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 Identità nascosta Feat Alec

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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Identità nascosta Feat Alec   Ven 19 Aoû - 22:49



Identità nascosta


Feat : Alec O’ Fallamhain


J’ai écrasé la sonnette de l’appartement d’Alec une bonne demi-douzaine de fois sans résultat. J’arrête quand sa voisine ouvre sa porte pour voir ce qu’il se passe.

- Il doit être à la caserne… Il a oublié son portefeuille chez moi. Si jamais vous le voyez pouvez-vous lui passer la commission Signora ?

J’affiche un sourire charmant pour faire bonne impression. Cependant cela ne semble pas suffire.

- Alessandro Amaro, je tiens un bar sur l’avenue principale. Le Pink Print.

La femme qui me regardait d’un air suspect me détaille à nouveau un peu trop franchement à mon gout. Encore une qui pense que les gay ont forcément un air efféminé. Ce qui est totalement raté avec moi ! Je m’éclipse non sans avoir sondé les bruits dans l’appartement d’Alec. Je n’entends rien, pourtant son odeur près de sa porte est récente. Il est certainement à la caserne de pompiers ou à son cabinet d’ostéopathe. Le connaissant, je sais qu’il n’aurait pas refusé de prendre un patient même s’il est fatigué. C’est sans réelle inquiétude que je ressors de son immeuble et me dirige vers la caserne qui n’est pas très loin. Un camion passe sirènes éteintes, avec sa cargaison de soldats du feu. Ils reviennent d’intervention. Je guette si je vois Alec, néanmoins dans les hommes qui descendent du camion, je ne reconnais pas celui que j’ai étreins cette nuit. Je me dirige vers le chef de la brigade et lui pose la question de savoir s’il a vu Alec aujourd’hui.

- Ah c’est vous le patron du bar qui a flambé l’autre jour ?
- Si.
- Non, Alec n’est de garde que ce soir si mes souvenirs sont bons. Vous lui voulez quoi ?
- C’est personnel. Merci de l’information.

Quelque chose me retient de lui dire la raison de ma venue. De toute manière, je préfère lui rendre son larfeuille en main propre. Je ne connais pas l’adresse exacte de son cabinet d’ostéopathe. Je file un peu plus loin sur la rue et cherche sur mon téléphone. C’est ce que je craignais. Alec est arrivé trop récemment pour être référencé dans l’annuaire. Je pourrais retourner à la caserne et laisser un message à son attention, mais une vague intuition me dit que je dois le voir rapidement. J’entre dans la première pharmacie que je croise et les questionne pour savoir s’ils connaissent un ostéopathe récemment installé. C’est à la troisième que je trouve mon renseignement. C’est une cliente qu’Alec a traité qui me parle de lui. La description coïncide. La femme est visiblement contente des soins que mon ami lui a apporté. Je ne lui dis pas ce qu’il m’a fait cette nuit, la pauvrette rougirait jusqu’à la racine des cheveux.

Je ressors de la pharmacie, non sans avoir remercié chaleureusement la dame et rebrousse chemin en suivant ses indications. Mon téléphone vibre dans ma poche. Depuis que j’ai repris l’affaire des combats clandestins de la ville et décimé un tiers des hommes de Victor Barns, c’est encore pire qu’avant niveau quantité d’appel. Je réponds tout en marchant, après cinq minutes de marche j’arrive enfin devant le cabinet d’Alec qui est fermé. Son odeur est présente mais cela date. Est-il sorti faire des courses ?

Je ne sais pas quoi faire. Dois-je attendre qu’il prenne son service ce soir ? Cependant j’ai un malaise que je n’arrive pas à évacuer. Il me semble que je suis passé à côté de quelque chose. J’appelle le Pink pour leur dire que je serai absent plus longtemps que prévu et retourne à l’appartement du pompier.

Largo que j’ai embauché pour tenir les paris des combats m’appelle pour me demander mon avis sur un des combattants. Le type est un rageux, et bien qu’il n’y ait pas réellement de règles définies sur les combats, les participants s’en tiennent généralement au code d’honneur en usage dans la pratique de ce sport violent.

« - Colle moi contre lui lors de son prochain combat. Il va servir d’exemple. »
« - Ok Boss. »

Ensuite c’est Sophie ma barmaid qui m’appelle pour savoir si la commande d’un whisky particulier est proche d’être livrée. Mon inquiétude à ne pas trouver le pompier me brouille un peu la mémoire. Je dis à Sophie que je lui donne l’information dès que je rentre. Je suis à nouveau au pied de l’immeuble d’Alec. Mettant mon téléphone en mode silencieux, j’entre à nouveau. Cette fois je me fais discret. Devant la porte d’Alec, je ferme les yeux et m’imprègne du lieu. Des odeurs se mêlent à celle du pompier. Je n’y avais pas pris garde la première fois, tellement persuadé de le trouver à la caserne ou à son cabinet. Les effluves ont la même intensité que l’odeur d’Alec. Je suis un professionnel du crime organisé et là tous mes indicateurs tournent au rouge.

Je m’assure que le calme règne dans les appartements adjacents et à l’aide d’un mouchoir propre je tourne la poignée de l’appartement du pompier. Mon cœur se plombe quand je l’ouvre sans difficulté. Une légère odeur de sang me parvient, je crains le pire. A-t-il fait un malaise ? J’entre rapidement et referme.

Je m’avance prudemment. Un désordre règne à l’entrée. Une desserte où Alec doit poser ses clés est à terre. A vue d’œil le reste de son appartement est intact. Un objet qui brille sous un meuble attire mon attention. Les clés de l’appartement… Difficile de dire si le sang dont je sens l’effluve lui appartient. Alec a dû se faire surprendre dès qu’il est entré. Qui peut bien lui vouloir du mal ? Comment le retrouver surtout !

Je m’imprègne des odeurs corporelles que je sens. Alec est un gars bon et gentil. Il est apprécié de ses patients, je sais qu’il a quelque soucis avec quelques-uns de ses collègues pompiers, mais de là à aller à un enlèvement…

- As-tu eu le temps de me laisser un indice mi amico, même sans le faire exprès ?

Je tourne en rond pour trouver quelque chose. Car si j’ai bien l’odeur de ces types, ils sont vraisemblablement venus en voiture. Je perdrai leur trace sur le trottoir. Je possède maintenant une équipe à Beacon Hills entre les hommes que j'ai recruté pour la sécurité du hangar où se déroulent les combats et l'équipe musclée qu'Ares a recruté. Toutefois, je ne sais pas dans quoi est embarqué Alec. Je ne préfère pas dévoiler ce côté-là de ma personne si je peux m'en sortir autrement.

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Alec O’ Fallamhain

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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Sam 27 Aoû - 9:02




Identità nascosta







Je souris, car je suis entouré de deux beaux gars, et leur bras forment un cocon de douceur et d’envie autour de moi. J’aime l’odeur de leur peau, la texture également. Alessandro. Jansen. Une nuit magnifique, intense, dédiée au plaisir charnel, gustatif, et ce bien être qui m’emprisonne de façon tellement plus agréable que le doute. Mais étrangement, je ne ressens plus vraiment leur chaleur. Je cherche à retrouver le contact de la peau d’Alessandro contre la mienne, mais je n’y arrive pas. Je tâtonne, espérant trouver la main de Jansen mais je n’arrive même pas à bouger.
J’essaie de toutes mes forces d’ouvrir les yeux, espérant croiser le regard émeraude du danseur, mais mes paupières semblent vissées, les volets clos. Et là où il y a quelques heures à peine, se trouvait le plaisir, la plénitude, je ressens un engourdissement, du froid, de la douleur même. Cela fait ben longtemps que je n’ai pas ressenti de la douleur, et je n’aime pas ça… Les rouages de mon cerveau auraient besoin d’huile, car je n’arrive pas à les enclencher, j’ai l’impression de louper quelquechose, une pièce d’un puzzle mortel que j’ai intérêt à résoudre au plus vite. Autour de moi, du froid, du métal, du vide, et pas de son. Et lorsque j’essaie de bouger, je me rends compte que j’ai les pieds et les poings liés, par ce même métal. Du plomb !

Les personnes au courant de ma faiblesse face à ce métal ne sont pas légion… Alors c’est comme ça, c’est le temps des problèmes. Finalement mon passé m’a retrouvé, et, plus rapide que moi, à réussi à me droguer, probablement avec du mercure, détraquant sans l’anihiler mon pouvoir, puis à m’attacher et m’enfermer dans un carcan de plomb, m’ôtant toute possibilité de fuite ou d’attaque.
J’arrive enfin à ouvrir les yeux, et immédiatement je le regrette. Je suis emprisonné dans une sorte de cercueil en plombe, dont le dessus a été ouvert au niveau de la tête, et une lumière aveuglante me plante ses vrilles de douleur dans les yeux. Cependant, personne aux alentours. Soit ils pensent que je ne devais pas me réveiller si tôt, soit ils m’observent depuis une cachette, ou derrière une vitre sans teint, ou encore via des caméras… Si ce sont bien ceux que je soupçonne, chacune de ces méthodes leur convient… Je prie simplement pour qu’ils veuillent juste ma mort, et pas pour qu’ils me forcent d’une façon ou d’une autre à reprendre mes anciennes activités.

L’amertume me submerge avec force. Il aura fallu que la veille je passe une de mes plus belles nuits, avant de replonger en enfer… Mais je garde un souvenir précieux de cette nuit. J’essaie de me raccrocher à ce bonheur, ce plaisir. Ce n’est pas chose facile quand mon corps me fait souffrir, ce qui n’était pas arrivé depuis ben longtemps.

J’entends presque les cliquetis des rouages de ma mémoire lorsque celle daigne enfin se réveiller, même si elle le fait avec une lenteur exaspérante. Je me souviens d’être rentré, le sourire aux lèvres. Puis le coup derrière la nuque, et l’injection du mercure. Ce qui aurait tué un être normalement constitué m’a perturbé. J’essaie de me rappeler. Mon pouvoir se détraque mais marche encore, avec le mercure. Je me souviens du chloroforme, ensuite, mais aussi de cette sensation étrange que j’associe maintenant à ce qui arrive quand je transfère sans le vouloir mes tatouages en même temps que mes blessures.. Oui, j’ai tenté de transférer le problème et l’engourdissement à mon environnement, mais le mercure à tout fait devenir crazy.

Un bout d’aile caractéristique sur le sol, dépassant un peu du tapis d’entrée de mon appartement. Un morceau de tatouage tribal sur le devant de mon immeuble, un autre lorsqu’on me trainait vers la voiture, et que je m’accrochai à la conscience de toutes mes forces. Je me rappelle avoir tenté de transmettre à un des trois types mon état, et j’ai presque réussi, car il s’est écroulé, saignant contre le trottoir dans la petite ruelle sombre. M’insultant copieusement, il m’a donné un coup, qui s’est transmis au mur, en même temps qu’un autre morceau d’aile, me brulant le dos à l’endroit ou naguère se trouvait cette partie de mon tatouage. Je crois avoir essayé plusieurs fois sur le trajet, avant de sombrer définitivement, avec à chaque fois le même résultat frustrant. Je perdais simplement une courbe d’encre noire ou des plumes autrefois gravées dans ma chair, sur l’asphalte, le bitume, les poteaux indicateurs. Puis le néant. Une vague sensation d’être trainé sans ménagement, le contact froid et effrayant du plomb.

Retour au présent.

Une voix au combien familière s’adresse à moi par le truchement d’un micro.
« ça fait longtemps, Alec.. Très rusé de ta part d’avoir changé ton nom de famille tout en gardant des sonorités irlandaises. Je vois que tu as bien appris tes leçons. Si tu veux mon avis, tes cheveux sont un peu trop sombres à présent. Ton côté blondinet plaisait beaucoup à la gent féminine. Mais tu le sais aussi bien que moi. J’avais entendu dire que tu t’étais fait tatoué. Je vois que mes renseignements sont faux à ce sujet, ce qui bien sur mérite une petite leçon pour celui qui me les a fournis… Alors voilà, le deal est simple. Il va falloir me montrer que je peux encore te faire confiance.. Que tu mérites de rester dans la famille… »

Une autre lumière s’éclaire et je reconnais avec stupeur mon frère. Johan. Les lèvres tuméfiées. Un regard hébété… Du sang sur le visage, le cou. Il est presque nu, comme moi, et enchainé lui aussi.
« malgré toutes nos questions, il n’a pas su nous dire comment exactement tu as pu t’enfuir… Il y a encore une part de mystère… »

Un type le pousse sans ménagement et je vois, à sa claudication, qu’il a passé un mauvais moment. On me relève, on me sort du cercueil, mais on me laisse pieds et mains liées à ce maudit plomb.

« je ne peux me permettre de garder deux types d’une même famille au sein de ma propre famiglia. Celui de vous deux qui survivra prendra la relève… Et comme je suis quelqu’un de juste, tu ne pourras pas utiliser tes trucs sur lui. Bien sur, je préférerais que ce soit toi. Tu sais très bien que tu nous intéresses beaucoup pour tes possibilités. D’ailleurs, je crois que ton frère à une question à te poser. N’est-ce pas Johan ? »

Je regarde, les yeux humides, mon frère et son dégoût vis-à-vis de moi.
« Comment as-tu pu faire ça ? Puisque tu pouvais leur faire subir à eux plutôt qu’à tes victimes ? »

Bien sûr, il a raison. A l’époque, ils n’étaient pas au courant pour le plomb. Ni moi, d’ailleurs. Mais comment lui expliquer qu’ils avaient la main posée sur l’épaule de papa, maman et lui, mon frère ? Comment lui dire que j’ai fais tout ça pour les préserver ? Je tente de le faire, et je lis un doute dans les yeux de mon frère.
« C’est pour toi. Pour maman. Pour papa. »
« Tu mens ! Tu nous as laissé ! Tu nous as abandonné ! Traitre ! »

Ses mots me frappent comme ses poings ont envie de le faire. Je vois tous ses muscles se tendre de haine. La famille a des méthodes efficaces. Elle distille la vérité maquillé sous le fard du mensonge, et il est ensuite très difficile de le contredire.

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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Mer 31 Aoû - 18:40



Identità nascosta


Feat : Alec O’ Fallamhain


J’ouvre rapidement la porte de l’appartement d’Alec et la referme derrière moi. Jouant avec son trousseau de clé, je me place au centre de la pièce qui fait face à la porte d’entrée et tente de me détendre. Je m’isole des bruits extérieurs et me concentre sur ce qu’il y a autour de moi. L’odeur d’Alec est présente, ainsi que d’autres. Les types qui l’attendaient ont poireauté un moment. Il n’était pas prévu dans l’emploi du temps d’Alec qu’il reste la nuit au Pink. Les odeurs étrangères sont donc très marquées. Trois, ils étaient au nombre de trois. Trois mecs qui font une planque pendant quasiment une nuit cela doit bien laisser des traces. Tournant sur moi-même, je scrute le moindre désordre. Il y a bien sur celui qui est dû à Alec lui-même. Mon odorat me mène là où ils se sont assis et à ce qu’ils ont approché. Mais tout a été soigneusement remis en place. Un verre un peu trop propre attend d’être rangé sur l’égouttoir alors que l’évier montre que le pompier est largement en retard dans sa vaisselle. Dans la chambre s’est pareil. L’habitude du milieu me sert à repérer que les placards ont été fouillé. Toutefois rien n’est dérangé plus que le flou du rangement d’un gars qui vit seul.

C’est en retournant dans le salon que je l’aperçois. Sur le sol, là où je me tenais, partiellement caché par le tapi, une arabesque à l’encre de chine. Immédiatement je reconnais un fragment du tatouage d’Alec. Il s’est servi de son don soit pour se préserver de blessure, son tatouage aurait suivi le transfert, soit pour laisser un indice. Je cherche minutieusement si j’en trouve d’autre. Avant de quitter son appartement, j’en refais le tour pour être certain de ne rien louper et je ressors en verrouillant la porte.

Maintenant que je sais quoi chercher, c’est sans mal que je vois un nouveau motif au pied de son immeuble. Je suis ensuite un peu dérouté, je tâtonne, reviens sur mes pas et trouve plus loin un nouveau transfert et un bout de mur qui a subi la douleur d’Alec.

« - Que t’arrive-t-il mio amico ? »


Ce sont des pros qui l’ont embarqué. Même les hommes de Victor Barns sont moins soigneux. Qu’a donc fait le pompier pour attirer des types de ce niveau-là ? C’est tout à fait le genre d’opération que je peux mener, de la discrétion et surtout aucune trace pour les flics.

Je joue au Petit Poucet. Les indices s’éloignent les uns des autres, toutefois je devine bien que ceux qui ont enlevé Alec ne vont pas rester au centre-ville, ni se diriger vers le quartier résidentiel. C’est donc en cheminant vers les faubourgs de Beacon Hills que je remonte les traces, qui sur la route, qui sur un panneau de signalisation. Alec n’a pas vraiment choisi, je devine sa détresse et sa souffrance. L’encre éclabousse son support comme du sang qui gicle. Avant de sortir du cercle animé de la ville j’appelle le Pink pour les avertir que je ne rentre pas jusqu’à nouvel avis, puis je compose le numéro de Ryan. C’est celui qu’Arès a nommé chef du groupe de nos hommes. Il vient de la même ville que moi. C’est un ancien militaire que l’ingratitude de nos concitoyens et la non reconnaissance de ses faits d’arme ont fait basculer dans le camp opposé du bien et de l’ordre qu’il défendait auparavant.  

- Oui ?
- Amaro. Retrouve-moi avec ton cousin à l’angle de la 14ème  et de la 8ème.
- Quand ?
- Presto.


(…)

Ryan me suit en voiture en restant à bonne distance. Cela fait plus d’un kilomètre que je marche dans une zone industrielle triste et grisâtre. Cinq cent mètres que je n’ai plus d’indice d’Alec. Je marche les oreilles en radar. L’aspect désert des lieux est trompeur. J’entends une foule underground qui vit dans l’ombre de ces bâtiments que l’on pense abandonnés. Une odeur de tabac m’attire dans un coin de ruelle. Un type fume en regardant le ciel. Quand il m’entend m’approcher, je le vois esquisser un geste vers sa hanche. Je lève ma paume en signe de paix et agite ostensiblement une tige de nicotine.

- Tu n’aurais pas du feu amico ?
- C’est toi Amaro ?
- En chair et en os. Nous nous connaissons ?
- Non, mais Barns te connait.


Je lève les yeux vers lui alors qu’il allume ma cigarette. Méfiant j’attends la suite.

- Barns est un connard. Il parait que tu es moins rapiat que lui…
- Je ne suis pas avare quand on ne l’est pas avec moi…
- Tu as du taf ?


Je tire une longue bouffée et exhale ma fumée avec un plaisir évident.

- Tu sais faire quoi ?
- Écouter.
- Je vois… Si tu réponds à ma prochaine question, tu pourras aller voir Ryan. Il jugera si tu peux nous être utile.
- Pose ta question.
- Une voiture ou un fourgon est passé par ici aux premières heures du matin. Un des types dans cette bagnole n’était pas vraiment consentant pour la ballade. Tu sais où je peux les trouver ?
- Fait encore deux cent mètres, sur la droite il y a un vieil atelier de métallurgie. Des types ont débarqué il n’y a pas longtemps.
- Ok. Voici cent dollars. Je viens les reprendre si je ne trouve pas ce que je cherche.
- Pas de soucis Boss. Au fait, les types ont le même accent que toi.
- Je vois.
- Hey attend !
- Quoi ?
- Ne fait pas la même boucherie que l’autre jour. Mes potes et moi n’avons pas trop envie de voir les poulets débarquer …
- Je comprends. Je ne promets rien mais OK. Ciao’.


(…)

J’ai fait signe à Ryan pour qu’il avance et me prenne en passant. Je demande à Andrew une de ses armes et la glisse dans mon dos. Nous dépassons l’atelier. Adossé à un mur, un type se cure les ongles. J’attrape une conversation au vol. Je ne saisis pas tout, juste que c’est agité et pas amical. Au bout de cinq cent mètres je demande à Ryan de faire demi- tour et nous venons nous garer devant le bâtiment. Le cureur d’ongle s’est redressé et a discrètement tapé trois coups sur le mur en taule avec ses clefs. Ryan et son frère se tiennent à deux mètres derrière moi, la mine impassible attendant mes ordres.

- Ciao’ Amico. Come stai ?
- Bene…
- Voglio entrare
- Non.
- Legge della terra…


Un deuxième type sort de l’atelier, il ouvre la bouche pour visiblement nous demander de déguerpir, mais referme son clapet pour le rouvrir prudemment.

- Alessandro Amaro… Tu es de passage dans ce trou paumé ?
- Ce cher Eliott ! Je ne suis pas de passage. J’habite cette ville.
- Ah…
- Depuis mon départ de LA je suis devenu très à cheval sur la notion de territoire…
- Ne t’inquiète pas, on s’en va à la nuit tombée. Je ne savais que tu t’étais installé ici. Nous ne comptions pas rester.
- Pourquoi êtes-vous venus ici ?
- Une affaire interne. Un de nos hommes s’est barré sans permission… Enfin tu connais la musique. On les aide, mais quand faut rendre la monnaie… que des ingrats.
- C’est Rafaelo qui mène votre sortie ?
- Oui. Je descends l’avertir que tu es ici.
- Mieux, je viens avec toi.


Je ne lui laisse pas le choix et entre. Ryan et Andrew connaissent leur travail et laissent les deux gars passer devant eux pour surveiller mes arrières.

- Comment as-tu pu faire ça ? Puisque tu pouvais leur faire subir à eux plutôt qu’à tes victimes ?
- C’est pour toi. Pour maman. Pour papa.
- Tu mens ! Tu nous as laissé ! Tu nous as abandonné ! Traitre !


Pendant que nous descendons un escalier métallique, je reconnais la voix d’Alec. Pas besoin d’en entendre plus pour deviner pour quelles raisons Alec les intéresse. La question que je me pose, c’est comment il a pu être si naïf pour tomber dans le piège de la mafia, à moins qu’il n’ait subi des pressions. Eliott interrompt la conversation entre ce qui semble être deux frères.

- Rafaelo, nous avons de la visite.
- Alessandro Amaro ! Ti sei perso?
- …
- Nous sommes sur son territoire…
- Oh ! Mille pardons de ne pas avoir présenté nos hommages avant de nous inviter. Mais ne t’inquiète pas…


Je n’écoute plus le bavardage du chef de bande. Mon regard a croisé celui d’Alec. Je n’aime pas les sentiments qui traversent son visage. D’abord de la stupeur et la surprise, puis le doute et enfin de la déception ? Se sent-il trahi ? Je me retourne vers Rafaelo et m’adresse à lui de manière laconique. Un parrain ne fait pas de long discourt. Un italien qui fait bref, ce n’est jamais bon signe.

- Vous dégagez maintenant Raf’.
- En plein jour avec ces deux-là… ce n’est pas prudent…


Les mains se rapprochent des holders, la tension monte. La partie va être délicate. Je peux légitimement réclamer Alec, brodant sur le fait qu’il roule pour moi. Mais ce n’est pas le cas pour son fratello. Et j’imagine bien le moyen de pression que Rafaelo a sur Alec. Même si j’arrive à les faire relâcher le pompier, Alec les suivra quand même pour sauver celui qui est du même sang que lui. Personnellement c’est ce que je ferai. La famiglia s’est sacré, même si on ne s’entend pas spécialement.

- Alec m’appartient !

Aucune émotion ne transparait sur mon visage, je le revendique comme un objet. J’entends son cœur défaillir. J’espère qu’il va jouer le jeu et faire comme si j’étais son parrain. Car c’est le rang que j’ai aux yeux des autres mafieux puisque je suis le seul en place sur Beacon Hills. Je ne regarde pas du côté du pompier. Je reste campé sur mes jambes, le dos bien droit. Ryan et Andrew ont leurs mains sur la crosse de leur flingue, prêts à dégainer. Je suis désolé de devoir me dévoiler devant Alec, mais c’est la seule façon si je veux lui sauver la mise.

- Et je garde l’autre aussi, vu qu’il vous sert de moyen de pression contre mon homme. Cela équivaux à faire pression sur moi.
- Navré Aless’ mais nous les gardons ! Nous sommes cinq, et vous n’êtes que trois.
- Souviens-toi du Blue Paradise Raf’…


Mon vis-à-vis pâlit brusquement. Le Blue Paradise est une boite de nuit et accessoirement une salle de jeu clandestine. Le Boss de cet établissement était un cousin de Rafaelo. Il avait eu la mauvaise idée d’intercepter mes hommes qui me ramenaient la recette d’une transaction fructueuse de marchandises clandestine. J’étais allé récupérer mon argent seul, ayant ordonné à mes hommes de rester dehors et d’abattre ceux qui pouvait en sortir. Une dizaine d’humain ne font pas le poids face à un lycan, surtout quand ils ignorent l’existence de telle créature et de ses capacités surhumaines. Je suis connu pour mon extrême violence quand on ose me doubler.

Ma menace a fait sortir les armes. Chacun vise son chacun. Rafaelo me vise la tête, je vise son cœur, le bras tendu, l’arme incliné sur l’horizontal. Un silence de plomb, comme la matière de la boite où Alec est prisonnier, s’abat dans le sous-sol. C’est pratiquement certain que j’ai perdu l’amitié du pompier. C’est un gars franc et honnête et j’imagine qu’il n’a pas envie de passer d’un gang mafieux à un autre. Et pourtant… Bien que je ne lui demanderai pas de retour pour ce que je fais là, la dette de sang est faite. Alec a suffisamment d’honneur pour me renvoyer l’ascenseur de lui-même et cela malgré toutes les réticences qu’il pourra éprouver contre moi. Mon rôle fait de moi un homme entouré mais seul. Je ne me plains pas car j’ai Jansen et Arès qui m’accepte tel que je suis. Le reste de mes relations n’est qu’un jeu de séduction ou un rapport de force. Difficile dans ce cas de construire une amitié sincère.

Mon portrait est bien noirci au regard de mio amico. Dans ce sens, le terme reste une vérité. Et même si le mal est fait, je ne souhaite pas qu’il me voit abattre des hommes de sang-froid. Alors j’interpelle Rafaelo dans notre langue natale, un sicilien si rapide et entaché d’accent que son second Eliott américain pur souche ayant appris l’italien à cause de son travail, ne peut absolument pas comprendre. Je décris à Rafaelo comment j’ai tué son cousin et ses hommes à l’arme blanche. Un contre dix armé jusqu’aux dents. Je lui décris la boucherie que ça été. Il sait que je ne mens pas, puisqu’il a fait partie des nettoyeurs qui ont dû faire le ménage après mon passage. A Los Angeles je suis connu pour être le Boss qui n’hésite pas à laver ses mains dans le sang. Je ne fais que suivre l’exemple des plus grands parrains que l’Amérique ait pu compter, préférant l’arme blanche à la batte de baseball de Capone. Mon plaidoyer le fait fléchir.

- Ok Garde ton gars. Mais on garde son frère.
- Je ne négocie pas.
- … Je suppose que si tu ne nourris pas les poissons de la baie de LA après ton exploit, c’est que le Don t’a à la bonne…
- …
- Laisse-nous garder le gamin.
- In soli tre secondi, il corpo avrà un foro supplementare. Uno ! Due…
- Ok ok relaxe !


Il tempère le jeu, mais leurs armes sont toujours pointées sur moi et mes deux hommes de main.


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Alec O’ Fallamhain

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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Mar 6 Sep - 23:36




Identità nascosta







Il est là, devant moi, et je ne vois que ses blessures, ses poings serrés, son regard fiévreux et son corps tendu. Il se retient, mais je vois bien qu’il agit comme un malade. Lui et moi, tôt ou tard, on va devoir aller à la batte. Et m’est avis que c’est moi qui va en faire les frais.
Je l’aime, pourtant, ce satané têtu d’âne bâté de frère. Mais il ne me voit plus, il ne voit qu’un traitre, car sous le maquillage subtil de la vérité, ces hommes ont distillé du poison, des mensonges, et ont monté mon propre frère contre moi. Et encore, je ne sais pas ce qu’il a pu advenir de mes parents. C’est presque malgré moi que je lui demande.

« et p’pa ? m’man ? ». Je vois son regard rougis par les petits vaisseaux sanguins éclatés se voiler. Ses poings se serrent un peu plus… J’ai ma réponse…J’ai mon voyage…. Et bien sûr, il doit me considérer comme responsable.

Il y a un étrange vide en moi. Je n’arrive pas à me saisir de ce moment, pour le pleurer ou en faire une rage capable de tout détruire, y compris mes ennemis. Je n’ai que ce vide. Je cherche une tristesse à laquelle me raccrocher, j’essaie même de faire mienne celle de mon frère, mais est le plomb ou mon âme vide, je ne sens rien.

Ils le relâchent comme un chien trop longtemps tenu en laisse, et je reçois un violent coup de poing a la mâchoire, dont j’apprécie chaque once de douleur. Le plomb… Puis mon frère se recule, m’observant, comme étonné de mon manque de réaction. Est-ce que je cherche à expier ? Ou suis-je juste trop abattu pour réagir ?

Si seulement le voile rouge sur son regard pouvait s’envoler quelques secondes, si seulement il pouvait me regarder dans les yeux. Il verrait alors tout l’amour que j’ai pour lui, et tous les sacrifices que je serai prêt à faire pour lui. Ce moment arrive, fugace. Je vois ses sourcils se plisser, le doute s’inscrire en faux sur la vérité maquillée comme une prostituée aguicheuse sur le trottoir de notre passé. Ses poings se crispent et se décrispent. Les hommes ne sont pas content, ils n’ont pas leur combat fratricide.

Parmi les ombres, je crois voir quelque chose se mouvoir. Un homme qui semble représenter une autre alternative qu’eux ou moi… Un nouveau pion ou une pièce maitresse de l’échiquier ? Mais je ne suis pas sûr de moi. Car quand je tente de l’apercevoir de nouveau, je n’y arrive pas…
Et puis soudain, Alessandro fait son apparition, comme un diable sortis de la poche du grand cornu. Mais lorsque je comprends qu’il maitrise parfaitement le langage et les habitudes de ces hommes, quand je comprends que lui aussi, d’une façon ou d’une autre, fait partie de la grande famille, et qu’il revendique d’ailleurs son territoire, mon monde s’écroule. Alors que mon corps reste roide et amorphe, j’ai l’impression que mon cœur s’emballe et que je tente de ne pas m’écrouler, en haut d’une pile de dominos dont les bords sont faits d’acier tranchant… Mais la chute vertigineuse a déjà commencée.

- Alec m’appartient !

Vision fugace. Trois corps enlacés. Son souffle chaud sur ma nuque, Alessandro en moi… Mes joues sont rouges de colère et d’envie.

La suite de la conversation m’échappe. Mais j’en saisis l’essence. Alessandro est comme eux. Et il a déjà tué, et avec passion, là aussi, vu la tête que font les autres… Comment dit-on déjà ? Tomber de Charybde en Scylla ? Ou bien je me trompe totalement, et, depuis le début, il est la pour me surveiller, il fait partie du plan ? Mon esprit s’embrouille, j’ai envie de hurler.
Mais pourtant il semble vraiment vouloir faire ça pour moi ? Pourquoi ?
Sa main sur moi. Son sourire, ses baisers, ses caresses… Marde !

Je devine que la négociation inclue maintenant mon frère Johan. Il me regarde, interdit, aussi perdu que moi. Les armes sont toujours pointées sur nous… La situation semble aboutir à une impasse. Le genre d’impasse sordide, avec des poubelles, du sang, de la pisse…

Et puis soudain, l'ombre que j'ai aperçus plus tôt se fait de nouveau sentir, comme une présence indicible. L'espace d'un instant, l'ombre passe à la lumière, et je découvre un jeune homme athlétique, au regard d'ange et au sourire radieux me faire un clin d’œil, encercler mon frère d'un bras puissant, puis replonger dans les ombres non sans m'avoir lancé
"a charge de revanche, frère d'encre !"

Je suis totalement pétrifié.
"non.. ça ne se peut pas.. c'est impossible !"

"Frère d'encre", c'est le surnom que je donne à Dean, autrement dit, mon journal intime. Et c'est bien ainsi que je m'étais imaginé sa représentation, lorsque je m'amusai à le personnifier... Je deviens fou, ça ne peut pas être vrai.. Et pourtant, deux coups de feu résonnent, et les balles rebondissent sur le mur, la ou quelques secondes plus tôt mon frère et ... bon sang.. Dean .. se trouvaient...

Alessandro en profite pour reprendre l'avantage, maintenant que mon coeur est lui aussi soumis à la chappe de plomb..

Mon frère à peine retrouvé à disparu, et grâce à un type auquel je m'adresse depuis des années en pensant qu'il n'est pas réel !


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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Mar 13 Sep - 20:51



Identità nascosta


Feat : Alec O’ Fallamhain


Situation classique de la confrontation où chacun braque son chacun. Les nerfs sont à vif, les doigts prêts à appuyer sur les gâchettes. Après la palabre vient le silence et les œillades. Nous serions dans un film, il y aurait en bruit de fond la musique adéquate...



Mes sens aiguisés se focalisent sur les battements de cœur. J’apprécie le rythme régulier de ceux de Ryan et de son cousin Andrew. Malgré notre infériorité numérique, ils ne doutent pas que nous nous sortons de cet engagement frontal. Mes hommes calquent leur attitude sur la mienne, confirmant l’excellent choix d’Arès.

Je n’ai pas mes propres armes, sinon c’est deux cibles que je viserai sans avoir besoin des les avoir face à moi. Je me contente du cœur de Rafaelo dont le visage commence à perler d'un sueur qui exhale la peur. Mes rappels sur les détails macabres de la boucherie du Blue Paradise doivent défiler devant ses yeux. Toutefois s’il faiblit là, il affichera une faille devant ses hommes. Le milieu de la pègre se joue beaucoup sur le respect du chef et de ses capacités. La moindre défaillance entame l’emprise que vous pouvez avoir sur les autres. Les pupilles de Rafaelo se dilatent, il s’est décidé à me tirer dessus. Je change imperceptiblement d’appui pour esquiver sur la droite quand un homme apparaissant de nul part brise le fragile équilibre.

- A charge de revanche, frère d'encre !

L’homme disparait de la même façon qu’il est apparu, emportant le fratelo d’Alec avec lui. La diversion est suffisante, les armes ennemies font feu sur le vide quand celles de Ryan et Andrew blessent Elliot et un de ses hommes de main. Le bout de mon arme est quant à elle, fermement appuyée sur la tempe de Rafaelo.

- A on.. ça ne se peut pas.. c'est impossible !

Alec est bouleversé par ce qu’il vient de se passer, cependant je ne fais pas l’erreur de tourner mon regard vers lui.

- Lâchez vos armes ! Andrew ? Ramasse celle de Rafaelo et d’Elliot sans y ajouter tes empreintes et vide les chargeurs des autres.

Andrew s’exécute après avoir enfilé une paire de gants en cuir. Il a compris mon intention et rassemble les armes de Rafaelo et de son second dans un chiffon qui traine dans le sous-sol. Puis il vide les chargeurs des autres armes avant de les rendre à leur propriétaire non sans leur avoir fait les poches et confisqué les chargeurs de rechange. Pendant ce temps Ryan et moi continuons de les mettre en joue.

- Ne pense pas t’en sortir comme ça Aless’.
- Bouge un cil en direction de Beacon Hills et ton arme se retrouve entre les mains des flics avec un crime à son actif…
- Bastardo !
- Touche un seul cheveu d’Alec et tu supplieras la mort de te prendre rapidement Raf'. Maintenant dégage de mon territoire avant que je change d’avis en te laissant filer en un seul morceau!


Rafaelo se dégage doucement de mon arme qui était toujours collée sur sa tempe. Il réajuste son veston d’un air méprisant et donne l’ordre à ses hommes de remonter. Je fais un signe de tête à Ryan et Andrew pour qu’ils les accompagnent et vérifient que la bande s’en va bien de la ville.

(…)

Je tourne encore le dos à Alec qui reste silencieux. Je mets le clamp de sécurité avant de ranger le calibre dans mon dos, coincé avec mon ceinturon. Je laisse échapper un soupir et me retourne vers mon amico. Je ne souhaitais pas qu’il connaisse cette facette de ma vie. J’apprécie le pompier pour le gars qu’il est, droit, honnête et gentil. Cela peut paraitre étrange pour quelqu’un comme moi qui alterne entre un monde de violence extrême et celui paisible d’un patron de bar. Quand je darde mon regard sur celui d’Alec, je ne suis pas certain que celui-ci aime la partie cachée de l’iceberg nommé Alessandro Amaro.

Je m’approche de son cercueil de plomb et le délivre de ses attaches. Il réagit mal au contact de mes doigts. J’use de ma force pour briser le dernier cadenas. Alec titube. Il est torse nu, je note à la pliure de son coude des traces de piqure. Il a dû être drogué pour annihiler ses pouvoirs. Par réflexe je m’avance pour le soutenir, mais il me rejette et prend tant bien que mal appui sur un établi, s’éloignant du plomb de cercueil.

- La voie est dégagée Boss, besoin d’aide ?
- Ok Andrew. Non attendez nous dehors.


Je laisse filer quelques minutes laissant le temps au pompier de reprendre pied physiquement et mentalement. Je ne vois pas comment l’aborder et sauver notre amitié. Je sais déjà que je ne vais pas m’excuser de ce que je suis, ni trouver des excuses qui m’impliquent avec ce milieu, car c’est une voie que j’ai sciemment choisi. Je souhaite garder son estime, mais cela ne dépend pas de moi. Je ne peux lui offrir aucune garantie sinon celle de le protéger tant qu’il reste à Beacon Hills. La situation est exactement la même que j’ai avec Jansen. Alec va devoir m’apprécier avec toutes les facettes de ma personnalité, ou pas du tout. Avec ce que la bande de Rafaelo lui a fait subir, j’imagine que sa méfiance du milieu est encore plus exacerbée qu’avant. La manipulation et l’embrigadement sournois de la mafia est maintenant chose connue pour lui. C’est une méthode que j’applique ici-même à Beacon Hills pour mettre la main sur la ville. J’imagine le dégout d’Alec quand il comprendra l’ampleur de mes ambitions.

C’est dans ce genre de moments où mon choix de vie me pèse le plus. L’impossibilité presque totale de se faire et surtout de garder des amis sincères. C’est pour cette raison, que je garde le Pink en dehors de ça ainsi que ses employés à part Arès, Jansen et Charlie. Le bar et ses employés forment une famille amicale et attentive où je me sens bien. C’est pour moi une famille de remplacement. Je sais qu’ils ne sont pas dupes et qu’ils ont compris que je ne suis pas cent pour cent clean. Mais des tacites non-dits et la séparation de ces deux mondes font que cela fonctionne.

- Tant que tu restes à Beacon Hills, tu bénéficies de ma protection Alec…

Son visage est fermé, je ne sais pas quoi dire d’autre, puis son regard glisse sur la chaise où se trouvait son fratelo. Je l’avais oublié celui-là. Je ne sais pas qui est le type qui l’a embarqué, mais cela ressemble à un mentaliste ou quelque chose s’y approchant. Je tourne autour de la chaise où était consigné Johan. Fermant les yeux, je respire calmement m’imprégnant des odeurs. J’isole sans mal celle du frère d’Alec qui avait été malmené par les hommes de Rafaelo. L’odeur de l’intrus est par contre plus fugace et vaporeuse. Je tente de faire des cercles qui s’éloignent de la chaise, mais je perds l’odeur du type qui s’est invité si furtivement. Je ne capte que la trace de Johan quand il a été amené ici. Je me tourne vers Alec et lui fais un signe négatif de la tête.

- Je vais donner la description de ton frère à mes hommes. S’il reste sur Beacon Hills, nous avons une chance de le retrouver et son ravisseur aussi.

Toujours ce mutisme qui me tue. Le regard d’Alec est chargé de tant de reproches… Je n’ai aucune possibilité de me dégrever de quoi que ce soit, car ce qu’il vient de comprendre à mon sujet est la pure et implacable vérité.

- Nous allons te raccompagner chez toi amico. Laisse-moi t’aider, tu tiens à peine debout.

Je ne m’arrête pas à son geste d’esquive et passe d’autorité son bras autour de mon cou et glisse le mien sur sa taille. Nous faisons une pause avant la première marche qui nous monte vers la sortie.

- Alec… je n’ai jamais pensé à une autre utilisation de tes dons de ce que nous avons vécu cette nuit…

Et quelle nuit ! Rarement plaisir charnel ne fut si bon. J’ai encore en mémoire nos étreintes, nos lèvres qui se lient et son corps qu’il m’offre. Bordelo que la chute est refroidissante.

- Parle-moi s’il te plait Alec.




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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Mer 28 Sep - 13:00




Identità nascosta







Je me retrouve comme une poupée de chiffon, incapable de prendre la moindre décision. Je ne sais pas vraiment si tout ce que je vois est réel. Pourtant, je sens sur moi le poids du métal froid et son étrange influence sur mon pouvoir. Le mercure me perturbe, mais je peux toujours utiliser mon pouvoir. Mais le plomb, en revanche, est tout simplement ma kriptonite. Je ne peux pas agir dessus. Et si je suis entouré de plomb, comme cette sorte de cercueil qui me retenait, alors je ne peux tout simplement plus agir.

Je n’avais jamais été confronté à ça jusqu’ici. Mais mes ennemis sont méthodiques et renseignés. Je voulais connaitre mes limites, et bien j’ai mon voyage !
Les coups de feu retentissent, le bruit caractéristique du métal chauffé, percuté, qui rencontre la pierre ou le béton. Là où se trouvait mon frère et Dean… Admettons que j’hallucine. Il y a trop de paramètres pour que ça puisse être une hallucination. Mon frère, son dégout palpable même à cette distance, l’odeur de son sang, puis le vide de son absence.

Alessandro, et non son hallucination, est bien ici. J’ai du mal à me dire qu’il s’agit du même homme qu’hier soir, de ce magnifique amant qui m’a fait tant de bien, donné tant de plaisir et même un soupçon d’amour… Aujourd’hui, c’est le temps des masques qui tombent. Le sien révèle la même personne en dessous, mais avec un regard plus déterminé, moins joueur. Et surtout, avec des paroles qui me font comprendre ce qu’il est réellement. Échapper à la famille pour me retrouver dans le lit de la famille… Je goute à l’amertume de la situation et ne peut même pas utiliser mon pouvoir pour me débarrasser de ce goût amer.

- Lâchez vos armes ! Andrew ? Ramasse celle de Rafaelo et d’Elliot sans y ajouter tes empreintes et vide les chargeurs des autres.

L’homme de main d’Alessandro obéit, comme un brave chien. Un chien professionnel, bien dressé, qui ne laisse pas la place au hasard…Je tressaille et tique à chacun des coups de feu que j’entends pendant que le fameux Andrew vide les chargeurs. J’ai l’impression de me prendre autant de balles en plein cœur, sans même pouvoir en guérir. On ne guérit pas des blessures narcissiques, ni des plaies laissées par les griffes de la trahison.

Les paroles fusent, et les menaces aussi. Je reste interdit, respirant à grand peine. Mais je relève tout de même la tête lorsqu’Alessandro prend de nouveau ma défense.

- Touche un seul cheveu d’Alec et tu supplieras la mort de te prendre rapidement Raf'. Maintenant dégage de mon territoire avant que je change d’avis en te laissant filer en un seul morceau!

Pourquoi ? Je connais les méthodes de la famille. Je sais qu’il voudra sans doute, à son tour, me demander des services.. Le savait-il avant, hier déjà ? M’a –t-il mit dans son lit pour que je fonde et réagisse à ses caprices ? Et son danseur est-il lui aussi mêlé à tout ça ? L’idée même de souiller la magnifique soirée d’hier par ce gâchis m’est insupportable…

Je veux le détester… Je suis sur le point d’y arriver, il est si facile de détester ses ennemis. Mais il se retourne et me regarde. A la place de la haine, j’ai du dégout, de la honte, car je le trouve toujours attirant, et de la colère.. Mais par-dessus tout, de l’incompréhension. Même si j’ai rangé dans une petite case à découvrir plus tard, l’information selon laquelle mon journal intime est vivant, j’ai suffisamment d’informations à traiter pour de suite. Ce n’est pas le moment de me débiner.

Il me délivre, cependant, et m’enferme de par le fait dans un autre carcan de souffrance. Car oui, je le trouve toujours attirant, et non, je ne peux pas me le permettre. Alors, lorsque je titube, comme un noyé qui retrouve de l’air, il tente de me soutenir. Mais je ne peux pas supporter qu’il me touche, et que ça me revoie à nos jeux de la veille. Plus maintenant. Je le rejette, avec peu de force, et m’appuie pour ne pas flancher. Sur un établi, je crois. Je m’en fou royalement.
Alessandro renvoie ses hommes dehors, et l’air devient soudain plus lourd que le plomb, et tout aussi efficace pour me bloquer. Que faire ?

- Tant que tu restes à Beacon Hills, tu bénéficies de ma protection Alec…
Je lève ma main en l’air. Stop. Je veux qu’il se taise. Je veux accrocher mes patins, me barrer, en finir.

Je ne peux supporter de le regarder, alors je me tourne vers l’endroit où était mon frère. Ou peut-il être à présent ? Je suis comme hypnotisé par les traces de sang au sol et sur la chaise. Je leur ferai payer. A tous..
Alessandro semble flairer la piste de mon frère, mais m’indique finalement qu’il ne peut pas le retrouver, mais qu’il en fera une description à ses hommes… De nouveau, je vais devoir quelque chose à la famille, même si ce n’est pas tout à fait la même..

- Nous allons te raccompagner chez toi amico. Laisse-moi t’aider, tu tiens à peine debout.
Je tente de l’esquiver, mais j’ai à peu près autant de force qu’un chaton… Sa peau contre la mienne est une torture, car elle porte en elle les souvenirs de l’osmose d’hier… Il m’aide à marcher, et j’ai honte de ça. Honte de trouver ça agréable malgré tout. Je voudrai le frapper, lui faire du mal, à lui, aux autres, mais je me contente de marcher.

- Alec… je n’ai jamais pensé à une autre utilisation de tes dons de ce que nous avons vécu cette nuit…Parle-moi s’il te plait Alec.
« je.. je.. ne peux »… pas. Mes pas m’amènent dehors et je vois encore, à distance respectable, des hommes de rafaello observer la scène, un sourire mauvais sur le visage. Clairement, Alessandro a marqué son territoire. Les lieux, les hommes, moi…

Mais l’homme qui m’observe, de loin, ainsi que les deux autres à ses côtés, sont ceux qui ont malmené mon frère et l’ont monté contre moi. Soudain, je profite de la proximité d’Alessandro pour lui prendre son arme coincé dans son dos.

CLIC CLIC CLIc

Trois coups.. A vide.. Les hommes rigolent. Mais j’ai senti autre chose dans son pantalon, et pas le genre de choses que j’aurai aimé sentir hier. La lame brille quelques instants à la lumière des phares des voitures, avant que je me taille les veines, regardant mes victimes.
Elles ne rient plus lorsque le sang coule de leur veines, maculant leur complet , leur costume.

Elles ne rieront jamais plus alors que je me tranche la gorge, et que la plaie se referme au fur et à mesure que je me l'inflige, pendant qu'elle reste, réelle et horrifiante, sur les trois gorges ennemies.

Alessandro ne sait pas vraiment comment réagir avec moi, je vois ses hommes me braquer à leur tour, mais il fait un geste pour les apaiser…
Je n’ai pas réfléchi, je sais que je l’ai mis, lui et moi, dans la marde.
Je ne réfléchis pas plus lorsque je l’embrasse, avant de lui dire, brulant de colère, de dégout, de perdition, pendant que ses doigts, par réflexe, caressent mon visage, et les dernières traces de sang sur mon cou exempt de blessure.

« je n’arrive pas à te haïr.. Même ça tu me le prends »
J’ai de la fièvre. Ils m’ont injecté un mélange de mercure et de plomb.. Ça aurait tué n’importe qui d’autre. C’est peut-être en train de le faire, doucement.. Après tout, c’est un dénouement comme un autre.

Je sombre, mélange fugaces d’images érotiques, yeux verts, danseur, yeux noirs qui deviennent bleus, loup, rital, traitre, homme d’honneur… J’ai envie, besoin de me sentir protégé…

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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Lun 3 Oct - 22:05



Identità nascosta


Feat : Alec O’ Fallamhain


-  je.. je.. ne peux…

Nous remontons à l’air libre dans un silence pesant. Je n’aime clairement pas la situation qui vient de se créer entre Alec et moi. Si j’ai laissé le pompier entrer dans ma vie intime, ce n’était certainement pas pour le mêler aux « affaires ». Je voyais notre amitié comme une bulle à part qui s’épanouirait avec une affection et une estime réciproques. Je voulais garder Alec dans ce monde intermédiaire qui existe entre ma vie officielle de patron de bar et celle de futur parrain de Beacon Hills. Un monde que j’ai en commun avec lui, celui caché aux yeux du monde, celui des surnaturels. Cela nous donnait une belle complicité.

Cette connivence explose en un million de fragments coupants comme des lames de rasoir quand il apprend ma véritable appartenance. Il est blessé, et en retour moi aussi. Je suis un homme de l’ombre qui a l’outrecuidance de briller en plein jour. J’ai l’audace de vouloir le beurre et l’argent du beurre. Régner sur le monde du banditisme tout en ayant des relations ordinaires avec autrui. Seulement, je suis un gangster, un bandit… un truand. J’ai du sang sur les mains et je suis impitoyable face à mes adversaires. Comment prétendre à des relations ordinaires ? Pour ma défense, je ne mêle pas le commun des mortels à mes affaires. Ceux qui souffrent de ma férocité sont déjà dans l’ombre du monde légal. Ce n’est pas moi qui les y attire… sauf cas mineur de gens prêts à fermer les yeux sur la légalité quand ils peuvent se faire un peu d’oseille facile. Ce n’est pas moi qui ai fait plonger le pompier du mauvais côté. D’autres s’en sont chargés avant. Toutefois en le secourant et de par mon statut de mafieux, je le mêle à mes affaires et mon monde. Sa dette n’aurait pas eu le même sens, si effectivement je n’avais été qu’un simple patron de bar. Le dégout que j’ai lu dans son regard m’a fait mal. Pourtant je ne peux pas lui en vouloir de m’avoir blessé ainsi. Alec a toute légitimité de me rejeter. Il est honnête, là où je suis malhonnête. Il aide son prochain, quand je viole la loi pratiquement tous les jours. Il est franc là où je suis calculateur. Je représente tous ce qu’il exècre.

Rafaelo me regarde d’un air mauvais. A ses côtés, Elliot fait pâle figure, car il est certain de se prendre une belle remontée de bretelle sur le chemin du retour. Leurs hommes de main regardent Alec avec mépris et moqueries. Qu’ils remontent rapidement dans leur fourgon avant que je leur face gouter à la saveur de mes poings ! Je ne peux pas tolérer qu’ils s’en prennent à mon ami. J’allais leur faire une remarque cuisante quand je sens Alec me délester de mon calibre.

- Alec !

Le percuteur claque dans le vide à trois reprises. C’est vrai que je n’ai tiré aucun coup de feu, l’arme est en toute logique chargée. Toutefois, j’ai l’habitude de décharger mon flingue de ses balles si je ne peux pas le ranger dans un holster digne de ce nom. J’en connais plus d’un qui se sont explosés les parties avec une arme coincée dans le ceinturon. Comme je l’ai dit au gamin rebelle, Therencio, tenir une arme c’est simple comme tenir une pinte de bière, mais le faire à bon escient est une autre affaire. Alec n’aura pas vu mon geste devenu si naturel et souple avec les années de pratique.

- Alec…

Je ne veux pas qu’il se salisse les mains avec ces portes flingues qui mourront tôt ou tard. Seulement c’est sans compter avec l’opiniâtreté du pompier, sa colère et sa haine d’avoir vu son propre frère remonté contre lui. Il s’empare de ma lame et avec l’énergie du désespoir se taille les veines puis la gorge. Je n’ai pas le temps de m’inquiéter pour lui, qu’un hurlement attire mon attention sur les hommes de Rafaelo. Je comprends ce qu’il est en train de faire. L’acte qu’il commet est irréversible. Avec un serrement au cœur, je le vois souiller son âme. Ryan et Andrew le mettent immédiatement en joue. Les deux cousins sont au courant pour le monde surnaturel et comprennent immédiatement la dangerosité de mon ami. D’un geste je leur intime l’ordre de baisser leurs armes et de se concentrer sur Rafaelo et Elliot qui sont auprès de leurs hommes mortellement blessés. L’addition risque d’être salée, mais pour l’instant ce qui m’importe c’est Alec qui a la gorge et les poignets souillés de son sang, mais la peau exempte de toute blessure. L’odeur de l’hémoglobine affole mes sens. Son regard est instable à l’image de son désarroi. Je guette ses gestes. Ses phalanges sont blanches à force de serrer le manche du poignard. Va-t-il me faire la même chose ? Le risque est réel. Je l’ai blessé, même si c’est sans le vouloir. Je représente ce qu’il hait le plus au monde. Une organisation qui a fait de sa vie un enfer. Je ne recule pourtant pas quand il s’approche de moi. Alors que je pense qu’il essaye de me poignarder directement, ses lèvres écrasent les miennes. Mes mains se portent instinctivement sur son visage. Son baiser est sauvage, et violent. Je lui réponds avec plus de douceur encore étonné de son geste.

- je n’arrive pas à te haïr.. Même ça tu me le prends.
- Alec…


Son regard me poignarde le cœur. Toutefois, je ne peux pas lui dire que je suis désolé. Jamais je ne m’excuserai de la vie que j’ai choisie. La torture mentale de mon ami me peine, pourtant le savoir encore suffisamment attaché à moi au point de m’embrasser dans une telle situation me réconforte. J’ai le sentiment purement égoïste de savourer ce lien qui le lie à moi. Je ne suis pas une bonne personne. Je devrais disparaître de sa vie, mais je sais que je ne le ferais pas.

Alec est brûlant de fièvre dans mes bras quand ses jambes se dérobent. Je le retiens à temps, et glisse un bras sous ses genoux pour le porter. Ma force de lycan est bien utile pour soulever ses quatre-vingt kilos de muscles.

- Ceci va te coûter cher Alessandro !

Je me retourne vers Rafaelo et lui lance un regard impassible. C’est clair que je n’avais pas besoin de m’attirer une guerre de famille alors que j’essaye d’asseoir ma domination sur Beacon Hills.

- Restes en-là Raf’. Tes hommes ont retourné son fratelo contre Alec et ils l’ont tabassé. Ce n’était pas très maligno de leur part de le provoquer connaissant ses capacités. Ils l’ont cherché, ils l’ont trouvé, point final. Si tu t’en prends à moi, cela ne sera pas considéré comme des représailles mais bien comme une attaque.
- Tu ne t’en sortiras pas avec de belles paroles Aless’. Je te connais et ne me laisserai pas intimider ! Je te laisse nettoyer ta merda !


Rafaelo remonte dans son van suivit d’Eliott qui évite de nous tourner le dos avant de grimper côté conducteur et de démarrer dans un patinage de roue qui soulève un nuage de poussière.

- Quelles sont les instructions Boss ?

Ryan attend mes ordres. Il n’y a aucune panique dans son regard. J’apprécie qu’il ne fasse pas d’autres commentaires au sujet du comportement d’Alec que je tiens toujours dans mes bras.

- Et bien il va falloir faire le ménage, mais nous avons qu’une seule voiture et hors de question de balader Alec dans son état. Collez-moi ces trois idioti dans l’atelier. Ryan, tu resteras là pour éloigner les curieux, le temps qu’Andrew nous ramène.

Pendant que les deux cousins s’attèlent à cette macabre tache, j’installe Alec le plus confortablement possible sur la banquette arrière de la voiture d’Andrew. Ma peau noircie quand elle est en contact avec la sienne, signe de sa souffrance. Andrew revient et me demande où aller après s’être mis derrière le volant. J’hésite un moment. J’ai dit à Alec que je le ramènerai chez lui, mais il est en trop mauvais état pour que je le laisse seul. Je ne peux pas non plus rester bloqué chez lui.

- Au Pink. La porte de service.

(…)

J’ai installé Alec sur mon lit. Il est toujours inconscient. Je ne sais pas quelle merda ils lui ont injecté, mais son corps lutte sévèrement. Il était déjà torse nu, je peux donc sécher la sueur qui perle sur sa peau brulante. La musique du bar me parvient assourdie. Il va falloir que je descende faire mon travail. J’ai été absent toute la journée. Mais pour l’instant Alec est ma priorité. Je redoute sa réaction quand il reprendra conscience. J’ôte ma chemise et me colle contre lui. Doucement je prends sa souffrance. Il faut que son corps élimine les toxines et le poison.

Au bout d’un bon quart d’heure, il me semble que sa respiration est plus calme. Avant de me relever je lui embrasse délicatement la tempe puis remet ma chemise. Je pose sur la table de chevet un verre et une carafe d’eau et griffonne un mot rapide au cas où il se réveille en mon absence.

« Tu es encore faible. Reste dormir ici. Rester seul est dangereux dans ton état ».

Un dernier regard sur le pompier que je trouve bien trop pale et je descends au bar aider enfin mon personnel.

(…)

En mon absence, le travail s’est empilé notamment sur les commandes de stock. Nous ne sommes pas loin de la fermeture quand je trouve enfin un moment pour me libérer et remonter voir comment va Alec.


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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Lun 10 Oct - 14:13




Identità nascosta







Dans mon monde de ténèbres, je tente de résister, de ne pas me faire séduire par une lumière que je ne veux pas voir. La lumière du jour, la lumière de la séduction, des envies, des pulsions, du cœur, même, peut-être.
Je fais un rêve je crois. Non. Je le fais après. Cet instant précis que les fragments épars de ma mémoire tentent de refaire vivre, c’est le moment ou Alessandro me protège. Doucereuse culpabilité que d’être ragaillardi par ces bras et cette présence que j’adorerai détester.
Je sais parfaitement ce que j’ai fais, je n’ai pas la douce chaleur du repos, de l’oubli, qui me berce. Je l’ai embrassé, car je le trouve désirable, tout comme son danseur. Dans cette quasi torpeur, je me demande encore une fois si Jansen est lui aussi mêlé à tout ça. Il y a une certaine pureté, sans la niaiserie associée à ce terme, et pour une raison que j’ignore, je trouverai insupportable qu’il se soit joué de moi, lui aussi.

En mon fort intérieur, alors que je goute à l’écho fantôme du gout des lèvres d’Alessandro, je sais que ce dernier n’a pas triché avec moi non plus. La partie sombre de sa vie est venue percuter la mienne de façon accidentelle. Et pour me sauver. Seulement je ne peux accepter ce fait, et le faire mien, que dans la doucereuse insouciance de mon état comateux.

Je me sens bringuebalé, avec beaucoup de douceur. Mon cerveau reptilien me fournit les informations dont j’ai besoin : sécurité, protection, chaleur corporelle. Je dois être contre lui, j’ai même l’impression de sentir son parfum légèrement épicé, et peut être une pointe de nicotine. Il me porte, il me protège. Lorsque je me réveillerai, si je passe cette épreuve, je pourrai m’en donner à cœur joie et me maudire d’être aussi faible. Mais pour le moment, j’ai l’impression d’être un enfiévré bienheureux de trouver des draps douillets, chauds, réconfortants, pendant que mon corps tremble de fièvre et de désarrois. Dehors, dans le vrai monde, il fait froid, mon frère à de nouveau disparu, emporté par mon journal intime devenu réel. Dans le vrai monde, j’ai des ennemis, bien déterminés, que je peux détester et contre lesquels je peux ourdir des plans de vengeance bien carrée.

Mais je ne suis pas dans le vrai monde. Et je préfère celui-ci, car je peux me laisser reposer contre lui, et réapprendre à lui faire confiance, peut-être même à le désirer, autour de moi, contre moi…

J’ai d’ailleurs l’impression de le sentir, tout contre moi, sa peau brulante me réconfortant. Ou peut-être que c’est moi qui suit brulant, je ne sais plus…
Au bout d’une ou deux vies, je me réveille enfin, dans un lit confortable, avec des draps doux comme de la soie… Le lit d’Alessandro ! je me souviens des draps de la veille, après nos ébats, lorsqu’il les a changé.

Je focalise doucement sur un bout de papier, tout en buvant de l’eau.

« Tu es encore faible. Reste dormir ici. Rester seul est dangereux dans ton état ».

Je tente bien sur de me relever, mais je tremble sur mes jambes, et cette saloperie qu’ils m’ont injecté semble avoir été prévue rien que pour moi, car mes tentatives pour m’en débarrassé sur les meubles ou le sol, ce que je voulais faire par mesquinerie pour saccager cet appartement, sont infructueuses. Et tant mieux. J'’ai une excuse pour ne pas ravager l’appartement, et une autre pour rester ici, et pour profiter de sa présence. De leur présence, si Jansen revient.
Je souris un peu à cette idée, car quoiqu’il arrive, je ne serai pas en état de reprendre ou nous en étions. Et maintenant que faire ? Je ne peux pas simplement boire un verre et plaisanter. C’est trop grave. Il fait partit du même milieu que je déteste, que je me suis juré d’éliminer, même si ça doit me prendre toute une vie… Mais il est venu à mon aide, il est venue me sauver… Marde ! la vie est si compliquée parfois.

Me cramponnant aux meubles, j’arrive tout de même à trimballer ma grande carcasse vers la douche, avant de me débarrasser maladroitement de mes frusques. Je n’arrive pas à rester debout, aussi, pendant que l’eau chaude coule sur mon corps et mon dégout, je reste prostré au fond de la cuvette des douches. L’eau ne lave pas de tout. Je ne sais même pas quel sera mon prochain mouvement. Je sais juste que le froid du carrelage contraste agréablement avec ma fièvre, que je soupçonne avoir baissée par l’entremise d’Alessandro, et l’eau bouillante, m’enveloppant en vapeurs doucereuses, qui m’épargnent de devoir réfléchir et agir.

J’observe le creux de mon coude, à l’endroit où ils m’ont injecté leur poison. J’ai repéré une lame de rasoir, sur le lavabo. J’arrive tant bien que mal à me relever, et à saisir, tremblant, la lame.
De retour, prostré, assis sur le carrelage, je prends une grande inspiration, et je me taillade, pour faire sortir un liquide resté ici, caractéristique. Du mercure, mais pas que.. Seulement mon propre pouvoir n’est pas vraiment revenu au mieux de sa forme. Les arabesques de sang, aspirées par le siphon de la douche, deviennent de plus en plus floues et grosses lorsque ma tête vient heurter le sol. J’envoie cette partie de moi que je sais être mon pouvoir pour éviter le pire. Une pensée étrange et grotesque accompagne mes possibles derniers instants. Si quelqu’un entrait à ce moment-là, ça passerait surement pour une tentative de suicide… Ce qui sera le cas si mon pouvoir n’agit pas.. L’écœurement me fait perdre la raison.


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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Ven 14 Oct - 17:30



Identità nascosta


Feat : Alec O’ Fallamhain


Je suis remonté dans ma chambre surveiller l’état d’Alec. Le bar tourne à plein régime, cependant je suis inquiet pour mio amico
pompiere. Il dort d’un sommeil agité, et n’a visiblement pas refait surface. Le verre d’eau est intact sur la table de nuit. Son front est couvert de sueur et sa peau frissonne sous une forte fièvre. Doucement j’éponge son visage puis son torse.

- Alec ?

Avec douceur, je lui parle pour essayer d’accrocher son esprit à la réalité. Il murmure des mots incompréhensibles. Le pompier semble être en plein cauchemar. Alors malgré ma présence requise en bas, j’ôte ma chemise et m’installe sur le lit le serrant doucement contre moi peau contre peau pour absorber sa douleur. Je ne suis pas naturellement quelqu'un de doux, cependant un élan issu des tréfonds de mon subconscient me pousse à l'être pour Alec. Il n'y a que Jansinio qui me voit baisser mes barrières. Est-ce l'inconscience d'Alec qui m'aide à tomber le masque ? Je ne peux agir que sur sa douleur physique, et reste impuissant face à sa colère et son chagrin. Je lui parle dans ma langue natale, lui racontant un pays où je n’ai jamais mis les pieds, une île que j’idéalise, la Sicilia. Je lui explique que l’héraldique qui représente ce coin de terre est un triskèle avec un Gorgoneion en son centre. J’extrapole avec ma condition de loup et les ramifications de la mafia. Alec ne m’entend pas et ne pourrait pas comprendre cet italien local, si rapide et entaché d’un accent que seul un sicilien peut comprendre. Quand enfin mon ami semble s’apaiser, sa fièvre retombée, je lui embrasse la tempe et me dégage doucement du lit.

(…)

J’ai une quinzaine de messages en attente de Jansen. Il est inquiet de ne pas avoir pu me joindre de la journée. Malgré ses préoccupations pour ma personne, il me demande des nouvelles d’Alec et si le pompier n’était pas trop gêné quand je lui ai ramené son portefeuille. J’ai paré au plus pressé. Trouver et sauver Alec des griffes de ceux qui lui voulaient du mal, le mettre en sécurité et assurer le minimum vital pour le bar. En redescendant au Pink, j’appelle mon Jansinio. Je lui explique à demi-mots la situation. La détresse du pompier le touche et il demande à venir pour aider. Je refuse catégoriquement. Il a passé toute la journée à s’user les pieds et le reste sur le plancher de son école de dance, un seul gars épuisé dans mon lit étant largement suffisant.

- Domani Jansinio mio. Ti amo.

Mon danseur me touche par sa sollicitude. S’il voulait venir au Pink, ce n’est pas pour revendiquer son territoire (moi), mais bien pour aider Alec. Je ne mérite pas son amour si désintéressé, moi qui ne sait qu’agir par intérêt. J'ai aussi un message de Ryan. Les trois types tués par Alec nourrissent les poissons du lac.

(…)

Je laisse Jerry et Jessie faire la fermeture et remonte dans mon appartement. A mi-chemin dans les escaliers, j’accélère, car une forte odeur de sang m’assaille. Un nuage de vapeur s’échappe de la porte mal fermée de la salle de bain. Quand je l’ouvre, mon cœur se serre. Alec ! Non !

Nu, complétement affaissé dans la douche, l’eau emporte sa vie dans les égouts. Me déchaussant du bout des pieds, j’entre et pose ma main à la pliure de son coude tentant de stopper l’hémorragie. Ma chemise et mon pantalon se trempent rapidement tandis que l’eau qui coule sur mon visage brouille ma vue. Je lance le rasoir au loin dans un geste rageur. Je m’en veux car je suis responsable de son geste.

Alec ne s’est pas raté, son sang suinte à travers mes doigts qui pressent pourtant fortement sa blessure. Je dénoue ma cravate et lui fais un garrot juste au-dessus du coude. Son cœur bat un pouls lent et faible. Il est en train de partir. La main libéré par le garrot, je suis à nouveau libre de mes mouvements. Mais que faire ? Par quoi commencer ? Je ne peux pas appeler une ambulance. J’ai une pensée fugace pour Cormier. Seulement je n’ai pas le temps de partir dans une négociation sans fin et du passage de pommade pour le faire venir à une heure si tardive. Je coupe l’eau et attrape la serviette pour sécher approximativement le corps d’Alec qui est dans une position grotesque dans la cabine de douche. Celle-ci est spacieuse, mais le pompier est un grand costaud. J’arrache une manche de mon peignoir et lui enfile comme je peux. N’étant plus sous le jet chaud de la douche, son corps s’est remis à frissonner. Mes sens de loup sont mis à rude épreuve avec ce sang qui macule le carrelage et les parois de la douche. Mes mouvements sont entravés par mes affaires trempées, j’allonge le pompier sur le sol, emmitouflé dans mon peignoir, son bras mutilé apparent grâce à la manche arrachée. Je vire mes fringues, la salle de bain prend des airs de scène de crime. L’urgence est clairement Alec, c’est donc simplement ceint d’une serviette sur les hanches sans prendre le temps de me sécher correctement que je le porte délicatement sur mon lit. Malgré le garrot son sang joue au petit Poucet jusqu’au lit.

Retournant dans la salle de bain, je mets tout sans dessus-dessous pour trouver de quoi soigner Alec. Dans la salle de bain d’un loup garou, il n’y a rien contre les coupures ! Je reviens avec des serviettes et une eau de toilette comme désinfectant. Puis je me souviens de la trousse de secours du bar. Me voilà donc débaroulant les escaliers à moitié à poil pour aller maudire Jerry et son rangement du bar.

(…)

Mon ouïe focalisée sur les battements de son cœur, je nettoie l’entaille qu’Alec s’est fait. Son avant-bras commence à blanchir, je ne vais pas pouvoir maintenir le garrot très longtemps. D’une main qui lui emprisonne le coude j’absorbe sa douleur et aide à la cicatrisation. Quand la plaie me semble propre, je desserre légèrement ma cravate pour faire revenir sa circulation sanguine, mais pas à plein régime. Son sang souille à nouveau sa peau, ma main et la serviette qui est dessous. Je tente un point compressif en appuyant ma main de libre sur sa plaie. Mes veines noircissent immédiatement. Alec ne reprend toujours pas connaissance, cela commence à m’affoler. Je ne veux pas qu’il meure par ma faute. Un liquide argenté se mêle au sang et suinte entre mes doigts.

- Mercurio !

Je regarde le visage de mon ami. Aurait-il tenté de se débarrasser du poison ? L’idiota ! Il ne pouvait pas attendre que je sois présent ? Je m’accroche à cette idée qui me dégrève un peu de la responsabilité d’un acte désespéré. Mes capacités de garou ont partiellement refermé sa veine tranchée, toutefois je bloque la réaction pour laisser couler le mercurio. Mais cela entraîne aussi son sang et l’affaiblit encore plus.

- Alec ! S’il te plait reviens à toi !

Je frissonne à moitié nu, la peau encore humide, penché sur mon ami à absorber sa douleur, son sang coulant entre mes doigts. Il est pale comme du latte, sa blancheur est accentuée par le peignoir de la même couleur. Il frissonne.

- Bordelo ! Je n’ai que deux mains !

Je regrette d’avoir refusé l'aide de Jansen. Il aurait pu couvrir le pompier et me rassurer moi, sur mes capacités à le maintenir en vie. Mon téléphone est dans la poche arrière de mon pantalon qui est en tas dans la salle de bain, à l’autre bout de la terre en somme...

J’allais totalement désespéré quand je remarque qu’il n’y a plus que du rouge sombre qui s’écoule de la plaie et plus cette merda argenté. Je me concentre sur mes paumes, mes doigts sont tétanisés à force d’absorber son mal et une douleur sourde irradie jusqu’à mes coudes, mais je persévère jusqu’à ce que le bras d’Alec ne saigne plus, enfin…

Je me redresse, soulagé. Je me sens las, vidé, et fatigué. Toute cette affaire m’affecte bien plus que d’habitude. Des gars qui se taillent les veines, j’en ai déjà croisé sans leur accorder plus d’une seconde de mon attention. Pourquoi maintenant ? Pourquoi lui ? Suis-je en train de me ramollir ? De m’encombrer de compassion ? Je soupire mon irritation contre moi-même. Pourquoi tout devient si compliqué ? Jansinio… Mon attachement au drus est-il en train de me transformer ?

Le cœur d’Alec bat toujours faiblement, sa pâleur lui donne des airs de cadavre. Toutefois ses signes vitaux sont stables. Je range la merda de la chambre au mieux. On a l’impression que l’on a égorgé quelqu’un dans la salle de bain, découragé je me dis que le ménage attendra bien demain.

De retour dans la chambre, je suis frappé par la détresse qui se dégage d’Alec. Lui le pompier, ce gars qui a foncé dans les flammes qui ravageaient le Pink, me parait aussi vulnérable qu’un nouveau-né. Je refuse cette image de lui. Ce n’est pas l’homme que je me représente. Le réinstallant plus confortablement, je tire la couette sur lui. J’ai hésité à lui enlever le peignoir humide, puis décidé que je l’avais assez brassé comme ça. Par contre je ne m’encombre pas de la serviette que j’ai toujours autour des hanches pour me coucher à ses côtés. J’accueille la position allongée avec délectation et soulagement.

- Giorno cazzo !

Je murmure ma frustration. J’hésite à me rapprocher d’Alec. Sa réaction, sa colère légitime contre moi, l’ambivalence de ses sentiments, tout cela me perturbe. C’est rare que je ne sache pas quelle conduite tenir. J’approche ma main de la sienne et la trouve glacée. Sa perte de sang est conséquente, sa santé brise mes doutes et je me colle à lui, l’entourant de ma chaleur. Mes veines noircissent à son contact. Cela m’épuise à force, pourtant je ne romps pas le contact.

Je n’arrive pas à m’endormir. Toute cette maudite journée repasse en boucle dans ma tête. Le regard et le jugement d’Alec quand il comprend ce que je suis. Son regard encore quand il tue les gars de Rafaelo… Sa pomme d’Adam qui bouge alors qu’il déglutit me sort de ma torpeur. Alec reprend connaissance.

- Mio amico, pour ta prochaine bêtise assure-toi que je sois présent.

Il papillonne des yeux, semblant rassembler ses pensées. Son corps est toujours froid contre le mien. Je ressers doucement mon emprise, lui offrant ma chaleur. Je pense à Jansinio et sa capacité de régénération grâce aux arbres. Il reste forcément du poison dans le corps du pompier, il ne serait pas si froid dans le cas contraire. Le drus est un cœur pur, sa présence pourrait-elle faire passer la pilule « rital mafieux » que je suis aux yeux d’Alec ?

J’ai envie d’une sigaretta. Chez moi c’est comme une envie de pisser, c’est physiologique et vital. Je passe mon bras au-dessus d’Alec, vu qu’il est couché à ma place, pour me saisir de mon paquet et du briquet posés à côté du verre d’eau.

Le clac du briquet rompt le silence de la nuit. J’exhale ma fumée en évitant d’enfumer le pompier. Le rouge incandescent du bout du tube de tabac illumine mon visage par intermittence. Pour fumer, je me suis remis sur le dos, rompant mon étreinte envahissante. Je ne sais ce que je dois faire. Jouer les indifférents ? Lui faire une scène pour s’être taillé les veines dans ma salle de bain ? Lui dire que je tiens à lui ? Bordelo ! Depuis quand c’est devenu si compliqué ?

Un bon centimètre de cendres menace de tomber sur les draps. Le cendrier est évidemment du côté d’Alec. Je tire une profonde bouffée, puis me penche au-dessus de lui pour aller écraser ma clope même pas consommée à moitié.

- Comment te sens-tu ?

Je reste à son aplomb, guettant des signes de douleur dans son regard. J’appréhende ce qu’il va dire, mais son silence me stresse.

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Alec O’ Fallamhain

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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Lun 31 Oct - 11:02




Identità nascosta







Ça ne se passe pas comme d’habitude. J’ai pas le feeling que j’associe normalement à l’utilisation de mon pouvoir. Je n’ai jamais eu à expérimenter son action lente, douloureuse, faible, et à dose homéopathique, telle que je la perçois maintenant. Je sais que mon pouvoir agit, mais si lentement que j’ai le temps de recevoir toute la douleur provoquée par mon auto mutilation, et surtout la faiblesse engendrée par la perte de ce sang. Mais ce satané mercure semble tout de même vouloir enfin partir, même si c’est doucement.

Je ne sais plus vraiment si je suis sous la douche, prostré au sol, ou encore dans les draps de soie, avec Alessandro qui me parle. Peut-être que tout ça est un mauvais rêve, et que je vais me réveiller dans leur bras à tous les deux, avec la chaleur de leur corps contre moi. Pourvu que je me réveille dans leur bras. Ça ne fit pas, ça ne peut pas être réel, mon journal ne peut pas être devenu quelqu’un de chair et d’os, et mon amant de la veille la représentation de tout ce qui a pourri ma vie…
Je crois que je marmonne en celte, ou dans ce charabia irlandais qu’utilisait ma mère lorsqu’elle était en colère. Dans ce cauchemar, il y a tout de même un réconfort. Au milieu de mon délire enfiévré, je comprends qu’Alessandro s’est couché contre moi, peau contre peau, pour absorber ma douleur. Même au sein de mes angoisses et de mes peurs, j’arrive à lui trouver une âme altruiste, un don de soi qui vient compenser ce qu’il est et à quelle famille il appartient. Une famille qu’on choisit, ou qui s’impose, comme c’est le cas avec moi. Une famille dont on ne s’échappe pas. Cette pensée me dérange. Car elle m’empêche de réellement lui mettre tout sur le dos, si le cauchemar n’en était pas un. Ça voudrait dire qu’il n’a peut-être, lui non plus, pas le choix.

Alors mes pensées prennent un drôle de tournant. Je l’imagine bambino, et j’ai sans doute tort, mais je vois son enfance, et les choix qu’il a dû faire, et qui n’en sont pas… Je ne peux me permettre cette ambiguïté de sentiments qu’à travers mon état fébrile. Mes résolutions fuient, s’écoulent de moi en même temps que mon sang, et sont siphonnées, elles aussi, par le territoire d’Alessandro. Mon sang s’écoule dans les canalisations de sa salle de bain, et ma détermination me fuit tout comme ma vie, dans son accent italien et les gestes qu’il a eu pour moi. Pourquoi faut-il toujours qu’on se torture lorsque la vie vous sourit enfin un petit peu ?

Et pourtant je l’entends, rager, pester. Je ne le sens pas, je sais pourquoi, j’ai perdu trop de sang, et les sensations me manquent à présent. Le corps se concentre sur la survie. Tout le reste est superflu. Même le réconfort d’une main chaude posée sur ma peau. Si seulement je pouvais allumer cette partie de moi, ce pouvoir, et déverser mes blessures dans mon environnement… Mais même pour ça, je me sens trop faible. Je crois que j’ai ma réponse à une question que je me suis posée plusieurs fois : je ne suis pas immortel, même si j’ai la possibilité de défier la mort. Et la conclusion à cette réponse semble arriver ce soir, ben plus tôt que je ne l’avais prévu. Plus tôt que ce que j’avais dit à mon journal…
Où est mon frère ? Vers quel lieu l’a -t-il amené ? Je sais que mon état me fait déformer mes souvenirs, mais je n’arrive pas à me rappeler si son visage et son attitude était amicale ou agressive. Est-il venu pour sauver mon frère ou me tourmenter ? Soudain, l’urgence de me retrouver chez moi, de regarder mon journal et de comprendre comment tout ça est possible, devient un fer brulant dans mes veines.

Non.

Ce n’est pas ça. C’est le mercure qui s’écoule, avec Alessandro à mes côtés, qui me parle, qui s’inquiète, et qui veille.

Si j’en avais la force, je pourrais accrocher un sourire à mon visage, comme on accroche une guirlande de noël à un sapin. Car je sais ça nature profonde de prédateur, et j’imagine qu’il pourrait me manger tout cru, me dévorer. C’est ce que j’ai déjà ressentis lorsque j’ai compris à quelle famille il appartient, et sa position visiblement relativement élevée dans cette famille. Pour autant, j’aime la vie. Je ne suis pas suicidaire. Mon acte est un acte de survie, même si il est stupide et désespéré.

Je crois l’entendre, me demander de rester, de revenir. Et c’est la que je le sens, contre moi. Et étrangement, je me sens réconforté, comme après une journée de pluie, quand je me colle à mon radiateur, ou que j’enfile un peignoir épais, doux, chaud.. Je peux me permettre d’apprécier, d’aimer son contact, car je ne suis pas vraiment moi. Le plus dur, c’est que je sais que je ne berne personne, pas même moi. Je devrai le haïr, vouloir lui faire du mal. Au lieu de ça, je lui trouve toutes les circonstances atténuantes de l’univers, je lui accroche des qualités, comme des fucking médailles, sur sa peau nue, j’ai envie de parcourir cette peau. Pourquoi la vie est-elle si complexe ?

Pour être plus intéressante, aurait dit Dean.

Quand, enfin , j’émerge, c’est pour me rendre compte qu’il est vraiment la, et que sa peau est vraiment contre la mienne. Lorsqu’il s’étire, pour aller chercher sa clope, je frissonne, et pas seulement parceque j’ai froid, parceque j’ai perdu beaucoup de sang. Je le désire. Encore. Et il est si près… Même si il se débrouille pour recracher la fumée au loin, l’odeur si caractéristique emplie mes narines, et je me retiens de justesse de tousser. Les soubresauts pourraient, au choix, me rapprocher de lui ou m’en éloigner. Le deuxième choix ne me plait pas, et le premier est trop gênant pour être exprimé.
Lorsque finalement, il envahit de nouveau mon espace, pour écraser sa tirette, et qu’il me demande comment je me sens, je ne peux m’empêcher de glisser une main sur son dos musclé et la naissance de ses reins. Je déglutis, gêné, ému, perdu…

« Je suis faible. »
Ma main glisse, le caresse.
« Très faible. »

Avant lui, et sans doute Jansen, mon monde était simple, direct, certes dangereux, et sans doute, à terme, mortel. Mais voila que mon esprit, pour la première fois depuis longtemps, n’est plus en accord avec mon corps. Le premier me hurle de partir loin, de tout faire pour qu’il n’entre plus jamais dans ma vie. Le deuxième à besoin de sa chaleur, à envie de ses lèvres, et si j’avais encore la force de rougir, c’est ce qui se passerait lorsque mes pensées reflètent de façon ben plus explicite ce que mon corps réclame, de plus, encore et encore. Mon regard se plante dans le sien. J’y vois de l’appréhension, de l’inquiétude, et, plus que tout, une réelle sollicitude. Je connais le langage corporel. Les petits plis autour des yeux, les sourcils légèrement arqués, la bouche un peu entrouverte. Il hésite, il se demande quoi dire ou quoi faire. La tension dans ses muscles, plaqués contre moi, m’indique qu’il est aussi en colère. Cela ravive la mienne, mais je n’ai pas la force de l’alimenter.

Alors, à la place, maintenant que je sens que le mercure n’est plus en moi, j’avise une poubelle sans valeur. Je ne suis pas petit au point de détruire son logement pour lui faire comprendre ou me venger. La poubelle s’affaisse, et fond presque, alors que j’évacue une partie de ma blessure. Mais mon pouvoir ne peut remplacer le sang perdu.
« il me faut du vin. Pour le sang. »
Non, je n’ai pas retiré ma main de sa peau. Et non, je n’ai pas envie qu’il s’éloigne de moi.
Avec un sourire, très faible, je poursuis.
« du vin italien. Dur de s’en passer quand on y goutte. »
Mon sourire est faible, mais il éclaire le sien.



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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Mar 8 Nov - 21:38



Identità nascosta


Feat : Alec O’ Fallamhain


- Comment te sens-tu ?

Je scrute Alec avec une réelle inquiétude. Autant avec un métamorphe je sais à quoi m’en tenir sur sa résistance et ce qu’il peut encaisser, autant avec un mentaliste c’est différent. Ils sont tous différents, voire presque uniques tout comme leurs capacités.

- Je suis faible.

Sa voix est un murmure, presque un chuchotement. Il manque de force. Cela me désole vraiment de le voir ainsi, car j’ai vraiment une image de lui comme étant un gars solide, une force de la nature que rien ne peut abattre.

- Très faible.

Sa main, qui vient se nicher au creux de mes reins après avoir glissé sur mon dos, ne parle pas le même langage. Je suis troublé par son geste lui qui, il y a quelques heures, me regardait avec un regard tant chargé de reproche et de ressentiment. Je suis ce qu’il abhorre, et ce qu’il fuit. Cherche-t-il à me faire payer mon appartenance à la famiglia d’une manière plus sournoise et pernicieuse ? Son cœur marque un tempo que je n’arrive pas à lire. Je n’aime pas être ainsi déstabilisé. La pression de sa paume invite à un jeu que je ne suis pas sûr de vouloir accompagner. Son regard se détourne un instant, et une corbeille près de la fenêtre émet un craquement sinistre. Alec vient de lui transférer son mal et ses blessures, preuve qu’il reprend la maîtrise de ses dons. Il pouvait me transférer son mal… par vengeance, pourtant il s’est contenté de la poubelle. Je ne peux pas m’empêcher de le revoir se trancher la gorge et transmettre à l’ultime seconde la mort qui venait le chercher. Il est capable d’une détermination à faire froid dans le dos plus d’un de mes hommes. Ce pompier joue con fuoco….

Son don est vraiment une bénédiction… suivant l’utilisation que l’on en fait. Je sais qu’Alec en fait un peu profiter ses patients, pas trop non plus pour ne pas paraître étrange et s’attirer des curiosités qu’il vaut mieux éviter. La douleur partie, ses traits se sont un peu détendus, toutefois il reste fatigué.

- Il me faut du vin. Pour le sang.

Je fronce les sourcils. Il n’est pas en état de boire de l’alcool. Par contre il doit être déshydraté et en hypoglycémie.

- Du vin italien. Dur de s’en passer quand on y goutte.

Son regard est planté dans le mien. Est-ce une question que je lis ? Ou une demande muette ? Un espoir ? Son cœur est affolé, mais pas dans un rythme de mensonge ou de traitrise. Je crois qu’Alec est littéralement perdu dans ce qu’il doit penser, faire ou ressentir. Ce soir, il semble s’en remettre à ce que son corps lui dicte à défaut de pouvoir faire le tri dans ses sentiments contradictoires. Je lui souris doucement. J’ai l’habitude de charmer mon monde, c’est ma marque de fabrique, ma façon d’être plus ou moins calculée. Toutefois, présentement je ne calcule rien. Je ne tente pas de le charmer, ce n’est pas le moment, il est harassé sans parler de son frère qui a disparu sous ses yeux. Je ne joue pas le rôle que je maîtrise à la perfection. Je suis simplement moi et le désir que je sens naître chez Alec est bien indépendant d’une volonté calculée de ma part.

- Le vin italien, c’est uniquement pour les garçons sages et en pleine forme. Tu ne réponds à aucun de ces critères Alec.

Nonobstant, je me penche et parcours la distance qui le sépare de son visage pour cueillir ses lèvres d’un baiser léger.

- Il est deux heures du matin. Tu es fatigué mio amico. Et même el volcano siciliano dort aussi. Je ne suis pas une créature du diable…

… quoique tu peux en penser mio amico. Je quitte le lit, me défaisant de sa plaisante emprise sur le bas de mes reins. Tirant le drap à moi, je fais râler le pompier qui a pourtant encore mon peignoir sur le dos. Je me pare du drap à la mode romaine, salue la foule comme si nous étions dans une arène et descends avec toute la dignité possible au bar. C’est-à-dire sans marcher sur le drap, et me casser la figure. Bordelo ! Ils faisaient comment à l’époque ?! Je prends une bouteille de limonade et une autre de jus d’orange. Il lui faut plutôt du sucre que de la « liqueur » italienne bien trop… énergétique pour son état.

(…)

Alec s’est descendu la moitié des deux bouteilles et j’ai remis le drap sur le lit et apporté une couette en plus. Mon état d’hybride fait que je ne crains pas le froid et dors rarement avec autre chose qu’un simple drap. Seulement la santé du pompier n’est pas si brillante que ça.

- Il faut que tu dormes et moi également. Demain le soleil ne se lèvera pas plus tard pour nous attendre.

Je me suis recouché et l’entoure de mes bras. Ses mains glissent à nouveau sur ma peau quand le pompier se colle à moi. Il pose sa tête sur mon torse et moi mon menton sur son crâne. Nous sommes tous deux épuisés par les événements. Je lâche un bâillement. Quelle journée ! Je suis déjà en train de m’endormir quand je lui parle de ce que j’ai l’intention de faire.

- Je retrouverai ton frère, OK ?

Je dois rêver de sa réponse, car la nuit m’emporte dans les songes. Mes rêves sont hantés par le regard répugné d’Alec, des gorges qui se tranchent toutes seules ou Jansen  en détresse. Le petit matin nous trouve avec les traits tirés par un mauvais sommeil. Il va falloir que j’évalue les répercutions que vont avoir la mort des hommes de Rafaelo. Je n’ai pas vraiment besoin de me trouver embarqué dans une querelle familiale. Mais c’est ainsi. Si c’était à refaire, je ne changerai pas mes actes et mes décisions d’un iota.

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Alec O’ Fallamhain

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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Mer 16 Nov - 16:20




Identità nascosta





Je le vois, mais je ne comprends pas ce que je vois. Pas le physique, il faudrait être sacrément aveugle pour ne pas voir un tel physique. Mais ce qu’il est vraiment. Qui il est… Je ne peux même pas garantir qu’une fois que je serai de nouveau sur pied, et loin d’ici, je ne change pas radicalement de comportement vis-à-vis de l’italien. Je prends le prétexte de ma faiblesse pour me laisser bercer par une trêve, un moment entre deux actes. J’espère juste que le prochain ne sera pas trop sanglant, mais je sais déjà que ce ne sera pas le cas.

Quand bien même j’arriverai à pardonner à Alessandro ce qu’il est, ou les choix qu’il a fait, avant même de me connaitre, le simple fait d’avoir tué ces types m’a définitivement marqué, et a restreint la marge de manœuvre dont bénéficiait Alessandro. Il s’est mouillé pour moi, et je déteste lui devoir ça. Mais je me sens encore plus mal d’avoir compliqué sa propre vie, en tuant ces types et en le mettant par la même en position d’agression par rapport à ses rivaux…

Je pourrai m’en cogner, bien sûr. Ce serait tellement plus simple. Alessandro a la couenne dure, il peut encaisser ça. Et de mon côté, j’ai ben du mal à faire taire la petite voix qui me répète en boucle « il l’a mérité, tous de la même engeance » … Et pourtant, il s’est battu pour moi, et son inquiétude est réelle. Je sais que ce n’est pas que mon esprit qui me raisonne, qui tente de me convaincre. Il y a mon corps. Et le sien, contre moi. Ils parlent, à leur façon, sans me laisser garder le contrôle. Je sais parfaitement ce qu’il me fait, et que j’ai envie de lui. J’ai le cœur gros, parce que je n’arrive pas à le détester. Je voudrai m’endormir, et me réveiller entre Alessandro et Jansen, heureux, comme hier. Mais un jour à suffi pour tout gâcher.

Ce n’est pas la première fois que je donne les commandes à mon corps. C’est dans mon corps, plutôt que dans mon esprit, que réside mon pouvoir. J’ai dû fuir, déjà. Me cacher. Panser mes plaies, mes peines. A chaque fois, je laisse mon corps gouverner les prochaines heures de ma traversée du désert. Mon esprit est l’enrobage, ce qui rend ça noble, joli, édifiant. Mais le vrai pouvoir réside dans le corps. Alessandro l’a compris. Je le sais à la façon dont il sourit, sa façon qu’il a de bouger, et l’habitude dans son regard de voir les gens se retourner sur lui. Il mène son monde, et celui-ci tourne dans le sens qu’il a décidé.

- Il est deux heures du matin. Tu es fatigué mio amico. Et même el volcano siciliano dort aussi. Je ne suis pas une créature du diable…

Son baiser me brûle plus que n’importe quelle fournaise que j’ai pu affronter dans ma carrière de combattant du feu. Car il réveille les braises qui couvent en moi, et qui ne demande que le souffle épique, celui de l’aventure et du danger pour se raviver. J’ai froid. Ce n’est que le reflet physique de mon état d’esprit et de cœur. J’ai froid et je voudrais hiberner. Je râle pour la forme, inquiet de ne pas avoir ma niaque habituelle, inquiet de me voir si faible et si malléable.

Lorsqu’il revient et que j’ai ingurgité une quantité impressionnante de sucre, je ne tente même pas de lui expliquer l’effet particulier que me fait le vin dans ces cas-là. Peut-être est-ce moi qui ai fait en sorte que ça arrive, mais je sais que le vin me revigore, dans les cas où j’ai perdu du sang. Ce qui arrive ben trop souvent depuis quelques temps. Mais va pour le jus d’orange… je me rattraperai chez moi. Et avec un peu de chance, je serai tellement saoul que le reste me paraitra un peu plus acceptable.
En attendant, il se colle de nouveau à moi, et je trouve étrangement réconfortant de me lover contre celui que je devrai haïr… Faible, faible…

- Je retrouverai ton frère, OK ?

J’ai à peine la force de relever la tête pour l’observer à la dérobée… Mon frère. Et mon journal personnifié. Bon sang, comme si j’avais besoin de ça maintenant ! Le simple fait de penser à mon journal me redonne des fourmis dans les jambes et les mains… Il faut que je remette la main dessus, que je relise, pour comprendre… Pour être sûr que je ne deviens pas totalement fou.
Je dois forcément l’être pour avoir un kick sur Alessandro. Pourquoi il me rend si… dépendant ? Et puis je ne suis pas à ma place, ici. Il y a Jansen. Le magnifique danseur, qui a l’air d’être si innocent. Après tout je peux me tromper lourdement sur lui aussi. Qui me dit qu’il n’est pas lui aussi de la famille ? Je me suis fait avoir comme un bleu. Il est temps de redevenir cette bête traquée, sur le qui-vive. Ma survie en dépend. Mais je les ferai payer un par un. A présent, j’en suis sûr, ils sont capables de s’en prendre à mes parents. Hors d’atteinte, je pensais. Je pensais la même chose de mon frère… L’urgence devient clairement de les mettre à l’abris. Et malheur à quiconque se mettra sur mon chemin, même si c’est … même si c’est… Sa respiration me berce, je trouve ça agréable. La chaleur de son torse, la douceur de sa peau, le rythme de son sommeil… Même si c’est lui ?

Je dors peu. Moins que lui… Alors quand il se réveille, c’est pour me trouver, l’air songeur, ou mélancolique, au choix, en train d’observer dehors, les premiers travailleurs s’activer. Les stores électriques se lèvent, les chiens se battent au loin, les chats les font tourner en bourrique, et moi je fume. J’ai pris une clope d’Alessandro, et je m’amuse à faire des ronds dans l’air... Je n’ai pris aucune décision. Sinon je ne serai déjà plus la. Je n’ai pas pris la peine de m’habiller non plus. Il n’y a aucune fenêtre en face, à hauteur indélicate, et depuis le bas, ma virilité est bien à l’abris derrière les murs de la chambre. J’ai laissé en boule le peignoir souillé de sang, mais je n’ai pas envie de retourner sous la douche, et me rappeler ma détresse de la veille…
Décisions, décisions…
En exhalant une bouffée, je lance mon pavé dans la marre.

« Faut que je retrouve mes parents, avant eux… Faut que je retourne la bas… Je les sauve, ou j’y passe en essayant de les sauver, mais je ne crois pas que Dean intervienne pour eux… Dean, bon sang ! Mon journal… je dois retourner chez moi, récupérer le journal, comprendre ce qui se passe, et partir me jeter dans le feu, comme je l’ai toujours fait… Et si j’y passe, au moins, ils ne pourront plus m’utiliser comme .. Ça »

Je prononce ce dernier mot avec un dégoût évident.






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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Mar 22 Nov - 19:08



Identità nascosta


Feat : Alec O’ Fallamhain


C’est un sommeil sans rêve qui m’enveloppe avec la nuit. La journée a été intense, pourtant c’est mon quotidien. Trois hommes sont morts, égorgés sous mes yeux. L’image ne me fait pas frissonner, car il y a bien longtemps que la vie humaine n’a plus la même importance à mes yeux que celle que les gens veulent bien hypocritement lui donner. J’ai assez vécu de situations extrêmes pour savoir que lorsque l’homme est acculé, ses choix deviennent égoïstes et la vie des autres, bien secondaire. Je vis une vie faite de choix irrévocables. Les ruminer ne change pas les conséquences de mes décisions. C’est peut-être aussi par ma nature de toujours vouloir aller vers l’avant et de ne pas me retourner sur les choix douloureux de mon passé qui me permettent de trouver un sommeil réparateur.

(…)

Le matin s’annonce avec sa cohorte de bruits familiers. Pourtant je garde les yeux fermés, me prélassant dans les limbes d’un sommeil court mais réparateur et qui s’évapore peu à peu. Une odeur de sigaretta chatouille agréablement mes sens. J’inspire profondément cette fumée de seconde main, il ne manque plus que le goût d’un expresso sur ma langue et voilà un italien heureux.

Doucement je cligne des paupières et dans la faible lueur du jour montant j’aperçois la silhouette athlétique d’Alec. Nu, il me tourne le dos, s’appliquant à faire des ronds de fumée. Le jeu d’ombre et de lumière donne à la scène un côté artistique. J’imagine une photographie en noir et blanc qui saisirait l’instant. Je m’étale sur le dos m’étirant comme un tigre, le drap glisse un peu. Tendant le bras j’attrape mes clopes et mon briquet, premier geste de la journée qui passe avant celui de soulager ma vessie.

Malgré des apparences de calme et de plénitude, Alec est tendu. Des infimes tressaillements sur sa peau trahissent le débat qui doit faire rage dans sa tête. Brusquement il exhale sa fumée et se lance sans même reprendre son souffle. Il dit vouloir retrouver ses parents avant qu’ils ne subissent le pire en représailles de son crime. Alec m’a dit venir de Los Angeles, une ville où ce serait suicidaire pour moi d’y mettre les pieds. Autre chose, le pompier associe le type qui est apparu pour emporter son frère à son journal intime. J’ai du mal à faire un lien entre un objet inerte et un homme. Jansen peut se fondre dans un arbre, mais celui-ci reste un organisme vivant. Je ne sais que penser car je n’ai jamais rien entendu de tel.

- Dean, bon sang ! Mon journal… je dois retourner chez moi, récupérer le journal, comprendre ce qui se passe, et partir me jeter dans le feu, comme je l’ai toujours fait… Et si j’y passe, au moins, ils ne pourront plus m’utiliser comme .. Ça

Le ton d’Alec me chagrine. Je n’aime pas ce désespoir qui lui fait envisager l’extrême. D’un coup de rein, je me lève et vais le rejoindre près de la fenêtre. Il me tourne toujours le dos comme s’il craint de craquer s’il me regarde en face. Doucement je l’entoure d’un bras, planquant son dos contre moi et lui embrasse la naissance de la nuque.

- Je ne peux pas t’accompagner à LA, mais tu n’iras pas seul Alec.

J’enfiche à nouveau ma sigaretta entre les lèvres et me dirige vers la salle de bain. Le changement de position rend urgent le fait d’aller pisser un bol. En poussant la porte, je lâche un juron.

- Bordelo !

J’ai oublié l’état dans lequel j’ai laissé les lieux cette nuit. La pièce donne l’impression d’avoir servi d’abattoir. Cela ne m’empêche cependant pas de soulager ma vessie avec contentement tout en tirant sur ma sigaretta. Il me faut un expresso !

- Oh !

L’exclamation du pompier me fait tourner la tête vers la l’encadrement de la porte où il se tient. Je fais un vague signe de la main pour lui signifier que ce n’est pas important, avant de passer directement sous la douche. L’eau chaude finit de me sortir du sommeil. En ouvrant les yeux, je vois Alec qui tente de nettoyer le carrelage du sol avec une éponge. Son sang qui maculait la douche s’efface peu à peu sous le jet.

- Laisse Alec ! Ne t’embête pas avec l’éponge, j’irai chercher le balais brosse du bar. Venga con me

(…)

La douche nous a pris un peu de temps. Cela s’agite en bas, mais Alec avait besoin de cette bulle un peu hors du temps. Il doit prendre les bonnes décisions, faire ses choix et ne pas y revenir. La précipitation est source d’ennuis. Nous avons fini par utiliser le peignoir déchiré pour nettoyer la salle de bain. Le pompier se refusait à laisser les lieux souillés de son sang. Il peut se montrer plus têtu qu'une mulo.

- Arrête de t’agiter amico ! Tu as perdu trop de sang hier pour faire des efforts aujourd’hui.

Ce que je n’ajoute pas est que si Rafaelo souhaite s’en prendre aux parents d’Alec, ces pauvres gens sont déjà en mauvaise situation. C’est peut-être une information que je peux avoir. Je comprends qu’Alec souhaite foncer dans le tas, mais il va droit dans la gueule du loup… Il y a bien une autre façon d’agir qui est d’utiliser mes moyens, utiliser la mafia… Seulement est ce que le pompier est prêt à totalement plonger dans mon univers ? Rafaelo va probablement me renvoyer la monnaie de ma pièce. J’étais dans mon droit en réclamant la propriété d’Alec, droit de territoire. Cependant, sorti des limites de Beacon Hills la donne n’est plus la même pour Alec comme pour moi. Nous somme dans la même barque.

- Tiens, prends celle-là, c’est la plus large que j’ai.

Le pompier est plus carré d’épaule que moi et mes chemises sont plutôt cintrées. Subitement j’éclate de rire devant la penderie où nous sommes tous les deux. Alec me regarde d’un air interrogatif. Je secoue la main pour dire que c’est insignifiant et futile. Entre Jansinio qui adore porter mes chemises, celles que je cède aux rebelles téméraires de passage, me voilà à habiller le mentaliste. Ce n’est plus une penderie personnelle, mais une boutique de fringues ! Je ne manque de rien, ce n’est donc pas un problème en soi.

- Amico, il faut que nous parlions sérieusement. Je n’aime pas l’idée de te voir foncer comme un taureau dans une arène. Tu ne mettras pas ta famille à l’abri ainsi.

Alec grimace pendant que nous nous habillons. Je sais bien le débat intérieur qui l’anime. Je suis l’engeance qu’il hait. Malheureusement le mal est fait. Notre rencontre était purement fortuite. Le vin est tiré, il faut le boire. Mes contacts à LA peuvent l’aider, par contre il va falloir que je rende des services, car je commence à être en dettes de ce côté.

- Je te propose d’en parler devant un café.

(…)

Le bar s’anime doucement. Sophie est étonnée de me voir descendre accompagné. Elle fronce légèrement les sourcils, mais c’est sans faire de commentaire qu’elle demande à Alec ce qu’il souhaite prendre. Pendant qu’elle prépare notre petit déjeuner, je vais saluer quelques habitués avant d’aller m’installer dans un coin tranquille du bar avec le pompier. Celui-ci rumine ses pensées. Je ne peux le forcer en rien et je sais que le choix qui s’offre à lui est très binaire et pas sans dures conséquences dans un cas comme dans l’autre. Je ne dis plus rien avant d’avoir avalé mon premier café de la journée.

- Alec, je peux t’aider, mais cela ne peut être qu’à ma manière… Ainsi tu as une chance de sauver ceux qui te sont chers, si ce n’est déjà pas trop tard... Bien sûr tu es libre de faire comme tu le sens. Mais je connais ce milieu depuis que je suis né. Solo tu ne t’en sortiras pas et cela sans même l’assurance que ton sacrifice serve aux tiens.

Mon regard est grave. Je suis sérieux dans ma proposition. Je ne lui cache pas non plus la méthode...

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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Mar 6 Déc - 17:04




Identità nascosta





La bile au fond de ma gorge est le reflet de mon âme souillée. Au moment ou je prononce ces mots, alors que rien ne m’y oblige, je sais déjà que je suis en train de faire un pacte avec le diable. Un diable diablement sexy, et surement ben plus dangereux que je ne me laisse le penser…
Seulement il faut bien l’avouer, je n’ai pas le début de la moindre idée de la façon de procéder pour ma décision. Du moins pour la mener à terme.

Je ne suis pas suffisamment en colère pour me rendre la bas sans plan, et agir comme un malade en brassant du vent. Ya pas.. Je dois aller au batte, mais je dois y aller en me préparant. J’ai un avantage, mais qui n’en ai plus un si mes ennemis sont préparés et connaissent mes faiblesses, ben réelles..

Quant à Dean… Soit je deviens vraiment crazy, soit j’ai un nouveau problème potentiel… Il a pris mon frère, pour le sauver à priori, mais je n’en suis pas sur. Ce dernier à déjà subit un lavage de cerveau, qui sait ce qui pourrait encore lui arriver. Retourner mon amour contre moi, c’est bien une méthode de ses enfoirés. Dean était arrivé short, sans lui je crois que mon frère y passait, ou peut-être moi en tentant de le sauver de lui-même... Mais, même avec tout le dégout que m’inspire cette famille particulière, je n’arrive pas à associer ce dégout à Alessandro. Il est juste trop…

Je soupire. Un rond de fumée exprime dans l’air ce que je n’arrive pas à dire. Oui, je le trouve attirant, plus que ça, même. Et Jansen aussi. Ce n’est pas la première fois que j’expérimente des friponneries avec mon pouvoir, mais ce coup-ci, deux surnaturels comme eux, même si je n’ai pas vraiment saisi ce qu’est Jansen, et deux personnalités si différentes... Je pense en pincer un peu pour eux deux… L’italien séducteur, le danseur sulfureux et si doux...
Il me rejoint. Physiquement, plutôt que dans l’accord de mes pensées. Je l’entends se lever, je sens même son approche souple, je reconnais sa respiration, son odeur, et enfin la texture et la chaleur de sa peau contre la mienne alors qu’il m’entoure d’un bras, me brûlant la nuque au dernier degré avec un baiser.

- Je ne peux pas t’accompagner à LA, mais tu n’iras pas seul Alec.

Mais j’ai toujours tout fait seul. Je ne connais que ça. Me débrouiller seul, résoudre mes problèmes seul, s’enfuir seul, être seul.. Et puis soudain, même cette certitude, ce confort de la fatalité, m’est retiré. D’abord Dean qui vient sauver mon frère, et maintenant Alessandro qui me propose son aide. Je me sens comme un animal traqué, mais pourtant je profite de chaque seconde de sa présence m’ entourant, réconfortante, immédiate.

Son juron dans la salle de bain me ramène à ma détresse de la veille. Une détresse rouge vermeille, aux éclats d’argent. J’ai mal en y repensant. Mais quand je m’approche et que je vois le carnage, je ne peux retenir une expression. C’était donc autant bad que ça ?
Je ne suis pas du genre à laisser les autres se démarder avec ma propre connerie. C’est donc résolu, bien qu’affliger, que je me met à éponger et nettoyer le sol de mes épanchements vermillons.. Alessandro m’invite à le rejoindre sous la douche. Ma résolution est d’airain. Mon corps est souverain et c’est finalement lui qui gagne, alors que je succombe au chant du sicilien.
Les minutes qui suivent, humides, chaudes, douces, sauvages, me comblent et continuent de creuser ma tombe émotionnelle.

Il finit par me prêter une chemise, et éclate de rire en le faisant. Je trouve un je ne sais quoi de véritablement sexy à porter une de ses chemises, et ça m’énerve beaucoup.
- Amico, il faut que nous parlions sérieusement. Je n’aime pas l’idée de te voir foncer comme un taureau dans une arène. Tu ne mettras pas ta famille à l’abri ainsi.

Je prends le temps de réfléchir avant de lui répondre.
« je comprends. Mais plus j’attends, plus ils auront le temps de se préparer pour moi. Ils ne connaissent pas vraiment mes faiblesses, ils savent juste que le mercure perturbe mon pouvoir… Mais je ne veux pas leur laisser le temps de m’attendre… »

C’est avec une drôle d’impression que je descends les marches. On m’observe. J’imagine sans peine ce que les gens qui m’observent peuvent se dire. J’imagine sans peine que d’habitude, c’est Jansen qui descend ainsi, sans doute heureux, apaisé, avec une chemise d’Alessandro sur le dos. Apaisé, je ne le suis pas.. Heureux… J’ai quelque chose qui y ressemble quand je regarde le dos d’Alessandro et que je pense à ce qu’il m’a dit. Il ne me laisse pas tomber… Comment peut-il être à la fois si attirant, si doux et si… mafieux ?

- Alec, je peux t’aider, mais cela ne peut être qu’à ma manière… Ainsi tu as une chance de sauver ceux qui te sont chers, si ce n’est déjà pas trop tard... Bien sûr tu es libre de faire comme tu le sens. Mais je connais ce milieu depuis que je suis né. Solo tu ne t’en sortiras pas et cela sans même l’assurance que ton sacrifice serve aux tiens.

Je redresse la tête. Je n’avais même pas pris conscience de l’avoir suivi jusqu’ici et de siroter à mon tour le breuvage noir comme mes pensées. Les verres tintent, en même temps que les soucoupes et les tasses, la vapeur de l’eau de rinçage tente de s’échapper et d’imiter les ronds de fumée, et il y a comme une mélodie ouatée dans tous ces sons… Je me sens comme vidé, et étrangement somnolent. Presque bien…
Son regard me scrute. Je pourrais m’y renoncer.

« alors on fera à ta manière. Mais si quoi que ce soit leur arrive ou leur est arrivé, je mettrai la ville à feu et à sang et les rues deviendront des rivières pourpres.. ». Ma détermination est sans faille et puise dans ma frustration à ne pas pouvoir le détester. J’ai ben des moyens à ma disposition, en me préparant, pour faire autant dégâts que je peux si je devais en arriver là.
« Alessandro ? ». Il relève la tête. Je le scrute.. Désirable, dangereux, présent, tout simplement.
« Merci. » J’avale mon émotion avec un mouvement de glotte un peu trop visible, un tressaillement de paupière, sans doute…






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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Mer 14 Déc - 18:30



Identità nascosta


Feat : Alec O’ Fallamhain


Le matin le bar raisonne différemment des autres moments de la journée. Déjà cela sent le café et le chocolat et non pas l’amertume de la bière ou le malt des whiskys qui coulent à flot en soirée. J’aime le matin pour ses odeurs alléchantes, l’arôme d’arabica chatouille doucement mon nez, se mêlant à celle du chocolat. Je ne suis pas très sucré, toutefois j’apprécie de manger une bonne viennoiserie française pur beurre. Le matin, c’est aussi un jour nouveau, la lumière après la nuit. Je vis la nuit, je vis le jour, je suis un être cathéméral. J’apprécie chaque moment de la journée car il est différent des autres. J’aime le matin car c’est une phase de sérénité pour l’être volcanique que je suis. C’est aussi le matin que je suis plus enclin à céder, ou plus attentif et présent, les turpitudes de la journée ne m’ayant pas encore embarquée dans une danse folle.

Si je savoure mon café avec calme et plaisir, je n’en détaille pas moins Alec. Je lis ce que son corps me dit. J’écoute sa réaction à ma proposition. Comme je l’ai affirmé à Therencio, je ne suis pas un philanthrope. Cependant, je ne suis pas non plus un être insensible. Si Alec s’est si facilement invité dans ma couche, c’est bien parce que l’homme m’attire. C’est différent de ce que j’éprouve pour Jansinio avec qui j’ai le rôle du dominant, pourtant le Drus est les seul à qui je montre mes faiblesses. Contrairement à ce que beaucoup pensent, mon danseur est loin d’être un passif docile. SI cela avait été le cas, il m’aurait vite ennuyé. Ce que j’aime chez Alec c’est sa force de caractère et ce côté bon samaritain sans l’aspect mièvre qui peut être attaché aux gens qui sauvent leur prochain. Le pompier a une bonne acuité de la réalité de la vie. Il ne se la joue pas, ni se la raconte. Et en plus il est bien foutu.

- Alors on fera à ta manière. Mais si quoi que ce soit leur arrive ou leur est arrivé, je mettrai la ville à feu et à sang et les rues deviendront des rivières pourpres..

Parle-t-il de Los Angeles ? S’attaquer à la bande qui en a après Alec et sa famille, c’est comme s’attaquer à un doigt de la mano negra. C’est la main entière qui se referme sur vous. Déjà, je vais avoir fort à faire pour justifier la mort des hommes de Rafaelo. Il pourrait bien me demander de lui livrer Alec en échange. Le tout est de savoir qu’elle est ma vraie côte de popularité auprès de Don Stephano.

- Alessandro ?
- Sì ?
- Merci.
- Sei il mio amico Alec.


Son émotion est palpable. Tout son corps me dit que je le trouble, mais si lors de notre première rencontre j’ai sciemment joué de mon charme pour le divertimento, là ce n’est plus le cas. Je suis naturel et ne joue pas à l’italien qui en fait des tonnes. Je suis moi, ce loup dangereux qui n’hésite pas à tuer ou à en donner l’ordre. L’autre jour j’ai ordonné à Ryan de cramer vifs les gars de Barns qui avaient tenté de mettre le feu au hangar. C’est sans sourciller que j’ai regardé la photo de l’act accompli. La pitié c’est pour les faibles. D’une main, j’emprisonne le poignet d’Alec. Je sais que j’ajoute de l’émotion à son état déjà pas très stable. Je reste silencieux un moment, le scrutant avec intensité. Il n’a pas les capacité d’un loup pour deviner la sincérité d’un interlocuteur. Alors je lui offre mon regard, celui d’un loup suffisamment prédateur pour ne pas avoir besoin de mentir ou de se cacher derrière de faux semblants. Dans mon regard, il peut lire toute la cruauté dont je suis capable, mais aussi tout le sens du mot fidélité.

- Sei il mio amico Alec.

J’assène ce qui pour moi est un fait partagé ou non. Je sais que ma face caché révulse le pompier. J’use des même méthodes que ceux qui l’on manipulé. Si jusqu’à présent, je n’ai jamais fait exécuté un proche pour obtenir ce que je voulais d’une personne, j’ai déjà mainte fois menacé de le faire et même jusqu’à simuler d’aller jusqu’au bout. Alec a plongé sans le vouloir dans un monde d’où on ne sort que les pieds devant. Il n’y a aucune échappatoire. C’est devenu son monde qu’il le veule ou non. Mon pouce caresse sa peau provocante une accélération de son pouls.

- Tu dois être en train de penser que les bandits sexys sont d’horripilants personnages…

Un sourire nait sur le coin de sa lèvre face à l’absurdité de sa situation. Piégé par la mafia, sauvé par la mafia. Étrange paradoxe. Une onde de plaisir remonte le long de mon bras. Alec me rappelle qu’il n’est pas un enfant démuni. Il tourne son poignet pour lier sa main à la mienne. Je réponds à la pression de ses doigts.

- Tu sais qui je suis Alec. Je ne mettrai aucun bémol à ce que tu penses que je suis capable de faire car il n’y en a pas. Ma méthode sera à l’image de la famiglia. Et la tienne, si nous arrivons à temps, devra vivre ailleurs, et loin de LA… ou alors sur mon territoire avec mes règles. Je doute que cela leur convienne, mais c’est une possibilité.

Nous sommes coupés par mon téléphone qui vibre avec insistance. C’est Ryan. Je fais signe à Alec de terminer son petit déjeuner puis de me rejoindre dans mon bureau.

(…)

Barns cherche à me déstabiliser et tente une campagne d’intimidation sur les parieurs des combats clandestins. Il nous faut riposter, mais la squadra n’est pas assez nombreuse pour cela. J’accède à la demande de Ryan de recruter du monde pour contra attaquer. C’est la guerre des gangs. Quelques coups frappés à la porte me font lever le nez.

- Entre, Alec.

La silhouette du pompier s’encadre dans l’embrasure de la porte. Je lui indique le fauteuil en face de moi.

- J’ai donné le signalement de Dean et de ton frère à mes hommes. Ils vont ouvrir l’œil. Pour tes parents, tu me donnes leur adresse. Je téléphone à un de mes contact de LA. C’est un gars sûr qui n’a rien à voir avec la bande de Rafaelo qui est un peu à part dans la cité des anges et ça c’est bon pour nous. La manœuvre est de les extraire de chez eux. J’envoie Aiden les prendre. Nous pouvons les faire transiter par Beacon Hills pour que tu leur expliques l’affaire, ou tu peux aller avec Aiden mais en ayant conscient du fait que tu sortirais de mon territoire et donc de ma protection intrinsèque. Et enfin, nous leur trouvons une autre vie sur la côte est. Il y a peu de marge de manœuvre. S’ils restent à LA, ils seront toujours menacés.

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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Jeu 22 Déc - 19:08




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Il a l’air sincère. Je n’ai pas assez vécu pour déceler la sincérité. Je n’ai pas ce pouvoir-là, mais j’imagine sans peine que d’autres mentalistes l’ont. En fait, j’imagine sans peine qu’il y a d’autres mentalistes depuis seulement quelques mois à tout rompre. Ça ne me badre pas, en fait. Je trouve ça juste, finalement. Je me suis toujours sentis à part, pas vraiment à ma place pi sans doute mal compris. Le fait de savoir que je ne suis pas le seul à pouvoir agir sur le monde, c’est tripant en fait. Comme si je me découvrais une grande famille. Des cousins éloignés, que je ne verrai sans doute jamais, mais je sais qu’ils existent pour de vrai.

Il a comme du soleil dans les cheveux, même ici, ou on est éclairé seulement par les lumières du matin. Je sais ben qu’il est beaucoup trop dangereux pour moi, ou pour quiconque à pas envie de rouler en dehors de la route toute tracée. Mais quand il me dit avec son accent italien que je suis son ami, j’ai bien envie de remettre le couvert, et je ne me reconnais pas vraiment la. Je ne suis pas réputé pour avoir autant de mine dans le crayon mais c’est comme d’avoir gouté à un plat jusqu’ici inconnu pi d’avoir envie de manger que ça pendant au moins un mois…
Enfin de nous deux, c’est sans doute lui le plus susceptible de me bouffer tout cru, pouvoir ou pas.

- Tu dois être en train de penser que les bandits sexys sont d’horripilants personnages…
« ce que je suis en train de penser n’est pas à dire à voix haute, à cette heure du matin. Je sais très bien ce que va devenir ma vie à partir de maintenant. Je sais très bien que je peux plus revenir en arrière, et que je me suis trompé si je croyais avoir tourné le dos à tout ça. Alors il va falloir faire face maintenant. »

Je lui souris. Je suis ben niais à lui sourire, mais je peux pas m’en empêcher. Mais je lui fais comprendre, comme un double message, ce que je ressens pour lui. Du plaisir remonte sur son bras, et aussi l’information que je peux agir sur les gens et le monde. Je ne me laisserai pas amadouer sans ruer dans mes chaines, quand bien même elles sont de plomb.
Si nous n’étions pas la, ma main dans la sienne deviendrait le point de départ à une nouvelle nuit, version matinale, de la dernière fois. J’ai envie de lui. J’ai envie de les retrouver tous les deux, mais Jansen n’est pas la, et n’a pas ce pouvoir sur moi.

- Tu sais qui je suis Alec. Je ne mettrai aucun bémol à ce que tu penses que je suis capable de faire car il n’y en a pas. Ma méthode sera à l’image de la famiglia. Et la tienne, si nous arrivons à temps, devra vivre ailleurs, et loin de LA… ou alors sur mon territoire avec mes règles. Je doute que cela leur convienne, mais c’est une possibilité.

Je tique un peu à ces mots. J’imagine sans peine ma mère faire ce qu’il faut pour survivre. Mais mon père. Il tient tellement à comprendre, à son indépendance. Il sera dur à convaincre. Mais pas impossible. Surtout lorsque le sang et les menaces commenceront à devenir ben plus réel que les fantasmes de mafia cinématographique qu’il s’inflige parfois. Ironique de penser qu’il est la victime de ses films préférés.

(…)

Mon appartement est étrangement rangé. J’ai même du mal à trouver les traces de mon agression. Quelques messages sur mon répondeur, des nouveaux rendez-vous, qu’il va falloir que j’honore, pour ne pas trop attirer l’attention, et un commentaire graveleux et hilare d’un collègue qui m’imagine dans les bras d’une blonde… Si il savait. Il y a erreur de genre.
Mes mains fébriles cherchent sous mon matelas, et rencontrent le cuir plus tellement rassurant de mon journal intime. Je tourne les feuilles, à la recherche d’une explication, mais tout ce que je voix me conforte dans mon idée. Dean. « mon cher Dean ». Ce que j’ai vu à l’entrepôt est la copie conforme de l’idée que je me fais de lui. De sa description… Et j’ai beau chercher le moment ou je me suis mis à penser à lui comme ça, à lui donner un physique rêvé, j’ai ben du mal à m’en rappeler.

Je passe quelques heures à chercher une réponse qui ne vient pas… Dépité, je garde le journal sur moi, dans l’espoir que quelque chose se déclenche, un indice, n’importe quoi.
Les prochains jours sont presque normaux, si ce n’est que mon carnet ne me quitte plus. Entre deux interventions et rendez-vous, je le feuillette, comme un orphelin qui cherche un réconfort humain.

(…)

Lorsque je retourne voir Alessandro, je n’ai pas vraiment de plan de bataille, mais ma haine à fait place à une détermination méthodique. Non je n’irai pas foncer dans le tas, mais je ne renoncerai pas à ce sauvetage, si il reste encore possible.
Je l’écoute, assis en face de lui… Je suis étonné de l’énergie qu’il met à les sauver, de son implication. Il remarque cependant mon carnet, et une pointe de curiosité se dessine sur son visage plaisant.
« je te présente Dean. Mon fucking journal… »

En lui lançant, je ressens un drôle de truc. Comme si ça fittait pas…
« Merci pour ce que tu fais. J’aimerai y aller avec Aiden, effectivement. Je suis conscient des risques, mais aussi de l’atout que je peux représenter… Et puis il faut que je sois la. Je connais mon père. S’il n’a pas le choix, il fera tout comme. C’est une vraie tête de mule. » Son sourire narquois me fait un lâcher un aussi.
« Oui, j’ai de qui tenir ».

Ses doigts se promènent sur l’écriture des pages, et sachant que c’est moi qui est écrit les lignes, je trouve ça étrangement érotique… Mais soudain ses traits semblent se concentrer…
« quoi ? »

Il me répond qu’il y a comme une deuxième écriture, par-dessus la première… Avisant une bougie, il en rapproche les pages.
« T’es sérieux ? Ce vieux truc de film ? »… Cependant, aucune écriture invisible n’apparait sous la chaleur de la bougie. Nous sommes tous les deux déçus, et c’est un peu attristé que je reprends mon carnet.

C’est alors que je repère, avec le reflet, que certains mots écrits sont d’un bleu sombre, presque noir, mais pas tout à fait… Comme si ces mots, et seulement eux, avaient été retracés avec minutie…

C’est affolé que je me rends compte que c’est le cas sur toutes les pages ; Des centaines de pages. Et ce n’est pas le premier carnet que j’ai.
« C’est dingue ! je ne me rappelle même pas avoir fait ça, ça.. C’est Dean !, il est vivant, je vois que ça.. C’est totalement crazy ! ».. Je n’ai pas le temps de me plonger dans la lecture si spéciale de tous mes carnets. Je me contente donc de feuilleter les dernières, leur faisant subir le même traitement qu’Alessandro leur à fait subir.
-Alors ? me dit-il.

« La piste aux étoiles. La chute. Le témoin ».

Je flanche. Heureusement que je suis assis. Ça me parle immédiatement. Ma chute, mon collègue qui meurt par ma faute, la piste de cirque qui m’avait recueilli. Et le témoin.

« Je sais où il l’a amené… Je sais ou est mon frère… ! »


Il me faut faire un choix à présent. Mon frère ou ma famille. Je regarde Alessandro, perdu. Perdu d’autant plus que je cherche son aide, son conseil, ses bras…









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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Jeu 29 Déc - 20:33



Identità nascosta


Feat : Alec O’ Fallamhain


Je tacquine Alec sur les bandits sexy, sa réponse ne tarde pas. Elle est plutôt flatteuse pour moi. Le sexe sans état d’âme permet justement de vider au sens propre comme au figuré le stress et les tentions interne. Je n’éprouve aucun sentiment pour le pompier sinon l’attention particulière que j’ai pour une personne que j’apprécie et qui compte à mes yeux. Nous ne sommes pas du même monde, nous sommes même franchement deux extrêmes, pourtant j’ai de l’estime pour cet homme. J’aime la place qu’il tient, et sa manière de regarder les gens. C’est vrai qu’il a un côté boy scout cœur sur la main qui ne trouve aucun écho en moi, mais nul n’est parfait. Puis dans un sens autant Alec se brûle à mes côté, autant il refroidit le volcan destructeur que je suis. Je ne peux pas lui avouer que sans le savoir, il agit sur moi. Bien sûr, c’est infime, il ne me changera pas en bon samaritain. Mais notre rencontre nous façon tous les deux.

- Je sais très bien ce que va devenir ma vie à partir de maintenant. Je sais très bien que je peux plus revenir en arrière, et que je me suis trompé si je croyais avoir tourné le dos à tout ça. Alors il va falloir faire face maintenant.

J’acquiesce en silence. C’est une bonne chose qu’il voit la réalité en face. Il est tombé dans mon univers bien avant que nous nous rencontrons. Je sais qu’il n’arrive pas à me haïr comme il exècre ceux de mon espèce. Malheureusement pour lui, il est tombé dans la toile engluée qui est tendue autour de moi. Je ne cherchais pas spécialement à l’attraper. C’est simplement ma manière d’être qui fait que nous en sommes arrivés là. Alec me renvoie les frissons que je lui procure en caressant sa main, il ne m’en veut donc pas. Cela me réconforte un peu après le regard de haine qu’il m’avait lancé quand il avait compris ce que j’étais. Je lui expose donc clairement la situation. Avec mon aide, il a une chance de sauver sa famille. Il grimace un peu à ce constat. Ce n’est pas ce qu’il avait espéré.

Je regarde Alec sortir du Pink. Sa démarche n’est pas celle qu’il avait quand il était venu l’avant-veille pour partager un repas et plus avec Jansinio et moi. C’est un pompier qui porte un fardeau sur les épaules qui me quitte pour rejoindre son appartement.

(…)

Pas le temps de m’ennuyer. Barns me colle la pression, ou plutôt la colle sur ma squadra. C’est la guerre des nerfs. Si extérieurement, je n’affiche rien sinon mon folklore habituel, en privé je laisse échapper ma fureur avec violence. Largo m’a retiré des combats du hangar, car je cogne pour tuer et non pas pour remporter le round. Au Pink, j’ai recruté une jeune louve au service. Kada’an est volontaire, mais elle reste encore novice dans le domaine surtout que le Pink a une prétention assez haute sur la qualité de ses services. Ses erreurs ajoutes à la confusion et à l’énervement d’un bar qui tourne à plein régime. Mes nuits sont courtes et cela commence à se faire sentir sur mon humeur. Je suis sur tous les fronts, le bar, le hangar, Barns, Craig qui tarde à se casser de sa boutique de merda electronico et le plan de sauvetage de la famille d’Alec.

La veille, le pompier m’a appelé pour m’avertir qu’il passerait aujourd’hui. Comme je ne souhaite pas qu’il voit ma tête de volcan qui menace d’exploser, je me suis forcé à déléguer et prendre une nuit de repos correcte. Alec culpabiliserait s’il me voyait autant harassé. C’est Dan qui me fait la remarque quand je descends au bar.

- Boss, vous avez meilleur mine ce matin.
- Je me suis couché tôt pour une fois. Où se trouve le journal du matin ?
- Il doit être en terrasse, un client l’a emprunté.
- Ok sers-moi mon petit déjeuner en terrasse s’il te plait.


Sitôt dehors, j’allume une sigaretta et souffle longuement ma fumée. C’est vrai qu’une bonne nuit de sommeil fait du bien. Je me sens moins nerveux. Tout en dégustant une viennoiserie arrosée d’un expresso serré comme les fesses d’une nonne, j’épluche la feuille de chou locale. Il est primordial que je sois au fait du moindre potin et de la moindre action qui se passe à Beacon Hills. La connaissance et l’information sont les pierres angulaires de toute organisation. La rubrique nécrologique est intéressante, non pour les noms des décédés, je suis souvent au courant avant leur propre famille... Mais par ceux qui s’associent à la douleur de la veuve et de l’orphelin, probables futurs ennemis...

Quand mio amico se présente, je l’accueille chaleureusement à grand coup de claques dans le dos et une embrassade toute italienne et virile. Je l’attire dans mon bureau pour que nous puissions discuter sans nous trahir. Je lui explique que mes hommes ont repéré la maison de ses vieux et qu’effectivement, il y a quelqu’un en planque devant leur domicile.

- Je pense que dans un premier temps Rafaelo croit que tu vas prendre le risque de venir voir tes parents. Ils sont clairement l’appât. Mais ce n’est pas un souci, nous neutraliserons le guetteur, après cela se jouera à ta force de persuasion. Ryan a même trouvé un camion de déménagement. Pas quelque chose de volumineux, mais de quoi embarquer ce que tes vieux veulent à tout prix conserver. Le reste pourra suivre plus tard.

Il est important que cette première opération ne s’éternise pas trop. Je remarque le carnet de cuir que tient Alec. J’affiche un air étonné, serait-ce le fameux cahier ?

- Je te présente Dean. Mon fucking journal…

Il me le lance sans ambages. La couverture est chaude de sa chaleur. Je triture machinalement le carnet alors que le pompier me remercie encore de mon implication sur ses déboires. Il me parle de son père, une tête de mule comme lui si j’en crois ses dires. J’ai ouvert le journal intime, et promène mon regard et mes doigts sur l’écriture serrée d’Alec. Je devine sans mal que certains passages ont été écrits sous le coup d’une forte émotion. Je peux presque deviner ses états d’âme avec sa calligraphie qui s’allonge ou se resserre suivant le moment. Je ne lis que des phrases au hasard. Ses pages sont aussi intimes qu’une partie de son corps qu’il m’a offert il y a peu.

Je devrais fermer ce qui n’est ni plus ni moins les pensées les plus secrètes d’Alec, pourtant je suis attiré comme un papillon de nuit vers une lanterne. Puis subitement, je note un changement dans l’écriture. Je fronce les sourcils, reviens en arrière, puis avance. Je finis par allumer une bougie qui est une rescapée de l’incendie. Avec l’inondation créée par les pompiers et le système de sécurité, nous avions dû couper l’électricité.

- T’es sérieux ? Ce vieux truc de film ?
- Il ne faut écarter aucune hypothèse amico.


Nos deux têtes se touchent presque alors que nous scrutons avidement la page que je chauffe. Mais rien n’apparait, pas de texte écrit à l’encre sympathique. Toutefois Alec remarque quelque chose et m’arrache presque son carnet des mains.

- C’est dingue ! je ne me rappelle même pas avoir fait ça, ça.. C’est Dean !, il est vivant, je vois que ça.. C’est totalement crazy !

Je suis sceptique. Ce livre ne peut pas être une entité vivante. Je l’aurais senti lorsqu’il était entre mes mains. Alec est fébrile, il semble remonter l’historique des modifications.

- Alors ?
- La piste aux étoiles. La chute. Le témoin.


Les épaules du pompier s’affaissent alors qu’il comprend quelque chose que j’ignore encore.

- Je sais où il l’a amené… Je sais ou est mon frère… !
- Où ?


Alec m’explique le drame qui s’était passé dans le cirque où il était, avec la découverte de son don, de son aspect meurtrier. La clé du mystère reste ce Dean. Je me lève et contourne mon bureau pour m’asseoir à même la table juste devant lui. Doucement, je lui reprends ce journal qui le bouleverse tant. Je le regarde à nouveau, cherchant un autre indice, quelque chose qui me matérialiserait ce fameux Dean. C’est quand je le porte sous mon nez que je sens différentes odeurs. Il y a celle d’Alec, la mienne également, mais en arrière fond, je perçois un effluve plus lointaine. C’est celle du type qui a emmené son frère dans le sous-sol où le pompier était retenu. J’avais suivi la trace olfactive sur quelques mètres à peine. C’était comme si Dean s’était volatilisé. Cependant, je ne crois pas à la version du livre vivant. Je n’ai rien pour étayer ce raisonnement, sinon mon instinct animal qui me dit que ce bouquin est et reste un bouquin. Regardant à nouveau Alec, je découvre mio amico en pleine détresse. Je m’accroupis pour me mettre à sa hauteur.

- Je vais tout faire pour retrouver ton frère, Alec. Et ce n’est pas encore trop tard pour tes parents. J’organise dès maintenant notre départ pour aller chercher ton frère. Il y a trop d’inconnues le concernant, nous allons donc faire dans cet ordre. Je fais ce terrible choix pour lui

Il est à cran, et sur le point de craquer. Alors je lui ouvre mes bras.


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Alec O’ Fallamhain

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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Mer 18 Jan - 12:06




Identità nascosta




Je sais ou est mon frère… Mais j’ai peur de découvrir que je ne sais rien en fin de compte. Je n’avais jamais compris jusqu’à aujourd’hui ce concept, le fait que l’espoir est plus angoissant que la désespérance. Car dans l’espoir, il y a cette incertitude, autrement dit ce total manque de contrôle et de direction pour la suite. C’est exactement à cet endroit-là que je suis. C’est le temps de l’espoir, et de toutes les souffrances qu’il engendre.

Ma vie était ben plus simple quand je suis arrivé, même si j’étais un imposteur de vie. J’ai été bien niais de croire que ma famille ne serait pas inquiétée uniquement parce que j’avais disparu. Ma vie est devenu sacrément plus intéressante et excitante quand j’ai rencontré Alessandro, Jansen et Arès.. Les deux premiers m’ont fait passer une nuit inoubliable, quant au dernier, il m’a fait comprendre que j’avais à m’impliquer de façon plus active, et que je pouvais utiliser mon pouvoir pour faire autre chose que juste m’en sortir…

Arès a une vraie importance, lui. Il a une mission. J’ai pas vraiment intuité l’étendue de cette mission, mais je sais en tout cas qu’il agit pour préserver une sorte d’équilibre. Pour ma part, malgré un enrobage plein de bons sentiments, je crois que j’agis avant tout pour ma gueule… Bien sûr, je fais mon boyscout, j’aide les gens, le combat le feu, je joue aux héros. Buslhitt ! Je me donne une aura de respectabilité que je suis loin d’assumer au final.

Il suffit que je tombe sur un beau gosse comme cet italien, et j’oublie bien vite tous mes principes, mon indéfectible pugnacité, mes promesses de faire payer à cette famille à laquelle il appartient pourtant. Il faut croire que le corps est plus puissant que l’esprit. Je suis pourtant bien placé pour le savoir, mon pouvoir n’est que la représentation matérielle et concrète de cette abstraction.

J’aimerai me rassurer en me disant que, peut-être, à mon niveau, je peux améliorer Alessandro. Et au moment où je me fais cette réflexion, je me rends compte qu’elle est d’une suffisance assez insupportable. Qui je suis pour me permettre de penser ça ? Et surtout, ai-je vraiment envie de le changer ? Je le regarde, et j’aime ce que je vois, et ce que je sais à présent. Oui, il me plait tel quel. Et de toute façon, il a déjà quelqu’un qui compte pour lui.

Ça ne change rien au constat très lucide que je viens de faire sur ma vie et son devenir… Je n’ai tout simplement pas les bonnes cartes en main. A moi d’apprendre à bluffer. Peut-être que cet italien peut m’apprendre à mieux jouer, même avec une mauvaise main.
Ma priorité est de sauver mon frère, mon cœur se serre quand je me rends compte que j’ai déjà pris ma décision. Personne ne devrait avoir à prendre une telle décision.

- Je vais tout faire pour retrouver ton frère, Alec. Et ce n’est pas encore trop tard pour tes parents. J’organise dès maintenant notre départ pour aller chercher ton frère. Il y a trop d’inconnues le concernant, nous allons donc faire dans cet ordre. Je fais ce terrible choix pour lui
C’est faux. Il le sait, je le sais, mais il me donne l’illusion que je n’ai pas fais ce choix. Alors, va pour mon frère, et va pour ces bras qui m’accueillent, qui m’appellent.

Je ne cherche même pas à me draper dans ma dignité, à jouer au pompier héroïque, à faire le manly man, le type qui ne craque pas. Je me retrouve contre lui, et ses bras autour de moi sont la seule chose qui me reste, quand ma détermination semble avoir pris des congés surpris. Je n’ai pas poinçonné son ticket, mais je compte bien la récupérer au tapis roulant des bagages émotionnels.

Je goute à ce simple contact humain. Je me surprends à me délecter de la chaleur et de l’odeur d’Alessandro, je me sens en sécurité avec le représentant de mon pire ennemi. Pourtant, je sais parfaitement ne pas être une illustration débile du syndrome de stockholm, mais ça fait longtemps que j’ai compris que la vie ne peut pas être une caricature, et que si on essaie de la dessiner, c’est à la sanguine, pas à l’aquarelle.
Une vraie âme d’artiste pourrait sans doute me contredire sur ce point. Je m’en cogne...
Je respire Alessandro, je vis parce qu’il me dit que ça vaut le coup, et j’ai ce fuckin espoir qui revient, mais que je ne laisserai pas gagner.

(…)

L’endroit est anormalement calme. Je me souviens exactement ou ça s’est passé. Lorsque je me suis installé dans la voiture à côté d’Alessandro, je me suis rappelé ce film « drive » que j’avais aimé. Le profil de l’italien n’est pas le même que cet acteur, Ryan Gosling, mais il se dégage de lui ce magnétisme viril qui me plait. Je me sens en sécurité. Je sais que je peux compter sur lui et qu’il ne me lâchera pas. La nuit à toujours eut un effet apaisant sur moi. Les lumières urbaines semblent avoir annexé la route, et nous suivons les lucioles dans la brume électrique. L’air est empli de fraicheur et de nicotine italienne, et une musique qui ressemble à celle du film passe sur le lecteur sonore.

« je sais même pas si ce cirque existe encore… ».. Il me regarde et me sourit. Alors je fais pareil, et je trouve étonnamment facile de jouer à l’imitateur. Il semble tellement sur de lui, il semble se foutre des conséquences, il n’hésite pas. Dans d’autres circonstances, j’aurai trouvé cette balade vraiment attrayante, tout comme lui. Mes pensées coquines sont ben planquées, surtout quand je vois qu’il répond à un sms de Jansen. Le sourire qu’il a eut lorsqu’il a vu le message du danseur m’indique à quel point il tient à lui. Il y a une fierté dans ce regard. Je l’envie. Lui. Ou Jansen. Ou les deux, peut être…

Lorsque nous approchons de l’endroit, je me rend compte que, comme je m’en doutais, le cirque n’existe plus. Quelques panneaux sont encore présents, quelques ampoules intactes sur un fronton de bois peint en rouge. D’autres sont explosées, probablement par des jeunes adeptes de battes de baseball. Il n’y a pas âme qui vive autour. Mais quelques vestiges tenaces, avec un toît, sont encore la. C’est un noman’s land mâtiné de résidus de spectacle. J’entends presque comme un écho de rires et d’applaudissements.. C’est le cœur lourd que je m’approche de la piste, à l’endroit ou tout à basculé pour moi.

Le cœur lourd, mais pourtant avec un sourire dans les yeux et sur le visage, je fais visiter à Alessandro, qui a trouvé comment enclencher le lourd manche commandant aux lumières et au groupe électrogène qui fonctionne encore, curieusement. La piste est intacte, bien que poussiéreuse, et le sable encore propre au sol. Aucune trace de pas, cependant, mis à part celles que nous laissons en tournant sur le manège… Ma main glisse, légère, sur les fauteuils, et j’aperçois les pylônes et les prises pour y grimper.

Mu par une envie étrange, je grimpe soudainement, reproduisant des gestes mille fois répétés. Jetant ma veste, pour être plus à l’aise, je me retrouve en chandail et jeans, pieds nus, et un sourire nait sur mon visage, car je retrouve des sensations perdues. Le trapèze est la, et je n’hésite même pas lorsque je me jette dans le vide, mon corps prenant les commandes, reproduisant mes acrobaties maintes fois répétées. J’ai évolué depuis, je peux faire des choses que je ne pouvais pas à l’époque. Alors, virevoltant dans les airs, triple salto, me rattrapant au mouvement, je finis par atterrir au sol après avoir tourné quatre fois, et propagé l’impact qui aurait autrement surement fêlé l’os de ma jambe de réception. Au moment ou je salue un public inexistant, Alessandro m’applaudis, sourire charmant au visage. Mais nous nous retournons tous les deux lorsque d’autres applaudissements retentissent.

Le cœur battant à tout rompre, je vois plusieurs personnes sortir de l’ombre, toutes bizarrement constitués. Elles sont athlétiques, mais déformés, étranges… Nous n’avons pas le temps de nous demander ce qu’il se passe. Mon poing s’écrase avec une douleur et un craquement sinistre sur le visage beaucoup plus résistant qu’il ne devrait d’une de ces créatures, et je transmets immédiatement, a la grande surprise de mon adversaire, cette douleur.

(Alors, en gros, je pense nous faire affronter l’équivalent local, loin de BH, des chimères. Une version un peu plus « freak », et elles ont toutes un look de cirque. J’en dirai un peu plus, avec accord préalable des admins, si ça plait, et sinon au pire, ce ne sont « que des chimères », mais localisées. A toi de jouer pour le combat, tu peux bien sur m’y inclure).








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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Mar 24 Jan - 17:57



Identità nascosta


Feat : Alec O’ Fallamhain


Mon étreinte avec le pompier est troublante. Je ne peux ignorer les battements de son cœur qui s’emballent quand il est avec moi. Je l’attire, et je le trouve également attirant. Je souhaiterai ne pas lui mentir, lui dire que si j’ai diablement apprécié notre nuit ensemble et que son contact est très plaisant, il ne doit pas s’attendre à plus qu’une intimité liée au sexe et à l'amitié entre nous. Car même le plus indépendant des loups est régenté par sa nature, surtout pour ce qui concerne son compagnon. Je m’interroge d’ailleurs sur la possibilité homosexuelle d’un tel lien. Je pensais que l’animal s’unissait fidèlement à la même femelle pour des raisons de reproduction et aussi pour éviter les consanguinités. Toutefois, il semblerait que la survie de l’espèce ne soit pas la seule et unique voie d’avenir, ni l’unique force qui attire deux êtres l’un vers l’autre.

Je suis incapable d’avouer à Alec que Jansinio est l’élu, car je suis tout bonnement pas capable d’admettre ce que mon esprit considère encore comme une faiblesse, même si mon danseur m’a mainte fois prouvé que sa présence me renforce autant qu’elle m’adoucit. Je ne peux pas lui avouer ma faiblesse bien que je risque de laisser un vain espoir dans le cœur du pompier. Lâche que je suis, j’espère qu’il comprendra par lui-même que s’il est le bienvenu dans mes bras… et dans mon lit, la place de l’être complémentaire dans mon cœur est déjà occupée.

Le Dru est conscient de cela, pourtant c’est lui qui a retenu le pompier à la fin de nos ébats. J’ai encore du mal à cerner le mode de pensée de Jansinio. Je sais que sa nature végétale ne le rend pas territorialisme comme l’est la faune. Toutefois je ne souhaite pas le heurter.

Je ne suis pas du genre à faire du sentimentalisme, alors je serre fort Alec contre moi parce qu’il en a besoin. Je ne me projette pas sur un lien qui se vivra au jour le jour, sur l’instant. Mon étreinte est fraternelle mais aussi incestueuse.

(…)

L’ancien cirque où travaillait Alec n’est pas sur le territoire de Los Angeles même, je peux donc m’y aventurer sans enfreindre mon bannissement de la cité des anges. J’ai décidé d’y aller seul avec Alec. La squadra a affaire à Beacon Hills et Arès également pour notre future salle de tripot clandestin. J’avance plusieurs actions en parallèle suivant un risque calculé. En cas de pépin, les consignes de chacun sont claires. Je ne m’inquiète donc pas pour ce qu’il se passe en ville. Alec est aussi la raison de cette décision d’y aller à deux. Mio amico est sur la sellette. Il n’a pas besoin de spectateurs inutiles à ce qu’il risque de se passer. J’ai une bonne idée de sa réaction si cela devait mal tourner.

Je conduis légèrement au-dessus de la vitesse réglementaire. Il fait nuit et nous sommes sur une route assez sécurisée pour que la volaille soit un peu plus souple sur les contrôles tant que nous n’abusons pas. La nuit est tombée depuis un moment, je roule, sigaretta coincée au coin des lèvres, une main sur le levier de vitesse, l’autre tenant le bas du volant. L’éclairage urbain se fait stroboscopique, créant une atmosphère étrange. Je sens le regard d’Alec sur moi.

- Je sais même pas si ce cirque existe encore…
- Sans leur artiste vedette…


Flatterie gratuite qui n’est là que pour meubler le vide et lui assurer ma présence. Je lui souris comme si nous étions en route pour une simple balade. Je ne sais pas ce que nous allons trouver. Il sera temps de réagir une fois en face des problèmes. J’ai avec moi mes deux calibres sagement accrochés en bas de mon dos et enfilé une tenue qui n’entravera pas mes mouvements en cas de combat.

Mon téléphone vibre. Un message. Je regarde qui est l’expéditeur. Jansinio. Il n’a rien dit sinon me souhaiter une bonne route. Je sais qu’il s’inquiète sans me le dire. Non qu’il n’ose pas, mais parce qu’il ne veut pas être une contrainte ou une chaîne qui m’entrave. Qui peut rêver de compagnon plus sincère ? Son message est composé d’un selfie. Madre di Dio, il est à damner. Jansinio a un sourire si beau qu’il mérite bien son titre de prince. Du pouce je pianote quelques mots en italien.

(…)

L’endroit semble à l’abandon et en faisant abstraction des autres bâtisses alentours, le lieu où avant se dressait un cirque, a ce soir des airs post apocalyptiques. Je ne sais pas combien de temps il s’est écoulé depuis le départ d’Alec, mais cela fait visiblement un moment que l’endroit est désert. La tristesse et l’émotion d’Alec sont palpables. Le cirque avait un sens pour lui. Pour ce monde il avait rejeté la vie toute tracée que lui avait faite ses parents. Il avait quitté le confort d’une famille pour aller faire l’équilibriste sous un chapiteau mal chauffé.

Le pompier est fier de me faire visiter cet endroit. Qu’il soit en ruine n’efface pas le temps passé ici ni la joie qu’il a eu d’y être. J’ai trouvé un tableau électrique, je teste le levier sans grande conviction. Étonnement les lumières s’allument et j’entends le ronronnement d’un groupe électrogène. Ce n’est pas normal, ni l’absence de déchets sur la piste. Je me suis saisi d’une de mes armes, les sens en alerte. Il y a de la vie autour de nous mais les immeubles alentour ne sont pas abandonnés comme semble l’être le cirque. Mon attention est déviée sur le pompier qui est monté dans les mats se saisissant du trapèze. Je le regarde virevolter comme s’il n’était pas tenu par l’apesanteur. Je suis d’autant plus émerveillé, qu’il n’a pas comme moi une force et des réflexes accrus. Le voir faire me ramène tout gamin, un jour où ma mère nous avait emmenés mon frère Mateo et moi au cirque. La famiglia avait réservé une séance pour tous les bambins de la little Italy. Je me souviens de mon émerveillement et particulièrement des trapézistes. Ils avaient un numéro où ils feignaient l’accident pour se rattraper à l’ultime seconde créant un cri d’angoisse dans la foule. Alec me fait le même coup et je m’apprête à bondir pour le rattraper avant de me souvenir de ses pouvoirs. Je l’applaudis chaudement, totalement charmé par sa prouesse. Les cheveux de ma nuque se dressent quand d’autres applaudissements accompagnent le mien dans mon dos.

Cette vie que j’avais vaguement perçue se montre. J’esquisse un signe de croix face à cette apparition de l’enfer. Les êtres qui nous cernent sont des monstres, mais dans le sens primaire du terme. Difformes, aux proportions abominables et contre nature, c’est le cirque de l’horreur qui s’offre à nos yeux. Leurs regards froids démentent l’amabilité de leurs applaudissements. Dean nous a attiré ici, mais l’accueil n’est pas amical.

Alec a réagi le premier, encastrant son poing dans la tête d’un type qui ne bronche pas tant il est un roc. Mais c’est d’une autre façon qu’il reçoit la douleur. Je rugis en sortant mon deuxième flingue avant de me coller dos à dos au pompier. Les deux index prêts à faire feu, je vise tour à tour chacun des monstres. Je les jauge, me méfiant des capacités cachées, quand l’un d'eux bondit  sur nous. Je vise et tire. L’être de cauchemar est rapide, il esquive juste assez pour que ma balle qui normalement devait l’atteindre en plein cœur, lui perfore le poumon droit. La deuxième balle lui explose la tête. Cela semble être le signal de la ruée.

Une arme à feu a un intérêt si l’ennemi craint d’être blessé. Ce qui n’est pas le cas. Ces êtres ont bien des capacités cachées car je ne les arrête que si ma balle leur perfore le crane ou le cœur. Autant dire que même sachant tirer avec mes deux flingues en même temps et ma bonne capacité à réussir mes tirs, la piste est un espace limité. La meute de l’horreur a vite fait de combler la distance, m’obligeant à ranger mes guns inutiles dans un combat au corps à corps.

- Alec ! Reste plaqué contre mon dos !

Nous ne devons pas nous faire séparer. Mio amico use de son don de transfert. Et moi, j’ai sorti les griffes et les crocs. Je fais des dégâts, mais ils ont le nombre pour eux. Je ne peux pas tout parer et je suis rapidement en sang. J’enrage car, il est évident que nous n’avons à faire qu’aux soldats, à la chair à canon qu’on sacrifie. Nous usons nos forces sans même apercevoir l’investigateur de ce guet-apens.

Je n’arrive pas à comprendre ce que sont ces êtres. Certains ont la même force que moi, d’autre sont très rapides, d’autre encore encaissent sans broncher comme s’ils étaient de pierre. Le combat est inégal, bien que nous résistons admirablement. Je gronde, menaçant, n’ayant pas le temps de me retourner pour voir comment Alec s’en sort. Je rends les coups que je reçois. Les minutes passent, je suis conscient que je suis de plus en plus en défensif et non en mode offensif. Nous sommes en train de nous faire déborder. J’ai dû en tuer trois et bien esquinté deux autres. D’un coup d’épaule j’incite le pompier à pivoter. Je constate qu’il a à peu près le même tableau de chasse que moi. Mais ils sont encore nombreux et nous de moins en moins en forme.

Ils sont forts comme nous. Ils sont plus nombreux. Nous sommes encore en vie… Quelque chose cloche.

- Basta ! Que le figlio di una cagna qui se planque derrière ces pauvres types ait les palle de se montrer.

Je me suis redressé après avoir repoussé un énième adversaire. Le nuage de poussière soulevé par l’affrontement retombe peu à peu dans un silence de plomb. Les monstres nous toisent mais ne reviennent pas à la charge comme si mon coup de gueule suffisait à rompre le combat.

- Oh ! Tu es si moche que ça que tu n’oses pas montrer ta face de couard ?

Difficile de compter les battements de cœur quand le mien bat à fond à cause de l’effort fourni. Un bruit sur le côté nous fait tourner la tête en même temps. Mon bras a suivi mon regard, la main fermement serrée sur la crosse de mon flingue que j’ai à nouveau dégainé.


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Alec O’ Fallamhain

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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Dim 5 Fév - 15:46




Identità nascosta




Les mots et les pensées se bousculent dans ma tête. Même si je ne comprends pas ben les intentions de Dean, je ne l’imagine pas vouloir me faire du mal. Alors pourquoi m’avoir attiré ici ? Et surtout à quoi ça rime tout ça ?
Me faire venir pour que je retrouve mon frère, et finalement m’attaquer. Il y a vraiment quelque chose qui cloche. Et si d’un autre côté il se cognait de mon frérot, pourquoi l’avoir sauvé l’autre fois ?

Un coup à ma tempe me remet rapidement les idées en place.
Mes pieds trainent et glissent sur le sol souvent arpenté, mais cette fois ci il n’y a nul spectateur à éblouir, juste un combat à mener. Avec ironie, je repense au fait que c’est justement ce que me disait mon coéquipier chaque fois qu’on se lançait en piste… Son dernier combat, il l’a perdu, contre moi, comme mon pouvoir se révélait. Je vivais, plus lui.
La douleur n’est habituellement pas une information que j’ai le temps de traiter. Je la transmets, elle n’est que le symptôme d’une blessure que je transmet aussi. Mais il en est que j’ai ben du mal à décharger sur quelqu’un d’autre de même.

C’est le temps du combat, peut être mon dernier, et si c’est le cas, je m’en veut d’avoir entrainé Alessandro la dedans, même sachant à qui il appartient. La vie était si simple lorsque je n’étais qu’un artiste de cirque. J’ai l’impression que ça fait une éternité.
J’ai aperçu le signe de croix d’Alessandro, et même si je ne suis pas croyant moi-même, ce qui a toujours été un sujet de discorde avec ma mère, j’ai soudain effectivement une crainte toute humaine, toute ancienne. De celles qui vous font revenir au bénitier et prier le soir pour être pardonné. Ces créatures, pourtant indéniablement humaines, sont difformes, on les croirait sorties de la bouche de l’enfer.

Sans mon pouvoir, mon poing se serait brisé contre la tête de ce.. gars… Alessandro dans mon dos, rugissant comme un diable a ressort, se met à tirer , griffer, mordre et frapper avec frénésie. La première créature qui nous a bondit dessus a pu esquiver son tir, avec une vitesse incroyable. Mais il ne survit pas à la deuxième balle. Pourtant, malgré cette perte brutale et immédiate, les autres ne semblent absolument pas effrayés et foncent sur nous. Nous n’avons aucune chance à la longue, car même si Alessandro guérit vite, et que je peux transmettre mes blessures, mes réserves ne sont pas inépuisables, et les siennes sans doute non plus. Une autre information m’affole. Une odeur caractéristique. Que j’ai encore du mal à cerner, mais qui allume tous les signaux d’alarmes dans ma caboche.

Quand Alessandro me demande de rester contre lui, je ne lui fait pas répéter. J’ai la certitude que je ne dois pas entrer en contact avec le sang de ces choses… Je me blesse parfois volontairement, qui craquement sinistre, qui coupure, pour tenter de les avoir a distance. J’arrive à en éliminer trois, un est énervé mais prudent, saignant abondamment. Je n’ai pas le temps de me réjouir de notre petite victoire, quand je constate le même résultat chez les adversaires d’Alessandro. Mélangé au sang de mon dernier adversaire, je reconnais la couleur et les reflets caractéristiques du métal liquide. Mercure !
Le contact de ce truc peut complètement perturber mon pouvoir. Il ne resterait plus que le plomb et je suis fichu.

- Basta ! Que le figlio di una cagna qui se planque derrière ces pauvres types ait les palle de se montrer.

La bravade d’Alessandro semble faire son effet car nos adversaires se dandinent pratiquement, sans plus nous attaquer.
Un bruit nous fait tourner la tête de l’autre côté. Je reconnaitrai cette silhouette entre mille. Mon frère. Comment ?

« Alors frérot ? Surpris ? je savais que tôt ou tard tu reviendrais ici. »
Il plonge sous la lumière et je reconnais ses traits, mais comme si des années s’étaient passées. Des cicatrices sur le visage, de la barbe, beaucoup plus que la dernière fois que nous l’avons vu en mauvaise posture… Et ce regard de haine… si intense.
« Tu nous as abandonné, Alec… mais je savais que tu reviendrais ici ! j’ai fuis et me suis réveillé dans un labo près d’ici. Ces créatures m’ont soigné… elles disent que des docteurs les ont créés.. Sans doute la ou je me suis réveillé. Il parait que des années se sont écoulées.. comment est-ce possible ? comment peut tu etre comme.. quand tu es partit ? »

Soudain un coup de feu retenti… C’est avec horreur que je vois du sang perler sur le front de mon frère, qui s’écroule, sous la rage des creatures encore vivantes.
« j’ai horreur des paradoxes temporels.. Prend soin de lui. Il peut avoir une vie plus heureuse que celui qui est tombé ».

Dean ! Je n’ai rien le temps de comprendre lorsqu’il pousse ce qui est, contre toute logique, bel et ben mon frère, et que les creatures reconnaissent à son odeur. De la fumée sort de son flingue qu’on dirait sortit d’un film kitch, et mon frère s’écroule a mes pieds, tel qu’il était lorsque nous l’avions approché avec Alessandro. L’autre est mort. Mais.. Dans mes trippes, je sens qu’il était aussi mon frère.. La migraine me guette, et une du genre que je ne peux pas transmettre.

« Apprenez ce que vous pouvez ici. Ca vous sauvera a beacon Hills, sans doute… Oh, bien sur, elles ne doivent pas survivre… .. Je ne peux pas être partout sans créer des paradoxes, Alec. Tu dois veiller sur lui, à présent, et sur tes parents… Ca va beaucoup plus loin que ta petite histoire personnelle. Sans rancune, vieux… J’ai adoré tout ce que tu m’as écrit…putains de docteurs ! ils embrouillent tous les flux ». Il fait un pas dans les ombres et disparait…

Les créatures semblent agglutinés autour de mon frère et de nous, et semblent perdues.. Elles sentent son odeur, à la fois sur celui qui est mort, et sur celui qui est vivant, mais apparemment assoupis ou drogué, pas loin de nous..

Je n’ai aucune pitié, mais j’ai des doutes… je ne me sens pas capable de tuer ces choses qui semblent soudain ben inoffensives, mis à part leur aspect… Lâche, je m’en remet à la décision d’Alessandro, me rapprochant prudemment de mon frère.


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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Ven 10 Fév - 17:20


Identità nascosta
Mon audace est payante car l’affrontement cesse. Nous sommes toujours cernés par ces êtres de cauchemar, mais ils ne viennent plus à l’assaut. Quelqu’un s’avance et se dévoile.

- Alors frérot ? Surpris ? je savais que tôt ou tard tu reviendrais ici.

Frérot ? Je plisse les yeux et scrute l’homme qui s’avance. En effet, il ressemble au type que je n’ai qu’entraperçu. Johan le fratello d’Alec. Quelque chose cloche, le cœur de mio amico semble chuter dans un abysse à cette apparition inexplicable. Le petit fratello est plus vieux que son ainé. Che cos'è questa diavoleria ? Sa haine est palpable et me donne envie de m’interposer entre cette malveillance manifeste et le pompier. Cependant je ne bouge pas. Je n’oublie pas les créatures de cauchemar qui nous cernent encore et qui n’attendent qu’un ordre pour nous bondir dessus à nouveau.

Ce vieux Johan nous explique qu’il s’est réveillé ici après avoir fui ceux que je suppose être aux trousses du pompier. Il ajoute que les créatures ont été créées par des docteurs. Cela me rappelle ce qu’Arès m’a confié un jour où il s’était pris une monumentale raclée contre trois types plus qu’étranges.

- …Il parait que des années se sont écoulées.. comment est-ce possible ? comment peut tu etre comme.. quand tu es partit ?

Un coup de feu le fait taire d’une balle en pleine tête. Je me prépare à bondir, car ce tir très précis n’argue rien de bon et surtout un tireur sans pitié.

- j’ai horreur des paradoxes temporels

Un nouveau Johan, mais avec le bon âge cette fois est violemment jeté à nos pieds par le dénommé Dean. Je ne perçois pas d’animosité de la part des créatures. Au contraire, le paradoxe du même homme présent deux fois au même endroit les perturbe. Elles sentent le fratello vivant et le cadavre. La signature olfactive est la même. Les monstres de foire se rapprochent de nous à nouveau, mais pas pour une nouvelle attaque, plus par peur. Alec se rapproche de son frère pendant que j’observe attentivement chaque créature. Ce qui me fait froid dans le dos hormis leur aspect horrible, c’est le manque d’intelligence dans leur regard. D’ailleurs leur comportement dénote d’une absence de conscience. Ces êtres sont comme les abeilles ouvrières d’une ruche, ils n’ont aucune individualité et sont visiblement en attente d’un ordre qui ne vient pas. Est-ce Dean qui les commandait ? Il s’est enfui en disparaissant littéralement sous nos yeux. Son odeur, le bruit de son corps ont disparu comme s’il s’était effacé, ou plus vraisemblablement téléporté ailleurs par je ne sais quel pouvoir.

Je croise le regard d’Alec. Le pompier est perdu, il se raccroche à moi pour savoir quoi faire. Je m’écarte un peu, toujours à l’étude des réactions de ces monstres. Ils sont bien vivants, mais il n’y a personne aux commandes de leur corps. Je me décide à faire un test et m’avance de façon menaçante vers un de ces êtres. Il ne broche pas. De même après que je lui ai collé une magistrale claque.

Le choix qui s’impose est binaire avec une seule constante qui est d’embarquer Johan. Dean a dit que les créatures ne devaient pas survivre. Il est évident que le « journal intime » d’Alec ne nous a pas dit tout ce qu’il sait. Toutefois il a prouvé sa bienveillance vis-à-vis du pompier en soustrayant Johan de des mains de Rafaelo, le privant de sa pièce maîtresse pour faire plier Alec. Le fratello est sain et sauf… pour la version du présent. Dean semble être capable de naviguer dans le temps ou plutôt dans les temps car il semble laisser une chance à Alec de faire en sorte que le Johan du présent ne tourne pas haineux comme celui qui s’est pris une balle en plein front.

Je pousse les créatures qui s’écartent mollement de mon chemin. M’accroupissant à la hauteur de Johan, je l’examine rapidement pour vérifier qu’il n’est pas blessé. Le jeune homme semble secoué et dépassé par les événements.

- Sache que ce qu’il t’arrive à toi et ton fratello, n’est qu’une fatalité. Tu ne peux rien lui reprocher. Par contre tu es dans la merda jusqu’au cou. Si tu veux survivre, écoute ton frère.

Mon regard est dur. Je ne le dis pas en mots, mais ma menace est explicite. Je ne lui donne pas le choix.

- Alec, emmène ton fratello à la voiture. Je vous rejoins dans quinze minutes.

Quand ils commencent à s’éloigner, les créatures semblent vouloir suivre. Je m’interpose et leur ordonne de ne pas bouger. Je ne sais pas ce qui fait qu’elles m’obéissent. Est-ce simplement ma volonté ferme qui les fait plier ? Je m’enfonce dans les profondeurs du cirque à la recherche du générateur qui alimente l’éclairage. Au bout de cinq minutes, je trouve ce que je cherche : des jerrycans d’essence. Commence alors une mise en scène bien rodée pour effacer les preuves de notre passage.

J’ai commencé par récupérer mes balles tirées dans les corps des chimères que j’avais abattues. Comme je l’avais appris à Therencio, il est capital de savoir combien de balles on a tiré, déjà pour savoir ce qu’il nous reste en réserve et aussi pour effacer toute preuve de façon fiable. Les créatures me regardent faire se contentant de tourner la tête pour suivre mes mouvements. Vient la phase ultime. Je prends ça comme tuer une portée de chatons indésirables.

Je ne suis pas certain de leur réaction, alors je crée un cercle avec l’essence, entourant la piste au cas où. Je ne veux pourtant pas les brûler vivants. Non par humanité, bien que je souhaite éviter cela à Alec, mais c’est surtout par soucis de discrétion car l’endroit n’est pas si isolé que cela.

Je m’avance dans le dos du premier monstre, le mets à genoux d’une poussée derrière le tibia et lui entoure la tête d’un sac plastique. La créature se débat mollement alors que je m’attendais à une forte résistance. Cela me conforte dans ma décision. Ces êtres sont mieux morts que vifs. Il s’effondre dans l’indifférence des autres. Je répète mon macabre scénario autant de fois qu’il le faut.

J’ai copieusement arrosé d’essence le cadavre du vieux Johan. Il ne faut pas que la volaille remonte jusqu’à lui. J’ajoute du bric à broc qui aidera à entretenir un feu intense avant d’aller simuler un court-circuit vers le générateur. Les flammes se propagent rapidement grâce à l’essence.

(...)

Je retourne à la voiture. Les deux fratelli restent muets comme hypnotisés par le brasier qui prend de l’ampleur dans mon dos. Je nous éloigne rapidement des lieux. Je ne sais pas s’ils ont discuté pendant que je m’affairais. Nous avons de la route à faire. Par sécurité je quitte l’autoroute et prends les voies secondaires. L’atmosphère devient pesante dans l’habitacle de la voiture. Je finis par m’arrêter devant un fast-food.

- Je ne sais pas vous, mais j’ai besoin de pisser et j’ai faim.


Je lance les clés de la voiture à Alec et je sors sans les attendre. Une fois dans l’établissement je repère les toilettes et les issues de secours.


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Alec O’ Fallamhain

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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Mer 15 Mar - 15:05




Identità nascosta




Je ne suis pas sur d’être en face de mon véritable frère… Tout s’embrouille. Bon sang ! cette ville à l’art de tout rendre plus compliqué. Pourquoi être venu ici, entre les milles possibilités qui s’offraient à moi ?
J’ai agi sans vraiment chercher à comprendre ou j’allais. Mu par un instinct de survie et de préservation, non seulement pour moi mais aussi pour mes proches, j’ai laissé le hasard décider pour moi. A gauche, à droite. Un motel ici, quelques jours dans cette bourgade la.. Et puis finalement Beacon Hills. Ou je pensai pouvoir trouver la paix.

J’ai vite compris que je n’étais pas le seul à avoir des pouvoirs ici, et j’ai été encore plus surpris de découvrir que certaines légendes étaient vraies… Des loups garou… D’autres choses encore. Qui sait si les vampires ou les fays n’existent pas au final ?
Avoir vu mon frère en double, dont une version plus vieille si j’ai bien compris, m’a complètement chamboulé. Et je n’ai pas les sens aiguisés d’Alessandro pour vérifier si on me sert un pancake a la niaiserie ou si c’est vrai et ben vrai !

Mais non seulement Alessandro semble le croire, mais les créatures aussi. Elles qui semblent liées par une raison inexplicable à mon frère, que ce soit la version âgée ou plus jeune, ne se trompent pas. Elles le reniflent, semblent ne pas comprendre pourquoi il est la en deux exemplaires, et pourquoi l’un bouge et plus l’autre… Je comprends alors, horrifié, que j’ai bel et bien vu mon frère mourir, même si c’est une version disons alternative…

Mais je n’ai pas le temps de laisser libre court à mes angoisses et ma tristesse. La situation est loin d’être résolue, et je n’arrive toujours pas à comprendre comment mon fucking journal a pu devenir réel… On me manipulerait ? Et à quelle fin ? Dean semble vouloir m’aider, mais ses méthodes sont plus qu’expéditives… Ceci dit j’ai mis ma vie et mon corps entre les mains d’Alessandro sans rechigner alors qu’il est lui-même de cet acabit.
Même lorsqu’Alessandro s’approche d’elles, elles ne mouftent pas.. L’italien se fait menaçant, sans aucune réaction particulière de celles qui étaient il y a encore quelques minutes une menace à notre survie.

La claque retenti, et je serre la mâchoire par empathie, mais la encore, aucune réaction. Comme si elles n’avaient pas de conscience, pas d’instinct de survie, pas l’étincelle d’un esprit aux commandes de leur corps si dangereux.

- Sache que ce qu’il t’arrive à toi et ton fratello, n’est qu’une fatalité. Tu ne peux rien lui reprocher. Par contre tu es dans la merda jusqu’au cou. Si tu veux survivre, écoute ton frère.

Les paroles d’Alessandro me piquent comme des aiguilles.. Je ne sais pas quoi dire à mon frère à part lui raconter ce qui m’est arrivé et pourquoi je me suis enfui, pour les protéger, tablant sur le fait qu’ils seraient plus enclin à me rechercher activement qu’a faire pression sur moi, vu que pour faire pression sur moi, il fallait me trouver. Mais voilà qui était chose faite à présent…
Lorsqu’Alessandro me demande d’amener mon frère dans notre véhicule, je ne me fais pas prier. Oui, je me sens lâche de ne pouvoir faire ce que Dean a demandé et qui est évidemment la seule option.

Pourtant, lorsque je vois les flammes prendre puis s’étendent au loin, je me sens Sali. Et tellement lâche. Je profite d’Alessandro. De sa noirceur. Pour lui laisser faire le travail qui m’incombait à moi. Je n’ai jamais failli dans ma tâche, comme pompier. Comme athlète. Comme membre d’une troupe de cirque. Mais jusqu’alors, ma seule défaillance avait été celle d’un fils qui n’arrivait pas à combler les espoirs de ses parents…

Profitant des moments qui me séparaient de cette sombre révélation, j’ai parlé à mon frère. Je lui ai raconté ce qu’a été ma vie depuis ma fuite, et pourquoi j’ai fuis. Il parle peu. Mais me demande une démonstration. Alors je lui transmets mon état, pour l’aider à récupérer. C’est avec des yeux ronds, un peu effrayés, mais pas autant que ce à quoi je m’attendais, qu’il constate les effets de mon pouvoir sur lui. Des effets bénéfiques, mais mon frère à toujours été plus intelligent que moi. Il sait parfaitement ce que je pourrai faire avec ce pouvoir sur des victimes. Et il sait parfaitement que la mafia aurait désigné ces victimes toute ma vie durant si j’étais resté…
Alors il arrive un moment ou ni lui ni moi n’arrivons à parler. Nous regardons, comme deux jeunes cerfs hypnotisés par les flammes, l’incendie se propager.
Mes cellules associées à mon métier, ma vocation, s’affolent. Mais la nécessité les fait taire.
Longtemps après que cette vision ait disparue, les flammes du remords continuèrent à nous cerner dans la voiture.
Alors quand Alessandro s’arrête devant un fastfood, prétextant avoir envie de pisser et de manger, nous sortons enfin de notre léthargie.
Attrapant les clefs au vol, j’hésite un moment..

« Tu me pardonnes ? »
« Un jour, peut-être ». Me répond-il avec une voix rauque. Mieux que « jamais ».. Mieux que « va crever »…

« il faut qu’on se batte. Pour mam et pap ».. Nos parents. On a un objectif commun.

Je l’aide a se relever, et a sortir, et toute son attitude me dit qu’il a besoin que je le prenne dans mes bras, mais qu’il se refuse à le faire et à me laisser faire… Nous n’avons pas fait 10 pas dehors que deux chiens viennent vers nous, menaçant, grondant, grognant… Sans doute notre odeur, le sang, le feu, les cendres, et celle des créatures… Je ne souhaite pas leur faire de mal.. Mais soudain il se passe un truc étrange. Johan s’approche d’eux, pose simplement sa main sur leur crane, avant que je puisse lui dire de faire gaffe, et dit simplement.

« assis. Pas bouger.. ».. Les deux chiens verrouillent immédiatement leur patte arrière, presque au garde a vous, et ne bougent plus. Je me suis retourné 3 fois sur la distance qui nous sépare de l’entrée du fast Food.. Ils n’ont pas bougé d’un pouce. Et quand nous sommes repartis, plus tard, je peux jurer qu’ils étaient toujours la… Si ça se trouve, dans 5 ans, deux squelettes de chien, assis sur leur pattes arrière, au garde a vous, feront une curiosité locale plantée devant ce fast food..

Et le pire dans tout ça, c’est que Johan semble totalement inconscient d’avoir fait quoi que ce soit sortant de l’ordinaire… Bon sang…

Lorsqu’Alessandro, après que nous ayons tous goinfrer, me montre les deux chiens, je lui montre à mon tour mon frère, avec un haussement d’épaule signifiant que je n’y comprend rien non plus…


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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Mer 22 Mar - 21:07


Identità nascosta
Il y a des choses que je ne peux pas faire à la place d’Alec. Et à voir les deux fratello se regarder en chiens de faïence, je me suis dit qu’il fallait que je provoque un peu le contact. Sans les laisser réagir je suis sorti de la voiture, jetant les clés au pompier. J’entre dans le fast-food, mon regard fait le tour des gens présents. Hormi quelques routiers, un VRP sur le chemin du retour, le lieu est loin d’être à son maximum de fréquentation. Je passe au bar pour commander une bière. J’évite d’emblée la déception inévitable avec leur café jus de chaussette et côté alcool ils n’ont que de la bière.

En attendant que les deux O’Fallamhain pointent leur museau, je file aux sanitario. L’endroit est crasseux et sent l’urine à plein nez. Je soulage néanmoins ma vessie dans un urinoir qui a vu des jours meilleur. Le miroir au-dessus du lavabo me renvoie un visage fatigué. Je me lave longuement les mains avant de me passer de l’eau sur le visage. Il n’y a plus de serviette en papier, je m’essuie donc avec la manche de ma chemise plus très blanche. Je réajuste mes bretelles et reviens côté bar. Les deux irlandais font le pied de grue devant le bar. Je passe devant eux, prends ma bière et demande que l’on nous apporte la carte. Le gars derrière le bar semble réticent, car il va devoir salir sa cuisine qu’il a certainement déjà rangée vue l’heure tardive. Du menton, je désigne l’enseigne de néon dans son dos qui affirme un service H24. L’homme se renfrogne et pose 3 cartes sur le comptoir. Je m’en saisis et me dirige vers la table la plus éloignée des gens présents. Alec et Johan commandent leur boisson et me rejoignent.

Pendant ce temps, je lis mes messages sur mon téléphone. Quatre de Largo qui passe de l’agacement, au désespoir pour finir soulagé par l’intervention d’Arès qu’il a fini par appeler. Ryan veut m’entretenir d’un souci de dealers qui tapinent près du hangar des combats. C’est ma routine quotidienne. Le message qui me fait froncer les sourcils provient de Los Angeles. Puttana ! Ils ne vont venir me les briser parce que je me suis approché de vingt bornes de la mégapole ! Mon doigt glisse sur l’écran pour appeler, alors qu’Alec et son fratello s’assoient à ma table.

- Ciao’ Sonny. Cosa sta succedendo ?

Il me demande si j’ai vu Leonelli. Je soupire, agacé qu’il me pose une question dont il connait la réponse. S’ensuit une conversation à fleuret à peine moucheté. Personne ne peut suivre notre conversation qui a lieu dans un sicilien rapide et entaché de formules argotiques. Sonny veut savoir ce que les napolitains me veulent. Le souci c’est que je ne le sais pas moi-même. Ou plutôt que c’est lié à la décision de Don Stephano de m’avoir banni plutôt que de m’offrir des mocassins en béton, et cela deux fois de suite. Je raccroche pratiquement au nez du bras droit du parrain de LA, lui disant qu’il est certainement l’un des rares à savoir de quoi il retourne. Et que soit il me met au parfum, soit il va se faire voir. Ce soir je ne suis pas d’humeur, et l’idée qu’il est peut être dangereux pour ma survie que je parle ainsi à Sonny, ne m’effleure pas un instant.

Le type du bar s’est approché pour prendre nos commandes. Je choisis le plat qui contient le plus de viande et le moins de merda verde. Un silence pesant s’installe que je romps en questionnant Johan sur ce qu’il fait habituellement et ses habitudes. Le fratello d’Alec me répond de mauvaise grâce, du bout des lèvres. C’est bien beau de l’avoir tiré des griffes de Rafaelo, puis de ce Dean. Il va bien falloir en faire quelque chose à Beacon Hill. Je ne suis pas un hôpital de charité. J’arrête ma slave de questions lorsque je vois Alec s’agiter de plus en plus mal à l’aise. Il a compris que mes questions ne sont pas de la pure curiosité, mais bien que je me renseigne pour aider son fratello à se trouver une gâche à Beacon Hill.

(…)

La nourriture est médiocre. La viande peu cuite. Le type l’a fait exprès. Manque de pot pour lui, je pourrais la manger crue sans que cela me dérange. Le malaise s’efface devant notre appétit. Le silence n’est troublé que par le bruit de nos couverts. Johan cède pour un dessert, je fais la grimace sur un café insipide. J’ai de ça en commun avec les français, c’est que nous sommes malheureux lorsque nous mangeons ailleurs que chez nous.

Il nous reste de la route à faire, je sonne le départ avec un « Va bene ». Je devance Alec à la caisse. Il proteste.

- Nous réglerons nos comptes plus tard amico.

Ma voix se fait plus chaleureuse. Par contre, par comptes, je n’entends pas de l’argent ou un service pour mon organisation. Il comprend et est troublé.

- Te bile pas Alec. C’est la notion que j’ai di amicizia !

Je ne suis pas un bon samaritain et franchement je n’ai rien à faire de mon prochain, sauf pour ma famiglia e il mio amico. Mon propre fratello m’a trahi, je l’ai pourtant laissé en vie, non par une brusque envie de clémence, mais parce que Jansinio et Arès ne m’auraient ni approuvé, ni soutenu dans cet acte fratricide. Je me moque de ce que les gens pensent de moi, mais l’avis de mon amant et celui de mon second et amico m’importent. Avant Jansinio, je n’ai pas toujours été fidèle en amour, mais je le suis en amitié.

Dehors les deux chiens qui n’avaient pas moufté à mon premier passage sont assis tels deux statues de marbre. Leur attitude est suffisamment anormale pour que je consulte Alec du regard. Il répond par un haussement d’épaule et me désigne son fratello. Mon regard se fait brusquement plus acéré sur Johan. Il est raisonnable de penser que le fratello du mentaliste ait lui aussi des capacités mentales surnaturelles. Reste à connaitre quelles sont-elles réellement. Un pouvoir lié aux animaux, ou… bien plus dangereux une capacité à se faire obéir sans discussion.

- Johan ?
- Oui ?
- Tu peux demander aux cani de marcher sur deux pattes ?
- Quoi ?!
- Fais-le !


Mon ordre ne souffre d’aucun refus possible. Johan a vu de quoi je suis capable, comme tuer de sang-froid. Il s’exécute apeuré, me prenant pour un cinglé.

Deux chiens font un numéro digne d’un spectacle de cirque sur le parking.

- Dis leur de rejoindre leur maître.

Nous remontons sans un mot dans ma voiture. Le pire c’est que Johan ne comprend pas ce qu’il vient de se passer. Il suppose que ces chiens ont été dressés pour obéir de la sorte et émet l’hypothèse d’avoir une voix qui ressemble à celle de leur maitre. J’échange un regard avec le pompier. Alec pense comme moi. Je lis de l’inquiétude dans son regard. Car évidemment, ce genre de pouvoir pourrait m’être drôlement précieux. Plus besoin de torturer un mec pour lui faire déballer ce qu’il sait. Plus j’y pense, plus j’envisage une infinité de possibilités qui me faciliterait la vie et aiderait grandement à l’essor de mon organisation. Arès n’aurait pas eu besoin de travailler Craig sur plusieurs mois pour qu’il se casse et me cède son affaire… Mais c’est le fratello de mio amico.

(…)

Nous passons le panneau de Beacon Hills, il doit être deux heures du matin. Je m’arrête devant l’immeuble du pompier. Celui-ci ne sait pas quoi dire. Il descend et contourne la voiture pour se mettre à ma hauteur.

- Domani Alec, domani. Passez au Pink.

Johan attend devant la porte de l’immeuble, alors que son fratello  se penche vers ma portière. Je baisse ma voix pour que seul Alec entende.

- Je peux le prendre comme serveur au Pink. Avec mes projets d’agrandissement, je vais devoir recruter, alors lui ou un autre… C’est pareil.

Alec m’écoute accoudé à ma portière. Un pli lui barre le front. Doucement je cueille sa nuque de ma main gauche et l’attire vers moi. Je lui dépose un baiser sur le front.

- Tu seras moins sexy avec des plis sur le front ! Buona notte, di domani Alec.

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Alec O’ Fallamhain

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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Jeu 11 Mai - 16:44




Identità nascosta




La question ne se pose même plus... Mon frère est comme moi. Fin, comme moi dans le sens qu’il a un fucking pouvoir. Mais sait-il lui-même ce qu’il peut faire ? J’ai beau me dire que c’est anodin, qu’il n’a fait qu’influencer deux chiens ou ce genre de choses, j’ai un désagréable sentiment qui me ronge, en même temps qu’un frisson glacé me descend le long de la colonne… Il y a quelque chose d’effrayant dans cette immobilité presque cadavérique des deux canidés.

Et puis il y a Alessandro. Que je n’arrive pas à détester. Je le vois réellement s’impliquer pour moi, et tenter de trouver des solutions pour mon frère.. Mais je connais les méthodes de la famille. Devoir des choses. Ai-je les moyens de devoir des choses à Alessandro ? Et plus je le regarde, plus j’ai envie de remettre le couvert, avec sa brindille, comme il l’appelle… Soyons honnête. Jansen me plait beaucoup, mais c’est d’Alessandro dont j’ai envie.

Il va falloir un jour que j’accepte la vérité toute crue : j’aime les situations compliquées… J’aime presque endurer des tortures… Dans tous les bulshits que j’ai pu lire sur les livre traitant du psychisme, des pouvoirs surhumains, ce genre de choses, il y a une constante. Si on croit ses illuminés du bulbe rachidien, la personne qui développe des soi-disant pouvoirs, le fait en accord à sa nature.

Ainsi, quelqu’un aimant agir sur les choses peut se retrouver avec la capacité de déplacer des objets, un autre aimant comprendre les gens se voit soudain être capable de lire leur pensée, ce genre de choses. Alors que penser de moi ? Pour que mon pouvoir fonctionne, il faut que je sois blessé, pour transmettre cette blessure. Il faut que je soit triste pour transmettre une tristesse.
Fucking révélation ! Je suis un masochiste surnaturel. Ben voila ! Alors j’ai envie d’Alessandro, j’ai envie de me torturer auprès de lui, et je n’arrive pas à le détester…

D’un autre côté, je suis bien placé pour savoir qu’il faut se méfier des jugements à l’emporte-pièce.
Il a choisi sa carrière, sans doute, mais comme pour n’importe quelle famille, il n’a pas choisi la sienne. Même celle si particulière… Je l’imagine se débattre dans les mêmes fils, coupant comme du rasoir, que j’ai dû contourner, couper, ou embrouiller pour m’en sortir. Je l’imagine porter le fardeau et la bénédiction d’être un loup garou. Et tout ce qu’il a du affronter pour rester en vie. Alors oui, même si j’ai honte de le penser, je l’admire…

Mon regard troublé jeté à Alessandro lui fait se méprendre.
- Te bile pas Alec. C’est la notion que j’ai di amicizia !

Mais , même si je met un point d’honneur à ne pas avoir de dettes d’argent, ce n’est pas ça qui me trouble en lui. C’est mon envie de venir me coller contre ses lèvres, et sentir ses bras autour de moi.
Chier !

La scène suivante, ou Alessandro demande à mon frère d’improviser un numéro de cirque grotesque avec les chiens, me glace le sang.. Elle aurait pu être drôle, et peut être que le pouvoir de mon frère est assez anodin, du genre faire faire des trucs de cirque à des animaux. Mais ce qui m’horrifie, c’est de penser que lui aussi à pu subir ce que j’ai subi. Et quand je vois ce que son double du futur était devenu, j’ai peur de découvrir la vérité.

Dans la voiture, Johan tente de convaincre tout le monde, et lui en premier, qu’il ne comprend pas ce qu’il vient de faire.
Mais le regard que j’échange avec Alessandro est lourd de conséquences implicites… Je crains pour ce qui a pu arriver à Johan. Il craint que je le soupçonne de vouloir l’utiliser lui aussi. Comme je hais cette impérieuse nécessité de fermer son bec, ce serait tellement plus simple de ce dire les choses.
Arrivés au Pink Print, je m’apprête à poursuivre la nuit en explications et décisions, mais Alessandro me devance et me demande simplement de repasser le lendemain.

Son baiser sur le front me ceuille comme si j’étais coupable. Je le suis. Car je voudrai plus…
Mais sa proposition me convient. Mon frère peut faire serveur. C’est loin de son haut niveau d’étude, et il faudra surement que j’arrive à le convaincre, mais c’est safe.

(…)

J’ai accueillis mon frère pour la nuit, et lui ai expliqué que c’était la seule solution pour qu’il soit en sécurité, et qu’on devait penser à nos parents aussi. Que c’était temporaire, qu’il sera toujours temps pour lui après d’exercer le métier de ses rêves. Qu’il a toujours été le plus intelligent de nous deux, ce à quoi il répond que j’ai tord… Mais lorsque je lui demande ce qui a bien pu se passer depuis mon départ, il reste muet comme une tombe… Son pouvoir me fascine.. il est si différent du mien, et nous ne savons pas ce qu’il est réellement. Lui-même ne semble pas savoir ce qu’il peut faire.

(…)

Le lendemain, nous revenons donc au Print, Johan, un peu timide, désireux de se faire une place à l’ombre le temps que ça se calme. Dans le bureau d’Alessandro, la tension est palpable. Au bout d’un moment il finit par me virer, pour traiter uniquement avec Johan.
Faisant les cents pas dans le couloir comme si j’attendais la sentence d’un médecin, je bondis presque sur place lorsque j’entends un rugissement suivit d’un cri...

Me précipitant dans le bureau, je vois Alessandro tous crocs dehors, un regard de prédateur et de luxure accroché au visage, et à califourchon sur Johan, qui tremble comme une feuille. Au moment ou il s’apprête à le mordre ou. Autre chose, je me précipite, et les crocs me déchirent le cou. En fait, la sensation est presque agréable. Je transmets immédiatement ma blessure à ce dernier, sachant qu’il s’en remettra.
« il s’est passé quoi ici merde ! »

Il faut bien quelques minutes pour que tout le monde se calme et que je comprenne ce qui s’est passé. Alessandro a voulu que Johan démontre son pouvoir. Ce dernier, buté comme sait l’être les membres de ma famille, à refuser, puis, paniqué, à tenter de faire quelque chose… Il semblerait qu’il ne soit pas un télépathe capable de contrôler les gens, au final. Mais plutôt une personne capable de s’adresser aux animaux, ou, dans ce cas précis, à la part animale enfouie chez les gens. Du moins est l’interprétation que j’en fais, et que je leur soumet à tous les deux. Ça expliquera l’obéissance totale des chiens, et le déclenchement de la partie animale et sauvage d’Alessandro. Nous voilà avec un beau rouge aux joues..


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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Identità nascosta Feat Alec   Lun 15 Mai - 21:59


Identità nascosta
Après avoir laissé les due fratelli devant chez Alec, je prends mon temps pour rentrer au Pink. Il est pourtant très tard, ou plus réalistement très tôt. La route parcourue, la tension de foncer dans un piège et ce dénouement si inattendu m’occupe le cervello. Les capacités mentalistes pourraient-elles être inscrites dans un patrimoine génétique ? Ou Johan est, par le plus grand des hasards, favorable comme Alec à ce que je pense être les prémices d'une évolution humaine qui répondrait à la recrudescence des manifestations surnaturelles. Je trouvais le pouvoir du pompier diabolique, celui de son fratello l’est encore plus. Avec un tel atout dans ma manche… Beacon Hills serait entièrement sous ma coupe en un mois à peine. Johan est capable de commander à l’esprit d’un autre !

J’exhale un long trait de fumée. Accoudé à la fenêtre de ma chambre, vêtu d’un simple caleçon de nuit, les cheveux encore humides de la douche que je viens de prendre, je prends le temps d’ordonner mes pensées avant de me coucher. J’ai toujours fait cet exercice, même quand l’heure est tardive et la fatigue pesante. D’expérience, je suis plus factuel lorsque je procède ainsi, au lieu de me coucher tel quel avec les idées en désordre. Car dans ce cas, le lendemain matin, il m’est toujours plus difficile de faire le tri entre ce qui relève de l’impression et de l’interprétation, que des faits et des actes.

Un grand dilemme se pose à moi. Aucun contrat ne me lie à Alec, sinon celui de l’amitié et de l’honneur. Le pompier est un homme bon. Paradoxe pour moi qui suis tout ce qu’il rejette. Notre amitié ne suit pas les standards. Nous n’avons pratiquement rien en commun, toutefois ma sollicitude à son égard avant de le laisser ce soir, était honnête et sincère. Seulement, utiliser son fratelo, revient à l’utiliser lui. Le pouvoir de Johan est bien tentant.

Ma sigaretta suit une course parabolique qui l’emmène sur le bitume cinq mètres plus bas. Réfléchir et classer les informations que j’ai recueillies aujourd’hui a porté ses fruits. Domani, je testerai ces fameux pouvoirs. Car avant d’envisager Byzance, il faut s’assurer que la route n’est point faussée. Avant de sombrer dans les bras de Morphée, je laisse un message à Jansinio. Même s’il ne le lira que lorsqu’il se réveillera, il en sera heureux. Un Drus heureux, c’est un drus particulièrement sexy.

(…)

Mon réveil se fait au bruit du percolateur, comme à chaque fois que je me couche tard. Une longue douche est nécessaire pour m’éveiller.

- Ciao’ Sophie.
- Bonjour Boss.


Ma barmaid me serre mon café, un double expresso si serré qu’il ressemble à du goudron liquide. J’attrape le journal du jour et vais m’installer sur la terrasse pour pouvoir en griller une tranquillement alors que la rue s’éveille et que les premiers clients pointent le bout de leur nez ensommeillé.

Je commence par la rubrique nécrologique. Il me semble reconnaitre un nom. J’envoie un message à Ryan lui demandant s’il connait le type qu’est mort. J’ai cinq messages en absence. J’ai besoin d’un peu de calme avant d’attaquer cette journée.

(…)

Le Pink sent la brioche, le café et le chocolat. Nous servons aussi des petits déjeuners usuels avec œufs et bacon, mais avec Charlie nous avions veillé à ce que la ventilation de l’espace cuisine soit suffisante, pour que ce soient les arômes qui proviennent des percolateurs qui dominent. Dan est en train de nettoyer les dégâts faits par une tasse renversée par un client quand Alec arrive avec son fratello. La nuit a été courte, en témoignent leur traits tirés et las.

- Avant de devoir appeler une ambulance, vous allez commencer par manger vous deux !

Je fais un signe à Sophie, puis je m’assois avec les O’ Fallamhain, bien que ce nom ne soit pas celui de Johan. Alec semble un peu désemparé, son fratello la joue timide et contemple ses mains. Je me contente donc de commenter ce que j’ai lu dans le journal, les derniers résultats de la NBA et le carambolage qu’il y a eu au nord de la ville. Lorsque Dan nous pose les consommations sur la table, la conversation meure d’elle-même. Je les laisse manger sereinement, me levant de temps à autre pour aider au bar ou accueillir des habitués du Pink.

Je devine qu’il en coute à Alec d’être là. Il est coincé dans cette affaire. Et il ne connait encore pas suffisamment de monde à Beacon Hills, à par moi, pour espérer un secours un peu hors des normes.

(…)

Leur appétit rassasié, nous sommes passés dans mon bureau. J’explique à Johan les grandes lignes de mon projet d’agrandissement et de la nécessité de recruter du personnel supplémentaire.

- Ce n’est donc pas un job bidon que je te propose, mais un vrai travail, avec un vrai contrat d’embauche. Il faudra d’ailleurs voir sous quel pseudonyme je le mets. J’ai la possibilité de t’avoir des papiers avec le même nom d’emprunt que ton fratello.

Johan est paumé. Je passe de contrat en bonne et due forme, à la falsification de pièce d’identité comme si de rien n’était. C’est rude pour lui, je le sais. Seulement, il n’a pas le luxe de s’offrir une période d’adaptation. Les muscles des maxillaires d’Alec roulent sous sa peau. Il plonge dans mon monde, y emportant son fratello. Je devine ce qui le mine, c’est le fait de ne pas avoir d’autre alternative que de combattre le mal par le mal, et la mafia par la mafia.

Johan est constamment en train de chercher l’assentiment d’Alec après chacune de mes questions quant à ses capacités à faire un bon serveur. J’ai besoin d’avoir une idée exacte de ce qu’il vaut. Je mets donc gentiment Alec à la porte de mon bureau, lui proposant d’aller patienter devant la boisson de son choix dans le bar. Cependant le pompier reste dans le couloir de l’arrière salle à faire les cent pas.

(…)

- Ce métier est assez physique. Il n’est pas rare de se prendre des tendinites aux coudes ou aux épaules. Je te conseille de faire un peu de sport pour te gainer si tu ne veux pas être usé avant l’heure. Côté conseils, tu pourras t’appuyer sur Dan. C’est lui qui nous a servi tout à l’heure. C’est un ancien qui a de la bouteille dans le métier et c’est aussi un gars agréable.

J’explique à Johan l’idée que je me fais du Pink. Je souhaite donner l’image d’un établissement un peu select de par sa carte qui est un peu plus chère qu’ailleurs, mais avec une ambiance qui casse toute velléité de mondanité.

- Clairement avec nos prix, je me débarrasse d'une population un peu pouilleuse et souvent à problème. L’ambiance et la qualité de nos produits attirent une clientèle intermédiaire et il n’est pas rare de voir se croiser des étudiants avec des yuppies quadragénaires. Mon personnel doit s’adapter au milieu social du client qu’il sert. C’est une des qualités que je demande.


Nous discutons un peu sur ce que Johan se sent capable de faire. Il n’a pas le même passif familial que son fratello, mais ils ont tous les deux les même bases. Si Alec a déçu sa famille par son choix de vie, il a néanmoins été formaté par le même moule qui a servi ensuite à Johan. Sincèrement, je pense Johan capable d’assurer au Pink. L’embaucher ne sera pas réduit à un simple service au pompier.

- Sache également que je suis un patron exigent. J’aime être obéi sans discussion. Je n’abuse pas de ma position à la condition que chacun fasse ce pourquoi il est là.

Johan acquiesce timidement. Ce garçon est encore malléable. Il a un tel potentiel… Je pourrais le façonner selon mon besoin, mais…

- Pour une raison évidente de sécurité, j’ai besoin de connaitre ton réel potentiel de mentaliste.
- Je ne comprends pas…


Johan se voile la face. De toute évidence Alec n’a pas cherché à lui faire voir la vérité en face. Je n’en veux pas au pompier, il était tard, ils étaient tous deux fatigués, sans parler du fait de se retrouver dans des conditions plus que particulières. Je prends donc une grande inspiration et lui explique ce qu’est un mentaliste. Johan me coupe, affirmant que c’est impossible.

- Tout comme les loups garous n’existent pas bien que tu en ais un en face de toi.


J’ai fait luire mes yeux et laisse sortir légèrement mes crocs de mes lèvres. Johan se ratatine sur son siège.

- Sache que tu fais partie de ce monde caché aux yeux du reste du monde, tout comme ton fratello. Comme lui, tu es un mentaliste. Tes capacités résident dans un pouvoir que détient ton cerveau.

Je lui reparle de la scène avec les chiens. Johan finit par admettre que ce qu’il a fait faire aux chiens est tout simplement extraordinaire.

- Tout pouvoir comporte des risques et attire aussi … des gens peu recommandables.

« Comme moi… ». Je demande au jeune homme de me faire exécuter un ordre simple. Il se braque et refuse. Je lui aboie de le faire, il résiste, puis me regarde étrangement. D’un seul coup je perds tout contrôle et d’un bond je suis sur lui. Je suis bien incapable de mettre en mot ce qu’il m’a ordonné, mais je n’ai qu’une envie bestiale, celle de le marquer, de lui imposer ma marque et de le revendiquer comme ma propriété. Rien de réellement sexuel la dedans, bien que souvent chez les animaux, la domination passe par l’accouplement. Je souhaite juste imprimer ma marque dans sa chair.

L’action est rapide. Alors que je me lance pour le mordre, c’est la gorge d’Alec que j’entame. Je reconnais l’odeur de sa peau, le gout de sa sueur. Je goute maintenant à son sang. La douleur me fait lâcher prise. Alec m’a transféré la blessure que je viens de lui imposer. Cela rompt l’ordre de Johan, me redonnant le contrôle sur le loup. Je me redresse un peu embarrassé. J’ai horreur perdre le contrôle de mes gestes et encore plus devant témoins. Johan a réussi à réveiller la part la plus sauvage de ma personne. Ce n’est pas forcément une facette de moi que je souhaite montrer à Alec.

Le pompier lance une explication qui semble très probable et qui en même temps sauve son fratello de ma convoitise. Par contre cela signifie que Johan a potentiellement un levier sur moi, Charlie et Arès. Nous allons devoir cadrer cela.

- Johan ? Que m’as-tu demandé de faire ?
- Je…
- Parle ! Il faut que l’on comprenne ma réaction.
- Je t’ai demandé de faire le beau…


Sa voix meure dans un simple murmure. J’écarquille les yeux et regarde Alec. Le pompier hausse les épaules d’incompréhension. C’est le même ordre que pour les chiens, toutefois le résultat est largement différent.

- Contrairement aux chiens de hier soir, j’ai un libre arbitre. Je n’ai pas fait le beau, j’ai voulu te… marquer.

Je n’ai pas la capacité d’un alpha, je ne peux pas le transformer en loup. Mais j’ai agi comme si je voulais l’intégrer à une meute que je n’ai pas. En fait ma part animale a calqué ce que venait de faire ma part humaine en le recrutant dans mon équipe.

Johan scrute ma blessure qui cicatrise sous ses yeux. Je lui explique les capacités régénératives des loups garous et aussi les pouvoirs de son fratello et pourquoi celui-ci n’a pas hésité à me transférer sa blessure.

- Johan, je suis conscient que cela fait beaucoup à encaisser, mais dis-toi que tu n’es pas seul. Tu as ton fratello pour l’aspect mentaliste, et tu pourras me poser toutes les questions que tu souhaites pour le reste.

Je regarde Alec. Nous sommes conscients tous deux qu’il bascule encore plus dans mon monde. Je ne l’y pousse pas volontairement. C’est la vie qui s’en charge. Je ne peux pas lui garantir que je ne tenterai pas de me servir de Johan. Il ne peut peut-être pas contrôler un humain, mais il a la capacité d’amadouer un chien de garde.

- Johan, je vais préparer ton contrat d’embauche. Cela te dit de faire un essai dès aujourd’hui sous la houlette de Dan ?

Le jeune homme n’ose pas refuser. Il a néanmoins regardé son fratello pour avoir son assentiment.

- Reste là Alec, j’aimerai discuter avec toi de quelques détails.

Je sors du bureau avec Johan. Arrivés côté bar je le présente à l’équipe et demande à Dan de lui montrer la boutique et de lui confier quelques tâches dès qu’il l’en sent capable. L’accueil est chaleureux de la part de Sophie et Dan.

(…)

- Johan peut trouver une bonne stabilité ici. Reste à voir comment il tient lors des coups de feu.

Alec s’est levé quand je suis entré à nouveau dans mon bureau. Il ne sait pas quoi dire, alors je lui donne une accolade et lui dis de ne rien dire. Je sens qu’il rompt notre étreinte avec regret. Je repasse du côté de mon bureau. Je n’arrive pas à déterminer ce qu’il ressent pour moi. Est-ce de la fascination ? Le besoin morbide de se brûler à mon contact ? Je ne souhaite pas le blesser, mais je pense que c’est déjà trop tard.

- J’ai vraiment besoin d’un serveur. Ce n’est pas un job de complaisance que je lui propose OK ? Lui ou un autre, peu m’importe. Ici, je peux garder un œil sur lui.

Un silence pesant s’installe dans le bureau. Mal à l’aise, je m’occupe à m’allumer une sigaretta. Je n’ai rien calculé d’avance, mais la situation est ce qu’elle est. Il n’existe pas de retour possible. Il est impossible de sortir de la mafia, une fois que vous avez accepté son aide. Ce n’est pas une loi que j’invente, vu que je la subis moi aussi.

- Mi dispiace Alec…

Désolé de l’avoir abordé après l’incendie du Pink, désolé d’avoir joué un jeu un peu frivole avec lui, désolé d’avoir été sa seule solution. Si notre amitié ne s’était pas étendue jusqu’au point de lui faire partager ma couche avec Jansinio, Alec serait je-ne-sais-où aux mains de Rafaelo. Et je ne saurais rien de tout cela. Je prends son fratello sous mon aile, pour le meilleur et le pire. Je lie Alec encore un peu plus à moi, ce qui n'est peut-être pas la meilleure des choses pour lui. Si mes bras peuvent étreindre deux hommes, mon cœur n'a qu'une place.


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