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 Our Broken Family (ft. Ruby, Derek & Co)

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Peter Hale

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MessageSujet: Our Broken Family (ft. Ruby, Derek & Co)   Ven 3 Fév - 1:10




Our broken Family




Avez-vous un jour connu un tel désespoir qu'il semble littéralement vous ronger ? Ruby et moi avons perdu Lilia. Nous connaissions la douleur la plus épouvantable du monde. Si forte que les tourments de nos cœurs heurtaient nos corps.

Chaque heure, chaque seconde, nous nous rappelions à quel point la mort nous était familière.

Ian était trop faible pour dormir près de sa mère. Jusqu’à cette première nuit. Melissa avait dû faire preuve de beaucoup de persuasion pour que l’infirmière ne fasse pas un rapport. Ruby avait insisté pour que notre bébé dorme contre elle. Sa réaction face à la recommandation de la sage-femme avait été sauvage. Elle n’aurait pas changé d’avis.

J'étais resté avec elle jusqu’au lever du jour. Et ainsi, chaque nuit, jusqu’à ce que ma louve et mon fils soient autorisés à sortir.

Rentrer chez nous. Où était-ce ? À l’évocation du manoir, la réponse de ma louve avait été catégorique.

Nous sommes restés enfermés dans la maison de Ruby. Beaucoup trop grande pour nos âmes en peine. Beaucoup trop étroite pour contenir notre chagrin.

Pendant plusieurs jours, peut-être semaines, nous sommes restés prisonniers entre deux vies. Celle qui nous avait été volée, celle qui nous restait à parcourir.

Il n'y avait eu que peu de mots pour la disparition de notre fille et pas de cérémonie. À quoi bon dire ce qu'il était si difficile à entendre. Il n'y avait eu que des pleurs. Des larmes brûlantes. Et une colère noire qui empoissonnait nos cœurs.

Contrastant avec nous tous, Ian était un bébé calme. Il ne pleurait pas. Était-il conscient que sa sœur jumelle lui avait été arrachée ?

Je ne dispensais plus de cours. Je savais ne pas réussir à rester calme devant l'ignorance et l'indiscipline de mes élèves. Je croyais revoir le visage de l'assassin de Lilia en chacun d'eux. Il avait leur âge et je me délectais encore de sentir mes griffes lui arracher la gorge.

Depuis ce terrible jour, ce souvenir m'apportait un réconfort morbide.

J'avais tenté de retourner sur les lieux, de chercher une piste parmi les ruines de l'église. Je voulais retrouver William, quoi qu'il m'en coûte. Mais tout était partie en fumée. Il ne restait rien de sa monstruosité. Mon propre reflet dans la vitrine d'un apothicaire me renvoyait l'image d'un homme que je pensais disparu.

Mes pas m'avaient mené à de nombreuses reprises sur le trajet de l'hôpital. J'avais porté Ruby, senti l'odeur de son sang puis son cœur ralentir terriblement. Il avait été si forte. Et brisée pour toujours.

Immobile devant les portes des urgences, je revoyais ces instants comme je visionnerais un mauvais film, une apologie de la souffrance.

Et je parcourais ce chemin chaque jour, encore et encore, sombrant un peu plus dans la  noirceur qu'appelle le deuil.

/                    /                    /

Derek avait fini par emménager au manoir. Je crois qu’il a pris son temps, en partie dans l’espoir que Stiles prenne la même initiative. Il avait toujours été très attaché à notre demeure. Même lorsqu’il avait suivi Laura pour ses études. C’est ce qui lui a sans doute sauvé la vie lorsque l’incendie a tué notre famille.

J’en suis le seul survivant. Est-ce une bonne chose ? Aujourd’hui, cette question n’a plus de sens.

Nous aurions pu célébrer la vie, mais la mort a fait irruption. Encore.

Alors que j’agonisais, brûlé jusque dans l’âme, je pensais ô combien la mort pouvait être belle.

Alors que nous nous unissions, elle s’était présentée à nous dissimulée et depuis cet instant, son masque nous épouvantait.

Notre petite fleur n’était plus. Ruby n’avait pas pu la serrer dans ses bras avant qu’elle nous quitte. La douleur l’aurait brisé sans aucune chance de guérison.

Et si nous survivions plus que nous vivions, nos cœurs battaient à l’unisson. Lourdement. Ensemble.

Le manoir des Hale, reconstruit,porteur de promesses, nous faisait face.

Je serrais la main de Ruby dans la mienne. La première marche du perron ne craqua pas, comme elle le faisait avant. Ian remua doucement contre la poitrine de sa mère.

La porte était ouverte. Devant nous. Mais en franchir le seuil était une décision riche de sens.

Nous ne laissions rien de côté. Ni la terreur, ni l’horreur ni même la mort. Lilia était avec nous. C’était aussi sa maison. Du moins, ça l’aurait été.

La porte était ouverte. Derrière nous.

D’un sourire réconfortant, Derek était venu à notre rencontre. Il embrassa Ruby et caressa la petite main de Ian qui se réveillait paisiblement.

Notre famille, brisée, retrouvait un foyer pour guérir.

/                    /                    /

- Alors quoi, Derek ? Fustigeai-je. C'est par orgueil que tu as laissé tomber ?

- Sa crise de jalousie est puérile, s'agaça-t-il.

- Il est plus jeune que toi, je suppose que ce n'est pas si anormal, déclarai-je. Pourtant tu connais son âge et sa personnalité depuis que tu t'es engagé avec lui. Tu es un idiot de faire fi à ce point d'une saute d'humeur.

Derek grogna d'être pris par ma critique.

- Je pense que le problème vient de toi, dis-je en me levant.

Un souffle imperceptible m’appela.

- Surveille Ian, déclarai-je d'un ton péremptoire.

Le regard du neveu souleva son interrogation.

- Encore cette nuit, précisai-je.

Je savais qu'il n'était pas dupe. Ruby dont les nuits étaient peu reposantes depuis notre arrivée, tant par les cauchemars qui la terrassaient que par les longs moments passés avec Ian, était parti se coucher dès lors que le sommeil semblait l’avoir enivrée.

Notre chambre était plongée dans l’obscurité. Je savais que Ruby ne dormait pas. Je le savais car deux grands yeux flamboyants m’observaient.

Et le feu ardent invoqua mon regard de glace.

La fenêtre ne fît pas de bruit lorsque nous l’ouvrîmes. Alors que l’air encore chaud envahit la pièce, la nuit nous cueillit elle aussi en silence.




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Derek Hale
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MessageSujet: Re: Our Broken Family (ft. Ruby, Derek & Co)   Jeu 9 Fév - 13:38


Our Broken Family

L
e manoir m’entoure de ses bras faits de cèdre rouge et de pins Douglas. Cela fait quelques jours que j’ai définitivement emménagé. Peu à peu je commence à prendre mes marques, pourtant j’ai toujours cette étrange impression que ma mère va ouvrir une porte et surgir devant moi. Y étant encore seul, la grande demeure reste silencieuse. Je me prends à guetter les bruits, j’écoute la forêt qui entoure le manoir et j’imagine les rires d’avant, la vie remuante d’une meute. Bientôt avec le petit Ian, cela devrait s’animer à nouveau.

Je ne boude pas le confort de ce manoir dans sa deuxième version. Chad, sur ma demande et celle de Peter, a totalement ré-agencé les pièces. A l’origine, nous étions plusieurs familles à vivre là, créant une certaine promiscuité pas vraiment gênante dans une meute de loups. Mais depuis, Peter et moi avons vécu autre chose, souvent seuls. Mon loft offre des espaces immenses et je me suis habitué à avoir de l’espace autour de moi. Les lieux ont entièrement été revisités pour accueillir Peter, sa famille et moi… célibataire à nouveau.

Comment ai-je pu encore me tromper sur ce point ? Stiles semblait être cette âme sœur, cet autre fait pour tenir entre mes bras. Mais le fait est que nos différences nous éloignent. J’ai mis de la musique en sourdine et me prépare un café. Je me réinstalle dans la pièce qui me fait office de lieu de travail, de bureau. Le bois est très présent, le sol est en béton ciré. Le mobilier est comme j’aime, minimaliste et sobre. Quatre nouveaux mails sont arrivés le temps de ma courte pause. Je me replonge dans les comptes. Je m’occupe en mettant en pratique ce que j’ai appris lors de mes études à New-York et je fais fructifier mon héritage. Mais je sais qu’il est temps pour moi que je m’externalise. D’ailleurs dans un des mails que je viens de recevoir, il y en a un de Stephan Wilder, le père de Chad.

Sa réponse me fait sourire et efface mes tracas de ces derniers jours… ma rupture avec Stiles. Je n’ai pas eu de contact avec Alex depuis. Je devine que mon ami est mal à l’aise, pris entre deux feux, dans l’ignoble rôle d’un prétexte fallacieux qui arrange Stiles… comme moi également. C’est ce que j’ai tenté d’expliquer à Ruby. Notre rupture est un acte mutuel et non une décision unilatérale.

Je me plonge dans l’étude du projet que me propose Stephan. Je suis honoré de sa confiance et bien conscient que je dois cette offre grâce au lien qui me lie à son fils. C’est en rédigeant ma réponse, comme quoi j’accepte sa proposition que j’entends le ronronnement d’une voiture qui approche. Je reconnais les ratés du carburateur de la voiture de Peter. Étonnant de la part d’un maniaque tel que lui, que de laisser cette dysharmonie perdurer dans le moteur de sa voiture.  Je guette leur pas, ils prennent leur temps. Je sais ce que cela leur coûte et décide de leur laisser ce moment en privé, en terminant mon mail pour Stephan.

|•|•|•|

Ruby est magnifique malgré le drame récent, malgré qu’elle ait accouché il y a peu. Je m’avance vers elle, accueillant et réconfortant. Je l’embrasse délicatement. Je me souviens d’avoir été amoureux d’elle plus jeune. Mais c’est un passé d’adolescent révolu. Je comprends le choix de Peter et je sais ce qui l’a charmé chez la louve rouge.

Le petit Ian s’éveille d’une longue sieste. J’attrape sa petite main et le regarde attendri. Ses parents peuvent être assurés que je ferai tout pour cet enfant, comme s’il était mon propre fils. Je sais aussi que Mick, son parrain, fera de même, ou Chad, Miyavi ou encore Matrim. Même la féline Mafdet sortira les griffes pour protéger la progéniture de Ruby et Peter. L’instant est serein et paisible, mais c’est sans compter sur le frère de ma mère.

- Alors quoi, Derek ? Fustige mon oncle. C'est par orgueil que tu as laissé tomber ?

- Sa crise de jalousie est puérile, répliqué-je, acide.

Il n’a pas à juger d’une situation qui ne le regarde pas. D’ailleurs, n’était-il pas l’un des premiers à s’agacer de l’hyperactivité de Stiles ? Son seul regret quant au fils du sheriff, c’est de ne pas l’avoir mordu à la place de Scott.

- Il est plus jeune que toi, je suppose que ce n'est pas si anormal, ajoute-il. Pourtant tu connais son âge et sa personnalité depuis que tu t'es engagé avec lui. Tu es un idiot de faire fi à ce point d'une saute d'humeur.

- Ne me donne pas de leçon de sociabilité ! Venant de ta part, c’est parfaitement risible, mon oncle.

Nous voilà partis ! Quand nous nous frittons, Peter devient « mon oncle » et moi, « le neveu ». J’aperçois Ruby qui lève les yeux au plafond et s’éloigne de nous. Notre alpha s’attend bien à ce que la cohabitation soit parfois houleuse. Peter et moi avons des caractères forts et féroces. Ce manoir a survécu à une meute bien plus nombreuse et avec autant de caractères de cochon. Les loups ne font pas des chats !

- Je pense que le problème vient de toi, affirme-t-il péremptoire en se levant.

- Tu parles comme un prêcheur luthérien, mon oncle.

Un soupir, une aura vacillante, je lève le museau vers le plafond, dans la direction où se situe la chambre de Peter et Ruby. Pendant que nous nous chamaillons, la louve était montée, laissant Ian dans les bras de son père. Est-elle passée devant la chambre de son fils que j’ai entièrement aménagée, effaçant la présence manquante de sa sœur ? J’ai pris ce fardeau à ma charge, ils sont bien assez éprouvés.

- Surveille Ian.

Je lève un regard interrogatif vers Peter.

- Encore cette nuit, précise-t-il.

Je hoche la tête, comprenant les sous-entendus. Et attrape délicatement l’enfant, mon cousin. Peter rejoint sa femme à l’étage, pendant que je tourne un peu en rond, ne sachant pas trop quoi faire avec ce jeune bébé dans les bras. Ian emprisonne mon petit doigt dans sa menotte. Je lui souris et babille comme un idiot.

Il n’y a pas grand-chose à faire avec un aussi jeune bébé. Alors je tourne dans la maison, le faisant visiter les lieux comme s’il pouvait comprendre. Peu à peu, je m’habitue ce petit être fragile et m’enhardis à lui faire faire l’avion. Mince, il ne tient pas encore sa tête. Je le colle à califourchon sur mon bras et voilà Ian en capitaine de vaisseau qui traverse le salon pendant que je fais un bruit de moteur. L’enfant réagit et babille. Puis nous partons dans une partie de cache-cache. Le bébé allongé sur mes cuisses, je me cache les yeux lui tirant des areu assez drôles.

- J’ai hâte que tu puisses gambader toi.

Soudain mes sens sont en alerte maximale. La puissance destructrice de ce nuage qui m’assaille est colossale. Mes yeux s’écarquille de stupeur, j’ai beau plaquer ma main sur mon nez et ma bouche, rien n’arrête ce fléau. Perter ! Ruby ! Au secours ! Je meure !

- Punaise ! Puissant le cousin ! Ça fouette toujours autant quand tu pousses une mine ?!

Une pression sur les fesses du bébé me confirme qu’il vient de nous livrer un cadeau. Ruby ! Je te rends ton gosse ! Cependant, je ne l’appelle pas et à la place j’attrape le sac à lancer.

- Je devrais peut-être appeler Jordan ! C’est explosif !

Bon, même avec toute la bonne volonté du monde, il n’y a rien à faire. L’odeur est pestilentielle ! Je dépose Ian en sécurité dans son couffin et vais m’entourer le museau avec une double épaisseur de torchon. J’ai l’air d’un hooligan, mais au diable, personne n’est là pour me voir. Je reprends le sac à caca qu’est mon cousin et dépiaute le bébé. Mince, ça s’enlève comment ça ?

- Et si je tire là ?
- Crac…
- Oups… Mais arrête de gigoter! Ruby! Ton fils semble avoir six jambes et huit bras.

Après une rude bataille, j’arrive à ouvrir la couche. Âme sensible s’abstenir ! C’est inhumain ! Cinq lingettes plus tard et il y en a toujours. Cela fouette d’une force, malgré le torchon qui me protège le nez. Après un rude combat qui crée une montagne de lingettes pleines de caca puant, je colle enfin une couche propre sous les fesses du bébé. Je pose le bébé torse poil dans le couffin, il faut que j’enferme les déchets dans au moins trois sacs poubelle ! C’est à ce moment-là que les parents du chieur de compétition montrent le bout de leur nez.

- C’est pire qu’Hiroshima quand il en lâche une ! Dis-je la voix étouffée par le torchon qui me masque encore le bas du visage.

Regard amusé de Ruby, exaspéré de Peter…



















(c) Fiche et montage par Mafdet Mahes |•|•|•| Loup by Wolfenchanter


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Ruby Hale

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MessageSujet: Re: Our Broken Family (ft. Ruby, Derek & Co)   Jeu 9 Fév - 22:33



C'est donc ça la peur de la mort




« Mon bébé va dormir avec moi.
— « Adjointe Volpha
« Hale !
— « Madame Hale, votre enfant…
« Dormira contre moi, ce soir.

J’étais hors de moi. Cette humaine ne pouvait comprendre. Mon fils a besoin de me sentir contre lui. Les louveteaux cherchent la chaleur de leur mère. Il n’y a qu’ainsi qu’ils peuvent dormir correctement. J’ai besoin de sentir mon fils contre moi. J’ai besoin de le sentir respirer. D’entendre son cœur. Sans l’intervention de Melissa, cette infirmière ne serait plus de ce monde. Cette nuit-là fut la première nuit que Ian passa contre moi. Mon enfant. Mon prince. Ma vie.

*-*-*-*

À la sortie de l’hôpital, je n’ai pu rejoindre le manoir. Il m’était impossible d’envisager mettre un pied dans cette bâtisse qui devait accueillir deux enfants. Alors nous nous sommes réfugiés dans ma maison. Mais nous y avons aussi tous les souvenirs de grossesse. Peter et moi ne savons plus comment agir. Tout en ce monde nous parait surréaliste, irréel. Nous ne parvenons plus à être naturels. Sauf avec Ian. Avec lui, nous oublions tout. Il n’y a que lui qui compte.

*-*-*-*

Nous osons. Car il le faut, pour Ian. Il mérite d’avoir une vie. Nous avons, envers lui, le devoir de ne pas rester emprisonnés dans le passé. Il a un futur et nous devons l’y accompagner. Alors nous emménageons enfin. Derek me sert contre lui lorsque je passe le pas de la porte avec hésitation.

Rien n’a changé entre Peter et lui. Enfin…si, mais chassez le naturel et il revient au galop. J’en ai bien conscience lorsqu’ils entrent dans une n-ième battle de taquineries.
La meute surveille les agissements de mon époux. Ils craignent qu’il se perde. Ils ont ce regard lorsque Peter n’est pas à mes côtés. Ils me prennent pour son ancre, les chaînes qui le retiennent de franchir la limite. Mais cette ancre c’est Ian.
Tempérance, ce doit être le nom de sa fée. Mon bébé est toujours calme. Il nous calme. Il ne pleure pas. Il sourit. Et il y a tant de choses dans son regard. Il communique à travers ses yeux gris. Ces deux billes brillantes de malice sont comme des perles de Tahiti, précieuses, et incroyablement sublimes.

La fatigue vient alourdir mes paupières. Je confie Ian à son père qui le prend tout naturellement tout en continuant sa joute avec son neveu et je monte rejoindre notre chambre. Je m’arrête un instant avant de passer devant la chambre de notre enfant, la chambre qui aurait dû accueillir nos deux enfants. Je reste un moment sans être capable de faire un pas de plus, mais il le faut, pour mon fils. Je pousse la porte. Je n’ose pas entrer. Je reste dans l’encadrement, mais je découvre ce que Derek a fait de cette pièce. Et je l’en remercie. Cette chambre sera un petit nid douillet pour notre petit Ian. Je vois que Derek a demandé à chaque membre de la meute d’apporter sa touche personnelle. Je note les attentions de chacun. Ian sera un enfant choyé par toute une meute. Ils pallieront à l’absence de notre fille.

Je laisse la chambre d’enfant derrière moi et je rejoins celle que Peter et moi allons habiter. Je me glisse entre les draps frais et je sombre, il me semble. Quelques instants plus tard, je souffle son nom. J’inspire longuement. Ma fille n’est plus, et je ne pourrais jamais me remettre de cette perte. Le temps n’y changera rien car l’homme qui a fait ça est en liberté et je ne pourrais jamais effacer de mes tripes l’envie de réduire ce monstre en charpie. Ma louve veut se repaître de sa chair.

Lorsque Peter me rejoint après avoir confié Ian à son cousin, mes yeux luisent déjà d’un feu ardent. L’instant suivant, nous quittons le manoir pour laisser notre bestialité prendre le dessus. Je ne suis pas l’ancre de Peter, il est la mienne. Ce n’est pas la première fois que nous nous abandonnons à nos loups. Nous profitons des instants où nous savons Ian en sécurité avec Mick ou Derek pour lâcher prise.

Jusque-là, nous n’avons fait que courir, chasser quelques gibiers, ou faire l’amour, sauvagement. Mais aujourd’hui, c’est différent. Très différent. Nous venons de nous installer dans notre futur. Un futur que devait partager notre fille. Ma rage gronde et là où nous nous lâchons petit à petit habituellement, j’abandonne les chaînes dès que nous sommes à l’abri des oreilles de son…notre neveu.  Je sens la peur. Une biche a dû nous entendre. Parfait ! J’accélère. Je suis avide de mort. Soudainement je me stoppe. Oui, nous sommes tombé sur du gibier, mais lui ne nous a pas senti. La peur ne vient pas de lui.

Un cri me fait inspirer profondément. La peur. Elle me gêne. Je n’aime pas cette peur. Je tourne mon regard de braise vers mon tendre et sans un mot, nous décidons d’en trouver l’origine. C’est une fille. Une fille terrorisée car elle se retrouve forcée de faire ce qu’elle ne veut pas. Une pauvre jeune fille qui s’est fait embobiner par une belle gueule et qui va le payer le prix fort car elle n’a pas la force de repousser cet et ces copains ….ces proies.

Car c’est ce que ces hommes viennent de devenir pour nous. Des proies. De faibles proies. Je prends ma forme complète. Je suis un animal frémissant d’excitation. J’avance lentement. Un bruit, une branche qui craque sous ma patte. L’un est envoyé. Il finit entre mes mâchoires. Son cri sonne l’alarme. La fille s’enfuit. Deux s’approchent. Quand ils me voient baigner mes crocs dans le flot sanglant, ils veulent fuir. Mais ils sont trop lents. Nous sommes sauvages, sans une once de pitié ni même de délicatesse. Nous ne prenons pas garde à comment nous le faisons. Comme c’est bon !

Un sursaut, un cri étouffé. Je me redresse en sueur. Je porte mes doigts à mes lèvres. Je suis dans mon lit. Peter est à mes côtés. Je dors mal si je dors seule.

«  Ruby ! Ton fils semble avoir six jambes et huit bras.

Je souris. Quand je m’apprête à me lever, Peter grogne. Je l’embrasse tendrement sur la tempe et je passe par la case salle d’eau pour me rafraîchir le visage avant d’aller sauver le neveu de ma progéniture.

«  Il faut se méfier le neveu, les silencieux sont les plus mortels ! Coucou toi.

Je récupère Ian dont j’embrasse le bout du nez. Puis je lui demande si son cousin s'est bien occupé de lui pendant ma bien longue sieste. Il va être l'heure de manger pour ce petit faiseur de bombe puante. Je regarde vers la cuisine. J'irais faire des courses demain, il est temps que je prenne mon rôle de femme habitant dans une belle maison au sérieux ! Granny aurait honte si je ne faisais honneur à cette cuisine fabuleuse.








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Peter Hale

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MessageSujet: Re: Our Broken Family (ft. Ruby, Derek & Co)   Jeu 16 Mar - 22:51




Our broken Family


- Ne la touchez pas ! Grogna Ruby.

Elle s’était assoupie et le sommeil était venu accompagné de cauchemars. Je songeais de plus en plus à demander à Mafdet si une décoction de plantes spéciales ne pouvait pas l’aider à dormir. Notre druide, et collègue pour ma part, devrait nous rendre visite dans les prochains jours. J’aborderai certainement ce sujet avec elle.

Ce fut l’appel au secours de Derek qui nous força à quitter la chambre.

- C’est pire qu’Hiroshima quand il en lâche une ! S’étouffa-t-il à travers le linge qui lui couvrait la bouche et le nez.

- Il faut se méfier le neveu, les silencieux sont les plus mortels ! Répondit Ruby en arrivant derrière moi. Coucou toi.

J’aimais tant le sourire radieux qu’elle retrouvait à chaque fois qu’elle prenait Ian dans ses bras.

Alors qu’elle allait nourrir notre fils, j’hésitais à aider Derek à se débarrasser des couches sales et des lingettes nauséabonds qu’il respirait depuis un moment qui lui semblait interminable et épouvantable. Il maudit son cousin pour la tâche suspecte qu'il avait faite sur son pantalon.

Quand nous nous sommes retrouvés tous le deux pour aller jeter aux ordures ce qui devait l’être, nous avons réalisé combien cette bâtisse avait vécu. Je ressentis la fierté de Derek de vivre à nouveau dans la demeure familiale. Il souhaita que sa mère puisse nous voir y vivre heureux, sans nous entretuer.

Je ne répondis pas mais je n’en pensais pas moins. Il y avait des instants où Talia me manquait aussi.

/          /          /

J'étais seul au manoir. Derek et Ruby étaient sortis. Le neveu n'avait pas pris sa voiture et était parti en petites foulées. Ma douce souhaitait rendre visite au shérif et faire suffisamment de courses pour avoir le plaisir de cuisiner pendant plusieurs jours.

Mon fils dormait paisiblement. J'étais resté un long moment contre le montant de la porte pour l'observer, sans interférer. Petit loup. Si fragile que le craignais parfois de le briser. Il gassouillait sans jamais pleurer, bougeait sans s'énerver. Il observait le monde de ses grands yeux.

Quand il se réveilla, je tirai une couverture de l’armoire et le pris dans mes bras. Je me dirigeais lentement vers le salon pour qu’il puisse s’habituer à la lumière du jour, trop vive, lorsqu’on quittait la pénombre reposante de sa chambre.

C’était une belle journée, je voulais que Ian découvre le monde extérieur, celui qui s’étendait derrière le manoir au cœur de la forêt.

À quelques mètres de la terrasse, j’installai la couverture à même le sol rendu sec par l’arrivée de l’été.

Ian était contre moi lorsque Derek nous rejoignit doucement, demandant à voix basse s’il dormait. En guise de réponse, il fut accueilli par un babillage aigu de son cousin lorsqu’il s’installa à côté de nous.

La curiosité me fit orienter mon odorat à la recherche d'une quelconque fragrance. Derek côtoyait le fils Cormier. Ils n'étaient qu'amis. Et même si leur relation était plus intime, je me plaisais à imaginer que mon père se retournait dans sa tombe. Talia avait maintes fois affronté ses foudres pour avoir côtoyer Gabriel.

Ruby fut grandement surprise de nous retrouver ainsi. Avant de rentrer pour remplir les placards de la cuisine et le réfrigérateur, nous voulions profiter de ce moment. Elle se lova contre moi.

- C'est calme, dis-je.

- Y'a personne pour piailler et gesticuler, ajouta Derek dans sa barbe.

Ruby et moi échangeâmes un regard entendu. Le neveu évoquait sans nul doute Stiles. Mais aucun de nous n'avait vraiment envie de parler de ce sujet.

L'instant était tellement paisible que nous ne voulions pas nous laisser envahir l’esprit par des  mauvaises pensées.

Le vent léger balayait la cime des arbres. Ian avait les yeux grands ouverts et son bras tendu vers le ciel. La lumière du soleil dessinait des formes au travers du feuillage. Un rayon se posa sur mon fils.

- Tu as vu ça ? M'exclamai-je.

- Quoi ? S'affola Ruby soudain redevenue si inquiète que je regrettai aussitôt mon exclamation de surprise.

- Ian...ses yeux ont changé, annonçai-je.

Un piaillement et un clignement de paupières plus tard, ses iris perdirent la couleur d'or qui marquait notre nature lupine.

C'était la première fois.

Je caressai la main de ma douce qui s'apaisa à nouveau. Notre fils allait bien. Tout irait bien à l'avenir.

Nos vœux échangés lors du mariage étaient sincères. Ils avaient consolidé notre couple avant que tout s'effondre. Le pire était derrière nous et pesait encore terriblement sur nos vies. Et ce, à jamais. Il fallait nous battre pour le meilleur.

Le craquement d'une brindille réveilla nos instincts. Quelque chose avait bougé dans un amas de fougères en face de nous.

- Sûrement un lapin, conclut Derek.

- Plutôt un renard, déclarâmes Ruby et moi d'une même voix.

Il était peu probable qu'il s'agisse d'un renard qui s’approcherait autant mais nous étions sûrs de nous. L’animal devait croire qu'il pourrait bénéficier des restes d'autres prédateurs. Mais les loups n'aimaient pas les renards.

Un grognement suffit à le faire fuir.

Nous étions rompus à l'art de la chasse depuis plusieurs nuits. Derek n'était pas dupe sur nos échappées nocturnes. Elles étaient nécessaires pour ne pas imploser. Car si Ruby et moi semblions reprendre goût à la vie et retrouver le sourire, notre cœur et notre âme hurlaient encore la perte de notre fille. C'était cette rage que nous exorcisions chaque nuit. Combien de temps faudra-t-il encore ?

/ /     /

Ma douce se laissa porter vers un état second, devenant un peu plus louve, un peu moins femme. La nuit, l’espace de courts instants, quand nos instincts supplantaient nos souvenirs, nous oubliions. La mort. L’absence. Le désespoir.

Alors nous consumions nos forces à la chasse sauvage et brutale. Beacon Hills connaissait deux prédateurs impitoyables. Mais nous ne sortions jamais du bois ni ne croisions d’être humain. La faune constituait un festin mais avant tout une échappatoire, une Némésis.

Ainsi, chaque soir, la proie achevait son agonie entre nos griffes ou nos crocs, le regard voilé tourné vers ses bourreaux. Entre nous deux, ce corps chaud était une relique.

Ce soir-là, éclairés par un ciel nimbé d’étoiles et le faible croissant de la lune, nous retrouvâmes notre proie. Les loups n’aimaient pas les renards.

L'acte mortel accompli, les yeux flamboyants de Ruby plongèrent dans les miens. Puis mes lèvres fusionnèrent avec les siennes et le goût du sang nous enivra.

Quiconque regarderait sous le couvert du bois sombre découvrirait un homme embrassant une louve. Féroces.




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MessageSujet: Re: Our Broken Family (ft. Ruby, Derek & Co)   Jeu 23 Mar - 20:57




Avancer


Le soleil me chauffe l’échine. Patiemment allongée sur la murette, je guette la musaraigne deux marches plus bas qui pense faire un cadavre acceptable avec son cœur qui bat à la chamade. Je ne bouge pas, elle ne bouge pas. Une bonne heure que ce cinéma perdure. Du coin de mon œil pratiquement clôt, je vois arriver une troupe de fourmis en quête de nourriture. Ces insectes ont une discipline militaire. Cela avance en ordre rangé, tel des bataillons de fantassins. Le faux cadavre du rongeur est dans leur axe de progression. Je sens que la partie du « je ne bouge pas, moi non plus » va devenir intéressante.

Le rongeur était resté bravement stoïque quand la colonne de fourmis avait commencé à l’escalader afin de voir ce qu’il y avait à charogner. Mais l’affaire s’arrêta nette avec un ballon perdu qui heurta le muret faisant bondir et déguerpir tout le monde, moi comprise.

- Meow ! Sale gosses !

Je trouve les mioches particulièrement insupportables. C’est d’ailleurs pour cela que j’évite de pointer mon museau au manoir des Hale. Surtout depuis que j’ai aperçu Derek avec du vomi sur l’épaule. Car avec cette bande de clébards, on a vite fait de se retrouver avec une étiquette de Tatie Maf’ et de corvée de garde d’enfant. Et bien, sans moi les loulous ! Sauf s’ils veulent que j’apprenne à leur mouflet comment perdre ses poils sur le canapé en nubuck et faire ses griffes sur le mobilier précieux.

Mais voilà que mon très honorable confrère, professeur de littérature de son état, Peter Hale, m’avait glissé un mot en salle des professeurs. Ruby est astreinte à d’incessants cauchemars et que si j’avais la bonté de trouver dans mes poudres de perlimpinpin de quoi la calmer, il m’en serait reconnaissant. Poudre de perlimpinpin…

- C’est qu’il va me falloir des fraises et des framboises fraîches…

- Mais ce n’est pas la saison Mafdet !

- Rhaaa ! Que c’est ballot mon Jojo !

Mon rire de fouine le fit voir rouge quand il comprit que je le menais en bateau.

- Groah !!

- Meow ! On dirait un Bichon à son papa !

La dispute s’était éteinte avec l’arrivée de Finstock qui nous avait toisés avec son regard de fou. J’avais filé en salle de travaux pratiques sans demander mon reste.  L’après-midi avait été égaillée par quelques explosions intempestives sur les paillasses. La routine. Je suis d’ailleurs déçue que le jeune canadien n’ait finalement pas accepté l’offre de poste comme aide de laboratoire. Il aurait fait une agréable petite souris à tyranniser. Une souris au sirop d'érable. Cela me navre de le laisser aux griffes d'autres prédateurs.

Les cours sont finis. Peter manque de se casser la figure quand je lui file entre les jambes, la queue droite comme un I. Mon premier arrêt est sur les genoux de Jordan au poste de police. L’adjoint semble dépité. Son « nonos » est malade. Ah les hommes ! Ils sont à l’agonie au moindre bobo ! Que des chocottes. Je lui malaxe les joyeuses dans un gentil pitatage, preuve de mon affection infinie. J’arrête mon manège quand je sens le Hellhound faire surface. Je suis joueuse, mais pas suicidaire. Je bondis dans un dérapage mal contrôlé qui fait tomber un ou deux dossiers du bureau de Jordan. Arrêt suivant, la grande surface, car même les anciennes déesses égyptiennes ont besoin de se nourrir et d’acheter des rouleaux de papier hygiénique. Deux jours que je tourne au sopalin par flemme d’aller faire les courses.

***

Mon infusion s’infuse sur la table basse. Je me suis emmitouflée dans mon peignoir, les cheveux enroulés dans une serviette. Je consulte un de mes carnets de notes à la recherche de quelque chose qui pourrait soulager Ruby. Dans son état, il y aurait bien la weed, mais son organisme de louve éliminerait la drogue dans la seconde. Soigner un être surnaturel n’est pas une sinécure, car son organisme bloque beaucoup de molécules. Je cherche une autre approche en pensant à une discussion avec Matrim. Le jeune photographe m’avait parlé de ce qu’il avait fait à Chad et sa médaille de baptême. Il avait isolé les mauvais souvenirs qui torturaient le jeune architecte dans son collier. Je referme mon carnet dans un claquement sec. Je sais ce que je vais faire.

***

J’arrive au manoir à cheval sur ma Kawasaki vert pomme. Comme je prends tout mon temps pour descendre de mon perchoir, Peter fini par ouvrir la porte. Nul doute qu’il sait que c’était moi bien avant qu’il ne me voit. Ses oreilles de loup font parfaitement la différence entre la moto de Miyavi et la mienne. Attaché à la diable vauvert sur ma selle, un petit chaudron de cuivre et tout un tas d’ustensiles dignes d’une sorcière honorable.

Sans un bonjour, ni un « je peux entrer », je passe sous le nez du loup avec mon barda qui tintamarre et j’investis le manoir telle une reine de Saba, avec un jeté de chevelure digne d’une pub pour L’Oréal car je le vaux bien.

- J’ai besoin des deux hochets que je vous ai offerts à la réunion de la meute, dis-je d’un ton péremptoire.

Je me suis habillée de noir avec une tunique qui donne un effet de cape. Sous mon air sérieux et mon sourcil levé, l’ainé des Bichons court voir après sa Douce pour savoir où sont rangées les précieuses breloques. Je ne peux m’empêcher de lever les yeux au plafond quand je l’entends parler avec une voix de fausset à Ruby. Quand la louve apprend ma venue, elle descend de sa chambre avec ce que j’ai demandé. Je n’échappe pas à l’embrassade avec un grand smak sonore sur chaque joue. Dieu que j’ai horreur de ces effusions intrusives.

- Meow aussi….

Ruby me parle de trucs de bonnes femmes auxquelles je suis totalement hermétique comme la coupe de mon haut de corps ou ma superbe coiffure qui soit dit en passant n’est qu’un brassage vigoureux avec les doigts. J’ai cela en commun avec Chad, j’ai une sainte horreur des peignes.

Je prends un air concentré de grande prêtresse. Je n’ai aucun mal à rentrer dans le rôle, vu que je l’ai fait un bon millénaire ou deux en Egypte. Je colle mon chaudron sur la gazinière, en veillant à masquer le logo « Poudlard » à la vue des loulous. En lieu et place de précieuses reliques de druide, mon bric à broc vient d’un achat impulsif sur EBay… Rien de magique ou de druidique dans ces affaires, rien que du made in China mais très réaliste. Mais ça la familles des Bichons n’est pas censé le savoir, de même que la totale inutilité des herbes que j’ai apportées. Il n’y a pas de remède contre la mélancolie. Ce que j’apporte à Ruby et son corniaud d’époux, c’est un placébo un peu amélioré.

Je dévisse le manche des deux hochets. En faisant cela, ils émettent ce tintement si particulier qui attire et charme immédiatement les deux loups. D’ailleurs, Bichon junior fait son apparition dans les bras de Derek, lui aussi attiré par le tintement léger.

Mon eau bout dans son chaudron. Je commence par une pincée de sciure de bois de camphre. Cela pue à souhait et éloigne les mites… J’ajoute trois clous de girofle. Très bon désinfectant… Je marmonne une vague formule en haut égyptien, souligne le tout d’un signe cabalistique en direction du nord.

Croisant le regard septique de Peter, je hausse un sourcil le défiant d’ouvrir le museau et de faire foirer ma séance de magie. Il me reste quelques composés de mon TP de l’après-midi que je jette dans le chaudron. J’y suis allée au pif, la concentration n’est pas stœchiométrique, mais la réaction se fait tout de même. Une épaisse et lourde fumée verdâtre monte dans le chaudron et retombe en lourdes volutes sur le plan de travail sous le regard stupéfié des trois Bichons et demi. Cela sent l’œuf pourri.

- Agah ! Fait le petit Ian.

- En voilà au moins un qui apprécie la qualité de mon travail ! Dis-je d’une voix snobinarde.

Dans l'infâme mélange, je place les deux parties des hochets qui forment un bracelet une fois le manche retiré. J’ai un doute quant à la compatibilité du métal avec ma mixture, mais il est trop tard pour y réfléchir. Je regarde ma montre avec une attitude obséquieuse.

Cela s’impatiente coté Bichons. Je laisse traîner une demi-minute avant d’éteindre le feu sous mon chaudron. Avec une longue pince en bois, j’extrais les deux bracelets. Avec soulagement, je constate qu’ils n’ont pas changé de couleur. Religieusement, je les pose sur un torchon propre et nous les regardons refroidir. Une fois cela fait, je les redonne à Ruby.

- Tu en mets un dans le berceau de ton fils et tu portes l’autre. Cela créera un lien psychique avec ton enfant et celui qui a disparu. Cela devrait apaiser tes nuits.

En fait je compte surtout sur la particularité sonore de ces hochet-bracelets. Quand je les avais sortis le jour de la fête de la meute, les loups s’étaient presque mis à faire les beaux en entendant ce singulier carillon.

- Voilà. Y a moyen de boire l’apéro ici ? Dis-je en m’affalant sur le canapé. Et interdiction de toucher à mon chaudron sacré ! Ajouté-je en voyant Derek s’approcher de la gazinière.



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MessageSujet: Re: Our Broken Family (ft. Ruby, Derek & Co)   Mer 19 Avr - 22:45



Sweet dreams



Le sommeil me fait défaut, et lorsqu’il me gagne enfin, ce n’est jamais sans mauvais rêves. Vivre au manoir me permet d’avancer. Il est nécessaire que j’avance pour Ian, pour Peter, pour la meute. Mais ça ne rend pas cela plus facile.

Derek a fait un travail remarquable avec la chambre d’enfants. Nous n’oublierons jamais Lilia. La cérémonie d’adieu était ce qu’elle était. Dire adieu ne signifie pas oublier. J’ai incinéré une partie de ma robe de mariée en même temps que le bébé. L’enfant était enveloppé dans l’amas de taffetas et de flanelle qui m’a vu devenir accompagné lorsque je devenais mère. J’ai cependant gardé le pardessus en dentelle. Cette dentelle a été faite dans la tradition de ma famille et le sang qui l’en imprègne désormais ne la fait que coller un peu plus à ma vie. Je suis Ruby, je suis la fille au chaperon rouge, je suis Red.

Petit à petit ma vie prend des allures de mère au foyer. Je n’ai pas l’intention de rester loin du bureau trop longtemps, je deviendrais folle. Mais Ian est encore trop petit et je n’ai pas une seconde pour même songer à reprendre le travail.

La maison est somme toute moins mouvementée que ce à quoi nous nous attendions. Sur ce point, l’absence de Stiles se fait ressentir. Je ne sais pas ce que veut vraiment Derek, mais c’est à lui de choisir. Les histoire se font et se défont. Ainsi va la vie. Nous respecterons son choix quoiqu’il décide et quelle que soit notre opinion.

J’essaye de contrecarrer la fatigue en me faisant active. Nous ne sommes que trois à vivre ici, mais de un, nous avons tous une faim de loup, et de deux, il n’est pas rare qu’une tierce personne se joigne à nous pour dîner. Miyavi en tête qui supporte finalement assez mal de vivre seul, et Mick et Chad juste après, que je force à rester dîner à chaque fois qu’ils viennent voir Ian. Pongo est resté avec nous. Il est devenu gaga d’Ian et de Mafdet. Un vrai chien de garde pour le manoir et une vraie nounou pour le petit. Je sais que sa présence rassure Peter qui n’aime pas me savoir seule.

Mon mari me lance des regards à la dérobée. Derek nous lance des regards à la dérobée. Parce que nos activités nocturnes ressemblent de moins en moins à une lubie ponctuelle. Parce que malgré ça, je dors toujours mal. Ce n’est que lorsque j’entends la moto de notre Druide que je comprends que Peter a décidé d’agir. Elle ne vient pas de peur que je lui propose de prendre Ian dans ses bras je crois.  Un regard échangé me fait comprendre que mes nuits sont littéralement agitées, suffisamment pour l’inquiéter.

Elle entre en grande pompe comme elle aime tant le faire. Elle n’est peut-être plus une sentinelle mais la savoir à nos côtés me rassure. Ian sera toujours en sécurité avec elle aux alentours. Derrière ses airs dégoûtés, je sais qu’elle renverserait le monde pour sauver l’enfant.

Je la regarde investir la cuisine d’un œil, je l’avoue, suspect. J’essaye de me rassurer en entamant une conversation anodine, mais je n’ai soudainement plus du tout confiance. Que nous concocte-t-elle ? Une potion magique à la panoramix ? Un cours magistrale à la Snape ? Une infusion pour retourner le cerveau ? Ou une intoxication alimentaire ?

Je l’observe attentive tandis qu’elle manipule les hochets qu’elle a offerts aux enfants. Celui de Lilia n’est que partiellement en notre possession. Peter m’a confié que Luka l’avait en sa possession lorsque la disparition de notre fille nous a été apprise. Je soupçonne malheureusement qu’il a gardé le manche avec lui pour partir avec Lilia de la plus triste des façons. Une fois détaché de l’arceau, le manche ouvragé semble aussi effilé qu’un pic à cheveux….ou à glace. Je ne comprends qu’aujourd’hui qu’il n’a sans doute pas gardé l’objet juste pour quitter ce monde avec un souvenir, mais peut-être bien, par un souvenir. Je ne sens plus sa présence, pourtant, je ne cesse d’espérer le voir débarquer sur notre terrain. Tout comme je ne peux m’empêcher d’imaginer le rire de ma fille.

Ian babille puis grimace. Les volutes de fumées l’amusent, mais il n’est pas plus fan de l’odeur que nous. Nous la regardons procédé dans un silence religieux. Même Ian est fasciné. Elle dépose les bracelets sur un torchon le temps qu’il refroidisse et elle en profite pour nous expliquer comment le résultat de ses manœuvres va m’aider. L’émotion me prend. J’esquisse un sourire les larmes aux yeux.

— « Merci »

Je ris franchement et j’essuie mes larmes quand elle parle de prendre l’apéro. Je laisse Peter la servir et je confie Ian à Derek le temps de préparer quelques amuse-bouche pour accompagner les boissons. Je coupe des panis que je passe à la poêle, et je prépare des galettes de maïs avec du fromage et du chorizo que je fais chauffer à la poêle également.

*-*-*-*

— «  Aïe ! »

Je porte mon doigt à mes lèvres. Le temps que j’éponge le sang de ma langue, la coupure n’est déjà plus. Des pleurs résonnent dans le manoir. Ian. C’est un bébé à la sensibilité accrue. Il pleure dès que quelqu’un se tape un orteil contre le coin d’un meuble, mais étrangement, il ne pleure jamais pour lui. Mais il est plus ou moins réglé comme sa sœur, alors quand il pleure et qu’elle pleure parce qu’elle a faim, je sais que je peux le nourrir immédiatement après elle.

Je réduis le feu et j’attrape un torchon pour essuyer mes mains avant de monter pour le rassurer. Quand j’arrive à la chambre, il ne pleure déjà plus. Je me penche au-dessus du berceau pour assister à la scène la plus attendrissante qui soit. Ian est blotti contre sa sœur ? C’est elle qui a hérité de l’esprit combattif et enflammé de son père…et de moi aussi je dois bien l’avouer. Je plains déjà les malheureux qui se mettront en tête de chahuter mon fils. Ma fille n’en fera qu’une bouchée !

On m’appelle. Je me tourne pour faire face à l’homme de ma vie, le père de mes enfants, mais se faisant, j’ai un étourdissement et l’étrange sensation de changer de dimension ; Je ferme les yeux et je porte une main à ma tête pour tenter vainement de contrer ce vertige. Quand j’ouvre à nouveau les yeux, je suis allongée sur le sofa, Peter au-dessus de moi.

Il me faut plusieurs instants pour comprendre que je dormais, que ce n’était qu’un rêve. J’ai retrouvé le sommeil grâce à Mafdet. Un délicieux sommeil. Je n’ai plus peur de dormir, bien au contraire, je fais la sieste dès que possible, pour la voir. Peter m’aide à me redresser. Il faut que je nourrisse Ian.








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MessageSujet: Re: Our Broken Family (ft. Ruby, Derek & Co)   Mer 3 Mai - 21:06


Our Broken Family

L
a vie s’organise à nouveau au manoir. Je me tiens sur la terrasse qui est à l’opposé du chemin d’accès. L’endroit fait une courte clairière rapidement cerné par les arbres. Avec Peter nous avons choisi de ne pas élaguer plus. Cela aurait été possible lors de la reconstruction, mais dans notre enfance la forêt entourait déjà le manoir comme si elle l’entourait de ses branches, comme d’immenses bras. Nous avons souhaité garder cette proximité. Là où certains s’en trouveraient oppressés par cette masse végétale dense et proche, nous, nous nous y sentons à l’aise. Cela vient que nous sommes des loups. Nous n’avons pas besoin de voir pour détecter une présence à proximité comme un humain ordinaire qui a besoin de s’entourer d’une zone franche, vierge de tout obstacle visuel. Nous ne vivons pas dans la forêt, mais avec la forêt.

Mon oncle et Ruby sortent souvent la nuit se mêler aux ombres de la nuit. Il n’y a que quelques pas à faire pour être cerné par le règne végétal. Pour le moment ils dorment encore, le soleil pointe à peine le bout de son disque lumineux effleurant la cime des arbres. Sous mes pieds nus, je sens la rosée sur les veines rugueuses des planches qui constituent la terrasse. Vêtu d’un bas de survêtement et d’un simple t-shirt, je prends l’air en faisant quelques exercices d’assouplissement, mon mug de café posé sur le rebord d'une fenêtre. Il fait encore frais, mais bientôt le soleil chauffera le sol, vaporisant l’humidité de la nuit.

Un bruit, un regard sombre qui me fixe. Le cornu est un beau mâle d’une dizaine d’années. C’est plutôt rare qu’un si beau cerf s’aventure si près du manoir. Depuis des semaines, Ruby et Peter font des ravages parmi le gibier. Je reste immobile pour ne pas rompre cet instant fugace. Un lapin détale dans les fourrés donnant le signal de la fuite.

Il n’est pas rare que je me réveille avant que le soleil ne soit levé, ainsi que les autres occupants du manoir. Souvent Ian m’entend, ou plutôt le sens car je veille à ne pas faire de bruit. Je passe dans sa chambre le rassurer avant de descendre. J’aime profiter de la quiétude matinale avant que la maisonnée ne retentisse de vie, de boucan et des niaiseries intersidérales de mon oncle. « Ma douce tu veux un nuage de lait dans ton Thé » « Ian deviendra un homme très instruit, il vient d’attraper le journal dans le bon sens »… Je termine mon café avant qu’il ne refroidisse, puis vais me chausser pour mon footing matinal.


|•|•|•|



Elle portait des culottes, des bottes de moto
Un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos
Sa moto qui partait comme un boulet de canon
Semait la terreur dans toute la région.

Constamment elle se coiffait, constamment elle se lavait
Comme la chatte de gouttière qu’elle était.
Un tatouage d’une cabalistique mystique sur sa peau blême
Et juste à l'intérieur, on lisait "infini"…

Je ne sais pas l'a conviée, enfin je crois surtout que personne ne l’a invitée, vu qu’elle avait décliné toutes les tentatives de Ruby pour la sociabiliser.

Mafdet apparait tel un orage d’été, brusque, soudain et violent. Sa moto fait un bruit infernal, mais derrière ce tintamarre se cache une mécanique bien huilée. C’est Peter qui s’y colle pour l’accueillir.

Et voilà la reine de Saba en personne qui nous fait l’aumône d’entrer dans notre misérable chaumière. C’est l’impression que donne la scène à laquelle j’assiste. Dans un jeté de cheveux elle déclare avoir besoin du hochet d’Ian avant de se diriger vers la cuisine. Je doute qu’elle vienne nous faire le repas, cependant je me tiens coi, la regardant avec suspicion.

|•|•|•|

L’odeur est immonde, pourtant Mafdet qui a pourtant le museau juste au-dessus de son chaudron de sorcière reste régalienne. J’ai l’impression de voir ce professeur de potion dans la série de films que Stiles affectionne, un navet qui parle d’école de magie. J’ouvre le bec pour la sommer de nous expliquer ce qu’elle fabrique quand j’intercepte les regards de Peter et Ruby fixant le chaudron comme si un génie allait en sortir.

La chatte de gouttière marmonne des mots incompréhensibles et touille sa tambouille pour finir d’y plonger le hochet. Pauvre Ian ! L’odeur ne va jamais partir !

- Tu en mets un dans le berceau de ton fils et tu portes l’autre dit-elle. Cela créera un lien psychique avec ton enfant et celui qui a disparu. Cela devrait apaiser tes nuits.

C’est donc bien ce que je pensais. Je ne sais pas si Ruby gobbe l’affaire, mais l’aplomb de Mafdet fait son effet. Finalement c’est une autre façon qu’a la féline de lui dire « arrête de faire ta chochotte et avance ».

- Voilà. Y a moyen de boire l’apéro ici ? Dit-elle en s’affalant sur le canapé. Et interdiction de toucher à mon chaudron sacré !

Je me fige sur place alors qu’elle me menace d’un sourire carnassier.

- Impossible d’avaler quoi que ce soit avec ton truc qui sent la station d’épuration !

D’autorité, je m’empare du chaudron "sacré" et vais le déposer dehors. Je place soigneusement l’inscription « made in China » de façon à ce qu’elle ne soit pas visible si Ruby ou Peter venaient à sortir.

- Alors ? Tortillas ? Dis-je. Peter sort donc tes bouteilles que tu planques dans ton bureau. Ruby jus d’orange ?

|•|•|•|

Une routine s’installe au manoir. Comme je travaille à domicile sur mes placements financiers, je fais office de nourrice quand Peter est au lycée et Ruby sortie pour faire des courses. Loin d’être une contrainte, j’apprécie ce rôle, surtout que le tempérament calme de mon petit cousin colle à merveille avec le mien.




















(c) Fiche et montage par Mafdet Mahes |•|•|•| Loup by Wolfenchanter


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MessageSujet: Re: Our Broken Family (ft. Ruby, Derek & Co)   Jeu 18 Mai - 22:17




Our broken Family


S’il y avait bien un exercice du corps professoral  que j’exécrais à faire, c’était la correction des devoirs rendus par mes élèves. La déception de voir à quel point certains étaient souverainement hermétiques la littérature me rendait d’humeur impitoyable. D’ordinaire taciturne parmi mes collègues dans la salle des professeurs, cette tâche me rendait pour le moins  peu abordable. D’aucun ne se serait risquer à venir me déranger. Excepté Mafdet qui s’installa souplement à côté de moi en faisant racler sa chaise sur le sol. Aussi discrète qu’elle pouvait l’être, je sus que le dérangement était intentionné.

Prenant sur moi pour ne pas lancer de remarques acerbes, je saluai poliment la druide de notre meute. Notamment parce que ce fut le moment propice pour évoquer un sujet délicat avec elle.

Ruby éprouvait de plus en plus de difficultés à trouver un sommeil apaisant. Ses nuits étaient agitées de cauchemars et son réveil toujours baigné de larmes ou de grognements sauvages.

- Dans tes vieilleries ou tes antiques produits et autres poudres de perlimpinpin, n’aurais-tu pas un remède pour adoucir ses nuits ? Demandai-je en accentuant sur ce qui la faisait rugir.

- C’est qu’il va me falloir des fraises et des framboises fraîches… Énuméra la chimiste.

- Mais ce n’est pas la saison Mafdet ! M’insurgeai-je.

- Rhaaa ! Que c’est ballot mon Jojo ! S’amusa-t-elle à répondre avec un rire presque diabolique.

Je grognai mon assentiment sous le regard courroucé des autres professeurs que nous dérangions durant leur pause.

- Meow ! On dirait un Bichon à son papa ! Se moqua la druide jusqu’à m’en rendre crispé d’agacement.

Lorsqu’elle s’enfuit, je ne fus pas sûr qu’elle ait prit ma demande au sérieux. Pourtant, Ruby avait réellement besoin d'aide.

Ce fût mes élèves qui subirent l’effet Mafdet sur mon humeur. Le proviseur fermait les yeux sur certains écarts et haussement de ton. Fort heureusement, aucun désordre n’était à déplorer.

Pourtant, les premiers jours de ma reprise après le drame que Ruby et moi avions vécu avaient été particulièrement délicats.

Un pan de mur dans le hall de l’établissement avait été orné d’affiches à l’effigie des adolescents décédés dans l’incendie de l’église. Ce fut la première chose que je vis en revenant au lycée. À mes yeux, les victimes n’étaient que des meurtriers. J’avais reconnu celui qui avait poignardé Ruby et déchiré d’un geste féroce le portrait exposé sur ce lieu de recueillement. Les petites bougies avaient fondu depuis longtemps.

« As-tu été suffisamment stupide pour croire que je vous laisserais faire renaître la famille Hale comme elle l'était autrefois ? »

La satire de William ne quittait pas mes pensées. Mon désir le plus fou était de serrer son cœur sanglant au creux de mon poing.

- Il faut se débarrasser de tout ça ! Et vite ! Grognai-je à l’attention du concierge qui était passé au même moment.

Me retrouver dans une salle de classe en sachant pertinemment que j’y avais côtoyé celui qui nous avait privés de Lilia fut une seconde épreuve.

J’avais manqué de sauter à la gorge d’un élève qui s’était levé de sa chaise et s’était trouvé derrière moi alors que j’écrivais au tableau.

Mais ce ne fut pas aux yeux de tous que je laissais s’exprimer la rage qui me broyait. Mon loup était redevenu un monstre assoiffé de violence à laquelle il pouvait laisser cours dans les profondeurs de la forêt qui bordait le manoir. Pour maintenir l’équilibre, le professeur que j’étais demeurait canalisé et focalisé sur la reprise d’une vie normale mais à jamais meurtrie. Telle était la douce folie qui m’habitait à nouveau. Qui ne m’avait peut-être jamais quitté.

Bien qu’elle fût désagréable pour mon ouïe lupine, la sonnerie qui indiquait la fin des cours s’avéra salvatrice.

Sur le chemin parking, une forme noire se faufila entre mes jambes, manquant de me faire louper les quelques marches qui descendaient vers la chaussée.

Mafdet ! Elle avait intérêt à se rendre utile auprès de Ruby, sinon je saurais parfaitement trouver moult agaceries pour lui faire regretter de m’importuner, et ce, jusqu’à la fin de ses neufs vies de chat.

/          /          /

Je connaissais l’esprit de contraction de l’ancienne sentinelle mais je me surpris à m’étonner encore de sa capacité à me faire enrager par plaisir. Elle vint au manoir sans s’annoncer et au moment où elle le souhaitait et non lorsque ça m’aurait arrangé. Surtout lorsque ça ne m’arrangeait pas en réalité. Elle était ainsi. Mais c’était une amie proche de Ruby et la druide de notre meute. En ces termes, elle était toujours la bienvenue selon ma louve.

Notre fils ne dormait pas, il échappa donc à un réveil rendu désagréable par le moteur de la moto de Mafdet. J’avais fini par reconnaitre le ronflement caractéristique de l’engin. Le matin, certains professeurs jasaient également de la nuisance sonore qu’elle provoquait en venant pour dispenser ses cours.

Je tempêtais mentalement dans le salon en attendant qu’elle éteigne le moteur et daigne se joindre à nous. Ce fut un duel implicite au bout duquel je perdis patience et ouvrit la porte pour la foudroyer du regard.

Lorsqu’elle passa la porte, elle afficha un air victorieux à peine perceptible mais dont la suffisance fit renaître un agacement profond et jamais totalement tari à son égard.

Si elle eut été Medusa, j’aurais juré que sa chevelure avait tenté de me mordre sinon de me fouetter le visage.

- J’ai besoin des deux hochets que je vous ai offerts à la réunion de la meute, ordonna-t-elle en se dirigeant vers la cuisine comme si elle était en terrain conquis.

Coopérer revenait à échapper le plus tôt possible à ses airs de grande prêtresse. J’appelai donc ma douce depuis le pied de l’escalier en lui demandant d’apporter les grigris que notre émissaire avait offerts aux jumeaux. Celui de Lilia n’était plus entier. Son parrain, Luka, avait emporté avec lui l’un des morceaux, comme le fragment de l’âme de notre fille qu’il avait fini par rejoindre et qu’il ne quitterait plus.

Ce fut à mon tour de sourire sournoisement lorsque Mafdet se retrouva aux prises avec Ruby qui ne manqua pas de lui exprimer toute son amitié. Indépendante et fière, la druide supportait très peu les marques d’affection. Hormis sous sa forme féline la moins imposante. C’était encore là toute la complexité de sa personnalité.

Et elle se donna à cœur joie de mettre en scène une étrange préparation qui dégagea une odeur nauséabond dans toute la maison. Il fut incontestable que la spécialité qu’elle enseignait à ses élèves lui ait déjà permis de leur faire cette farce. Comment cette mixture pestilentielle pouvait-elle aider Ruby ?

Nous étions tous stupéfaits des réactions de son expérience. Je me retins de lancer un avertissement quant à l’état du plan de travail et de la cuisine après son passage.

- Agah ! Balbutia Ian en grimaçant.

- En voilà au moins un qui apprécie la qualité de mon travail ! Se vanta la druide avant je plonger les hochets dans le chaudron qui avait disparu sous une épaisse fumée.

Je craignis un instant que ce dernier ingrédient ne fasse exploser la substance. Mafdet en serait capable pour ajouter de l’effet à son intervention. Mais ce ne fut pas le cas.

Elle finit par sortir les deux jouets et attendit qu’ils refroidissent avant de les offrir une seconde fois à Ruby.

- Tu en mets un dans le berceau de ton fils et tu portes l’autre, expliqua-t-elle. Cela créera un lien psychique avec ton enfant et celui qui a disparu. Cela devrait apaiser tes nuits.

Ma louve la remercia d'une voix faible. Évoquer Lilia était encore difficile. L’espoir d’éprouver encore le lien maternel avec notre fille fut plus émouvant encore.

- Voilà. Y a moyen de boire l’apéro ici ? Réclama la féline, en se jetant sur le canapé sans ménagement. Et interdiction de toucher à mon chaudron sacré !

- Tout comme il est interdit de maltraiter le mobilier, fustigeai-je.

En guise de réponse, elle posa ses pieds sur la table basse puis s’étira en sortant ses griffes pour mimer qu’elle s’attaquerait volontiers au cuir tout neuf.

- Alors ? Tortillas ? Demanda le neveu en refermant la porte qui menait à la terrasse. Peter sort donc tes bouteilles que tu planques dans ton bureau. Ruby, jus d’orange ?

- Plutôt jus de goyave, répondit ma louve. Je vais vous préparer quelques amuses bouche. Tu veux bien prendre Ian ?

Derek s’exécuta comme il le faisait presque systématiquement lorsque nous lui demandions de s’occuper de notre fils. Il ne le disait pas mais il appréciait ce rôle.

- Dis cousin, c’est quoi ce pyjama ? Demanda-t-il.

- Ne t’avise pas de critiquer, le neveu, dis-je pour couper court à sa raillerie. Ou bien je serai contraint de ressortir de vielles photos de toi lorsque tu étais enfant. Dont celle où tu arbores fièrement un costume que tu avais réclamé à ta mère.

Derek sembla se souvenir de ce dont je parlais. Il avait subi les moqueries d’autres enfants quand il s’était présenté à une fête d’anniversaire avec une trompe et des oreilles d’éléphant sur la tête.

À cette époque, pour le réconforter, je lui avais suggéré de faire peur à ses petits camarades en venant littéralement en loup. Pour sûr, les yeux brillants et les crocs auraient eu l’effet escompté. Mais ma sœur m’avait entendu et avait formellement rappelé à Derek toute la discrétion dont nous devions faire preuve quant à notre nature.

Ça ne l’avait toute de même pas empêché de me murmurer plus tard que si on l’embêtait il serait toujours plus fort que les petits malins qui s’en prendraient à lui. Fort heureusement pour eux, Derek n’avait pas souffert de son adolescence. Il avait un caractère fort et de bonnes aptitudes qui l’avaient aidé à être populaire. Plus tard, après l’incendie du manoir, l’ombre de la colère qu’il portait comme un masque dissuadait quiconque de lui causer des ennuis.

Lorsque le moment de convivialité toute relative toucha à sa fin, je revins de la cuisine avec l’intention de tourmenter Mafdet en contrepartie des agaceries qu’elle se plaisait à me faire subir.

L’aspirateur à miettes et accessoirement à poils de chat fut l’outil idéal. Quand l’appareil, malsain aux yeux des félins tant pour le bruit que pour son effet, s’attaqua intempestivement à la druide, celle-ci émit un feulement de mécontentement qui m’emplit de satisfaction.

Ruby m’adressa un regard amusé mais réprobateur et remercia encore chaleureusement son amie pour sa visite.

J’avais l’espoir que la solution apportée par la professeur de chimie ne soit pas uniquement de la fumisterie. Parmi toutes les herbes qu’elle avait incorporées à sa décoction avant d’y noyer les hochets, peut-être que l’une d’elles permettraient de calmer le sommeil de ma louve.

Cette première nuit allait être révélatrice. Ma douce s’était lové contre moi en serrant le petit objet contre son cœur.

/          /          /

La chasse sauvage permettait à Ruby et moi d’expier notre tristesse et notre colère. Depuis l’intervention de Mafdet, ma douce trouvait plus facilement le sommeil. Parfois même, je savais qu’elle espérait que ses songes l’emportent si loin que l’absence de notre fille lui soit moins douloureuse. Puis elle me confia que, dans le secret de ses nuits, nous vivions une vie de famille heureuse dans laquelle Ian et Lilia n’avaient pas été séparés.

Quelques jours plus tard, avant l’aube, je fus réveillé par un petit cri. À côté de moi, ma louve s’était redressée comme si un fantôme venait de l’appeler.




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MessageSujet: Re: Our Broken Family (ft. Ruby, Derek & Co)   Mer 26 Juil - 23:18



Ils grandissent si vite



Mon cœur bat à tout rompre. Cet appel m’a extirpée d’un rêve bien trop merveilleux pour que le réveil soit agréable. Je me sens grogy et pourtant, je suis en alerte maximale, prête à bondir sur le moindre mal qui oserait s’en prendre à mon petit. Je suis à la fois en rage d’avoir été arrachée à cette illusion de vie de famille parfaite et en nage à l’idée que pire c’est encore possible…mais surtout, je suis stupéfaite. Car cela ne peut être vrai. C’est absolument impossible. Je ne peux avoir entendu ce qu’il m’a semblé entendre. Cela défierait toute logique. Mais qu’est la logique dans notre monde. Je suis un loup-garou, je viens d’un autre monde et mon nom a servi de base pour un conte de fée, comme tous les contes, un peu glauque.

Je n’ose bouger. J’attends que le son fasse écho. J’attends de l’entendre à nouveau. D’être sure qu’il ne s’agit pas d’une fabulation. Peter me fixe. Je peux le sentir. Mais je n’ose détourner le regard de la source de mon réveil. Mon époux s’inquiète, je le sais bien, mais je ne peux pas détourner mon regard, pas sans être sure…

Et puis ce son retentit à nouveau. Cette fois-ci, c’est moi qui fixe mon loup aux yeux de glace alors que lui fixe la source de notre surprise. Ses sourcils se froncent d’incompréhension puis se haussent de stupéfaction en même temps que le bord de ses lèvres. Il est magnifique, ce père qui s’ignorait. Nous nous levons dans le même mouvement pour nous approcher du berceau de notre enfant. Ses petites mains sont tendues vers le ciel.

«  Maman ! »

Je sens la main chaude de mon loup de mari se poser sur mon dos alors que je porte mes mains à mon visage. L’émotion est telle que des larmes s’invitent aux coins de mes yeux. Il faut qu’Ian m’appelle une troisième fois pour que je me décide enfin à le prendre dans mes bras. S’il n’est pas compliqué de le porter avec ma force lupine, j’ai l’étrange sensation que son poids n’est plus le même que lorsque je l’ai couché. Il est aussi plus allongé et plus vif. Je me tourne vers Peter.

«  Tu ne trouves pas qu’il a…grandi ?

Peter reste sans mot. Je suis persuadée que lui aussi l’a remarqué mais que son inconscient a refusé l’idée d’entrée de jeu. C’est impossible qu’il prenne une telle poussée de croissance en une nuit. Pourtant, je jurerais que c’est le cas. Et puis, il ne faut pas oublier qu’il est mon fils. Nous avons supposé que ma magie avait été consumée lorsque Chad est devenu un alpha à Boston, mais et si il en restait un peu, juste un tout petit peu et qu’elle avait été transmise à mes enfants ? Cela n’a peut-être pas empêcher le destin de nous enlever Lilia, mais cela influe peut-être sur la croissance de mon fils ?

Je tends Ian à Peter. Une expression de surprise fugace marque son visage. Lui non plus ne s’attendait pas à un tel poids. Notre fils reste une crevette, mais une crevette qui semble avoir pris plusieurs mois en l’espace de quelques heures. J’envoie un message à Mafdet sans entrer dans les détails. Quelque chose d’étrange se passe, je ne veux pas tirer de conclusions hâtives, je préfère me fier à un jugement qu’elle aura sans l’influence de nos idées.

Impossible de nous rendormir dans ces conditions. Nous descendons, mais il est tôt et notre agitation alerte Derek. Lorsque les marches craquent sous ses pas,  j’ai abandonné l’idée de donner le sein à Ian. Il est trop grand et le lait ne suffira pas à le sustenter, je le sens. Alors, je tente de lui donner un petit pot. Derek se moque d’une supposée envie de voir mon petit précoce, puis il s’arrête net en voyant l’enfant, car Ian n’est plus un bébé…

« ‘ton ‘ek »









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Derek Hale
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MessageSujet: Re: Our Broken Family (ft. Ruby, Derek & Co)   Lun 7 Aoû - 10:53


Our Broken Family

J’
ouvre un œil, puis l’autre. De la fenêtre une lueur blafarde annonce le jour qui arrive. Je m’étire, me retourne dans le but de me rendormir, seulement je sais bien que cela n’arrivera pas. Alors je repousse le drap, m’assois et pose les pieds sur le plancher. J’ai encore fait ce rêve étrange où Chad apparaît. Je ne sais pas si c’est mon cerveau qui agence les bribes de ma mémoire de manière fantaisiste ou si ces songes ont valeur de prophétie. Mon frère de meute m’inquiète. A plusieurs reprises j’ai noté son regard dur, lui qui d’habitude était le plus doux d’entre nous. Je suis bien placé pour connaitre l’impact des drames familiaux.

D’une impulsion, je me lève et ouvre la fenêtre en grand. Dehors la faune nocturne va se terrer pour dormir, alors que les diurnes profitent malgré la nuit encore présente, de ce moment de calme avant que les humains s’éveillent dans un raffut insupportable pour les fines oreilles animales. Un écureuil détale sous le pas d’une biche qui se fige comme une statue alors que je viens de faire craquer les os de mes épaules. Le cervidé ne m’a pas repéré, mais sent la présence du prédateur naturel que je suis. Il se décide à filer, son sillage marqué par son popotin blanc qui ondule en cadence de sa foulée. C’est une invitation à la course. Je n’éprouve pas le besoin comme mon oncle ou mon alpha de faire un carnage dans la forêt pour calmer mes angoisses. Le simple fait de courir me suffit. C’est sans bruit que je quitte le manoir pour une bonne heure de course.

|•|•|•|

C’est couvert de sueur que je rentre. J’avale un verre de jus de fruit puis monte me doucher. J’entends Ian remuer dans son lit. Peter et Ruby sont encore dans leur chambre mais ils sont également éveillés.

L’eau qui ruisselle sur ma peau emporte la crasse et les mauvaises pensées. Je n’ai pas reparlé à Stiles depuis notre altercation. Je reste perdu à ce sujet. Je sais que Stiles a toujours fait un complexe d’infériorité dans notre couple, lui pas assez cela et moi bien trop ceci. Pour ma part cette différence de « poids » avait été balayée quand je m’étais aperçu de mon attachement pour lui. Cependant avec le temps cette différence avait refait surface. Contrairement à ce que pense cet abruti d’humain, je n’y vois pas une différence de valeur, mais la pertinence pour lui de vivre avec un type comme moi qui aura toujours, quoi que j’y fasse, des chasseurs aux fesses ou au mieux ma nature de loup à masquer. Stiles a le droit de vivre sereinement sans devoir mentir ou camoufler la nature de son compagnon. Il a le droit d’avoir une vie normale, celle qu’il avait avant que Peter ne vienne foutre le bordel en mordant Scott. La voix grinçante d’un Gemini cricket intérieur me souffle que sans la morsure de Scott, sans les dangers qu’ils ont vécus ensemble, Stiles serait encore au stade de larve, l’éternel loser. Et que finalement, ce que je lui refuse aujourd’hui est ce qui l’a révélé et grandi.

En bas de jogging et T-shirt à la main je descends pour prendre le petit déjeuner en famille. Surpris je trouve Ruby tenter de donner un petit pot à Ian. Tous les mêmes ces parents, pressés de voir leur nourrisson grandir, puis gémir lorsque le même enfant prend son envol vingt ans plus tard. Alors que j'enfile mon vêtement, je me moque de mon alpha pour m’arrêter sidéré.

- ‘Ton ‘ek !

- Hey ! Il parle ! M’exclamè-je.

A la trogne renfrognée de l’oncle, je devine que la prunelle de sa vie n’a pas choisi son père pour ses premiers mots. Trop heureuse et fière Ruby en remet une couche disant qu’Ian a dit « maman ». J’attrape le prodige avec un sourire grognard pour Peter.

- Toi tu comprends tout de suite l’importance des gens de cette maison affirmé-je, en soulevant ce bébé qui l’est de moins en moins.

Je n’en reste pas moins surpris. Son poids a effectivement changé. Comme à mon habitude, je lui fais faire le tour du salon en mode superman. Ian adore que je le fasse voler. Le bébé gazouille sa joie et communique son bien être à grande force de « ‘Ton ‘ek ! », faisant grincer un peu plus Peter.

Reprenant un peu mon sérieux, je colle Ian contre mon épaule et le renifle. Il a la même odeur que d’habitude, celle du lait caillé et de la couche pleine. Sa menotte m’attrape l’oreille, son regard se fixe au mien.

- Qu’est-ce qu’il t’arrive toi, lui demandé-je.

- ‘Ton ‘ek !

Ian a grandi, mais pas assez pour me répondre. Je ne sais quoi penser de ce qui arrive à cet enfant. Ruby est tout autant perdue, et Peter… reste Peter, vexé comme un pou que son fils n’ait pas encore dit son nom.

- ‘Pa !

Mieux vaut tard que jamais ! L’oncle s’illumine comme un sapin de noël et m’arrache presque son fils des bras. Peter fait comme si Ian venait de prononcer son premier mot, effaçant l’affront que lui a fait sa progéniture par un total déni. Scène étrange que de voir ce professeur de littérature qui a la sale manie de reprendre son entourage à la moindre faute de français gazouiller dans un langage totalement débile.

- Parle lui correctement à ce pauvre gosse, m’exclamé-je.

Un grognement me suit alors que je file à la cuisine pour préparer le petit déjeuner. Nous avons un mystère à éclaircir, mais nous ne le ferons pas le ventre vide.

J’entends Ruby appeler notre druide. J’hausse les sourcils en remplissant la cafetière d’eau. Si Mafdet rapplique, ça promet d’être encore le cirque. Cependant je comprends l’inquiétude de Ruby. Il ne faudrait pas qu’Ian brûle sa vie avec cette croissance accélérée.

Le manoir raisonne de gazouillis et d’exclamations de fierté de la part d’un père et d’une mère aux anges.

- Le bon côté des choses, est que je vais pouvoir lui apprendre des conneries à faire plus rapidement…

Nouvelles exclamations et autres grognements.



















(c) Fiche et montage par Mafdet Mahes |•|•|•| Loup by Wolfenchanter


I want answers. Did you ?

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MessageSujet: Re: Our Broken Family (ft. Ruby, Derek & Co)   Ven 11 Aoû - 13:31




Les zinzins de l’espace


HRP:
 

Des fous ! C’est une famille de cinglés ! Avec l’acariâtre pathologique qui surnomme sa femme « Ma douce ». Qu’il y a-t-il de doux chez cette ex-sanguinaire ? Ce fabuleux mensonge où l’on a fait croire à des générations de bambins que le petit chaperon rouge était une adorable petite fille à sa mère-grand ?! Tromperie ! Non seulement elle zigouille son premier amour  – L’autre fanatique de Shakespeare devrait veiller ses arrières –, Ruby était la plus zélée des captains de Lyacon. Ses trophées de chasse se comptent sur le nombre de paillettes argentées de ses prunelles. Autant dire que son regard brille ! Un vrai spot, que dis-je un phare ! Très assorti avec la péninsule que « son tendre » a à la place du tarin. J’ai des envies de meurtres à chaque fois que je les entends s’appeler par leurs petits noms intimes. Ils ne peuvent pas garder ces niaiseries pour l’intimité justement ?

Et ce fameux « tendre » qui est tout sauf tendre ! C’est un paquet de frustration, doublé d’un schizophrène. Il suffit de le voir vous regarder, le menton bas, ses petits yeux de fouine vous scrutant à la recherche d’un défaut, d’un pixel qui dépasse. Je m’en donne à cœur joie avec ce sociopathe du rangement. L’autre jour il a failli faire une attaque lorsque j’ai osé poser les talons de mes bottes de moto sur la table basse.

Puis il y a le neveu ! C’est un pur autiste ce gars. Dommage, car lorsqu’il se fend d’un sourire, ce qui arrive uniquement les années bissextiles lorsque le 29 février tombe un soir de pleine lune, il devient carrément canon ! Mais il ne m’aime pas, je lui rends sa méfiance. Il a le don de me percer à jour, ce qui m’irrite au plus haut point. Chaque fois que l’on se croise, il me cause avec ses sourcils. Ils se sont bien trouvés avec le druidon d’ailleurs et leur langage de films muets. Ils formeraient un couple bien plus probable qu’avec l’autre agité de Stilinski. Il me frise les moustaches à toujours brasser de l’air le Stiles. Jamais il n’arrête une seule seconde. Fatiguant !

Enfin ! J’espère que ma tambouille de l’autre fois aura suffi à les calmer pour au moins six mois. Ils avaient été chiches sur l’apéro les Hale. « La douce » cantonnée au sans alcool… Depuis quand un loup fait attention à ce qu’il boit ? Quoi que c’est calorique et les louves sont aussi sujettes à la culotte de cheval que les humaines. C’est vrai qu’elle n’a pas perdu tous les kilos pris pendant sa grossesse la Ruby. Faudrait que je parle à Peter des grosses fesses de sa femme. Il aime peut-être ça, la période renaissance, les femmes bien en chair. J’imagine sa tête si je lui parle du centre de gravité un peu bas de « sa douce ». L’image m’amuse tant qu’elle me fait ronronner. J’ajuste le plaid qui m’entoure les épaules et me cale mieux dans mon canapé.

Je mange de la purée au pâté en regardant un film d’action. Posé à côté de moi en guise de cacahuètes, un paquet de croquettes extra au saumon. Des semaines que je n’ai pas aperçu Erick, mon courant d’air de compagnon. Je sais que son rôle de sentinelle passe avant notre relation. C’est une liaison bien déraisonnable que je m’accorde. Il est hors du temps, je l’ai été aussi. Je sais parfaitement ce à quoi je m’expose. Cependant, j’étais encore une sentinelle lorsque je lui ai permis de voler mon cœur. La donne a changé, je suis à nouveau simple mortelle. Le temps n'a pas la même valeur pour lui que pour moi. Ses secondes sont des jours pour moi, des jours sans sa présence. C'est ainsi et quand il s’apercevra que le temps aura filé pour moi, il sera trop tard. Je devrai lui en vouloir, mais pour avoir été comme lui, je sais qu'il ne se rend pas compte de la longueur de ses absences. Les dés sont joués, impossible de revenir en arrière. Alea jacta est, comme le disait un empereur célèbre.


Ruby s’obstine à vouloir me sociabiliser. J’ai les cheveux qui se hérissent lorsque je reconnais sa Shelby qui se gare devant chez moi. Elle me colle toujours deux bises claquantes, là où un salut de loin suffi bien à dire « oé je t’ai vu, t’as pas grossis au fait ? »

La voilà qui débarque comme un viking qui vient envahir la Bretagne. Elle me colle son lardon dans les bras. Je tiens le louveteau comme une maman chat : à bout de bras par le col de son body, priant pour que les pressions à l’entrejambe tiennent. Ruby dégage une aura parfumée, genre monoï ou jasmin. La chose pas discrète, un de ces trucs en bougie qu’elle affectionne, posés autour de sa baignoire. Quand tu prends un bain, t’as l’impression d’être en concert avec toutes ces lueurs tremblotantes ! J’ai mis la bougie qu’elle m’a offerte à Noel dans le cabanon du jardin. C’est très efficace contre les termites !

- Blabla…Ian par-ci, blabla, Peter par-là. Et Derek qui n’a toujours pas reparlé à Stiles.

- Normal, le fils du sheriff lui a déjà parlé pour au moins deux vies entières !

- Ils sont faits l’un pour l’autre Mafdet ! C’est évident, mais trop butés pour...

- Cormier junior a plutôt un joli p’tit cul et un joli minois. Enfin, je dis ça, je ne dis rien…

- Ils sont juste amis ! Bon, on y va ?

- Où ?

- Bien t’acheter deux ou trois robes. Tu te rappelles de notre discussion ?

- C’est pour les filles les robes !

- Tu en es une !

- Meow !  Je suis un chat !


Je crois que Ruby est l’équivalent d’un Stiles au féminin. J’ai abdiqué et me voilà à essayer des robes dans une cabine d’essayage. La vendeuse est sur le point de craquer nerveusement. Absolument tout ce qui a touché ma peau ressort plein de poils de chat. Je me transforme à chaque fois que je tire le rideau de la cabine.

Au bout d’une heure, la louve admet que, mises à part les robes de soirée qui me vont comme un gant, le reste fait sac à patate sur moi. On est une ex-déesse ou pas ! Nous sortons du magasin sans rien pour moi, mais pas sans sacs de course. Ian est habillé pour dix ans. A condition qu’il reste en taille bébé. Je porte la descendance Hale car Ruby fait la mule, les mains occupées à tenir chaque sac avec un doigt. On sent l’expérience du shopping et de la fièvre acheteuse. Nous nous affalons dans un salon de thé.

- Oh qu’il est mignon votre bébé, niaise la serveuse en me regardant et se penchant vers Ian.

- Ce clébard n’est pas le mien ! Répliqué-je. Et bat les pattes !

Je feule lorsqu’elle tente de lui caresser le haut du crâne. Je lui croque la main si elle le touche !


Le téléphone sonne. Je grogne. C’est le weekend et neuf heures est vraiment trop tôt pour que j’ouvre un œil ! Je colle mon oreiller sur la tête et maudits le chieur qui ose réveiller un chat qui dort.

- Dring !

- Meow !

- Dring !

- Groahhhh !

C’est entortillée dans ma couette que je sors le nez de ma chambre et me dirige au radar vers la source du vacarme avec la ferme intention d’éteindre ce maudit téléphone.

« Cinq Appels manqués : Ruby Hale »

- Tss, qu’ont-ils encore les fadas ?

Mon doigt appuie longuement sur la touche de côté, le menu d’arrêt apparait. J’hésite à cliquer sur le carré rouge quand mon appareil sonne à nouveau. Grrr !

- Ouais ? Dis-je sans ambages.


Des fous, je vous dis que c’est une famille de cinglés ! Ian aurait brusquement grandit en une nuit ! Et moi je suis reine d’Égypte ! Le louveteau ne semblant pas courir un danger immédiat, je croasse que je passerai dans la journée. Un bâillement plus tard et me voilà repartie au pays de Morphée, roulée dans ma couette et allongée sur le canapé car ma chambre est trop loin.

- Zzzz.


11h, une voiture qui passe bruyamment dans la rue me réveille. En mode zombi je file à la cuisine et bois mon lait à même la bouteille devant le frigo qui est désespérément vide. Nous sommes samedi matin, ça va être l’enfer au centre commercial. Le corollaire de vivre pratiquement seule, personne ne pense à votre bien être à votre place.

- Meow !

Je me souviens de l’appel de Ruby et décide de m’inviter chez les fadas. Une toilette de chat plus tard, j’enfourche ma Kawasaki et file en direction du manoir. C’est Derek qui vient m’ouvrir. Je lui fais mon regard de chat, il lève les yeux au ciel. L’intérieur de la bâtisse retentit de rires de bébé. Il faut dire que la situation est franchement burlesque avec Peter à quatre pattes sur le tapis, imitant je ne sais quel animal. Au barrissement qu’il vient de faire, je pense pour une interprétation très personnelle de l’éléphant. Trop occupé à « communiquer » avec son fils, le plus âgé des Hale ne m’a pas entendu entrer. Je prends donc mes aises et m’installe comme si j’étais au cirque Barnum. C’est Derek qui me trahit en se raclant la gorge pour avertir son oncle qu’il a une spectatrice plutôt narquoise. Spectaculaire comment un loup peut passer de la position quatre patte à debout sur ses deux jambes. Le malaise du professeur est jouissif à regarder. Je secoue la tête comme un vieux sage pour apprécier sa prestation.

- C’est la version préhistorique de l’éléphant, non ? Demandais-je d’une voix mielleuse.

Un grognement me répond et me fait remarquer qu’il est impoli de se pointer chez les gens à l’heure du repas sans prévenir.

- Je peux repartir… Répliqué-je d’un ton pincé.

Ruby arrive et calme le jeu, affirmant avoir fait bien assez à manger pour contenter une personne de plus. Je lui fais un sourire « meilleures copines du monde » qui rembrunit Peter un peu plus. Je tais ma demande suivante qui était de savoir s’il était possible d’avoir un petit apéro avant de passer à table. Puis l’autiste de neveu me rappelle qu’ils m’ont appelée pour que je me penche sur le cas de Ian. Je me rapproche donc du bambin qui agite ses menottes dans ma direction.

- ‘Af !

- Mafdet loupiot ! Ho ! Mais c’est qu’il cause le petit chiot !

- Ce n’est pas un chiot, précise une voix dans mon dos.

- Toujours cette irrépressible envie de préciser cher confrère ?

Un regard meurtrier m’accueille et un doigt péremptoire m’incite à user de mes connaissances pour expliquer le prodige de la nuit. Car effectivement Ian a pris quelques centimètres et développé le sens du langage de manière précoce. Je n’ai jamais été confrontée à ce phénomène. J’attrape le bébé, et le soulève. Vue de dessous, rien à signaler. Je le redescends, son museau au niveau de mes cuisses. Vue de dessus, rien à signaler non plus. Je le tourne sur la droite, puis sur la gauche. Rien.

- Ouvre le bec, toi !

Une bulle de bave claque dans un areuh caractéristique.

- Tient !

- Tu as trouvé quelque chose, demande Derek.

- Non ! Je note que Peter n’a pas précisé que son fils n’était pas non plus un oiseau.

« Soupir collectif des Hale dans une harmonie parfaite. »

Je calle le bébé contre mon épaule et questionne les occupants du manoir sur ce qui s’est passé depuis la veille. Ils ne m’apprennent rien sinon que Ian a dit Maman, puis ‘Ton ‘ek et enfin ‘Pa.

- ‘Pa en dernier ? Soulevé-je bien malgré moi. Donc si je résume, vous l’avez couché hier soir, il n’y avait rien d’anormal. Ce matin il a appelé sa maman dans son berceau. Il avait grandi significativement. Puis il a nommé Derek et enfin son père.

Ruby acquiesce. Grattouillant le cou de l'enfant, je tourne en rond dans le salon, marcher m’aide à réfléchir. Une croissance qui change brusquement… Une idée m’effleure l’esprit, et si… Je regarde Derek, puis Ian, puis Ruby et enfin Peter. J’hume le bébé, puis m’approche de Derek pour le sentir à son tour. Je colle à nouveau mon nez sur le bébé sous le regard agacé de Peter. Derek a subi il n’y a pas si longtemps un changement de taille assez drastique, le faisant reculer d’une bonne dizaine d’année en taille, mais également dans sa tête. Il n’a jamais voulu dire ce qui avait déclenché son retour à la normale. Je suspecte une partie de jambes en l’air avec l’autre bavard. Donc si Ian est aussi capable de ce genre de prouesse et comme un plus un font deux…

- Ruby ? Tu es sure que c’est Peter le père de Ian ? Car côté odeur y a des similitudes avec Der…

J’ai juste le temps de lancer le bébé au neveu, qui heureusement a d’excellent réflexe, et d’aller me percher en vitesse subsonique au-dessus de l’immense armoire normande qui trône dans le salon. A se demander ce qu’une armoire normande fait dans un manoir au fin fond de la Californie. Au passage j’ai perdu ma forme humaine au profit de celle de chat de gouttière bien plus leste et agile pour échapper aux crocs d’un bichon enragé.

Peter vient de se transformer en poilu baveux et grogneur pour me bondir dessus. La scène est assez ubuesque avec moi qui feule sur mon armoire, le dos rond et le poil hérissé, avec un fauve enragé qui tente de m’en déloger. Personne ne rit, sauf un bébé tout content de cette animation. Je l’aime bien ce loupiot, il a le sens de l’humour, lui. Je crois que je viens de trouver le maximum de ce que Peter peut encaisser en agaceries. Le pire est que ma dernière répartie était sérieuse ! Ian et Derek ont une odeur commune… qui peut s’expliquer par le lien de parenté, mais bon…

- Meow !

- Groah !


Une maison de cinglés ! Je l’avais bien dit ! S’il continue à grogner, le tonton bichon va se prendre une panthère sur le coin du museau. Pas certaine que le plancher résiste à mes griffes acérées, ni l’armoire normande au brusque changement de masse… Il semble me rappeler que jeunot, Derek en pinçait pour Ruby. Mon raisonnement se tient. Je feule et crache vers la main griffue qui tente de m’attraper.

HRP:
 

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MessageSujet: Re: Our Broken Family (ft. Ruby, Derek & Co)   Lun 4 Sep - 20:08


La panthère et le loup

L’intonation ne manquait pas d’assurance. Et le mot était clair. Ni Ruby ni moi ne rêvions. Son regard tourné vers nous était plus éveillé. Il agitait ses bras pour venir à notre rencontre. C’était bien notre fils que nous observions dans son berceau. Nous reconnaissions son odeur avant tout autre signe distinctif. Mais notre bébé loup, aussi incroyable que ce fût, avait vieilli de plusieurs mois.

Dans nos bras, il paraissait plus grand. Ses mouvements avaient plus de force. Ce fut l'inquiétude qui nous balaya avant la stupeur d'un tel phénomène. Nous avions perdu Lilia avant même qu'elle n’arrive au monde. Il était inconcevable pour nous que Ian soit atteint d'une quelconque pathologie. Mais nous eûmes beau l'observer attentivement, écouter son cœur, être attentif à sa respiration, rien ne semblait anormal. Il allait parfaitement bien. Ce réveil nocturne aurait pu être semblable aux dizaines d'autres que nous vivions depuis sa naissance s'il n'avait pas sans l'ombre d'un doute grandi de plusieurs mois.

Nous descendîmes dans la cuisine. Ian avait certainement faim et nous savions que retrouver le sommeil serait peine perdu. L’instinct maternel de Ruby lui fit rapidement sentir que les changements qui opéraient sur notre fils étaient également physiologique.

- Mon tendre, il reste l’un des petits pots que nous avons achetés pour essayer, demanda-t-elle.

La veille, j’avais promis à Derek de lui enfiler une cuillère dans le gosier s’il ne cessait pas de m’agacer. Par chance et contre toute attente, il restait de quoi sustenter notre fils.

Une ouïe surdéveloppée oblige, le neveu finit par nous rejoindre, réveillé par notre présence dans la cuisine.

- ‘Ton ‘ek ! Prononça son cousin.

- Hey ! Il parle ! S’exclama Derek.

- Oui, c’est incroyable ! Répondit ma louve. Ce matin, il nous a sortis du lit en appelant « maman » !

Je sentis le regard moqueur de Derek à mon égard et n’en compris la raison que lorsqu’il s’adressa à Ian qu’il venait de prendre dans les bras. Bien évidemment, il avait tort.

- Toi tu comprends tout de suite l’importance des gens de cette maison, ironise le neveu.

- Ton ‘ek. Ton ‘ek. Ton ‘ek, s’esclaffait Ian, aux anges lorsque son cousin le faisait planer dans le salon.

- Derek, ça suffit ! Tempêtai-je. Il vient de manger, il va tout régurgiter.

Cet argument eut raison de ses pitreries. Il reprit son sérieux et Ian son calme.

- Qu’est-ce qu’il t’arrive toi, lui demanda-t-il.

- ‘Ton ‘ek ! Continua mon fils.

Ian communiquait sommairement avec nous. Et lorsqu’il prononça « ‘Pa ! » en me regardant, mon inquiétude fondit comme neige au soleil.

- Mon fils, mon petit loup, mais oui tu as prononcé papa ! Attestai-je.

- Parle lui correctement à ce pauvre gosse, se moqua Derek, sans doute vexé de ne plus être le centre d’attention.

- Je vais appeler Maf, prévint ma douce. Elle aura peut-être un soupçon de réponse sur ce qui se passe.

Tout ce qui était étrange et inconnu requérait très souvent l'avis d'un druide. Il en allait ainsi de tout temps au sein d'une meute. Si l'émissaire était un être humain, il n'en demeurait pas moins légataire de la sécurité de tous. Au même titre qu'un alpha. Il était le pendant naturel parmi les surnaturels. Le genre d'équilibre vital que mentionnait souvent Mafdet.

Et ce fût à elle que nous pensions pour éclaircir le mystère. Elle ne l'avouerait pas en public mais elle tenait énormément à notre enfant. Que sa mixture ait pu empoisonner Ian était à exclure. Néanmoins, l'erreur était humaine. Et Mafdet, dorénavant, pouvait être un peu...rouillée. C'était une image explicite lorsqu'elle se montrait justement grinçante.

Ruby faisait les cent pas autour de nous. Son amie ne répondait pas malgré ses multiples tentatives.

- Combien de fois as-tu essayé de l’appeler au juste ? Demandai-je.

- Cinq fois. Sans  réponse, s’enquit ma louve.

- Et bien essaie une sixième fois, dis-je. Ces maudits félins ont sept vies, je parierais qu’il en faut au moins autant pour les réveiller.

J’eus confirmation que ma collègue professeur avait décrochée lorsque je tendis l’oreille pour entendre sa voix encore prise par le sommeil.

- Le bon côté des choses, est que je vais pouvoir lui apprendre des conneries à faire plus rapidement…

- Derek…, grognai-je dans un souffle rauque.

/                    /                    /

- Qu’est-ce qu’il fait papa ? Demandai-je à Ian assis sur le tapis, le dos contre le canapé.

Depuis ce matin, je tentai de savoir à quel point la capacité de compréhension de Ian avait pu évoluer dans la nuit. Ainsi, après avoir fait le tour du manoir pour nommer les objets et les pièces qui s’y trouvaient, j’imitai toute sorte d’animaux.

Derek m’interrompis par un bruit de gorge et me donna un coup discret dans les talons.

Je levai les yeux pour découvrir un sourire carnassier autant que moqueur penché au-dessus de moi.

- Mafdet ! M’exclamai-je de surprise.

- C’est la version préhistorique de l’éléphant, non ? Demanda-t-elle en feignant d’être sérieuse.

- Je sais que Ruby t’a appelé mais tu aurais pu prévenir de cette visite en pleine…expérimentation familiale, grognai-je.

- Je peux repartir… Riposta-t-elle, sûre d’être la bienvenue pour élucider notre mystère actuel.

- Mon tendre, j’ai préparé le repas pour la meute entière, intervint ma louve. Ça ne pose aucun problème à ce que Mafdet se joigne à nous.

Elle se sentit confortée et pris davantage ses aises. Encore une fois, ce fut Derek qui retint la goupille.

- Maf, on t’a appelé pour Ian, intervient-il.

Comme si mon fils comprenait que nous parlions de lui, il agita son nez en direction de notre druide et sourit de plus belle.

- ‘Af ! Bafouilla-t-il.

J’aurais admiré que  Ian l’appelle « tati ». Je fus persuadé que plusieurs plis, de contrariété et non de sagesse, apparaitraient instantanément sur son visage.

J’imaginais son visage affublé de ridules et un gilet rose défraichi sur le dos. La parfaite panoplie de l’attendrissante et collante nounou gaga. Dolores Ombrage à Beacon Hills. Mais pour le moment elle n’en revêtait que le nom, si on se référait à son apparence et à la couleur des poils qu’elle semait dans le manoir à chaque visite.

- Mafdet loupiot ! Ho ! Mais c’est qu’il cause le petit chiot ! S’étonna l’ancienne sentinelle.

- Ce n’est pas un chiot, précisai-je d’un grondement.

- Toujours cette irrépressible envie de préciser cher confrère ? Insista la chimiste.

Je tendis l’index, accusateur, pour lui signifier mon agacement mais ajouter quoique ce soit lui aurait assuré la victoire sur mes nerfs.

Mafdet prit Ian dans ses bras et le manipula comme une poupée de chiffon. Ruby avait parfaitement confiance en elle. Ce n’était pas tout à fait le cas pour moi. Je la savais agile et malgré tout protectrice envers notre fils.

- Ouvre le bec, toi ! Demanda-t-elle en mimant le geste.

En gazouillant, Ian s’exécuta, perplexe quant à l’examen qu’il subissait.

- Tient ! Réagit la druide.

- Tu as trouvé quelque chose ? Demanda Derek.

- Non ! Je note que Peter n’a pas précisé que son fils n’était pas non plus un oiseau, médit-elle.

Son trait d’humour fut accueilli par un soupir familial. Amusé pour Ruby, blasé pour Derek et courroucé pour ma part.

Je savais que la couleur rouge seyait à ma douce mais il était fort probable qu’elle obtienne incessamment sous peu une écharpe noire en fourrure de chat !

Ruby répond avec douceur aux questions de son amie, rappelant notre emploi du temps de la veille et s’attardant sur ce qui aurait pu sortir de l’ordinaire.

- ‘Pa en dernier ? Insista Mafdet avec sournoiserie. Donc si je résume, vous l’avez couché hier soir, il n’y avait rien d’anormal. Ce matin il a appelé sa maman dans son berceau. Il avait grandi significativement. Puis il a nommé Derek et enfin son père.

Cette explication ne donna pas l’ombre d’une piste à la druide. Il ne s’était absolument rien produit. Lorsque Derek avait subi le phénomène inverse, une blessure avec une arme spéciale en était la cause. Notre fils allait bien, dieu soit loué.

Mafdet nous scruta tour à tour. Puis, comme pour confirmer un soupçon, elle nous huma avec profondeur, s’attardant davantage sur Ian et Derek.

- Ruby ? Tu es sure que c’est Peter le père de Ian ? Demanda l’inconsciente. Car côté odeur y a des similitudes avec Der…

Je grognai plus que jamais face à cette accusation, sautant au dessus d’un fauteuil pour me précipiter sur elle.

La première fois elle a menacé de se faire les griffes sur le canapé. À présent, c’était moi qui allais dessiner avec plaisir des sillons sanguinolents sur sa peau !

- Meow ! Se plaignit la proie acculée.

J’en ferai non pas une fourrure mais un rôti ! Peu importait qu’elle soit savoureuse ou non tant qu’elle disparaissait dans la douleur !

- Peter…, m’interpela Ruby.

Mafdet feulait, je grognai. Elles sortaient ses griffes, je montrais les crocs.

- Peter ! Accentua l’alpha, me forçant à faire taire mon loup qui mourrait d’envier d’étriper CE chat.

Mafdet fit un bond depuis le haut de l’armoire pour atterrir aux côtés de son amie en retrouvant sa forme humaine avec souplesse. Si elle avait nul besoin de la protection de Ruby, l’autorité dont mon épouse venait de faire preuve suffisait à taire le conflit.

Alors que Ruby retournait à la cuisine, Mafdet et moi nous toisions, prêt à ce que notre animosité mutuelle  relance la querelle.

- À table, lança ma douce.

Derek me tapota l’épaule en me soufflant qu’il fût préférable que nous nous installions. Les félins étaient pires lorsqu’ils étaient affamés. Mafdet, plus qu’une autre, n’échappait pas à la règle.

Je fulminai intérieurement. Son aide était vaine. Pire, elle venait semer le trouble dans notre foyer. Son dernier affront ne resterait pas impuni. Si j'avais pu préparer en silence mon retour à la vie et une vengeance aussi brûlante que le feu qui m'avait consumé, j'étais parfaitement capable d'intriguer froidement pour moucher l'impétuosité de la femme féline à mon égard.

Nous nous croisions tous les jours sur notre lieu de travail. Un terrain sur lequel je ne risquais pas d’être entravé par l’amitié entre ma douce et Mafdet. Et où la retenue serait de mise. Ni le chat ni la panthère ne pourraient se sortirent des agaceries d’un collègue au sein du lycée.

/                    /                    /

Le lendemain, nous fûmes reçus par le proviseur. Il évoqua l’un des faits divers marquants de ces derniers jours. Dans un autre établissement scolaire californien, une personne mal intentionnée avait ouvert le feu dans la foule. Plusieurs élèves furent tués.

Des dispositions furent prises dans les lycées de l’état, obligeant les conseils d’administration à transmettre une fiche d’information sur l’ensemble du corps professoral.

La formalité dérangea plusieurs d’entre nous mais il fût rappeler quel était l’objectif de la démarche et sa nécessité pour la sécurité des élèves.

Focalisé sur le plan d’agaceries que je comptais déployer pour ma confrère et druide, je m’assurai qu’elle n’ait plus qu’un très stylisé stylo à froufrous rose pour écrire. Première goutte d’eau dans le vase de la patience et de la sérénité.

L’un des autres professeurs détailla la fiche qu’elle venait de remplir. Lorsqu’il s’apprêta à faire une remarque, la diatribe cinglante de Mafdet et son regard de tueuse lui serra tellement la gorge qu’il fut incapable de finir sa phrase.

Elle s’éclipsa de la réunion me laissant tout le loisir de découvrir ce qui avait provoqué la surprise chez mon confrère.

Alors, je compris ce qui, peut-être, impactait autant sur notre druide : Mafdet prendrait bientôt une année supplémentaire. Quelle nouvelle !

Je l’imaginai alors acariâtre et vieille. Je me demandais vers quel âge il deviendrait nécessaire qu’elle ne se nourrisse que de purée au pâté pour chat, incapable d’user de ses crocs élimés ou manquants.

Quelque part, dans des pensées lointaines, très lointaines, je compatissais avec la solitude et la rancœur qui la blessaient. Jadis incontrôlée et divinement puissante, elle acceptait difficilement la prise que la vie avait sur elle.

Mais pour mon plus grand plaisir, tout ce qui pouvait exacerber sa colère et animer sa mauvaise humeur avait un effet parfaitement contraire et de même ampleur sur ma journée.

Quand il s’agissait de trouver de multiples stratagèmes pour que les élèves les plus récalcitrants se montrent moins hermétiques à la littérature et obtiennent des notes correctes, je manquais parfois d’imagination. Mais pour rendre la monnaie de sa pièce à cette très chère Mafdet, j’étais une source inépuisable d’idées.

Je savais combien les « trucs de fille » pouvaient l’agacer. Mais le romantisme de Shakespeare inspira une facétie qui allait malicieusement faire disparaitre le sourire narquois qu’elle affichait depuis cet incident au manoir.

Ô Mafdet, comme la couleur rose te va à ravir. Et ce, pour toutes ces choses que je mettrai bien en vue afin que tu n’en loupes rien.

Des copies rangées dans une pochette rose, une pimbèche venant la solliciter à ma demande, un mot d’un admirateur secret,  un bouquet de pivoines roses impromptu.

Et si elle tentait de savoir que j’étais derrière ces quelques faits, écoutant les battements de mon cœur, elle pourrait très bien mettre ça sur le compte de l’énervement qu’elle m’inspirait. Et le doute ne ferait que l’agacer davantage.

À la sortie des cours, quand je me dirigeai vers la voiture, je perçus très nettement une présence qui m’observait. Soudain, une forme sombre et furtive se faufila dans mes jambes avant de disparaître.

- Mafdet ! Grondai-je. Elle se faisait un malin plaisir à constamment faire irruption là où je ne l'attendais pas.

Je me tournais pour découvrir qui semblait m’épier mais je ne vis personne.  Maudit chat, au mauvais endroit, au mauvais moment.

Il y avait toujours eu des élèves perturbés à lycée de Beacon Hills. Comme partout ailleurs, présumai-je. Mais cet établissement sortait lui aussi de l'ordinaire.

Parmi eux, très rares étaient ceux qui désiraient m'adresser la parole en dehors des heures de cours. Je prenais ce comportement pour une illustration respectueuse de l'autorité que j'imposais à mes étudiants. Je me souvins d'une jeune femme, Isabella, qui s'était entretenu avec moi de plusieurs sujets par le passé. Elle avait mystérieusement disparue quelques temps plus tard.

Aussi, fier de cette aura qui empêchait quiconque de m'importuner, je fus gagné par la consternation lorsque le sentiment d'être suivi et épié dépassa la simple paranoïa les jours suivants. Mêlé dans la foule des étudiants et le brouhaha qui régnait dans les couloirs, le coupable pouvait passer inaperçu.

/                    /                    /

Si certaines personnes mal pensantes qualifiaient le manoir de  maison de cinglés, je râlais pour ma part qu’il s’agissait davantage d’un moulin.
Ma relation avec Malia n’était pas ordinaire. Il semblait que la situation nous convenait à tous les deux. Le lien père-fille nous avait été arraché par Talia qui avait fait disparaitre mon premier enfant de mes souvenirs et de ma vie. Malia était indépendante et encore sauvage. Malgré son passé et bien qu’elle ait grandi en pleine nature à l’état de coyote, je percevais en elle des traits qui m’étaient propres. Cette sauvagerie était en partie innée.

Ce jour-là, Alex Cormier, un jeune homme que je ne portais pas dans mon cœur et qui ressemblait de plus en plus à son père rendit visite à Derek. La relation du neveu avec cet apprenti druide soulevait toujours la curiosité de ma louve. Mais si Ruby n’en disait rien par respect pour son bêta, je taquinais quelque fois Derek sur le calme apporté par l’absence de Stiles.

Le fils du sheriff fit également irruption chez nous, manquant de s’étouffer lorsqu’il découvrit son ex petit-ami en compagnie d’un autre.

J’écoutais, bien malgré moi, leurs échanges d’une oreille distraite, guettant le moment où la discussion deviendrait houleuse pour leur demander de quitter le manoir.

Ian dormait paisiblement, sa croissance anormale nécessitait plus de repos qu’un enfant de son âge. Cette constatation n’était pas sans nous inquiéter.

- Je crois qu’une discussion s’impose entre nous, déclara Derek. Mais sans oreilles indiscrètes.

- Et merde, râlai-je  à mi-mots.

- Chut, mon tendre, répondit Ruby assise sur un sofa.

La discussion entre les trois garçons fut sans aucun doute riche. Lorsqu’ils revinrent dans le salon, l’ambiance fut maussade et les visages tirés.

Un grand fracas  résonna dans la cuisine. La maladresse de Stiles était remplacée par celle de Malia qui venait de faire tomber les casseroles sur le sol.  

- Le prochain qui entre ici sans y avoir été invité ne ressortira pas entier, grognai-je, saturé par le manque de calme au manoir.

Ce fut  le moment que choisit un intrus pour s’immiscer dans la scène.

Personne ne remarqua que quelqu’un nous observait depuis le seuil de la porte restée ouverte et venait juste de toquer.

Therence Garnet.

Je lui avais pourtant déjà dit de ne plus croiser notre route. Avant que Ruby ne le mette en contact avec Miya pour un voyage à Boston, je m’étais entretenu avec lui. Je me souviens distinctement de mon avertissement : « N'oublie pas, Therence. Si j'ai pu survivre aux flammes, rien ne m'empêchera de te retrouver si tu t'immisce encore dans notre vie. »

Mais ce jeune homme semblait enclin à ne respecter aucune règle ni code de conduite. Sinon celui qu’il a lui- même édicté.

Il était vêtu différemment. La chemise semblait neuve, peut-être une coupe italienne. Voulait-il faire bonne figure et éviter de se faire éviscérer en adoptant un style vestimentaire plus digne du parfait gentlemen que sa traditionnelle veste en cuir ?

En voyant cet air troublé sur son visage, je mis enfin un nom sur l'étudiant qui m'avait pris pour cible tel un paparazzi. Je grognais, mâchoire ouverte, de ne pas avoir découvert son identité plus tôt. Toutes ces fois où il se trouvait à proximité ou dans mon champ de vision. Des images en saccades dans lesquelles il figurait toujours me revinrent en mémoire.

À la sortie de la salle des professeurs, le jour où Mafdet s'était éclipsée de réunion. Après un cours tardif pour des rattrapages auquel il n'avait pas participé mais déambulait sans raison dans la cours du lycée. Sur le parking, à la cafétéria, dans le couloir, dans les toilettes, dans...

C'était lui qui me suivait, m'épiait.

- Peter ? S'inquiéta Ruby.

Mes griffes étaient sorties, accueillant l'adolescent comme il se devait. Qu'il se manifeste ici était la goutte d'eau.

Notre quotidien était trop envahi à mon goût. Et la menace que j'avais prononcée une minute plus tôt n'était pas factice.




© Fiche by Mafdet MAHES
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Therence Garnet

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MessageSujet: Re: Our Broken Family (ft. Ruby, Derek & Co)   Mar 10 Oct - 0:02



Broken family


-C'est vrai que je suis un orphelin?

Maman lève le nez de ses pages, étalés sur ses genoux.

-Qui t'as dit ça?

-Nelly, à l'école.

-Bien sûr que non chéri. Je suis là.
sourit-elle gentiment.

-Oui, mais Nelly dit que orphelin, c'est aussi quand on a pas l'un de ses deux parents. grimpè-je le sofa pour m'installer à côté de maman qui pousse ses papiers et m'ouvre ses bras. Je me cale contre elle avec ma brusquerie de petit garçon contrarié puis dresse un petit air triste vers elle. Il est où mon papa?

Maman ne dit rien. Une mèche souple me cache son regard céruléen. Ses lèvres restent immobiles plusieurs secondes.

-Ne pose pas de question dont tu ne veux pas connaitre la réponse, Therence.

-Ça veut dire quoi?... froncè-je des sourcils.

-Ça veut dire que je suis là, et que tu ne sera pas orphelin parce que je serais toujours aux côtés de mon petit garçon. chuchote t-elle en caressant mes cheveux et embrassant mon front. Et elle se replonge dans ses papiers comme si de rien n'était. Mes questions restent en suspends, mais pas bien longtemps avant de l'imiter et suivre mon dessin-animé à la télé.


* * *


Debout devant la vitrines dans le hall du lycée, hermétique au mouvement des élèves dans mon dos, je fixe une photo dont la plaque dorée célèbre fièrement Peter Hale, meilleur attaquant.

Je lève les yeux du portrait de l'adolescent pour diriger mon regard vers l'homme qui se tient dans le couloir devant sa classe. La circulation d'élèves me parait flou autour du professeur de littérature, statique au cœur de la mouvance. Je reste méfiant, interrogatif sur notre lien. En dehors de ça, est-ce que lui m'a déjà remarqué? Qu'est-ce qu'il pense de moi? Est-ce que je ne suis qu'une mauvaise graine aux yeux d'un prédateur échaudé, ou est-ce que le professeur perçoit quelques qualités chez l'élève effronté mais intelligent?

Il n'y a qu'une façon de le savoir. Je prend mon courage à deux mains, fait un pas en avant, résolu...
...Quand Peter se fait ravir par la prof de chimie. Je ravale ma témérité et recule maladroitement avant de faire demi tour et disparaitre en direction des escaliers qui mènent vers le toit de l'école.

Mon voyage à Boston afin de découvrir l'identité du Loup-Rouge de mon tableau, seul indice concernant mon paternel laissé par ma mère, ne laisse pas beaucoup de doutes malgré le quota de loups potentiels. Le kamiga est trop jeune pour correspondre au profil que je recherche, Ruby est une femme, le père de Miyavi un japonais pur souche, et le dernier se révèle être un mythe vieux de plus de deux siècles réveillé depuis peu.
Tout me renvoi vers Peter Hale. Peter Hale le loup survivant de l'incendie du manoir, Peter Hale au tempérament sanguinaire, Peter Hale dangereusement assoiffé de puissance, Peter Hale coureur de ces dames et aux assauts fertiles.
... Mais Peter Hale aux yeux lupin d'une couleur glace absente de la peinture. Peter Hale qui n'a rien de si sage contrairement à l'analyse de Derek...  

Qui est-il pour moi?

Qu'elle relation ce type aurait eu avec ma mère? Est-ce que c'est lui qui l'aurait incité au silence?... Ou n'est-il que l'objet involontaire de ses secrets, au même titre que moi? Nous a t-il fuit, nous a t-il chassé? Je vis dans sa ville, j'ai arpenté les mêmes couloirs et salle de cours que lui, nous nous sommes regardés dans le blanc des yeux. Est-ce qu'il m'a sciemment ignoré, tout ce temps? Ou bien ignore t-il réellement mon existence?...

Ma mère, elle, quoiqu'elle se soit tu ne l'a pas oubliée. L'écran du téléphone entre mes doigts affiche la peinture d'un loup à l'expression sauvage et aux teintes embrasées quand dans l'encadrement d'une fenêtre de salle de classe, le professeur apparait, le nez dans son recueil. Assis sur un banc avec des camarades, la cours tranquille en cette fin de journée, sent-il les yeux qui interrogent chacun de ses mouvements?

Le professeur soupçonne t-il cette ombre qui ralentie au passage de la porte entrebâillée pendant qu'il débat avec ses collègues? Se doute t-il qu'il est le sujet d'une étude minutieuse chaque fois qu'il traverse le réfectoire bondé? Sa nuque se hérisse t-elle avec l'impression qu'une présence l'observe depuis le toit de l'école?
Discerne t-il les battements anxieux, comme un avertissement, dans la cacophonie cardiaque d'une interclasse? Remarque t-il, perdu parmi une foule d'autres adolescents aux problèmes existentiels aussi intenses que futiles, le blouson noir à la renommée écarlate?!
A t-il conscience de cette existence hésitante qui gravite autour de la sienne, qui cherche à appréhender chaque aspect de l'homme et de l'animal, espère se faire remarquer, s’immiscer dans son champs de visions obstrué et se rappeler à sa conscience?...

Il sort les clefs de la poche de sa veste en s'engageant dans le parking. J'émerge d'un coin, obstiné mais nerveux. Je piste un prédateur. Combien en a t-il traqué des comme moi? Derek m'avait parlé de son état après l'incendie, et lui-même m'avait raconté les conséquences terribles de sa folie. C'est un tueur redoutable. Et a Beacon Hills, une mort de plus ou de moins... Mais j'ai espoir de l'attraper quand il sera enfin seul à l’abri des regards, et d'avoir une conversation. Faut pas croire, je suis pas assez dingue pour régler mes comptes à grands coups de gueule. Ce serait trop facile pour un géniteur de nier avoir un fils en sachant que ce dernier est juste là, en quête d'assentiment. Il faut le prendre à revers, lui tendre un piège! Qu'il se souvienne de ma mère, qu'il admette avoir couché avec elle, qu'il ne puisse pas nier être le loup du tableau... l'obliger à me regarder, moi, à me reconnaitre, et à m'expliquer enfin le mutisme de ma mère et la raison de son absence qui me pèsent depuis toujours.
Je tire le nez de derrière le mur quand il arrive à sa voiture. Mais en l'espace d'une seconde, tout bascule. Il se tend, je peux sentir une menace faire vibrer l'air. Je m'affole, et aussi vite qu'un chat noir me frôle les chevilles, je prend la fuite.

M*rde, m*rde! M*RDE! J'y arrive pas! Il suffirait de faire un pas en avant, ouvrir la bouche, et engager la conversation!... Sauf que non, ça ne sera jamais aussi simple. Parce que c'est Peter Hale, glaçant, inabordable... meurtrier! Et que je viens réclamer les réponses d'un père...

Père affranchi. Ou père ignorant. Un père qui en est déjà un... Un loup. Qu'est-ce que je suis? Un accident dont ma mère a pris la charge? Ou aurait-il eu des raisons, ce fauve de naissance, de refuser une descendance dénué de bestialité?...
Je peux difficilement deviner la réaction d'un tel paternel de se découvrir ou redécouvrir un rejeton sans puissance. Est-ce que les plus faibles de la portées ne sont pas mis de côté quand ils ne se font pas bouffés? Où est-ce que je me situerais d'un point de vu lupin entre un marmot aux dents de laits aiguisées et une espèce de sauvageonne?!

Je ne suis pas un loup, moi. Pourtant, je pourrais devenir féroce s'il le faut.  


* * *


Chez moi j'ai retourné le tableau de ma mère la face contre le mur contre lequel il est posé. J'ai pas la conscience tranquille. Je suis pas superstitieux, mais sait-on si dans ce monde de dingue un bout d'âme pouvait connecté le loup à la peinture et qu'à la façon dont je l'observe, je ne me face pas moi-même observé en retour. Mon imagination me joue des tours. Et je bois pour m'en convaincre et surmonter ma flippe et mes frustrations.

Je fais les cents pas dans mon coin parce que je ne n'ose pas confronter le loup, ni recevoir les réponses du père. Ne pose pas de questions dont tu ne veux pas connaitre la réponse, Therence. Mais je veux ces p*tain de réponses! Je les aient voulus toute ma vie... Je peux pas continuer à l'épier comme un pervers, je me fais honte. HONTE!

La bouteille rebondie contre le mur de la chambre en rependant le reste de boisson sur son passage. Elle n'éclate pas, elle rebondie. Bêtement.

Je vais aller lui parler! Chez lui, là où il pourra pas fuir. Il sera obligé de me voir, non! de me regarder! Maman était douée pour faire l'aveugle, j'ai fini par savoir comment me faire remarquer avec le temps... Et s'il me tourne le dos, s'il me ferme la porte au nez, je lui hurlerais mes quatre vérités! Ouais Peter! Ton fils est là, et il te cause!... Quitte à foutre sa parfaite petite famille en l'air. Ah! Je le tiens le loup. Et je la tiens la fin de tous mes maux.

Je ris joyeusement de ma bonne résolution. Mais mon sourire se meurt... Je peux pas y aller comme ça... je suis pris d'une frénésie subite de trouver quoi me mettre. Je farfouille dans mes affaires en me demandant ce qui me mettrait le plus en valeur aux yeux d'un père. Le père a des exigences pour sa progéniture! Sois un homme mon fils! Habille toi comme un homme. Pas un ado au sweat épais et négligé, pas un m'as-tu-vu au débardeur qui met trop en valeur sa musculature. Pas un rebelle qui s'affiche avec un blouson noir significatif... J'ai peut-être grandi sans lui pour me donner l'image d'un homme, un vrai, je sais quand même me rendre présentable...
Ma main tire une manche et s'y attarde dessus. La chemise d'Alessandro, qu'il m'avait donnée en dédommagement pour mon t-shirt déchiré par ses soins le soir où... bref. Je sors le tissus cotonneux de mon armoire, le contemple nonchalamment en caressant la texture douce et compacte entre mes doigts. Je ne l'ai pas porté depuis ce soir là et l'ai gardé cachée dans mon armoire à l’abri de la visite impromptu d'un wendigo. Elle a toujours une légère odeur de tabac froid.

Je me dessape et me couvre du rouge de la chemise de l'italien. La couleur du courage dont j'ai besoin. Pas criarde mais une teinture sombre, sobre, mûre, qui tire d'avantage sur le bordeaux.
Non...

Le grenat.


* * *


Quand j'arrive devant le manoir, je reste bouche bée. Les ruines que j’avais visité pour obéir à un gage de Derek ont laissées place à un manoir grandiose. L'espace d'un moment, je me demande si je suis au bon endroit. Imbibé d'audace, je fais un demi tour chancelant sur moi-même, reconnais pourtant vaguement la structure de la végétation qui entoure les lieux... le petit chemin que j'ai pris pour venir... la Shelby rouge de Ruby, la caisse de Peter...

Il n'est pas trop tard pour faire marche arrière. D'ailleurs, je refais marche arrière. Plusieurs fois. Je maltraite ma chevelure en revenant précipitamment sur mes pas, tiraillé par l'appréhension de ce qui m'attendra après que j'ai franchis ce porche, et un désir intrinsèque, vorace, de régler mes interrogations de toujours. Je pourrais pas continuer à vivre en me demandant milles "pourquoi?", alors qu'il est là, juste là...
Quelque chose s'embrase en moi. Et avant même que je prenne conscience que mes jambes mon portées ailleurs, je me retrouve à sauter la dernière marche vers la porte d'entrée.

-Le prochain qui entre ici sans y avoir été invité ne ressortira pas entier!

Toc Toc

Mon point reste bêtement levé face à l'encadrement de la porte que je regrette d'avoir heurté. Le salon est bondé et l'atmosphère tendue. Un dernier ustensile raisonne avec un petit bruit métallique contre le sol de la cuisine en écho à mon malaise.
Ruby, Derek, ils sont tous là. Malia aussi, et Stiles et un autre quidam se sont joint à la famille... Il est là.

Je reste cloué sur place, mon envie de fuir la maisonnée beaucoup trop pleine douchée lorsque mon regard croise celui du paternel. Mon regard reste vissé sur lui, mon cœur s'emballe. Les symptômes d'une peur croissante pour le flair lupin. Une émotion trouble qui ne doit pas être étrangère aux effluves d'alcool qui m'échappent, non plus.

Peter semble prêt à bondir, les griffes apparentes, Ruby le retient délicatement. Les yeux ronds d'appréhension, je fais un pas en arrière avant de me ressaisir. Je ravale ma peur. Je partirais pas, je suis un p*tain de roc, et je mérite ces réponses! Je prend une grande inspiration.

-'Faut que je parle au professeur H-

Je n'ai pas le temps de terminer ma phrase que je me fais faucher par le fauve. Il m'embarque hors de la maison d'un pas vif. Je crois qu'il va m'envoyer valser à travers le porche et regagner l'intérieur, mais il me traine loin des curieux, du côté de ma moto que j'ai laissé à l'entrée du terrain.
Mes hanches heurtent violemment le flanc du bolide quand il me relâche, et il tourne les clefs que j'ai laissée dans le contact pour allumer le moteur. Mon regard passe de sa main aux gestes agressifs à son regard couroussé, malassuré, puis d'un même mouvement que lui, aux fenêtres du manoir où s'agglutine peut-être des oreilles indiscrètes. Je n'ai pas pensé que trouver Peter chez lui ce serait débarquer au beau milieux d'une réunion de famille avec petit copain et autre genre de copain inclus. Le loup vient de m'éviter un scandale public. Je crois... Mais ça me rassure rien du tout que le carnassier s'isole avec moi pour empêcher les autres d'assister à notre entrevue.

-... Vous... vous êtes pas facile à aborder... tentè-je de reprendre contenance, petit à petit.

S'il veut me bouffer je doute de pouvoir l'en empêcher. Mais s'il voulait vraiment le faire, il ne se serait pas arrêter aux abords de la maison avec les autres qui surveillent de loin. Pas vrai?...

La Harley grogne bruyamment et couvre nos voix. Mes yeux restent accrochés à ceux de l'homme comme si je ne voyais plus que ça, inquiet, mais émus aussi. Effronté, un peu... j'ai intérêt à l'être si je veux pouvoir le faire parler. Les mains et les fesses appuyées sur la scelle de la bécane, je me redresse lentement malgré la proximité effrayante du loup.

-... Vous... Vous avez les yeux bleu. Mais vous ne les avez pas toujours eu de cette couleur, n'est-ce pas?

Il a eu les yeux rouge. Rouge Alpha. Je jette un œil nerveux côté manoir puis en reviens à ses glaçantes.

-Les femmes, vous les aimez précieuses?

A sa tête, un petit rire m'échappe et je précise le fond de ma pensée.

-Ruby.

Une gemme écarlate.  

-Ça ce comprend, elle est belle... Vous l'aimez?

Je ne le lâche pas des yeux. Je veux voir chacune de ses expressions, le moindre sourcillement, je veux saisir l'ombre d'un doute, l'éclat d'une prise de conscience dans ses iris claires qui contrastent d'avec les miennes, brunes et rendues humides par l'alcool.

-Vous... vous avez déjà aimé une autre femme? Avant elle. Avant Ruby. La mère de Malia?

Ou n'était-ce qu'une erreur?...

-Qu'est-ce qu... qu'est-ce que ça vous a fait quand elle a débarquée dans votre vie? Qu'elle se tenait là. Juste devant vous. Après toutes ces années.

Qu'elle vous dévisageait, fébrile, le cœur prêt à rompre sous la pression.

-Est-ce que vous vous êtes rappelé d'elle? Le visage de sa mère? De toutes les femmes que vous avez croisé?!

Mes poings tremblent, ma voix aussi, et à la réputation du père qui se tient devant moi je ris, d'un rire purement nerveux.

-Parce que parait que les femmes, ça vous connait!

©️ Halloween sur Never-Utopia


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Our Broken Family (ft. Ruby, Derek & Co)
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