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 Il morte per un regalo || PV Mio amico Arès

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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Il morte per un regalo || PV Mio amico Arès   Ven 20 Oct - 19:17


Il morte per un regalo


Il fait sombre. La lumière filtre doucement par un soupirail, dévoilant la poussière qui vole dans l’air. Le sol est jonché de cartons éventrés. J’erre au milieu du sous-sol qui se trouve sous le Pink. J’ai dû passer par l’ancienne boutique de Doug, le passage vers le bar n’est pas encore ouvert. L’architecture du bloc de construction qui comprend plusieurs commerces en enfilade, est d’une anarchie totale et incompréhensible. Certainement liée à des ventes et rachats parcellaires qui ont morcelé l’endroit en dépit du bon sens. La fumée de ma sigaretta m’irrite les yeux. Le bruit du bar me parvient assourdi. Ma vie vient de prendre un sacré virage que j’ai encore du mal à encaisser.

Qu’est-ce que je veux ?
Quelles possibilités s’offrent à moi ?
Dois-je viser haut ou bien…

Beacon Hills me semblait être devenu le point idéal pour me construire et créer mon univers. Mais voilà qu’une autre porte s’ouvre à Los Angeles. Une voie royale qui donnerait le tournis à beaucoup d’hommes. Je dois pourtant rester calme et posé. Sonny est encore plus présent qu’avant. Il me bombarde de messages. De paria je suis devenu un de ses lieutenants. Il me met donc au parfum de tout ce qui concerne l'organizzazione. J’entre dans un cercle très restreint de la Cosa Nostra. Cela pourrait me flatter, si je ne savais pas que mon mentor prépare tout simplement sa mort. J’ai rêvé de le remplacer. Je hurlerai de rage et de douleur si ce jour devait arriver.

Seul au sous-sol je rumine mes pensées. Ici j’ai la paix, mon téléphone reste muet. Le réseau ne passe pas ici. J’ai tant à faire. Wilder a déposé les plans à la mairie pour les travaux du Pink. Sitôt le dossier validé, nous pourront commencer les travaux. J’ai demandé à l’architecte de s’occuper du suivi des travaux. Il a un peu renâclé, son compagnon Mickael n’aime pas l’engagement que son fiancé à pris pour le libérer. Cependant Chad a toujours quelqu’un dans sa manche qui peut dangereusement s’amuser avec mes comptes bancaires.

Comme le dit l’adage, mantenere i tuoi amici vicino a te ei tuoi nemici ancora più vicini.

Je compte bien le garder à portée de bras, sinon celle de mon arme. J’écrase mon mégot sur le sol poussiéreux et remonte à la surface.

Mon téléphone vibre en cadence sous le flot de messages qui me parviennent. La Stiddia vient d’essuyer un revers. Darren est blessé, ainsi que Lenno. La squadra d’Arès avait comme mission, le braquage d’une cargaison d’alcool à destination de Las Vegas. Pour ne pas trop attirer l’attention sur Beacon Hills, nous externalisons nos opérations à plus de deux cent kilomètres de notre base. Toutefois la distance ajoute des contraintes et des risques. Il n’y a malheureusement pas de solution idéale. Notre activité est et restera à risque. Les hommes et femmes recrutés par mio amico sont tous au parfum sur les risques. Ils savent aussi la conduite à tenir s’ils se font serrer par la volaille. Milan me propose de nous retrouver au HCC après la fermeture du Pink. Je lui réponds que je préfère que nous nous voyions le plus tôt possible.

Passant par mon appartement au-dessus du bar, je change de veste pour une autre dont la coupe me permet de porter mon holster de façon pas trop voyante. Depuis que j’ai appris ma réelle filiation, je ne sors plus dans mes deux révolvers. Fini la dolce vita dans une ville de province.

(…)

Arès est déjà là à mon arrivée. Le hangar est silencieux. C’est le début de l’après-midi. Il s’animera ce soir, les premiers combats ne commençant pas avant vingt-et-une heure.

- Ciao’ Arès. Ciao’ Milan, Dante.

Jade et Elias ne sont pas encore arrivés. Largo a fait de la place dans son bureau, virant les papiers qui encombrent. Je demande des nouvelles de Lenno et Darren. Lenno est le plus jeune de la Stiddia, il sert d’éclaireur et par ce rôle c’est souvent lui qui est en première ligne. Il s’est mangé un coup de couteau dans le ventre. Lakway, la femme médecin qui roule pour nous ne s’est pas encore prononcée sur la gravité de la blessure. Darren quant à lui s’est fait taillader le haut de la cuisse et a une épaule démise.

- Qui ?
- Barns, mais il n’est plus seul…
- Cosa ?!


L’entrepôt que la Stiddia visait est dans la zone industrielle de Barstow. Ils devaient suivre un de leur camion de livraison sur la route qui va en direction de Las Vegas et l’intercepter avant Baker pour ensuite fuir vers le nord en remontant vers la vallée de la mort. L’opération était simple. Deux vans volés deux jours plus tôt, ils devaient coincer le camion, neutraliser le chauffeur sans trop de violence avec un somnifère puissant contenu dans une seringue hypodermique. La cargaison devait ensuite être transférée dans un autre camion, et ils rentraient sur Beacon Hills en revenant par le nord pour brouiller les pistes. Milan nous explique ce qu’il s’est passé. Arès semble déjà au jus.

- Barns a été plus rapide que nous… et bien informé de nos intentions. Ce foutu camion ne contenait pas une seule goutte d’alcool, mais neuf mecs armés jusqu’aux dents.
- Pourquoi dis-tu que Barns s’est fait aider ?
- Dans le tas, il n’y avait que deux hommes à lui. Et Dante pense avoir reconnu un type d’une bande de San Francisco.


Je me retourne brusquement vers l’ami de Milan.

- Sul serio Dante ?
- Oui Aless’. J’ai trainé un moment mes guêtres à SF. J’ai parfaitement reconnu ce type. Cody quelque chose… C’est un tueur.
- Bordelo ! San Francisco ! Non mi piace !


J’espère que la merda avec Filippo ne se mélange pas avec celle liée à Barns. Je regarde Arès qui me fait une grimace explicite. Il a la même crainte que moi.

- Dante ! Tu colles Arès pour lui décrire le groupe à qui ce Cody machin-chose est affilié. Je passe voir Lenno et Darren.

Il est important que les hommes qui travaillent pour moi se sentent soutenus lorsqu’ils chutent. Je laisse donc Arès récupérer un maximum d’information avec Dante. Nous n’avons pas encore averti la Squadra ni la Stiddia que désormais nous comptions dans l’effectif de la Cosa Nostra. Pas question qu’ils sachent qui je suis, et je n’ai pas encore déterminé comment je vais leur expliquer l’abrogation de mon bannissement. La mort de Filippo est encore tenue sous silenzio.

En sortant pour aller voir mes hommes blessés, je croise Jade et Elias. Je prends le temps de prendre de leur nouvelle avant de remonter dans ma voiture.


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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Il morte per un regalo || PV Mio amico Arès   Sam 21 Oct - 18:51

Il morte per un regalo
Les deux vans volés sont de couleur sombre afin de remplir au mieux leur rôle durant cette opération. Elias est au volant du premier tandis que Dante conduit le second. Il fait désormais nuit noire et nous nous mettons en route vers le meilleur point de chute pour l’embuscade. Celui qui nous avait été indiqué par Lenno après une reconnaissance des lieux. Pour ma part, je me trouve au côté de Jade dans le coffre de celui de Dante qui ouvre la voie. En l’absence d’Arès, j’étais le chef de la Stiddia comme il me l’avait confié explicitement à l’issue d’une discussion tardive au manoir. Ce qui faisait de moi le lieutenant de mon ami d’enfance à l’instar de Ryan qui était celui d’Alessandro pour la Squaddra. J’avais pourtant moins d’expérience que certains de nos gars notamment mon pote Dante et son frère Darren qui baignaient dans le crime organisé depuis leur plus jeune âge mais c’était à moi que le tigre avait confié les rênes de l’équipe bien conscient que l’autogestion avait ses limites et qu’il fallait bien souvent un dirigeant pour guider les velléités individuelles dans la bonne direction. Je ressentais donc le poids du commandement sur mes épaules pour la première fois et me rendais aisément compte qu’il était loin d’ètre agréable. Mais, je ferais ce que j’avais à faire parce que mon frère de cœur me l’avait demandé. Le connaissant, je me doutais qu’il devait être anxieux en cet instant à l’idée que quelque chose puisse aller de travers et qu’il ne soit pas là pour pouvoir gérer le tout directement mais il ne serait pas toujours là et l’équipe devait apprendre à tourner sans lui. J’échange un bref regard avec Jade, la seule femme de l’organisation m’adresse un sourire mordant représentant à merveille son caractère explosif et je lui rends son sourire.

Nous avions des armes lourdes en bandoulière mais ne devrions pas nous en servir si tout se passait bien. Elles étaient là pour l’intimidation tout simplement. Les traînées de cadavres n’étaient pas nécessaires pour que le job soit bien fait. Ce qui m’arrangeait bien étant donné que ma propre nature de chien noir était parfois lourde à porter malgré tout le bien que m’avait procuré le clan de gardien d’Aza. Lorsque nous avions fait face à ce monstre avec Willem, j’avais cru voir un reflet déformé de ce que j’avais été dans mon passé le plus sombre. A une autre époque cela aurait pu me troubler et m’atteindre d’une manière tragique mais grâce à certaines choses cela m’a juste révulsé et fait prendre conscience de tout ce que je devais aux Azgeda qui avaient acceptés de me recueillir en leur sein malgré ma nature. Rendant son sourire à la jolie blonde intrépide, je me répète mentalement les différentes étapes du plan. Garer les vans de sorte à ce que l’un bloque la route et que le deuxième sorte de sa cachette pour barrer la sortie. Emerger des véhicules de manière simultanée. Mettre en joue le chauffeur puis l’endormir avec une seringue hypodermique. Récupérer la marchandise le plus rapidement et efficacement possible en la transférant dans les fourgons puis rentrer à Beacon Hills par une route détournée et plus longue. Simple, concis et efficace. Nous arrivons finalement à destination et le fourgon d’Elias va se fondre dans le coin de la route sous des bosquets tandis que celui de Darren est placé au bord de la route afin que ce dernier recule et bloque le passage dès que le camion serait en vue.

Nous attendons quelques dizaines de minutes dans un silence relatif. Je tapote la seringue dans ma poche intérieure avant de demander aux membres de l’équipe si tout allait bien par talkie-walkie. Lenno nous avertit que le camion est en approche. Dante fait marche arrière et gare le fourgon au milieu de la route. Le camion ralentit avant de freiner tout à fait. Quelques dizaines de mètres en amont Elias fait avancer sa propre camionnette. Nous descendons tous en tenue noire et masqués de nos véhicules et tandis que Darren, Lenno et Elias avancent vers l’arrière du camion. Dante et Jade mettent en joue le chauffeur. Je lance la seringue à Dante qui l’enfonce dans le cou du chauffeur qui se laisse faire sans broncher. A l’arrière, Lenno ouvre la porte du camion au moment où j’entends des battements de cœur bien trop nombreux. Et merde ! Darren lève son arme mais aucun son ne part. Faisant signe à Dante et Jade nous nous précipitons vers l’arrière du camion pour voir Lenno tituber et basculer en arrière les mains sur le ventre ensanglanté. Darren et Elias en train de combattre au corps à corps face à neuf types armés de flingues et de couteaux. Dante semble reconnaître un gars dans le lot puis lève son arme tout comme Jade mais les deux ne peuvent pas tirer et risquer de toucher Darren et Elias. Elias parvient à briser la nuque d’un type mais Darren se fait brutalement taillader et bascule en arrière.

Je sais que les nouveaux alliés de Barns ne vont pas rater l’occasion d’abattre autant d’hommes d’Amaro alors je ne réfléchis pas à une seconde et ordonne à tout le monde de décarrer vers le premier fourgon après avoir ouvert le feu sur les hommes à l’intérieur juste après qu’Elias ait sauté du rebord. Elias porte Lenno et détale le plus vite possible tandis que Darren est soutenu par Dante. J’arrose l’intérieur du camion avant de sprinter à mon tour vers le van sans prendre le temps de vérifier si j’ai abattu tous les salopards. Une fois dans le van, je laisse Elias prendre le volant pendant qu’à l’arrière Jade comprime comme elle peut la blessure de Lenno et que Darren se voit appliquer un bandage de fortune sur sa cuisse par Dante. Je m’en veux atrocement pour ce merdier. Etant un surnaturel, j’aurais dû dire aux gars d’attendre que je laisse planer mes sens sur la zone pour m’assurer que tout était normal. J’aurais dû me rendre compte que l’attitude presque docile du chauffeur était étrange. J’aurais dû me préparer à me transformer rapidement en cas de problème mais contrairement à bien des surnaturels ma transformation était douloureuse et plus longue que la moyenne. Je prie pour que nous arrivions à Beacon Hills suffisamment vite pour que le neveu de Nolan puisse être pris en charge par Lakway. Si le gamin y passait, je ne me le pardonnerais probablement pas et son oncle serait abattu. Hurlant à Elias d’accélérer je sors ensuite mon téléphone pour faire part à Arès de la situation catastrophique.

(…)

Je me trouve au HCC avec Milan et Dante et nous attendons tous trois l’arrivée d’Alessandro. Ce matin, je suis allé voir Lenno à l’hôpital avec Nolan qui pour la première fois depuis que je le connaissais avait montré des signes de peur et de tristesse. No ne m’en voulait pas ni à moi ni à Milan ni à Sandro pour ce qui était arrivé à son neveu. Il savait quels étaient les risques du métier et n’avait pas empêché Lenno de se présenter à ma porte lorsque je mettais en place la Stiddia. Mais si c’était une chose de connaitre le tribut potentiel de la voie que l’on s’est choisi et d’en accepter le prix c’en était une autre de le payer directement surtout lorsqu’en plus de douze ans de mercenariat mon mentor n’avait été blessé que bien peu de fois et jamais grièvement. Lenno n’est encore qu’un gamin aux yeux de son oncle et des miens mais il avait le potentiel et faire travailler la famille de quelqu’un que je considérais comme un membre de la mienne était une chose naturelle. Nous avions longuement observé Lenno encore inconscient dans un silence de cathédrale réprimant les larmes, les excuses inutiles et les ne nous quitte pas Len on a encore besoin de toi ici, tu as encore toute la vie devant toi pour faire tout ce que tu veux. Le silence aurait pu être assourdissant de mauvais augure mais il avait été plutôt reposant et paisible. Nolan se trouvait d’ailleurs auprès de son neveu en ce moment attendant que Lakway finisse par se prononcer. J’étais également passé voir Darren qui avait morflé mais s’en remettrait beaucoup plus rapidement que le benjamin de l’étoile. Celui-ci n’avait pas fait grand cas de son état et m’avait plutôt interrogé sur la situation de Lenno. Je l’avais interrogé à voix basse afin qu’il me donne un point de vue direct sur les événements afin de disposer de plus d’éléments après le témoignage de mon ami d’enfance. Puis, en lui souhaitant de bien se rétablir j’avais rejoint Milan et Dante au HCC.

Le silence règne sur les lieux qui seraient dans quelques heures une arène fourmillante ou les dollars couleraient à flot. Et nous nous gardons bien de rompre ce silence. Perdus dans nos pensées respectives, nous affichons tous trois les stigmates d’une nuit blanche et une mine des mauvais jours. Contrairement à la dernière fois et le kidnapping de Za, je ne boue pas intérieurement comme un lion en cage. Non, je suis calme et maître de moi ce qui a pour effet de calmer mes deux partenaires à mes côtés. Mes émotions sont pourtant puissantes mais cette fois je suis de nouveau le Arès qu’avait engagé Aless. Le flot ne brisera pas la digue. Je libérerais toute cette colère, ce ressentiment et cette haine seulement lorsque je me trouverais en face de Barns et ses nouveaux alliés. A ce moment-là, je laisserais le fauve exploser mais pour l’heure j’ai besoin de toutes mes capacités pour gérer au mieux la situation. Milan s’en veut mais il n’a pas à le faire. Nous avions sous-estimé le vieux salopard tout simplement et ce dernier venait de nous prouver cruellement qu’il n’il ne fallait en aucun cas commettre une telle erreur.

(…)

Aless arrive finalement et nous vidons nos verres d’un trait avant de le suivre dans son bureau vidé par Largo de la paperasse inutile pour l’occasion. Un simple salut de la tête en guise de réponse. L’ambiance est à la morosité. Le boss nous demande des nouvelles des blessés et je laisse Milan exposer la situation au sicilien. D’ailleurs, je laisse mon ami d’enfance et Dante expliquer toute la situation à l’amant de Jansen. Un coup d’œil d’Alessandro sur mon visage lui indique que je sais déjà tout cela depuis cette nuit. Lorsque mio amico se tourne brutalement vers moi après ètre parvenu comme moi à la conclusion que la guerre entre siciliens et napolitains tentaient de s’inviter à Beacon Hills par l’intermède d’un Barns malin et opportuniste la grimace de mon visage lui indique que je pense bien à ce qu’il pense. Alessandro conclut en ordonnant à Dante de m’indiquer tout ce qu’il savait sur le groupe de Cody à San Fransisco avant de quitter les lieux pour aller rendre visite à Lenno et Darren. Alors Dante qu’est-ce que tu peux me dire sur ces figlio di puttana ? Cody fait partie d’un gang assez redouté à San Fransisco. Mais encore Dante… J’ai déjà eu affaire à eux par le passé et je peux te dire que ce sont de vrais durs. Pas de ces gus qui n’ont pas les couilles. Eux ce sont des tueurs. Ils étaient une trentaine à l’époque. Je ne sais pas si la taille du groupe a augmenté mais ce n’est pas impossible. Ils sont affiliés à une mafia italo-californienne si mes souvenirs ne me jouent pas de tours. La N’drangeta ou la Camora. Mon visage prend une expression d’une gravité qu’il n’affichait que bien rarement ce qui alarme Milan et Dante mais je me reprends et continue d’interroger Dante sur la bande alliée à Victor. Jade et Elias arrivent à leur tour dans le bureau et nous continuons d’amasser les informations sur la bande de Cody. Dante appelle une de ses anciennes connaissances à SF qui est susceptible de cracher quelques infos actualisées sur les gars ayant planté Lenno et Darren.
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Why do we fall sweetheart ? To learn everytime.


Dernière édition par Arès Kye Coleman le Mar 31 Oct - 20:31, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Il morte per un regalo || PV Mio amico Arès   Mer 25 Oct - 18:28


Il morte per un regalo


Je trouve Nolan dans la salle d’attente de cette annexe de l’hôpital. En me voyant, il se lève comme remonté par ressort. Lakway ne s’est pas prononcée sur l’état de son neveu. Cela tarde. Je tente de rassurer.

- Pense qu’elle doit aussi gérer la confidentialité de ce type de blessure. Où est Darren ?
- Dans la chambre après la fontaine à eau.
- OK. Je vais le voir. Viens me chercher si tu as des nouvelles de Lenno.


Lorsque j’arrive à la chambre désignée par Nolan, je croise une infirmière qui donne ses dernières recommandations à mon homme avant de s’éclipser.

- Ciao’ Darren.
- Boss ! Pardon, on a merdé.
- Non ! Vous ne pouviez pas deviner qu’on allait se faire doubler de cette façon.


D’ailleurs en y pensant, nous avons forcément une taupe parmi nous qu’il faut absolument coincer. J’envoie immédiatement un message à Arès dans ce sens.

« Check avec Milan pour savoir qui était au courant de cette opération. Est-ce que la stiddia a sous-traité ? Le vol des voitures ? Autre chose ? Nous avons une taupe ! »

… ou un traditore. J’exclus pour le moment un membre de la stiddia ou de ma squadra. Ce n’est pas le moment de devenir suspicieux envers des gens en qui j’ai besoin d’avoir une confiance absolue. Si nous ne trouvons rien en externe, il sera temps de regarder en interne. Mais cette analyse ne pourra se faire qu’entre Arès et moi. J’espère que nous n’arriverons pas à une telle extrémité. Nos hommes ne sont pas facilement retournables, mais je suis conscient que n’importe lequel d’entre nous à un prix d’achat, ou une faiblesse. Mon message étant envoyé, j’attrape la main de Darren et absorbe sa douleur.

- Je ne le mérite pas Boss, je me suis avoir comme un bleu.
- J’ai besoin de tous mes hommes. Donc ne compte pas trop te la couler douce sur un lit d’hôpital.


Je lui fais un clin d’œil pour alléger mes propos. Pendant que mes veines noircissent, Darren me raconte sa version des faits. Il me ressort la même histoire que Milan avec un angle de vison différent. La conclusion est la même. Ils se ont mangé une vraie bande de professionnels et non les gros bras qui entourent habituellement Barns. J’ai mis à mal son organisation. Côté finance il doit commencer à être juste. Victor Barns n’a pas les moyens de s’offrir une telle équipe. Qui pourrait avoir intérêt à l’aider ? Savoir que l’un des types appartient à une bande de San Francisco n’est pas pour être rassurant. La ville de Beacon Hills est rentable pour celui qui en prend le monopole. Mais il y a tant d’autres villes du même acabit, puis pourquoi se lier à un chef de bande sur le déclin qu’est Barns ? La manœuvre était clairement là pour éclaircir les rangs des hommes qui me sont proches. Bordelo !

Nous sommes interrompus par Nolan et le docteur Lakway qui entrent dans la chambre. Le docteur appuie sur le témoin « ne pas déranger » et ferme la porte. Lakway est plutôt une belle femme, mais c’est une main de fer dans un gant de velours. Rien de doux dans son regard. Elle est un roc contre lequel soit on se fracasse, soit on s’appuie. Il n’y a pas de compassion dans ses yeux, du moins c’est l’attitude qu’elle a avec nous. Pour le reste des mortels qu’elle croise avec ses fonctions de médecin, elle sait arborer un masque rassurant et compatissant. Je ne connais pas précisément ses motivations qui la font travailler pour les sales types que nous sommes. Le seul appât du gain me semble trop restrictif pour une femme de cette envergure. Elle a clairement une revanche à prendre. Quant à savoir laquelle… Même moi je n’ose pas lui poser la question. Cela m’importe peu, du moment que j’ai l’assurance qu’elle soigne mes gars sans poser de question et sans nous dénoncer à la volaille.

- Allora ?
- La lame a perforé l’intestin grêle et ripé sur la rate. A un centimètre près, si la rate avait été touchée plus sévèrement, il se vidait de son sang.
- Combien de temps lui faut-il pour qu’il soit à nouveau opérationnel ?
- Un bon mois et demi. Il est jeune, cela joue en sa faveur.


Lakway ne s’émeut pas que je pense d’abord au travail qu’au confort de Lenno. Une organisation ne tourne pas avec des alités. Ma sollicitude, je l’offre avec les frais médicaux entièrement à ma charge. Même alité, Lenno touchera sa part fixe de salaire, là où dans la plupart des organisations on vous met à la porte. Encore une différence italienne dans le monde du crime. La famiglia n’est pas un vain mot.

- Je peux le voir ?
- Il doit se reposer et il est sous sédatif.


Je lui montre mes mains qui tiennent celle de Darren. Mes veines noires sont assez éloquentes. Lakway me demande de la suivre. Je lâche Darren qui grimace dans la seconde, la douleur refluant aussitôt que notre contact se rompt.

Lenno nous semble bien diminué sur son lit d’hôpital. Il est cerné de machines qui contrôlent ses constantes vitales. Ça bipe de manière régulière. L’émotion de Nolan est palpable. Je tire un tabouret près du lit et pose mes paumes sur l’avant-bras du bambino.

- No’, Je vais rester là tant que mes capacités me le permettent. C’est maintenant qu’il a besoin de mon aide pour que sa guérison s’amorce rapidement. J’aurais certainement plus la force de conduire après ça. Retourne voir Arès et envoie moi un gars de la squadra comme chauffeur.

Nolan a roulé pour bien des boss, pourtant je lis le respect et la reconnaissance dans les yeux du mercenaire.

(…)

Andrew a dû me soutenir pour sortir de l’unité de soin. J’ai simulé l’homme effondré par l’hospitalisation d’un proche pour donner le change. Une fois dans le parking, il m’a tout bonnement chargé sur ses épaules pour me reposer dans ma voiture dont il avait pris les clés.

- Vous êtes allé un peu trop loin patron.
- Mon épuisement n’est rien devant la souffrance de Lenno. Puis autant que ma nature de loup serve à quelque chose. Andiamo !


(…)

Finalement Andrew m’a déposé à mon appartement et non au HCC, car je m’étais endormi pendant le trajet. Arès a pris son poste de vigile au Pink pendant que je dormais d’un sommeil de plomb. Il a simplement dit au personnel du bar qu’il me remplaçait pour la soirée. S’il y a eu des lueurs inquiètes dans les regards de Jessie et Kada’an, aucun membre du personnel n’a demandé plus d’explication. Charlie m’a apporté un plateau hautement protéiné vers vingt heures. J’ai engouffré l’épais morceau de bœuf qu’il m’avait cuisiné, torché une bonne part de tarte pommes- miel pour me rendormir illico. Cela fait des lustres que je ne suis pas allé jusqu’au bout de mes pouvoirs.

(…)

L’odeur d’un arabica particulièrement fruité me chatouille les naseaux. Plaisante odeur pour se réveiller. Alors que je pense tomber sur la plastique parfaite de mon amant, mon champ de vision est barré par un grand black, bien foutu également, mais décidément pas mon style. J’ai besoin d’avoir un sentiment de domination avec mes conquêtes. Ce qui est impossible avec le grand balèze qui me sert de second, mais aussi d’amico.

- Tu sais causer à un italien !

J’attrape la tasse offerte et engloutis le breuvage sombre et chaud en trois gorgées.

- Bisogno di una sigaretta.

Arès devait se douter de mon prochain souhait car il me colle une tige de nicotine dans le bec et fait claquer mon briquet qu’il a dû trouver trainant sur un guéridon. Je tire une longue bouffée de fumée et la recrache avec un plaisir indécent. Arès bat des mains et finit par ouvrir la fenêtre pour aérer, en maugréant sur ma pollution atmosphérique. Je scrute son visage et tente d’y lire une mauvaise nouvelle. Mais il semble que ce soit trop tôt pour être fixé. J’écoute mio amico me faire un topo sur ce qu’il a appris. Le fameux Cody semble bien faire partie d’un gang de tueurs qui loue ses services aux plus offrants. La N’drangeta ou la Camora sont parmi leur clients. Reste à savoir si cette attaque est un hasard de circonstance, ou la poursuite d’une guerre engagée avec La Cosa Nostra. Arès me décortique chaque partie de ce cambriolage foiré. Du repérage des lieux, au vol des voitures. Je n’ose pour le moment pas aborder la possibilité d’un traditore parmi nos deux squadra. C’est Arès qui les a recruté. Il prendrait cela comme un échec personnel, si l’un d’eux a failli.


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MessageSujet: Re: Il morte per un regalo || PV Mio amico Arès   Ven 27 Oct - 19:39

Il morte per un regalo
Dante me briefe de manière étendue sur le gang de ce Cody et le coup de fil à son ancien fournisseur d’infos dans le milieu se passe sur haut-parleur de sorte que toute la Stiddia puisse en entendre la teneur. Malheureusement, la source de mon homme de main se révèle assez décevante. Les mines de mes exécutants sont sombres et tirées. Une véritable solidarité s’était rapidement instaurée entre mon équipe de taille suffisamment réduite pour permettre ce genre de bons sentiments et cet esprit de corps sans égal. Jade n’est clairement pas rassurée et pour la première fois depuis que je l’avais recruté montre des signes de détresse émotionnelle et de vulnérabilité. Elle qui même sous pression et dans des situations dangereuses tenait aisément la dragée haute aux hommes de l’étoile et se permettait même parfois de les charrier faisait en cet instant peine à voir. Seul Lenno échappait à ses taquineries et je sentais bien qu’elle se posait en grande sœur dans le milieu pour le neveu de mon ami et mentor. Quant à Darren, ce n’était désormais plus un secret pour personne que les deux criminels formaient un couple d’ailleurs Elias dont le visage était aussi morose que celui de sa sœur avait une main sur l’épaule de cette dernière. Dante n’en menait également pas large lui qui était sans conteste mon atout choc dans la Stiddia. Le fou de mon jeu d’échec car il avait le plus d’expérience dans le sale boulot et ne rechignait jamais à verser le sang. Il démontrait sa tension en s’envoyant des cigarettes en série et en maugréant des injures à l’encontre de Barns.

Et Milan. Milan, mon ami d’enfance semblait littéralement abattu par les évènements et je ne l’avais plus vu aussi triste depuis longtemps. Cela me serrait le cœur et je maudissais intérieurement la Cosa Nostra et leurs rivaux napolitains pour m’avoir empêché de me trouver au côté de mes hommes hier soir. Par extension, je m’en veux jusqu’à m’ètre rendu à Los Angeles. La révélation avait été de taille il est vrai mais sans moi Alessandro se serait-il réellement effondré ? J’en doutais quelque peu. De toute manière, il était désormais trop tard pour les regrets. Restait à encaisser les conséquences du merdier, à méditer sur la réponse à donner et à analyser les raisons du dit merdier pour pouvoir gérer les choses au mieux.  Je ressasse la situation en compagnie de mes hommes encore et encore afin de chercher à comprendre les raisons d’un tel désastre. Le message du sicilien me déplait au plus haut point mais je prends la peine de ne rien en montrer à mon équipe qui débat de leurs erreurs potentielles dans la manœuvre. Un traitre dans nos rangs et puis quoi encore. Nous avions déjà trois gars sur le carreau. Enfin sur le carreau heureusement que non sinon je serais déjà allé flinguer Barns avec ou sans l’aval du boss du Print. Finn qui se trouvait encore à l’hôpital assez logiquement puisqu’il avait reçu une balle moins d’une semaine avant Los Angeles. Lenno dans un état critique qui me préoccupait au plus haut point de sorte que je gardais son état dans un coin de mon esprit et Darren hors d’état de faire quoi que ce soit pour au moins quelques jours au minimum eu égard à ses blessures. A ce moment-là autant démanteler l’organisation et ne travailler qu’avec des membres de la Cosa Nostra ce qui je ne me réjouirais pas car j’avais signé pour rouler pour Aless et non pour sa matrice.

Il y avait bien une raison expliquant que le statut de mercenaire m’avait parfaitement convenu. Les organisations mafieuses ne m’intéressaient pas au point d’obtenir une allégeance de ma part. Celles-ci me payaient pour mes services et tout le monde était content. Mon changement de statut avait été progressif et naturel dans ma relation avec mon boss mais je n’étais pas uniquement un criminel notoire et ne le serais jamais. J’interroge sans détour la Stiddia sur le processus en amont de nos déboires. Chose que je n’avais pas faite, me concentrant sur le braquage raté en lui-même. Milou m’apprend qu’ils avaient préférés laisser des petites frappes locales voler les véhicules à leur place afin que l’on ne puisse pas remonter jusqu’à eux, les vans devant être détruits après usage unique. Elias les avait rencontrés seul sur parking d’un quartier peu fréquenté puisque industriel pour leur remettre l’argent. Et les deux vans avaient été récupérés ailleurs.

A priori une idée admirable car en effet seul le visage d’Elias arborant lunettes de soleil et fausse barbe de hipster pouvait ètre utilisé contre nous bien difficilement mais la sous traitance restait une source d’emmerdes potentielles dans notre domaine. L’information était précieuse presque plus que tout dans certaines circonstances et leur plan d’action avait été aussi bon que mauvais à posteriori. Impassible de façade, je boue intérieurement contre mon ami qui semblait accorder bien peu de confiance à son organisation et donc par extension à moi-même car j’avais mis en place les deux équipes au niveau des ressources humaines. Le neveu de l’un des hommes comptant le plus au monde pour moi ainsi que cet homme lui-même, mon dernier ami d’enfance vivant et une fratrie qu’il connaissait depuis des années. Bordel ! J’avais déniché les meilleurs de cette foutu bourgade du moins ceux n’ayant pas déjà été engagé par Victor et ceux-ci étaient soudés entre eux par mes proches membres de l’organisation. J’avais mis en place tout un système et au premier revers Aless mettait cela en cause.

Oui, je l’avais particulièrement mauvaise et me sentais personnellement insulté par ses insinuations. La piste externe était relativement prégnante ce qui me soulageait énormément quand bien même cela n’expliquait pas tout. Néanmoins, si nous avions bel et bien un rat dans les pattes je pensais plutôt que mon associé devait chercher du côté de sa propre équipe car je me rendais garant de mes hommes. Si la taupe potentielle avait été membre de la Stiddia elle se serait exposée à une balle dans le feu de l’action. Les hommes de main que j’avais recruté étaient tous malins ou intelligents du moins capables de penser correctement. La ville est quasiment notre. Pourquoi trahir le futur boss incontesté de Beacon Hills. Si un seul des nôtres avait voulu rouler pour une plus grosse écurie il ne se serait pas présenté devant moi et serait allé faire son nid à L-A ou S-F. Cela n’a aucun sens. Je me fais la réflexion qu’Aless a été trop habitué à se faire trahir à Los Angeles pour pouvoir faire confiance à n’importe qui. Je peux tirer une tronche de six pieds de long sans créer de soupçon vu la situation de Lenno. J’interroge en détail mes hommes sur les voleurs de voitures et ils ne mettent pas longtemps à comprendre ou je veux en venir.

(…)

J’ai laissé la Stiddia libre pour la soirée. La Squaddra s’occupera seule du HCC ce soir. Au moment où nous quittons le bureau mon téléphone vibre dans ma poche et je réponds à Nolan qui m’expose l’état de son neveu. Soulagé d’apprendre que le gamin va s’en sortir j’en fais part à l’équipe qui s’avère aussi rassurée que moi. Mon ancien mentor m’apprend également ce que Sandro a fait pour nos hommes et quand bien même je me doute qu’il n’a que le désir de les voir de nouveau utile dans un futur plus ou moins proche le geste est tout de même vertueux. Ma colère intérieure retombe rapidement quand j’entends mon ami me décrire l’état dans lequel a fini notre boss après avoir tout donné pour soulager Lenno.

Aless se soucie tout de même de ses hommes, je le sais très bien. Et quelque part cela me rassure qu’il n’utilise pas le terme générique de famiglia de manière purement hypocrite et qu’il soit capable de cela pour les gars. Mais je ne peux m’empêcher de lui en vouloir pour son histoire de taupe.  Pourquoi sautait-il immédiatement à ce genre de conclusion ? Barns ne pouvait-il pas simplement avoir pris du plomb dans la cervelle et anticipé que nous attaquerions un autre de ces convois de tord boyau ? Est-ce que Sandro le considérait à ce point minable pour refuser de lui reconnaître sa valeur en tant qu’adversaire acharné parvenant à ne pas sombrer à l’issue de plusieurs mois de lutte alors même que tout le donnait perdant ? Andrew m’appelle pour me prévenir qu’Alessandro était trop crevé et somnolait presque sur le trajet. Je le remercie et raccroche pour appeler Za. Je narre toute la situation à mon épouse sans omettre les soupçons de Sandro et lui confie mon avis sur la question. Puis, les balbutiements d’Oz à travers le téléphone me remettent du baume au cœur et je savoure cette conversation expéditive avec les deux femmes de ma vie à sa juste valeur avant de me rendre au Print pour gérer le bar à la place d’Aless.

(…)

Que ne donnerais je pas pour me trouver contre ma lionne en cet instant ou avec ma fille dans les bras ? Décompresser de la sorte me semblait hautement nécessaire. Ce n’est pas parce que je peux être un roc que les choses ne m’atteignent pas. Je n’ai pas le cœur stoïque seulement la posture et l’expression. Pourtant alors que j’ai occupé la double casquette de videur du bar et de remplaçant du sicilien comme un métronome aidant Dan à servir au comptoir sous l’afflux bienvenu de clients tout en faisant le tour des lieux comme à l’accoutumée pour désamorcer et intimider les plus susceptibles de poser problème rien n’a effleuré le masque souriant de ma figure. Quelques échanges courtois et complices avec certains de nos habitués ont même donner le change l’espace d’une soirée. L’agitation et la charge m’ont empêché de repenser à la situation souterraine ce qui ne me dérange absolument pas bien au contraire. La soirée se termine et le nombre de clients se réduit peu à peu jusqu’à ce que le personnel du Print ne rentre chez lui. Je salue tout le monde chaleureusement et les rassure sur l’état d’Aless mais je vois bien que Kada’an et Charlie ne sont pas dupes.

Peu importe au final, car je me retrouve seul dans le Print et me rends derrière le comptoir pour servir un arabica bien corsé avant de prendre le chemin de l’appart du patron du Pink la tasse dans la main. J’ouvre la porte doucement avant de rentrer dans la pièce d’un pas paisible et récupère un paquet de clope de l’autre main en passant puis j’approche la tasse de la tête du sicilien en espérant que l’odeur suffise à le réveiller. Un sourire en coin étire mes lèvres lorsque le loup émerge du sommeil et mon sourire s’élargit carrément lorsque je note son expression déçue. Non ce n’est malheureusement pas Jansen amico. Celui-ci se redresse et je lui tends la tasse. J’ai appris sur le tas tu le sais bien. Il engloutit le breuvage fumant en moins de temps qu’il ne faut pour dire merda. Puis, respectant son souhait je lui colle une clope dans le bec et me retourne à la recherche d’un briquer. Ramassant celui sur le guéridon, j’allume prestement sa tige de poison et peste lorsque ce dernier empuantit l’atmosphère de cette fumée détestable. Comment tu peux vivre dans une telle atmosphère ? Je ne comprendrais jamais les fumeurs. Si tu n’étais pas un loup garou tu aurais déjà choppé trois cancers.

Les yeux du garou me fixent avec insistance mais ne trouvent rien sur mon visage. J’ai pleinement confiance en chacun de nos hommes et ne m’inquiète franchement pas de ses soupçons. D’autant plus que les propos de mon équipe sur les petites frappes m’orientaient à penser que ces deux-là avaient bien entubés l’étoile. Je me lève pour aller ouvrir la fenêtre afin de ne pas décéder d’étouffement dans un nuage de fumée ce qui serait foutrement ironique pour un deatheater. Avant de tirer une chaise pour la placer devant le lit de mon ami et m’y installer à califourchon. Je ne peux nier qu’Aless est un bel homme mais la vision de son torse ne m’inspire rien du tout vu mes préférences et l’existence de ma lionne. Pas gêné pour trois sous par son absence de fringues, j’entreprends de lui exposer toutes les informations de la bande de Cody à l’embuscade sans omettre aucun détail. Je conclus par la délégation du vol des vans à des voyous locaux. Je veux aller mettre la main sur les deux voleurs et les interroger à ma manière. Seul. Elias m’a donné leur description et je pense qu’avec quelques billets bien placés les infos tomberont d’elles mêmes et je finirais par leur mettre la main dessus. Est-ce que j’ai ton feu vert ? Je trouve le regard de Sandro sur moi en cet instant assez étrange mais je pense qu’il pourrait en dire autant.
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MessageSujet: Re: Il morte per un regalo || PV Mio amico Arès   Mar 31 Oct - 17:39


Il morte per un regalo
Lorsqu’Arès me dit que le vol des voitures a été sous-traité à des petites frappes locales, je suis soulagé et contrarié en même temps. Soulagé car cela donne une piste en dehors de nos hommes, contrarié car si la fuite vient de là, la Stiddia montre un peu une immaturité dans sa manière de procéder. La moindre erreur se paye chère dans notre milieu. Se fritter avec des mecs comme Barns est une chose, des tueurs professionnels habitués aux contrats d’envergures une autre.

Je me lève et enfile un jean à même la peau, puis me relaisse tomber sur le matelas. Non pas qu’Arès me file des complexes, quoi que… Je regarde mio amico assis à cheval sur une chaise. Je sais ce qu’il pense de ma première réaction. Je sais que je l’ai vexé. J’espère notre amitié suffisamment solide pour résister à cette secousse qui fait vaciller notre organisation. C’est même un excellent test. Boss et second, ou associés d’une même affaire, il est impossible d’être toujours d’accord. Notre vécu, nos expériences, nos caractères font de nous des individus foncièrement différents. Une association est réussie quand la différence devient une force et non une source d’opposition.

Los Angeles m’a largement appris que l’homme est monnayable. Même le plus vertueux des hommes collera sa morale ou son sens de l’honneur aux orties si on le paye suffisamment ou que l’on menace de mort l’un de ses proches. J’ai parfois fait abattre des hommes qui m’avaient doublé, sans éprouver de haine pour eux. La colère est à diriger vers celui qui est l’investigateur de cette trahison. J’ai même été aux enterrements de ces gars-là, par respect pour les services rendus avant la faille et pour soutenir la famiglia. Il faut être du milieu italien pour comprendre ce lien paradoxal qui peut unir une veuve au Boss de son défunt mari, abattu car il a trahi.

Arès n’est pas de ce milieu. Il m’en veut donc pour mes pensées expéditives. Les deux squadra qu’il a formées sont issues de ses connaissances. Il connait personnellement les gars et a déjà goûté à la douce musique des balles qui volent en leur compagnie. Arès fonctionne aux liens de sang, de sueur et de chair. Nolan, Milan, Dante sont pour lui des frères. A contrario, je fonctionne suivant une loi, un code établi très impersonnel. Chacun connait les règles et les sanctions si l’on en dévie. Si la mafia tient encore après plus d’un siècle d’existence, c’est parce que jamais cette loi n'a été assouplie, ou « modernisée ». J’ai été formaté ainsi. J'ai assisté aux enterrements d’amis d’enfance qui avaient eu la malchance, car finalement c’est à cela que tout se résume, d’être la cible d’une puissance extérieure qui les a obligé à trahir. Mon propre père, enfin celui que je croyais être mon géniteur, s’est fait descendre en prison sur ordre de Don Stephano Corleone. Guiseppe Amaro n’était pas un traître, mais allait le devenir par la force des choses. Une fois, Sonny avait fait le parallèle entre la Cosa Nostra et un grand arbre. Un arbre que l’on déleste de ses branches malades ou faiblardes. La taille se fait avec respect, mais sans état d’âme. La survie de l’arbre en dépend. cependant, que ça soit dans le milieu d’Arès ou le mien, la solidarité s’exerce, mais de manière différente.

- Je veux aller mettre la main sur les deux voleurs et les interroger à ma manière. Seul.

Je ne dis rien, car je ne suis pas étonné par la réaction de mio amico. Il en fait une affaire personnelle.

- Elias m’a donné leur description et je pense qu’avec quelques billets bien placés les infos tomberont d’elles-mêmes et je finirais par leur mettre la main dessus.
- Des billets ?


Je m’attendais plus à une distribution de baffes qu’à des portraits de Benjamin Franklin. Enfin, l’un n’empêche pas l’autre.

- Est-ce que j’ai ton feu vert ?
- Ce n’est pas ma permission que tu demandes, mio amico, mais si je suis OK sur cette façon de procéder.


Jouons cartes sur table. En effet, Arès passe toujours par mon aval pour toutes nos opérations. Toutefois, cette crise est différente des précédentes. Je ne vais pas me justifier, ni revenir sur ma suspicion globale. C’est ma façon de fonctionner, prendre le problème dans sa globalité et ne jamais rien écarter du radar sans une vérification objective. Amis ou pas, tout le monde est potentiellement suspect tant que le vrai coupable n’est pas levé. J’admets que ce raisonnement appliqué tel quel mettrait à mal une organisation, à chaque pépin de ce genre. Il me faut donc des piliers sur lesquels m’appuyer sans les remettre en cause. J’ai une entière confiance en Arès, confiance que je délègue de fait à Milan chef de la Stiddia et Ryan chef de la Squadra. Leur rang dans mon organisation n’est pas seulement un titre, mais bien un statut. Nolan, Dante sont également des gars à qui je confierai ma vie. Ils sont solides et fiables, toutefois je ne les écarte pas de ma suspicion. Ce qu’Arès a peut-être du mal à comprendre est que je ne reviens pas sur l’opinion que je me fais de mes hommes. Je prends juste en compte le facteur impondérable que l’un d’eux peut-être pris pour cible pour nous trahir.

Arès attend que je poursuive. Je tire à nouveau sur ma sigaretta et souffle en détournant la tête, ménageant mio amico de ma pollution atmosphérique.

- La démarche me convient Arès. Tu as recruté ces gars, il est légitime que tu gères le problemo. Si la fuite vient des deux voleurs, à toi et l’équipe de Milan de vous assurer que l’on sache ce qu’il en coûte de nous doubler. Tu as carte blanche sur la méthode. Un chien qui a mordu, mordra à nouveau. Tu connais la musique aussi bien que moi.

Je ne dis rien sur les gars de la Stiddia. Le regard de mon second  me met au défi de dire quoi que ce soit. Je ne saisis pas la perche tendue. Ce n’est pas le moment de nous engueuler. Il est tard. Ce soir je n’irais pas au HCC, car malgré le bon somme que j’ai fait, je suis lessivé.

- Tiens-moi au courant. De mon côté j’appelle Sonny. Il a des hommes en surveillance à San Francisco. Il a peut-être des infos pour confirmer ou infirmer une ingérence des siciliens avec les affaires de Bars.

J’offre une poignée de main franche à mio amico. Nous nous broyons mutuellement les phalanges dans un salut, certes respectueux, mais non moins campés sur nos positions.

- Arès, j'ai confiance en Ryan et Milan, nos deux chefs de squadra.

C'est la seule concession que je fais à ma méfiance instinctive. Je descends au bar avec lui. Le rideau est fermé depuis longtemps. Alors qu’il prend la sortie de service, je fouille les frigos de Charlie pour trouver de quoi grignoter.

(…)

J’ai trouvé du blanc de poulet au miel et à la cardamone. Ce n’est pas si mauvais, voire même très bon. Agrémenté d’un verre de whisky, je m’installe à mon bureau. La première personne que j’appelle n’est pas Sonny, mais le hackeur qui bosse pour moi. C’est lui qui m’a créé le logiciel de gestion qui me permet de gérer le HCC et dans le temps où je tenais un bar à Los Angeles, de gérer un système de double comptabilité. Ce dont je n’ai pas besoin pour le Pink, car je veille à ce que cette affaire reste totalement légale.

- Ouais ?
- Nils ? C’est Amaro.
- Même en numéro caché, je sais que c’est toi le rital.
- Je sais ! Ne chipote pas !
- Tu veux ?
- Les relevés téléphoniques de mes gars sur les trois dernières semaines.
- Tarif habituel ?
- Oui. Tu as de quoi noter ? Je te file les noms et les numéros.


Un italiano diffidente, è un italiano che rimane vivo. Ne m'en veux pas mio amico, murmuré-je pour moi même en raccrochant. Je regagne mon lit pour m'endormir aussitôt.


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MessageSujet: Re: Il morte per un regalo || PV Mio amico Arès   Mar 31 Oct - 20:42

Il morte per un regalo


Les mains fermement serrées sur le volant comme si je voulais m’y raccrocher tel à un radeau de fortune au milieu de l’océan, je ne respecte pas franchement les limitations de vitesse réglementaire en ville et pousse le range rover à sa pleine puissance. Je ne fuis pas mais j’ai besoin de m’éloigner de ce qu’il vient de se passer. De cette suspicion dans le regard de mon associé et frère de crime. De ses insinuations à peine voilées sur la loyauté des nôtres, sur la loyauté des miens. Ce n’est pas la première fois que je ne suis pas forcément d’accord avec le sicilien sur quelque chose mais c’est bien la première que cette divergence me fait l’effet d’un coup de poing dans le sternum. Je ne le crois pas quand il m’affirme qu’il laisse nos lieutenants en dehors de tout cela. Je le connais bien trop pour tomber dans un panneau aussi grossier. Alessandro est le genre d’homme qui ne changerait jamais parce qu’il ne le voudrait nullement.

Et cela me blesse un peu plus car ce mensonge pour me rassurer sur son opinion est insultant. Chercher à me préserver de sa pensée pour tenter d’empêcher notre amitié de souffrir de cette situation catastrophique ne fait que m’énerver encore plus. L’espace d’un infime instant, je me demande si notre relation est aussi sincère que je me la représente.  L’espace d’un infime instant, je me demande si j’ai pris la bonne décision concernant une chose de la plus haute importance. La confiance est précieuse et en retirant aussi rapidement la sienne à nos soldats le loup garou venait de fragiliser celle que je lui vouais. J’ai besoin de bien des choses en cet instant précis et je me moque bien de la contravention potentielle que pourrait me coller un poulet. Les jointures rougies par le volant, je grille un feu rouge sans m’en soucier et ne ralentis qu’au moment où je m’engage dans l’avenue du manoir.

J’ai eu de la chance que la circulation soit aussi fluide sinon, j’aurais certainement eu de gros problèmes. Je me gare devant chez moi à côté du cabriolet de mon épouse et détache ma ceinture comme un automate. Je reste là un moment assis sur le siège conducteur à contempler la rue sans parvenir à bouger, en proie à un cocktail d’émotions contradictoires, brûlantes et dangereuses. Puis, je craque finalement et laisse sortir ce trop plein d’émotions néfastes en donnant quelques coups dans le volant. Le klaxon résonne longuement dans l’air frais nocturne de ce début d’automne. Le son strident a le mérite de me servir d’électrochoc et je finis par sortir du véhicule pour me diriger vers la porte de mon domicile. La porte s’ouvre alors que je m’apprêtais à sortir mes clefs de ma poche sur une Azalea en peignoir aux cheveux mouillés arborant une expression tendue et soucieuse sur les traits. Je me rends compte que ma lionne a dû sentir mon état émotionnel à travers le lien nous unissant et s’est énormément inquiétée. Je rentre et ferme la porte derrière moi. Je la suis dans le salon ouvert et là elle me demande ce qu’il se passe mais je suis incapable de ressasser ce qui me préoccupe et m’irrite de l’intérieur. Au contraire, je veux oublier, balayer toute cette merde quitte à ce que cela ne soit qu’éphémère. Je m’approche de mon épouse en quelques pas qui loin d’ètre intimidée par la lueur dans mon regard semble vouloir l’attiser un peu plus.

Mes mains se posent sur son visage et je prends possession de ses lèvres de manière impétueuse comme un conquérant en son royaume. D’habitude nos ébats étaient empreints d’une certaine lutte pour le contrôle ce qui ne rendait les choses que plus excitantes mais ce soir l’héritière d’Azgeda sent mon besoin dévorant, mes émotions exacerbées et instables et comprend. Je lui avais confié un jour qu’elle était la gardienne de mon équilibre émotionnel en plus d’ètre celle de mon cœur et je le pensais réellement. Et un tel aveu prenait tout son sens dans un moment comme celui-ci. Les rôles s’inversent et tandis que je deviens le feu elle se fait glace pour me calmer et m’apaiser sous ses caresses. Ma lionne interrompt notre baiser implacable pour laisser tomber le peignoir sur le sol… L’union de nos corps est sauvage et frénétique. Je ne parviens pas à me montrer doux dans cette danse tantrique et je m’en veux mais Za ne semble pas me le reprocher vu qu’elle se déchaîne autant que moi. C’est épuisé que je m’affale sur ma moitié qui suit les traits de ses griffes sur mon dos.

Je dois lutter pour ne pas m’endormir tant je me suis abandonné dans mon entièreté à cette extase bestiale. Je finis par me redresser au prix d’un effort surhumain et saisis mon épouse pour que nous rejoignons notre chambre à l’étage. Une fois cela fait, je redescends et récupère mon portable à puce jetables et appelle Milan pour lui dire de prévenir toute l’équipe que nous décollerions de Beacon Hills demain dès les premières lueurs de l’aube. Puis, je me prépare une omelette machinalement que j’ingurgite rapidement avant de remonter. Une fois dans la chambre, je prends le temps d’observer ma petite princesse dormir paisiblement dans son berceau. Je ne sais pas combien de temps je reste ainsi debout dans l’obscurité à observer ma plus grande fierté de mes yeux nyctalope mais lorsque je rejoins le lit conjugal ma lionne dort déjà d’un sommeil de plomb. Je m’installe sans faire de bruit et esquisse un sourire de satisfaction lorsque celle-ci ne tarde pas à venir se caler contre moi comme à l’accoutumée. Dans l’intimité de cette pièce, je me fais la réflexion que je suis parfaitement à ma place dans ce monde ici les bras de ma femme autour de moi et ma fille roupillant comme le bambin qu’elle est. Je souhaiterais et pourrais y passer toute ma foutue existence.

(…)

Les deux quatre quatre de couleur foncée quittent Beacon Hills à une allure tranquille alors que les premiers rayons du soleil parviennent à peine à percer la masse nuageuse austère et menaçante. Assis sur le siège passager à coté de Milan, je ne souris guère. Derrière nous Jade vérifiant le contenu des larges sacs noirs contenant l’artillerie lourde. Dans le second véhicule, Dante et Elias suivent à une allure respectable. Le silence règne dans l’habitacle et personne n’ose le briser tant mon humeur massacrante est palpable pour mes hommes. Même Milou est tendu et me jette de temps à autre des coups d’œil inquiets et je ne fais rien pour le rassurer. L’ambiance détestable ne s’améliore pas alors que nous faisons une pause à midi dans un bistrot de routiers. Le repas est avalé en moins d’une quinzaine de minutes et nous reprenons la route dans la foulée.

Lorsque mon regard se pose sur chacun de mes gars et Jade encore en état de bosser je me refuse à ne serait-ce qu’envisager le point de vue d’Amaro. Aucun soupçon de paranoïa ne parvient à se loger dans mon esprit et je finis par pousser le bouton de l’autoradio pour alléger quelque peu l’atmosphère. Milan m’interroge du regard et écope d’un sourire en coin en guise d’accueil. Un jumeau se glisse sur les lèvres de mon frère de cœur et le trajet continue sans mots mais débarrassé de la chape de plomb de la matinée. Nous arrivons finalement à destination deux heures plus tard à l’issue de six heures de trajet. Mon expression indéchiffrable ne change pas d’un iota lorsque je briefe la Stiddia sur les objectifs du jour à travers le talkie-walkie-walkie pour Elias et Dante. Mettre la main sur les deux rats qui nous ont doublés, les interroger à notre sauce, leur en coller une entre les deux yeux et rentrer fissa au bercail avec des informations solides sur les commanditaires. Jugeant plus efficace bien que plus dangereux de nous séparer afin de ratisser plus large dans la petite ville, je distribue des liasses de pognon pour que les langues se délient plus vite, ne souhaitant pas passer plus de temps que cela dans ce trou.

Les flingues restaient ou ils étaient pour plus de sûreté et seules des armes blanches cachées leur serviraient d’assurance en cas d’emmerdes. Elias avait imprimé les photos des deux voleurs de bagnoles retrouvés sur les réseaux sociaux. Il avait simplement tapé leurs noms sur un site relativement connu. Les deux guignols n’avaient pas pris la peine de donner des faux noms preuve en était qu’ils savaient exactement comment cela aurait dû finir pour mon équipe. Je craignais qu’ils se soient fait la malle en apprenant l’échec du plan de leur commanditaire mais des types ne prenant même pas la peine de se couvrir n’étaient franchement pas suffisamment futés pour comprendre qu’ils vivaient avec une épée de Damoclès au-dessus du crane. J’étais confiant. Peut être un peu trop mais nous n’avions qu’à dire que mon excès de confiance dans nos troupes équilibrait l’absence totale de la part du sicilien. Je regarde mes porteflingues se disperser aux quatre coins de la ville, privilégiant les coins les plus louches et les plus foireux avec une logique de circonstance admirable. Une rasade d’une flasque de whisky et je me mets moi-même en quête d’informations sur mes deux victimes potentielles.

(…)

Le soleil s’est couché depuis plusieurs heures lorsque je reçois un appel de Dante qui a visiblement réussi à se montrer convaincant et efficace à coups de billets de cinquante dollars. Je n’avais pour ma part rien offert à mes sources foireuses à l’instar de Jade et de Milan. Elias avait lui aussi raquer tout juste un peu moins que notre champion de la persuasion et détective privé en herbe. Nous avions deux localisations potentielles ou dénicher les deux cibles. Un entrepôt louche ou se tenaient des parties de jeux illégales dans le coin mal famé de la ville que les deux hommes fréquentaient ou l’emplacement d’une caravane sur un terrain vague en dehors de la ville. Décidant de commencer par le modeste cercle de jeu local, je donne l’ordre à tout le monde de s’équiper dans les voitures et nous enfilons des combinaisons noires, des gilets pare balle, des gants en cuir et des cagoules de braqueurs avant de nous saisir du matos et de vérifier les chargeurs. Garé à quelques mètres de l’entrepôt dans un angle mort, nous descendons dans cet ancien quartier industriel laissé à l’abandon. Un fusil à pompe en bandoulière, je laisse mes sens de tigre planer sur les lieux afin de nous assurer l’immunité complète de la voie libre.

Milan fait de même et Elias épaule son fusil d’assaut tandis que Jade visse un silencieux sur son flingue. Une fois tout le monde opérationnel, je nous fais nous séparer en deux groupes. Arrivant du côté opposé après avoir opérer un détour avec Milan et Jade sur les talons je sifflote pour attirer et détourner l’attention du guetteur qui s’éloigne de son poste alerté par ce bruit inopiné. Du côté opposé jaillissent de l’obscurité Dante et Elias. Le frère de Darren arrive dans le dos de la sentinelle et l’étouffe en l’attirant contre un mur. L’homme se débat dans tous les sens et cherche à aspirer de l’air mais impitoyable mon exécuteur continue sa besogne en plaquant une main sur sa bouche sans faire grand cas des ruades furieuses du criminel. Puis, il laisse le corps s’écrouler comme un vieux sac. Nous rejoignons l’entrée et je sifflote une nouvelle fois, celle-ci pour indiquer mon admiration à Dante. Je fais signe à mon équipe de se tenir prête avant d’enfoncer la porte d’un coup de pied usant de ma force surnaturelle pour me faciliter la vie. Dans l’entrepôt, six hommes se trouvent autour d’une table de poker. Six autres semblent représenter la sécurité. Tous se tournent brusquement vers nous et lèvent des mines effarées et stupéfaites. Les six mecs armés sont mis en joue par la Stiddia tandis que je laisse mes sens surnaturels m’indiquer qu’il n’y avait personne d’autre ailleurs.

Satisfait, j’étudie les trognes de ce menu fretin avant de soupirer en ne reconnaissant pas le visage de Jimmy et Sheldon les deux cibles. Je m’avance donc de quelques pas mon fusil à pompe calé sur l’épaule et interroge les occupants des lieux bien peu décidés à coopérer puisque leurs lèvres restent closes. Je me montre menaçant et mets en joue l’un des joueurs mais rien n’y fait. Je lui décoche même un coup de crosse sans résultat. L’atmosphère est brûlante et je sens que ce trop-plein de tension va mal finir. Je n’hésite pas une seconde et plombe un des joueurs qui approchait sa main de son flingue posé. Dès lors, tout dégénère et les balles fusent. Je me jette au sol par instinct et continue de canarder la tablée. Lorsque je me relève, douze cadavres encore chauds gisent devant mes yeux. Milan est au sol et je m’inquiète un instant avant qu’il n’éclate de rire en indiquant que la balle avait été stoppée par le gilet. Bon, il faut qu’on décarre dare dare. Je m’approche de la table et récupère tout le pognon sur la table sauf le cash souillée de sang frais. De l’argent sale pour rembourser nos frais de voyage en vous remerciant cordialement.

(…)

Nous nous garons devant les deux caravanes débarrassé de l’équipement de tout à l’heure mais toujours aussi lourdement armés. Alors que nous approchons prudemment Milan pose une main sur mon épaule pour m’immobiliser. Interloqué, je l’interroge du regard et il me conseille de laisser mes sens aiguisés de prédateur se balader. Je suis son conseil et comprends immédiatement. Le sang, la mort, la décomposition. Deux charognes sont en train de refroidir. Je me précipite vers la caravane d’où émane les odeurs abominables et ouvre la porte les mains toujours gantées. A l’intérieur Jimmy et Sheldon reposent dans une posture disgracieuse, une balle dans la tête. Je peste rageusement avant de faire signe à tout le monde de retourner aux quatre quatre. Nous quittons les lieux dans la foulée après n’avoir passé que quelques minutes sur les lieux. Quelle soirée de merde ! lâche Milan. Qu’est-ce que l’on fait maintenant ? demande Jade. Maintenant, on va là ou ne nous attend pas…
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MessageSujet: Re: Il morte per un regalo || PV Mio amico Arès   Sam 4 Nov - 15:32


Il morte per un regalo
Le temps est à l’image de mon humeur : morose. Il fait gris et il y a du vent. Sur la terrasse, Dan n’a sorti que les tables qui sont contre la devanture pour les courageux et les fumeurs. En parlant de fumeur, je creuse mes semelles sur MON bout de trottoir en tirant nerveusement sur ma sigaretta. Je n’aime pas cette histoire, ni l’avertissement que j’ai lu dans le regard de mio amico. Si je comprends le cheminement qui l’amène à s’opposer à ma manière de gérer cette crise, je peux difficilement dévier de ce que l’on m’a enseigné à coup de taloches et des mises en situations réelles où je n’ai dû ma survie qu’à mes capacités régénératrices.

Mon téléphone vibre, m’avertissant que j’ai reçu un e-mail. Je termine ma tige de nicotine. En ce moment, j’ai trop besoin de cette drogue pour calmer mes tentions. J’avertis Sophie que je reste dans mon bureau mais que je souhaite ne pas être dérangé. La porte de service, puis le poster géant de l’Etna. Mes mains rallument une sigaretta sans que j’en ai vraiment conscience. J’allume ma bécane et attends que le système s’initialise en soufflant des ronds de fumées bleutées. Le message de Nils était laconique, pourtant le sous-entendu était limpide.

Plusieurs fichiers, un par numéro de téléphone, agrémentent un message simplement composé d’un point. Arès est quelque part sur la route, sur la trace des voleurs de voitures. Par qui commencer ? Je dois me montrer impartial et ne pas faire d’emblée des associations qui pourraient en dégrever certains parce qu’ils sont liés à un autre. Je tranche en attaquant les fichiers par ordre alphabétique.

Aiden… Conducteur hors pair, il connait Andrew. Peu bavard, peu démonstratif, Aiden est un gars efficace, toujours là où il faut et ponctuel. Ce qui est primordial pour un chauffeur. Son relevé téléphonique est assez maigre. Vraiment pas causant quel que soit le moyen de communication. Il a beaucoup d’appels entrant de la part de Ryan, quelques échanges avec Andrew et Sam. Je trouve aussi le numéro de Largo, rien d’anormal puisque la Squadra fait souvent des rondes au HCC pour soulager les hommes de Largo. Un autre numéro revient presque quotidiennement, celui d’un restaurant asiatique non loin de l’appartement d’Aiden. Je ferme le dossier et ouvre le suivant.

Andrew. Le fichier fait deux pages de plus. Sans surprise le numéro qui apparait le plus est celui de son cousin Ryan. Finn apparait aussi, ainsi que les autres membres de la squadra. Il a également appelé une fois Jade. Je sais qu’il en pince pour la belle cambrioleuse, mais elle semble lui avoir préféré Darren. Il y a un tas de numéro sur Beacon Hills et Los Angels où il semble avoir gardé des contacts. Je relève les numéros de LA pour voir plus tard chez qui cela débouche et ferme le dossier.

Arès. Il change de numéro de téléphone comme de chemise. Je passe mon temps à remettre à jour son contact. Azalea, Azalea, Azalea et encore Azalea. Je dois au moins avoir trois pages de communications avec sa tigresse. Quand il est amoureux, le tigre ne fait pas semblant. Mon propre numéro est le deuxième sur la liste par ordre d’importance. Je reconnais le numéro de Sonny, et ceux de tout un tas de nos contacts. Ses trois dernières semaines il a au minimum appelé une fois chaque membre de la squadra et de la stiddia. Un vrai papa poule ! Arès est un gars fiable et attaché à son travail. Je n’avais aucun doute sur sa loyauté, mais la procédure est ainsi. Pas de passe-droit, même mio amico. J’ai donné son nom à Nils, non pour surveiller le tigre, mais par respect pour ses hommes. C’est mio amico, mais la droiture de l’organizzazione l’impose.

Dante. C’est un ami de Milan. C’est un homme redoutable au combat. Arès a su s’entourer de gars excellent. Outre les numéros habituels de l’équipe, Dante semble adepte de la livraison à domicile et d’un cocooning régulier chez le barbier qui se trouve à trois blocs du Pink. Rien de notable, ni d’anormal.

Darren. Sa blessure va le mettre au vert pour deux bonnes semaines. Il était sincère à l’hôpital, lorsqu’il s’est excusé. L’état de Lenno le préoccupe et il se sent responsable. Darren semble avoir des affinités avec certains gardes du HCC. Et sans prendre l’ampleur d’Arès, le numéro qui bat des records est celui de Jade. Aucun appel entrant ou sortant en dehors de l’indicatif de Beacon Hills.

Elias. Très bon pilote comme Aiden. Jade, Jade, Darren, Jade. Le frangin semble surveiller de près la relation de sa sœur avec l’un de nos gars. D’autres indicatifs en plus de Beacon Hills apparaissent. A chaque fois il s’agit de villes qui ont peu ou pas de liens avec les mafias. En cherchant un peu, je comprends qu'il appelle des magasins de pièces mécaniques. Elias aime les motos et les voitures. Je crois qu’il s’amuse à en retaper.

Finn. Notre irlandais un peu grande gueule mais efficace sur le terrain. La moitié des numéros entrants ou sortants ciblent San Francisco. Cela serait normal car Finn est né dans cette ville où réside encore une bonne partie de sa famiglia qu’il va voir une fois par mois. Sauf que Nils a pris le soin de me surligner un numéro entrant qui apparait à trois reprises, sans autre annotation. Le hacker doit penser que ce numéro ne m’est pas inconnu. Seulement je brasse tellement de contacts… Je recherche dans mon propre répertoire téléphonique.

- Ennio Cerati… L’homme de confiance de Vincenzo Leonelli, le numéro deux de la Camora. Bordelo !

Logique qu’il cible Finn ! Il a sa famiglia sous la main en moyen de pression.

- Cazzo ! Testa de minchia ! Ils vont me le payer. Toucher à la famiglia d’un de mes hommes, c’est comme toucher à mia famiglia !

Je râle et peste sur les sronzo de napoletano. A quel degré de pression en est Finn ? Assez pour mettre la vie de la stiddia en jeu ? J’éteins l’ordinateur, n’ayant pas le cœur à poursuivre mon investigation sur le reste de l’équipe. Il est presque midi, je n’ai pas de nouvelle de la Stiddia, ni d’Arès. Je contacte Ryan et lui demande ses derniers tuyaux sur les planques de Barns. Le chef de la squadra m’informe qu’il préfère faire la tournée de ses indics afin de me filer des informations fiables et fraiches.

La journée passe, je tourne comme un lion en cage. J’ai appelé Sonny et lui ai donné l’adresse de la famille de Finn sur San Francisco. Les gars infiltrés de mon mentor vont garder un œil sur ces irlandais. Ryan me rappelle et me donne une adresse, me questionnant sur ce que je compte faire.

- Un peu de ménage, j’ai les colts qui me démangent.
- D’accord Boss. Rendez-vous à l’endroit habituel ?
- Non. La squadra doit être surveillée. Donc pas de vague massive. J’y vais seul avec Finn. Je te contacte si nous avons besoin d’aide.


(…)

La zone est lugubre et sombre. C’est la nouvelle lune. La ruelle est éclairée par un unique lampadaire rescapé. Je vérifie le mécanisme de mes deux colts. Finn fait de même à mes côtés.

- Prêt ?
- Prêt patron.
- Passes devant, je te couvre.


Le squat où nous entrons grouille de monde. Seulement tels des rats, nombre d’entre eux quittent le navire avant que nous ayons le temps de les apercevoir. Finn avance avec prudence, son arme à la main. Je le talonne. Puis une fusillade éclate. Finn s’aplatit au sol, tandis que je me cache à l’angle d’un mur. A l’aveugle, je sors un bras et tire au hasard. J’avance à nouveau, Finn me suit. La technique est rodée, un coup lui, un coup moi, jusqu’à ce qu’un tir à l’arme automatique nous surprend. Je me suis engagé dans ce combat pour ça, seulement le regard blessé et humilié d’Arès repasse en boucle dans ma tête. A l’ultime seconde, je tire Finn par la manche, lui épargnant de se faire littéralement découper en deux.

- Merci Boss. Sans vous j’étais mort.
- …


Sans un mot je recharge mes deux colts. Mon regard est glacial, mes dents grincent les unes contre les autres tant je suis en proie à une fureur et un dilemme qui me déchire. Il est si facile de laisser Finn tomber sous une balle perdue… Seulement Arès ne sera pas dupe.

- Je passe devant.

Finn ne dit rien, mais je lis le soulagement sur son visage. Je nous ai sciemment amené dans un traquenard. Est-il en train de le comprendre ? Une autre rafale fait fuir toutes pensées cohérentes. Ils ont osé tenter de retourner un de mes hommes, osé menacer sa famiglia, car je sais que ce n’est pas l’argent qui motive Finn. Mes deux flingues pointés devant moi, je me mets à découvert. Mon regard de loup capte un mouvement, le bout d’une arme automatique.

Je vise, je tire. Ma bastos va se loger dans le canon de l’arme. J’ai l’impression d’avoir le temps de l’entendre riper à l’intérieur du canon, puis fracasser la balle engagée dans la chambre. L’arme explose à la face de celui qui la tient. Je l’ai déjà dépassé que son corps n’a pas encore touché le sol. Nouveau tir de barrage, je ne me cache même pas. Les tirs sont approximatifs, le tireur tremble, il a peur. L’homme tente de s’enfuir, il se prend deux balles, une dans le dos et l’autre en pleine tête. Finn et moi avons tiré de concert.

- C’est le second de Barns.
- Effectivement. Le vieux briscard est bien planqué. Attrape celui-là Finn, je me charge de l’autre. Inutile que la volaille les trouve.


(…)

Le lac. Sa surface est toujours aussi noire, surtout éclairée par les phares de la voiture de Finn. Nous avons aligné les deux corps. Finn s’occupe du second de Bars. Ben si ma mémoire est bonne. Enfin peu importe son nom. Là où il va, personne ne lui parlera. J’attache solidement un moellon à la taille de l’autre type qui est méconnaissable. Son visage a été emporté dans l’explosion de son arme.

- Inutile que l’on soit deux à se les geler Boss !
- Je t’en prie Finn. Je ne vais pas me battre pour un bain glacé à cette heure-là de la nuit.


Je laisse Finn finir de saucissonner les deux tueurs et entreprends de recharger minutieusement mes armes.

- Ça Caille !

Finn, simplement couvert d’un boxer sort de l’eau et sautille sur place pour se réchauffer avant d’emporter le deuxième cadavre et l’amener au milieu de lac. Pour l’avoir déjà fait, je sais que l’exercice est physique. Pendant que Finn  fait des bulles dans le lac je reçois un message bref de Milan. Il m’informe qu’ils ont mis la main sur les deux voleurs de voitures. Cependant quelqu’un est passé avant la stiddia car les deux hommes étaient morts. Les deux affaires sont-elles liées ou pas ? Je range mon portable dans ma poche et regarde Finn revenir dans un crawl parfait vers la rive. Il attrape une serviette posée sur une pierre et se sèche rapidement. Le bruit du cliquettement d’un colt qu’on arme suspend ses gestes. Sans mouvement brusque, il se retourne vers moi, jauge la distance vers son propre flingue posé sur ses fringues à trois mètres de lui, puis laisse tomber sa serviette au sol, résigné.



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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Il morte per un regalo || PV Mio amico Arès   Sam 4 Nov - 21:51

Il morte per un regalo
Douze heures. Cela fait douze heures que les deux SUV à la peinture sombre roulent à une allure normale sur l’autoroute vers le nord. Douze heures que nous nous relayons au volant afin que chacun puisse avoir son content de sommeil pour ne pas nous mettre en danger. Milou et moi avons beau être des surnaturels la fatigue ne fait aucune distinction selon l’espèce. Il aurait été tragiquement ironique que nous ayons un accident sur le chemin vers une direction surprenante mais si logique à mes yeux. Je suis actuellement le chauffeur du véhicule de tète tandis que dans le second c’est Dante qui a pris son tour après Elias. Derrière moi, Jade dort paisiblement enroulée dans son manteau. Qui pourrait croire qu’une femme si menue pouvait être aussi dangereuse. Son visage figé dans une expression adorable, je me demande quelle est la mienne lorsque je pionce. Une question idiotement intéressante pour ma lionne. A côté de moi, mon dernier ami d’enfance encore en vie émerge doucement d’un demi-sommeil mouvementé. Nous avions roulé toute la nuit et l’horloge du tableau de bord indiquait onze heures. J’échange un regard lourd de sens avec Milan dont le visage revêt une expression à la fois triste et mélancolique dans laquelle se reflète la mienne.

Au-dessus de nos têtes, les panneaux annoncent l’entrée dans le périphérique d’une ville sans équivalent à nos yeux. Celle dans laquelle nous nous étions rencontrés, avions rapidement sympathisé avant de devenir inséparable. Celle dans laquelle ma mère m’avait mis au monde avant de m’abandonner devant une église en ne me léguant qu’un prénom hors du commun et un nom. Celui du salopard l’ayant jeté dès qu’il avait su qu’elle était enceinte. Celle dans laquelle j’avais grandi, dans laquelle j’avais appris bien des leçons inoubliables ainsi que le véritable sens des mots famille, fraternité, amitié et solidarité. Celle dans laquelle ma tante, Mala et Jay étaient venus me chercher, dans laquelle j’avais vécu tellement de choses bonnes ou mauvaises. Celle dans laquelle j’avais rencontré celle qui deviendrait neuf ans plus tard mon épouse, celle dans laquelle mes frères de cœur étaient morts. Dix ans. Dix longues années que je n’ai pas remis les pieds à Seattle et je sens soudain une boule se nouer dans ma poitrine, mes tripes se serrer et mon cœur battre la chamade. Je me sens terriblement fébrile, impatient, triste, mélancolique et coupable à la fois. Un autre regard échangé avec Milan dont l’expression traduit le trouble. Si, j’étais devenu un ètre surnaturel à la veille de mon départ de cette ville. Le chien noir était né de la sorte et ses souvenirs les plus sombres devaient dangereusement approcher de la surface alors que nous nous engageons dans une voie vers le centre-ville.

(…)

Garé dans une allée d’un quartier pauvre de la mégalopole du nord-ouest, je recompte l’argent sale avec Milan et Jade. Cinq cents. Sept cents. Mille deux cents. Mille six cents. Deux mille. Deux mille cinq cents… Le compte total s’élève à six mille cinq cents dollars. Je demande à Elias d’aller acheter une enveloppe marronne dans la poste voisine par le talkie-walkie et le frère de Jade s’exécute. Deux minutes plus tard, le second chauffeur de l’organizzazione accompagné de Dante entre dans le SUV dans lequel je me trouve. Je fourre six mille dollars dans l’enveloppe et la range dans la poche intérieure de ma veste. Mes hommes de main m’interrogent sur l’usage que je compte faire d’une telle somme et je me contente d’un sourire énigmatique. Milan ajoute cependant que je vais le donner. Les regards interrogatifs se posent sur moi mais personne ne pipe mot. Je prends ensuite le temps de briefer les trois membres de la Stiddia présents sur le planning de la journée. Nous allions dans un premier temps nous rendre dans un garage possédant une partie clandestine pour les modifications illégales tenu par une de mes connaissances. Là-bas, les deux quatre quatre seraient repeints et verraient leurs plaques d’immatriculation être changées.

Nous avions laissé douze cadavres derrière nous alors quand bien même aucune empreinte ne pouvait être relevée sur les lieux du crime, je préférais me montrer excessivement prudent que pas assez et puis revoir un visage faisait parfois du bien. Ensuite, la Stiddia aurait son après-midi pour aller découvrir les plaisirs de ma ville de naissance avec le fric initialement prévu pour soudoyer au cours de la traque des deux macchabées surement refroidi par la bande de Cody voire la Camora elle-même pour se couvrir. Pendant, ce temps Milan et moi serions occupé. Ensuite, nous nous retrouvions tous pour la soirée avant de repartir pour Beacon Hills le lendemain matin. Dante me demande où nous allions Milan et moi soi-disant pour savoir ou débarquer pour veiller sur nos miches. Bon il fallait reconnaître que nos portables étaient déchargés mais je le soupçonnais de vouloir élucider le mystère des six mille dollars qu’il se serait bien vu toucher en partie. Je lui dis donc où nous comptions nous rendre avant de demander à Elias de chercher une adresse sur le net vu que son portable était le dernier à avoir de la batterie. Puis, nous nous remettons en route.

(…)

Nous rentrons dans un garage absolument normal sous tous rapports mais dont le propriétaire ne voyait pas d’inconvénient à s’affranchir de lois pour arrondir les fins de mois. Une fois les voitures garées et verrouillées, je m’approche de Randall qui met quelques temps à me reconnaître. Son regard se pose ensuite sur la trogne maussade de Milan et un large sourire vient illuminer son visage. Randall qui avait toujours adoré les bécanes et les belles caisses. Lui qui avait été un excellent apprenti en mécanique avait maintenant sa propre affaire qui semblait plutôt florissante. J’étais extrêmement content pour lui quand bien même nous n’avions jamais été particulièrement proche à St Thomas ou il était mon aîné de quatre ans. D’ailleurs, il me semble qu’ils faisaient partie des grands que ma petite bande adorait asticoter et emmerder. Ouais, en y repensant Randall m’avait probablement mis une ou deux roustes en un contre un et un sacré paquet de mandales. Pourtant, je ne lui en ai jamais voulu et en ce jour après près de dix années sans le voir, j’ai comme l’impression de prendre des nouvelles d’un vieux cousin dont je me serais éloigné. Le patron des lieux nous propose du café et tout le monde accepte trop heureux d’un tel remontant après une nuit sur la route. Puis, tandis que Jade, Elias et Dante se sont installés comme ils le pouvaient pour déguster leur caféine Randall nous fait rentrer Milan et moi dans son bureau. Là, nous discutons de tout et de rien. J’apprends qu’il s’est marié bien plus tôt que moi à vingt-deux ans mais que son épouse est décédée, qu’il a une fille de sept ans et qu’il est l’un des rares de sa génération de St Thomas à être resté à Seattle, la majorité sont allé tenter leur chance ailleurs.

Je lui apprends que je me suis marié l’été dernier, que je suis père depuis quelques mois, que je bosse dans la sécurité et moult autres choses anodines. Il ne fait pas cas du fait que quelqu’un bossant dans la sécurité ne ferait pas repeindre deux véhicules et changer leurs plaques. Lorsque l’on fait abstraction de la loi, on ne pose pas de questions. Tandis qu’il échange avec Milan, j’observe longuement son bureau. Des trophées de baseball, une balle, des photos de famille, des dessins de sa fille, une tasse et un ordinateur ainsi qu’un cendrier vide. Je l’interroge sur celui-ci et il nous annonce qu’il est en train d’essayer d’arrêter. Je sors un instant pour prévenir l’équipe qu’elle peut aller traîner ses guêtres en ville à condition de rester sage et Jade m’annonce en riant que cela sera difficile. Un sourire en coin étire mes lèvres. Allez profiter de la cité émeraude ! Ouste ! Rendez-vous ici dans huit heures. Je les regarde partir en sifflotant sans me départir de mon sourire. Puis, je retourne dans le bureau et tends une liasse de cinq cents dollars à Randall qui tente de refuser au nom de la solidarité d’hier. Mais, je le contrains à accepter en jouant sur la corde sensible. Il propose de nous inviter à dîner chez lui ce soir et de pioncer là-bas. J’accepte puis nous partons.

(…)

Un hamburger rapidement avalé, mon frère de cœur et moi nous trouvons désormais devant l’entrée de l’orphelinat. Nous restons comme figé sur le seuil durant de longues minutes. Paralysés par des émotions puissantes et contradictoires, plongé dans nos souvenirs respectifs et réciproques. Les cris des quelques gamins ne se trouvant pas à l’école nous rappellent tellement de choses. L’émotion menace de me faire vaciller. C’est entre ces murs que je suis devenu l’homme que je suis aujourd’hui. Je peux presque revoir le gamin rageur et insolent qui en voulait au monde entier pour son sort injuste. Je peux presque le revoir dans la cour qui s’étend devant mes yeux. Les lieux ont tellement et si peu changés à la fois. Je me perds dans mes souvenirs quelques instants jusqu’à ce qu’une jeune femme ne s’approche de nous et nous interroge. Je lui apprends que nous sommes d’anciens pensionnaires et que nous venions prendre des nouvelles et passer le bonjour. Je ne la reconnais pas et vu son âge elle ne peut qu’ètre nouvelle. Je lui demande si Thomas travaille toujours ici et elle me répond que monsieur Reed est le directeur. Mes yeux s’écarquillent presque autant que ceux de Milou. Thomas était éducateur de notre temps. C’est une bien belle promotion et méritée tant l’homme avait entièrement dévoué sa vie à cette cause.

Milan demande ce qu’il est arrivé à madame Patterson et la jeune femme nous apprend qu’elle avait quitté ses fonctions il y a cinq ans. Puis, il demande à April l’éducatrice donc si elle pouvait nous conduire chez Thomas avant de se reprendre et de dire monsieur Reed. Nous connaissons le chemin du bureau du directeur par cœur pour l’avoir arpenté tant de fois néanmoins la bienséance veut que nous suivions notre guide. Une fois sur les lieux, celle-ci s’entretient brièvement avec Thomas. Je n’arriverais jamais à l’appeler monsieur Reed. Un large sourire étire le visage ridé du directeur. La cinquantaine désormais. Sans compter que devoir gérer cinquante garçons du berceau à la majorité était tout sauf de tout repos. Durant de longs instants, un silence pesant plane dans le bureau. Alors qu’est-ce qui vous amène les garçons ? Regard amusé échangé avec Milan. Garçons ? Nous n’avions décemment plus des tronches de garçons tout de même. Nous discutons tous trois longtemps de tout et de rien, du temps qui passe, des souvenirs, de nos vies, des conneries qui le rendaient chèvre. Tenter de résumer dix ans en quelques phrases est illusoire mais l’affection est prégnante au cours de cette discussion. Mon cœur se serre durement lorsque nous parlons d’Enzo, Jace et Lucas. Jusqu’au moment où je pose l’enveloppe sur la table. Thomas ne fait pas semblant de ne pas savoir ce qu’elle contient.

Pour l’orphelinat j’aurais aimé donner plus mais c’est tout ce que j’ai de disponible. Alors vous avez mal tourné tous les deux ? S’il y avait bien deux gamins que je ne voyais pas devenir bandits c’était bien vous deux. On bosse dans la sécurité Thomas. Si on était des criminels tu ne crois pas que la somme serait bien plus rondelette. Soupir de l’homme à la peau mat, vétéran de générations d’enfants. Nous savons qu’il n’est pas dupe et crédule pourtant nous sentons qu’il veut accepter l’argent. Les aides de l’Etat et donations privées parviennent à peine à faire tourner St Thomas. Milan tente de détendre l’atmosphère en disant que l’établissement portait bien son nom mais l’homme qui nous fait face se contente d’esquisse une ébauche de sourire. Je soupire à mon tour. Thomas. Je suis désormais marié et j’ai une petite fille. Si, je te donne cet argent c’est parce que tu as été comme un père pour moi. Pour nous tous pas vrai Milan ? Je suis père d’une petite princesse et je suis plus que soulagé qu’elle n’ait pas à vivre ce que j’ai vécu mais je n’oublierais jamais d’où je viens. Je n’oublierais jamais ce que vous avez fait pour moi, je n’oublierais jamais St Thomas parce que c’est ici que j’ai trouvé ma première famille alors accepte cet argent s’il te plait. Tu sais comme moi que les gamins en ont besoin. Si tu le refuses, je le distribuerais aux orphelins. A toi de voir.  Thomas saisit l’enveloppe et la range dans un tiroir. Le reste de l’après-midi se passe bien. Thomas nous présente aux résidents et nous nous occupons des plus petits, jouons au foot avec les plus grands, tapons la discute avec les plus âgés en comparant les moyens de faire le mur et autres joyeusetés. Qui a dit que nous étions des exemples à suivre ? Je me sens dans mon élément au milieu de toutes ces âmes désœuvrées si semblables à celle qui fut la mienne.

(…)

Randall s’occupe du barbecue et Dante l’aide à gérer la cuisson de la viande. Jade joue avec Trevor le chien de Randall. Elias discute avec Simon le cousin du père de Lily de moteurs bien entendu. Pour ma part, je savoure ma bière en observant ladite Lily s’accrocher à mon frère de cœur toute la soirée. Milan c’mon amoureux ! clame la petite haut et fort au plus grand amusement général. Hilare devant l’expression de mon frère de cœur. Je me tape les cuisses en le charriant sur son charme indescriptible. L’adorable fille de Randall finit par le lâcher pour aller jouer avec Jade et le soupir de soulagement du chien noir me tire les larmes aux yeux. Ce dernier m’adresse un doigt d’honneur en riant et je me fends d’un haussement d’épaule nonchalant. Randall passe et appelle Milou beau-fils pour sa plus grande exaspération. Je me lève et vais jouer avec Trevor, Lilly et Jade. La fille du patron du garage pleine de vie est une véritable tornade et un instant j’imagine Ozalee à son âge jouer ainsi avec Za et Milou sous sa forme animale.

Pendant ce temps, Milan s’invite dans la conversation d’Elias et Simon. Je me sens bien, en paix avec moi-même et le monde. Je me rends compte que les choses simples sont les meilleures. Les plus grands plaisirs, la clé du bonheur se trouvent dans ce modeste constat. Ici chez Randall dans ma ville de naissance, je me dis que j’ai bien trop négligé toute une part de mon existence que j’ai lâchement abandonné en devenant un gardien. Il est vrai que les morts d’Enzo, Jace et Lucas m’ont marquées au point que je ne ressente plus l’envie de revenir ici mais je sais que je me voile la face et que comme les anciens potes de Randall j’ai fui Seattle pour aller chercher une herbe plus verte ailleurs. Nous passons une excellente soirée et je fais un concours de bouffe avec Randall et Milan. Malheureusement, mon estomac me fait comprendre qu’à moins de chercher l’étouffement et je m’incline devant Randall. Lily s’endort les bras autour du cou de Milan. Son père propose de finir sur du whisky pour fêter ces retrouvailles. Mon équipe me consulte du regard. Un bref hochement de tête plus tard, le feu brule nos palais. Buvez mes braves. Savourez ce que la vie a de plus beau. Demain la guerre reprend.

(…)

Randall nous a fait promettre de revenir lui passer le bonjour à l’occasion. Les adieux de Lily et Milou furent digne d’une tragédie grecque. Mon ami d’enfance a joué le jeu et la petite va certainement regretter le départ de son prince charmant blond jusqu’à qu’elle en trouve un de son âge. Les voitures sont désormais peintes en gris métallisé et arborent des plaques de Richmond en Californie. Drôle d’ironie lorsque l’on sait qu’il s’agit de la ville de ma tante et de mes cousins. Là où se trouvent leurs tombes que je visite religieusement une fois par an. Nous allons rentrer à Beacon Hills et retourner aux affaires, aux morts, aux crimes, au buisines, au HCC et au pognon mais avant j’avais une dernière chose à faire. Milan conduit un SUV et moi l’autre car l’équipe est ronde comme un cul de pelle. Dix-huit heures de route à avaler. Il est huit heures du matin. Nous allons arriver demain matin à six heures sans compter les pauses pour faire des siestes. Je déprime rien qu’en pensant à tout ce trajet. Nous nous garons devant un terrain vague. Je sors et m’approche Milan sur les talons. Il y a dix ans se dressait ici un bar. Bar qui a flambé avec les cadavres de trois adolescents à l’intérieur. Trois gamins morts dans d’atroces souffrances parce que leurs corps étaient trop faibles pour la morsure d’un gardien. Trois de mes frères ont quitté ce monde ici. Je me recueille en silence au milieu du terrain vague en parlant mentalement avec Jace, Enzo et Lucas de la même manière que je discutais sur les tombes de Malaki et Jason. Puis, je m’entaille la main avec une griffe pour laisser mon sang inonder la terre à mes pieds. Mon sang imbibe les lieux où j’ai perdu une part de moi-même en en gagnant une autre, ou j’ai perdu une famille pour en obtenir une autre. J’essaie de rester fort mais aie vraiment du mal à ne pas laisser le flot de mes émotions m’emporter. Milan n’aimait pas mes trois amis et la réciproque était vraie pourtant il se recueille lui aussi en silence. Lorsque je me retourne vers le blondinet il me tance pour chasser mon malheur. Pourquoi tu me regardes comme si j’avais envie de chialer ?  Parce que tu en as envie. Y’a mon épaule si tu veux. Va chier Milan ! Allez-on rentre au bercail.

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MessageSujet: Re: Il morte per un regalo || PV Mio amico Arès   Jeu 9 Nov - 17:35


Il morte per un regalo

J’inspire une longue taffe sur ma sigaretta et recrache la fumée dans un souffle fort et puissant qui dénote de mon énervement et ma colère. Ma contrariété n’est pas tournée vers Finn, mais vers ceux qui le tiennent par les palle et aussi pour les conséquences que cela pourrait avoir. Arès est si certain des mecs qu’il a recrutés que je n’ose pas imaginer le séisme que cela provoquera si je trouve une faille.

- Habille-toi.

Regain d’espoir dans le regard de Finn, mais il se trompe. Cela m’évitera simplement à devoir habiller un cadavre, seule méthode fiable pour avoir la garantie que ses vêtements ne remonteront pas à la surface trahissant mon cimetière sauvage. Quand il s’approche de sa pile de fringues sur laquelle trône son holster et son arme, Finn a un temps d’hésitation. Il fait un choix qui pourrait lui sauver la vita, qui est d’empoigner ses vêtements, laissant choir son arme au sol. Il s’éloigne de son flingue et des berges humides pour se vêtir. Il pousse la confiance à ôter son boxer trempé avant de remettre son jean à même la peau. Une fois qu’il est à nouveau sapé et chaussé, je lui lance mon paquet de sigaretta ainsi que mon briquet. Le visage de Finn s’assombrit à nouveau, cela sonne comme la dernière sigaretta du condamné à mort. J’attends qu’il tire ses premières bouffées et me retourne mon bien en me les relançant.

- Mon intention était de te laisser crever dans le squat de la bande de Barns.
- Mais vous ne l’avez pas fait patron. Pourquoi ? Ça… ça réglerait votre problème et le mien également.
- Arès… Le tigre est persuadé de l’intégrité des hommes qu’il a recrutés.


Finn grimace un sourire. Il est encore en vie parce que l’opinion de mio amico compte à mes yeux. Et cela malgré l’école qui m’a formaté à ne pas faire de sentiment, malgré mon expérience qui m’a largement prouvé que faire du sentiment s’est risquer de se prendre une balle en pleine tête.

- Lenno est un petit gars prometteur. Un centimètre plus à droite et il y restait. Milan est mortifié, mais il a prouvé le professionnalisme de la stiddia. Une autre squadra aurait succombée devant la force de frappe qu’ils se sont mangés.
- Lenno ? Mais je n’ai rien à voir avec…


Finn s’insurge, affirmant qu’il n’a rien à voir avec l’attaque de la squadra de Milan. Son cœur change de rythme, mais ses palpitations sont celles de la colère et non le fait d’un mensonge. Il est blessé que je pense qu’il pourrait avoir laissé sciemment la stiddia foncer dans un piège.

- Bene. Et si tu me racontais tout depuis le début.

Finn fait les cent pas devant moi. Il taffe nerveusement sur sa sigaretta avant de l’envoyer balader dans le lac, pour me regarder droit dans les yeux.

- Tue-moi ! C’est la seule solution. J’écrirai un message pour Arès. Il comprendra.
- Sono io che decide chi uccido ! Explique !


(…)

Trois semaines auparavant…

Finn tape des pieds sur le bitume. Ce soir il est de garde au HCC. La nuit est fraîche. Il est sorti pour une ronde de surveillance, mais aussi pour s’extraire de l’atmosphère enfumée du hangar et des hurlements des parieurs. Pas que cela le dérange, mais il sait qu’il doit reposer ses sens s’il veut rester efficace et ne pas se laisser surprendre. Porte flingue n’est pas un travail facile où il suffit de paraître imposant, de tirer la gueule et de scruter la foule. Le boulot de surveillance demande une concentration à chaque instant. Et l’un des trucs pour arriver à maintenir cette concentration est de changer régulièrement de milieu. Il faut donc bouger, mais aussi savoir s’extraire d’un bruit ambiant qui endort la vigilance. C’est en cela que les gars recrutés par Arès font la différence avec d’autres.

L’irlandais tape la discussion avec l’un des mecs recrutés par Largo pour la sécurité du HCC. Ils parlent baseball et de leur équipes favorites. La voix de Largo se fait entendre dans l’oreillette que chacun des gardes portent. Il y a un début de bagarre du côté du bar.

- Je m’en charge dit Finn.

L’irlandais retourne à l’intérieur et joue des coudes pour se frayer un chemin jusqu’à la bagarre qui a créé un petit attroupement. Ce sont deux combattants qui règlent un différend qui date de leur dernier combat. Les deux types savent se battre et leurs coups font mal. Finn ne tentent même pas de les stopper. Il risquerait de se prendre une châtaigne. Il se contente de sortir son arme et de viser la tête de l’un des types, puis de changer sa visée sur le deuxième afin qu’il n’y ait pas de jaloux.

- Je dézingue qui en premier ?

Son intervention douche les deux belligérants qui lèvent les mains en signe d’apaisement. Largo s’approche pour leur signifier qu’ils sont bannis du ring pour le mois qui suit. Il leur précise que s’il entend la moindre rumeur comme quoi ils se seraient à nouveau mis sur la tronche ailleurs qu’ici, il les bannirait définitivement du HCC. Les gars font profil bas. Les combats sont pour eux une source de revenu dont ils ne peuvent pas se passer. Finn rengaine son flingue et va se poster dans les escaliers qui montent au bureau de Largo. La vue en contre plongée sur la fosse et le ring lui permet une surveillance optimale. Cette bagarre sera le seul incident notable de la soirée.

Sam et Finn attendent que Largo sorte avec la caisse. Le HCC est surveillé en permanence, mais Amaro évite de mettre tous ses œufs dans le même panier. Le cash est donc planqué à différents endroits de la ville. A chaque fois, Largo prend un chemin différent pour se rendre dans les différentes planques. Le citoyen lambda serait étonné de savoir que plusieurs milliers de dollars dorment dans une consigne à la gare routière.

Finn se réveille avec un bon mal de crane. Après avoir escorté Largo, lui, Sam et Tyrone sont sortis en boite de nuit. Besoin de décompresser, mais aussi de se mêler aux communs des mortels et de trouver le temps d’une soirée une vie un peu ordinaire que celle qu’ils ont réellement. Deux ibuprofènes dans un verre à bière qui a vu des jours meilleurs se dissolvent dans un bruit mousseux. Finn regarde sa tête dans le miroir pour finalement se dire que rien que l’idée de se raser le fatigue. Sa pendule indique presque midi. L’homme de main se promet une bonne promenade dans l’après-midi pour s’aérer la tête et être à nouveau opérationnel dans la soirée.

Midi et dix minutes. Son mal de tête est rien face à l’oppression qui lui broie le cœur. Au début il a cru qui c’était Amaro qui l’appelait à cause de l’accent italien. Seulement le napolitain qu’il a à l’autre bout de la ligne n’est en rien son patron et plutôt l’un de ses pires ennemis. Cerati n’a eu qu’à énumérer les prénoms des trois enfants de la sœur de Finn pour avoir toute son attention. Seulement Finn ne comprend pas ce que lui veut le gars de la Camora. Il n’est qu’un homme de main dans l’organisation d’Amaro. Seul Arès est au courant des secrets du Boss. Mais ça, Finn le garde pour lui. C’est un homme d’honneur et il n’est pas prêt à échanger la famille du second d’Amaro pour sauver la sienne. De toute façon c’est trop tard. Plus jamais il ne pourra être tranquille. Même s’il donne satisfaction à Cerati, ce dernier conserve son moyen de pression.

Cerati est resté bref. Une fois qu’il a compris qu’il avait toute l’attention de Finn, il lui a demandé ce qu’il savait des relations d’Amaro avec la Cosa Nostra de LA. Finn s’était fendu d’un :

- Si vous pensez qu’on me donne les détails…
- Et bien cherche les ces détails. Pense à ta famiglia…


Finn s’insurge, disant qu’il ne sait rien et ne pourra pas apprendre grand-chose sinon la marque de parfum de son Boss. Mais il parle au vent, Cerati a déjà raccroché. Finn appelle sa sœur dans la foulée. Il s’énerve car ça ne répond pas immédiatement.

- Allo ?
- Sarah ! Tout va bien ?
- Oui ! Qu’est-ce qu’il t’arrive Finn ? Ta voix est étrange.
- Je… rien. J’ai fait un mauvais rêve cette nuit où toi et les enfants avaient des ennuis.
- Si tu avais une vie plus saine….
- Dis ? Pour me rassurer que ce n’est pas un rêve prémonitoire, peux-tu faire attention toi et les enfants ?
- Finn ! Que veux-tu qu’il m’arrive ? Tu as des ennuis ?
- Non ! Je vais bien. Promets s’il te plait Sarah.
- Je promets de faire attention. Voilà rassuré ?
- Oui. Appelle-moi si tu as le moindre doute !
- Finn ! Que se passe-t-il ?
- Rien frangine.


(…)

La semaine durant Finn dort mal. Il évite Arès et Amaro, les deux surnaturels de l’organisation. Il a l’impression que l’italien pourrait lire dans son âme si son regard croisait le sien. Il ne sait rien des intrigues qui lient son Boss à Los Angeles. Seul Arès est au jus et peut-être l’amant d’Alessandro, Jansen. Seulement le danseur est très occupé en ce moment. Finn sait que Jansen n’est pas un être ordinaire comme lui. Il doute pouvoir l’interroger sans que le danseur le perce à jour. Sept jours après son premier coup de téléphone Cerati rappelle Finn.

- Tu as des nouvelles Finn ?
- Non !
- T’es certain ?
- Je ne suis qu’un homme de main. Je ne suis pas convié aux réunions d’Amaro. Et je doute que quelqu’un dans l’organisation connait quoi que ce soit de ses liens avec LA.
- Je t’envoie une petite vidéo. Je te rappelle.
- Non ! Cerati ! Attends bordel ! Je ne sais…


Finn transpire à grandes gouttes. Cerati a raccroché. Il regarde avec angoisse son téléphone, craignant le pire. Un MMS lui parvient une minute après. Soixante secondes les plus longues de sa vie. D’un geste tremblant il lance la vidéo qui dure vingt secondes. Il reconnait le plus jeune fils de sa sœur. Il joue tranquillement dans un bac à sable. Un homme s’approche de lui et feint de renouer son lacet. Finn voit très bien la lame que l’homme tient à moitié camouflée contre sa paume. Des larmes de détresse noient les yeux de l'irlandais. Il n’a pas les informations que lui demande Cerati. Et s’il parle à Arès ou Amaro, au mieux il se fait buter, au pire il y passe ainsi que sa famille exécutée en représailles contre son Boss. Finn ne voit aucune issue, aucune option viable et sûre. Son téléphone sonne à nouveau.

- Alors ?
- Laissez le petit ! Je ne sais rien !
- Une main en moins rend la vie plus difficile…
- Je vais chercher ! Par pitié laissez le tranquille !
- Je veux une information maintenant Finn, sinon c’est une main en moins.
- Je… je ne sais rien.


Finn a du mal à parler. Il a la gorge nouée par l’émotion. Son visage est ravagé par les larmes.

- Tout ce que je sais, c’est que l’autre jour Amaro est allé à Los Angeles et est revenu le lendemain. Ne touchez pas au petit… pitié.

Le vent lui répond, Cerati a raccroché. Finn n’a pas dit qu’Arès était du voyage, car il est évident que Cerati s’en prendra à sa fille. Il lui faut cinq minutes pour se reprendre et arrêter de hoqueter comme un gamin. Il appelle sa sœur.

- Sarah ? Tu es où ?
- Bonjour frangin. Nous sommes au parc. Les enfants vont bien, ils jouent devant mon nez.
- Rentre tout de suite !
- Quoi ?
- Rentre immédiatement à la maison. N’ouvre à personne sauf si tu connais.
- Finn, que se passe-t-il ?
- … J’ai des emmerdes sœurette. Pardon. Sors le moins possible OK ?
- Finn ! Explique-moi ce qu’il se passe.
- Je ne peux pas. Sors le moins possible. Je t’aime.


Finn raccroche comme un fuyard. Sans vraiment y croire, il se dit que ce qu’il a lâché à Cerati va suffire. Les jours qui suivent Finn vit dans la hantise d’entendre son téléphone sonner. Toutefois Cerati ne le rappelle pas. Finn appelle sa sœur deux fois par jour pour s’assurer qu’elle et les enfants vont bien.


(…)

Retour au présent. Beacon Hills, près du lac. Trois heures du matin.

- Voilà, vous savez tout patron.


Finn regarde le sol devant lui. Il avait fini par s’asseoir sur une souche pour narrer son histoire. J’ai scruté la moindre de ses réactions, les infimes tressautements de ses paupières, le tremblement de ses mains.

- Je vois. Aucun lien avec ce qui est arrivé à la stiddia.
- Non patron. J’avoue que même maintenant, je n’ai aucune idée de ce qu’ils veulent.
- Et tu resteras dans cette ignorance pour le bien de ta famiglia.
- La prochaine fois ils couperont une main du fils de Sarah si je n’ai rien à leur donner ! Si je suis mort, ils n’auront aucune raison de lui faire du mal non ?
- Si je te descends, c’est ma main qu’Arès va découper !


J’ai mis la sécurité et rangé mon arme. J’invite Finn à récupérer la sienne. Nous remontons en voiture direction le Pink. En chemin je tente d’organiser mes pensées. A côté de moi Finn s’est excusé dix fois d’être une faille dans laquelle se sont engouffrés ces sronzo de napoletano. Je cherche un moyen de contrer cette merda. J’ai appelé Arès, mais soit il est parti sur mars, soit il m’a black-listé.

- Bordelo ! Bon, je ne sais pas réfléchir le ventre vide. Andiamo ! Au fait, il y a une équipe de la Cosa Nostra qui veille sur ta famiglia
- Je... merci Boss !


Nous entrons par la porte de service du Pink et investissons la cuisine de Charlie. Finn est dévasté. Il ne sait pas s’il doit se réjouir d’être encore en vie ou pas.

- Tua sorella est mia sorella. On ne touche pas à la famiglia. Il faut déjà trouver ce que tu dois dire la prochaine fois que Cerati te rappelle. Et ce grosso gatto qui ne daigne toujours pas me répondre ! Il va m’entendre ! Mangiatore di morte o no !

Nous mangeons en silence, nous payant le luxe de fumer dans le bar. Finn a refusé le verre de Grappa que je lui ai proposé. Il préfère rester clair d’esprit.

- Boss, sans Arès vous m’auriez descendu ?
- Sans l'ombre d'une hésitation Finn.
- Merci Boss.


Je ne sais pas s’il me remercie de ma franchise, ou de convenir à sa demande de le tuer pour lever la menace qui pèse sur sa famiglia. J’avais l’intention de le flinguer qu’il m’en fasse la demande ou pas. Éliminer le maillon faible avant que l’amarre lâche est un principe de base à la Cosa Nostra. Toutefois, mon lien d’amitié avec Arès m’en a empêché. Le maillon faible est toujours là, mais il se pourrait bien qu’on l’utilise contre ceux qui l’ont affaibli.

Je souris pour moi-même.

Ma méfiance m’a permis de lever un problème avant qu’il éclate.

La confiance de mio amico, va nous permettre de le résoudre sans perdre un homme précieux.

Finalement, la tigre e il lupo ont chacun raison et chacun tort.

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MessageSujet: Re: Il morte per un regalo || PV Mio amico Arès   Sam 11 Nov - 14:17

Il morte per un regalo
Mon téléphone ne cesse de sonner depuis des heures et des heures. L’ayant rechargé complètement chez Randall à l’instar de toute la Stiddia présente dans cette expédition ce n’est plus une question de moyens techniques mais de volonté humaine. Je peux également me cacher derrière le fait que conduire au volant n’est pas franchement prudent et que je suis un citoyen modèle cherchant à ne pas recevoir une contravention pour non-respect de la loi routière. Mais ce serait mentir car nous avions fait quelques pauses sur le trajet du retour vers notre point de départ. Pauses au cours desquelles Milan et moi avions pioncé sous la forme de siestes rapides mais efficaces. Pauses au cours desquelles j’ai répondu aux appels de ma féroce et tendre moitié laissant sciemment de côté ceux de mon associé. Je sais pertinemment qu’il doit certainement autant fulminer que l’Etna en cet instant précis mais cela ne me fait tristement ni chaud ni froid. Mon attitude est tout sauf professionnelle au vu de la crise que traverse notre organisation. Une crise critique qui vient plomber notre spectaculaire ascension à mon plus grand dam. Car, je nous voyais atteindre le firmament en écrasant tout sur notre passage. Nous pas moi ou Alessandro mais bel et bien nous deux, lui et moi comme une seule entité de l’ombre unie par des liens indestructibles. J’avais visiblement tort pour les deux choses et cela me mine profondément.

Je préfère ne pas entrer en contact avec le sicilien qui sera entièrement dans son bon droit lorsqu’il me le reprochera parce que mon passage à Seattle m’a laissé dans une bulle que je ne veux pas quitter. Mes retrouvailles avec mon passé ont eu un gout encore plus particulier du fait de l’état actuel de ma vie. Je ne sais pas véritablement quoi penser de cette plongée soudaine et inattendue dans ce qui fut et aurait pu être mon monde si les choses s’étaient passées différemment pour moi. Mais une chose est sure et certaine, mon cœur gonflé d’émotion me fait comprendre que cela m’a fait le plus grand bien de remonter vers la cité émeraude sur un coup de tête. Les sentiments m’ayant parcouru là-bas ont été aussi divers que variés, aussi puissants que contradictoires mais je me sens rasséréné et ressourcé d’avoir revu des visages amicaux, d’avoir fait une bonne action pour des gamins ne me rappelant que trop ce que j’étais à leur âge, d’avoir pu dire à mes amis décédés trop tôt et trop brutalement à quel point j’étais désolé d’avoir survécu et d’ètre aujourd’hui heureux.

Vivre vite et mourir jeune c’est ce que nous nous répétions dans nos excès d’ivresse. J’aurais préféré que nous vivions longtemps et vieux les gars. Je me sens coupable mais je sais que vous êtes heureux pour moi. Enfin, voir Randall heureux de nous revoir Milan et moi, le voir si accueillant et généreux alors que nous ne nous étions pas revus depuis une décennie, le voir si adorable avec sa fille et si courageux malgré le deuil de son épouse m’a revigoré et donné une bien belle leçon. Peu importe la voie sombre qui est devenue la mienne par choix, je veux rester à jamais dans cet état d’esprit. Les horreurs que je pourrais accomplir ne définiront pas qui je suis. Alessandro n’aurait eu que faire de ma petite bulle de félicité et m’aurait sans ménagement ramené dans notre quotidien sanglant. Hors de question à mon gout, je ne reviendrais dans la tourmente que lorsque mes pieds fouleraient de nouveau le sol de Beacon Hills et pas avant.

(…)

La Stiddia s’est dispersée à notre retour et ne devrait pas être opérationnelle avant demain au vu de la gueule de bois massive récoltée dans ma ville de naissance. Milan a prévenu Alessandro de notre retour comme il l’avait briefé pour le résultat de notre traque. Mon frère de cœur pionce en cet instant même sur le canapé du manoir. Trop épuisé pour rentrer chez lui, il a fait la bise à Za avant d’aller contempler Ozalee sa petite protégée dans son berceau puis de se laisser tomber sur le canapé comme une souche. Mon épouse lui a passé un plaid sur les épaules. Pour ma part, je suis monté dans notre chambre et m’y suis déshabillé avec l’aide de ma lionne qui m’a couvé d’un regard fiévreux. Comme si les quelques jours de mon absence avaient attisé en elle un feu dévorant qui devrait certainement m’effrayer tant son regard brillait avec intensité. Je partageais ce désir brûlant qui ne faisait qu’augmenter à chaque instant en sentant ses mains sur ma peau, possessives, habiles et conquérantes. Nu comme Adam, je me couche sur le lit et l’observe se débarrasser de ses vêtements d’une manière bien trop lente à mon gout. Mais lorsqu’elle se plaque contre moi et que nous nous lançons dans des retrouvailles charnelles, je sens l’épuisement me gagner inexorablement et lutte de toutes mes forces pour ne pas m’endormir.

Mes paupières battent devant mes yeux un nombre impressionnant de fois mais mes efforts s’avèrent vains puisque je m’écroule contre elle et tombe dans un sommeil réparateur. C’est une bonne dizaine d’heures plus tard que je me relève doucement de ma tanière et entreprends de trouver mon portable. Il fait nuit et l’horloge indique que j’ai manqué mon service au Pink. Je me gratte avant d’aller me préparer à sortir de nouveau. Douche brûlante, tenue sobre mais élégante, holster à l’épaule. L’écran de mon téléphone m’indique qu’Alessandro n’est pas revenu à la charge. J’imagine que Milan lui a indiqué que nous nous verrions ce soir au HCC. Dans la cuisine, je retrouve Milou qui donne le biberon à Oz et Za qui finit une omelette. Mon frère de cœur est frais comme un gardon et est comme toujours gaga de ma fille. Il s’est lavé et changé avec les affaires qu’il laisse toujours chez moi. J’embrasse ma petite sur le front avant de passer quelques instants en famille. L’omelette de ma lionne est tout juste mangeable mais je sais que mon épouse n’aime pas préparer et que c’est son inquiétude pour moi qui motive cet élan culinaire alors je la savoure comme un repas gastronomique. Puis, je quitte les lieux avec mon frère de cœur après avoir embrassé Za.

(…)

Nous arrivons au HCC une demi-heure plus tard et trouvons une ambiance survoltée coutumière. L’activité débordante est telle que nous devons nous frayer un chemin dans la foule à coups de coudes. La Squaddra n’est soutenue que par les hommes de Largo car la Stiddia n’est pas en état. Je salue les hommes de main de l’organisation et Largo d’un signe de tête. Milan se place en faction près de Tyrone, je continue mon chemin jusqu’au bureau d’Alessandro. Je tape à la porte avant d’entrer dans le bureau ou je trouve le sicilien le nez dans les comptes un verre de grappa dans la main. Je m’installe dans le siège face au sien. Bonsoir Alessandro. Désolé de ne pas t’avoir rappelé mais j’avais quelque chose d’important à faire. De très important et de personnel. Alors qu’est-ce que tu as découvert ? Épargnons nous les mensonges d’apparat. Nous savons tous les deux que tu as enquêté sur l’organisation. Mais épargne moi les tu vois j’avais raison je t’en prie.

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Dernière édition par Arès Kye Coleman le Mar 14 Nov - 21:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il morte per un regalo || PV Mio amico Arès   Mar 14 Nov - 15:34


Il morte per un regalo


J’ai le nez dans les comptes. Largo et Joe font de l’excellent travail, impliquant une grosse masse d’argent qui change de main chaque soir. Cela peut potentiellement poser un problème de sécurité. Il n’y a pour le moment pas d’incident à noter visant la caisse. Mais il vaut mieux prévenir que guérir. Autre souci, l’appro en alcool. C’était le but de la mission qui a mal tournée de la Stiddia. Mon fournisseur habituel s’est fait serrer par la volaille. C’est cet incident qui nous avait lancé dans cette opération de vol. Hors de question de renouveler l’opération pour le moment. La Stiddia est secouée, j’ai besoin plus que jamais de la squadra en force à Beacon Hills. J’évalue la somme d’argent nécessaire à acheter de quoi sustenter la soif des parieurs. Il me reste à trouver un fournisseur fiable. A cela s’ajoute le problème Finn. Mon organisation traverse une crise, sa première. Je devine que bien des choses vont se jouer là. Je n’ai nulle envie de quitter Beacon Hills car dans cette ville je suis relativement libre. Si je rentre au bercail, malgré ma naissance je serai cantonné au rang de lieutenant de Sonny. Une place que j’ai enviée toute ma jeunesse, un Graal. Pourtant depuis que l’on m’a foutu dehors de la cité des anges, j’ai aimé la liberté que j’y ai trouvée. Le tandem que nous faisons avec Arès est à l’état embryonnaire, pourtant en me projetant dans le futur, je visualise quelque chose de bien plus grand, bien plus fort avec la prétention d'une certaine classe. Même s'il y a toujours cette dichotomie chez mon partenaire qui le fait osciller entre un passé rude qui l’a orienté vers le côté sombre de la vie et sa nature de gardien plus philanthrope et que moi je suis un loup, au sens propre comme au sens figuré. Je sais que je ne serais jamais à ma place sous les ordres de quelqu’un, sauf si cette personne s’apparente à dieu comme Don Stephano Corleone peut l’être pour moi. Est-ce là mon chemin ? Soutenir Sonny pour pouvoir le remplacer s’il devait disparaître et après ? Prendre cette maudite succession lorsque le parrain s’éteindra ? Mais alors comment justifier ma légitimité ? Et que devient l'organisation que je mets en place à Beacon Hills, mes liens avec Arès ? Toutes ces pensées me donnent le vertige. Tournis que je fais passer avec une lampée de Grappa. C’est ce moment qu’Arès choisit pour entrer dans le bureau.

Ce soir au Pink, Willem m’a confié qu’il a croisé un type lui faisant penser à Sitting Bull. Je crois que son grand frère vient de s’asseoir devant moi. Jusqu’à présent quand Arès pointait le bout de son museau, je sentais un bouclier m’entourer. Là rien de tout cela, mais une force centrée sur elle-même. L’animal qui sommeille en moi se rebiffe et tente de montrer les crocs. Je serre la mâchoire et retiens le monstre qui se réveille et qui ne cherche qu’à sortir et imposer sa loi et sa domination. Je suis un homme fier et orgueilleux. Le loup qui me hante est cent fois pire.

- Désolé de ne pas t’avoir rappelé mais j’avais quelque chose d’important à faire.

Ma main se crispe sur mon verre. J’ai toute les peines du monde à ne pas le briser. La pleine lune n’est pas loin. Mon regard erre sur un calendrier posé sur le bureau. Trois jours. Je vais devenir de plus en plus irritable et potentiellement violent.

- De très important et de personnel.


« Tu as quitté le navire pendant deux jours ». Voilà ce que je pense. Deux jours où tout aurait pu arriver. Barns a encore des informateurs. Il leur suffit de traîner autour du HCC pour remarquer qu’il manquait une de mes équipes. J’ai confiance dans les capacités de Ryan pour anticiper toutes actions menaçantes. Seulement si Barns a le soutien des napoletano, la donne n’est pas la même. Je serre les dents encore plus fortement et mange la fureur du loup qui s’agite dangereusement. Les pleines lunes restent problématiques. Je ne crois pas que ce soit par faiblesse de ma part, mais plus que j’ai envie de laisser l’animal sortir. J’aime cette sauvagerie qui coule dans mes veines. J'aime cette violence et le plaisir qui l'accompagne quand elle éclate.

- Alors qu’est-ce que tu as découvert ? Épargnons-nous les mensonges d’apparat. Nous savons tous les deux que tu as enquêté sur l’organisation. Mais épargne moi les tu vois j’avais raison je t’en prie.

L’apparat est mon mode de vie ! Il en a de bonnes le tigre ! Je ferme les paupières juste avant que mes prunelles s’illuminent d’un bleu électrique vif. Je ne réponds pas tout de suite. Arès pense peut-être que je me complais à le faire mariner, là où je tente de contenir une vague violente de sauvagerie qu’il me lamine de l’intérieur. J’ai peine à freiner ma transformation, mais y arrive au prix d’un colossal effort. Je n’ai pas de mantra. Ce truc n’a jamais marché avec moi. Je pourrai penser à Jansinio, mais… Puis l’image de Don Stephano s’impose à moi. C’est un simple humain, l’âge lui a apporté de embonpoint. Ses gestes sont lents et je doute qu'il soit capable de tirer correctement avec une arme à feu. Pourtant il est à la tête de l’une des plus grosses organisations mafieuse de la côte ouest. L’homme a un aplomb sans faille. Un corps certes faible, mais un esprit et une force mentale redoutable. J’ai beaucoup appris de Sonny. Je crois que j’ai beaucoup à apprendre de mio padre. Quand j’ouvre à nouveau les yeux, ils affichent leur couleur habituelle.

- Finn s’est fait coincer par les napoletano. Ils menacent de couper les mains des enfants de sa sœur qui vit à San Francisco.

Je laisse Arès encaisser la nouvelle. Je ne dis pas de « j’ai eu raison de vérifier », même si cela me brûle les lèvres. Sa mâchoire qui se serre est ma seule satisfaction à mon envie de le moucher pour m’avoir implicitement fait la morale. Finn est encore vivant. Belle entorse à mes méthodes, pour en tester une nouvelle.

- Des gars de Sonny surveillent discrètement la famille de Finn. Ennio Cerati l’homme de confiance de Vincenzo Leonelli le second de la Camorra, semble à s’en tenir à des menaces pour le moment.

Arès garde le silence. Je sais la question qui lui brûle les lèvres.

- Rien à voir avec ce qui est tombé sur la Stiddia. Finn a lâché mon voyage récent à LA. Il a tût ta présence pour que Cerati ne tente rien sur Ozalee.

Je lis un soulagement dans le regard de mon associé et aussi de la fierté pour le type qu’il a choisi de recruter.

- Tant que Finn est en vie, une menace plane sur sa famiglia. Deux choix s’offrent à nous. Le premier est expéditif. Le deuxième donne un sursis, en faisant passer des informations qui nous arrangent par son biais. C’est peut être un moyen qui m’aiderait à accomplir la tâche que m’a donnée Don Stephano. Si tu vois une autre option, je suis à l’écoute. Sache que Finn m’a demandé de le flinguer. Je lui ai rétorqué que tu me couperais la main si j’accédais à sa demande. D’où mes messages sur ton téléphone…

Je laisse planer un silence que mio amico ne trouble pas. Sa résilience m’agace. Je suis tel l’Etna au bord de l’éruption, il reste froid et calme comme la banquise. J’ai du mal à ne pas prendre une voix mordante et me fait violence au nom de notre amitié à parler sur un ton le plus affable possible.

- Lorsque j’insiste à laisser des messages, c’est qu’il y a une raison. N’ayant eu qu’un vent glacial en réponse, je me suis tourné vers Sonny pour la sécurité de la famiglia de Finn. Ce qui à terme n’est pas forcément une bonne chose pour nous de mêler la Cosa Nostra à nos affaires. S’ils mettent, ne serait-ce qu’un ongle dans notre business, adieu l’indépendance que nous avions jusque-là. Je ne veux pas savoir ce qui importait autant à tes yeux pour ne pas répondre à une urgence. Seulement notre association ne peut pas fonctionner si quand je prends appui sur toi, je trouve un vide sidéral.

Difficile de savoir ce que pense Arès. Je devine pourtant que ma petite personne n’est pas à l’honneur dans sa tête.

- Je conçois que tu peux être indisponible. Mais je dois être au courant d’un minimum pour pouvoir me retourner et agir en prenant en compte cette indisponibilité. Sinon je vais être amené à penser que tu n’es pas fiable.

Mes propos sont durs, mais réalistes. Je dois pouvoir compter sur lui, comme lui sur moi. La tension dans le bureau est palpable. J’ai de mon côté, fais un pas dans son sens en n’éliminant pas Finn. Non par crainte, car je me moque bien de ses représailles physiques. Ce ne serait pas la première fois et ni la dernière que je me colle un ennemi sérieux à dos. Ce qui m’a retenu, c’est un sens de la famiglia et de la fratellanza. Je suis le parrain de sa fille. Ce rang a un sens réel à mes yeux. La petite a l’assurance de mon dévouement maintenant et plus tard. J’ai exprimé avec le moins de violence possible ce que j’avais sur le cœur. Je sens la sueur perler sur mon front. Brider l’animal qui secoue ses chaines mentales me bouffe une énergie considérable. Je suis comme une bombe avec un détonateur instable à côté du cœur. La famiglia. Je me rattache à cette notion pour garder mes crocs et mes griffes rentrés. Arès fait partie de cette famiglia, comme nos hommes. Seulement je dois pouvoir avoir confiance en eux et pouvoir vérifier que cette confiance est toujours de mise, car quoi qu'en pense Arès, l’homme a toujours des faiblesses. Finn aurait dû venir nous voir dès le premier appel de Cerati. Arès n’aurait pas dû ignorer mes appels. Je trouve ma vision des choses toutes aussi valable que la sienne et veux croire qu’elles ne sont pas incompatibles.

Signe que je suis au bord de la rupture, à la limite de céder la place au loup qui peu à peu sape ma volonté d’homme, j’attrape la bouteille de grappa et bois à même le goulot. Un mot de travers, quelqu’un qui entre inopinément dans le bureau, et le cadenas qui scelle la cage du loup se brise, libérant une bête féroce, brutale et sans aucun état d’âme.


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Arès Kye Coleman

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MessageSujet: Re: Il morte per un regalo || PV Mio amico Arès   Mar 14 Nov - 21:26

Il morte per un regalo
Il y a à peine une semaine je revenais de Los Angeles une ville à jamais maudite dans mon histoire personnelle en compagnie du loup qui me fait face. Il y a à peine une semaine je n’avais même pas eu besoin de réfléchir avant de sauter dans la voiture de sport du patron du Print afin de l’accompagner dans sa ville de naissance afin de dénouer un mystère. Quand bien même, je pouvais presque de nouveau ressentir la dévastation de mon ètre à la seule évocation de cette foutue mégalopole. Je l’avais fait sans rechigner une seule seconde non pas parce que cela faisait partie de mon job souterrain et à ce titre de ce qui me permettait de connaitre un mode de vie aussi confortable constituant une indéniable revanche sur le début de ma vie mais parce que je ne pouvais même pas concevoir de le laisser se jeter face à un danger potentiel sans me trouver à ses côtés pour veiller sur ses arrières. Parce que c’était cela ma définition du terme famiglia ! Parce que je le voyais comme bien plus qu’un patron ambitieux, compétent et charismatique. Bien plus qu’un associé surdoué pour l’illégal représentant une porte d’entrée dans un milieu que je n’avais fait qu’effleurer dans le passé. Bien plus qu’une source de revenu prolifique sur laquelle je ne crachais pas bien au contraire. Ce genre de gestes naturels pour moi témoignaient amplement de mes sentiments fraternels vis-à-vis de celui que j’avais rencontré il y a désormais plus d’un an dans un modeste cercle de jeu illégal. Pourtant, tout cela ne semblait plus vraiment réel face à la situation dans laquelle nous nous trouvions.

Cette crise était à mes yeux bien plus une crise relationnelle qu’une mafieuse. Car c’était ainsi que je fonctionnais. Aux liens du sang et du cœur, à la confiance et l’amitié, à la solidarité et la sueur versée dans les épreuves. Là où l’Omega était quelqu’un de froid et de rationnel malgré son apparence de volcan éternellement fumant. Il y a plus d’un an, il n’y avait que nous deux, lui et moi et seulement nous deux. A cette époque, je n’aurais jamais pu imaginer que notre relation atteindrait le degré qu’elle avait atteinte et encore moins qu’elle vacillerait autant dans la tourmente. Comme les tables ont tournées. Comme les puissants sont tombés dit le proverbe. Je le trouve malheureusement parfaitement adapté en la circonstance bien que le contenu ne soit pas relatif de manière littéral. L’idée est bel et bien là. Celle d’un changement radical et profondément douloureux. Douloureux parce que contrairement à mon associé, ma propension à ressentir des choses était irrémédiablement élevée malgré mon aisance à faire mieux qu’un caillou un iceberg niveau impassibilité. Aussi ce qu’il vivait probablement simplement comme un test extrême de la solidité de son business florissant était bien plus personnel de mon côté. J’avais mes raisons d’avoir bifurqué vers le nord plutôt que le sud. J’avais mes raisons de sacrifier deux jours de travail sale au profit de la maraude. J’avais mes raisons parce que sans cela je ne serais pas dans le calme olympien que j’affichais sereinement sans le feindre face à ce volcan humain qui boue. Sans cela je n’aurais pas la tête pleinement froide et l’esprit opérationnel pour la suite des événements. Suite s’annonçant critique à n’en point douter. Je savais que mon calcul humain et moral ne l’intéresserait pas. Ma virée à Seattle m’avait ressourcé plus que n’importe quoi d’autre. Avait ressoudée mon équipe qui avait compris le message sous-jacent.

En les plongeant dans une part intime de ma personne sous la forme de mon passé, je leur avais fait comprendre que ma confiance leur était toujours acquise mais n’avais pas ressenti le besoin d’expliciter ce qu’il se passerait en cas de trahison. Je ne recrutais que des soldats intelligents n’en déplaise au sicilien. Mais tout cela Alessandro n'en aurait strictement rien à faire parce que son point de vue sur les choses était radicalement opposé au mien. Pour autant, si mes mots d’ouverture sont durs le cœur n’y est pas vraiment. Mon aura ne plane pas sur la pièce de manière complice et protectrice comme elle l’avait toujours fait depuis notre rencontre. Cette fois, le gardien qui m’anime n’est focalisé que sur ma propre personne conformément à ma volonté. Le tigre en moi se lève bien conscient de la tension lourde dans l’atmosphère. Le prédateur ne s’agite pas reste un exemple de maîtrise et de calme. Ses crocs se dévoilent très lentement et il s’immobilise droit comme un i à l’affut de la moindre menace. Je réprime un soupir désabusé. Je considérais notre relation comme un lien très important pour moi mais je craignais sincèrement que peu importe la résolution de cette crise que nous traversions, celle-ci ne serait plus jamais la même. Il y a à peine une semaine…Comment les choses pouvaient elles avoir à ce point mal tournée ? Sa main se crispe durement sur son verre qui survit miraculeusement à cet élan de colère intérieure.

Les yeux de mon associé zieutent le calendrier. Je comprends immédiatement pourquoi. La lune sera bientôt pleine. Son expression pourrait faire peur à beaucoup de monde en cet instant précis durant lequel ses émotions transparaissent clairement sur son visage latin. Ses dents se serrent et je comprends que son loup lui mène déjà la vie dure et que cela combiné à notre situation catastrophique et précaire risque rapidement de causer un merdier explosif pire encore que tout le reste. Cette fois mon tigre se met à s’agiter en sentant l’état d’agressivité du canidé face à lui et se met à tourner en rond dans mon être comme s’il s’attendait à riposter d’un instant à l’autre. Mon gardien est quant à lui sur la même longueur d’onde que moi soit parfaitement tranquille et observateur. Le sicilien ne sera certainement pas le premier loup temporairement instable et dangereux que je croiserais sur ma route. Mais peut être qu’il s’imagine que je pense qu’il prend plaisir à me faire mariner dans l’expectative. Oh, il en serait parfaitement capable. Ses yeux s’ouvrent finalement et son expression est de nouveau le masque habituel. Il a visiblement gagné cette manche contre lui-même.

Mes yeux s’écarquillent devant son annonce. Bordel de merde ! Ces salopards n’ont donc vraiment aucune limite. Je le savais bien pour avoir roulé pour la Bratva mais franchement cela me fera toujours le même effet. La fin justifie les moyens, ce n’est que du business rien de personnel, c’est le moyen le plus efficace et pratique…Mais chaque fois que je me rends compte que ce milieu est un ramassis de pourritures et de raclures parmi les pires de l’humanité cela me fait toujours le même effet. Lorsque je n’étais que mercenaire tout cela m’apparaissait lointain et à travers un filtre sécurisant d’intermédiaire. Désormais, c’était mon quotidien…Je réprime le figlio di puttana que j’ai sur le bout des lèvres. Ma mâchoire se crispe d’elle-même. Il avait raison. Et bien vas-y jubile mon cher. Pour ma part, je ne suis guère d’humeur. Je garde le silence, mes pensées tournant autour de notre irlandais. Je ne lui en veux pas d’avoir trahi pour sauver sa famille. Je le comprends même. J’aurais probablement fait de même. Qu’est-ce que tout ce merdier que sont nos pérégrinations de l’ombre à côté de la vie d’une personne que l’on aime ? Pas grand-chose dans mon cas. Voilà bien le nœud du problème. Je ne suis pas Alessandro et il n’est pas moi. Le loup vit pour le crime organisé là où je m’échine à n’en faire qu’une seule composante de mon existence. Je ne suis pas insensible à la trahison pour autant et suis un homme profondément loyal. Seulement il y a loyauté et loyauté. La loyauté absolue trouve à mes yeux ses limites là où le choix n’en est pas un. Ozalee ou l’organisation.

Tss. Franchement, franchement et pourtant peut on me qualifier de déloyal pour autant ? Je suis rassuré lorsqu’il m’annonce que des siciliens surveillent et veillent discrètement sur la famille de Finn. Je sais que cela n’est pas une bonne chose d’avoir une dette chez la Cosa Nostra mais bordel de merde, il en est l’héritier légitime alors qu’il ne me les brise pas avec des nous ne devrions pas leur demander de l’aide. Il n’y a pas à demander de l’aide. Mais à l’exiger. Que son statut de sang soit secret ou non. Le temps des demandes est terminé ! Il est le fils de Stephano Corleone bon sang ! Si, je me trouvais à la place de Za et étais le fils d’un couple de chef d’un clan de gardien mon attitude serait la même que celle de ma lionne. Lorsque le pouvoir coule dans nos veines on l’utilise lorsque l’on a besoin de le faire point à la ligne. Le sicilien anticipe ma question et y répond promptement. Mon cœur se gonfle de soulagement pour ma famille et de fierté pour ma recrue. De mon point de vue, cela ne fait que conforter ma confiance en lui et le fait que j’ai bien fait de menacer le loup en face de moi. Il aurait pu me donner et là l’organisation aurait été réellement foutue parce que comme je l’ai déjà dit certaines questions n’avaient pas lieu d’ètre. Facile de condamner les sentiments lorsque l’on avait presque pas de famille. Je l’écoute en silence et ne trouble pas celui qu’il laisse planer entre nous.

Je réfléchis dur, assimile ce qu’il vient de m’annoncer, ne peux m’empêcher de penser à ma fille, mon épouse, Finn, d’imaginer des moyens de nous sortir de ce traquenard et de le retourner à notre avantage. Je me doute que c’est exactement le chemin qu’a emprunté son esprit depuis un certain temps maintenant. Nous arrivons finalement au vif du sujet. Ce que j’attendais depuis mon entrée dans ce bureau. Froid et neutre comme la banquise, je le laisse me réprimander puisqu’il en ressent visiblement le besoin. Ses mots me blessent énormément mais je ne le montre pas. Au lieu de cela, je reste parfaitement impassible. Ce qui offre un saisissant contraste avec l’état du loup qui semble à deux doigts d’émerger. Ma voix est tranquille et posée. Penser que je ne suis pas fiable. Rien que cela. Si c’est réellement ce que tu penses, je crois que notre collaboration devrait s’achever maintenant parce que je refuse de travailler avec quelqu’un qui me considère de la sorte. Je ne vais pas relever cette insulte parce que je comprends les raisons t’amenant à le penser. Seulement, je suis parfaitement sérieux si c’est ce que tu penses. On devrait s’arrêter là.

Je marque une pause pour réfléchir à mes mots car je sais que ce que je viens de dire n’a pas dû plaire au loup. Alors, je me retiens de lui jeter à la figure ce que je pense de notre dette envers la Cosa Nostra alors qu’elle est censée devenir son organisation dans l’avenir. Je ne relève donc pas cette partie de ses paroles. Tu as néanmoins raison. Je n’aurais pas dû te laisser dans le flou total. J’en suis désolé, sincèrement ce n’était pas professionnel. Je le confesse. J’ai été indigne de mon rang dans l’organisation et de ta confiance Sandro. Mais, ce merdier m’a profondément secoué et c’est la raison pour laquelle, je suis retourné dans ma ville de naissance pour la première fois depuis dix ans. Cela m’a fait un bien fou. Tu as besoin de t’appuyer sur moi. Il le faut et tu peux le faire mais mieux vaut un vide intersidéral de deux jours qu’une semaine sur un pilier chancelant. Mes yeux se plongent dans ceux de mon ami et je saisis doucement la bouteille de grappa pour la porter à mes lèvres et avaler une rasade conséquente. Concernant Finn, je te fais entièrement confiance pour gérer le problème. Je pense que tu as déjà quelque chose en tête pour utiliser notre point faible contre les salopards qui ont mis notre irlandais préféré dans cette situation intenable et détestable. La deuxième est la seule option viable. Tu connais ma position sur le sujet.

Nos regards se croisent et l’espace d’un instant je sens que son loup est presque apaisé. Mais, la porte s’ouvre brusquement sur un homme de Largo qui n’a pas pris la peine de frapper. La scène semble se dérouler au ralenti devant mes yeux. Tous mes efforts réduits à néant en un instant. Je bondis de mon siège et intercepte le loup sur sa trajectoire. L’homme de main s’en va sans demander son reste. J’ai durement percuté mon ami. Je vois dans son regard que la bête le contrôle. Alors, je laisse ma transformation s’enclencher. Vas-y mon frère. Je peux encaisser…
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MessageSujet: Re: Il morte per un regalo || PV Mio amico Arès   Mer 15 Nov - 14:48


Paint it black

- Penser que je ne suis pas fiable. Rien que cela. Si c’est réellement ce que tu penses, je crois que notre collaboration devrait s’achever maintenant parce que je refuse de travailler avec quelqu’un qui me considère de la sorte. Je ne vais pas relever cette insulte parce que je comprends les raisons t’amenant à le penser. Seulement, je suis parfaitement sérieux si c’est ce que tu penses. On devrait s’arrêter là.

Cette fois c’est moi qui garde le silence. Mes yeux s’illuminent d'un bleu électrique, une amarre de ma raison vient de lâcher. Arès prend évidemment très mal mes accusations. Il ne pouvait pas en être autrement. Toutefois nous ne pouvions pas continuer sans percer l’abcès. Je suis déchiré entre la pulsion que je refrène avec bien du mal à lui montrer la porte, et une tentative d’apaisement au nom de cette amitié si précieuse. Mais chacun a une limite. Un seuil de non-retour. J’ai les épaules solides et une grande capacité de résistance au stress, même si extérieurement j’ai toujours l’air de m’emballer au quart de tour. Au plus profondément de moi, je suis d’un calme glacial qui frise le cynisme. Mais là, le vase est plein. Ce n’est pas tant l’attaque de la stiddia, ni la rupture d’appro du HCC qui en découle, ou encore la famiglia de Finn qui est menacée, non. Ceci n’est que le quotidien presque banal auquel un type comme moi est confronté, la sombre routine d’un mafieux. Je ne vais pas pleurer sur un sort que j’ai sciemment choisi. Ce qui a brusquement rempli le vase de ma tolérance est cette filiation « miraculeuse », ce mensonge qui a mon âge. Avoir eu honte d’un padre qui n’était pas le mien, cette mission qui me tombe dessus comme une avalanche pour venger un fratello pour qui je ne ressens rien sinon du mépris. Qu’a fait Frederico de son rang de naissance ? Rien, sinon n’être qu’un minable ambassadeur en Italie. Ils m’ont banni comme un chien de LA. Convoqué comme un soldat docile. A chaque fois j’ai obéi, car je croyais à la famiglia, à ce lien de sang et d’amitié qu’Arès me balance à la gueule. Mais au final, je me fais broyer par une organisation qui me dépasse.

Arès continue de parler. Je raccroche à ses paroles au son du mot « désolé » et « je te fais entièrement confiance ». Le loup apprécie cette marque de déférence. Jamais Arès ne posera un genou à terre et c’est très bien ainsi. Je l’ai choisi car il est capable de me résister. Certains trouveraient mon choix inconscient car il a la capacité de me destituer. Pourtant j’ai retrouvé chez Arès des caractéristiques propres à Sonny. Mon mentor donnerait sa vie pour Don Stephano, mais jamais il ne courbera l’échine devant lui. La relation entre eux est difficile à analyser et à comprendre. Inconsciemment c’est ce que j’ai tenté de recréer avec le Tigre. A nouveau je sens ce bouclier, son bouclier. Le loup s’agace car c’est l’aura d’un félin qui l’entoure de sa protection. Mais le loup sait la force inertielle du Tigre. C’est un monolithe qu’il est très difficile de déloger. Un allié de choix. Le calendrier me nargue, ou plutôt le monstre qui vit en moi et qui m’oblige à le regarder et à compter les jours qui me séparent de la grande blanche.

« Ils m’ont menti.  »
« Ils m’ont banni.  »

« … me sifflent comme un clébard obéissant »
« M’envoient au casse-pipe pour l’honneur d’un fratello que je n’ai pas le droit de revendiquer comme tel.  »
« Ils m’ont… trahit !!!»


La porte du bureau s’ouvre sur un type. Je vois son arme dans l’échancrure de sa veste. L’instant suivant mes deux pieds ont décollé du sol. Mes griffes plongent vers sa gorge, seulement mon élan est dévié par une force latérale. Je rétabli mon équilibre en griffant le sol, freinant mon recul dans le bruit strident de mes griffes rayant le béton. Une chaise tombe, mes sens s’affinent avec la transformation. Je perçois le bruissement d’une feuille qui tombe au sol, les coutures de la veste d’Arès qui se tendent sous sa prise de volume. Je sens l’odeur du félin, et je vois la poussière voler dans le faisceau de la lampe du bureau. La pièce prend un nouveau relief, une nouvelle dimension. Le cadenas de ma cage s’est enfin brisé sous mes assauts répétés. J’ai gagné. l'humain a enfin abandonné.

Ce constat est fugace, celui d’un prédateur qui jauge son environnement avant d’attaquer. Une rage folle m’envahit, chaude et brulante comme de la lave en fusion. Cela ne me brule pas, au contraire je me sens parfaitement bien, enfin libre de ce carcan de règles et de contraintes. Cela fait trop longtemps que l’on m’opprime, trop longtemps que la laisse m’entaille le cou.

« Tuer… Dominer… et régner.  »  

Première étape éliminer le félin. Deuxième étape dégommer Shepherd, il est une honte pour la couleur de ses prunelles.

Mon regard féroce en croise un autre tout aussi sauvage. Plus puissant, plus massif, je vais devoir ruser et me faire traitre. Qu’importe si la méthode est noble ou non, seule la victoire m’importe. Je bondis sur l’homme à abattre, vise la gorge pour m’écrouler à la dernière minute et frapper son flanc vers l’aine. Je ne peux pas le terrasser en seul coup. Je dois entraver ses mouvements. Je me redresse, laboure son dos d’un coup de griffes qui me permet de prendre appui et de m’éloigner de sa riposte qui ne se fait pas attendre. Le bureau n’est pas grand. Le Tigre saigne, nous nous regardons en chien de faïence tournant autour d’un axe, point central du bureau de Largo.

Libre, enfin ! J’émets un grognement sauvage de contentement. Que c’est bon d’être libre. J’attaque à nouveau. Tigre averti en vaut deux. Ma feinte est ratée, mon dos rencontre brutalement le mur. Je m’en moque, la douleur attise ma colère. Je repars à l’assaut. J’encaisse une méchante droite pour aller à nouveau me manger un mur dans un savant mouvement de rotation de mon adversaire. Lorsque le Tigre se redresse pour me faire face, il a le coupe-papier de Largo planté dans le creux de l’épaule.

- Et oui, je suis plein de surprises.


Je penche la tête à droite puis à gauche pour faire craquer mes vertèbres. Je repars à l’attaque, attrapant d’une main le dossier d’une chaise. Le Tigre lève un bras pour parer l’obstacle qui lui arrive en pleine poire. La chaise lui masque ce que tient mon autre main, une lame affûtée qui est toujours attachée à ma cheville. Je taille dans le lard avant d’aller à nouveau épouser violemment un mur. L’odeur du sang m’excite. Le bureau commence à ressembler à un beau champ de bataille. Le Tigre bouge peu, attendant patiemment que je m’avance. Cela m’horripile et attise ma colère. Je bondis à nouveau, change d’appui pour une attaque latérale en prenant appui sur un mur. Mes crocs se plantent dans le trapèze du Tigre. Je manque sa carotide de deux bons centimètres. Une douleur violente aux côtes me fait lâcher prise. La poigne infernale du Tigre me compresse le thorax, je sens mes côtes céder les unes après les autres. Impossible de me dégager, la fureur m’a rendu imprudent. Maintenant qu’il me tient, le félin ne va pas me lâcher. Je trouve un répit en cherchant à lui crever les yeux. Il abandonne le massacre de mes côtes pour m’attraper les poignets. Je lèche son sang qui dégouline de mes lèvres. Mon ardeur est loin d’être calmée. Mes chaires amorcent leur cicatrisation, c’est à ce moment-là que le Tigre se décide à bouger et par sa force brute avec mes poignets prisonniers de ses mains puissantes, il m’oblige à reculer et me plaque contre une cloison qui s’enfonce sous l’impact de mon dos. Je grogne et balance mon genou vers son entrejambe. Je cherche par tous les moyens de me dégager de son emprise. Ma rotule atteint sa cible. La douleur desserre l’emprise sur mes poignets, je me tords et me dégage. Mais pas assez rapidement, le Tigre me saisit à nouveau un poignet. Je me saisis de sa gorge avec ma main de libre, il fait de même. Je serre, il serre encore plus fort. Mes griffes transpercent sa peau en miroir des siennes qui inondent ma chemise blanche de mon sang. Je commence à manquer d’air. Je pousse des pieds, il résiste, nous titubons un moment. Je vois du sang. Il y a le mien, celui du Tigre. Je commence à voir des flashs, je cède brusquement créant un déséquilibre qui nous colle tous les deux à genoux. Je serre son cou, mais j’ai l’impression de ne plus avoir de force.

« Fuir… Me libérer… courir…»


Ma vue se trouble, mes sens sont saturés par l’odeur de sang. Ma bouche en est inondée. Face à moi, le regard de mio amico. Il a une plaie béante à l’épaule où je discerne nettement la trace de mes crocs. Je sens le loup. Il tremble, terrorisé. Il tourne en rond, cherchant une sortie qui n’existe pas. Il cherche à refermer la porte de la cage qui le protège de l’extérieur. Dans un dernier effort de volonté je lâche mon emprise sur le cou d’Arès alors qu’il serre encore le mien me privant d’oxygène, ses griffes plantées dans ma chair. Ma main retombe mollement le long de mon flanc, le cadenas vient de se refermer sur la porte de la cage.

Serre mio amico, que j’en finisse avec cette fureur et cette douleur. Serre avant que je blesse la mauvaise personne. Mon regard revient à sa couleur originelle et se terne au fur et à mesure que je suffoque.


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MessageSujet: Re: Il morte per un regalo || PV Mio amico Arès   Jeu 16 Nov - 21:15

Il morte per un regalo


I was angry with my foe. I told it not my wrath did grow.

Un instant je me trouve nonchalamment installé dans le siège faisant face au propriétaire de cette salle de combats illégaux et entreprends de crever l’abcès qui menace de gangrener les fondations de notre relation fraternelle. L’instant suivant la porte s’ouvre brusquement sur l’un de nos hommes de main inconscient de la menace mortelle planant au-dessus de sa tête. Il ne faut qu’une poignée de secondes et cette simple action inopinée pour que la tension embaumant la modeste pièce ne s’embrase en quelque chose de terriblement dramatique. Mes sens de prédateur encore affinés par mon ascension de métamorphe permise par le Nemeton de la ville afin d’augmenter la puissance de mon gardien dans notre lutte contre la monstruosité ravageant Beacon Hills me permettent de sentir les choses quelques secondes avant qu’elles ne se produisent. Tout se passe au ralenti devant mes yeux durant le prologue de ce drame ordinaire pour un homme de l’ombre puissant mais lessivé jusqu’au plus profond de son être par la tournure détestable prise par son existence. Les piliers les plus stables ont été brisés sans ménagement par ceux-là mêmes auxquels ils vouaient depuis toujours une loyauté et une admiration sans borne. Ceux-là mêmes qui ne le respectent pas suffisamment pour annoncer son véritable rang d’héritier à l’organisation. Le laissant se mordre la queue tel Ouroboros dans une dualité identitaire destructrice.

La course vers les sommets désormais durement entravée par les désillusions successives. Voler de succès en succès avec une insolente aisance, se penser intouchable pour s’écraser brutalement avant d’avoir pu savourer le panorama du haut du volcan. Le destin n’a rien de glorieux ni de romantique, il s’agit d’un monstre d’une cruauté sans nom qui se gausse de nos échecs divertissants. Je déteste ce concept de force inexorable contre lequel on ne saurait lutter. Si, je me trouve dans ce bureau en cette heure tardive de la soirée c’est parce que j’en ai fait le choix. Le destin de Sandro n’est pas d’ètre chef de telle ou telle organisation criminelle. Le destin de mio amico doit être celui qu’il se sera choisi et aucun autre. J’aurais aimé que nous puissions discuter ensemble de certaines choses afin que cette crise hautement douloureuse et néfaste à notre union amicale nous permette de renforcer notre relation de sorte que les suivantes ne parviennent pas à égratigner le ciment de notre amitié, raison pour laquelle je me montre diplomate, sincère et contrit pour les derniers jours quand bien même ma fierté me dicterait allègrement de l’envoyer balayer devant sa propre porte avant de me juger. Mais, ce n’est plus mon partenaire de crime qui se trouve dans cette petite pièce avec moi mais la bête qui sommeille en lui. Le loup sauvage, dangereux, instable et sanguinaire qu’est celui de mon associé a su avec brio profiter des turpitudes écrasantes de son âme en ce jour pour se libérer de ses chaines de chair.

Je comprends par la même que l’état du sicilien est véritablement critique car sa domination sur son double lupin représentait la pierre angulaire de sa domination sur ce qui l’entoure. Perdre contre cette part de lui-même signifiait qu’il n’avait plus la force ou la volonté de se battre pour ce contrôle qui lui tenait tant à cœur. Mon cœur se serre durement à l’idée que mon ami se trouve dans un état de désespoir si profond qu’il préfère abandonner les rênes de sa vie à la bête qui l’habite. Un soupir s’échappe de mes lèvres et je lâche la bouteille de grappa qui se fracasse sur le sol en un essaim d’éclats. Il ne me faut qu’une poignée de secondes pour que mon bond de félin ne me porte droit sur la trajectoire meurtrière du parrain de ma fille ou plutôt de son loup déchainé. Je le percute de toute ma masse pour l’envoyer valser au loin. La porte se claque brutalement devant la fuite de l’humain suffisamment malin pour comprendre ce qui va se jouer ici. Les griffes du canidé en pleine frénésie rayent le béton dans un bruit horriblement strident. Malgré ses efforts pour ne pas basculer le loup percute durement une chaise qui se brise sous l’impact. Je me redresse et pivote vers mon adversaire mes yeux illuminés d’un éclat céruléen aussi glacial qu’un iceberg dérivant de la banquise. La fumée grisâtre se met à danser autour de moi comme à l’accoutumée en un nuage martial de volutes disciplinés en adéquation avec mon état d’esprit de soldat prêt à partir à l’assaut. Les volutes me masquent partiellement à la vue du loup tandis que mon corps prend du volume qui fait craquer ma tenue pourtant si élégante. Alessandro que tu sois conscient ou non, tu me dois un nouveau trois pièces. Mon visage se pare de ses attributs surnaturels alors que je prends ma forme partielle de tigre. Au bout de mes mains des griffes noires aiguisées viennent s’accorder avec les crocs dépassant de ma bouche. Point de touffes de poils mais les traditionnelles rayures de mon pelage ocre.

And it grew both day and night. Till it bore an apple bright.

Un grain de poussière apparaît très nettement dans mon champ de vision sublimé négligemment par la luminosité inquiétante de la lampe sur le bureau. Le regard que l’animal assoiffé de sang pose sur moi pourrait faire perdre ses moyens à n’importe quel type ordinaire normalement constitué et plus d’un vétéran habitué à l’horreur flancherait devant l’ardeur implacable dans ce regard cruel. Mais, je ne bouge pas d’un iota face à la promesse de mort douloureuse envoyé par les éclairs de ses yeux. Une statue de pierre qui monte la garde et ne vacillera pas peu importe les efforts pour la transformer en poussière. Le tigre en moi gronde de manière menaçante en continu comme pour prévenir le prédateur plus léger qu’il s’en mordra les doigts s’il tentait de s’opposer à lui. Ce grondement sourd ne signifie qu’une chose. Nous ne sommes pas du même calibre. Dans le monde souterrain, les rôles étaient inversés et la préséance était sienne mais dans le monde surnaturel il ne faisait clairement pas le poids. Mon tigre ne ressent pas une once de peur face au canidé enragé qui souhaite lui passer sur le corps. Il ne pousse pas jusqu’à se montrer arrogant face au tueur qui lui fait face mais me renvoie par son attitude sa supériorité physique, notre supériorité physique dans ce duel fratricide qui s’annonce d’une violence inouïe. Ses crocs se dévoilent paresseusement tandis qu’il s’étire en prévision d’un bond potentiel avant de se porter près de la surface de mon esprit dans une posture agressive mais attentiste. Quant à mon gardien, il ne se manifeste nullement et semble détaché de ces vicissitudes pathétiques à son regard d’entité supérieure. Mon regard plein de sérénité fondée sur la certitude de la domination croise celui enflammé de mon associé, du moins ce qu’il en reste.

Celui-ci me bondit dessus et je lève une main une seconde avant l’impact de ses griffes pour sauvegarder ma gorge mais le vicieux vient de me feinter et laboure mon flanc dans les environs de l’aine. Espèce d’enfoiré ! Ce n’est pas contre mon ami que mon ressentiment est dirigé mais sa moitié animale intenable. Une grimace de douleur crispe mon visage. Le canidé se redresse d’un bond et ravage mon dos de ses griffes qui tracent un sillon écarlate dans ma chair métamorphosée. Bordel ! J’adorais ce costume. Bon, je souffre mais j’ai déjà connu bien pire. Si c’est avec cela qu’il compte parvenir à franchir le rempart que je constitue il est bien mal barré. La stupidité ne faisant pas partie de mes défauts, je ne me laisserais pas prendre au dépourvu deux fois. Un sourire mauvais étire mes lèvres. Mon sang suinte de mes plaies multiples. Mon tigre s’excite de plus en plus en raison de l’odeur de son sang et je dois le tenir pour nous empêcher de bondir et rendre au loup la monnaie de sa pièce de manière aussi brutale. Je ne veux pas démolir Alessandro mais le maitriser le temps qu’il se reprenne. Mais, il ne me facilite guère les choses. J’ai mal et ma cicatrisation ne s’est pas encore enclenchée. J’inspire une bouffée d’air souillée par l’effluve de tabac excessif et mon regard croise celui du loup dans lequel je lis une note de jubilation sadique. Nous nous tournons autour en nous arrêtant au demi-cercle respectif car je ne compte pas lui offrir la moindre ouverture pour pouvoir quitter ce bureau et aller perpétrer un carnage hors de ces murs. Son grognement sauvage transpire la joie malsaine d’une libération inespérée. Comme je m’y attends il se jette de nouveau sur moi et se retrouve violemment projeté contre le mur adjacent. Ses os craquent dans un bruit sourd.

Je peux sentir la colère du loup qui cherche un moyen de me passer. Il bondit une nouvelle fois comme insensible à la douleur que ma stratégie défensive lui inflige. Je ferme le poing droit pour ne pas le transpercer de mes griffes et lui envoie un direct dans la mâchoire puis le projette une nouvelle fois au loin dans un même mouvement appris auprès de Roan. Soudain, je chancelle sur mes jambes une douleur fulgurante au niveau de l’épaule gauche. Quoi ? Qu’est-ce que c’est que ce….? Mon regard se porte sur la zone concernée et la surprise s’imprime sur mes traits. Le coupe papier est profondément enfoncé dans ma chair. Je le retire rapidement. Un râle de douleur s’échappe de mes lèvres. Je vacille quelques instants avant de me stabiliser et de me redresser. Mon tigre se déchaîne en moi plus qu’agacé par ma posture défensive et mes lubies protectrices. Le prédateur veut se jeter dans la bataille en utilisant cette souffrance, cette douleur, la haine qu’il ressent désormais pour son adversaire afin de lui rendre les coups au centuple. Il veut blesser grièvement indigné que nous n’écrasions pas le canidé remuant d’un coup de patte implacable. Le loup n’est rien pour lui. Mais Alessandro est très important pour moi. Je me focalise sur ce fait pour repousser les assauts intérieurs de mon animal et le dominer tout en me demandant ou était passé mon gardien qui s’était fondu au plus profond de mon être, chose qu’il n’avait jamais faite comme s’il souhaitait n’ètre qu’un vulgaire spectateur.

And i sunned it with smiles. And with soft deceiftul wiles.

Une chaise se dresse et je lève un bras pour m’en protéger. L’arme fragile se brise sur l’impact mais celle-ci a détournée mon attention et un instant plus tard mon torse, mes bras, mon ventre sont labourés par un couteau de combat. Je nage littéralement dans mon sang. Mes premières plaies finissent tout juste de cicatriser que de nouvelles se créent par dizaines. Un grognement de douleur émerge de ma gorge. Je ne peux pas compter le nombre de plaies sur mon tronc. Le tigre entre dans la furie. Le retenir me prive d’une réserve d’énergie plus que précieuse mais je ne veux pas faire du mal au loup et ce dernier en profite allègrement. Un feulement de colère pure s’échappe d’entre mes crocs lorsque je le saisis par le col et l’envoie de nouveau percuter le mur avec plus de violence que les fois précédentes. Je vire le couteau de mon flanc et le laisse tomber sur le sol dans un choc sourd. Je reste fermement ancré sur mes positions sans prêter attention à la mare de sang à mes pieds. Mon sang. Mon torse commence à cicatriser. Il bondit, prend appui sur un mur et atterrit sur moi. Je pivote au dernier moment et ses crocs ratent ma carotide de quelques centimètres à peine. Mon tigre manque de se libérer de mon entrave. Je lui broie les cotes sans ménagement. Lassé de me faire saigner sans riposter. La frustration de mon double animal transparaît dans cette étreinte étouffante. Je lui broie le thorax pour l’immobiliser. Je sens ses cotes se fêler les unes après les autres sous mes mains. Il tente en vain de se dégager mais je ne lâche rien. Maintenant qu’il est prisonnier cette mascarade est terminée.

Du moins, je le pense jusqu’à ce qu’il tente de me crever les yeux. Mon tigre me transmet son envie de lui broyer la nuque mais je rabroue ce dernier sans trop de mal. Mes plaies cicatrisent et je le maîtrise comme je peux. J’esquive ses griffes de justesse et saisis ses poignets. Une moue dégoutée se peint sur mes traits lorsque je le vois savourer mon sang sur ses lèvres. J’ai bon espoir qu’Alessandro récupère le contrôle eu égard au piège dans lequel se trouve son loup et la douleur qu’il lui occasionne mais ce n’est pas le cas alors je me force à bouger. Je le repousse jusqu’à une cloison et l’enfonce contre celle-ci qui ploie sous l’impact, épousant la forme du loup garou. Un modeste grognement s’échappe de ses lèvres et je pars son coup vers mon entrejambe d’un de mes genoux. Mais la deuxième tentative fait mouche et je desserre ma prise sous l’effet de la douleur. Il se tortille et s’échappe mais dans la seconde suivante je récupère mon emprise sans ménagement. Sa main libre serre mon cou et je fais de même. Nos griffes nous entaillent mutuellement et le sang coule abondamment. Égorgement ou étouffement ? Les deux il semblerait. C’est donc ainsi que nous allons finir. Une bromance à la Roméo et Juliette version monde souterrain surnaturel ?

I was angry with my friend. I told my wrath. My wrath did end.

Je dois réprimer des larmes non de douleur mais bien de tristesse devant notre situation mais soudain mon gardien émerge en moi avec une puissance inouïe. Mes yeux bleus brillent d’une lueur presque aveuglante. C’est la première fois qu’il me fait cela. Qu’est-ce que cela signifie gardien ? Ce dernier ne répond pas à mon injection et lutte contre ma volonté pour prendre le contrôle de mon corps. Ma poigne sur sa gorge se resserre alors que nous tombons tous deux à genoux. Je devrais être en train de suffoquer mais le gardien qui tente de me contrôler entièrement est tellement proche de la surface que ce genre de détail physique ne me préoccupe plus. Je manque d’air mais m’en rends à peine compte. Les mains du loup finissent par se détacher de mon cou me permettant de retrouver mon souffle et de laisser mes poumons se remplir avidement d’oxygène mais mes mains continuent de serrer celui d’Alessandro. Cette lutte m’a vidé de mon énergie et l’entité qui m’habite ne le sait que trop bien. A l’instar du tigre qui partage son intention, celui-ci sait qu’il me domine. Pourtant, je jette toutes les forces qu’il me reste dans la bataille pour mon enveloppe charnelle. Tue le Arès ! Il est mauvais et détestable. Il a tenté de te tuer une dizaine de fois au cours de ce combat. Il ne t’aime pas. Tu n’es pas son frère, pour lui tu n'es rien qu’un outil efficace, une arme qu’il peut utiliser à outrance. Il se moque de ta fille comme d’une guigne. S’il a accepté de devenir son parrain c’est pour pouvoir se targuer d’ètre lié à une espèce ancienne et puissante. Il ne respectera pas son serment. La seule chose qu’il pourra lui apporter ce sont des ennuis. Obéis moi ! Tue-le maintenant ! Tu sais que j’ai raison. Il t’a éloigné de ta mission ancestrale. Notre mission. Notre raison d’ètre ! Crois-tu que la déesse t’a offert ton don pour faire le sale boulot d’un vulgaire clébard. Regarde-le ! C’est un insecte, un parasite suceur de sang. Crois-tu réellement qu’il soit différent des napolitains menaçant la famille de Finn ? Il ne l’est pas. Vois la lueur dans ses yeux. Tue-le ! Il n’y a rien de bon en lui, rien à sauver. La lumière a déserté sa carcasse depuis longtemps. En l’abattant tu lui rendras service.

Mes mains se resserrent sur le cou ensanglanté d’Alessandro. Son sang inonde mes mains en un torrent écarlate. Prisonnier dans mon propre corps, je me débats dans tous les sens, m’attaque à moi-même dans une lutte inégale. La douleur me dévaste mais je parviens miraculeusement à reprendre le contrôle de mes mains. Seulement de mes mains. C’est tout ce qui importe vu que le visage du loup est désormais violacé et ses yeux exorbités. Tu te trompes il reste du bon en lui. Peu, je te l’accorde mais il en reste et tant que je serais à ses côtés. Cette lueur ne s’éteindra pas. Mes mains se détachent brusquement et retombent le long de mon corps. Le gardien me rend le contrôle. Mon regard redevient humain alors que je récupère forme humaine. Nous nous relevons difficilement et je m’approche de lui et lui brise un bras sans ménagement. Avant de lui donner un coup de boule d’une brutalité bien réelle. Le loup de nouveau au sol. Je vais chercher le paquet de cigarette du sicilien et son briquet dans le foutoir qu’est devenu le bureau, place une cigarette entre ses lèvres et l’allume. Puis, je m’assois à côté de lui.

Ne m’en veux pas mon frère. Je ne peux pas te laisser perdre le contrôle une fois de plus, je ne peux pas te laisser risquer de craquer une nouvelle fois. La pleine lune approche. Jusqu’à que ce qu’elle soit passé, je prends la tête de l’organisation. Je laisse une pause de quelques instants passer avant de reprendre. Ton bras va mettre quelques jours à se ressouder. Tes cotes devraient mettre un peu plus d'un jour. Tu sais que Za voudra surement t’arracher la tête lorsqu’elle apprendra ce qu’il s’est passé ici. T’immobiliser est l’assurance que je parvienne à la calmer. Elle a senti mon état émotionnel par notre lien alors je ne pourrais pas le lui cacher. La porte s’ouvre brusquement sur Milan et Largo. Mon frère de cœur est ébahi et me demande ce qu’il s’est passé, je me fends simplement d’un haussement d’épaule. Milan, va dire à Aiden de préparer la voiture je vais ramener Aless chez lui. Je te laisse le contrôle du HCC. Ryan et toi gérez les choses avec Largo pour ce soir.
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MessageSujet: Re: Il morte per un regalo || PV Mio amico Arès   Mar 21 Nov - 11:42


Paint it black
Mon cou est prisonnier des mains d’Arès. Ma vision s’obscurcit, ma raison vacille. Je suffoque et pourtant je ne fais rien pour me dégager et lutte même contre l’envie de lui attraper les poignets pour le faire lâcher. La vague de sauvagerie qui m’a balayé était d’une force sans précédent avec mes précédentes crises. Il fallait à minima un gardien de la fumée pour s’opposer à moi. Sans prétention, là je crois que même un alpha ne m’aurait pas résisté tant j’étais dominé par l’instinct de tuer et non celui de survivre. L’air me manque, mes forces me quittent. Je reste à genoux tenu par le cou. Sans l’étau qui m’étrangle, il y a longtemps que j’aurai chuté sur le sol.

L’étreinte mortelle se desserre, je vais embrasser le béton, incapable d’esquisser le moindre geste pour amortir l’impact de mon crane contre le sol. Douleur sur douleur, la souffrance tétanise mes pensées. Je crois le combat terminé et ne m’attends pas au geste de mio amico qui m’arrache un hurlement de douleur lorsque mon humérus gauche se brise dans un claque sec et un bruit désagréable. Sa tête rencontre la mienne dans un coup de boule qui me secoue la cervelle. Je retombe à nouveau au sol plus mort que vif. J’attends le coup suivant, celui qui va m’achever. Seulement il ne vient pas. J’entends vaguement Arès brasser dans le bureau de Largo que je contemple penché à quatre-vingt-dix degrés, la joue sur le sol. La douleur est intense et occupe toutes mes pensées. La moindre respiration me coute, tirant sur mes côtes fracassées. Combien sont cassées ? Combien fêlées ? Bouger un doigt de la main gauche est un calvaire sans nom. Fracture ouverte du bras, l’odeur de mon propre sang m’écœure.

Je sens quelque chose se glisser entre mes lèvres. Une sigaretta ! Sul serio? J’halète à peine pour éviter de mobiliser le moindre muscle. Je n’ai pas la force, ni le courage de provoquer une nouvelle douleur en tirant une taffe qui panserait mon âme. Voilà ce que c’est de ne plus avoir de point d’ancrage. La dernière fois que j’ai laissé le loup sortir de sa cage, c’était avec une laisse lors de l’expédition punitive sur la bande de Barns et de l’incendiaire qui avait mis le feu au Pink. Je me souviens que ma violence avait retouné l’estomac d’Arès. Ce n’est pas un enfant de coeur, mais par son clan mio amico a tout de même épousé certains principes pas très en accord avec son rôle dans mon organizzazione.

- Ne m’en veux pas mon frère. Je ne peux pas te laisser perdre le contrôle une fois de plus, je ne peux pas te laisser risquer de craquer une nouvelle fois. La pleine lune approche. Jusqu’à que ce qu’elle soit passée, je prends la tête de l’organisation.
« - Va bene. Fait donc. J’ai comme une petite fatigue là… »


Mon sarcasme ne dépasse pas mes lèvres. Trop d’effort et plus la combativité nécessaire pour encore parader. Comme un médecin, il m’annonce mon arrêt de travail. J’apprends que ma tête risque d’être mise à prix par sa lionne. Je n’ai pas vraiment envie de tâter de ses griffes. Je la devine bien plus vicieuse et cruelle que son époux quand elle se fâche. Elle pourrait bien se laisser aller à tous les supplices dont elle me menace lors de nos joutes « amicales ». Je décide de faire profil bas et de rester en tas sur le sol du bureau. Décider est un bien grand mot, je n’ai guère le choix. L’idée de bouger m’est insupportable tant je sens l’amplitude que pourrait atteindre la douleur qui me cerne et m’embrasse comme une amante maudite.

Du monde vient au spectacle. Je m’affranchis de lever les yeux et me fie à mon odorat pour déterminer qui est-ce. Largo et Milan. J’essaye de faire le malin en tirant une taffe. La douleur me fait presque tourner de l’œil et perdre ma sigaretta sur le bêton. Merda ! Je me contente de la fumée qui me parvient au museau. L’odeur de tabac me réconforte.

- Milan, va dire à Aiden de préparer la voiture je vais ramener Aless chez lui. Je te laisse le contrôle du HCC. Ryan et toi gérez les choses avec Largo pour ce soir.
« - A non ! Je refuse de bouger un cil ! »


La cicatrisation commence son effet sur mes blessures superficielles. D’abord les chairs, les os seront bien plus longs à consolider. La rixe est terminée, mais je n’ai pas fini de douiller. Arès est trop loin vers le plafond pour que je voie les dégâts que je lui ai collés. Il faudra que je pense à m’excuser.

(…)

J’ai effectivement tourné de l’œil lorsque Arès m’a relevé et porté jusqu’à la voiture. Je reprends conscience alors qu’il tourne dans la rue où se trouve le Pink. Je ne pipe pas un mot. Dire que je suis vexé de m’être mangé une telle dérouillée, est une vérité, une vérité prévisible. Seulement ce n’est pas la raison qui me fait taire. Non, j’ai besoin de toute ma concentration pour ne faire aucun mouvement douloureux. Je suis centré sur mon corps, essayant de contrer la douleur, de repousser sa morsure cruelle. Mon loup est hagard dans sa cage. Frustré d’avoir perdu sa liberté, bien qu’en ce moment ce n’est pas moi qui le tient sage, mais simplement cette puttana de douleur. Arès a visé juste pour que je me tienne tranquille lors de la prochaine lune.

Ma raison occulte la transition entre la voiture et mon appartement. Mio amico me pose sur mon lit. Il n’y a pas bien grand-chose à faire d’autre.

- Laisse-moi mon paquet de sigaretta et mon téléphone à portée de main per favore.

Ce sont mes premiers mots. Arès s’exécute pour mes sigaretta. Toutefois il pose mon téléphone hors de ma portée, sur le haut d’une étagère. Il suffit de se mettre sur la pointe des pieds pour l’attraper, seulement dans mon état… c’est juste impossible.

- Andare a farsi fottere…

Je ne dis rien de ce qu’il vient de se passer, ni ne m’oppose à sa prise de pouvoir. De toute façon je ne suis pas en état d’imposer ma loi. Je croyais le tigre parti, mais il revient avec une bouteille de grappa qu’il pose à côté de mes sigaretta. J’apprécie sa délicatesse.

- Grazie mille per il tuo aiuto.

Je ferme les yeux. Espérer dormir est illusoire. La porte de mon appartement claque. Mon associé est parti. Je me retrouve avec moi-même. Il me faut un bon quart d’heure de gestes précautionneux pour me saisir d’une sigaretta et l’allumer. Inspirer longuement me fait mal, mais la fumée m’apaise.

- Rha ! Merda ! Sonny !

Je viens de me souvenir que j’ai un code avec Sonny. Celui de l’appeler une fois par jour pour qu’il soit assuré que je sois en vie et libre de mes mouvements. Mon téléphone est inaccessible. J’espère qu’il appellera Arès avant d’envoyer une équipe venir voir ce qu’il se passe et que mio amico soit suffisamment malin pour mentir sur ce qu’il s’est réellement passé. Ça serait con que son clan se colle la Cosa Nostra à dos. La mafia italienne est essentiellement composée de gens ordinaires. Mais de gens qui ont une immense capacité à vous pourrir la vie, gardien de la fumée ou pas. Quand l’intimidation ou la violence ne marche pas, entre en scène une autre forme de guerre avec ce que les différentes administrations qui gèrent ce pays peut avoir de gens corrompus.

(…)

J’ai toujours le bras en vrac. L’étendu de mes blessures rend la guérison lente. La pleine lune était hier. Je l’ai passé dans le sous-sol du Pink. Là où bientôt s’ouvrira la nouvelle scène de spectacle. L’endroit est poussiéreux, sans fenêtre. Idéal pour un loup enragé. J’ai tourné en rond comme un animal en cage, la lune réveillant l’animal furieux qui me hante. Ce fut l’occasion d’une discussion avec moi-même, voire une belle engueulade. Le loup me reproche d’avoir plié devant le tigre et même de l’avoir choisi comme associé.

- Tu courbes l’échine devant un félin.
- Nous lui devons la mise en place de notre organizzazione.
- Tu l’as laissé ingérer !
- J’ai besoin d’un second de sa trempe.
- Il n’est plus ton second ! Ni même ton associé. Il vient de te virer de la tête de ton organizzazione.
- C’est temporaire…
- En es-tu certain ?


Un témoin extérieur m’aurait cru bon pour l’asile à me regarder m’alpaguer moi-même. Je suis retourné à la case départ, comme lors de mon arrivée à Beacon Hills. Pas de point d’ancrage sérieux qui me permet de muser le loup.

Irritable, le mot est faible. Cependant je fais un effort avec le personnel du Pink. Je les considère comme ma famiglia. Une famiglia que je protège comme Willem protège sa meute. Dan, Jerry, Sophie, Jansen sont inquiets. Les plus anciens me connaissent bien. Les nouveaux doivent me prendre pour un type lunatique, ce qui est finalement vrai. Arès a fait en sorte que je ne puisse pas sortir de mon appartement pendant trois jours, ne me laissant que le loisir de basculer au sous-sol lorsque tout le monde était parti.

Je refais mon apparition le lendemain de la pleine lune, le bras en écharpe. Version officielle, je me suis rétamé la tête en VTT et j’ai l’épaule luxée. Cela explique ma tête et les traces encore visibles sur mon visage. Point faible, je ne fais pas de VTT. Mais personne ne pipe mot. Je me fais chouchouter par les clientes, ravies de prendre l’ascendance sur le mâle dominant que j’affiche habituellement. Je me laisse faire, depuis ma rupture avec Jansen j’ai besoin de contacts un peu « intéressés ». Arès est là à son poste de vigile. Nous n’avons pas reparlé de ce fameux soir. Il a eu raison de me stopper et de m’empêcher de commettre l’irréparable, tuer un membre de notre équipe. Mais je reste amère sur ce qui m’a amené à ce point culminant de tension. Arès n’est pas l’élément essentiel, mais il fait partie de cette merda qui me tombe dessus.

J’attends des nouvelles de Sonny et de sa surveillance de la famiglia de Finn. Il faut que je reprenne l’organizzazione en main. Je n’ai pas remis les pieds au HCC depuis une semaine. Je dois faire mon retour, mais comme le sous-entend mon loup, n’est-il pas trop tard ? Ai-je perdu la tête de l’organizzazione ? Dans ce domaine, une gérance à deux têtes n’est pas envisageable. C’est sujet au risque de contradiction dans les ordres et les décisions. La porte ouverte pour nos ennemis. Je pose mon plateau sur le bar. Même avec mon bras en écharpe j’aide mon personnel. Je les emmerde, mais j’ai besoin d’être actif ou je deviens fou. Profitant qu’Ares se dirige vers les toilettes pour vérifier que personne ne s’y dope, je suis mon « second ».

- Demain soir, réunion exceptionnelle au HCC. Je veux la squadra et la stiddia. Et dis à Largo de finir un peu plus tôt que d’habitude. Ordre du jour : comment on gère la merda avec la famiglia de Finn. Aucune absence tolérée, sauf les blessés. Grazie.

Je retourne dans la salle sans attendre sa réponse à mon ordre direct. Je ne suis pas certain de mes réactions s’il venait à contester ou simplement me signifier que je ne n’avais plus à ordonner. J’ai envie de m’isoler dans mon bureau, mais je reste dans le bar pour éviter une confrontation avec celui que je considère encore comme mio amico, sans être encore certain que c’est encore réciproque. Je sais qu’Arès est assez binaire quand il accorde sa confiance. Le loup n’aime pas la dérouillée qu’il s’est mangé et rue dans sa cage. J’ai le poing solidement ancré sur le verrou de cette geôle. Seulement cela me demande un effort plus important que d’ordinaire. La raison en est simple, j’ai perdu mes appuis, mon amour pour Jansen et le respect dans le regard du tigre. Je redoute cette réunion. Vais-je arriver à garder ma place aux yeux de mes hommes ? Rien n’est moins sûr. Mon bras me lance, je grimace, mais souffre en silence. Cela fait une semaine que je vis avec la douleur. Elle s’amenuise au fil du temps, mais j’ai pu savourer les nuits d’insomnie et les remises en questions que cela engendre.


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MessageSujet: Re: Il morte per un regalo || PV Mio amico Arès   Jeu 23 Nov - 14:31

Il morte per un regalo

J’ouvre doucement la porte du manoir, espérant de tout cœur que ma lionne soit déjà en train de dormir afin de m’épargner ce qui risque certainement d’ètre la pire engeulade de l’histoire de notre couple. Lorsque je pénètre chez moi en tentant d’ètre aussi discret qu’un cambrioleur je me rends compte que si je n’avais pas l’esprit ailleurs, perdu quelque part dans les limbes de mes souvenirs récents me faisant ressasser ce qu’il venait de se passer au HCC j’aurais certainement perçu tant l’aura de ma compagne que sa colère brulante à travers notre lien. Je traverse le salon d’un pas raidi par la douleur qui ne s’est pas encore tout à fait estompée eu égard à la violence sauvage des assauts du loup sanguinaire de mio amico. Toutes mes blessures ont cicatrisées mais nom d’un chien qu’est-ce que j’ai morflé. Je ne me souviens pas avoir autant pris cher depuis mon combat contre la bête en compagnie de Will et Milan. Je peux encore la sentir dans la plupart des recoins de mon corps et je suis persuadé qu’elle sera encore là quand je me réveillerais demain.

J’aurais voulu du calme, de la tranquillité et du silence afin de pouvoir encaisser les derniers évènements avec le recul nécessaire, avoir une petite discussion intime avec ma conscience et me persuader que mettre Aless hors d’état de nuire temporairement avait été la meilleure chose à faire mais Azalea Ashford Coleman n’est pas le genre de femme à passer l’éponge sur ce qui m’était arrivé. C’était bien pour cela que je l’aimais passionnément, que je l’adorais même littéralement mais ce soir j’aurais préféré pouvoir me retrouver seul avec mes pensées tumultueuses en trouvant du réconfort dans sa présence délicieuse. Je comprends que c’est peine perdu lorsque la lumière du salon s’allume brusquement alors que je l’avais presque traversé pour atteindre l’escalier menant à l’étage. Le tigre en moi ressent pleinement la présence de sa moitié et je peux deviner ses émotions dangereuses à travers notre lien. Je me retourne avec une lenteur délibérée. Tout sauf impatient de devoir parvenir à juguler sa rage féline de lionne furieuse.

Ses yeux me détaillent de haut en bas et contemplent mes vêtements dévastés et imbibés de sang séché. Cette tenue est bonne pour la benne à ordure. Je suis conscient d’avoir l’air d’un survivant ayant été attaqué par une meute de loups et que l’expression douloureuse de mon visage n’arrange rien à ce triste tableau mais devoir jeter mes dernières forces dans une autre bataille m’épuise d’avance. Assise sur un fauteuil, les jambes en tailleur Za me toise durement. S’il te plait mon amour, j’ai juste besoin d’une douche et de ton corps contre le mien. C’est lui qui t’a fait ça ?! Ce n’était pas lui mais son loup. Il a perdu le contrôle. Bordel Arès regarde toi ! Tu as le corps couvert de plaies dont certaines auraient pu ètre mortelles ! Mais, je suis entier et ici. Tu sais très bien qu’il n’a pas la puissance nécessaire pour me faire quoi que ce soit. Mon épouse se lève lestement et s’approche de moi. Ses yeux lancent des éclairs et son expression est celle que je lui connais avant qu’elle n’achève une vie coupable d’ennemi de l’équilibre. La férocité qui exsude d’elle inquiète même mon tigre tant elle est puissante.

Son aura écrase de loin la mienne au vu de son rang dans la hiérarchie de notre espèce. Je n’ai jamais vu Za perdre le contrôle depuis que je la connais. Soit en dix ans. Les gardiens ne sont pas condamnés à ce genre d’excès car l’équilibre de nos trois natures est une nécessité mais cela arrive parfois. Lorsque c’est le cas, non par la déesse il ne faut pas que cela soit le cas pour elle. Si maitriser un Omega enragé était aisé pour moi quand bien même je m’en mangeais plein la tronche. Ne serait-ce qu’essayer d’arrêter une deatheater ayant du sang royal dans les veines reviendrait à signer son arrêt de mort. Il faut que je la calme ! Que je la calme ! Je ne sais pas si dans sa frénésie elle pourrait s’en prendre à moi pour tenter d’aller abattre Alessandro. Sa lionne est très territoriale et reconnaitrait son compagnon j’en suis certain mais ce genre de cas est tellement inimaginable que je ne saurais même pas me prononcer.

Za, ma belle regarde-moi. Regarde-moi ! Je vais bien. Il a osé tenter de tuer mon compagnon. Il a osé essayer de t’ôter la vie. Je vais arracher les entrailles de ce sale canidé puant et lui les faire avaler pour qu’il s’étouffe avec ! Non, mieux je vais le pendre avec ses intestins. Ma belle s’il te plait. Non, cela serait bien trop doux et trop clément. Je vais lui crever les yeux, lui couper la langue. Sa foutue langue avec laquelle il se permet de manquer de respect au monde entier ce vulgaire clébard ! Je vais le torturer pendant des mois en le laissant guérir à chaque fois. Za écoute moi mon amour. Je m’approche doucement pas après pas comme un humain tentant de se faire accepter d’un prédateur particulièrement dangereux. Mais alors que je ne suis plus qu’à un bras de sa position, elle explose de nouveau. Et c’est lui que tu as choisi pour ètre le parrain de notre fille ! L’héritière d’Azgeda. Je n’aurais jamais dû t’écouter ! Non, je sais pour avoir osé tenter d’abattre un gardien il subira le châtiment adéquat que le clan lui administrera ! Les mille morts voilà ce qu’il mérite. Non, non je ne peux pas attendre je veux sa tête au bout de mes griffes.

Ses yeux rubis de lionne et de gardienne de rang suprême ont pris le pas sur ceux de l’humaine et je me fige, à deux doigts de la panique la plus compète. Si elle le voulait, elle n’avait qu’à me projeter brutalement contre un mur pour pouvoir quitter le manoir et foncer vers le Print pour tuer le sicilien. Alors, je m’avance d’un bond et l’enserre fermement dans mes bras au risque de prendre une dérouillée qui pourrait m’ètre fatale. L’une de mes mains masse tendrement sa nuque tandis que mes lèvres vont explorer son cou. Je peux sentir la tension extrême de son ètre. Je peux presque palper ses envies meurtrières. J’entends son palpitant battre à toute allure sous le coup de l’émotion. Son regard d’humaine se tourne finalement vers moi. Tu ne peux pas espérer que je reste sans rien faire Arès. Il a tenté de te tuer volontairement ou non ! Tu n’aurais jamais dû t’acoquiner avec ce criminel ! Il ne risque pas de pouvoir faire quoi que ce soit au cours des prochains jours vu l’état dans lequel je l’ai laissé. Quant à cela, tu savais quel genre d’homme je suis. Mes démons. Ma part d’ombre. Tu le savais. Tu sais qu’Asmodée et Idris n’ont qu’un mot à dire et je suis de retour dans le clan dans l’instant. Oui ! Et je t’accepte et t’aime comme tu es mon tigre mais je refuse ! Tu m’entends bien, je refuse de laisser ce geste impuni. Comment peux-tu savoir qu’il ne recommencera pas ! C’est peut ètre ce que je devrais faire te contraindre à rentrer là ou est ta véritable place.

Il traverse une phase difficile tu sais. Il n’est pas dans son état normal. Comment peux-tu continuer à la défendre ?! Imagine s’il était parvenu à te tuer en profitant du fait que tu te refuses à lui faire le moindre mal. Qu’est-ce que j’aurais dit à notre fille plus tard, au clan, à ta tante qui a déjà perdu ses deux fils ?! Hein qu’est-ce que je leur dirais ! Non, bien sûr tu n’as pas pensé à cela ! Ce loup est un poison pour toi et je dois l’abattre avant qu’il ne te fasse du mal. Puisque tu sembles incapable de le voir tel qu’il est réellement ! Za si tu le tues on aura la Cosa Nostra sur les bras. Parce que tu crois vraiment qu’une organisation mafieuse aussi puissante soit elle peut quelque chose contre notre espèce ! Les clans sont riches, la royauté bien plus, la solidarité entre gardiens est un principe sacré. Qu’ils essaient ne serait-ce que de faire du mal à l’un d’entre nous et je t’assure que nous déferlerons sur eux tel une vague inaltérable jusqu’à ce qu’il ne reste rien qu’un souvenir de ces raclures. Même sans nous salir les mains. Il suffirait de soutenir l’un de leurs nombreux rivaux financièrement ou même plus activement voire même tous et je suis persuadé que la Sicile pleurerait un nombre écrasant de ses fils.

Je porte un regard étonné sur mon épouse qui se fend d’un haussement d’épaule nonchalant. Tu t’imaginais peut ètre que je ne connaissais rien de ton milieu. Je dois le tuer mon amour. C’est une question de principe. On ne menace pas la vie d’un gardien sans en payer le prix. Et, je te supplie de ne pas le faire. Tu m’entends Za, je t’en supplie. D’accord mais je ne veux plus jamais le voir ! Tu m’entends plus jamais ! Et, je refuse qu’il approche ne serait-ce qu’à un mètre de notre fille ! Les pleurs d’Ozalee résonnent longuement dans l’air en une note stridente à réveiller les morts et ma lionne quitte mes bras sans se retourner pour aller s’occuper de la petite. Je me laisse glisser contre le dossier d’un fauteuil et reste ainsi de longues minutes. Presque prostré. J’ai enfin la paix dont j’avais besoin mais je ne peux plus la savourer à sa juste valeur. Je finis par me relever difficilement et me dirige vers la salle de bain. Une douche brulante d’une bonne demi-heure sous laquelle je ne pense à rien du tout. Les fringues dans la poubelle. Je m’effondre dans le lit ou Za ne se trouve pas. Mon cœur se serre durement à l’idée qu’elle ne veuille pas dormir avec moi ce soir. Mais lorsque je me réveille le lendemain matin, je sens le corps chaud de ma lionne contre le mien et pousse un soupir de soulagement.

(…)

J’ai pris la tête de l’organisation et du Print. Un bobard lambda a été servi au personnel très inquiet par la perspective de ne pas avoir le sicilien dans les pattes à donner un coup de main au comptoir et au service, à ne pas l’entendre échanger quelques mots avec les habitués, faire du charme aux jolies dona ou à savourer son café bien serré du matin. Si le bar tourne tout seul à la perfection tant toute l’équipe est suffisamment expérimentée pour que la machine fonctionne de manière autonome la situation est bien différente dans la branche souterraine. Au Pink Kada et Charlie ne sont clairement pas dupes mais ont la délicatesse de ne pas me les briser menu en tentant de m’interroger. Certains humains soupçonnent quelque chose notamment les plus anciens comme Dan mais chacun remplit sa mission à la perfection en faisant fi de l’étrangeté de la situation ainsi que de son caractère sans précédent dans l’histoire du bar.

Dans la partie souterraine de notre association, je me rends compte que je ne suis que le pilier qui soutient Amaro et allège ses soucis lorsque je suis mis face à l’amoncellement de merdes et de choses à gérer directement à chaque instant. Cependant, je m’en sors plutôt bien car j’ai appris à diriger sur le tas au contact du loup. Je me contente simplement de le faire à un échelon supérieur. Personne ne remet mon autorité en question ni en cause mais je sens un écart net entre la Stiddia et les hommes de Largo qui me sont entièrement dévoués au même titre qu’ils le sont pour le sicilien et la Squaddra qui renâcle un peu plus à me voir seul au sommet.

Je n’apprécie pas du tout l’attitude de Ryan qui me demande systématiquement si Alessandro est au courant de mes décisions. Je réprime l’envie de lui foutre une branlée devant tout le monde histoire de lui rappeler le sens du mot respect. Milan aussi doit réprimer ses envies de lui casser littéralement la gueule. Un fossé se creuse entre les deux équipes et cela me désole parce que j’ai mis ces deux unités en place moi-même. Je les ai créés, imaginés, pensés et concrétisés et voilà que la première d’entre elle ne m’accorde qu’une demi confiance sauf Nolan qui a basculé du côté de la Stiddia suite à mon ordre afin de pallier aux absences de Lenno et Darren. Par réciprocité, je commence à moins faire confiance à la Squaddra et ne pars en opération contre les planques des hommes de Barns qu’avec ma propre équipe. Si, je laisse les dossiers brulants et hautement stratégiques au chaud en attendant le sicilien je me permets de continuer notre politique offensive agressive vis-à-vis de notre rival. Le nettoyage continue. Des corps sont coulés dans le lac. La routine à Beacon Hills…

(…)

Mon téléphone sonne alors que je suis installé dans le bureau de Largo et en train d’étudier les comptes de la semaine avec le manager des lieux. Je reconnais le numéro de Sonny le numéro deux de la Cosa Nostra et accessoirement ex mentor d’Alessandro. Je demande à Largo de sortir et ce dernier s’exécute. Je prends l’appel et écoute le sicilien me demander sans ménagement pourquoi mon boss ne répond pas à ses appels. Je dois inspirer une grande goulée d’air pour ne pas l’envoyer chier devant la virulence de son ton. Foutu rital arrogant. Je ne suis pas l’employé d’Amaro mais son associé. Je me remémore les propos de ma lionne sur l’issue potentielle d’une guerre entre criminels et créatures se trouvant assez haut dans le monde surnaturel et laisse un sourire carnassier étirer lentement mes lèvres pincées. On ne déclenche pas ce genre d’apocalypse sur un coup de tête alors je laisse le latin me pourrir les oreilles durant une bonne dizaine de minutes avant de lui redonner la même réponse laconique concernant son poulain et héritier.

Seulement, cette fois je le mets au défi de m’envoyer une équipe en lui clamant que je le prendrais personnellement comme une insulte gravissime et une déclaration de rupture unilatérale de relations cordiales. Avec les conséquences que cela impliquerait. Je m’attends à ce qu’il explose et me prenne au mot mais suis étonné de l’entendre soupirer et m’expliquer que là-bas tout le monde est sur les nerfs en raison du silence d’Alessandro à cause de la guerre latente contre la Camorra. Je me calme à mon tour et lui tisse un autre bobard comme quoi Alessandro avait encore un peu de mal à encaisser la manière dont on lui avait caché son ascendance pendant si longtemps. Sonny est un vieux briscard et un renard expérimenté mais il semble accepter cette explication. Je lui dis que je vais tout faire pour le convaincre de revenir vers eux parce qu’il le faut et raccroche.

(…)

Tous les membres de l’organisation sont installés autour d’une modeste table basse en plein milieu du HCC. Des fauteuils et des canapés de piètre qualité habituellement réservés à la faune des parieurs encerclent le petit morceau de bois sur lequel repose des bières. Nous attendons Alessandro qui m’a fait convoquer toute l’organisation pour une réunion de crise exceptionnelle. Installé sur un fauteuil, je contemple l’organnizzazione d’un œil hautement critique et désabusé. Autour de moi la Stiddia fait bloc. Mon ami d’enfance, mon mentor, l’ami de Milan, la fratrie de Jade et Elias. De l’autre côté la Squaddra sans l’irlandais. Entre nous les hommes du HCC et Largo. Si cela n’empeste pas le schisme potentiel à plein nez je ne vois pas ce que cela sent. Milan affronte Ryan du regard tandis que je discute avec Nolan de l’état de Lenno qui s’est grandement amélioré. Soudain, le brouhaha se stoppe et Amaro s’avance vers nous. Une fois le loup devant nous, je me lève et feins une joie sans borne. Le voilà de retour parmi nous ! Notre grand patron. Bienvenu chez toi Alessandro. Puis, je me rassois rapidement tandis que la Squaddra accueille son chef avec entrain.

Je me contrefous de devoir lui rendre sa place au sommet. Je ne l’ai jamais voulu. Je m’en moque comme d’une guigne. Seulement, notre amitié est profondément endommagée désormais sans compter que j’ai passé la semaine à me faire harceler par un foutu sicilien, que j’ai dû gérer l’insolence d’un ancien militaire à qui j’ai offert ce job et que ma lionne et ma fille ont quitté la ville la veille. Officiellement parce que le clan a rappelé Za mais officieusement parce que mon épouse voulait s’éloigner de Beacon Hills. Je suis désormais celui qui est à deux doigts d’exploser et je ne compte pas prendre la peine de masquer mes sentiments vis-à-vis de toute cette situation. Je suis las de l’hypocrisie pour préserver les apparences.
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Il morte per un regalo || PV Mio amico Arès
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