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 L.A. - Gangster's Paradise

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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Ven 27 Oct - 13:41


L.A. - Gangster's Paradise
On me sèche, on me parle doucement, on me cajole. Ce n’était pas arrivé depuis combien de temps ? Quinze ans? Vingt ans ? Je suis partagé entre réagir et me laisser aller. Mes larmes sèchent sans que j’aie besoin de le commander. Mon orgueil commande à mes glandes lacrymales, mais pas à mes muscles. Je reste avachi contre le canadien. Je suis fauché par la triste nouvelle, toutefois je trouve le contact de ma joue contre son torse apaisant et agréable. Nous retournons dans sa chambre où je cache ma nudité. Quel triste spectacle ai-je donné ?

La radio explique à ma place l’acte terroriste qui devient un quotidien, presque une banalité. L’étudiant se dit désolé et avoue ne pas savoir quoi dire ou comment réagir. Je fais un vague geste de la main. Il n’y a rien à faire ou à dire. Les morts le resteront quelques soient nos prières.

Son torse chaud contre mon dos, ses bras autour de mon corps, son menton posé sur mon épaule, je réalise l’incongruité de nos positions. Avec honte j’avoue que cela me plait, mais sous l’impulsion de   mon caractère excessif et une fierté un peu gonflée, je me dégage doucement de cette étreinte qui se veut amicale et non pas dominatrice. Mais on ne change pas un italien.

-Vuoy tu un mio panino?
- Vuoi. Vuoi tu un mio panino ?


Par simple réflexe, je corrige sa prononciation. Je note qu’il a fait de net progrès depuis qu’il est venu à Los Angeles. Cela me touche qu’il prenne la peine de parler dans ma langue natale. C’est un réconfort aussi chaud que ses bras autour de moi. Je l’écoute me dire qu’il les a préparés lui-même. J’encaisse mes émotions et la simple présence du canadien m’empêche de me laisser aller dans une fureur destructrice. Depuis quand a-t-il ce pouvoir sur moi ? Je lui souris, il me répond de la même façon.

- Pollo. Mi piace mangiare pollo !

Je ris de mon allusion qu’il ne peut pas comprendre, ou qu’il feint de ne pas comprendre. Le choc m’a laissé affamé. Je lui fais part de ne plus vouloir évoquer le drame de Los Angeles et fais honneur à son repas. Le reste de la soirée ne me ressemble pas, pourtant j’en suis très satisfait. Nous grenouillons sur son lit. Lui entre mes bras et non l’inverse. Alex me parle de ses lectures. Je lis de temps à autre et connais les classiques contemporains. Nous parlons du dernier Marvel, critiquons les effet spéciaux et les fonds verts trop évidents. Mes doigts n’en finissent plus de caresser ses cheveux courts, ou sa barbe naissante sur ses joues. Nous parlons de ses études. Il évoque l’idée d’abandonner. Je lui précise qu’il n’est pas encore à l’état de moribond. Une idée folle me vient, mais pour cela il devrait venir à Los Angeles. Il existe un remède à sa maladie. Un remède à double tranchant : la morsure. Je devrais pouvoir convaincre un alpha de la cité des anges qui me doit quelques services. Mais...

Mais encore faut-il révéler au canadien l’existence de ce monde parallèle. Un monde que finalement je fréquente peu avec ma place à la Cosa Nostra. Mon alpha est un humain ! C’est le parrain de la ville. Si je ne fréquente pas ceux de mon espèce, je suis pourtant asservi à l’omertà. C’est inscrit dans mes gênes. Il m’est difficile d’avouer sciemment à Alex que je suis un loup garou sans qu’il y ait entre nous un lien fort et solide.

Je le serre contre moi. Quelle est la nature de notre relation ? Je suis affecté par le danger qui le guette maintenant qu’il est porteur du syndrome du VIH. Mais jusqu’où va mon attachement ? Est-il important, ou juste une passade ?

Il passe la nuit collé à moi. J’ai l’impression de servir d’ours en peluche. Je ne m’en offusque pas. Partageons nous une amitié poussée ? Ou quelque chose de plus fort qui doit prendre du temps pour éclore ? Je ne suis pas connu pour ma patience et pourtant…

… rien ne se passera entre nous cette nuit-là.

(…)

Mario m’a pourtant envoyé des photos du Pink Print. Je sais à quoi m’attendre. Pourtant une fois devant mon bar, je prends en pleine face la désolation de la scène. La devanture a été éventrée par le souffle. Et ce qui n’a pas été ruiné par l’explosion l’a été avec les lances incendie des pompiers. Mario vient à ma rencontre.

- Aless’ ! J’ai géré l’urgence. Nous allons pouvoir nous retourner.


Il guette les expressions de mon visage. S’attend à ce que j’explose. Je serre les mâchoires et entre malgré le ruban jaune de la flicaille qui interdit l’accès.

- Ton appartement est intact.
- Super. Non dormo sotto un ponte...


Un flic nous interpelle, disant que nous n’avons pas le droit d’être là. Ma bouche se plisse d’amertume. Mario, mon bras droit va pour intervenir, mais je le prends de court.

- Je loge ici. Je suis le propriétaire de cet établissement. Mon appartement est viable. Donc je reste. Vous, essayez plutôt d’attraper ceux qui ont fait ça!
- Nous nous y employons monsieur.
- Monsieur Amaro.
- Monsieur Amaro. Mais nous devons veiller à la sécurité des biens et des personnes.
- Il n’y a plus rien de valable à voler et personne ne se risquera à venir m’ennuyer !


(...)

Il est plus de vingt-deux heures lorsque je m’écroule sur mon canapé. L’assurance, les experts, les curieux, les journalistes et un bon paquet de rompicoglioni de toutes sortes m’ont occupé toute la journée. J’envoie enfin un message à Alex.

« Je me pose enfin. Tu vas biens toi ? Y a personne ici pour me faire un sandwich au pollo ! Sad »


Je tends le bras et fais un selfie où je prends une tête de chiot malheureux. Je ne fais jamais ça d’ordinaire et je suis un peu embarrassé lorsque j’envoie l’image à Alex via Skype. Je lâche mon téléphone pour aller me coller sous une bonne douche chaude. Lorsque je reviens dans le salon, je suis content comme un bambino le jour de noël en voyant que j’ai une réponse.



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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Lun 29 Jan - 23:48




Gangster's Paradise

Feat. Alessandro Amaro & Alex Cormier







Le garçon n’avait aucune idée de l’heure à laquelle il s’était endormi ce soir-là.  Jouant tantôt la petite cuillère, caressée par la grande, à discuter éternellement, les yeux doucement fermés sur un avenir qu’il ne croyait plus possible de voir resplendir.  Tantôt il escaladait le torse de l’italien, le terrassant de son poids pour se projeter dans ses yeux couleur d’infini.  Tantôt ils s’asseyaient, le dos contre le mur froid, blottis dans un milliard de secrets et de promesses.  Jamais il ne lui serait venu à l’idée que le mafieux puisse être autre chose qu’un criminel.  Et pourtant il était là, se mettait à nu devant Alex, révélant son romantisme et sa douceur enfouie sous une pléthore d’armures en poupées russes.  Puis il y avait eu l’au revoir – pas adieu, Alex refuserait un adieu – et le refus d’Amaro d’être accompagné à l’aéroport, sous prétexte d’examens.  Ce ne fut qu’une fois la porte refermée sur la silhouette élancée qui hantait ses nuits que l’étudiant ouvrit les vannes et pleura en petits soubresauts son amant égaré.


***


C’était presque l’heure du coucher, lorsque le son caractéristique d’un nouveau message sortit le nez d’Alex de son bouquin.  Les yeux étincelants à en illuminer le campus entier, il décida qu’il avait suffisamment étudier pour la soirée.  Il observa l’image un instant, imaginant la présence qui pourrait réchauffer sa solitude, et répondit enfin, se voulant moqueur.

«C’est quoi cette tête de gamin puni?»

Se relisant, l’étudiant remarqua qu’il n’avait pas laissé le moindre indice sur le ton qu’il désirait avoir employé.  Il appuya sur le bouton droit de la souris pour éditer son message, mais changea d’idée et fit échap; si Amaro voyait la petite mention « édité », peut-être se tromperait-il tout autant sur l’intention d’Alex.  La solution la plus simple aux yeux du jeune homme résida en l’envoi d’un émoji tirant la langue.  Il attendit ensuite quelques minutes, les yeux rivés sur l’écran, pour le moindre signe de vie de l’autre côté du câble, mais rien.  Peut-être avait-il réellement froissé Alessandro, qui avait cru que l’emoji n’était qu’une manière maladroite de se rattraper?  Il devait trouver un terrain plus léger, où il n’y aurait pas de possibilité de méprise.

«yop! j’avais mon exam d’italien ajd.  J’pense que ca bien été.  Juste une ou deux questions que j’étais pas sûr»
«comment tu traduits "il maiale e il pollo sono sul sofa"?  j’ai mis "les deux flics sont sur le divan" tu penses que j’vais perdre des points?»

Deux messages coup sur coup, sans lui laisser le temps de réagir.  Il espérait seulement que de l’autre côté de l’écran, ce rire auquel il s’était attaché résonnerait.

Alex hésita un bon moment avant de poursuivre la conversation.  Cette fois, il tapait bien plus lentement sur le clavier, pesant chacun de ses mots...
«et comment tu dirais "penso sempre a te"»
«j’ai msi»
«j’ai hâte de te revoir.»

Toujours pas de réponse.  Le futur biochimiste se mordit l’intérieur des joues en signe de dépit et se leva pour prendre sa brosse à dents dans sa salle d’eau.  De nouveau assis devant devant son portable, il brossait d’un air absent lorsque trois petits points se mirent à danser dans la fenêtre de la conversation.  Son coeur tressauta dans sa poitrine et Alex en lâcha sa brosse à dents pour écrire.

«Je te voie!  Ça va?»

Il se leva un demi moment pour cracher la pâte à dents dans son évier de fortune et retourna devant son clavier.

«jpense que jai perdu ta photo.  Faudra qu’tu men envoie une autre O:) » envoya-t-il sans s’apercevoir qu’il tapait d’une seule main, l’autre ayant glissée vers son pantalon.



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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Lun 12 Fév - 21:26

clickAlessandro & Alex
xxx
« L.A. - Gangster's Paradise »J’ai plein de messages en absence. J’ai envie de tout lire d’une traite, mais me retiens pour apprécier chaque phrase.

« - C’est quoi cette tête de gamin puni? »
« Razz »

Je grimace. « Gamin ». Ce n’est pas l’image que je souhaite lui donner. J’admets qu’avec la photo idiote que je lui ai envoyée, j’ai agi comme un bambino. Son emote est-elle là pour me rappeler mon âge et que j’ai passé le temps de ces gamineries ? Il faut que je rattrape le coup, que je lui montre un italien solide et charmeur. Limite caricatural. C’est bien cette facette qui lui a plu l’été dernier ? Non ?

«yop! j’avais mon exam d’italien ajd.  J’pense que ca bien été.  Juste une ou deux questions que j’étais pas sûr»

Italien ? Comme un idiot je souris et mon orgueil s’envole. Il n’a pas besoin de cette matière pour son travail, ni sa vie personnelle… à moins de fréquenter un italien. Ma langue maternelle n’est pas dans le top trois des langues apprises, que ce soit au Canada ou aux États-Unis. C’est donc une volonté et un effort particulier, ciblé et personnel. Enfin, je l’espère. Je souhaite y croire.

«comment tu traduits "il maiale e il pollo sono sul sofa"?  j’ai mis "les deux flics sont sur le divan" tu penses que j’vais perdre des points?»

J’éclate de rire. J’aime son humour décalé. Un trait d’esprit qui montre qu’il s’intéresse à moi. Je souris longuement. Je suis touché par les efforts qu’il fait pour personnaliser son approche. Cela va bien au-delà de se faire beau, ou faire des efforts vestimentaires. Il y a un investissement sur la durée.

«et comment tu dirais "penso sempre a te"»
«j’ai msi»
«j’ai hâte de te revoir.»


Alex… Mi manchi anche tu. Je me rappelle la soirée que nous avons passée. Chaste, mais non moins riche de contacts. J’aime cette discussion qui s’installe. Une conversation écrite où l’intonation de la voix ne compte plus. Je n’utilise jamais les smiley et me sens bien perdu face au choix considérable que mon téléphone m’offre. Puis j’ai peur de paraître décalé.

Je commence à taper quelque chose sur ces idiots de flics qui voulaient m’empêcher de dormir chez moi quand je vois trois petits points s’agiter. Alex est en train d’écrire. J’efface ce que je m’apprêtais à dire et attends son message.





Jamais il appuie sur envoyer ?!

«Je te voie!  Ça va?»

- … OK !


Je n’ai vraiment pas l’habitude de converser ainsi. Je me cale dans le canapé, les pieds sur la table basse, un coussin sous chaque coude.

« Un peu harassé. Le bar est entièrement à refaire. Tu me diras que c’est l’occasion de changer la déco… »

Je tais ma colère, suivie d'un grand abattement. Car s'il y en a un qui peut me redonner le sourire, c'est lui. Un travail monstrueux va m’occuper les deux prochains mois. Et je suis d’enterrement ce week-end. Carlo est mort dans l’attentat, ainsi que trois autres de mes employés. Une pensée me submerge soudainement avec une la décharge d’adrénaline. Une éventualité qui ne m’avait pas encore effleuré. Si je n’étais pas allé voir Alex à Vancouver, je ferais peut-être moi aussi, partie de la liste des victimes. Je regarde mon écran et les points qui dansent, signe qu’Alex me répond. Sans le savoir, il m’a peut-être sauvé la vie.

«jpense que jai perdu ta photo.  Faudra qu’tu men envoie une autre O:) »
« Tu sei importante per me. »


Cri du cœur. Tout cela prend une nouvelle envergure. Destin, croisée des chemins. Je suis croyant, et même si je me suis auto-condamné pour l’enfer, je pense que ceci est un signe, une chance à saisir. Je tends le bras pour une nouvelle photo. Cette fois je soigne la pose, regarde la caméra pour avoir le regard bien de face. Je ne souris pas, reste moi-même. Je suis torse nu, mais ne cadre que mon visage et le haut de mes épaules. J’envoie l’image et un nouveau message.

« Le mie braccia stanno languendo del tuo corpo. »

La discussion se poursuit jusque tard dans la nuit. Malgré ma fatigue je ne veux pas déconnecter. Il m’a envoyé aussi une photo. Je lui parle à moitié en anglais, à moitié italien. Je lui traduis ce qu’il ne comprend pas. Lui apprends des phrases pour charmer. Nous flirtons doucement jusque vers deux heures du matin. Il y a longtemps que j’ai migré dans mon lit. Ce lit où il avait dormi, et où nous avions passés des instants plaisants.

C’est l’écran dur et lisse sur mon nez qui me réveille le lendemain matin. Mon téléphone est déchargé. Je râle, matte le réveil : Onze heures.

(…)

Les travaux de déblaiement ont bien avancé. Alex peaufine sa collection de photos. Amaro avec une pelle. Amaro avec un casque de chantier. Amaro avec une masse. Amaro plein de poussière. Amaro assis sur un tas de gravats. Amaro qui mange une pizza.

Il me manque. Nos échanges sont dépouillés de la chaleur de sa peau, de ses brusques changements de position, de son agitation suivie de périodes d’immobilisme. Alex n’est pas que des mots, mais un être qui bouge, vit et s’exprime autant par ses gestes que par ses paroles. Il ne peut pas se résumer à cette relation à distance. Cela me frustre. Je souhaite plus. Je veux plus. Lui, tout le temps, à porté de voix.

Je n’ose pas franchir le pas, lui dire de ramener ses clics et ses claques. Ordonner, comme je sais habituellement si bien le faire. Je lui ai fait choisir les nouvelles couleurs du bar, demandé son avis pour les modèles de tables, des chaises. Je tergiverse car pour une fois, ho paura. J’ai la crainte que si je le presse dans une relation plus officielle, il se braque. Le VIH est certainement la première barrière. Je me suis renseigné sur cette maledizione. Il y aurait des traitements à prendre par les partenaires des gens contaminés. Je pourrais feindre... Voire carrément le suivre, ça ne me fera rien.

Ho paura de sa réaction quand je lui dirais ma vraie nature. Là, pas de feinte possible. C'est du quitte ou double. C’est si facile lorsqu’on se moque des sentiments des autres. Avec lui ma verve naturelle se fige quand les questions importantes pointent leur museau.

« T’aimerais pas habiter à L.A. ? »

Je me lance...

« Il y fait meilleurs qu’à Vancouvers. »

C’est nul…

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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Lun 7 Mai - 19:36




Gangster's Paradise

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Les Fêtes avaient été étranges.  Entre la Californie et l’Arizona, les festivités et les discussions plus moroses, Alex s’était tout de même senti soutenu.  Une chance pour lui que Michael avait été là.  Malgré leur relation distante, son frère lui avait apporté toute sa loyauté.  Si Janet s’était montrée désolée et surprise, elle n’en avait pas moins fait preuve de son flegme habituel.  Quant à Gabriel, une fois les reproches voilés et les «dans mon temps» passés, il s’était intéressé aux sentiments d’Alex et à connaître sa façon d’envisager le futur.  Cette facettes des vacances passa légèrement sous silence, au vu des mauvaises nouvelles qui tourmentaient Amaro, lors de leurs discussions.  Sans les encouragement de l’Italien et de sa famille, par ailleurs, Alex ne serait pas retournée à la faculté pour la dernière session.  Il ne savait pas trop à quoi cela allait lui servir, mais il devait bien avouer que ce n’était pas perdu.  Sa moyenne avait considérablement chuté à cause de ses examens finaux, et il comptait bien se rattraper.  Le temps qu’il passait le nez dans les bouquins et dans les fioles, il ne le passait pas à se morfondre sur son sort.  Et tranquillement, il cicatrisait et faisait son deuil.  Il acceptait son sort plus sereinement, et se laissait distraire par la relation épistolaire qu’il nourrissait et entretenait d’amour avec Amaro.  Relation tantôt également picturale, tantôt également coquine.  La reconstruction du bar avançait bien, et Alex jouait les designers – sans s’offusquer pour autant lorsque ses suggestions n’étaient pas prises en comptes.  Il était meilleur pour agencer des séquences protéiques que des couleurs, dirons-nous – avec plaisir.  Même la reconstruction de sa cote universitaire allait de bon augure.

Lorsque Alex rentra de son groupe d’études, ce jour-là, Alessandro lui avait envoyé deux messages, qu’il avait dû louper.  L’étudiant vérifia le moment de l’envoi et sourit à l’argument pourri du bellâtre.

« T’aimerais pas habiter à L.A. ? »
« Il y fait meilleurs qu’à Vancouvers. »

Amaro pourrait bien attendre deux minutes de plus avant qu’Alex ne lui réponde.  Il enfila une tuque, son duvet, un grosse mitaine, un foulard bien serré autour de son cou et prit un égoportrait*, où il levait le pouce de sa mitaine et souriait derrière son écharpe, auquel il ajouta un filtre givré.  Il envoya l’image avec un petit commentaire.

«pourtant on est méga bien ajd. on dirait lété!!!

En deux temps, trois mouvements, Alex se défit de ses accessoires, qu’il retourna soigneusement dans leur boîte, et utilisa son moteur de recherche pour trouver… bingo!  L’une de ces petites images sensationnalistes que les jeunes modernes appelaient des memes et qui, dans le cas présent, consistait à un tableau présentant en tête la colonne de gauche le drapeau américain, et en tête de celle de droite le canadien, alors que la première rangée présentait des petits chocolats populaires pour enfants, et la seconde une arme à feu.  Le message était bien entendu que les chocolats étaient légaux au Canada, mais pas aux États-Unis, alors que c’était l’inverse pour les armes à feux.

«et jvais faire quoi quand jvais avoir le besoin urgent de faire un calin à un sequoia?  je pourrai amener mon orignal de compagnie?»
«tu voudrais que jabandone mes soins de santé gratiuts et universell?»


Bon sang, se dit-il.  Il devrait peut-être prendre le temps un peu plus lorsqu’il tapait pour ne pas envoyer des messages aussi illisibles et bourrés de fautes.

«faut que je t’avertisse de suite.  si tu me demandes d’annuler mon allégance à la reine, c’est non.»

Ce n’était pas la première fois que l’un ni l’autre des deux ne mentionnait la possibilité pour Alex de prendre la route de la cité des Anges.  Si, les premières fois, ça n’avait semblé être qu’une boutade, ou une dramatisation extrême de leurs sentiments, l’idée s’était insinuée dans le crâne du canadien qui s’était surpris à remarquer qu’un plan complet s’y logeait désormais, avec quelques zones d’ombres, quelques interrogations, et surtout quelques conditions.

«je peux t’appeler?

Ce serait plus simple et aisé de discuter sérieusement et efficacement ainsi.  Et puis, Alex devrait bien s’avouer que s’il se languissait de la présence de l’italien, sa voix et son accent volcaniques lui manquaient tout autant.  Tous les prétextes étaient donc bons pour arriver à ses fins.

Dès que les salutations d’usage – ce qui n’enlevait rien à leur sincérité – furent passées, Alex présenta sa réponse.

-Je devrais avoir assez d’argent pour un billet d’avion.  J’ai déjà la double citoyenneté et j’ai vérifié : il ne devrait pas y avoir de complications de ce côté.  J’aurai seulement besoin de me trouver un emploi pour pouvoir payer le loyer et le quotidien.  Ça me permettra aussi d’être plus proche de mes parents.  Je veux juste que tu me promettes une chose.  J’y ai beaucoup réfléchi.

-Je… Je veux pas que tu t’empêches de voir d’autres personnes pour moi.  Ça ne me dérange pas; et je suis conscient qu’il y a des choses que je ne peux pas t’offrir.  Sois juste prudent, hein!


Il enchaîna après s’être mordu le côté de la lèvre, soudainement paniqué.

-À moins que je me trompe et qu’on soit pas sur la même longueur d’ondes.  Je voulais pas être présomptueux et assumer que, qu’on était… enfin, je pensais juste que ça valait peut-être la peine d’effleurer le sujet, quoi.

Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Mar 22 Mai - 22:35

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« L.A. - Gangster's Paradise » J’ai lancé mon pavé dans la marre, mais point de vague. Je l’ai brusqué, j’ai été trop direct. Ma sigaretta se consume sans moi dans le cendrier. J’avale la moitié de mon verre de whisky, la brûlure de l’alcool m’apporte les larmes aux yeux. Alex est quelqu’un de… compliqué ? Complexe ? Ou c’est moi qui m’emmêle pour rien ? Je réfléchis comment rattraper ma bourde.  Mais plus le temps passe, plus le « Joke ! » serait vaseux.

C’est quoi cette sensation étrange ? J’ai le cœur serré, et ma respiration est laborieuse. Un désagréable frisson court le long de mon dos. Je prends ma sigaretta pour tirer une ultime taf et me brûle les lèvres. Je sursaute presque quand mon téléphone vibre. Nouveau message d’Alex. Mon doigt hésite, j’ouvre la messagerie, mais détourne le regard. Je suis ridicule ! C’est un MMS.

« - pourtant on est méga bien ajd. on dirait lété!!! »

Je vois à peine le bout de son nez et comprends que l’attente était due à la préparation de cette farce. Je ferme les yeux et souris, rassuré. Alex n’est ni compliqué, ni complexe, il est simplement imprévisible. Est-ce cela qui me plait chez lui ? Moi qui ai l’habitude de toujours jauger les gens sans trop d’erreur ? La canadien peut se vanter de me surprendre. Rares sont ceux qui font faire le grand huit à mon cœur. Nouvelle image, les drapeaux customisés de nos pays respectifs. Les armes à feu… Alex est resté suffisamment longtemps cet été pour deviner qu’une partie de mes activités ne sont pas légales. Puis étant entré dans l’intimité de mon appartement, il a vu les deux pistolets rangés dans leur étuis, se doutant bien que je ne les possédais pas pour de la pure frime ou pour revendiquer le deuxième amendement de la constitution. Je cherche un message subliminal. Accepte-t-il si je troque mes flingues contre des chocolats inoffensifs ? Seulement, j’appartiens à un milieu qu’on ne quitte pas vivant.

«et jvais faire quoi quand jvais avoir le besoin urgent de faire un calin à un sequoia?  je pourrai amener mon orignal de compagnie?»
«tu voudrais que jabandone mes soins de santé gratiuts et universell?»


- Cosa ! M’ais t’écris avec des moufles ?!

Mais sa logorrhée me met en joie. Je ne le vois pas, ni n’entends son cœur, mais sa précipitation dans ses messages montre sinon son acceptation, au moins un accueil positif.

«faut que je t’avertisse de suite.  si tu me demandes d’annuler mon allégeance à la reine, c’est non.»
« On a séquoia parc pour tes envies pressantes d’arbres immenses… si un certain Italien ne satisfait plus à tes besoin de taille XXL. »
«je peux t’appeler? »


Je réponds en faisant glisser mon doigt sur son nom et enclenche l’appel.

Dès qu’il décroche, je suis assailli par un monologue. Au fur et à mesure de ses précisions, je me rends compte que mon invitation ne le prend pas de court tant que cela. J’ignorais qu’il avait la double nationalité. Cela va faciliter son entrée sur le territoire et surtout lui permettre de chercher un travail tout en étant sur place. Ce qui est normalement interdit aux étrangers. Il parle de payer un loyer. Je ne relève pas. Je devine que la question de « l’entretient » va être délicate. Il ne va pas vouloir dépendre de moi, alors que ce n’est pas sa présence qui va trouer mon budget. Mais je conçois que c’est une affaire d’orgueil. J’en ai à revendre. Il faut que je trouve un fonctionnement où il ne se sente pas dépendant. Si, finalement Alex est compliqué. Beaucoup sauteraient sur l’occasion de ne pas à avoir s’en faire pour vivre, mais pas lui. Puis il me demande de lui promettre quelque chose. Le temps d’un instant, j’ai peur qu’il mentionne mes activités mafieuses, mais il s’agit de tout autre chose.

Je suis sidéré par ce qu’il me dit. Presque vexé qu’il songe à me partager avec d’autres pour que j’assouvisse mes besoins primaires. Je ne réponds pas aussitôt, me demandant comment aborder le sujet. Je ne peux tout de même pas lui dire au téléphone que je suis un loup garou !

-À moins que je me trompe et qu’on soit pas sur la même longueur d’ondes.  Je voulais pas être présomptueux et assumer que, qu’on était… enfin, je pensais juste que ça valait peut-être la peine d’effleurer le sujet, quoi.
- Bordelo Alex ! Si je te demande de venir t’installer chez moi, ce n’est pas par philanthropie pour les étudiants en détresse ! Je… je n’ai encore jamais habité avec quelqu’un.


L’aveu me coûte, car il prouve mon attachement.

- Et je ne compte pas aller chercher dehors, ce que j’aurai sous le nez ! Je prends déjà le traitement préventif pour tu sais quoi et on ne lésinera pas sur la marque des préservatifs. En latex de séquoia, les meilleurs !

Il va falloir que je joue le jeu au début, le temps qu’il s’installe, qu’il me fasse confiance et s’attache à moi pour ne pas être effrayé par ce que je lui révélerai.

(…)

Deux mois ! Soixante et un jours que je ronge mon frein. Il a dû rester pour certains cours impossible à suivre à distance. Puis il y a eu des papiers à faire, une tonne. J’ai avancé l’argent pour la souscription d’une assurance santé qui forcément nous a assassinés avec ses prix, en voyant les réponses sur le questionnaire de santé d’Alex. J’ai fait la promesse de le laisser me rembourser, en espérant qu’il abandonne l’idée.

Le Pink Print a rouvert ses portes. Plus moderne dans sa décoration et aux normes sanitaires. Une stèle derrière le bar rend hommage aux victimes de l’attentat. Les flics n’ont rien trouvé sur le type qui s’est fait exploser dans mon bar, à par une sorella qui est « tombée des nues » en apprenant l’acte de son fratello. Or, il ne faut pas toucher à la famiglia, ou la famiglia touche à la vôtre. Les mois qui ont suivis l’attentat, il y a eu comme une purge dans les milieux islamiques de la ville, connus du crime organisé et étrangement pas du côté de la volaille. Sonny m’a offert la tête de l’imam qui avait truffé d'idéaux mal placés dans la cervelle de ce type qui finalement n’était qu’un mouton armé de C4. Les Sarrasins étaient les ennemis des Chrétiens à Jérusalem. Ça l’est encore à Los Angeles.

(...)

Il arrive par le vol de la Delta Airline. Je fais le pied de grue au terminal des arrivées. Il a voyagé avec une grosse valise, le reste de ses affaires suivent par fret routier. Pour une fois j’ai quitté mon uniforme de mafieux, pour un pull léger en cachemire sur un jean de bonne coupe. Ça traîne au débarquement, puis enfin, je vois arriver les premiers passagers. Impossible de rater Alex. C’est le seul qui se trimballe avec un bonnet de laine et une écharpe. Les gens le regardent comme s’il était un fou. Il me voit, j’écarte les bras.

- Viens là que je te réchauffe il mio cubetto di ghiaccio !

Il hésite, tergiverse, lâche sa valise. Je comble l’espace et l’étreins. Et sans demander la permission à qui que ce soit, à Alex, aux gens qui nous évitent, aux gardes de la sécurité, je prends possession de ses lèvres.

- Enfin !

Je le libère de mon joug et lui retire son barda polaire.

- Ne va pas me clamser d’une insolation avec tes conneries !


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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Jeu 14 Juin - 17:15




Gangster's Paradise

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-Excusez-moi, je pense que vous avez pris ma…  Ah non!  Héhé.  Désolé, ma valise est identique.  Bonne journée, m’dame.

Sourire aux lèvres et à la voix, Alex observa la belligérante s’en retourner en maugréant sur les jeunes insolents, le manque de savoir-vivre et les salades servies à bord des avions.  Il fallait bien être un format voyage pour avoir besoin de manger lors d’un si court vol…  Trois heures, ce n’était tout de même pas la fin du monde, pas même pour un biochimiste un brin claustrophobe.

-Et bonne journée à vous, grognasse! feula le jeune homme entre ses dents, lorsqu’elle s’en fut plus loin.  Son attention de nouveau sur la courroie pneumatique, il observait les bagages de tous et chacun avec une curiosité blasée, alors que son coeur s’accélérait à chaque fois qu’il revoyait passé le petit sac décoré de fleurs aux couleurs tapageuses, signal que le circuit avait complété un tour supplémentaire.  Et si son bardas avait été envoyé à l’autre bout du monde, sur le mauvais vol?  C’était presque tout ce qu’il possédait, qu’il avait traîné avec lui.  Rectification, tout ce qui avait de la valeur, sentimentale, monétaire ou pudique, à ses yeux.  Évidemment, si l’aéroport de Vancouver s’était effectivement gouré, ils le dédommageraient, et Alessandro se ferait certainement un plaisir d’aller refaire le garde-robe du canadien.  Et si il n’avait pas quelques contacts ici qui avaient subtilisé sa valise moyennant son contenu ainsi qu’un généreux pourboire?  Dans le but unique de vivre la totale expérience boutiques avec Amaro, dont il n’avait eu qu’un avant-goût l’été précédent?  Probablement pas, c’était insensé.  Alessandro lui aurait probablement davantage brûlé ses affaires sur le pas de la porte.  Ou simplement invité à une scéance magasinage tout en lui achetant « subtilement » suffisamment de vêtements pour quelques dizaines d’années.

Ou rien de tout ça, se dit l’universitaire en s’empressant vers son bagage, dès qu’il le vit, victorieux et en une position précaire, dodeliner dans sa direction.  Après avoir vérifié sur le ruban identificateur qu’il s’agissait bien de son nom, Alex s’en saisit et se dirigea vers l’air libre. Ou plutôt vers un long corridor, qui débouchait sur une petite salle où on récupérait les déclarations de douanes et vérifiait il-n’en-savait-trop-quoi, puis un autre corridor, un coude, un nouveau corridor, et la salle d’attente où un certain italien rayonnait, comme s’il dépassait la foule d’un mètre et demi à force de s’étirer le cou à la recherche d’Alex.

Aucun questionnement nécessaire, aucun doute ne pourrait subsister quant à la pureté des intentions du bel italien en voyant son aura gamine et sincère lorsqu’il écarta des bras où Alex vint s’échouer tel le navire qui jadis ramena ses ancêtres sur les écueils de l’autre extrémité d’un continent.  Le franco-manitobain en puisa tout le réconfort dont il ne soupçonnait même pas ressentir le besoin. Après une fougueuse seconde de surprise, Alex rendit un court instant son baiser à son amoureux, carmin du menton au bout des oreilles, et s’en détacha avec malice.
-Me suis ennuyé aussi…  J’pense que tout le monde a compris que… qu’on est ensemble.
Nouvelle vague de cramoisi.  Ça faisait étrange à dire.  Ça lui donnait une crampe à l’estomac, était-ce vraiment ce que des gens appelaient des papillons?  Ça n’avait rien de léger, en tout cas.  C’était plutôt comparable à l’idée de contempler un gouffre juste avant d’y sauter en parachute.

-Me traite pas de con! s’insurgea Alex d’un ton badin en faisant un mouvement pour retenir sa tuque sur son crâne.  Trop lent, Alessandro l’avait déjà retirée, tout comme le foulard, en un mouvement qui aurait pu être calqué sur les dessins animés du matin, si la possibilité que le sicilien ait eu une enfance eut été réaliste.  Profitant de la surprise de son partenaire à la vue de ce que le bonnet cachet, Alex reprit son bonnet des mains de la carte de mode d’un geste sec et s’exprima d’un ton davantage colérique, sous couvert de honte.

-J’ai peut-être demandé à une amie de me couper les cheveux.  Fais gaffe à c’que tu dis, ou j’t’appelle "Mamma" pour la prochaine heure!  Bah oui, quoi!  À vouloir décider de tout pour lui, lui retirer ses vêtements et, s’il commentait sur la tignasse qu’il n’avait plus qu’à moitié – ce qui serait de pousser le bouchon un peu trop loin – il serait vraiment l’archétype de la mère italienne, contrôlante et inquisitrice; ou de la Germaine, comme son père disait.

Il fallait dire que sa chevelure mériterait de trôner à une exposition d’art post-surréaliste.  Entre les coups de ciseaux aléatoires de son amie qui avait été un peu trop enthousiaste de la tondeuse et ses efforts de réparer l’erreur par lui-même, on aurait dit un champ en jachère, ou un sous-bois quelques années après un incendie.  Et le jeune homme n’avait su se résigner à la seule option valable qu’il avait : il ne voulait pas avoir l’air d’un malade.  Une fois le vêtement laineux de nouveau vissé sur sa tête, Alex s’exprima avec davantage de douceur, bien qu’un peu de tension persistait toujours dans sa voix.

-Je me suis dit que tu connaîtrais certainement quelqu’un qui pourrait arranger ça sans faire de coupe à blanc.  Mais d’abord, j’aimerais voir la nouvelle déco du P.P.!

Alex se saisit de sa valise, à laquelle il attacha son foulard, et se dirigea vers le stationnement en entraînant par la main l’Italien à sa suite.  Les nouvelles s’échangèrent en voiture et la visite du bar reconstruit fut ponctuée d’exclamations : c’était encore mieux en vrai que par écrans interposés.  Finalement, lorsque vint le temps pour Alex d’ouvrir l’appartement avec sa clé toute neuve, il hésita un peu, fronça de ses expressifs sourcils, et demanda avec légèreté :

-Au fait, je t’avais bien averti que je suis un coloc chiant, hein?

Sur ce, il pénétra l’appartement en humant l’air qui sentait bon l’Alessandro… et s’étouffa, ayant oublié que la nicotine lui piquait le nez.




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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Mer 4 Juil - 17:18

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« L.A. - Gangster's Paradise »-Me suis ennuyé aussi…  J’pense que tout le monde a compris que… qu’on est ensemble.

Alex est tout rouge. L’émotion y est pour beaucoup, son couvre-chef aussi. Je croyais à une farce. La suite de la photo qu’il m’avait envoyée. Mais la réalité…

-J’ai peut-être demandé à une amie de me couper les cheveux.  Fais gaffe à c’que tu dis, ou j’t’appelle "Mamma" pour la prochaine heure!

Je plaque ma main sur mes lèvres. Réprime difficilement un sourire. Sa chevelure, ou ce qu’il en reste est un véritable carnage.  Madre di Dio ! Mon hilarité est douchée par sa colère qui dégouline de chacun de ses pores. Mais pourquoi n’a-t-il pas tout rasé, cela aurait été moins… Puis je comprends. J’ai envie de le serrer contre moi, mais je me retiens. Il avait eu l’air embarrassé tout à l’heure.

- Scusami Alex.
-Je me suis dit que tu connaîtrais certainement quelqu’un qui pourrait arranger ça sans faire de coupe à blanc.
- Oui. Y a un coiffeur pour hommes pas loin de chez moi. Avec des effets de couleur et de mèches, il doit pouvoir te camoufler ça en attendant que ça repousse.
- Mais d’abord, j’aimerais voir la nouvelle déco du P.P.!
- Je n’ai reçu que des compliments. N’oublie pas que c’est toi qui as choisi les couleurs et le mobilier. J’ai pris tout ce que tu avais pointé du doigt et j’ai eu raison de te faire confiance.


(…)

Il avait déjà des photos, mais en vrai cela rend cent fois mieux. Je sens Alex content. Je  ne saurais dire si c’est parce que j’ai suivi ses conseils, ou si c’est le fait d’être là avec moi. Les deux peut-être.

Je lui explique que les clients comme mes employés ont surmonté la crainte d’un nouvel attentat. La raison est que ces fous suicidaires frappent rarement deux fois au même endroit. Ils veulent propager la peur, ils feront donc de nouvelles victimes ailleurs. Avant que nous montions à mon appartement, je lui tends une clé.

- Elle ouvre la porte arrière du bar. Il faut que je te donne le code de l’alarme. Et la porte de l’appartement.
-Au fait, je t’avais bien averti que je suis un coloc chiant, hein?
- Sì.

Sa remarque me fait sourire quand il est brusquement pris d’une quinte de toux. La maladie n’a pas déjà autant progressé ? Inquiet, je cale mes mains sur ses joues. Je n’absorbe aucune douleur.

- Oups ! Il va falloir que je pense à aérer. Manies de célibataire…

Je referme doucement la porte, prenant garde de décaler sa valise. J’attends ce moment depuis longtemps et pourtant nous restons comme deux idioti dans le salon, bras ballants. Avec douceur, je lui retire à nouveau son bonnet.

- On passera voir le coiffeur en fin d’après-midi. Il est fermé là, à cause de la chaleur.

Du bout des pieds, je vire mes scarpe et attrape la main d’Alex pour l’attirer sur le canapé, où je m’écroule, l’entraînant avec moi. Nous allons devoir nous inventer une vie à deux. J’ai peur d’être trop exigent, trop pressant, trop dominant, trop italien... Alex n’est pas sans ressources, il sait me moucher et n’hésite pas à le faire. Mais s’habituera-t-il aux impondérables de ma vie ? Il n’est pas idiot pour ne pas avoir compris que je trempe dans des affaires louches et que la mort rode pas loin. Ses sentiments sont-ils assez forts ? Subitement, j’ai peur de le perdre alors qu’il vient à peine d’arriver. Mes bras autour de lui, mon nez dans son cou, je m’enivre de son odeur. Je vais devoir lui parler du loup... Pas tout de suite. Mais je veux qu’il l’apprenne de ma bouche et non qu’il le découvre de lui-même. Comment va-t-il réagir ? Bien incapable de régler toutes ces questions existentielles, je sors une banalité.

- Tu as faim? Ou tu préfère ranger tes affaires. Je t’ai libéré une partie de mes placards.



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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Mer 1 Aoû - 4:16




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Alex se contenta de sourire, sa superbe réplique mourant quelque part aux environs de sa glotte.  Il valait probablement se la jouer cool encore quelques instants, malgré la tentation si grande de jouer les quétaines à l’os rien que pour le plaisir d’embêter Alessandro.  L’embêter de la bonne façon, entendons nous.  Celle qui charme et amuse et taquine.  Rien de mal là, n’est-ce pas?  Seulement… plus tard.  Quand Alex aurait pu retirer le cuir qui lui cerclait les pieds depuis des heures, changer ces vêtements qui semblaient s’être collés à lui en origamis fantasques, et qu’il aurait pu décrasser son corps de tout cet air recyclé, mais d’abord…

D’abord ils restèrent là, comme deux truite sur le comptoir de la poissonnerie, bien droits, à se regarder d’un œil sans parler ni bouger, jusqu’à ce qu’Alex n’actionne le petit doigt, que l’italien ne réponde d’un mouvement du poignet et qu’ils se laissent conduire sur le canapé où ils churent.

-Quand tu veux.  C’est toi qui doit endurer cette vue, pas moi.  Remarque, on voudrait pas non plus que je fasse une crise de cœur en me voyant dans le miroir demain matin... se contenta-t-il de dégager l’invitation d’un mouvement d’épaule nonchalant.  Il avait mieux à faire pour le moment, comme de se coller à son radiateur pour profiter de ses premiers instant dans cette ville aussi bouillonnante de gens que bouillante de mercure, comme Alessandro l’avait souligné.  Les yeux clos, les bras fermés sur ceux du sicilien, Alex appréciait le moment.  Comme tout instant magique, il fut rompu bien trop tôt, mais ça n’était aucunement grave puisque c’était la voix merveilleuse d’Amaro qui avait levé le charme.

- Tu as faim? Ou tu préfère ranger tes affaires. Je t’ai libéré une partie de mes placards.
-Pitié, non!  J’ai cru qu’ils arrêteraient jamais de m’apporter un goûter, un dessert, une collation, un déjeuner, une boisson, et alouette, dans l’avion.  C’était pas aussi bon que ta cucina, mais je sais pas si je pourrai manger avant le mois prochain!¨


-On peut rester là, encore un peu, juste?
se contenta-t-il de quémander, avant de rajouter, maintenant qu’il avait décidé que le moment d’embêter son bel étalon était venu. Au moins jusqu’à ce que je te trouve un petit surnom trognon.  J’hésite entre Sandy et «Mon goéland philanthrope».  T’as une préférence?

L’étudiant se contenta de n’ouvrir qu’un seul œil et tourna faiblement la tête pour voir la tête que lui tirerait le fier rital.  Une tête à tirer un sourire triomphal du côté de son canadien, rien de moins.


***


Après avoir menacé Amaro de lui faire la même coupe s’il lançait un commentaire supplémentaire à ce sujet, même s’il s’agissait d’une énième taquinerie; après s’être exclamé qu’il n’aurait jamais besoin d’autant de placard pour toutes ses affaires, vu la taille de sa valise; après avoir insisté pour ne pas voir lesdits placards remplis de «cadeaux» à tout va; après s’être fait orner le crâne de la coupe la plus tendance qu’il n’avait jamais eue; après avoir décidé qu’ils feraient livrer plutôt que de sortir au restaurant, Alex étira le bras pour collecter la petite boîte aux images horrifiques qui se trouvait sur la table de chevet.

-Il paraît que j’ai du retard à rattraper sur ma vie de célibataire... fit-il en allumant la clope qu’il venait de porter à ses lèvres, qui la maintenaient d’une façon très cinématographique et prouvaient ainsi qu’il était quelque peu néophyte.  T’en veux… hum... une aussi?  C’est… Hurmf… ca… ouf… calvaire… cadeau de la m… maison. offrit-il en s’étouffant légèrement entre les premières bouffées.   Garde tes manies de… Heum… célibataire.  C’est comme ça que j’te connais.  Change pas.  On sera célibataires à deux, si c’est ce qu’il faut pour.

Voilà!  Une phrase complète, maîtrisée, sans s’envoyer de boucane partout sauf dans les voies respiratoires.  C’était-y pas beau, ça?  En plus, c’était vrai que ça avait un petit côté apaisant.  Amer, mais il s’y ferait.  Comme il s’était habitué aux thés noirs oubliés sur la table d’étude, surinfusés et capable de faire grimacer un moine.  Une idée lui sauta encore une fois à la cervelle, et Alex obtempéra immédiatement à la niaiserie qui germait dans son esprit, se contentant de défaire les deux boutons du haut de sa chemise en flanelle rouge et noire, certifiée 100% stéréotypique -et confortable-, pour demander d’un ton flagorneur :

-A ti, semp… semb...ro? Ti sembro abbastanza italiano?  J’ai vu qu’il y a une pizzeria qui se cherche un livreur...



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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Ven 10 Aoû - 21:56

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« L.A. - Gangster's Paradise » « On sera célibataires à deux, si c’est ce qu’il faut pour. » La sortie d’Alex m’avait fait rire sur le moment, puis réfléchir. Est-ce ce que je souhaite ? Célibataires à deux ? Ensemble, mais libres ? Libres de quoi ? Fumer jusqu’à créer une ambiance londonienne dans mon appartement ? Et lui quelle seraient ses libertés ? Mon imagination galope bien trop vite et des envies d’enfermer mon Canadien à double tour m’envahissent. Il faut du temps au temps disait ma madre. Je n’ai jamais compris cette expression qui, à mon sens, tourne en rond. Toutefois, je crois qu’il s’agit de cela.

(…)

La tignasse d’Alex a repoussé. Il est retourné chez le coiffeur pour abandonner sa coupe « tendance » et retrouver une allure plus conventionnelle. Son coin d’armoire s’est étoffé de deux costumes et de quelques chemises.

- Considère cela comme des vêtements professionnels !

C’est ce que je lui avais opposé quand il avait dit vouloir se gérer financièrement. Le soir de sa découverte vestimentaire dans le placard, je l’avais emmené manger dans un restaurant chic où son look de bûcheron ne passait pas. Alex n’a pas vraiment une telle dégaine, simplement quelques vêtements qui, assortis ensembles, font effectivement cliché. Il avait concéder à porter « mes » vêtements quand nous allions dans des lieux où « ses » vêtements ne pouvaient pas convenir. Le premier mois, j’ai abusé des endroits chics…

- Sei bellissimo les natiche glissées dans un pantalon de bonne coupe et ta carrure cintrée dans une chemise qui épouse tes mouvements.

Soit la différence entre être habillé avec classe et élégance, ou ressembler à un pingouin. Le premier mois, fut comme celui de toute nouvelle relation. La routine n’est pas encore installée, chacun fait des efforts pour ne pas marcher sur les plates-bandes de l’autre, petits soins, attentions et je veux bien l’avouer pas mal de niaiseries. Alex a obtenu son poste de livreur là où il avait vu une annonce. Je ne lui ai pas dit que j’avais appelé le patron alors qu’Alex était en chemin pour aller demander si la place était toujours à pourvoir. Cela me contrarie de le voir s’embarquer ainsi dans les rues de L.A. mais j’ai bien compris que c’était non négociable de sa part.

(…)

Alex perfectionne son italien, langage que j’utilise exclusivement lorsque nous sommes dans le lit. Il commence à avoir un bon vocabulaire. Pas forcément le plus utile pour demander son chemin ou faire ses courses, mais c’est bien pour me charmer qu’il a entrepris d’apprendre ma langue natale, non ?

(…)

Je rumine ma colère. J’avais prévu une sortie de pêche en mer avec Alex, nous avons dû revenir au port avant d’avoir dépassé la dernière bouée du chenal. Une affaire urgente nécessitait ma présence. En gros : réunion de crise chez Don Stefano. Sony rameute tous les chefs de section dont je fais partie. Mise à part ma gestion du bar, Alex ne sait rien de mes autres activités, même s’il n’est pas aveugle. Je ne sais pas comment lui annoncer que sans le vouloir, il a intégré la mafia sicilienne de L.A. Et encore moins comment lui dire que les loups garous ne sont pas une légende. Par sécurité, j’avais prétexté une virée chez un fournisseur à San Francisco lors de la dernière pleine lune. C’est toujours une période où je suis irritable. Alex est adorable, mais lorsqu’il a une idée en tête, il s’y accroche. Et quand il a une question, il n’a de cesse que de trouver la réponse.

Je recule pour mieux sauter. Mais à force de reculer, le saut à faire devient trop ambitieux.

(…)

Un traditore parmi mes hommes. Nos convois d’alcools de contrebande se font intercepter. Quelqu’un les renseigne. Je suis en pleine réunion avec Mario, mon bras droit, pour tendre un piège à celui qui ose nous trahir quand Alex entre dans le bureau. Rodé à l’exercice, Mario poursuit sans se perturber tout en changeant de sujet de conversation, évoquant un souci de lieux de stockage. Pour ma part, j’ai retourné sur le bureau le plan de l’endroit où nous allons tendre une embuscade, comme si je rangerais un papier sans importance. Alex me parle d’un nouveau travail plus dans ses cordes. Je l’écoute distraitement, préoccupé par mon problème de traditore. Il s’en rend compte, je tente de rattraper ma bévue. Je suis tiraillé entre rassurer Alex sur l’intérêt que je porte à ce nouveau job et finaliser notre plan d’action. Je vois bien l’air ennuyé de Mario. Ma liaison avec un néophyte du milieu commence à peser. Alex me demande si nous sortons ce soir.

- Désolé il mio cuore, j’ai du travail à terminer. J’ai accumulé du retard depuis...

Depuis son arrivée. Je ne veux pas qu’il culpabilise ou pense être devenu un poids mort, mais j’ai effectivement négligé un peu les affaires et cela s’en ressent. Mon “absence” a été mal perçue par mes hommes. Je dois reprendre les rênes et montrer qui est le boss. Seulement c’est incompatible avec nos sorties en amoureux insouciants.

(...)

Alex dort depuis une demi-heure. L’opération est prévue pour cette nuit. L’endroit est à moins d’un kilomètre du Pink Print. Je sors discrètement de la chambre et vais rejoindre mes hommes à pied. C’est la squadra réduite qui est en planque. Elle est composée de mes hommes les plus fidèles, ceux qui savent que je suis un loup et non un humain. Car cette nuit, il va falloir faire parler ceux qui s’introduiront dans l’entrepôt pour subtiliser une fausse cargaison de whisky. Le traditore ne sera pas là, c’est son nom que je dois faire cracher à ceux qui se risqueront à venir. Je n’ai pas l’intention d’y passer la nuit. Mes hommes savent interroger et faire délier les langues. Mais le temps joue contre nous. Souvent, j’ai juste besoin de me transformer pour que les prisonniers se mettent à table, d’autres me demandent plus de spectacle et plus de sang versé.

Il ne restera pas de témoin, car le surnaturel doit rester secret.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Gangster's paradise [18+ langage vulgaire]   Lun 12 Nov - 4:13




Gangster's Paradise

Feat. Alessandro Amaro & Alex Cormier







Dès qu’Alessandro était sauté dans la douche, Alex avait griffonné une note sur le coin de la table, pour lui dire qu’il était parti se balader.  Ça lui arrivait souvent, surtout lorsqu’ils se prenaient la tête l’un l’autre.  Pas forcément que pour cela non plus, mais le refus d’une sortie à deux pouvait être un motif raisonnable.  Il se saisit ensuite du double de la clé du bureau d’Alessandro et y descendit sans un bruit.  Il était persuadé que Amaro lui cachait quelque chose.  En fait, ça il le savait depuis longtemps.  Il était persuadé qu’il lui cachait quelque chose de plus gros.  Mario montrait généralement plus de réserves devant le canadien.

Il lui fallut presque cinq minutes avant de parvenir à ouvrir le tiroir où se trouvaient les documents qu’il désirait consulter.  Heureusement que la fibre écologique n’était pas trop forte chez le mafieux et qu’il avait un faible pour les longues douches bouillonnantes. Il passa les papiers rapidement, ne comprenant pas trop tout ce charabia, mais lorsque le plan lui tomba sous la main, il en nota l’adresse, surpris que ce soit si près.  Quant à l’heure à laquelle Alessandro irait vivre sa deuxième vie… Il quittait généralement dans les mêmes heures.  Le biochimiste remit tout en place aussi bien qu’il le pouvait et sortie par la porte arrière, sans allumer la moindre source lumineuse ni faire de bruit.  Du moins, jusqu’à ce qu’il soit au coin de la rue, hors de vue de l’édifice où il habitait, et ne s’allume une cigarette bien méritée.  Ses pas le menèrent devant le bâtiment dont il avait noté l’adresse, avant de retourner nonchalamment chez lui en réglant une alarme sur son portable.

-Ils étaient encore à court de café, sur Lodgson. commenta-t-il en rentrant.  Alessandro grommela quelque chose dans la chambre et Alex en profita pour remettre le double à sa place.  Je voulais t’en faire un puisque tu dois veiller tard, mais il reste juste l’instantané que t’aimes pas.

Son amant se présenta dans l’embrasure de la porte de la chambre, la chemise encore ouverte, et le remercia en précisant que ce ne serait pas nécessaire de se donner ce trouble.

-Tu devrais t’habiller si tu veux pas que je te mette en retard. tança le cadet d’un œil intéressé, sans se rendre compte qu’il venait de s’humecter les lèvres.


***


Quelques heures plus tard, il s’était laisser tomber sur le lit, son bras dans une position qui l’engourdirait forcément dans le but unique de ne pas dormir trop profondément.  Lorsque son téléphone vibra contre son sein, il entendait encore Alessandro s’affairer dans la pièce d’à côté, et resta couché, attendant avec attention le moment opportun.  Lorsque son partenaire eut tourné le verrou derrière lui, Alex se releva, s’habilla et sortit sur la pointe des pieds pour retrouver le lieu de rendez-vous. Il avait l’impression que son coeur qui battait la chamade aurait suffit à réveiller le quartier entier et peut-être même rameuter la police.  Mais tout restait calme, et il retrouva le building, austère et silencieux.  Il en fit le tour pour trouver une fenêtre d’où émanerait de la lumière et se contorsionna pour regarder par le carreau sans exposer sa présence.

Ce qu’il vit figea d’abord son sang, mais une fois le choc passé, il analysa la situation et l’observa davantage encore, avant de rebrousser chemin, le sang bouillant de colère.


***


C’est le bruit des clés dans la serrure qui réveilla Alex, affalé sur la table de la cuisine.  Il avait mis des draps et l’oreiller d’Alessandro sur le divan, et accueillit celui-ci de son air le plus désapprobateur.

Alessandro semblait épuisé, et Alex dut étouffer la petite voix qui, malgré sa colère, lui demandait de le réconforter comme il se devait plutôt que de l’affronter.

-Tu dors dans le salon, ce soir.  Je t’ai préparé le sofa.  Et tu pourras récupérer ton lit demain, en même temps que tes placards.

- Che?  Mio cuore, perché?

-À moins que tu veuilles parler franchement de ce que tu as fait ce soir.  J’ai fait du thé.  Et je te parlerai de ma soirée aussi.


L’assurance d’Alex avait flanché un moment, mais ce qui semblait être de la confusion – ou de l’épuisement simple – chez Alessandro vint le revigorer un brin.  Il coupa court à ses ronchonnements avec autorité.

-Je vais commencer, ce sera peut-être plus facile pour toi ensuite.  Donne-moi ta main.  Et bouge pas.

Le biochimiste agrippa le poignet de son mafieux et le tint fermement sur la surface de la table.  De l’autre main, il prit le couteau à légumes près de sa tasse et en glissa la lame sur la peau de son amoureux, dans la partie charnue à la base du pouce.  La peau se sépara et un ou deux gouttes de sang perlèrent, puis tout se referma.  Il leva son regard dans celui du loup-garou, incertain de savoir s’il y lisait de la hargne ou de la terreur.

-J’imagine que c’est pour ça que t’attrapes jamais le moindre rhume, non plus?  Quand je t’ai dit que je t’aimais comme tu étais, j’étais honnête.  Je me fiche de savoir si tu coules des gens dans le béton, si tu cookes de la méth, si tu fais le trafic de peu importe quoi.  C’est qui tu es.  Si la moindre chose changeait, ce ne serait plus toi et je ne peux pas savoir si je t’aimerais toujours.  Je me ficherais même de savoir que tu vas pas chez des fournisseurs, mais dans les bois pour hurler à la lune, ou j’sais pas quoi.  Que tu as une obsession inhumaine pour la viande rouge saignante.  Mais.  Hum.  Mais de savoir que j’ai tout laissé derrière pour venir vivre avec toi; que j’ai changé de pays, par amour et que toi, tu...

L’étreinte sur le poignet d’Amaro s’était resserrée au point qu’une aura blanche entourait les doigts de l’étudiants.

-Que tu prétendes m’aimer, et que tu ne me dises même pas que tu as un moyen de me soigner de cette merde que j’ai choppée!  Si je vaux rien de plus qu’un mourant à perpétuité, pour toi, et que tu m’aimes pas assez pour me sauver… Fuck you, Amaro.  Fuck. You.

Sans savoir comment il s’y était retrouvé, un instant plus tard Alex était assis sur le bord du lit, la tête dans les mains et les yeux secs.  Il avait envie de pleurer, de laisser les larmes laver ses yeux de ce qu’il avait vu, et oublier tout cela, mais il n’y arrivait pas.  Lorsque le matelas rebondit légèrement sous le poids d’Alessandro à ses côtés, le premier réflexe du canadien fut de s’en écarter, avant de lever son visage fatigué vers lui.



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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: L.A. - Gangster's Paradise   Jeu 22 Nov - 23:14

clickAlessandro & Alex
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« L.A. - Gangster's Paradise »
Le piège fonctionne et se referme sur quatre mecs. Trois sont entrés dans le hangar et ont rapidement trouvé la « planque » avec quelques cartons leurres pour donner le change pendant que le quatrième les attend dans une fourgonnette prête à repartir. Le chauffeur n’est qu’une formalité quand tout est savamment calculé pour les coincer.

Nous commençons par les politesses d’usage avant même les questions. Surtout avant les questions. Frapper sans rien demander mène la victime plus rapidement au stress intense. Plusieurs facteurs font tenir un homme face à la torture. Certaines loyautés sont assez fortes pour tenir dans un stoïcisme exemplaire. Penser que dans tous les cas, on va mourir peut conduire à la même attitude. Sinon la crainte pour les siens, d’imaginer sa petite sœur, sa fille séquestrées pour des jours ou des mois et subir les pires des atrocités, fait taire le moins courageux des hommes.

Dix minutes ont suffi à transformer leur visage. Nez cassé, des dents en moins, mais pas trop pour qu’ils restent compréhensibles au moment de se mettre à table.

- Qui vous a indiqué la planque ?
- …


Mario égrène les rétorsions possibles, mais ces quatre hommes savent où ils ont mis les pieds et respectent l’omerta. Le traître doit avoir un sacré moyen de pression sur ces types pour qu’ils continuent de la boucler. Je vais devoir remuer une autre peur, un sentiment primaire inscrit dans les gènes. Je fais un signe discret à Mario. Il connaît la pièce, nous l’avons déjà jouée. Il attrape par le col celui qui semble mener les autres, et le colle à genoux devant ses amis.

- Tu vas parler ! Qui te renseigne ?
- Va chier.


Il crache au visage de Mario qui arme son poing pour lui rendre la politesse.

- Attends. Je vais lui arracher le cœur, ensuite il parlera.

Ma voix est devenue plus roque, je me suis accroupi devant ce type pour qu’il voie bien ma transformation. Mon regard s’illumine d’un bleu électrique étincelant. J’entends son cœur accélérer, ses pupilles se dilatent. Il crie au trucage. J’ouvre la bouche, il voit mes dents se transformer en crocs, puis je lui caresse la joue du bout des ongles et d’un geste sec lui lacère la joue avec mes griffes. Il ne comprend pas tout de suite et ce sont les cris de ses co-équipiers qui voient toute la scène qui lui font prendre conscience qu’il n’y a pas de trucage. Je rugis juste sous son nez, son cœur s’arrête un long moment et repart dans un rythme effréné.

- Il y a pire que la mort mio amico, il y a la damnation et c’est un châtiment éternel.

Je me fais démon et bestial, lacère sa chemise.

- C’est une malédiction contagieuse.

Je m’entaille le poignet et lui présente mon sang au bord de ses lèvres. Il tente de reculer, mais Mario le tient fermement. Je surfe sur les idées véhiculées par les films et l’imaginaire qui a vite fait d’y donner du crédit quand on réunit quelques conditions favorables.

- Qui est le traditore ?

(...)

Je suis harassé. Jouer au grand méchant loup n’est pas sans conséquence. Je joue avec le feu à chaque fois que je laisse ma part animale ressortir. Je gère mes pleines lunes, mais si une affaire me rend furieux juste avant, c’est nettement plus délicat.

Je verrouille la porte de service dans mon dos et grimpe les escaliers d’un pas las. J’ai le nom du traditore. Ce n’est pas un gars de la base, pas l’un de mes lieutenants non plus, mais un type avec un rang intermédiaire qui a accès à des donnes sensibles. Nous n’allons pas le descendre tout de suite, mais lui coller une surveillance sur le dos pour connaitre l’ampleur de sa traitrise. Ensuite, il rejoindra ses quatre amis voleurs au fond du Pacifique. Ce n’est pas la partie de mon travail que j’apprécie le plus. Bien au contraire, je n’aime pas tuer, c’est une corvée pour moi et Sonny le sait bien. C’est pour ça que mon mentor vient régulièrement vérifier que je ne me laisse pas aller à la mansuétude et que j’élague sans état d’âme les branche pourries de l'organizzazione.

Quand j’entre dans mon appartement, quelle surprise j’ai à trouver Alex à moitié endormi sur la table de la cuisine. Il a dû se réveille, ne pas me trouver et sûrement s’inquiéter.

-Tu dors dans le salon, ce soir.  Je t’ai préparé le sofa.  Et tu pourras récupérer ton lit demain, en même temps que tes placards.

Je ferme les yeux quelques secondes pour bien saisir les conséquences de ses propos. Une simple sortie nocturne sans message n’est pas motif à une rupture. Car il s’agit bien de cela ? Je devrais ressentir de la colère, mais c’est de la tristesse qui inonde mes veines. Je ne suis pas au meilleur de ma forme pour contre-attaquer et tuer dans l’œuf ce qui ne peut être qu’un quiproquo.

- Che? Mio cuore, perché?
-À moins que tu veuilles parler franchement de ce que tu as fait ce soir.  
-….
- J’ai fait du thé.  Et je te parlerai de ma soirée aussi.
- Sul serio ?


Pas question que je dorme sur le canapé, ni lui non plus d’ailleurs.

-Je vais commencer, ce sera peut-être plus facile pour toi ensuite. Donne-moi ta main. Et bouge pas.

Trop las pour réagir, il est trop tard quand Alex m’entaille la main avec le couteau posé sur la table. Il fait une entaille de rien du tout, peu profonde, d’où ne perlent que quelques gouttes de sang. C’est trop superficiel et je suis trop fatigué pour avoir le temps de bloquer la réaction de cicatrisation. Seulement, il me faut moins d’une seconde pour comprendre que le geste d’Alex implique une terrible information. Avec ce qu’il a affirmé plus tôt, il m’a visiblement suivi. Il a dû me voir me transformer. Mais a aucun moment je n’ai été blessé, à aucun moment je n’ai cicatrisé anormalement.

Alex connaît donc les capacités régénératrices des loups garous avant de m’avoir vu me transformer. Mon regard passe du sien aux couvertures sur le lit. Comment dois-je interpréter ça ? S’il était un chasseur, il ne resterait même pas dormir ici. À moins que ce soient ses sentiments pour moi qui me donnent ce répit. Me défendre contre les autres gangsters c’est une chose qui m’est facile, car ils ont des familles et des amis sur qui faire pression. Les chasseurs c’est autre chose. Ils voient leur lutte comme une croisade. Une dimension qui sacrifie tout à l’accomplissement de leur tâche. Mon cœur se sert, tordu entre douleur et rage. Je pensais honnêtement m’être enfin casé.

-J’imagine que c’est pour ça que t’attrapes jamais le moindre rhume, non plus?  
- Qui es-tu ?
- Quand je t’ai dit que je t’aimais comme tu étais, j’étais honnête.  


Son cœur me dit qu’il ne ment pas. Il m’aime, et je l’aime. J’ai envie de lui fermer la bouche avec ma main qu’il tient toujours fermement. Lui clore les lèvres pour qu’il ne me confirme pas que nous appartenons à deux clans inconciliables. Un flic ou un chasseur, voilà ce que je ne peux pas me permettre.

- Je me fiche de savoir si tu coules des gens dans le béton, si tu cookes de la méth, si tu fais le trafic de peu importe quoi.  C’est qui tu es.  
- Je…
- Si la moindre chose changeait, ce ne serait plus toi et je ne peux pas savoir si je t’aimerais toujours.
- Alexio…


Évidemment qu’il sait. Alex me plait justement parce qu’il n’est pas idiot. Son aveu me trouble. J’imagine qu’il ne valide pas mes activités, mais il m’aime malgré cela, à cause de cela. Je redoutais son jugement, et je ne suis pas encore au bout de mes surprises.

- Je me ficherais même de savoir que tu vas pas chez des fournisseurs, mais dans les bois pour hurler à la lune, ou j’sais pas quoi. Que tu as une obsession inhumaine pour la viande rouge saignante. Mais. Hum. Mais de savoir que j’ai tout laissé derrière pour venir vivre avec toi; que j’ai changé de pays, par amour et que toi, tu...
- Je quoi ?


Je ne comprends pas. Il semble accepter mon réel métier, accepter que je sois un garou et même connaître bien des détails sur ma nature, alors qu’est-ce qui le met en colère ? J’ai envie de le serrer contre moi, enfin débarrassé de ces non-dits où je m’enlisais plus le temps passait. Mais finalement il n’y a plus d’obstacle à ce qu’on vive ce lien précieux sans mentir.

- Que tu prétendes m’aimer, et que tu ne me dises même pas que tu as un moyen de me soigner de cette merde que j’ai chopée!  Si je vaux rien de plus qu’un mourant à perpétuité, pour toi, et que tu m’aimes pas assez pour me sauver… Fuck you, Amaro.  Fuck. You.

Je reste abasourdi alors qu’il me lâche et s’enfuit vers la chambre en titubant. J’avais imaginé tout, sauf ça. Je ferme les yeux et me pince l’arête du nez. Les mots d’Alex raisonnent dans ma cervelle. J’avais si peur de son rejet de ma condition et de ma nature que j’ai oublié la gravité de sa maladie et l’épée de Damoclès qui père sur sa tête. J’ai pensé à moi et non à lui. Mon cœur chute à ce constat amer. J’ai merdé. Oui, Fuck me, il a parfaitement raison.

Le spectacle qu’il offre dans la chambre me peine. Et j’en suis l’unique responsable. Je m’assois à ses côté, Alex esquisse un geste pour s’éloigner, mais il est las, fatigué. Il me regarde, les émotions que je lis dans son regard me plombent à nouveau le cœur. Un tas de phrases me viennent en tête. Des mots pour rassurer, pour dire combien je le trouve beau, intelligent et parfois chiant. Des mots que je lui ai déjà dits cent fois. Des mots indignes. Ce n’est pas ce qu’attend son regard. Je cueille doucement sa main et la porte à mes lèvres. Un seul mot sort des miennes.

- Pardon.

Mes yeux fixés dans les siens ne cillent pas. Pas de blabla inutile, seulement mon simple repentir. J’ai merdé et je l’admets. J’ai bien des explications à mon silence, mais l’important pour le moment, c’est qu’il comprenne que je m’excuse, que je suis désolé. Que j’ai été assez crétin pour ne voir que mon bonheur à moi.

- Pardon Alex.

Je bascule sur le lit et l’attire sur moi. Il résiste un peu, mais finit par céder à ma requête muette. Sa tête sur mon torse, je caresse ses cheveux, sa joue, suis l’arête de son nez, le contour de ses lèvres.

- Comment sais-tu pour la cicatrisation, les pleines lunes, le régime viandard ? Ce que tu as vu ce soir, n’est certainement pas ce dont je suis le plus fier, mais tes connaissances sont trop précises par rapport à ce que tu as pu apercevoir.

Sa main se crispe sur mon t-shirt. Maintenant qu’il sait mon secret, il faut que je sache ce que lui cache. Savoir si nous sommes ennemis.

- Appartiens-tu au monde des chasseurs.

Un signe imperceptible de la tête, il me dit que non. Je soupire de soulagement et le serre plus fort contre moi.

- Je ne veux pas te perdre Alex, ni que tu meures. J’avais peur que tu me rejettes si tu apprenais ma nature. Tu sembles en savoir assez sur les loups pour connaître la réaction des humains. Te faire mordre m’a traversé l’esprit. Mais il fallait t’avouer ce que je suis avec le risque que tu me quittes. Trouver un alpha complaisant qui ne te garde pas dans sa meute. Je suis un oméga. La couleur de mes yeux… Je n’ai pas la capacité de te transformer. Puis il y a le risque que ton corps refuse le don de la morsure.

Alex ne dit rien, il reste prostré, allongé sur moi, sa joue contre mon torse, le regard vide. Le voir si inerte et apathique me rend triste.

- Je t’aime Alex. C’est la première fois que j’envisage une relation longue durée avec quelqu’un. De très longue durée. Si ta santé s’était dégradée, j’aurais réagi.

D’un coup de rein, je le bascule sur le lit et échange nos positions. Lui sur le lit, moi couché sur son corps.

- On va faire comme tu le souhaites. Je vais trouver un alpha. Et si aucun ne veut te mordre sans te garder et bien je lui vole son rang et c’est moi qui te mordrai. J’ai juste peur de te perdre plus vite en agissant ainsi. Mais pour toi je suis capable de tout.

Je me hisse jusqu’à ses lèvres et l’embrasse avec toute la conviction de ce que je ressens pour lui. Puis je niche mon visage dans son cou.

- Dis-moi ce que tu veux que je fasse. Dis-moi qui tu es Alex.


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