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 À l'ombre de tes pensées (Maxence/Celeano)

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Maxence Reagan

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MessageSujet: À l'ombre de tes pensées (Maxence/Celeano)   Dim 3 Avr - 19:46


À l'ombre de tes pensées

Mon monde était obscurité.

Je ne savais pas où j’étais.

C’était à peine si je discernais ma silhouette vacillante.

Absence de repères. Le temps. L’espace.

Néant.

Je me raccrochai à un précepte simple pour prouver jusqu’à mon existence.

« Je pense donc je suis ».

Quelque chose demeurait.

Ma conscience.

Et avec elle, la compréhension de ce qui était en train de m’arriver.

Me retrouver enfermé dans mon propre esprit alors que j’étais capable de voyager dans celui de quiconque s’avéra une expérience effroyable. La panique m’envahit apportant avec elle un défaitisme irrationnel. Le phénomène dont j’étais victime me semblait irréversible. Je ne percevais pas d’échappatoire dans cette prison sans barreau.

Comme au sommet d’une vigie – celle de mon corps –  je pouvais voir le monde à travers mes yeux étrangement grands ouverts. Je sentis le mouvement qui m’anima alors que je n’en étais pas l’auteur. Devenue ma conscience personnifiée, je frappai cette frontière invisible et me taris au fond de mon crâne.

D’un point de vue extérieur, ça pouvait laisser penser à du somnambulisme. Pour moi, il s’agissait d’une torture. J’avançai à pas lents, lourds et irréguliers. Comme si je marchais pour la première fois.

S’observer dans un miroir est un acte banal, parfois même un réflexe. On ne fait plus attention à soi-même. Mais, alors que je me tenais droit devant mon propre reflet, il m'était impossible de ne pas découvrir la lueur qui voilait mon regard. L’absence. L’oubli.

Une main fébrile remonta jusqu’à mon cou. Je caressai du bout des doigts mon pendentif. Puis, une force soudaine m’envahit comme une pulsion venue d’ailleurs.

J’arrachai alors violemment la chaine, rompant un maillon. D’un geste dédaigneux, je lançai le bijou à l’autre bout de la pièce.

Comme un océan trop longtemps contenu, les pensées environnantes déferlèrent sur moi. Immédiatement.

Je m’y noyai, incapable de reprendre le contrôle que j’avais appris à exercer sur mon pouvoir.

Mon monde était obscurité.


Le matin naissant, je me réveillai avec effroi sans aucun souvenir de la manière dont j’avais rejoint mon lit pourtant à quelques mètres de là où je m’étais tenu debout avant de sombrer.

Un silence agréable régnait dans ma petite chambre. Le campus comptait des centaines d’étudiants pour autant de multiples pensées. Je ne les entendais pas. Cette quiétude qui m’avait quitté était revenu, vitale, confortable. Mais le doute qu’elle puisse être permanente resta ancré en moi. Tout comme ce cauchemar qui avait transformé mon sommeil en angoisse pure.

J’aurais pu me convaincre que ça n’avait pas été réel, que la normalité reprenait ses droits, à la mesure de ce qu’était ma vie.

J’aurais pu me convaincre qu’il ne s’agissait que d’une illusion onirique.

Mais l’objet que je tenais serré dans mon poing m’en empêcha.

Le collier que Matrim m’avait offert. Brisé.


Mes yeux cernés, ma barbe non rasée et mes traits tirés témoignèrent de la fatigue qu’une mauvaise nuit avait engendrée. Je n’osai me regarder dans le miroir de peur qu’il renvoie autre chose qu’une banalité réconfortante. Avant de sortir, je jetais un œil à l’attrape rêves en cuivre qui était fixé au-dessus de mon lit. Pendant un temps, il avait épuré les ondes qui parasitaient mes nuits. Depuis que Matrim m’avait offert le pendentif, il n’était plus utile, sinon pour sa fonction première – si on y croyait – d’éloigner les mauvais rêves. Cette nuit, il n’avait pas été efficace. Je me remémorai un conseil de mon ami mentaliste sur la nécessité de contrôler pleinement le pouvoir qu’on possède, ce qu’aucun objet ne peut faire à notre place. Tôt ou tard, la vie se charge de nous mettre en face de nos propres démons. Le pendentif qu’il avait façonné était toutefois une aide précieuse dont j’avais encore besoin.

Qu’est ce qui avait pu me pousser à retirer cette entrave qui, contrairement à tout ce que j’avais pu faire jusqu’à présent, confinait ma télépathie sans m’oppresser ?

J’échappai aux cours magistraux, la journée entière était consacrée aux travaux dirigés. Si mon état fut l’objet d’une discrétion amicale de la part de mes camarades, lorsque je croisai des joueurs de l'équipe de handball, ils ne cachèrent pas leur inquiétude. Dylan m’asséna une forte accolade sur l’épaule.

- Avec qui tu étais hier soir pour être épuisé comme ça ?

Son ricanement m’arracha un sourire qui s’estompa aussitôt. Que ce serait-il passé si quelqu’un avait été là ? Chad et moi avions pris toutes les précautions nécessaires quand il avait fallu investiguer le campus durant la nuit. Dévoiler mon pouvoir, ou pire le secret d’une autre personne – qui plus est un ami – pouvait arriver à tout moment si j’étais encore la proie d’une crise de somnambulisme.

L’après-midi fut difficile, j’étais happé par la fatigue en ayant peur d’y succomber. L’effort d’un entrainement aurait achevé ma résistance physique et potentiellement causé une blessure idiote. Tyler n’avait pas été réellement surpris de me voir décliner l’un de nos rendez-vous hebdomadaires.

J’avais une toute autre idée en tête. Je retournai dans ma chambre en souhaitant qu’une douche me fasse me ressaisir.

Je devais voir Matrim. Peut-être avait-il une explication pour le cauchemar qui me traumatisait encore et ce qui avait pu posséder mon corps l’espace d’une nuit. Étais-je en train de devenir fou ? Comme cet homme – que j’avais condamné après le procès – avais-je une part d’obscurité dans mon esprit, un recoin que je ne pouvais déceler ?

La gorge nouée par le doute, je découvris un visage amical apparaitre parmi les passants à l’angle d’une rue.


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Matrim Damodred

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MessageSujet: Re: À l'ombre de tes pensées (Maxence/Celeano)   Mar 5 Avr - 21:06




Retrouvailles et bricolage

Maxence et matrim

Le retour de Las Vegas m’avait laissé sur les rotules, et ce pour plusieurs raisons. D’abord parce que je ne m’étais pas épargné, physiquement, pour avoir de quoi offrir sécurité et attentions à Matthias. Ensuite parce que ma Bestiole était maintenant hors de moi et que sa perte, aussi paradoxal que ça puisse paraitre, me tourmentais.. J’étais cependant heureux de voir Matthias plutôt bien s’en sortir.

Enfin parce que j’étais en desintox, il n’y avait pas d’autres mots. Le visage dans le miroir me le disait. Les douleurs dans mes bras, mon ventre, mes veines me le disaient. Il fallait que je lutte pour ne pas essayer à tout bout de champ de changer mon environnement… Mon autre pouvoir n’était pas aussi absolu, ne demandait pas autant. Même si je l’utilisais sans crainte, je n’avais pas d’addiction avec lui, pas cette soif de liberté, de chaos…

A chaque coin de rue, dans les ombres, ou à mon réveil, la peur me tenaillait. La peur de tomber sur Celeano. Je ne pouvais pas croire qu’elle soit partie, comme ça.. Ma seule lumière d’espoir était que, peut-être, elle avait tenté de me suivre et était à présent aussi paumée que moi… Bien mince espoir…

Je repoussais le moment de retrouver Maxence, car, même si je savais que ce n’était pas son genre, je ne voulais pas qu’il tomber sur mes angoisses si mon esprit lui était ouvert. Il pourrait vouloir m’aider et c’était hors de question.. Un pouvoir comme le sien à portée de griffe de la Harpie ? Je n’osais imaginer les conséquences néfastes et ce qu’elle pourrait en faire…
Mais aujourd’hui, après mon réveil plaisant dans les bras de Matthias, je me sentais plus en confiance. Il faisait beau… C’est curieux comme le destin choisis parfois à notre place… Pourquoi, ce jour entre tous, avait-il fallut que je tombe sur Maxence, alors que je venais justement de me décider à le voir ?

Pour être plus juste, c’était plutôt lui qui était tombé sur moi.. Un regard insistant, ou peut être les prémices d’un contact télépathique me firent me retourner, pour tomber sur lui… Je fus presque choqué de le voir comme ça. Lui d’ordinaire si propre sur lui, si rangé, net, sage… Il avait pratiquement un look badass, et je dois dire que ça lui allait à ravir. Le mec mignon était devenu un canon, ya pas à dire… Avec un sourire radieux, je me dirigeais vers lui, tout en remarquant cette sorte de noirceur… Après coup, bien après, j’aurai du reconnaitre cette noirceur entre toutes, mais j’étais tellement cloitrée dans ma douleur du manque, et ravis de retomber sur lui que je l’avais mis immédiatement dans un coin de mes pensées, sans accès immédiat.
Je lui fis une accolade dans la plus pure tradition matrimesque.

« Maxence ! Mais regardez-moi ce canon ! Il suffit que je m’absente un peu et tu fais exprès de me torturer les yeux quand je reviens ! Bon.. ce coup-ci, tu y échapperas pas, je te veux pour ma série de photos et sculptures »… Mon clin d’œil lui indiqua bien sur qu’il était aussi libre de refuser qu’avant, et que ma gentille provocation n’était qu’une taquinerie…
Je fronçais les sourcils, tout de même inquiet de son air sombre et triste.
« Ça ne vas pas ? Il y a quelque chose qui te tracasse ? Ou tu as fait la fête hier soir ? »
A le voir me dévisager, je devais moi aussi paraitre un peu… sombre.. A quoi ressemble un desintox qui tente de paraitre joyeux et n’y arrive pas vraiment ?
A moi…

« tu veux qu’on retourne sur le banc ou on s’est connu ? C’est devenu un endroit que je peux plus dissocier de toi. Je suis très content de te revoir… Vraiment »..

Il ne nous fallait pas longtemps pour retourner sur le banc des retrouvailles.. Nous avions beaucoup de choses à nous dire, mais pour une fois, peut-être, le temps de le faire.. Comme je le sentais mal à l’aise, je me mis à lui décrire, sans lui donner les raisons, du moins pas la principale, mon voyage à Las vegas… Volontairement, je faisais le pitre, pour le faire rire, ce que je finis par obtenir… Mission accomplie. Du moins pour le moment… Je lui laissais prendre les rennes, décider du moment ou il pourrait me parler de ses problèmes… Car à n’en pas douter, il en avait… On était à « fuckin » Beacon Hills…




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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: À l'ombre de tes pensées (Maxence/Celeano)   Mer 13 Avr - 19:45


À l'ombre de tes pensées

L'apparition de Matrim m'apporta aussitôt du réconfort. S'il y avait bien quelqu'un pour m'aider à savoir ce qui avait agité ma nuit, c'était bien lui. Je gardais toujours en mémoire nos discussions sur nos pouvoirs respectifs. Nous aurions pu former un duo invincible, lui capable de capter des informations dans le moindre objet, moi en faisant de même dans l'esprit des gens. Comme avec Chad mais à moindre mesure, le contact psychique avec le photographe était facile. Dans ce sens, ces derniers jours et même sur un inconnu, ma télépathie me semblait vive. Jusqu'à cette nuit, le bijou que Matrim avait façonné limitait mon audace inconsciente d'en avoir trop souvent recours.

Je captai les facétieuses pensées de surface de mon ami mentaliste qu'il n'hésita pas à exprimer à haute voix.

- Maxence ! Mais regardez-moi ce canon ! Il suffit que je m’absente un peu et tu fais exprès de me torturer les yeux quand je reviens ! Bon...ce coup-ci, tu y échapperas pas, je te veux pour ma série de photos et sculptures.

Je n'étais pas apprêté cette semaine, mon physique attestait d'une certaine fatigue et d'un manque d'entrain à soigner mon image. Le contraste était important entre mon allure actuelle et ce que j'avais montré de moi-même lors du procès, vêtu d'un costume chic.

La pratique du handball depuis plusieurs années m'avait permis d'entretenir ma forme physique. Je n'avais pas honte de mon corps et je croyais au respect que Matrim témoignerait pour son idée artistique. Toutefois, je n'étais pas prêt à être l'objet d'un réel travail.

- Je ne suis pas sûr d'oser.

Nous rigolâmes ensemble de sa tentative de persuasion. Je ne doutais pas vraiment de plaire à d'éventuelles admiratrices qui verraient mon corps mis en valeur sur des photos. Pourtant, je ne souhaitais pas m'exposer. Pourquoi le visage de Selene s'imposa dans mon esprit ?

- Ça ne vas pas ? Il y a quelque chose qui te tracasse ? Ou tu as fait la fête hier soir ?

L'effort à  l'entraînement m'avait épuisé mais la nuit n'avait pas été reposante. Et la fatigue psychologique marquait autant mon physique. Tout comme Matrim, lui aussi en proie à une tension émotionnelle qui l'atteignait visiblement.

- Tu veux qu’on retourne sur le banc ou on s’est connu ? C’est devenu un endroit que je peux plus dissocier de toi. Je suis très content de te revoir… Vraiment...

- Moi aussi, Matrim. Ce banc porte un peu ta Marque.

Il marqua un léger temps d'arrêt avant de prendre la direction du parc comme si ma phrase avait réveillé quelque chose sur lequel il peinait encore à mettre le doigt. Tout comme je ne parvenais pas à comprendre d'où provenait cette sensation d'avoir remonté un lien imperceptible jusqu'à atteindre un objet tant convoité et longtemps tenu à l'écart.

Quand nous fumes installés, Matrim entreprit de me raconter ce qu'il avait vécu à Las Vegas. Et ce qui l'avait poussé à fuir. Je fus content de voir que le pendentif qu'il m'avait offert n'avait pas été un cadeau d'adieux. Un cadeau que j'avais brisé. Volontairement ou non.

Dans sa manière de décrire le monde et ce qui l'a poussé à s'exiler pour protéger ses proches, je ne me surpris pas à prendre à nouveau conscience de ce qui était mauvais et laid dans notre monde.  

Le façonner d'une manière plus noble était à la portée de personnes comme moi, comme Matrim. Mais j'avais assez de volonté pour lutter contre cette petite voix qui harcelait mes règles morales comme une harpie harcèlerait un marin en perdition.

- Matrim...

Le ton de ma voix fit taire son discours bien qu'il l'ait rendu presque amusant en faisant le pitre.

- Quelque chose ne va pas. J'ai arraché mon collier en pleine nuit. Je ne voulais pas mais je ne contrôlais rien.

Je racontai les détails de mon rêve éveillé, décrivant la sensation horrible d'être un simple spectateur dans mon propre corps.

- Tu crois que je deviens fou ?

Je me demandai si mon pouvoir ne me faisait pas perdre la raison, si la folie d'autrui ne devenait pas mienne. Ou si quelque chose m'attirait dans un gouffre.

Les explications de Matrim se voulurent rassurante mais comment appliquer les conseils de quelqu'un que je sentais mal également.

Il me demanda de lui montrer le bijou, précisant qu’il n’avait plus le même pouvoir de façonner la matière mais qu’il m’aiderait volontiers. Après un effort de concentration, dressant une barrière psychique étanche aux pensées environnantes, je lui tendis la précieuse entrave.

- J’aurais pu aller à la bijouterie mais je n’ai pensé qu’à toi, je ne me sentais pas capable de me séparer du pendentif dans un endroit inconnu.

- On peut aller jusqu’à mon atelier, j’ai de quoi le réparer.


La situation pouvait presque paraître pathétique. Après tout, aussi spécial soit-il, ce n’était qu’un collier. Avant que Matrim m’offre ce cadeau, je savais m’en sortir seul. Affronter les crises qui survenaient faisait partie de mon quotidien.

Mais quelque chose avait changé en moi. Mon pouvoir croissait et cette vérité m’effrayait d’autant plus que la tentation d’en abuser était, elle aussi, grandissante.

Chad voyait en moi un homme de valeurs. Pourquoi songeai-je parfois à les bafouer ? Si mon objectif premier est de rendre justice dans un monde qui ne l’était pas, la fin ne justifiait pas toujours les moyens. Comme cette terrible sentence dont j’avais été le décideur au procès. Avais-je réellement bien agi ?

Ces doutes me brouillaient l’esprit alors que j’observai Matrim travailler la chaînette qui maintenait le minuscule morceau de cuivre contre mon torse.

- Quelque chose ne va pas avec ton don ?

Il avait tapoté sa tempe du bout des doigts pour illustrer sa question. Avec un léger sourire, il me tendit le bijou réparé.

- Ça ira mieux quand je le porterai à nouveau.

La sensation fut aussi immédiate qu’elle l’avait été lorsque je l’avais arraché. C’était comme fermer une porte sur un brouhaha ambiant. Le calme qui en résultait était aussitôt agréable. Les pensées parasites disparues, la tentation éloignée dans sa prison, je perdis peu à peu la mauvaise mine que Matrim avait subi en ma présence.

Nous discutâmes de notre quotidien, évoquâmes Chad – qui était un ami commun – puis notre vie amoureuse. Je n’avais presque rien à raconter sinon de ce que j’avais prévu pour le jour même.

- J'ai un dîner ce soir, tu as raison je devrais me focaliser sur ce qui est normal dans ma vie.

Je restai mystérieux sur l'identité de la personne et souris lorsqu'il me demanda si elle était jolie.

- Séduisante, oui assez.

Le mot était approprié. Je ne savais pas réellement définir ce qui maintenait le contact entre Séléné et moi. Je ne la connaissais que très peu. Mes impressions – car je ne pouvais pas parler de sentiments – étaient confuses.

Dans une accolade chaleureuse, Matrim me fit promettre de faire attention à moi.

En rentrant jusqu’à ma chambre universitaire pour m’y préparer, je profitai  d’une quiétude retrouvée. Aucun grésillement, aucun cliquetis métallique, aucun appel au secours.


Mon héros…ce soir. Oui, ce soir tu seras à moi.




Dernière édition par Maxence Reagan le Dim 17 Avr - 17:52, édité 1 fois
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Matrim Damodred

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MessageSujet: Re: À l'ombre de tes pensées (Maxence/Celeano)   Dim 17 Avr - 17:44




Retrouvailles et bricolage

Maxence et matrim

J’étais trop heureux de retrouver Maxence… En fait, j’ai beau être entouré de gens avec des pouvoirs, principalement des loups d’ailleurs, le seul qui peut vraiment me comprendre sur ce point, et peut être m’aider à passer le cap, maintenant que je n’ai plus « la bestiole », c’est Maxence. Lui aussi il est mentaliste, après tout.

En plus, ce qu’il y a de bien avec lui, c’est qu’on a pas besoin de mots pour se comprendre… J’avoue qu’au début, ça m’angoissait un peu, le fait qu’il puisse capter la moindre de mes pensées, mais après tout, les gens pouvaient craindre la même chose de moi, et pourtant je m’efforçais de ne pas le faire. Nous nous étions entrainés, lui et moi…

« C’est étrange, quand même, tout ce qui nous arrive… C’est comme cette ville, tu ne trouves pas ça étrange ? »
« Quoi ? tous ces surnaturels ? »

« Non, ça c’est logique », répond-je d’un haussement d’épaule. « Mais tu as vu le nombre de canons au mètre carré ? Chaque fois que je tombe sur un nouvel arrivant un peu spécial, je veux dire, avec un pouvoir, ben c’est aussi un canon ! On se croirait dans une série télé pour teenagers, c’est flippant non ? »

Son rire me réchauffe le cœur.
- Je ne suis pas sûr d'oser.
Ma mine de chat potté eut un certain effet.

« Je te proposes de te montrer mes premières pièces, sculptures et photos, et tu te décideras en fonction. Mais je t’assure, ça me ferait vraiment plaisir… T’es très inspirant »
Nous éclatons de rire tous les deux.

« Ça ne vas pas ? Il y a quelque chose qui te tracasse ? Ou tu as fait la fête hier soir ?… »
Alors que nous nous dirigeons vers le banc ou nous nous étions connu, il y a quelquechose qui me tracasse… Quelque chose dans les mots qu’il a prononcé, mais je n’arrive pas à savoir quoi… C’est comme quand vous cherchez le nom d’une chanson ou d’un acteur, et impossible de se rappeller, alors que c’est surement évident…

Installés sur le banc, je lui parle de mon périple à Las Vegas, et de ma spirale autodestructrice heureusement avortée grâce à Chad, Charlie, Matthias, Liam et Seth… Sa mine navrée me réconforte étrangement lorsque je lui parle de mon sevrage, de la douleur du manque, et surtout de ma bestiole qui ne m’appartient plus, et que j’ai légué bien malgré moi à Matthias…

« j’ai touché le fond, comme on dit… Je… » Son accolade me fait du bien. « Merci, ça va passer, faut juste que je m’accroche, le temps d’être sevré… Je crois que mon pouvoir mental, celui qui me reste, est devenu plus fort. Je suis capable d’imprimer mes pensées sur le papier photosensible, maintenant… Justement, j’ai comme projet de faire des sculptures spéciales… Après tout, le papier photosensible, c’est notamment parce qu’il est recouvert de produits particuliers… Je vais essayer de composer un mélange, sans doute avec l’aide d’un chimiste de ma connaissance, et enduire les sculptures que je vais faire… Si j’arrive a projeter mes pensées dessus, ça pourra donner des trucs vraiment bien... Des matières inédites, des couleurs, des irisations, des motifs, ce genre de choses… Et donc, je vois complètement comment je pourrai te représenter toi, par exemple… »

Oui. Je ne lâche pas l’affaire… J’ai envie de représenter les gens qui comptent pour moi. Il en fait partie.

Je crois qu’il capte ses dernières pensées car je le vois ému et me sourire.
- Quelque chose ne va pas. J'ai arraché mon collier en pleine nuit. Je ne voulais pas mais je ne contrôlais rien.

C’est les sourcils froncés que j’écoute son cauchemar et son geste malencontreux… Quelque chose cloche, mais c’est comme l’acteur ou la chanson, impossible de mettre le doigt dessus.

« Non tu ne deviens pas fou… C’est ton pouvoir, comme pour moi. C’est très dur de savoir quand nos pensées nous appartiennent vraiment. Depuis que je suis séparé de la bestiole, j’y vois plus clair, mais pour autant je suis toujours sujet à l’angoisse de me perdre. »

Je lui raconte ensuite comment, grâce à Matthias, j’ai réussi à créer une relique de pensées négatives, pour me débarrasser de ça, et la jeter au fond du lac. Il a l’air un peu plus rassuré, alors que nous faisons route vers mon atelier pour que je lui répare son pendentif.
Lorsqu’il me parle de son rendez-vous du soir, ma curiosité est à son paroxysme.

« Écoutes, Maxence. Je te propose un truc. Si tu veux, on peut faire pour toi ce que j’ai fais pour moi. Ça fait un mal de chien, mais puisque j’ai pu le faire une fois, je devrais pouvoir recommencer. Enfermer tout ce qui te tracasse, que tu en sois conscient ou non, dans une « relique » et la balancer profondément dans la flotte… Pour que tu sois libéré. Promets-moi d’y réfléchir. T’es mon pote, je ferais tout pour toi. Promis ? »

C’est un Maxence ému et un peu inquiet, mais visiblement décidé à profiter de son rendez-vous, que je laisse… Si seulement je me rappelais ce qui cloche…

(…)

Celeano est patiente, et méthodique. Debout devant sa psyché, elle ne néglige aucun détail pour se mettre en valeur, comme cette robe à fourreau vert sombre, faisant ressortir ses yeux et sa chevelure, qu’elle a rassemblé en un chignon compliqué, d’où sort des mèches folles lui donnant un air plus jeune, moins sévère, charmante. Oh oui, elle sait être charmante…
Son parfum est aussi subtil que les mots qu’elle susurre déjà, portés par son pouvoir si particulier. Il ne faut pas être en avance, mais pas non plus le faire trop attendre, juste assez pour qu’il apprécie leurs retrouvailles.

C’est lui qui a choisis le restaurant. Il a l’intention de l’emmener danser ensuite. Elle le sait, car elle lui a suggéré sans qu’il le sache lui-même. L’instant sera propice au rapprochement. Un effleurement, un rire enchanteur, et il sera pris dans ses filets…
Oh, oui mon héros, pense-t-elle, ce soir tu seras à moi…
Quand enfin elle arrive, c’est en lui faisant son plus envoutant sourire qu’elle s’excuse, appréciant qu’il se soit levé pour lui tirer la chaise.

« Charmant, Maxence. Et très séduisant, je dois dire… Champagne ? C’est moi qui offre, j’y tiens… »



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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: À l'ombre de tes pensées (Maxence/Celeano)   Dim 22 Mai - 16:09


À l'ombre de tes pensées

En quittant le campus pour rejoindre le centre-ville, je songeais à la proposition que Matrim m’avait faite. J’avais conscience de ses pouvoirs, il avait aidé Chad à extérioriser littéralement le traumatisme qu’il avait subi. Mais je me freinais à faire de même. Si j’enfermais ma culpabilité et la peur de moi-même dans une relique, ces émotions ne façonneraient plus le barrage psychique que je m’imposais. Si mes limites se délitaient, je pressentais que ça pouvait être bien pire. J’acceptais mon fardeau, il était mon garde-fou.

J’arrivai en avance au restaurant que j’avais réservé. Séléné était une femme distinguée qui insufflait des élans de politesse à sa mesure. Avec une nouvelle chemise, je portais le costume que Chad m’avait aidé à choisir pour les deux jours que j’avais passés au tribunal.

J’espérai que le restaurant gastronomique français que j’avais choisi saurait nous offrir un dîner à la hauteur de la réputation culinaire propre à la nationalité de ses chefs.

Lorsque je m’assis à table, je me plaçai face à la porte et surveillais ainsi l’arrivée de Séléné. Je n’attendis que quelques minutes avant qu’elle n’apparaisse. Elle dégageait un charme envoutant qui – bien que platonique aux premiers abords – faisait naitre l’envie de papillonner vers elle, attiré par sa flamboyante chevelure. Elle dégagea les mèches qui tombaient sur ses joues et approcha.

Je l’aidai à s’assoir, acceptant ses aimables excuses pour m’avoir fait attendre.

- Charmant, Maxence. Et très séduisant, je dois dire… Champagne ? C’est moi qui offre, j’y tiens…

D’un délicat signe de la main, elle capta l’attention de l’homme qui m’avait accueilli plus tôt afin de commander deux coupes du Champagne le plus prestigieux.

Chad et moi plaisantions parfois sur l’aspect très protocolaire que pouvait revêtir la bourgeoisie. Élevé dans une classe sociale supérieure, il s’y montrait autant à l’aise qu’il pouvait parfois s’en moquer. Même dans une conversation professionnelle, la séduction était un atout. Je cherchai secrètement à comprendre ce que pouvait exprimer le sourire de Séléné.

Nous discutâmes sans aucun flottement, une conversation libre et intéressante accompagna le dîner. Séléné aimait apporter son avis sur les choses du monde qui méritaient selon elle beaucoup plus d’attention que sa vie personnelle. Les questions sur l’un et l’autre furent balayées. Pourtant, je fus parfois tenté de lui révéler quel homme j’étais, quel était mon secret et ce qu’il pouvait impliquer. Elle distillait une aura de confiance captivante.

- Une procédure pénale n'est pas vraiment divertissante, je me demandais pourquoi vous étiez présente lors du procès ?


Pour me remercier d’avoir choisi un restaurant qui lui avait tant plu, Séléné me proposa de nous rendre dans une soirée distinguée. Il s’agissait d’un bal huppé et je ne fus pas surpris de savoir qu’elle avait les droits d’entrée dans la haute société.

- N’inviteriez-vous à danser ?

Sa proposition me mit mal à l’aise. Pourtant, hypnotique, sa main posée doucement dans la mienne, elle guida nos pas. Je ne savais pas danser mais ça importait peu. Au milieu de tous ces gens, nos mouvements étaient tout de même souples et harmonieux. Son esprit était si proche du mien qu’il aurait été si facile de me laisser glisser jusqu’à lui. Que pensait-elle de moi ? De cet instant ensemble ? Je m’ouvris au pouvoir qui allait l’enlacer comme attiré par des effluves invisibles.

Une détonation retentit avant que je me noie dans son regard.

Des hommes vêtus de costume portaient une cagoule qui dissimulait leur visage. Comment étaient-ils rentrés alors que le colosse qui nous avait accueillis semblait surveiller l’entrée comme s’il s’agissait d’un coffre ? En voyant les richesses opulentes des clients qui fréquentaient ce lieu, la comparaison n’était pas si erronée. Je compris rapidement la motivation de ceux qui venaient de faire irruption dans cette soirée mondaine.

Un deuxième coup de feu accompagna l’ordre de rester immobile, à genoux au sol, les bras levés. Les quelques cris de surprise et de peur se turent rapidement.

Séléné obtempéra en demeurant parfaitement digne et impassible.

- Écoutez bien les consignes ! Le premier qui tente d’alerter la police ou de s’enfuir…

Sa phrase fut ponctuée d’un nouveau coup de feu. L’homme qu’il avait visé hurla de douleur en portant les mains à sa blessure ensanglantée.

- …je ne toucherai pas la cuisse.

Tout le monde se raidit de frayeur. Dans l’intonation de sa voix, nous savions que l’homme n’hésiterait pas. Personne ne pouvait réagir sans être pris pour cible. Excepté moi. J’avais déjà vécu cette situation avec Derek. La première fois que nous nous étions rencontré, il avait été blessé parce que je n'avais pas réagi.

Les complices passèrent parmi nous pour subtiliser tout ce qui pouvait avoir de la valeur, arrachant les bijoux, pillant les poches des manteaux. Chacun était dépossédé de ses effets personnels. À mes côtés, Séléné restait d’un calme hermétique. S’ils parvenaient à ma hauteur et m’obligeaient à leur donner le pendentif que Matrim m’avait offert, mon malaise ne ferait qu’attirer encore plus leur attention.

Soudain, les sirènes de police retentirent depuis la rue. D’après l’agitation qui se propageait à l’extérieur, les hommes qui nous séquestraient ne pourraient pas fuir si facilement avec leur butin.

Profitant de leur consternation, Séléné se releva, insufflant à la foule le désir de s’enfuir. Je dévisageais la femme qui m’accompagnait, ébahi par le risque inconsidéré qu’elle prenait.

L’homme qui avait aboyé ses ordres venait de la repérer. D’une main violente, il la saisit par le bras et pointa le canon de son arme sur le sourire figé qu’elle lui offrait.

Mon héros…

Avec une otage, les malfaiteurs se mettaient à l’abri de représailles armées de la police qui ne mettrait pas en danger la vie d’une femme pour les arrêter.

Je n’étais pas capable d’utiliser mon pouvoir sur plusieurs personnes mais je comptais sur sa position de chef pour éviter un drame. Une flèche mentale atteignit son esprit.

Lâche là !


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Celeano

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MessageSujet: Re: À l'ombre de tes pensées (Maxence/Celeano)   Jeu 7 Juil - 9:33

A l’ombre de tes pensées



Je n’ai jamais été très patiente. Mais ce n’ai pas une raison pour arriver en avance, j’arrive donc juste à l’heure. Je trouve ridicule ce cliché qui veut qu’une femme doit se faire attendre, même si l’intention de Maxence est charmante, au demeurant. Aussi pour aller dans son sens, je me permet, pour une fois, d’être un peu en retard.
Il y a longtemps que je n’ai pas mangé français. Cela me rappelle des souvenirs plaisants. A l’époque j’étendais mon empire sur une colonie mais je me suis lassée de tant de facilité. Il est tellement facile de jouer sur le racisme, dans les deux sens, cela est presque une insulte à ma subtilité. Alors, comme à chaque fois que je me lasse, je pars ou je détruis l’objet de ma lassitude. J’ai été magnanime, cette fois ci, je les ai laissé se détruire, sans moi.

Je sais comment avancer, comment bouger, dans chacun de mes gestes, dans cette fausse modestie, au détour de cette petite maladresse ingénue, et quand je me dirige vers lui, je ne perds pas de vue mon objectif. Il est très séduisant, mais c’est surtout son pouvoir et sa perversion que je convoite.
Il m’aide à m’assoir, et avec une telle proximité, je suis satisfaite de sentir que mes griffes sont bel et bien plantées dans son être. Je sens les affres du doute, de l’impatience, de l’envie de pouvoir en lui. Il ne reste plus qu’a donner quelques impulsions et bientôt il n’aura plus de limites, je n’aurai qu’a le cueillir, comme j’ai envie de cueillir ses lèvres.

La coupe de champagne n’est qu’un prétexte pour l’observer, derrière mes cils au mascara. Je dois me refréner pour ne pas dévoiler mon jeu tant sa présence m’obsède. Alors je parle avec lui de choses et d’autres, suffisamment abstraites pour ne pas être gênantes, suffisamment orientées pour ne pas être banales. J’ai vécu depuis si longtemps que je peux parler de cultures sans le vernis de la simplification.
- Une procédure pénale n'est pas vraiment divertissante, je me demandais pourquoi vous étiez présente lors du procès ?

« Il y a parfois des dénouements inattendus. Je me passionne pour la criminalité, les enquêtes, les méandres que prend l’esprit humain. Il m’arrive parfois de me dire, comme certains l’expriment sans honte, que l’esprit humain reste encore à découvrir, qu’il renferme de nombreux secrets. Le nombre de charlatans se servant de cette croyance est tout bonnement révélateur. Mais, il n’empêche, l’idée qu’un homme, comme celui que nous avons vu, puisse renfermer deux esprits, ou plus, avec deux personnalités distinctes, est fascinant, si on enlève bien sur l’aspect révoltant. Et si l’esprit était capable de plus encore ? »


Mon rire est étudié.
« Mais pardonnez l’emportement d’une femme voulant croire aux miracles, et sans doute un peu influencée par le champagne ».

(…)
Je l’emmène ensuite dans un endroit parfait pour que le cocon révèle le nouveau papillon nommé Maxence. J’ai poussé quelques leviers, la convoitise est si facile à révéler. La soirée promet d’être mouvementée.

A ma proposition de danser, son air un peu gêné et gauche me ravis. Il est décidément très craquant. Je suis presque déçu de devoir lui enlever cette naïveté touchante. Elle me rappelle Matrim, même si Maxence est très différent. Il n’y a pas ce côté enfantin chez lui, mais c’est compensé par sa gentillesse naturelle. Il faudra que je lui en laisse un peu, pour que le mélange soit intéressant. Les affres du doute, du remords, il faut qu’il lui reste tout ça. Qu’il soit conscient de sa déchéance, que je sois la seule personne à pouvoir l’apaiser.
Je suis très agacée lorsque la détonation survient. Trop tôt, imbéciles ! La convoitise est décidément impétueuse. Je tuerai de mes propres mains le gardien du temple, dès que j’en aurai l’occasion. Mais pour l’heure…

Les portes flingues portent les flingues et donnent des ordres. Qu’il est facile de s’adonner au pouvoir lorsqu’on en a un peu, entre les mains. Quelques centimètres de métal et de poudre et on se permet de hausser le ton et de donner des ordres… Pathétiques humains..
Mais était-ce bien nécessaire que de blesser cet homme ? Ceci dit, a la crispation de la mâchoire de Maxence, je suis heureuse du résultat. Il a envie d’agir, il suffit juste que l’envie soit plus forte que ses craintes. C’est le moment de se montrer héroïque, sans sourire pour autant… Je ne crains pas grand-chose, mais la douleur est une amie bien trop fidèle, et je compte lui fausser compagnie ce soir.

Alors, quand les sirènes retentissent, et afin de gagner en estime dans l’esprit de mon cavalier, je me relève, défiant les ordres, et donnant une impulsion de rébellion auprès des convives, passant temporairement pour une figure de liberté, de non soumission. Le regard brillant de Maxence est un régal auquel je succombe facilement. Il me voit comme autre chose qu’une femme fragile a protéger, mais il se voit, lui, comme un héros pouvant intervenir. Toute la subtilité de mes effets se fait enfin sentir.

C’était sans compter le zèle de ce stupide humain, qui use de violence envers moi. Pointant son arme ridicule sur mon visage, m’obligeant à me figer, je ne lui concède pour autant pas la moindre victoire sur ma peur.
Mon héros…
Mes griffes caressent le lien établi avec Maxence. Tu peux agir. Tu dois agir. Sauve-moi. Sauve les tous.

Une onde de plaisir me parcoure lorsque je sens le pouvoir brut de Maxence déferler sur mon ravisseur. Ce dernier me lâche immédiatement et je joue un rôle que j’ai mis de nombreuses années à peaufiner. Un brin d’héroïsme, puis une fragilité touchante. De mon escarpin je donne un coup de pied à l’arme au sol, en direction de maxence, puis je m’efondre dans ses bras, comme une femme ne désirant pas montrer sa faiblesse. Je ne pleure pas, mais je tremble. Je ne cris pas, mais je soupire.

Je reste forte, mais pas trop… C’est TOI, mon héros. Il te serait si facile de les bloquer et leur tirer dessus. Dans la confusion, tu passerais pour le héros qui nous sauve tous. Sauve nous..
« Sauve nous ». Mon regard est planté dans le sien. Mes lèvres sont presque apposées aux siennes. Sa main s’égare a moitié sur mon dos, protectrice. Il ramasse l’arme.. Le reste lui appartient.


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MessageSujet: Re: À l'ombre de tes pensées (Maxence/Celeano)   Jeu 24 Nov - 15:28


À l'ombre de tes pensées


Ce n'est pas tant que le pouvoir corrompt, mais il fascine les sujets corruptibles.
Frank Herbert


Séléné semblait à la fois terrifiée et parfaitement confiante. Dans son regard, je compris qu'elle attendait que j'agisse. Savait-elle ce dont j'étais capable ou bien voyait elle en moi un possible héros ?

Ce murmure résonna dans mon esprit.

C’est TOI, mon héros.

Sauve nous.


Elle avait fait glisser l'arme jusqu'à moi comme si elle me tendait la solution à notre situation sans oser le faire d'elle même.

Notre agresseur était toujours immobile, prisonnier de cet ordre que je lui avais inculqué.

L'otage étendu sur le sol était dans un mauvais état. La blessure n’était pas mortelle sur le coup mais le sang qu’il perdait n’indiquait rien de bon.

Ma proximité avec Séléné me sembla improbable dans un pareil moment. Comme si on m’obligeait à ma propre contemplation, je me vis – envouté – le pistolet à la main.

À la seconde même où les forces de l’ordre pénétrèrent dans le bâtiment, je laissais tomber l'arme au sol. Dans mon hébétude, je n’avais pas remarqué que les agresseurs avaient pris la fuite et que les otages s’étaient précipités à l’extérieur.

Je captais les pensées fugaces de l’urgentiste qui prit en charge l’homme qui s’était fait tirer dessus. Son était suscitait l’inquiétude. Le tir d’intimidation risquait de lui coûter la vie.

Plus tard, les médias racontèrent que le criminel s’était rendu au poste de police. Personne de censée – accusée de tentative d'homicide – ne se serait dénoncé dans ces circonstances. Et puis je compris.

C’était exactement ce à quoi j’avais pensé. Et sans crier gare, ça a affecté la personne à qui mon esprit était connecté. En l’occurrence, l’homme qui était à l'origine ce coup de feu. L’avais-je souhaité sans me l’avouer ?

Le constat sur l’étendu de ma télépathie me laissa aussi perplexe qu’affolé.

Je pouvais laisser une marque dans l’esprit des gens. Un ordre latent. Une injonction muette qu’ils n’exécuteraient seulement au moment voulu. Un tel contrôle sur autrui était étourdissant. J’enfouis cette découverte pour ne pas frôler la tentation, ne serait-ce qu’en y réfléchissant. Jamais ce pouvoir ne me sera utile de la sorte. Et je refusai qu’il en soit ainsi.

Pourtant une voix m’incita à lâcher prise. À embrasser le pouvoir pour servir des intérêts plus grands.

Que comptes-tu faire ?

Qui souhaites-tu être ?

Une victime ou un héros ?

Mon héros…



Il fut facile de raconter à la police ce que nous avions vécu. Ils nous laissèrent partir rapidement.

En revanche, il fut compliqué de répondre aux questions que Séléné me posa. Elle avait compris quelque chose durant la prise d’otages.

Peut-être m’étais-je même infiltré dans son esprit. Ma présence était indétectable sauf quand mon empreinte se faisait trop imposante. Qui ne deviendrait pas fou d’entendre une voix supplanter ses propres pensées ? À minima, personne n’en serait indifférent.

Même si la curiosité de la femme sulfureuse qui m’accompagnait était piquée au vif, j’hésitai vraiment à me révéler.

Mon secret pouvait la heurter voir l’effrayer.

- Je suis également une femme très spéciale.

J’écoutai alors une partie si mystérieuse de son histoire qu’elle m’avoua ne l’avoir racontée à personne d’autre.

Était-elle comme moi ? Pouvait-elle me comprendre si je me confiais à elle ?

- J’ai eu si peur aujourd’hui.

Elle avait murmuré, presque soufflé les mots. Doucement, je succombai aux pensées tumultueuses qu’elle faisait naître en moi. Nos visages furent si proches qu’elle n’eut qu’à esquisser le geste pour emprisonner mes lèvres.

Alors quelque chose se brisa en moi. Telle une graine qui se fissurait et laissait s’échapper une jeune pousse, un terrible poison s’insinua dans mon esprit. Si peu perceptible derrière les volutes illusoires de la séduction.

Je me laissai prendre au piège sans en avoir conscience ni imaginer un seul instant les conséquences désastreuses que cette faiblesse engendrera.




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MessageSujet: Re: À l'ombre de tes pensées (Maxence/Celeano)   Mer 8 Fév - 17:41

A l’ombre de tes pensées



Qu’il est doux de reconnaitre cette palpitation ardente, ce moment ou tout bascule. Je sais que mes griffes sont bien plantées dans le corps et l’esprit de ce jeune homme, la braise est la, le vent n’a plus qu’a souffler avec le bon rythme pour que le feu ardent de la vengeance et de la soumission nourrisse mes plus sombres desseins. Trop de vent et la braise ne survit pas. Trop peu et elle s’étiole.

L’arme si obligeamment portée au pied du jeune homme me nargue aussi un peu. Je n’ai jamais été très patiente, comme je l’ai dit. Habituellement j’aurai fait un carnage, puis j’aurais bu du champagne dans ma robe tachée de sang. Peut-être même, par mansuétude, en aurai-je offert un peu aux suppliciés, sans pour autant les achever trop vite.

Ce n’est pas de la cruauté gratuite, seules les personnes au fait des ces raffinements peuvent comprendre. Ça élève l’âme, ça crée des héros. L’humain est tellement capable d’héroïsme. Mais pour qu’il s’en rendre compte, il faut le pousser dans ces derniers retranchements. Il faut lui montrer l’horreur, une horreur plus forte que sa propre misérabilité, pour qu’il se secoue et devienne plus fort, plus pur, meilleur.

Je n’ai aucun intérêt à propager désespérance et souffrance. Simplement, c’est plus rapide que les bons sentiments. Le pouvoir m’intéresse. L’âme humaine m’intéresse. La justice et l’équité m’indiffèrent.
Et du pouvoir, ce jeune homme en a a revendre. Plus brut et absolu que celui de Matrim. Bien plus enivrant aussi. Ma coupe de champagne, je la bois en le regardant, en sentant son esprit puissant orienter cette parcelle qui lui permet d’agir contre les autres, de les supplanter. Et bientôt je pourrai en bénéficier à travers lui. Rien ne pourra plus me barrer la route alors.
Je ne cherche pas à régner, ni même à être adulé. Je ne recherche que la rédemption de l’âme, et je prends ce que j’estime être à moi.
Lui aussi, il commence à comprendre, qu’il lui suffit de se baisser pour cueillir ce qui lui appartient.
Mon héros. Fait briller ton âme de mille feu, et fait plier le métal si médiocre dont est fait celles des humains qui croisent notre chemin.

(…)
Somme toute, mis à part l’inévitable et pathétique interrogatoire de police, auquel il nous fut aisé de répondre, tout s’est déroulé avec une certaine satisfaction.
Il était temps de le mettre sur des tisons. A peine chaud. Pas encore ardent. Aussi mes questions orientaient les réponses de Maxence. Je jouais à la femme curieuse, piquée au vif. Des pièges dans des pièges. Je ne commets pas l’erreur de penser que je suis hors de son atteinte. S’il me perce à vif, alors je devrais renoncer à cette superbe prise, et il n’en est pas question.
Il me suffisait à présent de jouer avec quelques mots et de lui raconter mon histoire. Peut être même lui révéler un certain pouvoir, pour le mettre en confiance.

Je lui racontais donc mon histoire, savant mélange de vérité et de mensonges, avant de lui révéler à quel point j’étais spéciale moi aussi.
« Depuis toute petite, je peux faire des choses qui m’effraient.. Mais je crois que ce ne sera pas le cas avec toi ».

Et je lui montrai.
Soufflant les mots, tel le vent, il les entendit… Ce n’était qu’une partie anodine, sans conséquence de mon pouvoir plus insidieux, mais cela suffit. Il était hameçonné.
« Tu n’es pas seul Maxence. Je sens en toi ce potentiel. C’est aussi ce qui m’attire. Le monde a besoin de héros comme toi. Le monde a besoin de toi. J’ai besoin de toi. »

Nos lèvres à présent si proches n’avaient pas d’autre alternative que l’abandon. Et au moment ou nous nous embrassons, je sais qu’il est désormais à moi, comme l’étais jadis Matrim. Le poison, maquillé de gloire et d’aspirations nobles, se distille dans les veines de mon futur amant. Cette puissance que je sens en lui m’ennivre bien plus que ne le ferait ma coupe de champagne, et c’est avec une grande joie que je passe ma main sur son cou, l’entrainement plus prêt.

« j’ai besoin de toi, autour de moi. En moi., S’il te plait, maxence… »

La suite se joue dans des draps de satins, avec des lumières chatoyantes et un cri, un tout petit cri dans un recoin du cerveau de maxence, qui lui intime de se ressaisir. Je l’étouffe sans pitié, mais avec tout le désir que j’entretien, sincère, pour lui.
Son pouvoir est désormais libre de toute entrave. De toute morale. Je serai l’éminence grise qui lui souffle de l’utiliser encore et encore, renforçant mon propre pouvoir.
Son corps est chaud contre le mien. C’est presque dommage de ne pas avoir prolongé plus longtemps cette lutte en particulier.


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Maxence Reagan

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MessageSujet: Re: À l'ombre de tes pensées (Maxence/Celeano)   Mer 21 Juin - 12:11


À l'ombre de tes pensées

Nos lèvres s’étaient touchées après qu’elle m’eut confié le secret qui était le sien.

- Depuis toute petite, je peux faire des choses qui m’effraient... Mais je crois que ce ne sera pas le cas avec toi.

Elle avait insufflé le mystère pour susciter ma curiosité, distillant une certaine faiblesse pour faire naitre mon désir. Alors que j’avais choisi il y a plusieurs années d’orienter ma vie au service de la justice, je ne me rendis pas compte de tout ce qu’impliquait ma rencontre avec cette femme.

- Tu n’es pas seul Maxence. Je sens en toi ce potentiel. C’est aussi ce qui m’attire. Le monde a besoin de héros comme toi. Le monde a besoin de toi. J’ai besoin de toi.

Je saisis ses pensées qui flottaient aux portes de son esprit comme autant d'effluves qui me firent succomber. Son corps frissonna. Pourtant notre contact le plus intense fut mental. Elle savait. Elle connaissait mon pouvoir.

Captivé comme le serait un papillon à l'approche d'une flamme, je n'entendis pas l'avertissement qu'une toute petite voix hurlait pourtant en moi.

Au milieu de la nuit, je glissai corps et âme en elle, nous unissant de la manière la plus intime qui soit.




- Il y a tant de monstruosité en ce monde.

Séléné sembla désillusionnée. Nous étions assis devant un brunch savoureux sous les rayons de soleil matinaux. Elle tortillait distraitement une mèche de sa chevelure flamboyante en désignant un homme qui se tenait près d'un kiosque.

Je sentis la présence caractéristique d'une conversation psychique lorsqu'elle s'adressa à moi.

Vois cet homme. Vois ce qu’il a fait.

Guidé par son avertissement, mon esprit partit démasquer la vérité sur cet homme. J'appris son histoire et découvris ses actes en l'espace d'un clignement de paupières. Et la culpabilité était marquée au fer rouge dans sa conscience.

Je sentis la main de Séléné se poser sur la main rompant le voyage de mon esprit dans celui d'un autre.

Elle avait glissé quelque chose vers moi.

- Ce n'est pas grand chose mais ça me fait plaisir.

Je saisis le cahier noir pour en détailler la couverture en cuir et les pages encore vierges.

Elle m'expliqua que je pouvais y écrire ce qui me semblait sombre dans notre monde pour garder ainsi à l'esprit ce que je désirais faire pour le rendre meilleur.

- Les noms ont un pouvoir fort.

Un stylo venait de surgir entre ses doigts agiles. Lorsqu'elle me le tendit, je sus ce que j'allais inscrire sur la première ligne de ce carnet.

L'identité de l'homme que je venais de sonder.

Il participait à la noirceur qui régnait dans cette ville. Le savoir, c'était le pouvoir.

Au fil des jours, d’autres noms vinrent compléter en secret cette liste si particulière. Encore et encore. J'étais aux premières loges de ce monde dur et injuste pour infléchir le cours des choses.

Mais je me perdais dans cette quête délicate pour défendre les opprimés. Il m'arrivait de plus en plus de me réveiller immobile au milieu de ma chambre, comme si quelqu’un d’autre prenait possession de mon corps. Un sourire malsain s’étirait sur mes lèvres avant que je reprenne pleinement conscience, le carnet noir serré dans ma main.

Bien que Chad ait senti que quelque chose se tramait – nous nous fûmes retrouvés pour boire un verre – personne ne sut ce que j’entreprenais. Mes actions ne laissaient aucune trace. Seule comptait la vérité.




Ma voix avait été tremblante lorsque j’avais contacté Mick pour l’informer que Chad venait de recevoir une balle dans la poitrine. La situation fut critique. Mon ami aurait pu mourir d'une manière si stupide sans que quiconque ait pu agir.

Mon angoisse m’avait causé une migraine intense mais j’étais resté à attendre que l’état de Chad s’améliore. Mon pouvoir pulsait au fond de mon crâne, jouant de ma faiblesse sans qu’une once de cuivre ne parvienne à le contenir suffisamment.

Quelque chose clochait. Mais j’étais pris dans les serres d’autres problèmes avec Chad. Des évènements qui pesaient dangereusement sur Beacon Hills. Alors j’occultais ce qui obscurcissait peu à peu ma vie.

Dans les couloirs de l’hôpital, je résistais difficilement aux flots qui me submergeaient. Des voix, des pensées, des souffrances. La tristesse. Le désir de vengeance.

Je lus aussi la peur. Intense. Celle d’un enfant qui voyait, après tant d’années, un vieux cauchemar redevenir réalité.

Le dernier instant avec Chad et Mick fut difficile à encaisser. J’avais ressenti des émotions fortes. Rejet. Culpabilité.

Ils avaient besoin d’être seuls. Affaibli, je parvins à ne pas fléchir devant eux. Puis, titubant contre le mur d'un couloir, je me finis par me laisser glisser au sol.

J’avais besoin de calme. D’un silence psychique salvateur. J'étais adossé à une porte, mais aucune pièce ne pouvait être isolée de ce qui me torturait. Perdu au fond de ce local de stockage, l’obscurité sembla aggraver le phénomène. Comme si mes sens s’atrophiaient au profit de mon esprit.

Je ne pus dire combien de temps, j’étais resté ainsi. Inconscient, à la dérive entre deux univers. Quand je ressortis, une infirmière s’exclama de surprise face à mon apparition soudaine.

- Monsieur, attendez !

Je sortis à la hâte de l’hôpital, sans lui laisser la possibilité de me prendre à partie et d’alerter quelqu’un d’autre.

Les voix s’étaient finalement tu dans mon esprit, remplacées par un profond silence duquel je percevais un bourdonnement lointain.

J’eus un mince espoir que tout ce désordre cesse. Le visage de Matrim s’était imposé à moi. Il était mon ami et également mentaliste, son aide pouvait m’être précieuse. Il l’avait déjà prouvé.

J’entrai dans l’immeuble qu’il m’avait indiqué dans son message, me précisant que j’étais toujours le bienvenu. Son accueil fut chaleureux, à l’image de la personne qu’il était.

Mais mon air contrarié lui fit comprendre toute mon inquiétude.

- J’ai le même problème qu’avant que tu me fabriques ce pendentif. J’ai l’impression que ces effets s’amenuisent.

La théorie de Matrim fut pertinente. Selon lui, le cuivre ne suffisait plus à bloquer la télépathie, sans doute parce que mon pouvoir résistait et se développait à force de lutter contre l’entrave.

- J’ai peut être une idée.

Je le suivis un peu en retrait jusqu’à sa chambre et désignai la valise grande ouverte sur son lit.

- Tu pars en voyage ?

Il s’excusa du désordre en m’expliquant qu’il préparait son expédition pour le Tibet. J’eus une étrange sensation, indéfinissable, lorsqu’il m’en rappela la raison.

Le photographe sortit un objet atypique de son armoire.

- Ça ressemble à un kaléidoscope mais je crois qu’il pourrait avoir un autre usage.




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