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Hectarion Adonaï

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MessageSujet: [Pv Alessandro] New player in town.   Lun 17 Oct - 19:33

Le problème des petites bourgades, c’était que tout ce qui était à peu près confortable sortait de l’ordinaire et donc, attirait l’attention. C’est donc dans une voiture d’occasion achetée en douce qu’Hectarion avait dû contraindre son chauffeur d’entrer afin de l’emmener dans un hangar perdu dans quelque quartier peu fréquenté de la ville. Au moins ce n’était pas en pleine campagne. Le chauffeur se gara dans une rue adjacente. Tout devait rester dans la plus grande discrétion. Le chauffeur, habillé d’un simple jean et d’un T-shirt, descendit de la voiture et aida Hectarion à sortir, ou plutôt, il fit semblant de l’aider à sortir. Faire semblant d’être estropié était parfois amusant. La canne en ébène sorti la première, supportant la pression du grand corps maigre d’Hectarion. Habillé ce soir de façon un peu punk. Il portait une veste de costume marron avec un T-shirt d’AC/DC, un jean et de simples chaussures.

Les fight club clandestins étaient l’une de ses grandes distractions et il avait été surpris d’apprendre par quelques contacts que ce trou perdu que l’on appelait Beacon Hills en était pourvu. Il était arrivé la semaine dernière, cela le changeait de Londres. Et pourtant, l’expérience lui avait appris que dans ces petites bourgades se passent parfois des choses intéressantes. Sans doute n’avaient-ils pas la fibre optique, ni même l’eau chaude mais à tout le moins, ils avaient un Nemeton, des empires se détruisent et se bâtissent dessus, il était bien placé pour le savoir.

Toujours était-il que les grandes métropoles intègrent le luxe comme une normalité. Ici, c’était l’exception, le moindre signe extérieur de richesse faisait jaser. Il avait dû, par exemple, descendre à un hôtel tout à fait banal afin de ne pas attirer l’attention. C’était bien la peine d’avoir vécu deux millénaires pour se retrouver dans les auberges à vilains. A tout le moins, il avait gardé son chauffeur, il n’avait jamais aimé conduire. Conduire empêchait de penser tranquillement et de travailler. Or, bien qu’il y ait de la distraction dans cette petite virée au Fight Club, il y avait aussi une dimension de travail. Hectarion était un homme du monde interlope, et ce monde recelait plusieurs catégories de personnes. Les vagabonds, comme lui, autant sans feu ni lieu que sans foi ni loi. Apatrides, le monde était leur terrain de jeu. La deuxième catégorie était les « enracinés » ceux qui se taillait une sorte de fief, de territoire, et qui contrôlait les activités qui s’y déroulaient. Un peu à la manière des seigneurs du Moyen-Âge, il y avait les suzerains et les vassaux. Les Vagabonds et les Enracinés travaillaient l’un pour l’autre, l’un avec l’autre, ou s’opposaient l’un contre l’autre. Tout cela dépendait, comme toujours, du rapport de force.

Cependant, il y avait un code à respecter. Le monde mafieux était un univers de droit coutumier. Il n’y avait aucune loi écrite, mais des usages qui se répétaient depuis des siècles. Elles différaient selon les endroits du monde, mais elle obéissait à un principe universel : le respect. Manquer de respect signifiait la guerre ou à tout le moins des représailles.

Or, Hectarion n’était pas venu ici pour causer des ennuis ou renverser le calife criminel local. Pour tout dire, comme tous les Kindred, il se fichait bien de qui était le seigneur du crime local, il travaillait avec tout le monde, et était bien avec tout le monde. Justement parce qu’il maîtrisait parfaitement les us et coutumes et il ne les enfreignait jamais.

Boitillant, il se présenta donc à l’entrée discrète du fight club. Il donna le mot de passe et on le laisse entrer. Le problème des arènes de combat clandestin, c’était l’insupportable odeur de sang et de sueur qui embaumait l’air. Cette odeur pestilentielle difficilement supportable n’était arrangée en rien par le fait que cela se passe dans un hangar. Ils manquaient tout de même tous d’imagination. Hangar, caves…  Le terme d’argent sale n’avait jamais trouvé meilleure signification. Hectarion avait demandé qu’on le place dans ce qu’ils avaient de plus proche du « Carré VIP » histoire tout de même de ne pas supporter en plus les effluves plébéiennes des quelques dégénérés qui venaient ici. Et Dieu sait que ce genre de lieu est une mosaïque d’horreur. Jetant son regard patricien sur cette foule qui aimait à guetter le muscle et la sueur agrémentée de quelques fractures, on trouvait de tout. Du junkie, de la pétasse, de la pétasse junkie aussi, du punk à chien, du marginal, en d’autre terme tout ce qu’une fine connaissance d’un peu de théologie et de géométrie pouvait permettre de qualifier d’immondice sordide bonne à jeter dans un brasier.

Enfin, Hectarion se posa tranquillement, au moins les serveuses étaient jolies. Jolie mais de toute évidence complètement décérébrées. Lorsqu’il passa commande, la serveuse le regarda avec des yeux ronds. Hectarion soupira.


-Mon petit, je sais que vous êtes probablement une étudiante désargentée dans une fac minable de province qui cherche un peu d’argent de poche et que votre degré de civilisation doit être proche de celui d’un candidat d’un reality show, mais quand même, une limonade, ce n’est pas si extravaguant !

Face au silence de la serveuse qui avait plutôt l’habitude qu’on lui commande des alcools fort, Hectarion se frotta les yeux d’un air las. L’air désemparé, il reporta son regard sur elle.

-Est-ce que vous avez au moins de l’eau minérale ?


Nouveau silence. Nouvel air agacé du vieil homme.


-Fatalitas… Bon… Amenez-moi un Limoncello, sans glaçons… Si la Divine Providence vous fait grâce de ne point subir de pénurie de ce breuvage non plus.


Cette fois-ci, il y eu une réaction, elle hocha la tête. Elle revint un peu plus tard avec un petit verre rempli d’un liquide jaune citron. Hectarion se mit à l’aise. Manifestement, les combats n’avaient pas encore commencé. Il savait qu’il devait miser gros ce soir. Obtenir une place dans le Carré alors que c’était la première fois n’avait été possible que s’il misait au moins 10 000 dans la soirée. Hectarion n’avait évidemment pas la somme en liquide sur lui. Il s’arrangerait avec le tenancier pour effectuer un transfert au cas où il avait des pertes. Le ring commençait à s’illuminer un peu, manifestement, la soirée allait commencer.
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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: [Pv Alessandro] New player in town.   Mar 18 Oct - 22:18



New player in town


Feat : Hectarion Adonaï


Quatre jours que le casse à Hanford a eu lieu. J’ai mon oseille pour payer le service d’ordre du hangar ainsi que ma squadra personnelle. Les hommes ont apprécié que je ne garde strictement rien pour moi. Le casse était pour leur salaire, je tiens ma parole donnée. Cela s’est « presque » passé sans anicroche grâce à mes tuyaux et mon organisation rigoureuse de l’opération. Le retour nous a demandé une conduite un peu sportive sur une cinquantaine de kilomètres. J’ai pu apprécier les qualités de pilote d’Aiden. Il a apprécié les miennes. Je lui ai collé au pare choc sur des routes secondaires tous phares éteints à des vitesses un peu folles. Finn et Sam serraient les fesses à l’arrière, Ryan était aux anges à mes côtés. Maintenant l’équipe sait ce qu’elle vaut. Nous avions dignement fêté cela le dimanche soir. Le plan a fonctionné, la volaille est persuadée que la bande qui a opérée vient de Fresno ou de Bakersfiel. Comme quoi Ryan, Andrew et Aiden ne se sont pas coltinés neuf cent bornes de bagnoles le vendredi pour rien. Voler des voitures dans lieu loin de Beacon Hills, pour les planquer dans un endroit opposé au lieu du casse a payé. Nous avons fait beaucoup de kilomètres, mais rien ne rattache le casse à Beacon Hills.

J’ai trois mois tranquille pour les salaires. Largo commence à dégager des marges avec le club de combat et nous sommes encore loin du rythme de croisière que je souhaite atteindre. Mon organisation se met en place doucement. De nouvelles demandes arrivent, je vais devoir me staffer. Toutefois, je tempère un peu. Il me faut une base solide pour que mon organisation ne s’écroule pas comme un château de carte. Et la base de toute organisation ce sont les hommes qui la composent. Nous recevons tous les jours des propositions. Dans quatre-vingt-dix-neuf pour cent nous les refusons, ou alors juste pour du renseignement. Mais je sais pertinemment que les mecs revendent plusieurs fois leur information. Si cela n’a pas d’importance quant aux déplacements de la volaille, cela devient totalement inutile sur des opportunités de gain. Le crime organisé est un milieu où il faut savoir être rapide dans ses prises de décisions et particulièrement intuitif sur les prises de risques. Un pas de travers et c’est la taule… au mieux.

Ce soir j’ai envie de me défouler. J’ai besoin d’évacuer les tensions de ces derniers jours et ma consommation de nicotine a largement dépassé le tolérable pour mon entourage. C’est d’ailleurs sigarreta au bec et verre de Grappa en main que je suis les combats depuis le bar. Une serveuse arrive au bar un peu irritée. Un client « sorti de la planète Neptune » lui a commandé de la limonade, puis de l’eau en bouteille pour finir par un Limoncello. Pendant que le barman prépare un verre avec le tort boyaux de la maison et y ajoute de l’Orangina… Je jette un œil vers celui qui fait cette étrange commande. Mon regard accroche un personnage étonnant avec un look plutôt excentrique par rapport à son âge. Je ne l’ai encore jamais vu. Sa commande est particulièrement hors contexte pour attiser ma curiosité. J’attrape le barman.

- Sers-lui une Grappa de ma bouteille personnelle et dis à ce monsieur que s’il devient un client régulier, nous nous approvisionnerons en Limoncello. Et surtout reprend lui l’infâme chose que tu lui as préparé. Ne va pas m’empoisonner un éventuel bon client !

Je hausse les épaules face à la réaction du barman qui maugrée sur les goûts étranges des gens et me focalise à nouveau sur ce qui se passe sur le ring. Cela commence toujours par les rixes où il y a le moins de challenge. Nous y voyons régulièrement des types paumés qui cherchent à se faire un peu de blé pour simplement manger ou s’acheter leur prochain joint. Il n’y a rien de très emballant, aucun style et rarement du suspens sur l’issue de ces combats. Cependant, il est impossible à Largo d’offrir du beau combat tout le long d’une soirée. Il étale dans la semaine les rencontres intéressantes afin d’attirer quotidiennement du monde. J’aime son sens des affaires. Il est intelligent et c’est un bon gestionnaire. Le monde des « gentils » n’a pas su voir ses capacités et l’a marginalisé bien trop rapidement. Aux Etats-Unis l’ascension sociale peut être fulgurante comme être une belle dégringolade. Il suffit que des événements s’enchaînent mal et votre vie bascule. C’est un simple constat de ma part et je n’y vois que la résultante d’un équilibre nécessaire. Il n’y pas de place pour tous au sommet de l’échelle. Monter signifie que celui qui est devant vous grimpe, ou tombe sans vous emporter avec lui. La loi de la gravité est universelle et pas que pour les pommes du sieur Newton.

Manger ou être mangé. La donne est simple. Mon but est d’être du côté de ceux qui ordonnent. Je m’en donne les moyens sans toutefois me voiler la face. Je ne me prétends pas être un génie en affaire, j’affirme simplement connaitre les arcanes de la mafia et ses méthodes largement éprouvées. J’applique des façons d’opérer mises au point par les générations précédentes, et les arrange avec l’évolution technologique. C’est d’ailleurs ces maudits radars qu’ils soient de tronçon, de déclenchement de feux rouge ou autres qui nous ont conduits à un itinéraire de fuite si tortueux. Je donne encore une dizaine d’année de vie tout au plus au genre de braquage que je viens d’opérer avec ma squadra. L’argent liquide disparaît au profit de la monnaie numérique. Les voleurs d’aujourd’hui doivent penser dès à présent à se former aux nouvelles techniques. Mon métier évolue.

- Boss ? Mon combat phare de ce soir tombe à l’eau. Un des mecs est cloué au pieu avec une gastro…
- C’est qui en face ?
- Donovan.


Donovan… C’est le premier adversaire que j’ai eu à combattre quand les lieux appartenaient encore à Kean Donough. Sans grande surprise j’avais perdu. Cela faisait quelques mois que je m’étais installé dans une vie un peu tranquille à gérer le Pink. J’avais perdu mes réflexes. Donovan m’avait rappelé le goût que pouvait avoir le tapis et celui de la défaite. La claque avait été salutaire, j’avais pris ma revanche. Depuis une petite rivalité s’entretient entre nous, rivalité que nous réglons régulièrement sur le ring. Nos combats sont équilibrés, nous progressons de concert. Je ne considère pas être un déshonneur de m’incliner face à lui, même si évidemment je préfère de loin gagner.

- Aligne-moi Largo, j’ai le poing qui démange.
- Les gars n’attendaient que ça Boss !


Et effectivement, quand Largo retourne vers le ring avec le sourire aux lèvres c’est un vrai concert qui s’élève parmi les parieurs. Ça s’excite déjà sur les côtes. Les gens misent préférentiellement sur moi, car je suis le boss du coin, pourtant mon adversaire est sérieux. Je vois Donovan perché sur une tribune me faire un signe amical. Que le plus en forme gagne. Je siphonne mon verre et monte au bureau troquer mon costume sur mesure contre ma tenue « Armani pour sortir les poubelles ». C’est Jansinio qui  une fois s’était moqué de moi ainsi quand je lui avais dit que j’allais me changer pour me mettre à l’aise. Je n’aime pas le débraillé et le négligé. Puis il faut bien que je soigne mon look de rital ! Personne ne verra jamais un Alessandro Amarro en guenilles, ou alors pas en vie. C’est donc torse nu avec un pantalon noir ajusté mais élastique, que je ressors.

(…)

Joe noue mes gants. L’ancien boxeur fait un très bon travail d’arbitrage. Ses décisions sont rarement contestées. Il a la légitimité qu’il faut pour tenir les commandes du ring. Donovan est déjà prêt et s’échauffe à côté. Mon regard s’attarde sur le fameux carré VIP installé par Largo et monsieur Limoncello. L’homme a un visage atypique, un peu inquiétant. Il ferait bonne figure dans des films un peu gores ou fantastiques. Ses gestes sont lents et affectés. Est-ce un riche excentrique ou un pauvre hère qui se la joue vieille génération sur le retour ? Nos regards s’accrochent quelques secondes. Il est insondable. Il y a trop de bruit pour que j’analyse la fréquence de son cœur. Puis Largo qui pousse une gueulante, car il se fait marcher dessus par les parieurs trop empressés, nous détourne l’un de l’autre. C’est la foire d’empoigne, j’en profite pour aller causer à Donovan.

- Prêt à mordre le tapis Donovan ?
- Évite de me mater les fesses quand tu auras la tête au sol Aless’ !


Les parieurs ont jusqu’à la moitié du premier round pour parier. Mais encore faut-il pouvoir chopper Largo avant le temps imparti, d’où la bousculade présente. Donovan me fait remarquer que je perde ou que je gagne, mon affaire gagne de l’argent.

- T’iras quand même au tapis Dov’
- On en reparle dans quelques minutes le rital.

Une voix fait taire le brouhaha ambiant sans pour autant avoir dû forcer pour se faire entendre. Limoncello vient de parier un paquet d’argent contre moi. La mise est importante, Largo cherche mon regard pour savoir si on couvre la mise. Une tension palpable règne dans le hangar le temps que je hoche la tête en guise d’acceptation. Lentement je lève mon poing ganté dans un salut guerrier vers celui qui m’offense avec sa mise indécente. Russell Crowe était pas mal dans  le film Gladiator. Je me remémore certaines scènes de combats particulièrement esthétiques. La pression est un réel moteur pour moi. J’attrape une des cordes et grimpe sur le ring.


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Hectarion Adonaï

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MessageSujet: Re: [Pv Alessandro] New player in town.   Jeu 20 Oct - 23:48

La serveuse lui amena son « Limoncello.  Hectarion ne regarda pas le verre d’abord. Concentré sur la scène. Il n’avait jamais appris à se battre, mais il savait reconnaitre des bons combattants lorsqu’il en voyait. Un ancien marchand d’esclave sait juger les hommes. Musculature, technique, caractère, un bon gladiateur ne se trouve pas facilement.  La marchandise n’est pas simple à dresser. Beaucoup sont des diamants bruts, sans véritable méthode pour exprimer tout leur potentiel. Le Kindred était bien placé pour le savoir, sans maîtrise, la puissance n’était rien. La puissance, c’était son métier depuis près de 2000 ans. D’une façon assez particulière d’ailleurs. Il mettait un point d’honneur à ne jamais être au total sommet de la pyramide. Car le sommet ne laissait que deux options : tomber en mourant, ou tomber en ne mourant pas. En revanche, faire semblant, dissimuler son pouvoir, y préféré l’influence, permettait de durer beaucoup plus longtemps. Et le progrès, le droit et la civilisation l’avait rendu de plus en plus facile.

Hectarion avait connu l’époque ou le fait du prince dominait tout. Vous étiez un usurier ? Le prince vous devait de l’argent ? Il vous éliminait, et la créance disparaissait avec votre cadavre dans une fosse commune. Juifs, Lombards, Arméniens, Syriaques, tous au long de l’histoire avait connu ce douloureux destin. Tandis qu’aujourd’hui, le monde qui se croyait si libre était en fait privé de la seule liberté que peut posséder un homme : ne pas payer. Aujourd’hui toute dette était due. Toute créance soigneusement consignée. La prospérité avait enchainé les hommes. Elle soutenait leur confort comme une corde soutenait un pendu. Hectarion, par son influence, pouvait avoir de prise sur tous les hommes, sauf sur l’ermite. L’ermite ne veut rien, l’ermite n’a besoin de rien que la nature ne lui fournisse pas. Il n’a pas d’addiction. Ce qui n’était pas exactement le cas de ceux qui venaient ici, lui compris. Il jeta un œil sur son verre, et dévisagea l’innocent récipient et son liquide plus que douteux. Forme, texture, odeur…Non, manifestement ils n’avaient pas de Limoncello. Il se frotta les yeux, légèrement agacé. Cependant, son tempérament devenu depuis trois siècles éminemment britannique le porta à rester impassible.

Tout cela a un goût d’inachevé mais pas d’incompétence. Il y a un léger nappage d’inexpérience, mais rien de dramatique. Du reste, Hectarion n’est pas venu ici pour juger des lieux, mais des hommes. L’un d’eux croit capter son regard un moment, Hectarion n’a pas conscience qu’il s’agit du fameux patron des lieux. A ce moment précis, la serveuse revient vers Hectarion en s’excusant au nom de ce fameux patron, reprend le verre rempli d’immondice, et l’informe que le patron lui offre un verre de grappa de sa bouteille personnelle. Pointant dans la foulée celui qui le regardait depuis trois secondes. C’était donc lui, patron et star du ring. Il était jeune, il était beau, il ne sentait probablement pas le sable chaud et n’était surement pas légionnaire. En fait, Hectarion voyait en lui un profil assez typique. Jeune, devenu adulte trop vite, ambitieux, versatile, inconscient, utilisant le système D. Il fallait cependant lui accorder un certain panache. Se battre soi-même dans l’arène n’était pas aisé. Hectarion n’aimait pas le panache,  ni les grandes gueules. Le grand fabuliste français, La Fontaine, disait souvent « tout vainqueur insolent à sa perte travaille ».  Alors que la serveuse allait filer à l’anglaise, Hectarion fit un signe.

-Mon petit, présentez mes hommages à votre patron et remerciez le pour le verre.

Il y eut un moment de pause, la serveuse allait encore repartir lorsqu’Hectarion s’exclama.

-Oh, attendez…

Il sorti une petite liasse de billet, humidifia son doigt à ses lèvres et sépara quelques billets.


-Tenez, voici 100 dollars. Cela devrait vous permettre de vous acheter des chaussures un peu correctes.

Manifestement ce n’était pas le soir de cette pauvre serveuse. Hectarion regardait le ring où des combats insipides se déroulaient. Cela ne choqua pas l’immortel. D’abord la piétaille, ensuite le « main event ». Sirotant tranquillement son grappa généreusement offert par la « maison » ou plutôt le « hangar », il ne pariait pas encore. Si le patron montait sur le ring, il comptait ajouter un peu de sel à ces hommages.  Le Kindred ne se doutait évidemment pas que l’homme en face de lui utilisait sa nature de Loup-Garou pour tenter d’écouter son cœur. Il aurait pu y entendre un véritable métronome. Le cœur d’Hectarion, au repos, était d’une régularité mécanique. Pas un battement plus haut que l’autre. Cela en venait souvent à déprimer Hectarion. N’étant plus surpris par rien, son cœur battait bizarrement. 40 battements par minutes. Inhumain, naturellement, et intangible au repos. En fait, le cœur d’Hectarion était à son image : constance, régularité, calme.
Enfin l’on annonçait le principal combat de la soirée. A l’annonce de l’affiche, ce fut la cohue. Tout le monde semblait courir après le bookmaker pour faire sa mise. Les cotes donnaient le patron de l’établissement gagnant avec une légère avance. Il se frotta le menton. Ce jeune homme semblait apprécier prendre des risques un peu inutiles. Hectarion pouvait soit le conforter dans son coté tête brûlée en misant sur lui, ou bien rendre les choses intéressantes en misant sur son adversaire. Avec un léger sourire, il siffla entre ses dents lorsque l’on annonça le nom du patron : Alessandro Amaro.


-Il fallait qu’il fût italien.

Hectarion détestait le genre des italiens. Parler fort, avec les mains et sans dire grand-chose. Ce n’était en fait pas une grande gueule. Il faisait partie du peuple des grandes gueules, c’était surement dans ses gènes. Caressant doucement le pommeau de sa canne en ébène, il marmonna pour lui-même.


-Vous voulez jouer Mr Amaro, nous allons jouer un peu et tester la confiance que vous avez dans vos poings.



Il fit un signe de la main pour quérir le bookmaker. L’adversaire se nommait Donovan. Manifestement, les combattants étaient de force comparable. Hectarion pouvait donc se lâcher un peu. Lorsque le maître des paris vint vers lui, Hectarion lui donna calmement sa mise.


-Mettez je vous prie 150 000 sur Mr.Donovan.

Le bookmaker resta interdit.  Il le vit tourner la tête nerveusement vers le ring en faisant un léger signe de tête vers son patron. Hectarion regardait ailleurs, impassible, comme détaché du combat. Il savait que vu l’état de l’opération, qui semblait clairement en train d’être structuré, et au vu des côtes, il pouvait les retarder de plusieurs années si la maison perdait. En tout cas, la somme misée par Hectarion avait perturbée un peu la soirée tranquille et bon enfant qui s’annonçait pour le tenancier. Jouer sa peau allait-il le booster ? Le fait pour son adversaire d’avoir une telle mise sur lui pouvait aussi bien le rendre encore plus redoutable. Tout était totalement inconnu. Et le plus amusant dans tout cela, c’est que qu’il perde ou qu’il gagne, il n’y aurait aucune conséquence sur le quotidien d’Hectarion. La vie continuerait. Comme d’habitude, et c’était ce qui le stimulait après tant d’année à ce métier, il pouvait plonger des vies dans la tourmente ou les élever vers les Champs-Elysées de la gloire et de la richesse. Comme à son habitude, il était une sorte de gamin avec une loupe hésitant sur quelle fourmis pointer son rayon de soleil vengeur. C’est alors que la sonnerie du ring raisonna et que des cris s’élevèrent dans la foule. La plèbe se passionnait sans savoir que des hommes jouaient sur ce ring leur vie.
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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: [Pv Alessandro] New player in town.   Mar 25 Oct - 17:45



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Feat : Hectarion Adonaï


Sautillant sur le ring, je m’échauffe doucement et me concentre, m’isolant de l’ambiance survoltée que Limoncello vient de mettre dans la salle. C’est une bonne pub pour le hangar, mais cent cinquante mille billets sur Donovan est un chiffre conséquent. L’avance de trésorerie qu’a Largo risque de ne pas couvrir la mise, puis il n’aurait plus les liquidités nécessaires pour faire tourner la boutique. J’ai bien le pognon du casse, mais pas vraiment l’envie de le perdre, cela nous obligerait à rejouer les filles de l’air plus tôt que prévu. Et par principe, j’ai une sainte horreur que l’on vienne bousculer mes plans. Questa è la vita ma brave Lucette… De l’autre côté du ring Donovan jubile, car cette fois les paris n’étant pas équilibrés, si je perds, le hangar perd du pognon.

Une voix fluette, mais insistante me sort de mes pensées. Limoncello me présente ses hommages et me remercie pour la Grappa. Je me tourne dans sa direction et lui rends le salut qu’il m’adresse en tendant son verre. Qui est donc cet animal ? Il a attaqué par surprise. Refuser sa mise était possible, mais contraire à l’image que je souhaite donner. Piégé, je dois manger la soupe qui m’est servi. Je dois vaincre. Ma motivation à ne pas perdre la face est plus forte que celle de Donovan à me la faire perdre. Ou plutôt, c’est ce j’espère, car ce loup peut vraiment être un obstacle quand il est en forme. Je me centre sur mon corps et celui de Donovan. J’ai vaguement conscience de l’ambiance survoltée qui règne en arrière-plan. L’idéal serait de le mettre KO… mais ne vendons pas la peau du loup avant de l’avoir tué.

Bong !

Joe s’écarte, mes poings touchent doucement ceux de Donovan. Il n’y a pas de rage dans mon geste, ni dans le sien. Je peux perdre beaucoup d’oseille ce soir. Toutefois, il ne faut pas vivre la vie qu’est la mienne si on est frileux à prendre des risques. Perdre ne nous mettra pas sur la paille, mais nous ralentira… un peu, sans parler de ma fierté froissée. Ce ne sont que des dollars et non pas ma vie que je joue ce soir sur le ring. Pourtant là, je vais modeler l’aura que je peux avoir sur l’underground de la ville avec mes poings. Les gens honnêtes s’affirment avec leur travail et la position sociale que leur salaire peut leur apporter. Mais le monde de la rue, celui des trafiquants, des grugeurs et voleurs en tous genres, ne reconnait qu’une seule loi, celle du plus fort. Les idiota font l’erreur de résumer cela à un paquet de muscles. La vraie force n’est pas seulement celle qui soulève des haltères, mais aussi celle qui soulève les foules. Ce soir, dans mon hangar, rare sont ceux qui ont encore leur cul posé sur un banc. Alors que nous échangeons quelques passes de rodage, la foule des parieurs s’emballe en contre pari. Si je gagne, je ne serais pas le seul à faire la fête. Je gagne le respect en m'exposant... à la condition de ne pas prendre trop cher non plus. C'est un pari que beaucoup de Boss évitent de jouer. Quant à moi, c'est mon tempérament, comme l'Etna, toujours à gronder et cracher du feu.

Garde trop basse, j’encaisse. Je bloque et riposte. Mon poing ripe sur celui de Donovan et file le long de son avant-bras. Je perds en puissance mais il se prend une belle châtaigne quand je heurte son coude droit. C’est son poing gauche qui est redoutable et qui justement tente de venir me prendre au torse. Cette fois-ci, je ploie et ne bloque pas, absorbant son coup. Il perd l’appui sur son pied droit, j’en profite pour placer un coup tournant et tente de déstabiliser son jeu.

Nos poings dansent et s’épousent pour mieux se repousser. Cela fait des mois que nous jouons à du je t’aime moi non plus. Ce soir c’est une belle dot que nous nous disputons. Nous avons les manières d’un vieux couple. Le sourire ironique de Donovan a disparu. J’ai cent cinquante patates à sauver, il comprend ma motivation quand sa tête dévisse sous mon direct du droit. Il enchaîne, mais le gong annonce la fin du premier round. Joe nous sépare. Madre di dio que j’ai chaud. Largo m’éponge et me résume les comptes. Nous ne couvrons pas la mise de Limoncello. Il fallait s’y attendre. Je n’aime pas perdre du soldi. Si je suis plutôt bon joueur, j’ai tout de même horreur de perdre. Le combat est équilibré, c’est la perte potentielle de fric qui ne l’est pas. Tyrone me tient une sigaretta qu’il a allumé pour moi et que je siphonne comme un noyé retrouve l’oxygène de l’air. Même pas le temps d’en griller une, il faut y retourner.

Bong !

Je saute comme un beau diable de mon tabouret pour rejoindre le centre du ring. A aucun moment je regarde en direction de celui qui a animé la soirée avec un pari plutôt audacieux pour un nuevo. Je ne sais que trop bien comment un simple regard ou un sourire en coin peuvent déstabiliser quelqu’un. Je ne prends pas le risque de perdre ma concentration. J’ai un tas de question sur ce type, mais pour le moment je dois sortir Donovan du ring. Le second round commence fort par une volée de coup. Je frappe vite et fort, Donovan recule et j’obtiens l’effet recherché, le cadrer contre un poteau. L’angle que forment les cordes limite son champ d’action, rendant sa riposte facile à calculer. Je mouline des poings, il se protège, devant faire un choix entre sa tête et le reste. L’avalanche le sonne, et l’ébaubi, me permettant de placer deux coups de genou.

Bong !

Fin du deuxième round. Le temps m’a manqué. L’inconvénient de combattre un loup, c’est qu’il récupère pendant les pauses. Tout est à refaire. Ce type de combat se joue sur deux points, la puissance et l’endurance. Nous nous vallons niveau force de frappe. Je suis un peu plus agile que Donovan. Toutefois ce bestiau a une bonne capacité à encaisser. A chaque fois que j'ai gagné contre lui, je l’ai eu à l’usure.

Bong !

Troisième round. Il me tarde d’en finir. Cette fois Donovan m’empêche de le déborder. C’est qu’il commence à bien me connaître le salop. Je note que son coude droit le gêne. La châtaigne reçue au premier round était plus forte que je ne le pensais. Je tente une technique de sape et focus son côté droit. Mon adversaire comprend vite mon intention et bouge pour avancer son profil gauche en protection. Je n’ai pas affaire à un idiota. Si les boxeurs s’entraînent à la corde à sauter, ce n’est pas uniquement pour travailler leur cardio, c’est aussi pour gagner en souplesse dans les jambes. Je contre la parade de Donovan en me faisant plus mobile. C’est mon atout contre lui, je me fais gazelle et tourne autour de lui, plaçant un coup sur son côté droit chaque fois que j’ai une ouverture. Donovan râle que je ne reste pas en place, arguant que nous faisons un combat de boxe, et pas un remake de la mort du signe.

-  Si effettua un bellissimo cigno, Donovan.

Bong !

Éponge et sigaretta mal allumée. Je prends l’info comme quoi nous sommes en rupture de picole. Au diable d’étancher les soiffards du soir. Il faut que j’explose Donovan. Difficile de s’écouter penser dans ce capharnaüm où mon nom et celui de mon adversaire sont scandés. Je ne sais pas qui a la faveur du public tellement c’est le bordelo, et je m’en moque. Une seule chose existe sur terre pour le moment. La tronche de cake de Donovan ce figlio di buona donna. Porca puttana troia, je vais arriver à le coucher !

Bong !

La bête du Gévaudan peut aller se recoucher, Alessandro Amaro saute sur Donovan qui a juste eu le temps de lever son derche du tabouret. Pas question que je laisse filer cent cinquante patates ! Mes yeux ont virés au bleu électrique depuis un moment. Donovan lui aussi, a laissé sortir ses attributs lupins, même si conformément aux règles nous ne nous en servons pas dans le combat. J’ai commencé à éroder sa patience et ses certitudes au troisième round. J’espère en finir là. Les poings de Donovan glissent sur mon corps poisseux de sueur. Ma technique de sape sur son côté droit commence à agir, je donne plus de coups que j’en reçois. Nous grognons comme les bêtes que nous sommes. La foule en a pour son argent. Le spectacle est au rendez-vous. Pourtant là, je ne songe pas à mon esbroufe habituelle de rital. Ce n’est pas un chef de clan qui se bat, mais un loup oméga, un outsider solitaire qui ne peut et ne veut compter que sur lui-même pour vaincre. Le bruit mat des coups rythme le temps qui s’écoule.

Bong !

Quatre rounds et ce n’est pas fini. L’enjeu donne des ressources insoupçonnées à Donovan, comme à moi. J’enrage de ne pas pouvoir tenir ma sigaretta moi-même. Le geste de fumer est autant addictif que la nicotine elle-même. Je bois le litre d’eau que Largo me donne à biberonner comme un chiard encore dans les langes.

Bong !

Ce n’est plus un loup, mais un buffle qui charge Donovan. Je le coince à la corde, lui labourant les côtes. Joe m’arrache presque une oreille pour nous séparer. Mon arbitre m’engueule et signale ma faute. Balle au centre nous poursuivons. Une pluie de sueur virevolte à chaque impact. Donovan a le nez qui pisse le sang, j’ai l’œil gauche à moitié fermé, l’arcade sourcilière explosée. Enfin sa garde mollit. Je feinte à gauche, puis à droite pour revenir à gauche. Direct du droit, je vise son coude déjà affaiblit. Crack, quelque chose casse. Joe s’interpose m’empêchant de cueillir le maxillaire de Donovan qui vacille sur ses jambes.

-… 3 – 4 – 5 – 6…

Donovan écarte brusquement Joe et tente de me lancer son fameux uppercut gauche. Il a le bras droit qui pend mollement le long de son corps, sa position n’est pas correcte, cette dissymétrie le déséquilibre. Il tente le tout pour le tout. Je l’esquive sans difficulté. Je sens pourtant sur ma joue le déplacement d’air que son poing fait en passant à un centimètre à peine. Je dévisse sur un pied et le cueille du poing droit. Pris en plein élan, il ne peut pas amortir le choc. Le cygne est mort. Les yeux noyés par la sueur et le sang, je vois le corps de Donovan tomber en arrière. Le boucan dans le hangar se fait plus fort, comme si c’était encore possible. Je l’ai eu mon KO !

Je mets un moment avant de redescendre sur terre, de calculer la foule qui clame, qui sa joie, qui sa rage. J’aperçois le visage soulagé de Largo et le pouce levé de Tyrone. Je laisse Joe me lever le poing en signe de victoire. Il m’a fallu cinq rounds pour envoyer Donovan au tapis, là où nous ne dépassions que rarement les trois tours. Comme quoi dès que l’enjeu se fait de taille, la qualité d’un combat change du tout au tout.

Ma conscience de ce qui m’entoure revenant, je me rappelle de Limoncello. Il doit bien avoir un nom ce type et des dollars pour payer ce qu’il doit. Tyrone, mon homme de main, est monté sur le ring me délivrer de mes gants avant que j’arrache les lacets à coup de crocs. Il va me falloir un moment avant de redescendre à un niveau d’excitation raisonnable pour le sicilien explosif que je suis d’ordinaire.

(…)

- Me feriez-vous l’honneur de boire un verre en ma compagnie dans un lieu moins agité ?

Mon accent sicilien est accentué par la fatigue du combat. D’une main, je m’essuie le visage avec la serviette que m’a donné Largo, de l’autre je montre à Limoncello le bureau qui surplombe le ring. Je veux en savoir plus sur ce gars pas si dépité que cela d’avoir perdu sa mise. Il y a trop de monde ici, ceux qui ont parié sur moi se sentent obligés de venir me saluer. J’aime bien les hommages, mais là j’ai besoin de calme et d’un verre du whisky pas trop mauvais que je garde là-haut.

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Hectarion Adonaï

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MessageSujet: Re: [Pv Alessandro] New player in town.   Sam 29 Oct - 5:12

Hectarion observait la danse à venir.  Les deux combattants s’approchant, se saluant, dans une sorte de parade qui leur était propre. Ce besoin de ritualiser la haine et la férocité l’avait toujours dépassé. Certes, il comprenait le besoin de la mise en scène, lui-même n’y rechignait pas mais pourquoi dans un monde où les horipeaux de la morale étaient sensées s’évanouir presque complètement, devait on encore faire des histoires pour se taper dessus ?  Qu’ils en finissent avec les politesses et qu’ils s’y mettent enfin.  Là n’était pas un mouvement d’humeur guidée par l’impatience. Lorsque l’on a deux millénaires, une seconde, ou dix minutes ne sont rien. Il s’agissait en réalité d’une lassitude face à l’inutile. Leur cinéma pour se montrer en hommes d’honneur relevait de la plus pure hypocrisie. Cette hypocrisie pouvait se révéler inutile pour maintenir un ordre favorable au maintien du pouvoir, mais là, dans un ring, rien de cela n’entrait en compte.

Hectarion voulait voir le combat. Moins, en l’occurrence, pour la beauté du geste que pour les conséquences que ce combat pouvait avoir pour ses propres plans. Pourquoi quelqu’un comme lui se trouvait dans ce trou à rat de Beacon Hills ? Il s’agissait d’un centre de pouvoir qui émergeait. Financièrement Beacon Hills n’avait aucun intérêt, politiquement parlant c’était encore pire. Il s’agissait ici du monde surnaturel. Un Nemeton rencontrait un Vrai Alpha. Une première de mémoire d’Hectarion. Or, le monde du surnaturel, devenu caché, avait une tendance à se mêler intimement au monde de la pègre. Hectarion l’illustrait avec brio.

Enfin ! Le combat allait commencer. Fini les démonstrations de paon vaniteux. Les poings résonnaient.  La sonnerie du gong à peine sonnée, ils s’étaient jetés l’un sur l’autre avec une frénésie sanguinaire peu commune. Une touche au coude, Amaro se défend bien, mais globalement, le combat semble assez brouillon. Hectarion discerne en réalité un méli-mélo de coup un peu jeté sur le tas. La tactique est là cependant. Le Kindred observe la technique des coups plus que le plan d’ensemble des combattants. La ligne cinétique, l’harmonie du mouvement dans tout le corps, tout y est. En fait, ils se battent très proprement, mais comme des chiffonniers. L’argent, la sueur et le sang les ont visiblement surexcités. Pourtant, une forme d’ordre revient dans le combat après un échange dur pour les deux combattants. Ils se cherchent. Ils  le savent tous deux, l’erreur coute cher.  C’est la fin du premier round, et du verre de Grappa. Hectarion ne commande pas. Il attend, impassible. La sonnerie retentie une deuxième fois. Amaro fonce et tente de finir le combat au plus vite en submergeant son opposant. La technique fonctionne. Donovan semble tenir bon. La vitesse et la puissance des coups d’Amaro ne viennent pas à bout de sa résistance. C’est la fin du second round.

Le troisième round semble décisif. Donovan a une faiblesse au coude depuis le premier round. Amaro l’a vu, Hectarion aussi. Surtout, Hectarion a noté les yeux bleus d’Amaro. Luisants, définitivement lupins et fixés sur son adversaire sur lequel il se rue. Il tourne autour, Hectarion sait le combat déjà plié. Donovan n’arrive pas à toucher son adversaire, le temps joue contre lui. Il dépense de l’énergie inutilement. La seule question à présent est de savoir combien de temps il tiendra. Hectarion se frotte le menton. Deux loups, cela signifie que la ville est vraiment infestée.


Donovan s’étale au cinquième round, et c’est la foule en délire qui se met à hurler. Hectarion a perdu son pari. Il s’en fiche totalement, un fin sourire se dessine sur ses lèvres et il applaudit tranquillement. Les affaires sérieuses vont surement commencer.  Amaro finit par venir vers lui, encore empesté de son combat. Hectarion réprime un haut de cœur. Devenu maître dans l’art de contrôler ses attitudes, rien ne transparait. Il lève doucement les yeux vers ce…Cette masse de muscles suantes et puante. Italien ? Pire…Sicilien. Cancer ? Oui, métastasé en plus.

-Mr Amaro je présume ?

Hectarion se lève, canne d’ébène à la main. Arborant toujours un fin sourire. Il tend la main vers lui, malgré son état lamentable.


-Félicitation pour votre victoire. Impatient de toucher votre dû j’imagine ?

Une question purement rhétorique. Cette victoire venait sans doute de pérenniser son opération pour au moins un an. Etant donné qu’Hectarion n’était pas un mauvais payeur, il allait naturellement honorer son pari. Il se leva tranquillement, appuyé sur sa canne. Sans bruit, il suivit Amaro et ses hommes jusqu’au petit bureau, certainement la tête des opérations de cette salle de combat clandestine. L’italien semblait intrigué. Au moins, Hectarion avait son attention. Avec ce genre de tête brûlée, capter l’attention relevait parfois de la gageure. Le caractère artisanal de l’opération permettait cependant à Hectarion de disposer d’une marge de manœuvre avec ce bestiau. Semblable à ces aurochs des temps jadis que les ancêtres des humains apprivoisaient avec tant de difficultés. Hectarion prit place sur une chaise relativement confortable.

Quelques hommes de mains se trouvaient dans la salle. Par sécurité surement. Peut-être pour faire une démonstration également. Dans tous les cas, Hectarion aimait la discrétion et n’entendait pas parler en présence de sous-fifres, fussent-ils de bon nègres de maison silencieux et discrets. Un témoin restait un témoin.


- Avant d’aborder les affaires courantes Mr Amaro, pouvons-nous avoir un peu plus d’intimité ? Je suis un homme assez timide, j’ai du mal à discuter en présence d’une assistance aussi…Fournie.


Une fois les deux hommes en tête, Hectarion eut un léger sourire. Il sorti nonchalamment son téléphone portable et commença à pianoter dessus de son simple pousse.


-Vous comprendrez que pour des raisons tant pratiques que de sécurité évidente, je ne dispose pas de la somme que je vous dois en cash.


Hectarion se mit à regarder un peu partout dans la pièce, comme s’il faisait mine de juger une vache dans une foire. Cela n’était pas sans lui rappeler ses propres débuts, encore qu’à l’époque les choses étaient encore plus compliqué, tous se faisait en numéraire. Le métal ne mentait pas. Voltaire déjà l’avait bien prévu en disant que lorsque la confiance dans one monnaie de papier disparaissait, elle retournait à sa valeur intrinsèque. Zéro.


-C’est une petite opération sympathique que vous avez là Mr Amaro. On se croirait dans… Une petite échoppe d’un artisan besogneux qui met du cœur à l’ouvrage. Les boissons laissent à désirer, mais nul ne doute que vos tous frais 150 000 dollars vous permettront un meilleur standing.

Il se frotta légèrement les mains. Il fallait lui faire comprendre, sans trop se mouiller, quels services il pouvait proposer à ce jeune boutefeu rital tout pied tout poings et ses quelques pieds nickelés dans leur salle de sport embaumé par la sueur.

-Pour d’autres raisons pratiques évidentes, nous nous en tiendrons, me concernant, au simple fait que je suis un peu un touche à tout. Un investisseur. J’investi surtout dans les « antiquités » et je possède quelques blanchisseries, gérées par de bonnes lavandières. Je vois que vous savez vous habiller, nul doute que tout cela doit être assez difficile à laver.

Clin d’œil appuyé. Il était évident qu’Hectarion ne parlait pas du costume à plusieurs milliers de dollars que l’italien avait l’habitude de porter. Il parlait naturellement de l’argent salle qu’il brassait ici, et aussi surement ailleurs. Généralement, ces petites opérations étaient financées par d’autres activités. Vols, racket, braquages ou salle de jeux clandestines.

-Fais-je erreur ?
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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: [Pv Alessandro] New player in town.   Mer 2 Nov - 16:15



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Le visage de Limoncello affiche la soixantaine bien tassée. Pourtant tandis qu’il se lève, son corps n’émet pas les signaux de rouille que l’on rencontre habituellement c’est une personne de son âge. Même un loup garou âgé subit les douleurs de la vieillesse. Son appui sur sa canne est ferme et l’objet de bois noir me fait plus penser à une épée potentielle qu’à un soutient de vieillard. Je sors victorieux d’un combat sur un ring. Savoir lire la gestuelle corporelle est un impératif dans ce genre d’exercice. Ma brève analyse de cet étrange individu me laisse penser qu’il serait une erreur de sous-estimer celui qui me serre la main. Son odeur est indéfinissable. Il sent… le vieux, mais le vieux en bonne santé. Limoncello est indéchiffrable et dégage une aura mystérieuse qui pique ma curiosité.

- Félicitation pour votre victoire. Impatient de toucher votre dû j’imagine ?

L’évidence de la question ne demande pas de réponse. Je passe devant lui et escalade la volée de marche qui mène au bureau de Largo, qui devient accessoirement le mien quand je suis dans les parages. Sam, Finn et Tyrone nous suivent. Le pari de l’ancêtre est de par son montant fort suspect. Mes hommes agissent en conséquence. A notre arrivée dans ce qui fut autrefois un bureau de contremaitre, Ryan lève le nez des fiches des combattants qu’il est en train d’éplucher. Le chef de ma garde rapprochée est méfiant de nature. Régulièrement il épluche les fiches des candidats à la baston. Je n’ai pas, comme à Los Angeles, les services d’un as de l’informatique pour fouiller efficacement ce qui peut trainer sur le web, alors il se débrouille avec les moyens du bord. Il faut dire que rares sont les types qui viennent gagner de l’argent à la force de leur poing qui ont un compte sur un réseau social quelconque. Ce qui dans le fond n’est pas plus mal. Toutefois dans le lot, il y a toujours un ou deux jeunes pisseux assez cons pour poster une photo ou un commentaire sur leur dernier exploit sur le ring. Généralement Ryan leur envoie l’amérindien. Nolan en impose et quand sa tête coupée à la serpe ne suffit pas à impressionner, il casse quelques dents, ou quelques bras, toujours en gardant le sourire, comme un bucheron peut siffloter en abattant un arbre.

Limoncello s’installe dans un fauteuil, nullement impressionné par l’environnement de gangster qui l’entoure. Il est parfaitement dans son élément. Son horloge interne ne rate pas un battement. Il a l’assurance de sortir de ce lieu sans encombre. J’aimerais savoir ce qui le rend si sûr de lui-même, car son attitude ne me semble pas être de la pure inconscience. L’homme en garde sous le coude, reste à savoir quoi ou qui.

- Avant d’aborder les affaires courantes Mr Amaro, pouvons-nous avoir un peu plus d’intimité ? Je suis un homme assez timide, j’ai du mal à discuter en présence d’une assistance aussi…Fournie.

Ryan lève un sourcil en me regardant, je lui fais un signe désignant la porte du menton. Mon équipe est parfaitement huilée. Sam, Finn et Tyrone nous ont suivis de leur propre initiative. Ils connaissent leur job. Mises à part des demandes précises de mon cru, j’ai rarement besoin de leur donner des ordres. Ils savent quand agir, ils savent aussi quand demander mon aval. Arès a vraiment fait un excellent choix de recrutement. J’avais déjà le respect de mes hommes, là j’assois à nouveau ma domination en remportant ce combat qui nous rapporte gros, ceci même après les paiements aux parieurs. Cela repousse d’autant notre prochain braquage.

-Vous comprendrez que pour des raisons tant pratiques que de sécurité évidente, je ne dispose pas de la somme que je vous dois en cash.
- Je conçois cette sage précaution.


Amusé et intrigué, je le regarde faire comme un inventaire des lieux. S’il m’annonce qu’il souhaite acquérir le hangar, il va vite comprendre qu’il n’est pas à vendre. Je ne sais pas qui il appelle sur son téléphone pour le paiement de sa dette, mais cela démontre qu’il n’agit pas seul et explique peut-être son assurance presque arrogante. Sans faire de manière j’éponge mon torse et mes aisselles avec ma serviette avant de passer dans le dos de Limoncello cueillir ma chemise qui m’attend proprement rangée sur un cintre. Sans façon, je vire mon bas de jogging et le troque contre mon pantalon de ville. J’aime l’air affecté que prend mon visiteur. Monsieur n’aime pas l’odeur de sueur et la promiscuité. C’est un sicilien presque présentable qui lui fait à nouveau face.

-C’est une petite opération sympathique que vous avez là Mr Amaro. On se croirait dans… Une petite échoppe d’un artisan besogneux qui met du cœur à l’ouvrage. Les boissons laissent à désirer, mais nul ne doute que vos tous frais 150 000 dollars vous permettront un meilleur standing.
- Je pourrais leur servir de l’alcool à brûler, ils n’y verraient que du fuoco. J’adapte l’offre à la demande…


« Une petite échoppe d’un artisan besogneux »… Je vais lui en coller moi du besogneux ! Il m’agace, cependant, ce Croquignol en herbe n’a pas tort, son argent va faciliter la tâche à Largo sur nos idée d’améliorations pour passer de l’affaire d’amateur à quelque chose de plus cadré et professionnel. L’ancien poursuit, se présentant sans vraiment le faire. Il pourrait faire un bon jésuite. Je lève un sourcil étonné quand il affirme investir dans les antiquités. Certes ce hangar est une antiquité en soi, mais je devine que ce n’est pas de ce genre d’antiquité qu’il parle. En quoi je l’intéresse ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit pour attirer mon attention avec une telle somme. A-t-il besoin d’un voleur pour ses antiquités ? Il ne peut pas avoir eu vent du casse de Hanford. Il est récent et il n’y a que mes hommes proches qui sont au courant.

- Je possède quelques blanchisseries, gérées par de bonnes lavandières. Je vois que vous savez vous habiller, nul doute que tout cela doit être assez difficile à laver.
- De bonnes lavandières ? Veramente?


Je tire sur les manches de ma chemise à deux cent billets verts histoire qu’il comprenne que mon « linge » est de qualité supérieure et ne saurait être confié entre de mauvaises mains.

-Fais-je erreur ?

Je jauge ce type qui n’a pas encore décliné de nom, ni de carte de visite étoffée. Il se pointe dans mon commerce, m’astique avec un pari indécent et en gros me demande de lui faire confiance pour rendre cette oseille propre et blanche. Est-ce un escroc ou un client sérieux ? La loyauté dans l’univers du crime organisé ne tient qu’à une situation donnée. Même Arès me tournera le dos si d’aventure je m’engage sur des chemins qui vont contre ses convictions profondes.

- Oui et non. Je suis en phase d’investissement et non de bénéfice. Toutefois… cela ne saurait tarder.

L’argent « sale » que je gagne est pour le moment aussitôt réinvestit que cela soit pour payer les gars ou l’alcool de contrebande qui est servi ici. Je ne livre aucune information cruciale. N’importe quel quidam un peu attentif peut savoir où j’en suis dans mes affaires. Je sors une bonne bouteille de whisky d’un tiroir ainsi que deux verres. C’est en prenant mon temps que je verse l’alcool ambré. J’avance un des verres vers Limoncello et prends l’autre en main pour humer l’odeur du malt. J’avale une gorgée du précieux liquide. L’eau de feu brule agréablement la gorge. Le regard mi-clos, je scrute mon visiteur sans dire un mot. Prenant même le temps d’allumer une sigaretta. Mon entourage se méfie lorsque je me tais. Un clac sec accompagne la fermeture de mon briquet. J’exhale une première bouffée de fumée avec un plaisir évident. Enfin je concède à répondre.

- Votre offre correspond à une demande réelle. Seulement il me manque des éléments pour éventuellement m’engager dans un contrat bilatéral. S’il est évident que le secret de fabrication est nécessaire pour ce genre de… lessive, j’ai au moins besoin de connaitre votre nom et avoir quelques garanties.

Un fin sourire étire les lèvres de l’ancien. Il me fait un peu penser à Don Stephano, le parrain à qui j’ai prêté allégeance. Il présente la même inertie d’expression, comme s’ils étaient en dehors du temps. C’est d’ailleurs assez troublant. Le vieux prend des gants avec moi, ou plus exactement enrobe ses propos avec du velours. Il doit me juger comme un jeunot qui débute. « Une petite échoppe d’un artisan besogneux qui met du cœur à l’ouvrage »… Pff ! C’est vrai que je recommence à zéro. Cependant j’ai l’expérience de ce type d’affaires, je n'ai donc pas les mêmes tâtonnements qu’à mes débuts. Je vais pour lui faire remarquer qu’il ne doit pas se fier à ce qu’il voit et que je conserve de sérieux appuis avec la mafia sicilienne, puis me ravise. Ce gars avance ses pions comme un joueur qui a quelques coups d'avance, je ne vais donc pas lui dévoiler tout mon jeu.

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MessageSujet: Re: [Pv Alessandro] New player in town.   Sam 5 Nov - 11:59

Le vieux Kindred avait l’habitude de provoquer chez ses interlocuteurs une forme d’incertitude. Cependant, chez les humains, cela se voyait moins. Bien souvent, ils n’avaient pas conscience qu’ils tenaient en face d’eux une chose étrange. Chez les êtres surnaturels, en particulier les loups-garou, très instinctifs, avec des sens surdéveloppés, savaient sans savoir. Cela amusait Hectarion. Cette scène qu’il jouait avec Amaro, il l’avait joué des milliers de fois.  En tous lieux, en toutes places et avec tous les gens et rapidement il n’en avait plus tiré aucune satisfaction.  L’apanage de tous les Kindred, crever la faim, crever de ressentir à nouveau quelque chose qui fasse que l’on est puissant, que l’on tient le monde entre ses mains. Et finalement, lorsque l’on avait ressenti de nombreuses fois cette sensation, devoir tout perdre, et recommencer à la façon d’un damné dont la peine infernale ne se termine jamais.

Avec l’ignoble désespoir que suppose l’éternité à rejouer la même comédie. Tout cela était tellement convenu. Tellement conformiste aussi, qu’il fallait trouver tous les moyens possibles pour faire en sorte que tout cela soit moins amer. Il fallait arriver à insuffler une légère saveur aigre-douce à une vie qui n’en finissait pas se commencer. Le monde moderne avait tué le challenge. Autrefois, un étranger, un « pas d’ici » suscitait la méfiance, on ne faisait que peu affaire avec lui, il fallait être né, marié et mort au même endroit pour avoir un peu de respect. De nos jours, tout sombrait dans l’anonymat. L’informatique, la liberté des capitaux et des personnes ainsi que la révolution du transport avait rendu les hommes interchangeables, au point que prospérer n’était plus qu’une formalité. Les criminels agissaient sans tenir compte ni de frontières qui n’existaient plus, ni de force de l’ordre ayant toujours une génération de retard sur les criminels. Hectarion naviguait ainsi, espérant trouver un adversaire à sa mesure, ou des alliés digne de ce nom.
Ce jeune Loup pouvait être aussi bien l’un que l’autre. Il avait une volonté, c’était indubitable, de se forger une place vers le sommet. C’était un bon chien de course, les jarrets musclés, le museau fin, la truffe humide et la queue frétillante. Certes, il avait quelque tendance à faire tomber quelques bibelots quand il dévalait l’escalier ou les couloirs. Il pouvait aussi devenir l’un de ces chiens galeux que l’on conserve par affection –ce dont Hectarion était dépourvu- avant de les envoyer à la mort lorsque leur utilité arrivait à son terme.

Il était de ces chiens qui n’étaient pas idiots. Il voyait bien lorsque son maître cachait sa baballe dans l’une de ses mains, derrière son dos et ainsi regardait avec circonspection l’homme qui entendait mettre à l’épreuve sa sagacité.  Oh certes, il n’était pas parfait. Ces accents italiens quand il aboyait étaient insupportables, ce roulement des « r » était odieux, et sa propension à ponctuer de toute ces ritaleries ses phrases rendaient vite son propos aussi nébuleux que sa moralité. Mais enfin, quel animal de compagnie n’a pas ses quelques défauts qui lui donnent du relief.

Avec un fin sourire, Hectarion passa sa main dans le revers de sa veste sans quitter Amaro du regard. Oui, il y avait vraiment quelque chose à faire avec ce chien-là. Il sorti du revers de sa veste un réservoir de bonbon « Pez » avec une tête de Dark Vador, et, de la même façon que le Sicilien avait ouvert son briquet, il fit basculer la tête, et un poussoir sorti une petite pastille sucrée qu’Hectarion goba avec une gourmandise non dissimulée, avant de refermer son réservoir avec la même gravité que le Sicilien, et de le remettre dans sa poche.

-J’adore les sucreries.

Il se moquait un peu certes, mais l’italien était beaucoup trop sérieux. Il fallait qu’il se détende.  Ah, enfin, un peu d’ironie dans ses paroles. L’italien affirmait qu’il pouvait leur vendre n’importe quelle mixture infâme, ils n’y voyaient que du « fuoco » oui, du feu en somme. Hectarion ricana en secouant légèrement la tête.


-En effet Mr Amaro, en effet. Il faut dire que j’ai quelques doutes sur le fait que la civilisation soit arrivée jusqu’ici. C’est à se demander ce qu’un homme comme vous, qui a l’air un peu raffiné, fait dans ce…Comment dit-on ? Ah oui, cloaque. Je n‘y suis moi-même que par obligation…J’imagine qu’il en est de même pour vous en vérité.


Puis, enfin, la discussion d’affaire s’engagea réellement. Il était d’une grande prudence, et il avait bien raison. Il voulait des garanties. Hectarion pianota un peu sur son téléphone. Celui-ci vibra en retour. Il eut un léger sourire. Il rangea son téléphone.


-Je le comprends parfaitement. Dans ce cas, si vous voulez votre garantie, tendez bien vos oreilles. Je ne dirais qu’une seul fois ce qui va suivre.


Hectarion attendit qu’Alessandro ait toute son attention vers ce qu’il allait dire, avant d’enchainer avec un débit de paroles très élevé.


-Pour récupérer votre argent, vous devez aller récupérer les données d’un compte que j’ai dissimulé sur une adresse IP dans le Darknet. L’adresse est 125.153.174.26. Vous avez à partir de maintenant 12 heures pour récupérer le compte et engager un retrait ou un transfert comme il vous plaira. Une fois le délai dépassé, l’argent partira automatiquement sur un autre compte indétectable, et le compte sur lequel il était sera immédiatement soldé et effacé.

Hectarion eut un nouveau sourire.

-Je suis naturellement tout à fait disposé à rester là et m’offrir moi-même comme garantie jusqu’à ce que vous ayez votre argent. Si vous n’avez pas le matériel nécessaire pour faire l’opération, il vous suffit de me donner les coordonnées bancaires de votre choix, et je fais faire la manœuvre à l’un de mes partenaires. Mais bon, vous devez bien avoir un ordinateur portable non ?

Hectarion s’en doutait, le mafioso allait forcément avoir besoin tôt ou tard de blanchir cet argent. Du reste, être en phase d’investissement ne signifiait pas qu’il ne fallait pas faire transiter cet argent. Ou même cacher les flux si quelqu’un venait fouiner un peu.

-J’offre aussi, naturellement, des solutions pour dissimuler vos flux financiers ou en tout cas les rendre totalement honnête en apparence. J’ai pu accéder à votre hangar facilement, par le bouche à oreille. Vous le savez sans doute vous-même, mais votre opération n’est pas sécurisée. Tôt ou tard, vous allez attirer l’attention. C’est une petite ville, vos chemises à deux cent dollars sont tape à l’œil ici, alors qu’à New York ou Los Angoles, elles ne seraient même pas discriminantes. Vous ne faites pas assez provincial. Croyez bien que je ne porte pas un T-shirt AC/DC juste parce que j’aime ça mon ami. Bon, si, j’avoue, j’adore ces T-Shirt, mais vous avez compris l’idée…
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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: [Pv Alessandro] New player in town.   Jeu 10 Nov - 18:16



New player in town


Feat : Hectarion Adonaï


Lorsque l’on demande à une personne qui connait vôtre nom le sien, il est légitime de s’attendre à obtenir l’information en retour. En guise de réponse Limoncello sort de sa poche un distributeur de sucreries à l’effigie de Dark Vador. OK, encore un comico. J’apprécie les plaisanteries… sauf pendant le travail. C’est à mes yeux, soit un artifice pour masquer une bévue, soit révélateur d’une belle incompétence… ou un test. Mon visage n’esquisse aucun sourire quand ce phénomène de foire ajoute aimer les sucreries. Sul serio ?

Je calque mon attitude sur mes aînés dans le métier et m’assois dans le fauteuil de Largo les mains croisées devant moi. Je suis d’un naturel remuant et éruptif, toutefois pour avoir régulièrement fréquenté le bureau de Don Stephano, je sais parfaitement comment le parrain de la mafia de Los Angeles imposait son autorité. Je ne prétends pas avoir sa trempe, ni son expérience, pas encore. Mais j’apprends, j’apprends de la vie, j’apprends à survivre. J'ai été à la meilleure des écoles, celle de la rue. Je sais que le langage corporel est l’extension indissociable des mots que l’on prononce ou pas. J’accumule le savoir autant de mes observations que mes erreurs passées. Je suis meilleur que hier, moins bon que demain. Et si le gugusse qui est assis en face de moi pense m’énerver, il a totalement raison. Par contre ma réaction ne sera pas à l’image de ce qu’il peut penser de ma personne. Le sicilien d’opérette sait changer de registre quand la situation l’exige.

Impassible, je l’écoute donc pérorer sur l’infamie du lieu et de notre grandeur à tous deux en contraste à la plèbe qui peuple le hangar. Je note que s’il critique ce qui nous entoure, il évite soigneusement me mêler au lot des pouilleux. Mauvaise pioche. Je me suis forgé dans la rue et par la rue. Les pouilleux ont été mes voisins de palier, mes amis, ma famille. Je suis fier de mes origines même si elles sont miséreuses. Les immeubles sont peut-être insalubres dans la little Italy de LA, on y meure de maladie ou d’un coup de couteau. Pourtant ce quartier d’une des plus grandes métropoles du pays a une âme. Une âme dorée au soleil di Sicilia. Nous sommes des gens dont les ancêtres ont cramé sous un soleil implacable sur un îlot aride. Nous savons survivre à un volcan qui gronde et nous nourrir de blé dur.

Limoncello se dit être ici par obligation et non par choix. Soit, il veut faire des affaires, il est évident qu’il faut aller les chercher là où elles se trouvent... Quant à cracher dans la soupe qui peut potentiellement vous nourrir, c’est digne d’un tribun imbu de sa personne. J’exècre la classe bourgeoise et tout ce qui s’apparente à une caste dite supérieur. A notre naissance, nous sortons tous d’un vagin, même le christ et à notre mort nous finissons comme engrais et cela qu’elle que soit l’appartenance que l’on se donne pendant sa vie.

-Je le comprends parfaitement. Dans ce cas, si vous voulez votre garantie, tendez bien vos oreilles. Je ne dirais qu’une seul fois ce qui va suivre.


Je n’écoute pas le flot de parole rapide qu’il me sort. Numéro de compte, darknet, adresse IP… Il se croit dans une succursale d’Anonymous ?! Il a pourtant aperçu la boutique. Je bosse à l’ancienne. Évidemment j’ai un téléphone crypté qui me délocalise d’environ de cinq kilomètres de ma position réelle. Évidemment, nous avons fait notre casse vendredi dernier en tenant compte de la technologie que dispose la volaille et qui complique les fuites en voiture avec ces maudits radars. Mais là, il vient de parier cent cinquante patates dans un combat clandestin. Je veux donc cent cinquante patates sans devoir devenir un génie en informatique de réseau.

- J’offre aussi, naturellement, des solutions pour dissimuler vos flux financiers ou en tout cas les rendre totalement honnête en apparence. J’ai pu accéder à votre hangar facilement, par le bouche à oreille. Vous le savez sans doute vous-même, mais votre opération n’est pas bla bla bla…


Toujours silencieux, je ne l’écoute plus, ou d’une oreille distraite, m’expliquer comment faire mon job. Le point commun des donneurs de leçons, c’est de se pointer comme un cheveu dans la soupe, et de vous apprendre comment repeindre la partie visible de votre iceberg. Le club de combat est très largement perfectible, nous y travaillons avec Largo et dans l’attente d’un nouveau local plus adapté, nous faisons au mieux avec cet héritage volé. Je ne renie aucun des points que Limoncello avance sur la fragilité de mon affaire. Nous connaissons les risques et Largo et moi sommes en phases sur ce qui se passera en cas de décente de flicaille. A Los Angeles certains hommes de Don Stephano font même exprès de se faire choper pour des délits dont ils savent d’avance combien de jours de taule ça va leur coûter. Certaines affaires ou certains messages ne peuvent pas passer par le parloir… Il ne faut pas craindre la volaille, il faut jouer avec. Je reconnais que je crains plus le poulailler royal. Y a pas plus vicieux que les fédéraux.

Dans tout son babille d’ancêtre sage qui en sait plus que tout le monde, il y a toutefois un point qui m’intéresse, celui du blanchiment d’argent. Mon ancien contact est sur Los Angeles et c’est un peu compliqué pour moi qui suis banni de la ville. Ma dernière virée dans la ville des anges n’a pas été sans douleur. J’ai reçu le message et suis encore étonné de ne pas nourrir les poissons dans la baie de Long Beach. Deux fois que Don Stephano me sauve la mise. Le parrain n’est pas connu pour sa magnanimité. Qu’ai-je donc de particulier qui m’assure la vie après deux erreurs ?

Limoncello a fini son plaidoyer en adoucissant sa brutalité première sur la manière de régler sa dette. J’attrape la calculatrice posée sur le bureau de Largo et fait un rapide calcul. Il est bien gentil avec ses virements bancaires, mais en bas j’ai des mecs qui n’ont même pas de compte ouvert à leur nom. J’ai donc besoin de liquidités pour assurer le paiement des paris. Et autant piocher dans le pari de Limoncello et ainsi augmenter les liquidités de Largo, j’arrondis à la dizaine de millier supérieure et repose l’antique objet sur le bureau.

- Vous n’avez toujours pas décliné votre identité l’ancêtre. C’est une attitude digne des pouilleux qui beugle là-dessous. Je ne vous demande pas un acte de naissance, cependant j’aime bien appeler les gens par leur nom… un nom qui a une certaine légitimité même s’il n’est pas de naissance. Quant à votre dette…


J’ouvre le tiroir de droite, puis celui de gauche pour y trouver l’ordinateur de Largo. Je l’allume et le colle face à Limoncello, en plus d’un papier où je griffonne une série de chiffres.

- J’ai une sainte horreur des intermédiaires en matière de paiement. Faites donc votre foin numérique avec ce PC et ces coordonnées bancaires. J’accepte ce mode de paiement pour cent vingt mille dollars, par contre j’exige trente mille en cash. Les parieurs qui ont gagné ont le mauvais gout de ne pas accepter la carte bancaire. Appeler donc votre contact, mes hommes se feront un plaisir d’assurer sa sécurité jusqu’ici.

Et s’il ne comprend pas, je lui ferai connaitre ma petite activité de maçonnerie familiale et sa spécialité de mouler les pieds. Il parait que le limon du fond du lac est bon pour la peau.


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Hectarion Adonaï

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MessageSujet: Re: [Pv Alessandro] New player in town.   Mar 15 Nov - 5:09

HRP: Désolé du retard, le voyant du forum ne s'est pas allumé >_<

Ça y est. Hectarion l’a fait sortir de sa zone de confort. Clairement son attitude a agacé l’italien. Il le sent bien. Le coup du Pez Dark Vador l’a mis en rogne. Première information de valeur de la soirée : Le Sicilien est comme tous les Siciliens, fier. Il ne supporte pas qu’on lui fasse un léger affront. La réaction ne se fait pas attendre. Le sermon qu’il lui a envoyé fait tilt, et il perd l’attention du jeune homme. Deuxième information : quand ça le saoule, il se renfrogne comme une tortue entrant dans sa carapace et attend de pouvoir revenir à la charge.

Hectarion le soupçonnait, mais il en est maintenant plutôt sur. Ce gamin-là fait partie des ultras. Ultras-ambitieux, ultras-violents, et ultra-dangereux. Les préférés d’Hectarion. Parce qu’ils sont, dans un monde où tout est perdu, le seul petit moment de surprise qui peut amener du piment à la lutte éternelle vers les sommets. Hectarion l’a énervé, mais le Sicilien ne peut pas lui donner tort. Le Kindred sent au plus profond de ces entrailles que le gamin qu’il a en face de lui n’est pas là pour son plaisir. Il y a tant d’endroits plus vivables, ou l’argent coule à flot, ici c’est un début. C’est un point de départ. Il empeste l’ambition, ce jeune homme qui n’a pas explosé de colère. Il l’a laissé couler, le long de son échine. Il a fait semblant. Il tiendra le coup.

En revanche, c’est à son tour d’agacer Hectarion avec la fixette qu’il fait sur son nom. Que peux bien lui importer de savoir comment il s’appelle ? Tant que le boulot est fait. Hectarion ne dira pas son nom. Donner son nom c’est donner son âme. Il pense amadouer le vénérable homme en l’assimilant à la piétaille en dessous. Cela tire un léger sourire à Hectarion. La ficelle est un peu grosse, mais il semble que ce soit l’angle d’attaque choisi par le jeune homme pour faire sortir Hectarion de ses gonds.

Ceci dit, Hectarion n’est pas un homme impulsif, il ne s’énerve jamais. Il se moque des insultes, des quolibets ou même des affronts qu’on lui fait. A la fin, ce qui compte, c’est d’être debout. Il n’a pas un caractère dominant, ni très viril en réalité, parce qu’il n’a pas besoin d’affirmer une autorité. C’est un banquier, les banquiers n’ont pas d’autorité, les banquiers ont des moyens de pression et des effets de levier. Un caïd comme Alessandro doit montrer sa force, sous peine d’inciter les autres à le voler, lui manger son pain ou lui piquer son territoire. Amaro veut créer son état dans l’état, sa contre-société avec des règles qu’il édicte. Hectarion, lui, n’a pas de territoire, il n’a en fait rien à protéger. C’est un des intermédiaires que le jeune homme déteste, mais tôt ou tard, c’est eux qui font tenir le système parce qu’ils sont ceux qui peuvent vous faire passer de la centrale à charbon à la centrale nucléaire. C’est d’ailleurs pour cela qu’Hectarion n’a pas pris de coup, parce qu’il le sait, l’offre d’une blanchisserie intéresse le Sicilien, et que trouver quelqu’un qui puisse fournir à la fois la sécurité et la confiance n’est pas aisé. Que dans ce métier, tout le monde veut gagner le maximum. Or, les gens comme Hectarion se moquent totalement d’arnaquer ceux qui font appel à eux. Être fiable, c’est être demandé, être demandé, c’est être payé.


Il sort un ordinateur portable. Griffonne des coordonnées bancaires. Les tend à Hectarion et lui demande de faire son « fouin numérique ». Hectarion plisse les yeux. Il « exige » que trente mille soit en liquide. Haussement de sourcil. Hectarion n’est pas son employé. C’est au jeune de le tester, il va répondre. Il abandonne son accent anglais, cette fois-ci, c’est un fort accent romain qui sort de la gorge du vieil homme. D’un ton plutôt sec, il balance.

-J’ai bien peur, signore Amaro, de ne pas être votre commis. Votre PC, vos hommes, vôtre hangar, ma vie en garantie. Donc vos empreintes sur le clavier. Votre jolie squadra a l’air futé. Je ne doute pas qu’elle sache taper sur un ordinateur.

Reste le problème de l’argent liquide. La demande du jeunot est légitime. Hectarion ne peut pas pointer son opération qui démarre, et donc qui manque encore de logistique, et l’envoyer balader sur une exigence d’avoir du cash. Là, pour le coup, ce ne serait pas juste incorrect, se serait déplacé. Hectarion se frotte le menton. Reprenant son accent anglais et son air volubile.

-Mmm. Trente mille…


Imprévu mineur, les transactions en argent liquide ne sont plus le quotidien d’Hectarion depuis au moins 150 ans. Il a toujours su, depuis, s’en passer. Enfin, la vie est un éternel recommencement dit-on. Du reste, le Sicilien va sans doute vouloir le garder jusqu’à avoir cet argent, ce qui n’est pas possible. Hectarion n’apprécie aucunement être en présence de l’argent qu’il dépense.

-La somme en elle-même n’est pas un problème. Mais vous savez comme moi que le liquide prend plus de temps à retirer, et comporte plus de risques, et si j’avais douze heures de mon temps en votre agréable compagnie, je n’ai pas plus. Et retirer 30 000 dollars en liquide à la banque locale, cela fait désordre.

Hectarion se frotte le menton. L’air pensif.

-Je vous propose la chose suivante. Je peux appeler un transporteur à Los Angeles. Il peut avoir l’argent et remettre la somme à l’un de vos hommes en deux ou trois heures. 30 000, cash. De ce fait ni vous ni moi ne serons directement liés à cet argent. Cela nous laisse le temps de discuter de sujets plus juteux, ou bien de repartir chacun de notre côté sans avoir fait trop de temps à l’autre une fois les comptes réglés.

Reste encore à lui répondre sur son nom. Le sujet sensible pour Hectarion. Si tous ces siècles lui avaient bien appris une chose, c’est qu’il ne fallait dévoiler ce genre d’information. Encore moins dans un lieu comme celui-ci où tout le monde est susceptible d’être un infiltré.

-Vous faites le choix de laisser hurler votre nom quand vous allez vous battre dans cette fosse. Je fais le choix de ne pas donner le mien. C’est surement déplaisant, mais je tiens à mon anonymat plus qu’à ma vie. Je vous laisse le soin de me nommer comme vous le voulez.

Tout cela redevenait un peu trop guindé. Pour détendre l’atmosphère, Hectarion se risqua.

-Sauf si vous voulez m’épouser…Mais je doute être votre genre.

Hectarion reprit une sucrerie.
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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: [Pv Alessandro] New player in town.   Jeu 17 Nov - 17:20


[HRP] : Pas de problème Smile



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Feat : Hectarion Adonaï


Limoncello a l’art d’exaspérer le monde. Il est d’un placide très horripilant. Ses mots coulent et titillent de façon désagréable. Cependant quelque chose dans son comportement me freine à demander à l’un de mes hommes de s’en occuper jusqu’à récupérer l’argent qu’il me doit. Cela tient à son regard totalement indéfinissable. Je ne suis pas un homme aisément impressionnable ou craintif, pourtant Limoncello a le mérite d’avoir toute mon attention. Sa tempérance et une certaine immuabilité sont à la mesure de ma fougue et de mon impétuosité. Nous sommes aussi différents que les deux pôles d'un aimant. Toutefois j’ai la vague impression que l’enjeu de notre confrontation, car il s’agit bien de cela et non d’une discussion, va bien au-delà que les cent-cinquante patates qu’il a pariées et perdues ce soir.

-J’ai bien peur, signore Amaro, de ne pas être votre commis. Votre PC, vos hommes, vôtre hangar, ma vie en garantie. Donc vos empreintes sur le clavier. Votre jolie squadra a l’air futé. Je ne doute pas qu’elle sache taper sur un ordinateur.
- …


Romano… L’accent brusquement accentué est en soit un avertissement et une vexation de la part de celui qui se place en Cesare face à celui qu’il considère comme appartenant à la plèbe. Cela pense encore avoir du laurier dans les cheveux alors l’antique empire s’est écroulé depuis des lustres. Nous touchons à l’éternelle inimité entre le Latium et la Sicilia de la péninsule italique. Les romains oublient toujours les perpétuelles révoltes internes, matées avec une légion « très étrangère » dans ses membres. Les légionnaires ne sont plus, les pouilleux du sud, eux, sont toujours là, les mafias également. Limoncello masque à peine sa suffisance territoriale. Cela m’arrache un sourire, car ces guéguerres internes sont séculaires en Italie. Chacun est fier de sa région d’origine. Il n’y a jamais eu de réelle unité sinon purement administrative. Il faut être honnête, ce sont les différentes mafias qui gèrent la botte méditerranéenne. Les équilibres se font à coup de trafics d’influence, et de meurtres entre "amico".

Le cœur de Limoncello ne change pas son rythme d’un iota pendant sa déclaration. Cette cadence stable est pour moi le meilleur des avertisseurs qui m’enjoint à la prudence. Il y a deux ou trois ans de cela, Limoncello serait déjà passé par la fenêtre qui donne sur l’intérieur du hangar. Je me ramollis ou je m’assagis ? Je m’endors sur mes lauriers, ou je deviens plus affûté ? Difficile d’avoir un regard objectif sur sa propre personne. Je sais que j’ai le panache et l’aura nécessaire pour gagner le respect des hommes. Ma squadra n’est réunie que depuis peu de temps, mais déjà elle agit comme un seul homme et je leur confie sans doute le soin de surveiller mes arrières. Cette confiance n’est pas non plus aveugle. Tout a un prix, même mon fidèle Arès. Cela ne sera pas l’argent qui pourra le détourner de moi, mais le cœur et ses convictions profondes. Rien n’est immuable dans ce bas monde. Rien n’est acquis et tout peut changer en quelques secondes. Loin de m’en inquiéter, j’aime cette mouvance qui empêche de s’endormir dans le canapé d’une vie un peu trop lissée. Je ne suis pas bâti pour me la couler douce.

-Mmm. Trente mille…
- …


Je me tais encore, la balle est dans son camp, je le laisse jouer son jeu jusqu’au bout, espérant mieux saisir quel personnage il est au final. Car je ne sais toujours pas s’il me mène en bateau ou pas. Son attitude démontre qu’il a l’assurance de s’en sortir sans bobo. Il faut être plutôt balèze pour arriver à bluffer un lycan. Donc soit ce gars est un pur génie en maitrise de lui-même, soit je ne vois pas la partie cachée de l’iceberg Limoncello. Je me ressers un verre de Whisky, laissant la bouteille ouverte pour mon intriguant visiteur qui a l’audace de m’expliquer les aléas des retraits d’argent liquide. Je me retiens de lui rétorquer qu’il pouvait envisager de perdre et donc de prendre ses dispositions avant de mettre les pieds dans mon hangar. Le vieux m’intrigue. Qu’est ce qui lui donne autant d’assurance et qui m’incite à rester prudent quant à mes exigences ?

Néanmoins ma demande de paiement en cash sur une partie de sa dette lui semble être une réclamation acceptable de ma part. L’homme n’en est pas à son coup d’essai. Son âge prouve qu’il a largement eu le temps de rouler sa bosse par le monde. Il me propose un marcher et de laisser agir nos intermédiaires. Limoncello est un homme de l'ombre, il brille par ce côté obscure qu’il entretient. C'est une sorte de pygmalion qui agit pour lui-même. Un schéma commence à se dessiner. Il se dit dans la blanchisserie, milieu hautement sombre et invisible. Sa mise indécente, ne serait donc là que pour provoquer cette discussion qu’il propose pendant que nos sous fifres respectifs règlent l’infime détail du pari. Un détail de cent-cinquante patates… Cela en dit long sur les profits qu’il peut encaisser. Dois-je saisir l’occasion qui se présente ? J’ai bien encore mes contacts à Los Angeles, mais loin des yeux, loin du cœur... Ce n'est plus aussi réactif que lorsque j'étais sur place. M’offrir un nouvel allier côté finance n’est pas inintéressant, voir même primordial. Le souci c’est comme pour les assurances vie, celle que l’on vous propose en venant sonner à votre porte est-elle aussi performante que celle que l’on va chercher par soi-même ? A la décharge de Limoncello, son métier n’a pas pignon sur rue. Il ne se prive pas non plus de me faire la morale sur ma façon de briller un peu trop fortement. Madre di Dio qu’il est agaçant !

-Vous faites le choix de laisser hurler votre nom quand vous allez vous battre dans cette fosse. Je fais le choix de ne pas donner le mien. C’est surement déplaisant, mais je tiens à mon anonymat plus qu’à ma vie. Je vous laisse le soin de me nommer comme vous le voulez.
- Je conçois le principe. Pour ma part j’ai été à l’école de la mafia où le nom des parrains est connu des fédéraux et de la volaille en général. Le système n’est pas infaillible et la vie non plus. Il ne faut pas raisonner comme si nous étions immortels.


« Boum ». C’est infime, imperceptible mais le sourire en coin de Limoncello s’accompagne d’un léger tempo cardiaque qu’il ne m’a pas offert jusqu’à présent. Je n’arrive pas à savoir quel mot l’a fait réagir. Je mémorise pour plus tard.

-Sauf si vous voulez m’épouser…Mais je doute être votre genre.
- Non en effet. Soit, puisque j’ai le choix. Je porte moi-même le nom d’une liqueur italienne, que diriez-vous de vous appeler monsieur Limoncello ? Vous avez un côté acidulé qui correspond bien à cet alcool.


L’ancêtre gobe à nouveau un Pez. Etant gosse, j’adorais ces bonbons. Depuis c’est rare que je consomme du sucre, sauf dans mes alcools de prédilections. Ma proposition de nom ne semble pas l’offenser le moindre du monde. J’ai d’ailleurs l’impression qu’il se tamponne royalement de ce que peuvent penser les autres. Ce type doit s’ennuyer à être si détaché de tout. Qu’est ce qui peut le faire triper ? C’est une information qui serait précieuse à obtenir, une sorte de pierre d’achoppement à son encontre.

J’ai repris l’ordinateur, et m’occupe de la saisie bancaire. Nous avons un petit échange avec nos sourcils quand je lui redemande les chiffres du compte où se trouve l’argent et qu’il concède de mauvaise grâce à me répéter une deuxième fois.

- J’ai laissé les trente mille dollars qui seront payés en cash.

Je reste honnête même sur des opérations parfaitement illégales. C’est toute la différence entre le système mafieux qui a ses règles et un code d’honneur et le bandit lambda sans foi ni loi qui vous doublera à la moindre occasion. C’est paradoxal à dire, mais je suis un honnête criminel.

(…)

J’ai envoyé Ryan et Sam aller encaisser le cash à Los Angeles, récupéré ma bouteille de grappa au bar et demandé à ce que l’on nous apporte quelque chose de « correctement comestible » à manger. Il faut vraiment que nous déménageons pour que je dispose d’un espace plus confortable. Sans parler de mon projet de jeux clandestins. Il faut que je voie avec Arès. La dernière fois que nous en avions parlé, il m’avait affirmé que Craig était prêt à lâcher son affaire de merda electronico. Mais est-ce judicieux de coller un tripot juste sous le Pink ? La morale de Limoncello sur ma façon de m’exposer se rappelle à moi. Ok pour la méthode mafieuse, mais je n’ai pas encore l’envergure d’un parrain qui peut se pavaner au nez et à la barbe des poulets. Mon intention initiale était de rationaliser faute de moyens nécessaires. Si Limoncello est aussi rentable qu’il le dit, je peux toujours virer Craig comme prévu mais uniquement pour agrandir le Pink qui reste ma façade légale et déployer ailleurs mon entreprise de jeux.

L’ancêtre a affirmé être à Beacon Hills par contrainte et non volonté. Je me doute bien que ses affaires ont une envergure à l’échelle du pays, voir même internationale. Donc peu de chance qu’il cherche à s’accoquiner avec un bandit local d’une ville moyenne de province. Comment sait-il que je suis ici que pour un temps donné et que dès que j’ai l’aval de Don Stephano je retourne sur des affaires bien plus vastes que le champ libre que j’ai à Beacon Hills ?

J’ai toujours en tête ma dernière conversation avec Don Stephano lors de mon intrusion éclaire à Los Angeles pour descendre Matteo, mio fratelo. Deux fois que le parrain me fait la grâce de la vie. Limoncello me semble être également un homme d’envergure, à moins qu’il ne m’ait totalement bluffé. Pourquoi s’intéresse-t-il à moi ? Même Dino, un ami d’enfance qui a mal tourné en embrassant la carrière de policier et avec qui je conserve d’excellentes relations, avait trouvé la clémence du Don suspecte. Par acquis de conscience j’avais même demandé mon acte de naissance, mais je n’avais rien trouvé de suspect. Cela n’étant pas une preuve en soi. La loi du silence est très forte dans la communauté italienne. Quoiqu’il en soit, la proposition de travailler de concert que m’offre le vieux tombe à point nommé. J’entre dans le vif du sujet sans tourner autour du pot.

- Bene ! Si le problème du blanchiment ne devient plus un frein, j’ai plusieurs projets qui pourraient se monter de façon plus pérenne, tant dans sur les gains à envisager que sur la sécurité des affaires. La discrétion a un prix. Vous avez parfaitement remarqué que je redémarre, pas de zéro mais presque. J’ai la méthode et le savoir-faire. Il me manque la blanchisserie et les affaires bancaires où je n’ai pas forcément une compétence rapidement disponible sous la main. Je vous préviens que je ne donne pas dans la dope, du moins pas directement. Je ne m’y implique que le minimum et uniquement pour garder mon influence sur la ville.

Maintenant c’est Limoncello qui ne pipe mot et moi qui tiens le crachoir. Je lui donne les grandes lignes de ma stratégie qui commence par dominer les affaires locales. Je souhaite sécuriser, et améliorer mon réseau. Les idées me viennent en parlant. Avec l’aide de Limoncello, mon schéma s’enrichit ainsi que sa complexité. J’affirme vouloir asseoir ma position à Beacon Hills avant d’envisager de m’étendre géographiquement. Beacon Hills n’est à qu’une vingtaine de kilomètres de l’océan et j’ai toujours aimé l’import-export… Dans mon schéma initial j’avais envisagé de transformer ce hangar en entrepôt. Mon regard s’enflamme sous les possibilités qui fleurissent dans ma tête. Je reste toutefois méthodique. Il faut savoir ne pas s’éparpiller et surtout conforter une affaire avant d’en ouvrir une nouvelle. La notoriété dans ce milieu fait effet boule de neige. Il faut prendre garde à maîtriser sa vitesse et la trajectoire qui va avec, si on souhaite que l’aventure perdure.

- Pensez-vous que nous pouvons faire affaire monsieur Limoncello ? Je suis également ouvert à d’autres idées. Les siciliani sont fiers de nature, mais très coopératifs quand il s'agit de faire des affaires.


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MessageSujet: Re: [Pv Alessandro] New player in town.   Sam 14 Jan - 16:41

Pas de réponse (ni au MP). Je considère ce RP comme abandonné.
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[Pv Alessandro] New player in town.
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