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 One drop of Honey

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AuteurMessage
Stiles Stilinski

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MessageSujet: One drop of Honey    Sam 28 Jan - 15:50

En quêtes ouvertes






Je le sais. Au fond de moi je le sais. Qu’il ne ferait rien. Je sais, non je crois savoir, j’espère savoir. Il est un loup. Je suis son compagnon. Il est fidèle. Mais et s’il s’était fourvoyé ? Je veux dire, c’est arrivé. Chad est un loup lui aussi. Et quand il a trouvé celui qui lui était destiné, il n’a pas pu le dire à celui avec qui il partageait sa vie à ce moment-là, parce qu’il ne voulait pas le faire souffrir. Et si c’était pareil ? Lorsque Paige est revenue, j’étais celui de trop, celui arrivé après coup. Derek m’a choisi. Mais, et si je n’étais pas encore le bon ? Il n’y a aucun raison pour qu’il m’aime. Je sais que le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. Mais parfois, la raison a raison du cœur. Et le cœur se plante. Et le cœur se perd. Et la raison s’emmêle. Et si son âme avait fait son choix avant sa raison, avant son cœur. Et s’il s’y abandonnait aujourd’hui ? Ce ne serait pas un mal. Il le mérite.

Il veut me retenir, je me dégage en retenant avec peine une grimace. Souvenir de Donovan. Je serre les dents. Je le hais. Je hais Théo et ce qu’il m’a dit plus tôt. Je hais Scott pour ne m’avoir jamais vraiment soutenu dans cette relation. Je hais Therence pour sa langue pernicieuse. A-t-il vraiment passé la nuit avec Derek ? Combien en ai-je ignoré des comme lui qui prétendent que Derek m’utilise, que je ne suis qu’une façade, ou une clef pour être bien vu du bureau du Sheriff. Combien de filles et de mecs prétendent encore et encore avoir passé du temps avec lui. Même de profs…Oh, je sais qu’ils mentent. Combien se sont amusés de moi au lycée ? Sous la douche, se moquant, se demandant ce qui pouvait bien contenter le beau Derek Hale dans mon corps frêle. Combien de fois ai-je perçu cette tristesse dans le regard de mon père. Même s’il me soutient, je sais que ça lui coûte de faire une croix sur une descendance. Combien de fois m’a-t-on dit que je finirais par le pousser à bout avec mes manies, mon esprit dérangé ? Combien se font un plaisir de me rappeler que je suis passé par Eichen House, et que je suis amené à y retourner quand j’aurais compris que j’ai fabulé cette relation. Ils ont tout juste peur de Scott, alpha charismatique…In fine, ce n’est pas nous qui sommes devenus des personnes d’importance dans ce lycée. Quand bien même il est capitaine de l’équipe de Lacross, Scott n’est pas tellement plus populaire. Je suis toujours le taré. Lydia, et les autres nous ont rejoints. Nous sommes toujours des outsiders. Nous sommes ensembles, et j’ai l’habitude, alors je ne m’en plains pas, mais nos aventures n’ont rien changé à la façon dont les autres me voient. Au lycée, je suis toujours celui qu’on choisit en dernier. Je les hais tous. Une vraie pensée de tueur…Un tueur …c’est ce que je suis, après tout, Donovan n’était pas tout à fait le premier, grâce au Nogitsune…La morsure tire encore…

Je ne réponds pas à ses paroles. Croire mes yeux, ou croire mon cœur ? Et si c’est mon cœur qui m’aveugle, je fais quoi ? Si c’est mon cœur qui me dit, que c’est ainsi que je dois agir. Pour moi…pour toi…pour nous…J’enferme Derek dans une relation qui ne lui sied pas. Il veut s’installer alors que je commence à peine ma vie. Il veut fonder une famille, mais je ne sais même pas si mon université sera dans le coin. Il veut vivre à Beacon Hills, est-ce que c’est vraiment ce que je veux ? Est-ce que c’est ce que je veux maintenant ? Et puis, j’empièterais sur son calme, son besoin de sobriété. Je suis tout ce qui l’horripile… J’encage un loup, je le prive de sa liberté. Quel monstre oserait faire ça ? Le genre capable de tuer… ? Je ne doute pas de lui, mais de moi. Mais mes mots sont pourtant explicites. Ouais, sur le coup, j’ai douté. Mais je me demande. Si j’en parle, en prendra-t-il conscience ? Si je lui rends sa liberté, que se passera-t-il ?
- Si ton cœur est en accord avec tes yeux, fais donc le choix qui s’impose. Si tu doutes de moi, inutile de continuer.
Alors je ne réponds pas. Parce qu’il ne veut plus se battre. Parce qu’il se détourne et choisi Alex. Comme son loup a choisi le druide pour sortir de sa grotte. Il reprend sa liberté. La morsure du wendigo ne me fait plus mal. Rien ne pourra jamais surpasser ce que je ressens en cet instant. Je démarre sans laisser à Roscoe la possibilité de tousser et je m’éloigne de ce manoir qui me fait me sentir claustrophobe. Je conduis. Je roule, sans direction précise. Pendant un moment. Jusqu’à ce que Roscoe en ai marre. J’empoigne la clef et le Shaterton pour aller soigner ses bobos, mais je suis fébrile et ma vue est brouillée. J’en viens même à frapper le moteur de ma pauvre Roscoe. Bon, bah elle a gagné au bras de fer !! La main tremblante autant de nerf que de douleur, je fini par la faire redémarrer et je finis ma course chez mon père…chez moi, je crois que je peux le dire…




Je bouillonne toujours. Je fulmine. Je suis en colère contre Derek parce qu’il abandonne. Parce qu’il me donne raison. N’est-ce pas quelque chose d’animal, cet attachement qui le liait à moi ? N’était-ce pas quelque chose dont il ne pouvait se défaire ? Quelque chose qu’il ne pouvait nier ? Qui ne pouvait se terminer que dans la mort ? Maintenant qu’il est un loup, est-ce que ça ne devrait pas être encore plus prononcé ? Ou est-ce qu’au contraire, je n’ai fait que lui apporter son excuse pour arrêter tout ça sur un plateau d’argent ? Et je me hais moi-même pour l’avoir fait, même si c’était la bonne chose à faire. Peut-être pas la bonne manière, mais il est libre maintenant. Il s’est retrouvé coincé avec moi, mais il a fait tant de rencontre depuis. Pas difficile de comprendre, qu’il en a rencontré des biens plus intéressants et compatibles que moi. Au moins, il n’aura plus à se forcer. Mais put*in, je l’aime encore ! Je l’aime plus que jamais…Je l’aimerais toujours. Je plonge mon visage dans mes bras, je me cache dans mon volant parce que j’ai parfaitement conscience de ce que je viens de faire. De ce qu’il a dit. C’est fini…

J’efface les larmes d’un coup de manche mais mes yeux restent bouffis, et je suis loin d’avoir épuisé le réservoir. J’oscille entre la haine et le désespoir, la colère et les larmes, l’envie de me battre et la résignation. Ils avaient tous raisons. J’ai fini par l’épuiser. Il en a eu assez. Pourquoi devrais-je être étonné ? Je regarde mon poignet. J’aimerais qu’il soit là. Luka. Nous n’avons jamais été proches, mais il connaît Derek mieux que personne et il est sage. Il pourrait me dire, lui, que j’ai eu raison de faire ça. La marque a disparu, comme lui et ses conseils. Je suis horrible. Comment puis-je faire endurer ça à Derek avec tout ce qu’il est en train de vivre ? Je devrais être auprès de lui pour le soutenir, mais si je reste trop près, il saura, il saura ce que je suis maintenant et j’entacherai sont superbe pelage avec mon crime. Le Nemeton et la nature lui ont pardonné son écart et lui ont accordé d’évoluer. Je n’ai aucun droit de faire peser sur cette nouvelle vie un crime qu’il n’a pas commis. Une vie dont il ne veut plus.

J’entre dans la maison, dans cet état instable. Elle est vide. Avec toutes ces disparitions, mon père est pas mal occupé. Et puis, il m’a vu partir avec mon carton ce matin. Je n’étais pas supposé rentrer aujourd’hui.  Je vais aussitôt vers le frigo et je l’ouvre, accueillant sa fraîcheur dans un soulagement purement physique. Pus je reste comme un débile, planté devant ce qu’il contient. Je n’ai même pas soif…Je veux juste…Je referme le frigo et je vais prendre cette bouteille qu’il cache, vainement, dans le tiroir des factures. Je sors un verre, deux pierres réfrigérées et je verse le liquide couleur miel. La bouteille est tout juste entamée. C’est Miya qui l’avait ramenée d’Irlande. C’est une autre qualité que ce qu’on achète d’habitude. Enfin, je suppose. Je bois de la bière d’habitude. Mais là, j’ai pas besoin de me rafraichir….

Je trempe mes lèvres dans le breuvage. Ça pique, mais c’est bon. J’avale une gorgée. Ça brûle. C’est exactement ce dont j’ai besoin. Je finis le verre, bien plus rapidement que je ne m’en pensais capable. Je m’en serre un autre. Je vais vers le salon. Je fais un pas en arrière pour attraper la bouteille, puis je vais m’enfouir dans le vieux fauteuil en cuir rapiécé de mon père. Je pense, parfois non. Je crie, je pleure. Je réfléchis, je me souviens. Derek, Scott, tout le reste. Tout ce qu’on a vécu. À  partir de quand ai-je refermé la cage sur Derek ? Quand ai-je pris pour acquis qu’il était mien ? À partir de quand son amour s’est transformé en obligation ? Je bois, et je me resserre sans vraiment m’en rendre compte. Désolé Miya, je gâche un peu la bouteille…mais j’ai besoin de sentir que je sens toujours quelque chose. Et ça brûle, alors, je sens toujours quelque chose.

Je veux me sortir tout ça de la tête, alors je vais chercher mon dossier d’enquête sur les créatures et disparitions. J’étale tout au sol. Sur les meubles. Je recouvre de notes et de post-it. Puis mon esprit revient sur Derek…une enquête puéril recouvre la première. Quand j’en viens à recouvrir la photo de Donovan, je m’arrête. Donovan, n’était pas une créature surnaturelle. Je vais jusqu’à sortir les dossiers que mon père garde ici. Ah ! Celui des disparitions, il l’a avec lui, forcément…mais pas celui de ce qui est arrivé à Donovan ? Mais on ne devient pas Wendigo par morsure…Alors, comment ? Une possession ? Comme le Nogitsune ? Je dévie, je reviens sur les chimères et puis, je pars sur le Nogitsune. Comment n’a-t-il pas été libéré avant avec tout ce qu’il s’est passé ? Le Nemeton n’a tout de même pas été en sommeil pendant autant de temps. Beacon Hills ne s’est pas réveillée quand Scott est devenu un loup-garou…alors pourquoi le renard n’a-t-il pas essayé de s’enfuir avant ? Je tourne en rond, je zieute les autres dossiers de mon père sans vraiment les voir. Je me déplace sur l’enchevêtrement de feuilles, mon verre à la main que je vide et remplit sans cesse.

Et finalement, j’entends la porte s’ouvrir, mais je m’en fiche. Le verre est bien plus intéressant. Je suis sûr qu’il va me révéler la réponse. Mon père commence à élever la voix quand il voit le foutoir, mais il ne finit même pas de prononcer mon nom. Oups, il faut dire que j’ai bien entamé sa réserve, il va pas aimer voir qu’il en reste si peu. Mais, je veux avoir une réponse avant qu’il s’énerve.

« P’pa ? Euh…pourquoi, il a pas testé de sortir avant ?

Houlà, déjà que mon esprit va toujours trop vite pour ma bouche, là…c’est carrément pire. C’est toi, Whiskey qui fait ça ? C’est pas bien tu sais ? J’ai déjà bien assez de mal à me faire comprendre comme ça pour que t’en rajoute une couche ! Méchant Bourbon ! Pas gentille la boisson !

«  Le Nogtsuni…le Nogesu…le No….le renard, il aurait surement pu sortir avant ! C’est pas comme si c’tait calme avant que Scott ait les crocs ! Et puis, pourquoi Derek sort avec moi ? J’ai toujours pas compris. Enfin, lui non plus je crois. Puis c’est plus d’actualité. Hop ! Un dossier classé ! En fait c’est facile les enquête, ça se résout tout seul….


Mon père, essaye de me calmer, de comprendre ce qu’il s’est passé. Je n’offre plus tellement de résistance quand il m’enlève la bouteille des mains. Et je ne me débats pas non plus quand il m’aide à monter pour que j’aille me coucher. Mais il me demande encore, et encore, je crois…pourquoi j’ai dit ça.  C’est trop compliqué. Je suis pas capable de lui dire…

Hurggg, les toilettes, vite… Je ne sais dire pendant combien de temps j’accapare la céramique blanche. Et je veux pas le savoir. Désolé, Miya, c’est vraiment gâché la bouteille ! Mon père me prépare des remèdes, vient régulièrement me voir, me couvrir d’un plaid, me faire boire de l’eau. Quand je n’ai plus rien à rendre, je me mets à pleurer. C’est fini. Je me hisse au lavabo, et je mâchouille l’amas de dentifrice que je viens de me verser sur la langue. Je brosse mes dents pour essayer d’enrailler la nature. J’ai plus rien à donner de toute façon. Je me remets à pleurer et mon père vient me prendre dans ses bras. Je somnole. Je suis épuisé. J’ai passé un temps fou à conduire plein de rage, et plus encore à réparer Roscoe comme j’ai pu. J’ai rien mangé, à par un bout de pancake ce matin et une bouteille de Sky. Mon père me guide jusqu’à mon lit et me dit de me reposer, que demain, ça ira mieux. Que nous ferons la lumière sur tout ce qu’il s’est passé.

«  C’est Cormier, sa lumière. »


*°*°*°*°*°*°*°*°*°*°*°*

Le lendemain, c’est la mine résultante de ma connerie de la veille que je vois dans le miroir. Ça n’a rien de glorieux. Et même si la douche froide a le mérite de me réveiller et de me remettre les idées d’aplomb, ça ne changera rien. C’est fini. La bonne idée de mon père a été de me faire boire de l’eau. Beaucoup d’eau. Et encore plus après que j’ai fini d’abreuver les toilettes de Whiskey. Je vais quand même avoir besoin de vider une boite de Doliprane dans la journée, mais j’arrive à peu près à réfléchir, à comprendre ce qu’il se passe. Autant que pendant un gros rhume, ce qui est plus que la plupart des gens…

Je descends enfin les escaliers, peu fier de moi, prêt à me répandre en excuses auprès de mon père. Il a tout rangé, et bien visiblement. Mais c’est son air concerné qui me fait m’arrêter dans les escaliers, et le fait qu’il tienne un vieux dossier entre ses doigts. Je m’approche, et comme j’avais prévu de le faire, je commence par m’excuser.

— « Je suis désolé pour hier…j’ai…je…


Et puis je fronce les sourcils. C’est le nom de ma mère sur ce dossier. Et c’est une photo de…mais pourquoi ?


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Sheriff Stilinski

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MessageSujet: Re: One drop of Honey    Jeu 2 Fév - 21:09

Beacon Hills
POLICE

Sheriff Stilinski

One drop of Honey
Il est tard. J’ai viré Jordan et Brian presque manu-militari du poste de police. C’est vrai que les enquêtes sur les chimères posent beaucoup de problèmes et notamment de confidentialité vis-à-vis de ce que nous pouvons dévoiler ou non. Mon adjoint en fait trop, comme son bourricot de compagnon. Bref j’ai fini par beugler un :

«- Parrish, O’Conner, foutez moi le camp de là et allez dormir ! »

Je donne les dernières consignes à la brigade d’astreinte et sors à mon tour. Dehors, je prends le temps de respirer un peu. Le médecin m’a conseillé de faire attention à ma tension. Je ne peux évidemment pas m’économiser dans mon travail quand la vie des gens est en danger, alors quand j’en sors je m’astreins à m’écouter un peu. Je regarde mon téléphone, j’ai un message. Ruby s’excuse de ne pas avoir pris mon appel tout à l’heure. Elle donnait la tétée à Ian. Elle m’assure qu’elle va bien, mais me demande de la rappeler quand je suis disponible, car elle souhaite m’entretenir d’un sujet, mais de vive voix. Je choisis de rentrer d’abord à la maison avant d’appeler mon adjointe.

***

Le trajet est rapide, il y a peu de circulation à cette heure de la soirée. Je gare la voiture de patrouille devant le garage de la maison qui est si encombré qu’il est impossible de songer à y ranger une voiture. La jeep de Stiles est là également. J’en suis étonné, car il m’avait dit qu’il dormirait au manoir. Je m’étire un peu, des craquements peu gracieux se font entendre. Il ne fait pas bon vieillir, la machine commence à se gripper. Avant de sortir de la voiture, je me décide à appeler Ruby. Autant que mon trop curieux de fils ne se mêle pas de ce qui ne le regarde pas.

- Allo Madame Hale ? Dis-je d’une voix qui dénie la forme solennelle que j’utilise.

***

J’ai raccroché et fermé les yeux dans un immense soupire. Je ne sais que penser de ce que vient m’apprendre mon adjointe.

« - Ce n’est qu’une querelle d’amoureux » avais-je rétorqué.
« - C’est sérieux » avait répliqué Ruby.

Je ne suis pas au fait de tous ces trucs de loup, de compagnon et d’imprégnation. Pourtant Stiles m’avait affirmé que leur relation était suffisamment sérieuse pour qu’il parte vivre avec Hale dans le manoir. Un parent est toujours content et dans le même temps affligé par l’envol de son enfant. Pourtant ces deux-là avaient bravé bien trop de tabous, en commençant par m’avouer leur lien, pour que cela ne soit qu’une idylle passagère. J’avais fini par me faire à l’idée d’avoir un gendre en lieu et place d’une bru et lycan par-dessus le marché. La fenêtre du salon est éclairée. Stiles est en bas et non dans sa chambre. Je me décide à entrer.

A peine j’ai mis un pied dans le salon que je manque de glisser sur un papier qui traîne au sol. La pièce est dans un total désordre. Des feuilles sont disséminées de partout.

- Stiles ! Bon sang ! Tu pour...

Je ne finis pas ma phrase, assailli par une forte odeur d’alcool. Je vois enfin mon fils, verre à la main et la bonne bouteille offerte par Miyavi bien entamée. Stiles est rond comme une queue de pelle. Claudia… aide moi !

- P’pa ? Euh…pourquoi, il a pas testé de sortir avant ?

- De qui parles-tu fiston ? Dis-je en éloignant la bouteille, sauvant ce qu’il reste à sauver. Mince ! Du douze ans d'âge !

- Le Nogtsuni…le Nogesu…le No….le renard, il aurait surement pu sortir avant ! C’est pas comme si c’tait calme avant que Scott ait les crocs !

- Ben… Je suppose que cela fait partie des bizarreries de la vie d’ici, fils.

- Et puis, pourquoi Derek sort avec moi ? J’ai toujours pas compris. Enfin, lui non plus je crois. Puis c’est plus d’actualité. Hop ! Un dossier classé ! En fait c’est facile les enquêtes, ça se résout tout seul…

- Stiles… Je pense que vous avez tous les deux besoin d’un moment de réflexion. C’est normal qu’il y ait des heurts dans un couple. Des remises en questions. Il faut vous reposer pour pouvoir en reparler calmement en dehors de la colère qui vous anime tous les deux. De quelles enquêtes parles-tu Stiles ? Il faut que tu dormes et que tu décuves surtout !

Je le porte presque dans les escaliers pour le conduire dans sa chambre. Stiles n’est clairement pas habitué à l’alcool et il m’a descendu la moitié de ma bouteille… J’en serais fâché s’il ne semblait pas si malheureux. Je redescends à la cuisine lui préparer un remède qui permet d’atténuer les effets de l’ivresse. Dans un passé pas si lointain, j’y avais souvent recourt… Cela me brise de voir Stiles avoir le même réflexe que moi et chercher l’oubli dans l’alcool. J’ai donné un bien mauvais exemple à mon fils.

Je remonte pour tenter de lui faire boire ma mixture, mais je le retrouve dans la salle de bain. L’odeur est atroce, son état bien pire. Je le prends dans mes bras et me fais un repère fixe dans son horizon qui tangue. Cette rupture le fauche en plein cœur. J’ai deux mots à dire à Hale ! Doucement je guide mon fils vers son lit. Je me fais rassurant, lui disant que demain ira mieux, qu’il ne faut pas tirer de conclusion trop hâtive. Je l’installe dans son lit, le bordant comme un gamin.

- C’est Cormier, sa lumière. Dit-il avant de sombrer.

Je redescends l’escalier d’un pas lourd. M’emparant de la bouteille à moitié vide, je me sers un verre et le vide d’un trait avant de le reposer sèchement sur la table. Trop, c’est trop ! Stiles est tout ce qu’il me reste. Il est la raison qui me fait me lever le matin. Une sourde colère naît dans mon cœur. Il est temps que je sorte ce Dossier. Je l’avais relégué lui et le résultat de mes recherches au rang d’hypothèses non vérifiables. Maintenant, avec tous ce dont j’ai vu à Beacon Hills, je sais qu’invraisemblable rime souvent avec surnaturel dans cette ville si particulière. Puis l’autre ne m’avait pas contredit…

***

Incapable d’aller me coucher, j’avais passé plusieurs heures à relire mes notes. A l’époque j’étais certain de mes conclusions, basées malheureusement uniquement sur mon seul instinct de policier. Mais en bon flic, je n’avais pu porter clairement mes accusations car je n’avais pas de preuves tangibles à opposer à ce fumier. Maintenant que j’en sais plus sur la réalité cachée de la ville, ce n’est plus une conclusion basée sur le flair, mais bien sur des connaissances de faits déjà produits que je donne mon jugement. Il est coupable !

J’avais fini par aller me coucher, mais la nuit ne fut pas reposante car suspendue à une décision : informer Stiles ou pas…

***

Je me suis levé à l’aube et vérifié l’état de Stiles avant de descendre prendre mon petit déjeuner.

- Dingue comment il est capable de mettre un tel foutoir dans la maison, grommelé je en entrant dans le salon.

Pendant que le café coule, je m'atèle à ranger le salon. Stiles enquête sur les chimères. Le contraire aurait été étonnant. Il s’inquiète d’ailleurs que ses études ne l’éloignent de Beacon Hills. Je crois qu’en plus de la réticence de s’éloigner de ses amis, il se sent investit d’une mission ici. Et que s’il part, il ne pourra plus coller son nez dans le merdier surnaturel de la ville. C’est presque un besoin maladif comme en témoigne la tonne d’informations qu’il a couché par écrit. Je salue son esprit d’analyse en lisant en diagonale quelques unes des feuilles que je ramasse. Il semble avoir une classification par code couleur, je rassemble donc les feuillets suivant ce code. Quand j’ai fini, je ne râle pas, bien au contraire, je suis fier de lui. Il a un réel esprit d’analyse. Ce n’est pas parce que je suis du métier et qu’un père aime que son fils suive ses traces, mais Stiles ferait un très bon inspecteur. Il a le potentiel pour ça. Sur la table de la cuisine repose ce fameux dossier. Une photo est posée dessus. J’ai fini par me décider sur ce que je devais faire de la conclusion de mon enquête.

J’entends du bruit à l’étage. Il y en a un qui doit avoir un bel orchestre dans la tête. A côté du dossier, je pose une boite de paracétamol. Je bois mon café en attendant qu’il descende.

- Salut fils. Dis-je en levant les yeux sur lui quand il s’encadre dans l’encoignure de la porte.

Belle gueule de bois. Je pense qu’il y réfléchira à deux fois la prochaine fois.

- Je suis désolé pour hier…j’ai…je…

Je réponds par un vague signe de la main. Excuses acceptées. Son visage s’assombrit quand il lit le nom écrit sur le dossier et qu’il voit la photographie.

- Sers-toi à manger. Il faut que l’on parle. Il y a des choses que tu ignores. Et vis-à-vis de ce qu’il s’est passé hier, il est maintenant important que tu saches.

Hale n’a pas intérêt à remettre les pieds dans cette maison ou je l’accueille à la chevrotine de même que ce Cormier. Stiles est fébrile, mais je ne cède pas tant qu’il n’a pas avalé quelque chose de consistant.

- Pourquoi il y a la photo d’Alex Cormier sur un dossier qui porte le nom de maman ? Me demande-t-il au bout d’un moment d’une voix blanche.

Je me racle la gorge, me saisis de la photographie et la pousse vers Stiles.

- Regarde mieux fils.

Mon fils se saisit de l’image avec une visible colère dans le regard. Je n’ai ainsi aucun doute de ses sentiments vis-à-vis d’Alex Cormier. Il fronce les sourcils puis me regarde attendant une confirmation de ce qu’il suspecte.

- Effectivement ce n’est pas Alex Cormier, mais son père Gabriel, Gabriel Cormier. C’est la photo de son permis de conduire. Dessus il est un peu plus jeune que son fils actuellement.

Le regard de Stiles s’agrandit d’incompréhension et encore plus quand je traite Cormier père de tous les noms possibles. Mon langage est fort et grossier, inhabituel à l’oreille de mon fils... Je me lève et nous prépare une omelette. La matinée va être longue. Stiles reprend un cachet, son visage reflète une détermination farouche ainsi qu’un beau mal de crane. Contrairement à son habitude, il ne me harcèle pas de question, devinant que la précipitation embrouillera plus qu’elle n’éclairera son intérêt et son besoin de savoir attisé pas ce dossier et cette photo d’un homme qu’il ne connait pas, ou que par son fils et de la plus mauvaise des manières qu'il soit. Stiles attend que je lui raconte l’histoire.

Flashback

La banque du centre-ville s’est faite cambriolée. Un des guichetons avait eu le temps de déclencher l’alarme muette. L’opération nous a pris plus de six heures, les malfrats s’étant retranchés dans la banque prenant les clients en otage. Il y avait longtemps que nous n’avions pas eu un incident aussi grave et de cette ampleur à Beacon Hills. Il y a eu quelques cafouillages dans nos rangs, des policiers tendus et stressés et qui par maladresse auraient pu conduire l’issue de ce vol à un bain sanglant. C’est un nouveau venu chez nous, bien vite reparti à mon gout, qui a réussi à convaincre les voleurs de se rendre. Bien plus tard, j’apprendrai l’existence de gens que l’on nomme des mentalistes. Quoi qu’il en soit j’étais rentré un peu tard. C’était nuit de pleine lune, une super lune en plus. Historiquement c’était toujours une journée chargée à Beacon Hills. Par plaisanterie, je disais souvent à Claudia que c’était la nuit des vampires… Si j’avais su…

J’avais refermé la portière sans bruit après m’être garé devant la maison. A l’heure qu’il est mon fils doit déjà dormir. Je soupire, ce métier me prive de la joie de voir Stiles grandir. Souvent Claudia sort pour m’accueillir lorsque je rentre tard et qu’elle n’est pas en train de s’occuper de notre fils. Ce soir la porte ne s’ouvre pas sur mon épouse.

J’accroche ma veste sur la patère dans le hall et glisse mon ceinturon avec mon arme de service dans un tiroir de la commode qui est contre un mur et que je verrouille. Passant devant la cuisine, je vois mon assiette dressée avec un linge dessus qui protège son contenu. Claudia me mijote de bons plats et veille à mon alimentation. Parfois elle vient même au poste de police m’apporter quelque chose de sain. Elle sait que je profite des midis pour aller me gober un burger et des frites.

Je la trouve endormie sur le canapé, son livre tombé sur le tapis. Doucement je ramasse le roman qu’elle lit et le pose sans bruit sur le guéridon. Je cale mes fesses sur la table basse et contemple mon épouse. La lampe d’appoint allonge ses cils en une ombre gracieuse. Son chignon s’est relâché, lui donnant un air naturel qui me plait. J’attrape un plaid et le pose délicatement sur elle. Je me retiens de lui embrasser le front pour ne pas la réveiller, puis file à la cuisine réchauffer mon assiette au micro-onde. C’est le ding de l’appareil qui réveille Claudia. Elle me rejoint à la cuisine et me demande comment s’est passé ma journée. Je me laisse emporter par la narration du cambriolage quand je la vois bailler.

- Vas te coucher chérie, je te suis.

- Je t’attends Noah.

Elle ferme un peu longuement les yeux. C’est là que je note qu’elle a des cernes violettes et que son visage est pâle.

- Tu as l’air fatiguée, tu es certaine que ça va Claudia ?

- Oui. Ce n’est rien, je dois couver quelque chose. J’ai pris de la vitamine et un peu de magnésium. Ça va passer. Nous sommes allés nous balader en forêt avec Stiles après le goûter.

- Il a dû adorer.

- Oui, il a fait une belle collection de bâtons comme à son habitude. Tiens, où sont-ils ?

- Où êtes-vous allés ? Du côté du lac ? Ça doit être un peu boueux avec les pluies de la semaine passée.

- Nous… nous sommes allés vers… Je ne me souviens plus… Juste que nous sommes rentrés, il faisait nuit.

- Ce n’est pas prudent Claudia.

- Oui navrée…

- Aller, montons nous coucher.

Passant devant la chambre de Stiles, je remarque de la lumière qui filtre sous sa porte. J’embrasse Claudia, lui disant que je vais aller border notre fils.

Stiles est comme pétrifié dans son lit, les yeux grands ouverts. Quand il me voit, il tend ses bras vers moi, totalement effrayé.

- Tu as fait un mauvais rêve fiston ?

Pas de réponse. Je le prends dans mes bras, il est couvert d’une sueur glacée. Il lui a fallut plus d’une heure pour se rendormir. Quand je me couche enfin auprès de mon épouse, minuit a sonné depuis longtemps, elle dort profondément.




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MessageSujet: Re: One drop of Honey    Mer 15 Fév - 17:30

Memories





La lumière….est une p*tain d’agonie ! Mon crâne me fait l’effet d’une attaque de Banshee…une horde de Banshee ! Lydia, calme tes soldats, s’te plait…urgh… Quel jour on est ? Je suis où ?...Chez moi ? J’ouvre un œil. Ouais, chez moi. J’essaye de me souvenir, et j’y arrive, malheureusement. Je recouvre mes yeux de mon bras alors que les larmes montent à nouveau. Et mer*e. Quel crétin. Bon, il faut que je me lève. Je larverai bien, mais je dois présenter des excuses à mon père et ranger le bordel que j’ai installé hier. Il faut que je présente des excuses à Alex, et à Derek aussi. Pu*ain. J’ai merdé. Vraiment ? Je me demande. Je me demande vraiment. Et s’il était en colère parce que j’ai dit tout haut ce qu’il n’osait avouer par fierté ? Derek ne parle jamais d’Alex. Jamais en détail, jamais vraiment. Dès qu’il évoquait un moment passé avec lui, il mettait court à la discussion qu’il avait entamée, comme s’il se rendait compte qu’il ne devait pas me révéler certaines choses. J’avais mis ça sur une timidité maladive de la part du druide. Mais le fait est que Derek me dissimulait tout de leur relation. J’ai compris qu’il avait découvert des choses qui les liaient mais Derek n’a jamais voulu m’en parler. Soit disant qu’il n’était pas le seul concerné…Anh !  Alex ne veut pas que ses attirances soient ébruitées, alors conservons le secret ! Ouais, bah il s’avère que je suis assez directement concerné. Je me demande comment il se sentirait, le loup, s’il ne pouvait se fier à son odorat pour confirmer que rien d’émotionnel ne s’est passé entre moi et n’importe quel beau gosse rencontré. Enfin, pour ça faudrait déjà qu’on me tourne autour, mais c’est autour de lui que le monde tourne. Je ne suis que l’intrus, la variable incompréhensible…l’erreur…

Je me lève. Lentement et particulièrement péniblement. Je me déplace lentement, comme un zombie. Je dois en avoir la tronche aussi… La morsure fait mal à nouveau. Je considère un instant les escaliers, puis je m’en détourne. J’investis la salle de bain. Un coup d’œil dans le miroir. Je fais peur à voir. J’effrayerais même un zombie. Ça craint… Je plonge sous la douche. Fraiche. L’eau me lave de l’odeur, et de l’alcool que j’ai pu renverser la veille. Mais elle ne me lave pas de ma connerie. Mes idées s’ordonnent, et plus ça va, plus je prends conscience de la situation. Oui, j’ai grave merdé. J’ai agis et réagis comme un abruti fini…comme un vrai conn*rd. Le problème, c’est qu’une excuse ne suffira pas cette fois. Mille ne suffiront pas. Parce que cette fois, il ne m’a pas retenu. Cette fois, quelque chose s’est brisé…il s’est détourné de moi. Il a abandonné. La morsure tire. Mais j’ai mal ailleurs.

Je termine la douche en vidant le tube de dentifrice. Puis je prends encore le temps en me séchant de m’insulter et de prendre la mesure de ce qui a été dit…de ce que ça veut dire. Décidément, ça craint. J’essaye de repenser à la suite. J’ai fait des rapprochements, des liens entre les affaires hier, mais je ne me souviens plus de mes cheminement. C’est officiel, je ne tiens pas du tout l’alcool.

J’enfile un pantalon souple et un t-shirt que je recouvre de mon vieux sweat. Puis je descends enfin pour découvrir que mon père a tout rangé, qu’il a prévu mon orchestre mental et aussi qu’il est penché sur un dossier qui m’interpelle.

« Salut fils.

Je présente mes excuses. J’ai été minable hier. Il accepte mes excuses d’un simple signe de la main. Le coin de mes lèvres se soulève un instant. Personne ne pourra jamais remplacer mon père. Il est le meilleur. Je suis sur le point de le lui dire quand je note le dossier. Il remarque mon regard, ma réaction et prend la parole.

« Sers-toi à manger. Il faut que l’on parle. Il y a des choses que tu ignores. Et vis-à-vis de ce qu’il s’est passé hier, il est maintenant important que tu saches.

Quelque chose d’important. Je ne comprends pas. Mon père n’est entré dans la connaissance du monde surnaturel que depuis peu. Et Alex est…enfin, il n’y a aucune raison pour que mon père ait un dossier sur lui. Et en quoi serait-il lié à ma mère ? C’est l’alcool qui ralenti encore mon cerveau ou j’ai changé de dimension pendant la nuit ? Je le presse mais il refuse de divulguer quoique ce soit tant que je ne suis pas assis devant un vrai petit déjeuner. Je fini par abdiquer. J’ai rien dans le ventre, j’ai faim. Mais je veux en savoir plus et vite, alors je prends deux tartines que je fais toaster et du beurre de cacahuètes.  

Je m’assoie et je regarde mon père, mais le tapotement de ses doigts sur la table et son regard me font comprendre que je dis littéralement avaler ce qu’il y a dans mon assiette avant qu’il ne daigne accepter de m’en dire plus sur ce qu’il détient entre ses mains. Quand j’arrive à la moitié de mon assiette, je tente le coup et je lui demande, la voix fébrile malgré le repas consistant qui me redonne des forces, pourquoi une photo d’Alex Cormier accompagne un dossier au nom de ma mère. Il se saisi de son courage d’un raclement de gorge et il me tend la dite photo.

— « Regarde mieux fils.

Je fronce les sourcils et m’empare du papier brillant mais vieilli par les années pour l’observer avec attention. Je repense à cette proximité qu’ils partageaient quand je suis arrivé. Je fulmine et je me retiens à grande peine de froisser ce morceau de papier gloss. J’observe et je finis par noter les différences. Mon père confirme. Il ne s’agit pas d’Alex, mais de son père, Gabriel, à une époque où il était un peu plus jeune que son fils l’est actuellement. Mes yeux s’écarquillent. Je ne comprends pas. Comment mon père peut-il être lié de quelque manière que ce soit à ce monde ? À cet homme ? J’ai un mouvement de recul alors qu’il se met à l’insulter de noms dont je ne savais même pas l’existence. Je tairais ses mots…mais je peux dire que j’enrichis mon vocabulaire là !

Après un soupire qui transpire de rage, il se lève et s’affaire à nous faire une omelette. Je sens qu’il a beaucoup de chose à dire, à me raconter. J’avale une aspirine et j’attends aussi calmement que je peux le paraître que mon père se mette à m’expliquer ce qu’il me cache. Gueule de bois ou non, je veux savoir maintenant.

Il s’assoit après avoir déposé une assiette remplie d’une belle omelette devant moi. Puis il se met à parler, à me conter une histoire, un morceau de notre histoire dont je peine à me souvenir. Les balades en forêt, c’est vrai que j’adorais ça. Je collectionnais tout et n’importe quoi. Je changeais à chaque sortie et cela se décidait généralement au premier truc que je trouvais digne d’intérêt et que je voulais soudainement comparer à tous les autres. Un bâton, un caillou, une feuille, une fleur, un escargot, de la terre…des insectes….ça, maman n’aimait pas vraiment…

Je fronce les sourcils à mesure qu’il avance dans son récit. J’essaye à grande peine de me souvenir. Le mal de crâne n’aide pas, mais je ne lâche pas. Cette peur dont il me parle. Je ne me souviens plus pourquoi, mais je me souviens de la sensation. Des sueurs froides me prennent. Il y a quelque chose de bloqué dans mon esprit. Un souvenir qui ne veut pas venir. Qu’est-ce que j’ai vu ce soir-là ? Je baisse les yeux sur le verre dans lequel fond une pastille. Je le fais tourner entre mes doigts en songeant à ce passé. Qu’est-ce que c’était déjà. Et puis, soudainement un flash, violent. Lentement, je lève le regard vers mon père. Je suis encore plus blanc qu’à mon réveil et ma respiration se fait irrégulière. Je n’avais pas juste peur. J’étais terrifié….

— [i]«  Aaaaahh !!! »

Il est trois heures. Oui, je sais lire l’heure. Et je sais que Papa est resté avec moi jusqu’à zéro heure. Je le sais parce que je lui ai demandé si à zéro heure les monstres allaient se coucher eux aussi. Il a dit que tout le monde est couché depuis longtemps à cette heure-là, même les monstres. Moi, je l’ai cru. Les monstres aussi ils doivent dormir. Mais si les monstres dorment le jour, ils sont réveillés la nuit non ? Mais il faisait jour, et le monstre était réveillé. Dans le bois. Juste à côté du grand arbre. Donc, il doit dormi maintenant. Il doit…

Papa ouvre la porte. Je me suis réfugié sous le bureau. Je vois ses pieds, puis il se met à genoux et je vois son visage. Mon papa, c’est le plus fort. Il va me protéger du monstre. J’entends d’autres pas. C’est maman. Je ne veux pas être mangé. Le monstre a mis de grandes dents dans sa bouche et il veut me manger. Papa me demande si je veux dormir avec eux. Je secoue la tête.

«  Non, c’est vrai. Tu es un grand garçon. Moi, j’ai peur. Est-ce que je peux dormir avec toi ?

Je ne bouge pas d’un pouce, puis tout doucement je hoche la tête. Je veux bien dormir avec mon papa s’il a moins peur comme ça.

*-*-*-*

Je suis en train de faire mes devoirs. J’ai déjà petit déjeuné. Je voulais pas descendre, mais papa a dit que je n’aurais le droit d’aller jouer avec Scott que si je mangeais un bon petit déjeuner et que je faisais bien mes devoirs. Alors j’ai mangé toute mon assiette et j’ai fait ma lecture. Je dois recopier des mots maintenant. Et après je pourrais aller jouer. Papa entre dans la chambre. Maman est patraque aujourd’hui, c’est la promenade d’hier qui l’a fatiguée. Papa me demande si je peux lui raconter ce qu’on a fait avec Maman hier.

«  On est allé se promener dans les bois. J’ai trouvé plein de bâtons. Maman a dit que je pouvais aussi commencer une collection de feuilles. Il y en avait tout plein là-bas, Papa. Elles étaient très jolies, très grandes. Tu crois que ça vit un arbre ? On en a vu un très très grand. Maman l’a regardé pendant longtemps.

Je secoue mes épaules. J’ai un peu froid. Voilà Maman à la porte. Elle m’apporte un grand verre de lait et des cookies. Papa la dispute parce qu’elle devrait se reposer. Elle sourit et hausse les épaules.

«  Papa, j’ai fini !!!

Il vérifie que j’ai bien fait tous mes exercices et puis il m’autorise d’aller jouer. Il se tourne vers Maman pour savoir si elle va bien. C’est moi qui vais chez Scott aujourd’hui et c’est Papa qui m’emmène. On va voir Melissa. J’aime bien Melissa, elle fait des bons gâteaux. Le Papa de Scott n’est pas là. Je ne le vois pas souvent. On va jouer dans le jardin avec Scott. On joue à loup. Il n’y a u’avec lui que je peux jouer parce que à cause de son asthme il n’est pas très rapide et du coup, on est à égalité. Les autres, ils m’attrapent tout le temps, c’est pas du jeu.

«  T’as vu comment elle était belle la lune hier ? me demande Scott
Ouais, elle était toute ronde. C’était trop joli dans la forêt.
Ca faisait pas peur ?
Il y a un Monsieur qui garde la forêt pour empêcher les monstres de nous faire du mal. Il a sauvé Maman hier.
Peuh, tu dis n’importe quoi. Ca existe pas les monstres. T’as eu peur de la lune, avoue !
Non c’est pas vrai !

Après on a joué aux explorateurs. Quand on sera grand, on vivra tout plein d’aventures !!

*-*-*-*

«  Qu’est-ce que tu dessines mon chéri ?
C’est la prison du monstre. Et ça c’est le monsieur qui le garde bien dans la prison. Il fait des incantations toute la nuit pour gardé le monstre enfermé.
Le monstre, c’est ce petit garçon qui ne veut pas aller se coucher !
Ah ! Papa !! Arrête, tu me fais des gilis !
Hop ! ON va brosser les dents et au lit ! il y a école demain.
Oh nonnn !
Oh Si !
Maman ! Sauve moi !
Claudia, ça va ?
C’est mon dessin, il est trop beau !
C’est bien vrai. On dirait une photographie. Après avoir fait une telle œuvre, il va falloir beaucoup de repos à l’artiste. Au lit !
Maiiiissss !

Elle rit. J’aime bien le rire de Maman.


© Fiche par Mafdet Mahes


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MessageSujet: Re: One drop of Honey    Ven 24 Fév - 15:50

Beacon Hills
POLICE

Sheriff Stilinski

One drop of Honey

/!\ Spoil Saison 6 /!\


Beacon Hills, petite ville de Californie à une vingtaine de kilomètres de l’océan Pacifique. C’est une ville de province comme il y a tant aux Etats-Unis. Le sheriff Forbes va prendre sa retraite, il lui reste un mois avant des vacances définitives. J’ai fait campagne pour avoir le poste. Forbes me soutient, cela va faire presque huit ans que je suis son adjoint. C’est Claudia qui m’a poussé dans ce sens. Ce n’est pas que je ne souhaite pas ce poste, bien au contraire. Mais avec le petit, je sais que le poste de police va me retenir plus souvent en tant que sheriff que simple adjoint. Cependant ma femme est une épouse extraordinaire. Un jour, elle m’avait dit la phrase suivante.

« - Je préfère un mari un peu moins présent à la maison et avec la conscience tranquille, qu’un homme frustré. Notre fils sera fier d’avoir un papa sheriff. »

Et en effet, lorsque Stiles avait appris que je postulais pour le poste de sheriff de la ville, il s’était enthousiasmé. J’avais lu de la fierté dans son regard. Je ne pouvais m’empêcher de sourire comme un bien heureux quand il disait que son papa était le plus fort des papas.

Mais si Stiles montrait sa joie et son exubérance à la maison, il n’en était pas de même à l’extérieur et notamment à l’école. Mon petit bonhomme était entré en première année de primaire. Son côté hyperactif avait commencé à lui poser des problèmes d’intégration. Il ne faut pas plus qu’une institutrice qui manque de patience avec une classe un peu nombreuse et quelques bambins un peu plus malins que la moyenne, pour la vie scolaire de mon fils devienne un combat.

« - Il faut que Stiles se calme et arrête de parler constamment, me dit son institutrice lors d’une réunion.
- Mieczyslaw, il se prénomme Mieczyslaw.
- Monsieur Stilinski, loin de moi l’idée de juger, mais cet enfant n’avait vraiment pas besoin de cette horreur imprononçable comme prénom pour espérer se faire une place dans notre société.
- … »

Je ne comprends pas ce qu’ont les gens avec ce prénom. Il roule pourtant parfaitement sous la langue. Certes mon fils a du mal à le prononcer, mais il n’a que six ans. Plus tard, je suis certain que tout le monde l’appellera Mieczyslaw Stilinski.


***


« Stiles », même moi j’ai fini par abdiquer sur ce point, est en larmes. Je suis venu le chercher à l’école profitant d’une réunion ajournée au poste de police pour profiter de mon fils. Je me faisais une joie de passer par le parc avant de rentrer à la maison.

- Que se passe-t-il fils ?
- Les autres disent que tu ne seras jamais le sheriff, que tu vas faire la circulation, me répond Stiles avec de grands sanglots.
- Circulez, y a rien à voir ! Dit la voix d’un garnement dont je connais bien le père… Whittermore.

C’est un peu la bousculade à la sortie de l’école, je me redresse et emmène Stiles un peu à l’écart. Je le vois faire un coucou timide à une petite fille rousse qui renifle de mépris en passant à côté. Pas besoin d’être grand psychologue pour comprendre que mon fils n’est pas populaire à l’école. Cela me désole, d’autant plus que je ne sais pas comment l’aider sur ce point.

- On rentre avec ma voiture de patrouille.
- Je pourrais mettre la sirène, demande-t-il avec espoir.
- Pour cette fois oui. Mais juste pour cette fois, ce n’est pas un jouet.
- Comme ça les autres verront que je suis dans une voiture de police.


***


Stiles est un enfant vif et très curieux. Claudia se démène pour satisfaire son insatiable besoin de connaissance. Une chose semble le fasciner, les enquêtes policières sur les homicides. Cela me dérange un peu à cause de son jeune âge. Car, s’il prend cela comme un jeu de gendarmes et de voleurs, Il a étonnement une approche très mature d’une enquête, et une étude des preuves pour confondre le coupable. Mon fils est un fouineur né. Quand il avait cinq ans, j’avais eu le malheur de lui montrer comment fonctionnait la radio de la police... Maintenant, il n’est pas rare de le trouver en train d’écouter en cachette celle que j’ai à la maison dans mon bureau.

Forbes souffre de son arthrite, il reste donc le plus clair de son temps au poste de police, me déléguant les déplacements où il est nécessaire d’avoir un gradé. Depuis que je suis en poste dans cette ville, nous avons toujours été confrontés à des affaires étranges. Beacon Hills semble attirer une faune sauvage particulièrement agressive. L’étrangeté est dans le fait que ce n’est pas le cas dans les comtés avoisinants. D’autant plus que l’emplacement géographique de la ville ne se prête pas à une telle invasion de bêtes sauvages sur lesquels nous ne mettons jamais la main. A croire que ces animaux sont dotés d’une intelligence supérieure, car ils ne se laissent aucunement prendre par les pièges standards et homologués que nos hommes posent pour les capturer.

Nous avons beaucoup de cas de disparition ou d’attaque par des animaux sauvages. Un jour Stiles a eu une information à l’école, leur expliquant qu’il ne fallait pas qu’ils aillent en forêt seuls sans un adulte pour les accompagner. L’information avait eu un impact varié suivant les bambins. Entre ceux qui en avaient fait des cauchemars, ou ceux qui comme mon fils ne voulaient qu’une chose, aller voir ces monstre dans la forêt. C’est ainsi que Claudia emmenait souvent notre fils en ballade. Le petit revenait avec des collections de feuilles et de bâtons. J’avais cependant mis en garde mon épouse, lui demandant de ne pas s’y attarder le soir et surtout jamais de nuit.


***


Stiles s’est fait un ami. Scott McCall. Sa maman est infirmière au grand hôpital. Claudia et moi sommes enfin rassurés, car la solitude est préjudiciable pour notre fils. Nous lui aurions bien donné un petit frère ou une petite sœur, mais ce n’était jamais arrivé. Avec ma femme, nous étions d’accord pour ne pas forcer le destin de ce côté-là. Je suis maintenant devenu sheriff. Les camarades de classe de Stiles loin d’en être impressionnés ont pris le parti d’ignorer mon fils.

Le petit Scott vient parfois dormir à la maison. Je soupçonne Claudia d’inviter le fils de Melissa quand celle-ci a des gardes de nuit. Le père de l’enfant est parti. Ce n’est pas une personne recommandable, même s’il exhibe un badge aux lettres du FBI. L’infirmière élève donc seule son fils et accepte de faire des heures supplémentaires pour arriver à boucler des fins de mois souvent difficiles. Sa pauvreté a mis le jeune Scott à l’écart des autres bambins populaires de l’école et dont les parents ont des situations confortables. Stiles et lui sont devenus inséparable. Ils s’isolent dans une bulle, se rassurant l’un l’autre du mépris et des attaques des autres.


***


J’ai mal au dos. J’ai dormi avec Stiles. Il s’était réveillé en pleine nuit totalement terrorisé. Je prépare le petit-déjeuner. Claudia couve quelque chose, elle est un peu apathique.

- Je te prends un rendez-vous chez le médecin, dis-je.
- Noah, je suis simplement fatiguée. Je ne vais pas déranger le docteur pour si peu. J’irai si cela ne passe pas.
- D’accord, mais je te trouve pâle chérie. Stiles dépêche-toi de manger, je t’emmène à l’école dans cinq minutes.

Mon fils qui était jusqu’à présent bien silencieux par rapport à son habitude, s’exclame qu’il a un tas de choses à raconter à Scott. Oui ces deux-là sont inséparables. Il va falloir que je discute avec lui. Il est normal qu’un enfant de son âge croie à l’existence des monstres, mais je dois aussi le rassurer pour que son imaginaire ne prenne pas le dessus.


***


C’est l’effervescent au poste de police. L’effet « pleine lune » s’est fait encore plus sentir que d’habitude. J’expose une idée à Forbes qui même étant à la retraite ne peut s’empêcher de passer au poste de police pour prendre des nouvelle. Il fait partie des meubles, personne ne songe à lui interdire l’accès du poste. Alors que je suis dans mon bureau, son ancien bureau, et que je prends connaissance des drames de la nuit, l’ancien sheriff m’apporte du café.

- Dis Forbes ? Tu n’as jamais pensé que nous pouvions avoir affaire à une secte de fanatiques qui feraient des rites morbides lors des pleines lunes ?
- J’y ai bien pensé Noah. Mais ce type d’organisation se fait tôt ou tard démasquer. Ces choses… cela arrivait déjà quand j’étais jeunot.

Forbes avait eu des soucis avec les services d’inspections. « Trop d’affaires non classées par rapport à la moyenne nationale ». Ses compétences avaient souvent été mises en cause, son poste mis sur la sellette. Et quand parfois le FBI déboulait pour reprendre les enquêtes et faire le ménage, nous avions droit a du cinéma de cowboys arrogants qui pourrissait la vie des hommes du poste de police le temps que durait la crise. FBI ou pas, ils se cassaient les dents autant que nous sur nos affaires non classées pour repartir bredouilles.

- J’ai quatre cadavres horriblement mutilés, comme si une bête enragée s’était acharnée dessus. Le legiste n’a pas terminé ses examens, mais il y a une récurrente entre les quatre corps retrouvés à des endroits différents de la ville. La bête qui les a tué possède une force hors norme, suffisamment pour arracher une tête avec les mains ! J’ai l’impression de me retrouver au milieu d’un minable film d’horreur.
- Je sais Noah. Tu devrais envisager une piste un peu en marge de la normalité.
- Forbes ! Tu ne vas pas te mettre à croire les allégations du poivrot de l’autre jour ! « Un homme qui se transforme en bête féroce » ! Il avait plus de 2.5g dans le sang ! Moi avec une telle alcoolémie je te certifie l’existence des mammouths roses !
- Attends-toi à collectionner les dossiers non classés Noah. Cela ne changera rien sur ce que tu pourras effectivement noter dans tes rapports… Mais creuse cette piste, même si elle te semble farfelue.
- Reprends du café au lieu de dire des bêtises !

Une expression étrange passe sur le visage de mon ancien supérieur et ami. Forbes est un gars de bon sens, il est loyal et droit. A son dernier jour de service, je l’avais trouvé songeur dans le local des archives. Il avait semblé vouloir me parler, puis s’était ravisé.

Le bilan de la pleine lune s’alourdit dans la matinée de deux autres morts et d’une disparition. Forbes nous a quittés après que ces informations nous soient parvenues. Ce fut la dernière fois que je le vis vivant. Son cadavre sera exhumé cinq ans plus tard lors de l’élargissement d’un chemin forestier, ses ossements témoignant d’une mort brutale et violente.


***


Nous sommes sur les traces d’un pensionnaire d’Eichen house qui s’est fait la belle le soir de la pleine lune. L’établissement est incapable de nous expliquer comment ce patient, pourtant enfermé dans une chambre d’isolement, a bien pu faire pour sortir sans se faire voir des gardiens. Impossible d’avoir accès à son dossier médical classé confidentiel. J’ai simplement l’information que l’homme est dangereux, intelligent et… cannibale. J’ai déployé tous nos moyens pour le retrouver. Tout le monde est à cran. La population veut des explications et des coupables désignés pour ce qu’il s’est passé lors de la dernière pleine lune. Mon statut de sheriff est déjà remis en cause alors que je viens à peine d’avoir le poste.

Toutes les sorties scolaire ont été annulées et le périmètre de la forêt bouclé. J’ai tenté de faire évacuer une famille qui habite un grand manoir au milieu des bois. Mais la matriarche de ce regroupement familial n’a rien voulu entendre. Talia Hale m’a affirmé qu’ils resteraient vigilants, mais qu’en aucun cas, ils ne partiraient de chez eux pour des pseudos attaques de pumas... version officielle pour ces mesures draconiennes à défaut d’en avoir une autre plus plausible.


***


Claudia a encore fait un malaise alors qu’elle se levait du canapé. J’ai pris rendez-vous chez un médecin de l’hôpital sous les conseils de Melissa. Depuis leur dernière balade en forêt, Stiles est de plus en plus agité et en proie à des cauchemars qui le réveillent avec des hurlements atroces.

Je suis inquiet. Stiles agit bizarrement. Ses dessins sont effrayants. Je n’en ai pas parlé avec son institutrice car je doute pouvoir engager une action constructive avec cette enseignante qui a arrêté un jugement très négatif sur mon fils. Nous avons rendez-vous demain à l’hôpital avec Claudia. Je tiens à accompagner ma femme de peur qu’elle fasse un malaise en conduisant. Je n’arrive pas à donner le change à Stiles. Il semble avoir perdu toute joie de vivre. De plus il regarde sa mère étrangement.



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MessageSujet: Re: One drop of Honey    Mar 28 Fév - 10:48

Remember





«  Maman, tu crois que moi aussi je pourrais être Sheriff, plus tard, comme Papa ?
« Ben sûr mon chéri.
— « Stiles, je ne suis pas encore Sheriff.
« Mais tu vas le devenir, Papa, parce que t’es le plus fort !
« Il dit des choses vraies ce petit.

C’est le Sheriff, qui vient de parler. Mon Papa, c’est le meilleur policier de la ville. Mais il n’est pas encore Sheriff. Mais je suis sûr qu’il sera Sheriff plus tard. Et quand je serais grand, j’aiderais mon Papa à trouver les méchants. Le Sheriff  dit que je vais devenir un grand policier moi aussi et j’ai même le droit à une étoile d’apprentis Sheriff ! Ouais ! Ils arrêteront de se moquer de moi maintenant à l’école !

*-*-*-*

« T’es aussi nul que ton père Stilinski !
« Mon père il est pas nul !
« Ah ouai ? Pourquoi il a pas encore attrapé le puma ?
— « Il attrape les gens méchants, pas les animaux qui ont faim. C’est un policier, pas un chasseur. Tu sais pas la différence ? C’est toi le nul !
« Tu viens défendre ta chérie, McCall ?

Scott. C’est mon nouveau copain. Jackson l’aime pas, donc il a pas trop d’ami. C’est Jackson le chef dans la classe. Tout le monde fait comme lui. Et il ne m’aime pas beaucoup. Alors les autres non plus. Il aime pas trop Scott non plus. Mais moi je l’aime bien Scott. Il est gentil et il est drôle. Et il veut bien jouer avec moi. Je sais qu’il préfèrerait jouer au sport, mais il respire mal alors il peut pas courir trop longtemps. Alors on joue tous les deux, parce que moi, je peux courir, mais pas vite alors personne me veut dans son équipe. Mais c’est pas grave parce que maintenant, je joue avec Scott. On joue à trouver les méchants.

-*-*-*-*-

On sort de l’école. Scott veut me présenter à sa Maman. Elle est belle. Elle a l’air fatiguée. Comme ma maman. Alors j’hésite un peu mais Scott me tire par la main. Maman n’est pas encore arrivée alors je le suis. Elle s’agenouille pour faire un bisou à Scott. Elle lui demande si l’école s’est bien passée et il dit que oui et que je suis sn copain. Et après elle me tend la main. Papa m’a appris à serrer la main aux gens nouveaux. Je fais comme il m’a appris. Elle est vraiment gentille. Elle s’appelle Melissa.
— «  Comment tu t’appelles ?
— « Mieschief !
« Stiles Stilinski !

C’est la maîtresse. Elle est toute rouge. Oups, j’ai oublié mon cahier de dessin. Elle ne m’aime pas trop la maîtresse. Elle dit que je ne tiens pas en place. Mais c’est pas ma faute, je m’ennuie.

— « Bonjour Madame McCall. Stiles, range vite ça dans ton sac et ne t’avises pas de l’oublier à nouveau.
— « Vous l’appeler Stiles ?
— « Son prénom est imprononçable.

Melissa aussi elle devient toute rouge. Mais Maman arrive pour me récupérer et la maîtresse retourne dans l’école et pendant que Maman et Melissa se parle, Scott et moi on joue à trouver des indices.

*-*-*-*-*-*

— «  Stiles, viens manger. Stiles ! Stiles à table !

Des grognements et des bruits de pas dans l’escalier. Ça c’est Papa. Oups !

— «  Mieczyslaw Stilinski ! Nous passons à table. Pose tes jouets, tu reprendras après.
« Mais Papa, on allait résoudre l’enquête !
— « On ?
« Bah oui, toi tu trouves les méchant dans la journée, alors tu es Superman et moi, je t’aiderais avec plein de gadgets, donc je suis Batman.
— « Et Wonderwoman, c’est… ?
« C’est Melissa. Et Robin c’est Scott. Parce que il n’y a pas de Batman sans Robin, et que Scott c’est mon copain.
— « Et elle est où Maman ?
« … Elle est là.
— « Naruto ? Naruto aide Batman et Superman, c’est bien ça, ça fait un sacré allié en plus !

Je me lève et on va manger. Naruto, c’est pas un allié quand c’est Kyubi qui le contrôle, mais Papa connait pas bien Naruto, il comprendrait pas que parfois il est pas gentil, mais que c’est pas vraiment de sa faute.

-*-*-*-*-*-

«  Papa ? On pourra aller dans la forêt Samedi ? Je veux trouver Matatabi !
— « Qui c’est ça, Matata ? C’est pas une chanson ?
« Pas Hakuna matata, Matatabi. T’es bête ! C’est un monstre comme le renard de la dernière fois. Mais c’est un chat et il a que deux queues. Dans Naruto, il est bleu et il contrôle les flammes. Mais dans Naruto, le renard, il était rouge, et en vrai, il est noir et il a plein de bandage.

Papa me regarde bizarrement. Je sais qu’il croit pas au monstre, mais moi je sais qu’il y a des monstres dans la forêt. On en a vu un avec Maman. Mais elle s’en souvient pas.

*-*-*-*-*
On va à l’hôpital aujourd’hui. C’est pour Maman. Elle va pas très bien. J’ai pas cours parce que la maitresse est malade. Alors Scott et moi, on est mis dans la salle de pause des docteurs avec des dessins animés. Mais s’ils pensent qu’on va rester là alors qu’il y a tout plein d’énigmes ici, c’est raté ! Je suis un Stilinski !

Scott veut pas trop mais je lui promets que ça embêtera pas sa Maman. Il suffit que personne nous voit ! Hop, un moment où il n’y a personne, et nous voilà partis à l’aventure ! Je suis pas bête, je sais qu’il y a des endroits où n doit pas rentrer parce que sinon, la machine fonctionnera mal, mais il y a des endroits où on peut, comme là où il y a tous les dossiers ! Je dis à Scott de m’aider pour attraper un paquet de papiers. On s’assoit et on les regarde ; on sait tous les deux lire ! Mais les mots sont vraiment trop compliqués ! Pas grave ! On va aller trouver un autre mystère ! Oh je sais !

On s’arrête à un coin du couloir. Tout le monde court sans arrêt dans l’hôpital alors personne ne nous voit vraiment. Je grimpe sur le fauteuil pour regarde le plan. Il y a plein de mots que je connais pas, mais le mot que je veux je l’ai déjà entendu par Papa. Je lui ai aussi demandé comment ça s’écrit. Je me souviens il a fait la grimace d’ailleurs, mais il m’a montré. Ah ! Trouvé !

«  Viens Scott !

Et nous voilà en opération infiltration !!! C’est pas facile mais on finit par trouver et c’est vraiment mission impossible pour rentrer. Mais, là, ils ont affaires à Batman et Robin ! Et c’est moi Batman, hein ! On est plus fort que Tom, nous ! Et on entre ! Gagné !! Enfin, si on veut. C’est juste l’endroit où il y a plein de mystères ! Il y a encore tout à faire !

— «  Stiles, il fait froid !
« C’est normal, c’est pour par qu’ils pourrissent.
— « Et ça sent mauvais.
« Papa, il dit que ça sent la mort. Je l'ai déjà entendu le dire à Maman.
— « Ces gens, ils sont tous…
« Yup.
— « Pourquoi on est là ?
« Parce que j’ai entendu à la radio de Papa que il y avait encore des attaques d’animaux. J’ai regardé à quoi ça ressemblait des attaques de Puma. Moi, je suis sûr que c’est Nibi ou Kyûbi !
— « Stiles, Naruto est pas à Beacon Hills.
« Naruto, c’était à l’époque des Ninja, peut-être qu’ils sont là maintenant. Et puis j’ai déjà vu le renard, je suis sûr qu’il a à voir avec ça !
— « Maman elle dit que t’as fait un cauchemar parce que t’as eu peur de la forêt et que tu te souviens plus que c’est pas vrai.
« Je suis pas un menteur.
— « Je sais.

La porte s’ouvre. C’est mon père. Il a ce regard terrifié, puis énervé, puis on dirait qu’il est content. Il m’engueule parce qu’on est pas resté dans la salle de pause mais il me prend dans ses bras et il me serre très fort contre lui. D’habitude, quand il m’engueule je pleure. Mais là, mon Papa, il va pas bien.

— «  Pourquoi t’es triste Papa ?


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Sheriff Stilinski

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MessageSujet: Re: One drop of Honey    Mer 8 Mar - 21:36

Beacon Hills
POLICE

Sheriff Stilinski

One drop of Honey
Il y a des journées que l’on aimerait pouvoir rayer de sa vie… Celle-ci plus que toute autre…

L’institutrice est absente. Cela ne m’enchante guère, car Claudia et moi avons rendez-vous à l’hôpital. Je suis inquiet pour sa santé. Ma femme me taquine, me disant que je m’affole pour une simple baisse de forme. Quoi qu’il en soit nous emmenons Stiles avec nous.

Quand je vois le fils McCall à l’hôpital, je propose à l’infirmière de « ranger » notre progéniture dans un coin où ils n’embêteront personne. Souvent c’est Claudia qui garde Scott quand Melissa est de garde et qu’il n’y a pas école. Claudia avait été navrée de l’avertir que cette fois elle ne pourrait pas garder le copain de notre fils. Ils sont trop jeunes pour que nous songions à les laisser seuls à la maison. Ces deux-là sont pire qu’une casserole de lait sur un feu.

Melissa nous dit de ne pas nous inquiéter. Elle a amené des jeux pour Scott. Nos enfants auront de quoi s’occuper pendant la consultation.


***


C’est une assistante qui nous a introduits dans le cabinet de consultation. Le médecin n’est pas encore arrivé. Elle pose le dossier de Claudia sur le bureau. Celui-ci est surtout constitué de son accouchement et de quelques broutilles de suites de couche. Je sers la main de ma femme. En fait c’est plutôt elle qui sert la mienne pour me rassurer.

- Ce n’est rien Noah ! A force de t’inquiéter pour rien, c’est toi qui va venir consulter pour un ulcère !

Le médecin fait son entrée, il nous serre la main à chacun. Je le connais d’un point de vue professionnel. C’est souvent vers lui que je me tourne quand j’ai besoin d’un éclairage médical sur une de mes enquêtes. Harry est cordial et j’ai confiance en sa compétence de médecin. Il nous demande ce qui nous amène.

Claudia résume un peu trop vite à mon gout les symptômes qu’elle a. Je rajoute des détails, comme sa pâleur, ses cernes sous les yeux, ses vertiges et ses deux pertes de conscience. Ma femme secoue la tête et regarde le plafond dans un air faussement exaspérée. Elle n’est pas fâchée de ma surprotection. Car elle sait que c’est le juste reflet de mon amour pour elle.

Harry commence par lui prendre la tension qu’il trouve un peu basse. Ensuite il l’ausculte suivant un protocole précis, puis il demande à Claudia de se lever et de faire des mouvements particuliers. J’étais « presque » serein jusque-là. Mais de toute évidence, Claudia manque de coordination. Harry lui a demandé de se tenir en équilibre sur son pied gauche et de poser sa main droite sur le sommet de son crâne. Pendant une dizaine de secondes Claudia regarde ses pieds.

- Alors chérie, tu ne te souviens plus où est ta droite de ta gauche ?

Finalement Claudia s’exécute. C’est bien la main demandée qu’elle pose sur le sommet de sa tête, mais elle relève le mauvais pied. Le médecin lui demande si elle a des maux de tête et où ils se situent. Ma femme lui répond qu’en effet elle est sujette à des migraines depuis une quinzaine de jours. Elle montre une zone sur les côtés de son crâne en allant vers l’arrière. Est-ce parce que je suis dans le rôle du mari inquiet, ou mon sens d’observation de flic, mais le visage d’Harry s’assombrit. Il complète l’examen par d’autres gestuelles, ne laissant pas le temps à Claudia de se poser. Je vais pour lui en faire la remarque, quand il me fait taire d’un geste discret.

- Bon, je ne peux pas prononcer de diagnostic sans une radio et un examen sanguin.

- Nous devons donc reprendre rendez-vous questionne ma femme.

- Non, nous allons faire cela aujourd’hui, réplique le médecin.

- Euh… C’est grave docteur ? S’angoisse subitement Claudia.

-… Non autant profiter de votre présence et être fixés rapidement. Sinon Noah n’aura plus d’ongle si je vous fais revenir plus tard.

Ma femme rit de la plaisanterie, moi pas. J’ai bien noté le blanc avant sa réponse. Je suis assez bon pour savoir quand on me ment. Là c’est le cas. Harry appelle son assistante et lui donne deux ordonnances, une pour une prise de sang et l’autre pour un IRM.

- Mon assistante va vous conduire au labo puis à l’IRM dit le docteur.

Alors que je m’apprête à suivre ma femme et l’assistante, Harry me retient.

- Noah ? Tu as une minute au sujet de ta dernière enquête ?

- Euh… oui. Je te retrouve plus tard chérie, dis-je à ma femme alors que je me rassoie là où j’étais.

Le médecin ferme la porte sur les deux femmes. Je n’attends pas qu’il ait rejoint son bureau pour le questionner.

- Qu’est-ce qu’elle a ?

- Honnêtement je ne le sais pas. Il faut attendre les résultats des examens.

- Pourquoi m’avoir retenu ? Nous n’avons pas d’enquête en cours qui requière tes services…

- Noah… J’espère que c’est bénin…

- Mais ?

- Mais pour être franc, les signes cliniques ne sont pas bons. Je ne voulais pas inquiéter Claudia inutilement, mais…

- Ne me fait pas lambiner Harry !

- Mais il serait bien de vérifier les options de ta couverture santé… au cas où…

- …


***


Claudia passe son IRM. C’est long alors j’en profite pour aller voir ce que font Stiles et son ami Scott. Je suis à peine étonné de ne pas les trouver dans la salle de repos du personnel de l’hôpital. Je file donc du côté de la cafeteria, lieu le plus probable où je peux les trouver. Pourtant je ne trouve ni l’un ni l’autre. Je questionne le personnel qui m’assure ne pas avoir vu les deux bambins. Je tourne en rond un moment dans l’hôpital sans les trouver. Je commence à sérieusement m’inquiéter. Je connais mon fils et sa curiosité insatiable. Il a pu suivre n’importe quoi qu’il aurait trouvé intéressant. Alors que je me creuse la tête pour savoir ce qu’il pourrait bien trouver de passionnant dans un hôpital, je vois un panneau qui indique la direction de la morgue. Un autre bambin aurait tenté d’aller voir une salle d’opération, mais je connais trop Stiles… Je file en direction des chambres froides.


***


Ils sont bien là ! Je suis furieux de voir ces deux gosses au milieu des tables en inox et des casiers du même métal remplis de leur macabre contenu.

- Mieschief Stilinski ! Tu peux me dire quel mot tu ne comprends pas dans « Rester sages et ne bougez pas de là. »

Scott tente de se faire oublier en se cachant derrière son copain. Le dit copain a les épaules qui s’abaissent comme son menton qui vient toucher sa poitrine. Ils ont l’air de deux chiots égarés. Puis je repense à ce que m’a dit Harry. Je m’avance et serre mon fils contre moi. J’espère sincèrement qu’Harry s’alarme pour rien.

-   Pourquoi t’es triste Papa ?

- Je suis triste d’avoir un fils qui ne sait pas obéir à son papa. Cet endroit n’est accessible qu’au personnel autorisé, donc certainement pas à deux jeunes enfants.

Je les emmène à la cafeteria et leur offre un bon goûter avant de les reposer dans la salle de pause avec la stricte consigne de ne pas en bouger.


***


Harry m’attrape par le coude au détour d’un couloir. Il me dit qu’il fait faire un électrocardiogramme à Claudia et que les examens seront terminés. Je le suis dans son bureau.

- Alors cela donne quoi Harry ?

Le médecin étale sur son bureau une série de clichés très colorés. Je reconnais la forme d’un cerveau. Une plaisanterie me vient en tête pour dire que c’est plutôt bariolé dans la tête de ma femme, mais le regard d’Harry me refroidit immédiatement.

- L’électrocardiogramme, c’est pour retenir Claudia ailleurs.

- Oui. Je…

- Accouche Harry !

- Dans de tels cas de maladie, il arrive que nous ne donnons pas le même niveau de renseignement au patient qu’à ses proches. Car la psychologie d’un patient influe grandement sur ce qu’il vivra.

- Donc ?

- Claudia est atteinte d’une DFT.

- Parle-moi dans un langage accessible, m’énervé-je.

- Une dégénérescence fronto-temporale. Tu en as peut-être déjà entendu parler sous le nom de maladie de Pick.

- Non, cela ne me dit rien.

- C’est une maladie rare qui s’apparente à la maladie d’Alzheimer car ce sont des maladies neurologiques dues à la dégénérescence de cellules cérébrales.

- Il y a un traitement ?

- Il n’existe pas encore de consensus médical. Une molécule, la sérotonine peut améliorer le comportement du patient, mais pas enrayer l’évolution de la maladie. Je suis désolé Noah.

- Comportement ? Pas possible d’enrayer le processus ?

- Le comportement de Claudia va drastiquement changer. C’est une maladie qui est très dure pour les proches, car ils ne reconnaitront plus le patient. La dégénérescence progressive des cellules cérébrales va atteindre ses fonctions cognitives.

- Je ne comprends pas Harry !

- Cela te parle mieux si j’appelle ça démence fronto-temporale ?

- … Quel est le rythme d’évolution demandé-je d’une voix éteinte.

- C’est variable d’un patient à un autre. De deux ans à une quinzaine d’années. Au début, Claudia pourra rester chez vous, mais après ses réactions seront si imprévisibles qu’elle ne pourra pas rester seule. Elle aura besoin d’être intégrée dans une unité cognitivo-comportementale. J’espère que tu as une complémentaire santé solide.

Le monde s’effondre autour de moi. Harry continue à parler, m’indiquant des protocoles, et des démarches à faire, mais je ne l’écoute plus. Qu’ai-je fait à dieu pour mériter cela ? Stiles est encore petit, il a besoin de sa maman, comme j’ai besoin de mon épouse. Il m’est impensable de penser qu’elle va mourir quand la maladie aura grignoté tout son cerveau. Je me noie dans un chagrin sans fond. Car en plus de la douleur d’apprendre que celle que j’aime va devenir pire qu’une harpie avant de mourir, cette situation risque de nous amener sur la paille. Ma complémentaire santé est au minimum. Je ne pouvais pas financer notre maison et nous payer le luxe d’une assurance haut de gamme. Je pense à mon fils. Comment lui annoncer cette terrible nouvelle ? Et Claudia !

- Noah ?

- Oui ?

- Tu es son mari. Maintenant que tu sais de quoi il retourne. Qu’est-ce que je dis à Claudia ?

- C’est-à-dire ?

- Soit je ne lui cache rien, soit je lui donne un faux espoir. Toi seul peux juger de ce qu’il convient.

Je dois avoir le regard d’un naufragé. Je n’ai qu’une envie, celle de m’endormir pour ne plus penser. Mais il y a mon fils qui compte sur moi, et mon épouse aussi. Je pense à ma femme, à l’être humain extraordinaire qu’elle est. Je me redresse sur mon fauteuil. Je n’ai pas le droit de flancher.

- Claudia est une femme intelligente. Elle comprendra tôt ou tard ce qu’elle a, et sera déçue que je le lui aie caché. Lui mentir, va lui faire perdre le peu de temps qui lui reste. Non. Dis-lui la vérité Harry. Après le choc, je sais qu’elle se battra et qu’elle mettra à profit chaque instant, chaque seconde de lucidité pour vivre à fond. J’expliquerai ce qu’il se passe à Stiles plus tard…. Quand les symptômes seront là.


***


Claudia s’est effondrée en pleurs après avoir nié le diagnostic affirmant bien aller. Puis elle avait demandé combien de temps il lui restait et était restée éteinte quand Harry lui avait donné la fourchette de son espérance de vie. Il avait eu le tact de ne pas évoquer l’impact financier qu’aurait sa lourde prise en charge quand elle ne pourra plus rester à la maison. Harry nous a laissé seuls pour que nous puissions digérer cela avant d’aller chercher notre fils.

- Noah. Ce qui reste le plus important c’est notre fils. Protège-le. Protège-le de moi.

- Je ne saurai pas faire sans toi...

- Tu vas y arriver Noah. Nous allons y arriver.

Nous restons un bon quart d'heure sans parler. Que dire sur ce fléau qui nous tombe dessus. Je voudrais hurler à l'injustice, mais le calme de ma femme me retient et m'aide à me reprendre.


***


C'est main dans la main que nous allons chercher Stiles. Je croise le regard de Melissa qui est avec les garçons. Ses lèvres se plissent. Elle sait. Elle a dû venir près des enfants au cas où il y ait besoin d'un soutien. Je ferme les yeux alors que Claudia se baisse pour embrasser notre fils. Comment lui dire qu'il va perdre sa maman ? Car je sais qu'il est assez intelligent et qu'il finira par se douter que quelque chose ne tourne pas rond. Lui annoncer la mort prématurée de Claudia est impensable car cela peut arriver que dans quinze ans. Mais je vais devoir lui faire comprendre que sa maman l’aime toujours quoi qu’elle puisse lui dire dans le futur.



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Stiles Stilinski

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MessageSujet: Re: One drop of Honey    Mer 19 Avr - 23:29

Remember






Papa dit qu’il est triste parce que je l’ai pas écouté, mais je sais qu’il ment, parce que quand je l’écoute pas, il crie. C’est normal, c’est ce que les Papas font quand les enfants ne sont pas sages. J’aime pas vraiment quand papa me crie dessus, mais je veux vivre plein d’aventures alors j’essaye juste qu’il ne m’attrape pas quand je fais des bêtises. Mais là, il est pas énervé comme d’habitude, alors je le prends dans mes bras et je le serre très fort. Après il nous emmène dans une autre pièce où il y a une télé. Cette fois je ne vais pas bouger. Je sais qu’il ne faut vraiment pas, alors avec Scott on joue.

Quand papa et maman viennent me chercher, c’est trop bizarre. Ils ont les yeux tout rouge. Maman me prend dans ses bras et me serre très fort et papa, on dirait qu’il va pleurer. Melissa prend Scott dans ses bras. Maman m’a toujours pas lâchée.

«  Ca va pas Maman ? Pourquoi tu e fait un câlin comme ça ? Tu t’en vas ? Tu pars où ? je peux venir avec toi ? laisse-moi venir avec toi. Je veux pas que tu t’en ailles.

Maman pleure et rit en même temps. Je comprends pas pourquoi ils ont l’air si triste. Je le referais plus d’aller là où tout le monde est allongé si ça les rend si tristes. Je le jure. Maman me caresse le visage et me dit qu’elle ne va nulle part et qu’elle restera toujours avec moi.

«  Toujours, toujours ?
« Toujours, toujours.
« Euh…
— « Qu’est-ce qu’il y a fiston ? Tu ne veux pas que maman reste toujours avec toi ?
« Bah euh…

Je tends les bras parce que je veux pas dire ça tout haut, alors Papa se met à genoux et je lui chuchote à l’oreille pourquoi toujours toujours, c’est un peu… Il rigole. Il a l’air un tout petit peu moins triste.

— « D’accord, elle sera pas avec toi quand tu iras faire pipi. »

Tout le monde rigole et après Scott demande s’il peut avoir une glace et du coup, on attend tous Melissa pour tous aller ensemble manger une glace.

*-*-*-*
— « Eloigne-le de moi !
— «  Chérie, c’est Stiles.
— « Maman ?
— « Va-t-en !
— « Fiston, va dans ta chambre tu veux ?
« Mais…
— « Va dans ta chambre.

Je m’exécute. Papa ne veut jamais que je reste quand Maman est comme ça. Je sais qu’elle ne fait pas exprès. C’est de la faute de Kyubi. Mais Papa ne veut pas me croire. Je n’insiste pas. De toute façon, je ne peux pas faire grand-chose. Je prends ma console portable et je branche mon lecteur CD. Papa me l’a offert après le premier…cauchemar de Maman. Les autres ont des lecteurs MP3, mais ça au moins je peux écouter ma musique, plutôt que les cris de Maman. Un jour, je trouverais un lecteur de cassette pour faire comme Star Lord. Lydia sera ma Gamora et Scott sera…Groot.

Papa monte me voir. Il s’assoit sur le lit et attend que j’enlève le casque. Il me dit que ce n’est rien, que c’était juste un cauchemar.

«  Mais elle dormait pas. Elle avait les yeux ouverts.
— « Fils…
« C’est Kyubi…
— « Comment ça ?
« C’est monstre de la forêt qui a fait ça à Maman.
— « Stiles, il n’y a pas de monstre.
« Si il y a un monstre et il rend Maman méchante…

Papa me regarde bizarrement. On dirait qu’il abandonne.

*-*-*-*
— « Stiles ! Descends, tu vas être en retard à l’école.

Quand je sors dans le couloir, j’entends la porte de la chambre de Papa et Mamn couiner. Elle est entrebâillée et je sais qu’elle me regarde en restant cachée. C’est un des mauvais jours. C’est comme ça que Papa appelle ça. Maman est malade. Ils ne le disent pas, mais je le vois dans les yeux de Papa que c’est très grave. Il répète tout le temps qu’elle m’aime, et quand elle n’est pas cette autre chose, elle aussi le répète sans arrêt. Ils ont peur. Mais qui n’aurait pas peur face à un monstre.

J’ai arrêté d’en parler parce que j’ai juste eu le droit à des séances chez le docteur qui a mis ça sur le compte de la maladie de Maman. Ils pensent que je ne peux pas accepter, mais c’est eux qui n’acceptent pas la vérité…

Quand j’arrive en bas des escaliers, mon père essaye de cacher son air inquiet. Il regarde vers l’étage puis il me regarde et fait mine de me gronder pour avoir pris mon temps.

— « Tu devrais rester à la maison Papa, sinon elle va jamais sortir de la chambre.

Je gobe un pancake et j’attrape mon déjeuner avant de sortir quand j’entends la voiture de Melissa.


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Sheriff Stilinski

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MessageSujet: Re: One drop of Honey    Mer 3 Mai - 11:36

Beacon Hills
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Sheriff Stilinski

One drop of Honey
Cela progresse par phase. Au début, c’était un peu comme des mouvements d’humeurs. Rien de dramatique, un peu comme lorsque l’on est fatigué ou surmené. La patience faiblit, et de vilains mots s’échappent avant qu’on ne puisse les retenir.

Mais Claudia ne souffre pas de stress ou de surmenage. Lui dire de se reposer ne sert à rien. C’est une mort blanche, une longue agonie dont ma femme a de moins en moins conscience. Un soir, cela devait être une semaine ou deux après sa première visite à l’hôpital, quand le diagnostic était tombé comme un couperet, ma femme m’a fait promettre l’impossible, faire cesser sa déchéance avant qu’elle n’ait plus rien de l’humanité qui est la sienne. Claudia souhaitait partir dignement.

Mais je suis bien incapable d’un tel geste. Elle avait accepté mon refus, m’offrant un pâle sourire arguant que c’était évidemment impossible à faire pour moi qui représente la loi. Elle avait eu la délicatesse de ne pas souligner ma couardise.

Les jours passent, puis les semaines. Savoir qu’il y a une maladie derrière cela m’aide à encaisser ses insultes qui fusent, de plus en plus nombreuses, de plus en plus blessantes. Mais savoir que c’est une maladie, c’est dire aussi adieu à tout espoir de changement et de jours meilleurs. Je donnerais n’importe quoi pour arrêter le temps qui lui ronge le cerveau. Seulement arrêter le temps serait aussi empêcher Stiles de grandir. Me voilà partagé entre offrir une fin la plus paisible possible à celle que j’aime, et préserver notre fils de ces violences verbales qu’il ne comprend pas. Le pauvre enfant s’est inventé une histoire, comme beaucoup d’enfants font pour mettre une image sur leur plus grande peur. Stiles donne à la maladie de sa mère, l’image d’un monstre, un renard du folklore japonais. J’ai tenté de le raisonner, de lui dire qu’il n’y a pas de monstre, mais juste la fatalité et un corps qui se trahit lui-même.

Mais j’ai renoncé à lui faire voir la vérité en face. Le médecin qui suit Claudia m’affirme que c’est une façon pour Stiles de se protéger du deuil à venir et qu’il faut le laisser faire tout en veillant que peu à peu le monstre de son esprit s’efface pour lâcher prise et se faire une raison. Je m’inquiète pour mon fils. Il est déjà un hyperactif. Sa cervelle mouline constamment, brassant quantités de données utiles ou non. Il n’est jamais en paix.


Celui qui lutte contre les monstres doit veiller à ne pas le devenir lui-même.


Puis un jour Stiles a arrêté de parler du monstre qui contrôle sa maman. Il n’en parle plus, mais son regard le fait pour lui lorsqu’il regarde Claudia. Fait étrange, j’ai parfois l’impression qu’une autre personne regarde mon fils à travers les yeux de ma femme. C’est une sensation indicible. J’ai beau me dire que c’est la maladie qui dénature son comportement, mais à force d’entendre Stiles parler d’un monstre… Moi aussi dans mes moments de découragements, je me plais à espérer que cela soit ça, car cela ouvrirait une possibilité de rémission en chassant le monstre.


C’est en leur tournant le dos que l’on triomphe des monstres qui nous habitent.



***


Cela a été difficile au départ lorsque nous nous sommes retrouvés à deux. L’état de Claudia ne lui permettait plus de rester à la maison. L’aide à domicile n’était plus capable de gérer ses crises de démences. Cela devenait aussi bien trop impressionnant pour notre fils. L’internement à Eichen house était inévitable. Difficile de faire comprendre à Stiles que sa maman ne reviendrait plus jamais habiter à la maison, et pourtant... Mon fils est bien trop jeune pour ce regard sérieux qu’il affiche. J’espère que ce drame ne l’empêchera pas de se construire.

L’avantage avec l’internement est que l’infirmier en chef m’appelle quand Claudia sort de ses phases de la démence qui l’envahit la plupart du temps. Cela me permet d’amener Stiles la voir des moments où sa maman est à nouveau celle qu’il a connu. Cependant ces fenêtres de paix sont de plus en plus courtes et de plus en plus espacées les unes des autres.

Claudia a l’air d’un ange dans cette chambre blanche illuminée par le soleil de l’après-midi. Eichen house est un établissement très austère, mais parfois, il présente, comme c’est le cas de cette après-midi, un visage plus accueillant et serein.

Claudia écoute Stiles lui raconter sa semaine. Il parle de Scott et de leur jeu. Il dit que lorsqu’il sera au lycée ils entreront dans l’équipe de lacross. Ma femme semble plus apaisée qu’à l’ordinaire. Elle me regarde tendrement. J’ai un brusque sentiment de malaise. Comme ce genre de frisson que j’ai lors d’une enquête et que je suis à deux doigts de trouver un indice ou la solution, mais que cela m’échappe.

Le lendemain me donnera la solution de ce qui m’a échappé. L’état de Claudia s’aggrave brusquement. Quand l’hôpital m’appelle d’urgence, je m’apprête à aller sur le lieu d’un accident. Déchiré entre deux urgences, je décide de faire mon métier et vais sur les lieus de l’accident. Ma femme meure alors que je sors une jeune femme de sa voiture accidenté. J’aurais pu être là pour les dernières secondes de vie de ma femme. Ce remord me poursuivra toute ma vie.


***


Le temps est maussade, comme toujours lors des enterrements. La main de Stiles me semble si petite dans la mienne.

Une page de notre vie se tourne. Il nous faut tout reconstruire. Les frais hospitaliers de Claudia m’ont pratiquement mis sur la paille. Mon fils va aborder le collège puis ensuite le lycée avec un désavantage, celui de venir d’un foyer avec peu de moyens.


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MessageSujet: Re: One drop of Honey    Lun 22 Mai - 19:43

Truth





Tu sais Maman, tu me manque. Comment aurais-tu réagis à tout ce qui nous arrive ? Oui, nous. Papa est impliqué aussi maintenant. J’aurais aimé le garder éloigné de ces histoires mais c’était impossible. Il est le Sheriff. Je veux dire, bien sûr qu’il n’est pas au courant de tout, mais au bout d’un moment, c’était impossible de le garder dans le flou. Ça n’aurait fait que le rendre fou. On est déjà deux à être passé par Eichen House, pas la peine de le rajouter à la liste ! Tu me manques depuis si longtemps. Je me demande souvent….aurais-je dis plus si j’avais su ? T’aurais-je répété encore et encore à quel point je t’aime et à quel point j’ai besoin de toi ? Mais la vérité, c’est que je ne l’aurais sans doute pa fait, parce que j’étais jeune, et parce que j’avais peur. Aujourd’hui, je tuerais pour te dire juste une fois de plus que je ne sais pas comment grandir sans toi…

— « Scott et moi, quand on sera au lycée, on entrera dans l’équipe de Lacrosse ! Et sera meilleurs que Jackson !
— Tu es déjà meilleur que ce petit…comment tu dis déjà ?
— Jackson.
— Tu es bien meilleur que lui. Tu n’as pas besoin de courir pour le prouver mon chéri.
— Tu dis ça parce que tu es ma maman.
— Je dis ça parce que c’est vrai. Il n’existe pas plus malin que mon petit Mieczyslaw. Maintenant mon ange, il est temps de rentrer à la maison.
— Je veux rester avec toi Maman.
— Tu reviendras demain. Melissa t’amènera dès qu’elle aura fini son shift. En attendant, tu resteras à l’hôpital avec Scott et tu seras sage.
— Mais, Maman.
— Et tu seras sage.
— Oui, Maman. »

-*-*-*-*-
Scott grogne. Je l’ai encore battu. Il ne passe pas autant de temps que moi devant ces jeux. Melissa y veille. Papa essaye de faire de même, mais ce n’est pas évident. Et je l’aide pas vraiment. Scott est en train de choisir un autre personnage pour le combat suivant. Il croit que ça changera la victoire. Je me relève quand j’entends de l’agitation en dehors de la salle de pause. Ma curiosité me tire du fauteuil. Scott râle. Il veut prendre sa revanche. Mais il y a ce quelque chose qui me pousse à aller voir.
— « Maman…Maman ! »

*-*-*-*-*-*-*

Cette scène, je n’ai jamais pu l’effacer de ma mémoire. Le brancard qui passe devant mon nez. Le regard de Melissa. Les spasmes qui parcouraient le corps de ma mère. Melissa savait que c’était la fin. Ils ont appelé mon père, mais il n’a pas pu venir à temps. Mais j’étais là. Jusqu’à la fin, j’étais là. Je suis là, devant mon père, devant ce dossier. Je lève mon regard vers lui tandis qu’il me parle de tout ce qu’il a gardé pour lui jusque-là. Toutes ces hypothèses…Il ne voulait pas y croire, alors il les a enterrées, mais aujourd’hui, aujourd’hui, il sait. Et maintenant, moi aussi je sais. Et la rage me fait vibrer. Pourtant je reste silencieux. C’est peut-être bien la plus belle preuve que je fulmine à l’intérieur. Est-ce que tout cela est vrai ? Est-ce qu'il le sait?

Ce dossier, cette affaire qui nous touche tous les deux, nous en parlons jusqu'au déjeuner. Je veux tout savoir. Je veux comprendre. Comment est-ce arriver? Pourquoi? Pour ce nom ressort-il du dossier? Est-ce que ça aurait pu être évité? réparé? Je veux tout savoir. Tout.



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Sheriff Stilinski

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MessageSujet: Re: One drop of Honey    Mer 31 Mai - 17:48

Beacon Hills
POLICE

Sheriff Stilinski

One drop of Honey
Je plisse les lèvres. Je me suis lancé sur la voie des aveux comme on jette un pavé dans la mare. Cela ne sera pas sans éclaboussures. Je regarde le dossier que j’ai constitué pendant la maladie de Claudia, puis que j’ai enterré au nom de la raison et du bon sens, me disant que je ne devais pas laisser mon chagrin me laisser divaguer sur des allégories farfelues.

Mais maintenant, je sais…

Je sais et cela ne m’a pas rendu ma vie meilleure de comprendre enfin le fin mot de l’histoire sur beaucoup de mes affaires non classées. Car je ne peux toujours pas les clore convenablement, ni dire la vérité aux familles des défunts. Stiles est suspendu à mes lèvres, pourtant il ne me presse pas, certainement effrayé par les révélations que je m’apprête à lui faire.

- Tu te souviens de ce que tu disais quand maman à commencer à…

Stiles hoche la tête. Ma voix se meure. C’est toujours difficile d’évoquer la lente dégénérescence de ma femme. Cela a toujours été un sujet tabou à la maison. Une partie des autres non-dits qui nous empoissonnent l’existence. Je ne sais pas ce qui me pousse à parler maintenant. Car j’aurais très bien pu le faire avant, quand j’ai appris l’existence de tout ce qui se tapit dans l’ombre. Est-ce une vengeance retardée contre Gabriel Cormier ? Il m’a pris Claudia, vais-je démolir son fils ? Ce fils qui semble avoir détourné Derek de Stiles. Les Cormier sont décidés à nous faire du mal...

Je serre les mâchoires. La colère et la haine qui me nouent les tripes m’amènent à des pensées qui ne me ressemblent pas. Je pousse un long soupir. Je ne peux plus reculer. Je dois parler.

- Tu m’avais souvent répété avoir vu un monstre dans la forêt où vous vous étiez promenés, juste avant que l’état de maman ne dégénère.

Le regard de Stiles se concentre sur le mien. Il est évidement aujourd’hui que les divagations d’un gamin de six ans, prennent aujourd’hui un nouveau sens.

Parce que maintenant nous savons.

Est-ce mieux de savoir ? Oui, car cela me permet de diriger ma colère contre une chose tangible… et une personne qui n’a rien fait pour la sauver. Je cherche mes mots. Mon métier de flic m’enjoint à rester factuel, mais comment rester neutre et objectif devant ce qui a été notre drame, notre croix.

- Je ne savais rien à l’époque et tous les bambins de ton âge à ce moment-là voient des monstres. Je suis désolé Stiles de ne pas t’avoir cru. J’aurais dû voir que ta frayeur n’était pas ordinaire…

Je grimace une excuse. Que dire, sinon que je suis un père un peu lourdaud ? Relevant les yeux vers Stiles je lui souris. Je suis fier de mon fils. Lui et Scott ont géré tant d’affaires. Ces deux mômes sur qui, il fut un temps, personne n’aurait misé le moindre cent, ont plus aidé la ville que n’importe qui. Combien de guerre nous ont-ils évité ?

- Ce dossier que tu vois, j’ai commencé à le monter après être allé voir l’homme qui est sur cette photographie, Gabriel Cormier.

Mon fils hausse les sourcils, m’incitant à poursuivre.

- Peu avant l’internement de ta mère à Eichen house, je suis allé le voir avec elle.

Stiles me demande pourquoi ? Après tout, Cormier père avait officiellement un vague travail avec les gardes chasses.

- J’étais désespéré et prêt à croire n’importe quoi pour sauver Claudia. Et n’importe quoi fut ce type que le « on-dit » qualifiait de druide. C’est un collègue de travail qui m’avait donné son nom et sa pseudo compétence.

Je laisse planer un silence, me revoyant écouter ce qu’à l’époque je considérais comme étant des sornettes. Mais que la douleur du désespoir me donnait l’espoir d’une fin heureuse à notre cauchemar.

- J’ai donc amené ta mère voir ce type, un jour où tu étais à l’école. J’y suis allé en uniforme car je reprenais mon service juste après.  

Je raconte comment Gabriel nous a envoyés paître en nous voyant. L’homme n’aimait pas les flics, et aujourd’hui encore. J’explique comment Claudia, qui avait déjà ses sauts d’humeur, fut effrayée à la vue de Gabriel, voire pratiquement terrorisée.

« Papa, il y a un monstre dans la forêt. »

- Je ne savais plus quoi faire entre ta mère qui fonçait droit dans une nouvelle crise et cet homme bougon, vivant quasiment en ermite loin du reste de l’humanité. Alors je lui ai hurlé qu’il était sa dernière chance avant Echo house.

J’explique comment soudainement Gabriel nous a tournés le dos pour rentrer dans la cabane qui lui servait de maison. Je pensais qu’il mettait ainsi fin à une discussion qui n’avait même pas commencée. Mais il était revenu aussi vite, tenant une fiole qu’il déboucha.

- Il en fit sentir le contenu à ta mère qui se calma presque immédiatement. Je lui ai demandé si c’était un remède qui pouvait guérir ma femme.

Je secoue la tête en repensant à cet épisode. Maintenant j’y vois un tas d’indices sur ce monde qui était juste sous mon nez, mais que je ne voyais pas.

- Il m’a répondu que c’était simplement une huile essentielle qu’il utilise habituellement pour calmer les fauves qu’il croise.

« Les fauves… »

Le plus gros prédateurs que nous pouvons croiser dans notre conté sont les pumas. Je voyais mal Gabriel Cormier coller sa fiole sous le nez d’un de ces gros matous en colère pour l'apaiser.

- Il nous a invités à entrer chez lui avec un ton qui ordonnait le contraire. J’ai expliqué ce qui arrivait à Claudia et pourquoi j’étais venu le voir, lui.

Ma voix a pris un ton monocorde. Mes mots s’enchaînent, mon esprit est retourné dans le passé. Je ne suis plus conscient de savoir si je parle, ou ne fais qu’un voyage intérieur. La maison s’efface, je suis à nouveau dans cette maison perdue dans les bois.

***

Gabriel Cormier me regarde avec un sourire méprisant. Je sais bien que cela se lit sur mon visage que je ne crois pas à ces histoires de rebouteux, de médiums et autres polichinelles si prompts à abuser les naïfs et vider les portefeuilles. Mais je suis désespéré.

Je ne savais pas…

L’homme s’approche de Claudia, lui touche le front et lui prend le pouls. Puis il part dans une autre pièce pour revenir les bras chargés d’une caisse remplit avec différents flacons et tout un tas d’herbes séchées soigneusement conservées dans des enveloppes de papier kraft. Un à un il les ouvre et les fait sentir à Claudia. Docile, elle se laisse faire, grimaçant parfois sur une odeur un peu forte, ou au contraire s’extasie sur un parfum qui lui plait. Soudainement elle a un brusque mouvement en arrière, se relève comme un diable qui sort de sa boite en faisant basculer sa chaise sur le sol. Notre hôte vient de lui déposer une fine poudre noire dans le creux de la main.

- Qu’avez-vous fait !
- Rien, dit-il en versant de la poudre dans le creux de sa propre main pour ensuite  la verser dans la mienne.
- Qu’est-ce que c’est ? Demandé-je. Claudia avait réagi comme si cette substance l’avait brulée.
- De la poudre de sorbier. C’est une plante arbustive de la famille des rosaceaes. C’est très commun et sans danger.
- Et ?
- Et votre femme réagit à cette substance, tout comme les monstres qui peuplent cette forêt.
- Quels monstres ?! Il n’y a pas de monstres ici !

Gabriel soupire et hausse les épaules. Fouillant dans un placard de son salon, il fait une chose encore plus étrange. Celui qui se dit « druide », sort un appareil photo dans lequel il insère une pellicule neuve. Sans prévenir, il prend plusieurs photos de Claudia.

- Faites développer ça, me dit-il en me remettant la pellicule.


***

Stiles m’interrompt. J’ouvre le dossier qui est posé entre nous, le feuillette jusqu’à trouver trois photographies. Elles montrent Claudia qui offre un visage étonné à celui qui lui tire le portrait. Je laisse à Stiles le temps d’assimiler ce qu’il voit. La stupeur s’affiche dans ses yeux. Il me demande si sa mère s’est fait mordre. Je ramasse un des clichés et regarde le visage de ma femme. C’est bien mon épouse que je retrouve sur ce papier photo seulement à la place de ses yeux, il y a deux flashs de lumière, comme si l’appareil photo était incapable de saisir la nuance de ses jolis yeux.

- Non. Si elle avait été mordue par un loup, ses cellules se seraient régénérées… C’est bien plus complexe.

***

Mon regard oscille entre Cormier et la pellicule au creux de ma main.

- Ne me dites pas que ça va guérir ma femme !
- Non, cela vous prouvera que je ne suis pas un charlatan répond l’homme avec son accent caractéristique.

Il fouille à nouveau dans sa caisse et en sort une fleur séchée. Il en broie un pétale et demande à Claudia d’en poser quelque brins sur sa langue.

- Qu’est-ce que c’est ? Demandé-je en retenant la main de ma femme qui s’exécute un peu trop docilement à mon goût.
- De l’aconit-tue-loup. C’est effectivement toxique, mais pas à cette dose.
- Pourquoi le lui donner ?
- Pour identifier le monstre.
- Mais…

Je n’ai pas le temps de réagir, Claudia a posé les bris de plantes dans sa bouche. Rien ne se passe.

- Cela élimine les lycans marmonne celui que je prends de plus en plus pour un fou.

Il se gratte la tête semblant hésiter devant sa pharmacopée digne d’une sorcière. Puis il sort une nouvelle fiole avec un liquide sombre et poisseux à l’intérieur.

- Qu’est-ce que c’est ?
- Autant que vous ne le sachiez pas.

Je suis tétanisé entre l’envie de prendre ma femme par la main et de nous en aller sur le champ et celle de laisser ce fada agiter ses grigris ignobles devant Claudia.

Seulement ma femme va mourir et de la pire manière qui soit. Là elle est dans une phase apathique. Elle subit la batterie de test du pseudo druide sans être vraiment présente. J’abdique en levant les mains, laissant la voie libre à ce fantoche. Fantoche qui a une chance sur mille de sauver ma femme. C’est toujours mieux que le pronostic de l’hôpital...

Gabriel observe les mains de ma femme cherchant quelque chose. Puis avec une pipette, il dépose une goutte de son infâme liquide d'un rouge sombre sur une petite plaie que Claudia a à la naissance d’un ongle. La réaction est immédiate, elle hurle de douleur. Il me semble aussi voir ses prunelles devenir brièvement d’un blanc vitreux. Ce guérisseur d'opérette est en train de me berner, cela ne peut être que ça !

- C’est impossible, murmure Gabriel.
- Qu’est-ce qui est impossible ?
- Depuis quand est-elle dans cet état ? Reprend le druide.
- Depuis le mois de septembre, juste après le premier jour de l’automne.
- L’équinoxe…

La mine de Gabriel Cormier devient terreuse. Il secoue la tête, marmonnant des paroles incompréhensibles. Brusquement il se retourne.

- Dehors ! Partez ! Je ne peux rien faire pour vous !
- Mais expliquez-moi !
- Dehors ! Ne m'approchez plus jamais !



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Stiles Stilinski

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MessageSujet: Re: One drop of Honey    Mer 26 Juil - 22:50

Confrontation





Je suis fébrile et je ne sais pas quoi faire de mes mains. Je tords mes doigts et tape du talon avec une frénésie inconsciente. Il faudrait que je m’achète un handspinner ou un de ces dés anti-stress pour occuper mes mains. Je trouvais ça ridicule, mais finalement, ça pourrait être judicieux. Les connexions se sont faites, pourtant je les réfute. Ca ne peut être vrai. Ca ne peut pas être possible !

Mon père me rappel mes propos de l’époques. Oui, je me souviens vaguement. Je me souviens qu’en grandissant, je me suis moi-même trouvé stupide de m’être ainsi persuadé qu’il s’agissait d’un monstre et je ne me souviens pas avoir fait le lien lorsque j’ai découvert que les monstres n’étaient pas là que pour agrémenter les contes et faire briller les héros dans les histoires. Il s’excuse de ne pas m’avoir cru. Je ne lui en veut pas. À une époque, je partageais son avis.

« Je ne me croyais pas non plus, Papa…

J’aimerais le rassurer plus que ça mais ma voix refuse d’aller plus loin. Je suis trop fébrile pour parler. L’image de ce qui est arrivée se dessine dans ma tête et je ne parviens pas à l’effacer. Qui aurait pu croire l’enfant un peu trop imaginatif que j’étais. Face à la dégénérescence d’une mère, même les plus terre-à-terre auraient parlé de monstre. Je ne me serais pas cru. Même en sachant que les loups n’étaient pas une fantaisie de ma part, je n’ai jamais remis en question le fait que je n’étais qu’un enfant qui essayer de mettre un vilain attaquable sur le dos de la maladie.

Mon père me regarde et me sourire. Derrière toute la peine qu’il ressent, car il ne se remettra jamais de la disparition de maman, ça c’est un fait, derrière toute la honte dont il n’arrive pas à se défaire, alors que lui n’aurait rien pu faire de plus, je perçois cette fierté. Bien sûr cette fierté me réchauffe le cœur. Je ferais tout pour mon père, mais ma curiosité maladive et ma maladresse me poussent souvent à l’embarrasser. Alors quand il est fier, je suis le fils le plus heureux. Mais aujourd’hui, c’est différent…Mais il n’a pas de quoi être fier de moi… S’il savait, il ne le serait pas. Je suis devenu un meurtrier… Il n’y a rien de noble à cela.

Mon père reporte notre attention sur le dossier qu’il a posé devant moi. Il m’explique qu’il a commencé à le monter après avoir rencontré l’homme figurant sur la photo : Gabriel Cormier. Le père d’Alex, le druide. Pourquoi mon père serait-il allé voir un druide alors qu’il ne savait rien du monde sous le monde ? Tout ce qu’il savait de lui, c’était son travail en rapport avec la forêt, en gros, c’était un allié des garde-chasse ou un truc du genre. Il me confie que cela s’est produit peu avant que Maman entre à Echos House. Qu’il s’agissait surtout de la solution de la dernière chance. Quand on est désespéré, on est prêt à tout, même au plus absurde, même au plus inhumain…
Mon père m’en dit plus sur cette rencontre. J’admire l’uniforme, ce n’est pas le cas de tout le monde. D’ailleurs, souvent, ce n’est pas un avis partagé. Pourtant, ne sont-ils pas admirables ? Surtout ceux qui bossent dans des coins comme Beacon Hills ou clairement, ils sont confrontés à des choses qui les dépassent. Et pourtant, ils continuent à se dresser contre le mal, à protéger comme il le peuvent les citoyens. Moi, je leur tire mon chapeau. Ma mère, apparemment, a réagi très étrangement à la vue du druide, comme un enfant qui voit un médecin, ou un chat qui voit la cage dans laquelle on le met quand il va chez le vétérinaire. Il me conte ce souvenir, les pas de Gabriel jusqu’à sa cabane pour en revenir muni d’une fiole au contenu quasi magique tant l’effet était instantané. Ma mère était devenue docile et se contentait d’exécuter, sentir, toucher, goûter… Et tel un scientifique loufoque, Gabriel testait, avançait à tâtons, infirmant ou confirmant ses hypothèses silencieuses. Quand mon père me parle des photos, je fronce des sourcils, comprenant plus ou moins où voulait en venir Gabriel.

« Attends, tu veux dire que…

Mon Sherif de père ouvre le dossier et m’expose trois photographies. Je suis estomaqué. Comment se fait-il que je n’ai jamais remarqué ça ? La réponse est toute trouvée. Il n’y a que très peu de photos de ma mère après qu’elle soit tombée malade et souvent, elle fermait les yeux. Est-ce possible ? On ne s’en serait pas rendu compte ? Par quoi ? Comment Talia a-t-elle pu laisser passer ça ?! Pourquoi est-ce que je n’ai rien vu ?

« Maman s’est faite mordre ?

Mais il réfute cette théorie, avec un argument de taille. Si elle avait été mordue, ses cellules se seraient régénérées. Plus complexe ? Je commence sérieusement à flipper. Qu’est-ce qu’elle avait bon sang ?! Et qu’est-ce que ça a avoir avec Cormier hormis qu’il l’a occulté. Ce n’est quand même pas lui qui l’a rendue malade ?!

Puis il replonge dans le conte de son souvenir. Ce n’était pas une lycan, sinon l’aconit l’aurait fait réagir, mais quoi alors ? Qu’était-elle ? L’était-elle de naissance ? Pourquoi ne l’avons-nous jamais su de son vivant ? L’avons-nous su sans l’accepter ? Que lui est-il vraiment arrivé ? Les questions se bouscule et la nausée qui s’installe n’aide pas la gueule de bois. Mais je résiste, je veux savoir.

Mais mon père n’a guère de réponse claire à m’apporter. Gabriel ne lui en a pas fournies. Il semble avoir décelé ce qui se cachait sous la peau humaine de ma mère, mais il n’en a pas fait part à mon humain de père. Pire encore, il l’a chassé. Il les a chassé de chez lui avec violence. Il a chassé un homme désespéré et sa femme malade tout en sachant très bien ce qui leur arrivait… Il les a abandonnés… Cormier a abandonné ma famille… Cormier a scellé mon passé, et maintenant, il s’immisce dans mon avenir.

Le silence tombe. Le regard de mon père vacille entre les photo, le vide et mon visage. Le mien reste fixé sur les photos de ma mère. Elle s’est retrouvée liée à quelque chose qui la dépassait. Quelque chose qui nous dépassait tous. Elle est une victime du surnaturel, mais pas une victime qui s’ignorait ni même une victime qui a pris les armes pour combattre le mal…non, une victime qu’on a tout bonnement abandonnée à son sort.

Le silence devient pesant, pourtant je ne suis pas en capacité de le briser de façon sereine. Je crois bien qu’en cet instant, si je ne fais qu’ouvrir les lèvres, je vais crier. Je ne pourrais pas m’en empêcher. Je ne pourrais pas retenir ce hurlement qui fait vibrer chaque cellule de mon corps sans même retentir. Je vais crier pour elle qui n’en a pas eu loisir. La rage fait entrer mon sang en ébullition. Je ne suis peut-être pas Hellhound, mais je déchaînerai l’enfer sur terre si je le pouvais. Il l’a abandonnée. Mes poings se serrent et se desserrent. Mes dents crissent tant mes mâchoires sont crispées. Qu’un loup essaye donc de m’attaquer et il verra que moi aussi je peux mordre. Je ferme les yeux dans l’espoir de me calmer, mais c’est peine perdue. Lorsque je clos les paupière, je vois ma mère, souffrante, perdue et seule. Même si mon père était à côté, elle était seule car personne ne pouvait comprendre ce qu’elle vivait ou ne pouvait l’aider. Personne, sauf Cormier, et il l’a laissée tomber. Il n’a même pas essayé de l’attraper. Il lui a juste tourné le dos et il a fui.

Je ne tiens plus. Je me lève de ma chaise, prêt à partir, prêt à aller le confronter à ce passé. Je sais que ce n’est pas sage, qu’il ne faut pas réagir au pied levé, mais il s’agit de ma mère. Je bondis sur la porte, prêt à demander de l’aide à Roscoe, mais mon père m’appelle. Il s’inquiète. Qui sait ce que je pourrais dire sur le coup de la colère. Il sait que je pourrais le regretter, et puis, je crois qu’il ne supportera pas d’être seul en cet instant. Il ne s’est pas levé. Il m’a juste appelé. Et dans son « Stiles » j’ai senti tout le désespoir. Je suis immobile, la main sur la porte. Je serre toujours les dents. Je pose mon front contre le bois et je ferme les yeux. J’ai envie de pleurer, mais je me retiens. Finalement je me retourne, je m’appuis contre le bois massif et je me laisse glisser jusqu’au sol avant de prendre ma tête dans mes mains. J’ai l’impression qu’elle va exploser.

Je ne sais pas pendant combien de temps je reste là à me balancer, à ruminer. Je frotte mon visage été je regarde le plafond en soupirant de colère. Et je reste ainsi. J’assemble les morceau. Non, je prends du recul, les morceaux sont déjà reliés. Je récapitule à voix haute ce que je sais, ce qu’il m’a dit et ce que j’ai compris. Et puis j’émets une hypothèse. Mon père baisse les yeux, pas seulement parce qu’il pense que c’est la même, mais parce qu’il n’y a plus d’autres explications. Une hypothèse…une conclusion, qui mène à une autre, à un destin bien funeste, à une fin.
*-*-*-*-*-*
Cela fait des jours que je n’ai pas parlé à Derek. En fiat, depuis que nous avons rompu. Cela ressemble à des mois. Je me sens mal parce que j’ai réagis comme un abrutis, je crois. Mais, peu à peu, je commence à me demander si pour lui, ce n’était pas mieux…s’il ne sent pas plus libre maintenant. Je n’ai toujours pas digéré ce que j’ai appris. Et à chaque fois que je me dis que j’ai été stupide, que ça ne pouvait pas être ce que je crois, se rappelle à moi ce dossier. Est-il au courant ? Non, c’est impossible, il ne pourrait pas laisser passer cela s’il savait. J’en suis certain. Le suis-je ?

J’ai revu Therence et Liam pour notre enquête. Comme toujours, Therence a remué le couteau dans la plaie. Comme les autres, il doit être…rassuré. Le monde se remet enfin à tourner droit. Cette histoire, pour bon nombre, n’était qu’une aberration…voir même, pour quelques jalouses, une abomination. Therence fait surement partie de ces derniers, mais pour dire vrai, je n’accorde pas grande importance de ce qu’il peut penser de mes intérêts amoureux. Enfin je dis ça, mais c’est faux. C’est bien parce que je porte trop d’importance à ce que pense les autres qu’il m’est si difficile de croire en moi, en ma légitimité auprès de Derek…qu’il m’était…si difficile…

« Stiles !
« Oui…c’est bon, je serais à l’entraînement de Lacrosse, Scott.
« Et après on ira voir ton père, pour voir s’ils ont retrouvé Donovan. C’est quand même bizarre qu’il ait complètement disparu.

Mon regard dévie. Celui de Théo ne me quitte plus. Je baisse les yeux, il est le seul à savoir, lui et Charlie. Charlie n’en a pas grand-chose à faire je crois, il ne s’embarrasse pas de ce types de détails, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Je regarde Scott et Lydia…même Liam…et que dirait mon père ? Et Derek ? Théo ne vient pas avec nous. Il va aider Lydia à la bibliothèque et Liam doit rentrer aider sa mère…Quant à Malia…

« Tu viens avec nous au poste ? lui demandé-je.
« Désolée, je suis prise cette après-midi…

À son regard fuyant, je comprends bien vite qu’elle va voir son père biologique et surtout son demi-frère. Et donc, qu’elle va probablement voir Derek. À partir de là, l’après-midi passe à une lenteur difficilement descriptible. On se croirait dans un de ces films de science-fiction où le temps a été altéré, voir même un de ceux où les protagoniste revivent encore et encore la même journée. Je n’ai jamais trouvé le temps aussi long et douloureux, et je ne comprends pas pourquoi il passe ainsi…Pourtant, quand on arrive au poste et qu’on entre dans le bureau de mon père, la réponse me saute aux yeux, comme le nom sur ce dossier qu’il consultait visiblement juste avant notre arrivée. Il est temps…

Comme je l’ai promis à Scott, nous essayons d’abord de savoir si Donovan a refait surface, même si je sais pertinemment que c’est impossible. Théo a réussi à me coincer encore tantôt. Il s’inquiète, mais il a raison, je ne peux pas le dire à Scott, il ne l’accepterait pas. Derek non plus.

« Tu les…tu l’as revu depuis que…
« … Et toi ?
« …Désolé…

Il n’a rien dit, et pourtant il a tout dit. Bien sûr, je ne lui faisais pas confiance au début. Je ne le croyais pas. Mais il a fait ses preuves auprès de la meute. Il nous a sauvé et puis il n’a rien dit pour Donovan…peut-être que je jouais les aveugles tout ce temps…

Scott quitte le poste et je reste avec mon père, les yeux fixé sur ce dossier qui me hante jour et nuit depuis que je sais qu’il existe. Mon père est appelé pour régler un problème je reste là, sans dire un mot. Je tourne, je fais les cents pas et puis je remarque que le tiroir n’est pas complètement fermé. C’est un éclat qui a attiré mon œil, un éclat de verre…Lui non plus ne dort plus, et c’est tout ce qu’il fallait pour me décider à bouger. Il est temps !

Lorsque j’arrive au manoir, Malia y est encore. C’est étrange, je sais que ça fait un moment que je ne suis pas venu, mais quand même, ça grandi si vite que ça un bébé ? en tout cas, je la trouve très belle avec l’enfant dans les bras. Malgré ses réflexes bourrus, Malia fera une très bonne mère. Un peu…bestiale, sans doute, mais très protectrice. Et puis je le vois. Dieu qu’il est beau ! Merde, moi qui pensais pouvoir contrôler mon cœur…mais c’est impossible. Il s’emballe et bat si fort que j’en ai le souffle coupé. On m’aurait donné un coup de poing dans le ventre que j’aurais eu moins mal. Je serre les dents. Je l’aime et rien n’a changé. Il est ma drogue, mais je ne suis pas là pour ça. Vraiment ? Bien sûr que si, sinon je serais allé chez le druide. C’est Derek que je voulais voir, parce que c’est de lui dont j’ai besoin. Quel idiot j’ai été… J’ai besoin de lui, pour me calmer, pour me soutenir. J’ai besoin de lui pour respirer, pour vivre…même pour survivre. Et j’ai agi comme un imbécile. Croire Théo, mais qu’est-ce qu’il m’a pris ? Derek ne me ferait jamais ça. Alex et lui ne sont pas…

Tuez-moi car je suis déjà mort à l’intérieur… car j’apporte déjà la mort à l’extérieur. Je me pensais stupide, je n’ai surement été qu’aveugle et candide. Finalement, je suis au bon endroit. Malia serre Ian contre elle et regarde Derek puis Alex. Je vois Ruby s’approcher aussi, elle doit craindre une crise de ma part, mais étrangement, je reste simplement silencieux. C’est probablement ce qui leur fait le plus peur. Derek a dû le voir dans mes yeux, tout ce que je ressens encore. Ils l’ont tous forcément entendu. Mais maintenant, mes yeux se sont éteint, car je n’ai pas la force de lutter contre l’évidence.

« J’ai à te parler, Alex….

Mais Derek refuse de me laisser seul avec lui. Il sait que je ne fais pas le poids physiquement, mais peut-être a-t-il peur de ce que je peux lui dire. La parole peut être une arme redoutable, surtout quand c’est la seule qu’on sait manier. Mais je ne suis pas là pour trancher le druide de paroles acerbes, je veux comprendre, je veux savoir pourquoi… Pas pourquoi Derek et lui. C’est ainsi. Je n’ai aucun pouvoir là-dessus. Non…pourquoi… Ils commencent à parler, ils veulent prendre les devants, mais...

« Je ne suis pas là pour ça. Que vous soyez ensemble ou non, que ça date d’avant que je vous surprenne, ou que ce soit moi qui vous ai poussé dans les bras l’un de l’autre, ou même que vous ne soyez pas ensemble, ce n’est pas la raison de ma présence ici. Je ne vais pas dire que je m’en fiche, ce serait totalement faux, mais…ce n’est pas le propos de ma venue. Alex…il faut que je sache…




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Alex Cormier

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MessageSujet: Re: One drop of Honey    Mar 1 Aoû - 6:19

To make the medicine go down...



Alex, dans ces périodes, ne savait jamais à quel Saint se vouer.  Il ne l’avait jamais su.  Il se sentait seul, il se sentait submergé, incapable de rien, mais devant supporter les plus torrentielles moussons, il se sentait transparent et au centre de l’attention à la fois.  Il avait l’impression que des milliards d’yeux invisibles le regardaient et le jugeaient, critiquaient toutes ses pensées et ses décisions, sans lui apporter de conseil ni de solution.  Il ne voyait que des ombres autour de lui, dont les plus tangibles n’étaient que le reflet famélique de ses plus proches parents et amis.  Il se sentait vidé.  De toute énergie, de toute volonté, mais pire encore de tout espoir.  Et plutôt que de continuer de tâcher de prendre le bison par les cornes, il abandonnait et ne cherchait plus à régler les sempiternelles querelles avec son paternel.  À quoi bon?  Le vieux deviendrait Nicolas Flamel, s’il pouvait ne plus vieillir et ainsi pouvoir embêter fiston éternellement.

La raison de ces querelles?  La cabane.  Que Gabriel allait quitter.  Ce qu’Alex avait pris pour une bonne nouvelle, car enfin il pourrait avoir un peu d’air, un peu de champs libre, était en fait une malédiction déguisée.  Son père stressait infiniment sur la valeur de rente et de vente de la maison, sur l’état dans lequel son gamin allait la conserver – comme s’il n’était qu’un adolescent irresponsable qui profiterait de l’absence parentale pour jeter fête après fiesta après party après teuf – et sur d’autres considérations bien terre à terre, mais surtout bien matérialistes aux yeux du druidon qui n’avait l’impression de n’être qu’un pion dans l’équation.

Et c’était bien ça qui avait été le clou qui avait fait déborder le vase!  Lorsque, au détour d’une conversation, le laborantin avait compris que son père ne l’avait invité à Beacon Hills, ne lui avait trouvé un boulot à l’hôpital, ne l’avait hébergé que pour «faire son devoir» et transférer ses connaissances druidiques à son successeur de fils.  Non seulement cela, mais il déclara qu’il avait bien conscience que c’était en manquant à son devoir de la sorte que les traditions les plus ancestrales s’effondraient et disparaissaient, et que s’il avait décidé, comme il se l’était promis, de rester étranger au surnaturel pour le restant de ses jours, il aurait participé au déclin du druidisme, et à l’essor des diverses communauté de chasseurs.

Sauf que, Alex devait-il comprendre, sa quête quasi divine n’était pas terminée, loin de là, puisqu’il avait un second fils, un second successeur à former au cas où son aîné soi entraîné prématurément dans l’au-delà.  Et malgré tout l’effort que mettait le jeune druide à voir comme un compliment – ce qui en était ultimement un – que son père le jugeait suffisamment autonome et compétent pour désormais ne plus avoir besoin de son mentorat.  Aussi bien dire qu’une fois de plus, Gabriel Cormier prenait tout son courage dans ses valises et prenait la fuite, abandonnait son fils.  Comme s’il ne valait guère plus qu’une poupée de chiffons à ses yeux.  La tentation d’appeler Michael était grande, mais Alex se raisonna.  Inutile d’alarmer son frère et d’envenimer la situation.  Lui qui avait chéri les conseils et les bons moments passés avec son paternel.  Lui qui avait cru en cette cicatrice sur leur silence presque bidécennial, lui qui avait espoir que, dès qu’il quitterait la piaule paternelle, leur relation s’améliorerait grandement.

Non.

Il avait été bercé d’illusions et de faux-espoirs.  Et c’est dans cet état d’esprit qu’il partit dans la forêt au pas de course, pour se libérer l’esprit.  Et lorsque, essoufflé, il se mit à la marche pour rentrer, ses pieds le détournèrent d’un conflit qu’il fuyait – à l’image de son père – et le menèrent rapidement chez son plus proche ami, source de réconfort la plus facile à atteindre.  Il avait déjà oublié, le cerveau comme saturé, avoir appelé son ami hier pour lui dire que son père le mettrait dehors s’il ne pouvait pas lui débourser la somme folle qu’il lui demandait pour simplement habiter ce tas de bois pourri, et qu’il espérait que Charlie lui dise rapidement s’il acceptait ou non de cohabiter, oubliant momentanément la relation conflictuelle entre les deux garous.

Rougeaud et en nage, Alex s’était laissé entraîner à l’intérieur sans un mot.  Il avait cligné des yeux à la vue de Ruby et du bambin, réalisant tout ce qui s’était passé en si peu de temps, depuis la noce.  Il avait accepté sans l’entendre l’offre de pancake, le regard loin du tableau devant ses yeux.  Encore plus taciturne qu’à son habitude, il laissait ses sourcils se bercer dans une tentative de réconfort, écoutant sans les entendre les propos de la mère, espérant que le bébé ne connaîtra jamais cette incertitude sur les sentiments de ses parents à son égard.

Ils s’étaient retrouvés à l’extérieur sans qu’Alex ne sache comment ils s’y étaient téléportés.  Derek avait mentionné le nom du patriarche et le druide avait acquiescé, sans véritablement savoir si c’était un cri de rage ou une envie de vomir que le spasme de sa mâchoire avait retenu.  Le loup était déjà au courant de tout.  Il n’avait rien à ajouter qu’il ne sache déjà, et pourtant il avait besoin de se vider l’esprit.  De dire à quelqu’un qu’il craignait de finir sa vie seul et abandonné car il ne savait pas conserver ses relations.  Dire à un ami que leur amitié avait une date de péremption?  Même lui avait plus de tact que cela.

Lorsque la main de Derek lui effleura l’épaule pour s’y poser, c’était comme si tous ses barrages des derniers mois s’étaient effondrés d’un même coup.  Quelque part entre les hoquets et les larmes trônait le désarroi.  Il ne savait même plus pourquoi lui-même s’effondrait.  Était-ce en raison de sa relation envenimée et maudite avec son père?  Était-ce sa façon de faire le deuil d’une amitié pourtant encore florissante avec Derek?  Était-ce parce que sa mère lui manquait?  Était-ce un contrecoup de sa rupture avec Jenny?

Si Derek avait réussi à lui soutirer un sourire furtif, l’arrivée surprise de Stiles, et ses propos glaciaux, horrifièrent Alex, qui mit un temps à comprendre de quoi il s’agissait.  Honteux que le jeune ait surpris son moment de faiblesse, confus par la situation et les conclusions de Stiles qui semblaient ne sortir de nulle part, Alex fit un pas vers l’arrière, puis un second, et il fit volte-face, et un troisième pas.  Lorsqu’il avait compris que Derek voulait faire rager Stiles en se servant de lui, le druide lui faussa compagnie.  Combien de temps était-il d’abord resté là, penaud, à accuser le coup des jugements qui pesaient contre lui?  Impossible de le dire. Et puis, il n’y avait pas à dire, pour des arbres, les Cormiers étaient de sacré fuyards.

Le souffle lourd, Alex s’était retrouvé au lac.  Il avait hésité un instant à appeler Alister ou Charlie, mais mieux valait qu’il reste seul.  Il détruisait tout ce qu’il touchait, il devait bien se rendre à l’évidence.  Il ne comprenait même pas comment il s’y était pris pour anéantir le charmant couple de son ami : il ne saurait même pas quelles erreurs ne pas répéter la prochaine fois.  Les propos de Derek, qu’il n’avait même pas entendu alors qu’il l’accompagnait, lui revenaient à l’esprit par bribes, dégoûté.  Il ne savait même pas comment il avait fait pour palabrer et badiner.

Si le grand méchant loup pensait que le druide avait peur de lui, il se mettait bien le coude dans l’oeil!  Alex irait parlé à Stiles, un point et c’était tout.  Il fallait bien qu’il fasse au moins une bonne chose pour se racheter, n’est-ce pas?  Et puis, ça ne pouvait certainement pas envenimer la situation.  Un élan de colère transperça le biochimiste lorsqu’il réalisa avec quelle facilité Derek avait jeté l’éponge et comment il médisait déjà sur le pauvre humain, sans même tenter de se mettre à sa place et de le comprendre.  Ce n’était qu’un adolescent, Derek lui-même l’avait dit.  À cet âge ingrat, tout était source de confusion, d’insécurité et de frustration, mais il n’avait pas su lire les signes.  Comment le loup voulait-il qu’un tel traumatisme ne vienne pas affecter leur relation?  Une rupture n’était jamais sans conséquence pour tous ceux qui y prenaient part, volontairement ou non.

♣  ♣  ♣

Alex avait pris son courage à son cou et était retourné chez Derek, dans le but de le confronter et de l’inviter à l’accompagner lorsqu’il irait voir Stiles.  Ce n’était certainement pas la meilleure des idées, mais Alex refusait de demander à Charlie, qui se moquerait de lui, et il avait besoin du courage supplémentaire que l’amitié sincère pourrait lui procurer.  Heureusement, la tempête s’était calmée entre les Cormier, qui avaient discuté en jouant cartes sur table.

Le seul problème au plan d’Alex, c’était que les loups étaient des animaux grégaires.  Le petit Ian passait des mains de Malia à Ruby au rythme des pleurs et des gazouillis, mais Alex refusa de le prendre, l’air effrayé à l’idée de pouvoir le briser comme un bibelot.  Tous les traits de son visage occupés à cacher sa frustration, alors qu’il tentait vaillamment de convaincre à demi-mot Derek que c’était la bonne chose à faire, il n’entendit pas la porte derrière lui.  Par contre, lorsque Derek leva les yeux pour regarder dans cette direction, le druide aurait pu jurer que Beacon Hills entier avait tressauté au son du coeur de Derek qui venait de rater un battement.  Alors qu’il se tenait à une distance plus que raisonnable – voire froide – du loup-garou, il regarda au-dessus de son épaule et accueillit la vision de Stiles d’un sourcil à la fois interrogateur et soulagé.  Au moins n’aurait-il pas besoin de jouer les harceleurs ou les maniaques pour trouver l’adresse du Shériff et de son fils.  Qui plus est, il n’avait réellement aucune envie de rencontrer ledit Shériff.  Il y avait de ces choses qui se transmettaient étrangement de père en fils.

- «  J’ai à te parler, Alex….
-Moi aussi! répondit aussitôt Alex, les traits radoucis à l’idée d’avoir une discussion raisonnable entre hommes matures.  Jusqu’à ce que Derek s’interpose.

Il avait peur de quoi, le lycan?  Qu’Alex lui pète la gueule?  Ce n’était pourtant pas du genre du laborantin que de s’attaquer à quelqu’un de la sorte.  Et même si c’était Stiles qui portait le premier coup et qu’Alex devait se défendre, le druide opterait pour l’immobiliser, pas le blesser.  Quel manque de confiance du lupin, qui peinait à voiler ses sentiments profonds, envers son ami, qui le repoussa en lui grognant au visage.  Lui aussi en était capable, quoi.

-Pousse-toi.  Ma mère est à l’autre bout du pays et c’est très bien comme ça.  J’en ai pas besoin d’une deuxième.

Malgré le regard noir et l’expression sérieuse du druide, Derek continuait de s’opposer, tentait de parler à Stiles et Alex confusément.  Il avait dit au druide qu’il préférait perdre un amoureux qui n’avait pas confiance en lui s’il conservait un ami loyal.  Alex désapprouvait furieusement cette conception.  Des amis comme lui, Derek pourrait en avoir des centaines.  L’amour était une amitié bien plus spéciale.

-Si tu me laisses pas rafistoler ça, ça aura servi à rien que tu r’viennes.

Les dents serrées ensemble, Alex siffla entre ses dents son dernier argument, qu’il regretta aussitôt pour le mensonge qu’il était, mais qui ébranla suffisamment le lycanthrope pour que le biochimiste aille rejoindre Stiles et lui fasse signe de le rejoindre à l’intérieur, alors qu’il vomissait ses explications sur le pourquoi du comment de la façon et de la raison par et pour lesquelles il se trouvait là.

Bien sûr qu’il prétendait ne pas être là pour savoir si ses drôles d’idées étaient vraies ou non, de la nature de la relation des deux voisins et de son évolution.  Bien sûr qu’il ne se fichait pas de savoir si ses soupçons étaient avéré ou non, mais que ce n’était pas la raison de sa venue.  Et pourtant, aussi assurément, il annonça à Alex qu’il fallait qu’il sache.

-Regarde-moi, Stiles.  Je te garantie qu’il n’y a rien entre Derek et moi.  J’ai pas réalisé que j’empiétais sur votre relation avec mes malheurs de Sophie, et je le regrette sincèrement.  Tu lui manques, c’est évident.

Alex se gratta l’arrière de la tête, alors que ses sourcils se contractaient en tentant de savoir s’il était sage ou non de dévoiler cette autre information à l’adolescent.  Il trancha rapidement : Stiles était certes hyperactif, ça ne l’empêchait pas de faire preuve de maturité et de présence d’esprit pour un lycée.  Et puis, si on ne le considérait jamais autrement que comme un enfant, comment pourrait-il agir comme un adulte.

-J’parie que cet imbécile t’a pas reparlé de…  De ce qui s’est passé à l’église?

Il y eut un grognement à l’intérieur du manoir et Alex roula des yeux exaspéré en faisant signe de l’index à Stiles de le laisser poursuivre.

-On écoute pas aux portes, là-dedans, c’est pas poli!  Laisse-moi terminer, Stiles.

-Est-ce que Derek t’a dit qu’il est resté totalement inanimé par terre jusqu’à ce que je lui rappelle qu’il avait promis de trouver une solution à son problème, pour toi.  Il a murmuré ton nom avant de devenir un loup.  C’est toi qui l’a fait renaître...  Je ne sais pas pourquoi tu crois que…


Le druide soupira et offrit un regard mélancolique au gamin.  Que devait-il encore lui dire pour qu’il reprenne suffisamment confiance en lui et voit ce que tous voyaient déjà?  Derek serait capable de devenir fée du logis si c’était ce dont son pixie avait besoin.  C’était d’une personne énergique et vibrante comme Stiles qu’il avait lui-même besoin, pas d’un taciturne à sa propre image.
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MessageSujet: Re: One drop of Honey    Ven 18 Aoû - 12:29


One drop of Honey

L
a vie au manoir s’est trouvée une routine et un quotidien fait d’équilibres et de compromis. Finalement la cohabitation avec Peter ne se passe pas trop mal et il faut avouer que notre druide est celle qui attire les énervements de chacun. La chatte n’en loupe pas une  pour faire sortir mon oncle de ses gonds. La dernière fois, il a bien failli la bouffer. Dans un sens cela nous arrange, quand il est occupé à médire de la féline il oublie de critiquer « le neveu ».

Nous avons régulièrement la visite de Malia. Son demi-frère Ian est plus un prétexte pour se rapprocher de ce père qu’elle a du mal à cerner et à accepter comme géniteur. Cependant ma cousine est bien une Hale, elle a un caractère fort et entier qui nous définit. Ian étant un bébé paisible et conciliant, il ne fait pas cas des brusqueries de sa sœur.

C’est festival aujourd’hui puisse qu’en plus de la visite de Malia qui se pointe toujours à l’improvise, Alex est aussi passé nous voir. La raison de sa venue m’a fait grincer des mâchoires mais comme je fais de moins en moins confiance à Mafdet qui m’apparaît de plus en plus comme une diseuse de bonne aventure et de moins en moins comme une druide, avant qu’il me rabâche les oreilles de Stiles, je lui ai exposé le cas de la croissance impromptu de Ian en une nuit. Au moins je fais confiance à Alex. S’il ne sait pas, il me le dira sans fard ni faux semblant. C’est ce que j’apprécie chez lui, son honnêteté. Et effectivement il ne sait pas trop quoi penser de la croissance rapide de Ian, mais m’a assuré qu’il se renseignerait. Amusé je note qu’il évite de porter le bébé qui passe de bras en bras. Je n’écoute que d’une oreille sa volonté d’aller voir Stiles ensemble. Pourquoi se préoccupe-t-il de cela alors qu’il a déjà suffisamment de soucis personnels avec Gabriel qui se barre laissant à son fils sa cabane, mais pas de façon gratuite. Cormier père est décidément un type bien particulier.

Je refuse de parler à un gars qui n’est pas capable de me faire confiance. Un couple est mort si le moindre quiproquo est sujet à doutes. J’accepte Stiles pour ce qu’il est avec ses qualités et ses défauts. Par contre qu’il doute encore de mes intentions à son égard est pour moi rédhibitoire. Cette fois c’est Alex et la prochaine fois ? Va-t-il réagir ainsi à chaque fois que je me risque à sourire ou étreindre quelqu’un d’autre ? Je ne suis déjà pas de nature très démonstratif, je refuse de devoir me brider sur le peu d’affection que je montre parce que mon mec est jaloux. Cela serait m’enfermer dans une cage, m’emprisonner, et me priver de ma liberté.

Seulement voilà que mon geôlier pointe son museau au manoir, lui aussi sans crier gare. Ce manoir se transforme en moulin à vent, ai-je l'intention de crier ! Cependant ma remarque acerbe meure sur mes lèvres lorsque je le regarde. L’animal qui est en moi le désir avec une force et une violence inouïe. Mon abstinence de ces dernières semaines ne m’aide pas à garder ma maîtrise. Mais les premiers mots de Stiles se chargent de doucher froidement mon ardeur naissante.

- J’ai à te parler, Alex…

Ah non ! Pas question qu’il casse les pieds à Alex qui n’a rien fait et qui est déjà suffisamment mal à l’aise avec cette situation. Mais c’est au tour de mon ami de me couper à nouveau l’herbe sous les pieds.

- Moi aussi, lui répond le druide.

La moutarde commence à me monter au nez.

- Temps mort ! Dis-je d’une voix forte en m’interposant entre ces deux hommes qui ont tous deux beaucoup d’importance à mes yeux.

Je ne veux pas que mon amitié avec Alex soit gâchée par les puérilités de Stiles. Et je crains que Stiles ne se mange en pleine face soit un raisonnement mature made Cormier, ou dans le pire des cas son poing. Gabriel collant la pression à son fils depuis un moment, il ne serait pas étonnant que l’habituel pacifiste explose.

- Pousse-toi.  Ma mère est à l’autre bout du pays et c’est très bien comme ça. J’en ai pas besoin d’une deuxième.

- Rhaaa ! Alex ! Râlé-je alors que mon ami me pousse sans autre forme de procès.

- Je ne suis pas là pour ça. Réplique Stiles me laissant sans voix.

Qu’il ne me dise pas qu’il est venu faire des papouilles à Ian. Ce môme est adorable, mais quand même ! Ou alors il a suivi Malia ? Je serre les dents à l’idée qu’il a de nouveau des vues sur ma cousine. Ses sentiments pour moi étaient-ils donc si fragiles ?!

- Que vous soyez ensemble ou non, reprend-il d’une voix décidée à ne pas être interrompue, que ça date d’avant que je vous surprenne, ou que ce soit moi qui vous ai poussé dans les bras l’un de l’autre, ou même que vous ne soyez pas ensemble, ce n’est pas la raison de ma présence ici.

- Gné ? Grogné-je.

Il nous fait quoi là ?! Je lance un regard à Ruby qui hausse les épaules aussi perplexe que moi.

- Je ne vais pas dire que je m’en fiche, ce serait totalement faux, mais…ce n’est pas le propos de ma venue. Alex…il faut que je sache…

Mon cœur sursaute à cet aveu, devant Malia en plus. Je suis finalement intrigué de la raison de sa venue, mais Alex le coupe, borné dans son idée de nous rabibocher. Rhaaa ! Ils sont pénibles les humains.

- Si tu me laisses pas rafistoler ça, ça aura servi à rien que tu r’viennes.

Le voilà qu’il entraine Stiles dehors avec menace de sourcils si j’ose les suivre. Mais faites donc comme si je n’existais pas ! La bouche plissée de mécontentement, je regarde les deux humains sortir avec un Alex qui lui assure qu’il n’y a rien entre lui et moi. C’est bien la peine de prendre la précaution de sortir si c’est pour beugler ainsi à cinq mètres d’oreilles de loups ! Y en a pas un pour récupérer l’autre. Puis cela me plait moyen que ces deux là s’entendent.

-J’parie que cet imbécile t’a pas reparlé de…  De ce qui s’est passé à l’église? Glisse Alex.

- Grrrr ! Je ne suis pas un imbécile !

- On n’écoute pas aux portes, là-dedans, ce n’est pas poli!

- Rappelles-toi que je suis un loup druide en mousse ! Beuglé-je depuis le salon. Si tu ne veux pas que TOUS les occupants du manoir d’entendent, vas parler bien plus loin que de l’autre côté du mur !

Je fais un regard sévère à Peter que la situation amuse beaucoup. Et voilà que l’autre traitre raconte comment il a réussi à me ramener à la vie et dévoile le moteur de mon existence. Je me détourne de Ruby qui tente de me faire un sourire encourageant. Pas moyen de bouder peinard dans cette maison !

Seulement mes oreilles n’écoutent pas seulement les propos d’Alex mais aussi la réaction de Stiles. Le druide est sincère et le fils du sheriff n’a pas besoin d’entendre son cœur pour savoir que ce qu’il dit est la vérité. Il ne me reste que deux choix, continuer à jouer au bougon et l’offusqué dans mon coin, ou éclaircir la situation. Je ne saurais pas dire si je suis sorti tout seul ou si Ruby ne m’a pas poussé un peu, mais me voilà dehors avec les deux autres pignoufs.

Alex fixe Stiles comme s’il pouvait lui imprimer ce qu’il pense dans le cerveau. Stiles est indécis et son regard oscille entre le druide et moi. Je ne sais pas ce qui le motive autant pour être venu au manoir, ni ce qu’il veut particulièrement à Alex. D’ailleurs, pourquoi est-il venu ici, si c’est au druide qu’il voulait parler ? Pourquoi pensait-il avoir plus de chance de le trouver au manoir que chez lui ? Même si la réalité lui donne raison.

La réponse est évidente. Son regard sur moi vaut tous les aveux. Ajoutons à cela la pression familiale, celle de ma meute, je peux difficilement rester de marbre.

- Il n’y a rien entre Alex et moi, confirmé-je. Et le fait que tu me fasses si peux confiance m’a profondément blessé. C’est pour cela que j’ai laissé le doute planer, avoué-je dans un souffle.

Je regarde Alex et lui fait un sourire contrit. Je l’ai mêlé à tout cela et il n’en avait vraiment pas besoin. Puis je me tourne à nouveau vers Stiles.

- Je crois qu’une discussion s’impose entre nous, commencé-je. Mais sans oreilles indiscrètes.

Je crois entendre mon oncle y aller d’un « et merde » et Ruby lui demander de se taire.

- Stiles ? Qu’est ce qui te préoccupe tant et qui dépasse notre querelle de couple ?

Je sens bien que c’est important. J’ignore pourquoi Alex est au centre de son attention. Nous avons tout trois suffisamment pâtis des non-dits et des faux semblants, alors si pour une fois nous pouvions parler clairement du problème qui semble le préoccuper… Être honnêtes entre nous, nous éviterait bien des tensions inutiles. Je reconnais maintenant que ma réaction a été aussi puérile que la sienne. Puis il y a autre chose à laquelle mon loup réagit, comme si un danger planait sur Stiles. J’ai envie de le prendre dans mes bras, mais je ne sais pas comment il va réagir, puis il y a trop de témoins à mon gout.



















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MessageSujet: Re: One drop of Honey    Dim 10 Sep - 18:55

Revelations




Alex n’y est pas du tout. Il reste bloqué sur ma rupture avec Derek quand moi, je veux parler d’un autre sujet, un sujet plus lointain, mais aussi plus….mortel. Derek tente de s’opposer à cette discussion, mais Alex est plutôt têtu dans son genre ! Et il sait avoir la langue acerbe. Pas souvent qu’il est moussé le bichon ! Mon esprit est ailleurs, obnubilé par ce que j’ai appris sur ce qui est arrivé à ma mère, mais Alex ne me laisse d’autres choix que celui de l’écouter. Il essaye de me convaincre qu’il n’y a rien entre Derek et lui. Que je manque au Big Bad Wolf. Est-ce seulement vrai ? Alex continue sur sa lancée et revient sur ce qu’il s’est passé à l’Eglise. Ce jour où Alex l’a sauvé…Alex pas moi…moi, j’étais bien trop occupé à tuer un ado…

Je lève les yeux vers Alex lorsqu’il me confie que c’est bien mon nom que Derek a murmuré en revenant à lui. Mon nom…lui, il est revenu pour moi ? Et moi, je suis devenu un meurtrier et cette fois, je n’ai plus le Nogitsune pour justifier cette ignominie. Il a grandi pour me revenir, et moi, j’ai fait quoi ? J’ai tué, je me suis montré jaloux, j’ai menti, et je l’ai déçu…

Je recule d’un pas et serre mon bras avec douleur. Ce n’est pas physique, c’est mental. Je suis paumé. Scott est aux abonnés absents et je ne sais pas vers qui me tourner. Théo est là, souvent, et comme un idiot je l’écoute. Pourquoi, je l’écoute ? Je ne lui fais pas confiance en plus. Je suis vraiment stupide…Mon regard vacille entre Alex et Derek. Je tremble car je me rends bien compte que je n’ai été qu’un abruti fini, je l’ai même toujours su. J’ai confiance en Derek, j’ai bien plus confiance en Derek qu’en n’importe qui d’autre. Et ses mots ne font que me faire sentir plus misérable. Il était en droit….

« Je sais. Je suis désolé. J’ai été idiot. J’ai confiance en toi. C’est en moi que je n’ai pas confiance. Et si je peux changer à ce point. Si je peux devenir capable de…je…

Je relève les yeux vers Derek. Il est encore plus beau que dans mes rêves.

— « Je ne peux pas me cacher derrière le Nogitsune, pas cette fois…Et je ne sais pas si tu pourras me pardonner…

Ma main se pose sur mon épaule. Tout le monde me dit intelligent, mais je peux être d’une stupidité affligeante parfois, plus souvent qu’on ne le croit, et sur le coup, Derek est plus perspicace que je ne le serais jamais. Nous nous éloignons. Peter se faisait un malin plaisir de nous espionner et je pense que Malia et Ruby n’étaient pas en reste, même si concernant Ruby, je penche plutôt pour une conscience d’alpha et de mère, d’être capable d’intervenir au besoin et surtout, elle veut que nous allions mieux. Mais il faut que je sache pour aller mieux…

Une fois hors de portée des oreilles indiscrète de l’oncle de Derek, le loup à la camaro me demande ce qui me préoccupe et qui dépasse sans conteste notre couple. Je suis mal à l’aise ; Il y a deux sujets et si je veux que notre relation ait une chance, il faut d’abord que je sois honnête sur ce qu’il s’est passé à l’église.

— « Avant d’aborder ce pourquoi je suis venu, il faut que je t’avoue ce que j’ai fait….pourquoi je pense que tu ne voudras sans doute plus de moi et surtout…pourquoi tu en aurais parfaitement le droit….Je…j’ai tué quelqu’un Derek… Donovan…je…j’aurais pu le sauver lorsqu’il est tombé….mais je….j’aurais pu le sauver et je n’ai rien fait….


Je l’ai tué…en ne faisant rien, je l’ai tué… Je renifle et j’essuie mon visage avant de souffle.

« Mais ce n’est pas pour ça que je suis venu…. »

Je relève les yeux et alors je me mets à leur raconter ce que j’ai appris de la bouche de mon père, ce que j’ai appris sur ma mère. Je ne rêve plus que de ça. Chaque nuit, je me retrouve dans cette forêt et chaque nuit, je finis par la voir, les yeux fous, l’envie de me tuer, comme dans ses derniers jours. Chaque nuit j’essaye de comprendre ce qu’il s’est réellement passé, ce qui lui est arrivée et comment elle aurait pu être sauvé…comment je… depuis quelques nuits, elle n’est pas la seule femme que je vois dans mes cauchemars…Car s’il avait agis comme il aurait dû le faire, elle non plus ne sera pas morte…du moins c’est ce que j’en ai conclue… S’il avait agi comme son rôle impliquait qu’il le fasse, je n’aurais jamais….peut-être que je n’aurais jamais eu à vivre ça….


Mes mots s'éteignent et je les regarde. J'accuse, et j'attends de savoir ce qu'en dit Alex. Ce que je vais faire ensuite, je n'en ai pas la moindre idée...




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MessageSujet: Re: One drop of Honey    Mer 27 Sep - 11:00


One drop of Honey

A
lex est parti sur sa lancée. Refusant de rester le prétexte de ma séparation avec Stiles, il argumente et vilipende, martelant ses propos d’un regard expressif et appuyé. Je me rends compte que j’ai mis mon ami dans une situation inconfortable. J’ai maintenant honte de ma lâcheté, et d’avoir laissé le quiproquo s’installer. Je n’ai pas fait cas de la sensibilité du druide qui a horreur d’être mêlé à des problèmes, et encore plus quand il ne s’agit pas des siens. J’ai beaucoup à me faire pardonner auprès de lui.

De son côté, Stiles semble enfin admettre la réalité de notre situation et le confort que nous avons pris tous les deux avec cette dispute qui n’en est pas vraiment une et de ce fait, biaiser la véritable discussion. C’est son nom, son souvenir qui m’ont permis de revenir des limbes où je m’enfonçais après l’attaque de William. C’est le souvenir de cet humain que tout mon être refuse de laisser seul qui m’a aidé à évoluer, à achever mon cycle. Peu de garous y arrivent, je me dois de ne pas briser ce que j’ai construit.

Stiles souffre. C’est une évidence. J’aimerai le consoler, seulement je sais qu’il doit aller au bout de ce travail sur lui-même, même si cela met son âme à vif.

- Je sais. Je suis désolé. J’ai été idiot. J’ai confiance en toi. C’est en moi que je n’ai pas confiance. Et si je peux changer à ce point. Si je peux devenir capable de…je…
- Stiles, moi aussi j’ai confiance en toi, murmuré-je.
- Je ne peux pas me cacher derrière le Nogitsune, pas cette fois…Et je ne sais pas si tu pourras me pardonner…

Je ne comprends pas pourquoi il évoque le Nogitsune. Et qu’est-ce que je dois lui pardonner ? Je n’aime toujours pas la foule de témoins et d’oreilles indiscrètes. Nous nous éloignons du manoir.

- De quoi s’agit-il Stiles, demandé-je doucement.

Je le regarde avec douceur. Cela me vrille le cœur de le voir si torturé. Alors il commence à parler d’une voix hésitante. Il y a bien plusieurs problèmes. D’une voix blanche il m’annonce qu’il a tué quelqu’un. Le jour de l’attaque de l’église il a dû faire face à une chimère, Donovan. Ses explications restent décousues, mais j’imagine sans mal la scène. Stiles paniqué, persuadé que je suis mort et qui tente d’échapper à un poursuivant bien plus fort que lui. Je vois bien le coup de chance fortuit qui lui donne l’avantage. Retenir Donovan revenait à lui offrir sa vie.

- C’était de la légitime défense Stiles. Et qui suis-je pour te juger sur un tel acte ?

Je laisse mes yeux luire de leur aura surnaturelle. Le bleu électrique trahissant un crime immonde. La mort de Paige reste et restera marquée au fer rouge dans mon cœur. Je garde cette brisure qui parfois me mine. Cependant cette cicatrice est aussi le rappel d’une leçon. J’ai eu l’impudence de vouloir hisser Paige à mon niveau. Comme si être un loup était un état supérieur à la simple humaine qu’elle était. Mon erreur lui a couté la vie. Cette dure leçon me permet d’aimer Stiles comme il est. Je ne veux surtout pas qu’il change. Je l’aime humain et pas autrement. Il semble que nous avançons. Stiles sait qu’il n’y a rien entre Alex et moi, et il vient de lâcher ce qui le minait depuis l’attaque de William.

- Mais ce n’est pas pour ça que je suis venu…

Avec Alex j’écoute l’effarante histoire que nous conte Stiles. J’entends le cœur du druide s’accélérer. Il sort d’une accusation injuste pour retomber sur une autre. L’ahurissement d’Alex n’est pas feint. Je prends la mesure de ce qu’il s’est passé. L’incompétence, ou la négligence de Gabriel Cormier à « fermer » la zone qui entoure le Nemeton lors de cette super lune un peu particulière, le Nogistune toujours prisonnier mais qui arrive à tendre son aura jusqu’à atteindre Claudia, Stiles trop jeune pour comprendre et pour finir la maladie dégénérative que cela a provoqué chez sa mère.

Stiles veut des explications. Sa mère aurait-elle pu être sauvée ? Ou l’attitude de rejet de Gabriel quand le Noah était venu avec Claudia dans un ultime espoir, n’était que le reflet de la lâcheté du vieux druide à ne pas assumer une erreur de jugement, voir un travail qu’il comprend avoir bâclé. Je ne sais pas si Alex a les connaissances qu’il faut pour répondre à Stiles. Est-ce que son père lui a donné quelques recommandations qui pourraient avoir comme origine ce jour maudit ? Cependant mon ami est pétrifié. Sa relation avec son père n’est pas vraiment au beau fixe, et encaisser des accusations à sa place est rude.

- Stiles dis-je doucement. Alex n’était pas là le jour des faits. S’il faut tirer au clair ce qu’il s’est réellement passé pour que toi et ton père fassiez définitivement votre deuil, il faut savoir prendre du recul. Gabriel sait comment cela s’est terminé pour Claudia. Il n’y a pas de tribunal qui juge ce genre d’affaire. Mais comme toi tu es meurtri d’avoir laissé Donovan mourir, je suis certain qu’il en est de même pour Gabriel.

Cela peut aussi expliquer le côté particulièrement bourru du vieux druide. Son côté acariâtre n’est peut-être là que pour cacher ses blessures plus profondes. Je crains que cette affaire nuise encore plus à la relation père – fils entre les deux druides. Finalement je doute de la pertinence de ce que je viens de dire.

- Stiles ? Ta recherche va nous confronter à deux réponses possibles. La première est l’effet irrémédiable de cette connexion fortuite entre Claudia et le Nogitsune. L’autre étant que ta mère aurait pu être sauvée. Je ne connais pas vraiment Gabriel, mais aurait-il renvoyé ton père s’il avait une solution ? Et quel que soit la réponse à tes questionnements, est-ce cela changera quelque chose à ta vie de maintenant ? Quel en sera l’impact sur celle de Gabriel et par ricochet sur Alex ?

Je ne souhaite pas détourner Stiles de sa quête, mais juste qu’il prenne la mesure de l’impact que cela va avoir sur les vivants d’aujourd’hui. Après je conçois qu’un mot d’excuse de la part de Gabriel pourrait l’apaiser lui et son père. Mais connaissant mon grognon de voisin…



















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MessageSujet: Re: One drop of Honey    Mar 17 Oct - 18:34

To make the medicine go down...



Alex avait beau tenté d’ignorer les gamineries du loup autant que possible – c’était qu’ils tentaient d’avoir une discussion entre adultes, ici – mais c’était un peu une mission impossible avec Derek qui insistait pour les suivre à l’extérieur et ajouter son petit grain de salpêtre à la poudre.  Les aveux tombaient et Alex resta coi pour la plupart.  Il retenait à grand peine sa main de remonter claquer derrière le crâne du bourriquet de service, répondant à son sourire en demi-excuse par une œillade noire, lorsqu’il avoua s’être servi de lui et avoir laisser le doute planer dans l’esprit de Stiles par exprès.  Il avait réalisé, le louloup, qu’ils n’étaient plus aux lycée?

Alex s’impatientait, tranquillement.  Sa mèche se raccourcissait et sa tolérance vacillait.  Le druide haussa un sourcil intrigué en direction de l’adolescent, avant de plisser les yeux en comprenant là où il voulait aller.  Un instant, le biochimiste songea à l’arrêter, faire diverger la situation, mais peut-être était-il mieux de crever l’abcès et de laisser Alex, comble de l’ironie, jouer les médiateurs.  Les arcades sourcilières se froncèrent un instant : ce n’était pas en raison du mariage qu’il s’était présenté, aujourdhui?  Bien sûr que non, puisqu’il voulait parler à Alex.  Et si ce n’était pas pour leur relation fabulée, à Derek et lui, que restait-il?  Le chat était sorti du sac et le laborantin jeta un regard en coin à son voisin, incertain de sa réaction.  Ses paroles étaient douces et compréhensives, ce qui était bon signe.  Par contre, Alex ne remarqua pas l’éclat bleu électrique dans les yeux de son voisin, trop préoccupé à dévisager Stiles.  Il voulait le rassurer, lui dire également qu’il n’était pas un monstre.  Certes, il ne s’était pas trouvé sur les lieux, mais…

-Charlie m’a dit que tu gigotais pour conserver ton équilibre, et que vous étiez à deux doigts de tomber ensemble, un instant plus tard, Donovan et toi, s’il n’avait pas lâché prise.  Je comprend que tu te sentes coupable, c’est probablement même normal, mais tu n’as rien à te reprocher.

Alex s’était décidé à parler, finalement, entre maladresse et hésitations, le regard petit et compatissant, comme s’il craignait de déranger en donnant son avis.  Pour ce que son avis pouvait valoir, de toute manière…

Mais ce n’était pas pour cela que Stiles était venu.

Et il se mit à raconter.

Alex regrettait d’avoir pris la part de ce gamin.  Au fil du récit, l’œillade qu’il avait dirigée à son voisin se manifesta de nouveau en direction de l’amant de celui-ci.  Sa mâchoire se crispait comme la pince d’un étau que l’on tourne lentement sans qu’il n’ait rien à tenir.  Ses tendons et ses muscles se raidirent doucement, en débutant par ceux des phalanges et des mollets, puis en progressant le long de ses appendices, remontant comme le sang qui était en train de faire demi-tour dans ses veines – ou ses artères, s’il remontait – jusqu’à son estomac en boule.  Quel ingrat que ce Stilinsky.  Après tout ce qu’Alex avait fait pour eux, après la loyauté qu’il leur avait démontrée, comment osait-il venir accuser et insulter son père aussi injustement?

Gabriel était loin d’être parfait, et Alex était plutôt bien placé pour le savoir, mais c’était un homme bon, avec de bonnes valeurs, qui avait su être un bon père pour ses enfants.  Moins pour ses adolescent, puisqu’il avait été mis à la porte et s’était réfugié à Beacon Hills.  Alex recevait les coups avec la même étanchéité qu’un mur de béton sur lequel le faible poing de l’hyperactif cognerait en vain.  L’insolent!  Tentait-il simplement d’anéantir la relation déjà fêlée des deux druides?  Le nid de vipère qui sortaient de ses lèvres empoisonnées n’était-il qu’une nouvelle fabulation de son esprit, une tentative de recevoir plus d’attention encore de Derek, et tout le monde, ou un acte de vengeance aussi injuste qu’injustifié?  Cherchait-il à anéantir la réputation ou la valeur de l’ermite aux yeux de ceux qui le connaissaient toujours.  De marbre, Alex ne bougea pas, ne répondit pas immédiatement.  Son cerveau surexcité beaucoup trop occupé à analyser les possibilités et faire des liens.

Et si c’était vrai?

Cela pourrait expliquer pourquoi Gabriel lui avait conseillé, lorsqu’il lui avait appris leur double nature, de ne pas laisser s’ébruiter celle-ci.  Pourquoi il avait mentionné que de nombreux druides restaient inconnus des meutes auxquelles ils étaient affiliés à l’exception de l’alpha, qui seul connaissait l’identité derrière le rôle.  Cela expliquerait pourquoi il ne reconnaissait pas en l’ermite bourru avec lequel il vivait l’homme qui l’avait vu grandir.  Cela expliquerait les mises en gardes et le paternalisme à outrance de Gabriel, qui semblait parfois décidé à contrôler la vie de son fils dans son entièreté.

Mais c’était impossible.  Jamais le vieux druide n’aurait permis une telle chose, jamais il n’aurait abandonnée une femme à son sort.  C’était d’avoir trop voulu aider et sauver les autres que son couple était mort et avait flétri.  Même lorsqu’il prétendait s’être retiré de la profession, il avait continué de recevoir les créatures mal en point pour leur prodiguer des soins.  Non, jamais il n’aurait abandonné une femme à son sort.  Pas si il pouvait faire quelque chose pour elle.  Pas si il aurait pu tenter, pas s’il avait eu une piste à suivre.

Les paroles de Derek résonnaient loin des oreilles d’Alex, trop perdu dans ses pensées pour y porter attention, et définitivement trop complexes pour ce qu’il pouvait gérer en ce moment.  Et puis, le sang dans ses tempes était assourdissant.  Ce n’est qu’au moment où Stiles ouvrit de nouveau la bouche qu’Alex sembla reprendre vie.

-De quel droit…? entendit-il sa voix éteinte résonner contre les arbres de la forêt.  Tu. Ne. Sais. Rien. De. Mon. Père! tonna-t-il aussi subitement qu’un orage d’août.  Il réalisa alors qu’il avait marteler le torse du gamin du bout de l’index à chaque mot, et recula d’un pas, en dévisageant le lycéen comme s’il le voyait pour la première fois.

-Tu ne sais même pas ce qui s’est passé, ce qui s’est vraiment passé.  C’est que des spéculations, tout ça.  Et tu penses quoi?  Que tu aurais fait mieux?  Qu’il suffit de dire Shablaga et que tout est réglé par magie?  Tu penses que tu peux venir me dire des merdes sur mon père sous le prétexte qu’on a de la misère à se supporter, lui et moi?  Tu penses que tu peux l’insulter sans que je ne dise rien?

Le druide se rendit alors compte que la main de son voisin lui broyait l’épaule, et il se dégagea d’un mouvement sec.  Le laborantin lança un regard au loup, l’air de dire « t’en fais pas, je briserai pas ton joujou ».
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MessageSujet: Re: One drop of Honey    Ven 3 Nov - 20:07

Acceptation




La situation se décante enfin. Serais-je sur le point de retrouver mon BigBadWolf ? Mais...ce n'est pas pour cela que je suis venu. Une Vérité éclate, mais une autre est toujours dissimulée...Alors j'en dis plus, j'explique ce que je sais. J'essaye d'être objectif, mais ce n'est pas une tâche facile avec la rancœur que je porte.

L'instant suivant, le doigt d'Alex me martèle et sa voix résonne dans les bois en me laissant, le temps d'une seconde, sous la surprise de ce revirement de situation. Mon visage se ferme alors que tout devient clair. Cela m'aura pris du temps mais j'ai enfin compris. Mon premier réflexe a été de me méfier de Théo, mais Scott et les autres ont finis par me convaincre, à tort. Théo est un manipulateur et j'ai sauté à pieds joints dans son piège. Mais s'il est si bon, c'est parce u'il est fin observateur. Il a remarqué sans mal combien je manquais de confiance en moi. Il a senti que je souffrais. Il a vu qui j'étais.

Avec une lenteur froide à l'encontre de la nature que tout le monde me connait, je balaye le doigt d'Alex d'un revers de la main. « Void » . C'est le mot que Théo a laissé échappé avant de nier l'avoir prononcé. Mais je sais ce que j'ai entendu. Si l'histoire m'est si douloureuse, c'est parce que ce n'était peut-être pas tout à fait un accident. Je ne voulais pas sa mort, mais je savais pertinemment qu'en agissant ainsi, c'est ce qui l'attendait, et pourtant, j'ai continué. Scott ne me le pardonnera jamais...

Derek s'essaye à une morale bancale et mon rythme cardiaue, plutôt que d'accélérer de frustration et de colère, ralenti de détermination. Après tout, qu'est-ce que la Vérité ?

- "Alex, contrairement à ce que tu penses, je ne sais rien de ta relation avec ton père. Derek se contentait de me dire qu'il te voyait, sans jamais m'en dire plus. Il mettait un point d'honneur à protéger ta vie privée et votre relation. Un bon argument pour croire au quiproquo. Pourquoi ne rien dire si ce n'était pur cacher une romance naissante. Mais pas la peine de revenir dessus. J'aurais du te faire confiance Derek. J'ai été un véritable imbécile.

Je hausse les épaules. C'était stupide de ma part de douter de Derek. Mais s'il n'était pas un loup, aurais-je été vraiment si stupide de me méfier ? Enfin, il est un loup fidèle et sage et je n'aurais même pas du me poser la question.

-"Je me trompe peut-être mais je doute avoir la vérité en confrontant ton père. C'est pour cela que je souhaitais t'en parler à toi. Pour avoir la Vérité et non une excuse, même si elle s'avérait être douloureuse pour moi."

Mon regard se tourne vers Derek, puis à nouveau vers Alex avant de fixer un point inconnu. J'aime Derek à la folie. Je ne veut plus le faire souffrir. Quiqu'il en coûte.

Mais Derek a raison. Et toi aussi. Je n'ai pas le droit de porter de telles accusations. Comment puis-je oser mettre en péril ta relation avec ton père ? Et puis, je n'ai aucune bonne raison d'en rajouter une couche. Ton père est sans aucun doute un excellent druide. Il n'y a qu'à voir comme tu t'en sors avec le Big Bad Wolf, et puis c'était quand même un druide super important à Beacon Hills et ce n'était certainement pas pour rien. Il n'aura pas fait une telle erreur et puis quand bien même il en aurait fait une, à quoi ça servirait de remuer le couteau dans la plaie. Derek a raison. Un druide de la trempe de ton père, qu'il soit coupable ou non s'en veut déjà certainement bien assez comme ça. Je n'ai pas le droit d'en rajouter une couche. La Vérité n'est qu'une illusion. Elle ne me ramènera pas ma mère.

Malgré moi, ma voix est baignée d'amertume. Il a sans aucun doute raison. Pourtant, d'une certaine façon, ça me fait mal qu'il soit plus important de se battre pour l'illusion...pour Alex... Mais en même temps, c'est la décision la plus sage. Rien ne me ramènera ma mère et rien ne ramènera ceux que le Nogitsune a tué de mes mains. La Vérité ne changera rien. Elle pourrait même faire encore plus de dégât.

-« Je suis désolé. Je n'aurais jamais du venir. Je n'aurais jamais du vous raconter tout ça. Excuse-moi Alex, c'était une erreur...

Je tourne les talons et commence à retourner vers le manoir. Quand je passe à côté de Derek, mon cœur se serre. Il ferait tout pour moi, je le sais. Il remuerai ciel et terre. Et c'est pour ça que je ne remettrai pas en doute son jugement.

-«  Je ne savais pas que tu vivais avec le poids de ce choix sur la conscience. J'y avais pensé sur le moment, mais les choses ont tellement évoluées depuis. Scott a tellement bien évolué. Je ne pensais pas que tu t'en voulais encore de n'avoir pas pris en compte ce qu'il pouvait advenir de son avenir et de ses relations avec son entourage quand tu as tranché la gorge de Peter. Je n'avais pas réfléchis à ça en venant ici. Mais je ne veux pas vivre avec ça sur la conscience, tu as raison.

Parce que ce ne peut-être que pour cela. Ce ne peut être que parce qu'il connaît le lourd poid d'avoir décidé pour un autre qu'il me demande de renoncer à la vérité. C'est la seule explication possible, pour qu'il me demande d'accepter de vivre dans l'incertitude, dans l'éternel questionnement. Etais-je réellement fou d'avoir cru voir un monstre ? Vais-je le devenir, comme ma mère ? J'ai toujours vécu avec ces questions, je m'y suis fait.

-« Qu'importe la Vérité ... »

Je regarde mon poignet, plus une trace de la marque de Luka. Elle était pourtant là, mais elle ne l'est plus. Qu'importe la vériité. Seul compte le présent. La marque n'est plus. Ils ont raison. Je ne ramènerai pas ma mère avec la connaissance. Elle est morte et je ne peux rien n'y faire. Derek hésite , je crois, à m'arrêter. Ses doigts frôlent mon bras sans l'aggriper. Je m'arrêter et je me dégage sans aucune violence. Je le regarde intensément et je m'apprche pour goûter ses lèvres. Elles m'ont tellement manquées. Je plonge ensuite mon nez contre son torse et je murmure...

 Ironique...l'amour rend donc vraiment aveugle...Nous nous sommes séparés parce que je n'ai pas su voir la vérité, aveuglé par les fabulations d'un manipulateur et les apparences...et maintenant je vais rester aveugle à une autre vérité, parce que je t'aime. Ne me suis pas...ne me rattrape pas...Je dois réfléchir à l'apparence que je vais donner à mon père pour qu'il cesse de croire qu'il a abandonné ma mère en ne fouillant pas plus loin vers l'impossible. Je vous dirais ce que j'ai dis, pour que vous corroboliez, okay ? C'est le plus important...Depuis qu'il a recroisé Gabriel et que j'ai parlé d'Alex, il est à nouveau obsédé....et.... Empêche Alex d'en parler à son père. Tu as raison...ça ne changerait rien... Un jour, je découvrirais la vérité, mais sans faire de mal à ton ami...

Le temps que j'atteigne le manoir, je parviens à afficher un sourire. Derek m'aime...c'est tout ce qui compte. Je salue les présents. Tiens, où est Peter ? Bah, peu importe, ce type me fait toujours peur de toute façon. Alors si je peux l'éviter, ce n'est pas plus mal ! Je sors direction la Jeep et je retrouve Peter...avec Therence ? Mais qu'est-ce qu'il fout là ? Je m'apprête à me faire curieux, mais entre le grognement pas dissimulé le moins du monde du lycan et le regard noir du rebel, je me retiens. Les paumes en l'air, je me réfugie dans Roscoe et je file d'ici. La vérité n'est qu'illusion. Il me suffit de dire ce que mon père a besoin d'entendre. Gabriel n'a pas fait d'erreur, il aurait fallut plus de Druides avec la puissance de la lune ce soir là et personne n'aurait pu sauver ma mère. Non...il va réfuter, dire que les barrières auraient dû être plus fortes...Kyubi...Naruto...j'utilisais cette histoire pour décrire le monstre à l'époue. Je n'étais pas très imaginatif. Mais je n'ai pas besoin de l'être, d'autres le sont très bien pour moi...Une barrière que peuvent traverser les cœurs purs...les enfants. Ma mère a voulu me protéger et a été atteinte de cette façon. Il ne voudra pas pousser plus loin, pour ne pas m'accabler. Il passera son chemin...Et puis, ce n'est pas vraiment un mensonge...

Je me demande...pourquoi n'ai-je pas explosé au manoir ? J'aurais pu...Mais ça n'aurait pas été sage...Derek a beaucoup changé depuis que Scott et moi l'avons croisés dans les bois. Moi aussi. Moi, j'ose plus, je suis plus casse-cou...quoi que, je l'ai toujours été. Je suis plus mélancolique et je déteste ça. Lui, il est devenu bien plus sage. Presque trop. Le loup aidant. Mais je me ferais une joie de le dévergonder. Enfin, pour cela, faudrait-il encore que l'on parvienne à se reconstruire...c'est aussi pour ça que je me suis incliné. Je l'aime plus que la Vérité. Qu'est-ce que ça changerait de savoir que je n'étais pas fou plus jeune ? Ou que je ne vais pas le devenir comme ma mère ? Après tout, je suis déjà fou...fou de lui...

Je ris, comme un débile, tout seul dans la Jeep. Tout cela est bien plus facile quand on accepte l'évidence. La Vérité n'a pas d'importance, les souvenirs eux-même sont des apparences. Mes sans souvenirs, existerions-nous?
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MessageSujet: Re: One drop of Honey    Dim 12 Nov - 14:20


One drop of Honey

J
e suis spectateur impuissant d’une scène entre Stiles et Alex. Le premier arrive avec une vérité douloureuse du passé, le second se sent accusé d’un acte qu’il n’a pas commis, si tant est que ce drame, la maladie de Claudia Stilinski, ait pu seulement être évité. Après avoir rassuré Stiles sur sa culpabilité au sujet de la mort de Donovan Alex s’enflamme. Je ne l’ai jamais vu ainsi. Enfin si une fois, il en avait gros contre son paternel et une fois n’est pas coutume il avait senti le besoin d’exploser. Je n’ai pas la prétention d’être son confident. Ce n’est pas la nature de notre lien. Nous unissons nos silences, plus que nos paroles. Plutôt taciturnes de caractère, bien qu’Alex se prête plus volontiers à la joie que moi, nous trouvons dans l’autre une présence. Nous ne sommes pas les meilleurs amis du monde et encore moins attirés l’un vers l’autre. Il a un père bourru, j’imagine que ma mère serrait aussi emblématique si elle était encore de ce monde. Enfants, lui et moi avons subi le poids d’une famille et celui de son héritage. La voix des druides pour Alex, celle des lycans pour moi. Je suis passé par tous les statuts qu’un loup peut avoir. Bêta, oméga, alpha, à nouveau oméga puis enfin bêta. Ce que je sais maintenant est qu’importe mon rang, je me placerai là où il le faudra. Chad a pris la relève de Ruby quand elle était entre la vie et la mort. Peter, Chad, moi, notre meute a en son sein autant d’alphas potentiels qu’il en faut pour sauver notre meute et notre mode de vie.

En regardant Alex s’animer de la sorte, j’ai peur que notre amitié prenne du plomb dans l’aile. JE me sens responsable de la diatribe que Stiles lui a servit. Il n’a pas l’habitude de se laisser ennuyer et est prompt à faire ce qu’il faut pour garder sa tranquillité. Le canadien est un homme entier, c’est ce que j’apprécie chez lui. Il s’insurge et sans réelle surprise défend son paternel. Gabriel est un homme bourru et revêche, mais il reste son père. Un gars qui a éduqué son fils à sa manière. Pas sans douleur, ni peine, mais avec un unique but, celui de préparer Alex à une vie à laquelle il ne semble pas échapper. Druide. Un type censé garder son calme quand les loulous s’affolent. Il faut du cran et un fort caractère. Et ce n’est pas parce que c’est mon ami, mais je reste persuadé que mon voisin a toutes ces qualités.

Cela me navre de les voir de bouffer le bec. Mais Alex me colle volontairement de côté quand à Stiles… il semble me monter sur un piédestal qui me semble malsain. J’essaye de calmer le jeu, je serre l’épaule d’Alex, il me rejette avec colère. Ce que je lis dans son regard me blesse. Est-ce que je viens de perdre un ami ? Je recule d’un pas et lève les mains en signe de paix. Je n’ai pas l’intention de forcer qui que ce soit à quoi que ce soit. Simplement garder l'amour de mon petit copain et conserver l’amitié de mon ami. Est-ce incompatible ?

Alors que la situation me semble inextricable, c’est Stiles qui lâche le premier.

- Qu'importe la Vérité ... dit-il.

Ses morts me font mal car ils sonnent comme une résignation et non un apaisement.

- Stiles…
- Ironique...l'amour rend donc vraiment aveugle...
- Aveugle et idiot. Je suis mal placé pour te condamner à ce sujet…
- Nous nous sommes séparés parce que je n'ai pas su voir la vérité, aveuglé par les fabulations d'un manipulateur et les apparences...et maintenant je vais rester aveugle à une autre vérité, parce que je t'aime. Ne me suis pas...ne me rattrape pas...
- Stiles !
- (…) Empêche Alex d'en parler à son père. Tu as raison...ça ne changerait rien... Un jour, je découvrirais la vérité, mais sans faire de mal à ton ami...

Si ami j’ai encore… Stiles nous tourne le dos, repasse par le manoir et s’en va. Je me tourne vers Alex, mais il est perdu dans ses pensées, très certainement à se faire l’avocat de Gabriel. Leur entente est si délicate, j’espère que ce qu’il vient de se passer ne va pas empirer les choses, ni changer le regard d’Alex sur son père. Stiles m’a demandé de l’empêcher de parler de tout ça à Gabriel. Mais qui suis-je pour lui imposer cela ? Un ami ? Ne c’est plus certain. Un voisin taciturne ? Je viens de récupérer Stiles, enfin je le crois. Mais n’ai-je pas perdu une amitié ?

Je n’ai aucune envie de retourner au manoir, de sentir le regard compatissant de Ruby ou celui sarcastique de Peter. Je montre à Alex la sente qui mène à une fourche. Un des chemins se perd dans la forêt sur au moins dix kilomètres. C’est souvent mon parcours de footing. L’autre mène jusqu’à chez lui. Je m’engage sur le sentier et tourne le dos au manoir. J’écoute si Alex se décide à me suivre ou non. Il peut très bien couper à travers bois pour rentrer chez lui.

Spoiler:
 



















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MessageSujet: Re: One drop of Honey    Sam 9 Déc - 0:31

End





Combien de temps suis-je resté dans la Jeep ? Combien de temps m'a-t-il fallu pour comprendre ? Avais-je besoin d'une permission ? Mon père a besoin de tourner la page. Il a besoin d'être libérer de ce fardeau. Il n'a pas besoin de la vérité. Moi non plus. Peut-être parce ue la vérité, je la connais. Sans doute, parce que je la cache depuis longtemps. Surement, parce ue je me ments à moi-même depuis toujours. Parfois, il faut savoir choisir. Parfois, même si c'est dur, il faut savoir mettre fin aux choses.

La Vérité sur cette nuit là, je ne la connaitrais probablement jamais. Mais de toute façon, cela ne changerait rien. Cela ne ramènerait pas ma mère. Cela n'effacerait pas mes actes. Cela ne restaurerait pas ma relation avec Derek. Oh, nul ne pourra le nier. Je l'aime comme un fou. Et il m'aime. Mais peut-être ue nos chemins ne se sont pas croiser au meilleur des moments. OU peut-être nos cheins doivent-ils s'éloigner un moment. Nous devons nous reconstruire. Nous devons nous retrouver, nous-même, puis nous retrouver, nous. Mais d'abord, nous devons guérir. Je dois guérir. Et je dois le faire seul. Je veux me retrouver avec moi-même. Je veux redevenir celui ue j'étais. Je veux m'absoudre de mes pêchers. Je veux retrouver la relation que j'avais avec mon père, et aussi avec scott, avec mes amis. Je ne les vois plus. Je ne vois plus personne. Il est temps d'avancer.

Et pour avancer, il faut que je referme ce dossier qui ne saurait trouver de réponse apaisante. Alors, pour cette fois, cette utlime fois, je vais mentir à mon père, je vais dresser un mur infranchissable et incontournable pour qu'il se turne vers un chemin plus lumineux où la culpabilité ne sera pas un boulet à trainer.

Je sors enfin de la Jeep et j'entre dans la maison familiale. Mon père est là, à côté d'une bouteille bien trop entamée. Je dépose ma veste sur le dossier du vieux fauteuil creusé par des années de confort, et je vais m'assoir face à mon père. Je tire la bouteille et je lui verse un dernier verre. Je m'en serre également un, et puis je referme le dossier de Gabriel ue mon Sheriff de père fixe sans vraiment le voir. Bois cette vérité, père, et libère toi de ces chaînes qui ne font qu'alourdir une vie bien difficile à surmonter.

J'explique à mon père que j'ai confronté Alex et Derek. Je commence par une vérité, celle qui nous concerne Derek et moi, ce quiproquo auquel j'ai prêté cas bien trop facilement. Cet amour ue nous partageons, et ces morceaux brisés qu'il nous faudra recoller.

« Je ne...Nous ne serons jamais comme avant. Je me suis perdu uelue part. J'ai besoin de me retrouver. Ensuite, nous parviendrons peut-être à nous réapprivoiser. Mais il ne m'a pas trompé. J'ai été stupide, comme souvent. Seulement, il s'est passé tellement de choses...nous avons trop changés. J'AI trop changé...alors, je vais prendre un peu de recul... »

Et puis, je parle de ce passé. Maman, ce qui lui est arrivé. Ce qui nous est arrivé. J'explique à mon père que les barrières aussi puissantes soient elles, n'ont pas d'influence sur les jeunes enfants et que la puissance protectrice d'une mère peut tout contrer. Si bien qu'en m'aventurant dans la forêt, Maman m'a suivie et que c'est ainsi qu'elle s'est retrouvée confrontée à un mal qu'elle ne pouvait vaincre. Et pourtant, le Mal me voulait, et elle m'a protégé, elle a repoussé le Mal, elle s'est sacrifiée pour me sauver. C'est d'ailleurs ce qui explique qu'elle voyait parfois le mal en moi. Les images de ce soir là se supperposaient. Et malheureusement, nul ne pouvait soigner ma mère. Gabriel pas plus qu'un autre, ni moins. Les dommages avaient été causés lorsqu'elle avait chassé le Mal de son esprit. Il s'était aggripé mais elle avait été plus forte, pour moi. Plus forte, mais amputée...son esprit n'a pas pu supporter le choc.

« Je serais mort, ou je serais le plus grand fléau de cette ville si elle n'avait pas....elle a fait ça pour moi. Je suis désolé, Papa...

C'est ma vérité. C'est une vérité. Peut-être est-elle amputée de quelques passages. Mais ce n'est pas un mensonge car c'est ce dont je me souviens. Peut-être les barrières n'étaient-elles pas si fortes. Peut-être l'esprit de ma mère était-il soignable. Mais ce ne sont que des possibilités. Alors que ce que je lui ai dit, est un souvenir. Je n'ai eu de cesse de rêver de cette nuit depuis que mon père m'a parler de ce dossier. Et petit à petit, tout m'est revenu. Le Nogitsune m'a déjà fait bien trop de mal, je ne le laisserais jamais plus interférer avec ma vie, ni celle de mon père.

A qui bon s'accrocher à ce passé douloureux. Un jour ou l'autre, tout sera oublié. Tous seront oubliés.

© Fiche par Mafdet Mahes


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One drop of Honey
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