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 Dans toutes les larmes s’attarde un espoir. Vivre sans espoir c’est cesser de vivre. PV Amy

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Dans toutes les larmes s’attarde un espoir. Vivre sans espoir c’est cesser de vivre. PV Amy   Jeu 26 Mai - 21:05


       
We should not lose hope , let us down. It is this world that made me a monster and it is this world that makes you a broken angel. We can cry , we can yell , scream our despair but should never give up . Because we are survivors . And , our joys, our smiles and our laughter is the greatest victories we can offer to our adversaries. Amy  & Arès
       

       
Dans toutes les larmes s’attarde un espoir.





       
Tous les dieux, tous les enfers, tous les paradis sont en nous. Cette phrase résonne dans mon esprit tandis que je rentre dans la salle de bain du loft et me glisse dans la douche. Je tourne le robinet et laisse le jet d’eau chaude tomber en cascade sur mon corps légèrement courbaturé par les exercices de musculation que je venais d’effectuer. La caresse de l’eau sur ma peau me détend et m’apaise et je ferme les yeux pour me mettre à méditer sur cette phrase qui m’a profondément marqué. Tous les dieux, tous les enfers, tous les paradis sont en nous. Ce que je conclus de cette métaphore est que nous avons nos destins en main. Une autre phrase intéressante semble faire écho à l’idée que je me fais de la première. Je suis le maitre de mon destin, le capitaine de mon âme. Nous pouvons nous empêcher de croire que nous pouvons être heureux. Nous pouvons nous enfermer dans une spirale néfaste de négativité qui nous rongera encore et toujours. Ou nous pouvons refuser de souffrir et dire non à ces sentiments négatifs et toutes les choses qui nous gangrènent de l’intérieur. J’ai finalement compris que cela ne dépendait que de nous. Bien sûr, ce n’est nullement aisé de le faire.

C’est même très difficile pour être parfaitement honnête mais la seule chose à retenir est que c’est possible. Et peu importe le temps que cela peut prendre, il suffit de vouloir s’en sortir pour y arriver. C’est le commencement nécessaire à la fin de toute peine, de toute douleur ou souffrance. Les plus belles victoires de ce monde ne sont pas les plus éclatantes, les plus majestueuses ou les plus imbibées de puissance. Non, ce sont les plus simples, toutes celles que l’on ne voit pas. Ce sont celles qui paraissent mineures à nos yeux. La victoire d’un homme qui réapprend à marcher en rééducation après un accident. Celle d’une mère qui se bat pour élever son enfant seule. Celle d’un petit garçon qui reprend gout à la vie après un drame familial. Celle d’un sans-abri qui survit comme il peut. Ce sont ces victoires-là qui rendent ce monde plus beau. Ces victoires-là qui donnent un sens à l’existence et qui font que la vie mérite d’être vécu. Mais, nous ne la vivons pas pleinement pour un certain nombre de raisons. Pourtant, si nous prenions le temps de savourer ces victoires qui peuvent parfois paraître bénignes et insignifiantes à nos propres yeux le monde serait surement bien différent. Un lieu plus lumineux et sombre que celui dans lequel j’avais atterri il y a vingt-cinq ans de cela.

Mes yeux s’ouvrent sur le carrelage gris de la douche et je termine de me laver. J’émerge d’un nuage de vapeur et saisis la serviette la plus proche. Le miroir mural est couvert de buée et j’ouvre la fenêtre pour que la vapeur se dissipe plus rapidement avant d’essuyer la buée sur le miroir de mon avant-bras. Je me contemple longuement dans le reflet et éprouve une intense satisfaction en voyant l’homme qui me fait face. Car, il y a encore quelques jours cet homme était dévasté et déchiré par la souffrance la plus douloureuse qui soit. Ses traits étaient tirés, son visage grimaçant, ses yeux étaient encerclés de cernes et les sillons de ses larmes semblaient avoir creusés des tranchées sur ses joues. Ce soir, son visage est reposé et apaisé et ses yeux ne sont plus les témoins d’une souffrance intérieure déchirante. Non, ses yeux brillent d’une lumière nouvelle que lui-même ne connaissait pas. Je baisse les yeux vers mes cotes et les observe longuement. Certaines choses doivent être gravées à jamais. Mon corps est déjà orné de nombreux tatouages, honneur des miens. Tradition mystique de bienvenue aux gardiens élus. Mais, je n’ai aucun tatouage personnel. Et, je crois qu’il est temps de changer cela. Ce coin de mon corps sera l’emplacement idéal pour ce baptême artistique. Je me sèche tranquillement avant d’enfiler un jean, un tee shirt et mes bottes. Je pénètre dans la cuisine et me prépare des œufs aux plats que je savoure avec une tranche de bacon grillé. Une fois mon repas achevé, je place les ustensiles dans le lave-vaisselle.

Je me trouve au milieu du salon lorsqu’une décharge de douleur se déverse dans mon corps. Un léger sourire vient étirer mes lèvres. Cette dose de douleur est tellement plus faible que toutes celles que j’avais subi depuis mon retour de Los Angeles que je ne me défais pas de mon sourire tandis que je me dirige le plus rapidement possible vers ma chambre à l’étage. Je sors une petite fiole de l’un des tiroirs et avale quelques gouttes du liquide au gout abominable avant de ranger la fiole là où je l’avais trouvé. La douleur reflue peu à peu et mon sourire s’élargit. J’essuie une goutte de sueur de mon front d’un revers de la main avant de redescendre. Je saisis une veste en cuir sur le porte manteau et ramasse mon téléphone sur la table du salon. J’enfile la veste et me dirige au sous-sol. Je sors les clés du range rover de ma poche et ouvre la voiture avant de monter dedans. Je sors mon portable de ma poche et regarde l’heure. La soirée est bien entamée, il ne devrait pas y avoir beaucoup de monde sur la route.Je m’attarde longuement sur mon fond d’écran. Le visage d’Azalea m’apaise un peu plus et le sourire espiègle de ma créatrice illumine ma soirée. Dix ans, cela faisait dix ans que le destin m’avait placé sur sa route ou qu’il l’avait placé sur la mienne. Dix ans que nous étions amis, amants, frères et sœurs de clan, soldat et supérieure hiérarchique. Dix longues années durant lesquelles nous étions proches mais bien moins que nous ne le souhaitions au fond de nous-mêmes. Moi parce que je n’ai jamais cru à l’amour véritable et Aza parce qu’elle ne voulait pas me brider ou me priver de ma liberté.

Une liberté que j’ai très longtemps chéri et farouchement exigé et défendu même contre ma propre hiérarchie. Aujourd’hui, je m’en priverais avec joie pour être avec la femme que j’aime à chaque instant qui passe. Mais, nous étions pertinemment conscients que notre vie serait faite d’au revoir provisoire et de retrouvailles. Je ne comptais pas quitter Beacon Hills. Cette ville était peu à peu devenue la mienne au cours des derniers mois et elle ne pouvait pas s’absenter du clan trop longtemps en raison de son statut d’héritière. Nous étions donc condamnés à nous éloigner pour mieux nous retrouver. Un mode de vie bien particulier il fallait le reconnaître mais que nous acceptions avec joie car bien léger en comparaison de l’amour que nous ressentions l’un pour l’autre. Je dépose un baiser sur les lèvres sur l’écran et pose le téléphone sur le siège passager. Puissions-nous nous revoir bientôt ma lionne.

       je démarre le véhicule et ouvre le garage avec la télécommande adéquate. Le range rover quitte le garage du loft et je roule vers la station essence du centre-ville. J’allume la radio et insère une clé usb dans l’emplacement prévu avant d’augmenter le son en entendant les notes électro pop du groupe Electric Youth. Je baisse la fenêtre pour laisser l’air frais de la soirée envahir le quatre quatre. Les paroles de la chanson me font penser à une situation bien triste. Celle des soldats humains qui meurent dans une location merdique pour des raisons merdiques qui les dépassent. J’ai mal en pensant à ces derniers qui doivent comprendre dans les moments critiques qu’ils ne verront pas grandir leur fils ou leur fille et ne gouteront plus les lèvres de leurs femmes. Cette pensée me pousse à réfléchir sur toute la violence de ce triste monde et je dois reconnaître que je la trouve bien plus futile qu’avant ma chute.

Pourtant, je n’allais pas changer radicalement pour autant. Je continuerais d’accomplir mon devoir de gardien une fois que je serais de nouveau capable de le faire pleinement. Je ne comptais pas non plus changer de branche professionnelle bien que si on analysait les choses c’était en partie ce qui m’avait conduit là où j’en étais en ce dimanche soir de mai. Et c’est là que l’on constate que chaque action a deux faces, chaque conséquence deux interprétations possibles. Tout ce malheur, cette souffrance, cette misère qui avait été mon lot quotidien durant le dernier mois depuis Los Angeles avait eu pour conséquence de me faire grandir, de me donner une nouvelle vision de la vie et de me permettre de me rendre compte que l’amour de ma vie se trouvait sous mes yeux depuis une éternité. Dans chaque larme s’attarde un espoir. Pour en revenir à la violence, j’allais désormais l’utiliser avec parcimonie et seulement en fonction des évènements. Disons que je passais de la doctrine des représailles massives d’Eisenhower à celle plus mesurée de la riposte graduée de Kennedy. J’aperçois la station et ralentis l’allure. Un plein ne sera pas de trop puisque j’avais énormément roulé ces derniers temps et que mon procès approchait. Le domaine royal n’est pas la porte à côté. Par ailleurs, je comptais passer une bonne partie de mon temps libre à aller voir ma tante Lucianna et Jhon ainsi que mon clan et surtout mon aimée. Nous avions convenu d’alterner les voyages. Un coup la lionne se déplacerait et un autre ce serait le tigre. Je baisse le volume et me gare devant une pompe à essence.

Mes sens surnaturels m’indiquent la présence d’odeurs lupines et un sourire étire mes lèvres. Décidemment, nous sommes bien à Beacon Hills. Je descends et fait le plein d’essence tout en observant les environs. La station est définitivement vide et je termine ma besogne avant de prendre mon portefeuille dans ma veste. Mais, au moment où je m’apprête à me diriger vers la boutique pour aller régler ce que je dois, je lève les yeux vers le ciel nocturne et mon regard se pose sur les étoiles. Je regarde ma montre et grimpe sur le capot du quatre quatre avant de m’allonger en croisant les mains derrière la tête. La musique me berce tandis que mes yeux ne se détachent de ce spectacle céleste que je découvre sous un nouveau jour. Je ne fais pas attention au temps qui passe jusqu’à ce que des bruits de pas et une aura puissante ne me fasse tourner la tête. Une jeune femme à qui je donnerais à peu près mon âge se dirige vers moi. Celle-ci est blonde et porte des vêtements amples qui masquent tout son corps tel une armure protectrice. Ses yeux bleus sont très beaux et son expression neutre. Mais, je me doute qu’elle vient pour me demander de payer voire de partir. La station doit surement bientôt fermer. Je reporte mon regard vers le ciel illuminé avant d’observer de nouveau l’alpha qui se trouve près de ma voiture. Je reconnais certaines choses sur son visage, certains signes qui ne trompent pas. On dit souvent que les yeux sont les portes de l’âme et ne peuvent pas tromper.

C’est peut-être vrai car l’absence de lumière dans ceux de la jeune femme sont une réalité. Mais, je dirais surtout que seul quelqu’un qui connaît la même situation qu’une autre personne peut la reconnaître au premier coup d’œil. Et, je pense, non je sais que cette jeune alpha sait ce qu’est la souffrance véritable et que si ma vie pourrait mériter le qualificatif de calvaire, la sienne ne doit pas en être très éloignée. Je ressens une bouffée de compassion et l’envie de soulager la peine de cette inconnue. Nous ne sommes d’ailleurs pas des inconnus puisque nous avons quelque chose en commun. Une vie faite d’épreuves et de douleur. J’en suis persuadé et mon instinct ne me trompe que rarement. Je veux l’aider du mieux que je le pourrais parce que je sors tout juste d’un cauchemar éveillé de plus d’un mois qui a du réveiller ma sensibilité cachée mais également parce que je veux avoir des choses à raconter à mes futurs enfants. Des choses qui pourraient les rendre fiers de leur père. Croyez-moi je n’en vois pas beaucoup à l’heure actuelle. En fait, j’imagine que la balance est très déséquilibrée. Je tends la somme d’argent en liquide à la jeune femme avant de l’interpeller lorsqu’elle tourne les talons pour regagner la boutique.

Attendez. Ne partez pas. Ce spectacle est magnifique vous ne trouvez pas. Il serait encore plus beau avec la personne qui occupe mes pensées mais vous m’avez l’air d’une très belle personne. Parler est parfois un réconfort efficace et inattendu à nos peines Je suis bien placé pour le savoir.
J’espère que je ne lui ai pas fait peur. Je ne suis pas très doué pour ce genre de chose. En fait, ce n’est pas du tout mon genre mais j’imagine qu’il y a un début à tout. Je ne partirais pas d’ici avant d’avoir arraché un sourire à cette alpha. Car ce sont ces petites victoires qui sont les plus importantes. Nous ne devrions pas perdre l'espoir, nous laisser abattre. C'est ce monde qui a fait de moi un monstre et c'est ce monde qui a fait de toi un ange brisé. Nous pouvons pleurer, nous pouvons crier, hurler notre désespoir mais ne devons jamais abandonner. Parce que nous sommes des survivants. Et, nos joies, nos sourires et nos rires sont les plus belles victoires que nous pouvons offrir à nos adversaires.
       
(c) crackle bones

       



Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Ven 8 Juil - 19:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dans toutes les larmes s’attarde un espoir. Vivre sans espoir c’est cesser de vivre. PV Amy   Dim 19 Juin - 11:14

Spoiler:
 


ƸӁƷ Dans toutes les larmes s’attarde un espoir. Vivre sans espoir c’est cesser de vivre. ƸӁƷ




ஐAmy Sanders ஐArès Kye Coleman


Je me réveille en sursaut au beau milieu de la nuit, en hurlant et essoufflée. Encore une fois, Père était venu me hanter dans mon sommeil. Je n’en pouvais plus, à chaque fois, les cauchemars étaient les mêmes. Il n’y a en avait que trois différents. Certes, il y avait chaque fois quelques petites différences, mais dans l’ensemble, c’était toujours les trois mêmes. Cette nuit, c’était Père, qui une fois de plus, venait me rejoindre dans ma chambre, la nuit, alors que le reste de la meute dormait et que son second montait la garde devant la porte de ma chambre. Et une fois de plus, je le laissais me faire subir ce qu’il voulait sans protester, sans emmètre le moindre son et plus la moindre larme non plus. J’avais pris l’habitude. Je l’entendais encore me dire que c’est parce que j’y prenais goût. Et à chaque fois, j’avais envie de vomir, mais je résistais de toutes mes forces et continuer de ne rien laisser paraître, docile. Et lui, il continuait ce qu’il était venu faire, sans le moindre état d’âme. En même temps, s’il avait eu des états d’âmes, ça se serait su rapidement avec les traitements qu’il infligeait à la meute en son intégralité. Une fois son affaire terminée, il s’habilla et s’en alla, me laissant à nouveau seule. C’était comme s’il n’était pas venu, hormis le fait que j’étais roulée en boule dans mon lit, pleurant et me retenant de vomir, comme presque tous les soirs. Je me sentais toujours plus sale, et aucune douche, aussi longue soit-elle, ne parvenait à me laver. Je finissais assez souvent ma nuit sous la douche, sans me préoccuper de quoi que ce soit. Tout ce qui importait dans ces moments, c’était l’eau si chaude que mon corps finissait rouge, mais je n’avais pas mal. Je n’avais pas le droit d’avoir mal… Parce que si j’éprouvais quelque chose physiquement, l’épreuve de chaque nuit n’en serait que plus dûre…

Cole entra dans ma chambre pour me retrouver assise sur mon lit, essoufflée et en sueur. Cela faisait pourtant deux ans que Père est mort. Deux ans qu’il ne peut plus me faire de mal. Et pourtant, 2 ans qu’Amy continuait de faire des cauchemars toutes les nuits. Elle était toujours autant effrayée par le fait qu’il pourrait se reproduire ce qu’il s’est passé. Avec qui que ce soit. J’ai tellement honte de moi encore maintenant… Je ne supporte pas l’idée qu’on me regarde et encore moins qu’on puisse avoir envie de me regarder. Je me sens sale, misérable et ignoble depuis mon adolescence. Comment quelqu’un pourrait-il vouloir me regarder et même me désiré. Je n’en vois pas la peine et je n’en vaux pas la peine. Je ne le mérite pas, après tant d’années à être traitée ainsi et sans même une réaction de ma part… Pendant des années, je l’ai laissé faire, sans rien dire, ni me rebeller. Puis, j’ai laissé son second faire pareil, toujours sans rien dire. Comment pourrais-je être digne d’intérêt pour qui que ce soit. Surtout que je continue de faire des cauchemars horribles, toujours les mêmes, et c’est toujours le même cirque, je me réveille en sursaut durant la nuit, ou alors ma puissance d’alpha s’active et demande l’aide de la meute pour protéger leur alpha et Cole vient me voir, me réveille et s’occupe de moi pour que je me rendorme, quitte à devoir rester avec moi le reste de la nuit. Mère ne réagit plus, enfin, elle réagit, mais elle ne vient pas. Elle pleure dans sa chambre pour ce qu’elle n’a pas eu le courage de faire pour protéger ses enfants, comme n’importe quelle mère aurait dû le faire… Nous avons beau lui dire avec Cole qu’elle avait les mains liées et ne pouvait rien faire, elle refuse de nous croire et continue de s’en vouloir pour ce qu’elle n’a pas eu le courage de faire.

Après le choc, les larmes et la frayeur, je finis enfin par me calmer, dans les bras de Cole et par enfin me rendormir. Il s’allonge dans le lit et me cale contre son torse. La nuit se termine tranquille, paisible, je ne fais pas de nouveau cauchemar et je me fais réveiller le matin par Cole qui me dit que je dois me lever pour aller à la station-service. Je prends un déjeuner rapide préparer par notre mère, Cole, comme toujours ne prend qu’un café noir, puis il m’emmène en voiture à la station-service. Comme toujours, il me dit qu’il rentre à la maison, mais je sais, comme tous les jours, qu’il va rester dans les parages. Je finis par le retenir et lui dire :

- " Cole, je sais que tu restes tous les jours dans les parages. Plutôt que de te planquer, est-ce que tu pourrais peut-être faire quelque chose dehors… Tu pourrais t’occuper des clients, de laver les voitures de ceux qui le veulent, t’occuper de garder la place propre et encore tellement d’autres chose... J’apprécie que tu veilles sur moi, mais ne te cache pas pour le faire, s’il te plait…"


Il me sourit et acquiesce avant de sortir du bâtiment. La journée se passe calmement, les clients se succèdent doucement, sans faire de vagues et ce n’est pas trop le stress. La journée passe rapidement et je m’occupe de remplir les rayonnages de la superette, je passe le balais, la serpillère puis je nettoie un peu les surfaces. Je réceptionne les différents camions de livraisons et Cole m’aide à tout ranger. La journée passe lentement et je finis par sortir le rejoindre dehors pour lui donner un coup de main, vu qu’à l’intérieur, tout est propre et rangé. Mais lorsque j’arrive dehors, tout est également propre et chaque chose à sa place. Il a passé un coup de balais et maintenant, avec le tuyau d’arrosage à la puissance maximum, il nettoie toute la place. Et dieu sait que cela ne lui fait pas de mal. Je décide de prendre un balai dur et de frotter un peu pour que ça aille plus vite. Mais bien vite, le dur labeur se transforme en bataille d’eau. Et au bout d’une heure, nous nous retrouvons l’un comme l’autre, trempés. Heureusement qu’il fait beau, chaud et que les clients ne sont pas très nombreux dans ces heures-là. Cole va chercher des chaises et nous nous installons au soleil dans le but de sécher. Les quelques clients qui passent doivent sûrement se poser des questions, en nous voyant tous les deux mouillés, mais je m’en fiche royalement en fait. Cette station est à moi, et si je souhaite m’arroser avec mon frère, j’en ai le droit.

Peu à peu, le soir arrive et avec lui, la nuit qui s’installe doucement. Lorsque j’ai racheter la station-service, j’ai un peu modifier ses horaires d’ouverture. Le soir, nous restons ouverts jusqu’à minuit. En général, je rentre plus tôt et laisse Cole se charger des dernières heures et de la fermeture, mais ce soir, j’avais envie de rester, surtout après le cauchemar de la nuit dernière qui n’a cessé de me hanter toute la journée, dès que je n’avais rien à faire. Je sais que Cole fait tout son possible pour m’aider à surmonter ma peine, ma douleur et ma honte. Et je doute que cette nuit encore, je pourrais dormir correctement. J’ai dit à Cole de rentrer, voir si maman allait bien et s’assurer qu’elle mange. Car lorsqu’elle est seule, plongée si profondément dans sa dépression, elle en oublie de manger. Cole ne voulait pas rentrer, mais je ne lui ai pas laisser le choix. Ce n’est pas comme s’il y avait foule et que je risquais vraiment grand-chose. Et puis, même si en ce moment, émotionnellement, je suis plutôt fragile, je reste une louve-garou alpha et donc, jamais totalement sans défense…

C’est très tard dans la soirée qu’un SUV pénètre dans la station-service et s’arrête à une pompe. Il ne semble pas attendre que quelqu’un le serve et le fait directement lui-même. C’est un grand homme, avec la peau de couleur foncée. Il est musclé pile comme il le faut, comme Cole. Mes yeux de louve m’aident pas mal a détaillés chaque personne, même depuis l’intérieur du bâtiment. Une fois le plein fait, contrairement à tous les autres clients, il ne dirige pas ses pas vers le bâtiment pour venir régler la note. Pourtant, il est loin de tenter de partir sans payer. Non, il s’installe sur le capot de sa voiture et s’y allonge et semble admirer les étoiles. Je le laisse un moment dans sa contemplation, mais après un moment, je regarde l’heure, et je suis censée fermer dans 10 minutes. Alors gentiment, je sors du bâtiment et avance vers lui. Je ne fais pas particulièrement de bruit, mais ne me montre pas non plus totalement silencieuse. Pour qu’il puisse m’entendre approcher. Je laisse le vent apporter son odeur à mes narines et son odeur me surprend quelques peu… Il n’a pas l’odeur d’un humain, mais pas non plus celle d’un loup-garou. Je continue de m’approcher, restant tout de même méfiante… Je ne sais pas ce qu’il est, et cela signifie donc qu’il pourrait potentiellement être un danger. Bien que n’en aillant pas l’air…

- " Pardon de vous déranger, Monsieur, mais je ferme dans dix minutes. Vous pouvez rester, ça ne me dérange pas, mais si vous pouviez me régler avant que je parte… "


Je suis devant son SUV et j’attends sa réponse que j’espère positive. Il me détaille un moment. Au début, je le laisse faire, faisant même pareil. C’est un beau jeune homme, il doit avoir environ mon âge et je peux sentir dans son odeur que lui aussi en à baver durant sa vie. Et surtout, je sens dans son odeur la compassion qu’il a pour moi… Car toute les émotions ont une odeur, il suffit simplement de les connaître et savoir les différencier les unes des autres. Parfois, c’est plus compliqué que d’autres. Certaines émotions ont des odeurs qui se ressemblent énormément, à part peut-être une légère nuance…  Mais peu à peu, son regard commence à se faire pesant et je me sens mal… Je commence à détourner les yeux, puis à tout faire pour tenter de regarder partout sauf lui. J’essaie ainsi également d’échapper à son regard qui finit par me rendre mal à l’aise. Ce n’est pas sa faute, je le sais, c’est la mienne. Enfin, Cole me soutiendrait que c’est celle de Père, mais je ne peux démordre du fait que je suis tout autant responsable que lui, vu que je ne me suis jamais débattue contre ses traitements. Cole fait de son mieux pour m’aider, mais il ne sera jamais complètement capable de comprendre ce que je ressens. Puis, le jeune homme me tend l’argent qu’il me doit et après avoir vérifié sur la pompe que le compte y est, je le met dans ma poche. Je m’apprête à retourner dans le bâtiment lorsqu’il s’adresse à moi.

- " Attendez. Ne partez pas. Ce spectacle est magnifique vous ne trouvez pas. Il serait encore plus beau avec la personne qui occupe mes pensées mais vous m’avez l’air d’une très belle personne. Parler est parfois un réconfort efficace et inattendu à nos peines Je suis bien placé pour le savoir. "


Je m’arrête dans mon élan et me retourne. Après une hésitation qui semble durer une éternité pour moi, mais qui doit avoir durer moins d’une minute en réalité, je m’approche à nouveau du SUV et m’appuie à son avant, n’osant pas grimper dessus, ce n’est pas parce que lui le fait que je peux le faire aussi. C’est sa voiture, pas la mienne. Et timidement, je m’exécute et lève les yeux vers le ciel. Ce spectacle est merveilleux ! J’avais déjà tenté de regarder le ciel la nuit, mais pendant nos deux ans de voyages, nous étions surtout de ville en ville. Et donc, le ciel, la nuit, on n’y voit pas grand-chose. Mais là, nous sommes à l’extérieur de la ville et donc, la pollution lumineuse n’est pas vraiment dérangeante. Alors pour la première fois de ma vie, je peux réellement voir ce que le ciel nocturne a à montrer. Oubliant totalement que je me trouve en présence^d’un inconnu et surtout d’un homme, je m’exclame :

- " Vous avez absolument raison, c’est un spectacle magnifique !! Comment ai-je pu manquer cela toute ma vie ? La personne qui occupe vos pensées doit être extrêmement chanceuse de vous avoir… "


Je sais déjà la réponse à cette question, mais ces mots sont sortis tous seul, sans que je ne le veuille réellement. Et depuis bien longtemps, je parviens à me sentir à peu près détendue en présence d’un homme. Je ne m’en rends même pas compte. Je suis juste plongée dans ma contemplation du ciel nocturne.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Dans toutes les larmes s’attarde un espoir. Vivre sans espoir c’est cesser de vivre. PV Amy   Ven 8 Juil - 19:54


     
We should not lose hope , let us down. It is this world that made me a monster and it is this world that makes you a broken angel. We can cry , we can yell , scream our despair but should never give up . Because we are survivors . And , our joys, our smiles and our laughter is the greatest victories we can offer to our adversaries. Amy  & Arès
     

     
Dans toutes les larmes s’attarde un espoir.





     
Mon regard s’attarde longuement sur la jeune femme ou plutôt la jeune louve alpha sans même que je me rende compte ni même me souvienne qu’une telle observation poussée peut paraître parfaitement déplacée. Non pas simplement le paraître mais bel et bien l’être franchement. L’inconvenance d’un regard peut être un désagrément majeur selon le caractère de la personne sur lequel il est posé et un regard peut affecter la personne de bien des manières insoupçonnées. Je suis bien placé pour le savoir. Car, selon les dires des anciens de mon espèce et notamment ceux du clan qui m’a vu naitre en tant que gardien à la fumée, les yeux sont bien plus que de simples outils bien pratiques voire carrément indispensables. Les yeux sont les portes de l’âme nous rabâchent ils à chaque rassemblement inter clanique entre deux histoires légendaires surement bien plus adaptés à un public plus jeune mais que les miens appréciaient toujours autant notamment au coin du feu par une nuit de pleine lune. Mais, je m’éloigne du sujet oculaire comme j’en ai la fâcheuse habitude. Si même des poètes ou auteurs « humains » s’accordaient autour de ce fait, c’était bien que ces deux billes fort agréables à contempler sur certaines personnes eussent bel et bien quelque chose de plus profond et de mystique que ce que les simples apparences allouaient à ce propos.

Si un très bon menteur peut cacher bien des choses à travers une maitrise impeccable de son comportement et de son apparence, j’aime à penser que l’œil est la seule chose capable de le trahir. Le regard voyez-vous est surement l’une des parties les plus expressives du corps humain. Et cela tout à fait naturellement et presque à un niveau inconscient ou subconscient. Je ne prétends pas être un diplômé de psychologie. Pour preuve, les joueurs de poker les plus chevronnés ont pour habitude de masquer une bonne partie de leur faciès avec d’épaisses lunettes de soleil. Tout cela pour dire que bien des éléments aussi divers que variés existent pour étayer cette théorie tant biologique que teinté d’une pointe de spiritualité. Le regard des soldats marqués par les horreurs ayant marquées leur quotidien en conflit. Ou celui des anciens ayant vu bien des choses durant une longue existence pas toujours sage mais bien rempli. En passant par celui des bambins s’éveillant sur le monde en l’explorant fougueusement tels des Indiana Jones en herbe. Chaque personne a un regard bien particulier qu’il ne m’est pas facile d’oublier car c’est précisément le genre de chose qui a tendance à me marquer. L’expression lire en quelqu’un comme dans un livre ouvert me parait liée au regard. L’âme étant communément désignée comme le principe vital immuable et immanent constituant notre moi spirituel. A mon humble avis, la confusion commune entre l’esprit et l’âme est dû au fait que ces deux concepts paraissent abstraits à la majorité des gens ne s’y intéressant que par pure curiosité passagère. Mais, il me semble que bon nombre d’écrits notamment religieux ne font pas la distinction entre les deux mais les considèrent comme synonymes. Pour moi, l’esprit se réfère seulement à quelque chose de cérébral alors que l’âme est cette chose un peu évanescente et spirituellement lumineuse.

Enfin, bref je suis en train de gamberger comme d’habitude. Je crois que c’est cela mon problème. Je m’évapore et me perds dans des raisonnements internes n’ayant rien à envié à un labyrinthe végétal. Le terme gamberger en lui-même me parait bien moins dégradant que celui de divaguer presque empreint de sénilité à mon gout. Or, si je suis bien des choses je ne pense pas être encore devenu sénile. Vous me direz que j’ai toute la vie pour cela puisqu’en général le fléau verbal qu’est la sénilité est le fardeau des vétérans de la vie. Mais, je préfère revenir au regard le mien d’une part et celui de la jeune alpha d’autre part. Mon regard pourtant parfaitement neutre quoi que teinté d’une pointe de compassion que je ne peux m’empêcher de ressentir en l’observant. Une observation m’amenant à penser que cette jeune femme qui devrait être aussi rayonnante que les étoiles illuminant ce ciel nocturne ne se cache pas derrière autant d’épaisseur de vêtements pour le plaisir et que l’explication derrière un tel choix ne saurait être une belle histoire mais bel et bien un cauchemar comme on en trouve malheureusement des milliers dans ce bas monde. Une expression tristement adaptée car ce monde nous donne de bien trop nombreuses occasions de penser qu’il est empreint d’une bassesse sans nom. Enfin, j’imagine que ce n’est pas le monde en lui-même qui est empreint de cette bassesse détestable mais les gens qui le composent ou du moins certaines personnes. Je suis relativement bien placé pour le savoir n’étant moi même pas un saint. Je n’ai pas besoin de réfléchir énormément pour imaginer les tourments qui la poussent à se recouvrir de la sorte à l’approche de l’été dans une ville californienne ou le printemps est déjà porteur de températures estivales. Ce pourrait être de la timidité excessive voire maladive ou le désir d’une manifestation de non intérêt flagrant pour le physique de l’être humain. Une attitude qui se révèlerait être un brin rafraichissante et agréable dans un monde ou l’opinion se base bien généralement sur ce que l’on offre à la vue. La parure plutôt que le paraitre me semble être l’adage idéal pour définir la société dans laquelle nous vivons.

Une société rongée par la bassesse évoquée un peu plus tôt par mes soins. Une société dans laquelle une jolie demoiselle comme la propriétaire de cette station d’essence se sent obligée de masquer sa féminité derrière des couches de tissus, de lins ou de cotons en raison d’une histoire que je soupçonne d’être tragique. Mes talents d’observateur et de déducteur n’ont pas grand-chose à voir dans ce constat. Comme je le disais, seul une personne étant passé par la même situation qu’une autre peut la comprendre réellement et tenter de lui apporter le soutien moral dont elle peut avoir besoin. Le fait est que je me suis moi-même crée une carapace durant mon existence. Une armure émotionnelle et non physique ayant pour but de protéger l’orphelin que je fus des désillusions et des blessures que le monde extérieur n’allait certainement pas manquer de m’infliger étant donné qu’il l’avait déjà fait. La plus profonde et incisive de ces blessures avait pu être refermée par la chaleur inconditionnel de l’amour de la famille que j’avais trouvé ou retrouvé loin des murs décrépis de Saint Thomas et de la grisaille de la cité d’Emeraude. Voilà, précisément pourquoi je parvenais à comprendre parfaitement son besoin de se sentir à l’abri du danger derrière sa propre armure. Seulement, cette attitude était celle d’une personne sur la défensive ne pouvant par conséquent pas savourer le gout de la survie et de la vie à sa juste valeur car malheureusement condamnée à se morfondre dans la meurtrissure d’un passé qu’elle ne pouvait plus changer. Or, c’est au moment où on lâche prise sur ce passé nocif et douloureux que l’on peut de nouveau se rendre compte que ce que l’on a vécu nous a déjà fait suffisamment de mal et que lui donner la possibilité de continuer à nous hanter encore et encore est une erreur grossière. Bien sûr c’est bien évidement plus facile à dire qu’à faire comme le dit le dicton. Notamment parce que les cauchemars ne sont pas apprivoisables et qu’ils nous hantent de manière irrégulière ou constante. Nous n’y pouvons strictement rien. L’inconscience du sommeil les rendent tout puissants sur notre personne mais si la nuit est leur domaine, le jour est le nôtre.

Alors, il n’appartient qu’à nous de le rendre agréable, lumineux ou fatiguant et ennuyant. Encore une fois, je me doute bien que cela n’est pas chose aisée et que toutes les peines ne sont pas comparables. Certaines peuvent sembler infranchissables mais je maintiens que tout est possible tant que l’on garde espoir et que l’on se donne les moyens de le concrétiser ne serait-ce que par des petites actions pouvant sembler parfaitement anodines au premier abord. Par exemple, l’acceptation de contact verbal qui venait de se produire était nécessairement un pas en avant de la part de la louve alpha. Et si cette dernière ne s’en rendait peut- être pas compte elle-même. C’était néanmoins mon cas et je savourais cette petite victoire à sa juste valeur. Le regard de la jeune femme venait corroborer mes hypothèses à son sujet. Celui-ci avait dans un premier temps été méfiant ce qui certes je veux bien vous l’accorder n’a à priori rien d’extraordinaire car je veux bien admettre que j’ai une trogne relativement intimidante au premier abord mais il ne faut pas pousser. Si, je ressemblais à Jack l’éventreur je pense que je m’en serais rendu compte.



      Non, c’est le fait que de méfiant celui-ci soit passé à fuyant qui m’oriente vers cette idée que tous ces éléments sont liés les uns aux autres pour former les signes visibles d’un mal intérieur aussi peu naturel que celui que la chute a provoqué en moi bien que le sien doive surement avoir des implications plus terrestres. Ce regard de biche apeurée ne parvient pas à quitter mon esprit et je m’en veux immédiatement de l’avoir mis mal à l’aise. Le regard peut faire bien des choses. Il peut comme dans le cas présent mettre mal à l’aise quand bien même ce n’était pas dans l’intention de son propriétaire. Il peut être froid, agressif ou mauvais et être donc intimidant ou dissuasif. Mais, il peut également être tel une caresse sur la peau ou une invitation à la sensualité. Un regard vaut mille mots. Car, la façon dont ma belle me regarde me fait me sentir infiniment bien et rayonner. Oui, un regard vaut mille mots. Le regard est une rose qui peut être aussi envoutant qu’épineux. Il permet de transmettre des choses bien plus subtilement que les mots mais avec une force étonnamment décuplée. Alors, je peux comprendre la gêne de la jeune femme.  Je garde une expression faciale complètement impassible bien que mon raisonnement me mène à l’idée que tout dans son comportement oriente vers la possibilité d’abus de nature physique voire sexuel. Je ne suis pas criminologue ou psychiatre mais j’ai vécu bien des choses, rencontré bien des personnes aussi différentes les unes que les autres, ai habité dans un des quartiers les moins agréables de Seattle et pour finir je fréquente le milieu criminel depuis un certain temps.

Alors, je ne suis pas devin certes mais lorsque les indices se trouvent sous mon nez, je serais bien stupide de ne pas les assembler. Quel piètre gardien ferais-je si j’étais incapable de déduction telle que celle-ci. Soudain mon cœur se serre dans ma poitrine tandis que cette dernière se retourne pour quitter les lieux et rentrer chez elle. Je lui propose la première chose me passant par la tête à savoir rester avec moi pour observer ce que le monde compte de plus sublime à savoir un ciel nocturne rempli d’étoiles. Je m’attends à ce qu’elle refuse poliment et hâte le pas pour rentrer dans la station mais cette dernière se fige à mi-parcours et se retourne vers moi. Je l’observe brièvement sans insistance avant de détourner le regard pour ne pas la gêner une nouvelle fois. L’ange brisée semble hésiter durant de longs instants avant de finalement s’approcher de mon véhicule d’un pas léger. J’esquisse un léger sourire lorsque cette dernière s’appuie sur le capot du range rover et lève les yeux au ciel. Je me doute bien que l’alpha au regard marqué par les horreurs qu’elle a pu vivre n’est pas asociale. Mais l’acceptation de contact verbal qui venait de se produire était nécessairement un pas en avant de la part de la louve alpha. Et si cette dernière ne s’en rendait peut- être pas compte elle-même. C’était néanmoins mon cas et je savourais cette petite victoire à sa juste valeur.

Mon envie de la voir sourire est peu à peu remplacée par quelque chose de plus profond sans même que je ne m’en rende compte. Tandis qu’elle observe l’illumination céleste d’un œil émerveillé, je sens quelque chose grandir en moi. Une furieuse envie de protection qui devrait me sembler parfaitement ridicule car aussi triste puisse être son histoire dont je ne sais au final rien du tout car ce que je crois avoir deviné reste tout de même une simple supposition avant d’avoir été confirmée clairement par la principale intéressée. Une furieuse envie de protection faisant bouillir le sang dans mes veines et me donnant envie d’étriper l’être responsable de son malheur quel qu’il soit. La virulence de ma réaction intérieure me surprend moi-même car je n’ai pas pour habitude de me montrer si prévenant envers des inconnues. Il semblerait que sous mes dehors de tigre infréquentable se moquant de tout sauf d’un cercle limité de personne se cache un cœur tout à fait humain, sensible et attentif au malheur des autres.

Tss, cela doit être dû à la chute tout simplement. Une agonie perpétuelle cela vous change un homme. Demandez à ce pauvre Prométhée. Tu ne trompes personne Coleman. Ton passé parle pour toi. Au lieu de laisser Milan se faire écraser par le reste de l’orphelinat tu lui as offert amitié et assistance. Laisse les rôles de pourritures au cœur noir à ceux qui ont effectivement un cœur noir. Bon d’accord, je suis peut-être moins mauvais que ce que l’on pourrait imaginer mais de là à me qualifier de bon samaritain il y a un gouffre à franchir. Voilà que je m’englue dans des questionnements internes sur ma propre personne. Suis-je une bonne personne faisant parfois de mauvaises choses ou une mauvaise personne faisant quelques bonnes actions ? Je pense personnellement n’être ni bon ni mauvais.

Je suis celui que je suis et j’agis comme j’agis parce que j’ai mes raisons tout simplement. Cette armure émotionnelle m’a peut-être facilité l’orientation de carrière douteuse qui est la mienne. Mais, ce qui se passe en ce moment est peut-être la preuve que ma conscience n’est pas complètement atrophiée. Oui, je ressens une féroce envie de réconforter une personne que je ne connais que depuis quelques instants parce qu’elle m’a l’air d’avoir eu une vie difficile. Oui, je ressens de la compassion et de la tristesse pour elle mais cela n’efface pas les nombreuses vies que j’ai fauché sans ressentir la moindre chose en le faisant. Ni celles que je vais surement fauchées dans l’avenir. Nous sommes ce que nous sommes. Un ange brisé à coté d’un tueur implacable mais mélancolique. Notez que l’envie de protéger à l’égard de la jeune alpha est hautement ironique étant donné qu’une alpha m’aplatirait en quelques minutes dans un combat singulier. Pourtant, alors que mes yeux dérivent le long des étoiles je ne peux m’empêcher de penser que l’expression émerveillée de la louve est une très bonne chose non pas pour moi mais bel et bien pour elle-même. Cela signifie que même si elle est profondément marquée par ce sombre passé, elle a encore la capacité presque innocente de s’émerveiller. Bien peu de gens l’ont encore de nos jours. Si, elle peut s’émerveiller alors elle peut vivre pleinement. Elle a juste besoin d’un petit coup de pouce pour s’en rendre compte.

Lorsque celle-ci prend finalement la parole en s’exclamant quelques minutes plus tard, un sourire sincère étire mes lèvres. Je sens qu’elle se sent bien et cela suffit à me faire me sentir encore mieux loin des débats tortueux et stérile de mon subconscient. Sans quitter le ciel des yeux, je lui réponds : Oh, il est très facile de manquer la beauté qui nous entoure. Et ce pour bien des raisons. Notre mode de vie moderne ne se prête pas franchement au souci des détails. Mais, lorsque l’on prend le temps de se poser comme ici ce soir nous pouvons admirer ce que ce monde a de plus beau à offrir. Je marque une courte pause pour réfléchir à ce qu’elle vient de dire à propos d’Azalea. Je réprime un petit rire en pensant. Si elle savait à quel point. Narcissiquement amusant. En réalité, c’est moi qui suis le plus chanceux dans l’histoire. Et, je mesure à quel point à chaque minute passée auprès de la fougueuse lionne d’Azgeda. Je réponds finalement : Je dirais que je suis encore plus extrêmement chanceux de l’avoir. Mais, je vous remercie sincèrement. C’est gentil de le penser. Vous êtes sûr de ne pas vouloir grimper ? Etre allongé permet de ne pas se tordre le cou pour l’observation.

Nouveau moment d’hésitation pour la louve qui semble soupeser mon invitation comme pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’un traquenard mais la beauté du moment l’aide surement à accepter. Et, je lui tends la main pour l’aider à grimper sur le capot. Puis, je me rallonge contre le pare-brise et je reprends ensuite la parole : J’ai beau aimé admirer les étoiles. Je serais bien incapable de vous donner le nom de n’importe laquelle des constellations. Vous lui donneriez quel nom à celle-ci ? Je tends mon doigt vers concentration de petits points lumineux qui ne constituent surement même pas une constellation en soit mais c’est sans importance. Ce qui est important c’est que la même lumière se reflète dans les traits de ma voisine de contemplation. Le reste n’a pas d’importance. Strictement aucune importance. 
                     
     
(c) crackle bones

     


Spoiler:
 



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Dans toutes les larmes s’attarde un espoir. Vivre sans espoir c’est cesser de vivre. PV Amy
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