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 In the line of fire [PV Alessandro]

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Therence Garnet

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MessageSujet: In the line of fire [PV Alessandro]   Jeu 10 Nov - 13:28



Lign of conduct
Haut, bas. Haut, bas. Haut, bas. Mordre la poussière et se relever pour remordre la poussière et se relever encore. Fluctuation naturelle de la vie. La sueur reluis sur mes muscles tendues, quelques mèches me chatouillent le nez, j'inspire et je souffle furieusement à chaque pompe.

J'espère sincèrement que ton amant est capable de te protéger d'une horde de chasseurs.

Je le déteste. Lui et son ignoble sincérité. Comment il peut se permettre de juger que j'ai ou non besoin de quelqu'un pour me protéger...

Parce que tu es tout seul.

Je souffle et pousse plus fort. Le sale... C'est ça! C'est facile d'embarquer les autres dans la galère et puis de les laisser couler! Viens, faut que je te parle de mes potes chasseurs qui veulent me faire la peau et que j'ai un peu titiller, pas comme si je bouffais pas des gens toutes les quatre semaines non plus! et puis finalement, je te laisse te dém*rdre avec, hein!

Je me redresse en ramenant mes cheveux en arrière, et tourne sur moi même à la recherche de la bouteille entamée qui trône sur ma table de chevet. Je m'en empare d'un geste vif et avale plusieurs goulées qui m'arrachent le gosier et me cuisent le cerveau. Masochisme de survolté. Je secoue la tête et frissonne. Il avait pas le droit de me laisser tombé comme il l'a fait. Pas sur ça...

Le sommier du lit grince quand je m'y affale lourdement, le souffle encore un peu court. Je peux fermer les yeux, m'imaginer face à une armée, j'ai peur de rien. J'ai l'esprit serein et le cœur qui brule d'assurance. Je sais que bientôt, qui que ce soit me respectera, moi, Therence, un humain prétentieux, pas assez mâture, trop peu entouré et pas assez résistant au gout de certains!

Parce que dans moins de douze-heures j'aurais une p*tain d'arme. Et personne PERSONNE ne me pointera plus comme ce c*nnard de toxico l'a fait. Je me ferais plus shooter. Adriann n'aura plus besoin de me sauver. De personne.

...
Mais qui le sauvera, lui?...

Qui le protégera de ses opposants? Du wendigo? De ses cauchemars...
Je pensais être indispensable contre ses cauchemars...

...Hin! Mais de quoi je m'inquiète. Y a son irremplaçable "partenaire de crime" et son extra-terrestre de petit copain! Tous les deux aussi flippants que lui dans le domaine. Ils forment déjà un si parfait petit trio, il manquerait plus qu'ils lui refilent une bague à lui aussi... Et puis c'est un wendigo. Éviter les dingues du hachoir, se débarrasser des gêneurs, il est spécialiste, il est pas criminologue pour rien! La traque et le meurtre, ce sont ses éléments. Ça fait parti de son monde. Un monde fou auquel ne devront résister ni les chasseurs, ni les monstres, ni les fédéraux qu'il aurait peu de chance d'avoir sur sa route sans mes c*nneries...

... Mais je pouvais pas savoir que ça se passerait comme ça... c'était pas prévu...

Je me suis gouré sur beaucoup, mais ça valait pas de me faire jeter... Je pensais pas à mal...

... j'ai mal...
... j'ai vraiment mal!

Le cœur c'est un organe si c*n et si fragile. Si difficile à soulager...

Mais c'est pas juste!... Il me blâme pour des erreurs que j'ai pas commises! Que j'ai jamais voulu commettre...

Il avait confiance en moi... Et j'ai tout gâché...
... J'ai tout gâché.

Personne n'entend. Personne ne voit. Personne ne sait. Alors je m'essuie les yeux, je prend plusieurs gorgées supplémentaires et renifle un bon coup en m'enroulant dans les draps.

J'ai besoin de dormir.



* * *


Je m'assoie dans le lit en me prenant le visage dans les mains. J'ai mal à la tête. La bouteille plus vide que pleine y est pour quelque chose... Puis je glisse mes paumes autour de ma bouche en roulant paresseusement des orbites sur ma chambre plongée dans la pénombre et en réfléchissant. Il est déjà tard... ou tôt selon les points de vus. Une douche, un bon déjeuner, de l'air frais, ça devrait suffire à me redonner un semblant de bonne mine. Se cuiter comme un malade n'est pas une alternative quand il y a des type armés susceptibles de se manifester. Ni quand je suis attendu pour palier au problème. Je me suis juste un peu... défoulé, c'est tout. Je lâche mon débardeur sur la bouteille pour la cacher de ma vue et vais m'enfermer dans la salle de bain. Les limites je me les imposes tout seul depuis assez longtemps pour savoir ce qu'il est bon d’enfreindre dans ma situation. C'est juste que personne n'est là pour le constater.
Pas plus que pour me contredire.


Les billets propres et neufs filent entre mes doigts. Toi, tu es la révision de Harley qui attendra. Toi, le chauffe-eaux que je ferais examiner plus tard. Toi...

Je les range dans l'enveloppe en arrivant devant la moto. Quatre cent dollars sorti tous ronds à la mi-mois bien entamé, comme un lapin tiré du chapeau d'un magicien. Il y a des bons côtés à avoir perdu prématurément un parent. Je veux voir ces bons côtés. Je veux en profiter comme le due que je mérite.

Elle n'était pas une mauvaise mère. Comme tout parent qui se respecte, elle voulait que j'ai une vie décente, elle a épargnée comme il se doit pour mon avenir. Des études, un départ serein dans la vie... Je suppose que c'est une façon pour les parents d'avoir une certaine maitrise de l'avenir de leur progéniture. Elle ne me demandait pas grand chose en y pensant, seulement de choisir une voie viable pour avoir une situation stable et ne manquer de rien. Mais avant qu'elle ne disparaisse sans avoir une chance de voir naitre l'adulte qu'elle s'est fantasmée, est-ce que j'aurais réussi à lui faire comprendre combien cet idéal était hypocrite venant d'elle? Comment je n'aurais jamais suivi la jolie route dont elle s'évertuait à poser les pavés tant que je ne saurais pas d'où je viens? Pas tant qu'aussi entouré que je puisse essayer de l'être, je resterais aussi vide et paumé à l'intérieur?...

Dans quelques heures je me retrouverais avec un flingue entre les doigts. Que dirait-elle si elle savait à quoi cet argent censé compenser son absence va me servir? Que dirait-elle si elle connaissait l'avenir qui se dessine pour son fils?...
Je range les billets, enfile mon casque et démarre. Quelle importance. Elle n'est plus en mesure de dire quoi que ce soit.


-Je paierais.

-Ça mia carino, je peux t’assurer que tu paieras. Je ne fais pas dans la philanthropie.


Quelques jours plus tôt, dans la chambre du boss du Pink... Ouais, ça j'avais bien pigé! J’espérais surtout qu'il ne se montre pas assez philanthrope pour m'imposer des cours de tirs que je n'ai jamais demandé!

- Pour quatre cent dollars je te fournis un petit calibre une boite de balles et l’apprentissage qui va avec.

-Quatre cent? répétè-je, ahuri, avant de réfléchir à la proposition et chercher l'évidence. ...Cash?

Une part de moi, bercé par trop de clichés, s’attendait à d'avantage de la part d'un mafieux. Une autre part de moi, loin d'être plus soulagée, songe à la réalité plus terre-à-terre de la situation et au profit que l'homme se permet. Amaro lui ne bronche pas d'un iota.

Cherchant à me munir d'une arme à feu, j'avais évidemment déjà réfléchi à cet aspect, mais... Je juge le personnage, j'hésite, puis je teste. Qui ne tente rien n'a rien!

-Heu... je me disais qu'il serait peut-être envisageable de payer par fractions? C'est bientôt la fin du mois alors ce serait plus simple si...

Quatre cent cinquante, claque t-il avec intransigeance. Quoi?!!

-Ok! Ok! Ok! Va pour quatre cent dollars!

- Soit devant le Print dimanche matin à huit heures du matin pétantes. Je t’emmènerai dans un coin tranquille où tu pourras trucider des boites de conserve tranquillement.


Je lève les yeux sur les néons de l'enseigne au repos et mon regard s'arrête dans son mouvement avant d'avoir pu vérifier l'heure sur mon mobile quand je perçois quelqu'un appuyé contre la devanture. Amaro est déjà là et il m'attend.

Mais à cet instant, quand je recroise son visage de sale italien, ce même visage qui s'est collé au mien et a parcouru d'autres chemins sur mon corps, je suis saisi par une ardeur furieuse et difficile à contenir. S'il ne m'avait pas fait son p*tain de chantage, s'il ne m'était pas littéralement tombé dessus ce soir là, Adriann n'aurait jamais pris ses distances comme il l'a fait! J'ai le point qui me démange, le désir féroce de me jeter sur lui pour lui refaire la tronche. Mais avant de le regretter, la voix sèche et profonde de l'allemand rejoue dans ma tête et contrebalance mes humeurs avec une froideur douloureuse.
Je suis tout seul maintenant. Et je ne serais pas en sécurité tant que je n'aurais pas les moyens de me défendre contre des chasseurs et des inhumains. Je ravale ma colère d'une déglutition difficile.
J'ai besoin de lui...

Je rejoins Amaro avec rancune mais sans un mot en priant pour que les poches sous mes yeux se soient atténués ou passent pour de la fatigue. J'ai compris que le hors-la-lois avait quelques principes, et je n'ai aucune envie qu'il change ses plans de me fournir une arme à feu parce qu'il me jugera instable. Puis je redoute une pique ou une remarque que je ne suis pas certain d'être en état de tolérer. Je garde les mains dans les poches, son fric rangé à l'intérieur de mon blouson. Je le reluque discrètement voir s'il ne cache pas un paquet quelque part sur lui et vérifie que les oreilles indiscrètes profitent grassement de leur dimanche matin avant de me décider à l'ouvrir.

-Un flingue. Les cartouches. Et des cours de tirs.

C'est ce qu'il a convenu. Et pour le tout, quatre cents dollars.

J'ai le sentiments que m'entendre lui réclamer ces fameux cours de tirs pour lesquels j'avais tellement rechigner le satisfait. Je déteste l'idée d'endosser le rôle du novice alors que je persiste à croire que j'aurais été capable d'apprendre à tirer sans l'aide de personne. Mais les choses ont changées. Si on appelle ces types des chasseurs, ce n'est pas uniquement parce qu'ils en ont après les bêtes. Savoir appuyer sur la détente ce n'est plus suffisant. J'ai besoin de savoir me défendre contre des pros de la gâchette. Et avoir un professeur en la matière devient une nécessité...

Quand il me désigne sa voiture, je me demande si mon futur flingue est à l'intérieur. Un gamin surexcité qui attend son cadeau d'anniversaire en sachant que réclamer n'est pas permis aurait surement l'air aussi nerveux. Si ce n'est que le gamin ne se méfie pas autant de l'objet qu'il désire, ni de celui censé le lui offrir.

-Où est-ce qu'on va?

La moto n'est pas loin. Je ne suis pas certain de vouloir faire un tour en auto avec lui. Pas non plus sûr qu'il ne préfère pas vouloir me conduire lui même dans son coin tranquille. Mais quelle que soit l'option, lorsqu'il grimpe et par soucis de discrétion, je m'engouffre dans la voiture le temps de pouvoir lâcher.

-Je te préviens de suite : j'ai que les trois quart de la sommes sur moi.

Je plante un regard ferme dans le sien. Oh! Une tête brulée qui ose marchander avec un négociateur de sa trempe? Je jurerais que Don Amaro pourrait me faire son numéro du mafieux avec lequel on ne plaisante pas! Mais je ne plaisante pas.

-J'ai accepté de joué selon tes règles l'autre nuit, mais puisque tu tiens tellement à me former, il va falloir que tu acceptes aussi de m'écouter de ton côté. D'abord, je te file les trois-cents dollars pour le flingue et les cartouches. Et ensuite, si tu me donnes effectivement des cours satisfaisants, je te refile le reste.

Je ne le paierais pas avant d'avoir reçu mes dues, je ne me ferais pas avoir. Et le tenir sur cent dollars, je trouve ça plutôt... honnête.
Je ne suis pas aussi sûr de moi que je voudrais le faire croire. Je sais pertinemment que c'est un criminel et un loup et que ce genre de malaise ne lui échappe pas. Mais je ne transigerais pas sur ce point : il a déjà exigé beaucoup au Pink, je ne compte pas payer pour perdre en retour. Pas encore... J'ai absolument besoin de savoir manier un révolvers au terme de son apprentissage et que ça me soit profitable. Pas de répondre aux petits caprices d'un roi du crime sous couvert de leçons supposées fondamentales. Alors je ne baisse pas les yeux, vif et obstiné.

Il me doit au moins cette assurance après ce qui est arrivé entre Adriann et moi à cause de ses c*nneries...

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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: In the line of fire [PV Alessandro]   Jeu 17 Nov - 18:26



In Line of fire


Feat : Terencio mio


Honnêtement quand le gamin était parti, ses affaires récupérées et une de mes chemises sur le dos, je ne pensais pas le revoir d’aussi tôt. Il est une chose que de se renseigner sur l’acquisition d’une arme à feu, c’en est une autre que de passer à l’acte. J’avais de plus, d’autres chats noirs à fouetter que de jouer à la baby-sitter. Barns, le bandit local, tente la carte de l’intimidation. Il essaye de saper ma main mise sur les combats clandestins. Pour le moment, je tiens ferme. Mes coups d’éclats sur le ring me valent l’affection des parieurs et des combattants. Barns est de la vieille école, celle du boss qui une fois installé ne se mouille plus et laisse ses hommes prendre tous les risques. Cette manière de faire est viable à condition d’avoir un sacré charisme. Ce que je refuse de reconnaitre chez cet imbécile.

C’est sans grande conviction que j’attends devant le Pink, prenant le soleil et taffant ma première sigaretta de la journée. La rue est particulièrement calme en ce dimanche matin. Il y a un peu d’animation au croisement plus loin où se situent une boulangerie et un buraliste. Une pétarade caractéristique me fait hausser les sourcils. Harley se pointe comme convenu. Ce gamin a décidément la niaque. J’aime les gens qui ne lâchent rien et qui vont jusqu’au bout de leurs idées. Therencio prend du galon à mes yeux. Le môme gare sa bécane et quand nos regards se croisent, je vois en lui une immense fureur. Tous ces signaux sont au rouge vif. Il accuse également une belle fatigue. C’est étrange, il y a quelque chose de changé en lui. Sa belle assurance est là, mais il y a comme un fond de désespoir derrière ça qu’il n’avait pas du tout l’autre soir. Le gamin plongerait-il dans l’ombre ? Si oui, dans quelques années il pourrait être une recrue intéressante.

Therencio a l’attitude d’un gamin qui s’apprête à cambrioler un magasin de bonbons. Démarche de loubard pas net avec les mains enfoncées dans les poches, regards en croix qui scrute les alentours. Autant se coller une pancarte avec écrit « Je vais faire une connerie » dessus. Rha… les jeunes…

-Un flingue. Les cartouches. Et des cours de tirs.
- Sì.
-Où est-ce qu'on va?
- Tu verras bien quand nous serons.


Je désigne ma voiture et ne l’attends pas pour m’y installer. Le gamin est dans un état de nervosité considérable. J’espère qu’il va se détendre, car impossible de viser juste quand on est un paquet de nerf ambulant. Je me retiens donc de l’agacer. Le moment n’est pas le meilleur pour ça. Enfin il se décide à poser ses fesses sur le siège passager.

-Je te préviens de suite : j'ai que les trois quart de la somme sur moi.

« - Et moi j’ai ton adresse. » pensé-je en mon fort intérieur. Sérieusement, il a aucun instinct de conservation ce môme !

-J'ai accepté de joué selon tes règles l'autre nuit, mais puisque tu tiens tellement à me former, il va falloir que tu acceptes aussi de m'écouter de ton côté.
- J’écoute…
-D'abord, je te file les trois-cents dollars pour le flingue et les cartouches. Et ensuite, si tu me donnes effectivement des cours satisfaisants, je te refile le reste.
- Et si tu es de manière innée nul à chier en tir ?


Le gamin se renfrogne le regard effronté et fermé à toute autre discussion. Madre di Dio, il était plus plaisant les sens émoustillés. En soupirant je démarre me demandant si j’ai bien fait d’accepter de lui filer une arme. Le trajet se passe dans un silence mortel que je finis par rompre en mettant la radio. Mon téléphone vibre, c’est Ryan. Ils ont choppé trois gars de Barns qui tentaient de mettre le fuego à l’entrepôt… Le dernier qui s’est amusé à jouer avec des allumettes avec mes affaires a fini avec ses intestins disposés artistiquement autour de son cadavre, un masque de terreur et de douleur figé à jamais sur la face. Ryan demande quoi faire. Il n’y a pas de demi-mesure possible. J’ai ordonné la loi du Talion doublée à chaque exaction de Barns.

- Je te rappelle dans une minute.

Je raccroche et accélère un peu, le temps de trouver un endroit relativement isolé pour m’arrêter. Une fois garé, je descends de voiture pour appeler Ryan. Je m’éloigne légèrement de la voiture pour épargner la conversation à Therence. Je lui demande des précisions sur les circonstances qui l’ont fait tomber sur les gars de Barns. Le dimanche matin est le moment idéal pour incendier le hangar qui est souvent occupé la nuit et en semaine. C’est un des gardes de Largo qui a donné l’alerte, préférant appeler Ryan que de prendre l’initiative de s’en charger. Et grand bien lui en a pris car je ne suis pas certain qu’il a l’estomac assez solide pour la réponse que je vais envoyer à Barns.

- Enferme moi ces audacieux dans leur caisse, et mets y le feu. Ils voulaient faire une flambée, qu’ils soient servis. Fais ça dans la zone au sud, c’est un coin tenu par Barns. Tu devrais y être peinard vu le jour et l’heure. Rappelle-moi si tu rencontres un souci.

Je reviens à la voiture et redémarre sans faire cas de Therence. Je mène une guerre ouverte avec Barns. Paradoxalement, depuis l’incendie criminel du Pink, le bar profite d’une surveillance accrue de la part de la volaille. Si cela m’avait d’abord irrité, j’en avais rapidement conclu que cela m’arrangeait plutôt bien au final. Se faire protéger par la flicaille, en voilà un beau pied de nez au système. Quoi qu’il en soit, nous allons devoir recruter de la main d’œuvre. L’équipe de Ryan ne peut humainement pas être sur le pont H24. Il faut que je demande à Arès de superviser cela. Mon second a vraiment du flair en recrutement.

(…)

Nous arrivons en vue de la vieille distillerie que je visais. C’est une route en cul de sac qui y mène. Avec satisfaction je constate qu'il n’y a aucune voiture en vue. Je gare la mienne en contournant le bâtiment de façon à ce qu’elle ne soit pas visible depuis le chemin d’accès. Je coupe le moteur et me tourne vers Therence. Le gamin me dévisage étrangement. Sans un mot, je me penche vers lui, il recule se collant à la portière. D’un geste rapide j’ouvre la boite à gant.

- Le flingue est là, avec les cartouches.

Sans attendre, je sors dehors et m’étire. Le môme met un petit moment avant de plonger les mains dans le vide poche. Alors que j’enfile une paire de gants en cuir je lui explique que c’est un colt Ace en version courte. Il se planque aisément dans une poche.

Spoiler:
 

Therence est sorti de la voiture et est comme hypnotisé par l’arme qu’il tient. Je ne sais pas ce qu’il se passe en ce moment dans sa tête et ça le regarde. Mais la réaction des gens quand ils tiennent pour la première fois une arme réelle est assez révélatrice de leurs intentions. Therence semble fasciné et effrayé à la fois. Il ne s’agit plus d’un projet, mais d’une réalité maintenant. J’ouvre le coffre de la voiture et en sors un sac avec plusieurs boites de conserve et des canettes que j’ai soigneusement nettoyées de toutes empreintes, comme l’arme que je viens de fournir au gamin.  

- Avec ça tu as une portée de quarante mètres, mais franchement ne tire pas à moins de quatre mètres.

Je lui fais signe de me suivre et nous nous enfonçons dans la forêt. Je lui parle avec le plus grand des sérieux, fini la drague et les Therencio. Le sujet est grave car il s’agit de lui apprendre à tuer quelqu’un.

- Tu ne tires que dans deux cas de figure, soit pour blesser, soit pour tuer. Exhiber une arme si tu sais que tu seras incapable d’appuyer sur la détente est contre-productif et peut inciter ton adversaire à plus de violence que si tu n’avais pas montré ton arme. Les balles sont du sept millimètres. La précision est moyenne à cause du canon qui est court. Evite les cibles lointaines ou en mouvement.

Je laisse le sac tomber au sol lorsque nous débouchons dans une clairière. Nous avons marché environ deux kilomètres depuis la distillerie.

- Tu as ton arme et tes balles. Paye ton dû. Après tu pourras me poser toutes les questions que tu veux et je te ferai une première démonstration.


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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: In the line of fire [PV Alessandro]   Dim 27 Nov - 23:15



Honesty
Je m'en tiens aux formalités avec Amaro. J'étais parti du Pink mouché mais avec une fébrilité difficile à cacher à l'idée d'avoir accès à un flingue et après les... divertissements que cette virée m'avait apportée. Mais entre temps, les choses ont pris un autre tournant. Ce ne sont plus des souvenirs et des imaginaires que je compte affronter en réclamant les services du trafiquants, c'est une réalité à laquelle je ne suis pas préparé. Et ce qui me paraissait-être un jeu libertin qui a mal tourné et dont j'ai eu la prétention de croire me sortir en toute impunité a causé l'éloignement de mon wendigo. Je n'ai pas la tête aux querelles de grands guignols. Amaro est en partie responsable du départ d'Adriann, mais il est aussi responsable de ma survie à venir. J'ai besoin d'un flingue, et de savoir m'en servir. J'ai besoin d'Amaro.

Cependant, son rôle est de m'apprendre et ça s'arrête là. Quand je serais en mesure d'utiliser une arme à feu, je pourrais me défendre tout seul, et je n'aurais plus rien à attendre de lui. Ni de personne.

Pour ça je veux être sûr de récolter ce dont j'ai besoin en venant le voir. Le pistolets, les munitions qu'il m'a promis, et ses leçons de tirs finalement bonnes à prendre. L'italien reste sobre. "Si". Comme convenu. Il refuse de me dire où nous allons, mais je ne me démonte pas, j'ai une condition à lui faire passer. "J’écoute…" Toujours aussi laconique. Je paierais la somme demandée mais au compte goutte, il aura la totalité à la fin de sa leçon et si, et seulement si, elle est concluante. Il peut difficilement me reprocher mes soupçons alors qu'il lui est si facile corser ses jeux et de se... servir comme bon lui semble.

-Et si tu es de manière innée nul à chier en tir ?

Qu... Je le regarde c*nnement, celle là me coupe le sifflet.

-Je raterais pas! m'insurgè-je.

Personne ne peux rater! Pas à ce point?...

-J'apprends vite. détournè-je mon attention vers ma vitre. Et je suis motivé.

Enfin j'ai pas à me justifié, il a très bien compris ce que je voulais dire! Et il n'a pas contester. C'est le principal.
Je soupire, mais sa pique a eu le don de me décrispé, ou vraisemblablement me recrisper dans le bon sens. Je suis nerveux, comment ne pas l'être? Cette transaction, l'arme qu'il m'a promis, la virée je ne sais où, pour apprendre à shooter? Tout ce que ça signifie et apporte de concret à cette situation cauchemardesque... Il ne s'agit pas d'un jeu. Il s'agit d'être en mesure de survivre.

Je rumine mes angoisses le nez collé à la vitre durant une bonne partie du trajet. L'atmosphère se détend imperceptiblement quand Alessandro allume la radio, et je jette un petit coup d’œil aux téléphone qu'il amène à son oreille.

-Je te rappelle dans une minute.

Un appel le dimanche, de si bon matin... haussement de sourcil. Son Jansino? Je me demande quel type de relation ils entretiennent. Avec ses airs de mac italien, j'ai une idée assez précise. Alessandro n'a rien caché de son attention envers son protégé. "Jansino n'est pas accessible" avait-il laissé entendre à ma camarade de FAC, "Jansino n'est pas un gigolo et c'est un excellent danseur" m'avait-il défendu plus tard dans son appart'. Touche à tout qu'il est, je ne peux clairement pas concevoir qu'il se satisfasse pleinement d'une seule personne. Puis il a beau insisté sur le fait que son danseur n'est pas un micheton, ça n'empêche que l'autre a obéis comme une marionnette lors du show et que le loup n'hésite pas à balader ses mains sur le premier qu'il juge susceptible de faire chanter. Il a pourtant l'air d'y tenir à sa ballerine... L'idée qu'il se figure être une sorte de protecteur contre redevance me fait grimacer.

Alessandro m'abandonne quelques minutes pour rappeler. La musique continue de jouer un air électro à la mode et tempère mon anxiété. Je ne peux pas m'empêcher de reluquer en coin le dos droit et fier de rital entreprenant qu'il m'oppose, m'imaginant quel genre de conversation il peut avoir avec son employé. Ça ne gueule pas, mais le ton semble ferme. Une contrariété?... Bah, c'est pas mes oignons, me dis-je en jetant un regard vague sur le paysage alentour. Une bestiole bourdonnante trace tranquillement son chemin.
Pas mes oignons, tu parles! Est-ce que c'était ses oignons à lui, ce qui était rangé dans mes poches ce soir là au Pink? Je baisse la radio et tend l'oreille.

Je ne comprend pas tout, son accent n'aide pas à démêler les syllabes. Mais espionner les gens devient une disposition facile pour le curieux innée. Des menaces?... Mes sourcils se plissent, incertains... "Enferme moi ces audacieux dans leur caisse, et mets y le feu. Ils voulaient faire une flambée, qu’ils soient servis".

Je me raidis dans mon siège, un frisson qui me glace l'échine. Non de...

J'écrase mon pouce sur le volume et lorsqu'Amaro rentre dans la voiture, la radio joue à la même ampleur et moi je n'ai pas bougé, occupé par la vue de mon côté. Je fixe l'extérieur, les yeux exorbités. Mon cœur joue un tampo de tous les diables, et dans l'espoir de lui faire jouer une autre musique, j'use de ce truc que d'autres avant moi ont fais leur pour réguler leurs émotions et me répète mentalement, comme un mantra : "Du miel, du soleil, un zeste d'essentiel." "Du miel, du soleil, un zeste d'essentiel." "Du miel, du soleil..."

Je n'ai rien de mieux que le slogan pour les bonbons contre la toux qui vient d'être diffusé.
Mais dans quoi je me suis encore fourré...

J'aurais pourtant du retenir la leçon. D'abord il y avait eu Derek et sa virée dans les ruines de sa baraque. Ensuite il y avait eu Ruby qui avait eu une crise à cause de ses mioches et qui n'avait rien trouvée de mieux que se transformer intégralement. Et ensuite, ça avait été son tendre qui m'a tendrement rappeler à qu'elle tragédie il avait survécu, s'assurant que je garde quelques trace de ses paroles jusque dans mes cauchemars. Et aujourd'hui, je m'embarque je ne sais où aux côtés d'un loup de la pègre qui fait roussir ses adversaire.
Note à moi-même : ne plus JAMAIS monter en voiture avec un loup.

On arrive et je déglutis à l'approche de la distillerie. Je ne suis pas franchement friand des têtes-à-têtes dans un bâtiments abandonnés depuis un passage forcé dans une usine désaffectée. Il ne m'a toujours pas donné mon arme d'ailleurs. La voiture s'arrête derrière le complexe, là où personne ne pourrait nous voir depuis le chemin... J'interroge Alessandro d'un regard mal-assuré. Ça veux dire quoi?... Cette fois je n'ai pas eu l'imprudence de sortir sans mon canif, mais qu'est-ce que ça peut représenter pour une créature qui à cinq lame à chaque mai-?...

Wow... Wow! WOW!!! Il fait quoi, là?!

...Il ouvre simplement la boite à gants.

- Le flingue est là, avec les cartouches. déclare t-il.

Et il quitte la voiture et me laisse seul avec le pistolet et ma frousse persistante, plaqué en travers de la portière et mon siège. Je desserre les doigts du coutelas dans ma poche et me réinstalle convenablement en jetant un regard gêné vers l'italien qui s'étire dehors, puis j'en revient à l'espace de rangement.

Mon cœur bat toujours trop fort et je déglutis en considérant la situation. Un instant, je me rend compte que je pourrais revenir sur ma demande. Prendre de la distance avec cet homme qui parait aussi dangereux que les individus que j'ai l'espoir d'esquiver. Mais il n'y a pas que ça. Je sais quel dégât peut faire une arme à feu. Et je me demande si je suis capable... non, si je suis prêt à en faire usage. Si par cet acquis je suis prêt à devenir un membre de ce monde là... Un monde de crime et de sang. Mais mes doutes se dissipent à l'ombre d'un rappel ferme.
Ce monde là, il n'est pas dit que j'ai encore le choix d'y échapper en ayant côtoyer un wendigo. J'aimerais que quelqu'un me redise combien notre amourette est sans impact, et une part de moi, égoïste mais surement raisonnable, aimerait que ce soit vrai. Je peux peut-être encore échapper à ça maintenant... Mais qui peut me l'assurer? J'ai côtoyer le wendigo fiché de prêt. Et qui est vraiment à l'abri dans une ville où deux races ennemis usent chacune de leurs atouts pour se faire la guerre?

La question ne se pose pas. De qui que vienne le danger, je suis seul pour y faire face. Et je ne serais pas un dommage collatéral dans cette affaire.

J'extrais l'arme de sa cachette, une ambition tangible entre mes doigts, froid et dense, que j’accueille avec nervosité et prudence...

...Ma virilité en prend un coup. C'est... ça qu'il entendait par "petit calibre"?! Je darde Alessandro qui enfile des gants d'un air outré, mais cet échec de contact me ramène à l'essentiel. Ça reste une arme à feu et Alessandro un mafieux, et je sais quel dégât ces saletés peuvent faire... La blague se révèle définitivement ne pas en être une quand il m'explique les avantages de ce format. D'accord... j’admets que vu comme ça, ça n'est peut-être pas si mal pour mon cas...

Je le rejoins à l'extérieur avec mon arme et les munitions. J'ai du mal à croire que je suis vraiment en train de tenir un révolver, que cet objet m'appartient désormais. Son contact me dérange, il me répugne autant qu'il me fascine. Je crois que j'ai du mal à mesurer l'ampleur de la chose. Je tiens dans ma main une réplique du genre d'arme qui m'a envoyé à l'hosto et faillis m'ôter la vie, et dont je garde la marque déguisée par un tatouage. Le souvenir est toujours intact. Ça m'horrifie. Mais c'est le moyen le plus sûr de me défendre.

-Avec ça tu as une portée de quarante mètres, mais franchement ne tire pas à moins de quatre mètres.

-Pourquoi?


Au risque de passer pour un ignare. Cela dit, c'est pour ça qu'il est là, pour m'apprendre. Je me demande s'il n'y a pas un avertissement dans ses paroles, au cas où j'aurais l'idée de le... Au signal qu'il me donne tandis qu'il prend la direction des bois avec son sac je jette un œil sur la bâtisse. Nous n'allons pas entrer là dedans et je préfère ça. Mais je prend tout de même quelques secondes pour considérer le criminel m'emmenant au milieu de nulle part, et l'armes et les cartouches que j'ai avec moi. Est-ce que je suis vraiment sûr de savoir vers quoi je m'engage?... Le constat que je ne suis plus sans défense fait, je le suis.

Alessandro a troqué son costume de Don Juan pour celui plus strict et imposant du professionnel. Amaro sait de quoi il parle. Je l'écoute avec la plus grande attention durant le chemin. Ne tirer que dans deux cas de figure : soit pour blesser, soit pour... tuer. La première option ne me dérange pas tant, pas pour me défendre, mais la seconde en y ayant pourtant sérieusement songé me trouble quand l'italien pose une réalité sur ce qui n'était qu'un fantasme libérateur. J'ai vraiment le pouvoir de tuer...

-Exhiber une arme si tu sais que tu seras incapable d’appuyer sur la détente est contre-productif et peut inciter ton adversaire à plus de violence que si tu n’avais pas montré ton arme.

-Quoi?

Mais... Je comptais justement sur une arme pour dissuader toute attaque! Je pensais que le seul fait de braquer un flingue sur quelqu'un suffirait à lui faire réviser ses intentions!... Je tombe de haut. Le maniement des armes tient à des règles strictes que je n'avais pas envisagé. L'erreur n'est pas permise.

Nous sommes arrivés. L'endroit est éloigné de tout, et suffisamment dégagé pour l'entrainement. Alessandro laisse tomber son cabas et se retourner vers moi.

-Tu as ton arme et tes balles. Paye ton dû. Après tu pourras me poser toutes les questions que tu veux et je te ferai une première démonstration.

Je dévisage l'italien. Je ne peux pas contester son honnêteté et c'est assez troublant. Pas d'entourloupe, pas de bouffonneries, il est réglo depuis le début... Je m'attendais à autre chose de sa part. Je ne dis rien, je tire l'enveloppe de ma veste, la lui tend et le laisse compter. Il y a trois cent dollars...

-Le reste est en bas. promis-je. Au Pink. Dans la case de ma moto...

J'ai dis que je n'avais que cette somme là sur moi, et c'est bien le cas. Ça aurait été facile de me soutirer l'intégralité de l'argent si je l'avais dessus, alors j'ai pris mes précautions. Qu'il ne s'étonne pas que je l'en crois capable après la soirée qu'on a eu et ce qu'il m'a fait subir!... Mais j'ai dis que je paierais, et je paierais. Je viens de lui dire où est rangé l'argent, et de toute façon, on va pas faire marche arrière maintenant, pas vrai?...

Il a son fric pour le flingue et les cartouches que j'ai effectivement en ma possession, on peut considérer que la balance reste équilibrée. Maintenant, à mon tout de poser mes questions :

-Y avait pas une version un peu moins courte?...

Je suis sérieux! Je suis pas venu réclamer un flingue pour jouer les flambeurs, mais enfin... Je m'attendais pas à devoir dégainer une arme qui ressemble à une version estropiée.

-Je doute beaucoup que ça impressionne des vrai amateurs d'armes à feu... râlè-je de m'imaginer me défendre face à un fauve ou un chasseur avec ça.

Je prend mon courage à deux mains et pointe devant moi une cible imaginaire. J'ai beaucoup de mal à m'imaginer être crédible... néanmoins, court ou non, ce truc tire des balles et j'ai bien autant de chance de toucher ma cible si je respecte les consignes.

-Ça ne t'inquiète pas de remettre une arme à quelqu'un?

Il faut être sacrément sûr de son coup pour refiler une arme quasiment prête à l'emploie à untel. Qu'est-ce qui lui dis que j'ai pas dans l'idée de lui tirer une balle entre les deux yeux au terme de tout ça?...
Je garde le pistolet dirigé droit vers le vide, mais mon regard coulisse sur l'italien séducteur et criminel. Ce n'est que lorsqu'il me regarde à son tour sans ciller que mon cœur dérape et que l'évidence m'invite à détourner les yeux et baisser le bras. C'est un garou... Même si ça ne justifie pas la moitié de ce qu'il est, c'est déjà un point qui se suffit à me déconseiller de prendre inutilement certains risques.
Mais la conversation dont j'ai capté quelques fragments dans la voiture ne m'est pas sorti de l'esprit. Il est loin d'être inoffensif humainement parlant. Les chasseurs qui ne sont pas plus humains que moi s'attaquent à des surnaturels de sa trempe. Je me demande si en sachant shooter je serais capable de rivaliser avec un métamorphe.

-Ça t'arrive souvent de fournir des armes à des types et leurs apprendre à tirer? poursuivis-je en triturant l'arme.

Qu'est-ce que ça lui apporte? En fait, j'ai pas besoin de savoir. Mais j'ai cherché le piège jusqu'à me rendre compte qu'il était sérieux pour les leçons. Quand je m'imagine un mafioso fournir quelqu'un, je l'imagine pas chercher à comprendre ce que le quidam va pouvoir faire avec du moment que ça ne lui cause pas du tort. Je ne dis pas que je ne trouve pas ça toujours louche, mais...
Enfin, le principal c'est que je sache tirer correctement et il s'y tient, ça me va. Quant-à savoir ce qui me pousse, moi, à avoir besoin d'une arme... je n'ai pas répondu à sa question l'autre jour, du moins pas avec beaucoup de précision.

-J'ai besoin de savoir me défendre contre des monstres. Et des chasseurs.

Monstre... A son regard, je me souviens avec trouble de ce qu'il en avait déduit.

-Il s'agit pas de lui.

Je me rembruni, coupe net le possible quiproquos. Ce n'est ni le moment de m’apitoyer ni de laisser jaillir les rancœurs, pas tant que je saurais pas me servir correctement de ça. Je m'échappe aller déballer le gros sac de canettes mais me fais héler in-extremis. Heu...

-Quoi? C'est pour ça les gants? moquè-je, sceptique.

Ne pas laisser d'empreintes sur les boites de conserves? C'est un monde étrange que celui de ces criminels qu'on s'imagine baigner dans le sang de leurs victimes avec triomphe et qui se révèle en fait de dangereux maniaque de la propreté. Mais je prend mentalement note. Laisser le moins de trace possible... non, pas de traces du tout en fait. Lorsque j'écoute Amaro, que je le regarde faire, je commence à comprendre l'importance des leçons qu'il m'a imposé. Avoir une arme, ce n'est pas assez. Projeter d'appuyer sur la détente, ça ne tient pas seulement à arrêter une menace. Il y a tous les à côtés, de nombreux facteurs à prendre en compte, les erreurs à ne surtout pas commettre pour ne pas être attrapé.

Alors je prend un peu plus conscience de l'impact de ce dans quoi je m'engage. C'est beaucoup plus que ce que je pensais.

Amaro attend pour la démonstration. J'hésite, puis je lui remet mon arme, non sans une pointe de défiance. Je ne lâche pas la crosse alors que l'arme est déjà dans sa main. J'ai une dernière question pour lui.

-Pourquoi je te ferais confiance?

Je cherche avec sérieux à déchiffrer son regard d'insondable. Il me mène depuis le début vers un univers qui m'est encore inconnu. Je sais ce sur quoi je veux que débouche ses leçons, je veux pouvoir me protéger. Mais lui? Qu'est-ce qu'il gagne là dedans? Où est le piège? Qu'est-ce qui me dis que je ne terminerais pas dans une voiture carbonisée au bout du compte?
J'ai sollicité son aide pour pouvoir échapper... pour pouvoir face à des clans redoutables et aux entreprises ignobles. Ce n'est pas pour me trouver confronter à son monde à lui, un monde qui m'a tout l'air aussi sinistre.

-Tu l'as dis toi-même. La philanthropie, c'est pas ton truc.

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MessageSujet: Re: In the line of fire [PV Alessandro]   Ven 2 Déc - 21:17



In Line of fire


Feat : Terencio mio


Il fait légérement frais en ce début de matinée. C’est l’heure où beaucoup se prélassent encore au lit. J’aime pouvoir savourer un réveil calme et progressif, toutefois je reste un homme d’action. Je ne suis donc pas contrarié d’être là, au milieu de nul par, un dimanche matin à enseigner les rudiments de l’utilisation d’une arme à feu à un gamin qui ne l’est plus tant que ça.

Therencio sort une enveloppe de la poche intérieure de son blouson, me disant que le reste de ce qu’il me doit est dans le coffre de sa moto. Le môme n’est pas idiot, il me prouve encore une fois son potentiel. Il a bien divisé son argent et son cœur me dit qu’il ne me ment pas. Je recompte méthodiquement les billets. Il n’y a pas de petite affaire, ni d’échange bâclé. Nous avons conclu un marché, j’y réponds de manière professionnelle. Mon attitude plutôt froide par rapport à ce que j’ai pu lui présenter jusqu’à présent, doit l’étonner. Prend-il conscience qu’il met les pieds dans un univers qui ne plaisante pas ? Fini mon numéro de charme italien et les jeux de séductions. Ce matin, je vais lui apprendre à tuer un homme.

-Y avait pas une version un peu moins courte?... Je doute beaucoup que ça impressionne des vrais amateurs d'armes à feu...


Je lève un sourcil, mais mon visage reste de marbre. Le gamin s’approprie l’arme, sa tenue en main et son poids à bout de bras en visant une cible imaginaire.

- Avec une arme plus impressionnante tu effrayeras les bonnes femmes. Je ne pense pas que ce soit tes cibles potentielles. Et bien au contraire, quelqu’un d’expérimenté comprendra que tu possèdes une arme adaptée à tes capacités et donc il y a une chance que tu fasses mouche. Pense efficacité Therencio et non apparence. L’efficacité te sauve la vie, l’apparence ne te donne au mieux qu’un sursis limité. Un plus gros calibre déporterait ton bras et ta précision de tir serait nulle. Celui qui te veut du mal se moque de l’allure de ton flingue. L’important est que tu puisses le stopper avant d’être mort. Tu portes une arme pour te défendre, par pour être classe.

Je prends le sac de canettes et les pose soit au sol, soit un peu en hauteur pour lui faire appréhender le fait qu’une balle ne suit pas une trajectoire rectiligne. Quand je me retourne, je croise son regard. Ses pensées se lisent comme un livre ouvert. Je ne cille pas. Même si l’arme était chargée il ne serait jamais assez rapide pour me trouer la peau. Je reviens vers lui d’un pas assuré et sans aucun doute sur ma suprématie contre lui. Je suis dans mon élément, celui de la manipulation d’une arme, celui d’appuyer sur la détente et de tuer. Je suis un mafieux avant d’être un garou. Mes victimes meurent rarement d’une attaque propre à un lycan, mais bien par balles, coups de poignard ou autres. D’ailleurs en parlant d’autres « méthodes », mon téléphone vibre dans ma poche. Un SMS laconique m’annonce un feu de joie dans le sud de la ville avec photo à l’appui. Sur l’image, je devine un regard d’épouvante au milieu d’un visage en train de se calciner. J’efface le message comme tout ce que je peux recevoir de ce genre d’affaire. Je me demande comment Barns va réagir. Va-t-il se coucher ou répliquer ?

- Ça t'arrive souvent de fournir des armes à des types et leurs apprendre à tirer?
- Je réponds aux besoins des gens. Je vends des services ou des marchandises. Tu serais étonné de la diversité des demandes Therencio.


Évidemment, je prends mes précautions dans ce genre d’affaire et c’est rare que je traite en direct. J’ai un levier de pression sur le gamin, entre sa peur de ce que je suis, et son attachement pour le professeur cannibale, j’ai pléthore de moyen pour m’assurer son silence. De plus avec l’achat de cette arme, il se mouille encore plus. Il est le pigeon parfait pour un mafieux. Aujourd’hui c’est une arme, mais demain ?

-J'ai besoin de savoir me défendre contre des monstres. Et des chasseurs.

Mon regard se fait perçant. Il craint donc une perte de contrôle de Weizerling. C’est une juste réaction de survie, car il est potentiellement son casse-croûte.

- Il s'agit pas de lui.

Ma réaction l’a vexé. Rageur il va vers le sac de canette pour en disposer d’autres. Je le stoppe avant qu’il n’aille coller ses empreintes sur le métal. Je soupire, il est bien trop inconscient des enjeux. N’a-t-il pas noté mon attitude bien différente que celle que j’ai au Pink ? Comprend-il qu’il a un vrai tueur devant lui ? Un type qui vient d’ordonner sans sourciller de bruler vif quatre types. Ne voit-il pas que je suis un homme avec deux facettes ? Et que celle qui brille au soleil tout en exagérations italiennes, cache une noirceur dure et implacable. Je ne suis pas un gentil gangster. Il n’existe pas de gentil gangster. J’élimine les obstacles de mes affaires comme un jardinier passe les mauvaises herbes au Roundup.

- Pourquoi je te ferais confiance? Tu l'as dit toi-même. La philanthropie, c'est pas ton truc.
- Oh que non Therencio mio.


Il m’a tendu l’arme pour que je lui en explique le maniement, mais il ne lâche pas la crosse alors que son regard méfiant attend ma réponse.

- Mes affaires marchent car je respecte mes engagements. Même dans ce milieu Therencio, il faut savoir être fiable si on veut prospérer. Je ne gagne rien à te doubler. Au contraire, si tu es satisfait de mon service, tu reviendras faire affaire avec moi.

Il s’offusque de ma réponse. Il pense ne plus avoir besoin de moi, mais vers qui se tournera-t-il maintenant au prochain coup dur ? Je lui prouve aujourd’hui que je peux être un gage sérieux de sa sécurité. Je tire l’arme et la manipule rapidement pour vérifier une ultime fois qu’elle est parfaitement huilée.

- Regarde.

Je lui montre le cran de sécurité, lui disant que ce n’est pas pour faire beau mais bien d’une réelle utilité. On ne compte pas les gens qui se sont tirés dessus par accident.

- Tu enlèves la sécurité dès que tu sors ton arme. Cela doit être un réflexe. Car tu sors ton arme pour tirer sinon tu la gardes dans ta poche.

Je lui redonne l’arme pour qu’il joue avec le cran de sécurité. Cette arme doit devenir une extension de son corps. Je lui montre ensuite comment la charger.

- Tu la tiens ainsi et tu pousses là, cela libère le chargeur. Il faut faire attention car même le chargeur sorti, il peut rester une balle dans la chambre. Si la sécurité n’est pas verrouillée, le coup peut partir.

Je lui raconte une anecdote sur un criminel qui grugeait ses adversaires avec cette balle supplémentaire à une époque où les bagarres à coup de feu se faisait à l’ancienne et où chacun comptait les balles tirées pour savoir quand l’autre avait besoin de recharger. Je lui parle d’une réalité qu’il a pu voir romancée dans les films.

- Donc après avoir retiré le chargeur, tu tires sur la culasse par là. Il ne doit pas y avoir d’à coup. Cela force un peu, c’est normal. Tu dégages ainsi la balle qui est chargée dans la chambre.

Je lui demande de me passer la boite de balle et lui montre comment les placer dans le chargeur.

- Avec le pouce tu appuies sur la dernière balle. Cela doit s’enfoncer un peu, mais surtout revenir en position. Sinon cela signifie que le ressort du chargeur est cassé. Tu pourras tirer une balle, mais les autres ne se chargeront pas.

Je vide le chargeur et lui demande de le faire. Je le regarde opérer, corrigeant la position de ses gestes en me plaçant dans son dos et en l’entourant de mes bras. Je ne fais pas cas de sa réaction quand je me colle ainsi dans son dos. Je continue de lui donner mes instructions et corriger ses gestes. Ce n’est plus le patron de bar libertin qui est collé à lui, mais un criminel qui donne une leçon à son apprenti. Nous passons un long moment à charger et décharger l’arme. Le reste collé son dos guidant ses gestes, lui montrant la meilleure façon de manipuler l’arme sans danger.


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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: In the line of fire [PV Alessandro]   Jeu 8 Déc - 0:25



Imitation
Je triture l'objet avec prudence. En toute logique il n'est pas chargé et je ne me risquerais certainement pas à appuyer sur la détente pour le vérifier. J'évite de laisser mes doigts trainer dans la zone. Je n'aime pas les armes à feu. Pas depuis que j'y ai goutté en tant que cible... Pourtant, l'agencement de métal dont je caresse les reliefs et dont j'évalue le maintient se retrouve entre mes doigts par choix personnel et mûrement réfléchi. Il me fallait de quoi me défendre parce que jamais je n'accepterais de revivre un rapt mortel comme j'en ai fais les frais avec Psychoboy. Je me suis trouvé impuissant le canon contre la tempe, j'ai subit la douleur cuisante et les dommages et la rémission incertaine d'une balle dans le corps. Il me fallait une réplique littérale à un tel danger. Un moyen de dissuasion radical et qui m'autorise une distance nécessaire pour faire face.
Je me méfie de cet outils sensible et qui mérite trop de précaution au risque d'échapper au contrôle de son propriétaire et se retourner contre lui, comme j'ai vu le timbré se tirer dessus par maladresse. En d'autre terme que je n'admettrais pas : j'en ai peur. Mais c'est peut-être aussi parce que j'en connais les dégâts et la puissance que j'ai besoin de mieux connaitre cette saleté. Besoin d'en prendre le contrôle... le faire basculer en atout. Il y a indéniablement une attirance malsaine là dedans. Mais finalement, ça n'est jamais qu'un outil entre les mains d'un esprit qui lui, est lucide...
Enfin. Au-delà du traumatisme et d'un point de vue plus terre-à-terre, les flingues font partis intégrante de la culture de notre pays. C'est une terre conquise par les armes à feu, façonnée par la poudre et l'étincelle, et aujourd'hui encore sécurisé grâce à elles. Et quel petit garçon n'a jamais rêvé de dégainer comme le cowboy et braquer comme l'agent du FBI?
Un pistolet ce n'est pas exotique mais c'est impressionnant. Et mortellement efficace. Et... viril, aussi. Peut-être... un peu?

-Avec une arme plus impressionnante tu effrayeras les bonnes femmes. Je grimace, méchamment piqué. Au risque de me méprendre, ça sonne quand même comme l'allusion et la preuve d'un manque d'envergure flagrant "d'effrayer les bonnes femmes" avec un plus gros gabarit comme il dit!... Je ne pense pas que ce soit tes cibles potentielles. Et bien au contraire, quelqu’un d’expérimenté comprendra que tu possèdes une arme adaptée à tes capacités et donc il y a une chance que tu fasses mouche.

...Oh.

-Pense efficacité Therencio et non apparence. L’efficacité te sauve la vie, l’apparence ne te donne au mieux qu’un sursis limité.

Les apparences... Je m'attarde sur le loup au visage d'homme et italien bouillonnant au versant glacé, je le jauge de la tête au pied, puis mon regard échoue sur mes bras tendus et points joints autour du pistolet dans une imitation de tireur emprunté à une figuration popularisé par la télévision et le cinéma. Je baisse les bras.

-Un plus gros calibre déporterait ton bras et ta précision de tir serait nulle, comme il m'avait expliqué dans sa chambre. Celui qui te veut du mal se moque de l’allure de ton flingue. L’important est que tu puisses le stopper avant d’être mort. Tu portes une arme pour te défendre, par pour être classe.

Je détourne les yeux à la justesse de ses paroles. Le ton est rude mais même si c'est vexant et alarmant, je sais que c'est justifié et nécessaire. Ce jour où je me suis fait tiré dessus, est-ce que l'autre taré aurait lâché son arme si j'avais été en mesure de le mettre en joue moi aussi? Les rôles auraient-ils étaient inversés si j'avais eu un flingue similaire si ce n'est plus imposant à lui opposer, à défaut de son grain de folie? Le temps où m'imaginer armé face à cette ordure et remodeler le cours des évènements pour oublier l'inacceptable réalité me semble révolu. Il n'est plus question de jouer au plus effrayant avec un attardé mental assez c*n pour se mutiler accidentellement, il s'agit d'être à arme égale avec des expérimentés, des professionnels du crime, des vrai. Comme le dit Alessandro, l'efficacité prône avant les apparences face à de tels cas.

Je le regarde disposer les canettes dans un agencement inégal mais organisé. Et lui? Dans quelle catégorie le placer? Sur quelle échelle l'estimer? A peu de chose près, je pourrais assurer que tous les surnaturels que je connais sont coupable d'actes répréhensibles voir ignobles, que leurs yeux soient bleu, sertis de paillettes ou que leur nature ou leurs regrets suffisent à les incriminer. Ça ne m'empêche pas d'avoir la distance nécessaire à considérer ces êtres pour ce que je les connais personnellement. Pourtant, là où les bêtes se défendent, sont soumissent à leurs instincts ou leurs émotions, Amaro lui prémédite et calcule, comme un marionnettiste. Il agit finalement plus en homme, à l'image qu'il se donne derrière son commerce, ses armes ou son influence dans le monde "naturel" par opposition au monde surnaturel qui ne doit-être qu'une strate caché de plus considérant l'univers déjà obscur de la pègre... Il aurait facilement pu se contenter de m'effrayer avec sa double nature mais a préféré me faire chanter quand j'ai touché son foutu révolver, sans parler de la conversation téléphonique... La motivation de ses crimes ne vient pas d'une nécessité de protection, ni de la colère, ni d'un besoin incontrôlable... Je crois qu'il joue.

Il sort à nouveau son téléphone et je retiens mon souffle. Je voudrais pouvoir voir ce qu'il regarde, mais rien ne transparait qu'un instant de contemplation imperturbable et une danse de son pouce sur l'appareil. Il avait parlé de laisser l'une de ses armes avec mes empreintes sur la scène d'un règlement de compte mortel, et ça m'avait foutu la trouille de m'imaginer impliqué dans une telle galère. Mais tout à l'heure, ce n'était pas des menaces que l'on balance à un effronté un brin crédule pour ensuite le laisser les effacer à coup de chemise Armani. Cette histoire de voiture brûlée captée en secret, b*rdel, c'est quand même pas...

Mon estomac se torts en observant l'arme bien réelle dans ma main. Le plus dur avec la prise de conscience de telles atrocités, ce n'est pas de savoir que ça existe, ou que ça se passe tout prêt, ni d'en connaitre les auteurs. C'est d'être confronté au Mal en personne et voir ses infimes doutes s'effacer. Ne plus pouvoir nier, et manquer d'en savoir trop pour ne pas être fatalement concerné...

Informé, je ne tiens pas à l'être, pas de ça!... Ne pose pas de question dont tu ne veuille pas connaitre la réponse m'étais-je entendu il y a longtemps, d'un ton trop détaché pour l'être vraiment. J'ai réussi à éviter le sujet de l'appétit du wendigo tant que j'avais toutes les occasions d'en découvrir plus, je peux facilement fermer les yeux sur cette histoire aussi. Une part de moi m'assure qu'il vaut sans doute mieux si je tiens à ma peau...
Et pourtant, étrange paradoxe, c'est ce même type qui m'apprend à jouer sur son propre terrain de jeu et me donne les moyens de me défendre contre des assassins de sa trempe... Pourquoi il fait ça?

-Je réponds aux besoins des gens. Je vends des services ou des marchandises. Tu serais étonné de la diversité des demandes Therencio.

Je n'aime pas cette réponse, trop vague et trop explicite à la fois. Ça ne fait que sous-entendre toute l'influence qu'il possède, tant sa portée que l'efficacité de ses commerces. Et ça me réduit à un nécessiteux que je ne suis pas... mais l’intérêt qu'il a de... me prêter son "aide" se précise et attise ma contrariété. Amaro le répète, presque amusé. Philanthrope, il ne l'est pas.

- Mes affaires marchent car je respecte mes engagements. Même dans ce milieu Therencio, il faut savoir être fiable si on veut prospérer. Je ne gagne rien à te doubler. Au contraire, si tu es satisfait de mon service, tu reviendras faire affaire avec moi.

-Je reviendrais pas faire affaire avec toi.

Je ricane de sa prétention. Je voudrais pouvoir répéter comme je suis prêt à le répéter souvent que je n'ai besoin de personne, mais ce serait faux. Il en est la preuve, une preuve dérangeante... Seulement, je ne compte sur les autres que pour mieux être capable de m'en sortir par moi-même ensuite. Quand il m'aura donné ces cours de tirs, qu'est-ce que je pourrais attendre de lui? Je saurais me protéger, comme ça parait si évident avec le bon maniement d'une arme à feu. Et c'est tout ce que je lui demande.

Le regard qui me domine reste de marbre, et ça me vexe. Il est convaincu que je reviendrais. Je suis décidé du contraire.

L'arme que je retenais m'est ôté des doigts, et il poursuit sa leçon en me laissant sur cette vanterie qui me renvoie finalement à un constat désolant. Celui de mon ignorance et de ma solitude.

-Regarde.

...Et je regarde. Et j'apprends. Ses gestes sont habiles et rapides, et s'il n'était pas aussi sérieux aujourd'hui je jurerais que c'est pour m'en mettre plein la vue.

-Tu enlèves la sécurité dès que tu sors ton arme. Cela doit être un réflexe. Car tu sors ton arme pour tirer sinon tu la gardes dans ta poche.

Il répète, encore, combien manipuler cet objet ce n'est pas manipuler un jouet, quoique tester le cran me donne l'impression de me familiariser avec un mécanisme dérisoire. Suivant ses paroles, je déclenche la sécurité en m'imaginant en situation de tir, la réenclenche en jugeant la ranger. On ne sort son arme que dans l'intention de tirer. C'est évident, et pourtant si j'ai assimilé de moi-même le fait de ne retirer la sécurité qu'en cas de nécessité, l'idée concrète de dégainer en vue d'appuyer sur la détente me dépasse. Il y a comprendre et comprendre, et le mafieux ne répètera sans doute pas assez quelle réalité je suis en train de rejoindre en suivant ses leçons...

Je suis avec attention le moindre de ses gestes, j'écoute ses instructions capitales comme ses histoires douteuses mais finalement véridiques de bandits à la cartouche surprise. Ça m'impressionne et m'inspire plus que je ne le montre, un morceaux de fantasme perdu entre ses explications trop carrés. J'assimile. Je reproduis les gestes en m'appropriant sa dextérité, ou du moins en essayant. Aller trop vite ne sert à rien sinon à me ridiculiser en manquant de faire tomber les balles que je fais suivre du creux de ma main à l'intérieur du chargeur avec un glissement du pouce trop pressé. Je râle. Peut-être que je ne me sentirais pas si inexpérimenté si je n'avais pas Amaro pour marquer la différence!... Mais à mesure que j'enchaine sous ses conseils, je ne peux qu'admettre pour moi-même qu'il n'est pas impossible... très probable que je me sois déjà fait une belle frayeur en faisant connaissance avec le pistolet en solitaire...

Je lève les yeux de ma rengaine et incline vivement la tête vers Alessandro quand il s'efface, une main qui survole mon avant bras que je lui ravis. Mais qu'est-ce qu'il fait?... Ma protestation est ignoré, ses doigts redirigent ma pantomime en poursuivant ses consignes. Je retiens mon souffle à son contact dans mon dos. C'est perturbant. La scène est familière, et pourtant je ne retrouve pas l'étincelle narquoise de l'autre soir. Ses gestes sont nets et rapides, ses instructions toujours aussi sobres. Le mafieux donne sa leçon d'un air concentré qui me fait douter. L'impression gênante d'être coincé comme je n'ai pas pu refuser son sale cours, et en même temps de me demander si je suis le seul à frissonner des résurgences que m'inspire son attitude et supposer autre chose de sa part que la leçon qu'il poursuit sur un ton égal... Suis-je en sécurité ou en danger cerné par ses bras et bloqué par son poitrail? Amaro ne me donne pas que chaud, il me fait froid dans le dos...

C'est déroutant et je me trouve embarrassé d'être seul à être troublé alors que lui reste imperturbable et impossible à déchiffrer. J'ai perdu le fil et reprend maladroitement l'exercice. Je ne dois pas... je ne peux pas perdre de vu qu'Amaro n'est pas qu'une caricature de rital charmeur qui manipule sans vergogne pour pousser une proie dans son pieux. C'est un criminel avéré et aux méthodes glaçantes qui sait comment se rendre indispensable... Alors qu'est-ce que je suis entre ces bras sinon une proie pour se divertir? Pendant que j'enfile les balles dans le chargeur, est-ce qu'il y a vraiment des corps qui terminent de se consumer dans la carcasse d'une bagnole d'après le claquement de cette même voix qui me dirige?...

-...T'as pas toujours été un loup, pas vrai?...

Je me demande, méfiant, s'il ne s'est pas collé à moi pour évaluer mon état émotionnel. Je doute que ma nervosité échapperait à qui que ce soit, c'est tout juste si j'arrive à faire autre chose que m'agiter mécaniquement autour de l'arme, beaucoup trop tendu. Je n'ose pas tourner la tête et le regarder mais coulisse un œil dans sa direction, attendant la réponse.
Est-ce qu'il était un homme avant de devenir un loup? C'est de cet homme, le mafieux, qu'il tient l'essence de sa personne avant de compter sur l'aura du prédateur en lui? Il serait, plus qu'un demi-fauve, un humain avec pour lui la puissance de l'animal?...

S'il voulait me tuer il ne prendrait pas la peine de m'inculquer tout ça. Il l'a dit, il ne gagnera rien à me doubler. Pourtant comment me sentir serein en sachant ce dont il est capable et son manque d'empathie? Les contacts lorsqu'ils sont dénués de chaleur humaines poussent naturellement à la fuite.

-Les crimes... c'était avant ou après?

Est-ce qu'il a toujours eu les yeux bleu assassin? Son souffle tiède m'effleure chaque fois qu'il ouvre la bouche et me renvoie à cette foutue nuit, des petites effluves grivoises aux bouffées volcaniques qui contrastent d'avec le froid qui me coure l'échine. Mon esprit est en alerte, mon corps se résigne partiellement. Toujours sous sa surveillance, j’encastre le chargeur plein d'une poussée sèche de la paume.

-En sachant manier correctement ce pistolet, je serais capable de me battre équitablement contre un métamorphe?

Ce serait un parie risqué d'échapper à sa prise alors qu'il m'entoure toujours. Et malgré tout, j'ai une arme pleine entre les doigts maintenant. Du pouce, j'ôte la sécurité.

-Est-ce qu'il y a quelque chose qui arrive à te faire peur?

Toi, l'imperturbable qui fait affaire avec la mort et brille et évolue dans tous les mondes, comme un roi dans son royaume, sans afficher aucune faille?...

Je le bouscule d'un bon coup d'épaule joint d'un coup de coude en prenant une impulsion du pied, et je pointe l'arme sur lui en faisant volte face. Je recule de plusieurs pas en cramponnant le flingue. Amaro tient ses engagements, il ne compte visiblement pas me faire de mal et n'a aucun intérêt à le faire, mais...

-T'es dangereux.

Et moi je ne le suis pas assez, mais je ne suis pas non plus un faible d'esprit. Il est attirant, d'une attraction obscure plus que simplement charnelle, mais il est aussi redoutable, suffisamment pour l'éprouver viscéralement. Amaro est comme un piège difficile à cerner... Il a déjà réussi à me faire tombé dans ses draps, et à rester entre ses bras à nouveaux j'ai la trouille de finir par me faire avoir d'une façon ou d'une autre.

Mon index ne touche pas la détente, il l'a survole avec hésitation. Tenir quelqu'un en joue, c'est... terrible. C'est prendre le contrôle de la cible, la tenir par un bout de fil fragile qui pourrait rompre d'un simple mouvement de doigts. C'est ce que j'ai éprouvé quand le camé m'a réduit à l'état de jouet à démolir, juste autorisé à obéir et à subir. Pourtant si j'arrive à garder une distance salvatrice entre le mafieux et moi, ce n'est pas de la docilité qui transparait dans son attitude...

Je recule d'un pas sans baisser l'arme. Sans toucher la détente... Je ne tirerais pas et il le sait. Je doute même d'avoir réussi à lui glisser des doigts contre son grès...

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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: In the line of fire [PV Alessandro]   Jeu 15 Déc - 20:59



In Line of fire


Feat : Terencio mio


Le gamin est devenu attentif à ce que je lui montre. Mon sérieux a pris le pas sur son caractère rebelle. Il ne joue plus, il apprend, conscient de l’enjeu, conscient du pas qu’il franchit et du risque. Il perd encore un peu son innocence d’enfant qui reste accroché à son âme, comme le chorion sur le corps d’un bébé qui vient de naître. Il écoute mes conseils et répète les gestes que je lui montre. Les battements de son cœur restent anarchiques preuve qu’il est loin d’être à l’aise avec sa décision. Une décision qui lui fait mettre un pied dans un monde que sa conscience lui hurle de fuir. Mais voilà, son besoin vient d’un instinct de survie et cette réaction me plait. Therencio n’est pas un fort en gueule comme les autres. D’autres à sa place se cloitreraient chez eux, comme des moutons attendant le bourreau, vivant une vie d’angoisse et de terreur. La peur ne va pas s’envoler parce qu’il possède une arme, loin de là. Cependant sa peur est une saine réaction quand sa vie est en danger et que l’on n’a pas beaucoup d’atout en main pour se défendre. Toutefois il aura le sentiment d’avoir prise sur les rênes de sa vie et de ne pas subir totalement sa condition de proie.

-...T'as pas toujours été un loup, pas vrai?...
- Non. Comme pour beaucoup de métamorphes c’est arrivé par pur hasard.


Le gamin s’interroge et s’intéresse. Je souris dans son dos. Tout à l’heure il me rappelait que je ne faisais pas dans la philanthropie. Par contre, comme parrain… Ce môme est un bon élément. Il vit seul, sans famille, sans repère paternel. Et quand bien même si Weizerling est plus âgé que lui, le professeur n’a pas ce rôle auprès de lui. L’idée de former un futur Alessandro m’effleure. Il n’est pas italien de souche, mais peut pourtant prétendre au rôle. C’est une idée comme une autre, une marotte qui passera si le môme finit par se défiler et devenir un ange à la place d’un démon ou simplement trépasser aux dangers qui le poursuivent.

- Les crimes... c'était avant ou après?
- Cela dépend de ce que tu mets sous l’étiquette « crime »… Vendre une arme volée à un mineur est un crime.


Son malaise augmente, d’autant que je l’encadre toujours de mes bras. Son corps trahit le feu que je lui procure, pourtant il tente de me tenir tête en posant des questions indiscrètes. Therencio a un mental qui me plait.


-En sachant manier correctement ce pistolet, je serais capable de me battre équitablement contre un métamorphe?
- Je ne te cache pas qu’il te faudra un facteur chance, une situation favorable pour en sortir indemne. Tu ne pourras presque rien contre un surnaturel qui te prend par surprise. De plus, être prêt à dégainer à tout instant est usant pour les nerfs. Disons qu’avec cette arme, tu augmentes tes chances de survie.
- Est-ce qu'il y a quelque chose qui arrive à te faire peur?
- Je n’ai pas le temps d’avoir peur Therencio. Sinon hors plaisanterie, j’ai choisi une vie dangereuse. Je devrais logiquement avoir peur constamment, ce qui n’est pas viable et ne changera rien à ma mort, quel qu’en soit le lieu, la manière et la date. La peur peut te garder en vie Therencio. Pour moi elle est un sentiment parasite et inutile.


Je suis conscient et j’accepte les risques que je prends. C’est mon choix et non une situation que je subis à l’inverse du gamin. Mon apprenti tueur se dégage brusquement de mon étreinte d’une bourrade de l’épaule. Je le laisse faire, pense-t-il être déjà au point ? Le canon de l’arme que je viens de lui vendre se retrouve braqué sur moi… Me serais-je trompé sur son compte ? Il pense sincèrement pouvoir me menacer si facilement ? Therencio vient de descendre dans mon estime.

-T'es dangereux.
- C’est un fait et un autre fait est que tu as déjà oublié une de mes recommandations Therencio.


Il ne tirera pas. Il n’a pas le cran d’abattre de sang-froid un homme qui ne s’en prend pas à sa vie. Ça se lit dans son regard et son index qui n’est pas sur la gâchette. Foutu gamin qui n’apprend pas ses leçons ! Il recule toujours en me visant. Que veut-il prouver ?

- Therencio… ascolta, impara, si applica… ou meure !

Je me déporte sur la gauche, puis à droite. En deux bonds, j’ai attrapé sa main qui tient le gun et à nouveau plaqué mon torse contre son dos.

- Que t’ai-je dit au sujet d’une arme ? La sortir uniquement si tu es prêt à appuyer sur la gâchette. Idiota !

J’ai une main serrée sur sa gorge. Il peut sentir mes griffes rayer sa peau. De l’autre côté, je lui broie les phalanges contre le flingue. Mon doigt glisse sur la gâchette et d’un geste sec je déporte son bras et vise tour à tour chaque canette pour les dégommer d’une balle bien placée. L’air raisonne des bruits des coups de feu, secs et sans appel. Le corps de Therencio tressaille à chaque tir.

- Tu sors ton arme, tu tires. Point !

J’émets un grognement de fauve, mes crocs modifient le timbre de ma voix. Il me dit dangereux, je me montre dangereux. Mes griffes s’incrustent dans la peau de son cou à la limite de la blessure. Ses doigts sont impitoyablement broyés contre le métal de l’arme. Je me moque de sa réaction et serre encore plus fort. La douleur aide à se souvenir de ses leçons.

- Sortir ton flingue et viser quelqu’un comme tu viens de le faire revient à baisser ta braguette et exhiber il pene ! Tu sors, tu tires, sinon gardes le matos au chaud !

D’une torsion du poignet je lui reprends l’arme. Son ventre rencontre la semelle de ma chaussure. Le gamin fait un vol plané de quelque mètres avant de manger le sol. J’ai agis vite et sans hésitation. Puis avec une lenteur calculée, c’est moi qui le mets en joue.

- Combien reste-t-il de balle dans le chargeur Therencio ? Si tu as écouté mes leçons c’est une chose que tu dois savoir. Si ta réponse est fausse j’appuie sur la détente.

Sa réaction est digne de lui. J’ai du mal à garder un air sévère, un air de mafieux. Je joue mon rôle de gangster, mais je dois me mordre la joue pour ne pas sourire devant toutes les émotions qui passent sur son visage. Le gamin ne semble pas avoir la réponse à ma question.

- Tu sors une arme, tu tires...

Le coup raisonne comme un tonnerre.  J’ai un peu dévié ma visée du centre de son front. La balle se perd dans la terre non sans avoir laissé une trace sur l’épaule de son blouson de cuir. Ça lui servira de post-it. Cette fois pas question de le laisser piocher dans mon placard. Je vise à nouveau, cette fois en plein cœur. Doucement, je ramène mon doigt sur la gâchette. Le percuteur claque dans le vide.

- La bonne réponse était une balle Therencio. En règle générale si tu es amené à tirer plusieurs balles, garde en toujours une en réserve, c’est souvent celle-là qui te sauve la vie.

Imperturbable comme un professeur face à un élève rétif, je lui lance l’arme et lui ordonne de la recharger alors que je reprends forme humaine, pour réinstaller les canettes que je viens de faire basculer.

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MessageSujet: Re: In the line of fire [PV Alessandro]   Mer 21 Déc - 1:59



Fearless


- Cela dépend de ce que tu mets sous l’étiquette « crime »… explique le mordu dont j'essaie de déterminé quand la vie de criminel a débuté. Vendre une arme volée à un mineur est un crime.

Le détournement de sa question me contrarie. Il sait très bien ce que je veux dire. Vendre une arme à un mineur, ce n'est pas ce qui rend les yeux d'un loup de couleur bleu. Et pourtant, est-ce que contacter un tiers et lui demander de cramer quelques nuisibles ne lui épargnerait logiquement pas ce sort?...
J'en sais rien, et c'est perturbant... Son corps qui me cerne me dissuade de fuir, pourtant je n'aspire qu'à ça. Les chasseurs ne sont définitivement pas les seuls à craindre dans cette ville. Manier un flingue, est-ce que ça suffira pour pouvoir me défendre contre un fauve?...

-Je ne te cache pas qu’il te faudra un facteur chance, une situation favorable pour en sortir indemne. Tu ne pourras presque rien contre un surnaturel qui te prend par surprise. De plus, être prêt à dégainer à tout instant est usant pour les nerfs. Disons qu’avec cette arme, tu augmentes tes chances de survie.

Ça n'est pas aussi encourageant que je l'espérais. Mais augmenter mes chances de survie c'est peut-être déjà une différence non négligeable. Alessandro m'a répondu, sans une once de mauvaise foi. Pourquoi? Comment il peut-être aussi sûr de lui? On a tous la trouille de quelque chose, une faiblesse à exploiter. Je m'attend à ce qu'il me révèle une faille, un petit rien ou un grand quelque chose face à quoi un loup et mafieux tel que lui se trouve impuissant. Il est bien assez prétentieux pour avouer. Et de la prétention, il en fait preuve sans honte! Mais pas comme je l'imaginais...

-Je n’ai pas le temps d’avoir peur Therencio. Sinon hors plaisanterie, j’ai choisi une vie dangereuse. Je devrais logiquement avoir peur constamment, ce qui n’est pas viable et ne changera rien à ma mort, quel qu’en soit le lieu, la manière et la date. La peur peut te garder en vie Therencio. Pour moi elle est un sentiment parasite et inutile.

...Wow. Il... rejette la peur aussi facilement qu'il se débarrasse de la cendre de sa cigarette. Je suis perplexe, sidéré. Ça en est pas flippant, c'est hallucinant! ça revient à prétendre qu'il n'a aucune limites!... Et pourtant il est catégorique dans son rapport au danger et à la peur. En fait si, c'est effrayant. Ça sous-entend qu'il est inattaquable. Amaro est pas humain...

Mais moi j'en suis un. Faible devant la tentation, malléable à ses manœuvres, mais pas assez pour ne pas m'en rendre compte. Amaro est le seul sur qui je puisse compter et c'est ce qui le rend d'autant plus dangereux. Si je me perd dans ce monde, enveloppé par son aura malsaine, je ne pense pas qu'on viendra m'en tirer. Je ne peux pas me laisser prendre au piège. Je dois rester maitre de mes décisions comme de mes ressentis.

Mon viseur vacille imperceptiblement sur le prédateur. Cette attirance, il ne s'agit pas de sentiments à son égard, ou quoi que ce soit qui y ressemblerait. On ne se connait pas assez pour être concerné par l'autre, il n'y a pas non plus d'alchimie particulière, de toute façon je doute qu'on puisse éprouver des sentiments pour un type aussi flou. C'est physique, sans aucun doute, comme je ne serais pas le dernier à me laisser sensibiliser par le séduisant animal. Mais c'est surtout autre chose. Ce... truc, cette manipulation dont il use!
J'ai accepté de coucher avec lui, j'ai accepté son apprentissage. Mais de la même façon qu'il m'impose sa présence difficilement réfutable dans mon dos pour diriger mes gestes, je n'ai pas non plus tout à fait voulu de tout ça...

Ce mec est effrayant. D'une façon qui diffère de la crainte brute qu'inspire un fauve agressif ou un homme armé. C'est une peur insidieuse, aussi sournoise que l'attrait qu'il suscite. Et en ayant que ma propre conscience pour me raisonner, ça me terrifie.
Je ne peux pas me laisser faire.

- C’est un fait et un autre fait est que tu as déjà oublié une de mes recommandations Therencio.

Je cramponne un peu plus fort le pistolet en reculant d'un pas. A l'instant même, je ne me projette pas lui tirer dessus, c'est vrai. Mais ça ne veut pas dire que je n'en serais pas capable s'il ose quoi que ce soi. Un loup, c'est censé guérir... Est-ce qu'il guérirait? Est-ce qu'il n'éprouve sincèrement aucune peur en étant visé maintenant? L'entreprise doit paraitre suicidaire. Mais j'ai besoin de tester... le tester, lui. Me tester, moi. Anéantir le facteur "inconnu" de la situation. Il ne cille pas, et moi je suis incapable de tirer... Je fronce les sourcils à sont foutu charabia dont je ne comprend pas un traitre mot...

- Therencio… ascolta, impara, si applica… ou meure !

...sauf les derniers.

Il s'élance, trop vite, mes yeux vacillent sur sa feinte et le pistolet suit, mais trop tard, ma main est capturée, et mon corps ramener contre lui d'une poigne rude avant d'avoir pu déguerpir.

- Que t’ai-je dit au sujet d’une arme ? gronde t-il. Je râle, agrippe la main à ma gorge qui m'immobilise. La sortir uniquement si tu es prêt à appuyer sur la gâchette. Idiota !

Ah-aïe! Il m'écrase la main!... son index remplace le mien et d'un coup brusque, il dirige mon bras en direction des canettes. NON! Les coups éclatent, les cylindres de métal valdinguent. Je ne suis pas prêt, je ferme les yeux, me crispe à chaque coup qui part. Leurs échos se répercutent dans mon bras et me serre les entrailles. Alessandro appuie sur la détente mais contrains de tenir l'arme, j'en subis tous les effets.

-Tu sors ton arme, tu tires. Point !

Un couinement m'échappe à son grondement bestial. Ses griffes me rentrent dans le cou, je devine sa mâchoire refaçonnée, l'homme laisse la bête s'exprimer et je sue et m'affole comme la proie que je suis entre ses griffes. Il continue de me broyer les doigts contre le flingue, sourd à mes plaintes.

-Aïe! Ah... Arrête!!!

-Sortir ton flingue et viser quelqu’un comme tu viens de le faire revient à baisser ta braguette et exhiber il pene ! Gnh... Je serre les dents à en avoir les tempes qui me lancinent. Tu sors, tu tires, sinon gardes le matos au chaud !

Il me fait mal, p*tain! Soudain, je valse sans comprendre et me retrouve éjecter d'un coup dans le ventre. J'en ai le souffle coupé et atterri durement dans la terre. M*rde... Je me redresse et me retourne vivement sur les fesses quand le tube de métal braqué sur moi me saute au yeux.

- Combien reste-t-il de balle dans le chargeur Therencio ? Quoi?!... Si tu as écouté mes leçons c’est une chose que tu dois savoir. Si ta réponse est fausse j’appuie sur la détente.

Je panique. Je fais marcher mes méninges au rythme lourd et spasmodique de mon souffle et de mon pulsoir. Combien de balles? Je me repasse une scène que je n'ai pas suivi, il était en train de me massacrer, j'ai pas écouté, comment je pourrais savoir?!

-T... trois... Non! Deux!... J... Je...

Regard impassible, son indexe presse lentement la détente.

-J... J... Je... J'en sais rien!...

- Tu sors une arme, tu tires...


Je pousse un grand cri bref au coup qui éclate. Il va vraiment me tuer?!!... Je ne respire pas, je suffoque, mon cœur est sur le point d'exploser. Il a visé à côté, mais quand je darde sur lui d'un regard exorbité, il me vise à nouveau, vers la poitrine, sans marge d'erreur.  

-Non...

Je suis pas venu ici pour mourir...

-Non-non-non! Non! NON!!!

Un petit "clic" dans le vide. J'apprends aujourd'hui comment un silence peut avoir la porté d'un coup de tonnerre... Je l'attend, je le redoute, mais rien d'autre ne raisonne. Le souffle bloqué, je tire avec prudence un œil en dehors de mes bras croisés. Je me suis refermé par réflexe.  

- La bonne réponse était une balle Therencio. ...u... une balle... je lorgne sur mon épaule, effaré. En règle générale si tu es amené à tirer plusieurs balles, garde en toujours une en réserve, c’est souvent celle-là qui te sauve la vie.

Sur cette leçon, il me balance le flingue et me somme de le recharger avant de tourner les talons.
Je tremble comme une feuille, un froid de mort à l'intérieur du corps. J'effleure l'irrégularité encore chaude de l’éraflure sur mon blouson dans un état second. Ça aurait pu être mon épaule...  

...Alors c'est ça se retrouver en face d'un tueur?...
Les chasseurs, les bourreaux... Je redoutais une menace dont d'après les histoires que j'ai entendu je me suis imaginé la violence. J'ai crains la confrontation aux armes et aux criminels pour en avoir été victime, persuadé d'avoir vécu l'horreur.
En réalité, j'avais aucune idée de ce que c'était...

Amaro réinstalle les canettes sur leurs promontoires respectifs. Je ramasse fébrilement l'arme qu'il m'a renvoyé ainsi que les recharges. Je ne tiens pas à le faire répéter. Vérifier la sécurité, alimenter la chambre, puis le chargeur... J'ai les mains qui tremblent trop pour arriver à charger l'arme habilement.
Toujours assis au sol, je lève les yeux quand l'italien revient dans mon sillage. Je soutiens farouchement son regard pendant quelques secondes durant lesquelles le temps semble s'être suspendu. Et voyant que rien ne me tombe dessus, je termine de réarmé le pistolet pour aller me placer en face des cibles de fortunes, sans un mot.

Je triture anxieusement la crosse dans ma main, le bras simplement tendu le long du corps. J'ai les doigts engourdis. Ce c*n y a pas été de main morte tout à l'heure... Mais cette douleur, c'est aussi ce qui m'oblige à prendre pleinement conscience du pistolet entre mes doigts et à l'agripper avec toute la fermeté et l'adresse dont il va falloir faire preuve si je veux rester en vie. Mon regard perdu quelque part sur le sol devant moi accepte enfin de voir les cibles. Je me gonfle d'une bonne inspiration pour mieux souffler et expulser la tentions en levant les bras à hauteur du visage.

Il y a Psychoboy qui me vise. Il y a les coups de tonnerres qui éclatent à mes tympans. Il y a les canettes qui valsent une à une sous les coups d'Amaro, la balle qui a fusée prêt de mon oreille, celle qui m'a atteinte dans le ventre...

Tout est dans ma tête. Je soupire un bon coup pour la énième fois. Je peux appuyer sur la gachette moi aussi. Et je peux dégommer ces conserves comme Alessandro l'a fait!

Je tire, sans discontinuité. Je cligne des yeux, c'est plus fort que moi, serre les dents, mais je presse le doigt avec hargne en passant d'un réceptacle à un autre, sans m'attarder. Si j'arrête de tirer, je ne suis pas sûr de pouvoir le refaire. Ma tête est sonnée par les coups de feu, mes narines par l'odeur de poudre, mais dans chacun de ces coups il y a un peu de peur, de colère, de honte et d'autres sentiments tapis jusque dans mes tripes qui partent. Ça ne fera pas de moi un tireur d'élite, mais ça défoule.

Un clic, deux clics, trois clics. J'avais pourtant commencé à compter avant de me laisser aller... J'arrête de tirer inutilement avant de me le faire dire.

Les derniers échos se dissipent, à moins que ce ne soit dans mon esprit un peu sonné. L'orage est passé. Il me faut quelques secondes pour me rendre compte que personne n'en est mort, pas de douleur, pas de sang. L'arme est entre mes mains, je suis entier. Je suis en vie. C'est lénifiant... Je me suis cru mourir face à Amaro, mais j'en ressorts un peu différent. Un peu plus vivant que je ne l'étais... Réconcilier avec une part de moi-même. Appuyer sur la détente, ce n'est pas si dur...

De la fumée sort du canon, mes pieds sont jonchés des six douilles. Et toutes les canettes sont intactes...

-... C'est la première fois. rappelè-je d'un ton bas mais sec, appréhendant le reproche. Ça ne fais pas de moi un mauvais tireur... J'étais pas concentré, c'était un tir d’essais, ça devrait pas compter! J'ai juste besoin de recommencer. m’attelè-je à recharger l'engin.

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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: In the line of fire [PV Alessandro]   Lun 26 Déc - 18:25



In Line of fire


Feat : Terencio mio


Le cœur du bambino bat un rythme anarchique. Je ne l’ai pas ménagé, non par sadisme, bien que je mentirai si j’affirmai ne pas aimer cette position de dominant, mais que posséder une arme l’arrache de bisouland pour une réalité bien mortelle à laquelle il doit être préparé. Je lui tourne ostensiblement le dos pour réinstaller les canettes que j’ai shootées. Derrière, je l’entends s’agiter et reconnais le déclic d’un chargeur que l’on retire. Je tourne la tête pour le regarder et voir s’il a bien mis le cran de sureté. Cependant la paume de sa main m’empêche de vérifier. Therecio est fébrile, il recharge avec des gestes nerveux. Les canettes à nouveau prêtes, je rejoins mon apprenti. Il a toujours le derche collé au sol et me toise avec défi. Je ne réagis pas, attendant qu’il termine.

(…)

Il s’est redressé comme un diable qui sort de sa boite. Sa démarche est nerveuse, saccadée, hachée. Le gamin se laisse dominer par ses émotions. Je vais devoir lui apprendre à rester de marbre. Je ne sais pas quelle mouche me pique, est de la mégalomanie de ma part de vouloir former un jeune ? De le modeler à mon image ? Le fait qu’il ne souhaite pas embrasser une telle carrière importe peu. Rares sont ceux qui comme moi gamin rêvent de faire gangster et non médecin, avocat ou autre. C'est comme la morsure d'un loup, ça vous tombe dessus à l'improviste.

Therencio mène une bataille interne assez intense. Je le laisse discutailler avec lui-même. Au-delà de la maitrise du tir, c’est la maîtrise de lui-même qu’il doit apprendre et gérer. Je ne sais pas ce qui tourne dans sa tête, mais à un moment il expire l’air de ses poumons, lève son arme en la tenant fermement à deux main et tire. Les coups déchirent l’air dans une séquence régulière. Le gamin ne s’arrête pas, il tire, il sort sa haine, et fait son premier pas vers une autre vie. L’arme claque dans le vide trois fois. Il a tiré avec passion, avec colère et fureur. Il faut une sacrée chance de marito ingannato pour faire mouche ainsi…

-... C'est la première fois.
- Je ne te reproche rien Therencio.


Doucement, je lui prends l’arme des mains et vais la poser sur une souche. J’enlève ma veste et la poste avec soin à côté. Je remonte mes manches pour être à l’aise et fait sauter deux boutons de ma chemise. Je suis interrompu pas les vibrations de mon téléphone.

- Sì ?

Ryan m’apprend que le van qui transportait l’alcool pour le hangar s’est fait serrer par la volaille. Je jure en italien. Si les poulets se mettent à bosser le dimanche… Ryan ne peut pas me dire si nous avons été dénoncés ou pas. Mais avec ma guerre ouverte avec Barns, il est bien possible que quelqu’un ait éclairé la lanterne de la flicaille. Par sécurité nous transférons l’alcool de contrebande deux fois avant d’arriver au hangar. Ryan a eu le temps d’avertir les deux chauffeurs intermédiaires pour qu’ils déguerpissent fissa avant que la cavalerie débarque. Notre système nous permet de changer souvent de chauffeur. C’est celui qui fait la dernière partie du trajet qui est sélectionné avec soin et grassement payé. Les autres savent qu’il est préférable de ne pas s’envoler avec la cargaison. Nous avons toujours l’adresse d’un de leur proche à amocher au cas où. Par contre se faire serrer par les flics n’est pas sanctionné. Il est toujours bon d’avoir des gens à nous qui trainent en taule. Ça aussi c’est bien payé et souvent les gars ne sont pas contre se faire mettre à l’ombre quelque mois. Ils sont nourris logés et avec un peu de chance arrondissent leur compte en banque avec quelques menus services…

- Tiens-moi au courant s’il y a des problèmes.

Je range mon portable dans ma poche et m’avance vers le gamin.

- Première leçon ok. Tu sais charger une arme et tirer sans te déboiter l’épaule. Mais ce n’est pas suffisant pour dégommer les canettes. Frappe-moi !

La stupeur se lit sur le visage de Therencio. Il faut qu’il décharge sa haine. La colère est un bon moteur, mais elle doit être froide et calme. D’un léger coup à l’épaule je le bouscule et le harangue.

- Frappe-moi si tu l’oses. T’es un homme ou une ragazza ?

Je lui donne une petite claque, et le pousse encore. Je lui fais un sourire moqueur. Je lève la main pour lui claquer l’autre joue, il pare d’un bras me gueulant dessus. Je feinte et le touche au ventre. Je n’ai pas frappé fort mais suffisamment pour lui couper le souffle une poignée de seconde. Mon coup énerve plus qu'il ne fait mal.

- Alors ! Tu te laisses marcher dessus Therencio ? Tes poings sont en coton ? Il faut que je te fasse mien pour que tu te rebelles ?

Je plaque ma main sur son entrejambe, il me repousse enfin avec violence.

- Aller ! Cogne ! N’aie pas peur je cicatrise. Encore faut-il que tu ais assez de force pour me faire saigner.

Sa colère augmente, mais il n’engage toujours pas le combat. Alors je me transforme et rugis férocement tout crocs dehors.

- Défends-toi ou meure !

Mon nez s’écrase sous l’impact de son poing. Pas mal ! Avec un autre angle il aurait pu me faire plus mal. Puis il n’a pas de jeu de jambe, il est statique. Pfff ! Tout à lui apprendre !

- C’est tout ? Je t’ai dit de me frapper pas de me caresser ! Aller bordelo ! Montre qui est le chef !

Je l’énerve et le pousse à bout. Je surfe sur ses peurs en me faisant bestial. Pourtant mise à part quelques bousculades, je ne lui fait pas mal. Je blesse son égo, et sa fierté. Mon but est de le faire exploser, qu’il s’acharne sur moi, qu’en me cognant, il frappe ceux qui lui font peur. Après il pourra espérer dégommer les canettes. J’esquive à peine ses coups. Je le traite de chiffe molle, de fillette. Il réussit quand même à me fendre la lèvre. Therencio doit me prendre pour un cinglé, mais quand comme moi on est habitué à aller se faire refaire le portrait sur un ring, cet apprentissage pour canaliser sa hargne ne se fait pas vraiment à mes dépends.

Ce gosse saura se défendre qu'il le veuille ou non, foi d’Amaro !



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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: In the line of fire [PV Alessandro]   Ven 30 Déc - 0:39



Strength
La peur peut te garder en vie Therencio. Pour moi elle est un sentiment parasite et inutile.

Cette réponse, bien loin des pseudo leçons de vie fumeuses que je m'attendais à devoir avaler me déconcerte profondément. Ce mec est... incroyable. Il n'ignore pas la peur, il ne l'accepte pas, il ne la dompte pas, non : il l'a banni. Si ce qu'il dit est vrai, il est sans failles, inattaquable. Puissant. Mais aussi confiant se montre t-il, il faut plus que de belles paroles et de l'allure pour me convaincre. Jusqu'à quel point est-il sérieux lorsqu'il assure ne pas éprouver la peur? Cette force dont il se vante, qu'il me la montre. J'ai besoin de juger quel roc inébranlable il est. Et moi? Maintenant que j'ai le pouvoir de vie ou de mort et qu'il suffirait de peu, d'un simple mouvement pour l'anéantir, est-ce que je suis encore si faible face à lui?

Tout bascule en une fraction de seconde. J'ai mal et la peur me tort les entrailles, je regrette ma bravade quand il me retient littéralement entre ses griffes et tente d'incruster ma main à l'arme que je n'arrive pas... que je ne veux pas faire mienne comme je le devrais. Mon erreur, le loup me l'estampille aussi bien dans le crâne que dans mes os. Tu sors ton arme, tu tires! gronde t-il sauvagement. Mais tirer, je n'y arrive pas! Je connais les dommages d'un coup de feu, la plaie n'est plus mais le souvenir est palpable sur mon ventre, les conséquences d'un tel acte je les redoutent, je ne veux pas faire face à une marre de sang! Je voulais de quoi dissuader mais je ne suis pas prêt à tirer sur quelqu'un! Les coups partent malgré moi, de ma main mais par sa volonté. Tu sors, tu tires! persévère t-il sans relâche. Je suis éjecté comme un morceaux de viande à tanner, dépouillé du pistolet. Je suis foutu. Je suis venu pour me protéger et je manque me faire trouer, lamentablement étalé dans la poussière. La morale d'Alessandro est impitoyable. Je ne serais pas en train de prier pour ma vie si seulement j'avais agis...

Tu sors une arme, tu tires...


Je me suis cru mourir. Pourtant, sous mon regard trouble, mes mains s'activent à recharger l'outil qui aurait pu causer ma fin. La peur, la honte, le soulagement incrédule d'être encore là fourmillent en moi. J'aurais du appuyer sur la détente, comme le répète Amaro. Ou rester à ma place... Je me lève, me campe devant les cibles, frissonnant à la présence du loup. En faisant preuve de fermeté, Amaro s'est montré effroyable. Mais pas décevant... A mon tour de montrer ce que je vaut. Je ne suis pas venu ici pour rester à ma place, mais je ne referais pas la même bêtise en sondant le mauvais sujet.

Je sors mon arme, et je tire.

L'anesthésie suit l'adrénaline qui m'a envahie. Une petite prise de conscience de moi-même nécessaire après les évènements. J'ai le bras qui fourmille des coups de feu mais mon cœur s'assagit. Je suis en vie. Et je compte bien le rester...
Le doute et un mal à aise croissant me prend aux douilles vides et aux canettes intactes. J'ai jamais tiré avec une arme avant, pas hors contexte forain et loisirs puérils. Qu'il me laisse recommencer! Je me suis acharné bêtement. Cette fois je ferais bien gaffe, je me focaliserais sur les cibles, je compterais chaque coup, et je les-

- Je ne te reproche rien Therencio.

Je me suspend dans ma recharge pour poser un regard surpris sur le mafieux. Son ton est trop conciliant pour ce à quoi je m'attendais après son intransigeance de plus tôt... Je lui laisse me prendre délicatement le semi sans comprendre s'il propose un temps-mort ou s'il m'en prive et pour quel motif, et je me retrouve les mains vides. Des mains que je détaille négligemment pendant qu'il se met à l'aise, fermant et détendant le point qu'il a maltraité contre l'arme.

- Sì ?

Encore un appel? A propos des types à cramer?... Mon regard défiant quitte Amaro pour survoler le pistolet posé sur la souche, et je m'éloigne calmement faire quelques pas. Résigné.
Je pourrais me vanter d'avoir une relation intime et d'avoir dormi à nombreuses reprises dans les bras d'un danger reconnu et redouté qu'est le cannibale avant que ce dernier se sente trahis, et d'être toujours en vie malgré ça. Concrètement je n'ai jamais été témoin de la bestialité du wendigo, il m'a avoué ses crimes mensuels et sa nature qu'on lui envie ou qu'on lui blâme rend sa monstruosité indiscutable. Mais me voilà dans cette clairière isolé de tout, à manier un flingue sous la direction d'un gangster qui élimine froidement ses opposants et transmet ses leçons avec poigne. Je ne pourrais pas certifier que cette rixe mortelle avec quoi il m'a menacé au Pink a bien eu lieux, pas plus que cette histoire de bagnole incendiée avec ses occupants ne soit pas un énorme quiproquo auquel j'adhère stupidement. Mais le flingue, lui, est réel. Le fauve est réel. L'aura féroce et implacable qu'il dégage et dont il use est réelle... Le danger qu'est Amaro, je viens d'y être confronté, j'en ai plus conscience que je n'ai eu conscience de ce que certains surnaturels et menaces humaines représentent. Mais quoiqu'il commette en parallèle, il y a une chose dont je suis certain. C'est que je ne suis pas une cible pour le mafieux et que quelque soit la méthode ou ses aspirations, il s’emploie bel et bien à m'apprendre à me protéger.

- Tiens-moi au courant s’il y a des problèmes.

L'idée bancale mais tranquillisante que ces cibles le méritaient peut-être me traverse l'esprit... Dans le fond je ne suis pas un sensible, tant que ça ne me concerne pas ni ne touche mes proches, je ne vois pas en quoi c'est mon problème. Sur cette décharge certes arrangeante mais salutaire, je me retourne vers l'italien en jetant un coup d’œil interrogatif à l'arme qu'il laisse à sa place.

- Première leçon ok. Tu sais charger une arme et tirer sans te déboiter l’épaule. Mais ce n’est pas suffisant pour dégommer les canettes. Frappe-moi !

Je hausse largement des sourcils. Qu'est-ce qui lui passe par la tête?! C'est quoi le rapport entre s'acclimater à une arme pour tirer dans le mille et le cogner?! Qu'il ne se méprenne pas, l'envie de le frapper, c'est pas ce qui me manque. Mais qu'il le demande, sachant quelle créature il est... je lui donnerais pas une bonne raison de me tabasser, je suis pas suicidaire!
Je le jauge de haut en bas avec suspicion qu'il me bouscule.

- Frappe-moi si tu l’oses. T’es un homme ou une ragazza ?

Je sais pas ce que c'est une ragazza, mais de sa bouche ça parait tout sauf viril.

-Je suis pas stupide... prévins-je, méfiant.

Je serre les dents et le point. Qu'est-ce qu'il cherche à me provoquer alors que la différence entre nous est si évidente? Je ne courberais pas l'échine sous ce prétexte, de l'audace j'en ai, seulement je suis venu ici pour manier un pistolet, pas pour perdre mes moyens et faire preuve d'emportement devant un garou au sang froid inégalé. Mais il insiste, une petite gifle mesquine, une bousculade supplémentaire.

-Arrête ça! m'agacè-je.

Le s*lop, ça l'amuse! La claque qui suit je la repousse furieusement, je ne craquerais pas mais je ne me laisserais certainement pas faire! C'est sans compter sur son obstination. Je plie et recule au coup en traitre dans le bide, un regard noir qui perce le sien.

- Alors ! Tu te laisses marcher dessus Therencio ? Tes poings sont en coton ? Fumier... Il faut que je te fasse mien pour que tu te rebelles ?

-PUT'... Me touche pas!

Je l'éloigne d'une brassé puissante, le point prêt à partir. Le s*lop, la colère et la honte me montent au visage, humilié par un attouchement facile et au souvenir indésirable auquel il me renvoie. Mon point aurait déjà rencontré son nez s'il ne me restait pas un résidu d'effroi et si tout dans son attitude ne me poussait justement pas à rompre comme il l'attend. Je ne suis pas son pantin!

-Aller ! Cogne ! N’aie pas peur je cicatrise. Encore faut-il que tu ais assez de force pour me faire saigner.

Celle là me ramène un sourire carnassier.

-Ne m'encourage pas sur ces arguments là...

L'idée qu'il guérisse me le présente comme un punchingball vivant et infrangible, autant dire une sacré tentation. Mais si Alessandro veut tellement que je le frappe, il est hors de question que j'accepte, je ne lui ferais pas ce plaisir!
Je sursaute vivement lorsqu'il se transforme. Oh m*rde, pas encore...

-Défends-toi me rugit-il à la face, ou meure !

Le coup est parti tout seul. Un réflexe sur lequel j'aurais du prendre les jambes à mon coups si l'entreprise ne s'avérait pas totalement inutile. Nous sommes perdus dans une forêt à presque une heure de la bagnole, c'est un prédateur et pas du genre à lâcher l'affaire. Je m'en sortirais jamais en prenant la fuite. Et b*rdel, je le laisserais pas jouer avec ma vie comme il a trouvé bon de le faire plus tôt avec le flingue!

- C’est tout ? Je t’ai dit de me frapper pas de me caresser ! Aller bordelo ! Montre qui est le chef !

-Ok, t'as gagné : je vais t’exploser ta sale face de garou!

Je vise les dents, ces crocs terrifiants qui savent pourtant raser la peau avec délice. Il agit en animal, je me défend contre un animal, en m'acharnant sur sa gueule. Il dévie mes points, pare mon genou qui lui visait les valseuses mais j'en profite pour l'asséner de coups de coudes dans le cou, la tempe, et lui ravaler la tronche. Je boxe tout ce que je peux atteindre.
Je ne suis pas une chiffe-molle, je ne suis rien de tous ces qualificatifs ridicules qu'il m'affuble, je ne mérite pas son mépris. Je suis plus que ça!

-Je suis plus fort que tu le crois! Je vaut tellement mieux que ça!!!

Je cogne, il se laisse quasiment faire, sa défense ne vise qu'à alimenter et recadrer ma hargne. Mais ça m'importe peu, frapper s'avère libérateur. Puisque c'est se faire défoncer qu'il veut, alors je compte bien prendre ma revanche.

-Reviens espèce de lâche!

Il me fuit! Non, il me nargue! Se proposer comme défouloir ça demande nécessairement un temps de rétablissement, mais je ne lui accorderais pas!

-Montre moi comment tu guéris Amaro!

Ce n'est plus lui qui quémande d'être caressé, c'est moi qui me rue sur lui, la main généreuse. Je le choppe par la chemise pour mieux castagner.

-Tu m'as pas laissé le choix cette nuit. accompagnè-je d'un choc en plein visage. Et quand il l'a su ce que j'ai fait il s'est cassé sans rien comprendre!

Et c'est injuste! J'aurais pas craqué s'il ne m'avait pas menacé, Adriann n'aurait pas du partir comme il l'a fait! Des Adriann il y en a des centaines conviendrait-on, et je pourrais facilement le remplacer dragueur comme je suis. Mais il ne peut pas comprendre. Le professeur et moi c'est évidemment une histoire de sexe, un irrésistible interdit tant considérant sa fonction principale et ma place dans son cours que considérant sa nature prédatrice et mon rang d'amuse-gueule, c'est un être complexe séduisant, c'est un camarade dans le plaisir et les défis, mais ça ne tient pas QU'A ça!

-B*rdel, il avait confiance en moi!!!

Ça a pris du temps, j'en ai faite des erreurs, mais il s'ouvrait enfin à moi! Ça fonctionnait entre nous! S'il ne s'était rien passé au Pink, j'en reste persuadé, il m'en aurait voulu pour le reste mais il ne m'aurait pas abandonné... Il a tout gâché!
Je me décharge tout mon saoul contre Amaro. Mon point s'encastre à répétition dans ses muscles fermes, percutent les os de son visage, cherche le morceau plus tendre à rosser. Je veux qu'il ai mal, je veux qu'il reconnaisse ma force, je veux que l'humain que je suis l'emporte sur la créature qu'il est et qui ose se servir, non, asservir comme s'il avait droit de veto sur le plus faible, comme il a pris plaisir à s'amuser de moi cette nuit au Pink et comme il continue de jouer avec ma susceptibilité. Je ne suis pas faible, ni devant lui, ni devant des criminels, ni devant aucun surnaturel ou quiconque me fera face! Ni même aux yeux d'Adriann qui m'a tourné le dos en me balançant ma solitude au visage, comme une insulte, pensant que c'est ce que je suis, faible sans lui...

Les coups d'Amaro je les subis, mais je ne les sens pas. Il est le réceptacle à ma colère, un sentiment qui me consume plus fort que ses ripostes. Il est le psychopathe devant qui j'ai flanché, les imaginaires angoissants de bouchers et d'incendiaires obstinés avec lesquels ont m'a abandonné, ce bêcheur de Wilder qui me prendra toujours de haut, le vairon pour qui je ne suis qu'une perte négligeable, tous les autres qui n'auront vu en moi qu'une semblant d'homme caché sous un blouson de cuir, et les disparus et les absents qui ne méritent que mon ressentiment et mon dégout pour toutes les épreuves qu'ils m'infligent!!!
Alessandro reçoit pour eux tous. En prenant du recul quelques secondes pour retrouver mon souffle, je me dis que sa face hideuse de semi-lupin malmené pourrait faire écho à n'importe quel cauchemars de toute façon.

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MessageSujet: Re: In the line of fire [PV Alessandro]   Lun 9 Jan - 18:56



In Line of fire


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-Ok, t'as gagné : je vais t’exploser ta sale face de garou!

Son poing part. Son attaque manque de précision. Elle est surtout est dominée par la colère et la rage. Therencio fulmine et m’invective. C’est l’effet que je cherchais à créer. Le pousser à frapper, l’obliger à éliminer toute sa retenue, ce côté humain, prudent et circonspect qui le rend faible et vulnérable. De fait, le gamin a de l’énergie à revendre. Toute la tension qu’il vient d’accumuler, l’énormité d’en arriver à acheter une arme à un mafieux notoire, toutes ses émotions sortent enfin. Il roxe, je pare ou au contraire contre-attaque pour entretenir cette hargne. Volontairement je lui sers d’exutoire. Il en a conscience et ça l’énerve encore plus. Il change de posture et cherche à me faire mal. Sa colère se fait calculatrice et canalisée. Il gagne en efficacité.

- Je suis plus fort que tu le crois! Je vaux tellement mieux que ça!!!
- Alors montre-moi Therencio au lieu de me chatouiller la couenne. J’ai l’impression que c’est d’un autre type contact que tu as besoin…


Mes propos font mouche, il redouble d’ardeur et de haine. J’esquive et recule pour mieux le narguer.

-Reviens espèce de lâche!

Il pense que je m’accorde un répit. Soyons honnête, je ne bloque pas la cicatrisation de ma lèvre inférieure qui s’est fendue sur mes crocs quand il m’a cogné en pleine face. Le gamin me charge décider d’en découdre sans me laisser souffler. Mi piace!

- Montre-moi comment tu guéris Amaro!
- Pour guérir, faudrait d’abord me blesser…


Des boutons de ma chemise volent quand il m’attrape au col. La lueur dans son regard se fait meurtrière et déterminée. Sa peur s’est envolée. Cette fois il frappe vraiment, non pas pour me blesser, mais plutôt pour m’anéantir. Il me fait mal. Je commence à me défendre plus efficacement, car je n’ai rien d’un masochiste non plus. Mon but était qu’il ouvre les vannes de ce qui le ronge, faire exploser sa fureur et là je suis servi. A mon tour je frappe. J’évite son visage ou toute zone normalement visible pour qu’il n’ait pas d’explication à donner demain quand sa peau sera parsemée de bleus.

-Tu m'as pas laissé le choix cette nuit. Et quand il l'a su ce que j'ai fait il s'est cassé sans rien comprendre!

Il me lâche cette information comme on frappe de rage dans un mur. Son professeur n’aurait pas apprécié l’incartade de son jeune protégé ? Voilà bien l’hôpital qui se moque de la charité. Weizerling est connu pour ses frasques. Therencio était-il une simple lubie du professeur, lubie qui s’arrête s’il n’a plus l’exclusivité ? L’allemand est-il assez tordu pour imposer à l’autre ce que lui ne tient pas ? Dans une moindre mesure, ne fais-je pas un peu la même chose avec Jansinio ?

-B*rdel, il avait confiance en moi!!!

C’est un cri du cœur, un hurlement de douleur. Sa réaction m’interpelle et me brasse. Il est vraiment attaché au wendigo. C’est un homme amoureux qui se bat contre moi. Subitement j’ai envie d’appeler mon danseur, juste pour entendre le son de sa voix et que lui écoute la mienne lui dire qu’il me manque. J’ai atteints l’objectif que je m’étais fixé, pourtant au lieu de le bloquer et d’arrêter le combat, je le laisse poursuivre. Je ne m’attendais pas à ça, son profond désespoir.

Je n’éprouve pas de compassion ou le moindre sentiment de culpabilité dans cette affaire. Néanmoins… Je vois dans le gamin, un filleul. L’amour, le réconfort, c’est aux parents et à l’être aimé de les apporter. Le rôle d’un parrain est de guider et d’enseigner ce qu’est la vie, la vraie, celle où il faut savoir s’en sortir par soi-même, car les parents comme les amours sont souvent éphémères. Et c’est ce que je suis en train de faire, lui imparare per uscita le dita nel culo.

Là ce sont les poings qu’il sort de ses poches. Therencio cible particulièrement mon visage. Une façon de m’atteindre moi et ma domination, d’effacer ma superbe. Toutefois, il commence à faiblir sous le rythme effréné qu’il tient depuis plusieurs minutes et s’écarte un peu, me regardant avec dégout. J’encaisse sans broncher ce regard en crachant un jet de sang. J’étais volontaire pour endosser le rôle, celui du méchant, du vilain. Je joue à la perfection ce personnage, si bien que beaucoup me croient inatteignable autrement qu’une balle entre les deux yeux.

Pourtant s’ils me voyaient, ces nuits de pleines lunes où je me noie dans le regard émeraude de Jansen pour gagner la bataille contre le monstre qui vit en moi et qui réclame son dû mensuel. Je suis le dominant et je refuse de me soumettre, même au loup dont je tire ma force et mes capacités de guérison. C’est une des raisons pour laquelle je me bats la plupart du temps comme un humain et que j’emploie des méthodes non moins humaines pour instaurer mon empire. Je montre à l’animal qui commande en ne me servant pas de ses capacités dans mon quotidien.

Cependant, quand je lâche la bête, que je lui laisse les rênes, c’est une violence sans état d’âme qui se libère. Les hommes de Barns en ont fait les frais quand ils ont pensé nous arrêter Arès et moi. La scène du crime avait retroussé les estomacs de la flicaille, mêlant leur bile au sang et à la puanteur des entrailles lacérées. De même que c’est le loup qui a tué Lyly, mais avec amour et sans violence. Une notion que seul un mafieux peut comprendre… Tuer avec amour.

J’ai conscience de ma dualité, de ce rapport de force que je livre aux autres ainsi qu’à moi-même. J’exige avoir la domination sur mon univers. Et si Jansinio a accès à mes faiblesses, c’est qu’il a parfaitement compris comment je fonctionne et qu’à sa manière il sait plier sans rompre, apprivoisant le loup avant l’humain.

Therencio me frappe, encore et encore. Ses poings faiblissent, ses bras tremblent sous l’effort répété. Son rythme diminue jusqu’à ce faner. Je finis par le serrer contre moi avec force, presque à l’étouffer. Je n’absorbe pas sa douleur, non pour le punir, mais parce qu’il ne veut pas de cette aide, pas encore, pas maintenant. Je lui parle doucement dans ma langue natale. Il ne comprend rien, y a rien à comprendre sinon les sonorités apaisantes de mes mots. Therencio rue encore contre mon emprise, seulement je ne le lâche pas.

- Therencio, ce n’est qu’une épreuve de plus. Une épreuve qui va te permettre d’être définitivement fixé sur cette relation. Adriann est vexé. S’il tient à toi, tu le reverras. Dans le cas contraire… Ne t’englues pas dans une relation à sens unique, ça te bouffera.

M’écartant doucement, je lui relève le menton pour qu’il me regarde. Il est épuisé par l’émotion et le combat que nous venons de mener. Je n’ai pas envie que… mon filleul se fasse bouffer par ce wendigo. Cependant le gamin vient de prouver qu’il y est véritablement attaché. Impossible d’aller contre ce genre de sentiment, autant lui donner les atouts pour s’imposer à l’autre cornu.

D’autorité je l’attrape et l’amène vers la souche où j’ai posé l’arme. Vérifiant son chargement, je me mets en position. Je ne dis rien, Therencio non plus. Il n’est pas très beau à voir, le visage rougi, et les cheveux en bataille. Calmement je vise une canette et je tire. L’odeur caractéristique de la poudre se repend dans l’air à nouveau. Sans le prendre en traitre, je me place à nouveau dans son dos et place l’arme dans sa main, avant de positionner sa main gauche par-dessus en renfort. Therencio reste stoïque, son flot de parole va revenir, pour le moment il est en état de choc. Je rectifie la position de ses épaules, lui expliquant l’importance de bien bloquer pour ne pas se faire mal. Je tire sur son bras pour mimer le recul de l’arme.

- Au début tu peux fermer un œil pour viser avec ton œil directeur. Vise celle qui est tout à gauche.

Je me colle contre sa joue pour vérifier son angle de tir, je corrige sa position. Je lui montre quel repère prendre.

- Quand tu penses être bon, tu inspires, bloques ta respiration et tir. Surtout expire après. Ne reste jamais en apnée entre deux tirs.

Je m’écarte légèrement pour ne pas le perturber par mon contact. Je suis attentif à ses gestes. Le coup retentit, la canette visée s’envole dans les fourrés.

- Sì ! Bene Therencio ! Celle d’à côté maintenant.

Le gamin enchaine. Il ne fait pas mouche à chaque fois, mais son score est honorable. Nous ne parlons pas de notre altercation. Comme d’un commun accord nous restons concentrés sur les exercices. Je réponds à ses questions et l’encourage d’une voix qui laisse percer une certaine fierté de sa réussite. Après les coups, le réconfort… Je crois que le gamin a compris ma façon d’agir avec lui. J’ai changé de registre. Le batifolage au Pink est du passé… pour moi. Cela ne veut pas dire non plus que je ne le taquinerai plus.

- Tu vas tenter d’enchaîner. N’oublie pas de respirer entre deux tirs. Si tu en rates une, passe quand même à la suivante. Essayes de trouver un rythme qui colle avec ta respiration.

Rarement on a vu élève plus studieux. Therencio s’applique, corrige sa position, et recommence encore et encore. Une boite entière de balles y passe. Je lui dis que je lui en donnerai une autre, gratuitement. Alors que je ramasse les canettes qui sont devenues de vraies passoires, Therencio va à la pêche aux douilles. Nous faisons le ménage dans un silence réparateur.

- Il faudra aussi que tu t’entraînes à sortir ton arme de la poche de ton blouson sans t’empêtrer avec. Tu peux faire ça seul devant un miroir pour corriger tes mouvements. Aller on rentre.

Le retour se fait calmement. Je tire sur une énième sigaretta, laissant échapper la fumée avec un réel plaisir. Il n’y a pas la tension présente sur le chemin aller. Nous ne sommes pas devenus amis. Nous ne sommes pas vraiment ennemis non plus. Une fois arrivés à la voiture, je balance le sac de ferraille dans le coffre.

- Tu es parfaitement crédible avec un flingue Therencio. Aujourd’hui je ne voulais pas simplement t’apprendre à utiliser une vraie arme. Non… Ce que tu as appris ce matin, c’est être capable de tirer sur quelqu’un avant qu’il ne te fasse irrémédiablement du mal.

Je ne saurais dire s’il s’en balance de mes compliments. Son regard est toujours peu amène envers ma personne. Pourtant, j’ai tenu mes engagements avec sérieux et professionnalisme. A défaut d’apprécier l’homme que je suis, il peut respecter le Boss. Quelqu’un qui lorsqu’il s’engage, va jusqu’au bout. C’est assez rare sur cette terre pour ne pas être boudé. Therencio donne toujours cette apparence d’adolescent rebelle, toutefois je ne lui fais pas l’affront de le prendre pour un imbécile. Puis il faut en avoir dans le pantaloni pour suivre ses sentiments et s’attacher à un être comme le professeur de crim’.

- Nous allons manger un morceau, ou tu en as assez de voir ma tête ? Je t’invite, j'ai les crocs. En tout bien tout honneur, promis.



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MessageSujet: Re: In the line of fire [PV Alessandro]   Lun 16 Jan - 0:25



Reaching the limits
Les gens d'ici connaissent peu le Therence bagarreur. Pourtant, ces points qui fouettent l'air et s'écrasent dans des bruits de craquements pénibles pour quiconque ne cherche pas la bataille ou n'est pas prêt à en guérir miraculeusement ont déjà eu leur lot d'exercice, depuis très longtemps. Il y a les crâneurs de cours de récréation qui ne méritaient que de se faire refaire le portrait, les modèles de force auxquels il fallait se mesurer pour conserver ou gagner le respect hors des murs du collège, et puis il y a eu les punching ball, moins glorieux, ces petits faibles qui n'avaient rien demandés mais qui avaient le malheur d'avoir croiser ma route ou d'avoir été les regrettables élus pour calmer une colère adolescente inextinguible.
Il y a longtemps que je n'ai plus cogné comme je le fais. Sans retenu, juste de la force pure. J'aime croire que ce blouson noir et mon assurance suffisent à attiser l'imagination, laisser supposer quelques dents de casser au détour d'un bistrots ou quoique les gens préfèrent s'illusionner pour ne pas craindre de passer pour un vulgaire cliché. Je n'hésite réellement pas à me défendre et à cogner si la situation le demande, seulement, je ne cherche plus ce genre de problèmes comme c'était un besoin auparavant.
Parce que je ne peux plus me permettre de me faire remarquer comme c'était le cas. La flicaille je préfère la taquiner par des excès de vitesse vite expédiés, l'école a toujours un œil sur tout et je ne gagnerais rien à me faire virer. Et surtout, je n'ai plus l'utilité de jouer à ça... Aujourd'hui, plus personne ne m'arrêterait dans mes excès si je me laissais aller. Dit autrement : je me gère. Cette phrase qu'on pourrait croire sorti de la bouche d'un adolescent prétentieux et désinvolte est pourtant une réalité qui s'est imposée à moi et à laquelle je tiens farouchement. Si je veux pouvoir conserver mon indépendance, alors je suis contraint de me fixer des limites et de m'y tenir. Je suis devenu adulte. Tout simplement.

Et cet adulte que je clame être, à quel prix le suis-je devenu? Est-ce que seulement, certains seront prêt à le reconnaitre un jour, ceux qui me toisent comme un emm*rdeur puéril, ceux qui seraient prêts à me servir limonade et bavoir dans un bar, ceux qui pointent la solitude d'un môme baratineur et si vite effrayé par les monstres?...

Je ne suis pas faible. Je ne l'ai jamais été. Et un jour, quelqu'un le reconnaitra...

-Alors montre-moi Therencio au lieu de me chatouiller la couenne. J’ai l’impression que c’est d’un autre type contact que tu as besoin…

Enflure. Je frappe mais mes coups semblent sans effets. C'est un loup bon sang! Il n'y a rien d'équitable dans cet affrontement! Les coups qu'il me renvoient ne sont que des pichenettes insupportables comparées à l'énergie que je dépense. Alessandro attise le feu au lieux de l'étouffer. Je brûle de le voir plier et cracher du sang, je m'acharne avec fureur. C'est bien plus que l'objectif de le battre qui m'anime, c'est un déferlement d'émotions. Il m'a fait chanter, Adriann est parti, il a feint de me tuer b*rdel! Si j'ai accepté son aide aujourd'hui, c'est uniquement par la force des choses, la force d'une situation qui me dépasse et de sa saleté de ruse! Il a ouvert la porte à mes peurs, mes ressentiments, mes doutes, mes regrets enfouis, des regards réels ou supposés qui se superposent au sien et que je défis dans la violence.
Ça fait mal. Il se défend enfin, mais je ne peux plus m'en réjouir. Je frappe et je frappe et je frappe sans interruption sinon pour reprendre mon souffle et frapper à nouveau. Le regard qu'il me renvoie ne souffre aucune fêlure, et ça me fait rager. Ne me méprise pas Amaro! Je veux qu'il cède! Je veux faire mal! J'ai besoin qu'il regrette!!! Qu'il reconnaisse ma valeur... J'ai besoin de détruire à m'en crever les phalanges...

Je frappe jusqu'à plus pouvoir, la pulsion de mes bras remplacés par des coups de marteaux inoffensifs en agrippant de l'autre main. J'ai l'impression de diminuer face à sa posture toujours inébranlable, et l'impression est d'autant plus criante quand il me capture contre lui. Je le repousse aussitôt.

-Lâche moi!

Dégage! Je le vois venir et je refuse ça, et je me voute entre ses bras et force pour essayer de m'en extraire. Je râle et grince désespérément entre mes dents alors qu'il me berce dans sa langue maternelle, inflexible. Je hurle de l'intérieur. Qu'est-ce qu'il ne comprend pas?! C'est tellement jouissif de me voir dans cet état?! Le contact est humiliant, son étreinte hypocrite je n'en veux pas! Il n'a pas à me faire subir ça!...

- Therencio, ce n’est qu’une épreuve de plus. insiste t-il doucement en gardant une prise ferme autour de ma nuque. Une épreuve qui va te permettre d’être définitivement fixé sur cette relation. Adriann est vexé. S’il tient à toi, tu le reverras. Dans le cas contraire… Ne t’englues pas dans une relation à sens unique, ça te bouffera.

-Qu'est-ce que tu y connais en relation?! lui crachè-je dans un dernier effort à échapper à son étreinte.

Il a batifolé avec moi sans scrupule, joue les italiens charmeurs avec la clientèle aussi naturellement qu'il roule les "r", et il est difficile de déterminer si sa possessivité pour le danseur est réelle ou une interprétation de plus dans son jeu du parfait rital. Pour le coup, il n'est pas crédible à mes yeux.
Ou bien j'ai seulement besoin d'attaquer. Encore un peu. De la seule façon qu'il me reste, une dernière fois avant de finir par rompre et me reposer contre Alessandro, à bout de force, et apprécier non sans gène et dépit, et un soulagement coupable, la pression de ses bras autour de moi. Savoir qu'à lâcher prise, je ne m'écroulerais pas. Parce qu'il me soutient...

La douleur pulse au delà de mes muscles et mes points engourdis. Il s'écarte doucement et me rend à mon propre équilibre. La tête lourde, je renifle honteusement une émotion qui stagne dans mon regard et la chasse d'un coup de main.

-T'es une ordure. murmurè-je sans toute la conviction que je voudrais donner à mes propos.

Il n'a pas idée de ce qu'il me fait vivre. Toutes ces c*nneries qui remontent à la surface... Mais Amaro ne s'excuse pas, il ne m'ignore pas non plus. Il m'oblige à redresser la tête, et je fixe obstinément le part-terre avant de finalement le regarder. Est-ce qu'il lit encore la colère dans mes yeux? La défiance? L'épuisement. De l'embarras. Un mélange plus confus de tristesse et de crainte au comportement ambiguë qu'il adopte, son regard qu'il m'impose comme il a refusé de me lâché quand je ruais pour fuir, autoritaire jusque dans le réconfort.
Je ne sais pas lire en Amaro, je ne suis pas sûr qu'il soit possible de le comprendre. Mais son regard me parait sensiblement plus chaleureux en m’auscultant. Je fini par lorgner ailleurs à nouveau, mal à l'aise, en me disant qu'il n'en demandera pas plus alors qu'il a eu l'attention qu'il attendait de moi.

Je n'ai plus l'énergie à me rebeller quand il me conduit près de la souche. Je le regarde faire, vérifier le chargement, se positionner, puis shooter dans le mille. Je contemple, hagard, la canette qui est tombée. Alors il reprend sa place initiale dans mon dos et guide mes gestes, et cette fois je me laisse faire. Amaro n'est plus une tentation, ce n'est plus une menace. C'est un instructeur. Et mon corps est une mécanique affaiblie et mon esprit est une pièce vierge et propre à réaménager sans encombre avec de nouveaux bagages. Pour une fois j'embrasse la passivité et le laisse me piloter en enregistrant sérieusement ses enseignements.

-Au début tu peux fermer un œil pour viser avec ton œil directeur. Vise celle qui est tout à gauche.

Mes prunelles glissent dans la direction donnée, puis je pivote légèrement du torse sans bouger les bras. Je ferme un œil, la joue d'Amaro qui rappe légèrement contre la mienne ne me dérange plus de la même façon. Calmement, il rajuste ma pose, indique un dernier conseil, puis il se retire.
J'inspire, j'expire, un rythme régulier, et lorsque je suis prêt, j'inspire d'une cadence égale et j'appuie sur la détente. Le bruit de ferraille suit immédiatement le coup de feu.

- Sì ! Bene Therencio ! Celle d’à côté maintenant.

Je l'ai eu... Une lueur vivace revient animer mon regard à défaut d'un sourire. Je reprend position, et je vise la canette suivante.

La réussite réveille mon assurance. Je reprend les rennes de ma volonté et commence à retrouver de l’intérêt dans les exercices. Tirer, toucher, gagner en technique, mais aussi gagner en estime. L'italien ne se contente plus de diriger, il y a de la satisfaction dans sa voix. Et ça n'est pas plus anodin que chaque cannettes atteintes pour moi.

Le soleil monte et réchauffe lentement mais surement l'atmosphère. Sur le chemin du retour, je profite du calme ambiant en triturant l'arme dans ma poche sans plus m'en rendre compte. Je m'en suis tenu à des acquiescements et à des questions pratiques, je n'ai rien à dire de plus. Amaro me fournira une nouvelle boite de cartouche et je songe à jouer les Lucky Luke dans ma salle de bain pour m'entrainer à dégainer comme il me le recommande. Il m'a appris le B.A.BA, mais je ne me leurre pas, j'ai encore beaucoup à travailler.

-Tu es parfaitement crédible avec un flingue Therencio.

Adossé à la voiture pendant qu'il range les canettes à l'arrière, je lève les yeux de mon semi pour le dévisager. Plus qu'une confirmation de la sécurité que je suis venu chercher avec ce flingue, la réplique du mafieux honore mon ego. Ça sonne comme l'appréciation finale d'une évaluation rudement menée. Je suis pleinement rassuré.

-Aujourd’hui je ne voulais pas simplement t’apprendre à utiliser une vraie arme. Je fronce des sourcils. Non… Ce que tu as appris ce matin, c’est être capable de tirer sur quelqu’un avant qu’il ne te fasse irrémédiablement du mal.

Ma joie s'efface pour un réalisme plus cru. Amaro m'a effectivement imposé bien plus que ce que j'attendais en lui réclamant l'achat d'un pistolet. Avec ses multiples visages, il m'a confronter aux créatures et aux tireurs que je redoute pour les avoir subis ou fantasmés. Il m'a mis face à une réalité.

-Je m'en suis rendu compte. marmonnè-je sans animosité.

J'ignore s'il veut m'ouvrir les yeux ou s'il attend un merci de ma part, mais je ne suis pas un adepte de la seconde option, d'autant après ce qu'il m'a fait endurer. Même si je ne suis pas aussi indifférent que d'apparence. Je fronce les sourcils, pris d'un infime doute en me demandant si son discours n'a pas légèrement changé. Là où je suis venu pour savoir me défendre, lui voulait m'apprendre à tuer. Néanmoins... Je ne suis pas sûr qu'il ait sous-entendu la mort de qui que ce soit cette fois.

Je me pince les lèvres, désabusé, en comprenant ce qui lui trotte dans la tête.

-T'es persuadé qu'il me ferait du mal, pas vrai?

Adriann. Je ne suis pas en mesure d'affirmer que ce ne serait pas dans ses intentions après ce que je lui ais fait, mais... de manière plus générale, je l'ai assez bien cerné, et je me connais aussi assez pour ne pas m'en faire outre mesure. Ce n'est pas Adriann qui me fait peur. Mais je grimpe en voiture en m'agaçant de repenser à lui maintenant. Qu'il laisse tomber. Ce qu'il s'est passé au Pink, c'est la loi du plus fort, une loi naturelle à Beacon Hills plus que nulle part ailleurs. Il a gagné et moi j'ai perdu, et je ne l'accepte pas. C'était traitre de sa part et j'aurais jamais du perdre Adriann pour des bêtises. Quand bien même je reconnais avoir reçu une certaine compensation aujourd'hui...
Je me laisse aller à un bilan de la mâtiné, et ce sont des réflexions plus personnelles qui résultent et m'accaparent au cours du trajet. Je redresse le nez vers les nuages qui stagnent au dessus des cimes qui bordent la route.

-Je fini toujours par gagner. avouè-je.

Il n'y a aucune fierté dans mes paroles. Ou peut-être bien que si, mais une fierté mauvaise.

Quand je repousse les gens, ils s'en vont. Quand je me débat, on fini par me lâcher. Quand je m'échappe, on abandonne la course tôt ou tard. Ceux qui s'obstinent finissent par le regretter. C'est ce que je recherche, je suis très doué pour ça. Et je fini toujours par gagner. Même si le plaisir que j'en retire est un plaisir masochiste qui laisse place à du mépris pour tout ceux qui auront fini par clamer leur défaite face à l'imprenable Therence.

Amaro est toujours là, juste à côté de moi.

Il ne m'a pas laisser fuir, ni lâché, ni pris de la distance. Même d'avoir retourné l'arme contre lui, il n'a pas envisagé une seconde d'abandonner. Pourquoi?! C'est une attention qui me ferait presque honte, parce que je ne la comprend pas. D'autres ont essayés de m'attraper et de me garder, de bonne intention ou par simple égoïsme, mais ils n'y sont pas arrivés. Si ma confiance ou quoi que ce soit d'autre à obtenir de moi est un trophée, ça ne se gagne par sans batailles parfois déloyales de ma part. Ce n'est pas moi qui corse le jeu : ce sont les autres qui sont trop faibles pour jouer selon mes propres règles.

Amaro est fort. Terriblement fort. Assez pour endurer sans fléchir, et pour avoir réussi à briser ou imposer des limites là où d'autres ne s'y sont pas risqués ou ont échoués.

A cet affront qui n'en est pas un, je ne rajoute rien de plus. Je regarde défiler la route, sagement.

Je crois que je n'ai jamais été aussi soulagé de perdre...

- Nous allons manger un morceau, ou tu en as assez de voir ma tête ?

Je ramène un regard plutôt lourd de sens sur lui. Sa tête, il me l'a offerte en punchingball après m'avoir fait le coup du loup-garou, sans parler de sa propension horripilante à fourrer son nez prêt du visage des autres. Sa tête, à défaut de pouvoir la lui remodeler, je voudrais pouvoir l'oublier dès que j'en aurais terminé avec lui.

-Je t’invite, j'ai les crocs. En tout bien tout honneur, promis.

...

-J'ai les crocs aussi. soupirè-je profondément en me massant le visage.


* * *


Je laisse le rital me conduire où il veut déjeuner. Les émotions combinées aux exercices m'ont bien ouvert l'appétit, et j’attends que nous soyons installés et en paix pour le dévisager. Longuement.

-Je ne t'aime pas Amaro. J'espère que tu en as conscience.

Je ne veux surtout pas qu'il y ai de malentendu. Je suis toujours là malgré tout ce qu'il m'a fait, mais ce n'est pas parce qu'il commence à avoir de l'ascendance ou m'évoquer de la sympathie. J'ai accepté de venir de mon plein grès. Il y a juste que...

-T'es pas commun. admis-je.

Impressionnant... effrayant même. Mais pas malintentionné. Et ça me rend peut-être un peu curieux. Je sens bien que je l’intéresse d'une certaine façon, aussi, mais j'ai du mal à déterminer en quoi et si c'est bon ou mauvais pour moi.

L'italien reste égal à lui-même. De toute façon ça ne se voulait pas comme une agression, plutôt comme une mise au clair. Je me suis assez battu ce matin pour lui chercher des noises maintenant... J'ai seulement envie de bouffer tranquillement. Je masse mon épaule endolori et rajuste discrètement ma veste. La présence du pistolet dans ma poche est un interdit connu de seulement l'italien et moi. Il me faudra un peu de temps pour m'habituer pleinement à mon arme.

-Qui est-ce qui t'a appris tout ça?

Le maniement d'une arme. Est-ce qu'il a eu un professeur lui aussi? Est-ce qu'il est né avec un pistolet à la main, s'est forgé dans les rues pittoresques d'Italie? Je me demande s'il fait vraiment parti de la mafia telle qu'on se la figure. Son Parrain, ses gangs, ses crimes organisés... Mon enthousiasme retombe au souvenir des coups de fils. Je réoriente mes interrogations.

-T'es quoi dans... la hiérarchie? Je me tâte, conscient de mon vilain défaut mais trop curieux malgré tout. C'est toi le Parrain? Je le reluque attentivement et retrouve un petit sourire. Le mec à qui on baise la main avec révérence? Je les imagine plus vieux. Plus rondouillard, aussi.

Je me moque, mais c'est difficile de rester sérieux quand les clichés n'en sont plus tout à fait. En revanche...

-Et tes yeux ne sont pas rouges.

Ils devraient si c'était un alpha, indépendamment de ses crimes. C'est étonnant qu'un... type de son ambition n'en soit pas.

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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: In the line of fire [PV Alessandro]   Ven 20 Jan - 21:36



In Line of fire


Feat : Terencio mio


-J'ai les crocs aussi.

Therencio est las et fatigué. Je suis conscient que je l’ai dérouté par mon attitude, passant du rital libertin, à l’italien paternaliste. Moi-même je me surprends à voir en lui autre chose qu’une plaisante afféterie d’un soir. Je suis pourtant encore bien jeune pour prendre un novice sous mon aile. D’autant que le dit novice va certainement me fuir, dès que nous en aurons fini et que je lui aurai donné la boite de munition supplémentaire promise.

(…)

Sonny avait quel âge quand il m’avait appris à manier une arme ? Trente et un ans, guère plus. J’avais fait la connaissance du bras droit de Don Stephano à l’enterrement de mon père. J’avais douze ans. C’est Sonny qui avait commandité le meurtre de mon vieux alors qu’il était en taule. Guiseppe Amaro n’était qu’un simple père de famille, ouvrier dans une blanchisserie. Il réparait les lessiveuses le jour. La nuit il payait la dette de ses parents, soit le prix du voyage entre Catana et Los Angeles, leur installation dans la ville des anges et ce travail aimablement offert par la famiglia. Sans l’aide de la mafia, ma famille serait morte de faim sur ce caillou trop sec qu’est la Sicilia. Je ne serai jamais né.

La mafia nous a donné de quoi vivre, mais elle reprend aussi facilement qu’elle offre. Guiseppe Amaro n’était pas de taille à résister à un interrogatoire musclé de la part du FBI. Mon père s’est rendu compte de sa naïveté bien trop tard. Il pensait transporter de la contrefaçon chinoise, des téléviseurs et des d’autres merda electronico. Ce qu’il transportait en douce d’une ville à l’autre provenait bien de chine, mais c’était une fine poudre blanche. Le milieu pensait que mon père avait été dénoncé par les napolitains de San Francisco. Une famiglia rivale.

Sonny m’a dit la vérité sur le décès de mon padre trois ans plus tard, alors qu’il m’apprenait à tirer dans le sous-sol d’un hangar. J’avais quinze ans, je n’avais pas encore été mordu. J’étais perçu comme « prometteur » pour la famiglia. Comme Therencio, j’ai retourné l’arme qu’il m’avait donnée contre lui. Sonny est un humain, il n’a pourtant pas bronché d’un cil quand j’ai tiré, lui éraflant l’oreille. J’avais visé entre ses deux yeux... Il en garde une belle cicatrice. Sa réaction vaut toutes les scènes de films sur le genre.

« - Quand tu auras fini de t’amuser, vise donc les bouteilles et tente d’en casser une Alessandro. »

Cette leçon de vie m’avait marqué à jamais. Sur la tombe de mon padre, je m’étais juré de ne pas finir comme lui. De ne pas être aussi naïf et de ne jamais subir la loi des autres. On ne sort pas de la famiglia, sinon les pieds devant. J’avais donc choisi la seule alternative logique qui me restait, en faire partie et cela pleinement.


(…)

-Je ne t'aime pas Amaro. J'espère que tu en as conscience.

Nous nous sommes installés dans un box tranquille d’un petit restaurant sans prétention. On y sert de la cuisine basique américaine. Quand je regarde la carte, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le Pink a doublé son chiffre d’affaire en moins de neuf mois.

- So Therencio.

Quand je suis retourné à Los Angeles avec Arès et Jansen dans l’intention de butter mon frère Matteo parce que j’avais appris que c’est lui qui avait dénoncé notre padre aux poulets, pensant le sauver de ce trafic, la famiglia n’avait pas mis longtemps avant de me mettre la main dessus pour me rappeler que j’étais banni de la ville. Sonny m’a relâché après m’avoir empoisonné le sang avec juste ce qu’il faut d’aconit pour que cela ne me soit pas mortel puis copieusement et « amoureusement » tabassé. Il n’y avait pas de haine dans ses coups, ni de colère, simplement une conséquence à ma désobéissance. Avant de me libérer, il m’avait embrassé comme on embrasse un fils. Je respecte Sonny plus que je n’ai jamais respecté mon propre père. De tous les hommes dont j’ai croisé la route, il est celui qui m’en a fait le plus baver. Il a été et restera toujours, mon modèle.

-T'es pas commun.
- Tu ne l’es pas non plus Therencio. Tu n’es pas ce que les autres pensent voir de toi.
-Qui est-ce qui t'a appris tout ça?
- Sonny. Il est préférable que tu ne saches pas son nom de famille.
-T'es quoi dans... la hiérarchie? C'est toi le Parrain ? Le mec à qui on baise la main avec révérence ? Je les imagine plus vieux. Plus rondouillard, aussi.


J’éclate de rire. Le film de Francis Ford Coppola a laissé une empreinte qui n’est pas si fausse que cela... On ne baise pas la chevalière de Don Stephano à chaque fois qu’on le croise. Mais quand cela arrive… c’est souvent le signe que l’on vient d’échapper à une sanction mortelle. Cet acte est un serment d’allégeance absolu. Serment que j’avais à nouveau prêté il y a deux mois à peine, agenouillé, me tordant de douleur à cause de l’aconit qui brulait mes veines, tenu aux épaules par Sonny pour que je ne m’effondre pas.

- Je suis le fils du parrain… comme tous membres de la Cosa nostras. Il n’y a pas de hiérarchie autre que celle que tu peux trouver dans n’importe quelle… entreprise. Je suis le patron d’un territoire.
-Et tes yeux ne sont pas rouges.
- Je n’en vois pas l’utilité. Je dirige des hommes, une squadra, pas une meute. Je n’ai pas besoin de rouge pour que l’on me craigne et me respecte. Nous vivons dans un monde d’hommes. Je vis avec leurs règles. Et je peux t’assurer que l’homme est bien plus cruel que les monstres qui t’effrayent.


Je commande une viande saignante à la serveuse, lui précisant que je ne veux pas de verdure décorative, mais des frites. Et avant qu’elle ne reparte après la commande de Therencio, je lui demande un whisky pour moi et un soda pour le gamin.

- Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? Roi du lycée ça ne dure qu’un temps.

Je ne suis pas sarcastique, simplement factuel. Va-t-il se lancer dans la vie active ou poursuivre au campus ? Je n’arrive pas à lui déterminer une matière où je le verrai à l’aise. Étrangement Therencio est assez hermétique à mon analyse.


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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: In the line of fire [PV Alessandro]   Mer 25 Jan - 0:49



D'homme à homme
C'est quoi un homme? Cette question, je me souviens l'avoir implicitement posé à un loupiot bien trop innocent et inconscient de la vie en solitaire pour survivre par lui-même sans les avis d'un ainé. Chacun pourrait débattre avec ses propres mots de ce qu'il s'imagine être la meilleure définition de l'homme, une définition sans doute très personnelle. La mienne, je me la suis forgé au fil des années, en me regardant grandir dans un miroir, ma vie et quelques clichés de stars de cinéma et autres idoles viriles en arrière-plan.

Un homme c'est un roc. C'est une force, une détermination, un honneur. C'est un phare et une bouée. Un homme, ça s'impose, ça se respecte, ça vainc les obstacles et ça reste debout, toujours. Un homme, c'est un monument contre lequel on risque de se heurter mais c'est un pilier sur lequel on peut se reposer aussi. Un homme, c'est capable de se battre pour protéger ce qui lui appartient.
Pour moi c'est ça, un homme.

Enfoncé dans mon siège, je sonde Amaro, sans un mot. Mélange de défiance et de fascination plus ou moins consciente.

-Je ne t'aime pas Amaro. J'espère que tu en as conscience.

Je ne voudrais pas qu'il s'imagine que parce qu'il a réussi à me mater, qu'il m'offre quelques cartouches et un repas, et que j'ai fini par accepter de bouffer avec lui, je commence à l'apprécier. Je lui en veux pour ce qu'il m'a fait. Même si je lui suis aussi... reconnaissant sur certains aspects.

-So Therencio.

Je me renfrogne, plus défaitiste que bagarreur. Est-ce que l'italien se décidera un jour à sortir des phrases compréhensibles?! Je devine d'avantage à son ton impassible qu'au verbe qui m'échappe.  
Ce mec est tout sauf commun. Pas seulement parce que c'est un mafieux dans une petite ville pas si ordinaire d'Amérique, ni qu'il vend des flingues à des mineurs comme il dit, mais... à cause de sa façon d'agir avec moi.

-Tu ne l’es pas non plus Therencio. Tu n’es pas ce que les autres pensent voir de toi.

Ses paroles me surprennent à la façon de ses contacts inattendues. Je scrute l'italien avec confusion. Est-ce que je peux me permettre d'être flatté? Ou est-ce que je devrais plutôt être dérangé? Ça pourrait passer pour une déclaration vaseuse et facile, ce fameux "tu n'est pas comme les autres" qu'on balance à un bon coup à se faire et à concerver. Pourtant, en deçà du fait qu'Amaro a tombé la veste du dragueur méditerranéen de l'autre soir pour celui du criminel de l'ombre, son intérêt m'a bel et bien touché. Supposant que je ne suis pas assez naïf pour me laisser amadouer... disons que ça me rend curieux.

Et lui? D'où est-il devenu un malfrat de cette envergure, pistolets sous le manteau? Il a bien du apprendre ça de quelque part ou de quelqu'un?

-Sonny. Il est préférable que tu ne saches pas son nom de famille.

-Sonny. haussè-je des épaules pour signifier que ça me va sans nom de famille. Et?...

Je fixe Amaro. J'attends la suite. Qui est ce type? Comment ça c'est passé? Comment il en est arrivé à faire appel ou à être tombé sur lui et à manier un pistolet? C'est un loup lui aussi? J'attends, hausse les sourcils pour signifier toute l'attention que je lui prête, mais... rien. Le rital a clos ses lèvres et manifestement, ce sera sa seule info sur le sujet. D'accord...

-... Sonny. répétè-je en assimilant un peu frustré que ce sera son point final. J'en retiens au moins que l'expert de la gâchette ne s'est pas fait tout seul dans ce domaine. De quoi faire gagner un peu d'humanité à Amaro le Tout-Puissant.

Si le sujet était à éviter, je ne pense pas qu'il ce serait contenté d'un mystérieux silence, aussi je continue sur ma lancée. Il a l'allure du mafieux type, le bras long, il en imposerait d'un regard, mais concrètement, ça ferait vraiment de lui un parrain? Il n'a pas vraiment le gabarit des parrains de cinéma. Ça le fait marrer, et je souris avec lui. Je préfère nettement quand ce type se relâche que quand il joue les mafieux-garou.

-Je suis le fils du parrain… Oh. Un héritage. Je ne sais pas si je dois être impressionné par une telle ascendance ou au contraire déçu qu'il ne se soit pas élevé seul depuis le bas de l'échelle comme ça lui ressemblerait tellement plus. ...comme tous membres de la Cosa nostras. Nouveau froncement de sourcils protestataire. Je déteste quand il répond par des détours trompeurs! Il n’y a pas de hiérarchie autre que celle que tu peux trouver dans n’importe quelle… entreprise. Je suis le patron d’un territoire.

-Il t'arrive de répondre clairement à une question?

C'est un loup mordu dans des circonstances mystérieuses, criminel depuis une durée indéterminé, éduqué aux maniements des armes par un strict Sony-sans-le-nom-de-famille, et qui se revendique n'être qu'un patron presque comme les autres. Alessandro ne se dévoile jamais que par des demi-mots. Et ça m'agace... Enfin, il a pris la peine de répondre, alors je m'en contente pour aujourd'hui. C'est donc le boss, ce que j'avais, étonnement, très vite deviné. Mais c'est paradoxal dans son cas de ne pas convoiter le rangs de chef en tant que loup-garou...

-Je n’en vois pas l’utilité. Je dirige des hommes, une squadra, pas une meute. Je n’ai pas besoin de rouge pour que l’on me craigne et me respecte. Nous vivons dans un monde d’hommes. Je vis avec leurs règles.

J'analyse le discours de l'homme-loup. L'être auquel j'ai eu à faire est redoutable quand il fait appel à l'animal qui s'empare de son corps. Il a assez de force bestiale et de savoir et d'influence mêlé pour se tenir au dessus des hommes. Il pourrait avoir une telle domination sur autrui. Et malgré tout... il se place à l'égal des humains? Je n'aurais pas foi en la sincérité de ce type pour ces choses que je l'aurais accusé de condescendance. Mais ce n'est pas le cas... Je me demande s'il tient la bête en lui en horreur pour cultiver sa part humaine, s'il trouve un intérêt à exploiter sa nature d'origine d'avantage que l'autre, s'il agit par nostalgie, par bon-sens et un contrôle que j'imagine rare, ou pour quelle raison il est comme ça.
Alessandro dirige des hommes, vit dans un monde civilisé. Donc il s'adapte et il assoit son autorité avec la force d'un homme. C'est tellement bizarre... Je ne me retrouve pas dans cette humilité. Qu'est-ce que je ferais, moi, si j'étais un loup, que j'avais la capacité de guérir plus vite qu'un simple humain, avec plus de force, une acuité dédoublé? Est-ce que j'aurais du respect pour la créature aux aptitudes ridicules, vulnérable sans armes et si fragile face aux blessures?
Je ne méprise pas les hommes, mais au regard de ces réflexions... c'est probablement seulement parce que j'en suis un. J'envie les métamorphes et autres surnaturels qui ont ce petit plus que les humains lambda ne possèdent pas. Une facilité qui fait naturellement rêver. Ce serait vraiment tentant s'il n'y avait pas de revers à la médailles, pas de lune, de perte de contrôle, de fanatiques, une chance sur deux de crever de la morsure... le quasi risque d'y rester.

Mais les dernières paroles du lycan refroidissent mes méninges emballées. Et je peux t’assurer que l’homme est bien plus cruel que les monstres qui t’effrayent. Je déglutis. Ouais. Je sais. J'ai été témoin de la perte de contrôle de quelques fauves, je sors... je sortais avec un cannibale. Mais ce même cannibale tellement craint a échappé de peu à une boucherie perpétrée par... des hommes. De simples hommes, métaboliquement parlant...
C'est un étonnant constat compte tenu la force des êtres qui nous entourent, mais ce ne sont pas les humains qui se cachent des surnaturels... hors mis une perte de contrôle ingérable ou cas à part comme ces hybrides ou malintentionnés qui errent, ce ne sont pas d'eux que je crains intrinsèquement la torture et une mort motivé par un caprice comme j'y ai échappé.

Il y a malgré tout dans ce sombre avertissement une lueur d'optimisme : l'humain n'est pas a sous-estimer. J'ai une chance de survivre comme d'autres savent s'imposer dans la jungle surnaturelle. C'est ironique quand on pense que c'est d'un loup que je tiens la leçon... Mais un loup qui respecte les humains. Qui me respecte, moi. Mon estime pour Alessandro est affecté en conséquent.  

La serveuse me tire de mes rêveries. Je prend des frittes et un steak bien cuit, et avant qu'elle ne s'échappe le rital commande les boissons. Whisky, et... soda.

-... T'es sérieux?!

Je m’abstins de hurler sur les toits comme je faillis en avoir le réflexe et me penche avant de souffler.

-Tu m'apprend à me servir d'une arme, et j'ai droit à un soda?!

Je hausse les mains en grimaçant, scandalisé. C'est quoi ses notions de "maturité", "majorité" et "illégalité" au juste?! Je hèle la serveuse pour commander une bière qu'on ne me refuserais pas dans d'autres lieux de restaurations et beuveries déjà testé et approuvé, mais elle a déjà filée. J'accuse le rital du regard. Un soda...

- Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? Roi du lycée ça ne dure qu’un temps.

Roi du lycée? Je ricane. Sa reconnaissance royale me flatte et m'amuse, son ironie d'homme mâture et avertis me vexe.

-Je pourrais faire tellement de chose. m'enfoncè-je nonchalamment dans le dossier en croisant les mains, le sourire malin.

Je suis intelligent. Je suis engageant. Je suis adroit et volontaire. Je ne suis pas un docile, mais si c'est pour gagner mon salaire, je sais faire l'hypocrite et supporter ce qu'il faut le temps qu'il faut, les sourires charmeurs et les belles paroles ne sont pas réservés qu'aux conquêtes. J'ai déjà le pied dans la vie active, autant que ma situation l'exige et me le permet. Je n'ai que peu d'interêt de poursuivre après le lycée. Les profs et autres joyeux spécialistes de l'éducation se sont toujours accordés et s'accordent encore à dire que je suis quelqu'un qui a "de grandes capacités mais ne prend pas la peine de s'investir". Leur plus grande frustration, l'une de mes plus grandes petites-fierté. Du moins avant que le diplôme deviennent un minima essentiel pour m'en sortir hors du lycée sans appuies tutélaire. Il se peut que mes notes ne reflètent actuellement pas les capacités dont je m'enorgueillis, mais vivre dans une ville remplis de bizarrerie, ça distraie pas mal pour ma décharge... Bref. On ne me posera jamais pour des années dans un bureau propret, même pour un salaire conséquent, les tâches rébarbatives il faudrait être masochiste pour s'en satisfaire et ce n'est pas mon genre. Je pourrais vivre de boulots divers et varié, ci ou là, j'ai la prétention de croire que je pourrais me satisfaire de peu tant que le salaire n'est pas sous-évalué.

Ouais, je pourrais faire tellement de choses.

Mon sourire fond au rythme du tapotement de mes doigts sur la table. Il est sérieux, je ne peux qu'en faire autant. Ce que je veux faire plus tard... J'en sais franchement rien. Je n'ai pas une passion ou un talent particulier à exploiter, aucune profession qui m'attire et à laquelle me consacrer. Je ne suis pas un altruiste, je ne suis pas un entrepreneur, je ne suis pas un savant... Je suis un électron libre qui gravite autour de ce qu'il lui est possible de graviter. Mioche, je voulais être cascadeur, acteur, pompier, flic, président, je me suis imaginé endosser les rôles d'autant de métiers qu'un petit garçon et ado rêveur et un peu stupide est capable d'imaginer, à des années lumières de la réalité tellement plus insipide d'efforts insoupçonnées et de désillusions. Dans mes projections les plus réfléchies, je me voyais sérieusement vivre des jobs et services que je pourrais glaner. C'était l'époque, pas si lointaines, sans doute encore un peu présente dans un coin de ma tête, où j'avais un bercail à fuir et où je m'imaginais traverser l'Amérique en solitaire, m'enrichir de véritables voyages qu'une vie de bougeotte ne m'avait paradoxalement jamais donnée. Je ne suis pas fait pour la stabilité. Je ne l'ai jamais été.

Non, Therence Garnet ne sera pas éternellement le roi de la BHHS. Mais si quitter son royaume lui fait peur, il a toujours la possibilité de poursuivre son règne ailleurs... En cherchant bien, je peux probablement prétendre aux études supérieures malgré ma situation. J'aurais bien un exemple en tête de ce qu'une personne jeune, esseulée, et avec une charge considérable que moi je n'ai heureusement pas aura été capable de suivre un cursus, c'est que je peux le faire aussi. L'idée de plonger dans la criminologie pourrait paraitre une évidence, et pourtant au risque de passer pour faussement moins puéril que j'en ai l'air, je ne suis pas sûr que ce soit un vœux tout à fait... raisonnable. Je ne suis pas assez bête pour me lancer sur cette voie parce que j'ai un crush dans le milieux. Mais je ne suis pas non plus certain qu'assister aux cours de crim' et ses options, aussi passionnant soient-ils, me transforme en profiler ou en inspecteur de choc comme je me l'étais naïvement projeté en me retrouvant assis de force dans l'amphi consacré. Je ne suis même pas sûr de vouloir devenir profiler, tout ça c'est juste... parce que ça peut m'apporter, maintenant! Mais mon avenir... ma vie ne devrait... ne pourra pas être éternellement basée sur des recherches.

Ce que je veux faire, j'en sais foutrement rien. Mon avenir se limite à des lendemains à portées de mains, réglés sur des factures à payer, des exams et des contrats d'embauches. Je ne suis pas venu dans cette ville pour me construire une vie. Je suis venu pour en trouver les fondations. J'ignore de quoi demain sera fait. Si lorsque j'aurais trouver la bonne porte à laquelle frapper, on m’invitera à entrer ou on me laissera sur le seuil. J'aurais peut-être une chance de construire quelque chose à ce moment là, mais tant que ma vie n'aura pour sens que celui de chercher une origine abstraite... Tout ce que je sais, c'est ce que je veux maintenant. Ce dont j'ai besoin, depuis toujours.

-Et toi, alors? C'était quoi ton premier choix : truand ou gérant de bar?

Sujet clos. Moi aussi j'ai envie de jouer les mystérieux. Puis tant que le caïd du bahut portera sa couronne et pourra déambuler dans son royaume de casiers et de salles de classes, il aura le temps de penser à "plus tard".

On nous apporte nos commandes, et j'attaque sans attendre. Mes muscles ont morflés, mes émotions ont été mises à rude épreuve, mon cerveaux continue d'être sollicité, et mon estomacs qui est bien loin de toutes ces affaires d’endurcissement moral et physique subit les odeurs des tables voisines sans êtres entendu depuis tout à l'heure. C'est un supplice!
Combler ma faim ne comble cependant pas les interrogations qu'Amaro à réveillé avec sa stupide question. Je demande, entre deux bouchées moins avides.

-Tu dis que je ne suis pas ce que les autres voient de moi. Alors, qu'est-ce que tu vois?

Ô combien je sais que cette question est risquée. Pas pour moi, mais pour mon ego. Je n'aime pas être psychanalysé. Il y a des réponses qui ne sont jamais bonnes, quelque soit le ton qu'on leur donne. Mais la curiosité l'emporte. Qu'est-ce qu'il a vu que les autres ont ratés? Qu'est-ce qui peut bien attirer le regard d'un type dans son genre? En mon for, il n'y a pas que de l'appréhension. Il y a aussi l'espoir égocentrique de recevoir le compliment, la preuve d'être différent des autres. Et surtout, il y a l'espoir irrationnel, inavoué mais simplement humain d'espérer entendre des vérités sur des doutes pénibles à avouer.

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MessageSujet: Re: In the line of fire [PV Alessandro]   Mar 31 Jan - 17:28



In Line of fire


Feat : Terencio mio


Le gamin s’offusque que je lui commande un soda là où je me choisis un alcool fort. Il est toujours dans le raisonnement immédiat, basé sur les apparences et l’instant présent. Il va falloir que je lui apprenne à calculer, anticiper et reculer son nez de ce qu’il se passe. Je l’ai laissé boire ce qu’il voulait au Pink, mais nous étions sur mon territoire et les circonstances n’étaient pas les mêmes… Là, je n’ai aucun intérêt à ce qu’il boive, d’une part je ne souhaite pas être accusé de pousser un mineur à la consommation d’alcool. Moins je donne de prises aux poulets, mieux je me porte. De plus je préfère ne pas trop lui délier la langue dans un lieu bien trop public pour nos affaires. Il y a un temps pour le plaisir Therencio, et un temps où le sérieux doit primer. Jouer le rebelle en permanence n’est pas une attitude viable. Le gamin tâtonne encore sur une conduite à tenir.

Quand je fais bifurquer la conversation sur son avenir, il me sembler toucher un point sensible. Le gamin s’est-il sérieusement projeté plus loin que la prochaine soirée ou la prochaine fille à séduire ?

-Je pourrais faire tellement de chose.
- Cela sonne comme une envie d’aller sur la lune…


De mon point de vue, « faire tellement de chose » revient à n’avoir aucun projet précis ou concret. C’est se complaire dans ses rêves de bambino avec des métiers impossibles, ou au contraire d’une basicité qui vous conduirait à crever de faim. Ce manque d’ambition de sa part me déçoit un peu. Je le voyais bien avec des rêves de journaliste, il est assez chieur pour ça, mais vraisemblablement plus mûr pour finir vendeur. Il a la verve qu’il faut et devrait être plutôt bon dans ce domaine et capable de vendre des châteaux en Espagne. Après il y a bien truand, mais il est déjà presque trop vieux pour s’y mettre.

-Et toi, alors? C'était quoi ton premier choix : truand ou gérant de bar?

Sa question claque comme une fin de non-recevoir. L’avenir de Therencio est encore une brume non définie qui ne me regarde pas. Soit. Cela finira bien par décanter un jour. Il n’est pas le premier chiard à ne pas savoir quoi faire de sa peau à l’aube de ses vingt ans. Je ne boude pas sa question et au contraire prends le temps d’y réfléchir. Cela me ramène à loin cette époque. Truand, c’est ce que j’ai voulu faire à douze ans après la mort de mon padre. Mais ce n’était évidemment pas mon rêve d’enfant. C’était la décision d’un gosse qui passe brutalement dans le monde des adultes et cela bien trop prématurément. ...Allez en prison, ne passez par la case six années d’adolescence insouciantes, ne touchez pas vingt mille… Les aléas d'un jeu, celui de la vie.

Je ferme les yeux à demi, me replongeant bambino jouant avec les autres de mon quartier. Je me souviens de nos jeux. Que l’on soit fils de mafieux ou fils de quidam lambda, il y a une période où tous les gamins sont pareils, avec les mêmes rêves et les mêmes étoiles dans le regard. Je me remémore nos discussions sur ce que nous ferions plus tard. Il y avait eu son lot de pilotes d’avion ou de fusée, de grands chirurgiens ou d’explorateurs de terres inconnues. Je souris en me remémorant ce que j’avais souhaité. Il n’est pas dit qu’un jour je ne réalise pas cette envie de gamin… Plus tard si je suis toujours de ce monde.

- Cultivateur de vigne sur les pentes de l’Etna. J’ai une grande fascination pour ce vulcano et les parfums subtils des alcools que l’on y produit. Sinon dans la vraie vie d’abord truand, car pour être gérant de bar… il est obligatoire d’être majeur.

Je m’amuse de l’exaspération du gamin à ma réplique. Il se renfrogne, analysant ma réponse qui est pourtant la plus sincère possible. Je crois que c’est ça qui le dérange, car il sait que je dis vrai. La serveuse nous amène notre commande. Nous sommes tous deux avides de manger. Les questions et les réponses restent en suspens le temps de caler nos estomacs.

-Tu dis que je ne suis pas ce que les autres voient de moi. Alors, qu'est-ce que tu vois?
- Un jeune loup immature qui tarde à évoluer.


Une chance que nous ne soyons pas tout à fait en face l’un de l’autre, car il vient de recracher ce qu’il avait dans la bouche. Qu’ai-je dit pour provoquer une si forte réaction ? Therencio mio, toi tu as encore plein de secrets cachés. Je lui lance un regard noir, comme un père morigène son enfant qui vient de faire une bêtise.

Je prends mon temps pour enfourner une bouchée du contenu de mon assiette particulièrement garnie. Je suspecte la serveuse de m’avoir reconnu comme étant le patron du Pink et de l’avoir signalé au cuistot qui a visiblement fait des efforts, si j’en juge en comparaison à ce qu’il y a dans les assiettes voisines. Je reprends la parole après m’être essuyé les lèvres sur la serviette en papier.

- Les autres voient un mec qui en jette, avec assez d’arrogance et un bon potentiel de répliques pour qu’on y réfléchisse à deux fois avant de te chercher des embrouilles. Un roitelet de lycée, lieu où on trouve aussi le bouffon du roi, les vassaux et les princesses en souffrance.

Je ne lui apprends rien sur le fonctionnement social d’un bahut, j’expose les faits.

- Soit tu fais partie de ceux qui dominent, soit de ceux qui subissent les dominateurs. Toi tu domines.

Monde très binaire de l’enfance fait de blanc ou de noir et où le passage au monde adulte se fait en découvrant les innombrables nuances de gris qu’il y a entre les deux extrêmes.

- Ce que les autres ne voient pas Therencio, c’est que ton blouson de loubard n’est qu’un rempart. Tu es comme ces poisson-lune qui se gonflent et hérissent leurs piques. La technique fonctionne assez bien. Ton statut social auprès de ceux de ton âge le prouve.

La comparaison avec un poisson ne semble pas lui plaire. Je ne peux pas m’empêcher de sourire en avalant une autre bouchée de viande bien saignante. Je reprends néanmoins mon sérieux et le fixe dans les yeux.

- Ce que les autres ne voient pas, c’est ce que te coûte ce rempart. L’énergie que tu y mets. Plus tu brilles à l’extérieur, plus sombre est l’intérieur. C'est un froid qui te glace l’âme et te ronge la cervelle. Ce que les autres ne voient pas Therencio, c’est ce que tu t’évertues à cacher. Cela t’érode, mais c’est pourtant de ça que tu tires ta hargne et ta niaque. Les battants se forgent dans la souffrance, crois en mon expérience.

Je prends le temps de finir mon assiette, le laissant réagir. Je commande un café à la serveuse qui passe près de notre table. J’ai envie d’une sigaretta, mais devrais patienter d’être dehors pour en allumer une. Foutues lois… Je repense au cri du gamin, sa rage et son désespoir de s’être fait lâcher par le wendigo. Est-ce la noirceur du cannibale qui l’attire et le fait résonner presque en symbiose ? L’allemand est une partie de sa vie.

- Therence ? Appelle-moi si cela tourne mal avec Weizerling.

J'ai prononcé son nom sans le déformer. Mon offre est sérieuse. La pétoire que je lui ai vendue est dérisoire face à un tel monstre. Le professeur semble avoir un certain contrôle du monstre puisqu’il arrive à vivre parmi les gens et même avoir une relation avec un humain. Toutefois le fauve est pernicieux et patient, attendant la moindre faille de vigilance de son hôte. Il faut être aguerri pour pouvoir contrer une telle infamie. Je ne suis peut-être qu’un oméga, ce qui ne se classe pas dans le top des puissants surnaturels, cependant je suis bien plus redoutable que je n’y parais, car à mes capacités de loups, s’ajoutent celles d’un gangster, d’un tueur. Triturant une sigaretta, je calme ma nervosité due au manque de nicotine en trempant mes lèvres dans le café que la serveuse vient juste de m’apporter.


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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: In the line of fire [PV Alessandro]   Sam 11 Fév - 18:16



Beyond appearances
Je suis un roi partout où je passe. J'ai enchainé les villes et les établissements scolaires, et j'ai toujours tout fait pour m'intégrer en tant que tel. La donne est différente au boulot, mais si je me suis imposé dans le microcosme scolaire, il n'y a aucune raison que je ne sois pas capable de faire de même dans le macrocosme qui m'attend au-delà. Alors je n'ai pas à m'inquiéter. Je serais partout dans mon élément. Je pourrais faire tellement de choses...

-Cela sonne comme une envie d’aller sur la lune…

Mon sourire se crispe. Saleté. Et lui alors? Qu'est-ce qu'il voulait faire quand il était môme? Son avenir était déjà tout tracé peut-être? La question le plonge dans ses pensées, ça me rend contemplatif. J'essaie de deviner ce qui peut bien se dérouler dans sa tête tandis qu'il savoure manifestement le moment...

-Cultivateur de vigne sur les pentes de l’Etna. Je lève le nez de mon assiette, incrédule et moqueur. Il est sérieux?... J’ai une grande fascination pour ce vulcano et les parfums subtils des alcools que l’on y produit.

Amaro est italien dans sa façon d'agir, séducteur et exubérant. Mais il est aussi italien dans son cœur, le fruit de vieilles traditions européennes importées et amoureux de son pays. Mais de là à vénérer un volcan et se projeter faire pousser du raisin comme le vieux paysan pittoresque qui me vient à l'esprit... En fait, j'ai du mal à déterminer quand il joue à l'italien, et quand il l'est vraiment...

-Sinon dans la vraie vie d’abord truand, car pour être gérant de bar… il est obligatoire d’être majeur.


Je lève les yeux au ciel. Encore et toujours ses explications fumeuses, pas vraiment bébé flingueur, mais pas non plus en train de sous-entendre avoir été un gamin si innocent avant de tâter de l'alcool... Comment savoir? Et toujours cet air donneur de leçon, comme s'il m'avait suffit de réfléchir un peu pour deviner. Je déteste ça, je passe pour un idiot.

-T'es un mec bizarre.

Et je ne peux pas réprimer un petit sourire en le disant. Il m'amuse d'une certaine façon. Ce type pourrait simplement être insupportable, mais non, c'est un mélange de paradoxes et de vraisemblances absurdes, se montrant tantôt acerbe, tantôt velouté, toujours épicé, composé tout en nuances qui se révèlent par pincées inattendues. J'avale une bouchée de mon repas plutôt que me marrer. 50 saveurs d'Amaro...

Il a dit que moi non plus je ne suis pas commun, que je ne suis pas ce que les autres voient de moi. Certains trouvent leur réciprocité auprès d'un dieu, d'autres d'un bon thérapeute, d'autre simplement auprès de proches de confiances. Moi je me félicite de me suffire pour ne pas avoir besoin de demander conseil. Mais ce matin, Amaro s'est imposé comme une présence salutaire imprévue. Il a fait face à ma révolte, il m'a pousser dans mes retranchements en m'encadrant avec vigilance. Il m'a soutenu au delà de mes refus quand d'autres auraient écouter la voix de la raison et m'auraient simplement lâchés. Il s'est imposé dans un domaine où rare sont ceux qui ont gardé le pied.
Alors lorsque cet étrange animal me regarde, d'un regard authentique et attentif que je peine à trouver ailleurs, et affirme déceler autre chose que les apparences... Je veux lui donner une chance et voir s'il me cerne si bien, et croire un instant que quelqu'un est capable de combler les interrogations les plus quelconques d'un adulte en devenir qui se cherche encore. Qu'il me dise ce qu'il voit, lui, alors que je ne suis pas capable moi-même de me projeter dans un futur fiable...

- Un jeune loup immature qui tarde à évoluer.

Mes frittes font un virage à 180°, direction la porte d'entrée...
Un jeune loup?!

-... Je suis pas un loup...

Toussé sur un ton de reproche et accompagné d'un regard aussi franchement suspect que curieux.

Lui qui en est un, il devrait pourtant l'avoir remarqué! Non? Si j'avais quoi que ce soit de lupin, ça ce serait forcément manifesté un jour. J'ai eu mon lot d'émotions fortes et déjà invoqué une aide intérieure quand j'étais en mauvaise posture pour ne pas avoir eu l'occasion de réveiller ce genre de gène si j'en avais hérité. Et... et métaphoriquement parlant non plus, je ne suis pas un loup! Ça n'amuse que lui s'il espérait me charrier. Je m'essuie la bouche, hérissé par l'inaction d'Amaro. Quoi, c'est quoi ce regard? Ce serait plutôt à moi de jouer les accusateurs!...
Il me met mal à l'aise. Il me regarde et il voit... Le seul loup que l'on puisse déceler en m'examinant, c'en est un qui m'obsède depuis bien longtemps, avant que je découvre qu'il en était vraiment un. Mais c'est la dernière chose que je laisse entrevoir de ma vie. Le bigre n'est pas extralucide, mais il est loin d'être aveugle, et ça me fait frémir. Je m'attendais à une remarque sur mes projets sur la lune! pas à... ce genre de résultat là.

-Les autres voient un mec qui en jette, avec assez d’arrogance et un bon potentiel de répliques pour qu’on y réfléchisse à deux fois avant de te chercher des embrouilles. revient-il à la source du sujet. Un roitelet de lycée, lieu où on trouve aussi le bouffon du roi, les vassaux et les princesses en souffrance.

Je grimace aux cinq lettres de trop dans mon titre. Mais soit, ce n'est qu'un exposé préliminaire et si je soupçonne un peu de mépris dans son énumération scolaire stéréotypé, je considère que ça commence de façon acceptable.

- Soit tu fais partie de ceux qui dominent, soit de ceux qui subissent les dominateurs. Toi tu domines.

Le coin de mon sourire s'étire fièrement en échos à sa considération. Avant que son verdict ne menace de tomber...

- Ce que les autres ne voient pas Therencio, c’est que ton blouson de loubard n’est qu’un rempart. Froncement de sourcils. Tu es comme ces poisson-lune qui se gonflent et hérissent leurs piques. Quoi?... La technique fonctionne assez bien. Ton statut social auprès de ceux de ton âge le prouve.

-... Je suis pas un poisson...

C'est vexant! Je préférerais qu'il en revienne à la comparaison au loup tout compte fait.

-Ce que les autres ne voient pas, c’est ce que te coûte ce rempart. L’énergie que tu y mets. Plus tu brilles à l’extérieur, plus sombre est l’intérieur. C'est un froid qui te glace l’âme et te ronge la cervelle. Ce que les autres ne voient pas Therencio, c’est ce que tu t’évertues à cacher. Cela t’érode, mais c’est pourtant de ça que tu tires ta hargne et ta niaque.

Je ne dis rien. Je me suis enfoncé dans le dossier, lentement, en délaissant le reste de mon assiette pour croiser les bras et ne rien perdre de ses mots. Un blouson évocateur en guise de carapace, plus lourde à porter et à entretenir que d'apparence, dit-il... Je me froisse au charabia d'un clair-obscur qui s'équilibrerait à mes dépends et au froid vorace qu'il favorise. Je ne suis pas d'accord. Je croyais récolter les avis du plus vieux, pas un discours au ton difficile à déterminer. J'ignore s'il se veut purement observateur, ou si je dois être franchement contrarié d'être perçu comme un abîme camouflé et en proie à sa vanité ou au contraire satisfait d'arriver à mettre en évidence une lumière attrayante et avoir l'âme anesthésié... J'ignore si je ne me retrouve pas dans ses dires, ou si je refuse de m'y retrouver. Il cible la discrétion qu'éclipse mon flamboiement, et je n'apprécie vraiment pas la comparaison insistante à un mal qui use. Mais je détourne enfin le regard, dédaigneux, à son retour valorisant sur ma hargne et mon obstination. Sur ce point le ton est clair et il a parfaitement raison : je suis mon propre moteur. Et j'en suis fier.

Amaro a bien cerné la mécanique des portes que je scelle. Mais pas ce qui se cache derrière. Ça me rassure et... ça me déçois en même temps. Ce n'est pas ce à quoi je m'attendais. Il sait guider ma gestuelle pour m'apprendre à viser juste, mais je ne trouve pas dans cette sentence le regard extérieur qui me fait défaut. Plus qu'une observation, les avis d'un adulte accompli sur l'homme que je suis. Mais je m'en contente. Amaro n'est peut-être pas aussi sagace que je l'espérais. Je ne suis pas si perméable que je le craignais.

-Un blouson noir pour cacher un petit défaut... je m'attendais à autre chose que l'énoncé d'un vieux cliché. désapprouvè-je avec condescendance en enrobant mes dernières frittes dans le ketchup.  

-Les battants se forgent dans la souffrance, crois en mon expérience.

La réplique me tire de ma protection nombriliste. C'était un petit aveux lâché là, au beau milieux d'un conseil? Il est évident que l'italien n'est pas né dur comme un roc. Mais quels ont été ses épreuves pour devenir l'homme fier et invulnérable qu'il est aujourd'hui? Quelles souffrances?

-... Quelles expériences? tentè-je.

Je suis trop curieux. Mais il ne s'agit pas de combler un désir d'indiscrétion malsain. Des histoires de vies, j'en ai été trop privé pour ne pas avoir tant besoin d'en entendre aujourd'hui. Je porte un blouson noir en guise de rempart, mais l'italien se pare aussi d'épais mystères qui n’appellent qu'à être découvert...

- Therence ? Appelle-moi si cela tourne mal avec Weizerling.

La cuillère claque un peu fort contre la tasse à l'instar de la lueur dans mon regard. ...Pourquoi il fait ça? Pourquoi il propose son intervention, comme s'il se sentait vraiment responsable? Comment il peut continuer à s'impliquer dans cette histoire alors qu'a cause de lui...

-Pour que ça se passe mal, encore faudrait-il qu'il revienne. lâchè-je durement.

C'est dommage. Je crois que j'étais à deux doigts d'admettre que je commençais à l'apprécier, le sale rital. Ça ne résous pas que c'est en partie à cause de ses menaces que j'ai fauté et qu'Adriann m'a laissé tombé. Je me penche en avant pour plus de prudence.

-J'étais simplement venu pour m'amuser. Je suis d'accord, ma présence dans ton appart' c'était louche, t'aurais pu être vraiment vénère et me régler mon compte comme un bon mafieux ou juste monsieur-n'importe-qui qui retrouve un intrus chez-lui, et t'as préféré t'en amuser que me causer du tort. Mais ça n'empêche que t'as pas respecté les règles de ton jeu. Tu m'a envoyé ton danseur et j'aurais pu me faire chopper par ton vigile pour ça : t'as triché.

Je ne digère pas. Ni la crainte de me faire attraper et perdre son foutu jeu, un jeu que j'ai accepté en me croyant spécialiste, ni la tentation que représente son homme de spectacle et la honte qu'il a faillis me faire devant une sale entière. La tentation qu'il représente, lui, et la honte qu'il m'a fichu tout au long de la soirée... Il s'est foutu de moi! Mais c'est pas ça le vrai problème...

-B*rdel, j'allais rien faire dans ton appart'. Je suis tombé sur tes jouets et j'aurais pas du, mais je suis pas une balance ou un pyromane ou un criminel, j'allais rien dire à personne et j'y avais même pas posé un doigt dessus!

Je crache aussi bas que possible, les yeux droit dans les yeux. Évidemment que je les auraient embarqués ces armes. Évidemment que si je n'avais pas été si entêté à vouloir récupérer mes biens, je me serais barré avec. Elles étaient là, elles m'attendaient, alors que je n'avais pas trouvé de solution pour m'armer sinon une opportunité inespérée comme celle là. Mais quelles qu'aient été mes intentions, j'aurais finalement pas eu l'occasion de les dérober. Mais lui il m'a quand même gâché la vie...

-J'aurais jamais accepté tes avances si tu me l'avais pas fait touché et que tu m'avais pas menacé de l'abandonner sur ta scène de crime. Je le méritais pas. C'était... complétement disproportionné!

C'était pas une leçon, c'était du chantage. Et ça m'a couté plus qu'un peu de dignité... Adriann a de quoi me reprocher, je ne le nie pas, je le regrette assez. Mais ça, ce qu'on a fait, ça a été la goutte... non... la louche de trop.

-Il m'en aurait voulu pour le reste, mais jamais autant que lorsqu'il a découvert pour cette nuit.

C'est ce dont je suis persuadé du moins... Il a été trop loin. Les bleu qui se cachent sous ma veste à l'épaule éraflée témoignent qu'Amaro est comme ça, ses leçons ne sont pas tendres. Mais à ce moment là, j'avais pas payé pour m'en prendre plein la tronche. Il avait pas le droit de s'amuser comme il l'a fait.

J'avale mon café pour me calmer, le regard perdu sur le tube de nicotine qu'il tapote frénétiquement contre la table. Au fond, on sait que le problème, ce n'est pas ce qu'il m'a fait mais les répercutions que ça a eu. Le Therence volage en serait ressortis comme je l'ai fais, c*nnement ravi de pouvoir s'acheter une arme après une partie de plaisir et pour avoir enfreint la loi en prime. Mais le Therence volage n'est l'est plus vraiment depuis... depuis qu'il s'est trouvé des cours particuliers en criminologie.
Adriann pourrait être une passade. Je n'ai jamais cru aux histoires qui durent éternellement, la passion aussi folle soit-elle a pour essence même de s’éteindre, je ne crois pas non plus aux affections inconditionnelles, lorsqu'elles ne sont pas hypocrites, ça aussi ça fini quand même par faner. Mais... pas encore. Pas pour moi. Où que mène cette relation, je suis pas prêt à ce qu'elle s'arrête maintenant...

-Il avait confiance en moi. Et p*tain, ça m'en a demandé des efforts pour en arriver là.

La patience insupportable que je n'ai pas, les maladresses incessantes à réparer... Ce n'est pas pour la confiance que je suis accroché à lui, il représentait déjà beaucoup avant que j'ai eu le sentiment de l'apprivoiser et fait un pas dans sa vie, mais... c'est pas dérisoire... Il y a quelque chose qui fonctionnait entre nous.

-J'étais sérieux tout à l'heure à propos des relations. reposè-je ma tasse vide.

Il a peut-être les manières du parfait Don Juan, une expérience que je n'ai pas en matière de sexe et de fréquentation, j'ai du mal à croire qu'il s'y connaisse vraiment pour se permettre de donner des conseils comme il l'a fait.

-Qu'est-ce que tu y connais? répété-je crûment.

S'il y a un sentimental expérimenté sous ses airs de charmeur comme il y a un mafieux caché derrière l'accent et l'allure qu'il se donne, il va falloir être convainquant une fois de plus.

-T'as déjà eu une histoire sérieuse? Autre que l'employé de scène que tu te tape et que tu gardes jalousement si ça fait pas carrément partie de la comédie du rital possessif? Autre que le type d'un soir que tu pousse dans ton pieux parce que tu penses qu'il est bon de lui donner une leçon?

Qu'il me dise. Je l'écoute. Tout comme j'espère avoir ma réponse à ce qui suis.

-Et si ça tournait mal et que j’appelais. Qu'est-ce que tu ferais? Oses me dire que tu ne pointerais pas ton flingue sur lui, que tu ne ferais pas luire tes yeux en montrant les crocs.

Et c'est ça qui est censé arrêter le monstre en lui?... Autant s'armer de torches et de fourches et préparer un bucher alors.

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MessageSujet: Re: In the line of fire [PV Alessandro]   Sam 18 Fév - 17:08



In Line of fire


Feat : Terencio mio


-T'es un mec bizarre.
- Pas plus que toi.


Therence me regarde en souriant. Je sais très bien ce qu’il voit. Un italo-américain qui cultive ses origines avec un peu trop de grandiloquence. Il sait pourtant l’homme dangereux que je peux être. Ce matin je viens de lui démontrer mon agilité au tir et doit se douter que je n’hésiterai pas à tirer sur un être vivant comme je l'ai fait sur les canettes. Il a subi ma sensualité dominatrice et sait que je suis capable d’user de tous les artifices possibles pour obtenir ce que je souhaite.

A mon tour de sourire doucement. Je le laisse m’analyser, juger et comparer. Je me suis forgé par moi-même, mais aussi en étudiant les autres. Je dois mon impassibilité et mon aisance au tir à Sonny. J’ai pioché ce côté rital charmeur dans les films que j’ai vu mais aussi de quelques aînés croisés ci et là. Nous sommes tous un kaléidoscope de comportements. Mais si s’inspirer des autres est une base possible, il reste à s’approprier ce que l’on souhaite être. Le cinéma que j’affiche n’en est pas un. Je sais être sucré et doux comme le raisin de Sicile. Mes colères sont à l’image de celle de l’Etna, brûlantes et violentes. Je respecte la famiglia et dieu, mais achève d’une balle dans la tête celui qui faute ou me fait obstacle. Je vis comme si j’allais mourir dans l’heure qui suit. J’aime avec tout mon cœur et tout mon corps. Je hais l’indifférence ou la passivité. Je parle autant de la voix que du geste et ne baisse jamais le regard.

Therencio voit-il tout cela ? Il s’offusque de ma propre analyse, s’en défend mais ses réactions corporelles me prouvent que j’ai misé juste. J’élude quand il me demande quelles expériences m’ont rendu tel que je suis aujourd’hui. Serait-il capable de tuer Weizerling si sa conscience le lui ordonne ? Le tuer froidement en dehors de tout acte de légitime défense. Je ne pense pas qu’il en serait capable.

- Therence ? Appelle-moi si cela tourne mal avec Weizerling.
- Pour que ça se passe mal, encore faudrait-il qu'il revienne.


Le sujet de l’allemand est le sujet qui fâche. Therencio s’emporte, m’accusant d’avoir triché. Il se pose en victime quasi innocente.

-… Je le méritais pas. C'était... complètement disproportionné!

Je n’ai pas le temps de répliquer, de lui dire qu’à LA pour avoir fouillé et trouver des armes, il ne serait plus de ce monde. Il ne comprend pas que ma réaction n’était pas disproportionnée, mais un palliatif pour m’assurer son silencio. Mais impossible de raisonner un homme amoureux. Le gamin continue sa diatribe. Je l’écoute, accoudé sur la table, le menton sur le dos de mes mains, mes doigts roulant ma sigarreta dans un tic particulier de grand fumeur. Je tique un peu quand il met en cause mon utilisation de Jansinio. Les choses allaient bientôt changer quand le drus allait se faire enlever, mais il est vrai de dire que pour le moment, mon danseur est plus ma chose que mon compagnon. Ou plutôt je me persuade que c’est le cas, un engagement plus profond m’effraye. Je ne souhaite pas revivre ce que j’ai vécu avec Lyly. Je soupire.

-Et si ça tournait mal et que j’appelais. Qu'est-ce que tu ferais? Oses me dire que tu ne pointerais pas ton flingue sur lui, que tu ne ferais pas luire tes yeux en montrant les crocs.
- Je crois que mes balles ont plus chance que mes crocs contre lui…
- …
- L’amour fait mal Therencio. Il affaiblit, mais étrangement il renforce. Ma réaction, si un jour tu m’appelles sera fonction de ta chance de survie. Si celle-ci avoisine le zéro, je prendrais la décision que tu n’auras pas été capable de prendre. Tu pourras ainsi me haïr à la place de te haïr toi-même.


Ce n’est pas moi qui arriverai à stopper le monstre sans le tuer. Ça, seul Therencio en est capable. La réaction de Weizerling à notre libertinage d’un soir montre son attachement au gamin. Le professeur est volage. Il se tape des mecs et des nanas qui vont voir ailleurs. La rupture prouve que Therencio est unique dans cette débauche de sexe.

- Tu sais parfaitement comment je réagirai à une telle situation. Je suis celui qui peut t’empêcher de mourir, pas celui qui stoppera le monstre. Tu en es le seul capable.

J’attrape ma tasse et termine mon café d’une traite.

- Honnêtement je dirai que c’est impossible, mais Weizerling est amoureux de toi, sinon il ne t’aurait pas jeté. Il aurait fait avec toi comme il fait avec ses autres partenaires. As-tu conscience de ça Therencio ? Votre souci premier est votre égo. Il te faut un léger effort sur toi-même. Mais il ne devrait pas tant te coûter si tu tiens autant à lui.

Le gamin se renfrogne, pas convaincu par ce que je dis.

- Bat-toi ! Va le chercher. Botte lui le culo s’il le faut. S’il est tien, revendique-le ! Si tu ne te manifeste pas, il ne viendra pas. Therencio, si tu veux quelque chose, bouge-toi et va le chercher. Tu es ce genre de type là ! Un mec qui maîtrise sa vie et non qui la subi, bordelo ! Je vais payer, je te ramène à ta moto.

(…)

Mon passager se renfrogne sur son siège. Il boue. Lui qui se moque de mon impulsivité… Je me reconnais trop dans son attitude d’opposition. Je me gare doucement devant le Pink. La rue est déserte en ce début d’après-midi dominical. Therencio a déjà ouvert la portière.

- Je ne suis pas un gentil, mais pas non plus le diablo. J’ai une loyauté exemplaire envers mes amis. Notre rencontre est singulière, je te l’accorde. Pourtant je te reconnais des qualités que j’apprécie. Nous n’en sommes pas à nous faire confiance Therencio. Toutefois sache que je te range à présent dans la catégorie amico. Je ne te demande pas la réciproque. Je ne fonctionne pas ainsi. J’en serai bien évidement heureux si cela l’était.

Nous sortons de la voiture. J’écoute sa réaction. Un jour peut-être il pourra considérer ce lien à double sens. Le jour où il n’y aura qu’une personne comme moi disposé à l’aider pour le sortir du merdier où il ne manquera pas de se coller. Le moteur de sa Harley pétarade. Il m’a payé son dû pour l’arme.

- Passe dans la semaine ou plus tard pour une autre boite de balles. Il faut que je m’approvisionne. Je ne les ai pas là. Tu as mon numéro si tu me cherches pour autre chose. Ciao’.

Après un signe de la main, je lui tourne le dos et contourne le bloc de boutique pour passer par l’entrée de service. J’hésite entre appeler Jansinio, ou profiter d’un moment de calme pour récupérer des heures de sommeil.

HRP : Fin de ce passage pour moi. A reprendre quand les chronos de chacun se rajustent  Twisted Evil  Je ne compte pas laisser tomber ce lien Therencio mio  Evil or Very Mad


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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: In the line of fire [PV Alessandro]   Sam 25 Fév - 21:44



Friendship
-T'es un mec bizarre.

- Pas plus que toi.


Je plisse des yeux, mi-amusé, mi-défiant. Il me renvoie la balle, sans cesse, en mettant l'accent sur nos ressemblances. Il se retrouve en moi. Moi, je ne suis pas encore prêt a admettre que je ne déteste pas nous trouver des points communs. Mais l'admettre, est-ce que ça ferait une si grande différence?... Amaro en impose, incarne l'image de l'homme tel que je l'imagine être reconnu par tous comme l'homme idéal. Un homme solide, qu'on respecte et dont on ne peut qu'être fier. Le genre d'homme que je pourrais devenir.
C'est oublié pendant un instant le criminel sans scrupule qu'il est. Je ne suis pas un ange, je ne l'ai jamais été. La vie des autres, leurs problèmes, ça m'importe peu tant que je ne suis pas touché. De là à envisager ôter la vie...

Je ne crois pas être un jour témoin d'un Alessandro se repentant, mais le voir jouer les responsables après avoir entrainé notre séparation à Adriann et moi me fâche. Ça ne serait pas arrivé sans ses jeux foireux! Et lui qui ose juger ma relation avec l'allemand libertin à sens unique s'il persistait à me tourner le dos après ce qui est arrivé, lorsque j'évoque ses coucheries faciles et ses emportements dès qu'il s'agit de dénigrer ou de convoiter son danseur et que je lui demande de justifier ses actes, il ne dit rien. Ça me provoque un bref sourire, juste un petit souffle cynique. Hin. J'en étais sûr. Fais ce que je dis, pas ce que je fais... Et ça, je ne suis pas prêt à l'accepter de sa part. J'attends beaucoup de lui, surement plus que je ne devrais. Mais j'ai testé l'italien tout au long de la mâtiné, déterminé les différentes couches de "vrai" dont il se pare, arpenté les limites de sa sévérités et de sa sympathie. Il m'a atteint comme personne durant les exercices et il se révèle si... peu décevant! L'image de ce type stable et qui sait de quoi il parle qu'il renvoie n'a pas intérêt à être basé sur du vent.

-Je crois que mes balles ont plus chance que mes crocs contre lui…

La réponse est sans appel et me provoque un froid.

-... Y a d'autres solutions. soufflè-je fermement. Autre qu'utiliser les armes et inévitablement l'amocher pour l'arrêter.

Ce n'est pas de la supplique dans mon regard. C'est de la conviction.

- L’amour fait mal Therencio. Il affaiblit, mais étrangement il renforce. Ma réaction, si un jour tu m’appelles sera fonction de ta chance de survie. ... Le sal*p, il est en train de dire qu'il est prêt à le tuer?! Si celle-ci avoisine le zéro, je prendrais la décision que tu n’auras pas été capable de prendre. Tu pourras ainsi me haïr à la place de te haïr toi-même.

Ma bouche reste ouverte de stupeur et d'indignation, et je hoche de la tête en hésitant entre m'offusquer, rire ou m'exaspérer.

-Wow. ricanè-je enfin. Fais gaffe Amaro. Je pourrais finir par croire que tu es plus philanthrope que tu t'en donnes l'air.

Ce type ne me veux pas du mal et j'en ai conscience, il envisage même de... me sauver la peau! Je devrais être reconnaissant et rassuré, mais je ne le suis pas! Bon sang, outre que je trouve ça gênant et... carrément stupide et inquiétant qu'il soit prêt à en prendre la responsabilité à ma place, il avoue qu'il serait prêt à éliminer le wendigo. Et pour moi c'est inenvisageable. A ce moment là, les rêves d'Adriann me sont encore inaccessibles, et le wendigo un être aux contours flous. Mais qui peut assurer que rencontrer le monstre ébranlerait mes résolutions?... Je ne compte pas le tuer. Je ne compte pas laisser qui que ce soit toucher à Adriann.

- Tu sais parfaitement comment je réagirai à une telle situation. ...tout comme je connais sa réponse si je lui demandais s'il à bien ordonner à ce qu'une voiture brûle avec ses occupants ce matin... Je suis celui qui peut t’empêcher de mourir, pas celui qui stoppera le monstre. Tu en es le seul capable.

Au cœur de ses avertissements fatalistes et macabres, une petite lueur inattendue. Ça souffle mon effervescence. Je le fixe bassement, confus non pas de mes capacités mais de sa foi en moi.

-... Tu m'en crois capable?

- Honnêtement je dirai que c’est impossible, mais Weizerling est amoureux de toi, sinon il ne t’aurait pas jeté. Un dératé cardiaque ponctue son propos. Il aurait fait avec toi comme il fait avec ses autres partenaires. As-tu conscience de ça Therencio ? Pour seule réponse, je baisse les yeux avec embarras. Votre souci premier est votre égo. Il te faut un léger effort sur toi-même. Mais il ne devrait pas tant te coûter si tu tiens autant à lui.

-... On n'est pas comme ça. Du genre à... tomber amoureux.

On s'attache, à notre façon, mais c'est pas aussi... aussi... C'est différent. Ça l'est pour moi. Je crois...

-Et je suis pas le premier avec qui il fait ça. coupè-je court à ses élucubrations. Une relation, il en a déjà eu une. Et ça c'est mal terminé.

Alors c'est pas un argument que je peux prendre. Même si je... si quelqu'un voulait prétendre à une relation de ce genre avec lui, je ne pense pas que ça puisse mener quelque part vu la tragédie qu'il a vécu. Il en souffre encore aujourd'hui. Sentimentalement, je parierais que oui quand bien même rien ne le prouve et qu'il pourrait le nier, on peut pas sortir de ça indemne, mais plus concrètement il est et sera toujours suspecté d'avoir tué Henning pour avoir été son amant, et rien que ça c'est un échaudage suffisant. Et puis en ce qui me concerne, ça reviendrait à rivaliser avec un fantôme pour essayer de me faire une place. Et j'ai déjà mes propres absents qui m'obsèdent sans avoir à m'encombrer de ceux des autres.

-Je suis pas comme ça, les relations longues... c'est pas mon truc! Les gens, les sentiments, je ne les néglige pas mais je... je suis pas non plus assez sensible pour les accepter comme on me les donnes et rendre la pareille. Et... et même si je l'étais, cette histoire l'a touché, plus que je l'aurais jamais cru. Il a des raisons de me détester. Et il me la bien fait comprendre...

Et je lui en veux encore pour ce qu'il m'a dit. Quand bien même je m'en veux aussi... J'ai pas seulement eu une aventure à cause de bêtises. Je me suis servit de sa réputation de bête féroce dans son dos, et ça pourrait se retourner contre lui à tout moment. Il m'a accordé sa confiance, et je l'ai trahis, et j'ai foutu la pagaille dans sa vie... je sais même pas pourquoi il voudrait retourner avec m-

- Bat-toi ! aboie t-il subitement. Je sursaute. Va le chercher. Botte lui le culo s’il le faut. S’il est tien, revendique-le ! Si tu ne te manifeste pas, il ne viendra pas.

Je déglutis, pris de court par cette vive semonce, peu habitué à en être l'objet.

-Therencio, si tu veux quelque chose, bouge-toi et va le chercher. Tu es ce genre de type là ! Un mec qui maîtrise sa vie et non qui la subi, bordelo ! Je vais payer, je te ramène à ta moto.

... Et la tempête Amaro s'éloigne avec ses bourrasques. Je frémis de la tête au bas des reins. Wow. C'était quoi ça?! D'habitude c'est plutôt moi qui joue les coach de vie...

Il a raison. Évidemment que je suis ce genre de type là. Évidemment que je maitrise ma vie au lieu de la subir. Évidemment qu'Adriann est mien! Même s'il ne l'accepte plus. Même si j'ai fais trop de c*nneries pour le revendiquer sans risquer une raclée en retour... puis si je me manifeste... Je rumine en regardant la route défiler. Si je me manifeste on devra parler, et je ne suis pas réputé pour admettre facilement mes torts, mais quoi dire à propos de mes faiblesses?! Je n'ai pas supplié l'italien de me grimper dessus à ce que je sache, je me suis fait avoir! Et puis c'est lui qui est parti!... Après m'avoir balancer qu'il a irriter quelques chasseurs et qu'il les a au derche. Je devrais même pas avoir à ME justifier après ça. Même si j'aurais mieux fais de la boucler plutôt que me vanter de coucher avec un wendigo, que ce soit à Dunbar ou à un mafieux-garou peu impressionnable...
Je ne suis pas une victime, mais je ne suis quand même pas à envier dans cette situation...

Nous sommes arrivé. J'ai un pied dehors quand il m'interpelle.

- Je ne suis pas un gentil, mais pas non plus le diablo. J’ai une loyauté exemplaire envers mes amis. Notre rencontre est singulière, je te l’accorde. Ouais, d'ailleurs je crois que je le paie et je vais y aller... Pourtant je te reconnais des qualités que j’apprécie.

Je regarde longuement le loup du coin de l’œil en modérant les émois de mon ego flatté, l'impression de recevoir trop pertinemment l’appréciation qu'il m'avait dispenser plus tôt. Je ne me laisserais pas amadoué...

-Nous n’en sommes pas à nous faire confiance Therencio. Non, approuvè-je d'un petit rire moqueur. Toutefois sache que je te range à présent dans la catégorie amico. Je ne te demande pas la réciproque. Je ne fonctionne pas ainsi. J’en serai bien évidement heureux si cela l’était.

Celle là, je ne m'y attendais pas. Je prend le temps de le reconsidérer plus sérieusement, réfléchir -psychologie inversé? Je me méfie... - hésiter, soupirer. Les italiens et leur âme de grand passionné...

-Faut voir.

Pas un oui, mais pas un non. Je lui trouve aussi des qualités appréciables, ça n'empêche que ce type est un peu trop malin et calculateur pour mon bien. Cela dit, avoir un mafieux pour ami... ça sonne plutôt bien.

Je lui donne le reste de l'argent tandis qu'il m'invite à le retrouver au bar pour faire le plein de cartouches dans une semaine ou deux. D'ici là, j'aurais de quoi m'entrainer à dégainer et travailler ma prise en main. En guise de réponse, je me contente d'un hochement de tête et garde un silence borné à son rappel de le contacter si besoin. Pourtant, l'info est bien intégrée. C'est sur cette assurance un peu troublante mais tranquillisante d'avoir quelqu'un à appeler que nous nous séparons.


* * *


Lorsque j'ai payé sa première part à Amaro ce dimanche matin, je pensais repartir de là avec le flingue qu'il me fallait et quelques exercices de bases qu'il avait insisté à me faire passer. Je me voyais éviter le Pink comme un asile à pestiféré par la suite, n'ayant aucune raison de revoir un mafieux et dangereux coureur de jupon, ni son vigile ou son danseur qui bossent ici. Des bars qui ne s'attardent pas sur l'âge du client, ce n'est pas ce qui manque ailleurs pour ne rien regretter du prestigieux Pink Print de toute façon.

Je passe les portes du Print. Il est tôt le matin, et je ballade mon regard sur la salle et derrière le comptoir avant que le vieux barman ne prenne ma commande. Il n'y a pas plus de quatre jours que le rital et moi nous sommes quittés, je sais parfaitement en venant ici que les cartouches ne sont pas encore arrivées. Pas de trace du vigile, pas de présence du danseur... Et pas non plus d'Amaro. Un Americano ce sera tout. Un sourire rapide, j'échange mon gobelet chaud avec la monnaie et je repart sur un sentiment mitigé de soulagement et d’insatisfaction, sans me décider si revenir ici était un défis personnel, ou...
Je stoppe net en longeant le commerce, l'impression d'être pris sur le vif. La fumée de cigarette me titille les narines et m'indique sa position. Il est tranquillement posté non loin. Je me confronte au regard d'Amaro. Pas en tant qu'humain à la recherche d'une sécurité, par en tant que rebelle en mal de limites à déjouer, simplement en tant que client. Un Therence dans sa vie ordinaire. Un petit salut de la tête et je porte le gobelet à mes lèvres en retournant à ma moto, sans m'attarder, et gardant pour moi le discret sourire de contentement qui né contre le couvercle de plastique. Ce n'est pas une déclaration d'amitié, mais disons... un possible témoignage que malgré la méfiance qu'il m'inspire, j'accorde de la valeur à ses égards pour moi. Si je ne compte pas faire parti de son cercle, je n'envisage pas non plus de fuir son sillage.
Mmmh. Puis le café est pas mauvais. Il a un petit gout convainquant de "revenez-y".


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