AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion


Trophées


Classement au
07 juillet 2017

Willem Shepherd


►►►◄◄◄

Ashling McLan


►►►◄◄◄

Alex Cormier




Classement au
26 juin 2017

Kada'an Ravewood


►►►◄◄◄

Alex & Derek


►►►◄◄◄

Nick O'Sullivan




Classement au
10 juin 2017

James MacAulay


►►►◄◄◄

Caleb Lockhart


►►►◄◄◄

Mickael Wayne




Classement au
27 mai 2017

Jaimie O'Sullivan


►►►◄◄◄

Arès Kye Coleman


►►►◄◄◄

Willem Shepherd




Classement au
13 mai 2017

Les Admins


►►►◄◄◄

Kada'an Ravewood


►►►◄◄◄

Jaimie O'Sullivan




Classement au
28 avril 2017

Gwen W. East


►►►◄◄◄

Caracole O'brien


►►►◄◄◄

Therence Garnet




Classement au
15 avril 2017

Civet


►►►◄◄◄

Stiles & Derek


►►►◄◄◄

Arès Kye Coleman




Classement au
1er avril 2017

Vos 2 Admins


►►►◄◄◄

Arès Kye Coleman


►►►◄◄◄

Kada'an Ravewood




Classement au
19 mars 2017

Kada'an Ravewood


►►►◄◄◄

Alessandro Amaro


►►►◄◄◄

Willem Shepherd




Classement au
4 mars 2017

Derek Hale


►►►◄◄◄

Pia Abramov


►►►◄◄◄

Matthias Lunsford




Classement au
18 février 2017

Kada'an Ravewood


►►►◄◄◄

Stiles Stilinski


►►►◄◄◄

Arès Kye Coleman




Classement au
4 février 2017

Mick & Derek


►►►◄◄◄

Maxine Evans


►►►◄◄◄

Brian O'Conner




Classement au
21 janvier 2017



►►►◄◄◄

Mick & Derek


►►►◄◄◄

Willem Shepherd




Classement au
7 janvier 2017

Liam Dunbar


►►►◄◄◄

Willem Shepherd


►►►◄◄◄

Alex Cormier




Classement au
24 décembre 2016

Mick & Derek


►►►◄◄◄

Willem Shepherd


►►►◄◄◄

Arès Kye Coleman





© Code par Mafdet Mahes

Code onglet coulissant :
Okhmhaka de Never Utopia
Partagez | 
 

 Wild watchers [PV Adriann]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Therence Garnet

avatar

Humeur : Troublé
Messages : 760
Réputation : 134
Date d'inscription : 27/12/2014

MessageSujet: Wild watchers [PV Adriann]   Sam 18 Fév - 19:15



Wild watchers
Il est tard. Je rabat m'a capuche en quittant le ciné et farfouille à la recherche de mes clefs. L'atmosphère est fraiche et chargée d'humidité, il a plu à longueur de journée et de la soirée. Je grimpe sur ma moto et m'élance vers une destination précise, la même que j'ai prise la veille, et l'avant veille, et le jour encore avant.

Chaque soir je me rend du côté du campus, vers les résidences universitaires. Alors mon flingue avec moi, certain de ne pas être suivis, je m'installe contre le mur d'un bâtiment depuis lequel j'ai vue sur les fenêtres du professeur de criminologie.
Et je veille.

Adriann a pris ses distances parce que je l'ai trompé. Lui rendre visite à travers ses rêves, je pensais que c'était la meilleure idée, pouvoir l'accompagner contre les cauchemars qui hantent ses nuits et m'assurer qu'il allait bien en dehors, sans avoir à lui imposer ma présence ni lui devoir des explications que je ne suis pas enthousiaste de lui donner. Il n'a pas été tendre lors de notre séparation. Mais j'étais loin de penser à ce moment là que cette enfreinte déboucherait sur une rencontre avec le dévoreur, et que je n'échapperais à ma c*nnerie que par la clémence du professeur pourtant réfractaire à reprendre tout contact.

Il était blessé, et j'ai été ballotté dans ses cauchemars sans en connaitre la cause. Je ne prendrais plus le risque d'agir dans ses rêves, ce n'est pas quelque chose que je peux faire sur commande de toute manière, mais je ne peux pas rester inactif, surtout que maintenant j'ai les moyens de veiller sur lui dans cette réalité. Un corps remuant et geignant entre les griffes du cannibale se rappellent à moi, accompagné du gout de la chair et du sang. Rappel fugace et glaçant du danger reconnu, et que je ne suis pas indispensable à la sécurité de l'allemand, ni de taille à faire face si nous étions amené à nous revoir la bête et moi.
J'en frémi, mais ça ne suffira pas à me détourner de lui. Aujourd'hui je connais sa dangerosité, je ne peux pas nier la réalité du festin morbide auquel le dévoreur m'a convier, tout était trop... intense pour ne pas être puisé de ses véritables bâfrée. Mais aussi fantasque que l'a été sa transformation gargantuesque, je m'accroche à l'idée qu'il a surtout cherché à m'intimider pour avoir enfreint son domaine et atteint son hôte. Et je ne me laisserais pas avoir par des supercherie de wendigo. La lune n'est pas encore à son apogée pour l'inviter à pointer le bout de son nez et jouer les bêtes féroces comme bon lui semble et risquer de m'attaquer... Même si ça ne justifie pas ses mises en gardes mesquines sur la nature foncièrement morbide du criminologue...

Ce point me tracasse. Mais me voilà a conserver le périmètre par respect pour mon compagnon bafoué si ça n'est pas par honte... et par instinct de survie quoique j'en dise. Parce qu'il est la proie et le prédateur, que je suis partagé entre l'attachement à mon humain et la répulsion du carnassier, et hanter par les doutes que tout le monde y compris le monstre s'évertue à entretenir au sujet de l'innocence d'Adriann... mais finalement poussé par un besoin irrépressible et indéniable. Il me manque... Et puisque mes rapprochements sont nuisibles et maladroits, je veillerais discrètement. Je serais le gardien invisible de sa sécurité et de ses actes.

Je veille, et je jalouse des amants et des amantes imaginaires. La première fois, je voulais être sûr qu'il allait bien, que personne ne le traquait, et qu'il ne traquait personne. Mais chaque fois que je viens, mon imagination créer de nouveaux scénarios, un vide se creuse. Avec qui est-il quand il n'est pas chez lui? Un nouvel amant? Chad? Je ne sais pas ce qui est le mieux. En réalité, je sais qu'il y a évidemment un mieux, parce que les fiancés ne le laisseraient pas s’immiscer dans leurs lit – si ce trouble de Wilder ne m'inspire aucune confiance dans le domaine, ce serait pas le genre de son frigide de Wayne! ...N'est-ce pas?... - mais surtout parce qu'ils partagent leurs galères alors ils sont le plus à même de se protéger mutuellement. Quand ils ne s'utilisent pas, comme je soupçonne le loup de le faire...
Je n'ai jamais pu me sortir Lundi de l'esprit. Le type qui avait laissé ses marques de morsures sur lui. Je ne suis pas du genre à psychanalyser, Adriann trouve son plaisir où il veut, mais... en fait non, je ne peux pas. Pas avec lui visiblement... Cette morsure était l'expression la plus évidente de son mal-être et des frontières qu'il soit capable de franchir pour y palier. Alors évidemment, je redoute de le savoir aux mains d'un nouveau détraqué. Je jalouse les mains qui prennent possessions de lui, les dents qui l'effleurent et le font gémir, les yeux qui collectionnent ces images sans aucune honte ni se rendre compte sur l'instant la richesse de ces moments.

Épaulé contre le mur, les bras croisés pour me garantir du froid, je laisse ma tempe se poser tout contre sans lâcher les fenêtres des yeux. Une ombres parmi les ombres, immobile et contemplatrice d'une fenêtre qui donne sur de l'immobilité et la pénombre. Un instant, je crois voir le rideau bouger, mais je me frotte les yeux : je suis crevé. J'ai les yeux irrités du manque de sommeil, et la nuit et mon imagination paranoïaque me font voir des mouvements et entendre des bruits qui n'existent sans doute que dans mon imagination ou sont largement déformés.

Soudain, la lumière s'allume. Et de la même façon une partie de moi s'éclaire enfin. Il était là? Je me redresse et j’attends, de voir un mouvement, une ombre, n'importe quoi qui m'indique sa présence, et quand je le reconnais, qu'il passe furtivement devant la fenêtre, je me sens comblé. De la même manière qu'il m'autorisait à lui parler à l'autre bout du monde durant son séjour à Berlin, je suis là sans l'être, et sa présence suffit à combler un peu son absence du reste du temps.
Je reste à ma place, blottis contre mon mur, à observer longuement la fenêtre éclairée d'où rien n'apparait plus. C'est sa lampe de bureau, et je ne suis pas surpris qu'il se réveille à pas d'heure pour plancher sur ses dossiers. Un cauchemar, encore?... Je prie pour que le wendigo n'ai pas la tyrannie de s'en prendre à lui. Mais ce pourrait être tout autre chose. Le sujet a toujours été délicat. Le peu de fois ou j'ai essayé d'abordé le sujet de la petite Sonia et de la broche, il s'est braqué, et sa relation avec son ancien amant assassiné m'est toujours un peu secret. Je n'ai vu aucun autre mouvement à l'intérieur. C'est qu'il est seul...

Je m'endormirais presque. Je le sais en sécurité et son prédateur intérieur au repos, mais je repousse mon départ, je n'ai aucune envie de partir. Pas en le sachant là, en ayant une chance de le revoir à travers sa fenêtre alors que chez-moi, je serais à nouveau seul.
Pourtant ma raison et le froid m’exhortent à quitter les lieux. Je n'ai pas la force surhumaine d'un super-héro pour passer mes nuits éveillé à l'affut d'un danger qui dort peut-être lui-même profondément.

Je détache difficilement mes yeux de la fenêtre en rabattant un peu plus ma capuche pour me protéger des gouttes qui reprennent, et prend le chemin du parking, fatigué mais rassasié d'une présence lointaine.

J'aurais du faire plus attention.

C'est précisément pour ça que je suis là, éviter qu'un malheur n'arrive. Mais distrait par mes pensées, cette main qui surgit au détour d'une allée et s'étale fermement sur mes lèvres, je ne l'ai pas vu venir.

Je fourre un puissant coup de coude dans les côtes de mon agresseur. Râle de douleur et grognement se mêlent, et je fais volte face pour l'asséner de coups. Aïe! Je porte la main à ma nuque tailladée et prend une distance urgente en comprenant qu'il n'est pas sans défense. Je me sens saisis au col avant d'avoir fuis et envoyé contre le mur, et quand il se rue, je le repousse d'un coup de pied dans le bide, le temps de saisir le révolver dans ma poche.

-Bouge pas! gueulè-je.

Le temps pour lui de lever le bras dans un vif éclat de lames affutées, je dirige mon flingue sur sa face, guidé par un commandement sans appel.

Tu sors ton arme, tu...

Mais mon regard féroce se plante dans un regard effarouché qui me fait basculer dans l’incompréhension et dans l’effroi.

-A... A... Adriann?!

M... Mais, je croyais... Mes iris passent de l'allemand à la direction de sa fenêtre allumée en comprenant être tombé dans un piège quand lui-même se croyait être pris pour cible. Depuis combien de temps a t-il quitté son appartement?... Un infime mouvement et je recule en cramponnant plus fermement le pistolet.

-Je t'ai dis de pas bouger!

La faible luminosité des réverbères ne me permet pas de le détailler efficacement.

-C'est bien... toi?...

Ma nuque me picote et je sens la fraicheur d'une coulure sur ma peau. Dans son rêve, l'Autre n'a pas hésité à m'attaquer et... me délester d'une oreille avant de m'avaler... Je refuse de laisser la peur s'emparer de moi, mais je ne baisserais pas ce flingue avant d'être sur qu'il n'a pas rangé les griffes et ne me sautera pas dessus.

Cependant... à errer autour de chez-lui, en pleine nuit, armé, est-ce que je suis vraiment le plus en droit de me plaindre?...

© Halloween sur Never-Utopia


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adriann Weizerling

avatar

Humeur : Sanglante
Messages : 399
Réputation : 107
Date d'inscription : 10/01/2015

MessageSujet: Re: Wild watchers [PV Adriann]   Ven 3 Mar - 0:44




A**hole

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
J’étais seul. Ce soir, comme presque tous les soirs depuis ce qu’il me semblait une éternité, j’étais seul. Allongé sur mon canapé. A fixer le plafond ou bien la peinture qui s’écaillait, dans un silence tout à fait relatif. Le frigo faisait du bruit. Le voisin faisait du bruit. Les passages dans le couloir étaient irréguliers, brefs. Je comptais chaque aller et venue, le cœur battant lorsque quelqu’un s’attardait trop à mon étage ; j’étais surveillé, je le savais. Que ce soit par des chasseurs ou par des hommes d’Amaro, le résultat était le même : je n’étais pas en sécurité. Mais immanquablement, chaque soir, les résidents continuaient leur ascension, inconscients de la paranoïa qui vrillait tout mon être. Alors j’allumais une cigarette et la consumait lentement, jusqu’à ce que ma montre affiche une heure descente pour que j’aille me coucher. Et comme toujours, je me réveillais au milieu de la nuit, trempé de sueur, le sang glacé dans mes veines.

Ce soir, c’était Henning. Un spectre ensanglanté dans un amphi, qui s’acharnait encore et encore à me répéter les mêmes phrases, les mêmes informations, jusqu’à ce que j’ouvre les yeux et me libère d’une goulée d’air. Le souffle court, je resserrais les pans de la couette avant de me rendre à l’évidence : je ne me rendormirais pas. Enfilant un T’Shirt, je laissais mon regard hébété parcourir la chambre. Les cartons étaient enfin terminés. Il ne me restait plus qu’à déménager…

Frottant mes yeux en baillant à m’en décrocher la mâchoire, je me relevais en titubant jusqu’à ma fenêtre, dressant une liste mentale des activités qui s’offraient à moi dans l’espace réduit que représentait l’appartement. Il fallait que je récure tout de fond en comble avant de rendre les clefs, mais à deux heures du matin passé, il était impensable de passer l’aspirateur. Les fenêtres, alors ? Je considérais sans motivation celle de ma chambre avant de m’en approcher, ma curiosité et surtout ma paranoïa piquées au vif. Avec autant de précision que le permettait mon corps encore engourdi, j’entrebâillais le rideau du bout des doigts. Dehors, la pénombre régnait comme un avertissement pour les inconscients qui osaient s’aventurer hors des murs… mon regard fut attiré par un mouvement dans l’obscurité. A peine distincte, une silhouette appuyée contre le mur… mon cœur rata un battement tandis que je reculais de plusieurs pas.

En me forçant à rester calme ou du moins à le paraître, j’allumais ma lampe de bureau, rare vestige encore en place de mon passage entre ces murs. Je ramassais mon jeans et l’enfilai à la va-vite avec le premier pull trouvé, toujours incertain quant au schéma à suivre : fuir l’appartement ou éliminer le chasseur ? Verrouillant derrière moi, je dévalais les escaliers de l’immeuble en silence avant de débouler dehors. L’air était froid et les environs, endormis. D’un pas feutré, je contournai le bâtiment et parcouru les derniers mètres qui me séparait de mon voyeur. L a rage du wendigo faisait écho à la mienne. Les griffes étaient sorties, nous étions tous les deux prêts à l’attaque. Il était là. Il venait de bouger et il s’approchait tranquillement, inconscient de ce qui l’attendait.

C’était rapide. Du moins, c’était censé l’être ; simplement trancher une gorge, sans chercher à satisfaire un autre besoin que celui de survivre. Pourtant, l’autre n’avait l’air d’être qu’un gamin. Mais un bref rappel du cadavre de Thomas qui coulait désormais des jours heureux et une douleur lancinante au ventre me rappela que l’âge ne faisait pas tout. En écho à son ordre, je m’apprêtais à me ruer sur lui lorsqu’il me mit brusquement en joue.

-OK ! OK !, capitulai-je sur le même ton que lui.

Un moment de flottement pendant lequel mes sens se réajustent. La silhouette, sa voix…

-A... A... Adriann?!

… C’était quoi, ce plan foireux ? Je ne décrochais pas mon regard de son flingue. Alors c’était ça, maintenant ? Il était avec Amaro pour de bon ? Le sang sur mes griffes me semblait désormais bien peu… secouant la tête dans un soupir dédaigneux, je remuais ma main pour faire tomber une goutte du liquide.

-Je t'ai dis de pas bouger!, gueula-t-il à nouveau, cramponné à son arme.

Je l’observais, impérial, à peine effrayé par sa menace. Il était apeuré, néanmoins, c’était lui avait la situation à son avantage.

-C'est bien... toi?...

Je manquais d’éclater de rire.

-Je sais pas. Tu viens souvent errer sous les fenêtres d’inconnus un flingue à la main ? Sourire exagérément poli, ton contrôlé au maximum. Donc… c’est quoi, ton plan ? Tu m’abats là en pleine rue, et tu vas toucher une petite prime chez Amaro ? Ou chez les chasseurs, après tout, ajoutai-je, excédé.

Je plantais mon regard dans le sien, étouffant le sentiment brûlant de trahison qui naissait en moi. Alors ça finissait comme ça ? Au fond de la rue, un chat se baladait. Il ne me fallait qu’une demi-seconde d’inattention… un tout petit instant, un seul miaulement pour… le chat m’obéit. D’un grognement presque agressif, il attira le regard de Therence et je me ruais sur lui pour attraper son flingue et plaquer l’humain face contre un mur. Je l’immobilisai de tout mon poids le temps de décharger l’arme et de mettre les balles dans la poche de mon jeans. Reculant d’un pas, je lui offris un nouveau sourire en réponse au regard noir qu’il me lança. Humble gagnant, je lui tendis son pistolet du bout de la main.

-Me regarde pas comme ça. T’as beau être l’humain, c’est moi qui était menacé. Ta nuque va guérir dans deux jours, maximum. Il suffit juste de mettre un pansement, soupirai-je, les yeux levés au ciel.

Je repris un air plus sérieux. Ca avait beau être Therence, il se trouvait désormais du côté des ennemis, d'autant plus qu'il était armé. Et qui d'autre que lui pouvait mieux renseigner les chasseurs ? Croisant les bras, je le toisais du regard.

-Si tu voulais vraiment m'abattre, Therence, je te laisse cinq minutes pour disparaître. Transformé ou non, je te jure que je n'hésiterais pas à te tuer.



Therence & Adriann

CODE BY AMIANTE


wendigowak


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Therence Garnet

avatar

Humeur : Troublé
Messages : 760
Réputation : 134
Date d'inscription : 27/12/2014

MessageSujet: Re: Wild watchers [PV Adriann]   Sam 18 Mar - 22:14



Blame
Je sors mon flingue, je tire.

BAM!

La cible qui me fait face ne bouge pas d'un iota sinon pour me juger, rengainer et se détendre dans un décor de serviettes de bains et de carrelage. Je me suis déniché un miroir en pied auquel j'ai fait une place derrière la porte de la salle d'eau, plus pratique que la version trop réduite au dessus du lavabo pour pouvoir m'entrainer. J'ai une vu d'ensemble de moi-même pour juger efficacement de mes mouvements. Je dégaine l'arme de ma poche et je tire! Mes détonations mentales ne sont que des "clicks", les ennemis imaginaires un reflet concentré. Appuyer sur la détente est une habitude que je dois prendre. Je possède une arme pour me sauver la vie, pas feinter d'avoir le dessus. J'ai retenu la leçon... Ma main est restée coincée dans ma poche quelques secondes. Je recommence! C'est mieux. Je ne crois pas qu'il y ai de miracle pour avoir de réflexes acceptables sinon le travail, m'imaginer Psychoboy ou en mauvaise posture ne m'a pas aidée à être meilleurs jusque là. Simplement plus précipité.
Je fais tournicoter le pistolet autour de mon doigts et le range habilement dans la poche de mon jean, satisfait pour aujourd'hui. Du coin de l’œil, je défis l'autre moi à travers la glace, me détourne prudemment et fais volte face, le flingue en main. Sait-on que je ne me surprenne pas à dégainer plus vite que mon ombre. Et quand bien même mon reflet suit fidèlement le mouvement, je lui offre un demi sourire ravi et amusé. Parce qu'en tête à tête avec moi-même et au bout de dizaines de minutes à effectuer la même rengaine, je ne peux pas m'empêcher de prendre un peu ça à la rigolade.

Mais ce soir où l'urgence prime et où la situation est bien réelle, ce n'est pas mon reflet au regard dur qui fait face à l'autre bout du canon.

Je relâche la détente, saisit par un froid violent. Entre les gouttes, la vision de mes points joints se trouble au profit de la silhouette aux mains en l'air à quelques mètres. Adriann... Il me fixe avec la même incompréhension avec laquelle je l'accueille, son regard effaré sur le pistolet. J'hésite à baisser les bras, enclencher la sécurité et m'empresser de cacher l'arme de son champs, aussi fautif que s'il me surprenait en flagrant délit, et idiot du geste qui aurait put-être fatal et de me retrouver ici. Parce que j'ai jamais eu pour intention de le visé, lui.
Mais comment savoir quel "lui" est présent alors qu'une de ses griffes sanguinole et qu'il me toise froidement, irritant ma propre assurance?...

-Je sais pas. Tu viens souvent errer sous les fenêtres d’inconnus un flingue à la main ?

Toujours ce ton de reproches... Je retiens un soupir, agacé et peiné.

-T'es pas un inconnu...

-Donc… c’est quoi, ton plan ? Tu m’abats là en pleine rue, et tu vas toucher une petite prime chez Amaro ? Ou chez les chasseurs, après tout.

-Il me fallait de quoi me défendre. justifiè-je farouchement en n'oubliant pas sur quelles paroles il m'avait abandonné.

Je suis peut-être "tout seul", mais au moins je ne suis plus dépourvu de défense digne de rivaliser avec un porte flingue. Ou un monstre... Le pistolet n'a pas bougé de sa trajectoire, son regard est noir, et cette colère me blesse autant que je voudrais pouvoir lui renvoyer ses propres fautes. Il a le droit d'être en colère pour ce qui est arrivé au Pink, et pour avoir parlé du wendigo à tort et à travers. Mais il peut pas m'en vouloir d'être armé et le pointer en s'étant cassé après tout ce qui s'est dit au bar ni en abritant l'entité tortionnaire qu'est son cannibale.

-J'agis pas sans raisons Adriann...

Ni quand je tiens un wendigo à distance, ni quand je cèdent aux avances de plus rusé que moi... Mais ça, cette tête de mule ne l'envisage pas! Alors que je m'inquiétais pour lui, il diabolise mes intentions et mes sentiments sous le prétexte que je l'ai blessé, et ça m'insupporte d'avoir à subir les mauvais blâmes! Il n'est pas le seul a avoir envie de rager, moi aussi j'ai des raisons de lui en vouloir!
Un feulement menaçant à l'autre bout de la ruelle interrompt notre duel. Mes iris dardent instinctivement en direction du félin dont j'aperçois les yeux nitescents filer entre les ordures, et la seconde qui suit c'est tout mon corps qui valse et est écrasé contre le mur.

-B*rdel! Touche pas à ça!!!

Adriann! S*lop! Je râle et remue tant que je peux tandis qu'il vide mon pistolet en m'empêchant de me retourner. Quand il me lâche enfin, c'est pour m'offrir un sourire narquois qui me donnerait envie de lui en coller une et de le bâillonner d'un grand torchon. Je le fusille du regard en expirant comme un buffle énervé.

-Me regarde pas comme ça. T’as beau être l’humain, c’est moi qui était menacé. me tend-il l'arme vide, condescendant au possible. Ta nuque va guérir dans deux jours, maximum. Il suffit juste de mettre un pansement.

Sale type... Je lui arrache le flingue des mains et vérifie. Plus une seule balle évidemment...
... Et maintenant?... Il n'est plus menacé, c'est certain, mais on est loin d'être à égalité tout les deux. Je me décolle de mon mur et me redresse, méfiant, quand lui fait de même en croisant les bras pour se grandir, le visage ferme.

-Si tu voulais vraiment m'abattre, Therence, je te laisse cinq minutes pour disparaître. Transformé ou non, je te jure que je n'hésiterais pas à te tuer.

-T'es sérieux?...


Celle là me donne la sensation d'un coup en plein dans l'estomac. Il serait vraiment prêt à me tuer? I... il me croit vraiment capable de l’abattre?!!

-T'es le pire menteur que je connaisse! rit-je subitement. Combien de fois l'a t-il répété durant son rêve qu'il ne voulait pas me faire du mal?!

Est-ce qu'il y avait une part d'Adriann là-dedans, Therence ? Ronronnait la voix rauque du wendigo tandis que j'étais pris au piège. Quand nous fantasmions sur ton sang sur notre peau, était-ce le monstre ou l'humain ?

...Je pensais pas pouvoir te faire du mal.

Je le scrute d'un regard incrédule et consterné, j'attends une négation, un cillement qui démente ses propos impitoyables. Mais l'allemand reste de glace. Je hoche doucement la tête, écœuré.

-T'es sérieux...

Au moins en partie. La mort c'est l'essence même de sa seconde nature. Une nature qui l'atteint peut-être plus que ce que je croyais... J'en sais rien, mais j'ai mis assez de bazars dans sa vie pour ne pas concevoir sa colère et ses petits fantasmes macabres. M... mais b*rdel, pour le reste, comment il peut se tromper à ce point sur mes intentions?!...

-...Tu penses vraiment que je suis venu pour t'abattre?! Je suis quoi, un s*alop qui trompe, et qui tue aussi?! T'as raison, je suis peut-être un s*lop, mais au dernière nouvelles, c'est pas moi qui ai du sang sur les mains! C'est pas moi qui bouffe des gens!

Rendons son mérite au cannibale puisqu'il se clame être le monstre que tout le monde l'accuse d'être!

-C'est ce qu'il m'est arrivé dans ce cauchemar : je me suis fais bouffé! Et j'ai vu ce que tu fais à la pleine lune! Le wendigo me l'a fait vivre!

La folie, le sadisme... Alors je soupire durement.

-C'est pas moi l'assassin.

Notre souci à l'indépendant et moi, avait déterminé mon psy de comptoir à l'accent méditerranéen, c'est notre trop grand ego. Un petit effort suffirait à rééquilibrer la balance et calmer nos différents. Mais comment je peux accepter d'admettre mes torts quand lui reste borné sur ses positions et m'érige en... en meurtrier, rien que ça?! Et pour l'assassiner, lui?! C'est l’hôpital qui se fout de la charité! Puis ce n'est pas comme ça que je marche. Courber l'échine, je m'y suis jamais abaissé. J'en suis peut-être pas capable.  

-Si je veux pouvoir vivre dans cette p*tain de jungle Adriann, j'ai pas d'autre choix que de sortir avec un flingue et dégainer quand je me fais attaquer. J'ai pas des crocs, des cornes, ou des griffes à sortir sur commande, moi!

Je ne suis qu'un morceaux de viande avec de la hargne et de la cervelle. Mais le fil des rencontres et des incartades me rappelle de plus en plus durement que je reste avant tout un morceaux de viande, facile à manier et à massacrer. D'une balle plus rapide comme mon manteau en reste marqué à l'épaule depuis récemment, ou d'une mâchoire féroce comme celle qui m'a dissuadée des infractions oniriques. Alors je lui en veux. Pas pour être ce que je ne suis pas, mais pour ne pas comprendre ma position et me la jeter au nez.

Mes épaules s'affaissent imperceptiblement. J'étais pas venu pour me battre avec lui. Mais je subirais pas ses reproches. Ni ce regard acéré et oppressant qui est obstinément braqué sur moi... Je le déteste. Je perd mon temps, et le temps, s'il était sérieux, pourrait bientôt m'être compté.

J'abdique et je me détourne avec dégout en rabattant ma capuche plus en avant, une sensation amère de défaite et de vide. Je le déteste. Je maudis le surnaturel pour son incompréhension et son intolérance. Je me déteste... Je me maudis pour mes c*nneries et ma prétention. Je suis en colère. Je me demande ce que je foutais là au final. Pour qui est-ce que je suis venu et ai absolument cherché sa présence. Peut-être pour lui. Ou surtout pour moi... Je me rappelle les inquiétudes qui m'ont poussées à venir... le manque croissant et qui me retient de rentrer.

Je stoppe ma marche et reste planté à ma place un moment, hagard. Prenant conscience que personne ne me retient.

-... Alors c'est vraiment ce que tu penses que je suis? Assez flippé pour venir t'abattre? Trop peu concerné pour finalement me casser?

...Aussi faible? Mais qui est-ce que j'écoute à m'en aller en solitaire? Ce cabochard égoïste ou mes propres craintes? Je ne suis pas comme ça. Je ne subis pas ma vie comme l'a rappeler l'italien, je la maitrise. Alors ouais, je suis têtu, surtout quand il s'agit de préserver mon ego, et il est hors de question que je me laisse mal traiter. Mais pour cette relation aussi, je saurais me montrer incroyablement buté...

-Je partirais pas.

Je me retourne vers le wendigo, le regard sévère.

-Je suis pas comme toi... Il suffit pas qu'on me dise de dégager pour que j'abandonne un alité sur son lit d’hôpital. rappelè-je sourdement.

Se disant, je reviens sur mes pas. Les muscles tendus, conscient de mon élan suicidaire.

-Il me faut plus que recevoir des sal*peries en pleine figure pour couper la communication.

Est-ce qu'à son tour il les sent, les reproches? Est-ce qu'il les subits, les piques acerbes qui marinent depuis bien plus longtemps qu'il ne l'imagine, lui qui pleure de s'être attaché et d'avoir été trompé et qui disparait dès que ça devient trop pénible à gérer, et ça depuis que je le connais?! Son temps d'action réduit à mesure que j'approche s'il décidait de frapper. Mais plus la distance s'amenuise et plus je m’endurcis et je me barricade derrière ma conviction qu'il bluffe. Je suis un humain avec beaucoup de défauts et qui a une mauvaise manie de se fourrer dans l'impossible, c'est vrai, mais moi je ne suis pas un lâcheur!!!

-Il me faut d'avantage que des déceptions pour tourner les talons!

Mes pieds terminent leur progression en face de ceux d'Adriann. Je ne l'ai pas lâché des yeux une seule seconde. Qui peut dire maintenant, lequel est le plus impassible et déterminé de nous deux?
Il était clair dans ses avertissements. Mais si lui est en mesure de m’abattre, moi ce n'est plus mon cas. Je ne suis qu'un humain armé d'un flingue déchargé en face d'un wendigo.

-Est-ce que ça t'énerve que je sois entré dans ton rêve? Est-ce que tu t'ai seulement demandé pourquoi j'y suis allé?! C'était pour m'assurer que tu allais bien, et pour ça j'ai subi les tortures de ton p*tain de wendigo! Et qu'est-ce que tu as fais en retour? Tu m'a raccroché au nez!

Certes, après m'avoir sortis de son cauchemar... m... mais il avait pas à m'abandonner là dessus!

-Et puis tu joues les impressionnants avec tes menaces de wendigo prêt à mordre, mais ça me fait marrer! Parce qu'en réalité, t'as plus la trouille que moi... martelè-je du doigt vers son torse, volontairement provocateur, parce que c'est cette agressivité qui réprime proportionnellement ma crainte du monstre.

Je veux parler de mon flingue qu'il a vidé comme si j'étais réellement capable de lui tirer dessus, parce que lui, le grand, le terrible, l'effroyable! wendigo, redoute ces p*tains de chasseurs et leurs jouets ou qui qui en ait après un criminel dans son genre!

-... Et parce que c'est EXACTEMENT ce que tu me reproches de faire : utiliser la réputation du wendigo pour te protéger!!!

...Et pour me protéger aussi, ce dont je m’abstins de me vanter... Comme je n'ai pas vu de meilleure option pour faire taire Dunbar, ou ce que je découvrais être un véritable mafieux dans l'antre duquel je m'étais coincé. Et je trouve ça injuste et ça me blesse, autant que le fait qu'il m'imagine déterminé à le tuer comme si ma nouvelle vocation c'était de le faire souffrir! Tout ça parce que je me suis égaré une fois!  

-Et j'ai PAS couché avec Amaro!!!

...Mais celle là, je la regrette aussitôt qu'elle a franchis mes lèvres. Après coup, j'ai le sentiment qu'elle passe... beaucoup moins crédible que le reste...

-P... pas tout à fait... me rétractè-je sur ce demi... quart de mensonge avec beaucoup, beaucoup moins d'assurance. M... mais c'est compliqué! E... et je bosse pour personne, si j'étais ici, c'était pour savoir comment tu te portais! Pas pour t’abattre ou pour t'en faire baver contre rémunération comme tu m'accuses!... Alors... Je cherche une ultime récrimination pour rattraper le coup et terminer sur le dernier mot. Arrête de faire ta victime!!!

Je respire fort, mes yeux balancent de l'un à l'autre des siens et je garde les points serrés, le dos droit. Obstiné.

© Halloween sur Never-Utopia


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adriann Weizerling

avatar

Humeur : Sanglante
Messages : 399
Réputation : 107
Date d'inscription : 10/01/2015

MessageSujet: Re: Wild watchers [PV Adriann]   Lun 17 Avr - 1:04




Le coeur lourd

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
La sentence avait été prononcée. Juste ou pas, seul m’importait le résultat de l’équation : je voulais rester vivant. Et si Therence avait comme nouvelle lubie de rôder sous mes fenêtres un flingue à la main alors oui, je devais me défendre. Peu importait son regard de sainte nitouche, outrée par les accusations que j’osais porter sur sa petite personne. Je le toisais, c’était tout. Parce que je m’étais toujours fait passer avant tout le monde, d’autant plus lorsqu’il en allait de ma vie, et que peu importait… ce qu’il s’était passé entre lui et moi. Il fallait que je survive.

-T’es sérieux… Tu penses vraiment que je suis venu pour t’abattre ?! Je suis quoi, un salop qui trompe, et qui tue aussi ?!
-A toi de me dire, monsieur « je me trimballe avec un flingue en pleine nuit » !
-T’as raison, je suis peut-être un salop, mais aux dernières nouvelles, c’est pas moi qui ai du sang sur les mains ! C’est pas moi qui bouffe des gens ! C’est ce qu’il m’est arrivé dans ce cauchemar : je me suis fais bouffé ! Et j’ai vu ce que tu fais à la pleine lune ! Le wendigo me l’a fait vivre !
-Mais qu’est-ce que tu pensais que ça allait être ?! Tu pensais que c’était un parfait petit repas au clair de lune ?!
-C’est pas moi l’assassin.

Ou du moins, il ne l’était pas encore… Farouche opposant à sa présence sur mon territoire, je ne le quittais pas du regard. Qu’il se sente blessé, menacé, je m’en fichais ; c’était même mon objectif. Qu’il disparaisse.

-Si je veux pouvoir vivre dans cette putain de jungle Adriann, j’ai pas d’autre choix que de sortir avec un flingue et dégainer quand je me fais attaquer. J’ai pas des crocs, des cornes, ou des griffes à sortir sur commande, moi !
-Tu vas presque me faire pleurer, me moquai-je sans aucune classe.

Il s’exécuta enfin. Cachant mon soulagement plus prononcé que je ne l’aurais souhaité, Therence s’éloignait sans rien ajouter de plus… C’était terminé. Déjà, mes muscles se détendaient sans que j’eu même conscience de l’effort que je leur avais demandé. Au fur et à mesure que la distance grandissait, je prenais conscience de la situation ; c’était terminé. Il partait. Je n’avais aucune raison de lui courir après s’il m’obéissait, aucune raison de le menacer outre-mesure… aucune raison de le revoir… Jusqu’à ce qu’il s’arrête. Tout le soulagement ressenti se transforma en une colère sourde.

-… Alors c’est vraiment ce que tu penses que je suis ? Assez flippé pour venir t’abattre ? Trop peu concerné pour finalement me casser ?
-T’as jamais été réellement concerné, Therence. Encore moins avec un flingue entre les doigts. Alors tire-toi !
-Je partirais pas, lâcha-t-il en plantant son regard dans le mien, sévère et colérique.
-Je suis pas comme toi… Il suffit pas qu’on me dise de dégager pour que j’abandonne un alité sur son lit d’hôpital.

Il s’avança et je ne pouvais m’empêcher de le fixer, sûrement aussi énervé que lui. Il bluffait tout comme je venais de le faire et en profitait pour me cracher mes quatre vérités à la figure, comme si de lui et de moi, j’étais celui qui méritait le plus des reproches. Il n’avait qu’à s’approcher et continuer de hurler ! Comme si je n’avais pas encore, moi aussi, des choses à lui dire !

-Il me faut d’avantage que des déceptions pour tourner les talons !

Duel de regard haineux, souffles chaotiques, cœurs battant à l’unisson dans un rythme désordonné. C’était le spectacle que nous offrions alors que Therence venait de terminer sa course juste devant moi.

-Est-ce que ça t’énerve que je sois entré dans ton rêve ? Est-ce que tu t’ai seulement demandé pourquoi j’y suis allé ?! C’était pour m’assurer que tu allais bien, et pour ça j’ai subi les tortures de ton putain de wendigo ! Et qu’est-ce que tu as fais en retour ? Tu m’as raccroché au nez !
- Tu es rentré dans ma tête, et tu espérais que le wendigo ne t’en fasse pas payer le prix ?! Et si tu voulais vraiment savoir comment j’allais, t’avais qu’à assumer et venir me voir en personne ! Est-ce que t’as eu un seul mouvement dans ce monde envers moi ?!
-Et puis tu joues les impressionnants avec tes menaces de wendigo prêt à mordre, mais ça me fait marrer ! Parce qu’en réalité, t’as plus la trouille que moi… Et parce que c’est EXACTEMENT ce que tu me reproches de faire : utiliser la réputation du wendigo pour te protéger !!!
-Mais qu’est-ce que tu espères ?! Que je m’excuse de me protéger alors qu’il y a des chasseurs à mes trousses ?!

Là où il ne faisait que me frôler pour marteler ses mots, je dégageais directement ses mains d’un revers de bras. Je ne voulais pas qu’il me touche !

-Et j'ai PAS couché avec Amaro!!!
-P... pas tout à fait...

J’éclatais d’un petit rire froid et sarcastique, à l’image du regard que je posais sur lui alors qu’il continuait de balbutier. Amaro m’avait donné exactement la même version, et même si une petite voix intérieure me disait que la situation n’était peut-être pas aussi manichéenne que ce qu’elle semblait être… il était plus simple de l’étouffer. Parce que j’avais placé en Therence beaucoup trop de choses et qu’il les avaient piétinés sans aucune honte. La confiance que je mettais d’ordinaire si longtemps à donner, il l’avait simplement prise pour la réduire en miette.

-… Alors… Arrête de faire ta victime !!!
-Ma victime ?!, éclatai-je. Mais excuse-moi d’avoir suffisamment d’honneur pour me sentir bafoué ! Je te faisais confiance, et tu m’inventes des putains de scénarios pour savoir si d’après moi, baiser c’est tromper ?! Ton problème Therence, c’est même pas la frivolité, c’est que t’es qu’un gamin livré à lui-même avec ses jouets, que ce soit des flingues ou des êtres hu-
-WOW !, me coupa un hurlement dans la rue, vous avez bientôt fini de gueuler comme ça ?! Il est TROIS HEURES DU MATIN, BORDEL DE MERDE !

Au cinquième étage de l’immeuble qui nous faisait face, penchée sur sa fenêtre, une femme continuait de hurler et de hurler au sujet de ses insomnies et de nous, « bande d’enfoirés », qui ne faisions qu’aggraver son cas. Loin de calmer notre colère, ses paroles trouvèrent des semblables dans nos bouches pendant plusieurs minutes. Visiblement assez fatiguée ou calmée, l’inopportune claqua rageusement sa fenêtre, laissant Therence et moi dans un silence assourdissant.

-Ne pense pas que ce soit fini, le toisai-je avant de prendre le chemin de mon appartement.

Je savais qu’il me suivrait… ou du  moins, une partie de moi l’espérait tout comme une autre avait envie de le ruer de coup là, en plein milieu de la rue. Mais je n’en fis rien et silencieusement, nous montions les marches de mon immeuble jusqu’à ce que j’ouvre la porte de ce qui ne serait bientôt plus mon chez moi.

-Je te préviens, tu ne restes pas pour la nuit.

-Tu sais ce qui m’énerve ?  C’est que je savais très bien quel genre de personne t’étais ; on fonctionne pareil. Et pourtant, je t’ai tout confié, le wendigo, Sonia, même mon professeur… Je sais pas ce qui m’énerve le plus. Le fait que t’ais simplement détruit ma confiance, ou le fait de t’avoir donné plus que la « limite »… parce qu’on sait tous les deux que tu savais que j’étais amoureux, avouai-je les bras croisés, adossé contre le mur, à peine honteux de la révélation.




Therence & Adriann

CODE BY AMIANTE


wendigowak


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Therence Garnet

avatar

Humeur : Troublé
Messages : 760
Réputation : 134
Date d'inscription : 27/12/2014

MessageSujet: Re: Wild watchers [PV Adriann]   Lun 24 Avr - 1:47



Attraction |Repulsion
Certains excellent dans l'art du sarcasme pour se protéger, moi ma meilleure défense, c'est les reproches. Je ne laisserais personne me punir pour des erreurs que je n'ai pas commises. Je refuse de porter l'entière responsabilité de ce qui arrive, lui aussi derrière ses airs de biche injustement mise en joue a sa part de fautes à reconnaitre!
Je l'ai trompé en partie, je l'ai blessé, et c'est assez à ce qu'il dramatise mes actes et mes sentiments envers lui, comme si avoir passé ma nuit avec un autre c'était révéler de moi que je suis un menteur et un ennemi de plus contre la bête qu'il est? Mais ce n'était pas intentionnel! Je pensais pas à lui faire du mal. Mais cet imbécile n'est pas prêt de l'entendre... Et je ne suis peut-être pas prêt à accepter son cynisme si j'osais m'en excuser alors qu'il n'est plus question de réciprocité entre nous.

Je me sens moins sûr sans mon arme chargée. Mais si je n'arrive pas à faire le poids face à sa part humaine, que ce passera t-il le jour où je devrais réellement faire face au monstre?...

-Mais qu’est-ce que tu pensais que ça allait être ?! Tu pensais que c’était un parfait petit repas au clair de lune ?!

-Justement Adriann! J'en savais rien! Parce qu'on en a jamais parlé, parce qu'il y a des surnaturels civilisés et des types monstrueux, des légendes qui ne sont pas toujours à prendre au pied de la lettre et des rumeurs dont on ne se méfie pas assez, et que dans tout ça j'ai jamais réussi à te situer!!!


Que j'ai préféré ne pas le faire... Parce qu'au fond, je ne suis pas aussi aveugle que je le voudrais, mais c'est plus facile de s'accrocher à des idéaux sécurisants. J'aime faire savoir quel homme je suis, parfois impulsif mais assez malin pour se tirer d'affaire, un contestataire qui ne craint ni ne se soumet aux règles et se moque des normes, trop désinvolte et trop fier pour être facilement atteignable. Un mec balèze. Mais je me suis fait shooté et j'ai rasé de prêt des crocs de carnivores, et ça m'a fait comprendre que je ne suis plus grand chose face à plus démesuré que moi. Je ne peux pas croire qu'il ne comprenne pas au moins ça...

-Tu vas presque me faire pleurer, minaude t-il.

Ça me reste en travers de la gorge. Il n'essaie même pas de comprendre... Je le déteste à ce moment là. Je le déteste, lui, le wendigo qui n'a pas besoin d'un flingue pour se protéger et qui prend un plaisir sadique à me regarder de haut! Je craque, je tourne les talons. Certains se vanterons que c'était prévisible, une relation insensée. Peut-être que c'est une réalité que je suis le dernier à reconnaitre : en dépit de nos points communs, nous sommes trop différents pour que ça puisse fonctionner entre nous.

Mais alors, qu'est-ce que je fous ici?...
Je partirais pas. J'ai toujours eu le contrôle sur mes relations pour tolérer de le perdre avec lui, je m'inquiète et m'investis beaucoup trop pour ce crétin pour lâcher maintenant! Je préfère encore me battre que me retrouver seul avec mes regrets...
Il me sous-estime, il ne connait pas son erreur... Parce que je ne suis pas comme lui, moi!

-T’as jamais été réellement concerné, Therence. Encore moins avec un flingue entre les doigts. Alors tire-toi !

... Jamais été réellement concerné? Est-ce qu'il regrette ses paroles à la lueur foudroyante que mes yeux lui renvoient? Et lui? A quel point est-il concerné par notre relation? A quel point est-il concerné vis-à-vis de moi?!

Un pas, une sentence.

Je l'ai repoussé ce jour là bloqué dans mon lit d'hosto. Je venais de me faire passé à tabac, me prendre une balle, j'ai cru que j'avais éviter la noyade pour me vider de mon sang au milieu de nulle part par son étudiant toxico, et après m'avoir tiré de là, tout ce qu'il a trouvé à me dire, c'est qu'il était lui-même un tueur en série. Ma réaction était plus que légitime... Mais comment il a pu me prendre au mot et réellement disparaitre, et me laisser tout seul avec mes cauchemars et la peur parano de voir le Psychoboy ressurgir dans ma vie?! On abandonne pas un convalescent à son sort comme il l'a fait!

Un pas, une sentence.

Je me suis tu ce jour là durant notre convo skype lorsqu'il était en Allemagne. Il m'a demandé ce que je faisais des gens qui s’accrochaient à moi, et je n'ai pas su lui répondre. Il avait disparu sur des excuses bidons de visites de familles qui quoi que j'admette, m'ont laissées cette petite pointe de jalousie dans le cœur tandis qu'il me laissait solitaire dans cette ville. Chaque fois que j'ai tenté de creusé pour comprendre son absence, je me suis heurté à ses demi-mots insupportables, mais je n'ai pas abandonné, et lorsque lui a du faire face à MON silence, il a disparu des écrans l'air offensé!

Un pas, une sentence.

J'ai été maladroit et il se sent trahis. Il m'en veut pour avoir avouer sa nature à d'autres, avoir pris du bon temps au Pink, et c'est vrai, c'étaient de sacrées belles c*nneries. Surtout lui en parler après être sorti de cette entrevue délirante avec le couple où il m'a appris être entré dans le collimateur des chasseurs, et où il s'est révélé trouble au sujet de meurtres déguisés et d'opérations assassines. Et lorsque qu'il a su pour mes bévues, moi il m'a aussitôt tourné le dos et abandonné sur une claque verbale dont la marque reste vive!

Un pas, une sentence. Je ne partirais pas, pas plus que je le laisserais m'abandonner une fois encore.

Je fais fi de sa menace de sanguinaire et j'approche d'un pas convaincu. Je sais qu'il ne me fera pas de mal. Parce qu'il a juré et trop regretté le mal qu'il m'a fait durant son rêve pour réellement l'envisager...

J'exprime avoir visité son inconscient pour veiller sur lui. Discours héroïque et altruiste de l'amant qui agit par bienveillance. Je l'entend dans son rire. Il n'est que colère et scepticisme. Et peut-être qu'en réalité, il a raison. Il n'est pas le seul pour qui j'ai fait tout ça, c'est surtout pour moi-même. Mais lui alors, pour qui est-ce qu'il a agit chaque fois qu'il a pris la fuite?! Deux égoïstes bourrés de mauvaise foi, voilà ce que nous sommes. Et c'est à celui qui légitimera ses actes sur l'autre qui gagnera la partie...

- Tu es rentré dans ma tête, et tu espérais que le wendigo ne t’en fasse pas payer le prix ?! Et si tu voulais vraiment savoir comment j’allais, t’avais qu’à assumer et venir me voir en personne ! J'ouvre la bouche mais rien ne sort, conscient d'avoir éviter la confrontation. Est-ce que t’as eu un seul mouvement dans ce monde envers moi ?!

-... Parce que tu aurais accepté de me parler?! Où t'étais toi quand j'étais à l'hosto à guérir d'une balle dans le bide à cause de ton petit fanatique de psychopathe parce que je t'ai pointé la porte du doigt, hein?!


Est-ce que je n'avais pas moi aussi de raison de me sentir trahis par la nature meurtrière qu'il m'a révélé à un moment si chaotique?! Est-ce qu'il y a pensé?! En quoi c'est si différent de mes aveux et de mon manque d'agissement envers lui aujourd'hui? Il m'a sauvé la vie, je ne suis pas prêt de l'oublier, mais si j'ai cafté sa nature cannibale à Liam, c'était aussi parce que je pensais le protéger, de la même façon que monsieur joue de sa réputation de cauchemar chez les humains!

-Mais qu’est-ce que tu espères ?! Que je m’excuse de me protéger alors qu’il y a des chasseurs à mes trousses ?!

-Mais moi par contre je devrais me justifier de porter un flingue?!!

Il remue, je gesticule plus fort, il cri, je hausse le ton. C'est un dialogue de sourds.

-Ma victime ?! Mais excuse-moi d’avoir suffisamment d’honneur pour me sentir bafoué ! Je te faisais confiance, et tu m’inventes des putains de scénarios pour savoir si d’après moi, baiser c’est tromper ?!

Ses diatribes afflues à gros torrent et m'empêche de répliquer, il culpabilise, aveuglé par sa fureur, mais sans calculer la portée des mots qu'il me crache ensuite et qui me glacent, profondément, et donne une impulsion mauvaise au sang dans mes veines.

-...Ton problème Therence, c’est même pas la frivolité, c’est que t’es qu’un gamin livré à lui-même avec ses jouets, que ce soit des flingues ou des êtres hu-

Je ne le laisse pas finir : je le placarde violemment au mur, le regard noir et le point prêt à partir qu'une voix interrompt in-extrémiste. Par réflexe, nous levons les yeux de concert.

-WOW ! Vous avez bientôt fini de gueuler comme ça ?! Il est TROIS HEURES DU MATIN, BORDEL DE MERDE !

Notre bulle vient d'éclater. Le point qui enserre fermement son col se fait dégager, et le voilà parti dans une joute endiablée avec la vieille à sa fenêtre. C'est elle qui fait les frais de nos humeurs, et nous finissons par avoir gains de cause lorsqu'elle elle claques furieusement ses battants. La rue redevient soudainement bien calme... J'ai les tempes qui pulsent, l'esprit focalisé sur du vide en me demandant si le nez du sur-homme aurait repris son angle initial autrement...

-Ne pense pas que ce soit fini, déclare sèchement le professeur.

-Certainement pas, non... approuvè-je en crispant le point et dardant un regard sombre sur lui. Mais au lieux de soutenir ma réplique, il s'éloigne, m'abandonnant avec mon animosité inassouvi.

-... Où tu vas? ...Hey! Ne me tourne pas le dos!!!

Il m'ignore superbement. Enfoiré! Je le suis à pas rapides direction la résidence universitaire. Est-ce qu'il est à ce point débile? J'ai dit que je le lâcherais pas!

-On en a pas fini! ignorè-je sa fatigue apparente. Je t'interdis de geindre que j'ai jamais été concerné et que j'assume pas mes erreurs, pas après tout ce que j'ai découvert sur toi et ce que j'ai accepté et toléré! Ton cannibalisme, tes plans foireux, toutes tes p*tains de cachotteries! Pas alors qu'il ai suffit que j'ai mal calculé mes coups pour que tu me tourne le dos...

Il peut pas nier tout les efforts que j'ai fait pour lui, ni continuer à me mépriser pour ce que je suis!

-Je veux que ce soit bien clair Adriann : j'ai pas honte d'être tout seul.

Quoi qu'être seul puisse vouloir dire à ses yeux.

-Tu veux que je te dise? C'est toi le plus gamin de nous deux! Rien qu'un adulte puéril qui se cache derrière son masque de grand vilain wendigo et qui prend la fuite dès qu'il se sent vexé où qu'il ne se sent pas de taille à affronter les problèmes! Un imbécile immature complétement dépendant de l'apport charnel que n'importe qui qui veut bien d'une baise peut lui apporter! Parce que tu peux m'accuser pour Amaro, mais moi au moins, je sais que je ne tombe pas dans les bras des premiers pervers et désespérées venus pour combler mes manques!

Je ne suis pas le plus à plaindre...
... Je lui interdit de me rabaisser comme il l'a fait...

Mon sac est un peu plus vide et moi aussi lorsque nous arrivons devant la porte de son appartement. Ça ne lui échappe visiblement pas.

-Je te préviens, tu ne restes pas pour la nuit.

L'avertissement lui vaut un regard bref mais mauvais. Je ballade mes yeux en entrant. La pièce est dépouillées, jonchée de cartons. J'en prend un sérieux coup. Il est sur le point de quitter Beacon Hills?...

-Tu sais ce qui m’énerve ? C’est que je savais très bien quel genre de personne t’étais ; on fonctionne pareil. Et pourtant, je t’ai tout confié, le wendigo, Sonia, même mon professeur… Je sais pas ce qui m’énerve le plus. Le fait que t’ais simplement détruit ma confiance, ou le fait de t’avoir donné plus que la « limite »… parce qu’on sait tous les deux que tu savais que j’étais amoureux.

Mon regard s'agrandit à la mesure de son aveux. Je le fixe pendant plusieurs secondes, hébété, puis je fuis son regard quand mon cœur repart lourdement. Rien ne filtre que le bruit sourd de ma semelle qui racle maladroitement lorsque je change de pied d’appuis.

... Bien sur que je le savais. Je m'en doutais depuis un moment, déjà à l'anniversaire de Mary où nous faisions un peu plus connaissance, puis ça c'est précisé avec son séjour à Berlin, et encore ensuite. Alessandro n'a fait que poser des mots sur une vérité que je préférais abstraite. J'ouvre la bouche mais les mots peinent à venir, et il me semble que la pièce vide renforce le silence qui s'attarde. Incertain. 

-... J'ai jamais caché qu'il valait mieux pas que ça arrive.

Une défense plus qu'une attaque, incapable de le regarder dans les yeux. Que ce soit lui, que ce soit les autres, je suis le s*lop que je suis mais je n'ai jamais joué les faux sentimental et fais de fausses promesses. Je lui avait dit que la stabilité c'est pas mon truc, il ne peut que s'en prendre à lui même pour ce coup là! Mais ça refuse de sortir...
Il y a cette boule dans ma gorge qui rend mes déglutitions pénibles et m'amène les larmes aux yeux et un éventrement au cœur qui m'en empêche...

Attraction, répulsion. Attaque, défense. Besoin viscéral de rester hors d'atteinte, espoir impérieux de rattraper mes erreurs.

J'ignore comment le prendre, une punition, un regret, une déclaration, les trois à la fois. Mais juste bon à juger l'état de notre relation, son état, je constate avec amertume comment certaines personnes sont terriblement douées à s'épargner le bonheur et à renverser celui des autres. Il m'a confié bien plus que j'aurais cru de la part de qui que ce soit, et avant même de pouvoir m'en réjouir j'aurais trahis sa confiance et heurté ses sentiments. Et il a raison, j'en ai peut-être profité. Nié l'évidence de son attachement pour évité de le subir. Et je savais qu'il ne me ferais pas de mal, quoique je fasse ou dise. Pas lui, pas à mort...

... Je regrette, je voudrais revenir sur mes critiques hypocrites, ses fuites ridicules que les bagages qui m'entourent témoignent comme décisives, sa boulimie charnelle alors qu'au delà de la mort d'Henning je devine bien que je ne suis pas le premier à malmener le cœur du méfiant. Maintenant je sais qu'il n'a pas demandé à devenir le wendigo que je lui reproche d'être, et je sais au fond combien m'avouer son existence a demandé du courage et pas la bêtise dont je le blâme parce que je n'ai pas su l'accepter sur l'instant, comme il en faut pour évoquer la petite Sarah... ou admettre l'attachement qu'il me porte après tout ça...

Je veux pas le faire souffrir, c'est seulement que marteler ses faiblesses, c'est ma seule façon de détourner l'attention des miennes et rééquilibrer l'injustice de ses jugements envers moi... Il se trompe sur mon compte...

-J'ai pas baisé avec Amaro. murmurè-je. Pas comme tu l'imagine.

N'avoir rien dit n'a fait que conforter ses à-priori, m... mais bon sang, comment j'étais censé lui expliquer que par pure bêtise, je me suis fait prendre au piège par un sale manipulateur et qu'il a réussi à m'étaler dans son pieux sans efforts alors que dehors ce sont des prédateurs surnaturels et des hommes armés et surentrainer à tuer des molosses qui rôdent?! Et admettre que je ne peux pas me défendre?! Hors de question. Dans le contexte actuel je ne pouvais pas me précipiter sur lui pour lui raconter ma position ridicule. Ce ne serait pas la première fois qu'il me découvrirait en posture minable, mais cette image d'un Therence vulnérable et qui nécessite l'aide d'autrui, ça me répugne, ça n'est pas moi...

...Mais j'ai mal de notre querelle, je ne veux pas le perdre...

J'avale une longue inspiration et brise enfin le silence. Je déballe la tournure équivoque d'une soirée avec des camarades du campus qu'on m'a refusé dès l'entrée, comment j'ai trouvé un autre moyen de m'infiltrer et me suis retrouvé dans les appartements d'Amaro. Comment au lieux d’appeler les flics, il m'a confisqué mes affaires et lancé le défis d'être encore présent à la fermeture du bar pour tout récupérer. Un jeu que j'ai pas refusé. Parce que j'ai trouvé ça... amusant sur le coup. C'était le privilège de profiter d'un monde qui m'était normalement interdit, j'étais censé prendre ce prétentieux à son propre jeu! Je résume, dans un rire mauvais, comment j'étais censé éviter le vigile et comment il a envoyé son danseur me provoquer. C'était pas très fairplay, alors j'ai voulu lui reprendre mes affaires et me tirer de là, mais Amaro est... difficile à surprendre... je survole comment m'attaquer à lui c'est inévitablement revenu à me retrouver coincé entre lui et le mur et lui explique plutôt mon éclat de génie : il aurait suffit que je m'enferme quelque part jusqu'à la fermeture, j'aurais respecté les termes de notre partie et me serais bien foutu de lui! Son appart' à assiéger, c'était la meilleure façon de me venger de ses coups bas... seulement je savais pas que j'y découvrirais quel mafieux il était...

-... Quand il a réussi à entré, il a récupéré l'un de ses révolvers avec mes empreintes. marmonnè-je avec embarras.

Je vois déjà ses yeux s'arrondir et le quiproquos arriver.

-Vas pas imaginer que j'ai encore m*rdé, j'y ai pas touché à son flingue! C'est lui qui me l'a balancer pour avoir mes empreintes dessus! Moi je les ai juste trouvés par accident!... ... ...Je... j'ai un peu fouillé dans ses affaires... admis-je à contre cœur, l'impression qu'un mensonge ne sera pas toléré. Mais il l'avait mérité.

Il n'était pas là pour savoir comment il a passé la soirée à m'humilier! J'étais loin de me douter que récupérer mes biens dans les ordures ça aurait été un moindre mal comparé à ce qu'il m'attendait. Il était trop tard pour faire machine arrière quand je l'ai compris.

-Il a tout calculé, et il a menacé d'aller shooter un type et abandonner le révolver sur la scène de crime. Je lui ai dit que je connaissais l'adjointe du shérif, et... et un criminologue aussi! ris-je nerveusement. Mais je savais pas qu'il avait des hommes à lui au commissariat, n... ni qu'il a des infos sur tout le monde. Il a parlé de trophée de chasse te concernant. Et de tes cornes...

Il savait pour le wendigo avant même que je ne croise sa route. Moi je me retrouvais sans aucune défense...

-Je pouvais plus me contenter de partir...

...Même s'il m'en a laissé le choix. Et toute la responsabilité qui en découle...

-Il a proposer de tout laisser tomber si j'acceptais de passer le reste de la nuit avec lui. I... il voulait juste s'amuser, minimisè-je. Pas pour rendre le prédateur moins haïssable, mais parce que je refuse qu'il m'imagine me faire dominer par la force. Il m'a pas contraint, tu sais! P... pas physiquement... M... m... mais c'est pas non plus comme si j'étais consentant!!!...

C'était qu'un arrangement graveleux que j'ai pas pu refusé...

-On a pas... Je me mord la lèvre, conscient de la maigre consolation que ça représente. On a gardés nos fut'. On s'est juste...

"On". Je sais que ça n'aide pas à infirmer que j'étais contre, mais il doit faire l'effort de comprendre...

-... I... il était hors de question que je me laisse faire, me défende-je en brandissant un doigt agressif vers l'allemand, j'allais pas faire la planche pendant qu'il prenait son pied!... Je suis pas comme ça...  

Alors j'ai fait la seule chose qui pouvait rendre la situation plus facile. Je me suis prêté au jeu...
Je mentirais de dire que j'y ai pas pris plaisir. Aussi de raconter que l'idée d'aller au bar pour flirter ne m'a pas traversé l'esprit un moment, ou que je n'aurais pas emporter cette histoire dans ma tombe si j'avais eu une chance de le faire, du moins je crois. Mais je suis pas aller au Pink pour coucher avec lui. C'était pas censé se passer comme ça...

Je n'ai cessé de m’époumoner avec des gesticulations offensives et de danser d'un pied sur l'autre au fur et à mesure de mon récit. J'ai tant reculer que j'ai atteint l'autre bout de la pièce. Je croise les bras dans une envie de disparaitre, et lui laisse assimiler tandis que la peur de ses réactions et la honte mijotent doucement avec mes ressentiments.

-Maintenant que tu sais, dis moi Adriann. Qu'est-ce que t'aurais fait à ma place?

Je ne le lâche pas des yeux. Rancunier. Farouche. Peiné. Je doute qu'il ai une réponse à m'offrir, mais maintenant, je veux qu'il se regarde dans un miroir. Si tant est qu'il soit encore capable de se mettre à la place d'un humain et de ne pas envisager la facilité du cannibale dans une telle situation. Mais l'absurdité des évènements ne s'arrête pas là, et je poursuis sur mes aveux en sortant mon semi pour le triturer sans danger.

-C'est un loup et un mafieux surtout, c'est à lui que j'ai acheté mon arme. Comme tu t'en doutes surement en fait.

Cet "amant" qu'il espérait ironiquement être "capable de me protéger d'une horde de chasseurs" m'aura réellement apporter une protection. Et parce que je crains les jugements du criminologue d'avoir trouvé ma sécurité auprès de lui après ce qui c'est passé, je le devance.

-Parce qu'il était là, lui.

Reproche à peine voilé.

-J'ai... j'avais personne d'autre vers qui me tourner, et il ne m'a pas seulement livré à moi-même avec un jouet. Il m'a donné les moyens et les notions pour me défendre. Sans avoir à dépendre de personne.

Je suis capable de me servir de la réputation des autres pour contrebalancer mon impuissance, mais je ne réclamerais jamais la protection de qui que ce soit. Je peux être... je dois être capable de me protéger moi-même. Trop orgueilleux pour admettre mes craintes et mes problèmes et pour accepter de dépendre d'autrui. Alessandro, je ne l'ai pas supplié de m'aider. On a convenu de l'achat d'une arme, comme un client et son fournisseur, du moins c'est comme ça que j'aime me rappeler son professionnalisme après le contraste de la soirée que nous avons passé, et... c'est lui qui a insisté à me former. Je n'ai pas eu à demander. Il a compris bien des choses sans que j'ai eu à ouvrir la bouche...

-Croire que ce flingue c'était pour toi, c'est t'accorder beaucoup d'importance. me moquè-je dans l'espoir de faire oublier mes mésaventures.

Ce flingue que je range, il était pour moi.

-Je rodais pas sous tes fenêtres pour t'abattre. Après le rêve, j'avais plus de moyens d'être sûr que t'allait bien, ni que tu faisais pas de c*nneries. J'ai pas un Wilder pour te surveiller! rappelè-je comment j'avais été épié à mon insu durant son absence en Allemagne. Alors maintenant que j'ai mon pistolet... ça fait plusieurs soirs que je viens pour vérifier.

Pour l'apercevoir et combler le vide...

-... Mais je voulais pas m'en prendre à toi. promis-je tristement. J'ai... j'ai jamais voulu te décevoir et détruire ta confiance...

Ni quand j'ai parlé du wendigo, ni quand j'ai fricoté avec Amaro, ni à aucun autre moment...

-Je voulais veiller à ta sécurité... Je voulais seulement te protéger...

... Et me protéger.

Le silence retombe, pesant. Et je nage dans le mal-aise. Je lorgne vers la porte qu'il m’a avertis de reprendre avant le petit matin.

-Je t'ai tout dit. Libre à toi de croire ce que tu veux.

© Halloween sur Never-Utopia


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Adriann Weizerling

avatar

Humeur : Sanglante
Messages : 399
Réputation : 107
Date d'inscription : 10/01/2015

MessageSujet: Re: Wild watchers [PV Adriann]   Dim 25 Juin - 17:15




Le coeur lourd

« We serial killers are your sons, we are your husbands, we are everywhere. And there will be more of your children dead tomorrow. » ► BUNDY
L’aveu avait résonné dans la pièce comme une sentence. C’était ma seule réponse à tous ses reproches, même si une bonne partie avait, je le savais, lieu d’être. Je choisissais l’option la plus saine de la soirée : la vérité… même si à ce stade, c’était aussi celle qui laissait le plus à désirer. Parce que là où mon imagination avait fantasmé un moi qui confessait ses sentiments tête haute, la réalité était bien différente ;  mes pensées n’étaient qu’un ramassis de honte, de tristesse et de colère. Un fil de conscience qui s’était assez emmêlé pour que je ne puisse en distinguer les tenants et les aboutissants. Et à sa réaction si ambiguë, à son regard perdu et surtout, surtout, à sa semelle qui n’arrêtait pas de frotter le sol, je savais que je n’aurais pas dû.

     -... J'ai jamais caché qu'il valait mieux pas que ça arrive.  

     Je rivais mes yeux sur un point au-delà de sa silhouette. Ouais. Après tout, qu’y avait-il d’autre à dire ? J’étais censé le savoir ; j’avais été comme lui, et d’un côté, je l’étais toujours un peu. Mais plus le temps s’était écoulé et plus nos disparités semblaient s’imposer. Je croisais les bras en travers de ma poitrine, comme un ultime et vain rempart contre les paroles qui se prononçaient pendant la soirée… à peine capable de le regarder, je me contentais d’esquisser un sourire, seul vestige de l’arrogance que j’avais laissé tomber avec lui.

     -Ouais. C'est sûrement moi qui interprétait mal, ironisai-je faiblement en secouant la tête.

     La phrase tomba à plat, sans qu’il ne la relève. « J’avais sûrement mal interprété »… j’avais surtout de la haine, tellement de haine envers lui et envers moi. Parce que je savais très bien que je n’étais pas le seul responsable de la situation, quoi qu’il puisse en dire. Parce que je savais très bien qu’il aurait tout arrêté si ce n’était pas un minimum réciproque. Je ne pouvais pas m’être trompé à ce point… et pourtant, à l’observer perdu dans ses pensées, amochant toujours le sol de la pointe de sa chaussure, pour la première fois depuis longtemps, je n’étais plus sûr de mes capacités à analyser.

     -Il vaudrait mieux que tu partes, dis-je en me dirigeant vers la porte.

     Il fallait que ça se termine. Il fallait bouger, faire en sorte que la scène revive, au lieu d’être figé par des émotions ; refermer ses doigts sur la poignée, lancer un dernier regard insistant pour que Therence parte. Il fallait que je sois seul pour mettre de l’espace, créer un mur entre cette nuit-là et moi.

     -J'ai pas baisé avec Amaro, murmura-t-il. Pas comme tu l'imagine.

     Je ne répondis rien. Parce qu'une voix me chuchotait, comme elle l'avait fait avant, que la situation n'était en effet pas si manichéenne que ce que j'avais pu imaginer. Alors j’attendais, le dos contre la porte, le cœur serré, des explications que je n’avais pas envie d’entendre.
Le récit ne faisait que confirmer l’impression qu’Amaro m’avait fait lors de notre rencontre. Quand bien même il avait sauvé ma vie, le constat était le même : ça restait un enfoiré et je ne regrettais aucunement les griffes que j’avais enfoncé dans sa gorge.

     -Il a parlé de trophée de chasse te concernant. Et de tes cornes...

     Tous mes muscles se tendirent. Cette dernière information, plus dangereuses que toutes les autres, me fit plisser méchamment les yeux. Alors Amaro me connaissait d’avant ? S’il était logique que je le connaisse de par sa réputation, la réciproque ne l’était pas… s’il avait déjà des renseignements sur moi avant… maintenant, cela devait être pire. Je recroisais les bras en me redressant, imperceptiblement plus mal-à-l’aise qu’avant. « L’enfer, c’est bien la porte Weizerling. », avait-il prophétisé.

     -Maintenant que tu sais, dis moi Adriann. Qu'est-ce que t'aurais fait à ma place?

     Lèvres serrées, regard planté dans celui de Therence. Que pouvais-je dire après avoir entendu son récit ? Là où, simple humain, il s’était laissé faire, mon wendigo avait pris le parti de se défendre… quitte à aggraver notre situation. Mais le garçon n’avait pas eu cette possibilité-là. J’haussais imperceptiblement les épaules, seule réponse que j’étais capable de formuler après réflexion.  Continuant logiquement son histoire, il sortit son pistolet. Je l’écoutais me reprocher mon absence en lui jetant un regard noir. Qu’il se pose en victime pour le reste, je pouvais comprendre. Mais qu’il ne commence pas à me reprocher de l’avoir laissé après ce qu’il avait fait !

     -Croire que ce flingue c'était pour toi, c'est t'accorder beaucoup d'importance, trancha-t-il.

     Sauf qu’aux yeux d’Amaro, ma révolte avait bel et bien son importance. Et bien plus que le protecteur de Therence, il représentait surtout une menace égale à celle des chasseurs. Je gardais les bras croisés  en contemplant le garçon depuis l’autre bout de la pièce. Lui acculé contre le mur, moi contre la porte, comme si nous voulions absolument fuir un décor trop oppressant. C’était un élément bien trop important pour que je le garde pour moi… mais ce n’était pas exactement le bon moment pour lui avouer que par pure haine, j’étais rentré en conflit direct avec son… son professeur.

     -Je rodais pas sous tes fenêtres pour t'abattre, ajouta-t-il. Après le rêve, j'avais plus de moyens d'être sûr que t'allait bien, ni que tu faisais pas de c*nneries. J'ai pas un Wilder pour te surveiller!, se moqua-t-il. Alors maintenant que j'ai mon pistolet... ça fait plusieurs soirs que je viens pour vérifier.  

     Je relevais brusquement mon regard sur lui, plus piqué que touché par sa dernière phrase. Lentement, mon dos se décolla de la porte, l'attention toute concentrée sur ses paroles et son alchimie.

     -... Mais je voulais pas m'en prendre à toi. promis-je tristement. J'ai... j'ai jamais voulu te décevoir et détruire ta confiance...

     Sur un ton si désespéré...

     -Je voulais veiller à ta sécurité... Je voulais seulement te protéger...  

     Je comblais la distance jusqu'à ce qu'il conclut son discours  peu alimenté par mes interventions, par une phrase à faux aspect de choix personnel.

     -Tu fais tout ça… et pour quoi ? Tu l’as dit toi-même : t’as jamais caché qu’il  valait mieux pas que ça arrive, toi et moi. Alors pourquoi tu fais tout ça, Therence ?, demandai-je sans aucune agressivité, le regard rivé sur le sien.

     Je l’avais rejeté, il n’avait eu aucun geste envers moi pendant des semaines et brusquement, il s’invitait dans mes rêves et au pied de mon immeuble ?
     Je ne tirais aucune conclusion à haute voix. Mais intérieurement, des éléments se mettaient en place. Je voulais simplement le mettre face à son paradoxe, sans artifice ni détour de pensées pour arriver à mes fins.
J’avançais d’un dernier pas. Le cœur battant et déchiré, j’observais Therence, acculé contre le mur. Comme une suspension dans l’air et dans l’instant…

     Idéalement, j’aurais glissé mes mains, simplement mes mains, contre ses flancs. Sans artifice ni détour, je me serais glissé contre lui, corps contre corps. Le bout de mon nez aurait frôlé doucement la ligne de sa mâchoire avant de venir s'échouer dans le tissu de son pull. Je l’aurais enserré. Juste lui et moi et toute la peine du monde.

     Mais au lieu de ça, je restais planté face à lui.

     -J’ai déjà joué à ça, et je veux pas que ça recommence, expliquai-je calmement. Si tu juges que toi et moi, il ne vaut mieux pas que ça arrive… tiens-toi à tes décisions.

     C’était ce qu’il m’avait lâché au téléphone lors de mon séjour en Allemagne : « Quand je laisse tomber les gens Adriann, moi je reviens pas leurs courir après. Je suis peut-être un s*lop, mais je me tiens aux décisions que je prend. ». Je mordais ma joue en détournant le regard et reculais d’un pas.

     -… Si t’es là demain matin…

     J’haussais à peine les épaules. Therence était un solitaire. Je retrouverais mon appartement plus vide encore qu’il ne l’était maintenant.



Therence & Adriann

CODE BY AMIANTE


wendigowak


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Therence Garnet

avatar

Humeur : Troublé
Messages : 760
Réputation : 134
Date d'inscription : 27/12/2014

MessageSujet: Re: Wild watchers [PV Adriann]   Sam 15 Juil - 1:36



Last Chance
...On sait tous les deux que tu savais que j’étais amoureux.

Ouais, je l'avais compris il y a un moment. Déjà lorsque mon professeur avait évoqué l'exception à la règle qui raconte que le wendigo tient son mythique cœur de glace d'une difficulté à s'attacher. Au bar, alors que nous faisions correctement connaissance à l'anniversaire de son étudiante, je me souviens lui avoir sous-entendu mes limites de craintes qu'il ne se fasse de fausses idées sur nous. Un vague, ridicule même, avertissement de mon inconstance. Ce avant de passer la soirée à le tester pour finir sans surprise éméchés et imbriqués l'un à l'autre... Puis ça avait continué quand il m'avait demandé de ne pas aller voir ailleurs en son absence en Allemagne et que je n'avais pas osé lui ordonner la pareille, et encore à son retour, lorsqu'il m'avait charrié d'avoir eu accès au local du ciné en se faisant passer pour mon "copain". Tant de signaux évidents qu'il m'était possible de nier avant sa déclaration de ce soir...

Alors bien sûr que je le savais. Mais il ne peut pas m'en vouloir pour ça, il l'a dit lui même, il savait quel genre de type j'étais, et je n'ai jamais menti sur cet aspect. Je suis un indépendant, un égoïste, un fantasme hors de portée et j'en joue avec un plaisir malsain! Comme lui avec les autres. A la différence que lui est assez stupide! assez... assez sensible pour tomber amoureux. Il s'est laissé aller en connaissance de cause. Mais moi je n'ai pas à en subir les conséquences, j'ai rien demandé.

Non, moi je me suis juste contenté de prendre et profiter de tout ce qu'il m'offrait d'exclusivité et d'affection...

-Ouais. C'est sûrement moi qui interprétait mal. ricane t-il, sans joie.

Je garde honteusement les yeux baissés, tout sauf prêt à répondre à ça. Je me défend d'avoir cherché ce qui arrive, mais je ne l'ai non plus jamais clairement empêché. Parce que... parce que n'est pas non plus que je ne l'aime pas. Je me suis sincèrement épris de lui, et j'appréciais ce jeu entre nous. Mais "un jeu", parce qu'aussi intense et authentique que ce soit, ce n'était censé qu'être une distraction et de l'amusement, quelque chose de gérable, et de bon à vivre! mais pas quelque chose de sérieux et de compliqué comme ça l'est devenu. Comme le sont tous les engagements affectifs. C'est trop de responsabilités et de risques, c'est admettre qu'il y a un réel enjeux au bout du compte. Quelqu'un à garder ou à perdre. Et je ne veux pas envisager d'avoir à le perdre... ni de me sacrifier pour le garder, lui ou qui que ce soit.

Pourtant, il avait pour moi un cadeau spécial, peut-être un peu trop lourd, mais qui était là, offert, inestimable, et que j'ai piétiné avant même de le considérer. Et maintenant je rage de l'avoir perdu.

Il se dirige vers la porte, me demandant de partir. Mes pieds refusent d'obéir. Cette situation n'aurait pas lieux d'être sans le quiproquos de ma soirée avec l'italien, c'est du moins ce que je préfère me dire, conscient que tôt ou tard notre couple aurait éclaté pour une raison ou une autre. Les cartons qui ont remplacés son bazars habituel me décident à tout déballer, c'est ma dernière chance. Je m'y prend tard et seulement parce qu'il m'a mis au pied du mur, mais faute avouée à demi pardonnée, il ne pourra pas m'en vouloir éternellement, pas vrai! J'ai jamais voulu le trompé, il faut qu'il comprenne...

Je m’égosille et je gesticule dans l'espoir de me faire entendre et me dédouaner de mes fautes, et Adriann, lui, encaisse en silence et en gardant son calme. Trop calme. C'est dans le désordre et l'agitation que le sanguin que je suis trouve ses raisons de s'énerver et peut se défouler. Mais à force, je fini par vider mon sac et par me taire moi aussi, mes dernières paroles entrecoupées par les pas du professeur qui vient à ma rencontre. Je lui ais tout dis, ce qu'il prend pour de la trahison est un enchainement de maladresses dont je peux difficilement me sentir moins embarrassé, et qui creuse la différence pénible à assumer avec le surnaturel. J'aurais aimé pouvoir me fondre dans le mur plutôt que garder mon regard ailleurs pour toute échappatoire. Il ne dit toujours rien. Pourquoi? Je hais les silences. C'est le ciment de l'incertitude. Une part de moi voudrait savoir ce qui se passe dans la tête de l'allemand. Une autre le redoute fortement.

Puis soudain elle retombe, inattendue, concise, la somme de tous les reproches hypocrites que je lui fait depuis notre retrouvaille.

-Tu fais tout ça… et pour quoi ? Tu l’as dit toi-même : t’as jamais caché qu’il valait mieux pas que ça arrive, toi et moi. Alors pourquoi tu fais tout ça, Therence ?

J'ose lever les yeux quelques secondes. Son absence de ressentiment me refroidi et me coupe toute possibilité de réplique houleuse. Il ne prend pas la peine de se défendre, me met face à mes contradictions, alors qu'il sait pourquoi je fait ça. Mais il veut me l'entendre le dire...

Mon rythme cardiaque et mon envie de disparaitre augmente au dernier pas qu'il fait, comme un derniers tours de verrou dans le pièges que j'ai moi-même bâtis sans m'en rendre compte, certain qu'il se laisserait abattre par toutes mes méchancetés. Je n'ose pas le regarder, ni ouvrir la bouche. Est-ce qu'il a conscience de l'embarras qu'il me cause à se poser là, indéchiffrable? Est-ce qu'il compte en profiter en guise de punition bien mérité, ou est-ce que je serais à ce point prétentieux et égocentrique d'espérer qu'il m'en délivre?... Une petite part de moi prie pour un dénouement moins sévère qu'il en donne l'air, qu'il me dispense de lui répondre ou m'accorde une dérobade. Qu'il me permette un choix clair entre son corps à retrouver, si proche, et l'envie grandissante de m'enfuir. Mais...

-J’ai déjà joué à ça, et je veux pas que ça recommence, avoue t-il d'un ton sans émotions, juste un timbre las qui me pince le cœur d'un "ça aussi tu savais" et me tire de mes auto-complaintes pour le dévisager vraiment tandis qu'il clos. Si tu juges que toi et moi, il ne vaut mieux pas que ça arrive… tiens-toi à tes décisions.

Ce n'est pas un point final, c'est un uppercut dans l'âme. Je me sens mal, honteux et contrarié de subir le revers de mes propres attaques. Affolé. Et... et alors quoi? C'est tout ce qu'il a à dire? Mes cris, sa déclaration, tout ça pour ME laisser le devenir de notre relation entre les mains?...

-Parce que t'es certain d'accepter mes décisions?

Qu'elles qu'elles soient, sous-entende-je d'un aboi sec, précipité, les yeux accrochés à lui, ultime tentative à sortir de cette stupide bataille la tête haute. Tu serais prêt à me laisser partir et m'oublier en étant amoureux comme tu le dis? Tu serais prêt au contraire à me laisser pleinement entrer dans ta vie si je le demandais?...

Ne te détourne pas Adriann. Regarde moi et rassure moi, dis moi combien t'es pas capable de me laisser tomber, et comment t'es pas non plus assez sûr de toi pour assumer que ce soit réellement plus qu'un jeu entre nous...

Mes yeux vacillent dans son dos qui s'éloigne vers la sortie. Retourne toi Adriann. Un ordre muet qui vire à la supplique quand il pose la main sur la poignet. Retourne toi...
...

M*rde!!!

Je m'élance, le choppe par le bras et le retourne de force contre la porte qui se referme subitement sous l'impact, ses lèvres férocement clouées entre les miennes. Mes doigts qui écrasent ses joues se referment plus haut dans ses cheveux ou lui broient l'épaule pour le maintenir en place, mon corps qui fait pression. Ose me dire que tu peux renoncer à ça Adriann! Ose me le dire!... Je le laisserais pas me jeter sans résister, je ne peux pas perdre! Je ne VEUX pas LE perdre!... Je ne veux pas franchir cette porte là dessus, je ne veux pas que ça se termine, il n'était pas censé rester de marbres face à ma colère et mes vindictes...

Le coup est bas, peut-être même inutile, l'animal pas assez susceptible pour s'engourdir avec un baiser, mais ça, ça ne peut pas le laisser sans réactions. Le sexe c'est sa faiblesse. J'ai joué tout ce que j'avais d'arguments pour le faire céder, je peux pas croire qu'il soit réellement sur le point d'abandonner...

Je refuse de lâcher prise et persiste à l'empoigner et lui imposer ma langue, rageur, tandis qu'il essaie de me déloger, motivé par le manque d'air sinon l'indignation de cet échange forcée. Je m'accroche désespérément jusqu'à me faire bousculer. Quelque chose vient de se craqueler. Je le dévisage anxieusement derrière le voile embué de mes yeux, hors d'haleine.

-Tu comptes pour moi.

Les yeux dans les yeux, effrayé à l'idée qu'il se casse ou me mette à la porte.

-Tu comptes pour moi...

Je l'admet... Mais mes lèvres remues du vide, indécis quand à poursuivre et risqué l'irrévocable ou à garder le silences et permettre milles suspicions plus ou moins erronées mais peut-être suffisantes pour un temps. Du peu qu'il ai parlé Adriann était sincère, mais une fois qu'elle est dite, la vérité n'est pas quelque chose qu'on peut effacer ou corriger comme le mensonge...

-M... mais...

C'est dur d'être honnête pour ces choses là, j'ai tellement peur de tout foutre en l'air...

-Je suis pas comme toi... m'excusè-je sincèrement. Je suis pas... sûr...

Ni de mes sentiments.
Ni de moi...

J'ai eu des amourettes. En tout cas c'est ce que je croyais, jusqu'à ce que l'éloignement forcé ou la colère de la rupture, aussi pénible ait-elle pu être, s'estompe et laisse place à rien de plus qu'une plate indifférence et un désir mécanique de renouveau. J'ai eu des amitiés vrai aussi, et c'est sensiblement le même schémas... c'est toujours le même schémas.

-Tu sais ce que je fais des gens qui s’accrochent à moi Adriann. J'ai jamais fais que ça.

Je n'ai peut-être jamais répondu à sa question mais il le sait très bien, comme combien je suis doué pour ça. Pour blesser les gens, même si pas toujours volontairement... C'est par la provoc' et le dédain que j'ai toujours le mieux interagis avec autrui, un éternel jeu du chat et de la souris dont je prend garde à rester le maitre, parce que je tiens à conserver mon indépendance. L'affection je ne la mendie pas, je me l'approprie, comme tout le reste, et l'inverse, essayer de m'avoir moi, ce n'est pas quelque chose à quoi je suis disposé. Alors mince! Il aurait du se poser des limites avec moi. Lui aussi sans attache qu'il est, il connait bien tout ça...

Je ne suis pas comme lui qui met des formes à repousser Clara, je ne suis pas comme lui qui a été amoureux de son professeur. Je ne crois pas avoir été amoureux, et ce n'est pas dans mes habitudes de m'inquiéter de ce qu'il advient de l'état émotionnel de mes conquêtes une fois jetées.
Non. Pas d'habitude...

-Je sais pas faire autrement. Mais... mais crois moi, j'ai vraiment aucune envie de te blesser! Je te considère pas comme mon jouet...

Il n'est pas comme la majorité de mes conquêtes qui se prennent et se jettent.

-... T'es spécial... reconnais-je, mal-assuré.

Sous ses airs d'aveux, le terme n'a rien d'anodin. C'est celui qu'il avait employé pour me parlé de Clara. Je ne suis pas fier de ce petit piège, mais c'est le mieux que je puisse répondre en retour en étant certain de ne pas lui mentir.

Je me hasarde à attraper son bras à nouveaux. Émotionnellement, Adriann a fait le choix de me laisser l'approcher. Doucement. Prudemment. Pas sans heurt ni maladresses... Il lui aura fallut du temps et du courage pour s'ouvrir et me confier ses faiblesses les plus intimes, son wendigo, Sonia, Henning... L'animal farouche, blessé par plus d'épreuves que je n'en ai connaissances, s'est laissé apprivoisé au risque d'en pâtir. Et ça représente tellement pour moi...

Mais moi je ce n'est pas mon cas. Je ne suis pas prêt pour ça...

Il a été honnête avec moi depuis le début, c'est ce que je m'efforce de faire. Je ballade mes yeux sur la porte, sur les cartons puis presse plus fort ses biceps et ramenant mon regard sur lui.

-Adriann, j'ai jamais voulu te trahir. Et ça j'en suis sûr, je veux pas qu'on en reste là!... promis-je en glissant une main dans le creux de son cou et me rapprochant de son visage, réclamant à tout prix son regard. Alors steuplait... laisse pas tomber... J'ai pas envie de laisser tomber... Tu me manque...

Je réclame timidement ses lèvres, les lui happe du bout des miennes, avide mais craintif d'un nouveau rejet. Tu me manques. répétè-je en guise de bonne foi. Tu me manque. avalè-je un peu plus ses chairs labiales.

La voilà sa réponse. Mes doigts agrippent d'avantage sa nuque. Mes lèvres s'égarent aux limites de sa barbe et coulent le long de sa gorge, du bout des lippes, à l’instar de ma main qui descend sur son torse direction son nombril à flatter.
Plus d'hypocrisie, ni d'attaques, mais une volonté enfiévrée de reconquérir un animal blessé et de pouvoir se réconcilier.

© Halloween sur Never-Utopia


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Wild watchers [PV Adriann]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Baptême de Wild Cloud
» Sarah Wild
» alignement wild du minnesota saison 10
» 07. Girls running wild
» Minnesota Wild

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Teen Wolf RPG, la limite : l'imagination :: Beacon HillsTitre :: Campus :: Quelque part sur le campus-
Sauter vers: