AccueilCalendrierÉvènementsFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion


Trophées


Classement au
14 octobre 2017

Kada'an Ravewood


►►►◄◄◄br />
Maxine Evans


►►►◄◄◄

Arès Kye Coleman




Classement au
30 septembre 2017

Caracole O'brient


►►►◄◄◄br />
Ruby & Peter


►►►◄◄◄

Arès Kye Coleman




Classement au
15 septembre 2017

Therence Garnet


►►►◄◄◄br />
Éris Blackmoon


►►►◄◄◄

Kada'an Ravewood




Classement au
2 septembre 2017

Éris Blackmoon


►►►◄◄◄

Mafdet Mahes


►►►◄◄◄

Merisha Gunder




Classement au
23 août 2017

Mathieu Lamy


►►►◄◄◄

Alessandro Amaro


►►►◄◄◄

Mickael Wayne




Classement au
5 août 2017

Caracole O'brien


►►►◄◄◄

Merisha Gunder


►►►◄◄◄

Alessandro Amaro




Classement au
07 juillet 2017

Willem Shepherd


►►►◄◄◄

Ashling McLan


►►►◄◄◄

Alex Cormier




Classement au
26 juin 2017

Kada'an Ravewood


►►►◄◄◄

Alex & Derek


►►►◄◄◄

Nick O'Sullivan




Classement au
10 juin 2017

James MacAulay


►►►◄◄◄

Caleb Lockhart


►►►◄◄◄

Mickael Wayne




Classement au
27 mai 2017

Jaimie O'Sullivan


►►►◄◄◄

Arès Kye Coleman


►►►◄◄◄

Willem Shepherd




Classement au
13 mai 2017

Les Admins


►►►◄◄◄

Kada'an Ravewood


►►►◄◄◄

Jaimie O'Sullivan




Classement au
28 avril 2017

Gwen W. East


►►►◄◄◄

Caracole O'brien


►►►◄◄◄

Therence Garnet




Classement au
15 avril 2017

Civet


►►►◄◄◄

Stiles & Derek


►►►◄◄◄

Arès Kye Coleman




Classement au
1er avril 2017

Vos 2 Admins


►►►◄◄◄

Arès Kye Coleman


►►►◄◄◄

Kada'an Ravewood




Classement au
19 mars 2017

Kada'an Ravewood


►►►◄◄◄

Alessandro Amaro


►►►◄◄◄

Willem Shepherd




Classement au
4 mars 2017

Derek Hale


►►►◄◄◄

Pia Abramov


►►►◄◄◄

Matthias Lunsford




Classement au
18 février 2017

Kada'an Ravewood


►►►◄◄◄

Stiles Stilinski


►►►◄◄◄

Arès Kye Coleman




Classement au
4 février 2017

Mick & Derek


►►►◄◄◄

Maxine Evans


►►►◄◄◄

Brian O'Conner




Classement au
21 janvier 2017



►►►◄◄◄

Mick & Derek


►►►◄◄◄

Willem Shepherd




Classement au
7 janvier 2017

Liam Dunbar


►►►◄◄◄

Willem Shepherd


►►►◄◄◄

Alex Cormier




Classement au
24 décembre 2016

Mick & Derek


►►►◄◄◄

Willem Shepherd


►►►◄◄◄

Arès Kye Coleman





© Code par Mafdet Mahes

Code onglet coulissant :
Okhmhaka de Never Utopia
Partagez | 
 

 L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard || Feat Arès

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Willem Shepherd

avatar

Humeur : Claustro
Messages : 268
Réputation : 39
Date d'inscription : 05/10/2016
Localisation : Beacon Hills

MessageSujet: L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard || Feat Arès   Dim 9 Oct - 23:03

Sheperd
Willem

Coleman
Arès

L'agrément de la vie,
c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard.
Keanus m’a appelé en fin d’après-midi pour me demander s’il pouvait sortir ce soir et emmener Tobias avec lui. Mon cousin semble être plus serein depuis que nous sommes arrivés sur Beacon Hills, comme si une ambiance mystique mettait une laisse au loup enragé qu’il devient parfois. J’ai donné mon accord à mon petit frère avec la consigne de rappliquer à la maison à la moindre anicroche avec Tobias. Madison est de garde à l’hôpital ce soir. Elle a réussi à se faire prendre à l’essai. J’espère que cela va marcher car je ne suis pas contre un salaire en plus du mien. Nous sommes un peu justes côté budget. La banque où Keanus a de bonnes chances d’être pris ne donne pas de nouvelle. Pas de nouvelle, bonne nouvelle...

Pourtant cela n’entame pas ma bonne humeur. J’ai vécu en nomade pendant près de vingt-cinq ans. J’ai donc l’habitude de ne pas avoir un avenir tracé d’avance. J’étoufferai d’ailleurs si ma vie devait se trouver planifiée aux moindres détails. L’imprévu est source d’aventure et d’ouverture. Apres mes cours, je passe au centre commercial. Il nous manque des ustensiles pour la cuisine et Madison veut un réveil matin. L’objet par excellence qui était banni de la meute. Mais c’était avant, dans un temps révolu où le seul réveil matin que nous avions, était le chant des oiseaux. Ils ne sont jamais en retard et ne tombent pas en panne ceux-là. Je balance mes achats dans l’immense coffre de la vieille Ford. Ce tas de ferraille a bien une vingtaine d’année. Large comme une péniche, nous y tenons à six. C’était la voiture de Ted… Il me manque quelques bricoles pour lesquelles le vendeur au centre commercial m’a assuré que je trouverai mon bonheur dans un petit magasin du centre-ville. Je roule fenêtres ouvertes, toujours ce malaise quand je me trouve dans un espace clos.

(…)

J’ai bouclé mes achats. Me grattant la nuque après avoir refermé le coffre dans un grand « bang », je me demande ce que je peux faire. Il n’y a personne à la maison, et rentrer dans une maison vide me déprime d’avance. Je décide d’aller boire une bière. J’allais entrer dans un bar se situant du même côté de là où je suis garé quand une vitrine de l’autre côté de la rue m’attire l’œil. C’est coloré et gaie. Immédiatement je suis séduit par la décoration qui contraste fortement avec la sobriété du bar où j’allais entrer. Des clients sortent du Pink Print avec un grand sourire. Il n’en faut pas plus pour me décider et me faire traverser la rue.

Il me faut un moment pour comprendre que ce bar est gay friendly, car je suis plutôt saisi par un sentiment de bien-être des clients qui m’entoure quand je franchis la porte. Un rapide tour d’horizon me décide à aller m’installer au comptoir. Le barman me demande ce que je souhaite, je le questionne sur ce qu’il a. J’écarquille les yeux sur la liste qu’il me récite.

- Ecoutez, je vais vous faire confiance. Servez-moi une bière ambrée avec un malt bien soutenu, et un truc à grignoter.

Je suppose qu’avec une telle carte, le gars doit s’y connaitre un minimum. Je le regarde préparer mon verre qu’il commence par rincer à l’eau. Avec adresse, il fait couler un liquide d’une belle couleur de la tireuse, puis racle la mousse en trop avant de poser mon verre sur un carton aux couleurs du bar.  Il me précise qu’une assiette de charcuterie me sera apportée dans quelques minutes. Je le remercie chaleureusement et pioche dans le bol de cacahuètes qu’il a rapproché de mon verre. Le miroir derrière le bar me permet de voir ce qui se passe dans mon dos. Je savoure l’instant et laisse mes pensées dériver doucement. L’ale est fraiche dans ma gorge, et l’assiette d’en-cas que l’on m’a rapidement servie est bonne. Je dois même me retenir de ne pas faire le goinfre. Lors d’une pause dans son service, le barman engage la conversation. Nous parlons de tout et de rien, mais surtout de rien. Je commande un nouveau verre, laissant à nouveau le choix au barman, lui laissant le soin de me surprendre.

Un sentiment de sérénité m’envahit. Keanus doit passer un moment agréable avec Tobias. Je suis content qu’ils s’intègrent à la population locale. Mon petit frère est particulièrement doué pour se faire des amis, cela compense le caractère plus agressif de Tobias.

- Tu crois que tu me fais peur ?
- Pardon ?

Je sors de mes pensées et regarde la personne qui m’accoste. C’est un type qui doit avoir entre vingt-trois et vingt-cinq ans. Un loup, oméga si j’en juge pas son aura assez faible.  Qu’est ce qu’il a besoin de me faire chier ?

- Je suis là pour boire ma bière tranquillement, rien d’autre.

Je me suis retourné face à mon verre. Je n’ai pas relevé le ton agressif de ce mec qui parasite ma soirée. Mon statut d’alpha attire la convoitise et régulièrement je subis ce genre d’agression. En général c’est juste de la gueule, parfois c’est plus grave, c’est ma vie qui est visée pour la couleur de mes prunelles surnaturelle. Ma formation de médiateur alliée à mon tempérament conciliant m’aide à désamorcer les situations tendues, cela ne m’empêche pas de devoir montrer les crocs pour affirmer que j’aurais le dessus en cas de combats.

- Aïe !

L’autre agité vient de planter ses griffes dans ma main. Il est à peine vingt heure et nous sommes dans un bar qui sans être bondé est bien remplit. Ma réaction ne se fait pas attendre, je me dégage et lui attrape le poignet

- Ce n’est ni le lieu, ni le moment. Puis de toute manière tu ne fais pas le poids ! Reste de ton côté et moi je reste dans le mien.


Je le relâche, mais ce morveux insiste et attrape le revers de ma veste. Les clients autours de nous commencent à nous regarder. Ce n’est pas bon. Je vois le vigile qui était à l’opposé du bar commencer à s’avancer vers nous. Je n’ai pas spécialement envie de me faire remarquer, ni qu’il appelle les flics. J’avance donc d’un pas vers la sortie, poussant ainsi mon agresseur dehors. Il ne résiste pas, visiblement ravi de pourvoir en découdre. Je n’ai pas spécialement envie de me battre, mais je dois sortir du bar pour éviter l’esclandre.

Pas sitôt dehors que l’autre braille des menaces. Dehors aussi il y a trop de témoin. Cet oméga est vraiment inconscient ! Dans un soupir plus qu’irrité je lui indique la ruelle qui longe le bar. C’est sombre et pas fréquenté. Une paire d’yeux jaune me fait face. Pressé d’en découdre, l’oméga s’est transformé .

- Tu ne fais pas le poids, rentre chez toi ! Je ne souhaite pas te blesser.
- Ta gueule ! Tu as juste peur de te battre.
- Je souhaite simplement t’éviter une dérouillée prévisible mec.

Parle à mon… L’autre s’élance toutes griffes dehors. Nous voilà partis dans un tango dont je me passerais bien. Je n’attaque pas et ne fais que parer et esquiver ce qui a le don d’énerver mon adversaire. Je cherche à régler le conflit de manière pacifique, mais je suis tombé sur un type relativement bouché ou alors particulièrement aux abois pour vouloir risquer sa vie pour gagner le rang d’alpha. Quand je suis certain qu’aucune solution pacifique n’est possible, je mets le fauve en route. Jusqu’à maintenant j’avais gardé ma forme humaine pour ne pas paraître menaçant, mais là il ne me laisse pas le choix. Mes yeux prennent une belle teinte vermillon alors que des crocs imposants sortent de ma bouche. Je grogne d’une voix rauque et basse. L’oméga semble comprendre enfin qu’il n’a aucune chance de m’avoir solo. Mais plus borné tu meurs, il cherche toujours l’affrontement. Seulement cette fois, fini les parades et l’esquive. Il ne me faut qu’une poignée de secondes pour l’attraper et le plaquer méchamment contre le mur.

- Abandonne !

- Jamais !

Je ne veux pas faire couler le sang, seulement il s’obstine. J’ai beau être un grand calme, quand on me cherche on me trouve ! De ma main de libre, j’ouvre le conteneur à poubelle qui doit appartenir au bar, puis donne un violent coup de pied dedans. La poubelle se met en branle et prend un peu de vitesse sur le sol légèrement en pente de la ruelle. J’arme mon autre bras et envoie le loup faire un vol plané. Il atterrit avec un bruit mat dans le conteneur qui finit sa course contre un mur.

- Panier !

Je me campe solidement sur mes pieds. Il va comprendre que je suis plutôt doué au basket ! L’oméga sort du conteneur passablement enragé de se retrouver couvert de détritus. Cette fois le sang va couler… ou pas. L’oméga hésite, regarde dans mon dos. Je ne me retourne pas, le piège est élimé, toutefois je sens une présence dans mon dos. L’oméga décide de déguerpir. Est-ce une bonne chose, ou je m’enfonce dans un pétrin plus grand ?

J’escamote mes attributs de loup avant de faire face au nouvel inconnu. Je reconnais la carrure du vigile du bar. Ce n’est pas uniquement la masse musculaire du gardien qui a fait fuir le loup avide de pouvoir, mais la puissante aura que dégage l’employé du bar. Ce n’est pas un loup, ni un renard et encore moins un coyote. Je suis incapable de définir ce qu’il est.

- Je ne comptais pas partir sans payer…

La main sur la nuque, me grattant les cheveux, je prends un air navré. Je montre la sortie de la ruelle qui débouche sur le bar.

- Et j’ai une bière qui refroidit…

Je noie le poisson dans un verre d’eau. Je ne sais pas ce que ce gars a vu, mais je devine que si je suis sensible à son aura, l’inverse doit être vrai. J’espère simplement ne pas m’attirer ses foudres, car au final, je n’ai rien fait sinon éviter une bagarre entre surnaturel en plein milieu du bar dont il a la surveillance.

- Euh… Willem Shepherd… Professeur de SVT et médiateur…

Je suis impressionné par ce grand black qui me scrute, me jaugeant pour savoir quel crédit il peut m’accorder.

- Ça ne marche pas à tous les coups…
-… ?
- La médiation, je veux dire.

Dire que j’ai fait la leçon à Keanus et c’est moi qui me retrouve à me battre comme un chiffonier….




Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arès Kye Coleman

avatar

Humeur : Farouchement protecteur
Messages : 743
Réputation : 64
Date d'inscription : 09/03/2016
Localisation : Là ou la paix n'est qu'illusion. Beacon Hills, California

MessageSujet: Re: L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard || Feat Arès   Mer 19 Oct - 17:50

L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard.



ft. Willem Sheperd



Je maudis la distance qui nous sépare ma belle. La vie sans toi n'a aucune saveur. Tu le sais Aza.
Arès tu n'es qu'un vil flatteur. Tu le sais ça.
Ahahaha. Oui, mon cœur mais c'est pour cela que tu m'aimes. D'autant plus que j'étais parfaitement sincère. Je le suis et le serais toujours avec toi.
Moi aussi je déteste être loin de toi. A  quoi cela sert il que je t'ai emprisonné dans mes filets pour toujours si c'est pour que nous nous voyions une fois de temps en temps. J'ai la furieuse envie d'user de mon rang d'héritière pour te rappeler auprès du clan définitivement. Mais, ce que je t'avais dit il y a des mois est toujours réalité. Tu es un oiseau qui a besoin de voler. Je ne veux pas être ta geôlière.
Tu ne seras jamais. O grand jamais ma geôlière. Et puis de toute manière, être ton prisonnier serait la plus douce des tortures.
C'est gentil trésor mais je te connais. Probablement mieux que tu ne te connais toi même.
Effectivement, d'ailleurs c'est un peu flippant non ?
Ahahah, c'est seulement maintenant que tu te rends compte d'avoir épousé une folle furieuse.
Je dois être long à la détente  je suppose. Tu n'es pas une folle furieuse. Non. Tu es ma folle furieuse et c'est ainsi que je t'aime.
Le bébé commence à remuer. Tu sais. Ce garçon sera aussi intenable que son père.
Cette nouvelle illumine ma morne journée Za. Mais qu'est ce qui te fait dire que ce sera un garçon ? Moi, je pense que ce sera une petite héritière aussi parfaite que sa mère.
Tu as fini de me flatter non ? Je suis plus rouge que la tomate que j'ai dans mon assiette.
Tu n'es pas le genre de femme à rougir.
Je suppose  que tu es le seul à y parvenir. Si seulement je pouvais te serrer contre moi.
Tu ne pourrais pas. Le ventre ferait un sacré obstacle.
Aza ? Ma lionne ?
Tu as de la chance que trois cents kilomètres nous séparent Arès sinon je t'aurais arraché les yeux.
Finalement cette distance n'est pas si mauvaise que cela.
Oh.
Je plaisante mon cœur. Je plaisante.
Mais non. Le bébé vient de bouger. Arrête de te balader comme ça toi, c'est étroit là dedans.
Ahahahah, tu ne devrais pas me faire rire comme cela à moins que tu ne veuilles devenir veuve trop tôt.
Ne dis pas n'importe quoi voyons. N'écoute pas ton papa, il est incorrigible mais tiens toi tranquille.
Je suis persuadé que ce sera une fille. Et qu'elle sera tout aussi parfaite que toi. Heureusement que je fais partie de cette famille pour apporter de l'imperfection à l'ensemble.
Ça pour apporter de l'imperfection. On peut compter sur toi. Qu'est ce que tu fais à Beacon Hills au lieu d’être ici ?
Za. Ne m'en veut pas pour cela s'il te plaît. J'ai des obligations.
Je sais.
Tu boudes ?
Oui, parfaitement je boude.  
Tu es toujours aussi parfaite même quand tu boudes. 
Tss, tu triches ce n'est pas du jeu.
Je triche oui, je tricherais toujours pour que tu souries. Allez ma belle, je dois y aller. Le travail n'attend pas.
D'accord mais tu me rappelles après hein.
Bien sur Za.


Certains utilisent leur temps de pause pour fumer une ou plusieurs cigarettes. D'autres pour  prendre l'air ou pour décompresser d'une manière ou d'une autre. Il y a néanmoins un consensus établi autour du fait que cela doit nous procurer une sensation agréable afin de revenir pleinement opérationnel à son poste dans une optique d'efficience. Moi je l'utilise pour combler la distance qui me sépare de mon épouse durant l'espace de quelques instants. Si le tabac est considéré par certaines personnes comme une drogue. Ma propre drogue est bien trop loin de moi et je ne peux rien y changer. Les quelques instants arrachés à la sauvette sur le bord d'une route, dans un motel à mi chemin de nos deux positions ou comme maintenant les lèvres pendus au téléphone et l'oreille avide de se délecter de ce son si agréable, si parfait. La voix de la lionne d'Azgeda, ma lionne est un délice que je consomme comme un drogué s'envoie sa poudre ou un fumeur sa dose quotidienne de nicotine mais il n'y a que lorsque je m'absente de Beacon Hills et que je rejoins le territoire du clan de la main noire que ce besoin est comblé. Lorsque je caresse ses cheveux d'ébène et fais jouer les mèches entre mes doigts. J'adore les entortiller et sentir le parfum de ses cheveux.

Une effluve de fleur sauvage qui me fait me sentir chez moi peu importe ou je me trouve tant qu'elle est là avec moi. Lorsque je contemple son sourire espiègle qui illumine son doux visage. Lorsque je trace les contours de ses traits de mes doigts et que sa peau s'enflamme sous mes doigts. Que son regard s'embrase lorsqu'elle me contemple. Lorsque je la serre dans mes bras et qu'elle cale sa tète contre moi. Dans ces moments là, je me sens en paix. Dans ces moments là, je me sens parfaitement à ma place dans ce monde. Dans ces moments là, rien d'autre n'a d'importance ni ma mission de gardien, ni le business, ni les risques, ni les obligations...Rien d'autre n'a plus d'importance que l'union de nos âmes et de nos corps. Le monde pourrait brûler durant ces instants là. Il pourrait brûler sous mes yeux que cela ne changerait rien. Parce qu'une fois que vous avez trouvé la bonne personne parmi toutes celles peuplant l'océan de la vie, plus rien n'a d'importance si ce n'est elle, si ce n'est vous. Je range le téléphone dans ma poche, ragaillardi par ce coup de fil et m'étire longuement. J'accompagne quelques clients se dirigeant vers le Pink et retourne à mon poste dans le bar. Je me place en sentinelle à l'entrée et détaille les lieux d'un regard circulaire. Le bar est bien rempli, les affaires vont bien. L'activité du Print est toujours aussi satisfaisante depuis l'incendie criminel qui avait failli réduire en poussière l'investissement de mon patron et ami sicilien.

Comme si cette épreuve douloureuse et la manière plus que professionnelle dont elle avait été gérée avait encore un peu plus haussé le standing de l'établissement. En quelques mois le bar gay friendly de la ville était passé de bar agréable à la clientèle fidèle et régulière au lieu ou il fallait absolument être si l'on voulait être à la page et sentir l'effluve doucereux du branché, souffle léger ne suivant jamais la tendance mais la créant et la manipulant tel le vent d'automne façonnant les éléments terrestres. Toute cette ébullition était plus que plaisante à voir, cette insouciance, cette joie simple de personnes venant chercher un peu de divertissement en ces lieux. Ce que les clients nouveaux comme anciens, réguliers comme occasionnels, fidèles comme volages ne savaient pas c'était que la gestion du responsable de ce qui aurait pu être un dramatique fait divers s'était révélée tout aussi professionnelle quoi que dans un domaine autrement moins reluisant que celui de la vie d'un bar aussi chic et distingué que ne l'était devenu le Print depuis la gouvernance d'Alessandro.

Autrement moins reluisant me semble même tenir de l'euphémisme le plus complet néanmoins l'important était de savoir que ce problème avait été réglé de la manière adéquate et requise et que désormais la clientèle du bar n'avait plus à s’inquiéter d'une quelconque manière que ce soit sauf à propos du contenu du numéro artistique d'Anna ou au sujet de celui de Jansen, du cocktail commandé à Jerry ou de n'importe quelle autre préoccupation ordinaire pour une personne venant prendre du bon temps dans un coin agréable. Toute cette joyeuse agitation était comme je l'ai souligné plus que plaisante à voir d'autant plus dans mon cas et ce pour un certain nombre de raison. Le fait de voir que la population humaine de la petite bourgade est d'humeur à faire la fête et profiter de la vie est agréable aux yeux du gardien que je suis. S'ils savaient qu'une terrible menace surnaturelle planait au dessus de leur tète et que les forces chargés de l'éradiquer étaient bien incapables de le faire, forces dont je fais partie. J'imagine qu'ils seraient nettement moins bon vivant d'un coup. Ce n'est pas faute d'avoir fait tout ce qui était en mon pouvoir et de continuer de le faire entre deux opérations avec mon patron, entre deux services au Print. Les trois masqués restaient irrémédiablement introuvables et hors de ma portée. Et cela me frustrait énormément. Mais, je n'y pouvais pas grand chose.

Ce n'était pas les protecteurs surnaturels de la ville qui avaient la main dans cette lutte tragique pour la population humaine mes bel et bien les briseurs d'équilibre. Ce qui rendait la dite lutte inégale. Nous ne pouvions qu'attendre tels des pompiers, attendre que l'incendie se déclare quelque part pour intervenir. J'avais malheureusement ou heureusement bien trop de choses à faire et à penser pour me torturer au sujet de mes échecs et du fait que l’absence prolongée des scientifiques n'augurait certainement rien de bon. Se tuer à la tache n'épuise pas que le corps mais aussi l'esprit. Mais, revenons en à l'activité du Print. Une activité relativement tranquille jusqu'à l'apparition inopiné d'un alpha loup garou. Je suis le loup garou du regard tandis que celui ci  s'installe tranquillement au bar devant lequel Jerry est en train de s'activer sous l'affluence des commandes diverses et variées faisant honneur au talent de notre barman en chef. Je ne parviens pas à détacher mon regard du nouveau venu comme si j'étais indubitablement intrigué par ce dernier. En même temps, ce dernier avait quelque chose de profondément incongru dans un lieu comme le Print. Ce n'était pas ses vêtements bien plus classiques que ceux de la plupart des clients, ni son attitude nonchalante et tranquille ou son aura d'alpha qui contrairement à celles des autres alphas que j'avais croisé n'était pas dominatrice mais diffuse et tout aussi paisible que son attitude mais plutôt quelque chose dans sa posture qui me rappelait quelqu'un de très cher. Quelqu'un que je n'avais pas vu depuis longtemps.

Un vieil ami d'une espèce surnaturelle particulièrement rare. Milan le chien noir qui avait grandi avec moi à l'orphelinat. Ce dernier était devenu vagabond après avoir été recueilli par Azgeda au lieu d’être exécuté. Je ne l'avais revu qu'une seule fois ensuite et il dégageait une sorte de plénitude que seuls les nomades peuvent se targuer de posséder. La sédentarité a des bienfaits mais la vie bohème également et Milou comme je le surnommais me les avais vanté avec verve la dernière fois, fois qui commençait sérieusement à remonter. Je finis néanmoins par détourner le regard et surveille les lieux comme d'habitude avec discipline et bienveillance envers les clients. Saluant les habitués arrivant les uns après les autres sans oublier de raccompagner les clients ayant besoin d'aide vers la sortie. Soit les femmes enceintes ou avec une poussette. Oui, je sais ce que vous vous dites. Depuis quand les mères de famille viennent dans des bars ? Depuis que la direction a changé radicalement les mentalités en ouvrant les lieux à toutes les catégories de population. Ce mélange hétéroclite de gens venant de milieux divers et variés, hommes ou femmes composant la clientèle était la preuve la plus éclatante du succès de la politique d'Alessandro. J'effectue quelques rondes tout en encourageant Jerry et Sophie en passant près du bar, le service est impeccable malgré le fait que le bar soit quasiment plein et je suis bien conscient que leur travail est autrement plus épuisant que le mien qui est relativement tranquille en soit.

Les troubles fêtes sont l'exception et leur traitement est expéditif et juste ce qu'il faut de brutal pour qu'il ne se permette pas d'oublier la leçon suivante. Dans cet établissement, nous n'acceptons pas les fauteurs de trouble peu importe leur nature surnaturelle. Mais tout cela se passe bien comme d'habitude en fait jusqu'au moment ou je repère de l'agitation au bar. Le regard que me lance Sophie est explicite et je m'approche rapidement de la position de l'alpha. Qui n'est pas en tord d'après ce que j'ai vu. Je m'approche rapidement d'un pas martial et accélère encore le pas lorsqu'une odeur de sang vient titiller mes narines. Bordel mais c'est pas vrai ! Les loups garous sont vraiment intenables ma parole. Je commence à comprendre le point de vue de kitsune de Tama sur l'espèce des demi loups. Une telle attitude serait impensable chez les membres de mon espèce. Les gardiens à la fumée vouent un respect et une obéissance aveugle à leurs chefs. Lorsque ces derniers se transforment entièrement en l'animal qui est le leur sur le champ de bataille, nous nous agenouillons  et plaçons notre poing sur notre cœur en signe de respect absolu. La discipline de mon espèce s'explique en grande partie par le fait que les enfants de la mort se voient comme une armée affilié à la protection de l'ordre surnaturel. Les soldats sont disciplinés. C'est un fait.

Néanmoins, mettre tous les loups garous dans le même panier serait une grossière erreur car mes cousins étaient des loups garous et ils n'étaient pas comme cet oméga, stupide, dangereux et inconscient. Chris et Alessandro non plus n'étaient pas des sauvages déterminés à se défier entre eux pour obtenir le statut d'alpha. Non tout les loups garous n'étaient pas intenables. Seulement une partie d'entre eux mais c'était comme partout il y avait des brebis galeuses et des assoiffés de pouvoir. Comme si ces imbéciles pensaient que le pouvoir était magnifique, ils ne devaient pas comprendre qu'un tel degré de puissance ne devait se trouver qu'entre les mains d'individus éclairés pour le bien de toute leur espèce. Malaki avait été alpha par la force des circonstances et il n'avait pas hésité à sacrifié son rang pour sauver son petit frère. Le rang d'alpha implique des responsabilités et le gus défiant un alpha certes, mais surtout un client et par voie de conséquence me défiant moi même ne semblait pas l'avoir intégré. Mais alors que j'avais presque atteint le comptoir devant lequel se déroulait l'altercation brutale, les deux lupins quittent le bar sous l'impulsion de l'alpha qui a le bon réflexe de faire sortir le guignol. Techniquement  à partir de ce moment là, ce qu'il se passe dehors n'est plus mon problème et je n'aurais qu'à interdire l'entrée aux deux contrevenants à l'ordre du Print.

Pourtant, je ne peux m’empêcher d'aller vérifier que tout va bien pour l'alpha dont l'attitude me rappelait inconsciemment un ami d'enfance. Bien que je n'ai aucun doute quant au fait que le fouteur de merde risque de se manger une raclée. Il faut être suicidaire pour défier un alpha ou alors définitivement stupide à moins d'avoir prévu des moyens déloyaux de l'emporter tels que le renfort d'autres loups ou une arme cachée à proximité. Je rassure rapidement les clients aux mines effarées avant de quitter le bar d'un pas nonchalant. Tout est dans l'image. L'image est primordiale. Si je suis un puits de tranquillité, cela rassurera les clients. C'est donc à une allure tranquille que je remonte la piste olfactive des deux loups qui se trouvent apparemment dans une rue adjacente au bar. Je constate avec une pointe de soulagement que l'oméga est en train de dérouiller bien que l'alpha ne semble pas vraiment mettre de cœur à l'ouvrage. Je décide d'intervenir malgré le fait que le loup aux prunelles rubis semble avoir la situation sous contrôle et dévoile mon aura ou plutôt la laisse se diffuser. Mes yeux s'illuminent d'un bleu profond tandis que je m'avance toujours aussi nonchalamment vers les deux belligérants. Je n'ai pas la puissance pour vaincre un alpha mais écraser facilement un oméga est dans mes cordes. L'oméga comprend bien vite qu'il ferait mieux de ne pas s'éterniser dans le coin et déguerpit à toute allure. Je laisse mon aura redevenir ordinaire et mes yeux reprendre leur couleur initiale tandis que le loup restant se retourne vers moi.

Un sourire en coin étire lentement mes lèvres lorsque je l'entends se justifier et la nervosité dans sa voix. Je sais que je peux avoir une mine patibulaire mais je ne suis pas sur d'avoir une expression de quelqu'un s’apprêtant à éructer de colère. Malgré tout la situation est trop amusante pour que je n'en profite pas durant quelques instants non. Mon sens de l'humour est pitoyable mais honnêtement c'est bien la première fois qu'un alpha semble intimidé par ma présence. C'est le fait qu'ils ne parviennent pas à mettre la griffe sur ma nature qui peut être source de peur. Nous avons tous de l'appréhension face à l'inconnu. J'ai bien vu de la peur dans les yeux d'un alpha mais c'était lors d'une opération sur le territoire de cet alpha. Et cette peur était du à la présence des deux héritiers d'Azgeda. Leur puissance était palpable et faisait plus que rivaliser avec le chef de meute. Je garde donc le silence et observe le garou d'un air sévère. Je finis par prendre une expression amusée et dire : J'ai effectivement pu constaté que cela ne fonctionnait pas à tout les coups avec cet oméga. Et je sais bien que c'est lui qui a déclenché les hostilités en venant te défier. Tu n'as rien à te reprocher Willem. Enchanté Mr le professeur. Retournons au bar avant qu'elle ne soit complètement froide alors.

Le visage de Willem se détend et il m’emboîte le pas vers le bar. Finalement l'alpha accélère et se porte à ma hauteur. Nous n’avançons pas très vite et l'atmosphère de nouveau neutre est propice à la discussion. Je reprends : Arès Coleman, videur du Pink Print comme tu as pu le constater. Permets moi de t'offrir une bière en dédommagement du désagrément. J'insiste.  
Le professeur et médiateur accepte de bon cœur et mon sourire s'élargit. Je ne suis pas Alessandro mais cela ne veut pas dire que je n'ai pas le sens du commerce. Je me fais finalement la réflexion que c'est bien la première fois que je le vois au Print et accessoirement en ville. Je ne prétends pas connaître tous les habitants surnaturels de Beacon Hills mais j'en connais un certain nombre. Alors, je continue : C'est la première fois que je te vois dans le coin. Tu vis à Beacon Hills depuis longtemps ?




Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Ven 4 Nov - 17:46, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Willem Shepherd

avatar

Humeur : Claustro
Messages : 268
Réputation : 39
Date d'inscription : 05/10/2016
Localisation : Beacon Hills

MessageSujet: Re: L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard || Feat Arès   Dim 23 Oct - 15:08

Sheperd
Willem

Coleman
Arès

L'agrément de la vie,
c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard.
Le comble pour un médiateur ou quelqu’un censé faire régner le calme, c’est de se faire attraper par le vigile d’un bar en pleine séance de leçons grammaticales sur la ponctuation. C’est ainsi que je métaphorise le fait de mettre les points sur les i. Je suis quelqu’un de très calme, sauf quand on vient me chercher querelle alors que je suis à mon aise, peinard dans un endroit sympathique. Il n’y a qu’un imbécile pour venir troubler la quiétude établie. Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît disait monsieur Audiard. Alors que je viens de me présenter, essayant de faire un ravalement de façade à la va-comme-je-te-pousse sur l’image bagarreuse que j’ai pu donner au gorille du Pink Print, je ne peux m’empêcher de le scruter. C’est un surnaturel dont j’ignore totalement l’appartenance. Je ne sais pas ce qu’il a pu exhiber alors que je lui tournais le dos, cependant l’oméga a eu une sévère ratée dans le cœur et je n’y étais pour rien. Et pour suivre le fil de mes pensées, en référence aux tontons flingueurs, mon vis-à-vis ne dénaturerait pas dans un polar du genre Audiard. Je le vois bien assis autour d’une table avec d’autres costauds de son genre clopes au bec, flingues sous l’aisselle prévoir la prochaine banque à attaquer. Toutefois je sais qu’il ne faut pas se fier aux apparences et l’hercule de service affectionne peut-être à occuper son temps libre à s’user les yeux sur des livres.

- J'ai effectivement pu constater que cela ne fonctionnait pas à tous les coups avec cet oméga. Et je sais bien que c'est lui qui a déclenché les hostilités en venant te défier. Tu n'as rien à te reprocher Willem. Enchanté Mr le professeur. Retournons au bar avant qu'elle ne soit complètement froide alors.
- Me voilà soulagé de ne pas être pris pour un fauteur de trouble.

J’écarte les bras. J’ai plus le look d’un trappeur que d’un citadin. Cela me dessert parfois. L’homme n’en fait pourtant pas cas et a repris le chemin du bar. Je le suis et accélère un peu pour rester à sa hauteur. Le vigile semble ne pas être un simple tas de muscles que l’on pose dans un coin pour dissuader les emmerdeurs. Le ton posé de sa voix, sa façon de s’exprimer me laissent penser que lui aussi joue la médiation en première carte. Il faut être aveugle pour ignorer la quantité d’atout qu’il a en jeu.

- Arès Coleman, videur du Pink Print comme tu as pu le constater. Permets-moi de t'offrir une bière en dédommagement du désagrément. J'insiste.  
- Si tu insistes, j’accepte. J’ai été élevé dans l’idée qu’il ne faut jamais interrompre un geste d’amitié et savoir accepter une offre sans craindre de se créer une dette.

Nous nous installons au bar et comme promis Arès me commande une bière. Mon ancien verre à demi vide est encore sur le zinc du comptoir. Je m’en saisi et le termine en deux gorgées. S’il y a une chose que nous apprenons avec la vie nomade, c’est que rien ne doit être gâché. C’est devenu un réflexe qui peut sembler impoli. Seulement à l’abondance d’un jour, peut suivre l’infortune et la disette. J’ai déjà eu faim, quand la meute était stationnée dans une zone peu naturelle, nous obligeant à nous mêler aux sédentaires. Ils ne connaissent pas le troc et seul le dollar sonnant et trébuchant peut vous permettre d’acheter la nourriture convoité. Nos petits boulots ne suffisaient pas à subvenir à une meute d’une vingtaine de personnes. Le comble pour un loup est de devoir jouer au renard et d’aller piller un poulailler ou un potager. Il m’est donc arrivé de voler dans ma jeunesse. Quand je le pouvais, je dédommageais en rangeant une pile de bois ou réparant une tronçonneuse qui traîne désossée sur un établi, une porte de guingois. Pas facile la vie d’un « gentil » voleur. Mes cousins et moi avons plusieurs fois reçu des plombs dans les fesses. Toutefois pour rien au monde nous aurions changé de vie. Comme les animaux, la meute suivait un courant migratoire au fils des saisons. J’accepte donc la bière qui m’est offerte en bon nomade que je reste au fond de moi. Ce n’est pas mendier car j’ai toujours tenté de rendre l’équivalent que l’on me donne. Ma notion de la vie a simplement deux siècles de retard.

- C'est la première fois que je te vois dans le coin. Tu vis à Beacon Hills depuis longtemps ?
- Non. Ma meut… ma famille et moi sommes installés depuis trois semaines environ. Nous… avons eu des échos comme quoi cette ville serait particulière. Mon cousin a un peu de mal… J’espère trouver ici ce qui lui convient.

Difficile de parler à demi-mot. Arès n’est pas un humain ordinaire. Si je ne sais pas quelle est sa réelle nature, je ne lui ferai pas l’affront d’ignorer ma propre nature. De plus s’il a vu l’autre crétin voler jusqu’à la poubelle, il sait que j’ai une force anormale. Je ne cherche donc pas spécialement à cacher mon identité, je ne crains pas non plus les autres surnaturels. La meute n’a plus de jeunes à protéger, nous sommes quatre loups en pleine possessions de nos moyens. Pour avoir vu ma tante Madison montrer les crocs face à un alpha solitaire qui cherchait des noises à nos gamins, ou mon frère Keanus dans une situation similaire, je sais que notre côté paisible est une réalité qui peut évoluer. La meute toute pacifique qu’elle est, reste une famille de loups. Ceux qui ont décimés les miens sont encore en vie car nous n’avions pas le rapport de force nécessaire pour nous défendre ce fameux jour et qu’il n’est pas dans notre mentalité d’entrer dans une spirale vengeresse. Non pas par lâcheté, mais par logique de survie.

Difficile de parler plus clairement dans ce bar qui est bien remplit. Arès est vite rattrapé par son travail et me laisse seul au bar. En entrant, je pensais ne m’arrêter que le temps de prendre un verre. Toutefois, j’aime bien l’ambiance qui règne ici. Le Boss est assez amusant à observer, tout à fait le contraire de moi. Le barman m’explique qu’il y a un spectacle le soir, alors je me laisse tenter et commande l’assiette du jour, une nouvelle bière et me joins à l’ambiance générale.

Je ne suis pas déçu. Les couleurs de la devanture reflètent le côté chaleureux dans le bar tant du personnel que des gens qui le fréquentent. Arès raccompagne gentiment vers la sortie un ou deux clients qui ont un peu trop bu, mais cela ne va pas plus loin. Avec le bruit ambiant il me faut un moment pour m’apercevoir que mon téléphone vibre dans ma poche. Je ne suis pas encore habitué à ce jouet de technologie qui j’en conviens nous ait utile. Je décroche, c’est Keanus qui m’appelle. Je ne comprends rien à ce qu’il me dit, mais sa voix m’inquiète. Je me faufile donc jusqu’à la sortie pour comprendre ce qu’il veut.

- Will’ rapplique nous sommes dans les emmerdes jusqu’au cou !
- F*ck ! Où ? Et quoi en face ?

Tobias a merdé. Il a répondu à la provocation d’un jeune con dans la boite de nuit où ils étaient allés danser. Mon cousin ne sait pas obtempérer. ça a dégénéré par une bagarre à l’extérieur. Mon frère et mon cousin ont une bande d’omégas aux fesses… Ils se font traquer dans les méandres d’un quartier d’entrepôt.

- J’arrive ! Tin' même pas trois semaines !

Je vais pour rejoindre ma voiture sur le trottoir d’en face quand je réalise que je n’ai pas payé mon assiette et ma dernière consommation. Dans ma précipitation je m’emplafonne presque Arès de plein fouet. Je lui tends un billet qui couvre largement mes dépenses, lui priant de le donner au barman, expliquant que mon petit frère a des emmerdes et que je dois y aller. Je ne lui laisse pas le temps de répliquer que je suis déjà dehors. Keanus est un solide gaillard. Tobias sait se battre, trop même. Mais deux bêtas ne feront pas le poids face à une dizaine d’omégas. J’espère qu’ils ne sont pas du même gabarit que le patron du Pink qui, s’il est un oméga, j’ai bien senti qu’il fallait y réfléchir à deux fois avant d’aller le chatouiller dans le mauvais sens.

J’ouvre la portière de la Ford quand une présence à mes côtés me fait sursauter. Tellement préoccupé par les déboires de ma meute que je n'ai pas senti Arès me suivre. J’ai largement donné de quoi couvrir mes frais, et je devine qu’il ne vient pas me rendre la monnaie. Accepter qu’il m’offre une bière est une chose, accepter qu’il se fasse lacérer la couenne pour ma meute en est une autre.

- Ça va le faire Arès.

Je crois que le ton de ma voix trahit mes mots. Tobias m’agace à toujours se coller dans les pires ennuis, minant notre vie à tous. Cependant il est mon cousin, ma famille. Il m’est impossible de le lâcher. Pourtant un jour, il finira par provoquer plus que nous sommes capable de gérer...




Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arès Kye Coleman

avatar

Humeur : Farouchement protecteur
Messages : 743
Réputation : 64
Date d'inscription : 09/03/2016
Localisation : Là ou la paix n'est qu'illusion. Beacon Hills, California

MessageSujet: Re: L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard || Feat Arès   Ven 4 Nov - 17:49

L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard.



ft. Willem Sheperd



J'attends la réponse de l'alpha sans le quitter des yeux ni me départir de ma mine sévère de vigile intimidant. L'image que l'on renvoie au monde est primordiale d'autant plus dans une société comme la notre ou tout n'est qu'image et faux semblant. Je suis en cet instant Arès le vigile du Pink et non pas Arès le gardien du surnaturel, soldat au service d'un ordre immémorial ou Arès le futur papa anxieux à l'idée d’être responsable d'une vie autre que la sienne. Par conséquent je pousse le vice au niveau maximal et toise mon vis à vis avec toute la dureté dont je suis capable de faire preuve. Une dureté me collant à la peau il fallait en convenir néanmoins je n'avais pas dans l'idée de me montrer brutal ou intimidant avec notre client dérangé dans sa tranquillité profitable par un freluquet aussi stupide qu'agressif. Savourer l'anxiété dans les yeux de quelqu'un est probablement un plaisir coupable pourtant je ne me sentais pas coupable pour trois sous. Les regards se croisent et ni lui ni moi n'esquissons le moindre geste. Ce n'est pas tout les jours qu'un gardien à la fumée de grade inférieur tient en respect un alpha lupin. Mais, après tout ayant survécu à une rencontre musclée avec un chien de l'enfer peu disposé à la discussion je pense que mon grade au sein de mon espèce ne me représente pas le plus fidèlement possible. Je finis pourtant par me lasser de ce petit jeu purement puéril à mes yeux mais o combien savoureux et expose au loup garou pour le moment inconnu au bataillon ma vision de l'altercation et de son dénouement plus heureux que ce à quoi je m'étais mentalement préparé.

Le soulagement que je perçois aisément dans ses paroles et dans ses gestes pacifiques m'arrache un grand sourire amusé. S'il savait que je ne pourrais absolument pas le vaincre...Mais, nul besoin de lui faire part de sa suprématie évidente dans le domaine de la puissance surnaturelle. Il ne faudrait pas que l'on me sous estime ou qu'il se surestime car un alpha a beau être au sommet de la chaîne alimentaire si je puis dire il n’empêche qu'une expérience de combat comme la mienne et une matière grise en parfait état de fonctionnement peuvent parfois faire basculer les combats en apparence les plus inégaux. Quoi qu'il en soit, le Willem en question  malgré son look de trappeur bûcheron sorti des dernières zones sauvages de ce continent dénote avec son tempérament paisible et sa maîtrise naturelle. Une maîtrise qui nous tient déjà lieu de trait commun cependant la sienne semblait différer de la mienne par certaines nuances indécelables à part aux yeux d'un homme ayant roulé sa bosse et ayant une certaine expérience de la psyché humaine. Ma maîtrise était le fruit d'une discipline de soldat du surnaturel tandis que la sienne semblait presque naturelle comme s'il était né ainsi ou dans une moindre mesure et autre option envisageable comme si à l'instar de mon meilleur ami vagabond répondant au doux nom de Milan il avait acquis cette tranquillité empreinte de sagesse sur la route et apprivoisé sa nature de prédateur instable dans la foulée. Ce premier constat m'amenait à me demander ce que le nouveau client du Print et pour le moins le plus original de la journée voyait lorsqu'il me regardait à travers ses yeux d'alpha. Un vigile aux muscles puissants aussi stupide qu'intimidant comme ce que véhiculaient les clichés sur ma profession ou quelque chose d'autre ? Un surnaturel suffisamment dangereux pour filer les pétoches à un omega suffisamment téméraire pour s'attaquer à un alpha ? Ou juste un type faisant son job de manière très sérieuse ?

Je doute que l'on puisse m'attribuer une participation quelconque à une affaire illégale mais certaines personnes étaient assez doué pour lire là ou n'imaginait pas qu'il y avait quelque chose à lire. CQFD si seule ma carrure me valait d’être assimilé comme gangster notoire, une bonne part des individus de sexe masculin de cette petite ville étaient alors du milieu. Bon en l’occurrence je suis bel et bien du milieu mais il est important de ne pas faire d'amalgame. De toute manière que l'on me réduise à ce que je renvoyais au monde m'indifférait au plus haut point. Une enfance dans un orphelinat à écouter les conseils plus ou moins avisés de mes aînés infortunés m'avait appris à apprécier le fait d’être au fond différend de ce que les gens s'attendaient à ce que je sois. Attention petit étal de philosophie d'orphelins : si tu es intelligent laisse les penser que tu es stupide. Si tu es fort laisse les penser que tu es faible. Et ainsi de suite pour que lorsque les choses sérieuses commencent tu puisses les écraser les uns après les autres. Il n'y a pas à dire j'avais été à bonne école d'une part et d'autre part on ne soupçonne pas les ressources philosophiques d'une bande de gamins désœuvrés. Mais revenons en plutôt à notre cher alpha. Un alpha m'apparaissant somme toute comme quelqu'un de tout à fait sympathique et d'agréable dont la présence autour d'une bière ne serait pas franchement déplaisante. Alors tandis que ce dernier accélère le pas pour se porter à ma hauteur je me présente et décide de faire honneur à la réputation du Print en me montrant commerçant d'autant plus que Willem n'était pas en tord.

Sa réponse me fait franchement penser à Milan et je me dis que ces deux là s'entendraient comme larrons en foire. Je réponds à mon tour : Tu m'en vois ravi et j'ai moi aussi été élevé dans l'idée que tout geste d'amitié doit être saisi dans un monde comme le notre. Ne t'en fais pas je ne te rends débiteur d'aucune dette sauf si tu insistes dis je avec un sourire. Bon en réalité je n'ai pas été élevé dans cette idée mais disons qu'à l'orphelinat savoir saisir les mains tendues était primordial et que cela s'est ancré en moi assez difficilement d'ailleurs, ayant toujours été tributaire d'une mentalité assez proche de moi et les miens contre ce monde injuste. Mais cela avait fini par s'ancrer. Nous rentrons de nouveau dans le Print et nous installons au comptoir à la place occupée par Willem avant l'incident de tout à l'heure. Je me reconnais en lui lorsqu'il termine rapidement son verre. Non pas en raison du fait qu'il semble être un nomade mais dans celui que l'abondance doit être savouré à sa juste valeur. Durant une poignée de secondes, je me revois à l'orphelinat m'empiffrer le plus possible en compagnie des gars. Seul quelqu'un qui a connu la pauvreté et la disette peut comprendre à quel point ce qui semble naturel aux yeux du plus grand nombre ne l'est pas et mériterait d’être célébré. Je vous accorde que ma situation avait radicalement changé et que je vivais désormais dans une relative opulence mais il y a des choses qui ne s'oublie jamais. Une fois le premier verre de Willem terminé je lève une main pour attirer l'attention de Dan et commande une autre pinte comme prévu en la mettant sur mon ardoise. Celui ci sert rapidement notre nouveau client et je reprends la parole pour l'interroger avec tact sur le fait que je ne l'avais jamais croisé en ville.

Celui ci semble hésiter à trop m'en révéler durant quelques instants avant de probablement parvenir à la conclusion que je l'avais vu mettre une raclée à un omega et que j'avais fait fuir ce même impudent d'une manière peu ordinaire. Je comprends néanmoins tout à fait sa prudence qui serait également la mienne si nos situations étaient inversées. Il ne sait pas vraiment s'il peut réellement me faire confiance en plus d'ignorer ma nature réelle. Je réponds avec un sourire sincère : J'ai moi même été attiré dans cette ville avec mes cousins. Mon sourire s'efface brusquement. Aujourd'hui j'étais seul et Mala et Jace morts et enterrés. Elle est effectivement particulière et ne t'en fais pas je suis persuadé que tu trouveras ce qu'il faut pour ton cousin.  Je te laisse le travail n'attend pas. Mais on peut reprendre cette discussion plus tard si tu le souhaites.


Je retourne à mon poste et surveille les lieux en jetant un regard circulaire. Mon regard croise celui d'Alessandro et il n'a pas besoin de mots pour me poser la question qu'il se pose. Je confirme d'un infime signe de tète presque imperceptible. Oui, le loup attablé au comptoir est bien un alpha et non ce n'est pas une menace. Pour ma part, je reprends mon service en me montrant disponible et chaleureux avec les clients mais également ferme et intraitable quand il le faut. Je n'avais jamais été vigile avant Beacon Hills néanmoins je pense pouvoir affirmer que l’être au Print est bien différent de la plupart des autres établissements. Et cela grâce à la nouvelle orientation du boss pour les lieux. Après avoir raccompagné un client trop éméché jusqu'à la sortie je note avec amusement que notre alpha se plaît parfaitement bien dans le coin. Preuve en est que tous les clients venant au Print sont satisfaits de leur passage sauf exception adolescente ayant su se jouer de ma vigilance à l'époque ou j'étais au plus mal en raison de la chute. Je continue mon service tranquillement avec l'assurance nonchalante qui me caractérise et qui rassure tant les clients. Je me permets même le luxe de plaisanter avec certains d'entre eux tout en parlant football américain avec un autre jusqu'au moment ou je remarque l'attitude soudain agité de Willem. J'ai l'impression qu'une mer calme s'est transformée en océan par mauvais temps et laisse mes sens de tigre garou planer au dessus de la vaste pièce bien rempli pour écouter la conversation mais je ne parviens pas à entendre grande chose, les lieux étant trop bondés.

Alors, je m'approche de Willem d'un pas tranquille et ce dernier s’élançant brusquement en se retournant me percute de plein fouet. Nous chancelons tous les deux sous l'impact. Ce dernier semble très affecté et préoccupé. Il me tend un billet bien supérieur au montant de ses achats et m'explique en substance la cause de son départ précipité. Je donne le billet à Dan au comptoir tandis que l'alpha est déjà sur le trottoir devant une voiture ayant du sacrement roulé. Je jette un coup d’œil à Alessandro en indiquant l'alpha de la tète et ce dernier hoche la tète. Alors, je me précipite à mon tour dehors et approche de Willem au moment ou ce dernier ouvre la porte de sa Ford. Il m'affirme en peu de mots qu'il peut se débrouiller. Mais, je refuse de bouger et de le laisser partir sauver sa famille seule. Parce que s'il y a bien quelque chose d'important à mes yeux et ce depuis toujours même quand cette dernière se résumait alors à un ramassis d'orphelins c'est bien la famille. Je prends la parole : Si je voulais la jouer comique je dirais que je m'en voudrais de laisser le bar perdre un aussi bon client. Mais, je suis bien conscient que l'heure n'est pas à la plaisanterie mais à la gravité alors je t'accompagne que tu le veuilles ou non. Pas la peine d'essayer de négocier je ne changerais pas d'avis. Et n'essaie pas de me faire plier je ne suis pas un loup garou. Allez monte on perd du temps.

Contournant le véhicule, j'ouvre la portière coté passager et m'installe sous le regard étonné de Willem. Qui ne tarde pourtant pas à se reprendre et à monter à son tour avant de démarrer. Sur le chemin il me lance un regard interrogatif et je décide de lui répondre : Il n'y a rien de plus important à mes yeux que la famille. Je vais bientôt être papa et j'ai perdu des êtres chers il y a quelque temps. J'aurais aimé être là pour empêcher ce qui leur est arrivé. Mais, je n'y étais pas alors considère qu'aider un ami à protéger les siens me permet de guérir de cette blessure. Quant à ma future paternité disons qu'elle me rend protecteur même envers des gens que je ne connais que depuis une heure. Et puis voilà le moyen de payer ta dette. Me laisser t'accompagner. Pour finir ne t'en fais pas pour moi ce n'est pas quelques omegas qui arriveraient à avoir raison de moi.




Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Jeu 17 Nov - 23:29, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Willem Shepherd

avatar

Humeur : Claustro
Messages : 268
Réputation : 39
Date d'inscription : 05/10/2016
Localisation : Beacon Hills

MessageSujet: Re: L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard || Feat Arès   Ven 11 Nov - 23:01

Sheperd
Willem

Coleman
Arès

L'agrément de la vie,
c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard.
- Pas la peine d'essayer de négocier je ne changerais pas d'avis. Et n'essaie pas de me faire plier je ne suis pas un loup garou. Allez monte on perd du temps.

Je reste ahuri devant la réaction d’Arès. Nous nous connaissons depuis à peine deux heures et avons simplement partagé un verre. En somme pas de quoi développer une grande amitié qui justifie qu’il vienne m’aider de manière si informelle. Toutefois il a raison, je perds du temps à tergiverser et mon petit doigt me dit qu’il me sera difficile de le faire changer d’avis.

- Merci mec.

Je ne sais pas quoi lui dire d’autre. Je sais pourtant trouver de belles formulations quand je fais mon job d’éducateur ou de médiateur. Seulement c’est plus difficile quand je suis en cause. Je sais plaider pour les autres, mais pas pour moi. Il est dit que les cordonniers sont les plus mal chaussés, cela doit être une affaire de ce style. J’ai mis une vitesse et démarré la vielle Ford. Nous filons vers la zone que m’a indiquée mon frère. Je lance tout de même un regard interrogatif vers mon compagnon de route. Le vigile du Pink m’explique que la famille a une grande valeur à ses yeux et que bientôt il va être papa. A peine ai-je le temps de le féliciter pour cette nouvelle vie à naitre qu’il m’explique un drame qu’il a vécu et sa frustration de ne rien avoir pu faire. Cela me renvoie à mes propres démons et cette nuit de fusillade, une nuit d’exécution.  Je serre la mâchoire avec ces mauvais souvenirs qui refont surface. Pourrais-je un jour oublier ? Non, car cela serait trahir la mémoire des défunts.  

Maintenant je comprends mieux Arès et son geste quand il a compris que ma famille avait des problèmes. Il voit cela comme une pénitence. Le jour où j’ai perdu ma famille, mon père,  ma mère, et mes sœurs, je suis devenu un alpha. Bien des loups envient ce rang. Et s’il n’était pas prévu que je succède à mon oncle Ted, je serais un menteur si je n’admettais pas que plus jeune avant cette barbarie, j’avais imaginé le devenir un jour. Mais c’était comme rêver de devenir astronaute, cela tenait du fantasme et de l’utopie. Je ne pensais avoir la carrure d’un chef de meute… et pourtant je le suis bien depuis sept ans. Pourtant nous n’étions que le fantôme de la meute des Shepherd. En arrivant à Beacon Hills, l’atmosphère de la ville m’avait plu. J’avais pensé qu’ici nous avions une chance de vivre enfin, ou plutôt revivre. Mais voilà, Tobias a encore fait des siennes, se mettant en danger entrainant Keanus mon frère.

- Pour finir ne t'en fais pas pour moi ce n'est pas quelques omégas qui arriveraient à avoir raison de moi.

Je me contente de hocher la tête. Je ne sais toujours pas quelle est la nature d’Arès, toutefois son assurance ne me semble pas être du pipeau. Je ralentis quand nous passons devant la boite de nuit. Il n’est pas si tard et plein de monde arrive. Je marque un semblant d’arrêt, le temps de baisser la vitre et « sentir » la situation. Il y a des reliquats de stress et d’énervement, mais je sens également du soulagement. Keanus a eu la présence d’esprit de s’éloigner pour que le monde des humains ne voit pas ce qu’il ne doit pas savoir, mais cette prudence est au dépend de la sienne.

J’accélère à nouveau et suis une direction à l’instinct. Il n’y a pas de signal de meute à proprement parler. Le lien que j’ai avec ma meute est intangible et ne prend racine sur aucune base scientifique. C’est l’instinct qui me guide vers Keanus.

Nous avons depuis un moment quitté les zones fréquentées au profit d’un quartier plus industriel et donc plutôt mort à cette heure-ci de la soirée. Je stoppe à une intersection et coupe même le moteur pour mieux écouter. Je ne suis pas le seul à tendre une oreille surnaturelle. Nous captons ensemble un bruit de bagarre. Le vigile pointe du doigt une route vers la droite.

- Oui, ils sont par là.

Je remets le moteur en route et braque le volant pour prendre la bonne direction. L’endroit est un dédale de rues en cul de sac, d’un commun accord nous décidons de laisser la voiture et de finir en piétons.

(…)

Je reconnais quelques-uns des omégas présents. Ce sont ceux qui avaient agressé Maxine près du campus. Tobias n’a pas dû pousser très loin pour les provoquer et en apercevant les deux bandes qui auparavant étaient rivales, je pense que c’est plutôt l’inverse et eux qui ont cherché des noises à Keanus et Tobias. Si mon frère sait tempérer et éviter les conflits, Tobias est une vraie bombe à retardement.

Je jauge la situation. Ils sont une quinzaine cernant mon frère et mon cousin. Tobias a son sweater taché de sang et le regard injecté du même liquide. Keanus tient notre cousin autant pour le protéger que pour le calmer. Je regarde Arès, il semble habitué à ce genre de situation. Tobias est plus une gêne qu’une aide, nous sommes donc trois contre quinze loups omégas brusquement intéressés par l’alpha que je suis. Je ne cherche même pas à négocier, ou n’y mets pas tout la conviction qu’il faudrait. Dans son état, Tobias fera capoter la moindre manœuvre d’apaisement. Mon cousin ressemble à un fauve enragé, il veut du sang, il veut tuer. Seule la poigne de Keanus sur son épaule l’empêche de se jeter sur les omégas dans une attaque qui serait suicidaire. Je tente quand même de calmer le jeu. Je serais un piètre médiateur si je choisissais la force comme première option.  Bien entendu mon bref discours  ne prend pas et me vaut même quelques quolibets qui mettent en doute ma force et mon rang.

- Bon, cela en fait cinq chacun…

Keanus me questionne du regard quant au type qui m’accompagne. Je lui fais un signe comme quoi il devrait gérer. Je l’espère car je n’ai que les dires d’Arès à croire sur ses capacités. Je sors mes attributs de loup, prouvant s’il était encore besoin de le faire pour les plus bouchés que je suis un alpha. Je soupire en même temps car je n’aime pas me battre. C’est quelque chose qui m’arrivait très rarement… avant. Un oméga se décide à me foncer dessus. C’est vraiment stupide de sa part d’agir seul sans concertation avec ses « camarades ». Les groupes d’omégas sont fragilisés par leur individualisme. Je le bloque sans mal. Cependant, il faudrait quelque chose de plus impressionnant pour les faire renoncer à nous attaquer.





Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arès Kye Coleman

avatar

Humeur : Farouchement protecteur
Messages : 743
Réputation : 64
Date d'inscription : 09/03/2016
Localisation : Là ou la paix n'est qu'illusion. Beacon Hills, California

MessageSujet: Re: L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard || Feat Arès   Jeu 17 Nov - 23:37

L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard.



ft. Willem Sheperd



L'expression ahurie de l'alpha nouvellement arrivé en ville pourrait me faire sourire de manière fort amusée car il faut bien reconnaître que l'étonnement sur son visage a quelque chose de profondément comique. Aussi comique que de voir quelqu'un comme moi faire une bonne action sans attendre quoi que ce soit en retour me direz vous. Je suis un paradoxe et je l'ai toujours été. Ma conception de la vie me permet de balayer les choses désagréables connues sous le nom de regrets et de remords et d'agir comme je l'entends. Malgré la dureté des épreuves de mon passé d'orphelin à Seattle. Malgré les mauvais choix que j'avais pris et que je continuerais probablement à prendre. Malgré les erreurs, les bonnes et les mauvaises actions constituant la mosaïque prosaïque de mon existence j'aimais à penser que je n'étais pas uniquement définissable par mon attrait pour l'argent facile du monde souterrain ni par la noblesse de ma mission de gardien du surnaturel ni même par le fait que j'étais l’antithèse de ce que l'on s'attendait à ce que je sois de part mon physique.

Le simple fait d’être définissable par une étiquette me dérangeait fortement contrairement à ce cher Alessandro qui appréciait beaucoup surjouer sur son coté sicilien. J'imagine que malgré les années et les changements je gardais encore quelque part en moi une part de ce gamin privé de la chose la plus essentielle aux yeux d'un gamin, ce petit être refusant de se plier aux règles d'un monde dans lequel sa situation était l'exception, l'anormalité noyée sous l'écrasante chape d'indifférence de la masse grouillante de la conformité à un modèle inaccessible. Et comme tous les excès prenaient sources dans d'autres excès le plus souvent pour contrebalancer ces derniers, il ne faisait strictement aucun doute que je deviendrais un papa poule plus protecteur qu'une lionne envers son petit et plus aimant que le plus doux des cœurs purs alors même que la pureté était étrangère à mon cœur comme la lumière aux ténèbres. L'amour rendait toutes les choses définitivement plus simples. Azalea me l'avait finalement appris. Celui qui affirmait le contraire ne maîtrisait pas son sujet. Nous avons tous nos propres failles et les miennes tendaient à être comblés. Est ce que cela allait me ramollir comme Lucas aimait nous le rabâcher aux oreilles entre deux larcins sur le chemin de l'orphelinat ? Je n'en avais strictement aucune idée mais pensais personnellement que non. On n'oublie jamais vraiment d’où l'on vient, ce que l'on a vécu ni ce qui a fait de nous ce que nous sommes.

Pour ma part je savais que cela ne me ramollirait pas mais me rendrais plus doux et bon envers les miens et encore plus dur et impitoyable avec mes ennemis. Pour la simple et bonne raison qu'un ennemi représentait une menace à ce paradis terrestre que constituait une vie avec ma compagne et mon enfant. Pour conclure ce long monologue ennuyant sur mon illustre insignifiante personne, je dirais que je suis capable du meilleur comme du pire, de distiller le bien comme d'apporter le mal et que c'est exactement cette tendance à la dualité qui faisait de moi un être humain. Je peux aider des gens pour le simple fait de les aider et je peux être mauvais pour le simple fait d’être mauvais. Les raisons importent bien plus que les actions elles mêmes. Tout ce qu'il y a à retenir c'est que je ne suis ni blanc ni noir mais fait d'une infinité de gris me rendant tour à tour admirable ou détestable. Mais à mes yeux c'était cela la vie. Une mélopée de nuances. Je ne pensais pas que les gens pouvaient être complètement bons ou complètement mauvais sauf exceptions. Mais pour l'heure, j'avais fait le choix d'aider Willem sans rien attendre en retour parce que j'aurais aimé que cela m'arrive à un moment de ma vie ou j'en avais eu besoin, parce que sa situation actuelle me faisait penser à la plus tragique que je n'ai jamais vécu- la perte de mes cousins- l'épreuve la plus douloureuse de toute mon existence. Il m'arrivait encore parfois de m'en vouloir en me disant que si j'avais été avec eux...

Parce qu'il m'avait l'air de quelqu'un de fort sympathique et à l'instar d'Alec de quelqu'un de bien avec ses propres nuances que je ne connaissais pas encore bien évidemment, parce que j'avais un sens de la famille particulièrement développé et parce que je ne cracherais jamais sur un bon combat. Ce qui constituait vous en conviendrez un paquet de raisons. Mais malgré mon envie de sourire face à  son ahurissement je reste sérieux bien conscient de la gravité de la situation. Nous sommes à Beacon Hills et ici le tragique côtoyait l'ordinaire aussi sur que des lignes telluriques traversaient le sol jusqu'au Nemeton. Alors, le moment ne se prêtait ni à la détente ni à la légèreté. Le hochement de tète de Willem à ma dernière assertion relative au fait que quelques Omegas ne sont pas une une menace suffisante pour l’être surnaturel que je suis m'indique qu'il me fait entièrement confiance malgré le manque d'information. La Ford ralentit l'allure lorsque nous atteignons la rue dans laquelle se trouve la boite de nuit. Une boite de nuit semble il appréciée car une longue file d'attente s'étale sur le trottoir tandis que deux videurs filtrent les entrées devant une porte pimpante.

Les pulsations puissantes de la musique jouée à l'intérieur chatouillent mes oreilles quelques instants mélangée au brouhaha ambiant des conversations de cette petite foule impatiente d’investir les lieux pour s'abandonner à l'ivresse le temps d'une soirée, d'une nuit d'automne bien plus douce que prévue. Je me fais durant une poignée de secondes la réflexion que l'établissement a l'air parfaitement rentable et que cela pourrait faire un bon investissement pour Alessandro jusqu'au moment ou Willem arrête quasiment le véhicule et baisse la vitre pour tenter de repérer des effluves utiles à notre traque. Pour ma part, je suis bien impuissant car je ne connais pas leurs effluves mais reconnais des odeurs lupines flottant encore dans l'air. Mon regard croise celui de l'alpha et nous acquiesçons sans mot. La vitre reste baissée pour nous faciliter la tache et la voiture redémarre. Je comprends que Willem se déplace à l'instinct à travers le lien que les loups de meute développent entre eux car il ne fait pas vraiment attention au chemin en observant les panneaux de rues ou ce genre de choses plus conventionnelles.

Nous nous trouvons maintenant dans un vieux quartier industriel en toute logique déserté à cette heure de la soirée. Exactement le genre de coin propice à des embrouilles ou des règlements de compte pensais je en mon for intérieur. Les bâtiments fonctionnels et froids semblent nous toiser de leur indifférence. Willem coupe le moteur afin que puissions déployer nos sens respectifs afin de couvrir la zone. Soudain des bruits étouffés d'affrontement se glissent dans mes oreilles et je tends le doigt vers l'origine de ce vacarme caractéristique des échauffourées. Willem confirme avant de démarrer en trombe dans la direction indiquée mais le dédale de ruelles et de cul de sacs nous pousse à abandonner le véhicule sans préambule.  

(…)
Nous pénétrons dans un vaste hangar désaffecté dans lequel se trouvent plus d'une quinzaine de loups garous. L'air est saturé d'effluves surnaturelles au point que cela soit un euphémisme de dire que n'importe quel surnaturel de la ville pourrait comprendre que des choses se tramaient ici. Mis à part cela et cette impressionnante concentration de créatures surnaturelles est impressionnante même pour quelqu'un comme moi car depuis mon installation à Beacon Hills je n'avais pas croisé le chemin d'une seule meute. Impressionnante par le nombre et pas par la puissance car il n'y avait aucune meute ici mis à part une partie de celle de Willem. Tous ces Omegas déchainés me faisaient plutôt l'effet d'un groupe de chiens sauvages. Je remarque à l'expression de Willem que celui ci en connaît quelques uns. Tout ces loups m'ont l'air jeunes pour la plupart et je me demande quel alpha peut être suffisamment stupide pour mordre des gamins de cet age là et les abandonner dans la nature sans éducation au monde surnaturel. Certains bourreaux ont été des victimes avant d’être des brutes.

Cela doit irrémédiablement être le cas de quelques uns d'entre eux. La situation est tendue et semble désespérée pour les membres de la meute de Willem mais pour ma part je ne ressens ni stress ni inquiétude. L'alpha me jette un regard interrogateur mais je me contente d'un haussement d'épaule nonchalant. J'ai l'habitude de ce genre de situations et me battre en infériorité numérique est un sport pour moi alors ce quatre contre quinze devrait être expédié plus vite que cette bande ne l'imagine. L'attention de tous les omégas semblent tourné vers l'alpha comme si ils s'imaginaient pouvoir lui ravir ce pouvoir désirable mais dangereux. Les abrutis. Les fous. Les ignorants. Les qualificatifs ne manquent pas. Willem ne joue pas la carte du je suis médiateur qui ne servirait de toute manière à rien dans le cas présent. Un coup d'oeil vers le cousin du chef de la meute m'indique que ce dernier est encore plus dangereux que la foule de loups garous adverses mais dangereux pour lui même car il est habité par la furie furieuse alors que l'art du combat doit être exécuté avec maîtrise et  discernement dans un cas pareil aussi je comprends tout de suite pourquoi Willem a dit qu'il s'agit d'un trois contre quinze mais je ne vois pas comment cela pourrait être le cas s'il faut retenir le plus enragé de tous. Je dirais qu'il s'agit plutôt d'un deux contre quinze.

Un sourire moqueur se peint sur mes traits lorsque j'observe le petit frère de Willem interroger ce dernier à mon sujet d'un regard. Cela pourrait ètre insultant que l'on doute de moi quand bien même je n'ai pas révélé les cartes dans ma manche mais je le prends avec le sourire parce qu'un bon combat m'attends. Le genre de combat dans lequel l'adrénaline est à son paroxysme car le danger est bien réel. Je ne m'attendais pas à faire face à autant de surnaturels mais étant aussi compétent sous forme humaine que transformé je laisse mon sourire moqueur se transformer en sourire mauvais orienté vers les garous avant de m'avancer nonchalamment vers eux pendant que Willem se bat de son coté. Ces derniers me toisent avec incrédulité pensant que je suis stupide car bien que sentant mon appartenance au monde surnaturel je reste juste un colosse à leurs yeux. Le plus téméraire se jette sur moi et je me baisse pour esquiver son coup de griffe avant de lui décocher un coup de poing brutal dans le plexus pour lui couper la respiration. Ma jambe balaie les siennes dans la foulée et je saisis l'un de ses bras au passage que je brise sans préambule. Mon sourire mauvais s'élargit tandis que diverses expressions traversent le visage des omegas. Des insultes fusent et j'éclate de rire avant de lâcher le bras cassé du loup garou et de me redresser. Un nuage de fumée grisâtre semble émaner de nul part et se met à danser autour de mon corps me masquant partiellement à la vue des loups.

Mon corps se transforme et seul le scintillement de mes yeux désormais bleu glacial perce à travers la fumée dansant autour de moi telle une danseuse exotique exécutant un spectacle de charme. Des crocs de tigre apparaissent dans ma bouche, mon visage devient félin et des griffes noires allongent mes doigts. La fumée se dissipe partiellement et je me retiens de bondir dans le tas pour les transformer en petit bois car Willem semble être un pacifiste. La peur dans les yeux des loups ravit le tigre en moi et je pousse un rugissement puissant les mettant au défi de venir se frotter à moi.  




Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Mar 10 Jan - 16:10, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Willem Shepherd

avatar

Humeur : Claustro
Messages : 268
Réputation : 39
Date d'inscription : 05/10/2016
Localisation : Beacon Hills

MessageSujet: Re: L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard || Feat Arès   Mer 23 Nov - 18:10

Sheperd
Willem

Coleman
Arès

L'agrément de la vie,
c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard.
Alpha, ce n’est pas un rang que j’ai choisi. Du moins, je n’ai pas été élevé dans l’idée d’en devenir un, un jour. Je ne peux pourtant pas nier que j’apprécie cette force accrue que j’ai vis à vis d’un bêta ou d’un oméga, cependant le revers de la médaille a un prix, celui de l’envie et de la convoitise. En plus des dangers inhérents à mon espèce, s’ajoute une guerre intrinsèque du pouvoir. S’il ne m’était jamais venu à l’idée de tuer pour acquérir ce rang, car je suis d’une nature non violente, ce n’est pas le cas de tous les lycanthropes. Si je n’en veux pas vraiment aux loups qui tentent de me tuer dans l’espoir de  gagner mes prunelles rouges, car c’est dans l’ordre de l’évolution de notre espèce, il y a dans cette lutte un côté répétitifs qui devient lassant. Puis non violent ou pas, je tiens à la vie et j’ai bien l’intention de la garder. Je n’ai pas tué quelqu’un depuis que j’ai dû achever mon oncle et les membres agonisants de ma meute. Cela parce que j’ai jusqu’à présent réussi à m’en sortir autrement, soit par le dialogue, et dans le pire des cas en blessant suffisamment pour faire abandonner  mon adversaire.

Je viens de mettre KO deux omégas. Keanus tient Tobias par le col tout en se défendant de ceux qui l’attaquent. Tobias commence à virer au loup enragé, l’encolure de son pull est en train de lâcher sous les coups de bélier qu’il donne pour se dégager de l’emprise de mon frère. C’est à ce moment-là que je le vois.

Cela commence par une fumée qui semble sortir de nulle part et qui enveloppe le videur du Pink. Les volutes semblent avoir une vie propre et masque partiellement le colosse d’ébène. Et quand ses prunelles s’éclairent d’une lueur bleue arctique perçant ce brouillard mystique, je suis soulagé que cet être, dont je n’ai jamais entendu parler de son existence, soit de mon côté. Je suis à la fois émerveillé, stupéfait et impressionné.

- Whaou ! La classe !

Je m’émerveille comme un gamin… oubliant pendant quelques secondes le combat en cours. Par contre si j’ai l’inconscience de rêvasser au mauvais moment, nos adversaires, moins enclins au contemplatif, profitent de mes bâillements aux corneilles pour se jeter sur moi et me coller une bonne dérouillée. La surprise fait que je ne rends pas immédiatement les coups et tente de me protéger des griffes qui me lacèrent la couenne. Décidément, je ne suis bien un piètre combattant. Mon frère lâche Tobias pour me venir en aide. Ils sont au moins à cinq sur moi.

La douleur aiguillonne ma colère. Je me ressaisis et me dégage de la mêlée non sans rugir mon mécontentement. Mes blessures cicatrisent rapidement, par contre mes vêtements n’ont pas la bonne idée de faire de même. Un hurlement de douleur attire mon attention sur un coin de cette triste arène. Tobias s’acharne contre un jeunot. Deux des potes du type à terre tentent de l’arrêter, seulement quand mon cousin entre dans une telle rage, sa force et sa résistance à la douleur se décuplent. Son esprit se vide de toute humanité, ne laissant qu’une bête sauvage qui laisse libre court à ses instincts animal de prédateur. Mon frère va pour s’approcher, je le retiens.

- Occupe-toi des autres avec Arès. Je m’occupe de Tobias.

Il n’y a plus d’être humain, plus de pensées cohérentes et encore moins de mots qui peuvent être entendus. Alors je m’approche et pousse un rugissement qui se veut dominateur. On pourrait croire que l’on a libéré la cage des lions tellement que ma voix est emplie de sauvagerie animale. Cela fonctionne… sur les omégas. Mon cousin continue de cogner celui qui est à terre et qui a de plus en plus de mal à parer l’avalanche de coups qu’il reçoit.

- Tobias arrête !

Il n’écoute pas. Alors je stoppe son mouvement en lui attrapant le poignet. Il me regarde et retrousse les lèvres dans une attitude menaçante. Son regard n’est plus qu’une fureur ivre de sang. Tobias a perdu le contrôle. Je me jette sur lui et nous roulons sur le béton. Je tente de le ceinturer et le bloquer. Mais l’animal est particulièrement fort et perd tout instinct de survie lors de ces crises, ce qui le rend particulièrement suicidaire dans sa façon de se battre, et de fait redoutable et très dangereux. Je ne me préoccupe plus du reste, sinon de Tobias. Je dois arriver à m’imposer, à casser sa fureur. Je sais comment cela finira. Cette nuit, il dormira blotti contre moi comme un môme terrorisé par un cauchemar récurrent. Mais avant d’en arriver là, je dois éviter de me faire égorger par mon propre cousin.

Keanus arrive en renfort et à deux nous arrivons à bloquer Tobias face contre terre, mon frère et moi littéralement assis sur le plus jeune de la meute qui se contorsionne pour se libérer. Il râle comme un fauve enragé. Autour de nous le calme est revenu. Je n’ai pas suivi la bataille, mais il semble que Keanus et Arès aient réussi à faire fuir les omégas. Tobias, tout agité qu’il est a encore ses prunelles dorées. Nous lui avons encore une fois évité le pire.  Je fais un sourire gêné à Arès. Je ne me sens pas particulièrement à l’aise à faire du rodéo sur le dos de mon cousin. Mais c’est la seule méthode que j’ai avec mon frère pour patienter le temps que Tobias se ressaisisse.

- Sinon, nous sommes une meute pacifique et non violente…

Je n’aime pas l’image que nous donnons ainsi. Tobias entre dans la ligne de mire du code des chasseurs. Pourtant s’il est ainsi, c’est à cause de ces mêmes chasseurs… Tobias commence à s’épuiser à lutter contre mon poids et celui de Keanus. De plus je lui impose mon aura pour le faire céder. J’abhorre cela car je privilégie toujours la discussion à la répression. Toutefois je ne suis pas naïf au point de confondre le mode de vie ancestrale de ma famille plutôt tourné peace and love et la réalité de la génétique qui fait que le loup fonctionne avec un modèle hiérarchique bien établi. L’alpha se doit non pas de montrer sa suprématie, il doit la prouver par la force. Je n’ai vu qu’une fois mon oncle Ted s’imposer comme alpha. Mais il n’avait pas comme moi, un membre de sa meute particulièrement instable. Il ne se passe pas un mois sans que je sois obligé de pousser mon aura pour faire plier Tobias. Ce soir, la crise est violente. Si nous ne l’avions pas stoppé, il aurait tué le jeune loup sur lequel il s’acharnait.

Arès reste pas très loin, suffisamment éloigné pour que Tobias ne se sente pas agressé par sa puissante aura qui équivaut presque la mienne mais de façon totalement différente, mais le vigile est prêt à nous donner un coup de patte si le besoin s’en fait sentir. Il a l’intelligence de nous laisser maitriser Tobias en famille. Je pense que celui qui m’a semblé ressembler à un gros félin en connait un rayon sur les lycans en perte de contrôle pour savoir que le moindre rapport de force peut être mal perçu.

La respiration de Tobias commence enfin à se faire plus profonde, toutefois j’attends le reflux de ses attributs de métamorphe avant de me lever de son dos.

- … suis désolé Will… Je…
- Stop ! Je ne veux pas entendre tes excuses minables. Tu prends le temps du trajet pour réfléchir à ce que tu vas me dire.
- Will Man’ va me tuer !
- Je n’avais pas l’intention de cacher quoique ce soit à Mady !
- Mais !
- Y a pas de mais. Sache qu’une mère aimante châtie bien. Et tu le mérite ! Tu as vu l’état de mes fringues ?! J’ai déjà l’air d’un clandestin, là je fais clodo complet !


Tobias se dandine d’un pied sur l’autre. Une fois la crise passé, il redevient l’adolescent couillon par excellence. Au fond de lui c’est même un gentil garçon. Seulement la moindre contrariété peu le faire basculer. Nous avions croisé la route d’un druide qui lui avait donné quelques astuces pour prévenir ses débordements. Mais c’est loin d’être la panacée, la preuve en est ce soir.

- Arès, je ne sais pas comment te remercier de ton aide !

Le black s’est rapproché avec un grand sourire. Je ne sais toujours pas à quelle race d’anthropomorphe il appartient, Mais son regard est amical et même fraternel. J’ai été témoin de sa puissance, pourtant je me sens à l’aise en sa présence. Je ne ressens aucune rivalité entre lui et moi, alors que mon statut d’alpha a tendance à faire remuer les autres métamorphes. Arès me fait penser à mes cousins avec qui je passais mes journées soit pour aider au campement, soit pour faire les imbéciles dans les bois ou parfois les bars de provinces.

Je donne une tape sur la tête de Tobias pour dédramatiser la situation, mais aussi pour que mon cousin puisse reprendre une contenance. Nous retournons à la voiture d’un pas nonchalant.

- Tu es vraiment un pro Arès ! Tes fringues sont nickels, tu pourrais te pointer à un mariage sans soucis. Alors que je suis bon pour attirer l’attention des flics avec mes vêtements déchiquetés !

Le vigile part dans un grand éclat de rire rapidement suivi par Keanus, moi-même et même Tobias. Notre façon de nous battre est vraiment différente. Arès est un professionnel là où je ne suis qu’un amateur.

- Je te redépose au Pink. Que dis-tu de venir manger à la maison un soir où tu es libre ? La mère de cet emmerdeur est une excellente cuisinière et elle sait faire des rations à la mesure des goinfres que nous sommes.

Le repas a chez nous une haute valeur familiale. C’est le moment où la meute se rassemble et se réunie. C’est un moment de paroles et de discussions. En bons nomades, inviter ceux que nous croisons est à nos yeux un symbole de paix et d’amitié. Nourrir l’autre est un signe d’attention et de fraternité. Le partage est notre philosophie, sans oublier le simple plaisir de manger quelque chose de bon.




Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arès Kye Coleman

avatar

Humeur : Farouchement protecteur
Messages : 743
Réputation : 64
Date d'inscription : 09/03/2016
Localisation : Là ou la paix n'est qu'illusion. Beacon Hills, California

MessageSujet: Re: L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard || Feat Arès   Mar 10 Jan - 16:15

L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard.



ft. Willem Sheperd



La lutte à priori inégale entre une troupe d'Omegas enragés et un alpha et son nouvel allié d'une espèce surnaturelle méconnue suit son cours et ce de manière fort tranquille je dirais. Esquivant un coup de griffe vicieux visant mes yeux j'attrape le bras du belliqueux jeune loup et lui brise l'os d'un geste sec. Son cri de douleur transperce le silence entrecoupé de gémissements et d' halètements et semble résonner sur les vieux murs décrépis du hangar visiblement dératisé de ce quartier parfaitement sinistre. Un coup d’œil vers Will m'indique que ce dernier s'en sort admirablement bien pour quelqu'un que je devine d'une nature pacifiste eu égard aux deux loups garous visiblement sonnés à ses pieds. Je reporte de nouveau mon attention sur mes adversaires une seconde trop tard car un coup de poing vient s'écraser contre ma joue tandis qu'une griffe vient chatouiller ma joue et y creuse un sillon sanglant du plus bel effet. Le tigre en moi excité par l'odeur du sang, les bruits de la bataille et sa propre blessure me mène la vie dure et je dois durement le réprimer pour ne pas franchir la ligne rouge. Il ne s'agit que d'un ramassis de gamins aussi stupides qu'écervelés.

Des gamins aux capacités surnaturelles certes mais un ramassis de gamins tout de même. Saisissant un Omega par le col je l'attire à moi avant de lui fracasser la tète de mon propre front. Le loup s'effondre au sol comme un pantin désarticule. Ma blessure continue de saigner bien que la cicatrisation commence à faire son œuvre réparatrice sur ma trogne concentré sur l'action intensive dans laquelle je suis engagé. Je pare un coup de griffe avec le poing avant d'enfoncer mes propres griffes dans l'épaule de mon vis à vis avant de les retirer et de le repousser d'un coup de pied dans le torse. Ruisselant de sueur je commence à me dire que cela va s'avérer bien plus compliqué que prévu lorsque le rugissement d'alpha de Will semble faire trembler les fondations mêmes du vieux bâtiments dans lequel nous nous trouvons. Bien que n'étant pas un loup garou je peux sentir la puissance de cette force dominatrice brute courir le long de ma colonne vertébrale. Un nouveau coup d’œil me permet de voir le nouvel alpha se débarrasser de cinq adversaires dans un mouvement rageur et je comprends que le loup garou se contenait ou avait été distrait pour se retrouver en si mauvaise posture. Seulement si il y a bien quelqu'un qui ne se contient pas ici c'est bien Tobias, le cousin violent de notre alpha. J'hésite à intervenir mais les paroles de Willem flottent jusqu'à mon ouïe surnaturelle et je bondis dans le groupe de loups me faisant face, distribuant des coups telle une tornade déchaînée.

Le fauve en moi s'excite de plus en plus et ce dernier pourrait faire l'analogie entre le massacre des mafieux d'un clan rival dans les tréfonds de la vieille ville en compagnie de mon ami et patron le loup de Sicile. Or, je ne veux pas lui laisser prendre le contrôle et goûter au sang. Alors il est temps que cette comédie cesse et vite. Mes poings bloquent et parent autant qu'ils frappent, mes griffes essaiment les blessures superficielles mais bien placés tandis que mes jambes et ma tète se montre également sous un, jour redoutable. Malgré tout j'encaisse un certain nombre d'attaques sans ciller. Voilà le désavantage à se jeter dans le tas au lieu de se montrer patient et attentiste. Il y a forcément des coups qui passent le filtre protecteur. Un peu plus loin le petit frère de l'alpha vagabond ne démérite pas et se bats avec ardeur et vaillance face à des Omegas commençant nettement à subir le contre coup physique de leur agressivité erratique. Un autre rugissement d'alpha résonne dans le hangar cette fois plus autoritaire et dominateur que le premier qui s'apparentait nettement plus à un cri de colère empreint de douleur. Le rugissement semble avoir un effet sur les agresseurs qui se mettent à reculer un à un ou par petits groupes. Passant une main sur ma joue, je constate que ma blessure est en train de se refermer et esquisse un sourire satisfait en voyant les Omegas refluer.

Ce qui permet à Keanus le petit frère de Willem d'aller porter assistance à son aîné. Je tourne le dos aux derniers loups belliqueux évacuant le hangar et m'approche doucement du trio familial en prenant néanmoins garde à leur laisser un espace suffisant afin de ne pas faire de ma présence une intrusion ni à violer une intimité tout juste retrouvée. Le sourire gêné de Will me touche au cœur et je détourne pudiquement le regard. Certains voient nos statuts de surnaturels comme une malédiction et comment leur donner tord devant la situation tragique de Tobias. Peut être qu'un peu de temps passé dans un clan de gardien à la fumée lui ferait le plus grand bien comme cela avait été le cas pour Milan mon vieil ami d'enfance également tributaire d'une nature sauvage et incontrôlable. Mais cette proposition me paraissait précoce d'autant plus que l'honneur qui avait été fait à Milan était l'un des plus rares accordés à un non fils de la mort. Je croise de nouveau le regard de l'alpha lorsqu'il m'affirme qu'en temps normal sa meute est pacifique et non violente. Je ne trouve pas grand chose à répondre car si Will savait que je vivais pour moitié dans un milieu bien plus violent que Tobias en cet instant il ne m'aurait probablement jamais ne serait ce qu'adresser la parole.

Et du fait de ma vie mafieuse, je ne suis certainement pas le mieux placé pour juger qui que ce soit. Je sens l'aura de puissance de l'alpha embaumer l'atmosphère et s'écraser de tout son poids sur le cousin touché par la frénésie. Je reste éloigné de la famille afin de ne pas altérer le processus de ma propre aura mais me tiens prêt à donner un coup de main au moindre geste de Will. Finalement, Tobias se calme peu à peu et reprend forme humaine. Willem se relève du dos de son cousin et lui passe un sermon bien mérité mais empreint d'une touche d'humour qui me déride quelque peu. J'observe Tobias redevenu un adolescent fort sympathique qui pourrait probablement très bien s'entendre avec Chris par exemple. Les affres d'une existence surnaturelle peuvent être parfois bien cruelles. Je me rapproche avec un grand sourire après les remerciements de Will. Je lui réponds : Ne me remercie pas dans ce cas. Je te rappelle que j'ai insisté pour venir et sache que si tu as de nouveau besoin de moi pour ce genre de chose n'hésites pas à m’appeler.

Mon regard est fraternel et amical. J'ai perdu mes cousins bien trop tôt alors aider des cousins à ne pas vivre ce que j'ai vécu me fait bien plus de bien que n'importe quelle autre bonne action. De plus Will me fait réellement penser à Milan dans sa force tranquille, paisible et presque philosophe. Il y a plusieurs sortes de famille. Il y a celle que l'on nous donne et celle que l'on se choisit. Mon clan de gardien et la famiglia étaient de ces familles que l'on se choisit. Aza et ma tante étaient de celles que l'on nous donne. Oui, je place ma femme dans cette catégorie car c'est le destin qui m'a placé sur sa route. Mais peut être était il temps que je trempe dans quelque chose de moins sombre et néfaste que le milieu. Oh, je ne parlais absolument pas de quitter l'organisation d'Aless mais plutôt de pouvoir respirer un air plus sain en compagnie de bonnes personnes. Je ne suis pas que mauvais, j'ai de la lumière en moi et pour ma fille à naître je refuse de perdre cette étincelle de lumière. Côtoyer un alpha comme Will ne pourrait être qu'une bonne chose. Nous atteignons tous la voiture de Willem et les compliments amusés de l'alpha nous arrache à tous une bonne tranche de rire sincère et précieux après la tension de tout à l'heure.

Ahahaha pas faux Will mais il faudrait tout de même que je prenne une douche avant. Je nage dans ma transpiration après tout ce sport. On pourrait me repérer à l'odeur. Ce qui serait gênant. Toi au moins tes fringues peuvent s'aérer maintenant.
Nouvel éclat de rire général et je me surprends à repenser à mes propres cousins avec lesquels j'avais une relation comparable. Oui s'il te plaît. Il ne faudrait pas que le patron s'imagine que j'ai pris ma soirée sans prévenir. Comment refuser une telle proposition ? Tu sais comment parler à un goinfre mon ami. J'accepte avec grand plaisir. Tu n'as qu'à me donner ton numéro et je t'appellerais pour confirmer la date.    

C'est le sourire aux lèvres que je rentre de nouveau dans le bar et termine mon service ce soir là. Je raconte à Alessandro ma soirée mouvementée et le sicilien peste de ne pas avoir eu la présence d'esprit de venir. Il aurait pu se défouler à peu de frais. Cela m'arrache un grand sourire et lorsque je rentre au loft cette nuit là, j'ai l'impression d'avoir passé ma journée à sourire.

Le dimanche soir suivant, je prends la direction du territoire de la meute de Willem au volant du range tout en discutant au téléphone avec Aza. Une fois devant la maison de la meute de Will, je klaxonne pour m'annoncer et raccroche avant de saisir le gâteau que j'ai acheté la veille. Je n'aurais pas pu venir les mains vides. Le partage semble être une valeur essentielle aux yeux des nomades. Qui plus est c'est une question de respect et mon enfance passée dans le dénuement m'a donné des valeurs proches de celles de la meute de Will sur certains points du moins. Une fois devant la porte, je m’apprête à taper lorsque la porte s'ouvre devant moi.
Bonsoir Keanus. J'espère que je ne suis pas en retard.   




Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Dim 15 Jan - 23:09, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Willem Shepherd

avatar

Humeur : Claustro
Messages : 268
Réputation : 39
Date d'inscription : 05/10/2016
Localisation : Beacon Hills

MessageSujet: Re: L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard || Feat Arès   Sam 14 Jan - 22:42

Sheperd
Willem

Coleman
Arès

L'agrément de la vie,
c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard.
La Ford repart un peu plus abaissée qu’à son arrivée, alourdie du poids de Keanus et de celui de Tobias. Mon cousin tente de se faire oublier en se ratatinant sur la banquette arrière. Je profite du chemin de retour pour mieux présenter Arès à mon frère.

- Ah mais c’est dans ce bar où tu disparais tel un voleur !
- Le Pink est ma bulle d’oxygène Keanus ! J’ai le droit d’avoir un endroit rien qu’à moi !
- Ho ! Comme tu n’es pas partageur de tes bonnes adresses frérot !
- Ça va, maintenant que tu vas savoir où s’est, tu vas y ramener ta carcasse…
- Et comment !


J’explique à Keanus que le patron du bar est un loup. Pour Arès, plus besoin de le décrire, mon frère a pu le voir à l’œuvre. J’ai plein de questions pour cette force de la nature qu’est Arès. C’est un tigre garou mais la fumée qui l’a enveloppé est d’une autre nature et m’intrigue. Ce soir, il nous a bien aidés, je me vois mal faire mon curieux. Et même si lui et moi avons bien accroché l’un, l’autre, il y a des secrets ou des particularités que l’on n’évoque pas facilement. Pourtant, le grand black m’incite à la confiance. Il me semble avoir les épaules solides. Etant un alpha, c’est délicat de trouver un ami sur qui pouvoir se reposer, car je suis toujours le plus fort, celui qui doit épauler et non être épaulé. J’aimerai pouvoir faire une pause de temps à autre, croiser des gens qui n’attendent rien d’autre de moi que ma compagnie.

Je sens bien que si Arès est conscient de mon rang, je ne l’impressionne pas spécialement. Loin de m’en vexer, au contraire j’apprécie qu’il me voie comme une personne avant de voir le loup alpha que je suis. En présence d’autres surnaturels, il y a toujours cette défiance vis-à-vis d’un rang qualifié de supérieur pour un alpha. Cela fausse très souvent les relations. J’ai beau mettre tout mon charisme avec moi, mon aura est là, même si je la fais apaisante. C’est un peu le même comparatif entre une voiture de sport et une familiale. La sportive aura beau rouler à la même vitesse que la familiale, le fait qu’elle en a en réserve sous le capot lui donne force et valeur. Voilà pourquoi je persiste à rouler dans une Ford antédiluvienne. J’essaye de casser une image que je refuse car ce n’est pas moi. Avant d’être un alpha, je suis un loup. Et avant d’être un loup, je suis Willem Shepherd. Alors quand je propose de remercier le vigile par un bon repas, sa réponse me met en joie.

- Comment refuser une telle proposition ? Tu sais comment parler à un goinfre mon ami. J'accepte avec grand plaisir. Tu n'as qu'à me donner ton numéro et je t'appellerais pour confirmer la date.  

(…)

J’ai donné mes coordonnées à Arès avant de le déposer devant le Pink. Keanus a pris sa place à l’avant. Je lance un regard sévère dans le rétroviseur. Un couinement de louveteau retentit à l’arrière. Discuter avec Arès a fait redescendre ma colère contre Tobias. Je suis las et n’ai plus envie de lui passer la brassée qu’il mérite. J’hésite même dire à Mady de quoi il retourne. Ma tante se fait un sang d’encre pour son fils. Lui dire que nous avons évité le pire de justesse lui donnerait un stress dont elle se passerait bien. Toutefois ne pas marquer le coup, c’est laisser une faute impunie. Les louveteaux sont comme les enfants, ils cherchent constamment les limites. Et si par malheurs ces limites venaient à flancher…

Je me gare devant notre maison et referme doucement la portière. Je serre les dents et soupire. Keanus me lance un regard interrogatif par-dessus le toit de la Ford. Je plisse les lèvres. Il comprend que je me résigne à dresser à nouveau les barrières. Mady a dû sentir la tension, car elle est sortie sur le pas de la porte. Elle nous observe en serrant ses mains nerveusement. Nous sommes des loups, des loups nés qui plus est. Notre comportement social est dominé par l’animal. Si nous voulons être en accord avec celui qui fait partie de nous, nous devons nous soumettre à ses codes de vies, ses sanctions et parfois la violence qui l’accompagne.

Keanus est le premier à rentrer, il entraine Mady à l’intérieur. Du menton, je montre la grange à Tobias. Il résiste, ne bouge pas et me fait l’affront de me toiser. Ma réponse est immédiate, même si elle me fait mal. Mes yeux s’éclairent d’une lueur rubis. Tobias résiste, m’obligeant à pousser mon aura, m’obligeant à m’imposer. Je sais que sa part rebelle cherche à m’avoir à l’usure. Tobias est soumis à une dichotomie. Non entre le loup et l’humain, mais du loup à lui-même. Une part de lui est bonne, et… apprivoisée, l’autre est sauvage et rebelle. Et c’est contre cette partie de lui que je suis en lutte permanente. Sept ans que je tente de rassembler ce loup divisé, sept ans que j’échoue.

La porte de la grange se referme sur mon cousin et moi. Nous n’en ressortirons qu’au petit matin, les cernes sous les yeux d’une nuit de veille et de lutte.

(…)

Quelques jours ont passé, je traine une humeur maussade. La séance dans la grande n’a pas suffi. J’ai dû manquer le lycée et garder Tobias cloitré, attaché comme une bête sauvage. J’ai dû faire ce que j’abhorre. J’ai été obligé de le faire plier par la force de l’aura. Voilà donc la raison de ma triste mine.

Alors, lorsqu’Arès m’a appelé pour me confirmer le soir où il était disponible, une lueur s’était allumée dans mon regard. Je n’avais pas remis les pieds au Pink depuis la dernière fois. La date proposée par Arès correspond à un soir où James ne sera pas là. Mais ce n’est pas grave. Mon nouveau bêta tente de se faire pardonner une faute auprès de mon autre nouveau bêta, Kada’an. Je les laisse s’arranger sans m’en mêler. La meute s’est récemment élargie. James m’avait proposé son aide pour Tobias. Mais étant lui-même un loup très récent, j’ai peur que Tobias ne l’influence pas dans le bon sens. J’attends de voir ce que donne la première lunaison de James avant de m’appuyer sur lui en toute confiance. Cependant je ne suis pas  inquiet pour l’écossais. Avant ma morsure, c’était un homme de principes, le loup qu’il est devenu devrait suivre le même chemin.

Mady se surpasse en cuisine pour l’homme qui nous a aidés à empêcher Tobias de commettre l’irréparable. Dans la bande d’oméga qui l’ont attaqué lui et Keanus il y avait surtout des jeunes cons et peu de réels meurtriers. Tobias aurait perdu le jaune de ses prunelles s’il en avait tué un. Je n’ai rien caché à mère et affirmé que sans l’aide d’Arès, nous aurions été obligés de faire des morts pour survivre… Il est certain que le vigile ne sortira pas de notre maison tant que son ventre ne trainera pas sur le sol. Ma tante est du genre à montrer son affection et son respect en vous gavant.

J’ai la tête empêtrée dans le t-shirt lorsque que j’enfile quand j’entends une voiture klaxonner. Je suis content comme un gamin qui reçoit son copain chez lui. Je force un peu, une couture craque.

- Et merde…
- Surveille ton langage Will !


Mady est peut-être à l’étage inférieur et dans la cuisine, mais étrangement ses oreilles sont focalisées sur les gros mots. Penaud je m’excuse à mon reflet dans le miroir.

- C’est mieux…
- Bonsoir Keanus. J'espère que je ne suis pas en retard.  


Je débaroule les escaliers avec la grâce d’un mammouth, pour me retrouver bien couillon devant mon frère et Arès avec mon empressement plutôt enfantin. Keanus esquisse une moue moqueuse. Une grande claque du black sur mon épaule me fait décoller et s’envoler le léger malaise.

Nous passons au salon où Mady nous rejoint. Elle salue chaleureusement notre invité et retient sa main plus que nécessaire. Elle ne dit rien car Tobias entre dans la pièce et que d’un tacite accord nous avons décidé de ne pas remettre sur le tapis la bagarre de l’autre fois. Il y a un petit moment de flottement qu’Arès encore une fois dissipe avec une grande claque dans l’épaule de Tobias. Mon cousin décolle un peu moins haut, le tigre a dosé sa force cette fois. Tobias ronchonne pour la forme, mais étrangement il ne se braque pas plus. L’aura d’Arès est palpable, puis même sans cela, le vigile a une prestance qui impose le respect.

Le ragout que Mady pose sur la table met tout le monde d’accord et nous levons tous nos assiettes de concert quand elle se saisit de la louche pour servir.

- Les invités d’abord ! Combien de fois devrai-je vous le répéter ?

Keanus et moi faisons des mines de chiots battus qui tire un grand rire de la part d’Ares qui plonge bien vite sa fourchette dans sa gamelle. Les premiers moments du repas se passent en silence… Nous mangeons ! Puis quand les estomacs se callent peu à peu, la conversation démarre. Mady interroge Arès sur son travail et ce fameux bar où d’après Keanus je vais me planquer.

- C’est un bar gay, précise mon frère.
- Ah ! réplique Mady en me regardant de façon étrange.
- C’est un bar mixte, me récrié-je.

Et voilà Arès qui se marre à s’en étouffer.

- Peuh… Pensez-donc ce que vous voulez.

Pour le dessert, nous avons la fameuse tourte aux pommes que Maxine avait pu déguster quand elle était venue manger. Quand Mady se lève pour ranger un peu, Keanus fait de même disant à Tobias de se bouger. Mais l’adolescent file dans sa chambre sans aider. Je suis fatigué de me battre, et refuse de gâcher cette soirée pour ce petit crétin. Arès a dû voir l’ombre qui est passé dans mon regard. Il clame haut et fort qu’il va aider à ranger pour récompenser la cuisinière qui l’a régalé. Son geste me permet de ne pas perdre contre l’affront de Tobias. Je lui fais un sourire bien trop fade, mais depuis le combat j’ai perdu ma bonne humeur naturelle.

(…)

Mady est montée voir Tobias après avoir chaleureusement remercié Arès de sa présence. Elle n’a pas précisé si elle parlait de ce soir ou de l’autre soir lors de la bagarre. Keanus tourne en rond dans le salon, je propose donc à Arès de nous installer sur la terrasse à l’arrière de la maison, laissant mon frère devant sa série favorite « Supernatural ». J’ai pris deux verres et une bouteille de brandy. Cet alcool a un gout que j’aime, bien que je ne puisse en apprécier l’oublie de l’ivresse qu’il donne aux humains. Toutefois c’est certainement une bonne chose. Avec nos capacités hors normes, il serait dangereux de perdre le contrôle.

Nous nous affalons plus que nous nous asseyons sur les chaises de jardin un peu bancales. Je ne sais pas quoi dire. Nous avons déjà discuté au Pink, mais de sujets qui pouvaient convenir aux oreilles de Jerry ou des autres employés du bar. Arès connait donc la manière qu’avait ma meute de vivre, la vie en plein air, les caravanes. S’il se doute que quelque chose a foiré à un moment, il ne sait pas exactement quoi. Il m’a aidé pour Tobias, je lui dois au minima la raison de l’instabilité de mon cousin. Puis soyons honnêtes, j’ai envie d’une oreille complaisante mais neutre, devant ce que j’ai vécu.

- Cela s’est passé il y a sept ans. En une nuit nous sommes passés de meute paisible et épanouie à quatre loups hagards qui fuient ayant peur de leurs propres ombres. Je ne suis même pas certains que ceux qui nous ont attaqués à l’arme automatique soient des chasseurs et pas plutôt des fanatiques d’extrême droite qui voulaient casser du hippie. Je dois la vie sauve parce que j’étais sorti pisser un bol.

Ma voix se casse, pourtant je continue, décrivant l’horreur à laquelle j’ai assisté, grimpé sur la cime d’un arbre, impuissant. Ce jour-là j’ai perdu la quasi-totalité de ma famille. Ce jour-là je suis devenu un alpha.





Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arès Kye Coleman

avatar

Humeur : Farouchement protecteur
Messages : 743
Réputation : 64
Date d'inscription : 09/03/2016
Localisation : Là ou la paix n'est qu'illusion. Beacon Hills, California

MessageSujet: Re: L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard || Feat Arès   Dim 15 Jan - 23:15

L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard.



ft. Willem Sheperd



Un sourire profondément sincère témoignage extérieur d'une sensation de joie intérieure se dessine sur mes lèvres comme pour s'y imprimer tandis que je me dirige vers la bâtisse constituant le foyer de Willem et sa meute. Je suis heureux face à la perspective de passer une bonne soirée en compagnie de celui qui bien qu'un alpha et un inconnu à mes yeux il y a quelques jours à peine était en passe de devenir un très bon ami. Les amitiés reposent sur des choses simples et des sentiments tout aussi simples ou du moins doivent l’être à mes yeux. Ma rencontre avec Chris en était la preuve vivante. Il n'y a pas besoin de beaucoup pour une belle amitié encore faut il le vouloir sincèrement. J'étais quelqu'un d'assez paradoxal en définitive car je pouvais me montrer particulièrement sociable comme je pouvais aisément me contenter d'un cercle resserré de connaissances. Les deux situations m'allaient parfaitement. Quoi que la seconde tendait nettement à s'estomper petit à petit sans même que je ne m'en rende réellement compte.

Lorsque je vivais du mercenariat de mes aptitudes surnaturelles tout en étant bien plus proche du clan que je ne l'étais ces temps ci cette approche de la vie me suffisait amplement. Quelques amis dans mon milieu professionnel tel que celui qui m'y avait servi de mentor Nolan, un survivant de mon enfance déchirée Milan, la famille de ma tante, mes cousins avant qu'ils ne meurent et le clan. Tout ces gens me suffisaient amplement pour me sentir épanoui sur le plan relationnel. Le reste du monde se cataloguait en diverses catégories, les personnes purement et simplement indifférentes à mes yeux soit la grande majorité de la population à mes yeux, mes employeurs, les ennemis surnaturels de mon espèce, les chasseurs maudits soient ils quand bien même avant les morts de Malaki et Jason ils se trouvaient probablement dans la case indifférence et les conquêtes parce qu'elles méritaient bien une catégorie particulière rien que pour elles non. Or depuis mon installation à Beacon Hills, les morts des cousins que je considérais bien plus comme des frères de sang et de cœur, la chute que j'avais du traversé suite à l'incursion dans la cité des anges ce point de vue sur les relations avaient évolué. Et puis la ville elle même et la sédentarité qu'elle m'imposait m'orientait vers une sociabilité plus grande.

Fini les changements de villes pour diverses raisons professionnelles. Je ne traversais plus ma propre existence avec une impassibilité pleine de morgue silencieuse. Je m'enracinais lentement mais sûrement à Beacon Hills. Pour preuve l'arrivée de Chris, Alessandro, Alec dans mon cercle intime et des nombreuses autres connaissances en tout genre d'Alex à Jordan en passant par le personnel du Print qu'il s'agisse de Charlie ou Jansen. Oui, l'installation avait un goût chaleureux quand bien même je ne devais pas perdre de vue le long terme. J'étais un gardien du surnaturel appartenant à une espèce clanique, marié à l'héritière de son clan et bientôt père. Il ne faisait aucun doute qu'un jour arriverait bien ou je devrais revenir définitivement auprès des membres de mon espèce, ma famille surnaturelle. Mais pour l'heure et malgré la réserve inhérente à ma double vie professionnelle qui m’empêchait de me livrer entièrement à d'autres que mon patron et ami, nos hommes de main et Aza, je savourais ce que la vie avait de meilleure.

Parole de miraculé d'un phénomène intrinsèquement lié au rang des gardiens à la fumée, morbide héritage de la défense de l'équilibre du monde caché. Contrairement à mon cher sicilien je n'avais pas le réflexe de la cosa nostra vis à vis de l'amitié. Lorsque j'offrais une amitié elle était sincère et s'accompagnait de ma loyauté absolue et de mon affection. Raison pour laquelle je ne l'offrais d'ordinaire qu'à un petit nombre de personnes. Vieillir n'efface pas toutes les blessures de la vie, se construire sur des failles laisse toujours des traces et j'ai beau avoir fait la paix avec ma situation d'orphelin depuis un certain temps. La trahison et l'abandon sont les deux choses susceptibles de me faire le plus de mal émotionnellement parlant. Quand bien même je donne l'apparence d’être un roc parce que j'en suis un au demeurant. Même les plus dures des pierres peuvent se fissurer. Je guérissais dans les bras de mon épouse, sous son amour immodéré que j'étais pertinemment conscient de ne pas mériter eu égard à l'ombre qui occupait une part de mon être et dans la perspective de réaliser vis à vis de ma fille ce que mon propre père aurait du réaliser pour moi. Pour autant j'avais appris très tôt à jauger les gens, par méfiance et cynisme ou par pure vision réaliste de la nature humaine.

Une vision empreinte d'un pessimisme commun à toutes les personnes ayant été blessés trop tôt. J'avais dépassé cela en devenant un surnaturel mais parfois les vieux réflexes remontaient à la surface. Rapidement balayé par le fait que ma nature me mettait à l'abri de bien des menaces. Et une apparence souriante et d'ouverture n'était parfois que ma façon de monter une façade défensive. Je savais d'emblée que cela ne serait pas le cas avec Willem. Alors sans effacer mon grand sourire de mes lèvres closes, je m’arrête devant la porte et lève le poing pour l'abattre doucement sur le bois ancien. Mon gâteau bien fade en comparaison des effluves délicieuses de nourriture faite maison atteignant mes narines sous le bras gauche me pousse à penser que des fleurs pour la tante de Willem et Keanus auraient bien mieux fait l'affaire. Mais ce qui est fait est fait. Tandis que la porte s'ouvre sur le petit frère de l'alpha bohème que je salue  en espérant que ma ponctualité ne laisse pas à désirer, je n'ai pas le temps de m'interroger sur la situation de Tobias que le fracas d'une harde de cerf me pousse à tourner les yeux vers l'escalier. Non c'est seulement Will qui déboule comme un taureau devant moi et Keanus.

Mon sourire s'élargit devant le constat que Willem est aussi heureux que moi de nos retrouvailles. Le petit frère de Will le tance gentiment d'une moue moqueuse mais je me dépêche de dissiper le léger malaise d'une grande tape amicale sur l'épaule de Willem qui décolle quelque peu. Bonsoir Will. Content de voir que tu es aussi impatient que moi de goûter la cuisine délicieuse de ta tante.
Mon trait d'humour nous donne un sourire collectif et nous passons au salon dans lequel Mady la tante de Willem nous rejoint. Et tandis que Keanus emporte mon gâteau à la cuisine la mère de Tobias m’accueille chaleureusement. Sa main se pose sur mon avant bras et je me sens pris d'humilité. Le même que j'éprouvais à chaque fois que je rendais visite à ma propre tante ou que je me trouvais devant Asmodée ma belle mère et chef du clan d'Azgeda. L'humilité devant les mamas comme dirait Alessandro dans son jargon sicilien. Les mères qui en imposent par leur dévouement aux leurs, leur présence et leurs regards sévères. Ne me remerciez pas Madame. Il était naturel d'aider Willem à mes yeux. C'est moi qui vous remercie pour votre accueil.  

L'arrivée de Tobias met un terme à la bonne humeur exubérante des lieux comme si l'évocation des événements de l'autre jour planait de son ombre menaçante sur ce dîner amical. Mais comme le fruit d'un accord tacite, le problème du jeune loup n'est pas mis en avant ce soir. Imposition d'une trêve bienvenue dans un quotidien compliqué. Keanus revient de la cuisine au moment ou je prends l'initiative de détendre l'atmosphère en envoyant une tape amicale sur l'épaule de Tobias. Tape bien plus dosée afin de ne pas faire décoller le jeune loup ou déclencher sa mauvaise humeur. Je comprends le jeune loup par certains aspects car j'ai moi même été un jeune en colère, propice  à la hargne pour des raisons comparables mais pourtant bien différentes sans compter que je venais tout juste de devenir un surnaturel à son âge. Bonsoir Tobias. Content de te revoir. Ce dernier ne se braque pas et se contente de ronchonner pour la forme ce qui m'arrache un petit sourire. Nous allons ensuite tous nous installer autour de la grande table.

Madison pose une marmite de ragoût sur la table dont l'odeur me met instantanément l'eau à la bouche, mes crocs me font l'effet de baïonnettes pour reprendre l'expression populaire. Je lève mon assiette en même temps que Will, Tobias et Keanus. La remontrance de Mady aux hommes de la maison, m'arrache un grand rire devant les mines de chiots battus de Will et son frère mais me fait ressentir la même sensation d'humilité qu'un peu plus tôt. Je ne perds pas une seconde pour enfoncer ma fourchette dans mon plat. Mes excuses pour la politesse mais j'ai l'estomac dans les talons depuis que j'ai humé ce parfum envoûtant.   Nous mangeons en silence durant les premières minutes, mon expression prouve à quel point je savoure ce plat à sa juste valeur mais je me sens obligé de complimenter la cuisinière pour ses talents. C'est le meilleur ragoût que j'ai jamais mangé madame. La mère de Tobias balaie mon formalisme de la main et m'indique que je peux l’appeler Mady comme tout le monde. Mady donc m'interroge sur le bar et je décris le Print aussi fidèlement que possible entre deux bouchées de ragoût. Lorsque Keanus balance qu'il s'agit d'un bar gay et que sa tante fixe Willem de façon étrange je ne peux réprimer un éclat de rire et parviens difficilement à ne pas mourir étouffé au dessus de mon assiette.

Le repas se poursuit avec le dessert qui se révèle aussi excellent que le plat principal . La tourte aux pommes est un délice au sens littéral du terme. Mady se lève ensuite pour ranger un peu bien vite imité par Keanus qui demande à Tobias de faire de même, l'adolescent file dans sa chambre en silence. Mon regard se porte sur Willem et je décèle une lueur de lassitude dans son regard. Je comprends que la situation n'a pas du être des plus facile depuis l'épisode du hangar. Ma main droite se pose sur l'épaule de l'alpha dans un geste qui se veut réconfortant puis je dis. Attendez, je vais vous aider. C'est la moindre des choses après avoir pu profité d'un si bon repas. J'emporte la marmite et quelques verres dans la cuisine. Ce qui permet un seul tour de débarrasse.

(…)
La soirée avance lentement mais sûrement. Madame Shepperd je veux dire Mady m'a remercié une nouvelle fois et je l'ai fait à mon tour car j'étais à mes yeux celui qui devait être le plus reconnaissant. Puis, elle était allé voir Tobias tandis que Keanus s'était mis à regarder sa série préférée. Will a pris une bouteille de brandy et deux verres avant de me proposer d'aller sur la terrasse. J'accepte de bon cœur et le suis d'un pas léger. Nous nous affalons sur deux chaises de jardin cote à cote bien plus que nous nous y installons. Willem dépose la bouteille et les deux verres sur la table de jardin devant nous et durant un temps le silence s'installe. Un silence reposant , doux pour les âmes. Silence que j'apprécie d'autant plus que la nature nous entoure aux abords de la propriété. Je me sens bien ici dans cette chaleur et ce calme que je ne retrouvais d'ordinaire que loin de Beacon Hills mais un coup d’œil vers Will m'indique que de son coté ce silence n'est pas aussi contemplatif. Pourtant je lui laisse le temps de penser tranquillement ainsi que la prérogative de briser le silence. Ce dernier se lance finalement et me décrit le cauchemar que sa meute avait vécue, l'horreur d'une tragédie malheureusement ordinaire pour les êtres que nous sommes. Je comprends mieux le comportement de Tobias et ses pulsions auto destructrices. Je suis saisi par le récit de l'alpha et ne l'interromps pas une seule fois.

Ne brisant par la même pas l'intimité de ce moment, de cet aveu précieux et honnête. Je suis révolté par son histoire, le sang bouillonne dans mes veines comme le magma d'un volcan ne demandant qu'à exploser dans la vengeance d'une telle injustice  funeste infamie. Mais la compassion et l'envie de réconforter se dispute à la violence à l'encontre de ces chasseurs. Car, j'ai moi même vécu cela. Je sais exactement ce qu'il a pu ressentir et ce qu'il peut encore ressentir. Seulement j'avais pour ma part choisi le chemin le plus sombre et avais exterminé les meurtriers de mes cousins. Pourtant si la dette de sang avait été payée, la douleur elle ne s’effaçait pas. Mon poing qui s'était resserré de lui même tandis que mes veines palpitaient de colère se desserre. La voix de Will s'est enrouée à cause de l'émotion et son regard s'est voilé comme s'il revivait les tristes événements ayant fait de lui un alpha. Je dépose ma main sur son épaule et la serre doucement avec douceur. Mon regard n'est que compassion et solidarité. Nos regards se croisent et voir mon nouvel ami au bord des larmes me tord les entrailles. Je réponds : Je suis profondément et sincèrement désolé Will. Je sais que cela ne te ramènera pas les tiens ou que cela ne te consolera pas mais je suis de tout cœur avec toi. Je te transmets mes condoléances avec le cœur serré.

Je laisse quelques instants se passer avant de reprendre : Je sais ce que tu as vécu. Je sais ce que tu vis peut être encore parce que je suis passé par là. Orphelin j'ai passé mon enfance dans un orphelinat de Seattle. Ma bande d'amis était tout ce que j'avais, la famille que la vie m'avait donné. J'ai perdu quatre frères de cœurs qui n'ont pas survécu à la morsure qui les aurait transformé en gardien du surnaturel, en deatheater comme moi. J'ai été anéanti par leur perte. D'aucun dirait que j'ai perdu une famille pour en gagner une autre puisque j'ai intégré le clan et épousé la gardienne qui m'avait mordu. Pourtant je n'ai jamais oublié. Mais puisque l'injustice ne connaît pas de limites. Il a fallu que je perde mes cousins au début de l'année. Malaki et Jason et moi étions inséparables. Je les considérais bien plus comme des frères que des cousins. C'étaient des loups garous. Ils ont été abattus par des chasseurs à quelques kilomètres de Beacon Hills. J'étais dévasté, persuadé que je ne m'en remettrais jamais. La colère, la tristesse, la douleur tout se mêlait en moi comme un cocktail dangereux. Je ne vais pas te mentir et tu le sais probablement déjà. On n'oublie jamais vraiment et la douleur reste pour toujours gravée ici.  

Je tapote mon cœur de mon poing. Pourtant, on continue d’avancer parce qu'on le doit bien pour ceux qui nous restent. Nous avons tout les deux perdus bien trop d’êtres chers. Je te promets d’être là pour toi et les tiens. Afin que plus jamais nous n'ayons à revivre une douleur pareille.
Je me lève ensuite et nous sers du brandy à chacun avant de tendre un verre à Will et me rasseoir. Puis, je lève mon verre et dis : A nos morts, nos disparus, nos bien aimés.         




Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Willem Shepherd

avatar

Humeur : Claustro
Messages : 268
Réputation : 39
Date d'inscription : 05/10/2016
Localisation : Beacon Hills

MessageSujet: Re: L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard || Feat Arès   Dim 22 Jan - 13:55

Sheperd
Willem

Coleman
Arès

L'agrément de la vie,
c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard.
Les mots coulent de ma bouche comme un ruisseau de montagne, vifs et désordonnés ou comme le vent sur les grandes plaines du Montana dans de grande lame d’émotion. C’est un courant flot qu’il est vain d’arrêter. Pourquoi Arès plus qu’un autre ? Le garou a une présence que je n’arrive pas à déterminer. C’est un surnaturel puissant pourtant je n’ai aucune défiance contre lui. Il dégage une aura qui trouve un écho dans la mienne comme si nous étions complémentaires.

C’est vrai que je suis quelqu’un qui se lie d’amitié très facilement et de prime abord je peux paraitre naïf et candide par ma façon d’aller vers les autres. Si avant c’était un comportement naturel chez moi, depuis notre besoin de survie, cette attitude est plus calculée et jouée, bien qu’elle garde un fond spontané. Éviter de montrer son acuité et son intelligence est un atout qui m’aide à anticiper les ennuis et de les éviter avant qu’ils nous tombent dessus. « Je plie… »

Devant Arès je n’ai pas sorti mon écran de fumée d’idiot du village. Et si je ne pouvais décemment pas me confier à Pink, ce soir c’est de manière naturelle que je lui dévoile notre histoire. Ce n’est pas tant que je souhaite me faire plaindre, quoique un peu, peut-être... Finalement je ne sais pas ce qui me pousse à déballer ce qui me ronge, cette rouille du passé qui est tenace. Mettre des mots la dessus. Les dire à quelqu’un qui peut comprendre, car il a connaissance de ce monde caché, de ses contraintes et de ses dangers. Je laisse échapper une pression trop longtemps contenue.

Quand j’en ai terminé après un long monologue qu’Arès n’a pas interrompu une seule fois, j’ose le regarder dans les yeux malgré le voile humide qui brouille les miens. Je n’ai pas honte de ces larmes qui menacent de couler sur mes joues. Je sais que le vigile du Pink ne changera pas son opinion sur moi pour un peu de flotte dans les yeux. Il me dit son soutien et me donne ses condoléances. Sa voix est chaude, son cœur est serré par l’émotion que je lui ai transmise. L’homme d’ébène m’offre sa présence chaleureuse mais aussi son histoire. A son tour il se met à parler sans fard de son passé.

- Je sais ce que tu as vécu. Je sais ce que tu vis peut être encore parce que je suis passé par là.

Est-ce cela qui nous a inconsciemment rapproché si facilement ? Il me parle d’un orphelinat. Mon cœur se serre, car j’ai tout de même eu la chance d’avoir eu une famille heureuse et unie jusqu’à mes vingt-cinq ans. Ma meute m’a construit. Ma famille a bâti l’homme que je suis maintenant. Arès a dû se construire tout seul avec la famille de composition qu’il avait, les autres orphelins, les éducateurs et j’imagine les familles d’accueil. Difficile de devenir un adulte stable dans ces conditions.

Il me parle de sa nature. C’est un gardien du surnaturel, un deatheater. Le nom me fait frissonner. Comme la morsure d’un loup, la transformation est du quitte ou double, un pari mortel. Je ne peux que me rapporter à mon soulagement récent quand James n’avait pas succombé à ma propre morsure. Même si sans mon intervention, l’écossais était voué à une mort certaine, s’il avait trépassé après ma morsure, je m’en serais senti responsable.

Le sort semble s’être acharné sur le deatheater, puisqu’il perd ses cousins, tués par des chasseurs. A ces mots j’ai du mal à refréner un grognement. Les chasseurs, nos ennemis séculaires…

- Je ne vais pas te mentir et tu le sais probablement déjà. On n'oublie jamais vraiment et la douleur reste pour toujours gravée ici.
- En effet… parfois elle se fait légère comme la plume d’un oiseau, parfois elle devient insupportable et étouffante comme un magma brulant... Jamais nous ne pouvons oublier l’absence des nôtres.
- Nous avons tous les deux perdus bien trop d’êtres chers. Je te promets d’être là pour toi et les tiens. Afin que plus jamais nous n'ayons à revivre une douleur pareille.
- Je…


Je suis incapable de poursuivre car j’ai la gorge nouée. Sa promesse si prompte et si sincère me ravage d’émotion. Je le laisse nous servir un nouveau verre de brandy. On ne refuse pas un tel don et quand je tends mon verre vers celui d’Arès, je sais qu’il n’est plus une simple connaissance, mais un ami. Le genre d’ami qui rapplique à trois heures du matin parce que vous l’avez appelé, réveillé par un cauchemar si atroce que vous avez besoin d’entendre une voix amie, une voix qui représente la sécurité. Je réponds à son hommage.

- A nos morts, nos disparus, nos bien aimés.

Nous descendons nos verres cul sec. Arès est une force de la nature, puis il faut vraiment être aveugle pour ne pas comprendre que son Boss nage dans des eaux particulièrement troubles. Il m’offre sa protection, je ne lui retourne pas la mienne, car même si elle lui est évidemment acquise, elle me semble dérisoire par rapport aux moyens de son clan et de celui d’Amaro. Toutefois je peux lui offrir ce que son Boss ne peut pas lui donner car leur lien est conditionné à leurs « affaires ». Ce trésor que je peux offrir à Arès est une famille, une meute. Non que je l’incite à devenir mon bêta. Je ne sais pas si c’est possible ne connaissant encore rien aux deatheater. Le tigre semble avoir déjà un clan. Cependant sa vie l’a habitué à s’approprier de nouveaux liens aussi profonds que s’ils étaient de sang.

Je nous ressers une nouvelle fois de l’alcool ambré. Nous ne sommes pas contingentés car insensibles à l’ivresse. Songeur je regarde mon verre et fait tourner doucement le liquide.

- Je… Je vais bosser pour les flics en tant que médiateurs. Je ne suis pas aveugle pour Amaro… Enfin je ne suis pas tout blanc ou tout noir non plus… dans une moindre mesure que ton Boss évidement. Juste pour dire que je ne serais pas un problème pour lui, ou pour toi de ce côté.

Mon job va être la médiation et non la résolution d’enquête criminelle. De plus je reste persuadé que le Boss d’Arès ne fait de dégâts que dans l’univers qui est le sien. Et sans être insensible, je pense que chacun est responsable de ses actes et doit en assumer les conséquences.

- Il serait ridicule que je te propose de te prêter main forte, bien que je répondrai présent si tu m’appelles. Toutefois, un alpha peut être utile si vous êtes confrontés à des loups. Mais ce que je souhaite échanger avec toi c’est ma famille, ma meute. Un endroit où on mange du ragout et des tourtes aux pommes. Sans remplacer tes morts, tes cousins, j’aimerai prendre leur suite mon ami si tu le veux bien.


Je mets le mot famille avant celui de meute. Car meute signifie alpha et bêtas. Et je ne veux surtout pas avoir un quelconque rapport de domination sur Arès. Au contraire, je souhaite que notre amitié reste un équilibre d’égal à égal, tout en ayant un esprit de meute, soudés et solidaires. Maintenant que je connais son parcours mouvementé, je lui offre ce que j’essaye de construire avec la meute, un havre de paix.

J’ignore à ce moment qu’il allait me falloir toute l’énergie de sérénité accumulée lors de cette soirée avec Arès pour assurer la prochaine pleine lune avec James, Kada’an et Tobias.





Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arès Kye Coleman

avatar

Humeur : Farouchement protecteur
Messages : 743
Réputation : 64
Date d'inscription : 09/03/2016
Localisation : Là ou la paix n'est qu'illusion. Beacon Hills, California

MessageSujet: Re: L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard || Feat Arès   Mar 24 Jan - 20:14


       
Parfois, il arrivait que l'adage affirmant que les plus belles rencontres étaient fortuites se vérifiait d'une manière particulièrement étonnante. Dans ces moments là, beaux comme des cœurs gonflés d'allégresse durant lesquels le hasard se dévoilait sous son meilleur jour l'espoir d'un avenir se dessinait dans les esprits déliquescents. Ma rencontre avec Willem l'alpha bohème était de celles ci. Et si bien des choses nous opposait, bien d'autres nous rapprochait. De ma routine professionnelle, empreinte de l'ordinaire avait jaillie une graine qui ne demandait qu'à être abreuvée de soleil, de patience et d'amitié fraternelle pour devenir une belle fleur. Ce n'est pas la joie qui constitue le plus solide des ciments d'union. Ce sont les blessures, les fêlures, les drames et les épreuves communes qui rapprochent les âmes perdues et scellent les promesses silencieuses irréfragables. Mes secrets pouvaient représenter une bannière infranchissable à l'établissement de ce genre de relation mais  il suffisait souvent d'un brun seulement de bonne volonté pour réaliser des merveilles. Et de la bonne volonté nous en avions tout deux à revendre.  Arès & Willem
       

       
L'agrément de la vie c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard

       
La réponse de Will à ma description de la douleur que l'on ressent suite à la perte injuste d’êtres chers, d’êtres étant si proches de vous que leur perte équivaut purement et simplement à l'arrachage  d'une part de vous même est tellement juste, triste dans sa beauté poétique mais terriblement vraie. Un arrachage si brutal que votre cœur en saignait avec la même vigueur qu'un membre coupé. Un arrachage si brutal que vos jours vous paraissaient tous fades sans aucune exception et ce peu importe si toute la lumière du monde tentait de les éclairer. Un arrachage si brutal que vos nuits autrefois si paisibles et douces devenaient de véritables combats contre vous mêmes durant lesquels vous deviez lutter férocement pour atteindre la chaleur protectrice des bras de Morphée. Une douleur devenue déchirure ,déchirure que l'on finit par accepter parce qu'il le faut bien. Et si au début, les vieux réflexes restent tenaces et il arrive que l'on se retourne en souriant vers ce qui se révèle n’être que du vide. La réalité de la vie finit par reprendre son cours. Les membres de mon espèce disent parfois que la vie n'aurait probablement pas la même saveur si la mort n'existait pas. Que la mort n'était pas l'ennemie de la vie mais son alliée la plus fidèle.

Pour ma part, moi qui n'étais pas né Deatheater mais l'étais devenu par la force des choses j'avais parfois bien du mal à intégrer ce qui constituait la base même de la doctrine des miens. Pour la simple et bonne raison que j'avais goûté à l'humanité dans ce qu'elle avait peut être de plus dramatique mais j'y avais goûté. Le gardien ancestral qui habitait mon enveloppe corporelle m’épargnait bien des tourments au demeurant de manière subconsciente néanmoins il m'arrivait pourtant de me rappeler la déchirure dont la violence si elle s'apaisait avec le temps ne s'estompait jamais vraiment. Par ailleurs, le refus de la voir s'estomper comme un appel à la douleur témoignait de l'importance de ces liens brisés par la fin. Alors tandis que dans nos êtres les douleurs jumelles, preuves de deux drames de vie se déploient suite à ces évocations sans fard d'une sincérité aussi pure que le plumage d'une blanche colombe je laisse ma spontanéité prendre le pas sur tout le reste. A cet instant, je me moque de mes secrets liés à ma double existence, je me moque du crime organisé auquel je n'ai ni plus ni moins que voué une part de ma vie et de moi même, je me moque de ces barrières à priori infranchissables. Je me moque de tout parce que je suis quelqu'un d'entier et que je l'avais toujours été. Alors envoyant valser les convenances, les contraintes liées à mon appartenance notoire à la pègre locale et le fait que je ne connaissais Will que depuis une semaine à peine je lui fais une promesse indéfectible.

Une promesse qui m'engage à jamais, une promesse sincère et complète celle d’être là pour le soutenir lorsqu'il en ressentira le besoin, celle d’être le protecteur extérieur des siens. Car quand je m'engage en amitié comme ailleurs, je donne tout. Il n'en est pas autrement et ne saurait en être. Raison pour laquelle je ne m'engage qu'avec parcimonie et analyse sans cesse tout ce qui m'entoure. Réflexe de gardien mais aussi des restes encore fumants d'un gamin devenu méfiant et défiant car brisé bien trop tôt. Je sais que ma promesse trouble Willem car sa réponse s'est éteinte dans son départ et lorsque que nos regards se croisent, je lis dans le sien une émotion puissante qui trouve un écho en moi. Cette émotion est suffisante en elle même parfois les mots sont de trop et souillent la beauté de l'instant. Je me relève et nous ressers du brandy. Et lorsque nos deux verres s'entrechoquent nous sommes bien conscients de ne plus être de simples connaissances mais bien plus que cela. Je prononce une formule d'hommage à tous ces innocents perdus, à ces frères, ces amis, ces sœurs, cousins, cousines, oncle ces parts de nous qui nous ont été arrachés sans que l'on ne s'y attende. Ces disparus qui n'avaient jamais été aussi loin et proches de nous en même temps.  Mes mots sont repris par la voix chaude de l'alpha et résonnent encore longuement dans mon esprit tandis que nous savourons notre troisième verre de feu ambré. Un feu auquel nous étions intrinsèquement insensibles de part notre nature mais dont le goût sur le palais avait quelque chose d'aussi amer que les souvenirs que nous venions d'évoquer.

Mon regard se porte sur l'horizon ou du moins la foret environnant la propriété des Shepperd et je me laisser bercer par le panorama sauvagement attrayant. Les bois tout proches, l'herbe tendre sous nos pieds, les odeurs de pin, d'humus  et de conifères combinés aux remugles de la vie animale que mes sens me transmettent sans oublier la fine brise balayant les lieux et caressant mon visage m'emportent dans un tourbillon apaisant qui me pousse à m'enfoncer machinalement dans mon siège à la recherche d'un confort  obsolète. Mon verre dans la main droite, je laisse mes sens de fauve planer dans les environs pour me délecter de ce microcosme de vie paisible et tranquillisant. Portant le contenu ambré à ma bouche, j'en avale une belle rasade avant de me replonger dans mon observation reposante. La voix de Will s'élève doucement dans les airs tandis que je tourne la tète vers lui. Je note l'hésitation qui marque son discours comme si il n'était pas certain des mots qu'il devait prononcer. Mes yeux se plantent dans ceux de mon ami et j'écoute en silence la mine fermé ce qu'il avait tant de mal à me dire. Ainsi, Will avait été plus perspicace que la majorité de la population qui se rassurait en  se disant que l'attitude surjouée de rital arrogant du sicilien ne pouvait être que de la comédie de la part d'un fils d'immigré sicilien n'ayant jamais mis un pied sur l’île de ses origines. Cela n'avait strictement rien d'étonnant à mes yeux car si Willem avait son propre masque protecteur qu'il portait à l'occasion lorsque la situation le nécessitait soit celui de quelqu'un d'assez simple dans ses raisonnements, je savais pertinemment que l'alpha était quelqu'un de très intelligent.

Nos discussions et nos face à face lors de ses passages au Print m'avait donné l'occasion de mieux cerner le nouvel alpha tout juste arrivé en ville. Sans compter qu'en vertu de ses aptitudes surnaturelles, ce dernier pouvait entendre les battements de cœur, les murmures que j'échangeais parfois avec Alessandro en passant pour l'avertir de telle ou telle chose ou les contenus arbitrairement secret de quelques sombres conversations téléphoniques. Recevoir des surnaturels dans son établissement avait bien quelques défauts pour le respect de la vie privée. Puisque n'étant pas sous surveillance policière nous ne déblatérerions pas par codes dans nos conversations. Je me contente d'un simple hochement de tète pour accepter son choix d'une part, choix de travailler pour la police et choix de m'en faire part ainsi que pour faire l'aveu de ce qu'il a décelé. Je ne lui ferais pas l'affront de jouer les innocents, chose que je ne suis pas. Chaque homme est responsable de ses choix. De toute manière, cet aveu de ma part comme de la sienne soulignait la seule chose qui importait. Celle que malgré ce que Willem avait deviné à mon sujet il m'acceptait comme ami peu importe la part d'ombre qui obscurcissait mon être. Et c'était cela bien plus que le fait qu'il m'assurait de son silence sur ces activités qui en cet instant précis me touchait durement mais dans le bon sens du terme.

        Quelque chose de chaud et réconfortant se diffuse en moi tandis que je couve Will d'un regard amical. Mon regard se reporte ensuite dans le contenu ambré de mon propre verre comme si je voulais fuir cette situation. Moi qui ne fuyais pourtant jamais devant un obstacle quel qu'il soit. Tiraillé intérieurement entre la joie d’être accepté comme je suis et la sensation de ne pas mériter un tel traitement de la part de quelqu'un de bien. Rien n'aurait néanmoins pu me préparer à la suite des propos de l'alpha. Mes yeux remontent lentement vers le visage du loup garou pour se planter à nouveau dans les siens. Cette fois c'est à mon tour de retenir des larmes ne demandant qu'à se déverser hors de mes globes oculaires pour inonder la terre à nos pieds et abreuver la nature notre mère de leur sel amer. Je sens le liquide lacrymal me brouiller la vue et quand bien même je suis bien conscient qu'à l'instar de Will tout à l'heure ce n'était pas quelques larmes qui allaient changer nos visions réciproques sur l'un comme sur l'autre. Je ne peux m’empêcher de détourner les yeux non par pudeur mais parce que là ou j'ai grandi nous ne pleurions pas.

Nous refusions de verser d'autres larmes que celles qui nous avaient accompagnés dans l'abandon et le rejet. Fierté illusoire d'une bande de gamins défiants. La loi du plus fort auquel nous nous étions accoutumé rendait ce genre de chose rabaissant. Pourtant qui n'entendait pas un ami, un camarade de chambre, un ennemi ou un cadet verser quelques larmes sur l'oreiller. Après le réconfort on faisait comme si rien ne s'était passé. Chez les gardiens, la situation était bien différente le lien unissant les membres d'un même clan faisait que chacun sentait lorsque l'un des leurs souffrait. On le noyait alors d'attentions, de preuves d'amour et de réconforts. Un véritable harcèlement fraternel entre les membres d'une famille, d'un clan, d'un régiment surnaturel. Les clans englobaient toutes les formes de rassemblement pour n'en former qu'une indivisible. Inspirant une grande goulée d'air frais et offrant dans la foulée un sourire solaire à Will, je lui réponds : Détrompe toi Will. Ton aide n'a absolument rien de ridicule. Tu es un alpha et tu es par conséquent l'un des membres les plus puissants du monde surnaturel. Il y a bien des menaces auxquels nous devons faire face  et bien qu'il existe d'autres gardiens dans le monde et même ici à Beacon Hills, la situation de cette ville fait de ton aide un présent d'une très grande valeur.

Puis, portant une fois de plus mon verre de brandy à mes lèvres je cherche mes mots pour répondre à sa deuxième offre. Celle qui m'avait manqué de laisser couler bien des larmes. Celle qui  avait un sens particulier à mes yeux car mon clan, ma famille se trouvaient bien trop loin de Beacon Hills. Et si j'avais su noué de nombreux liens plus ou moins forts depuis mon installation en ville bien peu d'entre eux pouvaient se targuer de m'offrir un cadre de paix, un refuge et la sensation d'appartenance à un groupement surnaturel nécessaire au gardien à la fumée que j'étais. Car quand bien même je me plaisais et me complaisais dans ma version solitaire et libertaire du Deatheater, je ne pouvais pas plus longtemps faire abstraction du fait que tout comme les loups les miens vivaient en groupes. Je sais que c'est ce que voudraient Malaki et Jason, que je rebondisse grâce à d'autres bien vivants plutôt que de ressasser le sentiment de perte que leur disparition m'a causé.

Alors après avoir fini de siffler mon brandy je reprends d'une voix douce mais enroué d'émotion : Je l'accepte Will. Je l'accepte et je ne sais pas comment te remercier pour ce que tu m'offres. Si ton aide dans ma lutte contre les menaces auxquels je ne suis pas sur de pouvoir faire face seul est précieuse,  ton offre d'intégration est quant à elle inestimable et je tacherais de m'en montrer digne.
Puis, je laisse le silence reprendre ses droits sur le monde et observe le jour décliner à coté de Willem. Si vous avez besoin d'aide pour les travaux. Je ne suis pas très bricoleur mais je peux tout de même aider. Puis, le moindre motif est bon pour venir se rassasier du ragoût de Mady. Le rire de Will est comme un phare qui dissipe le brouillard de toute l'émotion accumulée en cette fin de soirée et je l'accompagne de mon propre rire. Nous en avions bien besoin.

(…)
Il est trois heures du matin lorsque le téléphone se met à sonner comme un suppôt de Satan électronique. Je laisse ma main droite tâtonner vers la commode et renverser la lampe posée dessus sur la moquette de la chambre. L'atterrissage est moelleux pour la lumière d'apparat mais pas autant que les oreillers dans lesquelles ma tète est enfoncée. Je parviens à saisir l'insupportable outil indispensable à la vie moderne et le porte devant mon visage en me disant que la grossesse de Za lui donne des envies bizarres ou qu'Alessandro a visiblement décidé de prendre Barns par surprise avec une attaque nocturne. Mais, lorsque je me frotte les yeux d'une main distraite et réponds de l'autre c'est la voix de Willem qui me ramène sur terre. L'inquiétude prends rapidement le pas sur la fatigue tandis que je décèle la tristesse, la mélancolie et la déchirure dans le timbre de mon ami. Je l'écoute me parler de son cauchemar, toujours le même mettant en scène l'attaque des chasseurs sur son camp de manière macabre.

Les détails sont aussi saisissants que terrifiants et je me doute que le sommeil ne viendra pas à l'alpha dans de telles conditions alors je lui dis de ne pas bouger ce qui est somme toute particulièrement stupide étant donné que personne ne part de chez soi la nuit parce qu'il a fait un cauchemar quand bien même ce dernier serait atroce. Mais le sommeil   a ses raisons que la raison ignore. Je me lève rapidement et fourre quelques affaires dans un sac avant de descendre et saisir les clés accrochées au porte clef de la cuisine. Puis, je quitte mon domicile et monte dans le range rover. Un excès de vitesse permis par le fait qu'à cette heure là seuls les individus peu fréquentables, les jeunes en sorties, les surnaturels et autres spécimens traînent leurs vêpres dehors et j'arrive devant la bâtisse des Shepperd. Le foyer de sa meute et le cœur de son territoire. Je sors doucement du Rover et emporte mon sac avec moi. Je sors également mon téléphone au cas ou je devrais demander à Will de venir m'ouvrir la porte mais mon intuition me dot que cela ne sera pas la peine. Ma main se pose sur la poignée glacée et lorsque je pousse doucement mais fermement la porte, celle ci s'ouvre d'elle même. Je pousse un soupir résigné en la refermant derrière moi et en verrouillant la porte. Les vieux réflexes sont toujours ceux qui ont la dent dure.

L'adaptation de la meute de Will à la sédentarité sera longue car il est bien compliqué de lutter contre certaines habitudes d'autant plus lorsque l'on a bougé toute sa vie sans se poser très longtemps. Mais si je pouvais entrer des personnes moins bien intentionnées pouvaient le faire aussi. Je sais bien que par certains aspects je ne suis pas une personne recommandable mais je pensais plus aux chasseurs de la ville. J'avance d'un pas tranquille dans l'obscurité en me fiant à mes sens de tigre garou. Une odeur de ragoût plane encore dans l'atmosphère et  je dois avouer qu'elle me titille les papilles. Je décèle également deux effluves que je n'avais pas remarqué la semaine passée lors du dîner. Deux odeurs lupines, celles d'un homme et d'une jeune femme. En laissant l'effluve de la seconde s'imprimer dans mon odorat je reconnais celle de Kada'an la jeune louve qu'Alessandro avait engagé comme serveuse au Print. Je prends le chemin des escaliers en faisant le moins de bruit possible et en montant je tombe nez à nez avec Will dont les yeux rouges luisent dans la pénombre. Un grand sourire étire lentement mes lèvres tandis que je lui lance en chuchotant: Tu as cru que c'était un voleur hein. Devant son air interrogatif, je reprends : Tu avais l'air vraiment chamboulé au téléphone Will alors je t'ai dit de ne pas bouger.

Le loup garou écarquille les yeux en comprenant ce que j'avais sous entendu par ne pas bouger. Je le suis à l'étage mon sac accroché à l'épaule. Willem me conduit dans sa chambre dans laquelle je dépose mon sac dans un coin avant de parler avec lui, le réconfortant de mes mots compatissants, sincères et compréhensifs. Pour lui changer les idées je lui raconte l'un de mes plus beaux souvenirs d'enfance parce qu'il n'y a que la joie qui puisse chasser le malheur. Puis, Will s'installe dans son lit et je prends place à coté de lui. Le lit étant un lit deux places nos deux carrures parviennent à  cohabiter sans trop de dégâts. Tu tires toute la couette de ton coté vieux. Ne sois pas égoïste. Ce qui m'arrache un grand sourire amusé car Willem est le contraire même de l’égoïsme. Le loup garou rigole doucement avant de me tancer en me disant que c'est moi qui suis trop grand pour la couette. Tu marques un point là. Nous nous endormons bien facilement quelques instants plus tard.
       
(c) crackle bones

       



Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard || Feat Arès
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» L'agrément de la vie, c'est de choisir en ayant l'air d'ignorer le hasard || Feat Arès
» Demande d'agrément
» "SPLENDEURS D'AUTOMNE"
» demande d'agrément pour une chapelle privée
» La «frontière» est-elle carrément fermée entre Haïtiens et Dominicains même au Q

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Teen Wolf RPG, la limite : l'imagination :: Beacon HillsTitre :: Centre ville :: Restaurants / Bars :: Pink Print : Bar gay friendly-
Sauter vers: