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 Bien dans sa peau [PV Nikolai]

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Therence Garnet

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MessageSujet: Bien dans sa peau [PV Nikolai]   Lun 28 Mar - 20:19



Trompe-l'oeil
Des flammes. De plus en plus, partout. Le papier ne résiste pas à sa propagation, l’espace est ravagé, le recoin épargné en bas se fait lui aussi ronger petit à petit par de nouveaux flammèches, et bientôt il faut s'attendre à ce qu'il s'étende à la pièce voisine. Ma vision est obnubilée par cet incendie. Incontrôlable. Noir. Dans son mouvement, le feu grandissant dégage un bruissement haché et une légère odeur d'encre chimique...

Je lève simultanément le nez et le stylo bic de mon carnet pour m'imposer du recul. La feuille de papier est remplie d'esquisses de flammes. Je reprend vaguement conscience de l'agitation de la clientèle et des employés du petit café encore tranquille à cette heure-ci et dans lequel je suis venu me poser. Dans mon champs de vision, une silhouette immobile et un regard persistant m’interpelle. Je hausse un sourcil sur le bonhomme lambda qui stagne avec sa viennoiserie en main. Quoi? C'est pas un amateur d'art? Non, il regarde le bouquin qui trône juste à côté. Ah... "Criminel en série, autopsie d'un homme comme les autres". Je fais glisser le carnet aux flammèches sur le livre sans le lâcher des yeux. Je le sens me prêter quelques méchantes intentions avec mon air de vilain garçon et c'est pas pour me déplaire, surtout quand il détourne le regard mal à l'aise et file, mais je ne suis pas celui dont il devrait le plus avoir à craindre dans cette ville. En témoigne mes nuits hantée par des histoires d'horreur locale. Et puis j'ai des préoccupations nettement plus sages à l'esprit. En dessous, un plan et un début de rédaction, et un manuel de mathématique et ses exercices que j'ai abandonné il y a déjà de bonnes vingtaines de minutes au profits de mes gribouillis. J'ai un peu de mal à me tenir à la priorité que je m'étais fixé en venant me poser ici... Mais j'ai largement confiance en ma capacité à assimiler mes leçons pour reporter ça au second plan pour le moment. Je m'adosse mollement dans le dossier de ma chaise en noyant un soupir dans mon café. Tribal ou plus réaliste? Souple, ou un aspect plus rêche? J'hésite, mais ça fait déjà un moment que je réfléchis sérieusement à la question.

Mon attention est à nouveau dérangé, mais par le genre de présence qui percute la rétine. Et cette fois c'est à mon tour de jouer les voyeurs. Qu'est-ce que c'est que ça... J'en ai croisé des spécimens étranges depuis que je suis ici, mais celui là c'est un nouveau genre de bizarrerie.

Je ne sais pas qui du cimetière ou du musée de la bourgade vient de perdre l'un de ses résident. Le zombi boy se meut jusqu'au comptoir pour commander sa dose de cervelle quotidienne, à l'aise chez les mortels... Je ris intérieurement de l'analogie, mais ça m'étonnerais pas qu'il ne soit pas très "naturel" ce type...

Je le suis du regard en faisant tourner mon stylo entre mes doigts. Une fois, deux fois, et à la troisième, la mine retrouve résolument le papier. Monsieur veut se faire voir? Alors regardons ça! Il y a quelque chose de plus fascinant que décortiquer chacun des tatoo qui façonnent son faciès, aussi impressionnant soient-ils.
Je scrute sa figure. J'efface mentalement le superflu, analyse les mouvements de sa mâchoires et les jeux de lumières qui glissent sur sa peau pour passer outre toutes les taches d'encres et les volumes trompeurs, et ne tirer de ce portrait que les strictes lignes et dimensions du visage. Je travaille mon ébauche grossière, lignes après lignes.

Il n'est pas le premier que j'analyse de la sorte. C'est un jeu comme un autre d'étudier ce qu'il ce cache sous le far des filles trop pomponnées, essayer de rafraichir la beauté fanée d'une personne âgée, c'est quelque chose de plutôt spontané en fait, en tout cas pour peu que je prenne la peine de m'attarder sur autre chose que les premières apparences. La vache, c'est plutôt ardu en fait... Je lève les yeux une énième fois, et cette fois ci le type me regarde fixement. Oups? Non, je ne regrette rien. J'hésite à poursuivre mon analyse graphique ou y mettre fin maintenant que je suis repéré. D'un haussement de sourcil je l'interroge sur la question. Envie de jouer les modèles pour un inconnu? Je ne pense pas qu'il voit quoi que ce soit à mon gribouillage de sa place, et ça m'amuse. Je tapote du crayon le temps qu'il me faut pour faire mon propre choix, et un petit sourire satisfait, je referme le carnet que je fourre dans mon sac avec le reste de mes affaires, enfile mon blouson de cuir et je quitte le café non sans un regard malin pour Squelettor.

Sois pas blasé Le Tatoué, tire un trait sur ma provocation et bois gentiment ton café, je suis certainement pas le premier qui te capture de loin sans ton consentement. Et puis y a pas de quoi être outré, je m'échappe pas avec une photo prise à l'arrache qui sera relayée partout sur le net avec une légende farfelue comme il a due en faire les fraies. J'embarque avec moi un visage. Inachevé, mais un visage quand même, pas une stupide caricature de punk à chien digne d'un rigolo de court de récré. De la à dire que je suis parvenu à le dépouillé fidèlement, je ne suis pas celui qui pourra confirmer avec la frénésie artistique qui lui fait office de faciès, mais je le trouve pas mal réussi moi, ce portrait sans camouflage.

Bon... là dessus il serait peut-être temps que je profite de ma fin d'aprèm' pour vraiment aller bosser mes cours...

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MessageSujet: Re: Bien dans sa peau [PV Nikolai]   Jeu 31 Mar - 20:32

Bien dans sa peau
Ft. Therence Garnet
Un café. J’avais urgemment besoin d’un café. Une journée entière que je luttais. Mes yeux commençaient à avoir la vilaine habitude de se fermer sans prévenir, fourbes qu’ils étaient à s’associer de la sorte avec mon manque de sommeil. Hélas, dormir était quelque chose de bien trop lointain, surtout quand l’inspiration s’installait à vos côtés. De longues heures à la consulter et pas un seul regard pour l’horloge. La notion des heures étaient futiles lorsque l’on travaillait sur un projet. Je me souvenais d’avoir débuté mes croquis vers le milieu de la matinée, et avais l’agréable surprise de me réveiller avec une feuille collée sur la joue. Fourbes je vous dis. Le café allait devenir mon allié. Mon précieux allié.

J’ouvris la porte du café et jouais des coudes pour faire dégager les quelques parasites de là. Quelle était donc cette stupide habitude de butiner devant une entrée ? Sérieusement ? L’endroit était bien assez grand pour y voleter un peu partout. Un seul regard agacé suffit à les faire fuir dans des murmures effrayés pour certains. Mon allure de cadavres pas frais m’était d’une bonne aide. Encore quelques mètres et j’aurais le droit de m’installer tranquillement au comptoir. Je n’avais pas tout mon temps pour flâner, juste de quoi commander et repartir. A peine mon souhait formulé à voix haute, que la serveuse s’en allait dans de obscures contrées, essayant de mettre le plus de distance entre ma tête de tueur et la sienne apeurée. J’y étais tellement habitué, que cela ne me faisait ni chaud ni froid.

Mes doigts tapotaient le bord du comptoir, ricochant sourdement contre le bois, de quoi me faire passer le temps, et attirer les regards. En parlant de regard. Je n’étais pas aveugle, loin de là. Mon passé m’avait doté d’une vue curieuse, et cette tête brune ne m’avait pas échappé un seul instant. Déjà plusieurs minutes qu’il portait son attention sur ma personne, son crayon griffonnant sur son carnet. J’avais décidé de l’ignorer, mais voilà que nos regards se croisaient. N’allaient pas croire qu’il s’agissait de ce genre de contact visuel qui donnait envie de se jeter sur l’autre ou t’entamer une relation passionnelle qui causerait notre mort. Aux dernières nouvelles, nous n’étions pas d’un drama américain et j’aimais les filles.

L’éclat de provocation dans ses prunelles ne m’échappa pas et un sourire en coin étira mes lèvres, avais-je affaire à un emmerdeur, quelqu’un qui faisait partie des rares personnes intéressantes de cette ville ? Il ne me semblait pas avoir fait une erreur de jugement, voilà qu’il refermait son calepin. Monsieur avait osé esquisser un début de portrait de mon faciès, et il prenait la fuite sans me laisser le temps de protester. Mon café prêt, je m’en saisis rapidement. Hors de question que je laisse cet étrange spécimen me glissait entre les doigts. D’ordinaire, je laissais les gens me prendre en photo sans broncher, mais celui-là semble être un cas, une perle rare. J’avais encore une bonne heure à tuer.

« Hey Ken ! » m’exclamais-je, le rejoignant en quelques grandes enjambées. « Tes parents t’ont jamais appris à demander la permission ? Ou t’es le genre de stalker flippant qui dessine ses victimes ? »  Je ne le quittai plus du regard, bien décidé à lui dérober son carnet et contempler ce qu’il avait tiré de son observation. J’avais comme la nette impression que ce Ken sur pattes allait me donner du fil à retordre.

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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Bien dans sa peau [PV Nikolai]   Jeu 7 Avr - 23:42



You talkin' to me?
Tandis qu'un œil intrigué me fixe suite à quelques regards provocateurs, je fais tourner les feuilles de papiers le long de mon pouce en réfléchissant si oui ou non, je persiste à poursuivre mon délit de sale tête. Les dessins se succèdent sous mes doigts, des bouts de réels croqués au grès de mon quotidien dans cette ville.

Sur une page, les profils similaires et différents à la fois d'un visage d'homme aux traits incisifs et sauvages, un loubard rencontré autour d'un jus d'orange, et son deuxième visage de lycanthrope qu'il avait été le premier à me montrer se font face, cachant les esquisses des ruines d'une maison sur la page d'après. Ailleurs, ce sont les formes envoutantes d'une jeune femme baignant à demi dans un lac, et disséminés autour d'elle, les esquisses de lèvres tentatrices mais aux canines proéminentes et des mains délicates mais dangereusement griffues, sans faire deviner que le rencart d'une nuit bosse dans un garage, cachée dans un baggy et de la suie de moteur quand elle ne hurle pas à la lune. Encore plus loin, j'ai immortalisé sur plusieurs pages l'épopée d'une équipe de héros aux capacités grandioses, combattant à coup de griffes, d'épée, de flammes ou d'autres atouts une monstrueuse araignée qu'un œil curieux assimilera sans doute à un Tolkien revisité.

Et encore d'autres représentations d'un univers qu'on pourrait qualifier de fantastique peuple le carnet, des créatures mi-humaines, mi-animales, des mises en scènes épiques et cauchemardesques, parmi des scènes de vies et représentations beaucoup plus ordinaires. Le visage mal façonné d'un troll impopulaire du lycée, une femme au ventre rond simplement drapée de la tête au pied, les poses éloquentes d'un séduisant professeur croqué en catimini durant sa classe, une paire d'yeux dont un iris plus clair que l'autre que j'ai préféré raturé parce qu'il m'agaçait... Rien de très traitre au monde caché de Beacon Hill, pas vrai? Évidemment que non, parce qu'il ne faudrait pas être très net pour assimiler ça à une quelconque réalité. C'est seulement l’imagination débordante d'un jeune homme à la mine assez juste.

Je referme le carnet complété d'un énième visage ordinaire, et je quitte le café et la victime de mon insolent coup de crayon, l'esprit déjà ailleurs...

-Hey Ken!

Je m'arrête, aussi net qu'un coup de frein. Ken?... C'est moi qu'il appelle KEN?!

-Tes parents t’ont jamais appris à demander la permission ? Ou t’es le genre de stalker flippant qui dessine ses victimes?

Mais c'est qu'il sait causer, le rigolo d'outre-tombe! Et qu'il a de la répartie!

-Oh. Parce qu'il faut une permission pour sketcher un graffiti ambulant?

Je le reluque de haut en bas et de bas en haut, les mains sagement rangées dans mes poches.

-Un stalker "flippant" qui dessine ses victimes... Hin. Tu t'es pas regardé? Les gens te rate pas en tous cas. Mais ouais, qui sait? Si ça se trouve, je suis en manque de squelette pour remplir mon placard. Tu veux vérifier?

Cherche même pas à te défendre Squelettor, avec cette tronche y a pas moyen, tu ne peux que t'enfoncer. Mais je perd peu à peu mon sourire. Minute... c'est quoi ce regard sur mon sac... Je plisse les yeux, lui ne me lâche pas de ce regard difficile à déterminer sous ses airs de crânes vindicatif...

Je vois le coup venir et esquive sa main qui s'élance sur mon sac, j'évite de justesse la seconde qui enchaine dans la même intention, et à quelques pas de distances, je lui fais face en cramponnant fermement la sangle autour de mon épaule. Quelques secondes d'anticipation, chacun les muscles tendus et en appuies sur la plante des pieds, à juger le moment propice pour cogner... et je le devance : mon pied frappe vigoureusement le sol et je détale à toute allure à travers les passants.

Mais qu'est-ce qu'il croit, que je vais le laisser fouiller mes affaires?! Ce ne serait pas les gens ou les obstacles sur le passage qu'il m'aurait surement déjà attraper. C'est qu'il cours vite le mort-vivant! Et il est bien décidé à me chopper! Je souris fièrement en courant à travers le centre ville, le jeu est grisant. Mais mine de rien, je commence aussi à flipper, il a pas l'air prêt à abandonner.

Je bifurque et j'entre précipitamment dans la boutique de fringue en manquant de renverser une pauvre femme. Je connais assez les lieux où Bruny, une camarade de classe, m'a trainée quelques après-midi pour savoir que le magasin s'étend en longueur sur plusieurs portions de la rue et qu'il y a une deuxième sortie à l'autre bout. Je jette un coup d’œil en arrière pour constater que le gars aussi coloré que les fripes qui nous entoure poursuis sa traque. La vache, mais il lâche rien du tout! Je me glisse in-extrémiste entre deux portant pour poursuivre la route sur la rangée parallèle en riant franchement. Tu l'a pas vu venir, hein?... D'accord, j'avais pas vu venir que le springteur me dépasserait et m'imiterait pour me bloquer le passage. Je rêve où ça l'amuse?! Mais c'est sans compté sur mes réflexes. J'amortis ma course en pas maladroits mais repart au quart de tour en sens inverse : demi-tour! Je fuse à travers les rayonnages sous les regards de la clientèle féminine, subjuguée par la course poursuite d'un beau blouson noir et d'un punk zombi en rogne, tout en jugeant les mannequins de plastiques qui décorent les premiers étals de vêtements. D'un coup de pied bien calculé dans l'un, la Milo de Beacon Hill et ses clones chutent derrière moi sous les récriminations d'une employée, le temps que j’accède à la sortie du magasin.

J'ai à peine fais quelques pas en dehors de la friperie que le pas lourd et trébuchant du zombi frappe contre le bitume. Toujours là celui-là?... Oh m*rde, il me rattrape! M*rde, m*rde, M*RDE!!!  

Sans réfléchir, je pénètre dans un local et repousse brutalement la porte qui se bloque dans une protestation douloureuse... sur son bras à deux doigts de me chopper. Aouch!... Pas fait exprès, mais maintenant c'est difficile de le lâcher! Ce crétin s’agite en gueulant, et qu'est-ce que je peux faire sinon maintenir la porte de tout mon poids plutôt de lâcher la pression et risquer que le fou furieux en profite pour l'ouvrir et m'étriper pour de bon?! Y a ses doigts qui gigotent à quelques centimètres de mon nez comme dans un mauvais remake de film d'horreur. Il à le biceps solide le bougre! Le coeur battant, je pousse un soupir résolu et d'un seul mouvement, je me décolle, ouvre la porte pour lui laisser le temps de récupérer son bras, et je la claque comme il faut en la verrouillant de l'intérieur.

Profond soupir de soulagement. Ça vocifère derrière, mais hey, fallait pas me courser comme un dingue!... Bon, où-est-ce que j'ai atterri? La réserve d'un magasin visiblement, mais s'il y a quelqu'un dans les parages, il n'a pas encore noté ma présence. Alors je jette un œil prudent dans une pièce voisine pour être attiré par un petit puits de lumière en deçà d'un nouvel empilement hasardeux de cartons, cagots et marchandises invendables. Je lève les yeux sur la lucarne qui n'attend que moi, à demi-ouverte...


J’atterris à pied joins sur le sol crasseux de la ruelle de derrière, m'époussette vite fait, et puisqu'un regard sur les alentours jonché de poubelles et d'escaliers de secours ne me signale aucune présence, je reprend ma route avec un petit sourire triomphant en rajustant mon sac sur l'épaule et redisciplinant quelques mèches de mes cheveux. Hé, hé, mange toi ça le tatoué...

Ken 1 - Zombiboy 0!

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MessageSujet: Re: Bien dans sa peau [PV Nikolai]   Ven 8 Avr - 11:49

Bien dans sa peau
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Ken réussit à m’arracher un grincement de dents. Voilà qu’il s’amusait à me manquer de respect. Un graffiti sérieusement ? Mes tatouages étaient bien plus travaillés que toutes ces conneries que les pseudo-artistes osaient plaquer contre les murs de la ville.  Il ne perdait rien pour attendre. J’arquai un sourcil à sa remarque suivante. « Tu te crois drôle Ken ? J’pense que tu ne te rends pas compte à qui tu t’adresses. Mon placard j’ai tendance à rapidement le vider de choses inutiles dans ton genre. » Enervé ? Non. Agacé ? Sûrement. J’avais tendance à ignorer les personnes qui se moquaient de mon physique et de ce qu’il pouvait dégager comme idées, mais ce gamin s’amusait à me tourner en bourrique. Déjà qu’il se permettait de me dessiner dans un café, lors d’une de mes pauses, mais en plus il surenchérissait derrière. L’envie de m’emparer de son carnet pour l’arracher sous ses yeux me tentait bien, beaucoup même, je n’allais pas le lâcher de sitôt. J’espérai pour lui qu’il savait courir vite.

Bah tiens. Le voilà qui file comme un lièvre, j’avais à peine esquissé un mouvement pourtant. Soit. S’il voulait jouer à ça. Je balançai le gobelet dans les mains d’un sans-abri qui passait là et partis à sa suite. Mon physique me donnait un précieux avantage dans notre course, les gens avaient tendance à s’écarter rapidement à mon approche, trop effrayés pour chercher à comprendre. J’esquivai une grand-mère et son chien, sautant par-dessus un carton abandonné avant de relever mon regard vers Ken. Il avait du souffle le petit ! Mais ce n’était que le début, voyons voir comment il allait se débrouiller au fil des minutes. Mes yeux ne le quittaient plus, suivant le moindre de ses mouvements. Mais qu’est-ce qu’il foutait à se réfugier là-dedans ? S’il pensait que j’allais lâcher prise aussi facilement, il était naïf le pauvre. J’entrai à mon tour et observai les lieux, souriant en voyant un raccourci. Je m’y précipitai, le bloquant dans sa course.

Je ne pus m’empêcher de lâcher un rire en le voyant aussi surpris et crus enfin pouvoir l’attraper, mais il fit machine arrière. Mais merde, il voulait courir un marathon ou quoi ? J’allais pas le lâcher le bougre ! Lâchant un grognement, je repartis pour mon sport de la journée. Bordel, si j’avais su ! Je regrettais mis mes rangers, elles me défonçaient les pieds ! Si je les retrouvais en sang, il allait en prendre pour son grade. Heureusement que j’avais des réflexes, ce crétin avait fait chuter des mannequins de plastiques. Je sautais par-dessus, rattrapant mon équilibre de justesse avant de reprendre ma course. Allez viens là qu’on en finisse ! « Excusez ! » lâchai-je rapidement à la patronne des lieux.

Parfait. Nous étions de nouveau dans la rue, de quoi pouvoir accélérer en ligne droite. Il était fait comme un rat. D’accord, j’avais parlé trop vite. C’était qu’il était fourbe le Ken ! Toujours à s’enfermer dans des pièces, avais-je affaire à un lâche ? Je bondis sur le côté, pensant avoir la chance de le suivre. La bonne blague, mon bras avait été le seul chanceux dans l’histoire. Quoi que, cette porte me faisait un mal de chien. Je bougeai la main dans tous les sens, contractant mes muscles pour avoir un infime espoir de trouver la poignée. Bordel que ça faisait mal cette merde !

Eh merde. Il avait réussi à me claquer la porte au nez. Je jurai entre mes dents avant de donner de grands coups dessus, bien mécontents de ce revirement. Fallait vite une solution avant qu’il ne m’échappât pour de bon ! Je me tournai vers un gars qui portait des cartons et l’interpellai. Je lui demandai rapidement s’il bossait là. Affirmatif. Parfait. Je continuai en l’interrogeant sur une possibilité de ruelle. Affirmatif. Je le remerciai et escaladai le grillage, atterrissant souplement sur mes pieds pour ensuite reprendre ma route. Je m’arrêtai au tournant et penchai légèrement la tête en avant. Le voilà le petit Ken. Dos à moi. Une proie facile. Je pris une grande inspiration, régulant ma respiration avant de le suivre, à pas de loup.

Je finis par arriver derrière lui en l’espace de quelques minutes et d’un geste brusque, je lui arrachai sa sacoche. « Alors Ken ? On s’amuse à faire du sport ? Attention ton petit cœur va lâcher » ricanais-je en reculant, ne voulant pas lui donner de faciliter. J’ouvris sa sacoche pour m’emparer de son carnet. « Ah le voilà enfin. » Je lui balançai son sac, agitant l’objet recherché sous son nez. « C’est ton précieux Golum ? T’as couru pour le garder pour toi ? » Je le regardai « La prochaine fois que tu penses à semer un militaire, penses à être plus malin. »

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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Bien dans sa peau [PV Nikolai]   Ven 22 Avr - 22:13



Don't touch my stuff
-Tu te crois drôle Ken ? J’pense que tu ne te rends pas compte à qui tu t’adresses.

Wow... Ça, ça se veut être de la vilaine menace. Et je suppose que là, je suis censé jouer les effrayé. Pour lui soutenir le contraire, je roule des épaules en arrière et hausse un peu plus le menton en gardant le même sourire effronté.

-Mon placard j’ai tendance à rapidement le vider de choses inutiles dans ton genre.

Ah! Ah! Ah... Petit flottement incertain... Il me fait marcher.

Je scrute le mort-vivant en ayant du mal à retenir un petit... un infime doute. La scène aussi ridicule que glaçante du dit mort-vivant balançant un blouson de cuir en lambeau dans la pénombre d'un vieux et imposant placard s'impose à mon esprit comme un écho risible de souvenirs qui auraient pu être beaucoup moins drôles et que j'évite de trop me remémorer. C'est pas comme si je n'avais pas plus conscience que ce que je l'admettrais jamais qu'elles sont parmi nous et pas seulement sous notre lits, les créatures horrifiques susceptibles de conserver quelques bouts de macchabées dans une pièce obscure...
Je refoule tout frissons, j'ai pas à m'attarder sur ces détails, je... suis passé au dessus de ça de toute façon... ouais. Bref, je suis pris de doutes. Celui qu'il ait bien un cadavre à caché quelque part, et l'autre tout aussi plausible que je n'ai effectivement pas conscience du type de personnage à qui je me frotte. Il y en a qui pour ôter tous soupçons et faire leur petit effet n'hésite pas à faire reluire leurs oculaires. Lui... il continue de me fixer de ce même regard, froid mais inchangé, sans me fournir le moindre indice. D'un côté, avec sa tronche, il n'a pas besoin de pousser plus loin l'intimidation...

Mais je baisserais pas les yeux. J'ai pas peur des surnaturels, j'en connais, plusieurs, et je suis toujours là. J'ai pas non plus peur de sa face de revenant contestataire. Surtout en pleine rue et en pleine journée. Je garde mes distances parce que j'ai bien vu qu'il convoite mon sac, mais je devrais lui en foutre une pour laver ses sous-entendus qui l'air de rien, piquent méchamment mon ego.

-Je suis pas inutile, Tas d'os. Et j'ai pas besoin de me transformer en œuvre d'art vivante pour m'en donner l'illusion.

Je l'agace, ça se voit, mais il supporte le bougre. Peut-être qu'il me trouve puéril et se croit intelligent de se dire qu'amorcer la lutte, ce serait me faire trop plaisir. Il a pas tort, mais je cherche pas spécialement à donner des coups, c'est facile ça. Je cherche de quoi m'amuser... Alors puisqu'il le tracasse tellement ce gribouillage, on va voir jusqu'à quel point et jouer un peu le squelette et moi...

Je file à toute allure à travers le centre ville. Je collectionne pas les cadavres, j'ai pas de crocs ni de griffes et pas non plus de sens sur-développés, mais je cours vite et j'ai de l'endurance, et surtout une volonté sacrément tenace. Particulièrement quand il s’agit d'emm*rder les gens.
Tester les limites, relever les défis, j'adore ça, c'est la meilleure façon de juger autrui et d'apprendre à ce connaitre soi-même. Combien de temps avant qu'il explose ou qu'il abandonne? Je fuis, il me suit, je met des obstacles sur sa routes, ils les évite. Il est aussi coriace que moi! Ça me fais marrer, c'est excitant, mais ça accroit mes soupçons au fur et à mesure qu'il persiste et que moi, je commence à perdre de la distance et du souffle, et que mon environnement me permet moins de réserve. Il manquerait plus que je me sois réellement foutu un décérébré aux fesses... Ce serait pas le premier, mais reste à savoir dans quelle case le classer exactement, lui! Entre les loups instables, les parts sombres cannibales, je ne reparlerais pas des araignées et autres manifestations cauchemardesques... je crois qu'ironiquement, ce que je redoute le plus pour l'instant, ce sont les bourreaux toxicomanes tout ce qu'il y a de plus humain...

Personne. Je crois que j'ai réussi à le semer... Je quitte mon arrière boutique par la fenêtre, finalement plus satisfait qu'inquiet. Bah, il est pas si terrible tout compte fait, c'est juste un excentrique un peu susceptible. Une fois qu'on a jeté un œil voir posé un pied dans la face caché du monde, c'est facile de sombrer dans la paranoïa. Ce sera pas le premier que je prendrais pour ce qu'il est pas. Puis un surnat' qui se peinturlure à outrance comme un surnat', pour vivre en pleine jungle civilisé, ça fait très redondant. Non?... M*RDE! Qu'est-ce qu...

-Hey! HEY! Lâche ça!

-Alors Ken ? On s’amuse à faire du sport ? Attention ton petit cœur va lâcher


Je le regarde, perplexe, mon coeur qui joue du tam-tam dans la poitrine. Mais d'où il sort?! Je l'ai pas entendu venir! Et je lui en foutrait des Ken et des petits cœurs qui lâchent! Je m'élance pour récupérer mon sac qu'il me le balance, sans le carnet.

-Ah le voilà enfin. C’est ton précieux Golum ? T’as couru pour le garder pour toi ?

-Dis celui qui a couru son marathon pour l'avoir. Rend moi ça!


Mais vrai bouffeur de cervelles ou pas, je vais me le faire ce sale clown! Faut pas me prendre pour l'un de ces artistes qui sonnerait l’apocalypse parce qu'il y a une froissure ou une tâche sur leur cher papelard. Mais y a une règle simple et essentielle à connaitre sur moi.
On ne TOUCHE PAS à mes affaires!!!

Ma main fouette l'air dans l'espoir de récupérer le carnet qu'il agite devant ma figure, mais il me l'enlève, attisant mon impatience.

-La prochaine fois que tu penses à semer un militaire, penses à être plus malin.

-Plus malin qu'un militaire? C'est pas paradoxal ça?
ricanè-je en trépignant.

"Militaire". C'est censé m’impressionner? Il lâche ça comme un titre d'autorité, comme si ça sous-entendait qu'il ait servi un pays entier et vécu des trucs inimaginables pour le civil lambda je suis, et que par conséquent je suis pas taillé pour me battre contre lui. C'est carrément pédant de sa part... tellement que sous ses airs de monstruosité, y ai des chances qu'il y ai beaucoup moins de reliefs qu'il veuille bien s'en donner...

-T'es juste beaucoup de maquillage et de grands mots toi en fait...

Je teste voir si le monstre réagit d'une façon... particulière. Mais la mou pincée et le regard sombre, je soupire de frustration d'être traiter comme un mioche à qui on a volé son jouet, et je migre d'un pas lent.

-Et tu t'es battu contre quoi avec cette tronche? Une armée de damnés?

C'est ça, ignore moi avec ma répartie légère. Feuillette mon carnet plutôt... Juste ce qu'il faut pour me permettre de chopper cette poubelle par la poignet et te l'abattre dans le flanc!!!

Je sais pas si j'ai réussi à le toucher ou si dans un réflexe protecteur c'est son coude qui a tout pris, mais ça me permet de lui foutre une droite bien senti et agripper mon précieux. Alors, il sait pas cogner le Ken?! Je suis peut-être pas assez c*n pour me frotter d'avantage et inutilement à l'éventuelle énième bizarrerie, il est hors de question que je le lâche et me casse d'ici sans mon carnet!!!

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MessageSujet: Re: Bien dans sa peau [PV Nikolai]   Jeu 5 Mai - 12:13

Bien dans sa peau
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Moh regardez-le ce mignon petit kangourou qui bondit pour récupérer son carnet ! Un sourire étira mes lèvres avant de rapidement se faner. Il avait osé ce petit con. On ne se foutait pas de la gueule d’un militaire ! C’était bien la seule chose que je ne tolérai pas ! Il se permettait de se foutre de nous, mais franchement, qu’il se regarde un peu avant de parler. Un gars comme lui ne tenait même pas une semaine dans les rangs. Fallait être courageux et téméraire pour y arriver, j’allais rapidement lui faire ravaler sa grande gueule. Et voilà que de ses grands airs, il s’amusait à en rajouter une couche. Je lui foutais une baffe maintenant où j’attendais encore un peu, qu’il me chauffe encore davantage ?

Les sourcils fronçaient en le regardant s’éloigner. Il voulait vraiment me voir à l’action ? Etait-il assez stupide pour en arriver jusque-là ? Il fallait croire que oui. Il semblait tenir à ce précieux carnet, et s’il continuait sur ce chemin-là, il n’en récupérerait que des lambeaux. Quoi que… J’avais encore mon briquet sous la main.  

Je grinçai des dents face à sa dernière pique. Il allait trop loin. Les souvenirs fusèrent et je tâchai de les faire fuir. Hors de question que je me retape ces scènes horribles. La Russie, c’était du passé. Je n’étais plus un militaire dans leurs rangs, je ne tuais plus pour eux et je ne regardais plus mes camarades crever pour un simple bout de pays. J’allais répliquer quand un bruit métallique agressa mes tympans. Est-ce qu’il venait vraiment de me balancer une poubelle dessus ?! Quel idiot ! Mon coude ne lui avait rien demandé ! Je grimaçai en me forçant à bouger le bras. Rien de casser, Ken n’avait pas les muscles pour lancer aussi fort. Un ricanement me prit avant que son poing ne vienne saluer ma mâchoire. Aouch. Je ne l’avais pas vu venir celle-là.

Mes doigts resserrèrent leur prise sur le carnet. Il n’allait pas sortir vainqueur de cette bagarre, oh ça non. Je redressai le visage pour le foudroyer du regard, le poing serré, les dents grinçantes. « Oh toi, tu vas me le payer.. » A mon tour de le saluer par un coup de poing bien placé. Tiens, tu me diras si ton petit nez s’en est sorti vivant joli cœur ! Je repris le carnet en ma possession, le glissant sous mon bras avant de saisir l’abruti par le col, le plaquant contre le mur le plus proche.

« Je me suis battu contre des gars bien plus idiots et brutes que toi. Alors ferme ta grande gueule avant que je ne détruise ton joli minois. Tu ne sais pas à qui tu t’adresses. » Je le lâchai sans le quitter des yeux, attrapant mon briquet pour faire brûler cette flamme devant lui. « Et j’ai pas de remords à brûler ton carnet. »

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MessageSujet: Re: Bien dans sa peau [PV Nikolai]   Sam 7 Mai - 18:00



Entre deux feux
Mais qu'est-ce qu'il croit ce sale clown? Qu'il suffit de s'être encré de partout et louer des années de servitudes martiales pour m'éblouir et me calmer? Ça me fait marrer. Les types comme lui, qui ont besoin de se faire voir de façon aussi fantaisiste et qui échoue dans une caserne, ça cachent surtout des problèmes et de gros complexes. Et les gars qui ont des hontes et des cauchemars à cacher, ça ne me fout pas la trouille, ça me galvanise!
... A moins que sous ce maquillage d'horreur, je n'ai pas à faire à un homme ordinaire...

J'essaie de le surprendre en lui balançant une poubelle dessus, et peu affecté, il rit brièvement avant de faire la connaissance de mon point droit. Assez joué, tout ce que je veux, c'est récupérer mon carnet et me casser avant de découvrir quel genre d'atout possède les Zombis, s'il n'est pas un autre genre de carnassier surnaturel auquel je serais moins tenté de me frotter. Je suis pas suicidaire. Je tire sur le bloc, mais c'est qu'il s'y accroche aussi le bigre!

-Mais lâche ce p*tain de carnet! grognè-je.

-Oh toi, tu vas me le payer...

Son allure en général ne m'a pas assez impressionnée pour me tenir à l'écart, mais pour le coup, je frissonne au regard plus ombrageux, assassin, qui me fait face. Le temps de redouter la menace qu'un choc se répercute dans mon visage. B*RDEL! L'impact me fait tituber de quelques pas, je porte immédiatement une main à mon nez en grimaçant, et la vue du sang plus que la douleur m'aurait fait sauter sur ce c*nnard s'il ne m'avait pas pris de court et que je ne me retrouvais pas violemment acculé.

-Je me suis battu contre des gars bien plus idiots et brutes que toi. rage le combattant à la poigne solide, une proximité menaçante entre nos visages. Alors ferme ta grande gueule avant que je ne détruise ton joli minois. Tu ne sais pas à qui tu t’adresses.

Il ne rigole plus... Et moi non plus. Manifestement, j'ai ciblé fort en offensant sa vocation et ce qu'il a put vivre. Mais je ne perd pas pour autant ma hargne, mes yeux rivés dans le blanc des siens. A répéter quel danger il semble être, je persiste à douter que le militaire a besoin de faire gonfler le mystère qui tourne autour de sa personne parce qu'en réalité il n'a rien de si extraordinaire à cacher est n'est pas un vrai malade sous son far squelettique incrusté et son titre de soldat. Les déséquilibrés se font surtout passer pour des attardés mentaux ou des gens intègres, ils sont pas du genre à montrer à la face du monde quel genre d'horreurs les obsèdes et de quelles atrocités ils seraient capable, je parle par expérience... Soit pour mon propre bien, il dit vrai, et il mérite urgemment que je m'inquiète et m'attarde sur qui ou ce qu'il peut-être et ce que je risque à rester dans son sillage...
Il me lâche, mais c'est pour dégainer un briquet qu'il pointe devant ma figure. Je déglutis. Lorsque je sens la petite flamme me chatouiller le nez de sa chaleur, c'est un récit cuisant et effroyable qui me vient à l'esprit et me glace l'échine. Celui, trop détaillé pour avoir pu compter sur des nuits paisibles après y avoir eu droit, d'un homme-loup enfermé par des fous dans son foyer avec le reste de sa famille et qui n'ont pas pu réchapper à l’incendie...
Mais je reprend vie dès lors qu'il fait migrer le briquet prêts de l'objet de notre dispute.

-Wow, wow, wow! Tu fais quoi!

-Et j’ai pas de remords à brûler ton carnet.


Hésitation et regard noir. Tout à l'heure, quand j'ai dis que j'étais pas l'un de ces artistes qui sonnerait l’apocalypse parce qu'il y a une froissure ou une tâche sur leur cher papelard... J'y tiens quand même beaucoup à ce carnet!...

Je serre le point mais reste paralysé par son chantage. Je juge la petite flamme qui vacille, le bloc de papier, et le regard persuasif du crâne humain. Je pourrais encore me jeter sur lui pour le lui arracher, plus brusque et forcené que précédemment, mais mon nez me lance comme un rappel cinglant, et je ne suis pas sûr de gagner à ce petit jeu de vitesse. Le feu a ça de méchant que ça prend vite. Mais j'aime pas m'avouer vaincu. Je déteste m'avouer vaincu. Alors je rumine, je respire fermement, regarde à nouveaux la flamme, le papier, son regard, la flamme, le papier, son regard, la flamme, le papier... et je remue de la tête en râlant.

-Sérieusement? Tout ça pour un stupide dessin?! écartè-je les bras en exprimant franchement mon incompréhension.

Il serait prêt à foutre le feu à ce carnet parce que je lui ai tiré le portrait sans son consentement?!... Ok, peut-être l'avoir dévisager sans gène, lui avoir balancer mon sourire insolent et pris la tangente par mesquineries en guise de provoc' se suffisent comme arguments. Mais à y regarder de plus prêt, monsieur est en train de courir après trois coups de crayons! Et peut-être que lui en faire prendre conscience tempérera ses envies pyromanes? Non?!...

-Je comptais pas en faire un avis de recherche pour monstruosité, si ça peut te rassurer.

Tu l'as sens l'ironie, Monsieur je me peinturlure et je m'étonne que des gens s'en amusent?! Ce qu'il fait, ça revient à demander à un loup-garou de se balader avec son apparence secrète en plein milieu du centre ville, j'espère qu'il en a conscience. Et encore, c'est qu'un p*tain de dessin que j'ai fais, pas une photo qui deviendra le prochain buzz local!... Bon, peut-être que je vais modérer un minimum mes paroles. Tout le monde sera unanime pour dire que c'est celui qui a le carnet ET le briquet qui a l'avantage. Mais faut admettre qu'il n'a pas l'air bien malin. Je renifle en passant le revers de ma main sous mes narines sanguinolentes, lorgnant sur mon bien.

-Rend moi ce carnet maintenant.

Je tend ma main libre et agite les doigts pour appuyer ma demande. Je le lâcherais pas tant que je l'aurais pas récupéré. J'admets que le point positif dans la situation actuelle, c'est qu'aussi vindicatif et agile soit-il, il n'a pas l'air de vouloir me sucer la cervelle... Ça n'empêche que je le jauge avec méfiance. Et c'est une fois certain qu'il n'a ni crocs, ni griffes ou quoique ce soit du genre d'apparents et qu'il ne foutra le feu nulle part que je balance, l'air de rien.

-Oh. Et puisque je sais pas à qui je m'adresse : éclaire ma lanterne!

Sans mauvais jeu de mots.

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MessageSujet: Re: Bien dans sa peau [PV Nikolai]   Sam 21 Mai - 22:37

Bien dans sa peau
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Son point faible se résumait à ce simple carnet. Devais-je m’en montrer touché ou bien hilare ? J’étais partagé entre ces deux idées, les deux me paressant bien tentante. Jusqu’où pouvais-je pousser le jeu ? Il ne semblait pas prêt à me lâcher tant que je ne lui rendais pas son précieux, mais après ce qu’il avait fait… Aucune chance qu’il le récupère en si bon état. J’arquai un sourcil face à sa remarque et glissai le carnet sous mon bras, mes doigts attrapant la cigarette glissée dans ma poche.

Je fis glisser mon pouce sur le briquet, faisant naître cette flamme provocatrice qui dansait sensuellement devant ses yeux. « Rien à foutre de ce que tu voulais en faire le môme. » Je vins allumer la clope avant de ranger le briquet, rapprochant ce bout rougeoyant vers la première feuille venue. « J’en connais une qui va passer un mauvais quart d’heure. » Un méchant sourire étira mes lèvres.

Je ris en voyant sa maigre tentative. C’était loupé, il ne me faisait pas peur, il pouvait toujours réessayer. J’avais tout mon temps. Mon regard se posa sur sa main tendue vers moi, ses doigts s’agitant ridiculement dans ma direction. Voilà une bonne opportunité à saisir, encore. Je glissai le bout de la cigarette le long du papier, de quoi effrayer le papier qui cherchait à fuir cette soudaine chaleur. Hélas, le feu était bien trop gourmand et de la fumée s’échappa de cette feuille, les premières flammèches léchant le papier. Je retirai la première victime pour la poser dans sa main. « Tiens. Les autres ne vont pas tarder. »

Tiens, il me demandait qui j’étais. Il était bien étrange. Depuis quand demandait-on à connaître une personne qui s’amusait à vous pourrir la journée. Il était bien plus poli que je ne le pensais. Un point pour lui. « Nikolai. Baranov. Le tatoueur du coin si tu l’avais pas deviné. » lâchai-je avec une nonchalance toute calculée. J’éteignis la cigarette sur la semelle de ma botte avant de lui rendre son carnet, le balançant sans chercher à savoir s’il allait réussir à le rattraper. « J’ai rien contre les artistes, j’en suis moi-même un. »

Je me penchai légèrement vers lui. « Mais les emmerdeurs dans ton genre, je cherche pas à les connaître le môme. » Je me redressai. « File avant que je ne foute le feu à ton précieux petit carnet. »

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MessageSujet: Re: Bien dans sa peau [PV Nikolai]   Lun 30 Mai - 21:04



End of the game
-P*tain, mais arrête! ARRÊTE!!!

Le bout incandescent du tube de tabac qui effleure le papier signe le départ du feu. Pourquoi il fait ça ce c*n?! C'est un dessin JUSTE un dessin non d'un chien! Je lui ai pas volé son âme! J'ai peut-être été lourd en provocations, mais maintenant qu'on s'est tapé dessus et qu'il a eu ce qu'il voulait, je récupère mon carnet et on en parle plus! Il a pas à le cramer!!! Aïe! Je souffle, balaie de la main et agite la feuille qu'il me tend dans l'espoir d'en chasser les flammes, et j'en reviens sur le restant du carnet toujours entre les mains du dingue avec un regard paniqué en songeant au sort qu'il lui réserve. Mais c'est qui ce mec?!

-Nikolai. Baranov. Le tatoueur du coin si tu l’avais pas deviné.


Et pyromane à ses heures, je risque pas d'oublier...

Enfin il éteint l'arme du crime et me rend mon carnet. Je l'attrape maladroitement au vol, plissant les feuilles déjà malmenées dans mes gestes brusques, et lui jette un nouveau regard noir pour cet affront.

-J’ai rien contre les artistes, j’en suis moi-même un. balance t-il sans dédain mais en m'ignorant superbement avant de me confronter à nouveau à sa face de squelette. Mais les emmerdeurs dans ton genre, je cherche pas à les connaître le môme. File avant que je ne foute le feu à ton précieux petit carnet.

-Le môme? File?!

Je grimace, atterré d'être traiter en gamin.

-C'est pas moi qui me suis peint le visage à vie comme un ado en crise!

Pour qui il se prend avec ses gros airs en dehors d'un adulte responsable parce qu'il a failli se sacrifier pour notre beau pays? Un monstre d'Halloween?! Je conçois que c'est pas très mature de faire courir quelqu'un pour des feuilles, mais pour rappel il a complétement marché dans ma provoc'! Mais je préfère hocher de la tête et rire jaune, je suis plus très sûr de vouloir chercher la bagarre et qu'il me refasse son numéro de psychopathe au briquet en retour.

-T'en fais pas Squelettor, je tiens pas spécialement à faire connaissance moi non plus.

Je me tamponne le nez, je récupère mon sac, et mon carnet sauf et mon honneur encore entier, ça pourrait se terminer là. Pourtant je peux pas le laisser partir comme ça. Je le reluque en réfléchissant sérieusement.

-Tatoueur, hein? Et ça cache quoi tous ces tatouages?

Une envie de jouer les durs? Quelque chose en lien avec son passé militaire, comme une envie de revendiquer qu'il est revenu à moitié vivant de là bas? Une envie de changer d'identité peut-être? A moins qu'il cache quelque chose de moins... naturel que ça?
Je l'observe, longuement. Si on ne le cherche pas, il n'a pas l'air si agressif ou tenté de refaire des portraits quand il ne les brûle pas. Naturel ou surnaturel, ça ne change rien au fait qu'il soit doué dans son travail si je ne me trompe pas sur son compte.

-C'est toi qui a fait ça? Demandè-je en désignant son bras.

J'observe les designs complexes qui ornent sa peau. C'est net, c'est correct, c'est tout simplement excellent. Je grimace un peu à sa réponse. Je ne crains pas spécialement la piqûre, mais j'ai du mal à m'imaginer me perforer moi-même.
Monsieur a probablement envie de retourner boire son café sans être dérangé, mais moi j'en ais pas terminé, je viens juste de commencer d'une certaine façon... Je marche dans ses pas en poursuivant.

-Et t'as déjà bossé sur tout type de peau?

Je le lâcherais pas... je dois savoir...

-Tatoué sur des imperfections?

Je crois que je commence à piquer son intérêt. Dans le bon sens du terme cette fois. C'est pas comme si malgré mes détours, mon intention n'était pas un minimum prévisible... puis il est abordable pour un mort-vivant, il suffit seulement de s’intéresser à ses tatoo pour ce qu'ils sont et parler un dialecte qu'il connait!

-Des peaux abimées comme... heu... des restes de maladies, des blessures? Des tâches, des boursoufflures...

Curiosité morbide...

-... Des cicatrices?

Je m'arrête dans son dos, et l'incite à faire de même. Je ne le quitte pas des yeux. Pas avec cet intérêt débile avec lequel j'essaie de cerner ce qu'il est en mesure de faire, franc à mes heures, mais plus tellement assuré quand il s'agit d'aborder certains sujets. Je le fixe sérieusement...

-T'es pas du genre à poser trop de questions inutiles?

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MessageSujet: Re: Bien dans sa peau [PV Nikolai]   Ven 1 Juil - 10:54

Bien dans sa peau
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HRP:
 

Le voilà de nouveau indigné, n’allait-il donc pas s’en aller comme je venais gentiment de lui demander ? Allais-je devoir employer d’autres formalités pour qu’il prenne ses jambes à son cou ? Sérieusement, le jeu avait été drôle pendant un temps mais il avait touché à sa fin, et il était venu pour les joueurs de se retirer dans les vestiaires. Cela ne semblait pourtant pas au goût du petit Ken. J’espérais qu’il n’allait pas me faire répéter, je n’avais pas la patience pour. Je n’étais pas du genre violent habituellement, mais s’il continuait sur cette voie-là, je ne ferai qu’une petite bouchée de son joli minois de mannequin du dimanche. Ne lui avait-on jamais appris que provoquer n’aidait pas à s’en sortir vivant. Encore une remarque sur ma gueule et mes tatouages, et il finissait dans la poubelle.

Je desserrai les poings en le voyant se calmer, si je pouvais employer ce terme, il devait sûrement fulminer intérieurement. Je crus l’échange terminé avec son refus de faire connaissance. Je m’en voyais ravi et m’apprêtai à esquisser un mouvement de recul, lui tournant même le dos quand sa voix résonne de nouveau au creux de mes oreilles. Un curieux. Je levai les yeux au ciel, hésitant entre lui répondre ou l’ignorer pour rentrer chez moi. Mais il me laissait là une chance de lui faire comprendre que je n’étais pas un simple punk qui voulait attirer l’attention sur ma personne.

Mon regard pivota dans sa direction, s’accrochant au sien alors que je me grattai la joue. Il désigna mon bras tatoué et je vins l’observer un instant, admirant les motifs qui y dansaient froidement. « Ouais ça te surprend tant que ça ? » lâchai-je d’un ton presque fatigué « Ca cache un passé trop lourd et trop chiant à raconter, y’a des gens qui choisissent des journaux intimes ou des romans, j’aimais ni l’un ni l’autre, et j’étais doué pour dessiner. La peau est une bonne surface pour créer, j’ai pas gâché cette opportunité de faire comprendre aux autres que la vie peut marquer. » Je devais sûrement l’avoir perdu dès le début de ma phrase. En même temps, il était difficile de résumer une décision aussi difficile en quelques mots. Je n’y étais pas allé sur un coup de tête, je n’étais pas fou à ce point.

« Et non, je ne me suis pas tatoué tout seul. C’est le meilleur moyen de te foirer. » Certains osaient le faire, mais je n’avais pas voulu prendre le risque de me retrouver avec une atrocité sur mon bras, j’avais donc confié tout ce beau travail à un tatoueur expérimenté que j’avais rencontré lors de mes jeunes années. Celles où je prenais encore le temps de m’échapper du dortoir pour traîner dans les rues.

Pensant notre entretien terminé, je lui fis un simple geste de la tête pour le saluer avant de repartir dans ma caverne. Mais, encore une fois et décidément, le parasite n’en avait pas fini. Je pouvais entendre ses chaussures claquaient sur le sol dans un rythme trop régulier et bien trop proche du mieux. Et bam, nouvelle question. Et encore une autre. Autant vous dire que j’étais désormais partagé. On venait enfin me questionner sur ma véritable passion, sur ce que j’adorais faire de mes journées. Hélas ce n’était pas la bonne personne qui me les posait.

Il serait stupide de continuer à marcher s’il me suivait, autant s’arrêter cinq minutes pour lui répondre. Hm. J’haussai les épaules et continuai ma course. Je pouvais bien répondre en marchant.

Je vins jouer avec mon briquet, quittant la ruelle pour rejoindre la rue que nous avions parcouru au pas de course. « T’es bien obligé de t’adapter quand tu es tatoueur. Ça peut aller des jeunes de seize ans aux vieux de soixante ans. Donc oui, j’ai déjà tatoué sur pas mal de type de peaux. » Je me grattai sous le menton, qu’entendait-il par imperfections ? Il devait éclairer ma lanterne pour obtenir une bonne réponse de ma part. Ah. Quand on demandait gentiment. Je plissai les yeux dans sa direction. Je devais avouer que ses questions étaient étranges. Que cherchait-il au juste ?

Ses pas cessèrent et je vins faire de même pour ne pas le perdre. Je n’avais pas vraiment l’intention de parler dans le vide, c’était déjà assez ridicule de converser de la sorte.
« Oui déjà fait, mais je t’avoue que ce n’est pas du tout conseillé. Et les cicatrices sont souvent des bases pour certaines personnes. Tu sais, pour éviter de juste y voir quelque chose de déplaisant, ils préfèrent se le rappeler en y dessinant une signification. » Ce que j’avais fait sur mon dos.

Je me tournai vers lui. « Du genre comme toi ? Pas trop non. J’ai tendance à ne pas gaver les gens. Mais peut-être que tu as une explication à toutes ces questions. Une cicatrice à cacher peut-être ? » Je scannai son corps d’un bref regard pour rechercher l’endroit incriminé, mais si cette action était inutile tout vêtu qu’il était.

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MessageSujet: Re: Bien dans sa peau [PV Nikolai]   Jeu 21 Juil - 2:21



Une question d'image
Spoiler:
 

-Ça cache un passé trop lourd et trop chiant à raconter, répond le zombi à propos de ses tatouages dont je demande l'origine, y’a des gens qui choisissent des journaux intimes ou des romans, j’aimais ni l’un ni l’autre, et j’étais doué pour dessiner. La peau est une bonne surface pour créer, j’ai pas gâché cette opportunité de faire comprendre aux autres que la vie peut marquer.

J'avoue que l'idée de faire de sa peau un roman de vie, ça m'échappe assez. Mais je prend son explication comme elle vient, sans chercher à comprendre d'avantage ni juger. En tant qu'artiste, il doit avoir une visions un brin conceptuelle de la façon dont il intègre à son corps des morceaux de vécu. Moi j'ai d'autres desseins beaucoup plus pragmatique à l'esprit quand je songe à l'utilité d'un tatouage...
Comme masquer une cicatrice.

-Oui déjà fait, mais je t’avoue que ce n’est pas du tout conseillé. Instant de doute... Et les cicatrices sont souvent des bases pour certaines personnes. Tu sais, pour éviter de juste y voir quelque chose de déplaisant, ils préfèrent se le rappeler en y dessinant une signification.

Ouais. C'est le but.

-Du genre comme toi ? demande t-il en me faisant face. Je ne me sens pas de lui répondre, mais il a très bien compris. Cela dit, s'il est question de stigmate, il doit se douter que c'est pas plaisant à raconter, j'espère que je ne viens pas de déclencher sa curiosité outre mesure... Pas trop non. J’ai tendance à ne pas gaver les gens. Mais peut-être que tu as une explication à toutes ces questions. Une cicatrice à cacher peut-être ?

-Ouais.

Et je m'en tiens à ça. Je n'envisage pas de lui détailler mon petit problème, encore moins dans la rue. Mais le tatoué perçu pour son métier, et l'emm*rdeur devenu potentiel client... c'est tout naturellement que nous nous rendons dans sa boutique.


Oh. Alors c'est ici? J'étais déjà passé y a un bout de temps, déjà tenté par l'idée, mais l'endroit s'était manifestement fait cambriolé... Je m’abstins de commentaires. La taille du local me laisse deviner que le type bosse seul, et que tout ce travail est de lui. Il a le coup de crayon convainquant, et le rendu final sur les corps affichées ci et là l'est tout autant...
Je détourne les yeux d'un phœnix sublime mais qui ne déclenche rien en moi et à l’abri dans son local, sans un mot, je retrousse ce qu'il faut de mon t-shirt pour lui dévoiler le mal à traiter. Le vestige d'une blessure par balle. Un trou dans le bide, ça doit faire pâle figure quand on habite à Beacon Hill et qu'on est entouré de bestioles aux dents et aux griffes acérés. Pourtant moi, la tache et les reliefs qu'il en reste sur le flanc, à quelques médianes du nombril, c'est trop synonyme de honte, de colère et de trouille pour pouvoir l'assumer.

-C'est faisable?

Ça date maintenant, la blessure est parfaitement cicatrisée. J'avais été pris en charge rapidement, et j'ai eu la chance d'avoir eu a faire à de bons soins. Je le laisse juger avant de la soustraire à sa vue.

-Ce sera pas nécessaire pour le design, j'ai déjà ce qu'il faut.

J'ai seulement besoin de quelqu'un capable de le reproduire fidèlement et me le graver sous la peau. A la place de cette saleté.
Je lui touche deux mots sur mon idée. A première vu, qu'il se fasse un défis de reproduire ce motif ou que ce soit un jeu d'enfant pour lui, c'est positif. Pour ce qui est de la nature de ma cicatrice... il semble réfléchir. J'espère que ce sera bon, parce que c'est quand même pas la balafre du siècle! Et puis je suis pas douillé, du piquetage sur le bide ça a jamais tué personne!... Oui c'est mon premier tatouage : et alors?! J'ai jamais crains la piqûre.
Finalement son verdict est bon aussi. Je le soupçonne de m'avoir fait marcher...

C'est étrange, mais je me sens soulagé et anxieux à la fois. Je devrais être sceptique à l'idée de laisser ce travail à un quidam qui a failli ruiné mon carnet et est assez dingue pour courser quelqu'un par revanche, pas vraiment le genre de type à qui on confierait sa peau! Mais au contraire, laisser l'inconnu qui a assez de sa propre vie pour ne pas avoir à s’intéresser plus que nécessaire à celle des autres et qui se transforme en expert dès qu'on lui parle de sa passion, c'est tout ce qu'il me faut.
On bavarde prix et autre formalités, et j'abandonne le squelette à son travail. Il a sans doute quelques rendez-vous - même si je soupçonne qu'il y ai foule pour s’acharner à rattraper un curieux plutôt que garder son antre - et de toute façon j'ai des rajustements à faire. Je ne suis pas décidé du tatouage final et ne reviendrais le moment venu qu'en étant pleinement satisfait.

* * *

C'est une feuille et un dessin plus net que les brouillons qu'il avait bien failli cramer que je pose devant Nikolaï, ce que je lui reproche d'un regard au passage. J'ai longuement médité, mainte fois recommencé, parfois jusqu'à l'idée de base parfois pour un trait de trop ou de moins. Mais ce que je lui présente maintenant reflète enfin l'idéal que je veux pouvoir exhiber aux yeux de tous.
Le squelette considère un feu tribal à la ligne fuselée et souple, dont les flammèches partent en dents de scie ou se terminent en fourches. Je me félicite d'un élément mouvant, vivace, indomptable, qui roule et qui tourbillonne légèrement sur lui-même.

-Normalement, la base de la figure, ici, devrait couvrir la cicatrice. Lui indiquè-je le crochet qui porte l'ensemble des flammèches.

La base pointerait mon nombril et les flammes s’élèveraient sur mes côtes. Le tatoo ne devrait pas avoir l'air trop imposant, mais je ne veux pas qu'il bouche seulement la cicatrice qu'il doit remplacer. Je veux qu'il la domine et être sûr qu'on ne voit que lui pour ce qu'il est : un tatouage, une œuvre dans la peau. Et c'est sur cet aspect là que je compte sur les talents du russe.

Lorsque j'entre dans la salle adéquate, je cherche une déco approprié au zombi, cercueil, fantômes, des organes et des embryons dans des bocaux... Mais plus réalistement, c'est plutôt ses instruments de travail qui me retiennent de sortir toute mauvaise blague. Sait-on jamais de quoi est capable un tatoueur contrarié...
Je défis longuement la table sur laquelle je suis invité à m'installer avant d'abandonner mon t-shirt et m'allonger, puis je souffle un long coup. Je n'ai pas peur de passer sous les doigts de Nikolaï, je lui fais confiance pour ça. C'est autre chose. Ce que ma présence ici signifie. Le souvenir lié à cette blessure, ce qu'elle représente de faiblesse et de fragilité, les émotions qui en découlent secrètement, la fébrilité d'avoir ou non une influence là dessus... Être en mesure de déguiser une preuve d'impuissance en une force apparente.

Je suis préparé, et malgré tout je ne suis pas à l'aise que quelqu'un touche à cette zone. Ma réputation de bourreau des cœurs en prendrait surement un coup si ça se savait, mais hormis d'accidentelles mains baladeuses, il n' y a qu'une personne que j'ai laissé s'aventurer sur cette blessure depuis l'incident et l'hosto.

Je ferme les yeux et serre les dents lorsque le tatoueur s'attaque à l'affaire. Ça fait plus mal que je le pensais!... Mais cette sensation mesquine et aiguë de me faire inciser, c'est rien comparé à la douleur vive et profonde de mes cauchemars qui revient me hanter comme un fantôme coriace aux échos que provoque le dermographe. Aujourd'hui, elle doit la concurrencer. En cela, les piquetages sont bénéfiques. Cette douleur là, c'est l'affirmation du combat que je mène contre cet épisode de ma vie.

Et lui, le mort-vivant? Contre quoi est-ce qu'il s'est battu?

-Ça cache des cicatrices aussi? interrogè-je l'ancien soldat et désignant... lui-même tout entier. Beaucoup?

Ce n'est pas le casse pied qui provoque mais le citoyen ordinaire qui a vu une arme de trop près pour ce qu'il aurait du voir qui se rend compte qu'il n'est pas seul dans son cas. De toute façon, je suis assez mal placé pour lui manquer de respect.  

-Tu t'es déjà fait tirer dessus?

La question peut peut-être paraitre idiote, mais qu'est-ce que j'en sais de la guerre? Tout les soldats ne reviennent pas troués, il me semble. Je me demande surtout combien est-ce qu'il a eu la trouille en se trouvant face à une arme. Est-ce qu'il à déjà chialer tout son saoul en étant persuader y rester?...

-Est-ce que... ça marche? Psychologiquement, je veux dire. Est-ce que le tatoo change quelque chose, à propos de... l'image que tu as de ta blessure et de ce qui c'est passé?

Je n'aurais plus à craindre d'ôter mon t-shirt comme je n'ai jamais eu à rougir de le faire avant cet incident. Parce que les gens ne verront rien d'autre qu'une flamme noire dansant sur mon ventre, un caprice corporel, une nouvelle manière de flamber et me sublimer d'avantage. Mais lorsque je me regarderais dans le miroir, que je verrais ce tatouage... est-ce que j'y verrais vraiment autre chose qu'un voile d'encre censé recouvrir les vestiges d'une plaie rouge et brulante, le flingue pointé sur moi et le taré à l'autre bout de la détente? Et si ce rituel se révélait inefficace au bout du compte?...
Je ne dis rien, mais je redoute l'instant ou il piquera sur la cicatrice même. J'essaie de réorienter mes pensées.

-C'était lequel ton premier tatouage? Difficile de deviner vu le puzzle... Pourquoi faire? Délire d'ado?

Je le dévisage avec grand intérêt. Je suis curieux, mais si on doit passer deux heures dans le silence, ça risque de vite devenir ennuyeux! Alors habitué à la sensation qui me chatouille méchamment les abdos, je ponctue mes égarements pensifs d'interrogations à son propos. Ce n'est pas ce qui me manque vu l'étrangeté du personnage...

-Il suffit pas d'avoir une plaque militaire et des tatouages pleins la face pour effrayer les gens... le reluquè-je sans gène depuis un bon moment. T'es quoi?

Je hausse un sourcil sous l'évidence. C'est pas la peine de jouer les ignorants, il sait de quoi je parle. Il sait forcément de quoi je parle. Un mec comme lui, même si ça n'est pas un surnaturel, ça a forcément du être y confronté, je sais pas, il... en a la tête. Puis il doit connaitre quelques individus difficiles à approcher, des gars de l'ombre, des marginaux, et il doit bien y en avoir dans le lot. Quant-à moi, il a réussi à me calmer avec un petit briquet, alors je vois pas ce qu'il risque à me le révéler franchement!...
Ne prétends pas pouvoir parler de cela sous prétexte que tu en sais davantage que la plupart des habitants de Beacon Hills. m'avertis la voix posé mais glaçante du prof Hale alors que je l'avais interrogé avec la même inconscience quelque temps auparavant. Je nie le rappel d'une grimace. Je peux discuter de ces choses là en paix! Je suis curieux. Et têtu. Je lâcherais pas l'affaire avant que mes soupçons ne soient confirmés...

Je ne le lâche pas des yeux et accentue mon impatience en tapotant régulièrement des doigts sur le cuir de la table. Alors? T'es quel type de surnaturel? Avoue le!

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MessageSujet: Re: Bien dans sa peau [PV Nikolai]   Jeu 11 Aoû - 19:28

Bien dans sa peau
Ft. Therence Garnet
Une réponse claire et nette, fallait pas chercher plus loin avec lui. Ainsi le joli cœur avait quelque chose à cacher, intéressant. Il avait piqué ma curiosité d’artiste. Comment un Ken dans son genre pouvait-il se blesser au point de vouloir camoufler les dégâts ? Et sans que je ne puisse expliquer pourquoi, nous nous retrouvâmes dans mon salon de tatouage. Mains dans les poches, je le laissais contempler les dessins plaqués au mur. Je faisais abstraction du bordel qui régnait toujours au sol. Je n’avais pas eu le temps de ranger depuis l’incident du clébard. On ne prononçait aucun mot inutile, j’attendais seulement qu’il se décide à me montrer mon plan de travail.

Un impact de balle. Je ne pus dissimuler ma surprise sous mes tatouages alors que mon regard avait du mal à se détacher de cette cicatrice. Je savais bien que je ne pouvais pas poser de questions à ce sujet, c’était malpoli et absolument pas professionnel. Mes dents mordirent l’intérieur de ma joue pour garder cette question secrète. Je me penchai légèrement en avant, mains dans les poches, pour observer plus en détail la cicatrice. « C’est carrément faisable. La cicatrice est vieille donc bon, il n’y a pas de risques d’infection, complications dans ce genre-là. »

Je me redressai, prêt à lui demander ce qu’il attendait de moi, mais il coupa court à ma demande. Monsieur avait déjà tout prévu, à croire qu’il avait cherché la course-poursuite pour mieux m’attraper. Originale comme façon de se trouver un bon tatoueur. D’un haussement d’épaules, je lui fis comprendre que tout était bon pour moi et qu’il devait seulement me donner la somme nécessaire s’il voulait que le boulot soit fait avec expertise. Je n’étais pas un saint, je n’aidais pas mon prochain sans gagner quelque chose en retour. Je n’étais pas fou non plus.
Le gamin fila enfin et je pus retourner à mes activités. Je devais tout de même avouer qu’il m’avait intrigué. Je passais le reste de ma journée à me poser des questions sur cette cicatrice. Bordel, j’avais pas que ça à faire de ma vie.

|||

Ah bah c’était pas trop tôt. J’avais bien cru qu’il n’allait jamais revenir le gamin ! Trop effrayé par ma tronche ou mes idées étranges, j’avais l’habitude. Mais le voilà. Toujours avec sa gueule d’ange. Quelle surprise. Je me demandais s’il n’était pas réellement fait de plastique pour ne jamais changer de tronche comme il le faisait. Un jour, je découvrirai ce qui se cachait sous cette peau parfaite. Trêve de bavardage. Je me penchai sur ce qu’il me présentait et haussai les sourcils en voyant le motif. Il était doué le petit gars. J’ignorai royalement son regard de chien enragé. Son carnet aurait fait un magnifique feu de joie.

Je passai mon doigt sur les courbes de son dessin, les détaillant avec patience, m’imaginant l’aiguille à la main. Enfin quelque chose d’intéressant à graver sous la peau. J’en avais un peu marre des tatouages ridicules qu’on me demandait souvent. On connaissait tous les idiotes de service qui demandaient à se faire tatouer le nom de leur chérie sur le cœur avant de revenir quelques semaines plus tard. Eh ! C’est trop tard ma vieille, faut assumer ta connerie jusqu’au bout. Ou encore le gars bourrait qui m’avait demandé de lui dessiner une magnifique représentation de lui et de son chien en train de s’amuser sur le canapé du salon. Rien d’innocent.

Je l’écoutais attentivement, notant ses informations dans un coin de mon esprit. « Oui ça semble assez logique. » Il camouflait complètement la cicatrice. Malin le Ken. J’hochai la tête pour lui dire que j’étais d’accord avec son idée. Il fallait donc qu’on se mette au boulot, il ne me demandait pas quelque chose de simple le bougre. Je le poussai légèrement pour qu’il se décide à s’installer. « Tu te dégonfles ça y est ? » Je ricanai en l’entendant souffler. « Eh c’est bon j’vais pas te scalper non plus. Le ventre est pas la partie plus sensible alors calme-toi bichon. Et puis une fois fini, tu pourras être fier. J’ai bien vu que t’es traumatisé par ce trou dans ton ventre. » Mais je ne te demanderais jamais pourquoi.

Je m’installai sur mon fameux tabouret et allai me stériliser les mains. Une fois cela fait, j’enfilai mes gants en latex et attrapai de quoi lui désinfecter le bide. Je pouvais déjà sentir sa peau frémir sous le coton. Une fois la chose à la poubelle, j’attrapais le calque et l’appliquait sur sa peau. L’encre violette était bien appliquée sur sa peau. Parfait. L’aiguille en main, je fis quelques tests pour voir s’il supportait la douleur. Malgré les grimaces qu’il me faisait, il ne semblait pas sur le point de s’évanouir.

Je tatouais tranquillement, concentré sur mon travail quand Ken prit la parole. Il me posait des questions sur mes tatouages. Un mince sourire étira mes lèvres alors que je levai l’aiguille. Je lui lançai un bref regard. « Oui j’en ai. » lâchai-je avec nonchalance, reprenant mon boulot. « Plusieurs dans le dos à cause d’une bombe vite faite par quelques gars qui voulaient se la jouer rebelle. Puis une autre sur le torse et sur le bras. Un ivrogne qui a voulu me planter à la sortie d’un bar. » Oui une chic vie que de passer le début de ta vie dans les quartiers pauvres de la Mère Russie.

Je pris un certain temps à répondre à sa seconde question, me demandant si les tatouages avaient réellement changé la vision que je me faisais de ces marques dans ma peau. Je me souvenais de la première fois où je m’étais regardé dans le miroir lors de cette toute dernière transformation. Un gars tatoué en squelette. Sur le coup, je m’étais seulement pas reconnu. Je m’étais demandé qui était ce type qui s’était fait un remake d’un film de mort-vivant. Puis je m’étais concentré sur chaque tâche d’encre sur chaque os, sur chaque insecte… J’étais un survivant et ces dessins prouvaient que je n’avais plus peur de rien. Mes amis, mes ennemis, mes peurs, tout ça se trouvait désormais sur mon corps et je me sentais plus fort. J’avais surmonté toutes ces épreuves, j’avais dit adieu à mon ancien moi, à ce lâche.

« Oui. Pour moi ça a marché. Tu ne vois plus ce défaut sur ta peau, mais une esquisse qui te marque, qui a une réelle signification pour toi. Ca peut tout changé, comme ne rien changer. Ca dépend si le tatouage choisi représente quelque chose de précis pour toi. »
Eh oui, ce n’étais pas un remède miracle que de se faire tatouer. « Mais si tu veux mon avis, en voyant le résultat final de ton tatouage. Franchement, tu vas peut-être me traiter d’idiot, tes flammes me font penser à une renaissance. Comme le phénix quoi, mais en plus épuré. »

Je croisai brièvement son regard, très sérieux. Je continuai d’embellir sa peau de mon encre, lui prêtant toujours une oreille attentive.

L’aiguille quitta son plan de travail tandis que j’inclinai la tête sur le côté, lui exposant mon cou. Je lui montrai un corbeau qui semblait prendre son envol. « Le voilà mon premier. Je t’avoue qu’on le voit plus vraiment. Mais c’était pour prouver à mon père que je me cassais définitivement de son autorité et de sa vie. » Je grattais ma joue avant de soulever mon t-shirt pour lui montrer mon abdomen « et le R.I.P là, c’est mon dernier. C’était pour l’un de mes potes qui a pas survécu. »

Je repris mon travail sans rien ajouter, ne voulant pas le faire attendre. Je me concentrai donc enfin sur son ventre, mais il aimait parler. Bordel mais qu’est-ce qu’il me chantait là ? J’étais complètement perdu. Et pourtant l’aiguille restait bien en place, continuant le travail. « T’as fumé ou quoi ? Qu’est-ce que tu me chantes ? Tu penses que je suis quoi d’autres à part un tatoueur ? Un mangeur d’êtres humains ? » Les minutes passèrent sans que je ne dise un mot, puis mon poignet se figea et je relevai doucement la tête vers lui.

Les yeux dorés de Maxine me revinrent en mémoire, tout comme ses crocs effrayants et cette allure animale. Cette chose que je n’avais jamais su expliqué et qui m’avait effrayé jusqu’à me faire fuir. Je ne l’avais pas revu depuis. J’avais tout fait pour oublier, c’était bien trop flippant pour que je m’amuse à y penser. Et j’allais garder ça pour moi. « Si tu pouvais arrêter de délirer, j’aimerai finir ça avant la fin de la journée. »

Mais il m’était difficile de me mettre à fond dedans. Ses questions résonnaient dans mon crâne comme des parasites tandis que j’esquissais les courbes des flammes. Ca allait me rendre fou. Deux longues heures passèrent durant lesquelles je n’étais pas dans mon état normal. Mes doigts étaient crispés sur l’aiguille, ma mâchoire serrée et ma jambe tressautait contre le sol. Merde.

« Terminé. » lâchai-je rapidement avant de m’éloigner de lui pour chercher la pommade et le reste de ce qu’il me fallait. « Ca risque de te faire mal pendant deux jours je pense. Faudra mettre de l’arnica et de la crème hydratante pour que ça cicatrise comme il faut. Et tu te mets pas au soleil aussi. » Voilà. Il était emballé comme un bon filet de veau et je le laissai se rhabiller. « Je te retrouve au comptoir. »

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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Bien dans sa peau [PV Nikolai]   Lun 22 Aoû - 13:55



Skin
Me faire tatouer, ça m'a obsédé pendant l'année de mes quinze-seize ans. Pour faire comme certains potes, par rébellion, pour le plaisir de marquer ma peau... J'ai faillis sauter le pas à plusieurs reprises, ce n'est pas la crainte qui m'en a empêchée. Pourtant aujourd'hui encore, alors que je retrouve le tatoueur du coin, ma peau est vierge d'encre.
Je n'ai jamais su me décidé sur le motif qui allait m'accompagner à vie. Une moto, ma liberté chérie, celle qui roule et me porte quelque soit la distance et les obstacles? Une pierre précieuse vive et robuste, comme un infime héritage et une autre façon de briller aux yeux de tous? Un animal? Je voulais me faire tatouer un animal. Un prédateur, une bête forte et maligne, qui en impose, que l'on respecte. Un tigre? Un aigle? Un... loup? Ça m'a traversé l'esprit, bien avant de me douter les traces de quels genre de créature je foulerais. Mais en roi autoproclamé, je crois que c'est d'avantage pour un lion que j'aurais opté à cette époque. Et pourtant... est-ce que j'étais sûr de me sentir assez lion pour l'exhiber?

C'est n'est pas d'un désir de jouer les œuvres d'art que m'est venu cette envie de tatouage. Je voulais avoir quelque chose à montrer moi aussi, quelque chose à dire sur moi, comme d'autres le font! Ça doit prendre racine quelque part, être une représentation qui fait sens. Mais qu'est-ce que j'avais pu vivre qui puisse justifier le signe que j'aurais choisi? Quelle valeur ais-je à défendre? Qu'est-ce que j'ai à montrer?...
Je n'appartiens à aucun clan, je n'ai d'affinité à personne pour partager un symbole. Je n'ai rien accompli d'extraordinaire. Je me cherche. Et cette absence de tatouage n'en est qu'une preuve désolante.

-Tu te dégonfles ça y est ? Je lorgne méchamment sur le squelette qui coupe court à mes pensées. Eh c’est bon j’vais pas te scalper non plus. Le ventre est pas la partie plus sensible alors calme-toi bichon. Bichon?! Et puis une fois fini, tu pourras être fier. J’ai bien vu que t’es traumatisé par ce trou dans ton ventre.

-Je suis pas traumatisé.
râlè-je. Je ne laisserais personne me réduire à l'état de victime. Et personne n'aurait le sourire au lèvres de s'en tirer avec ce genre de blessure. Ma réaction est juste... normale. Enfin, est-ce qu'un osselet peut comprendre ça?

Ponctuè-je d'un sourire railleur. Je m'installe sans plus d'animosité et laisse l'artiste se préparer. Il y a peu de bruits dans la sale, seulement une radio qui diffuse doucement, et le bruissement de ses gants et de ses instruments. J'entends presque mon cœur battre et l'air embaumé d'odeurs chimiques infiltrer mes poumons... J'ai le sentiment désagréable de me retrouver sur une table d'opération. De retourner à l'hosto à cause de cette stupide balle dans le ventre... et dans le fond, quand je sens le squelette triturer dans la zone à guérir, je me dis que c'est presque ça. Chirurgien, tatoueur... chacun dans leur domaine, à leur façon, leur boulot consiste à réparer des blessures. Je grimace au contact de l’aiguille. Pas douillé, mais pas non plus totalement insensible... Et dire qu'il y en a qui en redemandent!

-Oui j’en ai. confirme t-il avoir ses propres cicatrices sous cette couche excessive de graffitis. Plusieurs dans le dos à cause d’une bombe vite faite par quelques gars qui voulaient se la jouer rebelle. Puis une autre sur le torse et sur le bras. Un ivrogne qui a voulu me planter à la sortie d’un bar.

-... Wow.

Dire que quand je me suis fais salement écorché le bras au cours d'une bagarre y a quelques année, je m'en suis vanté des semaines auprès des potes. C'était un temps ou je pensais que les loup garous ne se trouvaient que dans des films, et des dingues dans des quartiers pauvres et mal famés dans lesquels évidemment je ne me serais jamais trouvé au mauvais moment que pour en sortir en héro... Il mérite peut-être plus de considération que je n'étais prêt à lui en donner jusqu'ici le militaire...

Mais cette marque que je me coltine, ça n'a rien d'une petite entaille qui passe comme autant de cicatrices qu'un gamin casse-coup et bagareur hérite au cours de sa vie. C'est une erreur que je dois cacher... Mais si par jeu d'illusion elle disparaitra aux yeux des autres, qu'est-ce qui me garantis que je pourrais rééllement cesser de voir au delà du trompe l'oeil?...

-Oui. Pour moi ça a marché. Tu ne vois plus ce défaut sur ta peau, mais une esquisse qui te marque, qui a une réelle signification pour toi.

Je me dis en le regardant que si un mec comme lui a pu camoufler la presque intégrité de son corps, je n'ai rien à craindre de mon côté, ni de l’aiguille qui me perfore la peau, ni du moindre regret. Ses paroles me rassure. Enfin, pour un temps seulement...

-Ca peut tout changé, comme ne rien changer. Ça dépend si le tatouage choisi représente quelque chose de précis pour toi.

-... Mouais, je vois.

-Mais si tu veux mon avis, en voyant le résultat final de ton tatouage. Franchement, tu vas peut-être me traiter d’idiot, tes flammes me font penser à une renaissance. Comme le phénix quoi, mais en plus épuré.


-... C'est pas un Phoenix. me contentè-je de rigoler. Le Phoenix renait de ses cendres. Ça suppose qu'il est mort avant de revenir à la vie. Moi je suis pas mort...

Je suis toujours là, bien vivant, et je ne peux que me vanter de l'avoir frôler. Et encore, je ne suis pas sur que quelqu'un qui ai vécu la guerre, quelqu'un qui connaisse et ait eu à subir la réalité de cette ville, puisse considérer que finir dans les vapes d'une balle dans le bide ça signifie réellement avoir échapper à la mort. C'est pas comme dans les films où le héro sombre dans un coma plein de suspense avec sa belle qui le pleure au pied du lit jusqu'à un miraculeux réveil. C’était pas comme ça pour moi. C'était... bête. Et pathétique...

-Je me suis fais tirer dessus par un toxico.

Il n'a rien demandé, je sais. Et c'est justement pour ça que je me décide à briser le silence.

-On allait au même cours de criminelle à la FAC, et... il a pas apprécié que j'attire trop l'attention d'un de ses modèles.

Nikolaï n'est pas le genre de curieux malsain qui essaie de voir entre les rideaux d'une vie et qui juge et s'en délecte. Il fait juste son boulot. Que cette cicatrice l'intrigue, ce qui n'est pas étonnant, n'empêche que c'est un inconnu qui s'occupe d'un autre inconnu, et qui n'aura pas à se sentir concerné ni ne trouvera d’intérêt dans ce morceau de vécu. Être tatoueur, c'est un peu comme être médecin après tout. Au même titre que le doc ou le barmans aux remèdes à divers degrés, le tatoueur doit en entendre passer des confidences. Un tatouage, une histoire...

-Le soir en rentrant chez moi, j'ai découvert la porte de l'appart' défoncé. En entrant, je me suis pris un coup sur la tête, et quand je me suis réveiller... j'étais je ne sais où. Ce type était là, armé. Et il voulait clairement m'en faire baver avant de me tuer...

Il avait préparé une bate de baseball, un couteau et un révolver. Le chien sur la tempe, il m'a trainé devant un bassin pour m'y plonger la tête à répétition. Parce que je ne méritais pas de vivre selon ses dires de camé...
Un bras sous la nuque, je regarde fixement le plafond. La piqure qui me poinçonne frénétiquement l'abdomen m'ancre au présent à la réalité du local et m'évite de me noyer dans un bassin imaginaire...

-... Il avait un flingue. Heureusement, notre prof est arrivé à temps. Je... j'aurais du la fermer, mais je voulais seulement me sortir de là, et... le camé a pété les plombs.

Et le résultat se trouve entre ses doigts.
Il n'y a rien dans cette histoire dont je puisse me vanter. Rien d’héroïque ou de courageux, je ne me suis pas fait tiré dessus au cours d'un terrifiante braquage, je n'ai pas miraculeusement survécu à une perte de sang excessive, je ne me suis pas trainer tout seul jusqu'à l'hosto. J'ai provoqué un drogué comme je provoque tant de monde que je ne peux pas m'en rendre compte, je me suis fait assommé chez moi, embarqué dans une usine désaffecté, laisser un fils de... me passer à tabac et me noyer à sa guise! J'ai essayé de parlementé avec lui en comprenant que ma vie dépendait du peu de raison qui pouvait lui resté, et il m'a fait comprendre que je ne valais rien de plus qu'un morceau de viande... je me suis caché. J'ai demandé à pouvoir partir. Je me suis fait tiré dessus... Notre enseignant surnaturel à retiré la balle à l'aide de ses griffes avant de m'emmener à l'hosto, et une fois sain et sauf, j'ai trouvé le moyen d'envoyer bouler mon sauveur et accessoirement la seule personne qui était assez concernée et en mesure de s'inquiéter de mon sort à ce moment là.

-Je ne suis pas mort. Et j'ai survécu à rien du tout. soupirè-je. Si mon prof était pas arrivé, je serais pas là en train de me faire tatouer.

Je garde longuement les yeux fermés, reconnaissant de l'absence de jugement du tatoué. Je me concentre sur les chemins qu'empreinte le graf', les ondulations qu'il modèle consciencieusement sur l'imperfection. Je n'ai encore jamais parlé de cette histoire à personne, il n'y a qu'Adriann qui sache. Et je n'ai jamais envisagé de me confier jusqu'à maintenant. Certainement pas avec qui que ce soit qui me connaisse un peu trop.

-La nuit qui a suivie, j'ai fais un rêve. C'était assez barré, un psy dirait que c'était le contre coup je suppose. Mais je sais que ni moi, ni aucun des garçons qui a participé à l'aventure ne pourra jamais considérer cette virée onirique comme un vulgaire rêve. J'y avais pas mal de super pouvoirs dont celui de balancer des flammes.

Je ris de la puérilité apparente de mon choix. J'admets qu'il y a plus impressionnant que de se prendre pour un super héro dans ses rêves et d'en faire son symbole!...

-Mais mine de rien, ça n'incite pas l'ennemi à s'approcher! Ça demande de la maitrise, et c'est redoutable! Dévastateur...

Non, mon choix n'a rien de puéril. En plus d'être au summum de la classe et l'invulnérabilité que ce don me faisait ressentir, le choix du mentaliste qui a confectionné mon badge... notre badge, à Liam et moi, à su représenter bien plus que la puissance de notre capacité onirique. Il a su mettre en relief, littéralement, ma composante la plus représentative. Le feu est mon élément. Je suis un feu, une énergie pure qui irradie et qui conquis, un élément puissant, on n'y touche pas sans s'y brûler! Un petit sourire en coin m'arrive en plaignant avec affection celui dont je ne me lasse pas d'être effleuré mais qui pâtis le plus de mon caractère impétueux...

Ouais. Je ne renais pas de mes cendre comme le Phoenix, je suis un feu bien plus ordinaire. Mais je suis ma propre lumière, et ma propre force. Telle est l'histoire du premier tatouage de Therence Garnet.
... Et le sien?

-Le voilà mon premier. Je t’avoue qu’on le voit plus vraiment. Mais c’était pour prouver à mon père que je me cassais définitivement de son autorité et de sa vie. explique t-il en dévoilant un corbeau affranchis. et le R.I.P là, c’est mon dernier. C’était pour l’un de mes potes qui a pas survécu.

Je ne dis rien. La pensée de devoir inscrire sur sa peau le passage d'un autre sur cette terre me laisse seulement un petit sentiment de crainte et de malaise.

Ça en cache, des histoires tout ces tatouages. Mais moi, je suis certain que ça cache bien plus que ça. Je ne suis pas un ignorant, je connais le monde caché, celui dont on ne devrait sans doute pas parler... Mais je suis trop renseigné et assez discret pour qu'il ne se méfie pas de moi le mort-vivant, et puis je peux être bon pote pour ces choses là avec qui sait me supporter et me respecte pour l'humain que je suis... Aller, sérieux, j'ai deviné, il était pas hyper discret. Alors qu'il me dise ce qu'il est, en vrai!

-T’as fumé ou quoi ? Qu’est-ce que tu me chantes ? Tu penses que je suis quoi d’autres à part un tatoueur ? Un mangeur d’êtres humains ?

Heu... ben je préfère éviter la sérieuse éventualité qu'il puisse partager un petit salé humain avec mon prof, mais... C'est pas la réaction d'un surnaturel qui se fait avoir ça. Si? Il a pas l'air de bluffer, surtout de me prendre pour le dernier des illuminés.

Je ne dis rien, mi-gêné, mi-soupçonneux. Ce serait facile pour un surnaturel de jouer les choqué... Puis il court sacrément vite! Tout le monde court vite dans cette ville, l'endurance du gibier je suppose... Je ne peux pas m'empêcher de le reluquer. Il serait réellement pas un surnaturel... Minute, il est quand même au courant de ce qui l'attend à avoir ouvert son local ici? J'avais déjà aménagé à Beacon Hill qu'il y avait je ne sais quel autre commerce là ou l'on se trouve actuellement tous les deux. Il est pas d'ici. ... Non... Une part de moi ne sait pas si elle doit être inquiète ou franchement rire de la situation. Il est pas d'ici, et il est pas au courant?!!

-Mais... Son regard se lève sur moi comme s'il avait une illumination avant même que j'en dise d'avantage. [/b]T'as vraiment jamais eu le sentiment qu'il y avait un truc de louche dans cette ville?[/b]

Un ange passe.

-Si tu pouvais arrêter de délirer, j’aimerai finir ça avant la fin de la journée.

-Délirer?...


C'est plus fort que moi, je me pince les lèvres pour ne pas rire. Bon sang... Sa vie va devenir folklo à celui-là, et il va même pas comprendre pourquoi!


- Terminé. clame le faux-zombi avant de me tourner le dos.

Je prend une longue inspiration à l'idée que ce soit fini. Que personne n'aura plus l'occasion de voir la marque honteuse que cache la fière flamme. Ce n'est pas un Phoenix, je ne vais pas me transformer en autre chose que ce que je suis déjà, mais... il n'avait pas tout à fait tort. Je me sens tout de même différent. Beaucoup mieux...

Je me rhabille en écoutant ses recommandations, et je suis des yeux sa silhouette qui disparait dans la salle voisine. C'est moi ou il m'évite carrément?

Je le rejoins avec la nonchalance de celui qui sait des choses et en analysant son indifférence évidente.

-T'as aucune idée de ce qui se passe ici, hein?

Encore ce méchant regard de zombi prêt à mordre. Ou à jouer du briquet... bref. Je m'accoude au comptoir, un malin petit plaisir à le faire mariner.

-Tu te dis que t'as tout vu sur le champ de bataille, que t'as côtoyé la mort et que tu peux pas imaginer croiser plus terrible qu'elle, hein?

Bon sang! Si on m'avait dit que je trouverais un sceptique ici!!! Je ne m'en fais pas trop pour lui, outre ses airs de mangeur de cervelle, certain dirait sans doute que si un jeunot arrogant comme moi est encore en vie, un ancien soldat peut survivre à la faune locale. Mais j'aime imaginer la tête de ce type si le surnaturel lui tombe dessus sans prévenir... Je me rapproche un peu, mes yeux dans les siens pour être sûr qu'il capte bien, un irrépressible sourire aux lèvres.

-Tu risque d'être sacrément surpris.

Là dessus, je crois qu'on en a terminé. Je prend la direction de la porte, mais sa situation d'effrayant squelette humain qui n'a pas conscience du village des horreurs dans lequel il vient de foutre les pieds à quelque chose d’irrésistiblement drôle.

-Un conseil : fais gaffe à qui tu regardes dans les yeux. conclu-je en passant le seuil.

Il pourrait apercevoir d'étranges lueurs et appréhender une attaque plus effroyable qu'une grenade dégoupillée...


Spoiler:
 

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Bien dans sa peau [PV Nikolai]
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