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 Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Jeu 29 Juin - 3:26

Do you feel this good day my friend ? No monster, no tragic death just life.Les rayons du soleil caressant ma joue me tirent de mon sommeil de plomb, recrudescence d’un manque d’énergie notoire en grande partie du au fait que je suis seul pour m’occuper de mon petit ange puisque ma délicieuse épouse a des obligations surnaturelles à assurer maternité récente ou non. Azalea se trouvait actuellement sur le territoire d’un autre clan de gardiens à la fumée pour une question de gardiens à la fumée. Raison pour laquelle je me suis permis de m’éloigner de certaines de mes obligations professionnelles en déléguant mon rang de vigile du Print à Dante la vieille ainsi que l’avant veille. Je gère les salaires de la Stiddia aussi ce genre d’arrangement est bien évidemment pris en compte à la fin du mois. Lorsque je suis au travail et que ma lionne n’est pas disponible c’est souvent Milan qui est chargé de l’intérim et du baby sitting non pas que j’ai besoin de le lui demander tant mon ami d’enfance est complètement gaga de celle qu’il considère aisément comme sa nièce bien que notre lien de sang soit purement factice. Sinon, c’est Moira l’épouse de Nolan qui se dévoue pour s’occuper de la petite.

Ayant tout juste accouché de son deuxième enfant la ravissante épouse de mon ancien mentor a naturellement la fibre maternelle. La raison de la présence de ma petite princesse au manoir est que nous avions convenu qu’Ozalee grandirait pour l’instant entre Beacon Hills, le territoire du clan et d’autres destinations comme chez ma tante lorsque l’occasion se présentait. J’avais hésité à élever la voix afin que la petite ne réside pas à Beacon Hills en raison du caractère sulfureux de cette bourgade unique en son genre. Mon travail illégal, mon rôle dans l’organisation sicilienne de la ville, les menaces surnaturelles prenant ici la forme de scientifiques horrifiques ou d’un monstre de cauchemar aux pulsions macabres. Tout cela ne pouvait que pousser le père aimant que j’étais à vouloir éloigner ce qu’il avait de plus précieux dans l’existence d’un tel environnement indubitablement malsain.

Je préférais mille fois souffrir la séparation quitte à devoir devenir un vagabond à sa place et savoir ma progéniture en sécurité bien que loin de moi plutôt que de devoir m’inquiéter pour elle à chaque instant du jour et de la nuit. Mais, j’avais finalement ouvert les yeux. Za avait entièrement raison. Elle est une héritière de clan un jour elle mènera Azgeda après sa grand mère et sa mère avant elle. Les deatheaters n’ont pas peur de la mort, elle fait partie intégrante de leur culture, de leurs existences. Elle est une alliée là ou pour d’autres elle n’inspire que terreur. Ma fille a des poids sur les épaules alors qu’elle n’est encore qu’un bambin tout juste sortie du ventre de sa mère. La couver et la préserver de ce qui constituera plus tard son quotidien serait particulièrement hypocrite. D’autant plus que des milliers d’enfants grandissent dans cette ville menaces surnaturelles ou non dont une partie de surnaturels. Quoi qu’il en soit Oza grandirait entre tous ses foyers.

C’était une première car malgré les apparences mon espèce était naturellement territoriale. En parlant de ma fille, celle-ci s’agite près de moi et vient me tapoter le visage de ses petites quenottes. Je me tourne sur le coté, maintient ma tète sur un poing le coude à la verticale et observe la petite remuer paisiblement. Bonjour toi. Bien dormi n’est ce pas. Un sourire de contentement simple et sincère étire lentement mes lèvres alors que je ressens la bouffée de fierté irréelle connue de bien des pères avant moi et de bien d’autres après moi. Mes yeux ne quittent pas le visage rond de ma fille alors même que cette dernière passe de la perplexité complète à l’amusement anodin. Quelques grimaces de ma part lui tirent des gazouillements associables à du rire et je saisis la petite pour la faire monter et descendre au dessus de moi en savourant sa joie innocente. Mon sourire de bonheur s’efface pourtant lorsqu’un effluve reconnaissable entre tous envahit soudain la pièce. Je fronce des sourcils et écarquille des yeux ronds en approchant Ozalee de mon visage. L’examen olfactif minutieux auquel je soumets la petite ne tarde pas à confirmer l’inéluctable.

La sentence tombe et est irrévocable. Je fronce du museau alors que la petite chipie sourit de toutes ses dents inconsciente ou du moins non concerné par son crime contre l’odorat aiguisé de félin qui est le mien. Oz. Je fais les gros yeux alors que la coupable gargouille et gesticule dans le vide mais je ne tarde pas à esquisser un sourire devant la bouille angélique de ma fille. Bon, organisation, organisation et encore organisation. Chaque chose en son temps. D’abord, la couche puis le biberon puis le bain. Et ensuite le repos. Je repousse les draps, saisis Ozalee et la dépose dans son berceau pour dénicher les couches que je sors d’un meuble prévu à cet effet. Le berceau en bois précieux est un travail d’orfèvre fabriqué sur mesure par un artisan local preuve que le petit commerce a un avenir. Car, je me suis engagé à acheter des biens le plus régulièrement possible à ce maître du bois. Raison expliquant la présence d’un échiquier, de petits jouets de bois infiniment plus beaux que le grossier chevalier de bois dans le berceau ainsi que d’un coffre à bijoux. La lionne et le tigre entrelacé sous la structure m’arrache comme toujours un bref sourire. Le berceau offert par le parrain se trouvant quant à lui dans la chambre d’Ozalee au sein d’Azgeda.

(...)

Ma fille me couve d’un regard perplexe alors que je m’assure que son biberon est à la bonne température. Laissant le contenu refroidir, j’en profite pour me couper des fruits exotiques en petits morceaux et casser des œufs dans une poêle avant de me servir un jus d’orange après avoir actionné la machine à café. Le manoir bien plus vaste que mon ancien loft semble terriblement vide en cet instant mais le petit cri de la petite tend à démonter ce constat et à prouver que parfois il suffit d’une seule présence pour remplir un lieu comme jamais. J’arrive princesse. Patiente encore un petit peu. Le lait est encore trop chaud.

Je passe mes œufs dans une assiette, avale quelques morceaux de fruits avant de saisir le biberon et de m’installer avec mon petit déjeuner et le biberon devant la chaise haute d’Oz. Je lui donne le biberon avant de prendre mon propre petit déjeuner. Le petit rot s’échappe des fines lèvres du nourrisson et je souris en finissant mes œufs tout en lisant le journal local. Alessandro le lit pour des raisons assez semblables aux miennes bien que radicalement opposées. Là ou le sicilien y cherche des opportunités à ne pas manquer ou des faits divers pouvant potentiellement s’apparenter aux affres du crime organisé. Je cherche des faits divers pouvant être liés à mes ennemis surnaturels et leur monstruosité sans nom si ce n’est celui de bête car c’est en soit ce qu’elle est. J’achève tant ma lecture que mon petit déjeuner au moment ou mon téléphone se met à vibrer dans ma poche.

Le numéro de mon épouse s’affiche à l’écran et je mets le haut parleur en prenant l’appel. Oza gargouille en reconnaissant la voix de sa maman et j’esquisse un sourire amusé. Tout se passe bien ici Za. Des bêtises ? Qui ferait des bêtises ici ? Oza tu as vu quelqu’un faire quoi que soit toi. Moi non plus. Maman s’inquiète pour rien pas vrai. Qu’est ce qu’on fait princesse ? On va aller voir tonton Will et tu pourras lui faire plein de cadeaux bien baveux. Oui, on va aller chez Will pour aider dans les travaux. Ça lui fera plaisir je pense et puis cela fait bien trop longtemps que l’on ne s’est pas croisé. Enfin, depuis que j’ai appris que je pouvais voler. Et puis la cuisine délicieuse de Maddy changera du poison de maman. Hein, tu as entendu le mot poison toi ma puce ? Pas moi. Je crois que ta maman a des problèmes d’oreille. Mouais, ici il fait un temps superbe. D’accord, tu nous manques Za. Reviens vite. Oz tu dis au revoir à maman. C’était un au revoir je dirais mais j’étudie encore la langue des bébés alors je ne suis sur de rien. Elle disait peut être ramène moi un souvenir de Floride qui sait. Ahaha, exactement. Moi aussi je t’aime Za.

(...)

J’installe la dormeuse invétérée ayant probablement des gènes cachés de panda vu sa facilité à s’endormir n’importe quand et n’importe ou dans le range rover et m’assure que son couffin est solidement maintenu au siège passager par la ceinture avant d’aller ranger le sac plein d’affaires pour bébé dans le coffre juste à coté de ma caisse à outil. Je suis bien conscient que Will a déjà la sienne mais on ne sait jamais parfois il arrive que l’on égare des instruments sans mème savoir comment. Un jeu double ne pourra pas faire de mal. Je ne bricole que rarement habituellement mais il m’arrive désormais de le faire un peu plus souvent vu les aléas du manoir.

Le bâtiment est assez ancien et même si les artisans ont fait un travail formidable je n’hésite pas à mettre la main à la pâte dès que le besoin s’en fait sentir. Je suis autant cérébral que manuel aussi j’apprends assez vite néanmoins qu’internet soit béni pour les forums d’aide et les vidéos explicatives sur YouTube. Je suis bien conscient que mon cher alpha dont la bonne humeur naturelle et le sens de l’humour pouvant aisément rivaliser avec le mien devait quant à lui avoir obtenu le statut de maître du bricolage en raison de l’ancien mode de vie nomade de sa famille. Et bien je profiterais à apprendre de son expérience en la matière. Je finis par m’installer au volant avant de prendre la direction de la maison des Shepperd à la périphérie de Beacon Hills. Une fois arrivé à destination, je constate avec amusement que ma fille s’est déjà réveillé. Si seulement je pouvais m’endormir ainsi. La vie serait plus douce. Quoi qu’il en soit, je sors de la voiture passe le sac autour du cou, saisis ma boite à outil avant d’aller sortir ma fille de la voiture. Un sac autour du cou, une caisse à outil dans une main et un couffin dans l’autre j’ai presque l’air d’un début de mauvaise blague ou d’un père débordé. Une fois devant la porte, je toque doucement après m’ètre délesté de la boite à outil. Surprise. C’est moi ! Enfin, c’est nous !
© 2981 12289 0


The Moon. The Death. The Balance. The Truth.

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Dernière édition par Arès Kye Coleman le Mer 6 Sep - 19:20, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Mar 25 Juil - 19:59

Sheperd
Willem

Coleman
Arès

Do you feel this good day my friend
Une brioche maison coincée dans la bouche, je recule pour avoir un meilleur angle de vue. Ma nouvelle lubie est de garder un souvenir de l’état de la maison à notre installation. Le son d’un klaxon me fait sursauter. Je suis au milieu de la rue... Elle n’est pas très passante, cependant elle marque une frontière invisible entre un « ancien nouveau » quartier et les vestiges d’un coin pavillonnaire.

« Eden Creek » a été un projet immobilier des années quatre-vingt-dix, mélangeant logements sociaux et lofts pour classe moyenne un peu aisée. Le concept était méritant, mais les hommes sont ainsi faits, il est presque impossible de mixer deux classes sociales trop différentes. Les pauvres jalousent les plus aisées qui finissent par prendre peur devant les incivilités dictées par la frustration. Construit et imaginé pour cette mixité qui n’a jamais eu lieu, Eden Creek est devenu un quartier mal famé entraînant dans sa déchéance le quartier pavillonnaire où se trouve notre maison. Le prix des maisons a chuté drastiquement, ce qui explique pourquoi nous avons pu nous payer ce qui autrefois avait été une grosse maison bourgeoise pour une bouchée de pain.

Tout est à refaire, des murs à la plomberie, de la cave au grenier, en passant par le toit qui fuit. La maison a aussi servi de squatte ces deux dernières années. La façade est taguée d’un street art plus ou moins élaboré. Je me souviens de la réaction de Mady quand je l’avais amenée devant la maison alors que nous étions en pleine prospection d’un lieu pour nous fixer.

- Will’ ! Elle est magnifique !

Comme moi, ma tante ne voyait pas la friche du jardin, les chenaux cassés, les fenêtres brisées ou la tête de mort maladroitement dessinée sur la porte d’entrée. Ce que nous voyons tous deux, c’étaient les larges fenêtres qui laissent entrer la lumière, la cours arrière large permettant de garer plusieurs voitures, l’immense remise qui pouvait accueillir un atelier, et aussi une cuisine d’été. Sans parler du champ en friche transformable en potager qui, comble de bonheur pour une famille de loups, jouxte la forêt.

Peu importe que les voisins d’en face soient des dealers, des receleurs ou simplement des pauvres prêts à vous faire les poches pour améliorer leur quotidien. Notre installation avait attisé la curiosité, certains étaient venus voir de prés. Les plus chanceux étaient repartis avec une part de tarte de Mady, les moins intentionnés avec l’idée que nous étions une famille de vampires ou quelque chose s’y avoisinant à laquelle il valait mieux ne pas se frotter. Une famille toutefois accueillante, mais avec un grand sens de la propriété territoriale. Il nous avait fallu un petit mois pour nous intégrer à la communauté du coin. Maintenant, c’est comme si nous avions toujours habité là. Je crois que ce qui a plu au gens, c’est que nos premiers travaux se sont focalisés sur de l’indispensable. La façade arbore toujours ses tags. J’ai même demandé à un jeune d’en face s’il ne pouvait pas améliorer la tête de mort de la porte d’entrée pour qu’elle soit un peu plus stylée. Le crane arbore maintenant un haut de forme avec une rose sanglante, ainsi qu’un immense cigare. Mady avait remercié le môme en lui donnant un gros sac contenant des tourtes à la viande et des gâteaux.

Nous avons donc redonné un coup de neuf à la cuisine et au salon. Tobias s’est choisi une piaule dont les murs ont servi de test pour des fresques murales. Mady, Keanus et moi n’avons rien fait à nos chambres, sauf y installer du mobilier trouvé à la décharge. J’ai tout de même tenu à ce que Mady ait un matelas neuf. Elle avait râlé, arguant que les Shepherd avaient toujours vécu dans du bric et broc sans en être malheureux. J’avais évoqué son âge canonique. Elle m’avait appelé « petit con », puis m’avait remercié de cette attention. Même si elle vient à peine de passer la quarantaine, elle est la doyenne de la meute.

Tout content, je fais défiler sur mon téléphone les différentes photos de la maison. Un nomade est peu attaché aux objets et aux souvenirs du passé. Je n’ai pratiquement pas de photographie de ma famille qui a été décimée. Quand on vit en transportant sa maison d’un lieu à un autre, on ne s’encombre pas de superflu. Et les reliques du passé sont imprimées dans notre cœur. Nous n’avions pas de photos de nos aînés, pourtant je serai capable de décrire mon arrière-grand-père qui est mort peu après ma naissance. Cela grâce à la tradition des veillées. Certes la technologie avait fini par nous rattraper et nous avions une télévision qui fonctionnait plus ou moins bien. Pourtant nos soirées étaient comblées par les histoires que racontaient les plus anciens. Nous chantions également, accompagnés par le violon d’oncle Tedd ou ma guitare et celle de Keanus. D’ailleurs il faut que j’en parle à mon frère. Nos instruments de musique n’ont pas survécu à notre dérive après le génocide des nôtres. Il serait peut-être temps de faire concurrence au MP4 de Tobias.

Maxine s’est enfin installée avec nous. Elle a choisi une couleur qui lui plait et s’occupe à redonner un coup de fraîcheur à sa chambre.

- Will’ ! J’ai besoin d’aide.

Je range mon portable et rejoins Keanus dans la grange. Il tente de déplacer une grande herse. Elle date du temps où Eden Creek n’était que des champs à perte de vue.

- Il faut l’emmener à la déchetterie.
- Non ! Regarde, si on la redresse et que nous la posons contre ce mur, cela permettra à Mady d’y accrocher ses marmites, et avec une planche là et là, nous avons même des étagères.
- Ça donne un côté salle de tortue ton affaire !
- …
- Je plaisante. J’aime autant que toi l’idée de la récupération utile. Aller tire par-là, je pousse.


Déplacer cet amas de ferraille n’est pas une mince affaire, notre force naturelle nous est bien utile. Pendant une petite heure, nous déblayons la grange afin d’aménager la future cuisine d’été de Mady. Ma tante cuisine beaucoup, et maintenant que nous sommes nombreux, la cuisine de la maison atteint ses limites. Dans la grange, Mady pourra aussi faire ses conserves et ses confitures sans nous surchauffer la maison. Le bruit d’un 4X4 nous avertit d’une visite. Je laisse Keanus entasser des caisses et sors voir qui s’amène.

Si cela était possible, ma mâchoire se serait décrochée tant le spectacle qui s’offre à mon regard est ubuesque. Imaginez un King-Kong tout en muscle avec à la main une caisse à outil à faire pâlir d’envie n’importe quel bricoleur en herbe et de l’autre un minuscule bout de chou couleur miel tout fragile. La fille d’Arès est née il y a peu. Trop occupé entre le lycée, le campus, le poste de police, et Maxine à déménager, je n’avais pas eu le temps de rendre visite à mon ami. J’essuie mes doigts crasseux sur mon jean et vais à la rencontre de cette force de la nature drôlement encombré.

- Surprise. C’est moi ! Enfin, c’est nous !
- Je vois ça ! Mais elle est minuscule ! Pas possible qu’elle soit de toi ! Tu es sûr de ta femme ?


Je prends un air canaille tout me penchant sur le bébé pour lui grattouiller le ventre avec mon doigt le plus propre. Grognement de tigre. Le père est plutôt fier de sa progéniture. Et pour me rendre mon agacerie il me la colle dans les bras.

- Je suis tout sale ! Je vais la casser ! Je…
- Salut Arès ! Ça y est ? Enfin père !


Mon frère se colle à moi et commence à gazouiller et agiter les mains comme un débile devant Ozalee.

- Tiens, prend là !
- Non, tu te débrouilles très bien frangin.


Alors que les deux autres se saluent d’une accolade virile, je deviens empoté avec ce bébé dans les bras. Penser à lui tenir la tête, ne pas lui écraser le ventre. Euh c’est normal ce bruit de glouglou ? Je tente de redonner à Arès la prunelle de sa vie, mais le tigre emboîte le pas de mon frère pour aller voir ce que nous trafiquons dans la grange. Pas à l’aise, j’emboîte leur pas avec mon colis vivant. La fille d’Arès attrape la pointe de mon col de chemise est se met à le téter avec force.

- Non princesse, c’est sale !

J’écarte sa menotte. Le visage du bébé de transforme. Sa bouche dessine un u inversé, ses traits se crispent, puis elle ouvre le bec prête à pleurer. Affolé, je regarde mon ami qui est devant moi. J’ai rien fait ! Ou pas encore… Je finis par bourrer le bout de mon col dans la bouche du bébé qui ravi agrippe le tissu et se fait les gencives sur ce morceau de flanelle plein de sueur de loup et de poussière de grange. Après tout c’est la fille d’Arès, pas une chose fragile. Je reprends de l’assurance et quand Keanus et Arès se retournent vers moi, c’est en nounou professionnelle que je tiens l’enfant.

- Je plais à ta fille Arès. Gustativement parlant !
- Gare que Mady ne te choppe pas à tripoter un bébé avec tes mains sales.
- Keanus ! Ce bébé, c’pas de la mauviette.


Finalement j’ai retrouvé mes marques d’autrefois où il n’était pas rare que je m’occupe des plus jeunes de la meute. C’est donc un bébé collé dans le bras gauche suçotant mon col de chemise que j’explique à Arès nos idées de grandeur pour cette grange où on voit le jour à travers les planches.

- Vu que nous avons monsieur muscle avec nous, Arès tu ne pourrais pas aider à redresser la herse… sans t’empaler dessus. C’est pour accrocher les gamelles de Mady, pas pour crucifier des gens. Moi je ne peux plus aider !

J’exhibe le bébé comme excuse à deux balles. Keanus lève les yeux au plafond et Arès se marre comme il a l’habitude de faire. Je rentre dans le rôle du chieur avec des « un peu plus à gauche », ou des « non, ce n’est pas droit ». L’engin agricole en place, nous nous reculons faisant déjà des plans sur la comète des futurs repas qui seront préparés ici. Je devine que mon ami a besoin de cette normalité, la perspective de repas collectifs et de veillées sympathiques. Nous ne sommes pas des bêtes… du moins pas que des bêtes.

- Une bière pour arroser ça les gars ?

Comme d’un seul homme, nous nous dirigeons vers la maison. Je me suis appropriée le bébé, avec la bonne grâce de son paternel.

- Mady !!! Viens voir la fille d’Arès !

Que n’ai-je pas dit ! Je me fais dépouiller du bébé en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

- M'enfin !!
- Tu pues la sueur et tu es dégelasse Will’ !
- Oui ben, elle m’a adopté. Elle me trouve à son goût !


Mady me regarde avec de grands yeux comme si j’étais le plus ignoble des pervers. J’explique que le bébé a adoré suçoter mon col de chemise.

- Pauvre petite ! Quelle bande de sauvages !
- Mais Mady !!! Enfin quoi !


Rien à faire. En bonne infirmière ma tante emporte l’enfant pour la nettoyer de tous les microbes que j’ai pu lui transmettre. Arès se moque de mon air déconfit.

- Mince, pour une fois que je plais à une fille en étant dégoulinant de sueur ! Et arrête de te marrer Arès, ne compte pas sur moi pour te faire du bouche à bouche si tu t’étouffes.

Keanus nous tend une bière chacun. Nous allons nous installer sur la terrasse pour débattre des travaux à faire. Je compte sur Mady pour venir nous remuer les fesses quand nous aurons suffisamment procrastiné.

- Tu vas lui faire un p’tit frère ?





Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Ven 4 Aoû - 19:38

Do you feel this good day my friend ? No monster, no tragic death just life.
Je me rends rapidement compte du fait que la meute s’est durablement agrandie au-delà de Kada’an en déployant mes sens de surnaturel sur le domaine de la meute de Willem. En effet, mon ouïe capte de l’agitation et du bruit dans l’arrière-cour, le jardin ainsi que dans la maison. Mes yeux peuvent également constater d’eux-mêmes le fait que la première demeure sédentaire du clan Shepperd a changée de bien belle manière depuis la dernière fois que j’avais rendu visite à la meute. Enfin, mon museau de tigre garou capte de nouveaux effluves canins venant se superposer aux plus anciens. Il ne fait en effet aucun doute que la meute a gagné en consistance depuis les mois d’installation et je sais que c’est une très bonne chose tant pour l’alpha que pour les âmes en peine ayant fait le choix de le rejoindre. Car connaissant le luron, il a certainement opté pour des personnes ayant véritablement besoin de ce lien si primordial dans la vie d’un loup. Ce n’est d’ailleurs pas la porte qui s’ouvre mais l’odeur et l’aura de l’alpha qui m’indiquent l’approche de ce dernier par le flanc droit.

Le loup se nettoie les mains pleines de crasse sur son jean tout en me fixant d’un air tout bonnement ahuri. Je suis bien conscient que l’image que je renvoie en cet instant doit être plutôt cocasse. Mais malgré ma force herculéenne il convient de le dire qui m’amène à penser que le fait de porter un prénom grec ancien aussi rare n’est pas du tout volé je suis relativement gêné par l’abondance d’effets personnels autour de ma personne. Une caisse à outils dans une main, le couffin de mon petit ange dans l’autre et un sac rempli d’affaires pour bébé accroché autour du cou je n’en mène pas large. Je m’annonce avec un grand sourire dans une exclamation et mon vieil ami n’en manque pas une pour me taquiner d’entrée de jeu. Je ne perds pas un instant avant de répondre avec un large sourire aux lèvres. Minuscule. Minuscule méfie-toi des apparences mon vieux. Ma petite puce tient d’une lionne et d’un tigre hein. Puis, j’en suis sur autant que tu es toujours célibataire. Tu n’auras qu’à demander à Za la prochaine fois que tu la verras.

Conclus je en riant face à son air canaille. La bougresse serait bien capable de s’offusquer et d’entreprendre sans aucune gêne de narrer à Will la conception de l’enfant peu après ma guérison de la chute. Bien consciente de la timidité exacerbée du loup, elle qui savait si bien repérer les failles des autres et s’y engouffrer sans la moindre pitié. Le loup se penche au-dessus du couffin et fait rire la petite en lui grattouillant le bidon. Un grognement animal s’échappe lentement de ma gorge. L’animal mortel dans sa férocité ronronne comme un chaton de fierté devant sa petite. Je décide la lui confier vu que la rencontre a l’air de bien se goupiller. Ozalee a-t-elle trouver un second gardien après Milan ? Mon ami d’enfance était littéralement gaga de celle qu’il voyait comme une nièce. Je la lui confierais sans hésiter à la vie à la mort. Balayant les jérémiades de Will d’un revers de la main, je lui fourre ma fille dans les bras en abandonnant là le couffin sur le palier. Un poids en moins. Keanus débarque à son tour et entreprend à son tour d’amuser Oz qui rit de bon cœur devant tant de nouveautés. Salut Keanus. Yep, enfin papa. C’est pas franchement de tout repos. Mais tu dois avoir l’habitude avec Will.

Ma pique amicale arrache un grand rire au cadet de l’alpha et je ris à mon tour de bon cœur tandis que ce dernier nous lance une œillade mauvaise sans cesser de maintenir le bébé dans ses bras. Je donne l’accolade à Kean qui laisse Will se débrouiller avec ma fille. D’ailleurs, ma pique semble avoir touché dans le vide puisque l’alpha semble entièrement concentré sur la petite créature fragile qu’il tient contre sa poitrine. Estimant que le garou se débrouille bien avec la prunelle de mes yeux j’emboite le pas à Keanus pour aller voir d’où provient tout ce remue-ménage. Will suit le mouvement à son tour et j’en profite pour discuter des travaux avec Keanus. Nous finissons par nous retourner pour voir comment s’en sort l’alpha qui me surprend franchement mais agréablement. Il tient ma fille aussi bien que moi qui avais pourtant eu bien du mal les premiers temps à savoir comment faire. Quant à Ozalee, je devine qu’elle est ravie à son expression béate de nourrisson. Cela sent l’expérience à plein nez. Will a-t-il déjà joué les nounous ? Telle est la question. Héhé, en effet je vois ça mon vieux. Tu t’en sors comme un chef. Mais, Oz n’est pas bien difficile gustativement parlant remarque. En tous cas chapeau. Non, Keanus Will a raison ma princesse n’a rien d’une mauviette.

Ma fille semble parfaitement paisible dans les bras de mon ami alors je m’ôte le poids de l’inquiétude paternelle des épaules et dépose ma caisse à outils sur le sol de la grange avant de saluer Maxine d’une bise amicale. Enchanté de faire ta connaissance Arès le… Voilà monsieur muscle. J’écoute avec attention la vision de mon vis-à-vis pour les lieux et y vais de quelques commentaires appréciateurs entre quelques sifflotements. En effet. Cela va donner un chouette petit coin aéré et parfait pour l’été. Je valide le projet du chef de chantier ! Avec plaisir pour le coup de main tu me connais. Lorsque Will évoque le terme de crucifixion mes pensées s’échappent vers un certain sicilien de ma connaissance et je me rends alors compte à quel point ma vie peut sembler étrange eu égard à cette dualité déroutante. Amusant la galerie en prenant la pause de monsieur muscle comme venait de me surnommer l’alpha j’éclate de rire devant l’excuse trouvé par Will pour ne pas aider. Kean lève les yeux au ciel en soupirant. C’est qu’il a bien manœuvré son coup le saligaud. J’admire à n’en point douter. Je commence à soulever l’ouvrage hérissé conjointement à Keanus et nous mettons toutes nos forces dans la besogne manuelle. Will profite de son statut de baby-sitter pour jouer les chieurs mais nous le houspillons vigoureusement tout en achevant la manœuvre.

Je m’essuie le front luisant de sueur d’un geste mécanique avant de sourire de satisfaction sincère devant la simplicité du travail accompli et le plaisir d’avoir rendu service à un ami proche. Will a la merveilleuse idée de proposer une bière et nous nous dirigeons tous vers la maison d’un pas tranquille. Une fois arrivé à la terrasse Maddy arrive suite à l’appel de Will et j’ai juste le temps de lui faire la bise avant qu’elle ne récupère Oz des mains sales de l’alpha. La scène qui se déroule sous mes yeux me plonge dans un fou rire d’une rare intensité et je finis même par avoir mal aux cotes. Je n’ai rien dit Will. Je n’ai rien dit. Pourquoi tant de haine ? Mais, je continue de me marrer le temps que nous nous installions confortablement tous les trois. Je remercie Keanus pour la bière qu’il me tend avant de répondre à la question de Will. Bien sûr que je vais lui faire un petit frère. Elle risque de s’ennuyer sinon non ? Mais pas tout de suite. Rien ne presse n’est-ce pas ? Si on m’avait dit avant mon installation à Beacon Hills que je deviendrais père je n’y aurais pas cru. Vu ma propre histoire ma paternité a une saveur particulière tu sais mais assez parler de moi. J’ai constaté que la meute s’était agrandie c’est une très bonne chose puisque tu es un très bon alpha. Et toi tu as trouvé quelqu’un ? Qui est l’heureuse élue ?
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Willem Shepherd

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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Mer 16 Aoû - 18:11

Sheperd
Willem

Coleman
Arès

Do you feel this good day my friend
Shepherd family dans toute sa splendeur. Mady est aux anges avec la petite de mon ami. Les vannes vont bon train et nos visages affichent la joie pure de tout simplement vivre. Pas de chichis, d’intérieur design, ni d’équipements dernier cri. Juste des gens heureux d’être ensemble, contents de communiquer et d’échanger sur des valeurs simples comme la famille ou le travail au quotidien.

Arès me répond, affirmant vouloir donner un petit frère à sa fille. Je suis content de son souhait. Il démontre qu’il envisage sa famille comme le noyau de sa vie, une base pour laquelle il vit et vivra. Souvent je repense à mes propres sœurs. La nuit lorsque je n’arrive pas à dormir, je nous invente une vie où elles seraient encore en vie. Peut-être que je serais alors tonton. J’adorai ça ! J’aimais tant m’occuper des enfants de la meute. A mes yeux, un enfant est la parfaite représentation de la vie. C’est  un matériau noble qui a tout à apprendre et tout à conquérir. J’aime les familles nombreuses, là où ça chante, là où ça cri et là où ça pleure parfois.

Je félicite une nouvelle fois mon ami pour cette paternité qui lui réussit fort bien en levant ma bière en sa direction. A son tour, il me félicite d’avoir agrandi la meute. Toutefois mon cœur rate un battement lorsqu’il me trouve très bon alpha. Je n’ai pas tout à fait cette opinion de moi. Je sais parfaitement que l’on est son pire juge, pourtant à mes yeux la première pleine lune de James a été un échec. Non pour mon bêta, mais pour moi. Je n’ai pas su le canaliser, pas su me faire respecter sans qu’il se sente accablé. Avant, quand j’étais encore un bêta et que la vie nous souriait, jamais je n’ai senti le poids de mon alpha. Ted savait se faire respecter sans avoir besoin de monter au créneau. Et si parfois il lui arrivait de pousser son aura, c’était dans le but de rassurer et de tranquilliser.

Je pense sans fausse modestie être un bon médiateur, mais ce n’est qu’une des nombreuses compétences qu’il faut pour être un bon meneur. J’ai peur de la désertion de James qui sera suivit de celle de Kada’an s’il venait à partir. Non par orgueil, mais peur qu’il ne leur arrive quelque chose car j’aurai mal fait mon travail d’alpha.

Arès s’aperçoit de mon vague à l’âme, mais reporte ses questions pour basculer sur un sujet plus frivole : les femmes. Dès qu’il me demande si j’ai quelqu’un, je ne peux pas m’empêcher de rougir jusqu’aux oreilles et plonger le museau vers mes pompes. Keanus se racle la gorge, amusé de mon embarra.

- Ben… Je suis sorti un soir avec une… voleuse de sonotone.

Mon frère s’esclaffe, totalement hilare. Je grogne d’indignation devant si peu de considération pour son grand frère. Arès se mord les joues, il en a presque des larmes aux yeux tant le fou rire de Kean’ est communicatif. Même moi j’ai du mal à rester boudeur tant que ma rencontre avec Merisha tient de la comédie burlesque. Je commence donc à narrer mon incroyable rencontre avec la polonaise.

- Je t’affirme mon ami, que plus elle semble inoffensive, plus tu dois te méfier d’une femme. Car loup alpha ou pas, tu te fais embobiner comme les autres.

Je trouve un écho chez mon ami. Lui aussi semblerait ne pas porter le pantalon dans son ménage avec sa lionne. J’explique donc au tigre comment faute d’effectif, on m’avait collé l’interrogation d’une voleuse. Merisha avait fait main basse sur le sonotone d’un petit vieux pour prouver à sa sœur qu’elle n’avait point la main rouillée.

- Oui c’est une ancienne voleuse de haut vol à la retraite.
- C’est cela… à la retraite, on y croit frangin !


Je fais un sourire penaud, mais avec ses yeux de biche, la polonaise pouvait bien me faire avaler des couleuvres que je n’y aurais vu que du feu. Je repense à son doux minois, la courbe de son décolleté et… avec une grande claque dans le dos, Arès me crie de revenir sur terre.

- Bon dans tous les cas, cela ne sera pas la future mère de mes louveteaux. Pas son style de vie. Mais sa compagnie est… plaisante. Pas évident de trouver celle qui sera la bonne, son alter-ego.

D’ailleurs ferai-je un bon père et un bon époux, moi qui me sens minable dans mon rôle d’alpha ? Je n’arrive pas à doser entre discussion et rapport de force. Je cache mon trouble en biberonnant ma bière.






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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Mer 6 Sep - 19:24

Do you feel this good day my friend ? No monster, no tragic death just life.Venir chez les Shepherd est toujours un grand plaisir. Peu importe les soucis pouvant m’accabler qu’ils soient d’ordre surnaturels et liés à ma mission de gardien, tout ce qu’il y a de plus ordinairement humains relevant de ma récente paternité, de mon couple ou d’un autre aspect semblable à celui de tant de vies ou même nécessairement secrets de par mon appartenance à l’organisation criminelle d’Alessandro dont je ne suis ni plus ni moins que l’un des pontes vu mon rang de second. Peu importe les problèmes et leurs natures, je sais que je trouverais toujours ici un foyer accueillant, ouvert, lumineux et agréable au cœur duquel je pourrais prendre une pause bienvenue dans l’effervescence bouillonnante de mon existence parfois un brin trop sauvagement palpitante.  

Je sais que je trouverais ici plus qu’un ami un frère de cœur dont je connais les faiblesses, les failles et les cauchemars parce qu’il a eu suffisamment confiance en moi pour me les confier et réciproquement Will sait parfaitement que derrière ma belle carrure, mon insouciance affichée et ma personnalité de bon vivant paisible se cache également une âme meurtrie par la vie, ses affres et ses injustices. L’alpha n’est ni aveugle ni idiot et sait très bien que je ne suis pas un ange et que bien que je puisse être vu comme quelqu’un de bien par certains aspects, d’autres contredisent implacablement cette vision. Le loup garou m’accepte comme je suis sans éluder ou essayer de me changer et pour cela je ne l’apprécie que plus encore. Un frère de cœur ni plus ni moins pour lequel je rappliquerais dès qu’il le faudrait et n’hésiterais pas à faire le sale boulot à sa place pour préserver sa conscience si lumineuse. Je suis déjà en partie pourri à l’intérieur mais lui, lui c’est une bonne personne et ces dernières se font bien trop rares à notre époque. Il faut bien des anges pour éviter que ce monde ne devienne trop triste. La bâtisse du clan Shepherd est un havre de paix que j’aime profondément, une bouée dont j’ai parfois désespérément besoin pour me rééquilibrer intérieurement. Mon espèce tue pour le plus grand bien, mon métier souterrain tue pour le profit. Je suis un tueur et l’assume mais je ne suis pas que cela et parfois cela finit par peser sur les épaules aussi larges soient elles.

Les rires et les gazouillements de ma princesse prouve que cette dernière est déjà complètement gaga de Mady, le visage de la tante de Will est rayonnant. Mady a un peu récolté par la force de chose le rang de matriarche de la meute aussi je ne m’étonne pas de cette relation qui se noue avec Ozalee. Ma petite a vraiment de la chance. Elle qui va grandir partagée entre différents lieux aura assurément de l’amour en chaque lieu. Ce que je n’ai pas eu. Le soleil est éclatant, il fait bon, la bière est fraîche et bonne. Les rires résonnent dans les environs, la joie est naturelle et contagieuse. Je me sens simplement bien, paisible et heureux en communion complète avec l’environnement dans lequel je baigne en cet instant. La discussion s’’engage autour de ma paternité et je reconnais avec entrain mais non sans une pointe d’anxiété que je compte bien agrandir ma famille dès que Za sera de nouveau prête à donner la vie. Je ne me vois pas avec une équipe de football mais plusieurs bouts de chou dans ma vie comme de multiples soleils serait un cadeau inestimable et un accomplissement certain. Nous nous retrouvons dans ce choix de placer notre famille au cœur de nos existences comme en témoigne son sourire.

Nous trinquons tous à cette vision de lionceaux ou bébés tigres et savourons tous trois ce moment de détente. Je félicite pour ma part Will pour les travaux et l’agrandissement de la meute. Pour moi l’alpha a cela dans le sang mais je note son rythme cardiaque défaillant l’espace d’une seconde. Mon expression perd un peu de son rayonnement pour se faire mi anxieuse mi curieuse mais après un regard échangé avec Will, je décide de détourner le sujet sur quelque chose de plus trivial et joyeux. Gâcher un bon moment n’est pas souvent le meilleur moyen de régler un problème mais je me fais la promesse d’interroger mon compagnon de beuverie à ce sujet car même si cela ne me regarde probablement pas je n’aime pas le voir ainsi. D’ailleurs, je sens que nous allons glisser sur une pente plus détendue dès que les joues de l’alpha se parent de rougeurs timides. Keanus en rajoute une couche d’un raclement de gorge et je comprends que la suite va être épique.

Le propos de Will me semble surréaliste et Keanus part dans un fou rire nerveux et intarissable. Une voleuse de sonotone ? J’éclate de rire à mon tour sans pouvoir m’arrêter, les larmes me piquent les yeux et mes cotes me lancent durement. J’imagine Will avec une petite mamie de soixante-dix ans qui a chipé un sonotone dans une maison de retraite. Rebelle un jour, rebelle toujours. Une voleuse de sonotone Will ! De sonoto… Et quelle-âge a donc cette beauté aux mains lestes ?  Keanus ne s’arrête plus et je commence à avoir du mal à respirer. Les coups d’œil que nous échangeons sont mémorables. L’alpha boude quelques instants avant de se laisser aller. Je me calme pour écouter la narration la plus hilarante de ma vie et dois tousser pour me reprendre non sans afficher un grand sourire de trois pieds dans lequel brille un amusement certain. Oh, je peux t’assurer qu’inoffensive ou non et alpha ou gardien du surnaturel nous nous faisons toujours avoir. Je dirais que la nature l’a voulu ainsi ou que nous sommes tous deux trop corruptibles devant un regard énamouré. C’est donc une habile demoiselle que tu as dénichée là. Mon dernier propos est à double sens mais Will me semble trop ingénu pour capter le sens sulfureux de cette ultime affirmation.

Une chose est sûre il ne risque pas de s’ennuyer le gredin. J’en suis bien heureux pour lui. Vraiment depuis le temps ! Le médiateur argue que sa conquête est à la retraite et Keanus soulève le point épineux de cette affirmation. Vu comment le regard de Will brille de passion il ne fait aucun doute que la bougresse sait s’y prendre. Une beauté donc bien que je ne connaisse pas les goûts de Will en matière de femme. Je donne une grande claque dans le dos de mon hôte et lui crie de revenir parmi nous sous les éclats de rire de Keanus. Cela tu ne peux pas le savoir mon ami. Les choses prennent parfois un tour bien surprenant mais en effet certaines femmes ne sont pas faites pour cela. Et puis de toute manière tu es encore jeune. Une compagnie plaisante est largement suffisante si c’est ce que tu cherches. En effet tu as raison, ce n’est pas évident mais parfois on passe devant la bonne sans lui accorder suffisamment d’attention ou au contraire on la croise et la connait depuis des années comme ce fut mon cas. L’amour mes amis. L’amour est une chose bien étrange. Mais, vivre sans… Enfin assez disserter. Tu comptes la revoir Will ? Ou ce moment plaisant était prévu pour ètre unique ? Comment s’appelle cette ex voleuse de haut vol ?
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Dernière édition par Arès Kye Coleman le Mar 19 Sep - 12:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Sam 16 Sep - 17:18

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Coleman
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Do you feel this good day my friend
Mes aventures avec Merisha font marrer Arès et Keanus. C’est de bonne guerre et même si je râle pour la forme, j’accepte les railleries avec plaisir. La polonaise a le mérite de bouleverser mon train-train et le brin de folie qui l’entoure est agréable. Avec elle, je renoue avec l’imprévisible et la vie au présent. Cela colle avec mon tempérament nomade et sans attache.

Mon ami me confirme que nous les hommes sommes finalement peu de chose face à ces créatures faussement fragiles. Je repense à sa robe qui glisse de ses épaules, sa culotte de dentelle qui attire le regard plus qu’elle ne cache ce qu’elle doit masquer. Son jeu sensuel qui se termine par une prise en main ferme et experte… Ses lèvres si…

Une grande claque dans le dos me ramène sur terre. Le visage d’Arès est illuminé par son sourire éclatant. Sa peau mate accentue le contraste, le laissant paraitre encore plus en joie. C’est ce que j’apprécie chez lui, cette facilité à s’esclaffer, de passer du sérieux au rire. Je trouve mon alter-ego. Nos parcours sont différents, nos choix de vie aussi, pourtant nous sommes semblables sur bien des points.

Mon ami disserte sur la vie et les rencontres. Il y a beaucoup de hasard et comme il le souligne, nous pouvons parfaitement passer à côté d’un bonheur que l’on croise sans le voir. Toutefois, je ne me sens pas mûr pour me fixer avec une femme. Pas tant que je sois assuré d’être un bon alpha.

- Comment s’appelle cette ex voleuse de haut vol ?
- Ex voleuse de haut vol ! Elle s’appelle Merisha.


Keanus nous lâche pour aller mater sa série, tandis que Mady rapplique avec la fille d’Arès. Elle est appelée à l’hôpital, une de ses collègues a eu un accident, ils sont saturés. D’autorité j’attrape Ozalee et la cale sur mes genoux. Sans faire de manière, ma tante claque une bise à Arès et file rejoindre les urgences de l’hôpital. Nous finissons par rentrer à l’intérieur car le temps fraîchit un peu. Kada’an travail au Pink, quant à James… Il fait sa vie je ne sais où. Il rentrera à la maison en même temps que la rouquine. Je garde en bouche le gout amer de l’échec. Je sais bien que Rome ne s’est pas construite en un jour, et qu’une pleine lune n’est pas représentative de ma capacité à gérer mes bêtas. Seulement, je n’arrive pas à me départir du sentiment d’avoir échoué. Il ne me semble pas avoir la carrure qu’avait oncle Ted. J’ai l’impression d’être encore un gamin.

- Je ne suis pas sûr d’être à la hauteur de mon rang Arès…







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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Aujourd'hui à 12:10

Do you feel this good day my friend ? No monster, no tragic death just life.C’est un excellent moment que m’offre cette visite impromptue du côté des Shepherd mais puisqu’il s’agit d’une norme en l’état je ne suis nullement surpris de me sentir aussi bien sur le territoire de la meute autrefois nomade. Un moment empreint de fraternité, de camaraderie, d’affection et de franchise comme toute vie devrait en être remplie. Mon rire résonne longuement de concert avec celui de Keanus tant je m’esclaffe des péripéties amoureuses de l’alpha. Will est un sacré personnage il convient de le dire. Et c’est bien pour cela que je l’aime autant. Parce que nous partageons cette jovialité naturelle, cette tendance généreuse au sourire le plus large, l’amour de la bonne nourriture et la haine du gaspillage ainsi qu’un réflexe bien ancré de solidarité peu importe la personne pouvant avoir besoin de notre aide.

De tous les surnaturels résidant dans cette ville et constituant par la même le monde caché aux profanes Will était de loin celui avec lequel je partageais le plus de points communs. Ce qui expliquait sans doute aisément le naturel de notre relation. Pourtant tout comme moi, le loup garou aux prunelles rubis cachait de bien profondes cicatrices héritages d’un passé bien lourd. Etant dans la confidence et ce de manière réciproque je pouvais interpréter certaines choses-là ou d’autres ne le pouvaient pas. Tout comme l’alpha gourmand -mais qui ne le serait pas face à la cuisine de Maddy je vous le demande- pouvait lire en moi bien plus facilement que bien d’autres. C’était probablement pour cela que notre relation était si simple. Parce que nous nous étions très rapidement livrés l’un à l’autre. Les secrets ne pouvaient empoisonner notre amitié contrairement à celle que je partageais avec mon loupiot auquel je ne pouvais décemment pas révéler bien des choses. Finalement le rire cède le pas à la dissertation philosophique au sujet des représentantes du beau sexe, des rencontres, de la vie, des errances du hasard, de l’importance du choix et de bien des choses nébuleuses dont je ne suis certainement pas un expert malgré le fait d’avoir plutôt bien roulé ma bosse au cours de ma modeste existence.

Le regard que j’échange avec Willem m’indique que bien que d’accord avec moi dans le fond il ne se sent pas prêt pour le grand saut et je me rends compte que pouvoir parvenir à communiquer avec quelqu’un rien que par ce croisement des rétines est une bien belle preuve de complicité. Je comprends qu’il ne serait pas contre se poser de manière plus ou moins permanente mais que quelque chose l’empêche de le faire. Mais quand à savoir ce dont il s’agit, je crains que ma perspicacité ait ses propres limites. Will m’annonce le nom de son impétueuse conquête à moins que ce ne soit lui la conquête de cette mystérieuse demoiselle et je dois avouer qu’il s’agit d’un très joli nom bien que peu commun. Mais nous savons tous que les noms peu communs sont les mieux portés n’est-ce pas ? Merisha en voilà un magnifique prénom ! C’est est-européen si je ne m’abuse. Enfin peu importe tant qu’elle te rend heureuse mon vieux.

Keanus nous quitte finalement pour aller mater sa série préférée un passe-temps que j’appréciais également mais que je n’avais pu plus savouré depuis quelque temps maintenant. Du Binge watching s’imposait. Enfin, pas lorsque je devais veiller sur Oz bien entendu. Les enfants avant Netflix. Cruauté ! Je plaisante ma princesse vaut tous les shows télévisés du monde. Puis c’est Maddy qui vient nous annoncer une urgence à l’hôpital qui la contraint à un remplacement au pied levé. Will s’impose dans son rôle de tonton avec brio et récupère Ozalee avant de la caler confortablement sur ses genoux. Maddy me fait la bise avant de filer. Bon courage Maddy ! Je ne sais pas si elle m’a entendu car la porte vient de claquer. Mon regard se reporte sur le visage de ma fille dont l’expression éberluée m’arrache un grand sourire. Mais, la petite ne semble ni sur le point de pleurer ni de s’esclaffer ou de gazouiller. Elle est parfaitement calme et détendue. Ses petits yeux verts guettent et explorent le paysage avec application mais bien vite en quelques instants les paupières vacillent.

Je sors une tétine de ma poche et la colle entre ses minuscules lippes. Voilà tu peux dormir tranquille Oz. Fier de moi et de mes réflexes paternels j’esquisse un autre sourire. Celui d’un gagnant du superbowl avant d’avaler une rasade de bière et de reporter mon attention sur Will dont l’expression désabusée et mélancolique m’inquiète rapidement. Je fais le lien avec son battement de cœur étrange de tout à l’heure et plonge mes yeux dans les siens. L’alpha ne tarde pas à m’avouer ses doutes. Au lieu de m’exclamer que j’étais personnellement persuadé qu’il l’était à mes yeux et que si j’étais un garou je l’aurais certainement suivi sans hésiter. Je prends le temps de réfléchir. Mon expression se fait plus grave par mimétisme. Je n’aime pas voir Will dans cet état. Si le Shepherd n’était pas heureux alors qui pouvait prétendre l’ètre ?

Will les doutes et les erreurs sont le propre de tout chef. C’est ainsi que l’on apprend à être chef. En faisant les choses les plus pesantes et les plus compliquées pour que les autres n’aient pas à le faire. Tu n’étais pas destiné à devenir alpha donc tu as dû improviser du mieux que tu le pouvais. Ce rang t’est tombé dessus alors que tu n’avais rien demandé mais tu as fait face, tu l’as accepté et tu as fait au mieux. Je pense pouvoir affirmer que ton oncle serait fier de toi. Alors certes, tu as certainement du mal à te montrer autoritaire parce que ce n’est pas dans ton caractère mais si Kada’an et d’autres t’ont rejoint c’est bien parce que tu as su trouvé les mots justes pour les convaincre. Nous sommes des surnaturels, des prédateurs aussi je comprends que cela ne soit pas facile tous les jours mais je t’interdis oui monsieur Will je t’interdis de te dire que tu n’es pas digne d’ètre alpha. Tu penses à eux avant de penser à toi et en cela tu es un excellent alpha en plus d’ètre un merveilleux frère de cœur et un adorable tonton pour Oz. Je suis persuadé que tu peux arriver à incarner l’alpha que tu souhaites devenir pour les tiens. Persuadé.

Laissant une pause me permettre de reprendre mon souffle après cette tirade pleine de sincérité, j’avale une autre rasade de bière avant de continuer. Tu sais que mon mariage avec Za a fait de moi le futur chef par alliance de mon clan de gardien. Moi, un né humain qui est devenu deatheater par morsure. Chambouler les traditions est lourd à porter et entre nous ce futur poids m’inquiète mais je fais avec. Si j’y arrive il n’y a aucune raison que cela ne soit pas ton cas. Mais dis-moi ce qui a pu t’emmener à te déprécier ainsi ?
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