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 When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Sam 14 Mai - 14:29


       
Reclus au fond de ta tour d'ivoire, forteresse de solitude tu souffres en silence. Tel un ange ayant perdu ses ailes tu te sens brisé et anéanti. La chute a fissurée ton osmose et dans le chaos et la douleur tu t'abandonnes. Cry and scream little guardian. Because the darkness in your veins are ready to come. Arès et Tama
       

       
When the broken guardian meet the fox of the tides



       
Détruit. Voilà ce que je suis depuis mon retour de la cité des anges. Je suis irrémédiablement et indéniablement détruit depuis ma participation à l'expédition punitive de mon boss sicilien. Mais, comment aurais je pu savoir que je vivrais le pire moment de toute mon existence dans une ruelle sombre de la mégalopole californienne. Comment ?! Comment aurais je pu savoir qu'un renégat ayant échappé à la surveillance constante de l'ordre et survécu à la traque que mon espèce faisait subir à ce ramassis de traitres et de parjures se trouvait dans la même ville que moi, au même moment que moi ? Je n'avais aucun moyen de le savoir et ce dernier en avait profité. Lorsque, j'avais commencé à avoir la désagréable sensation d'être suivi alors que je parcourais la ville avec Jansen pour trouver une solution au dilemme auquel nous étions alors confronté, je ne me doutais pas que je ne devenais pas complètement parano mais que j'étais bel et bien traqué à mon tour par ce renégat. Une fois, que le doute ne fut plus possible j'ai d'abord pensé qu'il souhaitait m'abattre pour se venger de mon espèce, son espèce. Se venger de nos lois et de l'ordre en abattant un élu en plein cœur du territoire du roi Aslan Kane. Soit dans une ville américaine. Mais, mon intuition s'était révélée mauvaise et le plan vicieux du renégat m'était absolument inconnu. Tout s'était alors enchainé vite bien trop vite. Le combat dans la ruelle au coté de l'homme sylvestre. Les deux omégas et le jaguar garou tentant de me supprimer. Je ne sais pas ce que le gardien à la fumée maudit leur avait promis mais nul doute qu'il devait s'agir de quelque chose d'important car ils m'avaient attaqués avec une haine bien réelle et toute l'énergie surnaturelle dont ils disposaient. Le combat fut âpre, long et brutal. Jansen s'est occupé de l'un des lycans. Et c'est dans la fureur du combat que j'avais perdu la maitrise de moi même et égorgé le jaguar garou avant d'étouffer le second lycan. Et c'est à cet instant précis que j'avais ressenti la douleur se diffuser dans mon corps, ronger mes veines tandis que des larmes de sang s'écoulaient de mes yeux. La chute. Le cauchemar de tous les gardiens à la fumée. Le premier pas vers le statut de renégat. La loi est claire et stricte. Un gardien n'a pas le droit d'ôter la vie d'un être surnaturel si celui ci ne menace pas l'intérêt de sa mission de protecteur de l'équilibre ou l'équilibre lui même. C'est l'une des lois les plus importantes de mon espèce. Mon osmose s'était fissurée tandis qu'un combat intérieur avait eu lieu dans mon être.

Les ténèbres avaient tentés de prendre le contrôle de ma personne mais une vague de souvenir m'avait permis de les repousser dans les recoins de la fissure interne. J'avais déliré pendant la lente agonie qui avait vu mon corps être secoué de palpitations. La faucheuse je lui avais parlé. Elle avait le même visage que la première fois que je l'avais vu lors de ma transformation. Une vieille femme aveugle. Elle m'avait dit que je devais faire un choix. Puis, j'étais tombé dans les pommes. Le corps vidé de la moindre parcelle d'énergie. Lorsque je m'étais relevé, j'avais senti la vague de douleur envahir une nouvelle fois mon corps et dévorer mon être de l'intérieur. Une souffrance autant psychique, émotionnelle que physique que rien ne pouvait chasser. Elle me brisait en permanence. J'avais pourtant réussi au prix d'un effort surhumain à masquer mon état à Jansen et Alessandro lors de notre retour de Los Angeles. L'ambiance dans la sportive était lourde et silencieuse. Je n'avais pas le cœur à parler. Aucun de nous ne l'avait. Cette expédition à l'origine punitive s'était révélée être une punition pour ma part. Brisé, dévasté et souffrant j'étais désormais bien incapable de remplir mes fonctions de gardien. Je donnais néanmoins le change à mon boss et tentais de masquer mon état du mieux possible. Mon travail était toujours aussi efficace mais lorsque je retrouvais l'intimité du loft. Je me laissais aller et endurais la douleur liée à la chute au milieu de ma tour d'ivoire. Le sommeil pourtant si naturel à mes yeux ne venait plus et je passais des nuits entières à lutter contre la noirceur rampant dans les tréfonds de mon être. Une noirceur qui attendait le moment opportun pour se révéler et se déchainer. Des nuits de larmes, de bouteilles d'alcool fort sifflées par dizaines sans aucun autre effet que de me causer des allers retours permanents aux toilettes.  

Le loft était dans  un triste état. Comme si le fait que je laisse mon logement à l'abandon faisait écho à ma propre ruine. J'avais bien tenté de prévenir Azalea par notre lien psychique juste avant le drame de Los Angeles mais les surnaturels m'avaient pris de cours. Et chaque nuit, je ne cessais de revoir leur visage avant que je ne les abatte sans sourciller. J'aurais pu les neutraliser. C'étaient des surnaturels, j'aurais pu leur briser la nuque mais je ne l'avais pas fait. L'instinct de survie, la colère et l'incompréhension avaient formés un cocktail détonnant m'ayant poussé à commettre l'irréparable. Depuis, cet instant ma créatrice avait tenté de me contacter mais je bloquais le lien. Je savais parfaitement qu'elle était au courant puisqu'elle avait ressentie ce que j'avais ressenti mais je ne voulais pas de sa sollicitude, je ne voulais pas de son soutien, son amour, sa bienveillance. Tout ce que je voulais désormais c'était retrouver la paix et payer pour mes crimes. Raison pour laquelle j'avais contacté Milos un ami de la garde royale pour lui annoncer ce que j'avais fait et mon intention de me livrer. Je me doutais que les dirigeants d'Azgeda n'avaient pas mis les autorités supérieures au courant sinon j'aurais été condamné dès mon retour de Los Angeles. Ils cherchaient surement une solution pour moi. Mais, il n'y en avait pas. J'avais chuté et la douleur et les cauchemars étaient la preuve que j'étais perdu. Seule une seule chose pouvait me soulager à présent. Rejoindre la mère de mon espèce après le jugement de l'ordre. Je devais me rendre à la garde dans quelques jours. Mon choix était pris et je savais que bientôt je serais libéré de ce calvaire.  

       Je ne pouvais m'empêcher de m'en vouloir pour ce choix car Lucianna avait déjà perdue Malaki et Jason et voilà qu'elle allait me perdre à son tour. Quant à Azalea, elle m'en voudrait à jamais mais j'espérais qu'elle finirait par comprendre et accepter mon choix. Tout comme le reste d'Azgeda. Ma famille, mon clan et mon petit loupiot, mon boss sicilien et les personnes fort sympathiques ayant rendu mon existence plus belle. Je m'excuse. Mais, ce qui doit être fait doit l'être. Je ne me défilerais pas. Le soleil inonde le loft tandis que j'émerge d'un semi sommeil tout sauf reposant et me frotte les yeux. Je prends mon téléphone et préviens Alessandro que je ne serais pas là aujourd'hui. Non, aujourd'hui je veux profiter une dernière fois de ma vie malgré les souffrances. Je veux aller m'enfiler de la tequila, aller feuilleter des ouvrages passionnants, aller voir un match de football dans un bar, aller me perdre dans les yeux d'une belle femme, aller savourer le panorama de la falaise à la lisière de la foret, aller dessiner quelque chose de beau et de lumineux dans mon carnet. Je veux faire tout ce que j'ai toujours aimé faire une dernière fois. Si seulement ma créatrice était à mes cotés, toute cette douleur ne serait pas grand chose. Et je pourrais partir en sachant que la personne la plus importante de mon existence m'a accompagnée. Mais, je ne peux pas. Elle tenterait de me dissuader de le faire et cela n'est pas envisageable.

C'est pourquoi, je prends une douche rapide avant de me préparer pour cette journée si particulière. Cette journée au gout de dernière fois. Une fois habillé, je me prépare des pates et les avale rapidement. Il faut dire que je crève la dalle ces derniers temps. Mon rythme de vie est un peu chaotique si je puis dire. Une fois l'estomac plein je quitte le loft à pieds et me promène longuement dans les rues de la ville. Je marche durant de longues heures au milieu des passants. J'envie le sourire des parents fier de leurs enfants, l'insouciance des bambins, la joie simple des adolescents. Je me sens déplacé dans une telle atmosphère presque estivale mais je continue de parcourir la ville jusqu'à atteindre le parc dans lequel j'avais vu une jaguar garou étalé trois crétins aux mains baladeuses. Les yeux perdus dans l'horizon, je ne fais pas attention à mon chemin et percute un homme de belle stature portant une crinière blonde lui faisant une sorte d'auréole. La blondeur de ses cheveux semble naturelle alors qu'il est métis. Ce qui est assez rare pour être souligné. Est il un mélanésien ? Surement. Je peux apercevoir des tatouages tribaux sur ses bras. Une aura surnaturelle se déploie autour de l'homme. Un être surnaturel de plus dans une ville qui en compte des dizaines. Je ne cherche même pas à analyser son effluve pour savoir à quelle espèce il appartient et m'excuse rapidement avant de reprendre mon chemin.

Qu'a t'il vu ? Qu'a t'il lu dans mes yeux ? Le regard d'un être brisé, d'une bête sauvage ayant peur d'elle même. Mon gardien ne me fait plus confiance depuis la chute. Je suis un gardien handicapé. Le gardien dans mon être est en conflit avec moi même. Je serais bien incapable de faire face aux scientifiques de l'horreur s'ils se présentaient devant moi en cet instant. Je m'approche d'un banc devant des jeux pour enfants et m'assois. Les rires des enfants et leurs petits cris de joies emplissent le parc de mélodies insouciantes tandis que les parents des marmots les regardent avec amour tout en leur criant parfois dessus. Je sors mon carnet de ma poche et commence à dessiner. Je dessine le parc, les parents, les enfants jouant dans le bac à sable. Je dessine tout ce qui m'entoure. Car ce qui m'entoure c'est la vie et la lumière tandis que je suis perdu dans les ténèbres. C'est cette image du monde que je veux emporter avec moi dans la mort. Pas celle d'un monde sale, cruel et sombre tel que je l'ai découvert durant mon enfance.

HRP : Ce rp se passe donc après celui de Los Angeles. Raison de l'état d'Arès.
       
(c) crackle bones

       



Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Mar 24 Mai - 11:14, édité 1 fois
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Tama'Rangi Marama

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MessageSujet: Re: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Jeu 19 Mai - 0:20


Le Gardien & Le Renard

C'était une journée normale comme tant d'autres. Fidèle à lui-même, Tama aurait bien été incapable de dire quelle date on était, ni même quel jour, en fait. Le chômeur flânait dans le parc, deux doigts de chaque main dans une poche de son bermuda. Sa chemise fermée par seulement trois boutons était suffisamment bigarrée pour concourir avec ses cheveux au titre de meilleur attrape-regard.

C'était une journée banale au parc pour le sans-emploi, donc. Celui-ci s'était arrêté en plein mitan du sentier qui parcourait le parc et, le nez en l'air, il observait la course zéphyrine des nuages qui zébraient les cieux. Tout, de leur forme, de leur parcours et de leur rythme indiquait l'imminence d'un orage, en soirée au plus tard. Pourtant, rien n'empêchait les petites familles, les amoureux, les sportifs, les solitaires et tous les autres de vaquer à leur occupation sans s'en préoccuper. Comme le renard n'avait jamais été lui-même un modèle de prévoyance, il appréciait particulièrement cette attitude. À quoi bon s'en faire avec ce qui n'était pas? Il préférait vivre le moment présent et en profiter au maximum, sans le moindre soucis. Retournant sur la terre des hommes, le maori fit quelques pas lents et souples en observant une paire d'écureuils se pourchasser, effrayant au passage les pigeons et les goélands qui paressaient autour.

C'était une journée sans événements durant laquelle Tama errait dans le parc. Papillon volage, tantôt il saluait un jeune couple, tantôt il discutait avec une vieille dame venue nourrir les canards, tantôt il allait chercher le ballon d'une couvée d'enfants dont les mères ne savaient plus où donner de la tête. Ce devait être le week-end, sans le moindre doute. Toute cette activité, comme le bourdonnement fébrile d'un stade en attente du botté d'envoi était un excellent moyen recharger ses piles. Tout comme le soleil qui les irradiait encore. Se sentant vivant grâce à toute cette activité, il prit un moment de pause pour observer cet îlot de nature en pleine ville. Il fut ramené les deux pieds sur terre par le choc de son corps contre celui d'un autre homme.

C'était une journée comme toutes les autres et Tama s'excusa dans ce qui n'était autre qu'un réflexe conditionné. À peine plus petit que lui, à peine plus foncé, à peine plus large également, mais beaucoup moins souriant, l'autre homme leva le regard pour croiser celui de l'océanien, dont le sourire en perdit de sa superbe. Il eut cette impression étrange que l'autre regardait au fond de son âme. La dilatation des pupilles, l'écarquillement des iris, la réaction dans son regard lui rappelait celle de son père, la première fois qu'il avait vu, qu'il avait su que son fils était aussi un renard. Rares étaient ceux qui parvenaient à passer outre son apparence désinvolte pour voir la nature profonde de Tama. Le regard éteint par la méfiance, il vit l'autre faire comme si de rien n'était et poursuivre son chemin. Dévissant sa tête au-dessus de son épaule, le maori suivit cette silhouette du regard pour le voir s'asseoir sur un banc, plusieurs mètres plus loin.

C'était une journée comme les adorait l'espiègle créature tapie au fond de l'hédoniste, dont l'esprit s'occupait de faire germer une facétie. Qui était donc cette personne éveillée au monde surnaturel, mais qui tentait de l'ignorer? Tama lui montrerait bien qu'on n'ignore pas si facilement cet univers, pas sans que ça nous revienne directement au visage, à tout le moins! Après un court moment d'observation, l'austronésien en vint à la conclusion que l'autre était perdu dans ses réflexions, probablement troublé par quelque chose qui échappait à Tama, et qui ne devait pas être l'imminence de la pluie...

C'était une journée parfaite pour manger une glace, et c'est deux gelati à la main, quelques minutes plus tard, que le kiwi prit place près de l'étranger. Après s'être légèrement trémousser pour trouver une position confortable, il tendit d'un même coup un sourire chaleureux et les deux bols de plastique au dépressif.

« Il y a chocolat ou pistaches, tu préfères quoi? J'ai toujours trouvé qu'il y a rien de mieux qu'une glace pour remettre de l'ordre dans ses pensées. »

Le renard des marées insista d'un mouvement des mains, lui fichant presque les deux saveurs sures sous le nez, et lorsque son voisin de banc trancha enfin, Tama jeta son dévolu sur sa propre glace. Au bout de quelques-unes de ces minuscules cuillerées, il reprit parole pour se présenter, comme si c'était la chose la plus naturelle au monde.

« Au fait, moi c'est Tama. Elle est vachement meilleure que j'aurais espéré! »


© Fiche par Mafdet Mahes


L'essentiel est invisible pour les yeux ;
On ne voit bien qu'avec le coeur


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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Mar 24 Mai - 11:22


     
C'est toujours au dernier moment que l'on se rend compte de toute la beauté du monde et qu'on l'apprécie à sa juste valeur. C'est toujours au dernier moment que l'on se rend compte à quel point il est merveilleusement simple et c'est toujours au dernier moment que l'on prend conscience de ce que l'on aurait du changer. Arès et Tama
     

     
When the broken guardian meet the fox of the tides



     
Ma main dessinait à un rythme lent et presque paisible parfaitement opposé à l’état dans lequel je me trouvais depuis quelques jours. Pourtant, en cet instant j’étais en paix avec moi-même malgré la douleur latente et la souffrance sous- jacente pour le moment repoussée en dehors de mon âme torturée par la vision de cette joie de vivre naturelle et insouciante. La douleur liée à la chute s’exprime par vague venimeuse à géométrie variable. La puissance de mes blessures internes dépend de choses que je ne maitrise pas et sur lesquelles je n’ai aucune prise. Tout ce que je sais à propos de la chute c’est qu’elle entraine les gardiens à la fumée dans un cauchemar éveillé. Et qu’elle est le premier pas vers le statut peu enviable de renégat. Etre un réprouvé et un ennemi de ma propre espèce n’a jamais été dans mes plans. Tout s’est passé tellement vite, bien trop vite. J’ai perdu le contrôle pour la première fois de ma vie de gardien et cela c’était payé de la plus brutale des manières envisageables. La peur et la panique poussent les soldats à faire des erreurs surtout lorsqu’ils sont jeunes et bien moins expérimentés que les vétérans chevronnés qui représentent la colonne vertébrale des clans de gardien à la fumée.

La douleur qui semble provenir de chaque parcelle de mon être est un mécanisme de sureté propre à mon espèce. Pour empêcher, les gardiens de perdre de vue la raison de leur existence ou de s’éloigner de la voie qu’ils doivent emprunter. Cela n’avait pas empêché la moitié des gardiens à la fumée de ce monde de devenir des renégats à une époque reculée. La chute peut tuer mais ce n’est pas systématique. Encore une fois, je ne sais pas grand-chose à propos de ce processus. Ce n’est pas le premier sujet de conversation dans les clans à vrai dire. Il s’agit même d’un sujet tabou. Chuter est synonyme de déshonneur suprême pour un gardien mais puisque c’est un choix volontaire dans la majorité des cas, cela n’est pas important pour ceux qui trahissent leur raison d’être dans le sang. Pour ma part, le fait de jeter l’opprobre sur mon clan, sur les gens qui m’ont accueilli et enseigné bien des choses est un poids supplémentaire à ma conscience torturée. J’aime mon clan de toute mon âme. Il constitue une part indéniable de ce que je suis. Et, je sais à quel point Azgeda est respecté parmi tous les clans. La réputation et la puissance de ses gardiens à la fumée n’est plus à faire. Alors, le prix de mon erreur me parait bien plus élevé que ce que j’aurais pu craindre. C’est une raison supplémentaire qui ne peut que renforcer mon choix de me rendre et de faire face à la justice royale.

Je ne sais pas si je suis le premier gardien transformé à vivre cela mais j’espère bien être le dernier. Affronter les effets de la chute est une expérience détestable et insoutenable. Je ne la souhaiterais même pas à mon pire ennemi. Quoi que si, justement un tel châtiment serait idéal pour la personne ayant la folie de le devenir. Malheureusement, ce genre de chose est purement exclusive à mon espèce. Alors, j’imagine que l’on peut oublier. Une vague de douleur me fait grimacer en se propageant à travers mon être meurtri. Je continue pourtant de dessiner avec acharnement le spectacle s’offrant à ma vue. Un coup de crayon pour donner plus de prestance à un arbre solitaire bordant la petite aire de jeu. Un autre plus léger pour affiner les nuages s’écartant devant l’astre solaire. Mes mouvements se font plus fluides tandis que je retranscris l’expression de bonheur enfantin proche de la béatitude d’un bambin ayant achevé son château de sable. Ils ralentissent ensuite pour que je puisse dépeindre la fierté dans les yeux d’une mère et le sourire amusé d’un père. C’est quelque peu ironique que cela soit ce tableau que je décide d’emporter au titre des lumières de ce monde. Quelque peu ironique parce que je n’ai jamais pu vivre une telle scène pourtant banale.

Je termine mon dessin m’attardant sur les détails. Je pourrais surement faire mieux si je prenais plus de temps pour ce faire. Si, je prenais plusieurs heures pour le peaufiner, le travailler et le retravailler encore et encore jusqu’à l’obtention d’un résultat exceptionnel. Mais, je ne recherche pas un résultat exceptionnel cette fois ci. Je ne cherche même pas à m’améliorer. Ce que je veux c’est emprisonner quelque chose d’authentique et de simplement beau sur les pages de mon carnet. Quelque chose que je pourrais regarder et apprécier avant d’effectuer mon dernier voyage. J’achève mon œuvre avec un sourire triste sur les lèvres et ferme le carnet que je pose à côté de moi. Un ballon vient rouler à mes pieds et je le renvoie doucement au groupe de gamins en train de faire une partie de football. Puis, je ferme les yeux et savoure la caresse du soleil sur ma peau, les odeurs forestières du parc, les bruits et les cris des habitants de la petite ville.


      Mes sens s’imprègnent de tout ce qui m’entoure et durant l’espace d’un instant je suis simplement et complètement détendu. Mais, la douleur reprend bien rapidement ses droits sur ma carcasse épuisée. Et, c’est lorsque je sens le vent se lever que je rouvre les yeux sur mon environnement. J’espère que le temps ne va pas se gâter. Je n’ai jamais plus apprécié un tour dans un parc qu’en ce jour d’une tristesse infinie. Je tourne la tête vers mon carnet pour vérifier qu’il n’a pas été emporté par la brise et découvre les pages en train de défiler, fouettées par le souffle printanier. Je saisis le tissu de papier et regarde le dessin que le vent a décidé de me montrer. Un dessin de mes cousins Malaki et Jason une bière à la main et un grand sourire sur les lèvres. Mon cœur se serre dans la foulée et je reste figé dans ma contemplation. Je vous rejoindrais bientôt les gars. Ensemble pour toujours et à jamais comme on se l’était promis lors de notre première rencontre. Je me doute pourtant que cela ne leur plairait pas de me voir ainsi et entretenir de telles idées. Je pourrais même les entendre me dire que je ne dois pas mourir, ne pas vouloir les rejoindre. Je lève les yeux au ciel et soupire avant de tourner les pages et de contempler longuement chacune de mes œuvres avec fierté comme un père devant son enfant. Une autre vague de douleur s’insinue dans mes veines mais celle-ci est insignifiante à côté des autres et je n’ai aucun mal à en faire abstraction. Le visage chaleureux de ma tante et de son époux qui fut la seule figure paternelle de ma vie m’arrache un léger sourire.

Chaque membre d’Azgeda défile ensuite à travers les pages jusqu’à ce que je tombe sur un dessin de ma créatrice. Mon sourire se fige sur mes lèvres et je caresse le visage d’Azalea figé à jamais dans une expression espiègle. Mon cœur se serre une nouvelle fois et je ne comprends pas pourquoi j’ai encore plus mal qu’en ayant pensé à mes chers cousins. Ou plutôt, j’imagine que je refuse de comprendre. Une unique larme s’écoule sur ma joue et glisse le long de mon œil jusqu’à s’écraser sur le papier. Je ferme brusquement le petit réceptacle d’une bonne part de mon histoire et balaie la larme silencieuse d’un geste ferme. Une petite fille m’observe et je me doute qu’elle m’a vu pleurer. Enfin pleurer, il ne faut peut-être pas exagérer non plus. Une unique larme ne saurait être considérée comme des pleurs. Je lui adresse néanmoins un grand sourire qu’elle me rend avant de retourner jouer. Puis, je me plonge dans mes souvenirs. Souvenirs d’enfance à l’orphelinat avec la bande, souvenirs de Milan, de ma vie avec Lucia, Jhon et mes cousins puis ceux de ma transformation et de mon apprentissage de gardien. Je m’attarde tout particulièrement sur mes souvenirs liés à la lionne d’Azgeda comme s’ils avaient un gout plus prononcé que tous les autres. Je n’ai plus la notion du temps alors je ne saurais dire combien de temps a passé entre le moment où j’ai percuté le mélanésien respirant la joie de vivre et la force tranquille et celui où ce dernier se pointe comme une fleur à quelques pas de mon banc deux pots de glace à la main.

Je ne fais pas attention à lui, persuadé qu’il ne fait que passer et laisse de nouveau mon regard dériver aux quatre coins du parc de Beacon Hills tandis que mes souvenirs m’apportent un brin de réconfort immatériel. L’homme à l’auréole doré prend pourtant place à côté de moi et se trémousse durant ce qui me parait être une éternité jusqu’à qu’il trouve une position visiblement confortable. Je pousse un léger soupir et jette un coup d’œil express à ses glaces. L’arôme chocolaté atteint mes narines et semble me tenter. En même temps, je ne me nourris pas vraiment depuis quelques temps. Je lui lance un regard ébahi et interrogateur avant de reporter mon attention sur le tableau débordant de vie nous faisant face. J’esquisse une moue dubitative et me demande le pourquoi du comment. J’ai bien compris que cet être surnaturel était la représentation terrestre de la joie de vivre mais cela n’explique en rien son comportement. Pourquoi aider un pauvre type déprimé qu’il ne connait même pas ? J’ai beau me creuser la cervelle. Je ne vois vraiment pas. Le concept même du bon samaritain me parait inexplicable. Tout ce que je peux lui offrir est une rencontre déprimante avec un être dévasté dans sa chair et son esprit.

Je ne vois pas en quoi cela pourrait être réjouissant. Et puis, malgré le fait que mon estomac ne cracherait certainement pas sur une douceur sucrée je ne peux m’empêcher de me dire que je préfère les parfums boisés. Une glace aux fruits des bois aurait accaparé toute mon attention en quelques secondes. Mais, penser à mon parfum de glace favori est une bien mauvaise idée puisque ce parfum est le reflet de celui d’une personne que mon geste va surement blessé profondément. Je n’ai même pas besoin de chercher pour m’en rappeler. L’effluve de cèdre, de cannelle et de fleur sauvage d’Azalea semble avoir intégrée mon sens olfactif pour ne plus jamais le quitter. Penser à cela ne fait que raviver la douleur liée à mon choix et c’est finalement le culot bienvenu du mélanésien joyeux qui m’arrache de ma torpeur. Je finis par prendre le bol de glace au chocolat qu’il me tend et lui adresse un maigre sourire de remerciement avant d’enfourner une cuillérée dans ma bouche. Je lui réponds d’une voix éraillée : Enchanté Tama. Moi c’est Arès et merci pour la glace. Elle est délicieuse.
Je reporte ensuite mon attention sur le parc tout en savourant la saveur sucrée de la glace chocolatée offerte par une âme charitable. Je ne relance pas la conversation car je n’ai pas le cœur à parler. J’ai déjà accepter la présence de ce drôle d’énergumène ne pouvant qu’être bien plus qu’un joyeux fanfaron à la vue de son aura surnaturelle.      

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MessageSujet: Re: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Mar 7 Juin - 4:43


Le Gardien & Le Renard

Minutieusement, avec une concentration qui n'était pas sans rappeler celle d'un enfant, Tama cherchait où planter sa cuillère la prochaine fois pour que ce soit optimal et ne pas se retrouver avec de la glace fondue partout sauf dans son estomac.  Le sourire aux lèvres, il fixait la friandise d'un air serein et presque absent.  Pourtant, il observait.  Comme dans un jeu de chat et de souris, il épiait Arès qui embrassait lui-même du regard le parc devant leur banc.  Quelques lampées après que son comparse se soit présenté. Tama'Rangi décide de casser le silence.  Il ignore pourquoi, mais toute cette situation l'amuse.  Si, vraiment, un loup passait par-là, l'austronésien jurerait que le loup verrait son renard tourner sur lui-même et s'entortiller sournoisement.

« Ça me fait plaisir. Je n'ai jamais su me résigner à en manger seul, pour être honnête.  Il y a de ces petits bonheurs qu'on a pas le choix de partager. »

Et voilà qu'il philosophait.  Lui, le sans-papier, le nomade invétéré, le flâneur professionnel, l'hédoniste bicentenaire. Il restait là, jouant par sa simple présence avec les cordes de sa proie.  De sa pauvre victime.  Il n'avait pas envie de manger Arès ni d'en faire autre chose qu'un divertissement temporaire.  Le temps d'une glace, au minimum;  jusqu'à la pluie prochaine tout au plus.  C'était ainsi quand on portait la marque de l'océan.  Les gens n'étaient que des ondes qui se succédaient et se remplaçaient l'une l'autre, similaires et uniques à la fois.  Et comme l'être ludique qu'il était, il jouait parmi ces vagues quand il le pouvait.  Se moquait tantôt de l'écume d'un courant enragé, tantôt de la mollesse d'un ressac paresseux.

L'objet de ses tourments, cette fois, était bien plus mystérieux.  Une lame sous-marine sombre et profonde, probablement plus traître que tous les bas-fonds de Californie réunis.  Un défi à sa hauteur, en somme.  Le géant espiègle avait trouvé quelqu'un qui connaissait le secret de sa deuxième nature mais voulait taire cette connaissance, faisant ainsi naître un nouveau secret qu'il se devait de découvrir.  Mais la réelle interrogation ici, le vrai secret, c'était de savoir pourquoi Arès ignorait Tama ainsi et agissait comme s'il n'y avait pas eu cet éclat d'éveil et de connaissance dans son regard.  Cette lueur oculaire qui trahissait sa connaissance du monde occulte et par le fait-même son appartenance à celui-ci.  Que pouvait-il bien être?  Un Kitsune également? Probablement pas, il ne semblait pas avoir plus d'humour ni d'espièglerie que le premier Anglais venu.  Un loup, alors?  Que faisait-il seul, dans ce cas?  Et puis, honnêtement, il ne semblait pas si peu digne de confiance.  C'est que les loups étaient de drôles de bestioles.  Elles pensaient étrangement et accordaient beaucoup trop d'importance à une hiérarchie artificielle et à la dépendance les uns des autres.  On ne pouvait être ami avec un loup si on ne l'était pas avec sa bande entière, mais par contre dès qu'on s'en mettait un à cran, c'était la meute entière qui voulait nous faire la peau.  C'était donc un pari perdu d'avance que de vouloir faire patte blanche avec l'un d'eux et établir une paix durable.  En plus, dès que l'un d'eux devenait chef, ça voulait agrandir le territoire et ça se battait comme des barbares.  Non non non, aussi bien les éviter.

Et Arès n'en était pas un, foi de vulpin.  Son nom, par contre, évoquait le dieu martial grec.  Était-il une créature spécialisée dans ces disciplines? Un soldat surnaturel?  L'idée fit frissonner le Maori, qui put faire passer cela sur le compte de la glace.  Non non non, personne ne pouvait être prédestiné depuis le berceau.  Quoique... Dans la mesure, il n'était lui-même pas mal.  Bon, il se présentait toujours simplement comme « Fils », sans préciser le fils de qui...  Arès restait pour l'instant une énigme, mais il était deux choses :  De l'une, Tama adorait les énigmes.  De deux, il suffisait de laisser le temps et Arès se mettrait lui-même la pression et le chat sortirait du sac sans que le néo-zélandais n'ait besoin d'y mettre le moindre effort.  Pour l'instant, tout ce que le fils du Pacifique avait à faire, c'était simplement de rester là à s'amuser en profitant du soleil avant que celui-ci ne se fasse la malle.

L'attention de l’Hawaïen se porta sur le parc, suivant à peu près la direction dans laquelle son voisin de planche espionnait, et il observa la petite famille.  Était-ce donc là la cause de la langueur d'Arès?  Était-il jaloux de la parentalité du couple qui batifolait avec leur fiston, au milieu du sable?  En voilà une bien drôle d'idée!  

« Tu sais, les enfants c'est un peu comme mes cheveux.  Géniaux quand ils ne sont pas à toi, mais que tu peux les voir et jouer avec.  Beaucoup moins géniaux quand ce sont les tiens, que tu dois vivre avec, les laver et les faire tenir correctement en public. »

Tama s'empiffrait et il n'y aurait certainement bientôt plus de saveur de pistache dans son petit contenant.  Ça ne l'empêcha pas d'arrêter un bref instant son regard sur le calepin que tenait son accolyte, intrigué. Bientôt, il ne lui resterait qu'à tout nettoyer d'un coup de langue agile.

« Et le pire, c'est qu'à peu près tout le monde est quand même d'accord pour dire que c'est le plus beau cadeau au monde.  Même ceux qui n'en voulaient jamais.  Ces petites créatures sont magiques, rien de moins. »

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MessageSujet: Re: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Jeu 9 Juin - 21:33


     
C'est toujours au dernier moment que l'on se rend compte de toute la beauté du monde et qu'on l'apprécie à sa juste valeur. C'est toujours au dernier moment que l'on se rend compte à quel point il est merveilleusement simple et c'est toujours au dernier moment que l'on prend conscience de ce que l'on aurait du changer. Arès et Tama
     

     
When the broken guardian meet the fox of the tides



     
Les bouchées de glace au chocolat que j’enfourne mécaniquement dans ma bouche sont les seuls mouvements de mon corps qui est passablement immobile. En fait, je pourrais tout aussi bien être une statue vissée à ce banc de bois. Une statue observant les alentours d’un œil presque avide. Avide de connaître ne serait-ce que l’une de ces émotions positives une dernière fois. Qu’il s’agisse de l’innocence pleine de naïveté des bambins jouant dans le bac à sable ou se disputant pour un ballon de football. Bon, je vous accorde que j’avais perdu cette innocence il y a bien longtemps. A l’âge de certains des enfants plus âgés gambadant dans les allées verdoyantes du parc. Néanmoins, malgré tous mes crimes, tous mes combats, toutes mes missions et tout le sang versé par ma main je pensais tout de même avoir réussi à préserver une once de lumière en moi. Il m’arrivait de m’émerveiller comme un gamin devant certaines choses. Certaines choses que je découvrais pour la première fois ou d’autres ayant échappé à la souillure d’un monde que j’avais toujours considéré comme bien sombre. Ironique quand on y pense car mon monde était sombre par nature.

La délinquance juvénile que j’avais connu durant le début de ma vie m’avait poussée vers une carrière dans le monde du crime organisé. Je m’y plaisais au demeurant car ce monde sans pitié faisait partie de moi. On ne peut pas lutter contre ce que l’on est. On ne peut pas effacer certaines choses. Et le fait est que ce monde plein de noirceur était le mien que je le veuille ou non. Depuis, mon plus jeune âge ma vie avait été un combat. La violence faisait entièrement partie de ce que j’étais et cela faisait belle lurette que je l’avais pleinement accepté. J’étais parfaitement lucide sur la personne que j’étais. A mes yeux, je n’étais pas quelqu’un de bien mais cela ne me posait aucun problème. Les bonnes personnes ne survivent pas jusqu’à la fin du film en règle générale. C’est ce que ma vie à l’orphelinat et dans les bas-fonds le bordant m’avait enseigné dès mon plus jeune âge. Je n’avais jamais cessé de me battre jusqu’à aujourd’hui. Pourtant, il semblait que mon combat allait devoir prendre fin bien plus tôt que prévu. Pour en revenir à l’absence de lumière de mon monde, il en allait de même avec ma mission surnaturelle. Je suis un gardien mais surtout un messager de la mort. Mon espèce supprime des anomalies comme mon partenaire de rêverie assis à mes côtés dévore sa glace à la pistache. Sans état d’âme et avec un plaisir évident. Nous sommes des protecteurs certes mais nous sommes également et avant tout des soldats et les soldats tuent si on leur en donne l’ordre.

Alors, vous voyez mieux ce que je veux dire quand je dis que la lumière que constitue ce spectacle de vie m’attire autant qu’il me révulse. Cette part d’innocence préservée était intrinsèquement liée à mon amour des belles choses qu’il s’agisse d’un sublime panorama devant lequel je pouvais m’extasier ou bien d’un dessin que je venais d’achever. Le gout du chocolat sur mes papilles me détend néanmoins car mon estomac passablement creux depuis quelques jours apprécie grandement d’être à nouveau rempli quand bien même il ne s’agit que d’une glace. La contemplation de tout ce bain de joie et d’allégresse toute estivale m’apaisait autant qu’elle m’attristait. Je ne gouterais donc jamais plus à la joie de savourer la caresse du soleil sur ma peau. Je ne sentirais plus le souffle du vent sur le sommet de mon crane. Seuls les gens ayant les cheveux rasés peuvent comprendre. Je ne serais jamais à la place des parents surveillant leurs marmots du coin de l’œil. Je ne serais plus jamais à la place de ces amoureux enlacés l’un contre l’autre sur la surface tendre de l’herbe verdoyante. Honnêtement, je crois que je suis maintenant suffisamment déprimé pour aller me jeter du haut d’une falaise. Cette saleté de douleur disparaitra en même temps que je le ferais.

En parlant de la douleur crispant les traits de mon visage et me dévorant avec plus d’avidité que celle d’un austronésien à la chevelure dorée devant une glace à la pistache, elle diminuait lentement mais surement dans un ballet trompeur. Le calme avant la tempête me vint immédiatement à l’esprit. J’avais très vite compris que ma souffrance se déversait en moi telle les vagues de l’océan se fracassant les unes après les autres. La période entre deux fracas était relativement comparable à un maigre havre de paix temporaire. Un havre de paix qui ne résistait jamais à la furie vengeresse de l’océan douloureux dans lequel je nageais. Mais, un havre de paix tout de même. Je ne détourne pas le regard du spectacle devant moi tandis que le kitsune mélanésien se remet à parler. Je l’écoute néanmoins avec attention et marmonne un : Vous avez bien raison.

     Quand bien même, ce renard du pacifique était venu briser mes plans de souffrance silencieuse et solitaire par un après-midi splendide d’un point de vue météorologique, il avait bien raison sur ce point-là. Seulement voilà, je n’ai pas franchement besoin qu’un bon samaritain pas si bon que cela si on se fie aux légendes connues sur le fameux renard garou ne vienne tenter de me détourner de ma décision finale. Honnêtement, je ne sais pas si la chute d’une falaise me tuerait. Je mettrais surement plusieurs semaines voire quelques mois à guérir. Non, seuls les miens pouvaient m’offrir la délivrance que je recherchais. Un maigre sourire étire mes lèvres lorsque je tourne la tête et observe la façon dont Tama s’enfile sa glace. Pour ma part, le pot en plastique était encore plein aux trois quarts. J’imagine qu’on prend plus le temps de savourer tout ce qui peut l’être lorsque l’on se sait condamné à une mort certaine. Je reporte ensuite mon attention sur le parc en mangeant ma propre glace avec un appétit retrouvé. Observer Tama s’empiffrer avait de quoi redonner le sourire et la faim à n’importe qui. Mort en sursis ou non. J’enfourne une grande cuillérée de glace dans ma bouche et je lève les yeux au ciel pour observer les oiseaux voler dans le ciel bleu dénué de nuages. Si seulement ma vie avait pu être aussi dégagée que ce ciel, tout aurait pu être différent.

Mais, je balaie très vite cette pensée de mon esprit souffrant. Je ne regrette absolument rien du tout. J’ai bien vécu. J’ai profité de la vie comme j’ai pu. Bien évidemment si j’avais su que je risquais de quitter ce monde aussi jeune, j’aurais fait bien plus. La reprise de parole de Tama m’arrache de ma torpeur et me fait écarquiller les yeux de surprise. J’éclate de rire en entendant sa comparaison mais le rire s’efface bien vite pour laisser la place à une expression encore plus attristée et désespérée qu’avant. Si, je vous assure que c’est possible. Je me rends compte à cet instant que si je me suis toujours battu, je l’ai fait pour des choses de moindre importance. Acquérir du respect dans les rangs des orphelins dont je faisais partie, satisfaire mon égo au rythme de mes victoires, satisfaire ma soif d’adrénaline et mon plaisir personnel et tout simplement me sentir pleinement vivant et entier. Tout cela était très bien au demeurant. Tout comme le fait de me battre dans le cadre de ma mission de protecteur de l’équilibre ou pour mes employeurs successifs afin de gagner de quoi vivre bien mieux que je n’aurais jamais pu l’espérer. Seulement, tous ces combats me semblaient bien futiles dans un moment pareil. Le moment précédant le passage sur le billot. Celui durant lequel on sait que l’on en a plus pour très longtemps et que l’on fait une introspection. Je n’ai jamais pensé à avoir des enfants. Cela ne m’a jamais ne serait-ce qu’effleurer l’esprit. Je suis un coureur de jupon ou du moins je l’ai été et je suis un criminel. Avoir des enfants ne serait pas vraiment une bonne idée n’est-ce pas.

De plus, vu mon histoire personnelle qui débute par un abandon, je ne pense pas que je saurais être un bon père. Non, c’est une idée passablement stupide alors il n’y a strictement rien à regretter. Alors pourquoi est-ce que je ressens un pincement au cœur à l’idée de ne jamais connaître la paternité. Peut-on regretter ce que l’on n’a jamais connu. Eh bien, visiblement oui. Je jette un coup d’œil à ma glace et la pose à côté de moi. Je n’ai plus très faim tout d’un coup. J’ouvre de nouveau mon calepin et me mets pourtant à perfectionner le dessin que je venais de faire, rajoutant des nuances d’ombre et de lumière dans certains endroits et réajustant certaines courbes. Je dessine presque avec fureur comme si cela pouvait évacuer le sentiment de tristesse plus puissant que celui que je ressentais auparavant. Tama jette un coup d’œil par-dessus mon épaule et reprend avec une phrase qui me fait sourire malgré le mal qu’elle m’inflige. Et puis de toute manière. Avec qui est ce que pourrais avoir des enfants hein. J’ai bien laissé des souvenirs, des regrets et peut être du ressentiment à mon encontre à un certain nombre de femmes de la côte ouest américaine mais je n’en vois aucune avec laquelle je pourrais avoir envie de fonder une famille. Il n’y en a qu’une avec laquelle je pourrais accepter de m’engager sur cette voie bien plus effrayante à mes yeux que la perspective de me faire décapiter pour mes crimes.

La seule et l’unique. Celle qui allait me détester à jamais pour ce geste. Celle qui serai capable de me botter le cul dans l’autre monde si elle le pouvait. Je ferme les yeux l’espace d’un instant et imagine une petite scène bucolique dans ce même parc. Azalea dans une robe d’été lui rendant pleinement honneur assise sur un banc en train de me regarder jouer avec une petite fille énergique, portrait craché d’Azalea et moi. Lorsque je rouvre les yeux, je pousse un soupir et décide de ne plus éluder la conversation. Si je dois mourir demain, autant avoir eu une discussion franche avec un être surnaturel qui ne me connait pas et que je ne reverrais jamais. Qu’est-ce que cela peut me couter ? Strictement rien. Je lui réponds : Cela n’a plus aucune espèce d’importance de toute manière. Puis, bon quand bien même je suis persuadé que tu as raison au sujet des marmots. Je ne pourrais jamais le savoir désormais. Mais, ce que tu dis est vraiment beau alors je vais partir en me disant que ce sont ces petits êtres qui rendent le monde plus beau quand bien même je ne pourrais pas le vérifier. Mais assez parler de moi et de sujets déprimants. Peux-tu me dire ce qu’un renard mélanésien fait si loin de chez lui ? M’enfin tu m’as l’air d’être quelqu’un qui se sent bien partout alors bon.    
   
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MessageSujet: Re: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Mar 21 Juin - 0:26


Le Gardien & Le Renard

Bien sûr qu'il avait raison.  On n'avait pas quelques milliers de lunes derrière la cravate pour ne pas avoir raison sur des points aussi évidents que le plaisir de partager une glace avec quelqu'un, peu importe qui.  Ca avait d'ailleurs toujours été un excellent moyen de faire des rencontres intéressantes.  Sauf que le dévoreur de glace au chocolat ne semble pas tout à fait être au sommet de la forme.  Son visage se crispait parfois, comme si une vague de quelque chose venait le déranger.  Peut-être souffrait-il, ça ne regardait pas le renard qui était légèrement irrité de voir sa générosité ainsi récompensée par un nuage gris dans le regard de son voisin de banc.


Tama'Rangi avait déjà entendu ce ton résigné auparavant.  C'était sa mère qui savait qu'elle ne le reverrait plus lorsqu'elle lui avait fait un dernier baiser sur le front.  C'était un gamin hawaïen qui était envoyé placer les ossements des guerriers dans leur dernier repos et qui savait que le panier dans lequel on le descendait ne remonterait jamais et les fracasseraient au sol. C'étaient les premiers colons qui parlaient de leur Angleterre natale en sachant qu'ils ne la reverraient jamais.  C'étaient des amis qui partaient pour l’Europe en sachant qu'ils risquaient de ne jamais en revenir, fusils et insignes en mains, une image de leur douce contre leur cœur.  C'était lui-même, qui quittait une amante dans l'obscurité, en lui promettant des nouvelles qu'elle n'aurait jamais.  Car il avait toujours été bon pour se faire oublié, aussi paradoxal que cela puisse paraître.  Il avait échappé à l'effort de guerre, mais était resté marqué, chaque fois, de voir cette expression, cette émotion sur leurs visages.  Il avait alors compris le sens réel de la résignation, de savoir regarder la mort en face, d'oblitérer le savoir que le meilleur n'est plus à venir, mais est bel et bien derrière soi, pour y rester.  Et alors qu'il parlait, c'était exactement ce qu'il lisait chez la déprimante présence à ses côtés.

Cette présence voulut changer de sujet, et le renard n'en fit pas de cas.  Ça ne lui déplaisait pas, parfois, souvent, d'être le centre de l'attention.  Et puis, il respectait les dernières volontés d'un mourant.  Pour l'instant.  Être mourant et être vivant avait cela en commun qu'il s'agissait d'états de transitions, tous deux temporaires, bien que l'une dure préférablement infiniment plus longtemps que l'autre.  Et ce qui était bien d'un statut temporaire comme ceux-ci, c'était qu'il changeait, et qu'on pouvait en revenir, qu'on en avait le choix, en somme, à tout moment.  Et le polisson comptait bien le prouver à celui qui portait davantage le masque d'Hadès que d'Arès.  Le fils du ciel attendrait simplement le bon moment pour rappeler au gardien dont il ignorait tout qu'il pouvait faire marche arrière, simplement, et faire comme l'Humain a fait pour les derniers millénaires, probablement le seul apprentissage que la Nature lui ait enseigné et qu'il ait retenu : se battre pour sa survie.

S'il se sentait bien partout?  Tama'Rangi s'illumina d'un sourire en souvenir à sa mésaventure au cœur du désert Africain.  Non, il ne se sentait bien que dans les milieux humides, hydratés, drainés.  La sécheresse Californienne l'angoissait, bien qu'il se soit refusé de le montrer.  De toute façon, il était apparemment des choses qui se savaient sans avoir besoin d'être dites.  Qu'il soit mélanésien, c'était écrit dans son visage, bien qu'on le méprenait plus souvent qu'autrement pour un indigène australien, ou d'un maori (ce qui l'arrangeait généralement, il devait bien l'avouer), et parfois également pour un descendant du continent qu'il redoutait dorénavant tellement.  L'homme à ses côtés possédait donc une certaine culture minimale. Savoir qu'il était un renard, par contre, était d'un autre niveau de perspicacité, et Tama était plutôt fier de savoir qu'il avait bien interprété le regard de l'homme qui ne voulait pas d'enfants.  De son côté, le Kitsune ne s'était jamais vraiment posé la question.  Il était encore jeune, sa tante ajouterait immature, et avait bien suffisamment le temps d'établir sa progéniture.

Toujours souriant, sa chemise à motifs multicolores ouverte sur son torse, sa glace terminée dont le bol gisait dans sa main comme une épave sur un récif, les pieds offerts aux caprices de la brise, des orteils aux cuisses, les bras étendus par-dessus le dossier du banc, l'austronésien prit un instant pour répondre.
« Presque partout, oui.  C'est aussi rare de trouver un endroit où je ne me sente pas bien qu'un où je reste bien longtemps, en fait. »

Pareillement pour les gens, mais ça il ne s'en vanterait pas.  Pas qu'il en ait honte, mais ça se plaçait moins bien dans une conversation!

« Disons simplement que je suis partout chez moi, et que mes navigations m'ont mené ici, à Beacon Hills.  J'ai cueilli une opportunité après l'autre et me voilà! »

Le géant du Pacifique balança ses pieds à quelques reprises en levant le menton vers le ciel.  L'abri de sa chevelure ne suffisant plus à les protéger de l'astre du midi, ses yeux se plissèrent.

« Ma mère m'a nommé Tama'Rangi Marama, au fait.  Mes amis m'appellent Tama. Il y a peu de gens sur ce continent qui m'appellent ainsi... »

Sans perdre un instant son sourire, l'invitation était lancée, aussi simplement que les gens aimaient un peu tout et devenaient amis avec n'importe qui, tout le monde et son voisin à l'époque moderne.  Il suffisait d'une invitation à laquelle il était facile de répondre et de cliquer l'acceptation ou le refus.  Le renard des marées se leva sans plus attendre et alla jeter son gobelet un peu plus loin, avant de revenir sur ses pas en traînant des pieds.  Il leur restait encore un moment avant de subir l'orage.

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MessageSujet: Re: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Lun 4 Juil - 19:09


   
C'est toujours au dernier moment que l'on se rend compte de toute la beauté du monde et qu'on l'apprécie à sa juste valeur. C'est toujours au dernier moment que l'on se rend compte à quel point il est merveilleusement simple et c'est toujours au dernier moment que l'on prend conscience de ce que l'on aurait du changer. Arès et Tama
   

   
When the broken guardian meet the fox of the tides



   
La présence du renard océanien à l’auréole dorée et au sourire solaire d’abord exaspérante et extrêmement déplaisante car bel et bien envahissante tendait presque à devenir agréable. Exaspérante au départ car me morfondre dans la noirceur limpide de mes pensées mortifiantes avait beau ne pas être mon intention initiale puisque ce fut d’ailleurs tout le contraire, j’avais quitté la forteresse des larmes-le loft tombant en ruine en raison de ma présente négligence-avec l’idée de savourer une dernière fois ce que la vie avait d’artistiquement éloquent. Le tableau d’un monde m’ayant longtemps paru aussi triste et morne qu’une prison ne pouvait que l’être pour un détenu condamné à une peine de sureté maximale. Mais dont la contemplation présente bien que teintée de la douleur la plus profonde qui soit m’arrachait un brin de satisfaction comme je n’en avais jamais connu auparavant. La perspective d’une fin bien trop rapide à une histoire faite de haut et de bas s’enchainant bien plus vite que des montagnes russes déglinguées ou fabriquées par un ingénieur foncièrement trop créatif pour son propre bien s’avérait bien plus cruelle à appréhender que ce que j’aurais pu imaginer.

Je pensais qu’après toutes les difficultés, tous les malheurs et toutes les erreurs qui avaient constitués les pavés de la route qui avait été la mienne, cela serait plus aisé de lâcher la branche salvatrice et de me laisser emporter par le courant. Mais, je me mentais à moi-même en pensant cela. La vérité aussi pathétique soit elle est que nous sommes tous décidés à nous accrocher à la vie. Que celle-ci soit un cauchemar, un rêve éveillé, un navet intersidéral, un film pour adulte au scénario tenant sur un papier timbre, un combat sans fin ou même un livre placide. Peu importe la description envisageable de notre existence métaphysique dans un monde qui nous dépasse parfois, force était de constater que nous nous y accrochions sans même nous en rendre compte. Est instinctif ou la preuve que malgré le degré que pouvait atteindre nos emmerdes nous avions toujours au fond de nous l’infime espoir que les choses pouvaient se décanter parfois même par miracle ou par opération du saint esprit comme on dit ? L’espoir, l’espoir, l’espoir un mot sublime mais tristement bien creux. Ce n’est pas l’espoir qui sauvera le monde mais la volonté de se salir les mains pour le rendre meilleur. L’espoir est une faiblesse que je me suis attelé à effacer de mon esprit dès mon plus jeune âge. Dès le moment où j’ai compris qu’espérer voir mes parents franchir le portail de l’orphelinat et me prendre dans leurs bras en s’extasiant devant ma trogne de gamin sauvage et renfrogné était la chose la plus stupide que je pouvais faire. Vivre en se nourrissant d’espoir c’est comme ne pas vivre du tout. Parce que l’espoir n’est qu’un concept qui ne se concrétise presque jamais. Pourtant, en ce jour où je m’étais décidé à quitter ce monde la tête haute j’aurais tout donné pour être rempli d’espoir et entrevoir ne serait-ce qu’un soupçon de lumière dans les ténèbres opaques m’environnant. Non pas pour en être rempli. Le simple fait de pouvoir le gouter serait un bonheur incommensurable.

Mais, cela n’était pas prêt d’arriver. Parce que si la beauté simpliste du spectacle de la vie estivale de la petite bourgade dans laquelle j’avais élu domicile était réconfortant de joie pure parce qu’innocente, cela ne saurait me contenter réellement. Lorsque je laissais mes yeux défiler sur ce que j’avais devant moi. Mon esprit me disait de se délecter de cette vision humaniste et positive de ce monde. Or, de l’autre côté mon cœur ne pouvait que se serrer dans ma poitrine et me faire penser que je n’avais pas profité de ce que j’avais eu à sa juste valeur. Egoïstement, je ne pouvais m’empêcher de leur en vouloir pour ce bonheur frugal et éphémère. Alors que je devrais apprécier le fait d’en être le témoin intime bien qu’ils ne puissent pas en avoir conscience.

    Toujours égoïstement, j’en voulais à mon samaritain mélanésien amateur de sucreries d’être simplement aussi détendu et heureux comme si le bonheur était la chose la plus facile à obtenir en ce bas monde alors que la plupart des gens couraient après toute leurs foutues vies sans jamais parvenir ne serait-ce qu’à l’effleurer. Là en cet instant, je lui aurais bien écrasé mon poing dans la mâchoire pour effacer cet air béatement dégoulinant d’allégresse. Ce qui est complètement stupide parce que sa présence me fait finalement plus de bien que je ne l’aurais cru. Cette après-midi indéniablement lugubre pour ne pas dire émotionnellement macabre avait pris une tournure plus lumineuse depuis que le renard s’était imposé à mes côtés. J’avais peu à peu pris conscience d’une chose essentielle paraissant évidente mais qui ne l’avait pourtant pas été pour moi. Ce n’était pas au monde d’être beau ou agréable mais à nous de le rendre ainsi.  La passiveté n’était que le reflet de la résignation. La résignation était généralement suivie de la complainte. Mais, avions nous le droit de nous plaindre si nous ne faisions que subir au lieu d’agir ? Pour le reste, ce sont les personnes de notre entourage qui nous aident à penser que la joie peut être réelle, sincère et infiniment naturelle. Or, mon entourage était loin d’ici, une autre partie était morte et une autre n’avait jamais voulu prendre de place dans mon existence. Pas étonnant à ce que la dépression ne m’envahisse si facilement. Pourtant, et malgré ce constat la situation ne pouvait être changée d’une quelconque manière.

Mais, je pouvais au moins accepter de partir en étant bien plus conscient que je ne l’avais jamais été. C’est donc la parole avec un inconnu mais tout de même moins inconnu que le reste de la population de ce parc en raison de sa nature surnaturelle qui me permet de me laisser aller, d’oublier à quel point ma situation est critique, marquée par ce que j’estime être un point de non-retour. Le sourire qui illumina son visage lorsque je lui indique qu’il l’avait l’air de se sentir à l’aise n’importe où sous-entendu aussi bien au Pôle Nord qu’en Amazonie en passant par une mégalopole comme Tokyo ou une bourgade californienne de moindre envergure aurait pu rivaliser d’éclat avec le soleil. Ce qui devait à n’en point douter contraster radicalement avec ma propre expression grimaçante et donner une apparence plus comique que tragique à un panorama éclectique.

Je termine ma glace lentement en en savourant les moindres aromes à l’affut de la réponse de Tama. Mais, ce dernier prend un instant pour répondre sans pour autant se départir de son large sourire semblant être indéniablement sa marque de fabrique. Finalement, la voix chaude et apaisante du renard garou brise à nouveau la plénitude de notre petit banc transformé en récif corallien en vertu de sa chemise colorée. Je me contente d’hocher la tête à ses propos tout en observant les environs moins intensément qu’avant et termine ma glace. Je remarque l’acuité plus prononcé de l’astre qui pourrait lui servir de modèle lorsque ce dernier plisse les yeux. Puis, le kitsune mélanesien se lève et va jeter son pot de glace. Je me lève à mon tour et jette le pot dans la poubelle la plus proche avant de revenir m’assoir à coté de cet étonnant voyageur.

Je reprends finalement la parole quelques instants plus tard : J’aime moi aussi beaucoup voyager mais il me faut indéniablement plus de temps que toi pour m’adapter. Mais, c’est plus aisé que la plupart des gens ne l’imagine. J’imagine que nous avons tous les deux des prédispositions à une vie de bohème. Bien que j’apprécie pourtant le fait d’avoir un foyer. Avoir un point d’attache, d’ancrage est une bonne chose. Le mien n’est malheureusement pas ici. Je ne serais peut-être pas dans un état si déplorable si c’était le cas. Quoi qu’il en soit, tu es un bon compagnon d’infortune Tama. Tama c’est mieux. Bien moins formel.
Je marque une courte pause pour observer un point à l’horizon avant de reprendre : Parle-moi de tes voyages ? Quels pays a tu visités ?  
 
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Tama'Rangi Marama

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MessageSujet: Re: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Mar 16 Aoû - 13:05


Le Gardien & Le Renard

Le couvert nuageux faisait son approche sans subtilité, et malgré cela peu de gens ne semblaient s’apercevoir que les faîtes des plus hautes collines à l’ouest de Beacon Hills étaient déjà disparu sous leur édredon épais.  Tour à tour, les deux voisins de bancs s’étaient levés et étaient allés jeter leur gobelet de glace avant de retourner s’asseoir à leur emplacement désigné.  Le silence les avait légèrement enrobés alors que l’air commençait à s’alourdir autour d’eux.  Tama essuya du gras du pouce une goutte de glace qui était tombée sur sa chemise en prévoyant que l’air se chargerait prochainement.  Il n’était pas né de la dernière pluie, après tout, et ce n’était pas son premier orage.  Son partenaire de gelato aurait pu se libérer de la présence envahissante du renard, maintenant que la dégustation était terminée, mais il sembla plutôt préférer relancer la conversation.  Le tatoué hésita un instant, penchant les yeux d’un côté puis de l’autre, les yeux plissés, les dents cachés derrière la forme de ses lèvres étirées en un sourire fin, dont il était difficile de savoir de quel côté entre la ligne de l'espièglerie et du sardonisme il se trouvait : le mélanésien contemplait la question et les réponses qu’il lui était possible de donner, en songeant à ce qu’il convenait de mentionner ou non à cet inconnu, et à la meilleure manière de lui soutirer une réaction divertissante.  Au bout d’un moment d’attente, donc, il rétorqua de sa voix lente et chaleureuse.

«J’ai vu plusieurs pays, dont certains ont changé de nom, et parfois même d’histoire.  J’ai rencontré des peuples isolés, oubliés du monde.  J’ai touché tous les continents, sauf l'Antarctique et l’Europe, maintenant que j’ai mis le pied en Californie.  Si on exclue Hawaii, en fait. Et vaut mieux l’exclure, question de fierté...»
«Je connais la Nouvelle-Zélande comme le fond de ma poche, j'ai navigué jusqu'à Madagascar, je pourrais cartographier le Pacifique les yeux fermés.  J'ai été hébergé dans des centaines de minuscules villages entre monts et mers, dont chacun possédait un patois suffisamment distinct pour être qualifié de langue. Je me suis baigné dans le delta du Gange, alors qu'il était encore limpide.  J'ai exploré des cités antiques, parfois abandonnées, parfois grouillantes de monde.  J'ai dormi sur des planchers millénaires et dans des grottes majestueuses.  J'ai visité des palais inaccessibles.  J'ai rencontré des puissants et des humbles plus intéressants une que les autres.  J'ai marché dans des jungle pleine floraison. j'ai dansé sous la mousson.  j'ai chanté avec les récifs pieds des volcans.  J'ai vu l'histoire s'écrire devant mes yeux de jeune, impuissant.»
«Si je le pouvais, je donnerais cette chance à tous. Le temps transcende les gens et les frontières, le respect de la Terre.  Pourtant, même si je le pouvais, je sais que je garderais cette chance pour moi et pour mes proches.  Pour des élus dont je sais qu'ils sauraient en profiter un maximum, en prenant le temps de s'arrêter pour admirer ces merveilles et collectionner ces souvenirs.  Il faut le mériter.»

Tama'Rangi reprit son souffle en soupirant.  Les marmots dans le parc ramassaient leurs cliques et leurs claques, insouciants mais obéissants.

«Les gamins d'ici ne savent pas la chance qu'ils ont.  Tout le monde prend bien trop leur bonheur pour acquis.  Quand j'étais petit, j'ai appris à pêcher avant d'avoir mon premier poil.  C'était une question de survie.  À dix ans, tout est un jeu, même la survie, mais les responsabilités font tout de même vieillir les enfants prématurément.  Dans mes errances, j'ai aussi vu des mioches avec des armes qui devaient s'en servir, pour les plus chanceux, pour attraper du gibier. Il y a énormément de gamins qui meurent de faim, qui n'ont pas de parcs pour jouer, pas d'école pour apprendre comment améliorer le sort de leurs futurs enfants, pas de temps libre à ne pas avoir à se soucier s'ils mangeront à leur faim, ni comment le pain se retrouvera sur leur table.»

«J'ai peut-être vécu longtemps dans un pays occidental, je n’ai jamais vraiment vécu en Occident.  Pourquoi est-ce là que l'on trouve les plus hauts taux de dépression, et de suicide?  Est-ce d'avoir du temps libre qui le permet? Est-ce un nouveau loisir pour gens privilégiés, ou un nouveau sport national?  Je n'ai jamais compris les européens, les occidentaux. Ils sont tous si semblables, du vrai pareil au même. Ils prétendent être une bouillie multiculturelle, mais si au lieu de célébrer leurs maigres disparités ils comptaient leurs ressemblances, ils verraient bien whole sont pratiquement tous des clones avec la même culture et des traditions trop similaires. Mais comme ils ne s'attardent qu'à leurs différences, ils croient important de s'imposer à leur voisins, et se font la guerre sans raison. Pas pour pouvoir manger et survivre. Pour être encore plus hermétiquement homogènes.  Et comme leur continent ne leur a plus suffit, ils sont allés à la conquête des océans, du royaume de mes ancêtres et de tant d'autres royaumes aussi.  Ils n'ont pas compris nos langues et nos dissemblances et notre variété que nous savions apprécier, nous ont nommés barbares et sous hommes, ont fait de nous des martyrs et des esclaves, ont ravagés nos terres, nous ont colonisés, nous ont assimilés de gré ou de force, ont anéantis des milliers de peuples et de cultures, ont tué une planète aucuns étaient trop petits pour comprendre, et maintenant qu'ils s'en sont aperçus, que le mal est fait et qu'il est trop tard pour le réparer, ils créent des lois pour protéger les cultures autochtones et minoritaires et ils s’étonnent d’être vus d’un mauvais oeil par le deux tiers de la planète.»

L’océanien fit une longue pause, inspirant par le nez en observant le voile depuis dense comme de la brume qui engloutissait la ville, une rangée de maison à la fois.  Et il conclut finalement.

«Enfin, je dérive.  Je suis toujours un peu plus émotif à l’approche d’un orage.  J’ai vu de très nombreux pays, et je pourrais parler de chacun pendant des heures.  Il me faudrait une question plus précise.  Mais surtout… As-tu de quoi te couvrir, je crains que tu ne sois bientôt détrempé.  À moins que tu ne craignes pas la pluie, évidemment.  Sinon, il y a un petit kiosque par là-bas.»

Et en effet, cette odeur poussiéreuse si typique de la pluie venait de parvenir aux narines du mélanésien.  Ils n’avaient que quelques dizaines de secondes pour se trouver un refuge avant qu’ils ne soient surpris par la pluie.  En plein milieu de cette période de sécheresse qui semblait ne jamais vouloir finir, personne n’oserait râler contre quelques gouttes d’eau torrentielles, n’est-ce pas?

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MessageSujet: Re: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Mer 17 Aoû - 18:02





Le temps jusque là empreint d'une perfection toute estivale n'allait pas tarder à tourner au déluge. Du moins, c'était ce qu'indiquait de manière ostentatoire les nuages grisonnants et sombres s’avançant à un rythme à la fois tranquille et régulier. La masse informe de nuages menaçants prenaient peu à peu possession du ciel qui avait été aussi clair et paisible qu'une mer d'été il y a quelques instants à peine. J'observais tour à tour les cieux en proie à une guerre intestine d'envergure et les occupants du parc continuant de faire ce qu'ils étaient venu faire en cet après midi encore ensoleillé et plein de chaleur il y a peu. Les enfants de courir partout comme s'ils avaient une quantité d'énergie illimité ou que l'attrait de quelques attractions miniatures équivalait à un rechargement de batterie express pour eux. Les parents de discuter assis sur les bancs ou debout à travers les lieux histoire de ne pas perdre de vue leur précieuse progéniture parfois bien trop téméraire. Les amateurs de glace de savourer leurs petits pots à l'ombre d'un arbre récemment planté. Les oiseaux de piailler sur leurs branches ou dans leurs nids. Les adolescents de s'adonner à des passe temps autrement plus impudiques mais tout à fait de leur age.

La vie ordinaire d'une ville tout sauf ordinaire. J’eus envie de sourire en constatant que le temps semblait éprouver un malin plaisir à se montrer parfaitement dysfonctionnel et dissonant vis à vis de ma personne endolorie. Lorsque je crevais le martyr et agonisais au plus profond de mon être, que mon humeur était plus noire que la plus sombre des nuits privée d’étoiles et que j'étais à deux doigts de m'enfoncer dans les abysses d'un océan de désespoir et de malheur le temps était superbement radieux comme pour me narguer allègrement à la vue du monde. Et maintenant que la présence aussi incongrue qu’inopinée d'un renard garou auréolé d'or dans tous les sens du terme, son abondante chevelure ne semblant être que la manifestation physique d'une personnalité aussi flamboyante-rien d’étonnant pour un renard- qu'apaisante... Deux traits semble t' il complètement antagoniste mais qui se trouvait pourtant bel et bien dans la manière d’être du mélanésien. Maintenant que mon humeur avait régressée de quelques nuances de noirceur vers un soupçon de grisonnante cendrée, ce qui constituait il convenait s'il vous plaît de le signaler une embellie notoire, le temps changeait radicalement pour le pire. Nous n'étions visiblement pas franchement sur la même longueur d'onde.  Le noir est blanc et le haut est en bas. Quel miroir inversé d'une étrange précision que celui ci.  Quoi qu'il en soit, l'orage ne serait pas sur nous avant quelques minutes. Soit un laps de temps suffisant pour que je me permette d'interroger ce drôle de vagabond océanique.

Car il n'y avait aucune raison valable pour que je sois le seul à me livrer à un inconnu. Pourtant, la réponse se fait attendre comme si l'étrange personnage plein de vitalité malgré son apparence tout à fait nonchalante pesait intérieurement le pour et le contre d'un débat probablement très intéressant soit dit en passant mais tout à fait rébarbatif pour l'observateur extérieur que je représentais. Non sans se départir de son sourire habituel, je ne pouvais pas savoir si celui ci était une habitude néanmoins  Tamarangi Marama semblait être de ceux qui souriaient facilement ou de ceux qui s'en servaient comme d'un masque pour cacher leurs véritables émotions. Finalement, le renard voyageur prend la parole d'une voix chaude et débite son histoire d'un débit lent presque hypnotique comme s'il souhaitait envoûter un public quand bien même ce dernier se composait d'une seule et unique personne bien mal en point au passage. Dès que le récit se prolonge, je commence à me plonger dans ce qu'il m'évoque. Mon esprit m'envoie des senteurs, des sons et des images et l'espace de quelques minutes j'ai l'impression d’être redevenu le petit orphelin taciturne et sauvage de St Thomas pendu aux lèvres de l'un des éducateurs du centre. J'ai toujours adoré les histoires et cela n'a pas changé par le passage à l'age adulte. J'ai juste compris ou plutôt le monde m'a bien vite fait comprendre que les belles histoires n'étaient pas légions dans le monde réel contrairement aux tristes qui s’entremêlaient par myriades.

Le conteur semble lancer et impossible à arrêter. Une certaine envie me saisit ainsi qu'une petite pointe de jalousie à l'évocation de tout ces voyages.  Mais, je la balaie bien vite car si je n'avais pas autant voyagé c'est parce que je n'avais pas plus que mon age réel. Tout le monde n'ayant pas la chance d'afficher une trentaine d'années au grand jour tout en ayant une bonne centaine au bas mot au compteur. Oui, je connais mes leçons de gardien. Les coups cuisants de mes erreurs durant l'apprentissage doivent sûrement y être pour quelque chose j'imagine. Quoi qu'il en soit, j'étais pour le dire de manière grivoise sur le cul. Heureusement qu'un banc se trouvait sous ce dernier. Fasciné, ébahi, époustouflé les termes ne manquent pas mais finissent par se ressembler. J'aurais aimé avoir cette chance d’être libre comme le vent, explorateur aguerri des moindres recoins du monde. Les plus belles choses se trouvant souvent à l'abri des regards dans les coins reculés. Il existe de rares occasions durant lesquelles les diverses facettes de notre monde repoussant et las de vivre s'alignent dans l'optique de créer une beauté si merveilleuse que vos yeux vous ferait mal. Quelque chose me disait que si ce kitsune n'avait pas été témoin de toutes ces occasions, il en avait du moins savouré un certain nombre. L'age réel de Tama transpirait désormais dans ses propos au point qu'un sourire effleura mes lèvres. Le conteur fit une pause pour reprendre son souffle avant de me gratifier d'une leçon de sagesse très inspirée mais ne trouvant pas d'écho en moi en raison de mon histoire personnelle et de ma nature surnaturelle. Je suis un orphelin, mon enfance a été tout sauf une partie de plaisir et ma consommation devait ressembler à ce qu'on qualifie de ridicule.

Tout ce que j'ai possédé à cette époque je l'ai acquis d'une mauvaise manière certes mais à la sueur de mon front. Quant aux dégâts que provoquent l'homme sur la planète, je ne peux qu'agréer. Mais, ce n'est pas ma faute ni la sienne et quand bien même l'attitude  irrespectueuse de ces créatures innombrables nommés les hommes est absolument condamnable. Je ne vois pas bien ce que nous surnaturels infiniment plus conscients de l'importance, de la beauté et de la magie de cette dernière pouvions y changer. L'homme est au sommet de la chaîne alimentaire. Mais au lieu de la réguler comme les autres prédateurs, il la déglingue au gré de ses envies teintés de folie. Triste monde. Triste espèce et triste situation. Seulement cette sagesse ancestrale n'était pas vraiment ce dont j'avais besoin pour me remonter le moral. La première partie du récit fut revigorante tandis que la seconde me ramena simplement face à mes problèmes directs autrement plus urgent que l'état de notre bonne veille planète qui elle continuera malheureusement d'agoniser pendant très longtemps tandis que pour ma part, la fin était indubitablement plus proche. Pourtant, c'était un beau récit et je le remercie de me l'avoir offert. Je laisse un certain temps passer avant de répondre : J'aime bien vous entendre dériver. C'est une expérience vraiment très intéressante.  Vous devriez penser à publier une autobiographie pour les quelques élus qui trouveraient grâce à vos yeux. Tout le monde n'a pas la possibilité de savourer les dernières merveilles du monde tandis que ce dernier file à sa perte avec l'entrain d'un cheval sauvage galopant dans les étendues vierges de la pampa.

Une courte pause durant laquelle mon sourire s'étira lentement pour se faire solaire. La douleur était pour le moment bien loin et je venais d'entendre une belle histoire. Je laisse mon regard  dériver le long des nuages désormais au dessus de nos tètes avant de reprendre : La pluie ne me dérange aucunement. Qui se priverait d'une bonne douche après avoir baigné dans une chaleur aussi étouffante ? Alors kitsune des mers ? Des rivières ? Ou de l'océan ?
Je ne bouge pas d'un iota et laisse la pluie diluvienne couler le long de mon corps, mouiller mes vêtements et me rafraîchir avant de fermer les yeux. En cet instant, je me sens parfaitement bien malgré mon comportement tout à fait incongru. Les morts en sursis sont des gens bien surprenants je vous l'accorde. En cet instant, je me sens parfaitement bien et je sais que je pourrais sans hésitation choisir la vie, relever le défi d'avancer malgré les événements récents. Seulement, il est aisé de faire ce choix lorsque la douleur titanesque est endormie au plus profond de moi et non pas en action. Je prends finalement conscience que bien plus que la souffrance infligée par la chute, c'est ma morale de gardien qui me pousse vers ce choix déchirant. J'ai failli, je dois en payer les conséquences tout simplement. Si les gardiens ne respectent pas leurs propres règles. Comment pourraient ils se targuer d'en faire respecter d'autres ?        



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MessageSujet: Re: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Dim 11 Sep - 17:27


Le Gardien & Le Renard

Tout comme l'orage qui s'apprêtait à s'abattre sur la petite ville aux apparences faussement tranquilles de Beacon Hills, Tama était tendu et erratique.  Il devenait plus facilement passionné et tempétueux, ce que Arès avait certainement eu tôt fait de remarquer.  Patiemment, il avait écouté le maori se vider le cœur, rassuré de croire pouvoir se permettre de telles confidences.  Il ne saurait dire pourquoi.  Certes, Arès ne semblait pas, à première vue, faire partie du groupe des colonialistes, mais le syndrome du larbin était partout et impliquait que même ceux qui souffraient le plus d'un tel système le supportaient et le défendaient âprement.  Peut-être que son partenaire de crème glacée était ainsi un incorrigible impérialiste, ou colonialiste, ou colonialiste.  Comment pourrait-il le savoir sans aborder le sujet?

De manière évidente au vu du compliment qu'il reçu, Tama n'avait pas embêté son voisin de banc, ni ne l'avait-il mis mal à l'aise.  La verve d'Arès plaisait bien au polynésien : ses métaphores étaient parlantes et ses compliments semblaient à la fois sincères et flatteurs.  Un nouveau sourire étira doucement ses lèvres alors qu'il refusait d'un geste de la tête de poser sa vie sur le papier.  Alors qu'il cherchait les mots juste pour expliquer son refus de considérer l'idée du jeune américain, celui-ci enchaîna en répondant à ses questions subséquentes, disant se plaire à prendre une douche, alors que le tonnerre commençait déjà à faire entendre son lourd grognement au loin.

La question du jeune homme prit Tama de court.  Il n'avait jamais cru nécessaire de qualifier la nature à  ce point, tout comme son père, sa tante et sa cousinerie n'en avait jamais spécialement vue l'utilité.  Ils influençaient les éléments, chacun à leur manière quasi-divine et c'était ainsi que les choses étaient, sans avoir besoin de s'attribuer les rivières ou les mers.  Pourtant, né au cœur de l'océan, la réponse lui semblait évidente.  Mais encore... combien de fois la vie lui avait-elle déjà prouvé que l'évidence n'était pas forcément la solution la meilleure.

« Je ne m'étais jamais posé cette question, à vrai dire.  J'ai vu le jour au bord de la mer, et j'ai toujours eu plus de facilité à faire ce qu'il me plaît sur la vastitude des étendues océaniques.  J'ai toujours pris pour acquis que ce n'était qu'en relation avec mon tempérament, ou même mon physique.  Ma facilité à attirer le regard et à paraître plus-grand-que-nature, en somme.  La question m'amuse, mais elle me porte aussi à réfléchir sur moi-même, ce qui est toujours pertinent, même à mon âge avancé. » fit-il en riant alors que l'eau lui coulait dessus.  Emportés par le poids, ses cheveux retombaient tranquillement vers ses épaules, tels une fleur qui se fanerait à vue d'oeil.  D'une œillade, il vit le gardien qui profitait de la pluie, les yeux clos, et lui-même profita du calme du moment qui était tombé sur le parc en canon avec la pluie.  D'une voix plus faible, quelques moments plus tard, il poursuivit, comme si il ne voulait pas tirer Arès trop brusquement de sa transe.

« Je pense qu'il me serait mal avisé d'écrire une autobiographie, ou un quelconque récit de mes errances, à vrai dire. Et puis mon peuple n'a jamais été très porté sur l'écriture.  Nous avons toujours préféré la tradition orale pour transmettre et préservé notre culture.  C'était également notre rôle familial, dans une certaine mesure.»

« Et puis, il y a des choses qui se voient et ne peuvent être racontées, d'autres qui peuvent être dites, mais dont l'écriture perd l'émotion, le pétillement du regard ou la fébrilité de la voix.  Ce qu'il reste et peut être écrit apparaît alors rapidement bien fade. »

« Mais dis-moi toi-même, qu'es-tu?  Tu es trop réfléchis et maître de toi-même pour être un loup ou un ours, tu ne me sembles pas assez joueur, sans vouloir t'offenser, pour être un renard, et tu es trop viril pour être une Hurleuse.  Tu me laisses perplexe, et je dois admettre que le Pacifique ne regorge pas d'une variété impressionnante de surnaturels... »


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MessageSujet: Re: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Dim 11 Sep - 23:13

Une drôle de rencontre



ft. Tama

Un tas de mots
pensées en italique
dialogue en gras

Je vois bien que ma question venait de prendre le mélanésien de court et un léger sourire étire mes lèvres car je me fais la réflexion qu'il ne devait pas souvent être pris de court car les kitsunes étaient réputés quasiment immortels tant ils pouvaient vivre longtemps et être les créature surnaturelles les plus rusées qui soient. Je ressens une petite pointe de satisfaction qui efface encore un peu plus mon humeur morose et mon sourire s'élargit quand je me dis que lorsque j'étais venu savourer une ultime fois le bonheur simple d'une sortie au parc par un après midi estival particulièrement ensoleillé et que j'avais fait une très belle rencontre à laquelle je n'aurais jamais pensé participer. Trop enfoncé dans la noirceur de ma situation douloureuse pour vouloir nouer un quelconque contact relationnel  ne serait ce qu'avec un vendeur pour acheter une glace. Comme si le fait d'admirer la population locale de Beacon Hills en train de vivre avec insouciance loin des horreurs de ma propre situation ou de mes échecs à arrêter les trois masqués tentant d'accomplir un sombre projet dans les rues de la ville me réconfortait autant que cela me brisait encore un peu plus et accélérait ma décente dans les abysses. Je me rends compte que j'étais piégé dans un cercle vicieux car la douleur appelait la douleur.

Dans mon cas la douleur psychique et surnaturelle avait attirée la douleur morale et émotionnelle. J'étais piégé au bord de l’abîme qui signifierait ma fin. Car, je comptais me livrer aux autorités de mon espèce avec l'espoir qu'elles prennent ma vie pour mettre fin à ma torture. J'avais beau essayé de regarder à droite et à gauche pour trouver un peu d'espoir ou de choses auxquelles me raccrocher mais la brûlure dans mon être supplantait aisément toutes ces bonnes intentions. Si vous avez déjà vu un homme mourir d'une mort particulièrement moche et je ne vous le souhaite pas  vous comprenez aisément pourquoi ma vie me paraissait bien fade à coté de la perspective de quitter ce monde. Et c'est ainsi, prisonnier de mon propre esprit torturé lui même prisonnier d'une enveloppe corporelle également torturée par les effets implacables de la chute que je m'étais trouvé en ce lieu, assis comme bien d'autres avant moi sur un banc de bois usé par le temps et les fesses de mes concitoyens. Âme en peine au milieu d'un océan de joie et d'allégresse. J'étais là au milieu d'eux comme un homme ordinaire alors que je n'étais en réalité pas là. Non, j'étais au port de la mort. Ma mort. Celle que j'avais choisi d'affronter le plus bravement possible. Seulement ce n'est que de la foutaise, la bravoure s’arrête lorsque l'on prend tristement conscience que notre tour est arrivé. Jusqu'à l'arrivée de Tama qui avait été un ange descendant au milieu des enfers déchaînés me servant de nouveau chez moi interne.

Je pose un regard reconnaissant emplit de gratitude sur l’austronésien tandis que la pluie commence à tomber lourdement du ciel. Mon sourire s'élargit et là en cet instant, je savoure à sa juste valeur l'apaisement de mon être que m'a offert le kitsune. Je ne cherche pas à comprendre car parfois il ne faut pas gâcher un moment précieux avec de idées préconçues mais vivre pleinement l'instant.  Je ferme les yeux lorsque la pluie se met à ruisseler sous mes yeux, glissant de mon crane rasé pour venir s'écraser sur mes jambes. Mes vêtements sont trempés mais je m'en moque. Ce n'est que du matériel. Le monde en produit par millions alors que les moments tels que celui que je suis en train de vivre sont raretés. Le flic floc de l'eau sonne comme une caresse sur ma peau et je ne tarde pas à être rafraîchi. La voix de Tama brise le silence et je l'écoute avec attention. Sa réflexion sur le fait que je l'avais mené à s'interroger sur lui même me fait plaisir et son rire chaud et bruyant sonne comme un chant à mes oreilles. Je voudrais graver cet instant d'une douceur agréable semblant venir d'un autre monde tant le notre sale, bruyant, dangereux et impitoyable me semble indigne d'une telle extase. J'écoute le reste de ses propos avec attention et effectue un bref mouvement de tète pour lui montrer que je comprends parfaitement les traditions de son peuple. De nombreux peuples ont transmis leurs connaissances par voie orale ce qui ne fait que renforcer le caractère sacrée de la dite connaissance.

Il est vrai que les deatheaters ont de nombreux grimoires remplis de tout un tas de choses. Mais, la tradition orale perdurait malgré tout et je me remémore un rassemblement autour d'une feu alors que je n'étais encore qu'un  tout jeune gardien. La parole a définitivement quelque chose de mystique. Mais, nos contemporains semblent l'avoir définitivement oublié. Je me plie sur moi même lorsqu'une nouvelle vague de douleur m'attaque mais m'étonne lorsqu'elle est repoussée presque immédiatement sans que je ne comprenne comment. Mes yeux s'ouvrent brusquement et scintillent de la lueur bleu acier caractérisant mon espèce surnaturelle. Je constate que le kitsune me regarde d'un air interrogatif et je me contente d'un modeste haussement d'épaule accompagné d'un sourire sincère avant de répondre. Ne vous en faites pas ce n'est rien. En tout cas, si je survis à cela et que j'ai finalement des enfants, rappelez moi de vous contacter. Vos talents de conteur sont indéniables. Vous pourrez leur transmettre des belles choses trop souvent oubliés.

Je marque une petite pause, hésitant sur ce que je dois révéler ou non au renard garou mais finit par répondre :  Je suis pour ma part un deatheater de rang immaculé c'est à dire le rang de base de mon espèce. Rapprochez ça d'un Beta chez les loups garous. Les deatheaters sont des gardiens du monde surnaturel à l'instar des chiens de l'enfer. Une sorte de sentinelle de rang inférieure veillant à l'équilibre et au respect de certaines règles en somme.




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MessageSujet: Re: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Sam 17 Sep - 17:02


Le Gardien & Le Renard

En communion à ses côtés, Arès souriait et dodelinait imperceptiblement de la tête, prenant silencieusement part à la conversation. Tama déblatérait doucement, comme s'il ne voulait pas perturber le mysticisme de la scène, et aux réactions de son voisin de banc, il commençait à mieux comprendre pourquoi sa famille avait aimé se faire passer pour divinités. C'était non seulement par orgueil, ou par envie gourmande d'adulation, mais probablement aussi parce qu'il y avait ce petit quelque chose que tout être éprouve lorsqu'il parvient à aider son prochain. Une fierté pure et sereine, humble et d'une puissance sauvage à la fois. Cette sensation d'avoir eu, pour un instant, une raison de parcourir le monde, d'avoir touché une vie, d'avoir transcendé la vie elle-même, peut-être. Alors pourquoi, pourquoi seulement ne pas faire profiter d'une sagesse oligocentenaire des gens que l'on choisira comme famille et amis, qui nous voudrait chef, sans que l'on veuille s'imposer à leur tête. Alors il faudrait nommer un chef en nos absences, absences nécessaires pour conserver non seulement l'essence immortelle de notre chair, mais également mythique de notre présence. Un chef en qui l'on aurait confiance, et à qui l'on saurait que l'on pourrait dévoiler nos conseils sans risquer de se faire rabrouer. Et même si l'on se faisait rabrouer, rien n'empêchait qu'on le punisse. S'il croyait savoir mieux que ceux qui parcourent l'océan depuis des siècles ce qui était bon pour lui et son peuple, peut-être ne serait-il pas tellement digne de confiance, finalement. Et l'on en viendrait à ne plus les écouter, à se déconnecter tranquillement de leur réalité pour se gonfler d’orgueil et en oublier notre réel rôle de guide et de protecteur. A trop vouloir se faire passer pour une divinité bienveillante et adorée, se pourrait-il que l'on ait oublié la bienveillance au profit de l'adoration?

Peut-être était-ce là la véritable cause de la chute de leur empire, davantage encore que l'arrivée des occidentaux et de leurs maladies, de leurs technologies inéquitables, de leurs ruses à en faire jalouser les Kitsune pris de court. Peut-être bien que non, également. Peut-être que le fruit était mûr sur la branche et qu'il était temps pour lui de retourner au sol pour fertiliser le terreau dans lequel ses graines germeraient et prendraient racine. Personne ne connaît l'histoire qui ne s'est pas encore déroulée.

Tout cela étant dit, Tama n'en avait pas moins l'étrange impression d'avoir un aperçu de ce que son père avant lui avait pu retrouver au sein de l'humanité. Une confiance, un apaisement qu'il transmettait à son interlocuteur, qu'il soignait involontairement, mais tout de même avec plaisir, de blessures invisibles, propres à l'âme elle-même. Le regard acier du chauve qui ouvre soudainement les yeux, puis hausse les épaules pour répondre au polynésien surprend celui-ci. Lorsque les loups annoncent ainsi leur vraie nature, c'est généralement mauvais signe. Au meilleur, il s'agit d'un avertissement, au pire, cela devient un test des réflexes du renard. Pourtant, le Deatheater sourit. Serait-ce une ruse?

« Pourquoi ne survivrais-tu pas? Le jardinier qui coupe une fleur avant qu'elle n'éclose n'est non seulement un maître cruel, mais également irresponsable. Le poisson trop jeune doit être retourné à la mer, si on veut un jour qu'il nourrisse une tablée entière. » commenta-t-il avec à propos. Et il sourit à Arès, une pointe de mystère au bout des lèvres, avant d'accepter d'un hochement de tête de jouer les historiens pour la progéniture du surnaturel.

Arès lui expliqua sommairement son rôle de gardien et de sentinelle, ce qui tira à Tama, après un air franchement étonné à en juger par ses yeux écarquillés, un franc éclat de rire, sous l'averse qui les douchait.

« J'aurais peut-être dû passer mon chemin, alors! Je ne suis pas en état d'arrestation, j'espère bien? »

Reprenant peu à peu son sérieux, Tama interrogea sans vergogne le deatheater. Après tout, il n'était pas curieux de nature simplement pour faire joli sur papier et avoir une réponse facile lorsqu'on lui demandait son pire défaut...

« Quels types de règles? Les trucs élémentaires de secret et tout ça, je suppose, mais quoi d'autre? Tu dois avoir beaucoup de boulot à Beacon Hills... Et pourquoi avoir choisi un nom aussi sombre? C'est un peu morbide, quand même. Vous mangez vraiment des morts? Je pensais pas que le cannibalisme était toléré en Amérique... » conclut-il, faussement naïf.

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MessageSujet: Re: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Dim 18 Sep - 2:48

Une drôle de rencontre



ft. Tama

Un tas de mots
pensées en italique
dialogue en gras

Le kitsune à mes cotés semblait étonnement pensif, solennel et bien silencieux comme si il était plongé dans ses souvenirs heureux ou malheureux, je ne pouvais pas le savoir n'étant pas médium ni télépathe. Une chose était sure, si Tama était bel et bien plongé dans ses souvenirs cela devait être monumental à explorer. Car comme je l'avais dit un peu plus tôt, les renards garous étaient les créatures surnaturelles ayant la durée de vie la plus longue. Leur longévité forçait le respect. Ils avaient un avantage comparatif indéniable d'un niveau incomparable par rapport aux autres espèces surnaturelles. Ce que les rusés renards n'auraient jamais en puissance surnaturelle brute, ils l'avaient en subtilité et surtout en capacités à vivre très longtemps. Il ne faisait aucun doute que le renard du pacifique serait probablement encore en vie bien après ma propre mort. Se souviendra il alors de moi pauvre gardien du surnaturel torturé par un châtiment ancestral ancré en lui comme dans tous ses semblables ? Se souviendra il de moi pauvre âme en peine alors à la recherche la beauté perdue de ce monde, beauté oublié par tant de vivants ne sachant plus vraiment comment vivre depuis bien longtemps ? Se souviendra il de l'impact qu'auront eu ses paroles pleine de sagesse et de sympathie sur ma personne, me redonnant le sourire et l'envie de me battre contre l'inéluctable ? Le souvenir de ce geste anodin et insignifiant pour un être capable de traverser les âges comme un navire dont la proue fendrait les vagues avec aisance perdurera t’il dans son esprit ou sera t'il noyé dans l’immensité de l'océan que ne devait pas manqué de constituer les multiples expériences sociales du mélanésien.

Des questions bien vertigineuses que celles ci car se projeter aussi loin semble être un exercice des plus compliqués. Après tout une bonne partie de la population ne se projetait pas plus loin que la semaine suivante ou le mois d'après. Pourquoi le ferait elle puisque l'existence n'est pas éternelle. A mon humble avis pour se projeter sur une aussi longue durée, il faut nécessairement avoir de bonnes raisons. La stratégie est le domaine de cette planification. Tandis que la tactique est la réaction qui suit l'action. Pour ma part, j'étais complètement dans la seconde et pas franchement dans la première. D'un autre coté la vie humaine était tellement régulée et réglée comme une horloge que la spontanéité et l’étincelle de folie joyeuse qui rendaient un moment magique s'érodaient peu à peu jusqu'à quasiment disparaître des rapports humains. Tama ne devait pas avoir ce problème lui. Il devait certainement profité de l'instant présent comme une abeille butinait fleur après fleur. C'était un bien étrange paradoxe que celui de l'humanité. Elle ne se projetait pas franchement dans le temps probablement en raison de la peur inconsciente qui nous hante tous un jour ou l'autre, peur inconsciente de la fin immuable car tout ce qui vit finit par mourir. C'est une loi universelle. L'éternité n'est pas de ce monde. Pourtant malgré cette non projection, la vie semblait cadrée et réglementée dans tous ses aspects comme si nous étions devenus des automates. Je me rappelle soudainement d'une phrase entendue ou lue quelque part. Les dieux nous envient parce que nous sommes mortels et que nous vivons tout avec une intensité décuplée à cause de l’inexorable conscience de la fin qui nous attend tous. C'était peut être vrai autrefois mais ne l'était plus vraiment.

La philosophie était une discipline aussi assommante que passionnante à mes yeux et lorsque je n'avais rien de mieux à faire, il m'arrivait de laisser mes pensées dériver au gré des vents contraires de mon esprit embrumé mais jamais o grand jamais je n'étais parti dans de telles réflexions. Il fallait croire que la présence d'un être plu-ri centenaire était inspirante. Je perds finalement le fil de mes pensées qui étaient pour le moins partie bien loin lorsqu'une ride se creuse sur le front du mélanésien aux cheveux d'or. Ce signe physique d'inquiétude m'arrache un bref sourire. Car la rivalité des loups et des renards est de notoriété publique dans le monde surnaturel. Et les loups ayant les pupilles bleus sont considérés comme des meurtriers car la couleur ne trompe pas. La coloration témoigne de la mort d'un innocent. Seulement, ce n'est absolument pas le cas chez les enfants de la mort. Les pupilles bleus sont celles des immaculés, les jaunes des illuminés et les rouges des immortels. La couleur ayant donc un lien avec la hiérarchie et non pas les actions des gardiens en question. Je savoure intérieurement une nouvelle fois la sensation agréable de connaître quelque chose qu'un être proche d'un demi dieu vivant par bien des aspects ne connaît pas. Oui, il en faut peu pour flatter mon orgueil. Je l'écoute me répondre avec attention et esquisse un sourire devant son approche fort juste et philosophique des choses pour le coup néanmoins il se fourvoie ce ne sont pas mes supérieurs qui recherchent ma mort mais moi qui ne souhaite rien de plus qu’être délivré des chaînes de la souffrance me broyant de l'intérieur.

Je lui réponds à mon tour : Tu ne comprends pas Tama. C'est moi qui recherche la mort pour mes fautes. Car la souffrance qu'elles me causent est insoutenable. Quant aux règles de mon espèce, elles sont certes dures mais nécessaires. Notre mission étant sacrée et hautement prioritaire par rapport à tout le reste nous ne pouvons nous permettre de ne pas montrer l'exemple. Ce serait comme si un policier véreux affirmait qu'il était le plus compétent pour se charger d'une enquête.
Je termine dans un murmure : Et puis notre espèce ne peut pas se permettre de ne pas condamner quelqu'un qui emprunte la sombre voie des renégats. Je n'en suis pas un et n'en serais pas un. Ma situation est atypique néanmoins j'accepterais ma sentence.
Mon sourire s'élargit lorsqu'il accepte d'un hochement de tète de jouer les précepteurs de ma progéniture. Bon et bien maintenant, il ne restait plus qu'à avoir une progéniture. Un petit rire fuse hors de mes lèvres lorsque Tama me taquine quant à mon rôle de gardien. Je lui réponds : Cela dépend. As tu quelque chose à te reprocher ?


La pluie continuait de s'abattre sur nous et je balaie l'eau sur mon visage d'un revers de la main avant de sourire en écoutant la salve de question du kitsune. Si on m'avait dit ce matin que je ferais un exposé sur mon espèce à un renard garou vieux de plusieurs centenaires, je n'y aurais pas cru.  Ce qui est bien dommage car c'est bien dans le fait de s'attendre à tout que la magie existe.

Je réponds finalement : Le monde surnaturel tout comme la nature fonctionne avec un certain nombre de règles ne devant pas être altérées. Les hommes s'attellent à le faire quant à leur monde. Mais dans le notre, on ne devient loup garou qu'en naissant ainsi, en se faisant mordre par un alpha ou par d'autres moyens bien moins répandus. En dehors de ces moyens, on ne peut pas le devenir. Chercher un moyen de le devenir artificiellement ou par un moyen non naturel revient à briser les règles élémentaires. Le secret surnaturel également dans une moindre mesure effectivement. Pour préserver ces règles nous éliminons les surnaturels empruntant des chemins particulièrement sombres tels que les nogitsunes. Préserver l'équilibre revient également parfois à préserver les humains des menaces surnaturelles dont ils n'ont pas conscience. Nous nous appelons également les gardiens à la fumée en raison de notre transformation particulière et dans le même registre que deatheater, les enfants de la mort. C'est lié au fait que mon espèce vénère la mort comme une divinité qu'elle sert. En plus de préserver l'équilibre, nous faisons passer les âmes des surnaturels dans l'au delà. Notre présence et le rituel permet d'éloigner les entités maléfiques s'attaquant aux âmes en question durant le passage.


L'expression encore plus interloquée du kitsune m'arrache un rire franc et je reprends ensuite : Cela fait toujours le même effet d'apprendre cela. Je comprends le scepticisme que cela inspire mais je sais ce que je fais depuis maintenant dix ans. Pour finir, non nous ne sommes pas des wendigos. Notre nom est lié au fait que notre tache surnaturelle est intimement liée à la faucheuse.




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MessageSujet: Re: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Ven 23 Sep - 14:56


Le Gardien & Le Renard

Non, Tama ne comprenait pas. Comme tous ceux qui arpentent le monde, la mort était une expérience qu'il n'avait jamais vécue. Mais plus encore, c'était une expérience si loin de sa réalité qu'il n'y réfléchissait jamais qu'au départ d'un proche. Il n'avait jamais envisagé de s'enlever la vie, ou de la perdre d'une quelconque manière. Serait bien malin qui en viendrait à piéger ce renard-ci pour sa fourrure. Ou sa tignasse, en l'occurence. Et si lui, dix fois plus âgé que Arès, peut-être même quinze fois plus âgé, ne trouvait aucun appel irrésistible, aucune attirance, aucune raison de désirer passer à trépas, alors pourquoi le jeune gamin y verrait-il un quelconque avantage à sa situation. La mort était une fin. Et on avait beau réaliser que les gens, comme les vagues qui reviennent rouler sur la grève, comme les fruits qui naissent d'une même branche, sont à la fois bien semblables et bien différents, qu'ils se succèdent en se rappelant l'un à la suite de l'autre au souvenir de l'immortel, celui-ci n'oubliait pas que, comme chaque vague qui s'était brisée sur le sable, comme chaque fruit, cueilli à l'arbre ou tombé au sol, trop mûr, les gens qui disparaissaient ne revenaient jamais. Jamais intégralement, jamais de manière identique. Il arrivait à Tama, en entendant un éclat de rire, ou en observant une lueur au fond d'un regard, ou même au vu de certaines discussions, de voir, pour un moment, au fond de l'âme d'une nouvelle rencontre un reflet, terni par le temps et la distance, mais pourtant suffisamment présent pour faire frissonner son cœur en un pincement furtif, un reflet d'un être qui lui avait été cher.

De toute sa vie, le géant des îles avait souvent entendu parler des gens qui étaient morts de chagrin ou de peine, et pourtant, jamais ce n'avait réellement été le cas. Les gens ne mourraient pas de souffrir. La métaphore était certes jolie, mais l'on mourrait d'une blessure, ou de négligence, mais pas de souffrance. À ce niveau, le jeune tigre avait bien raison. L'affliction le poussait à chercher à mettre fin à ses tourments, mais ce ne serait pas celle-ci qui le tuerait. Ce serait lui qui se laisserait mourir, ou alors les siens qui lui ôterait la seule possession qui compte vraiment.

Tama sourit. Même lui, le nonchalant, l'insouciant, l'irréfléchi renard des marées n'était pas naïf au point de croire que les policiers véreux n'existaient pas, et surtout qu'ils ne cherchaient pas à prendre pour eux-mêmes les dossiers les plus importants. Tama haussa les épaules et pencha légèrement la tête d'un côté lorsque Arès affirma ne pas être un renégat, mais plutôt un condamné dans une situation atypique.

« Si votre système est aussi bon que tu le prétends, cesse de te torturer l'esprit avec tout cela... Profite de la vie, de chaque journée qui s'offre à toi, et tu verras bien ce que leur jugement dira » conseilla-t-il avec une simplicité déconcertante, comme si la vie se résumait à avoir le choix entre s'auto-flageller ou se prélasser en pacha.

« Tout le monde trouve quelque chose à se reprocher, s'il y réfléchit seulement quelques secondes. » fit l'austronésien en haussant les épaules. « Alors imagine quand tu es assez vieux pour être contemporain à James Cook. » Oui, celui-là même qui avait donné son nom à des archipels du Pacifique. Son royaume.

La discussion s'enchaîna sur les interrogations du polynésien. Il fit une moue entendue lorsqu'il fut question des loup-garous. Sincèrement, qui aurait bien envie de devenir l'une de ses créature bestiales, à l'espérance de vie limitée à leur violence insatiable, résignés à se reproduire comme des lapins dans l'espoir de parvenir ainsi à assurer leur survie. Des être sans classe, dont le regard ne brillait que de soif de sang et trop rarement d'intelligence. Ne fallait-il pas être ignorant en la matière pour souhaiter devenir une telle créature bénigne? L'exemple était toutefois on ne pouvait plus parlant, et le mélanésien comprenait ce que Arès lui expliquait, là où il voulait en venir. Tama fut étonné un instant lorsque son compagnon lui annonça vénérer la mort. Ce n'était pas une pratique unique, c'était même plutôt courant autour du globe, mais dans un pays tel que les État-Unis, un aveu de ce genre pourrait être mal pris et être associé à une cellule terroriste ou tout autre. Ce n'était pas surprenant, toutefois, qu'ils fassent office de croquemort, dans ce cas. Et on en revenait au sujet des macchabées, songea Tama en souriant, alors que les liens s'établissaient entre ses neurones. S'il avait su que de tels surnaturels existaient!

« Des wendigos? » répéta-t-il en interrogeant son professeur improvisé. Il avait bien une idée sur le sujet, mais n'en ayant jamais rencontré, il préférait confronter ses idées préconçues plutôt que de les garder et risquer de s'être trompé. « Il y en a beaucoup? Comment les reconnaissez-vous? Vous les chassez comme les Nogitsunes? »

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MessageSujet: Re: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Lun 26 Sep - 0:32

Une drôle de rencontre



ft. Tama

Un tas de mots
pensées en italique
dialogue en gras

L'expression faciale du renard immortel ne m'indiquait que trop bien que ce qui me paraissait être une évidence était loin d'en être une pour lui. Voire que c'était même carrément le contraire à ses yeux de vétéran de l'existence. Ce qui me semblait être naturellement une évidence en raison de mon éducation de soldat. Celle d'un soldat ordinaire chez les gardiens à la fumée n'était rien de plus qu'une démonstration de logique imparable et de dévouement complet aux lois plu ri-millénaires d'une espèce ancestrale aux yeux du dit soldat. Tandis que pour l’être pouvant aisément être qualifié de manifestation physique de l'esprit de la liberté même cela semblait être une aberration d’ôter une vie pour une erreur de parcours, infime égarement à l'échelle d'une vie. Et sûrement une plus grande de souhaiter de son plein gré se libérer du cadeau le plus pur qui soit en ce bas monde en perdition. Le cadeau qui devait assurément passer pour un fardeau aux yeux de certains malheureux dont je faisais encore partie il y a quelques minutes.

Ce cadeau qui n'était autre que la vie elle même. Ne disait on pas que mettre un enfant au monde était la plus belle chose qui soit. Avant ce jour, je n'avais pas grand chose à faire de ce genre d'affirmation proverbiale usée par le temps comme les semelles des chaussures que j'avais aux pieds. Mais en cette terrible épreuve douloureusement intense, j'avais une nouvelle perspective de bien des choses. C'est fou comme le simple fait de savoir que l'existence a une fin et d'y être directement confronté pouvait élever votre niveau de conscience et vous faire prendre conscience de tout un tas de choses qui vous passait littéralement au dessus de la tète en temps normal et qui aurait été le cadet de vos soucis si vous ne vous trouviez pas dans une situation tragiquement déchirante. La présence inopinée de l'immortel mélanésien à mes cotés donnait une autre dimension à ce constat de bon sens qui s'imposait à ma personne puisque je n'avais pas vraiment le choix. Je flirtais avec l'idée de ma propre mort avec autant de répugnance que d'attraction. La répugnance envers ce destin funeste prenait lentement mais sûrement le pas sur l'attraction grâce au fait que la souffrance implacable semblait être chassée des tréfonds de mon être brisé par la présence lumineuse et malicieuse d'un renard garou ayant vu le jour il y a plusieurs âges de cela à l'autre bout du monde.

L'incompréhension de mon étonnant bienfaiteur n'avait aucune raison de déboucher sur un conflit quelconque bien au contraire puisque les différences devraient être sources de débats et de discussions enrichissantes et non pas de conflit brutal et virulent. Ce qui avait malheureusement tendance à être souvent le cas avec les humains. Et qui expliquait l'état déplorable de bien des choses. Cela tombait bien nous n'étions pas humain ni l'un ni l'autre. Alors le point de vue bien différent du mien du kitsune centenaire ne pouvait pas être déplaisant à écouter. Il me donnerait une autre vision des choses, une approche intéressante parce qu'émanant d'un être qui aurait pu être considéré comme divin par certaines populations à une autre époque. Et je devais bien reconnaître que la sagesse du mélanésien m'apaisait malgré la sensation de vertige que sa présence me procurait. Vertige du au fait que j'avais pleinement conscience que le kitsune serait sûrement encore bel et bien vivant bien après ma mort, celle de mes enfants à concevoir pour le moment et même probablement de mes petits enfants. D'un autre coté cela rendait sûrement ses conseils assez abstraits car un tel être ne pouvait à priori pas avoir la même approche du temps et des choses que le commun des mortels qui vivaient et mourraient avec la même régularité. Mortels qu'ils soient surnaturels ou non. Et pourtant, pourtant les conseils qui sortirent de la bouche souriante de Tama étaient passablement étonnants de simplicité mais malgré tout parfaitement adaptés à la situation.

Cela me semblait effectivement la bonne chose à faire. Autant, savourer ce monde qui m'avait à l'époque tant déçu à sa juste valeur. Autant me battre pour ressentir le meilleur de ce que la vie a à offrir jusqu'à la rencontre avec la garde royale et l'arrestation que j'étais persuadé de mériter. Un sourire jumeau de celui de Tama étire lentement mes lèvres alors serrées en une ligne sévère et je murmure autant pour moi même que pour mon voisin de banc : Tu as complètement raison. Je le comprends maintenant. La vie est ce que l'on en fait. Elle peut être douce si l'on fait ce qu'il faut pour qu'elle le soit ou être sombre si nos actions s'orientent vers la noirceur. Le mélanésien reprend dans la foulée d'un haussement d'épaule que la culpabilité est susceptible de venir troubler n'importe qui. Je me contente d'un haussement de tète pour confirmer ses dires. Puis écarquille les yeux lorsqu'il m'évoque son âge à travers la mention d'un célèbre navigateur. Ah ouais quand même, le qualificatif d’ancêtre lui siérait à merveille à mon amical renard des marées et ce malgré la jeunesse éclatante qu'il affiche sous son auréole capillaire. Je reste bouché bée devant cette révélation avant de refermer précipitamment la bouche bien conscient que le fait de la garder ouverte n'allait pas me faire passer pour quelqu'un d'intelligent.

La discussion s’enchaîne sur les questions de Tama au sujet de ma nature surnaturelle. Je note avec un petit sourire toute l'aversion qu'éprouvait le renard garou pour les loups garous et répond à ses questions en toute honnêteté. La rivalité entre renards et loups est l'une des plus connues du monde surnaturel néanmoins c'est la première fois que j'y suis directement confronté alors je prends note de cette animosité suffisamment intense pour briser la carapace de nonchalance tranquille de Tama. En effet, le durcissement des traits de son visage ne m'indique que trop bien son opinion de ces cousins surnaturels. L'étonnement de Tama lorsque j'entre dans les détails liés à la mission des gardiens à la fumée m'arrache un petit sourire. Oui, la mort. Je sais la mort a mauvaise presse à notre époque moderne. Je ne crie pas sur tout les toits que mon espèce surnaturelle voue un culte à la faucheuse qui est considérée comme la déesse suprême et la sœur d'une autre déesse qui n'est autre que la vie. L'amour des deatheaters pour la vie et ses joies, ses plaisirs et ses cadeaux était aussi grand que leur respect pour leur déesse. Car c'est la conscience exacerbée de la puissance inaltérable de la mort qui donnait à ses soldats et enfants le goût de vivre sans regrets. Et le fait que les rassemblements inter-claniques finissaient presque tous en beuveries, danses nocturnes et combats amicaux d'une violence inouïe.  En somme mon espèce savait faire la fête comme un irlandais le jour de la St Patrick parce qu'elle était au service de la mère de toutes les fins. Mais ce n'était pas la peine de le souligner à Tama. Je souris une nouvelle fois lorsque le pluri centenaire enchaîne avec de nouvelles questions.

Éclairer la lanterne d'un surnaturel qui avait eu le temps de visiter entièrement plusieurs continent était indubitablement gratifiant. Je lui réponds : Les Wendigos sont des surnaturels anthropophages qui se nourrissent de chair humaine donc. Leur puissance surnaturelle est phénoménale. Si mes souvenirs ne me jouent pas de tours, il me semble qu'ils ne sont pas loin de disposer d'une force approchant celle d'un alpha lupin. Ils ne vivent pas en meute ni en clan mais en famille ou non. En fait, sur ce point ils sont plus proches des humains. Nous ne les chassons pas car ils ne brisent pas les règles surnaturelles. Leur nature surnaturelle leur impose un régime alimentaire particulier j'en conviens mais aux dernières nouvelles, on ne cherche pas à les exterminer parce qu'ils mangent des humains. Je ne crois pas qu'il en reste énormément de part le monde mais ils ne sont pas en voie d'extinction non plus. Quant à savoir comment nous les reconnaissons. Et bien de la même manière que je t'ai identifié comme un kitsune Tama. A travers l'observation de leurs auras. Bien sur si un Wendigo se met en tète de briser les règles ancestrales que nous protégeons il se verra infligé le châtiment requis. Voilà tu sais tout. Enfin tout non mais tout ce que je sais. D'autres questions très cher ? Non à mon tour. As tu rencontré beaucoup de surnaturels durant tes voyages ?




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MessageSujet: Re: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Lun 3 Oct - 4:12


Le Gardien & Le Renard

Le faciès plutôt expressif de Tama, malgré la rudesse de ses traits, ponctuait la conversation d'interjections silencieuses.  Sa curiosité n'étant jamais rassasiée, il ne lui déplaisait guère de poser des questions et demander moults informations si, à la fin de la journée, il pouvait avoir appris quelque chose.  Il n'était pas difficile de voir que Arès était éberlué par l'âge du renard, mais celui-ci s'en fichait un peu.  D'une part parce qu'il en avait quelque peu l'habitude, d'autre part parce qu'il ne comptait pas frimer là-dessus ou s'en servir pour jeter une quelconque impression de supériorité ou de quoi que ce soit d'autre.  De toute façon, avec son mâche-patate qui mitraillait le suicidaire – c'était du moins ce qu'il était aux yeux de Tama'Rangi – de questions plus ou moins reliées entre elles de façon évidentes, c'était surtout lui qui passant pour un gamin en pleine phase du pourquoi, ou pour un élève studieux, ou indiscipliné, allez savoir.

Le renard des marées écoutait attentivement les explications que Arès lui donnait sur les cannibales surnaturels.  Effectivement, tout cela tombait sous le sens.  Avec un tel régime alimentaire, il n'était pas vraiment surprenant que les wendigos soient plus rares que les loup-garou.  Un peu comme les renards n'avaient pas conquis le monde de par leur longévité et leur rapport au temps quelque peu... différent.  Lorsque le jeu de la séduction peut s'étaler sur une décennie, il n'y avait pas réellement de mystères à savoir pourquoi le second parti n'était pas spécialement intéressé à jouer ce jeu.  Les wendigos devaient être des ennemis redoutables... Déjà parce qu'ils devaient présenter une éthique différente de celles des autres surnaturels que Tama avait déjà rencontrés, mais aussi de par leur puissance.  Le polynésien savait qu'il était fort pour un homme normal, mais qu'il ne ferait pas le poids contre un lycanthrope, à moins, peut-être, que celui-ci ne soit orphelin de meute, et encore...  Mais ce qu'il n'avait pas en force brute, il l'avait en vivacité et en audace.

Les fameuses auras.  Ce que les lupins appellent « des odeurs », ce que les renards n'ont pas toujours une capacité à voir, ni à cacher aux autres surnaturels – malgré leur réputation d'illusionistes – et enfin ce que Arès admit avoir vu, justement, autour du mélanésien.  Celui-ci sourit à la remarque du jeunot à ses côtés, quant au non-respect des règles surnaturelles.

« Tout comme un kitsune ou un lycan, n'est-ce pas? » demanda-t-il davantage par rhétorique que pour avoir une réponse, en envoyant filer un clin d'oeil sous la pluie.  Il secoua la tête, en un signe négatif.  Bien sûr qu'il avait encore des questions.  Au moins autant qu'il n'avait de filins capillaires sur le crâne!  Toutefois, il ne voulait pas abuser de la patience d'Arès et s'accaparer à lui seul la conversation.  Il savait bien que le mangemort n'avait pas une année complète à passer sur ce banc.  Et puis, c'était bien beau d'apprendre à reconnaître des camarades de l'Autre Monde et tout ça, mais un petit discours théorique ne valait jamais une expérience pratique.  Ni n'était aussi amusant.  À l'interrogation d'Arès, Tama secoua de nouveau la tête pour dire que non, il n'avait pas rencontré de nombreux autres surnaturels.

« Outre ma famille, très peu.  J'ai bien croisé quelques loup-garous sur les îles d'Aotearoa, et un ou deux de leurs... conseillers, mais sans plus.  Le Pacifique héberge les miens, principalement.  Les loups sont apparus avec les premiers colons, et j'ai l'impression que les lois sur la protection de la biodiversité en Océanie sont étrangement efficaces, au point que peu d'autres types de créatures se soient jointes à nous.  Ou alors elles sont plus subtiles que les loup-garous.  Ou bien je n'ai jamais vraiment fait attention à savoir si oui ou non les envahisseurs avaient traîné ces immigrants spéciaux dans leurs bagages. »

Le ton léger, l'air beaucoup plus amusé que découragé, spécialement en comparaison à sa montée de lait précédente, Tama donnait réellement l'impression de ne pas s'en faire avec son ignorance du sujet, pas plus qu'avec son manque d'intérêt du dernier siècle.

« En même temps, je ne savais même pas ce qu'était un wendigo, tout à l'heure... donc je pouvais difficilement en chercher un! J'ai l'impression que ça pourrait changer très rapidement, maintenant que je suis sur le continent, et que je pourrai élargir mon répertoire. » Sourire colgate numéro trente-six.   « C'est véritablement une époque passionnante pour vivre.  Tout change et évolue si rapidement.  Je suis content de ne pas être né à l'époque de mon père.  Il a beau argué qu'il a vu du changement et l'évolution des mœurs de nos peuples, mais ce n'est rien en comparaison à la révolution en cours.  Je suis heureux d'être encore jeune et de pouvoir en profiter!  On n'a jamais aussi peu su de quoi demain serait fait.  Si on m'avait dit qu'un jour je tiendrais un morceau de plastique – déjà, je n'aurais jamais pu savoir ce que c'est – avec des boutons pour me garder en contact avec n'importe qui et tout le monde, je ne l'aurais jamais cru! »

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MessageSujet: Re: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Mer 5 Oct - 23:09

Une drôle de rencontre



ft. Tama

Un tas de mots
pensées en italique
dialogue en gras

La pluie diminuait peu à peu sans que nous n'y prêtions une réelle attention. Elle ne nous avait nullement dérangée tandis que le commun des mortels avait fuit à toutes jambes telles des gazelles pourchassés par le plus féroce des lions alors que ce n'était qu'un peu d'eau. Nous payions pour en avoir chez nous, dans nos foyers. Nous en payions pour survivre dans d’immenses magasins à taille inhumaine. Mais, nous avions peur d’être trempé par une petite averse une fois de temps en temps au simple motif que cela mouillait. Nous n'aimions pas ressentir la fraîcheur naturelle qu'elle procurait de manière inopinée. L'humanité me laissait bien souvent perplexe. Et je me félicitais quelque fois d'avoir eu l'honneur d’être choisi pour devenir un gardien à la fumée. Quand bien même, l'honneur était plutôt celui d'avoir tapé dans l’œil de l'héritière d'un clan de mangemort. Cela revenait du pareil au même, j'avais quitté l'humanité pour quelque chose de plus ancien et de plus puissant et je ne l'avais jamais regretté depuis.

Même en ce jour au milieu de ce parc alors même que la torture que m'avait procuré la chute me donnait des penchants suicidaires et que je pensais sérieusement à supplier la garde royale de m'abattre avant même le moindre jugement, que j'imaginais avec aisance la vie me quitter et mon âme retrouver enfin la paix que je n'avais en réalité jamais connu mais que j'aurais voulu goûter ne serait ce que pour découvrir si c'était comme bien des choses un concept surfait ou si cela valait la peine de tant sacrifier pour y parvenir. Il fallait souligner que pour le moment, toute envie morbide et mortifère avait disparue pour laisser la place à une curieuse indifférence. Statut quo d'hésitation et de remise en cause de ce que m'apparaissait il y a encore moins d'une heure comme une évidence. Comme une évolution logique de mon état. Dans la vie, on naît puis on souffre et enfin on meurt. Parole de sagesse désabusée d'un poète de seize ans, orphelin tout comme je l'étais. Poésie du désespoir offerte au gamin de neuf ans que j'étais dans un couloir de St Thomas. Nous vivons dans un monde merveilleux. J'ajouterais qu'il y avait quelques entre mèdes. Des moments joyeux ou moins joyeux, des beaux souvenirs, des amitiés et des amours qui étaient comme des coupures publicitaires au milieu d'un film en noir et blanc. Mais tandis que l'averse perdait lentement mais sûrement en intensité et que l'eau dégoulinait des cheveux de mon kitsune samaritain aux boucles d'or, nous étions plongé dans une communion verbale et non verbale qui apaisait l'ex suicidaire que j'étais. Non, ne nous positionnons pas trop vite voulez vous.

J'ai tout le temps de le redevenir plus tard. Après tout, Tama n'allait pas venir emménager au loft pour me servir de para-malheur. D'autant plus que c'était une souffrance psychique qui me faisait baigner dans une souffrance physique. Par conséquent, si le renard des marées était un compagnon idéal pour me remonter le moral et chasser la noirceur de mes idées, il n'était pas le plus compétent pour éliminer la cause même de ces noires pensées. Alors oui, j'avais à présent la quasi certitude que le martyr n'en serait que plus terrible dans une heure ou deux. Pourtant ce simple fait fort logique qui aurait du me redonner une humeur noire et sinistre ne me donnait que plus envie de savourer la présence rafraîchissante du plu ri centenaire et ce le plus longtemps possible mais je ne comptais pas pour autant profiter du temps de mon malicieux acolyte. Un hochement de tète de ma part vient confirmer la remarque rhétorique de Tama et un sourire étire mes lèvres. La pluie sembla soudain reprendre de plus belle comme si elle avait hésité entre terminer son petit tour et remballer avant de finalement opter pour une prolongation de bail. Un clin d’œil du kitsune élargit mon sourire.

Je devinais à son expression que le vagabond mélanésien avait encore une multitude de questions sur le bout des lèvres. Un mouvement de tète négatif m'apporte un début de réponse à ma question. Comme à chaque fois que Tama prenait la parole depuis le début de notre rencontre une atmosphère semble se créer autour de nous et c'est à mon tour d’être suspendu aux lèvres du renard garou. Lorsque le kitsune parlait j'avais l'impression de voyager tant au travers des époques que des continents et de redevenir le gamin que j'étais à l'orphelinat. En même temps vu la différence d'âge réelle, c'était plus ou moins le cas. Sa réponse semble teintée d'une nonchalance tranquille sur un ton amusé. Ce qui m’apparaît comme étonnant mais qui ne l'est pas au vu de la personnalité tranquille du renard garou. Si tout les siens avaient la même, je comprenais pourquoi il ne se formalisait pas outre mesure de la biodiversité surnaturelle de son île natale. Pour ma part, et ce dans un réflexe de gardien habitué à la connaissance des arcanes et des espèces du monde surnaturel cette ignorance me semble étonnante. Oui, je me répète j'avais remarqué seulement. C'était mon ressenti. Maintenant, je devais faire abstraction du fait que la majorité des espèces surnaturelles ne se souciant nullement des autres et cultivaient un entre soi de bon aloi.

Puisque la réaction de Tama au sujet des lycans m'avait prouvé que les relations étaient loin d’être cordiales entre certaines espèces. Mon étonnement doit se refléter sur mes traits puisque c'est presque en s'exclamant que le renard des marées reprend la parole. Un sourire éclatant ponctua cette exclamation pleine d'entrain bien vite suivie par une autre et un sourire jumeau vint se ficher sur mes traits. Je réponds dans la foulée : Oh, j'imagine que mon époque ne doit pas être si mauvaise que cela. Même si comme ton paternel, j'aurais adoré être témoin du changement de vos mœurs. Le fait que tout évolue vite est à la fois enivrant et éreintant mon cher. Honnêtement, je comprends ton entrain et ton engouement pour notre époque de découvertes perpétuelles néanmoins crois moi parfois ce train fonçant à toute allure est plus exaspérant qu'autre chose. Et donne surtout l'impression de ne pas savoir ou il va. Ce qui n'a aucune importance puisque mes contemporains semblent être d'accord pour aller n'importe ou tant que le train avance.

Si çà ce n'est pas de la métaphore mécanique adaptée à l'époque, je ne vois pas ce que c'est. Sortant mon téléphone de ma poche, je le tends à Tama et reprends : Par exemple, ce téléphone fonctionne parfaitement bien et n'a pas grand chose à envier aux autres modèles pourtant ils trouveront le moyen d'en sortir un autre presque identique dans un an et de faire croire à tout le monde qu'il faut absolument l’acquérir sous peine de devenir aussi désuet que l'ancien modèle. Le monde semble trouver parfait d'aller à toute allure alors que les meilleurs moments dans une vie sont ceux ou l'on prend le temps de se poser et d'admirer ce que l'on a sous les yeux.
Un grand sourire étire mes lèvres pendant que je reprends : Désolé Tama. Je ne voulais pas plomber l'ambiance. As tu autre chose à me demander. Une question pour une question voilà un marché fort équitable. Non ?  




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MessageSujet: Re: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Mar 1 Nov - 3:19


Le Gardien & Le Renard


Le Kitsune pouvait presque entendre les plaintes de gratitudes de l'herbe roussie du parc qui s'abreuvait à cette fontaine de jouvence qu'était l'averse inespérée.  Il voyait presque la turgescence des feuilles qui se réaffirmait, et leur vert qui devenait un peu plus éclatant grâce à cette averse en plein période de sécheresse.  Pourtant, le plus impressionnant à ses yeux était de voir à quel point la coquille d'Arès s'était transformée, abandonnant la forme quelconque et épineuse qu'elle avait arborée pour quelque chose de plus souple et léger, presque translucide.  Du moins ce serait ainsi qu'il l'aurait décrite si il avait réellement pu voir les murs que les gens se posaient dans leurs têtes.  Les voir autrement que dans leur paralangage, cela allait sans dire.  Arès partageait son opinion sur l'époque moderne et bien que sa logique et son argumentation se tienne, il était loin, très loin de prêcher à un converti.  C'était même un peu totalement l'inverse.  Il prêchait à un inconvertible.  Ou pas.  Dans un paradoxe immense, la même métaphore venait totalement corroborer la personnalité de Tama'Rangi, et s'y confronter au risque de s'y écraser comme ledit train contre une montagne de béton.

« C'est drôle, d'un côté, tu me décries une société à mon image, et de l'autre, une société qu'il m'est impossible de comprendre.  Je suis de ceux qui croient que le trajet est la destination, que la destination elle-même n'est reléguée qu'à une importance secondaire.  Dans ce sens, je suis comme ce train qui avance sans savoir où il va.  Je ne suis peut-être pas aussi rapide, remarque, j'aurais trop peur de me casser la gueule, mais... »

Tama s'étira d'une manière toute féline, levant ses pieds du sol et dépliant ses longues jambes autant que ses bras, en tordant son dos en tous sens.

« ...mais je déplore tout autant que toi cette manie du jetable et de l'obsolescence programmée.  Tu l'as très bien dit : il faut savoir prendre le temps de savourer les petits miracles de la vie, même si ce n'est qu'une fine pluie dans un parc des plus banals. »

Le néo-zélandais se leva et balaya les inquiétudes de l'orphelin d'un large geste de la main.  Personne ne plombait l'ambiance.  Pas par une telle température, tout de même!  Un tour d'horizon lui fit savoir que l'endroit était toujours déserté par les autres passants.  Tant pis pour eux, ils ne savaient pas se qu'ils rataient.  Son regard se reporta sur le gardien à la fumée avec lequel ils s'étaient improvisés pongistes conversationnels.  Il lui rendit son sourire avec une espièglerie toute renouvelée.

« J'aurais une question, effectivement.  Mais d'abord un conseil : fais gaffe.  Ce n'est pas normal à ton jeune âge d'être éreinté si facilement.  Ne te traite pas toi-même comme un portable prêt-à-jeter » fit-il, toutes dents dehors, avant de faire mine de réfléchir avec intensité à sa question comme s'il s'agissait de l'unique souhait d'un génie de conte et qu'il se trouvait en situation de crise. « J'ai droit à une question, donc.  Alors ce sera la suivante : Saurais-tu comment me rendre au lycée à partir d'ici?  J'ai un entretien d'embauche aujourd'hui, et je me suis égaré en chemin.  J'ai oublié à quelle heure il était, aussi. »

Petit détail.  Le mélanésien montra avec une fierté infantile son poignet dénudé pour bien lui faire comprendre que, de toute manière, il n'avait aucune idée de l'heure qu'il était, et qu'il s'en fichait un peu, à vrai dire.

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MessageSujet: Re: When the broken guardian meet the fox of the tides PV Tama    Jeu 17 Nov - 23:44

Une drôle de rencontre



ft. Tama

Un tas de mots
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L'averse se terminait lentement mais sûrement en baissant d'intensité à une allure mécanique et régulière comme si les nuages noirs là haut dans le ciel estival étaient réglés selon une minuterie bien précise qui s'actionnerait au moment opportun et se stopperait à un moment tout aussi opportun pour la nature à nos pieds. Dans une optique de partenariat immémorial entre deux forces qui nous dépassent. L'une dépendant quasiment exclusivement de l'autre pour survivre, grandir et se développer. Un partenariat dans lequel les deux parties étaient gagnantes l'une voulant se débarrasser de quelque chose et l'autre l'absorber. La mutualité et la coopération dans toute sa splendeur. Un concept que les hommes se sont arrogés à leur manière soit de façon bien plus vicieuse et dénué de la beauté initiale de la chose.

Je n'ai rien contre l'humanité mis à part peut être une dent contre la lâcheté sous toutes ses formes et plus particulièrement celle d'un parent abandonnant son rejeton néanmoins j'ai assez de vécu ici bas et notamment dans les recoins les plus sombres de l’âme humaine pour savoir que mon pessimisme et mon jugement sévère à son encontre sont simplement le fruit d'un réalisme lucide aussi glacial qu'implacable. Il y a de la beauté dans ce monde cela ne fait aucun doute. De la beauté capable de transcender, de la beauté capable d'émerveiller, de la beauté capable d'illuminer les ténèbres les plus profondes et les plus épaisses l'espace de quelques miraculeux instants mais bordel elle était infiniment plus rare que la merdaille qui constituait le lot quotidien des mortels que nous étions tous surnaturels comme humains. Il fallait se lever tôt pour la contempler, se montrer patient pour la trouver et creuser profond pour la dénicher. Mais, elle avait au moins le mérite d'exister et je savais à quel point elle était précieuse en pensant au sourire des êtres chers à mon cœur. J'ai bien conscience d'avoir radicalement changé depuis le début de l'après midi au moment ou je me suis traîné tel une loque surnaturelle emplie de désespoir et de regrets au milieu de ce parc qui était alors un havre de paix, de vie et de joie simple au milieu d'une petite ville tout sauf ordinaire.

Je faisais office d'intrus et de tache sur le tableau presque parfait qu'aurait pu peindre un peintre à ce moment précis mais depuis la rencontre impromptue avec un kitsune océanien je ne faisais plus tache dans ce paysage à priori idyllique mais m'y étais intégré avec brio à mesure que ma douleur disparaissait sous les multiples couches de positivité dégagées par le renard et ma propre personne. Un sourire s'était résolument vissé sur mes lèvres closes comme un pied de nez moqueur envers ma propre douleur et tandis que les arbres, les feuilles, l'herbe et les fleurs se gorgeaient de l'or bleu sous l'averse torrentielle qui avait fait fuir les frileux je m'étais moi même ouvert comme une fleur. Ou plutôt si nous devions resté dans la métaphore jardinière une fleur fanée qui s'était peu à peu engorgé de soleil pour revenir à la vie. Mes oreilles se berçaient du son caractéristique des plic ploc aqueux tandis que la conversation suivait son cours au rythme tranquille d'un courant de fleuve. L'averse déclinait comme les voix de mes sœurs de clan à la fin d'une chanson lors de nos rassemblements inter clanique.

Déclinait graduellement comme si cette lenteur était nécessaire pour respecter le silence qui retomberait. Un proverbe disait que les plus belles rencontres étaient celles auxquels on ne s'attendait pas et je ne pouvais que confirmer cela à présent après en avoir fait l'agréable expérience. La réponse de Tama m'arrache un sourire presque paresseux et c'est avec une délectation non feinte que j'écoute le raisonnement du sage à mes cotés. Un petit rire fuse d'entre mes lèvres avant que je ne réponde : Je vois ce que tu veux dire. C'est le voyage en lui même qui enrichit et non pas la destination finale qui n'est au final qu'illusion éphémère. C'est vrai que tu dois être moins rapide qu'un train mais ce n'est pas plus mal non ?


Tama s'étira ensuite dans tout les sens des bras vers le haut, des pieds vers le bas tel un accordéon qui se déplierait brusquement après avoir été serré trop longtemps à la différence qu'il le fit avec une grâce féline que l'on aurait difficilement attribuer à un renard qui plus est à un renard de sa carrure. Avant de reprendre au sujet de l'importance de prendre son temps pour savourer le petit miracle de l'existence. Je me contente cette fois d'un simple : Sur ce point là nous sommes entièrement d'accord Tama.

Le mélanésien finit par se lever et observer les environs d'un œil pétillant avant de balayer ma peur d'un geste de la main. Un nouveau sourire étire tranquillement mes lèvres tandis que je m'ébroue pour me débarrasser de l'amoncellement de pluie sur ma carcasse imposante. Mon sourire s'élargit en entendant la réponse de Tama et son conseil bienveillant. Je me lève à mon tour et grommelle dans ma barbe tandis que mes yeux brillent d'espièglerie un : Merci papy je ferais plus attention à l'avenir à ne pas laisser le sort me briser.

Je m'étire à mon tour pour délier mes muscles endoloris d’être resté aussi longtemps inactifs avant de me tourner vers le kitsune. Je réprime un petit rire en le voyant faire mine de se concentrer comme un génie réfléchissant au souhait qu'il voudrait exaucer. Je réponds dans la foulée : Bien sur que je peux te guider jusque là bas. Les élèves ont beaucoup de chance ou du moins en auront lorsque tu seras engagé. Allez suis moi.

(...)

Après un trajet aussi tranquille que ponctué de nos bavardages et de mes remarques sur la ville me donnant l'impression d’être un guide touristique du surnaturel nous atteignons finalement le lycée devant lequel nous nous séparons. Bonne chance pour ton entretien mon ami. Puissions nous nous revoir.  



Spoiler:
 



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