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 Un sicilien paie toujours ses dettes PV Alessandro

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Un sicilien paie toujours ses dettes PV Alessandro   Mar 7 Juin - 20:34


     

We are travelers. Distances means nothing for us. We are survivors. Good luck to stop us. We are strangers in this world full of madness. We are hunters. Blood of predator, children of the reaper. We are adventurers. Pushing the limits out of possible. We are watchers. Balance protectors. We are scholars. Studying our ennemies. So we can hit them where it hurts. We are judges. Deciding who will live and who will die. We are ghosts and we do not exist outside of your dreams. Arès & Alessandro
     

     
Un sicilien paie toujours ses dettes  






     
J’éteins la télévision diffusant un téléfilm d’une platitude difficilement atteignable pour une œuvre censée accaparer l’attention de nombreux téléspectateurs. L’audimat sera pourtant élevé j’en suis foncièrement persuadé. Poser les fesses sur son canapé et laisser ses yeux fixés sur l’écran est bien plus facile que de se plonger dans une lecture complexe ou ennuyeuse. Seulement quitte à s’ennuyer autant le faire, les yeux plongés dans un bouquin selon moi. Car, la lecture est un loisir intellectuel qui ne peut qu’être bénéfique. Découvrir de nouvelles expressions, des mots infiniment plus savants que ceux qui nous servent de base commune à la conversation, analyser la pensée d’un auteur et le cheminement qu’il souhaite nous faire emprunter et travailler sur les idées couchées sur le papier. Tout cela pourrait m’occuper durant des jours si je me laissais aller. Bon, je dois reconnaître que tous les ouvrages n’entrainent pas ce processus élévateur. Certains tout comme une bonne partie des œuvres du septième art n’ont que pour but de se détendre et de se vider la tête. Mais, même ces derniers avaient plus de substances qu’un film à mes yeux car ils faisaient travailler l’imagination. Je dois avouer que si je n’avais pas vécu à l’orphelinat jusqu’à mes quinze ans, je ne serais peut-être pas un si grand amateur de lecture. En effet, la télévision n’était pas en libre accès dans notre petit royaume des orphelins. Frustration que cela pour une bonne part d’entre nous mais pas pour moi. Pas de télévision, point de problème. Les histoires couchées sur le papier valent bien plus que plusieurs heures de visionnage. Le hasard n’existe pas. Oh, je ne dénigre nullement ce moyen d’expression artistique. J’aime bien le cinéma lorsqu’il accouche de chefs d’œuvres digne de ce nom. C’est la télévision que je ne peux pas sentir. Trop bruyante pour pas grand-chose. Un grand cirque voilà ce que c’est selon moi. Mais, je confesse être un accroc aux séries. Oui, les séries sont mon talon d’Achille en la matière. Je n’ai pas de gouts précis dans ce domaine.

Ils sont aussi éclectiques que mes gouts musicaux. Les séries du moment sont bien évidement dans ma liste mais j’aime également beaucoup les séries policières ou criminelles. Je trouve amusant de noter les différences entre la fiction et la réalité en connaisseur initié d’un tel milieu. Ainsi que les retranscriptions d’émotions et des petites choses qui font partie de notre quotidien à nous les bandits, les brigands, les voyous… La liste est longue vous vous en doutez. Je me lève et me dirige jusqu’à la cuisine. Un coup d’œil sur l’horloge numérique du four m’indique qu’il est midi. Je me prépare une omelette que j’agrémente de viande de bœuf. Je suis un tigre, j’aime le gout du sang. C’est dans ma nature. Je ne crache pas sur des légumes de temps en temps mais un repas sans viande n’est pas un bon repas. Une fois mon déjeuner prêt, je m’assois sur l’un des tabourets du bar et mange en lisant le journal de la veille. Oui, je ne lisais pas le journal avant mais les nouvelles du monde humain ne saurait s’avérer complètement inutile dans le cadre de ma tâche de gardien. En effet, il est parfois possible de déceler la piste d’une anomalie à travers un fait divers dans un quotidien local. Je dois bien m’adapter maintenant que mon gardien ne coopérait avec moi qu’en cas de stricte nécessité. Je déteste cette impression. Celle d’être celui qui doit faire le premier pas et tout le travail pendant qu’une autre part de moi refuse obstinément de me faire confiance. C’est tout simplement exaspérant. Je comprends parfaitement cet état de fait dont je suis le seul responsable au demeurant mais parfois je me demande si le gardien en moi n’est pas plus buté et déterminé que je ne le suis moi, l’homme. Eh bien, j’imagine que cela peut constituer un drôle d’entrainement à mon futur rôle de père.

Les bouderies et les caprices ne sont-ils pas l’apanage de la marmaille. Marmaille quel terme péjoratif pour désigner le fruit de l’amour réciproque que ma créatrice me porte. C’est que je ne sais pas vraiment comment appréhender l’arrivée du bout de chou. J’ai largement le temps vous me direz. Ce qui est somme toute parfaitement vrai mais la perspective d’avoir du temps pour m’y faire et m’y préparer me parait bien insuffisante. Les hommes ont toujours eu peur de l’inconnu. Néanmoins, tout devrait bien se passer puisque je suis content à l’idée de l’être. C’est bien là le principal non. Je termine mon repas et repose le journal. Rien. Il n’y a strictement rien de suspect à signaler. La vaisselle dans le lave-vaisselle, je me dirige au sous-sol. J’enfile mes écouteurs et me rends jusque dans la petite pièce me servant de salle d’entrainement. J’enlève mon tee shirt et commence à boxer le sac suspendu devant moi. Je travaille mon jeu de jambe et mon direct du gauche durant plusieurs heures. Ce n’est pas parce que j’avais survécu à la chute qu’il fallait rouiller. De plus, le simple fait de pouvoir de nouveau utiliser mon corps sans souffrir le martyr était un plaisir incommensurable.

Et pour en revenir au direct du gauche, perfectionner son mauvais poing pour le rendre aussi redoutable que celui de la bonne main était un exercice réclamant travail et patience. Je pouvais coucher quelqu’un d'un direct du droit mais en était-il de même avec le gauche. Lorsque l’on s’en donne la peine on peut transformer ses points faibles en forces redoutables. Je laisse le sac de frappe tranquille et me mets à soulever quelques haltères avant de remonter une heure plus tard. Je me lave et me change rapidement avant de m’assoir sur le canapé. Je ne sais pas quoi faire en ce dimanche après-midi. Une envie de laisser libre cours à mon âme d’artiste me pousse à aller chercher le chevalet que j’avais récemment acheté. Je prends deux toiles, des pinceaux et de la peinture et installe le tout au milieu du salon. Je ne sais pas peindre pour être parfaitement honnête mais je dessine plutôt bien. Reste à voir si l’un permet de maitriser l’autre. J’allume la chaine hi-fi qui diffuse les notes d’une chanson italienne issue de la bande son d’un film qui m’avait beaucoup plu pour le coup. Je vais me servir un verre de scotch avec des glaçons et emmène un tabouret près du chevalet. Je m’assois et avale une gorgée de whisky avant de réfléchir à la première chose ou personne que je pourrai peindre.

Je ne réfléchis pas bien longtemps puisque la musique et les paroles italiennes que je ne comprends pas au demeurant m’oriente naturellement vers une seule et unique personne. Je passe un doigt sur mon alliance et esquisse un léger sourire. Bon pas besoin de quoi que ce soit pour m’aider à visualiser ce que je veux peindre puisque le visage de mon épouse est gravé dans mon esprit. Je commence donc à peindre le visage d’Azalea sur la toile en m’appliquant. Les pinceaux balaient la toile à un rythme lent dans une mélodie calquée sur celle de la musique inondant la pièce. Je peins avec dextérité comme si j’étais en train de noircir les pages de mon carnet à dessin. Je m’interromps une fois le tableau achevé plusieurs heures plus tard. Je contemple le résultat d’un œil inquisiteur. Je vide mon verre de whisky cul sec en me disant que j’ai été stupide de peindre ce tableau qui lui rend pourtant l’honneur de sa beauté. Je pensais pouvoir vivre notre éloignement comme avant. Stupide que je suis. Rien n’est plus comme avant. Le bruit de la sonnerie de mon téléphone atteint mon oreille malgré le volume de la musique et je le cherche du regard. Zut, je l’ai laissé en bas. Je quitte mon installation et vais le chercher. Mais, il est trop tard pour l’appel d’Alessandro. Je lis donc le message qu’il m’a laissé. Très bien, c’est pour ce soir. Nous sommes dimanche et le Pink n’ouvre pas ce soir. Pas de repos pour les criminels. Je lui réponds que je me prépare. Puis, je m’attarde devant mon tableau et décide de lui apporter une dernière touche. Je fouille dans mes notions d’italien et écris : Tu sei il mio signo inaccessibile.

Parfaitement adapté à ma situation. Puis, je me dirige vers la salle de bain mais la sonnette sonne. Bon, il fallait avouer que j’avais manqué plusieurs appels. Pas très professionnel ça pour le coup. Je vais ouvrir à mon boss et lui dis : Bonsoir Alessandro, je t’en prie entre. Une fois, le sicilien dans mon domicile je l’invite à s’installer au bar et lui propose un verre qu’il accepte. Je vais chercher la bouteille de grappa au frais et lui en sers un verre avant de m’en servir un. Je n’ai pas oublié qu’il appréciait particulièrement cet alcool qui n’est au demeurant pas désagréable. J’en avale une gorgée avant d’aller couper la musique. Puis, je dis à mon patron que je vais me préparer pour notre petit travail nocturne et qu’il n’a qu’à faire comme chez lui. Parce que là couvert de peinture, je ne pense pas être tout à fait opérationnel. Je monte donc à l’étage. Une douche glacée rapide et l’enfilage d’un jean, de bottes, d’un tee-shirt noir et d’un trench noir plus tard, je redescends. J’indique à Alessandro que je n’en ai plus pour longtemps avant d’aller au sous-sol chercher un couteau que j’attache à ma ceinture et un pistolet que je passe sous mon tee-shirt. Je prends également un chargeur et un silencieux que je fourre dans mes poches. Je saisis une paire de gant en cuir et remonte. Je vais terminer mon verre de grappa et en ressers un à Alessandro.

Je reprends finalement la parole parce qu’il faut que je le fasse : Je ne t’ai pas encore remercié pour ce que tu as fait pour moi patron. Merci de m’avoir envoyé Alec, il m’a beaucoup aidé. J’apprécie. Cela me touche.
Nous terminons nos verres respectifs et quittons mon domicile alors que la nuit est en train de tomber. Faire ce genre de chose la nuit est une nécessité. Pas que la ville grouille de caméra de surveillance mais la nuit est propice au crime. La nuit appartient aux prédateurs. Je monte dans la voiture du sicilien sur le siège passager et lui demande : Est-ce que notre ami se doute qu’il va quitter ce monde ce soir ?
Question rhétorique à première vue mais pas tout à fait. Car, si l’incendiaire doit surement vivre dans la peur permanente de représailles. S’il se doute que quelque chose va lui tomber dessus dans un avenir proche, il risque de nous emmerder. Or, je sais qu’Alessandro souhaite garder une apparence parfaitement légale et respectable dans la ville alors une fusillade sauvage comme on en voyait à Los Angeles ne me paraissait pas envisageable. Discrétion et efficacité sont les maitres mots dans notre situation. Si l’abruti se doutait que mon boss avait remonté sa trace, il ne se laisserait pas avoir sans nous donner du fil à retordre. Honnêtement, ce n’est qu’un détail puisque nous sommes des surnaturels mais cela peut impacter la discrétion. Alors…D’ailleurs, je me demande pourquoi j’ai pris un flingue alors que je peux enfiler cette paire de gant et lui broyer la nuque. Les mystères de la vie.                  
(c) crackle bones

     



Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Un sicilien paie toujours ses dettes PV Alessandro   Jeu 9 Juin - 16:01



Un siciliano mantiene sempre le sue promesse


Feat : Arès Kye Coleman


Le Pink retrouve enfin un fonctionnement ordinaire. L’arrière salle reprend une allure correcte, il ne reste que quelques finitions à apporter. Par contre, nous n’avons pas encore réussi à achalander toutes les références qui sont affichées dans notre carte. Fort heureusement nos clients sont compréhensifs et patients, se doutant bien que l’approvisionnement de produits de qualité demande du temps et… des pressions régulières sur mes fournisseurs. Toutefois, il est hors de question qu’un tel événement se reproduise. Il est temps que le loup que je suis, sorte les crocs et que l’on sache dans l’underground de Beacon Hills qu’il est préférable d’éviter de me déplaire. Ma période de dormance est terminée. Mon récent trip à Los Angeles m’a secoué, me rappelant de quel milieu je suis issu et aussi quel rang on s’accorde à ce que je tienne. J’ai compris un des messages douloureux que m’a fait passer Sonny. Si je me ramollis, je ne leur sers à rien…

Ma présence étant moins nécessaire les soirs où il n’y a pas de spectacle au Pink, je m’absente pour plonger dans les bas-fonds de Beacon Hills. Je suis retourné à l’entrepôt où Donough organise des combats clandestins. Si les combats ont toujours lieu, le boss de cette affaire semble avoir disparu de la circulation. Je devais le revoir le lendemain de mon premier combat où j’avais perdu. Néanmoins, je m’étais heurté à une absence inexpliquée du patron du club de boxe qui a pignon sur rue. Je me moque bien de ce qui a pu arriver au coyote car j’ai pu participer à nouveau à des combats et laver la honte de ma première défaite. L’incendie du bar et ce qui nous est arrivé à Los Angeles me donnent une rage froide qui effraye mes adversaires. Mon nom commence à être connu dans l’underground surnaturel. Je suis le loup qui se bat avec des techniques d’humain, optimisant ainsi la portée de mes coups, ne me contentant pas de ma force brute de surnaturel. Donovan qui m’avait aplati la première fois a fini lui aussi par goûter au tapis du ring. Il ne m’a fallu que quelques combats pour me remettre dans le bain. Se battre, c’est comme la bicicletta, cela ne s’oublie pas.

Delicatamente je m’impose dans le paysage du crime pas si organisé que ça de Beacon Hills. Mes origines, tant du côté sicilien que de la mafia de Los Angeles, m’ouvrent les arrières salles aisément. Rapidement j’accède à la poignée de types qui tiennent la ville… pour le moment. Pour l’essentiel, ils ignorent le monde surnaturel qui les entoure et ne devinent donc pas mes atouts en tant que loup. Ma réputation s’est grandement étoffée quand un de ces chefs de bande miteux a cru pouvoir me doubler et me faire la peau avec six de ses hommes. L’information de la nouvelle décoration de leur base avec leurs propres organes a vite fait le tour des popotes locales. Alessandro Amaro n’est pas à prendre à la légère. J’applique la méthode éprouvée de la Cosa Nostra et m’infiltre telle la Piovra dans le réseau local. Avant de demander, j’offre, j’aide et solutionne. Avec mon réseau, cela ne me coûte pas grand-chose. Je prends le temps de me faire « apprécier », ou craindre diront certains. J’ai bien l’intention de mettre la main sur la ville tout en gardant une façade publique pulito.

J’ai eu l’information lors d’une partie de poker. Je pressentais que le type en face de moi savait quelque chose. Sa manière de me regarder, son sourire en coin, il n’y avait pas que le jeu qui le mettait dans un tel état. Pour une fois j’ai fait exprès de perdre. Ma manœuvre a marché, car au moment de partir pour consoler le perdant que j’étais,  il m’a glissé un mot sur le salopard qui a mis le feu au Pink. Je n’avais pas bronché, à peine acquiescé d’un battement de paupière. Ma position n’est pas encore assise, il me faut un nouvel exemple. Cette fois-ci le lac va échapper à une nouvelle pollution. Pas question d'une discrète disparition. Il est bien question de marquer le changement de gouvernance de la ville par un signe fort de terreur. Je vais m’assurer à ce qu’on y réfléchisse à deux fois avant de me chercher des noises.

(…)

- Rompiscatole ! Où est passé ce Sciupafemmine ?!

Je laisse un nouveau message sur le téléphone d’Arès. D’après mon informateur, ce vaffanculo incendiario se terre dans un squat en périphérie de la ville, un quartier un peu laissé à l’abandon des gens bien-pensants de la mairie. Ce dimanche soir est l’occasion parfaite. J’ai décidé de changer de technique par rapport à l’autre plouc qui pensait pouvoir me rayer de la carte si facilmente. L’incendiaire devrait garder des organes internes à leur place. Mais j’ai bien l’intention de le faire morire di paura ou presque. Le cadavre d’un type mort totalement terrorisé est aussi impressionnant que des boyaux rassemblés en jolis macramé. Arès m’avise qu’il a lu mon message, je me mets en route pour son appartement. J’endosse la tenue que j’appelle « lupo speciale ». Une tenue dans laquelle je peux me transformer sans craquer les coutures de mes chemises habituelles trop ajustées pour ce genre de besogne, des vêtements sombres que le sang ne tache pas. Des fringues qui laissent une signature toute en contradiction pour une éventuelle police scientifique qui viendrait à passer après moi. En Italie, le noir est une couleur, celle de la mort mais aussi celle de la puissance.

(…)

- Bonsoir Alessandro, je t’en prie entre.
- Ciao Arès.


Mon second coupe court à toute récrimination de ma part sur sa non disponibilité téléphonique en m’offrant un verre de grappa bien fraîche. Sa malice me fait sourire, j’accepte le verre avec plaisir pendant qu’il va se changer. En attendant, je fais le tour de son salon. J’aime bien la sobriété du lieu. Je marque un temps d’arrêt devant une peinture fraîche qui trône au milieu. L’inscription me fait sourire. Aurais-je une influence sur mon garde du corps ? L’italien est la langue parfaite pour parler d’amour. Je suis peu au courant de comment Arès a remonté la pente après ce qu’il a appelé sa chute à Los Angeles. Il n’est pas un homme à la parole facile quand il s’agit de ses ennuis personnels.

Il y a un contrat tacite et non écris entre nous. Il s’est signé à coups de poings lors de son embauche. Il s’agit d’une confiance mutuelle, confiance qui fait que je peux lui tourner le dos sans crainte et qu’Arès me mettra au courant de ce que je dois savoir et inversement. La femme qui est sur cette toile a de toute évidence une nouvelle importance qu’elle n’avait pas quand j’ai recruté le Deatheater. Une femme, c’est un point de faiblesse mais aussi de force. Je ne sais pas quel genre de femme mon amico a choisi. Une belle tigresse qui comme lui sait se défendre, ou une douceur fragile à protéger ? Dans les deux cas, il me faut l’information car cela peut influencer son travail pour moi. Mais si c’est la même que j’ai eu au téléphone l’autre fois et qui m’a proprement envoyé chier, il y a des chances que ce soit la première option qui prévaut.

- Je ne t’ai pas encore remercié pour ce que tu as fait pour moi patron. Merci de m’avoir envoyé Alec, il m’a beaucoup aidé. J’apprécie. Cela me touche.
- Voi appartenete alla mia famiglia amico.


Je ne donne pas qu’un salaire à ceux qui bossent pour moi. Et de la même façon que j’ai aidé le gosse de Jerry pour qu’il fasse et réussisse sa cure de désintoxication, il n’était pas question pour moi que je laisse Arès traîner sa carcasse comme un Atlas portant le monde sur son dos. Je suis content de savoir qu’Alec a pu l’aider. Ce pompier a décidément des capacités… multifonctions bien appréciables.

- Est-ce que notre ami se doute qu’il va quitter ce monde ce soir ?
- Non. Je vais t’expliquer en chemin comment je veux m’y prendre. Et pour faire mentir Charlie sur mes méthodes désuètes, pas de béton ce soir.


Arès s’esclaffe et se moque ouvertement de mon folklore sicilien. Cette assurance fait la différence entre un homme de main et un second. Il y a une bonne entente entre le cuisinier et le vigile. Ils viennent tous deux du même milieu et ont fait approximativement les mêmes conneries de jeunesse. Je suis souvent la cible de leurs moqueries et de mon style à l’italienne. J’argumente qu’ils n’ont aucun style dans leur manière de tuer, quoique Arès met tout de même une certaine prestance dans son maniement de couteau. Charlie me dit que je ne peux pas m’empêcher de faire dans le spaghetti. Jansen s’offusque parfois de nos blagues de truands, plaisanter sur la manière de tuer les gens ne lui plait guère. Jansinio… Une partie de moi est navrée de l’entraîner dans mon monde très brutal, mais tout mon être réclame sa présence. Je prétexte qu’il m’est indispensable pour passer des pleines lunes sereines. C’est vrai, mais pas l’essentiel de mon besoin.

- Dois-je en savoir plus sur la Bella Donna du tableau ? Est-ce celle qui a ce langage si… riche pour jeter quelqu’un au téléphone. Elle m’a… presque fait peur !

Aux dents d’un blanc impeccable qui illuminent immédiatement le visage d’ébène de mon amico, je comprends que j’ai fait mouche et que le lascar semble plutôt fier de celle qui semble occuper maintenant une place dans son cœur. L’homme n’est pas fait pour vivre seul.

Arès s’est équipé tel un mercenaire. Mais c’est de sa gueule de fauve sauvage entouré de fumée dont j’ai besoin. Je jure que l’incendiaire va tellement se chier dessus, que ses cheveux vont blanchir comme ceux d’un vieillard, et le masque mortuaire que son visage affichera hantera ceux qui l’auront vu. Ce fumier n’a aucune conscience de l’existence des loups garous et encore moins des Deatheater. Il ne va pas nous falloir faire beaucoup de cinéma Arès et moi pour faire grimper sa peur à un niveau létal. Avec un peu de chance, je n’aurais même pas besoin de l’égorger. Le crime parfait !

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Un sicilien paie toujours ses dettes PV Alessandro   Ven 10 Juin - 15:28


   

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Un sicilien paie toujours ses dettes  






   
Je coupe court à toutes velléités de réprimande de la part de mon boss en lui proposant une grappa toute droit sortie du frigo. Il faut savoir se montrer diplomate et malin. Mais, Alessandro ne m’en tient nullement rigueur et esquisse même un sourire d’amusement qui ne tarde pas à se refléter sur mon propre visage. Je vais ensuite me préparer pour notre petite opération de représailles de ce soir tout en précisant à mon patron et ami qu’il peut bien évidemment faire comme chez lui. Je prends une douche glacée pour me rafraichir. L’été approche à grand pas et dans une ville californienne comme Beacon Hills cela se ressent très concrètement. Puis, j’enfile une tenue qui ne conviendrait peut-être pas pour le genre de travail que j’effectue mais je n’ai pas prévu de me salir ce soir. Non, ce soir je vais y aller en finesse pour une fois. Je redescends de l’étage quelques minutes plus tard et vais m’équiper en conséquence dans le sous-sol. Un mercenaire reste un mercenaire et les habitudes ont la vie dure. Je n’ai que rarement utilisé mes aptitudes surnaturelles durant cette carrière d’exécutant pour le plus offrant. Quel joueur de poker dévoilerait ses atouts dès le début de la partie ? Un bien piètre adversaire j’imagine.

Bien que le métier de mercenaire me plaise un peu moins depuis quelques temps. L’envie d’avoir enfin des attaches quelque part je suppose. Une envie ayant surement quelque chose à voir avec ma future paternité et la famille que j’étais en train de fonder avec ma compagne. Le destin cette notion abstraite en laquelle je ne croyais pas vraiment avait fait que Beacon Hills était devenu en l’espace de quelques mois mon chez moi. Ni le clan ni aucun autre supérieur hiérarchique ne pouvait me demander ou m’ordonner de quitter la ville puisque j’étais le seul représentant de mon espèce dans une ville en proie à une menace surnaturelle d’envergure. Cette ville devait également être celle de mes cousins à l’origine. Tout cela couplé à diverses autres choses faisaient que je me sentais pleinement chez moi ici. Il était peut-être temps d’oublier le mercenariat définitivement. Mon job auprès du sicilien me convenait parfaitement et je ne comptais pas en trouver un autre ni aujourd’hui ni demain. Je n’ai pas été très proche de la plupart de mes employeurs précédents. D’ailleurs, je ne pouvais pas en sentir la moitié mais le job c’est le job. Seul Sergei de la Bratva s’éloignait de l’indifférence que je portais d’habitude à mes patrons. Mais, même si nos relations étaient passablement cordiales et que je pouvais prendre une balle pour lui c’était uniquement pour toucher ma paie en liquide en grosses coupures.

En fait, le sicilien était le premier de mes employeurs que j’appréciais sincèrement et considérais comme bien plus qu’un simple donneur d’ordre. Plus que mon boss c’était un ami. Et, je pouvais prendre une balle sans hésitation pour un ami. Je protégeais mes amis depuis mon enfance. C’était naturel à mes yeux alors j’imagine que le fait d’être proche de mon boss ne pouvait que rendre mon travail plus efficace. Lorsque je remonte dans le salon fin prêt pour cette soirée mafieuse, Alessandro est au milieu du salon son verre à la main, un léger sourire sur les lèvres. J’imagine qu’il a observé mon tableau d’Azalea et noté la petite inscription en italien. J’ai toujours pris la peine d’étudier même sommairement les langues des employeurs pour lesquels je bossais. De l’espagnol, du russe et même du français. Si, je parle relativement bien espagnol je ne peux pas vraiment en dire autant pour le russe et le français dont je ne maitrise qu’une poignée de mots. L’italien est une très belle langue chantante et agréable à l’oreille. Alors, je me fais un plaisir de l’apprendre au contact du sicilien. Peut-être qu’il déteint sur moi au demeurant ? Je serais incapable de vous le dire. Il ne serait pas le premier de toute manière puisque ces derniers temps, je me montrais bien plus direct dans mes propos. Le caractère franc et brut de décoffrage de ma belle m’influençait bel et bien. Je saisis mon propre verre de grappa et m’approche de mon boss. Je le remercie pour le fait de m’avoir envoyé Alec qui avait été d’un grand secours. Il m’assure que c’est tout à fait normal et me rappelle toute l’importance qu’il accorde à la notion de famiglia. Un sourire étire mes lèvres tandis que j’hoche la tête pour acquiescer aux paroles de mon boss. J’enchaine ensuite sur notre ami commun qui n’allait pas tarder à passer l’arme à gauche bien qu’il ne le sache pas encore. Mais, Alessandro m’indique qu’il m’expliquera tout en chemin. Je ne peux réprimer un éclat de rire lorsque ce dernier m’indique qu’il n’allait pas avoir recours à ses méthodes traditionnelles de requin de la pègre sicilienne. J’en déduis que nous allions nous montrer créatifs ce soir. Un grand sourire étire mes lèvres à cette idée. Je veux dire, si je n’aimais pas travailler dans cette branche je ne le ferais pas tout simplement.

Je taquine Alessandro au sujet de son folklore sicilien, arguant que la méthode n’a aucune espèce d’importance tant que la personne qui doit mourir est morte. Et que ce dernier accorde bien trop de place à une imagerie mafieuse devenue cliché à cause du cinéma hollywoodien ayant fait la part belle à une certaine catégorie de criminels adeptes du chapeau feutré, de la cigarette et d’expressions telles que « il est allé dormir avec les poissons ». Mais, bon cela faisait entièrement partie de mon boss qui ne serait pas Alessandro s’il ne jouait pas de son style à l’italienne. Il m’arrivait fréquemment de m’allier à Charlie pour railler ce style exubérant et flamboyant. S’il y avait bien une chose à accorder sans hésitation à mon patron, c’est qu’il savait bien s’entourer. Ce qui dénotait d’un sens de la stratégie bien réel et suffisamment élevé pour viser une efficacité optimale. J’ai entendu quelque part que le talent d’un homme peut se mesurer à celui de ses collaborateurs car l’art de bien s’entourer est essentiel à toute réussite. Les blagues que nous échangions avec Charlie soulignaient bien que nous étions fait dans le même bois. Le débat amical sur nos méthodes respectives achevé, Alessandro enchaine sur ma représentation artistique d’Azalea et je ne peux réprimer un grand sourire lorsqu’il évoque la façon dont mon épouse lui avait « cordialement » dit de me foutre la paix.

Enfin cordialement, j’exagère et j’exagère également en utilisant le verbe dire puisque la connaissant le terme gueuler était infiniment plus approprié. Le tout saupoudré de menaces qu’elle était parfaitement capable de mettre à exécution. Je n’aurais pas pu m’assagir dans les bras d’une princesse fragile à protéger. Les femmes de ma vie sont des femmes fortes ayant du caractère qui ne se laissent pas marcher sur les pieds. Qu’il s’agisse de mon épouse, de ma tante ou de ma belle-mère. Ces femmes sont des battantes, quant à ma tante c’est une guerrière à sa façon. Disons, que les douceurs fragiles à protéger ont parsemées ma vie mais c’est tout. Elles avaient été des distractions plus que bienvenue voilà tout. Je comprends parfaitement que mon boss attend que je lui en dise plus sur ma situation personnelle. Ce qui est somme toute logique puisque nous avions convenu d’un accord implicite lors de mon embauche musclée.

Le poste de second entre-autre les différents jobs que j’effectuais pour Alessandro nécessitait une honnêteté complète. L’honnêteté est la base nécessaire de toute relation de confiance. Et Alessandro savait parfaitement qu’il pouvait me tourner le dos sans aucune crainte parce que je veillerais sur ses arrières. Lors de mon embauche, Azalea avait déjà une grande importance pour moi mais elle n’avait pas encore celle qu’elle a désormais. Je pense qu’Aza me connait suffisamment bien pour définir mon amour pour elle. Je suis amoureux d’elle ça c’est la meilleure partie, je l’aime plus que ma propre vie. Et j’imagine que c’est la pire partie à ses yeux. Que je l’aime beaucoup plus que ma propre vie. Je prends le temps d’avaler une autre gorgée de grappa avant de répondre en souriant : Ahahaha, je vois qu’elle t’a laissé une sacrée impression. Ma lionne peut être une véritable furie parfois.  Oui, c’est elle Azalea la gardienne qui m’a transformé il y a une dizaine d’années maintenant. Celle qui fut ma créatrice, mon amie, mon amante. Et depuis peu ma femme. Honnêtement mon vieux, je croyais m’y connaître en sentiment mais avec elle c’est comme si j’aimais pour la première fois de ma vie. Si tu t’interroges sur l’impact que mon mariage pourrait avoir sur notre relation professionnelle. Je te rassure tout de suite il n’y en aura aucun. Je pourrais juste m’absenter de temps en temps pour un ou deux jours si cela ne te dérange pas bien sûr.

Une idée farfelue me chatouille ensuite l’esprit et je ris intérieurement à l’idée de la réaction du sicilien. Je reprends ensuite dans la foulée : Au fait ça te dirait d’être parrain. J’éclate de rire devant l’expression de surprise d’Alessandro qui manque de recracher le contenu de son verre sur le parquet du salon. Bon, pour être honnête je n’avais pas encore réfléchi à la personne qui pourrait occuper ce rôle. Si, je souhaitais m’orienter vers quelqu’un de Beacon Hills je pouvais envisager Chris mais mon loupiot était un peu jeune à mon gout. J’étais sûr que cela amuserait beaucoup Aza. Je veux dire l’ironie de la situation vu leur discussion téléphonique houleuse serait bien délicieuse. Mon boss me consulte du regard et je me contente d’hocher la tête pour confirmer la nouvelle. Je reprends : Le parrain parrain. La double casquette t’irait bien je trouve. J’hausse ensuite les épaules pour signifier que mon humour laisse à désirer mais qu’il allait devoir s’y habituer. Parce que depuis ma guérison, je me découvrais un joyeux luron que je n’avais jamais été. Je suppose que vivre l’expérience la plus douloureuse que cette terre pouvait offrir à un deatheater m’avait légèrement changé. Nous terminons ensuite nos verres avant de quitter le loft.

Je monte du côté passager et Alessandro démarre la sportive italienne avec maitrise. Il m’indique notre destination et je pousse un soupir. Mon boss m’interroge du regard et je lui explique que je trouve notre incendiaire passablement demeuré. En effet, le meilleur moyen de ne pas mourir dans d’atroces souffrances serait de se planquer dans un quartier très animé dans lequel nous ne pourrions pas l’abattre car bondé de témoins potentiels. La foule est la meilleure protection étant donné que ni le sicilien ni moi ne prendrions le risque d’abattre des innocents. Au lieu de cela, le mort en sursis se cachait dans la périphérie de la ville. Une zone oubliée de la mairie et laissée à la dérive. Toutes les villes ont leurs quartiers défavorisés et Beacon Hills ne faisait nullement exception. L’orphelinat dans lequel j’avais grandi se trouvait dans un de ces quartiers qui tordait méchamment le cou au fameux rêve américain. Je connaissais parfaitement ce genre de zones, celles dans lesquelles les gens bien-pensants ne mettaient jamais les pieds, celles que l’on préférait éviter, celles où les gens survivaient tout simplement. Nous arrivons relativement rapidement dans le quartier en question. Les bâtiments sont délabrés et les rues désertes. Quant à l’éclairage il est défaillant ce qui ne peut être qu’une bonne chose pour nos affaires. Je baisse la fenêtre côté passager et tend l’oreille. Je laisse mes sens quadriller le quartier et cela confirme mes soupçons. Alessandro fait de même et repère aussi le regroupement situé un peu plus loin, quelques rues plus en amont. Je lui demande si nous attendions un comité d’accueil et il me répond par la négative. Une consultation de regard plus tard, je comprends que des concurrents tentent d’abattre un adversaire en pleine ascension. J’allume la radio et choisis une station diffusant un morceau de rap américain puis augmente le volume. Je fais comprendre à mon boss que je me charge de cet obstacle inattendu.

Il ralentit et je descends avant de m’enfoncer dans la nuit. Je vais les prendre par surprise et la musique à plein volume de la voiture d’Alessandro couvrira les détonations. Les films hollywoodiens embellissent grandement la réalité. Silencieux ou non, une arme à feu fera toujours du bruit. De toute manière, personne ne s’offusquera qu’un tel boucan se déroule ici. Des jeunes qui s’amusent voilà à quoi penseront les gens. Puis, les enquêteurs penseront à un règlement de compte. Mais, les criminels passent leurs vies à s’entretuer alors je ne vois pas où est le problème puisque que mon boss et moi n’en étions pas. Nous n’étions qu’un patron de bar et un videur tout simplement. Je contourne le petit rassemblement et me positionne dans une rue adjacente de laquelle j’ai une vue dégagée sur les cinq hommes bloquant la route devant un quatre quatre de marque allemande. La voiture d’Alessandro approche lentement tandis que la musique résonne. J’enfile mes gants en cuir et visse le silencieux sur mon neuf mm avant de viser. La première balle perfore la tête de l’un des mafieux, la seconde atteint le cœur du deuxième au moment où les trois autres se mettent à hurler et cherchent l’origine des tirs. Je me déplace latéralement et envoie mon couteau dans la gorge d’un autre homme armé d’un Beretta. La nuit couvre mes mouvements et une autre balle va se loger dans la tête de l’avant dernier client. Je me dirige vers le dernier qui monte précipitamment dans le quatre quatre.

Je me rapproche de la zone d’éclairage sans la pénétrer et l’abats d’une balle dans la tête. Je dévisse le silencieux, le fourre dans mes poches avant de placer mon arme sous le camouflage de ma veste. Puis, je vais récupérer mon couteau que j’essuie sur un des cadavres. Je vérifie que les alentours sont déserts et que toutes les lumières sont éteintes dans les bâtiments, pas de caméras en même temps cela m’aurait étonné qu’il y en ait. RAS, en même temps la musique a couvert les détonations comme je l’avais prévu. Puis, je remonte dans la voiture de mon boss et éteins la radio au moment où la chanson se termine. Alessandro fait marche arrière pour prendre un autre chemin et je lui lance avec un sourire en coin : Alors aucune classe dans ma façon de tuer hein. Qu’est-ce que tu as prévu pour l’incendiario ?        
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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Un sicilien paie toujours ses dettes PV Alessandro   Jeu 16 Juin - 18:58



Un siciliano mantiene sempre le sue promesse


Feat : Arès Kye Coleman


Arès me confirme mon impression. Il semble s’être accoquiné avec une belle tigresse. Et quand il me précise que c’est d’elle qu’il tient ce qu’il est, sa nature de surnaturel, cela me rassure sur la pérennité de la signora. Le clan des deatheaters a un code d’honneur et de valeur très stricts. Puis  je trouve normal que mon second se choisisse une compagne parmi les siens. Les simples humains n’ont pas leur place à côté d’êtres comme nous. Il suffit de voir ce qui est arrivé à Lyly, bien que ce ne soit pas ma nature de lycan qui l’a tué, mais mon appartenance au milieu de la pègre. Je pense à Jansen et la première fois où nous avons… J’étais particulièrement affecté par la pleine lune. Il est arrivé au mauvais moment, je l’ai attaqué. Le drus a des ressources insoupçonnables. Sous la belle plante il existe un combattant aguerri. Il a su me résister et me calmer de la plus belle façon qu’il soit.

- Au fait ça te dirait d’être parrain.
- Eh cosa !?


Interloqué je le regarde médusé. Il est plutôt rapide, pas sitôt marié qu’il devient père ! J’ai envie de faire une plaisanterie sur les portées de chaton, mais le rire et le sourire radieux d’Ares sont suffisamment sincères pour que je ne gâche pas son plaisir avec une mauvaise blague. Son idée a le mérite de le faire bien se marrer, pire il surenchérit.

- Le parrain parrain. La double casquette t’irait bien je trouve.
- Le rôle de parrain n’est pas une fonction que l’on prend à la légère dans ma famille. C’est un deuxième père et une référence pour l’enfant, même plus tard dans sa vie adulte. Réfléchis bien amico, car si tu m’offres ce titre je considérerai ton fils comme le mien. Tu sais ce que je suis et qui je suis. Toutefois c’est avec honneur et fierté que j’accepte. Mais parles-en à ta tigresse avant, je ne vexerai pas si elle me déboute de ce rôle auprès de sa progéniture. Chez les ritals, s’il y a bien un domaine où les hommes n’ont pas leur mot à dire c’est celui qui concerne les enfants.


C’est assez joyeux que nous montons dans ma voiture. Comme quoi même les hommes de l’ombre peuvent connaitre les joies d’une vie de famille. Je doute procréer un jour. Mon genre de vie fait que ça ne sera jamais le bon moment. Et puis la vie c’est un peu du quitte ou double. Mon enfant sera-t-il comme moi ou comme Matteo mon frère ? Nous sortons pourtant du même moule et nous avons tourné si différemment, trempés dans le milieu jusqu’au cou, moi par choix, lui par contrainte comme notre père…  Je ne veux pas prendre le risque d’être déçu par mon enfant. Si Arès et son Aza me souhaite comme parrain, l’enfant trouvera toujours ma porte ouverte. La famille c’est sacré surtout les bambini.

Nous sommes arrivés dans ce quartier abandonné de la mairie. Les façades des immeubles sont sales, des graffitis ornent les devantures de boutiques closent depuis des lustres. Nos oreilles sensibles perçoivent un bruit. Il y a de la bagarre dans l’air. Arès me demande si nous sommes attendus. Je lui réponds que non. Je le regarde monter le son de l’autoradio. Moi qui conduisais doucement et prudemment pour ne pas nous faire remarquer avec ma voiture clinquante dans ce quartier miteux, c’est raté. Ralentissant pour qu’Ares puisse descendre, je repars seul avec la musique à fond. Dio ! J’ai horreur du rap. Je m’engage dans la ruelle prévue dans mon chemin et vois un 4X4 qui bloque le passage les phares allumés. Je repère quatre cadavres et un cinquième qui les rejoint en chutant. Une silhouette se détache de l’ombre, Arès me rejoint.

- Alors aucune classe dans ma façon de tuer hein. Qu’est-ce que tu as prévu pour l’incendiario ?    
- Tu ne m’as même pas laissé un bout du gâteau ! Pour l’incendiario, méthode plus subtile. Je veux le faire crever de peur, de façon que son expression dans la mort en fasse réfléchir plus d’un. Restons sur nos gardes.


Après une marche arrière pour me sortir de ce cul de sac, nous arrivons non loin du squatte que nous visons. Je me gare un peu avant n’aimant pas exposer ma voiture aux aléas des affaires. La nuit est calme, la rue est mal éclairée, un lampadaire sur deux étant cassé. C’est vraiment grisland ici et je doute que le soleil de la journée apporte une quelconque gaité à ce quartier oublié. Nous avançons silencieusement, guettant un témoin éventuel. Alors que nous sommes à l’entrée de l’immeuble abandonné nous nous arrêtons de concert. Visiblement « on » a pris ses précautions pour vraiment me faire passer l’arme à gauche. Il y a un nouveau comité d’accueil dispersé dans tout l’immeuble. Cela bouge donc dans le paysage du crime de Beacon Hills. Dire que cela me chagrine serait faux, car bien au contraire ces rivalités de territoires sont le pendant de mon activité illicite. Et si le risque de me prendre une balle en pleine tête devait m’empêcher de dormir, j’aurais tout simplement ouvert une pizzeria pour la jouer tranquille pépère. L’adrénaline qui se décharge dans mon sang me rend plus vivant que jamais. Je n’irai pas jusqu’à affirmer que les aléas de notre excursion à Los Angeles m’ont plu, mais j’ai toujours vécu dans ce rapport de force de dominants et dominés et renouer avec les méthodes violentes du milieu ont réveillé mon âme de mafieux mise en sommeil depuis mon arrivée à Beacon Hills. Cette attaque directe envers ma personne enclenche une nouvelle ère. L’italien sort de sa dormance. Il vulcano si risveglia.

Je stoppe Arès qui s’apprête à aller expédier ceux qui nous attendent comme les précédents. Si on s’en tient à ce plan, il y aura toujours un comité d’accueil quelque part. Je n’ai pas envie de vivre en regardant sans cesse par-dessus mon épaule. Il faut donc couper court à cette guerre et ôter toute envie de vouloir même simplement me cacher le soleil. La mafia règne en maître depuis un siècle avec une seule arme : la peur. Les types planqués dans l’immeuble vont porter après leur mort le message que je veux délivrer au reste de la pègre locale. Amaro prend le pouvoir sur la ville.

- Pas d’arme, ni de couteau Arès. Tu sors l’attirail du matou et la fumée qui va bien. Attention aux types de blessures que tu infliges. Cela doit passer pour de l’arme blanche aux yeux des commanditaires de ce traquenard comme à ceux des poulets. Par contre active le mode barbare, je veux sentir leur merda dans leur frocs.

Nous entrons, la petite sauterie peut commencer. Je me décale juste ce qu’il faut pour éviter une balle qui va se nicher dans le plâtre déjà passablement délabré du mur de l’entrée. Je fais signe à Arès d’aller nettoyer le rez-de-chaussée pendant que je monte dans les étages. La dératisation commence. J’entends un hurlement qui provient du bas. Le tigre a commencé à montrer ses belles quenottes. L’étage où je suis est calme. Je me concentre sur les bruits et entends deux cœurs battre. Un des hommes a déjà une respiration rauque, le cri de son copain était assez inhumain. La peur se distille comme un venin dans son sang. Il est temps d’en rajouter une couche. Ne m’occupant plus de ce que fait Arès, je fonce sur la première cache sans même me mettre à couvert. L’homme de main se dévoile et me vise, puis tire. La balle m’effleure le bras, déchirant mon pull et ouvre un beau sillon dans ma chair. Je me transforme, le type abasourdi regarde mes yeux qui luisent d’une lueur d’un bleu électrique. Mon front, et mon nez se sont empâtés de traits bestiaux, mes oreilles se sont effilées comme celle de l’animale dont j’ai les gênes. J’ouvre la bouche, mes crocs luisant avec la faible lueur qui parvient des fenêtres. Le rugissement que je pousse fait monter le cœur de mon adversaire dans un rythme qui frôle la syncope. Je peux presque voir ses cheveux se dresser sur son crane lorsque je lui fonce dessus passant à quatre pattes. Arès parlait de style pour tuer. Là nous n’y allons ni à l’italienne, ni au mercenaire précis et méthodique, mais au bestiale et au gore.

Le sang gicle, la pièce est emplie des hurlements de l’homme qui tremble tellement qu’il lui est impossible de viser correctement avec son arme qui finit par lui échapper des mains sans que j’ai rien eu à y faire. Son pote tente de me prendre à revers. Mes crocs, rouge du sang de son collègue qui caressent sa joue le mènent à l’hystérie pure. L’immeuble retentit de cris comme si quelqu’un avait mis à fond le volume sonore d’une télévision diffusant un film d’horreur. J’entends des « pitié ne me tuez pas », des « sales monstres » ou simplement des « Maman ! ». A l’ombre de la folie, quand la terreur bouleverse le fondement de ce en quoi vous croyez, votre raison vacille et en appelle à vos fondamentaux. Il y a ceux qui appelle leur mère, les lâches qui supplient en se pissant dessus, les cinglés qui vous foncent dessus et plus rarement les audacieux qui font face dignement.

Je passe au troisième étage, Arès rugissant au second. L’immeuble en tremblerait dans ses fondations si cela était possible. L’immeuble est devenu un piège pour ceux qui m’attendaient. Telle une entreprise de dératisation, nous écumons les étages et le moindre recoin. Aucun humain ne peut espérer passer dans les mailles du filet de deux surnaturels aux sens élargis. Il y a ceux qui tentent de sauver leur peau en vidant leur chargeur sur moi, ceux qui se planquent dans un meuble ou des endroits presque improbables. Mais quel que soit le nombre de trous que l’on me fait dans la couenne, ou les supplications que l’on me donne, la donne reste la même. Sur cinq types croisés, je n’ai dû en achever que deux. Un a fait un arrêt cardiaque, un autre a préféré se tirer une balle dans la tête que faire face à mes crocs et le troisième a tenté de s’échapper par une fenêtre et s’est loupé.

Je croise Arès dans la monté d’escalier. Fini les blagues et les bons mots. Nous sommes deux fauves alliés qui se croise en plein combat. Pas de distraction tant que le but final, que je devine être au dernier étage, ne soit atteint. Les étages se succèdent au même rythme. Nos adversaires des étages inférieurs peuvent se targuer d’avoir eu la chance de ne pas avoir dû entendre l’agonie de ses collègues. Nous avons bientôt fini l’éradication. Entre deux hurlements de nos suppliciés je parle à Arès bien qu’il ne soit pas au même niveau que moi. Je sais que le deatheaters m’entend.

- Arès, termine, je t’attends au dernier niveau.

J’entends sa réponse et monte tranquillement au dernier étage. J’entends deux cœurs qui battent un rythme bien trop élevé. Des murmures entre les deux survivants m’indiquent que ce salopard d’incendiario est bien là avec un garde. L’un essaye de rassurer l’autre, mais ils ont eu le temps d’entendre les autres beugler et hurler d’épouvante. J’ouvre avec fracas la porte de l’appartement où se planquent les deux figlio di una cagna. L’homme vide de main vide son chargeur sur le monstre innommable qu’il voit apparaitre. Aucune balle me touche tellement qu’il ne maîtrise plus les tremblements de son corps.

L’incendiaire me reconnait malgré ma transformation que j’ai poussée à son maximum. Le voilà qu’il se met à ramper comme la merda qu’il est. Arès apparaît sur ces entrefaites sous son apparence féline. Mon garde du corps est déjà imposant sous sa forme humaine, là il est un véritable cauchemar ambulant. Il a bien compris mes consignes et vient se poser à mes côtés se gonflant encore  comme si c’était encore possible. Deux misérables humains font dans leur froc au sens propre comme au sens figuré. Je fais signe à Ares de s’occuper de l’homme de main vu que celui-ci ne semble pas vouloir faire une syncope. M’avançant vers l’incendiario, je l’attrape par le col et lui rugit à la face. Je pousse la mascarade à son summum.

- Qui ?!

Ma voix est rauque, menaçante et sans appel. Celui qui m’a doublé se met à table sans demander son reste. Il a fait la connerie de s’être vanté d’être à l’origine de l’incendie du Pink. Mon partenaire de poker de l’autre soir est venu le voir pour conclure un marché. Lui disant que je cherchais à lui faire la peau, il proposait de lui assurer sa survie et de le prendre dans sa bande s’il servait d’appât. Persuadé que sa confession lui sauverait la vie, le traître balance moult détails bien intéressants sur les affaires de ce Donald. Arès tire un dernier hurlement inhumain de l’homme de main qui s’écroule mort dans une mare de sang. Ses cheveux qui étaient d’un brun très foncés sont totalement blancs. Son masque mortuaire affiche une terreur sans fond. Je lâche l’incendiaire qui tombe au sol. Ses jambes ne le soutiennent plus. Il veut fuir mais son corps est tétanisé par la peur. La fumée d’Arès qui s’est rapproché de moi m’entoure également donnant à l’incendiario une vision de cauchemar, ou plutôt un aperçu de ce qui l’attend en enfer. Dans un dernier effort, il reprend le contrôle de son corps et fait mine d’aller se jeter par la fenêtre. Je ne lui laisse pas le temps et du bout des griffes je l’égorge. Il tente de retenir sa vie qui s’écoule par sa carotide sectionnée nette.

- On se revoit en enfer.

Mes mots lui disent que jamais il ne trouvera le repos. L’incendiario meure persuadé qu’il va vivre cette agonie pour l’éternité. Le regard effroyable qu’offre son cadavre est le plus clair des messages que je laisse à ceux qui pensent pouvoir me stopper.

Dio mi è testimone. Non sono io che ha iniziato…





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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Un sicilien paie toujours ses dettes PV Alessandro   Mar 26 Juil - 21:52


Une discordante complainte de terreur



ft. Aless

Un paquet de mots
pensées en italique
dialogue en gras

J'esquisse un léger sourire en coin en entendant les reproches de mon patron. Mes yeux s'écarquillent bien malgré moi l'espace d'un infime instant, le temps d'un modeste battement de cœur régulier dans un corps tendu par l'adrénaline pulsant à un rythme tout aussi régulier dans ses veines. C'est que cela constitue un choc impromptu de moindre mesure bien évidemment mais un choc tout de même. En effet, c'est bien la première fois de ma vie que l'on se plaint de mon efficacité et de mon rendement dans cette branche si particulière qu'est la notre. Je me doute bien qu'il ne réprimande pas mon efficacité quasi chirurgicale ressemblant plus à celle d'un militaire très entraîné qu'à celle d'un vulgaire homme de main lambda. Une qualité de main d’œuvre plusieurs crans en deçà de ce que je suis capable d'accomplir sans me fouler la plupart du temps. Bon d'accord, ce n'est pas équitable comme comparaison. Mais, ce n'est pas mentir que d'affirmer que le criminel de base est moins discret et plus médiocre dans son travail. Enfin bon, je chipote de manière bien futile. L'expression la plus adaptée serait sûrement « brasser de l'air ». Autrement dit, je me prends la tète pour des conneries. Ce qui est complètement stupide car mon patron ne s'est pas montré insatisfait de ma prestation. Seulement désappointé que je ne lui laisse pas de quoi satisfaire sa propre soif de sang. Pour ma part, tuer des gens ne me fait pas prendre mon pied.

Je le fais généralement sans état d’âme néanmoins l'euphorie de la victoire qu'elle se solde par le fauchage d'une vie ou non provient essentiellement dans mon cas du combat ayant mené à cette victoire. Se battre contre des humains est donc loin d’être divertissant la plupart du temps. Est ce que vous croyez qu'une course entre une Maserati et un monospace peut procurer le moindre plaisir au conducteur de la sportive italienne ? Cependant des hommes armés font des adversaires extrêmement dangereux. Aucun être vivant, surnaturel ou non ne peut survivre à une balle de neuf millimètre dans la cervelle. Les chasseurs en sont la preuve. Si des surnaturels mourraient régulièrement sous leurs assauts meurtriers et aussi criminels que ceux que je perpétrais en compagnie d'Alessandro c'était bien que les hommes apparemment insignifiants à nos yeux ne devaient tout de même pas être sous estimés. Je me rappelle soudainement que le sicilien ne ressemble nullement à aucun de mes anciens employeurs comme si ce détail crucial dans mon approche professionnelle de cette ville avait été refoulée au fin fond de mon esprit. Je me rends alors compte que je venais de traiter Amaro comme un simple donneur d'ordre incapable de se salir les mains et de faire son sale boulot par lui même.

Un grand sourire étire mes lèvres. Je comprends désormais son agacement tout à fait légitime. Mon ami sicilien est un homme d'action et un combattant accompli. Un capo qui n'hésite pas à se salir les mains avec ses troupes sur le terrain. La preuve était présentement en train de se dérouler. C'était d'ailleurs, ce trait de caractère précis qui me l'avait immédiatement rendu sympathique dès notre rencontre il y a désormais plusieurs mois de cela. Cette tendance à ne pas oublier que le respect n'était pas quelque chose d'inné. Si une personne s'imagine obtenir le mien sans me montrer qu'elle en est digne, elle risque très vite de déchanter brutalement. Le respect s’acquiert à force d'efforts. Et n'allez pas croire que parce que la personne en face a un rang hiérarchique supérieur au mien, cela va changer quelque chose. On peut travailler pour quelqu'un sans le respecter. Or cela marche bien évidemment dans les deux sens. Alessandro était bel et bien mon boss de fait. Ce qui lui octroyait le droit de me donner des ordres. Mais, le fait que ma puissance surnaturelle soit techniquement parlant supérieure à la sienne aurait pu me pousser à le considérer d'un œil circonspect. Il n'en était pourtant rien. Car pour reprendre un terme sicilien si cher à l'ombrageux mafieux, ce dernier avait assurément des palle. Et des palle, il en fallait assurément pour s'assurer de ma loyauté absolue. Mes chefs d'espèce étant tous des combattants émérites, des vétérans expérimentés, des leaders indiscutables et des puissances du monde surnaturel pour faire court. Les deatheaters de grade immortels étaient l'élite de toute une espèce. La crème d'une armée de tueurs nés. Protecteurs suprêmes de traditions millénaires enfouies dans les tréfonds occultes d'un monde caché aux yeux des mortels.

Alors prendre sans broncher les ordres d'un Omega pouvait sembler particulièrement ironique au premier abord. Mais, mon patron devenu petit à petit par la force des choses un ami avait su gagné mon respect comme j'estimais avoir conquis le sien au cours des derniers mois. Nous formions depuis une association plutôt efficace, complémentaire et bien rodée. L'expansion sicilienne sur la ville n'en était encore qu'à ses balbutiements mais elle n'allait pas tarder à prendre une nouvelle ampleur. Je grommelle dans ma barbe quelque chose ressemblant vaguement à : pas de problème, je te laisserais de quoi te défouler la prochaine fois. Un peu long pour un grommellement je vous l'accorde mais je suis un homme plein de ressources. Le sourire d'Alessandro m'arrache un grognement suivi d'un léger soupir suivi d'un sourire tout aussi large que le sien. Oui, j'imagine que l'on peut aisément dire que l'alchimie criminelle fonctionnait parfaitement bien entre mon boss et moi.  Bon, inutile de lui rappeler que l'un des jobs de mon triple contrat est celui de garde du corps et qu'en tant que garde du corps je n'avais pas eu à faire grand chose depuis mon embauche. Le sicilien étant parfaitement capable de se débrouiller sans moi en toute circonstance. J'occupe ce poste en cas de force majeur et pour couvrir ses arrières en opération. Ce n'est pas moi qui allait le lui dire. Mon salaire me convenait parfaitement en ces termes. Surtout quand l'activité du Print était explosive comme en été. Puis, bon si jamais je souhaitais voir l'argent couler en plus grande quantité. Je savais ce que j'avais à faire. Me démerder pour accélérer les choses  dans la limite du raisonnable du coté de l'implantation des activités illégales d'Alessandro.

J'ai l'impression de passer lentement mais sûrement d'une mentalité de mercenaire à celle de criminel endurci. Sincèrement, je n'ai jamais couru après l'argent. Bon d'accord peut être au début de ma carrière mais ayant grandi dans un orphelinat miteux, je pense que c'est compréhensible. Mais, je ne pense pas être assoiffé par l'odeur de l'argent. J'en veux juste ce qu'il faut pour vivre bien voire plus que bien mais c'est tout. Aucun désir de faire fortune de quelque manière que ce soit. Seulement, en tant que futur père je tenais à ce que ma fille ou mon fils n'ai droit qu'au meilleur du meilleur. J'imagine qu'ayant grandi dans la pauvreté, je suis psychologiquement bloqué sur le fait que mon enfant devra grandir dans l'opulence. Les clans de gardien à la fumée n'étant pas dénué de ressources. Cela serait sûrement déjà le cas. Mais, je ne comptais absolument pas laisser d'autre payer à ma place ce qui relèverait de ma responsabilité. Et, j'avais une future lune de miel à organiser. Je redécouvrais les joies de l'épargne et ne dépensais pas outre mesure. Un train de vie trop pompeux était de toute manière une très mauvaise idée pour un criminel à moins de vouloir attirer l'attention de la volaille. Alessandro effectue une rapide marche arrière pour quitter le cul de sac dans lequel nous nous trouvions avant de prendre la direction du squat dans lequel se terrait l'incendiaire. Je reconnais bien là mon boss lorsque ce dernier se gare un peu plus loin du bâtiment nous intéressant dans l'optique d'épargner à son bijou un outrage indésirable. Nous émergeons de l'élégante sportive de manière coordonnée et je prends le temps d'étudier les lieux nous séparant de l'endroit abritant notre cible. Par réflexe, je fouille le moindre recoin du regard avec mes sens surnaturels avant de faire un petit signe de tète à mon patron pour lui indiquer que la voie était dégagée. Et que rien ne nous empêcherait à priori de pénétrer sur les lieux.

La nuit est calme et silencieuse, la température extérieure est douce malgré la saison et la négligence manifeste du quartier nous est précieuse car le tout est très mal éclairé. Nous avançons en silence. J'arbore une mine concentrée et mes muscles sont tendus et prêt à être mis à l'épreuve.   Nous nous figeons nets au même moment lorsque nous arrivons enfin devant la porte de l'immeuble ou devrais je dire de la ruine se dressant devant nous. Car nos sens surnaturels ne nous indiquent que trop bien que l'immeuble est un véritable hommage au terme guet appens. Les bruits de respirations humaines se combinent aux odeurs de poudre. Un bref coup d’œil vers Alessandro m'indique qu'il bouillonne d'avance à l'idée de libérer la bête. J'esquisse un sourire en coin et lui  lance : Tout vient à point à qui sait attendre. Traduisez, vu sa nouvelle réputation d'homme à abattre il ne risquait nullement de s'ennuyer dans les mois à venir. Alors que je nettoie les environs de manière minutieuse ne devrait pas vraiment le gêner. Je laisse mes sens planer sur la surface de tout l'immeuble et ferme les yeux pour me concentrer. Ah oui quand même ! Les autres chefs mafieux de la ville sont suffisamment expérimenté et intelligent pour savoir que s'ils n’arrêtent pas Aless tout de suite. Il sera trop tard pour eux demain. Intelligent stratégiquement parlant bien que classique dans une branche pareille. Cependant, tellement stupide. Tellement stupide pour bien des raisons mais cela ils ne pouvaient pas le savoir. Tellement stupide parce que tous les hommes de mains de cette ville ne suffiraient pas à arrêter la danse macabre d'un tigre et d'un loup en chasse. Tellement stupide parce que rassembler autant de nos ennemis au même endroit relève de l'erreur de débutant.

Mais encore une fois, ils ne savaient pas à quoi ils s'attaquaient. Il y a suffisamment d'hommes là dedans pour briser des vocations et remettre des mômes à la dérive sur le droit chemin. Les journaux allaient se déchaîner dans les jours, semaines et peut être même mois à venir. Je lève  les yeux vers le ciel nocturne et inspire une grande goulée d'air frais. L'air dans ce labyrinthe serait bientôt infesté de putréfaction et de sang alors autant le savourer à sa juste valeur. Puis, je tire mon couteau de combat de son étui et m'avance nonchalamment de quelques pas tout en sortant mon arme à feu. Un élégant mélange d'acier et de plomb dans un style de combat virevoltant. Voilà ce que je comptais leur offrir. Mais, Alessandro m’arrête du bras. Étonné, je le consulte du regard et l’interroge de cette manière. Qu'il ne s'inquiète pas, il y a bien assez de criminels souhaitant le descendre là dedans pour qu'il y trouve son compte. Je plante mes yeux dans les siens et l'écoute  m'indiquer la manière dont il veut que je nettoie les lieux. J' hausse nonchalamment les épaules et murmure : Comme tu veux. Je pourrais les tuer de bien des manières différentes. Mais si c'est ce que tu veux. Alors, allons y. Mon patron s'engouffre dans l'entrée devant moi et je ferme les yeux l'espace d'une demi seconde, le temps que de la fumée apparaisse et baigne mon corps dans un halo protecteur. Mon corps se transforme rapidement et je m'efface pour laisser le tigre au commande . Gardant juste ce qu'il faut de contrôle pour ne pas le laisser faire un carnage mais suivre les instructions du sicilien. Une fois transformé, je m'élance à une vitesse bien trop rapide pour être humaine à la suite d'Alessandro. Ce dernier esquive une balle qui vient de frôler sa tète et m'indique le rez de chaussée d'un signe de la main. J'esquisse un sourire félin, vicieux et morbide, promesse de mort prochaine. Ce soir, je suis la mort qui marche.

Un seul mot pour définir la situation de nos ennemis. Fugazi. Fucked up, got ambushed, zipped in. Soit, suis foutu, pris en embuscade, ne peux pas sortir. Je me retourne et m'élance vers le rez de chaussé en fonçant. Les balles ricochant sur le sol derrière moi. J'enjambe une barrière d'un bond et bondis. Pourquoi prendre les escaliers pour descendre quand on peut atterrir au milieu des morts en sursis ? Je dévie le bras de l'homme pointant son arme sur moi et l'attire à moi de l'autre main puis lui tranche la gorge d'un geste précis. Je jette le corps se vidant de son sang à mes pieds et l'enjambe prestement pour continuer le massacre. J'esquive une balle qui passe à un cheveux de mon épaule  et me jette dans la foulée sur le tireur qui n'aura pas de deuxième chance. L'une de mes griffes s'enfonce jusqu'à son cœur. Une seule griffe aiguisée imite assez bien une blessure au couteau. Trop de griffes ressemblent à ce qu'elles sont, les outils d'un prédateur. Je me retourne brusquement au moment ou un homme s'approchant discrètement de moi lève un couteau vers ma gorge. Je bloque le coup et le désarme d'une torsion du poignet et lui ouvre le ventre d'un coup de griffe, déversant ce qu'il y a à l'intérieur sur le sol. Le sol est couvert de sang et le liquide pourpre s'écoule par endroits dans un flic-floc régulier. Je prends le temps de tendre l'oreille pour écouter les battements de cœur de mes proies afin de les positionner sur le champ de bataille. Bien qu'il ne s'agisse nullement de bataille mais d’exécutions de sang froid. Je continue mon œuvre macabre sans broncher.   Les hurlements de terreur des criminels se multiplient et les expressions terrifiées se succèdent sur les différents visages. La peur et le désespoir que ressentent tous les hommes à l'approche de leur fin embaume les lieux d'une odeur acre et désagréable se mélangeant aux odeurs de mort du charnier.

Le tigre se déchaîne dans mes veines et s'en donne à cœur joie, savourant chaque face à face gagné et l'odeur du sang. Certains prient, d'autres pleurent, les plus courageux crachent leur d’égout et leur haine mais ils ont tous la même expression sur le visage au moment de leur douloureux trépas. Une expression à faire cailler du lait, à faire mourir de peur les petits enfants et à rendre fou tout les individus sain d'esprit. Je ne compte pas les proies abattues. Je n'en ai pas le temps. Je passe à l'étage supérieur et continue le nettoyage de manière implacable avec une régularité de machine. Les visages diffèrent mais pas les blessures que je leur inflige qui finissent par se ressembler . Seul varie l'endroit ou je les inflige. Un homme parvient à me toucher d'une balle dans l'épaule et je m'avance lentement jusqu'à lui pendant qu'il recharge son revolver. Il invoque le tout puissant au moment ou je pose mes mains sur son cou. Je lui murmure cruellement qu'il ne peut pas le sauver ici avant de lui briser la nuque. Je pousse un rugissement de hargne lorsque trois mafieux déboulent en groupe serré leurs armes levées. Je me jette derrière un mur et attends patiemment qu'ils vident leurs chargeurs avant de passer à l'assaut. Ils touchent le sol au moment ou je monte à l'étage supérieur. Un homme se tire une balle dans la tète lorsqu'il me voit arriver. Je pare un coup de poing et égorge son collègue. Avant de rattraper un couteau et de le renvoyer aussi sec dans le front de son destinataire. Les deux derniers zigotos détalent à toute allure en me voyant arriver. Je croise Alessandro dans un escalier et manque de lui bondir dessus tant le sang pulse puissamment dans veines et que le tigre prend tout ce qui est vivant pour cible potentielle. Je me retiens de justesse et le laisse passer puis rattrape les deux fuyards que j'abats promptement. Je continue la besogne sans prendre aucun plaisir contrairement au prédateur déchaîné en moi. La voix de mon boss me pousse à retrouver de l'entrain dans la tuerie et lui réponds : Deux minutes.

Deux minutes plus tard donc et les derniers résistants passés dans l'autre monde, j'atteins enfin le dernier étage et pénètre dans la pièce ou se trouve le loup et les deux humains d'un pas nonchalant.  Je me permets même de siffloter une balade macabre propre au guerrier de mon espèce avant de planter ma masse à coté de mon boss. Je me gonfle encore comme si ma taille n'était pas déjà égale à celle d'un monstre cauchemardesque et esquisse une moue qui se veut démoniaque mais le dernier homme de main reste de marbre malgré ses tremblements incessants. Je pousse un soupir exaspéré avant même le petit geste du sicilien. Bon, finissons en une bonne fois pour toute. Je m'approche de l'homme, envoie valser son arme, le terrifie une dernière fois avant de saisir sa tète que je fracasse contre un le mur. Je me détourne de ma dernière victime et rejoins Alessandro ce qui a pour effet de le baigner de ma fumée blanchâtre. L'incendiaire tente de se suicider mais le sicilien l'égorge prestement mettant un terme à cette vendetta.

Je pose une main tachée de sang sur l'épaule de mon patron et reprend forme humaine dans la foulée avant de lui dire avec un léger sourire amusé sur les lèvres : Ça c'est ce qui s'appelle un sacré suicide. Parce qu'en s'en prenant à Alessandro, ce péquenaud avait signé son arrêt de mort. Mon sourire s'efface peu à peu et mon visage revêt une mine grave. Je retire ma main de son épaule et désigne les lieux d'un geste de la main. Puis, je reprends la parole et lui dis : Tu te rends tout de même compte que l'on vient sûrement d'éliminer un tiers des effectifs criminels de la ville en une seule nuit. Ce coup d'éclat marque le début de ta domination sur Beacon Hills. La conquête aura été rapide. A mon avis, il ne reste personne d'assez fou pour s'opposer à toi maintenant. Cela ne serait jamais arrivé sans cet abruti d’incendiaire. Il aura été utile finalement. Mais, si on continue de dézinguer les criminels il ne restera plus personne pour travailler pour nous. Alors, je suis d'avis qu'on évite de faire des vagues pendant un certain temps. D'autant plus que la police risque d’être à cran  pendant quelques temps. Mais, il faut évidemment s'occuper du commanditaire d'une manière ou d'une autre.

Voilà, c'était mon avis de second épuisé par le carnage perpétré et vaguement écœuré par le tableau macabre dont il a été l'un des artisans. Je me retiens d'effectuer une courbette moqueuse et de lancer un longue vie au roi à Alessandro. En fait, au fur et à mesure que nous redescendons les étages pour quitter le quartier, une vague de dégoût m'envahit. Je n 'arrive pas à déterminer si c'est la vision de tous ces morts enfoncés dans leur sang poisseux qui me fait cet effet ou le fait que je sois responsable de la moitié d'entre elles. Ce ne sont pas mes premiers cadavres à mon actif loin de là mais cette fois, il y a quelque chose de différent. Je me sens mal sans savoir pourquoi. Ma conscience atrophiée m’empêche de ressentir de la culpabilité, des regrets ou même des remords devant un tel carnage mais je n'en ressens aucune fierté. Pourtant, mon malaise est bien réel. C'est comme si je ressentais un trop plein. Un trop plein de sang. Un trop plein de morts. Un trop plein d'horreur même pour moi. Même sous les ordres d'un capitaine de la Bratva je n'avais pas tué autant en une seul fois. Je murmure en passant devant les corps : Волк Альп более кровавая , чем Сибирь. Ce qui signifie, le loup des alpes est plus sanglant que son cousin sibérien.

Comme si j'étais un ours s'étant gavé de trop de miel. Je peux tuer sans problème si je l'estime nécessaire ou lorsque je suis les ordres mais là c'est juste trop. Au point que je me sente presque étranger à la tuerie comme si le nombre de nos victimes rendaient les choses irréelles. Je garde pourtant une expression parfaitement impassible aux yeux de mon boss. Je ne ressens aucune compassion pour les vies fauchés par mes assauts meurtriers. Ces hommes étaient des criminels pas des innocents ou des enfants de cœur. Mais, le sentiment désagréable ne me quitte pourtant pas avant que nous ayons quitté le bâtiment.  Une fois à l'extérieur, j'inspire une grande goulée d'air frais qui me fait le plus grand bien. L'air pur non soumis aux vices de la putréfaction précoce est un véritable délice.  Nous montons bien vite dans la voiture et j'esquisse un léger sourire lorsque Alessandro me fait les gros yeux. Je lui lance : Ne me regarde pas comme çà patron. Le corps ca saigne et le sang çà coule.

Une vingtaine de minutes plus tard, je suis de nouveau dans le loft et retire tous mes vêtements que je fourre dans un sceau rempli de divers substances connues pour nettoyer le sang mais je décide de brûler le tout par précaution. Je ferais brûler ça ou alors je vais me procurer de l'acide  pour faire disparaître le tout. Mais, je peste en pensant au gâchis de ma tenue. Si, j'avais su que ce serait aussi sanglant, je me serais habillé en conséquence. Bordel de merde ! Je laisse les substances dans le sceau faire leurs œuvres. Je ferais disparaître mes vêtements par mesure de sécurité absolue et un chouia de paranoïa. Mais, le sang se détache peu à peu de l'ensemble. Bon, cela s'annonce plutôt bien. Pas besoin de me précipiter. Les vêtements pourront disparaître dans une semaine, ou deux voire plus. Je me rends ensuite dans la douche dans laquelle je me lave longuement les mains comme si j'avais peur que le sang de mes victimes soient à jamais collé à ma peau. Je commence à frotter de plus en plus fort et de plus en vite comme un forcené avant de me regarder dans le miroir  et d'éclater d'un rire presque hystérique. Tss, je suis ridicule. J'ai tué par le passé et pas une seule fois je n'ai réagi aussi stupidement. Je ferme le robinet et me demande si je ramollis ou si la chute a eu des effets secondaires sur ma personne. Je rentre dans la douche et prends une longue douche brûlante  qui me fait le plus grand bien. Elle évacue mes pensées noires et me calme rapidement. J'ai soudainement envie de me filer des claques. Pourtant, je regarde mes mains durant un bref instant et me demande comment le mioche chenapan mais innocent que j'étais a pu aussi mal tourné. Oui, je sors quasiment de mon corps et m'interroge sur les événements m'ayant mené sur ce chemin. Celui d'un tueur de sang froid incapables d'éprouver remords ou regrets. Je m'interroge longuement tandis que l'eau me masse agréablement le dos et dénoue mes muscles endoloris. Et trouve toutes les réponses à mes questions.

Je sors finalement de la douche et monte dans ma chambre dans laquelle j'enfile un pyjama en lin. Je saisis une couverture dans la foulée et redescends. Puis je pose la couverture sur le canapé et ramasse mon arme à feu. Je plonge le couteau de combat dans le saut pour le nettoyer avant de descendre au sous sol dans lequel je range  les deux armes avec les autres dans le coffre prévu à cet effet. Puis, je prends un marteau, des clous, et un couteau. Je brise au passage une planche issue du meuble que j'avais brisé à mon retour de Los Angeles et remonte ensuite. Je dépose le tout sur la table basse et vais vider le sceau dans l'évier. Avant de descendre attacher les vêtements le long d'une corde. Oui, j'ai un sèche linge mais là n'est pas la question. Une fois cela fait, je prends le tableau d' Azalea sous le bras et l'installe au mur le plus discrètement possible. Il y a des voisins tout de même. Une fois ma besogne effectuée, je trouve tout de suite la paix qui m'avait quitté à la vue de tous les cadavres qu'Alessandro et moi avions laissé dans notre sillage en cette nuit lugubre. Je ferme les yeux et me plonge dans les souvenirs de mon épouse. Je soupire et vais me chercher un verre de bourbon dans la cuisine avant de m'installer dans le rockin chair. La couverture posée sur mes genoux, le verre à la main. Et le morceau de bois et le couteau par dessus la couverture. Une fois le verre de bourbon avalé, je me mets à tailler le morceau de bois avec le couteau.

Je modèle une petite figurine en bois en forme de chevalier pour mon futur bambin. Le maniement du couteau dans un but bien différent à celui que je connais d'habitude m'apaise très rapidement tout comme le fait de penser à mon futur enfant. Et, je termine de tailler le bois avec application. L'ébauche est grossière mais ce n'est que le début. J'ai tout le temps de la perfectionner. Pour l'instant, je tombe dans un sommeil réparateur plus que bienvenu. Le lendemain, je me réveille plus tard que prévu et me retrouve en retard pour l'ouverture. Je ne peste pas ni ne pousse de soupir. En fait, tout les sentiments néfastes d'hier ayant suivi le carnage ont déjà disparus. Je me rends compte que j'ai dormi avec la petite figurine de bois dans le poing et esquisse un léger sourire. Puis, je me prépare prestement. Une douche rapide, un habillage exprès et un petit déjeuner avalé en quelques bouchées. J'arrive au Print une demi heure plus tard et adresse un hochement de tète à l'adresse de mon patron qui ne me fait pas de remarque. Il faut dire que si je me suis coltiné des heures supplémentaires c'est de son fait après tout. La journée se déroule plutôt calmement. Les clients et les habitués étant paisibles. Je me rends dans la cuisine lorsque midi approche et demande à Charlie de me donner quelque chose à manger. N'importe quoi avant que mon estomac ne se mette à hurler son désespoir aux yeux du monde. L'ours me tend quelque chose à base de miel pour changer que j'engloutis avant de le remercier chaleureusement. C'est dans la cuisine que le boss me trouve et m'invite à rejoindre son bureau. Je me demande de quoi Alessandro souhaite me parler. Sûrement de la suite des opérations. Peut être, du commanditaire ou de ses idées pour le milieu criminel de la ville.        



Sorry:
 



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Dernière édition par Arès Kye Coleman le Jeu 22 Sep - 22:03, édité 2 fois
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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Un sicilien paie toujours ses dettes PV Alessandro   Sam 6 Aoû - 18:31



Don Amaro...


Feat : Arès Kye Coleman


Arès est vraiment un atout quand il s’agit de faire de la mise en scéne. Le deadheater est un genre de surnaturel qui en impose, même à moi qui en ai vu beaucoup à Los Angeles ou ailleurs. Il ne s’agit pas que de force et de puissance, bien qu’il est vrai que notre nature surnaturelle nous donne des avantages. Non, quand je parle d’en imposer, c’est d’avoir une présence qui est palpable. Don Stephano, bien qu’humain, en impose. Et tout loup garou que je suis, je ploie devant lui. Cet homme est mon modèle. C’est pour cette raison que c’est rare que je me serve de mes capacités de loup dans mes activités. Car ce n’est pas ainsi que l’on obtient une vraie allégeance. Je crois que si Arès me suit dans mon business où il n’a rien à y faire de par sa nature, c’est qu’il voit en moi autre chose qu’un gangster. Il voit comment je traite le personnel du Pink, il sait que je les considère comme une famille. Dan fait figure de grand oncle. Il est la sagesse de mon établissement. Il en sait beaucoup mais parle peu. Toutefois il a toujours le mot qu’il faut au moment qu’il faut. J’aime sa relation un peu paternelle avec Jansen. A sa façon il protège le drus du volcan éruptif que je suis. Jerry serait plus le cousin qu’il faut tenir serré au col. Le barman avait dérapé avant que je reprenne les rênes de l‘établissement. Il piquait dans la caisse pour combler les dettes de son fils drogué. J’ai arrangé l’affaire à la manière sicilienne. Le fils de Jerry est en cure de désintoxication, les dettes miraculeusement effacées et la ville compte quelques dealers en moins... La méthode de la Mano Negra est d’une efficacité redoutable. Aider, plus qu’un père ne le ferait, couvrir plus qu’une mère ne le peut. Répondre toujours présent, même pour la moindre broutille. Devenir une évidence de survie. Et un jour… réclamer un retour.

Sophie, Jessie et Anna sont un peu comme des sœurs. Elles se mêlent parfois de mes affaires avec Jansen comme des sœurs aiment mettre leur grain de sel dans dans la vie d’un grand frère. Si j’ai d’abord le statut de Boss, celui de grand frère est juste derrière. Elles savent que je les protégerai. Mes clients savent qu’il ne faut pas les importuner, car si ce n’est pas Arès qui met les points sur les i, c’est moi. Charlie est mon pote de jeunesse. Il est certainement celui qui me connait le mieux à Beacon Hills. Pour lui, je ne demanderai jamais un retour sur une aide que je peux lui donner. Notre relation est au-delà de ça. Nous ne tenons pas de compte sur ce que nous nous devons. Enfin Jansen… Un des rares à savoir dompter un volcan.

Je me tiens droit, partiellement enveloppé de la fumée du deadheater. Le regard d’épouvante de l’incendiaire montre qu’Arès et moi offrons un spectacle saisissant et effrayant de réalité. J’abrège sa vie rapidement. Je ne suis pas du genre à aimer tuer. La mise en scène de ce soir n’a qu’un but. C’est un message d’avertissement. Il était temps que le vrai Alessandro Amaro sorte de sa dormance. J’ai donc saisi l’occasion qui m’était offerte de faire une pierre deux coups. J’ai réglé son compte à ce traitre qui a incendié le Pink et lancé un gros pavé dans la marre boueuse locale. J’annonce de facto le niveau. Aux fouilles merda locaux de savoir dans quel camp se mettre, avec ou contre moi. Ceux qui voudraient s’en prendre à moi, savent maintenant à qui ils ont affaire. J’espère que ce coup d’éclat va nous en épargner d’autre. Autant frapper fort une fois pour toute. Les demi-mesures ne donnent que de demi-résultats.

- Tu te rends tout de même compte que l'on vient sûrement d'éliminer un tiers des effectifs criminels de la ville en une seule nuit.
- Faire les choses à moitié amico oblige d’y revenir…
- Mais, si on continue de dézinguer les criminels il ne restera plus personne pour travailler pour nous. Alors, je suis d'avis qu'on évite de faire des vagues pendant un certain temps. D'autant plus que la police risque d’être à cran  pendant quelques temps. Mais, il faut évidemment s'occuper du commanditaire d'une manière ou d'une autre.
- Je sais Arès. Je viens simplement de nous éviter une guerre d’usure, ou de la limiter fortement.


Je note le ton las de mon garde du corps. Il s’est battu sans aucune hésitation. Il a agi sans poser de question, mais cela ne signifie pas qu’il ne s’en pose pas. Ai-je atteins les limites de son éthique ? Le gamin que je viens de recruter comme chanteur a un passé de tueur sans scrupule. Il serait peut-être judicieux de ma part que je préserve Arès d’une certaine horreur. Je n’oublie pas la mission qui lui incombe.

Nous sommes maculés de sang, la scène est gore à souhait. Je m’éloigne d’une marre rouge qui comme une marée montante s’étalant sur le sol. J’ai sectionné les deux carotides de l’incendiaire.

Juste avant de quitter l’immeuble, nous ôtons nos chaussures et rejoignons la voiture en chaussettes. Autant ne pas faciliter la tâche à la police scientifique. Dehors, Arès respire comme s’il avait été privé d’air. Me juge-t-il sans cœur ? Je n’ai aucun regret sur ce que nous venons de faire, pour la bonne raison que je n’ai pas commencé les hostilités. Celui qui vit par le sang doit s’attendre à périr par le sang. C’est la pure loi du talion qui existe depuis l’aube des temps. Je fixe Arès pour qu’il réagisse.

- Ne me regarde pas comme çà patron. Le corps ça saigne et le sang ça coule.
- C’est le point commun de toutes vies.


Je dépose Arès devant son immeuble et file vers la sortie de la ville, vers la forêt. Je connais un endroit discret où on ne verra pas ma voiture garée sous le couvert d’une dense futaie. Je prends le sac de sport que j’avais rangé dans le coffre et m’enfonce dans la nuit. Dans un lieu hors de tout sentier, je pose mon sac et me déshabille entièrement. Une fois nu j’entasse mes vêtements et les arrose avec l’essence que j’avais dans mon sac. Je regarde mes affaires se consumer. Je n’ai donné aucune consigne à mon second. Je ne vais pas lui apprendre les bases de son métier. J’entretiens le foyer et remue mes vêtements qui se consument du bout d’un bâton. Quand il ne reste rien d’identifiable par un laboratoire je sors de mon sac un sac plastique contenant une canette vide et un mégot de cigarette et les jette dans un buisson à proximité en prenant gare de ne pas les toucher. Dessus, pour qui s’y intéresserait, les empreintes de celui qui a commandité ce charmant comité d’accueil, Victor Barns.

Je reprends mon sac et mon chemin. L’air frais sur ma peau nue m’apaise et fait redescendre l’adrénaline. J’ai joué au grand calme que rien n’affecte devant Arès pour qu’il garde une base de confiance en mes capacités. Mais le fauve que je suis, aime le sang. Cette marche en forêt le calme. Les rives du lac apparaissent, je laisse tomber mon sac et vais plonger la tête la première dans l’eau froide. Le sang de mes ennemis se dilue dans l’eau, c’est comme une purification. Je pousse un hurlement en ressortant et obtiens un écho à quelques kilomètres de là. Je ne suis pas le seul loup de sortie ce soir. Me séchant rapidement, j’enfile des vêtements de rechanges et rentre. Ma tête touche l’oreiller, il est quatre heures du matin.

(…)

C’est le percolateur qui se met en marche qui me sort du sommeil. Je grogne car ma courte nuit n’a pas été reposante. Mais je dois donner le change et être à mon poste car je ne doute pas qu’il y aura un observateur ou deux. Avant de me coucher, j’avais envoyé un message anonyme par un compte spécial difficilement identifiable. Mon message était laconique, il mentionnait juste la livraison d’un colis à l’adresse où les hommes de Victor nous étaient tombés dessus, ou l’inverse plutôt.

(…)

Je prends mon petit déjeuner comme à mon habitude, accoudé au comptoir le nez dans le journal du matin. Je salue les habitués et commente avec Dan le dernier match de l’équipe des Lakers que je suis attentivement. Du coin de l’œil je vois Arès arriver avec du retard. Nous nous saluons naturellement et chacun vaque à ses occupations. J’ai repéré la taupe. Il s’agit d’un gars entre deux âges que je n’ai jamais vu au Pink. Il a commandé un banal café américain et un donuts. Rien ne le distingue des autres clients, sauf son cœur qui frôle la crise cardiaque à chaque fois que je passe à côté de lui ou que nos regards se croisent. La mise en scène que j’ai laissée porte déjà ses fruits et me permet de démasquer l’informateur. Je prends un malin plaisir à discuter avec un client qui est à la table d’à côté. J’ai mis en route le côté rital mystérieux.

- Vous avez vu le journal de ce matin ? Je pensais m’être éloigné de ce genre de boucherie en quittant Los Angeles pour Beacon Hills, mais regardez les faits divers de cette nuit !

J’étale sur la table, la page du journal concernée. A la table d’à côté, l’informateur semble se ratatiner sur place.

« Une boucherie innommable dans les faubourgs de la ville : la police sur les dents »

Le titre est grandiloquent. En lisant l’article, on sait que le journaliste qui l’a écrit ne sait rien. La police a bouclé le secteur. L’article est construit sur l’observation des visages écœurés des flics qui sortent du lieu du crime.

- C’est là que je me dis que j’ai bien fait de prendre un vigile pour le bar !
- Vous avez raison Alessandro. Impossible de compter sur la police ici ! Si vous saviez le nombre d’affaires non classées qu’il y a à Beacon Hills ! Le shérif est un incompétent !
- Ne me parlez pas de la volaille ! Toujours là à vous embêter pour vérifier que je ne refile pas de l’alcool de contrebande mais incapables d’empêcher une tuerie !
- Cela ressemble à un règlement de compte cette affaire.
- Des voyous en moins ! La ville ne s’en portera que mieux… et mes affaires aussi.


Je coule un regard en biais à la taupe qui ne perd évidemment pas une miette de ce que je dis. Message reçu. Le type laisse un billet bien trop gros pour sa commande et file comme s’il avait la mort aux trousses.

- Il ne semblait pas très catholique celui-là, Alessandro.
- Il vient peut-être d’apprendre la mort d’amis à lui…


Je désigne le journal et fait un clin d’œil à mon client.

(…)

Mon ventre m’attire irrésistiblement du côté de la cuisine. Je pique dans les plats et mange debout, une assiette en main en me prenant les grognements d’un ours qui n’aime pas avoir du monde dans les pattes quand il officie de son art culinaire. N’empêche, qu'il me rajoute une garniture végétale sur mon pavé de bœuf.

- Pour ton régime alimentaire, j’ai promis à Jansen de suivre ta ligne.

Cette fois, c’est moi qui grogne. Arès n’est pas très loin, le nez dans son assiette, un sourire en coin. Je termine ma viande et mange deux rondelles de carotte, deux haricots et un machin vert indéfinissable.

- Cinq fruits légumes par jour ! J’ai ma dose.

Je fuis ses représailles ursines en demandant à mon second de me rejoindre dans mon bureau. J’ai pris la peine de prendre une tasse de café et souffle dessus pendant qu’Arès s’assoit dans le fauteuil en face de mon bureau.

- Va bene ?

Arès me rassure et fait même un trait d’humour dont il a l’habitude. Ce gars est une montagne, mais parfois même les montagnes s’effondre, la preuve sa « chute » lors de notre visite à LA. Aucun être n’est infaillible. Mais ce qui est certain, je n’ai pas envie de voir mon second chuter à nouveau. Je respecte ce qu’il est et qui il est. Je ne lui demanderai pas plus qu’il ne peut. Le contrat type « mafia » ne court pas avec lui. Il ne me doit rien à part un travail qu’il peut aisément trouver ailleurs. C’est bien pour cela que sont statut réel auprès de moi est de second, de lieutenant et non de simple employé. Cela lui permet aussi de me dire les choses en face et le droit de ne pas être d’accord, là où mes autres employés n’ont pas leur mot à dire. Sauf Jansen… Sauf Charlie… La vie est une somme d’exception !

- Comme le dit l’adage, il faut battre le fer pendant qu’il est chaud.

Arès me questionne du regard.

- Nous allons recruter ! Secouer l’arbre et voir ce qui en tombe. La nuit porte conseil et je pense que pas mal de monde se demande quoi faire et pour qui rouler. Il ne faut pas laisser d’indécis. Ce soir je vais aller parier sur les combats clandestins. Depuis la disparition de Kean Donough, je compte bien mettre la main sur son affaire. La bande du coyote n’a rien à voir avec Victor Barns celui qui nous a tendu ce guet-apens. Ils n’ont donc pas perdu un ami ou une connaissance la nuit passée. Et ce hangar est plein de types qui savent se battre. Il faut que je commence par recruter des soldats avant d’aller m’imposer dans l’underground. Nous sommes forts amico, mais nous ne pouvons pas être partout et autant laisser à d’autre la sale besogne quand c’est nécessaire.

(…)

Je vais avoir aussi besoin d’un réseau d’informateur. Tout est à construire, cela m’exalte. Je me suis garé dans une rue connexe à celle où se situe le hangar où ont lieu les combats. Ce soir l’accueil que je reçois est un peu différent de d’habitude. Quand les gens me voient, ils commencent par se taire puis murmurent à l’oreille de leur voisin. Mon message, c’est tout le monde clandestin de Beacon Hills qui l’a reçu. Je vois quelques mouvements de recul, puis peu à peu on vient me faire une accolade ou me serrer la main. La faune qui hante ce hangar aime les combats. Pour eux, la valeur d’un homme se prouve sur un ring. J’ai prouvé ma valeur dans un combat truqué d’avance. Au nombre de sourires que l’on m’adresse ou de saluts fermes et francs que je reçois, il devient évident que les tricheurs ont perdus la face et le respect de pas mal de monde. J’ai laissé Arès gérer ma sécurité comme il l’entend. Dans cette foule, il y a forcément des sympathisants de Victor, voir des hommes à lui. Mais vu la bienveillance de la majorité à mon égard, il serait suicidaire de leur part de tenter quoique ce soit. Néanmoins je reste sur mes gardes.

Je cherche le second de Donough, mais il semble lui aussi parti on ne sait où. C’est le type qui fait habituellement l’arbitre qui gère la baraque. Autant dire que le travail m’est mâché. Je me glisse vers ce brave type qui est à l’évidence submergé par la tâche. C’est un très bon arbitre, j’ai apprécié ses interventions quand moi-même j’étais sur le ring en train de me battre. mais gérer les paris c'est autre chose.

- Je m’installe dans le bureau.

Ce n’est pas une demande, ni une question, mais un fait. Le gars me regarde avec des yeux ronds, ouvre la bouche certainement pour me contredire et la referme quand je hausse un sourcil. Il baisse le bras comme s'il jetait une éponge.

- C’est certainement mieux ainsi.
- Va bene.


Il y a un léger flottement dans la foule des parieurs. C’est le moment ou jamais ! Sous le regard attentif des parieurs et des combattants de la soirée, j’ôte ma veste et la croche sur une épaule. Tournant sur moi-même, je toise la foule. Repère des visages connus, lance des saluts sobres d’un coup de menton à ceux que je connais, fait un clin d’œil à ceux que j’ai combattu sur le ring.

-Je trouve cette boutique un peu mollassonne, pas vous ?

Ça beugle, ça commente, ça jure. Je laisse la cacophonie prendre de l’ampleur pensant vingt secondes puis lève la main et ferme le poing. Le silence revient. Un sourire éclaire mon visage, Arès n’aura pas fait une boucherie pour rien. La facilité avec laquelle je prends les rênes du combat clandestin de la ville en est la récompense.

- Je monte au bureau. Il est clair que ce bon vieux Joe est plus à l’aise pour arbitrer vos combats que pour gérer vos paris. Je recrute donc des types sachant faire le service d’ordre, un bookmaker et un second pour chapeauter le tout. Je reprends bien évidement les « anciens employés », je ne suis pas un débaucheur.

Mon annonce est accueillie plutôt positivement. Il faut que je restaffe cette entreprise, j’y apporterais quelques modifications plus tard.

Le bureau de Donough est miteux. Les murs sont jaunis et croulent sous de vieilles affiches de boxeurs qui sont à la retraite depuis des lustres. Cette gargote a besoin d’un coup de neuf. Je sais qu’il faut que je garde le côté arrière salle clandestine, c’est ce que cherchent les gens qui viennent ici, mais pas besoin non plus que cela soit un taudis. J’accroche ma veste à un porte manteau que déjà trois coups frappés à la porte du bureau m’avertissent que le recrutement peut commencer. Visiblement ce sont « les anciens » qui viennent en premier négocier leurs conditions. Par la vitre qui donne sur la fosse des combats j’aperçois Arès. Il me semble pister quelqu’un. Il a libre arbitre de ce qu’il doit faire des éventuels hommes de Victor qui traîneraient par là. Lui aussi peut faire du recrutement si tuer l’ennuie. Je me fie à son jugement.

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MessageSujet: Re: Un sicilien paie toujours ses dettes PV Alessandro   Dim 7 Aoû - 21:36

Le business s'accélère



ft. Alessandro Amaro

Un paquet de mots
pensées en italique
dialogue en gras

Je me sens bien mieux ce matin. Comme si la réaction répulsive d'hier n'avait jamais existé et pourtant pourtant je ne pouvais en faire abstraction. Il était temps d'accepter certaines choses pour pouvoir continuer d'avancer. Alessandro pénètre dans la cuisine d'un pas tranquille et maître de lui quelques instants après moi. La façade de calme impassible du sicilien m’impressionne énormément et je dois confesser que je sais désormais que mon boss a bien plus de tripes que moi. J'ai été témoin de bien des choses et en ai causé de bien pire encore et n'en ai jamais éprouvé le moindre regrets. Pourtant ce qu'il s'est passé hier soir m'avait franchement chamboulé comme en témoigne ma réaction d'hier. Grâce à ce bain de sang, je connais désormais mes limites. Des limites qui ne peuvent qu’être liées à ma nature surnaturelle intrinsèquement lumineuse bien que la vie d'un gardien du surnaturel soit teintée de combats dont certains peuvent parfois atteindre des sommets de violence inouïe, le fait est que d'un point de vue purement objectif maintenir l'équilibre d'un univers ne saurait être perçu d'une autre manière que noblement. Quand bien même les moyens de parvenir à cette fin puissent être irrémédiablement brutaux et implacables. Mais, le nettoyage de la concurrence d'hier soir m'avait contraint à reconnaître qu'un deatheater ne pouvait pas s'enfoncer complètement dans la noirceur jusqu'à s'y perdre et s'y complaire. A moins de changer de camp, ce qui n'était évidemment pas mon intention.

Je ne prenais pas cette nouvelle avec exaspération ou colère ni avec stupeur et déception. Je le sentais depuis un certain temps que la chute et la guérison qui en avait suivi avaient eu des effets sur ma personne. Non pas sur ma morale qui vous vous en doutez restera à jamais douteuse. Je n'ai jamais été un enfant de cœur et le fait que je ne puisse pas ou plus faire certaines choses ne veut certainement pas dire que je vais en devenir un. Mais plutôt sur mon âme, les gardiens sentent ces choses là. J'admire donc encore plus mon patron qui lui avait les palle de faire certaines choses que je n'aurais malheureusement peut être plus le cran de faire.  Je le regarde passer en esquissant un sourire. J'ai entendu sa discussion avec l'habitué sur la tuerie d'hier et j'ai manqué de m'étouffer de rire au moment ou notre cher client a abordé le sujet des forces de l'ordre et en constatant auditivement la portée des talents d'acteur de mon ami et chef. En l'entendant je me suis dis durant  un instant qu'il poussait la plaisanterie assez loin. Avant de comprendre que l'individu bien trop tendu malgré une apparence complètement décontracté que j'avais aperçu en entrant et remarqué en effectuant une petite ronde de routine était tout sauf un client ordinaire. Sûrement un homme de main de ce fameux Victor qui avait orchestré le traquenard d'hier et était venu vérifier si Aless en avait réchappé. Je suppose qu'il le savait sûrement d'une manière ou d'une autre. Mais, parfois il fallait voir les choses pour le croire. Surtout quand vous aviez envoyé une bonne trentaine de criminels endurcis pour liquider un seul concurrent. Et que ce concurrent se pointait frais comme un gardon le lendemain matin comme s'il avait passé la nuit la plus reposante de sa vie.

La facilité avec laquelle le sicilien déroule son baratin m’impressionne également. Pour peu, j'y aurais cru moi même si je n'étais pas impliqué dans le fait divers le plus sanglant de la petite ville. Alessandro a l'air aussi affamé que moi et se dirige donc vers Charlie qui commence à montrer des signes d'exaspérations bien manifestes à l'idée de voir sa chère cuisine, son royaume envahi de la sorte par deux piques assiettes bien déterminé à se remplir la panse à ses dépends. J'écoute la discussion discrètement tout en esquissant un sourire en coin lorsque l'affaire des légumes se déclare à ma vue. L'aversion du boss pour les légumes et tout autre substance végétale quelle qu'elle soit est bien connu de tout le personnel pourtant Charlie s'acharne à lui en faire avaler comme si c'était le meilleur moyen pour lui de se venger des intrusions intempestives du patron dans sa cuisine. A moins que cela ne soit un plan machiavélique de Jansen pour convertir le prédateur lupin aux bienfaits de la verdure. Je connais d'ailleurs une verdure qu'Aless ne repousse pas le moins du monde si vous voyez ce que je veux dire. Enfin bref, un matin ordinaire au Pink Print je dirais. Je termine rapidement mon assiette et son contenu délicieux, anticipant un épilogue des événements d'hier. Charlie est le Mozart de la cuisine moderne, le Michel Ange des papilles gustatives. Rien que pour manger aussi bien, cela vaut la peine de travailler au Print. Mon intuition se confirme. Alessandro m'adresse un petit signe de tète m'indiquant de le suivre dans le bureau. Je termine en vitesse, m'essuie les lèvres avec une serviette et adresse un petit signe de la main à Charlie pour lui signifier que c'était un régal comme les quatre vingt dix neuf fois précédentes.  

Puis, je m'engouffre à la suite du sicilien dans son bureau. Comme toujours l'Etna me fait face et je  prends la peine d'apprécier la vue sublime du poster géant légèrement noirci par l'incendie. Cela lui donne un air brut d'une réalité frappante. M 'enfin, le guignol responsable de ce désastre était passé dans l'autre monde d'une manière terrifiante alors cela faisait au moins un problème de réglé.  Je m'installe dans le fauteuil en face du sien. Je sais ce qu'il va se passer et je ne veux pas que cela se passe. L'inquiétude d'Aless me fait chaud au cœur parce qu'elle prouve qu'un lien d'amitié fort et solide s'est développé entre nous. Une inquiétude que je lui porterais si jamais les rôles étaient inversés. Pourtant, il est hors de question que mon boss bien que mon ami me croit faible et incapable d'accomplir certaines choses. Que je suis devenu une petite nature. Ma fierté de tueur en prendrait un sacré coup. Néanmoins, j'étais contraint de m'avouer vaincu face à ce que je ne pouvais pas vaincre soit ma nature surnaturelle. J'hésite durant quelques secondes à lui avouer que je n'en menais pas large hier en rentrant et à lui expliquer que la chute m'avait atteint plus profondément que je ne l'avais imaginé. Que certaines limites n'existant pas auparavant s'étaient imprimés dans mon circuit interne de gardien que je le veuille ou non. Mais, personne n'est dupe. Alessandro s'est bien rendu compte de mon état à l'issue de la dératisation. Je tiens tout de même à le rassurer et notamment sur ce que je pense de lui car je suis conscient que ma répulsion face à ce bain de sang a pu lui paraître condescendante. Je lui réponds : Non preoccuparti per me capo. Non ero sul mio piatto che è tutto . Non sapevo che stavo andando a sentire troppo sindromi di gravidanza .

Mon accent italien doit être répugnant à en écorcher les oreilles mais oui cette langue est agréable à apprendre alors c'est avec une curiosité bien réelle et une volonté de progresser que je m'attele à essayer de me l'approprier. Néanmoins, cela fait mouche et je ris de bon coeur avec Alessandro. La tension liée à notre escapade nocturne sanglante d'hier étant redescendue. Je lui dis : Rien n'a changé. Alessandro.

Moyen  de lui faire comprendre que je ne le vois pas comme une sorte de monstre parce qu'il ressort parfaitement calme d'une boucherie sans nom. Il n'est pas plus un monstre que j'en suis un. Nous sommes les mauvais de l'histoire. La vie est ainsi faite. Finalement, Alessandro embraye sur les affaires avec un adage. Je ne percute pas tout de suite et l'interroge du regard. J'écoute avec attention le discours du boss. La bonne humeur teintée d'exaltation d'Amaro est contagieuse et un grand sourire se dessine sur mes lèvres. Il est aux portes de la domination criminelle de la ville. Seulement, la domination cela se mesure à certaines choses et tout est à construire. Et ce sera un honneur pour moi de l'y aider. Je lui dis : Excellent plan comme toujours. Cela permettra également de montrer à l'underground de Beacon Hills que ton expansion est en marche. Un fait divers c'est une chose mais un roi a besoin de sujets. Je vais te monter une équipe talentueuse. De plus la température des lieux nous indiquera si on doit s'attendre à une résistance plus féroce que prévue des derniers bastions de concurrence.                
Pour finir, après avoir découvert que j'avais bel et bien des limites tangibles l'idée d’être assisté par quelques hommes de main n'était franchement pas désagréable bien au contraire.  



Je suis passé au loft avant de retrouver Alessandro sur le lieu des paris clandestins ou il m'avait dit avoir déjà combattu à de nombreuses reprises. Il connaît donc bien les lieux et leur configuration ce qui me rassure car se jeter dans un lieu inconnu rempli d'ennemis potentiels est assez osé même pour nous. Une balle ça picote légèrement au début puis ça démange et ensuite ça tue, surnaturel ou humain. Bon bien sur cela dépend là ou on vise, nous sommes sans conteste sur avantagé par rapport à la criminalité disons un brin plus classique. Et puis, il suffit parfois d'un ou de deux très bons tireurs pour faire des ravages surprenants. Or connaissant, mon boss il n'attendra certainement pas que j'ai sécurisé la zone pour s'y rendre et flamboyer de sa superbe. Oui, je suis légèrement paranoïaque mais c'est souvent au moment ou la situation nous est la plus favorable que les emmerdes tombent le plus violemment et de manière la plus inopinée. C'est du vécu. Je vais donc m'y rendre avant lui afin de vérifier en vitesse qu'il n'y aurait pas de comité d’accueil. Je sais bien que personne ne peut savoir que mon patron va s'y rendre dans la soirée. Mais, un concurrent avisé pourrait se douter que l'annexion du club de combat illégal serait le premier acte symbolique de positionnement officiel dans l'underground de Beacon Hills. Au loft, je me suis rapidement changé . Un jean, des bottes, une chemise noire cintrée et un trench beige. Sans oublier un holster à l'épaule avec une arme de poing à disposition. Je passe également un couteau sous ma chemise, juste au cas ou. Bien que mon instinct me souffle que je ne risque pas d'avoir besoin de tuer ce soir. Je préfère être paré à toute éventualité. Une fois prêt, je continue la petite figurine en bois que j'avais commencé à tailler la veille. Ce qui m'avait grandement apaisé. Cette fois, je n'ai pas besoin d’être apaisé mais le suis tout de même grâce à ce geste mécanique. J'affine les détails et peaufine les angles avec application. Le petit chevalier de bois commence finalement à ressembler à un petit chevalier de bois. Je souffle sur le jouet en bois et le dépose sur la table basse du salon avant de prendre mes clés de voiture et mon téléphone. Je monte dans le quatre quatre, branche le téléphone au kit sans fil du véhicule et démarre.

Sur la route, je passe un appel à Azalea. Entendre la voix de ma belle gonfle mon cœur de joie comme d'habitude et après un échange de banalités typiques des jeunes couples très amoureux et une prise de nouvelles réciproques je lui fais part de mon idée de choix de parrain. Le calme tranquille de l'habitacle est brisé lorsque ma compagne explose de colère à la simple idée que mon boss devienne le parrain de notre enfant. Mais, elle ne tarde pas à se calmer et j'entends en arrière plan un membre du clan lui apporter quelque chose à manger. Lorsqu'elle reprend la parole sa voix semble métamorphosée. Les hormones quel calvaire. Encore que je ne suis pas le plus à plaindre, me trouvant à une centaine de kilomètres de ma belle furie. Nous discutons plus tranquillement de la perspective de désigner Alessandro comme parrain pour l'enfant. J'expose mes arguments et Azalea m'avoue qu'elle n'en avait pas vraiment contre mais qu'elle avait peur que je confonde une relation strictement professionnelle dans laquelle mon boss m'utiliserait simplement comme un outil pour arriver à ses fins et une relation solide de partenariat basé sur une amitié bien réelle. Car, ce serait une erreur monumentale de confier une responsabilité pareille à un type pareil. Mais, je parviens finalement à la convaincre de laisser une chance à l'ombrageux sicilien. Elle me dit en rigolant qu'au moins comme cela s'il m'arrive quelque chose elle pourra trancher les palle d'Alessandro. Puisque s'il intègre la famille, les règles changeront. Puis, elle conclut en m'assurant qu'elle va en parler avec Asmodée et Idris. Je vous avouerais que j'ai balancé des arguments complètement stupides entre deux arguments plus sérieux tels que nous aurons des réductions sur les pizzas, arguments ayant surtout eu pour but de détendre l'atmosphère par l'absurde. Lorsqu'Aza prend quelqu'un en grippe, elle a du mal à se défaire de sa première impression.

Et c'était bien malheureusement ce qu'il s'était passé lors de leur rencontre téléphonique. Je raccroche après des mots doux d'une mièvrerie sans nom. Le pire étant que je sois tout mièvre en les prononçant. Je me gare dans l'allée adjacente au vieux bâtiment décrépi abritant donc les plus fameux combats clandestins de la ville. J'observe attentivement les lieux. Il s'agit d'un hangar tout ce qu'il y a de plus banal. Je rentre sur les lieux et me fonds dans la masse. J'observe, surveille, vérifie tout en sympathisant, discutant, évaluant des recrues potentielles. C'est une douzaine de minutes plus tard qu'Alessandro arrive sur les lieux. Pas besoin de signe de tète ou de regard qui trahirait ma présence dans son service d'ordre. La discrétion est la plus efficace des armes. Nous nous ignorons donc. J'observe néanmoins le sicilien saluer et distribuer sourires et poignées de mains après le moment de stupeur et d'inquiétude passé. Le Don semble être apprécié dans le coin ce qui me rassure amplement quant au déroulement de la soirée. Je suis persuadé qu'il s'amuse énormément et qu'il aime être au centre de toutes les attentions. Sous la lumière des projecteurs.

Mais, n'est ce pas le cas de tout les chefs ? Je profite de l'entrée d'Alessandro pour confirmer mes soupçons sur les derniers hommes de mains de Victor que je n'avais pas encore réussi à identifier. Un certain nombre, il faut en convenir. Seulement, je ne les crois pas suffisamment stupide pour tenter de s'en prendre à lui devant une telle foule de sympathisants. Finalement, mon regard croise celui du sicilien et je lui adresse un petit hochement de tète doublé d'un sourire. Pas très discret mais les choses se présentent bien. J'ai identifié toutes les menaces et je ne pense pas qu'il va y avoir de feux d'artifice ce soir.

Si jamais, ces menaces se montrent hostiles au lieu de rester enfoncés dans une neutralité de façade je ferais ce que j'ai à faire sans hésitation. Mais pour le moment, tout se présente comme mon boss l'avait prévu. Je l'écoute attentivement faire son discours, chauffer la salle et annoncer la couleur. Son charisme inonde la salle et tout le monde est scotché à ses lèvres. Tous non. Un homme de Victor sort son téléphone et appelle son boss. Comment le sais je ? Ouïe surnaturelle. Il s'éloigne à vive allure tandis qu'Aless monte pour s'installer et passer au recrutement et à la gestion. Pour ma part, je fends la foule à la suite du trouble fête en écoutant sa conversation. L'homme de main arrive dans une autre pièce en très mauvais état quasiment plongé dans l'obscurité. Je sors ma lame en silence et rentre dans la pièce. Le couteau se plante dans la gorge de l'homme qui s'écroule en se vidant de son sang. Je ramasse le téléphone et annonce à Victor qu'il a les salutations du sicilien avant d'écraser le téléphone sous ma semelle de sorte qu'il n'en reste plus qu'une fine poussière.

Je nettoie ma lame et la range avant de retourner au milieu des habitués comme si de rien n'était. Allez, il est temps de recruter cette petite équipe. Pour ma part, je me contente de m'installer sur un siège dans un coin faisant office de salon et fais passer le mot par le bouche à oreille. Je cherche sept gars solides avec des antécédents histoire de ne pas se coltiner des petits bleus impétueux et stupides, des professionnels qui savent quand ils doivent tirer et pourquoi et non pas des fêlés de la gâchette se croyant dans un blockbuster hollywoodien. Je demande à quelqu'un s'occupant visiblement de la distribution de boisson de m'apporter une bière. Une vingtaine d’intéressés s'amènent. Je les jauge du regard et expédie sept d'entre eux présentant un défaut ou dont la tronche ne me revient pas à retourner à leurs occupations. Trois ce n'est pas assez. Huit c'est trop. L'équipe que je veux monter serait les gars qui bosseraient au plus près de nous, et non pas les péquins que l'on envoie faire des travaux de base. Je fais confiance à Aless pour trouver des hommes de main en masse. Moi, je cherche des hommes en qui je pourrais avoir suffisamment confiance pour éventuellement envisager de leur confier ma vie. Pas celle de mon boss. Celle là c'est moi qui la protège. Les sept hommes s'installent et la discussion s'engage. Voyons voir ce que cela va donner.                




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Dernière édition par Arès Kye Coleman le Lun 29 Aoû - 0:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un sicilien paie toujours ses dettes PV Alessandro   Mer 17 Aoû - 17:32



Le parrain s’installe


Feat : Arès Kye Coleman


Les dès sont jetés, je me lance enfin. Le loup sort de sa tanière, l’Etna se réveille. Ma période de dormance et d’observation de la ville aura duré quelques mois. Je ne peux pas prétendre connaitre la géographie exacte de l’univers du crime organisé de Beacon Hills, mais j’en connais maintenant les contours et surtout les groupes dominants… attualmente. C’est loin de ressembler au schéma de Los Angeles. Beacon Hills est une ville plus petite et les enjeux sont moins gros. Cela n’empêche pas que l’on y meure aussi dans un coin de ruelle sombre pour une affaire de territoire, de drogue ou plus simplement d’argent. La drogue est un domaine que je préfère éviter. C’est le seul hommage post mortem que j’offre à mon Padre. Toutefois cela ne signifie pas que les dealers and Co peuvent avoir les coudées franches dans mon périmètre. Je ne prends pas le marché, mais ne tolèrerai pas des abus de pouvoir dans ma zone. Sans entrer en guerre contre ce marché, je souhaite simplement l’externaliser en dehors de la zone dont je souhaite prendre le contrôle. Ce trafic attire trop l’attention de la volaille. Par expérience, avec quelques arguments… percutants, il est possible de leur demander d’aller voir un peu plus loin tant que je ne touche pas à leur manne.

Je reviens à ce que je suis en train de faire, car la voix du type qui me parle de ses compétences de videur m’agresse les tympans. Sérieusement ! Comment pense-t-il être crédible avec cette voix de fausset ? J’ai l’impression d’avoir affaire à un canard ! Les hommes qui vont bosser pour moi vont devoir avoir une certaine allure, un style minimum. Je ne leur demande pas de ressembler aux mens in black, mais d’avoir un minimum d’allure correcte.

- Suivant ! Tu ne fais pas l’affaire.
- Comment !


Le type s’énerve, il s’est levé d’un bond et s’appuie à deux mains sur le bureau me toisant d’un air mauvais.

- Tu n’as pas encore d’homme de main pour protéger tes fesses Amaro. Personne ne lèvera le petit doigt si je…
- Si ? Pff ! Tu ne fais pas l’affaire. Dehors !
- Tu n’as même pas écouté ce que j’ai dit.
- Inutile. Dehors !
- Laisse-moi faire mes preuves !
- Ok. Tu as deux minutes pour me coller les deux épaules à terre.


Le type s’élance par-dessus le bureau, ses mains visant mes épaules pensant me faire basculer de ma chaise. Il ne rencontre que le vide et s’écrase au sol. Avant qu’il ne reprenne ses esprits, je l’attrape par la ceinture et le projette contre la grande vitre qui donne sur le ring et l’entrepôt. Le gars s’écrase quelques mètres plus bas dans un fracas de vitre cassée. Le brouhaha des paris en cours s’interrompt quelques secondes. Des coups d’œil s’échangent et les paris reprennent ainsi que le combat sur le ring.

- Je n’ai pas besoin d’hommes de mains pour faire le ménage moi-même !

Ceux qui sont présents dans le bureau et qui attendaient leur tour se tassent sur eux-mêmes et regardent leur pieds. Autant mettre les points sur les i tout de suite. Je ne recrute pas des gros bras parce que je ne peux pas défendre moi-même mes intérêts. Je recrute du monde, car je ne peux pas être sur tous les fronts. Toutefois, il n’y a pas dans ces gars quelqu’un à qui je confierais ma vie, mais ils ont le mérite de s’être décidé immédiatement à savoir vers qui tourner sa « loyauté ». Les hommes de la première heure sont souvent ceux qui restent.

Je sais qu’Arès s’occupe en bas de ce qu’il y a à s’occuper et me concentre de trouver de quoi faire tourner l’affaire des combats clandestins. Passer d’un coyote à un loup à la tête d ce business ne semble pas déranger. De toute façon ici c’est la loi du plus fort, ou plus exactement la loi du dominant. Je suis loin d’être capable de mettre au tapis tous les combattants qui se proposent sur le ring. Cependant chacun a pu me voir encaisser des coups et en rendre sur ce même ring. Pour être suivi, il faut imposer le respect. Je ne peux pas m’imposer uniquement par la peur, comme avec le message donné à Victor Barns. Garder un statut de Boss exige un juste équilibre entre force de persuasion et force brute. Ce qui est établi, c’est que personne ne pense que je peux me dégonfler. C’est à cela que je veux en  venir en prenant les commandes des combats clandestins à la hussarde.

J’ai trouvé mon service d’ordre avec six gars que je répartis en deux équipes. Trois gars à l’intérieur de l’entrepôt pour les désordres entre parieurs et trois gars à l’extérieur pour prévenir des descentes de flics et des bagarres externes qui pourraient attirer l’attention. Je cuisine maintenant un certain Largo Winczlav pour le poste de gérant. Sa façon de se tenir et de me regarder m’avait attiré. Le type a de la bouteille si j’en crois ce qu’il me raconte. Les battements de son cœur ne démentent pas ses dires. Je lui ai posé quelques questions pièges dans lesquelles il n’est pas tombé. Osant me contredire malgré ma démonstration de force précédente. Il m’a contredit sur un point de gestion que j’avais sciemment mal défini. De la même façon que j’ai choisi Arès pour son répondant, je crois que Largo fera l’affaire. Le type est droit et bosseur. Il est bâti comme un ancien boxeur. Dans la quarantaine florissante, je le crois capable de gérer cette boutique au mieux.

- Je ne suis pas ingrat sur les salaires quand le lavoro est fait. Pour le moment je te demande de me concerter avant toute décision importante.
- Pas de soucis de mon côté Boss.
- Ensuite si je vois que tu t’en sors, il est possible que je te laisse carte blanche. Sache que je souhaite faire évoluer cette affaire miteuse en quelque chose de plus renommé.


L’homme sourit. Visiblement le fait que je vois à long terme et non pas simplement de me faire du blé sur le dos d’une affaire que j’usurpe dans un simili coup d’état, lui plait. Nous signons notre accord d’une poignée de main à défaut d’un contrat d’embauche en bonne et due forme.

- Va bene Largo. Et bien tu commences tout de suite. Joe va nous claquer entre les doigts s’il doit continuer à prendre les paris alors qu’il arbitre.
- Comment je peux vous joindre, euh en dehors des horaires…
- A ce numéro.


Je lui donne mon numéro « affaires » qui n’a évidemment aucun lien avec le patron du Pink Print. J’apprécie le bijou technologique qui me permet d’avoir deux numéros différents sur le même téléphone. Sans parler du programme qui brouille un des numéros. Cela fausse un peu la triangulation qui permettrait à la flicaille de me repérer.

Je laisse le nouveau grand commencer son job et redescend dans la fosse. Je joue au Don comme se moque parfois Arès qui aime bien me taquiner sur mes travers de rital congénital. J’aperçois d’ailleurs mon second en pleine discussion avec des types dans un coin. Je reste à distance tout en laissant trainer mes oreilles. Il est en pleine séance de recrutement lui-aussi. Je lui fais un signe amical et me concentre sur ce qu’il se passe sur le ring.

Le simple fait que je ne vienne pas me mêler de ce qu’il fait, assoit sa position de second et ainsi son autorité. Il ne faut pas que les mecs qu’il recrute attendent mon acceptation. Ils doivent pouvoir s’en référer directement à Arès.

Je circule dans les tribunes, prends des contacts et écoute ce qu’il se dit. Une poignée de main ferme, un sourire chaleureux et quelques mots d’italien et beaucoup se livrent à la confidence. J’engrange les informations, les conseils de méfiances. Je devine les rivalités latentes et les faiblesses que cela entraine. Victor Barns a la main mise sur les parties de pokers. C’est l’activité que je compte faire quand j’aurais viré Craig de sa boutique de merda elettronico.

Une odeur de sang attire mon attention. Je m’éclipse aussi furtivement que possible après avoir brillé comme un projecteur. Un type gît dans un coin de l’entrepôt. Je reconnais la façon de frapper d’Arès. J’appelle un des gars que je viens d’embaucher et lui demande d’aller jeter le corps dans l’océan qui n’est pas si loin, en lui indiquant une falaise bien pratique. Le corps finira par revenir sur la rive, mais il aura été lavé à l’eau salée effaçant les traces qui pourraient le relier à l’entrepôt. Le fraichement recruté fait un pas en arrière.

- Si cela te rebute, démissionne maintenant. Sache que je récompense le travail bien fait.

Je sors un billet de cent dollars de ma poche et le mets devant les yeux du gars. L’argent change rapidement de propriétaire.

- Enveloppe le dans une bâche plastique pour ne pas maculer ta voiture et brûle tes fringues. Je te paie les frais.

L’homme semble rassuré par mon professionnalisme du crime et s’occupe du macchabé. Je retourne dans la partie où ont lieu les combats. Il ne reste plus que deux combats. Le niveau des adversaires est plutôt bon. Avant que le dernier combat s’engage je salue les deux hommes qui vont s’affronter. Il y en a un que je n’ai jamais réussi à mettre au tapis. C’est avec attention que je l’observe, cherchant à comprendre le plus qu’il a par rapport à moi.

Arès m’interpelle doucement. Il semble avoir fini avec ses gars. Il me fait signe de le suivre. Je donne quelques consignes à Largo avant de sortir dehors à la suite de deadheather. L’air frais du dehors fait du bien après l’atmosphère enfumée du hangar. Arès arbore un sourire satisfait.

- Je t’offre un dernier verre ?

Paroles sibyllines pour lui dire que nous allons faire un débriefing au Pink. Nous rejoignons chacun de notre côté le bar. Je veux savoir comment s’est passé son recrutement et je veux lui parler de Craig et son foutu magasin de conneries électroniques.



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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Un sicilien paie toujours ses dettes PV Alessandro   Lun 29 Aoû - 0:54



Couvrir ses arrières



ft. Alessandro Amaro

Un paquet de mots
pensées en italique
dialogue en gras

Je m'installe confortablement sur le canapé de bien piètre qualité faisant office de reposoir au milieu du hangar à quelques mètres d'un bar de fortune respirant l'illégalité. Tout dans ce hangar transpire le monde souterrain. Ce monde clandestin ayant toujours existé en marge de la société, intimement liés tels des amants ne pouvant pas se supporter mais s'enlaçant pourtant dans une volupté de  désirs inavoués. Dans les pays les moins fréquentables de la planète les deux sont parfois tellement imbriqués qu'il est bien difficile de faire la différence entre les fruits de l'économie saine et réelle de ceux du monde souterrain. Dans d'autres les plus gros poissons autrement dit les requins se fraient tranquillement des chemins royaux vers les plus hautes sphères de la société. L'argent peut faire bien des merveilles ou des ravages c'est selon. Une simple question de point de vue. Ce n'est pas le cas à Beacon Hills, petite bourgade atypique de Californie et c'est à mon gout bien mieux ainsi.  Ici la criminalité est effacée et bien moins élevée que dans de nombreuses autres localités de notre immense pays.

Alors certes, une fois de temps en temps on retrouvait des scènes d'horreurs dans les tréfonds d'un immeuble en ruine des bas fonds de la ville mais ce genre d'explosion de violence est  inhérente à ce milieu si particulier. Ces dernières n'étaient pas légions alors si les rues de la ville étaient sûrement moins sur que dans certaines localités, elles l'étaient néanmoins bien plus qu'ailleurs. Si on mettait de coté les menaces surnaturelles innombrables et incontrôlables telles que celles des masqués adeptes d'expériences morbides, les loups garous non préparés aux nuits de pleine lune, les wendigos affamés et autres réjouissances locales faisant de notre cher patelin une attraction touristique bien dangereuse. Pour en revenir à la criminalité de la bourgade, elle n'était pas surélevée et encore une fois c'était bien mieux ainsi. Ce n'est pas parce que je travaille dans ce milieu depuis plusieurs années maintenant que j'en ai épousé toutes les valeurs ou plutôt l'absence de valeurs. La drogue notamment et tout ce qui s'y rapporte de près ou de loin. Certaines fois l'argent ne vaut pas la peine d'être désiré. Et dans ce cas là, c'était parfaitement le cas. J'avais d'ailleurs été soulagé qu'Alessandro ne s'intéresse pas à ce type de business. J'en avais compris les raisons lorsqu'il s'était livré à Jansen et moi avant le départ à Los Angeles.

Pour ma part, j'avais une dent contre le trafic de stupéfiant en raison de mon enfance à l'orphelinat. Mes yeux de gamin désabusé avaient été témoins des ravages de la drogue bien trop tôt sur les pensionnaires les plus âgés. Nous vivons une époque formidable n'est ce pas. Je ne leur trouve aucune excuse car il ne m'est jamais venu à l'idée de toucher à cette saloperie mais je ne parviens pas à les condamner non plus parce que je comprends aisément le chemin ayant poussé nos ainés à s'auto détruire de la sorte.  Pour comprendre certaines choses, il n'y a pas d'autre moyen que de les vivre. Pour ma part, j'avais repoussé Lucas et les gars de notre petite bande lorsqu'ils avaient voulu s'y mettre. J'avais réussi à les dévier de cette trajectoire tragique. Et depuis cette époque, j'avais la plus grande répulsion pour tout ce qui était petites pilules et autres joyeusetés magiques susceptibles d'envoyer les gens planer au pays des licornes ou pire. Est ce que j'aurais reconsidéré mon implication auprès d'Alessandro s'il avait baigné dans ce business ? C'est ma foi fort possible. Ma moralité à la carte ne signifie pas pour autant que je n'en ai aucune.

J'hèle l'un des tenanciers du bar de fortune censé apporter moult breuvages corsés aux spectateurs de combats modernes de gladiateurs et me fait servir une bière dans la foulée. On a certes vu plus corsé je vous l'accorde mais l'ambiance ne se prête pas vraiment à la dégustation d'un pur malt. La détente nonchalante s'accorde plus avec une petite bière aux arômes traditionnels. Pour conclure sur le trafic de stupéfiant, le fait que j'allais devenir père jouait sûrement un rôle de plus là dedans. Je concède que pour voir mon fils ou ma fille être suffisamment âgé pour arpenter les rues de Beacon Hills par une soirée estivale, il faut être sacrément imaginatif ou visionnaire. Néanmoins, ma paternité naissante me pousse à penser aux autres gamins de cette ville. CQFD, moins de drogues moins de problèmes, moins de règlements de compte, moins d'attention policière. Un cercle vertueux en somme. Mais, ce trafic ne fait pas partie des projets d'Alessandro. Je ne sais pas donc grand chose au sujet de ce dernier à Beacon Hills. Je me demande si un bon criminel peut faire un bon père. J'imagine que j'aurais la réponse plus tôt que prévu. Le cuir rugueux me rappelle mon enfance et une partie de mon adolescence avec la bande, à fumer , boire, refaire le monde et déconner dans les grandes largeurs. Et durant une poignée de secondes, je me laisse happer par mes souvenirs avant de revenir à la réalité lorsque les hommes que j'ai convié à venir passer la séance de recrutement se pointent devant moi. Je les invite à s'installer et à se mettre à l'aise. Ce qu'ils font de manière tranquille sans faire de vague.

Aucun excité du bocal autour de moi. Je ne me suis pas trompé dans mes premières impressions. Les sept hommes se commandent une bière et j'entame les présentations. Je commence par leur faire comprendre que je travaille avec le nouveau propriétaire des lieux. On allègue que je suis son second et j’acquiesce d'un signe de tète. Autant établir clairement la hiérarchie dès le début. Je m’apprête à me présenter sommairement lorsque la vitre du premier étage se brise et qu'un type fait un vol plané avant d'aller s'écraser à quelques mètres du ring. Le brouhaha cesse, les discussions se terminent abruptement, les regards se lèvent, des coups d’œil s'échangent. Pour ma part, je reste stoïque tandis qu'un léger sourire étire mes lèvres. Le boss n'y va pas de main morte. Mais, il a bien raison. Le meilleur moyen de bâtir quelque chose sur des fondations solides est de s'imposer dès le départ. L'autorité n'a rien de bien compliqué. Après certaines personnes l'ont naturellement et d'autres en sont dépourvues.  Le sicilien se trouve dans la première catégorie et fait partie de ces gens à qui tout semble venir naturellement. Les hommes constituant les potentielles recrues de l'équipe se tournent vers moi au moment ou l'activité des lieux repart de plus belle comme si rien ne s'était passé et m'interrogent du regard. Je me contente d' hausser les épaules, répondant par la même à une question silencieuse.  

Avant d'éclater de rire devant l'expression de l'un des hommes. Le rire se propage et l'atmosphère se détend. Et oui, bonne chance à vous pour les futures réclamations messieurs. Entretien d'embauche ou pas, une mécanique de groupe se met en place sans même que les principaux intéressés ne s'en rendent compte.  Pour qu'une équipe soit efficace il faut un minimum de chose. Pour qu'elle soit très efficace, il faut que ces choses viennent naturellement. Je me présente brièvement avant de leur demander leurs références, leurs passifs, leurs aptitudes et leurs attentes. Oui, leurs attentes car un homme se sentant compris et écouté vous donnera toujours plus qu'un autre se sentant traité comme une donnée négligeable quand bien même vous n'en avez pas grand chose à faire des dites attentes. Pour le reste je prends exemple sur la façon dont Alessandro avait mené mon propre entretien il y a quelques mois de cela. C'est la première fois que je fais cela alors je ne veux pas me planter.  J'ai néanmoins une certaine expérience des combattants de part ma nature surnaturelle et son mode de vie et le milieu professionnel dans lequel je baigne depuis maintenant plusieurs années. Je vérifie leur sincérité en étudiant leurs expressions faciales et en me référant aux battements de leurs cœurs. Rien d'anormal à signaler, les recrues sont clean et sincères. Nous commandons une autre bière et les bouteilles s'entrechoquent.

Alors allons y pour le tour de table. Le premier client et également le plus aguerri de la petite équipe. Celui sur lequel je risque de me reposer en cas de coup dur. Ryan, 28 ans, caucasien, natif de Los Angeles, divorcé, cheveux châtains, vit à Beacon Hills depuis quatre ans. C'est un ancien militaire qui a décidé de se rabattre sur quelque chose de plus lucratif en rentrant au pays. La guerre forge des héros mais fait des milliers de désabusés. Rien d'étonnant à cela lorsque vous rentrez au pays et constatez que tout le monde se fiche de ce que vous avez accompli pour votre pays et que vous devez vous démerder avec une pension minable, que votre femme vous a remplacé avec un tocard. Il est très expérimenté, connaît son boulot et le véritable sens du mot discipline. Ses faits d'arme sont exemplaires. Je l'apprécie déjà. Il a travaillé comme gâchette et homme de main pour un rival de Barns qui a été envoyé au cimetière l'année dernière. Il semblerait que Victor ait été ou du moins en passe de devenir le grand de Beacon Hills Malheureusement pour lui ce joli rêve va prendre fin ou alors se transformer en cauchemar sous peu..

Andrew, 22 ans est le benjamin de l'équipe et le cousin de Ryan. S'il m'a tapé dans l’œil c'est parce qu'il dégage une certaine froideur et une maturité que l'on ne s'attend pas à trouver chez un  type de son age. Il me semble prometteur et je suis persuadé que s'il est bien entouré, il pourra tout à fait devenir très bon. Il est lui aussi natif de Los Angeles et a rejoint son cousin il y a quelques mois. Sa spécialité c'est le cambriolage et le fauchage de voitures. Il n'y a pas d'age pour le vol mais plus on commence tôt et plus on se perfectionne rapidement. Je me doute bien qu' Aless ne compte pas se mettre à  braquer toutes les banques de la cote ouest. Les braquages ça rapporte gros mais c'est encore moins discrets que les stupéfiants. Un truc de désespéré si vous voulez mon avis. Néanmoins, le gamin sait tenir un flingue-rien d'étonnant dans un pays ou les armes circulent aussi librement-et ses prédispositions à la discrétion sont une bonne chose. Un atout que l'on ne lui attribuerait pas à première vu sous ses airs de playboy blond. Je sens le baratineur et le briseur de cœur sous la surface.

Au suivant. Finn, l'irlandais. En réalité il n'est que d'origine irlandaise étant donné que sa famille est américaine de longue date maintenant. Il prétend qu'elle était l'une des premières à débarquer. Que cela soit vrai ou non. On s'en tape. Mais, nous avons tous des  choses  faisant notre fierté n'est ce pas. Il a 25 ans et possède le caractère que l'on attribuerait par cliché à un irlandais. Fier, grande gueule, bagarreur et sûrement fêtard il n'en reste pas moins un combattant aguerri adepte des combats clandestin. C'est d'ailleurs dans ce milieu qu'il s'est taillé une belle petite réputation de guerrier et qu'il a trouvé ses premiers jobs de criminels. Il a fait un peu de tout sauf la drogue. Il est du genre sans état d’âme mais est un fervent croyant. Cherchez l'erreur. Quoi qu'il en soit Finn est polyvalent, compétent et pas du genre à rechigner devant quoi que ce soit malgré son caractère qu'il entretient sûrement sciemment. Un peu comme notre cher boss mais version  St  Patrick. Sa famille vit à San Francisco. La famille est sacrée pour lui et il est du genre à aller la voir une fois par mois. Ce qui nous fait déjà un point commun. Sam, 26 ans est originaire de Beacon Hills. Il a oscillé entre la légalité et l'illégalité durant quelques années avant de se plonger complètement dans la noirceur des bas fonds. Son pedigree n'est pas hors norme mais c'est un bosseur et quelqu'un de sérieux. Il est fiable à deux cents pourcents. Je sais bien que cela n'est pas marqué sur son visage mais parfois votre instinct vous dévoile la vérité aussi clairement que le fond d'un verre d'eau de vie. Il a été gâchette et homme de main chez l'ancien boss de Ryan aujourd'hui décédé. Les deux hommes se connaissent, se font confiance et ont déjà travaillé ensemble. Et ça c'est un plus non négligeable. Les deux hommes n'étaient pas particulièrement attachés à leur ancien employeur mais ils ont tout les deux une dette de sang envers Barns et ça c'est forcément une bonne chose. Il est très doué avec un fusil de sniper. C'est Ryan qui l'y a initié. Savoir que je suis couvert par un tireur talentueux ou savoir qu'Aless l'est m'apporterait un brin non négligeable de sérénité. Sa fiancé a perdue la vie dans un accident de voiture. S'il ne s’intéresse plus franchement à la gente féminine comme un chevalier qui porterait le deuil de sa belle sur ses épaules. Il n'est pas contre un peu de tendresse de temps en temps.

Tyrone, 25 ans afro américain né à L-A a grandi dans un milieu violent. La culture des gangs il connaît. Pourtant, il a été un élève brillant durant sa scolarité mais s'est tourné vers l'argent facile lorsqu'il s'est rendu compte que malgré ses aptitudes au dessus de la moyenne ses parents n'auraient jamais les moyens de l'envoyer à l’université. Il a alors crée un gang avec ses amis d'enfance. Seulement, les quartiers chauds de la cité des anges qui porte définitivement très mal son nom ne sont pas fait pour tout le monde. Les tenanciers de ces rues n'aiment pas les outsiders. Tyrone n'était pas particulièrement puissant mais malin . Seulement jouer au plus malin dans un tel monde a un prix. Son gang s'est fait décimé et il a quitté LA sans se retourner pour une destination moins sulfureuse et dangereuse. Il est tout comme Finn plutôt polyvalent mais est très bon dans le maniement des armes de gros calibre. Il s'est montré plutôt discret à Beacon Hills, se contentant de divers petits boulots à droite à gauche.

Aiden , 28 ans est originaire de San Francisco et vit à BH depuis six ans. Il a des origines asiatiques  et  a perdu sa famille dans une rivalité mafieuse entre triades rivales. Il a donc baigné dans ce milieu depuis tout petit. Son père en dirigeait une plutôt modeste. Étant le fils aîné, c'était à lui que revenait l'héritage criminel de la famille.  Il est taciturne, appliqué, solide et torturé. Il a de l'expérience dans un certain nombre de domaines mais excelle derrière un volant. C'est en effet un pilote émérite qui a croisé la route d'Andrew. Ils ont effectués un cambriolage ensemble à Los Angeles. Il aime se défouler dans des combats clandestins tout comme Finn. Je sens un sens de la dévotion particulièrement élevé chez lui derrière la surface glacée qu'il aime renvoyer au monde. Je suppose qu'il est le genre d'homme de parole à ne jamais trahir une promesse. Ce qui serait assurément une bonne chose. Enfin, le dernier et non le moindre Nolan. Ce vieux saligaud de Nolan. Je ne l'avais pas reconnu  car notre dernière rencontre remontait à plusieurs années. Nolan 33 ans, mercenaire, originaire des environs de Beacon Hills, amérindien et plus que fier de l’être. Cet homme est un véritable artiste avec des couteaux. C'est un très bon combattant. Un ami et celui qui a été comme un mentor pour moi dans le mercenariat. Il est bien trop indépendant pour prétendre au rang de chef de l'équipe en mon absence. Ryan a lui le sens de l'équipe et l'habitude de la coopération. Le rang est donc fait pour lui. Mais Nolan est très bon. Un véritable fantôme lorsqu'il le souhaite. Je lui confierais ma vie sans hésiter. Il s'est marié il y a peu et veut donc se poser professionnellement parlant.

Mercenaire cela peut être juteux mais il faut être prêt à voyager très souvent. Je détaille une nouvelle fois mon équipe tandis que les discussions vont bon train. Je n'aurais véritablement pas pu trouvé mieux. Blagues salaces, comparaison des faits d'armes et boutades amicales. Le courant passe plutôt bien. Du coin de l’œil, je vois Alessandro descendre du premier étage et continuer son opération séduction auprès de la populace. Je note son signe amical et lui renvoie la pareille. Puis, je m'attelle à donner les dernières informations  et exigences liés au job tandis que le sicilien se dirige vers l'arrière salle ou le cadavre d'un homme de main de Barns gît mort dans une mare de sang. Désolé boss, j'aurais sûrement du faire le ménage derrière moi. Alessandro revient et salue les deux derniers combattants avant d'observer le combat d'un œil expert. Je l'interpelle doucement pour lui faire comprendre que j'ai bientôt fini. Je prends les numéros de téléphone de tout ce beau petit monde. Messieurs, j'imagine que tout a été dit. Vous êtes bien conscients que des hommes de Barns étaient présents ce soir et vous ont donc identifiés. Hochements de tètes et sourires. Soyez prudents. Et restez disponibles à tout moment. Si le patron valide votre embauche vous commencerez très tôt. Bonne soirée à vous.

Je serre les mains, et tapote des épaules avant de prendre Ryan à part et lui glisser que je compte sur lui pour tenir les gars en mon absence. Il comprend  parfaitement  et m'assure que ce sera fait. Mon équipe ou le cosmopolitisme américain. Je quitte le hangar avec un sourire de satisfaction sincère sur les lèvres et m'approche du sicilien. Une proposition anodine voulant pourtant dire une chose bien différente en réalité. Nous allons évaluer les différents événements, détailler les projets d'expansion et bien sur  bien qu'ayant le champ libre quant à l'équipe que je monte pour suppléer Alessandro il me faut néanmoins son aval. Une fin de soirée enrichissante et chargée en perspective mais avec un bon verre de pur malt et quelques glaçons, je pouvais aisément ne pas sentir la fatigue. Nous nous dirigeons vers nos véhicules respectifs et je monte dans le quatre quatre avant de prendre la route du Print. Une fois dans le bar Alessandro emporte deux bouteilles, je ne sais pas si son choix s'est porté sur de la grappa mais je reconnais un très bon pur malt. Je saisis deux verres en passant et nous nous dirigeons vers son bureau. Le sicilien s'installe à sa place habituelle tandis que je retire ma veste et l'accroche au fauteuil faisant face à son bureau. Je dépose le holster sur un meuble et déboutonne ma chemise pour me mettre à l'aise.

Puis, je m'installe face à Alessandro tandis que ce dernier verse le contenu dans nos verres respectifs. Je saisis mon verre et le lève pour porter un toast à cette soirée fructueuse. Nous trinquons et je savoure le contenu brûlant de mon verre avant de prendre la parole : Cela s'annonce plutôt bien boss. Alors par quoi commençons nous ? Le recrutement , les projets d'avenir ou la fin proche de Victor ?                




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Dernière édition par Arès Kye Coleman le Dim 11 Sep - 23:26, édité 1 fois
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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Un sicilien paie toujours ses dettes PV Alessandro   Lun 5 Sep - 18:42



Call me Don Amaro


Feat : Arès Kye Coleman


Dans la voiture je desserre ma cravate, puis allume une cigarette. J’en tire une longue bouffée avant de démarrer. J’avais semé la graine de mon empire dans le sang fertile de mes adversaires. Je commence à récolter les premières pousses. Reste à savoir si la récolte va être pérenne ou bien s’effondrer la semaine prochaine. Ce soir, nous avons fait une avancée remarquable et un véritable coup d’éclat. Arès se révèle être bien plus qu’un simple second qui prend ses ordres et les exécute. Non, il sait aller au-delà de ce que je lui demande. Il m’a aussi bien cerné, loin d’être une faille pour ma personne, c’est au contraire un gage que notre tandem peut fonctionner. Je ne doute pas que la bande de gars avec qui je l’ai vu discuter est exactement celle que j'aurais choisie si j’avais procédé moi-même au recrutement de notre équipe d’hommes de main.

De mon côté je me suis assuré que les combats clandestins se poursuivent sous mon emprise. Largo me semble être un gars qui sait saisir les opportunités quand elles se présentent. Rouler officiellement pour moi est soit une décision mûrement réfléchie, soit un coup de tête stupide et suicidaire. Car je ne doute pas que Victor va riposter et rappeler à tous comment il est arrivé à la tête de la ville ou presque. Beacon Hills a bien d’autres gangs qui se répartissent le terrain en fonction de leur force, mais Victor reste majoritaire. Son gang est largement supérieur en nombre face à l’équipe qu’Arès a recruté. Les jours qui viennent, risquent d’être sanglants et les règlements de comptes nombreux. La guerre des gangs commence. A nous d’être malins pour rester en vie et de réussir mon projet d’être l’homme par qui tout doit passer.

(…)

Le Pink est bien entendu désert à cette heure-ci de la nuit, ou plutôt du matin. J’attrape une bouteille de Scotch pour Arès et de l’Amaretto de Saronno une ville de Lombardie pour moi. Ce soir je privilégie l’amertume de cette liqueur, à la brûlure d’une eau de vie. Arès pose son holster afin d’être à l’aise, j’enlève mes deux calibres glissés dans un double étui accroché dans mon dos à la ceinture de mon pantalon, question de goût et de style. Je brasse beaucoup et une arme rangée sous mon aisselle aurait tôt fait de se voir. C’est Sonny qui m’a appris à tirer avec deux armes. J’aime l’élégance du geste et sa double efficacité. La difficulté étant d’arriver à viser deux cibles à la fois sans forcément tirer en même temps. « Cela demande les qualités d’un bon batteur, être capable de faire gestes à des rythmes différents avec ses deux mains » m’avait fait un jour remarquer le bras droit de Don Stephano. C’est vrai que dans ce milieu, il faut savoir suivre la musica. Le mieux étant d’en imposer le tempo et c’est bien ce que je compte faire à Beacon Hills.

- Cela s'annonce plutôt bien boss. Alors par quoi commençons-nous ? Le recrutement, les projets d'avenir ou la fin proche de Victor ?          
- Le recrutement. Nous venons de faire notre secondo passo. Pas sûr que Victor nous laisse en faire un terzo sans broncher.


Arès convint avec moi que nous allons devoir rester sur nos gardes. L’inconnue étant de savoir si la peur infligée aux hommes de Barns sera suffisante pour que son équipe s’écroule d'elle-même ou si le truand américain possède d’autres cartes dans sa manche.

- Nous voilà engagé dans une partie de poker mio amico. Je ne vais pas te cacher que cela me plait. Je ne suis pas fait pour vivre tranquille.


Un large sourire s’étale sur le visage du black. La blancheur de ses dents contraste avec l’ébène de sa peau accentuant encore plus l’expression malicieuse qui passe dans son regard. Je lui lance une insulte fraternelle. Avec Jansen, il est le seul face à qui je concède à baisser mon panache habituel. Je sais que je peux lui confier ma vie. Arès sait que la réciproque est vraie.

- Raconte-moi la vie de ces types qui forment maintenant notre clan.

Clan, famiglia, meute… C’est bien dans ce sens que je souhaite aller. Je veux que les gars qui bossent pour moi le voient aussi de cette manière et non pas comme un job de plus pour un Boss parmi d’autres. J’ai la prétention que l’on vienne bientôt vers moi sans que j’ai besoin de lever le petit doigt.

Arès me passe en revue les hommes qu’il a recrutés. Il commence par Ryan qui sera le chef du groupe. C’est un gars du même âge que moi, divorcé. Un ancien militaire déçu par le peu de reconnaissance de la part système qui l’a envoyé risquer sa vie à l’autre bout du monde. Les gars avec une formation militaire sont généralement plus prompts à l’obéissance. L’armée en fait des moutons obéissants, moutons qui se transforment parfois en loups. C’est là que cela devient intéressant pour moi. L’ancien Boss de Ryan était un rival de Barns, ce qui donne un bon mobile à ce gars pour se ranger sous ma bannière. C’est toujours vexant pour un homme de voir son patron se faire descendre alors qu'on est chargé de sa sécurité. Même si dans ce métier, les liens sont essentiellement pécuniaires, la fierté et la crédibilité rentre aussi dans l’équation des agissements d’un homme de main.

Le suivant est le cousin de Ryan, et benjamin de la team, Andrew. Comme son aîné il est originaire de Los Angeles. Cela ne me déplait pas d’avoir des gars issus de la même ville que moi. J’ai toujours la nostalgie de la cité des anges. Et il faut bien avouer que j’essaye bien de recréer à Beacon Hills l’ambiance qu’il y a dans la grande mégapole, ceci à l’échelle d’une ville de province bien évidemment. Le môme semble doué pour les cambriolages et le vol de voiture. Il sait tenir une arme et s’en servir. Il a une belle gueule d’ange parfaite pour camoufler sa véritable personnalité. Comme pour Ryan, je valide le choix d’Ares.

Suit Finn un pseudo irlandais, grande gueule et bagarreur. Le début de son portrait me convient moyennement. Je préfère les gars discrets, toutefois je n’interromps pas Ares. Ce mec doit avoir quelque chose qui a retenu l’attention de mon second. Les points positifs arrivent effectivement avec un grand sens de la famiglia et une belle polyvalence.

- Ok pour Sam, mais avec une période d’essai pour vérifier s’il sait la fermer quand il le faut.

Le suivant est né à Beacon Hills, Sam. Il a lui aussi bossé pour l’ancien Boss de Ryan qui s’est fait descendre l’an passé. Recruter des gars qui ont déjà bossé ensemble est un atout. Sam est un sniper. On néglige trop souvent les atouts de ce genre d’homme en milieu de guerre urbaine, trop préoccupé par les rixes rapprochées. Côté personnel, il est veuf d’une fiancée et visiblement pas prêt à tourner la page.

Tyrone un afro-américain. Je me demandais quand Arès allait me sortir un black de sa manche. Tyrone est aussi de Los Angeles. L’homme est intelligent, mais je suppose que sa couleur de peau lui a collé un joli boulet dès la naissance. Il s’est essayé à monter son gang et s’est fait latter comme tant d’autres avant lui. Le milieu du crime est très dur à Los Angeles, et la mortalité conséquente. Le fait qu’il ait survécu à cela joue en sa faveur. L’équipe que nous recrutons maintenant n’est pas pour faire de la chair à canon. Ce genre de petites mains viendra dans un second temps. Je veux une équipe solide et qui sache rester en vie. Comme Finn, Tyrone est polyvalent.

Je ris franchement quand Arès me présente le suivant, Aiden un asiatique issu d’une triade. Pour le moins qu’on puisse dire, les hommes qu’il a choisi sont hétérogènes de par leur origine, mais complémentaires par leur cursus. Il connait Andrew avec qui il a fait quelques cambriolages et se débrouille particulièrement bien derrière un volant. Il a le tempérament d’un asiatique, c’est-à-dire indéchiffrable. A LA j’ai eu affaire aux triades en tant que concurrents. Leurs méthodes diffèrent de la mafia italienne, mais leurs règles sont tout aussi implacables. Disons que c’est juste le folklore autour qui change.

- Aiden sera le chauffeur du groupe. Je veux tester ses capacités au volant.

Le dernier homme qu’Ares a choisi semble lui faire beaucoup d’impressions. C’est une de ses anciennes connaissances. C’est un mercenaire qui a de la bouteille et qui sait manier le couteau comme personne. L’homme sera le plus vieux de l’équipe, fraîchement marié je devine qu’il misera sur la prudence. Mais ce n’est pas une faiblesse, il y a de jeunes loups dans l’équipe pour la fougue. C’est une bonne chose d’avoir un aîné qui tempère le tout.

- Mi piace ! Je n’aurais pas choisi mieux amico. Nous balayons tout le panel des compétences dont nous avons besoin et nous nous entourons d’hommes solides. Donne-leur le numéro de ma deuxième carte SIM.

Arès attendait ma validation pour donner à nos hommes mes coordonnées personnelles. A l’époque j’avais sauté sur le premier modèle de téléphone qui était sorti avec la possibilité de fonctionner avec deux numéros distinct, séparation de ma vie légale de l’autre oblige. Maintenant en plus des gadgets bien pratiques, un « amico » m’avait fourni un logiciel embarqué qui me permettait de fausser les recherches par triangulation. Ma « position » était toujours erronée de deux cents mètres. Deux centaines de mètres bien utiles pour échapper à la volaille.

- La suite à organiser, c’est le paiement de ces gars. Je ne peux pas faire comme pour toi avec un contrat légal au nom du Pink. Le plus simple et le moins caldo pour avoir du cash est de braquer une recette de supermarché. Nous allons éviter Beacon Hills pour les braquages et tourner dans un rayon d’une centaine de kilomètres. Je vais appeler quelques contacts pour savoir où la volaille s’excite le moins en ce moment.

Je ne peux pas encore prétendre aux recettes sur les combats clandestins avant un bon mois, le temps que Larco prenne ses marques et me présente les modifications qu’il envisage de faire. J’ai toujours en tête ma salle de jeu clandestine, mais pour cela je dois virer Craig de sa foutue boutique de merda electronico. Comme s’est collé au Pink, nous sommes obligé de faire ça en douceur car je dois acheter son fonds de commerce légalement avec les recettes du bar.

- Je vais aussi reprendre mon activité d’import / export. Cela sera moins simple qu’à LA où j’avais le port juste à côté. Il faut que l’on se trouve un entrepôt où ranger la marchandise. Mais cela n’est pas envisageable tant que nous sommes en guerre ouverte avec Victor.

Mon second convint que nous devons y aller par étape et que le souci majeur actuel est la réaction de Barns face à la tuerie de ses hommes et de ma prise de pouvoir sur les combats clandestins de la ville.

- Le plus vraisemblable c’est qu’il fasse peur en s’en prenant à ceux qui nous sont ouvertement favorable. Je pense que les hommes que j’ai recrutés pour la sécurité des combats seront en première ligne ainsi que Larco. Joe n’a rien à craindre, je pense. Il fait partie des meubles. Il faut que Finn traîne ses guêtres autour du hangar et tienne à l’œil les mecs de Barns.

J’ai étalé sur mon bureau une carte de la ville. Nous échangeons sur les zones à surveiller et où placer nos gars.

- Il y aura forcément de la perte. Par contre notre riposte est limpide : la loi du talion doublée. Même s’ils flinguent un type que nous n’avons pas recruté mais qui nous est favorable, on élimine deux mecs de Barns au hasard, qu’ils aient participé au crime ou pas.

Ma méthode est simple, venger ceux qui tombent même s’ils ne roulent pas pour moi. Créer une dette de sang pour ceux qui restent. Apparaître comme une protection et une épaule à qui demander de l’aide. Être "la" solution à tous les problèmes. Pour le moment, je ne compte rien garder du cash qui va arriver et tout réinvestir dans les hommes qui bosseront pour moi. Le Pink me permet de vivre dans l’aisance que je souhaite. Il faut savoir ne pas être trop gourmand.

- Arès, tu t’occupes de placer les gars de façon que l’on sache quand Barns va bouger une oreille, de mon côté je m’occupe d’organiser le prochain braquage. Ah oui ! Et remets en une couche amicale avec Craig…

Nous parlons encore un peu le temps de vider nos verres, puis le temps du repos mérité arrive. C’est avec un réel soulagement que je me glisse entre mes draps après une bonne douche. Demain je vais passer ma journée au téléphone. Arès sait ce qu’il a à faire. Nous allons être bien occupés.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Un sicilien paie toujours ses dettes PV Alessandro   Dim 11 Sep - 23:35

Que la partie d'échec commence



ft. Alessandro Amaro

Un paquet de mots
pensées en italique
dialogue en gras

Le bar est tout ce qu'il y a de plus désert à cette heure et cela me rassure parce que je n'aurais pas aimé devoir faire attention à ce que je dis ou chuchoter voire faire attention en raison des interruptions possibles du reste de l'équipe du Print. Je me fais la réflexion que le bar a une bien belle configuration en emportant deux verres pour la dégustation de spiritueux qui n'allait pas tarder à commencer dans l'intimité du bureau de mon patron durant une discussion stratégique de la plus haute importance vis à vis de la prochaine phase d'expansion du jeune et pour l'instant modeste empire criminel du sicilien. Je me mets rapidement à l'aise en retirant mon holster de l'épaule gauche et ouvre quelques boutons de ma chemise. Alessandro fait de même et se débarrasse de ses deux pistolets fétiches d'un blanc nacré au niveau de la crosse. J'admire les deux armes de poings d'un œil expert durant une poignée de secondes avant de m'installer et de regarder Amaro faire de même face à moi. Je suis le premier à prendre la parole et me montre optimiste car malgré les vents mauvais caractéristiques des guerres se levant sur Beacon Hills, cette soirée s'était révélée à la hauteur de nos espérances. Une prise de contrôle tout en finesse et subtilité digne d'un maestro rompu aux règles bien particulières du crime organisé.

Je me doutais bien que le reste de la guerre contre Barns ne serait pas du même acabit et que la violence risquait bel et bien de monter crescendo durant un bon moment avant d'exploser dans une ultime flambée de violence puis de finalement retomber comme un soufflé lorsque la victoire de notre camp serait totale. Ensuite, tout serait question de discrétion et de mesure. Pour que les affaires marchent correctement il faut nécessairement ne pas attirer l'attention de la volaille. Sergei le répétait souvent et le loup de Sibérie ,surnom gagné dans le milieu de la Bratva américaine connaissait son sujet. J'avais fini par l'intégrer en passant de l'autre coté de la barrière. De celui d’exécutant occasionnel ne mettant les pieds dans le milieu que pour accomplir une mission bien précise j'étais devenu criminel baignant dedans et donneur d'ordres à mon tour. Je ne savais pas encore si c'était une bonne ou une mauvaise chose d'avoir entamé une telle trajectoire mais une chose était sur, je ne regrettais strictement rien. La réponse de mon boss ne tarde pas à venir et il insiste bien sur le fait que Victor venait de subir deux revers majeurs en un laps de temps extrêmement court. Notre rival devait bien comprendre que s'il nous laissait continuer sur notre lancée, il serait détrôné avant la fin du mois. Autrement dit, il n'y a rien de plus dangereux qu'un roi qui sent son étoile tourné. Rien de plus impitoyable qu'un parrain bien accroché à sa place avantageuse et ne souhaitant la lâcher pour rien au monde.

Le sang allait couler ça c'était une certitude. Je lui confirme que nous allons devoir rester sur nos gardes durant les semaines à venir et être en état d'alerte maximale. Idem pour nos hommes. Le recrutement ne pose peut être pas de problème particulier mais j'ai la mauvaise habitude de me montrer sentimental envers la plupart des personnes ayant la chance de se trouver de mon coté dans une bataille. D'un autre coté les hommes du club de combat illégal sont les garants de nos rentrées d'argent à venir. Donc, ce n'est pas seulement du sentimentalisme. On ne devient pas criminel pour le plaisir de vivre comme un hors la loi. Ils feraient donc une cible privilégié pour nos ennemis. Je note mentalement d'affecter une équipe réduite mais expérimentée à la surveillance des lieux. Je ferais cela dès demain. Un large sourire étire mes lèvres et mon regard se fait joueur lorsque mon ami et patron m'avoue que toute cette agitation guerrière lui plaît au plus haut point. C'est également mon cas, je suis un homme d'action autant que de réflexion et j'ai passé toute ma foutue vie à me battre pour diverses raisons. Le combat coule dans mes veines sans vouloir passer pour un gros cliché sur pattes. Je m'enivre de l'adrénaline inhérente à toute situation dangereuse comme un fumeur tirant sur sa dose de poison. Pourtant, je me sens moins enjoué que le sicilien comme si une certaine mesure s'était installé en moi depuis Los Angeles. Je rétorque à l'insulte fraternelle d'Alessandro en riant avec une des rares que je connaisse en italien. Il m'arrive de dire que certaines personnes sont faites pour se rencontrer tant le courant passe facilement et naturellement entre elles. Je suppose que c'était le cas de mon patron et moi. Nous nous comprenons désormais sans avoir besoin de nous adresser la parole, un regard suffisant bien souvent à échanger silencieusement nos idées pour la plupart complémentaires.

Je pourrais lui confier ma propre vie et il sait que la réciproque est vrai. En même temps c'était pour cela qu'il m'avait engagé en premier lieu. Si  Azalea acceptait de le supporter, il deviendrait même un membre de ma famille. Nous revenons pourtant bien vite aux choses sérieuses et il me demande un compte rendu de ma séance de recrutement dont je tire une fierté relativement élevée. Mon équipe est sans conteste l'une des meilleures de la ville et j'étais persuadé qu'elle le prouverait bien assez tôt. Je commence la revue des troupes et note la satisfaction du sicilien quant à certains points. Le passé de militaire qui assure des capacités bien supérieures à celles des clampins ordinaires constituant le terreau du soldat de base du milieu criminel. Il semble apprécier le fait que les cousins viennent de la même ville que lui. Pour ma part, je me moque de l'origine des gars composant notre garde rapprochée tant qu'ils sont compétents. Mais, je peux comprendre que mon boss ait la nostalgie de la cité des Anges. Seattle ne me manquait personnellement pas énormément sauf quand le soleil californien commençait à ma taper sur les nerfs. Oui, cela m'arrivait de temps en temps. Ayant grandi sous la grisaille il m'arrivait de me lasser de ce temps superbe. Ne cherchez pas à comprendre, vous n'y arriveriez pas. Alessandro valide mes deux premiers choix avant d'esquisser une moue dubitative lorsque je lui brosse le portrait de Finn. Je sens son hésitation d'emblée mais il me fait confiance et me laisse finir. Il accepte finalement de l'engager mais avec une période d'essai pour vérifier que le luron n'a pas la langue trop baveuse notamment avec un coup de trop dans le nez. Personnellement, je suis persuadé que l'irlandais sait se montrer discret mais qu'il joue les excités pour se donner un genre soigneusement étudié ou alors qu'il est sérieux bien qu'indubitablement plus voyant que le reste de l'équipe parce que j'imagine qu'il serait déjà mort s'il avait bavé ou déconné ailleurs.

Mais, j'accepte la requête du patron quant à la période d'essai d'un hochement de tète. On n'est jamais trop prudent. Le boss apprécie mon choix suivant bien conscient que la coordination des hommes peut faire une différence cruciale dans une guerre éprouvante et qu'un tireur d'élite est un atout que peu d'écuries criminelles peuvent se targuer de posséder. Je ne dis rien en remarquant le petit sourire de mon patron lorsque je présente Tyrone mais un sourire en coin étire mes lèvres. Ça va, je ne lui ai pas ramené un gang afro américain non plus. J'ai rendu hommage au cosmopolitisme américain à travers une équipe mafieuse de talent. Que demander de plus, je vous le demande mon bon monsieur. Le rire du sicilien lorsque j'expose le cas d'Aiden me prend de court mais il valide encore une fois mon choix. Je me contente d'un hochement de tète lorsqu'il le désigne comme notre chauffeur attitré. Arrive enfin mon vieil ami et ancien mentor, le seul membre de l'équipe qui avait déjà tout mon respect et toute mon estime. Nolan le maître des couteaux. Je ne taris pas d'éloge sur le mercenaire et ai même l'impression d'en faire un peu trop mais Alessandro hoche la tète pour marquer son approbation. Une fois que j'ai terminé je passe mes mains derrière ma tète et m'enfonce plus confortablement dans le siège, un petit sourire satisfait sur les lèvres. La réponse exaltée du sicilien m'annonce qu'il est plus que satisfait de mon travail et ma satisfaction gonfle encore un peu plus lorsque je me rappelle que c'était mon premier recrutement. Je lui dis que je m'en charge dès maintenant et sors mon propre téléphone de travail avant d'envoyer un message à Ryan lui indiquant de transmettre le numéro du patron aux gars. Maintenant que le recrutement est validé, nous pouvons passer à la suite opérationnelle des événements. Je suis étonné d'apprendre que mon boss manque de fond pour financer le début de notre impérialisme criminel mais me rappelle bien vite qu'il a du tout investir dans le Print lors de son arrivée à B-H.

Pour ma part, j'ai encore quelques liasses issues de divers contrats avec la Bratva et Sergei m'avait récemment payé les arriérés qu'il me devait mettant ainsi un terme à la dette qui était la sienne. J'étais donc plus qu'à l'abri du besoin. Je comprends que nous sommes dans une situation critique parce que sans argent pas de soldats et sans soldats pas de guerre ou du moins de victoire envisageable. Je m'étonne que le sicilien opte pour le braquage car cela n'est pas ce qui se fait de plus discret. Mais, nous n'avons pas le choix. Je réponds : J'ai récemment reçu quelques sommes ayant mis du temps à arriver du coté de mon ancien patron. Tu peux garder mon salaire de ce mois pour le redistribuer aux gars. Je sais qu'il faudra plus mais c'est déjà ça.
J'esquisse un sourire lorsque je sens que mon ami veut discuter ma proposition alors je reprends la parole : J'ai de quoi faire ne t'en fais pas. Pour les braquages tu ne crois pas que l'on pourrait aussi essayer de débusquer les réserves de fond en liquide de Barns et lui les ôter au nez et à la barbe. Cela l'affaiblirait et serait moins voyant que des braquages bien que je n'ai aucune inquiétude quant au professionnalisme de nos hommes. Cela le rendrait nerveux et colérique et le pousserait à faire des erreurs que nous pourrions mettre à profit.  


Je suis bien conscient que mon problème majeur causé par les événements de Los Angeles avait. retardé le départ de Craig le voisin de pallier mais je comptais bien le travailler au corps dans les jours à venir et puis le fait que nous avions désormais de la main d’œuvre me permettrait d’accélérer les choses. Du vandalisme intensif, un sauvetage in extremis de ma part et des mots d'amitié bien placé et peut être sincères malgré cette obligation liée au business. Je l'écoute ensuite avec attention me faire part de la ré-ouverture d'une source de revenu qu'il possédait depuis son service auprès de Don Stephano. Je lui réponds qu'il a raison de penser que ce businness ne serait pas bien rentable si il est la cible d'attaques récurrentes des hommes de Barns. Autant oublier l'import export dans l'immédiat mais dès que nous aurions pris le dessus sur le boss actuel de la ville. J' hoche la tète lorsqu'il expose la dangerosité qui attend nos hommes de main du coté du club. C'est bien ce que je m'étais dit un peu plus tôt. Je reprends la parole : Ce sera fait Alessandro. Effectivement, Barns voudra sûrement tenter de couler notre source de revenu la plus importante. Je dirais aux gars de dézinguer tout homme de Barns s'approchant trop près. Ils ne sont plus les bienvenus.  

Mon boss étale sur la table une carte de la ville et nous échangeons sur les zones à risques, celles parfaites pour des règlements de compte, celles à éviter car acquises à Barns et les zones stratégiques ou poster les gars. J'argue que certaines zones doivent être privilégiées pour certaines raisons et le sicilien expose ses propres arguments. Nous négocions et finissons par trouver un excellent terrain d'entente. Je souris férocement lorsqu'il énonce les règles de l'engagement avec les hommes de Barns. Les rues de la ville allaient se teinté d'écarlate, j'espérais seulement ne pas y laisser ma peau et que cet état de guerre ne se prolonge pas éternellement quitte à devoir faire un gambit pour envoyer Victor nager avec les poissons. Qu'il ne se prolonge pas éternellement pour que les affaires deviennent florissantes, que la police ne s’intéresse pas à notre organisation avec trop d'entrain et enfin au regret de vous étonner que la population locale n'en pâtisse pas. J'approuve  le doublement de la loi du talion d'un signe de tète. Je reconnais bien là la patte de la mano negra. Je réponds finalement : Je m'en occupe demain à la première heure boss. Idem pour notre cher voisin de pallier j'ai déjà quelques idées pour accélérer les choses.

Nous discutons ensuite de tout et de rien le temps de nous siffler nos verres respectifs. Puis, je prends congé d'Alessandro et quitte le bar sous une fine pluie nocturne. Je me dirige jusqu'à la voiture d'un pas nonchalant comme si je n'étais pas impatient d'aller me jeter dans le confort de mon lit. Je savoure la fraîcheur que me procure cette douche improvisée et monte dans le range rover. Je range mon arme de poing sous mon siège et récupère mon téléphone personnel que j'avais laissé dans la boite à gant. Le visage de mon épouse apparaît sur l'écran et je ressens un pincement dans la poitrine et l'irrépressible envie et besoin de sentir son parfum envoûtant, de caresser ses cheveux et de sentir le goût de sa peau sous mes lèvres. Je ne sais pas ce qu'il m'arrive car je n'ai jamais ressenti quelque chose d'aussi puissant. Durant un instant, je me sens particulièrement stupide mais j'imagine que je me sens comme les soldats envoyés au front ayant un besoin viscéral de sentir qu'ils laissent derrière eux un morceau de paradis auquel ils pourront se raccrocher lorsqu'ils auront le temps de se plonger dans leurs souvenirs oubliés.

Je compose le numéro de téléphone de ma femme et espère qu'elle décrochera. Ce qu'elle fait quelques instants plus tard. Elle me demande ce qu'il y a  d'une voix aussi ensommeillée qu'inquiète et un sourire étire lentement mes lèvres. Je lui réponds que je voulais juste entendre le son de sa voix et la lionne d'Azgeda comprend. Elle me connaît sûrement bien mieux que je ne me connais moi même. Elle me propose de venir à Beacon Hills et je lui dis que cela n'est pas nécessaire et que nous pouvons nous retrouver à mi chemin entre nos deux positions, soit Beacon Hills et le repaire d'Azgeda situé environ à trois heures d'ici en roulant à une vitesse relativement élevée. Azalea accepte et me taquine sur le fait que cet élan soudain de besoin d'affection ne me ressemblait guère et je lui dis qu'il y a un début à tout et que si elle préfère rester bien au chaud dans les installations troglodytes haut de gamme du clan, elle pouvait tout à fait le faire mais ma compagne me menace de débarquer à Beacon Hills à l'improviste alors je lui dis à tout à l'heure et raccroche avec un grand sourire sur les lèvres. Je regarde l'heure. Une heure du matin. Je commence demain à neuf heures du matin. Ça va le faire. J'accroche ma ceinture et démarre. Une heure et demi plus tard et après une bonne dose d'excès de vitesse Je repère la berline métallisé de ma compagne et vais me garer à coté d'elle sur le parking routier. Puis, je sors du quatre quatre avec un sourire de bonheur sur les lèvres. Azalea descend de la berline et son sourire est presque plus grand que le mien.

Comme à mon habitude je pose les mains sur le petit bidon se formant et y dépose un baiser et comme d'habitude mon épouse lève les yeux au ciel comme si j'étais un débile notoire mais je sais qu'elle apprécie ce petit rituel,elle qui avait eu peur que je refuse ma paternité en raison de mon histoire personnelle. Puis, je remonte et pose les mains sur les joues d'Azalea qui semble se retenir de se jeter dans mes bras. « Ne me demande pas la lune j'ai beaucoup mieux pour toi. Mes pas sont lourds parce que j'ai beaucoup pris sur moi. Je suis flatté  que tu ais demandé dans tes prières un garçon comme moi. Je suis choqué. Je m'imaginais sans cesse avoir un cœur indomptable. »Je me rapproche de ma belle qui pose sa main sur ma poitrine et semble savourer la manifestation physique évidente de mon amour pour elle. Je sens les battements dans ma poitrine se faire plus féroce lorsque je sens sa main poser là ou il se trouve. Je me contente d'observer son sublime visage avec avidité comme si je voulais mémoriser la moindre courbe, le moindre trait de son visage comme si je ne mourrais pas d'envie de l'embrasser passionnément là tout de suite. Je la contemple comme si j'étais un touriste face à l'une des merveilles du monde et l'amour que je lis dans ses yeux ne fait que renforcer mon besoin de la sentir près de moi. N'y tenant plus la gardienne balaie mes mains et enroule ses bras autour de mon cou avant de m'embrasser avec fougue. « Ton regard brille pour moi. Ce que t'as dans la poitrine c'est à moi. Allez, je t'ai tout donné. Tout donné. Tout donné. Tu es tout ce que j'ai. » Le baiser se prolonge et ni elle ni moi ne souhaitons rompre le contact. Je l'embrasse jusqu'à manquer de souffle dans les poumons.

Aucune parole ne vient briser ce moment et c'est tant mieux. Il n'y en a pas besoin. Nous rompons finalement notre baiser à contrecœur. Je l'embrasse à nouveau quelques secondes plus tard puis nous éclatons de rire à l'idée que nous ne nous étions plus vu depuis à peine une semaine. Je lui prends la main et l’entraîne sur la banquette arrière du Rover. Je m'allonge confortablement enfin le mieux possible dans une voiture et Aza s'installe sur moi. Tss, elle a un matelas personnel pendant que je me casse les vertèbres sur du cuir rugueux. Je passe mes bras autour d'elle et elle tourne la tète vers moi. Nous discutons enfin.
Désolé de t'avoir réveillé ma belle.
C'est rien. Tu peux me déranger de cette manière autant de fois que tu veux.
Je prends note Aza. Tout le monde va bien ?
Oui, même s'ils se plaignent à longueur de journée que je leur fais vivre un calvaire.
Ahah, je dois donc m'estimer chanceux de ne te voir que par intermittence.
En ce moment sûrement. Mais toi comment tu vas tigrou ? Ne me mens pas. Je sais qu'il y a quelque chose.
Rien d'important Aza. Une future guerre mafieuse. Rien qui puisse espérer me séparer de toi.    
J'espère bien.

Nous échangeons un autre baiser avant que mon épouse ne se cale plus confortablement contre moi.

«Je pourrais tout flamber pour toi. Pourtant je ne suis pas pyromane. »Je joue avec ses cheveux en humant son parfum dans le creux de son cou avant de reprendre la parole.
Tu crois que je devrais me recentrer sur mon rôle de gardien ?
Vu les rapports que tu envoies. Je pense que tu fais tout ce qui est dans tes moyens.
Aza, qu'est ce que je dirais à notre enfant concernant tu sais … ?
Je t'aime comme tu es, tu le sais. Tes défauts autant que tes qualités. Et, je ne veux pas te changer ou  t’empêcher de faire ce que tu veux. Tu lui diras ce que tu estimes qu'il doit savoir.

Un sourire étire mes lèvres lorsque je continue : Mais ou étais tu donc tout ce temps ?
La lionne d'Azgeda pousse un soupir exagérément théâtral et m'envoie un petit coup de tète dans la mâchoire :  J'étais là depuis toujours imbécile.

Des éclats de rire et un bâillement plus tard. Aza cale sa tète contre mon épaule. « Repose toi, sur toi je veille. Je serais là quoi qu'il advienne. Tu es ma maladie. Ma guérison quand tu le décides. Mes nuits s'illuminent. J'en confonds le jour et la nuit. »Le léger ronflement de ma compagne me tire un sourire béat devant sûrement me donner l'air d'un abruti mais je m'en tape. Je ne suis peut être pas une bonne personne. J'ai peut être un cœur noir mais lorsque je suis avec elle je me sens différent. Je me sens prêt à choisir la lumière et à l'apprécier à sa juste valeur. Je jette un coup d’œil à mon portable en faisant attention à ne pas la réveiller. Trois heures du matin. C'est parti pour une nuit très courte. Je m'endors peu après et me réveille quand la lumière du jour filtre à travers les vitres. Je regarde l'heure sur mon portable et y lit sept heures du matin. Je réveille délicatement Aza en l'embrassant avant de lui dire que je dois rentrer. Elle se relève doucement et nous nous serrons dans les bras avant de nous promettre de remettre cela. Je regarde la berline partir en sens inverse avant de prendre la route de Beacon Hills. J'ai mal au dos à cause des sièges mais je me sens extrêmement bien. Cette fois les derniers restes de la nuit du massacre sont bel et bien derrière moi et je me sens revigoré.

Je roule assez vite sans pour autant faire d'excès de vitesse. Je ne tiens pas à devoir subir une inspection du véhicule alors que j'ai un calibre sous le siège avant et aucun permis de port d'arme. J'arrive à Beacon Hills à huit heure quinze. La route avait été réellement vide. Je me gare devant le loft une dizaine de minutes plus tard. Une fois de retour chez moi, j'avale ce qu'il traînait dans dans mon frigo soit des pattes à la bolognaise après avoir réchauffé le plat puis je mange une pomme tout en appelant Finn pour lui dire d'aller surveiller le club de combat. Il peste mais retrouve vite son sérieux. Je lui fais comprendre qu'il a le champ libre pour éliminer discrètement les hommes de Barns se montrant belliqueux en coopération avec les gardes mais qu'il m'appelle si une grosse équipe arrive. Puis, je raccroche et appelle Ryan pour lui transmettre les instructions d'Alessandro sur le positionnement des gars histoire que nous soyons informé de la moindre manœuvre d'envergure de notre rival. Ça sent la journée de planque pour tout le monde. Je me permets de réajuster certains positionnements selon quelques informations utiles que me donne le chef du groupe. Puis, je raccroche et file à la douche...

J'arrive finalement au Print avec seulement une dizaine de minutes de retard. Je croise Alessandro et lui fais un signe de tète pour lui indiquer que j'ai fait ce qu'il m'avait demandé. Puis, un autre vers le magasin d'électronique pour lui indiquer que je vais faire avancer les choses de ce coté là. Puis, je salue les divers membres de l'équipe du Print chaleureusement. Plus chaleureusement qu'à l'accoutumée, taquinant Charlie pour son humeur mal léchée, blaguant avec Dan notre ancien et souriant à Jessie et Sophie. Je demande un café serré à Sophie qui me sert en me taquinant sur cette mystérieuse bonne humeur. Je réponds en riant que l'on ne soupçonne pas les bienfaits des banquettes de voiture avant de savourer mon café puis de me diriger vers la boutique de Craig.      




Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Lun 19 Sep - 18:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un sicilien paie toujours ses dettes PV Alessandro   Dim 18 Sep - 21:26



Un sicilien paie toujours ses dettes


Feat : Arès Kye Coleman


- J'ai récemment reçu quelques sommes ayant mis du temps à arriver du coté de mon ancien patron. Tu peux garder mon salaire de ce mois pour le redistribuer aux gars. Je sais qu'il faudra plus mais c'est déjà ça.

L’offre d’Arès me surprend. Je lève la main pour protester mais je me heurte à son sourire déterminé. Je suis quelqu’un de particulièrement borné, toutefois mon second est plus têtu qu’un troupeau d’éléphants réuni. Il me faudrait des heures de palabres tout en n’étant pas certain de le faire changer d’avis. Il est tard et mon lit m’appelle. Je cède. Cependant il est faux de dire que je suis sans argent « sale » disponible. Le souci est qu’il se trouve sagement rangé dans le coffre d’une banque à… Los Angeles. Je comptais le prendre après avoir réglé son compte à mon fratelo Mateo lors de notre virée à LA. Mais les événements nous ont fait quitter la ville en pleine nuit et dans un état non compatible avec une visite en bonne et due forme à ma banque. Vue la somme que contient le coffre, je ne connais personne d’assez fiable pour ne pas être tenté de s’envoler avec et il est hors de question que ma dette envers mon amico traîne plus d’un mois. Je vais devoir me résoudre à faire un transfert légal de ce coffre. Si cela me garantit une sécurité toute relative –car si le fourgon blindé se fait braquer, j’aurais bien du mal à justifier le contenu de mon coffre si celui-ci venait à disparaître–, cela me donnerait une bouffée d’air pour mes projets. Puis Arès me propose une troisième option qui n’est pas sans malice.

- J'ai de quoi faire ne t'en fais pas. Pour les braquages tu ne crois pas que l'on pourrait aussi essayer de débusquer les réserves de fond en liquide de Barns et lui les ôter au nez et à la barbe. Cela l'affaiblirait et serait moins voyant que des braquages bien que je n'ai aucune inquiétude quant au professionnalisme de nos hommes. Cela le rendrait nerveux et colérique et le pousserait à faire des erreurs que nous pourrions mettre à profit.  

Pendant que mon second me donne son point de vue éclairé, je nous ressers en alcool. Piller Barns, en voilà une bonne idée. Toutefois je souhaite donner à Barns la primeur de la riposte. Prendre possession d’un territoire est une affaire délicate. Il faut savoir s’imposer sans passer pour l’envahisseur barbare. Ne jamais remplacer un dictateur par un autre. Il faut que le changement apparaisse comme une solution et non comme un énième putsch. Je dois créer une crainte de mon organisation tout en apparaissant comme la meilleure solution aux yeux de la majorité, ou la moins pire pour le reste des quidams. C’est ce qui fait la différence entre les gangs et la mafia. Les gangs passent, la mafia perdure. Je dois casser l’image de Barns et pour cela nous allons devoir encaisser quelques coups pour mieux les rendre. Arès m’assure qu’il va déployer nos hommes au mieux et qu’il s’occupera de chauffer Craig. Nous nous séparons sur une poignée de main.

Je monte à mon appartement puis me ravise. Il est tard, la soirée a été harassante, je n’ai pas envie de dormir seul. Je rebrousse chemin et quinze minutes plus tard je me glisse contre un Jansen à moitié éveillé par mon arrivée surprise. Posant mes lèvres sur sa nuque et le serrant dans mes bras, je m’endors comme un bien heureux.

(…)

Le réveil est doux grâce à un certain drus… Dan me lance un regard amusé quand j’arrive au bar.

- Alors comme ça on découche Boss ?
- Sì Dan !


Mon sourire radieux montre la satisfaction de mon cœur et de mon corps. De concert, nous éclatons de rire quand Arès se pointe avec la même tête.

- Heureusement qu’elle est déjà enceinte…
- Quoi qu’il serait bien capable de la remettre enceinte Boss…


Mais rien n’entame la bonne humeur de mon second, ni mes railleries, ni celles de Dan. Il se fait servir un café puis file chez notre voisin Craig parler de la pluie, du beau temps et des sales cons qui s’en prennent à la devanture de son magasin.

L’idée d’Ares quant à taper directement dans le flouze de Barns me plait. Cela me laisserait du temps pour envisager une autre solution que celle légale pour récupérer ma monnaie à LA.

Je file à mon bureau m’occuper des commandes et gérer les tâches quotidiennes du bar. Puis vers la fin de la matinée je me pose enfin. J’ai un message de Logan. Il m’indique l’adresse d’un super marché qui va faire une opération de vente flash sur une semaine. Le magasin n’a pas l’habitude de gérer une recette massive. Les recettes sont ramassées qu’une fois par semaine. L’établissement n’a donc pas toute l’infrastructure que l’on retrouve dans les supermarchés d’envergure où la sécurité est gérée comme dans une banque. Surtout que les flics de la zone ont été appelés en renfort dans la banlieue de LA. L'effectif est donc à son strict minimum. C’est un moyen de se faire une belle entrée d’argent en attendant de savoir où Barns planque le sien. Si mon homologue est intelligent, il fait comme moi et confie son argent sale au coffre d’une banque. Il faut donc attendre qu’il ait besoin de liquidité. Cela ne saurait tarder, car pour mener une vendetta contre moi, il va avoir besoin de cash.

Je réponds à Logan que comme d’habitude, il aura 3% de gain en cas de réussite. Ne pas renâcler à payer les intermédiaires est une garantie pour obtenir des tuyaux de première main. Le reste de l’après-midi je le passe entre le bar et mon bureau où j’étudie la configuration de « Dan’Market » et confronte les données passée par Logan et ce que je trouve par moi-même. Leur opération marketing se termine le vendredi soir. Le fourgon blindé passe récupérer la recette à la fermeture du samedi soir. Il faut donc agir dans la nuit du vendredi au samedi. J’appelle Ryan lui disant que l’on se retrouve au hangar des combats clandestins. D’ailleurs il faut songer à donner un nom à ce hangar. Quand Arès passe dans mon bureau à la fermeture du bar, je l’informe d’une réunion avec Ryan au hangar.

- Ton offre de hier soir est généreuse mi amico, mais tu me connais… Maintenant que nous avons lancé l’affaire… je ne peux plus rester tranquille. Cela va nous prendre du temps pour piocher dans la caisse de Barns et j’ai besoin de voir ce que donne notre équipe.

Je lui explique que j’ai un tuyau sûr pour un coup relativement facile et comme il est hors de question de mêler le Pink à toute activité illégale, j’ai décidé que le hangar serait le meilleur lieu de réunion avec les hommes pour préparer nos coups. Nous avons un peu plus d’une semaine devant nous pour repérer les lieux, et voler deux voitures.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Un sicilien paie toujours ses dettes PV Alessandro   Lun 19 Sep - 18:40

Phase 1 : Expansion



ft. Alessandro Amaro

Un paquet de mots
pensées en italique
dialogue en gras

Mon sourire déjà bien large s'élargit encore un peu plus lorsque je constate qu'Alessandro a la même expression que moi. L'expression reconnaissable entre toutes d'un homme heureux. Heureux dans son corps, son cœur et son esprit. Je vois que je ne suis pas le seul à avoir passer une délicieuse nuit quoi que j'imagine que la sienne était bien plus confortable que la mienne. J'ai encore mal au bas du dos. Ces sièges ne sont pas désagréables au demeurant néanmoins je me doute bien que les créateurs du modèle automobile qui est le mien n'avaient pas dans l'idée que le rover serve de camping car improvisé pour les couples séparés par plusieurs centaines de kilomètres. Couples qui seraient pris d'une soudaine envie nocturne de se voir le plus vite possible. Seraient prêts à rouler à tombeau ouvert pour quelques heures de retrouvailles et à dormir sur place plutôt que de chercher un motel sûrement tout proche pour plus de temps passé ensemble. Quelques dizaines de minutes à l'échelle d'une nuit déjà bien avancée. Plusieurs moments de bonheur simples mais inestimables. Les taquineries moqueuses de Dan n’égratignent même pas la surface de mon contentement tant il est élevé en cette belle matinée estivale. La participation d'Aless aux railleries non plus. Je suis sur un petit nuage de satisfaction d'une nuit trop courte mais paradoxalement parfaite dans son imperfection. Il faudrait bien plus que quelques mots pour m'en faire chuter.

Honnêtement, seule l'apparition des trois créateurs de chimères pourrait me faire redescendre et me gâcher ma journée qui peu importe les emmerdes susceptibles de s'aligner devant moi sera forcément bonne. Je pense pouvoir affirmer que lorsque l'on a trouvé la personne qui peut nous mettre dans un tel état d'esprit avec une telle aisance il n'est plus le temps de se poser des questions quelles qu'elles puissent être. Il faut s'y accrocher car il y aura toujours tellement plus de personnes qui vous énerveront que de personnes qui vous voudront du bien. Je m'étire nonchalamment en me moquant de moi même parce que là tout de suite je dois probablement avoir l'air d'un matou ronronnant de plaisir. Mais si j'ai l'air d'un matou gonflé de satisfaction, Aless a l'air d'un loup ayant dégusté une proie délicieuse, d'un papillon ayant butiné une fleur sans s’arrêter pour reprendre son souffle ou d'un ours s'étant gavé de miel. Quelques taquineries envers mon boss plus tard. Me voilà dans la boutique de Craig.

Je le salue chaleureusement comme un vieil ami et vais jusqu'à m'excuser de ne pas être venu le voir souvent ces temps ci. Mon expression encore irradiante de bonne humeur quelques minutes plus tôt s'est transformée en un masque soigneusement étudié de compréhension et de tristesse. Je lui dis que cela n'allait pas fort pour moi ces derniers temps aussi je n'avais pas franchement eu le cœur à venir le déranger avec mes propres soucis quand je savais qu'il avait déjà les siens à gérer. Craig me demande si cela va mieux, m'abreuve de mots réconfortants et cet exercice de psychologie inversée reposant somme toute sur des bases réelles puisque j'ai réellement vécu un calvaire durant les derniers mois se révèle des plus efficaces. Je réprime un soupir de soulagement en constatant que ce bon vieux Craig n'avait pas été témoin de mon arrivée en fanfare au Print car cela aurait mis à mal toute ma stratégie. Fort heureusement, ce dernier se trouvait dans sa réserve à ce moment là. Je le rassure donc sur mon état présent et prends à mon tour de ses nouvelles. Nouvelles n'étant pas vraiment joyeuses comme je pouvais parfaitement m'en douter. Je le rassure en lui disant que cela va s'arranger mais le pessimisme semble l'avoir saisi sans même que je n'ai eu à faire quoi que ce soit ces derniers temps. Les aléas de l’âme, que vous voulez vous que je vous dise ? Je me montre bienveillant et compréhensif, embraye sur la famille pour que l'idée de rejoindre la sienne à San Diego continue de le triturer. Je lui montre mon alliance et les félicitations de rigueur chassent un instant la grisaille émotionnelle. Le vieux Craig insiste pour fêter cela avec une bonne bouteille de whisky qu'il gardait pour une occasion spéciale n'étant jamais venue. Autant la savourer maintenant qu'il me dit.

Je cesse de me montrer réfractaire -car tout de même une bonne bouteille comme cela devrait attendre un événement vraiment important pour lui- puisque notre voisin de pallier n'en démord pas. Durant quelques instants je m'étonne de cette camaraderie avant de me rappeler que cela ne va pas fort pour lui depuis un certain temps maintenant alors toutes les bonnes choses sont appréciables. Je me fais la réflexion que ce Craig est un type avec un bon fond pour se réjouir pour un homme qu'il ne connaît vaguement que depuis quelques mois alors même que ses propres soucis doivent être franchement pesants. Il verse le contenu ambré de la bouteille dans deux verres. Nous trinquons et discutons de tout et de rien avec entrain en agrémentant la conversation de commentaires sur la chaleur de la boisson et son goût prononcé. Puis, je lui demande si le vandalisme intempestif a cessé mais il m'annonce que ce n'est pas le cas. Je peste de concert avec lui contre tout ces abrutis n'ayant aucun respect pour les honnêtes gens, gagnant leur pain quotidien à la sueur de leur front. Une bordée d'insultes s'échappe de nos lèvres respectives et nous constatons tristement que tout empire ici bas. Je m'excuse de ne pas être parvenu à prendre les saligauds la main dans le sac mais Craig me dit que ce n'est pas grave. Que ce n'est pas ma faute si la poisse s'acharne autant contre lui. Je lui promets de redoubler d'effort pour mettre la main sur ces vandales maintenant que je suis de nouveau sur pied.

Mais, il me confie que cela devient de plus en plus dur pour lui de rester. Qu'il a la désagréable impression que cette ville ne lui réussit plus du tout. Qu'il ne vend plus grand chose depuis belle lurette. Je le réconforte avec sincérité parce que ce n'est pas parce que je suis intéressé ici que je ne peux pas compatir. Craig m'annonce que si il comptait rester et continuer de résister envers et contre tout il y a encore quelques semaines. La situation commençait sérieusement à éroder sa détermination. Je lui achète quelque chose pour le soutien moral et écarquille les yeux de surprise lorsqu'il évoque l'offre d'Amaro. Je plante mes yeux dans les siens, le regarde avec une expression empreinte de gravité et lui dit que si c'est vraiment ce qu'il souhaite il devrait essayer de tirer le maximum de ce rital arrogant histoire qu'il puisse retenter sa chance dans une ville plus accueillante ou rejoindre sa famille à San Diego. Il rit devant mon idée en me disant que mon patron n'avait pas l'air d’être le genre de personne à renégocier une offre. Je me contente d'un haussement d'épaule innocent avant de prendre congé du voisin de pallier en lui serrant la main. Honnêtement, j'espère qu'il ne tentera pas de renégocier car l'offre du sicilien est déjà très attractive. Cette suggestion aura au moins eu le mérite d'instiller dans son esprit l'idée que je ne m'entends pas plus que cela avec le boss du Print à l'instar du petit commentaire sur son arrogance.

Le sourire satisfait qui étire mes lèvres lorsque j'atteins ma voiture dans laquelle je dépose le sachet contenant mon achat symbolique de soutien ne disparaît que lorsque je retourne vers le bar. Craig pourrait trouver cela suspect que je sois si joyeux tout d'un coup. Son matériel n'étant pas vraiment l'affaire de l'année...Je retourne dans le Print et effectue mon service de vigile comme d'habitude. Soit correctement, surveillant, patrouillant à intervalles réguliers dans l'un des repaires les plus chics de la ville. Quelques poignées de main aux habitués et à ceux m'adressant toujours quelques mots de sympathie. Une flopée de sourires me venant naturellement. Une aide bienveillante et rapide aux clients en ayant besoin. La journée passe rapidement sans rien à signaler. Le Pink est un établissement respectable. Comment pourrait il en être autrement ? La fermeture se profile et tandis que le bar se vide, je me dirige vers le bureau d'Alessandro. Frappe à la porte avant d'entrer et de me placer devant le sicilien qui me fait part du fait que trouver les réserves de l'homme mafieux au sommet de l'underground de la ville prendra du temps et de l'énergie et qu'il préfère donc d'abord se concentrer sur les rentrées d'argent immédiates. Je me contente d'un hochement de tète pour marquer mon approbation. Il enchaîne sur un tuyau au sujet d'un coup facile et rentable qui aura lieu dans une semaine. Et m'indique que le Print ne pouvant bien évidemment pas servir de QG pour des raisons évidentes, c'est le HCC qui sera notre salle de réunion et de préparation pour le coup à venir.

Le HCC, hangar de combats clandestins. Quoi vous vous attendiez à Amaro and Co ou à Amarleman Company (oui mixer nos deux noms pour en faire un nom d'entreprise est une très mauvaise idée). Je préfère la sobriété de cet acronyme fonctionnel à la fantaisie d'une appellation clichée. Je réponds : Ça me va Boss. Nous allons pouvoir constater si notre garde rapprochée se montre digne des attentes placées en elle. Concernant ce bon vieux Craig, j'ai le plaisir de t'annoncer que ça avance plus vite que je ne l'aurais espéré. Les spirales négatives finissent toujours par éroder, même les plus coriaces.
Un sourire satisfait similaire au mien se dessine sur les lèvres de mon ami et je passe soudain du coq à l’âne-la nuit d'hier m'ayant permis de constater que la grossesse d'Aza avançait lentement mais sûrement sans souci, dieu soit loué-et reprends la parole : Tu as dit que la famille était sacrée pour vous les siciliens. Ça veut dire que si j'ai besoin d'aide pour changer les couches du bambino tu répondras présent ? L'image du futur parrain changeant une couche m'arrache un fou rire et je continue : Ah la famiglia dans toute sa splendeur ! Alessandro éclate de rire à son tour et nous nous séparons sur cette franche rigolade amicale.
     



Spoiler:
 



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