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 La morte di un traditore Feat Jansen | Arès

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Alessandro Amaro

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MessageSujet: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Lun 11 Avr - 17:32



La morte di un traditore


Feat : Jansen Avery
Arès Kye Coleman


Arès était allé faire ami-ami avec Craig, mon voisin de commerce et Jansen m’avait donné une nuit… la plus mémorable que j’ai connu. Je ne sais pas encore comment réagir à son acte volontaire de se condamner à suivre ma volonté. J’y vois un acte d’amour, mais aussi un acte désespéré. Le pouvoir que j’ai sur lui est plaisant et très ludique. J’ai encore des frissons de plaisir quand je repense à ce que l’on a fait ensemble. Cependant… Il est pour moi ce qui s’appelle une ancre. Et s’il a acquis ce rôle, c’est bien pour sa capacité à me résister. Qu’en est-il maintenant qu’il est totalement soumis et asservi à ma personne ? Jansinio…

J’ai bien du mal à me concentrer sur mon travail. Trop d’images suggestives me passent en tête. Si c’est comme ça tous les soirs, il va m’épuiser ! Je souris pour moi-même en allumant mon téléphone que j’avais coupé la veille pour être tranquille. Je fais de même avec l’ordinateur de mon bureau. L’intermède nocturne a été passionnel, nous n’avons pas beaucoup dormi, mais le travail n’attend pas. Mon téléphone vibre en continu affichant notifications sur notifications. Sur l’ordinateur, ma boite mail se remplit d’autant. Je pousse un soupir découragé et décide d’aller me chercher un expresso avant de me coller au travail.

Le bar est calme. Il y a les habitués du matin, ceux que nous voyons rarement en soirée. Le genre de client qui apprécie le calme, mais aussi le cadre du Pink. Je discute un peu avec Dan qui essuie une série de verre. Il me parle des whiskys qu’il apprécie, dont un en particulier qu’il trouve dommage de ne jamais trouver. Je cherche à servir de la qualité à mes clients. Cependant les alcools marginaux sont souvent très chers en rapport avec leur qualité. Je propose à dan de me renseigner sur la distribution de ce Whisky et de voir s’il est intéressant à ajouter à notre carte déjà bien fournie.

- S’il vaut le coup, je peux toujours virer une référence qui n’a plus de succès.

Je salue Dan, visiblement ravi que j’écoute ses propositions puis retourne à mon bureau. Avant d’oublier, je note sur un bloc de penser à faire un inventaire comparé de ce qu’on entre en stock.

Forcément, quand le soleil brille au beau fixe, il y a toujours un nuage pour le cacher et refroidir ce qui avant, chauffait gentiment sous ses rayons généreux.

Quarante-sept mails depuis la veille quinze heures. Je décide de commencer par les messages sur mon téléphone qui sont généralement plus urgents. Mon bloc note se remplit de tâches à faire. Un grossiste qui est en rupture et qui me propose un substitut, le service de la mairie qui veut un rendez-vous pour contrôler la fin des travaux du bar. J'efface sans état d’âme les démarcheurs. Je ne sais pas comment ils ont eu mon numéro de portable, mais je ne fais jamais affaire quand on me  racole ainsi.

- Tiens Dino Conti !

Dino était le fil un ami de mon père. Nous étions voisins de palier. Gamins nous jouions souvent aux gendarmes et aux voleurs dans notre rue avec ceux de notre âge. Dans le quartier de la petite Italie, les enfants ne risquaient rien à jouer sur le trottoir. Dino incarnait toujours le flic et moi invariablement le gangster. Je souris en me remémorant cette époque insouciante. Nous nous sommes perdus de vue à l’adolescence… Après la mort de mon père, j’ai pris un chemin différent du sien. Alors que nous avions le même âge, Dino s’était rapproché de mon frère Matteo, plus jeune de deux ans. A l’époque, j’avais vécu cela comme une mini trahison. Cependant, mon intégration progressive dans les rangs de la pègre m’a vite écarté de ma mère, de Mattheo ou de Dino. J’avais fini de « jouer » au gangster, j’en devenais un. Une fois adulte, j’avais recroisé Dino. Il était devenu flic et venait faire une perquisition dans la boite de nuit que je tenais. Je me rappelle du grand fou rire qui nous a secoué tous deux, de nous retrouver ainsi, adultes, dans nos rôles de cour de récréation. Une taupe m’avait averti de leur décente, Dino était repartit bredouille. Mais cela avait relancé notre amitié, aussi étrange que cela puisse paraître. J’ouvre son message, curieux de savoir ce que veut mon ami d’enfance.

« - Aless’ rappelle moi.»

Je note de rappeler Dino sur mon bloc note. Je ne le fais pas immédiatement, car si l’on en vient à parler du bon vieux temps, jamais je n’avancerais mon travail. Je traite le restant des messages pour passer à mon mail. Rebelote avec les fournisseurs, les devis à valider et tout ce qui a trait à la gestion d’un bar. J’ai un mail de Dino. Je suis tenté de l’ouvrir, mais je me force à abattre mon travail avant. C’est donc soulagé du travail fait que je clique sur son message.

Et la terre s’ouvrit sous mes pieds…

Je lis et relis son message, ainsi que les pièces jointes. Il n’y a pas de doute. Les preuves que Dino me donne sont accablantes. Mon univers s’écroule. Il y a peu de chose en lesquelles je crois, mais celles auxquelles j’adhère me semblaient solides, inviolables… Pourtant ce traître a balayé le plus saint du saint des pactes. Je me moque du bannissement de Don Stephano, mais là, c’est une affaire personnelle. Au pire je lui expliquerai les raisons de mon bref retour… si ses hommes m’en donne le temps. Le Parrain devrait me comprendre… Je retourne à Los Angeles buter cet enfoiré !

J’imprime le dossier que Dino m’a fourni et l’ajoute à celui que j’avais reçu de manière anonyme il y a quelques temps de cela. C’était Dino qui en était à l’origine. Il ne voulait pas se mouiller à mes affaires, mais sa dernière découverte l’avait suffisamment révolté pour qu’il ne cache plus son identité en me passant les informations. J’avais déjà eu l’impulsion de foncer à Los Angeles, mais m’étais refréné. Les hommes de Don Stephano ont ordre de m’abattre à vue. Un bannissement est un bannissement. Même si le parrain me garde en réserve loin de la mégapole, il ne tolérera pas que j’enfreigne sa décision. J’avais donc repoussé ce voyage risqué. Puis j’avais le Pink en reprise qui m’occupait bien trop.

J’ai ressorti mes deux pistolets fétiches. Je suis peut-être un garou, mais à Los Angeles la mode est plus à une balle dans la nuque qu’aux crocs plantés dans la carotide. Quoique… Ce traître mérite que je lui montre ma vraie nature et que je l’égorge au lieu de le butter proprement d’une balle en plein cœur ou en pleine tête.

Quand Jansen pointe son nez, mes deux armes sont totalement démontées sur mon bureau. Je nettoie soigneusement le canon de l’un d’eux.

- Ce n’est pas le moment Jansen. Avertis Sophie, Charlie et Ares que je vais être absent deux ou trois jours.

Si je me débrouille bien, je suis de retour pour après demain soir...

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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Mar 12 Avr - 16:40





La morte …



Jansen se réveille, et pour la première fois depuis bien longtemps, il est sans crainte… Pas la moindre crainte de se perdre, de devenir ELLE. Il n’a rien contre elle, au contraire, maintenant qu’il est capable de se souvenir, il ressent une grande émotion, indéfinissable, et il enrage de ne pouvoir lui parler en direct… C’est une étrange malédiction. Et pour la vaincre, il a préféré tomber sous le joug d’une autre, beaucoup plus ancienne, et que tous les sangs purs de sa lignée subissent : l’emprise absolue du gui.

Mais il n’y a ni souffrance ni appréhension. Il se sent extrêmement bien. Il fait confiance à Alessandro. En effet, celui-ci pourrait lui demander de mourir, qu’il le ferait. Mais sa façon de le regarder, de le prendre dans ses bras, de le couvrir de baisers et de mots lui assure qu’il n’en fera rien.

La nuit passée à assouvir le moindre de ses désirs était la plus érotique et la plus romantique que les deux amants aient pu avoir. Car, bien qu’Alessandro ait tenté les limites de son ascendant sur Jansen, il a aussi donné de sa personne et fait comprendre au jeune Drus qu’il comptait pour lui… Même si certaines demandes avaient pu être choquantes, dans d’autres circonstances, le jeune danseur n’avait eu nulle honte à les exécuter, et le plaisir que les deux jeunes hommes en avaient retiré était exponentiel. Sans leur condition surnaturelle à tous les deux, jamais ils n’auraient pu tenir une pareille nuit.

D’autant plus que ses cours ont commencés. Enfin, pas tout à fait. Il s’agit de la journée de pré-rentrée… En gros, des groupes de niveaux vont être créés et les élèves répartis dans les groupes en question. C’est donc une journée d’épreuve qui attend Jansen. Pour ne pas influencer Alessandro, ou qu’il se sente mal, il n’en a rien dit. Bien sûr, si ce dernier l’avait interrogé à ce sujet, il n’aurait tout simplement rien pu lui cacher. Mais il a beau être totalement sous sa coupe, et l’idée même de le trahir le révulse, il n’en a pas moins quelques possibilités de lui cacher des choses et d’agir par sa propre volonté. La danse est une évasion. Cette journée est très importante, car s’il rate ces épreuves, il va se retrouver avec les débutants, et ne progressera pas aussi vite qu’il le veut.

Le cœur lourd, angoissé, mais avec l’image de son rital chevillé au corps, Jansen fait ses étirements, en compagnie des autres étudiants, filles ou garçons, tout aussi angoissés. Bien sûr, quelques crétins prennent un air hautain, sur d’eux, mais globalement, personne ne fanfaronne… Torse nu, les pieds entourés de bandes de tissus et talqués, il choisit de se démarquer et de ne pas porter le « costume » informe que beaucoup ont choisis.. Les regards qui trainent sur lui ne le dérangent pas, il a l’habitude.

La première série d’épreuves concerne de la danse classique… Deux danseurs, une femme et un homme, sont là pour leur apprendre les enchainements. Ils n’ont droit qu’a 3 répétitions, puis c’est à eux de jouer, en passant un par un… Jansen a observé le moindre détail. Il n’a pas forcément l’habitude de ce genre de danse, mais il pense avoir observé suffisamment pour ne pas tomber dans les pièges… Changement de pas, sauts, mollets tendus, réception. Il fait le vide autour de lui, puis se lance. Il est le troisième à passer…

Les autres épreuves s’enchainent, toute la journée, modern style, jazz, rap, hip-hop, danse contemporaine et rythmique corporelle ; et c’est un Jansen finalement épuisé, en sueur, qui finit son improvisation, dernière épreuve, et réservée au groupe des « plus forts »… C’est avec des applaudissements discrets, certains sincères, de ses camarades, qui, au fur et à mesure des « éliminations », se retrouvaient spectateurs, qu’il achève cette journée érreintante, un grand sourire au lèvres…

Il a beau être en sueur, sa condition particulière fait que la seule conséquence est de faire ressortir sa senteur musquée et boisée. De quoi rendre fou son bel italien… Le car qui le ramène est témoin d’une légère agitation alors que le jeune homme, qui est resté en tenue de danse, fonce vers son Allessandro…

Ouvrant la porte de l’appartement d’Allessandro, et ne l’y trouvant pas, il se dirige directement, après avoir laissé ses affaires, dans son bureau… Le voir ainsi en sueur, offert, devrait normalement conclure agréablement cette journée…

Toquant à la porte, car il n’aimait pas arriver sans prévenir, même si les sens surdéveloppés de son patron paliait à cette éventualité, il s’annonça :

« Alles’ ? C’est Jansen, faut que je te parle de ma journée… »
« Ce n’est pas le moment Jansen. Avertis Sophie, Charlie et Ares que je vais être absent deux ou trois jours ».

Fronçant les sourcils, car il avait eut le temps d’ouvrir la porte et de voir les flingues, Alessandro ne relevant même pas la tête, il fonça s’aquiter de sa tâche, sous l’air « entendu » de Sophie, et surtout de Charlie qui lui dit même « fonce » en sachant très bien que la vision de son danseur ainsi offerte, Alessandro ne resterait pas longtemps de marbre.. Ares, en revanche, fronça simplement les sourcils, visiblement pas très chaud pour que son patron parte sans lui… A ses questions, Jansen se contenta de répondre par un haussement d’épaule… Déjà que d’habitude, Alessandro ne parlait que quand il voulait bien, sa nouvelle condition ne favorisait pas la pêche aux informations…

Mais Jansen n’avait pas dit son dernier mot…
Revenant dans le bureau, il demanda doucement.
« T’es sur que tu as pas une petite place pour moi ? J’ai passé toute la journée à subir des épreuves à l’école de danse, et je suis pris dans le meilleur groupe… Je peux donc prendre quelques jours, contrairement aux autres groupes qui doivent se mettre à niveau, et je commence plus tard. On est que 8, dans ce groupe…Je voulais pas t’embêter avec ça, je stressai déjà tout seul, inutile qu’on soit deux… »

Enfin il relève la tête. Et le voit. Il le voit encore transpirant, et doit sentir son odeur si plaisante exacerbée, et son cœur battre plus vite, plus fort…
« j’espère que ça te déranges pas.. Je suis venu dès que j’ai pu… L’habitude de prendre ma douche ici j’imagine… » ça y est, cette lueur de désir dans son regard, bingo !

« T’es sûr que tu veux bricoler ça ? Je suis sûr que tes mains pourraient trouver une meilleure occupation, Mio Amore… »

L’agacement d’Alessandro est visible, mais aussi une lueur d’amusement, qui finit par atteindre sa bouche et finalement un grand sourire fait écho à celui sur le visage du jeune danseur.
« laisse-moi t’accompagner ». Jansen fait un pas vers lui…
« laisse-moi être ta terre promise , ton repos, ton ancre »..
Il est à portée de main, à présent…
« laisse-moi venir avec toi, je veux être présent dans tout ce qui t’arrive, bon ou mauvais. Je t’ai fais une promesse, et la salope est presque pleine, là-haut… » l’estocade finale vient quand Jansen passe sous le bureau…


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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Mar 12 Avr - 22:24




Un petit plongeon dans l'enfer de la cité des anges PV Alessandro Amaro et Jansen Avery

Je venais tout juste de sortir du bureau de mon patron dans lequel j'avais mis les choses au clair vis à vis de ma nature surnaturelle. J'étais quelque part soulagé que cela ne gène pas le sicilien plus que cela non parce que je suis tout de même plus ou moins responsable de sa sécurité personnelle et de celle de son business à Beacon Hills qui ne compte pour le moment que l'établissement connu sous le nom du Pink Print. Mais, cela n'était qu'une simple question de temps avant que l'expansion sicilienne de la ville ne débute sous de bons auspices. Un léger sourire étire mes lèvres lorsque j'imagine une little Italy dans un coin de la ville. Le sourire s'élargit lorsque je pense à mon allié dans le gardiennage du surnaturel à Beacon Hills, le sheriff Hellhound Jordan Parrish. Imaginez le nouveau face à face, non plus en tant que gardien à la fumée face à un autre gardien plus puissant : le légendaire Hellhound mais moi en tant que garde du corps et second d'un mafieux en exil et lui en tant que représentant des forces de la loi et l'ordre dans le comté de Beacon Hills. Je crois que cela pourrait facilement m'arracher un petit rire. Voire même un gros. Aussi gros que celui procuré par la vision de Chris en train d'humilier l'équipe de football de Los Angeles.

Peut être, non parce que si j'avais trouvé le cerbère enflammé expéditif et bien trop puissant pour moi ce qui en soi je le souligne est une très bonne chose pour cette ville car avoir en son sein un gardien aussi impressionnant ne peut qu'être une bonne chose étant donné que la bourgade semble être le centre de toutes les attentions néfastes d'entités tout aussi néfastes, j'avais franchement bien apprécié l'hôte. L'homme derrière les flammes aussi dévastatrices que purificatrices. Le gardien que j'étais avait une estime inestimable pour la terreur des hérésies et cauchemar des destructeurs qu'était le Hellhound. L'homme que j'étais avait beau apprécié l'hôte en tant qu'homme le simple fait de le savoir de l'autre coté de la loi me déplaisais légèrement et me poussais à garder une certaine réserve.

Mais, j'imagine que j'abuse car il n'y a pas marqué mafieux sur mon front et que mon boss ne se baladait pas dans les rues de Beacon Hills en chantant à tue tète la chanson du parrain et en distribuant des cartes de visites estampillées du sceau de la mafia sicilienne. Donc, j'imagine que mes relations avec le sheriff Parrish pourront rester cordiales. J'avoue que je l'espère aussi étonnant que cela puisse paraître. Bref, assez penser à mon allié surnaturel. Revenons en à nos moutons ou plutôt à notre voisin de pallier récalcitrant. Je me dirige vers l'entrée du bar et évite Sophie de peu. Cette dernière m'adresse un petit sourire avant d'aller servir un client dans un box. Vu, l'heure il n'y a pas foule et cela me facilite le travail et va me permettre d'aller faire connaissance avec ce cher Craig. Je sais déjà comment attaquer. Je vais lui parler de l'importance de la famille. En lui racontant ma vie d'orphelin pour bien souligner que lorsque l'on a une famille qui nous aime, on se doit de l'apprécier à sa juste valeur. Ca va, je ne vais pas lui faire la morale non plus. Juste l'orienter vers la culpabilité paternelle, fraternelle, filliale peu importe tant qu'il ressente un sentiment négatif lié à l'éloignement de sa famille. Mais, lorsque je sors du Print et que mes yeux se posent sur la caisse à l'intérieur du magasin d'électronique. Je repère Craig au téléphone. Je ne prends pas la peine d'attendre que sa conversation se termine ni même d'utiliser mes sens surnaturels pour l'écouter. J'aurais tout le temps de mettre mon plan à exécution plus tard.

Pour, le moment je retourne dans le Print et inspecte les lieux du regard avant d'aller me poster en faction devant la porte que j'ouvre à un couple d'habitués et les gratifie d'un sourire et de quelques mots avant de me diriger vers le comptoir ou j'échange une blague avec Jerry, le vieux de la vieille du bar. Puis, je fais une nouvelle fois le tour du bar sans rien détecter de problématique alors je retourne me placer devant la porte et reste immobile, seul mon regard dérive à travers la salle pour finalement se poser vers le beau danseur très important aux yeux d'Alessandro. Bref, Jansen le danseur du Pink se dirige vers moi avant de s'arrêter devant moi et de me répéter le message d'Alessandro. Je tente de soutirer d'autres informations à Jansen mais il n'en sait visiblement pas plus. Une chose est sure si mon boss s'imagine qu'il va aller se fourrer dans un merdier sans que je ne sois là pour couvrir ses arrières, il se fourre le doigt dans l'œil jusqu'au fond du... Je laisse Jansen retourner vers le bureau et réfléchis rapidement. Qu'est ce qui pourrait pousser le sicilien à quitter son château ? Il vient de Los Angeles et a été exilé par la mafia sicilienne de la ville. Je parie sur L-A. Il semblerait que j'ai cette ville dans la peau. Car, j'avais eu affaire à certains de ses habitants pas plus tard qu'il y a quelques jours lors du match de Chris. Bon, allez y a pas à chipoter ni à tortiller du cul pour chier droit je viens avec lui qu'il le veuille ou non d'ailleurs.

Je me dirige à mon tour vers le bureau du sicilien et entre sans avoir toqué ou avoir été invité à entrer. J'y trouve Alessandro et Jansen en train de faire des choses pas très catholiques et un sourire en coin étire mon visage.  Ah, les coquins. Z'ont bien raison remarquez, il n'y a pas de mal à se faire du bien même si je m'attendais plus à tomber sur une discussion tendue.Je remarque aussi les deux flingues sur le bureau et plante mes yeux dans ceux de mon boss avant de dire : Je ne sais pas ou vous allez ni ce que vous allez faire. Quoi que je pense sérieusement avoir deviné. Alors, je vais être bref boss. Et vous allez bien m'écouter. Je viens avec vous que vous le vouliez ou non. Alors épargnez votre salive. Il faut que quelqu'un couvre vos arrières. Vous avez été banni de cette ville. Alors à moins que vous ne vouliez finir troué, je suis du voyage. Bon, je vais passer au loft pour aller m'équiper et je serais de retour dans une petite demi heure, je pense. Allez amusez vous bien.


Un sourire étire mes lèvres lorsque je referme la porte du bureau et me dirige à toute vitesse vers la sortie. J'enfourche la moto et enfile mon casque avant de foncer jusqu'au loft. Je grimpe les escaliers quatre à quatre et une fois à l'intérieur, je vais au sous sol là ou je range les outils pour réparer la moto et sors trois flingues, des munitions et deux couteaux. Je regarde mes sabres avec envie mais je ne pense pas que les armes blanches soient adéquates pour l'occasion. Dommage, je préfère les armes blanches à toutes les autres. Je laisse finalement les cadeaux d'Asmodée, Azalea et Idris dans un coin du meuble et prends deux étuis pour les pistolets. J'enfourne mon matériel dans un sac de sport, ferme le meuble à clé et remonte en coup de vent. Je file dans ma chambre et fourre  quelques habits dans le sac étant donné que je ne sais pas combien de temps va durer cette petite expédition qui me semble être une expédition punitive. Puis, je me change et enfile un jean, des bottes, un tee shirt en v noir manche longue et un trench  noir. Serais je d'humeur noire ? J'enfile un étui de pistolet à l'épaule et y fourre un des trois pistolets. Je remonte ensuite mon pantalon et insère un couteau dans un étui à couteau à ma cheville avant de faire de même dans l'étui à couteau attaché à ma ceinture. Non, mais qu'est ce qu'il y a ? Je suis mercenaire.

Habitudes de mercenaire. Bon, il n'y a plus qu'à retourner au Print. Je pourrais tout aussi bien n'emmener aucune arme et me contenter de briser des nuques mais ca a la fâcheuse tendance de laisser des traces. Ah, mais je suis bête. Des gants, voilà ce que j'ai failli oublier. J'en prends une paire en cuir noir dans un tiroir et la fourre dans le sac. Je ramasse le téléphone sur le bureau et enfourne des écouteurs dans les oreilles. Du dance hall pour un voyage dans l'enfer de la cité des anges, cela me va. Boom de Moti et Major Lazer, ironique n'est ce pas. Boom comme le bruit d'une balle sortant d'un canon. Puis, je decends et quitte mon domicile le sac en bandoulière sur la moto. Je me gare à coté de la voiture du sicilien et descends de ma moto. Je rentre dans le bar et me dirige jusqu'au comptoir devant lequel je demande un petit verre de tequila à Sophie. Une fois l'alcool avalé et ma collègue remerciée, je me dirige vers le bureau et cogne cette fois ci avant d'entrer et de dire à Alessandro : On prends ta voiture ?



Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Sam 30 Avr - 18:03, édité 2 fois
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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Sam 16 Avr - 21:28



La morte di un traditore


Feat : Jansen Avery
Arès Kye Coleman


L’odeur caractéristique de l’huile mélangée à la poudre me rappelle Los Angeles. Si Beacon Hills n’est pas la ville calme qu’elle parait en surface, cela n’a rien à voir avec Los Angeles. La cité des anges a aussi son lot de surnaturels et quelques meutes qui gardent jalousement leur territoire. Cependant à cela, se superpose l’activité humaine. Et l’univers organisé du crime prospère en ajoutant sa propre toile sur la mégapole, sans connaitre l’existence de la faune qui se mélange aux habitants. J’ai toujours trouvé cela étrange que les deux milieux s’ignorent presque totalement. Les garous ne se mêlent pas des affaires de la pègre, et peu parmi les membres de la mafia sont au parfum sur l’existence des surnaturels. Un peu comme à Beacon Hills où malgré tous les incidents étranges, la population ne bronche pas.

Quand Jansen revient sa mission accomplit, il me fait un véritable numéro de charme pour que je l’emmène.

- T’es sur que tu as pas une petite place pour moi ? J’ai passé toute la journée à subir des épreuves à l’école de danse, et je suis pris dans le meilleur groupe… Je peux donc prendre quelques jours, contrairement aux autres groupes qui doivent se mettre à niveau, et je commence plus tard. On est que 8, dans ce groupe…Je voulais pas t’embêter avec ça, je stressai déjà tout seul, inutile qu’on soit deux…

Je relève la tête après avoir remonté ma deuxième arme. J’étais si concentré sur ma mission, que je ne l’avais presque pas vu. Jansen… Son parfum boisé me prend de plein fouet. J’imagine le gout salée de sa peau après l’effort. Son regard sur moi, si doux et si provocateur chasse le temps d’un instant les nuages noirs qui m’envahissent.

- J’espère que ça te déranges pas.. Je suis venu dès que j’ai pu… L’habitude de prendre ma douche ici j’imagine…

Je lui souris. Ce petit malin sait parfaitement l’impact qu’a sur moi son parfum si spécial de drus. Il a beau m’être soit disant soumis par la malédiction du gui, il n’en reste pas moins maître de mes désirs. Je le déshabille du regard, l’indécence au bord des yeux. Ce que j’ai appris m’a mis dans une rage folle, pourtant en trois mots maladroits, une œillade timide, et une odeur masculine, Jansen arrive à me faire tout oublier.

-  T’es sûr que tu veux bricoler ça ? Je suis sûr que tes mains pourraient trouver une meilleure occupation, Mio Amore…
- Jansinio…


Je suis agacé de son peu de sérieux face à ces armes, mais je suis pourtant bien incapable de lui en vouloir. Je n’ai pas subi de malédiction qui me lie à lui, mais c’est tout comme.

- Laisse-moi t’accompagner
- C’est un milieu que tu ne connais pas Jansinio… Un milieu très urbain.


Il s’avance avec sa grâce de danseur si désirable, envoûtant…

- Laisse-moi être ta terre promise, ton repos, ton ancre
- Jansinio… per favore !
- Laisse-moi venir avec toi, je veux être présent dans tout ce qui t’arrive, bon ou mauvais. Je t’ai fait une promesse, et la salope est presque pleine, là-haut…
- Merda, la luna !


Trop obnubilé par les traîtrises passées de ce fils de pute à Los Angeles, j’ai oublié que la lune arrive à son apogée dans deux jours… Je sursaute en sentant les mains de Jansen qui remontent doucement sur mes cuisses. Mais à quel moment est-il passé sous le bureau ? Il est décidément impossible. Mais la pression qu’il fait sur le tissu de mon pantalon, associé à sa présence, et son odeur me font immanquablement réagir. C’est évidemment ce moment-là que choisit Arès pour débouler dans mon bureau sans frapper…

- Quello che ho fatto per il buon Dio ?!
- Je ne sais pas où vous allez ni ce que vous allez faire. Quoi que je pense sérieusement avoir deviné. Alors, je vais être bref boss. Et vous allez bien m'écouter. Je viens avec vous que vous le vouliez ou non. Alors épargnez votre salive. Il faut que quelqu'un couvre vos arrières. Vous avez été banni de cette ville. Alors à moins que vous ne vouliez finir troué, je suis du voyage. Bon, je vais passer au loft pour aller m'équiper et je serais de retour dans une petite demi-heure, je pense. Allez amusez-vous bien.
- … Ma bordello ! Arès !


Ma réaction se fracasse sur le dos de mon second qui sort sans attendre un contre ordre. Entre mes cuisses, Jansen tente de se faire tout petit.

- Ma chi è il capo qui ?!

Baissant les yeux vers mes cuisses, je croise un regard à damner un saint. Je comprends qu’il va m’être très difficile de me défaire de Jansen et de mon garde du corps. Je pourrais ordonner à Jansen de rester à Beacon Hills, mais avec le regard qu’il me lance… sans parler de la pleine lune qui arrive et les sources de colères qui ne vont pas manquer d’arriver dans les prochains jours. Le danseur est la meilleure barrière contre ma sauvagerie qui ne va que demander à sortir. Quant à Ares, il est pleinement dans son rôle. Et il le fait très bien, car il s’impose, ne me laissant pas le choix. Je secoue la tête un peu désabusé, mais heureux de compter près de moi deux hommes que j’estime.

Je dois leur fournir quelques explications. Je ne demande pas à Arès une obéissance aveugle. Ça c’est ce que je demande aux hommes de main, d’exécuter mes ordres sans discuter. Arès est mon second. Il garde son libre arbitre et sa réaction présente montre que j’ai bien choisi l’homme pour ce job. Tous deux doivent savoir un minimum dans quoi nous allons mettre les pieds. Je ne m’inquiète pas pour le Deatheater qui a déjà fréquenté les bas-fonds de notre société. Mais Jansen est encore comme un enfant naïf dans le monde des humains. Il trouve ses sœurs décidées et acharnées, il va comprendre que l’homme sait ajouter une dimension perfide à ses crimes, le mettant par la ruse en haut de la chaîne alimentaire.

(…)

J’ai entrainé Jansen dans mon appartement pour que l’on se change et que surtout qu’il prenne une douche avant que je ne lui saute dessus. A son air déçu que je ne prenne pas ce qu’il me donne, je lui réponds par une étreinte tendre et enveloppante. Je ne veux pas être dans la colère quand je le fais mien. Par respect pour lui… par amour aussi, je crois… L’histoire ne se répétera pas, je le garderai auprès de moi !

(…)

- On prend ta voiture
- Oui. Mais avant ça, je vous dois une explication, car j’ai du respect pour vous deux. Cette affaire est personnelle. Je voulais régler ça seul, mais vous avez raison de vous imposer. Je vous en remercie. C’est la preuve que je peux vous faire confiance.


Je réexplique la raison de ma venue à Beacon Hills et ma mise à l’écart de Los Angeles. Puisque Jansen et Arès font désormais partie de mon proche quotidien, il est important qu’ils en sachent plus sur moi, ce que je suis et sur ce qui peut me tomber dessus. Je leur explique donc ma position dans la mafia sicilienne de Los Angeles, le soutient de Don Stephano qui m’a exilé dix ans au lieu de me condamner à mort et ce que ça laisse entendre sur l’importance qu’il me donne.

- J’ai reçu la preuve formelle qu’un proche m’a trahi par deux fois. Son crime est impardonnable car cela a conduit à la mort de deux personnes, mon père et… la femme que j’aimais.

Je regarde Jansen encaisser le coup. Il sait bien qu’il n’est pas le premier. Cependant, il m’a toujours cru volage et sans attache. Il n’est pas le premier dans mon cœur, mais Lyly est morte. La place est à prendre. Je lui souris doucement et poursuis.

- Mon père transportait parfois de la marchandise de contrebande pour le compte de la mafia. Pas par choix, mais par dette familiale. C’est la mafia qui a permis à mes grands-parents de quitter la Sicile où ils mourraient de faim au début du siècle dernier. Ce genre de dette coure sur plusieurs générations, à moins de s’en aller très loin.

Je leur explique qu’un jour, mon père s’est fait serrer par les fédéraux. Lui qui pensait transporter de la contrefaçon, a découvert qu’on le chargeait de poudre… La sanction n’est pas la même, de même que les interrogatoires plutôt musclés. Mon père était un brave type sans histoire, il a donc fini par avouer qui était son commanditaire.

- Il n’a pas eu le temps de témoigner. Les prisons regorgent d’hommes de mains de la Famille qui n’attendent qu’une commande pour se faire bien voir et avoir un meilleur poste à leur sortie. L’homme que je veux buter c’est celui qui a renseigné les FED. C’est un proche, un membre de la Famiglia. Il a rompu la sainte loi du silence.

Je me tais un moment, prenant le temps de remettre de l’ordre dans ma tête et préparer mes mots pour la suite. Je ne souhaite pas peiner Jansen. Mais si nous deux, c’est ce que je pense, il doit connaitre mes cicatrices invisibles.

- J’avais vingt-trois ans quand je suis tombé amoureux d’une femme. Elle avait deux ans de plus que moi. Blonde comme un champ de blé, pure et innocente comme un ange. Je l’ai rencontrée dans la librairie où elle travaillait. Ça été le coup de foudre réciproque. Je l’ai charmé, séduite et fait mienne. Mais jamais, je n’ai pu lui dire qui j’étais, un mafieux en puissance, un criminel. Elle était d’une droiture à toute épreuve. Un jour, elle est arrivée à notre lieu de rendez-vous habituel très agitée. Elle m’a demandé si c’était vrai, si j’avais vraiment tué des gens pour le compte de la mafia. Elle avait reçu un courrier anonyme m’accablant. Je n’ai pas pu lui mentir, elle aurait tôt ou tard fini par le savoir. Sa conscience a été plus forte que son amour pour moi… Elle m’a averti qu’elle allait me dénoncer à la police, me donnant deux jours de délai pour déguerpir. Au lieu de cela, je l’ai invitée le lendemain soir à célébrer dignement notre séparation sur un yacht au large de Los Angeles… Je n’avais pas le choix, elle avait aussi le nom du bras droit de Don Stephano. Celui qui l’a avertie de qui j’étais est le même fumier qui a vendu mon père au FED. C’est un ami d’enfance, Dino, qui m’en a donné la preuve il y a quelques heures.

Je laisse Jansen et Ares digérer ce que je viens de leur dire. Je ne leur dirais pas qui est l’homme qui m’a trahi ainsi deux fois, me privant de mon père et m’obligeant à assassiner la femme que j’aimais. Car l’un et l’autre me sauteraient dessus pour m’attacher, refusant de me laisser aller à Los Angeles, même accompagné. J’attends d’écouter leur réaction pour voir ce que je vais leur dire de plus, les risques encourus. Je ne sais pas si je passe voir Dino. S’il m’a donné l’information, c’est bien qu’il s’attend à ce que je me fasse justice moi-même. Mais bien que mon ami, il reste un flic… Un peu inquiet, je lève les yeux sur Jansen. Que pense-t-il de moi ? La malédiction le lie à moi, mais je veux savoir ce qu’il pense vraiment, même si cela doit me faire mal.

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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Ven 22 Avr - 10:19





La morte …



Il l’adore l’avoir en bouche. C’est doux, et chaud. Il aime le goût, les sensations que ça lui procure sur la langue. Son prénom, Alessandro, il adore l’avoir en bouche, et le dire, encore et encore.
« Alessandro… »

Quelque part, au fond de lui, il sait qu’il se rebaisse, qu’il devient ce qu’il déteste, à savoir un être soumis, exécutant les quatre volontés de son maitre, sans sourciller, sans une once de moralité ou de valeur. Mais il l’aime, et ça n’a rien à voir avec le gui. Il est fou de lui, il l’était déjà avant ce baiser, même si il s’en défendait. Parce qu’il compte enfin pour quelqu’un. Alors tant pis si ce quelqu’un est dangereux, tant pis s’il a un passé sombre et un avenir brulant, il veut se réchauffer aux flammes de cet avenir.

Lorsque leurs regards se croisent, c’est un incendie de forêt, mais de ceux qui permettent à la terre de se reconstruire, aux jeunes pousses d’émerger, et, avec la lumière aimante du soleil, de grandir et apporter la beauté du renouveau à un forêt qui était jusqu’ici figée. Jansen n’a nul besoin de ses sœurs et de la Sylve, s’il peut se reconstruire sur le terreau que lui laisse Alessandro.

Les réticences de son patron à l’emmener sont une crainte pour le jeune danseur. Il essaie de le faire flancher, de grignoter les défenses de l’italien, mais si ce dernier lui ordonne de rester, il ne pourra se soustraire à cet ordre direct. Il n’a que la marge de manœuvre, la petite liberté que lui concède Alessandro. Il n’a pas d’autre arme que le désir qu’il peut allumer en lui, alors il en use et en abuse, espérant que son amant italien ne se lassera jamais de lui. Alessandro lui avait dit qu’il ne serait pas à sa place, là-bas. Un milieu urbain, dangereux… Mais le jeune Drus a beau être issu d’un arbre, il a vécu bien des combats, déjà, et ses sœurs sont des vipères machiavéliques et tout aussi dangereuses. Oui, il ne connait pas la ville, mais il sait se défendre, même loin de son milieu naturel.

Ares arrive évidemment au plus mauvais moment, mais semble trouver plutôt amusant la situation, et n’est pas gêné le moins du monde. Dans son état normal, Jansen serait mort de honte, mais dans son état normal, il n’aurait pas agit ainsi. Au vu du discours du nouveau garde du corps, Jansen en déduit qu’il a également compris la gravité de la décision d’Alessandro. Souriant sous cape, le jeune danseur espère qu’Alessandro flanchera, car il se sent en sécurité avec Arès dans les parages…

De nouveau l’employeur et l’employé plongent leur regard l’un dans l’autre, et Jansen sent son cœur battre plus vite, avec anxiété. Un seul mot d’Alessandro et il serait condamné à rester ici, mort d’inquiétude, peut être littéralement s’il il en croit ce que les anciennes racontaient de la malédiction du gui.

Finalement, Jansen a droit à sa douche, espérant ne pas en recevoir une deuxième, plus froide, quant à la décision d’Alessandro. Son étreinte est tendre et une onde de chaleur humaine et de bonheur est la meilleure des récompenses qui échoit à Jansen.

- On prend ta voiture
- Oui. Mais avant ça, je vous dois une explication, car j’ai du respect pour vous deux. Cette affaire est personnelle. Je voulais régler ça seul, mais vous avez raison de vous imposer. Je vous en remercie. C’est la preuve que je peux vous faire confiance.

Arès et Jansen écoutent patiemment, leurs regards se croisant au fur et à mesure qu’Alessandro explique les raisons de son départ précipité à Los Angeles. Dans ce jeu de regard, beaucoup de choses se passent. Arès évalue les risques, jauge la valeur de Jansen. Sera-t-il un poids mort ? Une source de risque ? Un possible chantage ou moyen de pression pour Alessandro ?
De son côté Jansen n’en est pas moins actif dans ses cogitations. Devra-t-il se faire violence ? Tuer pour lui ? Il sait qu’Arès doit le considérer comme un danseur sexy, sans doute adepte de la promotion canapé, et peut être juste bon à satisfaire sexuellement Alessandro. Il compte bien lui prouver qu’il sait lui aussi défendre l’intégrité physique de son patron. Los Angeles n’est pas une forêt séculaire, mais il y a des plantes, du bois, et quand bien même il serait loin de tout ça, il sait se débrouiller et être létal si il le faut…

-J’ai reçu la preuve formelle qu’un proche m’a trahi par deux fois. Son crime est impardonnable car cela a conduit à la mort de deux personnes, mon père et… la femme que j’aimais.

Jansen reçoit un poignard dans le cœur. Il n’a jamais été jaloux. Avant lui. Il a beau se raisonner, se dire que c’est normal, qu’Alessandro avait une vie avant de le connaitre, il a du mal à concevoir que quelqu’un d’autre puisse bénéficier de l’amour qu’il ressent pour lui.
La suite le ramène au présent, qui prend toujours racine dans le passé. Petit à petit, il écoute Alessandro raconter comment chaque arbre de la forêt des tourments s’enracine dans son cœur, et pousse inexorablement. Son père, sa mort, et les trahisons sont comme des vignes néfastes s’enroulant autour du cœur de l’italien.

Et au milieu de cette forêt tourmentée, Jansen ne voit plus qu’un seul arbre, qui prend beaucoup de place. Il ressemble à une jeune femme aux cheveux blonds et le jeune danseur ne peut qu’assister à l’éclosion et à la croissance de cet arbre, fauché trop jeune, mais dont les racines sont encore vives dans l’esprit de l’italien. Il comprend toutes les souffrances, et il souffre avec lui, par jalousie, par empathie, par crainte. Mais quand Alessandro le regarde, le sourire du sylvestre est chaleureux, vrai, sans concession.

Il l’aime, et il veut être à ses côtés, malédiction du gui ou non.
Après quelques instants, les yeux brillants d’émotion de Jansen se font plus durs, plus déterminés. Se rapprochant d’Alessandro, il l’embrasse fougueusement avant d’ajouter :
« Ça ne change rien à ce que je t’ai dit. Je veux être présent. Laisse-moi être présent….Tu ne fais qu’apporter des précisions, pas chambouler la vision que j’ai de toi »…

Incapable d’en dire plus, pour l’instant, et parceque ce n’est pas le moment, il espère juste que son message est passé.
« Mais je vais avoir besoin moi aussi de quelques affaires. »
« Tu n’as qu’a prendre des chemises dans ma penderie, elles te vont bien »
« Je ne parle pas de ça… » Lorgnant vers la mallette et le sac d’Arès que le jeune danseur sait être remplis d’autre choses que de simples affaires de rechange, il regarde ce dernier, qui semble le jauger de nouveau…

« Je ne serais pas long, je sais qu’on part dès que possible… » Il y a des arbres pas loin, et Jansen aura tout le trajet pour se remettre de ce qu’il s’apprête à faire…
C’est un Drus déterminé qui se relève, enlevant ses chaussures, ses pieds nus au contact des lattes de bois. Regardant Alessandro une dernière fois, il lui dit

« Je t’aime. Je t’aimais avant le baiser, je t’aime après ces révélations… ». Le sourire soulagé d’Alessandro et cette émotion si peu courante dans ses yeux, cette petite lumière brillante est un baume sur le cœur de Jansen. Levant le pied, puis le frappant sur le sol, comme un pas de danse africaine, Jansen disparait, pour réapparaitre en bas de la rue, près d’un arbre. Sautant d’arbre en arbre, rapide comme le vent dans les feuilles, il part chercher ce dont il a besoin…

C’est un Jansen épuisé, mais sourire aux lèvres qui est de nouveau là, environ vingt minutes plus tard, habillé pour plaire à Alessandro.Il a laissé un message à Jordan et Brian pour ne pas qu'ils s'inquiètent, sans leur donner de détail.On pourrait penser à un touriste partant en vacances, avec une certaine classe à l’italienne qui lui vient d’aller savoir où, mais un certain nombre de détails n’échappent pas à Alessandro et son garde du corps professionnel. Des lanières de cuir, au poignet, munies de petites poches. Une ceinture étrange, dont le matériau est assez indéfinissable, bien qu’il ressemble de loin à du cuir, et un pendentif, ressemblant à une racine noueuse miniature, balançant sur la naissance des pectoraux de Jansen, qui porte une chemise ouverte, sans doute à l’intention d’Alessandro… Le meilleur moyen de détourner l’attention des détails est encore d’offrir une vision plaisante de l’ensemble.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Sam 23 Avr - 17:37




Une tragédie macabre ou l'apanage ordinaire d'une vie dans le crime organisé


Le bureau de mon patron est plus petit qu'avant selon les dires de mes collègues pourtant je le trouve suffisamment grand pour me sentir à l'aise et non pas étriqué. C'est complètement hors sujet mais j'ai besoin d'espace pour me sentir pleinement à l'aise. Le tigre dans mes veines j'imagine. Il semblerait que ce dernier ait quelques petites exigences. J'insiste sur le terme petites, il ne manquerait plus que celui ci se mette à jouer les divas. Je lui en ferais bouffer de l'espace moi. Enfin, je suis en train de m'égarer comme d'habitude. Je dépose le sac rempli de fringues et de flingues sur le sol. Quelle belle allitération que celle ci. Bon peut être pas mais elle a le mérite d'être particulièrement à mon gout. Puis, je m'approche de mon boss et de son amant d'une démarche tranquille comme si nous ne nous apprêtions pas à prendre la route pour la ville de laquelle Alessandro avait été banni quelques années plus tôt mais à partir en voyage dans les Caraïbes ou vers toute autre destination paradisiaque. Je m'immobilise à quelques pas du sicilien et du beau danseur. J'écoute attentivement la réponse de mon patron qui me touche malgré moi. Bien que je n'en laisse rien paraître.

Notre relation fondée sur un respect mutuel me change de celles que j'avais entretenu avec mes employeurs précédents dans le milieu. J'espère qu'il va s'habituer à ne plus avoir le réflexe de régler les problèmes seul parce que cela n'arrivera plus tant que je serais dans les parages. Parce que oui, si je dois m'imposer pour le lui faire comprendre je m'imposerais sans états d'âme et sans me gêner. La gène est un concept qui m'est étranger de toute manière. J'écoute en silence Alessandro refaire le point sur son histoire et les raisons de son installation dans la petite bourgade de Beacon Hills. J'ai la très nette sensation qu'il va profiter de ce petit prologue à notre voyage pour éclaircir les zones d'ombre masquant la clarté de l'ensemble du tableau. C'est la raison pour laquelle je focalise toute mon attention sur le sicilien. Lorsque les paroles de mon boss s'insinue dans mes oreilles, je me gratte brièvement la barbe. Je me doute que la suite de l'histoire est bel et bien une tragédie. Une tragédie de celles qui sont monnaies courantes dans un tel microcosme de la société moderne.

Le crime organisé est un monde à part, une société dans la société et ses règles sont brutales, ses codes bien difficiles à cerner pour les non initiés et ses conflits hautement plus dangereux que ceux du monde dans lequel la plupart des gens vivent. Je dois reconnaître que c'est la partie que j'aime le moins dans le fait de travailler dans ce milieu. Les trahisons vicieuses et sanguinaires qui sont l'apanage des lieux ou l'argent est roi, ou les sommes sont si importantes qu'elles détruisent tout qu'ils s'agissent des liens familiaux ou amicaux et même parfois amoureux. J'imagine que c'est du à ma situation particulière. J'ai été orphelin alors la famille a une dimension presque sacrée à mes yeux. Oui, j'ai été car je ne me considère plus comme tel. Lucianna, Asmodée deux mères pour deux vies. Humaine et gardienne à la fumée parfait miroir entrelacé de ma personne. Le pouvoir est dangereux, il attire les plus mauvais et corromps les meilleurs. Oui, le pouvoir est dangereux ce n'est pas pour rien que seuls ceux qui s'abaissent à le ramasser l'obtiennent. Je remarque l'échange de regard entre le patron et l'employé mais ne dis rien ni ne fais rien.

Ce moment est bien plus intime que je ne le voudrais et je suis conscient de faire tache dans le paysage. Je me doute que le proche qui l'a trahi est soit un ami soit un frère ou un cousin et j'ai mal pour mon boss. Car devoir ôter la vie à un membre de sa famille est surement la pire expérience possible. Mais, il y a des choses que l'on ne peut pas pardonner. Et puis peut être que je déraille complètement et qu'il s'agit juste d'un ancien associé. Mes théories ne sont pas toujours justes. Certaines se révèlent parfois bien fumeuses. Alessandro reprend et nous parle de son père et de sa dette envers la mafia avant d'enchainer sur la mort de son paternel. Une mort bien triste pour un homme n'ayant surement jamais désiré être un hors la loi. Durant quelques secondes, je laisse mon esprit divaguer et imagine mon propre père. Lucianna m'avait dit que c'est le mariage de ma mère qui l'avait éloigné de la famille. Epouser un criminel minable à la sortie de l'adolescence n'est effectivement pas le genre de décision faisant la fierté familiale. Je réprime un sourire en coin teinté de tristesse en me disant : Tu vois Jhon. Je marche dans tes traces aussi pathétiques aient elles été.

Mon patron marque une pause histoire de se remettre et de se préparer à conclure. Il va parler de la femme qu'il a aimé puisqu'il ne reste plus que ce point à évoquer. Je jette un coup d'œil au danseur et le jauge sans ménagement. Sera il un poids mort ? Une autre personne à protéger ? Un moyen de pression ? Un affaiblissement capable de détourner Alessandro de son but ? Nous échangeons de longs regards et je parviens finalement à la conclusion que je ne pourrais pas couvrir les arrières de deux personnes en même temps. Je ne suis pas Chuck Norris. Ce n'est pas parce que je porte le nom d'un dieu ancien que j'en suis un. Jansen se soumet à l'épreuve de mon regard inquisiteur sans broncher et je me dis qu'il doit venir de toute manière ne serait ce que pour calmer Alessandro si ce dernier pète les plombs. Puis, le sicilien nous déballe enfin le cœur de la tragédie et je sens un frisson courir le long de ma colonne vertébrale. Il a été contraint d'abattre la femme qu'il aimait à cause d'un sale petit connard. Je suis triste pour Alessandro et mon sang bouillonne dans mes veines. J'ai soudain envie de dessouder des os et de faire saigner quelques personnes. Peu importe qu'il s'agisse d'un membre de sa famille.

Alessandro doit régler les choses comme elles doivent l'être. Une balle dans la tète nette et sans bavure. Quoi que si j'étais lui, je me montrerais surement très imaginatif. Oui, c'est ce coté les rois maudits que je déteste dans le milieu du crime organisé. Je suis par la même encore plus heureux de faire partie d'une espèce ne connaissant pas les affres de la dissension. Sauf vis à vis des renégats mais ces derniers sont traqués à travers le globe. Je m'assois sur le bureau de mon boss et réfléchis à la situation, anticipe les emmerdes qui nous attendent, vérifie mentalement le nombre de chargeur que j'ai emporté. Pendant ce temps, Jansen fait preuve d'un amour sans faille envers Alessandro. Je ne regarde pas histoire de leur laisser un minimum d'intimité.

Mais croise de nouveau le regard de Jansen lorsqu'il évoque le contenu de mon sac. Je le jauge une nouvelle fois plus longtemps cette fois ci. Et laisse un léger sourire étirer mes lèvres. Oui, j'ai un flingue pour toi mon pote. J'espère que tu sais t'en servir parce que je suppose que les occasions ne vont pas manquer. Je regarde le danseur avec attention lorsqu'il exécute des tours propre à l'espèce antique à laquelle il appartient. Fasciné par ces capacités je le regarde disparaître bouche bée. Comme quoi, les gardiens ne savent pas tout. Je profite d'être seul à seul avec mon boss pour lui dire : Je suis vraiment désolé pour ce que tu as vécu. Est ce que tu es sur que l'on doit emmener Jansen ? Je veux dire j'ai beau être doué je ne suis pas sur d'arriver à couvrir les arrières de deux personnes à la fois. Je sais qu'il est très important pour toi mais je ne voudrais pas qu'il te détourne de ton but. Je suis à deux cents pourcent avec toi. Cet enfoiré qui t'a trahi ne mérite qu'une agonie longue et douloureuse. Et crois moi tu vas la lui offrir. Si jamais Jansen vient avec nous, je ferais de mon mieux pour veiller sur vous deux mais je ne te garantis rien. J'ai un flingue en plus dans le sac. Je vais le lui donner au cas ou. C'est tout ce que j'avais à dire boss. Je me fiche de savoir qui est le type qui t'a trahi et ce n'est pas moi qui t'empêcherais d'aller lui régler son compte. Je vais faire un petit tour du bar histoire de vérifier que tout se passe bien là bas. A tout à l'heure.

Lorsque je reviens dans le bureau vingt minutes plus tard. Jansen et Alessandro sont prêts et je remarque la tenue particulière de l'amant de mon boss. Parfait alors on y va tous. Je ne sous estimerais pas Jansen. Il a l'air de savoir ce qu'il fait et plus important encore il a l'air sincèrement amoureux du sicilien et contrairement à ce que l'on pourrait penser je sais parfaitement que l'amour est la plus puissante des motivations. Ma créatrice me l'a prouvé il y a bien longtemps. Je ramasse mon sac, en sors un flingue et le tends à Jansen avant de lui monter sommairement comment s'en servir. Puis, je dis : Je crois qu'on est paré. Direction la cité des anges.
Je ne savais pas encore que ce voyage me couterait bien plus cher que je n'aurais jamais pu l'imaginer. Que la cité des anges ne porterait jamais aussi mal son nom que durant les jours qui allaient venir. Je ne savais pas encore que je reviendrais dévasté. Je ne savais pas encore...




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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Mar 26 Avr - 22:00





La morte di un traditore


Feat : Jansen Avery
Arès Kye Coleman


- Ça ne change rien à ce que je t’ai dit. Je veux être présent. Laisse-moi être présent….Tu ne fais qu’apporter des précisions, pas chambouler la vision que j’ai de toi.

Les mots de Jansen sont réconfortants. Cependant j’ai un doute sur la liberté de sa sincérité, car il m’est lié corps et âme à cause de ce baiser sous le gui. Toutefois, il m’a dit avoir vu ce brin, aux boules opalines séchées d’avoir été oubliées là depuis noël, avant mon baiser. Jansen m’a affirmé m’avoir laissé celer cette malédiction sciemment et en toute connaissance de cause. Si cet asservissement est amusant dans nos jeux érotiques, je suis emprunts d’un malaise face à son libre arbitre envolé. Notre première fois… ce qui m’a plu en lui est bien sa manière spéciale de me résister. Il me laisse peut-être le dominer, mais il est loin d’être l’esclave de ce jeu. Je me rends peu à peu compte qu’il compte pour moi, bien plus qu’un employé fidèle ou un amant doué. Sa vie m’importe. Et le nombre de personne qui peuvent se targuer de cela se comptent sur les doigts de ma main. Je pense être capable de mettre une ville à sang et en feu pour lui. Jansinio… tu es ma force et ma faiblesse… Dio come il tormento d'amore è dolce... Je me rends bien compte que Arés jauge Jansen. En combattant méthodique il évalue le drus pour savoir s’il doit le compter comme allier ou fardeau.

- Je suis vraiment désolé pour ce que tu as vécu. Est-ce que tu es sur que l'on doit emmener Jansen ? Je veux dire j'ai beau être doué je ne suis pas sûr d'arriver à couvrir les arrières de deux personnes à la fois. Je sais qu'il est très important pour toi mais je ne voudrais pas qu'il te détourne de ton but.
- Rassure-toi mon ami. Je t’ai demandé de veiller à Jansen dans le cadre de son travail ici. Là c’est au guerrier que tu vas avoir affaire, et pour l’avoir déjà vu se battre… il n’hésite pas à tuer.


Jansen me sourit pour la défense que je prends de sa personne. Oui j’ai peur qu’il soit blessé, voire pire… tué. Mais c’est ma vie. Je ne peux pas éternellement me cacher de mon monde. Malheureusement en se liant à moi, il se lie avec la pègre et le danger qui va avec.

- Je vais avoir besoin moi aussi de quelques affaires.
- Tu n’as qu’à prendre des chemises dans ma penderie, elles te vont bien.
- Je ne parle pas de ça…
- Je ne serais pas long, je sais qu’on part dès que possible…


Jansen se déchausse. Je secoue doucement la tête comprenant ce qu’il va faire.

- Je t’aime. Je t’aimais avant le baiser, je t’aime après ces révélations…

Avec émotion je le vois disparaître dans le plancher. Je ne peux m’empêcher de m’esclaffer en voyant le regard rond d’Ares. Visiblement il ne s’attendait pas à ce genre de tour.

- Il est plein de ressources et sait se battre Arès. Demain soir c'est la pleine lune... Il est préférable qu'il ne soit pas loin de moi. Il est mon antidote à cette maudite lunaison. Ce qui m’inquiète le plus à son sujet est qu’il perde son innocence en s’immergeant dans mon monde… J’obscurcis tout ce que je touche…

Arès reste sobre dans sa réaction. Pas de palabres inutiles, il s’éclipse un moment.

- Je vais faire un petit tour du bar histoire de vérifier que tout se passe bien là-bas. A tout à l'heure.
- Bene.


Je regarde la porte de mon bureau se refermer doucement sur l’imposante carrure de mon second et prends le temps de prendre conscience de ce que je m’apprête à faire. Mais le temps n’est plus à la rêverie, je m’occupe à me préparer pour cette expédition punitive. Les deux armes à feu proprement nettoyées trouvent à se ranger dans un double shoulder holster que je masque par une veste de cuir. Une lame trouve également sa place contre ma cheville droite. Je suis peut-être un loup, mais j’ai l’habitude de me battre comme un homme. C’est ancré dans l’éducation de mafieux que j’ai reçu de la famiglia.

Je n’aime pas l’idée de mêler Jansen à cette histoire. Cependant, lui plus qu’un autre pourra comprendre ma décision. Je l’espère sincèrement. Je ne veux pas lui cacher celui que je suis. J’ai peu d’empathie pour mon prochain, sauf pour ceux qui gravitent autour de moi, comme le personnel du Pink. Mais là, mon attention envers eux est un calcul de ma part. Un employé sera honnête envers son Boss, si celui-ci fait de même en retour. Non mordere la mano che ti nutre. C’est la base de toute affaire florissante. Mais Jansen est entré dans mon cercle le plus restreint, le plus personnel.

(…)

Ma voiture file alors que le soleil couchant nous aveugle. Peu de mots ont été échangés depuis notre départ. Arès a cassé sa carcasse sur le siège passager, alors que Jansen est assis en travers sur la banquette arrière. Nous passons le panneau de la ville des anges quand la nuit tombe. J’explique aux deux hommes qui m’accompagnent que nous allons faire un détour par l’est et éviter d’entrer par le nord de la ville et traverser la petite Italie. Ma cible est dans ce quartier où je suis connu, mais il y a d’autres accès plus discrets. Et de toute manière, je ne compte pas agir ce soir. Je connais un hôtel sur Pasadena où je ne serais pas inquiété. Cela me laissera le temps de passer quelques appels à des contacts qui me sont resté fidèles, sans évidement leur dire que je suis sur place.

- Nous allons passer la nuit dans un hôtel qui est sûr, le Sheraton.

Une trentaine de minutes plus tard nous nous garons devant la porte de l’hôtel trois étoiles. Il est le juste intermédiaire où je ne risque pas de croiser des connaissances. Un groom s’occupe de nos bagages. Enfin surtout des miens, Arès gardant jalousement son propre sac à la main avec une mine de guerrier farouche. L’homme de service ne s’en formalise pas, il a l’habitude d’en voir de toutes les couleurs. Alors que le voiturier s’occupe de ranger ma voiture dans le parking de l’hôtel je file à l’accueil talonné par Jansen et Arès.

- Deux chambres doubles mitoyennes avec une porte de communication s’il vous plait.
- Il y a un supplément pour cela.
- Pas de soucis.


Je me force à parler sans accent, je ne souhaite pas attirer l’attention. Le groom service nous emmène dans les étages. Je lui glisse un billet pour qu’il abrège sa présentation des lieux.

- Nous sommes de grands garçons, nous trouverons le chemin de la salle de bain.

La porte sitôt refermée sur l’employé c’est comme une délivrance entre nous. La tension était montée de manière imperceptible quand nous avions abordé la ville. Arès se met tout de suite en quête des issues possibles et passe la porte de communication vers la deuxième chambre.  Jansen s’émerveille de la pièce où nous nous trouvons.

- Je propose que nous nous installons et que nous descendions manger dans le restaurant de l’hôtel d’ici une heure.

Spoiler:
 


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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Sam 30 Avr - 14:47





La morte …



Il ne fallut pas longtemps au jeune danseur pour revenir avec son attirail particulier. Il ne pouvait nier avoir de l’appréhension, peut-être même de la peur, mais surtout, ce qui prévalait sur tout le reste, c’était son excitation à partir en aventure avec Alessandro et Arès, qu’il ne connaissait pas vraiment, mais qui avait toute la confiance de son patron. Puisque c’était le cas, alors il avait aussi toute sa confiance à lui. Le lien était absolu. Les doutes de son amant devenaient les siens, les certitudes aussi, quant à la moralité, le jeune Drus avait encore la sienne, intacte, mais pour combien de temps ?

Déjà il sentait au fond de lui le besoin, non, le désir impérieux de faire payer tout ce qu’avait vécu Alessandro, tout en sachant que la vengeance ultime lui revenait de droit. Il s’effrayait un peu de ces pensées, lui qui ne se battait que lorsque sa propre vie ou celle d’un être aimé en dépendait, ou, dans le cas plus rare, mais pas tant que ça a Beacon Hills, où la nature était en danger, et sa loi bafouer.

Il sentait bien, depuis la rencontre avec Charlie et Alex, que des imbéciles s’amusaient à des expériences choquantes. Avoir retrouvé une de ses sœurs dans le corps ignoble et mutilé d’une de ces choses l’avait profondément marqué, même s’il ne s’en était jamais confié à Alessandro.
Arès n’est pas un ennemi, mais le jeune Drus n’est pas dupe, il a bien vu qu’il le jaugeait. Après tout, ce n’est que professionnalisme, puisque si, comme il le croit visiblement, Jansen n’est bon qu’à danser et érotiser les moments pour son patron, alors son travail ne sera certes pas de tout repos. Mais le jeune homme compte bien lui prouver qu’il n’est pas qu’un éphèbe sans ressources et si la vie ou l’intégrité physique et morale d’Alessandro est en jeu, il sera sans pitié. Voilà le constat et le serment qu’il se fait, touchant sans s’en rendre compte la racine accrochée comme un collier à son cou...

Et puis de toute façon, quand bien même son rôle se bornerait à ça, il se doit d’être là pour la pleine lune. Il ne sait que trop bien ce qu’elle va imposer à Alessandro, et il pense être la seule personne capable de faire barrage à son influence…
Lorsqu’Ares lui temps un revolver, Jansen a une réaction de dégout, en le touchant. Le fer n’est pas la composante principale, mais il y en a. Le tenant comme une vipère vénéneuse, il l’accepte néanmoins, prêt à s’en servir s’il le faut, remerciant sobrement Arès pour son aide.

(…)

Assis à l’arrière de la voiture, Jansen profite du paysage qui défile sous ses yeux, presque fasciné, un grand sourire, car il n’avait voyagé jusqu’ici que pour fuir. Même si leur destination promet des moments difficiles, c’est aussi l’occasion pour lui de découvrir d’autres contrées, d’apprendre de nouvelles choses. Los Angeles. La cité des Anges… Jansen ne croit pas aux Anges. Mais après tout, peut-être que les Anges ne croient pas aux Drus… Son horizon mythique s’est élargi depuis qu’il a échoué à Beacon hills. Lui dont le peuple se meurt à petit feu, en partie à cause de lui et de sa fuite, il ne peut qu’être séduit par la diversité du monde surnaturel. Qui sait si un jour il n’y trouvera pas la solution à ses nombreux problèmes ? Mais la priorité sur ces prochains jours, c’est Alessandro.

L’hôtel ou les trois aventuriers se gare attise la curiosité du jeune homme, fasciné par les histoires, banales ou particulières, qui ont pu s’y dérouler… Il observe son amant, guettant les premiers signes d’un énervement dû à la Lune. Il le voir nerveux, mais sur de lui, déterminé. Cette nuit, il sera entièrement dévoué à son bienêtre, pour qu’il ne soit pas atteint par la grande diva.
Il n’est jamais allé dans un hôtel, il n’a connu que la forêt, son appartement modeste et le Pink Print… Alors, tournant sur lui-même, tout sourire, il découvre la salle de bain, les savons, la grande chambre avec le lit qui semble lui quémander de venir s’y blottir avec LUI. La décoration lui semble atypique, mais en même temps, il ne connait pas les hôtels..

- Je propose que nous nous installons et que nous descendions manger dans le restaurant de l’hôtel d’ici une heure.
-je suis pour ! une bonne douche pour se décrasser de la route, et un bon massage pour toi, et dans une heure on dévore des plats locaux !

Alessandro semble agacé de l’attitude faussement désinvolte de Jansen, mais ce dernier ne le laisse pas lui dire quelque chose, ni même lui ordonner ce qu’il ne pourra refuser.
« ‘sandro.. Je sais bien qu’on ne fait pas du tourisme. Mais tant que je suis-là, je veux que tu profites des bons moments, même ici, même si dans trois heures on vit un enfer… » Se collant à lui, pour que son odeur le réconforte, il ajoute

« Je veux juste que tu sois bien, et au meilleur de ta forme… Je ne vais pas te demander d’être prudent ou de renoncer. Mais je peux faire en sorte de te débarrasser d’une partie de tes tensions. ». Sa main se glissant à un endroit sensible, il rajoute « une partie seulement »

Prenant sa douche seul, le jeune danseur finit par aller voir Arès dans l'autre pièce pendant qu'Alessandro se lave à son tour...
S'apprettant à toquer à la porte, il est surpris de voir Arès ouvrir rapidement la porte, visage concentré, pour finalement se détendre en voyant Jansen.
Professionnel jusqu'au bout.
"Ares... Je vais pas être long... Je sais que tu es la pour le protéger, alors c'est ce que tu feras... Tu ne t'occupes pas de moi, c'est lui qui est important, pas moi... Si jamais tout semble perdu, et que je ne suis plus en état de faire quoi que ce soit, tu te débrouilles pour planter ça dans la terre, même si tu dois défoncer le sol ou la rue pour ça, ou fracasser la vitrine d'un fleuriste..."

Tirant sur sa chainette, il lui confie la drôle de petite racine nouée. Elle est curieusement chaude au toucher, et une impression très perturbante l'accompagne, comme des pulsations d'un coeur. Cependant, rien de sonore, mais plutôt comme une sensation de battement au toucher...
"pas de question.. Fais le simplement.. Et si aucune terre ne semble être présente... tu me blesses pour le planter dans mon propre torse." A la grimace de dégout d'Ares, Jansen prend soudain sa forme mythique.

Oreilles pointues, cheveux semblant faits de feuilles minuscules et de racines si fines qu'elles passent pour des cheveux, et ses yeux en amandes, plus prononcés, d'un vert émeraude éclatant...

"je ne dis pas que ce sera agréable pour moi, mais si tout est perdu, ça peut faire la différence...Et Ares ? Ne le dis pas à Alessandro, il m'interdirait de le faire et je n'aurai pas d'autre choix que d'obéir."

Reprenant sa forme usuelle, et retournant dans la chambre qu'il partageait avec Alessandro, comme si rien de tout ça n'avait d'importance, il se contenta de s’installer sur le lit, à peine vêtu, pour attendre son homme et lui permettre de se détendre dans ses bras, avant d’aller dîner… Les mots en italiens sont sincères, même s’il ne comprend pas tout, et il lui répond dans le langage sylvestre, qui ne souffre d’aucune malice, qui ne fait que clamer la vérité toute nue, comme lui : il l’aime et il fera ce qu’il faut pour qu’ils s’en sortent, malgré les dangers… Comme il utilise ce langage entre tous, et qu’il a la force d’un serment mythique, son regard luit de cette lumière émeraude, les yeux plissés de désir à la vue d’Alessandro. C’est pourtant un moment particulier qu’ils passent ensuite, loin de leurs nuits débridées qu’ils ont pu connaitre. Chacun se rendant compte à quel point l’autre est devenu important. Chacun ayant maintenant peur pour l’autre, et peur de lui-même.


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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Sam 30 Avr - 18:12




Welcome to the jungle

Le petit rire de mon boss lorsqu'il découvre mon expression mi fascinée mi choquée devant le tour de Jansen m'arrache un grand sourire. Et bien quoi ? J'ai beau en avoir vu des choses surnaturelles durant ma courte existence d'être surnaturel, c'est la première fois que je vois quelque chose de semblable. Je n’aime pas les surprises sauf lorsque j’en suis à l’origine ou que l’on m’a prévenu au préalable. Oui, je sais ce n’est plus une surprise dans ce cas mais vous avez compris l’idée. Le contrôle est primordial tant dans ma vie de gardien que de mercenaire. Le contrôle est la clé de la discipline et la discipline la pierre angulaire d’une vie de soldat ainsi qu’accessoirement un outil nécessaire pour faire de vieux os dans une branche comme la mienne. Les téméraires ne deviennent pas de vieux téméraires. Enfin, j’exagère sur les bords. Bon nombre de mes frères et sœurs de clan étaient téméraires et je pouvais l’être moi aussi. Seulement une témérité bâtie sur des compétences et des capacités bien réelles était acceptable. Mon sourire s’efface lentement mais surement de mon visage à mesure que je retrouve mon sérieux et que mon esprit se lance dans une vague anticipation mathématique des évènements à venir. Rien de très joyeux au demeurant. Combien de balles je vais prendre ? Combien de chargeurs vont se vider dans les bas-fonds de la cité des anges ? Est-ce que l’un de nous trois va être blessé ? Alessandro a-t ’il encore des fidèles du coté de Los Angeles ? Quelle sera la réaction de son patron lorsqu’il constatera que son bannissement n’a pas été respecté ? Combien de personnes vais-je supprimer ? Bref, des questions sommes toutes classiques pour un mercenaire routinier des eaux troubles du crime organisé. Les questions ne sont pas un problème car il n’y aura pas une once d’hésitation. Il n’y en a jamais eu alors je ne vois franchement pas pourquoi cela débuterait maintenant. Mais, elles sont toujours là dans ma tête avant chaque opération de ce type. Oui, je concède qu’il m’arrive parfois de cogiter de manière un tantinet excessive. Mais, les questions disparaissent d’elles-mêmes une fois les hostilités lancées. Je n’ai aucun effort à mettre en œuvre pour les chasser. Elles s’en vont tout simplement et ne me laissent qu’avec mon entrainement bien rodé, mes habitudes, mes anticipations et ma détermination.

Non, désolé de vous décevoir, nulle appréhension au menu car il m’apparait bien difficile d’appréhender un face à face tendu avec la mère de mon espèce lorsque mes ennemis ne sont que de vulgaires mortels. Les scientifiques de l’horreur me causent une appréhension non feinte et autrement plus élevée. Une bande de mafieux pas la moindre. Oups, témérité repérée sur le radar. Tout va bien se passer. Alessandro a confiance en moi. Jansen a confiance en Alessandro et donc en moi. Et moi, j’ai confiance en moi. Mon boss sicilien achève de me convaincre sur la nécessité de la venue de son amant et je capitule. Il a parfaitement raison et puis sous-estimer quelqu’un en se fiant seulement aux apparences n’est pas très glorieux. Jansen est tout de même une créature surnaturelle ce qui le place au-dessus d’une bonne partie de la population de ce pays en terme de capacités quelles que soient les siennes. Je réponds à mon boss lorsqu’il me confie ses craintes au sujet de l’innocence de Jansen : C’est son choix boss vous devez le respectez. S’il est prêt à découvrir la facette la plus noire de votre personnalité c’est qu’il est plus que sincère. Quant à l’obscurcissement, je vous dirais que l’on est deux dans ce cas. Mais que Jansen est capable de vous illuminer à sa façon.

Je quitte ensuite le bureau pour aller faire le tour du bar et vérifier que tout se porte à merveille. Il ne manquerait plus qu’il y ait quelque chose de grave qui empêche le départ. Si cela arrivait, je pense que je pourrais bientôt écrire un ouvrage intitulé : le mont Etna prend forme humaine dans une petite ville californienne. Ou la colère d’un sicilien. Enfin, tout se passe bien dans le bar alors j’imagine que pour ma carrière d’écrivain on repassera. Les derniers mots d’Alessandro résonnent dans mon esprit. « J’obscurcis tout ce que je touche ». Car, ces mots auraient pu être les miens. Quoi que non après réflexion. Oui, il m’arrive de détruire ce que je touche, de le souiller ou de l’obscurcir mais il m’arrive également de l’illuminer, de le transcender ou de le guérir. Quand bien même je pourrais facilement me trouver à la place d’Achille dans le film Troie de Petersen lorsque ce dernier se fait fustigé par Briseis prêtresse troyenne. Si ma mémoire ne me joue pas de tour, la réplique est la suivante. « Tuer c’est tout ce que vous savez faire vous êtes maudit ». Non, tuer n’est pas tout ce que je sais faire mais je le fais plutôt bien que cela soit dans le cadre d’activités illicites ou durant ma tâche de gardien et protecteur de l’équilibre. Enfin, de toute manière je n’ai pas de Briseis pour me fustiger. La seule personne s’en rapprochant est Azalea et elle elle serait plutôt du genre à me féliciter pour cela dans une orgie de sensation. J’esquisse un sourire en coin à cette idée avant de retourner dans le bureau d’Alessandro dans lequel se trouve de nouveau Jansen. Je lui montre comment manier une arme à feu et lui en confie une en faisant abstraction que ce morceau de métal pouvant ôté une vie aussi facilement qu’un claquement de doigts lui inspire un dégout bien palpable. Je dois avouer que je préfère les lames élégamment ouvragées à cet mécanique mortelle mais les affaires sont les affaires. On fait avec parce qu’il le faut bien.
Je prends place sur le siège passager de la sportive de mon patron tandis que Jansen s’installe à l’arrière et pose mon sac sur mes genoux.

La voiture file à toute allure en direction de la ville de la lumière. Je laisse mon regard contempler le paysage défilant à vive allure. Un paysage insipide et monotone mais qui me permet de me débarrasser de la sensation désagréable dans ma poitrine. Une sensation dû au fait que le gardien du surnaturel que je suis n’aime pas s’éloigner de son rayon d’action. Je balaie mes pensées d’un léger mouvement de tète empreint de discrétion. J’ai décidé de venir en toute connaissance de cause et cette ville s’en sortait très bien avant mon arrivée. Ou pas néanmoins je n’ai pas vraiment rééquilibré la balance vu mes propres échecs. Alors quelques jours dans une autre ville ne sont pas la fin du monde. Nous arrivons finalement en vue de la ville tentaculaire quelques dizaines de minutes après que le sicilien ne nous ait averti de son approche discrète fort nécessaire il est vrai. Nous arrivons à destination une trentaine de minutes plus tard et descendons du véhicule sur le parvis de l’hôtel. J’oppose un refus sec à la proposition du groom. Comme si j’allais lui confier mes flingues ?! Bon d’accord, il n’allait pas fouiller mon sac devant moi mais bon. Bref, je peux très bien tenir mon sac seul. Je rentre dans mon rôle de garde du corps dès que nous sommes dans le hall et couvre les arrières de mon boss et de son amant de manière discrète sans faire attention à la conversation avec le réceptionniste. La tension monte d’un cran lorsque le groom nous fait monter dans l’hôtel. Je suis tendu comme un arc et je sens bien qu’il en est de même pour mes deux compères. Alessandro le congédie poliment et je pousse un soupir de soulagement. Une minute de plus et j’explosais. J’hoche la tête à la proposition de mon boss et jette mon sac sur le lit de ma chambre avant de vérifier les issues possibles, inspecter le balcon et les fenêtres avant de terminer par une inspection de la chambre d’Alessandro et de Jansen. Je ne parviens pas à réprimer un RAS avant de regagner ma propre chambre et de m’assoir sur le lit. Je sais ce que je veux faire avant ce diner. Un petit footing au gout d’air vicié de pollution mégalopolitaine. Un régal en perspective. Non, sérieusement il faut que je fasse un peu de sport. Mes muscles me le réclament après un trajet aussi long et ce malgré le confort de la voiture italienne d’Alessandro. Mes sens surnaturels m’indiquent que quelqu’un s’approche de la porte communicative. Je me relève et m’approche, mes traits sont tendus mais c’est parce que je suis concentré. Cela ira mieux après un bon footing dans les rues de la ville. J’ouvre à Jansen et me détends légèrement.

J’écoute attentivement le danseur car son ton m’indique que ce qu’il me révèle est d’une importance capitale. Hochant de temps en temps la tête pour témoigner mon assentiment. Je ne comprends pas tout mais devine qu’il s’agit de choses propres à son espèce. Je garde la petite chainette dans ma main comme si je tenais de l’or en barre ou une créature délicate car je me doute qu’il s’agit d’un artefact éminemment puissant et important pour Jansen. La chainette semble d’ailleurs animée d’une vie propre, pulsant tel un cœur. Je ne m’en formalise pas car il faudrait bien plus que cela pour me surprendre désormais. Mais, je ne peux réprimer une grimace de dégout lorsqu’il me dit que je devrais le lui planter dans le torse s’il le faut. Je ne veux pas te blesser Jansen. D’une part parce que je t’apprécie déjà et d’autre part parce que mon boss voudrait m’étriper et qu’il pourrait se blesser en essayant. C’était l’instant modestie savourez le. Mes yeux s’écarquillent lorsque le danseur me révèle sa forme surnaturelle. Un arbre Jansen, Jansinio, le danseur est un arbre. Cela explique ses capacités semblant être liées au bois. Je vais être obligé de le surnommer vieille branche. Parce que jeune branche n’existe pas. J’hoche gravement la tête aux propos de l’arbre humain. Et lui réponds : J’aurais aimé pouvoir veiller sur toi aussi tu sais. Tu as l’air de quelqu’un de bien Jansen. Mais, je n’ai pas quatre yeux ou quatre bras. Je suis soulagé que tu le comprennes. Je te remercie de ta confiance et m’en montrerais digne. Je le ferais si cela s’avère nécessaire et ne t’inquiètes pas. Je ne lui dirais rien. Il a vraiment de la chance de t’avoir. Dis-lui que je vais faire un petit footing. Je vous retrouve au diner.
L’arbre le plus sexy de tous les arbres que je n’ai jamais rencontrés hoche la tête et repart dans l’autre chambre. Bon d’accord, c’est le seul homme sylvestre que je connaisse alors des femmes sylvestres. Fin bref, je suis en train de m’égarer. Je range la chainette dans un tiroir de ma commode. Puis de changer d’avis et de le placer dans la poche avant de mon sac. Plus prudent. Je me déshabille prestement et plie mes fringues avant de les déposer dans l’armoire murale avant d’enfiler un jogging et un tee shirt sans manche ainsi que des chaussures de running.

Je quitte l’hôtel au pas de course et entame mon footing un morceau entrainant dans les écouteurs. Je cours le long d’une longue avenue avant de continuer à travers des petites rues. Je cours tout en faisant attention à l’heure. La montre à mon poignet m’indique que je suis large alors j’accélère la cadence puis je fais demi-tour pour rentrer une fois pleinement satisfait de l’effort nocturne. Je m’assois sur un banc quelques instants. J’inspire une grande goulée d’air frais et esquisse un léger sourire. Je suis né dans une ville comme celle-là bien plus au nord de ce pays. Je me demande si mes alliés dans la défense surnaturelle de la ville s’en sortiront et si ces pourritures de scientifiques allaient faire quelque chose en mon absence. Si Chris et les autres loups garous que je connaissais désormais allaient échapper aux affres de la pleine lune. Si la petite princesse allait faire des bêtises à cause de la représentation visible de la mère de mon espèce. Vu ses difficultés à se maitriser ça ne risquait pas d’être un joyeux spectacle. Et enfin si l’amateur de lecture rencontré dans la petite échoppe avait savouré les neiges du Kilimandjaro. Enfin, trop de questions pour un manque flagrant de réponses. Je ne suis pas omniscient. Je me relève finalement et croise un sdf sur mon chemin. Je n’ai malheureusement rien à lui donner alors je me glisse dans une foule et usant de ma grâce surnaturelle fais les poches à un homme qui me semble particulièrement blindé.

Et hop, un portefeuille pour bibi. Je m’éloigne de la foule et m’approche du sans abri auquel je tends une pleine poignée de billets. 300 dollars pour toi mon ami. Je garde le reste. L’homme me regarde d’un air ébahi avant de me remercier chaleureusement. J’ai plus de sympathie pour les bougres dans son genre en raison de mes origines modestes que pour le mec plein aux as que je venais d’alléger. Je fourre le portefeuille dans ma poche après avoir mis les 100 dollars restants dans l’autre poche. Je m’éloigne de cette location et jette le portefeuille dans l’ombre d’une ruelle. Quelqu’un le retrouvera et le ramènera à son propriétaire ou un chien se fera les dents avec ou autre. Peu m’importe au fond. Je double la cadence pour rentrer à l’hôtel. Sur le chemin, un bar particulièrement bruyant attire mon attention. Tient un bar à striptease si ce n’est pas intéressant. Tentation, tentation quand tu nous tente. Je décide finalement de ne pas gaspiller les cent dollars de cette manière et rentre finalement au Sheraton quelques minutes plus tard. Je m’engouffre dans la salle de bain et prends une longue douche brulante avant de me préparer pour le diner. Une chemise blanche, un jean tout ce qu’il y a de plus classique et des bottes. J’hésite durant quelques secondes à emporter une veste histoire de masquer une arme à feu mais décide finalement que cela ne s’avèrera pas nécessaire. Nous sommes dans l’enceinte de l’hôtel et je ne vois pas qui pourrait menacer mon boss ici. Nous sommes bien loin de la Little Italy. Je passe néanmoins un couteau à ma cheville. C’est la seule arme que je peux emporter discrètement alors…Finalement, nous descendons au restaurant quelques minutes plus tard.



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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Lun 2 Mai - 17:30



La morte di un traditore


Feat :  Jansen Avery
Arès Kye Coleman


Je consulte ma messagerie sur mon portable pendant qu’Arès et Jansen check les lieux chacun à leur manière. Ma petite vendetta personnelle n’arrête pas le monde de tourner, ni les fournisseurs éternellement en retard dans leurs livraisons.

- Je propose que nous nous installions et que nous descendions manger dans le restaurant de l’hôtel d’ici une heure.
- Je suis pour ! Une bonne douche pour se décrasser de la route, et un bon massage pour toi, et dans une heure on dévore des plats locaux !


Jansinio… Je sais bien qu’il est lié artificiellement à moi et cela commence à me déplaire fortement. Il perd son libre arbitre. Si c’est très agréable dans un lit, dans la cité des anges c’est une autre affaire. Il faut que je trouve un moyen de le sauver de lui-même.

- ‘Sandro.. Je sais bien qu’on ne fait pas du tourisme. Mais tant que je suis-là, je veux que tu profites des bons moments, même ici, même si dans trois heures on vit un enfer…

… Sandro… c’était le diminutif que mes parents employaient quand j’étais jeune. Depuis, personne n’avait osé l’employer plus d’une fois devant moi. Ce surnom me renvoyait à une époque où je n’avais pas conscience de la mafia qui gérait pourtant le quotidien de mon père. Une époque où je jouais dans la rue avec les copains, libre et insouciant, heureux de vivre. Le quartier de la petite Italie était un paradis pour les bambini que nous étions. Nous y parlions l’italien avant l’anglais et le quartier n’avait guère changé depuis l’arrivée des immigrants de la première vague. Certes, le quartier historique s’était réduit à une peau de chagrin depuis la glorieuse époque, cédant sa place à des immeubles plus modernes et confortables. Mais il perdurait ce côté village. Aucun italien vivant-là n’allait faire ses courses aux supermarchés. Grogheria, salumi, il macellaio tout était à proximité avec des produits directement importés de notre pays natal. Même le Macdonald qui s’était installé en territoire mafieux avait dû revoir la liste de ses fournisseurs après plusieurs « incidents ». Il faisait bon y vivre tant que nous avions l’innocence de l’enfance qui ne comprend pas les mines qui s’assombrissent aux passages bien trop fréquents des corbillards dans l’avenue centrale du quartier.

- Je veux juste que tu sois bien, et au meilleur de ta forme… Je ne vais pas te demander d’être prudent ou de renoncer. Mais je peux faire en sorte de te débarrasser d’une partie de tes tensions.
- Jansinio… Nous sommes venus à trois et nous repartirons à trois et entiers, capire ? File donc sous la douche, j’ai du travail à faire.


J’appelle le Pink et demande à Jerry comment cela se passe. Le barman se fait rassurant, disant que la soirée est plutôt calme. Je lui donne quelques instructions et appelle dans la foulée un de nos détaillants qui traine un peu trop à mon goût. La mention de son concurrent direct semble le bouger un peu. Mais je décide qu’à notre retour, je casse le contrat qui me lie à lui. Ce type ne sait pas gérer ses approvisionnements convenablement. S’il fournit une marchandise de qualité, ses ruptures de stock sont bien trop fréquentes et cela déçoit souvent ma clientèle. Je gère les affaires courantes de manière expéditive. Ma gestion rigoureuse du bar me permet largement cette absence. Quand on ne laisse rien au hasard, on diminue le nombre des problèmes. Il reste toujours l’impondérable. J’aurais bien le temps de m’en apercevoir à mon retour à Beacon Hills.

Je prends la place de Jansen dans la douche que j’entends vaguement aller parler à Arès. J’offre mon visage au jet d’eau chaude. Cela fait du bien et détend, mais ne m’empêche pas de planifier la journée du lendemain. Cela fait quelques mois que je n’ai plus mis les pieds ici. Il faut que je m’assure que le traditore soit bien chez lui quand je lui rendrais visite. Je n’aurais qu’une chance, car je suis bien trop connu dans le quartier et le voisinage est naturellement attentif. Pas qu’ils m’empêcheront de me faire vengeance, seulement ma présence sera reportée aux hommes de Don Stephano. J’ai prévu d’envoyer à Don Stephano le dossier complet sur ce traître pour légitimer la violation de mon bannissement. Je le ferai après avoir liquidé ce fumier. Si je l’avais fait avant, les hommes du parrain auraient fait le travail à ma place. Ce que je refuse.

Quand je sors de la salle de bain, Jansen m’attend sur le lit. Ma fierté de dominant est flattée, pourtant quelque chose me dérange dans cette soumission totale. Ce n’est plus ce que j’attends de la personne qui m’accompagne… Jansen pourrait-il être celui qui calme le volcan ? Pour le moment je prends ce qu’il m’offre, et oublie, le temps d’une sieste coquine, la raison de notre présence ici.

(…)

Malgré tout, nous ne passons pas inaperçus quand nous entrons dans le restaurant de l’hôtel. Jansen marche à mes côtés, Arès se tient un peu en retrait surveillant mes arrières. Le service est celui d’un grand restaurant, le maître d’hôtel nous présente le menu, puis vient le tour du sommelier qui nous conseille en rapport avec notre commande. Je file un coup de pied sous la table à Jansen qui s’amuse à mélanger l’ordre des trois fourchettes posées à la gauche de son assiette. Son air de gamin prit en faute est craquant. Arès ne peut s’empêcher de se gausser. Nous finissons par éclater de rire tous les trois. Autant profiter de la soirée, demain… Furtivement je consulte ma messagerie. J’ai demandé des nouvelles à un de mes contacts à Los Angeles sans évidement préciser que je suis sur place. Pas de réponse. Je n’insiste pas, il pourrait trouver cela suspect.

Le repas de passe agréablement bien. Jansen fait un peu le pitre. Je sais qu’il fait ce qu’il peut pour me rendre la soirée agréable. Je me fais pardonner mon coup de pied en emprisonnant sa cheville entre les miennes. Ces tables avec des nappes qui traînent quasiment jusqu’au sol sont bien pratique. Au dessert la conversation dérive sur nos lectures. Arès nous impressionne sur ses connaissances. Je ne peux pas me vanter d’autant de lecture, mais j’ai quelques classiques que j’ai lu avec plaisir. Alors que je critique ouvertement la qualité du café que l’on m’a servi, le maitre d’hôtel se penche à mon oreille pour me délivrer un message. Je regarde en direction de l’accueil et soupire. Moi qui pensais naïvement rester incognito jusqu’à demain… Je pose ma serviette sur la table et me lève. Comme Arès fait mine de faire pareil, d’une main je l’apaise et lui indique de rester assis.

- C’est un flic… un ami d’enfance. Normalement, il n’est pas là pour me coffrer.

Je leur aurais bien demandé de m’attendre dans les chambres, mais j’ai l’impression d’être un os que l’on retire à deux chiens de garde.

- Ragazzi morbido! Je gère !

Je fais un sourire rassurant à Jansen puis m’avance à la rencontre de Dino Conti.

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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Jeu 5 Mai - 12:30





La morte …



La petite mise au point avec Arès l’avait conforté dans ses impressions au sujet du garde du corps : il n’aurait aucune hésitation, et ferait passer Alessandro avant tout le reste, et ça convenait très bien au jeune danseur…Attendant pensivement sur le lit, pendant qu’Alessandro prenait sa douche, Jansen se demande si ce qu’il avait révélé et confié à Arès suffirait. Bien sûr, intérieurement, il implorait la sylve pour que les circonstances ne les forcent pas à agir aussi dramatiquement, mais il avait compris, maintenant qu’il côtoyait Alessandro, que jamais il n’aurait une vie tranquille et sans peur. Mais qui en voudrait ? Il n’avait pas fait ce long voyage, il ne s’était pas échappé d’une vie de honte et de sévices pour se planter tranquillement dans une vallée paisible. Il était la feuille portée par le vent, et le vent était le souffle chaud de son amant. Jamais il ne se poserait, pas tant que ce souffle lui était dédié.

Lorsqu’il est seul, comme à présent, ses pensées se libèrent et il sent une angoisse profonde et teintée d’injustice. Alors, inévitablement, il pense à Janice et à ce qu’il a fait. Il est maintenant lié corps et âme à Alessandro, mais il a perdu ce faisant son libre arbitre, et la possibilité de devenir Janice. Il l’a condamné à ne plus exister. Car bien que tout le monde lui répète que lui et elle ne sont qu’une seule et même personne, il sait au fond de lui que ce n’est pas si simple. Elle a sa propre histoire, sa propre vie et il lui a pris, impitoyablement, pour pouvoir exister… Entendant l’eau couler et Alessandro chantonner, il se dit que ça vaut la peine, mais que tout le temps qui lui reste à vivre, il s’en voudra pour ce qu’il a fait à Janice…

Enfin il le voit sortir de la salle de bain, dans sa glorieuse nudité, et le sourire de Jansen se fait coquin et ravis lorsqu’il voit l’effet qu’il a encore, même ici, et même dans ces circonstances, sur son amant. Les deux peaux, comme aimantées, se rejoignent à nouveau, et c’est avec onctuosité et maestria que les deux amants maudits occupent le temps qu’ils ont avant de dîner de la plus délicieuse façon.

(…)

Accompagnant comme toujours Alessandro, Jansen se voit rassuré de la présence d’Arès au restaurant. Le trio est loin de laisser les gens indifférents, mais le Drus ne saurait dire si c’est pour leur allure ou pour des raisons plus dangereuses. Si la couverture ou en tout cas la discrétion d’Alessandro est compromise, le grabuge n’allait pas tarder. Passant instinctivement sa main sur sa ceinture, et vérifiant que l’arme que lui avait donné Ares était bien présente sous sa veste, il croisa le regard de ce dernier, qui sembla approuver.

Mais la tension redescend lorsqu’Alessandro prend Jansen en flagrant délis de pitrerie, et le trio accorde bien vite l’humeur joyeuse grâce aux rires… Le Drus passe ensuite le restant du repas à faire le zouave pour détendre Alessandro, avec plus ou moins de succès. La prise de l’italien sur sa propre jambe le ravis et c’est avec délice qu’il écoute Alessandro et Arès échanger sur leur lecture respective. Oui, il savait lire. Mais le langage de la Sylve et ses histoires se communique différemment. Si bien que des livres, il n’en avait presque pas lu. Soudain honteux, rougissant, il l’avoua, se trouvant bien médiocre comme compagnon pour l’italien.

« Nous nous parlons des histoires et du monde des hommes d’une autre façon. Je n’ai pas eu l’occasion de lire. C’était proscrit. Je ne devais rien connaitre du monde des hommes, alors j’ai appris autrement… Je sais lire. Mais… »

Baissant le regard, et se sentant comme un moins que rien, car les références des deux autres hommes ne lui disaient rien, il se contentât de faire tourner son vin pensivement…

Heureusement, ou pas, Alessandro repéra quelqu’un de sa connaissance, brisant ce moment gênant pour Jansen. Il eut tôt fait de le rejoindre précisant à ses compères qu’il le connaissait et qu’il pouvait gérer. Immédiatement, Jansen se crispa mais ayant anticipé cette réaction et celle d’Arès, son patron leur intima de rester ici tranquillement. La mâchoire crispée, il ne put qu’obéir, suivant du regard son amant.
Pour tenter de penser à autre chose, il s’adressa de nouveau à Ares, qui suivait lui aussi les mouvements de son employeur.

« J’aimerai lire tout ce que tu as lu. Je me sens bête, a vous avoir écouté… Dans ma sylve d’origine d’où je me suis enfuis, tout le monde était relié. Moi et mes sœurs communiquons dans un autre langage, ou les mots n’ont plus d’importance. Les histoires, les nouvelles, les fulgurances sont bien vite une affaire d’intelligence collective. Je sais aussi que j’ai été tenu à l’écart du monde des hommes volontairement, et que je dois être bien stupide sur bien des points… »

Il triturait nerveusement une des fourchettes, ne sachant déjà plus ou était sa place.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Ven 6 Mai - 18:51


       
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu ne connais pas... Seul au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Alessandro et Jansen
       

       
La morte di un traditore





       
Les regards sont braqués sur nous tandis que nous émergeons du hall somptueux de l’hôtel de luxe et nous dirigeons vers le restaurant de l’hôtel. Je fais abstraction et me concentre sur la protection de mon boss et de Jansen. Je sais que j’ai promis à l’homme sylvestre de veiller uniquement sur Alessandro et c’est ce que je fais mais c’est plus fort que moi. Je ne peux pas m’empêcher de veiller également sur lui. C’est dans ma nature de protéger les gens auxquels je tiens. Quitte à ce que cela me demande deux fois plus de concentration. Mais, ça ils n’ont pas à le savoir. C’est moi le garde du corps après tout alors… Je tiendrais néanmoins parole et respecterais la volonté de Jansen de faire passer Alessandro avant lui si jamais le dilemme se présentait à mes yeux. Bon, ce n’est pas le moment de commencer à être pessimiste. Peut-être que notre séjour dans cette ville infernale malgré son surnom sera bref et efficace. Autrement dit, un traitre liquidé et un retour dans la foulée. Je ne sais pas vraiment pourquoi je n’y crois pas moi-même. Je marche un peu en retrait des deux amants, prêt à m’interposer devant le moindre danger ou à intercepter la moindre menace mais le trajet se déroule sans encombre et aucun mafieux ayant reconnu mon employeur ne se présente à mes yeux inquisiteurs, scrutant la population de l’hôtel. Nous suivons un maitre d’hôtel jusqu’à une table pour trois personnes. J’apprécie la position, dans un angle fermé. Je vais pouvoir laisser mes yeux vadrouiller sans avoir à regarder derrière moi. Je m’installe en même temps que le loup garou et son amant.

Le luxe des lieux m’impressionne quelque peu. J’ai vécu toute mon enfance dans un orphelinat miteux alors la première fois que j’ai pu voir quelque chose de beau et de différent mes yeux se sont écarquillés. La première chose m’ayant ébloui fut l’une des propriétés d’Azgeda. La seconde fut la maison de ma tante et de mes cousins. Mais, la seule véritable merveille m’ayant cloué le bec fut le domaine du roi de mon espèce situé au fin fond du continent américain. Un château de pierre dans un pays ou les occidentaux sont arrivés bien après l’époque des châteaux forts. Enfin, tout cela pour dire que je ne peux pas me formaliser devant l’attitude enfantine de Jansen étant donné que j’ai eu la même quelques années plus tôt devant des choses similaires. Son air de gamin pris en faute lorsqu’Alessandro lui donne un coup de pied sous la table pour qu’il arrête de jouer avec le service de couverts est absolument hilarant. Mais, en dessous de la nature comique de la situation, je comprends que mon intuition de gardien ne m’avait pas trompé quelques heures plus tôt alors que nous étions encore au Print. Jansen est une âme innocente et tout ce qu’il y a de plus pure dans le monde surnaturel. Soudain, je me fais la réflexion que j’aurais dû m’opposer plus frontalement à sa venue dans cette ville. Mais bon ce qui est fait est fait et j’espère seulement que cette innocence presque angélique ne sera pas souillée dans ce cadre urbain plus sauvage qu’une foret vierge par bien des aspects.

Nous éclatons finalement de rire tous les trois et mes doutes sont balayés. C’est une bonne chose que l’amant d’Alessandro soit ici avec nous. Une part de lumière dans un monde de noirceur ne saurait être une mauvaise chose. Certes, les sentiments peuvent affaiblir la détermination mais je suis bien d’accord avec Jax Teller, le héros de la série Sons of Anarchy. Quoi un criminel ne peut pas regarder une série sur les criminels ? Ou plutôt l’anti héros d’ailleurs comme le personnage lui-même en est bien conscient au demeurant. Bref, le fameux blondinet dit à un moment donné que ce n’est pas ce qui ne nous tue pas qui nous rend plus fort contrairement à l’adage mais les bonnes choses que nous vivons, notre famille, nos amis, nos réussites et les actions dont nous sommes fiers. Car, ce qui me pousse à me battre ce n’est pas le fait d’avoir survécu à une condamnation à une vie de misère par ma mère biologique par son abandon. Le fait d’avoir survécu envers et contre tout mais le fait d’avoir connu mes chers cousins et d’avoir pu sentir ce qu’aurait été ma vie familiale si ma mère avait eu le courage de se battre envers et contre tout pour moi comme je l’avais fait. Le fait d’avoir une tante absolument aimante et merveilleuse, un clan de gardiens et une espèce surnaturelle m’ayant adoptée. Les moments de joie avec des femmes le long de la côte ouest des Etats Unis. La camaraderie de mes frères et sœurs de clan, la bienveillance de mon roi et le sourire et la présence de ma créatrice. Oui, ce sont les bonnes choses qui font de moi ce que je suis. Les mauvaises ont juste tentés de m’avoir mais je les ai vaincus. Ce sont juste des mauvais souvenirs à présent. Alessandro surveille son téléphone et je me doute qu’il guette un de ses contacts en ville. Il semble déçu et j’imagine qu’il n’a pas reçu de réponse.




       Tant pis, on se débrouillera sans boss. Ce n’est pas un problème. Le reste du repas se passe agréablement bien et je savoure de tels mets comme il se doit. Reflexe d’orphelin, j’imagine. Je déteste que l’on gaspille de la bouffe. Cela m’horripile au plus haut point. La dernière fois que j’avais aussi bien mangé c’était à la cour du roi Kane en compagnie de la garde et de la famille royale. Un léger sourire se forme sur mes lèvres au souvenir d’une des filles du roi. Piquante et impériale comme demoiselle. Jansen détend l’atmosphère en faisant le pitre et je suis secrètement satisfait de voir un sourire passer sur les lèvres de mon boss. Au dessert, la conversation dévie sur nos lectures et j’échange de bon cœur avec Alessandro qui de son côté peut s’enorgueillir de la connaissance de classiques de qualité. Je remarque bien le regard peiné de l’homme sylvestre et m’apprête à lui demander des détails de son espèce qui je dois bien l’avouer me fascine. Mais, le café ne semble pas convenir à mon patron qui ne se cache pas de le faire savoir. Pour ma part, mon cappuccino est un régal. Le maitre d’hôtel se penche sur l’épaule du sicilien pour lui faire part de quelque chose.

J’hausse un sourcil interrogateur et plonge mes yeux dans ceux de mon boss. Lorsque ce dernier se lève, je fais de même mais ce dernier me rassure alors je me rassois et le regarde se diriger vers son ami d’enfance flic après avoir rassuré Jansen. J’écoute les paroles de Jansen sans quitter Alessandro du regard et je sens que le regard de l’homme sylvestre est braqué dans la même direction que moi. Je réponds à Jansen : Ne dis pas cela. Tu es loin d’être bête. L’intelligence n’a rien à voir avec les lectures ou les connaissances. La mémoire est juste un grand récipient et j’ai passé ma vie à tenter de le remplir du mieux possible. Le fait de venir d’un autre monde et que tu ne maitrises pas très bien la lecture ne fait absolument pas de toi quelqu’un de stupide. Si, je suis ton raisonnement je suis stupide parce que je ne connais pas ton espèce alors que c’est le rôle de mon espèce de savoir le maximum de chose sur le monde surnaturel pour mieux assurer sa mission. Or, je pense être beaucoup de chose mais certainement pas stupide.

Je pose une main sur l’avant-bras de Jansen pour l’apaiser car un coup d’œil sur sa personne m’a permis de m’apercevoir sa gène. Puis, je reprends : Pour être honnête, nous ne sommes pas si différents l’un de l’autre. Je ne viens pas d’un autre monde mais des bas-fonds de la société humaine. La vie dans un orphelinat n’a pas souvent tendance à créer des assoiffés de lecture et de connaissance. J’aurais pu me laisser aller dans la misère et le désespoir mais je ne l’ai pas fait. Et nous voilà aujourd’hui à converser de choses très intéressantes nouvelles pour toi comme les livres et pour moi comme ta nature. Alors, je suis persuadé que tu pourras connaître autant de choses que moi. Je pourrais t’y aider si tu veux, une fois que nous serons de retour à Beacon Hills et en échange tu m’en apprendras plus sur ton espèce.
Je retire ma main au moment ou un sourire étire les lèvres de Jansen et observe Alessandro revenir à notre table. Je l’interroge du regard pour ne pas ébruiter des informations capitales. On ne va quand même pas gueuler sur tous les toits que nous sommes ici pour une vendetta. Je termine ma tasse de cappuccino et demande des informations à mon boss une fois que nous sommes de retour dans les chambres.            


       
(c) crackle bones

       



Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Mer 25 Mai - 19:22, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Lun 9 Mai - 21:32



La morte di un traditore


Feat : Jansen Avery
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Dino Conti… Il ne fait pas partie de ces flics qui ont le ventre qui pousse comme celui d’une femme enceinte, mais en beaucoup moins gracieux. Dino est un pur, un idéaliste et s’il peut exercer son métier de policier assez sereinement, c’est parce que sa famille est morte, décimée dans l’incendie de leur immeuble. L’installation électrique étant vétuste, difficile de savoir si s’était un accident ou pas. La famiglia n’avait plus de moyen pour le retourner à sa cause. C’est donc vers un flic intègre que j’avance. Comment m’a-t-il trouvé ?

- Ciao Dino !
- Ciao Sandro’ !


Un sourire, puis nous nous étreignons comme deux frères. Je savoure le paradoxe de la situation. Il me sait mouillé jusqu’au cou dans les « affaires », mais ne peut pas le prouver. Nous avons tous deux conscience des activités de l’autre qui nous placent dans deux camps opposés.  Pourtant notre accolade amicale est sincère. Nous avons chacun suivi un chemin différent. S’il était prévisible dans mon cas, je lui reconnais d’avoir les palle d’avoir embrassé une carrière policière. C’est un affront à la famiglia. Il est pourtant toujours vivant.

- Come stai ?
- Bene. Come fai a saperlo?
- Sei prevedibile Sandro’ ...
- Pff !


Je secoue la tête en souriant. Ce n’est pas bon pour mon espérance de vie d’être prévisible. Du coin de l’œil, je vois un éclat à la main gauche de Dino. Une alliance.

- Lei sa che cosa rischio?
- Lei è di un poliziotto.
- Ovviamente…


Je lui demande pourquoi il est ici et comment il m’a trouvé. Mais Dino m’arrête immédiatement, me demandant le numéro de ma chambre. Nous poursuivons en anglais sur des sujets mineurs puis nous nous saluons et nous disons au revoir. Je retourne à table et rassure Jansen et Arès me disant ravi d’avoir discuté avec un ami d’enfance. Nous terminons notre dessert et remontons à nos chambres. Pas dupe, Arès me demande de quoi il retourne quand deux coups discrets sont frappés à la porte. Je me place contre le mur, près de la porte et demande qui est-ce.

- Dino.

Ne percevant pas d’autre bruit que celui de mon ami, j’ouvre la porte sur ce flic de Los Angeles. Arès range son arme après avoir scruté Dino sous toutes les coutures. Mon ami ne s’en offusque pas et se laisse « palper » en soupirant. Arès rend son constat, soit une arme de service et une bombe lacrymogène.

- Le strict minimum pour rester en vie à Los Angeles Arès ! Dino ? Parle en anglais, n’utilise l’italien que si c’est nécessaire. Je fais confiance à ces deux-là.

Mon ami jauge à son tour Arès, puis Jansen. Au rictus qu’il fait, il comprend qu’il ne faut pas sous-estimer les deux hommes qui m’accompagnent, surtout sachant ce que je risque en revenant dans cette ville.

- Alors ? Comment m’as-tu trouvé ?
- Je savais qu’avec ce que je t’ai dévoilé, tu allais venir. J’ai surveillé les enregistrements des hôtels, en ciblant ceux comme le Sheraton assez loin de la zone de la famiglia.
- Malin, comme toujours. Et pourquoi prends-tu le risque d’être vu avec moi ?
- Pour que tu ne tues pas ton propre frère Sandro’.
- Il est responsable de deux morts Dino !
- Indirectement responsable ! Et il n’avait que dix ans quand il a donné ton père aux FED. Il pensait le sauver en faisant ainsi !
- Je veux bien admettre la crédulité de sa jeunesse, et c’est bien pour ça que je ne suis pas venu lui régler son compte après le premier dossier que tu m’as envoyé. Mais pourquoi m’envoyer la preuve que c’est lui le corbeau pour Lyly ? Tu savais bien que j’allais venir lui régler son compte !
- J’ai fait une connerie en t’envoyant ça Sandro’ ! J’aurais dû aller voir Matteo avant pour comprendre ses motivations.
- Qu’importe le pourquoi ! Lyly… s’est faite descendre car elle allait tout rapporter à la police.
- Sandro’ ! Lyly aurait su un jour ou l’autre…
- …
- J’ai vu ton frère ce matin. Matteo vit dans le remord de la mort de votre père et se sent aussi responsable de la mort de Lyly. Si tu veux te venger, laisse le vivre ! Il est détruit. Et bien que tu ne sois pas un saint, je ne veux pas que tu vives avec le sang de ton frère sur les mains Sandro’. Surtout si je suis à l’origine de ce crime.
- L’argument ne tient pas Dino, en m’envoyant ces dossiers, tu savais ce qui allait en découler !
- J’ai cru qu’il avait averti Lyly pour te blesser Sandro’ ! Il a toujours été jaloux de ta prestance et de ta force. Mais j’avais faux. Matteo avait compris que ça ne pouvait pas marcher entre toi et Lyly. Il a tenté de la faire rompre avant qu’elle ne soit impliquée dans un milieu qui la dépassait. Jamais il ne s'est douté qu’elle rapporterait toute l’histoire à la police, donnant ainsi matière à ton arrestation et pas que la tienne d’ailleurs.
- Foutaise !
- Sandro’, avoue que ce qui te fait le plus enrager, c’est que Lyly allait parler aux flics et te faire tomber.
- … C’est une affaire de famille Dino. Maintenant sors s’il te plait.
- Réfléchit avant de commettre l’irréparable Sando’. Je ne pourrais pas fermer les yeux sur ce meurtre !
- Vraiment ? Alors je me ferai un joyeux plaisir de dire qui m’a renseigné et ainsi poussé à la vengeance ! Tu tiens à ce que ta jeune épouse soit veuve si tôt ?
- Tu n’oseras pas ?!
- Moi non, mais tu sais bien qu’il y a plein de taupe chez vous. La famiglia saura dès mon premier interrogatoire. Toi aussi tu devrais réfléchir avant d’agir mio amico.


Les épaules de Dino se voutent. Il s’en veut d’avoir provoqué tout ça. Car finalement il agit comme mon frère avant lui. Quand il me regarde à nouveau dans les yeux, je lis une supplique silencieuse.

- Ok, je te promets de le laisser s’expliquer et me convaincre avant de lui coller une balle en pleine tête. Mais si j’en crois ce que tu me dis, Matteo va plutôt me supplier de l’abattre.
- Alors laisse-le en vie mio amico.
- Porte-toi bien Dino.
- Toi aussi Sandro’.


Mon ami, qui avait pris le soin de venir en civil, salue Arès et Jansen et sort de la chambre. Un silence gênant s’installe. Sortant mon paquet de cigarettes, je sors sur le balcon prendre ma dose de nicotine. Je reste sourd aux tentatives de discussion de Jansen ou d’Arès. Perdu dans mes pensées à travers la fumée que j'exhale, je regarde les lumières de la ville, ma ville. Dino a pris un risque énorme à me contacter directement. J’en veux à mon frère. Il est loin le temps où j’étais le modèle de Matteo. Frère cadet, il avait toujours vécu sous mon ombre. Moi, étoile montante de la famiglia, et lui restant avec aussi peu d’ambition que notre défunt père. Il est une sorte de mouton qui se prend des envies d’indépendance, mais qui n’en a ni la carrure, ni la force mentale. Juste bon à critiquer tout bas le système, mais s’y conformant par manque de courage. J’avais coupé les ponts après ma morsure, au grand soulagement de ma grand-mère qui avait compris ce que j’étais devenu. Pourtant, j’aurais fait n’importe quoi pour mon petit frère s’il avait eu des ennuis… Ça s’était avant que je sache que c’est lui qui avait livré notre père et à m’obliger de tuer la femme dont j’étais amoureux.

Dino n’a pas compris que c’est moi qui ai abrégé les jours de Lyly. C’est préférable… A part un cercle restreint de Don Stephano, Jansen et Arès, personne ne le sait. Cela prouve le degré de confiance que je porte aux deux hommes qui m’accompagnent, mais pas pour les mêmes raisons. Je souhaite que Jansen reste avec moi en toute connaissance de cause, et je sais que j’obtiendrai le meilleur d’Arès si je lui fais une totale confiance. C’est un gars de parole et d’honneur.

(…)

Ma nuit a été agitée de cauchemars où se sont mêlées des images de mon passé et pas les meilleures. A chaque fois que je me suis réveillé en sursaut et couvert de sueur, Jansen était là pour m’apaiser avec son parfum boisé qui me rend fou de lui, des gestes simples et modérés. Je n'étais pas d'humeur à autre chose.

Nous déjeunons tard d’un brunch copieux. Jansen et Arès dévorent, je mange comme un automate, l’esprit ailleurs. Se sont-ils concertés ? Mais Arès et Jansen s’arrêtent et me regardent fixement. Je devine leur envie de me parler. Je soupire, autant crever l’abcès.

- Quoi ?

L’un d'eux me dit doucement que je devrais bien considérer ce que Dino a dit et qu’il n’a pas tort sur les conséquences morales pour moi d’un tel geste. Je ne réponds pas et continue de manger, le visage hermétique. Je ne cède pas aux sourires que tente Jansen. Je veux garder ma haine intacte jusqu'à ce que je sois devant mon petit frère.

(…)

Dino n’a pas voulu me dire si Matteo habitait toujours au même endroit. L’annuaire dit que oui, mais concernant le cercle des italiens de Los Angeles, l’annuaire est souvent faux... J’en enfilé une tenue un peu passe partout et surtout loin de mon style habituel. J’ai demandé à Arès de faire  un peu moins « garde du corps » et plus « joueur de basket ». Jansen a quant à lui, naturellement l’air gentil. Nous avons pris les transports en commun, nous mêlant à la population. Arès porte un sac de sport très probable pour un sportif, mais au contenu un peu percutant. Jansen a un sac de courses où se trouvent quelques bières. Nous donnons le change. Le repérage aurait pu être simple, car depuis l’angle de la rue où habite mon frère, je le vois justement prendre la volée de marches qui mènent à son immeuble. Il semble vieilli et un peu tassé sur lui-même. Je reconnais un gars du milieu qui marche dans la rue. Nous nous mettons à l’abri de son regard avant qu’il ne nous aperçoive. Pas évident qu’il fasse le lien avec mon look un peu grunge. Puis il faudrait être fou pour braver le bannissement de Don Stephano.

Je prends une ruelle qui nous permet de sortir rapidement de la little Italy. Nous sommes à mi-course quand trois gars s’interposent devant nous. Un regard en arrière m’en montre trois autres qui nous coupent toute retraite. La technique classique des gans des rues. Je reconnais les hommes d’un clan rival. Des bandits locaux qui n’ont rien à voir avec la famiglia, ni la mafia en générale.

- Oh ! Alessandro le magnifique ! Tu cherches ta maman.
- Dégage Carter.
- Tu n’as pas le rapport de force pour la ramener sale rital. Et l’occasion est trop belle d’alléger les rangs de notre concurrence…
- Deficiente !


Il n’est donc pas au courant de mon bannissement. Ces mecs sont pathétiques. Ça se dit caïd, mais il ne possède même pas les bonnes informations. J’avais prévenu Arès et Jansen de n’attaquer les hommes de Don Stephano que sur mon ordre. Car fuir de la ville ne suffira pas à stopper une condamnation à mort de la part du parrain de LA. Et attaquer ses hommes est la meilleure manière d’y arriver. Mais là, je n’ai rien à craindre de ce gang pitoyable.

- Arès, Jansen, nous nous débarrassons de ces cons, ils ne font pas partis de la maison. Mais en silence, pas question d’ameuter le quartier.

Mon garde du corps et mon amant ont parfaitement compris que ces types cherchent à nous éliminer purement et simplement. De plus, je ne peux pas me permettre de laisser en vie quelqu’un qui pourrait dire m’avoir vu en ville. Trois contre six, le combat est vraiment inégal et surtout en notre faveur. Un ballet mortel s’engage quand je décolle du sol à la simple force de ma main le premier qui m’attaque. Trois surnaturels contre six humains… par décence nous ne devrions combattre qu’à une main…








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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Sam 14 Mai - 16:16





La morte …



Jansen s’était senti un peu en dessous de tout. Peut être qu’en temps normal, tout ceci n’aurait eut aucune importance, mais rien n’est moins sur. Toujours est-il qu’il était maintenant lié par une antique malédiction à Alessandro, et se sentir tellement en deçà de lui et d’Arès le malmenait de façon pernicieuse.

Les deux hommes qui avaient accompagné Alessandro regardaient ce dernier, inquiets, chacun pour des raisons différentes, mais chacun pour une cause commune. Ils tenaient à la sécurité de leur boss, même si Arès n’était pour ça part pas lié par le gui au mafiosi qui prenait maintenant beaucoup de place dans le cœur du jeune Drus.

Ne dis pas cela. Tu es loin d’être bête. L’intelligence n’a rien à voir avec les lectures ou les connaissances. La mémoire est juste un grand récipient et j’ai passé ma vie à tenter de le remplir du mieux possible. Le fait de venir d’un autre monde et que tu ne maitrises pas très bien la lecture ne fait absolument pas de toi quelqu’un de stupide. Si, je suis ton raisonnement je suis stupide parce que je ne connais pas ton espèce alors que c’est le rôle de mon espèce de savoir le maximum de chose sur le monde surnaturel pour mieux assurer sa mission. Or, je pense être beaucoup de chose mais certainement pas stupide.

Jansen regarda Arès avec un mélange de reconnaissance et d’amusement. Sa race faisait tout, depuis des années, pour qu’elle demeure la plus discrète possible. Si, par hasard, un individu arrivait à percer le mystère de leur existence, elle utilisait alors sur ce curieux le glamour, et disparaissait dans un premier temps de sa curiosité, de son intérêt, puis de sa mémoire. La dryade qui avait eu le malheur d’être percée à jour cessait alors de représenter tout intérêt et pouvait de nouveau se fondre dans la masse. Reste à savoir si ce genre de chose pouvait marcher sur un être tel qu’Ares.. Rien n’était moins sûr.

Mais il ne s’attendait pas au contact ni à la proposition que lui fit le deatheater.. A part Brian, et Alessandro, personne ne lui avait paru réellement s’intéresser à lui. A vrai dire, il y avait aussi Charlie et Alex, bien que plus discret. Ajouter la cinquième ronce et les personnes s’étant inquiété de son bienêtre se comptaient sur les doigts d’une main. Le jeune Drus regardait celle d’Ares, puissante, habituée à travailler, à tuer, à broyer mais également à tourner les pages de livres qu’il n’avait pour sa part jamais eu l’occasion de lire. Quel étrange personnage. Mais après tout, il devait lui-même passer pour une curiosité auprès des rares personnes à connaitre sa nature.

« Merci, Ares, j’apprécie. Et ce sera avec plaisir. Mais ma race est loin d’être idyllique. Lorsque tu auras appris les horreurs que commettent mes sœurs sans sourciller, tu me regarderas sans doute d’un autre œil… ».

Surtout quand il apprendra qu’en fuyant, le Drus avait probablement condamné sa sylve à l’extinction. Elle avait eu de grands projets pour lui, sa sylve. Le « prêter » à d’autres sylves pour que les dryades aient enfin une nouvelle jeunesse… Ce qui voulait dire vivre et revivre encore ce calvaire, cette négation de son corps…

Le retour d’Alessandro se fit discrètement, et les trois compères durent attendre d’être de nouveau dans la sécurité relative de la chambre d’hôtel pour en savoir plus. L’arrivée de Dino émoustilla la curiosité de Jansen, qui avait les prunelles brillantes d’en savoir plus.
Ares fit clairement ce qu’Alessandro attendait de lui, et comme Jansen n’avait pas eu d’indication spécifique, il se contenta d’observer Dino, lui rendant son regard interrogateur, et son sourire non moins satisfait.

Cependant il ne s’attendait pas à la discussion qui s’en suivit. Ainsi donc le traitre n’était pas moins que le frère d’Alessandro ? Il eut un haut le cœur, mais vite réprimé lorsqu’il se comparra. N’était-ce pas lui qui, dans un premier temps, avait pratiquement condamner ses propres sœurs à l’extinction, puis ensuite n’avait pas hésité à en tuer deux pour aider Alessandro ? Il préférait de loin comprendre plutôt que juger, et c’est ce qu’il fit.

Mais son amant fit la sourde oreille lorsque Jansen tenta de l’approcher. Il n’avait plus que l’horizon que voulait bien lui donner le balcon et son paquet de clope pour compagnie. Ares et lui se regardaient, un peu gênés de ne savoir quoi dire ou quoi faire.
La nuit se passa presque en silence, n’eut été la respiration forte et laborieuse d’Alessandro et ses réveils empreints de l’écho de ses cauchemars… Jansen fit de son mieux pour le rassurer, le cajoler, lui faire comprendre qu’il ne le lâchait pas.

C’est finalement Arès qui crève l’abcès en parlant des conséquences morales d’un tel geste pour Alessandro. Pour sa part, Jansen ne sait quoi dire. Il ne se sent pas le mieux placer pour parler de telles choses.
Les trois jeunes hommes se retrouvèrent plus ou moins en filature peu de temps après, Jansen jouant au quidam de base avec ses courses. Il souriait sous cape de voir Alessandro et Ares se glisser dans leur rôle, mais il se rappela bien vite les enjeux et la noirceur qui ne pouvait qu’en résulter.

Mais finalement, ils furent pris à leur propre piège par une bande de malfrats qui arrivaient bien mal, et surtout bien peu à propos.
- Arès, Jansen, nous nous débarrassons de ces cons, ils ne font pas partis de la maison. Mais en silence, pas question d’ameuter le quartier.

Le sang du jeune Drus ne fit qu’un tour. D’une part parce qu’il avait depuis longtemps compris les intentions de leurs adversaires, et que ce serait eux ou Arès, Alessandro et lui, mais surtout parce que ce dernier venait de lui donner un ordre. Quoiqu’il ait pu en penser avant, c’était à présent un ordre impérieux, qui ne souffrait aucune résistance.

La réaction du jeune danseur fut rapide et mortelle, fruit de ses longues heures d’entrainement avec la cinquième Ronce, l’élite martiale de sa sylve. Etant lui-même de sang noble, il avait à disposition quelques atouts, certes diminués lorsqu’il n’était pas en forêt ou près de plantes et de bois, mais largement suffisants dans le cas présent. Il devint pratiquement flou tant sa rapidité augmenta, et c’est un ballet mortel, issu de l’art du combat des Dryades, qu’il exécuta, tournoyant, virevoltant, sautant et prenant appuis sur des murs et des corps. A son passage, le vent sifflait comme dans les branches d’un arbre, et des craquements sinistres indiquaient, ponctués de gémissements de douleurs, que les os étaient moins résistants que le bois. Il ne mit pas longtemps avant d’achever deux de leurs adversaires, sans malice, sans cruauté, mais sans pardon non plus. On pouvait lire la panique dans les yeux de ses victimes lorsqu’il leur brisa la nuque, après avoir assénés des coups rapides issus de ses techniques martiales si particulières.

Il n’eut pas à en faire plus, Ares et Alessandro ayant œuvrés de leur côté. Le regard de son amant croisa celui de Jansen, et c’est avec tout son amour, si incongru en cet instant, que ce dernier lui sourit, ses mains et son jean tachés de sang. Il n’avait utilisé que ses poings.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Sam 14 Mai - 19:40


     
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu ne connais pas... Seul au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Alessandro et Jansen
     

     
La morte di un traditore





     
La réponse de Jansen m’arrache un petit sourire. Non mon ami, peu importe les crimes que ton espèce a pu commettre je ne te jugerais pas. D’une part, parce que ma propre espèce a une histoire millénaire écrite dans le liquide le plus pourpre qui soit. Nous sommes des gardiens et des messagers de la mort et à ce titre abattre sans sourciller un être surnaturel menaçant l’équilibre ou une anomalie est la dernière chose qui pourrait nous causer des interrogations morales. Abattre c’est protéger, éliminer c’est sauver dans le jargon des miens. Mon espèce ne se surnomme pas elle-même celle des enfants de la mort pour faire jolie. Combien d’êtres sont tombés sous les assauts de gardiens à la fumée depuis la création du monde. Un chiffre bien difficile à estimer. Tuer les responsables de déséquilibre peut passer pour noble car cela vise la protection du plus grand nombre et le maintien d’une symbiose des plus délicate mais si on regarde cela avec l’aspect moralisateur de la moralité. Cela reste des crimes tout comme un soldat en guerre peut être amené à ôter des vies humaines. Mon espèce est une vaste armée de tueurs surentrainé alors non Jansen je ne te jugerais pas. D’autant plus que j’avais liquidé plusieurs dizaines d’individus durant ma vie de mercenaire offrant mes services aux plus offrants. Et que j’en avais torturé plusieurs autres. Que j’avais vengé mes cousins en décimant les chasseurs responsables de leurs morts.

Comment pourrais-je te juger ? Ce serait l’hôpital qui se foutrait de la charité. Mais tout le monde a ses secrets et certains sont bien plus sombres qu’on ne l’imagine. Et, je me doute que si Jansen l’un des êtres surnaturels les plus lumineux que je n’ai jamais rencontré de ma vie me dit cela c’est qu’il a lui aussi des secrets bien noirs cachés au plus profond de son âme sylvestre. Je me contente d’hausser les épaules à ses propos. Nous verrons bien cela en temps et en heure mon cher. Peut-être que tu as raison et peut être que tu as tort. Bien que franchement vu mon histoire personnelle et ce que je suis, il faudrait vraiment que tes secrets soient d’une horreur indicible pour que je te juge comme tu t’y attends. Par ailleurs, les actes les plus sombres sont souvent les plus désespérés. Alessandro termine finalement sa discussion avec son ami d’enfance et revient à la table ou nous terminons nos desserts promptement. Avant de remonter dans les chambres dans un silence pesant. Pesant parce que je suis impatient d’être mis au parfum par mon boss. Je me doute que si un agent des forces de l’ordre de Los Angeles vient voir un mafieux sicilien ce n’est pas pour un banal échange d’amabilité, ami d’enfance ou non. Surtout quand le policier en question nous a trouvé alors même que je suis persuadé qu’Alessandro ne lui a pas donné notre point de chute. Une fois dans les chambres, j’interroge mon patron du regard.

Pas de réponse mais un cognement à la porte, je vais chercher un flingue avant de me poster devant la porte tandis que mon boss va ouvrir. Je range mon arme et entame une fouille en règle de l’ami d’Alessandro. N’est-ce pas amusant ? Un mafieux qui fouille un flic. On aura tout vu je vous l’accorde. Je rends mon constat à Alessandro. Une arme de service et une bombe lacrymogène. Un sourire étire mes lèvres à la remarque de mon patron et je grommelle un : Pas faux. On est bien placé pour le savoir.
Je vais ensuite m’assoir près de Jansen sur le bord du lit et ne lâche pas les deux amis tandis que ces derniers se lancent dans une confrontation verbale. Les révélations qu’elle m’apporte me prouvent que mon instinct ne me trompe que rarement. C’est d’ailleurs pour cela que je fais un gardien plutôt efficace. Je savais bien que la famille d’Alessandro était mêlé à cette trahison. Seulement, je pensais plutôt à un cousin ou un oncle. Pas un frère bordel de merde ! Oui, je suis un tueur. Oui, j’ai du sang sur les mains. Oui, je suis un être sombre mais tuer un frère c’est mal ! J’ai un sens de la famille exacerbé alors même que je n’ai jamais connu la mienne. Mais, celles qui sont venues à moi sont tout pour moi. Mes cousins qui étaient comme des frères pour moi sont morts et je les ai vengés. Je ne vois pas quelle autre orientation possible. Je peux tuer pour les membres de ma famille mais je ne peux pas les tuer peu importe à quel point je pourrais les détester. Idem avec Azgeda. De toute manière, le meurtre de gardien est passible de peine de mort.

Mais, toujours est-il que je ne peux qu’avoir mal pour lui. Moi qui n’ai pas eu de véritable famille au sens premier du terme à ma venue au monde en avait trouvé de bien meilleures que lui. J’aimais profondément mes cousins, ma tante, son mari et aimais chaque gardien d’Azgeda comme des frères et sœurs mis à part les dirigeants comme des parents et Aza d’une manière bien éloignée mais passons. Je ne le laisserais pas faire cela qu’il le veuille ou non, qu’il me vire ou non, qu’il essaie de me buter ou non. Je l’aurais laissé refroidir son cousin ou son oncle mais son frère non c’est absolument hors de question. Je suis d’accord avec lui. Son frère mérite de crever atrocement pour ce qu’il a fait à sa famille mais je ne laisserais pas mon boss se bousiller lui-même dans un geste qui lui causera plus de dégâts qu’il ne veut bien l’avouer. Je salue Dino d’un signe de tête et le regarde partir.


      Je m’attends à voir Jansen prendre la parole pour tenter de convaincre son amant mais il ne se passe rien et Alessandro s’isole sur le balcon. Je rejoins ma chambre en silence, le cerveau tournant à cent à l’heure. Je me retiens d’éclater la télévision d’un coup de poing rageur et prends une bouteille de vodka dans le mini bar que je vide d’un trait avant de me coucher en me demandant comment arrêter cette folie. Je tombe dans un sommeil réparateur quelques minutes plus tard. Je me réveille le lendemain frais comme un gardon et prêt à tout pour préserver le sicilien du merdier dans lequel il souhaite ardemment se plonger. Quoi vous voulez que je le laisse commettre l’irréparable ? Vous me connaissez bien mal dans ce cas. Le garde du corps devrait s’écraser devant le choix de son boss mais aux dernières nouvelles, je suis également son second. Et en tant que second, j’estime que c’est un très mauvais choix qui aura des répercussions désastreuses sur le business à travers l’état émotionnel d’Alessandro. Nous déjeunons dans un silence tendu et le regard que je lance à Jansen pour m’enquérir au sujet de l’état d’esprit du boss ne fait que me confirmer que je suis le seul à trouver cela complètement choquant. Le tueur qui refuse de participer à un meurtre punitif. Encore une fois, on aura tout vu. Lorsque que mon patron lâche un quoi d’exaspération, je me lance dans une tirade pour le convaincre qu’il ne doit pas faire cela.

Non pas pour son frère qui peut bien mériter de crever mais pour lui. Car, qu’il le croit ou non cela va le dévaster. On ne tue pas son sang sans en payer le prix. Que son frère passe sa vie à regretter son geste est la meilleure punition qui puisse exister. Mais, je vois bien que mon discours ne sert à rien alors je me tais et pousse un soupir exaspéré. Je claque la porte reliant nos deux chambres avant d’aller me préparer pour ce qui nous attend. Je m’habille en tenue de mec revenant d’un match de basket. Jogging, nike, tee shirt sans manche et casquette L-A sur le crane. Je prends mon matos dans le sac de sport, attache un couteau à ma cheville et quitte l’hôtel avec mes deux compères. Nous nous fondons dans la masse et prenons les transports en commun pour nous rendre à la Little Italy. Mon visage est fermé. Je n’ai pas peur que nous croisions des siciliens qui pourraient reconnaître Alessandro. Je n’ai pas peur d’être blessé. Je suis en colère tout simplement. Même les sourires aguicheurs d’un groupe de femmes peu couvertes ne parviennent pas à me dérider. Nous sommes dans la cité des anges et l’été est proche. Les tenues sont courtes et les sourires faciles mais je ne me laisse pas gagner par cette joie de vivre.

Non, je suis concentré et de mauvaise humeur. Une fois à destination, je suis le regard d’Alessandro et observe son frère qui a véritablement l’air au bout du rouleau. Nous tournons ensuite les talons pour quitter le quartier dans lequel Alessandro n’est plus le bienvenu mais un groupe de petites frappes nous bloquent le passage. J’écoute l’échange d’amabilités d’une oreille distraite. Un soupir s’échappe de mes lèvres. Merci de vous être dressés sur notre route bande d’abrutis. C’est exactement ce dont j’avais besoin pour me détendre. Tuer des guignols dans votre genre. Deux chacun c’est parfait. Ce sera l’affaire de quelques minutes. Deux des petites frappes se jettent sur moi. J’esquive une droite, en décoche une dans la mâchoire du deuxième homme avant de balancer un coup de pied dans le bide de celui derrière moi. J’esquive un coup de pied, passe ma tête sous la jambe tendue et me place derrière l’homme avant de lui briser la nuque d’un mouvement fluide. Le cadavre tombe sur le sol tandis que le second gus se barre en courant. Je marmonne : Bordel essaie d’être plus digne face à la mort que tu ne l’as été dans la vie. Je sors le couteau de lancer et l’envoie en usant de ma force de surnaturel. La lame se plante dans l’arrière du crane qui éclate comme un fruit mur. Un sourire étire mes lèvres.

Z’avez vu ce lancer les gars. Si ce n’est pas du travail d’artiste ca je ne vois pas ce que ça peut être. Je vais chercher mon couteau sans me départir de mon sourire et essuie la lame sur le tee shirt du mort avant de la ranger dans son étui. Alessandro et Jansen terminent leurs adversaires de leur côté et nous quittons les lieux comme si de rien n’était. Nous rentrons à l’hôtel en prenant le même trajet et une fois de retour dans les chambres, je vais prendre une douche glacée avant de m’habiller d’une manière un brin plus classique. Puis, Alessandro nous propose de manger une nouvelle fois au restaurant du Sheraton et nous acceptons bien volontiers. Je me doute que ce sera le dernier repas puisque nous ne nous éterniserons pas une fois la besogne achevée ou pas d’ailleurs, vu mon opposition implicite. L’agitation dans la Little Italy a du attirée certaines attentions.        
     
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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Mar 17 Mai - 22:59



La morte di un traditore


Feat : Jansen Avery
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Jansen s’est déjà envolé dans une danse mortelle et Arès opère à sa manière. Je sens toutes les fibres de mon corps vibrer, car je me sens tout simplement revivre. Dans cette ruelle miteuse, je me sens revenu chez moi. Pas que l’adrénaline soit au rendez-vous avec ces fouilles merde de bas étage, mais ils me permettent au moins de défouler ma rage. Quand j’ai quitté Los Angeles il y a quelques mois, mon statut dans l’organisation ne m’amenait plus à ces sombres combats de rue. Cependant, il n’était pas rare que j’use de mes poings, pour au moins rappeler à mes hommes que je n’étais pas un Boss arrivé là par faveur, mais bien par sa dangerosité. Je renoue avec cette sensation délectable de la Little Italy et le sentiment de danger immédiat. A croire que Beacon Hills est bien trop calme pour moi.

Les deux hommes qui m’épaulent n’ont eu besoin que d’une consigne de ma part, pour que quelques secondes plus tard les malfrats qui pensaient nous tuer passent de vie à trépas. Je ne suis pas homme à me faire servir, et j’accomplis ma tâche, tuant sans excès de gestes, les deux cretini qui restent. Je me suis simplement servi de l’ongle de mon pouce pour les égorger. Les légistes concluront à une attaque à arme blanche. J’ai étudié assez de rapports médicaux pour donner le bon angle d’attaque. Dans une ville comme Los Angeles, l’excuse de la bête enragée passe une fois, pas deux. Puis il faudrait être naïf de penser que le gouvernement n’est pas au courant pour nous… Donc autant ne pas donner matière à suspicion.

Nous venons de supprimer la vie de six personnes avec une facilité déconcertante. Jansen me regarde avec amour et Arès sourit comme s’il venait de réaliser le slam dunk du siècle. Nous sortons de l’impasse d’un pas nonchalant qui contredit le drame qui vient de se passer. Il n’y a pas de regrets ou d’amertume dans nos cœurs, pas de haine non plus, simplement le sentiment que ce qui devait être fait a été fait. Beaucoup seraient horrifiés de notre calme, mais il y a longtemps que nous avons mis notre compassion en veille. Non que nous sommes tous trois insensibles ou sans cœur. Simplement nous ne nous apitoyons pas inutilement sur ce qui ne doit pas l’être. Ces types n’étaient pas des enfants de cœurs. C’était eux ou nous. L’équation est d’une bipolarité simple et banale dans les bas-fonds de la ville. Je sais bien que j’ai peu de chance de devenir un vieillard honorable qui mourra tranquillement de l’usure de la vie. Le plus vraisemblable est que la mort me prenne un jour, violemment comme une amante ardente. J’espère tout simplement que ce jour viendra le plus tard possible et je fais tout pour, d’où la présence d’Arès et de Jansen à mes côtés.

Nous retournons à l’hôtel. Avant d’y entrer, je précise à Arès et Jansen de boucler leurs sacs avant de descendre au restaurant. Nous ne restons pas cette nuit. Inutile de tenter le diable après notre future descente au domicile de mio fratello.

Arès part dans sa chambre, alors que j’entraîne Jansen avec moi dans la salle de bain. Je pose un doigt sur ses lèvres quand il se met à parler. Je ne suis pas d’humeur loquace ce soir. Nos vêtements tombent sur le marbre rose, nos souffles se mêlent ainsi que nos corps. Si je ne suis pas violent outre mesure, je me fais un peu brutal et clairement dominant, ne lui laissant aucune possibilité d’initiative. Je joue de sa servitude et dispose de son corps comme je l’entends. La douche multi-jet nous plonge dans une atmosphère humide et chaude. La colonne vertébrale de Jansen se cambre, l’offrant à ma convoitise. Et c’est à demi transformé que je le prends, mes crocs mordillant la peau de son cou. La pleine lune qui est à son apogée transforme mon sang en lave en fusion.

Mon amant est docile et complaisant, mais cela ne suffit pas à calmer la rage qui menace de me submerger. De retour dans la chambre, nos peaux à peine sèches, je lui emprisonne les poignets dans une de mes mains. Jansen a largement la force physique pour se défaire de ma prise, mais il est entièrement sous ma coupe. Le lit devient vite notre nouveau champ de bataille, son corps si joliment musclé attise en moi un nouveau feu qui supplante la colère du fauve. Jansen paye le prix de mon apaisement.

(…)

Nous retrouvons Arès devant l’ascenseur avec son sac d’affaire à la main. Il regarde Jansen avec une lueur amusée dans le regard. Ce dernier s’intéresse brusquement aux motifs de la moquette qui couvre le sol. Je reste de marbre, mes pensées sont tournées vers Matteo.

Je m’occupe de régler la note pendant que mes deux gardes du corps s’installent dans le restaurant. Le repas se passe dans un silence relatif agrémenté de nos commentaires sur la nourriture qui est excellente.

(…)

Les lumières défilent sur le capot de la voiture. Je conduits en respectant scrupuleusement le code de la route. Quand nous abordons mon quartier natal mon cœur ne peut s’empêcher de battre un peu plus rapidement. J’aime cet endroit et cela me fait mal au cœur d’en être banni pour une dizaine d’année. Il peut s’en passer des choses en dix ans et rien ne dit que le délai écoulé je sois toujours le bienvenu. Don Stephano n'est plus si jeune…

- Je me gare dans la rue derrière. Il y a un endroit où il sera difficile de nous bloquer la voiture comme sur la rue principale.

Ce faisant, je tourne au carrefour suivant contournant l’immeuble de brique où vit Matteo. La place que je visais est libre. Il faudrait quatre voitures pour me bloquer. Avant de descendre, je sors un feuillet de sous le siège conducteur et le pose en évidence au-dessus du compteur. Jansen regarde avec étonnement le dessin d’une main noire. Arès lui a compris. Celui qui s’en prend à cette voiture, se colle la mafia aux fesses. Je regarde la façade de l’immeuble. C’est le côté cours, un escalier de secours fait office de barreaux de prison pour les fenêtres qui donnent de ce côté-ci. Le mur est parsemé de climatiseurs plus ou moins bien accrochés. Des herbes aromatiques poussent sur les rebords de fenêtre et du linge sèche sur des cordes à poulie reliées à l’immeuble opposé. Je marque un temps d’arrêt humant l’air chargé d’une cuisine méditerranéenne qui me manque et me rappel bien des souvenirs. Un brin de nostalgie m’envahit, mais il me suffit de penser à mon père et à Lyly pour continuer mon chemin, Arès et Jansen sur mes talons. Après un nouveau temps de réflexion, je donne les clés de la voiture à Arès. Je les aurais bien confiées à Jansen, mais je crois qu’il n’a jamais appris à conduire. Une petite bulle de quiétude éclot quand je m’imagine lui donner des leçons de conduite, bien vite percée par notre entrée dans l’immeuble. Le hall d’entrée n’a pas changé. Avec mes parents, nous habitions l’immeuble juste mitoyen qui est en tout point le même.

- Ma è il piccolo Sandro, come stai ragazzo?
- Mama Daniela ! Ancora bello !


Je me laisse enlacer par la plus imposante Mama italienne que je connaisse. Mama Daniela avait perdu son enfant en pleine couche. La boucherie qu’était l’hôpital de l’époque l’avait condamnée à ne jamais en avoir d’autre. Si bien que tous les gamins du quartier étaient un peu les siens. Je ne compte pas les fois où elle m’a mouché, réconforté ou donné une belle calotte pour avoir embêter mon petit frère. Elle est comme une deuxième mère. Je ne sais pas l’âge qu’elle a, mais doit en avoir beaucoup au compteur. J’ai beau faire trois têtes de plus qu’elle, elle m’appellera toujours « piccolo». La rumeur disait qu’elle n’avait pas émigré aux Etats-Unis, mais qu’elle avait juste attendu le mouvement de la tectonique des plaques lors de la séparation du nouveau monde avec l’ancien continent. Il faudra me torturer sévèrement pour que j’avoue y avoir cru, même si je n’avais alors que cinq ou six ans.

- Guiseppe ! Gina ! Vieni ! Sandro è qui!

Nous n’avons pas fait vingt mètres, que déjà une bonne partie de l’immeuble sait que je suis ici. Je ne laisse rien paraître et joue de mon sourire enjôleur habituel. Je serre des mains, claque des bises et prends des nouvelles des uns et des autres. Arès et Jansen sont comme invisibles aux yeux des gens du peuple. Ici, on prend garde à ne pas regarder les portes flingues. Il est normal pour tous que je me déplace avec des gardes du corps. Ils n’obtiennent donc pas plus de considération que s’ils étaient des chiens. Arès connait son job, j’espère que Jansen ne s’en offusquera pas et restera en retrait.  A la question de ce que je viens faire ici, car nul n’ignore mon bannissement, je réponds que la famille est importante pour moi et que mon petit frère me manque. Avec un clin d’œil complice, je leur dis que de ce fait je ne peux pas m’attarder. Ils comprennent. Ce sont de gentilles personnes qui comme mon père subissent la loi de la mafia avec résignation, mais aussi avec reconnaissance. L’immigration américaine n’est pas tendre, la mafia est leur meilleure protection. Ils ne devraient pas me dénoncer… du moins pas dans l’immédiat, si d’aventure un des occupants de cet immeuble devait trépasser dans les minutes qui vont suivre.

L’escalier grince, il n’y a bien sûr pas d’ascenseur. La montée de l’immeuble est animée malgré l’heure tardive. Les voisins s’interpellent d’un étage à l’autre. On fête l’anniversaire de Maria qui est la sœur de Daniela. Quand nous passons devant l’appartement en plein effervescence, nous sommes encore stoppés. Je ne coupe pas aux palabres,  ni à la dernière fille de la maison que l’on me pousse quasiment dans les bras. Sofia, vingt-deux ou vingt-trois ans est rouge tomate quand elle me tend la joue. Les commentaires équivoques vont bon train dans le petit attroupement. La Mama est plus directe avec un « maritabile ». Cela me gêne un peu, non pas que l’on me trouve comme étant un bon parti, mais tout ce monde et cette joie de vivre sapent mon désir de vengeance. Je ne dois rien à ces gens, mais je n’ai pas non plus envie de les attrister.

Nous avons pu nous extirper de là et poursuivre notre ascension à la condition de goûter à quelques antipasti maison. Quand nous arrivons enfin au bon étage, le cinquième, je suis en train de me curer les dents avec un bâtonnet de bois. Jansen a la tête d’un gars qui vient de traverser un pays fabuleux et Arès s’empiffre avec une grosse poignée de mini-pizzas. Je fronce les sourcils. Les expéditions punitives dans la little Italy prennent souvent un air de western spaghetti…

Quand chacun a repris une apparence plus « Godfather » que « Cinema Paradisio », je frappe à la porte trois coups secs. J’entends mon frère demander d’attendre. Je tourne la poignée, elle bloque car elle est verrouillée. Je force, elle casse.

- Putana Antho ! Ho detto che pagherò domani... Sandro’ ?

Je ne lui réponds rien et entre. Arès referme la porte après que Jansen soit passé et se calle devant en bon gorille. Matteo hésite, sourit et cafouille. Il se dit content de me voir et évoque le risque que je prends à venir ici. Devant mon silence obtus, il nous propose à boire et sort une bouteille de Marsala.  

- Non ho l'alcol costoso di solito si beve.
- Chiudi la bocca !
- Sandro !


Dino ne m’avait pas menti. Matteo semble au bout du rouleau. Son appartement est minable et crasseux. Il semble devoir de l’argent à quelqu’un qu’il sait capable de défoncer sa porte et ses vétements crasseux me disent qu’ils ne doivent pas souvent voir la lessive.

- Perché ?
- Papà e Lyly...


A ces deux noms mon frère devient livide. Il ne cherche même pas à nier et s’assoit ou plutôt s’écroule sur une chaise en formica bleu pale.

- Mi dispiace tanto, Sandro...
- Sei un traditore Matteo.
- Sì.
- Je te laisse deux minutes pour me convaincre de ne pas te coller une balle en pleine tête mio fratello.


Matteo s’affaisse encore un peu plus sur sa chaise. J’ai repris en anglais pour que Arès et Jansen comprennent que j’en ai bientôt fini. Je tourne dans le minuscule appartement de mon frère. Sur une commode, je retrouve une vielle photo. J’y suis, souriant à pleine dent assis dans une voiture à pédale, Matteo me pousse. Je reconnais d’autres visages, des gamins avec qui je jouais, des voisins. C’était le temps de l’insouciance. Je croise le regard de Jansen. Il est tendu et inquiet. Je sais qu’il m’obeira au doigt et à l’oeil quoi que je lui demande. Pourtant, son regard déborde d’amour et de compassion. Il ne dit rien, mais me désapprouve sans pouvoir s’opposer. Je m’avance vers le Drus et lui murmure d’aller faire le guet sur l’escalier de secours. Ce n’est pas une précaution inutile, mais ça l’éloigne aussi de ce qu’il peut se passer dans la cuisine. Jansen passe donc dans la chambre de Matteo, enjambe la fenêtre et sort dehors pour guetter la ruelle où est garée notre voiture. Je remarque qu’Arès a changé ses points d’appuis. Son regard est clairement désapprobateur.

Matteo me ressemble physiquement, ou plutôt me ressemblait. J’ai du mal à reconnaître mon frère dans ce gars voûte et à l’air vieilli. Le miroir sale d’une armoire me renvoie nos deux reflets, quel contraste... Un verrou semble sauter dans l’esprit de mon frère car brusquement il se met à parler. C’est un flot continu de mots mi en italien mi en anglais. Il déballe ce qui le ronge, tout sort pêle mêle et pas de manière chronologique. Dino avait raison, c’est un gamin terrorisé qui a dénoncé notre père aux fédéraux pensant arrêter le trafique auquel il se livrait bien contre son gré. Sur le moment Matteo n’a pas compris qu’il l’envoyait faire un aller simple au cimetière. Quand quelques années plus tard il a réalisé sa faute, j’avais déjà déserté la maison pour Phoenix où je faisais les quatre cent coups avec la bande de Charlie et tentais accessoirement de gérer le loup que j’étais devenu. Un silence pesant s’abat sur la cuisine. Les deux minutes sont largement passées.

- Et pour Lyly ?

Ma voix est tranchante comme un rasoir. Il n’est pas rare que certaine nuit dans un sommeil confus que  je sente sa jolie nuque se briser entre mes mains. Dino avait appuyé sur un point sensible. Ma fureur n’était-elle pas tournée contre celle qui avait choisi de me vendre plutôt que de m’aimer ? M’imposant par ricochet à devoir faire aussi un choix : ma liberté et ma vie, contre la sienne.

Matteo se remet à parler. Ses lèvres tremblent et sa voix est entrecoupée de sanglots. Il jure que jamais il n’avait imaginé que Lyly irait parler aux fédéraux. Il pensait juste lui faire peur et la faire fuir car il avait compris qu’elle et moi cela ne pourrait jamais marcher. La réaction de Lyly lui aura malheureusement donné raison. J’entends les rires de la fête à deux étages plus bas. Sans même le regarder, je sens la présence d’Arès et son aura de félin. Mon second est capable de me mettre une belle raclée, et étrangement cela fait partie des points qui m’ont poussé à l’engager. De la même manière que Jansen arrive à me faire garder le contrôle alors que la mesquine d’un blanc laiteux brille au dessus de nos têtes, Arès semble être capable de stopper la lave de l’Etna en fureur.

Un air d’accordéon venant des étages d’en dessous me fige soudain. Je regarde Matteo qui est encore devenu plus livide qu’il ne l’était avant. L’air qui est joué n’est pas n’importe lequel... c’est le signal d’alarme, celui qui avertit que les hommes de Don Stephano sont là. Quand je dis que ce sont de braves gens... Ils m’avertissent que la cavalerie arrive. Cela me dit aussi qu’au moins une personne m’a dénoncé. Je regarde mon frère et soupire. Dino a raison, le tuer serait lui rendre service. D’un signe de la tête, j’entraine Arès dans la chambre de Matteo.

- Nous filons par l’escalier de secours.

Je souris à Jensen qui attend dehors depuis un moment, puis fait mine de m’attarder sur un cadre photo posé sur la table de nuit de Matteo pour laisser Ares emjamber la fenêtre avant moi. Mais quand je m’approche à mon tour de la fenêtre, je regarde Arès d’un air dur.

- Prends la voiture et file avec Jansen. Je vous retouvrai plus tard.

Je ne laisse pas le temps au danseur d’émettre une objection que je lui ordonne de suivre le garde du corps et claque la fenêtre à leur nez. Je fais un signe de silence de l’autre côté de la vitre. Le dilemme que je lis dans le regard de mon amant me fait de la peine, mais c’est pour son bien que je fais cela. Si j’ai une chance d’arriver en vie devant le parrain, ceux qui seront considérés comme mes hommes de mains seront abattus sans sommation. Et là, nous n’avons pas à faire à de la basse racaille.

- Tu sei pazzo a rimanere Sandro.
- Fuir me condamne Matteo. Ils me trouveront où que j’aille. Je n’ai que la négociation pour m’en sortir.
- Pourquoi tu as viré tes hommes ?
- Je tiens à eux.
- Tu as changé Sandro’
- Possible...
- Echange ta vie contre la mienne.
- Non. Démerde-toi avec ta vie de merde.


La porte s’ouvre avec fracas et nous sommes immédiatement mis en joue. Matteo se recroqueville sur sa chaise, j’allume une cigarette, les fesses posées contre le rebord de la fenêtre. Ils ont ordre de tirer à vue. Je tire à fond sur ce qui peut être ma dernière cigarette.

- Dimmi perché non sei ancora morto di cancro Alessandro ?
- Forse io sono immortale ?
- Très drole. Dis moi pourquoi je ne t’abats pas tout de suite ?
- Parce que tu veux savoir ce qui me pousse à avoir pris un aussi gros risque Cesare ?


Je plisse les yeux à travers le nuage de fumée que je dégage. Mon bluff est du quitte ou double. Mais il n’est plus temps d’avoir peur de mourrir. Je savais les risques en venant ici. Mon aplomb semble impressionner l’homme de confiance du Don puisqu’à la place d’une balle en pleine tête je me retrouve brutalement plaqué au mur et fouillé. Mon arme et ma lame y passent. Je grogne méchament quand ils tentent de me prendre mon paquet de clopes. Je n’entends pas de bruit du côté de l’escalier de secours. Je ne sais pas si je dois en être rassuré ou non. Si ça tourne mal, j’aimerais voir une dernière fois le visage de Jansen. Mais c’est un souhait égoiste car il ne fait pas bon d’être mon ami pour le moment et encore moins mon amant.

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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Jeu 19 Mai - 20:37





La morte …



Pendant la lutte, il avait retrouvé, malgré le résultat morbide, une certaine noblesse des mouvements, de la danse mortelle. Alors lui était revenu les indications et l’entrainement de la Cinquième Ronce, aimante mais impitoyable, sensible mais volontaire. Elle ne lâchait rien, le faisait tomber, saigner, encore et encore jusqu’à ce qu’il apprenne. « Un jour, je ne serais plus la, et ta liberté tu devras la conquérir à la force de tes poings. Le sang de tes ennemis sera peut-être difficile à nettoyer de ton âme, il faut que tu y sois préparé ». Regardant ses poings ensanglantés, le jeune danseur comprenait ce qu’elle voulait dire. Et pourtant il n’avait aucun regret, aucun doute. Alessandro était en danger, il avait agi. Sans haine, sans pitié, sans une once de remord.

Dans d’autres circonstances, eut-il été seul, il aurait utilisé le glamour, pour que son passage soit anecdotique et vite oublié. Mais il n’avait pas eu le temps de faire ainsi.
Un regard sur Ares lui confirme ce qu’il savait déjà : nul remord de ce côté si non plus. Le couteau de lancer figé dans la cible de chair, Arès le récupère et l’essuie pour qu’il ne rouille pas. Est-ce du fer honnis ? Le porte-douleur forgé par l’homme ? Mais la démarche d’Ares est animale, féline, naturelle. Le danseur est fasciné par cette démarche de mort contenue.

Les trois hommes sortent de l’impasse rapidement, comme si rien ne s’était passé. Peut-être, plus tard, Jansen se rappellerait ce moment, mais il n’en aurait pas honte. La nature n’est ni bonne ni mauvaise. Elle se défend lorsqu’elle le peut, elle peut être redoutable, mais sans cruauté. Ce sont les hommes qui prêtent de la cruauté à ses actes, avec leur vision étriquée, leurs concepts si pratiques. Mais même les plantes carnivores sont sans malice aucune.

Il sait que la Cinquième Ronce aurait agi pareillement et penser pareillement. Elle n’était pas impitoyable, sauf lorsqu’elle estimait avoir affaire à un ou une lâche. Mais elle n’avait aucune hésitation si des vies, pas forcément la sienne, étaient en jeu. Comme la loi de la nature, elle appliquait un principe simple : tuer avant d’être tué. Mais elle y ajoutait une réflexion et une compassion qui la rendait unique. Il espérait être au moins en partie comme elle. Sans lâcheté. Sans cruauté. Sans hésitation.

De retour à l’hôtel, les trois hommes préparent leurs affaires pour pouvoir filer en quatrième vitesse sitôt la « mission » d’Alessandro remplie. Le jeune danseur a le cœur lourd, rempli d’appréhension, non pas par peur de faillir ou par peur du danger, mais parce qu’il sait combien l’acte que veut commettre Alessandro peut lui couter.

Alors qu’il veut aborder le sujet, Alessandro lui somme de se taire et l’entraine sous la douche pour une danse beaucoup plus plaisante mais tout aussi intense. C’est avec passion et ardeur que les deux hommes s’embrassent, se découvrent encore, leurs mains, leur peau, leur langues parcourant chaque once de chair dans un plaisir inouïs. Jansen se fait docile, totalement soumis à Alessandro, mais il n’en éprouve aucune honte, que du plaisir. Il sait que c’est ce soir que la grande blanche officie. Il peut lui faire barrage, et de plaisante façon. Alors, sous les jets de vapeur, il se cambre, pour accueillir son amant, et se donner à lui. Ses crocs le font frissonner de plaisir, ses mains sont possessives et, passant un bras derrière lui, dans le cou de son amant, il gémit lorsque le plaisir atteint son paroxysme.

Ce n’est pourtant que le prémisse d’une nuit à l’apogée du désir, plus haut et plus brillant que la lune, qui, jalouse, tente de reprendre son empire, en vain. Elle ne règne que sur les étoiles, pas sur le lit qui accueille les deux amants. Les mains emprisonnées dans celles d’Alessandro, les yeux captifs de la prison de scintillement bleu du regard de l’italien, Jansen se laisse de nouveau convoiter et conquérir. Son empire est plus grand, plus beau, plus fort que celui de la lune. Car il se reconstruit sans arrêt au contact de son amant.

(…)

Lorsque les deux jeunes hommes arrivent à l’ascenseur, c’est un Arès plutôt mutin qui observe, sourire en coin, Jansen. Ce dernier devient soudain rouge coquelicot, et observe le sol avec grand intérêt. Ils n’ont pas été d’une discrétion à toute épreuve, la lune exacerbant le caractère déjà explosif d’Alessandro. En dégustant ce qui sera leur dernier repas à LA, selon toute vraisemblance, les regards d’Ares et de Jansen se croisent à nouveau, inquiets pour la suite. Pour Alessandro. Mais Jansen est démuni, forcé d’aller dans le sens que choisis son amant. Sa détresse est visible, et la compassion d’Ares également.

Lorsque les trois hommes arrivent à destination, Jansen est fasciné par toute la vie qui s’échappe des veines de ses rues, de ses artères de béton et d’acier, et de torchis. Les enfants, la Mama italienne qui accueille Alessandro, et lui-même qui passe inaperçu sans même devoir faire appel à son glamour. IL avait été intrigué par la main noir posée sur la voiture, mais Ares semblait comprendre son utilité. Les voix chantantes, italiennes, sont comme une mélopée payenne, que Jansen écoute sans comprendre. Les clefs de la voiture ont été confiées à Ares, Jansen ne sachant pas conduire.

Mais cette bulle de quiétude, ce cinéma vivant laisse bien vite la place à la scène sur laquelle il pourrait arriver, au choix, un drame shakespearien ou une geste de vengeance du juste.
Jansen déglutis, mal à l’aise, mais ne pouvant pas dire quoi que ce soit pour changer ce qui est déjà enclenché. Les retrouvailles entre les deux frères sont déchirantes, mais pas parce que ce sont des retrouvailles d’amour et de joie. Même avant qu’Alessandro ne poursuive en anglais, Jansen avait compris que les mots étaient durs et coupant comme du silex.

Son regard débordant d’amour planté dans celui d’Alessandro, il ne peut que se résoudre à obéir, et faire un tour sur l’escalier de secours, son cœur se serrant d’avance pour le drame à venir.
Il n’entend pas ce qui se trame. Il est juste surpris et envouté par la musique d’accordéon. Mais soudain, Alessandro le rejoint, et l’oblige a filer avec Ares, au grand désespoir du Drus.

Il lutte, bravement, contre la volonté du gui. Mais n’y arrive pas. Son cœur saigne de le laisser seul, mais son corps ne peut qu’obéir.

C’est à présent Ares qui l’attrape et le guide dans ce qui sera pour tous les deux, un drame de plus.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Sam 21 Mai - 17:18


     
When you think that the worst happened. Think twice. Think worst. Alessandro et Jansen
     

     
La morte di un traditore





     
Je me rapproche d’Alessandro lorsque je sens que le moment crucial est proche. J’ai suffisamment d’expérience dans cette branche plus que particulière pour savoir quand le moment fatidique est arrivé. Seulement, cette fois je ne veux pas qu’il arrive. Alors, si je dois arracher ce flingue des mains de mon boss pour l’empêcher de commettre l’irréparable. Il faut quand même que je ne sois qu’à quelques pas de lui pour pouvoir le faire sans que cela ne dégénère. Oh, je le laisserais même passer ses nerfs sur moi s’il le faut. Je me doute bien que la pleine lune ne doit pas jouer en sa faveur et exacerber ce que la manifestation visible de la mort pour les miens a toujours eu tendance à exacerber chez les lupins. Mais c’est finalement l’avertissement des siciliens de l’immeuble qui met un terme à toute cette tension latente. Un changement brutal dans la mélodie jouée depuis l’arrivée du prince des lieux. Mon employeur est véritablement apprécié dans le coin et cela me fait étrangement plaisir. J’ai eu un jugement hâtif en considérant qu’il avait eu la malchance de ne pas avoir une véritable famille aimante. Une famille protectrice et nécessaire à l’épanouissement de tout mioche, de tout homme. Une famille n’a pas à être nécessairement liée au sang. Non, une famille peut également être composée des gens que l’on choisit comme famille ou simplement des gens qui nous témoignent de l’affection et c’est exactement ce que ces mamas siciliennes, ces anciens, ces jeunes adultes témoignent à mon boss. La larme à l’œil hein. Pas tout à fait le bon moment pour cela voyez-vous. Parce que ce foutu air d’accordéon ne peut signifier qu’une seule chose.

La famiglia arrive en force pour récupérer l’exilé imprudent ou orgueilleux, j’imagine que c’est une question de point de vue. Mes yeux se plantent dans ceux de mon boss et ce dernier m’indique la chambre de son frère d’un signe de tête. J’hoche la tête lorsqu’il indique l’escalier de secours. De toute manière, ce n’est pas comme si nous avions trente-six mille solutions devant nous. Jansen attend patiemment debout devant la fenêtre. Je me fige soudainement en voyant mon boss s’attarder sur de vieilles photos de famille. On ne me l’a fait pas à moi. Tu as cru que j’étais né de la dernière pluie patron. Cependant, j’enjambe néanmoins la fenêtre car le geste du sicilien est noble et je ne voudrais pas le gâcher en choppant Alessandro par la peau du cou et en le trainant avec nous. Et puis, maintenant que la main noire sait que le lycan est revenu en ville, elle pouvait tout aussi bien mettre un contrat sur sa tête. Un contrat qui pourrait être exécuté dans les rues paisibles de Beacon Hills. Non, la fuite ne saurait être la solution à condition de refuser de vivre une vie misérable de rat se terrant dans les recoins de la noirceur. Je ne connais pas mon boss depuis très longtemps mais je sais qu’il est tout sauf adepte de ce genre de mode de vie qui est l’apanage des lâches et des planqués. Le sicilien est exubérant et fier alors vivre clandestinement pour ne pas recevoir une balle pouvant venir de n’importe où n’est pas dans sa nature. Ce geste me rend Alessandro encore plus digne d’être suivi en tant que boss. Mais, il ne perdra pas la vie ce soir dans les recoins de la Little Italy. Je ne laisserais pas cela arriver. Une fois sur l’escalier de secours, je me retourne vers Alessandro qui me regarde d’un air dur avant de me dire de filer avec Jansen. J’hoche la tête et murmure un bonne chance boss. Le loup garou sacrifié ordonne à Jansen de filer avec moi malgré la douleur pure qui se trouve dans les yeux de l’homme sylvestre.

Je tire Jansen par le bras et l’entraine avec moi dans les escaliers. Je tire son bras doucement mais fermement tant il semble incapable d’aller de l’avant. Comme s’il avait perdu une partie de lui-même en abandonnant son amant aux mains de la mafia. Ne t’en fais pas mon ami. Je n’ai pas prévu d’abandonner le sicilien. Je vais obéir aux ordres en te protégeant mais abandonner ce paon fanfaron trop fier pour son propre bien est hors de question. N’allez pas vous faire des idées mal placées. Je m’inquiète pour ma paie c’est tout. Bon d’accord, ce n’est pas très crédible. D’accord j’apprécie énormément le sicilien mais ça je l’ai déjà dit. S’il mourait, Jansen serait brisé et honnêtement voir des gens brisés ce n’est pas mon truc. Je lâche le bras de Jansen lorsqu’il retrouve ses esprits et se met à me suivre de son plein gré. Je pose une main sur la crosse de mon flingue attaché à l’épaule avant de la laisser retomber le long de mon corps. Garder la main sur mon arme reviendrait à signaler que je suis du milieu et aux dernières nouvelles, je n’ai pas une tronche de sicilien et ne suis de la mafia. Alors autant s’accrocher une cible sur le dos. Je garde une allure relativement réduite et marche de manière nonchalante en essayant de passer pour un touriste tout ce qu’il y a de plus innocent. Nous passons devant quelques mafieux en costume impeccable, les armes aux mains. Nous sommes dans le fief de la sicilienne. Rien d’étonnant à ce manque de discrétion qui a le mérite d’être intimidant envers les habitants du quartier. Les trois hommes me fixent durement tandis que je traverse l’allée Jansen sur les talons. Quoi ! Vous n’avez pas l’habitude de voir des bronzés par ici hein. Foutus ritals. J’hésite à passer un bras autour des épaules de mon ami sylvestre pour leur faire croire que l’on est ensemble. Puéril je l'avoue mais un pied de nez à l’ordre sicilien de ce quartier mythique est un plaisir coupable. Je m’abstiens néanmoins. J’esquisse un léger sourire en voyant la coiffure de l’un des trois hommes. De la gomina. Mais qui met encore de ce machin de nos jours ?

Enfin, je ne sais même pas pourquoi je pense à ça moi. Plus qu’un croisement et on récupère la voiture avant de déguerpir. Malheureusement, lorsque nous bifurquons sur la droite pour la rue dans laquelle Alessandro s’était garé. Deux hommes s’y trouvent. Et merde. Si le petit signe de la main noire visible à travers le pare-brise est un bon moyen pour pouvoir ne pas être bloqué par les habitants. Cela a l’inconvénient d’attirer l’attention. Cette voiture n’appartient pas à un membre de l’une des équipes du Don. Et de fil en aiguille… Bon, et bien j’imagine que descendre deux membres de la sicilienne ferait tache. Je bifurque dans une autre ruelle en embarquant Jansen. Et nous quittons le quartier à pied. Je dis à Jansen de ne pas s’inquiéter et que nous allons récupérer le boss bien plus vite qu’il ne l’imagine. Je me dirige vers un quartier de Los Angeles que je connais bien pour y avoir travaillé pour une autre organisation criminelle. Je ne crois pas à la chance. Ce n’est pas la chance qui sauvera mon employeur. Mon plan est relativement insensé mais je m’en tape. Le temps file et plus le temps file plus le risque que mon boss finisse avec les poissons augmente.


     Nous traversons une bonne partie de la ville à une allure rapide avant d’arriver à destination. Nous nous trouvons devant le Russian dream. La boite de nuit relativement renommée d’un quartier animé de la ville. Je ne viens pas pour danser. Ce que je viens faire ici tient en deux mots : Bratva solntsevskaya. Oui, j’ai bossé pour diverses organisations criminelles au cours de ma carrière dans le milieu. Seulement, il n’y en ait qu’une qui ait une dette inestimable envers moi. Je me dirige vers la boite de nuit en rassurant Jansen qui a dû deviner qu’il s’agit d’un nouveau repère de criminels, meurtriers et voyous en tout genre. Je longe la file d’attente et me présente devant le videur. Un colosse bien plus massif que moi et lui chuchote quelque chose à l’oreille. Le mot de passe pour les exécutants. Смерть, smert soit mort pour ceux qui ne parlent pas la langue du défunt soviétisme. Je rentre dans le club en entrainant Jansen à ma suite. Je dis à Jansen : Ne te formalise pas si tu vois des mecs tatoués qui font la gueule. Les russes ne sourient jamais. Pas ceux-là en tout cas. La musique se déverse dans mes oreilles. Un tube entrainant faisant l’apologie de la cité des anges. Si, je n’étais pas en mission, je crois que j’aurais avalé un whisky et serait allé danser avec la première femme sexy accrochant mon regard mais ce n’est pas le moment et je ne suis pas d’humeur.

La musique inondant la vaste piste de danse est complètement en inadéquation avec mon état d’esprit mais les percussions et la voix chantante de la chanteuse me déconcentre un instant. Je me reprends bien vite et me dirige vers le carré VIP derrière lequel se trouve le bureau du capitaine de la Bratva de Los Angeles. Sergei Kovalenko. Une fois dans le carré VIP. Je mets une droite au vigile tentant de me bloquer le passage et l’enjambe. Désolé vieux mais je suis relativement pressé.
Une demi-douzaine d’hommes de main débarque dans le carré VIP et je lève les mains en signe d’apaisement. Je dois voir Sergei. L’un des mafieux me toise, un autre rie et le plus baraqué du lot me prend pour un con en me disant qu’il ne voit pas de qui je parle. Je conseille à Jansen de rester derrière moi. L’un des mafieux s’avance vers moi et m’envoie une droite que j’esquive habilement avant de saisir son bras et de le lui briser d’un geste fluide. Un sourire étire mes lèvres et je ricane : Un autre volontaire. Je dois voir votre boss et croyez-moi je le verrais. Ça peut se faire de la manière douce ou de la manière dure.

Les criminels me faisant face semblent déjà un brin moins enthousiaste à l’idée de se faire briser un membre. Un autre téméraire tente sa chance et je lui envoie un coup de boule avant de le projeter dans une table. Des applaudissements se font entendre tandis qu’un homme d’âge moyen vêtu d’un costume rouge se dirige vers moi un grand sourire sur les lèvres. Nous nous regardons d’un air dur alors que le silence s’installe dans la petite salle. Puis, nous éclatons de rire simultanément. Nous nous serons dans les bras en une accolade amicale. Les soldats se détendent autour de nous.
Arès le tigre américain. On peut dire que tu sais comment faire une entrée remarquée.
Sergei le loup de Sibérie. Cela faisait bien longtemps. Capitaine. Je peux te parler en privé.
Bien sûr suis moi dans mon bureau.

Je dis à Jansen de m’attendre là et suis Sergei dans son bureau spacieux. Il ne peut rien arriver à Jansen même s’il est entouré de mecs peu commodes.
Je m’assois dans le siège devant le bureau de mon ancien employeur tandis que ce dernier me sert un verre de vodka avant de s’en servir un. Nous levons nos verres ensemble, trinquons.
Prochnost. Prochnost. A nos morts. Oui, à nos morts.
Alors mon ami qu’est ce qui t’amène par ici ?
J’ai besoin d’aide Sergei. C’est une longue histoire mais je dois récupérer mon boss qui s’est foutu dans une merde noire.
Raconte-moi. Tu sais que je suis ton obligé.
   

Je raconte de manière succincte que mon boss a brisé son bannissement en omettant tous les détails importants. Je ne vais pas parler de la concurrence à la concurrence non plus. Tss. Si je suis ici, c’est parce que Sergei n’a pas le droit de me refuser un service. Le russe se triture la barbe avant d’avaler son verre d’un coup sec. Je m’enfile ma vodka et scrute son visage en attendant sa réponse.

Qu’est-ce que tu attends de moi Arès ?
Je ne sais pas. Que vous fassiez diversion. Une jolie petite explosion qui rameuterait tous les siciliens du coin. Tu as surement des idées. Des restes de l’armée rouge.
Je suis désolé mais je ne peux pas mon ami.
Pourquoi ! Sergei tu sais que tu me dois bien ça. Sans moi Alexei serait mort ce jour-là. J’ai sauvé le petit cul de ton frère de cette foutue triple fusillade.
Je sais Arès. Je ne le sais que trop bien mais je ne peux pas t’aider sur ce coup-là. Nous avons un pacte de non-agression avec les siciliens. Je suis désolé.

Je me relève et réponds : Je comprends Sergei. Le buisness c’est le buisness. Je ne t’en veux pas. Par contre, je prends ça. Tu n’as qu’à mettre les notes d’hôpital de tes gars sur ce que tu me dois.

Je saisis la bouteille de vodka et quitte le bureau. Je récupère Jansen au passage et quitte la boite, le visage fermé. La Bratva était mon seul atout. Je ne peux rien pour Alessandro désormais. Je ne peux rien faire à part attendre et je déteste cela. J’avale une longue rasade de vodka et peste en croisant le regard d’une beauté artificielle à l’entrée de la boite. Tu ressembles à une poupée tellement tu es siliconée. Oublie, je n’ai pas que cela à foutre. Je lance à Jansen : Suis-moi. On retourne dans les abords de la Little Italy.  

Nous marchons en silence et je jette la bouteille vide contre un mur au passage. Jansen est inquiet et moi je suis énervé. Aucun de nous ne souhaite briser cette bulle de calme apaisant qui nous permet d’oublier l’espace de quelques instants à quel point cette soirée est merdique. Mais, j’ai bien vite la désagréable sensation d’être suivi, traqué et épié. Sergei ne jouerait pas au con quand même. Je continue néanmoins d’avancer. Mais, le mauvais pressentiment s’accentue. Et mon alarme de gardien se déclenche. Je m’immobilise et fixe Jansen d’un regard hagard. Non mais c’est quoi ce bordel ! Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Je deviens paranoïaque ou juste taré. Je scrute fixement les lieux et cherche à débusquer la personne s’amusant à jouer avec mes nerfs. Mais ne trouve rien, je continue mon chemin mais lorsque je retourne la tête je distingue une ombre. Qu’est-ce que c’est que ça ? Quelle créature surnaturelle serait assez folle et stupide pour s’en prendre à un gardien ? Mon visage se décompose tandis que j’additionne les éléments dans ma tête et réfléchis à ma situation. Un renégat cela ne fait aucun doute. Je sens une aura semblable à la mienne mais plus puissante et surtout malsaine, sombre et néfaste. J’entraine mon ami dans une ruelle et prends le temps de réfléchir à la meilleure solution en cherchant du réconfort dans la vision de la lune, astre sacré pour mon espèce.

Je dois avertir Azgeda et Azalea tout de suite. Mais au moment où j’ouvre la connexion me liant à ma créatrice. Je suis violemment percuté et m’écrase sur le sol. Un nombre incalculable d’injures s’échappe de ma bouche tandis que je m’attends à faire face au renégat surement plus ancien que moi dans un combat sans merci que je peux potentiellement perdre. Lorsque je me retourne, je vois Jansen au sol un peu plus loin et deux omegas et un jaguar garou à l’odeur me fixer de leurs yeux luisants remplis d’une haine inexplicable. Vous avez vraiment mal choisi votre soirée pour devenir les sbires d’un gardien à la fumée déchu. Je vais m’occuper de vous et après j’arracherais la tête de cette pourriture de déchu et la rapporterais à mon roi en signe de mon allégeance et pour toucher la récompense accordée aux tueurs de renégats hors membres de l’ordre. Bon, d’accord j’ai bien peu de chance d’y arriver mais quand on veut on peut. Je constate avec soulagement que mon ami bouge et se relève. Je sors son collier de ma poche et lui le lance tout en lui adressant un regard significatif. Puis, je me relève sans lâcher les trois surnaturels du regard. Je sors mon flingue de son étui et le balance dans la ruelle avant d’enlever ma veste et de laisser la transformation se dérouler. De la fumée embaume mon corps devenu félin. Un sourire en coin se dessine sur mes lèvres tandis que je me jette sur mes adversaires pendant que Jansen attaque l’un des loups garous.
     
(c) crackle bones

     



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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Dim 22 Mai - 18:08



La morte di un traditore


Feat : Jansen Avery
Arès Kye Coleman


- Très drôle. Dis-moi pourquoi je ne t’abats pas tout de suite ?
- Parce que tu veux savoir ce qui me pousse à avoir pris un aussi gros risque Cesare ?


La réaction ne s’est pas fait attendre. La joue méchamment plaquée contre le mur de la cuisine miteuse de Matteo, et mon bras remonté au niveau de mes omoplates dans une clé douloureuse, je sens des mains me palper. Mes deux armes et mon poignard sont rapidement saisis. Je grogne et rue dans les brancards quand une autre main tente de se saisir de mon paquet de clopes, seulement un direct dans le ventre me coupe le souffle me faisant taire et me rappelant que je ne fais pas la loi. Cesare me redresse la tête brutalement en me tenant par les cheveux.

- Allora, perché?
- Don Stephano, solo.


Nouveau coup, dans la mâchoire cette fois. Ma lèvre éclate et le goût du sang emplit ma bouche. Le loup qui est en moi s’insurge, exalté par la lune ronde qui éclaire la nuit. Mais si je cède et laisse sortir la bête, je vais devoir faire une vraie boucherie, me condamnant inexorablement à une vie d’exil. Arès avait d’ailleurs accepté bien vite mon ordre de partir. Mon second connait les règles du milieu et a deviné que je préférais prendre le risque de perdre la vie plutôt que de devoir fuir toute ma vie.

- Parla !
- Don Stephano, solo...


Les coups pleuvent, j’entends mon frère crier d’arrêter. Il se tait après s’en être pris une en pleine tête. Ceux qui frappent connaissent leur affaire et visent les points sensibles du corps. Ils ne se doutent pas que ma douleur se résorbe ou que je l’amoindris au maximum gardant visible les traces de ce passage à tabac en règle. Néanmoins, je ne peux que subir en restant le plus digne possible, mais au bout d’un moment je commence à céder sous la douleur et voir des étoiles éclore dans mon champ de vision. Je vacille et m’écroule à genoux. De l’eau est jetée sans ménagement sur mon visage, m’évitant de sombrer dans l’inconscience. Cesare ne m’a jamais apprécié, car avant mon bannissement il m’a toujours considéré comme un concurrent pour une place dans le cercle restreint du parrain.

J’ai réussi à passer la première manche de cette partie de poker, celle de ne pas me prendre une balle en pleine tête sans sommation, comme c’était pourtant prévu dans mon contrat de bannissement. Cesare n’est pas dans le cercle le plus proche du Don, il n’a donc pas toutes les informations. C’est ce qui me sauve la vie… pour le moment.

Je suis embarqué sans ménagement dans les escaliers. Avec soulagement je vois qu’ils laissent Matteo se chier dessus dans sa cuisine. S’il doit mourir, cela sera de ma main et non pas de celle ces portes flingue. Au passage à l’étage inférieur, je fais un clin d’œil à Mama Daniela qui se signe à notre passage. Je ne suis pas bien beau à voir, je dois avoir la tête comme un melon trop mûr et ma chemise est tachée de sang. Mais je suis encore en vie. Guiseppe pince les lèvres à mon passage et fait un signe discret que je comprends,” Hang piccolo”, ou accroche toi petit.

Les portières claquent, le moteur de la voiture où on m’a collé sans ménagement entre deux gorilles vrombit. Direction les hauteurs de la ville et la luxueuse villa du parrain. Malgré la douleur qui me prend la tête en étau, je tente de rassembler mes pensées et de prévoir ce que je vais dire. Tout dépend si je peux voir le parrain en personne ou pas. Je me reprends les méthodes du milieu en pleine figure. Finalement Beacon Hills est vraiment plus tranquille. Je pense à Jansen, sa présence me manque, son parfum si enivrant... Suis-je en train de me ramollir ? Je ne serais jamais quelqu’un qui pourra se ranger dans une vie tranquille, néanmoins mes ambitions passées sont mises à rudes épreuves. Qu’est-ce que je veux faire de ma vie finalement ? Beacon Hills semble avoir une influence particulière sur moi, Jansen aussi...

J’ai perdu la notion du temps. Je comprends que nous arrivons quand nous passons un haut portail bien gardé. Nous n’empruntons pas l’allée principale mais contournons l’imposante bâtisse. Le marbre luxueux n’est pas pour moi, je suis descendu sans ménagement au sous-sol. Dans chaque couloir, il y a des gardes tous les cinq mètres. C’est une véritable forteresse. De la surface me provient la musique d’une fête. Je grimace, s’il y a une fête importante, jamais Don Stephano se dérangera pour ma carcasse.

- Buonasera Alessandro.

Je tourne la tête vers le nouveau qui est entré. Pendu comme un vulgaire jambon de Parma, je crache le sang qui m’envahit la bouche avant de répondre.

- Ciao’ Sonny.
- Je ne pensais pas te revoir de sitôt Alessandro.
- Moi non plus Sonny...
- Que nous vaut l’honneur de ta visite ?
- Une affaire privée qui ne touche pas aux affaires de la famiglia.
- Tu connais ton sort si tu revenais à LA sans y être invité Alessandro.
- Je ne parlerai que devant le Don et toi.
- Don Stephano fête l’anniversaire de sa fille, il n’a pas de temps à consacrer à un banni.
- Alors il aurait mieux fallu me descendre il y a des mois de ça…


Ma provocation est risquée. Sonny est le bras droit du Don. C’est déjà exceptionnel qu’il vienne en personne s’enquérir de mon cas. D’un geste, il ordonne à ceux qui me surveillent de sortir. Sonny sait que je suis un loup et que je peux aisément me défaire de mes liens, ainsi que résorber mes blessures. Il comprend que je me suis laissé capturer.

- Alessandro, il me faut une bonne raison pour déranger Stephano.
- J’étais venu descendre Matteo…
- Je vois…


Sans un mot Sonny sort, les gardes reprennent leur place. Le temps passe, accroché par les poignets à un anneau au plafond, je ne sens plus mes mains. Mes pieds touchent à peine le sol, rendant la position difficile à tenir. Mais je suis toujours en vie. Je me raccroche à ce credo. Toujours vivant et en un seul morceau.

Combien de temps s’est écoulé depuis le départ de Sonny ? Une heure ? Deux ? Le temps qui passe se perd dans ma somnolence. Cependant le voilà de retour et avec lui le verdict. Alors la mort ? La vie ? Pire ? Mon cœur manque un battement quand un autre homme entre après lui. Don Stephano en personne. Il porte un smoking impeccable et mâchonne un cigare gros comme un barreau de chaise. L’odeur du tabac cubain me chatouille les narines. J’en grillerai bien une là.

Sans un mot Don Stephano ne tourne autour observant mon état, puis fait signe à Sonny qui se trouve dans mon dos. Je pensais pouvoir tenir dignement debout, mais la position tenue trop longtemps a raison de mon équilibre et je vacille lamentablement, le fer des menottes qui me tiennent suspendu s’incruste dans ma chair. Mais là n’est pas le pire. Sonny arrache la manche de ma chemise et avec terreur je le vois chercher avec application une de mes veines. La seringue qu’il tient ne me dit qui vaille.

- Alessandro… Alessandro… Tu me mets dans l’embarras mon garçon.
- Navré Don Stephano. Si Cesare n’était pas intervenu, je serais déjà sur le chemin du retour… Je…


Je ne peux terminer que par un hurlement de douleur. De la lave en fusion coule dans mes veines, la douleur est inimaginable et inconcevable. Tout mon être se recroqueville face à la substance honnie… celle de l’aconit.

- La dose n’est pas mortelle Alessandro.

La voix de Sonny est presque chaleureuse, mais ce n’est pas ce que me dit mon corps. Je ne suis que douleur et je peux bien hurler tout mon soul, les murs sont insonorisés. Un garde me décroche, j’accueille la fraicheur du béton sur lequel je m’écroule comme un égaré du désert tombe sur une flaque de pisse. J’ai envie de me griffer la peau pour m’arracher la substance qui me torture, c’est d’ailleurs ce que je fais. Je m’automutile en vain, me griffant les bras et les jambes.

- Pourquoi voulais-tu descendre ton frère ?

La question me parvient comme de très très loin. La douleur occupe entièrement mon esprit, je suis bien incapable de répondre ou d’aligner trois mots cohérents. Quelqu’un me balance l’eau d’un seau à la figure. Je retrouve un semblant de maitrise. Ma voix est hachée par la souffrance. Je voulais plaider pour la vie de mon frère, avec le raisonnement de Dino. Le laisser vivre avec ses remords. Mais la douleur me rend fou et bien incapable de négocier quoi que ce soit.

- Matteo est celui qui a vendu notre père au FED et dit à Lyly qu’elles étaient mes activités réelles.
- Et tu as pris le risque de revenir à LA pour le tuer ?
- Oui.


Je me sens soulevé et assis tant bien que mal sur une chaise. Un garde me tend une bouteille d’eau. Mes gestes sont tellement désordonnés qu’il est obligé de la tenir pour que je puisse boire. Il faut que j’élimine l’aconit alors je bois l’intégralité de la bouteille au risque de m’étouffer. La douleur est toujours là, féroce, mais j’arrive à me maitriser, suffisamment pour rester assis sur cette chaise sans m’écrouler.

- Nous sommes au courant Alessandro.

Interloqué, je regarde Don Stephano ne comprenant pas pourquoi Matteo est toujours vivant s’ils savent qu’il a trahi la famille.

- Tu pensais avoir réglé le cas de Lyly dans le plus grand secret ?
- J’étais seul avec elle… Personne ne savait que je l’emmenais sur le bateau. Seul Matteo savait…
- Ton frère était sous notre surveillance depuis l’arrestation de ton père.


Je suis perdu. La clémence n’est pas l’habitude de la maison, sans parler du risque pris à laisser un potentiel mouchard en vie. Don Stephano m’attrape le menton pour me forcer à le regarder. Je crois voir passer un sourire paternel sur cette bouche qui d’ordinaire reste de marbre.

- Sono orgoglioso di te mio figlio.
- Padre…


J’ai subitement un doute. Il est dans l’ordre des choses que le parrain soit aussi appelé père et que tous ceux qui sont sous ses ordres soient ses fils… Mais il y a une douceur dans son regard que je n’ai jamais vu et qui me trouble. Je me secoue intérieurement, la douleur que provoque l’aconit altère ma capacité de réflexion. Don Stephano se dit fier de mon acte passé, celui d’avoir tué la femme que j’aimais, et de ne pas avoir hésité à le faire quel qu’en ait été le prix à payer pour mon âme. Et qu’en plus, je venais de faire un doublet, en osant venir à Los Angeles tuer mon propre frère. La mafia sicilienne dans sa pleine splendeur…

Une nouvelle bouteille d’eau et Sonny me tend une serviette pas très propre pour m’essuyer un peu le visage. Je saigne encore, l’aconit me privant de ma capacité régénérative, je paie à nouveau le prix du passage à tabac de Cesare. Toutefois, peu à peu j’arrive à rassembler mes idées, gérer la douleur et non pas me laisser submerger par elle. Je ne comprends toujours pas pourquoi Matteo est encore en vie. Ils ne l’ont tout de même pas laissé vivre pour me tester ! Je secoue la tête d’incompréhension.

- Perché ?

Je veux comprendre pourquoi mon frère est en vie malgré ses trahisons, ainsi que moi. D’autres avant moi ont été éliminés pour moins que ça. Mes questionnements au sujet de mon bannissement reviennent. J’ai bénéficié d’un traitement de faveur et en bénéficie encore, même si mon état physique est loin de montrer que l’on me ménage un tant soit peu.

- Matteo roule pour nous.
- … ?
- Ton frère hait la famiglia, mais bosse pour nous.
- A quale prezzo?
- La tua vita.
- Sul serio! Matteo n’en a rien à faire de moi !
- Ti sbagli Alessandro. Egli ti ama.


Je regarde Don Stephano sans vraiment comprendre l’intérêt de tout cela. Sonny s’accroupit à mes côté, m’expliquant que l’amour fraternel fait de Matteo le plus sûr de leur homme. Je me doute bien que si Matteo avait fait des difficultés, il ne serait pas à l’heure qu’il est en train de chialer sur son sort dans sa misérable cuisine. Du moins c’est ce que j’imagine que mon frère fait en ce moment alors que je dérouille méchamment.

Don Stephano me présente sa main, si je veux vivre je n’ai pas d’hésitation à avoir et j’embrasse sa chevalière en signe de soumission. Sa main s’attarde sur mes cheveux. Je suis perdu dans ce que je dois penser de tout cela et le plomb en fusion qui circule dans mes veines ne m’aide pas à y voir clair. Lui et Sonny ressortent de la pièce me laissant à mes questions. Je vais vivre, c’est certain sinon Don Stephano ne se serait pas déplacé. Cependant je me demande quelle est ma place là-dedans. J’ai la sensation confuse que des informations m’échappent. Je n’ai plus envie de plomber mon petit frère et je ne sais pas quoi penser du fait qu’il bosse pour la famille avec ma vie prise en otage. J’en ai soudainement assez et ne rêve que d’une chose : rentrer à Beacon Hills.

(…)

C’est Cesare qui est chargé de me « raccompagner ». Ils m’ont laissé passer un appel bref. Tout ce que j’ai eu le temps d’arracher à Jansen, qui me semblait totalement perdu à l’autre bout de la ligne, c’est le nom d’un parc. J’ignore la raison qui les a menés là, mais la promesse de les revoir bientôt me met du baume au cœur.

(…)

Je tiens à peine debout, ils sont deux à m’encadrer et me trainer pour m’engouffrer dans une voiture. Quand nous quittons la somptueuse demeure, j’aperçois brièvement le Don qui fume sur la terrasse, nous regardant partir. Le parrain est resté hermétique comme à son habitude. Pourtant quelque chose me trouble, comme cette lueur dans son regard.

La nuit est bien avancée quand nous arrivons à l’endroit mentionné par Jansen. Dieu que j’ai hâte de le voir, je suis sûr qu’un simple regard sur lui apaisera le feu qui me ronge de l’intérieur. J’en ai pour plusieurs heures avant que mon corps évacue le poison.

Mes jambes me lâchent et c’est avec un plaisir évident que Cesare me fait traîner par deux de ses hommes pour me lâcher brutalement sur le sol. Je grimace quand mes genoux s’incrustent dans le gravier de l’allée où nous nous trouvons. J’aperçois enfin Jansen. Il hésite à s’approcher, je suis encadré par deux armoires à glace, leurs armes sorties bien en évidence. Deux voitures pour me raccompagner, cela fait donc moi, Cesare et huit hommes de main.

Je me suis réjoui trop vite. Déjà je n’aperçois pas Arès. Lui est-il arrivé quelque chose ? Puis Cesare tarde à partir. Je le connais assez pour comprendre qu’il mijote quelque chose. Cela devient limpide quand il pointe son arme sur moi.

- Si diventa ingombrante Alessandro…

Levant les yeux vers lui, je sais qu’il va tirer. Il est évident qu’il veut monter dans l’organisation et pour une raison que j’ignore, il me considère toujours comme un obstacle.

- Don Stephano m’a rendu ma liberté Cesare…
- Je lui dirais que tu as merdé Alessandro.
- …


Son poing armé d’un Beretta se lève, je sais qu’il va viser ma tête. Lycan ou pas je vais y rester. L’aconit qui circule dans mes veines m’empêche  de me tenir simplement debout, je suis aussi inoffensif qu’un enfant. Ils sont neuf, neuf humains aguerris aux combats de rue et à l’utilisation des armes à feu qu’ils tiennent fermement dans leur poing. Je lâche le regard de Cesare pour accrocher celui de Jansen une dernière fois. Cela me désole qu’il me voit ainsi, à genoux sur le gravier, le visage tuméfié et la chemise en sang, faible comme un nouveau-né. Je veux qu’il garde l’image de moi comme étant celui qui peut le protéger, un loup fort et fier… c’est raté.

Toutefois je n’ai pas le temps de planter mon regard dans ses beaux yeux verts. La nature autour de moi semble prendre vie. Neuf hommes, aussi armés qu’ils peuvent l’être, ne sont rien contre un drus en fureur…

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Jansen Avery

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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Mar 24 Mai - 22:55





La morte …



L’ordre ne souffre aucune résistance. Il est impérial, et la malédiction du gui ne lui laisse pas de répit. Il se l’est infligé seul, pourtant, et pour un homme qu’il aime, qu’il aimera quoiqu’il arrive. Il pensait ne plus souffrir, du fait de ne pas savoir. Mais savoir et ne pas agir, c’est encore pire. D’une certaine manière, c’est de nouveau la négation de son corps, de son libre arbitre qui vient le narguer. Il a compris, surtout depuis ce voyage et les révélations d’Alessandro. Il a compris qu’il aime une beauté sauvage, peut-être même cruelle. Mais la nature apparait cruelle auprès de bien des yeux ignorants. Alessandro est un survivant, tout comme lui d’une autre façon. Il ne peut envisager les prochaines aurores et les nombreux crépuscules sans l’avoir auprès de lui. Rien de ce que pourront dire ses proches ne changera le sentiment, la sensation viscérale de lui appartenir et ce besoin plus fort que tout le reste de rechercher sa présence, quitte à se brûler à la lave du volcan en costume sur mesure.

Les rues et les ruelles défilent sous ses yeux, mais il ne voit que le visage d’Alessandro lui disant de se taire et de filer. Il imagine les coups, ensuite, et le sang, et son propre sang, pas tout à fait humain, est comme de la lave en fusion dans ses veines. Douloureux, et nourrissant sa crainte et sa haine. Si jamais ils le tuent, il utiliserait tous ses dons de Drus pour en emporter le plus possible. Puis il se débrouillerait pour que son assassinat soit connu de sa sylve. Ils seraient décimés jusqu’au dernier par ses sœurs. Non pas parce qu’elles l’aiment et feraient tout pour lui. Mais parce qu’il est leur avenir, du moins le croient-elles sans doute encore. Elles ne toléreraient pas que les hommes tuent leur moyen de reproduction.

L’amertume de ce constat ne lui échappe pas. Pas même lorsqu’Ares le tire par le bras, loin de celui qu’il aime. Devant l’urgence de la situation, et afin de ne pas être inquiétés par la faune locale, Jansen arrive à se reprendre et à utiliser le Glamour. Nous ne sommes pas importants. Nous ne sommes rien. Vous ne nous voyez pas, vous n’êtes même pas sûr que nous étions deux, et puis après tout, qu’importe ?

Ils passent ainsi sans intéresser qui que ce soit, mais le cœur du Drus est lourd. Arès lui dit de ne pas s’en faire, mais c’est comme un bruissement de feuille alors que toute la forêt est en feu. Les poings du jeune danseur se crispent et se décrispent au rythme cadencé de ses pas. Son cerveau en ébullition imagine toutes les situations horribles où doit se trouver son amant, et des méthodes pour l’en sortir. Mais dans aucune d’entre elles, il n’arrive à temps. Presque résigné, il suit Ares dans ce qui semble être le fief d’une autre organisation, que semble connaitre le garde du corps. Le jeune danseur reconnait immédiatement un terrain revendiqué, et le manège des hommes qui les observent. Dans sa sylve, ils auraient déjà été enchevêtrés, et peut être lardés de quelques flèches si leur venue était aussi suspecte. Les russes ne sourient jamais, lui dit Ares. Jansen lui sourit, en revanche, pour faire bonne figure.

La bagarre qui s’en suit permet à Arès de se défouler. D’apparence calme, Jansen se contente de regarder et de ne pas baisser la tête lorsqu’on l’observe. Qu’a vu le grand tatoué aux cheveux blonds et aux yeux bleus ? Rien de bon, semble-t-il, car il finit par trouver la vue des murs et du sol bien plus intéressante que les yeux verts presque lumineux du jeune Drus. Ce sont les yeux d’un prédateur chassant entre les arbres. Ceux d’un rapace attendant de fondre sur sa proie. Ceux d’un serpent ondulant dans entre les lianes et les racines… Il attend le moment…

Lorsque le fameux Sergei embarque Ares dans son bureau, Les hommes qui restent font mine de se rapprocher, pour intimider, de Jansen. Le rapace les fait reculer imperceptiblement. Le prédateur les fait se rapprocher. Le serpent les fait déglutir, puis finalement le jeune homme se contente de boire son verre. La cinquième ronce serait fière de lui. L’intimidation, en cachant ce qu’on peut faire, mais en laissant ses ennemis l’imaginer, est encore plus efficace, lui avait-elle appris.

De retour, Arès embarque le Drus avec lui, et aucun des deux hommes ne semble vouloir parler. L’inquiétude du jeune sylvain est palpable. Loin de la boite de nuit, son naturel revient, et il lui est difficile de jouer au dur sûr de lui. Soudain tous ses sens lui cri qu’un danger imminent arrive, mais il réagit trop tard. Sa peau racle le bitume, percuté violemment par un ennemi à l’odeur de fauve. Trois sillons sur son torse commencent déjà à se résorbés, et Jansen se relève, pour apercevoir qu’Ares à lui aussi fort à faire.

Il lui lance son collier, que le Drus rattrape au vol, hésitant. L’utiliser leur assurerait la victoire, mais à quel prix ? Ceci devrait être le dernier recours, et il veut le garder pour sauver ou venger Alessandro. Il se contente donc de le passer à son cou, son adversaire momentanément distrait par la vue d’Ares qui s’apprête à répliquer.

Arès amorce sa transformation impressionnante, ce qui a comme avantage d’occuper la vision du loup garou qui l’a fait percuter le sol. La cinquième ronce aurait fait grandir ses ongles, acérés comme des lames de rasoir, et ses cheveux seraient devenus des armes vivantes. Il n’a jamais été bon à ce jeu-là. Mais il est une chose que Jansen a toujours su mieux faire qu’elle. Transformer le bois. Son poignard à sa cheville rejoint sa main, puis sous la concentration du Drus, se déforme, comme une racine noueuse, formant un kriss fermement ancré et maintenu dans son poing. Faire passer la nature d’un bois à une autre est quelque chose d’éprouvant, qui le laissera faible. Mais il pense Ares de taille à se sortir de son propre combat. Ce n’est plus du chêne. La structure change. La sève mute. La douleur accompagne la transformation, car c’est une dérogation aux lois naturelles. Le Drus en paiera son tribut d’énergie.

Mais c’est fait. Le regard fiévreux du Drus rencontre celui de son adversaire, qui se permet de le railler.

« Tu comptes me frapper avec un poignard en bois ? Je suis censé avoir peur d’une possible écharde ? Ou peut-être que ». Il n’aura pas le temps de finir. Tournoyant rapidement, s’envolant presque, le Drus bondit et lui plante le poignard dans le cou, au niveau de la jugulaire.
« Sorbier » Lui dit-il, toute sa rage dans le regard. Ils n’ont pas le temps pour ça. Alessandro a besoin de la moindre minute pour s’en sortir. D’ordinaire, le sorbier sert à confectionner une barrière infranchissable pour bon nombres de surnaturels. Alex le lui avait confirmé, étonné que ce ne soit pas son cas. Mais planté dans le sang, avec une sève qui ne coagule pas, comme sait le faire le Drus, elle colonise le sang surnaturel du loup, et l’empoisonne aussi surement qu’un poison violent pour un homme ordinaire…

Se convulsant, son adversaire meurt en souffrant… Mais la vision de Jansen se trouble, ayant puisé dans son pouvoir de façon violente. Il n’arrive plus à suivre le reste, mais à un moment, il se sent soulevé puis embarqué par Ares, dans une course folle, le poignard redevenue une simple branche tombée au sol.

Soudain, Jansen sent la connexion avec son élément. Ils sont dans un parc. C’est à ce moment-là que son téléphone sonne. Alessandro ! Les mots de Jansen sont confus, mais il est heureux de l’entendre. C’est Ares qui indiquent à l’italien le nom du parc où ils se trouvent. La joie d’avoir entendu sa voix, combiné à sa connexion avec la forêt environnante revigorent le Drus de façon rapide. Il se rend compte, cependant, de la détresse d’Ares.
« Ça va pas ? Tu… je peux faire quelque chose ? « Il semble souffrir atrocement. Le fait qu’il ait pu le porter jusqu’ici force le respect du jeune danseur. Le temps d'un battement de coeur, Jansen tourne la tête, entendant des bruits étranges. Les adversaires d'Ares les auraient suivis ? Ares est hors de vue, de nouveau, et Jansen se sent bien seul à présent, angoissé. Qu’est-il arrivé à Ares ?

Mais soudain Alessandro arrive, en piteux état. Le cœur du Drus est comprimé à la vue de son amant, toujours encadré par ces hommes… Mais il est vivant, grande Sylve ! Vivant !

Il n’entend pas ce que les hommes disent, mais il voit l’arme, et l’intention de tuer dans le regard de l’homme. Ses chaussures sont déjà de l’histoire ancienne, quand le Drus plante ses pieds sur le sol, se connectant avec son environnement. Sa fureur se déverse à travers la terre, les racines, les feuilles qui frémissent. Sa fureur et son pouvoir. Embrassant sa forme véritable, incarnation de la vengeance, le Drus se déchaine soudain, déversant la fureur des racines, des plantes, des arbres sur les hommes menaçant son amant. Du sol sortent des racines énormes, noueuses, pleines de pointes suintantes, et soudain l’enfer végétal se déchaine, puisant dangereusement dans le pouvoir du Drus. L’air claque et les cris lui répondent. Les hommes qui ont la chance de mourir « simplement » égorgés ou étouffés ont cependant le temps de voir ceux qui succombent au poison. Leur visage violacé, boursoufflés, implorent, mais ne rencontrent qu’un regard furieux et implacable, alors qu’une armure végétale recouvre Jansen, débarrassé de ses vêtements humains, au-delà de l’humain… C’est pourtant bien l’humain qui s’approche d’Alessandro, s’apprêtant à liquider le dernier individu tremblant comme une feuille. La tête de côté, Jansen écoute sa supplique, l’homme étant maintenu en l’air par des racines aux piquants acérés. Une taupe. Une taupe du parrain qui peut confirmer à Don Stephano que Cesare à tenter de le doubler et tuer Alessandro… Une taupe qui va vivre pour que vive son amant.

« alors cours, petite taupe, creuse, fuit, rampe.. Et oublie-nous… Tu te crois à l’abri dans ton appartement de béton et de plastique, mais rien, nulle part, ne sera à l’abri si Alessandro meurt… »

Il tient bon, juste le temps de donner le change, et d’être sur que la taupe est loin. Puis Jansen s’écroule, soutenant maladroitement Alessandro, redevenu un simple danseur amoureux, et dont la pudeur est couverte de lambeaux de tissus, ce qui reste de sa tenue d'avant. Aucun des deux n’est en pleine forme, mais Alessandro fait peine à voir et Jansen le couvre de baisers.
« Rappelle-moi de ne jamais t’énerver, en tout cas en forêt » arrive à dire l’italien, se relevant avec l’aide du danseur, affaiblit par une telle débauche de pouvoir.

Les deux hommes arrivent tant bien que mal à retrouver Ares, et se trainent laborieusement vers la voiture. Jansen étant le seul encore à peu près en état de conduire, c’est donc à lui qu’échoie à présent cette tâche… Problème : il n’a jamais appris à le faire. Et pourtant, il est primordial qu’ils s’échappent d’ici, avant que le clan ne change d’avis… Paniqué, installé au volant, Jansen en pleurerait presque de frustration. Il ne sait pas conduire… Oui, mais il connait quelqu’un qui sait, lui.

Même aussi loin, même dans cet état, Jansen se tend, chante son sang partagé avec Brian. Et de l’autre côté, Brian répond. Alessandro peut entendre son amant parler à haute voix :
« J’ai besoin de toi Brian. Je ne sais pas conduire, mais toi oui. Je ne peux pas t’expliquer comment ça marche, mais tu es la en permanence avec moi, comme je suis avec toi. Quand l’urgence est impérieuse, nous pouvons laisser la place à l’autre… J’ai besoin de toi, mon frère. Sors nous de la. »

Et soudain, Brian fait un voyage express a LA, dans le corps de Jansen, horrifié de voir dans quel état se trouve se dernier, et surtout encore plus de voir Alessandro et Ares ensanglantés et fiévreux dans la voiture… Mais Brian est Brian. Le boy scout prend le relais.



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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Mer 25 Mai - 19:41


     
There's an old saying - that which doesn't kill you makes you stronger, I don't believe that. I think the things that try to kill you make you angry and sad. Strength comes from the good things, your family, your friends, the satisfaction of hard work. Those are the things that will keep you whole, those are the things to hold onto when you're broken.  Alessandro et Jansen
     

     
A Victory with a taste of hell





     
Jansen rattrape le collier au vol d’un geste fluide et gracieux. Je laisse mon regard inquisiteur transpercer le guerrier sylvestre. Mes yeux le scrutent durant de longues secondes. Des secondes me paraissant être les plus longues de ma jeune existence. Dans mes yeux se lit une attente bien réelle et si puissante qu’elle me fait mal au cœur car plus le temps file et plus je comprends que le danseur n’utilisera pas cet outil dans l’immédiat. Je ne sais pas ce qu’est l’artefact qui ne quitte jamais le cou de l’amant de mon boss mais la seule chose que je sache et dont je sois persuadé est que ce collier contient une force mystique d’une puissance inouïe. Le genre de force que je ne connais pas et qui a surement pu échapper à la vigilance et à la connaissance de mon espèce durant des millénaires. Les gardiens à la fumée ne sont pas des êtres divins. Nous avons nos propres limites contrairement aux cerbères qui eux n’ont pas à se débattre avec le libre arbitre qui est autant un honneur qu’un fardeau sur nos épaules. Ce libre arbitre qui m’avait conduit dans la situation présente. Si, nous n’avions pas de libre arbitre la grande guerre n’aurait jamais eu lieu plusieurs millénaires avant ma venue dans ce monde et il n’y aurait par la même aucun renégat pour déshonorer notre espèce et trahir notre raison d’être. Seulement, refaire le monde avec des si n’allait nullement contribuer à améliorer ma situation éminemment dangereuse. Mon regard manque de devenir implorant mais ma fierté de gardien m’en empêche. Implorant parce que je me retrouve dans un traquenard dans lequel trois êtres surnaturels veulent m’abattre, trois membres du monde surnaturel que je ne connais pas et à qui je n’ai jamais causé le moindre tort.

Trois créatures surnaturelles manipulées par la puissance noire d’un gardien déchu. La raison de la présence spectatrice du renégat prend tout son sens dans mon esprit à mesure que je comprends ce qu’il souhaite obtenir. Cet être qui fut un jour un gardien comme celui que je suis émane la puissance brute et sauvage, sombre et ténébreuse. Je sais pertinemment qu’il m’écraserait en quelques minutes. Mais, cela ne m’empêcherait nullement de tenter de l’abattre et de mourir en essayant. Les renégats doivent être anéantis de manière pure et simple. Ils sont le cancer qui souille notre existence. Le poison qui empoisonne les veines de ce monde surnaturel. Je ne suis pas membre de l’ordre, je n’ai pas été former pour traquer ces ignominies et je ne pense pas que j’aurais un jour la puissance nécessaire pour ce faire mais je le répète. Cela ne m’empêcherait nullement de donner ma vie en essayant d’atteindre ce but. Tout mon gardien me le réclame, sa volonté est presque vibrante en moi. Je renonce à voir Jansen faire usage de son arme sylvestre et laisse un sourire arrogant étirer mon visage impassible malgré le tourbillon d’émotions se bousculant dans mon être.

Un tourbillon fait d’appréhension, de crainte, de colère froide, de culpabilité, de tristesse et de peur. Peur de ce qui risque d’arriver si je ne me maitrise pas, peur de ce qu’il risque d’arriver à l’homme sylvestre si le renégat camouflé dans l’ombre des environs ne décide finalement de se manifester et de faire un carnage plutôt que de se délecter du spectacle morbide et enfin peur de ce que le sicilien est en train de subir quelque part dans cette ville infernale bien éloignée du surnom qui lui a été attribuée. Le sourire arrogant et moqueur semble vissé sur mes lèvres tandis que mes yeux indiquent quelque chose de bien différent de l’arrogance que je souhaite laisser transparaitre. Parais toujours arrogant gamin c’est ce que m’avait dit l’adolescent qui m’avait servi de protecteur et de mentor dans les couloirs tortueux de l’orphelinat. Parais toujours arrogant et sur de toi et tu les feras tous trembler. Je me remémore le mioche que j’étais hocher vigoureusement la tête avant de lui demander si je devais également le faire dans les situations dangereuses et la réponse de ce dernier. Bien sûr Arès, c’est d’ailleurs dans les situations les plus dangereuses que tu dois te montrer le plus arrogant. C’est ainsi que l’on inspire la terreur petit bonhomme. Et toi Arès avec un nom pareil, tu les transperceras de cette manière. Merci Sam. Tu as suivi tes propres conseils jusqu’au bout et fini dans un cercueil bien trop tôt. Pourtant, ce que je dois à tout prix éviter ce soir est un sort bien pire que la mort.

Néanmoins, penser au délinquant qui m’avait pris sous son aile à St Thomas sans que je ne sache pourquoi me requinque. Mon sourire s’élargit tandis que je laisse mon corps se transformer. La fumée s’enroule autour de moi et épouse chaque forme de mon corps, virevolte telle une danseuse engagée dans un ballet sensuel et envoutant. Je ferme les yeux brièvement le temps que mes griffes et mes crocs ne se forment à leurs extrémités respectives. Lorsqu’ils s’ouvrent de nouveau sur les deux surnaturels aux yeux remplis de haine et d’envie de tuer, ils sont d’un bleu glacial et flamboient aussi fort qu’un feu d’été. Un rugissement sonore s’échappe de mes lèvres. Le tigre réclame du sang et je compte bien lui en donner dans la mesure du raisonnable car je ne sais que trop bien ce qui arrivera si jamais je dérape et ne les élimine. La chute ou le cauchemar de toute une espèce ancestrale. Le loup garou se jette sur moi et je recule de quelques pas. Le jaguar garou échange un regard avec le canidé et les deux sbires m’attaquent de concert. Je pare un coup de griffe avec mon bras et donne un coup de pied dans les côtes de mon second adversaire. Le jaguar s’élance et me plaque contre le mur de la ruelle. Une série de coup de coude sur son crane me permet de me défaire de son emprise et de l’envoyer bouler quelques mètres plus loin. Le loup garou revient à la charge et plante ses griffes dans mon ventre causant un gémissement de douleur. Le jaguar se relève et vient m’encadrer, attendant le moment propice pour me tomber dessus. Un coup de tête sur le front de mon adversaire direct est bien vite suivi d’un coup de pied brutal pour le repousser et dans l’idéal l’assommer.

Le sang s’écoule de ma plaie au ventre et la douleur est atténuée par le processus de guérison qui s’enclenche. Je peste intérieurement contre cette situation intenable et les expéditions punitives. C’est le moment que choisit le jaguar pour me tomber dessus et planter ses griffes dans ma plaie déjà ouverte à l’issue d’un furieux corps à corps ayant vu moult coups de poings, de pieds, de genoux et de coudes s’échanger. La douleur me déchire la chair tandis que je saisis le poignet du félin pour le bloquer avant que ses griffes ne m’écharpent la gorge. Je suis engagé dans un duel de force avec le jaguar. Un duel de force que je suis en train de remporter puisque son bras s’éloigne peu à peu de ma gorge. Je décide de lui casser le poignet avant de lui briser la nuque pour mettre fin à cette folie mais alors que je m’apprête à mettre mon plan à exécution. Des crocs se plantent durement dans mon épaule tandis que des griffes s’enfoncent dans mon dos. Je lâche le félin et recule violement jusqu’à percuter le mur de la ruelle. Je peux voir Jansen en train d’éliminer son vis-à-vis d’une manière spectaculaire. Le dos du loup garou craque sous l’impact et pourtant ce dernier continue d’enfoncer crocs et griffes dans ma personne. Le tigre bouillonne dans mes veines et j’ai de plus en plus de mal à me contrôler. Le jaguar est debout et se dirige vers moi d’une démarche triomphante. Je sais bien que je me bride mais je ne peux pas, je ne dois pas…


      Le jaguar n’est plus qu’à quelques pas et me nargue avant de jeter son bras en avant pour tenter d’atteindre ma gorge. Mais, j’esquive d’un mouvement habile et explose de colère avant de me cambrer pour projeter le loup garou sur son acolyte. Les deux alliés s’effondrent au sol. Et, je bondis dans la foulée. L’instant d’après je suis sur eux. Mes griffes déchirent profondément la gorge du loup garou. Le sang s’écoule tel un torrent à travers la plaie béante. La terreur envahit le jaguar garou qui se relève prestement. Mais, je passe mes bras autour de son cou après avoir esquivé une droite. Je me laisse tomber en arrière. L’impact du corps du métamorphe me chatouille tandis que je raffermis ma prise et plaque mes deux mains sur sa bouche. Les instants défilent lentement tandis que le jaguar s’étouffe, privé d’oxygène. Lorsque les convulsions cessent enfin et que le corps devient cadavre, je repousse la masse sur le côté et respire furieusement comme si c’était moi qu’on venait d’étouffer. La situation met quelques secondes à monter à mon cerveau embrouillé par le combat le plus éreintant de toute mon existence et lorsque je me rends compte de ce que j’ai fait et que mes yeux se plantent sur mes mains tachées de sang, le seul mot s’échappant de ma bouche est non.

Non, non, non. Non ! Qu’est-ce que j’ai fait ! Je baragouine des mots incompréhensibles en contemplant mon œuvre sanglante. Soudain, l’alarme me signalant un déséquilibre se met à bourdonner dans ma tête de plus plus en plus fort jusqu’à me vriller les tympans. Mes mains se posent sur mon crane tandis que le bourdonnement continue de croitre. Je sens des larmes couler de mes yeux et tracer un sillon le long de mes joues. Lorsque mon regard se pose sur la trajectoire des gouttes, je constate qu’il s’agit de larmes de sang. Horrifié et apeuré, je me laisse basculer sur le côté et reste allongé tandis qu’une douleur sourde s’empare de mon être et ne dévore chaque parcelle existante. Mon sang bouillonne dans mes veines. Je me convulse dans tous les sens en poussant des gémissements de douleur. Soudain, la douleur reflue peu à peu de mon être et je me relève lentement. J’essuie le sang de mon visage et de mes mains avant de m’approcher de Jansen et de constater qu’il est épuisé. Je le soulève et le place sur mes épaules. Je quitte ce lieu maudit en trottant sans regarder derrière moi. Je ne veux pas savoir où se trouve le responsable de ce qu’il vient d’arriver. Je jette mes dernières forces dans cette fuite aussi précipitée que désespérée. Mes yeux se perdent dans le vide tandis que je repense à ce qu’il vient de se passer dans cette ruelle. La sonnerie du téléphone de Jansen me parait incongrue et indécente dans la situation que je suis en train de vivre mais je regarde le guerrier des bois sortir l’appareil de sa poche, prendre l’appel et le mettre sur hautparleur. La voix de mon patron me ramène à la réalité et après une brève observation du parc dans lequel nous nous trouvons donne le nom au sicilien.

Je sens mes dernières forces m’abandonner rapidement et dépose mon ami sur le sol avant de secouer furieusement la tête lorsqu’il me demande si j’ai besoin d’aide. Je lui dis de prendre de l’avance et d’être prudent mais ne parviens pas à terminer ma phrase tant la vague de douleur qui déferle dans mon corps est puissante et combinée à l’épuisement complet dans lequel je me trouve. Jansen tourne la tête vers les bruits qui brisent la quiétude du parc. Je profite de ce moment d’inattention pour m’en aller le plus discrètement possible. J’atteins un petit bosquet dans lequel je me laisse tomber sur les genoux. Je plonge dans un abime de souffrance tandis que la douleur colonise mon être et se pavane en terrain conquis. Maitresse brutale et implacable qui me dévore avec avidité. J’ai l’impression de bruler de l’intérieur et la sensation d’avoir un poison corrosif dans les veines. Je me griffe les bras, le torse et les jambes dans un ballet rageur mais la douleur ne disparait pas bien au contraire, elle ne cesse de grimper en intensité. Je vais devenir fou si cela persiste. Mes larmes inondent le sol autour de moi et la terre devient boue. Mes suppliques larmoyantes ne sont pas entendues. Je bascule sur le sol et me mets finalement à convulser dans tous les sens tandis que la présence ténébreuse apparait sur mon radar. Mes cris et mes gémissements fait fuir la présence animale du parc. De la bave s’écoule de mes lèvres alors que je commence à souhaiter mourir. C’est d’ailleurs la seule chose qui s’échappe de mes lèvres : Tues moi ! Tues moi espèce d’ordure ! Mais de mouvement il n’y a point et c’est vidé de toute mon énergie que je tombe dans un micro comma. Je me trouve dans un couloir mal éclairé. Mes yeux inspectent mon corps qui est parfaitement sain et en très bon état. Je secoue la tête sans comprendre mais décide de suivre le couloir. J’arrive dans une petite pièce dans laquelle se trouve une vieille femme en train de coudre assise sur un fauteuil ancien. La vieille dame me sourit et me dit de m’assoir en face d’elle.

Ce que je fais en comprenant que rien de cela n’est réel et que je suis en train de revoir la même femme que celle que j’avais vécu durant ma transformation en gardien. Celle-ci me fixe de ses yeux aveugles et me dit une seule et unique phrase. Tu vas devoir faire un choix mon garçon. Ma vision se floute et la petite pièce disparaît. Mes yeux s’ouvrent sur le ciel nocturne de Los Angeles et la douleur baisse légèrement en intensité tandis qu’une vague de noirceur s’infiltre dans mon cœur. La voix du responsable de mon état parvient jusqu’à mes oreilles dans un murmure porté par le vent. Laisse la noirceur t’envahir. La nuit est plus forte que la lumière. Viens gouter à la liberté véritable. Mon âme se noircit et je me débats sur le sol mais cela ne change rien alors je me plonge dans mes souvenirs et laisse tous les souvenirs heureux de mon existence défiler devant mes yeux. Un éclat de rire avec la bande à l’orphelinat, une soirée passée avec Milan, une partie de basketball avec Malaki et Jason, la main de ma tante caressant mes cheveux de petit garçon, le sourire bienveillant de Jhon tandis qu’il m’apprend à changer une roue, le sourire d’Azalea tandis que je joue avec ses cheveux, les chants guerriers de mon clan avant une mission, les encouragements d’Asmodée, les félicitations d’Idris, la tape amicale de Roan, la chaleur de mon clan, l’une des fêtes de mon espèce, les danses et les combats, la gentillesse du roi, le respect de la garde royale, la rencontre avec Chris, celle avec le canadien, la situation cocasse vécue dans les bois avec le chien de l’enfer puis le duel de regard avec son compagnon policier.

La mélodie jouée au piano par Luna la petite sœur de la princesse Irène lors de mon séjour au domaine royal. Cette mélodie résonne dans mon esprit et apaise mes maux. Un mur constitué de toute la lumière qui avait éclairé mon existence se dresse face aux nuages de noirceur et les repousse dans les tréfonds de ma douleur. La mélodie de piano de Luna est rejointe par celle que jouait le héros de St Thomas, l’orphelin qui s’était battu pour s’en sortir et avait réussi. Celle-ci est bien vite suivie par celle que ma créatrice jouait parfois au repère d’Azgeda. La dernière mélodie est celle que j’avais entendu dans un petit bar de Beacon Hills. Les mélodies se rejoignent et se mélangent dans une symphonie étonnement harmonieuse. Cette mélodie canalise mon attention et me permets de faire abstraction de la douleur. Un sourire déchirant étire mes lèvres lorsque je sens la présence du gardien déchu s’éloigner. Des bruits de pas attirent ensuite mon attention et je vois Jansen et Alessandro se trainer jusqu’à moi. Les deux hommes m’aident à me relever tant bien que mal et nous dirigeons cahin caha vers la voiture. Je m’étale à coté de mon patron à l’arrière du véhicule et ferme les yeux. Je veux juste que la douleur s’arrête. Qu’elle disparaisse mais cette dernière ne semble pas décidée à le faire. Je rouvre les yeux au moment où la voiture démarre et m’installe légèrement plus convenablement avant de boucler ma ceinture. Puis, je m’emmure dans le silence et laisse mes yeux observer la route et le paysage. Mon regard est hagard et vide. Ce soir, je suis mort à l’intérieur. J’ai chuté et plus rien ne sera jamais comme avant.  
     
(c) crackle bones

     



Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Jeu 26 Mai - 16:43



La morte di un traditore


Feat : Jansen Avery
Arès Kye Coleman


C’est avec un sentiment mitigé que je vois les hommes de Cesare succomber les uns après les autres. Si mon cœur est fier de celui qui partage mes nuits, j’enrage de me trouver si vulnérable et si perclus de douleur que je ne peux même pas me tenir debout sans aide. Je pensais ma dernière heure arriver, mais c’était sans compter l’attachement d’un drus pour un loup qui ne mérite pas une telle obédience. La nature autour de moi se déchaine. Si je me vante de ressembler à l’Etna, Jansen commande à la nature elle-même. Je l’avais déjà vu tuer une des siennes, mais là il donne la preuve de toute sa puissance. L’être doux et aimant que je connais, ou encore le danseur gracieux qui ravit les clients du Pink exprime à cet instant une puissance ancienne et vénérable. Il est loin d'être une vulgaire plante d'agrément. Les hommes de main succombent sauf un qui se dit être un homme de l’ombre de Don Stephano. Je reconnais bien là, la prudence du parrain. Doutait-il déjà de la sincérité de Cesare ? Est-ce en rapport avec le fait que ce dernier me considérait toujours comme un obstacle dans son ascension dans les rangs de la famiglia ?

- Alors cours, petite taupe, creuse, fuit, rampe.. Et oublie-nous… Tu te crois à l’abri dans ton appartement de béton et de plastique, mais rien, nulle part, ne sera à l’abri si Alessandro meurt…


Sa menace sonne une sentence irrévocable. Dire que je suis impressionné est faible. Le sylvain n’a rien à envier au loup que je suis. Quand il se laisse tomber à mes côtés, je le regarde avec fierté et respect. J’oublie ma douleur le temps de savourer les baisers dont il me couvre. Sa transformation et son combat ont eu raison de ses vêtements qui sont en lambeaux.

- Rappelle-moi de ne jamais t’énerver, en tout cas en forêt…

Mon sourire ressemble à une grimace. Malgré l’énergie que lui a coutée son combat, Jansen parvient à me soutenir et me redresser. Le mouvement ranime ma douleur, mais je serre les dents, inquiet de ne pas voir Arès. Nous retrouvons mon second dans un état de détresse immense. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé et n’ai pour le moment pas la maitrise de mon corps pour imaginer aligner des pensées cohérentes. Je n’ai qu’une idée en tête : rentrer à Beacon Hills.

Le trajet jusqu’à la voiture se passe comme dans un mauvais cauchemar où le sol penche comme le pont d’un bateau en perdition. Je ne sais pas qui soutient qui. De loin, nous devons avoir l’air de trois ivrognes qui sortent d’une rixe. J’espère ne pas croiser de flicaille et mon vœu est exhaussé quand je m’affale dans la voiture côté passager. L’armoire à glace qu’est Arès s’effondre sur la banquette arrière et Jansen s’installe derrière le volant.

- Che cosa è successo ?

Je suis incapable de parler en anglais. J’en suis réduit à mes instincts primaires. Personne ne me répond. Jansen reste inerte devant les commandes de la voiture. Avec angoisse je me souviens qu’il ne sait pas conduire. Je tourne la tête vers l’arrière. Le regard vide d’Ares me fait peur. Qu’a-t-il vu pour être dans cet état ? Il est blessé, mais rien de si grave qui ne devrait le stopper ainsi. Alors que la douleur qui me fait me tordre dans tous les sens est bien physique, je sens que celle d’Arès est bien plus complexe et dangereuse, voire létale s’il se laisse envahir par sa souffrance. Je regarde Jansen qui parle dans le vide à son ami flic. Non ! Ce n’est pas le moment de péter un câble !

- J’ai besoin de toi Brian. Je ne sais pas conduire, mais toi oui. Je ne peux pas t’expliquer comment ça marche, mais tu es la en permanence avec moi, comme je suis avec toi. Quand l’urgence est impérieuse, nous pouvons laisser la place à l’autre… J’ai besoin de toi, mon frère. Sors-nous de là.

Il y a un temps mort, puis les mains de Jansen se referment sur le volant. Quand il tourne la tête vers moi, je vois un regard dur. Je crois distinguer un reflet bleuté dans les prunelles vertes du drus. Je ne sais pas par quel prodige c’est possible, mais c’est bien Brian qui est assis à côté de moi et qui évalue la situation. Sans un mot, mis à part une demande d’explications pour plus tard, il démarre la voiture et prend le chemin de Beacon Hills.

Mon corps est couvert de sueur, il lutte contre le poison qu’il faut que j’élimine. Pour oublier mon état et m’empêcher de hurler ma douleur je tente de voir comment va Arès. L’homme tigre est dans un état léthargique qui ne me dit rien qui vaille. Ce gars est une force de la nature avec un esprit fort et malicieux. Là, il m’apparait comme une coquille vide. En voyant un panneau annonçant une station-service de la Texaco, je demande à Brian-Jansen de s’arrêter.

- Il faut que j’élimine l’aconit qui est dans mon corps… Tu peux… m’acheter un pack de bouteille d’eau ? Si j’y vais, le pompiste va me prendre pour un drogué. Je tiens à peine debout.

Je vois les cuisses nues de Jansen. Il n’est pas dans un état présentable.

- Il y a un bas de jogging dans le coffre. Un peu sale mais cela sera mieux que le jean lacéré.

Le dit jogging est maculé de boue cimentée et sa couleur sombre masque des taches de sang qui ne m’appartiennent pas. Je n’attends pas la réponse de Brian et sors de la voiture après lui avoir collé mon portefeuille dans les mains pour payer l’eau et éventuellement refaire le plein d’essence. C’est en titubant et en me vautrant plusieurs fois sur le sol que j’arrive à atteindre les sanitaires qui heureusement donnent sur l’extérieur. Les deux bouteilles d’eau que Sonny m’avait fait boire aident un peu à éliminer l’aconit qui me ronge. Mes reins me brûlent à filtrer ce qui est un poison corrosif pour mes cellules. La dose que le bras droit du parrain m’a administré n’est pas mortelle, toutefois cela reste une vraie torture qui va durer le temps que mon corps mettra à éliminer la substance dangereuse.

J’essaye de me rafraichir le visage à un lavabo plus que crasseux. Mais je n’arrive qu’à ouvrir le robinet pour m’écrouler sur le carrelage, me recroquevillant sur moi-même et serrant les dents pour ne pas grogner comme un animal blessé. C’est d’ailleurs ainsi que je réagis quand quelqu’un fait irruption dans le bloc des sanitaires. Une main ferme me redresse et m’adosse au mur. Jansen… Non Brian ! Ses yeux sont clairement bleus. Il me colle de force le goulot d’une bouteille d’eau entre les lèvres. L’humiliation est totale de devoir me faire aider par une volaille.

- Dans quoi as-tu embarqué Jansen ?!
- …


Je n'ai pas envie d'entendre ses sermons, mais je sais que je ne vais pas y couper...

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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Jeu 26 Mai - 21:58


La morte di un traditore


Feat :  Alessandro Amaro
Jansen Avery
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Je me reveille en sursaut d’un mauvais rêve. J’étais en plein combat de rue ou du moins c’est ce que je me rappelle. Les souvenirs du rêve se délitent avec mon éveil. Jordan respire paisiblement à côté de moi avec, comme à son habitude, une jambe qui emprisonne les miennes. La prison du toutou infernale est facile à esquiver. Trempé de sueur, je décide donc d’aller me rafraichir à la salle de bain et vider une vessie qui se rappelle à moi.

Je m’étire et regarde mon visage endormi dans le miroir. J’ai les cheveux en bataille et une barbe de deux jours qu’il va falloir que je rase en me levant avant d’aller montrer ma gueule devant le shérif. Ma montre m’indique qu’il est presque deux heures du matin, il est temps que je me recouche. Pourtant cette nuit-là je ne retournerai pas me coucher…

«  J’ai besoin de toi Brian. Je ne sais pas conduire, mais toi oui.»
« Quoi, comment ?! Mais où es-tu Jansen ?! ».


La voix de mon frère raisonne dans ma tête alors qu’il n’est pas présent. Il utilise ce lien particulier et intime que nous avons depuis qu’il m’a donné son sang pour me sauver d’une mort certaine. Depuis nous sommes connectés. Nous ressentons les émotions fortes de l’autre. Il a fallu que nous travaillons sur ce point, car je me faisais « polluer » par ses parties de jambes en l’air avec son rital de malheur et inversement….

« Je ne peux pas t’expliquer comment ça marche, mais tu es la en permanence avec moi, comme je suis avec toi. Quand l’urgence est impérieuse, nous pouvons laisser la place à l’autre… J’ai besoin de toi, mon frère. Sors-nous de là. »
« Hein ! »


J’ai juste le temps de m’asseoir sur le sol que mon esprit semble happé quelque part. La sensation st désagréable, c’est rapide et vertigineux. Quand j’ouvre à nouveau les yeux, je ne suis plus sur le tapis qui orne le couloir de chez moi, mais dans une voiture sportive quelque part dans une grande ville.

- Wow !

Il me faut un temps d’adaptation, mon corps me fait mal, non c’est celui de Jansen. Je suis dans son corps ! Il me dit que je suis à Los Angeles et qu’il faut partir de la ville de toute urgence avant de s’effacer. Prend-il ma place dans mon propre corps, je ne le sais pas. Je regarde mon voisin de droite. Amaro… L’italien me scrute, hésitant. Il a sacrément dérouillé. Son visage est tuméfié, sa chemise déchirée au bras et tachée de sang. Il tremble comme un drogué en over dose. Dans le rétroviseur je vois le colosse qu’ils ont embauché dans le bar où Jansen travaille. Lui aussi est couvert de blessures. Son regard est vague comme éteint. Bordel, dans quel merdier ils se sont fourrés ?!

- Vous avez intérêt à me dire plus tard ce qu’il s’est passé !

Je ne dis plus rien. Les deux hommes ainsi que Jansen dont je sens la grande fatigue sont salement amochés et je sais que je ne peux pas les amener à l’hôpital. Les médicaments empoisonnent Jansen, Alessandro étant un loup risque de passer pour très suspect. Quant au gorille à l’arrière de la voiture, j’imagine que pour traîner avec deux surnaturels, il ne doit être très humain non plus. Je jure intérieurement, mais démarre sans faire d’histoire. Los Angeles ! Rien que ça. Nous en avons pour presque deux heures de route si je suis la limitation de vitesse. Et je vais la suivre, car je n’ai pas envie de me faire arrêter par les collègues avec trois moribonds dans la voiture. Surtout que je ne suis pas réellement là physiquement. Je ne peux donc pas prouver mon identité et ma qualité de policier.

Je savais bien qu’un jour cela arriverait. Je l’avais dit à Jansen. Cet italien est dangereux et qu’à ses côtés mon frère s’exposait à bien des dangers. Puis c’est un criminel, même si je n’ai aucune preuve malgré mes recherches. Payer la caution d’un ours délinquant n’est pas une infraction. Le trajet se passe dans un silence de mort quand Amaro demande un arrêt pipi. J’obtempère car il est vraiment dans un sale état.

- Il faut que j’élimine l’aconit qui est dans mon corps… Tu peux… m’acheter un pack de bouteilles d’eau ? Si j’y vais, le pompiste va me prendre pour un drogué. Je tiens à peine debout.
- Essaye de ne pas paraitre trop suspect…
- Il y a un bas de jogging dans le coffre. Un peu sale mais cela sera mieux que le jean lacéré.


Heureusement la pénombre de l’habitacle masque mes joues qui rosissent quand je m’aperçois que je suis presque nu. Les vêtements de Jansen sont lacérés de toute part. Il fait la paire avec Jordan qui crame tout ce qu’il a sur le dos ! Pas le temps de répliquer quoi que ce soit qu’Amaro me colle son portefeuille et descend de la voiture pour se vautrer trois mètres plus loin. J’hésite à aller l’aider, puis je me dis qu’il n’a qu’à aller au diable ! Ouvrant le coffre, je trouve des objets peut-être ordinaires pour un maçon, mais jusqu’à preuve du contraire Amaro gère un bar, pas une entreprise de maçonnerie... Je trouve le jogging et l’enfile à la discrétion de la nuit.

La jauge à essence est basse, j’avance donc la voiture jusqu’à la pompe. Cela me donnera un peu d’argument pour simplement m’arrêter au milieu de la nuit pour un simple pack de bouteille d’eau.  Le caissier me regarde d’un sale œil. Je suis torse nu, ayant préféré ôter le chiffon déchiré qu’il restait du t-shirt de Jansen. Je n’aime pas le regard qu’il pose sur moi, la bouche tordu avec un rictus déplaisant.  Je sais ce qui le fait me regarder de haut, je me déplace comme Jansen, avec la fluidité d’un danseur… Je ne sais pas comment mon frère arrive à supporter ce genre de regard. Son métier l’expose, il a l’habitude. Moi, cela me révulse. Je paie avec le liquide que contient le portefeuille d’Amaro et m’arrête sur le contenu du porte billet du boss du Pink. Regagnant la voiture, je pose les bouteilles d’eau côté passager et ne me gêne pas à éplucher ce que je trouve dans le portefeuille qui est dans mes mains. Je scrute avec attention ses papiers d’identités. Ils m’ont l’air en règle. Je note le numéro de sa carte bancaire ainsi que celui de son permis de conduire passé à Phoenix. Étrange, il est censé être natif de Los Angeles. Dans un des volets un papier avec des dates et des noms. Cela parle d’un certain Matteo Amaro et d’une Lyly. J’escamote le papier et le mets dans ma poche puis regarde ma montre. Il lui en faut du temps pour se soulager ! Je prends une des bouteilles et vais voir ce que fabrique le rital.

Affalé sur le sol crasseux, le patron du Pink Print fait pâle figure. Je le redresse et l’oblige à boire. Grace à Matrim je peux consulter la liste que Jordan a sauvegardée dans son presse papier. J’y ai lu les ravages que fait l’aconit sur un loup. J’ai beau ne pas aimer ce type dont s’est entiché Jansen, cela ne me plait pas de le voir souffrir ainsi. Alors je l’oblige à descendre la bouteille d’eau. Il semble reprendre pied peu à peu. Mais Malade ou pas, il a entraîné mon frère dans je ne sais quelle embrouille qui a visiblement mal tournée !

- Dans quoi as-tu embarqué Jansen ?!
- …
- Si jamais il arrive du mal à Jansen, je t’assure que ce n’est pas en tant que flic que je viendrais te voir, mais comme son frère ! Et n’imagine pas une seule seconde pouvoir m’arrêter parce que tu es un garou !


Je me souviens avoir maîtrisé une immense panthère, Mafdet Mahes. J’avais certes l’aide du Nemeton. Cependant maintenant, je sais moduler mon pouvoir et créer des armes avec de simples particules. Pas besoin d’un dragon des mers géant pour dérouiller un loup. Mon regard est assez expressif pour que l’italien prenne acte de ma menace. Je l’aide à se relever et nous repartons vers Beacon Hills. Le trajet est interrompu par des arrêts vidange pour le loup qui tente d’éliminer peu à peu le poison qui coule dans ses veines. A mon avis il lui faudra bien une journée. Je tente de le questionner sur le but de leur balade dans la cité des anges. Je n’obtiens que la raison d’une simple visite à son frère. J’insiste et menace de lui retirer ses bouteilles d’eau, Amaro finit par me dire qu’une bande assez nombreuse leur sont tombés dessus. Je persiste, il finit par m’envoyer balader. Un loup, un drus et un je ne sais quoi, se faire dérouiller par une bande de voyous… Il me prend pour un débutant le rital ? Avec mon métier, j’en ai entendu des faux arguments et autres fadaises. Et foi de policier, celle-là en est une belle.

C’est avec un grand soulagement que je vois le panneau annonçant notre arrivée à Beacon Hills. Quand je demande où je dois les déposer, Ares m’indique son appartement. Je sourcille un peu de le laisser seul vu son état, mais Amaro finit par me demander de faire ce que son second veut. Nous déposons donc Arès devant chez lui et filons vers le bar d’Amaro. Je n’ai que le temps de couper le moteur dans la ruelle à l’arrière du bar que je me sens littéralement expulsé du corps de Jansen. Je retrouve assis par terre dans mon couloir.

- Non mais sérieux !

Je maugrée en me relevant, car j’ai mal aux fesses d’être resté ainsi si longtemps sans bouger. J’attrape de quoi me vêtir, écris un mot pour Jordan que je mets en évidence sur la table de la cuisine et sors prendre ma voiture. Direction le Pink Print. Si Amaro et Jansen pensent échapper à mes questions ils se leurrent ! Puis je compte bien utiliser ce que j’ai emprunté dans le portefeuille de l’italien pour en apprendre plus sur son compte. Je plonge la main dans ma poche pour comprendre que je porte un jean et non pas le jogging douteux d’Amaro. Le papier c’est Jansen qui l’a. Jordan m'appelle parfois sa tête de cochon. Y en a deux qui vont comprendre que l'on ne me réveille pas en pleine nuit pour les sortir d'une expédition douteuse sans me devoir une belle et plausible explication. Cet italien est un vrai poison pour Jansen !

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Sam 28 Mai - 19:00


     

As I walk through the valley of the shadow of death. I take a look at my life and realize there's nothin' left. Cause I've been blasting and laughing so long, That even my mama thinks that my mind is gone. But I ain't never crossed a man that didn't deserve it. On my knees in the night saying prayers in the streetlight. Been spending most their lives, living in the gangsta's paradise. Been spending most their lives, living in the gangsta's paradise. Keep spending most our lives, living in the gangsta's paradise. Keep spending most our lives, living in the gangsta's paradise. Look at the situation they got me facin'. I can't live a normal life, I was raised by the streets.So I gotta be down with the hood team. Too much television watching got me chasing dreams. I'm an educated fool with money on my mind. Got my 10 in my hand and a gleam in my eye. Tell me why are we so blind to see. That the ones we hurt are you and me.   Alessandro et Jansen avec la participation de la volaille
     

     
A Victory with a taste of hell





     
La voix de mon patron parvient difficilement à mes oreilles comme si elle était éloignée de plusieurs mètres et devait traverser plusieurs épaisseurs de bétons ce qui en soit est parfaitement anormal compte tenu de mes capacités surnaturelles. Mais sur le moment, cela ne me parait absolument pas étrange car j’ai bien d’autres chats à fouetter que de me préoccuper de mes capacités ou même de l’interrogation du sicilien. Car, ce n’est pas parce que je prends sur moi pour masquer mon état que ce dernier n’est pas semblable à un champ de mines se déclenchant vagues après vagues sans interruption. La seule chose qui me permet de ne pas avoir l’apparence et le comportement d’un agonisant sur le champ d’honneur est ma discipline de gardien. Une discipline qui pourrait très bien voler en éclat dans un certain laps de temps. Quelques minutes ou quelques heures ? Je n’en ai strictement aucune idée et je m’en fiche royalement. Tout ce que je veux c’est la fin. La fin de cette souffrance me déchirant de l’intérieur, la fin de ce poison immatériel me brulant les veines rongeant la moindre parcelle de mon être. Tout ce que je veux c’est arrêter de souffrir. La mort définitive me paraitrait bien douce à côté du calvaire sans fin que je suis en train d’endurer. Pitié faites que cela cesse ! Je ferais n’importe quoi mais faites que cela cesse.

Je vais devenir fou, complètement fou avant le retour à Beacon Hills. Ma tête n’esquisse pas un seul mouvement tandis que le regard de mon boss se pose sur ma carcasse presque inanimée. Mes yeux le regardent sans le voir car je suis là sans être là. Mon corps est une prison pour mon esprit. Une prison faites de mille tortures plus douloureuses les unes que les autres. Une prison dont je ne peux espérer m’échapper. Comment les renégats peuvent arriver à survivre à cela ? Comment ces traitres peuvent parvenir à apprécier de chuter ? La liberté qu’ils se targuent de posséder à nos dépens n’est rien d’autre qu’une aliénation. Tout le pouvoir du monde, toute la sombre puissance ne saurait valoir le sort qui est le mien. Je nage dans un océan de souffrance et j’ai l’impression de me battre contre moi même pour ne pas sombrer dans quelque chose d’encore plus sale, sombre et néfaste. Les mots de l’homme sylvestre me parviennent comme un murmure à l’instar de l’interrogation du sicilien. Comme s’ils devaient traverser un voile avant d’atterrir dans mon espace de désespoir. Je ne comprends pas un traitre mot de son dialogue qui semble lui être intérieur. Mais, j’imagine qu’il s’agit d’une sorte de lien télépathique comparable à celui qui m’unit à ma créatrice. En parlant de cette dernière, elle tentait en vain d’ouvrir la connexion psychique nous liant depuis le moment ou l’alarme avait explosé mon crane. Sentant les effets de la chute sur ma personne mais incapable de faire quoi que ce soit pour m’aider parce que je bloquais sa présence. Je ne devrais pas la tenir à l’écart. Non, je ne devrais pas. La vérité est que cette présence me soulagerait énormément. Comme elle l’avait toujours fait. Mais, je refuse d’être aidé. Signe qu’à la souffrance purement liée à la chute venait s’ajouter les conséquences morales qu’un tel évènement ne manquait pas de soulever dans mon esprit.

Briser une des lois les plus importantes de mon espèce, transgresser mon héritage et déshonorer mon clan, ma seconde famille était une faute insoutenable à mes yeux gonflés de tristesse profonde. En cet instant, il n’y avait pas que mon corps et ma symbiose qui étaient brisés, mon esprit lui-même n’allait pas tarder à prendre le même chemin. J’ai une moralité douteuse et j’en suis parfaitement conscient puisque je suis un mafieux, un criminel mais c’était une autre histoire concernant mon espèce. Ma moralité et mon respect des règles et des traditions étaient exemplaires jusqu’à aujourd’hui. Je jetais mes dernières forces dans le blocage du lien psychique m’unissant à la belle héritière d’Azgeda. Sa puissance était irrémédiablement plus élevée que la mienne, celle-ci pouvait ouvrir la connexion plus facilement. Elle avait néanmoins besoin de mon accord explicite ou implicite pour s’établir et c’est précisément ce que je m’échinais à verrouiller de toutes mes maigres forces. Non ! Non, Azalea tu ne dois pas ! Tu ne dois pas constater ce que je suis devenu à l’issue de cette nuit cauchemardesque. Tu ne dois pas ressentir ma douleur au sens littéral du terme. Je suis le seul responsable de ce merdier. Et, je dois l’assumer seul et complètement seul. Je ne veux pas de ta sollicitude, je ne veux pas de ta gentillesse, de ta pitié, de ta compassion. Et encore moins de ta tendresse et ton amour parce que je n’en suis absolument pas digne lionne d’Azgeda. Ne gaspille pas ton énergie pour un condamné à mort. J’aurais dû. J’aurais dû me rendre compte que… Non, ce n’est pas le moment. Ce ne sera plus jamais le moment c’est trop tard tout simplement. Je comprends bien après que Jansen s’est adressé à un dénommé Brian sensé prendre sa place parce qu’il ne sait pas conduire.

Le seul Brian de Beacon Hills que je connaisse est un poulet en concubinage avec un chien de l’enfer. Et honnêtement, cela me suffit amplement. Pas de connaitre un seul Brian hein mais deux membres de la volaille de la petite ville dans laquelle je vivais. Enfin, j’imagine que vu mon état déplorable la présence mystérieuse d’un flic est bien le dernier cadet de mes soucis. Ce n’est pas comme si nous avions plus d’une dizaine de morts à notre actif dans la cité des anges en seulement deux jours de présence. Ce qui en soit ne me dérangerait absolument pas étant donné qu’Alessandro n’avait pas buté son frère si plusieurs de ces meurtres n’étaient pas responsables de mon état actuel. Mes yeux ne lâchaient pas le paysage défilant à une allure relativement modérée, bien trop modérée à mon gout mais qui avait au moins le mérite de constituer une contemplation hypnotique canalisant mon esprit souffrant. Je comprends que Jansen n’est plus Jansen lorsqu’un éclat de voix interrogatif entraine un soulèvement de sourcil relevant de l’exploit à ce stade de mon existence. Qui que tu sois, tu veux bien la fermer ! Le mal de tête classique serait presqu’une caresse à coté de ce que je suis en train de vivre mais je m’en passerais bien tout de même. Je ne tilte pas sur le fait que quelqu’un occupe le corps de l’homme sylvestre tant plus rien ne me parait avoir d’importance. Honnêtement, le monde surnaturel pourrait être à feu et à sang que je n’en aurais strictement rien à taper. Idem pour l’humain qui pourrait bien être en proie aux flammes à travers la vitre teintée de ma place dans la sportive italienne que je m’en moquerais comme d’une guigne.  


     Je suis le Titanic en train de couler et le passager à son bord alors bon. L’apocalypse ne serait rien d’autre qu’un spectacle pouvant me faire oublier ma douleur atroce. Je décide de fermer les yeux au moment où les échanges de parole dans le véhicule commencent à ressembler à un bourdonnement désagréable à mes oreilles. Et, je tombe bien vite dans un sommeil torturé et tout sauf reposant. Je ne me réveille qu’au moment où la voiture dépasse le panneau indiquant Beacon Hills. La puissance surnaturelle émanant de la ville est responsable de ce réveil inopiné. Je me contente d’indiquer la localisation du loft d’une voix érailléedans laquelle pointe une perle de lassitude. Une fois devant le loft, je descends lentement de la voiture et récupère mon sac de flingue et de fringues avec difficulté. Puis, je me dirige vers la porte d’entrée sans essayer de me faire discret. Je chancèle et manque de m’étaler à plusieurs reprises mais atteins finalement la porte du garage. Monter par les escaliers extérieurs serait un exploit que je ne pense malheureusement pas pouvoir atteindre ce soir. Une fois dans le garage, je referme derrière moi et me rends dans la petite pièce ou je range la plupart de mes armes. Je jette le sac et me laisse glisser contre un mur tandis que des larmes de tristesse, de rage et de douleur s’écoulent de mes yeux. Puis, la tristesse cède la place à la colère.

La douleur revenant progressivement à la charge attise le feu de haine qui semble prêt à me consumer tout entier. Or, la colère est une émotion particulièrement dangereuse parce que cette dernière conduit à la haine. Oui, cela ressemble à un cliché sorti de la guerre des étoiles mais le fait est qu’il s’agisse de la stricte vérité. Je me relève tandis qu’une vague de noirceur accompagne insidieusement la douleur qui prend possession de mon être. Je ne la combats pas et commence à savourer la sensation de liberté se déversant dans mon être endolori, une liberté sombre, sauvage et synonyme de puissance inimaginable. Je regarde mes mains et savoure leur souplesse comme si je les découvrais pour la première fois. Mais, quelque chose m’empêche de céder complètement aux ténèbres se déversant avidement dans mon enveloppe corporelle. L’odeur lupine de mon jeune ami flottant encore dans l’air et la vision des véhicules garés dans le garage. La moto de Jasy et le rover de Mala. Je me focalise sur les souvenirs heureux de que j’ai de ces trois personnes, ce qui érige un mur de lumière bienveillante face au torrent de noirceur. Je titube sur mes appuis et manque de tomber mais évite de m’étaler sur le sol froid du garage en prenant appui contre le mur. La noirceur reflue pour la deuxième fois de cette nuit maudite mais la douleur elle ne cesse de me déchirer. De plus en plus fort, de plus en plus en plus longtemps. J’ai l’impression d’être un animal blessé pris au piège. Je vais basculer dans la folie si cela continue. Je cède de nouveau à la colère et me mets à fracasser le mobilier de la petite pièce. Une chaise se fracasse contre un mur tandis que je brise une autre chaise sur la petite table en plastique.

Un coup de pied sur une étagère la fait basculer et je m’acharne sur l’outillage innocent jusqu’à ce que la fatigue ne manque de me faire tomber. Sentant l’opportunité, la noirceur revient à la charge et cette fois aucun de mes souvenirs ne semble suffisant pour ériger un bouclier lumineux. Je me laisse tomber sur le sol et rampe jusqu’à un meuble en piteux état. Je sors un couteau de combat dentelé et le plante durement dans mon épaule. Je m’évanouis sur le coup et me réveille quelques heures plus tard au milieu d’un chaos sans nom. Je traine ma carcasse jusqu’à l’étage et me rends dans la salle de bain. Ma blessure ne cicatrise pas très bien et n’est toujours pas refermée. Je me fais couler un bain d’eau chaude avant de m’insérer dans la baignoire. L’eau ne tarde pas à être souillée de sang mais je n’y prête pas la moindre attention. Je me laisse glisser dans l’eau et regarde les bulles remonter à la surface. Je sors la tête hors de l’eau avant de me noyer et répète l’opération plusieurs fois avant que l’idée salvatrice n’atteigne mon cerveau. La mort. La mort tout simplement mais une mort digne en respect avec les règles de mon monde. Je vais confesser mes crimes et me livrer à la garde royale. Un maigre sourire étire mes lèvres à l’idée de trouver le repos éternel d'un coup de lame bien placé.

This is the end.
     
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MessageSujet: Re: La morte di un traditore Feat Jansen | Arès   Mar 31 Mai - 14:32





La morte …



La sensation est très étrange. C’est comme d’être assis à côté de Brian, être conscient de ce qui se passe, avoir la certitude de pouvoir reprendre les rênes de son corps s’il le désire, mais en même temps de percevoir la présence rassurante de Brian autour de lui. Son frère, qui n’a pas hésité à répondre à l’appel, et dont la contrariété ne masque en rien tout l’amour qu’il a pour lui. Brian, un être d’exception, qui partage à présent le sang du Drus, et dont le lien est renforcé par un partage que nul ne saurait contester. L’homme du vent, le sylphe, et le Drus, réunis malgré la distance. Le paysage citadin défile dans la périphérie de la vision de Jansen, et il se sent bien, malgré la situation et l’inquiétude ressentie pour Ares et Alessandro.

Il payera cher une telle dépense d’énergie, mais à présent que Brian a pris le contrôle, il peut se laisser aller. Avant que son esprit ne dérive, une fois de plus, vers son passé pas si lointain, il s’amuse à penser à ce qui pourrait arriver si Brian venait ainsi le remplacer dans un moment intime avec Alessandro, ou, inversement, si Jansen se trouvait à la place de Brian pendant que Jordan était occupé avec lui. Même si l’idée le faisait rire, il serait bien embêté si ça arrivait un jour. Mais aucun risque. Il fallait que les deux frères de sang le veuillent pour que ça arrive.

Et pourtant, malgré les réticences manifestes du policier envers l’italien, il s’occupe de ce dernier, lui donne à boire, l’aide à éliminer le poison dans ses veines. Si seulement Jansen pouvait faire quelque chose à ce sujet. Mais il se sent démuni. Il a peur pour Alessandro, et pour Ares. Une preuve de plus que la vengeance mène à de bien sombres chemins. Et pourtant. Pourtant, c’est bien ce qui l’anime encore, alors qu’il a fui ses sœurs tortionnaires, le simple fait de ne plus être leur reproducteur condamne, à long terme, son espèce aussi surement que si il avait mis le feu à la sylve. Et il en est presque heureux. Le temps des dryades est terminé, révolu. Ils on eut leur chance, ils l’ont gâchée. Qu’ont-ils fait pour ce monde ou celui à venir ? Rien. Ils ont juste tenté de survivre et que leurs coutumes persistent. Sans lui, elles vont, comme avant sa naissance, se mêler aux humains, diluer leur sang, limiter les naissances. Les dryades au sang pur, née d’un arbre, sont rares mais il en arrive de temps en temps. Les drus, comme lui, sont presque un miracle. Le dernier avant lui remonte à plusieurs siècles. Qui sait combien de temps il faudra avant un prochain mâle né d’un arbre ? Mais pour rien au monde il ne troquerait sa vie d’alors à celle d’aujourd’hui. Il l’aime. Brian devra s’y faire, parcequ’il n’y a nulle raison, nulle vérité, seulement le fait : il l’aime. Comme, d’une autre façon, il aime Brian, et ferait tout pour lui. Il ne peut pas choisir entre un amour et un autre, même si ils ne sont pas de même nature.

- Si jamais il arrive du mal à Jansen, je t’assure que ce n’est pas en tant que flic que je viendrais te voir, mais comme son frère ! Et n’imagine pas une seule seconde pouvoir m’arrêter parce que tu es un garou !

Il ne peut rien dire, mais il ressent une vague de chaleur et de bonheur, quand il se rend compte qu’il tient à lui à ce point. Il ne peut que lui envoyer tout ce que qu’il aime chez lui en retour. Mais il se trompe, Alessandro est peut être un feu qui le brule, mais il est aussi celui auprès duquel il se réchauffe. Il tient au Drus. Il le sait. Même avant le gui, il le savait. Et dans leurs ébats si intenses, lorsqu’il fait abstraction de sa brutalité, il le surprend à esquisser des gestes tendres envers lui. Lorsqu’il croit que son amant est endormis, il caresse son dos, ses hanches, et murmure des noms en italiens, dont Jansen devine la teneur. Quand, parfois, il dort chez lui et qu’il se réveille, angoissé ou en panique, Alessandro le tient dans ses bras, et même si il ne dit rien, son silence est un rempart aux doutes du jeune danseur. Un lit dans lequel il se couche. Il a envie de l’embrasser, mais il ne peut pas. Pas tant qu’il assiste comme un fantôme à toute la scène.
Brian semble furieux. Mais tout ce qui compte, c’est qu’il est en train de tous les sauver, sans rechigner.

Et puis soudain, Jansen sent qu’ils sont arrivés. Il ne voulait pas éjecter ainsi Brian, mais dans la panique, et maintenant qu’ils sont là, il reprend violemment sa place, et ses mains s’affairent déjà à vérifier qu’Alessandro va bien. Il est fiévreux, affaiblit, et toujours aussi fier. Jamais il n’acceptera de paraitre faible, surtout pas devant Jansen. Alors ce dernier fait comme si c’était le cas. Il le cajole, l’embrasse, allume des feux qu’il n’est pas sûr de pouvoir assumer, et finalement, ce sont deux corps lourds qui s’endorment l’un contre l’autre, le nez d’Alessandro enfouis dans le cou de Jansen. L’italien épuisé n’a pas la force de rester éveillé. Jansen le prend donc dans ses bras, et l’emmène avec lui, dans un lieu qu’il a autrefois occupé lorsqu’il pensait avoir perdu Alessandro, suite à l’attaque de ses sœurs.

Arrivé près de l’arbre, tenant toujours Alessandro dans ses bras, le drus l’emmène avec lui, juste pour quelques heures, pour qu’aucun bruit, aucune crainte et aucun stress ne vienne troubler sa guérison. Formant un cocon protecteur de ses bras et de ses jambes, il l’enserre, et les deux hommes entrent en communion à l’intérieur de l’arbre. Ils ne ressortiront que deux heures plus tard, mais équivalentes à une nuit de sommeil pour Alessandro, pour retrouver au bar un Brian furieux et déterminé à avoir des réponses.

© Fiche par Mafdet Mahes



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