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 Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Jeu 29 Juin - 3:26

Do you feel this good day my friend ? No monster, no tragic death just life.Les rayons du soleil caressant ma joue me tirent de mon sommeil de plomb, recrudescence d’un manque d’énergie notoire en grande partie du au fait que je suis seul pour m’occuper de mon petit ange puisque ma délicieuse épouse a des obligations surnaturelles à assurer maternité récente ou non. Azalea se trouvait actuellement sur le territoire d’un autre clan de gardiens à la fumée pour une question de gardiens à la fumée. Raison pour laquelle je me suis permis de m’éloigner de certaines de mes obligations professionnelles en déléguant mon rang de vigile du Print à Dante la vieille ainsi que l’avant veille. Je gère les salaires de la Stiddia aussi ce genre d’arrangement est bien évidemment pris en compte à la fin du mois. Lorsque je suis au travail et que ma lionne n’est pas disponible c’est souvent Milan qui est chargé de l’intérim et du baby sitting non pas que j’ai besoin de le lui demander tant mon ami d’enfance est complètement gaga de celle qu’il considère aisément comme sa nièce bien que notre lien de sang soit purement factice. Sinon, c’est Moira l’épouse de Nolan qui se dévoue pour s’occuper de la petite.

Ayant tout juste accouché de son deuxième enfant la ravissante épouse de mon ancien mentor a naturellement la fibre maternelle. La raison de la présence de ma petite princesse au manoir est que nous avions convenu qu’Ozalee grandirait pour l’instant entre Beacon Hills, le territoire du clan et d’autres destinations comme chez ma tante lorsque l’occasion se présentait. J’avais hésité à élever la voix afin que la petite ne réside pas à Beacon Hills en raison du caractère sulfureux de cette bourgade unique en son genre. Mon travail illégal, mon rôle dans l’organisation sicilienne de la ville, les menaces surnaturelles prenant ici la forme de scientifiques horrifiques ou d’un monstre de cauchemar aux pulsions macabres. Tout cela ne pouvait que pousser le père aimant que j’étais à vouloir éloigner ce qu’il avait de plus précieux dans l’existence d’un tel environnement indubitablement malsain.

Je préférais mille fois souffrir la séparation quitte à devoir devenir un vagabond à sa place et savoir ma progéniture en sécurité bien que loin de moi plutôt que de devoir m’inquiéter pour elle à chaque instant du jour et de la nuit. Mais, j’avais finalement ouvert les yeux. Za avait entièrement raison. Elle est une héritière de clan un jour elle mènera Azgeda après sa grand mère et sa mère avant elle. Les deatheaters n’ont pas peur de la mort, elle fait partie intégrante de leur culture, de leurs existences. Elle est une alliée là ou pour d’autres elle n’inspire que terreur. Ma fille a des poids sur les épaules alors qu’elle n’est encore qu’un bambin tout juste sortie du ventre de sa mère. La couver et la préserver de ce qui constituera plus tard son quotidien serait particulièrement hypocrite. D’autant plus que des milliers d’enfants grandissent dans cette ville menaces surnaturelles ou non dont une partie de surnaturels. Quoi qu’il en soit Oza grandirait entre tous ses foyers.

C’était une première car malgré les apparences mon espèce était naturellement territoriale. En parlant de ma fille, celle-ci s’agite près de moi et vient me tapoter le visage de ses petites quenottes. Je me tourne sur le coté, maintient ma tète sur un poing le coude à la verticale et observe la petite remuer paisiblement. Bonjour toi. Bien dormi n’est ce pas. Un sourire de contentement simple et sincère étire lentement mes lèvres alors que je ressens la bouffée de fierté irréelle connue de bien des pères avant moi et de bien d’autres après moi. Mes yeux ne quittent pas le visage rond de ma fille alors même que cette dernière passe de la perplexité complète à l’amusement anodin. Quelques grimaces de ma part lui tirent des gazouillements associables à du rire et je saisis la petite pour la faire monter et descendre au dessus de moi en savourant sa joie innocente. Mon sourire de bonheur s’efface pourtant lorsqu’un effluve reconnaissable entre tous envahit soudain la pièce. Je fronce des sourcils et écarquille des yeux ronds en approchant Ozalee de mon visage. L’examen olfactif minutieux auquel je soumets la petite ne tarde pas à confirmer l’inéluctable.

La sentence tombe et est irrévocable. Je fronce du museau alors que la petite chipie sourit de toutes ses dents inconsciente ou du moins non concerné par son crime contre l’odorat aiguisé de félin qui est le mien. Oz. Je fais les gros yeux alors que la coupable gargouille et gesticule dans le vide mais je ne tarde pas à esquisser un sourire devant la bouille angélique de ma fille. Bon, organisation, organisation et encore organisation. Chaque chose en son temps. D’abord, la couche puis le biberon puis le bain. Et ensuite le repos. Je repousse les draps, saisis Ozalee et la dépose dans son berceau pour dénicher les couches que je sors d’un meuble prévu à cet effet. Le berceau en bois précieux est un travail d’orfèvre fabriqué sur mesure par un artisan local preuve que le petit commerce a un avenir. Car, je me suis engagé à acheter des biens le plus régulièrement possible à ce maître du bois. Raison expliquant la présence d’un échiquier, de petits jouets de bois infiniment plus beaux que le grossier chevalier de bois dans le berceau ainsi que d’un coffre à bijoux. La lionne et le tigre entrelacé sous la structure m’arrache comme toujours un bref sourire. Le berceau offert par le parrain se trouvant quant à lui dans la chambre d’Ozalee au sein d’Azgeda.

(...)

Ma fille me couve d’un regard perplexe alors que je m’assure que son biberon est à la bonne température. Laissant le contenu refroidir, j’en profite pour me couper des fruits exotiques en petits morceaux et casser des œufs dans une poêle avant de me servir un jus d’orange après avoir actionné la machine à café. Le manoir bien plus vaste que mon ancien loft semble terriblement vide en cet instant mais le petit cri de la petite tend à démonter ce constat et à prouver que parfois il suffit d’une seule présence pour remplir un lieu comme jamais. J’arrive princesse. Patiente encore un petit peu. Le lait est encore trop chaud.

Je passe mes œufs dans une assiette, avale quelques morceaux de fruits avant de saisir le biberon et de m’installer avec mon petit déjeuner et le biberon devant la chaise haute d’Oz. Je lui donne le biberon avant de prendre mon propre petit déjeuner. Le petit rot s’échappe des fines lèvres du nourrisson et je souris en finissant mes œufs tout en lisant le journal local. Alessandro le lit pour des raisons assez semblables aux miennes bien que radicalement opposées. Là ou le sicilien y cherche des opportunités à ne pas manquer ou des faits divers pouvant potentiellement s’apparenter aux affres du crime organisé. Je cherche des faits divers pouvant être liés à mes ennemis surnaturels et leur monstruosité sans nom si ce n’est celui de bête car c’est en soit ce qu’elle est. J’achève tant ma lecture que mon petit déjeuner au moment ou mon téléphone se met à vibrer dans ma poche.

Le numéro de mon épouse s’affiche à l’écran et je mets le haut parleur en prenant l’appel. Oza gargouille en reconnaissant la voix de sa maman et j’esquisse un sourire amusé. Tout se passe bien ici Za. Des bêtises ? Qui ferait des bêtises ici ? Oza tu as vu quelqu’un faire quoi que soit toi. Moi non plus. Maman s’inquiète pour rien pas vrai. Qu’est ce qu’on fait princesse ? On va aller voir tonton Will et tu pourras lui faire plein de cadeaux bien baveux. Oui, on va aller chez Will pour aider dans les travaux. Ça lui fera plaisir je pense et puis cela fait bien trop longtemps que l’on ne s’est pas croisé. Enfin, depuis que j’ai appris que je pouvais voler. Et puis la cuisine délicieuse de Maddy changera du poison de maman. Hein, tu as entendu le mot poison toi ma puce ? Pas moi. Je crois que ta maman a des problèmes d’oreille. Mouais, ici il fait un temps superbe. D’accord, tu nous manques Za. Reviens vite. Oz tu dis au revoir à maman. C’était un au revoir je dirais mais j’étudie encore la langue des bébés alors je ne suis sur de rien. Elle disait peut être ramène moi un souvenir de Floride qui sait. Ahaha, exactement. Moi aussi je t’aime Za.

(...)

J’installe la dormeuse invétérée ayant probablement des gènes cachés de panda vu sa facilité à s’endormir n’importe quand et n’importe ou dans le range rover et m’assure que son couffin est solidement maintenu au siège passager par la ceinture avant d’aller ranger le sac plein d’affaires pour bébé dans le coffre juste à coté de ma caisse à outil. Je suis bien conscient que Will a déjà la sienne mais on ne sait jamais parfois il arrive que l’on égare des instruments sans mème savoir comment. Un jeu double ne pourra pas faire de mal. Je ne bricole que rarement habituellement mais il m’arrive désormais de le faire un peu plus souvent vu les aléas du manoir.

Le bâtiment est assez ancien et même si les artisans ont fait un travail formidable je n’hésite pas à mettre la main à la pâte dès que le besoin s’en fait sentir. Je suis autant cérébral que manuel aussi j’apprends assez vite néanmoins qu’internet soit béni pour les forums d’aide et les vidéos explicatives sur YouTube. Je suis bien conscient que mon cher alpha dont la bonne humeur naturelle et le sens de l’humour pouvant aisément rivaliser avec le mien devait quant à lui avoir obtenu le statut de maître du bricolage en raison de l’ancien mode de vie nomade de sa famille. Et bien je profiterais à apprendre de son expérience en la matière. Je finis par m’installer au volant avant de prendre la direction de la maison des Shepperd à la périphérie de Beacon Hills. Une fois arrivé à destination, je constate avec amusement que ma fille s’est déjà réveillé. Si seulement je pouvais m’endormir ainsi. La vie serait plus douce. Quoi qu’il en soit, je sors de la voiture passe le sac autour du cou, saisis ma boite à outil avant d’aller sortir ma fille de la voiture. Un sac autour du cou, une caisse à outil dans une main et un couffin dans l’autre j’ai presque l’air d’un début de mauvaise blague ou d’un père débordé. Une fois devant la porte, je toque doucement après m’ètre délesté de la boite à outil. Surprise. C’est moi ! Enfin, c’est nous !
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Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Sam 21 Oct - 18:55, édité 6 fois
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Willem Shepherd

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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Mar 25 Juil - 19:59

Sheperd
Willem

Coleman
Arès

Do you feel this good day my friend
Une brioche maison coincée dans la bouche, je recule pour avoir un meilleur angle de vue. Ma nouvelle lubie est de garder un souvenir de l’état de la maison à notre installation. Le son d’un klaxon me fait sursauter. Je suis au milieu de la rue... Elle n’est pas très passante, cependant elle marque une frontière invisible entre un « ancien nouveau » quartier et les vestiges d’un coin pavillonnaire.

« Eden Creek » a été un projet immobilier des années quatre-vingt-dix, mélangeant logements sociaux et lofts pour classe moyenne un peu aisée. Le concept était méritant, mais les hommes sont ainsi faits, il est presque impossible de mixer deux classes sociales trop différentes. Les pauvres jalousent les plus aisées qui finissent par prendre peur devant les incivilités dictées par la frustration. Construit et imaginé pour cette mixité qui n’a jamais eu lieu, Eden Creek est devenu un quartier mal famé entraînant dans sa déchéance le quartier pavillonnaire où se trouve notre maison. Le prix des maisons a chuté drastiquement, ce qui explique pourquoi nous avons pu nous payer ce qui autrefois avait été une grosse maison bourgeoise pour une bouchée de pain.

Tout est à refaire, des murs à la plomberie, de la cave au grenier, en passant par le toit qui fuit. La maison a aussi servi de squatte ces deux dernières années. La façade est taguée d’un street art plus ou moins élaboré. Je me souviens de la réaction de Mady quand je l’avais amenée devant la maison alors que nous étions en pleine prospection d’un lieu pour nous fixer.

- Will’ ! Elle est magnifique !

Comme moi, ma tante ne voyait pas la friche du jardin, les chenaux cassés, les fenêtres brisées ou la tête de mort maladroitement dessinée sur la porte d’entrée. Ce que nous voyons tous deux, c’étaient les larges fenêtres qui laissent entrer la lumière, la cours arrière large permettant de garer plusieurs voitures, l’immense remise qui pouvait accueillir un atelier, et aussi une cuisine d’été. Sans parler du champ en friche transformable en potager qui, comble de bonheur pour une famille de loups, jouxte la forêt.

Peu importe que les voisins d’en face soient des dealers, des receleurs ou simplement des pauvres prêts à vous faire les poches pour améliorer leur quotidien. Notre installation avait attisé la curiosité, certains étaient venus voir de prés. Les plus chanceux étaient repartis avec une part de tarte de Mady, les moins intentionnés avec l’idée que nous étions une famille de vampires ou quelque chose s’y avoisinant à laquelle il valait mieux ne pas se frotter. Une famille toutefois accueillante, mais avec un grand sens de la propriété territoriale. Il nous avait fallu un petit mois pour nous intégrer à la communauté du coin. Maintenant, c’est comme si nous avions toujours habité là. Je crois que ce qui a plu au gens, c’est que nos premiers travaux se sont focalisés sur de l’indispensable. La façade arbore toujours ses tags. J’ai même demandé à un jeune d’en face s’il ne pouvait pas améliorer la tête de mort de la porte d’entrée pour qu’elle soit un peu plus stylée. Le crane arbore maintenant un haut de forme avec une rose sanglante, ainsi qu’un immense cigare. Mady avait remercié le môme en lui donnant un gros sac contenant des tourtes à la viande et des gâteaux.

Nous avons donc redonné un coup de neuf à la cuisine et au salon. Tobias s’est choisi une piaule dont les murs ont servi de test pour des fresques murales. Mady, Keanus et moi n’avons rien fait à nos chambres, sauf y installer du mobilier trouvé à la décharge. J’ai tout de même tenu à ce que Mady ait un matelas neuf. Elle avait râlé, arguant que les Shepherd avaient toujours vécu dans du bric et broc sans en être malheureux. J’avais évoqué son âge canonique. Elle m’avait appelé « petit con », puis m’avait remercié de cette attention. Même si elle vient à peine de passer la quarantaine, elle est la doyenne de la meute.

Tout content, je fais défiler sur mon téléphone les différentes photos de la maison. Un nomade est peu attaché aux objets et aux souvenirs du passé. Je n’ai pratiquement pas de photographie de ma famille qui a été décimée. Quand on vit en transportant sa maison d’un lieu à un autre, on ne s’encombre pas de superflu. Et les reliques du passé sont imprimées dans notre cœur. Nous n’avions pas de photos de nos aînés, pourtant je serai capable de décrire mon arrière-grand-père qui est mort peu après ma naissance. Cela grâce à la tradition des veillées. Certes la technologie avait fini par nous rattraper et nous avions une télévision qui fonctionnait plus ou moins bien. Pourtant nos soirées étaient comblées par les histoires que racontaient les plus anciens. Nous chantions également, accompagnés par le violon d’oncle Tedd ou ma guitare et celle de Keanus. D’ailleurs il faut que j’en parle à mon frère. Nos instruments de musique n’ont pas survécu à notre dérive après le génocide des nôtres. Il serait peut-être temps de faire concurrence au MP4 de Tobias.

Maxine s’est enfin installée avec nous. Elle a choisi une couleur qui lui plait et s’occupe à redonner un coup de fraîcheur à sa chambre.

- Will’ ! J’ai besoin d’aide.

Je range mon portable et rejoins Keanus dans la grange. Il tente de déplacer une grande herse. Elle date du temps où Eden Creek n’était que des champs à perte de vue.

- Il faut l’emmener à la déchetterie.
- Non ! Regarde, si on la redresse et que nous la posons contre ce mur, cela permettra à Mady d’y accrocher ses marmites, et avec une planche là et là, nous avons même des étagères.
- Ça donne un côté salle de tortue ton affaire !
- …
- Je plaisante. J’aime autant que toi l’idée de la récupération utile. Aller tire par-là, je pousse.


Déplacer cet amas de ferraille n’est pas une mince affaire, notre force naturelle nous est bien utile. Pendant une petite heure, nous déblayons la grange afin d’aménager la future cuisine d’été de Mady. Ma tante cuisine beaucoup, et maintenant que nous sommes nombreux, la cuisine de la maison atteint ses limites. Dans la grange, Mady pourra aussi faire ses conserves et ses confitures sans nous surchauffer la maison. Le bruit d’un 4X4 nous avertit d’une visite. Je laisse Keanus entasser des caisses et sors voir qui s’amène.

Si cela était possible, ma mâchoire se serait décrochée tant le spectacle qui s’offre à mon regard est ubuesque. Imaginez un King-Kong tout en muscle avec à la main une caisse à outil à faire pâlir d’envie n’importe quel bricoleur en herbe et de l’autre un minuscule bout de chou couleur miel tout fragile. La fille d’Arès est née il y a peu. Trop occupé entre le lycée, le campus, le poste de police, et Maxine à déménager, je n’avais pas eu le temps de rendre visite à mon ami. J’essuie mes doigts crasseux sur mon jean et vais à la rencontre de cette force de la nature drôlement encombré.

- Surprise. C’est moi ! Enfin, c’est nous !
- Je vois ça ! Mais elle est minuscule ! Pas possible qu’elle soit de toi ! Tu es sûr de ta femme ?


Je prends un air canaille tout me penchant sur le bébé pour lui grattouiller le ventre avec mon doigt le plus propre. Grognement de tigre. Le père est plutôt fier de sa progéniture. Et pour me rendre mon agacerie il me la colle dans les bras.

- Je suis tout sale ! Je vais la casser ! Je…
- Salut Arès ! Ça y est ? Enfin père !


Mon frère se colle à moi et commence à gazouiller et agiter les mains comme un débile devant Ozalee.

- Tiens, prend là !
- Non, tu te débrouilles très bien frangin.


Alors que les deux autres se saluent d’une accolade virile, je deviens empoté avec ce bébé dans les bras. Penser à lui tenir la tête, ne pas lui écraser le ventre. Euh c’est normal ce bruit de glouglou ? Je tente de redonner à Arès la prunelle de sa vie, mais le tigre emboîte le pas de mon frère pour aller voir ce que nous trafiquons dans la grange. Pas à l’aise, j’emboîte leur pas avec mon colis vivant. La fille d’Arès attrape la pointe de mon col de chemise est se met à le téter avec force.

- Non princesse, c’est sale !

J’écarte sa menotte. Le visage du bébé de transforme. Sa bouche dessine un u inversé, ses traits se crispent, puis elle ouvre le bec prête à pleurer. Affolé, je regarde mon ami qui est devant moi. J’ai rien fait ! Ou pas encore… Je finis par bourrer le bout de mon col dans la bouche du bébé qui ravi agrippe le tissu et se fait les gencives sur ce morceau de flanelle plein de sueur de loup et de poussière de grange. Après tout c’est la fille d’Arès, pas une chose fragile. Je reprends de l’assurance et quand Keanus et Arès se retournent vers moi, c’est en nounou professionnelle que je tiens l’enfant.

- Je plais à ta fille Arès. Gustativement parlant !
- Gare que Mady ne te choppe pas à tripoter un bébé avec tes mains sales.
- Keanus ! Ce bébé, c’pas de la mauviette.


Finalement j’ai retrouvé mes marques d’autrefois où il n’était pas rare que je m’occupe des plus jeunes de la meute. C’est donc un bébé collé dans le bras gauche suçotant mon col de chemise que j’explique à Arès nos idées de grandeur pour cette grange où on voit le jour à travers les planches.

- Vu que nous avons monsieur muscle avec nous, Arès tu ne pourrais pas aider à redresser la herse… sans t’empaler dessus. C’est pour accrocher les gamelles de Mady, pas pour crucifier des gens. Moi je ne peux plus aider !

J’exhibe le bébé comme excuse à deux balles. Keanus lève les yeux au plafond et Arès se marre comme il a l’habitude de faire. Je rentre dans le rôle du chieur avec des « un peu plus à gauche », ou des « non, ce n’est pas droit ». L’engin agricole en place, nous nous reculons faisant déjà des plans sur la comète des futurs repas qui seront préparés ici. Je devine que mon ami a besoin de cette normalité, la perspective de repas collectifs et de veillées sympathiques. Nous ne sommes pas des bêtes… du moins pas que des bêtes.

- Une bière pour arroser ça les gars ?

Comme d’un seul homme, nous nous dirigeons vers la maison. Je me suis appropriée le bébé, avec la bonne grâce de son paternel.

- Mady !!! Viens voir la fille d’Arès !

Que n’ai-je pas dit ! Je me fais dépouiller du bébé en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

- M'enfin !!
- Tu pues la sueur et tu es dégelasse Will’ !
- Oui ben, elle m’a adopté. Elle me trouve à son goût !


Mady me regarde avec de grands yeux comme si j’étais le plus ignoble des pervers. J’explique que le bébé a adoré suçoter mon col de chemise.

- Pauvre petite ! Quelle bande de sauvages !
- Mais Mady !!! Enfin quoi !


Rien à faire. En bonne infirmière ma tante emporte l’enfant pour la nettoyer de tous les microbes que j’ai pu lui transmettre. Arès se moque de mon air déconfit.

- Mince, pour une fois que je plais à une fille en étant dégoulinant de sueur ! Et arrête de te marrer Arès, ne compte pas sur moi pour te faire du bouche à bouche si tu t’étouffes.

Keanus nous tend une bière chacun. Nous allons nous installer sur la terrasse pour débattre des travaux à faire. Je compte sur Mady pour venir nous remuer les fesses quand nous aurons suffisamment procrastiné.

- Tu vas lui faire un p’tit frère ?





Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Ven 4 Aoû - 19:38

Do you feel this good day my friend ? No monster, no tragic death just life.
Je me rends rapidement compte du fait que la meute s’est durablement agrandie au-delà de Kada’an en déployant mes sens de surnaturel sur le domaine de la meute de Willem. En effet, mon ouïe capte de l’agitation et du bruit dans l’arrière-cour, le jardin ainsi que dans la maison. Mes yeux peuvent également constater d’eux-mêmes le fait que la première demeure sédentaire du clan Shepperd a changée de bien belle manière depuis la dernière fois que j’avais rendu visite à la meute. Enfin, mon museau de tigre garou capte de nouveaux effluves canins venant se superposer aux plus anciens. Il ne fait en effet aucun doute que la meute a gagné en consistance depuis les mois d’installation et je sais que c’est une très bonne chose tant pour l’alpha que pour les âmes en peine ayant fait le choix de le rejoindre. Car connaissant le luron, il a certainement opté pour des personnes ayant véritablement besoin de ce lien si primordial dans la vie d’un loup. Ce n’est d’ailleurs pas la porte qui s’ouvre mais l’odeur et l’aura de l’alpha qui m’indiquent l’approche de ce dernier par le flanc droit.

Le loup se nettoie les mains pleines de crasse sur son jean tout en me fixant d’un air tout bonnement ahuri. Je suis bien conscient que l’image que je renvoie en cet instant doit être plutôt cocasse. Mais malgré ma force herculéenne il convient de le dire qui m’amène à penser que le fait de porter un prénom grec ancien aussi rare n’est pas du tout volé je suis relativement gêné par l’abondance d’effets personnels autour de ma personne. Une caisse à outils dans une main, le couffin de mon petit ange dans l’autre et un sac rempli d’affaires pour bébé accroché autour du cou je n’en mène pas large. Je m’annonce avec un grand sourire dans une exclamation et mon vieil ami n’en manque pas une pour me taquiner d’entrée de jeu. Je ne perds pas un instant avant de répondre avec un large sourire aux lèvres. Minuscule. Minuscule méfie-toi des apparences mon vieux. Ma petite puce tient d’une lionne et d’un tigre hein. Puis, j’en suis sur autant que tu es toujours célibataire. Tu n’auras qu’à demander à Za la prochaine fois que tu la verras.

Conclus je en riant face à son air canaille. La bougresse serait bien capable de s’offusquer et d’entreprendre sans aucune gêne de narrer à Will la conception de l’enfant peu après ma guérison de la chute. Bien consciente de la timidité exacerbée du loup, elle qui savait si bien repérer les failles des autres et s’y engouffrer sans la moindre pitié. Le loup se penche au-dessus du couffin et fait rire la petite en lui grattouillant le bidon. Un grognement animal s’échappe lentement de ma gorge. L’animal mortel dans sa férocité ronronne comme un chaton de fierté devant sa petite. Je décide la lui confier vu que la rencontre a l’air de bien se goupiller. Ozalee a-t-elle trouver un second gardien après Milan ? Mon ami d’enfance était littéralement gaga de celle qu’il voyait comme une nièce. Je la lui confierais sans hésiter à la vie à la mort. Balayant les jérémiades de Will d’un revers de la main, je lui fourre ma fille dans les bras en abandonnant là le couffin sur le palier. Un poids en moins. Keanus débarque à son tour et entreprend à son tour d’amuser Oz qui rit de bon cœur devant tant de nouveautés. Salut Keanus. Yep, enfin papa. C’est pas franchement de tout repos. Mais tu dois avoir l’habitude avec Will.

Ma pique amicale arrache un grand rire au cadet de l’alpha et je ris à mon tour de bon cœur tandis que ce dernier nous lance une œillade mauvaise sans cesser de maintenir le bébé dans ses bras. Je donne l’accolade à Kean qui laisse Will se débrouiller avec ma fille. D’ailleurs, ma pique semble avoir touché dans le vide puisque l’alpha semble entièrement concentré sur la petite créature fragile qu’il tient contre sa poitrine. Estimant que le garou se débrouille bien avec la prunelle de mes yeux j’emboite le pas à Keanus pour aller voir d’où provient tout ce remue-ménage. Will suit le mouvement à son tour et j’en profite pour discuter des travaux avec Keanus. Nous finissons par nous retourner pour voir comment s’en sort l’alpha qui me surprend franchement mais agréablement. Il tient ma fille aussi bien que moi qui avais pourtant eu bien du mal les premiers temps à savoir comment faire. Quant à Ozalee, je devine qu’elle est ravie à son expression béate de nourrisson. Cela sent l’expérience à plein nez. Will a-t-il déjà joué les nounous ? Telle est la question. Héhé, en effet je vois ça mon vieux. Tu t’en sors comme un chef. Mais, Oz n’est pas bien difficile gustativement parlant remarque. En tous cas chapeau. Non, Keanus Will a raison ma princesse n’a rien d’une mauviette.

Ma fille semble parfaitement paisible dans les bras de mon ami alors je m’ôte le poids de l’inquiétude paternelle des épaules et dépose ma caisse à outils sur le sol de la grange avant de saluer Maxine d’une bise amicale. Enchanté de faire ta connaissance Arès le… Voilà monsieur muscle. J’écoute avec attention la vision de mon vis-à-vis pour les lieux et y vais de quelques commentaires appréciateurs entre quelques sifflotements. En effet. Cela va donner un chouette petit coin aéré et parfait pour l’été. Je valide le projet du chef de chantier ! Avec plaisir pour le coup de main tu me connais. Lorsque Will évoque le terme de crucifixion mes pensées s’échappent vers un certain sicilien de ma connaissance et je me rends alors compte à quel point ma vie peut sembler étrange eu égard à cette dualité déroutante. Amusant la galerie en prenant la pause de monsieur muscle comme venait de me surnommer l’alpha j’éclate de rire devant l’excuse trouvé par Will pour ne pas aider. Kean lève les yeux au ciel en soupirant. C’est qu’il a bien manœuvré son coup le saligaud. J’admire à n’en point douter. Je commence à soulever l’ouvrage hérissé conjointement à Keanus et nous mettons toutes nos forces dans la besogne manuelle. Will profite de son statut de baby-sitter pour jouer les chieurs mais nous le houspillons vigoureusement tout en achevant la manœuvre.

Je m’essuie le front luisant de sueur d’un geste mécanique avant de sourire de satisfaction sincère devant la simplicité du travail accompli et le plaisir d’avoir rendu service à un ami proche. Will a la merveilleuse idée de proposer une bière et nous nous dirigeons tous vers la maison d’un pas tranquille. Une fois arrivé à la terrasse Maddy arrive suite à l’appel de Will et j’ai juste le temps de lui faire la bise avant qu’elle ne récupère Oz des mains sales de l’alpha. La scène qui se déroule sous mes yeux me plonge dans un fou rire d’une rare intensité et je finis même par avoir mal aux cotes. Je n’ai rien dit Will. Je n’ai rien dit. Pourquoi tant de haine ? Mais, je continue de me marrer le temps que nous nous installions confortablement tous les trois. Je remercie Keanus pour la bière qu’il me tend avant de répondre à la question de Will. Bien sûr que je vais lui faire un petit frère. Elle risque de s’ennuyer sinon non ? Mais pas tout de suite. Rien ne presse n’est-ce pas ? Si on m’avait dit avant mon installation à Beacon Hills que je deviendrais père je n’y aurais pas cru. Vu ma propre histoire ma paternité a une saveur particulière tu sais mais assez parler de moi. J’ai constaté que la meute s’était agrandie c’est une très bonne chose puisque tu es un très bon alpha. Et toi tu as trouvé quelqu’un ? Qui est l’heureuse élue ?
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Willem Shepherd

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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Mer 16 Aoû - 18:11

Sheperd
Willem

Coleman
Arès

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Shepherd family dans toute sa splendeur. Mady est aux anges avec la petite de mon ami. Les vannes vont bon train et nos visages affichent la joie pure de tout simplement vivre. Pas de chichis, d’intérieur design, ni d’équipements dernier cri. Juste des gens heureux d’être ensemble, contents de communiquer et d’échanger sur des valeurs simples comme la famille ou le travail au quotidien.

Arès me répond, affirmant vouloir donner un petit frère à sa fille. Je suis content de son souhait. Il démontre qu’il envisage sa famille comme le noyau de sa vie, une base pour laquelle il vit et vivra. Souvent je repense à mes propres sœurs. La nuit lorsque je n’arrive pas à dormir, je nous invente une vie où elles seraient encore en vie. Peut-être que je serais alors tonton. J’adorai ça ! J’aimais tant m’occuper des enfants de la meute. A mes yeux, un enfant est la parfaite représentation de la vie. C’est  un matériau noble qui a tout à apprendre et tout à conquérir. J’aime les familles nombreuses, là où ça chante, là où ça cri et là où ça pleure parfois.

Je félicite une nouvelle fois mon ami pour cette paternité qui lui réussit fort bien en levant ma bière en sa direction. A son tour, il me félicite d’avoir agrandi la meute. Toutefois mon cœur rate un battement lorsqu’il me trouve très bon alpha. Je n’ai pas tout à fait cette opinion de moi. Je sais parfaitement que l’on est son pire juge, pourtant à mes yeux la première pleine lune de James a été un échec. Non pour mon bêta, mais pour moi. Je n’ai pas su le canaliser, pas su me faire respecter sans qu’il se sente accablé. Avant, quand j’étais encore un bêta et que la vie nous souriait, jamais je n’ai senti le poids de mon alpha. Ted savait se faire respecter sans avoir besoin de monter au créneau. Et si parfois il lui arrivait de pousser son aura, c’était dans le but de rassurer et de tranquilliser.

Je pense sans fausse modestie être un bon médiateur, mais ce n’est qu’une des nombreuses compétences qu’il faut pour être un bon meneur. J’ai peur de la désertion de James qui sera suivit de celle de Kada’an s’il venait à partir. Non par orgueil, mais peur qu’il ne leur arrive quelque chose car j’aurai mal fait mon travail d’alpha.

Arès s’aperçoit de mon vague à l’âme, mais reporte ses questions pour basculer sur un sujet plus frivole : les femmes. Dès qu’il me demande si j’ai quelqu’un, je ne peux pas m’empêcher de rougir jusqu’aux oreilles et plonger le museau vers mes pompes. Keanus se racle la gorge, amusé de mon embarra.

- Ben… Je suis sorti un soir avec une… voleuse de sonotone.

Mon frère s’esclaffe, totalement hilare. Je grogne d’indignation devant si peu de considération pour son grand frère. Arès se mord les joues, il en a presque des larmes aux yeux tant le fou rire de Kean’ est communicatif. Même moi j’ai du mal à rester boudeur tant que ma rencontre avec Merisha tient de la comédie burlesque. Je commence donc à narrer mon incroyable rencontre avec la polonaise.

- Je t’affirme mon ami, que plus elle semble inoffensive, plus tu dois te méfier d’une femme. Car loup alpha ou pas, tu te fais embobiner comme les autres.

Je trouve un écho chez mon ami. Lui aussi semblerait ne pas porter le pantalon dans son ménage avec sa lionne. J’explique donc au tigre comment faute d’effectif, on m’avait collé l’interrogation d’une voleuse. Merisha avait fait main basse sur le sonotone d’un petit vieux pour prouver à sa sœur qu’elle n’avait point la main rouillée.

- Oui c’est une ancienne voleuse de haut vol à la retraite.
- C’est cela… à la retraite, on y croit frangin !


Je fais un sourire penaud, mais avec ses yeux de biche, la polonaise pouvait bien me faire avaler des couleuvres que je n’y aurais vu que du feu. Je repense à son doux minois, la courbe de son décolleté et… avec une grande claque dans le dos, Arès me crie de revenir sur terre.

- Bon dans tous les cas, cela ne sera pas la future mère de mes louveteaux. Pas son style de vie. Mais sa compagnie est… plaisante. Pas évident de trouver celle qui sera la bonne, son alter-ego.

D’ailleurs ferai-je un bon père et un bon époux, moi qui me sens minable dans mon rôle d’alpha ? Je n’arrive pas à doser entre discussion et rapport de force. Je cache mon trouble en biberonnant ma bière.






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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Mer 6 Sep - 19:24

Do you feel this good day my friend ? No monster, no tragic death just life.Venir chez les Shepherd est toujours un grand plaisir. Peu importe les soucis pouvant m’accabler qu’ils soient d’ordre surnaturels et liés à ma mission de gardien, tout ce qu’il y a de plus ordinairement humains relevant de ma récente paternité, de mon couple ou d’un autre aspect semblable à celui de tant de vies ou même nécessairement secrets de par mon appartenance à l’organisation criminelle d’Alessandro dont je ne suis ni plus ni moins que l’un des pontes vu mon rang de second. Peu importe les problèmes et leurs natures, je sais que je trouverais toujours ici un foyer accueillant, ouvert, lumineux et agréable au cœur duquel je pourrais prendre une pause bienvenue dans l’effervescence bouillonnante de mon existence parfois un brin trop sauvagement palpitante.  

Je sais que je trouverais ici plus qu’un ami un frère de cœur dont je connais les faiblesses, les failles et les cauchemars parce qu’il a eu suffisamment confiance en moi pour me les confier et réciproquement Will sait parfaitement que derrière ma belle carrure, mon insouciance affichée et ma personnalité de bon vivant paisible se cache également une âme meurtrie par la vie, ses affres et ses injustices. L’alpha n’est ni aveugle ni idiot et sait très bien que je ne suis pas un ange et que bien que je puisse être vu comme quelqu’un de bien par certains aspects, d’autres contredisent implacablement cette vision. Le loup garou m’accepte comme je suis sans éluder ou essayer de me changer et pour cela je ne l’apprécie que plus encore. Un frère de cœur ni plus ni moins pour lequel je rappliquerais dès qu’il le faudrait et n’hésiterais pas à faire le sale boulot à sa place pour préserver sa conscience si lumineuse. Je suis déjà en partie pourri à l’intérieur mais lui, lui c’est une bonne personne et ces dernières se font bien trop rares à notre époque. Il faut bien des anges pour éviter que ce monde ne devienne trop triste. La bâtisse du clan Shepherd est un havre de paix que j’aime profondément, une bouée dont j’ai parfois désespérément besoin pour me rééquilibrer intérieurement. Mon espèce tue pour le plus grand bien, mon métier souterrain tue pour le profit. Je suis un tueur et l’assume mais je ne suis pas que cela et parfois cela finit par peser sur les épaules aussi larges soient elles.

Les rires et les gazouillements de ma princesse prouve que cette dernière est déjà complètement gaga de Mady, le visage de la tante de Will est rayonnant. Mady a un peu récolté par la force de chose le rang de matriarche de la meute aussi je ne m’étonne pas de cette relation qui se noue avec Ozalee. Ma petite a vraiment de la chance. Elle qui va grandir partagée entre différents lieux aura assurément de l’amour en chaque lieu. Ce que je n’ai pas eu. Le soleil est éclatant, il fait bon, la bière est fraîche et bonne. Les rires résonnent dans les environs, la joie est naturelle et contagieuse. Je me sens simplement bien, paisible et heureux en communion complète avec l’environnement dans lequel je baigne en cet instant. La discussion s’’engage autour de ma paternité et je reconnais avec entrain mais non sans une pointe d’anxiété que je compte bien agrandir ma famille dès que Za sera de nouveau prête à donner la vie. Je ne me vois pas avec une équipe de football mais plusieurs bouts de chou dans ma vie comme de multiples soleils serait un cadeau inestimable et un accomplissement certain. Nous nous retrouvons dans ce choix de placer notre famille au cœur de nos existences comme en témoigne son sourire.

Nous trinquons tous à cette vision de lionceaux ou bébés tigres et savourons tous trois ce moment de détente. Je félicite pour ma part Will pour les travaux et l’agrandissement de la meute. Pour moi l’alpha a cela dans le sang mais je note son rythme cardiaque défaillant l’espace d’une seconde. Mon expression perd un peu de son rayonnement pour se faire mi anxieuse mi curieuse mais après un regard échangé avec Will, je décide de détourner le sujet sur quelque chose de plus trivial et joyeux. Gâcher un bon moment n’est pas souvent le meilleur moyen de régler un problème mais je me fais la promesse d’interroger mon compagnon de beuverie à ce sujet car même si cela ne me regarde probablement pas je n’aime pas le voir ainsi. D’ailleurs, je sens que nous allons glisser sur une pente plus détendue dès que les joues de l’alpha se parent de rougeurs timides. Keanus en rajoute une couche d’un raclement de gorge et je comprends que la suite va être épique.

Le propos de Will me semble surréaliste et Keanus part dans un fou rire nerveux et intarissable. Une voleuse de sonotone ? J’éclate de rire à mon tour sans pouvoir m’arrêter, les larmes me piquent les yeux et mes cotes me lancent durement. J’imagine Will avec une petite mamie de soixante-dix ans qui a chipé un sonotone dans une maison de retraite. Rebelle un jour, rebelle toujours. Une voleuse de sonotone Will ! De sonoto… Et quelle-âge a donc cette beauté aux mains lestes ?  Keanus ne s’arrête plus et je commence à avoir du mal à respirer. Les coups d’œil que nous échangeons sont mémorables. L’alpha boude quelques instants avant de se laisser aller. Je me calme pour écouter la narration la plus hilarante de ma vie et dois tousser pour me reprendre non sans afficher un grand sourire de trois pieds dans lequel brille un amusement certain. Oh, je peux t’assurer qu’inoffensive ou non et alpha ou gardien du surnaturel nous nous faisons toujours avoir. Je dirais que la nature l’a voulu ainsi ou que nous sommes tous deux trop corruptibles devant un regard énamouré. C’est donc une habile demoiselle que tu as dénichée là. Mon dernier propos est à double sens mais Will me semble trop ingénu pour capter le sens sulfureux de cette ultime affirmation.

Une chose est sûre il ne risque pas de s’ennuyer le gredin. J’en suis bien heureux pour lui. Vraiment depuis le temps ! Le médiateur argue que sa conquête est à la retraite et Keanus soulève le point épineux de cette affirmation. Vu comment le regard de Will brille de passion il ne fait aucun doute que la bougresse sait s’y prendre. Une beauté donc bien que je ne connaisse pas les goûts de Will en matière de femme. Je donne une grande claque dans le dos de mon hôte et lui crie de revenir parmi nous sous les éclats de rire de Keanus. Cela tu ne peux pas le savoir mon ami. Les choses prennent parfois un tour bien surprenant mais en effet certaines femmes ne sont pas faites pour cela. Et puis de toute manière tu es encore jeune. Une compagnie plaisante est largement suffisante si c’est ce que tu cherches. En effet tu as raison, ce n’est pas évident mais parfois on passe devant la bonne sans lui accorder suffisamment d’attention ou au contraire on la croise et la connait depuis des années comme ce fut mon cas. L’amour mes amis. L’amour est une chose bien étrange. Mais, vivre sans… Enfin assez disserter. Tu comptes la revoir Will ? Ou ce moment plaisant était prévu pour ètre unique ? Comment s’appelle cette ex voleuse de haut vol ?
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Dernière édition par Arès Kye Coleman le Mar 19 Sep - 12:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Sam 16 Sep - 17:18

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Do you feel this good day my friend
Mes aventures avec Merisha font marrer Arès et Keanus. C’est de bonne guerre et même si je râle pour la forme, j’accepte les railleries avec plaisir. La polonaise a le mérite de bouleverser mon train-train et le brin de folie qui l’entoure est agréable. Avec elle, je renoue avec l’imprévisible et la vie au présent. Cela colle avec mon tempérament nomade et sans attache.

Mon ami me confirme que nous les hommes sommes finalement peu de chose face à ces créatures faussement fragiles. Je repense à sa robe qui glisse de ses épaules, sa culotte de dentelle qui attire le regard plus qu’elle ne cache ce qu’elle doit masquer. Son jeu sensuel qui se termine par une prise en main ferme et experte… Ses lèvres si…

Une grande claque dans le dos me ramène sur terre. Le visage d’Arès est illuminé par son sourire éclatant. Sa peau mate accentue le contraste, le laissant paraitre encore plus en joie. C’est ce que j’apprécie chez lui, cette facilité à s’esclaffer, de passer du sérieux au rire. Je trouve mon alter-ego. Nos parcours sont différents, nos choix de vie aussi, pourtant nous sommes semblables sur bien des points.

Mon ami disserte sur la vie et les rencontres. Il y a beaucoup de hasard et comme il le souligne, nous pouvons parfaitement passer à côté d’un bonheur que l’on croise sans le voir. Toutefois, je ne me sens pas mûr pour me fixer avec une femme. Pas tant que je sois assuré d’être un bon alpha.

- Comment s’appelle cette ex voleuse de haut vol ?
- Ex voleuse de haut vol ! Elle s’appelle Merisha.


Keanus nous lâche pour aller mater sa série, tandis que Mady rapplique avec la fille d’Arès. Elle est appelée à l’hôpital, une de ses collègues a eu un accident, ils sont saturés. D’autorité j’attrape Ozalee et la cale sur mes genoux. Sans faire de manière, ma tante claque une bise à Arès et file rejoindre les urgences de l’hôpital. Nous finissons par rentrer à l’intérieur car le temps fraîchit un peu. Kada’an travail au Pink, quant à James… Il fait sa vie je ne sais où. Il rentrera à la maison en même temps que la rouquine. Je garde en bouche le gout amer de l’échec. Je sais bien que Rome ne s’est pas construite en un jour, et qu’une pleine lune n’est pas représentative de ma capacité à gérer mes bêtas. Seulement, je n’arrive pas à me départir du sentiment d’avoir échoué. Il ne me semble pas avoir la carrure qu’avait oncle Ted. J’ai l’impression d’être encore un gamin.

- Je ne suis pas sûr d’être à la hauteur de mon rang Arès…







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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Mar 19 Sep - 12:10

Do you feel this good day my friend ? No monster, no tragic death just life.C’est un excellent moment que m’offre cette visite impromptue du côté des Shepherd mais puisqu’il s’agit d’une norme en l’état je ne suis nullement surpris de me sentir aussi bien sur le territoire de la meute autrefois nomade. Un moment empreint de fraternité, de camaraderie, d’affection et de franchise comme toute vie devrait en être remplie. Mon rire résonne longuement de concert avec celui de Keanus tant je m’esclaffe des péripéties amoureuses de l’alpha. Will est un sacré personnage il convient de le dire. Et c’est bien pour cela que je l’aime autant. Parce que nous partageons cette jovialité naturelle, cette tendance généreuse au sourire le plus large, l’amour de la bonne nourriture et la haine du gaspillage ainsi qu’un réflexe bien ancré de solidarité peu importe la personne pouvant avoir besoin de notre aide.

De tous les surnaturels résidant dans cette ville et constituant par la même le monde caché aux profanes Will était de loin celui avec lequel je partageais le plus de points communs. Ce qui expliquait sans doute aisément le naturel de notre relation. Pourtant tout comme moi, le loup garou aux prunelles rubis cachait de bien profondes cicatrices héritages d’un passé bien lourd. Etant dans la confidence et ce de manière réciproque je pouvais interpréter certaines choses-là ou d’autres ne le pouvaient pas. Tout comme l’alpha gourmand -mais qui ne le serait pas face à la cuisine de Maddy je vous le demande- pouvait lire en moi bien plus facilement que bien d’autres. C’était probablement pour cela que notre relation était si simple. Parce que nous nous étions très rapidement livrés l’un à l’autre. Les secrets ne pouvaient empoisonner notre amitié contrairement à celle que je partageais avec mon loupiot auquel je ne pouvais décemment pas révéler bien des choses. Finalement le rire cède le pas à la dissertation philosophique au sujet des représentantes du beau sexe, des rencontres, de la vie, des errances du hasard, de l’importance du choix et de bien des choses nébuleuses dont je ne suis certainement pas un expert malgré le fait d’avoir plutôt bien roulé ma bosse au cours de ma modeste existence.

Le regard que j’échange avec Willem m’indique que bien que d’accord avec moi dans le fond il ne se sent pas prêt pour le grand saut et je me rends compte que pouvoir parvenir à communiquer avec quelqu’un rien que par ce croisement des rétines est une bien belle preuve de complicité. Je comprends qu’il ne serait pas contre se poser de manière plus ou moins permanente mais que quelque chose l’empêche de le faire. Mais quand à savoir ce dont il s’agit, je crains que ma perspicacité ait ses propres limites. Will m’annonce le nom de son impétueuse conquête à moins que ce ne soit lui la conquête de cette mystérieuse demoiselle et je dois avouer qu’il s’agit d’un très joli nom bien que peu commun. Mais nous savons tous que les noms peu communs sont les mieux portés n’est-ce pas ? Merisha en voilà un magnifique prénom ! C’est est-européen si je ne m’abuse. Enfin peu importe tant qu’elle te rend heureuse mon vieux.

Keanus nous quitte finalement pour aller mater sa série préférée un passe-temps que j’appréciais également mais que je n’avais pu plus savouré depuis quelque temps maintenant. Du Binge watching s’imposait. Enfin, pas lorsque je devais veiller sur Oz bien entendu. Les enfants avant Netflix. Cruauté ! Je plaisante ma princesse vaut tous les shows télévisés du monde. Puis c’est Maddy qui vient nous annoncer une urgence à l’hôpital qui la contraint à un remplacement au pied levé. Will s’impose dans son rôle de tonton avec brio et récupère Ozalee avant de la caler confortablement sur ses genoux. Maddy me fait la bise avant de filer. Bon courage Maddy ! Je ne sais pas si elle m’a entendu car la porte vient de claquer. Mon regard se reporte sur le visage de ma fille dont l’expression éberluée m’arrache un grand sourire. Mais, la petite ne semble ni sur le point de pleurer ni de s’esclaffer ou de gazouiller. Elle est parfaitement calme et détendue. Ses petits yeux verts guettent et explorent le paysage avec application mais bien vite en quelques instants les paupières vacillent.

Je sors une tétine de ma poche et la colle entre ses minuscules lippes. Voilà tu peux dormir tranquille Oz. Fier de moi et de mes réflexes paternels j’esquisse un autre sourire. Celui d’un gagnant du superbowl avant d’avaler une rasade de bière et de reporter mon attention sur Will dont l’expression désabusée et mélancolique m’inquiète rapidement. Je fais le lien avec son battement de cœur étrange de tout à l’heure et plonge mes yeux dans les siens. L’alpha ne tarde pas à m’avouer ses doutes. Au lieu de m’exclamer que j’étais personnellement persuadé qu’il l’était à mes yeux et que si j’étais un garou je l’aurais certainement suivi sans hésiter. Je prends le temps de réfléchir. Mon expression se fait plus grave par mimétisme. Je n’aime pas voir Will dans cet état. Si le Shepherd n’était pas heureux alors qui pouvait prétendre l’ètre ?

Will les doutes et les erreurs sont le propre de tout chef. C’est ainsi que l’on apprend à être chef. En faisant les choses les plus pesantes et les plus compliquées pour que les autres n’aient pas à le faire. Tu n’étais pas destiné à devenir alpha donc tu as dû improviser du mieux que tu le pouvais. Ce rang t’est tombé dessus alors que tu n’avais rien demandé mais tu as fait face, tu l’as accepté et tu as fait au mieux. Je pense pouvoir affirmer que ton oncle serait fier de toi. Alors certes, tu as certainement du mal à te montrer autoritaire parce que ce n’est pas dans ton caractère mais si Kada’an et d’autres t’ont rejoint c’est bien parce que tu as su trouvé les mots justes pour les convaincre. Nous sommes des surnaturels, des prédateurs aussi je comprends que cela ne soit pas facile tous les jours mais je t’interdis oui monsieur Will je t’interdis de te dire que tu n’es pas digne d’ètre alpha. Tu penses à eux avant de penser à toi et en cela tu es un excellent alpha en plus d’ètre un merveilleux frère de cœur et un adorable tonton pour Oz. Je suis persuadé que tu peux arriver à incarner l’alpha que tu souhaites devenir pour les tiens. Persuadé.

Laissant une pause me permettre de reprendre mon souffle après cette tirade pleine de sincérité, j’avale une autre rasade de bière avant de continuer. Tu sais que mon mariage avec Za a fait de moi le futur chef par alliance de mon clan de gardien. Moi, un né humain qui est devenu deatheater par morsure. Chambouler les traditions est lourd à porter et entre nous ce futur poids m’inquiète mais je fais avec. Si j’y arrive il n’y a aucune raison que cela ne soit pas ton cas. Mais dis-moi ce qui a pu t’emmener à te déprécier ainsi ?
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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Mar 3 Oct - 17:19

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J’apprécie le silence d’Arès quand je lui avoue mes doutes sur mes capacités à être un bon alpha. Je préfère ce mutisme à une litanie de bons sentiments tous aussi fades que creux. Ce n’est pas d’une tape dans le dos dont j’ai besoin, mais que l’on m’assure que j’y arriverai, car l’échec n’est pas concevable lorsqu’il s’agit de vies.

Arès prend le temps de saisir l’ampleur de mon désarroi, mais aussi de l’importance de mon rang et des responsabilités qui y sont liées. Je n’ai pas grandi dans l’idée de me hisser au-dessus des autres comme Amaro, le Boss de Kada’an, a pu le faire. Mine de rien, chaque fois que je passe au Pink, j’observe son patron. Sa façon de bouger et comment il s’y prend avec son personnel. Cependant à chaque fois je fais le même constat. Je n’ai pas son assurance et son aisance. Il reste toujours le même, même lors des imprévus, là où je ne peux pas m’empêcher de faire l’idiot quand je sens la situation m’échapper. C’est bien de chercher un modèle, mais celui de l’italien ne suit pas un schéma que je peux reprendre à mon compte. Nos motivations sont différentes, voire radicalement opposées.

Arès finit par parler. Il me rassure, affirmant que mes doutes sont légitimes. Et que c’est malheureusement le lot des chefs. Lui qui connait très bien le patron du Pink pourrait-il me dire si le mafieux est aussi partagé sur les actions qu’il décide ? Savoir que je ne suis pas seul avec cette angoisse ne me dira pas comment m’y prendre, mais me rassurerait un peu. Je souris quand Arès m’interdit de douter de moi. C’est plus facile à dire qu’à faire. Pourtant le résumé qu’il fait de ma vie, avec ce rang qui m’a couté le doré de mes prunelles, car j’ai dû achever mon oncle devenant à la fois meurtrier et garant de la pérennité de notre meute, ou le fait que je n’ai pas obligé Kada’an à nous rejoindre, me montre que je n’ai pas démérité de la charge qui m’est tombée dessus. Il me dit capable d’incarner mon rang tel que je l’idéalise.

Seulement ce rôle de chef passe forcément par des moments où je dois imposer mon autorité. C’est là où je me sens mauvais, incapable de savoir doser. Je n’aime pas blesser ou heurter les autres. Arès s’est tût. Je laisse ses mots imprégner ma cervelle. Je lui fais suffisamment confiance pour savoir qu’il ne dit pas de belles paroles pour me faire plaisir, mais parce qu’il en est persuadé. Pas besoin d’écouter son rythme cardiaque pour le savoir sincère. S’il me dit que je suis capable d’être un alpha honorable, je le crois. Ce que je me doute, c’est que j’aurai toujours ce doute et cette amertume chaque fois que je pousserai mon aura. Je réalise que mon oncle Ted avait la tâche simplifiée par le fait que nous bougions au moindre problème. Il est facile de palier aux ennuis quand on les fuit. Je ne suis pas en train de traiter mon ancien alpha de lâche. J’ai adoré la vie que j’avais avec lui à la tête de la meute des Shepherd. Simplement avec la confirmation d’Arès, je sais que je ne suis pas dans la même configuration. La sédentarité m’obligeant à traiter la source des ennuis et pas juste d’esquiver en déménageant.

A mon tour d’être surpris d’apprendre le rang que mon ami a hérité en mariage. J’imagine sans mal la pression sur ses épaules, et les attentes de son clan. Puis il me demande ce qui m’a amené à me déprécier. Je réfléchis un long moment puis je lui raconte comment s’est déroulée la dernière pleine lune avec la meute.

- Cela a très bien commencé. Mady avait préparé un pique-nique, nous nous étions isolés dans une cabane loin des sentiers courants. On aurait pu penser à une veillée champêtre. J’ai laissé Kada’an libre de ses mouvement et libre de partir si elle en sentait le besoin. Car c’était sa première pleine lune en groupe depuis une éternité pour elle. J’avais attaché Tobias car je ne voulais pas entraver James pour sa première lune, et il nous aurait été difficile de gérer les deux en crise.

J’explique les tensions qui ont commencé à monter. Le désir sexuel de James envers Kada’an qui s’exacerbe et les deux loups intrus, qui pensant tuer facilement un alpha, mette le feu à la poudre. J’ai réussi à ce que James garde le jaune de ses yeux et que Kada’an ne tue pas ces deux idiots qui ont terminé la nuit assommés. Je raconte comment James et Kada’an ont détallés poursuivant un lapin dérangé par le raffut que nous faisions. Je détaille la course poursuite qui en a suivi au mépris des règles simple de sécurité, de ma colère face à une James en rut s’insurgeant que je l’empêche d’honorer sa femme.

- Un homme commandé par ce qu’il a dans le pantalon est bête. Quand c’est un loup c’est encore pire ! J’ai dû m’imposer. J’ai perçu leur résistance et clairement leur menace tacite d’en finir avec moi si je recommençais à me faire obéir par la force.

Je soupire et mes épaules s’affaissent en repensant à ce moment très pénible pour moi. James est de nature orgueilleuse et le joug d’un alpha lui est difficilement supportable. Cependant je me sens responsable de lui, car je l’ai mordu. C’était ça où il mourrait, mais je ne veux pas me défiler. Cela ne fait qu’une lunaison à son actif, j’espère que cela ira en s’améliorant me dégrevant à devoir le faire plier à nouveau. Ce que je conçois très bien comme étant humiliant. Seulement il n’y a pas d’autre choix.

- Nous en sommes à un statu-quo malsain. Je crains ce qu’il se passera si je suis obligé à nouveau de les brider. C’est pour leur bien, mais tu sais comme moi qu’il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre.

Je laisse Arès assimiler ce que je viens de lui raconter.

- J’aimerai pouvoir leur inspirer confiance sans avoir à forcer sur mon aura. Seulement James et Kada’an ont tous deux des caractères forts, un peu indomptables qui nous amène forcément au conflit. Et pour être honnête, je vais veiller à ce que Keanus ou Mady ne soient pas loin si j’ai besoin de les contraindre. Je prends la menace qu’ils représentent au sérieux si par malheur ils se laissent dominer par leurs pulsions. Ce conflit larvé me mine.

Je sais bien que j’ai grandi au pays des bisounours. Je pensais naïvement pouvoir reconstruire une meute sur ce modèle fait de confiance et de fraternité. J’en suis à me méfier de deux de mes bêtas. Je n’ai pas envie de vivre en devant surveiller mes arrières jusque dans ma propre maison.

- Je n’en veux pas à James ou Kada’an. Ils ont leur propre vécu qui conditionne leur réaction actuelle. Je m’en veux à ne pas savoir comment faire pour que personne ne soit en danger sans qu’ils aient l’impression que je les domine. Ted y arrivait car nous avions tous le même vécu.


Pour le peu que m’en a raconté Arès son clan ne fait pas dans la dentelle. L’utilisation de la force est courante pour faire rentrer dans le rang ceux qui s’en écartent. Le clan d’Amaro marche de la même façon. Le rapport de force est-il un passage obligé pour un chef ?





Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Dim 8 Oct - 14:38

Do you feel this good day my friend ? No monster, no tragic death just life.Le sourire de Will suite à mon affirmation quant à ses capacités de chef me rassure instinctivement sur son état d’esprit. Le sujet de sa gestion de la meute le mine intérieurement mais pas au point de le changer en quelqu’un de différent moins enjoué et naturellement bon vivant et cela me parait à moi très important. Car, je pense qu’il est possible de séparer ce que l’on est intérieurement de ce que l’on doit ètre. Pour me prendre comme exemple, il apparait évident que le Arès qui met fin à des vies dans le cadre de rivalités mafieuses inhérentes au milieu souterrain n’est pas le même que celui qui sourit en cet instant devant le tableau de sa fille roupillant paisiblement dans les bras de son ami. Alors, certes je suis bien le même homme sous différentes facettes mais ce que je veux dire c’est que l’alpha qu’est Will ne saurait représenter mon ami dans son entièreté. Les choses ne se résument pas ainsi. La vie est bien plus complexe que cela. A l’issue de l’exposé de mon point de vue, je me rends bien compte que peu importe ma sincérité ce que je viens d’annoncer est assez plat et plus facile à dire qu’à faire. Que ce n’est pas tout que je dise à Will que tous les chefs connaissent certainement de tels moments de doute et d’interrogation intérieure car mes paroles aussi sincères et enflammées soient elles ne restent malheureusement que de simples belles paroles. Belles mais creuses. Je me rends cruellement compte que ce soutien moral offert à l’alpha est décidément bien léger face à la préoccupation qui travaille son esprit et sa conscience.

J’aimerais tellement faire plus pour l’aider mais je ne vois pas ce que je pourrais faire pour l’aider à devenir le leader qu’il souhaite être pour les siens. Les bons sentiments aussi amicaux puissent t’ils être ne donnent aucune piste à suivre afin de se rapprocher de cet idéal de commandement lupin que cherche à atteindre le Shepperd. Il n’y a de toute manière aucune recette miracle pour faire un bon chef sinon cela se saurait probablement. Alessandro était un leader naturel parce qu’il était un loup dans tout ce que cette vision avait de menaçant. C’est un brin cliché mais lorsque l’on est le grand méchant loup du conte pour enfants, ce n’est pas bien difficile de mener des moutons. Aless est dominateur, stratège, flamboyant, exubérant et charismatique. Il donne l’impression d’avoir de l’autorité naturelle dans les veines et a de très bons talents d’acteur. Son histoire personnelle l’a amené à vouloir s’élever toujours plus haut. Son intelligence lui facilite grandement les choses. Il aime se mettre en scène et être au sommet. L’exemple du sicilien est bien trop particulier pour ètre retenu ici. Car, Alessandro est tout sauf commun. Pourtant, je l’avais déjà vu douter, se tromper, montrer des émotions relevant selon certains critères par trop obtus de faiblesse pour quelqu’un comme lui.

Un chef tout meneur qu’il était n’en restait pas moins un humain avec les travers que cela pouvait entrainer. Je dirais que dans le cas d’Alessandro le point primordial était d’assurer le spectacle. Que les yeux restent braqués sur lui. Et puis Aless vivait pour le pouvoir pas tant par ambition que par besoin. C’était une part de lui. Parler d’Amaro à Will serait hors de propos car les deux hommes étaient l’opposé l’un de l’autre. Azalea ma chère lionne était une chef naturelle de par son sang qui était celui d’une lignée de chef du clan Azgeda mais pas seulement. Tout chez mon épouse renvoyait à son rang. De son port de tète altier à l’intonation du timbre de sa voix lorsqu’elle donnait un ordre. Son regard exigeant ou la manière dont elle pouvait vous remettre à votre place d’un simple coup d’œil. Za était née pour diriger un clan de gardiens et elle le savait depuis ses premiers pas. Elle n’avait pas à jouer un rôle. Elle n’avait pas à se forcer pour imposer le respect. Elle le faisait tout simplement de manière presqu’inconsciente. Ce petit brin de femme avait l’aura d’un général et rare étaient ceux suffisamment courageux pour tenter de lui tenir tête. Bon, je faisais logiquement office d’exception mais l’amour est une dérogation suffisante. Le parrain d’Ozalee refusait de lui reconnaître une domination qu’il appréciait lui-même exercer ce qui la courrouçait quelque peu et donnait souvent lieu à des rencontres mémorables.

Za était tout aussi charismatique qu’Alessandro mais n’était ni exubérante ni flamboyante et encore moins friande de se donner en spectacle. A l’instar des gardiens de sang royal, elle représentait la tête d’une hiérarchie disciplinée de soldats. Mon épouse était aussi puissante qu’un alpha loup garou si ce n’est plus alors j’imagine que diriger n’est pas extrêmement difficile dans de telles conditions. Le point commun entre Za et Alessandro du moins leurs situations respectives était que les deux milieux dans lesquels ils se trouvaient étaient tributaires de chefs nécessairement forts et d’un esprit de corps. Les meutes également me direz-vous seulement le fait qu’il existe le statut d’Omega soulignait la complexité de la nature lupine. Sandro et Za n’étaient pas de bons exemples à présenter à mon ami. L’un se trouvait au-dessus des autres parce qu’il le souhaitait ardemment et l’autre parce que cela lui était due par son sang et son héritage. Will quant à lui n’avait jamais aspiré à dominer les autres d’une part et son destin n’avait également jamais été de prendre la relève de son oncle Ted. Le désarroi de mon ami me touche profondément et le fait de ne pas pouvoir parvenir à faire plus pour le soutenir me frustre énormément. Pourtant, je suis intimement persuadé que peu importe la difficulté, les doutes et les complications Willem porte bel et bien en lui le potentiel d’un grand alpha. Je crois que le nœud du problème tient dans le fait que Will n’aime pas étaler sa puissance d’alpha pour dominer, punir ou imposer son autorité.

Il doit certainement encore avoir en tête la vision idéaliste de son oncle qui n’avait pas besoin d’agir ainsi en raison du mode de vie nomade de sa meute. Je pense qu’il doit dépasser ce carcan réducteur, laisser de côté l’image paternaliste de son oncle. Le passé appartient au passé et l’alpha qu’il doit être n’a rien à voir avec l’alpha qu’il a connu. Les parents font parfois preuve d’autorité avec leurs enfants lorsque cela s’avère nécessaire. Sont-ils de mauvais parents pour autant ? N’aiment t’ils pas leurs enfants pour autant ? Non, l’autorité est inhérente à cette position. Tout comme elle était inhérente à celle de Za, de Sandro et de Will. User d’autorité ne faisait pas de lui une mauvaise personne bien au contraire. Parfois, il fallait savoir endosser le mauvais rôle pour préserver les siens de leurs propres pulsions. Je pense avoir décelé le problème principal de son complexe d’alpha. Il n’aime pas user de son pouvoir d’alpha alors même qu’il y est parfois contraint car cela ne colle pas avec son caractère plus tourné vers la communication. La surprise dans le regard de Will lorsque je lui annonce le statut accompagnant mon mariage avec ma lionne m’arrache un sourire.

Oui, j’appréhendais pas mal le jour où je devrais me poser en chef aux côtés de Za mais j’avais le temps de me faire la main. Idris et Asmodée n’étant pas encore prêt de céder leur place. Et, je pouvais m’entrainer au sein de l’organisation souterraine. Diriger était peut être naturel pour certaines personnes mais pas pour toutes. Je ne me considérais personnellement absolument pas comme un chef né mais comme tout le reste j’apprenais sur le tas. Un long moment défile dans un silence paisible avant que Will ne reprenne la parole pour me confier les raisons de ses doutes quant à sa capacité à diriger la meute. Je l’écoute avec attention avant de répondre. Tu as bien fait de ne pas brider Kada’an cela n’aurait fait qu’empirer les choses. Tobias s’est avéré assez tranquille si je comprends bien. Heureusement que l’agitation de tes nouveaux betas n’a pas excité Tobias sinon cela aurait pu être catastrophique j’imagine. Il aurait en effet été difficile de gérer Tobias, Kada’an et James c’est bien cela, en même temps. Le récit de Willem et surtout la manière dont il me le confie souligne à quel point cette nuit a été une véritable épreuve pour lui. Tu t’en es bien sorti malgré tout en ce cas.[/b]

Mais, je comprends parfaitement que tu ne souhaites pas revivre une telle situation. Le désir sexuel a pris le pas sur leurs raisons donc ils ont perdu le contrôle face au loup et l’ont laissé au commande. Ils ne t’ont pas laissé le choix quant à l’utilisation de ton aura. Tu ne pouvais pas prévoir que deux abrutis viendraient aggraver les choses par ambition. Ce n’était pas Kada’an et James que tu devais gérer cette nuit-là mais leurs loups et les loups suivent leurs instincts. J’aurais agi comme toi. Tu as su éviter un drame mais tu ne pourras pas toujours être sur tous les fronts malheureusement. Je comprends mieux ton désarroi Will. C’est un fardeau que d’ètre chef. Je me contente d’hocher la tête pour indiquer que je suis d’accord avec lui sur le fait de se laisser mener par le bout et non par sa raison avant d’écarquiller les yeux de surprise suite à l’aveu sur l’insubordination frisant la rébellion ouverte et la peur déclarée de Will quant à l’avenir de la meute à travers le comportement belliqueux des deux amants. Mes poings se crispent d’eux mêmes car déjà que l’impuissance de mon ami et sa tristesse de ne pas être l’alpha qu’il désire devenir me place dans une humeur calquée sur la sienne mais apprendre que le loup garou ne se sent pas en sécurité chez lui m’hérisse. Tout dans la posture du loup garou traduit son désespoir. Je prends le temps d’assimiler l’énormité de cette révélation avant de répondre.

Je ne peux même pas imaginer ce que tu ressens et ne pense pas que je le pourrais un jour car les clans de gardien sont avant tout des soldats et la discipline et la maîtrise de son animal intérieur sont des obligations. Je ne sais pas quoi dire Will. Je n’aurais jamais imaginé que cela serait aussi difficile pour toi. S’ils ne te laissent pas le choix, tu as raison de les brider. Ce n’est pas toi qui est en tort mais bel et bien eux et s’ils refusent de se plier à ton autorité et la défient ouvertement ta meute ne pourra jamais reposer sur des fondations solides. Je suis effaré par ce que tu viens de m’apprendre mon vieux. Je marque une pause pour réfléchir quelques instants tout en contemplant le visage paisible d’Oz dans les bras de Will. Je n’imaginais aucunement que la situation pouvait être aussi critique. Je ne suis pas un loup garou aussi je ne saurais prétendre savoir ce que peuvent ressentir Kada’an et James et encore moins mon ami dans un tel statut quo. Cela ne me paraissait pas du tout normal. La confiance était le ciment de tout groupe social. Si Will ne pouvait avoir confiance en sa meute cela ne tiendrait pas longtemps.

Tu leur as inspiré confiance avant cette pleine lune raison pour laquelle ils t’ont rejoint dans la meute. Le problème vient du fait que leur complicité est néfaste lors des pleines lunes. Deux caractères forts à gérer en même temps est trop éprouvant. Il faudrait trouver un moyen de les séparer tant qu’ils ne seront pas capables de maîtriser leurs pulsions et de résister à l’influence lunaire. Je pense que tu devrais essayer de travailler la maîtrise de James avant la prochaine pleine lune. Peut être avec un mantra à réciter ou quelque chose de ce genre. A toi de voir. Kada’an pourrait éventuellement être surveillée par Alessandro ce soir-là. C’est une bonne chose que tu puisses te reposer sur Keanus et Maddy bien que je ne trouve pas cela normal en soit. Je t’avais dit lors de ma première venue ici que tu pourrais toujours compter sur moi et que je voulais être un roc pour toi sur lequel tu pourrais te reposer. Alors n’hésite pas si je peux t’aider de n’importe quelle manière. Je ne sais pas si la présence d’un non membre de la meute serait une bonne chose mais en tout cas je pourrais encaisser les assauts furieux d’un loup garou récemment transformé si le défoulement pouvait épuiser le loup en question. Ou même représenter une sécurité supplémentaire en tant que garde-fou.

Si tu préfères, je pourrais même ne pas m’intégrer à votre cercle mais surveiller les environs pour m’assurer que personne ne vienne poser problème. Je suis là pour toi Will. Je plonge mon regard dans celui du loup garou et souris timidement. Timidement parce que mon soutien physique n’est pas une solution viable à terme car le véritable problème n’est pas extérieur mais intérieur au couple de la meute. Tu as raison de ne pas leur en vouloir. James vient tout juste d’ètre transformé et je connais une partie de l’histoire de Kada’an aussi je ne saurais leur jeter la pierre. Mais tu dois faire ce qui doit être fait. Ton oncle n’avait pas à user de sa force d’alpha. Mais toi tu le dois parfois. Quand bien même tu n’en as pas envie. Tu y es obligé et cela ne fait pas de toi une mauvaise personne ou un mauvais alpha pour autant bien au contraire car tu agis ainsi pour leur bien. Par conséquent tes scrupules n’ont pas lieu d’ètre. Ce n’est pas comme si tu abusais de ton aura. Tu ne t’en sers qu’avec parcimonie. Pour désamorcer, je pense qu’une bonne conversation s’impose. Mieux vaut que tu crèves l’abcès le plus tôt possible. Etablis des règles bien définies et préviens les que ces règles sont valables pour tous. Si celles-ci ne sont pas respectées ils n’auront pas à s’étonner de ton utilisation de la force. Travaille la maîtrise de James aussi. Si son compagnon est apaisé lors de ce moment Kada’an le sera aussi.

Je m’apprête à proposer à Will que l’on enchaîne avec une autre bière au moment où Ozalee se réveille en pleurant. Je bondis sur mes pieds tel un maître-nageur à la plage et rassure Will qui panique devant le raffut de la petite. Le sac ! Où est le sac ?! Zut, j’ai dû le laisser devant l’entrée. Merde ! J’reviens de suite. Je me précipite devant la porte d’entrée mais le sac ne s’y trouve pas. Paniqué, je manque de laisser échapper un feulement de rage avant de revenir sur mes pas et de me rappeler le détour par la grange pour aménager la cuisine d’été. Bingo. Je ramasse le sac, en sors un biberon avant de déposer le sac au pied de Will et de rentrer à l’intérieur. Direction la cuisine. Quelques minutes plus tard, je vérifie que le biberon n’est pas trop chaud et ressors. Je prends Ozalee des bras de mon ami qui a réussi à lui faire arrêter de pleurer miraculeusement et lui ôte sa tétine pour lui fourrer le biberon dans la bouche. Eh ben princesse ! Tu sais te faire remarquer toi. Je me réinstalle finalement à coté de Will et attends ses avis sur mes propositions.
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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Sam 14 Oct - 14:38

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Do you feel this good day my friend
Je parle ouvertement à Arès de ce qui me prend aux tripes, alors que je ne me suis pas confié à mon propre frère ou ma tante. Seulement ils font partie de la meute, leur parler serait leur montrer leur alpha en faiblesse. Le tigre a l’avantage d’être quelqu’un que je mets au même niveau que moi. Il n’a pas d’ascendance sur moi, comme moi je n’en ai aucune sur lui. Seule une amitié indéfectible nous lie. Sa force tranquille m’aide à me confier et à exprimer ce qui me mine. Mon ami m’affirme que j’ai fait les bons choix lors de cette première lune. Cela me rassure car de base je suis un mec cool. Mais là ce n’est pas ce que l’on attend de moi.

Malheureusement il confirme qu’être chef est également un fardeau à porter. Reste la légitimité de mon rang. Keanus, Mady et même Tobias n’ont pas remis en cause mon statut. Sauf au tout début par ma tante. Mais nous étions en fuite, effrayés et choqués. Perdus à ne pas savoir où aller et comment continuer vivre. Nous avions peu à peu repris notre itinérance de ville en ville, notre foyer tenait en deux caravanes. Les deux qui avaient échappées aux impacts de balles. Pas les deux meilleurs de ce que nous avions, mais c’était plus discret.

J’écoute le tigre m’expliquer les principes de son clan. La nature de leur lien est différente. Ils sont dans une logique martiale, là où les loups forment une famille. Les liens sont différents, mais la cohésion et l’esprit d’équipe restent les mêmes. Arès est désolé d’apprendre le danger intrinsèque de mes deux bêtas. Ma meute n’a jamais fonctionné avec cette crainte, toutefois je sais que ce n’est pas le cas de toutes les meutes. Je ne souhaite pas devenir un alpha tyran. Ce n’est pas ma nature, j’en serai bien incapable. Seulement je ne peux pas non plus me laisser menacer.

Puis Arès m’offre une idée, une base de solution. Séparer James et Kada’an lors de la prochaine pleine lune. L’idée ne m’a pas effleuré car pour moi ces nuits spéciales étaient toujours un moment de rassemblement. Mais dans le cas de mes deux bêtas, il s’agit peut-être d’une bonne chose. La colère de James a été exacerbée car je l’avais empêché d’honorer sa femme. Mais s’ils sont loin l’un de l’autre, cette pulsion purement sexuelle serait atténuée. Cela rendrait leur maitrise plus facile. Il faut que j’en parle à James et Kada’an. J’espère qu’ils comprendront que je ne veux pas casser leur union, mais qu’une fois par mois ils me confient leur vie. Les conseils d’Arès m’apaisent. C’est du bon sens, mais entendu dans la bouche de mon ami, ils prennent plus de valeur. Parfois nous avons besoin que l’on nous dise ce que l’on sait déjà. Cela permet d’enraciner mieux ces vérités.

Faire confiance à un ami plus qu’en soi même.

L’introspection s’interrompt brusquement lorsqu’Ozalee se réveille dans mes bras en hurlant. Avec panique je regarde Arès. Je n’ai rien fait ! Je le tenais pourtant correctement. Totale détresse avec ce petit de bout de vie qui hurle entre mes bras. Le tigre s’est brusquement levé et me rassure. Ce n’est pas moi qui fais pleurer sa princesse. Je comprends le problème lorsqu’un remugle me parvient aux narines. Ignoble, titanesque, apocalyptique…

- Arès ! Urge ! Avant que la terre soit décimée !

Amusant de voir un grand baraqué courir à droite, puis à gauche pour chercher un sac à langer. Mais je fais en fait fausse route quand je suis mon ami à la cuisine et qu’il réchauffe un biberon.

- Tu ne crois pas que…

Après tout c’est lui le père. Je retourne dehors avec la petite et me réinstalle sur ma chaise. Quand Arès revient, je lui refourgue son coli odorant. Et effectivement la petite avait faim. J’imagine l’intérieur de sa couche qui repose sur le bras de mon ami. Par chance la légère brise du soir est dans le bon sens. Azalee gloutonne son biberon avec avidité.

- C’est vorace ces bestioles !

Le papa bombe le torse, fier de l’appétit de sa fille.

- Par contre, c’est une arme chimique redoutable…

J’illustre mon propos en me pinçant le nez et en balayant l’air devant moi avec la main.

Deux grands benêts éclatent de rire. Mon rire vire au fou rire. Je me tiens les côtes, j’ai dû poser ma bière pour ne pas la renverser. Du dos de la main, j’essuie mes larmes.

- Je vais mettre un périmètre de sécurité quand tu la changeras.

J’évite une bourrade à l’épaule parce que Arès a les deux mains occupées.




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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Dim 15 Oct - 15:36

Do you feel this good day my friend ? No monster, no tragic death just life.
L’effet de mes conseils sur l’humeur de mon lumineux hôte et ami intime semble rapidement l’apaiser ce qui me procure une satisfaction intérieure bien réelle que je ressens concrètement par un dénouement quelque part dans ma poitrine. Je suis bien conscient que ces conseils ne sont que des conseils et que l’alpha y a certainement pensé de son côté avant nos retrouvailles mais parfois entendre les choses de la bouche d’un proche aide à en accepter la nécessité. Voir Willem d’ordinaire naturellement enjoué et bon vivant lui qui avait indéniablement une personnalité solaire dans un tel état de détresse émotionnelle me touche incontestablement mais de manière générale je suis quelqu’un d’extrêmement compatissant envers mes amis. Une résurgence d’autrefois alors que dans les rues de Seattle cinq frères de cœur arpentaient lieux tel une meute en perdition. Je crois que le fait que je sois si entier avec les personnes chères à mon cœur trouve légitimement racine dans cette fraternité à jamais gravée dans ma mémoire dont je suis le dernier représentant.

Je ne saurais affirmer que je suis un expert en comportements de loups garous mais les lupins étant une espèce assez commune dans le monde surnaturel et mon rang de gardien m’ayant apporté un nombre écrasant de connaissance sur les secrets cachés aux yeux des hommes j’estimais pouvoir donner un avis extérieur relativement probant. Pour autant la dernière fois que j’avais du géré personnellement un loup incontrôlable, cela avait été particulièrement étrange et radicalement différent puisque je l’avais fait en compagnie d’un humain agent en formation au FBI en lui administrant une dose ridicule d’aconit suffisante pour l’assommer mais insuffisante pour lui faire réellement du mal. Le cas était différent également, mon vieux Bob si je ne m’abuse avait été très récemment mordu par un alpha qui devait prendre la transformation d’innocents pour un passe-temps comme un autre. Savoir que Will se sentait menacé au sein de sa propre maison me chagrine mais prouve que la nature de garous bien que faisant partie de celle d’un deatheater n’en est qu’une facette là où elle représente une moitié prégnante chez les surnaturels.

Me désole parce que dans ma nature de gardien un tel cas de figure serait inimaginable. Si un gardien se mettait à se rebeller ce ne serait pas les chefs du clan qui le remettraient dans le rang mais bien ses frères et sœurs de clan et d’une manière tout sauf belle à voir. Chaque clan était une famille mais l’analogie avec les meutes s’arrêtait là. Nous nous considérions aisément comme les soldats garants de l’ordre surnaturel. Une armée avant d’ètre une famille. Sans une discipline de fer une armée ne valait pas grand-chose… Mais, si je peux proposer mon aide pour venir lui prêter main forte en cas de problème bien trop grave je sais que je ne saurais m’immiscer trop intimement dans les affaires de la meute sans être moi-même un loup et un de ses membres. Je ne peux que jouer le rôle de conseiller pour Will aussi souvent que mon ami en éprouverait le besoin et le soutenir moralement par ma présence. Il était l’alpha c’était donc à lui de gérer les choses et de trouver la voie vers sa vision de son rôle et de l’avenir qu’il souhaite pour les siens.

Reposer sur moi ne ferait que gêner l’atteinte de cet idéal. Je me doutais qu’il n’en avait pas parlé à quelqu’un d’autre que moi de par son comportement anxieux et la tristesse sur ses traits. J’étais bien évidemment honoré de cette confiance qu’il me portait et tachais de m’en montrer le plus digne possible. Je n’avais qu’une parole en matière d’amitié et qu’une parole en général. Les traits du loup s’animent et s’éclaircissent au fur et à mesure qu’il étudie mes propositions pour la gestion des pleines lunes. Mais alors que je m’apprête à lui proposer de parler à Kada’an de mon côté étant donné que le courant était relativement bien passé de mon côté lors de notre discussion commune un cataclysme se produit. D’échanger avec la jeune louve au passé tortueux pour lui faire comprendre que l’action de Will n’aurait nullement vocation à entraver son idylle avec James mais bien à la renforcer car lorsque les deux loups qu’ils étaient seraient capables de se maitriser lors des épreuves que représentaient les pleines lunes ils pourraient désormais s’entre aider à y résister. Ce qui à mes yeux était surement une plus belle preuve d’amour qu’une chevauchée sauvage au milieu des bois et dieu sait à quel point j’aime les chevauchées.

Donc, revenons-en au cataclysme qui se produit dans mon monde de récent paternel encore en train de se roder aux exigences de l’obtention du diplôme de papa en or. Ma fille se met à hurler à plein poumon après avoir émergée du sommeil paisible et tranquille des nourrissons tel un diable jaillissant hors de sa boite. Paniqué, je bondis sur mes deux guibolles comme le tigre que je suis pourrait bondir sur une proie chimérique. Je me focalise immédiatement sur le visage de l’ange braillard dans les bras de mon ami et cherche à analyser les pleurs. Ah mais si je vous assure que les bambins expriment bien des choses par les pleurs à en réveiller les morts. Il suffit d’ètre attentif et d’avoir une ouïe surnaturelle également. Enfin bref, trêve de tergiversation Oz a faim tout simplement. Je me permets néanmoins de détailler le visage de mon ami dont l’expression en cet instant est proprement mémorable au point que si je n’étais pas animé d’un réflexe suraigu de papa poule je serais probablement plié en deux à deux doigts de m’étouffer de rire. Cette disculpation de culpabilité inexistante comme un gamin pris en faute. Will finira par me tuer de rire un jour ou l’autre. Si rire est excellent pour la santé.

Les médecins ne préviennent pas suffisamment sur les risques de ses excès. Mais, mon sourire moqueur et le début de rire dans ma gorge disparaisse lorsqu’un fumet abominable me frappe de plein fouet dans le sens du vent. Ma fille ne faisait pas les choses à moitié. Fierté ou suffocation ? Bah, l’un n’empêche pas l’autre. Enfin là si tout de même pour le coup. Tu veux dire avant que ton odorat ne soit purement et simplement atomisé par les remugles atroces de ma fille. Dis-je en riant. Puis, je m’élance à toute allure à la recherche du sésame le plus précieux des environs. Ou est-ce que j’ai oublié ce foutu sac à langer ! Je sprinte de droite à gauche et réprime quelques feulements grogneurs avant de me souvenir miraculeusement de la localisation exacte du sac. Une fois, le tout bien en main je me précipite vers la cuisine pour y réchauffer un biberon. Will m’y suit après un bref moment et m’interroge. Fais-moi confiance Will. Fais-moi confiance. Je connais Oz. C’moi qui l‘ai fait. Pas tout seul je l’accorde et ce n’est pas moi qui ait subi les nausées, la prise de poids, les coups de pieds dans le ventre et pire l’accouchement mais tout de même. Le loup garou repart finalement dehors ce qui est une sage décision s’il ne voulait pas que le fumet rance de ma princesse n’embaume son foyer d’un effluve délicatement irrespirable.

Une fois le biberon prêt, je ressors et récupère ma petite des bras de Will un brin écœuré plus que soulagé de me la rendre. Sourire moqueur au coin des lèvres. Alors, on ne supporte pas un peu de caca monsieur l’alpha. Je fourre le biberon entre les minuscules lèvres d’Ozalee et la regarde tendrement gloutonner en me réinstallant à ma place. Tel père telle fille mon vieux. Quoi que Za n’est pas la dernière pour s’empiffrer au demeurant bien que cela ne se voit pas. Je bombe néanmoins le torse, fier de l’appétit de ma fille. C’est qu’elle bottera des culs ma ptite puce dans le futur autant prendre des forces dès le berceau. La croissance et son importance tout ça tout ça. La saillie suivante de Will me tire un éclat de rire. Je me tourne vers mon ami et le détaille en train de se plier en deux. Bien que je sois dans une situation périlleuse puisque Oz dans mes bras en train de biberonner et mon corps secoué de spasmes d’hilarité je parviens à charrier le loup. Allons, ne me dis pas que tu vas tourner de l’œil pour une crotte. Sinon qu’en sera-t-il quand ta future moitié accouchera ? Tombes dans les pommes maintenant parce que quand je vais devoir opérer cela sera encore pire !

L’alpha doit essuyer ses larmes de rire et évite une bourrade dans l’épaule du fait que mes deux mains soient pour l’heure plutôt chargée. C’est ça charrie moi. Charrie moi. Je te rendrais la pareille quand tu seras père à ton tour. Bon, je vais la changer ici ça vaudra mieux pour ton intérieur. Un bon coup de vent et ton cauchemar olfactif prendra fin. Ne me remercie pas, j’ai le cœur sur la main. Je tente en vain de garder mon sérieux et une fois Oz rassasiée je réprime un éclat de rire en retirant le biberon et en le déposant sur la table de jardin. Je sors une couche propre, des lingettes pour bébé et de la poudre avant de placer une serviette sur ma chaise puis de placer Oz dessus le plus délicatement possible. Puis, arrive le moment fatidique ou je dois retirer la couche dévastée. Je dois froncer fortement du nez pour passer outre la puanteur. Je me suis toujours demandé comment une si petite chose pouvait produire autant de…

Me rendant compte que j’ai parlé à haute voix je me replonge dans ma tâche. Utilisation des lingettes, enterrement des lingettes au sein de la couche défunte, un peu de poudre, une nouvelle couche et voilà. Une affaire de minutes. Je remets la petite dans les bras de Will après lui avoir remis sa tétine dans la bouche et rentre mettre la couche à la poubelle et me laver les mains. Une fois de retour, je récupère Oz et me réinstalle sur la chaise en me calant bien confortablement de sorte qu’elle puisse reposer contre moi et s’agiter autant qu’elle veut sans risque de tomber. Tu as survécu mon vieux. Alors comment on se sent après une telle épreuve ? Comment ça se passe au boulot ? Je suis persuadé qu’un peu de caca de bébé n’est rien face aux élèves d’une classe de lycée.
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Willem Shepherd

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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Ven 20 Oct - 18:52

Sheperd
Willem

Coleman
Arès

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Arès se moque de moi. Ce filou est même plutôt fier de la capacité d’Ozalée à empuantir son monde. C’est vrai qu’à regarder ce petit bout de chou, on imagine mal qu’elle puisse avoir un tel rayon d’action. Prudemment, je me place judicieusement par rapport au vent et laisse gouailler mon ami sur ma petite nature. Les naseaux du tigre sont mis à rude épreuve. Le regarder faire me convainc de ne pas courir après une paternité prochaine.

Je ne peux pas m’empêcher de grimacer lorsqu’il ouvre la boite de Pandore. Mais tel un Boss, Arès s’affaire, maitrisant l’opération d’une main de maître. Je ne peux pas m’empêcher de glisser une ultime pique. Je sais qu’il adore.

- Joli coup de poignet avec le talc. On sent le la souplesse du va et vient. Une longue expérience !

Je lui lance un regard paillard pour qu’il ne doute pas du niveau très bas de mes propos. Un nuage de talc vole vers moi pour ponctuer ma grande bêtise. Le bébé remis à neuf, nous nous réinstallons sous le porche. Je suis allé chercher de nouvelles bières ainsi qu’un reste de quiche, fait rarissime dans cette maison de goinfres.

- Comment ça se passe au boulot ? Je suis persuadé qu’un peu de caca de bébé n’est rien face aux élèves d’une classe de lycée.
- T’imagine même pas !


Je lui raconte comment je m’étais retrouvé dans une salle de TP avec plus de vingt souris qui courraient partout. J’avoue que je m’étais planté de carton et que les élèves étaient censés recevoir leur souris mortes et non vivantes.

- Ils m’en ont écrabouillé plusieurs. Un élève s’est fait mordre. Je l’ai soigné en l’embrouillant un peu.

Je lui raconte comment Tina s’est mis plein de sang sur elle  en perçant le cœur avant de s’entailler la main. Je narre d’autres anecdotes toutes aussi loufoques les unes des autres. C’est certain que ce n’est pas de tout repos au lycée, mais j’adore ça !

- La SVT est une matière qui se prête à tant d’activité ! Là, nous élevons des têtards. Tu les aurais vus s’extasier quand les jambes ont poussé ! Tu sais, on dit qu’il est difficile de les décoller de leur téléphone ou de leur ordinateur, pourtant ils sont comme les adolescents d’il y a vingt ans. Un enfant reste un enfant et c’est rassurant. Il faut simplement trouver le bon moyen de communication.

J’aime le contact avec les plus jeunes. Ce côté ainé qui aide et qui guide. Finalement, mes élèves sont un peu ma meute élargie. Je pense être apprécié d’eux, surtout pour mes bourdes. Je reste toutefois juste et exigent sur leur travail scolaire.

- Au campus, ce n’est pas encore la période des inscriptions. J’ai donc peu de travail et sert un peu de médiateur pour mettre un peu d’huile dans les rouages. Les coupes budgétaires ont fait fermer une grande salle qui servait pour des activités extra-scolaires. Les étudiants sont obligés de se partager des locaux réduits. Ça grogne un peu.

J’attrape un bout de quiche que j’enfourne avec gourmandise.

- Et j’ai déjà eu plusieurs missions au poste de police. Je crois que Jordan fait attention à ne pas m’envoyer sur des affaires un peu trop… italiennes.

Je fais un clin d’œil à Arès. Il comprend le sous-entendu. Je me fais bien à mon statut qui me place à la frontière de deux mondes. C’est tout à fait le rôle d’un médiateur. Je ne suis pas là pour juger l’un ou l’autre des partis, juste à faire en sorte que tous cohabitent le mieux possible. Je sais bien que les activités d’Alessandro sont largement condamnables, pourtant si on analyse bien les méthodes de l’italien, on remarque qu’il a l’intelligence de contraindre ses forfais à d’autres gens peu recommandable. Après pour ses activités de vols… je suis assez mal placé pour juger, ayant par le passé souvent « emprunté » des affaires qui ne m’appartenaient pas.

- Arès ! Je crois que je suis un vrai faux gentil !

Ma déclaration arrache un éclat de rire de mon poteau. Nous continuons à biberonner nos bières un moment. Cependant ma grande tirade me turlupine. Où est le bien ? Où est le mal ?

- Et toi Arès ? Es-tu un vrai faux méchant ?

Regard torve de mon compagnon de soirée.

- Et ne me cite pas du Shakespeare !


Nouveau sourire sur le visage d’ébène.




Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Sam 21 Oct - 19:02

Do you feel this good day my friend ? No monster, no tragic death just life.Un sourire en coin au bord des lèvres, je remarque la position stratégique choisie par Will afin de ne pas subir l’assaut insidieux des remugles de la couche d’Ozalee. Je suis sincèrement tenté de décaler mon petit ange afin que la portée de la puanteur parvienne à atteindre le museau du loup mais je me dis que cela serait un brin enfantin. Et que faire le gamin en m’occupant moi-même d’un bambin ne serait pas très sérieux. Alors, je me retiens de justesse et laisse mon ami admirer le spectacle à une distance respectable. Une distance que son odorat doit probablement apprécier et comment lui en vouloir. Pourtant quand bien même, l’effluve reste et restera toujours aussi abominable je pense que je commence à m’y habituer lentement mais surement à force d’y être confronté plusieurs fois par jour lorsque j’avais la garde de ma petite. Faisant fi de l’expression hilarante de Will qui risquerait de me tirer un nouveau fou rire si je m’y attardais trop longuement, je me concentre uniquement sur ma besogne peu ragoutante et l’exécute avec la maîtrise d’un maestro menant son orchestre d’une main aguerrie.

Fier de moi, je laisse mes lèvres s’étirer en un large sourire victorieux si étincelant que l’on pourrait légitimement penser que je viens d’accomplir l’une des plus belles choses de toute mon existence alors que je viens simplement de changer une couche. La pique amicale de Will vient gâcher mon triomphe intérieur. Et, je lui envoie un nuage de talc dans le visage afin de lui prouver que mon coup de poignet était bien plus efficace qu’il ne l’imaginait. Ahaha saligaud ! Eh bien oui monsieur, j’ai le poignet leste. Non pas une longue expérience mais une très longue nuance. Dis-je avant d’éclater de rire devant le regard paillard du loup garou. Will est allé chercher de nouvelles bières et tenter de dénicher un reste de quelque chose tandis que je jetais la couche d’Oz dans la poubelle. Une fois de nouveau réinstallé, je le tance sur sa peur des couches de bébé tout en prenant des nouvelles du boulot. Vas y raconte ! J’enfourche une part de quiche dans ma bouche tandis que ma fille grimpe sur mon torse comme si elle cherchait à gravir une montagne. J’ai un bras autour d’elle au cas où tandis que le second me permet de m’empiffrer. Madre mia comme dirait Sandro, cette quiche est simplement et proprement divine !

Comment Maddy fait elle pour rendre quelque chose d’aussi simple aussi bon. Mmm, sérieusement Maddy a un don du ciel. J’en connais qui se damneraient pour une telle bouchée. J’avale ma part de quiche comme un ogre affamé avant de faire sursauter ma fille avec une grimace de mon cru. Comment as-tu fait pour te planter de carton vieux ? Tu ne vas pas me dire que tu ne les as pas entendu remuer là-dedans tout de même. Fais-je un brin hilare devant le tableau décrit par Will. Oz joue à gratter ma barbe de ses petites quenottes et je la laisse faire de bon cœur un rire dans la gorge suite aux anecdotes de mon ami. Je suis persuadé qu’ils faisaient plus de bruits que Oz quand elle pleure. Tu aurais dû faire quelques photos compromettantes pour les ressortir dès qu’un élève se mettrait à foutre le bazar. Surtout si des garçons ont une réaction plus excessive que certaines filles. Me penchant en avant ma fille accrochée à mon cou, je saisis la nouvelle bière que me tend gracieusement Will et trinque avec lui avant de porter le goulot à mes lèvres.

Nous rions de concert à chaque anecdote de l’alpha et bien vite mes cotes crient grâce. Hélas, un après-midi avec Will n’est pas de tout repos.Pauvres souris je suis sûr qu’elles ont eu plus peur de tes élèves que l’inverse. En tout cas, tu as l’air d’ètre dans ton élément là-bas. Vu la passion avec laquelle tu en parles. Je suis d’accord avec toi les enfants d’aujourd’hui ont encore en eux cette capacité merveilleuse de s’émerveiller sur un rien. C’est rassurant comme tu le dis qu’ils ne soient pas devenus insensibles à ce genre de chose à force de vivre dans le virtuel. Ils ne sont pas aussi différents de nous qu’on ne le pense. En même temps avec un prof comme toi, ils ne pouvaient qu’y parvenir. En observant le sourire éclatant de Will, je me rends compte qu’il a besoin de cela pour se sentir bien intérieurement. Besoin de ce contact avec des cadets pour se sentir pleinement entier et à sa place dans ce monde. Il devait certainement s’occuper des plus jeunes dans sa meute avant le drame. Ce qui expliquerait assez bien pourquoi il arrivait si bien à s’occuper de ma fille.

Tu travailles aussi au campus !  Eh ben, on peut dire que tu ne chômes pas. Tu m’étonnes que ça grogne un peu. Il n’y a rien de plus désagréable lorsque l’on est élève que de se retrouver entassé à trente-cinq dans une salle pour vingt. La mairie a dû faire des choix j’imagine. La politique…Will attrape à son tour une part de quiche qu’il enfourne avec gourmandise. Pour ma part, j’avale une rasade de bière fraiche avant de déposer la bouteille à côté de moi et de faire voler Oz au-dessus de ma tête qui se met à rigoler. Je mets néanmoins fin à la manœuvre en me disant que si cela secouait un peu trop, ma princesse pourrait vomir son biberon. Perspective détestable. Je ne vois vraiment pas de quoi tu parles par affaires italiennes mon vieux. Absolument pas. En tout cas, tu salueras Jordan de ma part. Son clin d’œil témoigne de notre connivence à ce sujet. Will ne pose pas de questions gênantes auxquelles je ne pourrais pas répondre et m’accepte comme je suis. Ce consensus me permet de ne pas me préoccuper du fait qu’il travaillait à temps partiel avec la police de Beacon Hills.

Mon sourire dément cette proclamation d’innocence et je continue de sourire suite à l’exclamation suivante de mon ami. J’éclate même carrément de rire suite à son affirmation. Je n’aurais pas dit mieux Will ! Nous buvons nos bières en silence et tandis que je joue gentiment avec Oz en lui arrachant quelques éclats de rire, un coup d’œil vers l’alpha m’indique que sa tirade le travaille quelque peu. Me tournant vers lui suite à sa question, je lui lance un regard torve. C’est typiquement le genre de question que je ne pose pas. Je me contente de vivre et de traverser ce monde à ma manière. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose  ? Je ne saurais le dire. Mais, je sais que je fais autant de bien que de mal ici-bas rendant ma balance intérieure relativement équilibrée. Seulement, lorsque je fais le bien ou le mal je ne le fais nullement à moitié et il y a autant de lumière que de ténèbres en moi. Je suis ainsi fait tout simplement. Reposant les yeux sur le visage délicat et poupin de ma petite étoile, j’esquisse un sourire lorsque Will m’interdit de citer du Shakespeare chose que je m’apprêtais exactement à faire. Shakespeare a dit dans Hamlet qu’il n’y a de bien et de mal que selon l’opinion qu’on a. Et dans Richard II que l’homme qui ne s’aime pas soit même ne peut aimer personne. J’ai ma propre vision de la vie Will, ma propre vision du bien et du mal mais je sais qui je suis, l’assume pleinement et ne suis nullement torturé par les deux facettes de ma personne. Je m’accepte entièrement de la même manière que Za m’a acceptée entièrement et que tu l’as toi même fait lors de notre première conversation. Je suis loin d’ètre un saint mais je ne suis pas le fruit le plus pourri de ce monde et lorsque je vois le visage de ma fille en cet instant je me dis que je ne le serais jamais et quelque part cela me rassure. Au fait comment va Tobias ces temps-ci ? L’arrivée de Kada’an et de James ne l’a pas trop perturbé j’espère.
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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Jeu 26 Oct - 17:14

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Mes questions métaphysiques font sourire mon ami. Et alors que je lui demande de m’épargner les citations Shakespeariennes, voilà qu’il me cite Hamlet ! Il sait pourtant que mes lectures tournent autour de magasines automobiles.

« L’homme qui ne s’aime pas soit même ne peut aimer personne »


En voilà une phrase fumeuse ! Je connais des gens qui s’aiment beaucoup et détestent pourtant tout le monde. Arès disserte ensuite sur le fait que rien n’est tout blanc ou tout noir, et que finalement accepter une variation de nuance est le propre de l’être humain.

- Au fait comment va Tobias ces temps-ci ? L’arrivée de Kada’an et de James ne l’a pas trop perturbé j’espère.
- Non. Au début il y a eu un équilibre à trouver, mais finalement Kada’an s’entend bien avec Tobias. Il voit qu’il n’est pas le seul à avoir des soucis de maîtrise et paradoxalement, les débordements de Kada’an ou de James ont un effet positif sur mon cousin.


J’imagine que Tobias voit là un défi, ou un pari. Faire mieux que James ou Kada’an est devenu un but, voir un titre à gagner. Souvent on progresse à l’orgueil. Cette franche discussion m’apaise. Je n’ai rien à prouver à mon ami. Cela me permet donc de baisser mes défenses sans que mon amour propre soit égratigné. Je reprends pour moi ce qu’Arès applique à lui-même. Nous sommes ce que la vie nous permet d’être. Plus ou moins bons, plus ou moins mauvais. L’important n’est pas tant de savoir à quel niveau de l’échelle on se trouve dans ce jugement de valeur, mais d’être en accord avec soi et ses idées. L’alpha idéal n’existe pas. Un loup reste et restera un animal sauvage, avec ce que cela implique d’imprévus.

Je regarde la fille de mon ami. Sa princesse comme il la nomme souvent. Cependant Ozalee ne sera pas une cendrillon ou une belle comme dans les contes pour enfant. Sur ses épaules pèseront une charge lourde et inévitable. A quel âge perdra-t-elle son innocence ? A quel âge deviendra-t-elle plus tigresse que chaton ? Sa naissance la destine à être chef de clan. De par ce fait, est-elle responsable de ses actes futurs ? Des morts que sa charge ne manquera pas de lui faire provoquer ?

Contrairement à la fille d’Arès je n’étais pas prédestiné à devenir chef de meute. Le destin en a décidé autrement. Je n’ai que Ted comme modèle pour ce job et les histoires racontées lors des veillées sur la lignée d’alpha qui l’ont précédé. Tous n’ont pas eu la vie facile comme mon oncle. Maintenant c’est à moi qu'incombe le rôle de guider les Sherpherd. Je serai responsable de mes erreurs, mais pas coupable, car je n’ai pas réclamé cette charge.

C’est évident que mes doutes ne vont pas s’envoler comme par miracle. Je serais à nouveau confronté à des dilemmes. Je devrais à nouveau trancher tout en sachant que le choix idéal n’existe pas. A cet instant, je ne peux évidemment pas deviner que le périmètre de la meute va changer avec l’arrivée de Maxine puis le départ de James.

(...)

Nous nous taisons depuis un moment. Mais nul besoin de mot. La discussion se poursuit avec un autre langage. Celui de la présence amical et des sourires de convenance lorsque Ozalee sort un pet sonore. Devant l’air dépité de mon ami, je ne peux contenir un fou rire.

- La princesse Prout-Prout !

L’après-midi touche à sa fin. Arès va devoir endosser son costume de garde chiourme au Pink. Il y a bien des clients qui seraient étonnés de le voir là en papa poule. Énorme contraste avec l’air qu’il affiche dans son travail.

Spoiler:
 





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MessageSujet: Re: Do you feel this good day my friend. No monster, no tragic death. Just life. PV Will    Jeu 26 Oct - 20:31

Conclusion:
 



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