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 Damnatio Memoriae PV Maxence

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Chad Wilder

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MessageSujet: Damnatio Memoriae PV Maxence   Sam 12 Mar - 15:41



Damnatio Memoriae

Nous marchons dans les allées du campus. Max’ me raconte comment s’est passé son procès. A la manière dont il m’expose sa semaine, je devine que ça lui a vraiment plus. Il semble se sentir à sa place dans le futur métier qu’il veut exercer. L’affaire qu’il avait à juger s’est montrée plus complexe que prévu. Je plisse les yeux quand il m’avoue avoir eu recourt à son don. L’accusé est schizophrène, ce qui a dérouté Maxence. Cependant, il a réussi à obliger l’homme à se mettre à table et ainsi sauver sa dernière victime. Je ne fais pas de commentaire, mais analyse les capacités de Max’. Son pouvoir est immense et allégerait considérablement mon travail de recherche. Je suis limité car je sais parfaitement que James traque mes faits et gestes. Je ne pense pas que Mick soit au courant. Son ami fait ça par amitié pour lui. C’est louable, mais autant « avant » je m’en moquais  un peu, autant aujourd’hui… Je ne peux pas aller lui demander de me lâcher la grappe, cela renforcerait sa suspicion que je cache quelque chose à Mick. Je regarde Maxence, avec lui, par de phishing ou de harpooning possible. Max’ ne laisse pas de trace d’adresse IP quand il passe dans la cervelle de quelqu’un. Au pire, il grille quelques neurones… Je devrais m’en attrister, mais une omelette ne se fait pas sans casser des œufs. Alors que je réfléchis à la manière d’impliquer Max’ à mes recherches, nous sommes interrompus par Dean.

- Chad, Maxence ! Il fallait absolument que je vous vois. Il y a un problème.

Dean est au courant pour les chimères et les essais cliniques in-vivo sur des étudiants. Sa petite amie est l’une des victimes.

- Mon contact à la morgue est formel. Tous les corps en lien avec les événements du campus ont disparu. Et ça s’étend à toutes les personnes décédées dans des circonstances étranges et présentant des signes…disons distinctifs.

« Le professeur est revenu ? »

J’oublie ma prudente réserve et renoue avec Max’  et notre dialogue muet. Nous exprimons notre étonnement et contrariété de constater que l’affaire n’est pas clause à Beacon Hills. Nous n’étions pas naïfs au point de penser que le type que l’on avait fait fuir allait s’arrêter, mais s’éloigner pour recommencer ailleurs.

- Il y a autre chose. Et c’est encore plus inquiétant. Le corps que j’avais dissimulé, celui dont je suis le seul à connaitre l'emplacement, a aussi disparu.

Je pense à Lydia et au pouvoir des Banshees. Elles prédisent la mort et trouvent les corps. Cependant, je vois mal Lydia dans cette macabre entreprise. De plus elle n’en a pas les capacités physiques ni les moyens de s’introduire à la morgue en toute impunité. Je doute que Melissa McCall l’aide sur ce point.

- Que fait-on ? Demande Maxence.

- Dean ? Demain tu nous emmènes à l’endroit où tu avais caché le corps. Là j’ai CAO, j’ai assez fait sauter de cours pour être suivis des professeurs. J’ai pas mal de temps libre le matin.

Dean nous laisse, visiblement rassuré que quelqu’un l’écoute et agisse. Je me retourne vers Max’ et poursuis un peu notre conversation. Je lui explique que Matrim tentait de fuir une ombre du passé qui a malheureusement ressurgi. Sans m’en apercevoir, nous avons poursuivis mentalement. C’était devenu tellement instinctif... Autant à l’oral il est aisé de se taire quand on commence à trop en dire, autant il est difficile de retenir ses pensées. Le visage de Max’ est attentif. Il a noté un changement de ma part. D’ailleurs qui d'autre plus que lui peut percevoir mon noir dessein ? Cependant, il ne fait aucun commentaire. Soit il n’est resté qu’à la surface de mes pensées, soit… Je sens en lui comme une nouvelle résolution. Contrairement à avant, il a utilisé son don au tribunal sans remord. Converser par la pensée est une méthode très précise pour échanger. Les mots ainsi partagés, sont en partie dépouillés de leur écriture ou de la langue utilisée. Si Stephan mon père avait pu gruger Max’ en pensant en japonais, c'est aussi parce qu’il sait rester placide dans une discussion. Il sait parler sans lâcher une seule émotion. Ce qui n’est pas le cas de Max’. Et par-delà le sens, je perçois une émotion et une nouvelle volonté assez implacable. Loin de m’attrister, je me dis que c’est peut-être le levier qu’il me faut pour le faire basculer à ma cause. Maxence a soif de justice… il ne me sera pas très difficile de lui faire percevoir les chasseurs comme des criminels.

***

Ce matin, j’ai eu du mal à m’extirper du lit et des bras de Mick. Depuis mon retour de Las Vegas, je joue au grand inquisiteur de sa personne, vérifiant même jusqu’au fond de son jean qu’un danger ne s’y cache pas. Mick est un peu troublé par ma nouvelle assurance. Moi qui lui demandais constamment son avis, j’agis. C’est souvent pour des broutilles comme quelle chemise mettre. Mais le changement est assez notable pour qu’il fronce parfois les sourcils. Je me fais alors plus charmeur, plus comme un loulou mignon, mais comme un homme sexy qui use en toute connaissance de cause de ses atouts.

Je passe prendre Maxence  à la sortie de son cours de droit et nous filons sur le parking où Dean nous attend. Malgré la gravité de notre réunion, Dean ne peut s’empêcher de faite des commentaires sur ma Maserati alors qu’il monte à l’arrière. Je m’insère dans la circulation et suis ses instructions pour la direction.




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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Mar 22 Mar - 22:20


Damnatio Memoriae

Le procès n'avait été qu'un problème – certes particulier – relativement ordinaire. L'interpellation de Dean avait réduit à néant notre crédulité. Rien de tout ce qui est arrivé sur le campus n'était fini. Et le sommeil agité qui suivit notre discussion me laissa une sensation désagréable à mon réveil. Les événements allaient empirer.

En pleine nuit, les cliquetis mécaniques qui auparavant semblaient tout proche se firent plus lointains. En ouvrant les yeux, il me sembla percevoir autre chose. Comme le grognement d'une créature contrariée. Sauvage et ancienne. Instable aussi. L'impression fut brève mais sa force n’avait laissé aucun doute sur la réalité de mes perceptions.

Mon héros...

- Pardon ?

Je me tournai vers mon camarade de gauche.

- Tu fatigues, Max. Je n'ai rien dit.

J'affichai un sourire confus et me concentrai sur le cours. L’ambiance de l’amphithéâtre et la fatigue ne m’aidaient à suivre sérieusement.

Chad m’attendait à la sortie. Il n’affichait pas le sourire habituel, sa bienveillance naturelle était un peu plus terne. Nous discutons un peu en rejoignant le parking là où nous avions donné rendez-vous à Dean. Chad me parla de la fin de son cursus et de ses ambitions, j’évoquai la dernière année qu’il me restait avant de pouvoir exercer. J’affirmai que je pouvais toujours me montrer utile à l’avenir comme j’avais pu l’accompagner au début de notre amitié pour des questions juridiques liées à l’architecture et aux projets qu’il avait déjà commencé à gérer.

Dean nous rejoignit au moment où nous approchâmes de la Maserati.

Tu paries qu'il s'extasie devant ta voiture ?

- Je savais que tu avais une superbe voiture, mais de près elle est époustouflante !

Si Chad n'avait pas été en couple, la Maserati pouvait être un atout charme infaillible. Toutefois, je l'imaginai mal devenir arrogant, se pavaner au bras d'un homme, blouson de cuir et regard suffisant, en affichant de manière ostentatoire qu'il avait été élevé dans une famille bourgeoise.

Bingo !

Chad m'adressa un clin d'œil que Dean ne remarqua pas, occupé à détailler la carrosserie puis l'intérieur en cuir de la voiture de sport.

Je souris à la bêtise de Chad. Le moteur gronda volontairement puis nous quittâmes le parking.

Le calme apaisant de la forêt contrasta avec le brouhaha de ma journée. Chad avait dû garer la voiture sur un chemin praticable. Dean nous avait conduit à l’endroit où il avait dissimulé le corps. Comme il l’avait vu lui-même, nous constatâmes que le cadavre avait disparu. Le sol avait été retourné mais pas de manière nette ou mécanique.

Chad et Dean fouillaient à nouveau les environs, examinant autour de nous de manière circulaire en s’éloignant de l’endroit où la victime avait été dissimulée.

On aurait dit qu’un animal avait fouillé la terre.

J'osai de plus en plus parler mentalement avec Chad. La réserve qui s'était installé implicitement avait quasiment disparu. Ça n'enlevait rien à mon inquiétude de savoir qu'il cachait quelque chose. Hormis pour ce contact devenu habituel, Chad était l'un des seuls - parmi les plus rares personnes avec qui j'avais pu utiliser la télépathie - à pouvoir sentir ma présence psychique. Mais c'était bien mon amitié et le respect de son intimité qui m'empêchaient de chercher à connaître son secret. Et en plus de ça, il avait dressé une muraille, noyant l'information cruciale dans d'autres pensées. La tâche était relativement facile au vu de tout ce qu’il devait gérer. Ses études, sa vie personnelle, l'histoire de Mick, sa nature lupine et l'évolution de sa meute, son avenir et son passé enclin au deuil lui procuraient une vie bien remplie.

Ce barrage dans son esprit pouvait être forcé. Mais à quel prix, pour lui ? Et pour moi ?

Je refoulai ces questions sur mes propres capacités et mes limites. Celles que je me connaissais. Celles que j'avais repoussées. Plusieurs fois. La tentation était pernicieuse. Mais ma volonté plus forte. Je n'usais de mon pouvoir qu'à des fins bénéfiques. Je refusais d'en faire autre chose qu'un moyen défensif, un outil dans la quête d'une vérité toujours plus trouble.  En faire une arme était inconcevable. Et pourtant.

- Stop !

L'injonction de Chad nous surprit mais Dean et moi obtempérâmes.

J’observai mon ami, le menton relevé et les yeux clos. C'était l'odorat qu'il utilisait, requérant le silence et occultant environnement visuel. Ses aptitudes étaient supérieures à celle  loup-garou classique. Dean n'avait rien perçu.

La requête mentale de Chad fusa. Instantanée. Comme ma réponse. Je devins ses yeux, le guidant psychiquement alors qu'il demeurait coupé des arbres, branches et racines qui auraient pu le faire trébucher.

Sans regarder devant lui, accroché à une odeur si ténue qu'elle relevait presque d'un fantasme, il avança.




Dernière édition par Maxence Reagan le Dim 3 Avr - 18:38, édité 1 fois
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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Ven 25 Mar - 18:05



Damnatio Memoriae

Le trajet qui nous mène à l’endroit où Dean à planqué le corps de la dernière chimère se fait dans un silence ponctué des indications de l’étudiant sur le chemin à prendre. L’intervention de Dean nous replonge dans ce que nous pensions avoir éloigné de Beacon Hills à défaut d’avoir mis un coup d’arrêt sur les trafics innommables de ce professeur. L’homme aurait pris le risque de revenir et surtout de recommencer ? Je ne sais pas trop quoi en penser, car cela ne me semble pas logique. Puis pourquoi subitement escamoter les corps ? Nous arrivons sur place. Avec Dean nous quadrillons la zone à la recherche d’un indice. Faire disparaitre les corps de la morgue c’est attirer l’attention des autorités et risquer de faire découvrir le monde caché aux yeux de tous. Je ne comprends pas cette imprudence.

Nous faisons des cercles concentriques depuis l’endroit où Dean avait caché le corps. Le sol a été malmené, mais c’est difficile de statuer sur ce qui en est la cause.

« On aurait dit qu’un animal avait fouillé la terre. » Me dit Max’ mentalement.

J’accueille sa pensée d’un simple hochement de tête et m’exhorte à cloisonner les miennes en me concentrant sur ce qui nous occupe. Je me doute bien que Maxence se rend compte de quelque chose. Il m’avait expliqué comment son don fonctionnait et les différente strates des pensées humaine, et des différentes barrières plus ou moins difficile à passer suivant ce que l’individu a envie de garder pour lui. Je mise sur l’amitié de Max’ pour qu’il n’aille pas trop loin. Mes barrières mentales sont clairement levées, et je sais le risque qu’il y a s’il tente de forcer le passage. Cependant, je ne suis pas trop inquiet. Max’ est un type de bien.

Dean et moi ne percevons rien de tangible. Nous sommes en pleine forêt, du temps semble avoir passé depuis le passage de celui ou celle qui a emporter le corps. Des traces animales plus récentes brouillent les pistes, c’est pratiquement impossible de…

- Stop !

C’est si ténu que je pense avoir imaginé l’odeur, mais en coupant mes autres sens comme la vue en fermant les yeux, je me concentre sur cette piste ténue. Je fais quelques pas en aveugle. Non ce n’est pas mon imagination. Il y a bien une odeur qui n’appartient pas à un animal, mais si faible que je la perds dès que j’ouvre les yeux...

« - Max soit mes yeux ! »

J’avance donc en fermant les yeux. Max me guide en silence avec des ordres simples. Dean suit en silence, je sais qu’il n’a encore rien senti. J’en éprouve une vive fierté. Avant, je n’avais pas ce genre de préoccupation à savoir si j’étais plus fort ou meilleur qu’un autre. Mais là, cette supériorité sensorielle vis-à-vis de l’oméga me fait plaisir. Enfin, la piste devient plus forte et je peux ouvrir les yeux. L’odeur m’est familière alors que Dean annonce la sentir enfin. Alors que nous suivant la piste qui finalement suit une ligne droite aux arbres près, j’essaye de me remémorer où j’ai déjà senti cette odeur. Puis l’image se fait dans mon esprit. C’est si soudain que je ne peux pas la cacher à Maxence. Je revois le manoir, ma mère et son chemisier trempé de son sang et Jordan qui s’embrase. Autre scène, autre lieu que je devine la fin de la piste que nous suivons. Le Nemeton et la crémation de Fiona, celle qui m’a mis au monde à défaut d’avoir pu m’élever.

Par notre connexion mentale, je perçois l’étonnement de Maxence. Il connait Jordan car il était au procès où mon ami était juré. Lui comme moi sommes persuadés du bon côté de l’adjoint même si je l’ai vu réagir très violemment lors de l’attaque du manoir. Mais à ce moment-là, bons ou pas, nous sommes tous devenus des tueurs pour éliminer la menace qui pesait sur nous et … venger le crime commis.

Le Nemeton s’offre à notre regard. Dean s’extasie sur ce qu’il voit. Je plisse les lèvres et avale ma salive. Les souvenirs affluent. La dernière fois que je suis venu là, c’était pour un enterrement. Je regarde autour de moi, m’attendant à voir le peuple de ma mère surgir. Mais nous sommes seuls.

- Le corps a été amené là. Il y a une odeur de mort ici…

Je ne sais pas si ce sont les souvenirs de ma mère qui me donnent cette impression, mais je me sens mal à l’aise. L’odeur de Jordan est présente. Est-il aussi sur cette affaire ? A-t-il suivi celui qui a fait ça ? Je raisonne mentalement pour que seul Maxence entende. Je ne veux pas que Dean soit au courant pour la nature particulière de l’adjoint du sheriff. Je ne sais pas ce qu’il est, mais instinctivement je camoufle son appartenance au monde surnaturel. Peut-être parce qu’il a été le dernier compagnon de ma mère. Je ne ferais rien qui puisse lui nuire.


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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Dim 3 Avr - 20:57


Damnatio Memoriae

Je ne fus plus seulement les yeux de Chad. Je fus connecté à lui et je ne décelai qu’une infime parcelle de sa conscience. En suivant la piste qu’il avait détectée, son attention n’était plus dirigé à camoufler le maelstrom de rancœur, de colère et de haine qui avait pris racine dans son esprit. Un début de plan froidement échafaudé m’apparut l’espace d’une seconde. Il fut balayé par une autre émotion aussi brute que puissante. Une peine qui me fit presque oublier le sentiment de supériorité – envers Dean – qui l’avait investi avant de découvrir quelle était notre destination.

À travers les souvenirs de Chad, je découvris l’implication de Jordan Parrish dans le dernier voyage de Fiona. J’avais rencontré l’adjoint lors du procès et force était de constater qu’il n’était lui non plus pas étranger au monde surnaturel. Comme d’antiques traditions, le sang et le feu façonnaient l’Histoire.

Je perçus le sentiment de Chad face à l’émerveillement de l’oméga qui venait de découvrir le Nemeton. C’était autrefois le sanctuaire d’un druide, émissaire d’une meute. Cet endroit sacré ne devrait pas être offert à tous. Et mon ami voyait également ce lieu comme le point de non-retour de la mort de sa mère. Ici, il lui avait fait ses adieux. Et si son corps était partie en fumée – plus tard balayée par les ailes majestueuses d’un grand aigle – ses cendres n’en demeuraient pas moins dispersées autour de la souche.

Celle-ci ne présentait pas la moindre trace de brûlure alors que les flammes que Chad avait longuement observées ce jour-là avaient été bien réelles. Dans son esprit, je pus y lire la chaleur intense qui les avait tous saisi au visage sans les blesser. Le brasier avait contrasté avec la glace qui s’était formait autour de son cœur depuis.

La signature olfactive de Jordan et celle plus poignante de la mort régnaient tout autour de nous. Chad s’en inquiéta.

- Le corps a été amené là. Il y a une odeur de mort ici…

Dean confirma qu’il percevait également que beaucoup de personnes avaient fini ici. Mais il n’y avait aucune preuve d’un carnage. Le seul indice demeurait le lien que mon ami avait pu faire quant à l’adjoint du sheriff. Une information qu’il souhaitait garder secrète.

Jordan a peut-être des choses à nous apprendre sur ces disparitions de cadavres. Si la police mène l’enquête il est plus que probable qu’il soit au courant.

Chad m’avait déjà expliqué que plusieurs personnes à Beacon Hills savaient pour le statut surnaturel de ses habitants. Et elles luttaient pour préserver ce secret. Le sheriff, un homme dont l’autorité était une aide précieuse, faisaient partie de ces personnes. Tout comme ses deux adjoints, Jordan et Ruby, son alpha.

Nous informâmes Dean que la piste s’arrêtait au Nemeton et que Chad ne captait plus rien. Tenter de mentir aurait été idiot en présence d’un loup-garou, aussi, Chad éluda la question qu’il lui posa. Cette affaire était toutefois importante pour l’oméga alors nous lui assurâmes continuer à mener l'enquête.

Notre collaboration avec lui remontait au moment où il nous avait appris que sa petite amie avait été l’une des premières victimes des expérimentations lugubres qui avaient eu lieu à l’Université. Elle était devenue un monstre incontrôlable puis était décédée quelques heures après. Les créatures – falsifications des êtres surnaturels que la Nature créait – que nous avions découvertes ensuite s’étaient montré tout aussi agressives. Mais plus le nombre de victimes grandissait plus leur férocité était contrôlée. Et ces personnes restaient en vie de plus en plus longtemps, causant des dégâts et mettant la lumière sur un monde encore insoupçonnés du commun des mortels.

Chad, que ferons-nous si ces chercheurs aboutissent à un succès ?

C’était une question sans réelle réponse. Et nous devions nous focaliser sur ce qui nous faisait face à l’heure actuelle, pas sur l’hypothétique orage qui planait au-dessus de nos têtes. Nous aurons tout le temps de nous inquiéter de ça si cette éventualité devait se produire. Notre priorité était de rejoindre Jordan et nous étions d’accord sur son absence de culpabilité dans la disparition de ces cadavres. C’était un homme intègre.

Nous raccompagnâmes Dean sur le campus avant de prendre le chemin du poste de police. Un grésillement dans le radio de la Maserati attira mon attention. Ce cliquetis résonnait parfois sans raison depuis plusieurs jours. Mais c'était la première fois en présence de Chad. Il le remarqua, ce qui me conforta dans l'idée que je ne devenais pas fou. Du moins, sur ce point.


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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Jeu 7 Avr - 16:51



Damnatio Memoriae

Je suis perturbé par ce que je sens et ressens autour de Nemeton. J’ai du mal à voir Jordan mêler à cela. S’il couvre les surnaturels dont je fais partie, je le vois mal protéger les auteurs d’un massacre. L’adjoint du sheriff croit en son travail. C’est un gars honnête et droit… enfin c’est ce qu’il me semble. Je crois que le mieux est tout simplement lui demander pourquoi son odeur traine autour du Nemeton. Le mettre dans la confidence de nos recherches n’est peut-être pas vain non plus.

Dean ne connait pas Jordan, son odeur est si diffuse que je ne pense pas qu’il pourra faire le lien si par hasard il croisait le policier. Je me rends compte que suivre la piste les yeux fermés, me laissant guider par Maxence, a levé mes barrières mentales. Je ne sens toutefois pas de désapprobation  comme je peux parfois lire dans le regard de Mick quand je laisse un mouvement de colère échapper de ma maitrise quand je suis en sa présence.

Je concentre mes pensées sur ce qui nous a amené ici. Dean est dépité que la piste ne mène pas plus loin. Je le rassure, disant que je ne laisse pas tomber et qu’il sera informé de ce que l’on trouvera. Je mens par omission. S’il est légitime qu’on ne l’écarte pas de notre enquête car sa petite amie est morte par la faute de ces bouchers, je ne lui fais pas entièrement confiance. Il était venu vers nous, chercher de l’aide. Qui sait vers qui il se tournera s’il pense qu’on ne va pas assez vite pour démasquer le ou les fautifs. La haine est dangereuse. Je le sais très bien, moi qui en fais mon comburant. Garder l’esprit froid, ne pas s’emballer et rester patient. Ne dit-on pas que la meilleure des vengeances est un plat qui se mange froid ?

« Chad, que ferons-nous si ces chercheurs aboutissent à un succès ? »

« On tentera de survivre…  Allons voir Jordan.»

***

Nous avons redéposé Dean au campus. Contrairement à l’aller, rouler en Maserati ne lui fait plus d’effet. Il est déçu que nous n’ayons rien trouvé.

- Reste prudent Dean, dis-je quand il descendit.

Je reprends la route, direction le poste de police. Maxence est étrangement silencieux. Il fixe la radio de la voiture semblant écouter autres chose que le programme qui passe. Je porte mon attention sur le son et capte un cliquetis. Immédiatement je pense au moteur de la voiture, mais je lis dans les pensées de Max’ que cela fait un moment qu’il entend ce bruit, et pas que dans ma voiture. Je ralentis un peu et le regarde à la dérobée, ben que ma précaution soit vaine avec ses pouvoirs, sans parler de notre habitude à communiquer sans parler. Maxence a changé. Son look vestimentaire est plus accrocheur, il a laissé sa barbe poussé et semble comme moi trouver un intérêt dans les blousons de cuir. Un côté rebelle apparait dans sa façon de se tenir. Il est… plus affirmé et plutôt canon. Le poste de police apparait à nos yeux à la prochaine intersection. Pourtant au lieu de poursuivre et d’aller sur le parking qui l’entoure, je me range sur la première place disponible.  Maxence me questionne muettement.

« Je crois qu’il faut qu’on parle… » dis-je.

Je lis dans sa tête qu’il pense à ce qu’il a vu dans la mienne, ma colère après la mort de ma mère et mon entreprise de mettre une fin définitive ou plutôt massive à l’activité des chasseurs de notre côté de la terre. J’entends également le cliquetis étrange par ses oreilles.

« Je sais que tu as vu ce que je projette… et toi tu n’es plus le même. Il s’est passé quoi pendant que l’on ne s’est pas vu Max' ? »



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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Lun 18 Avr - 20:21


Damnatio Memoriae

La déception de Dean fut palpable. Le trajet du retour se fit sans un mot. Puis ce silence fut ponctué par des cliquetis métalliques que Chad perçut également à travers l'autoradio.

Sans même le regarder ni réellement investir son esprit, je compris qu'il trouvait ma réaction étrange. Je l'interpellai autant que ses non-dits depuis plusieurs jours m'avaient perturbé lorsque je les avais mis à nu un peu plus tôt.

Alors que les véhicules de service stationnés à proximité indiquèrent que nous approchâmes du poste de police, Chad plaça la Maserati à l'écart.

Je crois qu’il faut qu’on parle…

Il savait que j'étais au courant de son projet. La vérité fut tant imprimée dans mon esprit qu'il prit conscience que j'avais pu lire dans le sien.

Je sais que tu as vu ce que je projette… et toi tu n’es plus le même. Il s’est passé quoi pendant que l’on ne s’est pas vu Max' ?

Beaucoup et peu à la fois.


Mon intonation fut laconique. Je ne parvenais pas à mettre des mots sur les sensations qui m'enserraient depuis le procès, depuis ces quelques jours que Chad et moi n'avions pas passé ensemble et où il avait subi une perte douloureuse.

Je lui expliquai mon cauchemar et ce qui en avait résulté. Sans l'entrave du collier mon pouvoir s'était envolé. Aurait pu s'envoler. Mais, au delà de la gêne, ce que j'étais capable de faire était vertigineux. Effrayant.

Puis, comme un brasier qui n’attendait qu’une étincelle pour exploser, je compris le souhait de mon ami architecte. Mon aide serait précieuse et il gagnerait en efficacité dans son projet.

Comment fais-tu pour passer ce cap ? Utiliser sciemment ses pouvoirs, ne plus en être esclave. Ne plus être passif.

Chad était un loup-garou unifié et l’assurance qu’il avait gagnée ne faisait que compléter la symbiose qui le régissait. C’était naturel pour lui, pourquoi alors refuserait-il de se défendre avec les capacités qui étaient siennes ? Le corollaire avec mon pouvoir télépathique fut la conclusion de son plaidoyer.

Il riva son regard dans le mien. Ce contact visuel intense renforça notre lien psychique. La télépathie ouvrait l'accès aux pensés de l'un à l'autre, dévoilant l'ampleur de ma confusion et l'étendue de sa détermination. À quel moment avions nous été investi par nos propres démons ?

Acceptes-tu de m'aider pour ce que je compte faire ?

La question qu'il formula mentalement n'eut rien d'un ultimatum car notre amitié était fondée sur le respect de nos opinions et de nos doutes, si parfaitement lisibles grâce à mon pouvoir.

Pourtant, je sus que ma réponse changerait notre complicité de manière définitive. Il ne s'agissait pas de décider d'une quelconque entreprise anodine. Chad prévoyait une sentence irrévocable à laquelle il offrait une légitimité justifiée. N'avais-je pas déjà fait de même ?

Un écho pernicieux me rappela que nous pouvions tous être des héros, que nous devions combattre avec nos propres armes, que la justice, la vérité et la paix avaient un prix. Pour le bien commun, toute tentative ne pouvait être que louable.

Nous ne devions pas accorder plus d'importance aux risques d'une action qu'à sa nécessité.

C'est d'accord.

Sans un mot de plus, acceptant cette collaboration, nous sortîmes de la voiture.

Si à l'avenir je serais amené à m'y rendre pour – en tant qu'avocat – défendre un client, je n'avais encore jamais mis les pieds au poste de police.

Je laissai Chad parler, il connaissait les lieux et quelques agents sans compter son alpha, Ruby, qui était toutefois absente actuellement.

Il s'adressa à l'homme qui s'était approché de nous et demanda à parler à Jordan Parrish.

- Il n'est pas encore revenu de son intervention. Voulez-vous vous adresser à quelqu'un d'autre ?

Chad déclina en m'indiquant mentalement qu'un autre officier avait réagi à la mention de l'adjoint.

Il est inquiet.

La sensation m'était apparu clairement et Chad m'indiqua percevoir l'odeur de Parrish sur son collègue. L'homme semblait partagé sur ce qu'il pouvait et voulait nous dire. D'un signe de tête discret, il nous invita à prendre la direction de la sortie.

Hors du bâtiment, il se présenta d'une poignée de main ferme.

- Brian O'Conner.

- Nous cherchons Jordan Parrish, au sujet d'une affaire assez singulière.

Le policier comprit aussitôt que le mot employé désignait le genre de problèmes qui semblaient se concentrer à Beacon Hills. Curieusement, découvrir que ce sujet pouvait être évoqué devant moi aussi bien que devant Chad, dont il connaissait à priori la nature, ne fit pas disparaître son angoisse. Au contraire, il la libéra inconsciemment de la retenue dont il devait faire preuve.

Brian évoqua la mission de routine qui avait été confiée à l'adjoint. Il n'était pas revenu et ne répondait pas aux appels radio ni au téléphone. C'était monnaie courante parfois, car un policier pouvait intercepter d'autres problèmes sur le chemin du retour. Mais le mauvais pressentiment de son collègue l'avait décidé à ce qu'il nous en fasse part.

Et il ne pouvait pas s'absenter pour respecter un quota de présence obligatoire.

Nous n’en apprîmes pas davantage. Nous venions du Nemeton où Chad avait repéré l'odeur de Jordan. Il n'y était pas. Au poste de police non plus. Sans autres indications, il n'y avait qu'un autre point de chute que nous pouvions visiter.

Après avoir remercié Brian pour nous avoir indiqué l'adresse de l'adjoint et la sienne, nous retournâmes vers la Maserati.

Même si le moteur n'avait pas grondé pour souligner notre arrivée, Chad et moi attirâmes l'attention.

La voisine, une vieille femme dont le bichon grognait derrière la clôture, nous fixait avec une curiosité propice à alimenter les futurs ragots du quartier.

Elle râla en pensées contre les allers et venues qui s’apparentaient, selon elle, à des activités louches. Et ce, même si son voisin était un jeune et honnête policier, en apparence.

Il y a de l'agitation ici, parfois même la nuit.

D'un mouvement du menton, j'indiquai à Chad d'où me venait cette information.

Sur les pavés clairs qui menaient au perron, des traces de terre humide formaient l'empreinte de chaussures. À cette période, il fallait creuser pour atteindre un sol meuble. Le lien avec les cadavres disparus dont un exhumé dans la forêt s'éclaircit dans notre esprit.

Sans éveiller les soupçons de celle qui devait connaître les travers de chacun des habitants de la rue, nous atteignîmes la porte d'entrée.

L'absence de réponse après que nous eûmes toqué ne nous dissuada pas.

Synchrones, Chad et moi perçûmes une présence à l'intérieur. Lui entendit les nets battements d'un cœur. Moi je captai l'esprit confus d'un être pensant.

Feignant d'avoir eu l'autorisation d'entrer de notre hôte, nous ouvrîmes la porte pour la refermer après notre passage.

Je n'aimais pas sentir le regard de la vieille dame sur ma nuque. Si elle ne soupçonnait rien de la raison de notre venue, cette sensation me rappeler quelque chose de désagréable.

- Jordan ?

Chad l'avait appelé d'une voix forte en me montrant le sang qui maculait le sol en gouttelettes dont certaines présentaient les traces d’une substance grise opaque.


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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Lun 25 Avr - 14:19



Damnatio Memoriae

«  Je crois qu’il faut qu’on parle…»

Je ne regarde pas Maxence qui est à mes coté dans la Maserati. Je regarde à une centaine de mètres devant moi, vers le poste de police où Jordan semble impliqué de près ou de loin à ces macabres expériences. Si je ne doute pas de quel côté il se situe, je reste tout de même perplexe de cette implication. Mais pour le moment je devais faire le point avec Maxence. Quelque chose a changé chez lui, c’est indéfinissable, mais bien réel.

« Je sais que tu as vu ce que je projette… et toi tu n’es plus le même. Il s’est passé quoi pendant que l’on ne s’est pas vu Max' ? »

« Beaucoup et peu à la fois. »

Oui il a changé. Le ton de ses réponses, et une forme de repli sur lui-même en sont des indices probants. Max’ m’explique son cauchemar, son pouvoir qui prend de l’ampleur, du probable, du potentiel à portée de pensée. L’évidence de son utilisation est claire dans mon esprit et je ne m’en cache pas. A quoi bon ? Max’ a déjà perçu mes intentions. Notre connexion mentale nous lie bien plus que deux amis lambda. Si cela évite toute confusion de compréhension, cela nous livre l’un à l’autre de manière presque transparente. Maxence peut avoir accès aux informations directement dans la tête des gens. Pas de filtre, pas de mensonges possible, la vérité à l’état pure. Cela est sans comparaison à mon travail de fourmi pour recouper les indices avec un degré d’erreur non marginal.

« Comment fais-tu pour passer ce cap ? Utiliser sciemment ses pouvoirs, ne plus en être esclave. Ne plus être passif. »
« Cela fait partie de moi. Ce n’est pas quelque chose de greffé… ce n’est plus une entité greffée. Max’ tu es né ainsi, ne vois pas ton don comme quelque chose à part, mais bien comme un sens supplémentaire. Je sais que tu t’astreins à un code moral… Mais imagine un voyant vivant au milieu d’aveugles. Devrait-il clore ses yeux pour se mettre au même niveau que les autres ? »

Je revois l’attaque sournoise du manoir. Ils ne nous ont laissé aucune chance alors bien même que nous n’enfreignions pas le code. Nos adversaires se moquent des règles, de la morale ou même d’une volonté de trouver une paix commune.

« Max ? Tu as vu clairement mon dessein. Utiliser leur propre haine et non-respect de la vie contre eux. Je ne souhaite pas que l’on se damne pour eux, simplement les stopper… définitivement. »

Nous nous regardons intensément. Il ne s’agit plus de jouer aux détectives là, mais bien d’agir. Le Max’ que j’ai connu refuserait d’emblée, Mais celui qui est là à côté de moi n’est plus vraiment le même homme.

« C'est d'accord. »

Notre conversation muette s’arrêta là et nous sortons de la voiture pour nous rendre au poste de police. Je passe devant car Ruby et Ma mère travaillaient là. Une partie du personnel sait qui je suis, le fils de Fiona Ferjones.

- Nous cherchons Jordan, demandé-je à un policier qui passe devant nous.
- Il n'est pas encore revenu de son intervention. Voulez-vous vous adresser à quelqu'un d'autre ?
- Non, c’est lui personnellement que nous voulons voir.

Je vois Brian qui nous regarde. Il me reconnait immédiatement. Avant lui, Jordan sortait avec ma mère…

« Il est inquiet. » Avertis-je Maxence mentalement.

Brian nous fait signe de le suivre. Nous ne nous faisons pas prier.

- Brian O'Conner.

- Nous cherchons Jordan Parrish, au sujet d'une affaire assez singulière.

J’ai légèrement appuyé sur le dernier mot pour qu’il comprenne que je parle du surnaturel. Je porte ma main sur l’épaule de Maxence pour bien montrer que je lui fais confiance.

- Max’ est un mentaliste, dis-je sans demander la permission à mon ami.

Je ne sais pas de quoi est capable Brian. Il a la signature chimique d’un humain. Mais à force de côtoyer Matrim et Maxence, je suis plus sensible à la gestuelle et le comportement des gens « spéciaux ». Je crois qu’avouer l’appartenance à ce monde-là de Maxence peut nous simplifier les choses avec ce policier.

«  Ma main à couper qu’il est comme toi Max’, un mentaliste ».

Brian lâcha les vannes de ses angoisses. Jordan était parti en intervention et ne répondait pas. Il n’avait pas dépassé le délai qui enclenche la cavalerie. Mais son compagnon avait un mauvais pressentiment. Cependant il ne pouvait rien faire car coincé à son poste. Il nous confia son adresse pour que nous y allions

- Je t’avertis dès qu’on le trouve, dis-je avant de le saluer et repartir vers la voiture.

Le trajet est court jusqu’à la maison de Brian. Maxence m’avertit des pensées d’une voisine qui nous observe avec suspicion. Si la classe de ma voiture nous ôte une possible affiliation à de la racaille, les gens reste curieux et se plaisent souvent à fabuler à partir de ce qu’ils croient voir. Dans l’allée qui mène à la porte, il y a des traces de pas. Maxence me fait part de son raisonnement sur cette terre qui macule les pavés.

Je sonne, pas de réponse. Mais les battements de deux cœurs et un léger bruit ne me laisse pas de doute. Il y a du monde à l’intérieur. Un homme et un animal. Je sens le regard de la voisine dans mon dos. D’un geste assuré je tends la main vers la poignée de la porte. Celle-ci n’est pas déverrouillée.  

- Jordan ? Appelé-je d’une voix forte alors que Maxence referme la porte.

Un jeune chiot pointe le bout de son museau. Il ne s’approche pas. Son odorat doit l’avertir que je suis un loup. Il s’aplatit au sol en signe de soumission alors que je n’ai esquissé aucun geste. Sur le sol il y a des traces de terre, mais aussi de sang et d’une substance grisâtre. Mon odorat m’enseigne que c’est du mercure. Je connais l’odeur pour avoir déjà cassé un thermomètre en travaux pratique de chimie en terminale. L’autre cœur qui bat vient de l’étage.

- Jordan ? C’est Chad. Je monte. Je suis avec un ami. C’est Brian qui nous a donné l’adresse. Il est inquiet.

J’espère bien parler à l’adjoint et non pas à un voleur. Nous montons doucement. Il fait plus chaud à mesure que nous approchons de la salle de bain. Nous trouvons Jordan complétement hébété sous le jet de la douche. Sur sa peau il reste des lambeaux de vêtements calcinés. De la suie et de la terre fond une flaque sombre à ses pieds. Je me souviens parfaitement comment il s’était embrasé lors de l’attaque du manoir ou lors de la crémation de ma mère. Mais là son état n’est pas le même. Il semble à demi absent. Je n’ose pas approcher plus de peur de provoquer une réaction brutale de sa part. Alors je lui dis pourquoi nous sommes là.

- Jordan. Avec Maxence nous enquêtons sur les meurtres des étudiants sur le campus. Un type, un professeur de biologie fait des expériences sordides. Il cherche à créer des êtres surnaturels de manière artificielle. Nous ne savons pas comment il procédé. Il y a de grande chance qu’il soit financé par des chasseurs. Le corps d’une de leur victime avait été caché par le petit ami de celle-ci. Le corps de cette pauvre fille a disparu. La piste mène au Nemeton… avec ton odeur.



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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Lun 9 Mai - 15:04


Damnatio Memoriae

Depuis combien de temps je suis ici ? Par réflexe, hélas, par habitude, je regarde autour de moi, presque soulagé de ne pas voir de cadavre. Pourtant, je le sais très bien, c’est évidemment ce qui s’est passé, et c’est un nouveau sacrifice à l’Arbre que j’ai fait. Le fait que je sois de nouveau à poil et avec des traces de suies sur le corps ne laisse aucune place au doute…Brian à horreur quand ça m’arrive et qu’il n’est pas la. Mais je le faisais surement déjà avant de le connaitre. Je crois que j’ai une vague conscience de ce qui se passe grâce à deux choses : la crémation de Fiona, l’étrange vieil homme shaman, et bien sur mon nonos qui sait tellement s’imposer, cette tête de mule, que même mon autre moi se rappelle en partie de lui à présent.

Je suis étrangement soulagé de savoir que je ne suis plus seul pour faire ça, que je ne suis plus seul dans la vie. J’ai hâte qu’il soit là, et qu’il râle parce que je salope toute la maison avec la suie… Je veux le tenir dans mes bras et le faire rire. Son putain de merveilleux rire, c’est mon nectar, ma récompense.

J’ai des douleurs dans tout le corps. J’ai dû me battre. Enfin l’autre. Et je constate des plaies, et du sang par terre. Je ne cicatrise pas toujours vite, je n’ai jusqu’ici pas su trouver pourquoi. Et pourtant, parfois, c’est pratiquement instantané, je sens le feu en moi qui brûle en quelque sorte mes plaies, et je me régénère. Parfois ça prend plus de temps, et parfois c’est extrêmement douloureux. C’est en me relevant, claudiquant péniblement, que je réalise mon état. Je me traine presque pathétiquement sous la douche, mais le jet d’eau chaude me fait un bien fou. Je sais que je fais également monter la température de la pièce, sans contrôler vraiment. Tant que je ne mets pas le feu à la maison, tout va bien...

- Jordan ?
- Jordan ? C’est Chad. Je monte. Je suis avec un ami. C’est Brian qui nous a donné l’adresse. Il est inquiet.

Quelqu’un en bas... C’est une information qui me parvient, mais que je n’intègre pas. Je me sens comme dans un rêve, la vapeur autour de moi me réconforte. J’aimerai que Brian soit la. Je regarde, hypnotisé, le noir et le sang couler vers l’évacuation et former une flaque grotesque à mes pieds. Une partie de ma conscience est occupée à activer cette régénération, mais même celle-ci me semble pénible, aujourd’hui.

- Jordan. Avec Maxence nous enquêtons sur les meurtres des étudiants sur le campus. Un type, un professeur de biologie fait des expériences sordides. Il cherche à créer des êtres surnaturels de manière artificielle. Nous ne savons pas comment il procédé. Il y a de grande chance qu’il soit financé par des chasseurs. Le corps d’une de leur victime avait été caché par le petit ami de celle-ci. Le corps de cette pauvre fille a disparu. La piste mène au Nemeton… avec ton odeur.

Avant même de réaliser que je me tenais nu, à moitié ensanglanté, et parsemé de traces de suie, je constate que Chad et Maxence sont debout, dans la maison que je partage avec Brian. Mais pourquoi ? Il se passe quelques instants de flottement, moi qui cherche à retrouver mes esprits et comprendre pourquoi Chad et Maxence sont la, ce dernier qui semble interloqué de me voir comme ça, et le loup qui sourit d’un air effronté en mentionnant un certain photographe qui n’avait pas tort et que ça valait le coup d’œil. Hein ?

Oh mer..credi !

Attrapant une serviette pour retrouver un peu de dignité et masquer mon anatomie, je fronce les sourcils, sentant déjà la chaleur remonter, car je suis persuadé que cette discussion va me perturber au plus haut point. Évidemment « machin » gâche se moment plein de dignité en s’accrochant au tissu et en tirant de toutes ses forces… Qui sont loin de pouvoir me tenir tête, sauf que je suis bien trop à l’ouest pour résister...

Remerciant, hébété, Maxence qui me tend un jogging qui trainait la, je finis par intégrer les paroles de Chad. Et des sortes de flash me reviennent en mémoire.
Dans ces flashs, je me revois porter une nouvelle victime, je me revois marcher vers le néméton, et, avec une infinie tristesse, car je sais que ce sera mon lot encore longtemps, je me revois la sacrifier au vieil arbre pour que le monde ne soit pas témoin de cette ignominie. Je suis le messager de la mort, je suis seul au monde. Non. Il y a Brian. Je sens que quelqu’un d’autre partage ces visions, et comprend mon rôle, mais celui qui squatte mon corps, et dont je ne sais toujours pas le nom, semble ne pas apprécier cette incursion mentale. Maxence est donc un télépathe ? Je ne sais pas comment décrire la suite. Je sais que je suis encore moi, encore conscient, mais mon autre moi semble s’éveiller, et mes yeux rougeoient soudain.

Dans mon esprit, je me vois comme un chien énorme entouré de flammes et dont les mâchoires claquent, se refermant à à peine quelques millimètres du visage de Maxence. Tout ça est très imagé, mais je comprends le sens, et Maxence qui recule soudain, visiblement aussi. Quoi que puisse être mon alter égo, il semble ne pas apprécier qu’on fouine dans ses petits secrets. Mais tout cela n’est pas vain, j’ai enfin compris quelque chose.

« Pardon. je contrôle pas… Je sais juste ce que je fais, ce que Brian m’a raconté ».

Alors je leur parle, soudain accablé par le poids de ma mission. Je suis prostré, par terre, et je leur parle de mes visions, de mes cauchemars, de tous ces corps qui brûlent au pied du Nemeton. Y compris des gens que j’aime. Et de ce que m’a raconté Brian. Pourquoi je cache les corps, pourquoi je masque ces monstruosités, ces blasphèmes aux yeux du monde. J’ai une mission, et je ne suis pas sur de la mener à bien.




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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Ven 20 Mai - 21:53


Damnatio Memoriae

En montant l’escalier, j’eus la désagréable sensation de reproduire un schéma. Il y a environ deux semaines, Jordan se tenait à la place de Chad et nous étions sur la piste du tueur en série pour lequel j’avais été nommé jury à son procès.

Avec la même prudence, je suivis mon ami à l’étage pour, cette fois-ci, rejoindre l’adjoint étroitement lié à la disparition des cadavres de chimères. Ce mot était venu spontanément entre Chad et moi. Une entité effrayante composée des attributs de plusieurs créatures et façonnée par la géniale folie de l’homme. La définition correspondait à ce que Chad et moi avions découvert.

Lorsque nous atteignîmes le palier, la chaleur qui se dégageait de la salle de bain se confirma. La vapeur avait envahi la pièce quand Chad poussa doucement la porte déjà entrebâillée.

Dans son esprit, auquel j’étais comme souvent connecté, je perçus les images qui s’imposèrent. J’eus de la peine pour lui lorsqu'il se remémora l’inhumation de sa mère et le rôle que le policier avait tenu.

Je détaillai Jordan alors que la situation nous faisait oublier toute pudeur. Avec les lambeaux de vêtements calcinés et la terre qui le maculait, l’eau de la douche peinait à faire disparaître les preuves de ce qu’il avait pu faire. La conscience de l’officier était lointaine.

- Jordan. Avec Maxence, nous enquêtons sur les meurtres des étudiants sur le campus. Un type, un professeur de biologie, fait des expériences sordides. Il cherche à créer des êtres surnaturels de manière artificielle. Nous ne savons pas comment il procède. Il y a de grandes chances qu’il soit financé par des chasseurs. Le corps d’une de leur victime avait été caché par le petit ami de celle-ci. Le corps de cette pauvre fille a disparu. La piste mène au Nemeton… avec ton odeur.

Nous ne pouvions être plus francs sur la raison de notre venue. Le phénomène dramatique qui avait lieu était tel que nous ne devions pas innocenter quiconque du fait de son statut, de son influence ou de la confiance que nous lui accordions.

L’adjoint était impliqué. Il ne fallait rien négliger. Nous perturbâmes l’état d’apathie de Jordan. Alors que je lui tendis de quoi s’habiller, son regard retrouva peu à peu celui de la lucidité. Toutefois, dans ses pensées encore confuses, je découvris ce que le policier avait fait. Des images succinctes, les sensations dans son corps et son esprit.

Soudain, l’espace d’un très court instant, je sentis une présence. Je me tournai vers Chad puis me ravisai à expliquer mentalement la sensation que j’avais perçue. Je n’étais sûr de rien.

Puis, comme si elle s’offusquait d’avoir été repérée, cette entité braqua son attention sur moi. Je ressentis une force ardente, ancienne. Je poussai mon esprit à sa rencontre. Pourtant tous deux immobiles, cette chose en Jordan et moi, nous rapprochâmes. Je ne perçus mentalement les flammes et la menace imminente qu’au dernier moment. Une violente douleur dans mon crâne m’obligea à rompre le contact psychique. Par instinct, je fis un pas en arrière.

Je rassurai Chad qui me dévisagea en comprenant que j’avais tenté d’en découvrir davantage sur celui qui nous faisait face.  

Sa mémoire est bloquée et parcellaire un peu comme Mick mais d'une manière différente. J’ai senti une dissociation mais ce n’était pas comme pour une personne souffrant de schizophrénie. Quelque chose m’a repoussé.

- Pardon. Je contrôle pas… Je sais juste ce que je fais, ce que Brian m’a raconté.

Chad lui demanda alors de nous raconter également. Il s’était exprimé avec bienveillance bien que les réponses soient précieuses pour nous. Je connaissais depuis peu le secret de mon ami et je me satisfis que la tension entre lui et l’adjoint se soit tu depuis le drame du manoir. Être l'objet de la rage qu'il dissimulait était tout sauf un gage de sécurité.

La culpabilité que Jordan aurait pu avoir au sujet des chimères s’envola aussitôt. Il n’était pas un bourreau mais plutôt un gardien. Par les flammes qui ne blessaient jamais le Nemeton, le secret perdurait. Les œuvres de pure hérésie disparaissaient avant que leur existence ne brise pour toujours la discrétion nécessaire à la pérennité du monde surnaturel. Qui savait ce qui pouvait arriver si la population d’une ville apprenait que les limites de la réalité côtoyaient celles de leur imagination ? A l’échelle d’un pays entier ou de la planète ? La peur est mère de souffrances et porteuse d’horreur.

Nous racontâmes ce que nous savions sur l’existence des chimères. Car si l’intervention de l’officier marquait la fin du cycle, il ignorait tout des origines de ces abominations.

- Combien de fois t’es-tu retrouvé dans cette situation ? Depuis quand tes absences ont elles débuté ?

Je cherchai à déterminer si nous nous étions leurré à croire que le professeur avait commencé ses expérimentations sur le campus avec la petite amie de Dean. Si les essais avaient été amorcés plus tôt alors nous aurons sous estimé l’ampleur de ce projet macabre.

Pour contrecarrer ses plans, nous étions peu à être au courant de ce qui se tramait. Chad et moi tout d’abord. Dean qui était très impliqué. Mick, que nous avions alerté et qui nous avait porté assistance. Adriann dont Chad m’avait parlé. Jordan à présent et son ami Brian. Ruby, la seconde adjointe et l’alpha de Chad connaissait également la menace provoquée par des créatures instables lâchées dans la nature.

D’après les dires de Jordan et ses absences mouvementées, plusieurs chimères étaient apparues encore récemment. Mais nous avions la certitude que le scientifique avait pris la fuite. Et d’autres détails ne correspondaient pas à ce que nous avions pu voir. Nous finîmes par conclure que quelque chose d’autre rôdait en ville. Les évènements concordaient mais qui pourrait dire quel acte de folie avait engendré le suivant. Si cette abomination créative se perpétuait, se copiait et se répétait, nous allions tous être confrontés à des problèmes majeurs.

À la lumière de ce que nous échangeâmes avec l’ancien militaire et ce qu’une telle lubie offrait comme potentiel, il nous parut évident que le professeur de biologie n’avait pas stoppé ses créations mais qu’il perdurait ailleurs, dissimulé et hors d’atteinte.

Beacon Hills ne fut peut-être qu’une étape dans sa machination.
Ou pire, une diversion.


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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Mar 31 Mai - 17:02



Damnatio Memoriae

Jordan semble revenir de loin. Il est dans un état second comme entre veille et éveil. Par le lien psychique qui me lie mentalement à Maxence, je sais que le mentaliste tente de voir ce qu’il se passe en surface des pensées de Jordan. Il a une réaction de recul et les battements de son cœur s’agitent.

« Sa mémoire est bloquée et parcellaire un peu comme Mick mais d'une manière différente. J’ai senti une dissociation mais ce n’était pas comme pour une personne souffrant de schizophrénie. Quelque chose m’a repoussé. »

Je devine que c’est la seconde nature de l’adjoint qui n’a pas apprécié l’intrusion du mentaliste. Jordan semble reprendre pied dans la réalité mais reste prostré à terre.

- Pardon. Je contrôle pas… Je sais juste ce que je fais, ce que Brian m’a raconté.

Je perçois sa détresse et la frustration de l’impuissance à maitriser ce qui lui arrive. Jordan nous livre ce qui le hante. Si nous apprenons ce qui est arrivé aux corps disparus, cela n’explique en rien la tâche qui semble être celle de Jordan, cacher les anomalies surnaturelles. J’ai du mal à faire le lien entre ce professeur de biologie qui joue à dieu et la force surnaturelle qui est liée à l’adjoint. Les actions des hommes créeraient donc une réaction du monde surnaturel ? Maxence lui avait tendu de quoi se vêtir, nous pouvions parler sans trop de gêne de part et d’autre.

Cependant  il est clair que Jordan n’a rien à voir avec l’investigateur de ces manipulations génétiques. Non que j’ai eu un doute sur l’intégrité du policier, mais en avoir la confirmation me rassure. Maxence et moi racontons ce à quoi nous faisons face au campus, la mise en fuite du professeur, les locaux nettoyés de toutes preuves pouvant l’accabler, mais le sentiment que ce n’est pas fini pour autant. Maxence demande à Jordan depuis quand ont débuté ses absences. Il semble qu’il s’occupe encore de faire disparaitre des chimères comme en témoigne l’état dans lequel nous l’avons trouvé à notre arrivée alors qu’en théorie, le professeur de biologie n’a pas eu le temps de remonter son installation ailleurs. Maxence fait le point avec « nos » morts, mais il semble que Jordan en traite bien plus. L’effroi me glace le dos. Y aurait-il une autre source à ces abominations ?

Nous quittons Jordan, l’invitant à appeler Brian qui s’inquiète pour lui et qui est coincé au poste de police. De retour dans la voiture je soupire. Maxence comprend mon soulagement d’avoir innocenté Jordan sur la création de telles monstruosités en ayant une explication claire sur le pourquoi de sa présence sur le lieu où Dean avait caché le corps de son amie. Je regarde devant moi, la rue de ce quartier résidentiel. Mon esprit s’embrouille par trop de données, trop d’affaires différentes. Cela a commencé par ces chasseurs et les berserks au manoir, puis il y avait eu les bouchers dans ce hangar avec Adriann et là des chimères qui semblaient avoir des origines différentes. C’est un sac de nœud indéfectible. Y aura-t-il jamais une fin à la croisade que je mène.

- Une idée pour la suite ? J’ai peur que si nous avons réussi à éloigner l’autre apprenti sorcier, il n’ait pas été le seul… Je suis perdu sur ce que nous devons faire Maxence.

Je n’abandonne pas, simplement je sature ne sachant plus où donner de la tête. Je ne peux pas tout gérer et commence à m’en apercevoir.



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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Ven 1 Juil - 10:34


Damnatio Memoriae

Jordan était donc innocent. Il n’intervenait dans ces événements macabres que pour jouer le rôle de nettoyeur. Il dissimulait ce qui ne devait pas être porté à la connaissance des hommes et des femmes qui vivaient dans l'ignorance.

Il y a encore quelques mois – alors que je ne connaissais pas encore l’existence du surnaturel – je croyais être une anomalie de la nature. Mon pouvoir ne m'avait apporté que des  problèmes bien peu contrebalancés par les quelques moments d'amusement que la télépathie avait pu me procurer. Chad m’avait permis de changer de regard sur moi-même.

Dorénavant, je faisais partie des choses et des êtres incroyables et troublants qui parsemaient notre monde.

En dénombrant les victimes dont nous avions eu connaissance sur le campus, nous tirâmes rapidement la conclusion que le professeur de biologie n’avait pas été le seul à mener sans scrupules des expériences sur des étudiants.

Puis nous apprîmes finalement l’existence de trois entités que Jordan et son petit ami ainsi que l’alpha de Chad affrontèrent. Leur implication dans l’existence des chimères étaient indéniables. Pourtant, nous compriment qu’il s’agissait d’une seconde piste. Le professeur de biologie demeurait tapi dans l’ombre.

Dans quelle voie devions-nous nous engager ?

Soulagé mais encore trop peu renseignés sur la manière d’agir contre ce à quoi nous faisions face, nous nous installâmes dans la voiture. Chad et moi n'avions pas nécessairement besoin d'exprimer ce que nous voulions dire. Il nous suffisait de le penser. Pourtant, il était parfois utile de mettre nos pensées au clair à voix haute.

- Une idée pour la suite ? J’ai peur que si nous avons réussi à éloigner l’autre apprenti sorcier, il n’ait pas été le seul… Je suis perdu sur ce que nous devons faire Maxence.

Je repensai au raisonnement mental qu’il avait eu un peu plus tôt. Le scientifique n'aurait, en théorie, pas eu le temps de réorganiser un autre laboratoire ailleurs.

- Chad ? Je viens de penser à quelque chose. Et si nous nous trompions ? Il n'a pas pu installer un nouveau laboratoire si rapidement après avoir démantelé son installation sur le campus mais...

C'était là une partie masquée d'un iceberg d'horreur.

- Et si Beacon Hills n'était pas un coup d'essai ? Il est peut-être établi ailleurs et le campus n'aurait été qu'une succursale.

Il était facilement concevable que le point de départ de ces travaux scientifiques se situait ailleurs et que les recherches rayonnaient sur des kilomètres. Cette révélation nous parut évidente.

Il faudrait trouver leur ruche et éradiquer le problème. L’image n’était peut-être pas appropriée car un monde débarrassé d’abeilles serait voué à la désolation. Mais par notre lien psychique, Chad comprit la métaphore. Bien qu’il puisse s’agir d’une initiative de sa part, ce n’était sans doute pas un seul homme qui œuvrait de manière isolée.

Ces travaux, malgré leur caractère inhumain, avaient bien trop de valeur pour être abandonnés si facilement. La folie était un mal retord. Surtout lorsque les sujets étaient persuadés que leurs actions étaient justifiées.

Il y avait beaucoup d'implication et des imbrications multiples dans ces évènements. Réfléchir à deux n'était pas dénué d'intérêt.

Par ailleurs, les cobayes incompatibles ne seraient-ils pas laissés à la merci des chasseurs trafiquants d'organes ? Sans être liés dans leurs projets communs, ils pourraient s'agir d’une relation de fournisseur à revendeur. C'est un commerce tragique et glauque, mais ça expliquerait beaucoup de choses.

- Cette fille qui était avec le professeur, nous aurions plus de faciliter à remonter jusqu'à elle. Elle est sans doute douée dans l'art de la tromperie mais l'erreur est inévitable.

Famille, amis, colocataires. Anciens petits amis. Il fallait tout chercher avant qu'une catastrophe arrive sans qu'on puisse l'éviter

- Mais nous pouvons aussi mener de front ces deux phénomènes. Je crains que le trio étrange ne continue à mener ses expériences. Et pas seulement sur des étudiants. Des lycéens sont touchés et certainement des personnes un peu partout en ville.

Dans l’esprit de Jordan, j’avais perçu des sons et des sensations étranges. Elles étaient similaires à celles que je captais depuis plusieurs jours. Des cliquetis métalliques, des grésillements. Comme si mon esprit cherchait à se synchroniser avec quelque chose sans parvenir à estomper les parasites. Les fréquences radio de la voiture de Chad avaient également été impactées. Ça ne pouvait être une coïncidence.

- Et concernant ton autre problème, qu’est ce qu’il en est ?

J’avais accepté de lui apporter mon aide. Le principal atout dans cette quête était l’information. Le savoir c’était le pouvoir. Et j’étais un cambrioleur psychique hors pair, tel un héros qui subtiliserait la richesse opulente des plus aisés pour l’offrir aux pauvres. Un héros. Comme me le murmurait cette petite voix que je me décidais à écouter de plus en plus.


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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Jeu 28 Juil - 10:43



Damnatio Memoriae

Je n’avais pas redémarré la voiture. Nous avions besoin de faire le tri dans ce que nous savions. Le cuir souple des sièges de la Maserati est confortable, mais le luxe de ma voiture n’aide en rien à notre sérénité. J’exprime mon désarroi face à l’ampleur de l’organisation que nous essayons de faire chuter.

- Chad ? Je viens de penser à quelque chose. Et si nous nous trompions ? Il n'a pas pu installer un nouveau laboratoire si rapidement après avoir démantelé son installation sur le campus mais...

- … J’ai bien peur que tu dises vrai.

- Et si Beacon Hills n'était pas un coup d'essai ? Il est peut-être établi ailleurs et le campus n'aurait été qu'une succursale.

- Alors le monde est en sursis….

Ma communication avec Maxence est fluide et limpide. Moitié en parole, moitié en idées pures télépathiques, il n’y a pas de quiproquo possible, pas de secret non plus, plus depuis que je lui ai avoué mon projet. L’étudiant en droit a une approche plus juridique du problème. Ces apprentis sorciers laissent forcément des traces dans des livres de comptes ou des bordereaux d’expédition. Pour ma part j’ai une approche animale, faite d’intuitions sur le comportement de notre cible. Que fait un homme en fuite ? Où peut-il se cacher ? Comme tout un chacun, il a des besoins vitaux à assouvir comme manger et dormir. Mon approche est celle de la chasse, mais ma proie n’en est pas vraiment une.

- C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin.

- Cette fille qui était avec le professeur, nous aurions plus de faciliter à remonter jusqu'à elle. Elle est sans doute douée dans l'art de la tromperie mais l'erreur est inévitable.

- Oui, bien pensé ! On doit pourvoir trouver sa trace dans les fichiers du campus et ses camarades de promo.

- Mais nous pouvons aussi mener de front ces deux phénomènes. Je crains que le trio étrange ne continue à mener ses expériences. Et pas seulement sur des étudiants. Des lycéens sont touchés et certainement des personnes un peu partout en ville.

- Je crains que si nous nous dispersons, nous n’arriverons à rien. J’espère arriver à convaincre les amis de Matthias pour m’aider. C’est une bande de pacifistes, mais si j’arrive à les convaincre que leur passivité ne les mettra pas à l’abri du danger, nous pouvons avoir une aide précieuse.

Je me gratte la barbe. Tout cela devient harassant. Entre convaincre ceux qui ne sont que des victimes en sursis, et démêler les dangers qui nous guettent pour les contrer et éradiquer efficacement m’épuise moralement. Sans parler de Mick. James a trouvé un subterfuge pour que nous puissions aller à San Francisco sur la tombe de ses parents. Mick pense qu’il s’est laissé un message. Je suis amené sur tous les fronts. Trop…

- Max’, je pense qu’on va laisser à Jordan et Brian la piste des trois types qu’ils ont affrontés. Ce sont des flics. On ne pourra pas faire mieux qu’eux surtout si on se disperse. Adriann planche sur les vendeurs d’organes. Si la bande de Matthias peut nous renseigner sur qui est qui dans cette ville, toi et moi nous nous focalisons sur l’apprenti sorcier. J’ai demandé à Mick de me faire une macro Excel pour faire des tableaux croisés, prétextant en avoir l’utilité pour notre future maison. Je centralise les données et ...

Je soupire devant l’ampleur de la tâche. Maxence se fait rassurant dans ma tête. C’est comme une accolade mentale. C’est agréable et réconfortant.

« Tu as conscience que l’on va violer la barrière que tu t’es imposé avec ton pouvoir ? »

La réponse de mon ami est rapide et franche. Un mal pour un bien. Il pense que notre action est légitime et trouve enfin une utilisation concrète à ses capacités. Il est même convaincu que c’est son rôle, un peu comme les supers héros dans les films. Son assurance m’aide et balaye mes doutes. Je m’appuie sur lui pour rebondir et agir.

- On va fouiner au campus vis-à-vis de cette fille ?

Cette fois fini de faire les voleurs en pleine nuit. De toute manière ni Maxence, ni moi n’avons les capacités de forcer les passes de l’ordinateur du secrétariat du campus. L’infraction sera mentale. J’ai démarré le moteur de la voiture et pris la route du campus.



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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Mer 26 Oct - 13:59


Damnatio Memoriae

Nous choisîmes d'enquêter en plein jour. La prise de risques était importante mais nous pouvions procéder de manière aussi discrète qu'une pensée, intime et fugace. Chad a été clair sur ce qui nous attendait. Nous ne devions pas nous disperser mais profiter que d’autres luttaient aussi pour que les évènements qui tendaient à plonger Beacon Hills dans le chaos soient endigués.

Cette ville avait besoin que ceux qui le pouvaient agissent.

Adriann, un professeur du campus, suivait la piste des bouchers qui faisaient commerce des membres détachés de surnaturels. Ils arrivaient sûrement en bout de chaîne. Pour avoir accès aux pensées de Chad, je savais que le wendigo pouvait être dangereusement sanguinaire mais qu’ils se respectaient assez l’un et l’autre pour être partenaires.

Matthias, un autre de ses amis, s'avérait être une source d'information non négligeable sur les menaces qui régnaient dans l'ombre. Et Chad profitait de ce savoir pour mener à bien sa propre quête. Une vengeance calculée et finalement nécessaire.

Et puis il y avait moi, seul, si ce n'était avec lui, à la poursuite d'un fléau contre nature.

Au regard de ma motivation, Chad s'inquiéta un instant que je franchisse mes gardes fou. Comment pouvais-je faire autrement quand il frôlait ses propres limites morales ? La fin justifiait les moyens, son credo m’imprégnait. Et nous n'avions qu'un aperçu de ce que la folie d'un homme pouvait engendrer. Mon ami était déjà quelqu'un d'exceptionnel. Je pouvais être un héros à mon tour. C’était ce que la nuit me soufflait constamment.

- On va fouiner au campus vis-à-vis de cette fille ?

Je répondis mentalement. Ces derniers temps, je favorisais le dialogue psychique. C'était devenu si facile avec lui. Et de manière générale, je discernais avec plus de précision les strates qui composaient l'esprit humain. Et de quelles façons je pouvais interférer.

Le moteur de la voiture gronda comme un avertissement que je n'entendis pas.

Il va falloir qu'on sache qui elle est avant de chercher à en découvrir plus.

Chad ma confirma que l'étudiante complice de ses abominations n'était pas parti sans s'assurer d'être informée si quelqu'un était à sa recherche. La discrétion était de rigueur.

C'est ce lien qu'il faudrait remonter de complice en complice.

Forcer l'ordinateur du secrétariat n'était pas une option comme l'avait souligné Chad. Il fallait être plus subtil. Et les informations n'étaient pas accessibles dans l'esprit des personnes qui géraient les inscriptions. Elles ne pouvaient pas tout savoir sur tout le monde.

En retournant à l’université, une idée germa, me renvoyant quelques mois en arrière alors que j'arrivais dans la région pour débuter un nouveau semestre. Ce fut cette secrétaire qui m’avait dirigé vers Chad, mon parrain sur le campus.

En arrivant face à elle, il découvrit mon plan de manière psychique et joua la comédie naturellement en s'adressant à la femme qui leva le nez de son écran.

- Bonjour, Madame. Je suis avec mon filleul. Nous aurions besoin de renseignements, s’il vous plait.

Le sourire de Chad était charmeur, sa politesse naturelle lui ouvrait très souvent des portes et des contacts privilégiés.

- Il y a un jeu de piste de parrainage entre étudiants pour éviter que ce soit toujours les mêmes qui se proposent comme volontaires l’année prochaine.

Elle acquiesça et se rappela avoir plusieurs fois vu Chad venir accueillir un nouvel arrivant.

- Maxence aura la chance d’être parrain à son tour mais pour cela nous devons trouver qui est la personne mystère désignée pour cette mission.

- Je ne suis pas certaine d’avoir le droit de vous donner des informations sur d’autres étudiants et je n’ai jamais entendu parler de cette histoire.

Elle plissa les yeux d’un air réprobateur. Je pris la parole pour continuer sur notre lancée.

- S’il vous plait, tous les autres ont pu avancer. Je suis sûr que ce que la documentaliste dit à votre sujet est faux. Vous êtes loin d’être une idiote aigrie et tout à fait capable de nous aider même si personne ne vous l’a jamais demandé.

C’était de la manipulation sans danger, un petit mensonge, un léger écart de conduite. Jouer sur la corde sensible de la mésentente et de la rivalité n’était-ce pas ce que Chad avait en tête ?

- Je vous écoute. Mais vous ne direz pas que ça vient de moi.

Le seul indice que nous avions était la forte probabilité que l’étudiante complice des essais scientifiques de son professeur soit logiquement inscrite en cursus de biologie.

De plus, Chad et moi avions pu mémoriser son visage. Le cas inverse fut malheureusement vrai.

La secrétaire pianota sur son ordinateur pour faire défiler la photo des étudiants enregistrés dans un trombinoscope à leur inscription. Comme avec le jeu du  « Qui est-ce ? » , elle affina sa recherche avec les critères que nous lui exposâmes et finit par trouver la personne que nous cherchions.

- C’est elle, Lucy Baker.

Ce nom évoqua quelque chose pour Chad dont je pus lire les pensées. Il se souvint de ce que son informateur lui avait appris.

Qui mieux qu'une fille de chasseurs pour garder la cage des monstres que ce professeur veut créer ?

Après avoir remercié la secrétaire pour sa discrète collaboration, il fut plus facile de trouver où était la chambre de notre suspecte. Pourtant, nous ne voulûmes pas être repérés par ses éventuels amis dont certains – d’après ce que nous avions compris – avaient pour mission de rassembler ses affaires et de vider sa chambre dans les jours à venir. Elle était partie et nul doute qu’elle n’allait pas faire suivre un colis qui mènerait quiconque à l’endroit où elle devait présentement se cacher.

Ça va être difficile de trainer parmi ces étudiants et d’entrer dans sa chambre sans être repérés.

Et s'ils nous voyaient sans nous voir ?


J’avais en tête un subterfuge qui m’avait effleuré l’esprit récemment lorsque j’avais compris à quel point mes possibilités pouvaient être étendues. Mon explication fut non verbale. Nous nous comprenions ainsi.

On serait sous leurs yeux, oui. Mais je pourrais faire en sorte d'induire qu'ils ne nous voient pas.

Tu serais capable de contrôler autant de personnes ?


Je trouvais également ce pouvoir aussi incroyable qu’effrayant. Chad ne s'en cachait pas non plus mais c'était la seule solution dans l’immédiat. Même si elle impliquait que je retire le pendentif que Matrim m’avait offert pour utiliser pleinement ma télépathie.

L’exercice fut plus difficile que je ne l’aurais cru. En plus de faire abstraction des pensées de chacune des personnes autour de nous, j’eus la sensation d’avancer à contre courant en façonnant leur perception de la réalité. Je parvins à remplacer la vision qu’elles  avaient de nous par un souvenir creux, vierge, remodelé par leur esprit pour combler le vide. Nous disparûmes de leur mémoire comme si elles ne nous avaient jamais vus.

En pénétrant dans la chambre de Lucy, je pus relâcher ma concentration. L’endroit semblait ordinaire, nous ne nous attendions bien évidemment pas à un amas de fioles et de notes relatives aux expériences clandestines qui avaient eu lieu au cœur du campus.

Ce sont surtout les effets personnels de l’étudiante que nous voulions trouver. Pour en apprendre davantage sur elle et remonter sa piste. Des factures, des courriers ou même des photos.

Ma main trembla en saisissant le cadre posé sur une étagère, entre deux rangées de livres. Des images tout droit sorties de ma mémoire se précipitèrent dans mon esprit. Chad vit et ressentit mon désarroi. L’improbable côtoyait le possible à Beacon Hills plus qu’ailleurs.

Je reconnus immédiatement le visage de l’homme qui se tenait au côté de Lucy, plus jeune de quelques années. Leur lien de parenté fut une évidence. Tout comme l’identité de celui dont j’avais causé la mort, un an auparavant.

Je perdis pied, hors du contrôle que je m’efforçai de maintenir au quotidien et de l’entrave que me prodiguait le pendentif que j’avais demandé à Chad de garder soigneusement.




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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Jeu 3 Nov - 18:42



Damnatio Memoriae

D’un pas décidé j’entre sur le campus avec Maxence à mes côtés. Sa détermination galvanise la mienne. Nous sommes le comburant l’un de l’autre et c’est bien décidés de ne pas flancher sur notre quête que nous nous pointons au secrétariat. Maxence me déroule mentalement son plan. L’avantage de ce mode de communication est qu’il n’a pas besoin de formuler de mots ni de phrases. J’accède à son idée telle quelle est sans déformation de transcription. Je suis surpris par sa détermination et j’avoue que cela me plait car elle rend la mienne légitime. Je souris intérieurement quand mon ami me demande de jouer sur la corde de l’image du bon élève que j’ai auprès de l’administration et du corps enseignant du campus. C’est sans aucune difficulté que j’affiche un sourire chaleureux et charmant à la femme que nous venons voir.

J’enrobe notre besoin avec une histoire concrète. Je me coltine souvent les parrainages des nouveaux car les autres étudiants se défilent et que j’ai toujours ce défaut de ne pas savoir dire non. La femme me connait donc bien et sait que le campus peut m’être reconnaissant pour mon implication. Je suis donc crédible à juste titre.

- Maxence aura la chance d’être parrain à son tour, dis-je. Mais pour cela nous devons trouver qui est la personne mystère désignée pour cette mission.

- Je ne suis pas certaine d’avoir le droit de vous donner des informations sur d’autres étudiants et je n’ai jamais entendu parler de cette histoire, nous rétorque-t-elle.

Je prends un air de chiot triste. Une technique dont j’use et abuse auprès de Mick. Il râle quand je fais ça, mais en même temps il adore. Cependant cela ne semble pas suffisant pour que la secrétaire passe outre ses consignes. Maxence arrive à ma rescousse. Lui non plus n’a pas besoin de forcer le trait pour se faire séducteur. Quand il parle, je comprends qu’il a sondé l’esprit de la femme.

- S’il vous plait, tous les autres ont pu avancer. Je suis sûr que ce que la documentaliste dit à votre sujet est faux. Vous êtes loin d’être une idiote aigrie et tout à fait capable de nous aider même si personne ne vous l’a jamais demandé.

J’adore ! A aucun moment elle ne percute qu’il n’est pas censé avoir connaissance de ces bisbilles entre collègues. La flatterie de son égo efface sa méfiance. L’être humain est finalement facilement manipulable. De plus, Max joue parfaitement sur la technique que je veux utiliser contre les chasseurs qui est d’utiliser leurs rivalités et haines internes.

- Je vous écoute. Mais vous ne direz pas que ça vient de moi, répond la femme.

Yes ! C’est dans la poche. J’ai du mal à cacher un sourire de satisfaction. J’ai ce sentiment qui monte en moi avec la maitrise de ce qui m’entoure, de devenir le maitre de jeu. Le trombinoscope des étudiants défile sous nos regards attentifs. Nous aiguillons ses recherches au cursus qui concerne les sciences du vivant et le résultat tombe.

- C’est elle, Lucy Baker.

Baker…. Baker… Je ferme les yeux pour me concentrer sur la base de données que je bâtis grâce à l’aide de Matthias. Baker, c’est le nom d’une famille de chasseur. Je ne me souviens pas des prénoms, mais la coïncidence est trop forte pour être fortuite. J’exprime mentalement ma conviction à Maxence. Il me sera facile de vérifier et croiser l’information. Trouver la chambre étudiante de Lucy n’est pas compliqué.

« Ça va être difficile de trainer parmi ces étudiants et d’entrer dans sa chambre sans être repérés », dis-je.

« Et s'ils nous voyaient sans nous voir ? »

« Tu peux arriver à faire ça ? »

Maxence m’explique comment il pense s’y prendre. Heureusement que nous le faisons mentalement, car je crois qu’il aurait eu du mal à m’expliquer cela clairement s’il avait dû le dire avec des mots. J’aime de plus en plus ce mode de communication, car il est sans faille et sans quiproquos. Le corolaire est que l’on doit se faire confiance et ne pas craindre de partager des données intimes. Maxence a eu accès au pire que j’ai vécu, je n’ai plus aucune gêne à lui ouvrir mon esprit.

Je lui exprime clairement mon admiration sur ses capacités. Plus je le découvre, plus je trouve notre association redoutable. Je suis le bras armé quand il est l’esprit. Notre communication silencieuse rend notre coordination presque parfaite. C’est sans une once d’inquiétude que je le vois retirer son pendentif en cuivre que lui a fait Matrim. L’heure n’est plus à la restriction, mais à l’action.

Nous marchons dans les couloirs, nous fondant au mieux dans le décor pour faciliter le travail de Maxence qui gomme les mémoires des gens que nous croisons. Forcer la porte de la chambre de Lucy est un jeu d’enfant pour un lycan. Une fois à l’intérieur, le visage de Maxence se détend. J’imagine qu’il va être bon pour une sacrée migraine.

La chambre est banale et ne reflète pas l’ignominie de son occupante. C’est une piaule de fille. Je regarde sur son bureau. Il y a des livres de cours, un DM non terminé avec un brouillon à côté se rapportant au devoir en cours. J’ouvre un tiroir et n’y trouve que des objets ordinaires et courants. C’est évident que l’étudiante n’allait pas conserver des éléments accablants sur sa réelle activité. Je cherche donc des noms, des contacts qu’elle peut avoir sur le campus ou ailleurs. L’idée de base étant de remonter jusqu’à elle par ses connaissances.

« Y a pas grand-chose… Maxence ? Max ! »

Je n’ai pas le retour habituel quand je communique avec lui sans parler. C’est comme si je pensais dans le vide. Mon ami tient un cadre photo, ou plutôt s’agrippe dessus. Il est devenu blanc comme un linge. J’ai à peine le temps de me porter à son niveau pour le soutenir avant qu’il ne s’effondre. Alors que je le soutiens, des flashs m’assaillent. Je vois les images d’une rue. Ce n’est pas à Beacon Hills. Je comprends tout de suite ce que je vois, ce sont les souvenirs de Maxence et la raison qui est à l’origine de sa venue ici. Le visage de l’homme qui se fait écraser est le même que celui représenté sur la photographie. Le destin est bien cruel, de faire se croiser la fille de la victime et son assassin malgré lui.

C’est à mon tour d’être pris de vertige. Car Maxence lutte et s’accroche à ce qu’il peut pour sortir de sa vision et de la tonne de remords qu’il traine depuis ce malheureux accident. Mon ami s’agrippe à moi non pas physiquement mais psychiquement. Son esprit s’empare du mien sans ménagement. Je bloque mes pensées mais il passe en force. Je le sens fouiller ma mémoire, comme un voleur fouille une maison. Il ouvre chaque tiroir de ma vie et en vide le contenu jetant tout pêle-mêle. C’est un viol mental. Je tente de me défaire de son emprise, mais sa volonté est plus forte.

« Max’ arrête ! »

Ce n’est plus l’homme que je connais mais une pensée froide et méthodique qui fouille chaque parcelle de ce que je suis. Je suis impuissant et ne peux que tenter de remettre de l’ordre dans le bordel qu’il met dans ma tête. Je crois que si nous n’avions pas ce passif ensemble, cette intimité mentale, je deviendrai totalement fou. Je me raccroche à la raison en me disant que Maxence ne me souhaite pas de mal, qu’il cherche juste… Quoi d’ailleurs ?

Nous sommes comme deux drogués, affalés sur le sol, nous tenant mutuellement. Je suis le spectateur d’une fouille en règle de ma mémoire, de ma vie, de mon être. Passé le premier choc face à cette intrusion, je talonne Maxence qui avec une volonté farouche et acharnée passe de pièce en pièce de ma mémoire, de ma vie.

« Non pas là ! »

Je crois que je viens de comprendre son cheminement. Il cherche la source de ma force, il cherche le loup. Il veut la force et la puissance. Le jour de ma morsure refait surface. Maxence s’agrippe à ce souvenir et tente de me l’arracher comme si se l’approprier allait faire de lui un loup. J’ai beau me dire qu’il tente de se défendre, de gérer comme il peut sa culpabilité, de… Je perçois une volonté malsaine. C’est insidieux et latent, mais avec notre quasi fusion mental je sens une présence glaçante. Une chevelure blonde, un parfum subtil. Je suis en danger !

L’animal que je suis fini par prendre le dessus et s’oppose. Maxence est mon ami, mais là, l’instinct animal prend le dessus. Je me suis transformé, mes griffes entrent dans sa chaire. Je rugis intérieurement. Je sens mon ami se recroqueviller mentalement devant ma fureur. Notre communication reste sur le plan mental. Je renvoie à Maxence tout mon identité bestiale, ce n’est plus contre un étudiant architecte qu’il se bat pour voler mes souvenirs, mais contre une bête féroce et sauvage. L’odeur de sang, de son sang exacerbe ma colère.

***


La coupure est aussi brutale que son intrusion. Nous écarquillons les yeux de concert. Je vois son regard perdu et meurtri. Dans le mien, il doit subsister le fauve que je suis. Comme un automate je plonge la main dans ma poche et remet le collier de cuivre au cou de… mon ami. Oui c’est mon ami. Je dois un peu me convaincre de cela.

Nous nous écartons l’un de l’autre, toujours assis sur le sol. Il nous faut un moment pour reprendre nos esprits. J’ai du mal à faire taire le loup que je suis. La raison doit l’emporter sur l’instinct. C’est de voir du sang sur les bras de Maxence, là où je me suis agrippé qui me permet de me raisonner. Cela reste pourtant une belle confusion dans mon esprit. Tout se mélange, j’ai du mal à réajuster la chronologie des bribes de mémoire qui me viennent en tête.  Miya, Mick, Fiona, tout s’embrouille.

Je m’approche à nouveau de Max avec l’intention de soulager au minima la douleur de ses bras que mes griffes ont maltraités. Car je suppose qu’il doit souffrir du même mal de tête que moi. Mais mon ami a un geste de recul.

- Ça va aller Max’ soufflé-je doucement.


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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Mar 8 Nov - 10:09


Damnatio Memoriae

J'étais à la dérive. Un iceberg avait percuté mon esprit, ébranlant la culpabilité que j'avais endormi. Je me noyais dans un espace sans dimension.

Lorsque tout se mélangea, un seul point stable demeura. Je tentai de m'y accrocher sans plus savoir ni où j'étais ni même ce qui venait d'arriver. Ce phare dans les ténèbres vivantes de l'inconscience était rempli de souvenirs qui interpellaient les miens sans que je puisse les saisir.

Max’ arrête !

Je ne me rappelai plus à qui appartenait cette voix. Je redécouvris l’histoire de cet inconnu, comme dans un livre commencé par la fin. Je voulais la lumière, sa force, sa chaleur. Qu'elle m'irradie et me sorte de l'obscurité.

- Venge là !

...

- Ne… ne m’approche pas.

...

- Fils ! Sache que tu es le bienvenu sur nos terres, quel que soit le moment, la tribu t’ouvrira toujours ses portes. Ainsi qu’à l’homme que tu as choisi pour compagnon.

...

- Tu ne dois pas vivre pour la vengeance, sinon celle-ci te consumera.


Les paroles marquantes, les images fortes, les émotions intenses. J'accédai à tout. La lumière grondait dans cette obscurité. Plus vivace. Mais son feu était glacial.

Les pizzas, partagées dans un endroit tranquille avec Chad, me remirent un peu d’aplomb. Je vivais avec une aptitude délicate et ça n’était pas le premier moment difficile. Toutefois, ce jour-ci j’avais senti qu’une barrière avait été franchie.

Ces souvenirs étaient les miens aussi. Je les partageais avec celui dont j’investissais l’esprit si ardemment.

L’appartement de Mick…  J’ai un serrement au cœur lorsque j’ouvre sa porte. Il m’avait redonné les clés de son antre. Ce geste symbolique allait lui alléger les charges qui pesaient contre lui, ou du moins ne pas en ajouter à un tableau déjà bien noir. Mon père me ramena à la réalité, me pressant d’agir.

Ce revirement a perpétué cette idée que les choses arrivaient en cascade, que les faits s’agençaient en tiroir. C'était la théorie des fractales.

- Tu m’as amené mon acte de naissance ? Mon papier provisoire fait par le Sheriff va arriver à expiration à la fin du mois et avec les lenteurs administratives plus vite je fais la demande de remplacement.

...

- Christopher Argent ? Le père d’Allison Argent ?


Cette vérité l’avait ébranlé. Les fondements d’une existence s’étaient écroulés, le passé était parti en fumée. Était-ce à ce moment-là que tout avait basculé, que la vie avait été gâchée ? Mais la vie n’était qu’imperfections.

Deux visages s’affrontèrent dans des souvenirs plus lointains. Un jeune homme asiatique. Un étranger aux yeux vairons. La raison ployait sous le cri du cœur.

En brisant les barrières psychiques, je laissai entrer la tempête. J'étais elle, elle était moi. Je fouillais chaque recoin, chaque parcelle de son esprit à la recherche de la lueur qui me sauvera.

Non pas là !

Comme hypnotisé, je suivis une direction en ligne droite, laissant s'effondrer l'ordre établi dans le système cartésien de l'esprit humain.

Un prénom reposait dans une gangue de tristesse. Qui était-elle déjà ? Une amie ?

Une sœur. Emy. La morsure. Une nuit terrible.

Le loup. La vie de Chad avait basculé à cet instant. Il était devenu plus fort. Alors je me nourris de sa puissance et reprenais peu à peu consistance vers ce corps vigoureux.

Mais quelque chose m'en empêcha. Son hôte originel. L'homme et le loup étaient en symbiose. Je violais leur territoire.

Une douleur cuisante me rappela que je possédais aussi une enveloppe charnelle, que le monde matériel m'appartenait lui aussi.

Je rampai jusqu'à mon propre corps comme un aveugle qui remonterait le cordon de vie qui le raccordait à son esprit.

Un cri sortit de ma bouche, comme un nouveau-né délogé du confort avec violence.

Puis la boite de Pandore fut refermée. Je sentis le poids du pendentif en cuivre autour de mon cou. Il constituait une serrure à mon pouvoir et m’empêchait d’en perdre le contrôle. Lorsque c'était le cas, des choses terribles pouvaient arriver.

Mon bras saignait de l'attaque de Chad. Et lorsqu'il tenta de s'approcher à nouveau pour résorber la souffrance, je m'écartai brusquement. Pas parce qu’il m’avait blessé. Mais à cause de ce que je lui avais fait. J’avais pris l’ascendance sur lui, mon ami. Et pire que tout, je ne voulais pas qu’il me soigne parce que je méritais cette douleur.

Pour ce que j’avais fait à cet homme – au père de Lucy – je n’avais jamais été puni.

Le visage de la jeune femme s’imposa dans mon esprit mais ses traits ondoyaient. Ils étaient parfois plus fins, ses cheveux étaient tantôt blonds tantôt châtains. Même sa voix fluctua. Un ricanement sordide se répercuta dans ma tête comme pour me signifier combien j’étais faible.

Et si la mort de son père avait conduit Lucy à faire tout ça ? J’avais senti la rancœur en elle et les mauvaises raisons qui l’avaient poussé à prendre part à ces expériences macabres. Si j'étais responsable de cet effet papillon…

- Ça va aller Max.

Comment ça pourrait aller ?

La migraine n’avait rien à voir avec l’humeur néfaste qui grondait en moi. Chad pouvait la sentir mais qu’importait. Il y avait pire que nos états d’âme.

- Max, je crois que je comprends ce que tu ressens.

Chad ne s’approcha pas mais ses paroles furent apaisantes. Il me conseilla de trouver le moyen d’affronter mes démons. Me focaliser sur quelque chose de fort, une mission supérieure. C’était ce qu’il avait fait, ce qu’il désirait faire. Et il avait raison. Entièrement raison.

Je devais passer outre la honte qui me rongeait. Nous avions une piste sérieuse qui pouvait nous mener jusqu’au professeur – savant fou – de biologie et l’empêcher de perdurer dans ses abominations.  Même si pour ça, nous devions remonter les liens familiaux de Lucy plutôt que ses liens amicaux. Quelqu’un savait forcément où elle se trouvait.

L’injustice entourait la mort du père de l’étudiante. Ma vie avait basculé le jour où je m’étais rendu coupable d’homicide involontaire et beaucoup de choses avaient été induites par cet évènement. Je n’en aurais jamais la certitude ni n'en connaitrais pas l'ampleur mais je jurai de ne plus jamais laisser un crime impuni. Quel qu’il fût.

Et quoi que cette promesse m’obligeât à faire.




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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Dim 20 Nov - 15:58



Damnatio Memoriae

J’ai le soufflé court. J’ai beau être devenu familier des intrusions de Maxence, cette fois-ci son intention était malveillante. Une intention inconsciente et dérangeante, car cela ne ressemble pas à mon ami. Je le sais traumatisé par cet accident, quand il avait ordonné à cet homme d’arrêter. Nul ne pouvait deviner quelle interprétation en ferait sa cible involontaire. Cependant, j’ai senti une noirceur d’âme que je ne lui reconnais pas. Mais quand on voit les horreurs dont nous sommes témoins, il devient difficile de garder une attitude bienveillante.

Maxence refuse que j’absorbe sa douleur. Je l’ai blessé aux bras pour lui faire lâcher son emprise psychique sur moi. Son visage qui transpire de culpabilité me navre. Je ne lui en veux pas, bien qu’il soit hors de question que je le laisse à nouveau me retourner la cervelle ainsi. Alors que j’essaye de remettre de l’ordre dans la confusion dans laquelle il m’a laissé, je tente d’apaiser et déculpabiliser Maxence. Il est mon ami, et il arrive qu’entre amis on se blesse parfois. Je crois que notre lien est assez fort pour surmonter ce qu’il vient de se passer. C’est cette fore qui fait que mon couple est solide. Je souhaite que mon amitié pour Maxence soit aussi solide que l’amour que je voue à Mick. C’est ce qui permet de passer les épreuves et de s’en sortir, car on n’est pas seul. Je finis par me rapprocher de mon ami et de lui prendre les mains d’autorité.

- Nous devons sortir sans attirer l’attention. Je crois que tu n’es plus en état d’utiliser ton don pour nous effacer de la mémoire collective. La douleur se voit sur ton visage Max’.

Je lui parle doucement mais fermement. Je surfe un peu sur la vague de sa culpabilité pour m’imposer. Nous restons un long moment assis sur le sol, nous tenant les mains. Je le lâche quand ses signes vitaux me semblent apaisés. Je me relève avec un sourire un peu penaud et lui tends la main pour l’aider à se relever.

- Max’… Je ne te cache pas que tout à l’heure, ce n’était clairement pas agréable. Mais nous sommes des amis OK ? Je considère ce lien suffisamment fort pour que notre amitié se fracasse au premier écueil. C’est pour ça que je te le dis ouvertement. Et te remercie d’éviter à l’avenir de mettre ma cervelle en bordel comme une chambre d’adolescent. Je suis plutôt quelqu’un de soigneux.

Je fais une grimace équivoque et tend la perche de l’humour pour dédramatiser la situation. Max comprend et est rassuré de ne pas avoir mis notre amitié en péril. Nous continuons à fouiller la chambre de Lucy Baker. Nous cherchons les coordonnées de sa mère, ou d’éventuels frères et sœurs.


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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Ven 2 Déc - 15:07


Damnatio Memoriae

Je fus pris de stupeur et de tremblements. J'avais blessé Chad sans le vouloir. Ma détermination à me prouver que je pouvais changer les choses était grande et de plus en plus tangible. Quelque chose de supérieur me poussait en dehors de mes limites. La fin justifiait les moyens. Je ne me laisserais plus accabler par la honte.

Toutefois, comme un ange qui corrigerait le diable qui tentait de m'affranchir de certaines barrières, ma bonne conscience n'était pas totalement éteinte. Tout héros que j'eus envie d'être.

L'histoire de Lucy Baker me poussait à croire qu'elle était une victime et qu'elle s'était rangée du côté des bourreaux malgré elle. La mort tragique de son père avait pu la traumatiser au point de lui faire faire les mauvais choix.

À bien des égards, cette explication fut transposable au cas de Chad. Le cœur m’aurait poussé à comprendre que les actions de Lucy étaient justifiables. Mais ma raison - ou cette influence étrange -  occultait le reste. C'était elle ou nous. Son combat ou le notre.

L'instinct de prédateur de Chad m'enivrait encore pour me pousser dans mes retranchements. À moins qu'il s’agisse d'une noirceur qui m’était propre.

- On devrait continuer à chercher.

Mon ami était conscient que nous pouvions être repérés à tout moment. Fouiller dans la chambre d'une étudiante – même si la raison demeurait secrète – n'était pas pour nous éviter des ennuis.

Le bureau était rempli de documents, d’anciens devoirs et de papiers administratifs qui ne nous renseignèrent pas sur un quelconque moyen de trouver la jeune femme. Puis nous découvrîmes une carte de Noël de l’an passé qui nous donna avec précision l’adresse de la mère de Lucy.

- Nous ne pouvons pas y aller. Sa famille proche, surtout sa mère, est certainement surveillée. On se ferait prendre.

Je sus dans les pensées de mon ami que son fiancé n'aurait pas approuvé cette prise de risque. Nous devions déjà à la chance que nos identités n'aient pas été découvertes quand nous nous fumes introduit dans le laboratoire clandestin qui s'était trouvé dans les sous-sols de l'Université.

Lucy n’était très certainement pas retournée chez elle. Indépendante, elle n’avait sans doute même pas informée sa mère de sa désertion imprévue. Ce fut ce détail qui m’aida à élaborer un stratagème.

- Sa mère est peut-être la seule personne susceptible de nous conduire à elle. Donc si nous ne pouvons pas aller la voir, faisons en sorte que ce soit elle qui vienne à nous.

J'esquissai un sourire imperceptible. Écouter cette petite voix dans ma tête me donnait l'impression d'être utile et d'avoir la force de faire ce qui devait être fait.

- Il faut quelqu'un qui puisse donner l'alerte de la disparition de Lucy sans que ça puisse être rattaché à nous.

Nous avions forcée la porte mais ce n’était pas suffisant pour donner l’impression qu’il y avait un problème. Lorsque nous nous glissâmes dans le couloir, j’accrochai l’esprit d’un étudiant. Quelques minutes plus tard, le grabuge qui s’échappait de la chambre de Lucy achevait de créer le contexte idéal pour que la situation soit suffisamment inquiétante afin attirer l’attention.

La suite du plan se développa dans ma tête sans que je désire le dissimuler à Chad. La secrétaire qui nous avait renseignés fut à nouveau notre pion. Je dus d'abord effacer ses souvenirs sur notre demande de trouver Lucy dans le fichier des étudiants. Une formalité administrative triviale fut l'étincelle qui permit à la secrétaire de vouloir entrer en contact avec la jeune femme puis de se rendre compte de sa disparition. Donner l'ordre d'alerter sa mère avant la police nécessita de modeler légèrement son libre arbitre.

En quittant le campus, les pensées de Chad étaient conflictuelles. Il s’étonnait beaucoup de la facilité avec laquelle je venais d’utiliser ma capacité. Il m’avait demandé du soutien dans son projet et je le lui avais accordé. L’impossible reculait très souvent dans cette ville. J’avais fui Chicago par honte et peur de ce que j’étais. Beacon Hills m’aidait à assumer. L’amitié de Chad, la compréhension de Matrim et cette femme, Séléné, me permirent de me libérer.

Et plus j’utilisais mon pouvoir, plus je devenais sensible à ce qui demeurait normalement dissimulé. L’attrape rêve en cuivre et le pendentif offert par Matrim ne m’empêchèrent pas d’être pris dans un cauchemar durant la nuit.

Les abominations reprenaient. Des sons stridents et des cliquetis métalliques me donnèrent une migraine terrible. Je distinguai trois silhouettes et le bruit de respirations presque artificielles. Mon esprit se projeta dans les couloirs de l’Université puis dans les sous-sols du campus. Là où avait été installé un laboratoire clandestin pour les expérimentations lugubres du professeur de biologie que nous poursuivons, il ne restait plus rien. Si ce n’était une inscription gravée dans le mur.

DAMNATIO MEMORIAE

Il y avait quelqu’un d’autre avec moi face à ces deux mots qui semblaient avoir été griffés sur le béton. Une jeune fille dont les mèches rousses tombaient sur ses épaules. Elle avait les lèvres pulpeuses mais le regard vide braqué sur les traces de sang qui parsemaient l’allocution latine.

Puis soudainement, l’adolescente poussa un cri strident, terrible et déchirant.

Ma conscience fut projetée jusqu’à mon corps et l’écho de la hurleuse résonna encore en moi quand j’ouvris les yeux.

Je ne pus me rendormir malgré les deux heures qui me séparaient du début de la journée.

Au matin, je contactai Chad. Nous avions déjà discuté de la multiplication de créatures surnaturelles créées par une science occulte. Elles avaient toutes été tuées lors de l’attaque horrible lors du mariage de son alpha. Ce n’était que des adolescents pour la plupart. Je me souvins encore de la peur que j’avais ressentie chez mon colocataire – la  première de ces chimères contre-nature – avant qu’il ne m’attaque sauvagement.

D’autres entités expérimentaient les croisements génétiques à Beacon Hills. Elles étaient introuvables et leurs victimes ne se cantonnaient pas au campus. D’après Chad, l’adjoint Jordan Parrish – que j’avais déjà rencontré plusieurs fois – et son petit ami, étaient sur la piste de ces effroyables docteurs. Je pouvais lire dans les esprits mais pas dans l’avenir. Pourtant, j’eus la certitude que tout ça valait son pesant de noirceur et de dangerosité.

Je communiquai une autre nouvelle à Chad concernant notre propre investigation. L’angoisse maternelle avait été un puissant moteur. La mère de Lucy était arrivée à Beacon Hills dans la nuit.

Il était inévitable que les autorités aient été alertées. Au regard de tout ce qui s’était passé sur le campus – même si l’aspect surnaturel avait été étouffé – la police prenait très au sérieux la disparition d’une jeune femme.

Attirer l’attention sur Lucy était une stratégie à double tranchant. Elle risquait de redoubler de vigilance. Toutefois, la présence de sa mère était notre atout.

Alors qu’elle avait pu témoigner plusieurs fois auprès des enquêteurs, il n’y avait pas l’ombre d’une piste.

Nous la suivîmes discrètement. Elle se rendit aux résidences universitaires et entra dans le bâtiment où logeait Lucy. Cette zone était surveillée par un agent de la police. Si nous voulions lui parler, il fallait l’intercepter avant.

Au détour d’un couloir, elle changea de direction – sans savoir elle-même pourquoi – et entra dans une petite salle inoccupée.

Je confirmai à Chad que je venais de lui insuffler mentalement cette alternative pour nous retrouver seuls avec elle.

Bien joué Max.

Comme souvent lorsqu’il s’agissait de nous afficher comme des étudiants polis et lever tout soupçon, ce fut Chad qui prit la parole.

Les recherches de la police n’avaient rien donné. Lucy était introuvable. Nous devions interroger nous même la mère de la jeune fille.

Malheureusement, elle ne nous apprit rien de plus. Elle disait la vérité lorsque affirmait ne pas savoir où était sa fille. Mais elle mentait en prétendant vouloir coopérer alors que nous prétendions être inquiets pour notre amie. Son obstination eut raison de la fatigue et de la migraine qui me rongeaient depuis le cauchemar qui avait écourté ma nuit.

Je m’approchai d’elle bien qu’aucun contact physique ne soit nécessaire pour utiliser mon pouvoir sur quelqu’un. Elle devait comprendre que retrouver Lucy était primordial. Je refusai l’échec.

Voilà ce que fais votre fille.

Ma voix fut la pointe d'une flèche qui fila dans son esprit. Je déversai le flot de pensés, de peur et les images des choses terribles auxquelles avait participé Lucy.

Max, qu’est ce que tu fais ?

Les montres effrayèrent sa mère. Mon intrusion mentale la blessait. Mais tout ceci était nécessaire. Il ne s'agissait pas de torture, j'étais un héros...

Maxence arrête !

Le cri de Chad me déconnecta. Il avait pressé ses deux mains sur mes tempes pour rompre le contact psychique avec la mère de Lucy.

La femme avait les yeux écarquillés. Qu’avais-je fait ?

Elle se recula violemment lorsque je m’approchai à nouveau. Connectée à elle, je la forçai à ne plus bouger.

Chad émit des réserves sur ce que je comptais faire mais je tentai de le rassurer. J’effaçai la peur et toute contrainte de la mémoire immédiate de la mère de Lucy.

J’employai un moyen plus subtil. Sans douleur mais efficace.

C'était une promesse envers mon ami autant que pour ma bonne conscience. J'avais découvert il y a peu de temps combien je pouvais façonner l'esprit et laisser un ordre auquel la personne était obligée d'obéir même lorsque j'aurais quitté ses pensées. Comme une marque au fer rouge pourtant indétectable. Et infaillible.

Lorsque Lucy contactera sa mère, celle-ci nous en informera. Ce fut une certitude.




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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Ven 9 Déc - 18:02



Damnatio Memoriae

Une fois nos esprits repris, nous fouillions à nouveau la chambre de Lucy. Je ne prends pas Plaisir à violer l’intimité de quelqu’un. Mais cette fille est sortie de la morgue sans l’once d’un regret, camouflant les preuves de l’ignoble projet du professeur dont elle est la complice. Ses actes me dégrèvent de toute culpabilité. Et c’est de plus en plus fortifié à cette idée que je retourne avec soin les affaires de l’étudiante tout en veillant à remettre chaque chose à sa place. Au bout d’un moment, je tombe sur une carte de vœux avec l’adresse de sa mère. Je la montre à Maxence comme un début de piste probant. Cependant je nous vois mal aller questionner cette dame sans éveiller des soupçons de sa part ou ceux de son entourage immédiat. Maxence fait le même raisonnement que moi.

- Nous ne pouvons pas y aller. Sa famille proche, surtout sa mère, est certainement surveillée. On se ferait prendre.

Nous n’avons pas été inquiétés depuis notre fuite du laboratoire. Je suppose que c’est parce qu’ils n’ont pas vu nos visages et ne connaissent donc pas nos identités. Mais ils savent que deux personnes enquêtent sur leur compte. Nous devons être prudents et ne pas attirer l’attention sur nous.

- Sa mère est peut-être la seule personne susceptible de nous conduire à elle, dit Maxence. Donc si nous ne pouvons pas aller la voir, faisons en sorte que ce soit elle qui vienne à nous.

- Oui mais comment ? Avec quel motif ?

Mon ami semble avoir un plan en tête, car je le vois sourire. Je suppose que c’est sa perte de contrôle de tout à l’heure qui me bloque l’accès à ses pensées et leur cheminement, car je suis obligé d’attendre qui dise clairement son plan.

- Il faut quelqu'un qui puisse donner l'alerte de la disparition de Lucy sans que ça puisse être rattaché à nous.

- Oui mais qui ?

Maxence resta mystérieux jusqu’à ce que nous sortions de la chambre. Après quelques mètres j’entendis du remue-ménage en provenance de la chambre de l’étudiante. Puis enfin les pensée de Max’ me deviennent claires. Je suis le cheminement de ses pensées pendant que nous retournions au secrétariat du campus. Je suis étonné du brio de l’idée et également de l’aisance de Maxence à créer une fausse situation. Je connais son dévouement pour ses études de droit, une manière de racheté son homicide involontaire. Je n’aurais jamais pensé qu’il puisse s’impliquer autant quitte à frauder ou falsifier les choses. Je pensais devoir prendre sur moi toutes les décisions un peu « limites », mais Max’ m’aide pleinement et avec l’entière capacité de ses moyens. Je ne m’éternise pas plus sur le changement notable chez mon ami, car grâce à lui mon plan peut avancer. Nous devons mettre fin à la carrière de ce professeur. Quant à Lucy… Je crois que même si je l’éliminais de mes mains, je ne perdrais pas la couleur dorée de mes prunelles. Mais sur ce point, je ne compte pas me salir les mains.

***

Je tourne sans entrain ma cuillère dans mon café quand je reçois un appel de Maxence. Je le sens un peu agité ou fébrile, comme s’il avait passé une mauvaise nuit. Il m’annonce que la mère de Lucy est arrivée dans la nuit à Beacon Hills. Je ne sais pas s’il faut s’inquiéter ou non de cette promptitude. Est-elle seulement au courant des activités de sa fille ? Nous convenons de nous retrouver sur le campus. J’éteins mon ordinateur que je venais juste d’allumer et file sous la douche pour me réveiller. Mick est déjà sorti pour courir et aller voir si James a besoin de quelque chose.

***

La mère de Lucy a été interrogée par la police. Vu ce qui s’est déjà passé sur le campus, la surveillance est plus resserrée et chaque incident est analysé. Nous arrivons à la voir quand elle sort d’un bureau de l’administration. La direction qu’elle prend ne laisse aucun doute sur sa destination : la chambre de sa filles dans les résidences universitaires. Pourtant sans que rien ne le laisse présagé, elle bifurque et entre dans une petite salle vide. Je questionne mentalement Max’ pour savoir s’il est à l’origine de ce changement de trajectoire. Il me confirme qu’il a influencé la mère de Lucy.

Bien joué Max.

La suite m’est confiée. Maxence connait mon passif, ma bonne éducation bourgeoise. J’ai appris à passer pour un ange au milieu d’un monde de requins. Merci papa. Je l’aborde avec un sourire timide et une attitude qui montre mon inquiétude. Je me présente comme une connaissance qui a eu vent de la disparition de Lucy et que je crains pour la jeune femme sachant que le campus compte plusieurs morts récents. J’ai choisi le mot connaissance avec soin pour ne pas être affilié à un cercle d’amis restreint de l’étudiante. La mère affirme ne rien savoir et être inquiète. Je complète sa réponse en disant mentalement à Maxence qu’elle nous dit la vérité. Ce qui n’est plus le cas lorsqu’elle affirme vouloir coopérer pour la retrouver.

Voilà ce que fais votre fille.

Je partage avec la mère un flot d’image que déverse Maxence. A la différence de la femme, je suis déjà au courant.

Max, qu’est ce que tu fais ?

Elle subit avec effroi cette intrusion mentale qui est très déstabilisante, sans parler des images effrayantes que Max’ lui montre. Il va la rendre folle ! Je me précipite sur mon ami et presse mes mains sur ses tempes.

Maxence arrête !

La mère de Lucy est terrorisée. Son cœur bat fort et vite, trop vite. Autant dire que l’impression de gentils étudiants a volé en éclat, et que je pourrais faire toutes les singeries du monde, je ne l’amadouerai plus. J’émets une réserve quand Max’ me dit vouloir corriger le tir. Je suis assez mal placé pour faire des leçons de morale avec ma chasse méthodique des chasseurs, pourtant je ne peux pas approuver ce que mon ami vient de faire. Je me veux prédateur, mais je flanche au premier dérapage…

***

La porte se referme sur le dos de la mère de Lucy. Elle va voir la chambre de sa fille. Max’ a fait en sorte qu’elle ne se souvienne pas d’être entrée dans cette pièce, ni de nous avoir croisé. Pourtant, elle informera Max’ dès que sa fille la contactera. Je regarde mon ami. C’est indéniable il a changé… comme moi aussi j’ai changé. Cependant mes certitudes s’embrouillent depuis l’attaque lors du mariage. Cette attaque a été perpétré par un des nôtres, un loup alpha du nom de Hale. Mais il a utilisé des moyens mis au point par des chasseurs. Je voulais me venger des chasseurs après la mort de ma mère, mais qui est vraiment mon ennemi ?

- Max ? Vas-y- mollo avec tes capacités. Tu… vas te griller la cervelle.

Je ne le prononce pas, mais il devine que derrière cervelle je pense à son âme. Je ne lui ai pas demandé de m’aider pour qu’il se perde à son tour. Pourtant le pouvoir de Maxence est primordial dans ma quête… notre quête.

***

- Allo Chad ? J’ai des nouvelles.


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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Mer 28 Déc - 13:28


Damnatio Memoriae

La mère de Lucy ne fit plus attention à nous. Nous disparûmes de sa mémoire lorsqu’elle nous tourna le dos pour rejoindre la chambre de sa fille.

En faisant attention à ne pas croiser de policiers, nous nous éloignâmes à notre tour.

- Max ? Vas-y- mollo avec tes capacités. Tu… vas te griller la cervelle.

Son inquiétude transparut dans cette mise en garde. Je compris le message qu’il n’avait pas prononcé. Il aurait pu comprendre ce qui m’avait poussé à forcer sur mes atouts mais Chad avait de plus en plus de difficultés à rester en contact mental avec moi. Quelque chose – hors de mon contrôle et de ma volonté – le bloquait alors que ses pensées m'étaient toujours accessibles.

Quoi que je puisse faire, il savait que c’était nécessaire. Je lui étais également utile pour son projet. Ce fût d’ailleurs l’objet de notre après-midi quelques jours plus tard. L’un des informateurs de Chad avait repéré quelques chasseurs qui avaient l’habitude de se retrouver dans un bar en centre-ville. L’alcool déliait les langues. Mais nous ne voulions pas nous immiscer dans leur conversation ni dans le cercle fermé que cette caste représentait. L’intrusion fut mentale. Leurs pensées, leurs secrets furent limpides comme le contenu de leur verre.

Chad put lire ce qu’il souhaitait. J’étais le maillon qui lui permettait de sonder ceux pour qui il ressentait une colère que je ne connaissais que trop bien.

Nous restâmes dans ce bar jusqu’à ce que les buveurs sortent joyeusement. Mon ami avait minutieusement enregistré tout ce que nous avions pu entendre avec notre esprit plus qu’avec notre ouïe. Je savais qu’il ne se cachait plus auprès de son fiancé. Le sombre projet qu’il menait n’était plus un secret pour un nombre très restreint de personnes.

Les migraines étaient de moins en moins fréquentes après une utilisation soutenue de ma capacité. J’acceptai les effets secondaires et ceux-ci disparaissaient. Comme si les garde-fous que ma conscience dressait finissaient par s’écrouler.

Le lendemain, je découvris avec satisfaction que les atouts sur lesquels nous avions misé avaient porté leurs fruits.

- Allo Chad ? J’ai des nouvelles.

Il m’avait prévenu de ne pas trop en dire au téléphone. Les hommes qui étaient capables de telles expérimentations pouvaient enfreindre bon nombre de lois dont celles concernant les écoutes téléphoniques illégales. En justice, ce genre d’enregistrement constituait toujours une preuve contradictoire. Obtenir la vérité par un moyen détourné dénaturait-il sa valeur ?

Chad me rejoignit alors que je quittais ma chambre. J’étais suffisamment désordonné ces derniers temps pour préférer qu’il n’y entre pas. L’intendance m’avait prévenu qu’un nouveau colocataire allait emménager à la rentrée prochaine. Il y a quelques mois, Chad m’avait proposé de vivre dans son appartement. Ce n’était plus d’actualités et je n’aurais certainement pas osé.

- La mère de Lucy m’a donné une adresse, c’est un coin paumé aux abords de Beacon Hills.

J’expliquai à Chad comment la femme s’était retrouvé à l’endroit où nous l’avions interrogé. Elle avait machinalement griffonné une adresse sur le coin d’un journal puis l’avait glissé vers moi avant de repartir. Lorsque j’avais modelé son esprit, je n’avais pas énoncé la manière dont elle devait me contacter. En l’absence de précisions, il y avait un certain libre arbitre dans l’exécution des ordres psychiques que je pouvais faire exécuter.

Nous nous garâmes à la dernière station-service pour nous rendre à pied à l’adresse indiquée. C’était une décision à double tranchant. Arriver en voiture attirerait l’attention mais serait très utile en cas de fuite.

L’endroit était assez excentré. Aucune clôture ne ceinturait la propriété. Nous avançâmes avec précaution, camouflés dans le décor. Nous ne savions pas ce que nous allions trouver ni qui. Notre objectif était de retrouver la trace de Lucy et de remonter jusqu’au professeur de biologie qui avait fui l’université.

Il semblait n’y avoir personne dans la maison, toutes les lumières étaient éteintes. Seule une lueur vacillante filtrait sous la porte de la grange qui jouxtait l’habitation. Au loin, le bétail cassait le calme pesant qui régnait sur la propriété.

L’évidence du piège nous percuta dès les premières secondes de silence. Un seul cœur qui battait d’après Chad. Nous étions persuadés que notre filature avait été discrète. Mes pouvoirs étaient indétectables, mais l’impact sur le comportement de ceux dont je pénétrais l’esprit pouvait attirer les soupçons. La mère de Lucy était surveillée. Elle avait servi d’appât.

Et nous avions foncé dans la gueule du loup. Littéralement.

Chad avait les sens en éveil. Quelqu’un se tenait debout plusieurs mètres devant nous.

D’après lui, l’odeur de cette créature était semblable à celle d’un loup-garou. Mais sa carrure et ses appendices osseux étaient ceux d’un berserker. Il possédait également des gênes d’un surnaturel que nous ne connaissions pas.

Les pensées de Chad furent intenses. À travers ce monstre, il vit les créatures qui avaient participé à l’attaque du manoir, celles qui avaient fait diversion et permis à un chasseur d’abattre sa mère. À travers ce monstre, il retrouva aussi les chimères qui avaient surgi durant la cérémonie de mariage de son alpha.

Je pus ressentir un changement majeur dans l’esprit de notre vis-à-vis. Même s'il était victime des expériences d’un savant fou, il ne luttait pas contre envie de blesser. Il avait oublié la peur et l’ignominie de sa situation pour embrasser pleinement tout la violence qu’on lui avait inculquée.

Je ne pus dire lequel des deux attaqua le premier. Les minutes défilèrent à toute vitesse, épuisant davantage mon ami que notre ennemi. Je suivais leur affrontement comme un observateur mal avisé. Il n’y avait ni arène ni spectateur mais il ne faisait aucun doute qu’il n’y avait que deux issues. La mort ou la vie.

Chad me bouscula pour me protéger. Je restai abasourdi, incapable de la moindre action. Je ne pus me résoudre à être la faiblesse de mon ami qui dut se défendre autant qu’il dut me protéger également. Il n’avait pas besoin d’un poids. Je pouvais être autre chose. Cette voix me le murmura.

Un héros.


Je me redressai. Je ne savais pas si Chad résisterait à un coup supplémentaire. Il était un loup accompli. Mais comment faire face à cette créature. Cette chimère était différente de celle que nous avions déjà rencontrée et qui n'avaient pas vécu longtemps. L'homme devant nous avait été façonné comme une arme, alliant les caractéristiques mortelles de plusieurs êtres surnaturels. Chad pouvait faillir. Mais je ne le permettrais pas.

La chimère grognait de rage, ses crocs laissaient s'échapper l'écume sanglante due à la blessure infligée par mon ami. Celle-ci était pourtant presque cicatrisée. Il pouvait ne pas approcher. Il suffisait que je le lui ordonne. Pourtant il ne ralentissait pas. Il fonça sur nous avec telle force qu'il pouvait nous briser la nuque sous l'impact.

Je ne reculais pas. Quelque chose se modela dans mes pensées, comme si j'avais attendu ce moment toute ma vie.

Je ne ressentais ni le doute ni la peur.

Ma voix et mon esprit se lièrent pour porter une seule et même injonction.

- Arrête-toi !

La force qu'il avait mis dans son mouvement aurait pu le blesser s'il n'était pas doué de souplesse tant son esprit refusa que son corps ne bouge davantage.

À quelques centimètres de moi, la chimère s’arrêta. Je sentis son souffle sur mon visage. Son regard exprimait la haine et l'incompréhension. Nul besoin d'accéder à ses pensées pour le ressentir. Mais je pus y lire qu'il ne cesserait pas la lutte. Que Chad et moi n'aurions pas été ses premières victimes. Que l'homme qui le contrôlait n'allait pas se contenter de Beacon Hills. Pire encore. Que de cette nouvelle génération de chimères, il n'était pas le seul.

Le professeur avait réussi.

Je ne vis aucune autre alternative.

Doucement, son instinct de survie luttant contre ma volonté, la créature porta ses griffes à sa gorge.

Puis se donna la mort.




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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Sam 7 Jan - 16:42



Damnatio Memoriae

Les atouts de Maxence nous permettent une offensive d’un nouveau genre. L’avantage de ses intrusions mentales est qu’elles sont indécelables, contrairement à une approche physique. Le zèle de mon ami est vite oublié quand je vois la facilité déconcertante avec laquelle nous obtenons des informations sûres et de première main. Les chasseurs sont assez malins pour faire attentions quand ils parlent, ce qui diminue l’efficacité du système mis au point avec Matthias. Ma colère ne s’atténue pas d’un pouce quand mon ami me donne le libre accès aux pensées de ces hommes qui ne sont à mes yeux que des meurtriers.

***

- Allo Chad ? J’ai des nouvelles.

Nous convenons d’un rendez-vous sans rien évoquer d’autre. Les photos de notre terrain retrouvées chez un chasseur, qu’Adriann avait réussi à éliminer sans que lui ou moi n’ayons à nous salir les mains, exposaient une évidence, celle que j’étais connu des chasseurs et surveillé. Je ne me leurre pas, un projet ambitieux comme le nôtre avec Mick ne pouvait guerre passer inaperçu. Pas question de déménager ou de vivre cachés. Je devais trouver une solution pour éliminer la menace qui pèse sur nos vies.

Je retrouve Maxence alors qu’il sort de sa chambre. Sur le chemin qui nous mène au parking il m’explique que la mère de Lucy l’a contacté comme il l’avait programmé pour le faire. Mon ami a ainsi obtenu une adresse dans un coin isolé, mais toujours sur Beacon Hills. L’étudiante n’est donc pas allée bien loin. Je me demande s’il faut s’en réjouir ou non.  Je tente de ne pas trop réfléchir au fait que la mère de Lucy était revenue dans cette salle où nous l’avions questionné pour la première fois. Une part de moi est mal à l’aise avec cette manipulation, mais l’enjeu et majeur. Je me convaincs que nous avons raison d’agir de la sorte. Nous ne sommes pas les bourreaux mais bien des victimes qui refusent de se laisser faire.

Par précaution nous garons la Maserati dans une station-service non loin de l’adresse indiquée. Nous poursuivons à pied. Je raconte une blague à Maxence qui rit. Nous affichons l’image de deux étudiants insouciants.

L’endroit en serait presque sinistre, non par le décor qu’il affiche, mais par l’état d’abandon et de désertion qu’il me renvoie. Je pousse mes sens, l’ouïe et l’odorat en priorité. Une odeur inclassable m’effleure le nez.

« - Un cœur » dis-je mentalement pour Maxence.

Le silence ne m’apparait pas normal. Mon ami pense la même chose que moi au moment où je formule un mot en pensée.

« - Piège ! »

L’être qui apparait nous confirme notre conclusion. Nous nous sommes faits piégés. La frustration et l’amertume d’avoir été doublé par plus malin que nous sont  mordantes. Je grimace en pensant que s’ils ont compris la nature des pouvoirs de Maxence, nous perdons l’atout majeur de notre stratégie. J’enrage de m’être fait balader ainsi. Ajouté à la vue de ce berserk, ma fureur prend le dessus de mes émotions. Ces créatures sont pour moi le synonyme de souffrance et de mort. La créature sent le loup et autre chose que je n’arrive pas à définir tant l’amalgame est contre nature.

Je grogne férocement tous crocs et griffes sortis. Contre ce genre de créature, je sais que je vais devoir donner tout ce que j’ai. Avec une main, je prends appui sur le sol et fonce comme un taureau. Je charge comme une bête féroce. Pour vaincre, le combat ne doit pas s’éterniser. Le choc frontal fait du bruit. Je cherche sa gorge mais il pare d’un bras protégé par une plaque osseuse. Mes griffes rayent la surface dans un bruit sinistre. Je pousse un hurlement quand ses griffes s’invitent dans la chaire de ma cuisse. Je cherche à atteindre ses failles, les zones non protégées par son armure d’os, mais il ne me laisse pas les approcher et ses coups font très mal. Je commence à être en sang alors que je l’ai à peine égratigné. Je change d’appui pour modifier mon angle d’attaque, mais soudainement, comme commandé par une volonté invisible, le berserk m’écarte. Il vise Maxence. Je réalise que finalement son adversaire le plus redoutable est bien le mentaliste et non moi le loup.

J’accélère, double le berserk et pousse Maxence pour me mettre entre lui et la créature. Protéger mon ami me redonne un regain de force et de détermination. L’important c’est le mental me dit Mick.

- Arrête-toi !

La voix de Maxence claque. Oui ! S’il arrive à l’immobiliser, je pourrai l’achever. Et effectivement le berserk stoppe comme s’il venait de se manger un mur invisible. Je m’avance pour en terminer, mais je n’ai pas à le faire. Sans le percevoir je comprends l’ordre que vient de donner Max’ à la créature. Je vois la lutte de ce qui avant a été un simple être humain, lutter. Mais la volonté de Maxence est plus forte. Le berserk s’égorge lui-même. Je n’ai pas de compassion pour le corps qui s’écroule au sol. Ce sont des êtres comme lui que j’ai affronté au Mexique, puis au manoir et enfin dans l’église. L’humain qui est le support d’une telle monstruosité n’est plus, mort depuis longtemps. Le berserk n’est qu’une arme dépourvue d’âme. Le laisser en vie revenait à être responsable de son prochain mort, ce qui dans l'immédiat représentait Maxence ou moi.

Harassé, je me laisse tomber sur le sol poussiéreux. Il faut que je me repose pour laisser du temps à mon corps pour se réparer. La cicatrisation rapide est toujours douloureuse. Je serre les dents, j’en ai la triste habitude. Maxence vient poser sa main sur mon épaule, inquiet de mon état.

- Ça va. Merci de ton aide. Il faut vraiment que j’arrive à trouver un angle d’attaque infaillible contre ces trucs !

Doucement je reprends mon souffle. C’est une ombre qui file sur le sol qui me fait lever la tête vers le ciel. Le ciel est pur et le soleil étincelant. Je suis ébloui. Puis une forme passe devant le soleil, je reconnais la silhouette d’un aigle royal. L’animal est bien trop loin de son habitat naturel pour qu’il soit un simple oiseau égaré.

- Hawk !

Son cri retentit, puissant, fort et unique. Il a le goût de l’avertissement et de la sévérité.

L'oiseau disparait. L'image d'une hache ancienne, faite d'un manche en chêne patiné par les mains qui l'ont tenu. Son tranchant est fait d'une pierre taillée. Je n'ai fait que tenir cette arme entre mes mains. A première vue elle semble sortie d'un folklore et d'une boutique de souvenirs. Seulement, si Mafdet avait porté des gants pour m'offrir ce présent issu de ma famille maternelle, ce n'est pas à cause de la peau odorante de chèvre qui entourait la hache, mais à cause des images qu'elle fait naitre dans l'esprit de celui qui la tient. Mick n'a rien perçu alors qu'il l'a analysée sous toutes ses couture, mais je devine ma druide bien trop réceptive pour se risquer à la toucher.

Je me souviens d'une de ces images. Elle montre le tomahawk fracasser un crane osseux avec une simplicité d'enfant.

Ma mère, dans un songe éveillé, m'avait expliqué que cette hache était le symbole d'un choix.

- Chad ? Tu es sûr que ça va? Me demande Maxence que mon absence momentanée alarme.

- Tu as vu l'aigle ?

- Non. Quel aigle ? J'entends juste des troupeaux plus loin mais je n'ai pas vu d'aigle. Tu as pris un coup sur la tête ?

Je secoue la tête tout en me redressant. Mon esprit effleure celui de Maxence. L'oiseau a fait un passage appuyé dans le ciel et son cri était puissant. Une alarme, ou est-ce l'avertissement venu du ciel font que je ne laisse rien paraitre en me plongeant sur des problèmes matériels de veste déchirées pour ne pas éveiller l'attention de Maxence.

Seulement il est clair que je n'ai plus accès à ses pensées comme avant. Quand il m'a affirmé ne pas avoir vu ou entendu l'aigle son cœur a frémi. Le signal n'est pas celui d'un mensonge, mais j'ai l'habitude des réponses franches et sincères de mon ami. Son cœur n'avait jamais eu ce sursaut étrange.


© Fiche & montage by Mafdet Mahes


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Ezéquiel Jefferson

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Sam 7 Jan - 22:01



Damnatio Memoriae
BEACON HILLS, JULY, 20..

Feat with Maxence & Chad

Je rallume ma longue pipe que ma rêverie à laissé s'éteindre. Une fumée bleuâtre sort avec les pops que fait ma bouche en accélérant le tirage. Le tabac n’est pas l’unique composition du mélange de feuilles pilées avec soin dont je bourre le calumet. Mais peu importe, pas une tunique bleue n’est capable de venir me verbaliser sur cette saillie rocheuse, accessible qu’au prix d’un long rappel depuis le sommet de l’à pic auquel je suis adossé. Sinon, il reste l’option de l’escalade. Deux cent mètres sur une paroi lisse autant que verticale, ce n’est pas rien. De toute façon, personne imagine trouver un vieil indien fumer de la weed ou plutôt une substance avoisinante, assis en tailleur sur un replat à peine plus large que les fesses d’une squaw âgée, mes vieux os perclus d’arthrite m’interdisant une telle escalade.

Tirant deux longues bouffées, mes yeux fixent l’horizon. Ma vision se trouble, mon esprit s’échappe de mon enveloppe charnelle et s’envole en suivant les courants d'air chauds ascendants qui sont toujours présents le long de cette grande paroi vertigineuse chauffée par le soleil.

Le sentiment de liberté est celui dans lequel je me perds en premier. Il faut une grande volonté pour ne pas s’oublier dans les volutes du vent. Soulagé du poids du corps, l’esprit n’a qu’une envie, celle de se dissoudre dans  le coton des nuages. Seuls les sages de la tribu ont le droit d’entrer en transe. Iona aurait dû en faire partie, mais elle nous avait quittés, son adolescence à peine achevé. Ma fille avait rejeté d’un bloc notre culture et nos croyances, usant de sa morphologie espagnole héritée de son arrière-grand-mère pour faire oublier ses origines indiennes.

C’est toujours douloureux pour un père de se faire renier par sa fille. Seulement le grand esprit m’avait réconforté, m’assurant qu’elle nous reviendrait pour assumer son rôle auprès de son peuple comme cela était écrit sur la grande roue de la vie. Cependant, la puissance supérieure en laquelle mon peuple croit, avait omis de me préciser que Iona effectuerait la tâche qui lui incombait après sa mort et que jamais plus, je ne pourrai baiser les joues de mon enfant de son vivant.

L’esprit libéré de l’attache corporelle peut songer à des voyages que seule l’inconscience peut imaginer. Les vents dominants me portent, je les laisse me faire errer dans un tracé qui n’appartient qu’à eux.

San Francisco…

La ville est prisonnière du fog, le Golden Gate semble enjamber une mer de nuage comme s’il reliait deux points célestes et non pas les rives d’un estuaire. Cette ville est particulière, c’est là où Iona a vécu, c’est là où Chad est venu au monde. Tel un vent d’automne, je m’invite dans le salon modeste d’un vieil ami.

- Jefferson ! Comment se porte la tribu des Kawaiisu ? Des nouvelles de Stephan ?
- Les cheveux des squaws seront longs cette année... et la bourse de New York devrait clôturer à la hausse...
- Tu m’en vois ravi mon ami.
- Et ce pli soucieux sur ton front ? Tu ne l’avais pas avant de me voir.
- …
- Raconte-moi.

Ce n’est pas un vent d’automne qui s’était élevé à nouveau dans le ciel de San Francisco, mais un vent glacial et mouvementé. La roue tourne trop vite ! J’ai péché par orgueil et suffisance. Si bien que je n’ai pas vu l’ombre de cette roue.

Beacon Hills…

Le soleil resplendit au-dessus de la ville, pourtant ses rayons ne me réchauffent pas les plumes. Il ne me faut que peu de temps pour le trouver. Mon petit fils est un paratonnerre à ennuis ! Il est en danger ! Mais pourtant quand je le trouve enfin, c’est face à un autre péril qu'il fait face. La créature avec qui il se bat est une insulte à la vie, un blasphème ! Qui ose une telle perfidie ? Je virevolte pour observer la scène. Chad n’est pas seul. Le berserk n’est pourtant pas le plus grand danger qui le menace ni le plus perfide… En effet, un vrai paratonnerre à ennuis. L’homme qui l’accompagne, celui qu’il pense être son ami… Je capte un regard fourbe et effrayant. Une très vieille créature me transperce de ses yeux psychiques. Pour le moment je ne me suis pas dévoilé, même Chad ne me voit pas, pas encore, mais elle si ! Une maléfique ! Je viens le prévenir d'un grand danger et voilà qu'il se balade avec la mort à côté de lui !

- Hawk !

Je lance un cri retentissant qui se veut une mise en garde pour Chad. Un grand danger se prépare à fondre sur lui, alors qu’il est déjà dans les ennuis jusqu’au cou… Son ami a tué la créature d’une manière pernicieuse et abominable, conduisant ce qui avant été un innocent à se suicider. Un tel acte est abject. Certes le berserk est programmé pour ne jamais s’arrêter tant qu’il n’a pas tué sa cible. Malgré ça, ce corps, qui autrefois a été humain et innocent, méritait d’être achevé autrement. Quand on donne la mort, il faut le faire avec respect sinon quand vient son tour, le risque est d’errer à l’infini sur les charniers qu’on a laissés derrière soi.

- Tu as vu l'aigle ? Demande Chad à son ami.
- Non. Quel aigle ? J'entends juste des troupeaux plus loin mais je n'ai pas vu d'aigle. Tu as pris un coup sur la tête ?

Je perçois le même décalage que Chad dans le rythme du cœur de Maxence. Mais c’est parce qu’il y a deux cœurs qui se superposent. Ce n’est pas l’étudiant qui ment, mais la femme qui est connectée à lui comme un parasite sur le pelage d’un chien. Le jeune homme n’est pas encore perdu, mais son temps est compté.


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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Dim 22 Jan - 21:18


Damnatio Memoriae

Rien ne brisa le silence qui me pétrifiait. La chimère était étendue à mes pieds et je n’osais bouger. Je ne vis que le cadavre et plus rien autour.

Puis Chad souffla de douleur. Je me retournai, inquiet de son état et soulagé de porter le regard sur autre chose que l’inconnu baigné dans son sang.

Je posai ma main droite, tremblante, sur son épaule. Mon autre main était froide et ferme. L’espace d’une seconde, je crus avoir perdu le contrôle de mon propre corps.

- Ça va. Merci de ton aide. Il faut vraiment que j’arrive à trouver un angle d’attaque infaillible contre ces trucs !

Je perçus son impuissance face à la créature dont le physique ressemblait partiellement à ceux qui avaient attaqué le manoir. Les berserkers étaient des montagnes d’os et de muscles.

Chad a le regard lointain et le visage tourné vers le ciel. Il ne m’entendit pas lorsque je lui parlai. Debout devant lui, je cachais le soleil et le noyais dans mon ombre. Mes ombres. La lumière sembla me diviser en deux.

- Chad ? Tu es sûr que ça va ?

- Tu as vu l'aigle ?

- Non. Quel aigle ? J'entends juste des troupeaux plus loin mais je n'ai pas vu d'aigle. Tu as pris un coup sur la tête ?

Je ne saisis pas de quoi il parlait. Chad reprit ses esprits et pus se lever. L’état de ses vêtements – plus que les blessures qui cicatrisèrent – montrait clairement qu’il s’était battu. Je craignis que ça ne lui fusse reproché.

Nous décidâmes de ne pas nous éterniser sur les lieux. Ceux que nous poursuivions allaient forcément venir voir si leur monstre avait remporté un succès ou un échec.

Chad me raccompagna. Je savais qu'on ne pourrait pas rentrer chacun de notre côté sans parler de ce qui venait d'arriver. De retour dans ma chambre, je me pris à penser que tout ce drame avait débuté ici et qu'il continuait à se dérouler autour de nous. De moi. Je n'avais rien à voir avec ce qui arrivait. Mais pus-je donner une influence, quelle qu'elle soit, sur le cours des événements ? Chad et moi avions fouiné, déniché et compris ce qui se tramait. Nous fîmes partie de cette histoire.

Le professeur de biologie était un criminel. Comme bien d'autres qui jouissaient encore de leur liberté, il demeurait intouchable et surtout introuvable.

Comment ce qui venait de se produire avait-t-il pu être un piège ? Je ne compris pas. Mon pouvoir était indétectable. Mais si on m'observait, ne pouvait-on pas finir par deviner quels effets je pouvais avoir sur les gens, comment j'affectais les personnes à proximité ?

Nous ne fûmes pas suivis. Chad possédait des sens accrus, il l'aurait su. Vraiment ? Le doute me tirailla alors qu'aucun mot n'était encore sorti de ma bouche.

J'avais très clairement saisi le plan que le professeur de biologie mettait en œuvre pour un futur proche. Par folie ou narcissisme, il avait confié ses noirs dessins à l'homme qu'il avait transformé en arme. Combattre le feu par le feu, tel était son objectif.

Il créait des créatures génétiquement impensables pour lutter contre les êtres surnaturels. Beacon Hills servait d'exemple, de phase test de grande envergure.

Il nous fallait empêcher ça. Mais comment arrêter cet homme qui travaillait pour les chasseurs. Ou bien était-ce l'inverse ? Un but commun rapprochait les bourreaux. La finalité, à leurs yeux, était l'éradication de tout ce qui cassait le code de la normalité. De la bête sanguinaire au citoyen civilisé dont la véritable nature restait un secret bien gardé.

À travers les souvenirs de celui qui nous avait attaqués, j'avais perçu l'ombre d'une seconde étape, une sournoiserie que le scientifique n'avait pas évoquée clairement avant de détruire la vie de cet homme.

S'il créait une armée, il ne pouvait pas lancer un assaut à l'ampleur d'une ville entière. Comment cibler la population surnaturelle, éviter la propagande médiatique d'une vague de meurtres ?

Tout ça cachait des choses que Chad et moi ne pouvions déceler et qui impliquait que nous y mettions un terme avant qu'il ne soit trop tard.

Je pensai que ça se jouait à plus grande échelle. Les chasseurs qui habitaient dans les environs n'étaient peut-être même pas au courant de ce qui se tramait.

Je ne savais pas si mon ami accédait librement à ma réflexion, il éprouvait des difficultés à communier psychiquement avec moi depuis quelques temps alors je forçai notre contact mental.

Tu crois que nous devons donner l'alerte ? Prévenir ceux qui sont différents du danger à venir ? Pour qu'ils se préparent, pour que nous soyons tous prêt.

Faire face serait terrible. Un quelconque affrontement serait immanquablement exposé aux yeux de tous. C'était un recours de dernière chance. Se battre et tenter de survivre.

Si Chad et moi pouvions désarmer cette bombe à retardement, bien des souffrances pourraient être évitées.

- Au fait, je ne t’ai pas dit, j’aurais un nouveau colocataire à la rentrée prochaine.

Je fouillai dans mon armoire à la recherche de vêtements à prêter à Chad. Même si nous avions évité les regards et les pensées curieuses en revenant ici, il devait être plus présentable pour ressortir.

Il s’inquiétait de me savoir seul et à la merci de personnes mal intentionnées. Mais qui était plus un danger pour l’autre ?

J'avais tué. Consciemment. Et j'avais voulu le faire. Ce fut un choix délibéré si bien que les griffes qui ont lacéré sa gorge auraient pu être les miennes tant j'avais ressenti chaque mouvement. Il n'avait pas croisé la mort encapuchonnée en rendant son dernier souffle. Seulement moi. Capturant jusqu'à son esprit.

- Je n’ai pas d’autres endroits où aller de toute façon. Ne t’en fais pas.

Je me forçai à ne pas plonger dans des angoisses inutiles. Bien que je ne souffre étrangement plus de migraines en utilisant mon pouvoir – ce que je ne parvins pas à expliquer – je souhaitais tout de même éviter de me laisser submerger par des mauvaises pensées.

- Ça te dit si nous sortons boire un verre ou un café, comme deux personnes ordinaires ? Pas pour espionner les chasseurs ni pour enquêter. Juste pour faire…une pause.

À bien y réfléchir, Chad et moi ne partagions que peu de réels moments d’amitié. Nous étions toutefois sincères l’un envers l’autre, il ne s’agissait pas d’une relation à profit ou hypocrite.

Nous nous installâmes en terrasse sur une des grandes avenues qui longeaient le campus.

Chad plaisanta sur le sourire mutin que la serveuse m'aurait adressé. Nos sujets de discussions furent banals et pourtant apaisants. Les projets personnels de Chad, la poursuite de mes études, mes souvenirs de Chicago, la saison de handball qui reprendraient après les congés estivaux. Tout ce que deux amis partageaient en toute normalité.

À côté de nous, l’un des clients fit tomber son journal en se levant. Sans vraiment y faire attention, je captai l’interrogation de Chad lorsqu’il lut le titre de l’un des articles :
« Un échappé de la justice avoue le meurtre de sa femme ».

- Mick se plait bien dans ton appartement ?

J'attirai l’attention de Chad, ou plutôt je la détournai car je me souvins du fait divers évoqué dans le journal. Un parmi les premiers qui remonté à la semaine dernière. J’avais été guidé par cette voix qui me voulait libre et qui prônait que mon don pouvait changer le monde. (*)

Vois cet homme. Vois ce qu’il a fait.

Je fuyais le regard de Chad en essayant de ne pas éveiller ses soupçons. Il était mon ami. A-t-il compris quelque chose ? Ses pensées m'indiquèrent son trouble mais il n'avait pas tiré une quelconque conclusion. Une petite voix me soufflait de ne rien lui dire.

Ce morceau de papier blanchi porteur de nouvelles pourrait finir avec les autres coupures de journaux que je dissimulais dans ma chambre. Ma liste noire. Un cahier sur lequel j'inscrivais le nom des criminels qui avaient été relâchés, ceux qui étaient passés dans les mailles du filet, ceux pour qui les preuves matérielles n’avaient pas été suffisantes malgré une culpabilité certaine.

J'avais pris conscience que ce grand pouvoir impliquait de grandes responsabilités. Je servais la Justice. L'instance suprême qui allait au-delà des limites de l'homme, au-delà de ses défauts de jugement, au-delà des vices de procédure et des latences juridiques. Plus de mensonge, plus de souffrance. J'offrais la lumière sur la vérité. Pure. Irrépressible.

________________________________________________
(*) sera mentionné dans "L'ombre de tes pensées" feat Matrim



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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Sam 4 Fév - 15:40



Damnatio Memoriae

Je me redresse et fais un rapide inventaire de ma personne. Si bleus, bosses et blessures se résorbent, ce n’est pas le cas de mes vêtements. Je suis tout froissé, déguenillé, pas droit, pas rangé, le cheveu qui dépasse, quoi que c’est naturel chez moi… Bref je vais avoir droit à un froncement de sourcil de la part de Mick. Personne ne souhaite recevoir un froncement de sourcil de mon humain favori, enfin surtout moi. Non que j’aie peur de sa réaction, mais je sais que je vais avoir droit à un « Loulou ! », comme d’habitude, je prendrai ma tête de chiot irrésistible. Non, ce qui me déplait, c’est que cela va lui faire de la peine. Il va s’inquiéter pour moi alors qu’il a déjà suffisamment de quoi être préoccupé. Je ne veux pas alourdir la charge qu’il a sur les épaules. C’est ça qui me navre en constatant que ma chemise est bonne pour la poubelle.

Nous reprenons ma voiture en nous faisant discrets. Je ne doute pas que ceux qui nous ont envoyé ce monstre en comité d’accueil feront le ménage. Je prends le temps de réfléchir sur le trajet qui nous ramène au campus et à la résidence étudiante où Maxence loge. De son côté mon ami semble lui aussi plongé dans ses pensées. Quelqu’un a deviné notre manœuvre et donc les capacités de l’étudiant en droit. Jusque-là il se sentait un peu à l’abri, indécelable. Je sens que ce changement dans la donne l’affecte plus qu’il ne me le montre. Je teste quelque chose.

« - Bleu. »

Pas de réaction, il ne "m’écoute" pas penser, bien trop préoccupé à se regarder le nombril. Pourquoi est-ce que pense ainsi ? Maxence est un gars bien… Il a vu l’aigle… J’essaye de me tendre vers lui, comme je faisais auparavant pour l’écouter penser, mais ce canal est parasité, je ne discerne que vaguement son humeur. Nous devions tuer le berserk avant qu’il nous tue. C'était de la légitime défense. Seulement Max’ l’a tué de sang-froid. J’avais beau être à terre, mais quand il a ordonné à la chose de ne plus bouger, le calme soudain m’a permis de bien entendre le cœur de Maxence. Non que je l’espionnais, mais que je me calais sur lui pensant qu’il m’offrait l’occasion d’en finir avec le berserk. Mais il lui a ordonné de se suicider sans un seul raté dans le rythme de son cœur. Il y avait une froideur dans son regard qui ne ressemble pas à l’étudiant que je connais. Il a vu l’aigle pourtant il ne mentait pas en me répondant que non. Je ne sais pas quoi penser.

***

« - Tu crois que nous devons donner l'alerte ? Prévenir ceux qui sont différents du danger à venir ? Pour qu'ils se préparent, pour que nous soyons tous prêt. »

Je sursaute presque de cette soudaine communication mentale.

« - Je vais prévenir Matthias. Il fera passer le message à sa confrérie. Nous devons être sur nos gardes. »

Je me suis assis sur le lit qui fait face à celui de mon ami. Max’ m’avertit qu’il aura un nouveau colocataire à la rentrée.

- Ça te laisse moins de deux mois tranquille. Mais fallait s’attendre à ce qu’ils remplissent les piaules. Je t’aurais bien réitéré mon offre, mais j’occupe à nouveau mon appartement avec Mick. Mes placards sont plus grands que les siens…

Je ne donne pas la vraie raison et m’astreins à ne pas y penser. Cela ne me satisfait pas de le savoir finalement seul ici. Surtout si ceux après qui nous courons ont compris ses capacités. Max’ entend mes interrogations et me rassure.

- Je n’ai pas d’autres endroits où aller de toute façon. Ne t’en fais pas.

- Mouais. Tu as mon numéro. Tu n’hésites pas quelle que soit l’heure, OK ?!

- Ça te dit si nous sortons boire un verre ou un café, comme deux personnes ordinaires ? Pas pour espionner les chasseurs ni pour enquêter. Juste pour faire…une pause.

- Ça me convient !

J’accepte la chemise de rechange qu’il me tend. Cela ne me dégrève pas auprès de Mick et au contraire, je vais devoir expliquer pourquoi je porte la chemise d’un autre. Mon loulou est possessif. Cela me plait car c’est à la mesure de son attachement, et je lui retourne bien cette possessivité. Il va être contrarié que je me sois battu, que j’ai été en danger et que je me sois désapé le torse dans la chambre de Maxence.

Cela fait un bien fou de se mêler aux autres étudiants et de vivre « normalement ». Je savoure ce moment de quiétude comme on savoure un délice rare et cher. Je souris à mon ami. Cela nous est-il jamais arrivé une fois, mis à part au tout début quand j’étais son parrain, de passer un moment de détente ensemble ? La vie normale a du bon !

Je charrie Maxence avec la serveuse qui l’a clairement maté. Nous nous connaissons depuis des mois, mais jamais je ne l’ai vu lier une quelconque relation avec une fille. Il est plutôt beau gars et n’aurait qu’à claquer des doigts. Il est aussi de bonne composition. Aucun obstacle donc. Je parle de notre future maison. Je suis intarissable quand on me lance sur ce sujet. Max me parle de sa poursuite d’étude et du Handball. Je n’ai pris qu’une option pour l’année scolaire qui vient. Je ne sais pas si je pourrais intégrer à nouveau l’équipe du campus.

Un homme fait tomber son journal. J’aperçois un des titres et le lis mentalement à l’attention de Max.

« Un échappé de la justice avoue le meurtre de sa femme ».

Il veut devenir avocat. Son métier n’est pas si évident à appréhender car il peut être amené à défendre quelqu’un de coupable.

- Mick se plait bien dans ton appartement ?

- Euh oui. Je l’ai laissé faire sa place pour qu’il se sente chez lui. Construire la maison va prendre du temps.

Une intonation dans la voix de Maxence me trouble, moins que son esprit totalement fermé. Nous qui avions l’habitude de converser sans parler, nous voilà à parler comme les gens ordinaires. Il y a quelque chose que je n’arrive pas à saisir. C’est diffus et évanescent.

***

IL a froncé les sourcils.

IL a soupiré « Loulou ! » et a fini la bouche en cul de poule quand j’ai avoué que la chemise que j’avais sur le dos était celle de Maxence.

- On nous a tendu un piège Mick. Quelqu’un a compris pour les pouvoirs de Max’. Nous allons redoubler de prudence. Nous n’avons plus ce coup d’avance sur eux. Tu penses que James pourrait m’avoir des renseignements sur l’adresse où on nous a attiré ?

***

Le lieu où le berserk nous a attaqués est un bien en attente de location. Il n’avait pas fallu beaucoup de temps au rouletteux pour me trouver les coordonnées du propriétaire. C’est une femme d’un peu plus de soixante ans. C’est son ancien domicile qui est une bien trop grande charge pour une veuve de son âge. Elle s’est installée en ville dans un appartement qui lui apporte la praticabilité pour une personne âgée. Malgré sa réticence à me parler au téléphone, j’ai appris que son locataire précédent était parti de façon précipitée. Des histoires abracadabrantes d’après elle.

La conversation est difficile car elle entend mal. Je me propose de me déplacer, prétextant une étude pour mon dossier universitaire sur les anciennes constructions. Avant de partir j’avertis Maxence, il se propose de me rejoindre dès que son cours se termine. Je rassure Mick, lui disant que je vais voir une vieille dame qui habite dans un quartier bien fréquenté.

- Tu as le don pour attirer les ennuis Loulou, me dit-il.

- C’est une vieille dame Mick, une mamie ! Mais promis, je reste sur mes gardes. On sait jamais, cela pourrait être une mamie-garou... (*)

Je prends sur la tête l'intégralité du contenu du tiroir de chaussettes que Mick rangeait....

- Waouh! Tu sais viser Loulou, dis-je.

*Pif-Pif*

Y'en restait deux paires...

- Au pire elle m'apprend à tricoter ! C'est bien comme activité, non ? Une maille à l'endroit, une maille à l'envers...

Mon univers bascule quand je tombe sur le lit, fauché par un Mick déterminé à me faire ravaler ma bêtise.

- T'aime pas que je cause tricot? Tu préfères l'organisation du tiroir des bols peut-être? Non pas les chatouilles ! (**)

***

Je crois que Mick n’a pas tort. Mais le danger ne venait pas de la mamie, quoique j’aie eu droit à un pinçage de joue en règle car elle m’a trouvé trognon, lui rappelant son petit-fils. J’ai dû patienter et écouter son histoire familiale depuis au moins l’époque glacière. J’ai utilisé la technique de mon père, bien que je sois bien moins rodé que lui. Il appelle ça le mode mondain automatique. Il s’agit extérieurement de paraitre intéressé à ce qu’il se dit, relançant habilement par des mots neutre, tout en étant capable de détecter le moment où la conversation devient réellement intéressante pour passer en mode mondain manuel. Là où Stephan Wilder est particulièrement bon, c’est que pendant qu’il fait semblant d’écouter, dans sa tête il planche sur un dossier ou un projet, là où je me contente de rêvasser à Mick sans prendre un sourire totalement idiot. J’ai réagi au combo des mots bizarrerie et étrange.

***

Vraisemblablement le précédent locataire de Marie, oui la vieille dame a insisté pour que je l’appelle par son prénom, a été effrayé par des chimères. Il aurait eu aussi plusieurs sabotages. La vieille dame pense que son locataire était un peu zinzin. Marie m’a gavé de cookies, me faisant promettre de revenir la voir. A ce moment-là j’ai eu une pensée pour Maxence. Lui aussi est parfait pour se faire pincer les joues ! Je suis donc ressorti de chez Marie en un seul morceau avec un petit sac de cookies à offrir à ma petite amie. J’ai même fait un selfie pour Mick avec ma bouille de loulou content et mon sac de gâteaux. Avec un message lui disant qu’il ne m’était rien arrivé de fâcheux et que j’avais une nouvelle amie, une mamie gâteau.

Mick a une organisation plutôt balèze aux fesses. Moi j’ai les chasseurs qui ont trouvé mon sang intéressant pour leurs expériences ignobles, sans parler de ceux qui voulaient nous découper au détail avec Adriann. Avec Maxence nous traquons des chimères et leur créateur… Alors que je songe à avertir mon ami que je suis sorti et que de fait je le rejoins sur le campus, la vie se met à merder autour de moi. Naturellement merder.

Je marchais tranquillement pour reprendre ma voiture quand quatre types sortent d’une boutique de téléphonie haut de gamme avec ce qu’il semble être leur butin. Il y a des échanges de coups de feu.

Je vois la tête désolée du boutiquier avec un fusil à pompe. Il a tiré dans le tas… sans viser. Je baisse les yeux, pense que Mick va encore râler, c’est une chemise à lui que je porte. Je doute que le sang parte, sans parler du trou juste sous le cœur.

Mes jambes me lâchent, j’embrasse le sol avec violence. J’ai une pensée sur le fait que je risque de mourir pour un banal cambriolage qui tourne mal alors que j’ai les pires dangers qui me collent à la peau. Avant de fermer les yeux j’aperçois Max’ qui se précipite. Cette vision me rassure. Il sait ce qu’il faut faire.

« - Max' ! Mélissa McCall. »

La nuit tombe.


(*): Private Joke pour Mick. Alex devrait la comprendre aussi Wink
(**): Pari tenu Garnet  Twisted Evil



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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Dim 19 Fév - 19:13


Damnatio Memoriae

Je me sentais épié. Ça pouvait paraître ridicule car il ne me semblait pas que nos identités fussent exposées. Chad craignait que nos ennemis aient pu comprendre l’étendu de nos capacités, notamment mon don télépathique. Ce n’était pas plausible, les intrusions mentales étaient indétectables. Vraiment ? Chad – depuis tout ce temps passé ensemble – avait réussi à s’habituer au contact psychique, si bien qu’il pouvait le sentir. Pourtant, qui pouvait mettre un mot sur ce phénomène sans être informé d’un tel pouvoir. Il ne s’agissait pas de certitudes mais d’impressions, rien qui puisse être défini clairement. Mais la modification du comportement de la mère de Lucy avaient pu éveiller des soupçons. Ou bien avais-je fait une erreur auparavant ?

Ma rêverie me valut de prendre une balle en pleine tête. Son lanceur – un membre de mon équipe de handball – s’excusa aussitôt.

- Max, tu baves, arrête de penser à ta nouvelle conquête et joue.

- Désolé Tyler. Je trouve ton tir un peu mou aussi, j’espère que ta copine ne s’en plaint pas.

C’était de l’humour léger qui soudait l’équipe. Je perçus néanmoins l’inquiétude de notre capitaine qui me sentait distrait depuis quelques jours. La pause estivale ne devait pas nous faire oublier l’objectif final qu’était le championnat annuel. Il ne resterait qu’un trimestre à compter de la rentrée et je savais que quelques uns d’entre nous espéraient obtenir une bourse pour un cursus sportif de haut niveau. Et la cohésion de l’équipe comptait pour beaucoup dans nos résultats. L’importance de mon poste de pivot me donnait la responsabilité de ne pas décevoir mes…amis ?

Tyler était très sympathique mais hormis mon implication dans l'équipe et la camaraderie qui y était associée, il ne savait rien de moi. Le Maxence qui apparaissait en public ne représentait qu'une infime partie de ce que j'étais. Au milieu du terrain, observait par les autres, je me rendis compte que je n'avais personne. Chad n’était-il pas l’unique véritable ami que j’avais ? Et si le lien avec lui venait à se rompre, je serais seul.

Après l’entraînement, ce fut justement lui qui m'appela et m'empêcha d'écouter la sombre voix qui jurait que les véritables héros ne connaissait que la solitude.

J'espérai finir tôt pour rejoindre Chad rapidement. Tout comme il l'avait dit à Mick, il ne fallait pas craindre la vieille dame à qui il alla rendre visite. Pourtant à Beacon Hills les apparences sont trompeuses. La bonté pouvait se vêtir de haillons tandis qu'une femme charmante était susceptible de dissimuler une harpie.
Je déposai mes affaires dans ma chambre pour ne pas être encombré. Sur mon chevet, le pendentif offert par Matrim prenait la poussière. Depuis quelques temps, il ne m'était plus utile. J’avais pas revu le photographe pour lui faire part de mes impressions et je ne l’aurais pas fait. Sans doute parce que j'exorcisais mon pouvoir d'une toute autre façon. Je caressai la couverture d'un petit cahier posé à côté. L'espace d'une seconde, je crus voir une main griffue se superposer à la mienne.

Je détournai le regard lorsqu’on toqua à ma porte. L'intendante – la femme qui m'avait attribué ma chambre à mon arrivée à l'université – demanda à entrer. Elle vérifia rapidement que son inventaire était correct par rapport au mobilier autrefois occupé par mon colocataire. Ces premiers instants sur le campus me semblèrent lointains. La présence d’un autre étudiant dans cette chambre, ce qui était arrivé ensuite. Si mon quotidien à Chicago avait été banal jusqu’à un terrible accident, la vie à Beacon Hills m’avaient happé et bouleversé plus profondément encore. En avais-je seulement conscience ?

Je sortis derrière l’intendante et sortis du campus en direction du centre-ville.

Le hasard était composé de choix. Comme celui que je fis de prendre le bus pour rejoindre plus rapidement Chad et le voir s’écrouler devant mes yeux.

Max' ! Mélissa McCall !

Le nom et le visage d'une infirmière furent les dernières choses que je pus percevoir dans l'esprit de mon ami.

Sa blessure saignait abondamment. Je plaquai mes mains pour la compresser sans aucune certitude d'être efficace. Le cœur d'un loup-garou pulsait-il plus vite que celui d'un être humain ? Le loup. C'est lui qui devait agir pour guérir. Agir vite. Comme je l'avais fait inconsciemment, je partis à la recherche de l'animal et de son potentiel. Le contact psychique avec Chad m’inquièta. Il n'avait plus mal. C'était signe que son état empirait bien trop vite. Le sang avait déjà taché sa chemise. Je le lui avais donné une des miennes la veille. Lui avait-elle porté malheur ? Dans le monde tel que je le connaissais à présent, la chance pouvait très bien avoir un caractère surnaturel. La culpabilité me foudroya une nouvelle fois. Être là au mauvais endroit, au mauvais moment pouvait – par voie de cause à effet – trouver pour origine le projet que nous menions. Si nous n'avions pas suivi la piste du professeur, Chad n'aurait pas frôlé la mort en combattant une chimère plus puissante que les précédentes ni n’aurait choisi d’interroger une vieille dame et n’aurait pas été pris pour cible par une balle perdue. La mort du monstre qui nous avait agressé trouva une légitimité accrue. Je ne le regrettai pas.

Je n'avais pas de sens surdéveloppés pourtant l'odeur du sang arriva jusqu'à mes narines. J'avais les mains poisseuses mais je me refusai à les retirer de sa poitrine.

Les passants s'étaient précipité autour de nous. Dans l'agitation, bien que je fusse concentré sur Chad, je pus percevoir le tumultes des pensées de chacun.

Mon dieu, appelez les secours.

Qui est cet homme ?

Il est si jeune, que s'est il passé ?

Il va mourir.

Je l'ai tué...


Je braquai mon regard et mon esprit vers celui qui avait tiré le coup de feu. Je lus le désespoir et l'angoisse en remontant le fil de l'action. C'était un accident.

Non coupable. Je me radoucis face à cette conclusion.

Je devais me soucier de Chad et l'emmener à l'hôpital. Mais une seule personne pouvait l'aider. Je ne connaissais pas la femme qu'il avait évoquée avant de sombrer. Et je ne pouvais pas arrêter de compresser la blessure de mon ami sans quoi… il ne s'en sortirait pas. Quelqu'un devait contacter l'hôpital et cette infirmière.

Que quelqu'un contacte Melissa McCall !

J'avais agi d'instinct, sans réellement vouloir plier les personnes présentes à ma volonté. Mais ça m'était tellement facile. Et la fin justifiait le moyen.

Un jeune homme me tendit son téléphone.

L'infirmière était à l'hôpital. Lorsque je révélai que Chad était "particulier" elle sut de quoi il s'agissait.

L'ambulance et la police arrivèrent en même temps. La première pour transporter Chad que je ne lâchais pas et la seconde pour arrêter et interroger l'homme qui avait usé de son arme.

Melissa eut le visage fermé et le pli soucieux sur son front indiqua combien elle prenait cet accident au sérieux. Ses mains se posèrent sur les miennes pour prendre le relais.

Rapidement, nous nous retrouvâmes isolés. Elle me demanda d’expliquer ce qui était arrivé et qui était la personne qui avait tiré. Ses pensées trahirent la question sous-jacente de savoir s’il s’agissait d’un chasseur. Il me sembla que ce n’était pas le cas. Que l’arme ait été ordinaire ou non, la balle avait atteint sa poitrine. C’était suffisamment grave pour que même sa capacité de guérison accélérée ne puisse l’aider.

- Je n'ai pas de solution miracle pour une hémorragie. Il faut opérer, refermer la plaie.

Il n’y avait rien que je puisse faire sinon garder mon esprit ouvert à celui de mon ami et lui communiquer force et lumière. Il ne devait pas sombrer. Mais étais-je le mieux placé pour ça ?

Je n’étais pas un phare ni son ancre. J’avais davantage l’impression d’être un oiseau de mauvaise augure, hypnotisé par une voix mystérieuse, comme une sirène qui ferait échouer un marin plutôt que de le guider vers le rivage. Je ne pouvais pas aider mon ami.

Je respirai enfin pleinement depuis le moment où j'avais rejoint Chad dans la rue et l'avait vu tomber. Il me restait quelque chose de très important à faire. Contacter Mick.




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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Damnatio Memoriae PV Maxence   Mer 1 Mar - 12:08



Damnatio Memoriae



La chute est longue, interminable. C’est la seule sensation que je ressens, celle de tomber indéfiniment. C’est comme s’il ne me restait plus qu’un seul sens, celui du toucher. Je n’entends rien, je ne vois rien, je ne sens rien, je ne… Ah si, j’ai un gout métallique sous la langue.

Mes pensées sont en chaos et je suis aussi désorienté qu’un bébé qui vient de naître. Mis à part que je me trouve dans un néant total. La sensation de chute s’est arrêtée, mais il n’y a rien autour de moi, ni sol, ni ciel, rien. Je ne sens plus mon corps hormis ce gout dans la bouche. C’est la seule chose qui me rattache à quelque chose de physique et de charnel.

« - Où suis-je ? »

Ai-je pensé ou parlé ?

« - Qui suis-je ? »

L’angoisse et la panique m’étreignent. J’appelle à l’aide, j’ai peur. Que quelqu’un me réponde ! Je tends le bras, enfin c’est l’image qui se forme dans mon esprit. Ce geste provoque une violente douleur dans ma poitrine. Des flashs me brûlent la rétine, je me recroqueville essayant d’échapper à cette morsure qui me déchire la poitrine.

« - Mick ! »

L’image d’un homme avec des yeux de deux nuances différentes s’impose à moi. Mick… Je bute sur le nom de famille, je ne sais plus qui il est, juste que c’est important, primordial. Je me débats à brasser mes souvenir, mais j’ai le cerveau englué et tétanisé par la douleur. Je crois qu’il tente de me couper de la douleur, mais cela me coupe aussi de ma mémoire.

La douleur dans ma poitrine s’apaise enfin. Je savoure le répit avec soulagement et me laisse flotter dans ce néant qui me cerne.  Je ne sais toujours pas où je suis, ni qui je suis. Quand mes pensées s’approchent de la solution, la douleur fuse dans mon corps, mes veines. Alors je reflue, me coupe de l’univers que je tente d’atteindre. Le néant est le calme et surtout la non-douleur.

Doucement le néant s’éclaire de points lumineux. C’est un peu comme flotter dans l’espace et de de contempler le cosmos. C’est beau, paisible et si gigantesque. D’un univers de rien, je passe à un monde sans limite. Je me sens attiré de toute part, je me diffuse, mon corps n’est plus. Je suis un de ces points lumineux.

« - Mort. »

C’est un épilogue, un aboutissement, la conclusion de… de quoi ?

« - La vie. »

Création, destin, existence, but suprême. Je…

« - Gvidi konservi. »

Le cosmos s’efface, et me voilà nimbé d’une douce lumière. Un regard se pose sur moi, il a le clair de l’azur et la lumière de la vie.

« - Père ! »

Les yeux se ferment et se rouvrent en acquiescement. Une autre présence s’incruste dans cet univers fait de lumière. Féminine, aux longs cheveux d’un brun envoûtant. Regard noisette irradiant d’intelligence, mais aussi d’amour.

« - Mère… »

Une trouée se fait dans mon monde lumineux. Un paysage s’offre à moi. Je sens le vent sur mon visage. Il est chaud et sec. Je suis sur un promontoire et domine une vallée verdoyante. En contre-bas une forêt dense et mystérieuse. C’est beau, magnifique, comme un paradis terrestre. Un aigle crie fort dans le ciel et plonge en surfant sur les courants d’air chaud. Il me suffit de faire un pas dans le vide, de plonger et moi aussi de voler et suivre cet aigle. J’avance un pied, m’incline…

« - …opérer la plaie… »

J’ai mal au bras, comme si un insecte me piquait à la pliure du coude. Je regarde, mais ne vois rien. Mon attention se reporte au vide si attirant. Je n’ai qu’une envie, celle de plonger et de voler comme un aigle.

«  - Tu es un Kawaiisu. »

Alors que je vais pour basculer, je capte une pensée parasite.

« Contacter Mick. »

Mick ? Qui est ce Mick ? Je me retourne et vois un terrain vierge. Peu à peu une maison émerge du sol. Elle est faite de lignes épurées qui vont embrasser le vide de la falaise. Mur par mur, elle s’élève doucement. L’architecture m’est familière. Maintenant qu’elle se dresse devant mon regard, totalement achevée, je sais que j’en connais le moindre détail, et le moindre recoin.

Un homme est accoudé sur la rambarde de la terrasse qui surplombe le vide. Il est blond et a un regard autant étrange qu’envoûtant. « Mick ». C’est lui Mick. Je le sais. Mon regard se pose à nouveau sur le vide accueillant et promesse d’apaisement. Je me retourne à nouveau, la maison a disparu. Elle est à construire…

Je n’ai pas fini ma tâche. Quelqu’un me prend la main. Maman. On me serre les épaules. Papa. Joie et amour rayonnent. Cependant, ce n’est pas l’heure du repos.

Je hurle ma douleur. Mon regard se heurte sur des dalles de plafond d’un blanc grisâtre. Une lampe aveuglante m’éclaire. Je grogne, mes crocs sont sortis, je m’agite. J’ai si mal. Nouveau regard, plus sombre celui-là. Je reconnais la maman de Scott. La mémoire me revient de plein fouet. La mamie gâteau, le temps clément lorsque je sors, la bousculade, le bruit du tonnerre, la douleur et moi qui m’effondre.

- Mick !

- C’est un produit particulier pour toi. Tu vas dormir pour qu’on te soigne. N’aie pas peur.

- Je…

Le néant m’accueille à nouveau.

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