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 Le son d'un conte macabre PV Willem

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Arès Kye Coleman

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Localisation : Là ou la paix n'est qu'illusion. Beacon Hills, California

MessageSujet: Le son d'un conte macabre PV Willem    Mar 24 Jan - 20:32


       
Le mélange des genres dans la bourgade de Beacon Hills avait quelque chose de profondément indéfinissable et improbable comme une étoile dans les tréfonds de l'océan ou un corail au milieu des cieux. J'allais en avoir la preuve en cette fameuse soirée de fin d'année. Une preuve irréfutable qui ne laisse nul place au doute. Beacon Hills était un microcosme sans pareille mesure avec aucun autre du monde surnaturel. Ma vie était compartimentée à travers une organisation bien définie de manière logique séparant strictement chaque facette de mon être tel une mémoire interne d'ordinateur empêchant les opposés de se mêler, gardant les secrets à leur place et maintenant un ensemble harmonisé. Ainsi le mari et futur père de famille n'avait rien à voir avec le  bras droit d'empire criminel en devenir, le gardien n'avait rien à voir avec l'ami fidèle et loyal et l'allié des autres protecteurs de la ville n'avait rien à voir avec la face criminelle de mon être. Mais ce soir les limites allaient se briser et être allégrement franchies. Le monde surnaturel rencontrerait le crime organisé dans un face à face sanglant et mortel. Les solutions à des situations désespérées nécessite parfois de l'audace aussi désespérée.
Quand bien même Will m'avait avoué qu'il se doutait que je baignais dans le crime organisé à l'instar de mon patron et ami et qu'il acceptait cette part de moi même, que je l'avais reconnu dans un silence et un échange de regard explicite, j'aurais préféré qu'il ne soit pas mis devant le fait accompli. J'aurais préféré que nous combattions cote à cote  dans d'autres circonstances. Lors d'une traque des dread doctors par exemple. Mais la vie n'étant qu'une succession d'imprévus... Arès & Willem
       

       
Le son d'un conte macabre




       
Il est vingt et une heures trente sur ma montre et je m'équipe pour l'opération de ce soir sous le regard aussi inquiet que débordant d'amour de ma compagne enceinte. Peu importe qu'Aza sache que ma situation de gardien me place bien au dessus d'un ramassis de porte flingues ennemis , cela ne l’empêche pas  et ne l’empêcheras jamais de s'inquiéter pour moi et cela me brûle le cœur d'une chaleur délicieuse. Cela fait maintenant six mois que nous nous sommes mariés mais j'ai malgré tout toujours l'impression d’être un imposteur, de ne pas mériter la reine qui se tient devant moi dans l'encadrement de la porte. Oui, je ne la méritais pas et ne la mériterais peut être jamais mais je savourerais pleinement ma chance de l'avoir et ce jusqu'à mon dernier souffle. L'amour dont elle me couve par son simple regard me fait me sentir tellement vivant, tellement bien, tellement important que je m'en veux férocement de m'en aller me salir les mains quand bien même cela ne devrait prendre que quelques dizaines de minutes si tout se déroulait comme prévu. J'enfourne mon desert eagle dans l'étui accroché à mon épaule et accroche un couteau à ma ceinture.

Avant de vérifier les pièces de mon fusil d'assaut en faisant jouer le chargeur. Je vérifie la chambre à air, la culasse et le canon d'un œil méticuleux avant de le fourrer dans un sac de voyage que j'accroche à mon épaule. Puis, je me tourne vers mon épouse et m'approche d'elle d'un pas tranquille sous son regard devenu faussement courroucé. Je sais pertinemment ce qu'elle va me lancer. Que si je suis soi disant si haut placé dans l’organisation mafieuse d'Alessandro pourquoi devrais je me coltiner le sale boulot avec les soldats. Alors j'anticipe en la faisant taire d'un baiser fougueux et tendre à la fois sur ses jolies lèvres tentatrices de lionne. Un coup de poing dans les cotes me fait comprendre qu'elle n'est pas dupe de ma stratégie pleine de fourberie. Pourtant sa pression sur mes lèvres s'accentue  un peu plus jusqu'à ce que nous ne fassions plus qu'un. La lionne d'Azgeda m'embrasse comme si elle ne me reverra pas dans quelques heures ce qui m'arrache un petit rire me faisant rompre l'étreinte délicieuse. Je recule de quelques pas pour l'observer longuement et la détailler avec tout l'amour et la tendresse que je lui porte. Dans mes yeux d'amoureux transi sa perfection se reflète. Lorsqu'elle m'interroge je lui dis que je veux graver ce magnifique souvenir dans ma mémoire afin d'emporter cette image de ma belle avec moi au cas ou je devais y rester ce soir.

Ses sourcils se froncent et une baffe me cueille en plein visage. Pourtant j'éclate de rire car en disant cela je voulais juste insisté sur le fait que cet au revoir o combien délicieux est tout de même bien trop solennel. Nous savons tout les deux que le bain de sang qui s'annonce n'est qu'une formalité pour moi et que je ne risque même pas d'en ressortir blessé. La moue boudeuse de Za m'arrache un autre rire et je caresse son visage doucement pour la dérider. J'y parviens tant bien que mal quelques instants plus tard et dépose un autre baiser sur ses lèvres tandis qu'elle m'attire dans ses bras. Soudain mon téléphone professionnel se met à sonner et brise par la même l'intimité de ce moment délectable. Je m'arrache aux lèvres de ma compagne dans un sursaut de lucidité et décroche d'une voix bourrue. Certaines choses ne doivent être interrompues sous aucun prétexte. La voix de Nolan me ramène néanmoins à la réalité urgente de la situation. L'équipe m'attend en bas et est prête à décoller. La Stidda n'attend plus que moi. Je lui dis que j'arrive de suite et raccroche avant de fourrer le téléphone dans ma poche. Un baiser sur le ventre rond comme une planète de l'héritière d'Azgeda bien vite suivi par un autre sur ses lèvres plus tard, je traverse le salon dans lequel se trouve mes deux frères de clan assurant les rôles de gardes du corps de la fille d'Asmodée et d'Idris et de sa descendance. Je ris à une blague de Lincoln au sujet du temps que je mets à dire au revoir à Azalea et réponds que nous avons des mois à rattraper. Avant de leur souhaiter bonne chance en riant.

La lionne me fusille du regard et j'esquive un lancer de coussin de justesse avant de quitter le loft et descendre l'escalier menant à la rue adjacente d'un pas rapide. J'avise les deux quatre quatre stationnés devant chez moi et monte dans celui dans lequel se trouve Nolan et Milan soit le deuxième. Les quatre quatre de marque allemande à la peinture sombre démarrent dans la foulée et traversent le quartier à une allure tranquille avant de bifurquer vers la sortie de la ville. Nous ne quittons pas Beacon Hills mais nous nous rendons à l’extrême limite de la bourgade dans l'ancien quartier industriel. Un homme de Barns capturé en train de roder pour effectuer une reconnaissance dans le secteur du HCC avait révélé des informations intéressantes après avoir été laissé aux bons soins de Jade durant quelques heures. Notamment qu'une réunion entre des hommes de Victor aurait lieu ce soir dans le vieux centre industriel. Nous nous y rendions donc pour faire le ménage et ainsi affaiblir un peu plus l'armée du rival d'Alessandro. Lenno était au volant à coté de son oncle Nolan. Je me trouvais au milieu entre Milan et Darren.

Dans l'autre véhicule, Dante le frère de Darren se trouvait avec Jade et son frère Elias. Je souris en pensant au fait que la relation naissante entre Darren et Jade énervait beaucoup Elias indéniablement attaché à son rôle de grand frère protecteur. La circulation fluide dans cette partie abandonnée de la ville nous permet d’accélérer l'allure tout en respectant tout de même la limite imposée. Quand on se balade à huit avec des sacs remplis d'armes lourdes , des flingues et des couteaux dans les poches, et des mines de taulards tout juste sortis de prison on évite de se faire remarquer. La discussion va bon train entre Lenno et Darren tandis que je propose pour ma part à Milou et Nolan de manger à la maison ce soir. Nolan me dit que la squaddra pourrait avoir besoin de nous et je réplique que si elle a besoin de l'équipe, nous foncerons l'aider. J'interroge Nolan sur son fils et sa femme et il me parle des siens avec des étoiles dans les yeux. Je lui demande ensuite si il a trouvé du personnel motivé du coté de la réserve pour des postes de croupier, de chauffeur, de gérant de tripot comme me l'avait demandé Alessandro. Nolan me répond qu'il fait le tri entre les candidatures. Lenno augmente le volume de la radio lorsqu'une des chansons qu'il apprécie passe. Le neveu de mon mentor se met à beugler dans l'habitacle bien vite suivi par Milan puis Darren.

Je pousse un soupir amusé tandis que Nolan secoue la tète comme pour témoigner de son incompréhension quant aux goûts des jeunes de nos jours. Nous arrivons à destination une  quinzaine de minutes plus tard. Les phares s'éteignent tandis que nous nous garons devant un vieux bâtiment décrépi. Les armes automatiques sortent des sacs de voyage et sont vérifiés avant d’être chargées. Puis, nous descendons et les portes claquent doucement dans la nuit étoilé. L'hiver le soleil se couche tôt ce qui ne peut être qu'un avantage pour le genre d'activités peu reluisantes que nous pratiquons. Quatre véhicules de luxe garés un peu plus loin indiquent que les hommes de Barns sont bien là.



        Nous nous enfonçons dans les tréfonds du vieux bâtiment industriel inoccupé depuis plusieurs décennies, probablement plus vieux que le plus vieux d'entre nous soit ce cher Nolan. Le silence règne en maître en ces lieux sinistres et il règne en maître dans nos rangs de tueurs. La concentration est à son paroxysme et chacun est sur ses gardes. J'ouvre la voie au coté de Milan , les fusils d'assauts sont levés et pointés devant nous. Nous communiquons par des regards et des gestes. Il ne faudrait pas que nos ennemis nous détectent avant le moment propice de leur funeste  destin. Nolan ferme la marche de par son expérience de mercenaire, s’assurant que personne ne surgisse d'un passage oublié ou d'un couloir non vérifié. Je traque les hommes de Barns à l'odeur à l'instar de mon ami d'enfance. L'obscurité dans laquelle nous avançons n'a rien de rassurante pourtant le cœur de mes hommes bat à un rythme relativement normal et régulier. Celui de Jade a même la régularité d'une horloge et durant une seconde je me fais la réflexion que cette guerrière du crime s'entendrait à merveille avec mon épouse.

Mais plus nous avançons dans le vaste hangar et plus un mauvais pressentiment enfle en moi. Je ne saurais pas mettre le doigt dessus mais mon instinct me souffle que quelque chose cloche ici. Je jette un coup d’œil à Milan et l'expression du chien noir reflète parfaitement mon impression. Nos regards se croisent durant quelques secondes et nous n'avons nul besoin de mots pour nous transmettre nos impressions. Il y a quelque chose de malsain et néfaste en ce lieu oublié des hommes et de la société. Un escalier apparaît devant nos pieds au bout d'une enfilade de pièces successives et je me fige les sens aux aguets. C'est silencieux , bien trop silencieux pour un rassemblement mafieux. Quatre berlines signifient  plus d'une quinzaine d'hommes de main de Victor et pourtant pas un bruit, pas un mot n'atteint mes oreilles. Derrière moi les membres de la Stidda commencent à remuer. Tous sauf Milan et Nolan qui restent de marbre. Dante me demande ce que l'on attend et je lui réponds que la situation n'est pas normale. Darren abonde dans mon sens en soulignant l'absence de vie trop prégnante. Elias interroge Jade sur les informations obtenues après son tète à tète avec le défunt fouineur de Barns. La seule femme de l'organisation confirme les informations et note que la présence des berlines souligne la réalité des infos. Nolan me lance qu'il s'agit peut être d'un guet apens. Je m’apprête à ordonner à tout le monde de faire demi tour et de remballer lorsque une effluve attire mon attention. Du sang frais , très frais même qui inonde mes narines.

Milan se retourne brusquement vers moi lorsqu'il parvient à la même conclusion. J'avance mon arme orientée devant moi et descends les escaliers pas à pas tout en laissant mes sens de tigre garou quadriller la zone. Derrière moi l'équipe avance lentement en surveillant les angles morts, les coins, les recoins. A l'étage inférieur, des néons  grésillant balaient les lieux de leur lumière faiblissante de manière intermittente. Nous atteignons une vaste salle quelques minutes plus tard. Des corps éventrés, déchiquetés et éviscérés de mafieux sont étendus un peu partout. Les rythmes cardiaques s'accélèrent. Je pose mon fusil d'assaut sur une table et vais observer les cadavres des hommes de Barns de plus prêt. Ces blessures me disent quelque chose. J'en avais déjà observé des similaires sur des cadavres au cours de mes récentes patrouilles nocturnes de gardien. Il s'agit de blessures causées par des êtres surnaturels n'en étant pas devenus  de manière naturelle. Des chimères. Au moment ou je mets le doigt sur les responsables de ce massacre ayant précédé de peu le notre. Mon alarme de gardien se déclenche violemment et se met à me vriller les tempes dans un tourbillon de douleur. Milan m'aide à me relever tandis que je pose une main sur mon crane. Il m'interroge du regard et je murmure à son oreille : Ce dont je t'avais parlé.                            
                               
Cette simple évocation est suffisante pour que le chien noir comprenne. Ce sont des chimères qui ont abattus les hommes de Barns de manière bien cruelle. Ces chimères sont dangereuses pour la population alors en vertu de mon rôle de gardien je vais les traquer et les éliminer. Quand bien même en éliminant nos rivaux elles nous avaient évités de suer. Je me doute que si mon alarme de gardien avait résonné dans mon crane c'était que le danger planait encore sur ces lieux maudits. Or, si je pouvais éliminer des chimères une à une ou deux par deux je ne souhaitais pas exposer mes hommes à un danger surnaturel pareil. Qui plus est vu le nombre d'hommes de main gisant ici, il ne devait pas s'agir que de deux ou trois chimères. Pestant intérieurement contre cette foutue situation intenable, je réfléchis quelques instants avant de dire aux gars de se mettre en formation pour que l'on évacue les lieux. Nolan m’arrête en posant sa main sur mon épaule et je lui explique brièvement la situation à l'oreille. Ses yeux trahissent une peur et une inquiétude bien fondés pour l'homme qui m'avait formé au mercenariat et  n'avait pas peur de grand chose. Nolan était au courant pour le surnaturel mais je ne lui avais pas tout dévoilé non plus.

Quant aux quatre autres membres de la Stidda la surprise allait être complète. Je quitte la salle mon arme à la main et ferme la marche. Des bruits inquiétants sèment la panique dans nos rangs. Dante s'agite nerveusement, Elias s'accroche à son arma automatique. Je dis au groupe de s’arrêter et leur expose la situation sans faux semblant. Jade accueille la nouvelle avec stoïcisme, les trois hommes consultent Milan ou Nolan du regard et ces derniers confirment. Je lance à Jade : Il n'y a rien qui puisse te faire peur à toi boucles d'or.  Sa réponse m'arrache un grand sourire : Pas même le diable en personne mon grand. Mes sens aiguisés me permettent d'entendre Darren murmurer quelque chose de peu gracieux en rapport avec le désir masculin qui lui aurait valu un coup de poing de la part d'Elias. Je reprends : Vous voyez quelque chose qui bouge vous le flinguez. Les bruits se font de plus en plus proches et je doute que nous n'atteindrons pas la sortie avant que les chimères ne nous tombent dessus alors je confie mon fusil d'assaut à Darren qui le passe en bandoulière et avance lentement à la tète du groupe.

Nolan me demande si il doit appeler des renforts et je lui fais signe que non avant de sortir mon propre téléphone. J'échange un coup d’œil avec Milan et je lui dis : Pas Aza. Même si je lui disais de m'envoyer Link et Ryan en renfort, elle viendrait quand même. Hors de question. Alessandro est sûrement occupé et c'est un Omega. La Squaddra est humaine donc vulnérable. Je sais.
Dante lâche un et merde bien sonore au moment ou les chimères apparaissent dans notre champ de vision. Vingts silhouettes sinistres et menaçantes bloquent les escaliers, seul point de passage pour l'étage supérieur et la sortie. Me préparant à me transformer d'un instant à l'autre j'ordonne aux gars d'ouvrir le feu, ce qu'ils font au moment ou les chimères bondissent comme un seul homme pour nous submerger. Je compose rapidement le numéro de Will pendant qu'autour de moi les corps à corps s'engagent. Les balles ont laissés deux chimères sur le carreau mais si des organes vitaux ne sont pas touchés, ce sont des coups dans l'eau. La voix de Will m’apparaît comme un phare au milieu de l'océan et je lui dis que j'ai besoin d'aide et lui donne l'adresse avant de raccrocher puis de me transformer dans la foulée. Milan garde sa forme humaine car il estime qu'elle est plus utile que celle du chien noir pour le moment.

Une fois transformé et la fumée dansant autour de moi, je pousse un rugissement puissant pour attirer l'attention des chimères. Je ne perds personne ce soir. Je ne perds personne ! Je me jette sur trois chimères qui acculaient Elias contre un mur et ce dernier tire un couteau de combat de sa veste et taillade les créatures des doctors. Mes griffes s'enfoncent partout et je m'épuise face à un si grand nombre d'adversaire. Mes crocs s'enfoncent à leur tour dans la chair tandis qu'autour de moi les balles claquent, les lames fendent l'air et les cris résonnent. Je ne perds personne ce soir.         
(c) crackle bones

       



Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Mar 7 Fév - 15:36, édité 1 fois
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Willem Shepherd

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MessageSujet: Re: Le son d'un conte macabre PV Willem    Sam 28 Jan - 15:18

Sheperd
Willem

Coleman
Arès

Le son d'un conte macabre
La sédentarisation a un effet pernicieux sur la meute. L’urbanisation n’est qu’une cage, une cage où le loup que je suis a du mal à ne pas la concevoir comme une prison. Nous n’avons plus la possibilité d’externaliser nos tensions comme avant. Comme quand nous campions loin des regards de l’humanité, quand nous pouvions vivre en loups, et comme des loups. La bestialité n’est qu’un point de vue de philosophes imbus de leur pseudo statut d’humains supérieurs à la bête. Effectivement James était dans le vrai à propos de l’humilité qui s’acquière avec l’humiliation. C’est un des fonctionnements d’une meute de loup. Ce n’est pas archaïque, mais lié à notre nature.

Chaque alpha est différent, chacun a sa personnalité propre qui en fait un chef de tribu unique. Ted perpétrait nos traditions ancestrales de clan nomade. Toutefois les cinquante dernières années ont vu un changement radical sur la façon de vivre des gens. Après la révolution industrielle est arrivée une autre révolution bien silencieuse et plus sournoise. Avant l’homme cultivait la planète pour survivre priant pour ne pas subir sa colère. Maintenant, c’est la planète qui se ratatine, dominée par un parasite qui court à sa surface.

Les nôtres vivaient en harmonie avec la nature, prélevant pour notre survie, redonnant pour la pérennisation de la vie. Ted n’a pas compris que ce changement mettait en péril notre mode de vie… ou plus réalistement il a fait l’autruche. Refusant de voir, refusant de prendre des mesures qui nous auraient été douloureuses à tous. Celles qui nous auraient privés de notre liberté de mouvement et de façon d’être. Ce choix je l’ai fait pour les survivants de notre meute. Si Keanus m’était acquis quelles que soit mes décisions, il n’en avait pas été de même pour Madison et Tobias. Ma tante refusait de se laisser enfermer, comme elle disait, dans un appartement ou une maison en dur et que je devais perpétrer le rang que j’avais usurpé malgré moi dans la ligne de conduite des Shepherd.

Si le massacre des miens n’avait pas eu lieu, c’est mon cousin le fils de Ted, qui aurait été notre alpha après son père. Mais lui aussi est mort dans le massacre. Le clan des Shepherd fonctionne comme les successions royales européennes. Le droit d’ainesse prévaut et comme le nom des Shepherd doit être maintenu, c’est forcément un mâle qui peut prétendre au rang d’alpha. Dans l’ordre du lignage, même s’il est plus jeune que moi, Tobias est avant moi sur la liste des prétendants au « trône ». Son père étant plus âgé que le mien de deux ans. Mais voilà, quand Ted m’a demandé de l’achever, mon cousin n’avait que onze ans. Ce n’est pas un âge raisonnable pour devenir un alpha. Et quel alpha aurait-il fait quand on voit son instabilité actuelle ? C'est ainsi que dans nos moments de doutes pendant nos sept années d’errance avant de nous fixer à Beacon Hills, ma légitimité en tant qu’alpha avait plusieurs fois était mise sur le tapis par Tobias. Mady se taisant un peu trop à mon gout lors de ces moments qui ne faisait que nous déstabiliser. Je suis une rupture dans une longue lignée d’aînés. Seulement, ce rang m’a été imposé par les circonstances. Maintenant mon titre est devenu légitime, sauf pour Tobias lors de ses plus graves crises de perte de contrôle. Dans ces moments-là mon cousin serait capable de me tuer pour récupérer ce qu’il estime être son héritage.

La première pleine lune de la meute élargie a été éprouvante et épuisante. Je n’en veux pas à James ou Kada’an. L’écossais n’est pas un mauvais bougre, juste un peu trop confiant en lui-même, quant à la louve je sais son passif, elle n’a fait que réagir face aux grognements de chacun. Je ne désespère pas que la prochaine lunaison soit moins désagréable. Quoi qu’il en soit, l’atmosphère à la maison est un peu lourde.

(...)

Tobias comme à son habitude s’est enfermé dans sa chambre sitôt son repas avalé. James et Kada’an se sont retirés dans la chambre de la louve après avoir aidé Mady pour ranger après le souper. Avec Keanus, nous nous sommes installés dehors pour écouter la nuit qui tombe. Mon frère me propose que la prochaine fois nous testions la hutte de suée.

- Nous ne pouvons pas faire ça dans le jardin Keanus, cela paraitrait trop suspect.

- Non, il faudra aller en forêt. Mady a encore des herbes aromatiques…
- Cela peut marcher sur Kada’an, elle a vécu son enfance dans la nature. J’ai un doute pour James.
- Faut tester frangin.
- Oui, on… euh Allo ? Arès ? Un problème.
- …


(…)

J’ai frappé à la porte de la chambre de Kada’an. Sans entrer pour m’éviter un spectacle intime, j’ai annoncé à travers le battant de la porte que Mady, Keanus et moi sortions sans préciser pour quelle raison. Je lui ai demandé ainsi qu’à James qui était avec elle de garder la maison en notre absence.

(...)

La voix de mon ami avait l’urgence de la peur. Arès est solide mais pas invulnérable. J’ai aussi entendu des cris lors de son appel, il n’est pas seul.

- S’il m’a appelé c’est son équipe habituelle ne peut pas gérer…
- Nous allons aider ce garçon, ne t’inquiètes pas Will.
- Merci Mady.
- C’est normal après l’aide qu’il nous a apporté. Les Shepherd ne sont pas des ingrats.
- Non en effet.


Je roule assez vite. J’ai pris la Chevrolet Impala, la Ford est en carafe, le radiateur a percé. Keanus m’indique le chemin, se basant sur un plan de la ville. L’adresse que m’a donné Arès nous amène dans un lieu retiré et où je n’ai jamais mis les pieds.

(…)

Il flotte dans l’air un sentiment de stress et de peur aussi. Nous sommes sortis de l’Impala sans faire de bruit. Pour être efficace, la cavalerie doit arriver de manière discrète. Nous entrons dans le bâtiment indiqué, l’odeur de sang nous assaille immédiatement.

Le bruit d’un combat nous indique la direction à prendre. C’est rare que nous ayons eu à nous battre, mais après le drame des nôtres c’est arrivé plus souvent que lors de mes vingt-cinq premières années de vie. Avec ma tante et mon frère nous avons développé une technique qui nous permet de gérer de façon optimum avec notre infériorité numérique récurrente. Mady s’est placée à ma droite, Keanus à ma gauche. Ce sont trois loups entièrement transformés qui entre dans l’arène de combat. J’aperçois Arès qui se démène comme un forcené. Il est en difficulté, pourtant ce n’est pas lui que nous choisissions d’aider. Je reconnais le type de créature qui s’en prend à mon ami et… ses hommes de mains.

- Des chimères… Mady, Keanus, visez le cœur, frappez pour tuer...

J’entends un soupir de désolation du côté de ma tante. Je leur avais raconté mon aventure avec l’adjoint du shérif, Jordan Parrich. Nous avions affronté une bête indomptable. L’adjoint m’avait avoué que des créatures fabriquées par des scientifiques étranges rodaient en ville. Tuer ces êtres était un service à rendre aux pauvres hères qui avaient subi ces atroces transformations contre nature. Nous annonçons notre arrivée par trois rugissements de fauve qui attirent l’attention des créatures sur nous, laissant un répit à l’équipe humaine de mon ami.

Nous nous divisons la zone en trois parts, je bondis juste à temps pour m’interposer entre la seule femme du groupe d’Arès et une main griffue qui allait lui lacérer la gorge. Elle s’est pris pas mal de coups et saigne. Je repousse le monstre d’un coup de pied qui l’envoie valser à cinq mètres.

- Enchanté ! Willem !

Faible sourire en réponse, la jeune femme ne semble pas être habituée à ce genre d’adversaire. Le monstre revient à la charge enragé de s’être fait interrompu.

- Reste dans mon dos !

J’ai fait un sourire rassurant à la coéquipière de mon ami avant de me retourner vers l’autre qui me charge tel un buffle. J’ancre mes pieds dans le sol et me prépare à l’impact. La créature mise sur sa puissance, elle ne feinte pas et se contente de foncer. A l’ultime seconde j’arme mon bras, la main non pas pliée en un poing, mais les phalanges droites, tendues comme une lame de couteau. Je m’enfonce jusqu’au poignet dans son thorax au moment de l’impact qui me fait déraper sur le sol. Je sens deux mains dans mon dos qui me soutiennent. La créature a eu le temps de me griffer au bras avant de s’écrouler morte, son cœur est resté entre mes griffes. Je n’ai pas le temps de m’attarder sur mon geste meurtrier. Et pour être honnête, ce combat décharge toute ma frustration accumulée depuis la pleine lune.

De leur côté Keanus et Mady luttent. Une défense s’organise. L’équipe d’Arès est rodée aux emmerdes et sait s’adapter. Nous formons des groupes de deux ou trois avec un surnaturel en ligne de front. Ils ont aussi un loup avec eux. Les humains se placent en support et ils deviennent à nouveau redoutables avec notre support pour encaisser les coups en première vague.

Le combat est violent, bestial, et féroce. Nous, meute de loups pacifiques de nature dévoilons notre nature sauvage et primitive. Comme moi, Mady et Keanus se défoulent de toutes les tensions de ces derniers jours. Nous aurons honte plus tard de notre comportement de bête, mais jamais rendre des coups ne m’a fait plus plaisir, ni autant libéré. Jamais dans ma vie je n’ai été si violent…

Le nombre d’adversaire diminue, Mady s’occupe déjà à soulager les blessés. Elle est infirmière et joue son rôle à merveille. Je croise son regard alors que j’achève une chimère. Son regard se fige. Que voit-elle ? Le monstre que je suis réellement ? Rouge du sang de mes adversaires, rouge de mon propre sang qui a coulé lui aussi exacerbant ma rage de combattre. L’animal que nous sommes tous les trois ? Il est loin le temps des feux de camp et des fleurs dans les cheveux…

Je tourne mon regard vers mon ami. Il est en vie. Mission accomplie…




Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Le son d'un conte macabre PV Willem    Mar 7 Fév - 15:44


       
Le mélange des genres dans la bourgade de Beacon Hills avait quelque chose de profondément indéfinissable et improbable comme une étoile dans les tréfonds de l'océan ou un corail au milieu des cieux. J'allais en avoir la preuve en cette fameuse soirée de fin d'année. Une preuve irréfutable qui ne laisse nul place au doute. Beacon Hills était un microcosme sans pareille mesure avec aucun autre du monde surnaturel. Ma vie était compartimentée à travers une organisation bien définie de manière logique séparant strictement chaque facette de mon être tel une mémoire interne d'ordinateur empêchant les opposés de se mêler, gardant les secrets à leur place et maintenant un ensemble harmonisé. Ainsi le mari et futur père de famille n'avait rien à voir avec le  bras droit d'empire criminel en devenir, le gardien n'avait rien à voir avec l'ami fidèle et loyal et l'allié des autres protecteurs de la ville n'avait rien à voir avec la face criminelle de mon être. Mais ce soir les limites allaient se briser et être allégrement franchies. Le monde surnaturel rencontrerait le crime organisé dans un face à face sanglant et mortel. Les solutions à des situations désespérées nécessite parfois de l'audace aussi désespérée.
Quand bien même Will m'avait avoué qu'il se doutait que je baignais dans le crime organisé à l'instar de mon patron et ami et qu'il acceptait cette part de moi même, que je l'avais reconnu dans un silence et un échange de regard explicite, j'aurais préféré qu'il ne soit pas mis devant le fait accompli. J'aurais préféré que nous combattions cote à cote  dans d'autres circonstances. Lors d'une traque des dread doctors par exemple. Mais la vie n'étant qu'une succession d'imprévus... Arès & Willem
       

       
Le son d'un conte macabre



       
Mes sens de surnaturel me renvoie une image précise du combat acharné qui est en train de se jouer.  Un combat assurément inégal malgré la présence de Milan et la mienne. Le chien noir a beau appartenir à une espèce puissante mais méconnue et j'ai beau être un gardien du surnaturel, cela n’ôte rien à la dangerosité de la situation dans laquelle nous sommes embourbés. Mêmes les surnaturels peuvent perdre la vie. L'immortalité n'est pas de ce monde. Les dieux ne marchent pas avec les hommes du moins pas à ma connaissance. Le tigre que je suis danse au milieu d'une fumée vespérale au teint grisâtre. Mes griffes et mes crocs chantent la mélodie de la mort dans une chorégraphie froide et maîtrisée. Hommage dévoué à la déesse des miens. Offrande de larmes de sang et de cris guerriers. Mes crocs se plantent durement dans une gorge que j'ai attiré à moi de mes d'un mouvement de bras rageur. Le sang inonde les armes immaculés du prédateur que je suis. Prédateur qui se satisfait de la sensation de sa victoire temporaire sur une proie se prenant pour ce qu'elle n'est pas. Le corps contre nature est durement repoussé contre un mur en ruine au moment ou une autre anomalie se jette dans la mêlée dans laquelle je me suis embourbé. Accaparant l'attention de la plupart des chimères afin de protéger mes hommes qui bien que sachant tuer et manier des armes n'en restent pas moins des humains tout ce qu'il y a de plus vulnérable, je recule peu à peu sous les assauts répétés de mes six opposants.

Je laisse un feulement sauvage s'échapper de mes lèvres, promesse de mort brutale pour nos ennemis et recule de quelques pas comme pour me tasser sur moi même en prévision d'un bond offensif tel le félin que je suis. Je reçois des griffes dans l'épaule et laisse la douleur fulgurante se propager à tout mon être afin de profiter de ce bouclier surnaturel le temps de quelques instant. Mes yeux détaillent la bataille qui se déroule actuellement dans les tréfonds de ce coin oublié des hommes. Vestige d'une autre époque, d'un autre temps. Témoignage de l'évolution d'une société allant parfois bien trop vite pour ses propres membres. Il y a une vingtaine d'années, ces lieux étaient plein de vie imprégné d'une sueur professionnelle. Avant ma naissance une bonne partie de la population de Beacon Hills travaillait probablement ici dans cette usine. Les choses changent parfois, souvent. Mes yeux d'un bleu océan se portent sur mon ami d'enfance qui se débat face à trois adversaires. Ses yeux rougeâtres n'indiquent que trop bien que le chien noir se délecte de ce bain de sang et qu'il est très prêt de la surface. Trop peut être ? Non pas ce soir, pas en cet instant.

Qui plus est Milan domine entièrement son animalité bestiale depuis son séjour salvateur au sein d'Azgeda. Mon vieux frère ne perdra pas le contrôle. Au moment ou je m’apprête à m’enquérir visuellement de l'état des humains de la Stidda car les effluves surnaturelles et les remugles de sang frais et moins frais masquent mon odorat, les griffes de la main noire de Milan s'enfonce profondément dans la gorge d'une chimère aux cheveux châtains. Le blond aux yeux glacés maintient sa main le temps que la blessure devienne tellement béante qu'aucune guérison surnaturelle ou conventionnelle ne soit désormais possible. Le corps sans vie de l'anomalie s'écroule de lui même lorsque mon ami retire sa main. Nos regards se croisent et nous esquissons un sourire complice qui ne dure qu'un instant. La seconde d'après une main griffue s'abat sur le visage de Milan et la chimère qui a plantée ses griffes dans mon épaule approche dangereusement ses crocs de ma gorge. Je le laisse se rapprocher le temps d'enfoncer mes propres griffes dans son ventre en faisant le plus de dégâts possible. La plaie béante n'est pas belle à voir et j'éventre la chimère tout en maintenant mon regard dans le sien. Je ne le retire pas avant que la mort ait quitté l'anomalie autrefois innocente. La paix tu trouveras je te le garantis mais tu n'as pas ta place dans ce monde. Lorsque les genoux de mon adversaire heurtent le sol, je tends mes muscles et effectue finalement le bond qui couvait depuis plusieurs minutes. J’atterris au milieu de cinq chimères désormais apeurés mais toujours belliqueuses.

Je brise une nuque en profitant de leur surprise et me retourne pour observer Nolan enfoncer deux couteaux dans la nuque d'une chimère pour sauver Lenno. Un peu plus loin Elias est en difficulté face à deux chimères. Son arme de poing fume d'une balle tout juste éjectée qui n'a malheureusement pas atteint sa cible mouvante. Dante protège Jade en repoussant des assaillants au couteau tandis que la froide criminelle prend le temps de viser avec son fusil d'assaut. Darren le frère de Dante repousse brutalement son vis à vis et se porte au secours de son partenaire en difficulté. J'esquisse un léger sourire. Leurs blessures sont nombreuses mais pour l'instant superficielles. La solidarité qui unit l'équipe sera complète si nous survivons à ce traquenard. Milan s'effondre à quelques pas de moi et un feulement de colère résonne dans mes entrailles. Je pare un coup de mon poing et brise le bras du malheureux propriétaire. Le tigre en moi s'agite contre les barrières qui le retiennent. Il veut outrepasser sa place comme lors du nettoyage en compagnie d'Alessandro l'été dernier. Je parviens à le maintenir à sa place et m'entretiens mentalement avec le gardien qui m'habite. Tout en repoussant mes adversaires je récite mentalement un chant guerrier de mon espèce.

La première à traverser  une clairière tachetée de soleil. La première à danser au milieu des lames. La première à pousser le cri de guerre et la première à gagner toute la gloire. Mais la dernière à quitter le champ de bataille, la dernière à verser des larmes et la dernière à tisser la trame. J'esquive un coup de griffe et m’apprête à laisser le contrôle complet de ma personne au gardien au moment même ou des cris de douleur typiquement humains me font tourner la tète brusquement. Non ! Je ne perds personne ce soir ! Les murmures inquiets et surpris des anomalies me poussent à tourner une nouvelle fois la tète. Trois loups approchent rapidement en formation serrée du champ de bataille sanglant. Ces derniers sont transformés et se jettent dans la mêlée telle la meute qu'ils sont. Je réprime un soupir de soulagement en les voyant se porter au secours de mes hommes. Bon réflexe Will. Je peux m'en sortir maintenant, les humains sont la priorité absolue. Je bondis sur une chimère distraite, la plaque contre un mur et enfonce mes griffes dans sa poitrine. Je vise le cœur. Finalement l'effet de surprise ne tarde pas à s'estomper et des groupes de combat se mettent naturellement en place. Un surnaturel pour chaque groupe. Je me bats au coté de Darren qui se montre efficace et froid loin de l'homme terrifié de tout à l'heure. Bien vite le rapport de force s'inverse et moins d'une dizaine de minutes après l'arrivée de nos renforts inespérés la dernière chimère s'effondre sans vie telle une pierre au fond d'un lac.

Will en achève une sous le regard indéchiffrable de sa tante et j'en égorge profondément une autre sans quitter mon ami des yeux. Sans lui et sa meute nous aurions eu des morts ce soir mais je ne peux réprimer le pincement qui me tiraille le cœur. Will et les siens sont des gens bons qui ne prennent aucun plaisir à tuer. Je l'ai tout de suite compris. La culpabilité me ronge tandis que je reprends provisoirement forme humaine. Je ne sais pas quoi dire. Remercier mon ami ou m'excuser. Je sais ce que son aide salvatrice a coûté aux siens et je m'en veux durement pour cela. Mais, je ne peux faire abstraction que seul un être de sa puissance pouvait sauver mes hommes de ce traquenard. Jordan aurait pu faire l'affaire et cela aurait été certainement expéditif mais je me voyais mal appelé l'adjoint du sherrif. Je sais néanmoins que je vais devoir le faire pour le prévenir de la localisation de toutes ces chimères mortes. (...)


        Mady soigne Jade et Dante qui ont été les plus durement touchés La tante de mon ami fait des merveilles et a déjà gérée les blessures superficielles du reste de l'équipe. Malgré l’œuvre bienfaitrice de la matriarche de la meute Shepperd je sais que je vais ordonner à Nolan de conduire l'équipe auprès du docteur Lakway. Une médecin du Beacon Hills hospital que mon patron rémunère afin qu'elle soigne nos hommes de main discrètement dans le plus grand des secrets. Quand bien même je fais entièrement confiance à Mady, il faut bien que la docteur mérite son salaire. Je n'ai pas brisé le silence presque solennel mais indubitablement reposant qui s'est installé de lui même suite à l'affrontement. J’appréhende un peu la suite des événements à dire vrai. Que vont dire Keanus et Mady, que vont ils penser de moi. Et Will ? C'est une chose de deviner une appartenance au crime organisé. C'en est une autre d'y être directement confronté. Notre amitié naissante est elle déjà condamnée. Je ne l'espère pas. A coté de moi Nolan se tient contre le mur qui le soutient de l'autre coté Milan se repose sur mon épaule.

J'échange un regard amusé avec le maître des couteaux en observant Will trouver le temps de draguer gentiment Jade l'indomptable au grand dam de Dante bien trop épuisé pour s'y opposer et probablement bien trop heureux d’être en vie pour enchaîner avec un autre combat surnaturel auquel il n'a aucune chance de survie. Lorsque Jade et Dante sont enfin remis sur pieds grâce aux bons soins de Mady. Je m'approche de Will et le serre dans mes bras en lui murmurant à l'oreille. Merci mon vieux. Merci, je te dois la vie. Chacun d'entre nous te la devons. Désolé d'avoir fait appel à toi. Je connais les principes de ta meute et je m'en veux de vous avoir contraint à cela.
Je vais tapoter sur l'épaule de Keanus et le remercie à son tour avant de m'approcher presque timidement de la tante de Will et Keanus. Je dépose un baiser sur sa joue et la remercie pour les soins précieux prodigués aux miens. Merci à vous trois pour être venu. J'ai une dette envers vous. Un brouhaha se déclenche dans le bâtiment lorsque mes hommes de main remercient chaleureusement leurs sauveurs. Les yeux des criminels de l'organisation d'Amaro sont encore marqués par la peur et l'incrédulité mais ils s'en sortiront. C'est tout ce qui importe. Nolan et Milan m'interrogent du regard. Je dis à mon ancien mentor de ramener toute l'équipe au bercail en passant par la case Lakway juste au cas ou et ce dernier fait signe à tout le monde de se rassembler.

Le professionnalisme mafieux reprend le dessus et la Stidda récupère ses armes et quitte les lieux en rang serré. La main de Milan se pose sur mon épaule et me réconforte le chien noir sait ce que je dois faire à présent. Je reste me souffle t'il. Je sais lui répondis je. Je m'avance vers les corps des chimères et les porte un à un au centre de l'espace avant de les disposer en cercle autour de moi. Trois puis six puis douze puis quinze et enfin vingt corps. Vingt corps inanimés des victimes d'expériences contre nature. Vingt innocents devenus monstres contre leur gré. Je pousse un soupir de résignation. Les scientifiques m'ont humiliés depuis mon installation dans la petite ville. Cet instant ne le prouve que trop bien. Derrière moi j'entends Milan expliquer à la meute des Shepperd ce que je m’apprête à effectuer. Le rituel de passage et la purification. Il garde pour lui le fait qu'absorber autant d'énergies négatives peut être mortel pour un gardien de mon grade. Et, je lui en sied grée. Mais, je n'y couperais pas je refuse de laisser ces morts dans un tel état. Je suis peut être un criminel mais je suis avant toute chose un deatheater et si je devais faire un choix entre les deux je n'hésiterais pas une seule seconde.

Je ferme les yeux de chaque visage dont les expressions torturés me remuent plus que de coutume. Une blonde aux yeux verts aux yeux autrefois rieurs et au sourire ravageur, un afro américain aux yeux noisettes, une rousse aux yeux gris et au petit nez en forme de trompette, une brune aux lèvres en forme de cœur, un colosse blond à la mèche de surfeur et à la mâchoire carré, un brun de petite taille au visage androgyne. Il est plus que temps de mettre un terme aux agissements de mes ennemis héréditaires. Ce qu'il vient de se passer en ces lieux me redonne une vigueur de soldat déterminé à accomplir son devoir. Un devoir que j'avais quelques fois mis de coté je le confessais. Je ferme les yeux des chimères défuntes avant de laisser la fumée me masquer entièrement à la vue des surnaturels derrière moi. Je m'agenouille devant chacune d'entre elles et pose mes mains sur leur cœur avant de me concentrer pour déclencher le processus de purification. Je ferme les yeux tandis que le mercure est purgé de leurs enveloppes charnelles. Le liquide visqueux monochrome s'échappe des yeux, des coins de lèvres, des oreilles, des plaies béantes couturant leurs corps refroidis. Bien vite, je patauge dans une véritable mare de mercure luisante sous les néons chancelants.

Lorsque mes yeux s'ouvrent de nouveau, ils sont d'un bleu profond aussi paisible qu'un océan. Je m'installe pile au milieu du cercle de cadavres des chimères et inspire une grande goulée d'air vicié par la puanteur de l'heure funeste. La fumée qui recouvre mon corps ralentit doucement et s'enroule autour de moi tel un python affamé. Celle qui masquait la vue à mon ami d'enfance, Will et sa meute s'estompe peu à peu et se fond en moi. Je sais, je sens du plus profond de mon être que ce que je vais faire peut me coûter cher pourtant je n'ai pas peur. Je refuse de penser à la possibilité que le rituel soit trop puissant pour moi et que j'y laisse la vie. Je refuse d'envisager que je ne puisse pas savourer une fois de plus la chaleur d'une étreinte amoureuse avec mon épouse, je refuse d'envisager que je ne puisse pas voir grandir ma fille, je refuse d'envisager que cela puisse s’arrêter là. Juste au cas ou j'envoie une onde d'amour à mon épouse par le lien télépathique qui nous unit. J'espère sincèrement que ce ne sera pas la dernière. Je veux voir mon petit ange grandir, la voir jouer, rire, pleurer, apprendre, devenir une guerrière aussi féroce que sa mère. Mais le pincement qui me tiraille le cœur et s'insinue dans mes entrailles est vicieux. Je me mets pourtant à aspirer toutes les émanations néfastes liées à ces multiples morts brutales avant d'entamer le rituel à voix haute.

Ma voix est claire et puissante. Je n'ai pas peur. Je n'ai plus peur. La chute m'a transformé. Pardonne leur et ait pitié d'eux. Excuse les et oublie leurs fautes. Rends leur réception honorable. Protège les... Mes yeux bleus s'illuminent sous l'intensité de l'énergie que j'ingurgite. Mes mains tremblent et du sang coule de mes yeux. Le gardien en moi tente de prendre le contrôle pour m'interrompre mais je le rassure de quelques mots anciens et purs. Mon cœur bat à toute allure. Il va vite bien trop vite, je le sais. Derrière moi je sens Milan s'élancer mais je lève une main et lui demande de ne pas bouger. Tout va bien se passer vieux frère ne t'en fais pas. Je reprends d'une voix éraillée : Protège les des punitions de la tombe et des tourments du feu. Je sens du sang couler du coin de mes lèvres lorsque mon esprit accompagne celui des chimères vers leur dernière demeure autrement plus paisible que leur fin de vie. Puis, alors que je reviens dans le présent je m'effondre sur le coté. J'ai juste le temps d'entendre Will hurler mon nom.
   
(c) crackle bones

       



Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Sam 18 Fév - 17:47, édité 1 fois
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Willem Shepherd

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MessageSujet: Re: Le son d'un conte macabre PV Willem    Lun 13 Fév - 17:53

Sheperd
Willem

Coleman
Arès

Le son d'un conte macabre
Keanus tient la main d’un des hommes d’Arès. Ses veines noircies témoignent qu’il soulage la douleur du blessé. Mon frère évite mon regard, comme Mady qui se concentre sur les soins des blessés qui en ont le plus besoin. Mis à part l’un d’eux, ils sont tous humains. Ils souffrent et leurs blessures ne passeront pas comme celles que j’ai pu recevoir et qui ne sont déjà qu’un lointain souvenir.

Je ne sais pas quoi dire. Ma tante et mon frère viennent de tuer pour la première fois de leur vie. Je suis responsable de cela. Ils n’ont pourtant pas hésité à se jeter dans la bataille, parce que je l’ai fait. Ils m’ont suivi parce que je suis leur alpha, le chef de la meute. Je doute qu’un simple lien de parenté et une amitié pour Arès aurait eu une adhésion sans discussion, sans chercher un moyen alternatif à la mort.

Un liquide argenté sort des orifices naturels des êtres que nous avons éliminés. Ils sont différents des êtres surnaturels que j’ai pu croiser. La plupart avaient même une double capacité non naturelle. C’est évident qu’ils ont été fabriqués. Dans quel but ? Pourquoi ? Nous sommes entrés dans la bataille sans rien savoir de nos ennemis. Etaient-ce eux les méchants dans le compte ? Car que dire des cadavres humains que nous avons croisés en premier ? Les lacérations sur les corps désignent les meurtriers. Mais ces lacérations n’auraient-elles pas été remplacées par des trous de balles ou des entailles de couteau si ces êtres étranges ne s’étaient pas mêlés, semble-t-il par hasard, de ce qui ressemble à un règlement de compte entre bandes rivales ?

Me voilà confronté au monde de mon ami. Il est une chose de savoir, cela en est une autre d’être directement mis face de cette sombre réalité. Les rivalités de clans sont attachées à une rivalité de territoire. Nous voilà exposé à des problématiques de sédentaires.

Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

C’était eux ou nous, oui eux où nous. Ce n’était pas le moment de plier ou de rompre, mais celui de persévérer. Arès n’a pas hésité une seule seconde à me suivre quand Tobias et Keanus avaient des problèmes. Depuis le deatheater est devenu un ami. L’amitié est comme un mariage, pour le meilleur et le pire.

- Merci mon vieux. Merci, je te dois la vie. Chacun d'entre nous te la devons. Désolé d'avoir fait appel à toi. Je connais les principes de ta meute et je m'en veux de vous avoir contraint à cela.
- Tu nous as aidés à empêcher Tobias de perdre le doré de ses yeux. L’amitié n’est vraie que si chaque partie s’engage.


Je rappelle ce fait surtout pour mon frère et ma tante afin de légitimer notre intervention. Car même si Arès affirme avoir une dette envers nous, nous avions déjà une ardoise à son égard. Mady et Keanus s’occupent l’esprit en étant utile. Ils aident les blessés à remonter en voiture. Moi, je reste les bras ballants. L’adrénaline du combat s’est dissipée me laissant dans une sorte de torpeur. Je regarde Arès réunir les corps des chimères. Quand Mady et Keanus reviennent Milan nous explique le rituel qu’Arès est en train de faire. La solennité du grand black donne une nouvelle dimension au lieu. D’un champ de bataille nous passons à un rite funéraire.

Arès s’est battu sans aucune pitié, néanmoins il prend d’infinies précautions avec les corps désormais inertes. Il y a un respect évident dans ses gestes. J’entoure Mady de mon bras et la serre contre moi. Comme moi elle comprend que nous faisons face à notre changement de vie. Avant nous bougions de place en place sans lien, ni attache qui nous auraient obligés à nous impliquer comme ce soir. Donner la mort n’a rien de gratuit. J’ai l’impression de revivre le passé. Ces êtres que nous avons tués, étaient avant ça des gens innocents ou pas plus coupables que le commun des mortels. Je me dis que ces innocents étaient déjà morts avant que nous les exécutions, sinon Keanus et Mady auraient eu les yeux qui auraient virés au bleu électrique.

Nous regardons cette cérémonie avec respect et compassion, puis je commence à m’inquiéter en voyant les mains d’Arès trembler. Un regard vers Milan me dit que son ami est également anxieux. Le cœur du deatheater s’accélère et des larmes de sang coulent sur ses joues. Son ami réagit, mais Arès lève une main impérieuse. Je n’aime pas la faiblesse de sa voix quand il reprend le processus. Je n’ose pas l’interrompre car j’ai bien conscience que ce n’est pas du folklore mais un rite réel avec des répercutions sur les âmes des défunts. Notre culture animiste nous rend Mady, Keanus et moi sensibles à ce qu’il se passe. Pourtant je sens que mon ami va au-delà de ce qu’il est capable d’encaisser.

- Arès !

J’hurle son nom alors qu’il s’effondre. Je me suis précipité sur lui et serre sa main qui ne répond pas à ma pression. M’asseyant sur le sol, je le soulève et le plaque contre moi. Mady lui soulève les paupières.

- Pupilles dilatées…
- Ce n’est pas bon ça ! Milan ? Tu sais ce qui lui arrive ? Comment l’aider ?


Le chien noir semble bien impuissant aussi. Les constantes vitales de mon ami sont faibles. Mady me conseille de le reposer au sol. Délicatement, je me recule et repose mon ami.

- Il est en fibrillation.
- Il faut l’emmener à l’hôpital !
- Non, Il n’est pas transportable… Je vais le faire à l’oreille. Keanus absorbe sa douleur du côté de ses chevilles, Will fait de même en posant tes mains derrière sa nuque. Tu vas aussi le caler pour qu’il ne bouge pas.


Je m’en remets à ma tante. Keanus a remonté le pantalon d’Arès et lui tient les deux chevilles. Ses veines noircissent instantanément. Je fais de même de mon côté. Mady s’est placée à la verticale du thorax d’Arès. Elle ferme les yeux pour mieux écouter la désynchronisation du cœur de notre ami, pose ses mains jointes au-dessus du cœur du vigile du Pink et se met à pomper dans un rythme anarchique et saccadé. A l’oreille, je fini par repérer la séquence qu’elle cherche. Elle nous enjoint à absorber la douleur même si Arès est inconscient, car son corps se contracte, le muscle cardiaque est en grande souffrance.  

Je ne sais pas combien de temps dure ce massage cardiaque qui tente de redonner un rythme normal à ce cœur malmené par le rite funéraire. Trente secondes ? Cinq minutes ? Trop !

- C’est bon, c’est reparti normalement.

Mady nous fait un pâle sourire. Elle n’a rien dit et paru sure d’elle-même. Mais je me doute que même avec ses capacités de louve, il est difficile de remplacer un équipement qui délivre des chocs électriques à une intensité et une fréquence données. Arès tarde à reprendre connaissance, mais son souffle est à nouveau régulier, et son cœur bat normalement. Mady assure qu’il est juste KO et qu’il serait bien de le ramener chez lui.

- Vous rentrez à la maison, je vais avec Milan le ramener chez lui.

Je glisse un bras sous ses genoux, l’autre derrière son dos et le soulève doucement.

- Il pèse son poids l’animal !

Ma remarque tire un commentaire à Milan. Je le suis jusqu’à la voiture que le reste de leur équipe a laissée.

(…)

Je me suis assis à l’arrière pour caler l’inconscient dans les virages. Je ne doute pas que leur organisation fera le nécessaire pour nettoyer la zone. Je reste silencieux, assez secoué par la soirée. Un peu perdu en fait, car si c'était à refaire, je ne changerais pas ma décision même en sachant ce qu'elle me coûte. Un peu de mon âme.





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MessageSujet: Re: Le son d'un conte macabre PV Willem    Sam 18 Fév - 17:56


       
Le mélange des genres dans la bourgade de Beacon Hills avait quelque chose de profondément indéfinissable et improbable comme une étoile dans les tréfonds de l'océan ou un corail au milieu des cieux. J'allais en avoir la preuve en cette fameuse soirée de fin d'année. Une preuve irréfutable qui ne laisse nul place au doute. Beacon Hills était un microcosme sans pareille mesure avec aucun autre du monde surnaturel. Ma vie était compartimentée à travers une organisation bien définie de manière logique séparant strictement chaque facette de mon être tel une mémoire interne d'ordinateur empêchant les opposés de se mêler, gardant les secrets à leur place et maintenant un ensemble harmonisé. Ainsi le mari et futur père de famille n'avait rien à voir avec le  bras droit d'empire criminel en devenir, le gardien n'avait rien à voir avec l'ami fidèle et loyal et l'allié des autres protecteurs de la ville n'avait rien à voir avec la face criminelle de mon être. Mais ce soir les limites allaient se briser et être allégrement franchies. Le monde surnaturel rencontrerait le crime organisé dans un face à face sanglant et mortel. Les solutions à des situations désespérées nécessite parfois de l'audace aussi désespérée.
Quand bien même Will m'avait avoué qu'il se doutait que je baignais dans le crime organisé à l'instar de mon patron et ami et qu'il acceptait cette part de moi même, que je l'avais reconnu dans un silence et un échange de regard explicite, j'aurais préféré qu'il ne soit pas mis devant le fait accompli. J'aurais préféré que nous combattions cote à cote  dans d'autres circonstances. Lors d'une traque des dread doctors par exemple. Mais la vie n'étant qu'une succession d'imprévus... Arès & Willem
       

       
Le son d'un conte macabre



       
Le rituel ne se passe pas comme d'habitude je peux le ressentir dans chaque parcelle de mon être. La puissance que le gardien habitant mon enveloppe corporelle est en train d'accumuler est phénoménale. Une telle puissance peut être un fardeau raison pour laquelle seuls les sang royaux soient les chefs de clans, membres de la familles royale, de la garde, l'ordre ou les vétérans les plus aguerris peuvent se targuer d'aspirer autant d'énergie négative sans y laisser la vie. Pourtant alors même que la douleur se déverse dans mon corps tandis que je fais passer les esprits des chimères défuntes dans leur dernière demeure les uns après les autres. Agissant tel un passeur protecteur permettant aux âmes surnaturelles ou semi surnaturelles d'atteindre le lieu qui les attend toutes, un lieu indescriptible par les sens humains qui ne ressemble aucunement à la moindre représentation que les hommes se font d'un royaume post mortem. La douleur ne ressemble pas à celle de la chute qui fut pourtant la plus atroce jamais connu, la plus terrifiante pour un gardien à la fumée. La pire d'entre toutes car elle ne touche pas que le corps mais aussi l’âme et l'esprit et vous laisse habituellement mutilé dans votre être. L'ombre attire l'ombre et la lumière la lumière mais les deux se complètent et sans l'un il ne pourrait y a avoir l'autre. C'est ce que l'humanité a tendance à vouloir à tout prix oblitérer. Sans le mal le bien n'aurait pas lieu d’être. L'opposition et le complément ne sont que les deux faces d'une même médaille. Sans ennemis de l'équilibre surnaturel, de la beauté de l'ordre éternel il n'y aurait aucun intérêt à l'existence de mon espèce.

Nos ennemis sont l'autre face de notre médaille. Notre reflet négatif et néfaste, nos frères de lutte. Une lutte sans fin car le cycle est éternel. Nous n'en sommes délivrés que lorsque la mère suprême, la gardienne des gardiennes, la faucheuse qui terrifie tant les cœurs et les esprits nous rappelle à elle. Yu gonplei ste odon. Voilà la formule que les membres du clan murmurent dans un seul souffle lorsqu'un des leurs est appelé à marcher au coté de la déesse lunaire. Cette formule en langage deatheater signifie ton combat est terminé. Nous sommes des combattants, nous pensons comme des combattants, nous vivons et mourons comme tels. Jamais un  gardien à la fumée n'accepterait de périr avec un genou au sol. Cela fait il de nous une élite surnaturelle je ne saurais le dire. Mais en cet instant alors même que le sang dans mes veines semble fait de venin acide et que mon corps supporte de plus en plus difficilement le traitement que je lui impose et me le fait savoir de manière explicite je me sens en paix avec moi même. Je fais ce que je dois faire, ce pour quoi je suis devenu un gardien il y a dix ans de cela par le plus grand des hasards. Et rien d'autre n'importe. Les querelles humaines, les intérêts mafieux, les meurtres, les guerres de territoires, l'argent, les blessures émotionnelles, les regrets du passé, les erreurs tout cela s'efface sous la pureté de la mission qui est la mienne.

Rien d'autre n'a plus d'importance à présent. La douleur n'a rien à voir avec celle de la chute parce que  la première était punitive tandis que celle ci est libératoire. Cela n'a strictement rien à voir avec ma vision bien particulière de l'existence et mon refus d'adhérer aux moralités humaines faisant de moi un être aux mille nuances de gris plutôt que de séparation nette entre le blanc et le noir. Si l'on fait le décompte de mes actions il est aisé de trouver autant d'atrocités que de pure bonté, de blessures infligés que de soins prodigués, de haine ressentie que d'amour donné. Pourtant, j'agis ainsi parce que c'est ce que je suis. La vie nous façonne tous que l'on en soit conscient ou non, que l'on l'accepte ou non. C'est ainsi qu'elle m'a façonné et je l'ai accepté depuis mon plus jeune age. Il n'y a pas de recherche d'équilibre dans ma façon d’être. Je ne fais que suivre mon instinct. La douleur que je ressens est insoutenable certes mais uniquement pour mon corps. Mon esprit et mon âme elles sont parfaitement intactes et tandis que je protège les voyageurs dans l'au delà des noirceurs et dangers souhaitant les souiller à jamais, je sens ma symbiose de gardien se reformer comme une plaie qui cicatriserait. Mon être brisé par la chute de gardien diminué n'est plus qu'un souvenir au moment ou des cris se font entendre derrière moi. J'aimerais leur dire de ne pas s'inquiéter pour moi avec un sourire paisible mais le sang s'écoule de mes lèvres closes et de mes yeux fermés.

Mon être entièrement accaparé ne saurait être détourné par des futilités corporelles. Je sais que je suis en train de trembler et de souffrir mais je m'en moque avec un détachement qui n'a plus rien d'humain. Je parviens à sourire paisiblement tandis qu'une immense chaleur se diffuse dans mon corps. Signe que ma symbiose est de nouveau complète. Le tigre, le gardien et l'homme ne sont de nouveau plus qu'un. Les séquelles de la chute disparaissent les unes après les autres tandis que le gardien en moi témoigne son assentiment et sa fierté pour son hôte dans un murmure cérébral puissant. Quant au tigre il se fond plus profondément dans mon être comme s'il voulait l'épouser. Alors qu'il me reste deux âmes à faire passer de l'autre coté de la frontière éternelle, illumination boréale d'un éclat nacrée une masse sombre et ténébreuse dentelée de vert boueux se dirige vers moi à vive allure. Je n'existe que sous une forme éthérée et dématérialisée en ce lieu sans étoile. Le gardien me murmure de revenir à moi dans la réalité car cette puissance de l'éther est bien trop puissante pour l'immaculé que je suis. Je refuse et laisse mes deux protégés sur place avant de prendre la forme d'une masse grise aux attributs félins. Tu vas perdre la vie Arès me souffle le gardien. Tu ne peux pas faire cela. Si tu meurs ici, je meurs aussi. Pense à l'importance de l'essence. Notre espèce est en déclin. Les hôtes ne sont rien sans gardiens. Je vivrais encore très longtemps après toi et habiterais d'autres enfants de la mort. Fuis !

Je jette un coup d’œil éthéré vers les deux âmes des chimères. Éclats immaculés de pureté neigeuse dans ce lieu de passage plus sombre qu'une nuit d'horreur. N'ayez pas peur. Si leurs enveloppes non palpables sont aussi éclatantes c'est bien parce que leurs âmes sont aussi pures que celles de nouveau nés. Ce lieu ne ment jamais et ne se trompe jamais sur les voyageurs. Les chimères sont des victimes des actes de volontés sournoises et macabres. Peu importe leurs actes, elles resteront des victimes innocentes d'un conflit qui les dépassait. Cela me pousse à respecter le choix que j'ai fait. Je ne les laisserais pas se faire dévorer par ce tumulus de ténèbres et de chaos. Ce démon de l'au delà qui se nourrit d’âmes. Reste inhumain d'une créature surnaturelle depuis longtemps disparue dont les petits pullulent dans l'espace frontalier du lieu sans étoile. Le gardien tente le tout pour le tout et me fait m'enfoncer dans des souvenirs d'Azalea, de mes cousins, de mes amis d'enfance décédés, de mon clan d'Azgeda, de mes amitiés à Beacon Hills, de ma tante et son mari, de mon enfant à naître. Mais rien n'y fait et je m'élance vers la masse sombre avec un entrain bien réel.

Ai gona java. Ain gonplei. Mon gardien tente de prendre le contrôle de mon corps contre ma volonté mais je résiste fermement le remettant à sa place. Mais, j'ai juste le temps de frôler le réel à cause de sa tentative. L'espace d'un instant, je sens mon cœur battre tellement lentement, je sens les mains qui me palpent, je sens l'inquiétude et la peur embaumant l'atmosphère, j'entends les cris de mes amis autour de moi. Will, Milan, Keanus, Mady  qui s'affairent à me soulager d'un mal qui les dépasse et sur lequel ils ne peuvent pas grand chose, sur lequel je ne peux pas grand chose puisque je l'ai choisi en toute connaissance de cause. Durant cet instant infime, je me rends compte que j'ai dans ma vie des êtres extraordinaires qui tiennent à moi sincèrement alors tandis que je reviens à mon combat perdu d'avance je souris intérieurement le cœur gonflé par l'émotion et la fierté. Je n'ai pas peur. Je n'ai plus peur. Si je dois mourir aujourd'hui qu'il en soit ainsi par la volonté de ma déesse. Le gardien se résigne puis comprend. L'épreuve de la foi. L'épreuve qui pouvait vous tuer ou vous sauver. Tu comprends maintenant mon vieil ami. J'ai la foi. Je ne l'ai jamais autant eu qu'en cet instant. La masse menaçante fonce à son tour à ma rencontre et je ne cherche pas à combattre mais à éliminer purement et simplement. J'augmente ma vitesse et au moment du choc ma masse minuscule en comparaison pénètre le tumulus néfaste...

        Je me réveille sous ma forme humaine et me sens différent plus entier, plus puissant, plus assuré. Je me rends compte que je suis nu et ne sais pas ou je me trouve. L'impression de déjà vu qui me tenaille m'oriente dans une direction. Je suis un tunnel sombre éclairé seulement par une unique torche. La matière autour de moi semble mouvante comme de la pierre grisâtre flottante que l'esprit pourrait modifier. Je n'ai ni chaud, ni froid je me sens simplement bien. J'atteins finalement une porte que j'ouvre sur une petite pièce dans laquelle brûle un feu de cheminée. La petite pièce a tout d'une alcôve et un fauteuil s'y trouve près de l’âtre. Une jeune fille émerge de nulle part et m'invite à avancer d'un geste. Soudainement je me souviens. Je suis déjà venu lorsque j'ai accompli ma renaissance en tant que gardien à la fumée mais je n'ai aucun souvenir de cette rencontre par contre je sais que j'y suis revenu plus récemment lors de ma chute. La reine mère adorée des miens et crainte et méprisé des autres avait alors l'apparence d'une vieille grand mètre usée par la vie. Tandis qu'ici elle est aussi jeune qu'une adolescente et belle d'une beauté froide et légèrement macabre.  Une seule chose n'a pas changée. Ses yeux. Des yeux d'un bleu profond voilés par la cécité. La  mère des enfants de la mort me couve d'un long regard affectueux et je m'agenouille solennellement devant la créatrice de mon espèce. Celle ci s'approche lentement avant de poser ses deux mains sur mon front.

Sa voix résonne dans ma tète tandis que ses mains glacées restent sur mon visage. Ta destinée est sombre mon fils. Mais tu l'accompliras je le sais. Peu sont ceux qui ont tentés l'épreuve de la foi. L'héritière a bien choisie. Va mon fils et accomplis ma volonté. Je l'interroge sur les deux âmes de chimères restantes et elle m'assure qu'elles ont trouvés le chemin vers la paix.  Lorsque je réintègre mon enveloppe corporelle dans le monde réel je me sens différent comme si les trois parts de mon être n'étaient plus distinctes mais soudées à ma personne. Je sens le tigre en moi plus intensément que je ne l'ai jamais senti. Ses pensées sont les miennes et les miennes sont les siennes, ses gestes sont les miens et inversement. Ses désirs également il n'est plus un outil surnaturel, je suis le tigre et non plus un gardien qui peut se transformer en tigre. Lorsque je me réveille en me rendant compte que je suis allongé comme un sac de patates à l'arrière de la voiture de Will la nuit est noire et je ne  comprends pas ce qu'il se passe jusqu'à ce que je me remémore les derniers événements physiques. Je me relève brusquement et fait craquer les vertèbres de mon cou avant de m'étirer. Will et Milan se retourne aussi brusquement et l'alpha fait un dérapage contrôlé avant de se garer. Mes deux amis me fixent d'un regard incrédule.

Soudain, je ressens un déséquilibre aussi glacial et puissant qu'un ras de marée de noirceur, d'une énergie négative telle que je frissonne légèrement. Le loup et le chien noir continue de me fixer comme si j'étais un mort revenu à la vie mais je m'interroge. Pourquoi j'ai ressenti cette anomalie dans tout mon être et non pas grâce à l'alarme de gardien. Tu n'es plus le même me souffle t' il. Mes yeux se mettent à briller de rouge, d'orange puis finalement du bleu caractéristique de mon statut d'immaculé. Mais ils ne brillent plus comme avant. Une flamme bleuté semble danser dans mes prunelles. Yu gonplei Natblida. Milan écarquille les yeux de surprise avant de bafouiller : Arès. Ton aura...Ton au, aura a changée. Elle est plus... C'est Will qui termine la phrase de mon ami d'enfance et j'écarquille les yeux à mon tour lorsque le chien noir qui a assimilé les coutumes de mon espèce porte la main à son cœur et s'incline devant moi. Il faut que nous laissions la voiture là Will. Mais pourquoi ? Tu as besoin de repos mon vieux. Tu étais aux portes de la mort il n'y a pas cinq minutes. J'esquisse un sourire amusé. Il ne sait pas à quel point il a raison. Il ne peut pas le savoir. Je peux t'assurer que je ne me suis jamais aussi bien senti de toute ma vie.

Willem tergiverse et tente de me convaincre de me ramener au bercail mais Milan qui sait pertinemment que je ne lâcherais jamais le morceau l’interrompt et me demande simplement pourquoi. Je leur expose ce que j'ai senti : On dirait bien que les scientifiques ont accouché de quelque chose de plus dangereux encore. Je me dois d'aller jauger ce monstre. Ce que le sang dans mes veines et mon être m'intime de faire alors je vais y aller que vous le vouliez ou non et que vous veniez ou non. Je quitte la voiture sans plus de cérémonie et observe les lieux d'un œil critique. Le claquement de deux portes m'indique que mes amis sont sortis après moi.    
(c) crackle bones

       



Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Sam 25 Fév - 22:51, édité 1 fois
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Willem Shepherd

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MessageSujet: Re: Le son d'un conte macabre PV Willem    Ven 24 Fév - 18:52

Sheperd
Willem

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Arès

Le son d'un conte macabre
Je lance un regard à Milan. L’ami d’enfance d’Arès n’est pas serein, loin de là. Je ne le suis pas également. J’ai encore du mal à assimiler ce à quoi j’ai assisté un peu plus tôt.

Je suis également bouleversé par le combat que j’ai mené avec Keanus et Mady. Je n’ai que peu de souvenir d’avoir été confronté à ce genre de combat violent avec les membres de ma famille. Lors du génocide des miens, il n’y avait pas eu de combat du tout puisque la plupart s’étaient trouvés lardés de balles alors qu’ils dormaient. Je me souviens toutefois d’une bataille rangée dans les confins du Maine contre une meute particulièrement vindicative qui cherchait à recruter des bêtas de grès ou de force. Je devais alors avoir dix-neuf ou vingt ans. Je me souviens être tombé de haut face à cette violence sans aucune pitié. Ted avait dû me beugler dessus pour que je me bouge et me batte. La violence est contre ma nature, pourtant la couleur de mes yeux surnaturels est la preuve que j’ai déjà tué au moins une personne, mon alpha.

L’équipe de mon ami est encore en vie grâce à notre intervention. D’une part cela me soulage. D’un autre côté j’ai conscience d’avoir sauvé la vie à une bande de tueurs. Toutefois l’amitié, la vraie est comme l’amour, c'est un sentiment où la raison n’a pas son mot à dire. Malgré ce qu’il vient de se passer, je ne reviens pas sur le lien qui s’est construit si rapidement avec Arès. Aucun de nos actes n’est anodin. Je sais que je vais devoir assumer ce lien aux yeux des miens. Je sais Arès navré des conséquences de son appel au secours. Pourtant cela aurait été renier l’homme que je suis si je lui avais tourné le dos. Il y a longtemps que j’ai perdu mes illusions d’une vie paisible et sans état d’âme. Les Shepherd se sont longtemps complus dans une vie faites de fuites et de lâcheté.

Sans renier ma famille et la longue lignée de mes ancêtres, j’ai pris conscience que ma meute a raté un virage à la génération de mes grands-parents. Mon oncle Ted, comme mon grand-père qui s’appelait également Ted n’ont vu, ou admis l’inflexion que prenait la vie avec la modernité et l’urbanisation d’un si vaste territoire que le sont les États-Unis. Pour être honnête, aucun de nos alphas n’a tenté de changer notre façon de vivre. S’adapter à la vie moderne était aussi synonyme de perte de liberté. Nous nous sommes finalement adaptés par la force et la souffrance. Quatre rescapés, voilà ce qu’il reste des Shepherd.

Ce soir j’ai fait un choix. Un choix que les précédents chefs de la meute n’auraient pas fait. Je viens de me priver d’une liberté en me liant malgré moi à l’univers du crime. Amaro emploie déjà Kada’an. Je ne suis pas naïf et sait que ma bêta sait pour les activités de son boss. Je suis complice malgré moi. Et là-dedans, j’y ai entraîné mon frère et ma tante.

Le bruit désagréable d’os qui craquent à l’arrière de la voiture nous fait nous retourner comme un seul homme Milan et moi. Notre ami s’est redressé comme un beau diable qui sort de sa boite à ressort. Je stoppe la voiture dans un joli tête à queue, les roues crissant sur le gravier.

Je scrute mon ami. En tant que loup, je ne distingue pas une personne uniquement par l’image qu’elle me renvoie. Je reconnais quelqu’un à son odeur, aux bruits de son corps, à une façon de se déplacer et de bouger, et dans le cas des êtres surnaturels à l’aura qu’ils dégagent.

- Arès. Ton aura...Ton au, aura a changée. Elle est plus...
- Imposante,
terminé-je.

Milan a un soubresaut avant de porter sa main à son cœur et de s’incliner respectueusement. Je regarde Arès à nouveau. Je ne saisis pas tout. Est-il devenu une sorte d’alpha au regard des siens ? Son aura a effectivement changé, la différence est un peu comme celle qu’il existe entre mon frère et moi. C’est palpable et l’animal que je suis réagi. Je devine mes prunelles se teinter de rouge. Seule ma grande maîtrise sur l’animal m’empêche de devenir menaçant. Mais le loup que je suis, devine le prédateur supérieur qu’est devenu le vigile du Pink.

- Il faut que nous laissions la voiture là Will.
- Mais pourquoi ? Tu as besoin de repos mon vieux. Tu étais aux portes de la mort il n'y a pas cinq minutes.
- Je peux t'assurer que je ne me suis jamais aussi bien senti de toute ma vie.


Je ne sais pas quelle lubie soudaine le prend, mais quoi que peut être son évolution, il serait raisonnable qu’il prenne du repos. Je tente de le convaincre en tirant sur une corde sensible en parlant de sa femme, toutefois je sais que c’est perdu d’avance. Les battements du cœur d’Arès sont aussi réguliers que celui d’un métronome parfaitement réglé. Il nous dit que les scientifiques qui l’avaient une fois battu auraient créé une nouvelle monstruosité plus dangereuse que celles que nous venons de combattre. Alors qu’il nous avait fallu le support de toute sa squada, Keanus et Mady pour venir à bout des chimères, Arès affirme aller voir de quoi il retourne que nous le voulions ou non.

Sans un autre mot, il sort, fait quelques pas pour s’imprégner de ce qu’apporte le vent en bruits et odeurs. Puis d’une ample foulée il s’élance dans une direction donnée. Milan se retourne vers moi avec un regard expressif. Je le lui rends en soupirant. Nos deux portières claquent de concert quand nous sortons également.

La nuit est tombée depuis un long moment. Le quartier semble calme en apparence. Je regarde Milan et je grimace. Ce n’est pas que j’ai oublié cet épisode, mais je viens de me rappeler de la dernière lunaison, où je m’étais fait coffrer par les flics lors d’une bagarre au Pink alors que Tobias avait encore une fois encore pété les plombs. L’adjoint du shérif, Jordan Parrish, avait bien voulu me croire quand je lui avais affirmé que mon frère et mon cousin étaient menacés par un être surnaturel puissant.

- J’ai bien peur d’avoir déjà croisé ce que notre ami vient de sentir…

Je m’élance à la suite de Milan. Nous accélérons pour rattraper le tigre. Milan me demande de quoi je parle. Alors que nous nous éloignons de la ville j’explique aux deux hommes grosso modo ce que j’avais vécu avec l’adjoint du shérif. Arès dit le connaitre, je ne cache donc pas les capacités de Jordan.

- Ce monstre fait environ trois mètres de haut. Il y a une fumée noire qui se dégage de lui, un peu comme toi Arès. Il est aussi dur que du granit. Ses coups ont une puissance phénoménale. Jordan, Keanus et moi unis nous ne faisions pas le poids. Mon cousin a mis cinq jours pour ressouder ses multiples fractures.
- Comment vous vous en êtes sortis ?
- C’est étrange Milan. Mais avec ce que vient de dire Arès à propos des scientifiques… je crois qu’alors qu’il s’apprêtait à donner le coup de grâce à Jordan, il a été sifflé comme un chien. Et comme un bon toutou, il a obéi. Il a purement et simplement abandonné le combat puis est parti. Sans cela nous serions morts. Tu es certain de vouloir te frotter à cela Arès ?


Il semble que oui. Nous poursuivons notre chemin pour déboucher près de ce qui ressemble à une station d’épuration. Je n’aime pas l’ambiance qui règne ici, les poils de ma nuque se dressent. Le chien noir semble avoir la même réaction. Nous avançons doucement, Arès au milieu un peu en avant de nous. Mon instinct m’a commandé de me transformer. Je suis mon ami en restant souple dans mes mouvements pour parer à toutes éventualités.





Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Le son d'un conte macabre PV Willem    Sam 25 Fév - 22:56


       
Le mélange des genres dans la bourgade de Beacon Hills avait quelque chose de profondément indéfinissable et improbable comme une étoile dans les tréfonds de l'océan ou un corail au milieu des cieux. J'allais en avoir la preuve en cette fameuse soirée de fin d'année. Une preuve irréfutable qui ne laisse nul place au doute. Beacon Hills était un microcosme sans pareille mesure avec aucun autre du monde surnaturel. Ma vie était compartimentée à travers une organisation bien définie de manière logique séparant strictement chaque facette de mon être tel une mémoire interne d'ordinateur empêchant les opposés de se mêler, gardant les secrets à leur place et maintenant un ensemble harmonisé. Ainsi le mari et futur père de famille n'avait rien à voir avec le  bras droit d'empire criminel en devenir, le gardien n'avait rien à voir avec l'ami fidèle et loyal et l'allié des autres protecteurs de la ville n'avait rien à voir avec la face criminelle de mon être. Mais ce soir les limites allaient se briser et être allégrement franchies. Le monde surnaturel rencontrerait le crime organisé dans un face à face sanglant et mortel. Les solutions à des situations désespérées nécessite parfois de l'audace aussi désespérée.
Quand bien même Will m'avait avoué qu'il se doutait que je baignais dans le crime organisé à l'instar de mon patron et ami et qu'il acceptait cette part de moi même, que je l'avais reconnu dans un silence et un échange de regard explicite, j'aurais préféré qu'il ne soit pas mis devant le fait accompli. J'aurais préféré que nous combattions cote à cote  dans d'autres circonstances. Lors d'une traque des dread doctors par exemple. Mais la vie n'étant qu'une succession d'imprévus... Arès & Willem
       

       
Le son d'un conte macabre



       
Posté devant la voiture telle une sentinelle de pierre dans un temple ancestral je reste aussi immobile et stoïque qu'une véritable statue. Rester ainsi aussi longtemps sans ressentir le besoin de faire le moindre mouvement pas même le plus infime est probablement inhumain. Mais , en cette fraîche nuit hivernale je ne le suis plus tout à fait. Les événements se sont enchaînés tellement vite que je n'ai même pas le temps de penser à tout ce qui vient de se passer depuis mon départ du loft il y a à peine une deux heures de cela. Que je n'ai même pas le temps de penser et d'envisager les tenants et aboutissants de ce que je viens de vivre. Pourtant, tout en laissant mes sens devenus plus aiguisés à cause de la fusion avec mon animal de métamorphose traquer la piste de mon ennemi je prends le temps d'y penser en catastrophe comme un homme débordé qui parvient à se ménager un minuscule temps de pause. Comme un homme en train de se noyer s'accrocherait désespérément à une bouée de sauvetage jetée  à la mer par une âme charitable. Les mots de mon ami d'enfance résonnent dans ma tète alors que mon esprit est entièrement concentré sur une tache supérieure comme si seul le gardien que je suis comptait désormais. J'inspire une grande goulée d'air frais pour reprendre pied.

Mon aura a changée. Elle est plus imposante selon le terme employé par Will qui aurait pu avoir une réaction bien moins neutre vis à vis du nouveau prédateur que je suis devenu en l'espace de quelques instants à l'échelle de temps humaine. Je ne doute pas une seule seconde que mes deux amis vont quitter le véhicule pour suivre mes pas. Non, je ne suis pas omniscient. Je suis juste lucide et je les connais tout les deux suffisamment pour savoir qu'ils ne m'abandonneront pas ni maintenant ni jamais. La réciproque est d'ailleurs assurément vraie et totale. Je n'accorde pas mon amitié à tout le monde mais lorsque je le fais c'est éternel et aussi solide que du marbre. Ma loyauté n'a pas de prix précisément parce que je suis le plus fidèle des amis. Je suis persuadé que dans quelques instants, ils vont émerger du véhicule pour me suivre à la poursuite de ce monstre qui glace mon sang dans mes veines et dont la noirceur immodérée qui le caractérise révulse tout mon être désormais entièrement purgé des malheurs de la chute, entièrement purifié de la noirceur dans laquelle j'avais basculé après avoir rompu l'une des lois élémentaires de mon espèce dans les ruelles sombres de la cité des anges. La cité des anges déchus serait un terme plus approprié à mon goût mais trêve de tergiversations et autres futilités.

Je prends le temps d'inspirer et d'expirer afin de retrouver mon calme. Mes sens se font plus aiguisés et tout mon être est différent désormais. Je sens bien une nouvelle puissance couler dans mes veines et cela me terrifie. Je suis toujours le même qu'avant selon la catégorisation des miens. Arès Kye Coleman est toujours un gardien élu de rang immaculé mais ma puissance si elle est toujours celle d'un gardien de ce rang est différente. Unique. Ma puissance est unique. Et le fait d’être confronté à quelque chose de radicalement nouveau sans pouvoir compter sur les conseils de mon épouse héritière d'un clan et gardienne à la fumée de sang royal  ou de mes beaux parents chefs du clan d'Azgeda me fait frissonner. Je ne devrais pas ressentir cela. Je veux dire les gardiens transformés n'ont rien à voir avec les loups garous ou les autres garous mordus. La maîtrise est notre peu importe notre origine. Sinon, nous ne pourrions décemment pas nous considérer au dessus du monde surnaturel ordinaire et c'est justement bien là le problème. Je n'ai pas gagné une force supplémentaire. Je sais que je peux me transformer entièrement comme les royaux et les vétérans les plus doués de manière instinctive.

Mais je ne sais pas comment maîtriser tout cela. Je suis perdu au pire moment car la chose qui rode là dehors est monstrueuse au sens littéral du terme. Je n'ai jamais rien senti de tel. Tout est exacerbé à cause de la fusion entre les trois faces de mon être et j'ai bien peur de mettre bien trop de temps à m'y habituer. J'ai donné le change à mes deux amis et camarades infortunés de patrouille surnaturelle mais me suis je donné le change à moi même. Soudain une brise légère vient balayer les lieux et caresse mon visage dont les traits sont marqués par l'appréhension. Ce n'est pas la pleine lune mais une partie de cette dernière se dévoile derrière un nuage qui la masquait. Alors que je la fixe intensément, je m'attends à ce que le gardien me calme comme il en avait l'habitude dès que j'en ressentais le besoin mais rien ne se produit ou plutôt si mais pas ce à quoi je m'attendais. Je me calme moi même et récite mentalement un mantra d'Azgeda. La mort, la lune, l'équilibre. La mort, la lune, l'équilibre. La mort, la lune, l'équilibre. Mes yeux se mettent à scintiller de leur bleu glacé désormais flamboyant durant une poignée de secondes et lorsque mes sens parviennent à débusquer la trace de la bête pour l’appeler ainsi cette vilaine bestiole. Je m'élance dans une allure relativement rapide sur la piste du monstre des scientifiques. Leur macabre rejeton, la progéniture de leurs rêves dégénérés.

        Tout en me dirigeant en de amples foulées vers les traces du monstre, je vérifie par le lien qui m'unit à Azalea si elle va bien et n'a pas ressenti d'inquiétude excessive à cause de ma soirée décidément mouvementée. Mais, je comprends qu'elle dort alors je laisse un sourire étirer lentement mes lèvres. Merci à toi ma fille d'épuiser ta maman de là ou tu es pour le moment. Cela évite des crises de nerf à ta maman. Derrière moi j'entends le chien noir et le loup alpha échanger vivement au sujet de la créature que nous sommes en train de traquer. Je sens leur anxiété qui est presque palpable mais ne la partage pas, ne la partage plus. Je fais ce que j'ai à faire. Je m'en veux de les entraîner là dedans mais ils auraient choisi de me suivre quoi qu'il advienne. Toute la panique de toute à l'heure me semble désormais loin. Si, je ne me suis pas habitué à ma nouvelle perspective et à ma nouvelle capacité sur le chemin. Je suis néanmoins animé par une foi indéfectible envers ma mission surnaturelle et la déesse de mon espèce. Car, je me rappelle. Je m'en rappelle. Je peux m'en rappeler. J'avais oublié la première rencontre avec l'avatar de la faucheuse et celle de la chute commençait à s'oblitérer dans mon esprit. Mais, celle ci est parfaitement nette et ne semble pas vouloir ou pouvoir s'effacer de ma mémoire. Comme un signe supplémentaire de l'obligation sacrée qui m'incombe.

Je la revois et entends ses mots. Va mon fils. Accomplis ma volonté. J'ai survécu à l'épreuve de la foi. Je survivrais à mon face à face avec cette chose quelle qu'elle puisse être. Une anomalie cela est certain. La plus profonde et néfaste que je n'ai jamais vu. Je trottine tel un traqueur sur la piste de sa proie, tel un prédateur en chasse. La nuit est sombre comme une tache d'encre au dessus de nos tètes comme si mêmes les étoiles avaient désertées. Nous nous enfonçons dans un quartier en apparence tranquille et tout à fait ordinaire. Mes deux comparses finissent par me rattraper et j'écoute Will nous exposer sa rencontre précédente avec la créature. Je ne bronche pas et l'écoute en silence. Concentré sur ma traque. Je suis soulagé qu'il s'en soit sorti tout comme Keanus et Tobias. Ce récit effrayant ne fait que renforcer ma détermination à continuer mon chemin et à faire face à cette créature. Je m'inquiète pourtant sans le montrer lorsqu'il m'indique que Jordan a été totalement impuissant face à la créature des scientifiques. Un chien de l'enfer, un cerbère incapable de mettre fin à une menace surnaturelle. Contraint de fuir devant plus fort que lui si ce n'était pas mon ami qui me l’annonçait, je n'y croirais pas. Pourtant, j'avais été forcé de constater que les chiens de l'enfer n'étaient pas invincibles contrairement à la légende et aux rumeurs qui couraient à leurs sujets dans le cercle très fermé des créatures dévouées à la protection de l'équilibre.

En effet, Jordan n'avait pas pu vaincre les scientifiques tout comme j'avais personnellement été balayé par leur puissance. Si j'étais sage et raisonnable, je ferais probablement demi tour mais je ne le suis pas. Pas dans ce domaine. Si les gardiens ne font pas face, ne se battent pas pour l'équilibre alors tout est perdu. Nous laissons les menaces ravager les équilibres, nous laissons les gens mourir autour de nous, les innocents saigner et les vivants pleurer sur les défunts, nous laissons le chaos se déchaîner et  les destructeurs régner en toute impunité. Non ! Hors de question ! Victory stand back on the sacrifice disent les chants guerriers des deatheaters. Notamment celui de la victoire de l'ancien temps des gardiens loyaux à notre mission ancestral face aux traîtres renégats. Je ne reculerais pas sous prétexte que je ne suis pas assez puissant. J'en ai assez d’être impuissant dans ce combat. Tout en laissant tout mes sens se focaliser sur mes environs j'écoute la discussion très instructive de Milan et Willem.

Lorsque l'alpha me demande si je veux me frotter à cela je tourne lentement la tète vers lui. Mon visage est crispé par la concentration et par le fait que les traces palpables de la présence de la créature révulse tout mon être et mes yeux bleus scintillent. Je n'ai pas amorcé ma transformation. Tout se fait instinctivement. Je lui réponds : Je dois le faire Will. C'est gravé dans mon être. Mais vous pouvez encore rentrer au bercail. Vous devez rentrer au bercail.  

Malgré mon conseil, mes deux amis restent à mes cotés et nous rentrons dans une station d'épuration. L'atmosphère est lourde et poisseuse, l'air nauséabond. Je décèle une effluve de sang assez prononcée qui se renforce à chacun de nos pas. J'adresse un signe de tète à Milan. Il comprend que je veux qu'il se transforme dès qu'il le pourra. Si le monstre est tel que nous l'a décrit Will. La vélocité d'un chien de taille massive sera utile pour l'occuper et l'exaspérer. L'alpha à ma droite est quant à lui déjà transformé et ses yeux rouges luisent dans la pénombre. Je laisse ma nouvelle condition s'imposer à moi et lorsque nous débouchons sur un espace plus vaste entre deux tunnels je sens la présence ennemie toute proche. Mon regard se fait meurtrier et mon corps se transforme en conséquence. La fumée enrobe mon corps et virevolte à toute allure. Je brûle d'une envie de tuer. Tue, tue, tue résonne dans ma tète. Les rugissements du tigre, les mots anciens dans une langue non humaine du gardien et mes émotions se confondent et se mêlent. Je ressens une réciprocité macabre chez mon ennemi naturel. Il aime tuer, veut tuer et tue. Moi, je n'aspire qu'à l'abattre lui. Tuer ! Je m'élance à toute vitesse vers la source du grognement terrifiant qui a plané sur la station d'épuration. Au détour d'un carrefour, je découvre la bête gigantesque comme me l'avait décrit Will en train de broyer un corps humain. Je me jette sur elle sans réfléchir et libère toute la haine que je ressens à son encontre. Une haine profonde, tenace, ancestrale inscrite dans mes gènes qui se ressent dans mes coups brutaux et réguliers.
 
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La Bête

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MessageSujet: Re: Le son d'un conte macabre PV Willem    Mer 1 Mar - 15:16


Fureur

Quelle force me pousse à sortir ainsi ? Est-ce cette impression d’être prisonnier d’une prison de chaire trop petite pour moi ? Ou la présence de ces pensées intrusives qui me parasitent ? Je lève le museau vers les étoiles, puis regarde autour de moi. Quelle étrange sensation de ne pas connaitre un lieu tout en n’étant point perdu. Je sais ce que la route suivante me réserve tout en ignorant où je suis. Ma mémoire sait des choses que ma conscience ignore.

Cet égarement me frustre et me met en colère. C’est une fureur qu’il faut que j’évacue sinon j’ai l’impression que je vais en perdre la raison. J’ai l’impression de me réveiller d’un très long sommeil. Des bribes de ma vie me reviennent, seulement c’est trop fractionné et haché pour que je comprenne qui je suis réellement. Pour le moment, je sais une seule chose et c’est vital. Je dois éviter les chasseurs, je dois éviter la chasseuse. Elle… Je revois son visage… la lance…

Je hurle ma rage à la lune et écrase mon poing sur une de ces nombreuse chariotes de métal qui longent les rues. Un son strident s’échappe de la chariote que je viens de cogner alors de ses lanternes s’allument par intermittence. Quel est ce maléfice ? De rage je redonne un coup, le son strident meurt en couinant lamentablement, les lanternes elles continuent de clignoter. Celui qui se cache dans la chariote ne va pas se moquer de moi ainsi impunément ! Je prends mon élan et saute sur le char de métal qui s’affaisse.

|•|•|•|

Le chariot totalement démoli, je suis reparti, satisfait d’avoir fait régner ma loi et fait taire le malin qui se moquait de moi avec sa musique stridente sortie tout droit de l’enfer et son feu magique qui clignote.

Mais le soulagement est de courte durée. Ma frustration revient de ne pas savoir où je suis et qui je suis. Un aboiement attire mon attention. Un peu plus loin, je vois un chien tenu par une longe par un gars qui fume. Le chien grogne, j’en fais autant. Le chien est mon ennemi. L’homme au chien est mon ennemi. Ils doivent mourir. En trois bonds je les ai rattrapés. D’un coup de patte, je brise les cervicales du canidé alors que de l’autre j’attrape l’homme au cou.

Tout cela fait du ramdam et alerte le voisinage. Des fenêtres s’allument, des gens questionnent. Je me mets à couvert, puis file un peu à l’aveuglette tenant toujours l’homme. Une odeur nauséabonde agresse mon odorat. Personne ne me suivra par-là, je m’enfonce dans un dédale de tunnel en pierre lisse et dure. J’entends des grondements sourds et de l’eau qui est brassée, un peu comme dans un moulin.

Levant le poing, je vois que je n’ai pas lâché l’homme. Il lui reste un vague souffle de vie que je lui ôte en lui arrachant la tête.

Je ne suis pas seul. Je lâche la tête qui roule sur le sol. Le corps fait un « floc » quand je le lâche. Un nouveau fauve s’avance vers moi. Contrairement à celui rencontré dans la forêt et qui était auréolé de flamme, celui-là est entouré de fumée. Son rugissement de menace trouve le mien en écho. Je me déplace doucement pour faire face à cet adversaire. Le tuer calmera peut-être ma colère.

Pas besoin d’aller au combat, puisque l’autre me saute à la face. Son odeur féline m’irrite encore d’avantage. Je récupère le corps sans tête gisant au sol et m’en sers de massue. L’homme aux flammes était brûlant. Je me méfie du contact direct avec celui-là. Mais l’être entouré de fumée est rapide, ses coups finissent par m’atteindre. Il n’est pas brûlant comme l’autre. Je me débarrasse du cadavre en le jetant sur deux autres intrus qui viennent de faire leur apparition. Je suis plutôt content. La haine de mon attaquant trouve son pendant chez moi. Je suis moins rapide et j’encaisse ses coups sans broncher, pour finir par riposter. L’attrapant brutalement par le bras, je le lance contre un mur, lui déboîtant l’épaule par la force et la rapidité du mouvement. Ses deux compagnons attaquent à leur tour s’interposant entre moi et le faiseur de fumée.

Je leur crache un hurlement, ma gueule grande ouverte sur une belle rangée de crocs. Ils répliquent. Encore un chien et un loup alpha. Ce dernier est un traître à son espèce pour s’associer avec cette race qui a vendu son âme à l’homme. J’attrape le loup aux prunelles rouge par le cou, dans le but de détacher sa tête de son corps. Ses deux compagnons m’assaillent en même temps, entravant mes mouvements. Je lance le loup contre une des cuves nauséabonde. Ses os craquent de façon sinistre. J’attrape le chien noir pour lui faire subir le même sort quand une morsure à l’épaule me fait rugir de douleur et de colère. Le tigre, car s’en est bien un, vient de planter ses crocs dans ma chair. Je tourne en rond pour me défaire du mordeur, mais il est tenace. Alors je recule violemment contre le mur, l’écrasant de toute ma force pour le faire lâcher.

Le chien noir qui vient à sa rescousse se fait lacérer le torse et balayer comme une poupée. Le nuisible dans mon dos finit par me lâcher après moult écrasement entre mon dos et le mur. Il glisse sur le sol comme l’insecte nuisible qu’il est. Je l’attrape par ses vêtements et rapproche sa gueule de la mienne. Il est couvert de sang, sa tête dodeline, il est à demi-conscient. Je lui hurle ma férocité dans les naseaux. Il est temps d’en finir. J’arme mon bras.

Les deux autres me tombent sur le dos. Ce n’est qu’une bande d’éclopés qui tiennent à peine debout. Je me sers du corps du tigre comme gourdin et les fauchent d’un large mouvement en rotation. A la puanteur des lieux s’ajoute l’odeur de leur sang.

Je serre la gorge du tigre. Vais-je enfin pouvoir en finir ? L’animal se rebelle, me serrant à son tour le cou. Il me faut toute ma force pour me dégager de sa poigne, mais le bras de fer reste en ma faveur. Le loup et le chien chargent à nouveau. D’où leur vient leur hargne ? Quelle force les anime ainsi ? Ils sont l’un et l’autre hors d’état de combattre et pourtant les voilà qui reviennent à l’assaut. J’honore cette force d’esprit sur les douleurs du corps.

A nouveau je balance le tigre sur ses amis. Le nouveau choc contre la cuve a cette fois raison de son étanchéité. Une voie d’eau s’ouvre, un liquide saumâtre se déverse dans le couloir douchant les trois hommes.  Je regarde la scène un moment. Ma colère est retombée. D’un bond je m’élance dans les couloirs, il est temps pour moi d’aller respirer un air meilleur qu’ici.

Dehors je croise trois hommes avec des masques de métal.

« -Réussite. »

Je les regarde un moment. L’instant suivant, ils ne sont déjà plus là.


(c) Fiche et montage par Mafdet Mahes
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Willem Shepherd

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MessageSujet: Re: Le son d'un conte macabre PV Willem    Mer 8 Mar - 17:18

Shepherd
Willem

Coleman
Arès

Le son d'un conte macabre
Est-ce cette sensation que ressent un soldat lorsqu’il se lève quand l’ordre est donné d’attaquer ? Je ne suis pas du genre suicidaire, pourtant… Je suis bien là, totalement transformé à côté d’Arès et de son ami le chien noir. Ce que j’éprouve est indescriptible. Suis-je encore sous le coup de la bataille avec les chimères ? Mais étrangement une part de moi jubile de l’affrontement à venir. Je passe d’une peur primaire à une exaltation limite fanatique. Est-ce l’explication qui justifie pourquoi dans chaque guerre, chaque conflit, des hommes partent se battent malgré la mort qui les menace ?

J’ai déjà affronté la bête et perdu. J’étais pourtant avec un Hellhound. Arès semble bâtit à sa mesure, Milan est un adversaire sérieux, quant à moi je sais que je ne vaux pas grand-chose face à ce que nous pourchassons. Un moment de clairvoyance nous ferait rebrousser chemin, pourtant nous nous enfonçons dans les tunnels nauséabonds de la station d’épuration. Nous ne pouvons pas reculer, car si nous le faisons, qui arrêtera cette chose ? Mon ami n’est plus l’homme raisonné que je connais. Je devine le tigre sous-jacent qui semble prendre vie. L’aura de Milan raisonne en harmonie avec celle de son ami d’enfance. Nous sommes comme une meute de chiens dans une chasse à courre. Nous traquons la proie sans recul possible. Tue, tue, tue... L’impulsion meurtrière des deux autres est communicative et à mon tour je me mets à grogner quand nous croisons enfin ce monstre sorti tout droit de l’enfer.

Arès bondit le premier, je le talonne de peu. Mon ami arrive à placer des coups, mais il cognerait contre un mur de béton armé, ça serait pareil. Le monstre ne bronche pas et ne nous renvoie que son irritabilité exacerbée par notre attaque. Il se sert du cadavre qu’il tenait comme arme. J’esquive, dégoutté.

Tout va très vite, trop vite. Je n’ai que le temps de voir Arès hurler de douleur, le bras déboité par le monstre qui l’envoie valdinguer contre un mur. J’attaque de concert avec Milan. Je rugis en réponse au cri de la bête. Je griffe et cogne, mais la bête arrive à m’immobiliser. J’ai beau ruer dans tous les sens, sa prise est en acier. Avec horreur je sens sa main se serrer sur mon cou. La pression comprime ma trachée et me prive d’air. Je n’ai pas encore les cervicales brisées, mais ce n’est qu’une question de secondes.

Ce n’est pas ma colonne qui se fracasse sous cette poigne de titan, mais mes côtes, et mon bras gauche quand je m'écrase avec violence contre une des cuves d’eau sale. Arès et Milan sont revenus à l’attaque, me donnant ainsi un sursis.

Totalement groggy j’assiste à un combat perdu d’avance. Arès s’acharne, mais il n’arrive pas à prendre la moindre ascendance sur la bête. Milan se fait projeter également. Le chien noir est dans un sale état.

Arès finit par lâcher prise. Il est en sang, pratiquement inconscient. Le monstre l’attrape et approche sa gueule infâme du visage de mon ami. Ses intentions sont claires, il va l’égorger. Je repars à la charge, un bras en vrac, une main griffue pour unique arme. Ridicule... Milan me suit dans l’action alors qu’il tient à peine debout. Nous sommes balayés une nouvelle fois par le corps de notre ami que le monstre utilise comme un vulgaire bâton. Notre fin est imminente. Je ne vois pas ce qui pourrait nous sortir de ce bourbier. Tout mon corps me fait souffrir, la douleur me puisse toute mon énergie.

Seulement au lieu d’en finir avec le tigre, la bête le balance sur nous. Le choc du corps d’Arès a raison du cuvelage de la cuve qui nous surplombe. Nous nous faisons doucher par une eau saumâtre et pestilentielle. Le volume d'eau putride qui nous tombe dessus fait que nous buvons allègrement la tasse. La sensation est indescriptible, surtout avec nos sens sur-développés.

Quand enfin le déluge immonde cesse, je cligne des yeux et crache la boue que j’ai dans la bouche. Je m’attends à trouver le monstre qui attend de nous achever. Pourtant il n’est plus là. Tout mon corps frissonne, de dégout, d'horreur et de douleur. Mes sensations sont à vifs, je n’ai aucune idée de la position dans laquelle je suis, ni ou s’arrête mon corps et commence celui des deux autres avec qui je suis enchevêtré.

Je tente de bouger, mais une masse m’en empêche. Laborieusement Arès et Milan se dégagent de moi. Nous gisons au sol comme trois merdes au milieu des détritus. Chacun reprend son souffle et compte ses os. Je dois avoir la tête d’un fruit trop mûr. Le léger courant d’air qui circule dans le couloir me glace la peau. Nous venons de prendre un bain dans les égouts.

Nous avons lamentablement échoués. C’était prévisible. Je ne reproche rien à mon ami, car nous devions essayer. Je ne suis pas à la recherche de la gloire ou de la reconnaissance des autres. Pourtant je suis amer et déçu, totalement frustré de m’être fait balayer si facilement.

- J’ai tout de même un doute sur le caractère ludique de tes sorties mon ami.

Ma voix n'est qu'un croassement. Milan grogne un ricanement à défaut de pouvoir articuler quoi que ce soit. Arès soupire. Lui aussi est frustré et vraisemblablement vexé.

- Je crois que l’affrontement frontal n’est pas la bonne méthode. Cette chose doit bien avoir une faiblesse. Seulement elle nous échappe.

Je grimace de douleur en essayant de trouver une position confortable dans la fange dans laquelle nous pataugeons. Rien n’est invincible, la nature ne le permettrait pas. Nous n’avons rien pu faire. J’espère que d’autres à Beacon Hills auront une idée de comment s’y prendre. Car nul doute, que le monde surnaturel de la ville n’ignora pas longtemps la présence de la bête. Deux fois que j’affronte la chose, deux fois que j’évite la mort de justesse. Y a-t-il seulement quelqu’un dans cette ville capable de contrer le monstre ?

Nous sommes trop amochés pour songer à sortir de là dans l’immédiat. Je réduis la fracture de mon bras gauche dans un hurlement. Mes pouvoirs d’alpha me donnent une régénérescence supérieure à celle d’un autre loup, cependant cela ne me coupe pas de la douleur. Je regarde mon ami et Milan. Sans me vanter, je trouve que nous faisons une équipe solide et redoutable… Et nous voilà, barbotant dans une flaque d’eau pleine d’immondices. Nous sentons l’ammoniaque, le souffre et la merde. Je me frotte le visage dans une toilette vaine et illusoire.

Deux fois que je me prends une sévère correction. Je commence à douter de moi et de mes capacités. Il est beau l’alpha ! Je suis appuyé contre la cuve défoncée, un truc désagréable coule sur mon cou. Je frissonne de dégoût et me remue, provoquant un festival de douleur au niveau de mes côtes. Cependant je continue car ce n’est pas de l’eau mais quelque chose de visqueux et de vivant qui s'invite sur ma peau. Après un laborieux effort j’attrape un long ver qui cherche à s’immiscer dans mon dos. Je le balance au loin avec dégout.

Même si je perds mon point d’appui qui soulage mes douleurs, je glisse sur les fesses pour me décoller du réservoir qui semble abriter bien des horreurs. Je finis par me coucher sur le flan, la main sous ma joue pour m’éviter le contact avec l’eau stagnante qui inonde le sol. Un couinement raisonne non loin.

- Arg ! Pas les rats….





Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Le son d'un conte macabre PV Willem    Dim 12 Mar - 21:09

La fureur qui m'anime semble aussi profonde qu'un abyme sans fond. Je brûle d'une haine intarissable pour cette chose. Cette créature mi lupine mi modification génétique me révulse jusque dans mes os. Je la hais de tout mon être et n'aspire qu'à l'abattre, à savourer la vision de son corps gigantesque brisé et éventré par mes griffes. Sentir son sang impur souiller mes crocs de félin. Je n'aspire qu'à une seule chose brandir sa gueule massive au bout de mon poing. Je n'ai jamais rien ressenti de tel durant ma jeune existence de gardien du monde surnaturel. Cette bête est mon reflet négatif le plus pur, mon opposé dans tout ce qu'il a de plus radical. La noirceur morbide de l'un des plus dangereux ennemi de mon espèce représentant le contraste le plus flagrant avec la lumière certes parfois moins éclatante que protège les gardiens à la fumée. Ce sentiment est viscéral dans mon être et transcende toutes les autres facettes de ma personne. Peu importe les actions ayant tamisées le chemin de mon passage en ce monde éphémère, bonnes, mauvaises, un peu des deux. Rien n'a plus d'importance en cet instant dans lequel ma nature se rappelle à moi avec une vigueur presque implacable. Je suis bel et bien un tueur oui, cela coule dans mes veines mais ce que je tue ne devrait pas exister. Ce que j’efface est contre nature, une offense manifeste et insolente au regard  de règles ancestrales clairement définies et immuables. Je peux sentir cette fureur sanguinaire, ma fureur se transmettre à mes deux alliés de fortune. Deux personnes très chères à mon cœur, deux amis pour lesquels je pourrais donner ma vie sans hésiter si cela s'avérait nécessaire. Ce sentiment qui nous lie tout trois, cette chaîne indestructible nous rattachant les uns aux autres n'est pas une faiblesse. C'est la plus grande des forces. Les spartiates combattaient en phalange et ils furent parmi les plus grands guerriers du monde antique.

Mais ce que l'on sait moins c'est que si la phalange était si impénétrable et létale c'était parce que les amis protégeaient leurs voisins. Chaque frère d'arme veillait sur son voisin comme s'il s'agissait d'une extension de sa propre personne.Voilà la clef de ce qui fut l'une des plus grandes armées du monde humain. En cet instant alors que Milan et Will sont près de moi je me sens plus fort que je ne l'ai jamais été. Cela ajouté à mon évolution inédite de deatheater me pousse à l'audace. Me donne l'illusion de la victoire finale. Je ne peux pas échouer parce que si j'échoue cela sonnera le glas de d'autres vies innocentes, n'ayant absolument pas méritée la fin atroce qui les guette. Ce qui est amusant ou tragiquement ironique c'est qu'une telle monstruosité ne soit pas son seul maître mais le chien fou de quelque chose de plus sombre et dangereux encore. En même temps cela fait sens, ce monstre n'est qu'un amas de soif de sang comment pourrait il être affublé d'un quelconque génie néfaste. Je ne la vois que comme une bête féroce à abattre. Une créature incontrôlable et instable. Une menace imprévisible et potentiellement mortelle même pour un surnaturel comme moi. Et c'est animé par ma fureur et ma haine bien plus que par l'espoir de vaincre que je m'élance et me jette sur la créature dans un grondement rauque émanant du plus profond de mes entrailles. Mes griffes entaillent à peine la créature entourée de fumée noire et me sont immédiatement douloureuse. Qu'est ce que c'est que ce machin ? Un démon loup gonflé aux stéroïdes ou une création macabre à la volonté malsaine ? Toujours est il que mes coups sont rapides et s’enchaînent à un rythme effrénée. Tout mon corps est mis à contribution dans cet assaut féroce. Les coups sont diversifiés et puissants car j'utilise toute l'étendue de mes connaissances martiales de gardien pour vaincre, je mets la moindre parcelle d'énergie dans le combat visiblement inégal. Je ne peux pas donner plus et ne peux pas faire mieux. Mes griffes et mes crocs ne visent que les points vitaux. Je ne suis là que pour une seule chose. Te tuer horreur du monde surnaturel, erreur permise par la volonté d'esprits dégénérés, souillure de la pureté de l’équilibre naturel.  Je ressens une satisfaction de guerrier en voyant mon ennemi reculer et esquisse un sourire vicieux. Son corps de béton n'est pas aussi puissant qu'il n'y paraît visiblement. Sa létalité est moins élevée que ce à quoi je m'attendais.

Ta réputation serait elle surfaite démon des cauchemars ? Il ne faut que quelques secondes pour que mon sourire crispé par l'effort ne fonde comme neige au soleil. La bête massive ramasse le corps de sa défunte victime et s'en sert comme projectile pour retarder mes alliés. Je ne jette pas de coup d’œil à mes deux amis car je ne peux pas lâcher mon ennemi des yeux ne serait ce qu'un instant. Cela s’avérerait probablement fatal. Les gémissements de douleur et les bruits de corps se mouvant m'indiquent de toute manière qu'ils vont bien. L'espoir s'efface lentement mais sûrement lorsque le combat reprend impitoyable, intense, éreintant et assurément déséquilibré. Je ne fais plus que subir dans ce face à face de gladiateurs. De traqueur je suis passé à traqué et c'est bien ainsi que je me sens en cet instant comme une proie acculée par un chasseur bien déterminé à avoir sa peau. Mais ne dit on pas que les bêtes acculées sont les plus féroces, que les animaux blessés sont les plus dangereux. J'aurais aimé que cela s'avère vrai dans mon cas mais ce serait mensonge. Je ne peux que reculer sous les assauts meurtriers de mon vis à vis. Je pare l'avalanche de coups du monstre avant de concéder une faille qui me coûte cher. Mon épaule est déboîtée et je suis projeté dans la foulée comme un vulgaire sac à patate contre un mur adjacent. Je suis épuisé et déjà blessé mais la créature des cauchemars n'a pas le loisir de m'achever car Will et Milan se jettent simultanément sur elle dans une belle coordination. Je les observe se battre vaillamment contre la bête en sachant qu'ils n'ont aucune chance de la vaincre. Je n'ai aucune chance d'y parvenir. Nous n'avons aucune chance face à elle. L'alpha avait raison. Je souffre et l'expression de mon visage le prouve. Je souffre atrocement mais je n'abandonnerais pas, je n'abandonnerais jamais. Ce n'est pas dans ma nature et ne l'a jamais été. Je n'abandonnerais pas même si je devais en mourir. La créature à abattre hurle à la gueule de mes amis dévoilant ainsi une double rangée de couteaux dentaires plus tranchants que des épées et mes deux frères d'armes du soir répliquent avec la même hargne.

Le combat reprend dans la foulée et je salue les efforts immodérés de mes amis pour prendre l’ascendant sur la bête. Malheureusement, ils s'avèrent vain.   Lorsque cette dernière saisit Will au cou dans le but de lui dévisser la tète je me relève péniblement avant de remboîter mon épaule. Milan se jette de toutes ses forces sur notre ennemi et plante ses crocs dans son bras tout en laissant ses griffes labourer le flanc de ce dernier. Je fais de même de l'autre coté afin de le forcer à lâcher Will. L'alpha se fait projeter contre un mur et ses os craquent bien trop bruyamment à mon goût. La fureur, la colère et la haine ne tardent pas à reprendre leurs places dans mon esprit et mon cœur. Je me déchaîne et m'abandonne à la folie. Lorsqu'il attrape mon ami d'enfance pour l'envoyer valser. Je plante sauvagement mes crocs dans son épaule. Je savoure le goût du sang à sa juste valeur et enfonce plus profondément ma prise lorsque je l'entends pester de douleur. Me délectant de sa souffrance je m'accroche à son dos et y reste fermement ancré tandis qu'il tente de me faire dégager. Milan qui revient m'aider se fait balayer et blesser avec une aisance détestable. Je continue de faire saigner l'anomalie avant de perdre ma prise et me laisser glisser après une série de chocs brutaux contre le mur. J'ai des os cassés et du sang s'écoule abondamment de mon crane. Je suis à demi inconscient et proche du coma lorsque mon ennemi me saisit et approche sa gueule à l'haleine putride de ma tète. Je ne sens plus mes membres et j'ai froid. J'ai tellement froid. L'impression de me trouver dans un bain glacé m'oriente vers l'acceptation de la fin. Une fin inéluctable. J'ai si mal, mal partout. Je n'ai jamais eu aussi mal de toute ma vie. Je n'en peux plus tout simplement. L'obscurité m'attire comme les bras accueillants d'une amante désirable. Viens rejoins moi semble elle dire. Tu verras ici tu trouveras la paix, le sommeil paisible et tu n'auras plus mal. Plus jamais mal. Viens Arès je t'attends. Je t'attends depuis si longtemps mon amour.

Le bras de l'ennemi se lève gros comme un poteau, dangereux comme une arme de destruction massive et si proche de moi. Quelques centimètres tout au plus. Je ferme les yeux et attends sagement la fin. Je n'ai plus de forces, je n'ai plus la foi, je n'ai plus le courage ni l'envie de me battre. Je suis purement et simplement vidé de tout. Même mon sang me quitte à toute vitesse. Je m’apprête à partir, à quitter ce monde au moment ou Milan et Will se jettent de nouveau sur l'assassin. Mes yeux s'ouvrent de nouveau lorsque la créature se sert de mon corps pour balayer mes propres amis. Grossière erreur. La douleur devient obsolète lorsque je lis la souffrance sur les visages de mes amis. Je rue et remue dans tout les sens, tant pour chercher à me libérer que pour reprendre pied dans le présent. Moi qui me trouvais sur les bords du Styx quelques instants plus tôt. Non, je ne mourrais pas ici. Pas ce soir. Non ! Si je tombe tu tomberas avec moi pourriture. J'en fais le serment. Les mains massives serrent mon cou avec brutalité. Je l'imite une seconde plus tard. Mes yeux de gardien ont remplacés les ordinaires et le feu bleuté qui danse dans mes prunelles est la plus belle preuve de ma détermination. Je jette mes dernières forces dans cette tentative désespérée. Je veux te voir mort. Je veux te tuer. Mais, je suis balayé comme un vulgaire chaton la poigne de mon adversaire se resserre un peu plus et je commence à manquer d'air. Mes jambes s'agitent dans le vide et je tente de mordre la main assassine. Cependant, l'intervention salvatrice ne vient pas de moi mais de Will et Milou. Je les observe à demi morts se jeter une nouvelle fois sur l'ennemi. Fuyez ai je envie de hurler. Vous devez vivre. Ce sera mon tombeau pas le votre. Allez vous en ! Mais, aucun son ne sort de ma bouche et je ne vois pas le moment ou je suis projeté vers eux contre une cuve d'eau stagnante. L'eau boueuse et saumâtre se déverse sur nos trois corps blessés et enchevêtrés dans une posture improbable. Je n'ai même pas la force de tourner la tète pour observer le chien le plus meurtrier des scientifiques s'en aller d'un pas tranquille. De toute manière, je me noie dans une vague d'eau putride et souillée à l'instar de mes deux camarades. Le volume d'eau s'échappant de la cuve est tel que nous ne sommes effectivement pas loin d'une véritable noyade. Du moins c'est que nos sens de surnaturels nous transmettent. L'eau immonde coule encore et encore sans vouloir s’arrêter.

Le déluge d'immondices semble intarissable et je réprime à grande peine un haut le cœur. Lorsqu'il se termine enfin, je ferme les yeux et nage dans la douleur la plus déchirante. Mon corps est recouvert de plaies par dizaines, j'ai des os brisés plus que je ne saurais en compter et je ne sens plus certain de mes membres. Nous ne sommes plus que trois cadavres remuants. Je me demande si je peux succomber à mes blessures et pense férocement à mon épouse, à mes frères de clan au loft et à ma fille dans le ventre de sa mère. Non, je ne veux pas mourir. Peu importe mes mauvaises actions je ne le mérite pas. Je veux vivre. Je veux voir ma petite jouer, sourire, se blesser, avancer malgré les difficultés, danser, se battre, pleurer. Je veux la voir grandir et apprendre. Je veux la voir vivre. Je veux sentir les lèvres d'Azalea contre les miennes. Je veux sentir sa peau diaphane contre la mienne. Je veux sentir son corps lové contre le mien et écouter son cœur battre la chamade dans mes bras. Je veux tout cela et bien plus encore. Cela ne peut pas être la fin de mon histoire. La déesse ne m'aura pas vu renaître une seconde fois, plus puissant pour la rejoindre dans la foulée. Cette cruauté incommensurable ne peut se produire. Pourtant, mon corps ne guérit toujours pas. Le processus de guérison est bloqué par quelque chose.  Je sens quelqu'un remuer contre moi et je repère Will tenter de se dégager de notre méli mélo de chair ensanglantée. Milan est le premier à ramper un peu plus loin et à s'étendre de tout son long. Je l'imite dans la foulée et permets à Will de retrouver de l'espace. Le temps s'écoule comme infini tandis que le silence plane insidieusement au dessus de nos carcasses brisés. Milan constate avec inquiétude que je ne guéris pas et dans un effort surhumain serre ma main dans la sienne. Mon corps se met finalement à l'ouvrage et se régénère. Mes os se ressoudent et mes plaies se renferment très lentement. Je retrouve ma lucidité et ressens une amère déception, une frustration sans pareille et une honte imméritée. Nous avions lamentablement échouer. Nous avions failli y passer. Je réprime un feulement de haine et rampe pour me rapprocher de mes deux amis. Je m'inquiète pour eux bien que je ressens une grande fierté pour eux.

Leurs efforts, leur courage, leur pugnacité. Je vous aime les mecs. Voilà ce que je voudrais dire mais je ne parviens qu'à toussoter lamentablement et cracher du sang. Will me rassure sur son état en tentant une blague découlant d'un constat bien réel dans un croassement et un sourire amusé étire douloureusement mes lèvres. Milou grogne laborieusement de rire. Je ne parviens pas à me débarrasser de la honte qui me tenaille. Humilié, je me sens humilié ! Mais bien pire, je me sens désormais responsable de toutes les futures morts causés par ce monstre. Des larmes brûlantes et silencieuses s'écoulent de mes yeux. La frustration, la colère, la déception, la tristesse et bien d'autres choses me dévorent de l'intérieur. Alors, je laisse aller ces rivières lacrymales. Je me contente d'un oui murmuré devant les dires de l'alpha plein de sagesse. Je ferme les yeux dans la foulée et entends Will se déplacer très lentement. Mes yeux s'ouvrent brusquement lorsqu'il évoque des rats et je laisse mes oreilles confirmer la présence de rongeurs. Le feulement qui s'échappe de mes lèvres les décourage de venir nous importuner et je soupire. Je ne vois pas bien comment je pourrais me relever et encore moins quitter cette puanteur glacée. De longues minutes s'écoulent dans un silence de mort, un silence reposant jusqu'au moment ou je sens mon corps changer brusquement. Je ne sais pas ce qu'il se passe mais j'ai l'impression de me transformer. Je n'ai aucun contrôle sur le processus et je tente de l’arrêter en vain. Un tigre plus grand que la moyenne se trouve allongé entre deux surnaturels en piteux état. Mes blessures sont les mêmes et je suis dans le même état que sous ma forme humaine mais je ne parviens pas à me retransformer. Mais qu'est ce que c'est que ce bordel ! Comme si j'avais besoin de cela maintenant. Mes émotions violentes et nombreuses ont du me dépasser. Je me relève sur quatre pattes et plonge mes prunelles bleutées dans celles de mes deux amis. Aidez moi les mecs, je ne sais pas ce qu'il m'arrive.
When the dream team fails miserably it hurts so badft. Will
Ʃkaemp はは ™



Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Mar 28 Mar - 18:55, édité 1 fois
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Willem Shepherd

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MessageSujet: Re: Le son d'un conte macabre PV Willem    Mer 22 Mar - 21:50

Shepherd
Willem

Coleman
Arès

Le son d'un conte macabre
L’odeur putride sature mes sens et m’étourdit. La douleur me rappelle que je suis encore en vie. La bataille est finie, nous restons en plan sur le champ des vaincus. J’ai froid et mon corps tremble autant à cause de l’eau saumâtre glacée qui nous a trempés, que d'un harassement causé par ce combat sans norme. Le couinement sinistre qui annonce l’arrivée des maîtres des égouts est la goutte de merde qui fait déborder la cuvette de chiotte où nous pataugeons. J’en ai marre, j’ai mal, et cette lutte si vaine me laisse dans un désarroi total. Je suis à la limite de ma résistance morale.

Arès et Milan ne sont dans de meilleures dispositions. Le dépit se lit sur les visages, comme la souffrance de leurs corps. Nous nous sommes mangés un mur et aucune stratégie pour inverser le rapport de force ne semble envisageable. C’est avec le moral dans les santiags que je frissonne en entendant ces rongeurs charognards approcher, prêt à basculer dans des sanglots nerveux.

Arès feule comme un lion. La présence de leur prédateur naturel qu’est le félidé semble contraindre l’armée de rat à rester à distance. Je ne cache pas mon soulagement, je hais ces bestioles. Elles sont le cauchemar des gens qui vivent dans des lieux ouverts comme je l’ai fait plus jeune. Ma répugnance des villes vient de là. Le rat est un animal qui suit l’homme, car il se délecte de ses déchets.

Je rêve de sec et de propre. Seulement, il n’y a rien d’autre à faire qu’attendre que nos corps se refassent une base suffisamment viable pour que nous puissions nous bouger de là. La raclée a été sévère, pourtant je ne sais pas ce qui a retenu le monstre. Je n’ai pas entendu ce son strident qui m’avait paralysé la fois dernière avec Keanus et Jordan. Deux fois que j’échappe à la mort de peu face à ce monstre, je ne peux y voir une coïncidence. Pourquoi nous a-t-il épargné ? Quelle est donc sa vraie nature ? Il a indéniablement la signature chimique d’un loup. Pourtant sa physionomie et sa force prodigieuse le rendent unique.

Arès vagit à côté de moi. De nous trois, c’est lui qui a le plus frappé le monstre, mais c’est également lui qui a le plus reçu. Je ne connais pas encore bien toutes ses capacités surnaturelles. Je sais que niveau régénération, les loups sont plutôt bien gâtés. Si j’étais en meilleur état, je n’hésiterai pas à absorber sa douleur. Toutefois, là je suis en mode survie.

L’agitation de mon ami s’intensifie, je tourne péniblement la tête vers lui. Son corps tremble et bouge de manière étrange. Quelque chose me dérange, car cela ne suit pas la logique morphologique de son corps. Avec stupéfaction, j’observe Arès en train de littéralement se métamorphoser en tigre. Il ne m’a jamais parlé d’une telle capacité. Et aux yeux ébahis de son ami d’enfance, je comprends que ce n’est pas anodin et totalement nouveau.

Sa peau se recouvre d’un pelage soyeux, paré de rayures sombres. Ses doigts se collent les uns aux autres et forment de puissantes pattes, tandis que son visage change de forme pour prendre celle de l’animal majestueux. Je me demande si la transformation est douloureuse lorsque je vois ses oreilles s’arrondir et migrer que le haut de son crâne.

Mais ce n’est pas de la douleur qui irradie le regard d’Arès, mais bien une belle panique et de l’incompréhension. Il finit par se redresser à quatre pattes.

- Ah ben ça alors !

Je ne sais pas quoi dire. Est-ce le fait que nous avons failli y passer que cet étrange processus s’est déclenché chez mon ami ? Si oui, pourquoi cela n’est-il pas arrivé pendant ce combat totalement déséquilibré ? La métamorphose ne semble pas avoir avancé sa guérison.

- Ceux de ton clan auront surement une réponse !

Je tente de me faire rassurant à défaut d’avoir une explication rationnelle à son état. Il nous faut encore patienter deux bonnes heures avant que nous puissions nous relever, comme des morts vivants sortant de leurs tombes.

- J’ai envie d’un bon bain chaud, de sentir l’odeur du savon et que ma langue réagisse au gout d’un alcool raffiné.
- J’en suis !


Le chien noir en rajoute sur un bon repas chaud agrémenté d’une douce présence féminine. Je lève le pouce pour liker l’idée. Arès préfère s’abstenir de tout commentaire. Est-il seulement capable de prononcer un mot ? Ni Milan, ni moi ne parlons le minet.

- Y a pas de raison que ça ne soit pas réversible Arès… Quoique ton Boss ne sera peut-être pas mécontent d’avoir un tigre à l’entrée de son bar.

J’imagine bien l’italien se pavaner avec un animal féroce à ses pieds. La forme animale complète chez un métamorphe est généralement un signe de supériorité, sauf pour quelques races, généralement des animaux de petit gabarit comme les coyotes ou les hyènes, où la forme complète est plus fréquente. Mon grand-père Ted était capable d’une telle prouesse, alors que son fils ainé, mon oncle, qui s’appelait également Ted et qui avait hérité de son rang d’alpha, non. Mon oncle était pourtant un homme sage à mes yeux. Je n’ai aucune idée de la différence qu’il pouvait y avoir entre lui et mon grand-père. Mady penche pour une histoire de grandeur d’âme. C’est vrai que mon oncle n’a pas su imposer le changement nécessaire pour que notre meute soit armée pour survivre au monde qui évoluait autour de nous. Il n’était plus possible de vivre comme des Amish. La meute a payé le prix fort de cette obstination.

(…)

Nous sortons de la station d’épuration en nous tenant aux murs. Nous ne sommes pas encore vaillants, mais d’un commun accord nous décidons de faire l’effort de sortir de cette pataugeoire nauséabonde et glaciale. C’est avec un soulagement immense que je revois le ciel étoilé de la nuit et constate de l’absence de la monstruosité qui nous a copieusement lattés. Je pose à nouveau mon derche sur le sol. Y a rien de plus désagréable qu’un jean trempé, mais je me sens déjà mieux que dans la station d’immondice.

- Je propose qu’on regagne la voiture dans une trentaine de minutes. Je devrais être en état de conduire.

Milan approuve d’une grimace, Arès se couche sur le flanc. Milan et moi avons récupéré ses effets personnels. Cela me rappelle d’ailleurs une conversation avec un adjoint du shérif assez brulant.

- Tu vas avoir les mêmes soucis que le Hellhound et te retrouver à poil de manière intempestive !

Regard bleu blasé du big matou, rire jaune de la part du chien noir.

- Ok, ok les mecs… je sors !

Moi et mon humour à la con. Enfin, j’essaye d’évacuer son stress comme je peux.

(…)

Arès prend toute la banquette arrière de l’Impala. Je tais une allusion sur ses griffes et le revêtement de la sellerie de ma voiture, car je sens bien que le cœur de mon ami n’est pas à la joie. Il ne maitrise pas ce qui lui arrive.

Milan et moi avons l’air de deux clochards quand nous sortons de la voiture au pied de l’immeuble de standing où loge le vigile du Pink. Nous avons longuement guetté la nuit avant d’ouvrir la portière à Ares. Un tigre de cette taille passe difficilement inaperçu. Nos sens saturés depuis notre bain forcé en eaux troubles nous jouant des tours. J’ai appelé Keanus pour le rassurer avec mon téléphone qui a miraculeusement survécu au bain forcé. J’ai rassuré mon frère, mais je suis resté vague sur mon état et surtout celui de mon ami.

Par sécurité nous évitons l’ascenseur et prenons l’escalier. Milan passe devant, suivi du tigre. Je ferme la marche. Notre ascension est plutôt laborieuse, nos corps ayant loin d’avoir récupéré de nos blessures et efforts. Je ne sais pas ce que l’on va dire à la femme d’Ares. Ne la connaissant pas, je reste en retrait et laisse Milan ouvrir la porte. Je crois qu’à l’intérieur de l’appartement, on a senti notre venue. Nous puons les égouts à cent mètres, sinon plus.





Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Le son d'un conte macabre PV Willem    Mar 28 Mar - 19:22

L'exclamation qui s'échappe aussi soudainement que brusquement des lèvres de Willem traduit parfaitement mon propre état d'esprit vis à vis de ce qu'il m'arrive. Me voilà prisonnier d'une forme que je n'aurais jamais osé pouvoir prétendre faire mienne. De part mon rang de gardien immaculé constituant la base de la hiérarchie de mon espèce de gardiens à la fumée. Seuls les illuminés les plus puissants et les plus doués peuvent parvenir à maîtriser cette forme complète après de longues années de vétéran. Quant aux immortels soient les deatheaters les plus puissants cette capacité leur était naturellement innée. Les immortels étaient bien au dessus du reste de l'armée surnaturelle que représentait les gardiens à la fumée. Le sang royal qui coulait dans leurs veines en vertu de leur ascendance directe vis à vis des premiers deatheaters à avoir fouler le sol de ce monde leur assure une puissance incommensurable. Raison pour laquelle, ils ne sont qu'une minorité dirigeante respectée et vénérée. Le roi, la reine, les princes et les princesses, les chefs de clan et leurs familles étaient les seuls êtres à pouvoir changer de forme avec une aisance impressionnante en quelques instants à peine sans aucune douleur par un simple effort de volonté. Alors non, je ne comprenais strictement pas comment j'avais pu acquérir cette capacité. Moi, le gardien autrefois humain devenu un élu grâce à la morsure de celle qui deviendrait ma compagne en plus d’être ma créatrice. Au cours de l'année j'avais vécu les affres de la chute. J'aurais du être exécuté pour ne pas avoir respecté une règle essentielle si ce n'est la première de mon espèce mais il n'en avait rien été.

J'avais même été guéri d'abord de manière partielle grâce aux ressources de l'ordre et de manière complète il y a à peine quelques heures de cela après l'épreuve de la foi et le passage d'un nombre écrasant de chimères mortes dans l'autre monde. Est ce que la déesse m'avait offert cette nouvelle forme ? Est ce qu'elle me récompensait ? Ou était ce due à autre chose ? La présence du Nemeton et de lignes telluriques d'une puissance inouïe sous cette ville ? La chute puis la nouvelle osmose ? Bien trop de questions et trop peu de réponses. Mon ami tente de se faire rassurant mais je ne l'écoute déjà plus, prisonnier de ma nouvelle forme animale sans pouvoir rien y faire je gamberge et nage dans l'inquiétude la plus complète. Néanmoins, je ne suis pas sur que comme il l'affirme les membres de mon clan présents en ville puisse y changer quoi que ce soit. Mème Azalea sera probablement dépassé devant ce qu'il m'arrive. Pour la simple et bonne raison que ce cas a du se produire tout au plus quelques fois au cours de la longue histoire de notre espèce. Les questions ne cessent de s’enchaîner dans mon esprit durant les deux bonnes heures qu'il  nous faut pour nous remettre suffisamment des assauts de la bête. Je parviens néanmoins à la conclusion que tout est nécessairement lié le Nemeton et ses effets, les lignes telluriques, la particularité surnaturelle de la ville, le rituel bien trop dangereux pour un gardien de mon rang de tout à l'heure, ma nouvelle renaissance devant notre déesse, le saut de la foi et le sacrifice que j'étais prêt à offrir et peut être même le souvenir de la chute. Tout est forcément lié mais de toute manière tenter de comprendre ce qu'il m'arrive ne me fait pas cicatriser plus rapidement mais me colle une migraine monstre. Je suis plus inquiet en cet instant que je ne l'avais jamais été de toute mon existence. Précisément parce que si j'ai pu me transformer sans le vouloir je devrais pouvoir infléchir le processus pour retrouver forme humaine or il n'en est rien et tout mes efforts de volonté sont vains.

Je ne peux même pas tenter d'influencer le tigre comme je le faisais avant car les trois entités de mon être ayant fusionné suite au rituel de tout à l'heure, je suis le tigre et il est moi. Tiens. Et si cela venait de là. Les immortels ne font peut être qu'un entre leur part animale, de gardien et humaine contrairement aux autres deatheaters. Enfin loin de moi l'idée de mettre un terme à ce débat théologique passionnant sur ma nature surnaturelle mais j'aimerais pouvoir redevenir humain ! Le blocage vient donc nécessairement de ma propre personne mais je ne sais pas à quel niveau. Je laisse donc de coté mes interrogations tortueuses et mes peurs irrationnelles de rester à jamais coincé sous ma nouvelle forme animale et emboîte le pas à mes deux amis qui se dirigent en se traînant vers la sortie de la station d'épuration. Emboîte la patte serais sans doute plus adapté mais assez de tergiversations fumeuses pour toute une soirée. Je les écoute saliver à l'idée d'un bon repas et d'un bon bain chaud. Moi aussi j'ai envie de sentir le gout raffiné d'un bourbon sur le palais. Hein ! Pas moyen que l'on me file une carcasse de viande saignante. Bon, je suppute que je la mangerais il n'y a pas de raison. Je suis un tigre après tout. Seulement après une telle soirée, soirée au cours de laquelle nous avions tous bien failli y passer deux fois pour certains, les plus chanceux je n'aspirais qu'à m'enfoncer dans un canapé douillet la panse pleine mon épouse contre moi et non pas rester allongé à quatre pattes à coté d'elle. J'avais déjà par le passé dormi la tète contre le flanc de ma lionne sous sa forme animale ce qui constitue une expérience amusante car je faisais bien évidemment toute la conversation. Les ronronnements n'étant pas bien facile à traduire voyez vous.

Seulement en cet instant je n'espérais pas que nous puissions inverser les rôles mais plutôt que l'héritière d'Azgeda sache comment me rendre ma forme classique. Milan rajoute qu'une présence féminine ne serait pas de trop et si je pouvais ricaner en tigre je le ferais. Za est tout ce qu'il y a de plus féminine mais douce n'est pas le premier qualificatif que l'on lui attribuerait. Mais peut être que mon ami d'enfance a déjà brisé quelques cœurs dans la petite ville. Ne me dites pas que vous voulez faire le coup du chat aux donzelles que vous croiseriez. Je vois mal quiconque venir me gratter les oreilles en arguant mais qu'il est mignon ce gros chat. Pourriez toujours essayer mais je risquerais de niaquer quelques doigts au passage. Ecouter la conversation de  Will et Milou devrait m'exaspérer mais au contraire cela m'apaise. Cela me permet de ne pas me focaliser sur ma situation mi tragique mi comique. Mon humeur n'est pas au beau fixe mais je suis moins terrifié que tout à l'heure. Espérons que Will avait raison et que les miens sauront me sortir de là. Lorsque l'alpha évoque Alessandro je pousse un soupir ou ce qui s'en rapproche le plus pour le tigre que je suis. Il a parfaitement raison le sicilien se pavanerait certainement tel un pacha seulement ma dignité me pousserait à lui prouver que je ne suis pas une bête de foire en lui tailladant quelque peu la couenne en toute amitié cela va de soit.

(...)

Nous avons enfin quitté la puanteur nauséabonde de la station d'épuration. Je suis soulagé car j'ai cru que cette souillure olfactive ne quitterait jamais mon museau, je veux dire mon nez. Tandis que Will et Milan se traîne en s'aidant des murs. Je marche d'un pas lent en arrière. Je ne peux pas m'aider des murs pour avancer et mes blessures pas encore tout à fait cicatriser me lancent douloureusement. Le soulagement est général lorsque nous levons tous la tète et la gueule pour observer la voûte céleste chargée d'étoiles. L'air de la nuit caresse mon pelage rayé et je laisse l'air glacial gonfler mes poumons. Tout est différent de ma nouvelle perspective. Les sons, les sensations, la vue. Certes je ressens déjà tout cela sous ma forme ordinaire mais là j'ai la sensation que tout est plus pur, plus décuplé par ma forme. J'ai une approche plus animale des choses. Je ne pense pas vraiment. L'instinct domine tout. Le chien noir et l'alpha s'assoient et je me couche sur le flanc près d'eux. Willem nous offre un délai supplémentaire de trente minutes pour nous reposer. Lorsque mon ami annonce que je risque fort de devenir le second naturiste de la ville puisque le premier étant Jordan Parrish je lance un regard blasé à Will tandis que Milan se gausse de mon infortune. J'en aurais bien ri de bon cœur dans des circonstances différentes mais là en cet instant c'est le cadet de mes soucis. Je me doute que l'alpha est aussi stressé que moi. La soirée a été dure pour tout le monde mais je ne parviens pas à me laisser aller à notre bonne humeur commune habituelle. C'est en cet instant tout bonnement au dessus de mes forces.

(...)

J'ai bien vu le regard de Will lorsque je me suis installé à l'arrière sur la banquette de sa Chevrolet Impala. Un magnifique modèle soit dit en passant. Je me demande si il me laisserait la conduire un de ces quatre mais pour l'heure, j'essaie de ne pas ravager le cuir de mes griffes. Ce qui se révèle être un exercice bien plus périlleux que ce que j'avais imaginé. En effet, étalé de tout mon long je tente de ne pas abîmer le véhicule mais je suis ce que je suis en cet instant. Je retrouve un brin de joie de vivre en imaginant si un contrôle de police nous trouvait tous les trois en cet instant. La tète de Will et Milan s'ils étaient accusés de trafic d'animaux dangereux. La voix de mon épouse et créatrice s'imprègne dans mon esprit sur le trajet et je tente d'y répondre mais la télépathie nous unissant reposant en partie sur la parole je me retrouve à feuler dans le vide comme si je parlais effectivement. Bon c'est inutile. Il n'y a qu'à moi que ce genre de chose arrive je vous jure. Nous arrivons finalement dans mon quartier et je suis tellement impatient que je pourrais galoper jusqu'au loft tigre ou pas tigre. Will rassure Keanus au téléphone sans faire part de mon petit problème et je lui en sied grée. Mes deux amis attendent longuement avant de m'ouvrir la portière pour que je bondisse hors de l'Impala. C'est sur que croiser Simon l'un de mes voisins ou Julia une voisine la foutrait relativement mal. Non n'ayez pas peur je rentre juste chez moi. Les poils. Quels poils ? Ah ah ah ça mais c'est normal voyons. Vous hallucinez non ? Il faudrait arrêter la drogue c'est mal. Regardez la licorne là bas et hop je file vers mon antre. Une fois dans le bâtiment nous montons les escaliers comme si nous effectuions l'ascension d'un sommet. Laborieusement, lentement et presque héroïquement. Milou ouvre la marche et Will la ferme je suis entre les deux.  Nous atteignons finalement la porte du loft qui s'ouvre sur nous avant même que mon ami d'enfance ait eu le temps de frapper à la porte. Le regard abasourdi de Lincoln en dit long sur la situation. Mais le gardien s'efface pour laisser passer Milan. Je rentre à mon tour Willem sur les talons et me dirige dans le salon ou je m'installe royalement comme un tigre paresseux le ferait. Sortez moi de ce bordel par pitié ! Azalea et Ryan interrogent Milan et Will sur la situation. Nous sommes allés faire ce que nous avions à faire mais nous sommes tombés dans une embuscade de chimères. Personne n'est mort grâce à l'arrivée de Will et de sa meute. Puis, Arès a réalisé le rituel tout seul alors qu'il y avait bien une vingtaine de chimères mortes.

Le regard dur et impassible de Za est rivé sur Milan et Will mais ses mimiques trahissent sa nervosité. Mon ami d'enfance continue. Arès a donc réalisé le rituel qui s'est mal passé mais il est brusquement revenu à lui alors même qu'il semblait en très mauvais état. Son aura était différente plus puissante. Je peux le constater rétorque t'elle et Ryan et Link hoche la tète malgré leurs mines incrédules. Abrège Milan je veux retrouver forme humaine. Nous voulions le ramener au bercail le plus vite possible mais il est revenu en pleine forme et a voulu traquer la créature meurtrière liée aux scientifiques. Nous l'avons débusqué, combattu et avons frolé la mort de près. La transformation d'Arès s'est déclenchée juste après le combat alors que nous cicatrisions. Comment est ce possible Azalea ? Je ne sais pas Milan. Je n'en sais strictement rien. Mais il ne va pas rester ainsi pour toujours hein ? Will s'invite dans la discussion et rajoute des détails sur les événements passés. Za lui dit que je lui ai beaucoup parlé de lui et qu'elle est contente de le rencontrer malgré les événements quelques peu particuliers entourant cette rencontre. J'attends au cas ou vous m'auriez oublié. Je ne suis pas une peluche hein ! Sauf pour la personne dans le ventre de ma compagne là oui je me plierais à l'exercice dégradant d’être traité comme tel de très bon cœur. Mais pour l'heure, j'ai besoin de vous les gens. Je feule mon exaspération devant la situation et tous les regards se tournent vers moi. Voilà qui est mieux. Link, Ryan et Za s'engagent dans un débat animé et les trois gardiens s'approchent de moi. Mes deux camarades de clan s'inclinent respectueusement le poing sur leur cœur tandis que ma compagne s'agenouille devant moi et me caresse la gueule et l'encolure. Cela m'apaise grandement et évacue une bonne part de mon stress. La présence de ma compagne calme instantanément ma part animale et je ronronne de plaisir. Ce qui fait en cet instant solennel probablement tomber ma crédibilité à zéro. La lionne d'Azgeda me chante dans un murmure un chant guerrier de notre espèce. Un chant mélancolique et lancinant. Le premier que j'avais entendu après ma transformation. Nos inspirations se mêlent progressivement pour ne faire plus qu'une et ma compagne conclut en me disant qu'elle avait besoin que je le lui revienne.

Quelques instants plus tard, un craquement d'os caractéristique brise le silence retombé sur les lieux et je retrouve forme humaine sous les yeux d'une part de mon clan et de mes deux amis. Nous passerons outre ma nudité, j'ai une pensé pour le Hellhound je sais ce que cela fait comme effet maintenant. Za dit à Will qu'il peut utiliser la salle de bain pour se laver et Milan lui montre le chemin. Le loft n'ayant malheureusement qu'une seule pièce d'eau de taille conséquente comprenant une douche et une baignoire je me demande si la puanteur allait décider mes amis à oublier la pudeur. Je fronce le nez tandis que ma compagne me prend dans ses bras dans lesquels je me laisse aller. J'ai la désagréable impression d’être un enfant en cet instant mais je savoure la chaleur de ce corps contre le mien à sa juste valeur. J'ai eu tellement peur Za. Peur de ne plus pouvoir... Je sais Arès. Je sais. Tout va bien maintenant. Tu ne devrais pas me serrer contre toi, je pue les égouts. Tu pourrais puer tout ce que tu veux que cela ne m’empêcherait pas de le faire. Je souris de soulagement. Un soulagement bien plus profond que ce que je n'avais jamais ressenti. Il faudrait que l'on coure tout les deux sous cette forme. Tss si tu t'imagines que parce tu mérites désormais ton surnom tigrou tu penses pouvoir me battre c'est que tu n'es pas encore rétabli.  Fais moi voir ta tète. Tu dois avoir une fracture. Je ris de bon cœur bien trop heureux de pouvoir de nouveau me laisser aller et d'évacuer toute la tension accumulée ce soir. Je tourne la tète pour embrasser ma lionne mais celle ci me repousse. Interloqué je l'interroge du regard. Pour ça tu vas devoir te laver avant. Je me contente d'un haussement d'épaule nonchalant. La logique féminine me dépassera toujours.

(...)

C'est donc lavé et de nouveau propre comme un sou neuf au prix d’efforts acharnés de savonnette et de gel douche, d'eau brûlante et de frottements que Milan, Will et moi sommes de nouveau présentables. J'ai prêté des affaires à Willem. Milan a déjà quelques fringues chez moi en permanence comme une vieille habitude d'un passé lointain. Assis autour de la grande table de la salle à manger nous entamons le repas. Des restes de ce que Nolan avait préparé la veille. Mon ancien mentor mercenaire cuisine à chaque fois qu'il passe au loft. Il sait combien ma compagne est dangereuse derrière un fourneau. Ryan remplit les verres de vin rouge tandis que je sers tout le monde en spaghetti. Je dois confesser que c'est le genre de plat que je peux préparer moi même néanmoins mes pâtes et celles du mercenaire n'ont strictement rien à voir. Du pain circule autour de la table. Je verse de l'eau dans le verre de Za. Puis, je lève mon verre de rouge à l'intention de Will. Pour le savon et l'alcool raffiné je crois que c'est bon dis je en souriant. Sans oublier le repas chaud et la présence féminine n'est ce pas Milan. Le repas débute et les discussions tournent fort logiquement autour de la bête des scientifiques. Azalea, Ryan et Link sont des gardiens après tout. Je laisse Will et Milou répondre aux questions. Je veux juste manger puis pioncer durant des heures et des heures. Je devrais prévenir Aless que je ne risque pas de venir demain.  
Le repos des braves se mérite durement à Beacon Hillsft. Will
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Willem Shepherd

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MessageSujet: Re: Le son d'un conte macabre PV Willem    Mer 5 Avr - 21:52

Shepherd
Willem

Coleman
Arès

Le son d'un conte macabre
Dans un autre contexte, j’aurais trouvé classe de me balader avec un tigre balèze à mes côtés. Arès en impose déjà en tant qu’homme, sa forme animale force le respect. C’est bien parce que je le connais et que nous avons un fort lien d’amitié que le loup que je suis, ne se sent pas en danger par sa simple présence.

Je ne sais pas ce qu’il peut se passer en ce moment dans la cervelle de mon ami, toutefois le rythme de son cœur m’indique qu’il gamberge pas mal. Cette transformation soudaine a de quoi être déstabilisante. Je compatis mentalement car je ne peux pas faire grand-chose sinon lui assurer ma présence amicale, parfumée d’une délicate odeur d’égouts. Je sens des choses bouger entre mes affaires trempées et ma peau. Seule la situation incongrue d’Arès et son désarrois certain me retiennent de filer daredare jusqu’à chez moi et précisément sous la douche pour me débarrasse des immondices et autres trucs dégoutants auxquels je ne veux pas penser.

La porte s’ouvre sur un gars dont il ne vaut mieux pas être l’ennemi. Je ne suis jamais venu chez Arès. Sans entrer dans les détails, mon ami n’a pas nié son appartenance à un monde trouble et dangereux. C’est moyennement rassuré que j’emboite leurs pas et entre dans son appartement qui est plutôt bien occupé, si j’en juge le nombre de personnes présentes. Milan résume brièvement ce qui nous est arrivés. J’apprécie qu’il me place en sauveur et donc en ami parmi ces gens contre qui je sens bien ma qualité de loup alpha bien peu de chose. J’ai conscience d’être un tendre par rapport à ceux qui sont présents, d’être un agneau alors que je suis sensé être le loup. La femme d’Arès en impose particulièrement. Je me fais tout petit dans un coin laissant les proches d’Arès appréhender ce qui lui arrive. Quand j’entends l’angoisse sourdre de la voix de Milan qui se lance dans des expectatives diffuses, je me permets d’intervenir et ajouter des détails omis par le chien noir. J’espère qu’avec un descriptif exhaustif de ce qu’il s’est passé peut aider à diagnostiquer la problématique et trouver ce qui empêche Arès à reprendre forme humaine.

L’épouse d’Arès semble me connaitre. Je suis agréablement surpris d’entendre que mon ami à longuement parlé de notre lien et de notre amitié qui s’est conclue en une poignée de secondes. Car il s’agit bien de cela. Mon monde et celui du grand black n’ont strictement rien à voir et pourtant… Nous avons échangé quelques mots, dans des conditions certes un peu particulières, et une alchimie s’est faite de façon instantanée. Je pourrais faire l’analogie avec l’expression de tomber amoureux, là il s’agit de tomber en amitié. Je n’ai pas de réserve quant à Arès. La preuve, j’ai accouru sans poser de question à son SOS. Et je suis encore présent, alors que je sais pertinemment qu’à l’initial de tout ce bazar, il était question d’un règlement de compte entre bandes mafieuses rivales. Je sais aussi que je ne dévierai pas ma conduite si un coup du sort me ramenait en arrière. Je répondrai encore présent sans aucune hésitation.

La transformation d’Arès ne semble pas être anodine, ses amis ou frère d’arme l’honorent avec une solennité non feinte. Je crois que mon ami a pris du galon sans même s’en rendre compte. Je ne me sens pas trop à ma place avec mes guenilles sur le dos alors que l’épouse d’Arès est resplendissante. Sans parle de l’odeur nauséabonde que j’exhale bien malgré moi.

Je suis témoin d’une scène rare et authentique. Le chant d’Azalea est beau et profond. Je suis sensible à sa mélopée, toutefois moins que mon ami qui se met littéralement à ronronner. Le sérieux de la scène m’empêche de sortir la blague à deux balles qui me vient en tête. L’émotion de mon ami semble déclencher le processus de son retour à son humanité et cela avec des craquements assez désagréables. Arès se retrouve à nouveau dans sa peau d’homme et nu comme un ver. Je tais à nouveau la connerie qui me brule les lèvres, mais mon sourire trahit mes pensées coquines.

La maitresse des lieux me donne la préséance de l’usage de la salle de bain pour avoir sauvé son homme et son équipe d’un débordement qui aurait été mortel pour bien de ses membres. C’est Milan qui me montre le chemin. Nous puons tous deux, pires que des poubelles oubliées. Il y a une douche et une baignoire.

- Milan, dans mon enfance nous ne faisions pas de chichis. La salle de bain était souvent un lac ou une rivière. Nous ne faisons souvent que deux cessions pour la toilette. Une pour les filles et une pour les gars. Il va me falloir un moment pour me débarrasser de cette odeur insupportable… Je ne souhaite pas te faire attendre, tu as autant hâte que moi d’être à nouveau propre.

D’un geste je lui montre la baignoire. Milan ne se le fait pas dire deux fois. Nos fringues atterrissent sur le sol en même temps et c’est avec une double exclamation de plaisir indicible que nous nous offrons à de l’eau chaude et claire et au gel douche.

(…)

J’ai bien dû me savonner et me rincer quatre fois. Je ne sais pas si c’était un effet réel ou plus psychologique, mais l’odeur d’égout était vraiment tenace. J’avais effectivement des vers et d’autres choses innommables collé à la peau. J’en ai encore des frissons glacés rien qu’en y repensant. Arès qui est venu nous rejoindre, m’a apporté des affaires de rechange. Je lui suis reconnaissant car je n’avais pas vraiment envie de renfiler mes affaires puantes et grouillantes. Je les enferme dans un sac poubelle que me donne mon ami.

La suite se passe autour de la table. Toute cette aventure nous a ouvert l’appétit. J’honore un diner fait de restes qui sont délicieux et à la hauteur de la cuisine de Mady. Arès lève son verre pour porter un toast.

- Pour le savon et l'alcool raffiné je crois que c'est bon. Sans oublier le repas chaud et la présence féminine n'est-ce pas Milan ?

Je souris à sa diatribe, mais effectivement je savoure pleinement ce moment de quiétude à sa juste valeur. Il y a un côté meute que je retrouve et avec lequel je me sens à l’aise et en accord. Les discussions portent sur les trois scientifiques. Je réponds au questions que l’on me pose quand j’affirme que c’est la deuxième fois que j’affronte la bête et que la première fois les efforts de deux loups dont un alpha et un bêta, épaulés par un Hellhound n’avaient mené à rien. Mes affirmations amènent l’assemblée dans l’expectative. La puissance de la bête effraie.

C’est repus et rassasié que je prends congé de l’assemblée. Je reste un peu intimidé par l’épouse de mon ami. Elle doit le sentir car je vois l’effort qu’elle fait pour paraitre moins régalienne. Mais c’est inné chez elle. Je ne pense pas avoir déjà croisé une telle femme dans ma vie. Elle a le maintien d’une reine et le regard d’une guerrière farouche. Toutefois elle m’assure avec une belle simplicité toute son amitié et semble être contente de mon attachement avec son époux. Je devine que ses relations avec le boss du Pink sont tout autres.

- Il faudra que tu viennes manger à la maison avec Arès. Tu devrais t’entendre avec ma tante Mady.  Elle est comme toi, entourée de mâles remuants, pourtant aucun de nous ne moufte quand elle ordonne, même si c’est moi l’alpha…

Je fais une grimace pour mimer un chiot en détresse. La belle Azalea cascade de rire. Elle comprend ce que je sous-entends. Évidemment je suis et reste l’alpha de ma meute et Mady plierait comme les autres si je décidais de m’imposer à elle. Simplement je lui reconnais une forme de sagesse qui fait que je la respecte et m’enquière souvent de son avis. Après quand il s’agit de son fils Tobias, il arrive fréquemment que je lui impose ma décision. Cela ne nous empêche pas de nous entendre, car quoi que l’on puisse se dire, même sous l’énervement et la colère, nous restons profondément attachés l’un à l’autre et nous nous respectons.

- Bonne nuit mon ami. Repose-toi et ne rumine pas trop ce qui s’est passé ce soir.

Je ne sais pas quoi dire de sa transformation en tigre. Nous en avons peu parlé pendant le repas. Je crois que son clan doit en parler entre eux. Je ne me sens pas mis à part et comprends tout à fait que cet événement doit être « digéré » avant d’être partagé. Je pars avec une promesse de nous revoir rapidement.

(…)

L’Impala empeste les égouts. Il est tard lorsque j’arrive à la maison, pourtant je vais chercher un seau dans lequel je mets de l’eau chaude et du savon. Je m’applique à nettoyer les sièges méticuleusement, jusqu’à ce que l’odeur infecte s’en aille.

Je m’effondre plus que je me couche dans mon lit. La maison est tranquille et silencieuse, je plonge dans un sommeil profond et réparateur. Je suis bien trop harassé pour rêver à quoique ce soit et c’est tant mieux car ma soirée a matière à donner naissance à de beaux cauchemars.

Spoiler:
 





Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

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Le son d'un conte macabre PV Willem
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