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 Le livre poussiéreux [Arès]

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Alex Cormier

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MessageSujet: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptyDim 17 Avr - 15:40

Le livre poussiéreux


Cela faisait déjà quelques douzaines de minutes qu'Alex parcourait la librairie à la recherche de ce fameux livre.  C'était la troisième qu'il faisait.  La première l'avait informé que le bouquin qu'il recherchait n'était plus sous presse depuis des années et qu'ils n'en avaient donc aucun exemplaire.  On lui avait donné l'adresse de deux librairies où il pourrait se procurer des exemplaires usagés.  La seconde n'avait ni l'exemplaire ni même la connaissance qu'un tel ouvrage existât.  Soupirs et râlages de premier ordre.  Il s'était donc retrouvé dans cette caverne d'Ali-Baba, nommée "Au Pied de Vent", où il avait réussi à glaner des imprimés qui n'étaient pas dans sa visée : un roman d'Antonine Maillet, un recueil de fables obscur, un traité d'astronomie et de mythologie, mais aucune trace du fichu ouvrage.  Il replaça ses lunettes sur son nez.  Il ne les mettait presque jamais, n'ayant pas de problème majeur de vision, mais s'était dit que pour acheter des livres, ça lui porterait peut-être chance.  Raisonnement stupide tenant de la pensée magique comme il arrive à tous d'en avoir.

Quelle mouche le piquait?  Quelle bulle lui était montée à la tête?  Aucune idée.  Il s'était souvenu, comme ça, ce matin au saut du lit, que Luke avait jadis insisté pour lui faire lire le fameux livre et qu'il avait toujours repoussé le moment d'ouvrir ses pages, prétextant préféré passer du temps ensemble, ou devoir étudier, ou... Peu importe les raisons, toujours était-il qu'ils s'étaient finalement laissés sans qu'il n'ait lu ce livre méconnu mais pourtant fabuleux à en croire la façon dont l'ex d'Alex l'avait encensé.  Bon, il était vrai qu'il avait tendance à l'exagération, mais quand même, il était également raffiné et avait du goût.

Bref, dans ce capharnaüm digne des plus grands bazar d'occident et d'orient réunis, Alex errait en ne sachant trop s'il avait une stratégie pour retrouvé le titre qu'il se répétait comme une litanie.  Il comptait définitivement, au moins en partie, sur la chance pour y arriver, ça c'était certain.  Il se résigna finalement à demander l'aide d'une vendeuse, qui lui assura avoir vu le livre dernièrement, "par là", et elle lui pointa la direction générale d'une étagère surchargée.

Subjugué par la quantité de couvertures et de tranches qu'il aurait à vérifier, le découragement ne s'abattit tout de même pas sur le laborantin.  Les effluves parcheminées qui lui venaient aux narines étaient douces et aigres et apaisantes à la fois.  Ses bouquins contre sa poitrine, il entreprit de se glisser au cœur de ce Labyrinthe, entre les piles de livres qui s'accumulaient comme autant de Tours de Babel.  Malchanceux, il croisa quelqu'un qui arrivait donc en sens inverse.  Un colosse de gaillard lui bloquait donc le chemin.  Alex leva le regard vers les yeux de l'armoire à glace afin de s'assurer le contact visuel et s'excusa en bon canadien qu'il était.  « Pardon. »  Redescendant le regard de la demi-montagne à laquelle il venait de s'adresser, pour le fixer à une hauteur plus naturelle, le druide pivota sur un pied pour faire cette étrange danse que font les gens lorsqu'ils se croisent dans un passage étroit.  Il se figea en apercevant le trésor qu'il était venu chercher, et qui dans la main du géant avait l'air d'être en format de poche et remonta ses prunelles vers le mec qui ne le dépassait, au final que de trois pouces, trois pouces et demi.  Quatre maximum.  Pas de quoi casser cinq pattes à Civet.  Bon, il avait plus d'épaules que Crowley et Amaro, mais ni l'un ni l'autre des garous ne l'effrayait vraiment.  Donc un intellectuel à forte ossature?  Il n'en était pas intimidé

-Excusez-moi, je cherche le même livre que vous avez là.  Ce n'était pas la seule copie, par la moindre des chances?

Alex offrit au tatoué son plus beau sourire forcé, sachant pertinemment bien que ça n'avait jamais suffit pour charmer qui que ce soit, à l'exception potentielle de sa mère.  Au moins pourrait-il apparaître comme un garçon sympathique.  Et intellectuel, avec ses lunettes qu'il n'avait pas remplacées depuis le désastre de New York.

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Dernière édition par Alex Cormier le Jeu 21 Avr - 1:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptyDim 17 Avr - 19:43

Cela faisait un certain temps que je n'avais pas pris la peine de regarnir les étagères désespérément vides de ma bibliothèque. J'avais bien fait quelques emplettes peu après mon installation en ville néanmoins j'étais loin d'avoir une collection de livres suffisante à mon gout. En même temps, je n'étais pas de ceux qui privilégiaient la quantité à la qualité. Non, parce que si je ne cherchais qu'à densifier mes étagères j'irais dans une grande surface avec un chariot et viderais les rayons littéraires dedans. Ce choix de ne posséder que des livres aussi intéressants qu'authentiques avait un double cout. Financier d'une part mais lorsque l'on veut quelque chose il faut savoir y mettre le prix et énergétique d'autre part car c'est souvent en chinant dans les petites boutiques les plus modestes que l'on trouve des petites merveilles. Ce qui illustre parfaitement le proverbe disant que l'on trouve des diamants dans les lieux les plus inattendus. J'avais quitté le loft quelques heures plus tôt et avais passé quelques temps dans un petit bistrot des plus agréable.

La nourriture y avait été plutôt bonne, des œufs au plat comme entrée en matière, un steak et des frittes comme plat de résistance-oui, j'ai besoin de viande pour vivre comme tout le monde-et un brownie comme conclusion le tout agrémenté d'eau pétillante. Enfin bref, il n'y a rien de passionnant quant à mon repas du jour. J'avais sifflé quelques verres de tequila avant de partir bien évidemment. Quelle idée d'aller dans un lieu vendant de la boisson si ce n'est pas pour boire. Surtout, lorsque les effets de l'alcool vous sont inconnus. Petit conseil d'ami qui je l'espère ne se glissera pas dans toutes les oreilles sinon fini les profits. Allez dans un bar, payez une tournée générale, trouvez un camarade de buverie et proposez lui de miser sur la quantité d'alcool engloutissable. Très immature, je vous l'accorde mais si vous voulez vous faire un peu d'argent vite bien fait à condition de disposer d'une condition d'être surnaturel c'est relativement efficace je vous l'assure. Qui plus est je ne vois pas en quoi détrousser les poches d'un poivrot est mal. Cela lui évitera de se tuer des affres de la boisson. Une bonne action en somme. Il devrait même me remercier de me soucier de sa santé. Oui, j'ai une vision relativement particulière de ce qu'est une bonne action je dois bien le reconnaître. Mais, bon je dirais que c'est ce qui fait mon charme.

Une fois le ventre plein j'avais flâné dans les rues de Beacon Hills, admirant les détails architecturaux et le contenu des vitrines. Savourant le calme relatif d'un après midi printanier. Je suis quelque part soulagé que les scientifiques de l'horreur aient plus ou moins disparu sans laisser de traces car la vue des enfants courant sur les trottoirs sous les cris de leurs mères et les jeunes flânant à droite et à gauche me renvoie à mes échecs de gardien. Je connais désormais un Hellhound mais si ce dernier n'avait pas réussi à mettre fin à la menace de ces entités à l'apparence humaine, je ne voyais pas vraiment comment je le pourrais. Moi, simple élu immaculé de son état bien loin de son clan. Je chasse ces pensées noires de mon esprit et m'assois sur un banc en face d'une petite boutique me tentant. La devanture est simple et épurée mais la vitrine offre un spectacle que j'ai toujours adoré contempler. Des livres étalés dans tout les coins et des étagères par dizaines. Je savoure le contact du soleil sur ma peau et me lève lorsqu'un petit garçon gambadant sur le trottoir s'étale sur le sol et se met à pleurer. Je me précipite jusqu'au gamin et le relève doucement avant de l'amuser avec une grimace pour qu'il arrête de pleurer. Ce dernier me gratifie d'un sourire dont seuls les mioches ont le secret. Le genre de sourire qui vous redonne le sourire à vous aussi. Le sourire de la naïveté et de l'innocence tout simplement. La mère du petit bonhomme s'approche et je dis au petit garçon d'aller voir sa maman et de faire plus attention. Cette dernière me remercie et je lui dis que ce n'est rien avant de me diriger jusqu'à la porte de la boutique dans laquelle je pénètre d'un pas léger.

Quelques minutes après mon entrée dans ce paradis bordélique, mon regard accroche un ouvrage des plus intriguant et je saisis le sésame entre mes mains tandis qu'un sourire satisfait étire mes lèvres. Ce livre est d'une rareté. Il ne reste plus que des éditions usagées dans la petite ville tout du moins alors je mesure la chance que j'ai eu de tomber ainsi sur ce petit bijou de littérature. Je me dirige vers l'opposé de la boutique histoire de continuer mes recherches. Dans un passage étroit du petit magasin de quartier, un homme ayant des lunettes me dit : « Pardon. »
Il est vrai que je bloquais le passage en ce moment même néanmoins c'était l'apanage des petites boutiques. Je plante mes yeux dans ceux de l'homme à l'air intellectuel et lui réponds en me collant vers le mur.: Je vous en prie.
Puis, je me fige lorsque l'homme ayant un visage inspirant confiance et sympathie reprend la parole et me demande : Excusez-moi, je cherche le même livre que vous avez là. Ce n'était pas la seule copie, par la moindre des chances?Un sourire forcé étira les lèvres de l'homme à l'allure intellectuel et à l'accent canadien. Et, un sourire presque identique vint étirer mes lèvres.

Je réponds finalement : Vous n'êtes pas obligé de m'adresser un sourire forcé vous savez. Je dois avouer que je n'ai pas fait attention, obnubilé par la chance de trouver cet exemplaire. Suivez moi, je vais vous conduire à l'étagère.
Je tourne le dos à l'homme et le conduis donc jusqu'à l'étagère sur laquelle se trouve une autre édition du même ouvrage.
C'est votre jour de chance on dirait. Bon et bien, je vous souhaite une bonne journée.

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Alex Cormier

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MessageSujet: Re: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptyJeu 21 Avr - 1:50

Le livre poussiéreux


L'inconnu semblait plutôt poli, ce qui rassura légèrement le timide druide, qui le suivit à travers la boutique.  Bon, il était certain que les bougres, les rustres, les impolis en tout genres ne courraient pas les librairies, généralement, mais on ne savait jamais sur qui on pouvait tomber.  Et puis, même sans se fier aux apparences, il valait mieux être prudent quand on se trouvait face à quelqu'un qui pourrait même faire hésiter un Crowley.  Le gaillard lui avait répondu du même sourire figé, probablement dans une tentative de moquerie, ou un réflexe simiesque : il paraissait qu'on imitait inconsciemment le langage corporel des gens qui nous faisait bonne impression ou plus généralement que nous appréciions.  Alex se convainquit que c'était l'option à favoriser plutôt que la paranoïa...

Alex dû s'avouer impressionné de voir le géant ne pas faire vaciller la moindre pile, le moindre empilement, rien. Nichts. Niet. Niente. Nada. Not a daaarn thing.  Derrière son guide, donc, il observa ses mouvements, intrigué et ébahi.  Lui-même avait presque été plus dévastateur que The Big One depuis son entrée dans la charmante boutique.  Les yeux plissés, Alex n'y comprenait rien et il en vint à tomber dans la lune, rapidement.  Son regard se perdit quelque part entre les reins du colosse et en suivait nonchalamment le mouvement.  Lorsqu'Alex s'en aperçut, il rougit aussi vivement qu'une pivoine et tenta de regarder ailleurs.  Ses yeux remontèrent le long du dos qu'Alex se commenta pour lui-même positivement et, honteux de son attitude, il les détourna prestement vers les quantités de livres qu'ils frôlaient.  Qu'est-ce qui lui passait par la tête?  Bien sûr, il était célibataire depuis des mois et pouvait théoriquement se le permettre, mais ce n'était ni un endroit ni une situation appropriée pour le reluquage.  En plus, il ne savait rien de l'autre homme.  Il pourrait avoir une personnalité de rat mort, ou pire, être un psychopathe.  Le laborantin faillit en découvrir plus – son odeur corporelle, par exemple – lorsqu'il manqua de s'aplatir contre son aide qui s'était arrêtée.  Alex avait lui-même freiné juste à temps, et avait même senti ses orteils aller se cogner contre le bout de ses chaussures.

-Vraiment! répondit-il, comme un adolescent un peu attardé.

Le druide s'empressa de s'emparer de l'ouvrage précieux en se demandant quelle était sa chance, en vérité, et lui fit rejoindre les trois autres reliures dans ses bras d'un geste nerveux et vif, à son habitude.  Maintenant, il devait faire demi-tour sans déclencher une avalanche – ce qui serait quand même bien ridicule comme rubrique nécrologique – et se diriger vers la caisse, son sauveur derrière lui.  À moins qu'un passage perpendiculaire ne soit possible, auquel cas il ne serait pas empresser de retourner libérer le chemin de son acolyte amateur de littérature.  D'ailleurs, une question commençait à le ronger.

-Bonne j... En fait, vous semblez connaître l'auteur?  Je ne le connais absolument pas, mais un ancien... un ami me l'a vivement recommandé.

Alex marqua une pause en fronçant des sourcils.  S'il demandait à l'autre s'il aimait cet auteur, ou ce titre, il passerait véritablement pour un demeuré : pourquoi l'acheter, et parler de sa chance de le dénicher, sans savoir si on aimerait ce qu'on y lirait.

-Vous sauriez pas c'est dans quel genre, par la moindre des chances?

Nouveau sourire, bleu des yeux dans brun des yeux, beaucoup plus franc cette fois.  Ce type de discussions lui manquait, se rendit-il compte, et ce n'était pas avec qui que ce soit de sa connaissance à Beacon Hills qu'il pourrait en avoir.  Entre Charlie et Jenny qui ne lisaient pas d'un côté, et Alister qui avait toujours un horaire de ministre, c'était bien difficile à envisager, en effet.
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MessageSujet: Re: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptySam 23 Avr - 20:15




L'art rapproche les gens et transcende les rapports humains

Je sens le souffle chaud sur ma nuque de l'homme que j'avais bien volontiers décidé d'aider pour la simple et bonne raison que les librairies sont des lieux que j'apprécie énormément et que dans ce genre de lieu je pouvais me montrer sous mon meilleur jour soit celui d'un homme courtois, poli et serviable malgré les apparences. Mon attitude avait pour consigne de s'adapter à mon environnement. Aussi, si je me trouvais dans un enfer sur terre, sous la menace de balles ou d'un danger moins conventionnel que celui illustrant le mieux une vie dans le milieu souterrain du crime organisé je risquais fort bien de me montrer fort susceptible et légèrement brutal. Oui, légèrement brutal je dois bien le reconnaître. Mais bon, je n'ai pas pour habitude d'attaquer le premier hein. Que l'on ne me fasse pas passer pour un accro à la violence. Non, j'attends d'être en légitime défense pour laisser libre cours à mes pulsions guerrières. Cela fait toute la différence non. Non, bon tant pis. Ce ne sera pas faute d'avoir essayé de prêcher mon innocence par rapport à ma tendance plus que fâcheuse à me retrouver impliqué dans le quart des embrouilles de la ville.

Je me retourne vers le canadien et lui adresse un petit sourire moqueur. Pourquoi est ce qu'il me collait comme ca ? Il n'avait quand même pas peur de perdre ma trace à travers la librairie. Je ne suis pas un homme de petite taille aux dernières nouvelles alors pour me perdre il fallait y aller. Enfin, j'imagine que ce dernier regardait les trésors de cette antre d'Ali Baba pendant qu'il me suivait. Je ne vois pas d'autres explications possibles. Je m'écarte pour lui laisser le champ dont il a besoin pour examiner le dernier ouvrage disponible. La perle rare dans une mer de papier. Le bijou de la littérature américaine moderne ou plutôt l'un de ses bijoux. Un ouvrage du très grand Ernest Hemingway. Cet ouvrage n'est pas une rareté bien évidemment puisqu'il s'agit d'un classique littéraire de ce pays mais est très difficile à dénicher ici à Beacon Hills. Pour preuve c'est la première boutique dans laquelle  j'en trouve un exemplaire. Un sourire simple et joyeux étire mes lèvres alors même que je ne m'en vais pas comme je le devrais pourtant après lui avoir souhaité une bonne journée. Le seul mot sortant de la bouche de l'homme à lunette agrandit mon sourire. Oui, je suis un homme différent lorsque je suis dans ces havres de paix que sont les librairies à mes yeux. Ils ont tendance à faire ressortir le meilleur aspect de ma personnalité.

Je suis parfaitement d'accord avec le proverbe arabe disant que le paradis sur terre se trouve entre les seins d'une femme, sur le dos d'un cheval et dans les pages d'un livre. Je finis pourtant par faire demi tour pour me diriger vers la caisse le canadien sur les talons. Sa voix brise le silence presque solennel des lieux et me pousse à me poser des questions sur le sérieux de ce client. Qui achète une telle merveille sans savoir ce qu'il a dans les mains. Mais, le sourire sympathique de l'homme me pousse à sourire à mon tour avant de répondre : Votre ami a très bon gout alors. Il s'agit des neiges du Kilimandjaro d'Ernest Hemingway. C'est un recueil de nouvelles publié en 1927. Les héros baignent souvent dans la violence à travers ces récits. C'est un concept intéressant que celui ci. Lecture à l'aveugle. J'imagine que cela doit être rafraichissant.
La file d'attente semble interminable alors j'accepte de bon cœur de converser avec cet homme étonnant. Quelque fois, je ne me reconnais pas moi même. Je vous rassure.



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Alex Cormier

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MessageSujet: Re: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptyJeu 28 Avr - 23:48

Le livre poussiéreux


Au vue du sourire, le colosse avait probablement remarqué la bouille rouge d'Alex qui avait manqué lui foncer dedans et s'était peut-être même aperçu qu'Alex avait observé son postérieur dans son environnement naturel. Diantre! Fichtre! Bougre de sacripant!  Nom d'un patagon de zoulou!  Il avait encore manqué de subtilité et s'était fait prendre la main dans le sac.  Ou pas.  L'autre ne fit aucun commentaire et Alex décida de faire de même.  Il était parfois préférable de faire semblant que certaines choses ne s'étaient jamais produites.

Le nuage de panique passé, les joues d'Alex se désempourprent et se dérosissent au rythme qui est leur, lui permettant donc d'afficher un sourire plus naturel.  S'il sent bien un brin de jugement dans le regard du géant, le scientifique à lunettes n'en fit pas de cas et soutint le regard de son interlocuteur alors qu'il amorçait sa réponse.  Il connaissait déjà le titre du livre et n'était évidemment pas sans savoir qui était Hemingway.  L'explorateur et auteur célèbre était un classique de littérature américaine, sauf que son style n'avait jamais réussi à hameçonner Alex.  Luke lui avait juré que ce ne pouvait qu'être différent avec les Neiges du Kilimandjaro et le biochimiste avait eu beau vouloir le croire, il n'avait jamais eu l'audace, encore, de se prouver que son jugement de l'auteur ait pu être erroné.  Quant à savoir si Luke avait bon goût... c'était son ex, donc forcément qu'il en avait, du moins en matière de partenaires.

Violence, voilà ce mot qui l'avait jadis rebuté chez hemingway.  Sans demander de lire le royaume des calinours*, pourquoi ces œuvres se devaient-elles d'être d'un rouge sombre?  De nombreuses plumes avaient réussi à peindre des atrocités en leur laissant un éclat d'aurore, un pied de vent en cœur de page, un reflet d'aube en épilogue.  La vie n'était pas douce, ni toujours belle, mais elle n'était pas monstrueuse et sanguinaire non plus.  Du moins, pas pour un humain moyen.  Pas pour un humain qui ne connaissait rien des Crowley, des Hales et autres créatures de ce monde.

Ne pas y penser.  Il était ici avec la mission de relaxer et relaxer il ferait.  Dût-il flâner dans toute la ville; explorer le moindre recoin de Beacon Hills; paresser au parc, sous un arbre fat de n'avoir jamais vu la forêt; glaner goutte par goutte les larmes de Morphée qui le berceraient dans un sommeil sans rêve.  S'orienter, pour commencer, sur le dialogue qu'il avait établie par inadvertance.

Et le colosse qui le jugeait encore!  Il était bien chanceux qu'aucun journal ne traîne dans les parages, sinon Alex lui en aurait bien donné un petit coup sur le nez.  Non mais, on se prenait pour qui.

-J'ai eu bien assez de lectures dirigées à l'école pour ne pas que ça me manque. répondit-il d'un ton blasé, au fil que ses pensées se formaient.  Après un instant de réflexion, il fronça les sourcils une fraction de seconde et poursuivit.
-C'est pas vraiment à l'aveugle, en fait, si on m'a conseillé. En même temps, c'est toujours un peu à l'aveugle jusqu'à ce que la lecture ne devienne une relecture, non?

Le sourcil droit tressaillit en hauteur, comme s'il tentait de sauter suffisamment haut pour rejoindre ceux du géant qui faisait la leçon à Alex.

-Je connaissais déjà Hemingway, mais je n'étais pas un grand admirateur.  Mon ex m'a conseillé les Neiges en me disant que ça devrait me plaire.  Je verrai bien.

Le visage d'Alex se relaxa un peu plus, paisible, et il offrit un sourire à son sympathique tortionnaire.

-Vous devriez tenter, un jour, de lire un ouvrage au hasard.  On peut tomber sur des navets, mais aussi sur de véritables petites perles.  C'est comme ça que j'ai découvert Antonine Maillet.  Je la lisais en version originale, et je n'ai aucune idée si la traduction rend bien.  Je vais le découvrir! lança le scientifique d'un air insouciant accompagné d'un haussement d'épaules, tout en désignant la couverture bleu mer qu'il tenait.  Il se montrait rarement aussi peu nerveux, mais il se sentait dans son élément.  Vous auriez dû le voir dans un laboratoire!  Il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas pris le temps de lire, et il s'apercevait maintenant à quel point ça lui manquait.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptySam 14 Mai - 17:29


       
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu ne connais pas... Seul au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Arès et Alex
       

       
Le livre poussiéreux

       
Vu le regard de mon cher collègue de lecture à défaut d’un terme plus adapté, je me doute sans hésitation possible que le grand Ernest Hemingway n’est pas l’un de ses auteurs préférés. Il faut reconnaître que son œuvre littéraire est empreinte d’une certaine violence teintée de pourpre rougeoyant. Une violence omniprésente dans son travail, une violence pouvant être rebutante pour bon nombre de lecteurs. Le monde dans lequel nous vivons est sombre et violent malgré les quelques éclats de lumière qui parsèment nos chemins. Je suis plutôt bien placé pour le savoir. Alors, lire des œuvres de ce genre ne me rebute absolument pas bien au contraire puisqu’elles mettent des mots et de bien belles phrases sur la réalité la plus tragique de nos vies. Certes, je vous l’accorde la vie ne se résume pas à un combat sans fin. Il y a de la beauté, de la douceur et même de l’amour mais tout cela ne masque pas la triste vérité. Nous sommes des êtres violents. La part de l’instinct animal présente en chacun de nous n’est absolument pas un fantasme. Si c’était le cas, ce monde serait plus sain moins dangereux et moins sanglant. Il n’y aurait pas de guerres, pas de meurtres et pas de monstruosités. Or, toutes ces horreurs étaient quotidiennes. Combien d’êtres humains perdaient la vie à travers le monde à chaque instant. Des dizaines, des centaines ?

Ce monde est brutal, sombre et froid. Tous les gens qui ne se voilent pas la face vous le diront. Je le sais, je l’ai vu, je l’ai vécu, je l’ai subi. Si je devais utiliser une phrase pour décrire notre condition ce serait celle-ci. Le rêve dans le cœur et le poison dans les veines. Oui, pour moi la citation du philosophe britannique Thomas Hobbes disant que l’homme est un loup pour l’homme est complètement juste. J’aimerais que cela ne soit pas le cas. Comme tout le monde je suppose. Cette part d’idéalisme n’a jamais existé chez moi car on ne m’en a pas donné la possibilité. J’ai été plongé dans la dureté du monde dès mon arrivée dans celui-ci alors non je n’ai pas une once d’idéalisme en moi. Mais, j’aimerais bien que ce monde ne soit que lumière et bonté. Je l’aimerais parce que je ne veux pas que mes futurs marmots n’aient à vivre ce que j’ai dû vivre. Bon à priori, ce n’est pas prévu pour tout de suite alors j’ai le temps de voir venir. Mais, nous n’y pouvions rien et croyez-moi. Je serais un bon père en prévenant mes enfants que ce monde n’est pas un repère de bisounours ou de téletubbies. Enfin, j’imagine que ce n’est qu’une question de gout. L’adepte de lecture canadien préfère lire des choses qui lui apporte une dose de plaisir et de joie lumineuse tandis que de mon côté, lire des horreurs ne me pose aucun problème et j’apprécie chaque œuvre à sa juste valeur qu’elle soit noire ou pleine d’espérance. Les belles lettres ne sont pas responsables des fins auxquelles elles sont usitées. C’est l’auteur qui crée.

       Et ce sont nous lecteurs qui jugeons sa création. L’amateur de lecture sembla se méprendre sur mes paroles puisqu’un froncement de sourcils ne m’indiqua que trop bien son état d’esprit vis-à-vis de ces dernières. Je ne jugeais absolument pas. Cela m’a juste étonné et je me suis montré quelque peu abrupt dans mon propos. Mais alors que je me disais que cette conversation allait se finir en queue de poisson suite à cette méprise de mes intentions. L’homme reprend finalement la parole. Je reprends finalement à mon tour : Je crois qu’il y a méprise mon cher. Il n’y avait nul jugement dans mon intention. C’est juste que cela m’a étonné et que j’ai montré mon étonnement de cette manière. Non parce que quitte à me faire passer pour un enfoiré, j’aime autant que cela soit justifié voyez-vous. Pour ma part, je les adorais. Mais il faut dire que la moindre parcelle de lecture a toujours été un bonheur éphémère. Vous avez parfaitement raison au sujet de la découverte d’un ouvrage.
Je marque une courte pause et observe la petite file se réduire au compte-goutte. J’écoute l’homme et réponds dans la foulée : Il est vrai que cet auteur a des particularités pouvant rebuter certains lecteurs. Ce qui n’est pas mon cas par ailleurs. Cette violence n’est que le reflet de nos vies. Je ne vois pas l’intérêt de travestir la réalité dans un livre.  
 
Un sourire des plus sympathique se dessina sur les traits de l’homme et de nouveau détendu mes lèvres ne tardèrent pas à faire de même.  
Je reprends finalement : Je tenterais cette expérience bien volontiers. La surprise est un rafraichissement bien agréable. Antonine Maillet. Je dois avouer que je ne connais pas cet auteur. Mais vu votre enthousiaste, je risque de m’y intéresser. Puis je vous offrir un café pour que nous puissions discuter de nos lectures respectives dans un environnement plus confortable ?
Je ne sais pas vraiment pourquoi je lui ai proposé cela. Peut-être pour donner une chance à l’idéalisme ? Ce monde peut être fait de belles rencontres fortuites, espoir d’une journée printanière.  

HRP : Désolé du retard mon frère de calumet !
    
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MessageSujet: Re: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptyMar 17 Mai - 4:40

Le livre poussiéreux


Mon cher? Un sourire s'étira doucement sur les lèvres du biochimiste. Satisfait de savoir le colosse exempt de mauvaises intentions et de jugements gratuits, Alex se sentait soulagé de ce poids, aussi ridicule que ce soit. Qu'il y ait méprise, qu'il soit susceptible, ça n'avait rien de particulièrement étrange ou dérangeant à son avis. Par contre, il avait généralement pour habitude de se contreficher de l'opinion que l'on pouvait bien avoir de lui et il se demandait bien ce qui pouvait être différent cette fois, pour qu'il ait ainsi envie de faire bonne impression. Certes, le géant callipyge paraissait bien, mais ça n'avait jamais été une raison suffisante pour quoi que ce soit chez lui. Lorsque l'autre amateur de littérature commenta son statut d'enfoiré, une lueur mutine vint éclairé le regard d'Alex, qui appréciait cette auto-dérision, mais qui n'osait faire de commentaire.  Du menton, il opinait aux propos du colosse, partageant dans une certaine mesure sa passion pour la lecture.  Il ouvrit la bouche pour s'opposer et se justifier, préciser sa pensée et argumenter que ce n'était pas la violence en soi qui le dérangeait, mais plutôt la façon dont elle était abordée et présentée et, de façon plus générale, le style d'écriture de l'auteur.  Il s'abstint toutefois, jugeant qu'en file d'attente ce n'était peut-être pas le meilleur endroit pour refaire le monde, ni pour confronter un inconnu, aussi souriant fut-il.

 « Cette violence n’est que le reflet de nos vies. »

Cette phrase résonna à l'esprit du druide et le titilla, sans qu'il ne puisse dire pourquoi exactement.  Avait-il lu ses pensées, qui retournèrent tel un boomerang psychique vers l'entourage garou d'Alex.  Faisaient-ils allusion au même type de violence?  Par pitié, non!  L'échange de sourires reprenait de toute manière son train sans que le scientifique ne s'interpose et questionne.  S'il se trompait, il aurait probablement l'air taré.  Et s'il ne se trompait pas, il se trouverait taré d'avoir demandé, alors qu'il préférerait avoir tort.  Une journée normale dans le cerveau de l'érudit, en bref.

-Elle est canadienne précisa le biochimiste, comme si ce simple détail permettrait à son vis-à-vis de tout savoir sur elle.  En quoi cette allusion lui permettrait-elle de tirer la moindre des informations, en fait?

Le regard chaleureux du jeune homme d'en face était de plus en plus difficile à supporter pour le timide druide, qui laissait traîner son regard un peu partout dans la pièce, au gré de ses sourcils.  Pris de court à la demande du gaillard, Alex en resta estomaqué, et aussi rouge qu'il lui était humainement possible de l'être.  Il n'avait jamais été très doué ni pour flirter ni pour reconnaître le flirt, et en avait conscience.  Aussi, il ne s'apercevait jamais lorsque l'on tentait de le séduire, à moins que l'on se montre particulièrement clair et sans équivoque, avec du marqueur fluorescent, en caractère gras, souligné et une ou deux flèches clignotantes en néons.  Aussi, le druide avait beau trouver son partenaire de librairie séduisant, bien que l'idée ait pu lui traverser l'esprit, jamais il ne se serait risqué à tenter une approche, quelle qu'elle soit.  Il aurait bien trop eu peur d'avoir mal lu la situation et de se retrouver dans une situation humiliante.  C'était qu'on avait affaire à un druide avec de l'orgueil, ici.  Les pensées du laborantin se bousculaient et rebondissaient en tous sens dans sa boîte crânienne.  Jamais il n'aurait cru être le genre de ce type, mais comme on le disait si bien : tous les goûts sont dans la nature.  Ça et certains proverbes sur les effets néfastes des préjugés.

Toujours hébété, Alex réalisa à ce moment que la caissière venait de l'appeler d'un "Suivant" bien grinçant.  Il se retourna précipitamment et posa ses ouvrages sur le comptoir en les y claquant involontairement. Il n'écoutait pas vraiment ce qu'elle lui disait, tout concentré qu'il était à tenter de reprendre un air détendu et au-dessus de ses affaires.  S'il avait eu du chewing-gum, il en aurait certainement fait une bulle, pour bien montrer à quel point il était tranquille.  Comme il n'en avait pas, il se contenta de payer sans vraiment y porter attention et, une fois que ses trouvailles avaient trouvé refuge dans son sac à dos, il se retourna vers son guide du moment et répondit à son invitation galante.

-Ouais, c'est une bonne idée.  Il y a un petit café tranquille un peu plus loin.  J'ai encore un bon moment devant moi avant de devoir rentrer.

Un sourire pepsodent scotché aux lèvres, Alex ne pouvait s'empêcher de se répéter qu'on allait lui payer un café.  Il aurait bien été incapable de dire quand c'était arrivé pour la dernière fois.  Entre autre parce que Jenny avait l'habitude de les lui offrir, sans que ni l'un ni l'autre ne les paie...

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MessageSujet: Re: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptyDim 22 Mai - 18:42


     
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu ne connais pas... Seul au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Arès et Alex
     

     
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Un sourire étira lentement les lèvres de l’amateur de lecture que je venais de rencontrer suite à un échange de politesse telle qu’ils s’en déroulent des dizaines chaque jour. Un blocage de passage involontaire comme on en voit tant et en vit tant dans ce genre de petite échoppe étriquée mais authentique suivi d’un premier mot puis d’un autre et de là nous assistons à un geste de solidarité entre deux érudits versés dans les belles lettres. On aurait aisément pu imaginer un autre dénouement à cet échange bancal d’amabilités qui ne devait à priori mener nul part. Seulement voilà, les apparences sont parfois trompeuses. En fait, elles le sont très souvent ce qui me concerne. Et, je dois en toute honnêteté confesser que j’aime parfois jouer sur cela. L’image que je renvoie au monde est tout autant un avantage qu’un inconvénient. C’est évidemment un avantage car vous vous doutez bien qu’avec une carrure pareille je ne peux que passer pour le gros bourrin de service. Le mec sans aucune finesse et dénué d’intelligence. La brute épaisse en somme. Mais, vous savez quoi c’est délicieusement pratique. On n’imagine pas la puissance des clichés et à quel point une personne habile et douée est susceptible de s’en servir pour berner le monde et obtenir tout ce qu’elle souhaite. L’image est une arme qu’il convient de manier avec précision et subtilité afin d’atteindre ses objectifs.

Pour ma part, je ne joue pas énormément avec cette arme. Premièrement parce que je me fiche royalement de ce que le monde pense de moi. Seule l’opinion d’un nombre restreint de personne m’intéresse. Lucianna ma tante, Jhon, Aza ma créatrice et bien plus ainsi que le reste de mon clan, Milan et plus récemment Chris le jeune loup garou rencontré par le plus grand des hasards au milieu des sombres bois de Beacon Hills sont les rares personnes dont l’avis m’importe réellement. Je ne vais pas dire que je méprise le reste du monde. Il m’indiffère voilà tout. Le monde est tellement prompt à juger et à condamner alors même qu’il ne sait pas, ne peut pas savoir et encore moins comprendre. Alors il s’agit d’une donnée inutile à mes yeux. J’ai tracé ma route depuis mes premiers pas dans l’orphelinat m’ayant servi de foyer à Seattle et n’ai jamais regardé en arrière ou fait attention aux regards des gens sur ma personne. Non, je fais ce que j’ai à faire parce que je le dois et je fais ce que je veux parce que je le peux. Et, je ne vais certainement pas commencer maintenant à me soucier de ce dont je ne me suis jamais soucié. Sur ce point, je sais que mon jeune ami me comprend parfaitement et me ressemble énormément. C’est l’image de la brute épaisse qui me colle à la peau tandis que c’est celle du sportif décérébré qui colle à la sienne et pourtant nous ne sommes tous les deux ni l’un ni l’autre. Et deuxièmement parce que je préfère me montrer franc tant avec moi même qu’avec ce monde. Il ne m’a fait aucun cadeau alors pourquoi lui en ferais-je ? Œil pour œil dent pour dent. Je ne suis pas quelqu’un de dissimulateur. Je n’y arrive pas très bien et puis à quoi bon perdre son temps avec une personne que l’on ne peut pas encadrer. Si je n’aime pas quelqu’un je préfère le lui faire comprendre ou le lui dire de manière frontale.

L’honnêteté à son paroxysme ? Surement mais l’honnêteté c’est du temps économisé. Et à mon gout, le temps et l’oxygène sont les seules choses dont on ne peut pas se passer. Et troisièmement, cette image que vous renvoyez peut tout aussi bien vous servir d’armure. Pas moyen de savoir qui vous êtes réellement si vous ne laissez voir que la façade. Tout cela pour dire que j’apprécie surprendre les gens en leur montrant que je ne suis pas ce qu’ils s’imaginent. C’est toujours amusant de constater certaines choses. Mais aussi immuable que les nuages dans le ciel ou la pluie en automne est notre tendance à cataloguer. Pour ma part, le canadien m’a l’air de quelqu’un de sympathique, étourdi et idéaliste mais peut être que je me trompe sur toute la ligne et qu’il s’agit d’un sadique qui adore arracher les ailes des mouches en sifflotant du Jean Sébastien Bach. On ne cesse d’avoir ce réflexe qu’une fois que l’on connaît la personne en question.


    Ce catalogage serait-il le signe que nous avons intégré les mécanismes de la société de consommation à un niveau subconscient ? Une question fort intéressante que celle-ci mais ce n’est ni le moment ni le lieu pour tenter d’y apporter une réponse adéquate. Pour l’heure, je me trouvais dans la file d’attente aux côtés de l’intellectuel canadien. Ce dernier me précisa que l’auteure qu’il venait de m’évoquer était canadienne. Ce qui en soit ne me donnait qu’un nombre infime d’information car malgré mon amour pour la lecture peu importe son origine géographique, je ne pouvais pas me targuer d’être un expert rompu à la connaissance de tous les courants littéraires de cette planète. Et, la littérature canadienne m’était donc relativement inconnu. Je vis bien que mon invitation à aller disserter et débattre au sujet de ce thème me tenant à cœur depuis et bien ma foi depuis que mes yeux se sont posés sur la couverture du premier ouvrage que j’ai lu durant mon enfance embarrasse légèrement mon vis-à-vis. Je ne comprends pas vraiment pourquoi ce dernier détourne le regard et devient rouge comme une tomate en plein soleil dans un potager. Me serais-je mal exprimé ? Non, il s’agit d’une invitation purement amicale et sans arrière-pensée. Je ne suis pas intéressé par les hommes mais je comprends néanmoins que cela doit être le cas du canadien vu sa réaction. Je reste pourtant sobre dans ma réaction et n’esquisse même pas le petit sourire amusé qui tente bien de se glisser sur mes lèvres et éclairer mon visage redevenu impassible. En voilà pourtant une situation cocasse.

Certes, un brin moins cocasse que le spectacle d’un sherrif Hellhound se réveillant nu et comateux par une nuit printanière mais cocasse tout de même. Comment en sortir telle était la question ? Non, parce que si je peux me montrer brutal et abrupt dans mes propos sans ressentir d’état d’âme, je ne veux pas me montrer blessant envers cet homme m’ayant l’air ma foi fort sympathique. C’est tout de même le premier amateur de belles lettres que je rencontre dans la petite bourgade alors j’aimerais autant le garder sous le coude. Le proverbe qui se ressemble s’assemble est peut-être cliché pour le coup. Mais, certaines choses sont ce qu’elles sont. Je laisse mon regard dériver à travers la pièce en attendant de passer à la caisse. Une fois le prix de mon livre réglé, je me décale sur le côté. L’homme à l’air sympathique se retourne vers moi avec une expression détendue sur le visage et accepte mon invitation surement mal formulée après réflexion. Un sourire éclatant illuminait les lèvres de ma nouvelle connaissance et je ne peux m’empêcher de me dire que j’ai décidemment le chic pour me retrouver dans des situations cocasses. Un léger sourire étire mes lèvres en une ligne régulière. Bon, et bien j’imagine que ce qui propo devrait être réglé autour d’un bon cappuccino. Pour l’heure, je n’ai pas le cœur à arracher ce sourire pepsodent de son visage. Je réponds donc : Parfait. Je vous suis.

Nous quittons la petite boutique d’un pas nonchalant et je suis l’homme à travers les petites rues de la ville. Je ne prends pas la parole sur le trajet et attends que nous soyons installés à l’une des banquettes du petit café et que nos boissons respectives aient été commandées pour prendre la parole. Je m’appelle Arès Coleman et vous le canadien ?
La serveuse nous apporte nos boissons chaudes soit bien évidement un capuccino pour ma part et je la remercie avant de tourner ma cuillère dans la petite tasse. Je laisse un sourire éclairer mon visage en observant la jolie brune qui vient de nous servir avant de reporter mon attention sur l’homme en face de moi et de reprendre : Vous vivez à Beacon Hills depuis longtemps ? Le Canada ce n’est pas vraiment la porte à côté.   
 
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Dernière édition par Arès Kye Coleman le Mar 7 Juin - 18:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptyVen 3 Juin - 4:33

Le livre poussiéreux


Ah! Ce qu'il pouvait détester ses barniques*! Déjà qu'aux côtés du massif érudit, il passait facilement pour un gringalet, malgré sa charpente naturelle dont il n'avait aucune raison d'avoir honte, voilà que ses verres lui donnait davantage encore l'air d'une crevette intellectuelle coincée.  Pourquoi n'arrivait-il donc jamais à être en mesure de donner une impression correcte – même pas bonne – quand il jugeait que la situation le nécessitait?  D'ailleurs, pourquoi considérait-il avoir besoin d'entrer dans l'estime du colosse?  Il ne savait pratiquement rien sur lui, si ce n'était qu'il était plus grand et plus costaud que lui, qu'il avait un derrière admirable et que leurs goûts littéraires n'étaient pas exactement identique.  Ah oui! Il était également sympathique et volubile.

Il pouvait encore se juger heureux de ne pas avoir opté pour la chemise à carreaux ce matin et de ne posséder ni béret ni écharpe, ou il aurait bien pu passer, dans ce café branché, pour l'un de ces hipsters dont il ne comprenait rien au style.  Encore heureux, car il n'aimait pas qu'on le catégorise ailleurs que là où il avait sa place : hors des cases préétablies.

Le court trajet avait été bien silencieux, ce qui n'avait pas véritablement dérangé le canadien, puisque cela lui permettait de farfouiller dans ses pensées et organiser une petite phrase bien correcte à lancer le moment venu.  Avec juste assez d'humour et d'intelligence pour le mettre en valeur.  Mais qu'avait-il donc?  Était-il devenu dépendant affectif sans qu'on lui ait fait passer le mémo?  D'un autre côté, se construire ce genre de chimère était le sport national de ses neurones, et cela les tenait occupés à autre chose qu'à analyser, par exemple, ce silence qui aurait pu leur paraître angoissant.  Perdu dans ses pensées, il réalisa après s'être assis qu'ils se trouvaient à une table sur le bord de la fenêtre et partageaient une banquette – et encore, partagé était un bien grand mot quand la banquette faisait un peu plus qu'un demi-cercle – qui leur offrait une vue en première loge sur les activités de l'établissement.  La lumière du jour venait trancher leurs ombres sur la table de bois et le sol un peu plus loin, dans un portrait cru et anonyme de leurs silhouettes.

La serveuse vint prendre leurs commandes et repartit aussitôt, de son pas cliquetant d'un rythme qui sécurisait le druide.  Il se rappela l'horloge grand-père qu'il y avait dans la maison de La Broquerie, un vague sourire aux lèvres.  Le mutisme qui entourait les deux âmes solitaires ne dérangeait plus Alex, qui l'avait apprivoisé.  Ce n'était pas avec tout le monde qu'il était aussi facile d'adopter une telle tranquillité sans stress.  Le colosse trancha le silence en se présentant, ce qui surprit Alex, car il n'avait même pas réalisé qu'ils n'avaient pas passé par cette étape. Toujours ce même petit sourire mélancolique aux lèvres, il pencha légèrement la tête et tendit la main à son vis-à-vis.

-Enchanté, Arès Coleman.  Je suis Alex Cormier et ma mère est américaine, si on veut être technique...

Qui parlait comme ça?  Où était passée sa blague hilarante et songée?  Pourquoi s'était-il senti le besoin d'apporter cette précision sans la moindre pertinence.  Qu'est-ce que Arès pouvait bien en avoir à faire de sa mère?  Outre un sourcil qui tira vers la tempe, entraînant l'iris sous-jacent dans son sillon, Alex ne laissa pas paraître son malaise et détourna plutôt le regard vers la serveuse qui leur apportait le cappucino et le café glacé qu'ils avaient commandés.

-Merci ma'moiselle! fit-il également à la serveuse en lui envoyant son sourire courtois habituel.  Sorte de rictus que son visage revêtait davantage par réflexe que pour une quelconque autre raison.  Et c'est dans ce genre d'abus de politesse mêlé de familiarité autrement outrecuidante que se révélait indéniablement toute sa canadiennitude**.  Arès relança la conversation en poursuivant sur la question de la nationalité.  Comme une machine dont l'engrenage venait d'être huilé, la conversation s'amorçait et, maintenant qu'elle était enclenchée, tout devrait s'enchaîner sans problèmes.

-Ahah! C'est vrai.  Mais, à vrai dire je n'ai pas beaucoup de souvenirs du Canada.  Je veux dire, pas du Manitoba où je suis né.  Ma mère est américaine, comme je disais, et nous avons emménagé au Vermont quand mes parents se sont séparés.  Mon père est resté par là-bas pour s'occuper de mes grands-parents.  Puis nous sommes déménagés en Arizona.  Ma mère est dans l'armée, au fait. Et je ne suis retourné au Canada que pour mes études supérieures.  C'est beaucoup moins cher là-bas...  Puis, je suis arrivé ici l'an dernier, c'est ici que j'ai pu trouver un boulot.  Et vous, vous êtes originaire du coin ou bien vous avez fait la sauterelle aussi?  Et sans même reprendre son souffle, Alex sauta du coq à l'âne : il venait d'avoir une révélation.  Je viens de réaliser que nous avons les mêmes initiales! C'est super drôle, non?  Enfin, je veux dire... Fidèle à lui-même, il s'embrouillait.Je vous écoute, je ne voulais pas être impoli.

Tout s'enchaînait donc sans problème.  Sérieusement.  Qui aurait bien pu croire qu'il n'y aurait pas le moindre accroc?  Cormier un jour, Cormier toujours, comme on disait bien. Le biochimiste observait maladroitement l'américain en fasse par-dessus sa tasse, en approchant ses lèvres comme si le contenu était brûlant.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptyMar 7 Juin - 18:51


     
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu ne connais pas... Seul au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Arès et Alex
     

     
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L’homme me faisant face semblait durant quelques instants perdu dans ses pensées et je laissais donc un moment se passer avant de briser le mutisme ambivalent dans lequel nous étions plongés. J’aime l’agitation et l’effervescence puisque j’ai baigné dedans depuis ma venue au monde. L’orphelinat n’était pas franchement un havre de paix sauf en certaines circonstances passablement exceptionnelles comme la mort d’un des pensionnaires plus âgés dans une rixe ayant mal tournée. Bon, je vous rassure cela n’arrivait pas non plus tous les quatre matins. Mais, vivre dangereusement a toujours eu des risques bien réels. L’adrénaline n’a d’autre prix que de frôler la fin pure et simple. C’est de la sensation d’être aux frontières du trépas que découle l’extase. Néanmoins, il existait bien d’autres moyens de prendre son pied hein. La délinquance juvénile n’était d’ailleurs franchement ni le plus sain ni le plus sûr d’entre eux. L’effervescence avait été l’état normal de ma vie durant une bonne partie de cette dernière. Après, l’orphelinat se fut celle de ma nouvelle espèce.

La vie en clan n’est pas très éloignée de la première. Mais, dès qu’il y avait regroupement il ne pouvait y avoir qu’effervescence. Pour autant, je ne crachais pas sur un peu de silence de temps en temps. Le silence est salvateur dans bien des occasions. Le silence permet de se ressourcer, de remettre de l’ordre dans des pensées parfois bien trop chaotiques et bien d’autre bienfaits que nous connaissons tous il me semble. La démarche souple de la serveuse et le bruit de ses talons sur le carrelage du petit bouge dans lequel nous nous trouvions en cet instant précis me ramena à la réalité et à l’instant présent et c’est dans la foulée que je brise le silence doux et agréable mais relativement gênant qui s’était installé. Gênant parce que je trouve qu’il n’y a rien de pire que d’être en présence de quelqu’un et de ne pas savoir quoi se dire. Après, parfois la communication pouvait bien se passer de verbalité et se faire de manière implicite mais cela nécessitait de se trouver avec quelqu’un que l’on connaissait de longue date et nous connaissant aussi bien. Ce n’était néanmoins pas le cas ici alors c’est tout naturellement que je relance la conversation par une présentation succincte. Je ne peux m’empêcher de rajouter l’origine géographique que je lui prête telle une épithète nécessaire à l’entrée en matière.

En soi, cela n’est pas très courtois de se comporter ainsi mais insister sur ce point me permet de me familiariser plus facilement avec mon vis-à-vis. Comme si cette donnée aussi simple qu’anodine me permettait de créer un lien plus tangible avec mon interlocuteur. Je suis né et ai vécu durant une bonne partie de ma vie à Seattle. Cette mégalopole n’est pas très éloignée de la frontière du pays du caribou alors j’imagine que je me sens plus proche de l’amateur de lecture assis en face de moi pour la simple raison que nous sommes originaires de la même zone géographique. Il en faut décidément peu comme dirait l’autre. Un sourire mélancolique étire les lèvres de ma nouvelle connaissance tandis que cette dernière penche la tête sur le côté avant de se présenter. Je serre chaleureusement la main qu’il me tend et laisse un sourire amusé étirer les miennes. Je ne lui faisais nullement un procès d’intention en soulignant son accent canadien.

   Bien au contraire, j’aimerais bien aller y faire un petit tour un jour ou l’autre. Les paysages doivent y être saisissants. Et, le sirop d’érable délicieux. Comment ça, je tombe dans le cliché ? Toujours est-il que je ne peux non plus m’empêcher de noter que Mr Cormier a un prénom de gentleman lui. Comment faire confiance à un type qui porte le nom d’une divinité connue pour avoir passé son temps à prendre son pied en brisant des murailles, briser des os et trancher des têtes ? Merci maman. Petite minute de réflexion inutile puisque j’apprécie énormément ce prénom. Le regard d’Alex donc se détourna bien vite de ma figure dans une fuite inexpliquée. Je lui réponds néanmoins : Enchanté Alex Cormier. Je ne voulais pas vous embarrasser par rapport à cela hein. Vous pouvez être américain, canadien ou pakistanais que cela ne changerait rien.

La serveuse arrive finalement avec le plateau contenant nos commandes qu’elle dispose sur la table en ordre. Un café glacé pour mon interlocuteur à la gêne facile et un cappuccino brulant pour ma part. Je lui adresse un léger sourire et la remercie en même temps que mon camarade de lecture. J’entame mon cappuccino en avalant une petite gorgée de ce dernier avant de le replacer machinalement devant moi. Absolument délicieux, ce breuvage. Je crois que j’aime le cappuccino presque autant qu’un bon verre de pur malt ou de bourbon. Je relance finalement la conversation en constatant qu’Alex n’était pas très bavard. Enfin, pour le moment puisque j’allais remarquer qu’il ne suffisait que de le lancer pour qu’il s’ouvre comme le coucou d’une horloge traditionnelle possiblement fabriquée en Suisse. Disons à Lausanne. Bon d’accord, ma description comparative était peut-être un brin trop inspiré sur ce coup là. Le sujet de la cannadienitude me parait tout indiqué. En même temps, entamer une discussion à partir de rien n’est pas l’exercice le plus aisé qui soit. Alex me parle avec passion de son itinéraire de vie qui est effectivement plutôt impressionnant. Si on se tient au fait que la plupart des gens naissent, vivent et meurent au même endroit encore à notre époque. Pour ma part, j’avais également énormément voyagé depuis le départ de Seattle avec le clan.

Le véritable repère d’Azgeda ne se trouvait pas dans l’Etat de Washington, le domaine royal était bien plus enfoncé dans le continent et Malaki et Jason étaient originaires d’une ville californienne. Je m’apprêtais à répondre à sa question lorsqu’il sauta di coq à l’âne et me fit part d’une révélation amusante sur nos initiales communes. Enfin, une révélation c’est surement un bien grand mot. Observation conviendrait bien mieux à cette allocution qui m’arrache un grand sourire. J’esquisse un petit rire lorsque la gêne revient au galop et empêche mon vis-à-vis de gouter pleinement au comique de cette coïncidence. Sa mère militaire était peut-être pour quelque chose dans une pareille attitude. Je lui dis : Oh mais ne vous en faites pas. Vous êtes tout sauf impoli. Et cette observation parfaitement juste est effectivement amusante.
Je saisis de nouveau la tasse fumante et porte son contenu à mes lèvres. Puis, je reprends : Et bien. J’ai fait la sauterelle tout comme vous puisque je suis originaire de Seattle. Je n’ai pas connu mes parents puisque je suis orphelin mais les retrouvailles avec une partie de ma famille du côté maternel m’ont poussé à voyager. Je me plais bien ici. Le soleil californien est bien plus agréable que la grisaille du nord-ouest du continent. Et vous la ville vous plait ?

Pourquoi ai-je raconté à Alex que je suis orphelin alors que je n’ai pas l’habitude d’en parler à qui que ce soit. Je n’en ai strictement aucune idée. Mais, l’homme qui me fait face à une tète respirant la sincérité et la confiance. Et mon intuition me dit qu’il ne s’agit pas de quelqu’un de mauvais alors pourquoi ne pas voir ou cette discussion nous mène.

HRP:
 

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Dernière édition par Arès Kye Coleman le Lun 4 Juil - 19:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptyJeu 16 Juin - 15:13

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-Paki? reprit Alex, pris d'un fou rire.  Évidemment qu'il n'était ni pakistanais – ou du moins pas de première génération – ni bien d'autres choses, mais cette forme d'humour lui plaisait.  Le Canadien se retint de peine et de misère à répondre au colosse qu'il n'était pas embarrassé.  Ou plutôt, surtout, que ce n'était pas la question de la nationalité qui l'embarrassait que le sourire d'en fasse qui ne voulait pas arrêter de faire rosir ses joues.  Alex attrapait très facilement des coups de soleils, il faut dire.  Plus facilement que le dénommé Arès, à tout le moins.  La conversation prenait tranquillement forme, à son propre rythme, comme une graine qui découvre un peu d'eau et décide de germer, tout doucement.  Le biochimiste avait bien noté le nom improbable de celui qui l'avait invité à prendre une tasse, et se demandait bien quelle histoire pouvait bien se cacher derrière ce nom.  Car derrière chaque nom se cache une histoire bien plus complexe qu'aucun livre ne pourrait l'écrire.  Toutefois, ne sachant pas comment le demander, il avait préféré se taire.  Ce devait être la première fois qu'il rencontrait un Arès.  Il n'avait toujours pas rencontré d'Artémis, ni d'Apollon ni de Vénus, en fait.  Et il n'y tenait pas spécialement.  Ce serait étrange que ces noms redeviennent suffisamment à la mode pour devenir courants.  Il y avait bien un infirmier, à l'hôpital, qui s'appelait Lancelot.  Et lui-même empruntait son nom à l'Histoire, à bien y penser.  Il réfléchissait trop, encore une fois.

Le géant le rassura de nouveau, arguant qu'il n'était point impoli.  C'était la preuve ici-même que la citoyenneté Canadienne qu'il venait de réfuter était encore bien imprégnée en lui.  Ce qui pouvait apparaître comme un outrage pour le pays de l'érable n'était rien d'anormal pour le pays du pygargue, alors que ce qui pouvait passer pour une bienséance classieuse pour un américain n'était que la norme pour un canadien.  Drôle de paradoxe.  C'était là l'une des infimes et rares différences entre les deux voisins.  Différences aussi légères qu'importantes lorsque cumulées ensemble.

Concentré et engagé dans la discussion, Alex en oubliait son café glacé.  S'il continuait comme ça, tous les glaçons seraient fondus avant sa deuxième gorgée.  Ainsi, Arès avait aussi été bardassé* d'un coin à l'autre du continent.  L'espace d'un instant, Alex se sentit mal à l'aise d'apprendre que le délectable afro-américain d'en face était orphelin, mais en conclut de par la légèreté de son ton et le naturel de ses propos que ce point ne le gênait guère.  Fidèle à lui-même, Alex haussa les épaules d'un demi-milimètre et se secoua intérieurement : malgré la tentation, il essayait de ne pas être trop prompt au jugement, et s'en sortait généralement plutôt bien.  L'acceptation de tous était une valeur qui lui avait été inculquée dès son plus jeune âge et il se plaisait à croire qu'il laissait toujours une chance au coureur.  La preuve : si il en était resté sur ses positions initiales, il ne serait jamais devenu ami avec un certain ours-garou.  Ni avec son voisin, pour être bien honnête.  De toute manière, il n'y avait pas de honte à être orphelin, et même si il pouvait être facile de jeter le blâme sur les parents, rien ne permettait à Alex qu'ils aient eu le choix de laisser leur rejeton, ou même qu'ils soient toujours en vie.

Non, non, non.  Cette information était importante parce qu'elle avait façonné la personne en face du druide, mais elle n'était pas transcendante au point de permettre à Alex d’acquérir tant d'informations au sujet d'Arès.  Et puis, il fallait bien l'avouer, il n'y connaissait rien en matière de processus d'adoptions, ni des organismes qui orbitaient autour, ni des différentes facettes de cet univers.  De toute manière, le colosse le relançait sur son adaptation à la vie ici, à Beacon Hills.

-Oui, maintenant que j'ai pris mes marques, je me plais bien ici.  C'est certain qu'il fait rarement mauvais, mais avec la sécheresse actuelle, je m'ennuie parfois du brouillard et des pluies de Vancouver.  C'est là que j'ai étudié.  Je suis déjà allé à Seattle un week-end avec des amis.  J'avais bien aimé la ville. La platitude relative des Prairies me manque aussi, parfois.

D'un mouvement souple, les sourcils du Canadien s'abaissèrent.  Un air plus grave parcourut son visage alors qu'il martelait du gras des doigts l'anse de sa tasse au contenu oblitéré.  Inconsciemment, il vint s'humecter les lèvres du bout de la langue, avant d'interroger son partenaire de caféine.

-Je ne veux pas être indiscret, mais Arès n'est pas un nom courant.  Savez-vous pourquoi vos parents l'ont choisi?  Je veux dire... Vos parents adoptifs le savaient-ils?  Ou la fratrie de votre mère?

Voilà qu'il ne savait plus quoi faire de ses mains.  Pourquoi diable n'avait-il rien commandé à manger ni à boire?  Oh.  Alex prit une gorgée de son café toujours glacé.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptyLun 4 Juil - 19:16


   
Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu ne connais pas... Seul au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Arès et Alex
   

   
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Le fou rire de l’amateur de lecture prénommé Alex est un moment bien agréable dans un après-midi qui ne devait pas l’être particulièrement à l’origine. Tout d’abord parce que malgré mes airs parfaitement impassibles et totalement indifférents au monde extérieur, je ne suis pas insensible à une telle manifestation de joie et de bonne humeur aussi éclatante que revigorante. Raison pour laquelle, je ris à mon tour de bon cœur à ce trait d’humour aussi absurde qu’inattendu. En effet, vu la tête du luron j’aurais été plus inspiré de lui attribuer une potentielle origine géographique plus caucasienne comme celle de n’importe quel pays du vieux continent. Quoi que je trouve en toute sincérité qu’il n’a pas vraiment le type méditerranéen. Peu importe puisque ce petit trait d’humour a permis de détendre un peu plus l’atmosphère que je trouvais tout de même légèrement pesante sur les bords. Ce qui est somme toute toujours le cas lors d’une première rencontre.

Le fameux moment qui précède le lancement de la conversation. Ce moment s’apparentant à un flottement des deux parties à la discussion, le prologue à l’engagement de la relation à travers le dialogue. Ce moment crucial pour savoir si le courant passe ou si la discussion va être branchée sur courant alternatif. Il semblerait ici que la conversation se soit engagée le plus naturellement du monde. Je ne suis pas l’homme le plus loquace de la ville mais je pense être capable de sociabiliser plus que convenablement lorsque la situation l’exige ou qu’il m’en prend soudainement l’envie. Ce qui n’arrive pas très souvent dans le second cas de figure. Du moins, il me semble. A moins que le seul effet de ce fameux Nemeton sur ma personne ne soit absolument pas mystique ou surnaturel mais socialisateur. Ce qui serait franchement étrange vous en conviendrez. Le prénommé Alex semble passer par diverses émotions ou états d’esprits durant la discussion et ayant un visage relativement expressif, il est finalement assez aisé de lire sur ce visage rougissant comme dans un livre ouvert.

Tiens, nous revenons une nouvelle fois à ce processus à la fois intimiste et libérateur qu’est la lecture. A croire qu’entre nous, tous les chemins mènent à la bibliothèque. J’apprécie particulièrement son petit haussement de sourcil interrogatif auquel il convient d’accorder sans conteste une mention spéciale pour sa spontanéité dans tout ce qu’elle a de plus ingénue. Pour ma part, j’imagine que mon visage s’apparente vaguement à un fjord islandais ou à l’iceberg ayant couté l’insubmersibilité au Titanic. Seuls mes yeux sont véritablement expressifs. Le reste de mon visage étant la plupart du temps un masque de calme, d’impassibilité ou le tributaire d’un blasé fringuant. Les yeux sont les portes de l’âme ou les fenêtres. Je ne me rappelle plus expressément de la citation poétique à ce sujet. Néanmoins, l’idée générale fait état d’une connexion privilégiée entre les manifestations physiques du sens de la vue et de l’âme, cette notion abstraite la désignant comme la partie incorporelle de l’individu. L’idée d’une chose transcendée, spirituelle et immanente qui animerait le corps de l’être humain.  Le concept souhaitant dépasser l’idée que nous ne soyons que de simples êtres mécaniques reposant sur des instincts universels.    

Mais revenons-en à mon interlocuteur. Alex avait au premier abord eu l’air d’un homme timide aussi facilement embarrassé qu’une demoiselle complimentée. Mais, peu à peu il s’ouvrait naturellement à la discussion et s’y engageait sans faux semblant. Ce qui constituait une expérience authentique de discussion. Se souvenant soudainement qu’il avait également reçu sa commande, le voyageur cultivé saisit sa tasse de café glacé et la porte nonchalamment à ses lèvres. J’en profite à mon tour pour l’imiter et avaler quelques journées de ce bien délicieux capuccino. Puis, je repose la tasse tout en observant mon interlocuteur à l’affut de sa réaction à cet aveux n’échappant jamais la frontière sécuritaire de mes lèvres en temps normal. Mais, à mon grand soulagement ce dernier se contente d’hausser les épaules et ne me sors pas tout un couplet sur la compassion qu’il ressent ou pourrait ressentir pour ma situation. Il n’y a rien à dire de ce genre. D’une part parce que ce n’est nullement ce que je cherche à entendre.

Etre un orphelin m’a endurci très rapidement et si la plupart des gens pourrait justement considérer ce fait comme une mauvaise chose vis-à-vis de la légendaire ou bien réelle innocence des gamins, cela ne m’a jamais gêné et à partir du moment où je me suis rendu compte vers mes cinq ans que cette situation était ferme et définitive j’ai enfin commencé à vivre. D’autre part, bien que je ne souhaite cela à personne bien évidemment. Il faut convenir qu’il y a une pléthore de situations bien plus grave comme être atteint d’une maladie incurable ou être paralysé. Honnêtement, personnellement je ne regrette nullement ce que j’ai vécu. L’orphelinat m’a appris le sens du mot amitié et même celui de fraternité. Certaines personnes ne connaissent pas de telles choses en une vie entière alors bon. Mais, assez larmoyer sur une situation qui à mes yeux n’a aucune raison de l’être. Je détourne bien vite l’attention de l’amateur de café glacé en enchainant sur Beacon Hills. Voilà un sujet bien plus intéressant et moins confessionnel. Car, cette petite bourgade est bien plus un thème fédérateur que la condition orpheline. Une condition me poussant à être foncièrement sympathique lorsque je rencontre un autre individu l’ayant vécu.

Ce qui est amusant puisqu’on pourrait limite avoir l’impression d’avoir affaire à deux ex marines liés par ce qu’ils ont vécus ou quelque chose du genre. La réponse d’Alex ramène mes pensées vers le moment présent et j’avale une nouvelle gorgée de capuccino sans quitter l’amateur de sirop d’érable des yeux. Je me contente d’hocher nonchalamment la tête devant ses observations fort justifiées quant à la météorologie. Il m’arrive également de regretter parfois les averses de Seattle et la neige des hivers. La pluie a toujours eu quelque chose de reposant à mes yeux. Ce petit clapotis régulier était une mélodie fort appréciable à mes yeux. Quant à la neige, c’était bien l’une des rares choses capables d’émerveiller les mioches désabusés que nous étions. Néanmoins, je ne dirais pas que je regrette la grisaille monocorde de la cité d’Emeraude. Le soleil californien est un stimulant agréable. L’ambiance changea imperceptiblement lorsque l’expression d’Alex s’imprégna d’une gravité qui ne manqua pas de me dérouter. Encore une fois, le mouvement de ses sourcils fut brusque et presque aérien. Ce dernier s’humecta les lèvres et plongea ses yeux dans les miens avant de me demander si je connaissais les raisons de ce prénom si particulier. Avalant une longue rasade de mon breuvage si apprécié, je lève le bras pour attirer l’attention de la serveuse et lui commande plusieurs muffins ainsi qu’un autre capuccino.

Je prends plusieurs de muffins car ne sachant pas lequel conviendrait à mon partenaire de discussion. Devant son regard interrogatif, je me contente d’hausser les épaules et de lui adresser un grand sourire avant de lui dire sur le ton de la confidence : C’est que c’est une très longue histoire.
Les commandes arrivent très rapidement et je saisis un muffin dans lequel je croque avant de le poser devant moi et de dire : Vous pouvez en prendre un si vous voulez. C’est une très vieille tradition familiale. Croyez-le ou non. La branche paternelle de ma famille est d’origine grecque et elle s’est toujours considéré comme la descendante du dieu de la guerre. C’est ainsi que le prénom Arès s’est transmis aux ainés de chaque génération depuis bien avant ma naissance et la vôtre. Mon père a émigré aux Etats Unis mais n’a pas renié la tradition j’imagine.
J’observe calmement Alex durant quelques instants avant d’éclater de rire et de lui dire : J’aurais bien aimé que cela soit la vérité. Je vous fais marcher. La vérité c’est que je n’ai aucune idée de la raison de ce prénom et ma tante ne le sait pas non plus. Ou si elle le sait, elle n’a pas jugé opportun de m’en parler. Ce qui en soi ne serait pas très grave car aussi exubérant et étonnant soit-il ce n’est qu’un prénom. Qui me va plutôt bien vu la carrure que je me paie j’imagine. Et vous des anecdotes sur votre prénom ?                      
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MessageSujet: Re: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptyVen 12 Aoû - 2:53

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Le café était froid, les glaçons s'entrechoquaient dans le verre.  Le conversation, de façon similaire, était bercée de leurs paroles qui savaient tantôt à petits pas pressés, s'arrêtaient tantôt prudemment, comme l'oreille aux aguets, ou rebroussaient chemin mus par une crainte d’heurter les sensibilités.  Parallèlement à cette danse verbale, et dans une harmonie certaine, les sourcils d'Alex offraient une danse aux apparences presque rituelle qui ne faisait qu'appuyer ses propos.  Le bloc de marbre en face du scientifique prenait patiemment part à la discussion, et tantôt même aux élucubrations ou aux impertinences du Manitobain.


Le laborantin écouta avec attention les explications du dieu grec, impressionné tant par la tradition familiale que par la connaissance de celle-ci qu'avait Arès.  Comment était-elle parvenue aux oreilles de l’orphelin? Mystère!  Ou bien par l’intermédiaire de sa tante, en fait.  Ça tomberait sous le bon sens!


-Wow… murmura Alex, ébahi, mais pas franchement choqué par la pratique. Certes, elle était bien plus intense que celle en Acadie, mais elle était similaire à celle que sa mère lui avait jadis expliqué, gamin. «Un nom, ça se passe comme un héritage: le nom de famille pour les gars; le prénom pour les filles.» Ainsi n'était-il pas rare par derrière chez son aïeule qu’une femme porte le nom de sa mère, ou de sa grand-mère, ou de la grand-mère de son parent, principalement de sa mère. Si ça remontait plus loin au-delà de ça, on parlait d'un hasard, pas d'un héritage.  Ainsi lui, Alex à Gabriel à Raphaëlle à Gabrielle (mamie Cormier avait de l'humour) à Raphaëlle à Jeanne à Madeleine à Jeanne Gionest, saurait à peu près quel prénom avait chacune de ses ancêtres, s'il s'était montré plus intéressé par la généalogie.

Rien n'empêchait cette séquence patriarcale d'Arès de ne pas avoir le même genre de traditions, simplement avec une assiduité un peu plus fanatique. À quoi s'attendre d'autre d'une nation aussi reconnue pour son machisme que la Grèce, là où les canadiens étaient bien plus matriarcaux qu'ils n'oseraient jamais l'admettre. Ce n'était pas pire que ces Warren Worthington III ou VII ou que savait-il encore, qu'il avait déjà vus il ne savait trop où!

La surprise fut grande lorsque le colosse éclata de rire, faisant se sentir Alex minuscule, mais réchauffant tout de même le bout de pièce qui les entourait. Ce rat de bibliothèque était définitivement d'une très agréable compagnie. Se fichant quelque peu de s'être fait troller comme lui-même aimait bien troller les gens – surtout un certain ours de sa connaissance – il appréciait en fait que le géant se permette une telle forme d'humour avec lui. N'était-ce pas là la preuve qu'il se sentait à l'aise en sa présence. Les barrières tombaient maintenant que la glace était brisée, et le jeune druide n'était pas pour s'en plaindre.


Alex observa Arès prendre une gorgée de son cappuccino, les tripes serrées de se sentir légèrement voyeur à l'observer ainsi. Quel âge pouvait-il bien avoir? De prime abord, Alex était tenté de dire que le joueur de tour était un peu plus âgé que lui. Peut-être avait-il même trente ans? Non, il n'avait tout de même pas l'air d'être une antiquité! En fait, Arès émanait une maturité qu'Alex ne trouvait pas si souvent chez les gens. Était-ce lié à son statut d'orphelin? Ou simplement à une personnalité encore plus calme et pragmatique que la sienne? Lorsque le géant reposa sa tasse, le laborantin remarqua l'absence de moustache de mousse au-dessus des lèvres de son comparse et aussitôt se sentit un peu mal : lui ne parvenait toujours qu'à s'en mettre plein le visage et il en était venu à se demander ce qu'il y avait de mal avec sa technique.  À moins que ce ne soit en raison de la firme de sa bouche ou de son sillon labial? Alex était difforme!  Cette révélation fit comme passer un nuage dans son regard, puis il se ressaisit. Non, non, non… c'était probablement tout simplement parce qu'il y allait trop goulûment!

Alex n'était pas certain si Arès se plaignait de sa carrure ou si il ne faisait qu’une simple constatation, toutefois une chose était certaine : lui ne s'en plaindrait pas!  La question du grec conique petit le canadien légèrement au dépourvu, mais il répondit tout de même avec spontanéité et authenticité.

-En fait, à peu près tout le monde dans la famille de mon père porte un nom unisexe, et je suis le seul qui ne porte pas un nom en “el”. Il faut dire que ma mère a la tête dure et mon père a dû plier au moins pour son aîné - mon frère s'appelle Michael.

Ce n'était pas une tradition familiale que son père lui avait raconté, mais plutôt un espèce de schéma qu'il avait fini par remarquer cours de ses lectures du grimoire familial.  Si les Michel, Daniel et autres Samuel n'avaient aucunement attiré son attention, un oncle Ézéchiel était déjà moins courant et surpris les sourcils du biochimiste.  Ce ne fut toutefois qu'à l'ancêtre Azrael qu'il s'interrogea et commença son investigation. Outre quelques Nathaniel, il tomba sur Murielle, Zachariel et Séraphin.  Il ne lui fallut pas faire de trop longues recherches pour réaliser que ses prédécesseurs semblaient avoir opté pour une tradition de nommer leurs enfants selon les noms des anges. Le choix lui apparaissait d'ailleurs toujours étrange.  Peut-être que les anciens Cormier avaient voulu imposer ainsi davantage l'aspect gardien de leur tradition familiale. Dans tous les cas, mieux valait ne pas aborder le sujet druidique avec un inconnu, peu importe la forme de ses hanches...

-Bref, il n’y a rien de bien exceptionnel chez moi non plus, conclut-il en acceptant volontiers un muffin.  C'était qu'Arès prenait plaisir à gâter Alex!  Souriant, le druide songea qu'il aurait probablement à insister pour payer sa partie de la note. Il croqua  dans sa gourmandise et tenta de deviner ce qu’il avait pioché d'un air à la fois espiègle et investigateur.

-Y’a des canneberges c'est sûr. Son et canneberges, peut-être?

Il chopa une nouvelle bouchée avant de s'enquérir à nouveau.

-Ton père était vraiment grec ou ça faisait partie de la blague? Je veux dire, j'ai beau n’pas être Paki, c'est pas écrit dans mon front non plus que mon grand-père est métis…

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MessageSujet: Re: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptyMar 16 Aoû - 15:57

Le livre poussiéreux



ft. Alex

Des mots
pensées en italique
dialogue en gras

Un murmure ébahi ponctua mon récit complètement enjolivé tout droit sorti de mon imagination. Ou de mon subconscient car après tout quand bien même mon intention était de fomenter une plaisanterie susceptible de détendre encore un peu plus l'atmosphère déjà relativement agréable, force m'était de reconnaître que cela ne m'aurait nullement déplu qu'il s'agisse de la vérité dans sa forme la plus pure et élégante. Force m'était de reconnaître que posséder une histoire familiale teintée de traditions bien particulières et propre à cette congrégation de personne du même sang n'aurait pas franchement pu être déplaisant. Mais, il était trop tard pour les regrets et faire remonter à la surface une douleur enterrée au plus profond de mon âme depuis la petite enfance. J'avais grandi précocement tout seul puis entouré d'un ramassis de gamins dans la même situation que moi. La douleur ça vous fait mûrir d'un coup d'un seul. Vous pouvez me croire.

L'expression « il a pris un coup de vieux » était éclairée sous un jour nouveau à la lumière de cette information. Être orphelin ne signifiait pas ne pas avoir de famille seulement pas de parents. La famille ne se résume fort heureusement pas à ces deux personnes. De plus, ne pas en avoir de facto ne voulait pas dire que l'on ne pouvait pas s'en approprier une ou en créer. J'en avais crée une autour de la petite bande qui était la mienne à l'orphelinat et je m'en étais approprié une autre lorsque ma tante, son mari et mes cousins avaient surgi de nulle part dans mon imaginaire de gamin oublié s'étant construit sur des failles et m'avaient fait comprendre que non je n'étais pas seul. Non, je n'étais pas un mauvais souvenir que l'on désirait oublier ou une tache dans un sombre passé dont les détails paraissent trop  incongrus pour être dévoilés mais un futur en devenir n'ayant peut être pas d'histoire mais qui pouvait à présent en écrire une.

Pour en revenir à ma plaisanterie, j'avais brodé à partir de mes connaissances sur le pays en question et ajouté une saveur théâtralement grandiloquente à l'anecdote . Mais bon lorsque l'on se prénommait Arès, il était bien difficile d’être bercé dans la modestie. Ce n'est pas que je sois un être d'un orgueil démesuré mais la rareté d'un tel prénom accolée à l'histoire ou plutôt pour me montrer plus pointilleux la mythologie qui suivait derrière avait de quoi impressionner son propre propriétaire. Surtout lorsque ce dernier était ou plutôt avait été un gamin abandonné fondamentalement malheureux avant de passer outre le traumatisme causé et d'aller de l'avant comme si le traumatisme en question était une force plutôt qu'une faiblesse. Comme si  le fait de connaître une douleur telle que les enfants ne devraient jamais connaître l'avait immédiatement endurci de la même manière que le corps d'Achille ayant été trempé dans le Styx  par sa mère Thétis. Mais assez déblatérer sur la Grèce antique, le fait est que m'appeler Arès m'avait poussé à m'acharner contre la vie et à y prendre goût malgré tout. Comme si le mioche que j'avais été avait réellement pris ce prénom au sérieux en se disant que ses parents lui avaient légués cela pour qu'il soit fort malgré la situation. On ne sait vraiment pas ce qu'il peut passer par la tète d'un enfant n'est ce pas.

Décidant de mettre fin à cette touche d'humour peu subtil et quelque peu puéril, j'éclate d'un rire tonitruant devant l'expression d'Alex. Qu'on se le dise, je suis parfaitement conscient que mon sens de l'humour laisse à désirer, cela ne m’empêche pas d'en rire allégrement  à chaque fois que je prends la peine de le distiller quel que soit mon interlocuteur. Le rire eut également un effet apaisant sur ma propre personne car ce n'est pas forcément parce que l'on pense avoir dépassé certaines choses et ce depuis bien longtemps que ces choses ne pouvaient pas avoir un effet sur vous et vous atteindre d'une manière ou d'une autre. Et puis le rire était le meilleur moyen de créer des liens et de faciliter la mise à l'aise des gens. On a envie de passer du temps avec des personnes embellissant notre quotidien et non pas celles qui nous le plombent en y apportant des nuages noirs sauf sempiternelles exceptions bien évidemment. Je savoure une nouvelle gorgée de cappuccino et laisse un sourire prendre le relais après mon rire reconnaissable entre mille sans pour autant être désagréable. Je ne savoure pas que le goût délicieux du liquide dans ma tasse mais également la canadienne présence de l'amateur de lecture se trouvant face à moi.

Mon sourire sincère était peut être également du au fait que j'avais bien conscience de me faire reluquer.  Que voulez vous que je vous dise ? Si un humain ordinaire pouvait aisément s'en rendre compte. Il en était d'autant plus de même pour un surnaturel aux sens bien plus aiguisés. Je ne m'en formalisai aucunement pour autant. Est ce que vous connaissez quelqu'un qui se plaindrait de sentir un regard appréciateur sur sa personne ? Bon, cette affirmation par l'interrogation tombait platement à l'eau étant donné que je connaissais moi même des personnes susceptibles de le faire. Pour ma part , cela ne me gênait pas le moins du monde. Le prénom vous disais je. Le prénom. Ma question semble prendre le rafraîchissant Canadien au dépourvu mais ce dernier ne tarde pourtant pas à répondre avec spontanéité. Les rôles s'inversent et c'est à mon tour d'écouter avec attention les paroles de mon voisin de table. La dynamique des relations sociales s'apparentant vaguement à une partie de ping pong ou de bière pong dans certains cas il suffisait d’être tour à tour actif puis passif.  Ce qui en soi n'était pas plus mal car orienter une conversation n'était pas un exercice aussi facile qu'il n'y paraissait. Pour l'heure, je laisse mon regard se fixer sur le visage d'Alex et tends l'oreille. Pourquoi fixer le regard sur mon interlocuteur?

Tout simplement en raison de son expressivité faciale absolument fascinante pour un homme comme moi qui pouvait aisément se contenter d'en arborer une poignée. Je suis réellement curieux de connaître les traditions familiales et origines  de l'amateur de lecture car lui en avait une de bel et bien réelle à n'en point douter. On aime à chercher chez les autres ce que l'on n'a pas chez nous. Ah, une obsession pour les prénoms angéliques alors. Intéressant. Il faut bien avouer que les prénoms de tradition biblique ont un certain cachet. Une prestance à l'oreille qu'un prénom ordinaire ne pourrait se targuer de posséder. Si des petits Arès pointaient le bout de leur nez à l'horizon un jour, j'opterais peut être pour un prénom de ce genre. Ce qui serait amusant si l'on notait un passage de la période antique à la suivante marquée par le christianisme. Ou alors, je créerais une tradition et transmettrais un autre prénom d'origine mythologique.

Hors de question que je passe Arès à un successeur. Non pas par possessivité mais parce que je n'ai jamais aimé le junior accolé à un prénom. Arès junior deuxième du  nom. C'est à la fois pompeux et ridicule. Plus sérieusement, je n'ai aucune idée du prénom que je donnerais à mes enfants potentiels. J'irais peut être plutôt chercher du coté de mes racines amérindiennes pour rendre hommage à des ancêtres depuis longtemps oubliés. Rien d'exceptionnel. Rien d'exceptionnel. C'est vite dit lorsque l'on sait que la majeure partie de la population nomme ses enfants au gré de ses envies et non pas en fonction d'un schéma tout tracé. Je tends un muffin à mon nouvel... Mon nouveau quoi au fait ? Serait il précipité de parler d'amitié ? Disons à mon nouvel interlocuteur privilégié en matière de discussion littéraire et de blague douteuse sur les origines des prénoms originaux dont le sourire chaleureux éclaire la tablée. Je l'écoute donner son avis sur les ingrédients du muffin en souriant avant de piocher à mon tour dans le mien d'un coup de dent.

Oui, Canneberge, son et citron je dirais. Une autre bouchée pour vérifier la sensation. Oui un zeste de citron pour relever le tout. Je m’apprête à l'indiquer à Alex lorsque ce dernier me demande s'il y avait une once de vérité dans le mensonge farceur de tout à l'heure. Je lui réponds avec un sourire: Non, cela faisait partie de la blague. Pour ce que j'en sais mon père était américain  d'origine britannique comme bon nombre d'américains tu me diras. Seulement, Coleman étant bien plus anglais qu'américain. Je suppose que ses parents ou ses grands parents étaient les premiers Coleman américains de la famille ou qu'il s'y était installé de son propre chef. Je ne peux que supputer étant donné que je ne sais strictement rien de lui. Ma tante n'a pas pu m'en dire beaucoup. Mes familles maternelle et paternelle n'ayant jamais été proche à ce que j'ai compris. Mais assez parler de moi et de mon sens de l'humour déplorable. Ton grand père est métis ?    



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Alex Cormier

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MessageSujet: Re: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptySam 3 Sep - 17:25

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Sans se faire attendre, Alex opina du chef de façon un peu molle. Une fois, puis une seconde, et une dernière suite à laquelle il bascule légèrement la tête sur le côté?  Avait-il réellement utiliser ce terme législatif que son aïeul honissait?  C'était bien ce que son grand-père était, techniquement, un métis. Ni l’un, ni l’autre, ils pestait parfois d'être toujours trop blanc, mais jamais assez à la fois, aux yeux du monde. De son vivant, il avait pour son dire qu’il ne devrait être de questions de races, mais de cultures. Un humain se définissant par un ensemble de codes qu’il a choisi de reconnaître et de s'approprier.  Un choix d'attachement beaucoup plus qu'un hasard des naissances ou un simple statut légal.

Non, le père de Gabriel avait beau ne pas habité sur une réserve, il avait beau être de sang-mêlé et compter plusieurs européens parmi ses ancêtre, il l'avait toujours revendiqué haut et fort : il était Cri.  Si les histoires qui étaient venues aux oreilles d'Alex étaient vrai, son grand-père avait même été plutôt activiste, à l'époque.  Si le jeune laborantin en ressentait une fierté – étant lui-même près de ses convictions, il ne pouvait qu'avoir en haute estime les gens qui étaient faits pareillement, surtout qu'il s'agissait d'un membre de sa famille directe – il n'était toutefois pas certain de comprendre l'essence de ses revendications.  Il espérait simplement ne pas trop l'avoir froissé, où qu'il se trouvait.  En même temps, c'était une époque totalement différente et les mœurs et les lois avaient changé.  Ou si peu, en fait, vous dirait n'importe qui qui s'intéressait le moindrement au traitement des premières nations et à leurs conditions de vie aux Canada.  Ce devait être sensiblement similaire chez les voisins du Sud, à la différence près que les canadiens avaient eu la décence de ne pas volontairement décimer les autochtones à coup de balles et de mousquets.  Ça ne pardonnait toutefois pas les horreurs qui faisaient parfois surface dans la presse.  Si cela brisait parfois le cœur d'Alex, il n'y accordait généralement pas beaucoup plus de temps ou d'attention que la plupart de ses compatriotes.  

Dans ces pays de liberté et d'égalité, de tolérance et d'ouverture, comment se faisait-il que tant de minorités soient ainsi laissées pour compte?  Que ce soit les amérindiens et les métis, que ce soient les minorités francophones en provinces anglophones, que ce soient les acadiens, peuple sans terre ni titre, que ce soient les pêcheurs, les mineurs et autres ouvriers abandonnés par des lois sur le travail et le chômage qui respectent de moins en moins leur humanité, que ce soit ces nouveaux arrivants, migrants ou réfugiés, qui ne parlent ni un mot d'anglais, ni un mot de français et doivent lutter pour se dépatouiller et trouver leur place dans ce monde qui ne leur est plus seulement étranger et inconnu, mais également de plus en plus rapidement hostile et fermé.  Ère du multiculturalisme et du village global, tu parles...

-Coleman, j'aurais plutôt parié sur une origine allemande ou yiddishe, pour être honnête.  Il y en a beaucoup aux États-Unis.  Ma mère, par exemple...

Alex s'interrompit lui-même d'un haussement d'épaules et reprit une bouchée de muffin.  Qu'est-ce qu'Arès en aurait à faire, après tout.  Et puis, Alex avait toujours eu cette mauvaise habitude de laisser ses phrases en suspens, comme si la fin était évidente, ou comme si il préférait laisser à ses interlocuteurs la possibilité de la compléter à leur guise et donc se voir forcés d'agréer avec les non-dits d'Alex.  C'était probablement plutôt ceci.  Un mécanisme de défense pour s'attirer l'accord des autres sans trop se mouiller.  Dans tous les cas, le sujet était trivial.  Et on lui avait posé une question, pardi!  Ne fallait-il pas y répondre, politesse oblige?

-En fait, techniquement, aux yeux de l'état, si.  Il était métis.  Mais lui-même préférait dire qu'il était Cri.  Il vivait selon leurs coutumes et croyances, et était même...

Cette fois, Alex s'interrompit pour une raison totalement différente.  Les sourcils en un arc de cercle doux, il suivit du regard la jeune femme sur laquelle ses yeux venaient de se poser.  Elle s'était installée à une table avec un café et pianotait sur son portable.  De longues boucles brunes s'échappaient de son bonnet, en équilibre précaire sur sa tête, cachant les cils qu'il avait pu deviner et les yeux noirs qu'ils encadraient.  Son teint rivalisait avec toutes les Jasmines et toutes les Esmeralda des contes pour enfants.  Elle portait des boucles d'oreilles colorées et des vêtements qui se seraient parfaitement fondues dans la foule de Sidney, Australie ou de Portland, Oregon : simples, légers, colorés.  Un sourire étira les lèvres d'Alex, mais s'en retira aussitôt qu'il réalisa qu'il était en train de la dévisager alors qu'il se trouvait en toute aussi charmante compagnie.  Qu'est-ce qu'Arès allait penser?  Qu'il était un courrailleux de première, c'était certain!  Il s'était montré tellement impoli! Le teint de nouveau betterave et bafouillant un peu, Alex reprit la parole.

-Je suis désolé.  Je disais que mon grand-père était même chaman pour sa communauté.

Habituellement, après cette information, les gens avaient tendance à lui demander s'il croyait à ces machins de magie et d'autres trucs ésotériques.  Sa réponse avait toujours été que certaines pratiques, principalement curatives, pouvaient être supportées par la science, y compris l'apparition de « visions ».  L'interprétation de celles-ci, par contre, révélait du culte, de la même manière qu'un prêtre ou un pasteur.  Si sa version officielle n'avait pas changé, il avait toutefois désormais envie de crier « Oui! C'est vrai! La magie existe! », mais s'en abstenait pour ne pas se retrouver en centres spécialisés tels que Eichen House.

-Tu dois te dire que c'est un peu ridicule, mais ce n'est pas exactement comme on le voit dans les livres, avec la poudre de perlimpinpin et la danse de la pluie.  Ce sont aussi les historiens et les médecins.  Ce que les premières nations avaient qui ressemblaient le plus à nos scientifiques actuels, toutes spécialisations confondues.
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MessageSujet: Re: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptyDim 11 Sep - 23:22

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ft. Alex

Des mots
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Mon compagnon de tablée ne tarda pas à hocher la tète mollement pour confirmer mon interrogation. Je suis bien conscient que ma question peut aisément paraître déplacée mais quelques fois je ressemblais encore à ce gamin maladivement curieux que j'avais été durant mon enfance à Seattle. Certains traits d'une personne que cette dernière croyait oublié pouvait ressurgir au moment ou elle s'attendait le moins parce que la personnalité a ses raisons que la raison ignore. J'espère simplement ne pas avoir froissé Alex avec mon manque de tact notoire. Mais, je ne pense pas que cela soit le cas car sa réaction n'est ni extrêmement négative ni hostile et je suis rassuré de ne pas avoir gâché ce moment agréable de découverte mutuelle avec une question posée par un homme pouvant parfois se révéler sans gène sans même s'en rendre compte.

Encore une fois, j'imagine que ce sont les premiers contacts et les premières expériences sociales qui façonnent une individualité et mes premiers contacts avaient eu lieu à l'orphelinat St Thomas, un lieu ou les gamins que nous étions se faisaient un plaisir de rejeter conventions sociales, étiquettes, notions de politesse par pure bravade envers le système éducatif. Là ou j'ai grandi, il suffisait que l'on nous demande de faire quelque chose pour que nous nous rebiffions sans même savoir en premier lieu pourquoi nous nous rebiffions au lieu de nous exécuter et de passer bien gentiment à autre chose. Fort heureusement, j'avais grandi et évolué mais il restait un peu de ce môme en moi. Quoi qu'il en soit, j'attendais la réponse d'Alex qui semblait être dans ses pensées. Pour moi, le mot métis n'était qu'un terme sans réel consistance désignant une personne ayant des parents d'origines, de couleurs de peau différentes mais n'avait aucun impact sur ma vision des gens. J'avais beau être métis, je ne voyais pas en quoi cela était extraordinaire ou au contraire gênant. J'avais eu la chance de ne pas encore rencontrer de personnes pour qui un détail aussi anodin qu'une couleur de peau ou une origine sociale ou géographique avait une importance notable.  Je ne savais pas franchement comment je réagirais dans ce cas là. Soit très mal soit très bien c'est à dire de manière indifférente puisque les personnes s'attardant sur ce genre de questions ne valent pas la peine que je leur accorde mon attention. Cela peut paraître assez générique et facile à dire mais ayant moi même des racines amérindiennes, une mère à priori afro américaine puisque ma tante l'est et un père inconnu mais probablement caucasien, je me sens citoyen du monde quand bien même je n'ai jamais mis le pied hors des États Unis.

L'humanité avait tellement plus de choses en commun que de choses différenciatrices et pas que des bonnes-pessimisme O mon légendaire pessimisme critique te voilà enfin de retour-pour que l'on s'acharne à vouloir se différencier de l'autre dans une approche ethno centrée. Les États Unis étaient un pays basés sur l'immigration européenne ayant volé les terres de mes ancêtres amérindiens. Pas de langue de bois avec moi. Le fait que les habitants d'origine d'un continent se retrouvent à vivre dans la pauvreté la plus complète dans des réserves m'indignait au plus haut point. Ne parlons même pas du sort encore moins reluisants de certaines minorités. Le melting pot de ce grand pays semblant être le repère moderne du monde occidental ressemblait plus à une vague illusion douteuse. Mais, pour revenir à mon pessimisme passager. Que pouvions nous y faire ? Je repense à l'orphelinat en me disant que là bas nous n'avions eu jamais ce genre de pensée entre nous. Nous étions un, tous touchés par le même malheur peu importe notre peau ou nos origines.

Un léger sourire étire mes lèvres lorsque je fais le bien triste constat que ce monde devrait prendre exemple sur les orphelins de St Thomas. Comment ne pas regarder l'humanité avec un air supérieur lorsque l'on est un surnaturel bien au dessus de telles questions qui ne devraient à mes yeux même pas être posées. Je reviens à moi lorsque la réponse du canadien perce mes pensées. J' hausse les épaules de manière nonchalante en souriant lorsqu'il évoque d'autres origines possibles pour mon patronyme. Je l'interroge du regard au sujet de sa mère car ma curiosité était à son plafond lorsque je discutais avec Alex. Aussi je suis étonné lorsqu'il laisse sa phrase en suspens. Je ne m'en formalise pourtant nullement. Pensant qu'il devait penser qu'il m’embêtait avec ses paroles. Ce qui n'était absolument pas le cas bien au contraire. Je ne le reprends pas et le laisse continuer sur le sujet de son grand père donc. Je l'écoute avec attention et fouille dans mes souvenirs pour essayer de placer une connaissance lue quelque part sur le peuple Cri mais ma culture générale a ses limites. L'amateur de lecture se révélant de plus en plus sympathique au fur et à mesure de notre conversation s’interrompt avant la fin de sa phrase pour la seconde fois mais pour une raison très différente. Je suis son regard et remarque à mon tour la jolie métisse aux cheveux bouclés.

Le sourire d'Alex m'arrache un autre sourire et je me fais la réflexion que mon camarade a décidément de très bon goûts qu'il s'agisse de gentes demoiselles ou d’œuvres littéraires. Mon sourire reste en place lorsque Alex se retourne vers moi et constate que j'ai tout vu. Le rouge lui monte au joue et il bafouille avant de reprendre sur son grand père. J'efface mon sourire même si je ne comprends pas sa gène. Je ne le quitte pas du regard tandis qu'il m'apprend que son grand père est un chaman. Je ne sais pas vraiment si la magie existe mais ayant des racines amérindiennes, j'ai tendance à y croire sachant que le surnaturel qui n'est pas censé exister existe bel et bien. Je suis bien placé pour le savoir alors oui je penchais plutôt du coté de la croyance. Je réponds dans la foulée avec un grand sourire : Ne sois pas désolé pour tout à l'heure. C'est une très belle femme. Tu as très bon goût.


Puis, je jette un coup d’œil vers elle avant de replonger mes yeux dans ceux de mon vis à vis. J'espère ne pas l'avoir mis mal à l'aise mais après quelques bribes de discussions, on comprend vite que je suis quelqu'un de naturellement décontracté ne m’embarrassant pas énormément des convenances. Mais, je n'aime pas passer pour un sans gène non plus. Je reprends : Ton grand père  est un homme très intéressant. Je t'avouerais que je n'ai jamais creusé du coté de mes racines amérindiennes alors que les différentes cultures de ces peuples me fascinent. Quant au fait que les chamans étaient des sages et les scientifiques et médecins de l'époque cela ne m'étonne pas. C'est sûrement pour cela qu'ils étaient considérés comme liés aux esprits qui leur procuraient la connaissance. L'homme a tendance à trouver des explications pour ce qu'il ne comprend pas. Tu veux un autre muffin ?
Je tends le petit plateau vers le canadien avec un sourire sur les lèvres.  



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MessageSujet: Re: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptyMer 14 Sep - 0:26

Le livre poussiéreux


Les interlocuteurs passaient de sourire à impassibilité dans l'alternance des mots qu'ils s'échangeaient, et parfois quelques nuances supplémentaires se glissaient au milieu de leurs expressions faciales.  Un sourire naquit sur les lèvres soyeuses du géant, sans qu'Alex ne se doute de la raison derrière cette naissance.  Ça ne l'empêchait pas de profiter de la vue et de sourire à son tour, peut-être un peu parce qu'il était encore assez jeune pour avoir des relents de mièvrerie, peut-être simplement parce que le sourire était contagieux et agréable.  Comme des ricochets sur un étang, ou un jeu de miroirs parallèles, le nouveau sourire du châtain en attire un nouveau chez le brun.  Et le manège reprend et continue, au grand plaisir d'Alex, qui se montre de moins en moins subtil dans ses intentions de plaire.

Jusqu'à ce qu'il fasse une bévue.  Et qu'Arès ne la remarque.  La bévue autant que la latina, d'ailleurs, qui s'était assise sagement, plus long, ignorant tout du jeu de regards qui venait de briser celui, beaucoup plus fragile, de la séduction.  C'en était fini pour Alex.  Il pouvait dire au revoir à toutes chances de se voir inviter à une nouvelle sortie, ou qu'une offre de sa part à un rendez-vous soit à son tour acceptée – option plus convenable et gentleman que d'attendre telle une potiche et se laisser désirer... – et si il était bien malchanceux, Arès le plaquerait peut-être, quittant le café en pestant, ou en l'engueulant, et le manitobain se coltinerait une addition qu'il avait l'intention de partager depuis le début.  Il poursuivait la discussion en voulant faire mine de rien, mais risquait davantage de s'emmêler les pinceaux que quoi que ce soit d'autre.

Du moins, il bafouillait légèrement, les joues rosées, jusqu'à ce que Arès ne lui cloue le bec.  Il la trouvait aussi... Il était aussi...  Voulait-il qu'ils... la...?  Trois?  Alex s’estomaqua lui-même un instant avant de reprendre subtilement son souffle.  Il s'était attendu à de la jalousie, de la colère, peut-être de la tristesse, mais pas à un commentaire aussi franc et... décontracté.  Ça l'amusait, non de non!  Le canadien s'aperçut qu'il se faisait des scénarios et que son collègue de lecture n'était pas un sinistre pervers, mais qu'il avait simplement attesté du bon goût d'Alex en matière de concubinage potentiel.

Minute, papillon!

Arès ne venait-il pas, par le fait-même, de se lancer lui-même un bouquet de fleur aussi visible que l'air qu'Alex affichait, à la fois outré et amusé par l'audace et la confiance du colosse.  C'était qu'il ne se prenait pas pour du crottin de Civet, et qu'il se savait beau garçon, en plus.  Si une part d'Alex était furieusement jalouse de tant d'assurance, une autre en était franchement séduite.  Il était tombé dans le piège.  Toujours son air faussement consterné au visage, il s'effondra contre le coussin dans son dos et écouta le rasé qui reprenait la parole comme si de rien n'était.  Comme si il n'avait pas remarqué le regard volage d'Alex ni ne s'était auto-congratulé d'être un prétendant potentiel du druide.  Druide qui en était à ce point choqué qu'il n'écouta qu'à moitié.  Il lui fallut quelques secondes avant de capter sur un truc.

-Tu as aussi des origines amérindiennes? Tu parles d'un hasard! s'exclama-t-il, hilare.  Il savait que c'était fréquent au nord du 49e parallèle, mais beaucoup moins au sud de celui-ci.  Définitivement, cette journée était tombée sous le signe des rencontres non seulement fortuites, mais étranges – et fort agréables, cela va sans dire.

Réalisant enfin que le plateau qui se trouvait sous son nez était tenu par son alter ego.  Levant deux sourcils étonnés, Alex refusa d'un geste de la main, sitôt appuyé par ses paroles.

-Non merci, je n'ai plus faim.  Tu as raison, on a toujours voulu trouver une explication à ce qui ne s'explique pas, que ce soit par la science ou le mystique.

Le fait que son voisin et son squatteur habituel se régénèrent plus rapidement qu'un humain normal, par exemple.  Aucune surprise quant au fait que, devant l'absence de données scientifiques, et en raison de valeurs morales antédiluviennes, ni la religion ni la science n'acceptaient très bien le monde surnaturel.  Il replaça ses lunettes démodées sur son nez, afficha un sourire nerveux et entama ce qu'il avait toujours considéré comme la partie la plus étrange d'un rendez-vous : la fin.  Comme n'importe qui connaissant le laborantin s'y serait attendu, il entreprit de bredouiller un au revoir qui, malgré son authenticité, pourrait sonner faux par la quantité de détails justificatifs qui l'habitaient.

-Je devrais filer, j'ai déjà trop traîné et mon père m'attend.  Je l'aide avec son terrain.  Il y en a toujours à faire, on sait comment c'est... J'ai passé un très bon moment.  Merci pour la collation.  Je paierai ma part.  Est-ce que tu pourr... Est-ce que tu penses que je peux te...  Inspiration profonde, histoire de remettre les mots en ordre dans sa bouche et ses pensées.  Aimerais-tu avoir mon numéro?  Si... si tu veux qu'on se revoit... conclut-il d'une voix de plus en plus discrète, contrairement à la pigmentation de ses joues qui rivalisaient avec la salade de betteraves de la table voisine.

Imaginez ce qu'il adviendrait lorsqu'il réaliserait que, tout ce temps, il y avait qui proquo.
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Des mots
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Les pales joues ornementées d'un mince filet de barbe de mon ami canadien ne tardèrent pas à rosir lorsque mes paroles s'orientèrent vers la beauté latine assise un peu plus loin. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi. C'était effectivement une très belle femme. Son teint mat sentait le soleil le plus éclatant. Ses beaux yeux marrons ou noisettes- c'était une question de point de vue-étaient saisissants. De longues boucles brunes glissaient le long de ses épaules nues. Sa bouche teintée d'un joli fushia sobre étaient terriblement attractives. Un bonnet atypique cachait le sommet de sa tète et une bonne partie de sa sombre crinière. Un corps aussi avenant que son doux visage était négligemment mis en valeur par des habits particulièrement adaptés à la période estivale, légers, simples et colorés. Oui, cette demoiselle était une bien belle femme. Le genre de femme qui avait ponctuée mon existence ici bas. Et il n'y avait aucune honte à la trouver agréable à regarder bien au contraire.

Un sourire amusé prend même la peine de venir éclairer les traits de mon visage pour appuyer mes propos. En réalité, c'est le fait que nous ayons les mêmes goûts en terme de compagnie féminine qui m'amuse car nous ne pourrions pas être plus différents. Un point commun en plus après l'amour des belles pages et des lignes élégantes propres à la littérature, l'amour des jolies femmes. Bon, il fallait reconnaître que je n'étais pas difficile et appréciais la plupart des représentantes de la gente féminine. Qu'elles soient petites, grandes, blondes, brunes, châtains, rousses, avec des yeux verts, bleus ou marrons... Fin bref vous avez compris. Bon, j'ai une énorme préférence pour les petites brunes aux yeux verts et au sale caractère. J'ai la drôle d'impression de dresser un portrait robot d'Azalea là. Mais là n'est pas le sujet. Laissons la guerrière deatheater là ou elle est. Soit ailleurs que dans un petit café de Beacon Hills. Mon sourire amusé fait passer les joues d'Alex de rose à rouge tomate et je dois me retenir ardemment pour réprimer un éclat de rire monumental qui serait franchement de bien mauvais goût.

Mon amateur de lecture se met à bafouiller légèrement et me semble estomaqué par mon commentaire. Quoi ? A quoi pensait il ? Ne me dites pas que mon impression de tout à l'heure était justifié. J'aurais tapé dans l’œil à lunette de mon vis à vis. La délicieuse latina aussi. Un plus un égal deux. Plus on est de fous plus on rit, c'est parti pour le triolisme. Hmm, hmm j'ai la vague impression de me faire des réflexions déplacée là. Mon sourire amusé s'élargit devant l'expression d'Alex. Une expression qui me donnait légèrement l'impression que nos réflexions personnelles avaient rejoint le même point après avoir empruntés le même chemin tortueux. Un coup d’œil vers notre voisine de tablée me confirme le fait qu'elle ignorait tout des idées un brin enflammées des deux lurons que nous étions. Ouf, rien de pire qu’être pris la main dans le sac ou plutôt les yeux sur la sensualité à moins de le vouloir. Mais, cela manquait cruellement de classe. Je reporte donc mon attention sur l'expatrié canadien et reprends la parole comme si de rien n'était. L'exclamation hilare du dit expatrié ne manque pas de me laisser relâcher ce rire qui aurait pu manqué de m'étouffer. Je ris donc de bon cœur avec mon vis à vis.

Il est vrai que cette rencontre était fort étonnante et amusante lorsque l'on faisait le compte de nos points communs qui balayaient nos apparentes différences. Mes épaules se fendent d'un haussement nonchalant face à son refus poli de reprendre des muffins. Pour ma part, je saisis l'avant dernier et le porte à ma bouche. Quel délice. Je sais ou je viendrais lire maintenant. Ce petit café tranquille est une très bonne surprise. Décidément, cette journée s'était révélée bien agréable. Et le plus agréable était bien que je ne m'attendais pas du tout en me réveillant ce matin qu'elle le soit autant. Les bonnes surprises font toujours de l'effet. Un peu comme les ascenseurs j'imagine. Je me contente d'un simple hochement de tète lorsque Alex confirme mon point de vue sur la tendance humaine à chercher une explication parfois fantaisiste à ce que l'on ne comprend pas. Ce dernier replace ensuite ces lunettes sur son nez et affiche un sourire me paraissant quelque peu nerveux. Le genre de sourire que l'on affiche avant une explication. Par exemple lorsque l'on arrive en retard à un rendez vous et que l'on veut se décharger de sa culpabilité par une multitude d'excuses foireuses. Je le sais puisque cela m'est arrivé à de nombreuses reprises. Autant dire que je l'avais usé ce fameux sourire. Je l'écoute avec attention tandis qu'il me débite une excuse pour partir.

Un léger sourire ne peut s’empêcher de venir éclairer mon sombre visage car j'ai la désagréable sensation d’être un prof face à un élève. Cela me rappelle toutes les excuses bidons que nous servions Lucas, Enzo, Jace et moi au lycée. Dans le cas présent, l'excuse d'Alex était sûrement bien réelle et légitime mais la manière dont il le présentait la rendait moins crédible. Quoi qu'il en soit, je me penche en avant pour l'entendre murmurer sur la fin. Certes, je suis un surnaturel mais je ne le crie pas non plus sur tous les toits. Faisant fi de la coloration rougeoyante de ses joues, je lui adresse un grand sourire avant de répondre : Bien sur Alex. Je comprends parfaitement. Mais de rien pour la collation tout le plaisir était pour moi. C'est une excellente idée. Tiens voilà le mien...
Je sors mon portable tandis que le canadien fait de même et nous échangeons nos numéros de portable. Acte symbolique qui pour ma part scellait le début d'une bien belle amitié tandis que pour Alex...Mais ça je ne le savais pas. Comme quoi on pouvait être aveugle même avec une très bonne vue. Je l'interpelle une ultime fois tandis qu'il s'éloigne de la table. Il se retourne et je lui lance : Merci de m'avoir demandé ce service dans la boutique. Au revoir Alex.
Ou comment entretenir un quipropo sans même s'en rendre compte.



Dernière édition par Arès Kye Coleman le Lun 19 Sep - 18:12, édité 1 fois
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Alex Cormier

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MessageSujet: Re: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptyDim 18 Sep - 16:21

Le livre poussiéreux


Arès avait accepté.  Il lui avait donné son numéro de téléphone sans la moindre gêne, le moindre bafouillage, la moindre hésitation, rien.  Le druide était sur un nuage.  Il verrait plus tard à lui partager sa particularité, si ils se revoyaient et que leur relation progressait bien.  Et que leur niveau de confiance mutuel le permettait.  Et que... Ils verraient en temps et lieux, plutôt que de trop se creuser la tête avec des scénarios potentiellement éventuels qui ne se produiraient probablement jamais.  Il fallait se rendre à l'évidence, il n'était pas l'homme le plus doué pour la romance, et avait connus plus d'échecs que de relations dans ce domaine, mais il lui était toujours permis, de rêver, de croire un peu, et d'espérer que peut-être il plaisait au géant.

Le canadien marchait sur le trottoir, son portable à la main.  Il savait qu'il avait payé sa part de l'addition, qu'il avait salué Arès en repartant, qu'il lui avait dit « Tout le plaisir est pour moi. ».  Il n'était plus certain de la maladresse de son départ, ni de sa mal-aisance.  Il savait qu'il avait rit nerveusement.  Beaucoup.  Potentiellement trop.  Probablement trop.  Certainement trop.  Sa justification n'avait dû en sembler que plus fausse encore, et c'était en se mordant l'intérieur des joues qu'il avait passé le pas de la porte du café, non sans un regard à la jolie latina qui lui avait fait perdre la face.

Alex avait saisit son portable dans sa poche, avait observé l'écran sans vraiment rien n'y voir, puis l'avait retourné à quelques reprises, alors que ses longues enjambées mettaient de la distance entre le café et lui, et qu'il reprenait peu à peu conscience de la réalité et que le contact avec le moment présent revenait doucement.  Son pas avait toujours été vif, il ne fuyait pas une situation qui l'avait mis mal à l'aise, non.  Il avait passé un très bon moment, et ne pouvait qu'espérer répéter l'expérience sous peu.  Mais c'était encore le genre de moments qui le rendaient un peu trop nerveux pour son bien, et il avait besoin de prendre l'air à grand coup de bouffées, pour se replacer les idées en place.  Sortant son téléphone une énième fois, il contempla une nouvelle fois le numéro du bel étranger, puis ferma la fenêtre et navigua du gras du pouce pour sélectionner l'option d'un nouveau message.

Je viens de rencontrer quelqu'un de trop bien. On a plein de points en commun, et je pense que je lui plais. Very Happy On est allés prendre un café, c'était vraiment bien.

Ses longues enjambées commençaient enfin à ralentir, et c'est le pas guilleret qu'il relut son message, des étoiles dans les yeux.  Il avait modifié quelques fois son message, et hésitait désormais à rajouter « je te raconterai », mais se dit que c'était un sous-entendu évident.  C'est au moment de choisir le destinataire, qu'il bloqua.  Jenny?  Elle avait beau s'être déjà fait un nouveau copain depuis quelques semaines, Alex effaça son nom aussitôt qu'il apparut, trouvant indélicat d'avoir une telle discussion avec elle.  Derek? Il allait se moquer de lui.  Avec ses airs de jeune premier, il n'avait jamais dû avoir de mal à se trouver qui que ce soit.  Et puis, ils avaient plus importants sur la planche, avec la perte des pouvoirs de son voisin.  L'idée d'envoyer le message à ses amis du travail n'eut pas le temps d'être complètement formulée qu'elle fut rejetée.  C'était peut-être ses amis, mais c'était d'abord de ses collègues dont il était question, et il n'aimait pas mêlé ses vies personnelles et professionnelles.  Rares étaient les gens au labo qui avaient même une idée de l'existence de Jenny.  Personne n'était conscient de leur rupture.  Alister ne donnait plus de nouvelles depuis plusieurs semaines, déjà, et Alex commençait à s'inquiéter sincèrement pour son meilleur ami.  Peut-être devrait-il le relancer pour une énième fois, mais certainement pas avec ses histoires de cœur.  Qui restait-il?  Son père?  Alex eut un éclat de rire pour lui-même, parcouru d'un frisson.  Jansen, peut-être?  Puis il se ravisa, se souvenant de la mention de sa proximité avec Amaro, que Charlie avait mentionné au détour d'une conversation depuis qu'il travaillait au Pink.  Cette relation n'était d'ailleurs pas pour rassurer Alex, mais il ne disait rien, préférant faire confiance au Dru.  Les sourcils d'Alex se plissèrent.  Crowley?  Non.  Si Derek se moquerait gentiment, l'ours ne ferait pas dans la délicatesse ni le tact.  Et puis, Alex savait qu'il aurait préféré que Charlie ne lui parle pas de ses nouvelles conquêtes, il en avait déjà bien assez de savoir qu'ils avaient tous deux connu Jenny.  L'idée de parler d'amour avec l'ours le rebutait carrément.  Le moins il en savait sur sa vie sentimentale, le mieux se porterait-il.

Lorsqu'il se stationna chez son père, le message était toujours enregistré en tant que brouillon, sans destinataire, dans la poche de son jeans.  Cormier retira ses lunettes pour se gratter l'oeil, en songeant qu'il y avait quelque chose de pathétique dans son histoire.  Il était là, à sourire béatement, sans raison apparente, à être heureux comme un chien dans un jeu de quille*, sans avoir personne à qui en parler, à qui se confier.  Il avait des amis, mais pas vraiment de confident, ni d'exutoire pour ses affaires de cœur.  Le druide se rembrunit.  Pas seulement pour ses affaires de cœur.  Pour ses problèmes en général, en fait.  Être un homme secret, un solitaire sociable en quelques sortes, lui allait très bien et était bourré d'avantages, mais il arrivait en des moments comme celui-ci qu'Alex y découvrait un inconvénient, alors que la solitude lui apparaissait plus tangible et pesante.  Toutefois, il était bien trop orgueilleux pour le montrer, alors n'imaginez pas en glisser un mot à quelqu'un.  Il soupira en fermant la portière déverrouillée et contourna la cabane pour rejoindre Gabriel.  Sa voix pourtant calme trahissait une pointe d'excitation, ou d'irritation, difficile à dire.

-J'suis là, p'pa.  J'ai eu un contretemps, désolé.

D'un signe de la main Gabriel fit comprendre à son fiston que ce n'était pas un problème et qu'il aurait besoin de son aide pour réparer la clôture, dès qu'il aurait les mains libres.  Ce ne fut qu'en rentrant le soir-même qu'Alex réalisa que ses nouveaux bouquins n'étaient pas dans la voiture et qu'il avait dû les oublier au café.  Il pesta et appela, mais le personnel l'informa qu'aucun sac du Pied de Vent ne s'y trouvait.  Avec un peu de chance, c'était Arès qui l'avait récupéré.

Spoiler:
 
© Mafdet MAHES


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MessageSujet: Re: Le livre poussiéreux [Arès]   Le livre poussiéreux [Arès] EmptyLun 19 Sep - 18:29

Le livre poussiéreux (oublié)



ft. Alex

Des mots
pensées en italique
dialogue en gras

Alex était finalement parti en se fendant d'un agréable « tout le plaisir est pour moi » parfait miroir de mon propre point de vue sur cette rencontre incongrue qui s'était révélée pour le moins aussi surprenante que rafraîchissante. Exactement ce dont j'avais besoin en ce moment car les différents échecs successifs, mes différents échecs successifs à mettre fin aux agissements des créateurs de déséquilibres ou destructeurs d'équilibre laissant une traînée de cadavres d'innocents teintés de mercure sur leur passage me pesaient énormément. Je n'avais pas l'habitude des échecs pour la simple et bonne raison que lorsque je partais en mission avec le clan nous ne revenions que très rarement défaits ou mécontents de notre travail. La tradition ancestrale qu'était le mode de vie des miens avait des justifications évidentes. Nous ne sommes pas des gardiens aux capacités quasiment illimitées comme d'autres peuvent l’être. Aussi l'union nous rend plus puissant. Seul nous sommes aussi insignifiants qu'une goutte de pluie mais ensemble nous sommes la vague inarrêtable, l’âme de l'océan qui vient se fracasser sur la roche sans ressentir le moindre effet lié à ce choc implacable et qui revenait une nouvelle fois se fracasser avec la même vigueur sans cesse renouvelée.

J'étais donc tranquillement assis à la table que l'expressif canadien venait de quitter et entreprenais de siroter la fin de mon cappuccino lorsque je m'étais rendu compte que le sachet en plastique contenant son exemplaire de notre livre commun et le reste de ses achats littéraires traînait nonchalamment sur la banquette en cuir face à la mienne. Oh ! Ne me dites pas que je lui ai fait tant d'effet qu'il a soudainement oublié ce qui avait provoqué notre rencontre tout à fait fortuite. Je plaisante je n'ai pas l'impression de lui avoir fait de l'effet. Certes, l'amateur de lecture aux goûts relativement proches des miens dans un certain nombre de domaines avait la rougeoyante facile mais c'était à mes yeux l'attribut le plus caractéristique des personnes timides quel que soit leur sexe. Toutes les personnes qui avaient rosis des joues en ma présence n'avaient pas fini dans mon lit. Nom d'un caribou ! Je range mon portable dans la poche de mon jean, décidant de ne pas le déranger pour le moment puisque mon cher expatrié avait eu l'air relativement pressé, preuve qu'il avait vraisemblablement quelque chose sur le feu l'attendant chez lui. Et puis, si je lui propose de lui ramener son bien un autre jour mettons dans la journée de demain ce sera l'occasion de se revoir et d'échanger de nouveau en toute amitié sur nos divers points communs. J'hésite pourtant durant une poignée de secondes à l’appeler maintenant avant qu'il ne soit trop loin du petit café. C'est qu'il voulait peut être se plonger dans les joies de la lecture mon étourdi. Comment savoir ?

Cependant, c'est en jetant un fugace coup d’œil autour de moi que mes pensées se détournèrent de ce débat intérieur d'une grande profondeur. Car la beauté latina me regardait avec une lueur amusée dans le regard. C'est en balayant le café du regard que je remarque les yeux posés sur ma personne. Je me rends alors compte que je m'étais exclamé assez bruyamment à haute voix tout à l'heure et que je devais avoir l'air de quelqu'un perdu dans les méandres d'un esprit étrange tandis que je fronçais des sourcils ou me ridais le front en réfléchissant à la meilleure solution concernant l'oubli malencontreux d'Alex. J'adresse un sourire amusé comparable à celui vissé aux lèvres de tout ce beau petit monde pour les rassurer sur mon état mental avant de reporter mon attention sur ma table. Je me lève pour récupérer les emplettes du canadien à lunettes et place son sac dans mon sac, histoire de n'en avoir qu'un seul à porter. Puis, je constate qu'il me reste trois muffins, un fond de cappuccino et personne pour les partager. Mon regard s'oriente naturellement vers la belle demoiselle assise quelques tables plus loin. Comment rendre une journée déjà bien agréable encore plus agréable ? Je vous le donne en mille, en faisant preuve d'audace.

Le sourire étirant lentement ses lèvres transforme son doux visage en morceau d'Eden humanisé et ne les rends que plus désirables encore. Je devrais sûrement détourné le regard par pudeur ou par respect mais je ne suis pas pudique et la belle ne s'était pas gênée pour rire de moi tout à l'heure alors je continue de la contempler jusqu'à ce qu'elle le remarque et que nos regards finissent par se croiser. J'ai fait mon choix alors je fais mine d’être gêné par le fait de m’être fait prendre en flagrant délit de reluquage. Puis, je me fends d'un air faussement navré et d'un haussement d'épaule nonchalant tandis qu'un sourire accueille ma justification silencieuse. Je saisis ma veste et la passe sur mes épaules, dépose ma tasse sur le plateau de muffins et prends le sac de courses littéraires dans l'autre main avant d'aller m'installer face à la belle latina sans crier gare comme si c'était la chose la plus naturelle que je n'ai jamais faite que de m'inviter devant une belle inconnue. Ma veste déposée, le plateau également je m'assois tranquillement face à la beauté latine et lui adresse un sourire franc tandis qu'elle me dévisage d'un air interloqué mais amusé.

Je lance les hostilités ce qui est somme toute logique puisque c'est moi qui me suis invité : Vous attendez quelqu'un ? Réponse négative de l'intéressée. Ah et bien oui je le confesse vous aviez vu juste je suis de l'autre bord. Mais, lorsque je vous ai vu j'ai été ébloui et là je ne sais vraiment pas ce qu'il m'arrive. Je mime l'incompréhension la plus complète tandis qu'un large sourire étire les lèvres pulpeuses de ma cible qui s'excuse de me mettre dans cette situation inconfortable d'une voix chaude dans laquelle perce une bonne dose de malice. Je souris intérieurement à l'idée d'avoir à faire à une joueuse qui tout comme moi n'aime pas se prendre la tète et ne se prend pas excessivement au sérieux. Qu'elle ne fasse pas partie du groupe des harpies m'arrange bien. Mais si vous savez, ce genre de femme qui même avant de vous laisser une chance vous jette un regard à vous glacer le sang, brûler sur place ou envie de vous jeter du haut d'un building. Je reprends : Alors je sais que l'on doit vous le dire souvent. La demoiselle se penche légèrement en avant et je me retiens de baisser le regard. Chaque chose en son temps, voyons.

Mais je me demandais ce qu'une si jolie femme faisait dans un endroit pareil. Petit râle navré de la demoiselle. Ah non cela ne marche pas cette fois ci puisque ce café est vraiment fantastique donc vous êtes parfaitement à votre place. Notez l'originalité dans le manque d'originalité. On peut saluer l'effort non? Confirmation souriante de notre jolie latina. Je tends la main pour qu'elle tape dedans et là miracle de coordination, sa main manucurée claque dans la mienne avec entrain. Nous sommes visiblement sur la même longueur d'onde. J'adore embellir l'après midi d'une belle inconnue. Et que celle ci embellisse le mien. Ce moment important passé avec brio car si elle m'avait baillé j'aurais vite revu mes chances à la baisse. Je me penche à mon tour en avant pour murmurer : Ne vous vexez pas mais le café est plus mignon que vous. Froncement de sourcil de la belle, qui n'est visiblement pas d'accord. J’enchaîne avec une proposition pour qu'elle ne reste pas sur cette petite pique qui me servira plus tard. Vous voulez un muffin ? Ils sont franchement délicieux. Et puis j'ai toujours voulu savoir si les jolies femmes l'étaient toujours autant en ayant des restes de gâteaux accrochés aux lèvres. La jolie femme en question éclate de rire et me demande si je suis sérieux avant de saisir un des muffins et de le porter à ses lèvres. Mon expression se fait faussement vexée lorsque je reprends : Et bien oui. C'est pour un sondage en fait. Non plus sérieusement, c'est une question existentielle pour moi je vous assure. Je n'en dors pas la nuit. Vous voulez m'aider à retrouver le sommeil n'est ce pas ?

Réponse affirmative de la pulpeuse amatrice de douces sucreries qui enchaîne à son tour sur ses propres questions existentielles dans la même veine que la mienne. Nous rions de concert avant de déguster nos muffins respectifs. Verdict. Oui plus ou moins. Comment ça plus ou moins me reprend t' elle. Et bien c'est que l'on est sur de ses charmes. En même temps, je lui clairement fait comprendre qu'elle valait amplement le coup d’œil alors bon...Attendez vous en avez encore juste là. Je passe délicatement un doigt au coin de sa lèvre pour balayer une miette de muffin. Son visage ne rougit pas contrairement à celui d'Alex pour des raisons évidentes mais si elle le pouvait, ce serait sans doute le cas puisqu'elle me remercie dans un murmure. Mes yeux croisent les siens et ne les lâchent plus jusqu'au moment ou elle pointe mon sac du doigt et aborde le sujet de la lecture. Mon livre, oui c'est un roman d'Hemingway. Vous adorez lire. La belle continue sur les mérites de la lecture par rapport aux autres loisirs tels que la télévision. J'esquisse une moue surprise lorsqu'elle m'avoue qu'elle est étudiante en littérature. Ça alors ! Vous êtes fascinante. Félicitations vous battez le café à plate couture finalement.

Merci répond elle tout sourire en me tendant sa main. Je laisse mes lèvres former un arc de cercle de contentement avant de taper à mon tour dans la paume offerte. Je savais bien que vous étiez très intelligente. Questionnement dans le regard. Je penche la tète sur le coté et déclare avec le plus grand des sérieux : Le bonnet j'imagine. Le regard interrogatif se fait franchement interrogatif tandis qu'elle s'exclame que c'est absurde. Effectivement. C'est absurde. Mais, moins absurde que de vous inviter à dîner ? Un nouveau sourire flotte sur ses jolies lèvres tandis qu'elle fait mine de réfléchir quelques instants pour me laisser mariner dans l'attente. Avant d'accepter en me demandant si je sais préparer. Je réponds avec sincérité. CQFD, oui et non. Et la laisse sur cette réponse évasive quant à mes capacités. Elle porte sa tasse de chocolat chaud à la bouche et avale quelques gorgées. Il me faudrait tout de même votre nom car je n'ai pas l'habitude d'inviter des inconnues chez moi. On ne sait jamais sur qui on peut tomber pas vrai. Petit rire chantant avant la révélation. Cette belle demoiselle se prénomme donc Melinda. Enchanté Melinda, Arès. Devant son air rieur. Je me contente d'un léger. Je sais que c'est un prénom bien trop commun. Mes parents se sont vraiment montrés fainéants pas vrai. La conversation se poursuit...

Bienvenue chez moi Melinda.
Pas mal du tout monsieur le dieu grec. Sourire en coin sur mes lèvres tandis qu'elle détaille les lieux. Je l'aide à retirer sa veste, retire la mienne les accroche au porte manteau avant de la regarder se balader avec grâce.  Non ne t'inquiètes pas, il n'y a pas de pièce secrète rempli d'objets bizarres. Elle se retourne et m'envoie un regard pouvant clairement signifier : Alors comme ça tu ne t’arrêtes jamais. Haussement d'épaule innocent de ma part. Si, mais pas ce soir. Clin d’œil de Melinda. Je dépose le sac sur la table du salon et vais dans la cuisine, sors deux verres et une bouteille. Je te sers un verre ? Du vin ça te va ? Hochement de tète de la demoiselle qui s'assoit sur un des tabourets du bar. Parfait va pour du blanc. Santé. Nous trinquons et goûtons le fermenté. Pour moi cela ne vaut pas une bonne rasade de whisky mais mon invitée apprécie. La discussion passe de la décoration du loft à la cuisine de ce soir et la demande de Melinda me surprend au point que mes yeux s'écarquillent. Tu veux préparer ? Quoi tu tiens tant que cela à me faire passer pour un macho ? Réponse affirmative de Melinda qui m'indique qu'elle est ravie de pouvoir me coller quelques défauts. Si elle savait. Je suis bourré de défauts. Je ne suis que défaut. Pas de problème elle est toute à toi dis je en désignant la cuisine. Je vais me changer.

Lorsque je redescends quelques minutes plus tard en jogging gris et en tee shirt noir, elle me détaille longuement. Quant à la cuisine elle embaume une délicieuse odeur d'épices et de poulets sans oublier des légumes de bien des couleurs différentes et je m'étonne d'avoir eu tout ça chez moi. Avant de me rappeler que je me débrouillais assez bien derrière un fourneau. Quoi ? Allez dis le, ça casse l'image que tu te faisais de moi. Pour ma défense, c'est extrêmement confortable. Melinda éclate de rire en retournant un morceau de poulet dans la poêle. Nous discutons ensuite de tout et de rien tandis qu'elle termine et que je régale mes yeux...Deux heures plus tard sur le canapé devant un film aussi passionnant qu'une course de personnes âgés dans les couloirs d'une maison de retraite. Je lui dis qu'il se fait tard et rafle donc la palme de l'abruti du mois puisqu'elle le sait très bien, étant plus que correctement constituée. Sa réponse m'accusant de vouloir la virer de chez moi après avoir bien mangé m'arrache un fou rire. Dois je comprendre que tu n'es pas contre prolonger le contrat de location d'un imbécile d'1m88 et de 9..k non ça s'est gênant. Pourquoi pas ? Comme çà, je vais pouvoir vérifier si les belles femmes ronflent comme des loirs. Oui, une autre question existentielle.  Ahah, tout à fait c'est mon petit coté philosophe. Aristote serait fier non ? Un coussin percute ma tète et je peste pour la forme avant de lui en balancer un. Tu fais un sujet d'étude vraiment très intéressant Melinda. C'est censé être un compliment me lance elle et j’acquiesce vigoureusement. Au moins je fais des compliments atypiques moi. J'adore tes sourcils me dit elle en riant. C'est ça paie toi ma tronche...

La soirée avance lentement mais sûrement. C'est l'été, il fait beau. Il fait chaud. Je ne suis pas le prince charmant mais presque. Enfin, non pas du tout en fait. Oubliez ça ! Ce qui devait arriver arriva dans l'intimité d'une chambre relativement ordonnée à la lueur d'une unique ampoule. La volupté et la sensualité de deux corps entrelacés se reflétant sur les murs à travers les ombres projetées par le modeste éclairage artificiel. Caresses, baisers, effleurements du bout des lèvres et tout ce qui est susceptible de procurer un plaisir intense à la fois sauvage et doux... Je me réveille le premier lorsqu'un rayon de lumière vient chatouiller mes yeux engagés dans un étrange ballet. Ouverture, fermeture, ouverture, fermeture. Bon d'accord, j'ai compris. Je me lève le plus doucement possible pour ne pas réveiller la beauté dormant encore dans le lit défait. Je me dirige vers la cuisine dans laquelle je prépare un petit déjeuner pour deux avant d'aller me laver et me préparer pour aller prendre mon service au Print. Lorsque je reviens dans la cuisine, habillé et prêt.

La vision d'une belle Melinda dans un de mes tee shirt trop grand pour elle provoque des frissons de désir en moi mais je les rabroue et garde mon sérieux. Me contentant de la serrer contre moi, goûter à ses lèvres puis lui dire en riant : Mes tee shirt te vont tellement mieux qu'à moi. J'en suis presque jaloux. Elle rie de bon cœur et pioche dans chaque plat avant de me demander l'heure. Lorsqu'elle se rend compte qu'elle est en retard à la fac, elle fonce à la douche et se prépare très rapidement. Puis, tandis que je termine tranquillement la nourriture sur le bar, elle s'en va en m'envoyant un baiser de la main. Je le lui rends et souris lorsqu'elle a quitté le loft. Je cherche un mot à mettre sur la journée et la nuit d'hier mais ne trouve pas. Aucune idée, une expérience à retenter jusqu'à ce qu'elle perde de sa saveur. Quoi ? Je vous avais prévenu que je n'étais pas le prince charmant. Un salopard. Vous y allez un peu fort. Bon d'accord.

Je termine, enfourne le tout dans le lave vaisselle, jette un coup d’œil aux factures puis récupère mon téléphone égaré durant le lancer de coussins d'hier. Je compose le numéro d'Alex à de nombreuses reprises mais il semblerait que l'expatrié amateur de bonnes lectures soit un homme très occupé. Je lui laisse donc un message lui disant de m'indiquer là ou je pourrais le retrouver pour lui rendre son sachet contenant ses emplettes d'au pied du vent. Je lui indique mes horaires de travail au Pink Print pour qu'il puisse s'organiser au mieux. Puis, je retire son sac du mien et quitte le loft d'un pas guilleret. J'arrive au Print une vingtaine de minutes plus tard et passe un début de service tranquille bien que guettant de temps en temps mon téléphone pour vérifier si j'ai reçu un message du canadien. Lorsque Alessandro me demande pourquoi je guette mon mobile aussi souvent, je lui réponds sans détour que j'attends un message ou un coup de fil d'Alex. La drôle de lueur dans son regard m'étonne franchement mais je passe outre. Je veux dire, il n'y a pas qu'un seul Alex dans cette ville hein. Finalement, c'est une heure avant midi que mon téléphone se met à vibrer dans ma poche. Je lis le message d'Alex avec attention et lui répond que cela me va. Puis, je continue mon service jusqu'à ce que la pause de la mi journée tombe enfin. Le range rover prend la direction de l’hôpital de la ville et une fois garé sur le parking, je m'approche de l'entrée avec un sourire sur les lèvres. Alex émerge du hall en me reconnaissant et je lui tends ses affaires. Il me remercie chaudement et je le rassure en lui disant que les oublis peuvent arriver à tout le monde. Nous échangeons quelques mots avant que je ne lui indique que je reprends  bientôt. Mimant un signe de téléphone, je lui dis que l'on s'appelle pour la suite et lui souhaite une bonne journée.  



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