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 Traverser les épreuves PV Seth Grey

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AuteurMessage
Arès Kye Coleman

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Localisation : Là ou la paix n'est qu'illusion. Beacon Hills, California

MessageSujet: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Mar 7 Juin - 18:36


       

We are travelers. Distances means nothing for us. We are survivors. Good luck to stop us. We are strangers in this world full of madness. We are hunters. Blood of predator, children of the reaper. We are adventurers. Pushing the limits out of possible. We are watchers. Balance protectors. We are scholars. Studying our ennemies. So we can hit them where it hurts. We are judges. Deciding who will live and who will die. We are ghosts and we do not exist outside of your dreams. Arès & Seth
       

       
Traverser les épreuves

       
Le bruit du moteur puissant du quatre quatre m’empêche de laisser mes pensées dériver et me permets de me focaliser sur le trajet. Mes yeux sont fixés sur la route et la circulation devant moi. Le voyage est relativement long mais cela n’a aucune importance puisque je viens de finir mon service du matin au Print et que j’ai donc à peu près huit heures devant moi avant de prendre celui du soir. Je ne quitte pas la ville pour aller voir ma chère et tendre épouse cette fois ci. Non, aujourd’hui je vais rendre visite aux morts et honorer les vivants. J’ai entendu un jour qu’il n’y a rien de plus important que la famille. Je suis complètement d’accord avec cet adage. Ce n’était pourtant pas gagné si on remontait une vingtaine d’années en arrière pourtant en ce jour je l’acceptais pleinement. La vitesse de mon véhicule était parfaitement réglementaire mais la circulation était fluide et il n’y avait aucune raison qu’un véhicule de police ne soit posté sur le trajet que j’empruntais. Raison pour laquelle, mon pied s’écrasa sur l’accélérateur. Là où je vais n’est tout de même pas la porte à coté alors bon… Et puis dans le pire des cas qu’est-ce que je risquais ? Une amende pour excès de vitesse. Un retrait de permis. Ah non là par contre, il n’y avait pas moyen. Une course poursuite alors. Changer une plaque automobile n’est qu’une broutille lorsque l’on connait les bonnes personnes mais je ne suis pas d’humeur à faire du grabuge d’une part et d’autre part je roule dans le mastodonte de ferraille. Je ne chevauche pas le cheval mécanique qui lui était synonyme de vitesse dans tout ce qu’elle avait de plus enivrante.

Oui je suis d’humeur littéraire parce que pour utiliser ce genre de terme au lieu de quatre quatre et moto, il fallait nécessairement avoir la démangeaison de la plume. Alors, je ralentis finalement l’allure une douzaine de minutes après avoir avalé une bonne distance à une vitesse prohibée. Le reste du trajet se déroule tranquillement et j’atteins finalement la ville de naissance de mes défunts cousins deux heures après avoir quitté Beacon Hills. Je me gare dans une des rues de cette petite ville que je connais très bien puisque j’y avais vécu quelques années avec ma famille avant de retourner auprès d’Azgeda. Je me rends chez le fleuriste le plus proche et achète un bouquet de fleurs de saison. Puis, je me rends dans une petite boutique et repars avec une bouteille de scotch, une balle de baseball bon marché et un magazine de football américain. Je remonte dans ma voiture et me dirige jusqu’au cimetière de la ville dans lequel étaient enterrés mes cousins. Je pénètre dans le cimetière avec un sac en bandoulière et le bouquet à la main. Le silence des lieux me saisit et je me surprends à effectuer un signe de croix bien solennel alors même que ma dernière visite dans une église remontait à plusieurs années. De plus, je suis le membre d’une espèce se surnommant elle-même celle des enfants de la mort. Je la sers à travers ma mission de gardien car la mort n’est que l’une des parties d’un tout. Le yin et le yang des cultures bouddhistes illustre parfaitement ce propos. La mort est le reflet négatif de la vie et la vie est le reflet positif de la mort. Les deux sont liées et ne sauraient être autre chose que les deux faces d’une même pièce. Je suis bien placé pour savoir que la peur de la mort propre à chaque être humain n’est pas justifiée puisque la mort est bien plus pacifiste que la vie. Mais, je m’égare car je ne suis pas venu ici pour disserter sur cet antagonisme profond mais pour passer un peu de temps auprès de la représentation symbolique du repos éternel de mes cousins.

Je trouve facilement le chemin des tombes jumelles de Malaki et Jason et m’approche lentement des deux blocs de marbre. Je les contemple longuement avant d’hésiter sur la marche à suivre. Je pose dans un premier temps le bouquet entre les deux tombes avant de me raviser et de m’assoir en tailleur juste devant les deux ouvrages funéraires. Je retire le bouquet et sors le contenu de mon sac. La bouteille de scotch, la balle de baseball et le magazine de football. Le bouquet fera plaisir à Lucianna alors je le pose à côté de moi. Et ouvre la bouteille de scotch avant d’en avaler une longue rasade. Puis, je me mets naturellement à parler à mes disparus. Je leur parle d’Azalea, de mes doutes quant au fait que je serais un bon père, des dernières emmerdes cosmiques que j’avais vécu depuis Los Angeles, des choses dont ces emmerdes m’avaient fait prendre conscience, mon amour pour la femme que j’avais épousé, le fait que la vie est courte créature surnaturelle ou non et qu’il fallait par conséquent en savourer la moindre seconde, le fait que je vivrais pour nous trois, que je profiterais désormais de ma vie pleinement et que je savais que c’était ce qu’ils avaient toujours voulu pour moi, que je me libère de mes entraves se trouvant dans mon passé d’orphelin et dans les blessures invisibles que je refusais d’avouer.     

 Les larmes me montent aux yeux tandis que je conclus en disant à quel point ils me manquaient. Je sais bien que parler à des tombes est intrinsèquement ridicule mais je m’en fous royalement. Cela me fait du bien de penser qu’ils m’écoutent en souriant de là où ils sont. J’essuie mes larmes d’un revers de la main et verse quelques gouttes de scotch aux pieds des deux tombes avant de me relever. Puis, je referme la bouteille et la dépose à côté des fleurs se trouvant entre les deux tombes. Je dépose également la balle de baseball et le magazine sportif. J’émet un petit rire en repensant aux parties de baseball que nous avions vécu. Mala et moi faisions toujours exprès de lancer de manière malencontreusement maladroite lorsque c’était à Jasy de battre. Cela le rendait toujours fou et il nous poursuivait en faisant tournoyer la batte en jurant. Il s’ensuivait parfois des bagarres fraternelles relativement brutales mais anodines puisque nous étions tous trois des êtres surnaturels. Je tapote le sommet des deux tombes avec affection. Puis, je quitte le cimetière sur ce souvenir bienheureux et retrouve mon véhicule garé à quelques pas de l’entrée du quartier mortuaire. Je roule jusqu’à la belle maison de ma tante et de Jhon et me gare un peu plus loin pour leur faire la surprise. Mais lorsque je sonne à l’entrée, je n’ai pas de réponse et au bout d’une bonne dizaines de minutes d’attente je décide de déposer le bouquet sur le pas de la porte. J’écris un petit mot sur un prospectus que j’arrache de la boite à lettre. Un petit mot pour indiquer ma visite inopinée et le fait que j’aurais dû prévenir mais le moteur d’une voiture détourne mon attention.

Ma tante et sa filleule en émergent et viennent me saluer chaleureusement. Une fois les embrassades terminées, je rentre dans la maison. L’heure qui passe me voit manger une succession de mets sucrés plus délicieux les uns que les autres. Tata Lucia sait que je suis un grand amateur de pâtisserie. Je me lance dans un concours avec Bonnie la filleule de ma tante et éclate de rire devant son air dépité. Je parle également de tout et de rien. Lucianna m’interroge sur les désagréments de la distance me séparant d’Azalea mais je lui réponds avec un grand sourire que la distance ne change rien à l’amour que j’ai pour elle qui est un peu comme une mère pour moi et que c’est la même chose pour mon épouse. Un bisou sur le front plus tard et la demande d’embrasser Jhon pour moi, je quitte le domicile de ma tante d’un pas nonchalant. J’ai passé une très bonne journée. Mais, il est temps de rentrer à Beacon Hills.
Je tapote le volant tout en entonnant les paroles de la chanson diffusée dans l’auto radio du range rover. Ma tête se balance en rythme avec la chanson très estivale qui emplit l’habitacle. Je roule tranquillement puisque j’ai largement le temps. Je ne risque pas franchement d’arriver en retard pour l’ouverture du bar. Je peste en examinant la jauge d’essence qui est presque vide. Je bifurque donc vers la station d’essence la plus proche. J’attends un certain temps avant d’arriver devant la pompe à essence. Je descends et fais-le plein en observant la station qui me fait face. Une station de belle taille visiblement. J’imagine qu’il y a donc une boutique à l’intérieur.

Parfait, j’ai une de ces soifs. Je termine ma besogne prestement et insère ma carte bleue dans la machine. Je tourne la tête vers les autres pompes et croise le regard d’un homme qui semble me fixer avec attention. J’ai la drôle d’impression qu’il ne s’agit pas d’un automobiliste ordinaire. Je le détaille rapidement avant de reporter mon attention sur la machine sur laquelle je tape mon code avant de remonter dans la voiture et d’aller me garer sur le parking. Je reste assis sur mon siège durant quelques instants, me demandant si l’homme avec lequel j’avais échangé un regard pouvait être un chasseur. Mais, je balaie cette idée de mon esprit. D’une part, tenter de m’avoir dans un lieu aussi fréquenté serait stupide et d’autre part je n’étais plus dans un état déplorable. Les derniers effets de la chute s’étaient peu à peu estompés jusqu’à disparaitre. Autrement dit, je ne craignais de nouveau plus ces tueurs de surnaturels. Si cet homme était un chasseur et qu’il tentait quelque chose contre moi, il le regretterait amèrement à compter qu’il puisse le regretter. Je n’aime pas les chasseurs. Ma visite au cimetière aujourd’hui expliquait parfaitement cette haine viscérale qui faisait de moi une menace réelle pour ce genre d’individus. Alors, si cet homme en était un ce n’était définitivement pas à moi d’être inquiet. Je sors de la voiture avec un léger sourire sur les lèvres et entre dans le bâtiment. Une fois dans la boutique, une idée me traverse l’esprit J’achète donc un carnet et des stylos ainsi qu’un livre pour enfant.

Je rigole en me disant que le premier cadeau que j’offrirais à ma fille ou à mon fils allait être acheté dans une station essence. Bah, la vie n’est qu’un voyage de toute manière considérez cela comme une approche métaphorique d’une notion philosophique. Une fois mes achats effectués, je me rends dans l’espace libre au milieu du bâtiment et pose mes achats sur une table. Je feuillette le livre de contes pour enfants et un grand sourire étire mes lèvres. Sérieusement, ces histoires et ces fins heureuses ne peuvent que me faire sourire. Personnellement, je doutais un peu de l’intérêt de bercer les enfants d’illusion sur le monde qui nous entoure. Mais, je me ravise peu à peu en me disant que sans cela l’innocence n’existe pas. Et que l’innocence est l’une des choses qui rend ce monde plus beau. Puis bon de toute façon, vu la nature surnaturelle de ce petit ou cette petite les contes ne seraient pas roses très longtemps. En effet, les gardiens à la fumée avaient leurs propres mythes et légendes et ces derniers étaient autrement moins mignons que ceux des hommes. Bon, pas tous non plus hein mais la plupart. Finalement tout bien réfléchi, les contes normaux feront très bien l’affaire. Je ferme le livre et le repose sur la table. Puis, je regarde le carnet. Pourquoi est-ce que j’ai acheté un foutu carnet ? Non, je ne suis pas atteint du syndrome de la MTP (mémoire toute pourrie). Mais, je l’avais acheté dans une intuition comme si mon esprit voulait que je le paie sans même me dire pourquoi. Bon, un carnet peut avoir diverses utilités. Je peux l’utiliser pour écrire à ma fille qui le lira quand elle sera plus grande. Oui, je sais bien que je ne peux pas encore connaître le sexe du bébé à venir mais un pressentiment m’oriente vers cette idée. Je ris intérieurement en me disant que si j’écrivais un conte à ma manière cela s’avèrerait assez comique. Non, je pourrais lui écrire pour lui expliquer mes doutes au sujet de mon rôle de père, des doutes que sa naissance balaierait sans aucun doute, les raisons de notre éloignement géographique, ce que je souhaite pour elle et mes impressions sur la vie avant la perspective de sa venue au monde puis après. Enfin bref, une sorte d’héritage sur papier.

Je pourrais peut-être effacer mon anxiété à travers ce processus libérateur. Ma soif me rappelle à l’ordre et je fourre le tout dans mon sac en bandoulière avant de m’approcher d’un distributeur de sodas. J’insère les pièces dans le réceptacle et porte mon choix sur une cannette d’orangina mais au moment où la canette est censée tomber dans le bac, cette garce se coince dans la vitrine. Je peste intérieurement et garde mon calme. Je ne vais quand même pas me prendre la tête pour une pauvre canette. Faux, je suis quelqu’un de très déterminé et j’aurais cette saleté de canette avant de me barrer de cette station essence. Je réfléchis à la meilleure façon de sortir de ce traquenard mécanique lorsqu’une voix m’interpelle et que je sens une présence dans mon dos. Je me retourne et reconnais l’homme qui m’observait un peu plus tôt. Celui-ci me propose de m’aider et j’accepte avec un sourire courtois tout en restant sur mes gardes. J’ai eu la sensation que cet homme en savait plus qu’il ne le devrait. Mais, peut être que je me fais des idées. Je le regarde faire son œuvre sur la machine avant de saisir la canette qu’il me tend. Je lui dis : Merci beaucoup pour le coup de main.         
(c) crackle bones

       



Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Jeu 16 Juin - 19:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Mar 14 Juin - 19:37



Traverser les épreuves

feat. Arès Kye Coleman



La nuit est calme, le vent s’est couché et mille étoiles éclairent le ciel, je ferme la porte du bureau et rejoins ma voiture, je vais enfin repartir chez moi. Bref maintenant que j’ai récupéré les dossiers administratifs que le FBI n’avait pas eu le courage de m’envoyer, je repars pour San Diego. Los Angeles-San Diego pour récupérer un tout petit dossier, si là 'ils me disent que je suis pas motivé pour le poste. Rapidement, la route se fait longue et lassante. Et le panneau indiquant la destination de Beacon Hills me ramène plein de souvenirs. Et je me mets à me remémorer ce jour où tout a changé.



La fraîche bise du matin vient humidifier mon visage déjà transpirant, l’aube teinte le ciel d’un rose orangé, révèle les arbres un à un et détaille la forêt qui défile à mesure que j’avance dans une direction aléatoire. Je vois les hauts buildings de Los Angeles se fondre dans les épais amas de feuilles qui habillent les branches des chênes de cette forêt. Je ne sais pas où je vais ni réellement pourquoi, d’ailleurs je ne vais pas quelque part je ne fais que fuir comme je l’ai toujours fait. Pourquoi je cours sans but à travers les bois ? C’est parce que je suis poursuivi par quelque chose qui pourra toujours me rattraper, mon passé. Je me fuis moi-même, c’est absurde et pourtant je ne m’arrête pas. A l’intérieur de moi il n’y a rien qu’un abîme, un trou béant. Et ce n’est pas cette petite excursion, qui l’a creusé elle me l’a juste révélé. C’est là que se trouve le réel problème, depuis le décès de ma sœur, je ne m’étais jamais retrouvé renforcé, je me suis juste retrouvé prisonnier, je me suis dressé une façade, je me suis enfermé dans un bloc inatteignable où moi seul avait le droit de pénétrer. Les trois hommes que j’ai rencontrés hier me l’ont juste fait réaliser. Je finis par tomber de fatigue, le corps complétement couché sur les feuilles mouillées, je ne me relève pas. Je craque comme une fine branche subissant la force du vent. Et de nouvelles gouttes tombent sur les feuilles, cette fois venant de mes joues. Je grince des dents, je ferme les yeux et je me déteste pour ce que je suis, ce que je suis devenu, ce que j’ai fait. Elle n’aurait jamais voulu ça, elle était si pure, si innocente que sa mort était absurde. Comment un homme aurait-il été capable de lui retirer la vie ainsi ? Elle méritait tout le bonheur du monde et elle a fini calciné au bord de la route, seule. Je voulais juste rétablir l’équilibre, lui rendre honneur en donnant ce qu’elle n’a pas eu la chance d’avoir, une justice. Je me suis juste voilé la face, à qui ai-je rendu service durant toutes ces années. Mes poings se resserrent dans la terre. Tout ce qui m’a toujours habité n’était pas de la force ni de la bravoure mais juste de la peur, j’étais menotté et incapable de faire ce que je voulais parce que j’étais terrifié, terrifié que le monde extérieur m’atteigne à nouveau, qu’il me change, qu’il me réduise en pièce comme une vulgaire vitre. Je me relève, autour de moi l’harmonie de la nature s’éveille, les chants des oiseaux se lient à celui du vent et des animaux pour un opéra inédit. Je respire plus profondément, reste calme lève les yeux et regarde les feuilles stopper la course de certains rayons du soleil. Il n’y a pas beaucoup de choix qui se posent à moi soit je reste où j’en suis, je me morfonds, je repasse dans cette boucle pathétique que j’ai vécu pendant tant d’années et je reste dans cette bulle confortable, derrière ce mur opaque qui me bloquait la vue. Ou alors je me bats, j’arrête de fuir mes démons, j’affronte mes peurs et deviens ce que ma sœur aurait voulu que je devienne.

Alors ce jour-là, j’essuie mes dernières larmes et reprends une course effrénée à travers la forêt, cette fois-ci non pas pour fuir mais pour changer, pour devenir quelqu’un de meilleur. Je cours en direction inverse, reviens dans le centre-ville et quitte la ville sans regarder derrière. Je pars habiter dans un modeste studio à San Diego toujours en Californie. Je ne sais pas comment commencer cet affrontement, sur quoi dois-je travailler en priorité. Alors après de longues minutes de réflexion et de coaching interne, je m’habille d’un débardeur, d’un short, je prends ma voiture et repars de plus belle. Si je ne peux pas échapper à mes peurs alors autant les provoquer. Après quelques minutes de débat avec moi-même qui me persuade de ne pas rebrousser chemin, j’arrive dans la ville de Tijuana. Le Mexique juxtapose la ville de San Diego, on peut croiser régulièrement les brigades frontalières faire leurs rondes à travers la ville et j’avoue que mettre les pieds dans ce pays ne m’était jamais venu en tête. La proximité de Tijuana avec les Etats-Unis en fait l’une des villes les plus dangereuses du Mexique, elle est essentiellement animée par les cartels et les trafics de drogues. Elle affiche l’un des plus hauts taux de meurtre et de criminalité de la région et c’est exactement pour ça que j’éteins le moteur et pose mes pieds dans la tristement célèbre ville mexicaine. Je regarde à l’horizon, maintenant que je ne peux plus faire demi-tour, il faut que je trouve ce qu’il me faut. Comme je m’y attendais, les rues sont bondées, la ville malgré sa dangerosité est tout de même appréciée par les américains pour sa proximité. Et voilà que ma première épreuve commence, cette fois, contrairement à d’habitude, je ne vais pas me contenter de choisir des ruelles moins fréquentées, je vais me forcer à passer à travers la foule, à travers mes faiblesses. Je m’élance alors dans la fourmilière, dans un flux instoppable de pas, tous sont instinctivement coordonnés pour ne jamais se croiser. Après avoir pris une grande bouffée d’air, me voilà entouré d’une nuée d’hommes et de femmes défilant, me toisant et me bousculant sans même réellement me considérer. Je me contente de tracer une ligne droite, je ne fais pas de détour, contrairement à mes congénères, je ne prends pas en compte le déplacement des autres, je fonce. Mes poils sont hérissés, certains muscles se contractent sans vraiment que je leur en donne l’ordre, j’attrape de suées et je perds peu à peu le contrôle de mes pensées à mesure que j’avance dans la foule et réalise que mon espace vitale si important m’est complètement retiré. L’agoraphobie dans toute sa puissance. Ensuite il y a les contacts, à chaque fois qu’une épaule me bouscule, qu’une main m’effleure, je ressens comme une électrocution parcourir mon corps. A ce moment, je remarque que j’attire de plus en plus de regards, mon comportement serait des plus intéressants dans un institut de recherche mais ici j’ai juste l’air d’un singe terrassé par les coups incessants de la foudre. Ma respiration empire peu à peu et je deviens étouffé par la masse qui m’entoure. Les minutes me semblent interminables et je ne vois pas la fin du chemin. Alors quand, je sors enfin du troupeau, je trébuche et finis une nouvelle fois le ventre à terre. Je me dépêche de me relever, comme si de rien n’était et poursuis ma route. Je m’aperçois que le processus va être long, ces démons sont ancrés en moi, ils sont une partie rongé de moi-même comme la rouille de l’acier. Je passe le reste de la journée à repenser à ce que j’ai traversé et à ce qu’il faudrait que je fasse pour continuer cette sorte de « traitement ». Puis cette petite étape n’est rien à côté de la suivante, je n’aurais pas eu besoin d’aller au Mexique si c’était juste pour me promener dans une ville bondée de monde. Je me loue une petite chambre dans un petit motel que je croise sur le chemin, juste un lit et une lumière me suffiront, de toute façon ce n’est pas ce genre d’endroits qui attirerait les touristes. Cette intuition est vite confirmée par le regard appuyé que les habitants me lancent dans le quartier. Mieux vaut ne pas chercher à les défier, les gens ici ont tous l’air de sortir de prison comme une mauvaise imitation de la mafia mexicaine que l’on voit dans les séries.

A 22 heures pétantes, je sors en trombe, je ne sais pas si je serais à temps ou si j’aurais ce que je veux mais je vais me fier aux rumeurs. Après une vingtaine de minutes à marcher en cherchant mon chemin, j’arrive finalement devant une gigantesque pancarte « Los chiles infernales » qui trône l’entrée de ce qui semble être un ancien entrepôt industriel. Je jette un œil aux alentours et m’aperçois qu’environ trente voitures sont garées sur le parking de l’industrie. Finalement, les rumeurs pourraient s’avérer être vraies. Le pas hésitant, je rentre à l’intérieur, un homme qui me dépasse d’une tête se tient sur le côté les bras croisés et me toise l’air de se demander s’il doit me laisser rentrer ou non. Finalement, il me fait signe de la tête et je continue d’avancer, je passe à travers un rideau de bandes en plastique et droit devant moi se dresse une foule de monde sous la lumière de quelques projecteurs. Je me demande comment j’ai fait pour ne pas avoir entendu les cris de cet attroupement plus tôt. L’endroit est totalement vide si ce n’est les quelques sacs qui jonchent le sol. Les gens sont rassemblés en cercle et semblent être captivés par ce à quoi ils assistent. Tant mieux pour moi, ils n’ont même pas repéré mon arrivée. Je me rapproche pour mieux observer le spectacle et en profite pour mieux détailler les hommes qui se battent pour être au plus près. La plupart ont un air prétentieux, l’expression de leur visage dissuade une quelconque envie de les contrarier. J’arrive assez près pour pouvoir apercevoir la scène, au centre deux hommes en short tournent en rond, ils se fixent, leurs concentrations semblent inatteignables, l’un a l’œil gauche ensanglanté et il semble avoir une forte douleur à la jambe droite. Quant à l’autre, il a visiblement du mal à se tenir debout, son torse est bombé et sa mâchoire est déplacée. Leur deux corps sont parcourus d’ecchymoses et de contusions en tout genre et leurs poings sont recouverts de sang. Je me doute que leur combat doit être bien entamé tant leur souffle est intense, ils sont recouverts de sueur et peine à se déplacer correctement. Ils se jaugent et prennent une grande inspiration avant de se jeter dans la mêlée, l’homme au coquard porte le premier coup, une manchette dans les côtes de son adversaire qui l’envoie tout droit rencontrer le sol en béton. Celui-ci ne bouge plus d’un pouce, les hurlements des spectateurs s’intensifient, un homme en sweat à capuche noir lève le bras du vainqueur et crie :
« El vencedor es Marco !! »

La plupart des hommes s’en réjouie alors que l’autre partie crie leur déception. Je fixe l’homme resté à terre que personne ne vient aider et je me dis que je suis parti sur une pente bien dangereuse. Alors que je me demande si le corps couché au sol est encore en vie, un homme me tapote l’épaule et m’aborde :
« Hey chico ! Me fijé que no estuvo aquí antés de hoy y pudo observar que eres extranjero. Soy Luiz, un entrenador de freefight. Y quiero te… »

Je prends du temps à comprendre qu’il s’adresse bien à moi, je le coupe net lorsque je comprends qu’il essaie de me dire quelque chose.
« Je ne parle pas espagnol, désolé. »

Je me retourne et m’apprête à m’en aller quand il revient devant moi.
« Pas de soucis chico ! Je te disais juste que j’ai pu voir que tu étais nouveau ici et que tu ne venais pas non plus d’ici. Je suis Luiz, j’entraîne des gars au freefight. J’ai un marché pour toi ! Je t’entraîne disons 4 heures par jour gratuitement, tu participes à ces matchs et en échange je te donne 30% des paris. » dit-il d’un accent prononcé et enjoué

« Je peux p… »

Voyant mon attitude perplexe, il enchaîne directement
« Ok bon disons 40% ! Tu as la carrure pour ! Je sais dénicher les champions crois-moi chico ! En un mois de temps, tu seras l’étoile de Tijuana ! Bon réfléchis-y et appelle-moi chico ! »

Il griffonne son numéro sur un petit bout de papier et me le glisse dans la poche. Il me fait un clin d’œil et me serre la main avant de sortir de l’entrepôt. Une fois que la majorité des hommes sont partis, je vais vérifier le pouls du perdant qui s’avère être extrêmement rapide. Bien que le contact m’électrise, je porte son bras autour de mon cou et le reconduis jusqu’à la sortie. Je le prends dans ma voiture et le dépose à l’hôpital, je finis ma soirée dans la chambre du motel. Je suis assis sur mon lit, mes doigts tournent autour du petit papier que Luiz m’a donné dans la soirée. A nouveau, un débat a lieu en mon for intérieur. Je suis venu ici pour ça, la ville est aussi réputée pour ses combats de freefight dont les paris en ont rendu certain bien riches. Dans mon cas, ce n’est pas l’argent qui m’intéresse, c’est le contact, qu’est-ce qui pourrait plus me violenter intérieurement que du freefight ? Ce sport légalement interdit est d’une dangerosité extrême mais aux grands problèmes les grandes solutions, je dois me brusquer, me briser si je veux changer. Après une demi-heure de réflexion, je rappelle le numéro en question et là, Luiz encore plus euphorique que pendant notre rencontre me donne rendez-vous demain-même dans son dojo à quelques kilomètres d’ici.




Je reviens à moi quand le voyant rouge m’indique que mon niveau d’essence devient critique, je dévie à la première station que je croise et stationne mon véhicule. Je vérifie que j’ai bien les papiers que j’ai récupéré quelques heures auparavant puis sors de la voiture. C’est là que je remarque un homme quelques mètres plus loin, comme on pourrait s’en douter il ravitaille sa voiture en essence et comme à mon habitude j’en profite pour le détailler rapidement. L’homme est un black qui doit être un peu plus grand que moi, son t-shirt blanc trace les lignes de son corps et ne font douter personne quant à sa forme athlétique. Il y a d’ailleurs quelques tatouages qui dépassent de son haut, le tout lui donnant un aspect assez mystérieux. Enfin ça ce n’est que superficiel, maintenant je m’attaque à la partie la plus intéressante, les expressions de son visage. Il n’a pas l’air crispé ni stressé, aucune expression notoire. Pourtant, quand on y regarde avec plus d’attention, ses yeux ont quelque chose d’étrange, de différent. Je détourne le regard quand l’homme remarque ma présence, je fais le plein d’essence et vais payer à l’intérieur de la boutique. Une dame tout sourire me prend mon argent et me souhaite bonne route. Je ressors du magasin et je range la piètre monnaie dans mon portefeuille. J’entends alors des gémissements accompagnés d’insultes de toutes sortes. Je me dirige vers la source de tout ce raffut et vois l’homme de tout à l’heure qui semble avoir un léger conflit avec un distributeur. Je souris en voyant l’homme maugréer tout en tapant dans la machine pour qu’elle daigne lui donner sa boisson. Encore une fois mon séjour à Tijuana va s’avérer utile. En plus, m’approcher de lui me permettra peut-être de mieux le cerner. Je me dirige vers le ronchon et lui tapote l’épaule.
« Vous avez besoin d’aide, Monsieur ? »

Après une réponse positive, je fourre mon bras droit dans la bouche de sortie du débit, la broche de sa boisson étant trop haute, j’en saisis une un peu plus bas et la secoue faisant tomber la canette d’Orangina et une bouteille d’eau. Je lui donne la plus sucrée et me garde l’autre.
« Voilà »

«- Merci beaucoup pour le coup de main » me remercie-t-il  en saisissant la boisson

Maintenant que je suis plus proche de lui je peux mieux le détailler et ça confirme bien mes suppositions, cet homme a quelque chose de spécial comme le regard d’un militaire qui aurait vu des tas de scènes horrifiques mais en encore plus profond, plus ancien. Mais il n’y a pas que ça, sous la lumière du néon grésillant, je peux percevoir comme un reflet bleu océan dans ces yeux si obscures. Ça doit sûrement être mon esprit qui me joue des tours à nouveau, ce type de gars, je n’en ai croisé qu’à un endroit, Beacon Hills. En plus la ville se trouve sur son chemin, l’hypothèse ne serait pas si absurde. Malgré tout, ce genre de spéculations ne se fait pas à la légère, je reste sur mes gardes et tente de prolonger la conversation pour en apprendre un peu plus. Je lui tends la main et me présente tout en forçant un sourire pour le rassurer :
« Seth Grey, pas de soucis pour ça. »

C’est incroyable mais rien que ça aurait été impossible pour moi il y a quelques mois de ça. Malgré tout, je ne suis pas encore débarrassé de toutes ces psychoses. J’imagine que ça va être un travail constant jusqu’à la fin de mes jours.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Jeu 16 Juin - 19:18


     

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Traverser les épreuves

     
Repaire d’Azgeda quelques jours plus tôt :
Je sors de la vaste habitation troglodyte qui constituait le repère de mon clan depuis plusieurs générations maintenant. Je sais ce que vous vous dites. Ils vivent dans des grottes archaïques. Détrompez-vous, le réseau de grotte est aménagé de façon tout ce qu’il y a de plus moderne. L’électricité, des chambres confortables, tout le confort dont on pourrait rêver, un parking à ciel ouvert, de l’eau chaude toute l’année. Enfin bref, un paradis dissimulé dans les aspérités de la roche. J’émerge du couloir et passe la porte non détectable pour un non initié en raison de sa couleur parfaitement identique à celle de la roche qui l’entoure. Cet ensemble complexe de galeries et de pièces parfaitement modernes était un vrai labyrinthe pour tout étranger. Mais, aucun étranger n’avait pénétré dans le repaire sans autorisation depuis très longtemps. Le premier non gardien à la fumée qui avait foulé ses lieux depuis que le clan de la main noire y avait élu domicile n’était autre que Milan. Il était d’ailleurs le seul à avoir eu cet honneur durant ce siècle. Il resterait surement le seul. Mon espèce appréciait particulièrement son éloignement du monde moderne dont seuls les avancées technologiques revêtaient un quelconque intérêt. Je descends les escaliers taillés dans la roche et atteins le sol tendre du domaine. L’herbe est verte et sauvage. J’enlève mes chaussures et les pose sur l’une des marches avant de laisser mes sens inspecter les environs à la recherche de la femme que j’aime.

J’ai salué chaleureusement mes beaux-parents et les membres d’Azgeda croisés à droite et à gauche. Et comme mon espèce est très tactile, cela a duré bien plus longtemps que prévu. Tapes amicales sur l’épaule, accolades, bisous, serrages de mains, embrassades et discussions de routine. Tout ce qu’il fallait pour me faire regretter d’avoir un jour quitté le bercail que constituait ce havre de paix à mes yeux. Les anecdotes amusantes relatant les gaffes d’un frère à l’épée, ou la glissade malencontreuse d’une sœur d’arme au beau milieu d’une patrouille ce qui avait bien évidemment eu le malheur de déclencher un fou rire collectif avertissant par la même la proie de la présence de l’escouade sur ses talons. Ma famille Deatheater n’avait également pas manquée de se plaindre d’Azalea qui leur en foutait plein la tronche à cause de la grossesse et de notre éloignement. Le clan prenait pourtant cela à la rigolade tant le caractère fiévreux et brut de décoffrage de l’héritière n’était un secret pour personne et semblait même être devenu une composante inhérente au clan de la côte ouest. L’entrevue avec Asmodée et Idris avait été plus intimiste mais également par d’autres aspect bien plus sérieuse. Mes beaux-parents m’avaient accueilli comme il l’avaient toujours fait c’est-à-dire avec une affection non feinte et un amour bien parental mais nous avions également abordé des sujets plus graves comme mon combat contre les scientifiques amateurs de mercure de Beacon Hills et les plans que j’avais en tête pour mettre un coup de fouet à ce niveau. Les conseils des dirigeants aguerris de responsables de protecteurs de l’équilibre surnaturel qu’étaient Asmodée et Idris n’étaient pas tombés dans l’oreille d’un sourd et allaient se révéler fort utiles pour la suite. Mais, pour le moment je ne souhaitais qu’une seule et unique chose. Voir mon épouse, retrouver sa chaleur, savourer son rire mélodieux, sentir sa peau sous mes doigts et contempler son visage plus beau que tous les levers de soleil à mes yeux énamourés.

Je suis l’effluve délicate d’Azalea avec mes sens de tigre et me précipite sur la piste. Je ralentis finalement l’allure en la voyant assise contre un arbre. Un grand sourire étire mes lèvres. Je prends le temps de l’observer tandis qu’elle mâche un morceau de pomme. Un geste parfaitement simple et anodin mais qui lorsqu’il était effectué par ma belle dégageait une sensualité innée et un brin de grâce. Incapable de détacher mes yeux de ses lèvres charnelles, je ne remarque pas les deux gardiens passant derrière moi. Roan me salut d’une grande tape dans le dos tandis que Julian gueule à quel point ça fait plaisir de me voir. Je leur dis de baisser d’un ton mais c’est peine perdu. Les salauds ils avaient dû préparé leur coup. Mes lèvres sont pourtant toujours étirées en un grand sourire. C’est dans ces moment-là que l’on sait à quel point ce qui nous manque nous manque. La voix de mon épouse ne tarde pas à s’imprimer dans mon crane et je soupire. Arès ! Qu’est-ce que tu attends pour venir prendre ton épouse dans tes bras ? Je voulais te faire une plus belle surprise que cela. Mais ces deux clowns ont gâché mon moment. Tu comptes rester ruminer ca de là-bas ? Bien sûr que non. Je me vengerais plus tard. Quelques instants plus tard, Je suis calé contre Azalea après avoir déposé un baiser sur son ventre, geste qui ne manque jamais de lui faire lever les yeux au ciel. Je joue avec ses cheveux et dépose des baisers sur son cou. Puis, je trouve le chemin de sa bouche et nos souffles s’entremêlent dans un moment de tendresse absolue. Nous parlons ensuite de tout et de rien tandis que l’après-midi avance. Azalea finit par s’endormir contre moi comme c’est souvent le cas lorsque nous sommes calés ainsi. J’ai parfois l’impression d’être un ours en peluche géant. Je laisse mes pensées dériver tout en contemplant les environs que je connaissais comme ma poche.

Mes souvenirs se portent sur une période de ma vie que je ne pourrais malheureusement jamais oubliée. Le petit garçon est tout seul dans son coin au milieu de la cour de l’orphelinat et regarde les autres jouer avec le ballon en bien piètre état qui anime leurs journées bien plus que les tentatives des adultes chargés de le faire. Le petit garçon regarde le ciel d’un air triste. Comme tous les jours, il espère que sa maman va passer le portail et venir le chercher pour l’emmener loin de ce vieux bâtiment triste. Il répète en boucle quelques mots comme un mantra censément mystique qui va lui assurer l’accomplissement de sa volonté. Unique désir perdu dans un océan de futilités à ses yeux. Mais, le temps passe et il ne se passe rien. Rien de plus que le ballet incessant, monotone et routinier. Celui qu’il regardait depuis des années maintenant. Celui qui faisait de son attente insoutenable quelque chose d’aussi stupide que vain. Terrifié à l’idée de passer toute son existence dans ce cadre tragiquement grisonnant, le gamin reste figé devant l’entrée de l’orphelinat. Jusqu’au moment où ses larmes coulent car il comprend que cette attente est une illusion passablement inutile qui ne verra jamais de fin. Le ballon le percute durement et le fait tomber. Il balaie ses larmes et se retourne sur l’autre garçon venu récupérer la balle. Son petit poing s’écrase sur le nez du joueur de ballon qui n’avait rien demandé. La riposte ne tarde pas et le gamin oublié goute la poussière du sol dans un gémissement. La bagarre continue sous les encouragements des autres orphelins jusqu’au moment où les adultes viennent les séparer comme ils peuvent. Les coupables sont envoyés en salle d’étude ou ils copieront plusieurs centaines de lignes pour leur passer l’envie d’utiliser leurs poings à de telles fins.

Mais, durant la punition le petit garçon décline sa rage et sa haine envers le monde qui l’entoure au lieu de suivre le plan imposé. Il restera jusque tard dans la nuit pendant que les autres punis iront se coucher après avoir mangé. Finalement, il aura copié les lignes demandées jusqu’à en avoir mal à la main. La douleur lui apparait comme une nouvelle amie. Une qui lui permettra d’oublier une autre bien plus forte. Raisonnement légèrement malsain pour un enfant mais cette nuit-là pour la première fois depuis son arrivée dans l’institution, un sourire étira ses lèvres au moment où il ferma les yeux pour s’endormir. Je reviens à la réalité sous le regard inquiet d’Azalea. Mon cœur palpite, mes yeux hagards et ma respiration saccadée. Ma femme me caresse le visage en me demandant ce qu’il se passe et j’inspire une grande goulée d’air frais avant de la serrer fermement contre moi et de lui murmurer : Je crois que tu ne sais pas à quel point tu tiens mon équilibre émotionnel entre tes mains Aza. Celle-ci me réconforte tandis que j’enfonce mon visage dans le creux de son cou.  

L’homme qui se révèle être le même que celui qui m’observait suspicieusement tout à l’heure profite de mon petit différent avec cette satanée machine pour récupérer habilement une bouteille d’eau fraiche. Pas mal du tout, monsieur je vous fixe bien trop longtemps pour être un voyageur lambda. Je ne serais pas contre apprendre cette petite technique qui pourrait sans aucun doute s’avérer très utile pour le voyageur que je n’allais pas manquer de devenir. Qui n’a pas rêvé d’arnaquer le système de la sorte ? Pas moi en tout cas. Je le confesse sans aucun état d’âme. Au prix qu’ils vendent des produits basiques dans les stations d’essences. Et ce pour la simple et unique raison que cette station d’essence se trouve au milieu de nulle part. Je dois bien lui concéder une habileté évidente relativement impressionnante. Un voleur de talent ? Non, pas vraiment. D’une part parce que Robin des bois est mort il y a bien longtemps maintenant et que je fais ici un amalgame évident. Ce n’est pas parce que j’ai les deux pieds dans le crime organisé que le premier mec que je croise sachant se débrouiller avec un distributeur dysfonctionnel en fait également partie. Non, j’ai plutôt affaire à un bon samaritain à mon humble avis. Mais un samaritain avec une attente cachée derrière la tête car son regard de tout à l’heure était bien trop appuyé et insistant pour n’être que l’apanage d’un type un peu trop curieux. Non, il y avait nécessairement anguille sous roche. Je saisis néanmoins la bouteille d’Orangina et le remercie sincèrement pour cette aide inopinée. J’imagine que s’il n’était pas intervenu, je serais en train de secouer ce tas de ferraille dans tous les sens pour obtenir mon dû qui se ferait un malin plaisir de rester coincé à son emplacement pour me narguer davantage. Oui, on peut dire que je lui en devais bien une. Mais d’un autre côté ma mésaventure lui avait permis de rafler une bouteille d’eau alors nous étions d’ores et déjà quitte.

Je laisse le regard de l’homme me détailler longuement ce qui ne fait que confirmer mes soupçons d’anormalité et de connaissance de mon monde par cet individu à l’allure fort sympathique. On m’a toujours dit de me méfier des personnes les plus avenantes car c’étaient parfois ces dernières qui se révélaient être les plus dangereuses. JFK et son grand dessein avorté en est un exemple historique particulièrement parlant. Sous un couvert plus abordable et doucereux que son prédécesseur le président américain avait tenté d’imposer ses vues à des membres de l’Otan. Notamment, la France il me semble. Il avait échoué. Qu’est-ce que l’on ne peut pas savoir grâce aux livres ? Je vous le demande. Mais tout cela pour dire que la méfiance était toujours nécessaire. Ce qui je vous l’accorde est passablement dommage pour les relations humaines mais l’homme est un animal vicieux par nature. Les bonnes personnes ne sont pas la norme mais l’exception. Parole de quelqu’un de parfaitement bien placé pour le savoir. Je détaille l’homme face à moi parallèlement à son investigation oculaire de ma personne mais ne décèle rien de suspect. Il n’a pas la posture d’un chasseur ni celle d’un agent des forces de l’ordre. En fait, il me parait ma foi tout à fait normal.

Pourtant, cette curiosité sur ma personne qui serait bien difficile à remarquer si je n’étais pas un être surnaturel capable de déceler certaines choses sortant de l’ordinaire est la preuve évidente que je ne fais pas face au premier péquin croisé au bord de la route mais bel et bien d’un individu au faite de choses que le reste du monde est bel et bien censé ignorer. Je lui sers chaleureusement la main sans le quitter des yeux et lui adresse même un sourire amical. Je note l’imperceptible mouvement qu’à effectuer son poignet au moment où je lui ai serré la main. Ce qui est étrange car c’est bien lui qui s’est orienté vers ce geste amical et non moi. Je me présente à mon tour : Enchanté Seth. Arès Coleman.
Je reprends ensuite dans un petit rire : Il faudra que tu m’apprennes cette technique. Ça m’éviterait bien des désagréments.

Je me permets de le tutoyer parce que si nous devons prolonger cette inspection réciproque autant le faire autour d’un plat ou d’un café. Je dois avouer que je suis intéressé par ce Seth Grey car je connais bien peu de monde en dehors des chasseurs, des druides et de quelques autres catégories de personnes relativement réduites capables de sentir la présence du surnaturel. Ma méfiance est à son maximum mais j’imagine que je peux tout à fait faire des concessions si mon interlocuteur se montre à même d’en faire également. J’ouvre ensuite ma bouteille et avale plusieurs gorgées rafraichissantes de cette boisson sucrée dont j’étais particulièrement friand. Une idée me vient à l’esprit et je la soumets dans la foulée à Seth : Puis je te remercier de ta sollicitude en t’offrant un donuts ? Je ne sais pas toi mais je ne cracherais pas sur un amas de sucre.
La réponse positive de Seth me fait esquisser un sourire et nous nous dirigeons vers le petit restaurant de la station. Une fois installés à une table nous commandons de quoi aggraver notre taux de cholestérol ou nous coller un diabète. Ce qui pour ma part est un détail puisque mes capacités régénératives étoufferaient la maladie dans l’œuf.                                                  

   
(c) crackle bones

     



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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Mar 21 Juin - 18:41



Traverser les épreuves

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Le sable voltige au grès du vent et vient fouetter mon visage, c’est incroyable que l’endroit puisse être si désertique alors qu’il juxtapose San Diego. D’ailleurs depuis la salle de « rendez-vous » je peux distinguer la barrière qui sépare les deux villes. Elle s’étend sur toute la frontière et impossible de la traverser si on n’a pas les papiers nécessaires, la police locale est présente sur toute sa longueur. Dire que l’entièreté de la frontière Mexico-américaine risque d’être couverte par une barrière encore plus imposante que celle-ci si on élit le mauvais type. Je me retourne au grincement de la porte en bois, Luiz se tient droit devant moi, les bras ouverts et le même sourire toujours scotché à ses lèvres.
« Chico ! Te voilà ! On n’attendait plus que toi ! » dit-il tout en s’approchant de moi

Il me donne un léger coup de poing dans le ventre.
« Alors prêt à tout défoncer ? »

« - O… Ouais Luiz »

En vérité, je ne savais pas du tout dans quoi je m’embarquais, je n’avais pas même essayé d’y réfléchir, pour moi, lui dire oui était juste une méthode simple pour accéder à la violence. Sa main se pose sur mon épaule et est dégagé une seconde après par un mouvement de recul. Il me regarde d’un air incompréhensif puis me demande de le suivre. Je m’exécute et arrive dans le hall du bâtiment, le plafond manque à moitié de s’écrouler et les murs semblent être là depuis des siècles mais je me fous royalement du décor, je veux démarrer le plus vite possible. Il se dirige vers ce qui semble être la salle centrale, il pousse les portes battantes et je découvre une gigantesque pièce, un immense tatami recouvre une bonne partie du sol, plusieurs haltères et autre matériel de musculation est regroupé au fond de la salle. Un gars sort d’une pièce annexe, il est torse nu les deux points entourés de simples bandages blanc et à ma vue un sourire malicieux se dessine sur son visage.
« Ah ! Voilà mes deux champions réunis ! Juan je te présente … je te présente euh… d’ailleurs chico c’est quoi ton nom ? » m’interroge-t-il en tournant la tête vers moi
« -Seth »  

Après une petite moue il reprend son discours.
« Alors Seth voici Juan, le plus grand freefighteur de tout le Mexique ! Il va t’apprendre les meilleures techniques et tout ce qu’il faut savoir pour te battre comme un chef. »

Luiz doit être le mec le plus euphorique que j’ai jamais rencontré, j’ai l’impression que tout ce qui sort de sa bouche finit amplifié. Enfin ça m’est égal si ça me permet de vaincre mon véritable adversaire. Je fixe alors le mexicain qui me tend la main. Le type doit me dépasser d’une tête et son corps est plus blindé que celui d’un taureau, tous ses muscles ressortent comme s’ils auraient été gonflés à l’hélium, ses pectoraux rendraient certaines femmes jalouses et ses bras pourraient briser des cous comme je casse un cure-dent. En bref, je ne sais pas si j’ai réellement envie de plonger ma main au creux de la sienne sans parler du fait que ce sera sûrement avec lui que je devrais m’entraîner. Je ravale ma salive et lui serre la main tout en le saluant d’un léger hochement de tête. Finalement c’est plus le contact de sa peau contre la mienne qui me gêne plutôt que sa poigne qu’il ménage évidemment.
« Ne te fie pas à son allure, de toute façon dans notre sport, la force de ton corps ne va pas déterminer l’issue de ton combat. » reprend Luiz

« -Il a pas tort mais c’est pas non plus un sport pour les crevettes. Allez suis-moi, y est temps qu’on s’y mette» rajoute le grand

Le meuble vivant a un accent beaucoup moins marqué que son collègue mais une voix aussi beaucoup plus ferme. Il me mène jusqu’à ce qui semble être les vestiaires dans lesquels il me balance un sac. Je l’ouvre et y découvre tout un tas de matériel, le même bandage qu’il porte, une coque, un protège-dents et un casque.
« Enfile ça et rejoins-moi dans la grande salle »

Je m’habille et réalise que finalement je m’étais imaginé bien pire, je ne comprends toujours pas pourquoi Luiz m’a choisi moi mais disons juste que c’était un coup de chance. Une fois habillé comme il faut, je repars dans la salle où il y avait le tatami. Luiz est assis sur un banc sur le côté, il dévore un hamburger et est plongé dans un magazine érotique. Je lève les yeux au ciel et me place devant le dénommé Juan.
« Bon première règle : je suis pas un entraîneur pour enfants, je t’apprendrai pas les bases juste des techniques qui te sauveront peut-être la vie ou qui feront de toi une pompe à fric pour le gros là-bas. » dit-il en montrant Luiz d’un coup de tête

Luiz ne daigne même pas relever la tête il se contente juste de lever son majeur droit puis reprend sa douce lecture.
« Deuxième règle : Y a aucune règle au freefight tout est autorisé, c’est pour ça qu’il est interdit, en bref, pas de pitié sinon c’est toi qui va te retrouver avec les os brisés.
Et troisième règle : Tu t’appliques et tu fais exactement ce que je te dis de faire. Je t’entraîne parce qu’il me paye pour ça, j’ai un pourcentage si t’arrives à gagner des matchs. »

Il soupire puis me fais signe de le suivre à nouveau, on arrive dans une nouvelle pièce, des sacs de sable sont disposés un peu partout et au centre un ring de boxe domine l’endroit. Il ramasse deux gants en mousse au pied de l’un des sacs, me les lance puis me dit :
« Vas-y tape. »

Et là je me rends finalement compte que je ne me suis jamais vraiment battu. Etant jeune je vivais à la campagne avec ma famille et en grandissant le peu de contact que j’avais avec les gens m’avaient évité toute sorte d’animosité. Au final, la seule expérience que j’ai des combats c’est celle que j’ai acquis en observant les ivrognes un peu trop agressif dans la rue. Je resserre mon poing, élance mon épaule droite. Le coup ne m’avait l’air pas trop mal lancé mais au contact mon poing est trop incliné et le gant dérape. Le sac de sable ne bouge pas d’un millimètre.
Juan lève ses sourcils puis me lance :
« Sérieusement ?»

Je me sens complétement pathétique mais bon on va dire qu’il faut un début à tout.
« A ce point-là… » rajoute-t-il désespéré

Je me contente de hausser les épaules et de le regarder comme si je voulais attirer sa pitié. Il lâche un soupire exagéré puis vient à côté de moi. Il me montre la phalange des doigts qui se situent juste au-dessus de la paume.
« C’est avec ça que tu frappes ! Allez enchaîne ! »

La voix du gars s’échauffe alors je m’applique et je me concentre sur le positionnement de mes mains. Cette fois, j’élance l’épaule gauche et mon poing vient se planter dans le sac de sable qui daigne vaciller.
« Mets plus de force ! »

Je retente la chose donc avec plus de puissance, le sac tangue un peu plus mais Juan n’attend pas.
« Encore. T’arrête pas, t’es pas un enfant. »

Mes poings viennent alors s’enfoncer et claquer contre le cuir au son de la voix de mon pseudo-entraîneur.
« T’es trop lent.»

Juan perd visiblement patience devant mon incompétence, le gouffre qui sépare nos niveaux ne lui est certainement pas appréciable. J’enchaîne les coups, il devient cette fois silencieux. Puis il m’interrompt en mettant son bras devant moi.
« Allez maintenant, frappe moi. »

Je le regarde surpris, cogner du cuir c’est autre chose que de frapper un homme. Mais je dois le faire, je n’ai pas le choix, les contacts sans retenu c’est pourquoi je veux faire ce sport. Je porte un coup du droit, pile devant moi, dans ses abdos. Je récupère mon poing qui a finalement juste effleuré de l’air. Juan est de profil, un sourire narquois sur son visage. Alors c’est ça, il veut juste que j’arrive à le toucher. J’envoie deux coups plus rapides qui reviennent tous deux bredouilles. J’enchaîne ensuite, en tentant de varier mes attaques mais rien ne réussit.
« Plus rapide » finit-il par ajouter à chacun de mes coups

Mais la seule chose qui accélère c’est les battements de mon cœur, la fatigue commence à se faire sentir, j’étouffe déjà. Je finis par répondre sous son regard insistant.
« Je peux pas aller plus vite. »

« -Alors enlève tes poids. »

Les sourcils froncés, je réfléchis à ce qu’il me dit puis défais mes gants et les laisse tomber au sol.
« Ah bah voilà maintenant en position ! Un pied en arrière, le torse légèrement de profil, les poings l’un devant l’autre. Frappe et ne t’arrête que quand tu m’auras touché. »

Je m’exécute, imite la position qu’il me dicte du mieux que je peux et recommence à porter mes coups. Cette fois l’exercice est moins contraignant, le poids des gants en moins, mes poings vont plus vites, je peux donc mieux enchaîner mes attaques. Au bout de cinq minutes, un crac m’annonce que ma frénésie aurait fini par payer. La douleur qui s’en suit confirme les faits, mon poing gauche s’est écrasé contre son bras. Je lâche un petit cri de douleur et secoue ma main.
« C’est ça le freefight, la douleur ça va devenir ton quotidien si tu persistes là-dedans. Les fractures, les contusions, les comas, rien ne doit t’effrayer plus que la défaite, c’est toi ou ton adversaire. C’est de la survie alors ne retiens surtout pas tes coups. »

Il me tourne le dos puis m’annonce :
«  C’est tout pour aujourd’hui, demain même heure. »

Son discours a de quoi faire réfléchir, je n’avais pas du tout l’envie de finir à l’hôpital et cogner des mecs pour me faire du fric ça paraissait absurde pour quelqu’un qui allait bientôt être agent fédéral.



Je reprends mes esprits quand l’homme en face de moi prononce son nom. J’ai donc affaire à un certain Arès. Etrange de donner à son enfant le nom du dieu de la guerre. Enfin, ce n’est pas un sujet que je devrais aborder alors que le mien est celui de la personnification de la mort égyptienne. Je caresse mon poing droit comme s’il était endolori puis regarde fixement les yeux de ma nouvelle connaissance comme pour revoir l’éclat que j’y avais vu un peu plus tôt.
« Il faudra que tu m’apprennes cette technique. Ça m’éviterait bien des désagréments. »

Son tutoiement rapide me surprend mais ne me dérange pas, au plus cette conversation durera au plus j’en apprendrai sur le personnage.
« Pas de soucis, je te montrerai. »

Quand je repense au passé, tout paraît si absurde même un vouvoiement était une épreuve pour moi, c’est pathétique.
« Puis je te remercier de ta sollicitude en t’offrant un donuts ? Je ne sais pas toi mais je ne cracherais pas sur un amas de sucre. »

« Avec plaisir, je dois avouer qu’une petite pâtisserie serait la bienvenue. »

Il sourit à ma réponse et entre dans le restaurant, je le suis et m’assois en face de lui. A peine ai-je enlevé ma veste qu’une serveuse arrive et nous demande ce que nous prendrons.
« Un double café et des pancakes pour moi s’il vous plaît. »

L’objet de mon désir arrive et j’entame la conversation avec Arès.
« Alors qu’est-ce que tu fais dans le coin, tu viens de LA toi aussi ? »

Je verse un long filet de jus d’érable sur mes crêpes et y plante ma fourchette. Je profite de ce petit réconfort sucré, une entorse dans mon régime ne va pas me tuer mais va surtout me faire un sacré bien.
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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Lun 4 Juil - 18:38


     

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Traverser les épreuves




     
La réponse amicale de l’inconnu un peu trop curieux pour son propre bien parvient aisément à m’arracher un sourire simplement sincère et aux antipodes de l’être taciturne et renfrogné que je suis ou du moins que j’avais toujours été. Le masque impassible du guerrier silencieux avait volé en éclat après la chute et toute la souffrance qu’elle avait pu me causer. La guérison progressive m’avait semblé presque miraculeuse tant le contraste entre la douleur sans fin et le rétablissement était puissant. Cette épreuve qui avait été la plus grande que le gardien que j’étais pouvait traverser avait réussie à me changer. Pas complètement fort heureusement à mon gout. Seulement, ma vision pessimiste et sombre du monde qui m’entourait avait peu à peu laisser la place à une autre infiniment plus colorée et moins morne. Ainsi, des sourires et des éclats de rire pouvaient de temps en temps percer ma carapace, reflet d’une nature profonde aussi mélancolique que sinistre. Une carapace tenant plus de l’armure fabriquée de toute pièce par un orphelin complètement désabusé et profondément méfiant que de la mutation naturelle d’un caractère solitaire. Certaines choses avaient changé, non tant de choses avaient changées pourtant certaines s’étaient avérés immuables. Comme si ce que j’avais créé pour me protéger émotionnellement à une époque apparaissant aujourd’hui comme reculée avait fini par prendre le dessus sur ce que je pouvais être réellement au fond de moi-même. Nous sommes des créatures routinières. Il n’y a donc strictement rien d’étonnant à ce qu’une telle chose me soit arrivé.

Carapace ou non, je me suis toujours senti très bien ainsi alors pourquoi aurais-je eu ne serait-ce que l’idée de changer. Je n’ai jamais eu l’insouciance de Jason, ni la sagesse précoce de Malaki et encore moins la profondeur de cœur de Milan. Je suis juste celui que je suis et malgré certaines de mes actions plus que discutables, je ne me suis jamais remis en question. Or, bien plus que la chute et ses conséquences. Mon mariage et la perspective de ma paternité avait chamboulé toutes mes certitudes sur ma personne. D’ailleurs, la gardienne que j’avais épousé était bien la seule personne capable de ma chambouler. Lorsque j’étais près d’elle, je me sentais toujours très bien. Comme si tous les nuages du monde aussi sombres puissent ils être ne pouvaient strictement rien faire face à la sensation de plénitude qui était la composante de mon ciel intérieur quand mon épouse était dans mes bras ou dans les parages. Avec elle, il n’y avait pas de faux semblant, pas de barrière de protection, pas de peur d’être déçu ni aucune autre chose pouvant m’empêcher de me livrer entièrement à une personne. J’avais l’impression d’être nu ou mis à nu mais loin de me gêner, cela me rendait légèrement euphorique et c’est ainsi que ma bonne humeur s’étirait dans le temps à chaque retour à Beacon Hills. Nom de nom, si je poursuivais sur ce chemin de bonheur intégral, me perdrais je complètement ? Tss, aucune chance. Je ne réserve la partie la plus intime de mon être que pour les personnes le méritant vraiment et ces dernières se comptaient aisément sur les doigts de la main.  Malgré, les apparences je ne suis pas homme à confier sa confiance au premier venu. Nous nous dirigeons vers le petit restaurant de la station d’un pas nonchalant et je laisse mon regard dériver dans les moindres recoins de l’établissement.

L’endroit est bien rempli quoi que pas assez pour être bondé. La vendeuse de la boutique sirote un café depuis son siège et vu ses traits ce n’est certainement pas le premier de la journée. Des enfants courent dans tous les sens sous le regard courroucé de leurs parents. Un homme d’un certain âge exaspère la file d’attente en cherchant le montant exact de la somme du. Un employé assez jeune passe la serpillère au fin fond du bâtiment. Le flux des voyageurs ne se tarit pas dans la station et je me doute que le propriétaire doit être satisfait du chiffre d’affaire.  A l’extérieur, une berline se gare tranquillement tandis qu’un quatre quatre démarre et rejoint l’autoroute à la vitesse réglementaire. Cette brève mais pointilleuse inspection générale m’apprend qu’il n’y a définitivement rien de suspect sur les lieux. Ainsi, Seth n’est pas un chasseur accompagné d’une équipe et il ne m’a pas l’air d’un chasseur tout court. J’en ai déjà vu un certain nombre et quelque chose dans son regard me pousse à penser que ce n’est pas le cas. Bien sûr, un chasseur ne gueulerait pas sur tous les toits qu’il en est un surtout quand un surnaturel se trouve dans les parages néanmoins prudence est mère de sureté comme le dit l’adage. Mon arrogante insouciance face au danger n’est plus vraiment aussi élevée qu’avant. Pour une seule et unique raison, je ne tiens pas à crever de manière passablement stupide ni aujourd’hui, ni demain. J’ai désormais des raisons de savourer mon existence à sa juste valeur. Alors jouer les casse cous suicidaires sans limites ne me tente plus autant qu’avant.

Cependant, je suis un guerrier d’élite alors la plupart des dangers restent des broutilles superficielles à mes yeux. Je m’installe sur une petite banquette confortable et Seth fait de même face à moi avant d’enlever sa veste pour se mettre à l’aise. Je l’imite bien vite et retire mon cuir que je dépose à côté de moi. Seth commande un double café et des pancakes. Pour ma part, je commande des œufs au plat avec du bacon et un cappuccino. Oui, je sais bien que l’on est loin de la pâtisserie ici mais j’ai finalement une petite préférence pour du salé. Je me contente d’un haussement d’épaule nonchalant et d’un léger sourire devant le regard interrogatif et amusé de Seth. Oui, je sais que je parlais de donuts mais l’odeur de bacon grillé flottant dans l’air m’a fait changer de bord. Nous attendons en silence nos commandes respectives et je m’étire les bras en sentant une certaine raideur dans ces derniers. Surement dû à la longueur de la route et au fait d’être resté assis longtemps. Ce n’est pas que le rover ne soit pas confortable bien au contraire mais l’immobilité n’a pas que des vertus. Lorsque je laisse de nouveau mes bras se poser sur la table devant nous. Je plonge dans une série de souvenirs. Les souvenirs d’une époque où les raideurs musculaires étaient les affres d’un quotidien de souffrance et de douleur ayant eu vocation à faire de moi le combattant émérite que je suis aujourd’hui.  

9ans plus tôt. Domaine d’Azgeda.  
Je me tortille dans mon sommeil et tire la couverture en laine sur moi-même. Un seau d’eau glacé me cueille en plein visage et ruisselle sur mon visage avant de s’égoutter sur mon lit de camp. Le confort de la chambre des élus est rudimentaire voire carrément spartiate à côté du reste du repaire comme pour marquer le fait que le chemin sera long avant de jouir pleinement des avantages du statut de gardien à la fumée. Je n’ai pas besoin de me retourner pour savoir qui a allumé la lumière et m’a jeté cette flotte à la gueule alors que les premières lueurs de l’aube sont encore loin. Je le fais pourtant et admire le visage gracieux et parfait de ma créatrice devenue par la force des choses mon mentor. Son sourire moqueur m’agace au plus haut point et pourtant je ne trouve pas la force de lui en vouloir, surtout quand elle se tient là à quelques pas de mon lit en tenue de combat, les yeux pétillants de malice et d’espièglerie. Lorsque, je la vois ainsi il est plus aisé de me rappeler qu’elle n’a que trois ans de plus que moi. Car, lorsqu’elle m’entraine j’ai l’impression d’être un mioche à peine sevré en train de faire face à vétéran endurci par des années de conflits.

Je sais bien que j’ai le sommeil profond et qu’il m’arrive souvent de me pointer en retard à l’entrainement ou plutôt m’arrivait. Azalea s’est fait un point d’honneur à m’arroser chaque matin depuis les six dernières semaines. Mon entrainement a commencé il y a trois mois et j’ai l’impression de connaitre l’avant-gout de l’enfer. La perdition comme l’appelle les membres du clan constitue l’apprentissage des élus. Roan ne réveillait pas Trey à coups de seau d’eau lui. Bon d’accord, Trey ne s’est jamais pointé en retard sur le terrain d’entrainement. Mais, ce mec était un futur champion de football américain. Moi, j’étais plutôt du genre à zoner de vingt heures à deux heures du matin. Faire le mur pour rentrer en douce à l’orphelinat et ne me pointer en cours qu’à midi. Tout en ayant des notes convenables au grand dam de mes professeurs. Je pousse un soupir qui entraine un grand sourire sur les lèvres de l’héritière et je me lève rapidement. Azalea s’éclipse tandis que je fais une toilette sommaire avant de m’équiper. Je descends ensuite à l’armurerie et choisis une lame élégante et puissante parfaitement adapté à mon statut de novice. Lorsque je quitte le réseau de grotte et atteins le terrain d’entrainement sableux, une bourrasque d’air frais me frappe de plein fouet et je savoure le contact du vent sur ma peau. Je cherche mon mentor du regard mais ne la trouve pas alors je me tiens sur mes gardes et tends l’oreille.

Une bourrasque projette du sable devant mes yeux et je les ferme par reflexe. Un coup de pommeau me cueille par surprise et je peste tandis que ma créatrice me rappelle la règle de ne jamais relâcher son attention car le danger peut surgir de n’importe où. Le combat s’engage lorsque je lève ma lame pour la frapper de front. Le ballet martial débute sans temps mort et les lames s’entrechoquent alors que les ténèbres de la nuit se dissipe autour de nous. Je tente de toucher ma créatrice à de multiples reprises mais échoue à chacune. Mon style de combat est agressif car j’essaie de mettre mon avantage physique à contribution alors même que je sais pertinemment que sa puissance surnaturelle le compense amplement et que le petit brin de femme maniant sa lame avec maitrise et dextérité comme si elle était née avec ou s’il s’agissait de l’extension naturelle de son bras pourrait m’écraser comme un moucheron sous son talon. Bien vite, je me fatigue car la colère n’est pas une bonne alliée dans un combat réclamant de la maitrise, de l’attention et du doigté. Je n’ai aucune chance de vaincre un tel adversaire mais si j’arrive à ne pas manger la poussière aujourd’hui, je serais immensément fier de moi. Bam, l’enchainement d’Azalea m’a pris de court et ma lame vole à plusieurs mètres tandis que je m’étale lamentablement sur le sol. Une série de conseils plus tard, je récupère ma lame et reprends le combat avec la même ardeur mais en appliquant les directives dispensées. Cette fois, je ne laisse pas la colère de mes innombrables échecs précédents prendre le dessus et livre une prestation plus décente mais finis la tête dans le sable malgré tout.

Loin de m’en formaliser une fois de plus, je me relève et repars à l’assaut sans broncher tandis que les premières lueurs du jour commencent à éclairer le ciel matinal. Cette fois et comme c’est souvent le cas lors du dernier assaut, ma créatrice ne retient plus ses coups et les protections sommaires de ma tenue de combat n’empêche pas mon sang de couler. Je feinte à gauche et parviens à décocher un coup de pommeau dans sa mâchoire. Le sourire de l’héritière et la fierté dans son regard m’arrache une jubilation intérieure de courte durée puisqu’ un balayage latéral de mes jambes me fait chuter et que ma lame finit dans la main libre de la lionne d’Azgeda avant que cette dernière ne colle les deux sur ma gorge dans un croisement parfait. Nos regards se croisent et je ne peux m’empêcher de faire le guignol malgré ma défaite cuisante toujours aussi humiliante à mes yeux malgré mon statut d’élève. Je lui lance : Tu t’améliores de jour en jour Azalea. Je suis impressionné.

Un petit rire mélodieux s’échappe des lèvres de ma créatrice et mon sourire s’élargit lentement. Entendre ce rire vaut presque la peine de morfler chaque jour depuis ma foutue transformation. La renaissance dans la mort comme le veut la tradition. Celle-ci me répond après un soupir navré : J’aimerais pouvoir en dire autant de toi dieu de la guerre. C’est à mon tour de rire de sa réflexion. C’est clair qu’avec un prénom pareil, on aurait dû s’attendre à un fils prodige. Malheureusement, je ne suis qu’un élu immaculé de quelques mois. Je réponds sans me départir de mon petit sourire en coin : Bah, j’ai un très bel angle de vue d’ici. Azalea me fait un clin d’œil aguicheur avant de répondre : Tu crois que te montrer flatteur me fera me montrer plus douce. Je réponds en traçant un motif dans le sable : Non, mais bouffer la poussière sous les coups d’une créature aussi sublime ne saurait être une défaite humiliante. Mon mentor me tend le bras pour m’aider à me relever et tandis que je le saisis me répond : Tu as du en briser des cœurs.  Une fois de nouveau sur pied, je me débarrasse de la poussière tapissant mes vêtements et lui dis : Tu n’as pas idée.

Une fois dépoussiéré, je plante ma lame dans le sol et me prépare pour la suite de l’entrainement. Azalea me dit de faire trois fois le tour du domaine en footing comme d’habitude en somme pendant qu’elle va tranquillement se remplir la panse. Je m’apprête à m’élancer mais l’arrivée de Trey me pousse à prendre racine. Le second élu d’Azgeda est rapidement devenu un ami. En même temps, nous passons par les mêmes épreuves. On se réveille aux mêmes horaires et se couche fourbus et brisés au même moment. Celui-ci se moque gentiment de moi et je lui lance quelques piques concernant ses propres difficultés dans d’autres domaines. Son regard dérive jusqu’à mon arme et je la sors du sol au moment où la sienne fend l’air. Un sourire de joie pure étire lentement mes lèvres. Trey est à mon niveau et nous avons à peu près les mêmes capacités alors ce duel est équitable contrairement à nos entrainements respectifs ayant pour but de nous faire savourer le pire du pire et à terme de nous transformer en machine de guerre capable de rire devant le moindre danger. Nos lames s’entrechoquent à un rythme régulier dans un ballet équilibré. J’esquive un coup d’estoc et lui envoie un coup de coude dans le nez qui le fait reculer.

Je frôle sa tête de ma lame et parviens même à le faire reculer sur plusieurs pas avant qu’il ne bloque habilement mon attaque et ne décoche une droite dans ma mâchoire. Nous  nous tournons autour tandis que des membres du clan tout juste réveillé viennent admirer le duel. Deux autres échanges suivent le premier sans que nous ne parvenions à nous départager. Soudain, Trey se fait balayer les jambes et Roan pointe sa propre lame sur sa gorge. Pour ma part, un coup sur ma main fait glisser la lame à mes pieds tandis qu’une clé de bras m’immobilise et qu’une lame effilée ne caresse ma propre gorge. Douze tours du domaine plus tard effectué en compagnie de mon frère, nous revenons fourbus de cette matinée. J’halète comme un nouveau-né. Je tente de mémoriser les caractéristiques de chaque espèce surnaturelle répertoriée dans le grand grimoire le plus rapidement et le plus efficacement possible mais je ne dispose que de quinze minutes pour se faire.

Les coups de bâtons pleuvent sur mon dos lorsque je me trompe ou que j’oublie certains points lors de l’interrogation. C’est stupide car si on me laissait le foutu temps nécessaire, je suis persuadé que je retiendrais tout très facilement. Mais, mon mentor m’a dit que c’est pour stimuler la mémoire d’urgence et avoir toujours le cerveau prêt à enregistrer des informations capitales. De la connerie ouais. Bam, le bâton cingle mon dos nu. Comment est-ce que je suis censé me souvenir que les kitsunes ont plusieurs queues ? Saletés de renards, ils ne peuvent jamais rien faire comme tout le monde. Je progresse pourtant lentement mais surement dans cette torture pardon cet exercice. Je reçois moitié moins de coups que lors des premières semaines. La pluie rend les bois bien difficiles à arpenter. Les traces s’effacent trop rapidement ou le sont déjà. L’eau gène grandement la visibilité et la pluie ruisselle sur mon visage. Pourtant, tout n’est pas perdu grâce à mes sens de surnaturel. Je peux pister les infimes traces olfactives restantes dans l’air. Le tigre est en chasse et cette fois je vais tout faire pour qu’il attrape sa proie. Hors de question de rentrer bredouille une nouvelle fois. Un bruissement de feuille sur mon flanc gauche attire immédiatement mon attention et je m’élance à toute allure. J’esquive une droite de ma créatrice et décoche un coup de genou qu’elle dévie facilement de son propre genou.

Puis, je reçois un coup de coude dans le menton avant de reculer sous une avalanche de coup de pieds que je pare de mes avants bras avant d’esquiver le retourner sauter. Je saisis sa jambe en plein vol pour la coincer sous mon bras. Mais, elle s’approche de moi comme si elle effectuait un simple abdo avant de m’envoyer un coup de boule monumental. Je la lâche et peste avant d’esquiver un direct et de lui coller une série de coups de poings dans le ventre. Puis, je lui fais un balayage qui la fait basculer mais elle me saisit violement et me fait tomber avec elle. Nous roulons sur quelques mètres avant qu’elle n’ait le dessus et ne maintienne mes bras au-dessus de ma tête avec un sourire victorieux. Je lui fais signe d’approcher d’un petit mouvement de tête et lui envoie un coup de boule lorsqu’elle est suffisamment proche. A son tour de pester. Un partout. Mes yeux sont bandés par un tissu et je me trouve au milieu de nulle part. Je vais devoir mettre tous mes sens à contribution pour retrouver le chemin du repaire. Nom d’un chien, j’espère qu’il restera de la bouffe à mon retour. Hors de question que je me couche en crevant la dalle ! Bam, je me mange un tronc d’arbre et me lance dans une série de jurons plus créatifs les uns que les autres.

Je suis debout au milieu du terrain d’entrainement et le clan se trouve devant moi. Chaque gardien d’Azgeda tient une arme de jet et je ne dois pas bouger d’un centimètre mais les parer avant qu’elles ne me transpercent purement et simplement comme une vulgaire biche. Je ne suis pas fan du style Bambi. Finir en brochette humaine n’a jamais fait partie de mes plans d’avenir. Le javelot fend l’air et je le saisis au vol une seconde avant qu’il ne se fiche dans ma tête puis je le brise sur mon genou et attends la prochaine salve avec un sourire narquois. C’est le grand soir, je suis tendu comme un arc. Trey a déjà passé son épreuve finale et est donc devenu un membre du clan avant moi. Je dois confesser que je suis relativement jaloux. Mais, bon c’est à mon tour désormais de faire honneur à mon mentor lors de cette nuit qui risque d’être éprouvante. Si, je survis à cette nuit je serais un gardien à la fumée à part entière. Ces longs mois de souffrance qu’ont été la perdition touchent à leur terme. Je quitte le repaire, tout le clan sur les talons et me tourne vers eux. J’observe mes futurs chefs, mes futurs frères et sœurs de clan et m’élance. J’ai quinze minutes avant que la traque ne commence. Je sais exactement ce que je vais faire. Je vais devoir la jouer serré. Je fonce à travers les bois et laisse mes griffes pousser pour me faire saigner puis je laisse mon sang tracer une piste. J’en fais plusieurs avant que ma plaie ne se referme. Puis, je laisse mon effluve embaumer tout le chemin en faisant bien exprès de décrire un parcours erratique avant de me rouler dans de la terre et dans la maigre flaque d’eau se trouvant non loin. La terre devient boue et j’en étale sur tout mon corps. Le cri de guerre m’indique que mon clan s’est jeté à ma poursuite.

Le lendemain matin, je sors de la remise du repaire dans laquelle je venais de passer la nuit après être parvenu à déjouer la vigilance des membres lancés à ma recherche. Je n’ai pas osé pousser le bouchon au point de m’installer confortablement dans un canapé, un verre de tequila dans une main et un livre dans l’autre. Une bonne partie d’Azgeda est en train de rentrer et j’éclate de rire devant leurs mines dépitées. Idris et Asmodée me fixent longuement et je crains d’avoir échoué en raison de ma stratégie. Est-ce de la triche mais bien vite les leaders éclatent de rire et la tension chute en flèche. Les cris de joies fusent et mon nom résonnent entre les murs. Arès d’Azgeda. Que cet homme soit un chasseur très doué ou quelqu’un voulant ma peau, je m’en moque. La perdition a fait de moi un guerrier.  

Nos commandes arrivent et je saisis la question de mon interlocuteur juste avant de sourire en balayant mes souvenirs de cette formation exigeante. Je reporte mon attention sur Seth tout en humant l’odeur du bacon grillé et des œufs au plat. J’en ai littéralement l’eau à la bouche. Je lui réponds dans la foulée : Je rendais visite à de la famille. Cela fait toujours du bien de revoir des êtres chers. Ça donne de la force et permet de ne pas oublier ce qu’il y a d’important dans la vie. Non, je ne suis pas de LA mais de Seattle à l’origine. Et toi qu’est-ce que tu fais dans le coin à part aider les inconnus à récupérer leurs dus dans des machines récalcitrantes ?
Je saisis mes couverts et découpe une part de bacon avant de la porter à mes lèvres et de savourer la viande grillée. Puis, je bois une gorgée de capuccino. Un capuccino qui se révèle plutôt bon pour celui d’une station essence.
 
(c) crackle bones

     



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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Dim 17 Juil - 23:39



Traverser les épreuves

feat. Arès Kye Coleman



Je dévore mon plat et réalise que mon estomac ne supporte finalement pas très bien les longs trajets. Je jette un regard à mon interlocuteur entre chaque bouchée, il est le premier homme avec qui je discute depuis mon retour du Mexique alors je me concentre pour ne pas laisser mes mauvaises manières reprendre le dessus. Néanmoins, il n’est pas difficile de s’apercevoir que nous restons tous deux méfiants l’un de l’autre. Les sujets restent basiques et nos regards ne se croisent que lorsque l’un de nous prend la parole.
« Je rendais visite à de la famille. Cela fait toujours du bien de revoir des êtres chers. Ça donne de la force et permet de ne pas oublier ce qu’il y a d’important dans la vie. Non, je ne suis pas de LA mais de Seattle à l’origine. Et toi qu’est-ce que tu fais dans le coin à part aider les inconnus à récupérer leurs dus dans des machines récalcitrantes ? »

A défaut de communiquer avec les gens, j’appréciais boire mon café matinal au bord d’une terrasse et tenter de déceler la véritable identité des passants dans la rue. Sans surprise, j’étais donc devenu l’un des meilleurs étudiants en matière de traçage psychologique à Quantico. Mais malgré cette éducation et mon expérience d’observateur certains individus arrivent toujours à me laisser perplexe quant à leur véritable nature. Avant de répondre à la question de mon interlocuteur je veux être sûr de pouvoir me fier à lui. J’ai beau fixer ses yeux, la lueur bleue perçante que j’ai aperçue à l’extérieur a définitivement laissé place à un noir profond et impassible. Cependant, la façon dont il se tient, le dos droit, le regard à l’affût, la voix posée, les manières strictes et la musculature développé me laissent fortement penser qu’il a eu droit à une éducation militaire. D’ailleurs je viens de remarquer que j’avais laissé mon arme dans la voiture, pas très malin, d’habitude je ne lâche jamais mon bon vieux Beretta. Je reprends mon inspection, je remarque qu’il ne porte aucune plaque autour de son cou, c’est pourtant l’emblème d’un militaire fier de protéger sa nation. Finalement ma rencontre promet bien des mystères. Je vais me couvrir pour le moment, je ne connais rien de lui et rien ne me dit qu’il n’est pas un très bon menteur. Je ne sais même pas pourquoi j’ai donné mon vrai nom, une intuition peut-être.
« Je viens de Los Angeles, je suis en fac de sciences. Je pars pour Tijuana y passer quelques semaines de vacances bien méritées. »
Bon ce n’était pas totalement faux bien que Tijuana serait bien ma dernière destination de vacances après ce qui s’est passé.



Je quitte le tarmac et rejoins la salle pour mon deuxième mois d’entraînement, il ne me reste qu’un mois et je devrais quitter le Mexique pour commencer ma formation à Quantico. J’ai la mâchoire endolorie et le torse rempli de contusions mais rien d’alarmant, mes entraînements vont être plus intenses cette semaine, samedi je vais faire mon premier match à paris et Luiz compte bien s’y remplir les poches. Je fonce aux vestiaires et salue Luiz qui va regarder toute la séance. J’entre dans la salle de combat, les poings bandés, le torse nu avec juste un short et des baskets comme protection. Juan arrive, me sert la main et se place dans un coin du ring. Chaque combat est différent il travaille mes faiblesses, améliore mes forces et me rend plus rapide, plus puissant, m’apprend à différencier les phases d’attaque et de défense, les esquives et différentes contre-attaques. A chaque fois que le gong retentit, nous entamons une danse sur le béton froid. Commence alors la phase d’observation et de réflexion, je me demande alors quelle tactique aborder, par quels points dois-je commencer l’attaque, à quel moment me défendre. Il lance l’offensive, avance d’un pas et nous sommes à portée l’un de l’autre, il élance son poing droit je le bloque de l’avant-bras mais il enchaîne directement avec un uppercut que je ne peux esquiver, mon nez décolle et je me retrouve collé aux cordes. Je suis à présent sonné et une cascade de sang s’écoule de mon nez mais s’il arrive à me coincer contre les cordes il me fera subir bien pire. Juan ne se retient pas, recevoir les coups d’un champion de son envergure me fait souffrir comme jamais mais c’est exactement ce que je cherchais surpasser mes limites physiques, connaître autant la souffrance physique que la souffrance mentale. Je le vois s’approcher et le repousse d’un side-kick dans le torse. Je me redresse, il faut que je passe à l’attaque rapidement, viser les organes et les points sensibles. Mon poids et ma taille inférieurs me rendent plus rapide et plus agile que lui. Il suffit d’un coup bien placé pour prendre l’avantage. Deux pas, j’esquive son poing gauche et lui donne deux poings rapides dans la ceinture abdominale. Je me prends un coup de genou dans le flan, il me saisit le cou du bras droit et frappe deux fois dans mon ventre. Je crâche du sang, il faut que j’agisse rapidement si je ne veux pas finir à l’hôpital. Je me sers de sa prise pour le balayer de la jambe droite, nous tombons à la renverse, son dos se claque contre le sol sous nos deux poids. Il me lâche, je roule sur le côté et lutte pour me remettre sur mes pieds. Mon ventre me fait un mal de chien et mon nez ne cesse pas de déverser du sang sur mon corps mais je suis déterminé comme jamais. Pour entrer à Quantico notre stabilité psychologique va être étudié nous devrons accepter notre identité et prouver notre force mentale. Je dois passer par là c’est la seule solution. C’est la première fois que j’arrive à toucher Juan de cette façon, mes efforts commencent à être récompensés. Je visualise son foie et tente d’y lancer un grand coup de pied. Il bloque le coup des deux mains et à son tour effectue un coup de pied puissant bien localisé à mon entrejambe. Cette fois-ci, une douleur insoutenable parcourt mon corps et m’achève, je chute et ma tête s’écrase contre le mortier.

Je réouvre les yeux quelques heures plus tard, je suis allongé sur les bancs du vestiaire, j’ai une poche de glace sur l’entrejambe. En freefight rien n’est interdit, Juan a finalement bien retenu son dernier coup, avec une occasion comme ça j’aurais pu y rester. Il arrive dans les vestiaires et se tord de rire quand il me voit tout cabossé avec mon sac pour apaiser mes parties génitales. Je suis même pas capable de l’envoyer balader. Je crois que j’ai atteint le sommet de douleur cette fois. Je pourrais réclamer une assistance médicale tout de suite mais je sais que ce n’est pas ce que mon entraîneur attend.
« C’est en connaissant la pire des douleurs qu’on apprend à l’éviter. Tu t’es bien débrouillé vieux.» m’encourage-t-il en me tapotant l’épaule
Je replonge dans le noir sous la douleur. Ce combat a peut-être été intéressant mais je ne sais même pas si je serais de nouveau sur pied d'ici samedi. J'espère que Juan a bien calculé son coup.

Je ne me réveille que mercredi et lutte pour rester debout, la douleur dans le bas ventre est lancinante et ne diminue pas. Après une séance de massage que Luiz m'a offert, je reprends l'entraînement cette fois contre un sac de sable. Chaque mouvement e fait souffrir le martyr mais si je veux gagner samedi je ne peux pas rester cloîtrer dans mon lit. Ainsi après deux couchers de soleil, la grande journée commence, je souffre encore du combat de lundi, j'ai un énorme hématome au ventre et inutile de parler de la ceinture. Je suis resté au dojo toute la semaine et aujourd'hui je commence la journée par un léger entraînement de blocage et d'esquive. Juan n'arrête pas de me donner des conseils et des tactiques pour tout à l'heure. Cependant personne ne connaît mon adversaire, les combattants sont tirés aléatoirement au moment de l’événement. La lune montre rapidement son visage et annonce le début de l'événement. C'est aujourd'hui que tout va changer pour moi, j'ai déjà fait des progrès énormes, les coups ne font plus ressortir mes phobies, je suis immunisé contre les contacts brusques. Je suis habitué au contact de Juan et ne ressent plus la peur de l'approcher. Je dois continuer sur cette voie, je doute que je puisse gagner ce soir, ça fait seulement un mois que je m'entraîne, je vais peut-être affronter un adversaire avec une expérience de plusieurs années. Juan vient me voir dans les douches.

"Le rassemblement commence dans une heure sois prêt dans 10 minutes."

Je me sèche, m'habille et rejoins mes deux acolytes à l'extérieur. Dans la voiture, Juan continue de me coacher, j'appréhende pour le bas de mon ventre, peu importe l'adversaire il va tout de suite remarquer l'hématome que j'ai, je n'avais pas réellement besoin d'une faiblesse supplémentaire. On arrive à destination, une centaine de voitures sont garées devant l'entrepôt de la dernière fois. Luiz se gare à son tour.

"Bon Seth on y va, Juan tu restes là."

"Quoi? Tu viens pas?"

"Non"

"Pourquoi? J'ai besoin de mon coach pendant le match!"

"Je ne viens pas c'est tout, j'ai des problèmes avec la mafia mexicaine. Si je rentre je suis mort."

"Quoi ?"

Luiz m'ouvre la porte et me force à sortir sans complètement comprendre ce qui se passe. La mafia mexicaine sera là ce soir. Voilà de quoi me rassurer un peu plus... A présent, je comprends mieux pourquoi Luiz ne peut pas compter sur Juan pour se renflouer. En m’engageant dans les combats à paris je savais que ça n’allait pas être une affaire très nette mais je ne pensais pas faire face à la mafia locale. A l’intérieur, plus de 300 personnes sont regroupés autour d’un grand ring installé à même le sol. L’arrivée des premiers combats se fait sentir. Luiz me lâche en m’indiquant les « vestiaires improvisés » et va récolter les mises pour les différents matchs. Dans le petit carré encadré de vieux rideaux et censé représenter un vestiaire, les combattants s’échauffent, s’intimident et cherchent leur futur adversaire. Je me trouve un petit coin de banc pour me poser et me préparer. Je bande mes mains et en profite pour visualiser chaque potentiel prochain adversaire. Certains feraient trembler des murs tandis que d’autres seraient plus à leur place dans les tribunes. Même si mon entraînement était intensif, je n’ai qu’un mois d’expérience, ai-je vraiment une chance d’emporter la victoire. Chaque combattant ne fera qu’un match ce soir. Comme toujours, la défaite est amenée par un K.O. Pas de reddition, de sortie de terrain ni de temps limite. Je ne dois pas me retenir de porter des coups à un inconnu, je dois tout donner, c’est lui ou moi. Je n’ai jamais fait de combat officiel, personne ne connaît mon nom, la plupart des spectateurs n’hésiteront pas à miser sur mon adversaire. Une demi-heure plus tard, la foule se fait entendre et appelle ses champions. Le présentateur arrive et chauffe le public avant d’annoncer le premier match, deux noms sont annoncés et deux hommes quittent le vestiaire. Après quelques minutes, le gong retentit et à travers les cris des spectateurs on distingue ceux des lutteurs. Un mélange de braillement de souffrance et de grognement d’effort. Même si la scène nous est masquée par les rideaux qui nous entourent, on imagine aisément comment les adversaires luttent pour ne pas finir agonisant sur le béton. Le gong retentit une nouvelle fois et le public fait entendre sa déception ou sa joie d’avoir misé pour un des concurrents. D’autres noms sont appelés et d’autres gongs résonnent avant que je sois happé de mes pensées à l’appel de mon nom. Je quitte les autres combattants et traverse la foule avant de passer à travers les cordes. Le présentateur me décrit comme si j’étais un bœuf qu’on allait vendre, c’est d’ailleurs l’impression que me font tous ces regards fixés sur moi. Un vulgaire bout de viande qu’on emmène à la pesé. Un prénommé Gustavo est ensuite appelé, un mexicain qui doit visiblement appartenir à la même catégorie de poids que moi. Son arrivée fait chauffer le public qui crie son nom à tue-tête. Sa renommée semble être autre que la mienne. Le hasard n’a semble-t-il pas été en ma faveur. Sa présentation confirme mes doutes, c’est un adversaire d’expérience, il a plus de 8 combats à paris à son actif et n’a essuyé que deux défaites pendant son parcours. Luiz vient vers moi et me donne quelques derniers conseils puis le son que je redoute retentit à nouveau.



Je reviens à moi au tintement de la petite cloche du magasin. Faisant dos à la porte je me retourne et remarque un homme trapu et barbu avec une casquette des Chicago Bulls qui fait son entrée. Le parfait cliché du routier jette un vif regard aux alentours, nous toise quelques secondes puis s’en va s’asseoir sur une des tables derrière moi. Je me retourne et constate qu’Arès avait finalement un bon appétit pour un homme qui voulait un donut. Je finis à mon tour mon assiette et relance la discussion.
« Et toi à part te défouler sur des distributeurs tu fais quoi ? » dis-je en souriant

J’ai beaucoup progressé mais je suis loin d’être normal, il y a des fardeaux dont on ne peut se débarrasser et dont le poids est à porter tout le long de notre vie. Ce qui a réellement changé c’est que j’ai enfin fait le deuil de ma petite sœur. J’ai appris à exhumer ma haine à l’instar de chercher à l’enfouir au plus profond de mon être. Quant à Arès malgré sa prudence, il ne me paraît pas tendu, son sourire a l’air sincère et je lui accorde peu à peu ma confiance. S’il en est vraiment un, peut-être fait-il partie des surnaturels comme j’ai pu en croiser qui n’utilisent pas leurs dons pour profiter de la faiblesse des hommes.
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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Mar 26 Juil - 13:39

Traverser les épreuves



ft. Seth Grey

Un certain nombre de mots
pensées en italique
dialogue en gras

J'observe mon vis à vis se délecter de son propre plat avec insistance. Signe évident que la cuisine de ce petit restaurant routier n'est pas mauvaise du tout. En fait, étant donné ce que mes propres papilles gustatives me renvoient je pense que l'on peut tout à fait affirmer que cette cuisine est fort délicieuse pour un petit bouge perdu sur une route nationale. J'avale une nouvelle gorgée de cappuccino encore chaud avant de reposer doucement la tasse sur la table près de mon assiette. Puis, je m'attaque de nouveau à mes œufs brouillés et à mon bacon grillé parfaitement juste comme il faut. Je vais garder cette petite localisation dans un coin de la tète afin de m’arrêter dans cette station entre deux longs trajets entre Beacon Hills et l'une de mes destinations de prédilection. Nous sommes tout les deux férocement concentrés sur nos assiettes respectives et nos regards ne se croisent à aucun moment. Cette explosion d’appétit est presque amusant quand on y pense. Nous avons donc déjà un point commun évident. J'entends une tendance à ne pas se nourrir suffisamment entre deux trajets routiers. Bon, j'imagine que ce parallèle est quelque peu aisé car nous nous trouvons dans une station essence.

Alors, le nombre de personnes dans la même situation que nous doit être relativement élevé. Mais, je me mets à chercher des points commun pour me familiariser avec mon interlocuteur. Bien que ma méfiance soit indéniablement plus élevée qu'avant mon expérience désastreuse dans les ruelles de la cité des anges et ce à juste titre il me semble, je ne suis pas devenu complètement paranoïaque pour autant. J'ai passé de longues minutes à observer Seth depuis son sauvetage inopiné de ma journée près de la machine. Et, si je ne suis pas encore parvenu à mettre le doigt sur le léger détail qui me chiffonne dans sa personnalité là tout de suite. Il m’apparaît clair qu'il n'est pas un chasseur ni une grave menace pour ma sécurité pourtant quelque chose me turlupine sans que je ne sache vraiment pourquoi. Quoi qu'il en soit, ce petit sentiment de ne pas pouvoir me lancer dans une conversation naturellement franche et ouverte avec mon interlocuteur ne m’empêchait pas de le trouver relativement sympathique dans une moindre mesure. Seth n'avait pas l'air d’être un mauvais bougre. Seulement, ma confiance était un préalable à toute relation quelle qu'elle soit. Or, quand bien même j'appréciais vaguement l'homme en face de moi ne serait ce que parce qu'il m'avait empêché de piquer une crise de colère froide qui aurait pu me conduire à effectuer quelque chose de passablement stupide comme  de m'acharner sur un distributeur de boisson automatique comme un forcené, je ne risquais pas de dépasser le stade de la vague sympathie que l'on pouvait éprouver somme toute pour la première personne passant devant nous.

Car, cette insistance dans l'observation et la lueur intéressée dans les yeux de mon interlocuteur m'indiquait que d'une manière ou d'une autre, Seth en savait plus long que tout les autres voyageurs présents ici. Ce qui me mettait mal à l'aise d'une manière ou d'une autre. Car, comme quatre vingt dix pourcent des êtres humains, je n'appréciais pas franchement me jeter dans l'inconnu sans avoir un minimum d'informations. La sécurité est importante même pour les arrogants j'imagine. Je peux me jeter dans un repaire de criminels sans broncher, je peux poursuivre et combattre des créatures surnaturelles quelle que soit leur puissance et même supporter et survivre à une crise de nerf de ma femme. Voire et là je pense que je mérite des violons ne pas faire une syncope lors d'une séance de shopping avec Aza. Mais, faire confiance à quelqu'un qui contrairement à la majeure partie de l'humanité me semble connaître l'existence du monde surnaturel me paraît au dessus de mes moyens. Le fait est que les seuls humains au courant de l'existence de mon monde sont des tueurs méthodiques et froids ne doit pas aider. Bon d'accord, j'abuse légèrement sur les bords. Car, les druides sont bel et bien humains aux dernières nouvelles. Et puis j'imagine que le secret n'est pas sans concession et que certaines familles humaines ayant des surnaturels dans leurs rangs sont dans la confession. En tout cas, c'était le cas de la mienne. Il faut tout de même dire que trois surnaturels et un druide dans une seule et même famille facilite la parole. Je me concentre sur ma nourriture pour ne pas m’appesantir sur les doutes et les interrogations qui me tiraillent en cet instant.

Durant un bref instant, je me surprends à penser que je pourrais gagner un temps considérable en orientant la conversation de but en blanc vers les mystères de la vie. Les films d'horreur et les monstres. Vous voyez de quoi je parle hein. Les vampires et tout le tralala. Bon d'accord, les vampires n'existent pas. Mais, je pensais à quelque chose comme est ce que tu crois au surnaturel, j'ai cru voir un fantôme à Halloween l'année dernière. Non plus sérieusement, je me retiens de secouer la tète de droite à gauche pour la balayer ces idées stupides de mon esprit. Tout vient à point à qui sait attendre et je suis persuadé que je finirais par avoir le fin mot de l'histoire. Aussi, je me détends nonchalamment sans pour autant baisser ma garde. J'ai néanmoins suffisamment d'expérience pour savoir feindre l'indifférence et la tranquillité d'esprit de manière fort habile. La question de Seth brise finalement le silence qui s'était installé et je réfléchis durant une poignée de secondes avant de lui donner une réponse sincère mais mesurée. La discussion s'engage tranquillement sans détour ni fioriture. Je soupçonne mon interlocuteur d’être aussi conscient que moi de notre petit jeu de dupe. Pourtant cela ne nous empêche nullement d'avoir l'air de deux amis partageant un repas autour d'une table de bistrot. J’enchaîne sur une question simple parfait reflet de celle qu'il m'avait posé quelques instants plus tôt. Seth semble se perdre dans ses pensées et un sourire étire lentement mes lèvres. La mélancolie et la capacité à se perdre dans l'horizon éthérée des souvenirs étant l'un de mes traits de caractère les plus marqués du moins lorsque j'ai des raisons précises de me noyer dans la mélancolie ce qui n'est pas franchement le cas depuis mon mariage, mon acquittement, ma guérison et l'annonce de ma paternité. Un autre point commun se déclarant de lui même. Qui se ressemble s'assemble après tout. Mais la réponse de Seth brise de nouveau le silence et je l'écoute avec attention, ma tasse à la main. J' hoche la tète pour montrer mon accord avec ses paroles.

Les vacances voilà effectivement quelque chose de bien agréable. Néanmoins, je trouve que ses paroles sonnent fausses. Comme si il y avait mis une infime partie de vérité histoire de rester crédible. Mais, qu'il ne me faisait clairement pas confiance. Cette discussion devient donc un duel de mots et de faux semblants. Je parviens à réprimer un éclat de rire car Tijuanna ne me paraît pas vraiment être une destination touristique pour un étudiant américain de science. Pourquoi ? Et bien peut être parce que Tijuana est une vaste Las Vegas sauvage et brutale à la frontière mexico-américaine de Californie. Un carrefour transitoire du trafic de drogue notoire, l'une des plaques tournantes de l'activité des cartels les plus dangereux de ce continent. L'une des portes d'entrée les plus célèbres des drogues dures aux États Unis. Alors honnêtement, je vois très mal n'importe quel étudiant s'y rendre pour se reposer. Si vous trouvez la vie dans certaines villes dangereuses. Allez donc faire un tour au Mexique et vous réviserez rapidement votre définition de ce terme. Donc, soit il ment délibérément soit il n'est pas un étudiant ordinaire. J'étais bien conscient de ne pas me trouver face au péquin moyen puisque ce dernier ne sait strictement rien du surnaturel. Mais là je dois bien avouer que je suis très intrigué. Serait ce un agent des forces de l'ordre, un membre des stups, un membre des fédéraux. Ou même un étudiant policier ? Pour se rendre dans une telle ville sous une telle excuse, il faut nécessairement être plus que ce qu'il paraît. Il m'aurait annoncé qu'il passerait ses vacances à Cancun, je n'aurais pas bronché. Ça c'est une destination exotique très crédible. Du soleil, des mojitos et des jolies femmes. Voilà ce à quoi un étudiant lambda devrait aspirer pour ses vacances. J'esquisse un sourire en me disant que si ma réponse était évasive, elle avait pourtant été parfaitement honnête.

Ce qui démontrait que j'étais clairement le moins méfiant de nous deux. Bon, en même temps je suis un tigre garou. Je pourrais aplatir Seth sans effort apparent. Je suppose que cela joue dans l'équation. Je garde pourtant une attitude parfaitement neutre et détendue comme si je gobais naturellement ces jolis petits mensonges. Nous reportons nos attentions respectives sur nos plats et le repas reprend en silence. Cette fois, je me perds de nouveau dans mes pensées mais celles ci ne sont pas tournées vers le passé mais l'avenir. Je me perds dans les méandres de mon imagination. J'imagine à quoi ressemblera ma vie lorsque je serais père. L'image d'Azalea dans une belle robe d'été de couleur claire, légère épousant ses courbes parfaites-oui, j'aime beaucoup l'été pour des raisons évidentes comme vous vous en doutez-  marchant pieds nus sur une herbe aussi verdoyante que tendre. Un petit garçon dans les bras. Bon un petit garçon dans les bras et la petite quenotte d'une petite fille dans l'autre main. Je ne connais pas encore le sexe du bébé alors...La petite fille lâche précipitamment la main de sa sublime mère et s'élance dans ma direction. Je me baisse en avant et ouvre grand les bras pour accueillir la petite qui me serre tellement fort que l'on a l'impression que sa vie en dépend. Je dépose un baiser sur ses cheveux et la soulève pour la prendre dans mes bras. Je la fais tournoyer tandis que mon épouse s'approche avec le petit garnement portrait craché de son père. La petite princesse dans mes bras a quant à elle la plupart des traits de sa mère.

Je la chatouille avec affection et m'extasie devant le petit gazouillement lui tenant lieu de rire. Nous nous asseyons tous sur l'herbe tendre et les lèvres de ma femme se pose sur les miennes tandis que les deux bambins se chamaillent dans une avalanche de cris perçants. Je reviens à la réalité lorsqu'une cloche sonne. Depuis quand suis je si sentimental ? La vérité c'est que je n'ai déjà plus vraiment peur d’être père. Je n'aurais qu'à faire tout le contraire de mes propres parents. Ah oui, je n'en ai jamais eu. Et bien voilà, je n'aurais qu'à commencer par être là pour mes rejetons. Cela sera déjà un très bon début. Seth se retourne pour observer l'homme barbu et trapu venant de débarquer dans le magasin. Mon regard suit le sien et je détaille longuement le nouveau venu. Une casquette des Chicago bulls vissée sur le crane cache une avalanche de cheveux négligés. Un routier comme il y en a des dizaines ici, transitant chaque jour. Pourtant...Ce parfait cliché du routier va s'installer quelques tables derrière nous. Et, je termine avec avidité mon assiette tandis que l'étudiant en « science » se retourne vers moi. Seth, termine à son tour son plat et reprend la parole d'une voix claire. J'hésite quelques instants avant de répondre. Le manque flagrant de confiance que sa précédente réponse m'a apporté devrait me pousser à me montrer aussi méfiant que lui néanmoins je suis quoi qu'il arrive le parti en position de force de part ma nature surnaturelle. Je lui dis en haussant les épaules : Ça défoule tu sais. Tu devrais essayer mon vieux. Après une longue journée, c'est un exutoire des plus efficace.
Un bref rire monte de ma gorge avant que je ne reprenne plus sérieusement : Je travaille dans la sécurité privée. Ça fait véritablement formel de dire çà de cette manière. Je suis videur dans un bar. Et toi qu'est ce que tu comptes faire une fois ton diplôme en poche ?    




Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Sam 6 Aoû - 17:43, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Jeu 4 Aoû - 16:49



Traverser les épreuves

feat. Arès Kye Coleman



Déplacements latéraux, pas chassés, nous tournons dans une ronde improvisée. Un duel de regards amorce le combat. Mon adversaire a l’air bien trop sûr de lui ce qui n’a pas pour effet de me rassurer des masses. Il me lance un sourire narquois comme si l’issue du combat était déjà toute tracée. Un petit homme derrière lui l’encourage et lui tapote l’épaule. A ce moment, j’entends Luiz accourir derrière moi.
« Chico fais bien attention, le gars que tu affrontes est un des poulains de la mafia, les paris seront en sa faveur alors la mafia fera tout pour que tu perdes. Reste sur tes gardes. »
Luiz me pousse pour que je reprenne le duel. Mon adversaire semble vouloir en finir rapidement. Il se rapproche avec de petites enjambées, je le surprends en donnant le premier coup. Mon poing droit vient s’écraser dans son épaule mais ça ne le perturbe pas pour autant. Il me lance deux coups rapides dans le ventre puis me dégage avec un low kick dans le genou. Je reprends ma défense et attends ses coups. Je pare un uppercut bien facilement prévisible et enchaîne en tentant de le balayer. Mais lui aussi prévoit le coup et m’attrape la jambe, c’est alors moi qui finit dos au sol et qui devient en position de faiblesse. J’esquive son prochain coup de pied en roulant sur le dos puis me relève rapidement. Je fonce vers lui, pare son premier coup, esquive le deuxième et arrive à lui coller un bon crochet du gauche dans la mâchoire. Il se retourne sous l’effet et finit dans les cordes dos à moi. C’est le moment ! Je charge et lui mets un grand coup dans le rein, sous la douleur il finit à genoux. Nos cris sont masqués par ceux de la foule mais les encouragements sont presque tous dirigés vers mon adversaire, ça me donne une petite idée des votes qui ont été faits. Je vois que face à moi se tient le petit gars qui parlait à mon concurrent tout à l’heure sûrement un gars de la mafia. Je m’apprête à le mettre à terre quand il profite des non règles du jeu et me donne un grand coup de coude dans les parties intimes à peine remises du match de lundi. Ce n’était certainement pas le moment d’en vouloir à ma virilité, je tombe à nouveau tordu comme un ver.

La douleur s’insinue dans tout mon corps et je ne peux m’empêcher de hurler. Je lutte pour rester conscient mais je suis incapable de revenir sur mes pieds, la douleur m’écrase et me paralyse au sol. C’est la première fois que j’atteins une telle souffrance physique, elle me renvoie en mémoire tous les épisodes les plus douloureux de ma vie. La mort de ma sœur, l’élément déclencheur puis mes échecs : mon stage avec l’adjoint O’Conner, mon voyage à Vegas. J’ai tout fait merder, je me suis laissé dévorer, enfermer mais je vais changer, je vais y arriver. Un cri rauque sort à nouveau de ma gorge, un cri de souffrance, un cri pour me redonner le courage de reprendre le combat. Je ne me bats pas seulement contre un mafieux mais aussi contre tout ce que j’ai endossé durant ma jeunesse, c’est l’apogée de mon combat contre moi-même. Je me relève dans un état second, je ressemble maintenant à une bête qui a la rage, le souffle haletant, la poitrine qui bat la chamade, des blessures par ci par là et un filet de sang qui coule de ma bouche. Je charge la tête et les épaules en bélier, je bouscule et renvoie mon adversaire au sol. C’est fini. Je me prépare à donner mon ultime coup mais alors que j’avance vers mon adversaire, je reconnais le type de la mafia juste derrière lui. Il lui lance un couteau et lui crie :
« Acaba le ! »

Mes faibles connaissances en espagnol me permettent de n’avoir aucun doute sur la tournure que le combat vient de prendre. « Achève-le !» c’était la seule manière de ne pas perdre tout l’argent misé, les armes n’étaient pas autorisées mais perdre un combattant n’était rien à côté de la fortune qu’il aurait dû verser à Luiz. Puis la police mexicaine est bien facilement corruptible, le meurtre d’un américain en plein milieu du désert peut aisément être étouffé.

Je suis trop près, trop lent, la lame traverse mon torse. Je me relève sous l’adrénaline, une main sous le pectoral pour essayer de diminuer l’hémorragie. Les spectateurs crient mais personne n’a le temps d’agir. Mon adversaire fonce à nouveau bien décidé à finir son travail. Il lève son arme puis un bruit sourd résonne à travers l’entrepôt, un coup de feu vient de retentir. Le couteau tombe à terre puis c’est au tour de son propriétaire de s’écrouler à mes pieds, un cratère pourpre au beau milieu de sa poitrine. Je regarde autour de moi à la recherche de celui qui vient de tirer. Mes yeux s’écarquillent, je soupire :
« Juan. »

Ma vue se trouble, un dernier regard sur mes mains ensanglantées et je tombe à mon tour, je sens l’agitation qui m’entoure, tout le monde court, j’entends de nouveaux coups de feu puis tout se fond dans le silence et me laisse dans les ténèbres.





Au milieu d’un océan noirâtre, un spot circulaire illumine le paysage. C’est la pleine lune, je ne m’en étais même pas aperçu, il paraît qu’elle a certains effets sur l’être humain. Personnellement, je ne constate que la sérénité qu’elle me procure. Rien n’est plus apaisant qu’une nuit calme porté par la douce lumière de la lune.
Je réponds alors à Arès d’un ton amusé :
« J’ai moi-même mon propre exutoire quotidien et je t’assure qu’il me canalise merveilleusement bien.  Videur ? Ça doit pas être sympa tous les jours ça. Et du côté de mes études, je pense que j… »
Je suis coupé par les ruminations de l’homme qui est installé derrière moi. Je l’entends ronger ses ongles comme s’il n’avait pas mangé depuis des jours. Je me retourne et remarque que l’homme a l’air plus anxieux qu’affamé, il regarde un peu partout et des perles de sueur coulent dans sa nuque. Je lance un regard inquiet à Arès comme pour vérifier qu’il avait remarqué l’état du gars. Curieux, je me lève et me dirige devant le routier.
« Monsieur ? Vous allez bien ? »
Mais à la place d’une réponse je reçois un grognement et pas celui d’un homme contrarié mais celui d’une bête en rogne. Sa respiration ressemble à un râle d’animal, il attire maintenant l’attention de tous les gens à l’intérieur. Il lève ses yeux et me regarde avec deux pupilles jaunes. Arès se lève en vitesse puis me dit de me mettre à l’écart. Je sors mon badge de la poche arrière de mon jean puis crie :
« Que tout le monde sorte d’ici ! Je suis du FBI ! Sortez tous !»
Tous les gens se précipitent alors à l’extérieur ne comprenant pas bien ce qui se passe. D’ailleurs, je ne le comprends pas bien moi non plus, j’ai déjà vu ce genre de pupille il y a quelques mois à Beacon Hills. Un surnaturel… Mais la couleur jaune m’était bien inconnu je n’ai aucune idée de quelle créature il peut bien être. En tout cas, il n’avait pas l’air d’humeur à manger des pancakes et à boire du thé. Et quel con je peux être, mon arme dans la voiture ça va bien m’aider tiens. Je jette un œil à Arès, il me pousse en arrière, ses pupilles ont repris la couleur bleue que j’avais cru apercevoir quand nous nous sommes rencontrés. Voilà qui confirme mes doutes.
« Va-t-en ! » m’ordonne-t-il

« - Pas question. Je te laisse pas tout seul. »

Le routier pousse un rugissement, des crocs remplacent ses dents et des griffes remplacent ses ongles. Il se lève puis rugit une dernière fois avant de se jeter sur Arès.
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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Sam 6 Aoû - 17:47

Traverser les épreuves



ft. Seth Grey

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Le soleil était proche de son couché lorsque je m'étais arrêté dans cette petite station essence de campagne pour faire le plein. Désormais, la noirceur filtrait délicatement des fenêtres et autres ouvertures donnant sur l'extérieur. Noirceur presque totale, doucereuse et silencieuse. Promesse d'un néant pacifié et d'un sommeil paisible. Presque totale oui presque seulement car un mince filet de lumière blanche et nacrée aussi immaculée que la neige d'hiver tombant par flocons un matin de Noël. Je penche légèrement la tète pour observer l'astre lunaire dans sa rondeur resplendissante. C'est bien ce que je me disais, la lune est pleine. Ceci explique cela, j'imagine. Je contemple durant de longues minutes la rondeur à la pâleur cadavérique trônant fièrement dans le ciel nocturne d'été. Un chant guerrier honorant la grâce de notre mère à nous deatheaters traversant mon esprit. Un chant ancestral, puissant et entêtant. La lune est une malédiction pour les loups garous tandis que pour nous elle n'est que la forme visible de notre déesse dans ce monde. Comme si elle avait choisie cette forme pour éclairer les ténèbres, les transpercer de sa lumière. La mort n'est pas les ténèbres. Elle n'est que la sœur mal aimée de la vie. L'une ne va pas sans l'autre. Si, la vie était un astre elle serait sans conteste le soleil.

La lune n'est pas l'opposée du soleil, elle est son complément naturel. Enfin, je me comprends c'est l'essentiel. Les croyances de mon peuple de gardiens peuvent paraître déroutantes aux yeux des non initiés alors qu'elles nous sont naturelles. Je reporte mon attention sur Seth qui est en train de terminer son assiette face à moi. Je l'observe discrètement mais avec insistance lorsque il tourne la tète. Comme si je tentais de le sonder, de m'enfoncer au plus profond  de son âme pour deviner jusqu’où va ce jeu de dupe qui prend place entre nous. L'homme d'à peu près mon age m'inspire une sympathie bien réelle et le fait de devoir jouer à cette partie d'échec avec lui ne me passionne finalement pas plus que cela. J'aurais préféré faire une belle rencontre. Le genre de rencontre qui vous marque agréablement bien alors que vous ne vous y attendiez pas. Il semblerait que devoir jouer à ce petit jeu me lasse bien plus rapidement qu'avant. Il fallait dire que  ma vie avait changé du tout au tout en l'espace de quelques mois. J'avais perdu mes chers cousins, vécu l'expérience la plus douloureuse qu'un membre de mon espèce pouvait vivre, vécu mes premiers échecs de gardien face à la menace surnaturelle de Beacon Hills, m'étais marié et allait être père. Aucun homme n'est prêt à se prendre autant de chose sur le coin de la gueule en un laps de temps aussi court. Un sourire se peint sur mes lèvres tandis que je me dis que je venais de prendre dix années supplémentaires d'un seul coup en l'espace de quelques mois. Comme si la vie avait décidé de me plonger la tète dans un océan de maturité et de ne la ressortir que lorsque cela aurait porté ses fruits. Quitte à ce que je boive la tasse à de nombreuses reprises et manque d'en crever. Oui, on pouvait dire que j'avais pas mal encaissé en l'espace de quelques mois et sûrement plus que sur tout le reste de mon existence.

Mais, maintenant la lumière se trouvait au bout du tunnel si je puis dire. Maintenant, je pouvais commencer à espérer. Espérer, une chose que j'avais arrêté de faire depuis de très longues années désormais. Oui, ma vie avait pris un tour très sombre mais j'avais désormais des raisons de m'accrocher au peu de lumière qu'il restait encore en moi. Une bonne raison qui deviendrait bien vite deux. Je balaie ce moment de mélancolie de mon esprit et reporte mon attention sur Seth en face de moi. Sa réponse est intéressante et semble amorcer une discussion prenant un tour plus ouvert et normal. Je me contente d' hausser nonchalamment les épaules lorsqu'il indique que le métier de videur ne doit pas être de tout repos. Certes, ce métier peut être mouvementé mais ce n'est pas souvent le cas en réalité. Du moins pour ma part, je suppose que cela dépend grandement de l'établissement dans lequel le videur en question travaille. Le Print est un établissement respecté et respectable malgré les rumeurs infondées, de qualité et branché. Assez select sans être exclusif, mon travail de chef de la sécurité y est assez calme. Bon, il arrive bien une fois de temps en temps qu'un téméraire essaie de passer outre et de déranger le cadre de sérénité et de plaisir du club mais ceux là sont exceptions. Exceptions que je me fais un plaisir de tabasser si le patron m'en laisse l'occasion. Excessif ? Non, pragmatique. Faire un exemple a toujours été le meilleur moyen d'assurer la paix. Bon, d'accord fustiger le fait que notre discussion ne pouvait pas être aussi plaisante qu'elle aurait pu l’être en d'autres circonstances est hypocrite de ma part. Après tout c'est moi qui ai bien le plus de choses à cacher. Comme la façon dont je gagne réellement ma vie. Mais alors que Seth s’apprête à m'en dire plus sur ses études. Un bruit de rumination non humaine se fait entendre derrière lui. Je lui jette un regard en même temps que Seth et constate que l'homme ou plutôt le loup garou est tout sauf dans son assiette.

Il ronge ses ongles comme s'il n'avait pas mangé depuis des semaines alors qu'il semble tout sauf affamé. Son anxiété est presque palpable. La sueur embaume l'air et une perle goutte le long de son front pour aller s'écraser dans sa nuque. Pleine lune, loup garou novice sûrement tout juste mordu, non pris en charge par son alpha. Menace surnaturelle en puissance, bombe prête à exploser. Alpha irresponsable. Je réprime un soupir d'exaspération et une série de jurons plus créatifs les uns que les autres, témoignant de mon irritabilité quant au fait que ce petit bouge aussi confortable que tranquille allait très vite vivre quelque chose de très inattendu. De trop inattendu. Et que je n'allais avoir d'autre choix que de  me révéler aux yeux de Seth. Bon, au moins si il s'agit en réalité d'un chasseur incroyablement doué  dans la duperie, je m'en rendrais compte bien vite. Je lâche tout de même un et merde mental pour la forme. Mon regard croise celui de Seth et je m'assure de revêtir une expression de surprise pure parfaitement semblable à la sienne ce qui est parfaitement stupide et futile puisque dans quelques minutes, je ne pourrais plus me cacher. Le jeune homme se lève rapidement et s'approche tranquillement du loup garou qui vit sûrement sa première pleine lune. J'admire le courage de l'humain durant quelques instants avant de me ressaisir et de tendre mes muscles pour bondir dès que la situation dégénérera. Parce qu'elle ne pouvait que dégénérer.Je suis prêt à m'interposer entre Seth et le mordu qui ne lui répond pas et pousse un grondement rauque animal ne laissant plus aucun doute planer quand à sa nature. Les tètes se tournent à l'unisson vers la table lorsqu'un râle explicite s'échappe de ses lèvres. Je regrette de ne pas pouvoir savourer une gorgée supplémentaire de cappuccino.

Durant quelques secondes, j'hésite à en commander de nouveau à la serveuse. Mais, je suis durement rappelé à la réalité menaçante de la situation présente lorsque les prunelles de notre ami se mettent à briller d'un éclat doré. Tant pis pour la deuxième tasse. Je me lève en vitesse et demande à Seth de s'écarter afin que je puisse neutraliser le danger le plus rapidement possible sans causer trop de dégâts. Une grimace traverse mon visage lorsque derrière moi Seth brandit  un badge d'agent fédéral et confirme son appartenance aux fédéraux en ordonnant à tout le monde d'évacuer les lieux. Mon instinct ne m'avait donc finalement pas trompé. Je me disais aussi que pour aller passer des vacances dans la Las Vegas criminelle et sauvage qu'est Tijuana il fallait être un minimum aguerri. Un sourire en coin étire mes lèvres. Quelle drôle de rencontre. Le destin a décidément un sens de l'humour bien étrange. Mais, bon j'imagine que je ne suis plus à une connaissance dans les forces de l'ordre près. Jordan et Brian, les adjoints au shériff de Beacon Hills mes alliés dans la lutte pour la protection surnaturelle de la ville. Mais, il faut reconnaître qu'un agent fédéral est tout de même le niveau du dessus. Je marche sur des œufs. Sans compter ce cher Chris qui compte intégrer les forces de l’ordre à l'issue de ses études. Mon sourire s'élargit lorsque je me rends compte que je connais plus de membres de la sécurité civile que bien des gens alors même que je suis un criminel. Oui, j'ai un sens de l'humour relativement tordu par moment.  Mais, là ce n'était pas vraiment le moment de s'appesantir sur la question puisque le sang ne va pas tarder à couler. Je repousse Seth un peu plus loin et lui ordonne de partir avec les autres afin de me concentrer sur la menace surnaturelle qui n'en est même pas vraiment une puisque ce pauvre bougre n'est peut être que la victime de la stupidité d'un alpha.

Créer un nouveau loup garou n'est pas un acte anodin. Nom de nom ! La réponse de Seth me touche autant qu'elle m'irrite. Mais, je n'ai pas le temps de lui répondre puisque le loup garou complètement transformé se jette sur moi sans crier gare. Je le repousse à bout de bras pour éviter ses crocs qui claquent dans le vide tout près de mon visage. Tandis que ses griffes s'enfoncent dans la chair de mes bras. Mes yeux s'illuminent d'une lueur bleutée aussi glaciale que l'océan. Je me contente de le tenir loin de moi à bout de bras afin de ne pas encaisser plus que je ne pourrais encaisser. Mais quelque chose m’empêche de me transformer. Je vous le donne en mille. La présence de ce cher Seth. Je me tourne vers lui et lui crie d'aller chercher son arme. Puisque, je sais qu'il ne l'a pas sur lui sinon il l'aurait déjà utilisé. Le lupin me projette contre une table et je m'écrase durement sur le sol. Bon allez fini de jouer. Je ne peux pas faire correctement ce que j'ai à faire si je garde forme humaine. Le loup garou s'avance vers Seth d'un pas menaçant, le regard sanguinaire et les crocs dévoilés dans un grondement sourd. Je me relève et laisse la fumée blanche m'embaumer et me recouvrir toute entière. Mes mains se couvrent de poils et des griffes apparaissent au bout de mes doigts.

Mon visage devient félin et des crocs apparaissent. La fumée semble dansé autour de moi dans un ballet ancestral. Je pousse un rugissement félin pour récupérer l'attention du canidé sauvage. Puis, une fois cette attention récupérée je m'élance et le plaque au sol. Mes griffes se plongent dans son ventre tandis que j'immobilise les siennes de mon autre bras. Je plonge mon regard dans le sien et lui murmure : Calme toi. Récupère le contrôle. C'est toi qui a le pouvoir. Ne laisses pas la bête te contrôler. La lune, la vérité... Je n'ai pas le temps de finir puisque la tète du loup garou percute la mienne et je bascule en arrière. Je ne m'y attendais pas à celle là. Je roule sur le coté avant de me relever pour voir Seth écraser une chaise sur le dos du loup garou. Une chaise qui se brise sous l'impact. Voilà ce qui s'appelle une soirée mouvementée.  




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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Ven 26 Aoû - 10:15



Traverser les épreuves

feat. Arès Kye Coleman



Arès se tient devant moi, une main sur le côté comme pour dresser un rempart entre moi et le gars aux yeux jaunes. Il a visiblement l’air de savoir à quoi il a affaire. C’est étrange, la créature ne nous attaque pas directement, elle se contente de grogner et de se remuer. J’ai l’impression qu’elle est en plein conflit intérieur comme si deux partis s’opposaient en elle. Arès grimace se retourne et me crie d’aller chercher mon arme. Mais quoiqu’il soit je ne peux pas me permettre de le laisser ici, je perdrais trop de temps à aller chercher mon arme c’est mon devoir de le protéger. Dans son dos, je vois alors le routier se lever et s’élancer dans notre direction.
« Attent… »
Je tente de prévenir Arès mais trop tard, il est propulsé contre une table et finit dos au sol. La bête se retourne alors vers moi, il grogne puis s’approche lentement. Je sers mes poings, je ne pense pas que mon enseignement dans le combat au corps à corps puisse me servir beaucoup dans ces circonstances mais je n’ai rien sous la main. Je me suis imaginé pas mal de morts mais finir en burger pour mutant dans un fast food c’était pas dans mes projections. Dans son dos, je vois Arès se relever et être totalement recouvert d’une fumée blanche qui se disperse et laisse place à un homme croisé à un félin. Ses yeux sont devenus aussi bleus que l’océan, des crocs acérés dominent sa mâchoire, des griffes longues et aiguisées comme des lames de rasoir terminent ses doigts et des poils recouvrent toute la longueur de ses bras. Soudain il ouvre la gueule et un hurlement bestiale retentit. Les deux monstres se font maintenant face et si je n’avais pas déjà connaissance du surnaturel, je ne sais pas dans quel état je me serais retrouvé. Même si j’ai déjà eu affaire à des sortes de métamorphe, je reste statufié par le spectacle auquel j’assiste. C’est Arès qui lance l’assaut, il fonce sur le routier qui finit à l’horizontale à son tour. Les griffes du tigre sont plantées dans le torse de son adversaire. Il lui murmure alors quelque chose que je peine à percevoir. Contrôle… pouvoir… Je ne comprends rien, à quoi bon essayer de discuter avec le routier ? De toute façon, il semble avoir perdu toute notion de raison. D’un coup de boule, Arès est renvoyé à la case départ. Voilà qui confirme mes pensées, notre cher ami n’est définitivement pas d’humeur à discuter. Allez à mon tour de me joindre à la partie. J’attrape une chaise et l’éclate sur le dos de la créature alors qu’elle tente de se relever.
« C’est ça que tu veux ? »
Il se claque à nouveau contre le carrelage puis se remet sur ses pieds plus promptement cette fois. Je me mets en position de combat. Deux pas vers moi et c’est Arès qui le placarde contre le mur, le bras droit plaqué contre son torse et la main gauche serrée autour de sa gorge. Arès hurle à quelques centimètres de la face du routier puis resserre sa prise. Son vis-à-vis change tout à coup d’expression, il tourne la tête et baisse les yeux en couinant comme un pauvre chiot apeuré.
« Pas si mal la manière forte » dis-je en faisant un mine soulagée
Ils reprennent alors tous deux forme humaine et le routier tombe direct dans les bras d’Arès. Leurs blessures ont vite guéri sous leur forme animale mais le routier continue de saigner sérieusement.  
Je perçois alors une lumière venant de l’extérieur. Je tourne la tête vers la fenêtre et je constate les gyrophares de plusieurs voitures de police arrivant vers nous. Arès me lance un regard inquiet.
« Merde merde merde. Bon je m’en occupe emmène-le à l’arrière du magasin, je vais essayer de régler ça, je passe vous chercher après. »
Je dépoussière mon t-shirt et sors du dinner sans même faire attention si Arès m’a vraiment compris. Je me calme et souffle en tentant de gérer mon sang-froid. Tous les clients que j’avais évacués me fixent tous d’un air à la fois inquiet et effrayé. Une dame se précipite vers moi pour essayer de comprendre ce qui est arrivé au routier. Mais j’ai d’autres préoccupations que de calmer la populace. Je vois deux voitures de police se garer face à moi et je n’ai aucune idée de ce que je vais pouvoir leur raconter. Dans quoi je suis encore tombé désespéré-je en repensant à mes mésaventures de cette maudite année. Un homme assez costaud sort de la voiture la plus proche et crie aux gens de s’écarter et de laisser « les autorités compétentes faire leur boulot ». Si seulement la police était l’autorité compétente…
« Bonjour. Agent Mills, FBI, j’étais sur les lieux lors de l’incident. »

Je déplie mon badge et le place devant la figure du gars en prêtant bien attention à laisser un doigt devant mon nom. J’improvise du mieux que je peux, je dois arriver à temporiser la police assez longtemps pour qu’Arès et l’enragé puissent quitter le restaurant. Je ne pense pas que l’histoire d’une créature mi-homme mi-tigre qui se bat contre une autre créature qui n’arrive pas à se contrôler soit vraiment très plausible aux yeux de ce monsieur.
« Lieutenant Hutner, on a été appelé pour une agression vous pouvez me dire ce qui s’est passé ? »
Deux autres policiers sortent de la deuxième voiture et vont parler aux témoins.
Dans ma tête, c’est le feu, je ne sais pas du tout quoi dire et donner une version réaliste des faits me semble assez compliqué étant donné la présence de sang et des dégâts occasionnés par les deux bêtes.
« C’est la pleine lune. »
Le lieutenant lève un sourcil et me regarde comme si je n’avais pas toute ma tête.
« Enfin c’est ce qu’il répétait sans cesse. Un homme de type routier, il était assis pas très loin de moi, je me suis aperçu qu’il avait un comportement étrange. Du genre nerveux, stressé, un peu désorienté, du coup je me suis approché de lui pour vérifier s’il allait bien et c’est là que j’ai remarqué qu’il avait une arme dans sa main gauche. J’ai fait évacuer les lieux puis j’ai pointé mon arme de service vers lui. »
A ce moment, un collègue du lieutenant vient lui chuchoter à l’oreille. Je scrute chacune de ses mimiques pour m’assurer qu’il ne doute pas de ma version des faits. Pour l’instant, je constate juste son impatience mais je vois vite apparaître sa frustration à mesure que policier numéro 1 débite des informations. Policier numéro 1 va rejoindre numéro 2 pour reprendre sa pêche aux news avec les témoins.
« Des témoins vous ont aperçu manger avec un type noir baraqué. Il apparaît quand dans votre histoire lui ? Et comment ça tourne après hein ? »

J’ai beau être un agent du FBI, je reste un tout nouveau et un mauvais rapport qui me tombe dessus ça pourrait bien entacher ma carrière. Au moins mentir mettra mes deux années de criminologie et d’analyse corporelle en pratique. Allez imagination, improvisation et concentration.
« Oui je l’ai rencontré ici, je l’ai aidé avec un petit souci mécanique alors il m’a invité à manger. Je ne connais même pas son prénom. Toujours est-il que quand j’ai ordonné l’évacuation l’homme n’a rien voulu entendre, il s’est approché du suspect en prétendant savoir quoi faire. Puis tout s’est passé très vite, les deux hommes se sont mis à se battre sans raison. Impossible de tirer sur le suspect sans blesser l’autre homme. J’ai donc essayé de les séparer mais il était déjà trop tard. J’ai juste eu le temps de repousser le routier avant que sa lame atteigne une deuxième fois le torse de l’homme. Quand il a vu le sang, le suspect a paniqué et s’est enfui par la porte de derrière. J’ai priorisé le secours du blessé et j’ai laissé le suspect s’en aller. Cependant, il a laissé son véhicule juste-là et je pourrais facilement dresser son portrait. J’attends la décision de mon chef de brigade mais il va sûrement décider de prendre l’affaire en charge. La police sera vite décharger à mon avis.»

Malgré mon récit improvisé, le sergent ne change guère d’expression et a l’air bien décidé à éclaircir tout ça.
« Oué et il est passé où votre ami cinglé qui s’est fait blesser ? »
Je comprends qu’il reste sceptique, à sa place j’aurais sûrement compris la duperie mais je n’ai rien de plus créatif à proposer.
« Des secours l’ont rapatrié à l’hôpital Saint Andrews. Je vais le rejoindre. SI vous avez un problème je vous donne le numéro de mon supérieur. »

Après un petit moment de doute, il finit par me tendre un carnet avec un stylo sur lequel j’écris un numéro complètement aléatoire. Tout en le saluant, j’essaie de me convaincre que je fais les bons choix et que je ne suis pas en train de ruiner ma carrière. Je défends une personne dont je ne connais que le prénom et qui peut se transformer selon ses envies en créature meurtrière. J’ai reçu mon badge y a une semaine et je joue déjà au justicier dépassant la loi. Je rentre dans ma voiture en balayant toutes mes réflexions qui me font plus douter qu’autre chose et je me dirige vers l’arrière du magasin. Derrière une des poubelles, je vois Arès tenir fermement le routier qui ne semble visiblement pas avoir repris connaissance.
« Allez monte! Ils viennent d’entrer à l’intérieur.»

Arès pose notre pseudo fugitif sur la banquette arrière et vient s’asseoir du côté passager. Je n’attends pas plus longtemps pour lancer ma petite citadine sur l’autoroute.
« Bon. En passant le fait que tu ais des attributs de fauve, qu’est-ce qu’on fait de lui ? Tu connais un endroit où on pourrait le soigner en évitant de blesser des gens?»

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Lun 29 Aoû - 0:27

Traverser les épreuves



ft. Seth Grey

Un certain nombre de mots
pensées en italique
dialogue en gras

Les événements s’enchaînent à une vitesse phénoménale, surnaturelle il convient de le dire et si je n'étais moi même pas une créature surnaturelle je dois confesser que je serais probablement  et indubitablement dépassé par les événements. Les événements s’enchaînent à une vitesse surnaturelle et ma volonté de préserver le loup garou incontrôlable de lui même et surtout de cette nature qu'il ne maîtrise en rien. Et ne comprend probablement pas lui même plutôt que de l'abattre froidement histoire de mettre fin à la menace qu'il représente purement et simplement se retourne contre moi lorsque ce dernier me repousse violemment et que je m'écrase durement contre le sol après avoir percuté une table de plein fouet. Je peste et me demande pourquoi je ne lui ai pas ouvert la gorge d'un coup de griffe bien placé. A une autre époque, tuer un surnaturel ne menaçant pas l'équilibre que mon espèce protège représentait un crime pour le gardien à la fumée que je suis. C'est toujours le cas pour tout les membres de mon espèce n'ayant pas trahi notre raison d’être, notre credo et mission en passant de l'autre coté de la force. Sauf pour moi, j'ai survécu à la chute et été innocenté, guéri et réintégré dans le girond des deatheaters du continent nord américain au cours des derniers mois.

Mon honneur a été lavé et ma tache de gardien redéfinie néanmoins tout cela ne change strictement rien au fait que l'on ne peut chuter qu'une fois. J'étais donc devenu l'exception sans même comprendre pourquoi. Par conséquent ôter une vie de surnaturel m'était à présent possible et reposait entièrement sur mon discernement. Seulement, mon harmonie interne n'étant toujours pas redevenue ce qu'elle avait été par le passé et aurait du être, je préférais m'abstenir de prendre ce genre de décision d'autant plus en présence d'un agent du FBI quand bien même il pourrait prendre mon parti dans l'affaire. J'ai déjà bien assez de problèmes dans ma vie pour ne pas en ajouter de nouveaux de la sorte. Imaginez que je sois obligé de liquider Seth pour m'assurer de ma situation de fantôme dans le système. Pas de témoin, pas de preuve. Cela n'arrivera bien sur pas bien évidemment. Notamment parce que je commence à me prendre d'affection pour le jeune homme d'une part et que d'autre part la même impulsion qui m'avait poussé à protéger le loup garou des clients et surtout je me répète de lui même allait sûrement m'en empêcher. Je pense à ce que je voulais coucher sur le papier de ce foutu carnet que j'avais acheté un peu plus tôt dans la boutique de la station. Je veux que mon futur bambin puisse se dire qu'il ou elle aura des raisons d’être fier de son père. Et à l'heure actuelle, j'imagine que je suis en déficit du coté des bonnes actions. Nous sommes tous des pécheurs. Certains le sont simplement bien plus que d'autres. Quoi qu'il en soit, je me demandais dans quel merdier le lupin surexcité à cause de la pleine lune allait nous plonger lorsque Seth déboule une chaise à la main. Chaise qui se fracasse brutalement sur le dos de notre ami déraisonnable bien décidé à nous faire la peau en raison du fait que la bête a pris le contrôle de l'homme et que ses instincts meurtriers sont devenus les siens. Je reste à l'écart pour reprendre mes esprits et mon souffle tandis que Seth harangue le canidé qui s'écrase durement au sol sous le coup de l'impact.

Mais ne tarde pas à bondir sur ses pieds quelques instants plus tard. L'accalmie aura été de courte durée. Le jeune agent du FBI se met en position de combat et j'admire sa bravoure mais me prépare à réagir. Je m'élance au moment ou le loup se jette de nouveau sur Seth, le projette en l'interceptant et le plaque contre le mur. Ma main gauche se serre autour de sa gorge tandis que l'autre le maintient en place. Je sens le routier retrouver son état normal lorsque les battements de son cœur ralentissent et pousse une gueulante pour lui déconseiller de continuer de m'exaspérer sous peine de représailles douloureuses. Je resserre ma prise lorsque ce dernier tente de se rebeller et le loup à l'intérieur de l'homme comprend qu'il a perdu la partie et consent à se calmer malgré les affres de la pleine lune. Le routier lâche un couinement de chiot et je desserre ma prise. J’acquiesce aux propos de Seth avec un léger sourire sur les lèvres avant de reprendre forme humaine en même temps que notre lupin. Mes blessures sont en train de cicatriser mais le routier continue de saigner. Je ne comprends pas vraiment pourquoi. Mais avant que je n'ai pu commencé à fouiller dans mes connaissances pour tenter de solutionner le problème, l'homme loup s'effondre dans mes bras et je le rattrape de justesse.

Je regarde mon ex adversaire avec un regard empli de compassion. J'ai eu  une créatrice, une nouvelle famille et tout un clan pour m'aider à me familiariser avec ma nature surnaturelle. Alors, je n'imagine pas le calvaire que cela doit être de ne pouvoir compter sur personne au sujet de quelque chose qui nous dépasse. Je serais sûrement devenu fou ou très dangereux. Ce loup n'est pas responsable. C'est un Omega de fraîche date à n'en point douter. C'est son alpha qu'il faudrait blâmer. Soudain des sirènes et des gyrophares me ramène à la situation toujours aussi critique malgré l'accalmie relative. Je réprime une insulte tout sauf poétique et jette un regard inquiet à Seth. Cela ne va pas arranger les choses. D'autant plus que j'ai visiblement besoin de temps pour gérer l'état de notre cher ami. J'écoute Seth et lui lance un : D'accord . Merci de nous couvrir et bon courage.

Puis, je vais chercher mon sac de course, enfile ma veste et récupère mon portefeuille. Je soutiens l'homme dont le sang continue de couler et l'abreuve de paroles rassurantes et réconfortantes. Nous nous dirigeons vers l'arrière de la station et pénétrons dans des toilettes. Je prends le temps d'examiner le routier et réfléchis à un moyen de déclencher la cicatrisation mais n'en trouve aucun sur le moment. Cette fois je peste et vide mon répertoire de grossièretés en quelques minutes avant de pousser un soupir d'exaspération lorsque l'homme tombe dans les vapes. Mon tee shirt est maculé de sang, je me trouve à l'arrière d'un dinner avec un loup garou inconnu un soir de pleine lune alors que je devrais être en train d'effectuer mon service au Print. Un jour je comprendrais pourquoi ce genre de situation n'arrive qu'à moi mais pour l'heure. J'ai de gros soucis sur les bras. Comment est ce que je vais faire pour récupérer mon véhicule et échapper à l'attention de la police et guérir celui là ? Je me creuse les méninges mais l'équation reste insoluble. Je quitte le dinner par derrière en soutenant l'homme de tout mon poids. Je décide finalement de le porter comme un marié fin bref vous voyez ce que je veux dire. Histoire de me faciliter la tache. Seth arrive dans sa petite citadine et nous hèle ou plutôt me hèle parce que Bob-oui, j'ai décidé qu'il s’appellerait Bob- est encore dans le cirage.

Je ne me fais pas prier pour obéir à mon cher agent du FBI et compagnon d'infortune. Je dépose le plus délicatement possible Bob à l'arrière et m'installe sur le siège passager. Seth démarre en trombe et prend la direction de l'autoroute. Je ne me retourne pas pour observer ma voiture de peur que l'on voit mon visage et m'identifie car cela invaliderait forcément le baratin  servi par le novice du FBI  à mes cotés. S'il ne leur avait pas menti, il ne serait pas venu me chercher en mode braqueur de banque en fuite. Je ressens un pincement au cœur à l'idée d'abandonner le quatre quatre de feu Malaki mon cher cousin. Je suis parfois un idiot sentimental. Mais je l'assume complètement alors... J'écoute Seth avec attention et esquisse un sourire lorsque ce dernier évoque ma condition tigresque. Ça a de quoi surprendre je l'avoue. Mais, on s'y fait. Je lui réponds finalement : Oui, mes attributs de félin sont bien le cadet de nos soucis. Non, pas vraiment mais laisse moi quelques instants pour réfléchir à ce merdier et je devrais trouver quelque chose.  Au passage encore merci pour ce que tu viens de faire pour moi. Un agent fédéral qui ment à la police ce n'est pas très réglementaire j'imagine.

Je sors ensuite mon téléphone de ma poche et appelle Alessandro. Je tombe sur le répondeur. La soirée doit être chargée. Allo patron. Je m'excuse pour mon absence ce soir mais j'ai eu un souci de sur la route. A demain.
Je préfère rester vague et utiliser un non dit pour ne pas en dévoiler au sujet du sicilien à Seth. Éviter de dévoiler que ce dernier est lui même un loup garou ou pire un mafioso. Puis, je jette un coup d’œil vers le passager dans les pommes étendu sur la banquette arrière. Je compose le numéro de portable d'Aza.

Allô, mon cœur. Tu vas bien. Oui, toi aussi tu me manques. Je passerais bientôt, je te le promets. Comment va notre bébé. Ça ne m'étonne pas ça. Ahahaha. Je jette un coup d’œil à Seth et esquisse un léger sourire devant son regard interrogateur.  
Oui, bon c'est vrai que l'urgence de la situation rend cet échange d'amabilités amoureuses comique. Mais, on ne se refait pas. J'en viens finalement au sujet fatidique. Aza. J'ai eu une soirée compliquée. Pour faire court, un oméga sûrement tout juste transformé qui a été incapable de se contrôler au milieu d'un dinner. J'ai du intervenir et Bob a repris le contrôle mais ses blessures ne cicatrisent pas. Je ne comprends pas pourquoi. Il est actuellement étendu à l'arrière de la voiture de l'agent du FBI ayant été témoin de la scène et m'ayant sauvé la mise devant la police locale. Qu'est ce que tu me conseilles de faire princesse ? Le réveiller puis le blesser pour le forcer à se concentrer sur la douleur et déclencher la cicatrisation. De l'aconit pourrait le laisser groggy jusqu'à la fin de la pleine lune non ? Est ce qu'il y a une meute ou un druide dans les environs de Los Angeles. Pas répertorié. Dommage. Tu peux m'envoyer quelqu'un avec de l'aconit. Pourquoi pas. Non pas toi. Tu es enceinte. Ce n'est pas ce que je veux dire mon cœur. J'éloigne le téléphone de mon oreille pour ne pas y laisser un tympan. Le sourire amusé de Seth ne m'échappe pas. Oui, Aza je sais que tu peux me botter le cul avec une seule main même enceinte jusqu'à l'os. Ce n'est pas la question. Envoie Roan. Je suis sur que cela fera plaisir à mon beau frère de faire un aller retour seulement pour mes beaux yeux. Petit rire de la lionne d'Azgeda. D'accord envoie moi Trey. Je t'envoie la localisation par sms.

Oui, je sais que je pourrais utiliser le lien télépathique qui nous unit mais je ne tiens pas à effrayer Seth plus que de raison et ce moyen de communication pompe de l'énergie à ma compagne et je n'aime pas cela. Je range mon portable et demande à Seth de se garer devant un motel sur le bord de la route. Je lui dis ensuite : J'ai bien un plan mais je doute qu'il soit à ton goût. On passe la nuit dans ce motel. Un autre gardien va arriver dans deux heures voire moins s'il roule à tombeau ouvert. Entre temps, j'espère réussir à déclencher la guérison de notre ami. Une fois guéri, je lui fais boire une substance qui neutralise les garous par pure précaution. Bob s'endort et repart chez lui demain avec une série de conseils. On prend une chambre pour deux avec deux lits. Je dormirais sur le fauteuil pour surveiller notre ami velu. Tu vas payer et prendre la clé. Je monte plus tard pour ne pas attirer les soupçons. Dans le pire des cas, je couvre ses blessures avec la veste et on prétend qu'il a un peu trop picolé. Je te rembourse la chambre si tu veux. Demain, je vais récupérer ma voiture et nos chemins se séparent. Je reconnais que ce n'est pas le plan du siècle mais c'est tout ce que j'ai en stock là tout de suite. Alors ?   




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Dernière édition par Arès Kye Coleman le Jeu 1 Sep - 20:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Lun 29 Aoû - 16:02



Traverser les épreuves

feat. Arès Kye Coleman



Les mains bien cramponnées au volant, je fais face au flot de luminaires qui défile le long de la route. Ma petite ford bippe pour m’informer d’une ceinture non bouclée et me replonge directement dans mes souvenirs passés.



En suivant la même fréquence, la seule chose qui trouble l’obscurité est un son sec et aigüe. Il est trouble, flou puis se précise, s’affine pour devenir un simple bip. A cet instant, une étincelle de lumière vient percer le mur noir auquel je m’étais habitué. Puis enfin les couleurs viennent s’ajouter au paysage qui se dessine devant moi. Les vagues deviennent des traits, la carté aveuglante s’obscurcit pour me laisser voir un long drap verdâtre monté jusqu’à ma mâchoire. Un homme planté dans une croix se dresse devant moi comme seul artifice à ce mur si blanc, si vide. J’arrive à tourner la tête et à apercevoir la source de ce son répétitif, un ordinateur dessine des courbes et des nombres qui n’ont pour moi aucun sens. Un peu plus loin, il y a une porte toute aussi immaculée que le reste de la pièce. Après avoir retrouvé quelques-uns de mes sens et à concentrer mon énergie dans mon bras droit, j’arrive après quelques reprises à lever ce fin drap qui me semble être aussi lourd qu’un énorme sac de sable. Je me découvre alors dans une étrange tenue blanche à pois verts retenue par un simple nœud derrière ma nuque. Mon discernement est bien altéré par la drogue qui circule dans mes veines via tous ces tuyaux mais je comprends finalement vite que je suis à présent dans une chambre d’hôpital. Faire un seul mouvement me demande beaucoup d’effort et mon esprit reste apaisé et endormi. Mais c’est quand les souvenirs d’une altercation sanglante font surface que je perds toute notion de calme et commence à gigoter dans cette prison blanche. Une femme sûrement alertée par le bruit et habillée encore une fois tout de blanc déboule dans la salle. Elle me prie de me calmer mais c’est dans un effort inconscient pour me raisonner que l’infirmière aggrave les choses. Ses mains viennent plaquer mes épaules contre le matelas et rappellent immédiatement mes phobies que je suis incapable de contrôler. Je suis totalement inconscient de ce que je fais réagissant simplement au souvenir de ces derniers événements et au contact appuyé de la demoiselle. Dans un geste brusque du bras gauche, j’arrache le cathéter qui me liait à la transfusion et balaye la fine demoiselle qui se retrouve sur le sol. Des hommes déboulent alors dans la chambre et me maitrisent avant de me planter une aiguille qui me replonge dans les ténèbres. A mon réveil, je suis à nouveau dans la même pièce, cette fois un vieil homme se tient debout à mes côtés et me regarde patiemment. Il se passe une demi-heure avant que je me réajuste correctement à mon environnement. J’essaie à nouveau d’enlever ce drap bien trop envahissant mais sans succès mon bras bien sanglé au lit ne bougera pas d’un iota.
« Mais…
-Monsieur Grey, vous voici à l’hôpital Holywood Presbyterian de Los Angeles, vous avez subi une blessure sévère au bas du torse qui vous a valu une perforation du colon. Vous avez été opéré par mes soins, je suis le Docteur Hopkins et par ceux de mon équipe. Après votre dernier réveil vous avez fait une réaction post-traumatique et ayant constaté un comportement dangereux nous vous avons injecté un anesthésique pour tenter de vous calmer. Ces liens sont juste là pour vous assurer à vous comme au personnel soignant une parfaite sécurité. Avez-vous des questions ?
-La dame qui était là à mon réveil, est-ce que je l’ai blessé ?
-Non mademoiselle Road va bien, elle a juste été surprise par votre état. Maintenant je vais vous détacher je vais vous donner quelques indications à suivre et vous pourrez partir dans la soirée si tout va bien. »

Je me contente d’acquiescer et après une heure de contre-indications et de règles à suivre pendant mes 4 semaines de rémission, c’est l’infirmière qui remplace le docteur et qui me montre les démarches à suivre pour changer quotidiennement mon pansement. Elle me laisse me dénuder puis m’enlève l’ancien pansement qui a tourné au pourpre. Elle m’indique que ma crise de la veille a réouvert la plaie elle enlève les collants et jette le tout laissant une grande ligne sombre parcourir le bas de mon ventre. La blessure est enflée et les contours sont encore très sensibles et irrités mais elle m’assure que la douleur disparaîtra avec le temps si je suis les conseils du médecin. Elle me détaille chacun de ses gestes du nettoyage de la plaie jusqu’à la mise en plus du nouveau pansement. La douleur me tenaille et même si on ne s’habitue pas à la douleur j’ai quand même une expérience importante dans ce rayon. Elle me laisse seul et quelques heures après je me retrouve seul dans le hall de l’hôpital avec sur le dos une tenue donnée généreusement par l’hôpital. Je prends enfin le temps de repenser à tout ce qui s’est passé comment cette nuit tout a dégénéré, comment la mafia n’avait pas hésité à munir leur investissement d’un couteau et comment mon ancien entraîneur s’était retrouvé à tirer sur mon adversaire en tentant désespérément de me sauver. J’apprends après que ce que j’ai vu n’était que le début d’un bain de sang, mes deux seules connaissances se sont fait tuer des mains de la mafia qui ne prenaient pas garde aux dommages collatéraux et aux balles perdues. Au total, le journal que j’ai ramassé sur le trottoir annonce une dizaine de morts et une trentaine de blessés lors de l’accident.

Quelques semaines plus tard, je rentre à Quantico, dans une école prestigieuse formant de futurs brillants agents fédéraux. De la criminologie à la course à pied, nous sommes formés à toute éventualité, à toute sorte d’enquête pouvant être affectée au FBI. Nous sommes formés à être juste, droit, à respecter la loi et ses supérieurs. Nous sommes formés à ne pas avoir peur de tirer sur un criminel, à imposer la loi quoiqu’il en coûte. Nous sommes formés à être prêt à sacrifier notre vie au prix de celles des citoyens américains. Nous sommes formés à être les bras de la justice.

En étant bien plus brillant en combat à mains nues et criminologie qu’en tir et en sociologie, je finis après 10 semaines de lutte sans repos par décrocher ce diplôme dont je rêvais tant. C’était devenu mon seul objectif après le meurtre de ma sœur, c’était devenu une obsession qui me permettait d‘avoir la force de résister à mes démons. était enfin entre mes mains et c’est là, en voyant un insigne avec le sceau du FBI et mon nom gravé dans l’or, que pour la première fois depuis la disparition de mon petit soleil, je fus foncièrement heureux.




Je reviens à moi, un sourire en coin. Arès me répond qu’il doit réfléchir à comment gérer la situation, de mon côté j’ai fait tout ce qu’il était en mon pouvoir. Il me remercie aussi d’avoir outrepassé mes droits mais en vérité, je n’ai pas vraiment pensé aux conséquences dramatiques que ça pourrait engendrer. Je ne crois pas avoir donné d’information capitale sur ma personne et même si nous nous trouvions dans l’obscurité, le lieutenant a bien eu le temps de visualiser mon visage. Un mensonge de cette ampleur pour un débutant du FBI pourrait me coûter la fin de ma carrière et même la prison pendant quelques années. Mais j’évite de penser à ce qui pourrait ruiner toutes ces années de dur labeur, je me concentre sur la route et sur ce que dit Arès.
« La loi a de toute façon toujours été trop sévère concernant le traitement des animaux sauvages. »dis-je en esquissant un sourire

Au sortir de l’école, j’ai bien réfléchi à mon rôle d’agent fédéral et j’ai décidé d’écouter mon instinct et ma conscience plutôt que les règles et interdictions dictées par le gouvernement. Je suis de ceux qui pense qu’une loi ne peut être suivi à la lettre, qu’elle est faite pour instaurer des limites bien distinctes mais pour la sécurité et le bien-être des citoyens, il faut parfois savoir la contourner, la fléchir. Alors même si ça me coûtera des possibles promotions, je serai un agent fier de ses actes et conscient des limites qu’il imposera. Même si dans le cas présent, ce n’est pas une simple règle contourné il s’agit de complicité et de fuite en plus de l’abus de pouvoir. Je jette des coups d’œil dans mon rétroviseur pour m’assurer de l’état du blessé. Il a l’air bien amoché, le sang semble continuer d’affluer de sa blessure, c’est sûr ma banquette va y passer.

Je vois qu’Arès sort son portable et compose un numéro, je lève un sourcil quand je découvre que c’est « patron » qui décroche de l’autre côté. En fait, il lui annonce juste qu’il sera absent ce soir. Arès ne m’a donc pas menti sur sa profession, il est bien agent de sécurité, c’est clair qu’avec des lames de rasoir à la place des ongles et des dents, ça doit être facile de maîtriser les agressifs et les casseurs. Il se remet à composer un nouveau numéro. Cette fois c’est « mon cœur » qui répond, Arès enchaîne les surnoms tous plus mielleux les uns que les autres je lève un sourcil et jette un regard inquisiteur à la copie conforme de Romeo. Il semble passer du bon temps à parler à sa dulcinée laissant même s’échapper un rire. La scène se prête au ridicule mais elle m’apprend que mon nouveau pote félin s’apprête à être papa. Mon regard un peu trop appuyé semble rappeler à Arès la sévérité du contexte, il enchaîne alors en racontant l’histoire à sa propre femme. Je ne sais pas si je suis plus choqué par le sang-froid irréel qu’Arès réussit à garder dans une situation comme celle-ci ou par le fait qu’il raconte que nous avons un homme, enfin un « garou » qui perd la vie sur la banquette d’une voiture à sa femme. A mesure que sa discussion avance mon visage doit arborer toute sorte d’expression. Je ne comprends pas grand-chose à ce qu’il raconte, le routier nouvellement surnommé Bob semble être un oméga qui n’a pas le contrôle de lui-même ou je ne sais quoi. Il demande conseil à Juliette qui semble lui conseiller de blesser à nouveau le mourant.
« Quoi ? Tu peux p.. »

Arès me fait signe de me taire et continue sa discussion insensée avec un vocabulaire tout droit sorti d’une série SF. Aconit, druide, je suis perdu dans toutes ces histoires et je finis par arrêter d’essayer de comprendre. A un moment, Arès semble contrarier sa belle au caractère bien trempé puisque j’arrive même à entendre ses remontrances. Je souris à la réaction d’Arès qui s’éloigne du téléphone pour éviter de détériorer son audition. Les contacts sociaux étant mon talon d’Achille il me rappelle les réactions auxquelles j’ai souvent droit quand je m’adresse à quelqu’un. Au final, il arrive à calmer sa tigresse et nous obtient un certain Trey en renfort. Il raccroche et me demande de m’arrêter au premier motel que nous croisons. Il m’explique alors le plan qu’il a élaboré. On reste dans ce motel pour la nuit, il tente de déclencher la guérison de Bob puis il le neutralise avec une substance spéciale, je me demande si c’est l’aconit dont il parlait tout à l’heure, ensuite nous le surveillons pendant la nuit et on le laisse repartir demain matin.
J’aurais des millions de questions mais là tout de suite je me contente d’acquiescer
« Oui ça me paraît bien, si t’es sûr de toi je te suis. Je vais chercher la clé et t’inquiète pas pour la chambre je vais payer y a pas de soucis. »
Je sors de la voiture et passe sous un néon vert qui affiche « Jizz motel». A l’intérieur, un jeune homme attend à l’accueil accoudé au comptoir. Après un bref échange de salutations, je lui demande la chambre qu’il me faut et il me donne une clé avec inscrit dessus le nombre 204. Je repars en direction de la voiture et indique à Arès le numéro de notre chambre. Il me dit qu’il me rejoindra dans quelques minutes pour éviter d’éveiller les soupçons. Je monte alors deux étages, déverrouille la porte portant le même matricule que la clé et découvre une chambre plutôt plaisante. L’odeur de peinture neuve et de meubles à peine déballés attestent bien d’une rénovation récente. Le tout est décoré dans un style moderne dans des tons gris et blanc. Je m’installe sur le fauteuil qui fait face aux deux lits en attendant l’arrivée des deux garous. J’aimerais tellement en apprendre sur ce monde si mystérieux, ces créatures inimaginables, ces hommes dotés de pouvoirs incommensurables. J’admire ces transformations qui défient la science, j’avais déjà essayé d’en apprendre un peu plus sur tous ces événements surnaturels mais sans succès. Il faudrait que je retente l’expérience, peut-être qu’avec Arès je pourrais déjà obtenir quelques infos. Je me sors de mes pensées et du fauteuil quand on tape à la porte. Arès tient Bob comme une princesse et entre le déposer délicatement dans le premier lit. Sans dire un mot je regarde Arès opérer en me mettant de l’autre côté du lit prêt à l’aider au cas où. Il semble savoir ce qu’il fait, il déchire le reste du t-shirt du blessé et fait de nouveau apparaître ses griffes. Je me retiens de l'arrêter mais je sais qu’il veut l’aider autant que moi.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Jeu 1 Sep - 20:32


Traverser les épreuves



ft. Seth Grey

Un certain nombre de mots
pensées en italique
dialogue en gras

Seth réfléchit quelques instants pesant probablement le pour et le contre d'un plan encore tout chaud dans mon esprit. Je ne vois pas bien ce que nous pourrions faire d'autres. Les options sont bel et bien limitées devant un cas de force majeur pareil. Qu'aurais je pu trouver de mieux ? Hein, je vous le demande. Qu'aurions nous pu faire d'autre ? Foncer à tombeau ouvert vers Beacon Hills et taper à la porte de l'une des meutes de la ville pour lui demander de prendre en charge ce bon vieux Bob sous prétexte de la solidarité tacite entre loups garous. Mouais, on a vu mieux et sûrement pire seulement si je connais bien quelques loups garous dans la petite ville et un certain nombre d'autres créatures surnaturelles, je ne suis intime avec aucun alpha alors l'idée d'aller leur réclamer de l'aide ne me tente pas des masses. Je n'aime pas avoir de dettes envers quiconque. J'apprécie la liberté dans sa forme la plus pure et la plus noble tel l'étalon galopant sous le vent des plaines sauvages. Oui, le mustang ayant donné son nom au célèbre modèle de voiture de sport éponyme. Une très belle voiture à mon goût mais là n'est pas la question.

Je ne m'y connais pas suffisamment au sujet des loups garous pour affirmer qu'ils accepteraient d'en soigner un qu'ils ne connaissent pas. Bien que j'imagine que cela doive en grande partie dépendre des alphas en question. Si ces derniers ont le cœur sur la main, cela devrait être possible mais s'ils ne sont pas portés sur le bénévolat et le sauvetage de loups inconnus... Quoi qu'il en soit, je ne peux pas non plus me mettre à vadrouiller les alentours et la campagne avec Seth à la recherche d'une meute locale ou d'un druide. Puisque Bob est en train de se vider de son sang sur la banquette arrière de la citadine de mon ami agent fédéral. Le temps nous est véritablement compté et nous devons réagir et à fortiori agir très rapidement pour ne pas nous retrouver accuser d'un homicide. Ce qui serait tout de même vous en conviendrez le pompon sachant  que nous sommes devenu des fugitifs d'un jour pour sauver la mise de Bob. Et puis, le proverbe ne dit il pas que pour que quelque chose soit bien fait, autant le faire soi même. Bon de toute manière fin du débat, nous n'avons pas le choix et puis ce motel semble se dresser tel un phare sur notre chemin bien sinueux en cette nuit de pleine lune estivale. L'idée de le forcer à déclencher la cicatrisation en le blessant vient d'Azalea mais en y repensant je me souviens avoir forcer le loup de Chris à se calmer en le blessant. L'animal s'était concentré sur la blessure et avait rendu le contrôle au lycéen. La situation est différente mais ça pourrait fonctionner, ça devrait fonctionner. Non, cela va fonctionner. Ne reste plus qu'à passer de la théorie à la pratique. Seth me répond par l'affirmative et je réprime un soupir de soulagement. Devoir gérer une situation pareille avec deux volontés contraires aurait purement et simplement relevé de l'exploit.

Mais, nous sommes heureusement sur la même longueur d'onde. L'agent fédéral quitte le véhicule et se dirige vers le hall du motel dont le nom scintille au dessus de nous sur un néon aussi pimpant que fluorescent. Je le regarde s'éloigner avant de reporter mon attention sur notre loup garou inconscient. Je murmure : T'en fais pas vieux. On ne va pas te laisser tomber. Au passage tu me dois une soirée de salaire.

Un sourire en coin étire mes lèvres tandis que mes yeux s'attardent sur ma montre. Faire de l'humour avec un homme inconscient. Les gens n'ont plus aucun respect. Il faut vraiment être...En même temps, reconnaissez que s'il s'était réveillé d'un coup sec en poussant une gueulante comme quoi il ne nous avait strictement rien demandé. Cela aurait tourné au tragi-comique. Dans deux heures tout au plus Trey sera là avec de l'aconit. Aconit qui nous permettra de nous assurer que Bob ne cherche pas à tuer quelqu'un d'autre en cette nuit sacrée pour les miens mais bien plus compliquée pour les siens. Je pourrais alors l'interroger sur le pourquoi du comment. Comment est il devenu un loup garou ? Qui l'a transformé ? Depuis quand en est il un ? Lui prodiguer quelques conseils élémentaires de sécurité surnaturelle. Et, il pourra roupillé comme un loir sous notre bienveillante surveillance. Je me remémore le regard mi paumé mi étonné de Seth lors de ma conversation téléphonique et m’arrête sur cette étincelle que j'y ai trouvé. Il connaît l'existence du surnaturel dans une moindre mesure du moins. Son comportement lors des événements de la soirée en atteste également. Un néophyte n'aurait pas réagi avec autant de calme et de maîtrise de soi. Je me doute bien qu'un agent du FBI a un entraînement d'élite néanmoins aux dernières nouvelles ces derniers ne connaissent pas notre existence. Je me demande si mon propre sang froid l'a interpellé sur ma personne. Bon et bien je suppose que le jeu des questions réponses va se poursuivre une fois le problème posé par Bob résolu. Ce jeu des questions réponses devrait se révéler plus empreint de sincérité maintenant que nous nous sommes révélé l'un à l'autre. Moi, le tigre garou et lui l'agent novice du bureau fédéral d'investigation.

En parlant de Seth, le voilà qui revient. J'ouvre la portière et l'écoute avant de lui annoncer que j'arriverais avec Bob dans quelques minutes. Seth part donc en éclaireur et j'attends en observant les environs histoire de savoir si les lieux sont très fréquentés ou plutôt paisibles. Il y a du monde vu les lumières que je distingue aux fenêtres et le nombre de voitures garées sur le parking mais ce n'est pas bondé pour autant. Coup d’œil sur ma montre. Je saisis la clé, ferme la portière, récupère le loup garou et me dirige vers la 204. Heureusement pour nous, il fait nuit et je n'ai pas à cacher Bob à qui que ce soit mis à part au jeune homme de l’accueil. J'atteins la chambre et cogne à la porte. Mon partenaire de galère m'ouvre rapidement et je vais installer Bob sur le lit. Certes, il y aura des traces de sang mais Bob est routier. Si ça se trouve, il n'est même pas californien. Puis, bon certains motels ne sont pas très regardants sur les aspects les moins reluisants de leurs clients. Je prends quelques instants pour observer les lieux. Lieux qui se révèlent plutôt plaisants pour un motel. La peinture est neuve, le style moderne et de bon goût. Je m’approche ensuite du lit et sors mon téléphone de ma poche avant de choisir une radio au hasard. Celle ci diffuse American oxygen de Rihanna. Cela fera l'affaire. Tout ce dont j'ai besoin c'est de bruit pouvant masquer les éventuels haussements de tons voire les cris de notre cher ami lupin. Je dis à Seth : C'est pour masquer les éventuels cris de Bob. Il ne faudrait pas que le voisinage se plaigne de cris déchirants digne d'un supplicié. La musique fera penser à du tapage nocturne. Et puis, cela ne devrait pas prendre très longtemps.


Il s'agit d'une belle chanson au demeurant. Une chanson sur le rêve américain, l'essence de notre nation, ses travers, sa grandeur, son histoire, une ode moderne aux Etats Unis. Je déchire ce qu'il reste du tee shirt du lupin avant d'augmenter le volume de mon téléphone. Puis, je prends une inspiration pour me préparer à ce qu'il va suivre tandis que Seth va se placer de l'autre coté du lit pour me suppléer et tenir le routier si jamais la bête en lui tente de rouvrir les hostilités. Je doute que cela soit le cas au demeurant. Si Bob est blessé, l'animal l'est aussi. Alors, je ne pense pas que la chambre va finir dans un triste état. Néanmoins, il ne faut jamais dire jamais. Je me transforme partiellement en laissant mes griffes pousser au bout de mes mains et échange un regard avec l'agent du FBI pour tenter de l'apaiser. Son anxiété est en effet palpable. Je reporte ensuite mon regard sur Bob et l'observe quelques instants. Bon et bien quand il faut y aller. Il faut y aller. Pas le temps de tergiverser. Je passe un bras derrière la tète du loup garou et le laisse là, histoire de pouvoir lui maintenir la nuque si jamais il venait à s'agiter avant de planter brutalement mes griffes dans son ventre. Le loup garou se réveille avec autant de brutalité dans un cri strident et nous regarde d'un air apeuré. J'utilise mon autre main pour tourner sa tète vers mon visage et laisse mes yeux se teinter de saphir avant de lui intimer de se concentrer sur la douleur.

Le loup en lui panique mais je tiens bon tandis que Seth commence à jouer son rôle et tente de maintenir Bob sur place car ce dernier s'agite dans tout les sens. Je rapproche mon visage du sien et fais bouger mes griffes dans son corps. Une expression de souffrance pure irradie le visage du routier et je me mets à désespérer. Soit cela marche. Soit cela échoue. Mais, c'est quitte ou double. Si la guérison ne se déclenche pas, Bob pourrait y laisser la peau. L'inquiétude ne tarde pas à se dessiner sur mes traits mais un coup d’œil vers Seth me pousse à me reprendre. En effet, ce dernier assure sa part sans coup férir. J'enfonce mes griffes encore plus profondément sans pour autant vouloir atteindre un organe interne et lui dit de se focaliser sur la douleur. Je gueule presque sur le blessé. Finalement, les yeux du garou se mettent à scintiller d'une lueur dorée et la cicatrisation s'enclenche dans la foulée.  Cette fois un soupir de soulagement franchit mes lèvres et j'adresse un petit signe de tète à Seth, répondant par la même à la question lui brûlant probablement les lèvres. Oui, c'est la première fois que je fais cela. Puis, je baisse le volume de mon téléphone et conseille à Bob qui s'appelle en réalité Zack de ne pas bouger et de continuer de se concentrer sur sa guérison. Ce qu'il fait de bon cœur. Les draps sont tachés de sang mais cela me semble être le cadet de nos soucis. Je me relève et me rends dans la salle de bain après avoir rangé mes griffes. Je me lave les mains et me passe de l'eau sur le visage avant de rester quelques instants à observer mon reflet dans la glace. J'aurais pu le tuer. Comment aurais réagi si j'avais eu la mort d'un autre surnaturel sur la conscience. Le fait que je ne ressente plus les effets de la chute, ait été guéri, innocenté et tout le reste ne signifie pas pour autant que je peux oublier. Certes, je me suis remis parce que je suis solide.

Néanmoins, je viens de comprendre que j'aurais pu le tuer et cela me fait l'effet d'une douche glacé. Ce n'est pas le fait de tuer qui me gène. Vous me connaissez depuis le temps. Mais, de tuer un inconnu en tentant de le sauver. Je me passe de nouveau de l'eau sur le visage. Les traumatismes restent en nous quoi qu'on fasse, nous ne pouvons les fuir. Ils deviennent une part de nous mêmes avec le temps. Le mien est encore récent et est sûrement l'un des pires possibles pour le surnaturel que je suis. Finalement des pas me ramène à la réalité, et je retrouve ma plénitude intérieure. Seth entre dans la salle de bain et nous échangeons un regard plein de soulagement. Je prends la parole : Comment va t'il ?




Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Mar 13 Sep - 16:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Lun 12 Sep - 0:49



Traverser les épreuves

feat. Arès Kye Coleman





Je suis concentré sur le visage de Bob à la recherche d’un réflexe ou d’un signe de vie mais aucun signal, seule la musique d’Arès brise le silence mortuaire dans lequel nous nous trouvons. Le garou prend une grande inspiration, me lance un dernier regard, cale une main derrière la nuque de Bob et plante ses griffes dans son torse. En une fraction de seconde, le blessé qui était resté inerte pendant des heures se relève d’un seul coup en poussant un hurlement bestial. A moitié transformé, Bob peine à réaliser ce qui lui arrive et sa mine se recouvre rapidement de peur. Il se met à gigoter dans tous les sens, je m’appuie alors de tout mon poids sur ses deux épaules. Mes poils se dressent et c’est à mon tour de me crisper alors que mon haptophobie fait son grand retour. Arès le force à regarder ses grands yeux bleus azur et lui dit calmement de se focaliser sur sa douleur. Je ne comprends pas bien le lien qu’il a réussi à établir mais le loup-humain semble comprendre et se concentrer. Il serre les dents et son regard transpire la douleur à mesure que les griffes d’Arès s’enfoncent dans sa chair. Le fait qu’on ait presque la même expression me fait esquisser un sourire, comme si des lames traversaient aussi mon torse. Mon expérience au Mexique et a Quantico m’a bien aidé mais on n’efface pas des gravures, on se contente de polir la pierre pour qu’elle soit moins visible. Mon visage n’est qu’à une dizaine de centimètres du blessé, je sais très bien qu’il pourrait me découper si l’envie lui prenait mais j’ai appris à faire ce qui doit être fait peu importe ce qu’il en coûtait. Fidélité, Courage, Intégrité, les trois mots que je devais prononcer hauts et forts chaque matinée à Quantico étaient devenus ma devise des moments dures. Puis la musique d’Arès se révèle être très utile, en plus de couvrir les cris de souffrance de Bob, elle nous calme et diminue la tension ambiante. Malgré cela, Bob a toujours l’air de souffrir le martyr et même si ma posture m’empêche de jeter un coup d’œil sur sa blessure j’imagine que son état ne doit pas s’améliorer des masses. C’est à ce moment que j’entends Arès hurler sur le routier qui ne tarde pas à avoir les yeux qui scintillent. La douleur s’efface de son visage, il ferme les yeux puis s’arrête soudainement de se tortiller. Je peine à y croire mais Arès l’a fait, il a réussi, comme s’il l’avait fait des dizaines de fois Je me retourne et le voit apaisé, il m’adresse un signe de tête. Je lâche ma prise et frotte mes mains contre mon jean, la sensation traverse encore mon corps mais je ne veux rien laisser paraître.
« Continue de te concentrer sur ta guérison… » reprend Arès

«- Zack.» finit-il d’une faible voix

 Arès me lance un petit sourire puis se dirige vers la salle de bain. Je regarde Zack et le détaille plus précisément. Son corps est recouvert de sang et de sueur, un homme normal serait mort depuis bien longtemps, je suis aux prémices d’un monde que je découvre et je vois déjà des choses extraordinaires. Des millions de questions s’entrechoquent dans ma tête, mon esprit scientifique voudrait juste refuser de croire à toutes ces inepties pourtant ce que je vois est bel est bien réel, j’avais déjà eu ce genre d’expérience mais pas à cette échelle et jamais en public. Un homme serpent, une femme chat, un homme loup et… Arès. Je vois les paupières de Zack tenter de s’ouvrir avec difficulté.
« Repose-toi. Tu le mérites bien. »

Après ces mots, un coin de ses lèvres vient s’étirer et me rassurer avant de devenir immobile. Je décide de rejoindre Arès, je toque à la porte entrouverte et la voix du sauveur du jour m’invite à entrer. Je le trouve dos à moi et face au miroir, nous nous regardons et sans dire un mot nous comprenons que nous sommes reconnaissants l’un l’autre.
« Comment va-t-il ? »

Nous avons sauvé un homme mais ni moi ni lui ne sommes d’humeur festive. Je ne peux m’empêcher de ressasser tous les évènements qui se sont passés depuis cette maudite station-essence. Tout ce que je risque et ce que je vais devenir maintenant que je sais tout ça. Comment peut-on être partial face aux humains quand on connait l’existence de créatures supérieures ? Fidélité, Courage, Intégrité. Je souffle un bon coup et prends la parole.
« Il va bien. Il s’est endormi, il a l’air apaisé. »

Je ferme la porte et cale mon dos contre celle-ci. Je ne sais pas trop comment aborder le sujet alors ma voix est hésitante.
« Arès… Je sais que cette journée a été lourde en évènements mais j’ai besoin de réponses. Comment… enfin est-ce que vous êtes beaucoup dans votre genre ? Vous vivez dans le secret alors ? J’veux dire le monde est vaste les médias sont partout, un seul incident et le monde serait au courant comment vous faites ? Et est-ce qu’on devient comme vous ou… ou c’est en naissant ? »

Je fronce les sourcils comme perplexe face aux mots qui sortent de ma bouche. C’est inimaginable comment on peut être déboussolé d’être confronté à tout ce qui nous est inculqué comme irréel depuis l’enfance. C’est comme naître dans un nouveau monde où nos connaissances sont réduites à ce que l’on voit et ce que l’on entend. L’inconnu rebute mais je ne vais pas reculer, je vais avancer et apprendre, découvrir cette univers si étrange. Pour l’instant, je me raccroche au seul être qui m’écoute et qui semble étrangement me ressembler. Comme une similitude dans le regard, un creux dans sa pupille, une faille vestige d’un passé qui nous hante.  
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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Mar 13 Sep - 16:21


Traverser les épreuves



ft. Seth Grey

Un certain nombre de mots
pensées en italique
dialogue en gras

Perdu dans la contemplation de mon reflet, je n'entends pas les paroles que Seth prononce dans la chambre attenante. Des paroles que j'imagine bien évidement réconfortantes à l'encontre de notre loup garou instable mais attachant qui nous avait révélé dans un râle que je qualifierais d'extatique-vous le seriez aussi extatique si comme lui vous veniez d'échapper à une mort certaine causée par une chose vous dépassant-que son véritable prénom se trouvait être Zack. Durant quelques instants, les rouages de mon esprit se mettent à tourner frénétiquement pour déterminer si Zack est le diminutif de Zachary tout comme Bob pouvait être celui de Robert avant de secouer la tète pour balayer de telles futilités. Je suppose que l'esprit est lui aussi capable d'éluder un sujet déplaisant quand il le souhaite en orientant le cours de nos pensées vers des considérations aussi anodines que la couleur d'une voiture ou d'un caleçon. Mécanisme de défense primaire face à un état de souffrance élémentaire. La douleur n'est jamais agréable sauf peut être pour certaines personnes ne partageant pas la même vision du plaisir que moi. Et pour ma part, le sauvetage in extremis de Bob/Zack avait réveillé une douleur sourde au plus profond de mon être.

Une tache sombre sur mon âme, une marque de noirceur qui ne s'estomperait jamais quand bien même je pourrais me mettre à jouer au bon samaritain pour rééquilibrer mon quota de bonnes actions. Une douleur qui n'avait probablement plus rien de comparable avec la létalité psychique qu'avait constitué la punition interne héritée de la chute mais qui n'en restait pas moins une douleur. Une douleur certes moins brutale plus doucereuse et insidieuse mais tout aussi amère que la précédente. J'ouvre doucement le robinet et laisse de l'eau remplir mes mains tendues avant de me baisser pour asperger mon visage rendu transpirant par l'effort passé. La fraîcheur du liquide m'apaise un instant. Je me redresse et observe une nouvelle fois mon reflet. J'aurais pu tué ce loup garou au lieu de le sauver ou plutôt en tentant de le sauver. Et cette possibilité me hante comme la perspective d’être traqué par un chasseur expérimenté pour un omega tout juste devenu hurleur du crépuscule. La vision d'un loup garou égorgé et d'un jaguar garou étouffé s'impose à mon esprit tel un poignard enfoncé avec vigueur dans une plaie ouverte encore saignante. Je n'ai jamais voulu abattre ces deux surnaturels. Ils ne m'ont pas laissé le choix. Mais avaient ils eux mêmes le choix ? Si j'ai toujours eu une moralité douteuse malgré ma nature de gardien du surnaturel, je n'ai jamais voulu mépriser nos règles et lois. Certes, je les tournais parfois habilement à mon avantage essentiellement pour plus d’efficacité mais en presque dix années de service en tant que gardien je n'avais jamais fauté.

Ainsi, les événements de la cité des anges me laissaient un goût amer dans la bouche, des regrets et des remords lancinants. On ne peut pas sortir indemne d'une telle épreuve. Alors, oui je suis quelqu'un de solide et ne montre pas mes faiblesses mais même les rocs peuvent se fissurer. Si je ne ressentais rien par rapport à ce passé encore aussi brûlant dans ma mémoire qu'un brasier flamboyant allumé par un pyromane c'est que je ne serais pas un être humain. Et aussi phénoménale puisse être la puissance de mon espèce, nous restons des mortels et croyez moi les mortels ont peur, pleurent, saignent et souffrent tous de la même façon. Je m'abaisse bien plus brusquement que la première fois et me passe de nouveau de l'eau froide sur le visage. Les mauvais souvenirs sont chassés. Je me redresse une nouvelle fois, ferme le robinet et maîtrise mon rythme cardiaque en pensant à ma compagne. Un sourire étire lentement mes lèvres lorsque je pense à ce qu'elle m'avait dit concernant le fait qu'elle avait des sentiments pour moi depuis bien longtemps. Étant donné que je suis assurément la moitié qui a le plus besoin de l'autre, j'imagine que la compensation est effectuée. Je passe ma main sur mon visage pour balayer les dernières gouttes d'eau en me disant que je ne cracherais pas sur une petite bouteille de vodka là tout de suite. Si je pouvais demander à mon frère de clan de m'en dégotter une en passant. Ma main plonge dans ma poche droite mais ne trouve rien. L'appareil est resté poser sur la commode près du lit de Zack.

Mon sourire s'efface lorsque je repense au loup mais en même temps je me sens étrangement bien à l'idée qu'il soit sorti d'affaire. En fait, je me rends compte que je viens de redécouvrir la sensation que procure le fait de sauver une vie innocente. Sensation que je n'avais plus ressenti depuis mon installation à Beacon Hills. Les doctors étant bien trop puissants pour que le gardien de grade inférieur que j'étais puisse les arrêter. Ainsi la découverte de trop nombreuses victimes avaient ponctués mes patrouilles nocturnes. Une pointe de fierté vient balayer les regrets naissants quant à cet autre problème. Je viens de sauver Zack ou plutôt nous venons de sauver Zack. Soudain quelque chose se produit en moi. Je ressens une grande chaleur et mes yeux se mettent à briller de leur lueur bleuté. Une fois le court phénomène passé, je me sens plus entier et uni avec moi même. Je comprends rapidement que je viens de retrouver une partie de mon osmose. La fissure causée par la chute se referme peu à peu. Cela ne m'arrache aucun sourire, aucune forme de fierté. Je comprends juste que le chemin est encore long mais que je suis désormais sur la bonne voie. Seth s'est révélé un allié précieux. Durant une poignée de secondes, je caresse l'idée de l'avoir à mes cotés dans ma lutte contre les destructeurs d'un autre temps. Mais, celle ci se dissipe lorsque le jeune homme pénètre dans la petite salle de bain. Nos regards se croisent dans le miroir mais nous ne nous félicitons pas pour ce sauvetage. Nous nous comprenons parfaitement. Tirer de l’orgueil de cette action serait malsain. Parce que je suis un gardien du surnaturel et que ce genre d'actions devraient marquer mon quotidien et lui parce que c'est un agent du FBI qui a sûrement du jurer de défendre et protéger.

Je prends finalement la parole pour prendre des nouvelles de Zack. Seth souffle avant de me donner des nouvelles rassurantes. Peut être que nous n'aurions pas besoin d'utiliser l'aconit après tout néanmoins prudence reste mère de sûreté. Je m'attends à ce que nous retournions tout les deux dans la chambre mais l'agent du FBI passe le pas de la porte et la referme doucement derrière lui. Je ne ressens aucune menace ni même une vague sensation désagréable lié au fait que le tigre en moi n'aime pas se retrouver dans des espaces aussi réduits. Alors, je me retourne et pose mes mains sur le lavabo pour me soutenir tandis que Seth cale son dos contre la porte maintenant close. Seth reprend la parole hésitant au début mais déterminé sur la fin. Un léger sourire étire une nouvelle fois mes lèvres closes. Je savais que je n'y couperais pas. Je prends quelques instants pour peser le pour et contre. Si je lui révèle des choses et qu'il va tout raconter à droite et à gauche que ce soit aux médias ou à ses potes du bureau fédéral, ma vengeance sera terrible mais d'un autre coté Seth m'a l'air d’être quelqu'un de bien, et il a lui aussi cette lueur dans le regard. Cette petite lueur que l'on ne retrouve que chez les personnes ayant eu la malchance de comprendre que le proverbe disant que la vie est injuste n'est pas qu'un fichu proverbe. Et pour terminer, il s'était parjuré pour m'aider à sauver un inconnu.

Alors je décide finalement de me montrer honnête et de récompenser son aide  mais sous certaines conditions. Je prends donc la parole en plantant mes yeux dans ceux de mon vis à vis : D'accord, je vais te révéler ce que tu veux savoir mais à la condition non négociable que cela ne sorte pas du cadre de cette salle de bain. Tu n'en parles à personne même pas à tes amis ou tes collègues. Compris ?
Je m'assure qu'il a compris et répondu par l'affirmative tout en surveillant les battements de son cœur pour vérifier s'il ne ment pas tout en me rappelant qu'un agent du FBI a sûrement reçu un entraînement à ce niveau. Mais, l'homme me paraît sincère. Alors, je reprends : Pour répondre à ta première question. Nous sommes bien moins nombreux que vous mais nous sommes bien plus qu'une poignée. Ensuite, oui nous vivons dans le secret. Il y a bien quelques catégories d'humains qui connaissent notre existence notamment les druides et les chasseurs. Comme tu t'en doutes, leurs visions à notre sujet diffèrent radicalement. Et  parfois certains membres non surnaturels de certaines familles j'imagine. En tout cas, c'est le cas de la mienne. C'est pour cela que les incidents comme celui d'aujourd'hui sont délicats à gérer et que les autorités préfèrent utiliser le classique de la bête sauvage affamée pour masquer les bizarreries échappant à leur contrôle. J'imagine que les autorités humaines n'ont pas envie de faire peur aux populations ou qu'elles n'ont pas assez de preuves. Fort heureusement, cela s'avère relativement rare. Nous tenons à notre anonymat et n'avons aucunement envie de nous faire marquer comme surnaturel et répertorier comme tel. Ta dernière question est trop vague puisqu'il existe une multitude d'espèces surnaturelles. Mais, on peut le devenir par transformation ou l’être par naissance. Pour ma part je suis né humain et ai été transformé par ma compagne il y a presque dix ans maintenant. D'autres questions ?        




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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Sam 17 Sep - 16:14



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Mon regard plongé dans celui d’Arès, je vois clairement un doute s’installer en lui avant qu’il ne se décide à parler. J’imagine que ce n’est pas un sujet facile à aborder pour lui. D’ailleurs il me fait jurer de ne rien évoquer de tout ça à quiconque. Je suis impressionné par le ton qu’il emploie, garder ce secret semble être quelque chose de vraiment crucial pour lui. J’imagine assez aisément les conséquences que pourraient engendrer la révélation de l’existence de toutes ces créatures sortis tout droit des légendes urbaines. Les scientifiques s’empresseraient de faire toute sorte d’études et d’expériences sur des individus pas forcément favorable à servir de cobaye. Les autorités les surveilleraient et les brideraient tandis que les habitants craintifs chercheraient à expulser toutes ces personnes… différentes. Je réfléchis quelque secondes à mes devoirs en tant qu’agent et mes devoirs en tant qu’humain. Aborder ce secret me rappelle Beacon Hills, j’avais découvert que la petite ville entourée d’une épaisse forêt cachait bien plus de mystères que ce qu’elle en avait l’air. Comme si tout le monde fermait les yeux sur ce qui se passait vraiment et décidait de vivre normalement. J’avais choisi de faire mon stage là-bas à cause du chiffre important de meurtres non élucidés. Je reste frustré à l’idée de tous ces criminels se baladant librement et impunément dans la nature. C’est pour ça que je décide de suivre mes principes et de m’occuper moi-même du problème, l’état ne fera aucune différence entre ces individus et je sais mieux que personne qu’ils ne sont pas tous mauvais. Je hoche la tête et réponds d’un air assuré :
« Compris. »

Arès reprend alors.
« Pour répondre à ta première question. Nous sommes bien moins nombreux que vous mais nous sommes bien plus qu'une poignée. Ensuite, oui nous vivons dans le secret. Il y a bien quelques catégories d'humains qui connaissent notre existence notamment les druides et les chasseurs. Comme tu t'en doutes, leurs visions à notre sujet diffèrent radicalement. Et  parfois certains membres non surnaturels de certaines familles j'imagine. En tout cas, c'est le cas de la mienne. C'est pour cela que les incidents comme celui d'aujourd'hui sont délicats à gérer et que les autorités préfèrent utiliser le classique de la bête sauvage affamée pour masquer les bizarreries échappant à leur contrôle. J'imagine que les autorités humaines n'ont pas envie de faire peur aux populations ou qu'elles n'ont pas assez de preuves. Fort heureusement, cela s'avère relativement rare. Nous tenons à notre anonymat et n'avons aucunement envie de nous faire marquer comme surnaturel et répertorier comme tel. Ta dernière question est trop vague puisqu'il existe une multitude d'espèces surnaturelles. Mais, on peut le devenir par transformation ou l’être par naissance. Pour ma part je suis né humain et ai été transformé par ma compagne il y a presque dix ans maintenant. D'autres questions ? »

Quand il me parle des humains qui connaissent leur existence, je me mets à repenser à toutes les personnes que j’ai pu croiser à Beacon Hills, celles avec qui j’ai discuté. Alex, le fils du garde forestier qui visiblement en savait beaucoup sur le sujet, l’adjoint O’Conner qui avait subi mes troubles autistiques et Matrim l’homme que j’avais aidé à vaincre une étrange créature. Tous étaient sûrement au courant de l’existence du surnaturel peut-être étaient-ils eux-mêmes des créatures surnaturelles ? Quand j’y repense des arbres étaient apparus en une fraction de seconde quand je courrais avec Matrim mais j’avais simplement prétendu que c’était des hallucinations. Puis il aborde le sujet des autorités et du fait qu’elles préfèrent se voiler la face plutôt que de chercher à régler tous ces crimes impunis. Je serre les poings, ce sujet me tient vraiment à cœur, quand cette affaire sera fini, je jure de m’impliquer personnellement dans ces affaires. La justice doit atteindre quiconque se dresse contre elle, surnaturelle ou pas, rien ne reste invengé.

Transformé ? Alors c’est comme une sorte de virus ? Etrange…
Je me retourne et ouvre la porte, avant de poursuivre je veux m’assurer que Zack va toujours bien. Je m’assois sur le fauteuil qui fait face aux deux lits et jette un œil au routier qui dort comme un bébé. Je réfléchis à nouveau à toutes les questions qui me passent par la tête et finis cet interrogatoire avec une dernière.
« Je ne te demande pas de répondre forcément mais si tu en as l’envie dis-moi franchement avec tous ces pouvoirs tu as déjà tué des humains ?»
Je sais que ma question n’est pas facile, avouer d’avoir commis un meurtre à un agent du FBI c’est comme mettre son bras dans la gueule d’un lion mais c’est ce que j’ai déjà fait en quelque sorte alors il sait que je lui suis fidèle sur ce coup.

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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Dim 18 Sep - 2:29

Traverser les épreuves



ft. Seth Grey

Un certain nombre de mots
pensées en italique
dialogue en gras

Le regard de Seth se plante dans le mien tandis que je lui énonce les règles non négociables de notre arrangement mutuel. Je lui raconterais ce qu'il veut savoir au sujet de mon monde, celui dans lequel les pleines lunes sont pour certains peuples aussi sacrées que le fait d'aller à la messe pour les humains et des périodes tendues et difficiles à vivre pour d'autres. J'utilise le terme de peuple plutôt que celui d'espèce car si on analyse les choses différemment. On pourrait penser qu'il n'y a qu'une seule espèce surnaturelle tout comme il n'y a qu'une seule espèce humaine. Espèce qui se déclinerait ensuite en différentes peuplades ayant ses capacités et faiblesses. Mais, tout cela n'est que du chipotage sur les mots. La constante à toutes créatures surnaturelles quelles qu'elles soient est le secret. Si les chasseurs parviennent déjà à traquer de nombreuses espèces-oui, je reviens à la dichotomie première car finalement si l'on considère qu'il n'y a qu'une seule espèce humaine c'est bien parce tout humain a les mêmes caractéristiques génétiques dans une certaine mesure (je ne suis pas généticien et ai toujours détesté les cours de sciences, aussi merci de votre compréhension) tandis que nous autres surnaturels avions souvent autant de différences que de points communs. Les chiens ne font pas des chats n'est ce pas. Les ours garou ne sont pas des renards garou et ainsi de suite-ils pourraient abattre tranquillement les nôtres si nos existences étaient révélés.

De plus et vous m'excuserez de le penser, j'ai l'intime conviction que les chasseurs ne seraient pas inquiétés plus que cela pour le meurtre de surnaturels dans un monde ou l'existence de ces derniers serait connue de tous. Nous vivons tout de même dans un pays ou la ségrégation raciale a eu cours jusque dans les années soixante et dans lequel les minorités telles que celle particulièrement emblématique des amérindiens, premiers habitants de ce continent ne connaissent pas franchement le doux goût du rêve américain. Cette expression doit plutôt leur donner un goût amer dans la bouche. Le melting pot de notre grande nation est une illusion aux yeux de la plupart de ses habitants un minimum lucide sur la question. Cela est une bien belle illusion. Une sublime illusion utopique sonnant pourtant comme une désillusion dans la réalité. Alors, je n'ai aucun doute quant au fait que si le secret surnaturel venait à tomber la vie des surnaturels deviendrait bien compliquée.  Oh, si j'étais optimiste de nature je penserais que l'on pourrait les voir comme des héros si ces derniers mettaient leurs capacités surnaturelles au service de leurs concitoyens chez les pompiers ou autres.

Mais, mon histoire personnelle étant ce qu'elle était, le pessimisme me venait bien plus facilement. Durant ce laps de temps très court entre le moment ou je demande à l'agent du FBI si il est d'accord avec mes conditions et celui ou il me répond par l'affirmative. Mon esprit parfois bien imaginatif a le temps d'imaginer une succession de situations aussi terrifiantes que désastreuses. Des proches ou des connaissances surnaturelles pourchassés. D'autres emprisonnés pour pallier aux risques qu'ils pouvaient représenter pour un pauvre habitant ordinaire. Et mon clan décimé pour la simple et bonne raison qu'un deatheater ne se laisserait jamais emprisonner contre son gré. Le clan se battrait et ferait des ravages mémorables avant de s'éteindre. Ma compagne...Le visage ensanglanté de ma belle m’apparaît, un bambin mort et une autre série d'horreurs. Mon cœur manque un battement et je perds le contrôle de mes émotions durant une poignée de secondes. Puis, je secoue légèrement la tète pour chasser ces visions apocalyptiques qui n'arriveraient jamais. Car, j'abattrais chaque personne susceptible de les mettre en œuvre.

Vous m'excuserez d’être envahi par un intense sentiment paranoïaque mais s'il y a bien quelque chose que toute l'humanité partage c'est bien la faculté à haïr tout ce qu'elle ne connaît pas et ne comprend pas. Alors certes, je dramatise et transforme ce futur hypothétique en tableau macabre digne de Guernica. Quand je disais que le fait de vivre au plus prêt de la mort rendait les gardiens à la fumée sinistres. Enfin. Je décide finalement de vaincre toutes ces appréhensions et réponds aux questions de Seth. Pourquoi ? Parce que cet homme a cette lueur dans le regard qui prouve qu'il a salement morflé durant sa vie tout comme moi. Et, je ne parviens jamais à m’empêcher de me sentir plus proche des gens se trouvant dans ce cas. Parce que Seth semble être un homme bon tout comme Alec en était un. Mon instinct ne m'avait pas trompé concernant le mentaliste alors je pouvais lui faire confiance concernant le novice du bureau fédéral. L'homme m'avait aidé à sauver une vie et ce n'était pas le genre de choses qu'une mauvaise personne ferait. Alors, je réponds à ses questions parce qu'il mérite de savoir. Puis, bon j'imagine qu'il est parfaitement conscient que s'il trahit sa promesse...

Avec de telles réflexions les anti surnaturels s'en donneraient à cœur joie mais j'ai le regret de vous annoncer que je ne représente qu'une infime part de ce monde et une infime de ma propre espèce car je ne connais pas franchement d'autres gardiens qui arrondissent leur fin de mois en jouant les mafieux. Si, je ne suis clairement pas le meilleur exemple pour représenter les enfants de la mort je n'en reste pas moins l'un des leurs. Je me montre clair mais concis dans mes réponses. Car malgré toute la curiosité de Seth, je ne comptais pas franchement passer des heures à disserter de telles ou telles choses. Je note qu'il semble devenir soucieux lorsque j'évoque les humains susceptibles de connaître l'existence du surnaturel. Ce qui est relativement intéressant puisque cela confirmait mes premières impressions liées à notre rencontre remontant désormais à plusieurs heures. Seth connaissait déjà certaines choses liées à mon monde. Il avait déjà été en contact avec ce dernier. Je réprime un « je le savais » bien puéril et continue mes révélations. Je savoure le fait pour le moins anodin que mon instinct renforcé par mes aptitudes de gardien à la fumée était toujours aussi affûté malgré les tristes événements de Los Angeles et tout ce qui en avait suivi. Je me rends compte que j'aurais pu utiliser un autre terme que transformer pour caractériser le passage de l'état d'humain à celui de surnaturel devant le regard étonné de Seth. Dit comme cela, je reconnais que ça peut faire penser à un virus zombi. Mordu alors ? Bah, au final peu importe la formulation choisie, la finalité reste la même. On passe du statut d'humain à celui de créature surnaturelle.

J'aurais pu lui dire que tout le monde ne survivait pas à la transformation mais ne reprends pourtant pas la parole pour le lui indiquer. Pas la peine de lui foutre la trouille plus que de raison. Ni de faire passer les surnaturels transformant des humains pour des monstres sans cœur quand bien même certains alphas se montraient irresponsables. Celui de Bob pardon de Zack notamment. S'il avait d'autres questions j'y répondrais sans détour parce que je lui fais pleinement confiance pour le moment. Seth avait gagné ma confiance assez rapidement en réagissant de la meilleure manière aux événements pour le moins inattendus de la journée. Mais, j'espérais réellement ne pas tromper sur sa personne. Le jeune homme semble satisfait de mes réponses puisqu'il se retourne et quitte la petite salle de bain pour retourner dans la chambre. Je quitte la salle de bain à mon tour et ferme la porte derrière moi. Je remarque que Seth s'est installé sur la fauteuil alors je m'avance jusqu'au lit de Zack, récupère mon portable et consulte le message de Trey avant de le ranger dans ma poche. Puis, je pose la main sur le front du loup garou endormi pour vérifier que sa guérison s'était bien déroulée et qu'il n'avait pas développé de la fièvre. Diagnostic négatif puisque tout va bien pour le loup garou qui roupille comme une véritable marmotte. Je vous assure qu'il y a même le bruit qui va avec tant les ronflements sont intenses. Mais, cela n'est pas gênant puisqu'il avait plus que mérité son repos. Je m'assois sur le deuxième lit et me tourne vers Seth qui me paraît pensif.

Je me doute donc qu'il a une autre question sur le bout de la langue et me prépare donc à y répondre. Je retire mes chaussures et vais me caler le dos contre le mur. Une fois confortablement installé la question de Seth ne tarde pas à franchir le pas de ses lèvres et à me surprendre. En fait, je dois bien reconnaître que je suis littéralement pris de court. Je m'attendais à tout sauf à cela et je ne peux m’empêcher de sentir ma méfiance grimper jusqu'à atteindre des sommets. Ce qui est dommage puisque Seth avait gagné ma confiance bien plus rapidement que n'importe qui. Seulement, je trouve cela trop gros de me faire interroger sur le surnaturel et sur mes antécédents violents dans la même soirée. J'imagine que le fait d’être un criminel n'arrange rien à la situation. Ce choix de vie bien regrettable m’empêche de profiter pleinement de mes relations amicales puisque je ne peux pas révéler mon véritable métier à grand monde sauf aux amis baignant dans le même milieu, mon clan et encore ou ma famille.

Ce qui limite singulièrement le nombre de personnes avec lesquelles je peux me montrer parfaitement honnête et transparent. C'est un mode de vie bien particulier mais je pense qu'il est bien trop tard pour changer. Vous pouvez pleurer sur mon innocence morte bien trop tôt dans une ruelle sombre de Seattle alors que je n'étais encore qu'un gamin, mais cela n'y changerait rien. Je triture ma barbe quelques instants comme si cela allait m'aider à réfléchir par rapport à la réponse que je donnerais à l'agent du FBI à la curiosité bien suspecte. Je finis par choisir de maintenir ma confiance en Seth et lui avouer que j'ai déjà tué. Sans noms ni preuves, il ne peut strictement rien contre moi. C'est triste à dire mais je connais mon affaire. Oui, je suis quelqu'un de dangereux mais contrairement à un serial killer humain ou surnaturel et à bien d'autres cas, je ne tue jamais pour le plaisir. Je ne tue que lorsque je l'estime nécessaire pour ma mission surnaturelle, mes obligations professionnelles particulières ou la vendetta et c'est cette dernière que je consens à lui avouer.

Je plonge mon regard dans le sien et avoue : Se confesser à un agent du bureau fédéral ressemble étrangement à des aveux pouvant être retenu contre moi alors j'espère sincèrement que la confiance que je place en toi est justifiée Seth. Il se trouve qu'il y a encore peu, ma vie était bien plus belle puisque j'avais deux merveilleux cousins que je considérais comme des frères pour la rendre plus belle. Mes cousins étaient des loups garous et nous avions prévu de nous installer à Beacon Hills. Je pense qu'il faut être orphelin pour aimer ses cousins comme j'aimais les miens. Quoi qu'il en soit, j'ai retrouvé leurs corps sans vie aux abords d'un motel proche de Beacon Hills. C'était l’œuvre de chasseurs qui les pourchassait depuis longtemps. Autant dire que ces chasseurs n'ont pas connu une fin heureuse. Les mots adaptés pour qualifier leur trépas sont atroces, souffrances et sanglants. Est ce que je regrette ? Absolument pas. Tu comptes me passer les menottes ?

Je me dis que je pousse le bouchon un peu loin mais le fait d'évoquer les morts de Malaki et Jason me serre le cœur et le transperce de milles éclats. La tristesse ne tarde pas à m'envahir et mon expression le reflète plutôt bien puisque mes traits se ferment et que mon regard se voile. Durant quelques instants, je ne suis plus dans la petite chambre mais dans les rues de la ville natale de mes cousins en leur compagnie. Un souvenir datant d'environ cinq ans mais qui ne disparaîtrait jamais. Gravé dans mon esprit jusqu'à la fin. Je retrouve le contrôle de mes émotions et reprends la parole : Et toi Seth peux tu me dire ce qui t'a poussé à intégrer le bureau fédéral ? Je me suis montré parfaitement honnête avec toi...
A toi de me rendre la pareille partenaire de sauvetage et autres bonnes œuvres. Le caractère de l'agent me plaisait malgré la méfiance naturelle qui m'avait saisi alors l'idée de tout à l'heure revenait trotter dans ma tète et y faisait désormais son petit bonhomme de chemin.    




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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Dim 25 Sep - 17:00



Traverser les épreuves

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Je sais que ce n’est pas très malin d’avoir posé cette question aussi brutalement. Mais poser ce genre de questions n’est pas qu’un réflexe de flic. J’essaie vraiment de cerner Arès, par quoi il est passé, pourquoi je me sens si familier avec lui. C’est loin d’être dans mon habitude de faire copain-copain avec de nouvelles connaissances, tout ceux qui m’ont aperçu en témoigneront je ne suis pas le genre de type à côtoyer. Mais je suis né avec une curiosité débordante parfois trop intrusive mais souvent nécessaire. Au regard étonné de mon interlocuteur je réalise sans surprise qu’il ne s’attendait pas à ma question. Mon visage à moi ne se tend pas, il n’en a pas l’habitude, même si depuis Tijuana les couleurs recommencent à naviguer à travers celui-ci. Je ne regrette pas d’avoir posé cette question, ça me semble primordial, je sens qu’il n’est pas de ces personnes qui sont nés dans un cocon et qui n’ont jamais connu de vraie souffrance et si nous commençons à être plus que des connaissances alors je dois le savoir.
« Se confesser à un agent du bureau fédéral ressemble étrangement à des aveux pouvant être retenu contre moi alors j'espère sincèrement que la confiance que je place en toi est justifiée Seth. Il se trouve qu'il y a encore peu, ma vie était bien plus belle puisque j'avais deux merveilleux cousins que je considérais comme des frères pour la rendre plus belle. Mes cousins étaient des loups garous et nous avions prévu de nous installer à Beacon Hills. Je pense qu'il faut être orphelin pour aimer ses cousins comme j'aimais les miens. Quoi qu'il en soit, j'ai retrouvé leurs corps sans vie aux abords d'un motel proche de Beacon Hills. C'était l’œuvre de chasseurs qui les pourchassait depuis longtemps. Autant dire que ces chasseurs n'ont pas connu une fin heureuse. Les mots adaptés pour qualifier leur trépas sont atroces, souffrances et sanglants. Est-ce que je regrette ? Absolument pas. Tu comptes me passer les menottes ? »

Qu’il ait essuyé une perte dramatique ne me surprend pas cependant je ne peux pas m’empêcher de raccrocher son histoire à la mienne, l’issue est différente mais les dégâts sont les mêmes. Ses parents puis ses cousins, Arès a perdu beaucoup, c’est sûrement pour ça que je lui ai fait confiance si rapidement. L’aveu de sa vengeance me rassure sur ce point mais je ne peux m’empêcher de penser à tous ces meurtres dans le coin. Si ça ne se résume qu’à cette vengeance, il n’y a rien d’alarmant mais dans le cas contraire…
Je suis par contre très surpris qu’il soit lui aussi lié à Beacon Hills, cette ville est-elle donc un refuge pour les êtres surnaturels ?

Il prend une pause j’imagine que ressortir ces vieux souvenirs n’est pas coutume non plus chez lui. Il finit en me demandant quelles sont mes motivations pour arriver au FBI.

« D’abord je te remercie de ton honnêteté et non j’ai d’autres desseins que d’arrêter des hommes ayant assouvi une vengeance. Il fut un temps où moi aussi j’étais obsédé par la vengeance, elle hantait mes nuits et occupait mes jours. Mais la vengeance n’est qu’une nuance de la justice, une dérivée violente où la sentence n’est pas souvent la meilleure. Et quand le temps efface peu à peu cette frénésie et lorsque la haine disparaît il ne reste plus qu’un océan de tristesse et une déchirante solitude. Les hommes expriment leur chagrin de diverses manières, certains préfèrent l’extérioriser et pleurer leur peine, d’autres se contentent d’essayer de l’oublier dans un flux d’alcool et de drogue. J’imagine que la mienne fut simplement d’enfouir tout ça en moi, garder cette souffrance en mon sein en prétendant aller bien. Mais lorsque l’on vit avec la douleur, sa noirceur vous envahit et finit par vous ronger de l’intérieur. Après cela, c’était aisé de me diagnostiquer des troubles autistiques et d’autres perturbations dans le comportement social. J’ai longtemps vécu seul avec ma souffrance, j’avais même réussi à me convaincre qu’elle me permettait d’avancer, de ne pas oublier et de garder la motivation. Puis avec le temps et les échecs, j’ai compris que mes démons finiraient toujours par ressurgir et affecter ceux qui m’approcheraient de trop près. Depuis je me bats contre cette haine et fais tout pour recoller les morceaux. Entrer au FBI c’est comme une revanche sur le passé et sur ce qui continuera à me hanter jusqu’à mon dernier souffle. C’est comme une promesse de rendre la justice que j’ai n’ai pas pu rendre dans mon passé. C’est une victoire sur la vie. Voilà tu sais tout.»

Même si je n’évoque pas le meurtre de ma sœur, je révèle à Arès une partie de mon existence qui était resté secret jusqu’à aujourd’hui. Je clos les paupières et efface toutes les images qui traversent mon esprit. Cet échange est comme un gage de notre confiance commune. Je commence à considérer Arès comme un potentiel allié, si je me tourne vers ces crimes douteux il pourrait s’avérer être un associé crucial. Je me lève et me dirige vers la fenêtre qui porte sur la cour extérieur, je tire le fin rideau pour observer d’un œil discret ma voiture et la rue déserte. Au même moment, je sens une vibration dans la poche droite de mon jean. Je regarde l’appelant et entrouvre la porte d’entrée.
« Excuse-moi. » dis-je en adressant un regard à Arès

Je sors de la chambre, cale mon coude sur la barrière du balcon de l’étage et décroche au téléphone.
« Salut Elise. Oui ça va j’ai fait une pause dans mon trajet et toi ? Ah bon ? Tu veux que je l’appelle ? Ok pas de soucis, merci de m’informer à bientôt. »
Je raccroche et compose un nouveau numéro, cette fois je prête bien attention à diminuer le son de ma voix pour que personne ne puisse entendre la discussion.
« Bonsoir monsieur Maclaren, votre fille m’a confié que vous aviez besoin de moi sur une affaire. Oui bien sûr. Je note ça tout de suite. 816… Michigan St… à 6 heures pétantes. Je serai là. Au revoir.»

Je raccroche à nouveau et range mon carnet dans la poche arrière de mon jean. Finalement, il se peut que je doive rester dans le coin un peu plus longtemps. Je reviens dans la chambre et feins un sourire.
« Une collègue récalcitrante. » lui dis-je d’un air amusé

Même si je lui fais confiance les affaires sont les affaires et je ne le connais pas encore suffisamment pour me permettre d’être aussi transparent.
« Dis. Il me semble que l’on va devoir rester là pour la nuit en attendant ton pote. Alors le mieux c’est que l’on fasse des gardes pour surveiller son état. Si ça ne te dérange pas j’aimerais prendre le premier tour, le trajet m’a épuisé. »

Ça ne me fait pas plaisir de jouer la ruse avec Arès mais je n’ai pas le choix surtout que je ne sais pas encore ce qui m’attend. J'attends son approbation et vais m'allonger dans le lit en réglant mon portable pour qu'il me réveille dans tout juste 4 heures.
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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Lun 26 Sep - 0:47

Traverser les épreuves



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Je scrute le visage de Seth d'un œil inquisiteur n'ayant pour le coup plus grand chose d'amical. Avouer un crime n'est pas une chose aisée malgré le simple fait que je ne le regrette pas et que si ce crime là ne m’empêche aucunement de trouver le sommeil, il n'en reste pas moins un crime et je ne suis pas le genre de personne à ressentir une quelconque fierté à supprimer une vie sauf circonstances particulières. Je le fais seulement lorsque je l'estime nécessaire et je veux bien reconnaître que j'ai une vision large de ces circonstances particulières. Oui, bien plus large que n'importe qui d'autre. Néanmoins, je n'ai jamais tué sur un coup de tète. Ôter une vie que cela tienne d'une bonne action telle qu'éliminer un élément néfaste pour l'équilibre surnaturel et ainsi potentiellement éviter à d'autres innocents surnaturels ou humains d'en pâtir ou d'une mauvaise comme l'enrichissement personnel ou la vengeance passait nécessairement par une interrogation en ce qui me concernait. Cette interrogation pouvait être expresse lorsqu'il s'agissait d'accomplir ma mission de gardien ou même lorsque je me retrouvais face à une menace criminelle dans le cadre de ma branche de métier plus qu'atypique.

Mais, elle avait néanmoins le mérite d'exister. Bien qu'elle était devenue avec le temps ni plus ni moins qu'une simple formalité. Elle existait pourtant bel et bien. Toutes les premières fois vous marque en bien ou en mal. La première fois que j'avais ôté une vie dans le cadre de mes fonctions de deatheater. Cela m'avait fait un choc car malgré tout l’entraînement du monde et la dureté de la formation, malgré le fait que cette possibilité m'avait été précisé dès le début soit quelques jours après ma transformation lors d'une présentation sommaire de ma nouvelle nature, prémisse de la perdition-cet entraînement sadique et épuisant que subissaient tous les élus- j'avais ressenti quelque chose lors de l'acte. Et ce quelque chose n'avait pas été des plus plaisants. J'avais pourtant rapidement accepté mon statut de soldat en guerre contre les anomalies du monde surnaturel. Et les autres opérations avaient balayés ces sentiments néfastes. J'avais pris le pli en somme. Tuer fait partie de la vie d'un gardien à la fumée, nous vénérons la mort alors l'apporter ne saurait nous causer le moindre souci. Seulement, les gardiens à la fumée suivant le chemin de l'harmonie et n'étant donc pas des saloperies de renégats n'avaient pas vraiment l'habitude d'utiliser leurs habilités pour autre chose que le maintien de l'équilibre.

Alors si c'était bel et bien ma nature surnaturelle qui m'avait amené à devenir un tueur froid et entraîné ce n'était pas la faute de mon espèce et des miens si je mettais ces aptitudes au service de mes intérêts personnels. La déviance venait de ma personne et uniquement de ma personne et je me doute que si je n'avais pas fait preuve d'indépendance d'esprit féroce et que j'étais resté dans le girond du clan comme quatre vingt dix pourcents des gardiens à la fumée de ce monde, je ne serais pas devenu cet être qui tuait sans remord ni regret. J'aurais tué bien évidemment mais seulement pour une cause supérieure et digne. Qu'est ce que vous voulez que je vous dise ? Tuer est devenu une habitude. Le fait que ma perception de l'humanité soit si dépréciative en raison de mon histoire personnelle ne devait sûrement pas aider. Une mauvaise habitude je suppose mais nous sommes des créatures routinières humains et surnaturels, le poids des habitudes nous écrase tous de la même façon.

Je pourrais au moins rassurer Seth et probablement moi même par la même occasion en disant que je n'avais jamais tué d’innocents et que toutes personnes tombées sous mes assauts avaient forcément quelque chose à se reprocher. Surnaturels ou entités défiant les règles ancestrales de l'équilibre, chasseurs ayant autant de sang sur les mains que moi et ayant tué des surnaturels qui n'avaient jamais fait le moindre mal à des humains ou des mafieux et criminels en tout genre qui eux vivaient du crime et étaient donc des parias dans les sociétés humaines et des mauvaises personnes de facto. Ironique ce dernier point étant donné que j'étais moi même un hors la loi. Mais vous comprenez l'idée. Si les policiers les arrêtent, moi je les tue et ils ne récidivent pas. Bon nouvelle nuance, si je les tue c'est parce que ce sont des rivaux. Je ne le fais pas par bonté d’âme. M'avez pris pour Frank Castle ou quoi ? Quoi qu'il en soit, mes aveux terminés au sujet des chasseurs et de la mort de mes cousins. Ce qui constitue en soit un double aveu car je ne parle de Jason et Mala à personne en règle générale. Je venais donc de faire preuve d'une sincérité pour le moins complète et déconcertante à mes propres yeux et ce devant un agent du FBI, novice certes mais un agent du FBI est un agent du FBI. Mon expression perd peu à peu de sa dureté et se fait plus neutre tandis que je lis diverses émotions sur le visage de Seth et notamment dans ses yeux.

La compréhension que j'y lis me surprends franchement pour le coup car je m'attendais à une condamnation nette et sans appel de la part de l'humain. Cette compréhension est le genre de chose que seule une personne ayant elle même perdue peut posséder. Mon expression perd alors la neutralité méfiante pour revêtir de nouveau le masque amical que j'avais offert à Seth depuis le début de notre rencontre. Si, le jeune homme avait lui aussi perdu des êtres chers sans avoir pu faire la moindre chose pour enrayer cet événement tragique, cela expliquait pourquoi je ne lisais pas de l'hostilité pure et simple dans ses yeux. Mon intuition ne m'avait pas trompé et Seth a lui aussi connu la vie dans ce qu'elle pouvait parfois avoir de plus atroce, de plus terrible et de plus injuste. Ce simple constat ramène ma confiance et ma sympathie pour l'inconnu plus tout à fait inconnu à un niveau raisonnable. Avouer quoi que ce soit ne m'a jamais fait le moindre bien contrairement à ce que dise les psychologues ou les pasteurs. Néanmoins, le fait de parler non pas du meurtre des chasseurs responsables mais de la perte de mes cousins m'enlève un poids de la poitrine.

Cela rend les choses moins embrouillées, moins déchirées par les émotions et plus factuelles. Mes cousins sont morts et ceux qui leur ont pris la vie aussi. Il était peut être temps de l'accepter. Bien que ma haine des chasseurs ne diminuerait jamais et que si je venais à en affronter un à l'avenir, j’essaierais sûrement de lui faucher son dernier souffle je pouvais malgré tout ne plus me focaliser dessus à mes heures perdues. La douleur dans ma poitrine lorsque je repense à Mala et Jasy est chassée par des pensées joyeuses liées à mon épouse et la famille que nous étions en train de créer. Obnubilé par mes souvenirs je n'ai pas noté son étonnement vis à vis de Beacon Hills. Je demande à Seth de se prêter lui aussi au jeu des questions réponses et celui ci s'y plie finalement de bon cœur. Ce qui me confirme qu'il n'avait pas tenté de me manipuler un peu plus tôt. Je l'écoute avec attention et dodeline de la tète lorsqu'il m'avoue qu'il a lui même éprouvé les brûlantes flammes de la vengeance. Des flammes qui brûlaient les victimes de votre envie de vengeance autant qu'elle vous brûlait vous même et cela Seth le savait parfaitement bien puisqu'il l’expliquait parfaitement bien en me racontant son histoire.

Je sens bien qu'il ne me dit pas tout et omet volontairement de me parler de la perte qui l'a conduit à s' auto détruire  au lieu de laisser cours à ses instincts meurtriers. Cela n'a aucune importance car son propre aveu est suffisant pour affirmer nos ressemblances évidentes et c'est à mon tour de compatir pour l'agent du FBI. Nos regards se croisent durant un instant et je sais que cet échange silencieux est explicite pour lui comme pour moi. Je compatis complètement à sa douleur et à son histoire tout comme il compatit à la mienne. Et il est terriblement triste de penser que la première chose susceptible de réunir deux hommes est le chagrin d'une tragédie. Seth finit par fermer les yeux sous le coup de l'émotion et je détourne le regard par respect. Nos pertes respectives et les révélations que nous venons de nous offrir semble être idéales pour devenir le ciment d'une relation d'alliance. Alliance contre quoi ? L'injustice de certaines morts tragiques touchant d’innocentes personnes. Probablement. Je remarque que Seth s'est relevé et je lui lance les clefs de sa voiture avant d'oublier une nouvelle fois de les lui rendre. L'agent les rattrape au vol avant de répondre à son portable. Il s'éloigne de quelques pas et je décide de ne pas écouter sa conversation quand bien même mes habilités surnaturelles me permettraient amplement de ne rien rater.

J'ai une vision assez élevée de l'alliance et dans cette vision la confiance tient une place prépondérante alors je sors mon propre téléphone et ne fais plus attention à Seth. J'enfile des écouteurs et me passe une petite musique rythmée dans les oreilles. Je lève la tète lorsqu'il revient, ôte un écouteur et l'interroge du regard. Un sourire amusé se peint sur mon visage lorsque j'entends sa réponse. Je me lève ensuite du lit et écoute Seth avant de répondre : Oui, c'est ce que je me disais. Il devrait arriver dans une petite heure maintenant mais tu as raison autant que l'un de nous se repose dès maintenant. Tu dois effectivement être épuisé après ta rencontre musclée avec Bob, je veux dire Zack. Je te laisse le premier tour de sommeil donc. Quatre heures ça te va ?
Réponse affirmative de Seth qui va s'installer dans le deuxième lit. Pour ma part, je tire le fauteuil jusqu'au lit du loup garou et m'installe dedans le plus confortablement possible. Zack dort à poing fermé comme un nouveau né. La musique dans mes oreilles m’empêche de m'endormir durant l'heure qui suit et lorsque mon téléphone se met à vibrer je me lève pour aller répondre à Trey. Je lui indique le numéro de la chambre et ce dernier toque à la porte quelques minutes plus tard. Je l'invite à entrer et je lui demande de ne pas faire trop de bruit. Une accolade fraternelle propre aux gardiens d'Azgeda plus tard, ce dernier sort un petit flacon de sa poche et me tend l'aconit liquide avec précaution. Je la fourre dans ma poche et lui demande d'examiner Zack pour avoir confirmation de mes propres impressions. Ce dernier confirme mes observations.

Le loup garou ne devrait plus poser de problème en cette nuit de pleine lune et pourrait repartir chez lui avec l'aconit qu'il ne devrait boire qu'en quantité limité à chaque pleine lune pour qu'il ne puisse pas se transformer sans contrôle et mettre en danger des innocents. Tout serait question de dosage et de volonté. Nous nous charrions ensuite et échangeons des banalités ainsi que des informations sur le clan pour Trey. Puis une vingtaine de minutes plus tard, ce dernier se lève et se dirige vers la sortie. Je le raccompagne et c'est à ce moment là qu'il semble se rappeler de quelque chose d'important. Il sort un paquet d’aluminium de la poche de sa veste et rigole en me le tendant. Je l'interroge du regard et il m'explique que ma chère et tendre guerrière s'était mis à la pâtisserie à ses heures perdues pour calmer ses nerfs. Azalea trouvait à priori cela apaisant au grand dam des membres du clan qui devaient goûté ses œuvres culinaires. La lionne étant visiblement bien plus doué pour briller sur un champ de bataille que derrière un fourneau. Le bonne chance que me lance Trey m'arrache un éclat de rire que je modère ensuite en me rappelant que Seth et Zack dormait. Mon frère de clan quitte les lieux et je retourne m'installer dans le fauteuil dans lequel j'ouvre le paquet contenant un gâteau au pomme. Je goûte avec appréhension et engloutis le dessert rapidement. Bien content que mes deux compères d'infortune soient en train de dormir pour ne pas assister à mes penchants de gloutonnerie. Le goût n'est pas des plus délicieux je le concède mais le simple fait de savoir que c'est Azalea qui l'a fait efface le raté. La nuit va être longue et le combat m'a vidé de mes forces. Je lutte désormais contre le sommeil d'autant plus que je suis persuadé que la blessure de Zack et sa délicate guérison ont sapée toutes ses forces.    




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Dernière édition par Arès Kye Coleman le Mer 5 Oct - 23:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Jeu 29 Sep - 20:36



Traverser les épreuves

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Mon téléphone vibre et me fait comprendre qu’il est l’heure. Mes paupières papillonnent, je m’étire et j’aperçois Arès les yeux à moitié clos qui s’était blotti comme il pouvait dans l’autre lit. Je ne me sens pas très fier de ne pas avoir fait le premier tour mais j’ai assuré au boss que j’allais être à l’heure. Je n’avais pas le choix.
« Merci pour le premier tour. Ton pote a fini par passer ? »

Il répond par l’affirmative alors je lui laisse la place et me dirige vers la salle de bain. Je n’ai pas d’autres affaires alors je vais me contenter de ça. Je prends une douche rapide en pensant à mon plan pour ne pas éveiller les soupçons de mon compagnon de route. Je me revêtis et ouvre la porte, je jette un rapide regard à Arès et Zack pour m’assurer qu’ils soient bien endormis. J’attrape ma veste et la met sur mon dos, je sors en essayant de faire le moins de bruit possible. Je descends l’étage et monte dans ma voiture. Je regarde mon téléphone pour vérifier que je n’ai pas reçu de nouvelles consignes. Monsieur Stephen MacLaren est le directeur de la division d’investigation criminel et depuis deux semaines mon chef d’escouade. Peu ont la chance d’être sous son couvert si j’en suis là c’est grâce à sa fille, Elise.

Quand je suis arrivé à l’école de Quantico j’étais encore sous le choc de mes aventures à Tijuana. Je luttais pour ne pas replonger, étrangement ce qui m’a aidé c’était de refaire de la boxe. Il y a un large éventail de sport que l’on peut pratiquer en dehors des heures de cours et je me suis dirigé d’instinct vers celui-là. J’y allais tous les jours en fin de cours pour décompresser, oublier les difficultés de la journée et me rappeler des entraînements que j’avais eu au dojo. C’est là que je l’ai aperçu, elle frappait dans un sac comme un pivert dans un arbre, le regard plein de détermination et de volonté. Evidemment, tout le monde connaissait son nom, pas simple de se montrer digne de porter un tel nom. Mais elle se montrait brillante, elle excellait dans presque tous les domaines, elle pouvait renverser un homme qui pesait trois fois son poids, faire sauter une conserve à plus de 60 mètres avec un colt ou même dresser un dossier entier sur votre identité psychologique. A mesure que la formation avançait et que notre promotion se réduisait à vue d’œil, Elise travaillait toujours plus la nuit comme le jour, personne ne la voyait avoir des discussions inutiles ni sortir le week-end. Elle se dédiait corps et âme à cette formation. Pour l'épreuve finale, nous étions tous organisés par binôme pour résoudre une affaire factice  élaborée par l’école. Un dossier nous avait été confié avec différentes pistes, indices, profils, etc. Il y avait même une fausse scène de crime que nous pouvions analyser. A mon grand étonnement mon binôme imposé fut la seule étudiante que j’admirais. Après quelques jours de travail commun, j’ai découvert que cette fille bien solitaire pouvait aussi se montrer sociable quand il le fallait. J’adoptais son rythme assidu et grâce à son analyse minutieuse et mes compétences dans la criminologie, nous avons décelé l’identité du criminel en quatre jours soit trois jours avant qu’une autre équipe ne finisse. Après cela, nous nous parlions pendant les heures de boxe ou après les cours, la fin approchait, la pression redescendait et Elise s’accorda enfin du temps à elle. Ainsi nous apprîmes à nous connaître, elle prit connaissance de mon passé tumultueux et elle m’expliqua son éducation militaire. A la sortie de l’école, nos résultats avaient fait échos, évidemment Elise fut recrutée par son père et peu après il décida de me recruter à mon tour. Je ne sais toujours pas s’il l’a fait parce qu’Elise l’a poussé à le faire ou parce que notre travail d’équipe avait été si efficace. Toujours est-il que j’allais enfin être confronté à ma première affaire.

Je sors le petit bout de papier chiffonné sur lequel j’ai noté l’adresse à laquelle je dois rejoindre monsieur MacLaren et rentre les coordonnées dans mon GPS. Sur la route, j’appréhende et me demande à quelle mission je vais être confronté et si je serais en équipe avec Elise ou non. Et surtout j’espère que je ne devrais pas partir en laissant Arès seul. C’est bien la dernière chose que je voudrais, je me sens lié à lui maintenant, j’ai envie de continuer à le connaître, c’est le seul homme à me faire éprouver un semblant de sentiment d’amitié depuis une éternité. Ça me fait du bien de lui parler. Quelques minutes plus tard, j’arrive dans la rue en question, une rue tout à fait commune, des maisons modernes se côtoient et quelques civiles circulent. Je me gare sur le côté et scrute les voitures environnantes mais aucune ne correspond à sa description. Je ne m’inquiète pas j’ai quelques minutes d’avance. Je sors mon arme de la boîte à gant et la cale dans le mini holster qui serre ma cheville droite. Je sors mon autre arme du dessous de mon siège et la cale entre mon caleçon et mon jean. Je suis paré, le petit afficheur de ma voiture indique 6 heures tout rond et je vois dans mon rétroviseur une longue bentley noire aux vitres teintées débarquer. Elle se gare sur le trottoir d’en face. Je soupire et sors en m’assurant que mes armes soient bien invisibles. Je traverse et entre dans la voiture.
« Monsieur MacLaren. » dis-je en avançant ma main

« -Agent Grey. » répond-il en serrant ma main d’une poigne ferme

« Vous voilà dans votre première affaire j’espère que vous saurez prouver vos compétences, on m’a bien vanté vos mérites maintenant à vous de vous en montrer digne. Elise a mené une enquête sur des combats de rue qui auraient lieu dans les parages, il se trouve qu’elle a trouvé un homme qui participerait à ces matchs illégaux, elle a réussi à le localiser, il vivrait dans un appartement dans une petite ville non loin de là appelée Beacon Hills. Elle croit que ces combats à paris auraient lieu eux-aussi dans cette ville. Malheureusement, j’ai dû la muter sur une autre affaire car l’homme l’a déjà aperçu. Dans votre cas, vous n’y êtes pas premièrement habilité mais il faudra que vous adoptiez une autre identité, les papiers sont dans ce dossier. »
Il me glisse un dossier que je récupère.
« Essayez d’approcher cet homme et d’en apprendre plus sur ces matchs. Elise dit qu’il y aurait un rapport entre ces matchs et la mafia sicilienne qui sévit dans le coin. Si vous arrivez à dénichez tout ce trafic on pourra peut-être remonter jusqu’à l’organisation. C’est une affaire importante monsieur Grey son issue sera déterminante pour la suite. Si vous réussissez vous serez directement promu si vous échouez vous devrez dire adieu à cette escouade. Est-ce que j’ai été clair ? »

« -Très clair.» répondis-je

« -Alors vous pouvez disposer agent Grey, bon courage. Je vous recontacterai sous peu. »

Je sors de la voiture en dissimulant le dossier sous ma veste, je retraverse la rue et rentre dans ma voiture. Je réfléchis à tout ce que m’a dit mon supérieur et essaye de tout me remémorer. Je me doutais qu’en entrant dans cette équipe j’allais devoir bosser sur des affaires importantes mais être indirectement confronter à la mafia ne faisait pas partie des cas que j’avais imaginé. D’autant plus que son issue est rédhibitoire pour mon poste. Jouer à un jeu de rôle ne me paraît pas bien dur mais c’est les contraintes qui se dressent à moi qui me bloquent. Tout d’abord ça se déroule à Beacon Hills, j’y ai déjà rencontré des gens, s’ils se souviennent de moi, ma couverture pourrait facilement être foutue en l’air. Il y a aussi Arès, l’homme que je viens de rencontrer a apparemment posé pied à Beacon Hills, si j’y travaille il pourrait lui aussi nuire à mon enquête. Puis ce n’est que ma première affaire et cette fois Elise ne sera pas là pour m’épauler, je vais devoir gérer seul mais d’un autre côté j’ai de quoi être motivé. Je ne peux que rapprocher cette histoire à celle de Tijuana, tous ces combats auxquels j’avais participé avait finalement contribué à la mort de deux de mes connaissances, la mafia n’avait eu aucune pitié à tenter de me tuer aux profits de la victoire de leur poulain et par conséquence au pactole qu’ils empocheraient. Je suis le premier à pouvoir le dire, ces combats doivent à tout prix prendre fin. J’ouvre l’enveloppe et y trouve un smartphone une carte d’identité, un permis de conduire accompagné d’une fiche descriptive.


Noa Jefferson

Age : 25 ans

Taille : 1m81

Poids : 79kg

Noa est un orphelin qui a grandi dans la banlieue de Los Angeles, il a très vite plongé dans les trafics de drogue après plusieurs arrestations il a décidé de se reconvertir dans les combats à paris. Il a déménagé à Beacon Hills car il a entendu parler de ces fameux combats et souhaiterait y participer. Un ami lui a parlé de Bill Grimms un fighter qui se bat à Beacon Hills.

Objectif : Rencontrer Bill Grimms et essayer de lui soutirer des informations sur l’organisation de ces combats (lieu, date, fréquence, participants, organisateurs), tout ce que vous jugez intéressant pour la suite de l’enquête.

A cela est lié un fichier sur l’homme en question son adresse exacte son casier judiciaire et d’autres détails que Elise a réussi à dénicher.


Je mets le téléphone dans ma poche et remets le reste dans le dossier. Je glisse le dossier dans la boîte à gants et repars vers le motel. Je fais un petit détour vers la boulangerie où j’achète quelques viennoiseries et trois cafés. Je ne sais pas s’ils seront réveillés mais ça me donnera une excuse si Arès a remarqué mon absence. Quand j’arrive dans la chambre, Arès est toujours à la même place qu’avant de partir. Ça me rassure mais en le regardant j’ai un petit pincement quant à l’avenir. Je me demande bien comment je vais pouvoir allier les deux causes. Il est hors de question d’impliquer Arès là-dedans alors quelle est la solution, le fuir après tout ce qui s’est passé ? Je ne sais pas je verrai, chaque chose en son temps.

« Eh les prédateurs, j’ai apporté le pti déj ! »
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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Mer 5 Oct - 23:36

Traverser les épreuves



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La vibration d'un téléphone me tire du semi sommeil dans lequel j'avais plongé sans même m'en rendre compte. J'ai une capacité de résistance à la fatigue relativement élevée mais quand je suis claqué, je suis claqué tout simplement. Comme tout le monde me direz vous. Être surnaturel ne vous affranchissait pas des limites et des besoins physiologiques de base. Je me rends compte que j'avais allongé les jambes sur le lit dans lequel Zack ronflait encore comme une loutre ou une marmotte. Et m'étais blotti le plus confortablement possible dans le fauteuil que j'avais choisi d'occuper pour prendre mon tour de garde. Après réflexion, le fait que ma veste couvrait le haut de mon corps prouvait bien que j'avais succombé aux sirènes du sommeil en toute connaissance de cause et que j'avais estimé que le loup garou endormi ne représentait plus aucune menace pour personne et certainement pas pour Seth et moi même.

Mais, je confesse que ce réveil brutal ne me déplaît pas pour la simple et bonne raison que c'est au tour de l'humain de tenter de profiter du confort sommaire du fauteuil et que je vais pouvoir m'enfoncer dans un matelas pour les heures à venir. Si Seth est toujours fatigué, il pourra toujours s'endormir comme je l'ai fait étant donné que Zack est tiré d'affaire et à priori de nouveau aussi inoffensif qu'un ours gavé de miel en pleine hibernation. Pour ma part, je suis impatient de plonger dans le lit voisin à celui du loup. Et c'est d'une voix complètement ensommeillée et morose que je réponds : De rien Seth. Oui, j'ai ce qu'il me faut. Bon courage pour ton propre tour.
Quelque chose sur le visage ou plutôt dans les yeux de l'humain me fait tiquer mais je suis bien trop fatigué pour y accorder la moindre attention. Tout ce que je veux là tout de suite se résume à un oreiller moelleux et un matelas ainsi qu'une couverture légère au besoin. Ce dernier se dirige vers la salle de bain et je me dis qu'il va juste faire un tour au toilette alors c'est sans méfiance aucune que je me laisse tomber dans le lit après avoir retiré mon tee shirt et l'avoir déposé sur la commode.

J'ai juste le temps de savourer ce confort sommaire mais délectable qu'une drôle d'impression traverse mon esprit embrouillé par le manque de sommeil. Pourquoi est ce que Seth prend une douche si tot alors qu'il fait encore nuit ? Un frisson d'inquiétude passe le long de ma colonne vertébrale lorsque je me remémore que je suis en compagnie d'un agent du bureau fédéral et que comble de l'ironie je lui ai avoué une bonne dizaine de crimes la veille au soir. Mais, avant que je n'ai pu me pencher sur le degré de merde dans laquelle je me suis fourré en la jouant à la sicilienne c'est à dire les palle sur la table et l'arrogance tranquille et maîtrisée à son paroxysme mes paupières se ferment sur mes yeux et je tombe dans un sommeil lourd, profond et réparateur. Lorsque je me réveille plusieurs heures plus tard, revigoré mais pas complètement reposé, le jour filtre à travers les fenêtres de la petite chambre. En constatant que Seth n'est nul part visible, je m'inquiète et me remémore la journée et la soirée d'hier. La première chose qui traverse cette fois mon esprit est un et merde. Je suis persuadé que l'agent du FBI est allé me vendre à ses supérieurs hiérarchiques. Étant un professionnel du milieu, il n'existe plus la moindre trace de mon œuvre vengeresse macabre mais avec le poulailler royal comme l’appelait Alessandro on pouvait s'attendre à tout.

La déception et la méfiance ne tarde pas à venir s'insinuer dans mon esprit et à faire fondre tout l'espoir que la rencontre avec un idéaliste comme Seth m'avait procuré. C'était évident un idéaliste ne peut absolument pas s'acoquiner avec un homme comme moi. Oui un criminel mais pas que. Ma défiance envers le système depuis mon enfance à l'orphelinat, une défiance que tout mes amis et partenaires de malheur partagions me pousse à me demander comment j'ai pu me montrer aussi naïf. Je connais des agents des forces de l'ordre et un futur shérif. Je suis d'ailleurs très proche de cette future recrue policière puisqu'il s'agit de Chris mais là c'était différent. J'avais la désagréable impression d'avoir joué et d'avoir perdu. Et c'est bien malgré moi qu'un pincement au cœur me fit regretter cette situation. Je commençais déjà à apprécier Seth. Je vais observer par la fenêtre pour constater que la voiture de Seth n'est plus présente sur le parking. Je réfléchis à toute vitesse et hésite à disparaître sans laisser de traces mais je me dis que j'en ai suffisamment dit à l'humain pour qu'il me retrouve quoi qu'il arrive. Bon advienne que pourra. Je me gratte l'épaule avant d'aller faire un tour dans la salle de bain pour boire quelques gorgées d'eau fraîche puis je vais me recoucher.

Il n'est que sept heure du matin. Je peux encore roupiller un petit coup. Si le bureau fédéral vient m’arrêter. Il le fera ici ou ailleurs alors bon. Je retombe rapidement dans le sommeil qui est cette fois agité. Et ne me réveille que lorsque la porte grince lorsque quelqu'un l'ouvre. La voix de Seth m'arrache un sourire sous la couverture. Il est seul, mes soupçons seraient erronés ? Je me lève et lui adresse un grand sourire avant de dire : Quelle délicate attention. Tu as pris des pains aux raisins ? J'adore ça. Je prends mon tee shirt au passage et me rends dans la douche. Je prends une longue douche brûlante qui ne parvient pas à balayer mes soupçons. Puis, je reviens dans la chambre et enfourne une viennoiserie dans ma bouche tout en souriant à Seth. Puis, Zack va à son tour se laver. Je lui tends ensuite le flacon d'aconit sous le regard de l'agent du FBI et lui explique qu'il devra en avaler une petite dose à chaque pleine lune pour s'affaiblir et garder le contrôle. Je n'interroge pas Seth sur les raisons de son départ nocturne, préférant garder pour moi le fait que je sais qu'il m'a fait faut bond.

Nous retournons finalement sur le parking du restaurant d'autoroute une demi heure plus tard et après avoir observé Zack partir en camion. Je dis à Seth : Tu as un numéro de téléphone à me donner pour notre alliance. Beacon Hills est un champ de bataille à cause des masqués. Le travail n'y manquera pas. Merci encore pour tout mon vieux. A bientôt.
Devant son air interrogatif, je me contente de lui dire que je lui expliquerais lors de notre prochaine rencontre et que je suis relativement pressé par quelque chose à Beacon Hills. Puis, je prends congé après avoir pris son numéro et monte dans le range rover avant de prendre la route de Beacon Hills. Je me permets même de lui adresser un petit au revoir de la main. Je n'ai à priori pas de mandat fédéral sur la tète pour mes aveux. Mais, pourrais je faire confiance à Seth pour autant ? Seul l'avenir nous le dira...    



Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: Traverser les épreuves PV Seth Grey    Jeu 6 Oct - 21:57



Traverser les épreuves

feat. Arès Kye Coleman



Je suis soulagé de voir un sourire se dessiner sur le visage d’Arès. A vrai dire, je n’ai pas bien soigné ma couverture, je n’y ai pas pris vraiment attention, par fatigue ou par méguarde toujours est-il que je ne peux pas être sûr qu’Arès ne se doute de rien. Ce dont je ne doute pas c’est qu’Arès est loin d’être naïf, il se pose des questions, il a l’étoffe de quelqu’un de réfléchi et je ne sais pas s c’est à mon avantage. J’ai mes secrets comme il a les siens à voir si notre entente ne pourrait pas tourner au vinaigre si ceux-ci venaient à être révélés. Mentir c’est mon métier mais au vue de comment j’agis avec Arès, déceler ce que je cache devrait s’avérer moins compliqué que ce qu’il ne paraît. Pour l’instant, je vais juste continuer mon petit jeu et ne pas lui révéler ma nouvelle mission, pas maintenant, pas tant que je ne saurai vraiment qui il est. Peut-être que la solution à Beacon Hills est que pendant que je m’occupe de mon affaire j’enquête en même temps sur Arès, si je m’aperçois qu’il est clean alors je pourrais envisager de le côtoyer et pourquoi pas de devenir plus que de simples connaissances.
« Des pains aux raisins ? Bien sûr, pour qui tu me prends ! » dis-je en lui retournant un sourire

Il saisit son t-shirt et va se doucher. J’ouvre le sachet et donne un donut à Zack qui peine à se réveiller. Pourtant une fois la pâtisserie devant son nez, il s’empresse de se relever et de la fourrer dans sa bouche. A ses gémissements et sa mine satisfaite, je m’aperçois qu’il était temps qu’il mange. Je lui en donne un autre et lui pose son café sur la table de chevet. Je mange à mon tour et me délecte de mon café matinale. Quelques minutes plus tard, Arès sort, je lui jette son pain aux raisins qu’il dévore rapidement. Il va ensuite chercher un flacon dans son sac qu’il tend à Zack en lui conseillant d’en prendre à chaque pleine lune comme un petit médecin du surnaturel. En attendant que Zack se lave à son tour, je réfléchis à nouveau au plan que je déciderai de mettre en place une fois installé à Beacon Hills, où je poserai mes affaires, les lieux que je fréquenterai, ma nouvelle identité, ma mission et comment je devrai éviter mes anciennes rencontres. Je jette un coup d’œil à Arès qui boit son café à petite gorgée, il faut aussi que je me renseigne à son sujet, si je peux lui accorder ma confiance tout sera beaucoup plus simple. Peu de temps après, Zack ressort de la salle de bain avec mon pull sur le dos, on n’allait tout de même pas le faire repartir avec sa chemise déchiré.
« Bon on est parti ! » lancé-je en attrapant ma veste

Une fois sur le parking, je regarde Arès et m’apprête à lui demander s’il repart de son côté mais les clés de voiture qu’il sort de sa poche réponde à ma question.
« Tu as un numéro de téléphone à me donner pour notre alliance. Beacon Hills est un champ de bataille à cause des masqués. Le travail n'y manquera pas. Merci encore pour tout mon vieux. A bientôt. »

Un champ de bataille ? Des masqués ? C’est quoi cette histoire ? Il me dit juste qu’il m’expliquera plus tard. En temps normal, j’aurais montré davantage de curiosité mais là j’ai d’autres préoccupations.
Je griffonne mon numéro sur un petit bout de papier qui traîne dans ma poche et lui donne, cela me fait penser que les appels qui arriveront sur mon téléphone actuelle devront être reçu par Seth Grey. Je devrais utiliser l’autre quand je serai sur la mission. Pourvu que tout se passe bien.
« Oui tiens n’hésite pas à me demander un coup de main, peut-être qu’on s’apercevra au coin d’une rue. A bientôt Arès» lui répondis-je

Je lui lance un clin d’œil, fais mes au revoirs à Zack à qui j’appelle un taxi et rentre dans ma voiture. J’espère vraiment pouvoir revoir Arès, dans mon métier côtoyer beaucoup de gens peut constituer un risque mais dans ce cas-ci je crois que ça en vaut la peine J’attends que les deux disparaissent pour ouvrir à nouveau mon dossier. J’allume mon portable de couverture et le glisse dans ma poche, je passe un moment à apprendre le numéro par cœur puis travaille mon rôle, j’échange alors mes pièces d’identité, tout ce qui permet d’identifier Seth Grey finit dans ce dossier, je garde la carte d’identité, le permis de conduire, la carte bancaire et d’autres bricoles de Noa Jefferson. Même si je reste focalisé sur l’objectif, jouer le caïd pendant quelques semaines va peut-être s’avérer amusant après tout. Je glisse un peu de liquide dans ma poche et démarre le moteur, je me dirige droit vers la pancarte Beacon Hills. Sur la route j’entends mon ancien téléphone vibrer, je m’arrête un moment pour y jeter un œil.


Salut Seth,
Mon père t’a réservé une voiture sur l’aire d’autoroute juste après le grand wendy’s sur ta route, vas-y et dépose ta voiture. Les clés de la nouvelle sont dans le pot d’échappement, tu as les clés de ton appartement dans la boîte à gants. Il est juste au-dessus d’un restaurant du centre-ville 239 Grandoak road. Fais-bien attention à toi, dès que ma mission prend fin, je viens t’aider. Je te connais ne fonce pas dans la gueule du lion, prends ton temps, le principal c’est que ta couverture reste intacte. Bisous à bientôt.
Elise.



Monsieur Maclaren tient vraiment à cette affaire il a tut organisé pour que mon identité soit conservé un maximum. Recevoir un message d’Elise me fait du bien d’autant plus que je ne vais pas la revoir de sitôt. Je poursuis ma route et suis les indications de ma collègue, je fais bien attention à voir le panneau du célèbre fast-food. Je sors de l’autoroute et me gare sur le parking qui suit le gros panneau Wendy’s. Je récupère mes affaires et laisse ma voiture vide. Je fais bien attention à ce que personne ne me voie et dépose de la même manière les clés dans le pot d’échappement. J’essaie de repérer ma nouvelle voiture et tombe sur une vieille bagnole aux jantes rouillées et à la carrosserie cabossée. A ce moment, je regrette de ne pas devoir rentrer dans la peau d’un riche député. Je déverrouille la portière après avoir récupéré les clés et entre à l’intérieur du tacot, j’ouvre la boîte à gants, y glisse mon arme et y récupère les clés de mon nouveau chez-moi. Je reprends la route et m’arrête quelques kilomètres plus loin au premier centre commercial rencontré, je m’achète des débardeurs, des joggings assez larges pour y dissimuler mon arme, des baskets et d’uatres affaires qui pourraient très bien appartenir à Noa Jefferson. Je me prends aussi de quoi manger et me dirige vers le coiffeur, je me fais raser les cheveux et repars dans ma voiture pour me changer je délaisse mon t-shirt et mon inlassable veste en cuir pour  revêtir un simple débardeur qui laisse ma peau à nue puis je continue mon trajet. Finalement le temps passe plus vite que prévu et suis arrivé en un rien de temps à Beacon Hills, je me gare en face du restaurant en question et me rends dans mon appartement. J’ouvre la porte et découvre une petite pièce qui doit être le salon, à côté une autre pièce qui fait office de salle à manger/cuisine et juste en face, ma chambre, le tout est très modeste et l’état des pièces fait peine à voir mais pour une mission ça me suffit largement. Je range mes vêtements neufs et la bouffe dans le frigo puis ouvre le dossier de Bill Grimms pour m’y atteler plus sérieusement.

Spoiler:
 
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Traverser les épreuves PV Seth Grey
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