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 Ritorno al passato || PV Arès

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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Ritorno al passato || PV Arès   Dim 25 Juin - 22:20


Ritorno al passato
Finn est en convalescence. Il s’est pris une bastos l’autre soir alors que nous étions de sortie pour départager deux gangs de rackets pour une question de territoire. Le problème est cornélien. Ils sont trop nombreux pour le secteur. J’avais devant moi un gang assez récent qui m’est plutôt favorable, et l’autre historiquement en place et toujours plus ou moins affilié à Victor Barns. Ma décision n’est pas celle de mon cœur, mais celle de la raison. Je n’ai pas le luxe de pouvoir me mettre cette petite frappe de  Rick Carlyle à dos. Il est le leader du gang historique, et avec le nombre il a potentiellement le pouvoir de me mettre des bâtons dans les roues. Le gang de Matt, s’il aura tendance à avancer à mes côtés n’est pas assez conséquent, ni mature. Plus jeunes, ils ne feront pas le poids dans une guerre ouverte. Préserver les uns et ne pas se mettre les autres à dos, j’espère avoir trouvé le bon arrangement qui est de laisser le marcher du racket à Carlyle et faire basculer le gang de Matt sur les marchandises de contrebande. Toutefois il me faut convaincre ces jeunes que cela sera plus lucratif à terme. Difficile quand l’arrachage d’un sac à main vous promet du cash immédiat.

Bien que je lui ai offert le territoire qu’il revendiquait et cela sans concession sinon de ne pas attirer la volaille, Rick Carlyle a fait un pas de travers qui, si cela a été cuisant pour Finn, m’arrange au final. Carlyle pensait certainement que j’allais couper la poire en deux entre les deux gangs, lui donnant l’excuse de continuer la bagarre. Le caïd ne cherchait pas l’apaisement. Mécontent que je lui aie coupé l’herbe sous les pieds, il a envoyé deux tireurs à mes trousses le soir même de la réunion. Par réflexe, Finn s’est interposé en bouclier entre la balle et moi. J'ai pu descendre un des tireurs, l’autre court encore. Je n’ai pas vu son visage, mais j’ai mémorisé son odeur.

Ce qui m’arrange dans la blessure de Finn, c’est que Carlyle vient de se condamner à mort. Lors de la réunion, je lui avais accordé tout le territoire de Beacon Hills à l’unique condition qu’il ne fasse pas de vague, lui demandant de me nommer son second pour qu’il prenne sa place en cas de dérapage. Le deal a été énoncé clairement devant les deux gangs, plus des témoins neutres. Je peux donc faire la peau à ce fumier en toute impunité. Son bras droit, un certain Ben, prendra sa place quand l’autre nourrira les poissons ou les vers de terre.

(…)

Une scène ! Arès me fait une scène, parce que j’ai mis mon derche en danger. Il enrage, disant que s’il avait été là à la place de Finn, il ne se serait pas pris de balle, les deux exécutants seraient morts ainsi que Carlyle. Je laisse mio amico me passer un savon bien senti. Taisant ma rhétorique. Si Arès avait été présent, dans l’état d’esprit qu’il est en ce moment il aurait décimé la moitié du gang de Carlyle. Ça je ne peux pas me le permettre. Certes nous naviguons dans un monde violent et mortel, mais tuer un type juste parce qu’il s’est rangé sous une bannière au lieu d’une autre n’est pas accepté par la zone. Une organisation se doit d’observer un certain code moral. Un de ceux-ci dit qu’il ne faut pas éliminer les soldats de son adversaire, mais les subordonner.

Mio amico est sorti furibard de mon bureau, me balançant en pleine tête la balle de laine que je lui avais lancé. Je plaide coupable, j’ai vraiment mal choisi mon moment pour faire une plaisanterie. Arès aime rire et plaisanter. Toutefois quand ce n’est pas le moment… ce n’est pas le moment.

J’ai mis la squadra sur les traces de Carlyle. Le skinhead a senti le vent tourner et se planque. En sortant du bureau, je fais un clin d’œil à Kada’an. Notre relation s’est renforcée depuis que nous nous sommes tapés dessus sur le ring. Je sais que la rouquine a envie de recommencer, nous attendrons la prochaine lune. Tout se passe bien au bar, je sors donc m’en griller une.

(…)

Mon téléphone sonne:
 

(…)

Quelques jours sont passés. Carlyle reste introuvable, nous collons donc la pression sur son second, Ben. On a essayé une nouvelle fois de m’abattre. Je n’ai pas reconnu le type à qui j’ai fait un troisième œil. Impossible donc de relier cet acte avec Carlyle. Cela peut venir de Barns, des napolitains ou de je ne sais quel jaloux pas content. Je me suis encore engueulé avec Arès qui veut me coller les natiche jour et nuit.

- Bordelo Arès. Tu as une femme à t’occuper. Et nous avons déjà Finn de out.
- Merde Aless ! Les hommes sont là pour te protéger, non l’inverse !
- Ok ok, mais pas H24 où je deviens pazzo !


Pour avoir la paix, j’ai accepté une surveillance discrète. C’est avec un plaisir non dissimulé que je sors de l’atmosphère poisseuse du hangar. Je suis un peu fatigué, je n’attends donc pas la fin du dernier combat pour m’éclipser. Dehors, j’écarte les bras et m’offre à la brise de la nuit. Il est un peu plus de deux heures du matin. J’allume une sigaretta et marche tranquillement vers ma voiture.

Un point rouge brille dans la nuit. Quelqu’un m’attend à côté de ma sportive, adossé nonchalamment à un mur. J’ai le vent dans le dos, je ne peux donc pas capter l’odeur du gars. Par précaution ma main caresse mes reins pour se loger sur la crosse d’une de mes armes.

- Calma Alessandro !
- Sonny ?!


Je fais un geste codé de la main pour avertit Aiden, qui me couvre ce soir, qu’il n’y a pas de danger. Je suis plus que surpris de croiser le bras droit de Don Stephano ici et à cette heure-là de la nuit. La Cosa Nostra compte suffisamment d’hommes de confiance pour que les capo n’aient pas à se déplacer eux-mêmes.

- Marre de Los Angeles Sonny ? Ou tu as fait une connerie et tu as le padre aux natiche ?
- Divertente Aless’...


De la main il m’indique une limousine sombre un peu plus loin. Je le suis, tirant sur ma sigaretta pour masquer ma nervosité. Sonny ne se déplace jamais pour rien. Arrivé à la voiture, mon mentor se retourne.

- C’est un espace non fumeur Aless...

Je tire une dernière bouffée avant de jeter d’une chiquenaude mon mégot qui fait un arc de cercle rougeoyant dans la nuit. L’intérieur de la limousine est feutré. Entre les deux sièges à l’arrière, il y a un bar. Sans un mot Sonny me sert une grappa avec, comble du luxe, deux glaçon. Le pouvoir a du bon. Toutefois, je préfère largement le volant de ma sportive que de me faire conduire dans ce genre de paquebot sur roue. Je casse le silence que Sonny ne semble pas prêt de troubler.

- Je suppose que tu n’es pas venu jusqu’ici pour m’offrir un verre.

Sans un mot, il me tend une enveloppe. A l’intérieur je trouve un bristol avec une écriture que je reconnaitrais entre mille. Celle de mon parrain, celui à qui je dois une obéissance absolue, même si ici à Beacon Hills c’est moi qui commence à faire la pluie et le beau temps. Le message est court, factuel.

- Il y avait vraiment besoin que tu te déplaces en personne ? Tu pouvais mettre un timbre. Le service postal est efficace tu sais Sonny.
- Arrête de pérorer comme une Donna Aless.
- Ok !


J’avale mon verre cul sec et le repose dans un trou prévu à cet effet.

- Le padre t’aime bien. Ne le déçois pas. Ciao’ Aless’.
- Quoi ? C’est tout ?


J’ouvre la bouche pour lui dire qu’il pouvait parfaitement me dire ses « recommandations » par téléphone, cependant je me retiens. Je viens de comprendre pourquoi Sonny a pris la peine de se déplacer. Il voulait voir mon expression à la lecture du message.

- Pff ! Arriverdeci Sonny.

Je ressors de la limousine qui démarre doucement dès que j’ai refermé la portière. Stresser maintenant ne changera rien à la donne. Les cartes sont distribuées, sauf que je ne vois toujours pas mon jeu. Rangeant la lettre dans la poche intérieure de ma veste, je retourne vers ma propre voiture pour rentrer au Pink, prendre une longue douche et me coucher. J’appelle Jansinio, et tombe sur sa messagerie.

(…)

Arès et Ryan m’accompagnent. Nous avons rendez-vous avec la bande de Matt. Nous allons leur expliquer le prochain coup. Il s’agit "d’aider" au transit d’un camion chargé de sac de ciment. Le chargement vaut de l’or. Surtout qu'il est possible de le couper avec du sable pour faire plus de marge. Une des conséquences est que c'est moins solide...

Matt a du mal à lâcher le marcher du racket. La contrebande rapporte plus, mais les arrivées d’oseilles fraiches sont plus fluctuantes que dans le vol et l’extorsion. Je tente de lui faire entendre raison, lui expliquant qu’il doit se montrer patient et attendre que le gang de Carlyle faiblisse.

- Pour le moment, je n’ai pas les moyens de t’appuyer Matt. Mais si tu roules avec moi, je saurais m’en souvenir quand le vent tournera.
- Ma mère me dit toujours qu’un tient, vaut mieux que deux tu l’auras.
- Ta mère est sage. Simplement, je n’ai rien d’autre à t’offrir sinon du plomb.
- C’est une menace ?
- Tu m’obliges à en venir là.
- Tu n’arrives pas à descendre Carlyle…
- C’est un mort en sursis. Puis terré comme un rat, je n’appelle pas ça être en vie.
- Je dois en référer aux gars.
- Le camion passe vendredi prochain sur cet itinéraire. Il vaut mieux pour vous que vous l’interceptiez.


(…)

Arès étire sa carcasse de tigre. Le siège sur lequel il est assis proteste.

- Tu n’aurais pas pris du bide ?

Regard de fauve, puis un grand sourire fend le visage sombre de mio amico.

- C’est Nolan ou Za qui t’engraisse ?

Question de pure rhétorique. La lionne est une bille en cuisine. Arès me demande où nous organisons la réception du camion. Je lui réponds que nous ne ferons rien, et que c’est la Stiddia qui s’en chargera. Arès objecte que pour maintenir mon ascendance sur Matt, il vaut mieux que je sois présent.

- Je ne pourrai pas être là mio amico, car je suis « piacevolmente » invité à Los Angeles.

La stupeur se lit sur le visage de mon bras droit. C’est vrai que notre dernier tour dans la ville des anges lui a couté cher. Je sais que je vais lui demander beaucoup, c’est-à-dire de retourner dans la ville où il a chuté.

- J’aimerais que tu m’y accompagnes. Toutefois je comprends que tu ne le souhaite pas, auquel cas je demanderai à Ryan et Andrew.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Ritorno al passato || PV Arès   Jeu 29 Juin - 2:31

Ritorno al passato PV AlessDurant les jours ayant suivis le kidnapping de ma féroce épouse par un fantôme négligé de mon passé sanglant et la libération salvatrice au gout de tuerie sans nom, je n’avais remis les pieds ni au Pink ni au HCC me tenant éloigné de l’organisation illégale dont j’étais le second car je n’étais toujours pas d’humeur à me montrer diplomate face à une menace quelle qu’elle puisse être. Si un homme de Barns avait tenté quelque chose je serais certainement allé me pointer seul ou accompagné sur le seuil du vieux salopard pour en découdre équipé ou non. Quant au Print, l’irritation latente qui continuait de résonner en moi eu égard aux bribes de colère du tigre se partageant mon crane avec un homme et l’esprit du gardien m’aurait rendu un brin susceptible face aux clients excessivement désagréables.

Une susceptibilité qui aurait potentiellement fait passée celle de Kada’an de l’autre soir pour un simple mouvement d’humeur tant je suis persuadé que je n’aurais pas hésité à terrifier le malheureux qui aurait eu la très mauvaise idée de me chercher des poux voire à lui en coller une ce qui en soit serait un motif de licenciement valable et sérieux si Aless n’était pas le parrain de ma fille et un ami très proche. Mais malgré ces liens qui me protégeraient à n’en point douter un tel geste d’humeur ferait une publicité catastrophique pour l’établissement alors même que nous étions parvenu à le hisser au sommet des débits de boisson de la ville à force de talent et de persévérance. Le travail, le travail et encore le travail rabâchait on aux jeunes et force était de reconnaître dans ce cas précis que c’était tout ce qu’il y a de plus véridique. Sans oublier le fait que l’on aurait pu me coller un procès aux fesses pour agression à moins que le patron du bar n’ait su trouver un arrangement à l’amiable pour rattraper ma connerie qui aurait été l’apanage d’une impulsivité sauvage témoignant du félin sommeillant en moi et dont l’esprit féroce coule littéralement dans mes veines. Aussi, Aless avait très bien fait en me tenant éloigné tant de mon poste de second dans le business que de mon poste de vigile dans le civil. La situation revenait à la normale lentement mais surement. Za était en vie, en pleine forme et en bonne santé tout autant que notre petite princesse dans son ventre n’aspirant qu’à émerger et découvrir ce vaste monde, sombre, cruel et sale. Oups, je pense que mon humeur s’est imprimé en ces quelques mots évocateurs.

Le fait est que malgré le fait que mon épouse et notre progéniture aillent bien une partie de mon esprit est encore piégée dans ce bain de sang macabre, une partie de moi est encore coincée dans les murs emprisonnant du bureau d’Aless alors même que je ne sais pas ou se trouve ma femme, une partie de moi n’a pas réussi à accepter le dénouement final bienheureux de tout ce cauchemar et cherche encore son chemin vers la lumière. Cette partie de moi un brin traumatisée par la perspective sans commune mesure d’une vie sans elle, sans elles avait savouré torturé le vieux Aleixei longuement, lentement avec une imagination d’un sadisme obscène. Alors que le reste de ma personne avait même trouvé ce jeu sanglant beaucoup trop cruel. Ce qui expliquait probablement pourquoi l’ex lieutenant de la Bratva californienne avait passé l’arme à gauche assez rapidement. C’était pour cela que je n’avais pas quitté Azalea d’une semelle depuis quelques jours. Et qu’elle avait agi de la même manière de son coté. Lincoln et Ryan ne quittait plus leur héritière du regard, honteux de leur rôle mineur mais déterminant dans les événements qui auraient pu coûter très cher autant à ma famille qu’à notre clan de gardiens. Cette part de moi qui savourait à sa juste valeur chaque contact visuel, olfactif, au toucher avec Za se disputait la place avec la précédente, la sombre marquée pour longtemps par cette peur lancinante, cette terreur indicible.

Témoignage du fait évident que je ne pourrais pas lui survivre. Littéralement collé à ma compagne du matin au soir, nous ne quittions qu’à contrecœur pour des raisons élémentaires. Cette proximité excessive qui aurait paru étouffante voire asphyxiante pour n’importe qui nous était aussi douce qu’une gorgée d’ambroisie. Mes lèvres étaient sans cesse à la recherche de la douceur diaphane de la peau de ma belle lionne. Nous nous embrassions au moindre regard comme des jeunes gamins se découvrant pour la première fois. Cette fureur passionnelle nous unissant était néanmoins parfois tempérée par la profondeur de notre amour aussi il arrivait que nous nous trouvions seuls, ensembles dans un silence contemplatif à peine déstabilisé par les bruits des courants d’air traversant le loft. Ce fut d’ailleurs au cours d’un tel moment de complicité que le couperet tomba. La mauvaise nouvelle arrivant sous la forme d’un appel de mon ami d’enfance préféré. Milan ne prit pas de pincettes pour m’annoncer la fusillade, la mise en danger d’Aless qui avait échappé de peu à une prune entre les deux yeux, balle qui avait blessé Finn assez grièvement. Mon visage s’était décomposé alors que j’avais remercié mon ami d’enfance de manière expéditive. Za m’avait interrogé et je lui avais tout raconté.

Mon smartphone avait failli se briser dans ma main tant j’avais serré fort mon moyen de télécommunication. Cela avait réveillé ma mauvaise humeur au plus grand dam de ma lionne qui d’habitude était celle que je devais calmer ce qui constituait un contrario assez ironique. Elle y était finalement parvenu à force d’efforts experts. D’ailleurs, elle était probablement bien l’une des rares personnes à être capable d’une telle prouesse tant je ne me plongeais que rarement dans des états pareils mais que lorsque je m’y plongeais je ne le faisais pas à moitié. Ma moitié avait une emprise sans équivalent sur moi et en une telle période cela s’avérait être un trésor inestimable au gout d’Eden tant j’avais besoin de cette ancre qu’elle représentait pour moi. En ces instants, ma belle portait parfaitement son titre de gardienne de mon état émotionnel.

(...)

Le lendemain, je laisse ma lionne se reposer sous la protection de Milan et de nos deux frères de clan et passe chez un fleuriste pour dégoter des jolies fleurs pour mon irlandais à grande gueule préféré avant de me rendre dans une grande surface au rayon nourriture pour acheter une spécialité irlandaise du moins ce que l’on présente au client comme telle ainsi que quelques magazines aux goûts douteux qui devraient plaire au plaisantin de la Squaddra. Une fois mes achats en poche, je fourre le tout dans un sac de sport et me rends à l’hopital ou je demande à voir le convalescent. On me refuse l’entrée mais je demande à voir le docteur Lakway qui transmet une autorisation d’entrée ainsi qu’un regard inquiet. Je lui offre un sourire poli, masque attendu d’un inconnu à un autre avant de la remercier. Je ne peux pas m'empecher d’adresser un regard peu amène à la réceptionniste de l’entrée tant mes émotions restent brûlantes malgré les effets du temps. Une fois dans la chambre de notre homme de main je m’assois sur la chaise à coté de son lit et le laisse se reposer en le couvant d’un regard aussi bienveillant qu’inquiet.

L’homme finit par se réveiller une demi heure plus tard et m’adresse un sourire penaud en se redressant péniblement. J’ai eu le temps de m’encquerir de sa situation pendant son sommeil. La balle n’a touchée aucun organe vital et s’est fichée dans son torse. Ils ont du la retirer avant de recoudre. Pour autant, Finn reste fragile notamment en raison de tout le sang qu’il a perdu. Ce dernier regarde à droite et à gauche pour vérifier que nous sommes bien seuls avant de m’adresser un sourire plus large. Un sourire empreint de fierté et de honte à la fois qui lui ressemble tellement que je me sens tout de suite un peu mieux. J’aurais pu emmener Nolan avec moi avec son matos afin qu’il vérifie qu’il n’y a pas de micros néanmoins cela aurait été inutile car la police n’est même pas venu interroger Finn. Son excuse bidon de s’ètre trouvé au mauvais endroit au mauvais moment a fait mouche. Il n’est pas un coupable dans l’histoire mais une victime...

Le criminel prend la parole le premier, brisant par la même le silence pesant planant sur la pièce. Tu ne devrais pas ètre là Arès. Alessandro a dit qu’on ne pouvait pas se voir à cause des risques d’associations. Les poulets... Finn. Laisse les poulets ou ils sont veux tu. Je n’en ai rien à carrer. Mais alors strictement rien à carrer. Comment tu te sens mon vieux ? Bien mieux qu’hier mais je ne vais pas sortir de là avant un certain temps j’imagine. Oui, mais je t’ai ramené des cadeaux. Tirant les divers objets du sac, je me sens coupable en le voyant grimacer de douleur après avoir rit de bon cœur. Je dépose les fleurs dans un coin, lui tend la bouffe moins infecte que celle de l’hosto et dépose les revues sur sa commode. Merci beaucoup Arès mais tu n’aurais pas du. Bah ça me fait plaisir. On te prépare également une fête surprise mais ne dis à personne que j’ai vendu la mèche.  L’irlandais se rend compte de mon propre état et que je cherche à noyer le poisson aussi il m’interroge. Comment c’est à l’extérieur ? C’est la merde Finn, la merde noire et bien puante. Et toi ça va ? Azalea va bien et le bébé ? Elle va très bien, elle trouve déjà le moyen de me casser la tète c’est pour dire et le bébé est pour bientôt. Je vais y aller Alessandro m’attend.

J’ai doublement menti Za ne pourrait jamais me casser la tète depuis les derniers événements chaque crise avec elle sera une bénédiction que je savourerais pleinement parce que mieux vaut insupportable que morte. Mais, cela a tiré un sourire au héros du jour alors je suis satisfait. Quant au second mensonge il a trait à Aless puisqu’il ne s’attend certainement pas à ma visite. Je dépose un baiser sur le front de l’irlandais qui éclate d’un petit rire alors que je quitte la chambre. Remontant dans le rover, je prends le temps de calmer la rage nouvelle qui m’habite depuis peu et réprime l’envie de frapper durement sur le volant du quatre quatre. Finn aurait pu y rester, Aless aussi et moi j’étais chez moi à me morfondre auprès de ma femme. Je prends le temps d’inspirer et d’expirer longuement avant de fermer les yeux une fois deux fois puis trois. Puis, je démarre et me rends au Print en roulant à une allure réglementaire. Je pénètre dans le bar d’un pas martial et salue rapidement mes collègues à coups de mots de sympathie et de sourires forcés. Je suis tout sauf d’humeur pour la sociabilité. Je file dans le bureau d’Aless dans lequel il se trouve et là j’explose tel l’Etna en paysage sur le mur. Je laisse mes inquiétudes, ma colère, ma honte de ne pas avoir été là pour jouer le rôle qui m’était dévolu. Je crache presque mon venin sur mon ami alors qu’il n’est pas responsable de la suite d’évènements m’ayant conduit dans une telle situation.

Je lui passe un savon comme je ne me souviens pas en avoir déjà passé à quelqu’un au cours de ma vie. Me voilà qui gesticule des bras en faisant de grands gestes évocateurs comme un italien plongé dans un débat animé. Le contraste avec le sicilien est saisissant tant les rôles à l’instar de Za et moi semblent s’ètre également inversés. D’ordinaire, je suis la glace et il est le feu mais désormais en cet instant du moins je suis le volcan. Le regard compréhensif et inquisiteur d’Alessandro sur ma personne m’exaspère parce que je sais qu’il peut lire en moi comme dans un livre ouvert, il sait que je serais retourné massacré chaque membre de ce foutu gang du premier au dernier. Le patron du Print me lance une balle de laine que j’aurais pu apprécié et même trouvé le geste amusant en d’autres circonstances plus apaisés mais que je lui renvoie aussi sec dans la figure avant de claquer les talons et de quitter le Print sous le regard ahuri du reste du personnel. Je suis conscient que Charlie et Kada ont peut être entendu certaines choses vu leur nature surnaturelle mais je m’en moque. Je vais courir sous ma forme de tigre pour m’apaiser avant de revenir au loft et me blottir contre mon épouse qui caresse mon visage en me berçant de sa présence délicieuse.

(...)

Cette fois c’est Nolan qui se dévoue pour affronter mon ire et quittant le lit après un baiser tendre à ma belle je vais m’enfermer dans le sous sol du loft pour l’écouter m’annoncer que les ennemis ont remis cela et qu’Aless a de nouveau été victime d’une tentative d’assassinat. Je me mets à hurler des insanités dans mon téléphone sans considération pour ce pauvre Nolan avant de retrouver mon calme et de l’interroger en douceur. Je le remercie avec sincérité et gentillesse tranchant radicalement avec les insultes dans le vide de quelques instants plus tôt avant de prendre des nouvelles de son épouse. Après avoir raccroché, je fracasse un meuble vide d’une série de coups de poing rageur qui me calme bien plus que n’importe quel exercice de respiration.

Penaud, j’entreprends de rassembler les débris en un petit tas avant d’appeler Aless. Cette fois je me montre encore plus virulent, buté, vulgaire, acharné, brutal, résolument décidé à obtenir gain de cause par le biais de cette conversation téléphonique si jamais cela est possible de l’ètre plus que la dernière fois. Le dialogue de sourd me fait remonter un afflux d’exaspération, de colère et de besoin de contrôle et de sang dans le cœur et je me mets à hurler un peu plus fort dans l’orifice comme si bousiller les tympans d’Aless allait l’amener à plier. Bah, je gage qu’il finira par accepter ne serait ce que pour éviter une migraine carabinée tous les jours. Il finit d’ailleurs par accepter à certaines conditions. Pazzo ou pas je m’en moque tant que tu es en vie bordelo di merda. C’est donc en partie satisfait que je raccroche vidé de toute énergie, de toute colère, de toute rage. Le calme après la tempète en somme. Je me sens de nouveau et bien comme moi à vrai dire. Je remonte à l’étage après avoir fourré les débris du meuble dans un sac poubelle et fais abstraction des regards des membres de mon clan pour aller me recoucher près de Za qui dort paisiblement certainement épuisée par le terme proche de la grossesse.

(...)

Deux jours plus tard, je suis revenu à la vie professionnelle tant au Print que dans les affaires. J’ai retrouvé mon calme olympien malgré quelques rechutes passagère. Ce soir nous quittons le HCC Alessandro, Nolan et moi pour nous rendre à une rencontre avec le gang rival de celui responsable de l’état de Finn. J’ai pris la peine de venir avec l’artillerie en exposition aussi sous ma veste dans le holster à mon épaule se trouve un desert eagle. J’ai un autre flingue à la ceinture et un couteau de combat attaché à la cheville sans compter appétit sanglant du tigre. Près de moi No est aussi bien équipé et plus encore puisqu’il a carrément décider d’avoir un fusil d’assaut accroché en bandoulière. Le message est un peu plus clair.

Le prochain qui tente quoi que ce soit, qui s’avise ne serait ce que de jouer au con le paierait cher, vraiment très cher. Je n’écoute les négociations en cours avec ces petites frappes alliées que d’une oreille distraite préférant concentrer toute mon attention sur la protection du sicilien, abandonnant provisoirement mon rôle de bras droit à celui de premier garde du corps du chef de notre organisazionne. La rencontre se déroule paisiblement malgré quelques éclats de voix et je n’ai aucun doute quant au choix du gang de Matt. Nous quittons les lieux et retournons au HCC. Une fois sur les lieux Nolan retourne prendre son poste alors que je reste dans la voiture voyant que le sicilien n’esquisse pas un mouvement de sortie. Je m’étire paresseusement en contemplant les environs ainsi que Tyrone et Dante de faction devant notre gagne pain. La pique amicale de mon ami lui vaut un regard mauvais bien vite compensé par un large sourire amusé. Peut être bien Aless. Peut être que je devrais remonter sur le ring qui sait. Tu crois qu’il y aurait des paris sur moi ?

Le sicilien reprend sur le sujet et je ne réponds pas malgré mon sourire en coin. Il sait très bien que la cuisine de ma chère et tendre moitié est un crime contre les papilles gustatives là ou celle de No est un appercu du paradis sur terre. Je l’interroge sur la réception du camion et écarquille les yeux devant sa réponse. Je fais valoir mon point de vue sur la question comme à l’accoutumée mais il n’en démord pas avant de m’avouer la raison de ce choix. La stupeur la plus complète s’imprime sur mes traits alors que je sens un frisson glacée me courir le long de la colonne vertébrale. Une terreur profonde s’empare de moi. Une terreur que je pensais avoir dépassé après avoir été miraculeusement sauvé des effets de la chute mais je me rends compte que les souvenirs eux sont toujours aussi douloureux et le resteraient certainement jusqu’à ma fin. C’était le genre de traumatisme que l’on ne pouvait espérer oublier à l’instar d’un kidnapping de sa bien aimée. En cet instant ou je me perds dans les méandres réconfortants de mon esprit torturé, je me rends compte que je suis en partie un être brisé depuis mon plus jeune age et mon abandon par ma mère jusqu’à cette chute puis la peur liée à la disparition de Za. Je réprime des larmes brûlantes, tourne la tète vers l’extérieur afin de masquer mon état et mon désarroi à mon ami. Une pensée étonnante tournée vers ma fille à naître me tire de ma stupeur. Deux mots aussi éclatants que puissants. Sauve moi. Je reprends contenance en toussotant avant de me tourner vers Aless et de lui répondre. Tss. Bien sur que je t’accompagne quelle question inutile. J’aurais été tenté de refuser parce que Za va bientot accoucher mais je ne peux pas te lacher surtout après tout ca.
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MessageSujet: Re: Ritorno al passato || PV Arès   Mar 1 Aoû - 10:25


Ritorno al passato
Ma requête n’est pas anodine. Je n’avais rien pu faire lors de la chute de mio amico, sinon lui envoyer le pompier si adroit de ses mains. Los Angeles lui rappelle de cruels souvenirs. Je ne prends pas plaisir à replonger mon bras droit dans cette douleur qui fut la sienne. Mais après ce qu’il s’est passé, je ne peux plus l’écarter du danger qui me rode autour.

Sa nature surnaturelle est bien différente de la mienne. Je suis un animal, alors que le black est bien plus que cela. Je suis croyant de naissance et il arrive encore, mais c’est extrêmement rare, que je me signe face à une situation qui me dépasse. Toutefois ma foi a changé de cap après ma morsure. L’enfer existe bel et bien, il n’y a pas besoin de mourir pour y entrer. J’ai souvent l’impression d’être un demone. Arès, malgré son passif, serait plus à ranger du côté de ces emplumé d’anges. Oui, voilà ce qu’il est, un ange gardien ou un ange guerrier qui fricote avec le diablo. L’icône me plait.

- Tss. Bien sûr que je t’accompagne quelle question inutile. J’aurais été tenté de refuser parce que Za va bientôt accoucher mais je ne peux pas te lâcher surtout après tout ça.

Son indomptable femme va encore avoir matière à me faire la peau. Enfin, j’espère qu’il ne s’agit que d’un simple aller-retour. Don Stephano affectionne de parler directement aux gens concernés par des choses importants. Et il est bien évidement que le parrain de Los Angeles ne va pas se déplacer pour un petit capo de mon acabit. Que me veut-il ? Je suis encore jeune dans mon grade, par contre j’ai largement fait mes preuves. La mort de Lyly ayant définitivement signé mon intronisation dans la Cosa Nostra. Los Angeles, c’était la ville de la femme que j’aimais. Mes sentiments sont ambigus quant à un retour dans cette ville qui m’a vu naitre. Alors qu’Arès repense à ce qu’il a vécu dans la cité des anges, les éléments clés de ma vie défilent devant mes yeux. Un silence s’installe, nous laissant tous deux dans nos pensées.

Arès qui s’était retourné vers moi, finit par se gratter la gorge pour clore ce silence gênant. Des clameurs montent du HCC.

- Nous partirons vendredi matin et nous mangerons sur la route.

Je sors enfin de la voiture pour entrer dans le hangar. Je ne prête qu’un œil distrait au combat en cours. Je suis préoccupé, le message de Don Stephano est sujet à de multiples interprétations. C’est fait exprès. Il me maintient ainsi sous pression. J’irai bien calmer ma nervosité sur le ring, mais cela bouleverserait le programme de Largo. Je reste à peine avant de quitter l’endroit. Je salue mes hommes et quelques parieurs habitués puis je rentre au Pink avec Aiden qui me suit de loin et qui va passer une bonne partie de sa nuit en bas de mon appartement à guetter un éventuel tueur. Je ne vais pas mieux dormir que mon homme de main…

(…)

J’ai posé ma veste avec soin sur le siège arrière et déboutonné quelques boutons de ma chemise blanche. Dans le coffre, nous avons posé chacun un sac avec de quoi nous changer et l’artillerie habituelle. Sonny connait mes habitudes, alors j’innove avec un holster de cheville couplé à une arme de jet courte et plate. Les griffes c’est bien, mais elles sont accrochées au bout de mes doigts et totalement inutile si je n’ai pas la possibilité de me rapprocher de ma cible. Les chasseurs l’ont compris depuis longtemps, leur survie dépend de leur capacité à maintenir le combat à distance. Ils savent qu’ils n’ont pratiquement aucune chance dans un corps à corps.

Sur mes lunettes de soleil se reflètent le marquage de la route dans un rythme stroboscopique. A mes côtés, Arès ne dit pas grand-chose. Je lui ai laissé choisir la station de radio qui occupe nos oreilles. Nous avons pris la route vers les onze heures après avoir briffé la Stiddia pour tenir le gang de Matt au pantaloni. Le détournement du camion de sacs de ciment est un test grandeur réel. Test aussi pour la Stiddia qui va agir sans Arès.

(…)

Un nuage de poussière jaillir sous les roues lorsque je quitte la route pour m’engager sur une piste qui même à un restaurant routier. Le choix est bien restreint, mais nous ne sommes pas là pour un voyage d’agrément. Nous avons tous deux la dalle.

L’intérieur a une allure de vieux ranch. Le mobilier est solide, adapté aux grandi culo des chauffeurs routiers et à leur propension à déclencher des bagarres. Je ne regarde pas la carte et commande à la serveuse ce qu’elle a et qui ressemble le plus à une pièce de bœuf massive.

- Et sans verdura ! Je suis allergique.

Arès léve un sourcil moqueur. La seule verdura à laquelle un loup est allergique c’est l’aconit. Généralement c’est une plante que l’on évite de mettre dans les plats, car elle est aussi toxique pour les humains. En attendant notre repas, le tigre me questionne et me demande si j’ai une vague idée de ce que veut le Don.

- Niente. Ça peut aller du retour rapidamente sur Los Angeles, à une affaire que l’on me colle dans les pattes. Cela me ferait suer de devoir quitter Beacon Hills alors que tout se met en place...

Arès y possède l’appartement légué par ses cousins. Il n’est pas spécialement attaché à la ville, seulement je crois que comme moi, il a envie de voir ce que nous avons bâti, aboutir sur un business qui tourne. Le silence retombe quand nos viandes arrivent.

Il nous reste une heure et demie de route. Après un café bien trop clair à mon gout, nous reprenons la route.

- Tu vas lui faire un petit frère à ta future fille ? Histoire que la composante mâle ne se fasse pas déborder dans ton noyau familial.

Arès est un gars sur qui et avec qui il faut compter. Il ne se laisse pas facilement impressionner. C’est une force de la nature. Pourtant ce titan se transforme en chaton dès qu’Azalea pointe le bout de son museau. Comme quoi un homme est peu de chose…


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MessageSujet: Re: Ritorno al passato || PV Arès   Ven 4 Aoû - 19:32

Ritorno al passato PV Aless

C’est le jour du départ mais je suis toujours aussi morose que celui de l’annonce d’Alessandro. Mon humeur est aussi sombre que ma mine est basse et je crois bien que je traîne des pieds pour la première fois de mon existence. L’au revoir à mon épouse et ma fille a pris des élans d’adieu de soldat partant pour le front sans savoir s’il rentrerait un jour. J’ai passé autant de temps à embrasser et serrer Za dans mes bras qu’à bercer, chatouiller et faire sourire mon petit ange que celui que j’ai mis à quitter le manoir. Me moquant pour une fois littéralement de la ponctualité comme d’une guigne sans importance. Si mon associé voulait de l’entrain il aurait dû demander à un de nos gars de l’accompagner mais il ne pouvait pas légitimement s’attendre à ce que je fasse preuve de jovialité et de bonne humeur à l’idée de retourner dans la ville ou j’avais été  contraint de briser une des règles fondamentales de mon espèce pour sauver ma carcasse, ou j’avais abattu deux surnaturels manipulés par un deatheater renégat, ou j’avais failli mourir de souffrance suite aux effets de la chute, ou j’avais perdu une part de moi que je ne retrouverais certainement jamais. J’étais absolument dans mon bon droit pour faire la gueule notez le bien et je ne comptais pas m’en priver alors même que j’allais par loyauté et amitié replonger dans le traumatisme béant de mon âme qui ne datait que de l’année précédente.

A croire que le destin s’acharnait sur moi pour me faire passer un message inconstant. L’enlèvement de ma lionne, les règlements de compte en traître, la bête des doctors et les tentatives d’assassinat de mon partenaire de crime. Si je n’avais pas des frères de cœur dans l’organisation mafieuse, un alpha joyeux pour ami intime, une épouse merveilleuse et une petite adorable ainsi que de la ressource je peux vous dire que je me serais déjà laissé aller à la dépression. Foutue ville. Venez nombreux dans ce paradis Californien. Sans déconner je vous souhaitais bien du courage. Les émotions violentes s’étaient succédé à un rythme un brin trop soutenu pour que j’en sorte indemne malgré mon sang froid naturel. Aux alentours de midi, nous avions pris la route après avoir rentré dans le coffre de la sportive italienne deux sacs respectifs remplis de prêts à porter de bon gout. L’influence d’Alessandro sur mon style vestimentaire se faisant sentir depuis quelques temps à moins que ce soit ma récente paternité qui me pousse à me soigner bien plus qu’avant. Peu importe au final. Le monopole du Gucci n’appartient plus au capo du HCC. Quant aux armes, je sais que le sicilien adore ses pistolets fétiches ainsi que des couteaux de jets.

Pour ma part, un desert eagle, deux couteaux de combats et un pistolet mitrailleur à crosse démontable alourdissent mon paquetage. Est-ce mon rôle de garde du corps en plus de celui de second qui me pousse à un tel étalage de ferraille ou simplement mon appréhension légitime de refoutre les pieds dans l’auto proclamé cité des anges. Des anges déchus me conviendrait mieux mais bref passons. Quelques instructions laissées à mon équipe par le capo et mes conseils à mes hommes de main pour leur test sans leur leader décidé par Alessandro et nous voilà parti vers un sort bien incertain qui me pousse à aborder une tronche de six pieds de long. Portant mon choix sur une station de musique classique pour tenter de trouver dans le rythme des instruments une symphonie réconfortante à mon malheur je laisse mes yeux s’accrocher au paysage comme pour y puiser de la force pour les événements à venir ou simplement à focaliser mon attention afin d’empêcher mon esprit de replonger dans les souvenirs atroces. Le drame de ma vie. Trop courageux et loyal pour mon propre bien.

(…)

Nous faisons halte dans l’après-midi dans un relais routier typique des grands axes routiers du pays jurant brutalement avec la qualité de nos costumes respectifs. Alessandro est mis en valeur dans des tons clairs tandis que je suis vêtu de noir de la tête aux pieds. Cela couplé à ma mine, on pourrait presque imaginer que je me rends à un enterrement. Nous nous installons à une table libre sur des coussins moelleux d’un rouge sanglant avant de commander deux belles pièces de viandes rouges bien cuites pour ma part et une belle portion de frittes en prime sans oublier une bière à défaut d’avoir du vin. Je confesse avoir hésité à opté pour le whisky ou la vodka mais les effets de l’alcool étant inexistants pour les surnaturels l’intérêt serait limité d’autant plus que cela indiquerait à mon vis-à-vis à quel point je n’en menais pas large. Un sourcil amusé se dresse sur mon visage à la remarque du sicilien et je précise pour ma part que quelques carrés de légumes ne sont pas de refus. Tu sais ce que le grand patron te veut ?

La réponse est insatisfaisante parce que Beacon Hills est le lieu de toutes les promesses. Notre association peut devenir rentable, efficace et puissante et je l’aurais dans l’os si le don arrachait le loup à ce futur alléchant qu’il m’avait promis et réussi à faire désirer. Je me contente d’un simple hochement de tête. Nous mangeons ensuite en silence sans oublier de siroter un café au gout douteux puis nous repartons. Alors que je m’attendais à continuer de me morfondre dans mon silence protecteur, Alessandro évoque ma lignée familiale ce qui m’arrache un modeste sourire. Après Willem voilà qu’il s’y met aussi. Qu’est-ce qu’ils avaient tous à vouloir savoir cela ? Tu n’es pas le premier à me demander cela. A croire que vous vous êtes donné le mot. Bien sûr que je vais lui en faire un et pourquoi pas deux tient. Mais chaque chose en son temps. Tu sais que je suis orphelin aussi ma paternité est autant déroutante que salvatrice. Je fais du mieux possible mais je vais prendre mes marques avant de multiplier les petites tigresses et les petits lionceaux.
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MessageSujet: Re: Ritorno al passato || PV Arès   Lun 14 Aoû - 18:21


Ritorno al passato
Il semblerait que Willem lui ait également posé la question sur un élargissement familiale. Ce détail m’amuse et montre une facette de l’apha qu’il s’emploie à masquer. S’il a agrandit sa meute, il m’a été reporté qu’il y a peu de donna dans son giron. Un alpha timide, c’est assez cocasse pour ne pas être relevé.

Arès m’explique que sa récente paternité le chamboule un peu. Il crée un schéma familiale que lui-même n’a jamais connu. A contrario de moi où bambino, toutes les femmes de mon quartier était un peu ma madre. La famiglia est le noyau fondamental pour tous les italiens et qu’importe que le nez que vous torchez n’est pas celui de votre progéniture. En y réfléchissant un peu, la Cosa Nostra fonctionne comme une meute, avec un alpha avec le Parrain, des parents puis les enfants qui sont élevés un peu par tout le monde.


L’autoradio passe du Ben Caplan. Je sais que mon compagnon de route n’adhère pas forcément à la country sombre, seulement les paroles raisonnent en moi. Je me prends à fredonner doucement.

- In the mean time I know my only choice is to ride on.

Los Angeles. Nous venons de passer le panneau qui annonce la cite des anges. Le soleil est de plomb, il y a longtemps que nous avons arrêté de faire les malins avec le bras à la fenêtre. La climatisation marche à fond et les fenêtres de mon italienne sont hermétiquement fermées.

Arès s’est à nouveau crispé sur son siège. Venir ici ne lui plait pas, mais pas du tout. Je mesure l’effort il mio amico fait pour moi. A chaque jour qui avance, je constate la préciosité de sa présence. Je compare Arès à Sonny, mon mentor. Sonny, l’éternel bras droit de Don Stefano. Si c’est bien le Parrain qui dirige la Cosa Nostra, il délègue sans hésiter beaucoup de décisions à Sonny. Au-delà du Boss et de son second, il y a deux amis plus unis que des frères. Il y a un chef et un subordonné, car c’est ainsi que fonctionne le monde des hommes. Seulement il m’est souvent arrivé de penser qu’ils ne formaient qu’une seule et unique personne. Je ne les ai vu qu’une seule fois en désaccord. C’était quand j’ai doublé le neveu de Don Stefano, reprenant une activité qu’il laissait dépérir. Je m’étais défendu en affirmant que c’était du gâchis. Mais on n’accuse pas impunément un membre de la famiglia en lignée avec le Parrain. Filippo Corleone était un tir au flanc. Il avait un territoire uniquement grâce à sa filiation et l’appui de son oncle Don Stefano Corleone. C’était su et connu de tous, mais chacun doit tenir son rang et j’avais clairement débordé du mien. Mon père n’était qu’un modeste employé de blanchisserie et ma mère arrangeait l’ordinaire avec des travaux de coutures ou des ménages chez des gens aisés.

La sanction était la mort, car il est connu que le chien qui mord une fois, mordra à nouveau. Sonny avait déjà pris ses dispositions. J’attendais mon sort funeste, ligoté comme une saucisse à l’arrière d’un van que l’on m’embarque sur un discret bateau de pêche… Pourtant ce soir-là, je n’ai pas pris la mer. Don Stefano Corleone venait de muter ma peine en exil pour dix années.

C’est à ce moment de ma vie que je pense quand je tourne en direction de Santa Monica. Le Parrain n’habite pas précisément dans le quartier de la litlle Italy qui s’est bien appauvrie ces cinquante dernières années, mais sur les hauteurs au nord de Santa Monica. C’est bordé de luxueuses villas toutes ceinturées de murs ornés de barbelés. Il faut au minima être milliardaire pour envisager avoir une résidence en ce lieu. Même ma voiture fait minable devant les cabriolets ou coupés dernier cri que nous croisons. Arès ne peut s’empêcher de siffler lorsque nous nous faisons doubler par deux pouliches siliconées dans un modèle Ferrari futuriste qui tient plus du concept car qu’à une voiture faite pour rouler à notre époque.

- Je vais te cafter à Za !

Le black me répond que j’ai maté aussi et qu’une certaine liane serait bien capable de m’emprisonner dans les racines d’un arbre pour m’assagir. Nous plaisantons, mais lui comme moi sommes tendus. Nous nous rendons dans l’un de ces châteaux fortifiés et il n’est pas dit que nous ne finirons pas dans les oubliettes.

(...)

Le portail ressemble aux autres, blindé en acier massif. Nous sommes filmés un long moment bien que j’ai décliné mon identité à l’interphone. Enfin les portes de l’enfer s’ouvrent. C’est l’impression que cela me donne sur l’instant, très vite contredite par le jardin soigné que je traverse en roulant au pas. Des gardes sont postés de façon stratégique. Sur le toit en terrasse de la demeure de maitre, un sniper nous suit avec la lunette de son fusil.

- Même les mouches évitent d'éternuer ici…

N’ayant reçu aucune indication, je me dirige vers l’entrée officielle de la maison. Ce n’est certainement pas par-là que l’on fait entrer un banni, toutefois je me dis que les gardes se chargeront bien de m’indiquer le chemin à suivre. C’est donc un peu surpris que je stoppe devant le grand escalier qui mène au grand hall. J’en informe Arès qui ne peut pas se douter des us de la famiglia.

- C’est un point positif si on nous permet d’entrer par la grande porte.

Le tigre se contente d’acquiescer. Il est déjà en mode garde du corps, concentré et sans parole inutile.

- Ah ! Si Don Stefano te tend la main, tu ne la serres pas, tu effleures sa bague de tes lèvres.

Le regard de mio amico vaut son pesant de pasta. Il s’étonne que le folklore du film de Coppola soit une réalité.

- Le Parrain est comme un dieu, un roi. Ce geste prouve la loyauté de celui qui l’approche. Tu me diras que cela ne prouve rien et pourtant tu serais surpris de voir comment Corleone débusque les simulateurs. Si cela te dérange, pense que je considère cet homme comme mon Boss.


Il n’y a qu’avec Sonny que je me permets des effronteries et encore… S’il n’a pas l’autorisation de me couler dans la baie, il sait très bien me faire mal, comme le démontre la dose d’aconit qu’il m’avait injecté dans les veines à notre dernier passage. Je viens à peine de fermer ma portière et de confier les clés à un employé qu’un brouhaha féminin nous parvient du haut des marches.

- Alessandrooooo !!! Vilain incantatore ! Più di un anno senza un singolo nuova!
- Aïe les frangines Mancini ! Après leur passage recompte tes palle mio amico.


Je fais un sourire crispé à mon second. Il n’a pas l’habitude de me voir si farouche devant des si bella dona. Mais il va vite comprendre quand il sentira une main s’immiscer là où il ne faut pas et sans qu’il ait eu le temps de réagir.

- Georgia ! Régina ! Eva ! Sempre bella !

Un nuage parfumé nous envahit, sans parler des décolletés pigeonnants aux formes généreuses qui viennent s’écraser contre nos torses. Mes lèvres sont embrassées et mordues sans mon autorisation. Mes oreilles reçoivent simultanément trois invitations à une débauche licencieuse plus une quatrième pour un quatuor à damner le saint des saints. Je leur présente mon second, me soulageant ainsi de deux de ces nymphomanes. Arès c’était amusé de me voir ainsi assailli. A mon tour de sourire narquoisement de le voir se tendre lorsqu’il se fait tâter le fessier.

La tempête Mancini repart comme elle est arrivée, dans un bruissement de froufrous et de gloussements. Une fois en haut des marches, je lorgne ma trogne dans une des vitres, puis sors mon mouchoir afin de me débarrasser du rouge à lèvre, cadeau des donna. Avec Arès nous procédons à une vérification mutuelle. Avec soulagement nous constatons qu’elles ont épargné la blancheur de nos chemises.

- 1er round, encore vivants !

Cette fois mio amico se tolère quelques secondes d’hilarité. Mais il se reprend rapidement, le tigre a le don de sentir lorsqu’une arme est pointé sur lui. Nous levons le nez, le type du toit nous fait un salut, son œil toujours collé dans sa lunette de visée. Je lui rends son salut, mio amico lui grogne un avertissement. Les amabilités sont interrompues par la porte qui s’ouvre sur Sonny.

- Qu’as-tu fais pour être rétrogradé au rang de portier mio amico ?
- Le Don m’a trouvé trop zélé pour tes futures semelles en béton…


Nous nous toisons, nos regards sont rivés l’un sur l’autre. Un ange armé d’une mitraillette passe, puis Sonny s’esclaffe et m’offre une grande accolade, assortie de deux bises. Je lui retourne ses embrassades. Nous sommes très tactiles dans nos manières et cette étreinte est sincère.

- Je suis heureux de te voir ici Aless’
- J’éprouve un peu de nostalgie, pourtant ce n’est pas si vieux…


Je regarde par-dessus l’épaule de mon mentor. L’escalier double qui monte à l’étage est toujours aussi impressionnant. Je suis déjà venu ici à l’occasion de soirées données par le Parrain ou pour des réunion réunissant les capo des différents territoires tenus pas la Cosa Nostra. C’est aussi dans le sous-sol de cette grande demeure que Sonny m’a torturé pour avoir eu l’audace de braver mon bannissement de cette ville.

- J’espère cette fois rester dans les étages…
- Il ne tient qu’à toi de ne pas visiter la cave Aless’. Pourtant Stephano y converse d’excellents crus.
- Je te crois sur parole Sonny. Nous allons continuer à faire la conversazione comme deux buone donne, ou nous passons à l’objet de ma convocation?


Sonny s’interrompt et d’une main me montre le couloir qui mène au bureau du Parrain. Je ne suis entré que deux fois dans ce bureau. La première fois j’étais encore un bambino. J’accompagnai ma mère qui faisait le ménage ici. La deuxième fois c’était juste après ma morsure. Sonny interrogeait le Parrain sur ce qu’il était judicieux de faire de ma carcasse. J’étais alors un loup instable, pourtant le bras droit de Don Stefano voyait en moi un potentiel à exploiter. C’est cette entrevue qui me valut mon passage à Phoenix.

Il y a deux gardes postés de part et d’autre de la porte qui mène au cœur de la Cosa Nostra. Sonny indique un fauteuil à Arès, lui interdisant explicitement l’entrée du bureau. D’un coup de menton, je confirme à mon second que je ne tenterai pas de l’imposer.

- Navré pour ton second, mais cette discussion doit rester confidentielle.
- Bien entendu Sonny.


Mais qu’il soit dans le couloir ou dans le bureau, cela ne changera pas grand-chose s’il devait intervenir... ou écouter. Le visage d’Arès reste impassible, cependant pas besoin de se regarder pour qu’il comprenne. Je note aussi que Sonny semble ignorer la nature surnaturelle de mon second. C'est un point de surprise qui pourrait jouer en notre faveur si cela devait mal tourner

(...)

Un des gardes ouvre la porte, j’entre. Don Stefano me tourne le dos, assis sur un fauteuil il regarde l’océan par la fenêtre. J’entends la porte se refermer doucement dans mon dos. Sonny s’écarte et pose ses natiche contre une commode. Le bureau est sombre, chichement éclairé par une imposante lampe de bureau et le jour qui filtre à travers les persiennes qui occultent les fenêtres. Je sais que les vitres sont résistantes aux balles. Le sol est orné d’une moquette rouge sombre et le mobilier est en noyer. Un cigare à moitié consumé est posé sur un cendrier, il dégage des volutes bleutées. J’aime l’odeur du havane, dans un réflexe conditionné mes doigt cherchent mon paquet de sigaretta, pourtant j’interromps rapidement mon geste. Je n’ai pas l’audace de m'en griller une sans la permission du maître des lieux.

- Mes hommages padre.

C’est ainsi que tout homme de l’organisation salue le Parrain. Nous lui devons un respect équivalent à celui d’un fils pour son padre. Enfin, celui dont le nom fait trembler la moitié de la ville fait pivoter son siège pour me faire face. Malgré son âge, l’homme en impose. Je n’ai pas à me forcer pour baisser les yeux en signe de respect. Il tend sa main gauche au majeur alourdi d’une imposante chevalière d’or ornée des armoiries des Corleone, une branche d’olivier. Sans un mot, je m’avance et ne coupe pas à la tradition.

- Tu n’aurais pas maigri Alessio ?
- La vie est mouvementée, même en province Padre.


J’attends l’autorisation de m’asseoir ou non. C’est un détail qui en dira long sur mon statut et le côté positif ou non de cette entrevue.

- Le temps est clément aujourd'hui.
- En effet.


Je lance une banalité qui n'en est pas une. Dans le couloir Arès répète ma phrase à l'identique à l'intention des gardes qui ne lui répondent pas. C'était un code pour vérifier que nous pouvions toujours communiquer. Car évidemment avant qu'Arès ne pose ses natiche sur son fauteuil ou moi qui entre dans le saint des saints, nous avons été fouillés et dépouillés de nos armes. Sonny s'est assuré que je n'avais pas de micro, il a même pris mon téléphone.

Je l'avais plus d'une fois souligné à Sonny, l'organisation méprise l’intérêt que peuvent avoir les êtres surnaturels au lieu d'en faire un atout. Mais les Siciliens affectionnent de travailler à l'ancienne. A leur yeux, les méthodes séculaires de la Cosa Nostra sont rodées et toujours aussi efficaces. Aujourd'hui ce mépris des changements joue en ma faveur.

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MessageSujet: Re: Ritorno al passato || PV Arès   Mer 6 Sep - 17:24

Ritorno al passato PV Aless

La discussion fortuite sur ma récente paternité me fait naturellement le plus grand bien car celle-ci me permet de m’ancrer sur le présent si doux par opposition à ce passé si dur. Orienter le cours de mes pensées autour des personnes qui me sont les plus chères au monde représente un exutoire sans équivoque et tandis que nous discutons tranquillement, les visages de Za et Oz s’imposent d’eux même à mon esprit tourmenté. Un sourire inespéré se présente à mes yeux de bête traquée dans le miroir minuscule du pare soleil donnant par la même une expression paradoxale à mon visage d’ordinaire oscillant entre la joie facile et l’impassibilité la plus complète avec un talent propre aux habitués des doubles vies souterraines. La discussion s’étiole telle des pétales s’envolant aux quatre vents et je suis reconnaissant à mon ami de respecter mon besoin passager de solitude et de ne pas tenter de brusquer ma carapace intérieure en essayant d’influer sur ma sombre humeur. C’est un geste que j’apprécie.

Incapable de me rendormir car il semble que mon corps en ait eu pour son comptant d’étreinte avec Morphée, je me contente de regarder fixement la route devant moi. Tout mon être appréhende ses retrouvailles au gout de cendres amères nées d’une macabre tragédie mais plus les miles défilent avalés par la sportive italienne et plus ma détermination à me montrer plus fort que les mauvais souvenirs s’affermit. Une ballade de country résonne doucement dans l’habitacle accompagnée vocalement par le timbre d’Alessandro. Je ne suis certainement pas friand de ce genre de composition musicale mais les paroles rendues plus intimistes par le fredonnement du loup garou à mes côtés me poussent à me laisser entraîner par le rythme de cet ode à la liberté de choix et la force morale que cela nécessite. Il arrive parfois qu’une chanson vienne se greffer à un passage de votre vie avec une aisance déconcertante rendant le moment encore plus symbolique. Ben Caspian ne pouvait indubitablement pas savoir en écrivant ses paroles qu’elles trouveraient une résonance toute particulière chez un surnaturel habité d’un étouffant vague à l’âme. Nous arrivons finalement aux portes de la mégalopole californienne connue sous le doux sobriquet de cité des anges. Ironique par bien des aspects.

La simple vue du panneau annonciateur me fait me crisper sur mon siège et la chaleur caniculaire à peine repoussée par la climatisation dernier cri du véhicule m’amène à penser que j’ai de la fièvre. Je déboutonne le haut de ma chemise sombre et me maudis de ne pas avoir opté pour des couleurs claires comme si je me devais de porter le deuil d’une partie de moi morte ici même dans cette agglomération ne ressemblant à rien à celle de mon enfance. Je sens le regard de mon partenaire de crime et ami proche sur ma carcasse remuante mais ne peux rien faire pour le rassurer.  Lorsque je tourne la tête vers une rue je revois la pluie diluvienne recouvrir le sol.  Le regard d’un passant me rappelle celui des passants cette nuit-là, inconscients du drame se déroulant. Une bousculade me ramène à ce combat désespéré mené en compagnie de Jansen non pas désespéré parce que nous ne pouvions vaincre deux Omegas mais parce que rompre une des lois de mon espèce aurait dû me coûter la vie ni plus ni moins. Et que si le châtiment n’avait pas été appliqué et les effets de la chute résorbés, j’en restais néanmoins marqué à vie. Surnaturel ou non je n’étais qu’un simple mortel et il était des choses que l’on ne pouvait effacer malgré toute la force morale ou la bonne volonté du monde. En ces éphémères instants, je me sens comme une proie hantée par la peur du chasseur embusqué.

Sauf que ce chasseur embusqué revêtait le visage des deux surnaturels que j’avais abattu à contre cœur dans une ruelle. Au croisement bordé d’un parc, je ressens presque la douleur fulgurante d’alors dans cette enclave végétale ou j’avais échoué avec Jansen et dans laquelle je baignais dans la souffrance pure, des larmes de sang et une résistance acharnée pour ne pas basculer dans la folie. Alors que nous quittons le cœur de la bruyante cité moderne pour la paix relative du grand luxe, je me rends soudainement compte de l’humidité de mon visage. Les larmes ont dévalé les reliefs de mes joues dans un silence de cathédrale car malgré la musique en fond sonore, je n’entends rien si ce n’est les cris de mes cauchemars. Nous remontons vers Santa Monica tous deux plongés dans nos pensées. La préoccupation travaillant Alessandro ne peut qu’ètre liée à cette ville et ce qu’elle abrite. Mon ami est né ici et est devenu ce qu’il est aujourd’hui ici. Cette organisation criminelle à laquelle il a voué son âme est une part de lui-même et nul doute que ses propres souvenirs doivent le ramener ici par ses propres chemins tortueux. Cela me permet de balayer mes errances lacrymales d’un revers de la main rageur. Je respire un peu mieux lorsque le spectre tentaculaire de la ville rétrécit dans notre ascension vers les sommets locaux. La blessure s’estompe et mon visage reprend des couleurs ce qui ne saurait qu’ètre une façon de parler dans mon cas. Je respire et inspire pour retrouver ma maîtrise de moi-même et cette paix intérieure que je n’atteignais que dans l’union charnelle avec ma lionne lorsque nous nous fondions merveilleusement l’un dans l’autre, dans son étreinte ou à travers le moindre contact même ténu.

Mon aptitude change peu à peu et je me reprends malgré les traces indélébiles de tristesse. Si Alessandro m’a demandé de venir c’est qu’il a besoin de moi, qu’il ne peut entièrement faire confiance qu’à moi et qu’il sait que je suis le meilleur pour la protection rapprochée. De la matière grise affûtée autant qu’une arme ambulante. Un instant émerveillé par cet étalage insolent de luxe ostensible tel l’orphelin sans avenir d’il y a des années je ne peux réprimer un sifflement devant une Lamborghini aventador maniée par deux blondasses refaites de la tête aux pieds. Un sourire en coin teinté d’amusement sincère accueille la pique amicale du sicilien. Je matais certes mais ce bolide pimpant et non pas les deux filles à papa à son bord. J’ai toujours préféré le naturel et j’ai amplement de quoi être satisfait avec mon épouse. Je lui rétorque nonchalamment qu’il s’était aussi rincé l’œil et que son Jansinio était tout aussi possessif que ma lionne. Un rire aussi bref que nerveux montre bien que nous n’en menons pas large malgré les apparences.

J’ai suffisamment frayé avec le crime organisé russe ou désormais italien pour savoir que rentrer dans une place forte n’est absolument pas une bonne idée à moins de savoir précisément comment s’en sortir autrement que les pieds devant. Seulement, pour ma part j’ai une confiance presque aveugle en mon vis-à-vis. Aless ne compte pas quitter ce monde de sitôt alors il ne le quittera pas. L’attente devant le portail blindé semble interminable malgré le respect de la procédure.  Je ne m’impatiente pas mais relève le message implicite. Le sicilien de Beacon Hills s’il n’est pas en danger de mort n’est pas non plus dans les petits papiers de son maitre dans l’art du crime. C’est une nuance importante qui va orienter ma manière de percevoir les choses dans ce huit-clos hostile. La pelouse est impeccable, les fleurs superbes et bien taillées et l’espace d’une seconde je me demande si en faucher une à la dérobée pour ma donzelle me vaudrait une balle dans la main de la part de l’un des nombreux chiens de garde, hommes de main, tireurs d’élite et gardes du corps posté un peu partout de manière astucieuse pour empêcher toute intrusion forcée et toute tentative de fuite désespérée. L’ancien mercenaire, garde du corps et chef d’escouade souterraine en moi ne peut qu’ètre profondément admiratif d’un tel savoir-faire occulte mais la lunette du sniper me met naturellement mal à l’aise. Je suis un fauve, un prédateur et ce genre de chose ne me rappelle que trop les chasseurs.

L’envie puérile d’offrir un doigt à ce voyeur est balayée par l’enjeu de la situation. Je ne relève pas le propos descriptif du boss de la squaddra car le dispositif parle de lui-même. Les lieux transpirent le calme et un silence inquiétant pour les uns reposant pour les autres. Un simple hochement de tête vient prouver que j’entends bien le point de vue d’Alessandro. Je ne suis plus que le garde du corps mes autres fonctions, attributions et épithètes s’effacent derrière ce rôle qui me tient à cœur. Je note le nombre de sentinelles visibles, observe la qualité de leur artillerie, analyse la disposition des lieux. Aless semble soudainement se remémorer quelque chose d’important puisqu’il s’exclame au sujet des us et coutumes mafieuses. Interloqué, je le dévisage comme s’il m’avait appris qu’il était déjà allé sur la lune ou un végétarien caché sous le masque d’un amateur de viande saignante. Le film culte nous en dit donc bien long sur ce milieu. Soit, je baiserais la bague de ton padre s’il le faut mais mon allégeance ne va à personne d’autre qu’à toi dans ce milieu. Il n’est ni mon dieu ni mon roi ma nature surnaturelle a déjà les deux en sa déesse et son souverain mais je me comporterais comme il le faut ne t’en fais pas.

Nous descendons de la sportive et attendons de nous faire conduire devant le don de mon don au moment où des effluves de grand parfum et de tissus hors de prix atteignent nos museaux parallèlement à un brouhaha féminin nos oreilles. Je m’en sors désormais suffisamment en italien pour capter le sens des exclamations aiguës. Le sourire crispé d’Alessandro m’interpelle et son avertissement également mais je ne peux réprimer un petit rire à le voir si farouche devant des bella donna. Bien vite le sicilien est encerclé par une escouade de sirènes plantureuses bien décidées à le tripoter et le pousser dans la débauche de la luxure sans le moindre gène. Mon rire se fait plus saccadé jusqu’à ce qu’il me présente à la tornade de décolleté plongeants aux formes généreuses, aux lèvres rougeoyantes et aux yeux farés d’un maquillage délicat mais aguicheur. Les mains me caressent les joues, me palpent les fesses et tâtent mon torse sous ma chemise sans que je n’ai pu préparer ma défense. Les trois sirènes méditerranéennes disparaissent comme elles sont apparues et je ne souris plus. Nous montons les escaliers de marbre avec une halte devant une vitre pour vérifier nos tenues respectives.  Je réajuste le col d’Alessandro en vérifiant que sa chemise est restée vierge et il s’assure de la même chose pour moi. Le propos de mon ami m’arrache un grand rire éphémère qui me permet d’évacuer la tension qui m’habite. Le rire s’efface devant la tension déjà de retour à la charge.

Le sniper nous nargue de son promontoire. Aless le prend bien et se montre élégant. Pour ma part, je grommelle dans ma barbe que s’il descendait de là pour voir je lui briserais bien les deux mains. Le second du don apparaît dans l’encadrement de la porte et je m’efface devant ces retrouvailles me postant juste derrière Alessandro prêt à intervenir. Je poireaute en laissant traîner mes sens de tigre garou dans toute la demeure et les environs pour passer le temps. Nous traversons un couloir menant à l’antre névralgique du pouvoir de cette branche sicilienne de la mythique organisation. On me prie de poser mes fesses dans un fauteuil attenant sans poser de question. Je reste impassible et me contente de consulter Alessandro du regard. Celui-ci me confirme l’ordre de Sonny aussi je m’y conforme et m’installe là où je le dois. Seuls deux porteflingues interdisent l’accès de l’entrée. Deux nuques si fragiles et aisément destructibles. J’ai compris le message dans le regard du parrain de ma fille. Je dois écouter et me tenir prêt à intervenir en cas de tournure mortelle. Ce dernier pénètre dans le bureau avec nonchalance alors que je m’installe plus confortablement dans le fauteuil et focalise mon attention sur la conversation dans le bureau sans faire plus attention aux deux gros bras devant moi. Le temps est clément aujourd’hui messieurs. Une bien belle journée à n'en point douter. Je déteste cette ville...
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Dernière édition par Arès Kye Coleman le Sam 16 Sep - 17:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ritorno al passato || PV Arès   Mer 13 Sep - 21:35

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Ritorno al passato
Ce n’est pas sans un grand soulagement que j’entends Arès répéter mes banalités sur la météo de l’autre côté de la porte close du bureau du Parrain. Sa réponse à notre code, me prouve que les gardes ne l’ont pas déplacé dans une autre pièce pour s’affranchir de toute intrusion de sa part dans le saint des saints.

L’ambiance est aussi recueillie que dans une église. Je vois la poussière voleter mollement dans les stries de lumières qui filtrent des stores. Dans la poche de mon pantalon, je tourne et retourne mon briquet. Plus que jamais j’ai besoin de nicotina. Don Stefano Corleone bouge enfin pour venir cueillir son cigare. Il le regarde d’un œil appréciateur avant d’en tirer une longue bouffée, qu’il recrache tout en parlant.

- Alessandro… Alessandro…

Il prononce mon prénom à l’italienne, sifflant sur les s et roulant légèrement le r. La répétition ne me dit rien qui vaille. « Qu’ai-je fait encore ? » me demandé-je intérieurement. Certes je brasse pas mal de plomb et de béton à Beacon Hills, mais pas dans une mesure qui interfère avec les affaires du padre.

- Questi napoletani sono un gangrena…
- Sono gelosi dell'influenza di Palermo, Padre.
- Sì Alessandro.


Je suis toujours debout, affichant une fausse nonchalance. Les napolitains, voilà dont la raison de ma convocation. Vincenzo Leonelli, le numéro deux de la Camorra qui étend son influence sur les États-Unis depuis la ville de San Francisco, était venu me voir personnellement à Beacon Hills. Ses intentions étaient obscures, entre me récupérer à leur cause et comprendre pourquoi j’avais été banni de Los Angeles et non éliminé. Moi-même je n’en connais toujours pas les raisons. Je lance un regard vers Sonny. Imagine-t-il que je vais trahir la Cosa Nostra ?

- Assieds-toi Alessio et prends donc un sigaro, tu t’agites comme un drogué en manque.

Don Stefano a l’art de jouer entre le chaud et le froid. Il m’appelle à nouveau par le surnom affectueux qu’il m’a donné étant bambino, et me fait comprendre que ma nonchalance ne l’a pas berné. J’occupe mes doigts à prendre un havane dans le précieux coffret qui m’est présenté. L’odeur subtile des feuilles de tabac savamment roulées ont un effet apaisant. J’apprécie le séchage de ce barreau de chaise avant de guillotiner le bout. Les deux hommes présents dans le bureau me laissent le temps de l’allumer. La première bouffée est forte en arômes et en sensations. La texture de la fumée est bien plus dense que celle de mes sigaretta habituelles. C’est plus fort, mais aussi riche d’une infinité de saveurs. Le sigaro invite à la quiétude et au contemplatif. Seulement, je suis loin d’un état contemplatif, car j’ignore encore ce qui va m’être demandé… ou reproché. Les deux autres tardant à avancer dans la discussion, je décide d’aborder le fond de ma préoccupation.

- Suis-je là pour recevoir une mission ou me faire taper sur les doigts ?

J’entends Sonny pouffer dans mon dos. Mon mentor décolle ses fesses de la commode sur laquelle il était appuyé pour aller se servir un verre d’alcool.

- Una grappa Aless’ ?
- C’est le verre du condamné que tu m’offres ?
- Pff ! Arrête ton mélodrame à l’italienne et savoure ce que l’on t’offre.


« Que j’arrête mon mélodrame à l’italienne… » Il en a de bonnes Sonny, alors que depuis que j’ai franchi les grilles de l’imposante demeure du Parrain, tout se passe comme dans un film de Coppola. « Mélodrame à l’italienne » ! C’est vraiment l’hôpital qui se moque de la charité.

- Et bien, va pour un verre de grappa. Sinon qu’ai-je à voir avec les napolitains ? Vincenzo est venu en personne me voir à Beacon Hills. Ne serait-il pas le seul à penser que je puisse briser mon serment ?

J’en ai assez de tourner autour du pot et pose clairement la question. Est-ce de ma loyauté dont il est question ?

- Tu es bien trop siciliano dans l’âme Alessio, pour nous trahir.
- Me voilà honoré et rassuré de cette confiance Padre.


Donc s’ils ne craignent pas que je tourne ma veste, pourquoi suis-je ici ? Sonny finit par s’asseoir dans le fauteuil à côté du mien, après m’avoir donné mon verre d’alcool.

- Tu te souviens la première fois que tu en as bu ?
- Parfaitement Sonny. J’avais dix ans et cela m’a carbonisé la gorge.


J’enrage. Ne va-t-il pas me dire pourquoi je suis ici au lieu de me rappeler le passé ? Le sourire en coin de mon mentor en dit long. Il sait parfaitement que je boue littéralement d’impatience et cela l’amuse.

- Va-t-on parler de la pluie et du beau temps ?

Dans le couloir Arès réagit au code et m’assure qu’il nous entend toujours. Sa présence à quelques mètres derrière la porte me rassure. Car franchement je n’en mène pas large. Don Stefano prend le relais, me parlant famiglia.

- Tu as revu ta madre, Maria ?
- Difficile en étant banni de la ville où elle habite…
- Tu n’as pourtant pas hésité à violer cette sentence pour saluer ton fratello.
- …
- Qui t’as renseigné pour Matteo ?
- …


La question est un piège. Si je parle, je brise l’omertà. Si je me tais, eux seuls savent ce qu’ils me réservent. Je décide de ne rien dire du coup de fil de Dino. En m’appelant, il a également brisé la loi du silence. Et même s’il est maintenant un flic et donc de l’autre côté de la barrière, la famiglia le jugera toujours avec les règles en vigueur de la Cosa Nostra.

- Tu as bien fait de l’épargner Alessio. La famiglia c’est sacré.
- S’il ne l’avait pas dénoncé à la volaille, il mio padre ne serait pas mort !
- Il avait dix ans Alessio et ce n’est pas ton fratello qui a tué ton padre, mais moi qui en est donné l’ordre.
- …
- Giuseppe n’avait pas ta carrure, il allait se mettre à table.
- Lo so…


Pourquoi Don Stefano me replonge dans le passé de mon enfance ? J’avais douze ans quand mon père s’est fait prendre avec une cargaison de drogue. Lui qui pensait de convoyer que de la marchandise de contrebande est tombé de haut lorsqu’il a entendu ses chefs d’inculpation. La note allait être plus salée et il est vrai que Giuseppe Amaro n’avait pas la carrure pour résister aux interrogatoires des fédéraux, ni d’ailleurs survivre dans l’univers carcéral. Sa mort a été un électrochoc. De bambino insouciant, je suis directement passé à adolescent prêt à tout pour faire sa place et survivre au sein de la famiglia. Avant de l’être au sens propre, je voulais être le loup et non le mouton qui obéit.

- Matteo est comme Giuseppe, faible. Alors que toi Alessio… Tu ne m’as jamais déçu.
- Vous m’avez pourtant banni Padre. C’est bien parce que j’ai…
- Vois cela comme une sanction de procédure…
- Je suis très satisfait de cette sanction. Cependant, il me semble que la procédure réclamait ma mort…


Je tends une perche… pour me faire battre ou apprendre la vérité… Vais-je enfin connaitre la raison de la clémence du Parrain à mon égard ?

- Maria était une femme magnifique. Elle avait la grâce d’une biche effarouchée.

Que vient faire ma mère dans cette discussion ? Avec effroi j’écoute Don Stefano parler du passé, de ses débuts à la tête de la famiglia. Il a une dizaine d’années de plus que mes parents, ainé des Corleone, il avait naturellement pris la succession de son padre lorsque celui-ci était mort. Mort peu glorieuse, puisque Don Stefano Corleone senior s’est étouffé avec un morceau de viande avalé de travers. Me voilà revenu trente ans plus tôt, à une époque où je n’étais pas encore né. Dans la bouche de Don Stefano, j’ai l’impression que rien n’a changé. La famiglia vit toujours en suivant les mêmes règles immuables où l’omertà est la base de tout.

Déjà à l’époque une guerre de territoire s’engageait avec la Camorra. Les deux organisations mafieuses tentant chacune de régner sur toute la côte ouest des États-Unis. De nos jours la concurrence est toujours féroce bien que les limites territoriales bougent peu.

- Giuseppe Amaro s’occupait des jardins ici.
- Je ne savais pas que mio padre avait travaillé ici. J’ai toujours pensé qu’il avait débuté à la blanchisserie.
- Il y est allé quand Maria a quitté son poste de femme de ménage chez nous.


Le détail est insignifiant, pourtant je sais que le Don n’est pas du genre à parler pour parler. L’homme est habituellement avare de paroles. Je commence à me faire plein de films et avance des hypothèses aussi farfelues qu’insensées. Je n’aime pas ne pas comprendre ce qui m’entoure.

- Qu’essayez-vous de me dire Padre ?

Pour toute réponse Sonny me tend un livret. En couverture, je vois l’emblème de la ville de Los Angeles. C’est un livret de famille. Curieux, je l’ouvre et découvre les noms de mon père et de ma mère. Je me demande bien pourquoi ce document est entre les mains du Parrain. Je tourne une page, pour trouver ma naissance, puis celle de Matteo. Rien d’anormal ne me saute aux yeux. Tour à tour, je regarde Sonny et Don Stefano avec incompréhension. Sonny me donne une piste.

- Regarde bien les dates Aless’.

Je reviens à la page qui concerne le mariage de mes parents. Ils se sont mariés le 3 septembre l’année précédent ma naissance. Je crois que je n’ai jamais su la date exacte, car je n’ai jamais vu mes parents fêter cette occasion. Sur la page suivante est consignée ma naissance, le 3 avril 1989, puis mon fratello deux ans plus tard. Il me faut un moment pour trouver l’anomalie. Comme souvent dans les famiglia italiennes, la photographie du mariage de mes parents trônait dans le salon. On y voyait mon padre endimanché dans un costume qu’il usera par la suite jusqu’à la corde et ma madre dans une pose conventionnelle, parée d’une belle robe en dentelles blanches. Autant le costume du marié était de facture médiocre, autant la robe de mariée était belle et resplendissante. Bambino j’en avais fait la remarque à ma madre. Elle m’avait avoué que c’était son ancien patron qui lui avait offert sa robe de mariée.

Si j’en crois mon livret de famille, ma mère s’est mariée alors qu’elle était enceinte de moi. Les traditions sont très strictes dans les familles italiennes très croyantes. Elle aurait dû porter une robe écrue et non pas d’un blanc flamboyant. Le fait que la robe ait été offerte, peut laisser penser à une maladresse de Don Stefano qui, voulant faire plaisir à son ancienne servante, ait oublié les conventions religieuses. Pourtant quand je lève le nez du carnet pour le regarder droit dans les yeux, je comprends qu’il n’y a pas eu d’erreur. Giuseppe et Maria Amaro n’avaient pas consommé leur mariage avant l’heure. Mon cœur s’accélère. Une infinité de détails me reviennent en mémoire. Ce que j’avais pris pour de la chance, ou simplement issu de mon talent prenaient des allures de passe-droits.

- Vous avez un fils et une fille. Que…
- Filippo est mort.
- Cosa !?
- Un coup de Gaetano Serrati… Garde l’information pour toi Alessio, peu de gens sont au courant.


Serrati est le parrain de la Camorra. En dégommant le fils unique de Don Stefano, il fait vaciller la Cosa Nostra avec la question de la succession du Parrain actuel. Sa fille ne pourra pas reprendre le flambeau dans cet univers strictement masculin. Graziella Corleone, la sœur de Filippo est une jeune femme douce, essentiellement concentrée sur sa peinture. Même si les temps changent, elle n’est pas le genre de femme qui peut secouer les conventions et s’imposer à la tête de la famiglia. Je crois que Don Stefano a un fratello de vivant et une sorella. Trop d’informations se bousculent dans mon crâne, avec une conséquence qui me donne le tournis. Si j’avais des certitudes quant à ma place dans l'organizzazione, celles-ci viennent d’être pulvérisées.

- Je suis quoi moi dans tout cela ?
- A quand remonte la dernière fois que tu as vu mon fils Filippo ?

La question de mon Boss me prend de court. Cela me demande un effort de mémoire. J’ai souvent croisé Graziella, mais très rarement son fratello. Une seule fois en fait… Je devais avoir sept ou huit ans et Filippo quatorze. Moi fils de blanchisseur, lui fils du Parrain, il est évident que nous ne fréquentions pas les mêmes trottoirs. Puis quand j’ai commencé à être actif dans l'organizzazione, Filippo était à Palerme pour représenter la famiglia.

- Il y a longtemps. Je pense que je serai incapable de le reconnaitre.

Don Stefano se lève puis s’approche du fronton de la cheminée. Trop nerveux sur le sujet potentiel de ma convocation, je n’avais pas finement observé le bureau. Le Parrain redresse un cadre photo qui était alors en position couchée. Le portrait d’un homme un peu plus âgé que moi apparait. Le cadre est barré dans un angle d’un ruban noir. Je scrute cet homme que je ne connais que de nom. Les pièces du puzzle finissent de s’assembler. Filippo Corleone me ressemble beaucoup, le même regard, la même mâchoire, seule sa couleur de cheveux diffère pour un brun noir corbeau.

Sans m’en rendre compte, je me suis levé pour regarder ce portrait de plus près. Que ce serait-il passé, si nous nous étions croisés plus tôt ? Je lis la réponse dans le regard de Sonny. Ils ont tout fait pour que nous ne soyons jamais au même endroit en même temps. Don Stefano a déjà assez à faire avec les velléités de pouvoir de son propre petit frère, qu’il a préféré clore le problème dans l’œuf. La voix du Parrain m’interpelle. Je ne m’étais pas rendu compte qu’il était retourné s’asseoir.

- Alessio’, tu vas aller venger tuo fratello.

(…)

Il y a des nouvelles qui vous tombent dessus comme un poids d’une tonne. J’ai un million de questions sur cette paternité soudaine, sur ce qu’il s’est passé avant ma naissance, sur ce qu’il va se passer maintenant. Seulement, Don Stefano me congédie de son bureau. La seule chose qui me fait accepter de sortir, est l’assurance que Sonny m’accompagne avec les explications.

Lorsque la porte s’ouvre, je croise le regard d’Arès. Je crois qu’il est aussi sonné que moi. Mon mentor me montre le couloir et son propre bureau qui est au fond. J’emboite ses pas.

- Viens Arès.
- Non, il reste là.
- Il vient, c’est non négociable !


Sonny se retourne vers moi, le regard menaçant. Arès s’est levé pour venir se placer juste à côté de moi tel un roc. Quand mio amico le tigre décide d’en imposer, il est difficile de garder contenance face à lui. Tous les deux, nous entendons le cœur de Sonny vaciller. Mon mentor ne montre rien, mais il a reçu le message. J’ai demandé à Arès de venir avec moi, il le fera quelques soient les embuches qu’on pourra lui mettre dans les pattes. Sonny soupire, puis nous fait signe de le suivre.


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MessageSujet: Re: Ritorno al passato || PV Arès   Sam 16 Sep - 17:22

Ritorno al passato PV Aless
Confortablement installé dans un grand fauteuil de coin dont le prix doit certainement atteindre des sommets bien loin de mon salaire officiel de videur du Print, je feins l’indifférence et la neutralité la plus totale et innocente sous les yeux scrutateurs des deux hommes de main de confiance du maitre des lieux. Les deux porte flingues n’ont rien à m’envier coté carrure bien au contraire et se paient le luxe d’exhiber deux fusils d’assauts dernier cri dont l’effet intimidateur refroidirait bien des cœurs ordinaires mais qui ne me font personnellement ni chaud ni froid. La distance me séparant de mes geôliers de fortune et ennemis mortels potentiels étant bien trop courte pour qu’ils puissent avoir le temps de m’offrir l’amer expérience létale d’une rafale malvenue sans que je n’ai pu les envoyer ad patres au paradis des truands soit l’enfer des honnêtes gens d’un broyage de nuque assez classique ou d’une manière plus surnaturelle. Le problème tient dans le fait que le moindre bruit suspect porterait jusqu’à l’intérieur du centre du pouvoir du parrain de mon parrain accessoirement celui d’Ozalee également. Ce qui ne manquerait pas de conduire à un branle-bas de combat massif dans cette villa mafieuse aux allures de forteresse sicilienne et de sceller notre sort à tous deux car surnaturels ou non, une telle concentration de poudre et d’armes lourdes ne saurait nous laisser en un seul morceau en cas de carnage sanguinolent.

Alors mieux vaut pour tout le monde que le débat reste courtois car si je devais périr dans cette ville maudite à mes yeux du moins pour ma personne, je ne me gênerais pas pour être le responsable d’une homélie macabre dont les fouineurs de journalistes pourraient se repaître longtemps. J’ai atteint ce stade de ma vie ou je ne m’en veux plus pour les erreurs du passé, ou j’ai accepté mon histoire personnelle aussi dure et triste a-t-elle pu être par moments, ou j’ai accepté mes choix qu’ils aient été bons ou mauvais, ou j’ai pris conscience que je ne serais pas celui que je suis sans la part d’ombre légué par une enfance difficile dans une métropole pluvieuse, ou j’ai décidé de ne plus m’en vouloir intérieurement pour des choses dont je ne suis pas le responsable et ce parce que j’ai de manière miraculeuse trouvé le point d’équilibre de mon existence. Parce que j’ai finalement découvert la plénitude et le bonheur véritable dans le sourire d’une bambina, ma bambina, ma princesse, mon trésor le plus précieux.

J’ai finalement découvert l’épanouissement en sentant le corps chaud de ma lionne contre le mien et nos cœurs battre à l’unisson l’un contre l’autre. Je pensais vivre pleinement dans mes excès il y a encore quelques années alors que ces excès n’étaient que la manifestation de mes failles intérieures celles sur lesquelles je m’étais construit. Loin de me combler elles accentuaient le vide par la volubilité de mes désirs. Un cercle sans fin en somme. Incapable de comprendre que la solidité et la stabilité d’une relation étaient ce qu’il m’avait fait défaut là où j’en avais eu le plus besoin je m’étais abandonné à l’ivresse sans en apprécier pleinement les effets. Et puis, Za m’avait vaincue tout simplement. En étudiant brièvement ma vie, je me rends compte que la chute a eu des conséquences bien heureuses. Ce qui ne peut que me conforter dans ma ligne de pensée de gardien dont l’idéologie tourne mécaniquement autour de la notion d’équilibre. On m’avait presque tout arraché cette nuit de terreur mais par la suite j’avais tellement reçu que l’équilibre semblait presque parfait à présent.

Ce constat m’apaise de lui-même. Je me rends compte à l’issue de cette réflexion labyrinthique que je ne veux pas mourir maintenant à vingt-six ans d’une balle dans la tête parce que je viens tout juste de découvrir à quel point la vie peut être belle et douce, agréable et digne d’ètre vécue. Je ne veux pas quitter ce monde alors que ma fille vient tout juste d’y arriver, que ma femme me comble entièrement et que nous avons encore tellement de temps à rattraper. Non, je ne veux pas finir dans la baie de la ville mais puisque je suis un être fait de dualité je sais au fond de moi que si je devais me sacrifier pour ma mission de gardien du surnaturel je n’hésiterais pas une seconde et qu’à l’instar d’un Chepe ou d’un Pacho j’aimais bien trop la vie souterraine pour la quitter avant d’avoir des cheveux blancs. Paradoxe vivant et esprit complexe et contradictoire voilà des termes me résumant parfaitement. Mais pour l’heure, mon associé qui malgré ce changement de statut acté restait à mes yeux quelque peu mon boss vient juste de s’engouffrer dans le bureau luxueux dont on m’a interdit l’accès pour des raisons évidentes. Je ne fais pas et ne ferais jamais partie de la Cosa Nostra tout comme j’avais refusé de rouler pleinement pour la Bratva Solntsevskaya californienne.

Je me contrefous du manque de confiance affichée envers ma personne mais alors comme d’une guigne. Je m’inquiète seulement de la situation de mon amico et fratello sicilien. Je peux donner du frère à certaines personnes comme Nolan et Milan voire même Chris parce que ces relations amicales étaient tellement fortes qu’elles dépassaient le simple cadre de la très bonne amitié. J’avais donné du frère à mes amis d’enfance à l’orphelinat car nous nous considérions comme tels pour des raisons évidentes. Et depuis, je l’accordais à une poignée de personnes pour lesquelles je donnerais presque tout s’il le fallait. Cette attitude prenait racine dans la bande de cinq qui avait constitué ma première famille de mes premiers pas à mon adolescence. Et j’estimais que bien qu’Alessandro n’est pas quelqu’un de très sentimental et de prompt à l’amitié profonde, il méritait néanmoins que je le considère comme tel car nous avions tellement vécu ensemble au cours de l’année écoulée, Ozalee était sa filleule et je pensais pouvoir lui faire entièrement confiance. Aussi mon attention et ma concentration sur ce qu’il se passait dans le saint du saint local était totale.

Je réponds au code instauré avec Aless pour le rassurer et le prévenir que je ne suis qu’à quelques pas de la porte en cas de besoin. Le soupir de soulagement que je crois percevoir de manière feutrée ne m’indique que trop bien l’état de tension extrême dans lequel se trouve l’exilé de la Cosa Nostra. Je laisse mes yeux se balader autour de moi de manière nonchalante comme si j’admirais sincèrement le faste des lieux tout en faisant preuve d’une nervosité corporelle que je ne ressens absolument pas. Tout cela histoire de donner le change aux deux siciliens qui ne peuvent se douter que mes oreilles filtrent aisément la conversation tripartite censée m’ètre interdite. Pour l’heure, je n’entends strictement rien. La pièce semble baigner dans un silence de cathédrale que je devine stressant pour le convoqué. Puis, tout est lancé en sicilien bien évidemment et je suis tant bien que mal. Le seul mot d’importance est ici napoletani. Napolitains. La Camorra donc. L’organisation rivale qui était venu titiller Aless à domicile pour des motifs jamais élucidés.

Alessandro ne passerait jamais à l’ennemi car son amour de la Cosa Nostra est égal à celui qu’il porte à Jansen c’est-à-dire immense et ce malgré son bannissement de sa ville de naissance. Suite à cette révélation, les politesses s’enchainent avant de revenir à un silence dérangeant et assourdissant. Convoquer quelqu’un pour le laisser mariner dans l’inquiétude n’est jamais bon signe mais les siciliens sont particuliers alors… Aless prend les choses en main dans un accès d’audace qui aurait pu me faire sourire tant je le reconnaissais en cet instant mais l’inquiétude du loup garou était également la mienne par communion. Des bruits de pas, une proposition courtoise, une réponse acerbe et une réponse tout aussi acerbe. Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Pourquoi diable traîner en longueur ? A moins de tergiverser pour rendre une dernière discussion solennelle ou pour prendre son temps avant de dévoiler quelque chose de capital ? Alessandro semble aussi impatient que moi à comprendre le fin mot de cette histoire et met le sujet sur le tapis sans ménagement ni subtilité bien loin de son mode de fonctionnement habituel. La réponse du Don indique que la loyauté n’a rien à voir dans cette convocation.

Jouant mécaniquement avec l’alliance à mon annulaire droit sans m’en rendre compte en le faisant tourner nonchalamment signe de mon impatience à en savoir plus interprété par les deux gros bras comme celui d’une impatience à décarrer d’ici, j’attends la suite. Quelqu’un s’installe près d’Aless, des verres sont déplacés, des souvenirs évoqués. Mais toujours rien de consistant. Je ne l’imagine que trop anxieux et exaspéré à la fois. La dernière fois que j’étais venu il pleuvait énormément mais là quel beau temps. Aucune réponse des deux gardiens qui ne me regardent même pas. Le code fonctionne à merveille. Le fait qu’Aless y soit revenu prouve qu’il n’en mène pas large. La discussion autour de la famille qui s’engage est à la fois logique, traître et des plus étranges. Mon ami ne vend pas son ami flic et respecte par la même la loi sacrée du milieu. L’espace d’un instant, je m’imagine que les siciliens veulent un motif valable pour punir l’ami d’enfance de Sandro mais la conversation repart de plus belle sans queue ni tête pour l’observateur extérieur que je suis. Une fois de plus, le patron du Print et du HCC tend une perche pour découvrir le fin mot de l’histoire et une fois de plus la réponse semble décevante.

Le parrain vieillissant de l’une des branches de l’une des plus grandes organisations criminelles du monde semble se perdre dans ses souvenirs mais mon écoute attentive me permet de me rendre compte de l’insistance sur la famiglia qui ne saurait être anodine. Les grands chefs mafieux ne parlant que rarement pour ne rien dire. Je suis reconnaissant à Aless de se montrer si persévérant mais étant assis dans un fauteuil dans le couloir attenant je ne peux pas savoir de quoi il retourne. Seule mon ouïe est en jeu ici. Le ton de mon ami m’inquiète car il semble plus que troublé. Le fils du Don est mort assassiné. Voilà bien le genre de nouvelle explosive qui pourrait déclencher des appétits chez les organisations rivales. Mais ma loyauté à Aless fait que le secret est bien gardé avec moi. Je ne comprends pas pourquoi la mort de l’héritier mafieux est si importante. Elle l’est à l’échelle de toute l’organisation bien évidemment mais en quoi concerne t’elle Alessandro Amaro à ce point. La réponse me scotche sur place et mes yeux s’écarquillent d’eux mêmes. Mon regard se fait ahuri peu importe la présence des deux mafieux devant moi.

Je réprime à grande peine une exclamation de surprise. Merda ! Je ne l’avais pas vu venir celle-là. Le fils mort est le demi-frère de mon associé qui est donc le fils du Don de la côte ouest. Ébahi et complètement estomaqué par la nouvelle, j’en perds mon latin et semble incapable de bouger avant de me reprendre de justesse au moment où la porte s’ouvre à la volée. Mon regard est inchangé mais mon expression générale est redevenue neutre. Le regard que nous échangeons est suffisant pour comprendre que nous partageons la surprise la plus complète vis-à-vis de ces révélations. Les deux hommes s’engagent dans le couloir et Aless m’invite à les suivre. Aussi, je me lève prestement et le rejoins dans la foulée. Je n’ouvre pas la bouche mais me poste à coté de mon ami bouleversé tel un mur qu’il sera impossible de faire chanceler. Mon regard se fait tranchant et met au défi le mentor d’Aless de me faire dégager. Le cœur de ce dernier fait un écart bienvenu et après un soupir de mécontentement nous repartons vers le bureau de Sonny. Ma main vient se poser un instant sur l’épaule de mon ami en guise de soutien moral. Je n’imagine pas ce qu’il doit ressentir en cet instant. Mais sa vie s’est construite sur un mensonge et cela, cela ne saurait laisser personne indemne.
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MessageSujet: Re: Ritorno al passato || PV Arès   Ven 29 Sep - 22:55


Ritorno al passato
Je suis littéralement sonné. Rien n’a jamais filtré de la part de mes parents, tant de ma madre, tant de celui que je croyais être mon padre et qui est mort en taule sur l’ordre de mon véritable géniteur. Et pourtant… Quand j’ai eu l’âge de comprendre le monde des grandes personnes, où plutôt lorsque je me suis rendu compte de l’existence de la mafia qui régissait ma vie comme celle de tous ceux du quartier, je ne me suis pas reconnu dans ce padre si servile, si couard. Je me souviens très bien de Guiseppe Amaro baissant les yeux et rasant les murs quand les hommes de Sonny étaient dans le quartier. Adolescent, j’ai honni ce père pleutre et faible, n’y voyant aucun modèle à suivre. Et dans ma tête de jeune homme, j’avais élu Sonny à ce rang de padre. C’est lui qui a toujours été là, pas très loin, tel un ange gardien. Un ange qui m’a souvent collé de sacrées torgnoles quand il m’apprenait à me battre.  Un ange qui m’a crié dessus, comme jamais on a pu hurler sur quelqu’un. Sonny pouvait être aussi brutal que rassurant et protecteur. C’est lui que j’ai pris comme modèle pour forger l’homme que je suis devenu.

La main de mio amico sur mon épaule me fait réagir. Sa poigne est ferme et forte. Pourtant sentir mon épaule se faire écraser par la puissance d’Arès me fait du bien. Ce n’est pas d’une gentille tape dans le dos dont j’ai besoin, mais bien de ce soutient viril. Le secret de ma naissance est une vraie explosion dans mon cœur et mon âme. Je suis heureux que ce soit mon second qui m’accompagne et non Ryan ou un autre de nos hommes. Je le considère comme Don Stefano considère Sonny. Un homme à qui je peux confier tous mes secrets, un homme à qui je peux tourner le dos sans avoir à me méfier. Un grand luxe dans nos professions. Je pense que la réciproque est vraie. Nous suivons Sonny jusqu’à son bureau. Il ferme la porte dans notre dos et nous propose à boire.

- Ce que tu as de plus fort en triple dose.

Je ne laisse aucune consigne à Arès, c’est un grand garçon. Puis ce n’est pas comme si nous pouvions nous enivrer. Toutefois, là je le regrette un peu. Je m’affale dans un des fauteuils sans attendre la permission de le faire. Si je suis le fils du parrain, je peux bien me permettre une entorse à l’étiquette. Le front de mon mentor se plisse. Je le toise, le mettant au défi de me faire relever. J’attaque avec la première question qui me brûle les lèvres lorsque Sonny me tend mon verre d’eau de vie.

- Si Filippo ne s’était pas fait descendre, l’aurai-je su un jour ?
- A ton avis ?
- Bien évidement que non…


Je noie mon amertume en plongeant mon nez dans mon verre. L’odeur de l’alcool me grille les muqueuses.

- Tu m’aurais donc laissé vivre en pendant que j’étais le fils d’un peureux ?
- Aless’ si tu avais su, aurais-tu tracé ta route telle que tu l’as fait ?


J’ouvre le museau pour lui répondre que oui, mais je me tais. Je réfléchis à ce qu’il suggère implicitement. Si j’avais su que j’étais le fils de Stefano Corleone, j’aurai été plus arrogant et certainement moins prudent avec l’immunité de ce nom qui fait trembler tout Los Angeles. Sonny me scrute en silence. Il contemple son œuvre. Car c’est ce que je suis. Je comprends maintenant les raisons qui l’ont poussé à me prendre sous son aile. Il m’a élevé comme Guiseppe Amaro était incapable de le faire, comme Stefano Corleone l’aurait fait s’il avait pu me reconnaitre sans bouleverser l’ordre familial. Un bâtard ne peut pas prétendre au trône.

- J’étais censé te remplacer c’est ça ? Devenir le bras droit de mio fratellastro ?

Sonny se contente d’un vague signe de la main.

- Qu’est qui t’assurait que j’allais lui être fidèle alors qu’à 28 ans je ne l’ai croisé qu’une unique fois ?
- Rien Aless’, rien. Et…
- Et quoi ?
- Filippo était un gestionnaire, pas un homme d’action. Il n’avait pas la présence de Stefano… ni la tienne.
- Tu comptes avertir Graziella qu’elle a un fratellastro ou pas ?
- Cette décision ne m’appartient pas.
- Je pourrais la prendre à ta place.
- Je ne te le conseille pas…
- Ou bien ? Tu vas flinguer le dernier fils de Don Stefano, ou il a encore plein de bâtards dans la manche ?


La claque est retentissante. Sonny s’est levé brusquement. Je n’ai pas paré, pensant qu’il voulait juste me crier dessus de plus près. Je ne bronche pas, même si la peau de ma joue est cuisante. Ils ont besoin de moi. Ce fait change bien des choses.

- Donc je suis censé venger mio fratellastro?
- Oui.
- Et tu penses que présenté ainsi, je vais avoir une soudaine monté d’amour fraternel ? Filippo n’est pour moi que le fils du parrain qui a tout eu sans rien avoir à faire pour l’obtenir. Je n’ai aucune estime pour lui, même maintenant en sachant ce qui nous lie.
- Tu vas le faire pour venger l’honneur de ton parrain.
- Je crois que j’en ai assez d’être votre pion.


Le ton monte. Sonny ne s’attendait visiblement pas à cette réaction de ma part. J’ai encore du mal à appréhender ce qu’il va se passer par la suite.

- Bon, admettons. Je bute ceux qui ont descendu Filippo. Et après ? Si vous m’avez caché mon ascendance pour que je ne dévie pas de la route. Et maintenant ?
- Et maintenant tu commences par prendre la place qui t’étais dévolue.
- Cosa ?!
- Celle de me remplacer.
- Vu son âge, Don Stefano a plus de chance de clamser avant toi…
- Aless… Il devient important que tu deviennes un élément incontournable à Los Angeles.
- Los Angeles ?
- Oui. Afin de légitimer ta position.
- Pour éventuellement mettre un bâtard à la tête de la Cosa Nostra ?!
- C’est la volonté de Don Stefano…
- … qui n’a pas les palle de me le dire en face !


Je me lève brusquement et tourne dans le bureau de Sonny comme un lion en cage. Je cherche une quelconque aide dans le regard d’Arès. Mais mio Amico est aussi perdu que moi. Toutefois je lis dans son regard qu’il m’épaulera quelque soit ma décision. Je termine mon verre cul sec et le repose bruyamment sur le bureau de Sonny qui sursaute. Ils m’ont banni de la ville pour avoir eu l’audace d’empiéter sur le territoire d’un neveu à Don Stefano, mon cousin en fait… alors que je suis son putana di merda de fils ! Ils m’ont torturé parce que j’ai eu le culot de revenir pour venger ce padre que je croyais le mien. Et maintenant, ils me demandent de jouer le chien fidèle et d’encaisser sans broncher leurs aveux.

Je fixe le grand black qui est bien des choses pour moi. Ami, bras droit, associé, garde du corps, videur et très certainement garde-fou. Un sourire mauvais nait sur mes lèvres, au fur et à mesure qu’un grand schéma se dessine dans ma cervelle. Je viens me placer derrière Arès qui, comme je l’avais fait, s’est assis sans y avoir été invité. Je pose mes mains sur ses deux épaules et prends légèrement appui sur ce colosse.

- Ton remplaçant Sonny ? Tu l’as devant toi. Oui, un black, ajouté-je quand je vois mon sicilien de mentor tiquer.

C’est que nous sommes très rétrogrades à la Cosa Nostra. Seuls les hommes catholiques et d’origine italienne peuvent prétendre grimper dans les échelons de commandement de notre mafia.

- Tu disais vrai en affirmant que j’aurai agi autrement si j’avais su que j’étais son fils. Seulement l’homme que je suis aujourd’hui, n’est plus le jeune que tu as « éduqué ».

Sonny plisse les yeux, attentif à ce que je dis. Il comprend que cela ne va pas être simple et que Don Stefano a fait une erreur en laissant à son second, la charge de cette discussion. Je suis son fils, mais il me vire de son bureau comme n’importe quel membre de l’organizzazione. Mais ensuite il veut que je me comporte comme un héritier...

- Je ne suis pas Filippo. Mes hommes respectent Alessandro Amaro et non le fils de X ou Y.
- Où veux-tu en venir ?
- Où je ne viens pas plutôt ! Hors de question que je ramène mes fesses à Los Angeles au moindre coup de sifflet.


J’explique à Sonny que je compte bien continuer mon expansion sur Beacon Hills. Que oui, je vais aller butter ces porca puttana troia de napoletano qui ont descendu le fils du patron.

- Mais tu ne penses pas qu’il serait temps de faire le ménage en interne Sonny ?
- Que sous-entends-tu ?
- Vincenzo Leonelli est venu en personne me voir à Beacon Hills. Moi petit capo banni de sa ville natale. Je ne pense pas qu’il savait quoi que ce soit, toutefois quelqu’un a bien dû lui dire quelque chose qui justifie ce déplacement.
- Des traites en interne ?
- Est-ce inenvisageable ?
- Non. C’est malheureusement bien possible.


Sonny se rassoit dans son fauteuil. Il semble avoir pris dix ans d’un coup. Il fixe Arès d’un regard inquisiteur. Mio amico reste impassible, seulement je sens bien que l’agacement le gagne. J'interviens avant qu'il ne montre les crocs comme la bête de foire qu'il n'est pas.

- Soit tu acceptes mon modèle de fonctionnement qui privilégie les compétences devant un bulletin de naissance. Soit je monte ma propre mafia, ma propre Cosa Nostra. Beaucoup en ont assez de nos coutumes arriérées.

Je me tiens à côté d’Arès qui, incité par la pression de mes mains, est resté assis. Ici, seuls les chefs s’assoient lors des discussions importantes. Nous faisons face à deux. Sonny comprend que son poulain vient de lui échapper.

- Ok Aless’. Mais sérieusement tu veux arriver à quoi depuis Beacon Hills ?
- Filippo avait bien un mini jet non ?
- Effectivement.
- Cela me met donc à vingt minutes de Los Angeles.


Pour l’heure, il n’est pas question de l’influence que je peux prendre dans l’organisation en devenant l’un des lieutenants phare de la famiglia, mais de mener à bien ma tâche chez les napoletani. Sonny nous donne tous les renseignements qu’il a en sa possession. Et nouveauté, il s’adresse autant à moi qu’à Arès, preuve qu’il a intégré mio amico comme étant un élément incontournable de mon environnement. Je laisse même Arès se faire préciser certains détails qui lui échappent. Il n’a pas encore toute la culture de la famiglia, et certaines évidences sur lesquelles Sonny est passées rapidement, ne le sont pas pour le tigre.

(…)

Les regards se lèvent sur le trio que nous formons, Sonny, Arès et moi à l’entrée de ce restaurant gastronomique où mon mentor a tenu de nous inviter. Je souris car Arès garde ses tics de garde du corps. Hors ce soir, c’est son corps à lui qui va être gardé. Les hommes de Sonny assurent notre sécurité.

Cette fois, je nage dans le même bassin que les gros poissons. Requin parmi les requins. Si j’ai encore du mal avec cette filiation surprise, les portes qu’elle m’ouvre me colle une belle ivresse. Arès cherche mon regard. Je crois que mio amico tente de me dire de garder les pieds sur terre et la tête au frais.

- Ne t’inquiète pas Tigrou. Nous continuons à l’ancienne. Le respect se gagne avec nos actes quotidiens et non pas avec un acte de naissance.

Je le rassure, mais il a raison de refroidir mon ardeur. Ma vie n’a jamais été aussi mortelle que maintenant. Et une deuxième tête bien remplie ne sera pas de trop pour faire face au travail qui va nous tomber dessus. Victor Barns était un amuse-bouche à comparer à ce qui nous attend. Nous allons passer la nuit dans l’immense villa de Don Stefano avant de rentrer à Beacon Hills. Puis ce sera direction San Francisco. Nous avons mille détails à régler avec Sonny, car avec ma Squadra, et la Stiddia, je n’ai pas assez d’hommes. Lors du repas, qui est succulent, je laisse Arès voir avec Sonny le profil des hommes qu’il va nous déléguer.

Pendant qu’ils débattent âprement, car le tigre est intraitable lorsqu’il s’agit de recrutement, je réfléchis à ma nouvelle situation. Normalement c’est Sonny qui devrait laver l’affront du meurtre de Filippo. En me désignant, il me permet de m’élever dans la hiérarchie de la famiglia. Seulement je reste persuadé que le problème ne vient pas uniquement des napoletani. Il faut que je trouve à qui profite le crime de Filippo parmi les proches de Don Stefano. Car tant qu’il y a des vers dans la pomme, elle reste immangeable.


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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Ritorno al passato || PV Arès   Dim 1 Oct - 19:31

Ritorno al passato PV Aless
La puissance d’une telle révélation n’a d’égale que sa dangerosité. Dangerosité non pas en tant que telle mais pour l’équilibre intérieur d’un ètre vivant. Nous nous construisons chacun en suivant des modèles tout tracés, volontairement choisis ou gracieusement offerts par le destin mais nous nous construisons tous d’une manière ou d’une autre. Aucun homme n’est constitué de vide tout comme aucune bâtisse peu importe sa taille ne saurait tenir sans de solides fondations. Pour ma part, j’ai dû composer avec des failles aussi larges que celle de San Andreas. Difficile en effet de trouver des appuis stables et réconfortants sans parents. Pour autant, j’y étais parvenu par échelon successif. D’abord, la fraternité d’une bande de compagnons d’infortune à jamais considérés comme des frères et une première famille dont le souvenir est et restera à jamais impérissable. Puis, la rage pleine de fougue d’une jeunesse tristement désabusée. La rage de celui qui se bat pour prendre une revanche éclatante sur un destin morne voire tragique. Enfin, la lucidité sévère étouffant dans ses bras l’espoir immaculé teinté d’innocente insouciance. Ce furent ces trois valeurs qui me façonnèrent d’elles mêmes sous la grisaille dépressive de ma ville natale. Bien sur quelques éducateurs et aînés de l’orphelinat savaient me faire embrasser leur vision des choses quelques fois mais ce sont ces trois choses qui expliquent l’homme que je suis aujourd’hui.

Je me demande parfois si le fait de ne pas m’ètre identifié à un garant d’une autorité supérieure et naturelle émanant de liens héréditaires est la cause de mon pragmatisme et de ma capacité d’adaptation innée. Oh, bien sur la rencontre avec ma tante et mes cousins m’avait permis de trouver un substitut en oncle John qui me considérait d’ailleurs comme un fils ou du moins n’avait jamais cessé de me traiter comme tel. Puis, ce fut Idris le chef d’Azgeda qui deviendrait des années plus tard mon beau père. Mais, c’est durant l’enfance que le processus est le plus nécessaire et on ne saurait rattraper l’irrattrapable. Ma fille n’aurait jamais à subir cela car même si je tombais pour mon devoir, Za veillerait sur notre petit ange comme il se doit. Cette pensée aussi triste soit elle me réconforte grandement et dans ce geste simple mais sincèrement dévoué que j’offre à Sandro se transmet une promesse silencieuse. Peu importe les bouleversements, les découvertes ou les secrets je serais là pour toi mio amico. Je serais le roc sur lequel tu n’auras qu’à t’appuyer. Que les vagues soient rendues furieuses par la houle de ton monde, tu ne feras jamais naufrage parce que je ne le permettrais pas. Si, je peux ressentir la peine et la colère du sicilien et tenter de l’apaiser par cette main enserrant fermement mais amicalement son épaule, je ne puis en revanche la comprendre car n’ayant pas eu de paternel appréhender le fait d’en avoir deux est au-dessus de mes moyens.

Néanmoins, ma présence se veut en cet instant bien plus réconfortante que protectrice. Comme si j’espérais que mon visage aux traits rugueux constituerait une bouée potentielle pour Alessandro au milieu d’une tempête pouvant conduire au naufrage. Sa vie s’est basée sur un mensonge d’une telle ampleur que même quelqu’un de la trempe du patron du Print pouvait raisonnablement chanceler voire s’effondrer et cela ne ferait pas de lui quelqu’un de faible pour autant bien au contraire mais simplement quelqu’un d’humain. Nous tombions tous à un moment ou l’autre car la perfection n’était malheureusement pas de ce monde. L’essentiel était de se relever à chaque fois. J’avais lu un jour que le propre des hommes forts n’était pas de ne pas être sujets aux doutes et aux souffrances du commun des mortels mais simplement d’y faire face plus aisément et de s’en remettre plus rapidement. Aless encaissait plutôt bien nous étions assez semblables de ce point de vue. Nous pénétrons finalement tous trois dans le bureau du second de don Corleone quelques instants plus tard.

Sonny ferme dans notre sillage et nous propose à boire. Le fils du parrain me laisse le champ libre ce que j’apprécie naturellement n’étant pas un vulgaire porte-flingue. Faisant écho à la demande de Sandro, je me contente d’un sobre. La même chose pour moi Sonny s’il te plait. Alessandro s’installe dans un fauteuil de cuir blanc sans attendre la permission de notre hôte ce qui entraîne un duel de regards qui s’achève lorsque le bras droit du parrain lui tend un verre d’eau de vie qu’il saisit au vol et porte à ses lèvres sans attendre. Sonny m’en tend un autre et je le remercie d’un léger signe de tète avant de m’installer à mon tour dans un canapé adjacent sans attendre l’aval de quelqu’un. Ils ne s’imaginaient tout de même pas que j’allais poireauter debout. Puis, de toute manière personne ne fait vraiment attention à moi ce qui m’arrange grandement. Car, c’est l’épilogue de l’aveu de Stephano qui se joue ici. Je ne saurais donc être autre chose qu’un spectateur attentif tout aussi avide de réponses et d’éclaircissement que mon ami sans pouvoir forcer à quoi que ce soit contrairement à Alessandro qui assimile bien rapidement les avantages de sa nouvelle position filiale en esprit aiguisé qu’il est. Portant mon propre verre d’eau de vie à mes lèvres, j’observe les deux siciliens crever l’abcès de vingt-huit ans de secret.

La discussion n’a rien de douce et ne se fait pas sans heurt mais l’amertume perçant les mots de mon associé me serre le cœur. Je sais qu’il n’est pas habitué à ce rôle de victime du destin, de piégé dans le cadre, de dépassé par la situation lui dont la personnalité le poussait à vouloir tout maîtriser et l’intimité de cette perspective gonfle encore davantage de compassion mon cœur tourné vers l’amant de Jansen. Sale histoire que tout ce merdier. Sale histoire. Mais il n’y a de toute manière pas grand-chose de propre de ce côté de la barrière. Le pouvoir absolu a ses coûts et ceux-ci sont bien souvent surélevés. Aless dépité fait peine à voir et se plonge dans le contenu de son verre comme s’il pouvait s’y noyer. Inquiet de cette réaction somme toute logique mais ne ressemblant en rien à celle du sicilien que j’avais choisi pour être le second père d’Oz, je commence à avoir envie d’insulter le Corleone, son second ou n’importe quel sicilien dans un rayon de cent mètres. Sur ce point, il fallait reconnaître que j’avais l’embarras du choix. Pourtant, je garde le silence la mine grave.

Le raisonnement et la logique mafieuse ne m’est pas bien compliqué à calquer mais je ne peux m’empêcher d’avoir des envies de violence envers l’organisation d’Alessandro. Le garder sous la main pour l’utiliser de telle ou telle manière, pouvoir le placer à un endroit ou le rappeler en cas de problème. J’aimerais pouvoir dire que cela me rend malade mais cela n’a rien d’étonnant dans le milieu dans lequel nous baignons. J’ai néanmoins mal pour mon associé. Savourant lentement mon eau de vie, je suis pris de court lorsque Sonny quitte son bureau à une vitesse admirable pour un humain de son âge et décoche une formidable claque à son ancien protégé. Je ne sais pas comment réagir. Mon instinct me pousse à aller contraindre le mentor à prendre ses distances et à éviter de porter de nouveau la main sur Aless à moins de vouloir la perdre mais je ne peux raisonnablement pas me le permettre dans un palace rempli à ras bord de mafieux à sa solde et puis toute cette histoire dépasse de loin ce à quoi je m’attendais en accompagnant mon partenaire de fiesta meurtrière ici. Dépassé je ne peux qu’ètre et dépassé je suis. Par bien des aspects c’est ce Sonny qui a joué le rôle de père pour Alessandro. Cette discussion est donc tellement particulière que je n’adresse même pas d’œillade mauvaise au sicilien pour le dissuader de lever la main sur Sandro. Et vu la réaction de ce dernier ce n’est pas ce genre de caresse qui saurait changer quoi que ce soit au drame qui se déroule.

Alessandro se rebiffe et interroge âprement sur les motivations qui le pousserait à obéir aux ordres vu sa nouvelle position. Un mince sourire passe furtivement sur mes lèvres. Là, je le reconnais ! Ils ne me l’ont pas flingué. Mais bien que ragaillardi par cette rassurante perspective je suis toujours autant perplexe devant toute cette histoire. Le ton monte et la surprise sur le visage de Sonny en dit long. La suite manque de m’achever et je dois faire un effort de titan pour ne pas recracher l’alcool dans ma bouche. Los Angeles, Aless, remplacer Sonny, devenir le nouveau pontife du crime sicilien nord-américain. Je comprends la colère de mio amico et la partage même dans une certaine mesure mais quand bien même tout cela semble logique cela n’en reste pas assourdissant. Tout va trop vite et si je suis aisément l’ensemble découlant de ses révélations. L’encaisser prend du temps. Aless va devenir le chef de la famille Corleone malgré son rang d’enfant illégitime car le vieux ne pourrait faire autrement.

Ce qui voulait dire que je devrais gérer Beacon Hills pour lui. Il allait falloir apprendre vite et bien. Faire des erreurs, tomber, se relever...Dire qu'il y a un an je ne connaissais le milieu que de la façade de l'exécutant temporaire. Aujourd'hui, je dirigeais des hommes, contrôlais, administrais, prévoyais et anticipais. Je suis un autodidacte. Je l'avais toujours été. Mais ça. Depuis ma rencontre avec Sandro tout allait vite. Trop vite ? Peut être bien mais vivre de cette manière à deux cents à l'heure éreinté par l'ivresse c'était vivre pleinement. Quand bien mème, j'appréciais sincèrement ralentir le rythme par moment et me poser pour savourer l'existence comme l'on goûte un grand cru qui s'affermit et se bonifie avec l’âge. Est-ce que j'étais effrayé par cet avenir potentiel ? Terrifié oui. Bordel ! Je me rappelle le gamin que j'étais autrefois et je me demande s'il serait fier de ce que nous sommes devenu. La moralité n'entre pas en ligne de mire. L'orphelinat a fait ce qu'il a pu mais c'est dans la rue que j'ai grandi et appris. Comme Alessandro par ailleurs seulement rien ne laissait présager que nos destins seraient liés. Je m'en étais bien sorti jusque-là bien plus en raison de ma cervelle que de ma carrure en réalité mais ce n'est pas parce que quelque chose a l'air facile que cette chose l'est réellement. Aless se lève et se met à tourner en cage comme un fauve. Situation me rappelant des souvenirs récents assez désagréables. Je m’enfile la fin de mon verre cul sec en même temps que mon associé et nos regards se croisent. Aucune réponse miraculeuse dans mes yeux mais la promesse solennelle renouvelée d’un soutien sans faille quel que soit le choix abordé. Le parrain montant de Beacon Hills me fixe de longs instants avant de venir se placer derrière moi un sourire étrange vissé aux lèvres mais je ne m’inquiète pas. Si je tombais sous les balles, Alessandro me vengerait probablement sans hésiter. Son demi-frère ne pouvait en dire autant.

Les mains de ce dernier se posent sur mes épaules et je le soutiens pendant qu’il révèle le fond de sa pensée. Interloqué je ne masque en rien ma surprise. Moi le second de cette organisation à la mentalité d’un autre âge. Oh, ce n’’était en rien propre aux siciliens. Je le savais parfaitement pour avoir longtemps roulé pour les russes. Les siciliens, les napolitains, les russes, les albanais, les irlandais, les juifs ils couvaient tous les gens de couleur d’un regard méprisant tout en bossant avec eux dans le monde souterrain. Cependant bien plus que ce fait c’était ma volonté et un pan non négligeable de mon existence qui me poussait à tomber des nus. Passer de mercenaire d’élite aux tarifs prohibés, à second d’un exilé mafieux débordant d’ambition était déjà un grand pas en avant dans la lumière du monde souterrain mais ça. Je n’y avais jamais aspiré et n’y aurais jamais pensé. Pourtant, je défie l’ex mentor d’Aless du regard d’un air sérieux. Sonny plisse les yeux devant les arguments aiguisés de son ancien protégé. Je réprime un soupir de soulagement en entendant mon associé jeter à la figure de Sonny qu’il ne compte pas se pointer à LA comme un bon toutou dès que l’on aurait besoin de lui. J’hoche la tête lorsque ce dernier souligne que nous respectons l’homme et pas le fils de. La discussion sur les projets d’Alessandro et la présence envisageable de taupes napolitaines dans les rangs siciliens voit la pression sur mes épaules se faire plus pesante.

Sonny se met à me détailler d’un œil inquisiteur et je ne le quitte pas des yeux. Impassible mais bien vite agacé je m’apprête à demander à l’homme si la vue lui plait et s’il ne veut pas que je me foute à poil tant qu’il y est mais mio amico me connait suffisamment pour comprendre mon état d’esprit en cet instant et intervient de justesse. Il lance un ultimatum à son mentor qui ne peut que reculer sous peine de perdre la partie. Je manque néanmoins d’éclater de rire en entendant Aless évoquer l’existence et l’utilité d’un mini jet privé pour faire la liaison entre Beacon Hills et LA. Tout cela parait tellement irréel sur l’instant que ces moyens mafieux me subjuguent. L’entrevue se termine sur une discussion au sujet des représailles à préparer contre l’ennemi héréditaire et rival napolitain. Sonny s’adresse à moi au lieu de ne se concentrer que sur Aless preuve qu’il a consenti à m’intégrer pleinement comme un élément fort de l’avenir de son poulain. Je lui en suis reconnaissant bien que mon associé ne lui en ai pas laissé le choix. Je dois néanmoins interrompre les échanges à plusieurs reprises pour être briefé sur des termes techniques propres au milieu italo-américain.

(…)

En costumes de soirées impeccables, le trio de cet après-midi se tient devant la porte d’un restaurant gastronomique dans lequel je n’aurais jamais eu l’idée de mettre les pieds de mon plein gré. Non pas que mon enfance difficile me faisait complexer par rapport à ma récente ascension souterraine mais que je préférais souvent de bons plats simples mais conséquents tels que le ragoût de Maddy, les sphagettis de Nolan, les tartes à la patate douce de ma chère tante ou même les gâteaux indigestes de ma lionne. Car lorsque l’on a grandi dans le dénuement, ce n’est pas tant la rareté des mets que l’on apprécie mais bien plus le fait de ne pas manquer. Nous sommes conduits à une table réservée par un serveur en trois pièces tandis que des joueurs de violons font baigner l’atmosphère de volupté. Incapable de me défaire de mes réflexes de protecteur, je ne lâche pas Aless d’une semelle et surveille l’environnement avec encore plus d’implication désormais que je sais qui il est réellement. Ce qui peut paraître ridicule puisque toute une équipe de tueurs a été discrètement déployée dans les environs par Sonny et que la-dite équipe a ma propre protection en tête en plus de celles des hommes de confiance du Corleone.

Je sens bien que tout ce luxe, toute cette magnificence et cette grandeur enivre mon associé. C’est ce pourquoi il s’est toujours battu, le rêve qu’il n’a jamais cessé de tenter d’atteindre même dans une petite ville secondaire mais ce n’est pas parce que l’on atteint un sommet que l’on ne peut chuter au contraire la chute n’en est même que plus douloureuse. Je tente de le mettre en garde d’un regard et sourire crispé mais il me rassure bien vite. Tu me vois rassuré Sandro. Tu me vois rassuré. C’est comme ça que j’ai appris et c’est comme ça que je fonctionne. Heureux de voir que le changement de rang n’a pas fait exploser tes chevilles. Le repas débute sous de bons auspices lorsque le gout succulent des plats et du vin me transporte sur la méditerranée. Pendant que nos estomacs festoient, je négocie avec Sonny le profil des renforts qui compléterait bien nos troupes à Beacon Hills sans faire de concession. Je ne m’incline pas, ne m’écrase pas dans un domaine que je maîtrise avec brio depuis peu. Hors de question de nous refiler, les amoureux de la gâchette, les rebelles ou les grandes gueules. Je veux du professionnel compétent et spécialisé. Aless parait se perdre dans ses pensées mais je sais qu’il réfléchit à ce qui nous attend. Pour ma part, concentré sur les modalités je n’ai pas le temps de m’inquiéter ou de prendre la mesure du défi.
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MessageSujet: Re: Ritorno al passato || PV Arès   Sam 14 Oct - 14:14


Ritorno al passato


Arès s’inquiétait pour mes chevilles. J’avoue qu’avec mon tempérament de flambeur, l’élasticité de mes chaussettes est mise à rude épreuve par une telle promotion filiale. Puttana di merda ! Si le Don avait assumé sa paternité je me nommerais Corleone et non pas Amaro. Corleone… un nom mythique que l’on prononce avec crainte et respect.  Un nom qui en impose, celui du parrain de la Cosa Nostra. Les bruits du restaurant se perdent dans un brouhaha indistinct à mes oreilles. Je vois Sonny et Arès discuter et négocier âprement, pourtant je n’entends pas leur conversation. Les lumières autours de nous me semblent autant de cierges que l’on trouve dans une église. Le décor autour de moi semble prendre vie et se met à tourner. Les conversations se distordent dans des dysharmonies entêtantes. J’ai le vertige, un vrai étourdissement qui me fait me tenir à ma chaise à deux mains. Je crois que j’encaisse seulement maintenant la nouvelle. J’ai un père vivant. Un homme que j’ai toujours respecté, un homme que j’ai souvent craint. Corleone !

Un tournis d’émotions se bouscule dans mon cœur. Comment rester de marbre et la tête froide avec ça ? J’ai rassuré Arès, mais je ne me suis pas rassuré moi-même. Qui suis-je ?

(…)

18 ans auparavant


Ebahi, je regarde les belles villas qui se succèdent, alors que la voiture où je me trouve avec Matteo mon petit frère et un autre gamin de mon quartier file sur la route sinueuse qui va vers les beaux quartiers de Santa Monica. Nous sommes invités à un anniversaire. Celui de Graziella Corleone la fille de Don Stephano. Elle a le même âge que moi. Je ne la connais pas. Nous sommes là, moi et plein d’autres enfants du quartier italien pour que Graziella ait une belle fête avec plein « d’amis ». Je suis encore jeune pourtant je me rends bien vite compte que la reine de la fête a peu d’amis, de vrais amis comme Matteo et moi avons dans notre quartier. Mais ces considérations sont bien vite effacées par le monceau de friandises que l’on nous offre, les gâteaux en forme de châteaux et les animations proposés à la trentaine de bambino présents ce jour-là.

Plusieurs voitures étaient venues nous chercher dans le quartier. Je me souviens de l’air étonné de ma mère et du regard contrarié de mon père quand un gars était passé à la maison pour venir nous donner en main propre à mon frère et moi un carton d’invitation. On ne refuse pas une invitation de Don Stefano Corleone. Mais ça, j’étais bien trop jeune pour le comprendre.

J’ai laissé à Matteo le kart avec lequel je viens de gagner deux fois de suite les courses improvisées sur un mini circuit pour m’approcher des stands de jeux. Dédaignant les pêches aux canards, les chamboule tout ou les jeux de cerceaux, je suis comme attiré par le stand de tir. Celui-ci est divisé en deux parties, une réservée aux enfants avec des fusils qui tirent des billes en plastique et une autre pour les adultes avec des carabines à air comprimé chargées de plombs.

L’homme en charge du stand me tend un fusil et me propose de viser les ballons qui volent dans une cage de fils de fer. Fasciné, je le regarde me montrer comment viser et tirer. Avec application je répète ses gestes, vise un des ballons et tire. Le ballon reste intact.

- Compense la déviation.


Un homme, sigaretta collée au coin des lèvres, s’agenouille à côté de moi et m’explique qu’il faut que je dévie ma visée par rapport à mon premier tir.

- Comment t’appelles-tu ?
- Alessandro monsieur.
- Appelle-moi Sonny.
- D’accord Sonny.


J’ai dégommé tous les ballons. Et contrairement à ce qu’un panneau indique, j’ai eu le droit à tester une carabine à air comprimé. C’est plus difficile car il y a du recul. Là il s’agit de tirer sur des pipes qui basculent quand on les touche. Je rate tout la première série. Vexé je repose l’arme. Sonny la prend et la recharge.

- Encore.
- C’est trop dur.
- Tu vises, tu tires. Tu vises, tu tires. Pas de temps d’arrêt. Tu vises, tu tires. Essaye encore.


Sonny est patient. A aucun moment il élève la voix ou fait mine de partir. Alors je retente ma chance et écoute ses conseils. Il s’est placé dans mon dos, et corrige ma position. Les efforts payent à la troisième série où je na rate qu’une seule des cibles. Grisé par l’exercice, j’en redemande. Sonny me fait passer sur des cibles de plus en plus difficiles. Je resterai scotché au stand de tir toute l’après-midi.

- Ciao Sonny. Comment se débrouille le bambino ?
- Ciao Stefano. Il se débrouille comme un chef. Il a ça dans le sang Boss.


Etonné, je regarde l’homme que tout le monde salue avec respect. Il me frotte le crane et m’ébouriffe les cheveux puis me demande de lui montrer ce que je sais faire. Je regarde Sonny qui m’encourage d’un sourire. Je prends la carabine et la charge comme il me l’a montré avant de fermer la culasse d’un coup sec. Mes gestes sont précis et fermes. J’épaule et vise la série de pipes qui défilent devant mes yeux.

« Je vise, je tire… »

Le bruit cadencé des impacts marque ma totale réussite. Mordillant son cigare, le patron de Sonny m’observe avec attention. J’ai envie de l’impressionner, alors je recharge la carabine et m’attaque aux petites balles qui tombent aléatoirement dans une caisse. Les cibles sont petites et en mouvement aléatoire. Quand j’ai tiré mon dernier plomb, il en reste deux sur les huit initiales. Honteux de les avoir ratées je baisse la tête, le menton collé sur ma poitrine.

- Rome ne s’est pas bâti en un jour Alessio. Tu es un bon tireur et pas de doute, tu deviendras meilleur que Sonny.

Sonny secoue la tête en riant. A partir de ce jour, le bras droit de Don Stefano croisera régulièrement mon chemin.

(...)

Retour au présent.

Je regarde Sonny. Se doutait-il à ce moment-là de la situation actuelle ? Avec le recul, je comprends que ce que j’avais pris pour des choix personnels, étaient simplement la voie dans laquelle mon mentor m’a poussé. Depuis le début, je suis « la roue de secours ». Je ne sais pas si je dois m’en réjouir ou m’en vexer. Arès me regarde à la dérobée. Nul doute qu’il doit entendre mon cœur s’affoler. Le tigre dégage une puissance tranquille. Mio amico est fort, bien plus que moi et pourtant il s’est rangé sous mes ordres. Nous sommes maintenant associés, pourtant il reste aux yeux de tous mon second. Comme Sonny l’est de Don Stefano. Ce n’est pas un rôle de subalterne, loin de là. Sans Sonny, l’organisation battrait de l’aile, comme la mienne sans la présence d’Ares. Et ce n’est pas un Corleone que mio amico a suivi, mais un Amaro. La confiance que me porte Arès me regonfle à bloc. Je me redresse sur ma chaise. L’homme qui m’a élevé était un faible, un mouton obéissant, élevant le fils d’un autre sans oser protester. C’est moi qui ai élevé le nom d’Amaro à la place qu’il est maintenant. Cela n’a pas le rayonnement d’un Corleone, mais je suis connu et respecté dans le milieu. Oui Sonny m’a guidé, oui il m’a poussé dans une voie qu’il m’a tracée. Mais j’ai fait mes preuves, prouvé que j’étais capable de faire du business dans ce milieu, de me faire respecter et d'être fidèle à la Cosa Nostra.

Un nouveau sourire s’affiche sur mes lèvres. Débat intérieur terminé. Le bulldozer Amaro est prêt à avancer de nouveau.

(…)

Retour à la villa de mon « padre ». A peine descendu de la voiture qu’un garde m’informe que Don Stefano veut me voir seul. Je dis à Arès qu’il peut aller se détendre, car à priori ma vie n’est pas en danger.

Jamais entrevue n’avait été aussi intense physiquement comme mentalement. Je sais maintenant de qui je tire ma capacité de travail. Avant de nous séparer mon padre me sert dans ses bras et ce qu’il me murmure me réchauffe le cœur.

(…)

J’ai piqué une bouteille de Grappa dans le salon de cette immense maison et viens m’incruster dans la chambre d’Arès. Il est au téléphone avec sa lionne.

- Bonsoir Za ! T’inquiètes pas je chaperonne ton mari.

J’ai parlé assez fort pour qu’elle m’entende. Arès n’a pas besoin de mettre le haut-parleur pour que je comprenne sa réponse. À ses yeux Je suis le pire des chaperons possibles. Banane sur le visage de mio amico et le mien.

- Bon tu raccroches qu’on puisse se soûler entre hommes ?

Je fais tinter ostensiblement les verres pour que Za la lionne entende. Rugissement à l’autre bout du fils.

- Je t’aime aussi. Et embrasse Ozalee pour moi.

Je laisse mio amico terminer avec son épouse avec des niaiseries totalement incompatibles avec sa carrure de tigre, nous verse deux verres pour les emmener sur le balcon. Dehors la nuit est tombée depuis longtemps. La lune affiche son premier quartier. Je n’imagine pas ma réaction, si j’avais appris ma réelle filiation par un jour de pleine lune…

- Za t’embrasse Sandro.
- Avec ou sans les crocs ?


Nous éclatons de rire et trinquons. Ma relation avec son épouse est tumultueuse mais très saine. C’est une reine qui a l’habitude que l’on courbe l’échine devant elle. Je suis bien trop fier et arrogant pour ne serait-ce baisser les yeux. Nous nous chamaillons constamment. Par contre à la moindre tuile, nous unirons nos forces en parfaite symbiose. Puis comme me le dit souvent Arès, cela met de l’animation dans les repas. Mon second me questionne sur mon entrevue en tête à tête avec le parrain. D’un signe de la tête, je lui indique l’intérieur de sa chambre. Nous rentrons et je ferme soigneusement la porte fenêtre.

- Il m’a fait ingurgiter le nom de tous ses contacts, les différentes alliances en cours, nos dettes, celles qu’on nous doit, le nom des traites qu’il connait mais qu’il laisse libre pour s’en servir et tout un tas de détails qu’il m’interdit de retranscrire ailleurs que dans ma cervelle.

Arès siffle longuement, se doutant de l’épreuve. Je connais déjà une bonne partie des noms, mais je n’avais pas idée de toutes les interactions. Arès suppose que c’est pour palier à son éventuel meurtre.

- Non. Don Stefano pense que la prochaine cible sera Sonny…

Autant je vais aller venger la mort de mio mezzo fratello car on me l’a ordonné, autant je déchainerai l’enfer sur terre sans qu’on est besoin de me le demander si Sonny venait à se faire abattre.

- Sinon, il m’a demandé de garder notre lien de parenté secret pour le moment, mais m’autorise à le dire à Graziella mia sorellastra. Demain nous rentrons à Beacon Hills. Il faut régler le problème Victor Barns avant de se mettre les napoletano à dos. Tempi pour le contrepouvoir toujours utile dans ce milieu. On laissera un autre Caïd prendre sa place.


(…)

Sur le chemin du retour, Arès me brosse un portrait des hommes que lui propose Sonny. J’en connais certains. Le matin je suis allé voir Graziella. Mia sorella se doutait bien que mon retour à Los Angeles avait un rapport avec la mort de Filippo. Toutefois comme moi, elle ne s’est jamais doutée de notre lien de parenté. D’abord étonnée, elle s’est dite heureuse de retrouver un fratello alors qu’elle vient d’en perdre un. J'ai souri lorsqu’elle m'a fait la même réflexion que notre padre.

- Si tu avais été l’aîné légitime Alessandro, tu ne te serais pas fait descendre aussi facilement que Filippo. C’est dommage que les choses n’aient pas été autrement.

J’ai gagné une sorella. J’ai encore du mal à considérer Graziella ainsi. Elle avait toujours été à mes yeux la princesse solitaire enfermée dans son château. Nous avons discuté une petite heure. Je lui ai brièvement résumé ma vie, elle a fait de même. Un sentiment de fraternité gonfle peu à peu dans mon cœur. Graziella est assurée de ma protection sans qu’il soit nécessaire de me l’ordonner. Je dépose Arès devant son imposante demeure puis retourne au Pink. C’est le rush de la fin d’après-midi. Notre absence aura durée deux jours. Je m’occupe des affaires en souffrance du bar pendant qu’Arès fait la tournée de nos hommes pour savoir comment se porte notre organisation.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Ritorno al passato || PV Arès   Dim 15 Oct - 15:28

Ritorno al passato PV Aless
La discussion avec le bras droit de don Corleone est particulièrement courtoise quand bien même la négociation de nos renforts pour mener la contre-attaque sicilienne dans le royaume napolitain est extrêmement âpre. Ce qui est somme toute aisément compréhensible car le mentor d’Alessandro s’attendait à ce que la maison mère de la Cosa Nostra sur la côte ouest se contenterait de nous donner du nombre pour que la future opération sanglante soit plus équitable face à des mafieux certainement déjà sur le pied de guerre et s’attendant à des représailles imminentes suite à ce qui sonnait comme bien pire qu’une déclaration de guerre. Ou plutôt n’était que la manifestation la plus implacable d’une guerre latente naturelle entre deux organisations rivales depuis leurs naissances respectives bien que selon certains historiens du crime organisé la sicilienne dominait la napolitaine ou inversement de sa primauté. Quoi qu’il en soit, je ne lâche rien et me montre intraitable face à ce mastodonte du monde souterrain car les ressources humaines étaient tout autant mon domaine que le sien. Dans l’organisation Amaro tous les recrutements passaient par moi et j’avais rapidement pris mes marques dans ce domaine entrant dans mes responsabilités de second pour alléger les charges d’Aless. Si l’homme ayant énormément contribué à faire de mio amico ce qu’il était aujourd’hui avait du caractère à revendre, j’en avais également et pouvais me montrer extrêmement têtu.

Je ne veux pas un approvisionnement en gros bras de base. Le genre de porte flingue que je pourrais aisément trouver dans les environs de Beacon Hills pour un tarif acceptable et dont les décès au cours de l’opération ne serait guère préjudiciable. Je le menace même de me tourner vers mon ancien réseau de mercenariat via Nolan dont les tarifs seraient là bien évidemment et j’en savais quelque chose pour avoir exercé en tant que tel, relativement prohibitifs. Tarifs qui seraient naturellement pris en charge par la Cosa Nostra puisque l’opération serait menée en son nom. Cela ne me dérangeait aucunement de faire appel à des spécialistes privés que j’avais connu dans le milieu. L’idée déplaît au père adoptif de Sandro car l’organizzzazionne ne voulait légitimement pas que cela s’ébruite. Monter une opération éclair pour frapper fort un ennemi devait rester secret pour ne pas perdre en efficacité. Or, les mercenaires étaient corruptibles. Bien évidemment, je ne l’aurais pas fait mais cela le sicilien n’avait nul besoin de le savoir. Un moyen de pression est un moyen de pression. Sonny finit par accepter mes exigences et valide les profils que je lui ai demandé de nous fournir en priorité.

Un sourire satisfait étire lentement mes lèvres et je le remercie en sicilien pour l’occasion ce qui lui arrache un sourire. Serait-t-il étonné qu’un afro américain maîtrise sa langue méditerranéenne chantante ? Bon, j’exagère en parlant de maitrise puisque je ne me débrouille tout juste. Je porte mon attention sur Aless en entendant les battements de son cœur. Nous échangeons un bref regard dans lequel il peut lire l’inquiétude et l’interrogation silencieuse dans le mien. Puis, je reviens à ma conversation avec Sonny qui m’interroge sur mon parcours criminel. Je savoure en même temps les mets luxueux et goûteux du restaurant. Bonté divine si je ne détestais pas autant Los Angeles, j’emmènerais Za ici une de ces jours. Un autre coup d’œil à la dérobée vers Sandro me rassure rapidement. Posture droite, sourire confiant, regard déterminé. Voilà l’Alessandro que je connais et admire. Amaro ou Corleone peu importe. Tout en discutant avec Sonny, je me rends compte que nous sommes le miroir l’un de l’autre auprès du père et du fils. Pour autant, nous sommes autant différents que semblables. Je n’ai pour ma part pas dévoué toute mon existence au monde souterrain. J’ai une famille, un clan de gardien, des amis en dehors du milieu. Et, je m’en félicite.

(…)

De retour au palace mafieux des Corleone que mio amico se fait entrainer vers le bureau de son boss. Enfin de son père également. Bref, ne compliquons pas les choses plus qu’elles ne le sont déjà. Je m’apprête à le suivre comme précédemment dans la journée mais il me donne quartier libre en me disant qu’il ne saurait plus être en danger chez lui. Chez lui. Le choc est encore trop récent pour que je m’y fasse complètement. Mais, cela va venir. Cela va venir. Je le laisse donc rejoindre son padre et demande à Sonny où se trouve le jacuzzi dans la villa. N’allez pas me faire croire qu’il n’y en a pas.

(…)

Je viens juste de me doucher et de me foutre en pyjama de coton parce que le coton c’est délicieusement agréable après avoir longuement profité du jacuzzi et avoir piqué une tête dans la piscine intérieure sous le regard amusé d’un porte flingue du don. Je ressens presque immédiatement le besoin d’entendre la voix de ma moitié alors même que je l’ai vu le matin même. Ainsi que de m’extasier devant les balbutiements de mon petit ange. J’appelle donc mon épouse qui répond dès la première sonnerie signe que je ne suis pas le seul à ètre affecté par la distance. Nous discutons longuement de tout et de rien après avoir passé au moins dix bonnes minutes à fustiger la distance nous séparant et à nous arroser de mots tendres d’une mièvrerie sans nom que j’apprécie pourtant à un niveau inconcevable. Oz dort déjà alors je demande à ma lionne de me faire entendre ses ronflements et elle dépose le téléphone à côté de la petite tète de notre fille. Je fonds littéralement comme de la glace au soleil et l’on pourrait légitimement douter de l’existence en moi du bras droit mafieux ayant négocié des renforts criminels à peine une heure plus tôt. Ce qu’elle est adorable ma petite Oz.

Nous reprenons ensuite la conversation autour des menaces surnaturelles de la ville avant de revenir à la raison de ma présence à Los Angeles ainsi que de mon état émotionnel à me trouver si près de là ou j’avais connu les affres de la chute. La compassion et la tendresse de mon épouse me font énormément de bien et je voudrais tellement la serrer contre moi en cet instant que c’en est douloureux. C’est à ce moment-là que le fils du parrain entre dans ma chambre avec une bouteille de son alcool préféré et deux verres. Une entrée remarquée ce qui ne saurait être autre chose que naturelle pour Alessandro. Comment ça il te chaperonne ? Comme s’il pouvait déjà se chaperonner lui-même me lance Za au téléphone. Un large sourire étire deux paires de lèvres au même moment. Ce n’est rien mon cœur. Juste quelques sirènes méditerranéennes. Silence inquiétant de l’autre côté du fil. Puis un seul mot.

Arès ? Des amies d’Alessandro qui ne souffrent pas la comparaison avec ma merveilleuse épouse tu peux dormir tranquille. Ma réponse rassure immédiatement l’Azgeda qui soupire. Je crois qu’elle a envie de coller une tarte à Sandro mais je ne suis pas sûr. La saillie suivante du sicilien fait littéralement rugir mon épouse qui ne voit aucun inconvénient à ce que je me murge avec mio amico d’autant que nous sommes immunisés contre l’ivresse et ses effets pervers mais qui n’apprécie pas qu’il me pousse à abréger notre moment. Je termine ma conversation avec ma moitié comme je l’ai commencé amoureusement, tendrement, cul cul la pralinement mais je ne peux m’en empêcher. C’est mon état naturel lorsque je suis en contact avec Za.

Za t’embrasse Sandro. Avec les crocs bien évidemment comme d’habitude. Nous trinquons et éclatons de rire sur le balcon et le son de nos rires se répercutent sur le sol dallé en contrebas. Je questionne Aless sur cette seconde entrevue filiale. Il m’indique l’intérieur de la chambre d’un signe de tète aussi nous rentrons tous deux et il ferme la baie vitrée derrière nous. Alors ? La réponse d’Aless me tire un long sifflement admiratif. Admiratif parce que je me doute qu’il en faut de la mémoire pour ingurgiter tout cela et que cela témoigne de la confiance absolue de Stephano envers son fils. Le vieux ne faisait pas les choses à moitié. Il doit avoir peur de se faire descendre pour te préparer aussi vite. Aless me corrige et m’apprend que la prochaine cible serait plutôt Sonny. Cela se tient pour affaiblir l’empire afin de l’annexer. D’abord l’héritier puis l’architecte et ensuite la tête. Alessandro avait donc désormais une sœur. Était elle aussi volcanique que lui ? Un sourire cruel se peint sur mes lèvres à l’évocation du sort de Barns quand bien même je m’interroge sur ce revirement soudain. Parfait, un autre caid n’aura pas l’influence de Barns et nous pourrons limiter son ascension par ailleurs.

(…)

Nous rentrons à Beacon Hills après tout juste une journée à LA et ce n’est pas pour me déplaire. J’ai laissé un peu de temps à Alessandro après son entrevue avec sa sœur Graziella afin qu’il se remette de toutes les émotions de ce voyage. Puis, j’ai entrepris de lui brosser le portrait de toutes nos recrues potentielles prêtées par Sonny pour les opérations à venir. J’ai également appelé les gars avec mon portable non traçable pour savoir comment s’était déroulé le test de la Stiddia avant d’en aviser également Aless. Mes hommes ont fait le job et je suis assez fier d’eux. Je vais pouvoir leur laisser plus d’autonomie. Une fois de retour au bercail mio amico me dépose devant le manoir et je le salue de la main tandis qu’il se rend au Print. Après avoir passé un moment langoureusement intime avec mon épouse, je bats le rappel des troupes pour évaluer la situation de l’organisation.
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