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 Le Triskel et le Gui

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Alex Cormier

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MessageSujet: Le Triskel et le Gui   Mer 11 Jan - 23:46

Derek Hale ₰ Alex Cormier

Le Triskel et le Gui

Un frère est un ami donné par la nature

Alex referma la porte du four en dissipant d'un geste nonchalant de la main la fumée qui s'engouffra prestement dans la hotte de la cuisinière, alors que le jeune druide se saisissait déjà d'un couteau pour couper les derniers légumes et les verser dans le saladier comme une pluie de météorite végétaux sur les feuilles de laitue encore croquantes et humides du lavage qu'elles venaient de subir.  La salade fut touillée, et dans les petits bols à côté, le bacon bio fumait toujours, la vinaigrette maison décantait déjà et les croûtons paressaient sèchement.  Alex s'étira sur la pointe des pieds pour prendre la vaisselle des grands jours.  Il disposa tour à tour les quatre assiettes, verres, bols et tasse, puis plaça l'argenterie avec sa délicatesse habituelle, prenant bien soin de tout placer à l'équerre, au quart de poil près.  Il avait entendu le bruit de la douche qui s'arrêtait et ce ne fut pas bien long pour que son frangin sorte de la salle de bain en tenue d'Adam, la serviette ébouriffant ses cheveux.

-'Tain, Derek!  Personne a envie de voir ça! roula-t-il des yeux avant de capter le regard de son jumeau.  Inutile d'en dire plus, Alex avait très bien compris que oui, quelqu'un ce soir rêvait de voir ça.  Ce n'était pas une raison pour s'exhiber en milieu de journée non plus.
-Comment elle s'appelle, d'ailleurs?  Je suis certain que 'Pa sera ravi de la rencontrer le jour de son anniversaire...

Derek était déjà disparu dans leur chambre et Alex jeta un coup d'oeil à l'horloge grand-père qui trônait au centre du salon.  Gabriel ne devrait plus tarder à arriver.  Le châtain en profita pour vérifier son reflet dans le miroir.  Il n'aurait certes jamais les gênes de Derek, ni le charisme qui allait avec, ce n'était pas une raison de ne pas faire attention à son apparence pour autant.

Alors que le regard éparpillé d'Alex parcourait la pièce à la recherche du détail qui cloche, de la chose qui ne serait pas en place, son œil expert fut attiré par quelque-chose sur le manteau de la cheminée. Il avait vécu toute sa vie ici et savait si bien où chaque chose allait que c'en était devenu d'une sorte d'instinct surnaturel qu'il voyait ce genre de choses.  Derek avait dû replacer les petits cadres métalliques avec empressement après les avoir polis, et Alex commença à les replacer en observant les clichés.  À côté du portrait de mariage de leurs parents, une cadre était tombé à plat ventre.  Alex s'en saisit et l'observa.  La petite fille ne devait pas avoir plus de trois ou quatre ans sur cette photo, et pourtant il reconnaissait celle qui avait été sa demi-soeur.

***

La main douce de Talia reposa la petite image de sa première enfant sur l'âtre, avant de s'essuyer une larme du bout du doigt.  Les mains fermes de Gabriel vinrent délicatement se poser par-dessus les siennes et il termina son geste en entourant de ses bras le ventre arrondi et distendu de son épouse.  Il lui murmurait des mots réconfortants à l'oreille, pour lui rappeler qu'il serait toujours là pour veiller sur leur famille, que tout cela était du passé maintenant, et qu'il l'aimait plus que tout au monde.

« Ils commencent déjà à se chamailler », hoqueta Talia en déplaçant la main de son deuxième époux sur les bosses que formaient les jumeaux sur son abdomen.  Bercer en son sein cette flamme de vie avait été le plus doux réconfort qu'elle avait pu souhaiter.  Quand, au cœur de la nuit où l'incendie avait ravagé sa famille, elle était venue cogner à la porte du druide, elle était loin de se douter du tournant que prendrait sa vie.  Laura dans les bras, elle avait tambouriné à la porte jusqu'à ce que Gabriel lui ouvre.  Il s'était penché sur la gamine, mais malgré ses efforts, il était trop tard.  Il avait ensuite insisté pour s'occuper de la mère et l'avait quelque peu forcée à rester chez lui.  Il avait une chambre libre, avait-il dit, et elle n'avait nulle part d'autre où aller, de toute manière.

Elle avait su que, jadis, le jeune druide en avait pincé pour elle.  Bien avant qu'elle ne devienne la louve alpha qu'elle était désormais.  Quand ils étaient entrés dans la vie adulte, elle avait été bien trop naïve pour se douter que sa famille ait pu convaincre Gabriel de se tenir loin de sa vie sentimentale et elle ne s'attendait donc pas à ce que son aide et sa dévotion soient autres que celle d'un druide pour sa meute.  Le jeune druide se montra patient et respecta le deuil de la jeune femme.  Ce ne fut qu'au moment où elle évoqua la possibilité de se trouver son propre endroit où relancer sa vie, qu'il lui offrit de repartir à neuf, tous les deux ensemble.  Personne d'autre ne la connaissait ni ne pouvait comprendre ce qu'elle avait traversé aussi bien que lui.  Et puis, ils avaient eu le temps déjà de s'apprivoiser et de s'habituer à leurs travers, l'un comme l'autre.


***

Alex reposa la petite photo, ébranlé sans trop comprendre pourquoi, et héla Derek.

-Et tu rangeras ta serviette, ailleurs que sur mon lit!
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MessageSujet: Re: Le Triskel et le Gui   Lun 16 Jan - 22:54

Alex Cormier ₰ Derek Hale

Le Gui et le Triskel

L'amour fraternel c'est l'amitié du sang

C’est l’anniversaire du père. ‘Lex tient à marquer le coup comme chaque année. J’ai beau lui dire que le vieux n’aime pas qu’on lui rappelle qu’il est vieux, mais mon aîné de cinq minutes et trente-deux secondes a à chaque fois un argument solide à m’opposer. Un argument qui me rend mal à l’aise car il nous relie à une famille que nous n’avons pas connu, une famille qui si elle était encore de ce monde, nous, nous n’y serions pas... Qu’est-ce que la vie sinon le fruit du hasard d’un accouplement qui a eu lieu à un moment donné, mais qui change la face du monde pour celui qui nait de cette union si le dit accouplement n’avait pas eu lieu à ce moment précis. La vie est précieuse et doit être fêtée rabâche le frangin. Je râle tout en sachant qu’il a entièrement raison.

Je fais un effort de propreté, non pour le père, mais on va dire que je fais coup double sur l’affaire. Depuis la salle de bain, je sens une odeur taquiner mes sens lupins. Mon ventre grogne un appel inimitable. Je file voir ce que ‘Lex nous a préparé. Dans les grandes occasions comme celle-ci c’est toujours lui qui s’occupe de la pitance et qui veille au moindre détail comme le parallélisme entre la fourchette et le couteau. Si ce n’était que moi, ça serait pizza royale pour tout le monde et pack de bière.

-'Tain, Derek!  Personne n’a envie de voir ça!

Je baisse mon regard sur l’objet de sa diatribe.

- Euh, là frérot je ne suis pas d’accord avec toi !

-Comment elle s'appelle, d'ailleurs?  Je suis certain que 'Pa sera ravi de la rencontrer le jour de son anniversaire...

- Ben… Clarisse, mais… Je crois que le père préfèrera en rencontrer une que je garderai plus de deux mois, non ?

Nouveau roulement d’yeux de mon jumeau qui évite la zone en dessous de ma ceinture. Je ne sais pas pourquoi il est aussi prude quand nous sommes entre nous. Nous étions à poil ensemble dans le ventre de notre mère quand même ! Sans parler que les premières années de notre vie, nous dormions dans le même lit. Nous le ferions encore si cela n’était pas contre les convenances. ‘Lex est une extension de mon corps, comme moi je suis la sienne. Nous ne sommes pas des jumeaux monozygote, lui blond et humain, moi brun et loup. Mais la différence s’arrête là car nous agissons comme de vrais jumeaux. Il commence les phrases, je les finis. Il sait quand je me blesse même s’il n’est pas présent. Je sais quand il est triste même si je suis loin.

Je n’en rajoute pas plus et file dans notre chambre couvrir cette b*te qu’il ne saurait voir. Par de pareils objets, les âmes sont blessées. Et cela fait venir de coupables pensées. Pardon Monsieur Molière… (*)

Ma peau encore humide rend l’enfilage du jean laborieux. Je sautille sur place pour rentrer mes fesses dans pantalon un peu moule bur** je l’admets. Mais faut savoir souffrir pour plaire aux filles. Mes sauts d’éléphants gracieux font trembler le plancher et grincer ses lattes. La maison des Cormiers est entièrement faite de bois. De plus une partie de ce bois était à l’origine du sorbier... Le vieux avait dû faire quelques changements pour que notre mère puisse venir y habiter. Nouveau grincement quand je me penche pour attraper une chemise. Le bruit me renvoie loin quand nous étions encore des gamins impressionnables.

***

Le temps avait été à l’orage toute la journée et c’était en fin d’après-midi que les lourds nuages gris avaient versé leur tribu d’eau, détrempant le sol et avançant la nuit d’une bonne heure tant l’eau qui ruisselait du ciel était drue. Un froid humide s’était inséré dans les vêtements. J’avais mangé ma soupe de légumes sans broncher. Avec ‘Lex, nous avions joué une peu devant le poêle à bois, puis notre mère nous avait envoyé au lit. Je me souviens d’une infinité de détails, le regard soucieux de notre père, la bouilloire sur le poêle, les rideaux aux carreaux rouge et blanc, une odeur d'herbes médicinales, et les ridules qui ornaient les tempes de mère alors qu’elle nous souriait, fière de nous, ses deux garçons. Elle n’a jamais montré de préférence pour l’un de nous. Nous avions notre lot de tendresse et de galoches. Nous étions… nous le sommes encore, turbulents, agités et pleins de vie. Qu’aurait été notre vie si Laura Hale avait survécu ? Parfois je me dis que sa mort nous a fait naitre… Cruel destin, cruel hasard.

L’orage déchirait le ciel et la nuit en de terribles éclairs. Serrés l’un contre l’autre dans le même lit, planqués sous un énorme édredon de plumes d'oie, nous nous rassurions comme nous pouvions… en nous inventant des histoires plus terribles encore. Des histoires que l'on invente, que l'on maîtrise.

- 'Lex ? Tu sais que la chasse sauvage chevauche les éclairs pour venir sur terre capturer les âmes des vivants ?

Jouer à se faire peur, pour justement se l’accaparer et s’en faire maitre. Mais ce soir-là parmi le bruit de la pluie et celui du tonnerre, un autre m’avait interpellé. ‘Lex avec ses oreilles d’humain ne pouvait pas avoir entendu à cause du vacarme de l'orage. Pourtant je lui demandais de se taire et fermais les yeux pour mieux écouter ce qu’il se passait en bas. Je n’étais qu’un jeune louveteau. Il me fallut du temps pour entendre les gens. Mais la pluie troublait le bruit de leur conversation. Curieux je me levai pour aller regarder par la fenêtre. Mon pied marcha sur cette fameuse latte, le plancher craqua. Dehors je vis de vagues silhouettes engoncées dans des pardessus pour se protéger de la pluie. Un éclair éclaira la scène une fraction de seconde. Peur, terreur, effroi, je me suis figé.

- Des chasseurs !

‘Lex était venu me rejoindre. Cachés dans l’ombre, nous avions guetté leur départ, le cœur battant à la chamade. Je ne sais pas comment les événements se sont enchainés les jours suivants. Mais deux semaines plus tard nous devenions orphelins. Le père me fit porter le nom de famille de sa femme en sa mémoire. C’est ainsi que bien qu’étant frères jumeaux, je me nomme Hale comme notre mère et que ‘Lex perpétue le nom des Cormier. Je suis le loup, il est le druide. Nous sommes frères, les noms n'y changent rien.

C’est irrationnel, je n’ai pas de preuve qu’il y ait un quelconque lien entre cette latte de bois qui a craqué sous mon pied et la mort de notre mère. Pourtant depuis ce jour, par superstition je ne pose plus le pied dessus, alors que les autres craquent autant depuis.


***

-Et tu rangeras ta serviette, ailleurs que sur mon lit!

Je fais mine de ramasser la dite serviette, mais dérange un peu le lit de mon frère. Bon sang, il me connait pourtant ! Il se penche pour virer le pli que j’ai fait, je lui saute dessus, le collant à plat ventre sur son lit. ‘Lex râle, arguant que ce n’est pas le moment. Je me suis affalé de tout mon long sur lui. Mon frère est bien bâti, juste un peu moins grand que moi, mais j’ai l’avantage de ma force surnaturelle. Je colle mon nez dans sa nuque et soupire à fendre l’âme.

- La latte qui grince…

‘Lex arrête de se débattre, il sait de quoi je parle. Alors il croche mes doigts et les serre. Mon frère est le seul qui me permet de lutter contre les fantômes du passé. Je ne sais pas combien de temps nous restons là, dans une accolade fraternelle fusionnelle comme seuls des jumeaux peuvent avoir. Une porte claque en bas.

- Merde le père !

Nous nous levons d’un bond.


(*) : Couvrez ce sein que je ne saurai voir.
Par de pareils objets, les âmes sont blessées.
Et cela fait venir de coupables pensées
Le Tartuffe, III, 2 Molière.
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Dernière édition par Derek Hale le Mer 25 Jan - 10:20, édité 1 fois
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Alex Cormier

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MessageSujet: Re: Le Triskel et le Gui   Lun 23 Jan - 5:54

Derek Hale ₰ Alex Cormier

Le Triskel et le Gui

Rien n'est plus difficile à trouver qu'un frère

Ça ne servait à rien de lui répondre, de toute manière, à cet énergumène fanfaron.  Feu Mamie lui reprocherait certainement son péché d'orgueil si elle savait dans quel type de tenue il se baladait alors qu'on allait manger dans moins d'une heure dans cette même pièce!  Et Alex était prêt à parier que s'il rajoutait le moindre commentaire à son sujet, Derek lui rétorquerait qu'ils étaient à poil à l'intérieur des placentas maternels.  Que dale!  Ils étaient bien trop jeunes pour avoir du poil.  Alex du moins.  Derek était sortie en mode peluche bichonneuse et avait perdu son premier duvet au bout de quelques semaines.  Du moins, c'était ce qu'on racontait.

Le druide profita que son jumeau ait filé à la chambre pour terminer de ranger et rendre la maison parfaite.  Lorsqu'il se détourna de l'âtre, il put aisément deviner que le loup avait décidé de porter la paire de jeans qu'il s'était acheté en mode adolescente optimiste.  Alex lui avait bien dit que ça ne lui ferait jamais, mais Derek s'était obstiné à l'acheter de toute manière, « on ne savait jamais » pourquoi.   « T'as conscience que c'est un paquebot que tu traînes, là-derrière, hein? » l'avait-il taquiné pour se faire rétorquer de manière bien prévisible qu'il n'était qu'un jaloux.  Si Alex avait des motifs pour être jaloux de son frère, celui-là n'en était pas un.  L'assurance et le charisme de Derek, peut-être.  Son magnétisme lupin, à la rigueur.  Son apparence?  Pas réellement.  Ils étaient deux pommes tombées à distance raisonnable du même pommier, après tout.  Et ils avaient passé leur vie ensemble, à être la réflexion en négatif l'un de l'autre.  Leurs corps leurs étaient aussi banal l'un que l'autre.

Mais ça ne restait pas une raison pour se promener dans ce genre d'attirail...

Et puis, il avait fini de faire grincer le parquet ou il attendait de le défoncer?  Alex grommela.  Tout ça rien que pour impressionner une fille.  Une fille qui n'avait rien à faire au souper d'anniversaire de Gabriel.  Ils soupaient toujours les trois ensemble.  C'était une occasion spéciale, qui les gardait près les uns des autres, leur rappelait de la fragilité de l'existence, mais également la force de leurs relations et la chance qu'ils avaient.  C'étaient peut-être les druides qui devaient agir en gardiens des traditions, il semblait également raisonnable de s'attendre à ce que les chefs de meute les respecte et les gardent vivantes, non?  C'était peut-être trop demander à un rebelle endiablé tel que Hale était... Quel exemple il ferait pour sa meute...

Alex était monté voir ce qui faisait tout ce bahut et lui dire de s'arrêter, mais comme si il avait deviné son approche, Derek avait cessé de lui-même et Alex s'occupa plutôt d'aller lisser du plat de la main le désastre naturel causé par son moqueur de frangin.  Pris au piège tel un néophyte, Alex se retrouva à plat ventre sur son matelas, à se débattre sans plus de conviction que possible.  Évidemment, durant son apprentissage il avait appris à se défendre des créatures surnaturelles, d'utiliser leurs forces à son avantage, d'abuser de leurs failles et, sans vouloir se vanter, il y était plutôt doué.  Principalement avec Derek.  Sauf que la chambre à coucher n'était pas un terrain de jeu, et qu'ils n'avaient pas trop le temps pour ces enfantillages.  Et Derek mentionna la Latte.  Avec la majuscule.  Il n'y en avait pas trente mille.  Pas avec des majuscules à tout le moins.  Le duo s'immobilisa soudainement et leurs doigts se firent une étreinte gémellaire qui se transposa à leurs personnes entières, le temps de retrouver le dessus.

L'arrivée de Gabriel les brusqua et ils se retrouvèrent sur leurs pieds en un rien de temps.

-T'aurais pas pu entendre la voiture?  Loup à la manque!

***

Les deux gamins avaient déjà tout oublié de l'orage qui s'était abattu sur leur vie deux semaines auparavant.  Ils chahutaient entre leur chambre et le corridor, des figurines dans les mains.  Ils combattaient une armée extra-terrestre imaginaire qui les avait punis et cloîtrés dans leur chambre pour une canaillerie de plus.  Dès qu'ils entendraient le vaisseau amiral se rapprocher trop dangereusement, ils se réfugieraient sous leurs couettes en claquant la porte derrière eux, braillant qu'ils n'avaient pas bougé d'un centimètre en tentant en vain de maîtriser leurs fous rires.  Avec un peu de chance, cette fois, aucun des deux ne laisserait de pièce à conviction derrière lui, sur les lieux du crime.

L'on cogna à la porte et le jeu cessa immédiatement.  Le salon était éblouissant de clarté, le soleil d'après-midi plombant à travers la large fenêtre qui y trônait.  Le temps que la figurine de Derek atteigne le sol, les deux frères se poussaient en descendant l'escalier quatre par quatre, le rire aux éclats.  Sans être un moulin, la cabane recevait son lot de visiteurs qui entraient et sortaient en une valse légère et souple, informelle et fascinante.  C'était généralement avec des histoires abracadabrantes et des permissions de rester debout plus tard – s'ils étaient chanceux – que l'on entrait chez les Hale-Cormier.  Si ça, ce n'était pas une raison satisfaisante pour défier le joug pénitentiel.  Les deux mômes avec leurs minuscules jambes et leur poids-plume faisaient trembler la maison entière sous leurs talons sur les marches.  On aurait pu croire qu'un avalanche s'était produit ici-même, dans ce salon californien.

La porte s'ouvrit sur une silhouette sinistre.


***

Le druide resta un instant figé en observant la jeune dame.  Quelque chose clochait, mais il n'aurait pas su dire quoi exactement.  Puis le déclic se fit.

-Derek, tu peux m'aider à la cuisine? appela Alex pour se donner une raison de lui parler sans être entendu.

-Tu peux m'aider avec la purée?  Je t'ai sorti le beurre et le lait. fit-il l'air de rien en ouvrant le four pour y récupéré le rôti qui avait mijoté toute la journée dans son jus.  Il reprit à voix plus basse.
-T'es au courant que c'est une ourse, hein?  'Pa le saura immédiatement.

Le châtain se saisit du couteau et débuta la découpe de la pièce de viande.

-Et tu n'as pas oublié d'acheter la bière, hein?  Faudra vérifier si on a de l'hydromel, plutôt que du vin blanc, aussi.

C'est à ce moment que Clarisse apparut derrière eux pour leur offrir leur aide, faisant sursauter le plus méticuleux des jumeaux.
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MessageSujet: Re: Le Triskel et le Gui   Mer 25 Jan - 21:35

Alex Cormier ₰ Derek Hale

Le Gui et le Triskel

Un frère est une autre version de soi

-T'aurais pas pu entendre la voiture?  Loup à la manque ! Peste ‘Lex.

Je ne me formalise pas de la raillerie, bien que mon frère n’en rate pas une quand il peut prendre mes capacités de loup en défaut. Si je ne me vexe pas, c’est que je sais que ce n’est pas une marque de jalousie de sa part, même s’il est évident qu’il aimerait bien avoir ma vitesse ou ma force. Je lui reconnais des qualités que je n’ai pas, celles de la mesure et du sens du recul, celles de l’intelligence de vie, du raisonnable et du calculé. Lui seul a le droit de pointer mes défauts. Je lui rends la même malice. C’est un truc entre nous que le vieux ne cherche plus à comprendre depuis longtemps. Une personne extérieure pourrait penser, suivant la scène à laquelle il assiste, que mon frère et moi nous ne nous entendons pas. Nous lien est tellement fusionnel que nous pouvons nous permettre de nous chamailler sans craindre la rupture irréversible.

***

Clarisse est arrivée quinze minutes après l’heure convenue tirant un air exaspéré sur les visages de Cormier père et fils. L’heure du souper était aussi précisément respectée que les jours de pleines lunes étaient minutieusement cerclées de rouge sur le calendrier. Avant l’heure, ce n’est pas l’heure. Après l’heure, ce n’est plus l’heure. J’aurais pu anticiper le retard de l’ourse et avancer le rendez-vous. J’aurais pu, mais cela m’est passé à dix milles pieds au-dessus de la tête. Déjà elle a dit bonjour et non pas son « Greuh ! » habituel. Ce qui en soi est un sacré effort et un net progrès de sociabilisassions de ma copine du moment. Bien que je ne la fréquente pas pour son côté sociable. Elle a des atouts qui sont… Faudrait que j’en parle à ‘Lex pour le décoincer un peu. Je vais finir par penser qu’il est gay à force de ne nous ramener personne à la maison. J’imagine la tête du vieux si un jour j’avais annoncé entre la poire et le fromage que je préférais un joli cul de mec à la place des boobs d’une nana. Père est assez conservateur et ne tolère ce qui sort de l’ordinaire que si c’est d’ordre surnaturel.

Clarisse a une petite sœur… Non, elle ne sera pas assez finaude aux goûts de mon frère. Ah ! Et si je me rapplique avec un mec, pour que Gabriel s’étouffe une bonne fois pour toute avec ses principes, libérant mon frère de cet éventuel fardeau si d’aventure c’est sa préférence intime. Hum… non. Je suis prêt à beaucoup de chose pour le frangin, mais aller tripoter du mec… Merde, serais-je aussi rigide que Gabriel ?

-Derek, tu peux m'aider à la cuisine?

Je n’avais pas remarqué que ‘Lex était parti à la cuisine et que le seul bruit dans la salle à manger provenait des mouches qui volent au plafond. Clarisse n’est pas une fille loquace… surtout au moment du repas. Père boude que j’ai osé inviter quelqu’un aujourd’hui. J’ai mal calculé mon affaire.

-Tu peux m'aider avec la purée?  Je t'ai sorti le beurre et le lait.
- J’arrive.
-T'es au courant que c'est une ourse, hein?  'Pa le saura immédiatement.
Marmonne mon frère.
- T’es au courant que les ourses ont la même finesse d’oreille que moi ?

Il n’y a que le père qui ne peut pas entendre ce que l’on se dit. Mais comme le précise ‘Lex, Cormier père n’est pas tombé de la dernière pluie. Je touille la purée avec force pour l’alléger avec le beurre, lui donnant une consistance souple.

-Et tu n'as pas oublié d'acheter la bière, hein?  Faudra vérifier si on a de l'hydromel, plutôt que du vin blanc, aussi.
- J’ai amené de l’hydromel,
annonce Clarisse en faisant sursauter ‘Lex. Je l’ai laissé dans le coffre de ma voiture.
- Tu vois que la réputation taciturne des ours est largement contrefaite ! Dis-je en enlaçant ma belle et robuste copine.

Bon je dois par contre avouer que les ours sont assez binaires. Envie, égale action immédiate pour satisfaire cette envie. C’est ainsi que je me fais copieusement peloter ce que ‘Lex appelle un paquebot et que le baiser de Clarisse me vaut bien une bonne minute d’apnée. Il ne faut définitivement pas un ou une ours pour ‘Lex, il n’y survivrait pas !

***

Ça ne s’est pas trop mal passé. En fait c’est plutôt grâce à la petite sœur de Clarisse qui s’est trouvée en rade de voiture dans la ville d’à côté qui a fait que son passage écourté à la maison n’a pas déclenché une troisième guerre nucléaire agrémenté de sorbier. J’avais laissé mon frère s’occuper du cadeau, lui donnant ma participation en espèce. Il est bien plus doué que moi pour ce genre de chose. Le père s’est retiré dans son bureau-laboratoire pendant que nous rangeons la maison de cette méga fête de la mort qui tue…

- Dis ‘Lex, tu as quelqu’un en ce moment ? Je peux te présenter des fi… du monde si tu veux. Ça te dirait de sortir un soir ensemble ?

***

- Allo ? Star command ? Ici Buzz l’éclair. J’appelle Star command. Woody ! Ils ne répondent pas !
- Nous allons repousser les extraterrestres Buzz,
réplique mon frère. Leur vaisseau amiral s’est éloigné.

Le bras tendu en avant, je suis prêt à lancer mon rayon laser sur l’ennemi dès qu’il apparaît. ‘Lex les zigouillera avec son pistolet. Nous avançons à pas feutrés, chacun avec sa figurine en main pour l’assaut final qui ne manquera pas d’être grandiose.

La tension est extrême à traquer les petits hommes verts à l’étage de la maison. Souvent le chat est pris pour cible. Mais le rusé animal a dû sentir l’attaque arriver car je ne sens pas sa présence. Bien que l’animal au fil du temps a appris à se fondre dans le décor et se faire oublier même du louveteau que je suis.

Je me risque courageusement à découvert, ‘Lex couvrant mes arrières. Nous marchons en crabe dans le couloir du haut, parés à toute attaque. Nous allons défaire l’envahisseur, quand on frappe à la porte. Oublié le vaisseau amiral et la menace extraterrestre. Nous nous ruons dans l’escalier pour aller voir le visiteur. Les visiteurs sont d’autant d’aventures à vivre, car on ne frappe pas ici pour rien.

Une grande silhouette s’encadre dans la porte que je viens d’ouvrir. ‘Lex et moi reculons comme un seul homme. J’attrape la main de mon frère et la serre très fort. Le général en chef de l’armée extraterrestre nous ordonne de retourner dans notre chambre. Nous plions sous le joug maternel et grimpons les marches comme une volée de moineau. Cependant en lieu et place de notre lit, nous nous aplatissons dans le couloir, là où nous pouvons avoir une vue sur ce qu’il se passe en bas.

- Ennis ! Que s’est-il passé ? Questionne notre mère.

J’ai reconnu l’alpha d’une meute voisine. Père ne l’aime pas. Je crois qu’il craint que le loup de lui prenne maman. Un couple d’alpha est toujours plus fort… Et je suis le seule bêta de la meute de notre mère Talia. J’ai conscience que notre meute fait pâle figure, mais c’est le choix de notre mère de ne pas élargir le cercle de notre famille à d’autres loups. J’imagine que c’est pour ne pas revivre… le passé.

Ennis est dans un sale état. Talia l’emmène à la cuisine, nous privant de l’image... et du son quand elle referme la porte derrière eux. ‘Lex me regarde pour que je lui rapporte ce qu’il se dit en bas. Je m’assois, calant mon dos contre le mur et ferme les yeux pour me concentrer uniquement sur mon ouïe.

« - On s’est fait attaquer… en plein jour tu te rends compte Talia ! J’ai rien pu faire, cela a été si rapide. Diane et John sont encore vivants mais dans un état critique... L’aconit les empoisonne pendant que je te parle et moi aussi. Les autres sont morts. Aide-moi ! Aide les je t’en conjure. Talia ! Nous avons besoin de toi, de ta puissance de guérison.»

Notre famille est isolée des autres meutes. Je ne comprends pas les histoires des grandes personnes, ni pourquoi nous ne participons pas aux rassemblements amicaux qu’il y a parfois aux solstices. Tout ce que nous savons, c’est que notre mère est une louve respectée et que c’est pour cela que tout le monde vient toquer à notre porte. Les gens viennent lui demander conseil, voir même de les départager sur des querelles. Mais jamais elle nous mêle aux autres loups de la région. Je crois que les ruines du manoir à moins d’un kilomètre de la maison sont une mise en garde à ses yeux.

Je vois les autres louveteaux à l’école. Mais j’ai l’interdiction formelle et stricte d’aller chez eux. Cela me manque de pouvoir jouer sans contraintes avec d’autres enfants loups. A l’école nous sommes tous contrains aux jeux limités des humains. Heureusement que j’ai mon frère, sinon je m’ennuierai à mourir à devoir continuellement jouer à l’humain ordinaire. ‘Lex est plus que mon frère, c’est mon ami, mon copain. Il s’est collé à moi pendant que je lui répète ce que j’entends.

- Père dit que c’est dangereux pour ‘Man d’y aller.

La voix de l’alpha tonne dans la maison. Ses blessures n’ont pas affaibli sa verve. Je n’ai pas besoin de rapporter ses propos à ‘Lex tant il gueule fort.

- Bordel Gabriel ! Nous sommes une grande famille !
- Les grandes familles attirent les ennuis Ennis. La preuve, tu es en sang et les tiens se meurent ! Inutile d’offrir aux chasseurs une victime de plus !


La porte de la cuisine s’est brusquement ouverte, nous faisant nous ratatiner sur le sol du couloir de l’étage. Notre père est furieux, pourtant il va dans son bureau, là où il stock sa pharmacopée. Nous le voyons repasser dans l’autre sens avec sa sacoche. Dans l’énervement, il oublie de refermer la porte de la cuisine. Je n’ai plus besoin de me faire l’interprète pour mon frère.


***


La discussion a été houleuse quant à savoir si Talia devait y aller ou pas. Notre mère a fini par partir suivie d’un Ennis un peu moins boiteux qu’à son arrivée, Gabriel restant à la maison pour nous garder.

Nous ne reverrons plus notre mère en vie.


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MessageSujet: Re: Le Triskel et le Gui   Jeu 26 Jan - 17:32

Derek Hale ₰ Alex Cormier

Le Triskel et le Gui

Être le frère de son gardien ou le gardien de son frère

Derek avait toujours été du genre m’as-tu-vu, ce qui n’était pas forcément un avantage pour un loup-garou qui devait ne pas attirer l’attention sur lui et passer inaperçu dans une école remplie d’humains, mais également d’autres créatures surnaturelles.  C’était donc bien loin d’être surprenant que, depuis qu’il avait passé le cap de l’adolescence, il ne ratait pas la moindre chance d’être vu avec une deuxième langue dans sa bouche.  Il n’avait vraiment pas de pudeur et ce n’était manifestement pas Clarisse qui lui apprendrait le sens des convenances.  Lorsque l’étreinte du jeune couple se rompit, Alex avait déjà servi les assiettes et il demanda poliment à l’ourse d’aller chercher l’hydromel, sans comprendre pourquoi elle l’avait laissé dans la voiture, puis il se tourna vers son frère qui ne lui avait toujours pas répondu quant au pack de bières.

Le repas s’était déroulé dans la plus grande tension, Alex avait passé tout ce temps à marcher sur des œufs et lorsque Clarisse comprit finalement qu’il était temps qu’elle déguerpisse, elle prétendit assez astucieusement avoir une sœur à aller chercher dans la ville voisine.  Heureusement pour la fratrie, le cadeau qu’Alex s’était procuré avait radoucit le tempérament de Gabriel et ils avaient évité l’imminent cataclysme.  Son humeur n’était toutefois toujours pas suffisamment bonne pour qu’il leur offre de les aider avec la vaisselle et il se retira plutôt dans son antre.  Aucun des hommes de la maisonnée n’était réputé pour sa loquacité, mais ils savaient tout de même suffisamment se lire pour savoir quand c’était en raison de leur tempérament naturel, ou de leur humeur passagère.  Derek ne semblait d’ailleurs pas plus enclin à parler et Alex se tut le temps de ranger.  Il faut dire qu’en comparaison des Teufs-De-Malade qu’il avait eues à New York, ce repas ne devait pas être grand-chose, pour Derek.  Mais la famille, c’était le plus important.  Et puis bon, il devait être bien déçu de ne pas avoir pu terminer la soirée sur la banquette arrière de Clarisse.

Lorsque Derek rompit le silence, son interrogation fit éclater Alex de rire.  Ah, Derek!  Toujours à voir son frère comme un pauvre humain sans ressources qui n’attendrait que son aide divine.
- Dis ‘Lex, tu as quelqu’un en ce moment ? Je peux te présenter des fi… du monde si tu veux. Ça te dirait de sortir un soir ensemble ?
- Qu’est-ce que je ferais sans toi, mon vaillant chevalier?  Ce n’est pas parce que je ne le crie pas sur les toîts que j’ai personne, Der’k!  Juste, je voudrais pas que tu sois jaloux.
Taquina-t-il.  Je trouvais juste pas que c’était le moment approprié pour inviter Ann ou Jimmy à la maison…  Mais c’est une bonne idée de sortir, tous les deux, comme dans le bon vieux temps.  
-Et joli jean, en fait.

-Les garçons, pouvez-vous venir ici, j’ai quelque chose à vous dire.


Simultanément, comme un seul homme, Alex et Derek se figèrent, puis ils tournèrent tranquillement la tête l’un vers l’autre jusqu’à ce que leurs regards se croisent.  D’un même mouvement, ils passèrent un bras derrière les épaules de leur jumeau et prirent la direction du salon, où Gabriel les attendait, l’air soucieux, assis dans son fauteuil.
***

-Les garçons, pouvez-vous venir ici, j’ai quelque chose à vous dire, avait faiblement appelé Gabriel Cormier.  Il savait que ses fils ne dormaient pas, car il pouvait entendre les grincements en provenance de leur chambre.  Les enfants savaient déjà ce que leur père voulait leur dire, mais ils refusaient d’y croire.  C’était Derek qui avait senti le lien se rompre, ce qui l’avait réveillé en sursaut, et, en bon jumeau, Alex avait ressenti sa détresse.  Le blond s’était levé sur la pointe des pieds en faisant quand même grincer le parquet et était allé rejoindre Derek dans son lit, pour lui faire un câlin.  
– C’est maman.  Elle est…  Elle n’est plus… s’étouffait le louveteau dans ses paroles.  Et ils avaient pleuré jusqu’à ce que le paternel ne les appelle.

Ils avaient alors descendu l’escalier, en se tenant par la main, terrifiés à l’idée de voir la réalité avérée.  Les détails étaient encore si frais à la mémoire d’Alex.  Que ce soit la lueur étouffée qui provenait de l’âtre, mais aussi des rayons de la gibbeuse dans les fenêtres du salon, ou encore le tic-tac de l’horloge, ou bien les sanglots étouffés de son frère et de lui-même, ou même les traces humides de larmes sur leurs pyjamas.  Gabriel portait de grands cernes qui ne le quittèrent guère par la suite.  Il semblait combattre puissamment les larmes qui lui foulaient les yeux, et de mémoire d’Alex, jamais n’avait-il vu son père aussi ému avant, ni depuis.  L’odeur du feu se mourant dans l’âtre ajoutait de l’âcreté à cette atmosphère surréelle.

-Les garçons, il faut que vous sachiez que ce que votre mère a fait ce soir était très…  Ce que Talia a fait était très généreux, et courageux.  Elle s’est… Elle s’est sacrifiée pour vous protéger.  Pour nous protéger tous les trois.  Et les autres meutes de la région aussi.  Deucalion ne lui a pas survécu, mais je… elle ne s’est pas remise de ses blessures. Il n’y avait personne pour s’occuper d’elle, et je l’ai laissée partir!  Faudra pas m’en vouloir, les garçons. Si j’avais su. Si j’avais pu.

Alors que les paroles de Gabriel faiblissaient, les barrages cédaient un à un et il n’eut d’autre choix que de se taire lorsque, enfin, ses larmes ne purent être endiguées plus longtemps.  Derek et Alex grimpèrent alors chacun sur l’un de ses genoux et les trois parents se firent une étreinte réconfortante.  Ils s’endormirent dans cette position.  Lorsque le lendemain ils se réveillèrent, formant la meute au plus haut ratio de druide par loup, leurs corps ne les remercièrent pas, particulièrement celui de Gabriel.


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Dernière édition par Alex Cormier le Mer 1 Fév - 22:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Triskel et le Gui   Mer 1 Fév - 22:22

Alex Cormier ₰ Derek Hale

Le Gui et le Triskel

Jumeaux - Mon meilleur miroir est mon frère

C’est comme si on me déchire le cœur en deux. Nous nous étions couchés pas vraiment sereins. Et même si nous avions chacun notre lit, il n’était pas rare de nous retrouver endormis ensemble dans l’un ou l’autre des lits. Père m’avait demandé de rejoindre le mien quand il était venu nous faire un bisou pour le dodo. C’est Mam qui d’habitude nous le fait et quand elle n’est pas disponible jamais notre père ne prend cette peine, celle de rassurer deux enfants toujours impressionnés par la nuit et des monstres qui s’y tapissent.

Ce qui sort de l’ordinaire devient inquiétant et source de stress. J’avais rejoint mon lit froid, laissant ‘Lex à regret. Notre jeune âge et notre fatigue eurent raison de notre angoisse. Maman revenait toujours non ?

Après la douleur qui me réveille, vient un immense froid. Le lien est rompu comme si on m’arrache un cordon ombilical invisible. La douleur et l’immense tristesse m’empêchent de hurler. Je suis submergé par les pleurs et hoquette reprenant difficilement ma respiration. ‘Lex me rejoint dans mon lit et me sert contre lui. Je m’agrippe à mon frère comme à une bouée.

– C’est maman.  Elle est…  Elle n’est plus… Dis-je entre deux hoquets.

Mon frère se doutait bien du drame avant que je ne le lui dise. Car bien qu’il ne possède pas ce lien spécial entre deux loups d’une même meute, il l’a avec moi, son jumeau. Par ricochet il a ressenti la disparition de notre mère.

Deux gosses se serrent l’un contre l’autre en pleurant. Nous sommes anéantis. Maman était une montagne pour nous, même le regard de notre père sur elle nous le prouvait. Elle était notre fierté bien que nous lui en faisions voir de toutes les couleurs comme les deux cabochards que nous sommes. Talia Hale était le fondement de la maison, celle autour de qui tout gravitait, notre soleil. Nous étions ses satellites. Le soleil s’est éteint, nous plongeant dans l’obscurité, perdus et terrorisés.

-Les garçons, pouvez-vous venir ici, j’ai quelque chose à vous dire.


***

- Dis ‘Lex, tu as quelqu’un en ce moment ? Je peux te présenter des fi… du monde si tu veux. Ça te dirait de sortir un soir ensemble ?

- Qu’est-ce que je ferais sans toi, mon vaillant chevalier?  Ce n’est pas parce que je ne le crie pas sur les toits que j’ai personne, Der’k!  Juste, je voudrais pas que tu sois jaloux.


- Hum…

Et comme pour me faire douter un peu plus, mon jumeau me parle d’une Ann et d’un Jimmy. Plus jeunes nous nous disions tout, notre séparation le temps des études qui m’amenèrent à New York mit un filtre à notre communication. Nous sommes toujours soudés et solidaires, nous confiant l’un à l’autre. Mais effectivement ‘Lex était plus réservé sur ses relations privées. Je le regarde en biais. Il me mène en bateau avec son Jimmy ? Je pensais être le moins conventionnel de nous deux, mais son air malicieux… m’agace ! Je n’aime pas ne pas savoir. Je vais pour lui grogner dessus quand il me coupe l’herbe sous les pieds comme il a le don.

-Et joli jean, en fait.

- Greuh ! Merci.

-Les garçons, pouvez-vous venir ici, j’ai quelque chose à vous dire.

Qui est mort ? ‘Lex doit se poser la même question car il colle son bras sur mes épaules. Je fais de même. Décidément les fantômes… le fantôme du passé s’invite beaucoup dans nos pensées aujourd’hui.

- T’aimes pas Clarisse ? C’est vrai que ce n’est pas le summum pour discuter, mais niveau…

Le regard soucieux du père me fait taire. Quelqu’un est vraiment mort ? Instinctivement je me colle à mon frère. Cormier l’ancien tarde à parler nous regardant alternativement ‘Lex et moi. Vais-je me prendre une chasse pour avoir invité Clarisse que mon père doit bien se douter n’est pas celle qui restera pour la vie à mes côtés. Il peut aussi nous demander de « grandir », c’est vrai que nous dormons encore dans le même chambre, aucun de nous n’ayant eu l’idée et encore moins l’envie de se préserver une intimité en faisant chambre à part. Il va peut-être falloir s'y résoudre, si son Jimmy ou sa Ann ce n’est pas du flan. Il faut que je les rencontre ! Je ne laisse pas mon frangin entre les mains de n’importe qui.

- Que voulais-tu nous dire ‘Pa ?

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MessageSujet: Re: Le Triskel et le Gui   Mar 7 Fév - 18:42

Derek Hale ₰ Alex Cormier

Le Triskel et le Gui

LES REPROCHES NE SONT FAIT QU'À CEUX QUE L'ON ESTIME

- T’aimes pas Clarisse ?
-Si.
- C’est vrai que ce n’est pas le summum pour discuter, mais niveau…


Alex ne voulait pas le savoir, mais ce n’était définitivement pas là la raison qui avait fait taire son cadet.  Le châtain savait voir les gens de l’œil du noiraud, et il pouvait aisément comprendre ce qui lui plaisait chez Clarisse.  Au moins, pour une fois, Derek ne s’était pas entiché d’une anonyme et plantureuse blonde au discours soporifique.  Et puis, l’ourse-garou avait l’avantage indéniable de comprendre la sagesse et les bienfaits, hautement valorisés dans leur cabane, du silence, contrairement aux bimbos californiennes.  Remarquez, Gabriel comme Derek et Alex savaient se délier la langue aux moments opportuns, et se montrer plus loquaces.  Le jeune druide était un expert des sujets à rallonge lorsqu’il se retrouvait seul avec l’être cher.

Le silence commençait à croître en pesanteur alors que Gabriel étudiait ses fils du regard.  Ses yeux valsaient de l’un à l’autre des jeunes hommes comme deux bouées bleutés sur une mer tranquille, qui la faisait rouler paresseusement, tranquillement, doucement, gentiment, longuement, inlassablement.  Nerveusement, Alex leva sa main devant lui, n’osant interrompre le silence, et pinça entre son index et son pouce la pointe d’acier qui lui perforait le croquant de l’oreille.

***


La clochette du commerce retentit et Alex haussa un sourcil impressionné à la vue de l’homme qui apparut dans la pièce.  Plus de la moitié de sa peau était injectée d’encre, et il portait également des piercings impressionnants.  La tête rasée et une longue barbe grisonnante lui donnait un air d’ex-motard.  Les regards d’Alex et Derek se croisèrent avant que l’aîné ne fasse un pas vers l’avant.  Il retira sa veste de cuir, l’air de rien, sous le regard un peu trop paternaliste de Derek.  Ils en avaient déjà discuté, et si c’était de la jalousie, elle n’était pas vraiment bien placée.  Certes, Alex avait l’avantage, pour une fois, de ne pas avoir de pouvoir de guérison magique, mais c’était bien la seule occasion où ça jouait en sa faveur.

-Vous stérilisez vos aiguilles à chaque fois, n’est-ce pas?  Vous l’ouvrirez devant moi?
-Hola, gamin.  On va commencer par le commencement.  Vous venez pour quoi? Consentement parental.  Méthodes de paiement.  Risques, précautions, temps de cicatrisation etc.


Nouvel échange de regard des jumeaux.  Le mec essayait-il de les décourager?  Il n’y avait aucune raison que la plaie ne s’infecte, et même si c’était le cas, Derek pourrait toujours le soulager de sa douleur le temps qu’il se trouve les antibiotiques appropriés, non?  Alex ne retenu rien de ce que le perceur lui expliqua, mais c’était la raison pour laquelle son frère l’accompagnait, non?  Quant à Gabriel, il n’aurait pas le choix de se faire à l’idée.  Alex sortit un formulaire plié et froissé de la poche arrière de son jeans troué pour le tendre au commerçant.  C’était le moment de vérité.  Bien sûr, Derek ne croyait pas Alex capable de copier la signature de leur paternel, ce à quoi le druide avait rétorqué que ce n’était pas parce que Derek n’était pas assez patient et minutieux pour y parvenir qu’Alex n’y arriverait pas non plus.

Quelques heures plus tard, les jumeaux rentraient à la maison, chacun une slush à la main, un diachylon sur le sourcil du châtain, que Gabriel mit quelques minutes à apercevoir.  S’en suivit une crise de hurlements entrecoupés de l’hilarité des jumeaux à chaque fois que leur père disait mot pour mot une phrase qu’ils avaient prévus qu’il dirait.  Au moins, ils parvenaient à parer ses arguments aisément, puisqu’ils les avaient prévus, et Alex rappela que ses notes étaient bien correctes, et qu’il avait payé avec son propre argent.

-Derek Hale, file à ta chambre au lieu de te bidonner comme un taré.  Et réfléchis-y à l’importance de montrer du respect à son père et de ne pas entraîner ton frère dans tes bêtises.
-Mais, ‘Pa!
-Ouste!


Gabriel attendit que Derek ait terminé de se traîner les pieds en haut de l’escalier jusque dans sa chambre, où il était évident qu’il poursuivrait son écoute, mais n’interromprait plus la discussion, au moins.  Gabriel se tourna vers son aîné.

-Quant à toi, Alex.  Je suis déçu que tu laisses ton frère d’embarquer…
-C’était mon idée, Derek était pas d’accord.
-Je te croyais plus raisonnable!  Tu as pensé aux risques d’infection?  Et pas que le pus et tout ça! Les vraies maladies dont on se débarasse pas après!
-Oui.  Et ils font attention à ce genre de trucs.  T’inquiète pas, j’ai fait mes recherches.


Gabriel sembla se détendre, sa fureur était passée.

-Si tu décides d’y retourner, tu m’en aviseras d’abord.  J’irai avec toi.
-Quoi?
-Tu as 16 ans, Alex.  Vous êtes assez vieux, Derek et toi, pour décider de ce que vous faites de vos corps.  Tu m’as prouvé être suffisamment responsable pour te préparer consciencieusement.  Que je sois d’accord ou non avec l’esthétisme de tes choix n’est pas le plus important, tant que tu t’assures de rester en santé.  Je voudrais pas qu’il t’arrive quoi que ce soit.
-Cool, ‘Pa!
-Je suis quand même déçu de toi, Alex.  Je croyais pas que tu doutais autant de pouvoir me faire confiance.


Alex leva les sourcils, étonné.  C’était donc là que le bât l’avait blessé. Le châtain n’avait pas voulu insulter son père, il avait simplement craint une opposition paternelle à son petit projet.  Il s’avérait qu’il avait mal anticipé la réaction de son père, qui était peut-être moins vieux-jeu que son tempérament devenu acariâtre le laissait croire.  Peut-être, en fait, Alex revoyait pour la première fois depuis longtemps l’homme qui leur achetait des glaces lorsqu’ils marchaient dans le parc, gamins, avec Talia et Gabriel.  Alex baissa la tête, se massant la nuque.

-Désolé, ‘Pa.  Je savais pas que… je voulais pas te…

Pour son anniversaire suivant, Alex se vit offrir par son père le paiement du perçage double de son oreille opposée et, un peu plus de dix ans plus tard, il arborait toujours ces trois décorations corporelles.

***

- Que voulais-tu nous dire ‘Pa ?

C’est Derek qui ramena Alex à la réalité du moment présent.  Le druide lâcha son piercing et projeta son attention, sous le regard soucieux de ses sourcils, en direction de son père, qui soupira.

-Les garçons, il serait temps que vous voliez de vos propres ailes, vous ne pensez pas?
-J’ai un boulot à l’hôpital, et Derek…
-Et vous habitez toujours chez votre vieux père, dans la même chambre.  Ce n’est peut-être pas la meilleure manière de vous trouver une – ou un – partenaire de vie.


Derek voulut s’interposer, mais Gabriel leur fit signe de le laisser terminer.

-J’ai eu une rencontre avec mon patron.  La ville et l’état se disputent encore à savoir de quel juridiction mon poste devrait relever, et ils songent à l’abolir.  Enfin, ils l’aboliraient suite à ma retraite, mais ils semblent aussi vouloir m’inciter à la prendre en avance, avec une compensation et tout.  Je n’ai pas encore pris de décision, mais ce pourrait être une bonne opportunité pour moi de retourner au Manitoba.
-Mais c’est super loin.
-T’es tombé sur la tête, ‘Pa?


Imperturbable, Gabriel poursuivait.

-Alex pourrait récupérer mon bureau, et l’un de vous deux ma chambre.  Je doute que qui que ce soit accepte de sortir bien longtemps avec l’un de vous dans les conditions actuelles.
-C’est leur problème!
-On s’en fiche!
-Et peu importe ce que je ferai, et les autres décisions que je prendrai, je crois qu’il est temps pour vous de prendre soin de ta meute, Derek.  Je ne sais pas ce que j’attends le plus impatiemment.  Des petits-enfants ou que tu te décides enfin à recruter des bêtas.


Gabriel leur offrit un sourire doux qui lui donnait des airs de père Noël sous ses cheveux poivre et sel.  Alex se sentit blêmir.  C’était pas de la pression du tout, ça.  Pas du tout.  Ses sourcils se tournèrent doucement vers Derek, attirant le reste de sa tête dans son sillage.


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MessageSujet: Re: Le Triskel et le Gui   Jeu 9 Fév - 18:21

Alex Cormier ₰ Derek Hale

Le Gui et le Triskel

Nous sommes dépendants de l'estime qu'ont les autres de nous.”

Nous sommes tous deux dans la pleine force de l’âge, au meilleur de nos capacités, pourtant le vieux nous impressionne. ‘Lex trifouille ses piercings, geste involontaire qui trahit son malaise, miroir du mien.  

-Les garçons, il serait temps que vous voliez de vos propres ailes, vous ne pensez pas?

Nous y voilà donc… Je sais que notre côté fusionnel « dérange ». Que nous avons passé l’âge et que devenus adultes il n’est pas admis dans les codes sociaux de coller son frère comme une moule son rocher. J’ai un regard vers mon jumeau. Je ne veux pas que l’on nous sépare, même si j’ai parfaitement conscience qu’il faudra bien un jour faire notre vie en parallèle. Mais il n’y a pas d’urgence, non ? ‘Lex tente une diversion sur nos métiers. Mais lui comme moi savons que ce n’est pas de cela que parle le vieux.

-J’ai un boulot à l’hôpital, et Derek…
-Et vous habitez toujours chez votre vieux père, dans la même chambre.  Ce n’est peut-être pas la meilleure manière de vous trouver une – ou un – partenaire de vie.
- Jusqu’à présent cela ne nous…


Le père me fait taire. J’ai soudain une crainte de ce qu’il va nous annoncer. J’ai lâché ‘Lex, le temps de mes études à New York. Ok j’ai survécu sans lui à proximité, pourtant rien ni personne ne peut remplacer mon frère. Seuls d’autres jumeaux peuvent nous comprendre. Je me prépare à contre argumenter férocement contre la décision paternelle.

-J’ai eu une rencontre avec mon patron.  La ville et l’état se disputent encore à savoir de quel juridiction mon poste devrait relever, et ils songent à l’abolir. Enfin, ils l’aboliraient suite à ma retraite, mais ils semblent aussi vouloir m’inciter à la prendre en avance, avec une compensation et tout. Je n’ai pas encore pris de décision, mais ce pourrait être une bonne opportunité pour moi de retourner au Manitoba.
- Mais c’est super loin ! M’écrié-je.
-T’es tombé sur la tête, ‘Pa? Assène ‘Lex.


Le vieux continue, arguant que mon frère récupérerait son bureau, et que l’un de nous prendrait sa piaule. Nous lui rétorquons que nos conquêtes doivent nous accepter ainsi, c’est avec le frangin ou pas !

-Et peu importe ce que je ferai, et les autres décisions que je prendrai.
- Autres décisions ?! Hey ! Minute ! Quelles autres décisions ?
- Je crois qu’il est temps pour vous de prendre soin de ta meute, Derek.
- Elle va très bien la meute !
- Je ne sais pas ce que j’attends le plus impatiemment, poursuit notre père imperturbable à nos interruptions. Des petits-enfants ou que tu te décides enfin à recruter des bêtas.
- …


‘Lex et moi nous nous regardons estomaqués. Je crois que nous ne sommes pas prêts pour la reproduction de l’espèce, pas encore… Sinon du point de vue meute, c’est vrai que un loup et deux druides… ce n’est pas commun.

- Recruter des bêtas ! T’en a de bonne ! Et on les collerait où ? A la cave ?

Je suis devenu un alpha alors que je n’avais pas dix ans. Autant dire que ce rang n’a jamais eu le sens qu’il devrait avoir. Un gamin ne gère pas une meute. J’ai grandi ainsi et si j’ai chicané mon frère avec les capacités supérieures, c’était en tant que loup, simplement de loup et non pas d’alpha-chef-de-meute et tout le toutime.

Notre père me regarde avec bonhommie. Dans ses yeux s’exprime tant d’espoir, tant de souhaits, que je me ratatine sur place. Il l’a dit, des petits enfants et une meute digne de ce nom. Je ne suis prêt ni pour l’un, ni pour l’autre. Remplacer notre mère est presque un blasphème. Jamais je ne serais à la hauteur de notre génitrice. Je regarde mon frère, il doit lire la panique et l’angoisse dans mon regard.

Une meute… cela signifie qu’il faut que j’aille m’imposer à des omégas. Faire le loubard c’est une chose, devenir chef de clan en est une autre. La différence est la responsabilité que cela engendre. Est cela qu’entend le vieux ? Que nous devons arrêter de « jouer » pour commencer une vraie vie d’adulte ? Je la trouve plutôt cool notre vie.

« Mayday, mayday, Star command ? Ici Buzz l’éclair. J’appelle Star command. Woody on a un problème ! »

- ‘Pa ! Je ne remplacerai jamais ‘Man.
- Tu n’as pas à la remplacer Derek, juste être toi. Tu es un alpha !
- Pour ce que ça me sert…
- Derek ! Honore ton rang !
- Pardon. Oui ‘Pa.
- Les temps changent les enfants. Une meute n’a pas forcément besoin de vivre au même endroit.
- Mouais.
- Je vais me balader mes fils. Réfléchissez à ce que je viens de vous dire.


C’est un Gabriel qui semble soulagé d’un poids qui se lève, enfile sa canadienne et sort profiter du beau temps. Le poids de ses soucis s’est transmis sur nos épaules.

- Tu te fois faire des enfants ‘Lex ?
- Tu te vois avec des bêtas ?
- … ‘Lex, c’est moi ou le vieux a bien parlé de « une ou un partenaire de vie » ?


Grand soupir commun.

Le vieux n’a pas tort. Je me laisse tomber sur une chaise, mon frère préfère ruminer debout. En s’en allant, le vieux nous aide à évoluer ou plutôt nous force à évoluer. Je regarde la poussière qui danse dans un rayon de soleil. Je laisse mes pensées vagabonder. Chef de meute… Pendant nos années lycée, je me suis un peu rapprocher de ça, mais le but n’était pas du tout le même.

|•|•|•|

- ‘Lex ! Tête de noix !


Langage codé de jumeaux planqué sous une agacerie. Mon frère pivote, colle son dos contre l’adversaire qui l’empêche de passer et lance le ballon au sol avec un geste qu’il a mainte fois répété. On pourrait croire qu’il envoie le ballon en arrière, mais quand celui-ci touche le sol, c’est l’inverse qui se produit. Les attaquants adverses se sont déjà trop avancés pour le récupérer. D’une main je cueille la balle, enchaîne deux dribles et saute pour un magnifique tir croisé. Plus trois points pour nous. Je high five avec ‘Lex.

- Empêchez les jumeaux de se coordonner les mecs !

Le match se poursuit, mais notre équipe conserve l’avance et se paye même le luxe de creuser l’écart. Les mines sombres de l’équipe adverse ont en reflet ma mine réjouie, copie conforme de celle de mon jumeau. Le vieux nous a collé un panier de basket sur un des murs de la maison. Nous y passons des heures à nous trouver des techniques propres à nous deux. A chacune, nous donnons un nom. « La noix » vient d’un soir où ‘Lex a voulu me faire taire une énième raillerie en me lançant une noix. J’avais esquivé, la noix avait donc touchée le sol. Mais au lieu de filer dans la direction du lancer de mon frère, elle lui était presque revenue en pleine figure. Si cela m’avait fait marrer, le frangin avait froncé les sourcils et gigoté la tête un bon quart d’heure, signe qu’il est en intense réflexion. Il avait testé avec le ballon de basket sans succès, recommencé avec la noix, comprit le phénomène et tenté de l’appliquer avec un ballon. Cela lui avait pris du temps, mais il y était arrivé.

Nous fanfaronnons dans le vestiaire.  Un peu trop au gout de l’équipe adverse qui s’énerve. Les injures fusent, puis les poings. Forcément, j’ai un petit avantage sur les autres, pourtant ‘Lex ne se laisse pas démonter non plus. Il a l’habitude avec moi de se frotter à plus costaud que lui. Il est le roi de la feinte, de l’esquive et de la tourniole qui arrive d’on ne sait où. Le coach met fin à la bagarre et nous houspille. Chacun marmonne des menaces à voix basse, mais j’entends les cœurs qui trahissent la peur et le mensonge.

Dehors il fait nuit. L’équipe traine un peu devant le gymnase. Nous parlons du match que nous venons de jouer, de la haine des autres de s’être faits laminé.

- Les jumeaux ça vous dit d’aller au pub ? Questionne Dean. Y a les filles qui sont censées y aller aussi.

‘Lex me fait un clin d’œil. Le pub dont il parle est sympa, mais c’est aussi le repaire des étudiants. Ils ont la sale habitude de s’en prendre aux lycéens qui osent s’y aventurer… sauf quand Cormier et Hale sont là.

- Le vieux va encore râler, mais on ne vit qu’une fois !


|•|•|•|


Y a de l’ambiance et de la tête de con d’étudiant. Fends la foule comme un chasse neige jusqu’au bar. Ça grogne, ça répond, ça menace. La soirée va être bonne !

- Coucou les filles ! V’la les vrais mecs !




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Alex Cormier

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MessageSujet: Re: Le Triskel et le Gui   Ven 17 Fév - 19:53

Derek Hale ₰ Alex Cormier

Le Triskel et le Gui

L'AMITIÉ TOUT COMME L'AMOUR, C'EST DE FAIRE ATTENTION À L'AUTRE


-Il râlera pas si tu lui donnes pas de raisons de le faire, t’sais. rétorqua Alex, alors qu’ils savaient tous deux qu’il aurait eu plus de succès à demander la lune.

Une fois à l’intérieur du bar, Derek le traversa d’un pas conquérant alors qu’Alex s’affairait à leur trouver un coin de table libre.  Leurs tactiques commençaient à être payantes, maintenant qu’ils savaient bien se coordoner.  Et leur victoire avait été écrasante, au bas mot.

Étant enfin parvenu à délimiter à peu près une zone neutre, Alex prit siège sur la banquette en attendant que son frère ne revienne avec le reste de leurs amis et leurs boissons.  Il ne comprenait pas trop pourquoi ils avaient chaque fois besoin d’être douze pour commander un pichet de ce qui était le moins cher, mais bon.  Ça devait être pour jouer au mâle alpha, ou quelque chose du genre.  Position à laquelle il avait renoncé volontiers des années auparavant.

-Ton pote, là, il aimerait prendre quelque chose?

Alex leva deux sourcils étonnés sur la personne qui s’était adressée à lui, puis sur la direction emprunté par son menton, avant de détailler le visage et le comportement de l’étudiant qui s’était adressé à lui.

-C’est mon frère.  J’pense pas qu’il prendrait ton numéro, mais il aime les rousses.  Personnellement, je préfère les brunes.  Pour la bière; pour le reste c’est plus varié.

Derek eut donc droit à sa bière gratuite, payée par le mystérieux inconnu qui ne semblait pas apprécier les avances d’Alex et dont le loup-garou semblait ne pas voir les avances qu’il lui faisait.  Tant pis pour tout le monde.  Aucun point nul part, balle au centre, et la soirée ne faisait que commencer.  Et comment elle se déroula.  C’est en voyant les ailes du nez de Derek se retrousser à quelques reprises qu’Alex réalisa que quelque chose ne sentait pas très net.  Visiblement agacé par l’odeur, il lança un regard furtif en direction de la source de celle-ci et Alex le suivit.  Une jeune femme semblait embêtée par la présence d’un mec apparemment un peu bas de plafond ou dur d’oreille et, prétextant avoir bu suffisamment pour devoir briser le sceau, Alex se leva.

-Tu comprends pas que ta tête de pignouf l’intéresse pas, Quasimodo? fit-il en s’interposant, créant une barrière physique entre la demoiselle et le malotrus.  Ils s’échangèrent quelques insultes et, avant qu’une bouteille ne soit fracassée, Alex invita le beauf à poursuivre la discussion à l’extérieur.  C’était que le patron était un pote et qu’il voulait pas lui causer de problèmes, après tout.  L’autre tenta de le frapper dès qu’il eut le dos tourné, mais Alex esquiva le coup en pressant le pas et répétant qu’ils auraient bien plus de place pour jouer à l’extérieur.  Déjà, ils avaient attiré l’attention de quelques tables et une demi-douzaine de mecs les avaient accompagné devant la porte, où Alex refusa de porter le deuxième premier coup.  Plutôt, il se fia sur les leçons d’arts martiaux qu’il avait eues, plus jeune, pour déjouer son adversaire et se servir de sa force contre lui.  Sauf qu’il dut avouer prendre un certain plaisir à se défouler sur la brute.  Du moins, jusqu’à ce que Derek vienne les séparer.  Le forçant à s’éloigner en direction de la maison, il insista que le beauf avait probablement compris sa leçon.

-J’sais pas, il a l’air un peu crétin.  Faut cogner plus fort pour être certain qu’il recommencera pas, c’pervers.  Aïe!

L’arcade sourcilière éclatée, l’oeil qui virerait bientôt au beurre noir, le nez désenligné, la lèvre tuméfiée, on ne pouvait pas dire que la première véritable cuite d’Alex s’était bien déroulée. Au moins, il avait laissé son antagoniste dans un état similaire. Derek lui demandait ce qui lui avait pris et Alex haussa douloureusement les épaules.  Son corps entier était endolori alors qu’ils déambulaient.

-Ouille!  J’sais pas.  Ça a fait du bien.  C’était catharthritique.  Ça sert à quoi d’avoir des super-pouvoirs si on s’en sert pas pour aider les gens, Derek?  J’voulais juste pas que la fille passe une mauvaise soirée.  Pourquoi les mecs sont tous des salauds?

-Au fait, t’as raté ta chance avec un salaud.  Tu pensais qu’il te payait une bière pourquoi?  Pour tes beaux yeux?  Bah, sûrement en fait.  T’as déjà embrassé un mec?  Tu devrais essayé.  Juste pour voir comment tu aimes ça.  Et pis, ça t’enlèverais ton balai de dans ton… Woups!


Alex avait glissé et si ce n’avait été de la force surhumaine de son frère, il l’aurait probablement entraîné au sol avec lui.  Le jeune druide se redressa et reprit vaguement contenance avant de poursuivre à la fois leur route et son monologue.

-J’pense que cette fois on peut s’entendre pour dire que c’est moi qui aura donné une raison à ‘Pa de râler.  Mais on a qu’à pas lui dire.  Ce sera notre secret.  Tu sais garder les secrets, hein, frérot?


***

- Tu te fois faire des enfants ‘Lex ?
- Tu te vois avec des bêtas ?
- … ‘Lex, c’est moi ou le vieux a bien parlé de « une ou un partenaire de vie » ?


Tous deux soupirèrent.  Ce dernier point était sensible.  C’était probablement le seul secret qu’il avait véritablement envers Derek.  Non pas parce qu’il en avait honte, mais plutôt parce que… il ne savait pas comment son jumeau réagirait en apprenant qu’il y avait un secret.  Voyant qu’il risquait de perdre son frère dans une autre dimension, Alex reprit la parole en triturant son piercing.

-T’sais, Jimmy, ce serait pas le premier gars que je présenterais à ‘Pa.  Le monde a pas arrêté de tourner quand tu étais à New York, et Matt avait insisté pour nous inviter, ‘Pa et moi, à manger chez ses vieux.  C’était avant Pam.  Ou Karyn.  Je sais pus.  M’enfin, c’pas grave.

Les silences se poursuivaient et s’enchaînaient, ponctués de silences.  Perdus dans leurs silences, les frères contemplaient des univers de possibilités.  Alex se dandinait parfois sur ses pieds.  Tantôt il s’asseyait pour se relever immédiatement, et tantôt il allait à la cuisine pour en revenir les mains vides.

-Je me verrais bien avec des neveux et des nièces, ouais, dans le fond.  Que je sache, t’es aussi capable de faire des enfants, non?  Taquina-t-il à un moment.

-Les bêtas, c’est plus facile à faire, dans un sens.  Mais il faudrait bien les choisir.  Sauf que c’est pas comme si on pouvait afficher un poste et passer des entretiens.  Je suis sûr que le lycée et la fac regorgent de candidats potentiels qui seraient heureux de faire partie de notre meute.  Peut-être pas le lycée en fait.  S’ils sont tous comme on était...  Alex réfléchissait à voix haute, un sourire étirant finalement ses lèvres.  Jusqu’à ce qu’il ne repense à l’autre ultimatum.  Celui qui impliquait de trancher entre Ann et Jimmy.

-Tu veux un thé? Demanda-t-il finalement avec vivacité en s'élançant une énième fois dans la cuisine.

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Merci Matrim & Chuck!
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MessageSujet: Re: Le Triskel et le Gui   Mar 28 Fév - 21:50

Alex Cormier ₰ Derek Hale

Le Gui et le Triskel

Courroux de frère, courroux de diables d'enfer

J’aime l’ambiance qui règne dans le bar. C’est vrai que nous sommes un peu en avance sur notre âge pour trainer ici parmi une faune essentiellement composée d’étudiants. Mais la vie est trop courte pour attendre d’être vécue. ‘Lex est parti nous squatter une table, alors que j’attends mon tour pour nous commander l’éternel pichet que nos porte-monnaie peuvent nous permettre. En s’y mettant à tous, nous arrivons à boire suffisamment pour que les humains commencent à devenir drôles.

Mon frère a l’avantage de pouvoir connaitre l’ivresse, alors que cette euphorie m’est refusée à cause de ma nature. J’envie un peu mon jumeau dans ces moments-là. Notre symbiose fraternelle m’aide bien car je vis son ivresse par procuration. Je me focalise sur ses sensations. Evidement c’est comme décrire la beauté des couleurs à un aveugle. Je n’ai que mon imagination et la transcription que m’en fait mon frère pour appréhender ces sensations qui me seront toujours refusées.

Comme à chaque fois, j’ai ponctionné tous les membres de la bande de leur dîme, ‘Lex et moi faisons caisse commune. Cette fois j’opte pour un mélange à base de Vodka, qui reste l’alcool le moins cher, dilué avec un tonic et une boisson énergétique. Nous regagnons la table en troupeau avec verres et pichets.

‘Lex s’est collé sur la banquette par habitude et aussi parce qu’il aime voir ce qu’il se passe dans le bar. Moi je me moque de la place à proprement parler tant qu’elle se trouve au milieu de la tablé, je suis content. Première tournée, nous trinquons au contrôle de math que nous avons eu dans la matinée. Les notes devraient couvrir toute l’échelle entre l’un qui a rendu quasiment feuille blanche et mon frère et moi qui nous nous débrouillions plutôt bien dans cette matière.

La boisson a une saveur un peu citronnée qui va bien avec le pétillant du soda. Un de nos potes, celui qui va certainement se prendre un un ou un deux en math vide son verre d’une traite. Nous rions de le voir écarquiller les yeux et faire un rot sonore pas piqué des hannetons. La bouffe de la cantine est loin, son regard se met à briller et un sourire niai éclot sur ses lèvres. Nous portons un toast à notre ami et à sa future sale note.

Un gars tape l’incruste un moment et je me retrouve avec une bière offerte dans les mains. Je suis content qu’un étudiant porte de l’intérêt pour le lycéen que je suis. Comme quoi je fais plus vieux que j’en ai l’air. Je vois ‘Lex secouer la tête dépité.

- Quoi ?
- Rien ! Laisse tomber
me répond-il.

J’ai dû louper un truc, mais cela ne devait pas être important. Je ris parce que notre pote nul en math se marre comme un tordu. Nous parlons du match de basket de samedi prochain, je suis le capitaine de l’équipe et le coach compte sur moi pour que l’on gagne. Je fanfaronne et prends des paris sur le score.

La conversation bascule sur les nanas du bahut. Je mets mon grain de sel disant que je n’aime pas les filles prise de tête. Un des potes explique qu’il en pince pour une fille de l’autre classe, mais qu’il n’ose pas l’aborder. Chacun y va de son conseil fumeux. J’écoute en souriant, quand mon attention est détournée par un sentiment négatif. Il ne me faut que deux secondes pour repérer ce qui vient m’agresser comme un vent hivernal.

Un type pas si soul que ça ennuie une fille qui visiblement ne l’apprécie pas. Je capte le regard interrogatif de mon jumeau. Je n’ai pourtant rien dit, et l’altercation qui a lieu à plusieurs tablées de là est noyée dans le bruit ambiant. Mais il n’est pas mon jumeau pour rien ! Du regard, je lui montre la scène. Je ne pensai pas m’en mêler, souhaitant savourer le plaisir d’être avec mes potes, mais c’est sans compter le côté chevaleresque de ‘Lex.

-Tu comprends pas que ta tête de pignouf l’intéresse pas, Quasimodo? Harangue mon frangin.

Je ne l’ai pas suivi, d’une part mon frère n’apprécie pas que je la lui tienne, puis je sais qu’il ne se laissera pas faire. Je veille juste qu’il ne se fasse pas prendre en traite par des amis de l’emmerdeur.

L’altercation attire l’attention. Notre groupe encourage ‘Lex qui entraine l’enquiquineur de fille à l’extérieur.

- Belle présence d’esprit mon frère, murmuré-je à moi-même.

Avec quelques-uns je suis le mouvement et sors dehors. A la position de combat du frangin, je sais qu’il est satisfait de cet événement. Mon frère sait se battre et surtout contre plus costaud que lui. Faut dire qu’il a l’habitude avec moi. Je lui servais d’adversaire pour ses entrainements de judo et autres sports de combats en « o ». C’est le vieux qui l’avait obligé à apprendre à se défendre. Pour ses entrainements, je jouais le rôle du vilain loulou qui ne se contrôle pas. Je fais très bien le loulou qui ne se contrôle pas !

Le combat est inégal, je finis par aller m’interposer avant que un des protagonistes finisse au poste de police et l’autre à l’hôpital.

- S’bon ‘Lex, il a sa dose. S’pas loyal, t’es plus aguerri que lui.
-J’sais pas, il a l’air un peu crétin.  Faut cogner plus fort pour être certain qu’il ne recommencera pas, c’pervers.  Aïe!


Le dit crétin a eu le temps de me contourner et de coller une droite dans le museau de mon frère. Ça sera son dernier forfait de la soirée.  Sans geste inutile, je replis mon bras et viens cogner le cogneur qui s’écroule net. Avec un vague regard pour le gisant, je salue la troupe de nos amis et entraine ‘Lex vers la maison. En fait, je n’avais pas bien vu que mon frangin tenait une belle cuite. C’est qu’il marcherait presque plus droit bourré qu’à jeun ! Pendant que nous déambulons en direction de la maison, j’ai du mal à cacher mon sourire à voir sa tête de courge trop mûre.

- Il t’a pris quoi ‘Lex !?
- Ouille!  J’sais pas.  Ça a fait du bien.  C’était catharthritique.  
- Cathatito quoi ?!
- Ça sert à quoi d’avoir des super-pouvoirs si on s’en sert pas pour aider les gens, Derek?  
- Tu veux que je passe mon temps à sauver le monde ? Je ne m’appelle pas Bruce Wayne  hein !
- J’voulais juste pas que la fille passe une mauvaise soirée.  Pourquoi les mecs sont tous des salauds?
- La nature humaine qui reste assez primaire ?
- Au fait, t’as raté ta chance avec un salaud.  
- Hein ?
- Tu pensais qu’il te payait une bière pourquoi?  Pour tes beaux yeux?  - Euh… parce que je suis un mec méga cool ? Non ?
- Bah, sûrement en fait.  T’as déjà embrassé un mec?  
- Mais ça ne va pas ! T’es vraiment rond comme une bille pour dire des âneries pareilles. Embrasser un autre mec ! Et lui mettre la main au cul pendant que t’y es !?
- Tu devrais essayer.
- Non !
- Juste pour voir comment tu aimes ça.  
- C’est tout vu. Il faut que ça ait des seins pour que je sache où coller mes mains !
- Et pis, ça t’enlèverais ton balai de dans ton… Woups!
- Hey !


Alors que je m’apprêtai à lui coller une taloche derrière le crane, vl’a que le frangin descend d’un étage. J’ai à peine le temps de le rattraper par le bras avant qu’il ne se gamelle la face contre le bitume. Tss. J’aurais dû le laisser choir tient ! Je n’ai pas de balai dans cul !

-J’pense que cette fois on peut s’entendre pour dire que c’est moi qui aura donné une raison à ‘Pa de râler.  Mais on a qu’à pas lui dire.  Ce sera notre secret.  Tu sais garder les secrets, hein, frérot?
- Moi oui, mais ta tête de courge trop mure va nous trahir.


On se regarde comme deux idiots. Nous haussons les épaules de concert et nous finissons par nous gausser comme des baleines.

- Dis ‘Lex, t’étais sérieux avec ton histoire d’embrasser un autre mec ? Euh… laisse tomber. Je ne veux pas savoir en fait.


|•|•|•|

Le tic-tac de l’horloge règne en maitre dans le salon. Le vieux nous a séchés avec sa nouvelle, mais aussi avec les attentes qu’il a de nous. Difficile à admettre que nous faisons deux beaux Tanguy.

Je suis mal à l’aise des propos du père. Le vieux est peut être vieux mais il est loin d’être gâteux. Sa précision de genre sur le mot partenaire n’est pas un lapsus, mais bien une perche tendue. Je ne me sens pas concerné par la dite perche. Je lève un sourcil vers ‘Lex et repense à ses taquineries de tout à l’heure.

-T’sais, Jimmy, ce serait pas le premier gars que je présenterais à ‘Pa.  
- Hein !
- Le monde a pas arrêté de tourner quand tu étais à New York, et Matt avait insisté pour nous inviter, ‘Pa et moi, à manger chez ses vieux.  C’était avant Pam.  Ou Karyn.  Je sais pus.  M’enfin, c’pas grave.
- T’es vraiment sorti avec un mec ! Le vieux le sait… et pas moi !
- …


Je ne sais pas ce qui me perturbe le plus. Le fait qu’il ait… avec un autre mec ou le fait qu’il ne m’ait rien dit. Je crois que c’est notre premier secret l’un envers l’autre. L’idée de voir le vieux retourner au Canada me mine, me voilà terrassé à nouveau. Je m’affaisse dans le fauteuil de ‘Pa où je me suis assis sans y prêter attention.

-Je me verrais bien avec des neveux et des nièces, ouais, dans le fond.  Que je sache, t’es aussi capable de faire des enfants, non? Lance ‘Lex.

Je ne réponds rien et soupire. Une partie de mon univers s’écroule. Ma vie tranquille ici dans cette maison, avec le vieux puis mon frère qui était censé être une extension de moi et non pas un gars dont je ne sais rien.

-Les bêtas, c’est plus facile à faire, dans un sens, reprend ‘Lex.  Mais il faudrait bien les choisir. Sauf que c’est pas comme si on pouvait afficher un poste…

A nouveau je n’écoute plus. Des bêtas… Je n’ai jamais songé à cela. Ma meute c’est le vieux et mon frère. On ne va pas faire un élevage quoi ! Je le regarde qui repart une nouvelle fois vers la cuisine, il s’agite à virer de la poussière inexistante et redresser les tableaux déjà droits. J’ai l’impression de le redécouvrir, et cela me met mal à l’aise. C’est comme se réveiller le matin et de découvrir que l’on a des yeux clairs et non sombres. Je l’entends bricoler à la cuisine, mon regard reste rivé sur un défaut du plancher. J’étais loin de me douter que ‘Lex hésitait sur ses choix amoureux. Cela aurait été un autre, un pote du lycée, je me serai foutu de sa tête. Mais là c’est mon frère, mon jumeau, mon presque moi. C’est peut-être pour ça qu’il ne m’a rien dit finalement. Arg ! C’est débile cette histoire. A New York, y avait deux gays dans ma promo. Mais eux je les ai connu, ils étaient déjà gays. Alors que le frangin… ben il matait bien les filles avant non ? Ou c’est moi qui… J’ai rien vu… J’ai rien voulu voir, plutôt.

Le voilà qu’il rapplique avec du thé. Pas besoin de mes capacités de loup garou pour deviner le malaise du frangin. Nos regards sont fuyants. Je me prends en retard le coming out de mon jumeau. Le vieux savait et ne m’a rien laissé entendre ! Je suis furieux contre mon père. Bordel, ils me pensent aussi étroit d’esprit que ça ? Faut croire, vu notre attitude d’empoté présente. ‘Lex pose ma tasse près de moi, puis continue à arpenter la pièce.

- Pose-toi, tu me colles le tournis !

V’la que bien qu’assis, il gigote de la jambe et transforme son piercing en rotor de moteur tant il le trifouille.

- S’bon ! S’pas comme si tu m’apprenais que… ben j’sais pas moi que tu… Ah ! Bordel tu restes mon jumeau, point. Je suis juste vexé d’avoir rien deviné et que l’père le sache avant moi. Y a le téléphone à New York hein.

Je me brule les lèvres sur le thé trop chaud. J’essaye de me souvenir du passé, de me rappeler de détails qui auraient du me mettre la puce à l’oreille. Le seul mec qui dormait avec ‘Lex, c’était moi ! Et comme nous brassons autant l’un que l’autre, autant dire que les positions de réveil étaient parfois un beau sac de nœud. Ma cervelle s’achemine brusquement à un parallèle douteux. Je crois bien que je pique un fard. Mon cheminement de pensées est idiot, je me claque mentalement. Il faut que je rassure mon frangin. Il ne m’a rien dit non par désir de secret mais parce qu’il craint ma réaction. Il faut que je lui montre que je suis toujours avec lui !

- Ok ! T’es gay. Ou à moitié… euh ça quoi, un bi… dule. Bref tu m’as compris.

Les sourcils de ‘Lex font une belle danse à mesure que je bafouille.

- Rho ! et m*rde.

Je me lève du fauteuil du vieux et vais m’asseoir à côté de mon frère sur le canapé. Je lui bourre l’épaule, il fait de même. Ça fini comme d’habitude, par une accolade.

- Hum… dit, te coller avec un mec, ce n’est pas juste une feinte pour me laisser la charge de continuer la descendance de notre famille hein ?!

Soupir du frangin qui me traite de je ne sais quel animal avec de grandes oreilles. Alors que nous comptons les grains de poussières qui volent, l’aveu de ‘Lex me plonge dans l’expectative. De mon côté je n’ai jamais cherché de relation sérieuse. Le père, à sa manière, nous rappelle que le temps passe et défile.

- Et euh… c’est comment avec un autre mec ?


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MessageSujet: Re: Le Triskel et le Gui   Ven 10 Mar - 4:53

Derek Hale ₰ Alex Cormier

Le Triskel et le Gui

Si vous ne supportez vos frères, comment vous supporteront-ils

Dans la cuisine, Alex se mordait les lèvres.  Derek n’avait pas réagi.  Était-ce parce qu’il était trop préoccupé avec les demandes de Gabriel, ou parce qu’il avait trop d’informations à emmagasiner.  Le jeune druide lui-même ne s’était pas rendu compte, sur le moment, de ce qu’il disait.  Une usine à bêtas.  Quelle mauvaise idée que de présenter la chose ainsi et de transformer son frère en usine à morsure.  Le châtain se doutait bien de la raison réelle qui retenait son jumeau de vouloir bâtir sa propre meute.  Le souvenir était lointain et vif à la fois, bien qu’ils n’aient jamais abordé le sujet ensemble.

Et Alex se sentait mal, aussi.  Il n’avait pas pensé que… Jamais n’avait-il estimé qu’il gardait un secret.  Il pensait que son frère et lui évitaient certains sujets par pudeur, ou par respect de l’autre.  Pas parce qu’il avait vécu sous un caillou.  Pas parce qu’il était naïf à ce point.  Alors que la pression montait dans la bouilloire, la tension dans le torse d’Alex, pour sa part, redescendait tranquillement.  Il n’était pas forcément plus serein, ou à l’aise, mais il y avait moins de risque que son tempérament explosif ne prenne le dessus.  Il n’avait pas pris la peine de répondre.  Bien entendu qu’il était sorti avec un mec.  Plus qu’un, même, si on avait une définition plutôt large de sortir.  Le druide avait toujours été plus discret que son frère, mais il n’en restait pas moins un minimum fanfaron et il ne s’était jamais caché, non plus, de commentaires qu’il jugeait sans équivoque.  Et puis, il devait bien avouer que, n’ayant jamais été un grand fan de grandes déclarations, le concept de coming out lui avait toujours semblé un peu aliénant, sinon arriéré.

En bon garçon qu’il était, malgré ses airs et son passif d’ex-dur-à-cuire, Alex servit une infusion à son jumeau et à lui-même.  C’était un espèce de rituel qu’il avait hérité de leur paternel.  Pour diffuser les états d’âme moins sains.  Pour se vider l’esprit.  Pour se recentrer sur l’essentiel.  Pour focaliser sur l’important.  Pour tant de raisons, tant de justifications qui n’en étaient que plus présentes en ce moment.  Il ne savait plus où se placer, arpentait la pièce comme une âme en peine, et ce ne fut que lorsque son frère l’exigea de lui que le druide réalisa qu’il avait toujours la possibilité de s’asseoir.  Il obtempéra, mais sa jambe ne semblait pas être du même avis, battant un rythme dont il ne saisissait pas la mesure.  Sa main libre de tasse se dirigea instantanément vers son arcade sourcilière, ce qui lui valu une attaque de sourcil de Derek.  Retrait de la main.  Retour de la main au bout de métal qui lui transperçait l’oreille, cette fois.  Nouveau regard impatient.  Nouvel allé-retour de la main, qui se posa cette fois sous la lippe, saisissant les poils de menton qui poussaient entre sa lèvre et son menton et les tournant dans un sens puis dans l’autre.  Longtemps, Alex avait hésité à subir un nouveau perçage.  Il craignait d’une part que ce soit exagéré, d’autre part il hésitait entre la lèvre et la langue.

Derek pestait, tentait de rationaliser, se noyait dans un flot de paroles qu’il vomissait lui-même et qui lui revenait à la figure comme un mauvais ressac.  Il bafouillait, s’entremêlait les pinceaux.  Comme si il était plus mal à l’aise que vexé de la situation.  Comme si il ne s’adressait non plus à son frangin, mais à un étranger.  Comme si il ne savait plus exprimer les codes qu’ils avaient mis plus de deux douzaines d’années à bâtir ensemble.  Alex vit bien que Derek s’était brûlé les lèvres, tout comme lui, trop prompts à vouloir se calmer.  La différence, c’était que ses papilles seraient déjà régénérées avant qu’Alex n’ait terminé sa propre tasse.

-Y a le téléphone à New York hein
-J’sais bien, mais…
Alex soupira bruyamment. Tu étais à New York.  New York, marqua-t-il avec insistance.

Derek s’empourpra vaguement.  Était-ce en raison de ce rappel à la réalité de leur contexte socio-fraternel de l’époque, ou alors pour une raison qu’Alex ne s’imaginait pas?  Il feinta.  Retournant sur des faits, prononçant des évidences, s’emmêlant les pinceaux devant sont frère qui tentait de le suivre du jeu de sourcils.  Pourquoi tenait-il tant à mettre un mot sur ce que Alex était – ou n’était pas? – et pourquoi s’acharnait-il à les embarrasser tous deux d’une conversation qu’aucun ne désirait vraiment avoir.  Alex prit la décision de ne pas interrompre son frère, de le laisser dire tout ce qu’il avait à dire, de vider son panier, de s’exorciser les paroles.  Alex voulut lui dire de se rasseoir lorsque son lupin de frère se leva à son tour, énervé, mais se tut lorsqu’il réalisa que c’était pour venir le rejoindre sur le canapé.  Un échange de petits coups à l’épaule, dans les côtes, sur le bras, peu importe.  Plus que tous les mots du monde, cela voulait dire que tout allait bien.  Que tout tournait encore dans le bon sens.  Une étreinte fraternelle pour sceller l’entente et Derek se remit à parler.  Trop.  Voilà que le druide comprenait pourquoi ils avaient été faits taciturnes : la discussion les rendait ridiculement agaçants.

-S’pèce de canasson-garou!  Personne ferait exprès de laisser reposer l’avenir de quoi que ce soit sur tes épaules. rétorqua Alex, moqueur, en fichant son coude dans les flottantes de cet impertinent de frère.

La question de Derek, qui trancha le silence comme un scalpel la peau fine d’un abcès, lui valut un des plus hauts haussements de sourcils jamais effectués sous ce toît.  Il voulait dire quoi?  Il faisait allusion à quoi?  Il sous-entendait quoi?  S’il pensait qu’Alex comptait lui parler nudité, abeilles et petites fleurs…

-Euuuh… C’est comme avec n’importe qui.  C’est qu’une personne, tu sais.  J’avais jamais pensé à ça comme ça.  Je...
Silence.
Soupir qui reste en travers de la gorge, refuse de sortir.
Il tira plutôt la langue, plaisantin.
-Tu devrais essayer, si tu veux vraiment le savoir.  Il paraît que les jumeaux ont souvent le même genre d’intérêts, en romance.

Il aurait dû se taire.  Ça ou dire que son frangin ne s’assumait pas.  Ça et sous-entendre qu’il était tout ce qu’il refusait d’être, avec ce que ça impliquait probablement, à ses yeux, de manquement à sa virilité.  Le temps se figea un moment entre les deux et Alex risqua.

-Tu sais, avec Matt, je sais pas si ça a duré dix jours.  Je t’ai pas mentionné des filles avec qui ça a duré plus longtemps que ça.  J’assumais que tu le savais, comme tout le monde quoi.

Regard en coin, fuyant, coupable, cherchant une approbation, ou une quelconque porte de sortie.  Son sang tambourinait d’inquiétude à ses oreilles, et probablement aussi à celles de son frère.  Il ne voulait pas retourner à la case départ, pas une deuxième fois.

-Te choque pas, D’rek.  T’étais à New York.  Je veux pas… Je veux pas répéter New York, Bro. fit-il en piégeant son frérot dans une étreinte, son thé refroidissant quelque part sur la table à leurs pieds.

***

Assis en tailleur sur son lit, Alex attendait son frère de pied ferme.  Il avait entendu les rumeurs qui confirmaient ce qu’il avait vu, ce que Derek lui avait dit, aussi.  Ce qu’il avait cru n’être que de la vantardise.

-À quoi tu joues, D’rek?

Ni le regard noir de son frère, ni sa réplique acerbes, ne démontèrent Alex.

-Tu feras quoi quand elle verra tes crocs?  Tu sais que tu n’as pas encore tout à fait le contrôle à la pleine lune.

Grognements.

-Je suis pas trop carré.  Si j’étais trop carré, c’aurait été à ‘pa que t’aurait eu à faire.  J’essaie de te…

Non, il ne savait pas de le quoi, et Derek avait raison.  Ni le protéger, ni l’aider, ni le guider, ou que savait-il encore.

-’Tain, non!  J’ai pas dit ça.  C’est super de flirter et tout, mais s’il devait arriver quelque chose, si on venait à apprendre que…

...

-C’est pas une question d’avoir honte ou de pas pouvoir m’imaginer.  Je dis juste qu’il faut faire attention, mec.

La conversation commençait à s’agiter, il ne l’avait pas prévu.  Pourquoi cette tête de loup lui remettait encore en pleine pomme qu’il ne pouvait pas comprendre le drame qu’il vivait.  Pauvre victime de ce monde, dont le tragique destin était d’être né loup.

-Et tu penses que tu comprends c’est quoi, d’avoir un frère-garou?  De devoir toujours se pousser au bout de ses limites pour parvenir à peut-être réussir à te suivre un tant soit peu, ou de faire semblant d’avoir le niveau, de donner le change.  Tu penses que c’est cool tous les jours d’être dans l’ombre du Grand Derek Hale?  Le charismatique, le sportif naturel, le chouchou des classes, la légende vivante qui passe plus de temps à fanfaronner que j’en passe à bosser dur?  Assume-donc d’avoir une épine à la patte, pour une fois.  Je te dis juste de faire gaffe à Paige.  C’est une bonne fille.  Faites pas de folies.

Droit de réplique à l’équipe adverse.  Abasourdi, Alex ne parvint qu’à répéter le dernier mot.

-Jaloux? Sérieux? Jaloux! Bonne nuit Derek.

Alex sortit en trombe de la chambre, entraînant son oreiller avec lui, fermant l’interrupteur et claquant la porte.  Cette nuit, il dormirait dans le canapé.  Et son abruti de jumeau qui pensait que ses conseils étaient biaisés parce qu’il avait aussi un œil sur Paige, il dormirait seul.


***

C'est à ce moment que Clarisse apparut derrière eux pour leur offrir leur aide, faisant sursauter le plus méticuleux des jumeaux.
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MessageSujet: Re: Le Triskel et le Gui   Lun 20 Mar - 23:20

Alex Cormier ₰ Derek Hale

Le Gui et le Triskel

Mon frangin

Ma question débile m’apporte qu’une réponse à la hauteur de ma bêtise. Soudain, je me rends compte que je n’ai pensé qu’à mon nombril, me vexant de ne pas TOUT savoir sur ‘Lex, faisant fi de sa sensibilité et de sa vie privée. Nous ne sommes plus des gosses, mais bien deux adultes. C’est sur ce point que le père a tenté de nous ouvrir les yeux. Enfin surtout les miens, je crois mon frère un peu plus en avance niveau maturité. Je m’esclaffe de façon muette. Loin de me vexer de ce constat, j’y retrouve la logique de notre gémellité. Je suis le corps, la force et le mouvement. Il est la tête, l’intelligence et la réflexion. Non que je me trouve plus bête que lui, mais ensemble nous formons un tout particulièrement complet.

-Tu devrais essayer, si tu veux vraiment le savoir.  Il paraît que les jumeaux ont souvent le même genre d’intérêts, en romance.

J’avale ma salive de travers et tousse. Je le tance du regard. J’ouvre le museau pour lui rappeler que nous sommes des jumeaux dizygotes, n’ayant donc pas les mêmes chromosomes, mais je referme mon clapet. Car cela serait renier ce à quoi nous croyons dur comme fer depuis que nous sommes en âge de faire une phrase syntaxiquement correcte. Je ne sais que lui rétorquer. Même dans l’hypothèse que j’aborde l’affaire de manière rationnelle et scientifique et tester pour savoir. Jamais je n’oserai aborder un autre homme avec une telle démarche. Rien que d’imaginer la scène, mes joues se mettent à rosir. Faut croire que je suis coincé du balai.

‘Lex finit par s’étendre un peu plus sur ses conquêtes et je comprends que c’est moi qui n’est pas su voir et non pas lui qui m’ait caché quoi que ce soit. Il est fébrile, mon jugement compte beaucoup pour lui et peut-être plus que celui du père.

-Te choque pas, D’rek.  T’étais à New York.  Je veux pas… Je veux pas répéter New York, Bro.

- Moi non plus Bro’. Excuse-moi, j’ai réagi comme un sombre crétin. Il ne faut pas recommencer la même connerie.

Mon frère me ceinture de ses bras. Je retrouve ce contact privilégié qui m’a tant rassuré enfant. J’ai beau être le loup, être devenu un alpha à un âge bien trop jeune pour cette puissance, c’est toujours lui qui m’a contenu, et qui m’a aidé à apprivoiser l’animal qui est en moi. Le dur à cuire que je suis, devient finalement tendre comme de la guimauve quand son frère lui montre son affection.

- Je peux faire une autre remarque débile ? Demandé-je avec un sourire malicieux.

Fataliste, mon frère hausse les épaules se disant qu’il ne va pas y échapper quoi qu’il dise.

- Vu que ton cœur balance entre les deux sexes, ça te double la probabilité de rencontrer quelqu’un qui te convient vraiment !

Je prends un air fier. C’est qu’avec mes études dans la finance, je sais faire de savants calculs. Désespéré d’avoir un frangin aussi idiot, ‘Lex regarde le plafond puis me décoiffe en me traitant de crétin-garou.

- Mais ! C’est M-a-t-h-é-m-a-t-i-q-u-e, ‘Lex !

Je ne mentionne pas l’endroit où il veut me coller mes maths quand le frérot fait un bond alors que Clarisse surgit dans la pièce comme un Pokémon pop au milieu de Central Park.

- J’peux aider ?

- C’est tout rangé déjà.


Je lui en veux d’être revenue à l’improviste, brisant ce moment fraternel. Puis en regardant l’ourse avec plus d’attention, il est clair que je ne ferai pas ma vie avec elle. Je commence à ouvrir les yeux. Entre le père qui se fait vieux et qui veut se rentrer au pays, ‘Lex qui murit et devient sage, moi je suis toujours en mode dur à cuire. Il est p’être temps que je me trouve également. Je propose que nous allions nous balader en forêt tous les trois.

Je ne reverrai pas Clarisse.

***

‘Lex me prend le chou au sujet de la fille de la salle de musique. Je chahutais dans le couloir du lycée avec des potes et un ballon de basket. Paige était sortie d’une salle nous demandant d’aller faire du bruit dehors car nous la déconcentrons. J’avais aimé son culot, rare sont les filles qui osent élever la voix contre moi. Je m’étais donc avancé vers elle tout en dribblant, le ballon claquant en rythme.

- Ok, j’arrête à une condition, que tu arrives à me prendre le ballon des mains. Je t’aide en ne me déplaçant pas parce que tu es une fille.

Mes potes ricanants s’adossèrent au mur pour voir ce qu'allait faire la fille. Le ballon passait de ma main au sol et à nouveau à ma main dans rythme effréné. Si je suis le capitaine de l’équipe de basket du lycée, c’est bien grâce à mon agilité avec cette balle de large diamètre. Avec un sourire amusé, je regardais Paige plonger pour tenter d’intercepter le ballon. Je changeais de main et prenais même le luxe de faire rebondir le ballon entre mes jambes. Elle s’obstinait, son regard était concentré sur mes mouvements. J’avoue que cela ne me déplaisait pas de la voir tourner autour de moi… en vain. Je ne lui ai fait aucune concession. Paige comprit qu’elle n’arriverait jamais à me prendre la balle. Après une pique bien sentie, elle avait fait volte-face et claqué la porte de la salle de musique dans son dos.

Nous étions restés un moment à discuter bruyamment dans le couloir, puis mes potes étaient partis. J’avais laissé filer un peu de temps avant d’entrer dans la salle de musique.

Elle était là, le regard concentré sur une partition, son poignet élégamment cassé pour tenir son archet.

- Tu me joues un morceau ?

Elle m’avait lancé une regard furibond, puis s’était ravisée.

- D’accord, à la condition que tu me sortes une note juste d’un des instruments présents dans la pièce.

Elle me renvoyait mon défi. Mon regard fit le tour de la pièce. J’étais nul en musique, pourtant je refusais de m’avouer vaincu. Puis mon regard tomba sur ce qui allait me sauver la mise. Un triangle.


***


Depuis nous nous quittons plus. Paige m’a littéralement envouté. Et cela m’agace d’écouter ‘Lex qui semble tout faire pour me séparer d’elle. J’aime tant son regard ourlé d’un grain de beauté qui lui donne un charme fou. Elle ne se laisse pas démonter par mes fanfaronnades, cependant elle le fait avec adresse et habileté. Elle ne se laisse pas faire, mais jamais elle ne m’agresse. C’est comme si elle semblait deviner mon secret. Paige est douce et apaisante. J’aurais trouvé cela ennuyant avec une autre, mais pas avec elle. J’ai envie d’être celui qui la protège et celui qu’elle admire.

mais voilà que mon frère me fait une scène sur la sempiternelle injustice à notre naissance. Il n’a pas hérité des gênes de notre mère. Il m’accuse de prendre trop de place, de l’occulter aux yeux des autres. Qu’y puis-je ? Dois-je me brider sous couvert de ne pas vexer monsieur mon frère ?

- C’est une bonne fille.  Faites pas de folies.

- Tu es jaloux ‘Lex parce que Paige ne te calcule pas !


-Jaloux? Sérieux? Jaloux! Bonne nuit Derek.


Le frangin prend son oreiller et sort de notre chambre non sans me coller dans le noir et claquer la porte. Je balance mon propre oreiller sur la porte qu’il vient de fermer. Sérieux quoi ! Je l’ai bien vu lorgner sur elle, mais Paige ne voit que moi. D’habitude je veille –quoi qu’en dise le frangin– à l’intégrer dans la troupe qui me suit. Mais si nous partageons tout depuis que nous sommes mômes, là il n’en est pas question. « Faire attention »… Des jours que je me creuse la tête pour trouver le meilleur moyen de la mettre au courant de ma vraie nature. C’est une bonne fille comme le dit ‘Lex, elle saura comprendre et accepter.


***


Je n’aime pas comment mon frère regarde ma petite amie. Hier nous nous sommes encore violemment disputés au sujet de Paige. Je n’admets pas qu’il puisse penser avoir sa chance avec elle. Puis ça ne se fait pas de piquer la copine de son jumeau. Cela fait deux semaines que nous allons au lycée chacun de notre côté. Comme je passe tout mon temps avec Paige, le groupe de potes qui me suit habituellement semble avoir élu ‘Lex chef de groupe. Voilà qu’il me pique aussi mes potes ! Je sais que je suis de mauvaise foi, mais en ce moment tout ce que fait mon frère m’énerve.


***


J’appréhende la réaction de Paige. Puis j’ai repensé à ce que m’avait craché ‘Lex. Que vivre à mes côtés était épuisant, que la différence entre un loup et un humain pouvait vite devenir pesante. Une nouvelle idée vient de germer dans mon esprit. Il faut que Paige soit aussi forte que moi pour qu’elle puisse me suivre et ne pas avoir de ressentiment quant à sa condition humaine.

J’ai décidé de mordre Paige le jour de la nouvelle lune. C’est à l’opposé de la pleine lune, une période où je suis très calme et maître de moi. Cela sera un peu douloureux, mais elle guérira vite et je serai là pour prendre son mal.


***


J’ai trouvé un prétexte fallacieux pour que Paige me suive dans une balade nocturne en forêt. Je l’ai rassurée, lui disant que ce n’était pas une bêtise de garçon, mais que je voulais lui montrer une curiosité de la forêt. Et en effet, le Nemeton lui avait fait une énorme impression.

La suite n’est qu’un cauchemar. ‘Lex avait dû deviner le drame à venir, mais il était arrivé trop tard. Je ne l’aurais de toute façon pas écouté. Il avait vu le reflet bleu électrique passer furtivement dans mes prunelles qui étaient redevenues rouge après mon acte ignoble.

Paige avait compris, elle m’avait accepté, mais pas son corps. Du sang noir coule de sa bouche. Son regard vitreux ne renvoie plus son intelligence. Elle s’est éteinte dans mes bras, sans même me blâmer. J’ai envie de mourir. Perdu, je regarde mon frère avec un profond désespoir. Des semaines que nous ne nous parlons plus…


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MessageSujet: Re: Le Triskel et le Gui   Sam 15 Avr - 16:55

Derek Hale ₰ Alex Cormier

Le Triskel et le Gui

Perdre un frère, c'est perdre le meilleur des amis

Alex n’aurait su dire pourquoi.  Si c’était une intuition, ou un indice que son frère lui avait laissé sans que ça ne paraisse, ou leur connexion cosmique.  Il n’aurait vraiment pas pu dire ce qui lui avait mis la puce à l’oreille, ce qui l’avait fait claquer son manuel de chimie et dévaler l’escalier jusqu’au rez-de-chaussée comme si il avait le spectre de la mort au trousse.  Il savait simplement.  Il venait de réaliser, de comprendre ce qui se tramait.  Depuis quelques semaines, il avait l’habitude de voir son frère moins souvent que ses autres camarades, mais ce soir, il y avait quelque chose dans l’air, dans la brise, dans le vent qui jouait entre les branches jusqu’au carreau de sa fenêtre.  En saisissant sa veste sur la patère, il manqua de la renverser au sol dans son élan, et il enfila le vêtement avec empressement, ouvrant la porte maladroitement, empêtré dans l’une des manches.

Le druide savait exactement où trouver son frère.  Le néméton battait dans son sang à un rythme indécent qui lui tambourinait jusqu’aux tempes, comme si son cerveau n’était qu’un citron à comprimer pour le plaisir.  L’étudiant ne réfléchissait pas, et n’était porté que par ses jambes qui défilaient à toute vitesse dans la forêt qu’il connaissait sur le bout de ses doigts, obéissant à leur instinct propre.  La trappe de la cave était ouverte et Alex déboula l’escalier quatre à quatre pour se retrouver devant la scène fatale.  Tout à coup, il figea, en voyant les yeux de son jumeau briller un court instant.  La chamade dans sa poitrine ne cessait pas.  Enfin, Alex baissa le regard sur la frêle créature qui gisait dans le giron de son frère, puis le remonta.  Jamais n’avait-il vu son frère aussi déconfit, aussi désespéré.  Sans un mot, Alex s’avança avec l’étranger impression de flotter ou de glisser à quelques millimètres du sol, et s’assit près de son frère, qu’il enlaçant en laissant débouler une marée lacrymale.

Ils devraient demander conseil à leur paternel, pour camoufler l’accident.  Alex s’en chargerait.  Il mentirait même, prétextant que c’était lui qui avait insufflé à Derek l’idée de la morsure, pour la mettre dans le secret, et qu’il pensait ainsi agrandir la meute.  Ils n’avaient pas pensé à mal, et bien sûr qu’ils avaient été punis.  Sévèrement?  Pas vraiment.  Longuement, oui.  Ils avaient fait le mur?  Un peu.  Peut-être.


***


-T’arrêtes tes conneries? protesta Alex en regardant son dos dans le miroir.  Il soupira, découragé par le niveau de stupidité que son frère pouvait parfois atteindre.  Oublie pas que c’est moi qui aura le contrôle de la torche, talheur*. menaça-t-il faussement.

Cette fois, plutôt qu’un espèce de pokémon taré, Derek avait opté pour lui dessiner un bonhomme pendu épelant les mots « 
Kick Me ».  Comme il était fier.  Pourtant, il n’avait qu’à recopier le noeud celte qui se trouvait dans l’antique livre poussiéreux de leur père, pour voir si, dans son dos, ça plairait à Alex.  En échange, Alex s’était engagé à faire un triskèle dans le dos de son frère, et celui qu’il avait peinturé au feutre dans le dos de Derek était presque correct.  Ils devraient trouver un espèce de pochoir à utiliser.  C’était leur marché avant de se séparer pour la fac.  Derek avait été accepté à New York, et Alex à Los Angeles.

-En tout cas, on a bien fait de pas aller en écoles d'arts...


***

Les jumeaux avançaient dans les bois, côte à côte.  Alex tenait son portable devant eux, pour qu’ils puissent tous deux voir la liste des élèves du lycée.  C’était parfois payant d’avoir de nombreux contacts dans une si petite ville.  Quelques semaines auparavant, quand ils avaient foulé ce sentier pour la dernière fois, Clarisse les avait accompagnés, mais Alex ne l’avait pas revue, et il avait compris que c’était terminé entre elle et son frère.  Ça valait bien le coup de saboter les traditions familiales!  Éteignant l’écran de son portable, le druide fit part de sa pensée à l’alpha.

-Je la trouvais quand même gentille, Clarisse.  Je pense qu’elle avait un bon type de caractère pour toi, tu trouvais pas?

Il laissa à son frangin le temps de répondre, mais pour ne pas qu’il croit que c’était un reproche ou qu’Alex était déçu de sa décision, il détourna le sujet avec légèreté, et il ralluma l’écran.

-M’enfin, c’est toi qui sait, ça me regarde pas au final.  On en était où?  Mahealani… Il a de bonnes notes, mais son nom est imprononçable.  Martin… Élève modèle, et cheerleader, tu en penses quoi?  McCall… Sa mère bosse à l’hôpital, il est dans l’équipe de lacrosse, mais ses notes sont moyennes…

Le druide leva un sourcil interrogateur à son cadet.  Est-ce qu’un des noms lui parlait?  Préférait-il continuer sans noter aucun de ceux-ci dans son calepin?  Était-il certain que des tas d’hormones en pleine puberté était leur meilleur choix?

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Le Triskel et le Gui   Mer 26 Avr - 22:52

Alex Cormier ₰ Derek Hale

Le Gui et le Triskel

Mon frère, ma béquille

Un abime fissure mon cœur. Je viens de choir de mon perchoir et il était plutôt haut mon piédestal. Je me sens indigne de la douleur que je ressens. Moi l’arrogant Derek Hale. Moi, qui n’ai jamais peiné dans la vie pour avoir ce que je voulais. Moi, ce loup si fier et si orgueilleux, je viens de faire la plus terrible des crétineries.

J’entends Alex accourir. Mon premier réflexe est de me cacher. Mais c’est stupide. Où irai-je avec mon fardeau ? J’ai honte, j’ai peur. J’ai perdu maman, mais j’ai fait face grâce à mon jumeau. A deux, nous avons réussi à nager vers la surface de cette mer de douleur qui nous avait engloutis à sa tragique disparition. Mais là… Je suis le seul et unique fautif. J’ai tué Paige par mon orgueil présomptueux, et je vais tuer ce cordon ombilical qui me joint constamment à mon frère. Mes joues ne sont que des rivières salées. Je viens de tout perdre, pour une morsure.

Alex est figé d’effroi. Je m’attends à des cris ou je ne sais quoi. Pourtant rien de cela n’arrive. Silencieux, Alex vient vers moi et me serre dans ses bras. A cet instant, il est le plus fort de nous deux et moi qu’un chiot plein de morve. Mon frère m’enlace et me berce, là où il devrait m’accuser de meurtre et me rejeter. Notre amour fraternel quasi fusionnel fait que ma faute devient sa faute. Sa tendresse et son soutient me blessent autant que cela me rassure. Par ma faute, il devient aussi coupable. Par le passé c’est déjà arrivé, chacun couvrant l’autre, partageant les baffes du père et les punitions. Mais là il s’agit d’un meurtre. Et pourtant… mon jumeau comprend mon acte et ne me juge pas. Je suis groggy et incapable de réfléchir. J’annonce même que je vais me livrer à la police, inconscient de l’énormité qu’est d’aller voir la police et de leur expliquer les faits.

Puis mon cerveau pète un fusible. Je me souviens du reste comme si c’était un rêve avec des trous dans l’histoire. Paige repose maintenant près du Nemeton. Le père s’est encore plus renfrogné qu’à son habitude. Je ne sais pas ce qui me fait le plus mal. La déception dans son regard, ou les hurlements qu’il n’a pas poussé ?

Mon cœur est entaché définitivement d’une ombre. Pourrais-je un jour sourire à nouveau ?


***


Je tire la langue alors que je dessine sur le dos d’Alex le tatouage de ses rêves. Je suis fier de mon bonhomme bâton avec quinze doigts à chaque main. Alex se doute de ma connerie, car il se retourne l’air suspicieux.

Mon frère aime orner son corps d’artifices plutôt permanents. Il a plusieurs piercings et cette envie de tatouages n’est pas récente. Je pense qu’il avait patienté pour murir ce projet. Un piercing ça s’enlève, un tatoo non, ou difficilement. Je n’étais pas spécialement attiré par ce genre de chose. Le piercing étant une gageure pour un loup dont le corps cherche absolument à cicatriser. Cependant les discussions avec mon frère sur son tatouage m’ont décidé à sauter le pas. C’est aussi notre prochaine séparation qui est la cause de ma décision. Alex s’est finalement décidé pour un nœud celte qui représente sa qualité de druide, et moi un triskel qui est la pierre angulaire des loups et la représentation de mon mantra.

Cela me tue de m’éloigner d’Alex, mais cela devient nécessaire. Le regard du père me pèse toujours autant. Nous n’avons plus reparlé de ce qui s’est passé. Mais ce n’est pas parce que l’on ne met pas en mots les reproches, qu’ils n’existent pas. J’ai remonté la pente grâce à mon frère. Paige n’aurait pas voulu que je me morfonde. Alors je fais ma vie, mais je ne l’oublie pas pour autant.

Je crois que je dois aussi ne plus peser sur Alex. Mon frère ne me fait aucun reproche et c’est bien à cela que je vois qu’il me porte à bout de bras pour que je ne sombre pas. Accepter la fac de New York était une de mes raisons d’éloignement. Loin du regard du père qui me fait toujours me sentir minable, bien que je doute que cela soit voulu par mon géniteur, je veux me prouver que je peux me débrouiller sans eux et également les libérer du fardeau de ma faute passée.

Et pour me débrouiller seul, j’y suis très bien arrivé. Trop même, car pris dans la frénésie de la vie new-yorkaise, mon lien avec mon frère s’est distendu. Je n’avais soi-disant pas le temps d’appeler. Et eux, trouvaient normal que c’est celui qui est parti qui doit donner des nouvelles.

Gros blanc familial pendant que j’apprends les arcanes du monde de la finance et celle des nuits folles de la grande pomme.


***

-Je la trouvais quand même gentille, Clarisse.  Je pense qu’elle avait un bon type de caractère pour toi, tu trouvais pas?

- J’ai changé ‘Lex. Clarisse s’était de l’amusement. Et c’est une ourse. Ça roupille la moitié de l’année. Pas envie d’avoir une femme à mi-temps !

‘Lex change de sujet et repart sur la constitution d’une meute. Le père avait remis ce sujet sur le tapis. Ne peuvent-ils pas comprendre que l’idée de mordre quelqu’un avec les risques que cela comporte est pour moi du domaine du tabou. Cependant j’admets que nous devions songer à nous entourer. Un loup n’est pas fait pour vivre seul. Je sens cet instinct en moi.

- Je ne mords personne sans son consentement éclairé, qu’on soit bien d’accord. Y a-t-il une méthode pour déterminer les gens qui rejetteront la morsure ?

‘Lex secoue la tête. Je connais certains des élèves qu’il a cités car je suis les matchs de lacross.

- Mahealani peut faire un loup stable. McCall est mauvais sur le terrain, un peu mis de côté par les autres, mais il me semble avoir bon fond. Quant à Martin les battements de son cœur démentent ce qu’elle affiche sur son visage. Une idée pour aborder ce beau monde et leur dévoiler la face cachée de Beacon Hills ?

Chef de meute, c’est une belle responsabilité. Je suis confiant car ‘Lex sera à mes côtés. Je suis content que nous nous soyons retrouvés. Beacon Hills a bougé pendant mon absence. Beaucoup de mes anciennes fréquentations sont parties ailleurs au gré de leur étude ou le plus souvent de leur premier job. J’ai croisé Clarisse par hasard devant le vendeur de hot dog. J’ai vraiment coupé les ponts pendant mes études, me laissant entrainer dans une ambiance bien différentes. L’univers de New York est fabuleux, cependant cela manque un peu de forêt. Beacon Hills est peut être une ville banale de province, pourtant, je ne regrette pas d’être rentré et de songer à y faire ma vie.

Mais comme je viens de le dire à mon frère, j’ai changé. Non que je renie mes anciens camarades, mais l’univers new-yorkais m’a fait apprécier d’autres choses, mais aussi connaitre le monde de requin qu’est la finance. J’ai muri et même si je vais rapidement redevenir un bon provincial comme je l’étais avant de partir, mon passage à New York laissera sa trace en moi.

- ‘Lex ? Cela te dire de sortir ce soir ? Tu me montre les coins sympas et tes amis ? Enfin si tu le souhaites hein.

***

Nous avons discuté sur la façon d’aborder ceux que nous prétendions à intégrer notre meute. Cependant la décision est cornélienne. De quel droit pouvons-nous les mêler à cette vie ?

Je me laisse mener par mon frère dans un endroit qui a ouvert après mon départ. Le lieu regorge de gens de notre âge. Et une fois n’est pas coutume, c’est ‘Lex qui ouvre la route et non moi comme dans le passé. Mon frère lui aussi a changé et muri. J’aime le redécouvrir. C’est pour cela, que je reste en retrait et le suis sans rouler des mécaniques. Je suis attentif à ses faits et gestes. A qui il dit distraitement bonjour, ceux vers qui son regard est plus complice ou plus insistant. Ce soir je me cantonne dans le rôle du petit frère et cela me convient parfaitement. J’ai déjà oublié la moitié des prénoms des gens qu’il m’a présentés… Ce n'est pas gagner pour me faire de nouveaux amis.


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MessageSujet: Re: Le Triskel et le Gui   Mar 20 Juin - 7:16

Derek Hale ₰ Alex Cormier

Le Triskel et le Gui

Frère de sang, frère de coeur

Au meilleur de ses connaissances, non, il n’existait aucune manière de déterminer qui pourrait ou non survivre à la Morsure.  La plupart des gens y survivaient, évidemment, mais Alex n’avait pas les statistiques exactes sur la chose.

-Consentement éclairé, consentement éclairé… Tu veux que je te ramène des décharges de la clinique pour les faire signer, aussi? taquina Alex qui trouvait l’idée moins mauvaise qu’il le laissait entendre, avant de poursuivre avec sa liste.

-Nathan Pierce?  Erica Reyes? Hayden Romero?  Tracy Stewart? Oh, un autre nom à pas prononcer : Mieczyslaw Stilinski?  Il y a combien d’élèves dans ce lycée, bout d… Alex fit défilé l’écran, blasé, et l’arrêta sur le dernier nom.  Jackson Whittermore.  Il est un peu comme toi, mais en plus jeune.  Et plus beau aussi, évidemment.

Alex grimaça en direction de son frère, évitant de peu la main qui l’aurait poussé dans les sous-bois.  Et lorsque son frangin lui proposa de sortir, il s’arrêta sur place, un moment, pinçant l’arrête de son nez.

-Ouais, c’est une bonne idée.  Et peut-être que tu pourras trouver moyen de recruter sans morsure.  Sois pas trop étonné de la quantité de surnaturels que tu pourrais croiser en ville.  Le Nemeton les attire comme du miel.

***

Alex s’était frayé un chemin dans la foule sans un regard au-dessus de son épaule pour son frère qui, de toute manière, pouvait le pister.  Il s’était arrêté pour saluer d’anciens camarades, avait contourné une table où une ancienne conquête était assise, le nez sur son portable, et surtout, il avait présenté à son frangin la faune locale, humaine ou non, parsemant les présentations de commentaires d’apparence bien anodins mais qui faisaient lieu de code entre les frères.  Alex mentionnait l’oncle untel après avoir présenté à son frère une jeune femme particulièrement ambitieuse, ou lui parlait de sa figurine de super-héros favorie pour souligner que ce pote semblait n’avoir un garde-robe entier constitué que de tee-shirts identiques, ou encore référait-il à leur cabane dans un arbre pour indiquer que telle personne était particulièrement perchée.  Aucun besoin de donner des indices sur la nature de ce renard ou de cette louve, ou de qui que ce soit de surnaturel : l’instinct de Derek était aussi perçant que le sens de l’observation de son frérot.  Et la soirée avançait au même rythme que les pieds d’Alex s’arrondissait, lorsque finalement il observa sa montre en s’exclamant que le temps avait passé bien trop rapidement.

-Dis, D’rek, ça t’dirait d’rencontrer Jimmy?  Ça t’aiderait à m’pardonner, vieux? s’enquit-il en parlant en lettres attachées, l’avant-bras paresseusement passé par-dessus l’épaule de celui avec lequel il avait partagé le sein maternel.

***

Les écouteurs sur les oreilles, la musique dans le tapis*, les lunettes de sécurité au bout du nez, Alex n’en entendait pas moins les hurlements de son frère alors qu’il le rôtissait quasiment vivant.  Ils avaient attendu que Gabriel soit en ville, pour ne pas lui laisser l’occasion de s’interposer.  Quelque part au creux de son esprit, il se doutait bien que son propre désir de marquer son corps à vie venait au moins partiellement de cette insécurité qu’il avait toujours eue, et toujours cachée.  Ce complexe d’infériorité de l’homme à côté de son garou de frère.  Il voulait se prouver, mais à sa famille également, et au monde s’il le fallait, que lui aussi était fort, et endurant, et n’avait pas peur de la douleur.  Mais jamais il n’aurait accepté que son frère ne l’approche derrière lui une torche à la main, la flamme bleutée donnant à la pièce une teinte onirique.  Lorsque Derek perdit conscience, le coeur d’Alex tressaillit à la crainte d’être allé trop loin.  Pourtant, c’était leur grand-père qui leur avait expliqué comment certains clans de loup-garous natifs se marquaient au fer dans un rite de passage à l’âge adulte.  « Comme du bétail » s’étaient alors moqués les frères sans penser qu’un jour ce serait Derek qui aurait l’honneur de jouer le rôle du bovin.

Sa main ne vacilla tout de même pas et, quelques dizaines de minutes plus tard, baigné de sueur, Alex posa la torche près de lui pour la troquer avec un chiffon humide qu’il posa sur le front de son jumeau.  La croûte galeuse dans son dos le démangeait un peu, alors qu’il jouait des fioles et des flacons traditionnellement utilisés par leurs ancêtres des premières nations, l’une pour bien laisser pénétrer l’encre dans la brûlure, l’autre pour aider la plaie à guérir et finalement une dernière qu’il porta sous la truffe de Derek, dont la langue pendait mollement entre ses crocs, comme ses griffes au bout de ses mains molles.  Ses yeux de rubis étaient restés entrouverts, dans la graisse de bine*.  Il ne fallut que quelques secondes pour qu’il ne reprenne connaissance dans un grognement, ses caractéristiques les plus bestiales se résorbant presque instantanément.

-Méfait accompli! annonça le druide au loup sans meute, en référence à une lecture qu’ils avaient partagée quelques mois auparavant.  Il posa sa main sur l’épaule de son frère et la massa avec empathie.

Pour Alex, c’était le dernier bon souvenir qu’ils avaient partagé durant les quatre années qui suivirent.  Si le châtain trouvait le temps de s’éclater à L.A., il s’était également attiré quelques ennuis desquels il avait peiné à se sortir sans la présence de son alter ego lupin.  Notamment lorsqu’il s’était mis en tête de chercher querelle à un quidam au look bien trop poli à son goût, dans un bar.  Il s’était avéré que le quidam en question était le mafioso propriétaire de l’endroit et que le jouvenceau pouvait, paraissait-il, se considérer chanceux d’avoir été en mesure de rentrer sur ses deux jambes.  Une fois qu’il s’était réveillé au fond d’une ruelle, les poches creuses, dans un quartier qu’il ne connaissait pas.  L’oeil auréolé de vaisseaux sanguins explosés était le moindre de ses soucis à ce moment-là.  Lorsqu’il était finalement rentré à la résidence, il avait composé le numéro interurbain de son frère, et avait compté les sonneries avant de raccrocher, sans que la boîte vocale ne s’active jamais.  C’était comme cette fois où il l’avait appelé, le coeur en lambeaux ou gonflé d’espoir, pour chercher du réconfort quant à ses histoires de coeurs.  Derek semblait se plaire à New York, et il devait être bien trop occupé à marquer son territoire de gauche et de droite à grands coups de pinceaux pour entendre la sonnerie de son téléphone.  

L’étudiant en pharmacologie en était venu à se sentir abandonné, lésé, blessé et, vexé, s’était vengé en ne répondant pas aux rares appels de son frère, qui cessèrent bien rapidement.


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MessageSujet: Re: Le Triskel et le Gui   Lun 26 Juin - 20:54

Alex Cormier ₰ Derek Hale

Le Gui et le Triskel

Frère un jour, frère toujours

’Lex se moque de mon objection en me proposant de ramener des formulaires de décharge de la Clinique. Qu’il se marre l’frangin, mais la morsure s’apparente à un acte chirurgical majeur. Ensuite il me cite des noms de gens que je ne connais pas, genre je connais les ados de la ville.

- Mieczy… quoi ? C’est un nom ça ?! Pauvre gosse ! Autant l’achever à la naissance que de lui coller un prénom pareil. C’est inhumain.

‘Lex parle également d’un certain Whittemore. Je connais le nom, car c’est celui d’un avocat réputé de la ville. Je vais pour demander à mon frère s’il y a un lien de parenté, mais mon jumeau m’agace sur la plastique du jeune homme. Il évite de justesse ma poigne qui était partie l’envoyer dans les fourrés.

- Faut faire gaffe avec un fils d’avocat, dis-je d’un ton péremptoire.

L’évocation de recruter parmi les omégas me sied mieux. Cela me dégrève d’une éventuelle morsure fatale.

***

L’affaire de construire une meute devient sérieuse dans mon esprit. Et pour la première fois de ma vie, j’appréhende autrement le rouge de mes prunelles. J’ai envie de faire honneur à notre mère. Sans avoir la prétention de l’égaler, son idée des meutes de loups me plait. Talia Hale avait un sens aigu du respect et de la tolérance. Traumatisée par l’incendie du manoir, notre mère n’avait pas créé de meute sinon avec son mari et ses deux fils. Elle avait peur que le nombre attire à nouveau les chasseurs et avait adopté comme dogme que pour vivre heureux, il fallait vivre caché.

Cependant elle avait répondu à l’appel de Denis. Elle était allée aider, elle n’était pas revenue.

Longtemps j’en ai voulu aux autres loups de l’avoir fait sortir de son antre. Mais maintenant qu’elle n’est plus là, que le père qui se fait vieux rentre au pays, il devient évident que ‘Lex et moi devons faire quelque chose de notre vie. Notre cabane peut accueillir deux couples, mais pas leurs éventuels enfants. J’ai du mal à me dire que je vais un jour devoir laisser mon frère vivre sous un autre toit que le mien, mais si nous formons une meute, qu’importe la maison. Puis nous sommes toujours propriétaire des ruines du manoir.

Le sujet était tabou avec le père, car il avait un contentieux avec les anciens habitants de cette noble demeure. Sans l’incendie de celle-ci, notre mère ne se serait pas réfugiée chez lui, elle ne serait pas devenue sa femme et encore moins la mère de ses fils. Ce qui a été la fin d’une famille, pourrait devenir le berceau d’une nouvelle meute.

Les travaux sont colossaux. Avant d’en parler à ‘Lex, il faut que je fasse des simulations de financements pour voir si l’idée de reconstruire est réaliste ou une parfaite utopie.

***

Nous passons une agréable soirée. Parmi la faune du bar, j’ai retrouvé d’anciennes connaissances. A New York j’avais franchement coupé les ponts. Je sais que ‘Lex m’en veut beaucoup pour cela. Seulement l’attraction de la grande pomme avait exercé sur moi une réelle fascination. La mégapole avec ses gratte-ciel ne ressemblait en rien à cette ville à la campagne qu’est Beacon Hills. Tout y était plus grand, plus beau, plus riche. Je m’étais coulé dans le moule du parfait new-yorkais, avec fringues de futur banquier et le langage policé qui va avec. Le loubard que j’étais avait laissé la place à un golden boy. J’avais l’intelligence pour rivaliser avec mes condisciples, et mon aura d’alpha m’aidait à m’imposer naturellement. Sans être forcément un meneur comme j’avais pu l’être à Beacon Hills, je faisais partie des gars toujours invités dans les party, l’élément indispensable à toute fête réussie. Je compensais ma pauvreté évidente face à ces gosses de riches, par une prestance que j’avais adoptée sans mal.

Comédiens, hypocrisies, fausse vie et amitiés affectées. Le gratin de New York est un monde cruel. Les vraies amitiés y sont rares, les vrais amours encore plus. Je me suis baladé avec de belles filles aux bras, passé des nuits torrides dans des lofts de luxe. Mais quand est venu le temps de la remise des diplômes, des choix de carrière, et des premiers jobs. Le gouffre entre ce monde artificiel et moi s’est brusquement imposé. Chaque élève de la promo avait le choix entre plusieurs offres d’emploi. Je pouvais débuter dans une banque connue, pourtant quelque chose m’a rappelé à Beacon Hills. Je pense parfois à ce que pourraient être mes soirées. Le cadre ne serait pas ce pub bondé de jeunes et de moins jeunes, mais un bar sélect ou un appartement sur une avenue prestigieuse. Mais quand je vois les visages souriants qui m’entourent, je sais que j’ai fait le bon choix. La chaleur des échanges qu’il y a ici vaut cent fois mieux que le marbre clair des appartements huppés de New York.

La soirée s’étire, mon jumeau s’est collé à moi comme avant. J’aime retrouver ce lien fusionnel que j’avais cru perdre. Je me moque de savoir ce que peuvent penser les gens à nous voir collés comme deux koalas. D’ailleurs je me souviens qu’on nous avait donné ce surnom, avant que je casse deux ou trois dents.

- Dis, D’rek, ça t’dirait d’rencontrer Jimmy?  Ça t’aiderait à m’pardonner, vieux?
- Yep ! Mais tu ne crains pas qu’il tombe amoureux de ton si mignon petit frère ?

Ma pique lance un ballet de sourcils chez mon aîné. Je lui offre un sourire franc. J’ai accepté de sortir de ma bulle conformiste. Puis si mon frère fait quelque chose, c’est que c’est forcément bien ou tout simplement normal !

***

J’ai posé ma chemise sur une branche pour être à l’aise. Je me suis attaqué à la pile de bûches à fendre. Elle me faisait de l’œil depuis bien longtemps. Le vieux avait fini par me faire la remarque que bientôt il ne serait plus là pour nous torcher les fesses. Le message était passé : ne plus attendre après un paternel gueulard pour se mettre aux corvées.

Finalement la corvée n’en est pas vraiment une. Je m’amuse même à tenter de fendre les bûches d’un unique coup de hache. Le bruit mat et régulier accompagne le chant d’un merle. J’ai le dos qui dégouline de sueur. De la cabane me vient une bonne odeur. ‘Lex a invité ce fameux Jimmy. Étrangement le père a prétexté l'invitation d’un ami pour s’esquiver. Depuis quand notre père a-t-il une vie sociale ? Je ne suis pas dupe qu’il nous laisse seuls exprès. Je crois que ça vaut mieux. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, ni comment je vais réagir. Ma boutade de l’autre jour me laisserait bien pantois si par hasard je devais plaire à ce type. Les fois où je m’étais fait draguer par un mec à New York, j’avais toujours réagi en bon hétéro de base en m’entourant du plus de nanas possible. Genre panneau de pub 4 par 3, je suis un « vrai » gars.

Je comprends maintenant que ma réaction était puérile, et que ce n’était certainement pas cela qui valorisait ma virilité, où pas de la meilleure des façons qu’il soit. Honnêtement, serai-je devenu si tolérant et « ouvert d’esprit » si mon frère ne m’avait pas avoué que… Nous sommes peu de chose face à nos raisonnement à deux balles.

- D’rek ! Passe à la douche, Jimmy va bientôt arriver.
- Quoi ? Il n’aime pas les odeurs de mâle ton pote ?

Un objet non identifié sort de la fenêtre de la cuisine et vole dans ma direction. La salière me heurte le bras.

- Hé ! Je suis assez salé je pense ! Un peu de poivre peut-être ?

D’un coup sec, je coince la hache sur le billot et attrape ma chemise et m’en sers de serviette pour m’éponger le front et les aisselles en bon gros bucheron qui se respecte. Direction la salle de bain.

- Qu’est qu’on mange ? Ça sent bon !

Un mugissement m’arrive aux oreilles. Il semble que quelque chose ne tourne pas rond dans la cuisson de je ne sais quoi. Les casseroles qui s’entrechoquent violemment me font fuir à la salle d’eau. C’est avec satisfaction que je me dépoile et colle mes fringues au sale. Je pose la salière à côté de la mousse à raser et file sous le jet d’eau que je règle presque froid.

- Ahhhhhh ! Que ça fait du bien.

***

'Lex tambourine à la porte de la salle de bain. Notre invité est arrivé. Je ferme le robinet et attrape ma serviette pour me sécher brièvement. Je me sens comme un loup tout neuf, encore un peu humide. Empoignant la salière, je m’avance pour ouvrir la porte quand je me fige sur place. Je n’ai pas pensé que Jimmy pouvait se pointer avant que j’ai fini. J’ai fait donc comme j’ai l’habitude avec l’idée de rejoindre à poil la chambre que je partage avec ‘Lex. J’ai l’air d’un con, là, tout nu avec ma salière à la main. J’attrape donc ma serviette qui est détrempée pour m’en ceindre pudiquement les reins. Dans les vestiaires au sport je ne fais pas tant de chichis. Mais là, je ne souhaite pas attirer l’attention… ben là. Zut ! Pourquoi ce qui ne l’était pas devient compliqué ?

Je respire un bon coup et sors le museau de la salle de bain pour me retrouver presque nez à nez avec notre invité que ‘Lex fait passer de la cuisine au salon. Gymnastique de sourcils fraternels, me voilà bien ennuyé quand Jimmy me tend la main pour me saluer. Dans une main, je tiens la salière que mon frère m’avait envoyée à la tête et de l’autre je tiens la serviette qui cache ma pudeur. Il y a des jours où on apprécierait avoir une troisième main… Je n’ai jamais été pudique dans cette maison au grand drame de mon frère, mais là pas question que je lâche ma serviette ! Qui veut du sel ? ‘Lex ! Au secours ! ‘Tin ! Je jurerai qu’il vient de sourire. Faux frère ! Je vais lâcher cette putain de serviette et les rendre tout deux jaloux !


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