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 Fire in the Hole | Alex & Adriann

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Adriann Weizerling

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MessageSujet: Fire in the Hole | Alex & Adriann   Sam 23 Juil - 17:34




Fire in the hole

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
C'était toujours les mêmes lignes. Dans un allemand administratif, rigoureux, il était annoté "Preuve falsifiée par le Kommissar des affaires criminelles, suspendu le 23.01.2015" "Acquittés par la Justice le 17.02.2015" et enfin, "Affaire classée". Aucun de ces mots ne reflétaient ne serait-ce qu'un tout petit peu la débâcle, la rage, voir la haine qu'avait suscité cette affaire à travers toute l'Allemagne. Chacun voyait en Sonia le reflet d'une gamine qu'ils connaissaient : sa petite sœur, sa propre fille ou encore, chez les instituteurs des écoles primaires, chez qui les réactions envers la « Justice » avaient été particulièrement virulentes, une élève à laquelle ils avaient pu s'attacher. Au sein même de l’équipe qui avait travaillé sur cette affaire, les conséquences avaient été effroyables : chacun restait, à sa manière, bloqué sur ce cas. Je n’étais pas seul à espérer changer les choses ; pourtant, j’étais le seul à être descendu aux archives, à avoir généreusement graissé la patte du gardien et à avoir photocopié et copié sur mon ordinateur les différents éléments du dossier. Il n’était pas aussi épais qu’il aurait dû être. Mais au final, peu importait : entre ces rapports d’experts, d’autopsie, de procès, entre toutes ces photos et toutes ces analyses psychologiques auxquelles j’avais joint mon savoir, entre tout ça devait se trouver une solution… au moins un fil conducteur pour nous permettre de rétablir la vérité.

Depuis mon retour d’Allemagne, je m’étais renseigné auprès de la police de Beacon Hills. Loin de mon pays natal et de mes contacts, il me fallait quelques conseils sur quel scientifique talentueux et digne de confiance contacter. Au fil de ma quête, le nom d’une jeune femme était souvent revenu : visiblement, c’était à elle que revenait la plupart des éléments de nos enquêtes. Etant tout deux affiliés à la police locale, il avait été facile de retrouver son numéro de téléphone et d’organiser une rencontre au laboratoire. Il était donc onze heures du matin lorsque, sous un soleil de plomb, je me retrouvais devant l’imposant bâtiment. Dans mon sac à dos, avec mon ordinateur et la version originale du dossier, se trouvait toute sa copie, soigneusement traduit de l’allemand pendant une bonne partie de la nuit. J’avais à peine posé un pied dans le bâtiment qu’un jeune homme, à peine moins âgé que moi se dirigea vers moi. Ses boucles rousses semblaient sautiller sur son crâne au rythme de ses mots lorsqu’il me demanda si j’étais bien le professeur Weizerling. J’hochais la tête et lui serra la main tandis qu’il se présenta comme l’assistant de la professeure Macklin. Tout en marchant, il m’expliqua au fur et à mesure que les salles défilaient, le fonctionnement de celles-ci, qui travaillait dedans et pourquoi. J’avais juste à opiner de la tête tandis que, enthousiaste, il continuait de déblatérer sur la chance qu’il avait de travailler ici, même si, visiblement, Macklin était loin d’être le genre de mentor que l’on rêverait d’avoir.

Après avoir tourné et viré dans différents couloirs, le rouquin s’arrêta enfin pour s’engouffrer dans une salle. Plusieurs scientifiques étaient penchés sur des papiers, des ordinateurs ou faisaient des manipulations… quelle drôle d’espèce, me dis-je en suivant une nouvelle fois l’étudiant. Le pauvre avait ravalé sa joie et s’éclaircit la gorge. Dos à nous, les cheveux attachés en un chignon strict, une femme leva une main impatiente et un « Quoi ? » agressif fusa. Quelques scientifiques relevèrent la tête, soudainement intrigués par la venue d’un nouvel individu. L’étudiant bafouilla en annonçant ma présence, mais ce fut suffisant pour que Madame Macklin daigne enfin nous faire face. Je la détaillais de la manière dont elle me détailla : de haut en bas, un sourcil perplexe en l’air.

-J’ai bien réfléchis, Mr. Weizerling. Je n’ai pas de temps pour vous.

Estomaqué, je plantais mes yeux dans les siens. Pas de temps pour moi ? La stupeur laissa place à la colère en une demi-seconde.

-Le rendez-vous a été fixé il y a quatre jours. Vous aviez largement le temps de "bien réfléchir", comme vous dites, et de décliner, dis-je, loin me préoccuper de paraître poli ou non.
-Et pendant ces quatre jours, ma charge de travail a été multipliée par deux. Seigneur, je ne dois pas être la seule ici capable de vous aider ! Beth, vous le pouvez, non ?

La dite Beth releva la tête, perdue, et bafouilla quelque chose avant de se replonger dans son travail. La vieille pie continua d’héler certaines personnes, mais comme les précédentes, toutes détournèrent le regard. Au final, elle se tourna vers moi en me demandant de partir, un sourire mauvais sur ses lèvres pincées. C’était une blague. Une énorme blague. En la fusillant du regard, je me tournais vers les scientifiques.

-Je travaille sur un dossier impliquant le viol et le meurtre d'une enfant de huit ans, par son père et son oncle. Y aurait-il quelqu’un, parmi vous, qui ait les capacités et l’envie de m’aider ?

Le ton était bien plus colérique et violent que je ne l’aurais souhaité. Je plantais mon regard dans celui de chaque personne présente dans la pièce. Personne ne bougea.  Désabusé, je secouais la tête et tournai les talons. Scheiße !!

-Mr. Weizerling, attendez, m’ordonna Macklin. Mr. Cormier n’a, je crois, rien de bien important à faire.

J’imitai la femme en me tournant vers l’interpellé. J’étudiais rapidement sa stature, la manière qu’il avait de se tenir : visiblement, il n’aimait pas l’attention toute dirigée sur lui… ce qui était plutôt rare dans mon entourage. Tant pis. Ses yeux trahissaient une intelligence et un calme dont j’avais grandement besoin. Je dépassais Macklin sans un mot pour elle et m’approchai de Cormier, visiblement peu enclin à m’aider dans ma quête. Bien. J’allais le faire changer d’avis. Faisant barrage de mon corps entre le scientifique et les regards indiscrets, je sortais le dossier de mon sac avant d’en extraire une photo de Sonia. Sur cette photo, elle souriait, comme n’importe quelle gamine de son âge. La main crispée sur une deuxième photo que je ne comptais pas dévoiler tout de suite, celle de son corps rué de coups, couvert d’hématomes, de sang et de boue, je plantais mes yeux dans ceux de l’homme, et d'un ton sincère et fatigué que très peu me connaissait, je murmurais :

-J’ai besoin de votre aide, Mr. Cormier. S’il vous plait. Elle s'appelle Sonia.



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Alex Cormier

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MessageSujet: Re: Fire in the Hole | Alex & Adriann   Sam 13 Aoû - 13:24

Fire in the Hole




«Mr. Cormier n’a, je crois, rien de bien important à faire.»

La main toujours sur la poignée de la porte, Alex leva son regard du dossier qu'il avait dans les mains et observa la salle des analystes autour de lui. Arrêté en plein élan, il se tenait aux aguets.  C'était bien connu, Kathleen Macklin s'adressait toujours au premier signe de vie pour déléguer ses tâches les plus ingrates.  Aussi bouger, bruiter ou même avoir une flatulence était-il terriblement dangereux dans ses parages.  Femme imprévisible d'un âge vénérable, elle insistait tout de même pour être tutoyée par ses employées.  Fausse-familiarité pour leur donner un faux sentiment de sécurité.  Certes, elle n'était pas toute mauvaise : très sélective au niveau des employés de son laboratoire – Non mais sérieusement, qui engage un Master pour faire un boulot de technicien?  Faut pas être trop bien, hein! – , elle les défendait âprement lorsqu'ils avaient, par exemple, des problèmes avec l'administration de l'hôpital qui s'acharnait à vouloir faire suivre un régime aux comptes bancaires des employés.  Par contre, les médecins pourraient lui demander mers et mondes, et la lune avec ça qu'elle dirait oui sans hésitation, puis se retournerait pour mettre la pression sur ses précieux employés à coup de « fallait le rendre hier » et autres encouragements forts constructifs.

Bref, c'était bien sa vaine.  La salle entière retenait son souffle au moment même où il était entré.  Victime toute désignée à un crime aveugle, il entendit le couperet de la sentence lui tomber dessus comme une douche froide.  Son sang bouillit, ne faisant qu'un tour dans ses veines, insultés qu'elle puisse se permettre de dire ainsi qu'il se tournait les pouces alors qu'il tenait quatre dossiers dans sa main.  À force de ne pas « perdre son temps » à vérifier que la totalité de ses employés ne soient pas en vacances en même temps, il était coincé à remplacer la moitié de son équipe, sans compter celle qui était en retrait pour cause de blessure en milieu de travail.  Renfrogné, Alex lança un coup d'oeil borgné à l'énergumène qui venait le mettre dans une situation d'autant plus périlleuse.  Que lui voulait-il?  Avec sa gueule de premier ingénieur, c'était probablement un inspecteur de la FDA qui venait vérifier que leur laboratoire était à l'ordre et lui ferait subir un formidable audit.  Il avait dû rater le courriel, car une telle visite ne lui sonnait aucune cloche.  Contrairement au glas qui annonçait la fin prématuré de son week-end si patiemment attendu. L'ingénieur se rapprocha, empêchant le laborantin de s'avancer davantage vers son poste de travail.  D'abord, pourquoi avait-il encore accepté de faire une commission pour Suzy?  Outre qu'elle faisait partie du top trois de ses collègues favoris, il était peut-être simplement un peu trop gentil, parfois...  Le professionnel lui présenta une photo d'une petite qui souriait.  C'était probablement sa fille.  Le regard d'Alex s'illumina alors qu'il croyait comprendre ce qui se passait.  L'inspecteur était en fait un père, et pourrait tout aussi bien être avocat ou comptable qu'ingénieur.  Il arqua un sourcil intrigué, se demandant ce que lui voulait le personnage et pourquoi Kathleen ne l'avait toujours pas rembarré.  De toute façon, elle terminerait bientôt sa tournée du personnel et retournerait se cloîtrer dans son bureau où il ne fallait surtout pas la déranger, sous peine de souffrir son ire.  C'était une femme importante avec de nombreuses réunions et conférences, après tout.

-Je suis désolé, monsieur, nos analyses sont confidentielles, nous ne connaissons rien des patients.  Je crains ne pouvoir prioriser le dossier de votre fille.
N'avaient-ils pas une secrétaire pour s'occuper de ce genre de choses? Ou Lizzie était-elle encore en pleine crise d'angoisse et ne pouvait s'occuper des visiteurs égarés, telle une bergère à lunettes en écailles?

«Alex, ce n'est pas sa fille. Monsieur Wail... Monsieur est venu à titre professionnel.» s'interposa discrètement Beth d'une toute petite voix qui tenait manifestement à éviter les incompréhensions ou tout autre phénomène risquant de causer des tensions ou d'envenimer la situation.  C'était une merveilleuse qualité qu'elle avait, de vouloir éviter d'attiser le feu en l'arrosant d'huile, mais ça la rendait parfois un peu fade aux yeux du biochimiste qui avait été plutôt habitué aux discussions vives durant son cursus universitaire.  Les sourcils dans la position du chien renversé, l'attention d'Alex était vivement aiguisée.  Se pourrait-il qu'aujourd'hui il puisse s'échapper temporairement de la monotone routine?

-Excusez-moi.  Comment puis-je vous aider, Monsieur?

Le druide n'osa pas répéter la prononciation qu'il avait entendu sa chef utiliser en entrant dans la pièce, connaissant son talent inné pour les langues étrangères.  N'appelait-elle-pas Alex par un patronyme qui tenait plus du « cachemire » que du « cormier »?  Non, aussi bien espérer que le professionnel répéterait son nom et qu'Alex se sente capable d'en imiter la prononciation.  Il sortit son portable pour aviser Jenny et Charlie qu'il risquerait d'être en retard au cinéma qu'ils avaient prévus pour ce soir.
-Juste un instant, s'il-vous-plait. fit-il en pianotant rapidement sur le clavier.  On pouvait sortir un canadien du Canada, mais on ne pouvait pas sortir la politesse du canadien, ça c'était pour sûr!



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MessageSujet: Re: Fire in the Hole | Alex & Adriann   Lun 22 Aoû - 18:47




Fire in the hole

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
Le refus du scientifique me fit réviser mon jugement sur sa personne. De mon regard le plus froid, je l’assassinais du regard. Donc personne ici, pas même la chef de tout ce b*rdel, n’était capable de m’aider pour ce pourquoi j’avais pris rendez-vous. La salle était saturée de tension, et cette tension émanait principalement de moi. Elle faillit s’abattre sous forme d’un flot sans discontinuité de reproches, autant sur l’homme en face de lui que sur Macklin – surtout sur cette dernière, d’ailleurs. Aussi quand la prénommée Beth, à qui personne n'avait rien demandé, ouvrit la bouche, je me tournais vivement vers elle et la fusillait du regard à son tour. Ses belles intentions disparurent entre les feuilles de son dossier tandis que, bras croisés, je mesurais l'impact de ses mots sur le scientifique face à moi. Maintenant que la situation avait été éclairée, il semblait suffisamment intéressé, ou du moins intrigué, pour prêter attention au cas de Sonia. C'était tout ce dont j'avais besoin : pas même une dévotion complète ; juste une brèche, de quoi semer quelques graines d'émotions pour détruire la coquille du détachement.

-Excusez-moi.  Comment puis-je vous aider, Monsieur?  

Je le détaillais de longues secondes, pris de cours par sa question. Comment pouvait-il m'aider ?

-C'est long à expliquer, commençai-je d'une voix plus posée. Je préférerais vous présenter l'affaire avec les éléments en mains. Peut-être pourrions-nous trouver une salle libre ?
-Juste un instant, s'il-vous-plait, demanda Cormier en pianotant sur son téléphone.

Je le regardais faire sans aucun moyen de le devancer pour chercher une salle potentiellement disponible : je n'avais aucune envie de me perdre dans le dédale que représentait les locaux du laboratoire, et surtout aucune envie de brusquer le scientifique après qu'il ait finalement accepté de m'offrir ses expertises. J'évacuais toute mon agressivité dans un dernier coup d'oeil à la vieille femme avant de suivre l'homme à travers les couloirs. Plusieurs essais de salles furent nécessaires jusqu'à en trouver une vide d'occupants : dans un geste soulagé, je fis glisser mon sac sur une grande table de réunion et m'affalai presque sur l'un des sièges avant de sortir mes affaires. Rapidement, le  dossier dans sa version anglaise se retrouva savamment étalé face au scientifique tandis que je conservais quelques éléments dans ma main. Mon cœur tambourinait dans ma cage thoracique en réalisant ce que j’étais en train de faire : je dévoilais Sonia. J’exhumais son histoire pour l’exhiber face à un inconnu dont je ne connaissais même pas le prénom…  je pinçais l’arête de mon nez pour reprendre le contrôle de mes pensées.

-Il faut que vous compreniez que cette affaire a un impact… conséquent, même des années après, sur la vie de ceux qui ont travaillés dessus. Votre implication relève quelque peu de l’incident, mais j’aimerais m’assurer que vous vous y consacriez le plus sérieusement possible.

Eclaircissant ma gorge, conscient que mes paroles sonnaient un peu comme un serment qui pourrait se sceller avec du sang, j’offris un mince sourire au scientifique.

-Je m’appelle Adriann. Merci d’avoir accepté de m’aider.

Les présentations ainsi faites, je me redressais pour introduire l’affaire le plus limpidement possible. Ce n’était pas un cas comme un autre, mais pour bien faire les choses, il fallait le traiter comme tel : comme un simple cours de criminologie, avec des preuves, un scénario déjà établi et une fin déjà écrite.

-Sonia Genshlein a été violée et battue à mort par son père et son oncle quand elle avait huit ans. La justice allemande les a acquittés par manque de preuves... et aussi parce que le chef de l'enquête, dans une tentative pour nous aider, à déposer l'empreinte du père sur le cadavre de la gamine..., soupirai-je en déposant les photos des protagonistes de cette affaire. Son corps a été retrouvé dans le parc à côté du lotissement où vivait la famille. Il avait été nettoyé de toutes empreintes et de tout... de tout fluide corporel. Ce qui n'a pas empêché le légiste de confirmer le viol...

Et de constater qu'il y en avait eu d'autres avant la nuit de sa mort. Je fis glisser la photo du cadavre de la fillette, nu, recouvert de boue, d'hématomes et de sang à Alex avec hésitation. Son regard vitreux fixait un point dans le ciel, invisible, le visage marqué par la trace d'une semelle de chaussure. J'avais prise cette photo. Comme les scientifiques présents sur la scène, j'avais dû photographier et annoter dans un carnet les environnements qui entouraient le corps. Marécageux. Humide. Corps retrouvé environ 14 heures après la mort.

-Excusez-moi, je... vais chercher de l'eau.

J'avais besoin de sortir pour accuser le coup. Ca irait mieux dans quelques minutes, il me fallait juste... quelques instants pour exorciser des vieux démons. Le souffle court, je quittais ma chaise pour me réfugier dans le couloir désert.



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MessageSujet: Re: Fire in the Hole | Alex & Adriann   Ven 9 Sep - 16:42

Fire in the Hole




Certaines personnes se considéraient comme des éponges émotionnelles absorbant tous les sentiments et les ondes, positives ou négatives, pour reprendre un langage plus ésotérique, qui les entouraient.  Alex se voyait plus comme un prisme.  Quelque part entre l'éponge et le miroir : il les absorbait, certes, et les renvoyait avec un petit bonus.  Aussi la tension de la pièce, qui semblait bien décidée à ne pas se diffuser, et émanait de la directrice et du visiteur à la fois, commençait également à sortir par les oreilles du laborantin, qui prenaient une teinte de plus en plus violacées de seconde en seconde.  Il détestait tout ce stress, toute cette attention, cette confusion. Pour un instant, Alex crut que le regard du visiteur allait faire sauter la tête de la pauvre Beth.  Au moins un peu de piquant aurait-il été ajouté à sa vie... Heureusement pour le canadien, Mr Weizerling sembla se désarçonner, malgré son expression rude et ses bras fermés contre son torse, et Macklin s'était déjà trouvé un autre cheval de guerre pour déverser son fiel.  Sans même l'écouter, Alex aurait pu dire qu'il y avait une chance sur trois qu'il s'agissait de ce « maudit Docteur Brown » qui ne comprenait rien à rien à ce qu'ils faisaient dans le laboratoire.  Une chance sur quatre qu'il s'agisse de « sombres crétins » génériques.  Une chance sur cinq qu'elle fulmine contre la FDA, et une chance sur dix qu'elle n'en revienne pas de l'incompétence de l'administration de l'hôpital, et qu'elle ne s'étonne pas qu'ils soient constamment dans le rouges.  Restait deux pourcents de chance que ce soit un sujet au goût du jour qu'Alex n'aurait pu en aucun cas deviner.  Mais il se doutait que dès que Mr Weizerling serait hors de portée de vue – et non d'ouïe – elle râlerait sur les visiteurs lambda qui viennent lui faire perdre son précieux temps.  Une charmante personne, donc.

Alex n'avait pas encore envoyé son message texte qu'il avait remis ses quatre dossiers dans les pigeonniers appropriés et était ressorti de la pièce avec le germanique sur les talons.  C'était une longue histoire et il souhaitait avoir un endroit plus tranquille pour en discuter?  Soit.  Il lui semblait que Nikita, Andrew et Malak étaient tous absents pour la journée.  Leur bureau devrait donc être libre.  En passant devant la salle de réunions, il vérifia tout de même que personne ne l'avait réservée, ce qui s'avéra évidemment infructueux.  La cuisinette sentait le café à plein nez, ce qui signifiait une alternance de gens et de discussions pour la prochaine demi-heure, et.... bingo! Le bureau était vide, comme espéré.  Alex les installa à la table au centre de la pièce, qui était souvent utilisée pour des réunions des plus petites équipes.  Il retint un sourire amusé alors que son invité prenait place, et se contenta plutôt de hausser un sourcil mi-intrigué, mi-amusé en demandant d'un ton badin :

-Rude journée?

Vivement, l'étranger étala de nombreux papiers et photo, et Alex comprit qu'il s'agissait d'un dossier légal, ou au moins médical.  Weizerling semblait de nouveau tendu, et le genou d'Alex commença inconsciemment à battre un rythme inaudible, en réponse à ce nouveau stress.  Alors que l'allemand semblait tenter de reprendre contenance, le canadien ne savait plus trop quoi faire.  Lui demander si tout allait bien?  Lui offrir un café?  Ou, la solution préférée de Cormier : resté planté là avec un air de merlan frit à attendre de voir comment la situation évoluerait.  Heureusement, elle évolua rapidement et il y avait fort à parier que le visiteur ne remarqua pas la physionomie momentanément ichtyomorphe du  châtain.  Les sourcils froncés, il écoutait les explications du dénommé Adriann, qui semblait remettre en question le professionnalisme d'Alex.  Tendant la main pour se présenter à son tour, il en profita pour remettre les choses au clair, une pointe d'orgueil dans le ton.

-C'est Alex. Ne vous en faites pas, je ne suis pas un bouffon.  Vous préférez Adriann ou bien...?

Le biochimiste était resté debout, trouvant souvent qu'il passait déjà une partie trop importante de ses journées assis, mais il changea rapidement d'idée en observant la nouvelle photo de la gamine et en écoutant les détails qui étaient associés à son histoire. Livide, il se rassit donc de biais par rapport à Adriann, ne pouvant retenir une grimace.

-Et je croyais avoir un boulot terrible... marmonna-t-il dans sa barbe avant de réaliser que son invité s'était relevé.  Il y a une fontaine à droite, au bout du couloir. indiqua-t-il par automatisme.

Sans oser toucher aux documents éparpillés sur la table, comme si cela risquerait de l'associer davantage à ce crime, ou de le rendre plus tangible, Alex étira le cou pour lire différentes notes et bribes d'informations.  Son regard retournait toujours sur la photo de la fillette abusée, que ce soit pour y chercher un détail qu'il venait de lire, ou encore par une sorte d'attirance morbide et hypnotisante.  Au bout d'un moment qui lui parut probablement cent fois plus long qu'il ne le fut réellement, Alex se leva à son tour, la gorge sèche et nouée, pour aller prendre une gorgée d'eau.

-Monsieur Adriann, débuta-t-il maladroitementNous avous du café et du thé, si vous préférez.

Alex se racla la gorge pour dissimuler le silence gênant qu'il avait lui-même créé, en hésitant à poursuivre, de crainte de ne décevoir l'inspecteur de police – il lui attribuait le titre au mieux de sa compréhension.

-Il me fait plaisir de vous aider, mais je ne sais pas ce que vous attendez de moi.  Je suis biochimiste de formation et pourrais vous expliquer en détail la façon par laquelle plus d'une vingtaine de poisons causent la mort, mais je ne suis pas coroner.  Si vous avez des échantillons à analyser, ou besoin d'un avis technique, je suis votre homme.

Le laborantin poussa un soupir profond.  Il devait encore une fois être en train de donner une impression erronée, alors que l'occasion de voir quelque chose de différent et nouveau se présentait à lui et qu'il souhaitait sincèrement s'en saisir.  Rassemblant un peu de courage, il offrit un sourire qui se voulait chaleureux à l'homme qui avait parcouru la moitié du monde pour se retrouver à Beacon Hills.

-Écoutez, je ne me désiste pas.  Pas parce que Kathleen me l'a demandé.  Je veux vous aider.  Vous comprendrez que je me sente un peu hum... dépassé, par tout cela, n'est-ce pas?


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MessageSujet: Re: Fire in the Hole | Alex & Adriann   Dim 16 Oct - 20:35




Fire in the hole

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Le chemin que nous avions emprunté s’était déjà évaporé dans mon esprit. Pour des yeux inexpérimentés, tous les couloirs étaient les mêmes, et faire des allers-retours dans un, unique, aurait donné le même résultat. J’avais pleinement conscience de ce qui me dérangeait, autre que l’omniprésence de Sonia et de ce que je m’apprêtais à dévoiler : j’étais dans un laboratoire, qui se trouvait lui-même dans un hôpital, et l’odeur, cette odeur qui me rappelait celle de la mort bien plus que n’importe laquelle, transpirait dans les locaux aussi. Au fur et à mesure de nos pas, la caféine pris le dessus sur les relents de propreté, et ce fut presque avec soulagement que je m’affalais sur une chaise à la première salle de libre.

-Rude journée ?
-Rude semaine, plutôt, souriais-je faiblement au scientifique en étalant le dossier devant ses yeux.

Les éléments n’étaient pas disposés n’importe comment : il y avait une suite logique, une place bien déterminée pour chaque note, même la plus petite. C’était l’organisation qu’avait toujours eu ce dossier ; d’abord sur le mur du bureau de l’équipe, sur le mur de ma chambre à Berlin et sur le mur de ma chambre aux Etats-Unis… et finalement, ici. Rien n’avait jamais été et rien ne serait jamais laissé au hasard en ce qui concernait Sonia. Rien sauf aujourd’hui, avec la présence d’un inconnu pour m’accompagner. Conscient d’avoir déjà froissé la cheftaine, je choisis consciencieusement mes mots pour remettre en doute le professionnalisme de l’homme face à moi.

-C'est Alex. Ne vous en faites pas, je ne suis pas un bouffon, répondit-il, orgueilleux.  Vous préférez Adriann ou bien...?
-Adriann me va très bien.

J’observais Alex d’un œil nouveau. L’orgueil était pour moi, contrairement à un bon nombre de personnes, une qualité. Et si le scientifique savait le doser savamment, il y avait fort à parier qu’il était compétent. Avec déjà un peu plus de confiance, je mettais une légende sur les éléments qui lui faisaient face, de manière à lui raconter l’affaire de façon la plus concise possible. J’étais sensible à chaque changement dans l’attitude de l’homme : battements de cœurs, teint, chaleur corporelle… il fallait doser mon annonce. Savoir jusqu’où je pouvais aller. Savoir quel genre de personne j’avais réellement en face de moi ; Alex le valeureux scientifique, ou un Alex beaucoup plus sombre que ce qu’il prétendait ? A son teint brusquement livide, j’optais pour la première hypothèse.

-Et je croyais avoir un boulot terrible...

J’avais eu beau me concentrer sur le châtain, l’histoire et les photos m’affectaient toujours autant. Pour lui mais surtout pour moi, je me redressais et quittai la pièce sur une excuse des plus banales. A peine cinq minutes après avoir commencé, nous avions déjà tous les deux besoin de souffler. Les jambes raides et le pas rapide, je suivis les indications du guide improvisé et me retrouvai planté devant la fontaine à eau, l’humeur on ne pouvait plus grise. Il faudrait se reprendre pour avoir une chance de faire quoi que ce soit de cette journée. J’avais toujours tenu bon. Je n’avais pas sombré dans l’alcoolisme, quoi que pouvait en dire les bouteilles cachées dans mon bureau, je n’avais pas essayé la drogue dure… contrairement aux autres, j’avais tenu bon. Alors ce n’était pas le moment pour ressentir un trop-plein d’émotion ou quoi que ce soit d’autre. J’étais affecté, certes, mais ce n’était pas une raison pour laisser mes troubles ruiner la seconde chance que j’avais.

-Monsieur Adriann, me fit rire faiblement la voix d’Alex dans mon dos. Nous avous du café et du thé, si vous préférez.

Je le regardais sans un mot, les yeux plissés. Du café ou du thé ?... Le silence, quelque peu gênant, fut brisé lorsque nos deux gorges raclèrent en même temps. J’éclatai d’un rire fatigué mais honnête en me frottant les yeux des deux mains.

-Excusez-moi. C’est votre "Monsieur Adriann" qui me fait marrer…, soupirai-je pour évacuer la plaisanterie une bonne fois pour toute. Vous n’auriez pas de l’alcool, je suppose ? Je travaille mieux avec. Il me semble, du moins… non ? Va pour du café, alors !, haussai-je les épaules en partant devant, traçant le café à son odeur.

-Il me fait plaisir de vous aider, mais je ne sais pas ce que vous attendez de moi, avoua l’homme qui marchait à mes côtés. Je suis biochimiste de formation et pourrais vous expliquer en détail la façon par laquelle plus d'une vingtaine de poisons causent la mort, mais je ne suis pas coroner.  Si vous avez des échantillons à analyser, ou besoin d'un avis technique, je suis votre homme.
-Je dois avouer que je ne sais pas vraiment ce que j’attends de vous non plus…
-Écoutez, je ne me désiste pas.  Pas parce que Kathleen me l'a demandé.  Je veux vous aider.  Vous comprendrez que je me sente un peu hum... dépassé, par tout cela, n'est-ce pas?
-Que vous ne le soyez pas m’aurait inquiété ! …Pour tout vous dire, je suis un peu désespéré pour cette affaire. J’ai l’impression que tout a été fait, qu’aucun élément ne pourra aider. Mais peut-être qu’une expertise extérieure pourra remédier à ça… je ne sais pas, concluai-je en arrivant dans la cuisinette. Qu’est-ce que je vous sers, Alex ?

J’attrapais deux gobelets et versai les boissons dedans. Pensif, je touillais mon café sans détourner le regard du liquide sombre.

-Je vous propose quelque chose : vous jetez un coup d’œil à chacun des éléments du dossier anglais jusqu’à l’heure du repas pendant que je fais pareil avec la version allemande : analyses, rapports d’autopsie, prélèvements, échantillons, vous avez accès à tout. Vers 13 heures, on s’arrête pour manger dehors, prendre l’air, échanger au sujet de l’affaire et voir ce qui découle de tout ça. Ce sera déjà un bon début…

J’avalais mon café d’une traite avant de me resservir. Traversant les couloirs dans le sens inverse, j’observais Alex. Mon regard, indiscret comme toujours, glissait sur sa nuque, ses jambes, pour mieux observer sa démarche et déterminer son caractère. Tant pis si ça le dérangeait : plus je le faisais, et plus j’avais confiance en lui. Aucune face cachée ne ressortait de mon analyse. Le hasard m’avait choisit la personne probablement la plus innocente de Beacon Hills, et j’en étais ravi.



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MessageSujet: Re: Fire in the Hole | Alex & Adriann   Mar 15 Nov - 2:32

Fire in the Hole




-J'ai dit ça? s'étonna Alex, lui-même surpris par ses propos, autant que de ne pas s'en souvenir.  J'imagine, comme on dit, qu'on peut sortir le gars du Canada, mais pas le Canada du gars. se justifia-t-il en se disant que, manifestement, il n'aiderait pas à faire disparaître les préjugés déclamant la politesse quasiment légendaire des Voisins du Nord.  Lorsque le germanophone s'enquit de la possibilité de travailler sous l'influence de l'éthanol, Alex lui envoya un regard ferme qui disait sans le moindre doute que non, ce n'était pas possible.  Lorsque Adriann insista, n'aidant pas, à son tour, à faire changer les préjugés sur son pays d'origine, le visage d'Alex s'alluma d'une lueur espiègle et il haussa les épaules comme un miroir, déjà en direction de la cafetière.  

-En fait, si, nous avons une panoplie d'alcools, mais ils vous seraient tous toxiques!

La situation était un peu ridicule.  Lancés à la rencontre l'un de l'autre, sans avertissement, sans préparation manifeste, sans rien, les deux parfaits inconnus étaient appelés à collaborer.  La bonne nouvelle, c'était que même au-delà des formules de politesses, les deux esprits ne semblaient pas être incompatibles.  D'un point de vue professionnel, à tout le moins, et c'était bien là tout ce qui comptait.  Bien qu'ils ne sachent ni l'un ni l'autre précisément ce qui était le domaine de connaissance de leur complice du jour, ni ce à quoi ils pouvaient s'attendre de sa part, ils semblaient d'accord sur leur objectif : faire de leur mieux pour, au moins, débroussailler tout ça, y voir plus clair et faire de leur mieux, de manière générale, pour trouver une nouvelle piste pour cette enquête.

-Un thé., fit le druide, songeur, en actionnant la bouilloire.  Il se choisit lui-même un sachet et laissa le visiteur verser l'eau bouillante sur celle-ci.  Le laborantin prit immédiatement une lampée, manquant comme à son habitude de se brûler la lèvre supérieure.  Le visiteur ne sembla rien remarqué et Alex se concentra sur ses interrogations : Adriann était désespéré, et ne s'en cachait même pas.  Ou bien peu, alors.  Le canadien avait beau apprécier l'honnêteté, jouer cartes sur table à ce point pouvait être dangereux.  La première idée du biochimiste, maintenant qu'il avait une meilleure vision des attentes à son égard, fut de vérifier quelles analyses avaient été effectuées, et s'il en existait qui avaient été omises, que ce soit pour des raisons monétaires ou simplement de localisation.  Il devrait également vérifier les spécificités des procédures opérationnelles utilisées, pour vérifier entre autres leurs limites de détection et autre.

Au bout d'un moment, Monsieur Weizerling rompit le silence, avant de descendre son café comme un européen digne de se nom, pour s'en servir un second.  Alex jeta la poche de thé, qui avait déjà trop infusé, et ajouta une larme de lait à son gobelet.  La suggestion de l'allemand tombait sous le sens et Alex ne trouva rien à y redire, malgré ses réflexions le long du trajet vers le bureau qu'ils avaient emprunté.  Loin de s'apercevoir de la manière par laquelle il était scruté, il buvait son thé à petites gorgées, en priant pour ne pas en mettre partout au sol, et répondit finalement à Adriann en posant son gobelet sur la table de travail.

-Ce plan me convient.  Il y a même une brasserie, pas très loin, si vous voulez mieux réfléchir...

***

Les deux hommes traversaient le parc derrière l'hôpital en discutant.  Quelques résidents, accompagnés du personnel médical, se promenaient le long des chemins de gravier.

-Comme je vous le disais, j'ai peut-être une bonne nouvelle, Adriann.  Il y a de nouvelles analyses qui pourraient être effectuées.  Elles n'ont été publiées que l'an dernier, elles n'existaient donc pas du temps de la première investigation.  Et j'ai peut-être trouvé quelques anomalies dans les procédures, mais c'est peut-être un problème de traduction également.  Il me faudrait plus d'informations du laboratoire là-bas.  Et de votre côté?


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MessageSujet: Re: Fire in the Hole | Alex & Adriann   Mer 21 Déc - 23:33




Fire in the hole

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Le silence régnait dans la petite salle de réunion. C'était un silence confortable, professionnel, qui mettait à l'aise malgré tout. Seul le griffonnement des stylos et surligneurs sur le papier berçait le scientifique comme moi. Pour la première fois depuis longtemps, je feuilletais le dossier de Sonia du point de vue de l'expert : mes pensées se transformaient en analyses, mes regards affectés en observations distantes. Je me forçais à prendre de la distance pour ne pas gâcher l'occasion de renouveau qui se présentait à moi.
Néanmoins, arriva un moment où les mots ne formaient plus que des mots, sans aucune finalité ni logique. Ils n'atteignaient que difficilement mon cerveau, qui s'enfonçait de plus en plus dans une sorte d'anesthésie paresseuse. Je me redressais sur ma chaise et m'étirai de tout mon long, ravalant difficilement un bâillement, avant de poser un regard sur le scientifique. Alex s'était montré productif, du moins si j'en croyais les notes qui apparaissaient sur sa feuille. Bien !Il était temps d'aller récompenser nos efforts. Quittant la salle, nous traversions les couloirs de l'hôpital... qu'est-ce que je détestais y rester autant de temps. Si la décision ne tenait qu'à moi, j'aurais déjà amené l'humain dans les installations de l'université. Mais s'il acceptait, ce dont je doutais fort, il restait néanmoins la barrière de la supérieure. La vieille pie n'autoriserait sûrement jamais son subordonné à quitter son lieu de travail. Il ne me restait donc plus qu'à profiter de l'ambiance angoissante et oppressante de l'hôpital en silence si je voulais parvenir à mes fins. Heureusement, Alex échangeait volontiers, et la traversée n'était pas aussi pénible que celles que j'avais déjà pu vivre par le passé.
Lorsque nous perçâmes la lumière naturelle, ce fut pour traverser le parc que j'avais mainte fois foulé lors de mes épisodes somnambuliques. Taisant ces mésaventures, je reportais mon attention sur les paroles de mon désormais collègue :

-Comme je vous le disais, j'ai peut-être une bonne nouvelle, Adriann.  Il y a de nouvelles analyses qui pourraient être effectuées.  Elles n'ont été publiées que l'an dernier, elles n'existaient donc pas du temps de la première investigation.

J'hochais simplement la tête, attentif à ne pas ressentir une joie trop prématurée.

-Et j'ai peut-être trouvé quelques anomalies dans les procédures, mais c'est peut-être un problème de traduction également. Il me faudrait plus d'informations du laboratoire là-bas. Et de votre côté?
-Il risque d'y avoir un problème avec le laboratoire berlinois..., commençai-je par expliquer pour préparer le terrain.

Comment annoncer à quelqu'un qui semblait avoir des principes, ce qui se faisait rare à Beacon Hills, que j'avais allègrement versé des pots de vins pour obtenir ce dossier ? Si bonne manière il y avait d'annoncer ça, elle ne vint pas à mon esprit.

-L'affaire est close depuis des années. Mais, j'ai... disons que je n'ai pas obtenu le dossier très légalement. Voir pas du tout. Ca ne change en rien mes capacités ou mon sérieux à propos de ça !, ajoutai-je précipitamment en attrapant le regard d'Alex. L'affaire est close, mais elle n'est pas résolue.

Ce point clarifié, nous continuions notre marche jusqu'à la brasserie tandis que je racontais mes observations. Ce qui était peinant dans tout ça, c'était que même après plusieurs années à tourner et retourner l'affaire dans tous les sens, rien de nouveau ne ressortait. Et pourtant, il devait bien y avoir un moyen...

-La mère de Sonia s'est suicidée peu après le procès, expliquai-je tandis que nous prenions place à une table. Elle était tout le temps ailleurs, et ses yeux...

Je gardais le silence en me remémorant son regard tandis que le mien vagabondait partout dans la salle. Le sien oscillait entre la folie douce et un profond désespoir, tantôt inconsciente de ce qui l'entourait, tantôt brusquement replongée dans la réalité par une remarque de son mari. Le mien courait de visage en visage, scannant par automatisme chaque trait, essayant de deviner quel individu était susceptible ou non d'être un chasseur. Mes observations furent altérés par la présence de la serveuse. Souriante, elle nous exposa le menu du jour avant de se préparer pour noter.

-Je prendrais un risotto, s'il vous plaît. Végétarien.

La serveuse partie, la conversation reprit une tournure plus agréable. Alex était quelqu'un de relativement calme, et sa nature humaine enlevait une part du mystère qu'il aurait pu inspirer. Cela dit, j'étais curieux, et j'avais appris à mes dépends qu'un simple humain pouvait cacher bien des aspects.

-Je me demandais... qu'est-ce qu'un canadien vient faire ici ? Aux Etats-Unis, ce n'est pas réellement surprenant, mais en Californie...



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MessageSujet: Re: Fire in the Hole | Alex & Adriann   Ven 6 Jan - 5:12

Fire in the Hole




Rapidement, le sourcil le plus près d'Adriann se haussa, tel un gardien de sécurité pris en flagrant délit de somnolence au travail, puis, plus lentement, il fut rejoint par son complice de gauche, marquant tour à tour la curiosité et l'étonnement.  Alex dut prendre quelques instants l'apparence d'un poisson particulièrement demeuré, surpris de l'aveu du presque inconnu.  Puis, sans crier gare, aussi soudainement que la foudre frappe le sol, les sourcils canadiens s'abaissèrent en une barre horizontale et méfiante en-dessous du front.  Était-il en train de se faire mener en bateau?  Il décida de laisser ça chance au coureur et, d'un ton moqueur, rétorqua au germain.

-Macklin est vraiment une piètre juge de caractère.  Elle aurait dû vous aimer, compte tenu que vous tenez tous les deux à atteindre vos fins, peu importent les moyens.

Lui aussi savait jouer des paraboles.  Si Adriann recevait des informations de manières pas très légales, Alex pouvait bien laisser entendre que sa supérieure savait fermé les yeux sur les contraventions aux règles – notamment syndicales – lorsque cela se révélait être à son avantage.

Le châtain retint son souffle en apprenant le triste destin de la mère de la victime.  Elle semblait avoir subi le procès particulièrement difficilement et Alex déglutit, la gorge sèche, incertain que sa question était convenable ou non, avant de s'élancer en bégayant à voix base.

-Elle... Elle s'est empoisonnée?

Regrettant immédiatement, Alex baissa le regard sur un coin de nappe légèrement froissé, qui venait de prendre un intérêt certain et, réalisant qu'il avait plaqué ses mains sur ses cuisses, il les occupa à lisser le coin de table.  La serveuse le fit sursauter lorsqu'elle s'adressa à eux et Alex se sentit comme un gamin, jugé par les deux paires d'yeux qui attendaient sa décision.  Avec empressement, réalisant qu'il n'avait pas porté attention aux propos de la table, trop stressé par son arrivée subite, il se saisit du menu devant lui, l'ouvrit au hasard, fit la moue en voyant les steak, tourna la page et commanda enfin.

-Hum.  La salade du chef, s'il-vous-plaît.  Oh!  Et deux rousses.  En pintes. ajouta-t-il rapidement avant que la serveuse ne parte, faisant signe de la main qu'ils prendraient une bière chacun.  Il se rendit alors compte qu'il n'avait pas trop laissé le choix à Adriann.  Tout le monde aimait les rousses, n'est-ce pas?  Du moins, tous les amateurs de bières.  Adriann aimait-il la bière, au moins? Il avait mentionné rouler à l'alcool, mais n'avait rien spécifier quant au type.  Que diable!  N'était-il pas allemand, ce germanique, ou pas?  Et puis, comme on disait : à bière donnée, on ne regarde pas la robe.  Ou quelque chose dans ce style.

La conversation reprit comme si de rien n'était et Alex se décontracta rapidement, recouvrant son visage souriant à l'air un peu songeur qui lui était particulier.  Et la conversation prit un tour qu'elle prenait souvent avec des étrangers.  Ce devait être ainsi qu'on apprenait à faire connaissance, dans un certain sens.  La question des origines, puisqu'il n'était pas de l'endroit, avait quelque chose de presque rituelle.  C'était d'autant plus drôle que c'était généralement d'autres étrangers qui lui en parlaient.  Peut-être était-ce une façon de se rapprocher, de se sentir moins différent, de craqueler doucement la glace en trouvant un terrain neutre, une similarité évidente?  Au fond, Alex savait bien sûr que c'était le cas, que ça lui réchauffait également les tripes et les entrailles de pouvoir parler avec un autre individu extérieur, bien qu'à force de déménagements, il ne se sentait jamais ni parfaitement étranger ni parfaitement originaire de nulle part.  C'était pour ces raisons, notamment, qu'il prenait toujours plaisir à jouer le jeu, et quitte à jouer...

-Je pensais que c'était évident. débuta-t-il en prenant son air le plus sérieux possible, bien qu'il se sache fort mauvais bluffeur.  Je tente d'instaurer la suprématie de la chemise à carreaux à Beacon Hills!

Sourire exagérément colgate.  Pas besoin d'éclater de rire, rien.  La vanne était évidente tant le stéréotype était grossier, et il ne se fit pas prier pour poursuivre d'un ton plus badin, mais pas moins sérieux pour autant.

-Il y a plus de canadiens qu'on croirait en Californie.  Surtout dans Silicon Valley.  J'y ai quelques amis.  Pour ma part...  C'est simplement que je me suis trouvé un boulot dans ce laboratoire enchanteur, au fond de ce village pas moins enchanteur.  Cynisme.  En vrai, je déteste pas l'endroit.  C'est tranquille, au moins.  Ça change de Vancouver. Et on voit le soleil.  On prend trop facilement le soleil pour acquis! Et vous? Qu'est-ce qui vous a poussé à quitter vos contrées germaniques? renvoya-t-il le palet en direction du gardien adverse, après l'avoir fait glisser du bout de son bâton, d'un ton vacillant entre la plaisanterie et l'aveu,  sur la glace en bon fan de hockey qu'il était.


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MessageSujet: Re: Fire in the Hole | Alex & Adriann   Mer 1 Mar - 0:36




Fire in the hole

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Alex était plutôt facile à analyser. Quelques tics nerveux, comme lisser la table ou détourner le regard lorsque le sujet devenait trop sensible… mais globalement, il semblait plutôt à l’aise. Et pour une fois, côtoyer un humain n’offrait que des avantages : puisqu’il m’offrait son aide, j’étais certain de ne pas avoir envie de le manger, ou même de le goûter… quoi que, cette dernière option restait envisageable.  Mais là où je profitais de tous le confort de sa condition, c’était qu’il ne savait rien. Il ne pouvait sentir ma paranoïa latente, et pourtant pas encore exacerbée, ni le fait que ma nature était diamétralement opposée à la sienne ; ainsi, il était plus agréable de partager un repas en compagnie d’un quasi inconnu plutôt qu’avec mon ancien amant, qui aurait sûrement passé la plupart du temps à scruter le moindre de mes mâchouillements. Mais la vie était ainsi faites, et il n’était plus question de scruter quoi que ce soit ou qui que ce soit lorsqu’Alex prit l’initiative de commander des pintes. Etouffant le remord et la honte que provoquait l’oubli de bière dans ma commande, j’essayais de concentrer tous mes efforts sur l’introduction d’une conversation plus joyeuse. Le premier sujet, le plus évident : la présence d’un canadien au beau milieu de la Californie.

-Je pensais que c'était évident.

Perplexe, j’haussais un sourcil. J’avais loupé un passage, ou… ?

-Je tente d'instaurer la suprématie de la chemise à carreaux à Beacon Hills!, s’exclama l’étranger avec un sourire qui me fit pouffer.

Il commença à m’expliquer, sans se départir de son ton comique mais plus sérieusement, les raisons de sa présence dans la ville. S’il avait eu un quelconque rapport avec le surnaturel, j’aurais été tenté de croire qu’il avait été attiré, comme un certain nombre de créature, par l’aura quelque peu malsain que dégageait Beacon Hills.

-En vrai, je déteste pas l'endroit.  C'est tranquille, au moins.
-Tranquille ? Je n’irais pas jusque là…

Chasseurs, loups, psychopathes et criminels en tout genre, ce n’était pas le genre de clientèle que j’associais naturellement à la tranquillité.

-Et vous ? Qu'est-ce qui vous a poussé à quitter vos contrées germaniques ?
-J’aurais aimé faire la blague de la suprématie allemande, mais au vu du passé de mon pays, je doute que ce soit de bon goût…, souriais-je. Pour être plus exact, j’avais besoin de m’éloigner de certaines habitudes et certaines fréquentations. Et puisque la fac cherchait un enseignant, j’ai sauté sur l’occasion. ...Mais la bière allemande me manque, geignai-je en avalant une gorgée de celle que la serveuse venait de déposer.

*

Une fois le ventre plein et les bières vides, il fallut se rendre à l'évidence : il était l’heure de rentrer au bercail. Marchant aux côtés du laborantin avec l’intime sensation de condamner la bonne humeur qu’Alex m’avait transmise à une mort lente et agonisante, je me tournais subitement vers lui. Comment avouer que ce qui détournait mon esprit du morbide se faisait de plus en plus rare ? J’avais compté sur la présence de Therence. Mais après les récents évènements,  j’avais passé la tête enfoncée sous les dossiers, désespéré comme un noyé. Alex était la première distraction qui m’octroyait une bouffée d’air frais.

-Je sais que j’ai débarqué à l’improviste, et je sais aussi que vous n’allez pas m’abandonner pour cette affaire. Sur ce sujet-là, je vous fais confiance. Mais... Vous ne voudriez pas passer l'après-midi à faire autre chose ?

Malgré l'évidente beauté du canadien, il n'y avait, pour une fois, aucun sous-entendu graveleux de ma part. A peine un regard insistant, c'était pour dire !

-Mais si vous aviez des choses de prévues, ce n'est pas un problème, on se retrouvera dans quelques jours pour continuer de travailler sur le dossier, ajoutai-je précipitamment, à peine stressé à l'idée de devoir retourner seul dans mon bureau pour observer le moindre millimètre de photos de cadavres. Dans tous les cas, le Bulldog vous pense avec moi pour l'après-midi, alors vous êtes libre.



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MessageSujet: Re: Fire in the Hole | Alex & Adriann   Jeu 2 Mar - 22:58

Fire in the Hole




Pas tranquille, Beacon Hills?  Les sourcils d’Alex ne purent s’empêcher de se relever en points d’interrogation et le pauvre laborantin ne put rien faire pour les en retenir.  Il n’interrogea pas davantage l’universitaire, craignant d’aborder un sujet qui ne l’enliserait.  Alex voulut croire une référence aux attaques de pumas, ou aux nombreuses activités offertes par l’hôtel de ville, rien de plus, mais un doute persistait toujours au fond de son esprit.  Un doute comme il en avait toujours, peu importe la personne qu’il rencontrait.  Certes, il devenait de plus en plus sensible à ce que son père appelait les auras des surnaturels, et apprenait doucement à dénoter la différence entre celle de Derek et celles des autres loups de sa meute, tout comme il comprenait doucement que c’était celle de Charlie, encore différente, qui lui donnait un air plus costaud et impressionnant aux yeux de tous, ou presque.  Presque, car il en était apparemment immunisé, tout comme son paternel.  Ça ne rendait pas l’ours-garou plus inoffensif, à ses yeux, simplement plus humain ou, comme il n’aimerait pas forcément ce qualificatif, plus abordable.  Et, mise à part cette espèce de froideur propre aux métiers libéraux, Adriann ne résonnait d’aucun écho de la sorte.

Le druide manqua de s’étouffer dans son rire lorsque le germain lui répondit à son tour quant à ses motivations pour se retrouver en Californie.

-Je vois pas de quoi tu parles! rétorqua-t-il immédiatement en tutoyant aussi naturellement qu’inconsciemment le farceur.  Puis il perdit de sa félicité.  Couper les ponts n’était jamais une activité passionnante, même lorsqu’il s’agissait d’un choix mûrement réfléchi, choisi et accepté.  Et si quelqu’un pouvait le comprendre, dans une certaine mesure, c’était bien lui, petit Cormier déraciné, rempoté et transplanté sans cesse, n’ayant jamais vraiment appris à s’attacher outre mesure aux gens car il croyait aux adieux bien plus qu’aux aux revoirs.

-Et moi, la canadienne! renchérit Alex en trinquant.  Pas forcément parce que la bière de ses provinces enneigée soit particulièrement bonne ou même meilleure qu’ici, mais parce qu’il y avait pris l’habitude de boire des bières locales et tout, plutôt que celles commerciales.  Il paraît qu’il y a d’excellentes microbrasseries plus sur la côte, ou en Oregon.  Un jour j’irai à Portland! commenta-t-il comme s’il se parlait à lui-même.

Le lunch avait été bon, et ils reprirent le trajet, rapide, du laboratoire, sauf que c’était sans compter la proposition surprenante du germain.  Alex s’arrêta immédiatement et fit face à Adriann, qui lui envoyait un air qu’Alex voulut interprété comme penaud, ou non en fait.  Un air de celui qui était décidé à l’entraîner sur la voie du vice.  Ce qui fut prouvé dès qu’il poursuivit.  Alex cligna lentement des yeux en se disant d’une chose, qu’Adriann ne devait pas être le type de personne habituée à s’entendre répondre non et de deux, qu’il n’aurait qu’à déduire ces heures de celles qu’il avait fait en heures supplémentaires sans les avoir déclarées encore.  Toutefois, son ton naturellement moralisateur était toujours existant et prit bien instantanément le dessus.

-Ce n’est pas très professionnel, je suis déçu.  Un sourire s’étira timidement sur ses lèvres.  Je pensais les allemands travaillants et intègres, mais bon.  Il semblerait que Macklin soit réellement capable de faire sortir le pire chez chacun fit-il avec un sourire désormais franc. J’ai une soirée de prévue avec des amis, mais comme mon superviseur m’a donné mon après-midi libre, vous aviez une idée en tête?  Il y a un endroit à Beacon Hills que vous jugez sous-estimé et qui vaut la peine d’être vu?


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MessageSujet: Re: Fire in the Hole | Alex & Adriann   Mar 4 Juil - 13:58




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Je pouvais sentir l’incertitude de l’humain face à moi. Je pouvais voir ses interrogations lorsque j’avais commenté l’aspect tranquille de la ville, je pouvais voir qu’il ne les avait pas résolues. Du moins, pas encore. Peut-être n’en avait-il pas les capacités : quel genre d’humain pouvait, de ses simples aptitudes, deviner toute l’étendue de la nature d’autrui ? J’avalais une gorgée de bière, le regard rivé sur la table. Concentré sur tous les éléments que dégageait mon collègue pour déceler ce qui pouvait être… différent.

*

Sorti du diner, je n’avais aucune idée de ce qui pouvait clocher chez Alex. Il n’y avait sûrement rien, d’ailleurs ; aussi, je jugeais qu’il n’y avait aucun risque pour mon wendigo et moi de continuer à le côtoyer. J’en étais venu à la conclusion que passer l’après-midi en sa compagnie était la meilleure solution, à la fois pour moi… et surtout pour moi.

-…Vous ne voudriez pas passer l'après-midi à faire autre chose ?

…Comme le diable qui proposait un pacte. Ce n’était pas raisonnable, j’en étais évidemment conscient. Mais cette affaire trainait depuis tellement longtemps… si le laborantin pouvait effectivement m’aider aujourd’hui, il pourrait aussi le faire dans quelque jours. Alors que si je rentrais l’esprit noyé sous l’affaire, je n’aurais plus aucune distraction à m’offrir, d’autant plus que le canadien n’avait pas l’air d’être un adepte des coups d’un soir.

-Ce n’est pas très professionnel, je suis déçu, commença-t-il d’un ton moralisateur.

J’haussais un sourcil, surpris. Quel âge avait vraiment cet individu, pour refuser une après-midi de repos ?

-Je pensais les allemands travaillants et intègres, mais bon.  Il semblerait que Macklin soit réellement capable de faire sortir le pire chez chacun.
-Les allemands sont bien des choses, souriais-je d’un air entendu, en réponse au sourire qui étirait ses lèvres.
-J’ai une soirée de prévue avec des amis, mais comme mon superviseur m’a donné mon après-midi libre, vous aviez une idée en tête?  Il y a un endroit à Beacon Hills que vous jugez sous-estimé et qui vaut la peine d’être vu?
-A Beacon Hills, je ne sais pas…

C’était même peu probable. Le seul endroit qui était selon moi sous-estimé était ma chambre froide, mais je doutais qu’Alex ne veuille la voir. A Beacon Hills… ? Je cherchais encore et encore, passant en revue chaque endroit que je connaissais et qui était susceptible d’éveiller la curiosité de mon nouveau collègue, avant d’afficher un énorme sourire. J’avais trouvé et j’étais aussi fier qu’un gosse face à son idée.

-On est pas très loin de la côte, non ? J’ai entendu dire qu’il y avait une brasserie… une très, très bonne brasserie là-bas. Il est encore tôt, on aurait à la fois le temps d’y aller et de dessaouler avant de prendre le volant. Qu’en dites-vous ?

Mon plan était loin d’être imparable. Premièrement parce que je n’avais aucune quelconque idée de la distance qui nous séparait du Saint Graal, deuxièmement parce qu’Alex n’avait pas l’air d’être le genre d’individu à s’absenter du travail. Alors s’absenter du travail pour aller boire des bières… Néanmoins, j’avais envie qu’il accepte. Son profil m’intriguait ; il ne correspondait pas à celui d’un être typiquement humain…




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Alex Cormier

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MessageSujet: Re: Fire in the Hole | Alex & Adriann   Dim 23 Juil - 18:08

Fire in the Hole




Adriann ne savait pas.  Évidemment, c’était bien la chance d’Alex : trouver quelqu’un qui avait encore moins exploré la petite bourgade que lui-même.  Et pourtant, outre les balades en forêt, Alex avait un ou deux endroits favoris, qu’il jugeait méconnus et valant le détour.  Le Pied-de-Vents et le No Man’s Land, entre autres.  Et puis il y avait ce petit parc, caché et intimiste, presque comme un jardin secret, qu’il aimait bien.  C’était parfait pour un après-midi de lecture tranquille au soleil.

Toutefois, Alex n’eut heureusement pas le soucis de devoir partager ses endroits mal-aimés, au risque de les rendre trop populaires et leur faire perdre ainsi leur charme.  La quiétude, le calme et la tranquillité étaient valorisés chez Alex au point d’en être élevés au niveau de vertus cardinales.  Pas question de les gâcher en révélant ces paroxysmes vertueux au premier légiste venu!  Si Alex était déjà allé au petit parc avec Jenny, il n’en avait jamais parlé à ses autres amis.  

Adriann demanda donc s’ils étaient bien loin de la côte, rebondissant sur la précédente complainte du druide.  Sans pouvoir expliquer pourquoi, Alex porta un regard à sa montre avant de répondre.

-Pas trop loin, non : c’est à peu près à quarante-cinq minutes d’ici.  Après ça dépend où sur la côte…  Ma voiture est par là-bas.  Elle a tendance à chantonner, j’espère que ça ne vous dérangera pas trop.


Plongeant la main dans la poche de son jeans pour y farfouiller à la recherche des clés de sa voiture, Alex fit une drôle d’expression en tentant de les atteindre, et sortit finalement un poing victorieux.  Il se dirigeait vers sa bagnole, loin de se douter que la druidmobile était sur le point de voir monter un énième surnaturel à bord.

-Je ne sais pas si vous aurez le temps de décuver, mais je ne compte pas boire plus qu’une bière.  Ou alors deux verres.  Pas de quoi saouler qui que ce soit…  N’est-ce pas?

Le sourcil bien haut, le sourire narquois, le sous-entendu était évident.  Ce n’était pas réellement une invitation à faire une concours de calage, mais définitivement une attaque à la réputation germanique.  Et le laborantin n’avait pas menti : son carrosse faisait de biens nombreux grincements et autres bruits plus ou moins méconnaissables.


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Merci Matrim & Chuck!
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