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 L.A. - Gangster's Paradise

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Alex Cormier

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MessageSujet: L.A. - Gangster's Paradise   Mer 11 Jan - 22:10




Gangster's Paradise

Feat. Alessandro Amaro & Alex Cormier







Alex observa la jeune fille pénétrer dans la salle de bain, recouverte seulement du drap qu'elle venait de leur emprunter.  Elle leur lança à tous deux un sourire coquin en le laissant tomber au sol, dévoilant la courbe de ses hanches, avant de s'engouffrer derrière la porte verrouillée pour une longue douche.

-Buon anno, Amaro mio.
Et avant que le sicilien n'ait le temps de rouspéter, Alex s'occupa de plutôt le faire gémir en jouant de ses deux mains alors qu'il embrassait son italien favori.  Il prit une courte pause, l'odeur de nicotine les entouraient à la place des draps qui n'étaient plus sur le lit.
-Il regalo è piaciuto a ti?


***


Six ans et demi auparavant, en juin 2010, Alex et quelques amis avaient profité de la première semaine de vacances pour visiter Los Angeles.  Avec leurs airs de bûcherons sortis de la tempête, la plupart d'entre eux n'avaient pas eu à présenter de pièce d'identité en entrant dans le bar, à l'exception d'un copain aux origines asiatiques.  Aucun d'entre eux n'avait réalisé, non plus, que la limite d'âge n'était pas de 18, mais de 21 ans et qu'Alex y était encore légalement mineur.  La soirée s'était bien déroulée, ils s'étaient bien amusé, avait bu à en être aussi éméchés que des étudiants étrangers, en vacances et sans responsabilités, pouvaient se le permettre.  Aucun d'eux ne vit le temps passer, ni ne comprit ce qui arrivait lorsque les portes claquèrent et lumières s'ouvrirent subitement.  Un instant plus tard, leur groupe s'était dispersé et Alex s'était retrouvé face à un policier qui lui demanda ses pièces d'identité.  Le canadien obtempéra avec confusion et se retrouva emmené au poste de police sans avoir la moindre idée de ce qui venait de lui tomber dessus.

Quelques heures plus tard, Alex était toujours dans cette cellule miteuse et surpeuplée de saoulons qui cuvaient plus ou moins mal leur vin.  L'odeur de fond de tonneau qui régnait lui donnait la nausée, et un mal de tête considérable le tourmentait depuis tout à l'heure.  Une porte s'ouvrit, et des silhouettes découpées par le néon derrière elles s'engouffrèrent pour rejoindre le policier de l'autre côté des barreaux.  Une voix masculine et suave, à l'accent qui lui semblait familier ordonna de libérer trois de ses compagnons de cellule, en payant leur caution.  Puis, son ton avait changé, pour une surprise honnête.

-Bordelo! Alex?  Tu fais quoi ici?

D'un geste de la main, il fit signe aux geôliers de le sortir de là et qu'il paierait aussi sa caution.  Lorsque le gardien s'approcha d'Alex, celui-ci se recula sur lui-même pour signaler son refus d'obtempérer.

-Fais pas le con, gamin.  Il y a quelqu'un qui veut bien payer pour toi, accepte-le.
-Pas question.
-C'est vraiment une meilleure idée que d'appeler tes parents?
-Mes amis...
débuta Alex après avoir dégluti bruyamment.
-Ils s'en fichent, ils savent pas où t'es.  Profite de ta chance... Les autres sont déjà jaloux.

En effet, les regards des codétenus commençaient à changer autour d'Alex et de briller d'une malice qui ne semblait pas sereine.  Quelques minutes plus tard, toujours aussi confus, Alex s'était retrouvé sur le siège passager de la voiture d'Amaro.  L'effluve de nicotine camouflait à peine l'odeur de cuir neuf, ni celle de la transpiration des trois guignols à l'arrière.  Tour à tour, Alessandro les raccompagna chez eux, montant avec eux à leur appartement pour s'assurer qu'ils s'y rendent bien, et ordonnant à Alex de rester sur place sans sortir de la voiture.  Où pouvait-il aller, de toute manière?  Il n'avait pas la moindre idée de l'endroit où il était!  En plus, ça ne semblait pas être l'un des quartiers les mieux famés de la ville.  Lorsque le mafieux revint dans la voiture, Alex était pris de tics nerveux et bégaya lorsque le moteur redémarra.

-Je.. Mon auberge est...
-Albergo?  Madre de Dio, Cormier.  Tu dors chez moi, ce soir.
-Mais... Non, mais... merci, mais...
-Tu dois bien ça à ta caution, non?  Ça et une petite explication, strano ragazzo.




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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Dim 15 Jan - 15:50


L.A. - Gangster's Paradise
Le jour filtre a travers les persiennes baissées. L’air est empuanti par une odeur de tabac froid, de weed et d’alcool. Paresseusement je tente de bouger un bras, mais celui-ci est prisonnier d’un corps. Je tire un peu plus fort ce qui provoque un râle du dormeur ou de la dormeuse qui m’entravait. Quel est son prénom déjà ? Je soupire en me frottant l’arête du nez et essaye de me rappeler des événements de la veille. Sacrée fête hier soir. Un petit malin s’est amusé à me glisser une sarbacane sur un de mes orteils. Je secoue le pied en jurant en italien. Puis en voulant poser un pied au sol, je marche sur une main. Doucement je fais un tour d’horizon du champ de bataille qu’est ma chambre.

Plusieurs corps alanguis et dénudés occupent l’espace. Le relief d’un gâteau d’anniversaire trône sur un guéridon. J’ai la barbe qui me gratte, d’un coup de rein je me lève et vais me poster à la fenêtre en évitant de piétiner quelqu’un. J’entrouvre deux lattes pour regarder dehors. Le fog est en train de se lever dans les rues de la little Italy. Je cherche une sigaretta que j’allume à la flamme d’une bougie presque entièrement consumée. Dehors la vie s’anime, le primeur d’en face a déjà sorti sa marchandise et discute avec les mamas venues dès potron-minet choisir leurs fruits et légumes frais. Nous sommes peut-être au centre d’une grande mégapole, pourtant la little Italy bouge comme un village de province. J’aime ce quartier car c’est là où je suis né, là où je me suis esquinté les genoux sur les trottoirs étant gamin.

- Aless ?
- Sì Graziella mia ?
- Encore de l’énergie pour un câlin ?
- Toujours pour les belle ragazze…


Je plonge dans ces bras qui s’offrent. D’autres mains s’invitent à nos ébats. Le lit tangue pour un ultime voyage. Je viens d’avoir vingt-deux ans, pas de quoi faire une festa del demone. Non. La raison de cette débauche est mon nouveau statut. Don Stephano me fait confiance et ce malgré ma jeunesse. Le parrain de Los Angeles vient de me donner un de ses bars-discothèques en franchise. J’ai carte blanche du moment que je rapporte de l’oseille. D’homme de main, je prends le statu de Boss et je ne compte pas le lâcher avant ma mort.

La vie s’ouvre devant moi. Jusqu’à présent j’avais soigneusement posé les bases. J’avais su me faire indispensable, fiable et surtout à la hauteur de ce que l’on entendait de moi. Don Stephano avait bien voulu croire en ce jeune loup arrogant que je suis. Cela fait longtemps qu’il m’a à l’œil et c’est même lui qui avait payé ma mise au vert à Phoenix après ma morsure. Il y a peu de surnaturels dans le staff de la mafia italienne. Les êtres comme moi sont préférentiellement cantonnés à des rôles d’hommes de main redoutables et efficaces. Les enfants de la diaspora sont frileux de donner du pouvoir à des personnes dotées naturellement de capacités élargies.

(…)

Le carré VIP est comble. Un fils à papa a loué l’espace pour la soirée. Le champagne coule à flot, le morveux ne lésine pas à la dépense. Je ne sais pas ce qu’il fête et m’en moque royalement. Du moment qu’il me laisse ses dollars, le reste n’est pas de mon ressort.

Isolé dans mon bureau insonorisé je revois avec Tony les plans de la salle de jeu que je souhaite installer au sous-sol. Cela demande un peu d’astuce, car il me faut de la place pour les réserves du bar. Nous comptons annexer les deux boutiques qui cernent le bar pour arriver à caser tout cela. Reste à convaincre les deux propriétaires de me vendre leurs biens…

- Boss ? Le fils à papa demande de la pute.
- Envoies y Carla et… c’est quoi son nom à la rousse ?
- Elles refusent…
- Perché ? Elles peuvent se faire du blé facile?
- Elles veulent surtout pouvoir continuer leur métier après que ce salop leur soit passé dessus. Il semblerait qu’il a une sale réputation auprès des filles.
- Je vois. Dis-lui que nos filles ne sont pas du consommable.
- Cela risque de nous couter du blé.
- Mon personnel passe avant ce petit con. S’il fait des ennuis appelle-moi.


(…)

Cela nous a effectivement couté de l’oseille. Le fils de pute n’a pas toléré qu’on lui refuse de démolir une de nos filles. Il nous a vendu à la répression des fraudes. La volaille a débarqué un soir. Notre système d’alerte a fonctionné et la majeure partie des substances illicites ont pu être soit détruites soit escamotée. Mais pour le reste, il a fallu… s’expliquer. Je m’en tire avec une amende pour non conformités de la zone réservées aux fumeurs. Un moindre mal quand on sait l’alcool de contrebande que je passe et ma complaisance aveugle sur les drogues qu’amènent les clients. Ces derniers sont conscients qu’en cas d’overdose, ils seront virés de la boite pour terminer leur crise, seuls dans une ruelle.

Ce qui m’ennuie le plus est que trois de mes hommes se sont fait embarquer. Ils n’étaient pas à jour pour leur port d’arme ! Che idioti ! Je les laisserai bien croupir un peu à l’ombre histoire de leur apprendre la leçon, mais il est préférable de ne pas trop les laisser croupir chez la volaille. Quand on est assez idiot pour ne pas avoir mis à jour ses attestations, on est capable du pire. Je vais m’en débarrasser, mais avant je dois les sortir de là. Ce qui signifie que je dois moi-même aller les chercher.

(…)

J’ai la peau qui me démange. Je suis cerné par la volaille et m’astreint à un violent effort pour paraitre nonchalant. Par chance je tombe sur une fliquette. Je joue au patron charmant exaspéré par la bêtise de ses employés. Dire que je la convaincs serait exagéré, mais mon numéro détourne son attention et elle ne gratte pas trop là où ça pourrait faire mal. Mon numéro de charme finit par filtrer sa barrière et je gagne un sourire de sa part. Elle sait que je suis du côté des vilains, mais mon regard brulant est comme un pêcher gourmand qu’elle s’autorise de temps de notre entrevue. Personne n’est dupe, pourtant elle m’emmène du côté du bloc des cellules récupérer mes « employés ».

- Ce sont ces trois idioti là !


Les trois crétins désignés ne peuvent pas s’empêcher d’afficher un réel soulagement sur leur face de rats. Par réflexe, je regarde qui d’autres est enfermé.

-Bordelo! Alex?  Tu fais quoi ici?

Cette tête, ce regard ! Comment Cormier a réussi à se retrouver en taule et à LA qui plus est ! Le canadien me semblait un peu moins con que la moyenne. Cela me fait plaisir de le revoir et me rappelle mes années à Phoenix.

- Je paye la caution de celui-là aussi !

Contrairement aux autres, le caribou est rétif et se recul. Je reconnais bien là son esprit de contradiction. Cela fait quoi, presque quatre ans que j’ai quitté Phoenix ?  Alex n’a pas changé. Le comble c’est que c’est la flicaille qui le décide à sortir de sa taule ! Y a pas à dire, y en a pas deux comme lui ! Je me retiens pour ne pas rire en me tapant sur les cuisses. Mi piace moltissimo. Cormier n’est pas un mouton, c’est ce que j’apprécie chez lui, sa résilience. La canadien finit par sortir de sa cage plus poussé par l’irritation de ses codétenus à son hésitation, que par l’acceptation que je le libère. Cela ne m’empêche pas de lui faire une grande accolade. Il subit plus convaincu que le poulailler n’est pas le meilleur endroit pour se rebeller.

(…)

Je reconduis un à un mes hommes, presque à aller les border dans leur lit. Toutefois, je ne me laisse pas à laisser ma colère exploser. Ces trois idioti doivent à Alex le fait de garder leur visage indemne de toute trace de mon poing. Revoir cette vieille connaissance m’a mis en joie. A Phoenix un ours mal léché m’avait fait un peu d’ombre auprès du canadien. Puis j’avais cette lutte contre le loup qui s’était invité dans mes veines, une lutte qui me demandait concentration et attention. En résumé je n’avais pas l’énergie de contrer la noursitude de Crowley, puis j’appréciais nos conneries avec l’ours.

-Je.. Mon auberge est...
-Albergo?  Madre de Dio, Cormier.  Tu dors chez moi, ce soir.
-Mais... Non, mais... merci, mais...
-Tu dois bien ça à ta caution, non?  Ça et une petite explication, strano ragazzo.


Mais c’est qu’il s’est étoffé des épaules et ces poils qui ont envahi son menton lui donnent un air plus vieux, plus mature. J’aime le Cormier que je redécouvre. La réciproque ne semble pas…évidente.

(…)

Depuis mon anniversaire, j’ai changé d’appartement. Le deux pièces miteux a cédé la place à un loft au-dessus de l’établissement que je gère. Je peux enfin me lâcher sur les fringues ayant enfin des placards dignes de ce nom. En moins de trois mois je me suis métamorphosé. Alex me connais d’une époque où j’étais constamment vêtu de jean et de blouson de cuir. Maintenant, je suis en mode rital, belles chemises, et jolie montre. Je n’ai pas de chaine en or autour du cou car ce n’est ni plus ni moins une laisse pour l’animal que je suis. La bête veut bien concéder sur mes excentricités vestimentaires, mais je ne dois pas outrepasser la liberté qu’elle offre contre son lot de violence régulière.

Nous passons par l’entrée de service. Alex regarde autour de lui, méfiant. Je lui explique que je dirige ce bar et que mon appartement se trouve au-dessus. Nous sommes le matin. Je propose à mio amico de prendre un café et de manger quelque chose. Saluant Carlos le barman, je passe derrière le bar et prépare ce qu’Alex a marmonné vouloir manger. Je colle tous cela sur un plateau et file vers mon bureau.

- Venga con me.

Une fois installés sur un canapé confortable en nubuck. Je lui demande comment il a échoué en taule.

- Ça me fait plaisir de te revoir Alexio.

Mon regard le scrute, je respire son odeur, des souvenirs remontent. Il ne sait pas que je suis un loup. Et finalement, je sais peu de chose sur lui également. Il est peut-être enfin temps de faire plus ample connaissance.


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Alex Cormier

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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Lun 16 Jan - 4:31




Gangster's Paradise

Feat. Alessandro Amaro & Alex Cormier







Entraîné à la suite du Sicilien, Alex tentait de prendre des repères mentaux des lieux qui défilaient autour de lui.  Il nota mentalement le nom du bar par-derrière lequel ils étaient passés, malgré l'épuisement et la fatigue inhérents à la nuit qu'il venait de passer.  Amaro n'avait jamais été un enfant de chorale et malgré ses fringues qui sentaient le repassage frais, il n'en était pas moins louche pour autant.  Il suivit son geôlier sans dire le moindre mot, conservant son mutisme des mauvais jours pour jusqu'au moment opportun ou, plus vraisemblablement, celui où il n'aurait pas le choix de répondre.  La voix rauque d'avoir parlé à tue-tête toute la soirée, la langue et la gorge épaisses de s'être déshydraté toute la soirée durant, il demanda s'il pouvait avoir un bagel avec un verre d'eau.  Son sourcil se haussa de curiosité en remarquant que plutôt que de glapir des ordres à l'homme derrière le bar, le patron s'occupait lui-même de lui préparer un plateau.  La tentation fut grande de demander s'il pourrait avoir un petit-déjeuner continental, avec la gaufre au nutella, l'oeuf poché et le bacon bien croustillant, mais la fatigue eut raison de son humour vicieux et de sa curiosité à la fois.

Comprenant plus par le contexte et le langage corporel que par un instinct linguistique quelconque l'ordre d'Alessandro, Alex lança un regard inquiet au barman avant de s'engouffrer à pas reculant vers le bureau.  Lorgnant sur le plateau, le châtain resta tout de même dans l'encadrure de la porte, les bras croisés sur le torse, en un mouvement de défiance fort peu convaincant compte tenu la quantité d'énergie qu'il doit mettre simplement à combattre le sommeil et rester debout.

-C'est Alex. répliqua-t-il sans attendre, piqué au vif, avant de se dégorger pour reprendre une voix moins éraillée et plus naturelle.
-Alex, sans les voyelles ridicules.

L'oeillade qu'il dirigeait sans ciller sur le brun à peine plus grand que lui était éloquente : il se méfiait d'Amaro et n'était pas ravi de se retrouver en sa présence, loin de là.  Il avait bien entendu la question de son hôte, mais ne savait pas de quelle autorité il se permettait de s'insinuer ainsi dans sa vie privée et  de le haranguer ainsi.  Ça ne le regardait pas.  Enfin.  Peut-être un peu, puisqu'il lui avait payé la caution.  Et si Alex refusait de répondre, que lui arriverait-il?  Alessandro rappelerait ses potes pour qu'ils viennent lui refaire le portrait, ou lui casser un membre?  Un frisson parcourut l'échine d'Alex alors qu'il maintenait le silence, se souvenant encore trop distinctement de la puissance de frappe du gorille numéro un d'Amaro à Phoenix.  Il n'avait jamais eu à y goûter lui-même, mais il avait entendu suffisamment de rumeurs sur les ravages du poing de Crowley. Les lèvres d'Alex s'entrouvirent un instant, durant lequel le bout de sa langue alla gentiment les humecter, puis elles se refermèrent aussi hermétiquement, laissant le silence se poursuivre.  La suite logique des évènements de la soirée était encore confuse dans son cerveau en cours de désintoxication et il voulait prendre un instant encore pour les laisser prendre place et se laisser les posséder avec un minimum de compréhension.

-Je n'aurai peut-être vingt-et-un ans que le mois prochain.

Le canado-américain lança un regard nerveux au-dessus de son épaule, comme si il s'attendait à se que le barman se ramène avec des fiers-à-bras pour lui casser les dents suite à une si mauvaise histoire.  Il se sentait un peu comme le bouffon du roi, qui venait de raconter la pire blague de tout le royaume.  Rassemblant le peu de dignité qu'il lui restait après sa nuit blanche, Alex renchérit.

-Et pourquoi tu m'as ramené ici?  Je fais quoi, là?  J'aurais très bien pu me sortir de là tout seul, merci.

Oui, parce que, quand même, c'était pas très poli de ne pas dire merci à un étranger qui faisait un effort pour se montrer sympathique.  Bien qu'Alex connaisse suffisamment ce drôle de numéro pour se douter que « sympathique » ne fasse pas partie de son vocabulaire et qu'il ait un petit projet en tête.  Quand on naît manipulateur, on le reste toute notre vie.  Et soit Alex allait joué les têtes de Turc, soit il allait servir à autre chose.  Une culture cinématographique moyenne lui avait appris que les gens de bas étages comme cet Italien pouvaient parfois utiliser des gens cleans pour servir d'appâts ou de messager dans des situations tendues.  Et si l'innocent se faisait tirer... c'était bien simplement tant pis pour lui!



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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Mer 18 Jan - 18:33


L.A. - Gangster's Paradise
Alexio a la tête des lendemains de fête. Il a eu le temps de décuver un peu en cellule. Mais difficile de savoir si un orchestre symphonique joue dans sa tête ou s’il est épargné par les désagréments de son alcoolémie abusive de la veille.

-C'est Alex. Alex, sans les voyelles ridicules.

Madre di Dio j’avais oublié son côté… chiant ? A cheval sur les principes le Cormier ! Bordelo ! Il ne s’est pas un peu arrangé depuis le temps ? Il me regarde, hostile, presque indigné de mon impie compagnie. Comme s'il pouvait être contaminé par une italianîte aiguë... Toutefois ce rabat joie en puissance a le charme de l’emmerdeur. J’aimerai attraper ces lèvres qui pointent vers le bas dans une moue dépréciative pour leur donner un élan vers le haut, bien plus avenant. Mais s’il s’insurge pour une voyelle de trop…

-Je n'aurai peut-être vingt-et-un ans que le mois prochain.

La raison de son arrestation serait liée à son âge. Ce boulet n’a même pas un faux permis de conduire… Ce n’est pourtant pas difficile à obtenir. Pff ! Mais… il me fait quoi à regarder par-dessus son épaule comme si le diable ou un quelconque monstre allait lui tomber dessus ?! C’est un bar ici, pas la chambre des secrets !

-Et pourquoi tu m'as ramené ici?  Je fais quoi, là?  J'aurais très bien pu me sortir de là tout seul, merci.
- Tu fais quoi là ? Et bien tu déjeunerais copieusement si tu ne passais pas ton temps en questionnement idiots, Alex-sans-voyelle-ridicule. Ne critiques pas une langue si belle et si riche au regard de l’anglais si pauvre. Nous portons le même prénom, pourtant il n’y a pas la même musique quand tu prononces Alex ou Alessandro.


J’essayais d’embellir son prénom, et lui n’y voit qu’une dépréciation ridicule. Aucune poésie chez ce canadien. Je parie mon prochain paquet de sigaretta qu'il s'oriente sur une carrière scientifique. J’attrape mon expresso et en savoure la torréfaction à l’italienne avant de reposer la minuscule tasse sur sa sous tasse et d’allumer une sigaretta. Je souffle ma fumée de travers évitant à Cormier une nouvelle réplique désagréable sur les italiens d’opérette ou je ne sais quoi de son cru. Je regrette presque de l’avoir fait sortir de taule. Bonjour le père ingrat ! Je tends la main vers un croissant mais je suis interrompu par mon téléphone.

- Sì?
-…
- Vengono rilasciati
- …
- Gino utile per l'affare Venerdì.
- …
- Sì Sony. Sarà fatto.


Deux gars nourriront les poissons de long beach ce soir. Ordre de Sony le bras droit de Don Stephano. Je suis encore à l’essai. Je dois encore faire mes preuves. Le parrain me teste. L’erreur est toujours punie dans la mafia. Contrairement aux triades chinoises nous ne coupons pas les doigts en guise d’avertissement. Nos méthodes sont rapidement définitives. Gino va se chier dessus quand il comprendra que ses deux comparses ne réapparaîtront pas de sitôt. Pourtant la terreur le rendra docile et efficace. Ma jeunesse dans ce rôle de Boss impose que je dois appliquer la sanction moi-même. Je dois prouver à mes hommes que je ne me dégonfle pas et ne me dégonflerai jamais. Cela sera fait. Si je soupire c’est uniquement pour le travail supplémentaire de recruter du monde pour remplacer les deux futurs cadavres. Je n’ai pas d’état d’âme, ou plutôt je n’ai plus à en avoir. Dire que je suis totalement insensible à la mort de ces deux hommes pour l’unique raison d’un simple oubli serait mentir. Toutefois, j’ai choisi cette voie en toute connaissance de cause. Je dois manger le pain que je me suis moi-même servi.

L’oubli de refaire faire leur autorisation de port d’arme a attiré l’attention de la volaille sur mon établissement. Cela fait prendre un risque considérable à notre organisation. Éclairée de ce point de vue, la sanction ultime prend son sens. Ce soir je me blinderai un peu plus le cœur. Et un jour je pourrai tuer aussi facilement que je tire ma dose de nicotine sur la sigaretta que je tiens.

- Tu as mentionné une auberge de jeunesse. Tu étais en vacances avec des potes ? Ça marche tes études ? Je peux t’avoir des entrées pour quelques attractions de LA un peu exorbitantes.

Aller, dix contre un qu’il m’envoie au demone avec mes questions et propositions. Dommage car je le trouve plutôt sexy et attirant quand il ne sarcasme pas.

Ce qui m'attend ce soir a brisé ma joie de revoir une vieille connaissance, sans parler qu'Alex-tout-court n'y met pas du sien non plus.

Nouveau soupir....



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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Lun 23 Jan - 17:05




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Trop occupé à paranoïer par-dessus son épaule, Alex ne put voir la mine déconfite du Sicilien qui devait également faire revendeur de pièces d'identités de contrefaçon.  C'était probablement mieux ainsi, sans quoi Alex se serait encore plus enfoncé dans ses sables mouvants en voulant expliquer que, dans les pays civilisés, la limite d'âge était de 16 ou 18 ans.  Dix-neuf pour les gros relous.  Et qu'ils ne faisaient pas un tas de chichi pour quelqu'un qui avait la limite dans son pays et dont ce serait l'anniversaire le mois suivant.

- Tu fais quoi là ? Et bien tu déjeunerais copieusement si tu ne passais pas ton temps en questionnement idiots, Alex-sans-voyelle-ridicule. Ne critiques pas une langue si belle et si riche au regard de l’anglais si pauvre. Nous portons le même prénom, pourtant il n’y a pas la même musique quand tu prononces Alex ou Alessandro.

Et il se pensait comique, l'autre accentué, à l'appeler Alex-sans-voyelle-ridicule?

-C'est vrai ça.  C'est tellement plus mieux quand ça sonne comme une chanson pop de boytoy... persifla le canadien, piqué dans son orgueil.

L'étudiant daigna enfin piocher dans l'assiette qu'on lui avait servi.  Et si c'était empoisonné, ça restait toujours mieux de mourir le ventre plein que vide, tentait-il de se convaincre.  Et c'était pas mauvais.  Après avoir déglutit, le moralisateur passa à l'action.

-Si tu voulais vraiment apprendre une langue riche, t'aurais dû te mettre au français.  C'est super compliqué.  J'suis certain que je pourrais apprendre l'italien en quelques keuf keuf!

Alex s'étouffa dans la fumée que son homonyne lui déversait au visage sans même faire mine de l'écouter ou de trouver un quelconque intérêt à ses propos.  Insulté, Alex vira au cramoisi, les sourcils froncés de manière provocatrice, et s'apprêtait à lui sermonner les bonnes manières lorsque le portable du propriétaire du bar résonna.  L'expression faciale du manitobain changea du tout au tout, bien que ses sourcils restèrent froncés.  Il se concentrait pour écouter.  Car rares étaient les choses plus importantes que de prouver son point.  Les paroles du fumeur passaient et repassaient en boucle dans la tête du jeune homme, qui tentait de trouver leur signification.  Vengono rilasciati.  Voilà ce qui était le plus difficile à comprendre.  Vengono, ca sonnait presque espagnol.  Et rilasciati, si on enlevait des voyelles ridicules, ça faisait relâcher, ou ca y ressemblait drôlement.

Ce fut Amaro qui brisa le silence, et Alex eut l'envie saine de l'envoyer bouler, purement et simplement.  Non mais, il se payait sa gueule ou quoi?  Il se la pétait, en tout cas. « Je suis un américain avec un faux accent italien et des cigarettes de luxe, je peux te faire entrer où je veux », mima-t-il mentalement, avant de reprendre la parole sans répondre à l'agaçant personnage.

-Qu'est-ce qui sera relâché?  Gino sera utile pour quelle affaire de vendredi?  Qu'est-ce qui sera fait pour Sony?

Petit rictus l'air de dire « tu voies bien que j'avais raison, et qu'il y a rien de riche ou de compliqué à ta langue de débile!  Il allait arrêter de soupirer comme une madeleine, le rital, ou quoi?  On croirait à un Roméo en manque de Juliette, ou une mauvaise pub de dessert au chocolat.  Il fallait le ramener sur terre.  Avait-il de vrais problèmes?  Pourquoi soupirait-il par tous les diables!

-Je suis en vacances avec des confrères de classe.  Ils vont sûrement S'inquiéter, d'ailleurs, si je donne pas de nouvelles.  Les études ça va, et je comprend toujours pas ce que tu me veux.  Je te connaissais pas l'habitude d'être gentil et généreux.  Tu m'excuseras si ça me rend suspicieux, ce kidnapping et tout ça.

Le geste de la main qu'il fit en mentionnant ses études était sans équivoque.  Ce n'était pas un sujet dont il aimait traiter, et la question faisait un peu vieille tantine gâteuse qui ne sait pas trop qui il était par rapport à elle.  Et puis, ça ne regardait aucunement son geôlier, pour le moment.



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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Mer 25 Jan - 22:37


L.A. - Gangster's Paradise
-C'est vrai ça.  C'est tellement plus mieux quand ça sonne comme une chanson pop de boytoy...

Je lance un regard noir à ce coincé du nord. Le froid ne fait pas que conserver la viande, il rigidifie la cervelle ! Mais l’autre foglia d'acero a déjà piqué le nez dans son assiette. Pendant que ce cretino mange avec l’élégance d’un orignal, je le détaille sans vergogne. Toujours son style de trappeur qui pense avoir mis les habits du dimanche. Il se tient le dos rond à la manière d’un scribouillard et approche son museau de son assiette comme s’il craignait que la nourriture ne se volatile pendant le trajet jusqu’à son gosier. Peut-être qu’avec un manche à balai dans le culo, il se tiendrait droit. Mais qu’est ce qu’il m’a pris de l’inviter à dormir dans mon appartement ? La nostalgie ? J’ai de bons souvenirs à Phoenix, mais c’est surtout avec Crowley. L’ours est impayable et de bonne compagnie. Un peu lent au raisonnement, je me souviens de ces parties de fou-rire quand il saisissait une blague trente minutes après les autres. « - Ben quoi ? » Disait-il à ces moments.

Nous étions une bande de jeunes cons, insouciants du lendemain. A cette époque, je n’avais pas l’assurance que le parrain m’autoriserait à revenir à Los Angeles. J’ai passé ces années dans le plaisir de l’instant à tester mes dons de leader. J’aimerais bien revoir Crowley, lui et ses claques dans le dos à faire décoller un mammouth. Le donneur de leçon me sort de ma rétrospective intérieure.

-Si tu voulais vraiment apprendre une langue riche, t'aurais dû te mettre au français.  C'est super compliqué.  J'suis certain que je pourrais apprendre l'italien en quelques keuf keuf!

Un long nuage de fumée le coupe dans son élocution. Je ne laisse pas paraitre mon irritation, mais au contraire un inintérêt total sur ses propos. La meilleure punition pour les donneurs de leçon est de les laisser causer dans le vide. Une leçon ne se donnant que si quelqu’un daigne l’écouter. J’ai l’immense satisfaction de voir ses joues s’empourprer. S’il pensait avoir le monopole du chieur de base…

L’appel de Sonny finit de me plomber la journée. Je dois éliminer deux types de mon équipe. Ils ont merdé, il est nécessaire de rappeler aux autres, que merder n’est pas envisageable dans notre organisation. Je suis préparé à cela… mais pas encore rodé. Combien m’en faudra-t-il pour que je garde la même impassibilité que mon mentor Sonny ? Je coupe mes réflexions en posant des questions à Alex. Mon énervement change de registre et de cible dans la seconde.


-Qu'est-ce qui sera relâché?  Gino sera utile pour quelle affaire de vendredi?  Qu'est-ce qui sera fait pour Sony?
- Va falloir repasser pour l’italien facile, monsieur le francophone…


Trop curieux pour son bien. Alex n’a donc pas de radar de sécurité ? Ne sait-il pas relier ce qu’il voit autour de lui ? Je l’ai croisé alors que je venais libérer trois types de taule. Rien qu’avec ça, il devrait se montrer prudent et freiner sa curiosité. Ou il est tout simplement trop avide de me montrer une quelconque supériorité vis-à-vis de moi qu’il en devient imprudent. Pff. Je n’ai pas besoin de jouer à celui qui a la plus longue, car la réponse est évidente ! Mauvaise pioche pour lui de me rappeler ce que je dois faire ce soir…

J’apprends qu’il est en vacances avec des amis. Grand bien lui en fasse. Puis il embraye sur des allusions plus que rocambolesques, Alex la Diva. Se croyant au centre d’une machination, Alex Cormier le martyr, Acte I, scène III : la grande tirade.

- Je comprends toujours pas ce que tu me veux.  Je te connaissais pas l'habitude d'être gentil et généreux.  Tu m'excuseras si ça me rend suspicieux, ce kidnapping et tout ça.
- La porte c’est par là. Ciao’ AlexIO.


Fermeture du rideau. Je me lève, ramasse mon paquet de sigaretta sur la table et sors de mon bureau en laissant la porte ouverte sans plus faire cas du casse pied. J’ai déjà deux meurtres à perpétrer aujourd’hui, autant en éviter un troisième ! Je serre quelques mains parmi les habitués du bar et vais discuter des commandes en cours avec le barman. Lorsqu’Alex sort de mon bureau, je lui tourne ostensiblement le dos. S’il sort encore une remarque de son cru, il sort du bar en volant comme un pigeon.

(…)

J’ai tourné comme un lion en cage toute la journée. Sonny m’a collé un de ses gars dans les pattes, Gaetano. Il veut s’assurer que je fasse mon job proprement. Seulement la simple présence de Gaetano stresse mes hommes. Même s’il ne fait rien de spécial, se contentant d’être là et de lire le journal, mes hommes savent que nos faits et gestes sont épiés et seront jugés par les capo. Foutue journée !

Le soir est tombé. J’ai mis mon bras droit, Mario, au courant de la réelle affaire de ce soir. Officiellement pour mes hommes nous allons réceptionner de l’alcool de contrebande sur les docks. C’est une opération assez courante pour ne pas éveiller leur méfiance. L’équipe sera composée des deux ex-taulards, de Mario et Carlo, un autre de mes hommes qui aura la malchance d’être le témoin et donc le rapporteur de la sanction et bien entendu Gaetano, le rapporteur pour le compte de Sonny.

Dans le van d’un noir anonyme qui nous emmène, personne ne pipe mot. Les deux abrutis qui vont mourir se font petits, pensant que je leur donne une chance de se racheter. Nous nous arrêtons dans un coin isolé du port, assez loin des débarcadères. C’est Mario qui conduisait. Il y a une rampe de mouillage pas loin que nous utilisons souvent pour transférer les marchandises de la mer vers la terre ou inversement.

Là où les deux condamnés à mort commencent à gamberger, c’est au moment où nous embarquons sur un petit bateau de pêche. Il est vingt heure trente, le vent du large nous fouette froidement. Je vais me camper à la proue, les deux pieds solidement ancrés sur le pont, les mains dans ma veste de cuir que j’ai refermée pour me protéger des embruns.

Mario nous sort du port à la vitesse réglementaire de trois nœuds marins, pour accélérer dès que nous dépassons les balises flottantes. Il suit ensuite les routes maritimes évitant les hauts fonds pour ensuite filer vers le grand large, là où le fond marin tombe à pic. Le pacifique est froid et profond le long des côtes californiennes, cimetière idéal. Quarante minutes après notre départ du port, Mario baisse le régime des moteurs et se place face au courant accélérant le juste nécessaire pour que nous ne dérivions pas. Les deux condamnés se tordent le cou pour apercevoir l’hypothétique bateau que nous sommes censé rejoindre pour l’échange. C’est étonnant comme subitement le poids de mes armes se fait ressentir dans leur holsters. Je dégaine.

- Un problème Boss ?
- Padre nostro, che sei nei cieli, sia antificato il tuo nome,venga il tuo regno
- Non ! Pas ça ! Boss !
- Sia fatta la tua volontà, come in cielo, così in terra.
- Pitié Boss !
- Dacci oggi il nostro pane quotidiano…


Je lève mon bras et tire en plein cœur. Celui qui implorait mon pardon tombe à genoux, ses lèvres bougent semblant vouloir dire quelque chose avant de cogner le pont du bateau.

- e rimetti a noi i nostri debiti, come noi li rimettiamo ai nostri debitori.
- Je peux me racheter ! Alessandro ! Donne moi une chance de me racheter !
- e non ci indurre in tentazione, ma liberaci dal male.


Un nouveau coup de feu retentit, prenant une autre vie.

- Amen.

(…)

Mario et Carlo ont solidement attaché deux moellons à chacun des corps qui sont ensuite tombés dans la mer par la trappe du filet de pêche. Lors du retour à terre, Carlo a soigneusement passé le pont au jet d’eau. Gaetano n’a pas décoincé un mot et nous quitte sitôt un pied sur la terre ferme. Sigaretta aux lèvres, je regarde les lampadaires sur le chemin du retour. Carlo est blanc comme un linge. Il sait le rôle qu’il a à jouer maintenant. Mario me laisse devant le bar, la soirée est loin d’être finie. Il est à peine vingt-deux heures trente, le bar ne ferme que vers les une heure du matin.

- Évite cette tête de déterré Carlo, tu vas faire fuir les clients !
- Oui Boss.


J’entre dans mon bar, mon homme de main me suivant un peu en retrait. Je n’ai qu’une envie celle de m’enfermer dans mon appartement et griller mes sigaretta les unes après les autres. Mais je dois rester sur le pont du navire et jouer la comédie de l’italien heureux.

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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Ven 27 Jan - 15:09




Gangster's Paradise

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Alex avait passé une journée pénible.  Déjà qu’il n'avait pas dormi de la nuit, il s'était également fait mettre à la porte par Amaro. Bon, il lui fallut faire un effort surhumain d’humilité pour l’admettre, en milieu de journée, mais son attitude grognonne, à cause du manque de sommeil, et paranoïaque, en raison de sa nature, n'avaient certainement pas aidé son cas.  En fait, peut-être avait-il poussé le bouchon trop loin et avait-il insulté son geôlier hôte. Loin d’éprouver des remords ou de la compassion pour l'ancien tortionnaire des cours d'école, Alex se sentait simplement mal de son impolitesse.  Au moins avait-il quitté dignement le bar, ramenant l'assiette au barman en les remerciant pour les bouchées qu’il avait eu le temps de prendre. Tel un pleutre, il avait évité Alessandro et s'était retrouvé à la rue, l’estomac plein mais toujours aussi fatigué.

Le taxi vers son auberge s'était révélé onéreux et lorsque Alex passa la carte magnétique, elle ne fonctionna pas. Alex se rendit au lobby qui l’informa que leur réservation avait été annulée ce matin même et la chambre était de nouveau louée.  Alex s'enquit d'un message qu’on lui aurait laissé, mais il n'y en avait aucun.  Pas un mot de Mitch. Alex en conclut que c'était fini entre eux et pu fort heureusement récupérer ses affaires, qui étaient dans la pièce de dépôt de l'auberge. Prise de pitié, la réceptionniste le laissa prendre une douche et faire une sieste sur un des sofas.  Il en profita pour troquer sa chemise pour un polo.  Elle lui offrit ensuite de conserver ses bagages jusqu'à ce qu'il se trouve un autre hébergement, comme ils n'avaient plus le moindre lit de libre.

Alex se rendit alors dans un cyber café où il se mit à chercher rageusement une alternative.  Il ne trouva rien qui ne soit carrément hors budget ou si loin que simplement le taxi pour s'y rendre anéantirait ses économies.  Vers 21h, le cyber café ferma les portes et Alex était toujours bredouille.  À partir du café, il rappela l'auberge, qui lui assura avec désolation que rien ne s'était libéré, mais qu’ils avaient toujours sa valise en sécurité.  Puis, quoi.  Il n’avait toujours aucun endroit où dormir, venait de se faire larguer cruellement, et ne connaissait personne dans cette fichue ville.

Enfin, il connaissait quelqu’un, si on pouvait dire.  Mais était-ce vraiment ce qu’il voulait faire?  Retourner chez le propriétaire du bar qui l’avait mis dehors ce matin-même?  Dans une logique très faillible en raison de son manque de sommeil et de son niveau de désespoir, Alex établit qu’il ne perdrait rien à y aller, s’excuser auprès d’Amaro s’il le voyait, et peut-être se trouver une jolie jeune femme qui accepte de l’héberger pour une partie de la nuit.  Il serait prêt à trouver une entente sur le mode de paiement à utiliser.

L’idée de se retrouver de nouveau en tôle lui effleura à peine l’esprit.  Quelles étaient les chances, après tout?  Le problème, c’était qu’il n’avait qu’un vague souvenir de l’endroit où se trouvait le bar et c’est au bout d’une heure d’errance, environ, durant laquelle le paranoïaque garçon craignit presque constamment pour sa vie, qu’il arriva à bon port.  Légèrement embêté, Alex ne vit aucun signe du sicilien, mais il n’osa pas non plus s’aventurer trop près du bureau de ce dernier.  Une bière et environ une demi-heure plus tard, sans trop savoir comment, il s’était retrouvé la bouche en siphon, une langue sur la sienne.  L’alcool et la fatigue le frappaient manifestement ensemble de plein fouet.  Lorsqu’il reprit son souffle, le canadien répondit à la question qui lui avait été posée une minute auparavant.
-Oui, oui.  Je parle bien français  Et il pouffa.  Il ne savait même pas pourquoi.
-Moi, c’est Alex, et toi?
-Tyler!  Ça te dit de venir chez moi?  Ce sera plus facile pour discuter!

L’étudiant canadien approuva d’un hochement de tête, alors que la main sur son popotin était sans équivoque du genre de discussion qui l’attendait.  Il se laissa entraîner par la main qui venait de se glisser dans la sienne.  Ce ne fut qu’à quelques mètres de la porte qu’Alex présenta une résistance, s’arrêtant sur place sous le regard intrigué de Tyler.  Le canadien croyait avoir reconnu une silhouette et, en s’en rapprochant, eut la réponse à son interrogation. Personne ne pouvait autant sentir la nicotine.  Du bout du doigt, Alex toucha l’épaule de Alessandro si timidement qu’il l’eut à peine effleurée.  Et dès qu’il eut l’attention de l’italien, il réalisa que de s’excuser devant Tyler risquait de lui faire perdre ses chances d’avoir un toît pour la nuit et une bonne nuit de sommeil.  Avant de le laisser l’insulter en italien – qu’Alex ne comprendrait pas, il avait bien raison bien qu’il ne l’admettrait jamais –, Alex prit la parole.

-Hé euh… Amaro!  Je voulais te remercier pour tout ce que t’as fait pour moi, hier.  Je te dérangerai pas plus.
-Mec, tu m’avais pas dit que tu connaissais le proprio!
-Euh, ben… C’est que, on se connait pas vraiment en fait.  Mais il est sympa, il m’a rendu un grand service hier…
-On peut rester encore un peu, la soirée est encore jeune!
fit l’autre jeune homme de façon forte optimiste, alors qu’Alex était sidéré.  Son plan était loin de se dérouler comme prévu.  Tyler espérait probablement des consommations gratuites ou quelque chose, alors qu’Alex ne voulait absolument rien avoir à faire de plus avec le Sicilien.



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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Dim 29 Jan - 16:11


L.A. - Gangster's Paradise
Ma démarche est un peu mécanique. J’ai pourtant déjà abattu des hommes de sang-froid et la voie dans laquelle je me dirige, sera parsemée de cadavres. Peu à peu j’apprends à me défaire du peu d’humanité qu’il me reste. Je glace mon cœur qui est de nature volcanique. Le résultat est plutôt détonant.

Je connais la sœur de l’un des types que je viens d’abattre. Un peu plus âgée que moi, elle avait « dormi » dans mon lit plusieurs fois. Quelle sera sa réaction quand elle apprendra que son frère est mort, abattu par son Boss, un homme pour lequel elle a écarté les cuisses, espérant grappiller un confort de vie et des babioles brillantes ? Celle dont je ne me souviens pas du prénom, devra comprendre que la faute en impute à son fratelo qui a merdé et non à moi qui applique la sanction d’un jugement connu d’avance. La peur devrait écraser ses envies de vengeances. C’est toutes ces conséquences auxquelles je dois m’habituer.

Le geste est furtif, mais étant toujours sur mes gardes je me retourne pour surprendre celui qui a l’audace de me toucher ainsi. Mario a déjà la main sur son holster, prêt à dégainer et tirer. Alex ! Bordelo ! Que fait-il donc ici ? Je fais un signe apaisant à mes hommes. Il n’y a pas de danger, sinon celui de se prendre un sermon moralisateur.

-Hé euh… Amaro!  Je voulais te remercier pour tout ce que t’as fait pour moi, hier.  Je te dérangerai pas plus.
- …


Je le détaille quelques secondes. Son comportement m’étonne après son attitude ce matin. Il s’est visiblement douché et changé. Il a donc retrouvé ses amis. Pourquoi revenir ici ? Faire le fier à bras et montrer qu’il a des « appuis » dans cette ville dangereuse ?

-Mec, tu m’avais pas dit que tu connaissais le proprio!

C’est donc bien de cela qu’il s’agit. Je lance un regard assassin à celui qui vient de parler. Seulement le bougre ne se laisse pas démonter et me renvoie un large sourire. Mon visage reste de marbre.

-Euh, ben… C’est que, on se connait pas vraiment en fait.  Mais il est sympa, il m’a rendu un grand service hier…
-On peut rester encore un peu, la soirée est encore jeune!


… sympa… Je t’en foutrai des sympas ! Finalement, je reconnais vaguement le type qui le colle, c'est un client récurrent. Je vois le genre… Je me détourne de ce couple éphémère pour aller au bar et demander à ce que l’on me serve un verre de Grappa. Cette liqueur est un comme un baume apaisant. Je n’ai jamais mis les pieds sur l’ile de la Sicilia, pourtant les saveurs de l’affinage particulier de ce marc de raisin me transportent sur les collines arides d’un pays dont je parle la langue.

Je ferme les yeux et tente de m’extraire des bruits du bar. Je l’atteins presque ce soleil brulant qui exalte les senteurs des vergers. La luminosité est intense parait-il, seules les pentes sombres de l’Etna absorbe la lumière qui illumine le cœur des siciliano. J’ai lu dans les journaux que le monstre fait des siennes et qu’une coulée de lave menace un petit village. J’aimerai tant habiter à proximité d’une telle montagne de colère, sentir le sol vibrer sous mes pieds quand sa rage déborde.

- Excuse-toi connard !

Le sol tremble sous les chaises qui se renversent. J’exhale ma fumée et ouvre les yeux sur le spectacle lénifiant de deux bandes de cretini qui se cherchent des noises. Peu importe le mobile de la dispute, ils ne cherchent qu’une chose, avoir un motif pour balancer son poing dans le faccia d’un autre.

Un verre se brise poissant le sol de son contenu, une poulette crie, les injures fusent. Ça tombe mal pour eux, car je suis d’humeur mortuaire. La bagarre s’étend aux clients alentours que l’alcool rend réceptifs aux envies de castagne. Mario est vite débordé et les serveurs ont comme consigne de sauver le matériel. Je quitte ma veste et la donne au barman pour qu’il la mette à l’abri.

J’entre dans la danse et fends la foule comme un brise-glace. Je bloque des poings, tords des bras et balance tout ça en direction de la sortie. Trois malins pensent pouvoir me faire plier. Ils sont moins bourrés que les autres et me prennent en traitres. L’un me bourrant le ventre de coups de poings pendant que ses deux comparses me tiennent les bras. J’encaisse quelques coups, les laissant attiser ma colère. Je finis par dégager un bras, un nez casse sous mon poing. Trois figlio di una cagna passent la porte du bar sans toucher le sol.

L’énervement est retombé. Les clients redressent leur chaise et se rasseyent pratiquement comme si de rien n’était. Routine d’ivresse nocturne, nous en avons vu d’autre. Le principal étant que la volaille ne rapplique pas.  Je passe tout de même entre les tables m’assurer que les gens vont bien, et offrir des consommations pour ceux qui ont été bousculés. J’aperçois Alex et son coup d’un soir. Croisement de regards, le canadien semble dépassé par les faits. Il ne semble pas habitué à une telle agitation. Son voisin de siège se tient la joue, il semble s’être mangé un coup perdu. L’atmosphère ne semble plus être à la fête à leur table.

- Je peux vous offrir quelque chose de chaud à boire. Et une poche de glace, ça peut soulager un peu…

J’écoute ce que vagit le compagnon de soirée d’Alex tout en rajustant ma chemise un peu débraillée par la bagarre. Je surprends un regard d’Alex vers mon ventre. Il a dû me voir prendre une volée de coup.

- Ne t’inquiète pas Alex, j’ai des abdominaux en béton, c’est l’autre qui s’est fracassé les phalanges.

Cela fait rire Tyler, mais pas le canadien. Quelle tête de pioche celui-là ! Je reviens quelques instants plus tard avec la glace. Puis je retourne au bar et aide au service. En manche de chemise, je sers les consommations gratuites avec un mot d’excuse de la maison pour ce ramdam. Je me sens mieux, cette bagarre m’a fait décompresser, me permettant de sortir ma colère et ma frustration. Sans un mot, je pose devant Tyler un café aromatisé à l’eau de vie ainsi la consommation qu’Alex avait déjà commandée auparavant. Je ne m’attarde pas, n’ayant pas envie de me prendre la tête avec le canadien. Car il me semble pour acquis que cela ne peut être que de cet ordre entre nous. Mentalement je lui souhaite une super soirée avec l’autre dont la joue reste bien gonflée comme un ballon de foot malgré la glace.

Le temps passe, le bar se vide peu à peu, l’incident a été oublié. Accoudé au zinc du bar, je fais les comptes de la journée et fait l’inventaire de la casse. Nous avons deux tables qui nécessitent réparation et trois chaises cassées. Du gras du pouce je frotte mon menton faisant crisser ma barbe naissante. J’attrape mon paquet de sigarretta, et fouille mes poches à la recherche de mon briquet.

- Bordelo, où il est passé ?

Je grogne encore plus quand j'aperçois une tache de sang sur ma chemise. Quelle sale journée !

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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Mar 31 Jan - 16:18




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C’était dans sa tête ou bien Amaro était à cran?  Alex s’était tout tendu en remarquant le sursaut menaçant qu’il avait causé chez  l’italien.  Allait-il lui casser les dents pour un simple merci, ou quoi?  En même temps, connaissant le type, il y avait plus de chances qu’il demande à quelqu’un de se salir les mains à sa place, comme il le faisait à Phoenix.  Si c’était possible, le sicilien semblait encore moins d’humeur qu’à son habitude, comme le prouvait le regard noir qu’il jeta à Tyler.  Définitivement mal à l’aise, Alex tentait de se sortir de cette lisière en patinant sur ce qui se montrait être une patinoire plus glissante encore que toutes celles du Vermont et du Manitoba réunies!  L’italien les abandonna sans un mot et Alex put enfin se détendre un peu.  Il suivit le garçon qui avait décidé de faire demi-tour pour se retrouver à une table dans un coin où une séance de jeux de mains et de langues particulièrement intense s’en suivie.  Le canado-américain commençait à se sentir mal de toutes ces manifestations publiques, qui étaient autant d’atteintes à sa pudeur, et il sauta sur la première occasion qui s’offrit à lui de rompre l’étreinte.  C’était définitivement le genre de cajoleries qu’il préférait garder pour la sphère privée.

- Excuse-toi connard !

Et avant qu’il n’ait le temps de comprendre ce qui se passait, une bagarre bientôt générale éclata.  Comme quoi, on avait beau changer de siècle, le far west restait le far west.  Tyler se prit un coup perdu et, dans un réflexe qu’il ne se connaissait pas, Alex le vengea d’un crochet qui lui bousilla les jointures et envoya l’autre vers le cœur de l’altercation.  Il tentait de comprendre ce qui se passait, terrorisé et persuadé qu’ils entendraient bientôt un coup de feu.  Il se repliait sur leur position, pour se faire oublier, en se souvenant pourquoi le Canada était si différent de ses voisins du Sud, et pourquoi il y régnait un bien meilleur climat de sécurité.  Ses yeux faisaient le tour de la scène sous ses sourcils paniqués lorsqu’ils tombèrent sur Alessandro qui jouait les videurs.  La mâchoire lui en tomba, comme dans les cartoons du dimanche.  Le rital qui prenait part à une bagarre?  Si on lui avait dit qu’il verrait ca un jour, il aurait été prêt à miser à cent contre un que ça n’arriverait jamais.  Non seulement, il était également fort efficace et Alex dû s’avouer impressionné par la manière dont il parvenait à rester maître de la situation, même lorsque trois bolosses décidèrent de s’attaquent au patron.

Alex se retourna vers Tyler pour voir comment il se portait et remarqua sans peine qu’il avait également été témoin de la compétence martiale du sicilien.  Il semblait hypnotisé, au point où il ne répondit que d’un grognement lorsque le manitobain lui demanda comment il allait.  Le châtain reporta son attention sur ses jointures.  Il n’était pas trop certain comment il s’y était pris, mais il les avait vachement écorchées.  Il ne saignait pas, mais il craignait tout de même d’en avoir fait de la bouillie de petit jus.  Et comment la bande à Amaro pouvaient-ils y avoir pris plaisir, à l’époque?  Avec ce simplet de Crowley qui s’en donnait à cœur joie, et les autres qui n’étaient guère mieux.  Alex passa la main devant les yeux de Tyler, qui se ressaisit, et lui offrit une serviette de table pour essuyer la salive qui serait coulée au coin de ses lèvres.

– Merci mec, j’avais pas réalisé.  Il est trop canon le patron. Il était trop sex’ t’as vu ça?

Alex se renfrogna, se demandant ce qui lui valait le plus grand coup de paume mental : que Tyler n’ait pas réalisé le sarcasme lorsqu’il lui avait tendu la serviette, ou qu’il fantasmait sur Amaro devant son rencard actuel.

-Si c’est le genre de trucs que t’aimes, j’peux te faire mal aussi, hein. fustigea Alex à voix basse.

L’autre eut la décence de ne pas répondre alors que Alessandro les abordait pour leur offrir à boire.  Pris au dépourvu, Alex commanda la même chose qu’à la cafétéria à Vancouver, lorsqu’il avait une longue nuit d’études devant lui : un cappuccino.  Perdu dans la confusion de ses pensées, Alex observa sans vraiment y porter attention le patron qui réajustait sa chemise.  Il s’aperçut à peine de la palette de chocolat à en faire jalouser le scientifique qu’il était, plutôt rat de bibliothèque que de gymnase, et fut surpris par l’explication d’Amaro selon laquelle il était constitué de béton.  Entre ça et la douleur sourde au niveau des jointures, il comprit la blague un peu trop tard, lorsque Tyler eut terminé de s’époumoner et que l’italien était déjà à mi-chemin vers le bar.  Ça ne l’empêcha pas d’avoir un sourire amusé.  Le retour de leurs commandes fut si rapide qu’il n’eut pas le temps d’esquisser un mot de remerciement à l’italien que celui-ci avait déjà claqué les talons.


***


-Je te jure, mec, il regarde toujours dans ma direction.  Il me dévisage dès qu’on le regarde pas.
-Et moi, je te dévisage même quand tu me regardes…
tenta Alex pour sauver la situation, alors que sa main remontait le long de la cuisse de son escorte et qu’il s’empalait mentalement contre la fourchette qui trainait sur la table.  Il avait vraiment le don pour toujours tomber sur les plus étranges numéros.  Il avait pris sa dernière consommation il y avait un bon moment déjà, ses économies étant très maigres et Tyler ne lui offrant plus de payer pour lui, et il commençait à dégriser.  Peut-être un peu trop pour son propre bien.  Ou pas suffisamment, en fait, puisque, sans raison particulière sauf peut-être de réorienter l’attention de Tyler sur lui et donc de conserver un endroit où passer la nuit, il se pencha à son oreille et lui murmura, sentant la chaleur de son souffle gonfler l’air entre ses lèvres et le lobe du garçon.

-À moins que tu veuilles passer la soirée à trois?

Alex n’était pas certain que l’idée ait plu ou non à Tyler.  Un sourire s’était profilé sur son visage, mais là s’arrêtaient les changements pour l’instant.  Les yeux de Tyler restaient irrémédiablement braqués sur Alex ne savait même pas qui.  Le scientifique lâcha un soupir, se demandant s’il était trop tard pour se trouver un autre cavalier, ou une cavalière, puis ouvrit son porte-monnaie pour compter son argent.  C’était serré, il risquait de sauter quelques repas en cours de semaine, mais ça devrait le faire.  Il plaqua un bisou quasiment exaspéré sur la joue de Tyler, qui parut presque surpris aux yeux d’Alex, et se leva pour se diriger au bar où il avait une affaire à régler.

-Je reviens, Tyl.  Je serai pas long.

Avec l’adresse d’un pingouin sur une plage de sable, Alex s’avança en direction du bar, poussa du bout du pied l’un des banc qui y faisaient face et surprit l’expression exaspérée – en avait-il d’autres, de toute manière – d’Amaro qui observait sa chemise en jurant.  Il plaqua les deux billets de vingt dollars racornis devant lui, sur la surface gommante du bar, une boule à l’estomac alors qu’à son habitude, il ne se mêlait pas de ses affaires.

-Tu cherches quelqu’un? osa-t-il en sentant la boule s’appesantir dans son estomac au moment où leurs regards se croisèrent.  Il jouait avec le feu et ne s’en rendait qu’à moitié compte.  Ou peut-être y prenait-il plaisir.  Le voile alcoolisé l’empêchait de discerner trop clairement ses pensées.  Rougissant, Alex reprit immédiatement la parole, de crainte d’avoir fait un nouveau faux-pas. Ça devrait couvrir mon p’tit-déj et nos boissons chaudes.  Je n’aime pas avoir des dettes…  Et je te promet de te rembourser la caution d’hier dès que je rentre à Vancouver.  À moins que tu aies une meilleure idée.

À la fin de sa phrase, ses sourcils expressifs se froncèrent, comme ils l’avaient fait lorsqu’il avait baissé la voix en plein milieu de phrase.  Puis, aussi subitement, ils s’arrondirent et le visage d’Alex s’éclaira d’un aura d’amusement, comme il s’apprêtait à dire une bêtise qu'il jugeait hilarante.  Il écoutait décidément trop de cartoons.

-Comme me faire travailler dans la cuisine ou je sais pas! Ahah!

Un élancement de ses jointures démolit son sourire, et la commissure de ses lèvres s’étira vers le coin inférieur gauche durant une fraction de seconde, alors qu’il se retenait de masser ses mains et ainsi montrer le moindre signe de faiblesse.



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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Lun 6 Fév - 18:29


L.A. - Gangster's Paradise
Si la bagarre dans le bar m’a permis de me défouler et d’extérioriser une tension que j’accumule depuis la matinée, le retour au calme me laisse vidé. D’autres diraient que j’ai un petit passage à vide. Sonny m’a dit que j’apprendrai vite. Force est de constater qu’il me faut faire des efforts pour garder une impassibilité apparente après le double meurtre que je viens de commettre. Il n’y a pas de retour en arrière possible dans mon choix de vie. Je ne le souhaite pas non plus, mais je revois leurs regards terrifiés. Ou encore Carlo qui rase les murs et évite de me tourner le dos depuis que nous sommes revenus. Je lui inspire de la crainte. C’est ce qu’il faut pour ce à quoi je tends de devenir, un Boss. Les leçons à encaisser sont dures à digérer. Le cœur a sa propre autonomie quoi que décide l’esprit. Et quand les deux ne vont pas vraiment dans le même sens, cela déchire.

Dans ces moments-là, je me raccroche à ma part animale. Le loup n’a pas d’état d’âme quant à la protection de son camp. Il agit pour le bien de sa meute, la famiglia. Les faibles sont laissés de côté, sacrifiés ou éliminés. Seuls les plus forts survivent. Je mène une vie dangereuse. Ma survie dépend de la peur que je peux inspirer même mort. Ce n’est pas la peur qui fait trembler mes mains à la recherche de mon briquet, mais l’angoisse de ne pas y arriver, de ne pas être assez fort pour tenir ce rôle.

- Bordelo, où il est passé ?
-Tu cherches quelqu’un?


Je me tourne vers celui qui me parle. Cormier ! Je le regarde comme s’il débarquait de la planète Mars. Mais que fait-il dans mon univers ? Puis il va où avec son oseille ?

- Ça devrait couvrir mon p’tit-déj et nos boissons chaudes.
- Quand j’offre quelque chose, c’est offert bordelo !
- Je n’aime pas avoir des dettes…  
- C’est impoli…
- Et je te promet de te rembourser la caution d’hier dès que je rentre à Vancouver.  À moins que tu aies une meilleure idée.

« - Ciuco... »

N’importe qui à LA aurait été satisfait de sa bonne fortune et aurait déguerpi sans demander son reste. Mais le voilà à me parler créance et paiement comme un bon fermier. Bordelo! Nous somme à L.A. pas au fin fond du Montana ! Alex n’a visiblement aucune idée de qui je suis. Si Carlo rase les murs effrayé par ma propre ombre, Alex agite tranquillement un bout de viande sous le nez d’un loup. Comment est-il possible d’avoir si peu d’instinct de survie ? Pour couronner le tout, ce qu’il vient de dire semble le faire marrer. Ce type est une énigme. Je ne le pense pas idiota, voire même plutôt au-dessus du lot côté intelligence. Mais côté relations humaines, y a du avoir un raté à sa naissance, un oubli, une enfance au milieu des ours ? Un serveur me tend mon briquet. Je l’avais oublié sur une table. Je prends le temps d’allumer ma sigaretta tout en scrutant Alex. La façade du mec cool se fissure. Mon métier est beaucoup basé sur le bluff. Il faut être sacrément entrainé pour afficher une attitude que l’on ne ressent pas. Je sais de quoi je parle. Alex tente de passer pour un gars réglo, ce qu’il est vraisemblablement, toutefois là, il a l’odeur d’une proie.

-…Comme me faire travailler dans la cuisine ou je sais pas! Ahah!

Le canadien a le mérite de me détourner de mes sombres pensées. Travailler pour moi ? Je trouve l’idée cocasse en regard à son attitude de ce matin. Un couple de clients sort créant un léger courant d’air en ouvrant la porte. Je sens une légère odeur de sang. Je fronce les sourcils et attrape d’autorité le poignet de Cormier. Les jointures de ses phalanges sont bien esquintées. Je le relâche avant qu'il n'ait le réflexe de se dégager.

- Garde ton blé Alex. Je t’ai dit que tu étais mon invité, je ne reviens jamais sur ma parole... Toutefois si tu veux aider le personnel à ranger, ils t’en seront reconnaissants. Ils ont déjà fait plus que leur taux aujourd’hui. Dans mon bureau, j’ai de quoi soigner tes mains, mais après car les pansements risquent de te gêner.


Mes mots ainsi que ceux de Cormier ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd puisqu’un des serveurs tend un balai au canadien avec un grand sourire de remerciement. Je ramasse mon livre de compte et pars m’installer dans mon bureau pour ne pas être dans les pattes de mon personnel quand quatre gars en costards font leur entrée dans le bar. Ça cadrerait bien avec une musique de Nino Rota.


Personne n'a l'audace de leur dire que l’établissement est sur le point de fermer et que nous ne servons plus rien jusqu’à demain. Leur entrée fait taire le peu de conversations des derniers fêtards, reste la musique que le barman avait mise en sourdine pour faire les derniers clients et le bruit des chaises que l’on retourne sur les tables. Trois des hommes se dispersent stratégiquement dans le bar bouclant toutes les issues, pendant que le quatrième avance directement sur moi.

- Ciao’ Aless. Voi mi paga da bere?
- Sì Sonny. Dans mon bureau ?
- Non, au bar, je ne reste pas.
- Tonio due grappa !


Prudemment Alex s’est éloigné avec un balai, je me rassois sur le tabouret que je venais de quitter. Avait-il besoin de se déplacer en personne pour s’assurer que j’aie bien exécuté son ordre ? Gaetano a bien dû l’avertir que j’ai agi et cela de manière professionnelle. Je reste impassible, masquant mon agacement, puis je fais un signe au barman qui est en train d’éteindre le percolateur de se magner le train. Je tire une longue bouffée sur ma sigaretta et lâche des ronds de fumée. Il veut du carnaval, en voilà ! Sonny me parle de la pluie et du beau temps. Pas un mot sur l’affaire de ce soir, ni même de la bagarre dans le bar, trahie par les chaises cassées mises de côté. Pas un mot n'est prononcé en anglais. Même un romano pure souche ne comprendrait pas ce sicilien extrêmement rapide et avalé.

La visite du second du parrain ne dure que le temps de boire son verre. Je suis déjà dans mon bureau, qu’ils sont seulement au niveau de la porte de sortie. Pas question que je me mette au garde à vous, les doigts sur la couture du pantalon. Le Boss ici, c’est moi ! Je tiens mon rang. C'est ce que Sonny est venu vérifier par lui-même.

Il est tard, je n’ai pas fini mes comptes. Je m’y attèle donc, non sans avoir sorti la trousse d’urgence au cas où le canadien ne se soit pas vaporisé dans la nature comme toute personne sensées devrait faire après ce cinéma digne d'un film de Coppola.

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Alex Cormier

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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Jeu 9 Fév - 4:15




Gangster's Paradise

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Alessandro ne semblait rien vouloir entendre.  Non seulement il refusait l’argent, mais il traitait également le canadien d’impoli, alors qu’il était tout à fait poli et normal, selon lui, de rendre à une simple connaissance l’argent qu’elle lui avait prêtée.  Il avait beau le traiter de chicot autant qu’il le voulait, il n’était pas près d’entacher la bonne humeur d’Alex qui, de toute manière, n’était pas si frêle.  Après tout, il avait su se retourner et retomber sur ses pieds malgré sa mauvaise fortune et il aurait ce soir un toit sous lequel dormir, et peut-être quelqu’un pour taire sa solitude.  Si Tyler ne parlait pas trop, sinon il devrait prétexter une migraine ou peu importe.  Ce qui lui gâcherait l’humeur était déjà arrivé, de toute manière.  Le courant d’air avait pénétré le bar et, par réflexe, l’étudiant avait levé les yeux vers la porte sans vraiment y regarder le couple qui sortait, puis se retourna vivement vers le patron de l’établissement qui lui avait saisi le poignet.  Avait-il fait une bêtise?  Amaro était réputé soupe-au-lait, mais n’y avait-il pas des limites à être aussi colérique?

Alex cacha son poignet libéré dans son dos, comme si le regard d’Alessandro pourrait le faire pourir sur place, ou comme si il avait honte de ses éraflures.  Allez donc savoir.  Il bafouilla des remerciements confus lorsque le patron lui rendit son argent en lui offrant du boulot.  Il n’avait pas réalisé que c’était une farce?  C’était bien gentil de lui offrir de le soigner, mais il y avait toujours une limite à ce qu’Alex pouvait accepter comme ordre de la part du sicilien.  Il avait envie de lui hurler dessus que sa journée avait aussi été longue et qu’il n’en avait rien à cirer, mais il se retrouva un balai dans les mains et le sourire du serveur le désarma.  Ce n’était probablement pas le meilleur moment pour se montrer égoïste, après tout.

C’est à ce moment qu’Alex réalisa, alors qu’il voulait l’aviser de la nouvelle tournure des événements, que Tyler s’était fait la malle!  En y repensant bien, c’était peut-être lui qui était parti au bras d’un autre, lorsque Alessandro lui avait attrapé le poignet.  Pff!  Quel crétin profiteur et mesquin!  Le problème était qu’Alex aurait beau le traiter de tous les noms qu’il connaissait, ça ne réglerait pas le problème qu’il aurait dès qu’il rangerait ce damné balai.  Il n’était tout de même pas pour dormir sous le pont qu’il avait vu, trois rues plus loin, non?  Qu’avait-il donc pu faire aux Moires pour qu’elles lui tissent une semaine aussi épouvantable?

Ce n’est que lorsqu’un des lourdauds passa entre lui et la porte arrière qu’Alex réalisa la présence de quatre nouveaux individus.  Le chef des quatre salua Aless et, pour l’estimation qu’Alex en fit, lui demanda quelque chose sur les pages de bière de la veille.  Apparemment, il s’appelait Sonny et Aless voulut lui montrer ce qu’il voulait dans son bureau.  L’autre insista pour rester au bar et faire leurs affaires rapidement, puis commanda deux grapes au serveur, Tonio.  Ensuite, ils se mirent à parler comme deux mitrailleuses qui feraient un concours de chant ou quelque chose du genre.  Alex cessa donc de traduire pour lui-même ce qui se disait et s’éloigna encore un peu du duo au bar, mais également des bloqueurs de portes.  Les visiteurs étaient partis depuis quelques minutes lorsque le serveur qui avait tendu le balai à Alex s’en empara de nouveau, blaguant comme quoi ils n’étaient pas non plus à une demi-poussière près.  Si l’étudiant avait effectivement un côté maniaque, ce n’était pas pour lui qu’il traînait dans le bar, mais bien parce qu’il craignait de se retrouver seul en tête à tête avec la lune.  Et puis, cette scénette digne du Parrain, seul film du genre qu’Alex connaissait - bien qu’il ne l’ait même pas vu - n’avait rien de rassurante, il devait bien l’avouer.  L’envie de décamper ne lui manquait pas, loin de là...  Mais pour aller où?  Déjà, il n’était pas impossible que ce Sonny attente devant la porte pour égosillé le premier venu, ou le deuxième, ou le cinquième.  Alex arrêta de compter les gens qui quittaient et, n’ayant plus rien pour s’occuper les mains, il se traîna la carcasse jusqu’au bureau du boss et ferma la porte derrière lui, par instinct, ou par la fatigue.  Son cerveau semblait croire qu’il était en entretien d’embauche ou quelque chose.  Ses sourcils guidèrent ses yeux vers les nombres qui s’entassaient en colonnes devant le sicilien et Alex se sentit obligé de dire quelque chose.

-Est-ce que c’est une partie de ton boulot que tu aimes faire, la comptabilité?

C’était une question idiote et sans intérêt, il le savait, mais il n’avait jamais été doué pour les politesses et les badineries, qui avaient tendance à l’exaspérer.  Son regard remonta lentement vers l’Italien alors qu’il exposait sa main hésitante devant lui, sur le bureau.

-Tu sais, je peux me soigner moi-même, aussi.  Et j’ai dû te déconcentrer : je crois que tu as oublié une retenue sur la dizaine, là.

Un sourire faiblard étira les lèvres de l’intrus.  Il ne voulait pas jouer son chiant, mais il croyait que c’était mieux d’avertir Alessandro immédiatement plutôt que de le voir s’impatienter plus tard de ne pas avoir le compte juste.  Du moins, c’était dans cet état d’esprit qu’il avait passé ce commentaire.  Pas pour jouer les je-sais-tout ou remettre ses fautes au nez d’Amaro.  Le châtain s’empara de la trousse et entreprit de nettoyer ses contusions et de panser ce qu’il était hyperbolique d’appeler ses plaies.  Le silence s’installa autour de la paire, mettant d’abord Alex fort mal à l’aise, mais l’embarras finit par s’estomper.  Plusieurs minutes plus tard, ne sachant plus de quelle manière étirer le moment fatidique de son départ, il reposa la trousse sur la table et tenta d’amorcer la discussion à nouveau.

-Je retire ce que j’ai dit ce matin.  L’italien n’est peut-être pas si simple : j’ai pas compris un traitre mot de ce que vous disiez tout à l’heure.  Enfin, c’est certain que si je l’apprenais je pourrais me faire une meilleure opinion de la chose...

Le jeune homme se pinça le lobe d’oreille, le regard fuyant.  La porte lui était grande ouverte pour aller là où sa curiosité voulait l’entraîner depuis un bon moment déjà.  C’était certainement une mauvaise idée, et l’état d’épuisement dans lequel il se trouvait ne l’aidait définitivement pas à prendre de judicieuses décisions.  Et puis, que lui restait-il à perdre, au point où il se trouvait.  Dans une autre vie, Alex avait dû être un bon samaritain ou un machin du genre.  Ça causerait sa perte, sans le moindre doute.

-Tout va bien?  Il te voulait quoi, tout à l’heure?  Si je peux t’aider en quoi que ce soit, à mon tour, t’as qu’à demander.  Vois ça comme un retour du balancier.

Alex avait beau mettre toute son énergie à tenter de se la jouer coole, il était certain que son visage s’était partiellement empourpré, que sa lèvre inférieure avait légèrement trembloté, que ses yeux ne restaient pas fixés aussi longtemps qu’ils le devraient sur ceux de son vis-à-vis.



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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Ven 17 Fév - 13:57


L.A. - Gangster's Paradise
J’ai du mal à me concentrer sur mes colonnes de chiffres. Je me sens particulièrement  vexé que Sonny ait senti le besoin de montrer sa tronche ici pour analyser la mienne. A-t-il perçu mon exaspération ? Je sais qu’on n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace. Il a dû deviner mon irritation, même s’il n’en a rien dit. Deux fois que je recommence mes calculs, j’ai inversé deux alcools.

-Est-ce que c’est une partie de ton boulot que tu aimes faire, la comptabilité?

Je lève le nez sur l’intrus qui lorgne sur mon bureau. La question n’est que pure rhétorique et n’attend pas de réponse en soi. Qui peut aimer faire de la comptabilité ?! C’est un mal nécessaire à tout commerce. Un mal un peu alourdi par une double comptabilité qui me permet de vendre de l’alcool de contrebande. Son interruption a le mérite de me sortir de mes griefs envers Sonny. Dire que Cormier semble embarrassé est un euphémisme. Il cherche comment engager la conversation sans paraitre demandeur. D’ordinaire je plongerai sur l’occasion pour l’asticoter, mais ce soir je suis las et peu enclin à la bagarre. Son regard croise enfin le mien.

-Tu sais, je peux me soigner moi-même, aussi. Et j’ai dû te déconcentrer : je crois que tu as oublié une retenue sur la dizaine, là.
- Hein ?


Je fronce les sourcils, l’observe pour voir s’il se fout de ma gueule, mais il semble que non. Je regarde la colonne qu’il vient de me montrer. Effectivement j’ai oublié la retenue ce qui me fait une erreur de quatre-vingts bouteilles.

- Rhaa !! Bordelo !

Il faut que je trouve comment coller ça en informatique tout en protégeant les données. La compta manuelle, c’est ce que j’ai hérité du précédent patron de l’établissement. C’est efficace mais vraiment trop chronophage. Il faut vraiment que je me trouve un contact sur le darknet pour me simplifier la vie.

Alex s’est saisi de la trousse de soin. Dans ma vision périphérique, je le vois s’activer. Je me reconcentre sur mes colonnes de chiffres. Il y a une mode en ce moment avec les shooter à la vodka. Je dois revoir mon approvisionnement si je veux contenter la clientèle. Mais voilà, on ne double pas aisément une unité de commande car les fournisseurs sont confrontés à la même problématique que moi, mais à leur niveau. Là aussi c’est une vraie mafia de passe-droit et de favoritisme. Je suis encore trop jeune dans le business, je passe donc après les gens favorisés. Il faut du temps pour construire un réseau.

Le bureau est calme. Alex a eu le temps de soigner une vingtaine de mains abîmées. Le silence n’est troublé que par le bruit de mon crayon papier et celui de ma gomme sur mes livres de compte. J’étouffe un bâillement, étire mes bras au-dessus de la tête et me replonge dans mes chiffres. J’avance.

-Je retire ce que j’ai dit ce matin. L’italien n’est peut-être pas si simple : j’ai pas compris un traître mot de ce que vous disiez tout à l’heure.  Enfin, c’est certain que si je l’apprenais je pourrais me faire une meilleure opinion de la chose...
- Cosa ?


Intrigué, je relève la tête et regarde Cormier. Sa nervosité s’exprime par une gestuelle emplie de tics. Ses yeux sont ourlés d’ombre. Il est tard et lui aussi est visiblement fatigué. Que cachent ses mots ?

- Ce n’était pas vraiment de l’italien, mais du sicilien Alex. Même un romano pur souche aurait eu du mal à nous comprendre, alors un franco-manitobain cent pour cent pure laine de caribou…

Ma raillerie se veut amicale. Je suis étonné qu’il ait cherché à comprendre ce que je disais avec Sonny. Je pense d’abord à son insatiable curiosité. Puis il finit de me surprendre par une sollicitude que je ne lui connais pas.

-Tout va bien?  Il te voulait quoi, tout à l’heure?  
- C’était… une visite de courtoisie... D’après Sonny, demain il pleut. Il me conseillait de miser sur les boissons chaudes pour compenser la perte de gain en terrasse.
- Si je peux t’aider en quoi que ce soit, à mon tour, t’as qu’à demander. Vois ça comme un retour du balancier.
- J’ai besoin d’un gogo-danseur.
- …
- Je plaisante Alex, je plaisante.


Je souris franchement et le détaille du regard. Il n’est pas à l’aise et ses joues sont légèrement empourprées. J’imagine qu’il prend beaucoup sur lui pour rester ici. Un regard sur la pendule murale m’apprend qu’il n’y a plus aucun client côté bar et vraisemblablement plus que Tonio qui fait la fermeture. D’ailleurs le barman frappe à la porte.

- Tra Tonio.

Mon employé entre et semble surpris par la présence de mon visiteur.

- Patron, je m’en vais. Je ferme derrière moi ou je laisse ouvert ?
- Euh… Ferme, je me débrouille. Buonanotte Tonio.
- Buonanotte Boss.


La porte se referme doucement. Je fais un signe à Alex, l’invitant à s’installer plus confortablement sur son fauteuil le temps que je termine mes comptes d’apothicaire.

- J’ai presque fini.

Et effectivement, dix minutes plus tard je donne à manger un à un mes bons de commande au FAX qui se trouve dans mon dos. Oui, il faut vraiment que j’informatise cette comptabilité. Alors que je nourris le bestiau, veillant au bourrage papier si fréquent pour ce genre d’engin, je questionne Alex.

- Apprendre l’italien demande du temps, ou une totale immersion. Le stronzo qui t’a mis le grappin dessus semble t’avoir lâché ce soir. Ma proposition d’hébergement tient toujours. Par contre décide-toi rapidement car j’ai sommeil. Une chance pour toi, nous sommes fermés demain, donc pas de réveil en fanfare à sept heure du matin, grasse mat' possible.

Mon dernier bon de commande fait un bruit de papier froissé. Sale journée décidément.

- Non, non non ! Porca puttana troia !

Me voilà à devoir récupérer ma commande transformée en éventail ajouré. Je grogne et violente la pauvre machine. Je tente de défroisser le papier du plat de la main, et de le refaire bouffer à cette capricieuse. Tout ce qui peut clignoter orange le fait. Cinq minutes plus tard, la vicieuse a le capot ouvert, les tripes à l’air. Je vire tous les bouts de papier disséminés comme si quelques comiques m’avaient balancé des confettis dessus. Je me brûle le bout du doigt sur le rouleau du toner, lance une bordée d’injure en suçant mon doigt, traitant de figlio di salop celui qui m’a fabriqué une merda pareil et décide de récrire ma commande laissant le FAX les organes à l’air. Une fois que j’ai recopié d’une écriture nerveuse mon formulaire d’après les miettes du précédent, je constate que le FAX semble à nouveau prêt à fonctionner. La patience du canadien semble avoir vaincu le monstre. La bête digère ma commande et fait son travail.

- Bene, finito ! Donc tu restes, ou je t’ouvre la porte ?



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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Ven 3 Mar - 14:23




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Manifestement, le rital mal léché n’aimait pas la comptabilité.   Alex aurait bien offert son aide.  Son ex l’avait tellement embêté avec ça.  Quand on étudie en finances, il faut croire que ça devient une seconde nature de tout vouloir calculer tout le temps, et d’encourager les autres à en faire autant.  Et déjà, avec son esprit scientifique, le futur biochimiste n’était pas nul en mathématiques non plus.  Ceci, couplé à des trimestres entiers passés à travailler en équipes et à valider entre eux leurs calculs, avait rendu le scientifique assez bon pour déceler les erreurs de ce genre.  Erreur qui ne tarda pas à faire râler l’Amaro.

Alex avait tenté de relancer, sur un ton qui devait ressembler au désespoir, la conversation.  Il hocha les explications de l’italien qui semblait à moitié reparti dans son patois, les rendant d’autant plus étanches à la compréhension du canado-américain, mais il capte suffisamment la dernière phrase pour répondre d’un ton jovial.

-T’sais, les caribous n’ont pas de… Hey!  Mais comment tu te souviens que je suis manitobain? réalisa-t-il, franchement intrigué, à mi-voix.

Et puis, il ne fallait pas la tête à Papineau pour se rendre compte que Alessandro lui racontait des salades.  Ou des tomates.  Il n’était plus trop certain de l’expression, alors qu’il réprimait un bâillement.   Ouais ouais, des histoires de météo.  Et puis quoi encore.  Peut-être qu’ils n’avaient pas seulement fait semblant de joué à Al Capone, réalisa-t-il avec aussi peu de panique que son niveau d’énergie le lui permettait.

Estomaqué, l’étudiant avait lancé un regard noir au patron qui lui offrait un boulot de gogo-danseur.  Ça avait beau être une plaisanterie, comme il se dépêcha d’en informer Alex, cette fois il n’avait pas sourit.  La simple perspective de se retrouver déshabillé, même partiellement, en public, l’énervait suffisamment pour lui donner une sueur froide.  Le garçon se retrouva assis dans un siège plus confortable, se refrénant d’écouter la tentation le poussant à replier ses genoux contre son torse, maintenant qu’ils étaient seuls et, surtout, confortables.  Alessandro revint sur l’apprentissage de l’italien avant de faire un saut digne des siens propres entre le coq et l’âne, faisant une offre au sans-abris temporaire qu’il ne put refuser, tel que le démontra son vaste mouvement du cou.

-C’tait pas une lumière, la discussion aurait été éreintante.  M’rci.  D’solé.  C’tait pas prémédité, hein. fit-il d’une voix molle, les yeux quasiment clos, en bâillant à nouveau.

Ce sont les jurons en série du sicilien qui firent ouvrir les globes oculaires du canadien, subitement.  Il prit le temps de les frotter énergiquement avec la paume de ses mains avant de constater le problème.  Le fac-similé qui n’en faisait qu’à sa tête, en bon système d’impression qu’il était.  Et, à bout de nerfs comme il l’était, ce n’était définitivement pas une bonne idée de le laisser s’occuper de tout ça.  Alex visualisait facilement Amaro, en cartoon, lancer le FAX à travers le mur du bureau, puis la fenêtre du bar, pour qu’il atterrisse au centre de la rue et se fasse écraser par un camion 18 roues.  En attendant, ne sachant trop comment réagir face à cet Etna au bord de l’éruption, Alex observait la scène en oblitérant tout aspect comique qu’il pouvait y trouver.  Lorsque, enfin, le propriétaire abandonne la partie et s’avoue vaincu, Alex profita de son retour à son pupitre pour se lever, alerte grâce au spectacle qu’il venait de voir et à l’adrénaline qui s’était injectée dans ses veines à son réveil brusque.  Il roula ses manches et s’attaqua à la mécanique fine et capricieuse de la bête.  Ce n’était pas pire que l’un des instruments qu’il avait eu à démonter puis remonter, lors de son stage précédent, en fait.  Et avec juste assez de finesse, de douceur, de patience, bref d’amour, il caressa le dessus de l’appareil en espérant avoir bien travailler.  Le moment de vérité était arrivé et, s’il en avait eu la force, Alex aurait probablement offert sa main à l’italien pour qu’il la tape.  Hifive.  Il se contenta de le faire mentalement.

-Je reste.  Mais c’est moi qui t’ouvre la porte.  Si aucun des deux le fait, on sortira jamais d’ici, blagua-t-il, fier de son humour pourtant un peu pathétique.  Au moins pouvait-il blâmer un manque considérable de sommeil.

L’étudiant se laissa guider à l’étage et pénétra l’appartement en y jetant un coup d’oeil afin de parvenir à se situer, à peu près.  Avec la prestance d’un zombie décervelé, il leva ses mains pleines de cambouis pour expliquer qu’il devait utiliser la toilette, et il s’y lava les mains, puis le visage, puis le lavabo avant que tout ne sèche et ne le tache.  Il se rendit alors compte qu’il avait un autre besoin vital à combler et ressortit au bout d’un court moment, soulagé et l’air déjà plus frais maintenant qu’il s’était nettoyé, il se laissa choir sur le canapé avec la grâce d’un orang-outan sédaté.  Il entendit à peine Alessandro entrer dans la salle d’eau qu’il s’était déjà assoupi.


***


L’étudiant se réveilla quelque peu dans les vapes.  Trop confortable pour vouloir ouvrir les yeux ou sortir de sous la couette, il tira légèrement sur celle-ci pour la remonter sous son menton, avant de se tourner sur le côté.  Ses orteils cognèrent un bout de talon et il se rapprocha de Mitch’ en passant son bras contre elle.  Ils avaient dû aller dans un bar particulièrement boucané la veille, elle sentait fort la cigarette.  C’est lorsqu’il déposa un baiser au creux de son épaule qu’Alex réalisa que quelque chose n’allait pas.  Le grain de la peau, peut-être.  Ou l’odeur, sous celle de la fumée, qui clochait.  Ou l’angle de son coude, plus haut qu’à son habitude.  Ou le duvet sur ses abdominaux.  Ou qu’elle ait un ventre aussi défini.  Ou qu’il ne se soit pris aucun cheveu voltigeur au visage. Ou l’inconfort de son pyjama. Spontanément, il ouvrit les yeux et découvrit avec stupeur, et un hoquet d’étonnement, qu’il venait d’embrasser Amaro.

La réalité le rattrapa alors qu’il se recroquevillait sur son oreiller, tirant la couette sur lui pour cacher, en un réflexe ridicule, son corps toujours habillé des vêtements de la veille.  Il se rappela qu’il était à LA, que Mitch’ l’avait lâchement abandonné, qu’il n’en était en vérité ni surpris ni attristé, compte tenu  la toxicité de leur relation.  Qu’il n’avait plus accès à leur chambre et qu’il était tombé sur Amaro, qui l’avait aidé.  Qu’il avait tenté de quêter le logis chez un mec.  Comment s’appelait-il, encore?  Mais que lui aussi n’avait pas été fiable.  Et qu’il s’était endormi sur le canapé de l’Italien.  Il eut toutefois le temps de constater deux choses.  Déjà, il n’était peut-être pas en pyjama, mais il n’avait pas dormi nu auprès du Sicilien.  Ensuite, sa vigueur matinale peinait à disparaître malgré l’embarras causé par ce malentendu.  Jamais n’avait-il jamais été aussi gêné.

-Je… Je suis désolé.  Je pensais pas que c’était toi.  Je pensais pas que c’était chez toi.  Tu m’héberges et je… tu vas me prendre pour un taré!  Je vais te faire un p’tit déj’.  Tu aimes les pancakes?  Tout le monde aime les pancakes.

Ça avait toujours été son arme pas-si-secrète lorsqu’il avait quelque chose à se faire pardonner.  En plus, ça lui donnait une excellente raison de sortir de la chambre.



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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Jeu 9 Mar - 17:17


L.A. - Gangster's Paradise
- Bene, finito ! Donc tu restes, ou je t’ouvre la porte ?
- Je reste.  Mais c’est moi qui t’ouvre la porte.  Si aucun des deux le fait, on sortira jamais d’ici.

Je ne saisis pas en quoi sa répartie est drôle. N’ayant qu’une envie, celle de pouvoir m’allonger et dormir, je ne relève pas la réplique d’Alex. Puis c’est peut-être ma fatigue et tout le stress accumulé aujourd’hui qui fait que je ne suis pas vraiment réceptif.

Je guide Alex jusqu’à l’étage juste au-dessus du bar. Mon appartement occupe toute la superficie du niveau. C’est assez grand pour loger deux familles italiennes. L’avantage du milieu est qu’il est possible de s’offrir une belle situation assez rapidement. La contrepartie est qu’il est tout aussi aisé d’aller nourrir les poissons dans l’océan tout proche. Je m’attends à une réaction positive ou négative de l’étudiant, mais quand je me retourne, il agite ses mains comme un ornithorynque ses pattes palmées. Du moins c’est la grâce qui se dégage d’Alex à ce moment présent. Du pouce, je lui indique la salle de bain, tire sur mon nœud de cravate pour le défaire complétement et m’allume la dernière sigaretta de la soirée.

Filant dans ma chambre, je pose soigneusement ma veste sur le valet de chambre. Mon pantalon suit le même chemin, plié avec soin, puis je me débarrasse de mes chaussures. De retour au salon en chemise-boxer-chaussettes, j’assiste amusé à l’effondrement du canadien sur mon canapé. L’humain est totalement vanné. Lui d’habitude si prompt à la réflexion est profondément éteint. Je passe devant lui aussi discret que l’ange de la mort.

Dans la salle de bain, le coffre à linge sale hérite de ce que je porte et je m’offre avec un plaisir immense à la chaleur du jet de la douche. J’ai pour routine quotidienne de faire défiler mentalement ma journée. Je trouve l’exercice pertinent et profitable. Repenser à froid à ce qui s’est passé dans la journée, me permet d’avoir un point de vue plus objectif et factuel. Prendre du recul me permet de soulever une faille, un raté ou faire une analyse contraire.

Aujourd’hui la famiglia m’a testé en m’ordonnant d’éliminer deux de mes hommes. J’ai obéi sans broncher et fait le boulot. Plus tard, Sonny est venu me reluquer la face. Que cherchait-il ? Du remord ? Un malaise ? Je revois ma réaction, mes mots, ma façon de parler. Je ne trouve aucune faille dans mon attitude, rien qui puisse déplaire à Sonny. J’ai éliminé ces types sans aucune hésitation, toutefois cela ne signifie pas que cela n’a pas eu d’impact sur mon cœur et mon âme. Je sais que je glisse peu à peu dans la noirceur. Je me déshumanise, seulement c’est un passage obligé pour grimper dans l’organisation.

Les yeux fermé, je penche la tête et laisse l’eau laver mon corps. Quelle journée. Je repense à Alex croisé alors qu’il croupissait en taule. Un sourire naît sur mes lèvres. Le canadien a été l’élément qui a éclairé ma journée et compensé le poids de deux meurtres. Quand j’attrape une serviette pour me sécher, je me promets de ne pas trop le vétiller. Car après tout, il a été ma bouffée d’oxygène de ce jour stressant.

(...)

Alex dort comme un bien heureux sur le canapé. Bouche ouverte, prête à gober les mouches. Il penche sur un côté, maltraitant sa colonne vertébrale.

- Alex ? Hé !

Pas de réaction à mes sollicitations. Mon canapé de facture moderne est confortable pour s’y asseoir ou s’y avachir, mais pas pour y dormir. Avec une douceur que personne ne me prêterait, je soulève le canadien et le porte jusqu’à ma chambre pour le poser sur le lit. Il avait déjà retiré ses scarpe. J’hésite à le délester de son pantalon, puis je renonce. Cela va le réveiller et nous conduire à discutailler. Je le laisse donc habillé et remonte la couette sur ses épaules. Amusé, je me penche et lui colle un baiser sur le front.

- Buonanotte Alex.

J’éteins les lumières, vire la serviette humide qui me ceint les reins et me couche à mon tour. Je plonge dans le sommeil presque immédiatement.

(…)

Je suis dans cette phase entre veille et éveil. Pas tout à fait réveillé, ni tout à fait endormi. Un moment où je savoure la chaleur du lit et le bienfait d’une nuit de repos. La respiration lente et profonde de mon compagnon de nuit accentue cette plénitude de l’éveil en douceur. Aujourd’hui le bar n’ouvre pas, nous sommes dimanche, jour de repos même pour un gangster de mon acabit. Je tends une jambe pour étirer un muscle quand je rencontre les orteils du canadien. Je le sens remuer, il se réveille aussi. J’ouvre les yeux quand sa main s’invite sur mon torse. Le manitobain serait-il d’humeur coquine au saut du lit ? Je le laisse faire, c’est toujours agréable d’éveiller ses sens de cette façon. Les doigts baladeurs redessinent mes abdominaux. Je referme les paupières pour mieux savourer cette délicieuse sensation qui entretient ma forme matinale. Ma peau frissonne de plaisir quand le pouce d’Alex joue avec le duvet sous mon nombril. Un baiser doux et léger au creux de mon épaule m’arrache un grognement de bien-être.

A ce moment-là, la météo autour du lit change du tout au tout. J’entends le cœur de l’étudiant déraper brusquement. Le matelas tressaute au rythme de son retrait.

-Je… Je suis désolé.  Je pensais pas que c’était toi.  Je pensais pas que c’était chez toi.  Tu m’héberges et je… tu vas me prendre pour un taré!
- Genre tu te préoccupes de ce que je pense de toi ?
- Je vais te faire un p’tit déj’.  Tu aimes les pancakes?  Tout le monde aime les pancakes.
- Ce n’est pas encore l’heure des pancakes Alex.


Je bascule sur le flanc et l’emprisonne de mon bras. Je vois bien son embarras et cela ne le rend que plus charmant.

- E 'tempo di imparare l'italiano Alex.

Je me colle contre lui, son cœur s’affole comme celui d’une biche prise en chasse. Malgré ses vêtements, il se rend bien compte que je ne porte rien, ajoutant à son trouble. Sans écouter ses protestations, je lui caresse le visage du bout du nez, humant  son odeur, pour finir par planter mon regard dans le sien. Je n’avais jamais été aussi près de lui. J’observe la myriade de nuances de ses iris qui sont d’une limpidité qui contraste avec mon propre regard. Je souris à son air farouche et le libère de l’entrave de mon bras. Je ne pouvais pas m’empêcher de faire mon numéro de charmeur. Cependant, je me suis promis hier soir de ne pas trop l’importuner. Fait rarissime, car je n’aime pas me freiner.

- Pas de panique Alex. Je n’ai jamais forcé personne, je ne commencerai pas aujourd’hui. Ma ti trovo molto affascinante… Va bene pour des pancakes… ou d’autres friandises plus charnelles si le cœur t’en dit.

Après un clin d’œil malicieux, je referme les yeux et me recolle sur le dos, les bras en croix derrière la nuque. La couette a glissé sur mon ventre, mais pas suffisamment pour que la vue soit impudique. Je me sens bien, encore enveloppé de la chaleur de la couche. Je ne parie rien sur le déroulement de la journée, partant du principe de naviguer à vue.


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Alex Cormier

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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Lun 13 Mar - 3:26




Gangster's Paradise

Feat. Alessandro Amaro & Alex Cormier







Alex avait beau comprendre que pour le Sicilien, ce n’était qu’un jeu, entre son cerveau et ses réactions physiologiques, un monde s’était ouvert.  Les piques de l’Italien ne se trouvaient répondues que par des regards fougueux et sauvages, comme des avertissements de ne pas jouer avec le feu, de ne pas le brusquer, de ne pas le contrarier.  Bien sûr qu’il se préoccupait de ce que Amaro pensait de lui.  Quel piètre invité il serait si il se fichait de l’opinion de son hôte à son égard?  Ce ne serait pas très Canadien comme réaction!  Et puis cette menace.  C’était toujours l’heure des pancakes, voyons donc!  Un instinct primal, au fond de son ventre, lui suggéra de montrer les dents, de se hérisser le poil, de gonfler les muscles.  S’il put retenir ces réactions animales, la chaire de poule ne l’épargna toutefois pas, alors que seule gonflait la contrition matinale de son jeans.  Il ne fallait pas que Amaro ne s’en aperçoive, mais il était peut-être trop tard.

Les plis des draps se muèrent, laissant deviner l’appétit matinal de l’habitant des lieux, alors que l’Italien se jetait sur son petit-déjeuner comme un fauve sur un chevreuil effrayé dont l’expression face aux phares d’une voiture n’avait d’égale que celle d’Alex qui n’y comprenait plus rien.  Entre autre parce que Alessandro lui parlait encore une fois dans cette langue incompréhensible.  Pourtant, une toute petite voix au fond de son crâne, nommée intuition, lui soupirait que le patron lui disait qu’il était temps pour lui d’apprendre l’italien.  La gorge sèche de ses abus de la veille, le canadien déglutit difficilement alors que son partenaire de sommeil mettait ce temps à profit pour se rapprocher de lui encore davantage.  Si le malin n’arrêtait pas, il risquait de tuer le pauvre Alex d’une crise cardiaque, vu le rythme auquel son coeur battait désormais dans ses tempes et entre ses côtes.  La nudité du maître des lieux, mêlée à la réalisation qu’il n’était peut-être finalement pas que coureur de jupons comme il l’avait cru depuis le lycée, finit d’attirer au visage d’Alex tout le sang qu’il avait, comme si son corps s’était transformé en immense aimant dont chaque pôle tentait de conserver tout le sang pour lui-même.

-À quoi tu joues, Amaro?  C’est pas drôle!  Laisse-m...

Venait-il réellement de lui chatouiller la joue du bout du nez?  Alex s’en était retrouvé sans mot.  Ou peut-être était-ce le regard sauvage du prince qui lui coupa le souffle.  Ils se trouvaient à présent à distance de baiser, et Alex ne sut qu’admirer ces deux pièges parfaitement circulaires qui avaient dû en charmer bien plus que raisonnable.  L’horizontalité de ses sourcils farouche se dressait entre les deux jeunes hommes comme une barrière dont le manitobain ne pouvait qu’espérer qu’elle ne tienne l’italien à distance.  Efficace barrière, comme l’homme se recula en lui envoyant un sourire.  Alex réprima un frisson, se sentant soudainement nu alors que la chaleur du bras qui l’avait bercé venait de disparaître.


- Pas de panique Alex. Celui-ci se contenta de grogner d’un petit air outré.  Il ne paniquait pas, voyons donc!
-Je n’ai jamais forcé personne, je ne commencerai pas aujourd’hui.  Haussement de sourcil.  Permettez-lui d’en douter, messieurs-dames.
-Ma ti trovo molto affascinante…  Et voilà que c’était repartit pour un tour de… de baragouin… suave.  Il fallait l’avouer.
-Va bene pour des pancakes… ou d’autres friandises plus charnelles si le cœur t’en dit.
-J’suis pas une friandise!
se contenta de riposter le canadien, troublé, alors qu’il avait très bien compris ce dont il était question.  Peut-être un peu trop bien à en juger par l’inconfort de son pantalon.  Puis il garda le silence un moment, observant d’un œil désapprobateur le cligneur qui s’était étendu de nouveau, les yeux clos et un sourire confiant aux lèvres, les mains derrière la tête, en bon fanfarron.

Alex se leva, laissant le matelas reprendre sa forme naturelle, et lança un regard par-dessus son épaule à l’italien qui en était resté impassible.  Il n’aurait su dire si c’était le manque de sommeil, des relents d’alcool de la veille, ou un besoin d’affection suite à sa rupture particulièrement garce de l’avant-veille, mais il décida de contourner le lit et de s’installer au-dessus d’Amaro.  De nouveau, son coeur s’emballa.  Agenouillé sur le matelas, son genou gauche à l’extérieur de la jambe droite du sicilien, son genou droit entre ses jambes, il se demanda un instant, dans cette position, ce qui l’empêcherait de brusquement relever le genou droit dans l’intimidé du fier.  Et la réponse lui déplut tellement qu’il la tut.  Pourtant, elle était évidente : ce n’était simplement pas ce qu’il avait envie de faire, à ce moment précis.  À la place, il saisit fermement les deux poignets du joueur, pour bloquer ses mouvements et, donnant le ton, il embrassa le coquin juste en-dessous de l’oreille.


***


Alex goûta une dernière fois, ou deux, aux lèvres d’Alessandro.  Il avait apprécié le cours d’italien.  Sa frénésie cardiaque s'était radoucie et il soupira en tentant de n'écouter ni son ventre affamé, ni ses jugements moraux qui lui disaient que ce n'était pas vraiment son genre que de se laisser avoir de la sorte à une aventure d'un soir - ou d'une matinée - même si c'était ce qu'il avait pensé chercher la veille.  Au fond de lui-même, il savait qu'il avait espéré que Tyler lui offre le gîte, et rien de plus.  Les minutes s’égrainaient tranquillement alors que l'air frais de l'appartement faisaient danser les rayons de soleils à travers les rideaux jusque sur leurs corps, et le paupières closes de l'étudiant.  Serein et anxieux à la fois, il ne sut pas trop combien de temps il était resté là, à méditer sur ses remords et ses désirs, avant de décider de se lever, en jetant un coup d'oeil à son torse constellé de plaisir.

-Je vais me laver.  Puis je te ferai tes pancakes.

C'était qu'ils auraient probablement bien besoin de cette énergie, après cet séance d'exercice.  Sortant du lit pour se rendre à la salle de bain, Alex porta en un réflexe pudique ses mains devant sa virilité, comme s’il craignait qu’un esprit omniscient, ou des caméras cachées dans l’appartement, puisse l’apercevoir dans sa nudité.  Il marchait à petits pas pressés et, passant le seuil de la porte, il se retourna et s’empourpra de nouveau.

-Je ne sais pas si tu as besoin que je te lave le dos, fit-il à mi-voix, sentant une bouffée de chaleur lui monter au visage et lui dévorer les joues et les oreilles.  Il fila aussitôt sur la pointe des pieds, sans attendre de réponse, et se retrouva bientôt dans la salle de bain, qu’il put observer davantage que la veille.  Qu’est-ce qui lui prenait?  Y avait-il une limite à son idiotie?  Il se voyait déjà risquer de s’attacher et devoir repartir, ou pire, réaliser que Alessandro s’était joué de lui comme de nombres d’autres auparavant.  Et le pire, c’était qu’il le savait en avance et pouvait le prévoir, mais s’entêtait dans ses mauvaises décisions.  Il devait taire cette petite voix au fond de sa tête, qui soulignait la manière par laquelle le rital avait agi envers lui depuis leurs retrouvailles, et qui espérait que, peut-être, il s’était trompé sur la personne, l’avait jugé trop tôt, et trop durement, des années auparavant, et qu’Alessandro avait un bon fond, au final, comme toute personne normalement constituée.

Non, il lui fallait tuer le problème dans l’oeuf et s’assurer de ne plus s’embrouiller les sentiments, ou les désirs, ou les pulsions en présence d’Amaro.  La première étape consisterait à mettre une barrière physique autant que psychologique entre eux.  Sans intimité, ils n’avaient aucune chance de développer une relation malsaine.  Dès qu’il serait vêtu, tout redeviendrait normal, se convainquit-il.

Et au moment ou le filet brûlant atteint sa peau, il réalisa que ses vêtements étaient toujours en petit tas au pied du lit.



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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Mer 22 Mar - 20:49


L.A. - Gangster's Paradise

Les paupières closes, couché sur le dos, je savoure ce moment de quietude dans ma vie qui ne l’est pas. Cette matinée représente une trêve dans la frénésie de mes affaires et du milieu.

- J’suis pas une friandise!

La canadien proteste, éclairant d’autant mon visage d’un sourire. Dio que si tu es une friandise Alexio ! Mais point besoin d’exprimer mes pensées, mon corps se charge de passer le message. Je sais que mon assurance est source d’agacement, mais c’est aussi ce qui fait mon charme. Je ne laisse pas indifférent et j’avoue volontiers priser ceux et celles qui me résistent. Je n’aime pas la facilité, ni le corps qui m’échoit sans combattre. J’ai le sens de la conquête et du combat. Toutefois la bataille amoureuse a ses propres règles. L’art de la réussite est de bien déterminer quelle est la bonne approche. L’homme qui ne sait pas changer de registre est condamné à essuyer des fins de non-recevoir. Alex est un animal farouche, prêt à bondir comme une biche. Il est vif dans ses décisions, avec lui une approche frontale est vouée à l’échec. Vouloir à tout prix le faire sien, c’est s'exposer à des frustrations.

Ce que je lui ai dit est vrai. Jamais je ne force quelqu’un à partager ma couche. Je trouve cela pathétique et sans gloire. Si je n’aime pas l’échec, je sais toutefois prendre sur moi et accepter que je ne sois pas désiré, même si cela égratigne mon amour propre et me colle en rogne pour un paquet d’heures.

Le matelas se soulage du poids du canadien. Je me fais une raison, le prochain plaisir sera d’ordre gastronomique et non charnel. Je laisse toutefois échapper un léger soupir de résignation. Au jeu de la séduction, il est impossible de gagner à chaque fois. C’est d’ailleurs ce qui rend la victoire si savoureuse.

Mes oreilles suivent la progression de mon invité qui contourne le lit. Son cœur trahit son émoi et un débat intérieur. Je le connais suffisamment pour savoir qu’il n’est pas à l’aise de sa situation actuelle. Il n’aime être pris en défaut et d’être contraint d’accepter mon aide qu’il ne souhaite pas spécialement obtenir. La veille, je lui ai bien expliqué que je n’en attendais aucun retour, mais chacun est construit à sa façon. Il est difficile de réagir contre sa nature.

J’ouvre les paupières d’étonnement quand le matelas s’affaisse à nouveau et qu'en ouvrant à nouveau les yeux je croise le regard clair d’Alex qui me surplombe, visiblement partagé sur ce qu’il doit faire ou pas. Je résiste à l’envie de dire quelques mots, car j’ai le sentiment que je briserai son élan. Ses mains emprisonnent mes poignets, m’empêchant toute riposte. Même si dans les faits, lui et moi sommes conscients que je ne n’aurais aucun mal à me dégager, je joue le jeu et le laisse faire. Mes paupières se referment quand ses lèvres touchent ma peau, initiant une onde électrique qui court délicieusement le long de mon échine. Mes bras finissent par se refermer sur son dos, plus protecteurs que possessifs. Je devine l’équilibre précaire qui peut faire basculer Alex de la fougue, à la fuite. Alors, je prends mon temps, évitant pour le moment les zones trop intimes pour laisser la pulpe de mes doigts caresser furtivement chaque muscle de son dos, chaque vertèbre. Son souffle chaud qui s’accélère au creux de mon cou, me procure d’infinies sensations. Quand je le sens plus assuré dans ses gestes et moins farouche à recevoir les miens, je lui murmure le langage de l’amour, articulant chaque mot dans un italien lent et sensuel. Je lui assure combien je le trouve beau et important. Je fais de ce réveil charnel, un moment unique et choisi et non pas l’histoire d’une nuit sans aucun sens. Je ne prémédite rien du lendemain.

(…)

Alex repose contre moi, le visage niché au creux de mon cou. Nos corps sont apaisés et moites de sueur. Nos cœurs et nos souffles tardent à reprendre un rythme apaisé. Je ne regrette pas de lui avoir laissé l’initiative de le faire ou non. Nos corps sont en accord avec nos pensées, nous apportant ainsi un réel bien être.

-Je vais me laver.  Puis je te ferai tes pan-cakes.
- J’ai une faim de loup !


Une lueur malicieuse se glisse dans mon regard. Il ne peut pas saisir le double sens de mes propos. Peut-être qu’un jour je le lui dirai, si un plus tard existe. J’aime sa maladresse à se redresser nu sous mon regard qui le détaille sans fard.

- Je ne sais pas si tu as besoin que je te lave le dos.

Il s’enfuit avant que j’aie le temps de lui répondre. Le canadien est un homme complexe fait de contraire et de contraste. Jusqu’à présent, je ne me suis pas vraiment attaché à une personne particulière. Ne cherchant à comprendre la personne que je mettais dans ma couche que pour profiter au mieux l’instant présent sans imaginer un lendemain. C’est ce que j’ai fait avec Alex, en lui laissant l’initiative de se rapprocher ou non. Mais contrairement à mes histoires anciennes, j’ai songé un bref instant à la possibilité de lui révéler ce que je suis. J’ai envisagé un plus tard, un futur. J’ai aimé ses caresses et son audace, aimé ce côté farouche et indomptable. Rien n’est acquis avec lui et cela me plait énormément.

Le bruit de l’eau qui coule dans la salle de bain me sort de mes réflexions. Je me lève à mon tour. C’est sans pudeur que je déambule nu dans mon appartement. J’ai envie d’une sigaretta, mais je crains que le temps que j’en grille une, qu’Alex ait fini de se laver.

Je le trouve pensif sous le jet d’eau chaude, les paupières closes. J’ouvre la porte de verre sécurit et la referme rapidement pour ne pas laisser la chaleur s’échapper, puis je viens plaquer mon torse contre son dos. Je ceinture mes bras autour de son torse, pose mon menton mal rasé contre son épaule et m’offre à mon tour à la caresse de l’eau chaude.

Pas de frénésie dans nos gestes. Il honore sa proposition de me frotter le dos, et le reste. Je prends soin de sa peau comme s’il était une œuvre d’art. Et surtout, je me tais. C’est un incommensurable présent que le manitobain apprécie à sa juste valeur. Je sors de la douche le premier, non sans avoir effleuré ses lèvres une ultime fois. Je me sèche sommairement avec une serviette, lui laissant mon peignoir sur la patère à côté de la porte de la douche. Ses affaires et son sac sont dans ma chambre. Je ne tiens pas à l’embarrasser à nouveau d’une impudeur forcée.

C’est sigaretta au bec, planté face à mon dressing, que je réfléchis à ce que je vais mettre sur le dos. J’entends Alex entrer dans la chambre, mais ne me retourne pas. Je me décide pour une tenue simple et opte pour un t-shirt sombre sur un jean. Aujourd’hui je suis simplement Alessandro, et non Amaro le boss du bar qui est sous nos pieds. Mon costar-cravate attendra bien demain.

(…)

- Aïe !

Je viens de me prendre une tape sur la main, car je viens de mettre mon index dans la pâte à pancake qu’Alex vient de préparer. Regard outragé du cuisinier qui semble très à cheval sur l’hygiène alimentaire, ou sur les manières en général. Je grogne pour la forme et vais m’asseoir sur un tabouret haut. Les coudes sur le plan stratifié, le menton calé sur mes mains jointes je marque mon impatience avec mon pied qui gigote dans une cadence infernale.

- J’ai faim !

Je réclame comme un gamin. Mon air mutin contraste avec la fausse colère que j’affiche. J’ai droit à des clichés sur les italiens en général et les siciliens en particulier.

- Si tu veux, je te fais visiter un Los Angeles que peu de gens connaissent, celui de la little Italy. Et pour midi, te faire manger de vraies pâtes !

Je n’ai jamais réagi ainsi, me moquant bien de ce que mes conquêtes pouvaient penser de moi. Je ne sais pas ce qu’il me prend à vouloir faire découvrir à Alex le quartier où j’ai grandi. Pourtant j’ai envie qu’il sache d’où je viens et comprenne ce qui m’a formaté et fait l’homme que je suis maintenant.

- Va bene !

Alex vient de poser sous mon nez une assiette bien alléchante. Si en plus d’être plaisant dans un lit, il sait faire la cuisine…


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Alex Cormier

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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Mar 25 Avr - 3:58




Gangster's Paradise

Feat. Alessandro Amaro & Alex Cormier







Pour ce qui lui semblait être la première fois de sa vie, Alex ne réfléchissait pas incessamment et ne sur-analysait pas les évènements qui s’enchaînaient sans qu’il ne perde son temps à se prendre la tête.  Il vivait cette journée en profitant pleinement de chaque instant, sans penser aux conséquences ni se demander de quoi le lendemain serait fait.  C’était un sentiment nouveau et agréable, que de se libérer des contraintes mentales avec lesquelles il avait toujours et constamment vécu, que ce soit pour plaire ou par crainte du regard de l’Autre, ou encore simplement parce que c’était dans sa nature d’être une créature soucieuse.  Il ne savait pas si c’était la présence de l’Italien, ou encore de savoir qu’au bout de la semaine, il rentrerait chez lui, retrouverait sa réalité réconfortante et n’aurait d’autre choix que de redevenir lui-même, marionnette au masque d’argile parmi autant d’autres figurines qui répétaient un rôle pour lequel ils n’avaient pas forcément auditionnés, répondant à une main invisible qui tirait des filins tout aussi peu tangibles pour les faire agir avec convenance selon des desseins pour lesquels ils n’avaient jamais signé.  Peut-être un peu des deux.  Peut-être aussi parce que la Cité des Anges en était aussi une de péchés, de perdition, de fuite.  Un échappatoire pour les bons penseurs de ce monde en quête d’émotions fortes.

-Pas touche! Y’a que le cuisinier qui peut goûter!

Vêtu de la même manière que la veille, Alex rigola un peu, derrière son sermon et son regard meurtrier, à la réaction d’Alessandro.  Comme si il avait pu lui faire mal.  Ce n’était qu’une petite tape de rien du tout, et le Sicilien avait passé son adolescence à casser des gueules.  Et le voilà qui faisait son boudeur en chialant qu’il était affamé.

-T’avais qu’à pas prendre une douche aussi longue... reprocha-t-il faussement en alignant ses propos d’un clignement d’oeil.  Ce sera prêt dans quelques minutes, M’sieur patience.

Alex fit fondre un carré de beurre dans la crêpière et d’un mouvement souple réparti l’huile résultante sur toute la surface avant d’y ajouter une louche entière de pâte, en formant un petits ronds du centre vers l’extérieur, comme Janet le lui avait appris.  Le temps que la pancake chauffe, il s’accouda au comptoir pour se retrouver face au gamin de 6’.  Il se surprit à penser qu’Amaro avait dû faire un enfant particulièrement difficile, et mignon, et ses joues s’empourprèrent subitement alors qu’il le dévisageait.  Le jeune étudiant préféra détourner le regard, comme s’il craignait que le petit sourire qui venait d’apparaître sur son visage ne soit une porte d’entrée pour qu’on vienne lire ses pensées.

-Je veux bien visiter Little Italy mais, euhm… Ça te dirait de visiter mon auberge, d’abord.  J’y ai laissé mon gros sac à dos en consigne, il faudrait que je passe le récupérer.  Si l’offre de rester tient toujours, j’veux dire.

Et il transféra la pancake dans une assiette qu’il vint glisser sous le nez de son hôte.  Et voilà! se contenta-t-il de signifier, avant de retourner à son fourneau.  Il prépara une nouvelle pancake et se lava ensuite les mains pour une quarante-douzième fois.  Alex alla alors essuyer de l’index la pâte qui avait coulé hors du cul-de-poule, et retourna vers Alessandro, le doigt en l’air.

-Tiens, si tu veux toujours de la pâte... offrit-il avant d’essuyer son doigt sur le bout du nez de l’Italien en éclatant de rire.  Il se lava les mains pour une cinquante-quinzième fois et alla retourner sa propre pancake en riant toujours un peu stupidement.

***

Voilà deux jours, deux nuits et trois soirées qu’Alex passait en compagnie de l’Italien. Ensemble, ils avaient terrassé leurs a priori l’un sur l’autre et l’opinion du Canadien s’était montrée de moins en moins sévère et arrêtée. Alessandro avait de la conversation et savait se montrer intéressant, ce qui n’était pas forcément le cas de tous les moulins à paroles qu’Alex avait rencontré au cours de sa jeune existence. Ils n’étaient pas toujours d’accord, mais ça n’avait pas d’importance, ils débattaient civilement. En fait, c’était comme si un accord tacite les liait et leurs faisaient jouer des archétypes qui les définissaient. En toute honnêteté, Alex n’avait jamais eu de mal à se targuer de stéréotypes qui lui correspondaient souvent grossièrement si on lui fichait la paix en échange. Ou si on l’amusait en entrant dans le jeu.

Ils en étaient tous les deux là, à marcher côte à côte dans les rues agitées de la Cité des Anges, emmitouflés dans un silence confortable et réconfortant. Dans ce calme relatif, l’étudiant avait l’occasion de se recueillir avec lui-même à l’intérieur de son crâne. Le jour du retour approchait bien trop rapidement à son goût. Il avait beau savoir que ce n’était qu’une aventure, et qu’Alessandro vendait certainement ce même genre de rêve à tous ceux et celles qui avaient le malheur de se prendre les pieds trop près de chez lui, le jeune homme ne s’en était pas moins éclaté et il s’accrochait désormais à un infime espoir que, peut-être, il aurait réussi à occuper une place dans la mémoire d’Amaro et ne serait pas qu’un autre nom prêt-à-jeter au pied de son lit. Évidemment, le châtain pouvait déjà se considérer chanceux, se doutait-il, d’avoir eu la permission de rester jusqu’à la fin de son voyage. Comme quoi des sourcils de chiot battu pouvaient même fonctionner auprès d’un mafieux.

Car il ne fallait pas se voiler la face. Ces machins en italien, ces commentaires sur le ton de la plaisanterie, ces cachotteries et messes basses : si Alessandro n’était pas un Don Juan doublé d’une graine de Capone, il était la reine des Pays-Bas. Il était également un guide touristique fascinant et n’avait même pas chigné lorsque, ce matin, Alex l’avait entraîné de force dans un musée à la thématique insolite, et malgré quelques soupirs et commentaires, il s’était montré patient alors qu’Alex lisait toutes les petites plaquettes. À la sortie, il avait saisi une brochure et avait offert, en contenant mal son excitation, de se rendre ensuite au musée des lapins. Le regard meurtrier qui lui fut envoyé le fit éclater de rire et Alex haussa les épaules : il préférait ne pas réapprendre à nager aujourd’hui.

Perdu dans ses réflexions, le manitobin en était venu à se demander si il aurait dû se taire plutôt que d’inviter Alessandro à visiter la Colombie-Britannique et y apprendre à skier. Il lui avait même offert de l’héberger et le regrettait amèrement, depuis le moment où les mots avaient franchies ses lèvres. Peut-être qu’au moins son ton détaché avait joué en sa faveur. Néanmoins, il en restait convaincu qu’Alessandro avait daigné accepter son offre par simplicité, sinon par pitié, plutôt que par envie.

Les mains dans les poches de son jeans, Alex releva le nez en direction d’Amaro, lorsqu’il rompit le silence, sortant par le fait même son escorte de ses pensées.



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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Lun 1 Mai - 15:11


L.A. - Gangster's Paradise
J’ai l’impression étrange d’être dans une bulle temporelle. Le Cormier que j’ai connu au lycée ne se serait pas laissé amadouer si facilement.  Tout en dégustant mon pancake, je l’observe sans être trop insistant. Il semble y avoir une dichotomie chez mon invité. L’Alex que j’ai connu est bien là, pourtant il est voilé d’une touche galvaudée qui n’est pas pour me déplaire. J’aime le rouge qui monte subitement à ses joues. J’ai envie de savoir à quoi il pensait. Se remémorait-il notre douche ? Il me fait figure d’un lutin malicieux, ou d’un coquin doublé d’un timide. Alex est un oxymore vivant. Il me charme, mais en même temps garde ses distances. J’ai peine à croire qu’il soit devenu un allumeur. Ce n’est pas son style et pourtant. Combien de fois va-t-il se laver les mains ? Ce genre de trouble obsessionnel compulsif cache souvent une détresse. Se sent-il sali par ce que nous avons fait ?

Le canadien dit être d’accord pour visiter le quartier de mon enfance à la condition de passer avant par son auberge de jeunesse afin d’y récupérer son bagage et profiter pleinement de mon hospitalité.

- Je ne propose rien à la légère. Tu es toujours le bienvenu.

Puis tenir ses engagements est le B A BA du métier de mafieux. Mais ça je ne peux pas le lui dire, cela risquerait de le faire fuir.

-Tiens, si tu veux toujours de la pâte...
- Hey !


Le facétieux retourne au fourneau après m’avoir maculé le nez de pâte à crêpes. J’hésite entre aller m’essuyer le museau sur sa joue ou… Je retire l’affront avec ma serviette puis vient me coller dans son dos, l’emprisonnant de tous ses degrés de liberté, sauf ceux nécessaires pour terminer la cuisson de son pancake.

- Tu sais que tu me fais penser à un adorable lapin ? Un lapin que j’ai envie de manger tout cru.

Toutefois le dit lapin a plutôt du répondant. Il me traite de différents noms d’animaux. Je souris lorsqu’il évoque un loup.

(…)

Je profite du moment présent et m’accorde une pause dans mon activité. Alex est en fait une bouffée d’air pur dans mon univers de nicotine et parfois truffé de plomb. Je me laisse aller à son insouciance. Il est évident que le manitobain pousse un peu le trait de l’étudiant désinvolte et que tout cela n’est qu’une bulle qui éclatera le jour de son départ. L’insouciance est un luxe que je ne peux pas me permettre. Cependant pour les quelques jours que dureront sa présence, j’ai mis un frein sur mes activités. Cette pause profite aussi à mes hommes. Toutefois il ne faut pas qu’elle dure au risque de perdre ma crédibilité et ma position dans la famiglia. En fait pour l’espace d’une poignée de jour, je m’offre une vie normale.

Le diner dans le ristorante de Victorio a été épique. La mama qui est au service a trouvé Alex “maigrichon”. Sans parler de son accent québécois qui lui a valu de devoir gouter à chaque spécialité de la maison. C’est un manotobain au ventre plutôt rebondi qui est sorti de là. A l’heure du gouter, il s’est contenté d’un thé léger sous le regard assassin du torréfacteur de la boutique à l’ancienne où je l’avais amené pour lui faire découvrir l’art du café à l’italienne. Avant de l’achever avec le régionalisme de mon pays de cœur, je l’ai laissé choisir le programme. Miseria e Madre di Dio que n’avais-je pas fait là. Nous nous sommes retrouvés dans un musée de trucs et machins.

- Cela ressemble à une décharge propre et rangée...

Toutefois Alex semble s’intéresser à ce binz, car il lit consciencieusement chaque panonceau.

- Regarde Aless’, ceci représente un loup.
- Elle est où la tête ? Le tube d’aspirateur, c’est ce qui lui teint lieu de queue ? Aïe !


Je me suis pris une chiquenaude sur la joue. Non mais c’est vrai, ce bric à broc ne ressemble pas du tout à un loup, même avec toute la bonne volonté du monde… Je suis juste d’accord sur la longueur du tuyau d’aspirateur… Pourtant je prends mon mal en patience. Qu’importe que je sois entouré d’objets de récupération pour en faire un musée de l’insolite. Le plus insolite dans tout ça reste Alex qui bouge comme s’il s’était libéré d’un poids. Enfin le bout du tunnel et de la sortie arrive.

- Cela te dirait de visiter le musée du lapin ?

Mon regard de prédateur le fait rire. Mince, mon panache en prend un coup ! Il n’a pas frémis une seconde. Une trêve tacite se fait : plus de musée. Nous déambulons au grès du vent et de la foule. Étonné, je l’entends m’inviter à visiter la Colombie-Britannique et y apprendre à skier. J’accepte, non que je sois intéressé par le ski ou cette province du Canada, mais plus par curiosité de l’offre d’hébergement. De toute façon ce n’est qu’une invitation de politesse, ses sourcils le trahissent. Je m’offre déjà un grand luxe en passant ses quelques jours avec lui, alors partir en voyage d’agrément au Canada… Quitte à effectuer un tel voyage, j’irai plutôt sur une ile paradisiaque perdu en pleine mer.

(…)

Notre dernière soirée fait contraste avec les précédentes car bien plus silencieuse. Demain chacun reprends le cours de sa vie. Alex s’envole pour son pays et poursuivre ses études, quant à moi j’ai trois jours de fainéantises à rattraper.

(…)

- Tu n’as rien oublié ? De toute façon j’ai ton adresse.

Je me trouve un peu couillon à attendre à l’aéroport que l’on affiche le comptoir d’enregistrement du vol d’Alex. Normalement, j’aurais dû me contenter de le déposer sans même quitter ma voiture, mais pourtant je suis là.

(…)

Son gros bagage disparait, avalé par le tapi soulant derrière l’hôtesse d’accueil. Alex a sa carte d’embarquement en main. Il est paré pour aller en salle d’embarquement où je ne pourrais pas le suivre. Je décide de mettre fin à ces atermoiements car cela ne me ressemble pas.

- Bon et bien Ciao’ Alex, j’espère que tu auras un bon vol. Bonne chance pour ton diplôme. Si tu as besoin que je casse quelques bras dans ton jury… appelle.

Je sais que le canadien n’est pas vraiment dupe de mes activités. Pour avoir vécu avec moi non-stop quelques jours, certains détails ne lui ont pas échappé. Je n’en ai rien dit, lui non plus. Chacun faisant comme si nous ne  nous reverrons pas de sitôt.

(…)

Santa bordello merda, c’est un vrai bain de sang. Ces maledetto de chinois tentent de récupérer le marché de la dope sur Los Angeles. Nous sommes en pleine guerre des gangs. Dans le laboratoire de raffinage de la précieuse poudre blanche, c’est l’hécatombe. Je me suis pris trois prunes dans le ventre. Ça fait un mal de chien. J’entends la sirène des flics qui se rapproche. Je dois quitter les lieux et laisser tout cette marchandises aux mains de la volaille. Sonny va être furieux.

- Boss ! On décroche rapidamente !

Je vois Mario donner un grand coup de masse sur le détendeur d’une bouteille d’acétylène. Un peu plus loin sur une paillasse un bec bunsen est resté allumé dans la confusion. Mes gars valides ont embarqué nos morts qui peuvent lier la Cosa Nostra à ce hangar. C’est soutenu par mon homme de confiance que je sors de l’entrepôt avant que retentit une grande explosion.

- Amène moi chez le véto.

C’est ainsi que nous surnommons le médecin qui soigne nos hommes. Le surnom est à peine péjoratif. Il faut qu’il me vire ces trois balles de la couenne pour que je puisse cicatriser correctement. Je parie un plat de lasagne que la volaille va venir au bar voir si je vais bien. Il serait malvenu que je les reçoive en me tenant les côtes.

(...)

La perte est lourde et correspond à trois mois de vente. Chacun fait profil bas, car l’excuse que les chinois sont plutôt doués pour les coups fourrés ne peut être tenue. Toutefois c’est vrai qu’ils utilisent des méthodes dont nous n’avons pas l’habitude. Donc au lieu de d’atermoyer sur ce qui aurait dû être fait, je cherche à comprendre comment ces faces de citron raisonnent pour que la prochaine fois ce soit moi qui leur coupe l’herbe sous les pieds.

(...)

La volaille a effectivement fait son tour d’inspection, prouvant s’il n’était besoin de s’en assurer, qu’ils m’ont à l’œil. Sonny a attendu quatre jours pour venir me sonner les cloches. Il me colle les trois million de dollars de perte sèche sur le dos, à rembourser « rapidamente ». C'est toujours mieux que servir de repas aux poissons. Je suis d’humeur massacrante. J’ai toujours mal aux dorsales. Une des balles étaient venues se loger là, brisant un peu d’os. Je n’ai pas la capacité régénérative d’un alpha. Si extérieurement j’ai plus aucune trace, à l’intérieur ce n’est pas la même chanson. Je rêve de vacances auxquelles je n’ai pas le droit.

- Boss ? Y a un type avec un accent canadien qui tente de vous joindre depuis trois jours.
- Cosa ?
- J’ai noté son nom et son numéro sur votre bloc note dans le bureau.
- Grazie Mario.


C’est quand je lis le nom sur le papier que je me souviens d’avoir donné à Alex le numéro d’une ligne que j’ai coupée quelques mois après son départ. Non pour couper les ponts avec lui, mais par sécurité je change de numéro de téléphone régulièrement.


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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Mar 20 Juin - 18:02




Gangster's Paradise

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S’il avait été abattu d’une triple déprime à son retour de vacances, Alex s’était concentré sur ses cours et avait planché dur pour que les résultats ne suivent pas vraiment.  Il fallait dire qu’entre le retour à la réalité, après les vacances; la rupture avec Mitch et la trahison de ses amis lui pesaient énormément et quotidiennement; mais surtout c’était le souvenir de l’italien qui le hantait, et comme le pauvre canadien pouvait se détester lorsqu’il se prenait à rêvasser de son accent chanteur, ou de son minois enjôleur.  Il faut dire que le jeune scientifique ne s’était pas aidé lorsqu’il avait changé son cours au choix pour un cours d’italien.  Le pari que lui avait fait le mafieux avait piqué en plein dans son orgueil et il comptait bien le relevé.  Qu’Alessandro en ait ou non ouïe dire était le dernier de ses soucis : il le faisait pour lui-même, pour se prouver qu’il était aussi bon qu’il le pensait, qu’il l’espérait.  Se prouver qu’il avait eu raison de juger prestement la langue de Vérone, alors qu’il avait eu tort de juger le sicilien qui la parlait.

Et puis il y avait eu la nouvelle, que Mitch’ était venue lui annoncer comme si elle lui avait prédit le temps qu’il ferait, et s’en était repartie aussi sereinement.  Lui faire part d’une telle bombe quelques semaines à peine avant la fin de session et les vacances de Noël, c’était cruel.  Mais le tenir dans l’ignorance l’aurait également été.  Pourquoi ne lui avait-elle pas dit plus tôt?  Le biochimiste avait frénétiquement fait quelques appels, d’abord pour prendre rendez-vous à la clinique médicale, puis au numéro que le bellâtre italien lui avait donné, et auquel il ne répondait jamais.  C’était probablement un numéro bidon qu’il lui avait donné, comme à toutes ses conquêtes, et la pensée suffit à anéantir un peu plus le moral d’Alex.

Lorsqu’il revint de la clinique ce jour-là, Alex s’enferma dans sa chambre de résidence, les rideaux tirés, caché sous la couette tel un gamin qui ne veut pas avoir à affronter le monde, et il se mit à sangloter, ne comprenant pas à quel moment sa vie était partie hors contrôle, quelle mauvaise décision il avait prise pour en arriver là, loin de sa famille, avec virtuellement aucun ami, et ce poids sur ses épaules.  Ce fut la sonnerie de son téléphone qui le tira de sa sieste involontaire.  Ses joues étaient comme asséchés par le sel qui s’y était accroché, il avait le teint livide et les yeux cernés du manque de sommeil des derniers jours, sa barbe poussait comme un champ de ronces et l’enthousiasme semblait avoir quitté et son regard et sa voix.  La voix éraillée par la soif et le réveil en sursaut, il répondit au bout de quatre sonneries.

-Mmmmouais?
-Alexio?
-A… Alessandro? C’est toi?
-J’ai… j’ai essayé de t’appeler la semaine dernière.  Je voulais te dire que tu devrais aller à la clinique.  Mon ex est venue me voir la semaine dernière, elle m’a dit que…


Le canadien inspira longuement, tentant de maîtriser sa voix.  Il ne voulait pas qu’elle craque, il ne voulait pas paraître faible.

-Je reviens de l’hôpital.  J’ai eu le résultat des tests.  Je…  la garce m’a trompé et… elle m’a refilé le VIH.  J’suis séropositif, Aless.

Il y avait quelque chose, dans cette déclaration, dans cette façon de le dire à voix haute, de se l’entendre dire, qui lui paraissait tellement formel et cruel d’un côté, et libérateur de l’autre.  Comme si la confidence partageait une partie de son fardeau, et celui suffit à lui redonner suffisamment de contenance pour poursuivre d’un ton à peu près autoritaire.

-Promet-moi que tu vas aller consulter, Amaro.  Je sais où tu habites et si j’apprends que tu n’y es pas allé, je te jure que je vais te botter les fesses.  Je t’y traînerai par l’oreille, si il le faut!

La menace était peut-être farfelue, mais elle venait du coeur et, pour la première fois depuis que Mitch’ lui avait annoncer la mauvaise nouvelle, un peu de sérénité s’était implanté dans l’esprit d’Alex, faisant germer une esquisse de sourire sur ses lèvres.  Il aurait voulu rester au téléphone éternellement avec la voix chaleureuse du mafioso qui venait éclairer ses ténèbres.  Il espérait seulement avoir été chanceux pour ne pas être contagieux lors de son passage à L.A.  L'infirmière lui avait indiqué que le décompte sanguin indiquait une contamination d'au plus six ou huit mois.

-Je... je m'en voudrais de t'avoir causé du tort.

C'était totalement con et irraisonnable, et il n'aurait probablement pas dû le dire, mais l'italien avait le don de rendre Alex plus spontané que de nature.



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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Mer 21 Juin - 18:17


L.A. - Gangster's Paradise


Apprendre qu’Alexio cherche à me joindre met un rayon de soleil dans ma vie plutôt scadente en ce moment. Je dois pécher trois million de dollars rapidamente avant que Sonny songe à m'apprendre à nager avec du lest. Je suis d’une humeur massacrante et colle au cul de mes hommes comme une tique assoiffée de sang. Trois million, cela ne se trouve pas sous la scarpa di un cavallo ! Je multiplie donc les opérations. Une telle agitation n’est pas sans risque, mais ma vie en dépend. J’aime le challenge qu’est mon travail au sein de la Cosa Nostra, je suis adique à l’adrénaline que cela inclu, pourtant là je me sens un peu débordé.

J’empoche le papier où sont notées les coordonnées d’Alexio. Je ne l’appelle pas immédiatement, car il aurait un vrai dogue au bout du fil. Rien ne m’attache à lui, pourtant j’ai envie que cet appel soit une bulle de paix dans mon enfer actuel.

- Boss ! Dino a peut-être un tuyau sur un entrepôt où les faces de citrons rangent leur dope.
- Eccellente ! Blinde l’information. Je veux tout savoir sur leur système de sécurité. Reste le plus discret possible et…
- Oui ?
- Ne mets que la squadra restreinte sur ce coup-là.
- Euh… Va bene Boss
.

« Squadra restreinte » signifie le groupe de mes hommes qui est au courant de ma nature surnaturelle. Les chinois nous ont bien roulés la dernière fois. Je compte bien me refaire et de les surprendre par des méthodes peu orthodoxes.

La journée file à une allure frénétique. La volaille est encore venue me narguer avec un pseudo contrôle de routine. Ils me collent la pression, essayant de me pousser à la faute. Je dois me faire violence pour garder mon calme et rester nonchalant alors que je n’ai qu’une seule envie, celle de leur déchirer la couenne à force de crocs et de griffes.

(…)

Le tuyau sur les faces de citrons s’avère juteux. Je sais où ils entreposent de façon temporaire leur came. Je vais pouvoir me racheter aux yeux de Sonny et me venger du déshonneur dans lequel j’ai été mis bien malgré moi.

(…)

La squadra rassemble des hommes de mon organisation, mais aussi un groupe de surnaturels qui tournent en freelance façon mercenaires. Le mot d’ordre est : pas un seul survivant. Il n’y a pas de surnaturels dans la squadra des yakusas que je vais affronter. J’ai donc l’élément de surprise.

(…)

L’opération a été un succès total. J’ai récupéré plus de poudre blanche que j’en ai perdue. J’évite d’inonder le marché pour ne pas faire baisser les prix. Les asiates n’étant plus en mesure de fournir, notre réseau de distribution prends le contrôle de nouvelles zones de deal. Sonny est content. Toutefois, il m’a obligé à partager pour moitié la plus-value que j’ai faite dans l’opération en guise de compensation. Cela me fait rager, mais c’est toujours un demi-million de dollars que j’encaisse. Je me fais une raison et me plie au joug de la famiglia. Sans elle, je n’aurais pas les appuis indispensables pour garder l’envergure de mon business.

Je fête ma victoire avec une bouteille de champagne, un gros cigare et une blonde à forte poitrine sur les genoux. Une semaine que je ne dors qu’une poignée d’heure par nuit. Je me laisse aller à la détente. Pamela ? Ou c’est Angela ? Je sais qu’elle a un prénom qui finit en « a » fait tomber avec sa croupe généreuse le contenu d’une corbeille qui est sur la table basse. De la menue monnaie en tombe ainsi qu’un papier froissé. Alexio ! Je pousse la fille et vais prendre un petit sachet dans le tiroir à double fond d’une desserte pour le lancer à la cagna.

- Aller tient mia Bella Donna. Envoie-toi en l’air à mes frais.
- Oh ! Merci Aless’ tu es un amour.


Alors qu’elle sort son miroir, je la prends gentiment par le coude et la mets dehors.

- Mario ? Raccompagne Christina dehors s’il te plait.
- Je m’appelle Sophia.
- È la stessa, Maria, Sonia, Sophia, Helena…
- Pfff ! Tu ne m’aimes pas Aless’ !
- Non mia bella. Je n’aime pas les cagan. Ciao’.


Je referme la porte de mon appartement avec un soupir de lassitude. J’enchaine les affaires les unes après les autres. Je n’ai pas levé le pied depuis qu’Alexio est resté quelques jours avec moi. Cela me semble si loin. Un sourire illumine mon visage à ce doux souvenir. Je ne sais pas quel est le pouvoir du Manitobain, car il sait être une vraie tête de pioche et un brin frondeur. Pourtant venant de lui, je n’y vois aucune remise en cause de ma personne. L’étudiant en biologie est un des rares avec qui j’arrive à me comporter naturalmente. Du moins sans avoir ce besoin irrépressible d’écraser et de contrôler les gens qui m’entourent. Je bois une gorgée de mon verre de grappa puis compose le numéro du canadien.

-Mmmmouais?
-Alexio?
-A… Alessandro? C’est toi?
- No, è il Papa…
-J’ai… j’ai essayé de t’appeler la semaine dernière.  Je voulais te dire que tu devrais aller à la clinique.  Mon ex est venue me voir la semaine dernière, elle m’a dit que…


Je suis surpris par le ton de sa voix et son débit de parole rapide. Il y a une note de peur qui me fait froncer les sourcils. Puis il ne me reprend pas sur les voyelles que j’ajoute toujours à son prénom. Il continue avant que je ne lui demande plus d’explication. Il m’annonce que son ex lui à refiler le VIH. Je ne percute pas immédiatement les implications d’une telle nouvelle. Etant un garou, je me suis toujours moqué des virus ou des microbes. La maladie est quelque chose qui n’existe pas dans ma vie. De plus mon métier m’éloigne de toute empathie pour autrui. Dans un premier temps, je prends donc l’information sans émotion. Ok, Alexio a le VIH.

- Promet-moi que tu vas aller consulter, Amaro.  Je sais où tu habites et si j’apprends que tu n’y es pas allé, je te jure que je vais te botter les fesses.  Je t’y traînerai par l’oreille, s’il le faut!
- …


L’information refait le tour de ma cervelle. Le manitobain s’inquiète pour moi. Effectivement, il ne peut pas savoir que mon organisme détruit le moindre virus qui s’y introduit. La mort a pour moi un autre visage, celui d’une balle en pleine tête ou d’une blessure majeure.

-Je... je m'en voudrais de t'avoir causé du tort.

Je n’ai pas répondu. Il doit prendre mon silence sur le fait que j’accuse le coup d’une terrible nouvelle.

- Alexio mio, ne t’inquiètes pas je suis de la mauvaise graine. Ce n’est pas le VIH qui peut me contaminer, mais moi qui contamine cette saleté de virus.

Je le rassure lui disant que je vais faire le test. Sa détresse évidente me touche. Je ne me reconnais pas et pour une fois, l’italien que je suis reste sans voix.

- Ça va aller Alexio ?

Non, évidemment que cela ne peut pas rouler. Généralement je ne suis pas affecté par les malheurs qui touchent les gens autour de moi. Je vis dangereusement, la mort est une compagne qui me suit constamment. S’il m’arrive de me peiner pour quelqu’un, mon réel sentiment est souvent égoïste par la perte d’un lien que j’affectionnai et non par la perte de la personne en elle-même.

Enfoncé dans mon confortable canapé, je reste silencieux, écoutant la respiration du canadien qui se trouve à un bon millier de kilomètres. Je repense aux quelques jours passés ensemble. J’avais eu un pincement au cœur en le voyant disparaitre par la porte d’embarcation. Puis ma vie où Il n’y a pas de place pour un lien indéfectible, m’avait rappelé à elle. Je sens qu’il va raccrocher.

- Quelle est ton adresse ?
- …
- Pour t’envoyer une copie de mon analyse sanguine.


C’est idiot, je pourrais parfaitement la lui transmettre par mail, mais Alexio qui ne prête pas attention à l’incongruité de ma demande, me donne ses coordonnées.

- Je te tiens au courant. Prends soin de toi. Ciao’ il mio tenero.

Avant de raccrocher, je lui donne mon numéro de téléphone actif.

(…)

L’avion amorce un virage, m’offrant un beau panorama sur la ville de Vancouver. Je suis déjà venu pour affaires. Les côtes canadiennes offrent plus de coins discrets pour décharger des marchandises de contrebande. Cela reporte le problème sur le passage de la frontière, mais permet de stocker la marchandise sur la terre ferme, ce qui est impossible sur un cargo en pleine mer.

J’ai pris l’avion le lendemain après avoir rappelé Alexio. En bon patron, j’en ai profité pour caler un rendez-vous d’affaire que je compte bien expédier avant d’aller sur le campus où loge le canadien.

(…)

Mon costume à huit cent dollars contraste avec les tenues décontractées des étudiants. J’ai pourtant viré ma cravate de cachemire et ouvert plusieurs boutons de ma chemise en soie sauvage.

- Monsieur ?
- Sì ?
- Sur le campus, il est interdit de fumer en dehors des zones balisées.
- Zones balisées ? Sul serio ? Ok ! ok !
- Il est également interdit de jeter son mégot au sol. Vous encourez une amande de vingt-cinq dollars.


Je fusille du regard le gardien qui vient polluer ma fumée de sigaretta avec son règlement. Il a le pouvoir de gravement m’ennuyer et je n’ai pas le temps de lui apprendre la brasse coulée. Je ramasse mon mégot en râlant pour le jeter dans une poubelle à une vingtaine de mètres de là. Une fois que j’ai contourné un bâtiment, je m’allume une nouvelle sigaretta et inspire avec un réel plaisir ma dose de goudron et de nicotine.

Je suis perdu ! Alexio loge dans le bâtiment G. Je viens de passer devant toutes les lettres précédentes de l’alphabet. Seulement il faut croire qu’en Colombie Britannique, ils ne rangent pas les lettres dans le même ordre qu’en Californie. Apres le bâtiment F, me voilà devant le J… Bordelo !

Je finis par demander mon chemin à deux étudiantes qui sont si ravies de m’aider, qu’elles m’emmènent jusqu’à l’entrée de la résidence où loge Alexio.

(…)

C’est la troisième fois que je frappe sans réponse. Je teste la poignée de la porte. C’est verrouillé. Je n’entends pas de bruit de l’autre côté du battant. J’attends que le couloir se vide de monde et sors deux crochets de ma poche. En général, je défonce les portes, mais je doute que cela plaise à l’occupant des lieux.

La chambrée est vide d’étudiant. Il fait sombre, les rideaux sont tirés. L’atmosphère sent le renfermé. J’ouvre la fenêtre. Je ne me gêne pas pour faire le tour du propriétaire. Du linge traîne au sol, il y a un aspect négligé que je ne reconnais pas à l’occupant du lieu. Sur le bureau c’est le fouillis entre des feuilles de cours et des brouillons diverses. A côté du lit, il y a une feuille froissée en boule. Dépliant le papier, je vois l’entête d’un laboratoire d’analyse. Je n’y connais pas grand-chose en jargon médical car je n’ai jamais fait de prise de sang de ma vie. Mais la conclusion à la fin de la page est claire, même pour un néophyte. Quelques mots tous simples qui vous condamnent à mort ou presque. Avec un geste plein de respect, je pose cette condamnation sur le bureau d’Alexio. Je soupire, que puis-je faire pour lui ? Rien.

Un emploi du temps affiché sur le mur me donne le temps probable qu’il me reste avant son retour. Soit une bonne heure. Je ne l’ai évidemment pas averti de ma venue. Je suis parti sur un coup de tête que je ne m’explique pas. Je sais bien que je ne suis pas simplement venu pour lui dire que je ne lui reprochai rien. Je tourne comme un fauve en cage dans cette piaule trop petite pour un fauve. L’inactivité peut pousser à d’étranges comportements. Je commence à ranger le désordre ambiant. Je commence par ramasser ce qui traîne au sol, sans être trop intrusif, puis je tombe sur un livre de cours qui me sidère. Ramassant l’ouvrage qui était tombé près de sa table de nuit, je m’assois sur le lit et le feuillette doucement. C’est un livre d’italien. Entre les pages, je trouve des notes ou des exercices faits sur une feuille libre. Mon cœur fait une ratée. Pourquoi s’est-il mis à cette langue qui lui est logiquement inutile ? Est-ce juste une lubie ou…

Je me lève du lit et vais consulter l’emploi du temps au-dessus du bureau. Alexio s’est réellement mis à apprendre l’italien ! Inexplicablement cela me fait chaud au cœur. Je tourne sur moi-même et regarde à nouveau ce lieu de vie qui s’est visiblement transformé en antichambre de la mort depuis peu. Une rage monte dans mon ventre, une colère sourde me fait serrer les poings.

Je commence par le lit, où je secoue la couette pour tout remettre en place. Avec une frénésie que je ne me connais pas, je range et nettoie l’antre du manitobain. Je me moque de savoir si je viole son intimité en ouvrant les tiroirs ou ses placards. J’ai ouvert les rideaux pour que le soleil illumine la pièce. Un torchon sur l’épaule je m’active comme une fée du logis. Je descends deux sacs poubelle de déchets constitués pour l’essentiel d’emballages de nouilles chinoises ou de cartons de pizza. En passant dans le couloir, je vois la laverie. J’y reviens avec un bon mètre cube de linge sale. J’arrache presque le distributeur de lessive du mur, tant l’appareil se fait récalcitrant.

(…)

Alexio est sensé avoir fini ses cours, mais il n’est toujours pas de retour. Je m'atèle donc au fouillis du bureau faisant des piles de livres, de cahiers ou de feuilles. Son linge passe du lave-linge au sèche-linge puis je me renseigne auprès d’un étudiant qui passe où trouver à manger. Le gars m’indique une rue non loin où il y en a pour tous les goûts.

C’est ainsi que je reviens avec un sac contenant de quoi repaître un italien : des pâtes à la napolitaine. Le sèche linge a fini son cycle. Je sors les affaires d’Alexio, les pliant au mieux dans la panière à linge. Je sais que je ne vais pas me risquer à les repasser. Mes capacités d’homme de ménage ont leurs limites.

Je remonte à l’étage, la panière à linge sous un bras, mon sac de course dans la main. Lorsque je débouche sur le palier, j’ai juste le temps de voir Alexio entrer chez lui.

(…)

Il n’a pas refermé la porte derrière lui, surement abasourdi de l’avoir trouvée déverrouillée, sans parler que sa cave s’est transformée en lieu lumineux et propre. Bon, cela sent la sigaretta. Car évidement je me suis activé clope au museau.

- Alex ?

Inconsciemment je retiens les voyelles supplémentaires qui me viennent naturalmente. Il se retourne. Ses yeux s’agrandissent comme des soucoupes, passant de ma personne, au bac de linge, au sac d’où sort une odeur de parmesan. Je pose lentement mon chargement, et referme la porte doucement comme si j’avais peur de réveiller quelqu’un. Je ne sais pas quoi lui dire, alors j’ouvre mes bras.


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Alex Cormier

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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Lun 26 Juin - 18:49




Gangster's Paradise

Feat. Alessandro Amaro & Alex Cormier







- Alexio mio, ne t’inquiètes pas je suis de la mauvaise graine. Ce n’est pas le VIH qui peut me contaminer, mais moi qui contamine cette saleté de virus.
Il manquait visiblement quelques notions de biologie élémentaire à l’italien, mais Alex n’avait pas vraiment la force ni l’envie de le reprendre et de lui expliquer que c’était l’une de ces situations où les petites bibittes* mangeaient les grosses.
- Ça va aller Alexio ?
-Je me suis jamais senti aussi bien.

Voilà qu’il se remettait au sarcasme.
- Quelle est ton adresse ?
- …
- Pour t’envoyer une copie de mon analyse sanguine.
-Ah! Euh… Résidence G, chambre 326.

C’était comme si, petit à petit, le cerveau d’Alex s’éteignait pour sombrer dans les ténèbres.
- Je te tiens au courant. Prends soin de toi. Ciao’ il mio tenero.
-Mouais, toi aussi.  Chow.

Pourquoi Alessandro venait-il de l’appeler son ténébreux?  Ou du moins c’était la supposition du biochimiste qui n’en était pas encore là dans son apprentissage.  Le rayon de soleil qu’avait été ce coup de fil dura suffisamment longtemps pour permettre au châtain de préparer son réveil pour le lendemain, et de prendre sa douche avant de comater sur son lit spartiate, une pile de vêtements lui servant involontairement d’oreiller de corps.

Le lendemain matin, l’étudiant sortit de sa torpeur en panique, ne comprenant pas où il était, ce qui lui arrivait et, le souffle court, il observa les alentours.  L’envie ne lui manquait pas de lancer son radio-réveil à travers la minuscule pièce, mais la motivation n’était pas au rendez-vous.  Lorsqu’il parvint enfin à s’extirper du lit, il n’ouvrit ni les rideaux ni les lampes et enfila un pantalon et un t-shirt au hasard, sans voir la tache de ketchup qui y trônait.  En sortant de sa chambre, une poignée de céréales sèches à la main, il réalisa qu’il avait enfilé sa veste à l’envers et dû la retirer en un soupir moribond pour la remettre à l’endroit.  Il oublia de se laver les mains après sa miction matinale et se rendit en cours en retard, sous la trentaine de regards incrédules de ses camarades, ainsi que celui de son professeur.  Non seulement en raison de son apparence, mais principalement, à vrai dire, parce que c’était la première fois de sa carrière universitaire que Cormier se présentait en retard à l’un de ses cours.  Ce n’était qu’une période de révision et de questions, se dit-il en hochant les épaules, et il alla s’installer tout au fond, près d’un étudiant auquel il ne parlait presque jamais.  Billy était naturellement doué pour les sciences et passait le plus clair de son temps hors des salles de classe.  On le voyait généralement aux périodes de révision où il venait glaner des informations sur l’examen à venir et la plupart de ses passes-temps incluaient de faire la fête.

Au premier semestre, Billy avait offert à Alex de prendre part à son groupe d’études, à Mary-J et lui, et le plus sérieux des deux étudiants avait poliment décliné, par prudence et par crainte de n’y perdre plus son temps qu’autre chose.  Pourtant, c’était précisément pour cette raison que le condamné qu’il se sentait être s’était assis près de Billy plutôt qu’à sa rangée habituelle à l’avant.  À force de murmures, il avait engagé la conversation avec le jeune génie et lui demanda finalement si il pensait faire un groupe d’études ce jour-là.  Malgré son air surpris, Billy lui offrit de l’accompagner chez lui après la pause, où ils pourraient réviser ensemble.

Lorsque Alex avait vu la console flambant neuve dans le salon, il avait insisté pour l’essayer un peu et lorsque Billy mentionna que son compagnon d’études lui avait toujours semblé plus sérieux que ça, Alex avait haussé les épaules une fois de plus en arguant qu’ils savaient déjà tous deux qu’ils passeraient leur année sans problème.  M-J les rejoignit bientôt et Alex repartit de l’appartement bien plus tôt qu’il ne l’aurait d’abord cru, l’estomac dans les talons, sans avoir ouvert son sac à dos.


***


Oh.  Apparemment qu’il avait oublié de verrouiller la porte ce matin.  Indifférent, il la poussa et, le sourcil revenu à la vie pour la première fois depuis plus d’une semaine, pénétra la pièce en se demandant ce qui s’était bien passé ici.  Les résidences n’avaient pas de préposé au ménage des chambres.  Sa mère avait certainement le double de sa clé, mais jamais ne se serait-elle permise d’entrer sans l’en aviser.  De toute manière, elle lui avait écrit l’avant-veille qu’elle serait à Washington pour la semaine, en congrès ou que savait-il encore.  Devait-il lui annoncer qu’il était un mort en vacances?  Il entendait déjà ses reproches fuser…  Et il sursauta quelques secondes après avoir entendu son nom dans son dos, avant de se retourner avec une lenteur qui lui était étrangère.  Lentement, il écarquilla les yeux en reconnaissant la voix et le visage qui s’étaient adressés à lui.  Et il leva le poing en reculant vers la fenêtre dans son dos.  Amaro se l’était jouée coole, mais en fait, il venait le faire payer.

-T’es v’nu m’tabasser? s’enquit-il d’une voix pâteuse, alors que son estomac s’insurgeait, hurlant la faim qui le tenaillait depuis qu’il était passé chez Billy.

Ses yeux injectés de sang se posèrent sur le bardas du sicilien.  Comment avait-il eu la clé de sa porte, d’abord?  Et pourquoi venait-il de faire son lavage?  Il voulait que la disparition d’Alex passe inaperçue et il savait que tous connaissaient sa nature propre et méticuleuse!  Le regard sec changea de main, maintenant que le panier de linge avait quitté la première, et c’est en voyant le sachet que l’odeur de la nourriture parvint à ses narines, comme si le contact visuel venait l’aider à passer au-delà de l’odeur similaire à la moufette qui exhalait de sa personne tant elle s’était imprégnée à ses vêtements.

Entre l’eau qui lui montait à la bouche alors que le sac se libérait de l’emprise du sicilien et que ses bras s’ouvraient face à lui, plus grands que ceux du Christ Rédempteur, les défenses du canadiens fondirent et se poings s’abaissèrent doucement.  Et sans qu’il ne fut certain de savoir si c’était lui ou Alessandro qui s’était avancé, ou peut-être les deux, il alla se réfugier dans l’étreinte qui se referma sur lui, la tête contre le coeur qui battait dans le torse d’en face, rassurant.  Même l’odeur de cigarette qui émanait de son visiteur parvenait à le rassurer, alors que lui-même empestait d’une odeur parente.  Silencieusement, il laissa quelques larmes parcourir les sillons que leurs prédécesseures des derniers jours avaient creusé tantôt avec vigueur, tantôt avec patience, sans sembler vouloir cesser leurs courses pour plus qu’une trêve, sans cesser pouvoir parvenir à tarir leur source constamment renouvelée.

Et sans relâcher son étreinte d’un pascal*, conservant son visage enfoui contre la chemise entrouverte de l’italien, ses bras passant derrière le dos de son captif pour revenir lui saisir les hanches par l’avant telle une pince humaine, Alex souffla à mi-voix.

-J’ai la dalle.  J’ai jamais pensé qu’on pouvait avoir autant faim…  C’est pour moi?

Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Jeu 13 Juil - 19:10


L.A. - Gangster's Paradise


-T’es v’nu m’tabasser?

Je ne reconnais pas le manitobain dans cette loque humaine qui semble sortir d’un mauvais trip. Il sent la transpiration, ses cheveux font un concours d’art abstrait au sommet de son crâne et son regard injecté de sang lui donne l’air d’un drogué en manque. Alexio lève un poing mollasson dans une parodie de garde contrée. Où est passé l’étudiant malicieux qui m’avait tant plus pendant ses dernières vacances ?

La vie est vraiment peu de chose. Je ne l’apprends pas, mais être témoin de la plongée en enfer d’Alexio me choque. Je me surprends moi-même d’être affecté par l’état de quelqu'un autre que ma petite personne. L’égoïsme est une protection dans le milieu dans lequel j’évolue. Toutefois mes bras s’écartent pour recevoir ce sac à linge sale ambulant. Le temps d’un bref instant, celui d’une hésitation dans son regard, je crois qu’il va se jeter sur le sac de bouffe, mais non. Il vient se coller à moi. Je referme mes bras sur un corps encore solide et costaud, mais aux épaules basses. L’étudiant me ceinture comme si nous allions affronter un cyclone.

Ma main se cale toute seule sur sa nuque. Pendant quelques secondes je suis perdu, impuissant. J’ai toujours l’habitude de tout contrôler, mais ça... Pendant le trajet qui m’a amené ici, je me suis renseigné sur le VIH. N’étant pas concerné, je n’avais qu’une très vague idée de ce qu’était cette maladie. Avec le recul, ma réplique comme quoi s’était moi qui allais infecter le virus me semble bien puérile et maladroite. Le VIH, ou virus de l'immunodéficience humaine est une belle saloperie. Il existe bien des traitements avec des kilos de comprimés, mais ce n’est que du palliatif, sans parler des effets secondaires de toute cette merda. Tout cela coûte généralement un bras. La situation d’Alexio me montre à quel point la morsure m’a été bénéfique. Certes, les soirs de pleines lunes sont parfois délicats lorsque mon activité ne me colle pas dans une bonne disposition pour affronter la mesquine obombrée qui règne dans le ciel nocturne. J’ai généralement deux solutions à ma disposition, le sexe ou les règlements de compte avec griffes et crocs.

- J’ai la dalle.  J’ai jamais pensé qu’on pouvait avoir autant faim…  C’est pour moi ?
- Oui c’est pour toi. De la vraie nourriture : pasta !


Je m’écarte un peu, mais avant de le libérer de mon étreinte, je lui cueille le visage entre mes paumes et l’embrasse. Je retiens son mouvement de recul.

- Alexio, tes microbes ne vont pas me sauter dessus comme ça !

Je l’étreins une nouvelle fois avant de le lâcher pour récupérer mon sac de provision. Je sors les boites en carton et les pose sur son bureau que j’ai rangé. Je ne peux rien lui dire sur le monde surnaturel ou ma nature qui rend les virus inefficaces. La préservation du secret se transmet même avec la morsure. Puis ce n’est pas comme si j’étais un alpha avec la possibilité de le transformer.

- Pasta napoletana. La meilleure des thérapies !

En bon patron de bar, je lui sers sa boite de pasta posée sur une serviette de papier disposée légèrement en biais aux couleurs de l’Italie. Avec les dents, je déchire l’emballage qui préserve les couverts en plastique des souillures, puis plante la fourchette dans le mélange fumant et odorant.

Le manitobain me fait penser à un galérien qui n’a mangé qu’un bol de soupe claire depuis des jours. Son regard s’anime à nouveau et celui que je connais refait un peu surface. La voracité avec laquelle il s’empiffre fait que je lui pousse la deuxième boite que je n’ai pas touchée.

Ce ne sont que des pâtes, pas les meilleures et encore moins faites dans les règles de l’art, mais le temps d’un repas, un semblant de vie normale reprend son droit. Comme il n’y a qu’une chaise dans cette piaule, j’ai posé mes natiche sur le bout de son lit.

- Tu as de la sauce tomate là !

J’ai attrapé une des serviettes pour lui essuyer le menton. Seulement je me rends compte que c’est tout le bonhomme qui a besoin d’un bon lavage.

- Lève les bras !

Alexio ne comprend pas trop où je veux en venir, il ne s’exécute qu’à moitié. D’autorité j’attrape le bas de son t-shirt et tire vers le haut. La canadien n’a pas assez de vigueur pour me résister.

- Tu vas passer sous la douche. Et tu as intérêt de frotter, sinon je m’en occupe moi-même.

Sans lui demander son avis, je lui attrape la main pour le faire se lever. Je plonge la main sur son bouton de braguette, mais il m’empêche d’aller plus loin.

- Basta ! Aller pronto !

Je le pousse dans le placard qui lui sert de salle d’eau. Un sursaut d’orgueil le fait me repousser hors de l’endroit exigu et me fermer la porte au nez.

- Je vérifie après que tu as tout lavé !

(…)

Le bruit de l’eau me rassure. Alexio a bien collé son museau sous la douche. Je range le relief du repas, me rappelant que moi aussi j’ai faim. Puis je m’assois sur le lit.

Et maintenant ?

C’est bien beau de débarquer comme un prince charmant, mais je pourrai donner tous les baisers du monde à Alexio, cela n’enlèvera pas la saleté qui s’est installée dans ses veines. Mon vol retour est pour le lendemain. Mon téléphone qui sonne me distrait du problème qui m’occupe. Une bande de cloportes tente de nous faire de l’ombre dans le quartier des boites de nuit. Il y a besoin d’une intervention musclée. Mon bar n’est pas directement affecté, mais je suis tenu d’aider la famiglia à garder sa main mise sur la ville. J’explique que là je suis à Vancouver et que je ne serai pas disponible avant demain soir pour distribuer les tournioles qu’il faut.

(...)

Je n’ai pas entendu Alexio sortir de sa boite à douche. Il a enfilé un boxer propre et me regarde ne sachant pas vraiment quoi faire. Moi non plus d’ailleurs. Je me suis précipité ici et… et bien niente. Je n’ai pas de solution miracle à part celle d’écarter à nouveau les bras pour lui offrir un peu de chaleur humaine.

Ses cheveux humides gouttent sur son dos et mes bras qui se sont refermés à nouveau sur lui. Cette fois c’est moi qui me suis approché pour le serrer contre moi. Doucement, je l’attire vers le lit pour que nous nous asseyions.

- Ecoute, VIH ou pas, cela ne change rien à mes yeux. Compresi Alexio ?

Soupirs… Ma consolation est bien maigre face à une menace de mort bien réelle.

- Tu finis quand tes examens ? Je ne peux pas rester à Vancouver, mon avion est vers quinze heurs demain. Mais tu es le bienvenu à Los Angeles.

Je n’ose pas aborder l’aspect financier que va prendre sa thérapie. En fait je ne sais pas grand-chose de lui, de sa famille et des appuis qu’il peut espérer. Pas beaucoup si je me base à l’état dans lequel je l’ai trouvé. Lors de sa virée à Los Angeles Alexio avait été très à cheval sur ses dettes envers moi. Puis, la glace avait fondu et il avait fini par bien accepter d’abuser de mes largesses, comprenant que sa caution de sortie de taule n’était qu’une goutte d’eau dans le pognon que je brasse.

Toutefois là maintenant, je sais qu’il ne s’agit plus de lui proposer de passer des vacances agréables, ou lui donner un simple coup de pouce financier. Ce maudit virus ne se limite pas à une thérapie et des médicaments à payer. C’est aussi se rendre compte quels sont ses véritables amis, et même parmi les plus fidèles, l’instinct de survie fait prendre un recul bien délicat à faire admettre.

- Tu devrais enfiler un pantalon et mettre une chemise. Tu vas prendre froid. Puis tu vas me donner des envies si tu restes à moitié à poil.

A son sourire qui se crispe, je m’aperçois que je parle comme si je ne faisais pas cas du risque de contamination. Il doit me penser léger et accorder peu de considération à la gravité du diagnostic. Alexio n’est pas un élément suffisamment durable dans ma vie pour que je lui dévoile ma vraie nature. Cela me frustre de le voir s’inquiéter pour moi alors qu’au contraire avec moi, il peut se permettre tous les excès. Je me lève du lit avant de me laisser dominer par un instinct plus primaire et dans l’idée d’en assouvir un autre.

- Tu as mangé mes pasta.

Je prends un ton mélodramatique avec un doigt accusateur sur sa poitrine. J’hésite à lui demander de m’héberger cette nuit ou prendre une chambre d’hôtel et l’emmener loin de sa piaule où il déprime. La compassion, ce n’est pas mon fort. Je tâtonne et apprends sur le tas Il ne faut pas s’emballer non plus, je reste et resterai l’italien arrogant que j’ai toujours été.


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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Lun 21 Aoû - 15:24




Gangster's Paradise

Feat. Alessandro Amaro & Alex Cormier







C’est sous l’eau glacée de la douche qu’Alex réalisa qu’il avait laissé son pantalon hors de la salle de douche, et que son chandail était passé aux mains d’Alessandro.  Il n’avait donc pas rêvé?  L’Italien était venu lui rendre visite.  Non seulement ceci, il était venu s’occuper de lui, c’était presque le cas de dire qu’il était venu prendre soin de lui?  C’était à n’y rien comprendre.  N’aurait-il pas pu, s’il l’avait voulu, envoyer l’un de ses contacts?  Non, ce n’était pas ce qu’il avait fait.  Qu’y avait-il donc à comprendre?  Est-ce que le beau sicilien serait…?  Le coeur du châtain se chiffonna sous l’eau à cette pensée qu’il regretta immédiatement.  Même si c’était le cas, Alex n’avait pas la moindre envie de risquer… de risquer de lui faire du mal.  Pas à personne, mais certainement pas non plus à l’Etna ensoleillé et endormi, capable de douceurs infinies, qu’il avait rencontré l’été précédent.  Ça lui semblait déjà être des siècles auparavant, et il se plaisait à croire qu’il avait tourné la page, mais… le chapitre semblait se poursuivre sur la suivante, comme une obsession griffonnée dans toutes les marges.  Et toutes ces questions n’oblitéraient pas la plus pressante : qu’allait faire le timide étudiant au sortir de la douche?  Peu importe les tenues précédentes dans lesquelles Amaro l’avait vu, il n’avait pas franchement envie d’être à poil devant lui.  Il se sentirait vulnérable et… il craignait que ça ne donne des idées à l’un d’eux.  À Alessandro, surtout.  En ce moment, Alex était bien loin de ce genre de considérations.  Et il avait beau frotter et moduler la température, il n’arrivait pas à dégriser.  Apparemment que l’alcool différait de l’euphorie qu’il vivait présentement, et pas seulement celle qui empourprait ses joues.

Lorsqu’il sortit de sous l’eau, les mains stratégiquement positionnées, Alex se rua silencieusement vers le panier à linge et en récupéra un sous-vêtement un peu vieux, mais propre.  C’est alors qu’il se demandait comment ne pas attirer l’attention des troupes italiennes lorsqu’il se rendrait à la commode qu’ils accrochèrent leurs regards l’un à l’autre, et une nouvelle étreinte lui faucha l’herbe sous le pied.  Décidément, les ritals étaient bien plus tactiles, sinon démonstratifs, que les canadiens.  Au moins, à ce moment, tout ce qui dégouttait de l’étudiant en biochimie provenait de la douche; rien de salin.

Un long soupir s’évada des narines encore humides : bien sûr qu’il comprenait ce que le mafieux lui disait.  Il comprenait les mots et leur sens premier.  Ce qu’il ne comprenait pas, c’était toujours la même chose : qu’est-ce qu’il avait derrière la tête?  Quels étaient les sous-entendus que l’esprit cartésien ne comprenait pas?  Quel serait le prix à payer?  Car le sicilien avait forcément une motivation secrète entre les deux oreilles.  Il devait chercher quelque bénéfice, sinon il ne se serait pas donner tout ce mal, n’est-ce pas?  Et pourtant, Alex voulait croire qu’il avait tort, et s’efforçait de taire ces petites voix qui lui donnaient raison ou qui le poussaient vers l’anxiété et le doute, ou lui rappelaient encore le mesquin personnage que l’adolescent avait été, et de laisser un silence bienveillant l’entourer, pour ne plus qu’il se soucie de ce qui l’attendrait après.

Après avoir mollement haussé les épaules, Alex leva le nez en direction du tiroir de son bureau, le regard perdu quelque part entre un dictionnaire et la souris de son ordinateur portable.  La réflexion lui semblait difficile, mais la patience d’Alessandro paya enfin.

-Ce vendredi.  Je vais devoir appeler… mes parents, j’imagine.  Je ne sais plus chez lequel je passe Noël ou le jour de l’an.  Et je dois leur dire que je ne ferai pas le dernier semestre.  Ça sert à rien.

Comme pour changer le sujet avant que le châtain ne sombre à nouveau dans la mélancolie amère, Alessandro rappela à Alex son précédent objectif : se vêtir.  Il eut un petit ricanement lorsque l’italien lui parla de chemise – il n’en possédait qu’une –, qui se transforma en un hoquet tendu alors qu’Amaro exposait – peut-être? – ses intentions au grand jour.  Des intentions qu’il ne pouvait pas se permettre, et qu’Alex lui refuseraient.

Le doigt théâtral pointé sur lui tira un sourire éclatant, à défaut d’un éclat de rire, à l’étudiant qui prit l’index dans son poing et le poussa doucement ailleurs.  Le canadien n’avait même pas réalisé quelle quantité de pâtes il avait ingurgitée, et se sentit hautement coupable, même s’il savait que son vis-à-vis exagérait le trait avec humour.  Son estomac gargouilla, trahissant sa pensée.  Décidément, Mary-Jane avait une sapré influence sur lui, et son appétit, pour le moment.

-Je suis désolé, Alessandro.  Il y a une place à sushi à quelques coins de rue du campus, si tu veux. J’ai aussi faim, encore.


***


En sortant, repus, du steakhouse, hors du budget estudiantin, sur lequel ils étaient tombé et où Alessandro avait insisté pour se rendre, Alex fit un petit détour exprès, pour allonger la balade et en profiter autant que possible.  Il se sentait mieux : à satiété, mais également émotionnellement.  Lorsque la discussion qu’ils avaient amorcée à l’intérieur s’épuisa, aussi agréable qu’elle eut été, Alex rompit l’embryon de silence qui tentait de s’installer.  Car une question l’intriguait toujours.

-Si ce sont pas mes jambes que t’es venu casser, ce sont celles de qui?

Le canadien ne croyait pas un moment que Amaro ait changé à ce point, et s’il était – étrangement – prêt à accepter ce trait moins attrayant du mafieux, qu’est-ce que cela venait dire sur la boussole morale de l’universitaire?

Le biochimiste en formation profita qu’Alessandro avait ouvert son paquet de cigarette pour lui en chiper une et, avec un regard qui le mettait au défi de refuser, Alex la tendit pour que son aîné la lui allume en même temps qu’il allumerait la sienne.  Comment pourrait-il le lui refuser?  Après tout, il lui dirait quoi?  Qu’il chopperait le cancer et mourrait?  Pour ce que ça changerait…  Après s’être étouffé dans la première bouffée de nicotine qu’il prit, Alex précisa la pensée derrière sa question.

-En fait je m’en fiche un peu.  C’que je voulais vraiment savoir c’était si tu étais libre.  Il inspira profondément car cela lui coûtait cher de l’avouer, mais… Si tu voulais rester à dormir, ça me ferait du bien d’avoir une présence.  Je te prêterai un pyjama pour la nuit.  Et le ton de sa voix était sans équivoque : ce n’était pas une offre, mais une condition sine qua non.  Il était hors de question que leurs corps ne se touchent.  Pas directement, du moins.  C’était de chaleur humaine qu’Alex avait besoin, et rien de plus.  Et la Sicile semblait en être remplie.  Et puis, Alessandro le dépassait de quoi… deux ou trois sourcils?  C’était certain que l’un de ses t-shirt nocturne et un de ses pantalons de sommeil lui iraient sans problème.  Alex avait toujours aimé dormir dans des vêtements amples.  Cette question réglée, Alex sauta du coq à l’âne comme lui seul savait le faire.

-Est-ce que tu es en période de recrutement? À ton bar, je veux dire.  Et définitivement pas gogo danseur.  Je serais pas capable.  Il tira une tête qui en disait long, en piquant un fard au passage, et poursuivit. J’ai pensé à ton offre, et je pense que ça me plairait.  Il y a plein de choses que j’ai pas eu le temps de voir à LA, l’été dernier.

Et la couleur de ses oreilles vint s’accorder à celle de ses pommettes, alors qu’il se disait qu’il n’avait pas pu voir et faire plein de choses parce qu’il avait été trop occupé à en faire d’autres.  Au moins, ceci ne devrait plus être matière à lui poser un problème, comme il comptait taire tout ce qui pourrait y être lié : il ne se ferait plus prendre à ce dangereux piège, surtout qu’il était lui-même devenu ledit piège.



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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Mar 22 Aoû - 17:51


L.A. - Gangster's Paradise
Il est bien rare que je ne sache pas ce que je vais faire dans les prochaines minutes. Pourtant là, le museau dans les cheveux humides du canadien j’ignore quels seront mes prochains mots ou encore mes prochains gestes. Je suis complétement dérouté, perdu entre ce qu’il faut faire et ce que j’ai réellement envie de faire.

C’est Alexio qui brise le silence. Il évoque ses parents séparés et son devoir de se partager entre l’un et l’autre pour les fêtes de fin d’année. Rien de bien exceptionnel dans notre société actuelle. Ce qui l’est plus c’est de se résigner à informer ses géniteurs de sa séropositivité. J’imagine sans mal la réaction de sa madre. Les mamas du quartier de mon enfance m’ont habituée à faire d’un rhume, un drame planétaire. Le VIH, c'est le big bang mais à l'envers.

Seulement là ce n’est pas d’un rhume qu’il s’agit. C’est avouer que pour une légèreté de comportement, il se retrouve avec une épée de Damoclès accrochée au-dessus de lui. Entre la honte de se faire prendre si bêtement, la peine de décevoir et la peur de mourir, il reste peu de place à l’espoir. Ce que l’étudiant me confirme en affirmant ne pas vouloir faire son dernier semestre. Que répliquer ? J’imagine que ses parents l’inciteraient à poursuivre. Mais pour moi qui ne m’attends pas à une vie très longue du fait de mes activités, je comprends ce souhait et l’incite à s’habiller au lieu de le convaincre de ne pas abandonner.

Alors que je l’accuse d’avoir mangé mes pasta, son ventre gargouille à nouveau allégeant l’émotion de ses précédentes paroles. Il me propose d’aller nous restaurer dans un bar à sushis. Je retiens de justesse une affirmation comme quoi je suis un loup et pas un ours mangeur de saumon. Généralement ce secret ne me pèse pas, mais là il me frustre.

(…)

Heureusement sur le chemin nous croisons un steakhouse où j’emmène Alexio d’autorité en l’attrapant par le coude. L’établissement accueille peu d’étudiants, où les plus friqués d’entre eux. J’insiste pour que l’apprenti biochimiste se fasse plaisir. Pour ma part, je cale ma faim avec une viande épaisse et juteuse. Les bonnes saveurs allègent la peine et nous discutons de sujets aussi variés que les expositions à voir à Vancouver que du dernier film vu au cinéma. J’aime ce moment hors du temps, loin des règlements de comptes incessants à Los Angeles, ou de la cause qui m’a fait venir au Canada. Le temps du repas, les traits d’Alexio se détendent. Je retrouve l’étudiant qui a passé une partie de ses vacances avec moi. Les souvenirs remontent. Je me souviens avoir été apaisé par sa présence mutine et espiègle.

Une fois dehors, je le laisse me guider dans ce lieu que je ne connais pas. Il change le trajet, ce qui n’est pas désagréable. C’est rare que je déambule ainsi sans avoir de but. J’apprécie de flâner à ses côtés savourant l’instant. Mon bien être est tel que je ne parle pas, moi d’ordinaire si volubile.

-Si ce sont pas mes jambes que t’es venu casser, ce sont celles de qui?
- Pff…


Lors de son passage au Pink Print j’ai tenu Alexio en dehors de mes vraies affaires. Seulement, il semble bien qu’il ait deviné que derrière l’italien limite caricatural que je suis, se cache une réalité bien plus sombre. Il avait levé les poings en m’apercevant, craignant que je le cogne. Cela m’avait attristé qu’il puisse penser que je lui veuille du mal. En regardant son profil, je sais bien que je serai incapable de porter la main sur lui. C’est irrationnel, je ne m’explique pas cette retenue que j’ai à son égard. Sa question raisonne et ricoche dans ma cervelle. Car il évoque la raison qui m’a poussée à venir si rapidamente le trouver. Ce n’était évidemment pas pour le castagner, mais maintenant qu’il évoque l’idée… Je vais retrouver celle qui lui a refilé cet merda. Je suis conscient qu’Alexio est fautif de ne pas s’être protégé, mais je veux bien lui donner toutes les excuses possibles.

Alors que je sors mon paquet de sigaretta, l’étudiant m’en vole une. J’allume nos deux tiges de nicotine d’une seule flamme avant de recracher la première bouffée de fumée qui est toujours différente des suivantes. J’ai envie de le prendre entre mes bars, de fermer les yeux et d’imaginer le monde s’effacer autour de nous. Seulement je n’en fait rien et continue à marcher.

Tout de go, l’étudiant affirme soudainement s’en fichtre. Ce qui m’arrange bien, car je ne savais pas trop quoi lui répondre. Il me demande si je suis libre et m’invite à dormir à la condition que je m’affuble d’un pyjama. Dormir encombré d’un vêtement me dérange, pourtant j’accepte ses conditions. Depuis quand quelqu’un m’impose sa loi ?

Son regard attend ma réponse que je lui donne en hochant simplement la tête en effleurant le dos de sa main. Une telle retenue ne m’est pas familière, pourtant je ne me sens pas bridé dans mes réactions. Le moment est étrange et singulier. Je suis loin de mon territoire et rien autour de moi ne m’est familier. Je suis seul sans mes hommes de mains ou mes gardes du corps. Ici, je peux claquer des doigts, personne n’obéira. Pourtant cela ne me déstabilise pas. Cet humain fragile rayonne autant qu’un soleil. Il ne le sait pas et ne devra pas le savoir, sinon je suis à sa merci.

Nous poursuivons la balade, recentrant notre direction sur le campus et sa piaule. Un tas d’envies me passent par la tête, je n’esquisse pourtant aucun geste. Demain je serai obligé de repartir. Les vacances sont un luxe dans la mafia. J’aimerai pouvoir me permettre de réserver deux billets pour Hawaï ou ailleurs, de tout plaquer et l’emmener dans un coin de terre où nous serions seuls. Moi qui affectionne la vie trépignantes des métropoles, me voilà à rêver d’iles désertes. Que m’as-tu fait Alex Cormier ?

L’immeuble de son logement se profile devant nous. Il nous reste si peu de temps avant demain… J’ai l’impression d’être dans la peau d’un adolescent qui vole quelques instants de liberté.

« Je le veux ».

Souvent j’ai prononcé ces mots « Je veux ». Pourtant jamais ils n’ont retenti avec autant de force qu’aujourd’hui. Je me suis toujours moqué de ces trucs de loups, d’imprégnations et autres bêtises du genre, me réclamant avant tout humain. Je me bats comme un homme avec des armes à feu. Je n’utilise mes artifices de loup que pour d’extrêmes cas. Je vis comme un homme, aime comme un homme passant de conquête en conquête. Et pourtant…. Là… L’homme s’efface, car  un animal indomptable sort de sa tanière, écrasant mon humanité, changeant les règles et les priorités.

Ma sigaretta vole au loin, le loup qui reprend les commandes ne veut pas de cette fumée qui lui masque l’odorat. Le fauve laisse passer son compagnon devant, il le suit dans les escaliers, le regard vissé sur sa silhouette et le balancement de ses hanches alors qu’il gravit une à une les marches. Il sent son parfum encore entaché du gel de la douche qu’il a prise. Le loup reconnait cette saveur personnelle, un parfum qui l’avait enivré pendant l’été. Un parfum qui lui rappel un rire, le timbre d’une voix, la saveur d’une peau.

Puis l’humain s’arrête, et se retourne, Alexio me demande si je recrute toujours. Je l’écoute préciser sa pensée, j’ose comprendre qu’il n’a que faire d’un job, mais que derrière sa demande il ne cherche que des bras protecteurs, les miens. Cette pensée hautement narcissique m’emplit de joie et de contentement. Je feule une acceptation.

Un véritable ami devrait lui dire de persévérer dans ses études, de s’accrocher à un traitement et une hygiène de vie. Seulement je ne suis pas l’ami idéal. Je suis l’égoïste qui le veut pour lui seul. Un italien jaloux et possessif. Un loup avide, affamé et insatiable.

- Hors de question de t’exposer à la vue des autres. Dans un bar, il y a largement de quoi te trouver une occupation à temps plein, si c’est cela que tu désires. Monte !

Je le pousse doucement, l’incitant à poursuivre son ascension. Nous croisons deux étudiants qui ont le malheur d’intercepter Alexio. Ils y vont de leurs commentaires, qu’il semble en meilleure forme que hier. Je prends sur moi de ne pas les prendre à la gorge et les faire dégager. Ils me regardent étrangement. Rien ne me raccroche à la vie étudiante. J’ai l’air de ce que je suis, un fauve en chasse. Un fauve qui a trouvé sa proie.

- Ça va aller Alex ?
- On va au foyer, si tu veux venir avec nous ?


Ils lui offrent une porte de sortie. J’ai tué pour moins que ça. Mais mon humain les coupe, disant qu’il a à faire, qu’il va mieux. Nous poursuivons la montée des marches dans un silence qui n’en est pas un. Fréquemment Alexio se retourne pour s’assurer que je ne suis pas loin. Il laisse traîner ses doigts sur la rampe, doigts que j’effleure à chaque pas.

« Tu sei il mio. »

Enfin son étage, puis la porte de sa piaule que je referme non sans une vraie satisfaction. Mais je vois son regard inquiet. Il veut sans vouloir. Ses priorités ne sont pas miennes. Il cherche un appui, un support et un réconfort. La certitude de ne pas être jugé et encore moins repoussé. Alors je fais valser mes chaussures et m’allonge sur son lit lui offrant mes bras. Nous sommes au milieu de l’après-midi, ce n’est pas le temps de se coucher. L’étudiant hésite devant mon regard pénétrant. Je ne sais pas ce qui le décide, entre l’assurance irrationnelle d’être en sécurité avec moi, ou un autre instinct plus primaire. Mes bras se referment sur un corps en détresse. Mon téléphone se met à vibrer avec insistance, nous chatouillant l’aine à tous les deux. Sans regarder le nom de l’appelant, je l’éteins et le pose sur la table de chevet emprisonnant à nouveau Alexio de mes bras.

Combien de temps restons-nous ainsi ? Suffisamment pour que le soleil se teinte d’une belle couleur orange. Le loup est bien plus sage que l’humain qui l’héberge. Il veille cet être en détresse, transformant ses bras en bouclier et son corps en couche chaude et accueillante. Le plus prude des deux ne s’y trompe pas et semble abandonner ses défenses, s’en remettant à un autre, un fauve aux instincts sauvages.

La tombée de la nuit nous surprend, simplement enlacés. L’animal s’est rendormi. Je me surprends d’une telle retenue de ma part, pourtant dans le même temps elle me parait une évidence. J’embrasse la naissance de ses cheveux. Son front perle de sueur. C’est qu’il fait chaud à rester collés l’un à l’autre si longtemps.

- Alex ? Tu veux aller manger dehors ou que nous ramenons quelque chose ici ?

Décision est prise de manger dans sa chambre. Alexio insiste pour aller chercher de quoi nous restaurer et refuse mon billet de cinquante dollars. Je n’insiste pas. Une fois solo je rappelle celui qui m’a appelé et qui n’est d’autre que mon second Mario. Jamais je n’aurais pensé à devoir faire face à ce genre d’ennemi. Daeh vient de prendre le Pink Print comme cible pour ses revendications avec trois bonbonnes de gaz camouflées dans la réserve avec les futs de bière. Bilan : cinq morts, trente-cinq blessés dont cinq dans un état critique. Je m’en veux de ne pas avoir répondu. Je viens de perdre quatre employés.

Une rage froide monte dans mon ventre. Autant je sais faire face aux cartels chinois ou à mes cousins napolitains, autant un ennemi qui vous cible presque par hasard, un ennemi aussi invisible que sournois me laisse totalement désarmé. Je ne peux que pleurer mes morts, réparer le bar et continuer pour ne pas céder devant cette guerre asymétrique. Carlo fait partie des morts. Je connais sa sœur avec qui je suis sorti. Sa madre m’a mouché le nez quand j’étais môme et collé des pansements sur mes genoux écorchés. Même s’il était sous mes ordres, c’est un frère de cœur que je perds, comme les trois autres employés qui ont péri dans cet attentat. Mes larmes coulent sans retenues. Depuis quand n’ai-je pas pleuré ? Je suis pourtant seul, mais cela m’indispose de me laisser à une telle faiblesse. Avec des gestes d’automate, je vire mes vêtements et me colle sous le jet d’eau froide de la douche d’Alex.

(…)

J’ai perdu la notion du temps et je n’ai aucune idée de savoir si c’est moi qui ai arrêté l’eau de couler ou le canadien que je découvre subitement à mes côtés alors que je suis affalé sur le receveur en faïence de sa douche. Dans ses mains, mes affaires et mon téléphone que j’ai semés en venant me réfugier sous une pluie bienfaitrice. Je n’ai aucune idée du spectacle que je lui offre, mon esprit est ailleurs dans une haine qui ne trouve pas sa cible. La voix de l’étudiant finit par m’atteindre. Je devine sa question plus que je ne l’entends.

- Regarde les informations…  cela doit faire la une des journaux.

Dire que je ne peux même pas venger mes morts. Je serre les mâchoires car j’ai les crocs prêts à sortir. Je bloque le hurlement à la mort que mon instinct m’ordonne de pousser. Mes paupières se ferment sur un regard d’un bleu électrique. Ma peau frissonne, mais pas de froid. Mario m’a dit que cela ne servait rien que j’avance mon vol de retour. Le bar est plein de flicailles. Dans l’état où il devine que je suis, il préfère me savoir loin.

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Alex Cormier

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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Sam 21 Oct - 18:59




Gangster's Paradise

Feat. Alessandro Amaro & Alex Cormier







-Ça va numéro un, les gars! répondit Alex, dans l’escalier, son visage rayonnant de son premier sourire depuis un bon moment, ses muscles crispés tirant légèrement à l’intérieur de ses joues.  On vous rejoindra peut-être plus tard! ajouta-t-il avec une fausse légèreté.  Sans être des amis proches, Alex passait suffisamment de temps au foyer de la résidence pour en connaître la plupart des habitués, dont ces deux-là.  Partager une bière en étudiant ensemble la biologie moléculaire, la philosophie comparative, la fiscalité ou la pédagogie avait quelque chose d’extrêmement plaisant qui solidifiait les liens.  Même lorsqu’on ne se rappelait pas des noms de la moitié de nos partenaires d’études.

Alex ne se doutait pas que, blotti dans la chaleureuse étreinte de son amant, il ne mettrait pas les pas aux foyers pour les y rejoindre, mais ferait une sieste bien méritée, et bien calme en comparaison à ses précédentes nuits.  Pour un peu, on aurait pu jurer que les poches sous ses yeux avaient rapetissé et que ses cernes avaient régressé.  Dans un bâillement, Alex se frotta la joue, empreinte de la trace du coton sur lequel sa tête avait reposé.  Les effets de son amitié matinale s’étaient estompés et l’estomac de l’étudiant était encore distendu, mais Alessandro semblait de nouveau affamé et Alex suggéra de rester ici pour manger, qu’il pourrait aller faire les courses.

En chemin, il s’arrêta au foyer.  Ses deux potes de l’après-midi étaient disparus, mais une étudiante de deux ans sa cadette lui demanda avec qui il était, et s’ils devaient s’inquiéter.  Alex força un éclat de rire et un sourire bien moins radieux que ce matin, maintenant que la présence d’Amaro n’était plus à ses côtés pour réchauffer ses tripes.  

-Ahah!  Non, y’a pas de raison.  Après une courte pause, il ajouta – avec le regard brillant et les joues rosies – ce qui ne lui semblait pas être un mensonge.  C’est un ami d’enfance, il est de passage ici.

Et sans avoir la moindre idée de l’impression qu’il avait laissé – On pourrait très bien croire qu’il avait effrontément menti – Alex ressortit de la pièce pour se diriger vers la petite épicerie à proximité du campus, toujours bondée de jeunes gens.  Il en profita pour faire ses emplettes pour les prochains jours et alla s’activer dans la cuisine commune.  Il ne fut pas très long : ça n’était rien d’extrêmement sorcier à préparer.

Dès qu’il entra dans son antre exigu, Alex remarqua les vêtements d’Alessandro au sol, qu’il posa sur le lit après avoir posé leur repas sur sa table de travail.  Il entendit également la douche et appela doucement Alessandro, sans réponse.  La porte était entrouverte et, virant instantanément au cramoisi, il se demanda si c’était une invitation ou…  Subitement livide, Alex se précipita sur le corps du sicilien affalé.  Il était vivant.  L’eau fut éteinte en une fraction de seconde et le cadet se précipita dans la penderie pour y saisir une serviette, et posa les affaires du barman dessous. À son retour dans la salle d’eau, il eut honte de ses pensées.  Le corps nu d’Amaro, toujours aussi parfaitement entretenu, faisait naître des idées qu’il n’aurait pas dû avoir.  Un bref instant, Alex se demanda s’il était vraiment grave de transmettre à Amaro cette cochonnerie.  Si on la lui avait donné sans ressentiment, pourquoi en serait-il incapable?  Il regretta aussitôt cette pensée.  Jamais ne serait-il capable de faire cela à qui que ce soit, surtout pas à cet homme.  Son torse s’enflammait alors qu’il essuyait la peau musquée du mafieux, lui demandant ce qui allait, ou n’allait pas, plutôt.  Inquiet de n’avoir pour seule réponse que des sanglots, il répéta, perdant sa douceur, son interrogation.  Les informations?  Alex ne comprenait pas, mais il était hors de question qu’il laisse son aîné de la sorte.  Il avait posé la pile d’affaires sur la cuve de la toilette et tira Alessandro pour le blottir contre lui.

-Ca va aller.  Je suis là, t’es pas seul. murmura-t-il en embrassant la tempe du mieux-nanti.

Doucement, il berça Alessandro contre lui, faisant fi des larmes qui séchèrent bien rapidement sur les joues orgueilleuses de l’italien.  Il lui rendait la pareille, le réconfortait comme il avait été réconforté pas plus tard que ce matin.  Tranquillement, il aida son invité à se redresser et à rejoindre la pièce de vie unique.  Il lui fila ses boxers pour qu’il puisse les enfiler, et alla ouvrir la radio de son réveil-matin.  Il força Amaro à s’asseoir dans son étreinte et posa le menton dans le creux de sa nuque, en écoutant des nouvelles électorales, puis une histoire de pipeline et finalement, un attentat, à LA.  Il ne fallait pas être un Sherlock Holmes pour comprendre et Alex s’étira pour fermer la voix monocorde qui leur annonçait les malheurs.

-Je suis désolé, Aless’, je… je sais pas quoi dire.

Et il resserra son étreinte, espérant être une moindre source de réconfort.  Ce ne fut que lorsque Amaro se décolla de sa personne qu’Alex lança, très timidement, avec hésitation et un accent très académique :

-Vuoy tu un mio panino?

Timidement, il désigna l’assiette de sandwichs flanqués de crudités sur son bureau de travail, en ajoutant comme si c’était une information indispensable :

-Je les ai fait moi-même.  Il y a jambon et poulet, je savais pas ce que tu préférais...



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