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 Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)

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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Sam 26 Mar - 10:25




Cohésion

Feat. Chad

C'est un combat permanent avec Matrim. Un combat contre lui-même, pour lutter contre le manque qu’il ressent jusque dans son corps et pour qu’il se retrouve, qu’il façonne l’homme qu’il veut être, au-delà de l’enfant meurtri qu’il a été. Et qu’il sera toujours. Mes armes sont nobles, tendresse et patience, confiance et compassion. Il ira mieux mais cela prendra du temps. Notre complicité est une vraie belle force qui le pousse en avant.

Sortant de mes pensées, je souris à mon binôme qui vient de m'indiquer qu'il avait fini. Le travail de groupe consistait à réaliser le portrait de l'autre. Morgan est l'un de meilleurs de la promotion mais il lui est reproché un certain classicisme. Il y a quelques temps, à ses regards insistants, j'avais compris que je ne le laissais pas indifférent. J'aurais pu l'inviter à New-York à cette exposition très réputée et me laisser réconforter par son attention à mon égard. Mais, même en son absence, je n'avais pas oublié Matrim. Ni souhaité passer à autre chose. J'avais été honnête avec Morgan et il s'était montré correct. Cela n'avait pas entaché notre relation amicale.

Nous quittons le cours satisfaits de notre travail. Cet exercice compte pour le dernier semestre et l’évaluation de fin d’année, toute proche. Une vague de bonne humeur nous rengorge. Je salue à plusieurs reprises quelques étudiants que je croise dans les couloirs.

- Tu connais tout le monde, exagère une camarade qui ne sait rien de l’autre facette de ma vie.

J’affiche un sourire faussement flatté en guise de réponse.

Il s’agit de membres du groupe non-officiel auquel j’appartiens. De simples connaissances, ou bien des amis pour quelques uns. Que nous soyons proches ou non, notre association nous lie les uns aux autres.

C’est le lot d’une grande majorité de personnes d’être enfermées dans des catégories. Toutes les fraternités, comme ils appellent cela, entretiennent un clivage entre étudiants. Certains fiers de leur appartenance, d’autres méprisés pour une étiquette qu’ils ne choisissent pas.

Mais le secret qui m’entoure n’est ni pointé du doigt ni même soupçonné. Le monde n’est pas encore prêt à savoir.

Je suis, comme tous mes camarades de ce cursus, désigné à juste titre comme faisant partie des « artistes ». Énoncé par certains, cela donne l’impression d’être des illuminés, déconnectés de la réalité, extra-sensibles et passablement inutiles. Nous n’attachons pas beaucoup d’importance à ces préjugés bien que cela soit parfois moteur de remarques acerbes d’un côté comme de l’autre.

En rejoignant le dernier cours de la matinée, je croise le regard de Parker puis celui d’Anna en suivant le sien. Quelques paroles inaudibles pour une personne ordinaire m’indiquent qu’ils souhaitent me voir. J’entre dans la salle de classe plongée dans l’obscurité pour ce cours dont le thème est « La lumière : modelage de l’abstrait ». Je pense à Matrim. Toujours.

En fin de journée, je me dirige vers le bâtiment qui abrite le repère. Mais je ne suis pas seul.

D’un mouvement du menton, je montre à Chad les caméras de surveillance.

- Cela n’évite pas le danger, mais cet endroit est plus sécurisé qu’une ruelle sombre ou qu’un parking désert, déclaré-je.

Ce qu’Anna et Parker m’avaient dit ne relève pas de la coïncidence. L’arrivée de cette personne dans notre groupe non plus. Les derniers évènements marquants, vus sous un nouveau jour, dévoilent des informations cruciales. Cela avait peut-être même commencé avec ces chasseurs japonais qui avaient entrepris de fouiller la forêt de Beacon Hills et qui avaient froidement tué Jimmy sous mes yeux. S’ils n’étaient que des éclaireurs…

J’avais immédiatement pensé à Chad et mes deux amis avaient accepté de le rencontrer à nouveau.

Parker et Anna, inséparables, m’avaient personnellement aidé lorsque j’avais été mordu. Des années d’amitié puis, plus récemment, mon kidnapping et mon voyage vers Las Vegas, m’avaient permis, sans vraiment le vouloir, d’affirmer les menaces qui planent sur les surnaturels. Je suis devenu malgré moi source de conseils sans interférer dans l’autorité de nos leaders. Ce mot avait froissé Parker et Anna quand Chad l’avait évoqué. Mais il n’avait pas tort. Du moins, pas complément. Et il est incontestable, par sa présence lors de ces deux précédentes mésaventures, que Chad a été une aide précieuse.

Je lui avais déjà expliqué avoir raconté à mes deux amis ce que nous avions vécu récemment. Je n’ai toutefois pas rompu la promesse tacite de ne pas évoquer certains détails.

- Nous avons commencé sur de mauvaises bases, s’excuse Parker en lui serrant la main.

Chad ne me semble pas rancunier à ce sujet et suffisamment mature et intelligent pour se focaliser sur ce qui est important.

- Tout les hybrides n’appartiennent pas à une meute, continue Anna. Et ce mode de vie n’est pas le choix de tous. Tu as ton opinion et je le respecte. Toutefois, ceux qui ne se projettent pas dans ce fonctionnement doivent pouvoir trouver des repères. C’est ce que nous pensons être et l’aide que nous voulons apporter autour de nous.

- Mais nous ne pouvons pas ignorer ce que nous avons en commun, reprend Parker. Pour notre ennemi ancestral, il n’y a aucune différence mais une distinction triviale. Chasseurs ou chassés. Victimes ou bourreaux.

- Matthias nous a confié ta surprise d’avoir rencontré des Kalaveras loin de chez eux, déclare Anna pour entrer dans le vif du sujet. Il faudrait comprendre pourquoi ils étaient là-bas. Ciblent-ils Beacon Hills comme prochaine étape ? C’est une crainte que nous ne pouvons pas écarter.

- Cette ville est un vivier, affirme Parker bien que nous le sachions tous.  Nous sommes suffisamment nombreux pour faire face si le pire arrivait. À moins que des alliances ne se préparent. C’est ce que nous devons découvrir.

- Peux-tu parler au nom de ton alpha ou bien devons-nous l’inviter à nous rencontrer ? Questionne Anna.

Un mouvement dans la salle attire notre attention et coupe court à notre dialogue. La jeune femme que j’avais rencontré plus tôt, souriante dès qu’elle aperçoit Chad et moi, nous rejoint.

- Elisha, je te présente Chad Wilder, dis-je avant de présenter à son tour mon ami à la nouvelle venue.

Je ne doute pas un seul instant que Chad l’ai reconnue. Avoir secouru cette jeune fille est peut-être la seule chose que nous nous autorisons à évoquer quant à cette journée que nous avons passée ensemble. La sauvagerie dont Chad avait fait preuve reste sous silence depuis. Pourtant, l’ombre ne vit que dans la lumière. Tôt ou tard, ce qu’il garde en lui explosera, soufflant tout sur son passage.

Sans retour en arrière possible.












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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Mer 30 Mar - 12:58



Cohésion

Notre retour de Las Vegas avait été un peu fantasmagorique. Matrim, Charlie et Liam étaient poursuivis par une bande de mafieux, avec sacs plein d’argent et poursuite de voiture en bonne et due forme. Je baigne tellement dans les soucis d’ordre surnaturels que j’en oublie que la vie des « simples » humains peut aussi être dangereuse et aventureuse. J’avais aimé ce road trip avec Matthias. Notre départ en passant par les routes secondaires, savourant sa nouvelle voiture flambant neuve et le désert du paysage. L’impression d’être en cavale était fun. Impression qui s’était transformée en réalité lors de cette pause déjeuner dans un bled oublié de la civilisation comme il en borde parfois la mythique route 66. Recroiser les Kalaveras m’avait brusquement rappelé mon désir de vengeance que le voyage avait un peu occulté. Nous n’étions pas préparer pour les affronter. Nous nous sommes donc contenter de sauver notre peau ainsi que celle de leur otage. Sauver notre peau, mais ne pas épargner la leur. Ma conscience s’arrange à merveille avec de la légitime défense. Le doré de mes prunelles auquel finalement je tiens, pour Mick, pour nous deux est toujours là pour m’assurer que je n’ai pas franchis la limite.

Pourtant, je me souviens de l’adrénaline qui a coulé dans mes veines quand nous avons poursuivi ceux qui traquaient nos amis. Ce road movie, conduire en contre-sens, rouler sur le trottoir et enfreindre une bonne vingtaine de loi avait été un moment savoureux. Notre suprématie en tant que métamorphes par rapport aux vulgaires humains, m’avait conforté dans mon projet. Nous ne pouvons plus tolérer d’être traqués comme des animaux monstrueux. La chaîne alimentaire nous place au-dessus de ces imbéciles qui se croient emplis d’une mission humanitaire en nous éliminant.

La surprise du retour, fut la bestiole de Matrim  qui s’est aventurée à changer d’hôte. Ce fut violent pour Matrim, comme si une part de lui-même lui était arrachée. Toutefois, il faut reconnaître que Matthias s’en était plutôt bien sorti, sitôt envahi par cette étrange entité. Le mental de l’artiste est plus calme et plus serein de celui de Matrim qui est tourmenté par son passé et son enfance. Par égard à mon ami le photographe, je ne lui ai pas dit que je pensais que Matthias ferait un meilleur réceptacle à la bestiole que lui. Sa perte crée un manque cruel à mon ami. Heureusement que Matthias est là pour le soutenir dans cette épreuve. L’un et l’autre sont des âmes sensibles, mais le mentaliste est bien trop tourmenté par ses démons et sa confiance en lui-même est encore bien faible. J’avais déjà eu un aperçu d’une de ses pertes de contrôle et compris qu’il risquait d’y laisser la peau à chaque fois. Peut-être que plus tard…

Rouler droit devant soi, sans attache, libre ou simplement tributaire d’un plein d’essence. Oui, j’avais aimé cette excursion. Il y avait un côté sauvage très exaltant dans cette poursuite. Je crois que Matthias a aussi apprécié le voyage. Nous nous étions recroisés plusieurs fois sur le campus. Je sens bien qu’il a été choqué par ma violence avec les chasseurs, mais il n’aborde pas le sujet. « Son Matthias » comme parfois je le nomme, en me moquant gentiment de la manière dont Matrim parle de lui, est un garçon de nature discrète et pacifiste dans l’âme. Je l’étais aussi… Avant…

J’ai vraiment apprécié travaillé avec lui sur ce projet commun entre nos classes respectives. Il a une vision des reliefs différente que celle que j’ai d’un point de vue architecte. Je me bride avec les normes de construction et les problèmes de portée. Matthias n’a aucune limite que celle de son imagination. Les modifications qu’il a apportées sur les plans de Miya ont plu à mon cousin et à juste titre.

Mes journées sont chargées, entre mes derniers cours avant la fin du semestre, les plans de notre maison et ma recherche minutieuse des ramifications de cette lie que sont les chasseurs, j’ai peu de temps libre. Je veux frapper au cœur de leur organisation, faire tomber les chefs, briser leur unité et leurs accords tacites. Mon plan est qu’ils entre-tuent entre eux. Mais pour cela je vais devoir leur faire croire à des trahisons internes. Depuis qu’on s’est revu après son procès, je me dis que Maxence pourrait m’être très utile dans cette tâche. Mais comment lui faire prendre cette vengeance pour un acte de pure justice ? Mais pour l’instant, Matthias m’a convié à revoir ses amis Anna et Parker.

Ce groupe hétéroclite de surnaturels a changé de lieu de rassemblement, du moins pour leurs réunions sensibles qui peuvent difficilement être camouflées par leur fraternité officielle. Matthias me montre des caméras de surveillance qui protègent l’accès.

- Cela n’évite pas le danger, mais cet endroit est plus sécurisé qu’une ruelle sombre ou qu’un parking désert.

- Sans aucun doute.

La sécurité… C’est au cœur des plans que je fais pour notre maison à Mick et moi. Notre nid sera telle une forteresse audacieuse qui s’avance sur le vide de la falaise qui surplombe la plaine. Les points d’entrée sont quantifiés et sécurisés par la géométrie du terrain. J’ai demandé à James de me concevoir l’informatique qui gérera ça. Si Derek est resté dans le traditionnel pour la reconstruction du manoir par devoir de mémoire, Mick et moi nous nous tournons vers le futur et l’intelligence proactive de la construction. Je crois que monsieur Vauban n’aurait pas dénigré mes idées sur mon utilisation de ce terrain en pente abrupte, voire carrément vertical à un endroit.

Je reconnais Parker qui se tourne vers nous. Nous avons une vision différente du groupe qu’il forme avec Anna. Pour cet aspect-là, je reste dans le classique d’une meute et d’un alpha. Parker et Anna ont un idéal communautaire. C’est tout à leur honneur de ne pas vouloir s’imposer, ou trancher sur une décision à prendre. Ce modèle est viable, mais uniquement en temps de paix et d’opulence. Il suffit qu’un danger ou un manque de quoique ce soit pointe son nez et les désaccords de la communauté la mettrons en danger. Dans l’urgent, il faut qu’une seule personne, ou à la limite deux analysent et décident les actions à faire. Car le temps de discuter, saisir les avis de chacun et décider d’une réponse commune… vous arrivez trop tard. C’est ça que les deux amis de Matthias refusent d’admettre. Je ne me suis jamais senti bridé par Ruby car c’est un alpha de qualité qui sait prendre les rênes quand il le faut et seulement quand il le faut. Néanmoins mon expérience avec l’alpha qui m’avait mordu, Hugues, concrétise les craintes de Parker et Anna. Tout est une question d’humanité du leader et non pas de sa simple position. Anna et Parker refusent d’admettre la position qu’ils ont naturellement prise. S’ils ne sont pas des alphas, ils sont des leaders derrière qui s’aligne ce groupe hétéroclite. Le mot avait fâché car il revoit à une position dominante qu’ils répugnent.

- Nous avons commencé sur de mauvaises bases, s’excuse Parker en me serrant la main.

- Pas de soucis. Il est salutaire de pourvoir échanger sur des idées divergentes. Je trouve que cela permet d’affiner son propre jugement et d’aller plus loin dans sa réflexion si justement quelqu’un met en doute ce en quoi vous croyez.

- Tout les hybrides n’appartiennent pas à une meute, ajoute Anna. Et ce mode de vie n’est pas le choix de tous. Tu as ton opinion et je le respecte. Toutefois, ceux qui ne se projettent pas dans ce fonctionnement doivent pouvoir trouver des repères. C’est ce que nous pensons être et l’aide que nous voulons apporter autour de nous.

- Je comprends que la sensibilité de chacun soit différente d’un individu à l’autre. J’ai choisi d’être pragmatique et misé la carte de la sécurité. Un bêta, même isolé de sa meute, reste plus fort qu’un oméga. Et pour être tout à fait honnête, si mon premier alpha était tous ce que vous reprochez à ce rôle, Ruby est une meneuse qui ne brime pas, mais au contraire, élève ses bêtas. C’est mon choix qui est basé sur mes expériences vécues. Je sais que vous avez des membres qui ont eu une triste expérience en matière d’alpha. Mais je trouve dommage de généraliser ce comportement à tous les alphas. N’oubliez pas que Beacon Hills possède un true Alpha.

J’affirme à nouveau mon raisonnement. Non pas pour les contrarier, mais pour les pousser à aller jusqu’au bout de leur conviction. Et de faire eux-mêmes la démarche de comprendre ce qui peut tenir ou lâcher dans leur système. Un loup avisé en vaut deux. Toutefois Anna et Parker ne sont pas bornés au point d’en être stupide. Matthias leur a parlé de nos ennuis sur le chemin de Las Vegas. Je regarde l’artiste, il semble avoir tût la manière dont j’ai expédié ceux qui nous attaquaient. Sage précaution face à Anna et Parker…

- Matthias nous a confié ta surprise d’avoir rencontré des Kalaveras loin de chez eux, déclare Anna pour entrer dans le vif du sujet. Il faudrait comprendre pourquoi ils étaient là-bas. Ciblent-ils Beacon Hills comme prochaine étape ? C’est une crainte que nous ne pouvons pas écarter.

- Ce qui me choque c’est la louve qu’ils avaient en prisonnière. Les Kalaveras respectent… en théorie le code. Ils ne chassent que ceux qui chassent. Donc Soit ils éliminent un loup prouvé comme dangereux, soit ils le laissent en paix. A aucun moment ils ne font de prisonnier.

- Peux-tu parler au nom de ton alpha ou bien devons-nous l’inviter à nous rencontrer ?

- Je pense pouvoir parler en son nom. Elle n’est pas loin du terme de sa grossesse, je préfère ne l’impliquer que si nécessaire. Elle s’emballe vite en ce moment…

Une jeune femme s’approche de nous en souriant. Je reconnais la fille qui était enfermée dans le fourgon. Nous étions partis sans vraiment savoir si elle avait pu échapper au chasseur. La voir ici me rassure.

- Elisha, je te présente Chad Wilder.

- Bonjour Elisha. Content de te voir en bonne santé… et libre.

La jeune femme nous remercie d’être venus à son secours. Je ne lui dis pas qu’initialement nous sauvions aussi nos peaux quand nous nous sommes fait démasquer par la barrière de sorbier. Autant je devine la réprobation de Matthias sur ma réaction impitoyable, autant Elisha ne semble pas s’en offusquer vu la chaleur de ses remerciements. Comme quoi, quand votre vie est en danger, on révise facilement ses priorités.

- Nous pouvons discuter en privé ? Demandé-je à Anna et Parker.

Je voulais les informer de ce que j’avais découvert avec Adriann, mais je n’avais pas envie de me retrouver avec leur communauté en train de brailler chacun son idée ou ses craintes. Anna eut beau froncer les sourcils, choquée que je ne souhaite pas partager avec tout le monde mes informations. Mais je tiens bon. Inutile de provoquer une panique ou des angoisses qui ne résoudront rien.

C’est donc dans un bâtiment annexe que nous poursuivons notre discussion. J’explique donc ce sur quoi nous sommes tombés dans ce hangar de la mort. Je dis également qu’avec le wendigo nous avons failli passer au hachoir de ces bouchers qui font le commerce de nos organes.

- Voilà pourquoi je ne voulais pas parler devant les autres. Elisha était peut-être tout simplement une « commande »…

Je vois leur visage se teinter d’horreur. On ne parle plus de chasse, mais de commerce. Un commerce avec une demande qui semble être en expansion.

- Et pour ajouter à ce tableau réjouissant, il semble qu’il y ait un ou plusieurs scientifiques qui s’amusent à jouer à dieu en créant des garous de manière artificielle. Les derniers morts sur le campus, sont leurs expériences ratées.

Je leur laisse un temps pour encaisser ce que je viens de dire. L’horreur de la situation va peut-être les faire basculer dans mon sens. Il ne faut pas juste se protéger, et rentrer la tête dans les épaules en attendant que cela cesse. Car cela ne s’arrêtera pas tant qu’il y aura des chasseurs en vie. Evidemment, je ne vais pas leur dire de partir en guerre contre les chasseurs. Ils sont bien trop pacifiques, pensant uniquement sécurité, alors que l’attaque est la meilleure des défenses. Mais ils ont l’avantage d’être nombreux et bien organisés. Une meute qui en refuse l’appellation.

- Pour prévenir le danger, l’information est la clé. Il faut savoir qui trempe dans les affaires des chasseurs dans cette ville. Ça peut aller du simple coursier à une boutique qui n’est qu’une façade. Il faut mieux les connaitre pour pouvoir prévenir leurs actions. Et pour cela, il faut un réseau d’informateur. Et qui n’est pas mieux placé pour ce rôle qu’une fraternité de surnaturels aux sens développés ?

Parker commence à objecter qu’ils ne sont pas des guerriers et que leurs membres  recherchent l’apaisement, et non pas le conflit.

- Je vous propose juste d’ouvrir vos oreilles et de reporter les comportements suspects. Et surtout ne pas intervenir. Ils ne doivent pas savoir que l’on s’organise pour les contrer.

Leurs inquiétudes face à ce qu’ils savent déjà, renforcées par les abominations que je viens de leur dévoilé pourraient me permettre d’avancer dans la cartographie exacte du monde des chasseurs. C’est seulement avec une vision précise aux détails près, associée à une vision d’ensemble que je peux faire s’écrouler une partie de leur formation. Je veux juste qu’ils soient mes yeux et mes oreilles, je me chargerai du sale boulot. Mais avec ces pacifistes nés, ce n’est pas gagné d’avance. Je regarde Matthias, espérant un peu d'aide de sa part.


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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Ven 8 Avr - 15:54





Tout mène à la récompense
ou au châtiment

Feat. Chad

La réaction d’Elisha est vive. Si j’ai pu discuter avec elle plus tôt dans la journée, Chad n’a pas encore été chaleureusement remercié pour notre intervention. Elle nous en est très reconnaissante et m’a expliqué être arrivée à Beacon Hills alors qu’elle avait pris la fuite sans destination précise. Ce jour-là, elle ne s’était pas inquiétée de ceux qui l’avaient secouru. Sa gaieté de voir que nous sommes également sains et saufs finit par la conforter que notre communauté est tout ce qu’elle a toujours cherché. Vagabonde, elle trouve parmi les hybrides qui nous sont proches des personnes avec qui échanger sur ses expériences passées.

- Nous pouvons discuter en privé ? Demande Chad à mes deux amis.

Anna, fidèle à ses principes, s’offusque que tout le groupe ne puisse pas connaitre ce que Chad a à nous apprendre. C’est Parker qui, comprenant l’importance de la discrétion, nous indique de le suivre d’un signe de la tête.

Son père a de l’influence dans le conseil d’administration de l’Université, c’est ce qui nous permet de bénéficier d’un bâtiment excentré pour nous réunir.

Un long couloir nous amène dans une partie annexe, à l’abri des oreilles fines des êtres surnaturels, concentrés à proximité du repère.

- Le sujet est délicat à évoquer mais je ne vais pas y aller par quatre chemins, commence Chad.

Il évoque le wendigo, professeur en criminologie, qu’il a rencontré. Ces créatures sont très souvent dépréciées et se mettent à l’égard des autres surnaturels, autant par exclusion que par nécessité de répondre à leurs besoins vitaux. Nous en avons peu rencontré au sein du groupe.

- Adriann Weizerling, intervient Parker.

Chad hoche la tête pour confirmer qu’il s’agit bien de cet homme.

La révélation sur le trafic d’organes qu’ils ont identifié nous frappe avec violence. Le fait que nos semblables ne soient pas entièrement humains justifierait, aux yeux des chasseurs, que leur comportement envers nous soit dépourvu d’humanité. C’est effroyable et certainement beaucoup plus inquiétant que les agissements de fanatiques comme ceux qui m’avaient capturé. Ces actes meurtriers ne relèvent plus d’une chasse mais d’un commerce.

- Voilà pourquoi je ne voulais pas parler devant les autres, se justifie mon ami architecte. Elisha était peut-être tout simplement une « commande »…

Mais à qui profitent ces agissements ignobles ? Quels bénéfices cela apporte-t-il ? Parker et Anna sont livides en face de moi. Chad avait eu le temps d’accepter cette réalité.

- Et pour ajouter à ce tableau réjouissant, il semble qu’il y ait un ou plusieurs scientifiques qui s’amusent à jouer à dieu en créant des garous de manière artificielle, ajoute Chad. Les derniers morts sur le campus, sont leurs expériences ratées.

- Dean nous a tenus informés de ce qui se trame, explique Anna. Nous avons mis en place une surveillance nocturne mais nous avons conscience que ce n’est pas ce qui a stoppé cette hérésie.

Le constat est sans appel. Tout ce que Chad évoque de manière factuelle constitue un mal pernicieux qui décime les hybrides à Beacon Hills et partout ailleurs. S’il est impossible de l’ignorer, arguer une repartie à cela est autre chose. Notre groupe n’est pas belliqueux mais Chad nous expose clairement que tôt ou tard, nous serons pris pour cible.

- Pour prévenir le danger, l’information est la clé, déclare-t-il. Il faut savoir qui trempe dans les affaires des chasseurs dans cette ville. Ça peut aller du simple coursier à une boutique qui n’est qu’une façade. Il faut mieux les connaitre pour pouvoir prévenir leurs actions. Et pour cela, il faut un réseau d’informateurs. Et qui n’est pas mieux placé pour ce rôle qu’une fraternité de surnaturels aux sens développés ?

Nos craintes se heurtent aux fondements qui maintiennent notre communauté aussi paisible et pacifique que possible. Notre maitre mot est la sécurité. Mais, inévitablement, il se confronte à d’autres préceptes.

- Nous ne souhaitons pas prendre les armes dans ce conflit, tranche Parker. Et ce, même si cette animosité entre nos races semble inscrite dans nos gênes.

Si le clivage entre les êtres surnaturels, quels qu’ils soient, et les chasseurs est ancestral, notre choix de rester en retrait apparait comme un cas particulier. Notre fonctionnement a toujours froissé Chad, lui qui est si profondément attaché au lien de meute que nous ne connaissons pas et que j’avais pu ressentir un très court instant.

- Je vous propose juste d’ouvrir vos oreilles et de reporter les comportements suspects, relance-t-il pour amoindrir ses propos. Et surtout ne pas intervenir. Ils ne doivent pas savoir que l’on s’organise pour les contrer.

Chad me dévisage. Il est plus que déterminer et cela me donne le sentiment que cette discussion que nous avons tous les quatre s’inscrit dans un schéma clairement défini dans son esprit. Je sais sa rage face aux chasseurs. Je l’avais vu. Et j’en connais la cause. L’amour d’une mère procure une force incroyable. Sa perte façonne cette force en une émotion brûlante que nulle parole réconfortante ne peut éteindre.

Avant que Parker et Anna n’aient pu exprimer l’esquisse d’une réponse, une autre voix s’élève derrière nous.

Elisha.

- Ces hommes ne sont pas uniquement des chasseurs. Ce sont des bouchers, affirme-t-elle.

Indécelable, elle venait de faire irruption parmi nous, à notre insu mais sans insolence.

Cette fois, c’est Anna qui retient Parker par le bras. L’intrusion impertinente d’Elisha n’est rien comparée au danger que les explications de Chad viennent d'accentuer.

- Que veux-tu dire ? Questionne mon amie.

- Je veux dire qu’ils savent blesser et faire en sorte qu’on s’en souvienne, dit-elle en soulevant sa tunique pour nous montrer son dos.

La plupart des hybrides possèdent une capacité de guérison incroyable. Pourtant, une large cicatrice à jamais visible trace un sillon sur sa peau, de son épaule à la naissance de ses fesses.

- Ne pas agir c’est cautionner leurs actes, conclue la jeune femme avec fermeté.

Parker et Anna ne sont pas fermés à la discussion. Mais ils ne peuvent prendre une quelconque décision sans en référer à la communauté. Je sais combien certains d’entre nous sont virulents depuis la mort de Jimmy. Que l’un des nôtres ait été tué nous est difficilement supportable. Une phrase que Chad avait prononcée auparavant me revient en mémoire.

Combien d’autres victimes seront nécessaires pour que nous nous décidions à agir ?

Bien que la discussion ait été fructueuse et sereine malgré le contexte, je sais que les principes que défendent Parker et Anna, et qui sont les miens également, ne peuvent être altérés si aisément.

Pourtant, nous ne sommes pas dupes. Mes pensées s’entremêlent entre le souhait d’agir pour la prospérité de notre groupe et l’appréhension d’entrer dans un conflit perpétuel.

- Quand est-ce que tu me présentes les plans de ta future maison ? Demandé-je à Chad pour changer de sujet.






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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Lun 18 Avr - 18:33



Entend la douce nuit qui marche

Je n’y suis pas allé par quatre chemins. Je suis resté factuel, énonçant ce que je sais et ce dont je peux témoigner.  Je ne parle pas de « on dit », mais de fais que j’ai pu constater de moi-même avec Adriann ou Maxence. Si l’effroi se lit rapidement sur leur visage, leurs antennes d’escargot rentrent bien vite quand je parle de nous organiser. Pour eux le mot action rimes avec débat et discussion. Des civilisations entières sont tombées à force de discutailler. Mais ça c’est mon point de vue. Anna parle d’une surveillance nocturne, mais celle-ci est défensive et non offensive. Telles des gallinacées, ils surveillent le moment où le renard s’introduira dans le poulailler. Alors qu’il faudrait trouver son terrier et le boucher. J’ai beau tenter de leur faire comprendre que leur surveillance passive ne les informera que du jour où ça leur tombera dessus, mais en aucun cas n’évitera l’évènement. Le pire c’est qu’ils en sont conscients.

- Nous ne souhaitons pas prendre les armes dans ce conflit, tranche Parker. Et ce, même si cette animosité entre nos races semble inscrite dans nos gênes.

- J’ai bien compris votre façon de voir les choses et ce n’est pas ce que je vous demande. Mais d’étendre votre simple surveillance, à ce qui ressemble plus à de l’espionnage.

Je regarde Matthias. Il partage leur avis, mais connait ma détermination. Cependant, il n’entrera pas en conflit avec ses amis et par amitié pour lui, je ne le lui demanderais pas. Son groupe était pourtant une belle opportunité de faire avancer mes enquêtes. Cela me frustre, mais cela ne sert à rien d’insister. Je me cogne à un mur. Anna et Parker me font penser à ces gens bien-pensant, fiers de leur éthique. Mais qui laissent à d’autres le soin de se salir les mains à leur place. D’un côté les chasseurs, de l’autre les loups et au centre, eux, les moutons. J’aurais essayé. Je ne saisis pas les états d’âmes de Matthias. Il a pourtant été torturé et vu son ami exécuté sous ses yeux. Son âme est-elle si douce qu’il lui est impossible d’exprimer une quelconque colère ? Je ne le comprends pas et pourtant j’ai l’impression de voir une part de moi-même en lui. J’étais un peu ainsi en arrivant à Beacon Hills, décidé à effacer de ma mémoire les horreurs de Boston et repartir d’un nouveau pied. Il s’en est passé des choses depuis…

- Ces hommes ne sont pas uniquement des chasseurs. Ce sont des bouchers.

Une voix féminine claque dans notre dos. Elisha nous avait suivis sans bruit. Au questionnement d’Anna, la rescapée de notre confrontation avec les Cavelera confirme mes dires avec preuves à l’appui. Son dos présente des cicatrices qui ne se résorbent pas. Un frisson me parcoure l’échine. Je me souviens des expériences d’Alfred sur mon corps. Des drogues qu’il me donnait, des lacérations sur mes bras et mes jambes et lui qui notait impassiblement les résultats tout en me faisant la conversation comme s’il n’y avait rien de plus normal que de parler chiffon avec son cobaye.

- Ne pas agir c’est cautionner leurs actes, assène Elisha.

Je n’ajoute rien, mais je suis satisfait qu’une autre voix dise la même chose que moi. Le dilemme se lit dans les regards de Parker et Anna, mais ils sont soumis aux règles de leur communauté. Qu’ils les respectent est tout à leur honneur. J’ai beau ne pas avoir le même point de vue qu’eux. Je n’en salue pas moins leur intégrité.

- Quand est-ce que tu me présentes les plans de ta future maison ? Me demande Matthias.

Plan, maison… Voilà deux mots magiques qui me font oublier rapidement la menace pernicieuse et latente des chasseurs. Mick se moque de moi à chaque fois. Il me dit que j’ai des étoiles qui s’allume dans le regard et que je suis comme un gamin devant une montagne de jouets.

- C’est la maison de tous les défis !

Nous laissons les amis de Matthias et allons discuter dans un coin de la bibliothèque. Je sors mon ordinateur pour lui montrer notre maison idéale. Celle que nous ne construirons pas car impossible autant techniquement que légalement. Je m’emballe à expliquer à Matthias ce qui est un vrai nid d’aigle. Je fais pivoter la vue 3D dans tous les sens, pour qu’il en saisisse l’esprit.

- Ça c’est l’idée… Maintenant j’ai x ébauches qui ne me satisfont pas. Entre les pièces et commodités que Mick m’ajoute à chaque fois qu’il change de chemise, mes calculs qui me ferment des possibilités… Nous allons vraisemblablement creuser dans la montagne et il va me falloir de l’ingéniosité pour que les pièces s’y trouvant ne ressemblent pas à une cave.

Matthias a pris le contrôle de la souris et explore la maison de nos rêves à Mick et moi. Je le vois sourire à ce qu’il voit.

- C’est vraiment inconstructible ? Me demande-t-il.

- Oui, cela demanderait des contreforts trop massifs. Cela serait moche et nous serait refusé de toute façon. Et je ne te parle pas de la piscine qu’évoque Mick. Là je tiens bon !

Nous rions un peu des idées loufoques qui nous sont venues à Mick et moi. Je n’ai pas pensé à cette maison en tant que telle. J’ai mis des murs autour de nos envies. L’approche est différente et semble plaire à mon ami.

- Matthias ? Cela t’intéresserait de vraiment m’aider sur ce projet ? Je parle d’un vrai travail. On te finance comme pour une vraie commande. Cela pourrait être un galop d’essai à ce projet dont je vous avais parlé à Matrim et toi. Bosser ensemble.

La guerre avec les chasseurs est loin. Je pense volume, espace, lumière. Ce que Matthias avait fait sur les plans de la maison de Miya m’avait bluffé. Il avait réussi à amoindrir l’impact qu’avait eu les changements de normes qui avaient considérablement alourdi l’ossature même de la maison.




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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Lun 16 Mai - 22:25





Consensus

Feat. Chad

La discussion que nous avons eue avec Anna et Parker me laisse perplexe. L’intervention d’Elisha a conforté les réactions de Chad et son souhait d’agir face aux  chasseurs avant qu’eux même ne constituent un conglomérat contre les hybrides de Beacon Hills. Ce qui nous effraie autant que d’outrepasser notre passivité, c’est la sensation que chaque guerre civile au cours de l’Histoire est née d’un conflit de faible envergure, nourri de haine et entraîné sur lui-même comme une roue infernale par des actes de cruauté et leur vengeance en retour.

Je sens Chad tourmenté par le projet dont il nous a fait part. Ainsi, lorsque nous finissons par quitter le bâtiment, je tente d’aborder un sujet que je sais plus enchanteur pour mon ami.

- C’est la maison de tous les défis ! S’exclame-t-il.

Quand nous nous installons à la bibliothèque, il sort son ordinateur de la sacoche qu’il porte en bandoulière. Il m’explique les grandes idées qu’il a déjà commencé à modéliser. J’avais apprécié travailler avec lui car son enthousiasme est communicatif. Plus qu’un métier, l’architecture est une passion. Personne ne pourrait dire le contraire.

- Ça c’est l’idée…Explique-t-il. Maintenant j’ai x ébauches qui ne me satisfont pas. Entre les pièces et commodités que Mick m’ajoute à chaque fois qu’il change de chemise, mes calculs qui me ferment des possibilités… Nous allons vraisemblablement creuser dans la montagne et il va me falloir de l’ingéniosité pour que les pièces s’y trouvant ne ressemblent pas à une cave.

Je me permets de prendre en main la souris pour visiter de manière virtuelle la maison qu’il souhaite construire. C’est une image de qualité en trois dimensions. Pourtant, elle ne peut représenter l’essentiel. La vie. J’imagine la lumière qui soulignerait pureté des lignes. Des matériaux nobles qui apporteraient la pérennité à cette construction folle. Les touches de couleurs qui donneraient de la gaieté aux espaces. Les jeux de texture, de matière. Chad est capable de prouesses qui me font sourire.

- C’est vraiment inconstructible ? Questionné-je.

- Oui, cela demanderait des contreforts trop massifs, m’explique-t-il. Cela serait moche et nous serait refusé de toute façon. Et je ne te parle pas de la piscine qu’évoque Mick. Là je tiens bon !

- À chaque contrainte inévitable, il y a une réponse à apporter, dis-je. Que ce soit dans l’innovation technique ou dans une sublimation esthétique voir artistique.

- Matthias ? S’interrompt-t-il. Cela t’intéresserait de vraiment m’aider sur ce projet ? Je parle d’un vrai travail. On te finance comme pour une vraie commande. Cela pourrait être un galop d’essai à ce projet dont je vous avais parlé à Matrim et toi. Bosser ensemble.

- Je suis toujours partant, Chad. J’ai vraiment apprécié travailler avec toi. Tu m’as permis de rendre concret ce que mon âme d’artiste éprouve dans une discipline abstraite. Rendre le beau sur un projet purement technique. C’est un ensemble que tu proposes et je crois que tu as su te démarquer avec cela.

Il me félicite tout autant de ma participation et m’explique avec franchise que le labeur est plus conséquent pour ce projet-là. Pour Mick et lui. Ce serait une apothéose alors qu’il sera jeune diplômé.

- C’est une affaire de consensus, déclaré-je.

Je fais allusion à la démesure de la construction autant qu’à la conversation que nous avons eue plus tôt avec Parker et Anna. Il y a du bon en Chad. Dans sa manière de vouloir créer. C’est un travail de l’esprit et du cœur. J'ai confiance en lui et je souhaite sincèrement lui apporter mon aide.

- Je leur parlerai demain, lui promis-je lorsque nous nous séparons.

Parker et Anna se doutent de ce que je vais aborder lorsque je les rejoins l’après-midi suivant.

- Vous êtes mes meilleurs amis, déclaré-je. Je sais que vous êtes tiraillés par le doute mais je crois que Chad respecte notre souhait de ne pas interférer directement.

Je tente de les rassurer, nos principes sont fondamentaux, bien davantage dans une période de trouble. Je ne souhaite pas les bafouer.

- Je ne veux pas que ce qui est arrivé à Jimmy se reproduise, dis-je avec une douloureuse sincérité. Le groupe de chasseurs dont il était question n’a rien à voir avec ce qui se prépare. Selon Chad, nous sommes plus en danger que nous le croyons. Tous autant que nous sommes.

- As-tu confiance en lui ? Me demande Anna. Je sais qu’il est ton ami, mais si tu occultes un instant votre amitié, penses-tu que sa proposition est juste ?

- Il ne s’agit pas pour nous d’agir, rappelé-je. Je pense que nous pouvons apporter notre aide sans nous exposer. Écouter au lieu d’entendre, regarder plutôt que voir. C’est aussi simple que cela. Simple mais cela peut être une aide précieuse.

- Alors tu souhaiterais que nous le soutenions dans son projet ? Demande Parker. Es-tu sûr de toi ?

- Je le souhaite seulement si cela est aussi votre décision, confié-je à mes deux amis. La peur n’évite pas le danger et ce qui pourrait nous blesser autant ce sont les remords.

- Nous devons préserver ceux qui ne souhaitent pas prendre part à tout cela, décide Anna après un regard de connivence à Parker.

- Que décidez-vous ? Demandé-je.

- Nous devons rassembler le groupe, acte mon meilleur ami.

Dans les heures qui suivent, notre repère devient un lieu de rassemblement de grande ampleur. L’influence d’Anna et Parker est croissante depuis plusieurs mois. Si nous ne cachons rien de ce qui concerne le monde surnaturel, ce que mes amis s’apprêtent à dire et faire pour notre communauté est sans précédent.

Leurs explications sont claires. Je souris à mon amie lorsqu’elle reprend mes propres mots pour conclure les débats.

- Il s'agit d'écouter au lieu d’entendre, regarder plutôt que voir, donne-t-elle pour consigne.

- Vous êtes libres, vous l'avez toujours été, rappelle Parker. Que ceux qui veulent prendre part à cela se manifestent.

Plusieurs mains se levèrent. Les premières avec l’assurance de ceux qui n’ont pas peur de combattre. Puis les suivantes, nombreuses, symbolisant la nécessité d’affirmer que nous ne sommes pas des parias voués à être chassés.

Chad pense que le consensus est peine perdue dans une communauté comme la nôtre. Pourtant, le choix actuel est celui de tous. À titre individuel, chacun est libre de répondre à la requête formulée ce soir. Pour la communauté, les volontaires marquent une décision délibérée d’agir.

Le lendemain, j’interpelle Chad afin que nous prenions le temps de discuter. Je réussis à le croiser sur le campus alors qu’il s’apprête à repartir.

Nous nous asseyons au plein soleil sur un banc depuis lequel nous observons le parc de l’Université et ses proches environs.

- Anna et Parker sont d’accord, dis-je simplement.

Chad hoche la tête doucement en guise d’acceptation. Son regard traduit ce qu’il semble garder sous silence, sombre manigance et motivation pure.

- Plusieurs d’entre nous acceptent de t’apporter de l’aide, convié-je. Je serai le lien entre eux et toi. Nous ne voulons prendre aucun risque.

- Où sont-ils ? S’empresse de demander mon ami avec politesse.

- Partout, réponds-je avec la fierté de nous savoir entourés.

Tous ceux qui ont choisi d’être les yeux et les oreilles de Beacon Hills m’ont clairement entendu m’adresser à Chad. Çà et là, certains se tournent vers nous. Un regard furtif, un geste dans notre direction. Un murmure.

- Par ici, dis-je en pointant du menton le couvert d’un grand pin. Là-bas également, sous ce porche. Dans la rue, à la terrasse de ce bar.

Mêlés à la foule, les membres de notre groupe passent inaperçus. Chad n’en a croisé que quelques-uns lors de ses visites. La plupart sont des anonymes. Des hommes et des femmes dont la vraie nature reste cachée dans l’ombre bien qu’ils vivent en plein jour.

- Tu peux compter sur nous, Chad, conclué-je.









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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Mer 25 Mai - 16:10



Avancée

- C’est la maison de tous les défis ! S’exclame Matthias.

- Ça c’est l’idée dis-je avec enthousiasme.

S’il y a bien une chose avec laquelle Mick et moi sommes en phase, c’est notre future maison. Nous n’arrêtons pas de changer d’idées ou d’en avoir de nouvelles, cependant au-delà de nos chamailleries sur ce qui n’est en fait que des détails, nous avons la même idée générale. Nous souhaitons une maison à notre image, qui reflète notre indépendance ce qui sera le cas par l’isolement du terrain. Le plongeon au-dessus de la falaise dit que nous ne nous mettons pas de limite et pas de barrière, ni d’entrave. Le style même de la future construction, reflète notre gout pour la modernité, un certain gout pour les lignes épurées, mais aussi notre idée sur une demeure intrinsèquement sûre. Je sais que Matthias pourra me gommer les lourdeurs architecturales que je ne pourrais pas éviter soit à cause des normes, soit basiquement pour des histoires de portance.

Je souris en regardant Matthias se balader virtuellement dans la dernière ébauche que j’ai faite. La CAO est vraiment un outil d’aide à la créativité. Cela permet aussi de partager plus facilement son travail avec une personne peu habituée à se représenter des volumes par rapport à un plan en deux dimensions.

- C’est vraiment inconstructible ? Demande Matthias

- Pour cette version, oui, cela demanderait des contreforts trop massifs, il. Cela serait moche et nous serait refusé de toute façon. Et je ne te parle pas de la piscine qu’évoque Mick. Là je tiens bon !

Je tais son désir de Batcave et autres lubies dignes d’un Bruce Wayne. Je ne parle pas non plus de la salle undergrournd qui devrait accueillir les affaires un peu guerrière de Mick. Je ne suis pas fiancé à un ex-chasseur pour rien. Après un moment d’hésitation, je lui demande s’il est toujours intéressé pour travailler avec moi. J’ai envie de me projeter dans l’avenir, sinon la guerre secrète que je mène actuellement n’a aucun sens. Au fur et à mesure que j’avance dans mes recherches sur la tentaculaire organisation des chasseurs, ma haine se mue en froide résolution.

- Je suis toujours partant, Chad. J’ai vraiment apprécié travailler avec toi. Tu m’as permis de rendre concret ce que mon âme d’artiste éprouve dans une discipline abstraite. Rendre le beau sur un projet purement technique. C’est un ensemble que tu proposes et je crois que tu as su te démarquer avec cela.

Je le remercie chaudement, lui expliquant que mon projet de maison avec Mick sera en quelque sorte mon œuvre d’artiste. JE sais bien qu’avec le temps et l’expérience, je deviendrais meilleur. Mais ce projet a une valeur sentimentale très forte. C’est l’abri que je construis pour celui à qui je tiens par-dessus tout. Quand nous nous séparons, Matthias évoque à nouveau ses amis, me disant qu’il leur parlera. J’opine du chef, j’ai bien compris comment fonctionnent leur fraternité. J’ai cependant peu d’espoir que Parker et Anna suivent. S’ils ont été horrifiés aux révélations d’Elisha, leur réaction me semble similaire à ceux qui se scandalisent devant leur télévision des dernières horreurs et injustices, mais qui n’en restent pas moins frileusement à l’écart, baissant la tête en priant pour que ça ne leur tombe pas dessus. Noyés dans la masse de leur communauté, l’individu perd de sa valeur. Ils se désolent et pleurent leur mort, mais n’ont pas ce lien de meute qui vous déchire de l’intérieur quand un des nôtre souffre. C’est toute la différence entre compatir pour quelqu’un et éprouver viscéralement ce qu’il ressent. C’est ce qui fait qu’une meute sera toujours plus soudée qu’un groupe d’omégas. Du moins c’est mon avis personnel construit sur ce que j’ai vécu.

***

Je sors de mon cours en serrant les mâchoires et un pli soucieux au front. Sans le vouloir, mon professeur vient de lever un point technique qui va m’ennuyer pour notre maison. Je dois revoir tous le principe du soubassement que j’avais imaginé. Je m’en veux de ne pas l’avoir vu avant. J’ai beau être dans les meilleurs étudiants de la promo, je n’en reste pas moins un débutant et ce constat me frustre. Je ne sens nul et ronchonne dans ma barbe. C’est donc un futur architecte en plein doute avec ses capacités qui se fait interpeller par son ami artiste. Nous allons nous installer au soleil. L’été arrive et j’apprécie que les rayons du soleil chauffent ma peau.

- Anna et Parker sont d’accord, me dit mon ami.

Je  ne réponds rien, me contentant de hocher la tête. Honnêtement, je n’y croyais pas, et j’avais même peur qu’ils me mettent des bâtons dans les roues par crainte de représailles sur leur groupe de mes propres actions. La nouvelle me réjouit et me dis que je vais enfin pouvoir avancer. Il faut aussi que je me pose car je suis mêlé à des affaires bien différentes entre les bouchers que j’ai croisés avec Adriann, les apprentis sorciers  avec Maxence et des chasseurs fanatiques qui ont séquestré Matthias.

- Plusieurs d’entre nous acceptent de t’apporter de l’aide. Je serai le lien entre eux et toi. Nous ne voulons prendre aucun risque.

- Où sont-ils ? Demandai-je intéressé de connaitre ces téméraires.

- Partout. Par ici, dit Matthias en pointant du menton le couvert d’un grand pin. Là-bas également, sous ce porche. Dans la rue, à la terrasse de ce bar.

Et en effet, je vois des regards croiser le mien. J’offre à  chacun un sourire discret en guise de remerciement. Ils sont nombreux, ils ont l’ouïe fine et la vue perçante. Finalement je me dis que c’est aussi bien qu’ils ne souhaitent pas avoir un rôle offensif. Cela pourrait les trahir. Je me souris à moi-même, je viens de réinventer le système Big-Brother version surnaturelle.

- Tu peux compter sur nous, Chad.

- Et je vous en remercie. Je vais te donner une liste de nom avec un degré d’implication allant de sympathisant à chasseur confirmé. L’idée est d’avoir une cartographie de nos ennemis potentiels présents à Beacon Hills.

J’explique à Matthias que je sais bien qu’à moi seul je ne vais pas aller les combattre de front. Mais que je souhaite faire s’effondrer d’elle-même leur organisation en utilisant leurs propres querelles de clans. C’est ce que j’avais découverts lors de mes recherches. Les chasseurs sont loin d’être unis. Par exemple ceux qui ont tué Jimmy n’ont rien avoir avec les bouchers que nous avons croisé avec Adriann. D’ailleurs, je l’informe qu’il semble que depuis notre explosive intrusion avec Mick et Matrim, les chasseurs japonais semblent avoir totalement disparus de Beacon Hills. Matthias s’en dit rassuré. Je précise qu’il ne faut pour autant pas relâcher notre vigilance sur ce point. Et je ne fais pas si bien dire… Adriann allait trouver des photographies qui montrent qu’à cause de moi Mick est en danger… Je ne sais pas comment contacter le père d’Allison, qui au final est mon cousin… Mais je pense qu’avec sa conception du code des chasseurs, il peut nous aider à en finir avec les bouchers du hangar. Cependant, je ne veux pas que l’on puisse m’incriminer dans cette action. Si je veux pouvoir avoir un futur avec Mick, jamais mon nom ou mon visage doit être associé à l’épuration que je prévois.

- Il faudrait aussi surveiller la famille Argent. Chris est insaisissable… Si je pouvais le faire tomber « par hasard » sur les bouchers qui nous ont séquestrés Weizerling et moi, je suis certain qu’il nous éliminerait de manière radicale ces fumiers qui font le commerce de nos corps.

Je me radoucis en voyant la mine inquiète de Matthias. Ces gens sont déjà condamnés à l’enfer, autant qu’ils y aillent le plus rapidement possible sans faire de nouvelles victimes parmi nos rangs. Aucun loup ne perdrait la couleur jaune de ses yeux en les éliminant, mais je suis d’accord avec ton groupe. Je n’ai pas vraiment l’âme d’un chasseur. C’est pour cela que je veux qu’ils s’éliminent entre eux, sans qu’aucun de nous n’ait de remords sur la conscience.

- Je dois revoir les plans de la maison de manière drastique. Mick va râler que je passe plus de temps avec ma palette graphique qu’avec lui. Tiens-moi au courant de ce que vous trouvez. Je vais tenter de trouver comment faire une base de données exploitable avec vos informations. On se revoit dans quelques jours avec mes nouveaux plans de maison ?



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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Jeu 30 Juin - 11:09






La lutte et la révolte impliquent toujours
une certaine quantité d’espérance

Feat. Chad

C’est un engagement fort qui se concrétise entre Chad et moi. Notre communauté a accepté d’apporter de l’aide au dessein qu’il entreprend. Si nous collaborons parfois avec d’autres groupes, très rarement une meute, nous ne nous sommes jamais impliqué dans un projet d’une telle ampleur. Mais puisque Beacon Hills sera à la fois le point d’impact et l’origine du plan imaginé par Chad, mes amis et moi sommes grandement concernés.

- Et je vous en remercie, répond l’architecte à l’approbation dont je viens de lui faire part. Je vais te donner une liste de noms avec un degré d’implication allant de sympathisant à chasseur confirmé. L’idée est d’avoir une cartographie de nos ennemis potentiels présents à Beacon Hills.

Les ramifications entre les différents familles et associations de chasseurs sont complexes. Les explications de Chad tendent à éclaircir la situation et à organiser un plan d’action.

Nous évoquons les chasseurs asiatiques qui m’avaient capturé et avaient tué Jimmy. Sans  Matrim, Chad et Mickaël je ne serais plus en vie pour apporter ma contribution. Je suis rassuré qu’ils aient disparu mais cela ne dissout pas l’inquiétude que de tels évènements se produisent encore et se multiplient. Le conflit entre les créatures surnaturelles et les chasseurs est ancestral, il ne peut se tarir aisément. Les moments de paix ne sont que sursis. Tôt ou tard, même les personnes qui demeurent en retrait finissent par être touchées pour quelques raisons que se soit. La paix est d’une extrême fragilité. Cela m’inquiète mais ces arguments et le témoignage d'Elisha ont participé à convaincre Parker et Anna.

- Il faudrait aussi surveiller la famille Argent, continue Chad. Chris est insaisissable… Si je pouvais le faire tomber « par hasard » sur les bouchers qui nous ont séquestrés Weizerling et moi, je suis certain qu’il nous éliminerait de manière radicale ces fumiers qui font le commerce de nos corps.

Cette réalité est d’autant plus morbide qu’elle ramène nos semblables à l’état de gibier, d’abord chassés, ensuite démembrés et vendus. Ces actes réfutent toute humanité, dans l’âme de nos bourreaux comme dans ce qu’ils croient n’être que de vulgaires bêtes sauvages.

Nous sommes des hybrides ce qui, par définition, fait de nous des êtres mi-homme mi-animaux. Nous sommes dotés d’une intelligence, d’une sensibilité et d’une conscience. Mais dans le fossé qui nous sépare des êtres humains ordinaires coule un torrent de peur et de haine. Ce sont ces sentiments qui engendrent des comportements destructeurs.

- Ces gens sont déjà condamnés à l’enfer, reprend mon ami. Autant qu’ils y aillent le plus rapidement possible sans faire de nouvelles victimes parmi nos rangs. Aucun loup ne perdrait la couleur jaune de ses yeux en les éliminant, mais je suis d’accord avec ton groupe. Je n’ai pas vraiment l’âme d’un chasseur. C’est pour cela que je veux qu’ils s’éliminent entre eux, sans qu’aucun de nous n’ait de remords sur la conscience.

C’est une lutte clandestine et risquée que nous entreprenons. Mais comme Chad l’évoque parfois en imaginant un futur paisible avec son fiancé, je souhaite moi aussi pouvoir m’épanouir avec Matrim. Cette ville est un refuge. Elle doit le rester.

- Je dois revoir les plans de la maison de manière drastique, explique-t-il. Mick va râler que je passe plus de temps avec ma palette graphique qu’avec lui. Tiens-moi au courant de ce que vous trouvez. Je vais tenter de trouver comment faire une base de données exploitable avec vos informations. On se revoit dans quelques jours avec mes nouveaux plans de maison ?

- Entendu, accepté-je. Tout ce qui sera découvert me sera retransmis. Comme je l’ai dit, c’est plus simple et plus prudent que je sois ton interlocuteur principal.

Tout comme Chad ne souhaite pas que son identité soit révélée dans cette manigance, Parker et Anna souhaitent minimiser l’exposition des membres de notre groupe.

- Bien sûr, nous continuons à travailler sur ton projet de construction, dis-je.

C’est un sujet bien plus enjoué sur lequel nous dévions. L’architecture offre à Chad des moments d’apaisement durant lesquels toute l’animosité avec laquelle il semble valser est atténuée.

- J’ai validé mon inscription au module de conception et design d’espace, déclaré-je. L’année prochaine, cela permettra à notre collaboration d’être encore plus pertinente.

Nous nous séparons, satisfaits de ce que nous venons d’agréer sur l’un et l’autre des projets que nous avons maintenant en commun.

Ainsi, pendant plusieurs jours, certains de mes amis et connaissances sont devenus les yeux et les oreilles de Chad. Inconnus parmi la foule, dispersés, à l'affût.

Une cartographie des familles de chasseurs se dessine petit à petit bien qu'il ne s'agisse aucunement d'une œuvre artistique. Ce que Chad souhaite analyser ce sont les liens qui regroupent ceux qui traquent nos semblables, leurs affiliations, leurs ententes stratégiques et les possibilités de semer la discorde comme un poison invisible et efficace.

Et les informations qui m’ont été rapportées sont certainement précieuses. Nous avons décider de nous retrouver dans des endroits différents afin que nos rencontres ne transcrivent rien d’autre qu’une amitié habituelle.

- Il semble qu’il y ait une réunion hebdomadaire parmi les familles que tu cites, révélé-je. Il s’agit d’un même groupement de chasseurs mais nous n’avons pas encore déterminé s’ils sont sympathisants ou belliqueux.

Chad m’expose la méthodologie qu’il a conçu et ce que nous pouvons ensuite entreprendre. Plus nous en apprendrons sur les personnes que nous surveillons, plus il sera tentant de nous infiltrer davantage dans leur quotidien. Mais c’est un stratégie de patience et d’actions discrètes qu’il faut mettre en œuvre de manière méticuleuse.

- Chad ? Continué-je. Christopher Argent revient à Beacon Hills dans une semaine. Peut-être pourrions-nous le rencontrer ?

Son visage se crispe un instant à l’évocation du chasseur. Son nom est celui d’une illustre famille aux origines anciennes. Un ennemi ou un allié de taille.

- Ce n’est pas une bonne idée ? Repris-je.







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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Mer 27 Juil - 18:40



Entend la douce nuit qui marche

Je suis heureux de l’entente que je trouve avec Matthias. Je ne l’avouerai que difficilement, mais sa sérénité intrinsèque me fait du bien. Nous sommes à la base un peu bâti sur le même moule, mais depuis la mort de ma mère ma placidité habituelle a volé en éclats. Je sais que Mick est inquiet et en souffre. Je ne souhaite pas être un fardeau pour celui que j’aime. A ce moment-là, je ne peux me douter que je vais vivre de sombres moments ainsi que Mick.

- J’ai validé mon inscription au module de conception et design d’espace, déclare Matthias. L’année prochaine, cela permettra à notre collaboration d’être encore plus pertinente.

Je lui réponds que c’est une bonne chose. Je suis plus jeune que lui, mais je finis mon cursus scolaire. Les études en arts n’obéissent pas au même séquençage que celles d’architecte. Par définition, il peut rester étudiant éternellement. Il est dans un domaine qui n’a pas de fin en soi.

Nous nous revoyons régulièrement, affichant notre amitié et légitimant ces rencontres. J’ai réussi à trouver une manière de compiler les données que Matthias me transmet. En fait, j’ai grugé Mick pour qu’il me fasse une macro Excel. C’est un domaine, où je ne sais plus comment c’était venu sur le tapis un soir, il est doué. J’ai prétexté en avoir besoin pour notre maison. Il m’a conçu le bout de code en une seule soirée. J’ai joué le jeu en intégrant les données de notre future maison. Je pensais juste faire semblant de l’utiliser, mais le semblant s’est transformé en besoin réel. Cela me permet de dégrossir certains calculs.

Ma base de données sur le monde des chasseurs se remplit doucement. Je commence à saisir l’ampleur de leur étendue. Mais une constatation me fait garder l’espoir que mon projet n’est pas vain. Car s’ils se connaissent entre eux, ils sont peu solidaires les uns des autres. Ils sont également divisés dans leurs motivations primaires et buts finaux. Je compte bien me servir de leurs désaccords pour venger les miens. Ce n’est pas une guerre frontale que je souhaite faire, mais les ronger de l’intérieur. Au fur et à mesure que le temps passe et que ce jour maudit s’éloigne dans le passé, ma colère mue et l’inquiétude de Mick à mon égard me touche. Je n’ai pas le droit de basculer dans l’ombre par égard pour lui. C’est difficile de ne pas céder à ma colère légitime et à ce que mon corps de loup me dicte. Nous n’avons jamais parlé de ce que Mick fera quand il aura retrouvé les meurtriers de ses parents. Quelle voie choisira-t-il ? La loi du talion ? Mort pour mort ? Mais je sais que cette ancienne loi n’est qu’une solution à court terme. Celui qui est puni aura toujours une famille, des amis pour riposter et continuer la spirale de la violence. Le but de mon projet est synonyme de génocide. La morale avec laquelle j’ai été élevé se braque. Les questions et contre questions tournent dans ma cervelle dans un rythme à donner le tournis. Matthias me sort de mon absence avec une information cruciale.

- Chad ? Christopher Argent revient à Beacon Hills dans une semaine. Peut-être pourrions-nous le rencontrer ?

- Et comment ! Comment as-tu eu une telle information ? Mon cous… Ce type est insaisissable.

Finalement, la méthode des oreilles qui traînent montre son efficacité. Je ne sais pas comment aborder Chris et je n’ai pas vraiment le temps de m’y préparer. Demain je file à San Francisco avec Mick et en fin de semaine il y a le mariage de Ruby. Autant dire que mon programme est dense. Je dis à Matthias que c’est une bonne idée de rencontrer Christopher Argent et que s’il a une idée de comment aborder le chasseur je suis preneur. Cela me fait une étrange sensation de penser parler à celui qui est mon cousin, le neveu de mon père biologique. Devrais-je lui dévoiler mon identité ? A quel point je peux avoir confiance en lui ? Mon père adoptif m’a dit que Chris Argent ressemble à son oncle, mon père, sur ses idéaux. Il faudrait que je demande l’avis de Mick… Mais Mick n’est pas au courant de tout cela. Je quitte Matthias. Nous devons nous revoir quand il a des informations plus précises sur Chris Argent et de sa venue.

***

J’ai un visage austère et les dents serrées. Matthias m’a contacté. Il a les moyens d’entrer en contact avec Chris Argent. Oui mais voilà. A notre retour de San Francisco, Mick a dû faire face à la mort de son ami, Robin. J’ai accepté de voir Matthias car nous ne devons pas changer nos habitudes. Mais le cœur n’y est pas. Je me secoue, Il faut que j’arrive à donner le change au mariage de Peter et Ruby qui se fera demain. Dès que j’aperçois Matthias, je plaque un semblant de sourire sur mon visage. L’artiste ne sera pas dupe de mon humeur, mais il ne peut pas, comme Maxence, fouiller dans mon esprit. Je ne peux rien lui dire. C’est une affaire qui concerne Mick et moins il y a de gens au parfum, mieux cela sera.

- Salut Matthias. Tu peux donc nous organiser une entrevue ? Cela serait bien si c’est une semaine après le mariage, le temps qu’on ait tout rangé.

Et que l’on ait expliqué au reste de la meute ce qu’il s’est passé dans l’appartement de Mick…


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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Dim 16 Oct - 17:25






Un chasseur sachant chasser

Feat. Chad

L'esprit cartésien de Chad nourrit des réflexions pertinentes sur le projet qu'il entreprend en secret. Si je suis dans la confidence, j'en fais également parti. Tout comme plusieurs membres de mon groupe qui approuvent son bien fondé et jouent le rôle essentiel d'informateurs. Discrets, ils sont les yeux et les oreilles de notre cause.

Nous nous sommes retrouvés tous les deux en début de matinée dans une salle de travail laissée libre dans le bâtiment qui abrite nos rassemblements. Certains se plaisent à appeler notre repère, le Refuge. Il est vrai que grâce au père de Parker, nous avons un passe droit au Conseil d'Administration de l'Université. Pour le commun des étudiants et des professeurs, nous ne sommes qu'une énième fraternité sélective.

Je déploie une grande carte sur laquelle nous nous penchons.

- J'ai des nouvelles informations, commencé-je. Des familles de chasseurs s'installent à Beacon Hills. Cela a commencé il y a plusieurs mois. Nous savons que les êtres surnaturels, hybrides et autres, sont attirés ici par des forces supérieures. Pour les chasseurs, cela est un choix délibéré. Ils profitent de notre rassemblement.

La mine de Chad s'assombrit. Cette carte se complète au fur et à mesure. Tout comme le schéma qu'il dresse pour étudier les liens entre les différents groupes et familles qui sont potentiellement des ennemis.

- Ils sont partout mais principalement en périphérie, continué-je.

Je pointe du doigt un endroit particulier.

- Là, il y a une villa à l'écart, révélé-je. C'est là qu'aura lieu le Concil, prochainement.

Lorsque j'avais évoqué la venue de Christopher Argent, je ne savais pas que cette réunion particulière en était la cause. Cela m'a été confirmé il y a peu.

- Le Concil aura lieu dans treize jours, finis-je. Nous devons absolument savoir ce qui y sera dit.

- C'est après le mariage de Ruby, note mon ami. Nous avons le temps d'y réfléchir.

- En parlant du mariage, Matrim s'extasie dès que nous en parlons, raconté-je. Je crois qu'il est aussi pressé que si la cérémonie était pour toi et Mick. Il vous apprécie tellement.

Je sais combien le couple est important pour mon amoureux. Ils ont su être présent pour lui avant que nous nous rencontrions. Et ils demeurent de véritables amis.

Je n'aurais pu imaginer que la lumière qui baignait les futurs époux aurait pu être rongée par les ombres. Le feu avait tout anéanti, ne laissant de cette journée qu'une marque au fer rouge en chacun de nous.

Ce n'est là que le point de départ du sursis qui nous est accordé. Comment croire encore à cette utopie qui régit notre groupe quand même ceux qui pourraient être nos semblables luttent pour d'obscures raisons.

Mon coeur d'artiste saigne sur la première toile que je peinds après le drame. Hommage sincère pour une vie soufflée avant même de venir au monde. Je ne suis pas prêt à offrir ma peine à ceux dont cette perte fait souffrir jusqu'à leur âme. Dessiner, peindre, créer est mon exutoire, c'est ma moitié humaine dont la sensibilité est renforcée par ma seconde nature.

La semaine suivante est sujet à des angoisses, notre groupe est aux aguets, attentif. Le nom des chimères est sur toutes les lèvres. La description des berserkers qu'aucun d'eux n'avait vu est pourtant exact. Les plus aguerris deviennent plus téméraires encore. Les plus jeunes sont terrifiés et passent de plus en plus de temps au Refuge.

Pour moi, cela prend pied dans la réalité, bien plus que je n'aurais pu l'imaginer.

Une forte odeur de sang m'emblit les narines. Celui de mes pairs et amis. Leur visage est immobile dans un ultime soupir, cri de douleur du dernier instant. Leur corps abîmés témoignent de la violence dont ils ont été victimes. Comme d'autres avant eux.

La menace approche, de longues griffes raclent sur le béton. Mon coeur s'emballe. Cela est perçu par le monstre qui se nourrit des effluves de peur. Dans l'obscurité, deux yeux d'un bleu glacial se posent sur moi. Un frisson me parcoure la colone vertébrale, vibrant sous le grondement qui s'élève d'une large gueule aux dents acérées. Terreur et abomination.

Je m'agite et me griffe moi-même en me réveillant. Ce cauchemar investit mes nuits depuis plusieurs jours. Le mariage de Ruby a profondément touché et traumatisé les personnes présentes. Pourtant, ce n'est pas ce qui horrifie mon sommeil. Matrim, qui est capable de ressentir les émotions égarées sur les objets, lui aussi se retrouve submergé. Depuis que la bestiole m'a choisi pour nouvel hôte, son pouvoir originel est plus sensible.

Je souffle une mèche qui descend sur son front. Du bout du nez, j'inspecte son corps même si je sais que je ne l'ai pas blessé. Notre etreinte amoureuse chasse l'inquiètude de notre nuit.

Mais cela est de courte durée. Des mines sombres et des larmes m'accueillent lorsque je rejoins le groupe.

Certains groupes d'hybrides parmi les plus sensibles
sortent chasser du gibier lors des nuits de pleine lune. Ils sont entourés par leur parrain qui contiennent les débordements. Les tensions récentes nous oblige à multiplier ses sorties pour maintenir la cohésion même lorsque l'astre nocturne n'est pas à son apogée.

Anna et Parker m'expliquent que peu d'entre eux sont rentrés cette nuit. Les absents ont été pris dans les pièges dressés par les chasseurs. Même cette partie reculée du territoire où nous nous rendons habituellement n'est plus sûre.

Dans l'heure qui suit, Chad me rejoint comme nous l'avons prévu. Le rendez-vous fixé avec Christopher Argent est prévu pour aujourd'hui. Je compte énormement sur notre rencontre avec lui pour faire la lumière sur les trappeurs qui sévissent dans la forêt depuis peu.

L'architecte est désolé pour les pertes que nous subissons. Le nombre de nos semblables augmente de manière logique les probabilités d'être exposés, capturés ou tués.

Chad gare sa voiture sur un terrain laissé à l'abandon. Un chemin de graviers serpente jusqu'à un ancien tunnel. Nous suivons les vestiges d'un chemin de fer et y entrons.

Il s’est passé tellement de choses ces derniers temps que la probabilité de tomber dans le piège dressé par un chasseur s’est décuplé. Et c’est ce que Chad et moi pensons vivre quand un son strident nous fige de douleur.

Il résonne sous la voute de pierre et nous cloue au sol.

Quelqu’un approche depuis l'autre côté. Démarche lourde et claquements de bottes sur le sol.

Quand j’avais évoqué une possible rencontre avec le chasseur cela avait d’abord eu l’air de perturber Chad. Aujourd'hui, c'est moi qui suis pris d'un doute.

Arrivé à notre hauteur, Christopher Argent nous fixe, inexpressif.

- J’aime savoir à qui j’ai à faire, se justifie-t-il une voix grave lorsque les ultrasons cessent.










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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Jeu 20 Oct - 22:47



Entend la douce nuit qui marche

- Là, il y a une villa à l'écart, me révèle Matthias. C'est là qu'aura lieu le Concil, prochainement.

Un concil… Nos ennemis s’organisent. Ce constat raffermit ma conviction que nous ne devons plus attendre la prochaine attaque en espérant qu’elle n’arrivera pas, car il est évident que cela viendra tôt ou tard. Cela n’aura-t-il donc jamais une fin ? Ma détermination est confrontée à une lassitude. Nous est-il possible de vivre normalement, nous les êtres pas vraiment ordinaires ?

- Le Concil aura lieu dans treize jours. Nous devons absolument savoir ce qui y sera dit.

- Oui, nous devons garder un coup d’avance sur eux. Par contre ma tête est connue de certains chasseurs… C’est après le mariage de Ruby et Peter. Ce n’est pas plus mal. Leur mariage express bouscule un peu tout le monde en ce moment.

- En parlant du mariage, Matrim s'extasie dès que nous en parlons, poursuit Matthias. Je crois qu'il est aussi pressé que si la cérémonie était pour toi et Mick. Il vous apprécie tellement.

- Ah ?

Je ne sais trop quoi lui répondre. Je ne me pose pas en modèle de couple à suivre. Il y a un jour à peine mon fiancé portait un bracelet électronique à la cheville et moi je lui fais plein de cachoteries sur de sombres projets qui pourraient me conduire à bien pire que ce gadget électronique… Matrim nous envie ou s’émerveille sur un schéma qu’il pense stable. Pourtant rien n’est jamais acquis définitivement. Je regarde l’alliance qui brille à mon doigt. Ce symbole est sérieux à mes yeux autant qu’à ceux de Mick. C’est une promesse que nous nous sommes faite, celle du don de soi à l’autre. L’idée de me marier avec Mick me fait sourire avec joie. Je ne suis pas très formaliste de nature, un papier à la mairie n’est pas un gage de pérennité pour un couple. Par contre cela affirme aux yeux de tous l’existence solennelle et légale d’un lien. C’est une revendication. En loup possessif que je suis, je lui répète assez souvent qu’il est à moi, pour que je valide sans hésitation un éventuel mariage. Nos fiançailles intimistes allaient bien dans ce sens. Peter et Ruby ouvrent le bal avec leur mariage. Serons-nous les suivants ? Je l’espère. Je n’aspire qu’à une vie paisible aux côtés de Mick et nous apporter le confort grâce à mon job d’architecte. Cependant pour le moment Mick est en deuil. Il vient de perdre un frère d’arme, mais aussi un ancien compagnon. Paradoxalement, j’ai plus peur de la place que va prendre Robin dans son cœur maintenant qu’il est mort, que lorsqu’il était encore bien vivant et diablement sexy à me chercher des noises avec des taquineries dont il avait le secret.

***

Lilia n’est plus. Son âme sœur non plus. En plus de Mick, c’est toute la meute qui est en deuil. Le pire qu’il soit. Celui d’un enfant même pas encore né, et d’un ami, un frère de meute. Derek gère Peter, je gère le reste et prends soin de Ruby. Nous sommes tous des écorcés vifs dans cette meute, je dois rester l’élément stabilisateur. C’est Derek qui me l’a fait comprendre, alors que son nom de famille lui donne plus de légitimité à ce rôle. Cependant, mon frère de meute ne m’a pas laissé le choix dans le découpage des tâches. Dans un sens, il ne vaut mieux pas que je m’occupe de Peter, nous avons un passif houleux qui pourrait bien ressurgir.

***

Je marche d’un pas vif pour rejoindre Matthias. L’action me permet de ne pas sombrer dans le chagrin. J’accueille avec désolation la nouvelle comme quoi des membres de son groupe sont portés absents. Je tais mes remarques sur leurs faiblesses liées à leur statut de groupe et non de meute. L’épisode tragique de l’église prouve que la force du lien de meute accroit notre puissance et donc notre résistance. Même si c’est moi qui ai poussé le cri de ralliement et non notre alpha, j’ai quand même obtenu l’effet escompté parce que nous sommes une meute. De plus, le temps d’un combat même Matthias a fait partie de notre pack entrainé et rallié par mon cri. Seulement Ruby ne prendra jamais les omégas de la fraternité de Parker et Anna. Par contre Matthias sera toujours le bienvenu car nous avons Matrim avec nous, mais pas les autres. C’est ainsi. Ruby n’a jamais eu l’ambition de former une meute. Cela a d’ailleurs commencé avec moi un peu de façon fortuite. J’ai déjà eu cette discussion avec les amis de l’artiste en vain. Il n’est plus le temps d’avoir des débats stériles. Ils sont assez grands pour assumer de perdurer dans ce que je considère une erreur monumentale. Cependant cela affecte Matthias et je suis incapable de ne pas compatir à sa tristesse.

Nous roulons en silence vers le lieu de rendez-vous avec Christopher Argent. Je suis nerveux à l’idée de rencontrer mon cousin. Normalement, il ne sait pas qui je suis, ou s’il sait que je suis un loup, il ne doit pas se douter de notre lien de parenté. Sait-il seulement que son père a abattu le mien dans un acte fratricide sans une once de remord ? Sait-il que cet oncle dont il porte le prénom a eu un fils ? Le père d’Allison n’avait pas encore vingt ans à ma naissance. Mon père à qui je ressemble beaucoup paraît-il, a dû quitter la famille Argent quand Chris avait entre trois et cinq ans. Dois-je lui dire qui je suis ? Me croira-t-il seulement ? Cela changera-t-il quelque chose ? Et si oui, cela sera en bien ou en mal ?

Je me suis garé sur un chemin gravillonné loin de tout passage. En sortant de la voiture, je prends le temps d’écouter et de sentir l’environnement qui nous entoure. Je ne détecte pas de menace apparente. Je regarde Matthias et lui donne une tape amicale sur l’épaule avant d’entrer dans ce tunnel désaffecté avec un haussement d’épaule fataliste. J’avais déjà avoué à Mick mon imprudence avec Adriann avec le fameux hangar de dépeçage, voilà que je recommence avec Matthias…

Nous sommes facilement piégeables. J’espère que Chris Argent ne prendra pas cela pour de l’inconscience de notre part, mais bien comme un gage de confiance envers sa réputation. Nous avançons prudemment, attentifs au moindre son, à la moindre odeur. Je ne capte que de la moisissure et des relents d’animaux. Je suppose que ce tunnel fait partie d’un réseau et qu’il est possible d’y accéder par un autre endroit. Il n’y avait pas d’autres voitures, là où je me suis garé.

Un son strident nous cloue brusquement sur place, cela d’autant plus que nous poussions notre ouïe à son maximum. J’ai beau mettre mes mains sur les oreilles, la fréquence me paralyse. Un homme arrive. Comme moi il est blond et a les yeux bleus. Notre air de famille est évident, du moins à mes yeux. Enfin le son s’arrête. Je me redresse douloureusement cherchant mon équilibre.

- J’aime savoir à qui j’ai à faire, dit-il.

Il peut à tout moment nous paralyser à nouveau. L’avertissement est limpide. Je lève une main en signe de paix. Le temps d’un moment, j’oublie totalement le but de notre présence. Chris est mon cousin germain. Nos pères étaient des frères. Et même si le sien a tué le mien, le lien familial reste. Je suis finalement ému de me trouver devant lui. Je ne sais pas quoi dire. J’éprouve le besoin de me valoriser à ses yeux et de ne pas être simplement qu’un lycan de plus qu’il croise dans sa vie. C’est idiot, mais j’éprouve le besoin de justifier le fait que je sois un loup, alors que la morsure m’a été donnée sans que j’aie rien demandé.

- Je me nomme Chad… Wilder et voici Matthias Lunsford. Notre but est que ceux comme nous puissent vivre en paix à Beacon Hills.

Le regard bleu glacier du chasseur me fixe sans l’ombre d’une compassion. Je l’ai vu changer d’appuis imperceptiblement, ses muscles sont tendus, prêt à se saisir de ses armes ou du boitier qui commande les ultras sons.

- Nous nous organisons pour aider les plus faibles d’entre nous à savoir se gérer. Cependant la pression actuelle des chasseurs ne nous permet pas d’être efficaces et agit même dans le mauvais sens. Il y a encore eu une rafle récemment. Ces loups n’entrent pas dans le cadre d’application de votre code d’honneur.

Chris Argent se tait toujours. Je regarde Matthias, cherchant un appui. Mais mon ami ne sait pas quoi ajouter d’autre qui pourrait nous donner plus de crédit aux yeux du chasseur. Nous savons qu’il est reconnu par Scott et Derek comme étant un homme juste. Acculé, je sors mon atout. Matthias n’a pas connaissance de ce que je vais dire. J’espère ne pas perdre sa confiance en moi et ce sang de chasseur.

- Je fais partie de la même meute que Derek Hale.

Je note une lueur d’intérêt dans son regard. Lentement je poursuis.

- Wilder est le nom de l’homme qui m’a adopté à mes deux ans pour me protéger de ma famille biologique… Mon nom de baptême est Chad Stephan Argent, celui de mon père Christopher Argent. Nous sommes cousins au premier degré.

Je ne sais pas si je viens de lancer un pavé dans la mare ou une bouteille à la mer.

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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Mar 1 Nov - 19:04




Become ill










Je ne suis ni mercenaire ni tueur à gages. Et si les armes sont ma religion c'est pour une discipline particulière : la chasse.

La vente n'est qu'une source de revenus qui me permet d'honorer l'héritage des Argent. Mais celui-ci a pris un tournent dramatique il y a plusieurs mois.

D'abord Kate. Puis Victoria. Et enfin Allison. Les femmes de notre famille sont fortes. Pourtant, elles ont disparues prématurément. Du moins, c'est ce nous pensions.

Les brindilles de bois sec crépitent faiblement mais sûrement. Si je me suis permis d’allumer un feu c’est parce que je suis le chasseur et non la proie. Et la nuit est froide dans le désert. Mais je n’en passerais qu’une de plus.

La créature que je traque est à plusieurs kilomètres, blessée. Notre dernière rencontre l’a affaibli. Je suis retors mais elle me connait bien. Autant qu’une sœur peut connaitre son frère.

Je fais crisser l’acier de mon poignard fétiche en l’affutant jusqu’à ce que les braises noircissent. Le 4x4 et son coffre rempli d’armes de pointe est resté à l’écart.

Demain, tu ne m’échapperas pas Kate.

•   •   •   •   •

Tout ne s'est pas passé exactement comme prévu ici. Un engagement est un engagement mais d'après mes sources, si je respecte ma part du contrat, il n’en est pas de même pour tous.

Mon voyage de retour en Californie n'avait qu'une condition, mais les évènements ont changé la donne.

Je n'ai rien d'un agent secret et je suis loin d'être un vagabond alors me contacter n'a rien d'un exploit. Toutefois, je reste prudent face à une demande singulière qui m’est faite quelques jours avant mon arrivée en ville.

L’appartement dans lequel je vivais me semble douloureusement vide mais je ne tarde pas à retrouver mes repères.  Chacune de mes planques d’armes et les quelques coffres que je possède n’ont pas été forcés. Les années ne m’ont pas rendu inefficace. Même si ces dernières semblent être restées marquées sur mon visage, comme je le constate en croisant mon reflet.

Quelques rires fantômes me transportent dans un souvenir. Je suis resté à l’écart de Beacon Hills trop longtemps.

•   •   •   •   •

La lunette d’un snipeur est très efficace. Même lorsque je ne porte pas cette arme avec moi, je garde toujours en ma possession l’une de ces merveilles.

Les précautions usuelles d’un chasseur averti ne valent jamais mieux que de garder une cible en vue. Et dans le cas actuel, je fixe les deux personnes qui ont demandé à me rencontrer.

Ils avancent avec méfiance. L’endroit que j’ai indiqué n’a rien de très rassurant. Le piège semble évident mais ils persistent.

Je descends silencieusement de mon promontoire pour rejoindre l’extrémité du tunnel à l’opposé d’où ils sont entrés. L’amorce électronique s’allume lorsque j’enclenche les ultrasons installés sous les voutes.

La réaction des deux inconnus ne fait aucun doute sur leur nature. Je redouble de précaution en avançant vers eux et met un terme à la douleur qui les a cloué au sol.

- J’aime savoir à qui j’ai à faire, préviens-je.

Je ne fais rien qui laisserait penser à de mauvaises intentions mais je les laisse se redresser d’eux même. Le premier lève une main en signe de coopération.

- Je me nomme Chad… Wilder et voici Matthias Lunsford, se présente-t-il posément. Notre but est que ceux comme nous puissent vivre en paix à Beacon Hills.

Ce discours n’est pas une nouveauté dans la bouche d’un loup-garou. Mon état d’esprit n’est pas véritablement celui d’un chasseur, sinon je ne serais pas ici aujourd’hui. Pourtant, je sais que le souhait qu’il formule est le travail de toute une vie. D’autres s’y sont essayé et n’ont maintenant en bouche qu’un monticule de terre pour témoigner de leur échec.

Je le laisse poursuivre, demeurant sur la réserve, non par mépris mais par expérience.

- Nous nous organisons pour aider les plus faibles d’entre nous à savoir se gérer, continue-t-il en échangeant un regard avec son partenaire. Cependant la pression actuelle des chasseurs ne nous permet pas d’être efficaces et agit même dans le mauvais sens. Il y a encore eu une rafle récemment. Ces loups n’entrent pas dans le cadre d’application de votre code d’honneur.

J’ai eu vent de certaines libertés que bon nombre de chasseurs prennent depuis quelques semaines. Le code, qui autrefois était scrupuleusement respecté, est bafoué et ne constitue plus un frein à des agissements longtemps réprimés et qui restaient en marge. Les temps changent.

- Je fais partie de la même meute que Derek Hale, déclare-t-il.

L’assurance qu’il affiche ne trompe pas. Son appartenance à une meute n'est pas une surprise. Tout comme le nom des Hale à Beacon Hills. Mais je m'étonne que celui qui l'accompagne n'en fasse pas partie. Ma curiosité est attisée, car s’il se dévoile de la sorte c’est qu’il cache autre chose de plus important.

- Wilder est le nom de l’homme qui m’a adopté à mes deux ans pour me protéger de ma famille biologique…, poursuit-il. Mon nom de baptême est Chad Stephan Argent, celui de mon père Christopher Argent. Nous sommes cousins au premier degré.

Il peut sans mal entendre la surprise que je n’affiche pas mais que la réaction de mon corps trahit.

Il est le fils de mon oncle. Mon homonyme. Je sais mon père particulièrement tyrannique mais les raisons de la séparation entre lui et son frère cadet ont toujours été passées sous silence. Il avait cessé d’exister. Notre famille est l'une de celles aux multiples secrets. Ceux qui font autant notre gloire que notre honte.

Mon cousin me dévisage. Je ne connaissais pas l'existence d'un enfant Argent. Je ne peux m’empêcher de penser que si Allison était toujours de ce monde, elle demeurerait la plus jeune et aurait sans doute été ravie de rencontrer Chad.

Par respect pour la mémoire de ma fille,  je rendrai visite à Scott McCall prochainement. Je reste l'homme qu'elle a su me faire devenir. Et ses amis comptaient énormément pour elle.

Un coup d'œil à ma montre me confirme ce que je présageais sans difficulté. L'une des balises à proximité a été activée. Je dissimule cette fois-ci facilement une quelconque réaction, ni mon cœur ni mon regard ne trahit l'approche d'un indésirable dans le périmètre.

- Je suis loin d'être aussi rustre que j'en ai l'air, justifié-je. Je suis certain que vous préféreriez un endroit plus accueillant pour discuter de tout ceci.

Ma montre vibre. J'invite mes deux interlocuteurs à traverser le tunnel dans l'autre sens et à nous rendre ailleurs.

Mon pas est fort et rapide comme à mon habitude. Pourtant, je ne fuis pas.

Je suis revenu à Beacon Hills pour plusieurs raisons.

Et il m'a suivi jusqu'ici.


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"Nous protégeons ceux qui ne peuvent pas se protéger eux mêmes".


Dernière édition par Chris Argent le Jeu 17 Nov - 15:35, édité 1 fois
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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Dim 13 Nov - 15:19



Entend la douce nuit qui marche

Je me sens comme un gamin en faute devant mon cousin. Ceci est totalement irrationnel, car je n’ai rien à lui devoir. Des sentiments ambiguës se battent dans mon esprit. D’un côté il y a cette famille, ma famille, qui n’a pas hésité à éliminer un frère aux idées opposées, ou pousser une mère, celle d’Allison, au suicide pour ne pas devenir le monstre honni. De l’autre il y a Chris Argent qui semble être une charnière dans cette famille aux lointaines origines. Sa fille s’est sacrifiée pour ses amis, des amis surnaturels.

Je sais l’homme respecté dans le milieu des chasseurs, mais quelles sont à présent ses convictions maintenant qu’Allison n’est plus ? Je ne suis pas très sûr de moi alors que je me dévoile. Comment réagira-t-il au nom des Hale ? Et à ce que je lui dis ensuite, dévoilant notre parenté. Ce n’est pas un cœur qui dérape, mais deux. Je ne suis pas assez proche de Matthias pour lui avoir dévoilé cette partie obscure de ma vie. Je n’ai rien d’un chasseur, mais pourtant le sang d’une des plus grandes familles de chasseur coule dans mes veines. Est-ce cet héritage génétique qui me permet d’élaborer un plan machiavélique que nous avons testé avec Adriann ? Depuis le meurtre de ma mère biologique une part très sombre de ma personnalité prend le dessus sur le paisible étudiant que je suis. Je me fais presque peur, et je lis cette inquiétude dans le regard de Mick. Pourtant il m’a affirmé me comprendre suite à la houleuse discussion avec Adriann et Therence. Je n’ai d’ailleurs pas de nouvelles d’eux, ne faisant que croiser au loin le professeur de criminologie. J’ai arrêté de surveiller Therence. Il n’est plus seul maintenant, puis son arrogance use ma patience qui s’élime au fur et à mesure que mon grand plan prend réalité. Pourrais-je devenir une bête sanguinaire ? Pour la vie de Mick et ma meute, oui sans l’ombre d’un doute.

Chris perçoit-il ce potentiel dangereux en moi ? Il est clair que je frôle les contours du code d’honneur auquel il tient, ou même celui modifié par Allison. De traqué, je me fais traqueur. La raison de ce revirement me dégrève-t-elle de toutes responsabilités ? Où se situe la frontière qui  nous transforme de victime à bourreau ? Ai-je bien fait de parler ? Chris reste impassible quant à mon annonce. Je n’ai que le léger dérapage de son cœur qui m’indique que mes dires ne le laissent pas insensible. Mais rien sur son expression ne me renseigne sur un sentiment positif ou négatif à mon égard. Il a laissé sa femme se suicider pour ne pas avoir le déshonneur de devenir un loup. Je suis un loup d’un genre évolué. Ça, seulement Matthias peut le sentir. Je ne suis plus humain. Je n’ai plus comme Matthias ou même Derek cette dualité homme – bête. Depuis Boston, je suis en paix avec ma nature. Derek vient d’évoluer à sa manière, s’approchant de mon propre état et moi du sien. Je sens notre lien renforcé depuis le mariage. Il faut au moins ça pour soulager Ruby et canaliser Peter. Nous sommes tous deux les béquilles de notre meute.

- Je suis loin d'être aussi rustre que j'en ai l'air, dit Chris d’une voix posée. Je suis certain que vous préféreriez un endroit plus accueillant pour discuter de tout ceci.

Chris nous indique le tunnel par lequel il est venu. Son cœur ne flanche pas. Mais il est un chasseur aguerri et a dû s’entrainer durement à contrer les capacités des lycans qu’il chasse. Nous mène-t-il à un piège ou à une réelle discussion ? Je regarde Matthias. Il doit se faire les mêmes interrogations que moi. Nous sommes conscient que demander une entrevue avec Chris était un peu jouer à quitte ou double. Je regarde les traits de l’homme qui est mon cousin. Mon père adoptif m’avait dit que Chris ressemblait un peu à mon propre père, son oncle. Matthias doit percevoir mon émoi. Cette famille dont je n’apprends l’existence que maintenant, cette famille qui s’est séparé d’un de ses membres comme d’un chien galeux. J’ose croire que Chris reprend le flambeau de son homonyme. J’emboite donc son pas quand j’entends une vibration à son poignet.

Chris marche vite, Matthias et moi le suivons sans peine. Je tente de mémoriser le chemin qu’il nous fait prendre. Notre odeur résiduelle peut vite se faner dans ces lieux humides et froids. Enfin nous débouchons à l’extérieur. Je ne suis pas mécontent de sortir des sous terrain. Sans être claustrophobe, je suis bien plus à l’aise à l’extérieur. Je guète un piège ou la présence d’un comité d’accueil. Le risque que nous prenons est gage de notre bonne foi. J’espère que c’est ainsi que Chris l’interprète.


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Chris Argent

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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Jeu 17 Nov - 16:12




Sons










Sortir du tunnel nous donne la possibilité de fuir si cela s'avère nécessaire. Mais celui qui me poursuit ne prendrais pas le risque de s'attaquer à un groupe de trois. Malgré cela, ma démarche reste souple pour nous éloigner rapidement. Les deux loups-garou qui m'accompagnent doivent se sentir moins opprimés sous le couvert des arbres plutôt que dans l'obscurité des voutes de pierre.

Nous sommes sortis par une ancienne porte de service recouverte de mousse et de végétation à proximité d’où ils se sont garés. Je suis surpris de voir au loin une voiture luxueuse. Ils ne m'ont pas précisé d’endroit en particulier dans lequel ils souhaitent qu’on se retrouve et me laissent prendre la décision d'un lieu plus accueillant. Quelque chose dans le comportement de Chad me pousse à lui faire confiance.

Je lui tends une carte de visite quelconque sur laquelle j'ai griffonné l'adresse d'un entrepôt sur les docks. Cela semble un peu le surprendre.

- Rendez-nous dans 30 minutes, dis-je.

S'ils peuvent regagner rapidement leur voiture, je dois quant à moi retourner de l'autre côté du tunnel. C'est un choix de délibéré que de le contourner par les bois.

Je hoche la tête en réponse à mon jeune cousin. Les deux armes que je porte à la ceinture sous les pans de ma veste sont chargées. J'y prête rarement une attention particulière au risque d'éveiller les soupçons. Je sais qu'elles sont là et c'est suffisant. Chad ne me connait pas et ne peut pas présager de ma manière d'agir.

Je ne les regarde pas s’éloigner et me faufile sur la pente rocailleuse qui descend le long du tunnel. L'infrastructure me camoufle et protège mes arrières. De ma position, je peux avancer en gardant un œil en contrebas. Les arbres sont fournis et offrent des cachettes favorables autant à un chasseur qu'à sa proie.

Mais pour m'avoir suivi jusqu'ici, je doute que l'homme qui rôde aux alentours se considère encore comme tel.

•   •   •   •   •

La ville me semble calme même si je sais qu’il s’agit d’une apparence trompeuse. À notre arrivée ici, rapatriés à la demande expresse de mon père, notre famille avait aussitôt perçu les secrets de Beacon Hills. Et Allison s’était très vite liée d’amitié avec un jeune loup-garou.

J’observe les bâtiments qui défilent doucement. Je laisse de l’avance à Chad et je veux m’assurer que je ne suis pas suivi.

En passant à proximité du Lycée, le souvenir d’Allison me hante à nouveau. Ce lieu semble aussi à la confluence des plusieurs évènements. Bientôt, les amis de ma fille deviendront adultes et achèveront leur scolarité. Une chance qu’elle n’a plus.

Je gare mon 4x4 noir aux côtés de la Maserati. Si je ne l’avais pas aperçue précédemment, j’aurais un doute qu’il s’agisse de la voiture de Chad. Mais c’est bien lui qui a rejoint le point de rendez-vous.

Un volet enroulant métallique et une large porte protègent l’entrepôt de l’intrusion. Je déverrouille le premier à l’aide d’une clé et tape le code sur un boitier électronique pour ouvrir la porte.

Ce n’est pas un lieu de vie dans lequel nous entrons mais clairement un repère de chasseurs. L’ami de Chad se montre plus hésitant que lui et scrute mes intentions lorsque je nous enferme à l’intérieur.

- Je ne vis pas ici, expliqué-je pour justifier l'aspect assez austère du lieu. Mais nous y sommes à l'abri des oreilles indiscrètes.

La veille, j’étais venu inspecter cette cache d’armes. Le contenu d’un coffre est disposé sur une table de fortune faite d’une planche de bois sur deux tréteaux.

Chad a le regard perçant, je devine qu'il détaille ce qui est posé devant lui.

J'ai un pincement au cœur lorsqu'il découvre les pointes de flèches en argent qu'avait façonné Allison. Cet endroit n'est pas un sanctuaire mais il y a des choses qui font vivre son souvenir et celui de notre vie avant sa disparition.

Je ne suis pas particulièrement proche de la famille Argent. Il y a bien longtemps maintenant que j'ai cessé de faire confiance à mon père. Nos relations sont cordiales plus qu'affectueuses. Victoria et Allison comptaient plus que quiconque pour moi.

- C'est ma fille, soufflé-je bien qu'il doive le deviner sur les quelques photos qu'il vient de prendre en main.

Avec le secret qu'il m'a révélé, je l'imagine sans mal retracer l'histoire de notre famille, de ses origines lointaines aux événements les plus récents.

Lorsque j’assemble le canon d'une arme après l’avoir nettoyée, un déclic sec attire l'attention de Matthias. Je ne le sens pas particulièrement à l'aise. Surtout lorsque je le fixe, fusil en mains.

- Parle-moi de toi, demandé-je à Chad. Ensuite, nous évoquerons ce qui vous a amené à me contacter.


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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Ven 25 Nov - 21:33



Entend la douce nuit qui marche

Finalement après quelques tours et détours nous débouchons non loin de là où j’ai garé la voiture. Pas besoin d’être un loup garou pour voir l’étonnement dans le regard de Chris Argent quand il aperçoit la Maserati. Mon italienne racée ne passe pas inaperçue. C’est un caprice que j’avais eu vis-à-vis de la Camaro de Mick. C’est puéril mais très masculin en même temps. Régulièrement nous nous taquinons avec Mick pour savoir lequel de nous deux posséde celle qui va le plus vite. Dommage que la réglementation sur les vitesses soit si répressif, sinon nous ferions plus de courses de road trip.

Je ne sais pas quelle conduite tenir vis-à-vis du chasseur et je n’ose pas lui proposer un lieu où discuter tranquillement. Il prend donc l’initiative en me donnant sa carte avec une adresse qu’il griffonne au dos. Je suis étonné car c’est au bord de l’océan sur les docks, à une trentaine de kilomètres de là.

- Rendez-nous dans 30 minutes, dit-il

Cela nous éloigne de la meute et d’un renfort possible. Mon cousin est réputé pour son extrême prudence. Je mets son choix pour ce lieu sur ce trait de caractère et non pas sur un piège potentiel. Je cherche l’assentiment de Matthias. L’artiste hoche la tête pour donner son approbation.

Une question me tarabuste. Depuis qu’il est apparu face à nous, j’ai bien remarqué que son blouson cachait deux holsters.

- Elles sont chargées ? Demandé-je un peu naïvement.

- Oui elles le sont.

Réponse évidente… Je fais un petit salut et me retourne pour rejoindre ma voiture.  Au bout de quelques mètres je me retourne et je vois le dos de Chris disparaître dans la nuit. Une fois dans la voiture, je demande à Matthias ce qu’il en pense. Mon ami me dit ne pas sentir d’agressivité de la part du chasseur, mais pas une grande compassion à notre égard non plus.

- Il semble être pour le moment d’une prudente neutralité, conclus-je en démarrant.

Le trajet se passe sans encombre. Il n’y a pratiquement personne sur la route. Les néons des enseignes trouent la nuit de leur lumière crue. Je ne sais pas ce qu’il va déboucher de cette rencontre. Je pense à un point de ma stratégie qui soulève un grand dilemme intérieur. Je suis parti dans le but d’éradiquer les chasseurs de manière massive et globale. Chris est un chasseur. Suis-je capable d’aller jusqu’au bout de mon idée ? Je n’ai aucune haine envers Chris, même si son père a assassiné le mien. De plus je ne peux pas nier que mon cousin a un rôle utile. Si tous les chasseurs étaient de sa trempe mon projet funeste n’existerait pas. C’est pensif que je me gare sur les docks non loin de l’entrepôt qui est à l’adresse indiquée sur la carte de visite. Matthias a le tact de ne pas me questionner sur la bombe que j’ai lancé en affirmant être né sous le nom d’Argent et non de Wilder. L’artiste sait se faire patient et attend que je sois prêt à lui en parler plus en détail.

Assis sur une bite d’amarrage, je regarde l’océan qui est vaguement éclairé par un quartier de lune et les lumières des docks. L’endroit n’est franchement pas accueillant. Le moteur d’un 4X4 nous fait nous retourner Matthias et moi. Chris se gare à côté de la Maserati. Sans un mot il se dirige vers un entrepôt et déverrouille plusieurs systèmes de sécurité. C’est vraiment le gars ceinture et bretelle. Il ne laisse rien au hasard.

Ce n’est plus le moment de reculer, je suis mon cousin sans hésitation. Matthias a un temps de retard. Il doit se souvenir des fanatiques japonais qui l’avaient enlevé. J’ai eu aussi mon lot de kidnapping. La première fois c’était les hommes du baron qui voulaient piéger Mick, ensuite il y avait eu l’épisode sordide du Mexique… Si je n’ai pas marqué d’hésitation pour entrer, je n’en détaille pas moins les lieux avec attention.

- Je ne vis pas ici, explique le chasseur. Mais nous y sommes à l'abri des oreilles indiscrètes.

Je hoche la tête en signe de compréhension. Mon regard s’arrête sur un tréteau et ce qui est posé dessus. Je ne peux m’empêcher de frissonner en voyant des pointes de flèche en argent. Cela avait permis à la meute de Scott de venir à bout des Onis dirigés par le Nogistune. Mais Allison avait aussi tiré sur Erica et Boyd les anciens bêtas de Derek quand Gérard avait réussi à retourner sa petite fille contre ses amis. Les alliances sont bien fragiles. Je ne peux pas m’empêcher de me saisir d’un cadre photo où je reconnais Allison et une femme que je suppose être Victoria sa mère. Dire que les rares fois où j’ai croisé la fille de Chris, je ne savais pas que nous étions d’une parenté pas très éloignée. Cela aurait-il changé nos relations ? Impossible de réécrire le passé. Il reste immuable.

- C'est ma fille.

La voix de Chris est chargée de souffrance et de tristesse. J’ai envie de lui donner une accolade de sympathie et de compréhension. Je connais trop bien la douleur de perdre un être cher. Après Emy ma sœur, ce fut ma mère Fiona qui me fut arrachée. Mais Chris me tourne le dos et s’occupe à nettoyer une arme. Un silence gênant s’installe. Je ne sais pas comment débuter la conversation, ni ce que nous pouvons raisonnablement lui demander. Le clac du canon qui reprend sa place fait sursauter Matthias. Mon ami n’est pas à l’aise. Vivant avec Mick qui, par bien des points, ressemble à Chris, j’ai l’habitude de cette attitude froide et concentrée. En fait en y réfléchissant je retrouve beaucoup des tics de Mick dans les gestes de Chris. Je souris pour moi-même. Le chasseur est-il l’image de ce que sera mon compagnon dans deux dizaines d’années ? C’est quand je suis plongé à détailler Chris sous un autre regard qu’il me prend au dépourvu avec une simple question.

- Parle-moi de toi, nous évoquerons après ce qui vous a amené à me contacter.

Par où commencer ? Que dire ? Que sait-il de son oncle qui était mon père ? J’ai pris une des pointes de flèche d’Allison que je triture sans me décider à la reposer.

- Jusqu’à quelques mois de cela, je pensais être né à Boston d’un trader de renom Stephan Wilder et d’une avocate, sa femme Priscilla. J’ai eu besoin de mon extrait de naissance pour refaire mes papiers… mon père a traversé les Etats Unis d’est en ouest pour me l’apporter en main propre avec des souvenirs d’un passé qu'il a tût depuis mes deux ans.

J’explique à Chris et à Matthias ma stupeur en apprenant que j’avais été adopté à l’âge de deux ans afin de me mettre à l’abri de la haine aveugle de Gérard. Je marque un temps avant de poursuivre. Je veux être certain que Chris soit en mesure d’entendre ce qu’aucun fils ne souhaite apprendre sur son propre père. Nous nous confrontons du regard quelques instants puis il me fait signe de poursuivre. Son expression semble me dire qu’il n’attend plus d’image positive de son père depuis longtemps. J’essaye donc de retranscrire au mieux ce que mon père adoptif m’a appris sur mes vrais parents dont j’ignorais l’existence. Mes mots sortent en phrases courtes et mal construites.

J’évoque donc Christopher Argent senior renié par son frère ainé Gérard car il refusait de perpétrer la tradition familiale, la chasse aux loups garous. Sa vie à San Francisco où je suis réellement né avec ma mère Iona Jefferson. Ses actions pour aider les loups. Le soir où, accompagné de son ami Stephan Wilder, il tombe sur Elias Argent un de ses frères. La pression qui s’en suit et la menace qui se précise. Gérard qui veut m’éduquer dans la bonne tradition familiale. Je narre le choix douloureux qu’ont fait mes parents de me faire adopter par un couple d’ami. Mes parents adoptifs qui m’ont élevé comme leur propre fils ne faisant pas de différence avec leur fille qui naît peu de temps après mon adoption. Emy que je considère toujours comme ma sœur bien que nous n’ayons aucun lien de sang.

- Ma sœur est morte un soir de pleine lune. Elle m’a accompagné pour une série de photos d’immeubles que je souhaitais faire avec des reflets de l'astre nocturne. Nous nous sommes fait attaquer par un alpha. J’ignorais que cela existait… Elle n’a pas survécu à la morsure, moi si. J’avais mis le clivage qu’il y a eu entre mes parents adoptifs et moi sur le compte de cette perte douloureuse et de mon changement de caractère.

... Mais je ne pouvais pas deviner que mes parents venaient de perdre leur unique enfant à cause d’un être surnaturel. Un être dont l’espèce est à l’origine de mon adoption. Ils m’avaient pris sous leur aile pour me protéger de ce milieu fait de loups et de chasseur… et… C’était une pure coïncidence, du moins j’essaye de m’en convaincre. Mais le sacrifice de mes vrais parents n’avait servi à rien. Le surnaturel m’avait rattrapé. A croire que nous sommes marqués à la naissance. J’avais naïvement caché ma nouvelle nature à mes parents, alors qu’ils avaient compris dès le début ce qu’il s’était passé.

- Mes deux premières années en tant que loup ont été d’une rare violence. D’un étudiant placide, j’étais devenu un prédateur furieux. Mon alpha n’était pas un tendre, garder un territoire à Boston demande une meute féroce. Cela tient du miracle que mes prunelles sont encore d’un jaune mordorée…

Je suis honnête et ne cache pas la violence qui a été la mienne. D’une voix neutre, comme si je parlais de quelqu’un d’autre, je raconte comment en seulement deux ans je suis passé de nouvelle recrue à bêta de tête.

- J’ai noyé mon chagrin de la perte d’Emy et ce sentiment de culpabilité qui m’étreint encore, dans des luttes de clan extrêmement violente. Hugues mon alpha m’a appris à me contrôler à coup de poings et de griffes. Il faut croire que les gênes de la famille Argent donnent à ceux qui en héritent une grande maîtrise d’eux même. J'ai été stable dès la deuxième pleine lune.

J’esquisse un sourire désabusé. Ma violence à Boston était parfaitement maîtrisée. Mes prunelles jaunes en sont la preuve. C’était un exutoire jusqu’au jour où la violence d’Hugues a provoqué une rébellion au sein de la meute. J’explique comment nous nous sommes retournés contre notre alpha, comment j’aurais dû exécuter Hugues et prendre son rang.

- Il était à portée de mes griffes. Je pouvais faire cesser cette violence perpétuelle et devenir un alpha meilleur que lui. Puis je me suis vu restant à Boston à la tête de la meute la plus importante de la ville. Brusquement je ne me suis pas senti à ma place dans cette ville, ni dans ce rôle. J’ai laissé un autre bêta, un ami, achever Hugues. Il a pris la tête de la meute qui se porte bien mieux depuis et moi j’ai quitté Boston pour échouer « par hasard » à Beacon Hills.

Ni Chris, ni Matthias ne m’interrompent dans mon monologue. J’explique que j’ai dû revenir sur Boston, éludant les détails sur l’enlèvement de James ou le rôle de Miya.

- Il s’est passé quelque chose d’étrange qui m’a transformé. Je ne suis plus mi-homme, mi-loup, mais un homme loup. Je n’ai plus cette dualité qu’ont les garous et qui les rendent instables. La lueur de la pleine lune ne m’atteint plus. J’ai d’ailleurs croisé Lycaon à cette occasion. Le loup originel. Il m’a appelé « fils ». C’est symbolique, mais je suis comme lui, sans l’aspect longévité. Je suis comme une nouvelle espèce qui se créer spontanément. Et pour avoir été un hybride avant ça, je sais que là, c’est bien plus calme et serein.

Je touche ma poitrine au niveau du cœur. L’absence de dualité change tout. Le nouveau Chad Wilder est un compromis entre l’humain que j’étais et le loup qui s’est invité avec la morsure. Chris me regarde étrangement.

- Je suis toujours sensible à l’aconit et au sorbier si cela peut te rassurer.

Le chasseur me pose des questions, me demande des précisions sur la meute de Boston, sur moi. Je lui réponds de manière sincère. Je crois que c’est la meilleure carte à jouer. Je n’ai pas évoqué ma mère, ni sa mort. Je garde cela pour après. Car j’ai peur que si je lui en parle maintenant, il ne voit en moi qu’un sentiment de vengeance qu’il ne pourrait pas cautionner. Mais je donne les circonstances de la mort de mon père. Gérard qui abat son petit frère sans autre forme de procès, alors que celui-ci s'interpose pour protéger un loup. Je laisse Chris encaisser la nouvelle.

Je jette un regard à Matthias qui en apprend brusquement beaucoup sur moi. J’ai confiance en lui, c’est ce qui me permet d’être honnête devant Chris. Cependant je crains un peu sa réaction. La méthode que j’envisage est digne du sang de chasseur qui coule dans mes veines. Quelle image de moi, mon ami peut-il avoir maintenant ? Il fait partie un groupe non violent, alors que je l’embarque dans une action guerrière, soulignée par un héritage génétique bien singulier. C’est en pensant comment réfuter mon changement actuel de caractère que je pense à un point essentiel. Quelque chose qui peut toucher Chris aussi. Sans parler de son décès, j’évoque enfin ma mère.

- Ma mère est issue d’une tribu indienne, celle des Kawaiisu. Chris tu vas peut-être me prendre pour un fou. Mais je crois que sans le savoir nous suivons tous une route qui a été tracée depuis longtemps. Je n’ai que peu de croyances dans un destin préétabli. Mais je commence à accumuler trop de coïncidences dans ma vie, pour ne pas y prêter attention.

Je tais le fait que mon père et celui de Mick se connaissaient très bien avant notre naissance. Il y a trop d’inconnues dans l’histoire de Mick pour me permettre des indiscrétions à son sujet. Par contre je rappelle le fait je suis venu à Beacon Hills sans connaitre la vérité sur mes origines. J’explique aussi qu’il y a longtemps la meute des Hale avait créé un lien avec une autre meute plus au nord, à la limite avec le Canada. Une meute pour qui la tribu des Kawaiisu jouait et joue encore le rôle de druide et de guide de manière ancestrale.

- Cette meute existe encore. Du sang des leurs coule dans les veines de Derek. Mon grand-mère est leur guide spirituel. Je suis dans la même meute que Derek. Certes pas en tant que druide, mais… Lui et moi avons une connexion privilégiée autant qu’étrange.

J’évoque en gommant les détails sordides mon enlèvement au Mexique, comment Derek a su où j’étais précisément depuis Beacon Hills avec un objet « trouvé ». Un objet que Mick et moi appelons la Chad-boussole et qui depuis ne quitte plus le cou de mon compagnon.

- Cet objet appartenait à la tribu des Kawaiisu. Seuls ceux qui me sont très proches peuvent l’activer. Cela concerne Derek et Mick mon compagnon.

Je me tais un moment, reposant la pointe de flache que je n’ai pas lâché jusqu’à présent. Mon histoire est tellement dense et compliquée. C’est difficile de dire qui je suis en vrai.

- Chris, je pense que nous sommes la nouvelle génération de chasseur. Une génération plus juste. Allison a initié ce changement. Ne plus voir deux camps opposés, mais des gens avec des difficultés particulières. J’ai le sentiment d’avoir une mission. Celle de protéger la famille Hale. C’est comme inscrit dans les gênes qui me viennent de ma mère. Pourtant, je ne peux nier l’héritage qui me vient de la famille Argent. Je pense tenir mon caractère de ce côté-là.

C’est un capharnaüm dans mon esprit. Ma rage de vengeance se brouille avec une évidence de destin. Plus je regarde Chris, plus je me vois moi. En fait le changement n’a pas commencé avec Allison, mais avec notre génération à lui et moi. Nos pères ont été la génération de la fracture avec Gérard qui part dans les extrêmes et bafoue le code, Christopher qui renie totalement l’idée même de la chasse, ou encore Elias, le mal aimé qui joue un jeu pernicieux empli de rancœurs.

Nous sommes le changement, ce vent nouveau nécessaire. Mais autour de nous, chaque faction reste campée sur ses positions. Chris est bien placé pour savoir que l’on ne converti pas un chasseur convaincu et acharné. Personne ne fera changer les idées de Gérard Argent. Et malheureusement, des Gérard Argent, il y en a plein autour de nous.

- Si Matthias et moi avons pris le risque de te contacter, c’est pour trouver un consensus. Ma sœur n’aurait jamais dû mourir d’une morsure de loup. Mais la chasse pousse les loups à se défendre et à agir en tant que prédateur. Et donc mordre des humains pour grossir leurs rangs pour être plus forts et pouvoir mieux se défendre. Il faut casser ce cercle vicieux Chris. Et je crains que pour cela, les extrémistes d’un camp comme de l’autre doivent être éliminés.

Ça y est, j’ai jeté mon pavé dans la marre. J’écoute le cœur de Chris. Va-t-il me voir comme une menace à éliminer ? Ou comme celui qui apporte une solution qui demande des sacrifices ?



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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Sam 10 Déc - 15:14






On déserte une cause pour savoir
ce qu'on éprouvera à en servir une autre

Feat. Chad

J'ai confiance en Chad. Et même, je suis à l'origine de la rencontre qui a lieu. Pourtant, l'appréhension qui me trouble ne s’atténue pas. L’arrivée de Chris Argent a immédiatement fait valoir ton statut de chasseur.

- Je me nomme Chad… Wilder et voici Matthias Lunsford, annonce mon ami. Notre but est que ceux comme nous puissent vivre en paix à Beacon Hills.

L’azur des yeux de Chris Argent laisse transparaitre une force tranquille et une volonté sans faille. Il sait qui il est et ne se laissera pas entrainer dans un quelconque subterfuge.

- Nous nous organisons pour aider les plus faibles d’entre nous à savoir se gérer, continue Chad. Cependant la pression actuelle des chasseurs ne nous permet pas d’être efficaces et agit même dans le mauvais sens. Il y a encore eu une rafle récemment. Ces loups n’entrent pas dans le cadre d’application de votre code d’honneur.

L’art du dessin m’a formé à observer les détails qui composent un visage. Je saisis un froncement de sourcils imperceptible. Les mauvais agissements des chasseurs ne laissent pas notre interlocuteur indifférent.

- Je fais partie de la même meute que Derek Hale, déclare Chad.

Je connais les membres qui la composent et qui sont ses proches amis. Matrim en fait partie et je les ai rencontrés lors du mariage de leur alpha. Ce funeste jour a ébranlé la meute d’après mon ami. Lui et Derek se soutiennent pour demeurer les piliers nécessaires à leur unité.

Mon groupe ne possède pas le formalisme ni la force d’une meute. Pourtant, nous sommes nombreux. Parker et Anna sont également deux piliers, fédérateurs de la paix et la cohésion qui nous caractérisent.

- Wilder est le nom de l’homme qui m’a adopté à mes deux ans pour me protéger de ma famille biologique, révèle Chad.  Mon nom de baptême est Chad Stephan Argent, celui de mon père Christopher Argent. Nous sommes cousins au premier degré.

Je capte le regard de Chad qui comprend l’effet retentissant de ce qu’il vient d’annoncer. Je ne connaissais pas le secret de mon ami. Et Chris non plus.

- Je suis loin d'être aussi rustre que j'en ai l'air, dit –il d’une voix posée. Je suis certain que vous préféreriez un endroit plus accueillant pour discuter de tout ceci.

Sur les indications du chasseur, nous nous dirigeons vers une autre sortie. Je ne dis rien. Le lien de parenté de Chad et Chris occupe mes pensées.

Quand nous émergeons à l’air libre, je redécouvre avec plaisir le camaïeu de vert qui compose les bois environnants sous un ciel limpide.

À l’invitation de Chris de nous retrouver dans un autre lieu, Chad cherche mon consentement. Nous n’avons pas fait tout cela pour nous éloigner du chasseur. J’acquiesce, pensant par instinct que la journée pourrait être riche en rebondissements.

La réponse du chasseur sur l’effectivité de ses armes nous condamne qu’à deux possibilités. Ou bien tout cela n’est qu’un stratagème dans lequel nous avons foncé, ou bien Chris est susceptible de nous aider.

Je reste sur cette hésitation tangible lorsque nous pénétrons dans son entrepôt. Nous y sommes enfermés et je ne suis pas aussi détendu que Chad. Là où il semble intrigué et captivé dans son échange avec Chris, je demeure sur mes gardes.

Le cliquetis d’une arme me fait sursauter. Bien que l’endroit soit suffisamment grand, je suis pris d’une angoisse. Le souvenir de mon emprisonnement par des chasseurs japonais, la mort de Jimmy sous mes yeux… je lutte intérieurement pour rester calme. Je sens la Bestiole s’agiter. Si elle recouvre une once de liberté, Chris pourrait me percevoir comme une menace.

Cela ponctue mon inquiétude et je me focalise sur Chad qui mentionne mon prénom et l’objectif que nous souhaitons atteindre.

- Si Matthias et moi avons pris le risque de te contacter, c’est pour trouver un consensus, justifie Chad. Ma sœur n’aurait jamais dû mourir d’une morsure de loup. Mais la chasse pousse les loups à se défendre et à agir en tant que prédateur. Et donc mordre des humains pour grossir leurs rangs pour être plus forts et pouvoir mieux se défendre. Il faut casser ce cercle vicieux Chris. Et je crains que pour cela, les extrémistes d’un camp comme de l’autre doivent être éliminés.

Je connais le projet de mon ami et la stratégie qu'il veut appliquer. Mais, naïvement, je suis choqué par une partie de son message. Il serait donc capable d'éliminer des lycans et des hybrides réfractaires à une harmonie avec les chasseurs et plus généralement les êtres humains ordinaires.

Le principe stipulant que la fin justifie les moyens est potentiellement très dangereux. Il s'accompagne bien souvent d'une surenchère. À mes yeux, cela ne briserait pas le cercle vicieux de la violence mais le perpétuerait.

Pour moi, éradiquer les chasseurs s'apparente à rétablir un équilibre à Beacon Hills où les êtres surnaturels sont particulièrement touchés. Cela ne doit pas prendre une ampleur démesurée.

J'écoute leur discussion sans interférer entre eux quand un coup de feu à l'extérieur captive notre attention et attise notre inquiétude.

Le son provient du fond des docks, derrière l'entrepôt dans lequel nous sommes. Chris analyse rapidement que nous ne sommes pas ciblés par ce qui se trame à l'extérieur.

Pourtant, un autre bruit ne peut que m'alerter. Un cri plus précisément. Porté par la rage d'une bête prise en chasse et acculée.

- Chad ? Prononcé-je à mi mots.

Quoi qu'il puisse se passer dehors, nous ne pouvons pas rester à l'écart.

Contre l'avis de celui qui nous reçoit dans l'une de ses planques, je me dirige vers la porte que nous avons empruntée pour entrer.

Je sais l'amitié de Chad et cela me réconforte de voir qu'il me talonne. Son lien familial étroit avec Chris ne lui fait pas oublier ses valeurs lorsque quelqu'un est en danger.

À l'extérieur, nous avançons dissimulés derrière des containers et des barils.

Les chasseurs sont quatre. Je ne vois pas leur visage dans la pénombre et ils nous tournent le dos. Mais celui-ci qu'ils tiennent en joue avec une supériorité malsaine m'apparaît clairement dans la lumière d’un réverbère.

- Je le connais, il n'est pas dangereux ! M'exclamé-je.

Chris semble hésitant et me devisage ainsi que Chad.

- Il faut l'aider, insisté-je.

Je comprends que l'un comme l'autre ne souhaitent pas être découverts. Notre rencontre est placée sous le signe de la discrétion et du secret.

Pourtant, la vie d'un des membres de mon groupe est en jeu. J'ai toujours été très clair avec Chad à ce sujet. Mon amitié pour lui et l'acceptation de Parker et Anna sur l'implication de certains des nôtres au projet de Chad ne doivent en aucun cas nous porter préjudice.

Ne rien faire ce soir, ce serait cautionner la barbarie qui se répand auprès des chasseurs. Comme l'avait amèrement rappelé Elisha en nous montrant les cicatrices laissées par les sévices qu'elle avait subis.

Je m'apprête, peut-être inconsciemment, à me précipiter entre Preston et ses assaillants lorsqu'une main ferme m'empoigne l'épaule.

Chad m'enjoint à ne rien faire et pointe doucement Chris du menton.

Le chasseur a une arme dans la main. Je ne l'ai pas vu la sortir ce qui ajoute à mon trouble.

Puis son doigt enfonce la gâchette. Le tir est parfaitement réussit. Dans un cri de surprise, l'un des hommes a lâché son fusil dont la balle tirée par Chris a brisé la crosse. L'instant d'incompréhension sur l'identité du tireur dissimulé permet à Preston de prendre la fuite.

- Ce qu’il se passe ce soir est exactement ce que nous voulons éviter, déclaré-je. Vos homologues partent en chasse sans raison aucune.

Je n'ai pas eu conscience de mes crocs qui pointent légèrement et de mon regard brillant. Chad pose une main affectueuse sur mon bras pour m'apaiser.

Chris Argent ne vacille pas.







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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Mer 21 Déc - 21:57



Entend la douce nuit qui marche

J’ai énoncé de manière claire et sincère mes objectifs. C’est peut-être trop pragmatique du point de vue de Matthias qui non seulement vient de découvrir mes liens étroits avec une famille de chasseurs, entend la dure impartialité que je formule. Il est évidement que j’ai plus de compassion pour un loup qui a du mal à se gérer, cependant à mes yeux certains de notre espèce doivent être purement et simplement éliminés, comme Hugues l’alpha qui m’a mordu. Il n’était pas instable, il était tout simplement méchant et violent. Si je veux avoir le soutien de Chris, comme il l’apporte naturellement à son ex-beau-fils Scott, je dois lui présenter un schéma le plus objectif possible. Lui dire ce qu’il veut entendre et être suffisamment en phase avec ce que je dis pour être crédible. Je ne ferai pas l’affront à mon cousin de penser que je peux l’embobiner avec de belles paroles.

Matthias reste en réserve. Je le connais suffisamment pour savoir qu’il est plutôt mal à l’aise avec des méthodes martiales. C’est un artiste, un doux poète qui imagine l’harmonie et la sérénité. D’un certain côté je lui ressemble de par ma passion pour mon futur métier. Notre différence est notre vécu. Je doute qu’avec mon passif qu’il serait devenu celui qu’il est maintenant. La vie nous façonne sans nous demander notre avis. Elle nous modèle dans la douceur ou la violence. On ne choisit pas sa famille ni les trottoirs de Boston ou de Beacon Hills pour apprendre à marcher. Le son d’un coup de feu nous interrompt. Je réagis rapidement, me tournant vers Chris. Est-il une menace ou n’a-t-il rien à voir avec ça ? Rien dans son attitude ne me permet de le déterminer. Un cri nous renseigne sur la nature de la cible. C’est un des nôtres qui est pris en chasse.

- Chad ?

J’acquiesce d’un mouvement de la tête. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés attendant qu’un loup se fasse abattre. Chris nous déconseille de sortir, je suis Matthias qui sort déjà. Nous nous mettons rapidement à couvert pour évaluer la situation. Matthias me montre quatre doigts, pour quatre chasseurs. Je confirme après m’être un peu concentré sur les bruits environnants. Nous avançons tout en restant cachés. Dans un coin reculé des docks, quatre hommes acculent un loup, leurs armes pointées sur lui. Il n’a aucune chance de s’en sortir.

- Je le connais, il n'est pas dangereux ! Affirme Matthias.

Chris qui nous a rejoint silencieusement, le scrute puis me regarde à mon tour. Matthias ne ment pas, son cœur dit vrai. Hésitant je regarde mon ami. Quelle attitude tenir alors que l’on souhaite avoir les faveurs de Chris. S’il nous aide, cela risque de tout faire capoter. Cependant mon ami insiste, il est alarmé et peiné par ce qu’il se passe. Je comprends le peintre, cette violence lui est insupportable. Je questionne Chris du regard. Nous ne pouvons pas l’écarter de la décision à prendre. Son regard d’un bleu glacier me confirme qu’il prend les choses en main. J’ai juste le temps de retenir Matthias qui s’apprêtait à s’élancer pour venir en aide à son ami.

Mon cousin est capable de sortir une arme aussi facilement que je sors mes griffes. Le premier coup de feu brise la crosse d’un fusil d’un des chasseurs. Nous sommes toujours à couvert, mais j’entends parfaitement les rythmas cardiaque des chasseurs dont la mélodie a nettement changée. De chasseurs, ils viennent de passer à proies. Ils sont à découvert alors que celui qui les tient en joue reste tapi dans l’ombre. Chris n’est plus à côté de nous, il s’est déplacé comme tout bon sniper qui ne tire jamais deux fois du même endroit. Preston, le loup en difficulté, n’a pas attendu une nouvelle chance pour se faire la malle. Les quatre hommes sont désappointés, ils se sont baissés et tentent de se mettre à couvert ne sachant pas d’où vient le danger. J’attrape la main de Matthias et l’entraine avec moi. Nous aussi nous devons bouger, et ne pas rester là d’où provient le premier tir.

Je suis secoué par la réaction de Chris. Il a fait confiance aux dires de Matthias alors qu’il n’a pas la capacité d’entendre son cœur dérailler en cas de mensonge. Il marche à l’instinct et celui-ci doit être bon car il est toujours en vie malgré les dangers qu’il affronte régulièrement. De plus je suppose qu’il doit être comme Mick, un maniaque des issues de secours et des plans B, C, D… Je regarde Matthias ne sachant que penser. Je ne crois pas à son utopie d’harmonie, l’homme étant le pire des loups, pourtant Chris me prouve le contraire. Si je pouvais me la jouer égoïste, je vivrai cloitré avec Mick dans la tour d’ivoire que je nous construis. Mais je sais que nous ne pouvons pas bâtir notre vie sur de telles bases. Mick a besoin de réponses, et moi de savoir que mes amis sont en sécurité. Je ne veux plus craindre pour ceux que j’aime et que j’apprécie. Chris s’avance vers nous.



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Chris Argent

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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Jeu 5 Jan - 21:02




Chad Wilder Argent










- Jusqu’à quelques mois de cela, je pensais être né à Boston d’un trader de renom Stephan Wilder et d’une avocate, sa femme Priscilla, me raconte mon cousin. J’ai eu besoin de mon extrait de naissance pour refaire mes papiers… mon père a traversé les États-Unis d’est en ouest pour me l’apporter en main propre avec les souvenirs d’un passé qu'il a tût depuis mes deux ans.

Chad demande mon assentiment de continuer à me confier ce qui semble être une vérité terrible. Je sais exactement à quoi m’en tenir avec Gérard. Rien de ce qu’il pourra dire ne changera cela.

- Ma sœur est morte un soir de pleine lune, confie-t-il. Elle m’a accompagné pour une série de photos d’immeubles que je souhaitais faire avec des reflets de l'astre nocturne. Nous nous sommes fait attaquer par un alpha. J’ignorais que cela existait… Elle n’a pas survécu à la morsure, moi si. J’avais mis le clivage qu’il y a eu entre mes parents adoptifs et moi sur le compte de cette perte douloureuse et de mon changement de caractère.

Je n'imagine que trop bien ce qu'ont pu ressentir les parents de Chad à la mort de leur fille. Cette expérience me hante depuis la disparition d'Allison. Je me souviens du pincement au cœur que j'avais ressenti lorsqu'elle avait eu connaissance du secret de notre famille. Quand elle avait, pour la première fois, mis la main sur un arc, j'avais compris qu'elle n'échapperait pas à notre tradition.

- Mes deux premières années en tant que loup ont été d’une rare violence, avoue mon cousin. D’un étudiant placide, j’étais devenu un prédateur furieux. Mon alpha n’était pas un tendre, garder un territoire à Boston demande une meute féroce. Cela tient du miracle que mes prunelles sont encore d’un jaune mordoré. J’ai noyé mon chagrin de la perte d’Emy et ce sentiment de culpabilité qui m’étreint encore, dans des luttes de clan extrêmement violente. Hugues mon alpha m’a appris à me contrôler à coup de poings et de griffes. Il faut croire que les gênes de la famille Argent donnent à ceux qui en héritent une grande maîtrise d’eux même. J'ai été stable dès la deuxième pleine lune.

D’un faible hochement de tête j’acquiesce et accepte sans ciller ce qu’il souhaite passer sous silence. Il ne cache rien de sa vie personnelle, je comprends aisément qu’il élude ce qui impacte également l’histoire d’autres personnes.

- Il était à portée de mes griffes, continue Chad. Je pouvais faire cesser cette violence perpétuelle et devenir un alpha meilleur que lui. Puis je me suis vu restant à Boston à la tête de la meute la plus importante de la ville. Brusquement je ne me suis pas senti à ma place dans cette ville, ni dans ce rôle. J’ai laissé un autre bêta, un ami, achever Hugues. Il a pris la tête de la meute qui se porte bien mieux depuis et moi j’ai quitté Boston pour échouer « par hasard » à Beacon Hills.

J’ai déjà entendu parler de ce phénomène, mais il ne s’agissait que de dires de comptoir qui étaient pour moi des affabulations pour attiser toujours plus d’animosité auprès des chasseurs les plus sensibles à la violence. D’autres rumeurs de créatures inconnues et particulièrement féroces se racontent comme les ragots que l’on croit exclusifs. Je ne crois réellement que ce qui se trouve à portée de regard et de tir.

- Je suis toujours sensible à l’aconit et au sorbier si cela peut te rassurer, affirme mon vis-à-vis.

Ce passage sur la meute de Boston m’interpelle. Par le passé, j’ai failli faire partie d’une expédition de chasseurs qui souhaitait confiner l’expansion des meutes de la ville. La population n’y avait vue qu’une vague de meurtres sanglants là où nous savions qu’il s’agissait d’une guerre de clans.

Je questionne mon cousin sur ce qu’il savait de cette rivalité. Non pas en ce qui concerne la meute à laquelle il appartenait mais quelques détails sur celle qu’il avait affronté. Une partie de cette histoire m’intrigue mais je ne laisse rien paraître. La sincérité dont il fait preuve ne signifie pas que je suis disposé à faire part de ce que j’avais apprendre.

La suite du récit sur son passé est terrible mais je ne suis pas bouleversé de découvrir que mon père avait tué son propre frère et n'avait plus jamais reparlé de lui ensuite. Je sais depuis longtemps combien il peut se montrer cruel. Ses mœurs sont la raison du désaccord qui a rompu tous nos liens, mêmes affectifs, s'ils existaient encore depuis mon adolescence.

En revanche, je suis touché par l'étincelle que je distingue dans le regard de Chad. Cela me rappelle qu'Allison possédait elle aussi cette fougue.

L'histoire des Argent est plus complexe que l'étiquette de l'ancienne famille illustre que la plupart des gens lui attribue. Les liens de sang sont forts et porteur de ce nom que certains voient comme un prestige. Mais du sang macule réellement mon héritage, comme un animal blessé qui souillerait son propre territoire, maudissant sa descendance.

Chaque mauvaise action portée par l'un de nous, chaque tir injustifié, chaque mort inutile transmet un terrible message, comme un coup de feu dont l'écho se propage sur des kilomètres. Nous sommes responsables de nos actes et des conséquences qu'ils induisent.

J'essaie de connaître Chad, de définir sa personnalité à travers son passé qu'il expose.

- Ma mère est issue d’une tribu indienne, celle des Kawaiisu, évoque-t-il. Chris tu vas peut-être me prendre pour un fou. Mais je crois que sans le savoir nous suivons tous une route qui a été tracée depuis longtemps. Je n’ai que peu de croyances dans un destin préétabli. Mais je commence à accumuler trop de coïncidences dans ma vie, pour ne pas y prêter attention.

Évoquer sa mère semble attiser ses émotions. Beaucoup plus que la retranscription qu’il venait de nous faire.

- Il y a longtemps la meute des Hale avait créé un lien avec une autre meute plus au nord, à la limite avec le Canada, continue-t-il. Une meute pour qui la tribu des Kawaiisu jouait et joue encore le rôle de druide et de guide de manière ancestrale. Cette meute existe encore. Du sang des leurs coule dans les veines de Derek. Mon grand-mère est leur guide spirituel. Je suis dans la même meute que Derek. Certes pas en tant que druide, mais… Lui et moi avons une connexion privilégiée autant qu’étrange.

J’ai vu suffisamment de choses dans ma vie pour ne pas négliger un quelconque folklore. Surtout lorsqu’une personne censée croit en ce qu’elle raconte. Chad mentionne un objet particulier qui établit un lien spirituel entre lui et son frère de meute.

- Chris, je pense que nous sommes la nouvelle génération de chasseurs, poursuit-il à la grande surprise de son ami. Une génération plus juste. Allison a initié ce changement. Ne plus voir deux camps opposés, mais des gens avec des difficultés particulières. J’ai le sentiment d’avoir une mission. Celle de protéger la famille Hale. C’est comme inscrit dans les gênes qui me viennent de ma mère. Pourtant, je ne peux nier l’héritage qui me vient de la famille Argent. Je pense tenir mon caractère de ce côté-là.

L’enjeu est grand et utopique. Même si cela peut être possible, je ne crois pas à une faisabilité à grande échelle. L’idée de destinée m’est étrangère. Je ne juge que les actions, l’honneur et la confiance. Faire plutôt qu’être.

- Si Matthias et moi avons pris le risque de te contacter, c’est pour trouver un consensus, conclue Chad. Ma sœur n’aurait jamais dû mourir d’une morsure de loup. Mais la chasse pousse les loups à se défendre et à agir en tant que prédateur. Et donc mordre des humains pour grossir leurs rangs pour être plus forts et pouvoir mieux se défendre. Il faut casser ce cercle vicieux Chris. Et je crains que pour cela, les extrémistes d’un camp comme de l’autre doivent être éliminés.

C’est un coup de feu en provenance de l’extérieur qui stoppe brutalement notre discussion.

- Chad ? Interpelle son ami jusqu’alors silencieux.

- Reste ici, recommandé-je quand il se dirige vers la sortie.

Je suis contraint de suivre lorsque Chad le rejoint sans hésitation. La situation apparait clairement lorsque nous sommes à l’extérieur. Les ricanements idiots, les grognements de protestation. Quand bien même cela serait justifié, à quatre contre un, il n’y a aucun mérite.

- Je le connais, il n'est pas dangereux ! S’exclame Matthias. Il faut l’aider.

J’analyse un instant la revendication du jeune lycan.  Chad confirme la confiance qu’il a en son ami. Mon instinct me souffle que ce qui se passe ici n’est pas normal. C’est l’indicateur qui me pousse à agir.

Inspiration. Je lève le fusil à hauteur de mon visage.
Expiration. Je place la lunette contre mon œil droit.
Inspiration. Je sens la détente sous mon index.
Expiration. Coup de feu.

Le tir atteint sa cible avec précision.

Sans plus attendre, je me remets à couvert et récupère la douille qui est tombée au sol.

- Ce qu’il se passe ce soir est exactement ce que nous voulons éviter, déclare l’ami de Chad. Vos homologues partent en chasse sans raison aucune.

- C’est discutable, je suis entièrement d’accord. Pour le moment, il faut que nous partions, ordonné-je. Ils vont certainement fouiller les environs. Un chasseur n’aime pas tellement être pris pour cible.

Je m’assure que Matthias nous suive et ne fasse rien d’idiot. J’ai pris compris que le sentiment qui l’animait était juste. Toutefois, nous ne devons pas nous faire remarquer davantage.

Nous ne retournons pas dans l’entrepôt mais prenons la direction de la sortie. Les hommes qui ont failli abattre ce jeune loup sont entrés à l’opposé de l’endroit où nous nous situons. Partir maintenant nous garantit l’anonymat.

- Je propose que nous nous retrouvions demain en fin de journée, décidé-je. Rendez-vous dans le parc.

Nous nous séparons d’une poignée de mains chaleureuse et pourtant cordiale. Ma famille a gagné un membre aujourd’hui. Chad Wilder Argent, mon cousin.

J’écrase l’accélérateur du 4X4 pour rejoindre rapidement le centre-ville. En empruntant volontairement des détours pour me rendre à l'entrepôt, j'avais repéré un restaurant dans lequel dîner ce soir. Il n'existait pas quand j'ai quitté Beacon Hills. Cela prouve que la vie continue et que cette ville n'est pas encore à l'agonie. Elle semble au contraire attirer beaucoup de monde au cours de cette décennie.

La devanture du restaurant est classique et accueillante. J'ai bien repéré le symbole à l'entrée mais ce sont vers deux visages reconnus que je me dirige.

- Pierre, Marc, bonsoir, les salué-je.

•   •   •   •   •

Je sais par expérience que le véritable danger est silencieux. J'accorde en conséquence beaucoup plus d'attention aux craquements et aux bruissements de feuilles qu'aux manifestations bruyantes d'animaux finalement inoffensifs.

Soudainement, le calme de la forêt est troublé par un grognement rauque.

L’espace d’un instant, je jurerais avoir croisé le regard émeraude d'une panthère. Son feulement n'était pas une menace mais un avertissement. Le félin n'aimait pas qu'un autre chasse sur son territoire. Je ne suis pas sur les traces du gibier qu’elle convoite.

Les environnements arides facilitent la traque, les caches sont peu nombreuses et les signes de vie se distinguent à distance sur les terrains plats. Seules les montagnes d'ocre et les vents de sable représentaient des obstacles.

La forêt oblige à se comporter autrement. Mais c’est mon terrain de chasse de prédilection, celui pour lequel j'avais été entraîné, éduqué même. Ma vie d'homme m'a pourtant offert de découvrir davantage le monde. Officiellement en ma qualité de vendeur d'armes, j'ai pu devenir un chasseur accompli partout où j'avais pu être convié.

Je me montre prudent même si je suis aguerri aux bois qui bordent Beacon Hills. L'homme qui m'a suivi jusqu'ici ne peut pas se montrer en ville. Je me trouve au plus près du lieu dans lequel il est susceptible de se cacher. Je souhaite le trouver le premier.

Ce sont plusieurs lapins de garenne qui me mettent sur la voie. La femelle est prête à mettre bas comme l'indique son ventre arrondie et sa difficulté à fuir lorsque j'approche.

Il n'y a que peu de raisons qui les pousserait à quitter leur terrier plutôt que s'y abriter. Si leur environnement naturel est détruit ou investi par un étranger. La terre meuble facilite la recherche de racines pour les petits animaux et c’est aussi l'endroit utile pour un camp de fortune à demi camouflé. Un chasseur sachant chasser sait regarder et écouter la nature.

J'avais choisi un pistolet au canon court plutôt qu'un fusil. C'est peut-être ce qui me sauve la vie lorsqu'une ombre bondit sur mon côté gauche.

Le coup de griffes déchire ma veste et entaille mon avant-bras.  Je me maudis d'avoir un engagement à respecter.

•   •   •   •   •

D’ordinaire, je recouds sans mal les blessures qui sont inhérentes aux activités d’un chasseur. Cette fois-ci, je suis obligé de faire appel à une tierce personne. J’apprécie que Melissa McCall soit de garde aux urgences ce soir-là.

Cela n’empêche pas que Chad et Matthias comprennent aisément ce qui a pu m’arriver. La douleur s’estompe. Pas l’odeur du sang à travers le pansement.

Ma blessure inquiète l'ami de mon cousin. Pas parce qu'il se souciait de mon état mais parce que cela signifiait que je m'étais battu. Je ne lutte que rarement de manière rapprochée, préférant la subtilité des armes de tir. Fusil, pistolet, automatique ou non, arbalète. Ou encore d'autres outils plus sophistiqués. C'est bien le coup porté par une créature griffue qui attire l'attention de Matthias Lunsford. Et je devine sans mal la question qui lui brûle les lèvres. Ai-je participé à l'une de ces chasses qui se multiplient dans la région ? Non. Je ne suis plus pour la traque injustifiée. Je respecte le code d'Allison, comme j'aime à l'appeler et comme l’a évoqué implicitement Chad.

Je saisis l’impatience dont il fait preuve quand il prend la parole le premier.

- Nous sommes au courant pour le concile de chasseurs qui aura lieu après-demain, déclare-t-il.

Je hoche la tête en guise de réponse. C'était donc cela la raison de notre rencontre.

Je n'ai pas été convié à cette assemblée de grande envergure. Mais j'ai quelques amis qui m'informent par des biais détournés de ce que les aînés des Argent me cachent. L'aide que j'ai pu apporter à Scott et sa jeune meute n'est pas vu d'un bon œil. Mais je ne fais jamais rien avec pour objectif de m'attirer les grâces de mes congénères. Mon père l'avait bien compris.


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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Dim 15 Jan - 22:15



Le loup chasseur

Un sentiment étrange m’assaille. Je suis là avec Matthias et un chasseur qui nous aide. Lorsque Chris a tiré, mes sens étaient en phase avec les siens. Il n’a eu aucun doute lorsqu’il a appuyé sur la détente. Je suis admiratif quant à la maitrise qu’il a de lui, de ses émotions et de son corps. J’ai un infime espoir d’avoir hérité de ce genre de gênes. Pourtant, ce sang froid doit plus surement venir de l’acquis que de l’inné. Mon père adoptif m’a avoué que Chris ressemble physiquement à son oncle, mon père. Je le scrute donc espérant y voir un fantôme que je n’ai jamais connu. Mon père c’est Stephan Wilder, celui qui m’a élevé, celui à qui je dois ce que je suis. Pourtant je ressens l’appel des liens du sang en regardant le chasseur qui nous ordonne de ne pas nous éterniser sur les docks.

Matthias plaide encore notre cause avec l’exemple de ce soir. Chris ne dément pas l’injustice et la barbarie gratuite. Aurait-il la solution ? Une autre que celle que j’envisage ? Une fois proches de nos voitures, mon cousin prend congé.

- Je propose que nous nous retrouvions demain en fin de journée. Rendez-vous dans le parc.

- C’est entendu.

Sa main serre la mienne un peu plus longtemps que nécessaire. Ces secondes fugaces me font exploser le cœur. Après la famille de ma mère biologique, je rencontre celle de ce père abattu alors que je n’avais pas deux ans. J’ouvre la bouche avec l’intention de lui dire qu’il aurait une ressemblance avec mon père, mais je me tais. Je ne souhaite pas qu’il pense que je fasse un transfert. Pourtant ne suis-je pas déjà en train de le faire ? Et lui, ne voit-il pas en moi un fils de remplacement de sa défunte fille, Allison ? Matthias est obligé de me bousculer un peu pour que nous partions. Je suis ébranlé par cette rencontre avec mon cousin. J’ai hâte de me confier à Mick. Je suis un peu perdu dans ce que je dois penser ou pas, espérer ou pas.

***

Mick me serre contre lui. J’avais redéposé Matthias non loin du repère de sa fraternité avec l’assurance de se revoir le lendemain. Mon ami s’était bien rendu compte de mon désarroi et par sollicitude il avait retenu ses questions sur mon origine cachée. J’avais ensuite filé droit à notre appartement, droit dans les bras de mon compagnon. Il est mon port, ma maison et mon refuge.

- Ça s’est mal passé avec Chris ? Me demande-t-il doucement au bout d’un long moment où je n’ai fait que me blottir contre lui, tel un enfant apeuré.

- Non, il a bien réagit, nous nous revoyons demain en fin d’après-midi. Réponds-je, la joue contre son torse.

J’écoute les battements du cœur de Mick et m’imprègne de son odeur. Mon angoisse diminue peu à peu. Il est mon phare, la base sur laquelle je peux m’appuyer. Il est l’élément stable dans la mouvance de ma vie. Il ne dit rien, mais je sais par le rythme de son cœur qu’il est contrarié, ou plutôt s’inquiète de mon attitude. J’agis comme un animal, mais je ne peux pas me raisonner. Je n’ai pas de mots pour exprimer ce qui me bouleverse. Pas de mots pour décrire ma joie de cette poignée de main ferme et sincère de Chris. Pas de mot pour l’ambivalence d’apprécier un homme qui est avant tout un chasseur. Pas de mot pour dire ma torture à chercher le visage d’un père sur celui d’un autre. Une larme finit par rouler sur ma joue, vite écrasée par le pouce de Mick.

- Je suis perdu, finis-je par murmurer.

Mick qui sait tout de mon sombre projet, finit par deviner que ma rencontre avec Chris a ébranlé mes convictions. Je passe le reste de la soirée allongé sur le canapé en chien de fusil, la tête posé sur ses cuisses. J’ai des dossiers à faire pour la maison, mais là j’en suis tout bonnement incapable. Mick me grattouille la tête tout en lisant un livre. Une langue de vipère dirait que nous dégoulinons de guimauve, mais bon sang que je me sens bien là. Je fais comme Mafdet quand elle se transforme en chat, juste pour pouvoir squatter les genoux de Jordan et se faire gratter la tête.

***

Les mains dans les poches j’avance dans le parc, Matthias est à mes côtés. Chris est déjà là, dans une zone reculée du parc, loin des jeux pour enfants. Quand nous ne sommes plus qu’à quelques mètres de lui nous sentons l’odeur du sang. Matthias se crispe. Moi également mais pas pour la même raison que mon ami qui est limpide. Il se demande si Chris a participé à une traque qui aurait mal tournée pour lui, là où je m’inquiète que mon cousin n’ait été pris pour cible à cause de nous, de moi.

Chris rassure mon ami sur les circonstances de ses blessures. Je suis étonné par la verve de l’artiste, lui d’ordinaire si doux. Il ne fait pas cas des blessures du chasseur et embraye directement sur notre affaire. Je suppose que proposer de soulager la douleur du chasseur serait mal vue des deux côtés.

- Nous sommes au courant pour le concile de chasseurs qui aura lieu après-demain

Chris nous informe qu’il n’est pas convié à la réunion, revers de la médaille de son changement d’attitude envers les surnaturels.

- Il nous faudrait pouvoir identifier ceux qui prévoient des meurtres et non une chasse « régulée », pour que nous puissions nous défendre…

… les arrêter définitivement. Une nuit passée dans les bras de Mick m’a redonné le courage de me battre pour mes convictions et le besoin de nous assurer un avenir fiable et stable. J’appliquerai la méthode Adriann. Je l’appelle ainsi même si au départ c’était mon idée. C’est lui qui l’a mise en application le premier et lui qui en a pris la paternité devant Therence alors que ça le desservait.

- Ma tête est connue des chasseurs, dis-je mais pas celle de Matthias. Il faut qu’il puisse entendre ce qu’il se dit lors de ce concile. Comment approcher ?


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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Mer 1 Fév - 19:54




Matthias Lunsford










D'après les traces que j'ai pu suivre, la blessure à l'aconit jaune a exacerbé la nature animale de Kate. Cela l'aide à fuir. Mais cette nuit sera sombre. La nouvelle lune, dont l'influence est très faible, inhibe en partie le Nagual. J'ai repéré la direction qu'elle a prise, vers une petite ville de l'autre côté des plaines désertiques.

Je me rapproche. Et cela n'a jamais été si éprouvant de te rejoindre, ma sœur, car je sais ce qui m'attend.

Je n’ai jamais particulièrement apprécié le côté lugubre des motels. Je suis un chasseur, cela ne signifie pas que je rechigne à un certain confort.

Lorsque je referme la porte dans mon dos, je ne suis pas seul dans la chambre.

- Bonsoir Christopher, clame une voix à l’accent hispanique.

Par reflexe, je pose aussitôt la main sur mon arme, coincée dans ma ceinture.

- Araya, déclaré-je d’un ton grinçant.

•   •   •   •   •

Je saisis l'engouement de Matthias et la crainte qui cautionnent ses propos.

Le concile des chasseurs est un rendez-vous placé sous le signe du secret, j'ignore comment ils ont pu en être informés. En un sens cela me conforte dans l'idée que mon cousin et lui sont réellement motivés. Leurs objectifs sont louables, c'est ce qui les pousse à agir.

- Il nous faudrait pouvoir identifier ceux qui prévoient des meurtres et non une chasse « régulée », pour que nous puissions nous défendre, continue Chad.

Je sais à quel point cela devient périlleux de ne pas être un être humain ordinaire.

Hier soir, j'ai pris conscience de tout ce que je ne savais pas. En premier à quel point j'apprécie la cuisine et le vin français. Ensuite, combien les points de vue et les informations divergent pour une même problématique. Enfin, que la vie n'est pas uniquement constituée de chasseurs et de chassés comme certains veulent le croire quand une liasse de billets restreint très largement leur champ de réflexion.

Je ne fais pas de Chad ni de Matthias des cibles potentiels. Je ne les connaissais pas avant d'être amené à revenir à Beacon Hills. Pourtant, cela ne m'empêche pas de me renseigner sur eux.

Mon cousin m'a raconté son passé, liant une part de sa vie à l'histoire de ma famille. Mais il n'a presque rien dit sur son présent. Ainsi, je découvre qu'il se positionne parmi les meilleurs de sa promotion et que son parcours professionnel semble suivre celui tout tracé de l'homme d'affaires, un architecte accompli. Quant aux aspects personnels de sa vie, ils m'offrent quelques indications précieuses.

Matthias est encore étudiant. Il vit chez ses parents et mène une vie d'artiste. Rien n'attire particulièrement mon attention jusqu'à ce que mon intuition éveille une hypothèse importante.

Tout cela ne constitue pas des sujets de discussion entre nous pour le moment. Bien qu'il ne s'agisse que de peu de choses, je sais que l'information est un bien précieux.

- Ma tête est connue des chasseurs, dit Chad mais pas celle de Matthias. Il faut qu’il puisse entendre ce qui se dit lors de ce concile. Comment approcher ?

Je les observe tous les deux, sans trahir l’objet de ma réflexion. Chad croise mon regard et s’y perd un instant. Il pourrait être le fils que je n’aurais jamais, sa manière de me parler marque un certain respect. Matthias, s’il ne semble pas sanguin, illustre davantage une certaine franchise.

Le concile des chasseurs est bien plus que ce dont il a l’air. D'ordinaire, le travail en groupe est efficace et effectif sur le terrain, il n'en est pas moins une façade pour les aspirations de chacun. Les Argent ont toujours eu une ascendance historique sur notre caste. Pourtant, d'autres grandes familles étendent et accroissent leur autorité constamment. Il n'en ressortait bien souvent que des consensus ponctuels et peu durables.

Or, à l'heure actuelle, toutes ces familles semblent exceptionnellement en accord. Le front est clairement divisé en deux. Et je ne suis pas du côté où le nombre prime.

C'est ce que me rapportent quelques personnes que je pense loyales et honnêtes. Là encore, il n'y a jamais de certitude absolue.

Le concile annuel est un moment privilégié pour traiter les conflits, les faire taire ou bien les animer. Je crains de déjà savoir quelles sont les intentions de la grande majorité.

Ma blessure m’arrache une légère mimique que je tente de dissimuler. Si Matthias semble le plus suspicieux envers moi, c’est Chad qui m’interroge du regard.

Je devine que la question de la confiance qu'ils peuvent m'accorder à longuement été discutée entre eux. Je sais faire preuve de discernement comme cela a été le cas lorsque nous avons assisté, à couvert, à l'acharnement dont a été victime l'un des amis de Matthias. À ce moment-là, j'ai su réagir et me placer comme allié.

Ils ne peuvent que présupposer de mes activités. Je sais que mon état soulève des questions légitimes. Leur nature surnaturelle et mon statut de chasseur ne sont pas compatibles. Je décide donc de jouer la carte de la franchise.

- Je ne suis pas de retour à Beacon Hills uniquement pour le concile, déclaré-je. Une tâche importante me gardait occupé ailleurs. En revenant ici, le problème m'a suivi. Et par problème, j'entends une personne malveillante. C'est elle que je traquais la nuit dernière.

Par cette vérité, je souhaite accentuer la confiance que nous pouvons avoir les uns envers les autres.

Pour ce qui est de leur sollicitation, Chad a indirectement énoncé que sa nature lupine était connue. Il est donc une option à écarter. Je sais prendre un risque et je sais lorsque cela est le cas.

Je me tourne vers l'ami de mon cousin.

- Tu viendras avec moi, déclaré-je.

La présence de Matthias n’est pas une proposition irréfléchie. Lors de ce concile où l'hypocrisie est un art oratoire, ses sens surdéveloppés seront d'une grande aide. Pour Chad et lui, comme pour moi. Ma venue n'est pas anodine et je ne passerai pas inaperçu. En cela, je n'ai rien dit au jeune homme. Je fais entrer un loup dans la bergerie mais ce n'est pas lui qui représente un danger.

•   •   •   •   •

- Qu’est-ce que vous me voulez ? Fustigé-je à la matriarche des Kalavera.

Aussi surprenant que cela puisse l'être, Araya m’expose une situation délicate à laquelle elle est confrontée. Un problème d’honneur et de famille.

Comme elle sait parfaitement le faire, elle me place dans une position qui lui est favorable en me rappelant mes obligations.

Lorsque Kate a pris la fuite, nous étions à proximité de la frontière mexicaine. Les Kalavera m’ont autorisé à chasser ma propre sœur dans leur périmètre. Elle représentait une menace mais j’ai réussi à éviter de la faire tuer malgré ce qu’elle avait fait. Je ne suis pas garant de ses actes, mais je la traque activement depuis.

Ce qu’elle mentionne ensuite me contraint à prendre des engagements. Elle n’a pas besoin d’être armée pour être menaçante. Je sais ce qu’il m’en coûterait de me mettre les chasseurs mexicains à dos alors que le soutien que m’apporte ma propre famille est mince.

Ainsi, dans la chambre poussiéreuse d’un motel, nous concluons un pacte.

- Prenez garde, Argent, conclue la femme autoritaire. Mon fils ne doit jamais le découvrir.


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Chad Wilder

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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Lun 20 Fév - 21:29



Le loup chasseur

Sans le vouloir je fixe Chris. Mon père m’a dit qu’il était le portrait craché de mon père biologique. Je songe à cette vie que l’on m’a arraché alors que j’avais à peine deux ans. Les yeux de Chris sont d’un bleu profond qui déstabilise un peu tant son regard ne vacille pas. Je sais que je ne peux pas faire de transfert sur lui d’un père inconnu, mort pour ses convictions. Cette rencontre me trouble. Chris a été élevé comme un chasseur. Il a suivi l’enseignement de Gerard et la loi familiale contrairement à mon père qui avait tout nié se retournant contre les siens. Les liens de sang n’ont pas été assez forts, puisqu’il s’est fait abattre par son propre frère. J’ai cette famille en horreur, pourtant j’ai un espoir, celui qu’à montré Allison et maintenant avec son père. Un espoir de trouver un compromis. Car plus je regarde Chris, plus mon idée de base assez radicale me semble inconcevable. Car si je vais jusqu’au bout de mon plan initial, je devrais tuer Chris. Couper court à toute vengeance, éliminer tous ceux qui aurait un motif de vengeance, briser cette roue qui tourne infiniment. Mais dans quel camp est réellement mon cousin ? Rétrospectivement je m'effraye moi-même d'avoir pu avoir une telle idée. Suis-je en train de m'égarer ?

- Je ne suis pas de retour à Beacon Hills uniquement pour le concile, déclare Chris. Une tâche importante me gardait occupé ailleurs. En revenant ici, le problème m'a suivi. Et par problème, j'entends une personne malveillante. C'est elle que je traquais la nuit dernière.

Derek m’avait évoqué la chasse que Chris Argent faisait contre sa propre sœur Kate. Est-ce d’elle dont il parle ? Ou cela n’a-t-il rien à voir. En tout cas, je sens une volonté de sa part d’être réglo. Subitement le chasseur semble se décider et dit à Matthias qu’il l’accompagnera. Cela me frustre de ne pouvoir y aller aussi, mais ma présence compromettrait l’opération. Les chasseurs sont extrêmement prudents et à la base je ne suis qu’un étudiant architecte, pas un guerrier accompli comme peut l’être Mick. Je ne saurais pas me camoufler efficacement.

Nous décidons d’un rendez-vous où je serai absent. Je n’aime pas l’idée de laisser Matthias y aller sans moi. Mais il est bien trop dangereux pour moi d’aller me piéger moi-même dans un repère de chasseur. Je n’ai pas envie de revivre ce que j’ai souffert au Mexique. La cruauté de ces gens est sans commune mesure.

Quand vient le moment de nous séparer, je retiens la main de Chris dans la mienne. Il ne peut pas se souvenir de mon père puisqu’il a déserté la famille Argent peu après sa naissance. Nous ne pouvons pas récrire le passé, mais peut-être de faire en sorte que l’avenir soit moins sombre. Pourtant la famille Argent semblent vouée à disparaître de Beacon Hills. Allison n’est plus et il est peu probable que Miya ou moi ayons des enfants. Puis même si cela devait être le cas, la tradition familiale de la chasse s’arrête avec nous.

- Je… nous pourrions faire plus ample connaissance, plus tard. Tenter de trouver une normalité, si tenté cela est possible.

Je veux qu'il sache que je souhaite avoir un lien durable. Un peu pour faire revivre une famille, mais autrement, sur d'autres bases. Nous quittons Chris sur un au revoir.

Je ne pouvais savoir à ce moment-là que mes recherches avec Maxence allaient me mener directement à l’hôpital et que quoi qu’il en soit je n’aurais pas été en état de les accompagner au concile.


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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Mar 7 Mar - 22:21




Toute révolution a pour corollaire
le massacre des innocents

Feat. Chad & Chris Argent

Chris a parfaitement réussi ses tirs, son cœur n'a pas loupé un seul battement. Aucun faux mouvement. Aucune hésitation. Il était totalement serein.

Les chasseurs vont fouiller les environs. Je sais que nous devons partir et cela me rassure. Pourtant, je sens son regard se tourner vers moi. Il surveille que je ne cherche pas à rejoindre Preston qui a réussi à fuir.

La maîtrise du cousin de Chad me pousse à ne pas vouloir être l'objet de sa contrariété.

- Je propose que nous nous retrouvions demain en fin de journée, annonce-t-il. Rendez-vous dans le parc.

- C’est entendu, accepte Chad.

Je sens qu’il éprouve des difficultés à rompre le contact avec Chris. J’avais entendu son cœur s’accélérer lorsqu’il l’avait vu pour la première fois. Cet homme est de sa famille. Si les liens du sang ne comptent pas toujours, ceux que l’esprit façonne peuvent être très forts.

Il est pensif lorsque nous nous séparons. Je le suis tout autant, pour d’autres raisons.

Le lendemain matin, je retrouve mon groupe sur le campus. Anna et Parker, mes deux meilleurs amis, se doutent de la raison de ma présence.  Preston est avec eux.

- Tu vas bien ? Tu sais pourquoi ils en avaient après toi, demandé-je.

- Ils me sont tombés dessus, explique-t-il. Je crois que je rodais là où je n’aurais pas dû.

Les nouvelles informations qu’il me confie seront certainement utiles à Chad. Les chasseurs sont partout. Certains d’entre nous ont accepté d’être les yeux et les oreilles de notre cause. Cela n’est pas sans risque. Si Chris Argent n’avait pas été présent, je ne sais pas ce que Preston aurait subi. C’est toute l’ironie de cet incident, son sauveur porte un nom redouté pour nous autres hybrides.

Comme prévu, en fin de journée, je me rends au parc. Chad et moi arrivons en même temps. Du menton, il m’indique son intuition de nous rendre à l’extrémité du parc où nous serons à l’abri des regards.

C’est effectivement là que son cousin nous attend. L’odeur du sang est rapidement détectable par Chad et moi.

- Tu crois qu’il est allé chasser durant la nuit ? Demandé-je tout bas à mon ami.

Il nous salue d’un signe de la tête puis semble capter mon interrogation.

- Rien de très grave, indique-t-il.

Je sens une hésitation palpable entre nous. Moi sur ses réelles intentions. Lui sur sa manière d’affirmer qu’il est libre d’agir.

- Nous sommes au courant pour le concile de chasseurs qui aura lieu après-demain, déclaré-je pour entrer dans le vif du sujet.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Être en contact avec Chris Argent peut être crucial pour nous. Si je suis à l’initiative de cela lorsque j’ai appris la venue du chasseur, maintenant, cette collaboration a une autre dimension pour Chad.

- Il nous faudrait pouvoir identifier ceux qui prévoient des meurtres et non une chasse « régulée », pour que nous puissions nous défendre…, poursuit mon ami pour modérer mes propos.

- Ma tête est connue des chasseurs, continue-t-il, mais pas celle de Matthias. Il faut qu’il puisse entendre ce qu’il se dit lors de ce concile. Comment approcher ?

Je me demande quelle collaboration nous pouvons mener et comment cela peut se passer. Chris nous observe tous les deux avant de prendre la parole.

- Je ne suis pas de retour à Beacon Hills uniquement pour le concile, explique-t-il. Une tâche importante me gardait occupé ailleurs. En revenant ici, le problème m'a suivi. Et par problème, j'entends une personne malveillante. C'est elle que je traquais la nuit dernière.

C’est vers moi que son regard se tourne. Je n’y lis aucun affront ni, à l’inverse, de sympathie.

- Tu viendras avec moi, annonce-t-il.

Cela ne semble pas être une proposition, c’est sans doute la seule possibilité qu’il nous est donnée de nous investir dans les sombres histoires qui se trament en ville. C'est ce qu’Anna et Parker m'ont demandé. Car il est légitime qu'ils n'aient pas entièrement confiance en Chris.

Toute notre discussion tourne autour de ce sujet. À l’abri des indiscrets, nous préparons une entrevue aussi importante que risquée.

Au-delà de cette entraide pour laquelle chacun s’investit, la présence de Chad et Chris, l’un à côté de l’autre, prouve qu’un aspect personnel se tisse insidieusement. Comme je l’ai senti hier soir et comme je le sens encore aujourd’hui.

- Je… nous pourrions faire plus ample connaissance, plus tard, propose Chad en confirmant mon impression. Tenter de trouver une normalité, si tenté cela est possible.

Je ne sais pas à quoi tout cela va aboutir.

Deux jours plus tard, il n’est plus temps de se désister.

Matrim est très inquiet. Je ne lui cache rien de ce que je fais avec Chad. Alors, quand je lui ai expliqué accompagner un chasseur à un concile secret, son visage s’était fermé.

Je sais que chaque information que nous pourrons découvrir pourra être cruciale. Les chasseurs ne peuvent se douter que tous mes sens seront mis à profit pour distinguer la vérité et le mensonge dans ce qui sera dit aujourd’hui.

Je suis allé rendre visite à Chad à l’hôpital en essayant de dissimuler mon appréhension. Je dois rester stoïque comme son cousin parvient à le faire en toute occasion. Dès maintenant et jusqu’à la fin du concile.

Quand nous descendons de voiture, Chris me donne les dernières consignes.

Je ne dois pas me faire remarquer. Si quelque chose devait arriver et bien qu'il semble particulièrement redoutable, le chasseur ne pourra pas me sauver alors que nous serons entourés de ses semblables.

Nous sommes aux abords de Beacon Hills, dans un endroit dont la discrétion justifierait des activités illégales.

Plus loin, je distingue une grande bâtisse. C’est une villa coloniale ancienne. De nombreux véhicules sont garés dans l’allée bordée d’arbres racornis qui donnent l’impression que des visiteurs téméraires auraient été pétrifiés dans une grimace de douleur.

C’est le seul défaut inquiétant qui tranche avec la richesse du domaine dont le bâtiment principal trône devant un verger qui s’étend sur plusieurs hectares.

D’après Chris, cela n’a rien d’un rassemblement de charité. Nous serons entourés que de chasseurs. Il ne s’agit pas de sympathisants à leur cause mais des décideurs de plusieurs familles. J’espère que tous ne partagent pas la belligérance tournée envers les créatures surnaturelles mais tous ont répondu présent.

Chad m’a averti de ne pas être aveuglé par l’utopie du monde où chasseur ne signifierait pas tueur et où la traque brutale et injustifiée serait abolie. Aujourd’hui, nous n’aurons probablement pas de prise de position en faveur d’une paix durable. Nous sommes là pour découvrir ce qui se trame à Beacon Hills.

Un majordome se tient à l’entrée comme s’il vérifiait l’identité des invités à un bal. Et c’est bien sa fonction.

- Votre nom ? Demande-t-il.

- Christopher Argent, répondit le chasseur que j’accompagne.

- Je regrette Monsieur, vous n’apparaissez pas dans la liste, répond le portier.

- C’est parce que je n’ai pas été invité, rétorque-t-il d’une voix grave. Les personnes qui vous emploient n’ont pas jugé utile de me convier.

Le majordome s’apprête à répondre lorsqu’un homme à l’allure altière s’approche en boitant dans le hall.

- Nous avons effectivement acté de votre indisponibilité, très cher, énonce l’aristocrate. Vous êtes particulièrement difficile à dénicher depuis que vous vous êtes engagé à capture votre sœur.

Je sens la mesquinerie derrière les mots qu’il a prononcés en accentuant la fin de sa phrase.

- Ne mentionnez pas Kate devant-moi, rugit le chasseur.

La tension est farouche entre eux deux. Aucun n’abdique. Je ne connais pas l’identité de celui qui affronte Chris du regard.

- Après tout, je suppose que si vous êtes là, il serait discourtois de notre part de vous congédier, décide-t-il. D’autant que votre père ne peut se joindre à nous.

En franchissant la porte, Chris n’adresse pas un regard à l’homme qui nous autorise à entrer. Nous suivons les voix qui nous guident vers une grande salle. Lorsque le vieil homme derrière nous franchit les portes, le majordome les referme dans un bruit sourd.

J’ai l’impression d’être entré dans le Conclave, la veille de la nomination d’un nouveau pontife.

Nous nous asseyons sur les chaises libres autour d’une table en bois massif taillée dans son entièreté.

En face de nous, une femme m’observe. Elle me rappelle une personne que je connais dont je n’arrive pas à saisir le visage.

- Ce jeune homme m’accompagne, il a fait ses preuves certainement bien plus que certains d’entre vous, justifie Chris en dévisageant ceux qu'il semble apprécier le moins.

Cela semble avoir pour effet de couper court à toute réclamation.

Les murmures se taisent quand celle qui est assise devant nous lève discrètement la main. Elle échange un regard de connivence avec l'homme à sa gauche, celui qui nous a accueilli et qui observe l'assemblée tel un vieux reptile.

- Bonjour à tous, énonce-t-elle. Le concile est une tradition dans notre caste. Au vu des évènements récents, de l’ingérence de certains, du fléau qui s’étend depuis de nombreuses années, notre réunion est primordiale.

Chacune de ses énumérations est adressée à quelqu’un en particulier, comme pour rappeler les torts causés, en plus d’évoquer très clairement quel sujet les réunit tous aujourd’hui.

Les premiers échanges sont froids et cordiaux. Les avis flottent sur les lèvres jusqu’au moment où certains s’affirment.

- Nous ne parlons pas de délinquance, Amory, mais bien de meurtres à caractère surnaturel ! S’exclame l’inconnue.

- La population est croissante, statistiquement, les incidents se multiplient en conséquence, répond l’interpellé.

- Certains vont tout de même jusqu’à s’octroyer les services de personnes peu recommandables qui pactisent avec les monstres que nous traquons, argue-t-elle.

- De quoi parlez-vous ? Demande un homme à l’accent texan.

- De l’accord passé avec un certain William, un étranger que nous ne connaissons, qui a couté la vie à plusieurs de nos hommes, argue celle qui mène le débat.

Cela fait beaucoup réagir. Les voix s’élèvent et marquent le conflit sous-jacent qui règne au sein de la caste des chasseurs. Cette dissension donnerait à Chad une certaine satisfaction.

- L’adage des Argent n’est-il pas de chasser ceux qui nous chassent, déclare le malveillant aux côtés de la doyenne. Ce sont des prédateurs, nous devons nous montrer plus féroces et attaquer les premiers.

À cet instant, je pense à Chad qui poursuit le même objectif. Cela s’inscrit dans un cercle vicieux de violence et de mort. Une vie en harmonie avec ces personnes aux comportements destructeurs, peu importe leur camp, est infiniment délicate. Est-ce au moins possible ?

La peur et le désir de domination empêchent toute tentative.

Je me focalise sur le discours que je n’écoutais plus, éludé par mes pensées et les conclusions qui s’y profilent avec dépit.

Chris est extrêmement attentif depuis que nous nous sommes installés. Il n’a pas dit un mot. Lorsqu’il s’éclaircit la voix pour prendre la parole, il affiche un calme stratégique.

Puis son regard s'obscurcit comme si le bleu de ses yeux, habituellement aussi clair qu'un ciel d'été, annonçait l'orage que ses mots allaient provoquer.



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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Lun 20 Mar - 17:07




Codes et traditions










J’ai chargé Matthias aux abords du campus. Depuis, nous roulons dans un silence qui se veut concentré et non pesant. Notre direction est une vaste propriété assez reculée dans la périphérie extrême de Beacon Hills. Un lieu où un tel concile peut avoir lieu sans éveiller la curiosité de voisin inexistant. Je reconnais au jeune Matthias un certain cran. Il en faut pour ce jeune loup, de s’inviter au milieu d’un rassemblement de chasseurs. Si son identité venait à être découverte, aucune clémence n’est à envisager et dans le meilleur des cas, il peut espérer une mort rapide. Quant à moi, il ne sera pas dit que mon patronyme changera quelque chose quant à la sanction que l’on m’imposera. Mais il n’y a pas de victoire sans combat. C’est le prix qu'il nous faut payer pour vivre.

Au nombre de voitures déjà garées que je compte devant la grande demeure de maitre, la majeure partie des invités doit être là. Nous descendons de voiture, je donne mes dernières recommandations à Matthias.

- Tes réactions doivent être celles d’un humain. Veille à masquer tes émotions, quoi que tu entendes dire. Tu vas entendre des paroles qui vont te révolter. C’est à ce moment-là que tu risques de nous trahir. Je dis bien nous, car si tu tombes, je tombe avec toi. Dans l’assemblée, il y aura des gens à qui il faut moins d’une seconde pour se décider à condamner quelqu’un et l’abattre.

Mon regard est fermement planté dans celui du loup. Je ne cherche pas à le déstabiliser, je suis simplement factuel. L’étudiant hoche la tête sans un mot. Il étudie l’art et le dessin. Il fait partie des gens que je classe dans les doux rêveurs. J’espère qu’il arrivera à se blinder le cœur le temps de notre présence ici.

•   •   •   •   •

- Votre nom ? Demande le portier.

- Christopher Argent, répondis-je d’une voix grave.

- Je regrette Monsieur, vous n’apparaissez pas dans la liste, répond le portier après avoir consulté une feuille.

- C’est parce que je n’ai pas été invité, rétorqué-je d’une voix ferme. Les personnes qui vous emploient n’ont pas jugé utile de me convier.

- Nous avons effectivement acté de votre indisponibilité, très cher, énonce une voix dans le dos de l’homme. Vous êtes particulièrement difficile à dénicher depuis que vous vous êtes engagé à capture votre sœur.

- Ne mentionnez pas Kate devant-moi !

Ma vois est cinglante. Je toise le maître des lieux, le mettant au défi d’ajouter un mot sur ma sœur.

- Après tout, je suppose que si vous êtes là, il serait discourtois de notre part de vous congédier, décide-t-il. D’autant que votre père ne peut se joindre à nous.

Je ne laisse rien paraitre quant à l’absence de mon paternel. Son absence m’arrange, car c’est un fin observateur et il me connait mieux que personne. Il aurait été capable de confondre Matthias, car il sait que je travaille en solitaire et que je n’ai aucunement l’habitude de m’entourer de monde, en plus si jeune comme l’est l’étudiant.

Le maître de maison acceptant ma présence, j’entre sans faire plus de cérémonie, ni de mot de remerciement. Je n’aime pas l’hypocrisie, je préfère donc me taire, plutôt que de prononcer une politesse que je ne pense pas. Je laisse les faux-semblants aux mondains. Je suis déjà venu ici, je n’ai donc nullement besoin que l’on m’indique où me rendre. Il y a une vaste pièce qui peut servir de salle de bal si les propriétaires des lieux étaient enclins à ce genre de manifestations. Lorsque nous arrivons à l’encadrement de la double porte qui mène à cette immense salle à manger, je constate que beaucoup sont déjà assis. Mon arrivée ne passe pas inaperçue et bien des regards se braquent sur nous. Sans m’en émouvoir, je m’avance d’un pas souple et sûr vers deux places de libre. Quelques sourcils se froncent, des bouches s’ouvrent pour protester. Je fais taire les récriminations avant qu’elles n’aient le temps d’éclore.

- Ce jeune homme m’accompagne, il a fait ses preuves certainement bien plus que certains d’entre vous, affirmé-je d’une voix qui n’invite pas à la contradiction.

Je toise ceux que je sais les plus vindicatifs. Personne ne pipe mot. La réunion commence avec l’accueil  d’Araya Kalavera. La présidence du concile tourne à chaque réunion.

- Bonjour à tous, énonce-t-elle. Le concile est une tradition dans notre caste. Au vu des évènements récents, de l’ingérence de certains, du fléau qui s’étend depuis de nombreuses années, notre réunion est primordiale.

D’entrée de jeu, elle énonce une accusation sans pour autant citer nommément la personne visée. Mon regard se promène sur l’assemblée. Je guette les réactions de chacun. C’est là où les capacités de l’étudiant qui m’accompagne vont être un avantage. Il saura qui dit la vérité et qui ment de manière éhontée. Chacun y va de sa banalité, les avis sont partagés et assez flous ce qui agace profondément Araya. Amory argue une population croissante comme cause de l’augmentation de l’activité surnaturelle.

- Certains vont tout de même jusqu’à s’octroyer les services de personnes peu recommandables qui pactisent avec les monstres que nous traquons, argue-t-elle.

- De quoi parlez-vous ? Demande quelqu’un.

Mon cœur fait un bond, mais seul Matthias peut entendre ce dérapage. Mon visage reste impassible. Araya m’a telle déjà démasqué ?

- De l’accord passé avec un certain William, un étranger que nous ne connaissons, qui a couté la vie à plusieurs de nos hommes, argue-t-elle.

Mon soulagement passe tout aussi inaperçu. Ce William serait-il ce loup qui a orchestré le massacre lors du mariage de Peter Hale ? Si c’est le cas, c’est un allier dangereux, car il ne semble avoir aucun camp. Il s’est retourné contre les siens, mais rien ne dit qu’il ne refera pas une pirouette pour mordre la main de celui qui l’aide.

- L’adage des Argent n’est-il pas de chasser ceux qui nous chassent, déclare le malveillant aux côtés de la doyenne. Ce sont des prédateurs, nous devons nous montrer plus féroces et attaquer les premiers.

L’attaque est à peine voilée et gratuite à ce moment de la réunion. Cherche-t-il à faire dévier le sujet sue ce William ? Me renvoyer le code de ma famille en pleine face est d’une effronterie osée. Mon regard se verrouille sur le harangueur. Son voisin de gauche se décale imperceptiblement, comme s’il avait peur d’être dans une ligne de tir. Nos rangs sont loin d’être soudés.

- Des prédateurs… persiflé-je.

Je jette un regard méprisant à celui qui me défie.

- Savez-vous que l’animal qui tue le plus de monde est le moustique.

Des rires fusent à droite et à gauche. Pourtant je ne me dépare pas de mon calme et poursuis ma diatribe.

- Deux million de mort à cause du paludisme qu’il transmet. L’homme arrive derrière avec environ cinq cent mille meurtres, suivent les serpents cinquante mille morts. Vos chiens tuent un peu plus de vingt-cinq mille personnes par an. Je passe quelques insectes spécifiques, et divers prédateurs d’Afrique qui se partage la suite du classement pour arriver à moins de cinq cents morts commis par des garous. Quel incommensurable fléau ricané-je.

Les regards se font septiques, les bouches se plissent, d’autres secouent la tête. Les regards conciliants sont minoritaires.

- Si j’en crois les statistiques, nous devrions plutôt exterminer les chiens du pays que les garous, nous sauverions plus de monde.

- Ridicule ! Crache le maître des lieux.

- Tout autant qu’il est ridicule d’exterminer un loup garou simplement parce qu’il a le tort d’exister. Cette guerre est désuète et primitive. Nous devons nous tourner vers une chasse moderne et juste. Et au lieu d’attaquer à l’aveuglette, il faut protéger les faibles et cibler les garous qui sont autant une menace pour les hommes que pour leurs semblables. L’histoire nous rabâche suffisamment que la répression n’est jamais la bonne solution !

- Nous protégeons ceux qui ne peuvent pas se protéger eux-mêmes. C’est le code que ta fille a établi, récite Araya d’un ton septique.

- Oui et Allison a fait preuve d’une profonde sagesse en l’édictant.

- Ta fille, dieu protège son âme, n’était pas objective vue ses fréquentations, crache le serpent à ses côtés.

- Ma fille a prouvé que nos deux mondes peuvent coexister pacifiquement. Si nous appliquons la violence, la violence nous sera rendue. C’est une spirale sans fin ! Mais au lieu de tergiverser de savoir s’il convient ou non de tuer à vue tous les loups garous, il serait bien de faire le ménage dans nos rangs. Il y a des choses ignobles qui se trament dans l’ombre. Certains d’en nous arrangent leur convictions à leur convenance pour faire du profit, s’attribuer de l’influence ou pire par plaisir morbide. La chasse comme elle a été établie par le passé, n’est que trop souvent devenue un prétexte fallacieux pour beaucoup d’entre nous.

Mes paroles provoquent un tollé. Je sais qu’Araya n’est pas convaincue par ma position. Cependant, la déviance de certaines familles lui est également intolérable.



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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Jeu 6 Avr - 14:03







La haine est une liqueur précieuse,
un des poisons les plus chers

Feat. Chad & Chris Argent

Je ne suis pas à ma place.

Pour ne pas faillir, je me répète intérieurement les recommandations de Chris.

Mes réactions doivent être celles d’un humain. Pourtant, je ne le suis plus. Du moins, seule une moitié de mon être le demeure. Je suis un hybride. Et c’est la raison pour laquelle, je fais partie des traqués.

Je ne dois pas me révolter. Mais comment ne pas s’insurger face à tant d’aliénation et de haine ?

Dans l’assemblée, il y a des gens à qui il faut moins d’une seconde pour se décider à condamner quelqu’un et l’abattre. Mon jugement est aussi incisif sur ceux qui nous font face.

Heureusement, mon tempérament m’aide à rester dans une posture neutre. Je participe au concile pour écouter les mots autant que les cœurs. Certains invités sont farouches, d’autres emplis de doute. Les reproches et les haussements de tons sont des portes ouvertes à la vérité que chacun dissimule.

La provocation perfide de celui qui nous dévisage depuis qu’il nous a octroyé le droit d’entrer ne laisse pas Chris indifférent.

Son regard exprime le mépris mais la réponse qu’il formule est sereine bien que satirique.

- Savez-vous que l’animal qui tue le plus de monde est le moustique ? Demande-t-il.

La raillerie envers ses pairs fait naitre l’hilarité de l’assemblée. J’écoute avec attention les explications qu’il développe sans perdre son assurance.

- Deux million de morts à cause du paludisme qu’il transmet, justifie Chris. L’homme arrive derrière avec environ cinq cent mille meurtres, suivent les serpents cinquante mille morts. Vos chiens tuent un peu plus de vingt-cinq mille personnes par an. Je passe quelques insectes spécifiques, et divers prédateurs d’Afrique qui se partage la suite du classement pour arriver à moins de cinq cents morts commis par des garous. Quel incommensurable fléau.

Il ponctue son invective par un ricanement qui met en lumière à quel point ce conflit est stérile, aussi terrible et sanglant soit-il.

Chacun a compris le sens de son message et je perçois très nettement les réactions de nos vis-à-vis. Il semblerait que nous n’ayons que peu d’alliés. Et bien moins qui oseraient faire preuve d’allégation lors de ce concile. Cela est regrettable et laisse croire que l’objectif poursuivi par notre cause, pourtant juste et pacifique, est difficilement accessible.

- Si j’en crois les statistiques, nous devrions plutôt exterminer les chiens du pays que les garous, nous sauverions plus de monde.

- Ridicule ! Claque l’aristocrate comme un crocodile qui condamnerait sa proie.

- Tout autant qu’il est ridicule d’exterminer un loup garou simplement parce qu’il a le tort d’exister, raisonne Chris. Cette guerre est désuète et primitive. Nous devons nous tourner vers une chasse moderne et juste. Et au lieu d’attaquer à l’aveuglette, il faut protéger les faibles et cibler les garous qui sont autant une menace pour les hommes que pour leurs semblables. L’histoire nous rabâche suffisamment que la répression n’est jamais la bonne solution !

L’orage a finalement éclaté, électrisant l’ambiance. Les voix sont tranchantes, les injonctions creusent un peu plus le fossé entre Chris et les autres chasseurs.

- Nous protégeons ceux qui ne peuvent pas se protéger eux-mêmes, rappelle la doyenne. C’est le code que ta fille a établi.

Bien qu’elle ne semble clairement pas partager son point de vue, je note un certain respect pour la défunte et un souhait d’apaiser la discorde naissante de ce rassemblement.

- Oui et Allison a fait preuve d’une profonde sagesse en l’édictant, argue le cousin de Chad.

- Ta fille, dieu protège son âme, n’était pas objective vue ses fréquentations, tranche l’homme aux côtés de celle dont l’accent nous renseigne sur ses origines.

- Ma fille a prouvé que nos deux mondes peuvent coexister pacifiquement, persévère Chris. Si nous appliquons la violence, la violence nous sera rendue. C’est une spirale sans fin !

Je remarque le tour de table qu’il effectue d’un regard perçant avant de relancer un sujet qui semblait avoir été étouffé.

- Mais au lieu de tergiverser de savoir s’il convient ou non de tuer à vue tous les loups garous, il serait bien de faire le ménage dans nos rangs, accuse-t-il. Il y a des choses ignobles qui se trament dans l’ombre. Certains d’en nous arrangent leur convictions à leur convenance pour faire du profit, s’attribuer de l’influence ou pire par plaisir morbide. La chasse comme elle a été établie par le passé, n’est que trop souvent devenue un prétexte fallacieux pour beaucoup d’entre nous.

- Cette affaire mérite toute notre attention, proclame la présidente du concile après avoir fait taire les bavardages d’un coup sec sur la table. J’espère pour vous Christopher que ces accusations sont fondées.

Sa répartie ne manque pas d’attiser les braises rougeoyantes. Si les chasseurs se déchirent, cela laisse présager l’espoir qu’ils ne puissent aboutir à un consensus qui nous serait défavorable.

La méfiance de la dirigeante soulève des critiques dirigées envers les Argent.

- Votre famille a été au cœur de plusieurs histoires, scande l’un des invités à l’attention de Chris.

Malgré l’air dur que le chasseur affiche, son détracteur ne semble pas vouloir affaiblir son propos.

- Avant que votre femme ne se soit donné la mort, poursuit-il, beaucoup vous avez jugé incapable de faire ce qui devait être fait.

Je ne connais pas l’histoire dans son intégralité mais je ressens l’émotion de Chris et comprends sa réaction.

- Nous ne devons faire aucun compromis, intervient la mexicaine. Cela s’applique pour tous, au sein même de nos familles. C’est ce qui a été fait et c’est ce qui sera toujours fait.

Je remarque imperceptiblement une connexion aussi soudaine que brève entre elle et le cousin de Chad. Mon intuition me dicte que cela n’est pas anodin. Ils ont un secret en commun, une affaire d’honneur.

Dans cette assemblée, la fourberie accompagne les figures d’autorité. Et l’homme à la canne, qui semble  maitre en la matière, ravive le cœur du sujet de ce concile.

- Nous ferons bien entendu toute la lumière sur les déviances qui sont révélées aujourd’hui, promet-il. Cependant, ne nous méprenons pas, pendant que nous chercherons à punir les comportements intolérables, ceux que nous traquons se rassemblent.

Mon cœur rate un battement que nul ne peut entendre.

Dois-je supposer avec angoisse que cet homme connait l’existence de mon groupe ? Ou d'autres alliances qui se forment à Beacon Hills ? Anna et Parker ont créé un refuge pour les êtres surnaturels égarés, abandonnés et traqués. Nous ne souhaitons pas la rébellion, encore moins une guerre ouverte. Nous ne proclamons que la paix.

Mais je ne suis pas en mesure d’exposer mon identité et mes arguments. Sinon au prix de ma vie.

Je perds à nouveau le fil des échanges, trop bouleversé par le sentiment d’insécurité qui déferle sur moi comme une vague. Je pense à mes amis et à ceux qui le sont moins, inconnus, anonymes qui seront touchés par un génocide sans précédent. Pour ne pas me trahir, je persiste à demeurer neutre. Peut être est-ce trop tard ?

Chris ne m’a pas regardé lorsque cet homme énoncé ce qu’il tient pour une vérité. Sans doute cela est il un piège visant à analyser la réaction du chasseur que j’accompagne.

- Comme mettre en œuvre une telle coalition ? Interroge quelqu’un.

- Le choix sera le notre, énonce le stratège qui monopolise l’attention. Si nous décrétons que prendre les armes n’est pas suffisant, plusieurs méthodes sont à notre portée.

Comme s’il hypnotisait ses auditeurs, une grande majorité est suspendue à ses lèvres. Un léger sourire mesquin s’y dessine.

- C'est incroyable ce que nous pouvons faire avec un simple verre d'eau. Imaginez une solution radicale à grande d'échelle, expose notre hôte.

- Qu'entendez-vous par là, Elias ? L'interpelle un homme à la moustache fournie.

- Au clair de la lune, mon ami, imaginez que nous puissions supprimer massivement tous ces monstres, répond l'aristocrate.

Je scrute avec horreur le contenu du verre posé en face de moi. Est-il empoisonné ?

Comment s'y prendraient-ils pour éradiquer des centaines de personnes sans qu'elles puissent être alertées avant qu'il ne soit trop tard ? Distiller la mort en faible quantité ? Ou bien cibler cela en deux phases ? Propager un composant inoffensif, devenu mortel lorsque la pleine lune apparaîtra ?

Chad m'a raconté plusieurs fois combien les chasseurs étaient pervers. Les expérimentations pour tuer efficacement les hybrides ont toujours fasciné ceux qui exècrent nos différences de nature.

Je suis terrifié. À défaut de trembler ostensiblement, ma jambe s'agite sous la table. Chris me contraint discrètement à conserver mon calme.

Cette réunion est décisive car elle trace les grandes priorités des castes de chasseurs. Le concile s’étend sur la journée entière. Et il ne fait que commencer.










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Chris Argent

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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Mer 26 Avr - 18:36




Codes et traditions










La séance est tendue. Je dois tenir tête à mes paires, ce qui en soit est déjà très délicat. Mais j’ai également l’outrecuidance de leur amener un loup à leur nez et barbe. Si cela devait se découvrir, je ne donne pas cher de notre peau. Sans le regarder, je devine que le l’ami de Chad est tendu. J’admire son courage. Cette force lui vient de ses convictions profondes qui font passer sa personne après le bien de tous. Son attitude consolide ma volonté sur ce changement insufflé par ma fille. D’ailleurs, je me félicite que ce soit lui et non mon cousin qui soit avec moi. Matthias a un tempérament naturellement calme et pacifique. Cela joue en notre faveur afin qu’il conserve sa couverture de jeune chasseur sous ma tutelle. J’ai sentis chez Chad, une part de noirceur inquiétante.

Mes semblables dévoilent leur vrai visage, celui de la haine féroce et de la volonté de ne tendre vers aucune compassion ou modération de leurs actes. J’ai tenté de jouer la carte du sarcasme pour ramener l’objet de notre chasse à la dimension qu’elle a réellement et de ne pas en faire un fléau planétaire comme certains se complaisent à décrire. Elias riposte avec son fiel aussi coupant qu’un rasoir. Je n’attends rien de bon de mon oncle. Sa haine est un conflit personnel. Ridiculisé quand il était jeune, il a compensé en cultivant sa rage et sa haine. Cet homme est impossible à raisonner, tant bien même il serait mis face à un argumentaire en béton. Son cœur est flétri à jamais. Lorsque je clame que cette guerre est désuète dans sa manière, je provoque une levée de bouclier. Je me rends compte que la tâche initiale de chasseur a été engloutie par un art de vivre assez morbide. On ne tue plus pour protéger, on tue pour le sport et la vanité des trophées que l’on aligne.

D’un regard je fais le tour de la table. Je ne lis qu’opposition et vindicte. Les rares modérés n’ont pas le cran de croiser mon regard, craignant que je souligne leur désaccords avec la majorité. Je suis seul face contre tous. Le sujet d’Allison est mis sur le tapis. On me pointe presque en traite. S’ils savaient… Ma croisade à vouloir faire changer les choses me semble en cet instant vaine et utopique. J’espère que Matthias aura noté qui ment dans cette assemblée, car Araya est une personne intègre et sera intraitable avec les chasseurs qui divergent du but de notre mission. Elle méprisera ceux qui chassent pour le business. La meilleure façon d’apaiser un peu la traque est de lui servir les familles défaillantes sur un plateau avec preuve à l’appui. Mais pour cela il faut les identifier.

- Cette affaire mérite toute notre attention, dit-elle J’espère pour vous Christopher que ces accusations sont fondées.

- Votre famille a été au cœur de plusieurs histoires, scande l’un des invités à mon intention.

Je le toise l’accusateur  avec mépris. Répondre, serait montrer une faiblesse. Oui ma famille a commis des horreurs, seulement je ne suis pas ma famille et je n’étais pas impliqué dans ces exactions.

- Avant que votre femme ne se soit donné la mort, poursuit mon détracteur, beaucoup vous avez jugé incapable de faire ce qui devait être fait.

Le coup est vil et bas. Après Allison, voilà que l’on déterre ma femme. Je serre les poings et la mâchoire. J’ai une grande envie de le faire taire à coup de poing, mais c’est ce qu’il cherche. Me faire sortir de mes gonds afin que je me discrédite aux yeux de tous. Je prends sur moi, pour ne pas lui donner ce plaisir. Je note cependant cette infamie. Un jour je réglerai mes comptes.

- Ce qui devait être fait, a été fait. Me faire un procès d’intention démontre que vous êtes à cours d’argument pour tenter de me discréditer. On dit que l’attaque est la meilleure des défenses… Qu’avez-vous donc à cacher, pour avoir besoin de détourner l’attention sur moi ?

Je marque un point, car l’accusateur se renfrogne dans une ultime provocation qui le dessert un peu plus. Je suis satisfais lorsque Araya intervient disant que la rigueur de la chasse doit passer par la rigueur des chasseurs eux-mêmes. La chef de clan mexicaine ne va pas dans mon sens pour un apaisement de cette guerre, mais elle souligne mon propos sur l’intégrité qui doit être de mise dans nos rangs. Nous nous fixons une fraction de seconde. Je suis conscient qu’elle ne peut pas prendre ouvertement ma défense, ni ma position. Nous ne sommes d’ailleurs pas vraiment d’accord. Elias, qui avait laissé les phrases assassines voler de part et d’autre de la table, s’empare à nouveau de la parole. Mon oncle sait poser sa voix. C’est un bon orateur. Il sait manipuler les mots et lorsqu’il parle, c’est comme si un serpent s’enroulait autour de votre corps, froid et désagréable. Elias Argent sait insuffler la peur et la terreur avec simplement quelques tournures de phrases bien choisies.

- Nous ferons bien entendu toute la lumière sur les déviances qui sont révélées aujourd’hui, promet-il. Cependant, ne nous méprenons pas, pendant que nous chercherons à punir les comportements intolérables, ceux que nous traquons se rassemblent.

Je résiste à l’envie de lancer un regard à Matthias. J’espère que l’étudiant ne s’est pas trahi en me regardant. Les propos d’Elias sont toujours troubles et soumis à interprétation. Il sait lancer des accroches et lire les réactions de ses interlocuteurs. Il est redoutable. La suite de son discourt me fait froid dans le dos. Je repense à ce que Chad m’a raconté, mais aussi à ce qu’il a tût. Je crois que mon cousin a une longueur d’avance quant à la machination pour mettre le camp adverse à genoux.

- C'est incroyable ce que nous pouvons faire avec un simple verre d'eau. Imaginez une solution radicale à grande d'échelle, expose notre hôte.

Quelqu’un dans l’assistance demande des éclaircissements, mais je pense comprendre le cheminement de ses pensées. SI c’est ce que je pense, cela induit de sombre et macabre recherches. Les propos de mon cousin sur ce qu’il a subit au Mexique appuient une telle voie. Nous sommes très loin du code d’honneur. Je prends appui négligemment sur l’épaule de Matthias. Il sent ma poigne qui se veut ferme, mais apaisante.

- En résumé, mon oncle… Vous faites donc partie de cette branche dilettante des chasseurs qui s’éloignent du code d’honneur ancestral. Vous êtes le digne fils spirituel d’un allemand célèbre qui a fait… fureur dans son temps.

Elias m’assassine du regard.

- Lui aussi était mal aimé et couvait un complexe d’infériorité de par sa petite taille et son physique disgracieux. Ce mal être l’a conduit au génocide.

Je me dresse de toute ma taille, contrastant avec mon oncle plutôt malingre. Elias ne cache pas ses desseins. Il doit avoir l’assurance d’être soutenus. Il est temps d’énoncer un avertissement.

- Rappelez-vous comment il a fini, ainsi que ses fidèles généraux. Il y a toujours un effet boomerang dans un génocide.

Je lâche Elias du regard et sonde un à un les protagonistes. J’ai toujours ma main posée sur l’épaule de Matthias.

- Es-tu près à bafouer le code d’honneur et t’avilir à un génocide indigne et infâme ?

Je les appelle un à un par leur nom. Peu me répondent, mais je m’en moque. Je sais que le jeune loup écoute leur cœur. Il retiendra les noms de ceux qui réagissent. J’espère que Matthias pourra faire la différence entre ceux qui ont peur de prendre position et ceux qui sont intimement d’accord avec mon oncle, voir déjà de mèche avec lui. Ceux qui se placent ouvertement en accord avec Elias, le font à la bravade, se laissant une porte de sortie au cas où le vent tourne.


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Matthias Lunsford

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MessageSujet: Re: Entend la douce nuit qui marche (feat. Chad)   Ven 12 Mai - 11:29






La peur perpétuelle d'un malheur vague

Feat. Chad & Chris Argent

Les informations que nous avions pu obtenir ne s’avèrent pas erronées. Son caractère traditionnel, la présence de nombreuses, si ce n’est toutes les familles et clans de chasseurs, la force des échanges et le poids des décisions qui y sont prises ne font que confirmer l’importance du concile.

Les affaires plus courantes, les réorganisations, les accords et coalitions, les territoires, tous ces sujets sont l'objet de débats et de discussions. Et comme pour toute décision prise lors d'un concile, le vote à main levée est la procédure en vigueur. Nul ne peut cacher ses intentions, du moins ses choix, aux yeux des autres.

À la question d’attaquer de front ou non la population surnaturelle de la ville, une certaine fébrilité parcourt l'assemblée. Je redoute cet instant, noyé dans un faible espoir.

Alors que certains se prononcent pour qu'une guerre éclate, aussi fermement que d'autres restent immobiles, quelques personnes sont hésitantes.

Les jeux de regards, les alliances invisibles et les secrets compromettants font pencher la balance des indécis en la défaveur de mes semblables. Une nouvelle fois, je lutte contre les sentiments de peur et de colère qui menacent de me faire faillir.

Les chasseurs se sont rassemblés, ils ont voté.
Et leur sentence est irrévocable.

Alors que le glas résonne encore dans ma tête, contrastant avec le soudain  silence de l’assemblée, la doyenne prend la parole. Elle semble partagée dans son jugement mais la majorité est toujours gagnante. C’est là tout son pouvoir.

Il est dit que les chasseurs se réuniront une nouvelle fois dans précisément trente et un jour. À cette échéance, une stratégie funeste sera déclenchée. Ce sera le début d’un génocide, d’une guerre sourde et aveugle. Violente.

Mes amis, tous ceux qui, comme moi, ne sont plus entièrement humains, des monstres aux yeux de nos ennemis, tous, sommes en danger. Et nous n’avons que très peu de temps pour nous préparer au pire.

Chacun expose ses plans les plus terribles, ses intentions les plus morbides. Il n’y aura qu’une issue à de tels agissements. La mort, dans ses aspects les plus pervers.

Je suis étourdi et terrifié mais je parviens à contenir mes émotions, puisant dans ma volonté et m’appuyant sur un tempérament calme par nature. Chris joue le rôle du mentor et veille à ce que je révèle pas la supercherie dont nous sommes les auteurs.

Lorsque la présidente du concile annonce la fin de la séance, il ne me faut que quelques instants pour sortir et apprécier d’être à l’air libre. Je crois avoir été au bord de la rupture.

Je laisse un instant Chris parmi ses pairs.

Un excès de violence qui ne me ressemble pas m’envahit lorsque les chasseurs passent devant moi en sortant de la bâtisse. Ils sont à portée de mes griffes et de mes crocs. Mais je ne suis pas de taille à lutter ni un bourreau.

L’homme que j’accompagne est parmi les derniers à réapparaitre dans le hall. Et il n’est pas seul.

Je tends l’oreille pour entendre des bribes de la conversation qu’il tient à la doyenne.

- Il est ici, déclare-t-il.

Je ne peux saisir que ces quelques mots avant qu’un petit groupe de chasseurs fasse gronder leurs motos en s’éloignant dans l’allée bordée d’arbres racornis.

Le bruit qui résonne contre la bâtisse attire l’œil avisé de Chris qui marque une pause lorsqu’il découvre que je porte mon attention à leur égard. Il salue la présidente du concile sans autre confidence. Je ne sais pas s’il se doute de mon indiscrétion ou s’il est simplement prudent.

Dans la voiture, un silence pesant s'installe. Chacun se remémore les paroles lourdes de sens qui ont été proférées. La menace non dissimulée du vieil homme au côté de la doyenne m'inquiète grandement.

- Tu t'en es bien sorti, me félicite Chris.

Je suis encore trop perplexe et bouleversé pour parvenir à répondre autrement qu'un simple merci de circonstance.

Sentant mon trouble, le chasseur me propose de contacter Chad afin que nous lui rapportions ce qui a été dit.

- Il m'a semblé que mon cousin n'avait pas totalement exposé ce qu'il a en tête concernant toute cette histoire, ajoute-t-il.

Je saisis mon téléphone pour appeler Chad en tentant de dissimuler ma réaction face à la supposition qu'il vient d'exprimer.

- Vous souhaitez qu'il nous rejoigne dans un endroit en particulier ? Demandé-je.

- Il y a ce restaurant français en ville, répond-il. Nous y serons au calme.

Chad répond immédiatement, rassuré de savoir que nous sommes sortis indemnes de cette réunion si particulière. Je ne souffre d’aucune blessure physique, pourtant, tout ce que j’ai entendu n’augure rien de positif et pèse sur ma conscience comme une condamnation inévitable.

Bien qu’il soit encore en convalescence, mon ami ne refuse pas de se joindre à nous.

Je crains que ce que nous allons lui apprendre ne l’aide pas à se remettre de sa blessure. Pourtant, la colère est force de mouvement comme il me l’a déjà évoqué.

Bien que le restaurant soit accueillant et chaleureux, l’ambiance de notre diner est austère. Rien de ce que nous pouvons dire n’est propice à un élan d’espoir et de sureté.

Chris et moi rapportons tout ce qui a été dit pendant le concile. Cela prend une autre dimension à la lumière des sensations que j’ai pu capter. L’hypocrisie et le mensonge de certains étaient très clairs pour moi. Le cousin de Chad corrobore mes propos avec ce qu’il sait des personnes présentes et des familles auxquelles elles appartiennent.

Pour Chad, les intentions des chasseurs sont insoutenables. Cela ne fait qu’amplifier le désir de vengeance qu’il nourrit depuis l’assassinat de sa mère.

Lorsque Chris se lève pour se diriger en direction des deux gérants, je profite d'être seul avec Chad pour évoquer ce que j'ai entendu à l'issue du concile. Arguant que nous pouvions lui faire confiance, mon ami propose d'interroger clairement le chasseur.

J'hésite un court instant lorsqu'il revient s'installer.

Notre entente est plus cordiale que lorsque je l’ai rencontré. Si je lui accorde plus de respect que quelques jours auparavant, je ne suis pas totalement serein. Confiance et défiance sont la ruine des hommes. En trouver le juste équilibre n’est pas une tâche aisée.

Chris note mon trouble et soutient son regard envers moi. Il émane de lui une assurance à la fois déstabilisante et apaisante, ce qui lui confère un certain charisme en toute circonstance.

- J'ai entendu ce dont vous et cette femme avez discuté, déclaré-je.

Je crains un instant d'être le sujet de leur échange. Mais il n'aurait pas révélé mon identité ni ma nature à son homologue. Cela aurait immanquablement causé une situation critique pour laquelle l'issue aurait été fatale. Pour moi, et peut-être pour lui du fait de sa trahison lors du concile.

Non, au contraire, j'ai senti une certaine connivence entre elle et lui. Comme cet échange de regard aussi bref que significatif que j'ai perçu lors des discussions houleuses qui se sont tenues.

Il attend que j’en dise davantage, sans tressaillir ni me laisser à penser qu’il savait pertinemment qu’il était écouté.

- De qui parliez-vous ? Demandé-je.

Chris nous regarde tour à tour, se questionnant sur la nécessité de me répondre pour ne pas dénigrer l’honnêteté souhaitée au sein de notre trio.

- Je mentionnais la personne que je poursuis et qui m'a suivi jusqu'à Beacon Hills, explique le chasseur.

- Celle qui vous a causé vos blessures, rappelé-je.

- C'est cela, confirme-t-il.

- Quel est le lien entre toi et Araya ? Interroge Chad à son tour.

- C'est elle qui m'a demandé de traquer cet homme, révèle son cousin.

L'intonation de sa voix ne fait aucun doute sur le caractère définitif de la sanction requise par la matriarche mexicaine.

- Et qui est-ce ? Continue mon ami.

- Son propre petit-fils, achève Chris.











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