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 Wild dreamers | Therence & Adriann

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MessageSujet: Wild dreamers | Therence & Adriann   Dim 11 Déc - 22:25




Shadows

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
Sous le pinceau, ma peau frissonnait. L’eau qui diluait la peinture était froide, et pourtant, inlassablement, les doigts serrés autour du bois continuaient leur chemin. Aucune remarque, aucun souffle d’exaspération ne venait interrompre les couplets de musique pop que crachait la radio. Les cheveux frisés de ma voisine de palier dodelinait à certaines chansons, mais rien d’autre. Rien d’autre que sa main sur ma hanche, ses ongles légèrement enfoncés dans ma chaire pour me maintenir immobile, que le pinceau entre ses doigts et l’œuvre qui découlait de cette rencontre. Rien de tout ça n’était d’ordre sexuel ; elle avait mis les choses au clair dès qu’elle m’avait proposé son projet d’art. La seule et unique fois où nous avions couchés ensemble… avait été un accident, un moment de faiblesse pour elle comme pour moi. Aucun de nous deux ne tenait à jouer un rôle de pansement. Kathleen jouait un rôle d’artiste, d’exorciste alors que les poils du pinceau caressaient ma cicatrice.

-Elle ne sera pas visible sur la photo. Je compte la dissimuler à l’appareil… et à ça, fit-elle en glissant une main sur mon crâne.

J’hochais simplement la tête. Elle n’était pas idiote, elle l’avait vu. Elle avait tout vu dans mon regard : la haine qui m’atteignait plus facilement, plus rapidement, qui devenait de plus en plus envahissante. Kathleen voyait ce genre de chose... même si la subtilité n’était pas son genre : à grand renfort de peinture bleue, blanche et grise, elle recouvrait cette stupide cicatrice d’un navire qui, brisé par une tempête en pleine mer, se laissait couler.

*

Les bâtiments s’étendaient les uns après les autres. Sans aucune distinction, comme ceux d’une petite banlieue bien tranquille. Et pourtant, elle était là. Quelque part, parmi toutes les maisons, se distinguerait forcément à un moment celle d’Henning. Tant pis si je devais continuer à marcher, tant pis si les ombres sur le trottoir m’effrayaient. Je devais le voir, lui.
Mes pieds bifurquèrent à droite. C’était la troisième, mon corps le sentait beaucoup plus que mon esprit. Les lumières étaient allumés, les rideaux ouverts. La maison semblait vide. Je franchis les derniers mètres pour entrer sans frapper. Des rires résonnaient à l’étage, mais ce n’était pas là qu’il serait. Là-haut, le lit conjugal, c’était pour sa femme, et uniquement pour elle. Sous les escaliers, la porte de la cuisine. Je traversais le salon et en franchis la sortie avant d’apercevoir sa silhouette, de dos. Il ne parla pas. Il n’y avait rien d’autre qu’un sifflement étrange et les rires à l’étage, qui n’appartenaient clairement pas à sa femme.

-Tu sais Adriann, commença Henning d’une voix calme, à force d’arriver en retard, les gens ne seront plus là pour t’attendre.

Il ne s’était même pas retourné pour me dire bonjour. A peine une remarque passive agressive comme il en avait l’habitude. Aucune considération. Rien.  Je le détestais dans ces moments-là.  Je pouvais sentir la haine monter, comme injectée dans mes veines. Je l’avais attendu, moi ! Brusquement, je lui agrippais le bras d’une main pour le forcer à me faire face et la nuque de l’autre. J’avais tout fait pour cette enflure ! Mes doigts glissèrent autour de son cou, fermement, tandis que mes yeux se plantaient dans les siens… étrangement brumeux. Comme s’il m’échappait, qu’il me glissait entre les doigts…

-Il se peut qu’un jour, toutes les personnes qui apparaissent dans tes rêves soient mortes.

Un énorme bruit me fit sursauter. Derrière-moi, la porte avait cogné contre le mur, laissant apparaitre, d’une entrée trop théâtrale, Alex et sa petite amie. Tous les deux issus de mon école, ils m’accueillirent les bras ouverts. Le blond me prit dans ses bras avant que la rousse, trépignant d’impatience, le dégagea pour m’enlacer. Son visage se releva vers moi, un sourire narquois aux lèvres… qu’elle tendit vers moi pour embrasser goulument. Le contact, même sous l’œil de nos amants respectifs, était loin d’être désagréable. Nous profitions tous deux du bref instant qui nous était offert avant qu’Alex ne nous sépare, sans aucune agressivité. Ses gestes étaient chaleureux, emprunts de gentillesse, ce qui, pour lui, était quelque chose de rare.

Oubliant totalement la présence d’Henning, je suivis le couple jusqu’à la table à manger. Mon ami m’adressa un regard complice. S’il m’avait laissé cette liberté avec sa copine, ce n’était pas sans raison… et je savais que ce rêve, s’il continuait ainsi, allait être plus agréable que son début.

*

Le repas était terminé. Henning s’était éclipsé de mon esprit tout comme la fille. Il n’y avait plus qu’Alex et moi, en face à face, son sourire inimitable, à la fois amusé et déjanté scotché au visage. J’avais beau le connaitre depuis des années… c’était surtout ça, le problème : je le connaissais autant que je me connaissais. Nos folies étaient identiques.

-Lena est déjà parti ?, demandai-je, presque mal-à-l’aise.
-Non, répondit-il simplement. Elle est toujours là.

Alex avait un autre défaut en plus d’être fou, ou peut-être même que les deux allaient de paire : ses paroles avaient toujours un sens énigmatique. Lentement, je plantais mon regard dans le sien. Ses yeux bleus se transformèrent en un blanc presque laiteux. "Elle est toujours là"…

-Non non non… non…

…Si ? Sa transformation continuait. Il l’avait fait… il l’avait tué pour me la faire manger ! Je me redressais assez brusquement pour faire tomber ma chaise au sol et détalai comme un lapin. Il fallait le fuir, extraire sa chaire de mon corps ! Renversant tous les meubles derrière moi, je me saisis de la poignet de la porte et m’enfermai dans les toilettes à double tour.

Suant, nauséeux et une migraine à deux doigts de faire exploser mes tempes, je m’accroupis devant la cuvette. Il suffisait juste… je repliais mon index et mon petit doigt pour glisser les deux autres dans ma gorge. Un spasme. J’allais devenir comme lui si je n’arrivais pas à la sortir de moi ! Je me forçais à aller plus loin, les joues striées de larmes. Une convulsion plus tard et tout mon repas terminait dans les toilettes.
Les mains tremblantes, j’essuyais mes larmes et épongeait mon front. C’était terminé. Alex ne m’aurait pas. Il ne m’aurait plus…

Toc, toc, toc.

Trois coups secs frappés à la porte...



Therence & Adriann

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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Wild dreamers | Therence & Adriann   Mar 20 Déc - 14:11



When you wish upon a star
Le froid. L'espace clos. Le galop d'un cœur qui accompagne une goutte d'eau qui s'écrase sur le sol poussiéreux. Nous sommes trois, en face à face tendu dans l'usine désaffectée. Je vois distinctement la main plonger sur le pistolet rangé à la ceinture, et en aval, le mouvement d'Adriann qui s'élance dans ma direction. Un coup de feu retentit dans les locaux et fait éclater mon cœur une première fois. Le professeur m'a atteint et tandis que j'ouvre les yeux, il se retourne pour poser avec moi un regard sur son élève qui se tord atrocement. Tout n'est que ralentis, détails exacerbés, et pourtant tout se passe trop vite pour réfléchir. Je n'aspire qu'à fuir, mais avant d'avoir pu faire un pas, un ultime écho se répercute autour de nous.

J'ai à nouveau cligné des paupières quelques secondes, les nerfs à rude épreuve. Mais cette fois, un impact glaçant me tort les tripes.

Sous mes yeux, le corps du professeur est propulsé, une giclure pourpre qui accompagne sa chute à mes pieds.


-ADRIANN!

Je me redresse d'un bond, les poumons vides et les yeux grands écarquillés. Je cramponne le drap et le ramène sur mon ventre en haletant, hagard.
Un cauchemar. Juste un cauchemar...

J'ai les tempes lourdes et enfouis le visage entre mes paumes tremblantes. C'est incessamment le même scénario qui se joue, les mêmes protagonistes, le même décor depuis que c'est arrivé. Mais au lieux de recevoir la balle comme mon corps s'en souvient le temps d'émerger, c'est Adriann qui est touché. Désormais, c'est lui le gibier...

Dans le tiroir à peine entrouvert de ma table de chevet est rangée l'arme acheté à Alessandro. Je pensais que ce cauchemar s'arrêterait lorsque je serais enfin en mesure de me protéger comme je n'ai pas pu le faire ce jour là. Mais ce n'est pas le cas, le danger et les cibles ne sont simplement plus les mêmes! Je me précipite sur le téléphone, je dois savoir s'il va bien! Mais mon pouce reste suspendue sur l'écran avant que je me ravise maladroitement. Les circonstances actuelles se rappellent à moi dans leur ensemble et ça m'anesthésie froidement.
Le scénario dans lequel j'échange avec mon métamorphe pourchassé, inquiet pour sa vie, est remplacé par la scène houleuse et les répliques cyniques de l'amant trahis si je n'ai pas plus de risque d'être confronté à un silence tout aussi éloquent. Je repose l'appareil. Je ne veux pas passer pour un pleurnichard qui contacte après un cauchemar ou s'accroche à une relation. Adriann est un wendigo, et il fait parti d'une petite équipe aussi sauvage et méthodique qu'il peut l'être. Il n'est pas... seul. Ce n'est pas de lui dont je devrais m'occuper. C'est plutôt de moi. Ma réputation d'égocentrique ne doit pas tenir de nulle part! Et autrement, personne d'autre ne s'en chargera.

Je me recouche, remontant la couverture par dessus mon épaule et un bras en travers du flanc. Je le revois qui s'élance vers moi sans hésiter au geste de Pinkman, et je sais que ça, ce n'est pas une réinterprétation de mon rêve. Je l'ai tenu pour responsable au début, j'ai été marqué dans ma chair et plus profondément que je ne le reconnaitrais par l'accident, et j'ai jamais toléré d'avoir été sauvé pour accepter son réflexe. Mais déjà à ce moment là, il a essayé de me protéger. En retour, la vision de son corps meurtri par le coup s'impose à moi comme si c'était vrai... et je m’agrippe à mon oreiller à défaut du tél.
Les légendes dépeignent le wendigo comme sur-puissant, mais je lui ais découvert tellement de blessures. Certains le craignent, d'autre en ferait leur trophée. Quand suis-je dans le juste, lorsque je mésestime ou lorsque je surévalue la créature?! Il est la bête noire des humains qu'il dévore et des surnaturels à l'éthique plus développé que ceux de sa race, est-ce que je peux vraiment croire qu'il est en sécurité?... Je l'ai souvent vu en position de faiblesse. Pourtant au bar avec l'insupportable couple, Adriann m'a laissé l'impression effarante de méconnaitre l'étendue de sa ruse et de sa bestialité...

C'est affligeant. Je ne le connais pas aussi bien que je le voudrais, je défend un criminel. Mais le laisser en proie aux chasseurs ce n'est pas un risque que je suis prêt à courir. Quand bien même il n'a pas eu de remords à m'abandonner après avoir appris pour mes c*nneries...
Rien ne me pousse à faire ça pour Adriann. Si j'agis, dans le fond, c'est surtout pour moi.

J'ai seulement besoin de le voir...

Je me camoufle d'avantage à la vue du grand absent à la face rouge qui pose dans la toile au pied de mon lit. Mes amitiés les moins superficielles ne sont d'aucune utilité concernant ma situation, les grands de cette villes ont leurs propres démons à gérer, et c'est chez une incarnation aussi solide que compromettante que j'ai fini par trouver mon aide, sans être sûr de ne pas avoir commis une bêtise supplémentaire. Mes erreurs et mes problèmes, par précaution et par fierté, je ne pourrais les partager qu'avec des inconnus avec un peu de courage dans le gosier si je le décidais. Mais comment savoir qui se cache derrière une oreille attentive à Beacon Hill?! Cette ville est un dangereux carnaval dans lequel je me suis invité en inconscient. Et j'ai réussi à éloigner le seul avec qui j'aurais pu affronter tout ça...

J'ai personne, et il a forcément besoin de moi... Je veillerais sur lui qu'il le veuille ou non. Il m'a bien sauvé lui, je ne serais jamais sorti de l'usine tout seul... J'ai le cœur serré, une angoisse qui refuse de me quitter, je m'étouffe rageusement dans l'oreiller. Il m'en veut, il me jette, c'est compréhensible, mais on aurait pas du se séparer, surtout pas maintenant!... C'est facile pour lui! Mais tout le monde n'a pas un pote d'enfance ou une grand-maman Edda chez qui se réfugier en cas de coup dur...

Un petit éclat traverse la membrane de mes paupières. Je papillonne des yeux par dessus les couvertures, plisse des sourcils et m'attarde pensivement sur l'étincelle perdue dans la pénombre du côté de ma veste, hors des stries de lumières que le store projette dans l'appart'.


Je louche sur ma broche. Comment appelle t-on un être de sa nature? Est-ce que je dois penser à elle de toutes mes forces? Ou prononcer son noms jusqu'à ce que phénomène il y ait? Je ne crois ni aux anges que l'on prie, ni aux esprits que l'on invoque. Ce n'est jamais moi qui ait appelé, c'est Ma' Joe qui est venue me chercher la première fois. La seconde, elle s'est présentée d'elle-même, bienveillante. Je me sens un peu ridicule à l'idée d'appeler dans du vide. Mais l'épuisement l'emporte sur mon stupide ego, et le badge au creux de la main je ferme les paupières. Qui que j’appelle, de toute façon personne d'autre ne m'entendra.

-... Mama Joe... chuchotè-je.

Le temps s'étire, longuement. Est-ce que je dois appeler, encore? Attendre?...
Rien.
J’enfouis le nez dans mon oreiller en retenant un sanglot sans larme, si idiot, quand la douceur d'une main frôle ma tempe. Je tire un œil de mon coussin.

Je soupire un sourire, à la fois de soulagement et d'émotion. J'ai du mal à y croire.

-Tu m'as vraiment entendue?...

Je me redresse pour l’accueillir d'une étreinte. Je la serre fort dans mes bras d'homme, avec une émotion difficile à contenir. Ils sont rare ceux auxquels le fier Therence peut se confier et dans les bras desquels se laisser aller sincèrement, sans aucune arrière pensées. Ma' Joe comprend et accepte sans juger, comme la marraine ou l'amie de confiance qui me manque ici bas. Je suis si heureux de la voir...

Mon visage irradie de gratitude et d'une joie enfantine mais reste affadie. J'ai pas excellente mine. Je m'ouvre comme je n'ai pas osé le faire jusque là et lui raconte les ennuies auxquels je me trouve plus ou moins mêlé avec d'autres des Torches, histoires macabres de disparitions et de connaissances en ligne de mire, cauchemars vivants de créature chimériques, aux décision que j'ai pris pour me protéger, un pacte avec le diable que je ne suis plus très sûr d'assumer ni de savoir où ça me mènera. De mon infidélité compliqué et mes maladresses, j'exprime vaguement avoir fâché Adriann. Ma' Joe comprend mes tourments. Et influencer cette réalité n'est pas de son ressort. Je le sais.

-Je me débrouille. conclue-je d'un petit sourire qui ce veut assuré et encourageant.

Influencer la réalité, j'en demande pas tant. Je n'ai pas besoin d'aide pour m'adapter à ce monde de dingue. J’apprends à le faire par moi-même. Des autres, mais... pour mieux m'en sortir seul ensuite. Et je trouve que je m'en sort pas trop mal. Même si je prend bien conscience en me triturant les doigts du paradoxe d'un solitaire assumé qui fait appel à un esprit veilleur au beau milieu de la nuit. Mais faire appel à Ma' Joe, c'est... différent.

-Joe? Tu m'as permis d’amener Adriann dans la broche le temps d'une nuit. Est-ce que tu peux m'emmener le voir durant son sommeil? Dans ses rêves?

Je n'en suis pas capable. La broche recèle une parcelle de Monde Gris, mais elle ne me permet pas d’interférer en dehors. Je m'y suis assez entrainé pour savoir que je n'ai pas le pouvoir de voyager dans les rêves comme elle.

-Une nuit, juste une nuit! Pour savoir s'il va bien...

Il faut que je sache! Ça me ronge, et je n'ose pas le contacter après ce qu'il s'est passé... J'évite honteusement le regard de la jeune femme.

-Je suis pas sûr qu'il ait envie de me revoir. Et je... je crois que je n'ai pas très envie de lui faire face moi non plus. admis-je fadement.

La solitude me va si bien... mais je ne suis pas encore prêt à l'entendre me le redire. Pas dans cette réalité sans influences du moins.

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MessageSujet: Re: Wild dreamers | Therence & Adriann   Mar 20 Déc - 18:48

Oniric trip
’Ma joe & les bogoss

La fillette grandit vite. Bien plus vite qu’il n’est possible dans la réalité. Bien plus vite que je ne le voudrais. Je sais que, à terme, elle et moi ne feront plus qu’une, mais je suis tout de même un peu triste de voir son développement. Que voulez-vous, je suis une mamie gâteaux, et j’aime jouer à la vieille grand-mère spirituelle, les douleurs dans les os en moins. Voila quelque chose qui ne me manque pas, en revanche.

Je suis assez accaparée par l’enseignement de ma nouvelle torche, et ses capacités particulières me font un peu peur. Chaque torche a sa particularité. Mais celle la, elle est trop spéciale pour son propre bien. Pour le moment, toutefois, elle s’en sort à merveille pour subvenir aux besoins de sa mère et d’elle-même, mon futur moi.

Ce principe ne m’écœure pas. Car je sais que ce ne sera pas un phénomène parasitaire. Nous serons unies, mais resterons avec notre propre personnalité. Parfois, ce sera elle qui se manifestera dans le monde gris, parfois moi. Mais ce sera bel et bien son corps à elle, dans la réalité, et ses magnifiques yeux. Mon dieu. Trop belle pour son propre bien.
Il y a une certaine violence en elle, aussi, que je soupçonne nécessaire, mais je n’arrive pas à entrevoir le combat qui se dessine petit à petit. Je n’ai pas le pouvoir de lire l’avenir. L’œil pourrait peut-être le dessiner, mais il est trop occupé par ses propres affres de douleur. Matthias, je veille sur toi, comme sur toutes les autres torches. La mort de l’une d’elle m’a beaucoup perturbé, et j’ai souffert, sans plus personne à qui confier cette souffrance. Il pouvait rendre réel les choses, un peu à notre façon, à la gamine et à moi… Cependant, ce qui m’inquiète le plus, c’est que pour l’instant, la gamine n’a pas manifesté le pouvoir de révéler les autre torches. Le mien sera-t-il suffisant pour la bataille à venir ?

L’architecte s’en sort à peu près, malgré ses propres douleurs. Mais il en est deux, en particulier, que j’aime surveiller. Mes deux rebels.. Peut-être parce que je l’ai toujours été. Et puis il faut avouer que lorsque je viens voir Therence, même à son insu, je suis fier de ce qu’il arrive à faire, même si il prend pour ça des chemins détournés. Ce jeune homme, beau à damner un saint, à une part sombre, comme ma petite little Joe… Mais il se bat avec des armes bien humaines. Son pouvoir de torche ne peut pas résoudre ses problèmes de la vie réelle.
Et soudain je l’entend. Cette fois ci, c’est un colibri d’argent qui vient me déposer des goutes de rosées sonores sur les yeux. Chaque fois, l’appel peut prendre une autre forme. Therence m’a appelé avec un colibri, ce qui me renseigne sur l’état d’urgence dans lequel il se trouve… Little Joe me regarde, tout sourire. Elle l’a perçu, sans connaitre le sens du message.

« c’est un job pour moi, ma jolie. En plus, tu pourrais fort bien être choquée de ce que tu vois. Ce jeune homme est bien trop attirant pour toi. Pas maintenant.. »

Profitant du jeu de la lumière du store contre le plancher, je me faufile entre les ombres, entre les possibilités. Dans cet instant particulier ou l’esprit sait qu’il rêve, ou tout est possible. Ma main prend rapidement de la consistance, lorsque je caresse doucement Therence. J’ai pris mon apparence de grand-mère, car il a besoin d’un réconfort.

« évidemment que je t’ai entendue, petit colibri ! ».. Un instant perplexe, il sourit lorsque la rémanence de l’oiseau si rapide s’envole par la fenêtre. Mes bras sont sa seule destination pour le moment.

Je ne parle pas beaucoup pour les minutes suivantes, le laissant me raconter ce que j’ai entraperçu de mes précédents voyages. Je ne suis pas une indiscrète de nature, simplement je veille sur mes petits.. Celui-ci me ferait avoir des cheveux blancs si ça avait une quelconque importance. Je sais qu’il n’aime pas l’apitoiement. Et il n’en a pas besoin. Alors lorsqu’il redresse la tête, je le fais rire avec ma bulle de chewing-gum qui éclate, puisque j’ai retrouvé mon apparence d’amazone afro.

« Eh ben, tu as pas chômé… Tiens, prend un cookie ». je hausse les épaules. Ce n’est pas parce que j’ai l’air d’une disco girl que je ne sais pas faire mes cookies. Et puis ils sont spéciaux. Celui-ci à un parfum de confiance et de second degré. Je l’ai saupoudré de réconfort, bien sur. C’est l’ingrédient de base.

-Joe? Tu m'as permis d’amener Adriann dans la broche le temps d'une nuit. Est-ce que tu peux m'emmener le voir durant son sommeil? Dans ses rêves?

Je lui enlève des miettes de sa peau sur le torse, et je les mange direct… Je fronce les sourcils. Je pouvais faire ça, avant, oui… Plus maintenant.

-espèce d’adorable crétin. Bien sur qu’il a envie de te voir ! Tu t’es regardé ? Il y a aucun amant ou amante qui puisse t’arriver à la cheville, et c’est même sans compter sur ce que tu es ici.
Je lui appuie gentiment sur le cœur.

« tu en connais beaucoup, toi, des « simples humains » qui ont fait autant que toi, et survécu à toutes ces horreurs ?.. Non, le vrai problème, c’est que vous voulez tellement pas d’une histoire banale que vous vous compliquez la vie. C’est délicieusement romantique, mais ça vous fait perdre un temps précieux. Aller lève toi… »

Je ne me cache pas. Je le détaille sans vergogne. Ahh si j’ étais vraiment encore cette jeune femme si stylé.. Mouais… Sans doute que le disco afro ne lui plairait pas spécialement. Il ne rougit même pas, et me fait un grand sourire charmeur.. Petit… Espèce d’adorable…
« je ne peux rien pour toi »… Son abattement est immédiat.. Mais c’est la vérité. Cependant…

« Litle Joe. Sort donc de mon ombre. Tu n’étais pas née que je connaissais déjà ce tour… Non. Ta mère n’était pas née que je connaissais déjà ce tour.. La mère de ta mère.. enfin bref, sors de mon ombre.. »


Et la voila, ma petite Joe junior. Adorable fillette, qui ne comprend pas encore qu’il est interessant de changer son image entre les mondes. Alors elle apparait, dans toute sa splendeur, dans toute sa candeur, ses yeux contrastant avec sa peau mat de métis.
« je ne peux rien pour toi, Therence, mais elle, elle peut ! »

Je n’ai aucune idée de la manière dont elle va s’y prendre, mais je sais qu’elle peut. A sa façon.
Elle regarde therence, qui s’est habillé, dieu merci, entre temps, et elle fait sa timide, mais son sourire chaleureux nous gagne tous les trois.
« ça va être un peu … chamboulant ».
« ce mot n’existe pas, chou ».
« c’est un rebel, je peux inventer des mots pour lui ! ». Elle me tient tête. Bien. Il lui faudra de la force.

Soudain, elle se met à quatre patte., arquebouttant son dos. Je la regarde, perplexe.
« tu veux retrouver une bête, cachée dans un homme. Pour que l’homme ressurgisse, il faut qu’un autre homme chevauche une bête.. » Inutile de traduire. Mais je suis tout de même un peu affolée de la voir faire. Elle grandit, ses os poussent, sa fourrure, les bruits sont écœurants, mais la beauté sauvage dont nous sommes témoins éclipse tout. C’est une panthère, au pelage noir strié de mauve sombre. Les pattes sont argentées, ses yeux rouge sang. Je note qu’il manque le bleu, le jaune, le vert… Je n’aime pas ça.

Therence me regarde, je lui souris, l’étreint et l’embrasse dans le cou, car je ne serais pas du voyage.
(…)

La panthère sait grimper et se faufiler dans les ombres, dans le monde gris. Elle se cache, sa forêt, ses fougères, ses buissons sont fait de rêves et de désir. Elle sait ce qu’elle chasse, et la vitesse folle du monde inconscient défile autour des deux jeunes torches. Finalement, aussi rapidement qu’un battement de cœur, ils arrivent à destination. Sans un bruit, la panthère s’ébroue, délogeant son cavalier. Avant qu’il ne puisse réagir, elle le mort violemment, mais son sang n’est qu’une brume vaporeuse. L’homme est endormi. Elle lui inflige le meme traitement, et semble reculer de crainte, en voyant la brume plus sombre s’échapper de la plaie. Elle pointe du museau cette plaie, puis celle de therence, avant de disparaitre d’un bond majestueux… Comme un écho, son rugissement semble être tout droit sorti d’un rêve. Non. Litle Joe n’a pas la douceur de Mama Joe.





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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Wild dreamers | Therence & Adriann   Mer 21 Déc - 21:04



Wild dreamers
Je chéri mon indépendance, je suis fier et m’accommode de cette solitude qu'on me retourne comme une punition. J'aime me dire que c'est ce qui me différencie des autres. Mais parfois, il y a des difficultés qui requièrent un minimum d'assistance. Il y a bien quelques personnes à la porte de qui je pourrais aller frapper. Mais comment être sûr d'y trouver ce que je cherche? Je ne souhaite ni être un soucis supplémentaire, ni faire face au refus. Je ne mendierais pas une présence.
Mais à bien y penser... il y a bien quelqu'un, quelque part, qui est prête à m'écouter et à considérer ma situation. Si tu as besoin de moi, tu connais la méthode! avait rappelée Ma' Joe une nuit. A ce moment là, je n’envisageais pas de faire appel à elle un jour. Qu'est-ce qui pourrait nécessité l'intervention de la voyageuse? Et puis je suis toujours arrivé à mes fins d'une manière ou d'une autre sans dépendre d'autrui.

En réalité, j'ai bien plus besoin de cette brave femme que je ne le pensais. Pas uniquement pour me jouer les limites que je ne peut pas enfreindre. Elle écoute sans m’interrompre, et sa présence me réchauffe le cœur d'une façon que je peine à accepter... Le rire généreux de Mama Joe raisonne dans la chambre face à ma mine stupéfaite.

-Évidemment que je t’ai entendue, petit colibri !

Petit colibri?... Je comprend à l'image furtive de l'oiseau qui file comme une étoile qui a rempli sa mission. Mais je n'ai pas le cœur à m'émerveiller de la consistance des appels au secours et m'épanche dans les bras de Joe. Elle est l'étrangère à ce monde, à cette ville et à ma vie qui peut entendre sans craindre et sans juger. Son minois de jeune provocatrice qui a remplacé la présence grand-maternelle avec sa bulle désinvolte en témoigne et me ramène un sourire. Son changement d'apparence ne l'empêche pas de proposer un cookies à la saveur réconfortante que j'accepte avec plaisir.

Du réconfort, j'en ai besoin... J'ai besoin qu'elle m'envoie auprès d'Adriann. Là où je pourrais m'assurer de son bien être sans prendre le risque de le braver vraiment. Me retrouver sur le seuil de sa porte ça laisserait place à trop de mauvaises interprétations, comme il y en a déjà bien assez entre nous à mon gout... Elle récolte les miettes à même ma peau, mais le geste n'affecte en rien le regard insistant et impatient avec lequel je la dévisage, attendant une réponse. J'insiste, il faut vraiment que je le vois!...

-Espèce d’adorable crétin. me sermonne t-elle avec malice. Bien sur qu’il a envie de te voir ! Tu t’es regardé ? Il y a aucun amant ou amante qui puisse t’arriver à la cheville...

Elle me fais rire et me fait timidement baisser les yeux quelques secondes alors que ce soir je ne revêt pas mon arrogance habituelle. Mais mon amusement se meurt d'un petit soupir réaliste et fautif.

-Je suis pas sûr qu'être un bon amant ce soit suffisant...

Pas après avoir bêtement trahis sa confiance.

-...et c’est même sans compter sur ce que tu es ici.

Ce geste là m'ôte tout sourire, une émotion un brin farouche mais parce qu'elle voit et cible là où personne ne peut voir.

-Tu en connais beaucoup, toi, des « simples humains » qui ont fait autant que toi, et survécu à toutes ces horreurs ?.. Non, le vrai problème, c’est que vous voulez tellement pas d’une histoire banale que vous vous compliquez la vie. C’est délicieusement romantique, mais ça vous fait perdre un temps précieux. Aller lève toi…

Je ne sais pas quoi dire. La jeune femme témoigne une reconnaissance qui me manque ici bas lorsqu'elle évoque ma force à surmonter les obstacles. Et à la fois, je ne suis pas certain que ça prouve toute la valeur qu'elle semble apercevoir et pointe du doigt.
Je manque d'objecter qu'Adriann et que notre relation elle-même n'a rien de banal pour justifier notre histoire que je dois bien reconnaitre que la "normalité" ça n'est certainement pas ce qui nous attire. La facilité, les doux sentiments, la routine dégoulinante de niaiserie, je le laisse aux autres.

Je me lève et en profite pour passer un t-shirt et un bas de jogging. Et cette gourmande qui regarde... Je ne peux pas réprimer un sourire malin de me savoir désiré. L'attention de la voyageuse ragaillardis un peu plus mon ego fatigué.

-Je ne peux rien pour toi.

-Quoi?... Mais il doit y avoir un moyen, peut-être qu'en combinant nos capacités de Torches, on...

-Litle Joe. Sort donc de mon ombre. Je plisse des sourcils, perplexe. On est pas seul?... Tu n’étais pas née que je connaissais déjà ce tour… Non. Ta mère n’était pas née que je connaissais déjà ce tour.. La mère de ta mère.. enfin bref, sors de mon ombre..

Une petite ombre se détache alors dans le dos de Joe. Une fillette? Je la dévisage d'un petit air ébahis. A peu de chose prêt c'est... une version miniature de notre voyageuse. Alors ce serait elle l'enfant dont elle m'avait parlé en vu de sa réincarnation...

-Je ne peux rien pour toi, Therence, mais elle, elle peut !

Mon regard passe de l'adulte aux yeux admirablement clairs de la petite qui me dévisage sagement quoiqu'avec une lueur malicieuse.

-Ça va être un peu … chamboulant.

-Ce mot n’existe pas, chou.

-C’est un rebel, je peux inventer des mots pour lui !
.

L'échange entre ces deux Joe me provoque un large sourire. Cette Mini Joe à autant de caractère que sa prédécesseuse, ça promet de l'animation. Alors c'est sur elle que je dois compter pour retrouver Adriann? Ça me va, pour être une torche je ne peux que faire confiance en ses capacités, et je crois que même sans l'aval de Joe, cette gamine dégage une assurance qui inspire le respect. Sur ces mots, Little Joe se met à quatre pattes. Heu... Je cherche au sol autour de moi, jette un regard vers le dessous de mon lit essayer de comprendre... On cherche quelque chose?

-Tu veux retrouver une bête, cachée dans un homme. Pour que l’homme ressurgisse, il faut qu’un autre homme chevauche une bête...

Les paroles de l'enfant sont sibyllines, même pour moi qui côtoie le wendigo. J'ai l'espoir de trouver Adriann en m'invitant dans son esprit, mais la petite me rappelle qu'il n'est pas... le seul à habiter dans l'enveloppe que je lui connais. Tans pis. Voir Adriann, c'est ce qui m'importe, si bête il y a, alors... je verrais bien à ce moment là. Ça ne serait jamais qu'un cauchemar de plus dans cet univers. Enfin je crois...

Soudain, la gamine se transforme. Elle craque, remue, ses membres s'allongent, sa peau se recouvre de poil. Je recule et interroge la grande Joe du regard, impressionné par le phénomène. C'est une panthère fantasmagorique qui se dresse devant nous. C'est Little Joe, ma monture jusqu'au rêve d'Adriann.

Joe reste debout tout prêt, un sourire étirant ses lèvres à mon intention. Son rôle s'arrête ici. Je lui rend son sourire et la serre à nouveau dans mes bras avec une force proportionnelle à la gratitude que j'éprouve. Je lui dois beaucoup.

-Joe, le jour où tu aura besoin, je répondrais présent.

Sans hésitation. Mais ça, l'ancienne Torche le sait déjà. J'enfourche le fauve onirique et cherche dans son cou un morceau de gras où m'empoigner sans contrarier un tel animal que mes bras dérapent autour de son encolure quand l'espace stable de mon appart' s'étire subitement en un tunnel dans lequel j'ai l'impression de me faire aspiré, si ce n'est le galop fulgurant et parfaitement maitrisé de Little Joe qui bondit, tombe et vire au grès des obstacles.

... Wow...

J'ouvre les yeux quand les pas de Little Joe ralentissent et qu'elle s'arrête enfin. On est vraiment arrivé auprès d'Adri... Ah! Je suis vivement invité à descendre de son dos et regagne rapidement le sol en sautillant quand elle m'en chasse d'un vif ébrouement. La petite fille n'a pas l'air bien méchante, mais elle est sacrément impressionnante sous cette forme... Aïe! Mais qu'est-ce que... elle m'a mordue?!

-Non, attends!

Mais ses crocs ont déjà croqués le bras d'Adriann. Il ne souffre pas, seule une fumée plus dense que la mienne s'échappe des poinçons. Ça alerte le fauve pour une raison qui m’échappe, puis elle désigne nos morsures respectives avant de bondir. Je pivote sur moi-même pour la voir disparaitre dans le néant, ne laissant de son passage qu'un rugissement évanescent. Seul avec un Adriann endormi, je me frotte le bras un brin contrarié. Je ne suis pas douillé, mais ça n'était pas très poli...

Il dort. L'espace trouble qui m'entoure me signale de la dimension qui sépare mon esprit de son corps assoupis. Mais la brume qui s'échappe de nos blessures témoigne du lien possible. Je m'assoie sur le bord du lit, l'envie vaine mais irrésistible de caresser son visage, puis je glisse mes doigts entre les siens, alliant nos morsures au contact de nos bras, puis je me penche en fermant les yeux et dépose délicatement mon front contre le sien.  


Un léger vertige, comme lorsque j'entre dans ma broche et que le l'espace se distant, et j'ouvre les paupières.

Où est-ce que je suis? Un lotissement? Toutes les baraques se ressemblent... Je suis un peu désorienté quand une silhouette au pas pressée attire mon attention. Mon cœur rate un battement. C'est lui! C'est Adriann! Je m'élance alors qu'il franchis déjà le seuil de la troisième maison à l'autre bout de la rue.

C'est ouvert et je m'invite discrètement. C'est chez lui? Je survole du regard le hall d'entrée, saisis une babiole entre mes doigts. C'est la première fois que je visite le rêve de quelqu'un. La broche est un petit territoire de rêve indépendant qui m'a été accordé et que j'ai fini par faire mien. Je peux y exploiter mes pouvoirs comme je l'ai fait au cours de notre mission de Torche où nous visitions le Monde Gris au grès des épreuves, mais le rêve et la réalité étaient en train de se mêler l'un dans l'autre à ce moment là. Nous voyagions dans une zone neutre lorsque nous n'étions pas confrontés à nos propres cauchemars. Cette intrusion dans la tête d'un autre m'est complétement inédite...

Je repose vite fait l'objet à sa place aux voix qui s'esclaffent au dessus de ma tête. Il y a du monde... Lorsqu'Adriann est venu dans la broche, il a entrainé des intrus à sa suite. Ce n'étaient pas des consciences telles que mon professeur ou moi, pourtant ces projections ou quoi que ce soit d'autre avaient une matérialité évidente. Il a fallu se battre pour essayer de protéger la petite Sonia. Aujourd'hui, c'est moi l'intrus dans la conscience d'Adriann... Est-ce que ça me place dans une position d'indésirable susceptible d'être éjecté? Une porte claque à l'étage et ça dévale l'escalier. Je me planque. Si j'ai autant de présence pour l'endormi que pour ceux qui peuplent sa nuit, je ne prendrais pas le risque de me faire attraper. J'ignore si j'ai toujours mes facultés de Rebel ici. Par curiosité, je claque des doigts. Une fois, deux fois, trois fois... Une étincelle jaillis. Oh. On est loin de mes flammèches habituels, mais mon pouvoir est toujours actif. Cela dit, incendier cette baraque ne fait pas parti de mes plans.

Je me glisse au plus prêt de la pièce où tout le monde est réunis et tire un œil. Adriann est là. Les paires de bras se succèdent comme pour accueillir un ami parti trop longtemps, sous la présence patiente d'un tiers, mais entre les chevelures blondes et rousses et la carrure un peu plus sage, mon attention est focalisée sur lui. Ça remue en moi. La honte de notre séparation, la frustration de le regarder en secret, mais du soulagement et un plaisir véritable à le retrouver qui m'adoucis. Il va bien. Il a même l'air... heureux...?
Elle colle ses lèvres aux siennes avec enthousiasme et l'allemand lui répond avec le même appétit non dissimulé. J'ai un pincement horrible au cœur et le douce-amer prend la consistance d'une boule dans ma gorge. Je m'adosse contre le mur qui jouxte la porte. Ouais. Il va bien. Il s'amuse même carrément, très bien entouré. Je devine qu'à l'image de cette scène, son agenda n'a pas du perdre de temps à se remplir dans la réalité... A quoi est-ce que je m'attendais?! A trouver un criminologue nerveux, un animal acculé?

J'aurais pas du venir. Je songe à franchir à nouveau la porte d'entrée pour sortir du rêve comme j'en suis venu. Adriann n'a pas besoin de moi. Je m'accrochais pourtant stupidement à cette idée plutôt qu'admettre vouloir m'accrocher à lui, besoin de croire que j'avais de l'importance dans sa vie. Mais je me fais inutilement du mal, et c'est pathétique. Parce que ce n'est pas Adriann qui a besoin de quelqu'un... C'est moi cherche et qui ais une sale propension à m'acharner après des chimères.

Le bruit des couverts m'indique qu'ils passent à table. Je me sens de trop et reviens sur mes pas, direction la porte d'entrée. Il est temps de se réveiller et de faire face à la réalité. MA réalité. J'attrape la poignée en souhaitant déboucher sur ma chambre quand un bruit soudain me fais vivement me retourner vers la salle à manger. Qu'est-ce qu'il ce passe?
Les meubles dégringolent de façon effrénée, on pourrait croire à une bagarre et Adriann traverse la maison à grandes enjambées sans me voir pour aller s'enfermer dans les toilettes. Je jette un œil à sa suite, craignant qu'un poursuivant surgisse après lui, puis m'attarde sur la porte close avec inquiétude. Aucune manifestation, mais je ne sais pas si ses compagnons sont toujours là quelque part alors je rejoins les sanitaires avec prudence. Il dégurgite. Je lève la main pour frapper mais me retiens quelques secondes sous un élan de lucidité.

Nous nous sommes quittés sur une dispute. J'ai foiré, j'ai menti, il est parti sans attendre d'explications et sur des mots crus, et alors que j'aurais pu le harceler en lui avouant toute la vérité au sujet de la nuit au Pink, j'ai... sciemment décidé de garder le silence. Comment m'imaginer être accueillie de venir frapper chez-lui après ça?...
Seulement... ici nous ne sommes pas dans la réalité. Le contexte m'échappe mais n'appartient en rien à ce que nous vivons à Beacon Hill, et que serais-je censé être dans cet onirisme sinon une fantasmagorie comme les autres?

Je toque.

-Adriann?

Plus un bruit derrière la porte. La surprise? La peur? La confusion? Je vérifie par dessus mon épaule que nous sommes seuls et rapproche mes lèvres du bois qui nous sépare.

-C'est Therence... ouvre.

S'il te plait...

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MessageSujet: Re: Wild dreamers | Therence & Adriann   Mer 28 Déc - 1:29




Shadows

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C'était terminé. Mon repas gisait au fond de la cuvette. Lena était morte, mais peu importait : elle était sortie de moi. Tremblant comme une feuille, je tâtonnais jusqu'à tirer la chasse d'eau. C'était terminé. Rien ne m'obligerait à finir comme Alex. Rien ne justifierait une traque incessante et potentiellement mort-

Toc, toc, toc.

-Adriann?

Mon regard se figea sur la porte, interdit. Cette voix... Je me redressais silencieusement, soudainement plus alerte. S'il était là, après ce qu'Henning m'avait dit...

-C'est Therence... ouvre.
-Est-ce que tu... tu es vivant ?, demandai-je au bout de quelques instants avant de m'approcher de la porte. Tu es réel ?

La réponse fusa à travers le bois. Indécis, je laissais mon regard courir de la poignée de la porte jusqu'à l'endroit où, hypothétiquement, il se tenait. Sans un mot, ignorant les sentiments qui accéléraient les battements de mon cœur, je déverrouillais la porte et la tirai vers moi. Lorsque je relevai les yeux, Therence se tenait face à moi. Juste devant moi, plus près qu'il n'avait jamais été depuis des semaines. Mes prunelles furent happées par son regard avant qu'une ombre ne surgisse derrière lui. Brusquement, je m'avançais et agrippai le brun par le col pour le pousser dans les toilettes avant de claquer la porte. De l'autre côté, le pied d'Alex s'enfonça rageusement pour briser le bois. Appuyant de tout mon poids, je verrouillais à nouveau derrière moi pour enfin me retourner vers l’adolescent.

-Il faut juste attendre que sa petite crise s’arrête, expliquai-je sèchement en scrutant Therence.

Alex avait l’habitude d’être comme ça. Dans ces moments là, mieux valait s’enfermer plutôt qu’essayer d’argumenter et faire face à son wendigo. Mais ce qui était le plus anormal ici, ce n’était pas tant les coups réguliers contre la porte, mais la présence du gamin. J’essayais de le cerner, de trouver la raison de sa présence intempestive, tout en restant aussi à distance que me permettait la pièce. Je ne voulais pas qu’il me touche.

-Ca fait longtemps que je n’ai pas rêvé de toi. Et la dernière fois, tu ne parlais pas. Je me demande bien quelle symbolique ça peut cacher, ironisai-je froidement en croisant les bras.

Sa présence me faisait mal. Une sorte de nœud au ventre et de picotement jusque dans le cerveau, une haine qui se transformait souvent en tristesse.  Je m’approchais lentement, le silence brisé par les coups de moins en moins réguliers de l’autre côté de la porte. Therence était acculé contre le mur tandis que j’avançais encore, les bras le long du corps. Je ne voulais pas qu’on se touche. Pourtant, je voulais le frapper si fort…

-L’avantage de tout ça, Therence, c’est qu’au moins maintenant, je sais ce que tu fais des gens qui s’attachent trop à toi. Et... j'ai jamais voulu te faire du mal. Mais là, c'est difficile de me retenir. Maintenant, suis-moi ou barre-toi. Je m'en fous.

Je me détachais de son regard pour retourner à la porte. Je l’entrouvrais et jetai un coup d’œil avant de l’ouvrir en grand. Alex était partit. Me dépêchant pour franchir le seuil de la maison, je m’enthousiasmais de pouvoir enfin retrouver l’air libre jusqu’à ce que mon dos heurte violemment le sol. Le souffle coupé, les tympans sifflants, j’étais spectateur et victime du wendigo qui laissait courir sa gueule sur ma peau. Ses yeux laiteux me fixaient sans aucune émotion tandis que ses dents glissaient sur mon torse. A peine eu-je le temps de constater la disparition de mon T’Shirt que ses crocs arrachèrent mon ventre dans un bruit glaçant, largement couvert par mes hurlements. Me débattant comme un fauve en cage, je balançais des coups de jambes et de poings partout jusqu’à ce que la créature me libère. Reculant précipitamment, je plaquais ma main sur ma blessure qui… qui avait disparue. Sous mes doigts, seule la matière rugueuse d’un pansement que je gardais sur mon ventre dans la réalité. Pas de sang. Pas de cicatrice.



Therence & Adriann

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MessageSujet: Re: Wild dreamers | Therence & Adriann   Dim 1 Jan - 20:02



Disillusion
Je toque à la porte, et j’attends un signe. Adriann est passé à vive allure comme s'il avait le diable au trousse, en état de panique. Qu'est-ce qu'il s'est passé?... Le bruit d'évacuation de l'eau ne chasse pas de mon esprit celui de son rendu dans la cuvette et ses reniflements discrets avant qu'un silence intimidant ne s'installe.

-Est-ce que tu... tu es vivant ? demande t-il d'une voix rendue faible et rauque à cause de son vomissement, avant de se rapprocher de la porte. Qu... quoi? Tu es réel ?

-Je... oui! Oui, bien sur je suis vivant!

Quelle question!... J'ai une poigne au cœur de le sentir si confus. Il a l'air perdu. Réel... je ne sais pas si c'est une bonne idée d'admettre être en infraction dans son rêve alors qu'il a déjà eu assez honte de m'avoir présenter Sonia et ses bourreaux. Je ne devrais pas être là, par respect pour sa vie privée, mais... mais il s'est enfermé dans des toilettes pour fuir, alors ce n'est pas non plus comme s'il n'était pas la proie de ses propres cauchemars et en mesure de subir en solitaire. Quoiqu'il soit en vie et semble entier, son état confirme mes angoisses à son sujet. Bien sûr que ça ne va pas...

Mon regard vacille doucement sur la porte en attendant une réaction, quand enfin le loquet retentit. Je m’écarte et le battant s'ouvre sur lui.
Je me sens fondre et m'animer en même temps de le retrouver en face à face. L'air est chargé d'électricité, mélange d'attraction refoulée et de risque d'orages. Un profond regret m'envahis, mêlé d'une envie éperdue de l'attraper, de le toucher, de le garder, même au prix d'excuses que mon ego récuse, si son regard qui s'est perdu dans le mien n'agissait pas comme une épée sous la gorge et ne rendait pas la retrouvaille si incertaine...

Un frisson me traverse à l'apparition d'une ombre sur nous, quand je suis tiré à l'intérieur des sanitaires. Adriann bataille à refermer la porte que l'autre, derrière, s'affaire à marteler avec violence.  

-Qu'est-ce que c'est que ça?!

-Il faut juste attendre que sa petite crise s’arrête
. s'agace t-il en me toisant.

-...C'est le type avec qui tu dinais?

Les coups ne cessent pas. Il est dingue? Il avait l'air beaucoup plus... affable tout à l'heure quand il les mâtait se rouler une pèle avec leur amie, songè-je avec amertume. Mon regard quitte la porte pour se poser sur Adriann qui ne m'a pas lâché des yeux. Son analyse silencieuse me met mal à l'aise. Je n'ai pas le sentiment d'être le bienvenu et je crains quelle conclusion il pourrait tirer de la présence dans son rêve de quelqu'un qu'il sait avoir un soupçon d'influence sur le monde onirique...

-Ça fait longtemps que je n’ai pas rêvé de toi.

Je baisse momentanément les yeux. Je ne suis pas sûr de savoir comment prendre ça, un clair reproche d'être là? Ou le sous-entendu lui aussi explicite que je ne suis pas un indispensable...

-Et la dernière fois, tu ne parlais pas. Je me demande bien quelle symbolique ça peut cacher.

Ok, le ton est donné... Je détourne nettement la tête cette fois, heurté, mais à juste titre, j'en ai conscience...

-...Je te l'ai dis, j'ai rien voulu de tout ça. murmurè-je

Si j'avais su l'impact que mes actes et mes paroles auraient, jamais je n'aurais commis mes bêtises. Pour toute réplique, son regard me transperce et attise ma nervosité. Les coups derrières la porte s'amenuisent, comme un bruit de fond remplacé par les battements dans ma poitrine, et l'espace ordinairement étroit de la pièce parait se refermer autour de nous à mesure qu'Adriann approche, indéchiffrable. L'acharné dans le couloir n'est peut-être pas le plus à craindre. Il pourrait me frapper, ce serait compréhensible. Et pourtant, son corps si proche du mien qui me fait déglutir, j'ai l'envie... j'ai l'espoir irrépressible et ingrat que s'il approche, malgré toute la froideur dont il fait preuve, c'est pour finir par coller ses lèvres aux miennes...
Il me manque...

-L’avantage de tout ça, Therence, c’est qu’au moins maintenant, je sais ce que tu fais des gens qui s’attachent trop à toi.

Il frappe avec des mots, et ça fait bien plus mal que les coups qu'il se refuse. C'est cruel. Je ne suis pas venu pour me battre contre lui, je clos mes lèvres et retient l'émotion qui me noue la gorge et me pique les yeux. Mais je ne suis même pas sûr qu'il prenne plaisir à m'infliger ça. J'ai peur qu'il m'en veuille trop pour en être à ce stade, détourné par sa propre douleur, celle que je lui ais infligé, et que mes réactions l'indiffèrent. Lors de son voyage en Allemagne, cette question de savoir ce que je faisais des gens qui s'accrochent à moi avait fait l'objet d'un débat houleux. Au final, je ne crois pas y avoir clairement répondu. Mais d'une certaine façon, quand je juge son état pour s'être intéressé à moi... je ne serais pas honnête de le contredire. Et pourtant, je voulais vraiment pas que ça ce passe comme ça... C'était pas censé arriver...
Mais il n'en croit pas un mot.

-Et... j'ai jamais voulu te faire du mal.

-Non...


Je ferme les yeux pour mieux encaisser et hoche légèrement de la tête, raffermi.

-Non, ça c'est faux.

Celle là, aussi sincère se veut-elle, aussi fautif que je sois, je ne peux pas l'accepter. Il a cherché à me faire mal, si ce n'est pas à l'instant même, assurément ce soir là. Et... félicitation, il a réussi. Si ce n'est pas le cas, alors qu'il admette au moins qu'il se fout de mes états d'âmes, mais qu'il ne me dise pas qu'il n'a "jamais voulu" me faire de mal. Je mérite beaucoup de blâmes, mais pas des mensonges aussi grossiers, qu'il assume pleinement ses ressentiments et ses actes.

-Mais là, c'est difficile de me retenir. admet-il, sans ciller au regard sombre qui l'accuse. Maintenant, suis-moi ou barre-toi. Je m'en fous.

Je ne suis pas le bienvenu. Mais il ne pousse pas non plus dehors... Il ouvre grand la porte et s'élance sur la voie qui est libre. Je voulais m'assurer qu'il aille bien, et... j'ai ma réponse. J'hésite quelques secondes et je le suis. Je ne le laisserait pas. De toute façon, je doute qu'un claquement de doigt me suffise à partir d'ici si c'était ma seule option...

Une ombre surgit de nulle part et écrase sauvagement l'allemand devant mes yeux. Tout se passe trop vite, je suis pris de surprise tant par l'attaque que par l'homme qui n'en est pas un et qui s’acharne sur lui. Quand un hurlement à glacer le sang accompagne un audible déchiquètement de chair.

-ADRIANN!!!

C'est pas possible!!! Je me rue sur le monstre sans réfléchir et l'agrippe pour tenter de l'arracher à Adriann, mais je me fais éjecter aussi sec d'une lourde brassée. Mon dos heurte violemment un meuble à quelques mètres dans le corridor tandis qu'Adriann hurle et se débats sous l'assaut de la bête. Non!
Il s'est fallu d'un geste pour m'envoyer valser comme un patin de bois. Mais j'ai plus de pouvoir ici que je n'en aurais jamais dans la réalité. Il me suffit d'une pensée vive, une volonté de vaincre pour qu'une boule de feu prenne forme dans ma main. Je la balance de toute mes forces sur le monstre, mais lorsque je me redresse de mon élan, j'ignore si je l'ai eu. Les rêves obéissent à une logique qui me dépasse, sans rectitude de temps ou d'espace. Il a simplement disparu. Je me précipite sur Adriann, affolé.

-Adriann! Ça va?

Une main attrape son épaule, l'autre survole son ventre tandis que mon regard courent sur les dégâts. Mais aucune plaie, pas la moindre goutte de sang, mais un pansement. Je l'ai bien vu se faire éviscérer... La tournure anarchique des rêves devrait me rassurer, pourtant au contraire, ça me déconcerte et ça m'inquiète. Contrairement à la broche qui est mon chez-moi et dont l'environnement répond à mes attentes, je ne maitrise rien du tout ici. Je suis aussi soumis que lui aux caprices de sa conscience.

-... Il risque de revenir. m'inquiétè-je en regardant tout autour de nous.

Je pose néanmoins une main soulagé sur son pansement immaculé, soupçonneux sur sa présence... avant qu'une gifle ne me la dégage.

Je m'écarte par réflexe, nos regards qui se soutiennent, colère farouche contre regrets et vexation. Je ravale mes excuses ainsi que le trouble dans mon regard.

-Alors tu m'en veux à ce point?... soufflè-je dans un sourire incrédule.

Au point de me rejeter quand il pourrait-être blessé?... Ok. Ok, on ne se touche pas.

-... Ces gens qui étaient ici avec toi, la fille, l'autre type, c'était qui?

Le regard qu'il me renvoie me fait l'effet d'un poteaux en pleine figure.

-Je veux juste savoir s'il sont aussi dangereux, Adriann...

Ça ne me regarde pas de savoir avec qui il couche. C'est la dernière chose que je serais en droit de demander, j'ai pas besoin de me le faire rappeler...

-S'ils sont agressifs, on devrait pouvoir lutter contre.

Tout comme avec les bourreaux de Sonia dans la broche. Ceci-dit, j'ignore où nous mènerait un combat contre eux. S'il est seulement possible de se débarrasser d'un cauchemar, de l'atteindre efficacement, même. S'il est possible de guérir Adriann de ses hantises...

-Qu'est-ce qu'il t'es arrivé? Il en a après toi?

... pour se cacher dans les toilettes? Il n'est pas obligé de répondre, mais je le scrute longuement.

-Est-ce que... est-ce que tu es... seul dans tes rêves?...

Mon hésitation sur la question lui laisse deviner qu'il ne s'agit pas de déblatérer sur ses ressentis, ni même en revenir à ce qu'il m'a dit. Il partage son corps avec une entité qui semble se réveiller à chaque pleine lune. Mais je ne sais pas comment c'est dans sa tête. J'ai bien vu que son pote wendigo l'a pris au dépourvu et qu'il s'est retrouvé sans défense, mais...

-Il... ne peut pas intervenir?...

Est-ce qu'il n'est autre qu'une source supplémentaire de cauchemars? Qu'est-ce que j'éprouverais à sa place, si je partageais mes rêves avec une part cannibale? Le tableau me donnerait sans doute envie de vomir.

-... C'était une question idiote. Mais tu m'as expliqué que vivre avec un wendigo, ça se gérait avec une bonne entente entre l'hôte et le monstre.

Alors j'ai supposé qu'il y avait moyen qu'il... se défende de ces spectres, grâce à lui, avec lui... Cela dit, je n'ai aucune envie de le croiser, et l'avoir vu se faire déchiqueter de sang-froid par un autre monstre contribue pour beaucoup à cette idée insensée. A tête reposée, je me rendrais compte que c'est l'encourager à se rapprocher de la bête et ça n'est certainement pas mon objectif.

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MessageSujet: Re: Wild dreamers | Therence & Adriann   Dim 8 Jan - 1:32




Greetings

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-Alors tu m'en veux à ce point ?..., s'offusqua Therence.

Un violent frisson parcouru mon dos. Chaque élément ressentis ce jour-là apparaissait ici, comme le prouvait le mince filet de sueur qui glissait sur ma tempe. Presque rageusement, je l’enlevais du revers de la main avant de m’éloigner de l'humain.

-Je suis pas blessé.
-... Ces gens qui étaient ici avec toi, la fille, l'autre type, c'était qui ?

-Je veux juste savoir s'il sont aussi dangereux, Adriann..., ajouta-t-il à mon regard assassin.

Mon cœur se pinça lorsqu’il prononça mon prénom. Je profitais honteusement de son visage inquiet, sans pour autant souhaiter remédier à son émotion. Je ne décrochais pas un mot. Parce qu’ils n’étaient pas dangereux… ils étaient mort. Ils étaient tous censés être morts. Alex aussi. Et pourtant, même depuis sa tombe à l’autre bout du monde, il parvenait à se frayer un chemin jusqu’à mon inconscient.

-S'ils sont agressifs, on devrait pouvoir lutter contre.
-Il n’y a que le wendigo, répondai-je abruptement. Il n’y a que lui qui va faire quelque chose.

Nier sa présence ne ferait qu’augmenter les risques. La seule chose à faire était de s’éloigner  le plus rapidement possible avant qu’Alex ne revienne. Retenant un nouveau spasme, je me relevais sur mes deux jambes, une main sur mon ventre, trop effrayé à l’idée que ma plaie s’ouvre à nouveau.

-Qu'est-ce qu'il t'es arrivé ? Il en a après toi ?
-… Il m’a… il m’a fait manger sa petite-amie. Lena, ajoutai-je, les sourcils froncés.
-Est-ce que... est-ce que tu es... seul dans tes rêves ?...

Je le regardais sans comprendre. J’avais vomi… j’avais vomi pour me débarrasser de Lena comme du wendigo… mon cœur s'emballai lentement.

-Il... ne peut pas intervenir?...
-On ferait mieux de partir. Maintenant, ordonnai-je en l’attrapant par l’épaule et en l’entrainant à ma suite.
-... C'était une question idiote. Mais tu m'as expliqué que vivre avec un wendigo, ça se gérait avec une bonne entente entre l'hôte et le monstre.

Je pressais le pas en l’écoutant attentivement. Therence savait ce que j'avais en moi. Et s’il savait, alors que j'en doutais encore, c'était qu'il était réel... il avait débarqué dans ma tête, il avait sorti ses… ses flammes !, et maintenant, petit à petit, il continuait d’investir mes pensées. Rien n’indiquait qu’il soit venu ici pour me protéger. Les questions qu’il posait n’étaient pas anodines…
…Alors je n’avais pas résolu mon problème. Vomir n’avait servi à rien et Alex avait gagné… que je le veuille ou non, le monstre était en moi, ancré dans l’épaisse cicatrice qui courait le long de mon ventre. Nouvelle convulsion.

-J'en sais rien... Ici, j'en sais rien du tout.

...Mieux valait continuer d’avancer à travers le quartier. Quelque part parmi ses bâtiments, il devait bien se trouver une maison vide ou abandonnée où je pourrais sauver Therence. A travers mes veines, je sentais la créature se réveiller lentement, m’appelant à lui céder la place. J'accélérais le pas, le regard rivé sur le ciel obscur en veillant à ce que l'humain suive le rythme.

-Je veux pas te blesser… pas physiquement, précisai-je, comme pour avertir le wendigo ravivé. ...mais tous les gens ici sont morts. Et j'ai peur de finir par te faire du mal, avouai-je, le corps secoué d'un violent spasme.

Une maison se dressa à une trentaine de mètres devant nous. Je m'y engouffrais précipitamment, Therence derrière moi, et commençai une ascension des marches pour nous mener jusqu'au grenier, sans savoir qui de lui ou du monstre il valait mieux enferm-AAAAH !
Le cri, inhumain, s'était échappé de ma gorge tandis que je m'écroulais dans l'escalier, plié en deux.

Et puis, plus rien.

Plus rien d'autre que notre respiration chaotique, lourde, bestiale.

Lentement, le ventre recouvert de notre sang qui s'échappait de la cicatrice, nous nous redressions. Transformés et unis.



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MessageSujet: Re: Wild dreamers | Therence & Adriann   Lun 9 Jan - 13:49



Meet the wendigo
-Je suis pas blessé.

-Alors pourquoi le pansement?


Il ne répondra pas à la question et je le savais avant même de la poser. Le bandage étant propre, ça n'est pas le plus urgent alors qu'il y a un dévoreur qui court quelque part et qui pourrait réapparaitre d'un moment à l'autre. Mais je ne suis pas assez idiot pour accepter ses repoussoirs comme une réalité. Pas tout à fait.
Il n'a pas l'air de souffrir outre le choc de son agression et ce qu'il aurait du en hériter, c'est le principal et je m'en contente pour le moment. Je me renseigne sur ce qu'il ce passe, ces gens, ce qu'ils représentent ici. Si l'on doit s'attendre à trois monstres, ça va faire beaucoup à gérer...

-Il n’y a que le wendigo. Il n’y a que lui qui va faire quelque chose.

-... D'accord.

Je prend les réponses comme elles viennent. Subites, irritées, inquiètes... Patiemment, mais parce qu'il a des raisons d'être agressif contre la situation et contre moi. Je refoule mon envie de l'aider à se relever comme j'ai envie de me rebiffer pour l'aigreur qu'il me fait subir et que je tolère mal, et lui demande ce que son semblable lui veut en taisant mes interrogations tenaces concernant la main sur son ventre.

-… Il m’a… il m’a fait manger sa petite-amie. Lena.

J'ouvre de grandes billes perplexes, l'estomac retourné, avant de réfléchir. C... comment ça, il veut dire, il l'a lui a faite manger ici! Dans son cauchemar?... Je le dévisage frénétiquement. L'absence de réactions d'Adriann est éloquente...

-Oh bon sang...

C'est comme ça que ça c'est passé. C'est... c'est comme ça qu'il est devenu le wendigo...

J'avale difficilement la nouvelle, un frisson glaçant et un vertige écœurant. C'est... ignoble. Et... et comment considérer l'ancien humain en sachant ça? Il vit avec la bête en lui, lui cède une victime par mois, c'est inacceptable, mais... il n'a rien demandé...

La situation ne se prête pas à la désolation. Lorsque je lui demande si le wendigo, son wendigo, est présent dans ce monde, il me regarde comme s'il ne comprenait pas. Pitié, qu'il ne m'oblige pas à lui demander franchement! J'ai du mal avec ça. J'ai jamais osé abordé le sujet de ses fringales de la pleine lune, le wendigo est... C'est un tabou qui s'est instauré de lui-même. Je suis prêt à parler de la créature en tant qu'être de folklore, mais je ne peux pas parler de son cannibalisme, quand bien même j'ai la confirmation que ce vice lui a été imposé. Je sais ce qu'est mon professeur. Je sais ce qu'il fait. Mais parler de ses crimes, ça ne ferait qu'apporter plus de relief à une réalité qu'il est peut-être plus facile de vivre comme nous l'avons fait jusque là. En en sachant le moins pour ne conserver que le meilleurs...
Cependant, qu'importe le monstre qu'il est, dans l'état actuel je me demande s'il ne serait pas une sécurité pour lui. J'ai pu entrer dans ce rêve grâce à l'aide de Ma' Joe, mais d'ordinaire je ne peux pas le rejoindre dans le monde onirique. C'est seul qu'Adriann doit affronter ses démons. Mais si le wendigo pouvait apparaitre face à l'autre mangeur d'homme, Adriann aurait de quoi l'emporter! Je ne pense pas que contre les cauchemars, il y ait d'autres issues qu'un réveil pénible et toujours plus épuisant, ou de reprendre le contrôle. C'est une lutte perpétuelle qui recommence chaque nuit à laquelle il est condamné.

-On ferait mieux de partir. me coupe t-il dans mes réflexions. Maintenant.

Nous quittons rapidement la maison. Je poursuis sur ma pseudo psychologie des rêves, mais si je suis ce qu'il m'avait raconter, que vivre avec un wendigo repose avant tout sur une entente cordiale entre l'hôte et la bête, je ne vois pas pourquoi il refuserait de l'aider à se battre contre ses hantises. Adriann écoute tout en guettant le danger et en se concentrant sur un objectif qui se trouve quelque part parmi ces maisons. Je me précipite, retenant au dernier moment de le toucher au coup de faiblesse qui le secoue.

-Hey! Ça va?

-J'en sais rien... Ici, j'en sais rien du tout.


Je l'observe soucieusement, son teint blême, son bras en travers du ventre, en sachant qu'il ne me laissera pas regarder. Soupir. Donc, soit ce n'est pas dans les aptitudes de l'esprit cannibale de s'incruster dans les rêves de l'humain, soit le wendigo n'est pas plus concerné par l'état de l'hôte, selon mes avis...

-Je veux pas te blesser… souffle t-il en se pressant.

Je fronce des sourcils dans son dos. Encore ça?

-C'est à propos de notre discussion dans les toilettes?

Parce que je me suis peut-être être tu, mais c'est pas les mots qui me démangent de lui balancer sur le propos, alors s'il se sent vraiment d'en parler maintenant, je...

-Pas physiquement.

Oh. Ok. Ça a le mérite d'être clair. Ça fait plus mal que je m'y attendait, aussi...

-...Mais tous les gens ici sont morts. Et j'ai peur de finir par te faire du mal.

Ma contrariété retombe lentement, remplacée par du doute et une inquiétude poignante au fil de ses aveux. Tous les gens ici sont... morts. Son pote wendigo, sa petite-amie qu'il lui a faite manger, l'autre type plus âgé... tous, comme la petite Sonia.
Un frisson particulier me glisse sur l'échine, à courir avec lui au milieu d'un quartier à l'aspect désert. J'ai le sentiment dérangeant, effrayant, d'être un vivant perdu dans une ville fantôme, seulement habitée par des âmes en peine. Les nombreux esprits qui hantent les nuits d'Adriann...
Mon regard change en imbriquant sont inquiétude de me savoir en vie ou non plus tôt et sa crainte de me blesser. Et je l'aurais probablement rejoins, ou arrêté pour avoir une discussion en face à face, juste quelques mots, si son explication ne s'était pas solder par une nouvelle convulsion. "Je suis pas blessé", tu parles! Ça va pas, ça va pas du tout!

-Adriann, qu'est-ce que tu as?

Il accélère le bigre! Je me gonfle méchamment derrière lui. On entre dans cette bicoque, il se pose, et il me laisse regarder. De grès ou de force!  

La maison est vide, je claque la porte dans mon dos et le suis à vives foulées dans les escaliers quand il se tort soudainement sous mes yeux.

-Adriann!

B*rdel, qu'est-ce que c'est encore?! Je le savais qu'il était blessé, je le savais! J'aurais du vérifier! Son hurlement rauque déchire le silence lugubre des lieux. Je me précipite sur lui tandis que son cri s'éteint aussi subitement qu'il a retentit, mais je stoppe net avant de m'être penché et repose le pied sur la marche précédente en cramponnant la rampe.

-Adriann?...

Un mauvais pressentiment me picote la nuque et raisonne dans mes entrailles. Il y a quelque chose d'anormal...


-Adri...

Il pivote, lentement, l'inquiétante tâche brune qui macule son ventre et ses mains en train de se fondre avec la teinte charbonneuse de sa peau. Il déroule son dos aux vertèbres proéminentes et se redresse de toute sa hauteur, accrût par les bois qui cessent leur pousse au dessus de sa tête...
Deux yeux livides me regardent.

Oh non de...
Ce n'est plus lui.
Ça ce n'est pas Adriann!

Je redescend les marches en panique. Le wendigo, je l'attendais. Mais pas maintenant, pas ici, je l'attendais lorsqu'il projetterait de causer des dégâts à la pleine lune et sur un terrain où je saurais me battre et aurais plus d'avantages sur lui, là ou JE l'aurais emporté et lorsque JE l'aurais décidé! Je ne suis pas prêt à être confronter à ça! Ni à prendre cette rencontre fortuite comme un exercice.

Je me précipite sur la porte et pousse un cri en me protégeant lorsque la masse brute de la petite commode sur le palier vole par dessus ma tête pour s'écraser en travers du chemin. Je bifurque dans la première pièce qui se présente. Il est blessé, mais je ne suis pas sûr que ça fasse une grande différence. Je bouscule les meubles sur son passage, me cache inutilement et enjambe maladroitement ma propre pagaille pour échapper à la bête qui se fondrait presque dans l'obscurité, ses yeux comme deux phares effroyables lancés à ma poursuite.

-STOP! gueulè-je en me retournant, acculé au mur.

La flamme danse dangereusement dans ma main et illumine une partie de mon visage tendu par la peur, et le sien, familier et trop différent à la fois. Il est blessé. Mais qu'il n'approche pas! Ou je... je...
Je risquerais de blesser Adriann...

Je balance ma munition par dessus son épaule aller s'écraser dans le décor, le temps pour moi de me glisser hors de la pièce et m'élancer vers la sortie.

J'entends le bois fracasser dans mon dos, ses pas qui concurrencent les miens. Je repousse le meuble d'un coup de genoux, les vitreaux qui jouxtent la porte reflètent son sourire aux lames de rasoirs. C'est un cauchemar! C'est littéralement un cauchemar!!!

Ma main à deux doigts de la poignet, mon cœur comme un tambour fou, son souffle féroce dans mon dos...

NON!

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MessageSujet: Re: Wild dreamers | Therence & Adriann   Dim 29 Jan - 1:07




Greetings

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Il était là. Tapis dans l'ombre de mes veines, au fin fond de mon âme, il était là. Et il attendait, en se manifestant par des spasmes de plus en plus violent, comme pour m'avertir et avertir Therence de sa venue. On... il allait profiter de sa présence inattendue pour s'amuser comme rarement il avait eu l'occasion de se distraire à l'intérieur de mon esprit. Et peu importe les pulsions qui trouvaient une résonance en moi, je ne voulais pas le blesser lui. Je ne pouvais pas...

-On ferait mieux de partir. Maintenant.

C'était le signal d'une course effrénée entre la créature et moi. Mettre Therence à l'abri ou le dévorer, une question de vie ou de mort. Naviguant entre les maisons désertes, je guettais les fantômes. Alex et Henning étaient tous deux susceptibles de ressurgir n'importe quand, n'importe où. Et si je ne pouvais pas les contrôler dans mon inconscient, la présence inhabituelle de mon... de l'étudiant n'allait pas calmer les choses. Comme pour confirmer mes inquiétudes, un spasme me traversa le corps. Plié en deux, les bras autour de la cicatrice qui menaçait de s'ouvrir à chaque instant, j'accélérais le pas, de plus en plus inquiet par la multiplication des spasmes qui me secouaient le corps.

-Adriann, qu'est-ce que tu as ?, s'inquiéta Therence dans mon dos.

Sans un mot, je continuais mon avancée vers la seule maison qui se dressait devant nous. La porte claqua dans mon dos lorsque je franchis le seuil, comme un funeste présage à la nuit qui se profilait dans mon inconscient. Le wendigo était à l'entrée de ma tête, à deux doigts de prendre le contrôle. Si je voulais que Therence vive, il fallait m'enfermer quelque part ! Dans un grenier, une cave, peu importait...

Dans un cri déchirant, le monstre se fendait un chemin jusqu'à mon esprit et mon corps. Tranchante, la douleur venait m'habiter comme pour me lacérer et permettre au wendigo d'apparaître. Et je le voyais déjà. Sa peau sombre, sa rangée de crocs qui transperçait ma gencive en sang... notre cicatrice béante...

-Adriann?... 

Adriann paniquait. Sous notre respiration calme, celle de l'humain était saccadée, entrecoupée par des bruits indescriptibles proches d'une plainte douloureuse. L'allemand souffrait, et je me nourrissais de cette douleur pour me relever lentement tandis que mes bois terminaient leur course. Si mon hôte faisait autant de bruit, c'était pour...

-Adri... 

Therence. L'auteur de toutes nos mésaventures. Du moins celles de notre cher et tendre professeur... je pivotais, les yeux rivés sur lui.

*

Acculé contre la porte, le rebelle faisait luire une boule de feu entre ses doigts. Je ne cessais d'approcher, lentement, le pas tranquille. Il avait beau être humain, il fallait bien lui reconnaître qu'il avait un sacré cardio... néanmoins, il était là ; coincé entre son envie d'aider son ancien compagnon ou celui de se sauver. Et étrangement, lui qui avait fait preuve de tant d'égoïsme semblait plus réticent à la seconde option.
Dans un bruit assourdissant, la boule de feu frôla mon épaule pour mourir sur le mur derrière moi. Therence était désormais sans défense. Adriann ne se manifestait plus, ou il n'en avait certainement plus la force. Je franchissais les derniers pas qui me séparaient de ma proie, victorieux.

-J'ai rêvé de ta chaire à chaque pleine lune... C'était moi. Mais ce que tu ne sauras jamais... est-ce qu'il y avait une part d'Adriann là-dedans, Therence ? Quand nous fantasmions sur ton sang sur notre peau, était-ce le monstre ou l'humain ?

Il suffisait de deux phrases insidieuses murmurées à son oreille. D'un doute suffisant pour y semer la peur, pour exploiter chaque plantes d'effroi susceptibles de grandir... et là, au creux de son cerveau, mes lèvres à quelques millimètres à peine de sa chaire, commençait la méfiance. Me rapprochant imperceptiblement, mes crocs vinrent frôler son épiderme. Therence eut un mouvement de recul que je calmais de cinq griffes plantées dans le ventre ; son sang gicla avant de s'écouler jusqu'à ses pieds, course lente mais incessante. Il ne bougerait plus. En deux bouchées, son oreille termina dans mon estomac. Le gamin ne cessait d'hurler.

-Tu sais Therence, l'important c'est que le cerveau soit intact. Je peux et je vais te dévorer autant que je le souhaite... mais tant que ça reste à sa place, expliquai-je en lui tirant la tête en arrière, tu subiras absolument tout.

Chose promis, chose dû. Attrapant brutalement sa mâchoire, je le forçais à me regarder. Avec un calme qui contrastait avec l'horreur ambiante, je laissais l'inconscient de l'humain influencer sur mon aspect et je ne cessais de grandir et de grossir. Entre mes mains, Therence ne faisait plus l'effet que d'une grande marionnette que je gobais sans état d'âme.

Adriann voyait mes actes à travers une vitre. Les soirs de pleine lune, lorsqu'il ne s'abandonnait pas ou pas assez à mon goût, j'enfermais son esprit avec le mien. Il se retrouvait en cage, complètement transparente, dont les parois se recouvraient rapidement de rouge sanguin. Il voyait tout. Il sentait tout. Et le plus important, il ressentait tout. La jouissance que représentait l'acte de prendre une vie humaine. Nous avions le même frisson de plaisir en mordant dans de la chaire après un mois d'abstinence. Et cette nuit, puisque Therence avait éprouvé une curiosité aussi déplacée pour mes actes, il serait mon invité. Au même titre que le corps d'Adriann m'appartenait, l'esprit de l'adolescent serait à moi.

*

Émergent dans un sursaut de panique, je me glissais jusqu'à l’extrémité du matelas et tâtai le sol à la recherche de mon téléphone. Hagard, l'esprit encore embrouillé par le rêve, je composais le numéro de Therence et l'appelai. Il fallait qu'il se réveille !

La sonnerie, impitoyable minuteur, ne cessait de sonner... encore et encore...

Décroche !

... Enfin, un silence remplaça le bip incessant. Il avait décroché.

-... Je voulais être sur que tu te réveilles... Pour pas que tu ais à rester avec lui.

A l'autre bout du fil, seule la respiration lourde de Therence hachait le silence assourdissant qui nous liait. C'était comme une autre dimension qui prendrait en compte à la fois le rêve... et la réalité. Et malheureusement pour moi, elle reprenait rapidement le pas sur l'imaginaire.

-... Je pensais pas pouvoir te faire du mal. Je voulais pas, murmurai-je avant de raccrocher.



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MessageSujet: Re: Wild dreamers | Therence & Adriann   Dim 12 Fév - 23:20



Through the eyes of the beast
Je suis acculé, bloqué par l'ombre vorace qui a remplacée le professeur. J'aurais du comprendre à temps. Le monstre auquel Adriann essayait d'échapper et dont il m'avertissait le danger imminent, ce n'était pas son pote qui l'a attaqué tout à l'heure. C'était SON wendigo.

-J'ai rêvé de ta chaire à chaque pleine lune... C'était moi. Mais ce que tu ne sauras jamais... est-ce qu'il y avait une part d'Adriann là-dedans, Therence ? Quand nous fantasmions sur ton sang sur notre peau, était-ce le monstre ou l'humain ?

-Adriann n'est pas un monstre... objectè-je en soutenant les yeux blafards du carnivore, écœuré d'être l'objet de ses fantasmes morbides.

Il tente de me déstabiliser, mais ça ne marchera pas. L'homme obéit à l'esprit cannibale avec qui il partage ce corps comme il me l'a expliqué, une victime par nuit de pleine lune pour calmer sa faim. Mais il n'a rien à voir avec tout ça, ce n'est pas dans son tempérament de... prendre plaisir à tuer... Avant que les vitres glacées du wendigo disparaissent de mon champs de vision, je revois l'allemand attablé devant un verre d'alcool, admettre avoir manipuler un déséquilibré pour se débarrasser du chasseur... Ce n'était pas un mal gratuit, c'était une question de défense. Mais les paroles du wendigo coïncident avec mes propres reproches fait à Adriann ce soir là, l'air si entrain de prendre part aux plans de batailles de Wilder...
Non, Adriann n'est pas vraiment comme ça...

Les ivoires qui glissent sur mon oreilles me font violemment réagir, mais toute défense pour m'en éloigner est suspendue nette. Je convulse entre le mur et la bête aux griffes qui s'incrustent impitoyablement dans mon ventre. Un borborygme me remonte du fond de la gorge. Je saisis son poignet entaché de mon sang en levant un regard misérable. L... lâche m-
Je peux entendre le bruit de ses crocs qui se referment sur le cartilage élastique et croquant. Mon hurlement éclate dans la conscience d'Adriann à l'instar de la douleur dans ma tête.

-Tu sais Therence, l'important c'est que le cerveau soit intact. explique t-il calmement en tirant sur ma nuque. Je halète et sanglote, mon épaule s'empoisse du sang chaud qui macule le côté de mon crâne. Aah-aïe... P*tain, j'y crois pas! Il l'a bouffé!!!... Je peux et je vais te dévorer autant que je le souhaite... Non... mais tant que ça reste à sa place, tu subiras absolument tout.

-... Non...

Ses doigts s'encastrent dans mes joues, m'obligeant à le regarder. Plus de souvenirs mais mon reflet horrifié qui se réfléchit dans ses globules indéchiffrables, et qui rétrécit à mesure que lui gagne en volume. Bientôt je ne distingue du monstre noir qu'un gouffre aux parois dentés qui fond et m'engloutis dans une ultime négation, un hurlement d'épouvante.


Où suis-je?! Je vire à droite, et à gauche. Je suis encerclé de parois de verres. Dans un style différent, ça me rappelle les vitraux couleurs feu qui composent ma broche à échelle onirique. Mais les vitres ici sont parfaitement limpides, et le spectacle qui se déroule de l'autre côté me renseigne rapidement. C'est pas vrai, j... je suis à l'intérieur du wendigo...
Je suis le spectateur d'une scène de carnage, contraint à voir sans pouvoir me faire entendre ni me cacher dans ma cage de verre. L'empathie est une capacité naturellement humaine, et tout égocentrique que je sois, je ne peux pas rester de marbre et je me révolte et je tremble pour la proie du cannibale. Il ne peut pas faire ça!!! En réponse, une éclaboussure écarlate de laquelle je me protège par réflexe. Mais je ne suis pas maitre de mes décisions en ces lieux. Je reste bloqué sur la vision du corps en train de se faire étriper. Obnubilé par le rouge qui empli le décor et remonte à mes narines dans un parfum métallique. Je déglutis timidement la saveur au coup de langue gourmand de la créature. Mon indignation se creuse d'un insidieux petit appétit qui ne cesse de croitre. Le plaisir se fraie une place aux côtés du dégout. C'est alléchant... C'est un contentement indicible, primaire, qui trouve écho dans les envies profondément refoulés que l'humain moral et civilisé que je suis défend. Non, que j'ai décidé d'être... qu'est-ce qu'être humain sinon taire ses instincts animal? De quoi est-elle faite, la limite entre l'homme et la bête sinon d'une vertu diaphane, tellement fragile? Il suffit d'un rien, il suffit d'oser la franchir et de frapper et de mordre et de tuer pour se libérer, de s'abandonner sans honte à la délectation. Sa peur, notre euphorie, son impuissance, notre supériorité. Il éclate entre nos dents le plaisir coupable, il coule dans notre gorge et comble une faim bestiale, je vis l'abolition des limites que ma conscience prohibe vainement. C'est si bon! Je pourrais m'y perdre, redevenir un enfant cruel qui joue et qui blesse sans se soucier que de sa propre satisfaction, si je n'étais pas aussi terrifié par les délices malsains que le monstre me force à éprouver et qui pourraient se révéler n'être que les miens...

Quelque chose parvient à m'arracher à cette folie, au prix de plusieurs efforts dont je prend conscience qu'au dernier moment. Le savoureux gout ferreux sur ma langue me provoque la nausée, la peur et la honte reprennent le dessus sur la jouissance. Je regagne la surface dans un cri bref et me débat avec ma couverture et contre un monstre qui pourrait m'attendre tout proche. Acculé dans le coin de mur où est calé mon lit, j'ai machinalement porté la main à mon oreille, intacte, et scrute fébrilement la pénombre. Partout dans l'obscurité je crains de le voir resurgir avec son sourire carnassier. Rêve ou réalité? Je suis à deux doigts de la crise cardiaque... Nouveau sursaut. Qu'est-ce que...?! Je scrute le téléphone qui vibre et brille sur la table de chevet. Le wendigo n'est peut-être pas avec moi physiquement, mais lorsque je vois la photo qui s'affiche, je ne peux pas décrocher, le point toujours refermé autour de mon oreille, frémissant.
Et s'il m'attendait, à l'autre bout du fil?...

Je me calme. Déglutis. Je décroche et approche prudemment l'appareil...

-... Je voulais être sur que tu te réveilles... Pour pas que tu ais à rester avec lui.

Je ferme les yeux et plonge le nez entre mes genoux dans un soulagement inavouable. C'est Adriann. Il est là, il va bien. Le cauchemar est fini... Mes tempes pulsent encore trop fort dans ma tête. Je ne peux pas parler. Je ne saurais pas quoi dire... Mais sa voix, sa présence... juste un moment... avant que le réconfort encore aigre d'entendre sa voix ne disparaisse quand ma conscience me conjurera que derrière l'humain se tapit le cauchemar incarné...

-... Je pensais pas pouvoir te faire du mal. Je voulais pas.

Et puis fin de la communication.

Je repose le téléphone au bout de plusieurs bip, encore confus. En sécurité mais seul. Effrayé, révolté, mais honteux. Il ne m'a pas laissé le temps de le répugner avant de raccrocher... Une nouvelle punition?... Il m'en veut toujours aveuglément pour mes trahisons et de mon côté je visite son rêve et y sème le désordre. Et il me réveille plutôt que me laisser subir les conséquences de mes c*nneries, sans que je sache s'il n'en paiera pas le prix, et il le dit encore, il ne voulait pas me faire de mal...

Je me frotte le nez entre les genoux en rabattant un bras sur ma tête. Il prend la responsabilité et s'en excuse, mais au regard de mes maladresses, qui fait le plus de mal à l'autre?...

Je bloque un hoquet dans le creux de la main et je me précipite aux toilettes quand les sensations encore fraiches du repas horrifique remontent à la surface.


Spoiler:
 

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