AccueilCalendrierÉvènementsFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion


Trophées


Classement au
4 août 2018

Wesley Beaumont


►►►◄◄◄

Amance & Willem


►►►◄◄◄

Leoric Teniala




Classement au
21 juillet 2018

Caracole O'brien


►►►◄◄◄

Leoric Teniala


►►►◄◄◄

Stiles Stilinski




Classement au
6 juillet 2018

Caracole O'brien


►►►◄◄◄

Tobias Rapier


►►►◄◄◄

Leoric Teniala




Classement au
23 juin 2018

Scott McCall


►►►◄◄◄

Tobias Rapier


►►►◄◄◄

Willem Shepherd




Classement au
9 juin 2018

Tobias Rapier


►►►◄◄◄

Vicky Anderson


►►►◄◄◄

Leoric Teniala




Classement au
26 mai 2018

Caracole O'brien


►►►◄◄◄

Alex


►►►◄◄◄

Tobias Rapier




Classement au
11 mai 2018

Tobias Rapier


►►►◄◄◄

Charlie & Alex


►►►◄◄◄

Leoric Teniala




Classement au
28 avril 2018

Derek Hale


►►►◄◄◄

Samael Washington


►►►◄◄◄

Kada'an Ravewood




Classement au
14 avril 2018

Caracole O’Brien


►►►◄◄◄

Alessandro Amaro


►►►◄◄◄

Willem Shepherd




Classement au
31 mars 2018

Leoric Teniala


►►►◄◄◄

Lydia Martin


►►►◄◄◄

Scott McCall




Classement au
17 mars 2018

Theo Raeken


►►►◄◄◄

Lydia Martin


►►►◄◄◄

Leoric Teniala




Classement au
4 mars 2018

Caracole O'brien


►►►◄◄◄

Leoric & Derek


►►►◄◄◄

Charlie Crowley




Classement au
17 février 2018

Leoric Teniala


►►►◄◄◄

Kada'an Ravewood


►►►◄◄◄

Derek Hale




Classement au
3 février 2018

Leoric Teniala


►►►◄◄◄

Alessandro Amaro


►►►◄◄◄

Kada'an Ravewood




Classement au
20 janvier 2018

Caracole O'brien


►►►◄◄◄

Alessandro Amaro


►►►◄◄◄

Leoric Teniala




Classement au
6 janvier 2018

Derek Hale


►►►◄◄◄

Connor Edenfield


►►►◄◄◄

Therence Garnet





© Code par Mafdet Mahes

Code onglet coulissant :
Okhmhaka de Never Utopia
Partagez | 
 

 Brave men didn't kill dragons. The brave men rode them.[solo]

Aller en bas 
AuteurMessage
Arès Kye Coleman

avatar


Humeur : Martiale
Messages : 810
Points : 766
Réputation : 79
Date d'inscription : 09/03/2016
Localisation : Là ou la paix n'est qu'illusion. Beacon Hills, California

MessageSujet: Brave men didn't kill dragons. The brave men rode them.[solo]   Sam 21 Mai - 23:27




This is my fall

Le soleil vient à peine de se lever et ses rayons flamboyants traversent sans difficulté aucune les vitres de ma chambre. La lumière est éclatante et inonde les lieux tel un océan de vie sans limite envisageable. Comme toutes les nuits depuis les tristes évènements ayant eu lieu dans la cité des anges, j'ai très mal dormi. Les bras de Morphée si accueillants à mes yeux avant la tragédie me semblent bien désagréables désormais et le sommeil ne me permet plus de me ressourcer. Bien au contraire car mes nuits sont devenues bien plus agitées que mes jours. Et, c'est un véritable combat que je mène à l'abri des regards dans la pièce la plus intime de mon loft. Reclus au fin fond de ma tour d'ivoire, je tente de dominer le chaos qui menace de m'engloutir à chaque instant. Un exercice bien délicat que celui-ci, ce qui en soi est une aberration pour l'être discipliné que je suis. Que je suis ? Ou plutôt que j'étais ? Que de questions virevoltant dans les méandres de mon esprit torturé. Que de questions ne trouvant pas de réponses. C'est épuisé que je repousse la couverture couvrant mon corps endolori. Les stigmates de la chute que j'avais vécu dans les tréfonds de la cité des anges avaient beau avoir disparu de mon enveloppe charnelle, la douleur elle est toujours bien présente. Comme si elle s'était gravée au fer rouge sous ma peau. Comme si elle refusait de me quitter pour me rappeler à chaque instant la gravité de mes crimes. Ce qui somme toute est absolument dénué d'intérêt étant donné que je me torture déjà l'esprit de mon propre chef.

Cette douleur avait pour conséquence de me faire revivre la chute à travers des sortes de flashback. Elle était l'apanage de mes pensées, le complément physique de mes blessures psychiques. Les souillures invisibles d'une âme dévastée qui ne se remettrait peut-être jamais de cette tragique expérience au gout acide. J'avais fini par me mettre à l'apprécier comme un masochiste aimant la souffrance pour les sensations uniques qu'elle procurait. L'apprécier parce qu'elle m'empêchait de ne serait-ce qu'envisager de reprendre gout à la vie. L'apprécier parce qu'elle m'empêchait d'oublier ce que j'avais fait et ce que cela m'avait couté. L'apprécier parce que je méritais toute cette souffrance de mon point de vue. Je m'assois sur le bord de mon lit avant de me frotter les yeux comme un enfant n'ayant pas eu son content de sommeil. Je réprime un bâillement et me lève lentement. J'ai vaincu les cauchemars une nouvelle fois mais la frontière est de plus en plus fine et bientôt je sais qu'il y aura pire que mes larmes et mes cris au beau milieu d'une nuit sans étoile. Les ténèbres me guettaient sans même tenter de se masquer à ma vue. Ils avaient été repoussés lors de la chute mais ne désespéraient pas et prenaient leur mal en patience, confiants comme seuls savent l'être les conquérants, surs de leurs faits et de leur victoire finale. Ce combat interne puisait ardemment dans mes réserves d'énergie, réserves mises à mal par ma nouvelle mauvaise hygiène de vie. Autant dire que si une anomalie se déclenchait dans les instants qui venaient, je serais bien incapable de remplir mes fonctions de gardien dignement. Mais, honnêtement je m'en moquais royalement. Préoccupé par mon état tel un alcoolique sachant pertinemment qu'il a un problème mais refusant de s'en occuper, je me laissais aller sauf lorsque j'étais au travail ou avec Alessandro.

Le sicilien avait le droit à toute l'attention et le sérieux dont j'étais encore capable et n'avait pour tableau qu'un bloc de glace aussi efficace qu'à l'accoutumée. Je ne lui en voulais nullement pour ma situation. Je suis le seul responsable de l'état dans lequel je me trouve et l'expédition à Los Angeles n'est en rien un motif suffisant de grief. Ce sont mes bras qui ont esquissé ces gestes, ce sont mes griffes, mes crocs qui ont ôté la vie à ces êtres surnaturels. C'est mon erreur qui m'a brisé et fait plongé dans l'abysse. Je ne lui en veux pas. J'enfile un jogging avant d'ouvrir la fenêtre et de quitter ma chambre d'un pas trainant. Je descends les escaliers tel un ours n'ayant pas réussi à hiberner et attrape le téléphone fixe au passage. Je me rends ensuite dans la cuisine ouverte dans laquelle je me prépare rapidement de quoi manger sans même faire attention à ce que je fais avant de composer le numéro de mon patron que je préviens de mon absence du jour. Puis, je balance le téléphone sur le canapé et engloutis la nourriture devant moi tel un affamé ne s'étant pas nourri depuis une éternité. Une fois cela fait et la vaisselle dans le lave-vaisselle, je me rends dans la salle de bain et me place devant le miroir. Je ne reconnais pas l'homme que j'ai sous les yeux. Des traits tirés, des valises sous les yeux, une expression qui siérait bien plus à un mort qu'à un vivant et un sourire moqueur tenant plus de la grimace que du sourire. Je fais ma toilette avant de me glisser sous une douche volontairement glaciale. Mais, la température polaire de l'eau ne balaie pas la noirceur de mes pensées ni la douleur et encore moins la tension dans mes muscles. Je reste là sous le jet de la douche durant de longues minutes, minutes qui me semblent être une éternité. Je quitte le carré et mes pieds quittent la céramique pour les carreaux froids. Je remonte à l'étage et m'habille rapidement d'un jean, une paire de botte, un tee shirt noir et une veste en cuir sombre. Je ferme la fenètre et commence à faire mon lit.

Je me fige au beau milieu de l'opération et ferme les yeux avant d'inspirer et d'expirer de longues bouffées d'air. C'est la meilleure chose à faire Arès. C'est la meilleure chose à faire. Idrisiel le sait aussi. Je ne peux pas me permettre de rester impuni pour mes fautes. Je ne peux pas me permettre de devenir un monstre, un renégat à ma propre espèce. L'achèvement de ma tâche pourtant anodine me prends bien plus de temps que prévu et lorsque je descends enfin au sous-sol pour aller chercher le rover le quartier s'est déjà emballé et le monde des hommes répète sa manœuvre routinière dans l'insouciance générale. Je descends donc au sous-sol et entre dans le quatre quatre. J'ouvre le garage avec la télécommande à cet escient et démarre lentement le puissant moteur. Le véhicule quitte rapidement la bourgade californienne et s'engage sur la route du rendez-vous. Le lieu ou m'attend la garde royale à laquelle j'ai annoncé mon intention de me livrer par le biais de mon clan. Le paysage défile lentement à travers les vitres de l'imposant véhicule que je conduis mais je n'y prête guère la moindre attention. Mes mains accrochées au volant effectuent leur tâche de manière mécanique, mes yeux sont fixés sur la route droit devant moi mais mon esprit est occupé par la perspective de l'entrevue à venir. Je roule à une allure rapide sans pour autant être excessive sur la langue de bitume. Je vais me livrer et serais condamné pour mes crimes. Et enfin, je retrouverais la paix dans les bras de la mère de mon espèce. Une ébauche de sourire étire mes lèvres à cette idée avant de disparaitre bien vite quelques instants plus tard. Le reste du trajet est monotone et c'est irradiant de la détermination qui me caractérisait tant il y a encore quelques semaines que je m'apprête à faire ce que j'ai à faire. J'atteins finalement ma destination trois heures après mon départ. Je me gare sur le parking le plus proche et attends dans la voiture dans le plus grand des silences. Une certaine quiétude s'empare peu à peu de moi, chassant les souffrances, les douleurs, les regrets, la culpabilité, l'impression de déséquilibre interne, le chaos, les ténèbres, le manque.

Je ne suis plus qu'un être vide attendant l’ultime baiser, le châtiment royal pour mes fautes. Je regarde les trois véhicules débarquer avec pompe et discipline. Deux quatre quatre et une voiture de luxe dont la présence me semble incongrue en ce lieu puisque je ne m'attendais pas à ce qu'un membre de la famille royale daigne se déplacer pour le criminel que je suis. Un appel de phare de la sportive italienne m'indique que je dois émerger le premier de mon véhicule. Ce que je fais docilement et avance d'un air las jusqu'aux trois véhicules garés cote à cote. Arrivé à mi-chemin, je suis contraint à l'immobilité par le débarquement de neuf hommes ou plutôt neuf gardiens. Et pas des moindres puisqu'il s'agit de neuf des vingt membres de la garde royale d'Aslan Kane. Ces derniers ne me lâchent pas du regard et semblent prêts à m'abattre au premier geste suspect. Ils portent des costumes élégants et bien coupés à la place de leur tenue de garde traditionnelle. Les visages sont tendus et fermés et durant l'espace d'un instant, j'hésite à jouer au con histoire d'être délivré de ce fardeau éternel d'une manière brutale et rapide mais je me retiens. La douleur, la souffrance et le désespoir reviennent prendre leurs places légitimes dans ma poitrine dès lors que la vue de tous ces visages fermés. Je connais chaque membre de la garde pour avoir passé une année à la cour du roi, certains d'entre eux ont été des amis, des mentors, des camarades de mission, des modèles pour le jeune gardien que je suis. Et, maintenant je ne suis plus qu'un renégat en devenir à leurs yeux, une menace qui devrait être éradiquée avant qu'elle ne fasse plus de dégâts. Je croise le regard du plus puissant des gardiens présents, Asgard et le regard de celui-ci semble vouloir dire : Désolé gamin. Tu as bien merdé cette fois ci. La loi est la loi. Je lui adresse un maigre sourire peiné témoignage d'une douleur bien réelle et d'une vie désormais marquée par le regret. Je reste parfaitement immobile et attends le jugement et l'arrestation mais les minutes défilent et rien ne se passe. Je commence à perdre patience et décide donc de forcer la main à l'élite guerrière de ce continent lorsque l'un des gardiens, Milos si mes souvenirs ne me jouent pas de tour s'approche de la voiture de sport et ouvre la portière.

La femme qui émerge gracieusement de la voiture rutilante porte une robe noire qui serait bien plus légitime en soirée mondaine qu'au milieu de nul part. Une ceinture dorée d'une grande finesse d'or pur cerne ses reins et des talons assortis à cet éclat supporte ses pieds. Un décolleté laissant peu de place à l'imagination illustre la silhouette parfaite de la femme qui doit avoir tout au plus un ou deux ans de plus que le gardien à la fumée désespéré lui faisant face. La robe est sulfureuse en elle-même mais ne semble pas atteindre le quart du sulfureux émanant de la princesse Irène. Vision sublime dans un monde devenu ténébreux. Des cheveux tombant en cascade sur ses épaules nues, un visage empreint d'une grâce royale, un port altier et fier, des lèvres mises en valeur par un rouge à lèvre clinquant. Oui, une telle étendue de beauté pourrait pousser un homme à tuer ne serait-ce que pour l'effleurer et y gouter. Cette vision semble trop parfaite pour être réelle telle une muse sortie droit d'un rêve merveilleux. Les gardiens de son acabit tout comme ceux de la garde et ceux vivant à la cour d'Amérique du nord ne s'intéressent que très peu au monde des hommes. Voilà, pourquoi une telle tenue ne pose aucun problème à des êtres ne se pliant pas aux coutumes humaines. Pourtant, la vue d'un être d'une telle rareté ne suffit pas à changer l'expression de mon visage. Je suis complètement perdu mais ne perds pas les bonnes manières pour autant et me mets à genoux devant la princesse, un poing fermé sur le cœur. Je ne me relève néanmoins pas comme l'exige la coutume et garde les yeux résolument fixés vers le sol. La princesse s'avance vers moi et sans même avoir besoin de le voir, je sens que la garde a fait de même tel un organe protecteur. Une main fine mais puissante se pose sur le sommet de ma tête et une voix presque irréelle s'infiltre dans mes oreilles : Relève toi Arès d'Azgeda.

Je m'exécute en silence et plante mon regard dans celui d'Irène sans ménagement afin qu'elle comprenne, qu'elle voit l'état pitoyable dans lequel je me trouve, inapte à sa mission et dévoré de l'intérieur. Cette dernière reprend finalement : Je ne vais pas te demander comment tu vas élu puisque ton état parle pour toi.
Je réponds d'une voix enrouée et éraillée : Est-ce que tu es venu pour me faire l'honneur de ta princière présence lors de mon arrestation ?
Tu n'es pas en état d'arrestation soldat.
Mes yeux s'écarquillent de surprise tandis que la colère se met à bouillonner dans mes veines et je réponds d'une voix pleine de colère mais brisée : Comment une telle chose est-elle possible ? J'ai brisé une loi sacrée. J'ai tué des surnaturels alors même qu'ils n'étaient pas une menace pour l'équilibre ni un obstacle pour ma mission ! Le seul châtiment envisageable est la mort.

La voix de la princesse Irène est douce malgré la tension dans l'air :  Regarde toi Soleil noir d'Azgeda. Tu recherches activement la justice quand bien même elle entrainerait ta mort. Tu souhaites ardemment mourir pour tes erreurs. Tu es pur Arès quoi que tu penses. Lorsque je te regarde je ne vois nullement un renégat en devenir. Tu souffres je le sens. Mais tu vas devoir apprendre à vivre avec De plus, nous savons qu’un renégat est mêlé à ta chute.
Comment pourrais-je vivre avec ? Mon gardien se méfie de moi et ma symbiose a été brisée ! Je ne suis plus digne d'assurer ma mission. Princesse dites-moi pourquoi le roi ne m'va-t-il pas déjà condamné ? Je vous en prie.
Les yeux bleus de la gardienne au rang infiniment plus élevé que le mien se plantent durement dans les miens et semblent sonder mon âme tandis que cette dernière me répond : Mon père a décidé de t'épargner. Il semble qu'il ait vu quelque chose en toi lors de ton baptême. Les rois ont souvent ce don de clairvoyance. Et, puis il t'apprécie énormément. Nous t'apprécions tous énormément. Je me répète tu n'as rien d'un renégat. Bien peu de gardiens survivent à la chute. La majorité de ces survivants l'ont choisi et deviennent donc des ennemis de l'équilibre et des traitres à notre espèce. Tu as fait ce que tu as fait mais tu n'es ni un ennemi de l'équilibre ni un traitre à ton espèce.

Mon expression faciale passe de la surprise à la colère, au désespoir pour finalement atteindre la lassitude la plus complète : L'ordre ne saurait cautionner pareil ignoriez ! Je ne comprends pas pourquoi je ne suis pas exécuté.
L'ordre se chargera de toi mais mis à part une infime fraction dans ses rangs, la plupart approuve la décision de mon père. Le commandant en personne s'est prononcé en ta faveur. Un vétéran va t'aider à régler le problème de ton gardien. Ne te laisse pas gagner par le désespoir soldat sinon tu finiras bel et bien par sombrer dans les ténèbres.
Je ferme les yeux quelques instants puis les pose sur les membres de la garde nous entourant : Princesse Irène vous savez que je ne peux pas. Je ne suis pas assez fort.
La main de la descendance royale se pose sur mon épaule et la gardienne se rapproche un peu plus de moi avant de me souffler : J'ai foi en toi Arès. Azgeda a foi en toi. Mon père a foi en toi. La garde qui se tient à coté de nous a foi en toi. Et tu sais pourquoi ? Parce que nous te connaissons mieux que tu ne te connais-toi même.

Des larmes se glissent hors de mes yeux et se fraient un chemin sur mes joues. Irène me prend dans ses bras et me réconforte comme une grande sœur réconforterait un petit frère, une tante son neveu, une mère son enfant, une femme son compagnon. Soudain, la jeune femme parait beaucoup plus vieille, beaucoup plus sage. La gardienne aux yeux azurs reprend la parole : Cette épreuve te rendra plus fort. Sèche donc ces larmes Arès Ton destin n'est pas de mourir mais de vivre dans la lumière de notre mère et d'accomplir sa volonté.
Joignant le geste à la parole celle-ci balaie les larmes de mon visage. Puis, elle le prend entre ses mains et m'embrasse sur les lèvres. Je ne comprends pas ce qu'il se passe jusqu'à ce que je sente la douleur disparaitre vague après vague, être aspirée par la princesse dans une étreinte salvatrice. Finalement, le baiser est rompu et les doigts délicats caressent les traits de mon visage lentement avec une douceur bien étrangère à mes yeux. Les derniers mots de la princesse résonnent encore dans ma tête tandis que cette dernière rejoint son véhicule escorté de la garde. Le chemin sur lequel tu t'es engagé est long et tortueux. Il te paraitra bien difficile d'en voir la fin mais n'oublie jamais que la lumière t’attend au bout de ce chemin.

Je regarde les dix gardiens quitter les lieux dans les trois véhicules encore abasourdi par la tournure de cette entrevue et savoure la disparition provisoire de la douleur dans mes veines. Je reste debout les yeux dans le vide même longtemps après le départ de mes semblables. Je regagne finalement mon véhicule quelques minutes, heures plus tard. Je n'en ai aucune idée. J'ai perdu la notion du temps. Une fois dans la chaleur réconfortante de mon quatre quatre. Je pose les mains sur le volant et réfléchis. Les pensées néfastes et les idées noires qui sont-elles encore bien présentes malgré le départ de la souffrance me pousse à ramasser le pistolet qui reste caché sous mon siège en permanence par simple mesure de précaution. Je vérifie le chargeur, fais sauter le cran d'arrêt et pose le canon contre ma tempe. Soudain, je perds le contrôle de mon corps et irradie la colère brute. La voix du gardien éclate tel le tonnerre : Notre destin n'est pas de mourir ici. Et encore moins d'une telle manière, apanage des faibles et des lâches. J'ai foi en toi Arès. Ne me déçois pas une nouvelle fois.
Je ne peux qu'observer mes mains démonter l'arme soigneusement et mes pas quitter le véhicule et me conduire près d'un cours d'eau. Mes mains jettent les parties de l'arme un peu partout avant que mes jambes ne retournent jusqu'au range rover. La clé tourne dans le contact et le véhicule démarre à vive allure. Je me réveille le lendemain matin dans mon lit, reposé pour la première fois depuis des jours.



Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arès Kye Coleman

avatar


Humeur : Martiale
Messages : 810
Points : 766
Réputation : 79
Date d'inscription : 09/03/2016
Localisation : Là ou la paix n'est qu'illusion. Beacon Hills, California

MessageSujet: Re: Brave men didn't kill dragons. The brave men rode them.[solo]   Mar 24 Mai - 15:06






Left behind because this is your sword

Cela faisait plus d’une semaine que j'avais rencontré la princesse Irène et la moitié de la garde royale. Une semaine que je revoyais cette entrevue en continu dans mon esprit comme si je ne parvenais pas ou refusais de comprendre son issue. La douleur était revenue graduellement par vague de manière insidieuse. Elle était revenue dans son réceptacle rêvé, mon corps celui d'un homme brisé et d'un gardien affaibli nageant dans les eaux troubles de son propre esprit torturé. Un gardien combattant les ténèbres menaçant de l'engloutir au moindre faux pas de sa part. Je ne faisais de toute manière rien pour la chasser et je n'avais pas de divine héritière royale sous le coude pour l'ôter de mon corps. Une semaine et cinq jours que j'avais tenté de me suicider mais avais échoué grâce ou à cause d'Idrisiel, le gardien à la fumée ou la part de mon être habitée par l’essence de gardien. Le conflit avec cette entité de mon âme était encore d'actualité mais les choses se résorbaient lentement mais surement. Le gardien ne m'ignorait plus et répondait à mes demandes aussi rares soient elles. S’il avait prévu de me faire moisir dans ma bile durant des semaines, des mois voire des années avant de m'accepter de nouveau pleinement comme véhicule, ma tentative de suicide avait chamboulé son programme et la cohabitation était bien plus apaisée sans pour autant être idéale. Elle ne le serait d'ailleurs surement plus jamais. Mais comme me l'avait indiqué Irène, je devrais m'en contenter.

Pourtant, j’avais retrouvé l’espoir de m’en sortir, l’espoir de ne plus vivre ce calvaire insoutenable lorsque j’avais reçu la visite inopinée d’Alec le pompier qui avait participé au sauvetage du Print et participé à la remise en état des lieux de manière purement volontaire. La rencontre avait été intéressante en tout point puisqu’en plus d’être quelqu’un avec un fond fondamentalement bon, ce dernier disposait d’un don pouvant apaiser mes souffrances. Ce fut une bien belle rencontre, le genre de rencontre qu’un homme dans mon genre dans la situation dans laquelle il se trouve n’espère plus. J’espérais bien revoir de nouveau cet homme dans d’autre circonstance pour le remercier comme il se doit. Je sais bien que c’est mon boss qui l’a envoyé pour m’aider mais cela n’enlève rien au fait qu’il m’a soulagé et soigné du mieux qu’il a pu alors même qu’il aurait très bien pu ne pas le faire. Et miraculeusement le mentaliste vaudou avait été assez doué pour faire disparaitre le fléau de mes veines. Malheureusement, cela n’avait duré qu’un temps comme je m’y attendais néanmoins car ce que mon espèce a fait, elle seule peut le défaire. Malgré toute la bonne volonté d’Alec il ne connaissait rien de mon monde et j’avais toujours su depuis le moment ou cette souffrance ardente s’était déclenchée dans mon être. J’avais toujours su que seule mon espèce pouvait me l’ôter. J’avais dans un premier temps que cela passait par ma mort pure et simple mais la rencontre avec la princesse avait tout chamboulé.

Bah, j’avais au moins pu passer un peu de temps avec mon loupiot et être complètement efficace au Print grâce à ce petit miracle. En y repensant, je ne pense pas l’avoir suffisamment savouré. Tant pis, j’en rirais quand je serais sorti de cet enfer. Pour l’heure la douleur qui s’était presque complètement effacé durant ces trois jours de rémission semblait être de nouveau aussi violente qu’au départ. L'écran de mon téléphone portable indiquait une heure du matin mais malgré la perspective peu alléchante à mes yeux de rester en vie et l'infime réduction de mes tourments, le sommeil refusait de venir à moi ou alors je refusais d'aller à lui. Je quitte mon lit et enfile un jogging avant de descendre et d'aller dans la cuisine. Je sors une bouteille de whisky, une bouteille de tequila et une bouteille de Vodka et déverse une dose de chaque dans un verre avant de le porter à mes lèvres. Le gout est abominable mais je m'enfile pourtant le contenu sans sourciller. Je sais que l'alcool n'a aucun effet sur moi et que ce n'est donc pas en me noyant dans plusieurs litres de boisson que je vais résoudre mes problèmes mais je n'en ai cure. Je m'envoie une autre rasade d'alcool et une autre avant que ma vessie ne me rappelle à l'ordre. Je vais donc à la toilette pour laisser mes reins se vidanger. Parce que mourir à cause d'un trop plein d'alcool serait tout de même une mort pathétique. Une fois l'alcool évacué de mon organisme, je m'assois de nouveau sur le tabouret et laisse mes pensées divaguer. Pourquoi n'ai-je pas le droit de trouver la paix dans les bras de la mère de mon espèce ? Ce monde m'a suffisamment souillé. J'ai servi avec zèle et détermination jusqu'à ma chute. Pourquoi n'ai-je pas le droit de m'en aller maintenant ? Pourquoi !

Dominé par la colère, je saisis le verre d'alcool et le jette contre le mur de la cuisine avec rage. Une digue se rompt en moi et un nuage sombre pénètre comme un conquérant au plus profond de mon âme. Mes pensées se troublent et deviennent ténébreuses tandis que mon visage esquisse des grimaces. Laisse la noirceur t'envahir, la nuit est plus forte que la lumière. Ces mots sont comme murmurés dans le creux de mon oreille par une entité extérieure d'une puissance malveillante inouïe. Le gardien en moi s'active et un rugissement s'échappe de mes lèvres. Mes yeux flamboient d'un éclat bleuté, froid comme la glace mais brulant comme les flammes. Dans mon âme, un combat s'est engagé. Celui-ci est âpre, brutal, impitoyable et quelques secondes plus tard le nuage rayonnant de clarté a repoussé le nuage sombre en dehors de ce sanctuaire. Je m'écroule sur le sol vidé de mes forces et respire bruyamment. Je tombe dans le sommeil sans même m'en rendre compte et me réveille une heure plus tard, les muscles endoloris et la tète vrillée par un mal de tête titanesque. Je me relève difficilement et entreprends de rassembler mes souvenirs et de reprendre mes esprits. Puis, une fois remis sur pied je nettoie le foutoir dans le loft. Mon téléphone se mets à vibrer et je le saisis au passage avant de le mettre sur hautparleur. Une voix masculine s'en échappe et me dis d'être au lieu de rencontre dans quatre heures. Je raccroche et peste contre ce timing qui frise le théâtral. Cet homme ne peut être que le membre de l'ordre dont m'avait parlé la princesse. Je peste de plus belle en me disant que je déteste les confessions. Mais, je me lave rapidement et enfile un jean délavé, des bottes et un tee shirt noir. J'attrape une parka au passage et la passe sur mes épaules avant de quitter le loft. Je m'installe au volant du quatre quatre et démarre. La route me parait bien plus longue que la dernière fois et je fais à peine plus attention au défilement des paysages que la première fois. J'arrive sur les lieux deux heures et demi après mon départ et me gare.

Les étoiles illuminent encore le ciel nocturne mais l'aube est proche désormais. Je me cale dans mon fauteuil et entreprends de me rendormir afin de ne pas basculer dans l'appréhension à l'idée de ce face à face avec un des membres les plus efficace de mon espèce et accessoirement l'un des représentants de la plus haute autorité morale de notre société. Mais, bien évidemment Morphée m'échappe encore et toujours et c'est éveillé que je passe ce moment d'attente. Je finis pourtant par fermer les yeux et roupiller jusqu'à ce que des coups contre ma vitre me tire de ce demi sommeil. Un homme de belle stature et aux muscles existants malgré les plis et les replis de sa tenue d'une seule couleur, noire comme la nuit. Nuit qui a laissé sa place à une aube tiède et terne. L'homme porte un pantalon treillis noir, des bottes noires, un plastron noir et une lourde veste également noire. Il est brun, a l'air d'avoir une quarantaine d'années et a des yeux sombres perçants et inquisiteurs. Je baisse la vitre et ce dernier me tends une main gantée que je baise. Puis, il fait le tour du véhicule et s'installe à côté de moi. Il dépose un sac sur le siège arrière avant de prendre la parole sans faire attention à la tension nouant le moindre muscle de mon corps.
Bonjour Arès d'Azgeda. Tu as l'air bien mal en point. Je me présente Gabriel Murien prieur de l'ordre. Tu sais pourquoi nous sommes ici ?

Mes yeux s'écarquillent de surprise lorsqu'il m'annonce son grade, le prieur est l'un des lieutenants du guide -le chef de l'ordre- mais je me reprends bien vite et réponds d'une voix que je souhaite posée : Oui, votre grâce je sais pourquoi nous sommes ici. Je ne le sais que trop bien puisque j'ai eu affaire à la noirceur rampante qu'est l'apanage des renégats il y a à peine quelques heures.
Les yeux sombres du prieur se plantent dans les miens et c'est avec une expression bien sombre qu'il me répond : Tu désires la mort de toute ton âme pour tes crimes élu mais ne crois-tu pas qu'il s'agit de la facilité ? Ne crois-tu pas que le châtiment le plus adapté à tes fautes est le tourment éternel ?
Vous avez raison. Ce châtiment est bien pire que la mort pure et simple. Ce ne serait pas faute d'avoir essayé.
Tu as tenté de mettre fin à tes jours ?
Oui, en ce même lieu à l'issue de mon entrevue avec la princesse Irène et la garde.
Mais tu ne l'as pas fait mon garçon dis-moi pourquoi.


Je ferme les yeux lorsque je réponds : J'aimerais vous répondre que c'est grâce à l'amour que me porte mon espèce en refusant mon exécution, aux paroles réconfortantes et bienveillantes de la princesse, à mon clan , à mon roi, à ma mission ou mêmes à mes nouvelles relations à Beacon Hills, ma famille humaine, ou mes cousins partis trop tôt voire à l'honneur que m'a accordé notre mère en faisant de moi un élu mais ce serait mentir. La vérité c'est que c'est le gardien qui m'a sauvé la vie.
Regarde-moi mon garçon. Crois-tu que ce sont les paroles que j'aurais aimé entendre. Non, le fait que ce soit ton gardien qui t'ai sauvé prouve que le roi a fait le bon choix. Car, la brisure de ta symbiose est un problème qui ne concerne que ton gardien et toi. Si ce dernier t'a sauvé c'est qu'il est persuadé que tu ne sombreras pas.
Les yeux du prieur se teintent d'un orange flamboyant tandis que ce dernier les plonge de nouveau dans mes prunelles comme s’il voulait lire dans mon âme et c'est d'ailleurs ce qu'il fait puisque c'est mon gardien qui prend finalement le contrôle avant de me rendre les commandes de mon corps. Les yeux du prieur redeviennent sombres et il esquisse un léger sourire avant de dire : Idrisiel a foi en toi mon garçon. Parle-moi des ténèbres que tu as affrontée.

Je passe une main sur ma barbe que je gratte quelques instants avant de répondre : Elles sont en moi tapies à l'orée de mon âme et n'attendent que le moment où je perds le contrôle pour frapper rapidement et durement. Je parviens à les repousser mais cela me vide de toute mon énergie. Elles me murmurent : laisse-toi envahir par la noirceur, la nuit est plus forte que la lumière.
Un frisson court le long de mon échine à l'évocation de ce souvenir encore brulant tandis que le prieur observe les environs et ne réponds que plusieurs minutes plus tard : Crois-tu que la noirceur soit puissance. Crois-tu que la nuit soit plus forte que la lumière ? Arès d'Azgeda.
Ma voix est plus affirmée qu'elle ne l'a été durant ses dernières semaines lorsque je réponds : Bien sûr que non votre grâce. Seule notre mère et son émanation lunaire dans notre monde est puissance. La mort est la reine de la nuit et seule son éclat peut la transpercer et la repousser.
Chante le cantique avec moi mon garçon.
La première à traverser une clairière tachetée de soleil. La première à danser au milieu des lames. La première à pousser le cri de guerre et la première à gagner toute la gloire. Mais, la dernière à quitter le champ de bataille, la dernière à verser des larmes et la dernière à tisser la trame.
Une étrange sensation de paix envahit ma poitrine et c'est avec un maigre sourire que je pose de nouveau les yeux sur le prieur Murien. Celui reprend : Parle-moi de tes fautes. Comment cela est-il arrivé ?

La sensation de paix s'estompe aussi vite qu'elle est apparue et mon sourire s'efface brutalement : J'ai tué des surnaturels à Los Angeles alors qu'ils n'étaient ni responsables d'un déséquilibre ni un obstacle à l'accomplissement de la mission ! Je ne me cherche aucune excuse.
Ne te braque pas mon garçon. Cela te mènerait à la colère et tu sais qu'il ne vaut mieux pas que tu goutes à la colère. Ce sujet n'est de toute manière pas important. Ce qui est fait est fait.

J'inspire et expire longuement avant de répondre : Excusez-moi prieur.
Bon, je vais te donner de quoi affronter tes démons Arès. Tu n'es pas un renégat et n'en seras jamais un. Mais, tu vas devoir te montrer brave car la route vers la lumière sera longue et semée d'embuche. Tu vivras encore de nombreuses nuits comme celle-ci j'en ai bien peur.
Il se retourne et saisit son sac posé sur le siège arrière avant d'en sortir une fiole contenant une substance grisâtre. Cette fiole contient un breuvage fait à base de plantes ayant des effets réparateurs sur notre espèce. Elle t'aidera à lutter contre la souffrance. Ce sac en contient une douzaine. Tu ne dois en boire qu'avec parcimonie et en très petite quantité car je ne te cacherais pas que ce breuvage est rare car les plantes servant à son élaboration se sont raréfiées depuis plus d'un siècle.

Merci votre grâce. J'ignorais qu'un tel remède existait mais je vous remercie de me l'accorder. J'essaierais de m'en montrer digne.
L'ordre a ses secrets mon garçon. Ce n'est pas tout ça c'était la partie positive. Que sais-tu de la lux illa ?
Je sais que c'est un chemin de pénitence propre à notre espèce assez similaire à celui des catholiques.
Exactement soleil noir d'Azgeda. Les instruments dans ce sac ne sont pas des instruments ordinaires, ils sont faits dans un métal qui n'existe plus. Un métal qui peut nous blesser bien plus longtemps que le métal ordinaire. C'est de l'acier empyréen. Les lames des soldats de l'ordre sont faites à partir de cet acier. Car, c'est le seul à pouvoir tuer un gardien. Ne t'en fais pas la quantité d'acier pur dans ces instruments est trop faible pour te tuer mais pas pour te blesser. Tout n'est que dualité. Chaque chose a son opposé et c'est ainsi que l'équilibre est respecté. La souffrance qui va t'être retirée grâce au remède doit avoir une contrepartie. Et il faut que tu acceptes cette souffrance-là. Comme la volonté de te racheter. C'est seulement ainsi que tu attendras de nouveau la symbiose.


J'hoche la tête en comprenant les implications des paroles du prieur. Il semblerait que je ne risque pas de sortir de la spirale du malheur de sitôt. Tant mieux, je ne le mérite pas. Gabriel Murien retire un gant et pose sa main sur mon front en me disant : Va mon garçon. Retrouve ton chemin dans la lumière.
Je baise sa main une nouvelle fois et le prieur m'adresse un sourire triste avant de quitter le véhicule et de s'en aller à pied d'un pas rapide. Je m'étonne qu'il n'ait pas de voiture mais la puissance d'un prieur est surement suffisante pour se farcir des centaines de kilomètres à pieds sans même en ressentir les effets. Je jette un coup d'œil au contenu du sac et le referme avant de le poser derrière moi sur le siège arrière. Puis, je démarre tranquillement et retourne à Beacon Hills, l'esprit quelque peu apaisé.






Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arès Kye Coleman

avatar


Humeur : Martiale
Messages : 810
Points : 766
Réputation : 79
Date d'inscription : 09/03/2016
Localisation : Là ou la paix n'est qu'illusion. Beacon Hills, California

MessageSujet: Re: Brave men didn't kill dragons. The brave men rode them.[solo]   Mar 24 Mai - 15:20







Consequencies be damned


Le jour vient tout juste de se lever et j'ai réussi à dormir toute une nuit. Le breuvage contenu dans les fioles de l'ordre m'a fait énormément de bien et je dois reconnaitre que je me sens bien mieux qu'avant. Tout n'est pas rose pour autant et je sais qu'il va encore y avoir d'autres crises et rechutes avant que je ne parvienne à être de nouveau entier et pleinement pacifié. Mais, cette éclaircie dans un quotidien brumeux et compliqué est un havre de paix au milieu d'une tempête déchainée. Un léger sourire étire mes lèvres lorsque je m'étire longuement pour savourer cette paix relative. Mais bien vite un assaut interne me ramène sur terre et une barrière de pureté se dresse au même moment. La noirceur s'écrase sur le rempart et repart se cacher dans les tréfonds de mon être. Mon sourire disparait dans la foulée et la souffrance revient à la charge. Le répit aura été de bien courte durée. Mais, je m'y suis fait peu à peu. Les moments de grâce sont liés à la prise de mon remède. C'est pour cela que je les ai organisés de manière méthodique. Je n'en ingère qu'une quantité infime bien conscient des paroles du prieur quant à sa rareté. Je dois lutter contre la tentation de les engloutir les unes après les autres lorsque la souffrance reprend ses droits et me plonge dans une chape de désespoir. Mais, je me domine tout comme je domine les émotions négatives menaçant de favoriser la noirceur qui ne quittera surement jamais mon âme. Je descends jusqu'à la cuisine et me prépare à manger sans me presser. J'avale les céréales et les viennoiseries en quelques minutes avant de me préparer du café. Je prends le temps de savourer le breuvage fumant avant de fourrer le tout dans le lave-vaisselle et de remonter tranquillement dans ma chambre. Je ne suis pas pressé au sujet de ce qui va suivre. Mais, je n'ai pas le choix. Une fois dans ma chambre je prends le sac dans l'armoire et le pose avant d'aller fermer les volets et d'allumer des bougies que je dépose en cercle au milieu de la pièce.

Puis, je sors le contenu du sac et le dépose devant moi dans le cercle. Je pense que je n'ai nul besoin de faire une description de ces objets pouvant s'apparenter à du matériel de torture. Je saisis un couteau à la lame dentelé de couleur ambre fait dans un métal aujourd'hui disparu car nocif à mon espèce et m'agenouille au milieu du cercle. Puis, j'enfonce la lame dans la peau de mon torse et y trace un sillon sanglant. La douleur est fulgurante et intense et des cris de douleur s'échappe de mes lèvres. Je souffle tandis que le sang s'écoule lentement de mon corps et me concentre sur cette douleur. Cette douleur que j'ai infligé aux êtres surnaturels ayant perdu la vie de mes mains à Los Angeles. Je ferme les yeux et récite tout en continuant de laisser la lame se frayer un chemin sinueux et pourpre dans ma chair : Les ténèbres ne peuvent pas mener hors des ténèbres. Seule la lumière le peut. La lame se fraie maintenant un chemin sur mes jambes après avoir labourée mon torse sanguinolent. Je réprime un cri de douleur bestial-le tigre ressent ces blessures comme si elles étaient siennes-et pose la lame devant moi. Puis, je saisis des lanières de cuir un peu particulière et entreprends de porter la douleur à mon dos qui se retrouve bien vite dévasté sous les coups : La première à traverser une clairière tachetée de soleil. La première à danser au milieu des lames. La première à pousser le cri de guerre et la première à gagner toute la gloire. Mais, la dernière à quitter le champ de bataille, la dernière à verser des larmes et la dernière à tisser la trame.

La douleur devient insupportable mais je continue pourtant de m'acharner alors mêmes que des larmes de douleur s'écoule de mes yeux fermés. Je ne suis plus qu'un temple de souffrance rougeoyant. Le sang s'écoule de mes plaies comme la rosée du matin. Le gardien prend alors le contrôle de mon corps et les lanières tombent sur le sol.
Assez ! Le but de ce chemin de pénitence n'est pas de te tuer.

Je ne suis que le spectateur de ce qui suit. Les bougies sont soufflées, le matériel nettoyé du sang et rangé dans le sac qui est à son tour rangé dans la grande armoire murale. Les bougies sont déposées dans un tiroir et mon corps est bien vite bandé avec des centimètres de bandage blanc qui deviennent bien vite rouge. La régénération est en cours mais ce métal la rend deux fois plus longue. Soudain, la sonnette de l'entrée sonne et le gardien me rend le contrôle. J'enfile un tee shift longue manche et un jogging avant de me dire que si quelqu'un vient dans ma chambre et découvre le tapis couvert de sang je vais passer pour un grand malade bon à enfermer. Je ferme la porte et descends aussi vite que possible autrement dit assez lentement vu mon état. J'ouvre la porte très lentement peu désireuse de découvrir la personne pouvant avoir la merveilleuse idée de me déranger dans un moment pareil. Mais, lorsque je reconnais le visage délicat de ma créatrice. Les cheveux bruns tressés, les yeux verts et la fine bouche d'Azalea j'ouvre la porte en grand et celle-ci se précipite sur moi. Ses bras enserrent mon corps tandis que je passe un seul bras-le moins amoché par ce qui a eu lieu un peu plus tôt-autour de sa taille et la soulève légèrement du sol. Ses bras semblent vouloir rester accroché à mon corps pour ne jamais s'en décoller. Son expression est à la fois inquiétude, soulagement et joie mais la mienne est irradiante de bonheur. Azalea celle par qui tout a commencé, une part de ma propre âme à mes yeux.

Nous restons l'un accroché à l'autre durant un bon moment. Plusieurs minutes qui me paraissent être bien trop rapides défilent sous nos yeux. Je voudrais graver ce moment dans ma mémoire à jamais. Combien de jours ? Combien de semaines depuis la dernière fois ? Combien de mois ? Je n'en sais trop rien. Tout ce dont je suis sûr c'est que cela ne fait que bien trop longtemps. Je suis pourtant contraint de desserrer l'étreinte si agréable lorsque la douleur de mes plaies encore ouvertes se manifestent. Le visage de ma créatrice se ferme immédiatement et ses sourcils esquissent ce mouvement si familier lorsque cette dernière est préoccupée. Elle ferme la porte et se dirige vers ma chambre guidée par ses sens de lionne. Je pousse un soupir exaspéré car je sais parfaitement ce qui m'attends. Une fois dans la chambre elle pose son sac sur mon lit encore défait et s'approche du tapis imbibé de sang. Je m'approche d'elle et lui dis : Ce n'est rien Aza.
Le visage de l'héritière d'Azgeda se tourne brusquement vers le mien et me foudroie du regard : Le but de la lux Ila n'est pas de se tuer Arès ! Tu tiens à peine debout. Je t'interdis de te faire du mal de la sorte.

C'est pourtant le but de la pénitence à travers la souffrance.
Certes, mais nul n'est jamais mort de sa pénitence. Regarde-toi tes blessures sont si graves que le sang s'écoule de tes vêtements !
Je mérite tout cela que tu le veuilles ou non.

Bam, la main de la lionne d'Azgeda s'écrase contre ma joue qui se met à bruler. Ça pour une claque c'est une sacrée claque. Je trouve tout de même la force de lui lancer un sourire arrogant et de prendre une expression synonyme de :  Bon sang Aza, je n'avais jamais remarqué que tu frappes comme une fillette. Cette fois, je vois la deuxième claque partir mais ne fais rien ni pour l'éviter ni pour l'arrêter. Des larmes se mettent à glisser hors des yeux de l'héritière et c'est d'une voix éraillée qu'elle me répond : Ne dis plus jamais ça !

Je m'en veux d'avoir fait pleurer l'une des personnes les plus importantes de mon univers et aussitôt mon cœur se serre alors je laisse mon regard dériver dans la chambre tel un coupable n'ayant pas le courage d'affronter la justice. Lorsque la voix mélodieuse d'Azalea s'élève de nouveau dans la pièce quelques minutes plus tard, celle-ci est forte et assurée comme elle a l'habitude de l'être en temps normal. Je lève les yeux vers le visage de la future meneuse qui est déterminée et décidée. Un sourire en coin étire les fines lèvres que je connais si bien : Déshabille-toi.
Les vieux réflexes ont la dent dure et c'est avec un sourire goguenard que je réponds avant de m'exécuter : Je ne suis pas sûr d'être en état héritière. Un sourire similaire au mien se dessine sur le visage d'Azalea et elle reprend : Allongez-vous soldat.

Je m'allonge donc nu comme un ver sur mon lit dont les draps ne tardent pas à être imbibés de mon sang passant à travers les bandages. Je tourne la tête vers ma créatrice et l'observe enlever sa veste en cuir et vider le contenu de son sac à côté de moi. Des fioles contenant ce qui me semble être de l'huile de massage. Cette dernière enlève mes bandages et pose sa main au creux de mes reins avant d'aspirer ma douleur par vague comme l'avait fait Irène d'une façon bien plus surprenante. Je sens la douleur quitter peu à peu mes muscles et mes blessures se refermer lentement mais surement. Au bout de quelques minutes, la respiration d'Azalea se fait plus saccadée et je me retourne inquiet pour son état mais elle me replace sur le ventre. Elle vide l'huile sur mon dos et commence à me masser doucement avec affection et délicatesse, mon dos est caressé, malaxé et délivré de la souffrance qu'il venait d'enduré. Le massage est si agréable que je tombe dans le sommeil sous les assauts des mains expertes de ma créatrice.

Lorsque je me réveille Azaléa est nue et blottie contre moi. Sa tête est posée sur mon torse et elle dessine le contour de mes pectoraux de ses doigts fins et gracieux. Je dépose un baiser sur ses cheveux et entortille ses mèches dans mes doigts. Celle-ci tourne la tête vers moi et esquisse un sourire radieux illuminant son visage. Je lui rends son sourire, pour la première fois depuis la chute je me sens bien-parfaitement bien-j ‘avais presque oublié cette sensation.
J'ai dû répondre à ton téléphone pendant que tu dormais. C'était ton patron, un sicilien il me semble.
Qu'est-ce que tu lui as dit ?
Je l'ai envoyé chier. Qu'est-ce que tu crois. Comme si j'allais te laisser aller travailler dans un état pareil et le seul jour où j'ai pu venir te voir.
Quoi ?! Alors en plus d’être un gardien handicapé. Je vais être un gardien au chômage. Merci Aza c’est exactement ce dont j’avais besoin.
Bah comme ça tu n’auras plus aucune raison de rester dans cette ville.
Et la mission ?
Quelle mission ? Celle d’exploration de mon corps. Tu l’as déjà accompli avec brio.


J'éclate de rire en espérant intérieurement qu'Aza n'y soit pas allée trop brutalement étant donné que je tiens à garder mon job auprès d'Alessandro. Or, ma récente situation a eu un impact bien réel sur mes capacités alors je ne voudrais pas que mon boss se fasse des idées stupides. Azalea se rapproche de moi et m'embrasse fougueusement avant de s'installer à califourchon sur mon corps. Je ne peux réprimer une légère grimace en sentant son poids sur mes blessures en train de cicatriser et celle-ci s'écarte avant de lâcher un : Oups !
Elle s'assoit sur le bord du lit et me lance : Tu sais ce qu'il te faudrait ? Une bonne vadrouille à moto. Allez Arès remue toi les fesses avant que je ne les croque.

Je grommelle quelque chose au sujet de la chiantise féminine avant de me manger un oreiller en pleine tronche et de pousser un cri d'indignation n'ayant que pour effet de déclencher l’hilarité de la jeune femme. Je me lève et me dirige vers la salle de bain dans laquelle je prends une douche glacée avant d'être rejoins par Azalea. Une fois cela fait, je m'habille rapidement en même temps que la lionne d'Azgeda. Puis, nous quittons le loft et j'enfile mon casque avant que ma créatrice n'enfile le sien et n'enfourche la moto. Je m'installe derrière elle sur la puissante cylindrée et passe mes mains autour de sa taille. J'ai envie de rire en me disant que pour la première fois depuis longtemps les rôles étaient inversés et que d'habitude je conduisais et elle posait la tête sur mon épaule durant le trajet. La moto démarre en vrombissant et je pose la tête sur l'épaule de la jeune femme qui rigole doucement avant de prendre de la vitesse. Nous roulons à vive allure toute la journée. Les seules pauses sont celles dues au besoin d'essence. Lorsqu'elle me ramène chez moi il fait déjà nuit. Je descends de la moto, retire mon casque et embrasse l'héritière sur les lèvres avant de lui dire : Une seule journée avec toi m'a fait plus de bien que tous les remèdes. Je n'aurais jamais dû quitter Azgeda.

Azalea me caresse la joue et répond : Tu te trompes. C'est ce que tu es Arès un oiseau épris de liberté. La liberté a ses risques mais elle t'est nécessaire quoi que tu penses. Je t'aime trop pour t'empêcher de voler. Elle m'embrasse langoureusement avant de remettre son casque et de me dire : Ton procès approche élu. Ne t’inquiète pas ce n'est qu'une simple formalité. Au revoir Arès. Nous nous reverrons bientôt. Je la regarde démarrer puis filer à toute allure à travers l'avenue et finalement disparaitre à l'horizon. Mon cœur se serre dans ma poitrine à l'idée de ressentir de nouveau ce vide qui avait été comblé durant l'espace d'une petite journée. Je fais demi-tour pour rentrer au loft mais quelque chose me retient sur place. Quelque chose qui se brise en moi. Et cela n’est pas douloureux bien au contraire car c’était un pan de ma forteresse intérieure celle qui a fait de moi un joueur de poker avec la gente féminine. Je sais désormais et le plus étrange c’est que j’ai l’impression de l’avoir toujours su au plus profond de moi. J’ouvre la connexion psychique m’unissant à Azalea et lui dis : Non Aza, c’est toi qui te trompes. La liberté n’est rien et a un gout amer sans toi. Je préfère être un oiseau en cage si tu es dans cette cage avec moi plutôt que d’être un aigle planant haut dans le ciel.
Oh tigrou. Est-ce que tu es en train de dire ce que je crois que tu es en train de dire ?
Oui, Aza. Tu es la seule qui compte à mes yeux. La seule qui me comprenne. J’ai besoin de toi.
Non, c’est moi qui ai besoin de toi et depuis plus longtemps que tu ne le penses.


Le vrombissement de la moto emplit la ruelle et le crissement des pneus sur le bitume est une torture auditive mais malgré cela un grand sourire étire mes lèvres. Le casque de l’héritière pend mollement au guidon de la Suzuki tandis que la lionne se dirige vers moi en courant. Je l’accueille dans mes bras pour la deuxième fois de la journée et ne la lâche pas cette fois. Mes lèvres se portent dans son cou et j’hume longuement son effluve délicate, mélange de parfums sauvages et floraux. Vespéral éclat de sensualité et promesse de tendresse immodérée. Je relève la tête tandis que la gardienne décolle la sienne de mon épaule et nos regards se croisent. Nos yeux ne se lâchent pas et les minutes défilent. Finalement, la voix d’Azalea brise le silence et elle me dit dans un éclat de rire : On devrait peut-être rentrer avant que cela ne devienne tu sais. Explosif.
 
J’éclate de rire, hoche la tête et dépose un baiser sur ces lèvres délicates que je connais si bien mais ai pourtant l’impression de gouter pour la première fois. Puis, je rentre au loft avec Azalea toujours fermement accrochée à mon cou. La suite est une succession de délices et au moment où le plaisir suprême est atteint tandis que mes mains sont posées sur les hanches de ma créatrice et que nos lèvres se fondent l’une dans l’autre, je mets enfin des mots très simples sur ce que je ressens. Je t’aime lui dis-je dans un souffle. Je t’aime aussi élu me répond-elle dans la foulée un grand sourire sur les lèvres. Je t’ai toujours aimé.

Je me laisse tomber sur le côté et passe un bras protecteur autour de ma belle tandis que celle-ci pose sa tête sur mon torse et s’endort quelques instants plus tard. La douleur reflue de mon être comme si elle en était chassée de manière naturelle et mystérieuse. Pour la première fois depuis le drame de Los Angeles, je me sens parfaitement et complètement bien. Mes yeux s’écarquillent et j’interroge le gardien en moi sur ce phénomène. Idrisiel me répond que j’ai trouvé le meilleur remède contre la douleur et la souffrance causée par la chute. Les ténèbres ne peuvent rien face à la lumière causée par l’amour le plus pur et le plus sincère qui soit et je venais de le trouver ou plutôt de me rendre compte que je l’avais trouvé il y a bien longtemps. Mais, cet état n’est que temporaire et si ma guérison est possible et vraisemblablement en bonne voie, je resterais néanmoins à jamais marqué par la chute. Mes doigts caressent les cheveux de la femme que j’aime tandis que je l’observe dormir paisiblement. Je tombe finalement dans le sommeil à mon tour quelques instants plus tard.    




Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arès Kye Coleman

avatar


Humeur : Martiale
Messages : 810
Points : 766
Réputation : 79
Date d'inscription : 09/03/2016
Localisation : Là ou la paix n'est qu'illusion. Beacon Hills, California

MessageSujet: Re: Brave men didn't kill dragons. The brave men rode them.[solo]   Mar 31 Mai - 22:30







Le procès



Le procès du jeune élu d’Azgeda ayant connu les affres de la chute dans les ruelles sombres de la mégalopole de Los Angeles va se dérouler dans quelques heures et je ne peux m’empêcher de ressentir un léger pincement au cœur à cette idée. La chute est le cauchemar le plus sanglant de notre espèce. Celui qu’aucun de nous ne veut vivre. La souffrance d’une telle épreuve est incommensurable et certains des nôtres n’y survivent tout simplement pas ou deviennent complètement fous ne nous laissant pas d’autre choix que de les abattre pour éviter de devoir gérer des bêtes sauvages. Du moins, lorsque les chutes sont involontaires. Dans le cas contraire, il s’agit de gardiens ayant choisi de basculer dans les méandres de la noirceur la plus abjecte qui soit pour servir leurs intérêts personnels. Ceux-là ne doivent connaitre qu’un seul sort, la mort la plus brutale envisageable et la malédiction de l’ordre. Mais, ce n’est bien évidemment pas le cas d’Arès, le soleil noir d’Azgeda. Et, cela je ne le sais malheureusement que trop bien. Le jeune gardien que j’avais baptisé il y a plusieurs années de cela ne méritait pas de vivre ce cauchemar. Et pourtant, certaines choses devaient être faites et c’étaient souvent ces dernières qui avaient le cout le plus élevé. L’aube est en train de se lever à travers les fenêtres de la demeure royale. Je repousse la couverture qui me recouvre et m’éloigne délicatement de la reine. Charlène mon épouse a toujours eu le sommeil léger alors je ne voudrais pas lui faire quitter les bras de Morphée par un geste trop brutal. Je caresse la joue de ma femme avant de sortir du lit à baldaquin et d’enfiler le premier pantalon que mes mains trouvent. Je saisis une veste longue et la passe sur mes épaules avant de me diriger vers le balcon que je ferme derrière moi. Le blason royal flotte au-dessus du palais de grès et de marbre situé en plein cœur du territoire américain. Les merveilles de la propriété privée dans un pays qui en a fait une règle aussi sacrée qu’absolue permet à mon espèce de ne pas avoir à se soucier de détails aussi futiles que modernes. J’imagine que les gens pensent que tous ces hectares de terre appartiennent à un riche propriétaire ou un magnat ayant fait fortune d’une manière qui importe peu. La vérité est que la famille royale ou plutôt les familles royales car il y en a une par continent-sauf au moyen orient ou notre espèce s’est éteinte d’elle-même il y a quelques siècles de cela-ont toujours su trouver les ressources nécessaires pour entretenir un tel faste. La richesse ne signifie rien pour nous au demeurant mais elle a toujours eu certains avantages non négligeables tels que la capacité à obtenir l’oubli et la discrétion. Je pose les coudes sur le balcon et contemple le domaine s’étendant à perte de vue devant moi. J’adresse un petit signe de la main à Damian le membre de la garde en faction dans mon champ de vision. Ce dernier incline respectueusement la tête avant de reporter de nouveau son regard sur les environs. Je laisse mon regard dériver à l’horizon tandis qu’un filet de vent caresse la peau de mon torse.


Le cheval hennit lorsque ma main caresse son encolure. Je saisis la brosse posée sur l’étagère accrochée au mur de l’écurie et entreprends de brosser la crinière de l’étalon à la robe blanche comme les nuages de cette journée si particulière. Le procès d’Arès a lieu aujourd’hui et le domaine est sur le qui-vive. Il faut dire que les évènements officiels sont des moments marquant l’histoire de notre espèce. Nous ne nous contentons pas d’écrire l’histoire, nous la vivons. Je me remémore ma dernière rencontre avec le gardien d’Azgeda quelque part dans les abords de la petite ville dans laquelle il s’était installé. Arès était littéralement dévasté et ne désirait qu’une seule chose. Une chose qui ne devait pas lui être accordé car sa chute était à mes yeux un incident aussi regrettable que tragique qui ne pouvait être de son fait. L’élu avait vécu durant une année entière ici à la cour sur invitation de mon père. Je le connaissais suffisamment bien pour savoir qu’il n’aurait jamais trahi notre idéal, renié les raisons de notre existence. Il n’aurait jamais craché sur les traditions et les règles de notre espèce sans raison. Car, c’est quelqu’un de dévoué envers son espèce qu’il aime et respecte profondément. J’ai eu tout le temps de l’analyser lors de son séjour ici. Et, il ne s’est pas privé d’en faire de même avec moi. C’était d’ailleurs notre petit jeu favori, tenter de nous déchiffrer complètement l’un l’autre. Je me rappelle d’un jeune homme de mon âge serviable et ouvert qui n’hésitait pas à faire le clown pour faire rire mes frères et sœurs plus jeunes. Non, j’ai beau tenté de chercher par tous les moyens des motivations condamnables à ce gardien. Je n’en trouve aucune pourtant la loi est la loi et la tradition doit être respectée. Je termine ma besogne apaisante d’un ultime coup de brosse. Et quitte le box lorsque la voix de Milos, le membre de la garde royale avec lequel j’ai l’habitude de chevaucher les prairies du domaine m’interpelle. Celui-ci s’incline respectueusement et m’aide à monter sur Astral tandis qu’il enfourche un alezan fougueux appelé Danseur. Je m’élance au galop le garde sur les talons.


La garde s’aligne en tenue traditionnelle en deux files parfaitement parallèles le long du couloir menant à la salle de jugement. En tant que vétéran de la garde royale, je suis le plus proche de l’entrée tout comme Asgard face à moi. Mon regard se fixe sur le mur opposé et ne le lâche pas. Les membres du tribunal ne vont pas tarder à arriver. Puis ce sera le tour de la défense et de l’accusé. L’accusé. Arès Coleman un jeune gardien qui a été transformé il y a dix ans par l’héritière d’Azgeda. Je connais bien le gamin pour l’avoir entrainé durant son séjour au domaine royal. Je l’ai pris sous mon aile à sa propre demande. Il a gagné notre respect en refusant de vivre à la cour comme un invité tel que le veut l’usage. Non, cet élu a choisi de partager la vie de la garde durant son séjour. Oh, bien sûr il avait bien plus de liberté que nous et n’a pas passé toute cette année à s’entrainer et à effectuer des tours de garde ou des patrouilles mais il avait préféré partager le quotidien des simples soldats que nous sommes. Certes, d’élite mais soldats tout de même plutôt que de profiter de l’opulence royale qui lui était offerte gracieusement. Le gamin était respectueux, travailleur acharné, perfectionniste, curieux, amical et agréable à vivre. Il ne se plaignait pas durant les entrainements malgré le fait qu’il mangeait systématiquement la poussière. J’ai bien vite compris que sa différence venait du fait que sa vie humaine devait avoir été bien sombre et difficile. La transformation d’élu est un exercice bien délicat. Tout d’abord parce que le taux de réussite est ridiculement faible et ensuite parce que le choix de la personne doit être réfléchi. Tout le monde n’est pas apte à devenir ce que nous sommes. Tout le monde n’est pas apte à côtoyer et servir la déesse. Arès était né pour faire cela à mon humble avis. Aussi la nouvelle de sa chute m’avait profondément surpris. Nous avait tous profondément surpris. Mais, la loi était la loi et si elle était transgressée. La seule conséquence possible était de faire face à la justice et d’en assumer les conséquences. Aucun traitement de faveur ne devait être fait. Le soleil noir d’Azgeda pouvait avoir notre amitié, notre respect. Il ne faisait nullement exception. Et, si je devais être celui qui l’abattrais, je le ferais parce que c’est mon devoir. Le roi remonte le couloir au côté du guide de l’ordre et de l’un des trois prieurs. Mon regard n’a pas bougé et est resté fixer sur Asgard. C’est au tour de la défense de traverser l’espace menant à la salle la plus redoutée des nôtres. Asmodée, chef du clan Azgeda se trouve à la tête du petit groupe composé de ses deux enfants, Azalea et Roan. L’accusé, Arès ferme la marche. Ses traits sont impassibles et son visage est un bloc de glace. Les quatre gardiens pénètrent dans la vaste salle et nous fermons les doubles portes derrière eux. Avant de nous placer devant comme le veut la coutume.


La vaste pièce se trouvant dans les tréfonds de la demeure royale est éclairée par des flambeaux disposés à travers les lieux de manière purement symbolique. Je regarde cette pièce que tous les gardiens à la fumée connaissent et espèrent ne jamais pénétrer car synonyme de jugements et de châtiments. Mes yeux se posent sur les trois hommes siégeant dans les fauteuils sur l’estrade. Le roi Aslan Kane, le guide de l’ordre Milton Wood et l’un des trois prieurs Gabriel Murrien. C’était d’ailleurs ce dernier qui avait pris en charge Arès l’un des jeunes élus de mon clan à l’issue de sa chute. Je n’avais revu Arès pour la première fois depuis son départ provisoire du clan qu’il y a quelques jours et avais été soulagé de constater qu’il allait bien. Bien mieux que ce à quoi je m’étais attendu. Il fallait dire que la fameuse médecine secrète de l’ordre et les retrouvailles avec ma fille avaient fait des merveilles sur le petit que je considérais comme un fils adoptif depuis sa transformation dans sa ville de naissance il y a maintenant dix ans de cela. Je me tourne vers Azalea qui arbore une expression bien plus tendue que celle du principal concerné et lui adresse un petit sourire réconfortant. Ma fille retrouve une expression plus digne bien plus adaptée aux circonstances. Je comprends parfaitement sa tension puisque l’élu va avoir une énorme surprise à l’issue de son procès. Une surprise pouvant déplaire à certains ce qui n’est absolument pas mon cas. Pour l’heure le destin d’Arès était entre les mains du triumvirat de ce continent. Je m’incline devant les trois hommes et le reste de mon clan présent fait de même. Puis, je vais m’assoir sur l’un des bancs. Roan et Azalea s’assoient à côté de moi. Tandis qu’Arès reste debout à quelques pas de l’estrade. Je ne suis absolument pas objective dans le cas présent. D’un côté, je devrais me montrer impartiale et objective puisqu’en tant que chef de clan je suis responsable du comportement des gardiens sous mes ordres et que le jeune gardien avait chuté à cause de mon laxisme à son égard. Je me montrais bien souvent trop sentimentale envers Arès et Trey nos deux élus. Arès était quelqu’un d’indépendant et attaché à sa famille humaine. Ce qui n’était pas commun dans les rangs de notre espèce. Si, je m’étais montré plus ferme et avais endossé le rôle de commandante plutôt que celui de mère adoptive nous ne serions certainement pas ici aujourd’hui. Mais, d’un autre coté je suis persuadé que sa chute ne peut pas être volontaire et lui assure toute ma confiance. En même temps, si je ne le faisais pas cela reviendrait à reconnaitre les tords d’Azgeda et cela n’arrivera pas. Mes yeux se posent sur Arès tandis que les trois juges l’interrogent sur les circonstances de l’évènement tragique. La défense n’est là que pour témoigner du respect de la procédure. Nous ne pouvons rien faire d’autre que regarder. Simples spectateurs d’une pièce à l’issue attendue.


Je me cale plus confortablement dans mon fauteuil jouxtant celui du roi et écoute les propos de l’accusé d’Azgeda. L’innocence de l’élu semble bien réelle et résonner dans ses paroles pleines d’éloquence. La douleur qu’il exprime en décrivant chaque instant de sa vie depuis la chute est presque palpable tant l’émotion émane de sa bouche. Le jeune gardien ne cache rien et livre tout à la petite assemblée présente en ces lieux. Son discours est vibrant de sincérité et ce dernier se tient dans une posture droite et fière au pied de l’estrade. Je garde une expression impassible en jouant mon rôle de juge. Un air sévère se peint sur mon visage une fois de temps en temps pour intimider et effrayer le jeune gardien mais tout cela n’est que pour le spectacle et donner le change. Certaines choses ne pouvaient être évitées et donc par la même dissimulées aux yeux de tous tels que les secrets de mon ordre. Parce que laisser le gamin devenir fou ou basculer du mauvais côté ne faisait pas partie du projet initial. Croyez-vous vraiment que nous gaspillerons une belle quantité de remède simplement par sentimentalisme envers l’un des membres de notre espèce. Un jeune gardien à l’expérience relativement faible qui plus est. Non, chaque action a une cause et une conséquence bien précise. Transformer un élu peut couter un certain nombre de vies humaines vu la faiblesse du taux de réussite mais c’est faisable. Cqfd le jeune Coleman est aisément remplaçable d’un point de vue purement numérique. Non, si nous avons choisi ce gardien plutôt qu’un autre c’est parce qu’il était le seul de nos gardiens à répondre à nos critères. Le projet est presque achevé et ce procès n’est qu’une mascarade qu’il faut pourtant respecter pour ne pas soulever une vague de questionnement et de suspicion. Je tourne la tête et croise le regard de l’un des trois prieurs Gabriel. C’est à lui qu’avait été confié la tâche de guérir notre petit protégé. A lui parce qu’il était dans la confidence. D’ailleurs, les trois seules personnes au courant se trouvaient dans cette pièce. Gabriel m’adresse un léger signe de tête. Il sait qu’il va devoir intervenir dans les instants à venir. Le gardien s’était confessé au prieur sans savoir que ce qu’il dirait pourrait être utilisé contre lui. En même temps, la souffrance dû à la chute ne doit pas faciliter la lucidité. Le roi adresse quelques mots à Arès et ce dernier acquiesce solennellement tandis que des bruits de soulagement se font entendre sur le banc de la défense. L’attachement du clan à cet élu est beau à voir mais n’est pas digne d’une telle cérémonie alors je rappelle les dirigeants du clan de la main noire à l’ordre.


Je plante mon regard dans celui de l’immaculé dont la charge m’avait été confié et cherche à l’analyser de mon siège. Puis, je consulte Aslan et Milton du regard afin d’être sûr que ce qui va suivre est bien nécessaire. La partie de la tentative de suicide a été éludée durant cette entrevue. Je la mets sur le tapis et focalise l’attention d’Arès dessus. Son visage se décompose car il sait pertinemment que le suicide est réprouvé par notre espèce car considéré comme honteux. C’est un coup vicieux car n’importe quel gardien pourrait avoir des pensées suicidaires à l’issue de la chute. Et que préférer la mort au passage du côté obscur de notre nature est bien plus honorable que s’accrocher à la vie par lâcheté. Mais, ce qui doit être fait doit l’être. Arès bredouille jusqu’à ce que le roi lui ordonne de reprendre contenance. Ce qu’il fait avant d’expliquer et de décrire les causes, les motivations, les circonstances de cette tentative de trouver la mort de sa propre main. Il confesse que c’est une mort indigne d’un gardien à la fumée mais argue que si nous savions quelque chose de la douleur liée à la chute, nous ne le condamnerions pas pour ce choix. Je suis pourtant contraint de requérir une sentence à son encontre. S’il veut laver son honneur il devra abattre le responsable de sa chute ou du moins le responsable direct. L’élu d’Azgeda écarquille les yeux de surprise. Était-il conscient que ce procès n’en fût pas réellement un ? Non, c’est impossible. J’imagine que ce sont les membres de son clan qui l’ont réconforté en lui disant que le tribunal se montrerait forcément clément.


Le procès se termine finalement sur un retournement de situation. Arès est innocenté mais devra tout de même subir une autre épreuve pour laver son honneur et par conséquent le nôtre, celui d’Azgeda puisque les deux sont liés. Je trouve l’attitude du prieur dégueulasse. Certes, le suicide est proscrit dans nos rangs mais si mon ami y a ne serait-ce que penser, c’est qu’il devait être réellement désespéré. Je connais Arès depuis dix ans maintenant et je sais que ce gars est courageux, loyal et doté d’un mental d’acier. C’est un guerrier un vrai alors si un mec pareil a pu penser à s’ôter la vie c’est que la chute est véritablement un enfer physique et moral. Parce que pour briser un gardien comme lui, il faut y aller sur la souffrance. Je m’incline en même temps que le reste du clan devant les trois grâces que je renommerais bien les trois garces pour l’occasion et emboite le pas à Asmodée. Arès ferme la marche derrière ma sœur. Ma mère a l’air tendue sous son masque souriant et je la connais assez bien pour savoir qu’elle est furieuse. Normalement, les jugements se doivent d’être clairs. Soit, il y a condamnation soit il n’y en a pas. Mais, il n’y a jamais de demi discours ou d’entre deux. Nous quittons la sombre pièce et traversons le couloir d’un pas rapide. Une fois à l’air libre, je serre Arès dans mes bras et lui dis de ne pas s’en faire, que toute cette merde serait bientôt terminée et je lui chuchote qu’il va devoir faire face à un autre type d’emmerde dans les minutes qui viennent. Ma mère retrouve un sourire sincère et serre le gardien dans ses bras en le regardant d’un air tout à fait maternel. Arès se tourne vers moi et m’interroge du regard mais je me contente d’éclater de rire. Je ne peux pas t’aider sur ce coup-là mon frère. Je ris de plus belle en me disant que bientôt il faudrait ajouter un autre mot devant ce dernier. Azalea me balance une calotte derrière la tête et je fais mine d’être outré tandis qu’elle saisit la main d’Arès et l’entraine dans les bois du domaine.


Mes doigts enserrent ceux d’Arès tandis que je l’entraine à ma suite vers l’un des lieux ayant marqué notre histoire commune il y a quelques années de cela. Je ne dis rien parce que j’appréhende la suite des évènements. Et, je bouillonne de l’intérieur parce que cela ne me ressemble absolument pas d’appréhender quoi que ce soit. Je ne suis pas une lionne seulement sous ma forme animale. C’est ce que je suis. J’ai peur pour la première fois de ma vie mais je suis également excitée. Je suis aussi en colère au sujet de sa tentative de suicide. S’il ne s’était pas éloigné de moi, il n’aurait jamais pu entretenir de telles pensées. Qu’est ce qu’il peut être borné par sa foutue fierté de male parfois. Non, reconnaitre que l’on a besoin de quelqu’un pour le soutenir n’est pas rabaissant tigrou bien au contraire. Je me retiens de me retourner et de lui en coller une là tout de suite. Il a essayé de s’ôter la vie ! Je l’aurais traqué jusque Adans l’autre monde pour lui botter le cul à ce con. Comment est-ce qu’il a pu me faire cela ? Mais lorsque je me retourne pour le regarder son visage m’apaise. Ses traits sont soucieux et son visage fermé et je n’ai qu’une seule envie, faire disparaitre cette expression anxieuse de son visage que j’adore caresser. Il ne dit rien non plus et semble perdu dans ses pensées. Je me prépare mentalement à ce qui va suivre car je suis complètement perdue. Mais, je suis néanmoins sûre de certaines choses et cela me réconforte. Nous atteignons enfin le bosquet dans lequel nous avions effectué quelques galipettes lors d’un rassemblement inter clanique. Je décide de m’assoir sur l’herbe tendre et croise les jambes. Arès s’allonge et pose sa tête sur mes cuisses. Nos regards se croisent et nous sourions comme des imbéciles heureux. Il faut dire qu’il nous en faut peu lorsque nous sommes ensemble. Je caresse les traits de son visage délicatement avant de lever les yeux au ciel lorsque mon tigre impatient me dit que Roan semblait penser que je voulais lui dire quelque chose. Il est né pour me faire chier mon petit frère. Non, mais sérieusement je crois qu’une autre calotte va aller heurter l’arrière de son crane dans les heures qui viennent. Je prends quelques instants pour inspirer et expirer avant de prendre la parole.

Arès, je suis enceinte. Bam direct aucun tact. Tout à fait mon style. Aucune réponse, je reporte mon attention sur lui et le vois bredouiller le mot enceinte en boucle comme s’il cherchait à comprendre quelque chose. Son visage semble être un mélange d’incrédulité, de joie, de surprise, d’inquiétude, de fierté bref un cocktail absolument détonnant. Un grand sourire étire mes lèvres et je dépose un baiser sur ses lèvres avant de dire : Oui, enceinte. Cache ta joie le tigre. Ce dernier se laisse rouler dans l’herbe à côté de moi avant de s’immobiliser. Il n’a pas fait une syncope quand même ? Je m’approche de lui et m’assois. La déception commence à monter en moi et je retiens les larmes qui ne demandent qu’à se déverser le long de mes joues. Mais, Arès s’approche de moi et me serre dans ses bras tout en déposant des baisers sur mon visage. Son sourire est aussi éclatant que le soleil trônant dans le ciel de cette fin de printemps. Il me murmure qu’il est le plus heureux des hommes. Je lui dis d’arrêter de se moquer de moi mais il m’assure qu’il est sincère et que s’il a peur et des doutes c’est uniquement à son sujet. Qu’il ne sait pas s’il fera un bon père. Je saisis son visage entre mes mains et lui interdit de penser cela. Je suis persuadé qu’il sera un excellent père. Je sais d’où viennent ses doutes. Ils viennent de son propre abandon mais ils n’ont pas lieu d’être. Je saisis la main d’Arès et la pose sur mon ventre avant d’esquisser un grand sourire. Ce dernier me rend mon sourire avant de déposer un baiser sur mon ventre. Puis, il se cale contre un arbre et je me cale contre lui. Ses bras m’enserrent dans une étreinte protectrice et un sourire heureux étire mes lèvres pour ne plus les quitter. Peu importe ce que l’avenir nous réserve. Tout ira bien. Nous regardons dans la même direction.




Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arès Kye Coleman

avatar


Humeur : Martiale
Messages : 810
Points : 766
Réputation : 79
Date d'inscription : 09/03/2016
Localisation : Là ou la paix n'est qu'illusion. Beacon Hills, California

MessageSujet: Re: Brave men didn't kill dragons. The brave men rode them.[solo]   Mar 31 Mai - 22:37







Le duel judiciaire


L’aube vient à peine de se lever et teinte le ciel de ses couleurs crépusculaires. Je contemple ce spectacle céleste d’un œil appréciateur car malgré toute la tristesse et l’iniquité de ce bas monde, certaines choses méritent un coup d’œil dénué de mépris. Vous remarquerez qu’il s’agit le plus souvent de choses dépassant la bassesse de l’humanité. Des choses qu’elle ne peut atteindre et ne pourra jamais atteindre et ce en dépit de toutes ses créations meurtrières ou futiles. Certaines choses sont immuables. Elles le furent bien avant notre naissance et le seront bien après notre mort. Et nous ne sommes rien de plus que des êtres imbus de nous-mêmes et néfastes à ce monde mais peut être qu’un jour cela changera et que le véritable équilibre sera rétabli. Peut-être que ce monde ne sera plus souillé et retrouvera le gout perdu de l’harmonie. J’avais trahi l’idéal de mon espèce il y a une douzaine d’années lorsque j’étais parvenu à la conclusion qu’elle se déshonorait d’elle -même en empruntant le chemin de la tradition. Nous sommes en tout point supérieurs à cette humanité destructrice et inutile alors pourquoi protégeons-nous cette dernière en veillant à l’équilibre du monde surnaturel. Le chaos est synonyme de souffrance pour les hommes alors il ne devrait pas être réprouvé mais encouragé et attisé. Le monde des hommes est plein de vices et d’injustices. Ces derniers ne méritent pas le quart de ce qu’ils ont. Quant au monde surnaturel, il est faible et lâche. Pourquoi se cacher et se fondre dans la masse lorsque l’on est suffisamment puissant pour dominer ? Celui-ci ne mérite aucune pitié de notre part. La chute et le statut de renégat sont un plaisir à côté d’une vie de servitude aux services de ces êtres putrides. Je me souviens avoir lu dans un livre de l’ordre dans lequel j’étais autrefois un prieur qu’à une époque reculée, si un homme ôtait la vie d’un gardien à la fumée. Le clan de ce dernier allait dans le village et demandait la livraison de l’homme sans quoi le village était rasé. Voilà, l’ordre naturel des choses. Les hommes s’imaginent être au sommet de la chaine alimentaire parce que les véritables prédateurs n’ont pas plus de courage que des moutons. Le prédateur au sommet à la lourde tâche de préserver un équilibre fragile et délicat entre les ressources car certaines d’entre elles composent le gibier de leur gibier et ainsi de suite dans l’ordre des choses.

La vérité c’est que l’homme est le seul vecteur de chaos de ce monde. Mais qu’attendre d’une espèce qui s’est coupée de la nature de son plein gré. Je savoure le verre de whisky que je porte à mes lèvres. Il n’y rien de meilleur qu’un pur malt au réveil pour bien commencer une journée. Je fais signe à Edmond et Lucien d’aller se reposer. Ils ont veillé toute la nuit pour que je puisse avoir quelques heures de repos. C’est à mon tour de veiller sur ces deux gamins. Je passe le pas de la porte de la bicoque en ruine perdue au milieu des bois et m’installe dans le siège à bascule en écoutant le chant des oiseaux. Je ferme les yeux avant de porter une nouvelle fois le verre à mes lèvres. Le chant des oiseaux cesse et mes yeux s’ouvrent de nouveau. Je laisse mes sens de gardien déchu quadriller le périmètre et découvre la présence d’une douzaine de gardiens de l’ordre. Un léger sourire étire mes lèvres lorsque je sens une aura bien plus puissante que la mienne. Le guide s’est déplacé en personne pour venir me cueillir. On ne peut pas faire confiance à ces pourritures royales. Ils ont l’avantage d’être du bon côté de la barrière. Les vainqueurs écrivent l’histoire. Et, cela importe peu qu’ils soient plus mauvais que les méchants de l’histoire. Puisqu’ils se présenteront en héros. Le mal est relatif il dépend de quel côté est pointé le doigt accusateur. Mais, j’ai eu la naïveté de croire que je pourrais passer un accord avec l’ordre pour obtenir la liberté pour mes deux fils m’ayant suivi dans la voie qu’il qualifie de renégate. Je me lève et rentre calmement dans la maison. Je réveille discrètement les garçons et leur dis de s’équiper. Je prends pour ma part ma lame de mort imprégné d’un poison pouvant foudroyer un gardien en quelques heures. Puis, je sors avec mes deux garçons sur les talons. Nous avançons nos lames au clair.

Les membres de l’ordre émergent de l’ombre des arbres de manière parfaitement synchronisé et nous encerclent. J’échange un coup d’œil avec mon petit frère Edmond et je l’apaise en lui adressant un sourire réconfortant. Nous savions qu’une telle situation pouvait se présenter un jour ou l’autre. Demain ou aujourd’hui quelle importance. Cette vie de souris traquée à chaque instant devait bien prendre fin à un moment ou un autre. Père a eu l’espoir de nous obtenir une immunité mais je lui avais bien dit de ne pas faire confiance à ces ordures. Mais, il vieillit et trouve de moins en moins de sens à cette vie de fuite et de survie. Il voulait simplement que nous retrouvions le droit de vivre sur la terre qui nous avait vu naitre. Il semble que ce rêve soit vain désormais puisque nous allions tous mourir ici. C’est une belle mort au demeurant. Trois contre douze, si nos frères et sœurs renégats apprennent notre histoire. Peut-être qu’ils en feront des chansons. Je suis persuadé qu’Edmond aimerait faire l’objet d’une chanson. L’étau se resserre tandis que les gardiens vêtus de noir se mettent à scander le chant de mort des impurs. Leurs lames dorées étincèlent sous les premiers rayons du soleil. J’éclate de rire alors que ces derniers ne sont plus qu’à quelques pas. Mon petit frère me rejoint dans ma moquerie tandis que Père fait mouliner sa lame de mort massive et puissante comme si elle était aussi légère qu’un cure dent. J’attends stoïquement l’engagement et m’élance dans le sillage de mon père mon frère sur les talons. Mon épée percute celle d’un gardien habile et je m’engage dans un un contre trois tandis que mon frère fait de même de son côté. Le combat est inégal et je suis conscient de n’avoir aucune chance. Je parviens néanmoins à sortir vivant de cet échange. Père a abattu deux gardiens mais Edmond est au sol et se vide de son sang. Je lance mon épée sur le gardien s’apprêtant à l’embrocher mais un autre gardien l’intercepte d’un coup d’épée et j’assiste impuissant à la mise à mort de mon petit frère. Mon cri de rage est bien vite transformé en gémissement de douleur lorsqu’une lame s’enfonce dans mon dos et que je tombe à genoux. J’ai juste le temps de rouler et de lever les yeux vers le ciel matinal avant qu’une lame ne perfore ma gorge.


L’ordre a capturé le renégat responsable de la chute d’Arès ce matin et le duel judicaire a été avancé à cette nuit. Le jeune élu transformé par ma fille il y a exactement dix années de cela avait vécu la pire expérience possible au cours des derniers mois et pourtant il était plus vivant et heureux que jamais. Son union avec ma fille y était certainement pour quelque chose et je devais bien avouer qu’il en était de même pour Azalea. Le mariage à venir ferait surement grincer quelques dents dans les rangs de notre espèce mais je m’en moquais éperdument. Asmodée s’en moquait royalement, Roan également et tout le clan aussi. Les traditions selon lesquelles une héritière ne pouvait s’unir qu’avec un gardien de rang supérieur étaient obsolètes à nos yeux. Azgeda n’était pas le genre de clan à empêcher des personnes de s’aimer en raison d’une différence hiérarchique. Les traditions doivent parfois être oubliées lorsqu’elles n’ont plus lieu d’être. Tout ce qui m’importe est le bonheur de ma fille et si c’est ainsi qu’elle pense le trouver alors parfait. Son enfant s’appellera Alford Coleman. Mais, pour l’heure il y avait bien plus important que la vie sentimentale de ma fille. Arès allait faire face à un gardien déchu infiniment plus puissant que lui. Pour le coup, la tradition allait être respecter puisque l’immaculé se battrait en armure et le renégat également. Bien que celle de Lucian Miller serait surement un assemblage de bric à broc donné par la garde pour l’occasion. La tradition de l’armure remonte à l’époque médiévale. Il n’était pas rare que les gardiens à la fumée se fondent dans la masse grâce aux armures, passant ainsi pour des soldats ou des chevaliers parfaitement ordinaires voire des mercenaires fortunés. Non Azgeda n’est pas originaire du nouveau monde mais du vieux continent. J’aide le gamin pour lequel je m’étais pris d’affection il y a bien longtemps à enfiler le plastron noir avec le signe d’Azgeda gravé en argent au niveau du cœur. Il enfile ensuite ses jambières, ses canons d’avant-bras et d’arrière bras ainsi que ses gantelets. Il refuse le casque et les gantières et un sourire étire mes lèvres. Je comprends pourquoi ma fille l’a choisi et ils m’ont l’air parfaitement assorti. Cette armure appartient à Azgeda depuis mille ans et le gamin a une belle prestance dans cet amas de protection inutile pour les créatures que nous ne sommes mais pas si inutile vu l’adversaire qu’il va devoir affronter ce soir. Je saisis le flambeau planté dans le sol et guide Arès vers la zone du duel.


Assis sur un l’un des fauteuils installés sur une estrade fabriquée pour l’occasion. Je balaie la petite foule du regard. Une foule composée de la garde, de l’intégralité du clan d’Azgeda et d’une douzaine de membres de l’ordre. Les autres fauteuils sont occupés par le guide, le prieur Murrien, Asmodée et Idris. Je lève la main pour obtenir le silence et ordonne à la garde d’emmener le renégat. Milos et Damian le traine sans ménagement jusqu’à la zone de duel et le balance au milieu du cercle. Arès toise son adversaire d’un œil emplit de colère et un léger sourire étire mes lèvres. Tout se déroule comme prévu. Bientôt, notre plan sera achevé et un nouveau gardien verra le jour. Un gardien non bridé par la règle fondamentale de l’interdiction de tuer. Un gardien au potentiel énorme ne demandant qu’à être révélé. Une arme entre les mains de la couronne. On ne peut chuter qu’une fois. Mon regard croise celui du renégat que nous avions manipulé avec aisance. Son regard est vide et je me doute que cet imbécile de Lucian sait que sa misérable existence s’achève ce soir. Il me foudroie du regard et je lui adresse un sourire franc et sincère. Tu as parfaitement joué ton rôle mon cher. Console toi en te disant que tu n’es pas mort en vain mais que tu as servi une cause te dépassant largement. Je laisse le plus vieux membre de la garde énoncer les termes du duel judiciaire et les modalités. Puis, regarde les deux opposants choisir leurs armes. Deux épées puissantes mais maniables pour Arès et une lame batarde raffinée et dentelée pour le renégat. Que le spectacle commence.


Le jeune gardien que j’avais fait chuté dans les ruelles sombres de la cité des anges irradie la colère pure et je peux percevoir sa puissance sous son aura atypique. Oui, c’est un diamant qui ne demande qu’à être façonné pour devenir un joyau. Quel dommage qu’il n’ait pas rejoint mon côté cette nuit-là. Avec la formation adéquate il aurait pu être celui qui mettrait fin à la déliquescence de notre espèce. Ma propre puissance est suffisante pour écraser la sienne mais je la contiens pour le moment. Je la contiens parce que je refuse de donner à ce salopard d’Aslan ce qu’il souhaite. Il souhaite que le petit me tue pour effacer les dernières traces de sa culpabilité, il souhaite que le petit me tue pour augmenter sa puissance, il souhaite que le petit le divertisse devant sa cour. Je devrais donc tuer le gamin pour faire avorter son plan mais je ne peux pas me résoudre à faire cela. Cet immaculé n’a rien à voir avec cette situation. Il n’est que la victime de l’ambition démesurée et malsaine d’un trio de pourritures que j’aurais dû tenté d’abattre il y a bien longtemps. Je parcours la foule du regard et souris en voyant la haine sur les visages. Mon regard accroche celui de deux jeunes immortels, les héritiers du clan auquel appartient l’immaculé. La jeune gardienne a une expression tendue et anxieuse. Je l’observe longuement et repère les signes de la grossesse. Je croise son regard et lui adresse un sourire en coin. Puis, j’enlève le simulacre d’armure que l’on m’a attribué et me retrouve torse nu sous le regard incrédule de la foule. Les cicatrices de cette journée de torture dans les cachots sont encore fraiches. Je me coupe et me fais un masque guerrier avec mon propre sang. Je sais ce que je vais faire ce soir. Toutes les choses ont une fin. Mes garçons m’attendent. Je lance au gamin qui me fait face : Je te souhaite bonne chance pour les guerres à venir. Commençons. Ce dernier fait tourner ses deux lames et me répond : Non, finissons.


Je suis posté à coté de Damian dans le cercle que forme la garde autour des deux combattants en train d’échanger des coups d’épée dans un ballet aussi envoutant que dangereux. Le visage d’Arès est fermé et concentré tandis que celui du renégat est ouvert et souriant. La différence de niveau est bien réelle. Lucian Miller est un vétéran de l’ordre alors qu’Arès n’est qu’un élu immaculé qui vient de survivre aux effets de la chute. Je m’inquiète pour mon ami car malgré le fait que les deux combattants semblent sa valoir à l’épée, je suis bien conscient que le gardien déchu peut vaincre mon ami à tout moment. Arès pare un coup d’estoc et repousse Lucian d’un coup de pied. Il fait tournoyer ses lames sans interruption avant de frapper de ses deux lames. La parade du renégat est élégante. La danse mortelle se poursuit et la virulence des assauts ne diminue pas. Lucian prend appui sur un gardien de la garde pour sauter en abattant sa lame sur Arès qui pare de justesse. Le silence s’est emparé de l’assemblée et tous les visages sont tournés vers le duel judiciaire. Seul le bruit des lames qui s’entrechoquent brise le silence nocturne. Arès pare un coup bien placé et érafle le bras de Lucian de son autre lame ce qui déclenche les acclamations de la foule mais le renégat ne fait pas cas de sa blessure mineure. Ce dernier repart à l’assaut et parviens à trancher les sangles du plastron d’Arès en éclatant de rire. La protection principale de mon ami tombe sur le sol dans un bruit sourd. Arès bondit en avant et harcèle son adversaire de coups, de tailles, d’estocs, de feintes et de coups bas mais rien n’y fait et c’est haletant et trempé de sueur que les deux gardiens se tournent autour quelques minutes plus tard.


Le renégat a laissé Arès reprendre des forces durant cette observation de fauves. Je croise le regard de ma sœur et me dis que cela n’a aucun sens. Il aurait pu l’abattre à ce moment-là. Ce duel est décidemment bien étrange. Les deux adversaires se jaugent comme des lions en cage et Arès repart à l’assaut. Il touche l’épaule et le flanc de Lucian au cours de cet assaut et le gardien déchu le blesse au ventre et à la jambe. Je jette un coup d’œil vers Asmodée, cherchant à obtenir une indication sur ce que je dois faire. Dois-je saisir une lame de la garde et abattre Lucian sur le champ. Ma mère secoue la tête dans un signe négatif. Azalea saisis ma main au moment où Arès chute au sol. Ce dernier pare les coups de lames de Lucian durant quelques instants avant d’être dépossédé de ses armes. La lame du renégat frôle le visage d’Arès au moment où ce dernier roule sur le côté. Arès amorce sa transformation féline et le renégat hoche la tête satisfait avant d’amorcer la sienne. Le loup contre le tigre. Lucian prend une demi forme similaire à celle de mon frère de clan alors qu’il pourrait se transformer complètement. Le combat reprend et les coups de lames ont laissées la place aux coups de griffes et de crocs. Le combat est âpre, brutal et sans concession. Le sang coule énormément chez Arès et bien moins chez Lucian mais les deux combattants ne s’arrêtent pas. Soudain, le renégat reprend forme humaine amène Arès vers lui et lui murmure quelque chose à l’oreille puis il se tourne vers un membre de la garde et lui décoche une violente droite. Un autre membre de la garde lui plante une lame dans la jambe. Lucian s’écroule et Arès reprend forme humaine, ramasse une lame et consulte le roi du regard.
Je regarde la foule d’un œil méprisant bien décidé à quitter ce monde en les laissant baigner dans leur clichés et leurs certitudes. Tous sauf, le jeune élu qui allait bientôt prendre ma vie et qui lui allait connaitre le doute et l’incertitude quelques instants avant d’être ramené dans le giron de la normalité par les membres de cette petite assemblée. Rassurez-vous, je ne lui ai rien murmurer d’incriminant à l’égard de ce qu’il croit être juste. Non, tout ce que je peux espérer c’est qu’un jour l’arme que souhaite créer Aslan et ses amis se retournera contre eux. Je lui ai juste murmuré : Tu t’es bien battu gamin maintenant délivre moi de ma misère. Mon regard se glisse jusqu’à la belle héritière de tout à l’heure et je lui adresse un sourire sincère. La lame transperce mon dos et s’enfonce jusqu’à mon cœur.  


Je me lève et quitte l’estrade pour m’approcher d’Arès que je félicite chaudement pour sa victoire bien méritée. Je demande à la garde et à la foule de se disperser et attends qu’il ne reste plus que le roi, le prieur et le jeune gardien blessé pour lui dire d’aspirer la mort du renégat et de l’envoyer dans l’autre monde. Les renégats qui meurent ne trouvent pas le repos dans l’autre monde. En fait, leurs âmes disparaissent purement et simplement à leurs morts mais cela le jeune immaculé n’a pas besoin de le savoir. Comme il n’a pas besoin de savoir qu’aspirer une mort de renégat n’est pas autorisé car potentiellement dangereux. Mais toutes les choses dangereuses le sont parce qu’elles sont synonymes de puissance. Si cette opération tue Arès, c’est qu’il n’était pas le bon cobaye. Le jeune élu laisse tomber l’arme et s’exécute. En même temps, il est face à trois des êtres les plus puissants de son espèce. Pourquoi douterait-il de nous ? La fumée baigne les lieux tandis qu’il absorbe les traces de la mort du renégat. Son corps tremble et ses yeux bleus de gardien flamboient dans leurs orbites. Le gamin s’écroule une fois l’opération terminée. Gabriel s’accroupit et palpe son pouls. Il nous assure qu’il est vivant. Nous le portons en héros au-dessus de nos têtes jusqu’à l’une des chambres de la demeure dans laquelle l’attends l’héritière d’Azgeda. Il se réveille une dizaine de minutes plus tard et nous constatons que son aura a gagnée en puissance de manière importante.




Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arès Kye Coleman

avatar


Humeur : Martiale
Messages : 810
Points : 766
Réputation : 79
Date d'inscription : 09/03/2016
Localisation : Là ou la paix n'est qu'illusion. Beacon Hills, California

MessageSujet: Re: Brave men didn't kill dragons. The brave men rode them.[solo]   Mer 1 Juin - 0:07







The Wedding


Je me réveille de bien mauvaise humeur et m’apprête à écraser le réveil sur ma commode ou à le balancer à travers la pièce mais lorsque je tourne la tête et constate que le soleil inonde la chambre dans laquelle je me trouve, je me souviens que je ne suis pas dans le repère de mon clan mais à la demeure du roi Aslan. Je me remémore ensuite les raisons de présence dans cette chambre et mon cœur se met à battre la chamade. Aujourd’hui, je me marie avec cette tête de mule qui avait dû vivre l’enfer sur terre avant de comprendre et d’accepter ce qu’il ressentait pour moi. Un grand sourire étire mes lèvres à l’idée qu’il soit à moi pour toujours. J’avais insisté et bataillé sec pour que le mariage ait lieu si tôt. Asmodée et Idris me conseillaient de ne pas précipiter les choses non pas parce qu’il pouvait y avoir des doutes au sujet de ma relation avec Arès mais parce que cela demandait de la planification pour qu’un tel évènement soit inoubliable. Et, mes parents voulaient à tout prix qu’il le soit. Je pouvais les rassurer tout de suite sur ce point, je sais que cette journée sera inoubliable et nul besoin de chevaux à la robe immaculée ou de cracheurs de feu pour que ce soit le cas. De plus, je ne suis pas une foutue princesse. J’ai passé l’âge des histoires merveilleuses depuis longtemps. Je suis une future chef de clan guerrière et sauvage malgré les nausées et le reste des désagréments de début de grossesse. Bon, d’accord je confesse que si je veux me marier maintenant c’est pour avoir l’air de quelque chose dans ma robe. Vous imaginez la mariée à quatre ou cinq mois de grossesse. Beaucoup moins sexy hein. Je plaisante je suis sexy en toutes circonstances et le serais toujours même avec un bébé. Je repousse les couvertures et m’étire avant de me lever. Je prends une douche très rapide qui m’apaise avant de revenir dans la chambre dans laquelle Irène, Luna, Asmodée et d’autres gardiennes d’Azgeda s’activent. Je suis plaquée sur une chaise tandis que ma mère s’occupe de mes cheveux. Ma tignasse brune est peignée, tressée, laquée tandis que Irène et sa sœur s’occupent de mon maquillage. Je n’arrête pas de bouger ce qui ne leur facilite pas vraiment la tâche. Quant à Maria, Isa et Taryn ces dernières s’occupaient de ma robe et du reste de ma tenue. J’hésite à prendre des nouvelles de mon futur époux à travers le lien psychique nous unissant, juste histoire de savoir s’il va lui aussi mourir d’ennui avant la cérémonie mais je me doute que ce n’est pas le cas puisque la préparation des hommes est bien moins longue et assommante. Je jette un coup d’œil vers la robe que je vais porter et un léger sourire étire mes lèvres. Ma mère se met à pleurer et je soupire. Je la prends dans mes bras en faisant attention au travail d’Irène et de Luna et la serre fort contre moi. Asmodée m’annonce à quel point elle est heureuse pour moi et qu’elle est fière de moi.

Je fronce les sourcils en contemplant ma mère qui va réussir à me faire ruiner mon maquillage. Un éclat de rire général fuse dans la pièce lorsque les filles se rendent compte que je fais tout pour retenir mes larmes afin de ne pas me retaper plusieurs dizaines de minutes de maquillage. Je ris de bon cœur avec les femmes présentes et sens la tension s’évacuer de mon corps. Irène me tend un miroir et j’écarquille les yeux devant la femme que je vois. Une longue tresse tombe dans mon cou et mon visage rayonne. Mes lèvres sont rouges sans être tapes à l’œil et le maquillage est élégant. Je lance une blague sur le fait qu’Arès ne parviendra pas à se retenir avant de m’embrasser et c’est au tour d’Asmodée de soupirer en murmurant que c’est bien possible. Un nouvel éclat de rire nous cueille en plein vol. Et, je me lève avant de me déshabiller pour enfiler la robe blanche et dorée. Irène et Maria m’aide à l’enfiler et Asmodée lace le corset doré. Le blason d’Azgeda orne ma robe au niveau de la poitrine. J’enfile mes talons et demande à Isa de m’apporter à manger. Je meurs littéralement de faim et avec le bébé. Je mange pour deux. Je dévore les œufs au plat et le bacon que m’a apportée ma sœur de clan. Je suis une grande mangeuse je l’ai toujours été. Les concours du plus gros bouffeur avec Roan avaient parsemé nos vies respectives. Ah, mon cher frangin. Il n’avait plus aucune chance de me battre désormais. J’étais heureuse qu’il ait accepté Arès et qu’il avait finalement cessé de jouer les petits frères surprotecteurs. J’aurais été obligé de l’humilier devant tout le clan dans le cas contraire.

Une fois mon petit déjeuner avalé, ma mère s’approche de moi et pose une tiare sur ma tête. Voilà pour quelque chose d’ancien. Puis, elle me passe un collier de saphir autour du cou pour le bleu. Irène me tend une jarretière et je soupire. Sérieux ? Une jarretière pour quelque chose d’emprunté. Bon et bien peu importe. Je la passe à l’endroit indiqué et demande quand la cérémonie va-t-elle commencer. Idris entre dans la pièce et me dit maintenant. Je remercie intérieurement le ciel et la terre pour cette intervention. Quelques minutes de plus et je finissais crampée ou assommée d’ennui. J’appréhende le moment fatidique alors même que ce mariage est bien plus de mon fait que de celui d’Arès. Mon tigre m’avait dit qu’il se moquait du mariage dans le sens ou cela n’était qu’un mot pour lui et qu’il n’avait pas besoin d’une alliance pour m’aimer plus que tout au monde. Adorable n’est-ce pas mais je préférais tout de même que nous soyons liés de cette manière ne serait-ce que pour la symbolique de l’évènement. Mon père me serre dans ses bras et caresse mon visage en me disant à quel point sa petite fille avait grandie si vite et qu’elle ferait à jamais la fierté de notre clan. Cette fois, je dois faire un effort surhumain pour ne pas pleurer et c’est ému que je m’accroche au bras de mon père tandis que ce dernier me guide à travers la demeure.

La cérémonie aura lieu dehors dans les bois du domaine. Nous marchons à une allure relativement faible adaptée à la solennité du moment jusqu’au bosquet dans lequel se trouve l’intégralité d’Azgeda et de la famille royale, la garde et quelques membres de l’ordre. Les invités sont installés en arc de cercle autour de la petite estrade sur laquelle se trouve Arès et le guide de l’ordre ainsi que la prêtresse (la membre de l’ordre qui célèbre les mariages). Je ne quitte pas Arès du regard tandis que ce dernier m’adresse un grand sourire. Il est magnifique dans son costume traditionnel noir. Oui, les mariés portent des tenues noires et les mariées blanches ou claires selon les coutumes de notre espèce. Après tout nous servons la mort alors la connotation négative de cette couleur nous échappe complètement. Il porte une veste à col mao sur laquelle le blason d’Azgeda est brodé au niveau du torse. Un pantalon de la même couleur et des bottes assorties complètent sa tenue. Une bande de tissu doré est accroché à son épaule gauche. Cette tenue ancienne lui donne l’allure d’un prince oriental et je laisse mon sourire s’étirer de plus belle en un sourire goguenard tandis que nos yeux se croisent. Idris dépose un bisou sur ma joue et m’encourage à avancer avant d’aller s’installer près de ma mère. Je m’avance lentement au son des percussions de la musique traditionnelle des noces de notre espèce.

La garde royale se divise en deux rangs pour former une haie d’honneur. Les gardiens des gardiens sortent leurs lames de leurs fourreaux et les pointent vers le ciel dans une coordination parfaite. Je traverse le tapis rouge recouvrant le sol d’un pas lent mais décidé. Les unions de gardiens à la fumée ne ressemblent pas à celles des humains. Les mariés n’ont rien à dire durant la cérémonie, rien à faire à part se passer les alliances et s’embrasser. Alors, je savoure ce moment tant que je le peux. Peut-être qu’il y a bien une foutue princesse disney au fond de moi. J’atteins finalement l’arbre considéré comme sacré et grimpe sur l’estrade. Bon, c’est une petite estrade hein. Je ne me ridiculise pas, je vous rassure. Je me place en face d’Arès et ne le quitte pas du regard tandis qu’il me contemple avec amour et désir. La prêtresse commence l’oraison du mariage et je sens mon cœur faire des loopings dans ma poitrine. Je retrouve mon calme en me focalisant sur les yeux marrons d’Arès. La voix de la prêtresse brise le silence solennel de l’assemblée. Aucun vœu n’est plus sacré, aucun engagement plus important que celui qui unit un homme à une femme. Par cette cérémonie, vos âmes seront liées l’une à l’autre et unies à tout jamais. Vous ne serez plus jamais libres mais pour toujours prisonniers de l’amour que vous vous portez l’un à l’autre. Et pour cette vie de partage qui vous attend, nous rendons grâce.


La prêtresse place la paume de sa main droite devant nous et Arès tend sa main gauche. Cette dernière pose la main d’Arès sur la sienne. Ma main droite va se poser sur celle de mon époux. La main gauche de la prêtresse vient fermer la manœuvre et celle-ci conclue. L’union est scellée.
Les témoins approchent de l’estrade et nous tendent les alliances. Roan est le témoin d’Arès et Lucianna la tante d’Arès est le mien. Je prends la bague dorée sur le coussin et la passe à l’annulaire de sa main gauche. Mon jeune mari fait de même avant de m’embrasser tendrement en m’enlaçant. Les acclamations de joie explosent tel un volcan en éruption. Je savoure la sensation de plénitude qui irradie dans tout mon être et embrasse Arès une nouvelle fois sous les rires amusés de l’assemblée.







La journée est passée vite bien trop vite. Cette journée est sans hésitation possible la plus belle de ma courte vie. La présence de Mala, Jason et Milan aurait rendu cet évènement absolument parfait mais j’aime à penser que mes cousins sont heureux pour moi de là où ils sont et que le chien noir sirote un cocktail sur une plage de Californie en cet instant précis. La journée a été marquée par une succession de danses traditionnelles, de chants de fêtes, de combats amicaux, de dégustation de mets raffinés et d’alcool, de spectacles divers et variés tels que le domptage d’un étalon sauvage notez que j’ai relevé le sens caché d’un tel spectacle hein mais c’était un coup dans l’eau, il y a bien longtemps que la lionne m’avait apprivoisé. Le soleil se couchait lentement mais surement à l’horizon lorsque l’orchestre se remit à jouer une mélodie propre à être danser par un couple de jeunes mariés. Je dépose un baiser dans le creux du cou de ma femme assise sur mes genoux et lui demande si elle veut danser avant de ne plus être capable de le faire quand elle aura muté en un être un brin moins gracieux. Ce qui a pour effet de déclencher l’hilarité des membres de mon clan attablés à notre table et de faire bruler le sommet de mon crane lorsque la main d’Azalea vient le percuter. Elle avait plus d’humour avant que je ne l’épouse. Mais, elle accepte néanmoins ma proposition. Non, je ne suis pas méchant avec Aza. Je profite du temps qu’il me reste avant qu’elle ne devienne insupportable à cause de la grossesse et que je doive craindre pour ma survie en ce bas monde. Je la prends dans mes bras et nous valsons au milieu de la piste de danse naturelle cent pour cent végétale. Azalea pose sa tête sur mon épaule et ferme les yeux tandis que nous tournoyons en rythme avec la musique sous le regard des invités. Je dépose un baiser sur son front en souriant. Celle-ci lève les yeux vers moi et murmure : Pour toujours et à jamais tigrou ? Je lui réponds dans un chuchotement : Pour toujours et à jamais Aza. Pour toujours et à jamais depuis que tu m’as mordue et brisé la nuque dans ce bar minable de Seattle.  

Nous continuons de valser au milieu de la piste sans desserrer notre étreinte tandis que d’autres couples se joignent à la danse les uns après les autres. Je fais tourner Azalea avant de la ramener vers moi. Elle éclate de rire et me dit : Je ne savais pas que tu dansais si bien.
C’est parce que ce n’était pas le cas. Je fais un effort pour toi.
Une idée pour la lune de miel ?
Moyen orient
Pas la bonne période. Que dis-tu de l’Amérique du sud ?
Mm pas mal mais un brin trop proche.
Europe alors les classiques Rome et Venise.
Tout le monde le fait.
Inde, Bali, Polynésie, Nouvelle Zélande. On verra plus tard de toute façon. On…
On la fera après la naissance du bébé ça sera encore plus agréable d’avoir attendu.
Depuis quand tu complètes mes phrases ?
Aujourd’hui. Effet secondaire du mariage je crois. T’inquiète, il parait que ça s’estompe assez vite



Ma femme éclate de rire avant reposer sa tête sur mon épaule et de contempler le coucher de soleil. Lorsque je sens qu’elle commence à fatiguer, nous retournons nous assoir et mangeons les plats disposés devant nous. Je saisis un verre de champagne que je déguste lentement. Azalea enfourne des petits fours dans ma bouche. Je la taquine en disant que ce n’est pas moi qui doit manger pour deux maintenant mais elle rit de bon cœur avant de balancer un petit four dans la tête de Roan. Son frère attrape le petit four avant qu’il ne tombe par terre et l’enfourne dans sa bouche avant de murmurer : Bonne chance mon vieux. J’éclate de rire et Aza pose sa tête contre mon torse avant de s’endormir dans mes bras. Je la réveille au moment fatidique. J’ai claqué une certaine somme pour la petite surprise qui devrait faire plaisir à mon épouse. L’équivalent de plusieurs mois de travail pour la Bratva mon ancien employeur. J’aurais pu laisser d’autres régler la note si on considérait cela comme une part des frais du mariage mais ma fierté m’avait poussé à prendre cela à ma charge. Ma comment Aza l’appelle déjà. Ah oui, ma foutue fierté mal placée. Le feu d’artifice commence au moment où ma belle ouvre ses jolis yeux verts et se frotte les yeux comme une marmotte émergeant d’un long sommeil. Je réprime un éclat de rire et lui dis de suivre mes yeux. Celle-ci se tourne vers le spectacle pyrotechnique et pousse un petit soupir de surprise avant de m’embrasser. Puis, elle se recale contre moi et nous savourons le feu d’artifice, enlacés comme les lianes d’un arbre exotique. Je la serre fermement entre mes bras parce que je suis pertinemment conscient que lorsque je serais de retour à Beacon Hills, je ne pourrais rien faire d'autre que chérir ce souvenir. Retour aux affaires. Ma situation personnelle m'avait tenu éloigné de mon boss et du business bien trop longtemps.




Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Brave men didn't kill dragons. The brave men rode them.[solo]
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Build d'unités
» Dites moi, mon brave... [PV]
» tobias Ҩ seul le brave sait qu'il a peur. YOU WIN OR YOU DIE.
» Invocation du moment de Brave Frontier - Elza, Tilith, Seria et Karl - du 11/11 au 25/11
» Brave is a sailor who embarks on stormy seas ▽ Phoebus

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Teen Wolf RPG, la limite : l'imagination :: Out of Beacon Hills :: In USA :: Quelques part aux States-
Sauter vers: