluais un carré de sucre du bout de la cuillère.

- C’est tout pour les tuiles de la journée ? Ou tu en as d’autres en réserve ?

Je relevais les yeux sur Chad, une grimace désabusée sur le visage.

-Figure-toi que c’est pour cela que je t’ai demandé de venir. Lors de mes recherches sur tu sais quoi, je suis tombé sur une bande de bouchers qui traquent un wendigo. Étrangement, j’ai immédiatement pensé à toi…

Un sourire sarcastique répondit à mon regard agacé. J’étais traqué. Et connaissant Chad, il n’accepterait pas le mode de survie que j’allais adopter pour ne pas y passer. Mais sur qui pouvais-je compter, sinon lui ? Il était hors de question d’impliquer Therence dans un autre massacre. Mis à part l’ancienne chasseuse, qui avait disparue de la ville, je ne connaissais personne. Problème que je devrais bientôt penser à résoudre. Il devait bien y avoir d’autres surnaturels enclins à accepter un cannibale. Mais la question ne se posait pas. Pour l’instant, j’avais le loulou, qui m’avait déjà prouvé sa… loyauté ? C’était quand même avec lui que je me fourrais toujours dans les emmerdes…  

-Je tiens mes infos d’un des geeks de la section informatique. Incroyable et assez flippant ce qu’il arrive à faire, reprit Chad.

L’étudiant m’expliqua ses recherches quelques minutes avant de bifurquer sur son…  projet. Anéantir les chasseurs de Beacon Hills ? C’est…

-Complètement utopique, raillai-je. Tu en tues un, il y en a une dizaine qui débarque.
-Il faut bien qu’un jour que quelqu’un prenne le taureau par les cornes Adriann ! Et le fait que je sois déjà au courant de tes emm*rdes montre que mon action est utile !

Je ne pouvais pas m’empêcher de le scruter. J’étais au courant de ses années les plus sanglantes. Les meurtres, les massacres. Eradiquer les chasseurs relevait des deux. Pas que cela me posait une quelconque question d’éthique, mais… le fait que cette décision émane de lui. Chad, l’étudiant chiant au possible, qui avait jugé et condamné ma nature sanglante et conquérante dès notre première entrevue, me proposait d’éliminer des humains. Le  loup de Boston était-il de retour ?

-Par contre je n’ai eu accès qu’à un échange de conversation. Approche toi que je te sente.
-Je pensais bien que Mick ne te suffisait  pas, mais de là à l’avouer aussi franchement…, souriais-je en coin en lançant à Chad un regard séducteur.

Ma remarque le mit à distance, avide de diminuer sa pinte d’une gorgée rageuse. Décidemment, la susceptibilité du lycanthrope était proportionnelle à mon amusement. Je l’imitais en portant la tasse de café à mes lèvres, ignorant soigneusement les regards que lorgnait sur moi le serveur. Le coup rapide dans l’arrière boutique avait été bien. Cela dit, ce n’était pas non plus assez bien pour recommencer, comme je lui indiquais d’un regard significatif avant de me retourner vers mon partenaire de crime.

- Le mieux c’est que tu retires ta veste pour que j’isole l’odeur du chasseur.

Je lui tendis ma veste par-dessus la table, un rire silencieux bien plus que visible sur mon visage. Chad, ou le nouveau Lassie, chien fidèle.  

- Par contre, as-tu conscience que l’on doit éradiquer tout le nid ?
-Je m’en doutais un peu, le taquinai-je en levant les yeux au ciel. Tu serais avec ta meute, si ce n’était pas le cas.

Et Adriann, la solution de secours du monde entier. Le loup s’apprêta à poser son museau sur ma veste lorsqu’un vibrement distinct retentit. Je sautais presque dessus, dégageai mon portable de la poche… Sheriff Stilinski. Une nouvelle affaire. Mon téléphone collé contre mon oreille, mes bras glissant dans les manches de ma veste, je me levai en faisant signe à Chad de me suivre après avoir réglé l’addition. Au combiné, le Sheriff m’indiquait simplement une adresse et m’ordonna de me remuer avant de raccrocher, peu désireux de prolonger une quelconque conversation.
Une fois dehors, je me tournais vers l’étudiant. Je ne pouvais pas le planter ici. Nous avions besoin de discuter, aussi bien de stratégie que de sa « santé ». Je n’étais pas prêt à m’affilier avec le premier loup aux pulsions sanguinaires ; si notre équipe fonctionnait avec plus ou moins de brio, c’était grâce à l’équilibre, certes précaire, mais existant que nous créions. Lui le garçon sage et déjà fiancé, moi le cannibale pas… Pas fixé. Pas encore. Pas du tout, même. Bon. Surtout, arrêter de me faire des idées sur quoi que ce soit. Ce n’était pas le sujet. Il fallait amener Chad à parler de lui, de ses motivations. Doucement. Sûrement. Et dans la lumière déclinante du soir, cela semblait plus facile.

-On va sur une scène de crime, lui expliquai-je en marchant dans la direction donnée. Je trouverais un moyen pour t’y faire entrer sans problème.
-… Qu’est-ce qui t’as fait changer d’avis ? Il y a quelque mois, tu voulais faire le moins de perte possible, même chez les chasseurs. Et là, tu parles simplement d’éradiquer le nid.

Je ne m’inquiétais pas. C’était plus de la curiosité, certes malsaine, mais entièrement justifiée. Si nous devions les éliminer, autant se préparer aux réactions que pourrait avoir le loulou. Son côté sanguin pourrait se retourner contre nous et devenir un poids mort plus qu’une aide.
Enfin, nous dépassions les véhicules de la police arrêtés sur le bas-côté. Grande ouverte, une porte de maison laissait apercevoir la veste kaki du Sheriff. Je toquais pour attirer son attention puis désignais Chad d’un coup de menton. Surtout, ne pas avoir l’air trop assuré. Sur un ton de supplique, je chuchotais :

-Sheriff, Chad est l’un des meilleurs étudiants de mon cursus. Je pensais que, peut-être, il pourrait…  C’est un loup, précisai-je comme une confidence, l’air entendu. Il nous aiderait grandement.

Visiblement dépassé par mon implication dans le surnaturel et par son existence en elle-même, Stilinski fit signe à l’étudiant de s’engouffrer à ma suite dans la maison. Une odeur de chair humaine me guida presque instinctivement jusqu’à la cuisine. Sur la table, un carpaccio soigneusement préparé, au défaut près qu’une tranche de viande était dévorée aux trois quarts.

-La victime est la bouchère du quartier. Elle avait disparu une semaine avant, expliqua un des policiers. Son mari nous as prévenu... Un peu trop tard, il avait déjà bouffé un bout de sa femme, mais bon. Il est dans le salon, si tu veux aller lui poser quelques questions.

J’hochais la tête avant de les laisser faire leur travail. Le mari se faisant déjà questionner par le Sheriff, j’empruntai les escaliers de la maison pour pénétrer l’intimité même du couple : la chambre à coucher. Une main sur la poignée, je me tournai vers Chad, un sourcil haussé, m’enquérant de savoir s’il tenait ou non le coup.
La chambre était vétuste et rudimentaire. Un lit double mal agencé dans un coin de la pièce, un éclairage blafard… Impersonnelle. Aucun livre ne semblait alimenter l’imaginaire du couple, qui semblait, au vu de ce que reflétait leur « nid douillet », ne plus vraiment s’aimer.  Deux armoires se faisaient face, collées contre le mur, opposées l’une à l’autre. J’ouvris celle de la femme, observait ses vêtements, aucune robe ni aucun vêtement trop affriolant. Les tiroirs, en revanche, contenaient une montagne de maquillage et une unique bouteille de parfum presque vide : Hypnotic Poison.  Toujours silencieux, je m’abaissais vers le dernier tiroir, à la recherche de n’importe quoi indiquant une activité sexuelle chez la victime. Rien. Aucun accessoire, aucune tenue laissant sous-entendre quoi que ce soit. Je ne savais pas lequel était le plus à plaindre.
L’homme, lui, restait dans les classiques : une gamme de chemise jaune, pas de cravates, des chaussures confortables. Pas de crème de soin pour le visage. Une photo trainait sur le bureau en désordre. Visiblement récente, elle montrait le couple, distant, lors d’une soirée. La femme n’était pas maquillée et, de pair avec son mari, n’avait fait aucun effort vestimentaire.

-Dix dollars qu’elle avait un ou plusieurs amants, souriai-je en me tournant vers Chad, rompant enfin le silence de la chambre avant de descendre interroger le mari.

Stuart Fitzgorvel était enfoncé dans le canapé du salon, une couverture autour de ses épaules et une tasse de café noir entre les mains. En état de choc. Ca va être passionnant, soupirai-je en m’avançant.

-Bonjour, Stuart. Je m’appelle Adriann Weizerling, et voici Chad Wilder, mon collègue. Nous travaillons avec la police pour retrouver la personne qui a fait ça, annonçai-je d’une voix presque douce en posant une main compatissante sur son épaule. Vous permettez qu’on s’asseye pour vous poser quelques questions au sujet de votre femme ?

Son attention se dirigeait lentement sur nous. Très bien. Il ne fallait surtout pas la perdre, ou nous allions droit dans un cul-de-sac. Un petit hochement de tête discret et nous étions assis face à lui, son regard capturé tantôt dans celui de Chad, tantôt dans le mien.

-Vous aviez signalé sa disparition une semaine plus tôt, c’est ça ? Elle disparaissait souvent, c’est pour ça que vous ne l’avez signalé que deux jours après ?
-Elle rejoignait souvent des amies à elle, à Vegas. Chaque fois que la paye tombait, en fait. Comme c’était le cas là, je me suis pas fait un sang d’encre tout de suite. Elle aimait jouer, c’était obsessionnel. Je la laissais faire, elle dilapidait son argent comme elle  voulait.
-Pas de compte commun ?
-On a essayé. Une foutue idée, j’vous déconseille de vous lancer là-dedans avec votre demoiselle ! L’argent, ça jette toujours un froid dans les familles. Alors les couples…
-Je vous comprends, souriai-je en soutien à Stuart. Vous sortiez souvent, ensemble ?
-On essayait, là aussi. Mais ça finit toujours pareil : dès qu’elle quittait son fameux club de lecture, le mardi et le jeudi soir chez la femme du boulanger, j’vous garantis qu’on se brouillait à coup sûr, soupira-t-il avant de tomber dans un silence redoutable.

Soudainement, il releva les yeux sur nous, regarda autour de lui avant de se pencher en avant.

-Dites, vous… Vous avez l’air des types plus chouettes que les flics, là. J’peux vous toucher deux trois mots sur… Non, oubliez. Oubliez. C’est pas important.
-Dites-nous, Stuart. Tout ce à quoi vous pensez est important pour nous.
-L’assaisonnement du carpaccio… De ma… femme. Il est étrange. Pas un fin connaisseur qu’il l’a fait, si vous voulez mon avis.
-On prends tout ça en note. Votre aide à été précieuse, Stuart.

Je me relevai et quittais directement la maison. Avalant un grand bol d'air frais, je me tournais vers Chad. Etape suivante : le fameux "club de lecture" de la femme du boulanger.




Les partenaires de crimes

CODE BY AMIANTE


wendigowak


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chad Wilder

avatar

Humeur : En colère
Messages : 833
Réputation : 70
Date d'inscription : 15/11/2014
Localisation : Beacon Hills

MessageSujet: Re: Darkness | PV Adriann   Lun 22 Fév - 15:39



Follow into the darkness

Je ne sais pas si c’est mon humeur ou ma nouvelle détermination, mais j’ai l’impression que mes sens sont plus accrus. La vérité est très certainement que depuis que je suis parti en guerre contre les chasseurs, je suis plus attentif à mon environnement. Dans ce bar, je perçois chaque client individuellement. Rien ne m’échappe, un geste, une conversation au téléphone, le… Adriann me sort de ma concentration. Il m’arrache presque sa veste que je tiens encore et l’enfile prestement. Nous sortons du bar comme des damnés. Une fois dehors, il marque un temps d’arrêt et me regarde… non me jauge.

- Quoi encore ?

- On va sur une scène de crime, me répond-il. Je trouverais un moyen pour t’y faire entrer sans problème.

Euh… c’est quoi cette diversion ? Je n’ai rien à faire des affaires courantes du sheriff ! Mais l’allemand, fidèle à son habitude file sans me demander mon avis. Je finis par le rattraper et marche à ses côtés sans moufter un mot. J’ai besoin de lui, alors je fais le docile qu’il croit que je suis. Un sourire sarcastique éclaire mon visage. Je ne me suis jamais autant senti vivant. De mouton, je suis vraiment devenu ce que je suis censé être : un loup. Je prends toute la mesure de l’ineptie de jouer franc jeu. Si la morale est sauve, c’est impossible d’arriver à un but si on respecte les règles.

-… Qu’est-ce qui t’as fait changer d’avis ? Il y a quelque mois, tu voulais faire le moins de perte possible, même chez les chasseurs. Et là, tu parles simplement d’éradiquer le nid.

- Tu ne pouvais pas piffer le gentil étudiant que je représentais à tes yeux, ne te plaint pas du changement. Quant à mes motivations… est-ce que je te demande ce qui te hante ?

Je fais clairement référence aux recherches qu’il fait et que j’avais surprises à la bibliothèque. Je sais pertinemment que ce n’était pas une étude de cas pour ses élèves, mais bien d’une enquête personnelle. Maintenant que je flirt avec l’ombre, Adriann m’apparaît sous un autre jour. Le professeur a quelque chose de fascinant. Son arrogance ne me déplaît plus comme avant. Alors que je réfléchis sur le criminologue et sa relation étrange avec Garnet, nous stoppons devant une maison cernée par les flics. Du ruban jaune quadrille le périmètre, retenant les bandeaux loin de la scène. Il s’agit d’une réelle enquête. Si au départ, j’avais trouvé ça comme une perturbation, la curiosité l’emporte et je me demande ce qui nécessite l’avis d’un expert comme Adriann.

-Sheriff, Chad est l’un des meilleurs étudiants de mon cursus. Je pensais que, peut-être, il pourrait…  C’est un loup, précise Adriann, l’air entendu. Il nous aiderait grandement.

Je me redresse et fait mon sourire de gentil loulou. Le sheriff est le père de Stiles. Si nous ne nous sommes jamais rencontrés formellement, il m’a déjà vu aux côté de Derek, le petit ami de son fils. Je ne dis pas à Adriann que Stilinski sait parfaitement que je suis en architecture et non pas en criminologie. Cela n’a peu d’importance, un loup est toujours le bienvenu dans ce genre d’enquête. Et je suis sûr qu’il préfère que ce soit moi que Scott le pote à Stiles qui s’y colle.

L’odeur de sang nous prend au nez dès que nous entrons. Je regarde vivement Adriann. Le wendigo va-t-il résister à ce buffet qui semble lui être offert dans la cuisine de la maison ? Le spectacle est saisissant. Les flics en charge de l’affaire sont livides voir verdâtres pour quelqu’un d’entre eux. Mon passif me permet de rester de marbre. Je fais tout de même une grimace de dégoût pour donner le change.

-La victime est la bouchère du quartier. Elle avait disparu une semaine avant, expliqua un des policiers. Son mari nous as prévenu... Un peu trop tard, il avait déjà bouffé un bout de sa femme, mais bon. Il est dans le salon, si tu veux aller lui poser quelques questions.

Un wendigo ou un humain taré ? Je n’ai jamais questionné Adriann sur comment il s’y prenait pour… manger. Cuisinait-il, ou y allait-il en mode bête sauvage ? Adriann m’entraine dans la maison, je le suis dans les escaliers. Il se retourne, semblant inquiet de ma santé. De la tête, je lui indique la porte qu’il s’apprête à ouvrir. Dire que je suis totalement insensible à la scène de la cuisine serait faux. Mais j’acquière une capacité à me blinder en compartimentant mes émotions.

Je laisse Adriann fouiller la chambre. Il semble chercher les habitudes du couple et comprendre leur relation. Je me concentre sur les odeurs. Le souci est que les flics sont passés par là. La signature olfactive de la chambre est totalement brouillée. J’essaye tout de même de mémoriser les odeurs que je sens.

- Dix dollars qu’elle avait un ou plusieurs amants, dit Adriann.

- Je ne parie pas avec toi, je suis architecte pas détective.

Nous redescendons pour interroger le mari. L’homme est livide et semble en état de choc. Je crois qu’il oscille dangereusement entre catatonie et hystérie. Je reste en retrait et laisse Adriann le questionner.

-Vous aviez signalé sa disparition une semaine plus tôt, c’est ça ? Elle disparaissait souvent, c’est pour ça que vous ne l’avez signalé que deux jours après ?
-Elle rejoignait souvent des amies à elle, à Vegas. Chaque fois que la paye tombait, en fait. Comme c’était le cas là, je me suis pas fait un sang d’encre tout de suite. Elle aimait jouer, c’était obsessionnel. Je la laissais faire, elle dilapidait son argent comme elle  voulait.
-Pas de compte commun ?
- On a essayé. Une foutue idée, j’vous déconseille de vous lancer là-dedans avec votre demoiselle ! L’argent, ça jette toujours un froid dans les familles. Alors les couples…
-Je vous comprends. Vous sortiez souvent, ensemble ?
-On essayait, là aussi. Mais ça finit toujours pareil : dès qu’elle quittait son fameux club de lecture, le mardi et le jeudi soir chez la femme du boulanger, j’vous garantis qu’on se brouillait à coup sûr, soupira-t-il avant de tomber dans un silence redoutable.

Au fur et à mesure de l’interrogatoire, je me dis que j’ai été sage de ne pas relever le pari d’Adriann. Tous les indices sont là pour penser que la femme de la maison avait une autre vie que celle que son mari connait. Le pire est que c’est si évident quand il décrit sa femme alors que lui ne s’en rend pas compte. Par contre, ce qu’il ajoute ensuite ma fait froid dans le dos. Il a beau être charcutier de métier…

-Dites, vous… Vous avez l’air des types plus chouettes que les flics, là. J’peux vous toucher deux trois mots sur… Non, oubliez. Oubliez. C’est pas important.
-Dites-nous, Stuart. Tout ce à quoi vous pensez est important pour nous.
-L’assaisonnement du carpaccio… De ma… femme. Il est étrange. Pas un fin connaisseur qu’il l’a fait, si vous voulez mon avis.
-On prend tout ça en note. Votre aide a été précieuse, Stuart.

Adriann ressort de la maison et semble apprécier l’air pur du dehors.

- Des envies gastronomiques difficiles à maîtriser ? Demandé-je narquois.

Le criminologue me fait une grimace, je lui réponds de la même manière. Nous faisons un drôle de duo. Mais je pense être là où Adriann m’attend. Comme un chieur de première, sur qui il peut compter et aussi lâcher ses états d’âme sans filtre. Amitié vache, relations acides, cruelles parfois, mais vraies. Nous sommes loin d’être de gentils partenaires. Non, nous sommes deux individualités qui mettent en commun leur force pour un temps donné. La suite de notre enquête nous mène chez le boulanger où la victime venait soit disant voir l’épouse pour un club de lecture. Devant la maison, Adriann m’invite à gérer cette partie. Je sonne donc à la porte. Un homme nous ouvre, il a encore sa tenue de travail, c’est le boulanger.

- Bonjour monsieur. Chad Wilder, assistant du professeur Adriann Weizerling ici présent. Nous sommes chargés d’une enquête pour le compte du sheriff Stilinski.

Je reprends mon souffle et une idée me fait poursuivre.

- J’ai une première question. Votre épouse tient-elle un club de lecture ?
- Non pourquoi ?
- Pouvons- nous poursuivre à l’intérieur ?

L’homme s’efface et nous laisse entrer. J’ai un sourire satisfait vers Adriann. L’alibi de la bouchère vient de tomber. Nous avons la preuve qu’elle trompait bien son mari. La suspicion d’Adriann devient un fait. J’ai bien fait de m’abstenir de relever son pari.  « Ai-je bien travaillé professeur » mimé-je. L’Allemand secoue la tête d’exaspération devant mon sourire niais. La brouille n’est pas loin… Ma pitrerie jette un froid.

- Connaissez-vous madame Fitzgorvel la bouchère ?
- C’est une amie de ma femme.
- Elle est morte, apparemment assassinée par son amant... Il y a du sang partout dans sa cuisine et…
- Ce n’est pas moi !
- Vous étiez son amant ?
- … euh oui… Pollie avait… de grand appétits que Stuart son époux ne comblait pas… Je ne suis pas le seul homme qu’elle voyait… C’était obsessionnel pour elle.
- Vous connaissez les autres hommes qu’elle voyait  et qui pourrait lui en vouloir ?
- Le primeur ! Elle venait de le larguer. Elle m’aimait pas vraiment l’assaisonnement de leur relation… enfin vous voyez ce que je veux dire…

L’homme rougit jusqu’à la racine de ses cheveux. Adriann me fait quasiment du pied pour que je le regarde. Sa question muette est évidente : est-ce que l’homme ment. Je secoue la tête par la négative. Les battements d sont cœurs se sont peut-être emballé en apprenant la mort de sa maîtresse, mais il n’a pas failli quand il a affirmé être innocent. Nous ressortons en saluant le boulanger.

- Et bien allons voir celui qui s’est fait rembarrer, le primeur. On ne sort pas de la bouffe, tu ne trouves pas Adriann ?

Défit Jordan, mots placés : obsessionnel, sang, assaisonnement, idée, froid, brouille

© Fiche & montage by Mafdet Mahes, Dessin by Mokolat


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adriann Weizerling

avatar

Humeur : Sanglante
Messages : 399
Réputation : 107
Date d'inscription : 10/01/2015

MessageSujet: Re: Darkness | PV Adriann   Dim 28 Fév - 19:14




Dead end

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
Interroger des suspects n’était rien d’autre qu’un exercice d’attention. Ecouter l’intonation, observer leur gestuelle, leur mécanisme de défense. Timbre de voix las, horrifié. Son pouce venait régulièrement frotter son alliance, ses yeux supportaient mal de se fixer sur un endroit en particulier, encore moins une personne. Le mécanisme de défense ? Chez Stuart Fitzgorvel, presque inexistant. L’homme n’avait visiblement pas l’habitude de parler de son couple, encore moins de lui-même. Il fallait l’amener à s’ouvrir et à se livrer, et pour ça, il fallait donner du crédit à ses paroles. Sa femme lapidait son argent ? Oui, il était clair qu’elle dépensait beaucoup. Elle avait un fort caractère ? Il ne fallait pas en douter une seule seconde. L’exercice s’était révélé plus facile que ne laissait présager son état et l’interrogatoire avait tourné court : ce n’était pas la personne qui m’intéressait le plus, désormais. Ni même le boulanger chez qui nous allions. Celui qui m’intéressait pour le moment était Chad. Chad et son calme incroyable pour une scène d’une telle nature. Il dégageait quelque chose de  plus… sombre. Plus magnétique que la dernière fois où l’on s’était vu.

-Des envies gastronomiques difficiles à maîtriser ? demanda-t-il, narquois, lorsque nous mettions enfin les pieds dehors.
-Des tentatives d’humour difficiles à contenir ?, répliquai-je en haussant un sourcil moqueur.

Sur le trajet, je ne pouvais m’empêcher de jeter des regards fréquents sur lui. Des regards cliniques, professionnels, loin du regard déshabillant que j’avais pu lui lancer à notre première rencontre. Sa démarche avait légèrement changé. Plus assurée, elle s’apparentait plus à celle d’un prédateur qu’à celle d’un banal étudiant. Avait-il déjà basculé ? Et surtout, pourquoi ? Il portait toujours son alliance, donc son histoire avec Mich… Mich… Mick ? Bref, peu importait ! Leur histoire devait toujours fonctionner. Et dans le cas contraire, j’étais loin de vouloir m’impliquer dans la vie sentimentale du loulou. Il devait bien avoir sa meute pour ça. Si tenté que son brusque changement n’influençait pas sur ses relations avec ses congénères.
Arrivé devant la porte du boulanger, je laissais le soin à Chad de mener l’interrogatoire. Il serait en position de force et ma curiosité m’enjoignait de voir si sa récente assurance le pousserait à prendre un certain avantage sur l’artisan. Même minime. Si notre petit jeu abordait une nouvelle facette, je voulais en connaître les capacités et les limites.

-Bonjour monsieur. Chad Wilder, assistant du professeur Adriann Weizerling ici présent. Nous sommes chargés d’une enquête pour le compte du sheriff Stilinski.  J’ai une première question. Votre épouse tient-elle un club de lecture ?, demanda-t-il après une bref pause.

Dieu merci, son intuition était meilleure que son sens de l’humour. Le boulanger répondant par la négative, nous nous forcions un passage dans sa maison, lorsque Chad se retourna vers moi, irradiant d’un sourire amusé. Ses lèvres bougèrent pour mimer un « Ai-je bien travaillé professeur ? ». Je le fusillai du regard pour qu’il se concentre. Quel crétin. Le boulanger nous proposa de nous installer à la table. Assis face à nous, il semblait passablement inquiet de notre présence ici.

- Connaissez-vous madame Fitzgorvel la bouchère ?
- C’est une amie de ma femme, répondit-il, méfiant.
- Elle est morte, apparemment assassinée par son amant... Il y a du sang partout dans sa cuisine et…
- Ce n’est pas moi !

Le cri était sorti droit du cœur. Visiblement, il regrettait légèrement d’avoir avoué si facilement sa tromperie. Son élocution tremblante confirmait la présence d’autres amants dans la vie de Pollie, mais pas son innocence. Chad le savait, et lorsqu’il m’indiqua que non, nous ne tenions pas le coupable, un soupir franchit mes lèvres. J’espérais sincèrement que le primeur était le coupable. Une enquête restait une enquête, intriguante et passionnante, mais… pas les crimes passionnels. Maintenant encore moins qu’il y avait quelques mois. La remarque de Chad avait vu juste. Si l’affaire Henning était résolue, le procès de sa femme, lui, trainait encore. La perte était moins douloureuse qu’avant, mais la procédure ne permettait pas de passer le cap. Pas encore. Nous sortions de la maison du boulanger en le remerciant de sa coopération. Le lycanthrope se tourna vers moi, fier de lui :

- Et bien allons voir celui qui s’est fait rembarrer, le primeur. On ne sort pas de la bouffe, tu ne trouves pas Adriann ?
-Ca me donnerait presque faim, acquiesçai-je en grognant. J’avais tellement envie de taper dans le carpaccio…

Le nez rivé sur mon téléphone pour trouver l’adresse du primeur, nous avancions sans un mot avant d’être interpeller. Un jeune homme se pressa de nous rejoindre, en tablier lui aussi. Le fils du boulanger … ? Il se tordait les mains, visiblement gêné de nous parler. Le gamin jetait régulièrement des coups d’oeils derrière son épaule. A mon offre d’aller un peu plus loin, il hocha la tête en soupirant de soulagement.

-Je suis Gregory, le fils du boulanger. Il m’a dit, enfin… que vous interrogiez les gens sur le meurtre de Pollie ?  Je me suis dit que ce serait une bonne idée de venir vous parler. Je la connaissais, disons… plutôt… intimement.
-Intimement comme dans amants ?, demandai-je en redoutant presque la réponse.
-Euh… Oui, c’est l’idée.

Je retins difficilement un éclat de rire. Le parent ET le gamin ? Pollie Fitzgorvel et moi avions plus en commun que ce que je pensais.

-Elle aimait bien le fait que je sois pâtissier. Et que j’ai 19 ans. Et j’aimais bien qu’elle aime ça, ça permettait à notre liaison d’avoir un assaisonnement assez… spécial.
-Vous saviez qu’elle avait d’autres amants, pas vrai ?
-Bien sûr ! Le sexe pour elle, c’était presque obsessionnel. C’était clair qu’entre nous... Il n’y avait qu’une relation… charnelle. Le primeur, par contre, il espérait autre chose… Ca a jeté un froid lorsqu’il a compris qu’elle voyait d’autres hommes.
-Votre père était au courant de votre liaison ?
-Oh, non ! Il a des coups de sang, très souvent. Je n’ai pas envie qu’on se brouille. Et puis, aucune femme ne peut se mettre en travers d’une relation entre père et fils, pas vrai ?

Un lourd silence répondit à son interrogation. Chad comme moi retenions notre rire à grande peine et c’est les sourcils froncés par la concentration que je l’autorisais à nous quitter. Lorsqu’il fut assez éloigné, je coulais un regard sur le loup et m’autorisais enfin à rire.

-J’espère que le primeur sera à la hauteur de la famille, soufflai-je en reprenant ma respiration.

Souhait que j’aurais préféré ne pas faire lorsque la porte du primeur s’ouvrit, laissant apparaître un visage banal, mais un regard d’un bleu transcendant qui attirait immanquablement l'attention, et que je connaissais désormais.



Les partenaires de crimes

CODE BY AMIANTE


wendigowak


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chad Wilder

avatar

Humeur : En colère
Messages : 833
Réputation : 70
Date d'inscription : 15/11/2014
Localisation : Beacon Hills

MessageSujet: Re: Darkness | PV Adriann   Mar 8 Mar - 21:10



Dead line

Je me prends au jeu de cette enquête policière. Cela retarde un peu ma chasse aux chasseurs, mais mine de rien c’est plutôt formateur. Sans en avoir l’air, j’observe Adriann à l’œuvre. Lui aussi semble oublier qu’il y a des proches de son dernier repas qui lui courent après pour lui faire la peau.

- Et bien allons voir celui qui s’est fait rembarrer, le primeur. On ne sort pas de la bouffe, tu ne trouves pas Adriann ?
- Ca me donnerait presque faim. J’avais tellement envie de taper dans le carpaccio…

Évidemment… Le petit ami de Derek pense être le roi du sarcasme, j’en connais un autre qui le rivalise haut la main. Mais le naturel d’Adriann colle à merveille à ma sombre humeur. Je ricane donc à ses bêtises, ne m’offusquant pas du déplacé de nos allusions douteuses. Je me rends compte que la raillerie me vient facilement, très facilement. Le côté sombre de la nature humaine est très attractif. Cogner est plus facile que tendre la main.

Les mains dans les poches, je marche au côté du professeur. Nous allons interroger le suspect suivant. Je ne me suis jamais imaginé dans la peau d’un enquêteur, mais là, je suis très curieux de savoir qui a transformé la bouchère en carpaccio. Il fut un temps je me serais ému du décès de cette dame. Mais là… Le meurtre de cette adique du sexe ne me fait ni chaud ni froid. A force de courir le lièvre, on finit par se faire attraper par le renard…

Un jeune homme nous interpelle. A son malaise évident, il est clair qu’il veut nous parler de l’affaire en cours. Il s’agit du fils de boulanger, Grégory. Un jeune homme de dix-neuf ans, pâtissier de son état. Ce qu’il nous apprend me sidère. La défunte avait une vie sexuelle particulièrement animée. Adriann est à la limite de s’écrouler de rire. Moi, je reste plus circonspect. Mis à part mon triangle amoureux avec Mick et Miyavi, je suis toujours resté dans le traditionnel de ce point de vue-là. Je ne dis pas que j’apprends des choses, mais c’est toujours étrange d’y être réellement confronté. Sans trop de honte, le jeune homme nous révèle que non seulement il se tapait l’amante de son père, mais que la bouchère avait des gouts assez… gourmands en matière de sexe. J’esquisse un sourire en pensant au moule en latex que Matrim m’a fait, et qui me permet de me confectionner des Mick en chocolat. Finalement, nourriture et sexe… ça peut faire bon ménage… en évitant de finir en carpaccio sur la table de sa cuisine !

-Vous saviez qu’elle avait d’autres amants, pas vrai ? Demande Adriann.
-Bien sûr ! Le sexe pour elle, c’était presque obsessionnel. C’était clair qu’entre nous... Il n’y avait qu’une relation… charnelle. Le primeur, par contre, il espérait autre chose… Ça a jeté un froid lorsqu’il a compris qu’elle voyait d’autres hommes.
-Votre père était au courant de votre liaison ?
-Oh, non ! Il a des coups de sang, très souvent. Je n’ai pas envie qu’on se brouille. Et puis, aucune femme ne peut se mettre en travers d’une relation entre père et fils, pas vrai ?

C’est qu’il a de l’aplomb le fils du boulanger. Même Adriann en reste comme deux ronds de flan. Est-ce la candeur de son jeune âge qui lui donne une telle assurance, mais il ne semble pas bien attristé par la mort de sa Pollie. Nous le laissons filer, engrangeant l’indice qu’il nous a donné. Au bout d’une dizaine de mètres Adriann me regarde avec un sourire qui s’étire sur ses lèvres. Nous rions de concert sur ces gens de peu de mœurs et de moralité. Adriann fait presque figure d’enfant de cœur avec sa petite vie réglée sur des amants affublés d’un jour de la semaine.


-J’espère que le primeur sera à la hauteur de la famille, souffle Adriann en se remettant de son hilarité.
- J’ai l’impression que cela va crescendo, répliqué-je.

Nous poursuivons notre chemin un peu guillerets et décontractés. Nous nous demandions comment le mari de la victime pouvait être aussi naïf. La joyeuseté du moment stoppe nette quand le suspect suivant ouvre la porte de sa maison. De toute évidence, Adriann connait le primeur et ne semble pas réellement ravi de le voir si j’en crois au double looping que vient de faire son cœur.  Dans les battements de son palpitant, il y a non seulement de la surprise, mais aussi de la peur. Et quand un wendigo a peur… c’est qu’en face c’est potentiellement pire qu’un wendigo... Euh... C'est possible ça ?! Le primeur jauge Adriann. Il semble également surpris, mais pas mécontent... Le type sent l'humain. Je ne dis rien, reste en retrait, mais me tiens prêt à agir en fonction de la réaction du criminologue.

- Mais...

L'odeur de ce type est la même que celle sur la veste d'Adriann. Je crois que notre première affaire nous revient en pleine face comme un boum-rang



© Fiche & montage by Mafdet Mahes, Dessin by Mokolat


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adriann Weizerling

avatar

Humeur : Sanglante
Messages : 399
Réputation : 107
Date d'inscription : 10/01/2015

MessageSujet: Re: Darkness | PV Adriann   Sam 26 Mar - 20:26




Solving problems

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
Le sang  battait dans mes tempes. Crescendo. Réglé sur les battements de mon cœur, prêt à exploser. Le sourire du type en face faisait naitre une peur irrationnelle au fond de mes entrailles. Sourire carnassier, sourire animal, sourire morbide. Ces mêmes sourires qui s’étaient tantôt affichés sur les lèvres des types du hangar, sur la chasseuse que j’avais éliminée, sur mes lèvres couleur sanguine. Et à présent, les siennes, qui bougeaient sans qu’aucun son ne me parvienne. Des flashs criblaient mes pensées, menaçant de les faire sombrer une nouvelle fois. Le hangar. Il était hors de question de continuer ce rôle de bête traquée.

-… de te retrouver ici, Adriann, triompha le primeur, déjà victorieux. Et tu as ramené… Chad Wilder, si je ne me trompe pas ? Les gens parlent beaucoup de toi aussi. Tu as l’air très demandé.
-Je vais te demander de sortir de chez toi, Jared, sifflai-je en sortant ma carte de consultant de la police. Tu es un suspect dans une affaire pour meurtre. Le nom de Pollie Fitzgorvel doit sûrement te dire quelque chose.

Ses pupilles se fixèrent de moi à Chad, à la carte. Il tendit la main pour l’attrapée et je reculais d’un pas pour l’attirer un peu plus dans la rue. Le flot continuel de passant nous garantissaient au moins de sortir de cette entrevue vivants. Que ce soit pour nous comme pour lui. Ce n’était évidemment pas l’envie qui manquait, mais le meurtre n’était pas une option envisageable. Pas sur une enquête de police. L’idée de falsifier des preuves pour accuser Jared persistait dans mon esprit, mais là aussi… Peu importait, au fond. Notre salut était déjà trouvé. Il ne restait plus qu’à se mettre à sa quête et à le convaincre. Le primeur sortit de sa maison, les bras croisés, le regard noir.

-Pollie Fitzgorvel. Elle a enfin eu la bonne idée de mourir, cette garce ?, cracha-t-il.
-Hm hm, acquiesçai-je sans lâcher son regard. Envie de dire tout ce que tu as sur le cœur à son sujet, peut-être ? Et je te conseille de coopérer. La police n’est qu’à un coup de fil de t’arrêter pour obstruction à la justice.

-Connards… Bien. Pollie et moi sommes… étions en froid, je l’avoue. Elle m’a largué il y a une semaine à peine. Je pensais qu’elle reviendrait vers moi en s’excusant. Elle était tellement nympho qu’elle serait revenu tôt ou tard de toute façon.
-Tu peux nous décrire le genre de… relation que tu entretenais avec elle ?
-J’avais la même relation qu’elle avait avec quatre autres types. Enfin, trois, parce qu’on peut pas dire que son boulet de mari compte vraiment, je suppose. Elle me disait souvent que j’étais la seule à lui faire vraiment plaisir. Elle disait ça à tous. Elle cherchait à tous nous brouiller.

-Y avait-il de la violence dans vos rapports ?
-Evidemment, ricana-t-il. C’était même la base de l’assaisonnement pour notre relation. On avait l’habitude de se mordre. Parfois jusqu’au sang.
-Qui était le dominant ?, demandai-je, les yeux plissés.
-Nous deux. Elle avait des périodes dans lesquelles c’était vital pour elle de dominer, s’en était obsessionnel. Alors je la laissais faire, et lorsque c’était fini, je reprenais les rênes.
-Tu disais qu’elle voyait quatre autres hommes. Son mari, le pâtissier et le boulanger. Qui est le dernier ?
-Si vous croyez que je vais aider une équipe de monstres, vous êtes moins malins que ce que je pensais. Obstruction à la justice ou non, faites votre boulot.

Jared nous scruta du regard chacun notre tour en tapotant sa montre d’un air narquois. Menace comprise. La porte claqua, faisant de nous des enquêteurs sans aucune piste à suivre pour le moment. Toujours affamé par la pensée du carpaccio, je proposais au loup un en-cas, autant pour pouvoir parler de l’enquête et y réfléchir à tête reposée que pour lui présenter notre issue de secours.
Attablés devant une assiette de gaufres, d’assortiments et d’une carafe entière de café, j’exposais nos pistes sérieuses. Le mari n’était pas coupable. Trop asservi, trop naïf, sa réaction avait été sincère. Chad avait blanchi le pâtissier grâce à ses battements de cœurs… Son fils, alors ? N’était-il pas trop proche de son père pour lui faire une chose pareille ? Je choisissais d’écarter le pâtissier. Quant à Jared, le primeur…

-Il ne sentait pas le sang. Un meurtre de cette nature laisse une odeur sur celui qui le commet.

Du criminologue et du meurtrier expérimenté, c’était cette dernière facette qui exprimait son point de vue sur ce détail. Penseur, j’engloutissais plusieurs gaufres, à peine conscient de manger. Malgré ça, ma faim restait envahissante et une petite sortie au clair de lune serait peut-être nécessaire plus tôt que ce que j’aurais cru. Au risque de croiser tous les chasseurs qui avaient l’air d’en avoir après moi.

-Le coupable –le véritable coupable- est malade. Soit il est dépressif, soit c’est un psychopathe. Dans les deux cas, c’est une bonne chance pour nous, admettais-je en me penchant en avant, baissant d’un ton. Dans tous les cas, c’est un homme jaloux. On peut appuyer sur ce point pour le manipuler et le pousser à éliminer Jared. S’il est dépressif, on le poussera au suicide ensuite. Aucun risque qu’il ne parle de nous depuis sa tombe. Et s’il est psychopathe... On lui fournit des preuves que Jared fréquentait aussi Pollie, qu’il la faisait souffrir. On devrait s’entendre facilement.

Je m’affalais sur le siège, scrutant les réactions de Chad. Qu’il cautionne ou non, c’était notre seule option pour tuer le chasseur. Et n’était-ce pas un premier pas vers la disparition totale de l’espèce ? Si. Alors il faudrait que le loup prenne pleinement conscience qu’il allait falloir tôt ou tard se salir les mains… Mon téléphone vibra, interrompant mon observation appuyée. Du bout du pouce, je fis apparaître le message du Sheriff, l’adresse d’un magasin. Une poissonnerie. Je levais les yeux au ciel en finissant ma tasse de café, montrant les quelques mots à l’étudiant.

-Si c’est notre homme et si tu veux que je fasse le sale boulot, préviens-moi à l'avance.



Les partenaires de crimes

CODE BY AMIANTE


wendigowak


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chad Wilder

avatar

Humeur : En colère
Messages : 833
Réputation : 70
Date d'inscription : 15/11/2014
Localisation : Beacon Hills

MessageSujet: Re: Darkness | PV Adriann   Ven 1 Avr - 18:25



Darkness

Dès que je reconnais l’odeur qui se trouvait sur la veste d’Adriann, odeur appartenant à un chasseur, je me crispe prêt à toute éventualité.

-… de te retrouver ici, Adriann, triompha le primeur, déjà victorieux. Et tu as ramené… Chad Wilder, si je ne me trompe pas ? Les gens parlent beaucoup de toi aussi. Tu as l’air très demandé.

-Je vais te demander de sortir de chez toi, Jared. Tu es un suspect dans une affaire pour meurtre. Le nom de Pollie Fitzgorvel doit sûrement te dire quelque chose.

Bon sang, pourquoi ce gars connait mon nom ? Cela n’augure rien de bon. Ce type a une longueur d’avance. Adriann ne se démonte pas et lui balance la raison de notre venue presque comme si de rien n’était. Je salue son sang-froid, car le martellement de son cœur me dit qu’intérieurement c’est plutôt le mode panique qui est en marche. Pour avoir affronté le wendigo une nuit de pleine lune alors que j’étais là pour l’endiguer, sa peur serait presque communicative. Si un prédateur de son envergure s’emballe, ce n’est certainement pas sans raison valable. Adriann a la brillante idée de reculer quand ce Jared tente de lui attraper sa carte de consultant. Il n’est pas tard et la rue est relativement animée. Cela nous assure une sécurité relative.

- Pollie Fitzgorvel. Elle a enfin eu la bonne idée de mourir, cette garce ?,
- Envie de dire tout ce que tu as sur le cœur à son sujet, peut-être ? Et je te conseille de coopérer. La police n’est qu’à un coup de fil de t’arrêter pour obstruction à la justice.
- Connards… Bien. Pollie et moi sommes… étions en froid, je l’avoue. Elle m’a largué il y a une semaine à peine. Je pensais qu’elle reviendrait vers moi en s’excusant. Elle était tellement nympho qu’elle serait revenu tôt ou tard de toute façon.

C’est moi où Adriann vient de manière magistrale de retourner la situation ? De surnaturels pris dans les phares d’un chasseur, nous voilà apprentis inspecteurs pouvant potentiellement lui coller un meurtre sur le dos. Le chasseur fait moins le fier, mais répond sans honte ni pudeur sur la nature de ses relation avec la défunte.  Finalement, je joue dans la cours des petit avec mes Mick en chocolat fait avec le moule que m’a fabriqué Matrim d’un Mick plutôt en forme.

-Tu disais qu’elle voyait quatre autres hommes, poursuit Adriann. Son mari, le pâtissier et le boulanger. Qui est le dernier ?
-Si vous croyez que je vais aider une équipe de monstres, vous êtes moins malins que ce que je pensais. Obstruction à la justice ou non, faites votre boulot.

Le drôle d’olibrius nous montre sa montre d’un air d’idiot qui fait l’intelligent puis nous claque sa porte au nez. Je suis abasourdi par la tournure des événements. Un peu distrait, j’acquiesce à la proposition d’aller manger un bout du professeur. Initialement j’étais venu le prévenir qu’il avait des chasseurs aux fesses. Chasseur à qui il venait juste d’échapper avant de me rejoindre au café et me faire renifler l’odeur résiduelle de son poursuivant sur son blouson. Comment après cela nous nous sommes retrouvés mêlés à une enquête policière d’un meurtre plus que sordide… Je crois que Mick aura du mal à gober mon histoire. Le comble nous fait retrouver le poursuivant d’Adriann parmi les suspects. Cela finit avec le chasseur-suspect-amant vache qui nous ferme sa porte au nez… Euh, il n’en avait pas après Adriann au départ ? Et par extension à moi également puisqu’il connaissait mon nom.

Je mange mes gaufrettes alors qu’Adriann me fait un remake de « How to get away with a murder » pour l’analyse et la recherche de preuves. Annalise Keating débarquerait en aboyant que nous sommes des incapables m’étonnerait qu’à moitié.

-Il ne sentait pas le sang. Un meurtre de cette nature laisse une odeur sur celui qui le commet.

- Je confirme pour l’odeur. Je me demande comment il a associé mon nom à ma tête d’ailleurs… Je ne souhaite pas tomber dans la psychose, mais les chasseurs qui peuvent faire une analogie entre nous deux sont ceux du hangar de dépeçage …

Mais Adriann est plongé dans l’enquête et un génocide de gaufres. Je partage un sucre en deux et le mets dans mon café. J’essaye de faire le vide et goute la saveur de l’arabica.

-Le coupable –le véritable coupable- est malade. Soit il est dépressif, soit c’est un psychopathe. Dans les deux cas, c’est une bonne chance pour nous. Dans tous les cas, c’est un homme jaloux. On peut appuyer sur ce point pour le manipuler et le pousser à éliminer Jared. S’il est dépressif, on le poussera au suicide ensuite. Aucun risque qu’il ne parle de nous depuis sa tombe. Et s’il est psychopathe... On lui fournit des preuves que Jared fréquentait aussi Pollie, qu’il la faisait souffrir. On devrait s’entendre facilement.

Je ne comprends pas pourquoi des gens achètent à prix d’or des bouts d’être surnaturel. Pensent-ils naïvement s’attribuer ainsi leur capacité ? S’ils ont connaissance de notre existence, ils savent bien qu’il y a des règles pour devenir un surnaturel. Pousser le vrai assassin à dégommer Jared ? En voilà une bonne idée. Cela correspond exactement à la méthode que je veux employer pour détruire les chasseurs, sans avoir à les tuer moi-même. Je veux apprendre à les connaitre, savoir ce à quoi ils tiennent, trouver les divergences d’intérêt et appuyer là où il faut pour provoquer le quiproquo fatal. Je remarque qu’Adriann attend que je réagisse à ses propos. Je lui souris et le regarde en baissant un peu le menton, le regard partiellement voilé par mes cheveux.

- Quand nous auront terminés avec cette affaire, il faut que je t’explique mon projet et son état d’avancement. Je crois que nous sommes exactement sur la même longueur d’onde.

Son téléphone qui sonne nous interrompt. Le sheriff nous envoie voir un poissonnier

- Si c’est notre homme et si tu veux que je fasse le sale boulot, préviens-moi à l'avance.

- Alors je te préviens que j’aimerais autant que tu fasse le sale boulot, car je ne suis pas certain que Mick me fera encore des câlins si mon regard de loup vire au bleu électrique.

***

L’odeur est… celle d’une poissonnerie. Et quand on a un odorat développé c’est vraiment insupportable. Il y a une cliente. Notre homme est en train de lui vider un poisson. Ses gestes sont sûrs et rapides. Les manches de sa veste de travail sont relevés. Je donne un coup de coude à Adriann. Les avants bras du poissonnier présentent des coupures étranges. Leurs orientations, leurs angles montrent que cela ne peut pas venir de son métier, à moins d’un acte de mutilation volontaire. Adriann parlait de dépressif… Un congélateur se met en route dans l’arrière-boutique avec une vibration de taule mal fixée.

Défi Jordan, mots placés : psychose, partage, saveur, câlins, coupures, congélateur.


© Fiche & montage by Mafdet Mahes, Dessin by Mokolat


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adriann Weizerling

avatar

Humeur : Sanglante
Messages : 399
Réputation : 107
Date d'inscription : 10/01/2015

MessageSujet: Re: Darkness | PV Adriann   Mar 12 Avr - 23:43




Pacte avec le diable

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
Que Chad n'assume pas son côté prédateur avait quelque chose de rassurant, même si je ne savais pas ce que je préférais en mon for intérieur : une énième bête sauvage à Beacon Hills, ou la créature domptée et lisse qu'il avait toujours été ? Les deux offraient des possibilités et des situations qui pourraient se révéler intéressantes. Très intéressantes, même. D'autant plus si nous étions, d'après ses dires, sur la même longueur d'onde. La stratégie n'avait jamais été mon fort : plus la confrontation était brutale et violente, plus elle était délicieuse. Mais la force n'avait déjà pas fonctionné dans le hangar et avec le côté sournois de Chad qui commençait à faire surface... je devais admettre que c'était grâce à cet atout que nous allions avoir une chance contre les chasseurs. Ou du moins, contre Jared, ce qui représenterait déjà une menace importante en moins. Et d'ailleurs... Eh, mais ! Il avait reconnu Chad, un loulou plutôt tranquille ! Ce n'était pas le genre de surnaturel à attirer directement l'attention, alors... Comment avait-il pu mettre un nom sur son visage ? Il aurait fallu que le chasseur ait un lien avec les types du hangar et... Oh... Je me tournais vers le loulou et lui exposais mon hypothèse. L'air blasé qu'il arbora me surprit d'autant plus qu'il finit par dire, sur un ton désabusé, qu'il avait déjà établi ce constat. Et qu'il m'en avait aussi déjà fait part dans le restaurant. Sceptique, je me contentais d'un petit haussement d'épaules "Ouais. C'est possible."

*

Mon enthousiasme à interroger un nouveau suspect fut coupé net par l'odeur qui régnait dans le magasin. Foutu poissonnerie. Du coin de l'oeil, je vis Chad esquisser une grimace identique et nos regards se poser sur le poissonnier, occupé avec une cliente. Les entrailles tombèrent dans l'évier avec un bruit qui m'était sûrement plus familier qu'il ne l'était pour le lycanthrope. La main qui tenait le couteau était ferme, les geste précis ; il savait ce qu'il faisait, même si, au fond de ses yeux, une faible lueur de dégoût brillait. Je cherchais ce que Pollie Fitzgorvel avait pu trouver à cet homme. Nous avions quelques goûts en commun, ou du moins, nous n'étions pas compliqués lorsqu'il s'agissait de choisir nos conquêtes. La question était, si j'avais rencontré le poissonnier dans un bar, aurais-je pu passer la nuit avec lui ? Oui. Il n'était pas spécialement beau ; mais il avait un air torturé qui... Qui fut confirmé par le coup de coude que Chad me donna pour indiquer les avants-bras de l'homme. Dépressif, donc. Ce serait délicat. Mais ce serait faisable.

-Désolé messieurs, l'offre de la St Valentin sur les sushis a expirée, nous dit le brun d'une voix enrouée. Je sais que les couples aimaient beaucoup... le... partage de sushis.

Il y eut comme un flottement après ses paroles. Les yeux plissés, Chad et moi nous dévisagions de haut en bas. Nous étions ce qui ressemblait le moins à un couple, non ? Et dieu merci !

-Nous ne sommes pas exactement un couple. Même s'il faut bien avouer que mon collègue en mourrait d'envie..., soupirai-je en prenant un air exaspéré. Non, à dire vrai, Mr. Johnson, nous sommes là pour parler de la relation sexuelle que vous entreteniez avec Mde. Fitzgorvel.
-Ce n'était pas une simple relation sexuelle !, s'écria-t-il en lâchant sa lame sur le plan de travail. Nous étions un couple, nous... nous nous endormions ensemble en faisant des câlins, enlacés !… C'est... C'est elle qui ne voyait pas les choses de la même manière. Elle disait que je souffrais d'une psychose et que rien ne serait jamais sentimental entre nous !

Et Johnson mena lui-même son propre interrogatoire, se lamentant de sa voix enrouée sur la frivolité de la femme qu'il aimait et qui ne faisait, au final, que se servir de lui, lui qui était un brave type qui respectait les femmes, contrairement à ce connard de primeur, qui...

-Jared ?, demandai-je en me rapprochant de lui, comme si son nom était une insulte en soi.
-Oui, cracha-t-il en remarquant mon opinion. Cet enfoiré la traitait mal et elle, elle se laissait faire ! Il fallait que je lui apprenne à se défendre, mais... mais elle n'a pas réussit, alors...
-Comment lui avez-vous appris ?, redemandai-je, faussement captivé, face à lui, drainant toute son attention par son regard. Un diable en pleine action.
-Elle... Elle est venue chez moi il y a quelques jours. Je lui ai demandé encore une fois de tout abandonner pour moi, que c'était à cause d'elle si j'étais... si les médecins m'avaient diagnostiqués dépressif. Cette pute m'a rit au nez en me montrant une vidéo d'elle en train de sucer le primeur !, hurla-t-il en attrapant le couteau avant de se ressaisir et de reprendre, d'une voix plus douce. Pollie ne savait pas ce qui était bon pour elle ou pas. Alors je lui ai demandé d'apprendre à faire la distinction, mais elle m'a ignoré et à commencer à se jeter sur moi en minaudant que j'avais toujours été bon pour elle, voir très bon... Mais ce soir-là, je ne l'étais pas. Elle n'avait rien appris.
-Alors vous l'avez tué. Mais c'était pour son bien, Mr. Johnson, n'est-ce pas ?, le rassurai-je d'une main sur son épaule en réponse à ses balbutiements. Elle est en sécurité, désormais, pas vrai ? Vous la gardez auprès de vous.

Il hocha la tête et nous contempla bêtement avant d'hocher la tête une nouvelle fois. Il souffla un grand coup et nous amena dans l'arrière-boutique. Plus nous avancions et plus le vibrement du congélateur se faisait entendre, accentuant le côté macabre de la scène. L'homme souleva le couvercle du congélo et s'écarta pour nous laisser jeter un coup d'oeil. Une jambe lui manquait, ce qui expliquait la nature exacte du carpaccio et son corps était tailladé. A mon interrogation silencieuse, Mr. Johnson expliqua avoir voulu la rapprocher le plus possible de la détresse qu'il vivait quotidiennement. Et peut-être aussi pour ajouter un peu de saveur. Avec un examen un peu plus poussé, j'étais presque sûr que les psychiatres auraient diagnostiqués une maladie mentale supplémentaire à notre meurtrier...

-Mr. Johnson... Vous devez comprendre qu'en tant que consultant pour la police, il est de mon devoir de vous dénoncer et de vous mettre en prison. Au vu de la nature de votre crime, vous passerez le reste de votre vie derrière les barreaux... cependant, repris-je d'un ton fraternel en posant mes mains sur ses épaules, d'homme à homme... Je ne peux vous cacher certaines informations de l'affaire. Avant de venir vous rendre visite, nous étions chez le primeur. Je crois que vous connaissez sa vulgarité, vous avez pu l'apercevoir en vidéo. Mais des vidéos comme celles-ci, il y en avait des centaines chez lui, sur son ordinateur. Il n'a pas hésité une seule seconde à nous proposer de les visionner.
-Mais... mais Pollie ne sera jamais en sécurité si... !
-Je sais. Et c'est pour ça que nous voulons vous offrir l'opportunité de la faire reposer en paix.



Les partenaires de crimes

CODE BY AMIANTE


wendigowak


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chad Wilder

avatar

Humeur : En colère
Messages : 833
Réputation : 70
Date d'inscription : 15/11/2014
Localisation : Beacon Hills

MessageSujet: Re: Darkness | PV Adriann   Ven 22 Avr - 15:42



Darkness

Le plan d’Adriann me confronte à mes propres desseins. Je suis pour le moment dans une phase de prise d’information. J’épluche et collecte les liens, les affiliations, les ententes et les complicités. Je fais une cartographie minutieuse de Beacon Hills et des gens qui sont au courant pour le surnaturel, après trois solutions : amis, neutres, chasseurs ou affiliés. Mais voilà que le criminologue me confronte au stratagème que je veux utiliser. Pousser les gens les uns contre les autres afin qu’ils s’éliminent entre eux, leur laissant faire le sale travail à ma place. La solution était plaisante dans mon esprit, m’y retrouver confronté brusquement et devoir passer à l’acte est bien plus difficile. Adriann n’a pas d’état d’âme concernant sa survie, je devrais être pareil, c’est indispensable et vital… Je revois le regard de Mick sur notre terrain, je me souviens du ton de sa voix quand nous parlions des plans de notre maison. Pour la première fois depuis la mort de ma mère, je suis pris de doutes et j’hésite.

***

Nous patientons dans une odeur de marée basse que le poissonnier soit seul. J’observe autant Johnson qu’Adriann. Je ne sais pas ce qu’il se passe dans la tête du professeur, mais il est certain qu’il cogite dur. Réfléchit-il à la manière qu’il va pousser ce type à commettre un crime ? Personnellement, je trouve difficile à amener quelqu’un à tuer pour une putain telle que l’était Pollie Fitzgorvel. Le crime parfait est difficile à concrétiser. Mais Adriann enseigne la criminologie. Il analyse le mentale des coupables, échafaude des méthodes pour les confondre. Qui mieux qu’un homme comme lui, peut réussir ce coup ? Puis, il est déjà un criminel par sa part wendigo. Quelle meilleure planque pour lui que d’enseigner la criminologie, jusqu’à être mandaté par le bureau du Sheriff. Stilinski tomberait de haut s’il savait qu’il emploie un cannibale pour l’aider.

-Désolé messieurs, l'offre de la St Valentin sur les sushis a expirée, nous dit le brun d'une voix enrouée. Je sais que les couples aimaient beaucoup... le... partage de sushis.

Je regarde Adriann qui fait de même. Penser que je peux être en couple avec lui ? Adriann a certes un sexappeal certain. Il le sait et en joue beaucoup. C’est tout à fait l’attitude que j’arbore. Quant au pur plan cul… je n’ai jamais fonctionné ainsi.  Bref, l’erreur est ridicule, puis j’ai toujours préféré les blonds aux yeux clairs.

-Nous ne sommes pas exactement un couple. Même s'il faut bien avouer que mon collègue en mourrait d'envie...

Je grogne mon mécontentement et bourre mon coude dans les côtes d’Adriann. Il m’agace tant que cela me donnerait presque envie de tomber dans le BDSM et de le soumettre brutalement. Il devrait faire attention à ses taquineries, je suis d’humeur versatile en ce moment…

- Non, à dire vrai, Mr. Johnson, nous sommes là pour parler de la relation sexuelle que vous entreteniez avec Mme Fitzgorvel.

- Ce n'était pas une simple relation sexuelle ! s'écria-t-il en lâchant sa lame sur le plan de travail. Nous étions un couple, nous... nous nous endormions ensemble en faisant des câlins, enlacés !… C'est... C'est elle qui ne voyait pas les choses de la même manière. Elle disait que je souffrais d'une psychose et que rien ne serait jamais sentimental entre nous !

L’homme nous dévoile ses sentiments pour la bouchère. Pas besoin d’être psychologue pour comprendre le bancale de leur relation. Le pire, c’est qu’il nous mâche le travail. Adriann rebondit habilement sur les jérémiades du poissonnier.

-Jared ? S’exclame Adriann le ton perfide.
-Oui. Cet enfoiré la traitait mal et elle, elle se laissait faire ! Il fallait que je lui apprenne à se défendre, mais... mais elle n'a pas réussi, alors...
-Comment lui avez-vous appris ?

Je me fais aussi discret que possible, n’osant croire que l’autre va se mettre à table si facilement. Tout semble être une question de doigté dans l’interrogatoire. Voir Adriann manœuvrer si facilement l’homme me change un peu l’image que j’avais du professeur. Il n’y a donc pas que de l’apparence, mais une réelle compétence, et pas seulement pour masquer ses propres crimes…. Je réalise que  je fais ami-ami avec un cannibale, un assassin. Non que je découvre cette facette de sa personne, mais plutôt mon acceptation de ce qu’il est. Le côté sombre d’Adriann ne me dérange plus comme avant.

-Elle... Elle est venue chez moi il y a quelques jours. Je lui ai demandé encore une fois de tout abandonner pour moi, que c'était à cause d'elle si j'étais... si les médecins m'avaient diagnostiqués dépressif. Cette pute m'a ri au nez en me montrant une vidéo d'elle en train de sucer le primeur !, hurla-t-il en attrapant le couteau avant de se ressaisir et de reprendre, d'une voix plus douce. Pollie ne savait pas ce qui était bon pour elle ou pas. Alors je lui ai demandé d'apprendre à faire la distinction, mais elle m'a ignoré et à commencer à se jeter sur moi en minaudant que j'avais toujours été bon pour elle, voire très bon... Mais ce soir-là, je ne l'étais pas. Elle n'avait rien appris.

-Alors vous l'avez tué. Mais c'était pour son bien, Mr. Johnson, n'est-ce pas ? Murmure doucement Adriann. Elle est en sécurité, désormais, pas vrai ? Vous la gardez auprès de vous.

Le silence se fait dans la poissonnerie. Puis l’homme hoche la tête, avouant son crime. Je suis sidéré. J’avoue que là c’est du grand art. Adriann a surfé sur la psychologie du tueur. Ce dernier nous invite à entrer dans son arrière-boutique. Quand il se dirige vers le congélateur, j’ai un mouvement de recul comprenant ce que nous allons y trouver. Après l’attaque du manoir et de la riposte sanglante de la meute, je pensais être vacciné contre la vue de corps… Mais plus je cotoie Adriann, plus ma détermination à éliminer les chasseurs s’effrite, du moins sur les moyens que je pensais utiliser.

-Mr. Johnson... Vous devez comprendre qu'en tant que consultant pour la police, il est de mon devoir de vous dénoncer et de vous mettre en prison. Au vu de la nature de votre crime, vous passerez le reste de votre vie derrière les barreaux... cependant, d'homme à homme... Je ne peux vous cacher certaines informations de l'affaire. Avant de venir vous rendre visite, nous étions chez le primeur. Je crois que vous connaissez sa vulgarité, vous avez pu l'apercevoir en vidéo. Mais des vidéos comme celles-ci, il y en avait des centaines chez lui, sur son ordinateur. Il n'a pas hésité une seule seconde à nous proposer de les visionner.

-Mais... mais Pollie ne sera jamais en sécurité si... !

-Je sais. Et c'est pour ça que nous voulons vous offrir l'opportunité de la faire reposer en paix.

Le ver est dans la pomme… J’assiste totalement spectateur à l’idée d’un nouveau meurtre qui germe dans l’esprit de Johnson. Avant de partir, Adriann précise qu’il doit prendre le temps de faire un rapport et que les aveux du poissonnier ne seront connus du Sheriff que le lendemain. En gros, il laisse clairement entendre à Johnson qu’il a peu de temps pour faire son compte à Jared.

***

Je sors de mon cours de CAO et aperçois Adriann dans le couloir qui me fait signe. Il m’apprend que Jared s’est fait superbement égorger et équarrir… Il tient l’information du Sheriff. Adriann m’avertit qu’il va donner ses conclusions un peu arrangées, vu qu’il n’a pas prévenu immédiatement le bureau du Sheriff des aveux du poissonnier.

- Adriann ? C’est possible d’utiliser tes passe-droits pour aller fouiller la maison de Jared ? On trouvera peut-être des renseignements sur… l’organisation à laquelle il appartenait. J’aimerai m’assurer de ne pas me retrouver dans un certain hangar, si tu vois ce que je veux dire.

Jared savait qui j’étais, alors que je ne l’ai jamais vu. Ce type a donc un dossier sur ma pomme.



© Fiche & montage by Mafdet Mahes, Dessin by Mokolat


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adriann Weizerling

avatar

Humeur : Sanglante
Messages : 399
Réputation : 107
Date d'inscription : 10/01/2015

MessageSujet: Re: Darkness | PV Adriann   Sam 7 Mai - 23:46




What's left behind

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
Inutile d’écouter les six messages laissés sur la messagerie par le Sheriff pour spéculer sur ce qu’il s’était passé pendant la nuit. Jared avait espéré croiser quelqu’un au clair de lune, malheureusement, il était tombé sur la mauvaise bête. Il n’y avait rien de plus brutal qu’un homme désespéré à la recherche de la paix intérieure, peu importe si pour la trouver il devait emprunter le chemin de la violence. Et pour mon plus grand bonheur, Johnson avait aussi trouvé la mort, ce qui au vu de mon implication passive dans l’affaire, n’était pas plus mal : ce coup-ci avait été quitte ou double, et j’avais été en réalité bien moins assuré que ce que j’avais laissé paraître à Chad. Mais il ne me restait plus qu’à jouer mon rôle devant le Sheriff et ma complicité dans cette histoire sanglante serait enterrée avec les cadavres.

Les scientifiques avaient déjà finis leur travail lorsque j’arrivais sur place. Il ne restait plus qu’une quinzaine de policiers, largement en sous effectifs pour contenir la foule de badauds qui se pressait pour tenter d’apercevoir brièvement une éclaboussure de sang. Curiosité morbide, presque perverse, qui caractérisait tous les êtres humains. Je me frayais un chemin, difficilement, et passais enfin sous le ruban de la police. L’adjoint au Sheriff m’accorda un regard méfiant, presque noir, auquel je répondis de la même manière. Je savais qu’il était au courant de ma seconde nature et que mon travail dans la police ne le faisait pas rêver. Quant à mon opinion sur lui… disons que ne pas savoir exactement à quelle race il appartenait me dérangeait. Au diable la solidarité entre les surnaturels : personne n’en éprouvait pour les wendigos, alors je n’en éprouverais pas pour eux non plus.

La scène était à la fois sanglante et réjouissante. Le crâne de Johnson avait été éclaté par une balle tandis que dans sa main gisait un hachoir tâché d’hémoglobine. Du liquide, il y en avait absolument partout ; sur les murs, les tapis, les meubles. Rien n’avait été épargné. Même l’ordinateur de Jared avait été mis en pièce. Quant à Jared, justement…

-Il s’est trainé jusqu’à son téléphone, m’interpella Stilinski en me guidant dans l’autre salle, prenant soin d’éviter les longues trainées rouges sombres sur le parquet.
-Son téléphone ? Il a voulu composer le numéro des urgences ?

Le Sheriff secoua la tête. Le numéro que le chasseur avait composé avant d’être emporté par ses blessures était un numéro d’un téléphone fixe qui n’était pas attribué, m’apprit-il, dépité.

-J’ai l’impression qu’il est en lien avec quelque chose qui me dépasse.

Je lui offris un geste de réconfort. Il n’avait pas tort, et c’était mieux pour les habitants de cette ville s’il ne s’impliquait pas plus dans le milieu du surnaturel. Surtout au vu des agissements de Jared, qui étaient loin d’être le plus clément des chasseurs. Délaissant la pièce du massacre, je montais dans l’escalier pour découvrir une… salle de jeu ? Wow. Le mythe du parfait sadique venait d’être brisé… Mais l’étage n’était réellement que ça : un billard, un golf miniature et trois écrans d’ordinateurs, qui étaient en veille. Après avoir vérifié que personne ne montait les escaliers, je m’installais face au bureau et bougeait la souris avec ma manche. Hors de question de laisser ne serait-ce qu’une empreinte dans la maison de ce sadique. Surtout si ce dit sadique avait des amis qui jouaient aussi dans sa catégorie. Un énorme soupir franchit mes lèvres à la vue de l’écran : un mot de passe était demandé. Donc les recherches sur son implication avec les types du hangar se terminaient ici. Pas très brillant, comme enquête. J’imaginais déjà les railleries de Chad, et il était hors de question que les évènements lui  laissent l’occasion de prendre le dessus sur moi. Il devait y avoir autre chose. Un chasseur ne gardait pas tout sur de l’électronique, si ?  Je fis un tour sur la chaise en scannant la chambre. Une petite bibliothèque était poussée dans un angle de la pièce, à peine plus haute que ma hanche. Des anciens livres reliés, en plusieurs langues, du russe comme de l’espagnol, des plus récents et une série de comics. Distraitement, je me saisis d’une paire de gants en latex dans mon sac pour pouvoir approfondir mes recherches. Avec un peu de chance, Jared respectait les clichés et avait découpé des pages d’un livre pour y cacher quelque chose à l’intérieur…

Mais il fallait reconnaître que le chasseur était plus intelligent que ça, soupirai-je intérieurement en reposant le plus gros volume à sa place, avant que mon œil ne soit attiré par une couleur beige au fond de l’étagère… Je la vidais de tous les ouvrages et sourit triomphalement en dégageant une enveloppe épaisse et pleine. Le craquement des escaliers me pressa pour remettre les livres à leurs places et à fourrer l’enveloppe dans mon sac. Tant pis si elle ne contenait rien nous concernant. Il fallait surtout en être sûr.

*

Chad Wilder était un homme bien difficile à trouver. Pourtant, le campus n’était pas si grand. Mais le loup semblait toujours être en cours, et hormis mon amphithéâtre et quelques appartements, l’université m’était relativement inconnue. Il fallait donc faire appel à l’une de mes conquêtes, ma toute première sur le sol américain, dès ma première nuit : la secrétaire de la faculté. Au bout de maintes minauderies, promesses en l’air et regards séducteurs, elle avait enfin lâché où monsieur Wilder avait étudiait une matière obscure et majoritairement inconnue du grand public. Au pas de course, je déboulais dans le couloir et aperçu sa tignasse. Par des signes plus ou moins discrets, je lui fis signe de se bouger. Je n’avais pas passé ma matinée à courir un peu partout pour qu’il traine la patte derrière ! Son air mitigé me refroidit pour lui annoncer la bonne nouvelle. Chad… Difficile à cerner, comme gamin. Qu’est-ce qu’il voulait, au fond ?

- Adriann ? C’est possible d’utiliser tes passe-droits pour aller fouiller la maison de Jared ? On trouvera peut-être des renseignements sur… l’organisation à laquelle il appartenait. J’aimerai m’assurer de ne pas me retrouver dans un certain hangar, si tu vois ce que je veux dire.
-J’ai même mieux que ça, crânai-je en sortant l’enveloppe avant de me rembrunir. Bon, je ne sais pas ce qu’elle contient, mais s’il la cachait, c’est qu’il y avait une raison.

Nous nous installâmes dans mon amphi pour découvrir le contenu de l’enveloppe. Cette dernière vomit des tonnes de photos, de coupures de presse et de prises de notes. Une clef USB trônait au milieu de ce bordel. Les clichés étaient grossièrement pris : il y en avait plusieurs du hangar, visiblement avant et après notre passage, plusieurs d’un terrain en forêt aboutissant à une falaise surplombant la vallée… rien de très important, jusqu’à ce que… des restes humains. La photo datait de plusieurs mois, et le jour n’était en rien celui de la pleine lune. Mes initiales étaient déposées dans le coin en bas. C’était ceux que j’avais laissés… et il y en avait encore d’autres. Livide, je me tournais vers Chad, qui était, sinon tout autant, beaucoup plus pâle que moi. Ses yeux ne débloquaient pas des photos du terrain. Je fronçais les sourcils. Si ça l’amusait, tant mieux. J’accusais le coup des quelques clichés avant de prendre les notes en main. Des noms, des dates et des adresses, toutes inconnues.

-Je crois qu’on a de quoi bosser, relativisai-je en me tournant à nouveau vers le loulou, qui n’avait pas bougé d’un pouce. Bordel, Chad. Tu vas rester bloquer longtemps comme ça ? On est pas là pour dénicher le parfait endroit pour ton nid d'amour avec Mick, râlai-je sans aucun tact.



Les partenaires de crimes

CODE BY AMIANTE


wendigowak


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chad Wilder

avatar

Humeur : En colère
Messages : 833
Réputation : 70
Date d'inscription : 15/11/2014
Localisation : Beacon Hills

MessageSujet: Re: Darkness | PV Adriann   Mer 11 Mai - 15:20



Darkness

La fin de l’année scolaire est proche, cela se sent avec le nombre d’étudiants manquant. Les partiels sont passés, rien ne changera la donne. Ceux qui restent sont soit des passionnés dont je fais partie, soit là pour un projet personnel sur lequel il y a besoin de conseils et j’en fais partie également. Le professeur est surpris de mes premières ébauche de plans et me harcèle pour savoir où est ce terrain d’apparence totalement inconstructible. Je refuse de lui donner l’information. Avec Mick nous n’avons pour l’instant qu’une promesse de vente. Il nous faut faire le montage financier qui est relativement complexe puisque cela mêle mon futur cabinet d’architecte. Il faut que l’on passe de rêves et d'idées à la concrétisation des dossiers. J’ai appelé mon père à la rescousse. Car autant je suis bon dans mon domaine, autant les mécanismes d’un montage d’une société lié aux murs d’une habitation privée m’est totalement obscure. Je ne sais pas si Mick souhaite se poser en simple consultant ou employé du cabinet pour assurer des prestations sur le domaine de la sécurité des bâtiments ou s’il veut faire partie des fondateurs de la boite avec moi. Son choix sera le mien. Je pense déjà proposer à Matthias et Matrim des postes de consultants. Le premier pour ajouter une plus-value artistique à la décoration intérieure et le deuxième plus pour des éléments en relief comme des sculptures personnalisées. Leur participation ne touchera que les projets haut de gamme, mais devrait arrondir leur fin de mois tout en leur laissant du temps pour leur propre activité.

A la sortie de la salle de CAO, j’aperçois Adriann qui me cherche. Me faufilant entre les étudiants, j’arrive à sa hauteur et l’attaque sans préambule à une idée à laquelle j’avais pensée.

- Adriann ? C’est possible d’utiliser tes passe-droits pour aller fouiller la maison de Jared ? On trouvera peut-être des renseignements sur… l’organisation à laquelle il appartenait. J’aimerai m’assurer de ne pas me retrouver dans un certain hangar, si tu vois ce que je veux dire.

- J’ai même mieux que ça, répond-il en sortant une enveloppe. Bon, je ne sais pas ce qu’elle contient, mais s’il la cachait, c’est qu’il y avait une raison.

- …

On dirait un gamin à qui sa mère a acheté une pochette surprise et qui ne veut l’ouvrir qu’en présence de son meilleur pote. Le professeur fait souvent le grand écart entre le brillantissime et l’infantilisme. Est-ce cette facette qui plait à Garnet ? La possibilité de maitriser un surnaturel aussi dangereux que Weizerling ? Mais un jour, l’appétit vorace du wendigo ne sera-t-elle pas plus forte que les sentiments de son cœur d’artichaut ?

Nous retournons dans la salle de classe que je viens de quitter et qui a été désertée par les étudiants. Je pousse un clavier et une palette graphique afin d’étaler le contenu de l’enveloppe qu’Adriann a trouvé dans l’appartement du chasseur. Il y a des coupures de presse sur des disparitions ou des meurtres. Suivent un monceau de photographies où je reconnais le hangar où nous avions failli finir découpés au détail. Mon cœur s’arrête sur une vue particulière en bordure de la forêt avec un aplomb qui plonge dans la vallée. Je suis bien trop perturbé pour prêter attention à Adriann qui oublie de respirer en regardant le reste des photographies. Alors qu’il s’affaire à prendre des notes, je reste immobile, statufié sur place. Menacer ce terrain, c’est menacer Mick…

- Je crois qu’on a de quoi bosser. Bordel, Chad. Tu vas rester bloquer longtemps comme ça ? On n’est pas là pour dénicher le parfait endroit pour ton nid d'amour avec Mick !

Je ne lui réponds rien, mais laisse luire mes yeux de fureur contenue tout en lui bourrant du coude pour attraper la clé USB que j’insère dans l’ordinateur. Nous avons des bêtes de course pour les cours de conception assistée par ordinateur. Il me faut moins d’une minute pour ouvrir la clé, passer le mode d’affichage en icône et regarder les dates des prises de vue. Sur l’une d’elle on devine une silhouette, je l’ouvre. C’est moi en train de prendre des métrés du terrain. Adriann me lance un regard interrogateur.

- C’est le terrain que je vais acheter avec Mick.

La pixellisation de l’image montre qu’elle a été prise de très loin. Dire que j’étais espionné quand… L’idée d’être une simple proie inconsciente me rend malade. Je fais défiler les images. Le reste est plutôt macabre. Comparant aux photographies qui ont été imprimées et annotées des initiales AW, je devine de quoi il s’agit. J’encaisse le coup. J’ai beau savoir ce qu’il est, être mis en face de ses actes me porte un coup violent. Il pourrait y avoir Mick parmi ces restes humains… Comment Garnet peut-il…

Nous nous confrontons du regard. Je sens la tension d’Adriann sur le fait d’être traqué mais également de constater ma réaction de dégout face à ces photographies. Je ferme les yeux et me frotte l’arête du nez. Ce n’est pas le moment de nous diviser. Nous sommes ciblés tous les deux.

- Ceux-là semblent bien décidé à nous mettre la main dessus dis-je d’une voix monocorde.

Adriann hoche la tête en soupirant. Il prend la souris en main et analyse les dates des fichiers et leurs propriétés qui nous renseignent sur le type d’appareil qui les a prises.

- Mick et Therence sont également en danger. Car si j’étais à leur place, la meilleure façon de me manœuvrer à leur guise…

Je ne termine pas ma phrase, mais le criminologue suit parfaitement mon raisonnement et à sa mâchoire qui se crispe, je comprends que Therence est important à ses yeux. Suffisamment pour ne pas avoir déjà fini en carpaccio.


© Fiche & montage by Mafdet Mahes, Dessin by Mokolat


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adriann Weizerling

avatar

Humeur : Sanglante
Messages : 399
Réputation : 107
Date d'inscription : 10/01/2015

MessageSujet: Re: Darkness | PV Adriann   Lun 16 Mai - 20:20




Informations

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
En voyant les photos étalées devant moi, une petite rétrospection s’imposait. J’avais toujours été plus prudent sur le sol américain que sur le sol allemand. Alors, d’accord, mon appétit berlinois ne m’avait pas quitté dès l’instant où je m’étais installé à Beacon Hills… mais il avait quand même singulièrement diminué. Les dates s’étalaient sur plusieurs mois, presque six, mais les clichés étaient trop nombreux pour n’être que le résultat des pleines lunes sur le wendigo. Pour autant, comment expliquer à Chad de s’estimer heureux puisque j’aurais largement pu faire m-… faire pire ? Car si j’avais réussis à trouver le juste équilibre, je doutais qu’il plaise à énormément de monde, Wilder comprit. Le problème n’était pas là pour le moment. Je n’étais pas la personne à abattre : les chasseurs, oui, et nous pouvions regrouper assez d’informations pour former ne serait-ce que le début d’une piste.

- Je crois qu’on a de quoi bosser. Bordel, Chad. Tu vas rester bloquer longtemps comme ça ? On n’est pas là pour dénicher le parfait endroit pour ton nid d'amour avec Mick !

Tout le corps de Chad bouillait de rage. Je n’avais pas vu juste, quand même ? Mais je n’eu même pas le temps d’ouvrir la bouche que déjà, il m’écartait du bras pour attraper la clef USB et la brancher sur un ordinateur. Les secondes s’étirèrent longuement tandis que la tension montait. L’étudiant restait cloitré dans un silence inquiétant, qu’il était loin d’avoir l’habitude d’utiliser. Je suivis des yeux le cheminement de la souris sur l’écran. Le dossier s’ouvrit, exposant encore plus de clichés du terrain au fur et à mesure que les icônes défilaient. Pas besoin d’être un génie de l’architecture pour  deviner les nombreux avantages de l’emplacement. Il était tout simplement idéal. Un cliché surgit de l’écran, avec comme principal sujet, une silhouette qu’il était difficile de ne pas identifier comme étant celle de Mick. A nouveau, je glissais un regard interrogateur sur l’original. Avais-je vu juste ?

- C’est le terrain que je vais acheter avec Mick.

A peine le temps de m’attarder sur le timbre de sa voix que déjà, il faisait défiler les photos suivantes. Je m’enfonçais légèrement dans mon siège en croisant les bras sur mon torse, à l’affût. Loin d’avoir honte de mon penchant pour le morbide, je guettais plutôt la réaction de Chad. Son cœur manqua un battement et mon corps se tendit d’une manière infime. Savoir ce qui se tramait à l’intérieur de son crâne n’était pas compliqué, et c’était justement ça qui me dérangeait. Je savais qui il imaginait à la place des cadavres. Je savais dans quel état ça le mettait, et je savais de quel genre d’acte il était capable pour protéger ses proches, même si nous nous étions considérablement rapprochés depuis notre toute première altercation dans la bibliothèque du campus. J’étais sous tension, autant de savoir que Chad risquait d’être contre moi, que de savoir que j’avais été traqué. Une nouvelle fois. La seule chose pour laquelle je pouvais m’estimer heureux, c’était qu’il n’y avait aucune photo de moi. Pas directement. Pour le moment.

- Ceux-là semblent bien décidé à nous mettre la main dessus, dit-il d’une voix sans émotion.

J’évacuai la tension dans un long soupir, avant d’hocher la tête. Je repris les pleins droits sur l’ordinateur, attrapai un stylo et un papier, et notai les informations à notre disposition sans pouvoir m’empêcher de réfléchir. Ma présence n’était signalée nulle part sur les photos. Ca pouvait être le crime de n’importe quel wendigo, et même de n’importe quel humain, ou banshee en ville. Je ne savais même pas si ces cadavres étaient les miens. Et pourtant, Jared avait l’air de me connaître plutôt bien. Alors… Quoi ? Que se passait-il après ? Quelles étaient le plan des chasseurs ?

- Mick et Therence sont également en danger. Car si j’étais à leur place, la meilleure façon de me manœuvrer à leur guise…

Ma mâchoire se crispa instantanément. Difficile de ne pas comprendre le sous-entendu, mais difficile de contenir le sentiment qu’il faisait naitre en moi. Si  Mick savait comment se défendre contre une organisation de chasseur, c’était loin d’être le cas de Therence. J’exposais le problème à Chad en passant une main dans ma nuque.

-On ne peut pas les mettre à l’abri, concluai-je. Je sais que tu n’aimeras pas ça, mais la seule solution est d’éliminer ceux qui nous chassent. Et on a assez d’informations pour que ça nous mène quelque part.

Les notes de Jared dans la poche de ma veste, nous ramassions tous les autres documents pour les remettre dans l’enveloppe. Mais où la ranger ? Ce qu’elle contenait était trop précieux pour la laisser exposer n’importe où. Dans mon bureau, ou même dans une maison, c’était trop facile. Après une dispute à ce sujet, j’observais Chad lancer l’enveloppe dans le faux plafond de mon amphi. Ce n’était pas la meilleure des planques, mais ça ferait l’affaire le temps d’en trouver une qui mérite véritablement ce nom.

-Je propose qu’on commence par les adresses. On ne fait que passer et on prend le plus d’informations possible ?, proposai-je maladroitement, en quittant l’enceinte du campus. Ou on peut essayer d’aller au poste de police et de taper les noms dans la barre de recherche.

Certains étudiants sur le trajet nous reconnaissent l’un ou l’autre, et nous saluent. Les lycéens rentraient chez eux aussi, en groupe ou en solitaire, la plupart à pieds. Nous n’avions toujours pas décidés de quoi faire : le poste, ou la première adresse ? Dans tous les cas, les deux étaient sur le même chemin. A l’embranchement d’une rue, je jetais un coup d’œil derrière mon épaule. La route, à cette heure-ci, regorgeait de plus de voitures qu’habituellement, même si on était loin des embouteillages berlinois. Nous continuâmes sur notre lancée, discutant du terrain à construire et des plans que le loulou a avec son Mich au sujet de leur maison. Un énième étudiant s’arrêta pour bavarder un moment avec son homologue. En soupirant de la durée de la conversation, je me détournais d’eux, prêt à m’intéresser à n’importe quoi de plus distrayant que leurs babillages incessants.  Et naturellement, je me tournai vers la route et observai les voitures , encore et toujours, toutes différentes par leurs tailles, leurs modèles, leurs couleurs… Sauf…

-Chad !, réclamai-je son attention en lui donnant un coup de coude dans les côtes. Loin de moi l’idée de vouloir sombrer dans la paranoïa, mais… cette bagnole, là… Non, pas la rouge ! La noire, juste à côté…, soupirai-je en désignant du doigt, le bras tendu, la seule voiture noire à côté d’une autre couleur sanguine. T’as pas l’impression qu’elle nous suit dep-… HEY ! HEY !, hurlai-je en couvrant le bruit du véhicule qui accéléra brusquement.

Un sprint de ma part ne suffit pas à la rattraper pour apercevoir sa plaque d’immatriculation. Je revenais au petit trot vers Chad, le souffle court.

-Paranoïa, mon cul, râlai-je en tenant mes côtes pour empêcher un point de côté. Elle nous suivait, cette voiture ! Dis-moi que tu as vu sa plaque !



Les partenaires de crimes

CODE BY AMIANTE


wendigowak


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chad Wilder

avatar

Humeur : En colère
Messages : 833
Réputation : 70
Date d'inscription : 15/11/2014
Localisation : Beacon Hills

MessageSujet: Re: Darkness | PV Adriann   Mer 25 Mai - 20:29



L’enfer est à notre porte

- Mick et Therence sont également en danger. Car si j’étais à leur place, la meilleure façon de me manœuvrer à leur guise…

Le cœur d’Adriann dérape suffisamment pour que je comprenne que Therence est sa faiblesse, comme Mick est la mienne. Même si je n’aime pas attribuer ce rôle à Mick qui est le principal levier sur lequel agir pour me faire réagir. Pourtant j’ai la ferme intention de le garder dans ma vie et de construire mon futur avec lui. Il n’est pas question que je recule, ni que je plie si facilement. La question de mettre enfin Mick dans la boucle commence à devenir une évidence, pourtant j’ai peur de sa réaction.

-On ne peut pas les mettre à l’abri, conclue Adriann. Je sais que tu n’aimeras pas ça, mais la seule solution est d’éliminer ceux qui nous chassent. Et on a assez d’informations pour que ça nous mène quelque part.

- Je le sais bien… Et si on ne peut pas les enfermer quelque part pour les protéger, il va peut-être se décider à les mettre au courant…

Ce n’est pas de gaité de cœur que j’aborde le sujet. Mick n’aime pas que je traine avec Adriann, Therence n’est pas vraiment fan de Mick, ni moi du mini caïd qui fait triper le wendigo. Autant dire que nos deux couples sont totalement incompatibles. Adriann ne relève pas, plus préoccupé par cacher l’enveloppe qu’il détient. Après une âpre discussion, je me saisis de l’enveloppe et d’un bond la planque dans le faux plafond au-dessus de nos têtes. J’ai choisi un coin assez loin des éclairages et autres gaines de ventilation.

- Je propose qu’on commence par les adresses. On ne fait que passer et on prend le plus d’informations possible ? Propose l’allemand. Ou on peut essayer d’aller au poste de police et de taper les noms dans la barre de recherche.

- D’abord les adresses, au poste de police on va devoir se justifier. Donc autant y aller en dernier recours avec une recherche plus précise à faire. Ruby est en congé maternité, elle ne peut pas me couvrir. Cependant, je connais Jordan l’autre adjoint et Brian un simple flic, et avec tes entrées particulières, ça devrait le faire.

Nous faisons le chemin à pied pour aller à la première adresse. Comme Adriann m’interroge sur mes projets de constructions, je ne me fais pas prier pour évoquer ce sur quoi je bosse quasiment en continu quand je ne suis pas au campus ou sur mes recherches sur les chasseurs. En chemin, un camarade de classe me hèle et me parle d’un projet futuriste au Katar. Il s’agit d’un immeuble totalement dingue de par sa conception. Le sujet est évidement sur les bouches de tout architecte un tant soit peu passionné par son travail. Je ne remarque pas Adriann qui se détourne, trop intéressé par les révélations de l’étudiant qui parle de structures carbonées.

-Chad ! Crie Adriann me bourrant les côtes. Loin de moi l’idée de vouloir sombrer dans la paranoïa, mais… cette bagnole, là… Non, pas la rouge ! La noire, juste à côté. T’as pas l’impression qu’elle nous suit dep-… HEY ! HEY !

Je n’avais rien remarqué du tout, mais la brusque accélération est totalement anormale surtout que  le conducteur a clairement regardé de notre côté. Adriann est parti comme une gazelle, ou plutôt un cerf. Je ne bouge pas, impossible de rattraper la voiture sans paraitre suspect quant à la vitesse de mon sprint. J’ai salué mon camarade disant que j’étais occupé et me dirige dans la direction qu’a prise la voiture avec un wendigo aux fesses. Ce dernier réapparait rapidement un peu exténué.

- Paranoïa, mon cul. Elle nous suivait, cette voiture ! Dis-moi que tu as vu sa plaque !

- On va au poste de police ! Oui j’ai la plaque. Tu retiens ? ACS8062 état de l’Arizona.

L’affaire devient sérieuse. Alors quand nous bifurquons pour nous rendre au poste de police où Adriann est parfois appelé en renfort je lui redis ce qui me tracasse.

- Je vais devoir avertir Mick. Il est apte à se défendre, mais le sera encore plus s’il sait qu’un danger le menace. Et même si je ne peux pas blairer ton petit copain, je pense qu’il mérite aussi d’être au coutant pour se méfier. Le mieux c’est que nous nous voyons tous les quatre.

En fait, j’espère qu’avouer à Mick mes activités cachées en présence d’Adriann et Therence, l’empêchera de trop réagir. Mais que je sais bien que je ne couperai pas à une explication en privé.


© Fiche & montage by Mafdet Mahes, Dessin by Mokolat


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adriann Weizerling

avatar

Humeur : Sanglante
Messages : 399
Réputation : 107
Date d'inscription : 10/01/2015

MessageSujet: Re: Darkness | PV Adriann   Dim 5 Juin - 18:47




Troubles

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
A bout de souffle, une main sur mon point de côté, je voyais la voiture noire s’éloigner au loin, la plaque toujours plus illisible. En espérant que Chad ait eu le temps de se désintéresser de ce sublime projet d’architecture au Katar ou je ne savais trop où, je revenais sur mes pas, quelque peu hargneux.

- On va au poste de police ! Oui j’ai la plaque. Tu retiens ? ACS8062 état de l’Arizona.

Bien, chef. En route pour le poste de police, chacun ruminant ses émotions sur l’effrayante réalisation que nous sommes suivis, Chad brisa soudainement le silence.

- Je vais devoir avertir Mick. Il est apte à se défendre, mais le sera encore plus s’il sait qu’un danger le menace. Et même si je ne peux pas blairer ton petit copain, je pense qu’il mérite aussi d’être au courant pour se méfier.
-On n’est pas ensemble, corrigeai-je laconiquement.

Néanmoins, j’hochais la tête pour confirmer le reste de ses dires. Et même si l’idée de devoir avouer à Therence qu’il était potentiellement possible que des tueurs en ait après lui, il était nécessaire qu’il sache. Mais encore fallait-il trouver le bon moment… déjà que je ne lui avais pas encore annoncé mon voyage à Berlin…

-Le mieux c’est que nous nous voyons tous les quatre.

Mes yeux se posèrent instantanément sur lui et le détaillèrent un court instant alors qu’un rire tonitruant s’échappa de ma gorge. De longues minutes plus tard, je reprenais enfin mon souffle, des douleurs dans les côtes.

-Toi, moi, Therence et Mich ? Nous mettre tous dans une même pièce, c’est déjà impensable… alors imagine si en plus on doit discuter des gens qui cherchent à nous tuer, réfutai-je en secouant la tête.

Je ne faisais pas que m’opposer à l’idée du loup ; je m’y opposais fermement. L’aveu serait déjà dur à formuler, mais il le serait encore plus avec le parfait petit couple à nos côtés. Autant y aller progressivement, chez lui ou chez moi, peu importait, du moment qu’il ne se brusquait pas. Mais après tout, comment ne pas se brusquer ? On parlait d’une organisation de chasseurs, de boucherie dans un hangar supposé désert, de kidnappings d’étudiants, d’amas de chaires savamment découpés ! Ce n’était pas le premier malade qui trouvait un flingue et qui partait enlever quelqu’un en l’assommant. Déjà que le dernier avait quelque peu traumatisé Therence… alors oui, autant le faire dans un endroit intimiste, où la discussion serait menée par mes soins, avec dextérité. Pas que je ne fasse pas confiance à Chad sur ce point-là, mais si aucune des personnes présentes ne pouvait pas saquer au moins l’un de ses compères, la chose n’irait pas loin.

En argumentant chacun pour faire valoir notre point de vue, nous franchissions la porte du poste de police. L’ambiance sérieuse qui se dégageait de l’endroit eut au moins l’avantage de nous faire baisser d’un ton, sans pour autant départir notre débat de sa fougue. Non, il n’y avait pas moyen de me coltiner le couple une soirée entière ! Je m’installais à un ordinateur sous le regard curieux du Sheriff. Tant pis pour la discrétion, je voulais des informations. Quitte à lui parler du peu que nous savions sur les gens qui perpétraient les meurtres sur le campus…

-Bon, alors… C’était quoi, déjà ? ADS8000… 8000 quelque chose, non ?, commençai-je en tapant au clavier.

Je jetais un coup d’œil à Chad avant de sourire en coin.

-Je plaisante. ACS8062, donc. Etat d’Arizona.

Quelques pianotements plus tard et l’écran afficha non pas l’identité d’un individu, mais d’une entreprise de recherches médicales. Elle n’avait pas beaucoup d’envergure, mais au vu du requin qui semblait la gérer comme au vu de leurs activités, elle devait rapporter pas mal d’argent à ses actionnaires. Ce qui voulait dire qu’elle avait les moyens pour obtenir ce dont elle avait besoin.

-…Je me ravise. Il faut qu’on en discute tous ensemble. Mais, il faudra que tu gardes le secret à ton loulou encore un moment, soupirai-je en effaçant l’historique d’un clic après avoir pris des notes sur un papier que je lui tendais.

Mon voyage à Berlin était dans une dizaine de jours… Hors de question de laisser Therence s’il avait la peur au ventre et qu’il regardait toujours derrière lui. Autant lui offrir quelques semaines de tranquillité.

-On aura qu’à se trouver un bar assez tranquille, qu’est-ce que tu en penses ?

Nous nous séparâmes en se promettant de s’échanger des sms pour fixer une date et un lieu.



Les partenaires de crimes

CODE BY AMIANTE


wendigowak


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chad Wilder

avatar

Humeur : En colère
Messages : 833
Réputation : 70
Date d'inscription : 15/11/2014
Localisation : Beacon Hills

MessageSujet: Re: Darkness | PV Adriann   Mer 15 Juin - 15:35



Darkness

Au poste de police, Adriann prend carrément ses aises en s’installant devant un ordinateur. En y repensant, y a que moi qui l’ai trouvé mega chiant lors de notre première rencontre. Au secrétariat sur le campus il est le roi de ces dames. Il est globalement apprécié de ses élèves filles ou garçons, sauf de ceux à qui il fait de l’ombre. Et là, alors qu’il entre la plaque d’immatriculation dans la base de donnée de la police, je vois bien le regard d’une femme-flic qui lève souvent le nez de son dossier pour regarder le professeur. Je veux bien admettre qu’il a du charme tant qu’il n’ouvre pas la bouche avec son accent rocailleux, mais c’est tout de même un briseur de première ! Comment les autres ne s’en rendent-ils pas compte ?

-Bon, alors… C’était quoi, déjà ? ADS8000… 8000 quelque chose, non ?

Le voilà qui recommence ! Je lève les yeux au plafond. Ce type est un brillant agaceur… un emmerdeur planétaire mais un bon profiler qui a des talents certains pour l’entreprise que je mène : traquer les chasseurs.

- Je plaisante. ACS8062, donc. Etat d’Arizona.

- Tu plaisanteras quand tu seras ligoté pour être débité au détail ? Réponde-je acerbe.

Adriann est visiblement à l’aise avec le logiciel qui permet de tracer les immatriculations. Cet ordinateur est une mine d’information, mais je devine que pour accéder aux casiers judiciaires il faut une habilitation particulière. Quand je vais le questionner pour savoir s’il a accès à ce genre de données sensible, un nom est une adresse s’affiche en relation avec le numéro de plaque que j’ai mémorisé. « Biotechnology  concepts ». La voiture appartient à une entreprise qui travaille dans le médical. Le hangar de la mort où nous avions été enfermés a-t-il pignon sur rue avec une activité légale de camouflage ? C’est plus que certain et dans ce milieu l’argent coule vite à flots.

-…Je me ravise. Il faut qu’on en discute tous ensemble. Mais, il faudra que tu gardes le secret à ton loulou encore un moment.

- D’accord. Je suppose qu’attendre deux semaine ne va pas changer quelque chose, puis de notre côté nous avons le mariage de mon alpha. C’est aussi bien que Mick se passe de ce fardeau le temps de la fête. De plus nous devons aller à San Francisco dans deux jours pour… rendre un hommage devant la tombe de ses parents. A chaque jour suffit sa peine.

Je devine que notre visite sur la tombe des parents de Mick va être riche en émotion. Il a réussi à avoir l’autorisation de s’éloigner de Beacon Hills pour vingt-quatre heures, car dans deux jours c’est le triste anniversaire de la mort de ses parents. Pour cela, il faut que son ami Robin lui redonne son bracelet électronique pour que les flics viennent le lui enlever le temps de cette liberté conditionnelle. Je ne pouvais pas deviner à ce moment-là le caractère tragique que l’histoire allait prendre.

- On aura qu’à se trouver un bar assez tranquille, qu’est-ce que tu en penses ?

- Oui. Il faut s’attendre à du grincement de dents.

La moue significative d’Adriann me dit qu’il comprend parfaitement le caractère explosif de coller nos deux couples autour d’une table. Entre le professeur et moi nous marchons à l’humour vache, mais nous avons un danger qui nous guette tous les deux. Cela suffi pour nous associer alors que tout nous oppose.

- On se recontacte à ton retour. Je garde un œil discret sur Therence, m’assurant déjà qu’il ne disparaît pas de la circulation.

Adriann ne dit rien. Je n’attends pas un remerciement particulier. Cela me semble logique de surveiller l’autre pseudo rebelle, car s’il lui arrive des tuiles, c’est que la menace se précise.

RP clos. Suite avec Therence et Mick. Ça va donner !


© Fiche & montage by Mafdet Mahes, Dessin by Mokolat


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Darkness | PV Adriann
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» | When Darkness Falls
» Star Wars KotOR : Age Of Darkness V2
» mansion of darkness
» HEAVENSBEE ► hello darkness, my old friend
» « born in the darkness. » Ϟ WILLOW&OZ.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Teen Wolf RPG, la limite : l'imagination :: Beacon HillsTitre :: Campus :: Quelque part sur le campus-
Sauter vers: