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 Mundus vult decipi ergo decipiatur PV Alessandro

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Mundus vult decipi ergo decipiatur PV Alessandro    Mar 10 Jan - 16:25

Mundus vult decipi ergo decipiatur



ft. Aless

Un paquet de mots
pensées en italique
dialogue en gras


Le braquage remonte à plus d'une semaine désormais et la guerre contre notre principal rival semble s’être effacée au profit d'une tranquillité illusoire. Illusoire parce que l'absence de batailles ne signifie pas pour autant que les deux camps ne se préparaient pas à s'agresser mutuellement. La ville n'avait pour l'instant pas encore connu ce pic de violence caractéristique des périodes d'affrontements entre groupes mafieux rivaux. Le calme avant la tempête voilà comment cette période pouvait être appelé. Un calme de façade qui était empreint de tension. Victor fourbissait ses armes dans son trou  et se préparait à attaquer. Après tout, il était celui qui avait le plus à perdre dans ce conflit. Son emprise sur l'underground de la ville déjà bien effritée à cause de la fulgurante ascension de l'organisation d'Alessandro. Ses capitaux et avoirs issus de la criminalité, sa réputation, ses hommes et enfin sa vie. Certains pensent que la position d'outsider est la plus périlleuse. Ils ont tord car si un outsider échoue, il échoue. Si un parrain chute il perd tout ce qu'il a et ne le reverra jamais si jamais il est encore en vie pour s'en lamenter.

Ce qui n'est pas franchement la politique de la maison. Non, plus tôt Victor Barnes nagera avec les poissons au fond du lac mieux je me porterais. Pour autant je ne faisais aucunement preuve de la moindre impatience. La partie d'échec dans laquelle s'était engagé Alessandro nécessitait pour conclusion une victoire absolue nette et sans contestation possible pour l'avenir car le gâteau souterrain de Beacon Hills ne devait pas finir entre des groupes encore plus morcelés. Non, il devait tomber tout droit dans les pattes de la sicilienne d'Amaro. Voilà pourquoi la minutie et la prudence des actions étaient de mise. La loi du talion s'appliquait et elle s’appliquait avec une violence décuplée conformément aux ordres d'Alessandro mais pour l'instant le sang coulait avec une parcimonie toute relative. Celle de l'observation féroce de deux fauves de forces égales se toisant en silence, attentif à la moindre ouverture, la moindre faille qui aurait le malheur de se dévoiler à la vue. Cependant la situation stratégique et géopolitique souterraine de la ville dans laquelle je vivais depuis maintenant presque un an me passait en cet instant bien au dessus de la tète.

Et ce pour une raison absolument évidente. Azalea avait débarqué la veille à l'improviste et malgré mes remontrances concernant son état de grossesse avancé et le fait que les affaires illégales de mon patron étaient entrés dans une phase critique durant laquelle le plomb pouvait tout à fait devancer les mots, ma magnifique épouse avait balayé mes arguments de la main. Arguant qu'en tant que supérieur hiérarchique du soldat d'Azgeda que j'étais elle pouvait venir écouter mes rapports ou me transmettre les ordres du clan quand elle le souhaitait. Mes sourcils s'étaient froncés tellement forts que j'avais eu l'impression d'avoir l'expression d'une statue de cire figée dans le mécontentement. Ce qui avait bien fait rire la lionne du clan de la main noire et m'avait fait poussé un soupir d'exaspération exagérément théâtral.

Aza avait alors attaqué en me disant que son mari ne voulait pas d'elle, que s'il refusait de venir la voir alors ce serait elle qui viendrait. Son expression associée à ses mots m'avaient vaincu. Non pas qu'il en fallait beaucoup de sa part pour me vaincre. La culpabilité avait déchiré mes entrailles et la joie de la retrouver malgré la dangerosité de la situation. Après des embrassades et des effusions d'amour à faire pâlir les plus grands représentants de l'amour courtois j'étais parvenu à la convaincre de faire venir un ou deux membres du clan au motif qu'ils pourraient m'aider à tenter de trouver une solution pour les scientifiques qui courraient, encore et toujours en toute impunité.

Sans compter le fait que protéger l'héritière d'Azgeda n'était pas un devoir mais une obligation. En cette matinée de fin d'année, allongé nu contre mon épouse endormie dont je contemplais les traits avec bonheur tout aurait pu me sembler futile. Que ce soit la traque de mes ennemis surnaturels ou la guerre mafieuse de Beacon Hills. Ma belle se réveille lentement mais sûrement et je caresse son visage avec une douceur frisant l'abnégation. Puis, je lui indique que je dois aller travailler, que Lincoln et Ryan arriveront vers midi, qu'elle est la plus sublime des femmes à mes yeux. Un baiser sur ses lèvres et un autre sur le ventre d'une dimension galactique dans lequel s'épanouit notre futur enfant. Cette observation me vaut un coup d'oreiller sur la tète et je m'éclipse en riant.

(…)
J'arrive au Print pile à l'heure pour l'ouverture. Je salue tout le personnel comme une routine désormais bien ancré dans mes habitudes. La bise pour Sophie et Jessie, un serrage de main pour Dan et Jerry tandis que notre ours garou national a le droit à une bourrade amicale dans l'épaule et quelques piques toutes aussi amicales sur son air réveillé. Non Charlie n'est définitivement pas du matin. Alessandro descend et lève le rideau de fer ce qui marque l'ouverture de l’établissement. Un simple échange de regard complice suffit en guise de salutation entre le sicilien et moi même. Vu son expression ce dernier se doute bien que je ne suis pas de bonne humeur parce que le ciel est bleu.

Tandis que tout le monde se met au travail, chacun à son poste à un rythme tranquille. Tranquillité somme toute logique car les premières heures de la journée sont très rarement les plus chargées. Le signe de tète d'Alessandro m'indique que nous allons discuter d'affaires illicites dans l'intimité de son bureau. Il est vrai que nous aurions du le faire bien plus tôt mais l'activité frénétique du Print nous en avait empêché. Je prends néanmoins le temps de demander un cappuccino pour ma part et un café pour Alessandro.

Les mains chargés de tasses j'atteins le bureau et referme la porte en équilibriste du pied. Puis je dépose les deux tasses sur le bureau dominé par le poster géant de l'Etna. Je m'installe ensuite dans le fauteuil faisant face au bureau et saisis ma tasse de capuccino que je porte à mes lèvres avant de prendre la parole : Bonjour Alessandro. Nous devions discuter de Craig il me semble.            

  




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Dernière édition par Arès Kye Coleman le Ven 13 Jan - 22:18, édité 1 fois
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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Mundus vult decipi ergo decipiatur PV Alessandro    Ven 13 Jan - 18:44


Mundus vult decipi ergo decipiatur
La squadra a trouvé ses marques. Le casse de la semaine passée a fini de sceller l’équipe. Chacun a prouvé sa valeur, et chacun a constaté celle de l’autre. Les gars ont particulièrement apprécié le partage du butin qui s’est fait dans l’heure de notre retour. Ce que nous avions conclu à leur embauche a été tenu. Ce n’est pas parce que je gère un business illégal que je ne dois pas suivre le b a ba d’une gestion d’entreprise. J’honore mes dettes en temps et en heure. De plus, distribuer leur paye dans l’immédiat, m’évite les aléas liés au stockage d’argent liquide. Si je me fais voler, ça sera mon fric qui sera touché et non celui de mes hommes à qui je devrais toujours cet argent. Comme pour une entreprise, je fais des provisions pour les dépenses futures. J’avance pas à pas, être trop gourmand conduit irrémédiablement dans un mur.

A LA, beaucoup m’avaient demandé quelle était ma recette pour ma réussite fulgurante dans le milieu. Jamais je n’ai avoué que je m’étais ingurgité discrètement des cours de gestion d’entreprise. Évidemment pour mon affaire bien des démarches sont simplifiées du fait de l’illégalité de celle-ci. Par contre la théorie de gestion peut tout à fait s’appliquer, jusqu’au management du personnel. Là aussi quelques détails varient, les lettres de renvoi sont plutôt… plombées. Toutefois je fais attention à la satisfaction de mes gars, d’autant plus que dans ce milieu le Boss est considéré comme un père. Les relations avec les « employés » doivent être de natures paternalistes. Je connais donc parfaitement la situation familiale de tous ceux qui roulent pour moi. Glisser un mot sur une épouse, un enfant ou des parents est toujours grandement apprécié, d’autant plus qu’ils savent pouvoir me demander de l’aide.

Barns fait le mort depuis notre casse. Je ne pense pas qu’il ait eu vent de notre affaire. Je crois plutôt qu’il fomente sa revanche. Plus que jamais nous devons être vigilants. Il doit nous épier, surveiller mes agissements. Il avait tenté de m’attirer dans un traquenard avec le mioche qui avait foutu le feu au Pink. Logiquement sa prochaine cible devrait être le hangar. L’avenir, deux jours plus tard, allait me donner raison. Andrew et Ryan allaient choper trois types en train d’essayer d’incendier le hangar. La loi du talion étant de mise, les mecs finiront cramés vifs dans leur caisse pendant que j’apprendrai à Therencio à tirer.

La violence est la seule méthode que je connaisse dans ce cas présent. Je n’ai pas les fonds nécessaires pour pratiquer une guerre de sape en achetant ses mecs. J’ai besoin du fric que j’engrange pour améliorer les combats clandestins et d’autres projets que j’ai en tête. Ma collaboration avec Hectarion Adonaï me permet de blanchir l’argent sale des combats. Le romain est un fin stratège en finance. Il était venu au hangar, appâtant mon attention à coup de pari audacieux autant qu’insolent. C’est un gars de l’ombre, un mystère que je n’ai pas encore cerné et que je pense ne jamais vraiment appréhender. J’aime tout savoir sur les gens avec qui je fais affaire. Pourtant avec ce gars, j’ai le sentiment qu’en savoir plus sur lui me serait nuisible et non profitable. Hectarion est de bons conseils, je sais être bon élève.

(…)

Le camion benne fait un raffut de tous les diables en vidant les containers du Pink. Je m’étire paresseusement ouvrant un œil sur le réveil qui affiche cinq heures du matin. Je me retourne et enserre la taille de la personne qui dort à côté de moi. Je niche mon front contre cette nuque offerte. Un bras se dégage pour enserrer le mien. Je me colle contre cette peau si chaude et douce qui a la capacité de m’envouter par son odeur boisée. Je suis un loup citadin qui a sa forêt à domicile. Mon Drus, un paquet de sigaretta et du café, voilà mon nécessaire vital. Toutefois, je ne suis pas contre un appartement luxueux, une belle voiture, des fringues de marque et tout un tas de gadgets pour agrémenter la vie de l’italien soigné qui enrobe la bête sauvage que je suis réellement.  Je replonge dans un profond sommeil bercé par la respiration lente de Jansinio.

(…)

Mon bras rencontre le vide à côté de moi. Le bruit de la douche m’indique que Jansinio occupe la salle de bain. Il me faut quelques secondes pour raccrocher les wagons et savoir quel jour nous sommes. Mon danseur a ses cours de danse, voilà la raison de son levé si matinal. J’ai encore le temps, je me colle donc à plat ventre, l’oreiller sur la tête pour filtrer vainement les bruits du jour qui se lève. Jansinio s’approche pour me dire au revoir. J’essaye de l’attraper pour l’emprisonner de mes bras, mais il me dit être déjà en retard. Je négocie un baiser, profite pour le tâter avant qu’il ne s’arrache à moi en riant. Son rire frais diminue alors qu’il descend l’escalier qui mène au bar. Je prends sa suite dans la salle de bain. Le miroir me renvoie l’image d’un immigré clandestin. J’ai besoin d’un bon rasage. Mais d’abord… se réveiller sous la douche.

(…)

Le journal du matin apporte son lot de chiens écrasés et de faits divers et variés. La vie à Beacon Hills n’est pas très palpitante néanmoins j’épluche le journal local dans ses moindres détails. Je remarque une petite annonce que j’avais déjà vu dans le journal de la semaine précédente. Un particulier cherche un entrepôt à louer. Rien de bien fumeux en soit, sauf qu’il est mentionné que l’état importe peu. On loue un entrepôt pour y entreposer quelque chose en s’attendant que ce quelque chose y soit à l’abri des intempéries et des voleurs. Mon esprit affuté pour ce genre de détails voit dans « peu importe l’état » un synonyme de « j’ai les moyens de m’assurer que rien ne bougera de cet endroit ». Et qui hormis ma bande, a ce genre de moyens là ? Victor Barns. Je me trompe peut-être, cependant l’information doit être vérifiée. J’appelle Ryan et le mets au parfum.

Arès se pointe avec le bonheur plaqué sur son visage. Je devine que la furie qu’il a pour épouse y est pour quelque chose. Je redoute un peu le jour où il me présentera à Azalea. Cette nana ce n’est pas n’importe quelle nana ! C’est la bonne femme contre qui il est difficile voire impossible de s’opposer. Je sais pertinemment que mon statut de loup ou même de mafieux la fait doucement rire. J’aime impressionner mon monde, toutefois je sais que c’est perdu d’avance avec celle qui a volé le cœur de mon ami. Elle est capable de le transformer en chaton, comme en berserk… Après un sourire expressif à mon vigile je l’invite à me rejoindre dans mon bureau pour discuter.

- Bonjour Alessandro. Nous devions discuter de Craig il me semble.
- Sì amico. Et je pense que la trêve de Barns va bientôt prendre fin.


Je repose le journal sur le bureau et prends la tasse de café qu'il m'a apporté. Une chose après l’autre. Ryan est sur le pont côté Victor Barns. Concernant la boutique de merda electronico de Craig, la squadra ne peut pas intervenir. Je dois récupérer l’affaire de mon voisin de palier légalement.

- Tu as songé à faire pleuvoir une emmerde ou deux sur la famille de Craig pour le pousser encore plus à partir de Beacon Hills ? Son frangin qui tient une boutique de je ne sais quoi pourrait se casser une jambe… ou deux… Associé à une crasse de plus dans sa boutique de Craig, ce dernier serait mûr.

Je n’interviens pas directement. Arès joue celui qui cause un peu, n’hésitant pas à lâcher quelques moqueries sur son rital de patron. Il se fait le pote sympa et l’oreille attentive.

- Glisse lui mon envie d’élargir la partie restaurant et que je cherche un local.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Mundus vult decipi ergo decipiatur PV Alessandro    Ven 13 Jan - 22:23

Mundus vult decipi ergo decipiatur



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Un paquet de mots
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Mon ouïe surnaturelle m'indique que l'activité du Print démarre lentement mais sûrement. Les conversations de mes collègues m'arrache un bref sourire tandis que la routine professionnelle se met en place naturellement comme une mécanique bien huilée. Notamment une confidence de Jessie sur l'intarissable capacité des bambins à se montrer insupportables. En tant que futur père,  je ne peux que me sentir concerné par celle ci. Les premiers clients passent le pas de l'entrée, interrompant les conversations du personnel du bar. Certains ne viennent d'ailleurs que le matin pour prendre un bon petit café ou un délicieux expresso ou cappuccino façon voire carrément un petit déjeuner. Le bar ne tourne pas que sur l'alcool et c'est une très bonne chose. La polyvalence est un gage d'expérience et est ce qui nous assure une clientèle aussi éparse que fidèle. Je peux presque voir plus qu'imaginer Mr Londway saluer le personnel poliment comme chaque matin avant de commander des œufs au plat qu'il agrémente d'une tasse de café bien serré.

Il dégustera le tout en lisant les grandes lignes du journal local à l'instar de mon patron. Steeve passera probablement en coup de vent comme d'habitude et il avalera son expresso plus qu'il ne le savourera mais les retards au travail cela ne pardonne pas. Enfin, je suppose que Lizzy ne doit pas avoir cours ce matin et qu'elle squattera le comptoir durant plusieurs heures à discuter avec Jerry et Sophie. A moins que Lizzy ait bel et bien cours ce matin mais qu'elle ait décidé de mettre une croix sur des cours de physique ou d'une autre matière passionnante à l’université de Beacon Hills. Ce qui de toute manière ne nous regarde aucunement. Nous ne sommes pas des pères de la morale ça c'est le cas de le dire. Non ce qui nous regarde c'est plutôt le fait que Lizzy Moore soit une fille à papa et que ce cher papa soit suffisamment pourvu pour que sa fille puisse enchaîner les consommations dans notre établissement renommée à l'excellente réputation. Bien évidemment nous faisons attention à ce que Lizzy ne finisse pas dans un état déplorable avant même que midi ne soit passé. Le vieux de la vieille qu'est  Dan se montre paternaliste et lui évite de trop en faire. Passé quelques verres on ne sert plus que du soda à la fougueuse Lizzy.

Dans un autre registre, Mme Caylen profite de la tranquillité du Print à cette heure matinale pour faire les comptes de sa petite entreprise tout en savourant un des nombreux plats à base de miel dont notre ours a le secret. D'aucun diraient que trop de miel tue le miel mais pas Mme Caylen et certainement pas Charlie l'ami des abeilles. Mme Caylen serait elle une ours garou ? Plus sérieusement cette diversité dans notre clientèle fait plaisir à voir. Steeve est un client fidèle et l'était déjà du temps de l'ancien bar les changements opérés par Alessandro ne l'ont absolument pas rebutés. Nul doute que Lizzy aurait elle aussi été une habituée de la première heure si elle en avait eu l'age légal à l'époque. Quant à Mr Londway et Mme Caylen m'est avis qu'ils n'auraient jamais mis les pieds au Print si l'ouverture vers la diversité n'avait pas eu lieu. Mais assez disserté au sujet de l'une des plus belles réussites de mon ami sicilien et assez laissé traîner mes oreilles de tigre garou aux quatre coins du Print. Le respect de la vie privée se perd je vous jure. Un peu plus et je grommellerais dans quel monde vit on. En observant Alessandro s'installer derrière son bureau, je me fais la réflexion qu'il a lui aussi du passé une nuit des plus agréables. Il m'est désormais aisé de déceler les humeurs de mon boss depuis le temps que nous nous côtoyons.

Je sais que Jansen y est forcément pour quelque chose. Je suis content que leur relation soit solide et durable. Nous avons tous besoin d'une part de lumière à laquelle nous raccrocher sinon la noirceur de nos âmes finiraient par nous engloutir tout entier telle une baleine gobant des kilomètres de plancton. Ma lumière à moi se trouve plus proche de moi qu'elle ne l'a été pendant trop longtemps et bientôt elle sera double. Bon d'accord, je reconnais que cette comparaison est loin d’être la plus réussie mais il est neuf heure du matin et comme tout un chacun je n'aurais pas craché sur quelques dizaines de minutes de sommeil en plus. Surnaturel ou non le sommeil est sacré bien que mon boss et moi pouvions aisément nous passer de quelques heures par nuit pour le bon déroulement de nos activités illicites communes. D'autant plus lorsque ce sommeil supplémentaire est passé en compagnie de ma merveilleuse et féroce épouse. Sa peau sous mes doigts, ses yeux dans les miens, mes lèvres en possession des siennes à moins que ce ne soit l'inverse. Prendre ce chemin de pensée m'oriente vers Azalea. Est qu'elle dort encore ? Avec le bébé qui arrive nul doute que le repos est essentiel pour qu'elle soit en forme. Est elle en train de manger ? J'avais fait les courses du moins je l'espérais. L’appétit d'une femme enceinte peut aisément ressembler à celui du goinfre que je suis.

D'autant plus que ma femme était portée sur la nourriture de nature. Bien manger et beaucoup voilà sa définition d'un bon repas. En fait je suis sur que manger se trouve à une place assez haute sur sa liste de plaisir. Le poster de l'Etna m'aide à me recentrer sur le moment présent et les diverses taches qui m'attendent sans compter cette discussion stratégique avec Alessandro. C'est qu'Aza ne vient pas souvent à Beacon Hills je suis plutôt celui qui se déplace d'un commun accord d'une part et en raison de la grossesse d'autre part. Et cette venue improviste me rappelle au combien cette ville est particulière et par extension dangereuse. Si en temps normal les scientifiques horrifiques sanguinaires, le fruit de leurs expériences dégénérées et cruelles, les mafieux ennemis ou même les autres surnaturels de la ville ne seraient que broutilles pour une héritière d'un clan de gardien. Du moins pour les deux premiers cas, la confrontation ne pouvant être que bien plus équilibrée que les miennes ne le furent. La grossesse a fort logiquement un effet affaiblissant sur ma belle lionne alors je ne peux m’empêcher de me montrer un brin, bon d'accord excessivement prudent. Paranoïaque vous avez dit. Peut être bien oui.

Mais la présence de deux gardiens vétérans du clan au Loft sera une assurance non négligeable de sûreté. Mon espèce a une échelle de puissance pyramidale. Les plus vieux sont les plus puissants. CQFD, si vous me trouvez fort. Allez vous frottez à Lincoln ou Ryan. Vous réviserez votre définition de ce mot. Quoi qu'il en soit, le business n'attend pas et je dois  retrouver ma sérénité intérieure aussi paisible qu'une vaste étendue aquatique sous un ciel d'été. C'est cette force tranquille qui fait ce que je suis. L'Etna pourrait gronder à deux pas que je garderais tout de même mon calme. J'avale une gorgée de cappuccino brûlante et délicieusement sucrée avant de déposer la tasse devant moi et de rentrer dans le vif du sujet. Je commence par aborder Craig dont le cas commençait je devais bien le reconnaître à traîner en longueur. Nous avions besoin d'ouvrir une autre source de revenu illégale qui ne serait véritablement pas du luxe pour financer l'effort de guerre d'une part voire voler une partie de la clientèle peu fréquentable de Barns pour la voir intégrer notre cercle de jeu. Car comme l'indique mon ami, la trêve tacite et inexpliqué du parrain de la ville allait bientôt prendre fin. Il était temps de montrer que c'était le sicilien qui menait la danse et pas son rival décadent.

Alessandro dépose le journal sur un coin de son bureau après avoir lu en diagonale les dernières pages relativement inintéressantes à ce que j'en conclus. Puis, il saisit sa tasse de café et en avale quelques gorgées. Je réduis le contenu de ma propre tasse à une allure nonchalante. Ce breuvage est littéralement trop agréable pour être avalé sans subtilité. Mon patron enchaîne ensuite directement sur le luron qui aura fait preuve d'une résistance morale tout à fait inattendue au cours des derniers mois. Une résistance de volonté à laquelle ni Alessandro ni moi même ne nous attendions. Mais si je salue l'effort de notre voisin de pallier je suis parfaitement d'accord avec le patron pour dire qu'il est désormais plus que temps qu'il débarrasse le plancher. On ne va pas se mentir Craig n'est pas un mauvais bougre c'est même un type bien et je l'apprécie bien que notre relation soit factice néanmoins pour l'une des idées que j'ai à soumettre à mon ami, j'ai besoin que son local soit rentabilisé. Alors le moment est venu de se montrer ultimement convaincant. Je réponds en me passant une main sur la barbe : Je suis tout à fait d'accord. Craig a bien résisté. Il faut reconnaître qu'il nous a usé le bougre mais effectivement il est temps d'en finir. Non, je n'avais pas pensé à ça. Mais cela fera un point d'orgue idéal. La dernière fois que je l'ai vu il ne semblait plus qu'à un doigt de faire le bon choix. La double crasse me paraît très bien. Je m'en occupe le plus tôt possible.  

Un léger sourire effleure mes lèvres tandis que je porte une nouvelle fois ma tasse à la bouche. L'ingéniosité du sicilien dans l'illégal ne semble pas avoir de limites. J'imagine bien Victor réfléchir à la meilleure manière de nous saboter, faire couler nos affaires ou nous abattre en traître. Par contraste tout semble venir naturellement à Alessandro lorsqu'il s'agit de faire du mal. Je me dis qu'il a tout de même du probablement tâtonné à ses débuts comme tout le monde.  
Ne t'en fais pas pour cela je lui ai soufflé à quelques reprises que ton offre était le meilleur moyen de se faire un pécule suffisant pour aller retenter sa chance ailleurs ou prendre une retraite bien méritée près des siens. Mais un dernier coup de collier ne fera pas de mal tu as raison.
Je termine ma tasse de cappuccino et la pose une nouvelle fois devant moi avant de reprendre :

D'autant plus que les revenus de la future activité du local pourrait nous permettre de recruter du personnel supplémentaire qui ne sera pas de trop pour vaincre Victor. J'ai déjà discuté à ce sujet avec Nolan et j'ai quelques recrues en tète. Lenno le neveu de Nolan, le même age qu'Andrew, voleur de voitures, a bossé dans la contrebande et a été formé par son oncle. Milan un ami d'enfance, surnaturel a déjà nagé en eaux troubles mais n'est pas spécialiste du crime cependant il est efficace, loyal et silencieux. Je me porte garant de ces deux là. J'ai cherché dans les indépendants de la ville des profils intéressants et ai déniché Jade et Elias.  Jade est une combattante hors pair et sait se servir d'un flingue. Elle a escroqué , volé et fait son chemin dans le crime organisé. Son frère Elias est un bon pilote peut être  pas aussi bon qu'Aiden mais plus que compétent qui a acquis de l'expérience dans le monde des courses illégales. Il a servi de porte flingue dans diverses organisations opposés à Victor avant que son organisation ne les absorbe. Il a refusé de lui prêter allégeance et s'est éloigné un temps de la ville. Deux équipes permettrait d’être plus réactif et plus dévastateur dans la guerre à venir. Si Ryan et les gars doivent défendre le HCC des hommes de Barns, la deuxième équipe pourrait aller porter les représailles jusque sur son territoire en simultané. Je paierais les membres de celle ci avec ma part des bénéfices de nos activités.  

Milan m'avait fait part au téléphone de son désir de venir vivre à Beacon Hills, que son road trip perpétuel avait fini par le lasser. Je lui avais fait part de la proposition d'intégrer l'organisation. La noirceur de l’âme du chien noir avait été contenue par son temps passé aux cotés du clan d'Azgeda mais cette noirceur l'imprégnerait à jamais en raison de ses choix initiaux. Milan le savait et l'acceptait. Pour les autres j'avais débattu avec Nolan. Plongeant mon regard dans les yeux de mon boss j'attends son avis sur ma suggestion.
  




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MessageSujet: Re: Mundus vult decipi ergo decipiatur PV Alessandro    Mar 17 Jan - 21:04


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Arès me rassure disant qu’il a déjà glissé à Craig que si sa boutique se libérait, je serai preneur. Plus rien n’entrave le départ de mon voisin de trottoir qu’un ultime élan. Mon idée de s’en prendre à sa famille parait bonne aux yeux de mon second. Je note toutefois qu’il apprécie que je propose un acte réversible et non irrémédiable. Deux jambes cassées c’est suffisamment immobilisant pour mettre une affaire en péril, mais cela guérit, même pour un humain. A force d’aller jouer les bons potes auprès du vendeur de merda electronico, Arès a fini par apprécier l’homme. Je suis cependant d’accord sur le fait que Craig n’est pas un mauvais bougre et qu’il n’a que la malchance de détenir des mètres carrés que je convoite. Je ne compte d’ailleurs pas le rouler quand la vente se fera. J’ai besoin que tout ce qui est aux abords du Pink soit clean. Les recettes du bar sont constamment à la hausse et par le biais de mon très discret allié, Hectarion, je vais même pouvoir obtenir un prêt tout à fait légal et plus que concurrentiel vis-à-vis des banque ordinaire. Le Pink Print doit respirer la normalité.

Je me dois d’avoir des crédits sur le dos et payer des impôts. Officiellement, Alessandro Amaro est un homme d’affaire. Je dois donc justifier mes revenus et mes dépenses. Initialement, j’avais prévu de faire du sous-sol de la boutique de Craig un tripot de jeux clandestins et d’ailleurs Arès n’a pas chômé car il a déjà prospecté pour recruter des gars en plus de la squadra de base. Je l’écoute m’exposer son travail, hochant la tête de satisfaction aux arguments qu’il me présente. Avoir deux équipes pourra ne pas coller la pression toujours sur les mêmes.

M’allier à un gars tel qu’Arès est la meilleure décision que j’ai prise à Beacon HIlls. Un homme avec mes ambitions ne peut rêver mieux comme second et comme amico. Arès n’est pas qu’un gars que je paie cher pour un service efficace. Non, il fait partie prenante d’une organisation que je monte doucement.

La mode semble être aux clans. Je vois déjà bien le nom du mien. « Il clan dei siciliani ». Seulement même si je brille un peu trop fort pour mon bien, comme me l’avait plusieurs fois fait remarquer Cormier, je sais bien qu’un tel clan ne s’affiche pas publiquement. Toutefois j’aime l’idée que l’on murmure à voix basse, non mon nom, Hectarion avait raison sur ce point, il devient dangereux de trop m’afficher personnellement, mais le nom de mon organisation. Le siciliano compte bien dominer Beacon Hills. Mes projets ne plairont pas à tout le monde, ni mon arrogance... Pourtant c’est ainsi que je conçois ma vie et que je travaille à accomplir cela depuis mes douze ans. Je deviendrai le Boss, le parrain… ou j’irai six pieds sous terre. L’avenir nous le dira.

- Si Ryan et les gars doivent défendre le HCC des hommes de Barns, la deuxième équipe pourrait aller porter les représailles jusque sur son territoire en simultané. Je paierais les membres de celle-ci avec ma part des bénéfices de nos activités.  

Je hausse un sourcil étonné. Arès propose cash d’investir dans l’organisation. Je ne réplique pas immédiatement, prenant la mesure de cet engagement. Ce que cela implique pour lui comme pour moi. Le deadeater a deux facettes. L’une d’elle le rangerait plutôt du côté des « gentils ». Le massacre des hommes de Barns l’avait mis mal à l’aise de par la sauvagerie gratuite que j’y avais ajoutée. Mon second a gardé une humanité que j’ai perdue depuis longtemps, après avoir assassiné celle que j’aimais. Pourtant je sais que je peux compter sur lui. Il n’hésitera pas à appuyer sur la gâchette si l’ordre que je lui donne est sensé. Chaque homme a ses limites. Je commence à cerner celle de mio amico et je ne commettrai pas l’erreur de lui demande de les dépasser.

- Ça, me convient ainsi. Par contre j’ai un petit changement de stratégie.

Je lui parle d’Hectarion, nouvelle pièce de l’échiquier de la ville qui permet d’envisager une avancée plus rapide dans nos affaires. Coller l’activité des jeux clandestins sous le Pink était initialement une décision dictée par une contrainte budgétaire, mais une entreprise non sans risque d’amalgame avec le bar. La contrainte s’allège avec mon allié romain et son blanchiment d’argent, je peux redéployer mon périmètre de façon plus sécuritaire.

- Arès, par expérience je sais que pour une organisation comme la nôtre soit pérenne, il faut que pour quatre dollars d’argent sales reçus, il faut en gagner légalement un. Un plus grand ratio finit par attirer l’œil et devient plus difficile à camoufler. Je souhaite donc garder clean tout ce qui gravite autour du Pink. Charlie râle sur le manque de place côté restaurant, on va donc réorganiser l’activité du Pink en annexant la boutique de Craig. Et cela va être d’autant plus facile avec une affaire totalement légale.

Actuellement, je suis obligé de gérer mes commandes au jour le jour. Jerry et Sophie perdent un temps fou à trouver les bouteilles qu’ils souhaitent dans la réserve. Car si l’activité du bar a fortement augmenté, la taille du réduit qui nous sert de stock lui n’a pas augmenté d’un pouce vu que j’avais préféré dégager de la place pour faire des vestiaires corrects pour le personnel. Comble de l’absurde des divisions d’immeubles, le sous-sol se trouvant sous le Pink Print est rattaché au magasin de Craig. Cela devait initialement être d’un seul bloc. Des ventes parcellaires ont complexifié les lieux.

- En remettant le nez sur les plans des bâtiments, il y a moyen de réaliser quelque chose de bien si nous regroupons les deux établissements.

J’ai sorti plusieurs rouleaux de feuilles qui représentent les plans de tout le bloc. Cela s’étend jusqu’à la boutique après celle de Craig. J’explique brièvement à mio amico ce que j’envisage. Le sous-sol sera investi d’une part pour le stock et d’autre part pour les shows des danseurs et la partie musique. Le voisinage en sera heureux pour la nuisance sonore qui diminuera considérablement. Sans devenir une boite de nuit, il sera toutefois possible de dégager une petite piste de danse. Je garde tout de même l’activité principale du Pink comme étant celle d’un bar.

- Donc niveau moins un, les spectacles et le stockage. Niveau zéro le bar et une vraie zone restaurant là où il y a la scène actuellement et la boutique de Craig. Niveau un, un appartement digne de ce nom pour le ritale que je suis avec mon bureau qui grimpe d’un étage.

Le tigre siffle longuement. Ce n’est pas rien. D’autant plus que nous venons tout juste de refaire une partie du bar et que là, j’envisage de tout casser à nouveau.

- Je suis là pour au minimum les dix prochaines années Arès. J’aime mon confort, et j’aime diriger un établissement qui se la pète. Vois les premiers changements comme une mise à l’épreuve de ce que pouvait donner le Pink. La réponse est bien au-delà de mes espérances.

Une fois mes idées de grandeur cernées, Arès me questionne sur les fameux quatre dollars à gagner illégalement, la partie cachée de l’iceberg du clan dei siciliani. Je lui offre un large sourire.

- Tu as bien fait de prendre les devants pour du nouveau personnel ! Je compte déménager ce que tu appelles le HCC dans un autre lieu. Je vais remettre à plat l’activité en étant plus rigoureux sur qui rentre et qui combat. Le parrainage sera obligatoire pour tous les nouveaux, combattants comme parieurs. Largo a déjà plusieurs pistes sur des locaux qui pourraient faire l’affaire. Pour le tripot, il y a une demande puisque nous avons déjà quelques parieurs sur les combats qui jouent au poker dans un coin du hangar. J’ai dit à Largo de laisser faire pour le moment.

Contrairement aux combats qui ont besoins d’un lieu externalisé de la ville car cela attire une faune pas vraiment discrète pour un lieu trop passant, les jeux de cartes drainent une clientèle plus sobre dans son comportement. Un bon joueur de poker est une personne qui bouge peu et très discrète. Les joueurs aiment aussi avoir un bon confort et de l’alcool de qualité.

- J’ai repéré un bar à deux rues d’ici. Cela va d’ailleurs être ta prochaine mission après celle avec Craig.

J’explique à Arès que l’établissement que j’ai repéré est tenu par un type d’une quarantaine d’années. Son bar est en bordure d’un quartier assez mal fréquenté, sa clientèle oscille entre l’ouvrier et des jeunes cons oisifs.

- Si nous mettons notre grain de sel, il y a moyen de virer la racaille inutile, de remettre à flot le bar pour qu’il touche une clientèle plutôt ouvrière et d’ouvrir un tripot dans la cave. J’ai vérifié, il y a trois issues possibles. Ce qui est plutôt intéressant en cas de descente de flics…


Mon repérage était plutôt grossier. Cela ne fera peut-être pas l’affaire. Je demande donc à mon second, une fois que nous en auront terminés avec Craig d’aller voir sur place et que si cela ne convient pas de prospecter ailleurs. Arès me demande ce qu’il va advenir du hangar actuel où se passent les combats.

- Secteur d’activité suivant !

Mon ami écarte les bras dans le genre « Mais jamais tu arrêtes ? »

- L’import-export mio amico !

Je ris de la réaction du tigre. Il comprend que je n’attends pas de dégommer Victor du paysage du crime de Beacon Hills, mais que j’installe bel et bien ma mafia. Alessandro Amaro fait son nid, et un sicilien ça prend de la place.

- Je crois aussi qu’il va nous falloir du personnel supplémentaire. Tâte le terrain pour des hommes de main, mais aussi pour des croupiers, gérant de tripot. Il va nous falloir aussi des chauffeurs, des…

Je continue ma liste à la Prévert. Arès se gratte les cheveux qu’il n’a pas sur la tête se demandant certainement si je ne m’emballe pas un peu.

- Non si preoccupi amico ! Ce n’est qu’à l’état de projet exploratoire. Nous posons les bases, et nous collons l’organisation qu’il faut pour gérer cela. Organiser et gérer ce genre d’affaires c’est ce que je sais le mieux faire.

Je note les noms que mon second m’a donné. Lenno le neveu de Nolan, voleur de voiture et qui a déjà touché à la contre bande. Bonne chose car je compte bien m'y remettre. Milan un ami d'enfance surnaturel, pas un spécialiste, mais efficace d’après Arès. Il se porte même garant pour eux. Suit Jade et Elias une fratrie rodée aux vols avec une expérience dans les courses illégales pour le frère. Ce sont des indépendants qui ont refusé de rouler pour Victor.

- Il faut voir ce que cherchent le frère et la sœur, garder leur indépendance ou non. Si c’est le cas nous ne pourrons pas les intégrer dans une squadra qui devra être disponible quand nous en avons besoin. Nous proposons un job à temps plein. Mais avoir des occasionnels possibles reste une bonne carte à jouer. Toutefois par expérience, ils sont moins loyaux. A creuser donc sur leur profil.


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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Mundus vult decipi ergo decipiatur PV Alessandro    Sam 21 Jan - 19:37

Spoiler:
 

       

       
Cela faisait une semaine que le braquage avait eu lieu. Cette sortie de nos traditionnelles activités ayant pour principale motivation d’accroître le capital de l'organisation avait servi à payer les hommes de la squaddra. Je n'avais pas eu le temps de discuter sérieusement avec Alessandro entre temps en raison du rythme de fin d'année effréné du Print. La façade légale de l'organisation était aussi rentable qu'un bar pouvait l’être et demandait donc une dose de travail bien réelle. Et puis ma chère et féroce épouse avait débarquée à l'improviste au loft et vu sa grossesse avancée je n'étais pas serein. Car j'étais bien placé pour connaître la dangerosité de cette ville en apparence très tranquille. Néanmoins j'étais foncièrement heureux de pouvoir passer du temps avec elle. Mais joies de l'amour ou pas le business n'attendait pas, il n'avait en fait que déjà trop attendu. La trêve tacite entre les deux organisations criminelles majeures de la ville allait s'achever dans une flaque écarlate. Les idéaux sont pacifiques mais l'histoire est violente. Le seul idéal du monde souterrain est la loi du plus fort et le profit alors nul doute que la suite sera brutale. Arès & Alessandro
       

       
Mundus vult décipi ergo decipiatur

       
SLe sourcil droit d'Alessandro se dresse lorsque ce dernier esquisse une moue étonnée. Je suis bien conscient qu'il ne s'attendait pas à ce que je m'investisse pleinement dans notre organisation en y mettant de l'argent et en ramassant des bénéfices comme il le faisait lui même. Et ce en raison du fait notamment de la tuerie de cet été qui avait dévoilé mes limites criminelles là ou mon ami et associé donc n'en avait aucune. Ce qui le rendait indéniablement bien plus redoutable que moi dans notre milieu professionnel. Il fallait dire que je n'étais pas né dans le crime organisé, je m'y étais installé graduellement de l'adolescence à ce jour tandis qu'à ce que j'en savais Alessandro fréquentait déjà la criminalité de la little Italy dès son plus jeune age. C'était comme si il avait le monde souterrain dans le sang. Néanmoins si j'avais intrinsèquement une part lumineuse, j'avais accepté la sombre il y a bien longtemps et je vivais très bien avec. Si mon épouse avait su l'accepter pleinement comme une part de moi même sans chercher à me changer.

Comment pourrais je alors ne pas assumer que si j'avais une facilité déconcertante à faire le bien, je pouvais également engendrer le mal avec la même aisance. Cette décision avait été mûrement réfléchi quand bien même il n'y avait pas à réfléchir. Il s'agit de son rêve de domination criminelle de Beacon Hills, de son ambition mais nous avions sué à deux pour en créer les fondations, nous sommes devenus frères de famiglia et je veux le porter jusqu'au sommet et goûter le goût de ce fameux toit que tous cherchent à atteindre, ce sommet pour lequel nous nous entre tuons. La criminalité est affaire de monopoles, elle l'a toujours été. Mon regard est plongé dans celui de mon boss et ami lorsque celui ci accepte ma proposition. Pas besoin de mot pour sceller ce pacte tacite qui change mon statut le faisant passer de salarié très compétent à associé investisseur. Nos regards sont explicites. La faculté de se parler avec les yeux nous est venu après de longs mois passé ensemble et se révèle bien pratique dans bien des situations car cela représente un gain de temps d'une part et si l'effet de surprise doit être utilisé dans une situation autant qu'il soit complet. Le sicilien enchaîne avec un changement de stratégie et c'est à mon tour de lever un sourcil d'étonnement, une moue interrogative s'imprime sur les traits de mon visage et je l'écoute attentivement aborder le cas d'Hectarion.

Cette rencontre aussi incongrue soit elle est effectivement une très bonne chose. Gagner de l'argent illégal est aisé, le blanchir est une tout autre histoire. Je pense que nous devrions tout de même rester méfiants envers ce romain débarqué de nul part comme un anachronisme. Mais si tu lui fais confiance alors il n'y a aucun problème de mon coté. Tu le sais. Le sujet de l'un des derniers vestiges de l'empire romain achevé, Alessandro continue et m'expose les motivations de son changement de vision pour le développement de l'organisation. Notre organisation désormais. Je me contente d' hocher la tète à ses propos, indiquant par la même mon approbation. Il est vrai que son expérience du crime surpasse aisément la mienne. Je n'ai été qu'un délinquant durant l'adolescence, une petite frappe diront nous en compagnie d'autres petites frappes. Mes défunts amis d'enfance, le premier clan auquel j'ai jamais appartenu. Puis, ma spécialisation dans le mercenariat m'avait fait baigné dans le milieu sans vraiment m'intégrer à ses rouages. Je venais, j’exécutais mes contrats puis disparaissais. De ce point de vue, j'avais effectivement à apprendre au coté de mon ami.

J'esquisse un sourire amusé lorsqu'il évoque le cas de notre cuisinier garou. Charlie est toujours en train de râler nuance. Mais c'est vrai qu'au niveau de la cuisine et du restaurant il n'a pas tord. Je vois ou tu veux en venir. Je pense deviner qu'il souhaite déplacer le restaurant à la boutique de Craig afin de séparer nettement les deux espaces, le bar d'un coté et le restaurant de l'autre. Ce ne peut être qu'une bonne chose. L'ambiance d'un restaurant pouvant être radicalement différente de celle d'un bar. Et puis, cela ferait gagner une place énorme de ce coté ci. De quoi agrandir des espaces nécessitant un agrandissement. La réserve exiguë dans laquelle je n'avais mis les pieds qu'une ou deux fois et cela permettrait d'installer une attraction quelle qu'elle soit. Il y avait déjà les shows de Jansen et Anna mais un accompagnement musical pourrait rendre le rendu encore plus saisissant. L'exaltation d'Aless est contagieuse et j'esquisse un autre sourire amusé en me disant que l'inactivité ne lui réussit pas du tout. Il explose comme une éruption de l'Etna après une trop longue période d'abstinence. On a tous besoin d'un opposé à ses cotés. Soit pour révéler de la fougue, soit pour tempérer de la fougue. C'est ce qui constitue une relation complète.

Alessandro enchaîne comme le bolide qu'il conduit et je déblaie la table des tasses que je dépose sur un autre meuble. Je les ramènerais en cuisine à l'issue de cette entrevue. Les plans sont posés sur la table et je suis le cheminement du raisonnement de mon ami en silence. J'ai la parole rare mais le verbe haut par moment. Puis, lorsqu’un Don parle on écoute. Je siffle longuement, une expression admirative sur le visage. Je visualise les travaux, calcule leur durée potentielle, anticipe les coûts, imagine le résultat final. Le rendu est grandiose dans mon esprit alors je sifflote une nouvelle fois sous le regard scrutateur mais teinté d'amusement du loup garou. Je n'ai pas de mots pour décrire le projet. Il est ambitieux et pourra faire de notre façade légale une véritable place incontournable de la vie nocturne de Beacon Hills. C'est déjà plus ou moins le cas mais là... Puis c'est vrai que ton appart... Je termine en taquinant le sicilien car l'ampleur du projet m'a initialement dérouté. Si tu es là pour aussi longtemps je comprends mieux. Je me doutais bien que tu avais un plan de développement en tète mais là je confesse que tu m'as soufflé. Effectivement la première mouture de modification s'est révélée fructueuse en tout points.

Je m’abstiens de mettre sur la table que je ne sais pas pour ma part si je resterais dix ans à Beacon Hills. Ma famille habite à plusieurs heures de route, mon clan de gardien également. Je ne souhaite pas me projeter sur une durée aussi longue pour le moment. Alors, j'interroge Alessandro sur le fameux ratio et le large sourire que ce dernier esquisse m'en dit long. C'est une très bonne idée. Le hangar est trop perméable aux infiltrés potentiels de Barns, aux flics en civils et aux fauteurs de troubles comme les foutus skinheads de l'autre fois. Le parrainage nous assurera la sérénité qui nous manque en temps de guerre. Effectivement, j'avais remarqué des amateurs de jeux d'argent dans les recoins. Ils ne dérangeaient personne et sont des réguliers. Tu veux les attirer dans un cercle de jeux de notre cru je suppose.          

Alessandro me fait part de la location qu'il a étudié comme le lieu idéal pour cette activité et me demande d'aller vérifier que ses appréciations des lieux sont bien justes et non trop grossières. Il ne faudrait pas se tromper. J'ai la latitude de prospecter ailleurs si jamais cela ne convient pas. Bien, je vais devoir expédier le cas de Craig dans les jours à venir avant de m'y mettre avec Nolan. J'écarte les bras dans toute leur longueur lorsqu'il enchaîne une nouvelle fois. J'avais raison l'inactivité ne lui réussit pas. L'Etna déborde comme en témoigne mon sourire amusé. Alessandro rit de ma réaction. Mais, je comprends que dans son esprit Barns a déjà trépassé et que les nouvelles pierres de l'empire sont déjà prêtes à être posés. Nous sommes en train de passer de bande criminelle naissante à véritable ndrangheta, cosa nostra, camorra de Beacon Hills. Le sicilien me confirme que j'ai bien fait de m'intéresser à notre service de recrutement mais j'écarquille les yeux devant son emballement.

Je me passe la main sur le crane comme tracassé. Je me charge du service sécurité et de la branche armé de l'organisation mais je t'avoue que pour le reste du personnel je vais m'appuyer sur l'expérience et les relations de Largo. Nolan pourrait aussi se révéler utile de ce coté là. La réserve amérindienne dont il est originaire est rongée comme la plupart par l'alcool et le tabac. Je suis persuadé qu'un job bien payé pourrait nous apporter du personnel efficace, loyal et compétent. Les gens à qui personne ne donne une chance sont souvent les plus fidèles. Regarde la Camorra dans les banlieues de Naples.
Mais, mon ami prend tout de même le temps de me rassurer et j'apprécie réellement le geste. Je note ses doutes vis à vis de Jade et de son frère mais pour ma part j'ai une bonne impression à leur sujet. Mais, je vais tenir compte de ses réserves concernant la fratrie.

Je reprends : J'ai déjà tout prévu du coté des nouveaux hommes de main. En fait, j'attends quelques confirmations, une arrivée et la Stidda pourra soutenir la Squaddra. La sœur est du genre de Finn, forte en gueule mais elle a du s'imposer dans un milieu essentiellement masculin. Quant à son frère il a bossé comme porte flingue dans la même organisation que Sam avant de s'éloigner de la ville alors l'étiquette d'indépendant ne peut s'appliquer qu'à Jade. Je t'accorde que les deux souhaitent bosser ensemble. Je prends néanmoins note de tes réserves. Quoi ?
Oui, j'ai pensé à la Stidda comme nom pour la deuxième équipe.
Je m'occupe de Craig dans les jours à venir Alessandro.




Cinq jours plus tard quelque part dans les environs de la petite bourgade californienne de Beacon Hills. La camionnette noire affublée d'une fausse plaque d'immatriculation roule à une allure modérée derrière une voiture volée de type break. Nolan et Lenno se trouve à l'avant du break, Milan conduit la camionnette et je me trouve à coté de mon ami d'enfance qui m'a ramené dans ses bagages son ami et criminel porté sur les cambriolages Dante ainsi que le frère de ce dernier Darren. Jade, Elias, Dante et Darren se trouvent à l'arrière de la camionnette. Les deux véhicules roulent à une allure normale avant de bifurquer sur une petite route de campagne. Alessandro était aux anges depuis hier puisqu'il avait enfin conclu l'accord commercial qu'il attendait depuis toujours avec Craig. Le propriétaire de la boutique d'électronique avait cédé sa boutique à mon ami pour un prix raisonnable. Je n'avais pas opté pour la violence brute comme il me l'avait suggéré mais avait utilisé une voie détournée.

Lenno avait causé un accident de voiture avec le frère de Craig. Le neveu de Nolan n'avait pas été remarqué puisqu'il avait doublé le tout d'un délit de fuite. La voiture volée qui avait servie à l'opération avait été repeinte et retapé chez un mécanicien peu scrupuleux. De toute manière le choc de l'accident avait été juste assez violent pour provoquer la peur de blessures. Les seules dont avait écopé le frère de Craig était une belle bosse et quelques hématomes comme me l'avait indiqué l'ex vendeur d'électronique. Cet événement avait convaincu le bougre que sa place était auprès des siens et que s'acharner contre le destin de son activité qui périclite est idiot. Notre dernière discussion avait été presque larmoyante et je confesse que ne plus voir la tète de notre voisin allait me changer. Néanmoins, le business était le business. Le vendeur emporterait un bon souvenir de moi comme j'en garderais un bon de lui quand bien même j'étais le responsable de ses malheurs. La voiture volée par Elias était d'ailleurs celle qui ouvrait la voie. Et elle serait détruite suite à sa dernière utilisation. Discutant avec mon ami retrouvé à propos de tout et de rien, de nos souvenirs communs et de la naissance prochaine de ma fille je me repasse le plan de l'opération à venir dans la tète encore et encore. La nuit qui filtrait à travers les vitres des véhicules était noire seulement éclairée par quelques étoiles.

L'étoile c'est ainsi que j'avais baptisé la nouvelle équipe que  je mettais en place et dont le baptême du feu allait se jouer dans l'heure à venir. La stidda. Le plan était simple. Braquer l'un des camions de ravitaillement en alcool de contrebande de Victor Barns. Depuis la dernière attaque qui avait chamboulé le marché du tord boyau, le rival d'Alessandro avait chargé ses équipes de se charger de l'opération. Une internalisation en somme. Or, il se trouve qu'un  indicateur qui s'était trouvé au bon endroit au bon moment surprenant par la même une conversation avait indiqué à Nolan qu'une cargaison devait arriver. L'itinéraire était connu des membres de la filière car les autres fournisseurs empruntaient le même. Mon ancien mentor et ami m'avait transmis l'information et j'avais pris le choix de m'en charger sans déranger Alessandro. Cela allait se révéler l'occasion de tester les nouvelles recrues. La musique résonne dans l'habitacle et je ris à une blague du blond aux yeux glacés. Une demi heure plus tard nous arrivons à destination, l'intersection idéale d'un tronçon peu fréquenté. La voiture volée est prête à bloquer la route et nous nous changeons derrière la camionnette. Une fois les tenues militaires noires enfilées et les armes vérifiés nous nous tenons prêts dans le bois bordant la route. Lenno est au volant de la camionnette pour bloquer le recul du fourgon qui ne devrait plus tarder. Elias au volant du break. Le fourgon arrive quelques minutes plus tard.

Elias gare le break et prétexte un problème de moteur tandis que le fourgon freine des quatre fers. Les trois hommes sur la banquette échangent des regards. Le chauffeur recule le véhicule mais Lenno avance la camionnette. J'émerge des fourrés cagoulé à l'instar de Nolan, Milan, Jade, Dante et Darren, fusils d'assauts en main. Nous mettons en joue les hommes de Barns ayant sorti leurs armes. Les cris fusent tout comme les insultes mais les hommes finissent par obtempérer et descendre. A l'arrière un bruit de grincement métallique résonne, le rideau de fer s'est ouvert. Des coups de feu retentissent. Lenno vient de descendre le tireur embusqué qui voulait jouer de son flingue. Elias sort du break et va aider Lenno à balancer le cadavre dans le fourgon. Le neveu de Nolan nous confirme que le fourgon est plein à ras bord de tord boyau. Je regarde ma montre. Trois minutes. Il est temps de dégager. Je vise l'un des hommes de main de Barns et l'abats froidement.  Nolan fait de même en même temps que Jade. Je relève ma cagoule et tape sur l'épaule de Nolan. Comme au bon vieux temps hein.
Ouais c'est vrai. Que de souvenirs.


Milan lance une blague et tout le monde rigole de bon cœur pendant que Dante, Lenno, Elias et Darren embarque les cadavres dans le coffre du fourgon. Puis, mon ami d'enfance pousse un petit cri d'imitation à mi chemin entre le loup et le chien et je le toise. Ne t'avise pas d'apprendre ça à ma fille.      
Je vais me gêner.
Je tends le bras pour lui envoyer une calotte derrière la tète mais les réflexes du chien noir sont vifs et il esquive avant d'essayer de me rendre la monnaie de ma pièce. J'esquive à mon tour et je remarque le regard mi amusé mi réprobateur de Nolan. La récréation est finie. On remballe !
Un autre coup d’œil à ma montre m'indique cinq minutes lorsque nous démarrons avec un véhicule de plus au compteur.  

(…)
La voiture volée a finalement brûlée bien loin de Beacon Hills avec quatre macchabées en son sein. Autant faire d'une pierre deux coups. Barns a perdu quatre hommes de main et une cargaison d'alcool. Largo a une cargaison d'alcool gratuite sur les bras. Et il est minuit passé lorsque je me gare devant le loft en compagnie de Milan et Nolan qui vont dormir chez moi ce soir. La lumière aux fenêtres m'indique que ma belle ne dort pas encore. Je sors et monte les escaliers quatre à quatre. Et ouvre la porte rapidement, la température extérieure ne donnant pas envie de passer du temps supplémentaire surnaturel ou non. Je cherche tout de suite Lincoln et Ryan les deux membres d'Azgeda venu assurer la protection surnaturelle de l'héritière du clan et de sa progéniture du regard mais ne trouve personne. Leur odeur est moins prégnante que ce matin et j'interroge Aza par notre lien télépathique. Za, ou sont Ryan et Linc. Ils sont parti traquer les chimères et leurs maîtres. Milan et Nolan accrochent leurs vestes au porte manteau et je fais de même juste avant de remarquer une odeur familière mais inhabituelle dans mon refuge.

Je me dirige vers le salon d'un pas tranquille et y trouve mon épouse assise et Alessandro assis également. J' hausse un sourcil interrogateur et m'approche de la lionne d'Azgeda avant de déposer un baiser sur ses lèvres. Puis, je prends quelques instants pour savourer cette réunion insolite à sa juste valeur. Mon ami d'enfance, mon mentor et ami, mon épouse et mon ami et associé dans une seule et même pièce de mon loft à minuit quinze. Si mes deux frères de clan étaient là en cet instant cela donnerait un beau tableau des relations de ma vie. Je vais chercher une bouteille de whisky pur malt, des verres ainsi qu'une bouteille de jus d'ananas à la cuisine Aza sur les talons. J'interroge ma compagne sur la présence de mon boss et le fait qu'il semblerait qu'elle n'ait pas cherché à l'assassiner. J'éclate de rire devant sa réponse et remplis les verres de mes invités de whisky. Celui de la future mère est rempli de jus d'ananas. Milan et Azalea se serrent dans les bras et discutent. Le chien noir avait su gagné l'amitié de mon épouse qui avait au départ été défavorable à son accueil dans le clan. Nolan fait la bise à Azalea avant de s'installer dans un fauteuil. Puis, après que nous ayons trinqué je me cale dans le canapé mon épouse contre moi. Alessandro. Je te présente Milan. Milan je te présente ton boss Alessandro.  
       
(c) crackle bones

       



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MessageSujet: Re: Mundus vult decipi ergo decipiatur PV Alessandro    Ven 27 Jan - 16:50


Mundus vult decipi ergo decipiatur
Arès analyse ce que je viens de lui présenter. Il ne raisonne pas comme un homme sous mes ordres, mais bien comme un associé. Il cherche les failles et les améliorations dans ce que je viens de lui énumérer. Je ne m’en offusque pas, au contraire, j’apprécie avoir un autre avis forgé avec un autre angle de vue. J’écoute avec attention ses impressions et je suis satisfait qu’il arrive aux mêmes conclusions que moi bien que je devine qu’il pense que je m’emballe.

Ce coup d’accélérateur n’est pas issu d’un coup de tête, mais d’une mauvaise impression. Je n’ai pas eu de nouvelles de Vincenzo Leonelli, le numéro deux de la mafia napolitaine basée à San Francisco. Il était venu il y a quelque mois et m’avait croisé au Pink « par le plus grand des hasards ». C’est bien trop calme depuis. Vincenzo n’est pas homme à se déplacer pour rien. Il est l’équivalent napolitain de Sonny mon mentor. Autant dire que je ne le prends pas à la légère. Il y a quelques mois, j’ai refusé sa proposition subliminale de rouler pour les napolitains arguant que ma famille d’origine m’avait renié en m’exilant. Sauf qu’il avait oublié un détail de poids. Quand la famiglia vous lâche… elle ne vous laisse pas en vie. Mon bannissement de LA est une affaire de politique interne dont j’ignore les fondements. Vincenzo sait que le fait que je sois en vie n’est pas chose conventionnelle pour notre milieu. Il a tenté de me prendre comme atout. Mon refus ne lui fera pas lâcher l’affaire. J’ai questionné Sonny quant à la clémence de Don Stephano à mon égard. Il ne m’a pas répondu, mais son regard s’est fait étrange. L’omerta n’est pas un vain mot. Ne pas connaitre la raison qui pousse Don Stephano à cette clémence me frustre, toutefois j’accepte cette situation car c’est mon milieu, ma famiglia.

Si pour l’aspect sécurité et action Arès veut bien s’occuper du recrutement, il préfère laisser à Largo le soin de trouver les employés de notre futur business.

- Pas de soucis de mon côté. Largo est bien infiltré dans le milieu des activités clandestines. Je ne doute pas qu’il nous trouve du monde. Je me fie à son jugement, cependant je repasserai derrière lui pour acter chaque personne qu’il aura ciblé. Pour être rentable, notre personnel doit être à la hauteur. Pour l’équipe armée, je me repose sur ton intuition et ton propre réseau amico.

- J'ai déjà tout prévu du côté des nouveaux hommes de main. En fait, j'attends quelques confirmations, une arrivée et la Stidda pourra soutenir la Squaddra.
- Stidda ?


Je ne peux m’empêcher de sourire. Arès est un grand malabar qui cache une rare subtilité. C’est ce que j’apprécie chez lui. Il n’est pas limité à ce que son physique décrit de lui. En plus d’avoir des muscles, ce gars à une cervelle et un sens de l’humour au niveau du mien. Cela fait un moment que j’ai remarqué qu’il s’est mis à l’italien. Comme ici avec son choix de nom pour la deuxième squadra, ou parfois une formule de politesse qu’il me sort dans ma langue natale. Une fine manière de me dire qu’il a l’oreille ouverte et que mes conversations téléphoniques avec la famiglia ne lui sont pas compétemment hermétiques, bien que seul un sicilien ne peut entièrement comprendre le sicilien. Nous parlons vite, en avalant les mots sans parler du vocabulaire qui nous est propre. La Scicilia a de tout temps voulu se démarquer de l’oppressive Italia continentale et de Roma.

Nous continuons de parler de choses et d’autres. Je demande des nouvelles de sa lionne. Le regard de mon amico s’éclaire d’étoiles quand il parle de sa femme. Alec m’avait fait remarquer que je réagissais de la même façon quand il s’agissait de Jansinio. Je n’ai pas cherché cette relation. Car pour moi amour rime avec souffrance. J’ai assassiné Lyly… J’aurai décroché la lune pour elle, mais jamais trahi la famiglia. Il y a dieu et juste dessous, le Don. Cette hiérarchie est imprimée dans mes gènes, je ne peux pas aller contre cet ordre établi. Je n’ai pas séduit Jansinio, le Dru s’est entouré autour de moi comme une liane. Je suis peut-être le dominant de notre couple, mais c’est lui qui m’a finalement maté. C’est donc un sourire complice que je retourne à Arès. Nos moitiés respectives ont beaucoup d’influence sur nous.

(…)

Les affaires suivent leur train-train. Arès s’occupe de la partie musclée, alors je fais mon rôle de Boss et de gestionnaire. Dans le bureau de Largo, je suis attelé avec le gérant du hangar à faire les comptes. Il n’était pas habitué à une gestion si moderne –informatisée–  d’une affaire clandestine.

- Ne t’inquiète pas Larg’, je suis sur un réseau spécifique de la famiglia.

Je lui explique que j’ai une clé d’accès qui change chaque quinzaine que j’obtiens en appelant un numéro spécial. Largo n’avait stoppé rapidement dans mes explications disant que je lui collais un mal de crane avec mes histoires de réseau, de loggin, etc… L’homme avait fini par accepter ce système quand je lui avais ressorti tous les chiffres des derniers mois avec des tendances.

- Bordel Aless’ ! Tu gères ça comme une entreprise !
- Mais c’est une entreprise Larg’ ! Une gestion rigoureuse donne profits et employés contents !


Clair que sur ce point, Largo était aux anges. Son salaire lui paraissait indécent, mais je lui avais prouvé par A plus B que non, que ce qu’il gagnait était tout à fait légitime.

- C’est de l’argent qui ne va pas dans tes poches Boss !
- C’est de l’argent que j’investis dans ta confiance et ton investissement. Puis regarde mes fringues ! Je ne suis pas à plaindre amico !


Mon salaire de patron du Pink est largement suffisant pour m’apporter des revenus appréciables et parfaitement légaux. J’ai juste une restriction sur mon appartement que je trouve restreint, mais cela va bientôt changer. Craig s’en va, je lui ai fait une offre qu’il n’a pas refusée. C’est un peu en dessous du marché, mais son affaire péricycle et il est pressé de partir grâce à Arès.

Je tiens également un fichier précis de mon personnel. Largo est justement en train de me dicter les dernières données que je rentre dans ma base. Le logiciel me permet de créer des liens entre les gens. C’est une version remasterisée d’un logiciel de généalogie. A la place des liens familiaux usuels j’ai par exemple,  amis d’enfance, anciens collègues, et cela décliné sur tous les liens possibles qu’il peut y avoir dans l’underground. D’un clic je peux savoir quelles interactions je peux anticiper entre deux personnes. Le corolaire étant de s’astreindre à renseigner cette base de données. Là nous en sommes aux mecs qui se sont inscrits pour les combats.

- Je te créerai un accès Largo pour que tu puisses le faire seul.
- Quoi ! Mais…
- Ton salaire n’est pas assez élevé amico ?
- Ok Boss… euh comment on fait ? Je clique là pour une nouvelle entrée ?


(…)

Nous sommes en flux tendu sur l’alcool consommé au hangar. C’est une bonne et mauvaise chose. La bonne est qu’en cas de descente de flic, nous ne perdons pas de stock. Pas de risque de vol non plus. L’aspect négatif est que nous ne sommes pas capables d’assurer un pic de consommation. Pour le moment je ne peux pas piocher dans le stock du Print qui est lui aussi limité. Plus tard je devrais pouvoir jongler quand le Pink aura été agrandi avec la dimension de la réserve. Arès est sur un vol d’alcool appartenant à Barns. Je pense qu’il va devoir s’y coller à nouveau dans les prochains mois, quand le marché de la contrebande se fera trop fluctuant à cause de la volaille.

(…)

Un nuage bleuté encombre le plafond de mon bureau. Je suis penché sur les plans de la ville. Largo a repéré trois endroits possibles pour accueillir les combats clandestins. Plus je réfléchis à la configuration de la ville et des forces qu’il s’y oppose, plus je me dis qu’un unique lieu équivaux à mettre tous ses œufs dans le même panier. Je tergiverse à promener l’activité sur deux ou trois lieux. Beaucoup de nos habitués ont leur manie. Ils viennent à la même heure et pose leur derche au même endroit. Je ne dois pas les braquer car ils sont le pilier de l’affaire.

- Come combinare la sicurezza e la fedeltà?
- En balayant devant sa porte. On entre ici comme dans un moulin !


Je sursaute et montre immédiatement les crocs à la femme qui vient de parler. Il y a un moment de flottement pendant lequel la belle s’évente de la main, agacée par la fumée des sigaretta que j’enchaine depuis une bonne heure. Je ne la connais pas, mais son ventre rond, et l’insolence de son regard m’aiguillent sur son identité.

- Voici donc la lionne qui fait ramper un tigre… Mes hommages Bella Donna.

D’une main, je lui indique le fauteuil habituellement occupé par Arès.

- Si j’avais su votre venue j’aurai… aéré.

Je n’aime pas être pris par surprise. C’est ce que vient de faire Azalea l’héritière du clan non moins fumeux des gardiens à la fumée. Je cache mon agacement par un sourire charmeur. Mais l’iceberg qui est face à moi reste de glace. Je ne cache pas mon insolence et la détaille comme un mâle peut détailler une femelle. Si je fais abstraction de son ventre arrondi, il est évident que cette femme a de l’allure. Elle se tient droite malgré le poids de sa grossesse. Son regard est celui d’une femme qui n’a pas l’habitude de se faire contrarier.

Mon état des lieux terminé sur sa silhouette je replante mon regard dans ses prunelles qui ne me lâchent pas, comme un chat regarde une souris. Je soutiens son regard qui est particulièrement féroce. Un combat oculaire s’engage. J’ai bien trop de fierté pour m’incliner devant cette puissante fille de clan. Je ne doute pas un seul instant du sort funeste qu’elle pourrait me réserver, pourtant je ne baisse pas le regard.

- Une seule personne sur terre me fera baisser les yeux, mia bella donna. Le chef de mon propre clan.

Je n’ai qu’une allégeance, celle à la famiglia. Plier devant d’autres serait un affront et une trahison pour les miens. La lionne semble comprendre que mon regard qui soutient le sien n’est pas une marque d’impudence, mais bien la fierté d’un Boss qui est seul maitre sur son territoire. Quand bien même je ne suis que le vassal d’un autre. Beacon Hills est mon fief ! Ce n’est pas à moi de m’incliner. La belle résiste, agacée de ma résistance. A l’aveugle j’attrape mon paquet de sigaretta et m’en allume une avec un plaisir évident. Je pousse le culot jusqu’à me rassoir sur mon fauteuil et poser les pieds sur mon bureau. La lionne grogne, je réponds par un charmant sourire et un regard bleu électrique.

- Ton arrogance te tuera Amaro !
- Pas ce soir femme de Coleman.
- Comment oses-tu !
- Tu ne feras pas de peine à l’homme que tu aimes père de ton enfant… mon futur filleul…


La claque retentit sur ma joue qui chauffe à ce contact brutal. La lionne est restée souple malgré son bidon. Elle a comblé l’espace qui nous sépare à une vitesse inouïe. Je me masse la joue d’un air penaud que dément mon sourire railleur.

- Tu as baissé les yeux carissimo. Je t’offre quelque chose à boire ?

(...)

C’est dans un silence relatif que je reconduis l’épouse de mio amico dans l’appartement de celui-ci. La bella a trouvé plus judicieux de me sortir de mon antre pour s’entretenir avec moi.  Dans les sujets de discussion, il y a ma légitimité comme Boss d’Arès ou celle en tant que parrain de son futur enfant. Nous sommes sortis du Pink, moi lui donnant le bras en gentlemen, elle en grande dame. Je peux être un homme très protocolaire, surtout envers les belles femmes. Azalea accepte ce jeu d’hypocrite et joue son rôle de princesse précieuse. C’est ainsi que Arès me retrouve assis devant sa lionne. Il fait les présentations.

- Alessandro. Je te présente Milan. Milan je te présente ton boss Alessandro.  
- Ciao’ Milan. Tu viens me sauver des griffes de ta féroce épouse Arès ?


Mon intonation railleuse provoque un grondement chez la féline matriarche. Arès hésite une infime seconde avant d’exploser de rire. Les deux facettes opposées de sa vie sont réunies dans cette pièce, pour le meilleur comme pour le pire. Je fais le malin, mais la future Mama m'en impose. mais avant que je le reconnaisse...


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MessageSujet: Re: Mundus vult decipi ergo decipiatur PV Alessandro    Mar 7 Fév - 15:53


       
Cela faisait une semaine que le braquage avait eu lieu. Cette sortie de nos traditionnelles activités ayant pour principale motivation d’accroître le capital de l'organisation avait servi à payer les hommes de la squaddra. Je n'avais pas eu le temps de discuter sérieusement avec Alessandro entre temps en raison du rythme de fin d'année effréné du Print. La façade légale de l'organisation était aussi rentable qu'un bar pouvait l’être et demandait donc une dose de travail bien réelle. Et puis ma chère et féroce épouse avait débarquée à l'improviste au loft et vu sa grossesse avancée je n'étais pas serein. Car j'étais bien placé pour connaître la dangerosité de cette ville en apparence très tranquille. Néanmoins j'étais foncièrement heureux de pouvoir passer du temps avec elle. Mais joies de l'amour ou pas le business n'attendait pas, il n'avait en fait que déjà trop attendu. La trêve tacite entre les deux organisations criminelles majeures de la ville allait s'achever dans une flaque écarlate. Les idéaux sont pacifiques mais l'histoire est violente. Le seul idéal du monde souterrain est la loi du plus fort et le profit alors nul doute que la suite sera brutale. Arès & Alessandro
       

       
Mundus vult décipi ergo decipiatur

       
Le sicilien salue son nouvel homme de main de manière détendue mais formelle et je perçois la tension latente dans l'atmosphère. Nul doute que ma chère et tendre guerrière n'a pas du apprécié le petit numéro de présentation de mon associé et ami. Mon interrogation dans la cuisine a d'ailleurs confirmé l'impression qui m'avait frappé un peu plus tôt en pénétrant dans le salon du loft. Lorsque je lui ai demandé pourquoi elle ne l'avait pas tué vu l'air exaspéré et faussement amical qu'elle abordait celle ci m'avait répondu que tuer cet insupportable rital arrogant me ferait assurément un peu de peine. Ma lionne avait insisté sur le un peu comme si elle souhaitait me convaincre que mon affection pour le loup garou mafieux était en fait bien plus proche du zéro degré Celsius que de la température de la Sicile en plein été. J'ai néanmoins remarqué la lueur amusée dans son regard signe qu'elle ne rêve pas non plus de se transformer en lionne là tout de suite pour arracher un bras puis une jambe et ainsi de suite à mon associé.

Je suis persuadé que ces deux là vont adorer se détester et j'ose espérer que cela restera dans les limites du raisonnable. Cela devrait s'avérer divertissant à regarder tant pour moi que pour Milou que pour les membres du clan. Je jette un coup d’œil à Alessandro tandis qu'il trinque avec Milan et Nolan. Le sicilien ne présente aucun signe de blessure apparente ce qui me permet de conclure que ce dernier n'a pas poussé le bouchon de son amour de la provocation et du sulfureux trop loin. L'héritière du fier clan d'Azgeda est habitué à ce que l'on lui témoigne le respect du à son rang. Parce qu'elle y a été habituée depuis sa naissance et que notre espèce est très portée sur les traditions en tout genre. Elle a beau être très proche de ses soldats, je suis l'une des rares exceptions qu'elle tolère. D'ailleurs, il m'arrivait parfois de me montrer formel en raison du rang de la guerrière et du sang royal coulant dans ses veines. Ce qui l'amusait autant que cela l'exaspérait car elle me disait alors que j'étais un futur chef de clan par alliance certes mais que j'en serais un. Autant que je m'y fasse disait elle en souriant malicieusement.

Mais je crois bien que je ne m'y ferais jamais. Moi qui n'étais qu'un humain ordinaire il y a dix ans de cela. Un orphelin délinquant juvénile qui venait tout juste de reprendre contact avec la famille de sa mère. A chaque fois qu'elle me mettait devant le fait accompli, je me rappelais tout le chemin que j'avais parcouru depuis cette époque. Cependant vis à vis du monde surnaturel la situation était différente car mon espèce opérait dans le secret depuis la nuit des temps et n'avait pas pour habitude de se mélanger  au reste de la population surnaturelle. Pour autant la présence d'un membre de sang royal avait tendance à fermer les clapets et distiller la peur à coup d'aura écrasante ou de démonstrations plus musclés.  Aless n'aurait aucune chance de survie face à une Azalea réellement furieuse et en pleine possession de ses moyens. Même la Squaddra et la Stidda réunie ne suffirait pas à éviter une fin atroce à mon ami amateur de grappa et de costumes hors de prix.

Alors tandis que je laisse la lionne se blottir tendrement contre mon torse et que mes bras l'enserrent dans une étreinte qui pourrait être étouffante pour n'importe qui d'autre mais qui lui fait pousser une sorte de ronronnement de satisfaction plus animal qu'humain je savoure sa chaleur réconfortante. Les crimes que j'ai commis ce soir sont déjà loin dans mon esprit comme s'ils dataient d'une époque reculée. Je dépose un baiser sur l'épaule de ma dulcinée et partenaire de combat préférée avant d'avancer la bouche pour boire un peu de son verre de jus d'ananas qu'elle me pousse à goûter. J'esquisse une grimace de dégoût et elle rit doucement avant de me murmurer que je comprenais maintenant pourquoi la grossesse était un calvaire. Je ris de bon cœur avant de saisir mon verre et le porter à mes lèvres. Vite de l'alcool pour virer ce goût horrible de mon palais traumatisé. Je m'interromps lorsque j'entends No toussoter et tourne la tète vers mes trois invités.  

Milan me fixe de manière amusé comme s'il se retenait d'éclater de rire et de se moquer de moi. Je fronce les sourcils d'étonnement lorsque je découvre une expression similaire sur le visage de mon ancien mentor. Décidément mes deux mentors dans la même pièce. Le sourire amusé d'Alessandro est le reflet de celui de nos deux hommes de main et je regarde Za qui sourit malicieusement à mon intention. Quoi ! J'ai fait quelque chose de drôle ? Tss c'est ça marrez vous bande de lurons. Finalement, Alessandro repose sa question avec une intonation railleuse qui tire un grondement de fureur à Za je pose ma tète sur son épaule pour l'apaiser et échange un regard avec Nolan et Milou avant d'éclater de mon grand rire sonore. Notez que j'ai compris ce qui les faisait bien marrer il y a quelques instants. Obnubilé par la présence envoûtante de ma compagne, je n'avais pas prêté attention aux dires des criminels installés dans mon salon. Oui des criminels monsieur ! Je l'affirme car se moquer d'un ami amoureux, d'un frère de cœur est une violation manifeste du bro code à l'article 44-5 alinéa 8 surtout de la part d'un Nolan me ressemblant en tout point lorsque sa belle était dans les parages, d'un sicilien amateur de cigarettes complètement obsédé par la présence d'un certain Drus à l'étage d'un certain Pink Print et d'un Milou sur lequel j'avais quelques dossiers d'adolescence à jamais gravé dans ma mémoire éléphantesque.

Le regard échangé avec Milan et Nolan était suffisamment explicite pour les proches que nous étions. Traduction pourquoi les chefs se sentaient irrémédiablement obligé de montrer qu'ils avaient la plus longue. Nous savions tous que bien que dépourvu de pareils attributs la lionne dominait le loup aussi sûrement que le soleil surpasse la lune en magnificence. Je réponds à mon ami sicilien après avoir terminé de me poiler : Mio fratello. Contrairement à ce que tu imagines c'est une question délicate car le pauvre tigre gardien que je suis serait bien incapable de pouvoir arrêter sa furie de compagne si elle voulait vraiment t'avoir entre ses griffes. Je peux au moins te promettre que ton empire sera bien dirigé mon ami et que le Print prospérera longtemps. Je ferais graver à mon Don, mon associé, mon ami, fratello incorrigible jusqu'au bout sur ta tombe.

J'éclate de rire devant l'expression d'Aless et suis bien vite suivi par Milan et Nolan qui se joint à la chorale de rire tandis que ma compagne ronronne de satisfaction. Je reprends finalement : Je plaisante. Je plaisante. Enfin. Za tu ne feras rien au parrain de notre fille n'est ce pas ?
La lionne hoche très lentement la tète comme une personne réfractaire à l'acceptation de quelque chose d'inévitable. Je reprends dans la foulée. Bon je ne sais pas vous mais le travail m'a donné faim. J'ai les crocs. Toi aussi No. Za tu as toujours faim alors cela ne compte pas. Je reçois un coup de coussin sur la tète et feins l'indignation. Aless tu vas bien rester manger à la maison ?
Je n'attends pas sa réponse et les laisse dans le salon pour aller préparer quelque chose. Nolan m'accompagne dans la foulée. A croire que ce sont les hommes mariés qui cuisinent depuis la nuit des temps. La vérité c'est que laisser mon épouse cuisiner est dangereux pour la santé publique et que Nolan adore cuisiner contrairement au cliché sur les mercenaires endurcis.

(…)
Nous sommes tous attablés à la grande table se trouvant entre la cuisine et le salon. Je vis dans un loft mes pièces ne sont pas toutes cloisonnées. L'odeur de la viande rôtie est délicieuse et les pommes de terres aux fines herbes poussent mon estomac à se manifester de manière bien peu gracieuse. J'esquisse une moue amusée lorsque Za dit : Amaro fait partie de la famille maintenant. Il ne va pas s'offusquer pour un petit grincement d'estomac le grand Don.
Son ton est aussi railleur que celui de mon associé tout à l'heure. Et c'est reparti pour un tour me dis je en souriant. Milou sert tout le monde et nous levons nos verres. A l'avenir lançais je. Les bouches se remplissent des mets désirables, simples mais à notre goût. Alors Aless verdict ?
     
(c) crackle bones

       



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Dernière édition par Arès Kye Coleman le Sam 18 Fév - 21:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mundus vult decipi ergo decipiatur PV Alessandro    Mer 15 Fév - 18:18


Mundus vult decipi ergo decipiatur
Je suis assez soulagé de voir mio amico arriver. Même si je doute que sa féroce épouse ne m’a pas convié pour m’égorger sur son tapis, l'héritière du clan à la fumée est déstabilisante. La lionne, comme la surnomme affectueusement Arès, ne m’apprécie guère. De mon côté, je n’aime pas ce que je ne maîtrise pas. Cette femelle serait capable de m’éliminer rien que par pure satisfaction. Je crois que je n’ai pas intérêt à me coller son mari à dos, sa protection tomberait. Toutefois l’ambiance hostile qui règne n’est pas sans respect. J’incarne la part sombre de Coleman. Une noirceur que son épouse ne peut qu’accepter. Elle est assez intelligente pour savoir que l’on n’efface pas le passé d’un homme, ni les souffrances qui l’ont façonné. Celui qu’elle a épousé est un être fait de multiples expériences. Certaines sont honorables, d’autres… liées à la survie.

De mon côté, il est évident que je ne m’élèverai pas contre un clan qui dépasse le mien. La mafia n’a qu’une centaine d’années, alors les deatheater sont là depuis des lustres. Je suis assez finaud pour savoir reconnaître où est mon rang et ma place dans ce monde. Il suffit d’un mot d’Azalea et je passe de vie à trépas. Etant moi-même décideur de vie ou de mort, j’accepte ce fait. Je frôle la mort trop souvent pour la craindre. C’est une vieille ennemie que je surveille de près. La faucheuse me connait bien, lui faisant souvent des offrandes. Un jour c’est de moi qu’elle se repaîtra. Ainsi va la vita.

Mes relations avec Azalea seront comme celles que j’entretiens avec la grande faucheuse. J’ai conscience que le rapport de force ne m’est pas favorable, pourtant je ne m’en offusque pas. Je reste cependant sur mes gardes en présence de la furie. Finalement je ne regrette pas être venu, car cela me permet d’assister à une scène particulièrement comique. La féroce femelle qui ronronne comme une chatte lovée dans les bras de son gros matou de mari. Le cocasse de la scène n’échappe pas à Nolan et Milan. Je ne cache pas mon sourire railleur. Arès ronchonne d’être la cible de notre amusement. Je pousse le bouchon un peu plus loin affermissant mon indépendance même si je la sais fragile.

- Me voilà rassuré de voir qu’une parade amoureuse peut apprivoiser la grande héritière et lui faire rentrer les griffes. Ton canapé et ton associé en sont ravis !

Nolan étouffe un rire, contrairement à Milan qui ne me connait pas et qui doit penser que je suis un inconscient jouant à un jeu dangereux. J’ai l’art de la provocation, mais sais en général où m’arrêter. Azalea s’est imposée à moi, me « forçant avec courtoisie » à venir ici. Je lui montre que jamais je ne jouerai le jeu de la souris, quoi qu’il m’en coute. La reine gronde, je garde mon sourire et ne baisse pas mon regard. Certes je la respecte, mais jamais je ne m’écraserai ou poserai un genou à terre devant elle. Cela ne lui plait pas, son grognement l’exprime tout en prenant acte de ma rébellion. Nous voilà les meilleurs ennemis du monde, ou plutôt les meilleurs rivaux concernant son époux.

Arès répond à ma pique, disant qu’il honorera ma mémoire si par malheur sa tendre et douce épouse venait à se faire les griffes sur ma carcasse. Je prends un air offusqué devant si peu de compassion pour le pauvre mafieux que je suis face à la puissance de sa surnaturelle compagne. Mon air dépité fait rire mio amico et nos hommes de main.

- Je plaisante. Je plaisante. Enfin. Za tu ne feras rien au parrain de notre fille n'est-ce pas ?

La lionne acquiesce avec mauvaise grâce. Je suis toléré. Arès m'invite à rester pour le repas, ce que j’accepte avec joie. C’est Nolan qui se colle aux fourneaux. Cela ne m’étonne pas car au Pink c’est Charlie qui officie à la cuisine. Et si l’ours peut sembler à un lourdaud et la baffe facile, il suffit de le coller dans une cuisine pour qu’un autre être fasse surface.

(…)

L’estomac d’Arès vient revendiquer sa faim dans un bruit sonore. Azalea en profite pour m’asticoter.

- Amaro fait partie de la famille maintenant. Il ne va pas s'offusquer pour un petit grincement d'estomac le grand Don.
- Le grand Don sait être tolérant le cas échéant bella Azalea.


Milan nous sert un verre à chacun. Par réflexe je le chauffe entre mes paumes, faisant tourner le liquide ambré.

- A l’avenir.
- A ta fille, mio amico.


Je lève mon verre vers mon ami, puis vers sa lionne. Elle comprend que je ne prends pas ce rôle de parrain à la légère. Sa fille a l’assurance de ma protection. Sans chichis nous nous attablons et faisons honneur à la nourriture préparée par le mercenaire.

- Alors Aless verdict ?
- Et bien je sais vers qui me tourner au cas où Crowley tombe malade suite à une indigestion de miel.


Le repas se poursuit dans la bonne humeur. J’apprécie déjà Milan. L’ami d’enfance de mon second a un caractère qui me plait et un passé qui me ressemble.

- Bella Azalea, dans ma famiglia nous avons une tradition que je souhaiterais honorer.

La belle lève un sourcil interrogateur et me fait signe de poursuivre.

- Le rôle de parrain n’est pas juste honorifique à mes yeux. Chez les siciliens, il est désigné soit par les parents, soit par le chef de la famiglia. Celui qui accepte engage son honneur et sa vie à prendre l’enfant sous son aile comme un père de substitution. Et c’est bien dans ce sens que j’ai accepté la demande d’Arès.

Je prends le temps de tremper mes lèvres dans mon verre et de boire lentement une gorgée. J’ai attrapé l’intérêt de l’auditoire, je ne me prive donc pas de ce petit effet. Je poursuis avant que la lionne ne gronde d’impatience.

- La symbolique de cet engagement est marquée par un cadeau, celui du culla de l’enfant, un berceau. Il représente la protection que le parrain offre à l’enfant. Me permettez-vous Azalea de vous faire ce présent ?

Fini les railleries et les piques assassines. Mon ton est solennel. S’il est hors de question que je prête allégeance à l’héritière du clan des gardiens à la fumée, j’offre un serment à la mère de l’enfant qui m’est confiée en filleule.


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MessageSujet: Re: Mundus vult decipi ergo decipiatur PV Alessandro    Sam 18 Fév - 21:46


       
Cela faisait une semaine que le braquage avait eu lieu. Cette sortie de nos traditionnelles activités ayant pour principale motivation d’accroître le capital de l'organisation avait servi à payer les hommes de la squaddra. Je n'avais pas eu le temps de discuter sérieusement avec Alessandro entre temps en raison du rythme de fin d'année effréné du Print. La façade légale de l'organisation était aussi rentable qu'un bar pouvait l’être et demandait donc une dose de travail bien réelle. Et puis ma chère et féroce épouse avait débarquée à l'improviste au loft et vu sa grossesse avancée je n'étais pas serein. Car j'étais bien placé pour connaître la dangerosité de cette ville en apparence très tranquille. Néanmoins j'étais foncièrement heureux de pouvoir passer du temps avec elle. Mais joies de l'amour ou pas le business n'attendait pas, il n'avait en fait que déjà trop attendu. La trêve tacite entre les deux organisations criminelles majeures de la ville allait s'achever dans une flaque écarlate. Les idéaux sont pacifiques mais l'histoire est violente. Le seul idéal du monde souterrain est la loi du plus fort et le profit alors nul doute que la suite sera brutale. Arès & Alessandro
       

       
Mundus vult décipi ergo decipiatur

       
Mon estomac gronde d'une faim tiraillante tandis que mes sens s’enivrent de la délicieuse effluve émanant des plats cuisinés par mon mentor dans le mercenariat et ami de longue date disposés sur la longue table par dizaine. Le mercenaire est aussi doué avec des couteaux pour abattre froidement ses cibles que pour les manier à des fins plus domestiques. Je ne compte plus toutes les fois ou j'avais mangé chez l'amérindien alors que nous étions deux freelance du milieu rattachés à l'époque par divers contrats au représentant d'une branche de la Bratva nord américaine. La bouffe préparée par mon ami de quelques années mon aîné était aussi délicieuse que celle de Charlie lorsqu'il ne se laissait pas distraire par une effluve de miel et mon estomac n'y résistait jamais. Avec Nolan près des fourneaux je savais que je mangerais bien et pourrais laisser libre court à ma goinfrerie. Ma relation à la nourriture était celle d'un orphelin qui avait du se serrer le ceinture durant toute son enfance au milieu d'autres enfants se trouvant dans la même situation que lui.

Certes nous étions nourris et parfois de manière relativement conséquentes. Nous n'étions pas dans une prison non plus seulement un orphelinat fait avec les fonds qu'il a. C'est à dire pas grand chose pour parler crûment. Que les fonds soient publics ou privés. Oui, j'avais connu la faim durant mon temps de gamin impétueux et indomptable et la première fois que j'avais pu manger un repas copieux j'avais cru mourir de satisfaction. Ce repas je m'en souviens comme si c'était hier. En compagnie de ma tante, son mari Jhon un druide et mes défunts cousins Mala et Jasy la famille de ma mère s'était bien amusé de mon empressement à dévorer toute matière comestible sur la table de la salle à manger et j'avais ris de bon cœur avec eux trop heureux de me remplir ainsi la panse pour me soucier de la grossièreté de mes manières. L'un des moments que je n'oublierais jamais. Souvenir indélébile gravé dans ma mémoire jusqu'à ma dernière heure. Alors que je porte un regard amoureux sur mon épouse celle ci lance une pique à Aless comme si elle ne pouvait pas se retenir d'asticoter le fier sicilien. La réciproque étant assurément vrai, je comprends que les repas de famille avec Alessandro seront réellement mouvementés. J'éclate d'un rire simplement joyeux et apaisé sous le regard étonné de mon épouse et convives.

Ils ne peuvent pas savoir à quel point je me sens bien cet instant, entouré de ceux qui sont devenus les miens. Ne peuvent savoir à quel point je me rends compte que j'ai fait du chemin depuis ma naissance dans les larmes près de la chaleur éphémère de ma mère qui allait m'abandonner dans la foulée pour des raisons obscures que je ne connais toujours pas mais qui ne m'intéresse plus. Ne peuvent pas savoir à quel point je suis heureux tout simplement et satisfait de ma revanche implacable sur la vie qui me semblait plus être une garce qu'une amie à l'aube de mon existence. La réponse de mon associé est moqueuse mais pas acerbe et je comprends que la rivalité entre mes deux proches est lancé pour les années à venir et ce pour le meilleur comme pour le pire. Tandis que je remercie Nolan pour ce festival de couleurs, d'odeurs alléchantes et de saveurs en perspective agréables sous le palais Milan entreprend de servir la tablée en bourbon sauf Za qui a opté pour de l'eau gazeuse. Lorsque mon ami d'enfance me sert à mon tour nos regards se croisent et je désigne la table bien garnie d'un geste. Le blond comprend immédiatement ou je veux en venir, lui qui n'était pas né orphelin mais qui avait eu la chance de grandir avec ses parents ou la malchance car vu la douleur qui l'avait rongé à cette époque je me demande si ne pas avoir connu les miens était moins enviable. En effet, vivre dans le bonheur familial avant de se le faire arracher par la cruauté du destin est probablement à mes yeux pire que de ne jamais y avoir goûté.

Nous restons les yeux dans les yeux tels deux interlocuteurs silencieux. Nous avons tellement vécu ensemble que nos yeux parlaient d'eux mêmes. Nous pensons à toutes ces fois ou nous avions faim le soir dans nos lits, froid à cause du manque ou de la déplorable qualité du chauffage. Ces moments ou nous dormions ensemble parce que la chaleur corporelle valait mieux que les couvertures miteuses, ou nous partagions une sucrerie volée à six. La solidarité indéfectible qui nous unissait. Certaines choses doivent être vécues pour être comprises. L'espace d'un instant nos regards se voilent et les autres proches attablés s'interrogent. Je pose ma main sur l'épaule de Milan dans un geste réconfortant. Ce dernier pose la main sur la mienne et hoche la tète. Je murmure. Nous n'oublions pas. Nous ne les oublions pas. Tout nos frères. Ils sont là conclus je en tapotant mon cœur.  Le chien noir acquiesce en silence avant de répondre également dans un murmure. Ta fille ne connaîtra jamais ce que nous avons vécu mon frère et c'est une bénédiction. Je suis fier de toi vieux. Elle aura toujours tout ce dont elle a besoin et ce qu'elle désire. C'est la plus belle des vengeances sur les épreuves qui nous ont forgés. Je souris et il va s'installer à coté d'Alessandro et Nolan en face d'Azalea.

Une bouffée de fierté m'envahit brièvement. Milou a raison ma fille vivra comme une princesse guerrière choyée tant dans l'antre de son clan qu'en dehors. Elle n'aura jamais faim, ne se demandera jamais qui sont ses parents, ne se sentira jamais seule et n'aura pas à avoir peur de l'avenir. J'échange un regard complice avec mon épouse qui m'adresse un sourire éblouissant. Je t'aime Azalea j'espère que tu le sais. Oui, me répond t' elle dans ma tète d'une voix douce. Je lève mon verre pour porter un toast et je pense une nouvelle fois à mon enfance de survivant. Si je vis aujourd'hui dans une telle abondance c'est en raison des choix sombres que j'ai fait à cette époque. Si je suis aussi satisfait de tout cela c'est bien parce que je peux me le permettre pour avoir expérimenté sans le mériter ce que la vie avait de plus âpre et amer. Je pense à St Thomas ce lieu qui était une part de moi même que je le souhaite ou non. La part originelle, la formatrice, la genèse ma genèse. Je me demande si l'orphelinat existe encore ou s'il a fermé. J'espère que ce n'est pas le cas. Car quoi qu'on en dise, les éducateurs étaient pour la plupart de bonnes personnes qui s'occupaient bien de nous. Qui tentaient de nous comprendre et savaient comment nous gérer.

Et puis contrairement aux idées reçus la solidarité y était complète que ce soit celle des plus grands envers les plus jeunes, les plus jeunes entre eux, les aînés également. Nous étions parfois très durs et brutaux entre nous mais l'esprit de camaraderie était une réalité. Dès que l'un de nous avait un problème avec l'extérieur, nous nous dressions tous contre tel les loups d'une meute géante. Quelques fois je repense à cette époque et au lieu d’être triste de l'avoir vécu j'en suis particulièrement heureux. Les jeunes ne sont pas forgés dans la douleur. Ils jouent les caïds blousonneux et les rois des bacs à sable pour se donner un air. Parce que les vrais caïds et les vrais rois n'ont pas besoin de se pavaner pour qu'on comprenne qui ils sont, ce par quoi ils sont passés et la manière dont ils ont affronté les épreuves.  

Je rigole lorsque je vois les pseudos délinquants de Beacon Hills. Je me dis que je vais remonter dans le nord du pays très bientôt pour aller faire une donation à l'établissement qui m'avait vu et fait grandir. Avant de finalement prononcer des mots expéditifs, formule passe partout de félicité désirée. A l'avenir oui et à tout ce qu'il nous réserve de bénéfices et de succès. Mais, comme je l'ai dit à Milan nous n'oublions pas le passé qui a fait de nous ce que nous sommes. Aless renchérit en portant un toast à ma fille à naître, sa future filleule. Je le reprends les yeux dans ceux de Za. Oui à notre fille ma belle. La future plus grande guerrière d'Azgeda à n'en point douter. Nous mangeons et nous mangeons bien. Mon épouse complimente chaudement No pour sa cuisine et j'échange un regard amusé avec le chien noir. Nous savions tout les deux à quel point la cuisine n'était pas le point fort de la lionne de la main noire. J'interroge le sicilien qui me répond qu'il a trouvé un concurrent sérieux à notre ours garou national. Le repas se déroule dans une bonne humeur festive.

Exit la tension palpable de tout à l'heure. Je regarde ma montre en me demandant si Lincoln et Ryan seront rentrés avant demain pour manger. Si mes deux frères de clan ne se pointaient pas bientôt il ne leur resterait certainement pas de quoi se remplir la panse. Les deatheaters aiment la bonne chaire, l'alcool, les beaux combats entre autres choses. Milan sympathise avec Alessandro et je ne m'étonne pas de les voir si bien s'entendre. Nolan discute avec l'héritière d'Azgeda. Pour ma part, je souris en les observant tel un père de famille veillant sur son clan tout en me resservant allégrement. Si ils ont le temps de discuter moi j'ai le temps de m’empiffrer. Finalement mon associé prend la parole et amène le sujet de son rôle de parrain sur le tapis ou la table c'est selon. Za hausse un sourcil interrogateur. Je fais rouler mon bourbon dans mon verre en observant le sicilien, cet ami en qui j'avais suffisamment confiance pour lui confier ce rôle essentiel. La protection d'un criminel endurci, don de son état ne peut être que bénéfique à ma fille. D'un coté elle aura tout un clan à ses ordres et des alliés dans d'autres et de l'autre elle aura une protection humaine tout de flingues et de tueurs peu scrupuleux vêtue. J'ai fait le bon choix.

Je pousse un soupir mi amusé mi résigné en voyant Aless prendre le temps de savourer son effet d'orateur talentueux. Je m’apprête à lui dire d'accoucher de la suite de sa promesse solennelle avant que ma lionne ne soit tentée de lui fourrer une fourchette dans l’œil. Son ton est solennel et respectueux bien loin de la morgue sicilienne de d'habitude signe qu'il prend son devoir au sérieux. A coté de moi, je sens que Za apprécie. J'échange un regard avec mon épouse. Nous avions déjà un projet de berceau sculpté sur mesure en bois précieux en cours mais de toute manière la petite ferait des allers retours entre Beacon Hills et le territoire du clan. J' hausse les épaules et la lionne répond avec un sourire sur les lèvres : La profondeur de cet engagement solennel te liera à notre espèce et notre clan encore un peu plus. N'essaie pas d'en profiter Amaro parce que tu le paierais de ta vie. Mais tu m'as l'air de prendre le rôle de parrain au sérieux et tu es un ami cher au cœur de mon époux. Si tu es certain de pouvoir assumer ce rôle avec brio, j'accepte de te compter dans la famille.

Ses yeux n'ont pas quittés ceux du don local durant toute sa réponse et je dépose un baiser dans son cou avant qu'elle ne lève son verre pour un second toast. Nos regards se croisent et c'est en cœur que nous scandons : Au nouveau parrain.
Le dîner se poursuit tranquillement jusqu'au moment ou les deux vétérans d'Azgeda reviennent finalement de leur patrouille nocturne. Si les deux gardiens sont étonnés de voir mon loft si plein ils n'en montrent rien et viennent se joindre à la tablée les crocs dans les talons. Nolan va chercher le dessert tandis que nos deux frères de clan attaquent leurs assiettes. Mon associé reçoit un coup de fil et quitte la table un instant. Je laisse mes oreilles traîner. Il s'agit de Largo...
     
(c) crackle bones

       



Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Dim 5 Mar - 18:16, édité 1 fois
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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Mundus vult decipi ergo decipiatur PV Alessandro    Dim 26 Fév - 15:55


Mundus vult decipi ergo decipiatur
Je pense saisir l’ampleur de ce clan dont mio amico fait partie. L'appartenance aux gardien à la fumée est exclusive et je suppose qu'Arès bénéficie d'un passe-droit particulier pour être autorisé à se lier à mes affaires. Comme pour la mafia, c’est une famiglia d’où on ne sort pas, du moins pas vivant. Leur but est évidement différent de celui de la mano negra. Si ma famiglia est toujours prompte à aider, à vous sortir de la misère et vous sauver la vie, le prix à payer est votre âme. J’ai parfaitement conscience que nous exploitons les failles des hommes, leur faiblesses et leur détresse. Dans le Léviathan, l'auteur n’affirme-t-il pas que l’homme est un ennemi pour les autres hommes. « L’homme est un loup pour l’homme » enseigne le philosophe anglais Hobbes en s'inspirant de Socrate. Un loup, c’est bien ma nature surnaturelle, le loup vit en clan dont l'organisation est pyramidale. Toutefois cela rejoint aussi ma nature humaine et celle de tout homme sur terre. Très jeune j’ai compris que la vie était, sommes toutes, finalement très binaire. Il y a les moutons et leur semblables d’un côté et les loups de l’autre. Les prédateurs sont moins nombreux, car ils sont tous en concurrence pour le titre de Léviathan, celui qui dirige est celui qui survit. Si j'avais un mantra, ce serait celui-ci.

Sincèrement, je pense que chacun a le choix d’endosser un rôle ou l’autre. Le tout est de savoir quel prix nous sommes prêts à payer pour être ce que nous souhaitons. Le clan de la fumée a un rôle qui est humanitaire dans le sens qu’ils aident les défunts à faire leur dernier voyage le plus sereinement possible. Ce sont des gardiens, mais comme tous gardiens il leur est parfois obligé d’user de violence. Je pense que la belle Azalea n’a rien à envier à la cruauté que je peux parfois montrer. Elle agit suivant un code et une ligne immuable. Qu’importe les moyens ou la route choisie, seule la destination finale prime.

Nous sommes semblables quant à notre parcours et les moyens que nous nous donnons pour avancer, seule la fin diffère. Azalea répond à ma proposition. Elle note le sérieux de mes propos et de mon engagement. Je suis ainsi accepté dans son clan et mon rôle de parrain. Toutefois elle me met en garde, prenant ma vie en otage de toute incartade. Je ne suis pas à une énième menace de mort prêt, alors je lève mon verre en direction de la future mère et lui répond par mon plus beau sourire. Tout le monde porte un toast en mon honneur. Je ne boude pas cet hommage qui m’est fait.

Deux autres gardiens font leur apparition un peu plus tard. Arès m’explique que c’est l’escorte de l’héritière Azgeda. Leur appétit en dit long sur leurs dépenses physiques et leurs besoins énergétiques. Il est évident que le malheureux qui tenterait de s’en prendre à la lionne farouche de mio amico aurait du fil à retordre pour parvenir à ses fins. Il n’y a que la ruse qui permettrait de toucher la farouche. Comprendre comme l’atteindre permet d’anticiper sa défense et celle de ma filleule.

La tablée s’anime, je retrouve l’esprit d’équipe et de clan que j’affectionne. Je ne l’ai pas trop montré, mais j’apprécie d’être intégré à la bande. Le repas était loin d’être frugal et voilà que Nolan amène un dessert de roi. Le mercenaire est pire qu’une Mama italienne qui vous gave jusqu’à ce que vos amygdales baignent. Mon téléphone qui sonne me tire de mon bien être. Je m’éloigne pour mieux entendre ce que Largo a à me dire.

Je n’aime pas le ton de sa voix, ni les saccades dans sa voix. Il me dit avoir besoin de moi rapidement, arguant un problème majeur sur une livraison de Tequila. Largo me donne rendez-vous dès que possible au hangar.

- Le temps de prendre congé poliment, je me mets en route Largo. Nous avons toujours des problèmes d’approvisionnement avec la Tequila ! Je vais régler cela ne t'inquiète pas.

Je raccroche et appelle Ryan dans la foulée.

- Qui est de surveillance au hangar ce soir ?
- Deux des types engagés par Largo. Pourquoi ? Un problème Boss ?


Largo a recruté six hommes pour assurer la surveillance H24 du hangar. La Squadra donne un coup de main, mais pas en continu pour ne pas épuiser les hommes à la tâche.

- Je veux la quadra au complet. Nolan et Arès sont avec moi. Rassemble les autres mais restez à l’écart du hangar tant que je ne suis pas avec vous.

Je me retourne pour tomber sur Arès qui s’était approché de moi. En bon second, il avait laissé traîner ses oreilles. Je n’attends pas sa question pour lui expliquer le problème.

- Largo demande ma présence au plus tôt. Il aurait un souci majeur avec une livraison de Tequila.
- Où est le problème Aless ?
- Nous ne servons pas de Tequila au hangar... Pas rentable par rapport à la Vodka et au whisky bons marchés.


Largo me lance un signal de détresse en me parlant de Tequila. Il n'est visiblement pas libre de ses actes. Mio amico me demande si les ennuis ne s’appelleraient pas Victor Barns.

- Non je ne pense pas. Largo avait vraiment peur. Ryan est en train de rassembler la Squadra. Je suis désolé d’interrompre cette réunion familiale, mais là nous y allons au complet. Nolan nous suit.

Prestement, je m’avance vers Azalea et lui baise la main avant de m’excuser pour mon départ précipité. Je promets de libérer Arès dès que le problème est réglé.

- Quel genre de problèmes Alessandro ?
- Un souci d’appro en alcool.


Mon cœur fait une belle embardée que la belle ne rate pas.

- Je ne sais pas précisément. Nous allons agir prudemment.

(…)

Nous nous sommes entassés dans ma sportive et rejoignons le reste de la Squadra à deux blocs du HCC. Je demande la météo à Ryan. Il m’explique qu’il n’y a aucune activité du côté du hangar. Il n’a pas appelé les deux gars censés être en surveillance pour le cas où ils se soient faits piéger et leurs téléphones surveillés. Je salue la présence d’esprit du chef de la Squadra pour sa prudence et ne pas alarmer notre éventuel ennemi que nous avons vent d’un problème.

Difficile de savoir ce qui nous attend et donc d’élaborer un plan solide. Ryan propose de se disperser en deux groupes et d’approcher discrètement d’une part vers l’entrée principale et d’autre part vers le sas camion à l’arrière.

- Non. Pas tant que nous ne savons pas combien il y a de personne à l’intérieur.

J’expose mon plan. Ryan et moi allons-nous approcher à découvert. Mais avant cela, Sam va aller se poster sur le toit du hangar d’en face et tenir en joue l’entrée du bâtiment.  

- Sam, de là-bas tu devrais aussi avoir un visu sur le bureau de Largo. En plus c’est la seule pièce d’éclairée. Tu tires uniquement si je te fais le code ou si tu juges que c’est vital et que je ne suis pas en mesure de te faire signe.
- Ok Boss. J’ai ma lunette infra-rouge.
- Ok.


Sam s’éclipse tout en collant un de ses écouteurs dans une oreille. L’équipe va communiquer via nos portables et Teamspeak. J’ai activé ma session, Sam peut donc entendre le reste de notre conversation.

- Nolan, Tyrone et Aiden vous allez vous positionner à l’arrière du HCC, mais faites un large détour. Ce n’est pas parce que le hangar semble désert qu’il n’y a pas des observateurs. Les lunettes infra-rouge ne sont pas que l’apanage de Sam. Pensez-y et ne comptez pas que sur l’obscurité pour vous camoufler. Miser sur des obstacles en dur.

Les trois hommes se mettent en route.

- Arès, Finn et Andrew, vous restez là. Vous rentrerez par la porte principale deux minutes après Ryan et moi. Attention, je ne pourrai pas vous entendre car je ne vais pas risquer d’attirer l’attention en gardant mon oreillette.

Finn et Andrew se rapprochent un peu du HCC tout en restant à couvert. Nous attendons le signal de position des autres. J’explique à Arès que je vais m’avancer avec Ryan, car cela semble le plus normal en réaction du message de Largo. Je lui dis aussi qu’en cas de pépin, je préfère que les deux surnaturels de l’équipe ne se fassent pas piéger en même temps. Sam nous avertit être en position.

« - Je vois Largo assis dans le bureau. Il est de dos. Il ne bouge pas. »
« - Ok Sam. Nolan ? Vous êtes en place ?  »
« - Dans trente secondes Boss. »
- Tu as une idée de qui c’est Aless ?
- Oui Arès, j’ai plusieurs idées qui...
« - Nous y sommes Boss. »
« - Ok Nolan. Je m’avance avec Ryan. »


Je remonte en voiture avec Ryan à mes côtés et roule jusqu’au HCC comme si nous venions du centre-ville. J’ai pris le soin de baisser les vitres. Je me gare au plus près et quand je coupe le moteur, je prends le temps d’écouter tout en allumant une sigaretta pour donner le change à un observateur potentiel. La nuit est calme, le silence du quartier un peu désaffecté me facilite la tâche. Je sors mon téléphone et feins de consulter mes messages et d’y répondre. En vrai j’écris sur la conversation commune.

« - Présence de onze personnes, réparties entre le haut et le bas. Donc huit ou onze ennemis suivant si nos hommes sont morts ou encore en vie.»
- Aller Ryan, allons voir Largo et ses soucis de Tequila.


Nous sortons et avant d’ouvrir la porte du hangar je tire longuement sur ma sigaretta. Toute l’équipe est à notre écoute.

- C’est sombre ici. Tu nous fais faire des économies d’électricité Largo ?

Pas de réponse. Une ampoule faiblarde éclaire le ring, le reste du hangar est dans l'ombre. J’avance un peu, tenant toujours ma sigaretta devant mon visage. Ryan me suit attentif. Masquant la chose avec mes manies de grand fumeur, d’un léger geste de l’auriculaire je lui indique les directions où j’entends des cœurs battre. La présence de mes deux colts sur mes flancs me rassure. Je sens que le plomb va causer ce soir.

J’attrape la rambarde de l’escalier qui grimpe à l’étage vers le bureau de Largo et monte doucement. Mes pas raisonnent sur les marches de métal. Ryan me suit attentif à ce qui peut surgir du niveau que nous quittons. Je profite de la présence de Ryan dans mon dos pour passer un de mes colts de son holster à ma ceinture dans mon dos. Nous montons tranquillement, je me paye même le luxe d’écraser mon mégot et d’allumer une nouvelle sigaretta. On nous observe, nous ne devons en aucun cas montrer que nous sommes sur nos gardes et préparés à l’attaque. Une fois devant la porte du bureau, j’inspire profondément et l’ouvre sans toutefois entrer.


Largo est solidement attaché à une chaise, dos à la fenêtre. Son visage est tuméfié, sa bouche scellée par du ruban adhésif. La mise en scène est parfaite. Par-delà Largo, nonchalamment adossé au mur qui me fait face, un type m'observe avec un sourire malveillant. Il me semble le connaitre, seulement je n’arrive pas à situer d’où. Une odeur de sang m’assaille. J’avance prudemment d’un pas dans le bureau. Largo m’invitant péniblement du menton à regarder sur ma droite. J’ai la réponse du pourquoi les deux hommes de garde ne répondaient pas. Ils sont tous deux crucifiés à vif sur le mur de bois qui donne du côté du ring. Leur souffrance est palpable dans leur regard. Comme Largo, leurs lèvres sont scellées avec du ruban adhésif. Je découvre aussi trois autres hommes. L’un d’eux me tient en joue. Je l’observe quelques secondes, souffle ma fumée dans sa direction puis feint de l’ignorer en me tournant vers le type qui s’est installé en propriétaire sur le fauteuil de Largo.

- Ennio Cerati… Cette fois Vincenzo ne se déplace pas en personne ?
- Non.
- Que me veulent les napoletano ?
- Faire… des affaires.
- En décorant mon hangar avec le sang de mes hommes ?
- Il était nécessaire que tu prennes conscience de l’importance de tout cela.
- Autant j’aime refaire la peinture chez les autres, autant je n’apprécie pas que l’on impose ses goûts de chiotte chez moi. Ceci n’est pas de l’art, mais de la merda.


Je désigne négligemment les deux crucifiés avec ma sigaretta. Le cœur de Ryan s’accélère quand il entend le code, le mot « art », qui déclenche l’offensive. Je fais une moue dubitative à Cerati qui est le second de Vincenzo Leonelli, lui-même bras droit du parrain de la mafia napolitaine qui règne en maître sur San Francisco. Vincenzo était déjà venu me voir en personne au tout début de mon installation sur Beacon Hills. Mon bannissement de LA en lieu et place d’une baignade forcée avec les poissons au large de Long Beach l’avait intrigué. Je me masse le lobe de l’oreille, signal pour Sam de me débarrasser du type qui pointe son arme sur ma poitrine.

La vitre fait un bruit cristallin sous l’impact de la balle qui vient se loger dans la poitrine de celui qui me visait. Le tir de mon sniper monte d’un cran la pression sur les hommes de Vincenzo. S’en suit des échanges de coups de feu. Arès a dû faire un bond prodigieux, car il s’encadre dans l’embrasure de la porte à peine que le tir de Sam ait fait mouche. Je leur demande de laisser Cerati en vie.

- Arès mio amico, combien d’homme faut-il pour délivrer un message ?
- Uno Aless’.


Je suis connu pour porter mes flingues près des flancs. C’est un des types planqués en bas et qui tente de nous prendre à revers qui fait les frais de mon bras qui se déplie brusquement avec l’arme que j’avais glissée à ma ceinture dans mon dos. La Squadra sait ce qu’elle a à faire et le fait bien. Je laisse mon second diriger l’opération et me précipite pour décrocher les deux crucifiés. Je soulage brièvement leur souffrance en appliquant la paume de mes mains là où des clous de charpentier leur avait transpercé les avant-bras. Je libère ensuite Largo. Avec Sam en couverture, je suis totalement libre de mes mouvements.


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MessageSujet: Re: Mundus vult decipi ergo decipiatur PV Alessandro    Dim 5 Mar - 18:24


       
Cela faisait une semaine que le braquage avait eu lieu. Cette sortie de nos traditionnelles activités ayant pour principale motivation d’accroître le capital de l'organisation avait servi à payer les hommes de la squaddra. Je n'avais pas eu le temps de discuter sérieusement avec Alessandro entre temps en raison du rythme de fin d'année effréné du Print. La façade légale de l'organisation était aussi rentable qu'un bar pouvait l’être et demandait donc une dose de travail bien réelle. Et puis ma chère et féroce épouse avait débarquée à l'improviste au loft et vu sa grossesse avancée je n'étais pas serein. Car j'étais bien placé pour connaître la dangerosité de cette ville en apparence très tranquille. Néanmoins j'étais foncièrement heureux de pouvoir passer du temps avec elle. Mais joies de l'amour ou pas le business n'attendait pas, il n'avait en fait que déjà trop attendu. La trêve tacite entre les deux organisations criminelles majeures de la ville allait s'achever dans une flaque écarlate. Les idéaux sont pacifiques mais l'histoire est violente. Le seul idéal du monde souterrain est la loi du plus fort et le profit alors nul doute que la suite sera brutale. Arès & Alessandro
       

       
Mundus vult décipi ergo decipiatur

       
Le repas se déroule dans la joie et la bonne humeur à mon plus grand plaisir. Mon épouse et mon associé et ami semblent avoir enterrés la hache de guerre suite à la déclaration solennelle concernant le nouveau rang de parrain de notre fille et l'acceptation qui en a découlé dans la foulée. Une acceptation tout aussi solennelle car habituellement les rangs familiaux sont rarement attribués à des non gardiens. Des ordinaires comme ils sont parfois nommés dans nos histoires transmises oralement à travers les âges. Rares sont également les ordinaires à côtoyer d'aussi près et à avoir été accepté dans les rangs d'un clan de deatheater et ce même de manière temporaire. Pourtant cela avait bel et bien été le cas de mon ami d'enfance que je pouvais aisément qualifier de meilleur ami. Comme c'était le cas pour Alessandro qui devenait probablement l'un des premiers garous parrain d'une héritière d'un clan de gardien. La symbolique était forte bien qu'ignorée par les non initiés. Aussi, je plaçais énormément d'attente en Alessandro vis à vis de ce rang qu'il affirmait sacré chez les siciliens.

Il était amusant de constater à quel point j'avais déjà bouleversé les traditions millénaires et ancestrales des miens sans même le vouloir. Je me contentais d'agir en suivant mon instinct comme toujours. Cet instinct qui ne m'avait jamais trahi ni fait défaut. Il fallait néanmoins avouer que si j'étais aussi prompt à m'affranchir du poids de certains héritages propres à mon espèce surnaturelle c'était probablement bel et bien parce que j'avais été humain dans ce qui me paraissait désormais presque être une autre vie. Mon sourire en cet instant est éclatant, solaire et d'une sincérité signe d'une sérénité profonde. Cette vision de ma famille surnaturelle représentée par mon épouse et Ryan et Link constituant son escorte, famiglia avec Alessandro et de l'amicale avec mon ami d'enfance et mon ancien mentor me plonge dans une satisfaction complète. Je suis purement et simplement heureux devant ce spectacle d'une tablée vivante et animée, cet élan de camaraderie et de complicité dépassant les clivages inter espèces surnaturelles, des mafieux et des gardiens. Ce tableau que je souhaite graver à jamais dans mon esprit constitue le microcosme reflétant ma propre personne dans sa complexité et son paradoxe le plus complet. Je suis une part de chacun d'entre eux comme ils sont également une part de moi même. L'émotion me serre le cœur tandis que je réponds à une pique amicale de Milan et Lincoln avec désinvolture.

A coté de moi Za pose sa main sur la mienne tout en discutant avec Nolan qui découpe le gâteau. Soudain le sicilien reçoit un appel et s'éloigne de l'animation bruyante pour converser au téléphone. Je laisse traîner mes oreilles surnaturelles. En tant que bras droit et associé je pense qu'il est tout à fait normal de m'enquérir de la situation. D'autant plus qu'il n'aurait pas quitté la table si ce n'était pas important. Du travail non illégal aurait pu attendre quelques dizaines de minutes de plus. Je reconnais la voix de Largo alors je me lève à mon tour. Ma femme sent ma crispation et l'héritière d'Azgeda m'interroge mentalement à travers le lien nous unissant depuis ma renaissance en tant que deatheater. Je lui réponds que ce n'est rien et que je vais juste m'assurer qu'il ne s'agit de rien de grave. Je dépose un baiser sur le front de ma lionne avant de m'approcher d'Alessandro d'un pas léger. En m'approchant discrètement du sicilien je l'écoute rassurer Largo puis composer le numéro de Ryan. Je comprends que quelque chose cloche en l'entendant convoquer la Squaddra. Lorsqu'il se retourne il ne paraît pas surpris de me voir l'observer avec insistance. J'interroge mon boss et amico au sujet de la situation et il m'indique que Largo a parlé d'une rupture de stock de tequila. Je me rends rapidement compte que cela ne tient pas debout.

Nous n'en servons pas au HCC. Elle n'est pas aussi bon marché qu'au Mexique. Et probablement pas aussi bonne qu'au Mexique mais là n'est pas la question. Prenant compte de l'ampleur de la situation critique, je demande à Aless si les ennuis frappant notre principale source de revenu illégale ne porteraient pas le doux nom de Victor Barns mais il me répond par la négative et m'indique que Largo semblait terrifié au téléphone. Je ne l’interroge pas plus que cela. De toute manière c'est inutile, il faut aller sauver notre manager le plus vite possible peu importe les emmerdes qui lui sont tombés dessus. Je lui demande si il veut que je rassemble la Stiddia mais il m'indique qu'ils n'auront pas le temps d'arriver à temps alors je le laisse prendre congé d'Azalea de manière fort courtoise au demeurant et entraîne mon ancien mentor à ma suite dans le sous sol du loft. Là bas j'ouvre ma réserve d'armes et en sors un desert eagle que je fourre dans un holster que j'attache à mon épaule puis je tends un glock à Nolan avant de fourrer deux fusils d'assauts dans un grand sac de voyage noir. Je remonte avec mon ami sur les talons et constate qu'Alessandro est déjà à la porte. Milan me lance mon trench noir et je l'enfile rapidement tandis que Nolan me prend le sac, remet sa veste et rejoint son boss. Pour ma part, je me contente d'un hochement de tète négatif à Milou qui m'interroge du regard. Puis, je dépose un baiser sur les lèvres de ma compagne avant de faire de même sur la planète qui lui sert de ventre. A tout à l'heure tout le monde voilà ce que je lance à ma famille encore attablée. Je me permets même un excès de désinvolture qui fait rire l'escorte de Za et Milan lorsque je les menace des pires sévices s'ils ne me laissaient pas de parts de gâteaux. Oui, plusieurs. Ma lionne me suit du regard en riant et je remercie le ciel d'avoir une épouse pareille. Franchement je me répète probablement mais je ne la mérite pas.

(...)

Entassés comme des crêpes dans la sportive d'Aless nous rejoignons bien vite le reste de la première équipe du clan Amaro et je grommelle dans ma barbe concernant les italiens et leur goût pour les voitures aussi belles qu'étroites. Non mais sérieusement, je me sens claustro là dedans. Je préfère l'espace et la hauteur de mon range. Le patron demande à son chef d'équipe un compte rendu détaillé de la situation et je les écoute attentivement. Le plan de Ryan me paraît bon mais un brin risqué d'autant plus si nos ennemis sont proches de Largo. Une balle dans la tète en représailles est vite arrivée. On aurait du convoqué la Stiddia également. Avec une douzaine de bons tireurs l'affaire serait plus aisée à mener mais si Alessandro a jugée que la Squaddra suffirait c'est qu'elle suffirait. Le sicilien distribue les taches à toute l'équipe et j'enfile mes gants en cuir en l'écoutant. Sam s'éloigne discrètement avec un sac de voyage sur l'épaule. Son fusil de sniper s'y trouve ainsi que du matériel habituellement réservé à l'armée. C'est que l'on trouve de tout sur le marché noir. Nous activons nos sessions teamspeak et collons tout comme Sam un de nos écouteurs dans nos oreilles. J'écoute attentivement le sicilien briefer chaque groupe avant de fourrer un chargeur de mon flingue dans une poche.

Nolan me tend un fusil d'assaut chargé et arme le sien. Je le cale contre mon épaule. Aless regarde mon arme et je me contente d'un hochement d'épaule nonchalant. On ne connaît pas l'armement des gars d'en face. Autant être paré à toutes les situations. Nolan, Tyrone et Aiden vont se positionner à l'arrière du HCC en faisant un large détour comme le leur a indiqué Aless. Heureusement qu'il fait nuit noire parce que sinon les armes de guerre ne passeraient pas autant inaperçues. Tout comme les lunettes infrarouges elles aussi acquises sur le marché noir. Mes deux partenaires d'escouade s'approchent du HCC discrètement tandis que je continue de discuter avec le sicilien au sujet du plan. Mais la seule question qui me taraude est qui. Qui sont ces types ? Des siciliens de LA ? Le traitement de faveur de mon ami est terminé ? Le signal de position de chacun des groupes le coupe dans sa réponse et je soupire. Bon allons y. Le patron et son chef d'équipe roulent jusqu'au hangar dans la plus grande décontraction. Je m'avance à couvert pour rejoindre nos hommes un peu plus loin. Finn et Andrew se placent derrière moi. Je lis les informations envoyés par Aless et indique dix hommes avec ma main gauche. Je préfère arrondir à dix. Les gardes du hangar n'étant pas des maîtres de la gâchette d'autant plus s'ils ont été pris par surprise. Les deux hommes sont parfaitement calmes quand bien même Finn remue un peu comme d'habitude. J'attends que Ryan et Alessandro se soient enfoncés dans le bâtiment avant de fondre sur le HCC en restant dans l'ombre. Finn et Andrew me rejoignent chacun leur tour et nous nous plaquons contre la tôle du hangar. J'ajoute le silencieux au bout de mon fusil d'assaut et attend en silence. Lorsque mon amico lance le signal de l'offensive « Art ». J'entends une balle siffler et briser une vitre à l'étage. Je n'ai pas besoin de perdre mon temps à localiser les hommes ennemis car ces derniers déboulent du cœur du hangar et se dirigent vers les escaliers. Je donne le signal à mon escouade et nous entrons les armes levés.

Mon arme est réglée au coup par coup. Une balle se fiche dans la tète d'un des hommes de mains ennemis. Finn et Andrew canarde à leur tour. Nos adversaires s’apprêtent à répliquer passé la surprise mais au moment ou ils lèvent leurs armes. L'équipe de Nolan abat froidement les derniers intrus. J'adresse un sourire amusé à mon ancien mentor et chambre la seconde escouade pour leur sens du timing. Nous rions de bon cœur avant que je ne me précipite à l'étage à toute vitesse. Je rentre dans le bureau un sourire sur les lèvres et réponds à Aless. Mon fusil négligemment posé contre mon épaule. J'avise le mort baignant dans son sang, une blessure propre et nette. Sam est un as. J'avise les deux crucifiés, nos gars sont mal au point. J'avise Largo chevillé à son bureau. Et enfin j'avise les trois mafieux restants. Je pointe mon arme sur l'un d'entre eux et me prépare à l'abattre au moment ou un mec déboule des escaliers son flingue à la main.

Je me demande ce que foutent nos hommes pour avoir laissé passer ce clown qui se fait descendre par Alessandro. Puis, le sicilien aide nos deux hommes de main crucifiés en usant de ses capacités surnaturelles avant d'aller délivrer Largo sous le regard impuissant des intrus. Je loge une balle dans la tète d'un des deux hommes de main. Quelques instants plus tard Sam abat le second de la même manière que le premier. Je m'approche du survivant le chef en somme et lui décoche un coup de crosse dans la face. Aless a dit qu'il devait rester en vie pas qu'il devait rester intact. J’enchaîne avec un coup de boule avant de me figer sous le regard de mon patron. Mes plus plates excuses cela a du m'échapper. Je redescends pour aller vérifier que tout a été nettoyé en bas. RAS en somme.      
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MessageSujet: Re: Mundus vult decipi ergo decipiatur PV Alessandro    Jeu 16 Mar - 20:49


Mundus vult decipi ergo decipiatur
- Arès mio amico, combien d’homme faut-il pour délivrer un message ?
- Uno Aless’.


Un dernier coup de feu retenti, il ne reste plus qu’Ennio Cerati de vivant. La loi du Talion doit être doublée, c’est la seule manière de régler un problème rapidement. C’est le camp le plus rodé qui survit. Le, œil pour œil et dent pour dent ne fait que prolonger des conflits sans pour autant les régler. Mon univers est sans pitié, il n’y a pas de place pour les demie mesures. Si quelqu’un vient me chercher la merda, il trouve la morte. C’est aussi ce que je risque lorsque c’est moi qui me risque à l’ingérence sur un territoire qui n’est pas le mien. La politique de la famiglia est simple, et basée sur l’honneur. Chacun connait les règles et les risques.

Ils ont fait couler le sang de mes hommes, je prends leur vie en retour. Une réplique ferme et forte donne le ton sur mon assurance. Il y a bien évidemment une part de bluff. Cependant, un bon joueur de poker l’emporte facilement avec une simple paire de dame. Tout est dans l’aplomb et l’assurance. La moindre hésitation dévoile votre jeu. Sans me vanter, je pense être doué à ce jeu. Cerati était persuadé d’être en position de force. Les cadavres qui  jonchent le bureau lui prouvent qu’il m’a sous-estimé, lui ou plus vraisemblablement Vincenzo Leonelli.

Cerati me défie du regard. Il sait qu’il repartira en vie. J’hésite à le soulager de quelques bouts de doigt, puis me ravise. Il ne faut pas que cela en devienne une affaire personnelle. La violence pour la violence est assez mal vue au sein de la mafia. Je m’accroupis devant le napolitain.

- Tu m’expliques ce que tu es venu chercher ?
- …
- Pour que tu délivres un message à Leonelli, et donc que tu restes en vie, j’ai besoin de connaitre la raison de ton intrusion sur mon territoire.


Je ponctue la fin de ma phrase par un coup de poing à l’estomac. Cerati crache du sang et grogne de douleur. Pendant que je lui laisse un temps de récupération physique comme mental, j’ordonne à Ryan de me nettoyer le hangar des macchabés. Puis demande à Arès, s’il peut s’occuper de soigner nos blessés.

Je redresse brusquement Cerati en l’attrapant par le devant de sa chemise et le plaque sans ménagement contre le mur.

- Rafraîchit moi la mémoire Ennio. Ta plus jeune fille est encore au collège c’est ça ? C’est elle qui est fan d’équitation, ou son aînée ? C’est une activité à risque, les chutes fréquentes…

Cerati serre les dents. Je sais que je viens de faire mouche. L’information est l’élément indispensable dans mon activité. Cela prime même devant la force de frappe. Les italiens sont par nature bavards, c’est une de leur faiblesse. Fort de ce constat, et d’une bonne mémoire, je retourne ce travers à mon avantage. Je m’y perds parfois un peu dans le prénom des enfants de chacun. Mais il suffit de retenir un prénom, le sexe et l’âge approximatif. Bien amené et l’émotion faisant, celui qui est ciblé s’imagine que j’en sais bien plus qu’en vérité. Et c’est ce qui arrive. Les pupilles de Cerati se rétrécissent en imaginant l’accident que j’évoque. Les muscles de ses joues roulent sous sa peau, il tergiverse et réfléchit à ce qu’il peut me dire sans courir d’autres dangers auprès de son capo Leonelli.

- Vincenzo a appris que tu t’étais fait serré par les hommes de Sonny lors d’une virée à LA. Hors tu es encore en vie alors que tu es sous le coup d’un bannissement.
- Et en quoi cela intéresse Vincenzo ?
- Il veut savoir ce que tu as de particulier aux yeux de Don Stephano. Ton dérapage avec son neveu l’an passé était passible de la mort. Ton retour à L.A. aussi. Tu es toujours en vie. Donc soit tu es quelqu’un de spécial, soit tu as une monnaie d’échange qui empêche le Don de te refroidir.
- Je vois…

En fait je ne vois rien du tout, juste que les napolitains se posent les mêmes questions que moi. Je n’avais pas pensé à l’option d’avoir, sans le savoir du coup, une monnaie d’échange qui me garantit la vie sauve.

- Donc vous pensez qu’en faisant pression sur moi, vous atteignez Don Stephano ?
- …
- Ridicolo ! Mes hommes vont t’accompagner avec tes macchabées jusqu’à la sortie de mon territoire. Dis à Vincenzo qu’il a tout à perdre à me les briser. Les napolitains ne sont les bienvenus sur mon territoire. A partir de maintenant je donne l’ordine di sparare a vista. Capire?


Je lâche prise, Cerati s’affaisse sur lui en attente d’un coup qui ne vient pas.

- Arès, tu peux reconduire ce monsieur à sa voiture. Vois avec Ryan que leurs morts et leurs bagnoles quittent notre zone. Suivant l'heure, on se revoit avant de dormir, sinon demain matin. Je prends la suite pour les blessés.

(…)

Le calme revient dans le bureau. Arès avait déjà commencé à nettoyer les plaies des deux crucifiés, je continue sa tâche en parlant avec mes hommes. Ils sont agréablement surpris que je ne laisse pas cette tâche à un subalterne pour aller me reposer. Je suis en phase de construction de mon clan. Ils font partie de la base qui demain sera la fondation de mon organisation. Il faut que je personnalise mes liens avec eux. Je ne ménage donc pas mes efforts et absorbe leur douleur. Paradoxalement, Largo qui est le pilier central du HCC passera en dernier de mes attentions, car je le sais déjà acquis à ma cause. C’est donc trois hommes pas trop mal en point que j’amène au docteur Lakway.



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MessageSujet: Re: Mundus vult decipi ergo decipiatur PV Alessandro    Jeu 16 Mar - 23:31

Je remonte à l'étage d'un pas nonchalant après avoir vérifié que tout était sous contrôle à l'étage inférieur. Les gars n'ont pas pu m'expliquer comment un porteflingue avait pu se glisser à l'étage sans que l'on ne s'en aperçoive. Je ne jette pas la pierre à nos hommes étant donné que ce salopard m'avait échappé alors même que j'avais déployer mes sens sur l'ensemble de la structure. Nous avions néanmoins eu beaucoup de chance de ne pas subir de perte suite à cette erreur de jugement qui ne nous ressemblait guère. Les hommes de la squaddra sont des professionnels dans leurs domaines respectifs. Peut être même l'élite criminelle de la petite ville californienne à bien des égards. Pourtant il arrivait à tout le monde de faire des erreurs ou de se montrer moins performants que d'habitude. D'autant plus que cette opération de sauvetage nous avait tous pris par surprise. Cela devait être une soirée d'hiver un peu plus tranquille que les autres. Une soirée agréable pour moi car mon loft était plein de vie du fait de la présence idyllique de mon épouse, deux frères de clans et quelques amis. Mais non pas de gage de tranquillité dans la branche que j'avais choisi il y a maintenant une éternité de cela. La tranquillité était une illusion dans le monde souterrain. Une affiche de respectabilité que l'on se donnait. Une illusion car la criminalité d'organisation repose nécessairement sur la confrontation à l'instar de sa base structurelle qu'est l'économie de marché.

Je ne me plains absolument pas j'aime cette vie. Je l'ai toujours aimé et c'est probablement la raison pour laquelle malgré mon coté lumineux bien réel je ne saurais être qualifié comme quelqu'un de bien. Seulement ce soir j'aurais aimé pouvoir passer une soirée normale et agréable dans mon foyer sans devoir nettoyer notre principale source de revenu illégale de quelques raclures bien trop entreprenantes pour leur propre bien. Le HCC était désormais jonché de cadavres de mafieux italiens mais pas siciliens si je comprenais bien les implications de cette situation ainsi que les quelques mots que j'avais pu capté en italien durant la conversation musclée et tendue des deux ennemis pendant le nettoyage de l'étage inférieur. Juste avant que les balles ne pleuvent j'écoutais attentivement la conversation se jouant dans le bureau. De retour dans le bureau je laisse mes souvenirs remonter plusieurs mois en arrière peu après mon embauche. Alessandro m'avait évoqué le désir des napolitains de le voir rouler pour eux. Alors c'est comme cela qu'ils s'imaginent pouvoir forcer quelqu'un à bosser avec eux. Tss. Je ne vais pas m'étendre sur la question. Mais, la contemplation des cadavres dans la pièce m'apporte une satisfaction féroce. Le monde souterrain de Beacon Hills est à Alessandro ou le sera dans un futur plus ou moins proche selon une question de point de vue. Les ingérences de clans mafieux rivaux seront gérées avec la plus sauvage fermeté. Je m'en assurerais personnellement.

Toutes ces pétoires sont mauvaises pour le business. Beacon Hills est une petite ville et nous avions déjà une guerre avec Barns à mener. Vous me direz que vu le nombre de victimes causées par le surnaturel et plus particulièrement mes ennemis héréditaires que sont les pourvoyeurs de chaos et de morts, les maîtres des déséquilibres un ou deux macchabées de plus...Qui plus est des cadavres troués de balle signe d'une mort parfaitement rationnelle et rationaliste. Fort heureusement, le clan Amarro connaissait son affaire et les dits cadavres n'étaient que rarement découverts. Un lac, un ravin, un feu de voiture j'en passe et des meilleures ou des pires plutôt. Mais revenons en à notre sujet soit la présence indésirable d'un lieutenant de clan rival. Que dis je d'organisation rivale. Une organisation faisant passer la petite affaire de mon ami sicilien pour des jeux d'enfants dans un bac à sable. J'étais pertinemment conscient du fait que nous ne pouvions pas nous permettre de nous coller la camorra à dos. Nous ne jouions pas dans la même cour et ce n'était pas plus mal. Malgré tout ma gâchette me démangeait à la vue de ce Ceratti. Je me cale dans un coin après avoir déposé mon fusil d'assaut sur le bureau du boss et m'occupe de Largo tout en écoutant la conversation post inversion du rapport de force. Je rassure le manager de nos affaires comme je le peux et bande ses quelques blessures après avoir déchiré son tee shirt. Je n'ai pas grand chose à dire pour rassurer Largo, ce dernier est un homme du milieu qui connaît les risques du métier.

Un vieux de la vieille à Beacon Hills pas un gamin apeuré par sa première expérience de ce que l'underground a de plus acide. Un sourire amusé étire mes lèvres lorsque le napolitain grogne de douleur. Bienvenue à Beacon Hills ! Aless me demande de m'occuper des blessés et je lui réponds par un hochement de tète positif. Je laisse donc Largo se remettre de ses émotions et vais auprès des deux crucifiés dont je nettoie les plaies avec du tissu avant de bander ces dernières avec des morceaux de fringues arrachés. Je fronce les sourcils lorsque mon ami utilise la famille pour faire pression sur notre ennemi. Je n'aime pas cette méthode peut être parce que j'ai désormais moi même une famille et que si l'on tentait de l'utiliser sur moi. Je ne deviendrais pas docile mais fou furieux. Si on venait à menacer la vie de ma famille je donnerais une nouvelle définition au mot massacre. Une définition de celles pouvant effrayer le diable lui même. Je savais que si je me trouvais à la place de Cerati je ne répondrais plus de rien et cette pièce serait couverte de sang et d'entrailles. Mais Cerati n'est pas un surnaturel. Il n'en aurait pas les capacités. Mon regard sur le dos de mon ami et associé est sévère en cet instant mais il ne peut pas le savoir. A sa place j'aurais probablement couper un doigt ou deux, arracher un œil ou ce genre de choses. La violence peu importe son degré est la base de notre mode de vie mais s'en prendre aux proches me paraît tout sauf honorable.

Quoi qu'il en soit, je fais abstraction du sentiment désagréable que je ressens en cet instant et me concentre sur la tache qui m'incombe. J'écoute les deux mafieux d'une oreille tout en épongeant le sang sur nos deux gardes. La conversation est brève et bien vite le sicilien me demande de me charger de l'acheminement du napolitain et de ses potes qui rentreront au bercail les pieds devants. Je réponds :  Pas de problème je m'en occupe Aless. On se revoit certainement demain matin. Bon courage et bonne nuit.

(…)
Je me réveille le lendemain matin collé contre le corps d'Azlaea, sa tète est posée sur mon torse et ses cheveux tombent en cascade désorganisée un peu partout. Je recrache une mèche de cheveux avant de souffler pour repousser une autre escouade capillaire un peu trop intrusive. Je prends le temps de contempler le visage de mon épouse avec émerveillement tout en jouant avec les mèches de ses cheveux. Je m'attends à ce qu'elle se réveille lorsque je quitte le lit quand bien même je le fais le plus délicatement possible. Mais, porter un enfant doit être particulièrement éprouvant car la lionne tient désormais plus de la marmotte en cet instant précis. Un baiser s'écrase sur sa joue et je quitte la pièce à pas de loup. Le jet puissant de l'eau chaude me fait un bien fou et tout en me relaxant et me réveillant à la fois sous l'eau brûlante je repense à la soirée d'hier. La Camorra de San Francisco j'imagine selon mes souvenirs de la Bratva. Il n'y avait pas d'autres aussi grosses filiales de la napolitaine dans le coin. Des emmerdes supplémentaires mais rien que l'on ne puisse gérer. J'ai confiance en notre jeune organisation pour faire face à chaque obstacle qui se dressera sur son chemin. Une fois lavé et habillé je prépare un petit déjeuner copieux tant pour me remplir la panse que pour Za avant de prendre la route du Print au volant du Range.

J'arrive en même temps que le reste du personnel et salue tout le monde comme à l'accoutumée. Comme la coutume après une nuit d'opération l'exige, je demande un cappuccino pour moi et un café pour Aless avant de le rejoindre dans son bureau. Une fois nos tasses en main, je me lance. Bien dormi ? Sacré soirée hier pas vrai. Za ne t'a pas fait la peau et les napolitains viennent chier dans nos plates bandes. Que d'émotions fortes. J'esquisse un sourire amusé avant de reprendre plus sérieusement après avoir avalé une gorgée exquise. Comment vont les gars du HCC ? Tu crois que les napolitains vont retenter quelque chose ?

Bloody morningft. Alessandro
Ʃkaemp はは ™



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Dernière édition par Arès Kye Coleman le Mer 29 Mar - 20:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mundus vult decipi ergo decipiatur PV Alessandro    Ven 24 Mar - 21:39


A lion still has claws

Le docteur Lakway m’assure que les deux gardes ne devraient pas garder de séquelles handicapantes suite à la torture des hommes de Cerati. Les soins d’urgence prodigués par mon second et mon action par la suite leur ont évité le pire. Bien qu’en les sachant entre de bonnes mains, je reste un peu avec eux. Largo s’en veut de ne pas avoir été assez prudent. Il est surtout vexé de s’être fait dépasser.

- Ce sont des pros de chez pro Largo. Les napolitains c’est le niveau au-dessus de ce que as l’habitude de gérer comme avec Victor Barns. Je ne te blâme pas. La squadra est là pour ça. Sans parler de la stiddia d’Arès. Je te félicite pour ta présence d’esprit en me parlant d’une rupture de tequila. Cela nous a permis d’être efficaces.


Et efficaces, nous l’avons été. Le tigre a ronchonné que la squadra ait laissé passer un type. J’ai râlé à mon tour, arguant que moi aussi j’avais le droit de m’amuser un peu et d’entrer dans l’action. Je suis encore trop jeune pour jouer au Don qui arrive après la bataille et à qui on baise la main. Non que j’aime tuer pour tuer. Mais j’éprouve le besoin d’en être, de ne pas laisser toute la besogne à mes hommes. On vit bien plus intensément quand les balles sifflent à vos oreilles.

Je discute avec les deux gardes, les questionnant sur leur famille. Leurs blessures vont les mettre au vert un moment. Je leur assure qu’ils seront tout de même payés comme s’ils étaient en poste. L’un d’eux est dans une situation assez précaire. Sa femme est malade, c’est sa belle-mère qui s’occupe de ses deux bambini. Les fins de mois sont délicates.

- Je vais remédier à cela Bill.

Voilà encore un chantier dont je dois m’occuper. La mafia est différente des autres organisations criminelles en cela qu’elle ne se pose pas en simple employeur de porte flingue ou autre, mais bien en famiglia. Pour commencer, je vais devoir piocher sur mon argent personnel, le temps que je mette en place une trésorerie spécifique qui sera dédiée à aider ceux qui travaillent pour moi. C’est une sorte de fond social où la cotisation ne se compte pas en dollars, mais en loyauté et services rendus. Cette pratique permet de cheviller les hommes à mon organisation. C’est pour cela qu’il est impossible de quitter la mafia, car rapidement vous devenez son débiteur.

Cette gestion créé une perte sur les gains immédiats, par contre je serai largement gagnant sur le long terme. La méthode a largement fait ses preuves. Il faut que je regarde avec Arès si nous ne pouvons pas nous rendre acquéreurs de quelques logements et pour bien faire d’un immeuble. Les gains du HCC sont déjà réservés sur cette activité et sa pérennisation en changeant de lieu. Ce qui dégage les meilleures marges, ce sont les tables de poker. La marge que se prend un tripot sur toutes les sommes gagnées est presque du cent pour cent net. Car le service d’ordre est payé par les consommations des joueurs. L'ouverture d'un tripot devient donc plus que d'actualité. C'est ce qui me permettra d’investir ensuite dans de l’immobilier. Et il y a les travaux d’agrandissement du Pink à concrétiser, l’embauche de personnel supplémentaire…

Il est plus d’une heure du matin, je stoppe ma liste sans fin des tâches à accomplir. Il ne sert à rien que je me donne le vertige avec le monceau de travail qui m’attend. Roma non fu costruita in un giorno. Avant de partir, je donne trois billets de cent dollars à chacun des ex-crucifiés.

- Un bonus pour vos blessures et votre immobilisation temporaire les gars. Aller Ciao’, reposez-vous.

Je lis la gratitude dans leur regard. Largo me fait un clin d’œil. Il sait que ma générosité est calculée. Mais il préfère cela, à un boss qui vire ses hommes blessés sans autre forme de procès.

(…)

Je ne suis pas rentré à mon appartement au Pink, car j’ai filé tout droit dans le lit de Jansinio. Il s’est peine réveillé quand je me suis glissé dans sa couche. Il s'est enroulé autour de moi comme une liane. Le drus devient clairement mon port d’attache, ce quai d’amarrage où je peux me laisser aller car je me sens en sécurité. Mon prince n’est pas une petite chose fragile. J’aime baigner dans son parfum aux notes boisées. Il est la lumière qui préserve mon âme. Celui qui m’empêchera de sombrer totalement dans le détachement total de mon humanité. Jansinio est ma force et ma faiblesse. Il est un dilemme dont je ne peux plus me passer.

La nuit fut courte, mais le réveil délicieux. Le danseur aime que je vienne le rejoindre dans son antre à l’improviste. Chez lui, je suis moins conquérant car je ne suis pas sur mon territoire. Je le laisse me choyer et lui donne tous les droits sur mon corps ou presque.

(…)

C’est un italien joyeux qui ouvre le rideau de fer du Pink Print. Sigaretta au bec, j’installe les tables en terrasse tout en sifflant un air entraînant. J’ai mis le percolateur en chauffe et réamorcé les fûts de bière. Dan et Sophie arrivent ensemble, Arès quasiment sur leurs talons. Je laisse le soin à Dan de finir d’installer les chaises. Sophie se prépare pour le rush matinal et accueille le livreur de viennoiseries.

C’est devenu une routine. A chaque fois que nous avons une opération la veille, je procède à un débriefing avec Arès le lendemain dans mon bureau. Je l’ai devancé pour allumer mon ordinateur, pendant qu’il prépare un cappuccino pour lui et un café serré pour moi. Quand il arrive dans le bureau, je regarde ma messagerie électronique se mettre à jour. Les messages non lus s’entassent gentiment. La journée va être chargée.

- Sacré soirée hier pas vrai. Za ne t'a pas fait la peau.
- Je n’en reviens pas d’avoir survécu à son « invitation » !


Nous rions de concert. J’ai assez d’humour et d’intelligence pour ne pas me vexer de la dominance de la femme de mio amico. « Za » n’usurpe pas sa place. Je reconnais son rang et sa position de force. Il est évident qu’avec mon caractère et le sien, nos échanges seront toujours un peu mouvementés. Mais j’ai noté le respect qu’elle m’accordait et cela suffi pour calmer mes ardeurs méditerranéennes.

- Et les napolitains viennent chier dans nos plates-bandes. Que d'émotions fortes.
- Je suis navré que ces chieurs aient interrompu un moment si plaisant. Un tel repas sera à refaire ! Nolan a su apprivoisé mon estomac !


Grand éclat de rire du grand black qui partage mon bureau. Toute l’équipe qui gravite autour de nous est soudée. C’est une belle cohésion qui promet de belles réussites dans nos affaires.

- Comment vont les gars du HCC ? Tu crois que les napolitains vont retenter quelque chose ?
- Lakway dit qu’ils ne garderont pas de séquelles. Je leur ai donné trois cent billets chacun pour qu’ils puissent se mettre au vert tranquilles le temps de guérir. Pour les napolitains, il va falloir rester vigilants. Je doute que Vincenzo Leonelli apprécie que nous ayons décimé la squadra qu’il nous a envoyée. Je crains n’être qu'une cible collatérale de la guerre entre la Camorra et la Cosa Nostra. J’appellerai qui de droit à LA pour voir si je peux enrayer cela. C’est Don Stephano qui est visé à travers moi. Et sérieusement je ne vois pas en quoi j’ai une importance quelconque aux yeux du parrain. Même si je suis plutôt doué, je reste interchangeable avec un autre cappo.


Cette zone d’ombre qui me concerne directement m’irrite. Ne pas savoir de quoi il retourne, m’empêche de réagir correctement. Le parrain de Los Angeles ne me doit strictement rien. C’est moi qui lui suis chevillé corps et âme. Finalement ce n’est pas moi qui contacterai Sonny, mais lui qui me laissera un message pour me demander des comptes. Mauvaise pioche, j’ai reçu son message sur le chemin de retour du sauvetage du fratello d’Alec, mon humeur n’était pas vraiment au beau fixe. J’ai envoyé chier le bras droit de la Cosa Nostra...

- Va bene Arès. Nous avons du pain sur la planche ! De mon côté, je vais pousser pour avancer les travaux du Pink. Les travaux s’autofinancent avec les gains du bar et le prêt bancaire que j’ai obtenu via Hectarion. Je vais pouvoir faire plein de déductions fiscales, l’affaire va être rentable, mais chronophage en gestion.

Le service de sécurité du HCC tourne avec six hommes, ce qui fait trois équipes de deux, ce n’est pas suffisant. Je demande à mon second de se charger de recruter trois mecs de plus pour étoffer l’équipe pour qu’il y ait au minima deux gars de présents au hangar en cas d’absence et trois en fonctionnement normal. J’ai confiance dans le flair de mio amico pour recruter les bonnes personnes.

- Maintenant que tu en as fini avec Craig, il faut vraiment avancer pour trouver un local pour notre tripot de jeu. Les gains des jeux seront réinvestis dans l’organisation et son fonctionnement.

J’explique à Arès mon idée d’aider nos hommes à sortir de la misère en les logeant avec des loyers modérés. En quelques phrases j’explique cette philosophie de fonctionnement qui ne se base pas sur le seul gain d’argent, mais sur le trafic d’influence et la main mise dans différents milieu. Il est important de gagner la loyauté de nos hommes. Le salaire ne fait pas tout. N’importe qui peut doubler ou tripler la mise pour retourner un gars. Par contre ça sera plus difficile si nous longeons sa famille ou si son mioche va à l’école grâce à l’organisation.

Arès n’est pas un néophyte dans la matière, mais s’il avait déjà côtoyé la Bratva, il avait toujours eu un statut de mercenaire. Celui d’un soldat indépendant payé à la tâche. Un mercenaire se vend au plus offrant et il est tout à fait possible de devenir sa cible après avoir fait appel à ses services par le passé. S’il y a une garantit quant à l’exécution d’un contrat, il n’y a aucune loyauté à attendre une fois le contrat honoré. Les russes fonctionnent souvent ainsi. Ils ont un turn-over important dans leurs rangs. Cela marche, car il y a et aura toujours des gars à recruter pour de basses besognes. Le bémol se fait quant à l’incertitude sur la fiabilité des hommes que l’on recrute à l’instant T. Ce qui n’est pas le cas chez la mafia italienne où tout le monde se connait. Il est impossible de doubler l’organisation sans le payer très cher.

- L’idéal serait de trouver un local dans le quartier sud. Largo a de bons espoirs de pouvoir déplacer le HCC au sud-ouest de la ville. Il y a une ancienne usine abandonnée qui est totalement clôturée. Cela permettrait de filtrer les entrées et surtout de planquer la masse de voitures des gens hors de vue d’une éventuelle patrouille de volaille passant dans la rue. Il faut aussi que l’on s’assure de pouvoir investir les lieux sans être ennuyé par le propriétaire. Ce gars n’est pas très net, cela devrait se faire facilement.

J’embraye ensuite sur une prospection à faire sur les quartiers d’habitation ouvrier. Il s’agit seulement de faire du repérage. Mais sans vouloir recréer une little Italy, mon idée de fond est de cet acabit. Avoir un quartier qui rassemble une bonne partie des gens qui bossent pour le milieu. Un quartier où l’omerta serait reine et la volaille bien en peine pour dénicher un fugitif.

Arès commence à me connaitre et ne s’étonne plus de l’aspect pharaonique de mes projets. Il sait que je ne fais pas les choses à moitié. Et quand j’installe mon nid quelque part, tel un coucou je prends toute la place.

- Aller, je me plonge dans la gestion du bar. Tiens-moi au courant sur ce que tu arrives à dénicher pour le tripot. L’idéal serait d’ouvrir un bistrot en façade comme couverture.


Arès sort, emportant sa tasse et la mienne, pendant que je m'atèle à répondre au premier mail de la longue liste en souffrance. Les moments badasses dans la vie d’un gangster sont finalement peu nombreux. Là, j’ai plus l’air d’un scribouillard que d’un Don.

J'appelle le fleuriste du coin de la rue et lui commande une magnifique composition florale. Je lui dis me moquer du type de fleur qu'il mettra, mais que le bouquet doit obligatoirement contenir un élément particulier. L'homme est étonné, mais dit que cela sera fait. Je lui donne l'adresse d'Arès et le nom de sa femme.

Le bouquet si magnifique soit-il, contient une bonne poignée d'herbe à chat et un message.

" A la plus racée des lionnes. "

A.A.


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MessageSujet: Re: Mundus vult decipi ergo decipiatur PV Alessandro    Mer 29 Mar - 21:42


Alessandro est déjà confortablement installé derrière son bureau, les yeux sur l'ordinateur centre névralgique de toute gestion moderne efficace lorsque je lui tends sa tasse de café serré bien noir. Pour ma part, je m'enfonce dans le fauteuil avec la grâce de félin qui me caractérise et savoure ma première gorgée de cappuccino avec un plaisir non feint. Il n'y a rien de meilleur qu'un petit plaisir pour bien commencer la journée et accessoirement se rappeler que la soirée de la veille avait été chargée d'une adrénaline dangereusement attractive. Je lance la conversation en ouvrant sur le fait le plus anodin en apparence mais bien le plus marquant au vu de l'antagonisme fort naturel caractérisant la relation de mon épouse et du parrain de ma fille. Nous éclatons de rire de concert et je ris de bon cœur de mon rire sonore en entendant le sicilien appuyer sur le terme invitation. Za avait effectivement une vision bien à elle de voir les choses et certains mots n'avaient pas le sens commun dans sa bouche. Mais on s'y faisait peu à peu. Alessandro s'y ferait. Ce n'était pas comme si il avait le choix de toute manière. Il faisait désormais partie de la famille. De ma famille. Il avait été le premier à m'ouvrir les portes de la sienne bien particulière et je lui avais rendu la pareille à un niveau bien plus profond. Nous étions maintenant liés par les liens de la famiglia et de la famille. Nos intérêts déjà relativement proches se confondraient désormais. Loin de moi l'idée d'envoyer nos échanges dans une direction moins divertissante et agréable je me dois néanmoins d'orienter la conversation vers un sujet un brin moins plaisant alors je rentre dans le vif du sujet. Les napolitains doivent réellement penser qu'Alessandro est un atout indéniable pour vouloir lui forcer la main et l'incorporer à la Camora de la cote ouest pourtant ils ne semblent pas le respecter suffisamment puisqu'ils se permettent de débarquer et foutre la merde chez nous.

En même temps si l'organisation napolitaine souhaitait réellement notre fin elle n'aurait pas franchement de difficultés à l'obtenir ne nous voilons pas la face. Ah les relations ambivalentes et tortueuses de la mafia. L’intérêt dépasse la confrontation mais la confrontation est teintée d’intérêt. Il y a un petit coté Shakespearien inhérent à ce milieu. Un petit coté qui je l'espère ne viendra jamais souiller ma relation avec mon boss, associé, ami et nouveau membre de ma famille. Je ne peux réprimer un grand éclat de rire lorsque le sicilien s'excuse de l'action des intrus ayant gâché l'excellent moment que nous passions au loft. Une fois mon rire atténué, je réponds d'un simple haussement d'épaule. Ce n'est pas ta faute si les napolitains n'ont pas de bonnes manières mon cher. Espérons qu'ils ne seront pas déçu du voyage et qu'ils auront appréciés la visite de la ville. Du moins pour celui qui ne l'aura pas effectué post mortem. Concernant la soirée d'hier, elle prouve à la perfection une chose. Les hommes de notre équipe sont soudés entre eux par des liens plus profonds et purs que ceux habituellement mis en avant dans le milieu. L'amitié sincère y supplante l’appât du gain. Et c'est bien cela le ciment de l'empire qui se bâtit jours après jours sur les terres d'exil du sicilien. Je reprends sur la situation et l'état de nos hommes de main du hangar de combats clandestins. Leurs blessures avaient été prises en charge suffisamment rapidement pour éviter le pire comme les infections mais ne restaient pas belles à voir. Mon inquiétude pour nos gars était sincère. Mon ami me rassure sur la santé de nos gardes. En même temps Lakway connaissait son affaire comme tout bon médecin corrompu arrondissant ses fins de mois de la sorte. Le mécontentement d'un parrain n'a rien à voir avec celui d'un patient ordinaire. J'hoche la tète de manière appréciatrice lorsqu'il m'apprend qu'il les a laissé se mettre au vert quelques temps. La fidélisation est essentielle pour notre développement. J'hoche de nouveau la tète au sujet de la vigilance accrue que nous allions devoir déployer dans les semaines à venir. Mais ne réponds rien lorsqu'il évoque la guerre entre siciliens et napolitains. Je n'ai pas la réponse à ses questions. Tout comme lui je ne peux qu'extrapoler. Aless a probablement raison les affres de l'affiliation nous pourrissent la vie. Mais qu'y pouvions nous. Pas grand chose si ce n'est rien.

S'il quittait la mano negra encore fallait t'il qu'il le veuille il finirait avec les poissons et de l'autre coté la camora était sur les nerfs. Les italiens avaient une aisance déconcertante à tout compliquer. Ne pouvaient ils pas simplement nous foutre la paix. En cet instant je repense à mon activité de merco indépendant ne devant de compte à personne et ne marchant pour personne d'autre que pour moi au gré des contrats. Le patron du Print est dans ses pensées durant quelques instants et je le laisse revenir à la réalité en buvant le contenu de ma tasse ivoire. Le sicilien reprend la parole dans la foulée et dès qu'il utilise l'italien je sens que les choses sérieuses vont commencer. Je souris en l'entendant s'exclamer. Je le connais si bien depuis le temps. L'ouragan Amaro va souffler. Il commence avec les travaux du bar et je réponds : C'est une très bonne chose si l'affaire s'autofinance et est rentable. Cela pourra justifier une hausse substantielle de ton train de vie. Et oui les merveilles de la légalité sont ennuyeuses mon ami. Je suis bien content que ce soit toi qui gère cette partie pour être honnête. Mon sourire moqueur est taquin mais je retrouve bien vite ma rigueur impassible. Je me contente d’acquiescer à sa demande de recrutement. Trois nouveaux gardes pour le HCC. Cela devrait pouvoir se trouver et assez vite. Les offres ne manquent pas ce qui me permettra de faire jouer la concurrence. Seuls les meilleurs roulent pour nous et ce même pour des postes de ce genre. Le sicilien enchaîne sur le tripot que nous devons ouvrir. Et sur son idée de réinjecter les bénéfices dans l'organisation afin une fois encore de s'assurer de la fidélité absolue de notre personnel de l'ombre. Je ne peux qu'approuver. Je lui réponds une fois qu'il ait finit de m'exposer la question. Le bâtiment que tu m'avais demandé d'aller voir n'est pas idéal. L'extérieur convenait parfaitement comme tu l'avais bien dit. Mais, la cave n'était pas assez vaste. Il n'y avait pas de sortie par l'arrière indispensable en cas de descente de flics. J'ai déjà quelque chose d'autre en vue ne t'inquiètes pas. Je te tiens au courant. Concernant le ré-investissement j'approuve à deux cents pour-cent. Cela me parait effectivement indispensable pour la sécurisation de l'ensemble de l'organisation. Attention tu vas finir par me faire croire que tu as un cœur de philanthrope.

Alessandro enchaîne tel un bolide de formule un de l'écurie au cheval cabré lancé à toute allure sur les pistes d'un circuit et je n'hausse même plus les sourcils d'étonnement devant l'ampleur de ce qu'il me décrit. Il fait partie de ce genre de personne aux idées grandiloquentes dont les cerveaux tournent parfois bien plus vite que la réalité matérielle des choses. Paradoxalement il dispose de la patience pour les mener à bien. Ce qui fait toute la différence. Parfait pour le déplacement du HCC. La relocalisation est vraiment urgente l'activité tourne déjà depuis quelques temps. La volaille pourrait commencer à s'intéresser aux lieux d'autant plus après le feu d'artifice d'hier. Largo s'en occupe donc. Concernant les logements potentiels je m'en charge avec Nolan. Je t'en retouche un mot dès que j'ai quelque chose. Je revois la little Italy de LA dans laquelle j'avais mis les pieds pour la première fois de ma vie au printemps dernier. Je me doute qu'il le rêverait ainsi notre quartier privé alors je souris d'amusement. Un ultime hochement de tète plus tard et un bon courage pour la paperasse et je quitte le bureau les deux tasses dans les mains. Tasses qui finissent de l'autre coté du comptoir. Je prends mon service dans la foulée. En cet instant je ne me doute pas que mon boss et associé se plait à entretenir l'exaspération de ma compagne à son encontre.

(...)

Arès est parti tôt ce matin. Bien trop tôt à mon gout quoi que de toute manière il partira toujours bien trop tôt. Si cela ne tenait qu'à moi il ne partirait pas du tout et Amaro se débrouillerait sans lui durant tout mon royal séjour à Beacon Hills. Ah ce sicilien arrogant m'est proprement insupportable et m'hérisse l'échine de mécontentement. Bien trop flamboyant. Bien trop sur de lui. Bien trop joueur. Bien trop dominateur. Ne sait il pas que tout les jeux ne se concluront pas forcément à son avantage. Que le besoin insatiable de domination peut apparaître comme une faiblesse reposant sur des insécurités intérieures. Je ne suis pas dominatrice. Ma domination s'impose d'elle même naturellement à mon environnement. J'ai beau être joueuse la perspective de devoir le remettre à sa place tout les quatre matins m'irrite au plus haut point. Pourtant, quand bien même je ne comprends pas le choix d'Arès ni comment il peut le tenir en si haute estime. Je l'accepte dans ma famille parce qu'il compte énormément pour mon époux et que mon époux compte plus que tout pour moi. Arès a perdu bien trop d’êtres chers depuis sa venue au monde. Je ne le sais que trop bien puisque c'est ma morsure qui a condamnée ses amis d'enfance de Seattle à un destin funeste. Seuls les humains les plus puissants survivent et renaissent pour devenir des élus. Je ne regrette pas ce que j'ai fait mais j'ai demandé pardon à Arès qui m'avait assuré qu'il n'y avait rien à pardonner et que cette mort valait peut être mieux que la vie de criminels qui leur tendaient les bras. La rencontre d'hier m'a permise de m’assurer que le sicilien avait ce qu'il fallait pour faire un bon parrain. Dans le cas contraire je ne l'aurais pas accepté dans la famille.

A mon plus grand dam Alessandro Amaro fera un bon parrain pour Ozalee. Mais assez parler du patron du Pink Print pour une journée. Malgré la charmante et adorable attention culinaire de mon cher et tendre tigre qui sait bien à quel point la grossesse me pousse à me goinfrer la journée n'a que peu d’intérêt sans Arès. Je ne viens à Beacon Hills que pour le voir. La distance qui nous éloigne est exaspérante. Si je n'étais pas enceinte je pourrais traquer moi même les ennemis de l'équilibre qui donnent tant de de fil à retordre aux défenseurs de cette ville. Ces derniers se rendraient amèrement compte que leur impunité n'est pas irrémédiable.  Mais je ne le peux pas alors je suis coincé dans ce palais moderne à la décoration éclectique de très bon gout rappelant vaguement celle de nos installations troglodytes. Un grand sourire étire mes lèvres alors que je contemple le tableau à mon effigie trônant dans le salon. Une ode à ma personne de couleurs chatoyantes faite avec un amour presque palpable dans la vision. Je suis émue chaque fois que je le vois et amusé également car il connait mon anatomie avec une telle précision que c'en est presque effrayant. Mon doigt se pose sur le grain de beauté positionné pile au bon endroit dans mon reflet inanimé. Je pose mes mains sur mon ventre et parle à la marmotte à l'intérieur. Bientôt tu auras ton portrait là sur le mur accroché à coté du mien. Papa te manque à toi aussi hein. Tu n'es pas la seule à t'ennuyer là dedans. Allons le voir je pourrais exaspérer ton parrain en même temps.

Je me prépare pour sortir et enfile une tenue décontractée et élégante. Après tout je vais être mère. Alors que je me dirige vers la porte Ryan et Link sortent de la salle de sport du loft et me propose de les accompagner. Je pousse un soupir d'exaspération et fusille les deux gardiens du regard. Je sais bien qu'ils ne sont là que pour me protéger moi et l'héritière de l'héritière dans mon ventre ainsi que pour soutenir Arès dans sa lutte contre les masqués accessoirement mais je déteste être traité ainsi comme une petite fleur fragile à protéger. Je suis celle qui protège les gens, je suis une deatheater de sang royal, l'héritière d'un clan, une guerrière née et la lionne la plus meurtrière de cet Etat. Cette grossesse m'exaspère bien plus de ce point de vue là que du physique. Mon escorte marque la puissance de mon rang mais je m'en passerais bien. Si Arès voulait d'une petite fleur comme compagne il ne m'aurait pas épousé. Je leur ordonne d'aller patrouiller puisqu'il fait déjà nuit puisque nous sommes en hiver et que les scientifiques sont plus enclins à agir la nuit. Les deux vétérans hésitent mais je ne me démonte pas. L'ordre de m'accompagner dans tout mes déplacements vient de mes parents qui étant chefs de clan ont plus de pouvoir que moi je ne les aurais pas de cette manière. Alors je leur affirme que je vais juste au Print voir Arès et que je serais en sécurité là bas vu l'organisation criminelle que dirige Amaro. Mon expression se fait féroce et mes gardes du corps finissent par céder. Satisfaite je quitte le loft mon sac à la main. En chemin mon regard accroche la vitrine d'une boutique de puériculture. Je n'aurais jamais pensé pouvoir me prévaloir d'un sens maternel particulier avant ma grossesse mais il s'était imposé à moi naturellement et la mère en moi souhaitait faire quelques emplettes.

Quelques dizaines de minutes plus tard, je ressors du magasin avec deux grands sacs pleins d'affaires pour bambin et sens l'odeur de la poudre bien trop proche. Je me retourne et repère trois hommes louches aux mines patibulaires. Criminels à coup sur. Je leur adresse un regard méprisant et me dirige vers le ma Chevrolet. D'autres hommes se dirigent vers moi. Bien vite les trois rejoignent les seconds et je suis encerclée. Je n'ai pas le temps de m'en vouloir d'avoir été inattentive ou d'avoir dédaigné mon escorte. En même temps cette foutue ville n'est elle pas censée être le territoire d'Alessandro Amaro. On ne tient pas complètement son royaume ? L'un des hommes s'approche de moi et me lance d'une voix rauque : Alors comme ça on fait des emplettes pour le bébé. C'est mignon. Je ne perds pas de temps et lui décoche un coup de poing dans la mâchoire. Dégage de mon chemin si tu tiens à la vie. Les hommes ricanent et je ris avec eux avant de sortir les griffes lorsqu'ils dégainent leurs armes. Un coup de griffe transperce deux gorges. J'attire un troisième malfrat à moi et lui arrache la gorge de mes crocs. Je suis une lionne en danger, furieuse pour sa progéniture. Le carnage ne va pas être beau à voir. J'esquive des coups de couteaux. Les survivants ont des armes à feu mais n'en font pas usage. Ils ne veulent pas me tuer mais me capturer. Pourquoi ? D'autres hommes arrivent en renfort et je suis de nouveau cerné. Je pousse un des hommes sur le couteau de son voisin et les toise durement. Incarnation de la fureur, fauve déchaîné je vais les massacrer. Un bâton électrique crépite dans mon champ de vision et je m'inquiète pour le bébé alors je ne vois pas l'homme me saisir par derrière et me coller un chiffon sur le visage. Je sens que je vais tomber dans les vapes et ai juste le temps d'entendre quelque chose ressemblant à du russe avant de perdre connaissance.

(...)

La soirée est déjà bien avancée lorsque je prends une pause pour appeler ma belle. La journée a été tranquille mais les soirées sont souvent mouvementées entre l'activité du Print et la gestion du HCC alors je préfère la prévenir que je vais rentrer un peu plus tard que prévu mais j'ai beau essayé encore et encore je ne fais que tomber sur le répondeur. Elle devrait pourtant se trouver au loft confortablement installée dans le canapé du salon à faire ce dont elle a envie. Je me doute que le fait d’être cloisonnée tant à cause de la grossesse que de son escorte ne lui plait pas vraiment. C'est contraire à son caractère mais cela est hautement nécessaire. Et puis, les ordres venaient d'Idris et Asmodée. Quand bien même ma compagne avait mauvais caractère je craignais bien plus le courroux de mes beaux parents. L'inquiétude ne tarde pas à me gagner massivement car quand bien même elle n'avait probablement plus de batterie, se trouvait sous la douche ou en train de faire quelque chose je ne pouvais pas m’empêcher d’être inquiet. D’être inquiet comme un homme follement épris de sa compagne et désormais comme un père. L’accouchement n'était plus qu'une question de semaine alors ma paranoïa était au summum. Qui plus est vu la ville dans laquelle nous nous trouvions j'avais toutes les raisons de l’être. Je réessaie une nouvelle fois en vain. A l'intérieur je peux presque sentir le regard d'Aless sur moi car les passants s'accumulent sur le trottoir et je n'assure plus la régulation. S'il savait à quel point je me contrefiche des clients en cet instant précis. Je change de stratégie et m’apprête à appeler Lincoln ou Ryan lorsque les deux gardiens déboulent d'une ruelle les mines souriantes et joyeuses. Je leur adresse un signe de tète et ils s'approchent de moi d'un pas guilleret.

Leurs expressions changent du tout en tout lorsqu'ils constatent la mienne. Azalea n'est pas avec vous ? On pensait qu'elle était ici avec toi mon vieux. Comment ça ici avec moi !Et bien elle nous a ordonné d'aller patrouiller alors que nous voulions l'accompagner. Elle nous a dit qu'elle allait au Print pour venir te voir. Elle n'est pas avec toi ?Mon visage se décompose littéralement et l'inquiétude s'imprime sur les traits de mes frères de clan. Je ne l'ai pas vu de la soirée ni de la journée depuis ce matin. Bordel ! Elle ne répond pas à tes appels ?Non à aucun. Les regards des clients se tournent vers nous et je dois réprimer mes envies de violence en les entendant se plaindre. Mon sang pulse à toute allure dans mes veines à l'instar de mon palpitant. Je suis désemparé. Ou est ce qu'elle peut bien être ? Je prends une grande inspiration et appelle Milan dans la foulée. Arès qu'est ce qu'il y a ? Za a disparue Milan. J'ai besoin de toi !Je suis au HCC. J'arrive tout de suite mon frère.Je rentre dans le bar mes frères de clan sur les talons. Je devrais leur en vouloir et passer mes nerfs sur eux et mes poings également mais cela serait contre productif. Le temps est précieux. Za donnerait signe de vie si je la cherchais. Quelque chose cloche je le sens. Je tente de la contacter par notre lien télépathique en vain. Alors j'adresse un signe de tète à Aless et me dirige dans son bureau. Je fais les cents pas comme un animal en cage au moment ou Alessandro et Milan arrivent à leur tour dans le bureau. Mon ami d'enfance semble épuisé et je me doute qu'il a utilisé ses aptitudes surnaturelles pour arriver aussi vite. Il pose sa main sur mon épaule pour m'apaiser mais je le repousse. Il comprend donc la portée de l'état dans lequel je me trouve. C'est Ryan qui expose la situation à Alessandro. Le fait d'entendre les faits de la bouche d'une autre personne ancre un peu plus mon inquiétude dans la réalité. Je toise durement tout les hommes dans la pièce. Je suis perdu intérieurement, seul avec ma terreur vis à vis du sort inconnu de mon épouse, mon regard un peu fou et mes grommellements inquiétants me donnent certainement l'air d'un échappé d'Echoes house. Tous tentent de me rassurer mais je ne les entends pas. Je ne veux pas les entendre. Soudain mon téléphone sonne telle une offense auditive au silence pesant dans lequel je baigne. Je l'arrache de ma poche et souris en voyant le numéro de ma femme s'afficher à l'écran. Je ne tarde pas à déchanter en entendant la voix à l'autre bout du fil. Cet accent russe prononcé m'oriente immédiatement dans mon passé lié à la Bratva et je passe l'appel en visioconférence conformément à la demande de l'homme.

Je mets également le haut parleur. Mon cœur se brise en voyant l'image de ma compagne chancelante, la tète dodelinant faiblement, ligotée à une chaise. L'homme dont la moitié du visage est défiguré prend la parole : Tu m'as peut être oublié mais moi je ne t'ai pas oublié Arès. Et je vais enfin te briser comme tu m'as brisé. Te faire souffrir comme tu m'as fait souffrir. Savoure la vue de ton épouse à sa juste valeur car c'est peut être la dernière fois que tu la vois. Tic tac. Tic tac. Le compte à rebours tourne. Elle n'en a plus pour longtemps. A moins que tu ne la trouves. La conversation se clôt là et je tombe à genoux. Mes pensées sont incohérentes, je pousse un feulement menaçant probablement entendu par tout le bar alors que je commence à perdre le contrôle de moi même. Je vais le massacrer. Les massacrer. Un nom s'impose à mon esprit comme surgissant des profondeurs de mes souvenirs. Aleixei. Salopard tu aurais mieux fait de crever sous mes balles et celles de Nolan comme tes cousins. Parce que quand je vais te retrouver et sur ma vie je vais le faire...La balade electro du Print donne à la scène qui se joue un coté surréaliste et irréel. Les gens s'amusent alors que je suis à deux doigts de sombrer.

To protect my family i could become the devil himselfft. Alessandro
Ʃkaemp はは ™



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MessageSujet: Re: Mundus vult decipi ergo decipiatur PV Alessandro    Mer 5 Avr - 21:39

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Mundus vult decipi ergo decipiatur PV Alessandro
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