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 The broken beast inside me PV Will

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Cassian Norton

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MessageSujet: The broken beast inside me PV Will   Dim 29 Oct - 19:11

The broken beast inside meQuatre jours cela faisait quatre jours que j’avais décroché un second job. Le campus cherchait un prof de sport depuis plusieurs mois déjà mais n’avait pas eu de candidature. Les étudiants avaient dû aller effectuer leurs cours de sport au lycée de la ville depuis la rentrée. Les plages horaires différentes rendaient les choses compliquées sans compter le fait que le prof de sport du lycée n’était pas sous contrat du campus mais du lycée. Ils s’étaient arrangés tant bien que mal pour que les étudiants puissent avoir quelques cours de sport mais la situation avait été difficile. En soit, le sport n’était qu’une option dans la plupart des cursus car les filières sportives se trouvaient dans des universités voisines mais pour avoir été moi-même étudiant, je savais que cette option en plus de rapporter des points utiles était nécessaire pour le bien être intérieur. Se bouger était aussi bon pour le corps que pour l’esprit. Permettait de se défouler tout en décompressant entre deux révisions acharnées et de ne pas se laisser aller physiquement avec le rythme des soirées étudiantes. Bref, si vous me posiez la question je vous ferais l’éloge du fait de se remuer le popotin et de souffrir un peu pour libérer des endorphines mais puisque cela permettait de renflouer mon compte en banque je pense que vous douteriez de ma sincérité.

Alors, que si la boxe était ma passion le sport en général avait mon affection. D’ailleurs, lorsque je m’étais rendu sur le campus et chez le directeur pour être plus précis afin de déposer ma candidature je m’étais attendu à un refus assez net et logique. Puisque la boxe n’était clairement pas le sport type que l’on proposait aux étudiants habituellement mais le quarantenaire à la mine avenante n’avait pas fait de chichi et m’avais simplement interrogé sur ma propension à enseigner autre chose que de la boxe. Je m’étais montré sincère et avais dit que je pouvais me charger d’endurance, d’athlétisme, de basket, de soccer, de football et de boxe mais que c’était à peu prêt tout. Il m’avait dit en riant que la gymnastique et la natation n’avait de toute manière pas beaucoup d’adeptes dans le coin. Le courant était bien passé même si je sentais qu’il désespérait de trouver quelqu’un. Mon diplôme de gestion qui m’avait permis d’ouvrir ma salle de boxe et un bar dans ma ville de naissance et me permettrait de reprendre la salle de Colton si ce dernier ne changeait pas d’avis acheva de convaincre le directeur ce qui était assez surréaliste car il s’agissait de gestion d’établissement privé. Mais, je n’allais nullement me plaindre de ce traitement de faveur et remerciais plutôt la chance que le poste vacant n’ait pas trouvé preneur. Je signais le contrat dans la journée.

Contrairement aux autres profs, je n’avais pas de copies à corriger, pas de choses particulières à préparer si ce n’est me renseigner sur les sports ou je n’étais pas très calé pour le reste mes aptitudes d’entraineur de boxe faisaient le reste. Les horaires étaient fixes et n’entraient pas en concurrence avec ceux de la salle de Colton. J’avais le champ libre pour mener les deux jobs de front. La nouvelle avait ravi Kae qui m’avait chaudement félicité et j’avais fait de même en apprenant qu’elle avait décroché un poste à la mairie. Malheureusement, ce n’était pas tout à fait celui de paysagiste car le poste était occupé mais un poste d’assistant de ce dernier. Cela suffisait à ma sœur de cœur qui ne désirait rien de plus que de se mettre elle aussi à travailler. Le travail permettait de nous occuper l’esprit et donc éloigner les spectres de nos cauchemars sans compter que nous n’avions pas encore quitté l’hôtel. Il était temps de nous installer quelque part mais ce choix restait le plus difficile et nous n’avions même pas encore pris la peine d’étudier les annonces de location, preuve que le traumatisme était encore trop ancré en nous pour que nous puissions pleinement accepter notre nouvelle réalité. Cela viendrait en temps voulu me disais-je sans être réellement convaincu. Il faudrait surement nous faire violence pour passer le pas mais une fois que cela serait fait. Beacon Hills deviendrait réellement notre nouveau foyer.

(…)



J’avais donné mon premier cours de sport en cette fin d’après-midi et tandis que les derniers étudiants rejoignaient le campus et les résidences étudiantes ou leurs logements en ville, je rangeais le matériel et m’assurais que personne n’avait rien oublié. Mon casque sur les oreilles diffusant la mélodie d’une chanson lettonne que j’appréciais particulièrement, j’arborais un infime sourire en effectuant ma besogne. Le cours s’était très bien passé et le courant avec les étudiants avait été bon. Peut être parce que je n’avais pas plus de dix ans de plus qu’eux pour les plus jeunes d’entre eux. Est-ce que mon physique avait fait murmurer certaines ? Est-ce que des élèves m’avaient maté sans gêne ? Est-ce que j’avais plaisanté avec des jeunes qui ne me rappelaient que trop bien mes propres amis que je ne reverrais probablement jamais ? Est-ce que j’avais choisi d’endosser le costume du prof cool au possible ? Assurément. Mais en même temps la matière que j’enseignais n’était pas des plus assommantes il convenait de le dire. Je m’étais néanmoins montré exigeant au niveau du travail. C’était tout de même un cours de campus non pas une récréation. Je m’apprêtais à quitter les lieux et à aller souhaiter une bonne fin de journée à mes collègues avant d’aller chercher K à la mairie mais quelque chose m’interrompit sur ma lancée.

Une bande de jeunes approchaient du terrain de basket avec visiblement l’idée d’en profiter. Seulement, je ne les reconnaissais pas et ne pensais pas qu’ils étaient étudiants sur le campus or le matériel était réservé à ces derniers pour éviter les déprédations ou les problèmes. Bien sûr, si des étudiants ramenaient des amis extérieurs occasionnellement cela ne posait pas de problème éthique excessif mais ces jeunes-là avaient plus l’air de voyous qu’autre chose. Or, c’était ma responsabilité de veiller sur le matériel sportif du campus. Je vais à leur rencontre, retire mon casque et détaille les six jeunes. Vous êtes étudiants sur le campus ? Occupe-toi de tes oignons mec. C’est justement ce que je suis en train de faire. On veut juste faire un basket. Si vous n’êtes pas étudiants je vais vous demander de quitter les lieux. Je crois que c’est toi qui va décarrer plutôt. Un soupir s’échappe de mes lèvres alors que je tente de me maîtriser. Depuis, l’arrivée dans cette ville j’étais parvenu à ne pas me laisser déborder par mes émotions mais là c’était terriblement tentant de me défouler sur ces fouteurs de merde. Je tente de m’apaiser en pensant à Kae mais l’attitude des six ne me facilite pas les choses.

Mon loup me mène la vie dure et tente de m’influencer à laisser exploser toutes les émotions qui nous torturent sur ces crétins. Lorsque l’un des jeunes me bouscule, je craque finalement et esquisse un sourire mauvais. Vous allez dégager ou je vais vous faire dégager. Ils éclatent de rire et je laisse le chef de la bande me coller une droite. Un filet de sang s’écoule de mes lèvres. Mon loup se rue contre les barreaux qui le maintiennent en cage et je me jette sur les jeunes. Je suis suffisamment capable de me maîtriser pour ne pas me transformer mais j’utilise mon corps et ma technique humaine pour leur coller une raclée jusqu’au moment où des pas précipitées résonnent à mes oreilles et que je sente une aura d’alpha.
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MessageSujet: Re: The broken beast inside me PV Will   Jeu 2 Nov - 14:50

Shepherd
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The broken beast inside me
Aussi imprévisible que du lait sur le feu. Voilà ce que me dit Mady depuis le départ de James. Celui que j’ai mordu s’est enfui. Mes émotions sont exacerbées. Je passe de la déprime totale, à l’exubérance d’un enfant où Maxine en fait souvent les frais. Je prends le départ de James comme un échec personnel. Mais en même temps, je n’ai jamais eu envie de mordre quiconque. C’est arrivé par la force des choses. L’écossais est un homme mature qui avait déjà, avant de devenir loup, une bonne maîtrise de lui et un sens de l’ordre. Il n’en reste pas moins un homme tempétueux et orgueilleux. L’orgueil est le pire des tempéraments pour un loup, car il amène à la violence, immanquablement.

L’arrivée et l’installation de Maxine à la maison a redonné un peu de gaité à la maison. Kada’an a trouvé une sœur de meute. J’espère que ça l’aidera à surmonter son chagrin et sa colère face à l’abandon de James. Tobias est ravi de la situation et tente de se poser en mec cool. Une bonne chose, car pendant qu’il joue les jolis cœurs il ne déclenche pas de bagarre au lycée. Arès m’apporte également beaucoup. La force tranquille qu’est le tigre me permet de vider mon sac et -quelques bières- en sa compagnie. Je sors de nos échanges plus léger et plus serein.

Au lycée j’aide une jeune louve à appréhender sa condition de garou. Il y a du travail, mais la jeune fille est volontaire. Quelques heures aux lycées, quelques heures au campus, puis des missions au poste de police font que je bouge beaucoup et je commence à bien connaitre la ville et une partie de ses habitants. Je commence à être connu pour mes qualités de médiateur. Il est impossible de contenter tout le monde. Lorsque l’on a compris ça, il est possible d’aborder ce métier sous un autre angle.

Je viens de finir un cours sur la géologie de notre région. Les étudiants sortent en nombre  dispersé. C’est ce qui est agréable sur le campus par rapport au lycée où à chaque sonnerie, j’ai toujours l’impression de lâcher des fauves. Une étudiante s’approche de moi avec le polycopié du cours. Une bouche agréablement dessinée, un rien provocante, de longs cheveux auburn qui lui chatouillent le bas des fesses, elle est en tout point désirable. Je me fais violence pour  ne pas concentrer mon regard sur son décolleté. Il me faut avouer qu’une certaine polonaise a réveillé en moi des désirs inassouvis. Et à ma grande peine, la belle semble avoir disparue de la ville. Bella me demande une explication sur la faille de San Andrea. Je la rassure lui disant que la compréhension de la structure et de la dynamique de cette faille est complexe, car elle s'intègre dans le contexte particulier de la disparition par subduction de la plaque Farallon, et de l'ouverture du golfe de Californie.

- Vous ne voulez pas m’expliquer cela devant un verre au Pink Print par exemple ?
- Euh… Si je t’accorde ce privilège, je vais finir par passer tout mon temps au bar avec mes élèves. Fouilles le site de l’USGS tu y trouveras les réponses à tes questions.
- D’accord... A la prochaine Willem.
- Monsieur Shepherd…
- A la prochaine monsieur Shepherd.


Je la regarde s’éloigner, ses cheveux balayant sa croupe rebondie. Des courbes qui redressent des droites, disait je ne sais quel anonyme dans une citation à la con qu’affectionnaient mes sœurs. Je m’étire, me gratte le cou songeant qu’il serait bien que je me rase. L’occupation de la salle de bain est sujet à d’âpres négociations. Avec Keanus, nous avons un projet de nous bricoler un truc dans la grange tant cela commence à devenir irritant.

« Je ne peux pas ouvrir, mon verni n’est pas sec. Attends ! » : 15 minutes
« Non ! Hors de question que je sorte avec mon masque à l’argile sur le visage. Attends ! » : 25 minutes.
« Mais tu n’es qu’un pervers Will’ ! Si je sors avec simplement une serviette, tu vas tirer dessus… Attends ! » : 30 minutes.
« Je me coiffe, j’en ai pour deux minutes ! Attends ! » : 30 minutes.
« Je me fais le maillot, reviens dans cinq minutes ! » : 45 minutes.
« Juste le temps de pose de ma colo et c’est libre ! Attends ! » : 2 heures…

J’ai déjà repéré une vieille baignoire en taule émaillée dans un terrain vague. Il faut juste tirer l’eau depuis le robinet d’arrosage et bricoler une évacuation. Kean’ voit pour nous faire des murs en planches. Avec le frangin, on a même prévu à ce que cela s’ouvre sur l’extérieur avec une planche pour poser une bière ou deux. Reste le problème de l’eau froide. Si cela nous a jamais dérangé, j’avoue que depuis que nous nous sommes installés j’apprécie de plus en plus les douches chaudes. J’envoie un message à Kean’.

« - Hé Frérot, tu penses qu’il serait possible de bricoler quelques chose avec un poêle à bois et une citerne pour l’eau chaude ? »
« - Possible, mais il faut s’y prendre deux heures avant pour faire chauffer l’eau… »
« - Ah oui pas cool… »


J’ai rangé mes affaires et réfléchis à mes idées de plomberie et de salle de bain en semi plein air, suffisamment rustique pour éloigner les filles, suffisamment  confortable pour que l’on y soit pépère. Je compte Tobias dans les filles sur ce projet.

Passant par les terrains de sport pour rejoindre le parking et l’Impala, j’entends du grabuge du côté des terrains de basket. Je reconnais la voix de Timothy. Pff ! Nous nous étions pourtant mis d’accord sur la limite à pas dépasser, si lui et sa clique voulaient faire quelques passes sur les terrains du campus. Je ne sais pour quelles raisons, mais le campus est en pénurie de professeurs de sport, ce qui laisse les terrains de sport relativement innocupés. Faut dire qu’il suffit de croiser Finstock, pour penser que ce métier peut rendre cinglé. Quoi que j’aime bien l’humour du coach Finstock, toujours décalé et à contre-courant. Il est la terreur des lycéens.

Une bagarre est en cours. Une rixe absolument pas équilibrée. Timothy et cinq de ses potes contre un gars que je ne connais pas. Ce n’est pas pour le mec que je m’inquiète, mais pour cet idiot de Timothy et sa bande. Quoi qu’ils ne peuvent pas deviner qu’ils ont un loup garou en face d’eux. Laissant sortir mon aura, j’accélère pour m’interposer avant qu’un drame survienne. Il n’y a pas quinze façons de couper cours à la fureur d’un loup. Je m’impose et m’interpose dans la mêlée me mettant entre le marteau et l’enclume. D’une prise ferme, je tiens les deux poings des adversaires qui étaient en prise directe.

- Oh ! Les poings ne sont pas la meilleure des méthodes pour dialoguer.

D’un regard, je zieute l’Oméga, vérifiant que j’ai suffisamment calmé ses ardeurs et sans lâcher son poing je me tourne vers Timothy.

- Nous avions un contrat pour l’occupation du terrain Tim’ ! Pas quand des étudiants s’en servent et surtout pas de vague. Tu m’expliques ?

Avec prudence, je relâche ma prise, et sur Timothy, et sur ce loup qui me semble plutôt balèze pour un simple oméga. Tim’ m’explique dans son langage imagé, qu’ils jouaient quand l’autre type est intervenu pour les faire dégager de là. J’imagine que l’échange ne s’est pas fait avec courtoisie. Timothy vit dans la banlieue Est de Beacon Hills. Comme tous les jeunes désœuvrés il glisse doucement sur la pente de la délinquance. Il avait eu affaire à moi pour le pillage d’une épicerie. Lui et sa bande s’en étaient tirés avec des travaux d’intérêts généraux. Par la suite, je l’avais à nouveau approché et essayé de l’extraire de cette banlieue qui le tire vers le bas. Le basket avait été un sujet entre nous et nous avions disputé plusieurs parties sur les terrains du campus. Le challenge des parties et les discussions m’avaient permis d’apprivoiser ses jeunes. Seulement, ils restent fragiles et un rien leur fait relever leur bouclier. Je me retourne vers le loup et me présente.

- Je m’appelle Willem Shepherd, je suis professeur de Science et vie, et je suis également le médiateur du campus. Vous me donnez votre version, monsieur… ?

Maintenant que je lui fais face, je relâche doucement la pression de mon aura. C’est toujours un peu périlleux de s’imposer à un autre loup. Tous ne réagissent pas de la même façon.




Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

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Cassian Norton

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MessageSujet: Re: The broken beast inside me PV Will   Jeu 2 Nov - 19:06

The broken beast inside me

La fureur du combat fait bouillonner mes veines au sens littéral du terme. Mon rythme cardiaque s’emballe à toute allure alors que je me jette sur les six humains de quelques années mes cadets. Mes yeux lancent des éclairs et mon expression est résolument celle d’un type ayant pété une durite. Alors que j’envoie une droite dans la mâchoire de l’un des jeunes et esquive un coup de pied dans le dos en me jetant sur le côté, je sens l’intense satisfaction de mon loup intérieur. Enfin, nous allions pouvoir évacuer toute cette hargne, cette frustration, cette rage brûlante prenant racine dans la chape de désespoir et de malheur enserrant mon âme meurtrie entre ses crocs avides. Je la gardais au plus profond de mon être depuis trop longtemps bien trop longtemps. Au point qu’elle me rongeait littéralement de l’intérieur et obscurcissait mes pensées quotidiennes. Mon esprit torturé aux chemins tortueux est plongé dans un abîme de violence libératrice. Je tente une dernière fois de m’apaiser en pensant à mon ancre ma sœur de cœur mais cela produit l’effet inverse et ma colère ne fait que s'accroître. Un coup de pied va durement percuter un estomac alors que je saisis l’un de mes adversaires pour le jeter sans ménagement sur deux autres qui chutent mais se relèvent prestement dans la foulée.

Mon loup se déchaîne contre les barreaux de sa prison intérieure et se jette dessus en grondant comme s’il souhaitait briser mon joug autoritaire. S’il y parvenait, je perdrais irrémédiablement tout sens de la mesure et pourrais bien exécuter des gestes que je regretterais certainement toute ma vie. Je ne cherche pas à esquiver les coups qui me sont destinés au contraire je les accueille avec un plaisir sadique car ils me font me sentir foutrement vivant au milieu d’un monde devenu quasiment sans saveur. Mon loup gronde, claque des mâchoires dans le vide, donne des coups de pattes implacables dans mon esprit ce qui me colle une migraine monstrueuse. Il enrage de tourner en rond dans sa cage de chair et se repait de cette explosion de brutalité qu’il se complait à attiser. Je n’ai plus rien d’humain en cet instant précis quand bien même mes griffes et mes crocs ne sont pas de sortie et que c’est sous mon apparence humaine que je livre ce combat inégal pour mes adversaires de fortune. Je me fais la réflexion que cela aurait pu ètre n’importe qui. La première personne ayant la folie de provoquer l’émergence de la bête qui sommeille en moi. Un coup de boule que j’envoie sur le front d’un jeune que mon loup perçoit presque quasiment comme une menace mortelle désormais le fait chanceler avant que je ne décoche un uppercut dans une mâchoire.

Les six jeunes parviennent encore à tenir debout ce qui force le respect et comprenant qu’ils n’avaient aucune chance face à moi à moins d’unir leurs forces et de travailler de concert m’encerclent désormais dans un cercle parfait. Cette fois, je sens que je ne pourrais pas tirer plus longtemps sur les chaines de ma part animale. Lutter contre mon loup et mes adversaires m’a épuisé et le loup en moi le sait puisqu’il continue de plus belle. De plus, ce dernier se perd dans les souvenirs sanglants du drame ayant frappé notre meute. Des balles ravagent le chalet devant mes yeux embués de larmes, mes frères et sœurs de meute tombent les uns après les autres transpercés de balles de fusils d’assaut remplies d’aconit. Le sang, il y en a partout. Ma chemise en est imbibée et la cervelle d’Ashton est étalée à mes pieds. Un coup d’œil vers père m’indique qu’il a été touché. L’alpha m’appelle en murmurant. Mes larmes dévalent mes joues lorsque je comprends ce qu’il me demande. Je me laisse tabasser par les six jeunes en proie à une vague de souvenirs incontrôlables et dangereux. Mes griffes s’enfoncent dans le cœur de mon alpha et père qui meurt sur le coup. Mère refuse de me suivre à l’instar des survivants. Seule Kae accepte de fuir, je saisis sa main et l’entraine vers l’arrière.

Les hurlements lugubres célébrant nos morts résonnent dans l’air comme un cri de guerre d’une bravoure inégalable. Je sens la chaleur de la main de ma sœur de cœur qui m’empêche de me retourner. Les liens de ma meute fondent dans mon torse et me détruisent de l’intérieur. Ma meute brûle. Ma mère est morte comme une Norton. Une louve protégeant son petit. Les coups pleuvent sur moi mais je les sens à peine car je ne suis plus vraiment à Beacon Hills mais ailleurs au plus profond de ma mémoire souillée par l’horreur. Le visage de Kaelyn est dévasté. Le visage de Kaelyn est fermé. Le visage de Kaelyn n’exprime aucune émotion. Le visage de Kaelyn est ruisselant de larmes intarissables. Le visage de Kaelyn est tuméfié et ensanglanté ! Je me jette sur les chasseurs qui nous ont retrouvés avec une lueur de folie dans le regard. Ils veulent me la prendre. Ma sœur de cœur, mon ancre, ma petite louve, ma raison de vivre ! Jamais ! Je ne les laisserais pas faire. Tuer pour sauver. Tuer pour protéger. Tuer pour venger. Mes mains et mes crocs sont couverts de sang, j’ai le gout acre et métallique de l’écarlate sur les lèvres mais cela n’a aucune importance. K est en train d’agoniser. Soudain, je repousse mes assaillants en une seule poussée pour les ravager de coups précis et puissants. Je cherche à faire mal, à casser et démolir. Je veux entendre leurs os craquer. Je veux qu’ils souffrent autant que je souffre. Je m’apprête à briser un bras au moment où notre attention est détournée par une nouvelle menace. Mon loup gronde de mécontentement et je partage son avis. Un autre loup débarque et s’interpose. Je sens son aura qui veut m’écraser mais je résiste de toute mes forces.

Je suis un fils d’alpha, j’ai été alpha. Je ne plierais pas. Je ne plierais pas ! Résistant quelques instants à la volonté supérieure du dominant aux yeux rubis, je le fusille du regard lorsqu’il saisit mon poing qui allait s’écraser sur la mâchoire du chef de bande. Mon loup enrage et je suis d’accord avec lui mais l’aura de l’alpha inconnu fait malheureusement son effet et me contraint à me calmer. Mon loup pousse un glapissement après avoir continué de gronder en continu dans mon esprit. Je finis par me calmer en inspirant en en expirant mais surtout en sentant l’odeur de Maxine sur l’alpha. L’odeur de Maxine ! Qu’est-ce qu’elle fait là ? Mon loup se redresse prêt à reprendre les hostilités mais pour ma part, je ne compte pas le laisser me dominer de nouveau. Non pas que cela me chagrinerait de reprendre là où je m’étais arrêté mais je refuse de laisser mon loup prendre le pas sur ma volonté. Mon animosité se reporte de facto sur cet alpha que je devrais plutôt remercier de m’avoir empêché de commettre l’irréparable. Seulement, les remugles de ce que je viens de vivre sont encore trop puissants pour que je devienne de nouveau pleinement rationnel sans compter que mon loup n’apprécie pas que le parfum de Maxine se trouve dans le sillage de l’alpha.

Ce qui est ridicule car c’était probablement son alpha, celui dont elle m’avait parlé. Mais, je n’y peux rien dans un moment pareil. Mon regard sur le loup pourrait faire cailler du lait. Contrat, occupation de terrain, étudiants, pas de vague. Qu’est-ce que cette histoire ! Est-ce que j’ai une tronche d’étudiant ? Laissant les six victimes de mon courroux instables s’expliquer à leur manière, je reporte mon attention sur le ciel au-dessus de ma tête et laisse le visage de ma sœur de cœur de nouveau parvenir à m’apaiser. Son aura m’écrase et m’entrave ce que mon loup ressent comme une humiliation. Finalement, ce dernier se tourne vers moi et m’interroge. Je suis persuadé que mon regard en cet instant pourrait vouloir dire j’ai envie de t’éviscérer. Pourtant, je réponds le plus paisiblement possible. Monsieur Norton, je suis le nouveau professeur de sport. J’ai été engagé il y a quelques jours seulement. Je n’ai fait qu’appliquer le règlement à la lettre ce que n’importe quel professeur venant tout juste d’ètre engagé aurait fait. Le matériel sportif est réservé aux étudiants du campus. Je ne pouvais pas savoir que ces jeunes avaient une dérogation particulière de votre part. Je croise mes bras devant moi et plonge mon regard toujours aussi noir dans celui de Willem Shepherd et ce surtout pour éviter de regarder les jeunes que j’aurais pu…Parce que j’ai peur de ne pas me retenir et de me jeter de nouveau sur eux et également honte de ce qu’il venait de se passer. Par contre, hors de question que je présente la moindre excuse. Quand bien même, je lui suis extrêmement reconnaissant d'ètre intervenu.

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MessageSujet: Re: The broken beast inside me PV Will   Mer 8 Nov - 22:22

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The broken beast inside me
- Monsieur Norton, je suis le nouveau professeur de sport.

Mais pourquoi je ne le sais pas ?! On me cache tout, on ne me dit rien dans cette boutique ! Sérieux avec sa tête de boxeur, une carrure de fauve, il ferait presque concurrence à Tigrou. Mais Tigrou c’est un marrant. Bon il tue parfois des gens… Quand il ne peut pas faire autrement…  Puis c’est Amaro le vilain. Je ne sais rien M’sieur l’agent. Ok… j’ai des fréquentions plus qu’étrange…

- J’ai été engagé il y a quelques jours seulement.

Ah ceci explique cela… Sa note de nomination devrait paraître dans un bon mois minimum. Je prends un air entendu, histoire de ne pas passer pour un c*n. Enfin si ce n’est pas trop tard…

- Je n’ai fait qu’appliquer le règlement à la lettre ce que n’importe quel professeur venant tout juste d’être engagé aurait fait.

Oui c’est certain, mais bon faut pas être rigide comme ça. Jamais il ne sourit ? Il me semble pas commode lui. Faut que je lui présente Tigrou. Impossible de résister à l’humour de Tigrou. Enfin, moi ça me fait marrer. Ok, je suis un public facile à divertir. Si je lui patpat la tête, il se déride le Norton ou ?

- Le matériel sportif est réservé aux étudiants du campus.

Ou pas. Punaise ! Encore un à cheval sur le règlement ! J’parie qu’il va leur sortir la méthode militaire en cours de sport. Un esprit sain dans un corps sain. Il a déjà mangé un donuts de sa vie ou…

- Je ne pouvais pas savoir que ces jeunes avaient une dérogation particulière de votre part.

Ou pas… Me voilà implicitement accusé de contourner le règlement. C’est vrai que j’ai pris des libertés… Il me toise d’un regard noir, la bouche en u inversé, aussi avenant qu’un Arnold Schwarzenegger dans Terminator… Je lui sors un « Hasta la vista baby » ? Ou je m’abstiens ? Sur le côté ça commence à ronchonner. Le jeune de banlieue aime rarement s’prendre une branlée. Comment je rattrape ça moi ? Mon regard alterne entre grincheux et Section d’assaut version Beacon Hills. J’ai le choix entre la tronche à la Sitting Bull d’un côté et Geronimo de l’autre. Je lorgne les tronches. Ça pisse un peu le sang côté Section d’assaut, mais ils en ont vu d’autre. Côté Sitting Bull, il ne lui manque plus que les plumes sur la tête et un Tomawak et il est bon pour une rétrospective sur les amérindiens. J’opte de me concentrer sur Grincheux. Après tout c’est un collègue de travail, autant m’en faire un pote, enfin pas un ennemi.

- Tim’… à six contre un, ce n’est pas glorieux. Je suis fortement déçu. Allez moucher vos nez de gonzesses chez vos mères et que je ne vous revois plus avant un siècle ou deux. Oust !
- Mais M’sieur Sherpherd !
- La confiance se gagne lentement mais se perd vite Thimothy. Il n’y a pas d’autonomie sans responsabilité. Médite là-dessus on en reparle un autre jour.
- Mais c’est l’autre qui…


Mon doigt se lève et montre la sortie. « Section d’assaut » finit par quitter les lieux non sans faire une trogne à la Geronimo. Me voilà seul avec Grincheux-Terminator-Sitting Bull qui n’a visiblement pas aimé ma pression… Comme James ou Kada’an. Bordel, à quoi cela me sert-il si à chaque fois je vexe la terre entière ! C’est le moment où il faut que je trouve une phrase intelligente à dire.

- …

Oui, là et vite. « Vous voyez ? Sans violence et tout en douceur, c’est possible. » Cela serait un peu faux, la première fois que j’ai croisé Tim, c’était ici et avec les mêmes raisons que Northon. Je lui ai encastré la tête dans le panier de basket, en le soulevant d’une main. Ça les avait calmé direct. Je secoue la tête. Finalement mon collègue manque juste de style. Bon, faut que je lâche un truc. Sitting Bull a visiblement du mal à contenir le bestiau en lui. De Sitting Bull, il va se transformer en Standing Wolf… Je glousse à ma propre blague pourrie. Ok ! Abrège Will, sinon c’est ta tête qui va marquer un panier.

- C’est une bande de petits cons. Toutefois ils sont toujours mieux ici qu’en train de braquer une épicerie. Voyez cela comme une initiative personnelle de réinsertion… pas très réussie je vous l’accorde. Navré de m’être imposé, mais cela aurait été dommage de nous passer de professeur de sport dès son arrivée pour massacre de jeunes cons.

Je grimace. Je me sens penaud. J’ai l’impression d’avoir l’autorité d’un suricate. Je tente de me souvenir comment j’avais réussi à devenir pote avec Tigrou. Puis je me rappelle que ça avait été à coups de torgnoles, d’abord avec un type au Pink, puis après pour tirer Tobias d’une merde sans nom.

- Désolé, vous ne pouviez pas savoir en effet. Je…

J’ai envie de lui demander s’il a un souci pour être autant à cran, seulement la question est intrusive. Son odeur et son aura me disent qu’il n’est pas un mordu et qu’il n’est pas seul. Je n’ai pas senti l’aura d’un alpha récemment arrivé, ou alors il ne s’est encore pas trop montré. C’est parfois difficile les rencontres entre loup garou. On peut se renifler de derrière, au sens figuratif bien sûr, mais cela ne remplace pas une discussion avec des mots.

- J’ai fini mes cours. Si vous voulez nous pouvons faire plus ample connaissances dans un des bars qui jouxtent le campus.

Je passe pour un poivrot non ? Surtout qu'à traîner au Pink comme je le fais... parfois je regrette que l'alcool ne me fasse aucun effet. J'observe souvent les clients du Pink, repère ceux qui entre avec une mine tristounette et qui après un verre semblent déjà mieux. J'ai beau savoir que c'est une illusion de bonheur et de gaité, mais parfois je me contenterai bien de cette illusion, juste quelques heures où je n'entends pas mes bêtas me menacer implicitement de mort, où ma famille se faire hacher menu au fusil automatique. Être loup signifie être consentement lucide. La seule ivresse à laquelle nous pouvons nous abandonner est celle de la violence du prédateur.




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Cassian Norton

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MessageSujet: Re: The broken beast inside me PV Will   Ven 10 Nov - 0:22

The broken beast inside meMon regard encore illuminé d’une lueur meurtrière fixe l’alpha qui me fait l’effet d’une souris coincée entre un groupe de chiens sauvages à deux doigts de bondir pour venger le premier sang et un loup déchainé qui doit se faire violence pour garder son calme. Ce qui est somme toute franchement ironique pour un garou aux yeux rubis censé ètre le sommet de la chaine alimentaire. Je pourrais presque esquisser un sourire moqueur si j’étais d’humeur mais je dois jeter toutes mes forces et ma volonté dans la bataille intérieure qui est la mienne. L’image de Kae gravée dans mon esprit nous a apaisé tous les deux. L’un des rares points sur lequel nous serons à jamais d’accord. Notre petite louve. Pourtant, mon loup reste encore sur les nerfs à cause de la présence des jeunes non étudiants en face de lui, ceux-là mêmes qu’il aurait adoré éviscérer si monsieur le médiateur ne nous en avait pas empêché de justesse en nous humiliant littéralement de son aura. Quand bien même, je suis soulagé de ne pas être passé à l’acte grâce à son intervention je partage néanmoins le ressentiment de mon animal intérieur qui tourne désormais en rond dans sa cage de chair. Comme un prédateur attendant patiemment son heure. L’image de K nous avait apaisé mais une image ne serait jamais comparable à une présence réelle. Seuls les bras de ma petite sœur autour de moi pouvaient complètement nous tirer mon loup et moi de l’agitation frénétique d’un esprit traumatisé.

Mes yeux continuent de toiser le chef de meute comme si je voulais le faire se transformer en statut de sel sur place. Serait-ce si insultant de dire que le professeur de sciences n’a pas franchement la gueule de l’emploi ? Ethan m’aurait dit de ne pas juger un livre à sa couverture mais oncle Maddox aurait méprisé ce loup au premier coup d’œil j’en suis persuadé. Oncle Maddox…Si, j’avais été persuadé qu’il pouvait être un protecteur compétent pour ma sœur de cœur et moi je n’aurais jamais foutu les pieds dans cette ville et nous serions remonté vers le nord aussi sec à toute vitesse mais Madd n’était pas le genre d’oncle à vouloir tenir les siens loin des problèmes. Bien au contraire. Son regard alterne les deux camps belligérants une fois puis une seconde puis une troisième. Non mais sérieusement, je commence sérieusement à douter de ce que l’on m’avait dit au sujet de cet alpha. Il n’y a pas l’air d’en avoir beaucoup en ville par ailleurs. Ce qui me parait franchement étonnant dans une ville possédant une telle concentration de surnaturels. Ma dernière phrase sonne dans mon esprit comme une excuse. Certes, je lui renvoie la faute de manière implicite mais il devra se contenter de cela c’est certain.

Je réprime un soupir et m’apprête à quitter les lieux en bousculant tout ce petit monde parfaitement inutile pour aller chercher Kae à la mairie mais c’est pile à ce moment que monsieur le moralisateur choisit son camp avec discernement. Je le regarde renvoyer ses petits protégés sans dire un mot. Mon loup se calme quelque peu avec le départ de ses proies ou de ses agresseurs simple question de point de vue j’imagine. Un silence pesant s’installe et ce n’est certainement pas moi qui fera le premier pas pour le briser. Je profite de ce face à face un brin gênant pour détailler l’alpha qui me fait face. Une idée commence à germer dans mon esprit et cette dernière plait énormément à mon double lupin. Je ne suis pas convaincu par ce loup censé ètre un leader craint dans notre hiérarchie pyramidale alors je vais devoir lui faire passer un test de rattrapage. Je ne serais même pas prêt à envisager de lui confier ma sœur de cœur s’il échouait et franchement s’il finissait par me convaincre je n’en suis pas non plus certain. Ne juge pas un livre à sa couverture mon fils me répétait souvent mon père. J’étais d’accord avec lui sur cet adage mais là les choses ont changées et je ne peux pas me permettre de me tromper sur une telle question. Ma propre vie m’importe peu mais pas celle de K. Deux Omegas feraient des cibles faciles mais une meute. Bon et bien, allons-y pour la vérification qu’il ne me fera pas perdre mon temps.

Le loup glousse à une blague intérieure et je dois réprimer un sourire moqueur en coin à l’idée qu’il gloussera beaucoup moins dans quelques instants. Rassénéré par mon idée et focalisé sur Kaelyn mon loup cesse de tourner en rond et consent à se calmer. Je laisse mon visage se défaire de mon expression agressive pour arborer un masque d’impassibilité presque amical en l’état. Mes pensées plongent dans mes souvenirs d’Esperanza à une triste époque. N’avons-nous pas tous été un jour des petits cons ? Je suis d’accord avec vous. Mieux les vaut ici à se défouler qu’à gâcher leurs vies dans une voie sans retour. La cause est belle en tout cas. Un léger rire passe mes lèvres à sa remarque. Son expression choquée me pousse à rire davantage. Il s’imaginait que j’étais un terminator incapable de ressentir une autre émotion que de la colère. Visiblement, je ne suis pas le seul à avoir jugé un livre à sa couverture. J’ai entendu dire que le prof de sport du lycée est un sacré numéro mais oui je l’aurais battu à plate couture sur ce coup-là ce qui aurait été bien dommage comme vous dites.

Une grimace se peint sur son visage. Peut être qu’il se rend compte que je l’ai vu comme une souris tout à l’heure. Pas terrible pour un porteur de prunelles rubis. N’en parlons plus voulez-vous. Cela arrive. Je laisse mes sens planer à droite et à gauche pour m’assurer que nous sommes bien seuls avant de me préparer pour le test de rattrapage. Juste après sa proposition, je me jette sur lui et une droite percute durement sa mâchoire. Le regard interrogatif empreint de surprise pure pourrait me faire éclater de rire là tout de suite mais je repars à l’assaut bien conscient que je n’ai pas beaucoup de chance face à un alpha et concentré sur mon évaluation du professeur.

Les coups pleuvent et j’utilise ma puissance de loup et ma technique humaine pour prendre l’ascendant. Contrairement à tout à l’heure, je suis parfaitement lucide et cela se ressent dans ce combat. Je parviens à tenir tête au chef de meute quelques temps avant qu’il ne m’envoie au sol durement. Je percute le poteau du panier de basket dans un fracas métallique. Bon d’accord, il sait se défendre. Très bien même. Une sonnerie téléphonique flotte dans les airs et je crache un filet de sang avant de répondre. Allo, K. Oui, je vais avoir du retard. Mon regard se fixe sur le visage de l’alpha. Rentre sans moi. A tout à l’heure Kae. Le loup s’approche de moi et me tends une main que je saisis au vol pour me relever difficilement. J’accepte une bière avec plaisir après une journée pareille. Je vous suis. Je me doute qu’il doit me prendre pour un grand malade en cet instant précis mais qu’importe. Je devais le faire et puis on ne va pas se le cacher, j’en avais envie.
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Willem Shepherd

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MessageSujet: Re: The broken beast inside me PV Will   Mar 14 Nov - 21:36

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The broken beast inside me
Je suis assez content de mon approche. J’ai éliminé la source d’énervement de Norton et proposé une activité détente où je compte bien plaider ma cause et expliquer pourquoi je contourne un peu le règlement intérieur du campus. J’affiche un sourire serein. Arès m’a dit que je devais avoir confiance en moi. Je suis confiant… Norton a dit que ma cause est belle. C’est bon signe ? Non ?

Alors pourquoi ma mâchoire se prend un direct du droit. Effaré je regarde Norton. J’ai loupé un épisode ou ? Un autre coup me cueille au plexus, vidant l’air de mes poumons. Je ne comprends pas ce qu’il se passe. Un instant il me parle calmement, le moment suivant il me prend pour son punchingball. Mais c’est qu’il ne cogne pas à moitié ! J’ai le nez qui pisse le sang et je suis trop stupéfié et consterné pour songer à riposter. Je pare mollement les coups qui pleuvent. Puis peu à peu je bloque ses attaques. Il a une technique de combat que je suis bien incapable de lui rendre, cependant je reste un alpha avec une capacité de régénération plus rapide, une force légèrement supérieure, ainsi qu’une petite anticipation qui sauve mon nez d’un nouveau coup de poing. Mais cela ne l’arrête pas. Depuis quand ai-je subi une telle dérouillée ? Pas si longtemps. C’était avec Arès quand Tobias avait eu la bonne idée d’agacer un groupe d’omégas.

Un poing qui s’encastre dans mon estomac est le coup de trop. Étrange comme nous sommes tous différents face à l’agression. Étant de nature non violente, il me faut un temps pour répondre et renvoyer la politesse. Un temps où j’espère que cela va se calmer. Ce n’est pas de la lâcheté, simplement ma naïveté de penser qu’il est possible de régler les différents sans violence. Mais Norton semble attendre une réponse. C’est transformé en loup que je bloque le coup suivant et sans user d’une quelconque technique, me servant simplement de ma force brute, je l’attrape par le ceinturon et l’envoie planer en direction du panier de basket. Hélas, il est trop gros pour passer dans le cercle de métal, je ne marque pas de point. Sa chute est aussi rude que l’impact contre le poteau.

Faut pas pousser papy Shepherd dans ses retranchements ! Il en faut beaucoup pour me pousser à bout, mais il ne faut pas prendre cette résilience à la provocation pour de la lâcheté ou une quelconque faiblesse. La sonnerie de son téléphone sonne le gong de fin de combat. Il parle à une certaine « K ». Dans ma tête je pense au film, The men in black avec mister J et K. Je plisse le front, si Norton met une paire de lunettes de soleil, je m’enfuis en fermant les yeux ! Mais pas de lunettes, pas de bâtonnet qui flachouille. Je m’avance et lui tends la main pour l’aider à se relever. Non qu’il ait besoin de moi, mais en signe d’apaisement. Il semble que Norton ait eu besoin de s’assurer que je n’étais pas une chiffe molle.

- J’accepte une bière avec plaisir après une journée pareille. Je vous suis.
- A la bonne heure !


Je tape sur mes vêtements pour enlever la poussière. Notre rixe n’a que peu d’impact sur mon look de trappeur. Lorsque nous sortons de l’enceinte du campus, Norton et moi affichons un visage exempt de blessure. Je le guide jusqu’à un pub où je sais que nous pourrons avoir une table tranquille.

- Un peu de sport ne fera pas de mal à nos étudiants.

Phrase bateau qui n’appelle pas forcément à une réponse intéressante. Je laisse Norton commander ce qu’il souhaite, puis demande une Murphy’s, une bière irlandaise que Jerry le barman du Pink m’a fait découvrir. J’offre ma tournée, acceptant que Norton s’acquitte de la sienne plus tard et nous allons nous installer à une table.

Petit blanc dans la discussion. Difficile de reprendre le fil quand on s’est rousté comme des chiffonniers. Je décide de reprendre depuis le début et repartir sur une meilleure base.

- Willem Shepherd, alpha malgré lui de ce qui reste de ma meute. Je suis prof de SVT au lycée et sur le campus, et médiateur pour la police. Ce qui explique mes liens avec les petits cons de tout à l’heure. Vous… Tu as une sacrée droite !


J’engage le tutoiement. Ne voyant aucune contrariété de mon vis-à-vis, je poursuis sur cette voie.

- J’imagine que tu voulais voir ce que je valais. Comme tu peux t’en douter, je préfère le dialogue à la force brute. Seulement, j’ai un certain nombre de bêtas qui accroissent ma force intrinsèque. Je n’ai pas appris à me battre, j’exècre cela, mais je sais riposter quand c’est nécessaire… pour protéger les miens par exemple.





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MessageSujet: Re: The broken beast inside me PV Will   Mer 15 Nov - 14:57

The broken beast inside me
Si ma technique de combat combinée à ma puissance de loup garou m’avaient permis de coller une dérouillée à l’alpha face à moi, ce qui devait arriver arriva et j’avais été projeté contre l’un des paniers de basket à l’image d’un fétu de paille emporté par le vent. Je n’avais rien pu faire lorsque le loup aux prunelles rubis s’était finalement transformé visiblement finalement las de ce déchainement de violence implacable sur sa personne pacificatrice. Il m’avait simplement empoigné pour me jeter au loin. Mon loup était furieux d’avoir perdu ce combat comme il l’était toujours face à ce genre de résultat mais toutes les émotions violentes et dévorantes qui avaient désormais l’habitude de lui faire frôler la frénésie s’étaient estompées dans ce duel ironiquement illégal. On ne peut pas vivre seulement d’émotions négatives et corrosives. Non, c’est tout bonnement impossible. En cet instant, je ressentais simplement un grand vide au plus profond de moi-même. Ce qui était presque pire que de devoir me battre contre moi-même à mes yeux. Le vide signifiait le calme de mon double lupin et une communion relative mais c’était semblable à une mort de l’âme. Etre mort à l’intérieur il n’y avait rien de plus cruel d’autant plus pour un être comme moi qui avait vécu toute sa vie en appréciant chaque émotion entièrement, qui avait vécu chaque situation comme si elle pouvait être la dernière, qui avait vécu pleinement en croquant l’existence à pleine mâchoire.

Lorsque je pensais au regard préoccupé de Kae quant à ma capacité à redevenir celui que j’étais avant le drame, j’avais un sacré pincement au cœur parce que je doutais fort d’y parvenir. Sur ce coup-là, c’était elle qui devrait me montrer l’exemple, me guider sur la voie salvatrice de l’acceptation parce que je savais que je n’y parviendrais pas. Ce petit brun de louve que j’aimais de tout mon cœur devait s’en sortir parce que si ce n’était pas le cas, je ne verrais même plus l’intérêt de me battre. Les coups avaient été agréables. Chaque droite, chaque coup de pied, chaque coup de genou reçu m’avait rappelé que j’étais bel et bien en vie et non un spectre errant dans un monde sans saveur ni couleur. La violence était désormais ma malédiction et mon exutoire. Dualité paradoxalement complémentaire que celle-ci. Mon loup est furieux bien qu’apaisé mais il s’incline devant la puissance de l’alpha, lui reconnait son statut supérieur dans la hiérarchie malgré le coup porté à notre fierté. Ce n’était clairement pas un combattant mais il savait se défendre. S’il savait se défendre il savait défendre les siens. Je ne lui en demandais pas plus. Le test de rattrapage avait porté ses fruits. Encore heureux, étant donné que je me tordais de douleur au pied du panier de basket.

J’accepte la main gracieusement tendue du Shepherd et me relève difficilement. J’ai mal partout mais je sais que dans une dizaine de minutes tout au plus la douleur ne sera qu’un vague souvenir. Je tapote mes vêtements pour les débarrasser de la poussière accumulée au cours des échauffourées. Un soupir s’échappe doucement de mes lèvres lorsque je me rends compte que mon casque est brisé en morceaux. Bon et bien je vais devoir passer par une boutique d’électronique en rentrant. Une fois à peu près présentable malgré le sang s’écoulant de ma bouche qui devrait bientôt cesser de goutter j’emboite le pas au professeur de sciences et jette mon casque ou du moins ce qu’il en reste dans une poubelle sur notre route. Le trajet jusqu’à la sortie du campus se déroule dans un silence paisible que j’apprécie à sa juste valeur puisqu’il me permet de remettre de l’ordre dans mes pensées. Mon loup ne s’agite plus rasséréné par l’aura de l’alpha à ses côtés. L’orgueil mal placé à ses limites. Son aura est apaisante et non intimidante. Nos visages sont de nouveau intacts alors que nous quittons le campus pour nous engager dans les rues environnantes.

Nous nous dirigeons vers un pub à la devanture ordinaire mais accueillante. Un peu de sport ne fait jamais de mal mais il est vrai que mes étudiants d’aujourd’hui ont fait preuve d’un bel enthousiasme. Je ne suis pas prof de formation mais entraîneur alors j’appréhendais mais cela s’est très bien passé. Bon d’accord, je m’étends mais je pense qu’après notre entrée en matière un peu d’ouverture et de sympathie ne peuvent guère faire de mal. Nous entrons dans le pub et je remercie l’alpha qui propose de payer la première tournée. Je commande pour ma part un verre de bourbon de la marque Four Roses avec des glaçons. Je passe probablement pour un sacré poivrot à côté de lui qui se contente d’une bière mais de toute manière les effets de l’alcool nous sont inconnus. Nous nous installons à une table libre dans le fond du pub à l’abri des oreilles indiscrètes bien que le bruit de fond soit amplement suffisant pour couvrir notre conversation. Un silence relatif s’installe entre nous. Nous n’osons pas le briser ou plutôt ne savons pas comment le faire après notre duel brutal de tout à l’heure. J’apprécie qu’il me tutoie directement car je suis quelqu’un de direct et le formalisme ne m’a jamais convenu. Mon expression se fait un instant surprise à ses propos. De ce qu’il reste de ma meute…Tout son discours sonne comme un plaidoyer inconscient et involontaire pour me convaincre. Je suis touché par son introduction car il en dit tellement et si peu à la fois. Mon regard sur lui change immédiatement. S’il est susceptible de me comprendre, de nous comprendre Kae et moi il est certainement le meilleur candidat pour nous recueillir. J’avale une rasade de whisky, le cœur serré par l’émotion. Je suis dur, brutal, brave et protecteur mais cette image menace de s’étioler voire de s’écrouler carrément. On ne peut pas vivre que de colère. Si, mon loup et moi sommes autant à cran c’est bien parce que la souffrance qui nous ronge nous parait insoutenable.

Enchanté Willem. Cassian Norton. Je viens d’arriver en ville avec Kaelyn ma sœur nous sommes tout ce qu’il reste de ma meute de naissance. J’ai obtenu mes prunelles d’alpha au cours du drame nous ayant poussé à fuir mais les ai perdus pour sauver ma beta. Pour la droite, je suis boxeur alors c’est normal. Je boxais dans le circuit semi-professionnel plus jeune. Aujourd’hui, je travaille dans une salle de boxe en ville et désormais sur le campus également. Je dois confesser que j’ai bien cru que tu voulais m’envoyer dans le panier tout à l’heure. Je ne pensais pas pouvoir faire un vol plané pareil. J’avale une autre rasade de bourbon et en savoure le gout ambré et la robe épaisse. Le regard hagard, je parviens à revenir au présent quelques instants plus tard. Oui, je ne vais pas te mentir. Je voulais clairement te jauger. Deux Omegas me paraissent faire des cibles faciles pour des chasseurs sans foi ni loi et revanchards. Alors, je pense qu’intégrer une meute serait une bonne chose pour nous deux. Seulement, je ne suis pas prêt à confier ma sœur de cœur à n’importe qui. Comprends-moi, elle est tout ce qu’il me reste. Tout. C’est Maxine qui m’a parlé de toi mais j’aurais préféré que nous rencontrions dans d’autres circonstances. Je laisse mon regard dériver au gré des alentours avant de sonder le fond de mon verre. Lorsque je le replonge dans celui de Willem je laisse mes yeux bleus de loup l’illuminer de leur éclat céruléen. Il faut qu’il sache.
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MessageSujet: Re: The broken beast inside me PV Will   Ven 17 Nov - 11:24

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Cassian accepte le reset et se présente à nouveau. J’ai la confirmation qu’il n’est pas seul à Beacon Hills. Kaelyn, sa sœur de meute. Lui aussi semble avoir comme moi connu le massacre des siens. Combien étaient-ils ? Deux, ils ne sont plus que deux. Mon cœur se serre en me rappelant Ted, Samuel et tous les autres. De gentilles personnes, promptes aux sourires et çà la gaité. Nous savions ne pas nous attacher aux petits tracas de la vie qui mine souvent bien des gens. Nous savions l’importance des liens qu’ils soient familiaux, d’amitié ou de meute.

L’histoire de Cassian raisonne en moi lorsqu’il m’apprend avoir dû prendre le rang d’alpha lors du triste épisode qui a massacré sa meute. Rang qu’il a perdu en sauvant Kaelyn. Jamais je ne pensais pouvoir croiser un être comme moi avec ce poids immense sur la conscience. Je me revois plonger mes griffes dans le cœur de Ted, pour abréger ses souffrances, mais aussi pour perdurer la meute des Shepherd. C’était sa demande, mais je me sens coupable et je suis conscient que le rubis de mes prunelles masque le bleu glacial de la mort d’un innocent

Je bois une gorgée de ma bière pour dissiper mon émotion. Cassian enchaine sur un sujet moins pesant. Il était semi-professionnel en boxe. Cela explique ses enchainements tout à l’heure.

- Je dois confesser que j’ai bien cru que tu voulais m’envoyer dans le panier tout à l’heure. Je ne pensais pas pouvoir faire un vol plané pareil.
- Je pensais bien marquer un point, mais tu rebondis moins bien qu’un ballon…


Nous nous taisons un moment, conscient que nos deux vies ont beaucoup de points communs. Le silence n’est pas pesant. Nous prenons la mesure de cette rencontre. Ma vie est une somme de croisements. La vie nomade nous pousse toujours à avancer, créer de nouveaux liens, en laisser d’autres. J’ai l’habitude de quitter, de lâcher, d’abandonner des amitiés naissantes, des romances à peine entamées. Ce n’était pas gênant tant que le noyau de la meute était avec moi. Notre sédentarisation à Beacon Hills change notre manière d’appréhender les amitiés. Elles ne sont plus fugaces et se doivent être plus sincères. Car s’il est aisé de tolérer des manières dérangeantes pour soi dans un lien dont on sait qu’il ne durera que quelques semaines, ce n’est pas la même chose quand on sait que l’on ne part plus.

Il faut savoir choisir ses amis et s’entourer de manière à ce que cela ne devienne pas néfaste pour soi. Sans hésitation je désigne Arès comme meilleur ami. Ce titre était porté par l’un de mes cousins. Cousin et ami que j’ai enterré de mes propres mains. Alessandro est également un ami. Je sais pourtant qui il est, ce qu’il fait. Seulement je sais qu’il ne fera pas de mal à Kada’an. Je sais que parfois ils se battent sur le ring. L’italien arrive à gérer une facette de l’écossaise qui me dépasse. Je lui en suis reconnaissant et lui fais entièrement confiance. J’ai l’audace de penser que la réciproque est vraie. Cassian brise le silence. Il ne me cache pas qu’il cherche une meute. Il a raison, deux omégas font une cible facile tant pour les chasseurs que pour les autres loups. Seulement il a des exigences. Je suppose qu’il cherche une meute qui lui rappellerait la sienne dans ses valeurs et son mode de fonctionnement. Je ne sais pas si je reflète ce qu’il cherche. Il a senti le besoin de me tester, car je sais bien qu’au naturel je ne suis guère impressionnant avec mes blagues à deux balles, mes tirades parfois naïves et mon air de ne pas y toucher. Je suis loin de la prestance d’Alessandro qui serait plus en adéquation avec des prunelles rouges. Je ne me fâche pas souvent, et lorsque cela m’arrive, je m’en veux pendant des jours. Je n’ai pas l’air solide ou fiable. Envoyer un type dans un panier de basket est à la portée de n’importe quel alpha.

- Alors, je pense qu’intégrer une meute serait une bonne chose pour nous deux. Seulement, je ne suis pas prêt à confier ma sœur de cœur à n’importe qui. Comprends-moi, elle est tout ce qu’il me reste. Tout. C’est Maxine qui m’a parlé de toi mais j’aurais préféré que nous rencontrions dans d’autres circonstances.

Maxine ?! Cassian me fait apercevoir ses prunelles bleues. Les a-t-y gagné comme moi en tuant son alpha par obligation ou lors d’un dérapage ? Le sourire sur mes lèvres s’efface et si j’évite de me faire remarquer en laissant mes attributs de loup invisible, Cassian peut très bien sentir l’animal qui affleure ma conscience. Je ne paye peut être pas de mine, mais je suis un type hyper protecteur. Maxine a refusé de me dire le nom du type qui lui tourne autour, seulement maintenant je sais que c’est lui. Cet homme qui m’a roué de coups, me frappant sans aucune semonce. Un ancien boxeur. Un loup aux prunelles bleues. J’ai du mal à ne pas lui montrer les crocs. Ses mains se sont posées avec prudence sur la table, tout son corps montre qu’il est en alerte maximale. Tant mieux, car moi je n’attaque jamais en traitre.

- Je doute t’avoir impressionné tout à l’heure, car je ne me bats pas sans motif valable. Rend Maxine malheureuse une seule fois et j’entoure le poteau du panier de basket autour de ton cou ! Je n’ai tué qu’une fois dans ma vie. Pour protéger ma meute, je suis prêt à recommencer quel qu’en soit le prix à payer sur mon âme.

Un loup averti en vaut deux. Je suis non violent et je le revendique. Seulement depuis le drame, je sais que l’animal que je suis, ce loup qui ne m’a jamais vraiment posé de problème de maîtrise de soi, est capable de devenir un vrai fauve si on touche à ceux qu’il aime. Plus jamais je ne laisserai ma meute souffrir. Je m’en suis fait le serment.

Le naturel revenant au galop, je ne sais pas tenir une attitude menaçante longtemps quand il n’y a pas de danger avéré. J’attrape ma pinte et bois une longue gorgée du liquide ambré qui a un gout de houblon très prononcé. C'est donc lui qui colle ce sourire idiot sur les lèvres de Maxine. Pff! J'espère simplement que je pourrais toujours faire l'andouille avec elle. J'aime nos moments complétement insensés et loufoques.




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MessageSujet: Re: The broken beast inside me PV Will   Sam 18 Nov - 19:09

The broken beast inside me
Voilà donc ce que doit certainement ressentir oncle Maddox lorsque les gens posent leur regard sur sa personne. Cette lueur de méfiance et de jugement à peine dissimulée sous une once de neutralité, une condamnation potentielle enrobée dans une couche d’interrogation graisseuse. Je viens tout juste de dévoiler l’acier céruléen de mes prunelles prédatrices que je peux presque palper la curiosité teintée de suspicion qui transparaît dans le regard du dominant aux prunelles écarlates. Mon oncle maternel n’en aurait probablement strictement rien à carrer bien au contraire même puisqu’il serait carrément du genre à afficher sans détour sa fierté d’ètre un animal au cœur noir. De son point de vue, les tendres représentaient les pigeons d’environ toutes les histoires. Les émotifs n’étaient que des moutons tout juste bons à être abattus par les plus audacieux. Dans un monde détestable ou les valeurs prônées étaient celles de la compétition à outrance, de la loi du plus fort sous couvert de bonne santé économique et de la réussite par l’ambition la plus décomplexée être un agneau revenait à se tirer une balle dans le pied ou à se couper un bras. Mon oncle m’avait dit un jour que le monde était peuplé de personnes déloyales et malhonnêtes prêtes à profiter des failles et des faiblesses de leurs semblables pour s’élever et que par conséquent savoir briser les règles n’était pas condamnable mais salvateur.

Un point de vue profondément cynique et extrême auquel je n’avais jamais adhéré mais force était de reconnaître que depuis que ma meute et ma famille avaient été arrachées à ce monde pour le simple crime d’ètre né différent du reste de l’humanité je commençais lentement mais surement à me faire à l’idée qu’il avait certainement raison. Avant le drame j’étais bien trop lumineux et passionné, bien trop amoureux de l’existence pour le voir. Mais, Mad avait raison le monde est sombre, dangereux et profondément injuste. Le savoir et l’accepter est le meilleur moyen de ne pas se faire prendre au dépourvu par l’horreur ordinaire qui nous guette tapie dans l’ombre, attendant son heure patiemment. Maddox Anderson aurait probablement eu une attitude provocante face à la réaction du porteur de prunelles rubis n’ayant pas pris la peine de répliquer sous mon avalanche de coups tout à l’heure. Il aurait certainement simplement ris de toutes ses dents de la naïveté du Shepherd.

Mais, je ne suis pas Mad du moins pas encore et la seule chose que m’inspire la réaction visuelle du loup face à moi est une profonde déception. Une déception que partage amèrement mon animal intérieur. Je m’attendais clairement à mieux de la part de l’alpha dont m’avait parlé ma jolie louve avec tant d’ardeur admirative. Peu importe la solidarité naturelle pouvant se former entre nous au vu de la réciprocité de nos histoires cette déception resterait ancrée en moi. Car, si au premier abord mon jugement sur l’alpha de par son comportement n’ayant rien de dominant et donc d’intimidant avait été dur je n’étais pas resté sur celui-ci et avais écouté le conseil de feu mon père de ne pas juger un livre à sa couverture. Il semblerait que je n’ai pas bénéficié du même traitement de faveur puisque j’imagine aisément que son regard sur moi est le suivant eu égard à mon attitude volcanique de tout à l’heure. Oui, mon loup est brisé et devenu instable, susceptible, dangereux, agressif, surprotecteur et agressif. Oui, j’avais craqué tout à l’heure face à ces gamins. Oui, le prédateur dans mes veines aurait pu faucher des vies innocentes cependant cela avait été la première et unique fois depuis le drame. La seule et j’avais l’impression d’ètre catalogué dans une case en raison de cela, du spectacle auquel avait assisté le chef de meute. Ma déception était immense car quand bien même j’étais bien conscient que les circonstances nous ayant amenés à cet instant précis plaidaient largement en ma défaveur j’avais imaginé que le professeur ferait le lien entre mon état émotionnel compliqué et les raisons m’ayant conduits à fuir ma ville natale, tout ce que j’avais connu et apprécié depuis mes premiers pas, toute mon existence pour atterrir ici dans une modeste ville de Californie avec la dernière personne me raccrochant à ce passé et la plus importante au monde à mes yeux.

Mais non, mon accès de rage lupine antérieur semble poser une frontière bien réelle à sa bienveillance et sa compassion pour le loup dévasté que je suis. Si j’étais dans une bonne humeur que je ne connais plus depuis longtemps, j’aurais certainement eu à cœur de rectifier les malentendus sur la couleur coupable de mes prunelles animales mais je suis littéralement tout sauf de bonne humeur. Et ce qu’il vient de se passer a complètement dissipé mes modestes élans de sympathie. La solidarité a ses limites. Bien. Qu’y avait-il de difficile à faire le lien entre mon aveu de perte tragiquement rapide de mes attributs d’alpha et la manière tout aussi tragique de les avoir obtenus. Mais, visiblement seule la couverture compte aux yeux de ce jumeau involontaire de drame traumatisant. Soit. Qu’il en soit ainsi. Mon caractère n’était pas si mauvais avant tout cela. C’était d’ailleurs tout le contraire en réalité j’étais le joyeux luron par excellence. Cependant, j’avais mes états d’âme comme tout le monde. Désormais, les humeurs de mon loup me revenaient dans la face avec une puissance décuplée ce qui n’arrangeait rien au fait que les miennes n’étaient guère meilleures pour des raisons évidentes. Si ma sœur se trouvait ici avec moi, près de moi sur ce banc de cuir usé par le temps un seul geste affectueux de sa part tel qu’une main sur ma joue m’aurait immédiatement apaisé et remis dans des dispositions plus diplomates mais elle n’était pas là et l’espace d’un instant je regrette de ne pas avoir envoyé chier l’assemblée de tout à l’heure afin de rentrer chez moi. Non pas à l’hôtel car aussi confortable soit-il, ce lieu ne serait jamais mon foyer. Non je me sentais chez moi près de Kae.

Si Max se trouvait ici avec moi, pressée contre moi et ses mains se baladant sur mon visage et mon corps j’aurais immédiatement retrouvé un état d’esprit plus neutre à défaut d’amical. Son parfum envoûtant, sa présence enivrante, ses yeux ambrés qui m’hypnotisent tout cela m’aurait poussé à balayer ce regard comme une chose insignifiante ne méritant pas la moindre réaction de ma part mais ma belle n’était pas là non plus. J’étais seul face à un alpha en qui j’avais inconsciemment placé bien des espoirs. Quelques dizaines de minutes après un combat éreintant pour moi qui m’avait vu manquer de m’enfoncer involontairement un peu plus profondément dans les ténèbres de mon âme tourmentée. Tout le monde a ses limites et les miennes viennent d’ètre brusquement atteintes. Mon loup bondit sur ses pattes et ne quitte pas l’alpha du regard. L’animal le toise royalement sans le quitter des yeux et s’il ne dévoile pas les crocs et ne gronde pas dans mon esprit, adopte une posture tendue agressive. Celle d’un loup prêt à se défendre quitte à en mourir. Celle d’un prédateur sachant quel a été son rang dans la chaîne alimentaire par le passé et qui est prêt à s’en montrer digne quand bien même ledit rang n’était plus qu’un souvenir douloureux de plus. Un seul mot d’ordre résonne dans nos esprits à tous deux. Méfiance. Je savais que si l’humain que j’étais pouvait éventuellement parvenir à dépasser ce ressentiment qui m’animait à présent, le loup lui ne le ferait pas. Sa fierté déjà égratignée par l’humiliation de tout à l’heure qui nous avait vu ployer l’échine est encore plus attaquée par le fait que l’aura dans laquelle nous nous étions placés pour ses vertus apaisantes nous étaient à présent renvoyé au visage de la manière la plus menaçante qui soit. Le loup au pelage entre le crème et le fauve de mes cauchemars ne pardonnerait guère à l’alpha.

Partageant la méfiance exacerbée et l’état d’esprit de mon double primal, je laisse mon corps se tendre de lui-même pour signifier à l’autre loup que l’amitié n’était plus au programme. Mes mains se posent sur la table à plat non pas pour indiquer une quelconque tentative d’apaisement mais bien plus pour signifier que je ne suis pas franchement effrayé par son déploiement de puissance au point que je n’estime pas nécessaire de les garder là où elles pourraient me servir à me battre ou me défendre. L’interprétation de ce geste était à la discrétion de tout un chacun. Le Shepherd pouvait y voir ce qu’il souhaitait là ou mon loup y voyait clairement un manque de respect assumé. Si ce dernier avait la capacité humaine de ricaner je pense qu’il l’aurait fait pourtant il ne bouge pas d’un iota à l’affut de la suite des évènements. Les lèvres de l’alpha se pincent durement lorsqu’il laisse échapper une menace à peine voilée. Il n’en fallait clairement pas plus pour que mon loup bondisse en avant furieusement pour tenter de briser les liens et de s’échapper de sa prison de chair. La menace explicite sur ma vie combinée à ce que cette réponse sous-entend de la proximité de l’alpha et de sa beta manquent de le rendre dingue. Le canidé s’agite dans tous les sens, me lacère de l’intérieur, mords violemment les barreaux de sa cage. Ses grondements et ses hurlements expriment une haine sans limite. Une migraine carabinée prend possession de mon crane et me ravage la cervelle sans ménagement. Je souffre de devoir jeter toutes mes forces contre mon animal intérieur. Le combat de nos deux volontés est atroce. Mais, je ne vois vraiment pas comment je pourrais parvenir à le calmer alors que je partage l’envie de fracasser son visage avec mon verre de whisky. Maxine est à moi clame le loup. Maxine est à nous ! Je suis une fois de plus étonné de la possessivité extrême de mon double lupin parce que je n’avais o grand jamais été quelqu’un de possessif avec mes petites amies.

Or, je partage le point de vue de l’animal sur la question. Notre jolie louve est le soleil qui chasse nos ténèbres. Nous ne lui ferions jamais de mal et abattrions le premier suffisamment fou pour tenter de lui en faire comme nous le ferions pour notre petite louve. Les deux louves de notre vie étaient les seuls motifs de notre survie. Sans elles pour nous soutenir, nous aurions depuis longtemps abandonné la lutte impossible face aux cauchemars et la douleur, la souffrance et la peine. Nous nous serions laissé crever dans un ravin à des milliers de kilomètres de cette ville. Ou alors nous aurions vengé nos morts, nos chers, nos vies détruites, nos souvenirs volés, nos proches bannis dans un baroud d’honneur particulièrement sanglant ne pouvant s’achever que d’une seule manière. Le loup traumatisé que je suis ne vois pas les choses de manière normale. Tout est exacerbé pour le meilleur et pour le pire. Souvent pour le pire malheureusement.

Cette fois je sais que mon loup n’accordera plus jamais sa confiance au loup aux prunelles rubis alors même que la partie rationnelle de mon cerveau me souffle avec sagesse que je devrais lui être reconnaissant de prendre autant à cœur la sécurité de Maxine, d’ètre prêt à menacer explicitement pour s’assurer de sa sécurité. Seulement, une fois de plus la déception reprend le dessus et ce constat appréciateur est balayé sous le ressentiment. Car mon loup prend comme une insulte gravissime le fait que l’alpha nous imagine capable de lui faire le moindre mal. L’espace d’une poignée de secondes, je suis à deux doigts de céder à mon loup et d’envoyer chier le Shepherd afin que cela dégénère et qu’il puisse régler ses comptes avec le loup en face de lui mais je parviens à me retenir de justesse au dernier moment et à le maintenir fermement entravé dans sa cage. Grace à Maxine, vu comment elle parlait de ce Willem il ne faisait aucun doute qu’elle l’appréciait énormément. Je ne veux pas qu’elle m’en veuille pour avoir essayé de le tailler en pièce. Je ne veux pas qu’elle soit malheureuse. Je tire brusquement mon portable de ma poche intérieure et contemple des photos pour nous apaiser mon loup et moi. Kae en train de manger un donuts, Max en train de me tirer la langue, Kae en train de chanter à tu tète, Max en train de patiner sur la glace. J’inspire une grande bouffée d’air saturé d’alcool avant de vider mon verre d’alcool d’une traite. Un geste pouvant être interprété de bien des manières une fois de plus. Puis, je plonge mes yeux dans ceux du loup et réponds d’une voix glaciale.

Comment pourrais-je faire du mal à Max alors que cela reviendrait à me faire du mal à moi-même ?! Mon loup n’est clairement plus le même depuis le traumatisme. C’est un monstre j’en ai bien conscience. Un monstre capable de tuer sans sourciller pour protéger les personnes qu’il aime. Les personnes grâce auxquelles nous sommes encore en vie parce que sans elles nous aurions lui et moi abandonné le combat contre la terreur nocturne, les cauchemars, la souffrance émotionnelle, la tristesse intarissable, les émotions violentes et corrosives. Sans ma sœur, je serais probablement déjà mort à l’heure qu’il est parce que la vie n’aurait plus aucun intérêt. Maxine est avec Kaelyn la seule capable d’apaiser mon loup, la seule capable de le faire redevenir celui qu’il était avant que notre meute et notre famille ne soient éradiquée de la surface du monde, la seule capable de lui faire ressentir des émotions positives. Avec elle, je me sens en paix. Avec elle, je me sens bien. Avec elle, je me sens comme je me sentais naturellement avant. Auprès d’elle, je me sens à ma place dans ce monde. Lorsqu’elle est dans mes bras, le monstre disparaît et s’efface derrière nous. Grace à elle, je ne perds pas espoir en ce monde. Elle lui redonne une saveur et des couleurs. Je me sentais mort à l’intérieur avant de la rencontrer. A l’instar de Kae, je ne peux pas fonctionner normalement si je ne la sais pas en sécurité. Je l’aime bordel et je ne le lui ai même pas avoué parce que j’ai peur que cela ne soit pas réciproque. Je ne sais pas si je pourrais m’en remettre.

Je détourne le regard parce que je ne souhaite pas voir le professeur. J’aimerais qu’il ne soit pas là face à moi. Je voudrais être seul. Seul avec le poids sur mes épaules, seul avec mes démons, seul avec le nœud dans mon cœur. J’en veux énormément à cet alpha de m’avoir forcé à vider mon cœur devant lui alors qu’il n’est qu’un inconnu alors qu’étrangement mon loup a fini par se calmer dans mon être. Rasséréné par mon aveu de ce que nous ressentions tous les deux pour notre jolie louve. Cette révélation, cette acceptation presque solennelle de nos sentiments le rassure largement. Je ne m’éloignerais jamais d’elle que cela plaise ou non à Shepherd. Je finis par replonger mes yeux dans les siens. Mon loup est de nouveau docile et paisible mais pas moi. Puisque monsieur joue les protecteurs il vaut mieux qu’il sache ce que je lui réserve s’il venait à arriver quoi que ce soit à l’étincelle dans mes ténèbres. Tu prends ton rôle de protecteur de Max très à cœur et cela me satisfait. Le rôle d’alpha n’a en effet rien d’un foutu honneur glorieux il s’agit d’un fardeau incommensurable. Mais sache une chose, je ne cesserais jamais de la protéger et s’il lui arrive quelque chose alors que tu l’as sous ta protection je t’en tiendrais personnellement pour responsable. Et je te le ferais payer en conséquence. Ne t’imagine surtout pas une seule seconde que la couleur de tes prunelles m’empêcherait de mettre cette menace à exécution.  Mon monde s’est déjà écroulé une fois je ne le laisserais pas le faire une seconde.

Je finis par me calmer suite à cette tirade enflammée. Vidé de toutes mes émotions violentes exprimées à travers ces mots aussi acérés que des piques. Je n’ai néanmoins pas très envie de rester ici. Il y a quelques instants, je pensais que nous étions sur la même longueur d’onde. Il y a quelques instants je parvenais à le considérer comme un alpha potentiel pour ma sœur et moi. Il y a quelques instants je le trouvais presque sympathique. Désormais, je pouvais à peine supporter sa présence. J’hésite à rentrer pour retrouver Kae mais je ne serais pas d’agréable compagnie pour ma petite louve alors autant rester ici pour cuver comme un ivrogne sans pouvoir ressentir les effets de la boisson. Autant rester ici à essayer d’oublier sans pouvoir y parvenir. Autant rester ici à boire sans modération pour sentir ma gorge me brûler. Un serveur passe près de nous et je l’interpelle. Remettez-nous la même chose s’il vous plait. Non amenez moi la bouteille de bourbon carrément et une bière pour le monsieur. Mettez tout ça sur ma note. Merci.
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MessageSujet: Re: The broken beast inside me PV Will   Lun 20 Nov - 18:41

Shepherd
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Norton
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The broken beast inside me
Je suis mal à l’aise. Sa déception, voir le dégout de l’alpha que je parais être, se lit sans fard dans le regard de Cassian. Mon hostilité était proportionnelle à l’affection que j’ai pour Maxine. Lorsque je l’ai croisée pour la première fois, c’était une louve craintive, méfiante et fragile. Depuis elle a repris de l’assurance, mais les cauchemars de son passé resteront gravés dans son cœur et sa chair. J’ai également conscience de l’état psychologique dans lequel doit être Cassian. Je suis passé par là. Mais cela à mes yeux, n’excuse pas sa violence gratuite. Suis-je donc un si mauvais alpha ? Le regard accusateur qui me fixe, me renvoie à mes doutes et mes questionnements. On ne nait pas alpha, on le devient. Vais-je l’être un jour réellement ?

Je pense à ma meute, au foyer que nous formons dans cette grande maison. Le vrai chef de famille n’est-il pas Mady ? Si elle ne me contredit jamais devant les autres, elle sait me faire part de ses divergences. Je crois avoir cédé à chaque fois. Faiblesse de ma part ? Meilleur jugement du son côté ? Ce rang n’est pas un cadeau, mais un fardeau. Et voilà que ce type me colle ma médiocrité en pleine face. J’encaisse sans un mot. Que dire ? Sinon que l’on ne m’a pas fourni le manuel qui va avec les prunelles. Je m’insurge mentalement. Il dit avoir été alpha, mais que sait-il de ce rôle ? Qu’il me dise quoi faire bon sang, s’il se pense meilleur ! M’aurait-il mieux considéré si dès son premier coup de poing, j’avais riposté avec violence et imposé une aura implacable à le faire ramper sur le sol comme une larve ? Est-ce ça montrer sa valeur ? Dominer bestialement ? Si c’est le cas, alors je ne serais jamais un bon alpha au regard de monsieur Norton. Le front bas, je le lorgne à la dérobée. Qu’est qui plait à Maxine dans ce type qui ne reconnait que l’usage de la force et de la violence comme signe de respect ? Ce n’est pas ce que je souhaite à ma bêta. J’ai du mal à voir dans ce paquet d’hostilité et de rage qui me fait face, un homme que ma Maxi peut aimer et rechercher sa présence. Ça ne colle pas avec le tempérament de la louve. Quelque chose cloche.

Cassian commence un long monologue. Je ne suis même pas certain qu’il s’adresse réellement à moi. Je suis étonné, car ses propos sont très personnels, presque intimes. Je suis gêné de ce déballage. Les sentiments ce n’est pas mon fort, du moins pour les exprimer à haute voix. Son cœur ne faiblit pas, quand il me dit son attachement à Maxi. Après le fauve brut de décoffrage, je vois un homme fort de ses sentiments et de ses convictions. Il m’impressionne à se dévoiler ainsi à un inconnu. Il m’a fallu du temps pour oser me confier à Arès. Le tigre peut se targuer d’être la seule personne à qui j’ai jamais autant dévoilé mes faiblesses.

Il me félicite pour mon élan protecteur vis-à-vis de Maxine, mais me rend responsable et me menace d’avance s’il devait lui arriver quelque chose… Jugé coupable d’avance. Que veut-il que je fasse ? Que je colle aux fesses de Maxine vingt-quatre heures sur vingt-quatre ? Maxine n’est pas ma seule bêta, c’est toute une meute que je dois protéger. Mais aucun alpha, si tant est soit-il  « valable » aux yeux de Cassian, ne peut être omniprésent, ni omniscient. Je ne suis qu’un loup avec un peu plus de force que les autres loups, pas un dieu. Ce n’est pas l’alpha qui fait la force de la meute, mais la meute qui fait la force de l’alpha. C’est ce que disait mon oncle Ted. Et c’est vrai que nous n’avions pas de soucis jusqu’à ce jour maudit. Qu’ai-je foiré pour que James se casse ? Que Kada’an me menace de mort implicitement ? Ou que Cassian trouve utile de me cogner pour voir comment je réagis. Les coups font mal, mais mon corps se régénère. Les mots blessent, mais le cœur lui ne se régénère pas. Il continue de saigner.

- Remettez-nous la même chose s’il vous plait. Non amenez moi la bouteille de bourbon carrément et une bière pour le monsieur. Mettez tout ça sur ma note. Merci.

« Le monsieur »… Expression péjorative au possible. Son mépris me blesse pourtant je ne réplique pas. Je me morigène, et me fouette mentalement pour rabaisser son caquet à ce loup arrogant « ex-alpha » qui sait mieux que tout le monde comment être un bon alpha. T’as les yeux bleu mec, t’es un oméga en fuite. Mon ressentiment reste humain. Mon loup couine, blessé dans sa fierté. La colère gronde dans mon cœur. Si une part est tournée vers Cassian, la plus grosse partie est contre moi-même. Je ne suis pas un dominateur. Je n’ai rien demandé bordel ! Je fais au mieux pour que la meute vive paisiblement et ce type que je ne connais pas vient me menacer de me faire payer s’il arrive quelque chose à Maxine. Qu’il s’en prenne à ceux qui lui voudraient du mal, pas à celui qui essaye de la protéger.

Une boule dans la gorge rend ma respiration difficile. Je me sens oppressé. Ce type me juge, me condamne, me méprise et me menace. Le serveur revient avec la tournée gracieusement offerte par le donneur de leçon. Machinalement je fais tourner ma chope sur la table, la déplaçant d’un quart de tour à chaque fois.

- Le « monsieur » est encore en vie et a hérité du fardeau des alphas parce qu’il a eu envie de pisser à quatre heure du matin.

J’ai craché plus que prononcé le mot « monsieur ».

- Je n’étais pas prédestiné à ce rang. Il devait échoir à mon cousin, le fils de mon alpha.

Voilà avec quelle noblesse j’ai acquis ce rang. Mes propos doivent conforter Cassian dans le fait que je ne suis qu’un tocard. Je ne lève pas les yeux pour voir sa face qui je n’en doute pas doit à nouveau refléter tout le mépris qu’il éprouve à mon égard.

- Nous étions une meute nomade. Jamais plus d’un mois au même endroit. Seulement cette fois le cadre était enchanteur. C’était un coin des rocheuses resté sauvage, très loin des sites touristiques, et à plus de soixante bornes du premier bled.

Je lui raconte notre campement, le lac poissonneux juste à côté. La répartition des rôles non en fonction du sexe ou de l’âge, mais des gouts et des aptitudes de chacun.

- Hormis les corvées communes, j’avais en charge l’encadrement et l’éducation des jeunes de la meute. J’étais aussi le médiateur quand les aînés se bouffaient le nez pour des choses qui m’apparaissent maintenant comme étant des peccadilles. J’étais celui qui forme, qui aide et qui accompagne. C’était dans cette tâche où j’étais le meilleur. Celui qui apaise les affrontements.

Un don que vraisemblablement j’ai perdu en route vu les réactions de James, Kada’an et maintenant de Cassian.

- Ce matin-là, je m’étais un peu éloigné du campement. Cela faisait plus d’un mois et demi que nous n’avions pas bougés. La nature nous offrait ce que nous avions besoin en abondance. La meute des Shepherd était capable de vivre en totale autarcie, comme les ancêtres de l’homme, chasseurs et cueilleurs.

La quiétude du lieu a anesthésié la vigilance des ainées et de mon alpha. Ou était-ce de la paresse de leur part ? Ce sujet avait été au cœur de bien des disputes entre Mady, moi et Keanus.

- Comme à mon habitude je « marquais » un nouvel arbre. Une manière comme une autre de maintenir le reste de la faune à l’extérieur de notre campement. Mal réveillé, je ne les ai pas entendus tout de suite.

J’explique à Cassian que les chasseurs roulaient tous feux éteints, lunettes infrarouge sur le nez.

- Le temps que je comprenne que ce n’étaient pas les rangers qui venaient nous demander de déguerpir comme ça nous arrivait régulièrement, c’était trop tard. Ils y sont allés au pistolet automatique et au fusil d’assaut. Tout le monde dormait. Beaucoup sont morts dans se réveiller.

Ce n’était pas de la chasse dans les règles de l’art mais un génocide, une véritable boucherie.

- Personne dans la meute n’avait des prunelles bleues. Cela ne les a pas empêché de tous nous massacrer. Certaines armes étaient chargées de balles explosives enduite d’aconit. Si cela tue net un humain, je te laisse imaginer la lente agonie que cela provoque sur un loup. Ils ne se sont pas donné la peine d’achever les agonisants, bien au contraire.

Je lui avoue que j’ai assisté au massacre totalement impuissant et désemparé. Que faire face à des armes automatiques ?

- Mes nuits sont encore peuplées des cris de douleur et d’agonie de ma famille. Mon père, ma mère, mes sœurs, mes cousins… mon alpha. Navré de t’apprendre que ce que tu encaisses maintenant, tu vas l’encaisser toute ta vie.

Cette fois je relève les yeux vers lui, et le mets au défi de me contredire ou de m’opposer son drame au mien. Nous sommes dans la même merde. J’ai simplement décidé de ne pas être plus barbare que ceux qui m’ont tout arraché.

- Mon alpha luttait pour survivre. Quand je lui ai annoncé la mort de son fils, il m’a demandé l’impossible.

J’explique la portée de son souhait. Car il s’agissait de l’achever pour que le rang d’alpha des Shepherd ne meure pas, mais aussi d’abréger la souffrance de ceux qui agonisaient lentement dans les pires douleurs qu’il soit.

- Imagine le regard de ton petit cousin d’à peine huit ans qui pense que tu viens pour le sauver et qu’il se rend compte que t’es là pour l’achever car ses blessures sont létales et qu'il souffre inutilement.

J’ai dit à Cassian que j’ai tué qu’une seule fois, car j’ai tué ma meute.

- Nous ne sommes que quatre survivants de cet holocauste. Tu me trouves peut-être indigne de mon rang, indigne de ton respect. Sache que je n’ai pas demandé à recevoir l'un ou l'autre. Mais pourtant je tente de perpétuer ce qui représentait ma meute. Notre mantra est le reflet de ce que tu sembles mépriser et associer à de la faiblesse.


« Je plie et ne romps pas.
Mais surtout je persévère. »

- Ma revanche n’est pas de massacrer ceux qui m’ont enlevé ma meute, mais de survivre. Ma revanche est de ne pas m’abaisser à être plus barbares qu’eux. L’important n’est pas que j’ai l’air d’un alpha puissant et respecté. L’important est que ceux de ma meute soient le plus en sécurité possible et vivent heureux. C’est la meute qui fait la force d’un alpha, et non pas l’alpha qui fait la force de la meute. Je n’ai pas cette arrogance, ni cette impudence.


J’attrape ma chope où la mousse a fini par disparaitre et la vide d’un bon tiers.

- Ma meute est ouverte à ceux qui ont envie de vivre en harmonie, a ceux qui sont en détresse. Les rapports de force étaient peut-être usuels dans ta famille, chez nous, nous misons sur le respect de chacun. Mon aura ne sort que lors des urgences et des dangers.  

Je ne peux pas ignorer la moue dédaigneuse de Cassian.

- Je sais ce par quoi tu es passé. Je n’aurai pas l’audace de me placer en grand frère ou pire en alpha que tu sembles réfuter. Mais sache qu’il nous a fallu sept ans pour arriver à retrouver une vie paisible. Je suis prêt à partager cette expérience avec toi et ta sœur. Mais je ne serai jamais un alpha qui s’impose en force… sauf si on me pousse à bout.

Cette fois le loup qui sommeille en moi semble se redresser. Il affleure ma conscience juste assez pour que Cassian sente sa présence, mais sans que cela dévoile ma vraie nature aux yeux des autres. Il n’y a pas de colère dans le regard du loup que je suis. Il se montre tel qu’il est, paisible, présent et avec une force latente qu’il ne vaut mieux pas éveiller.

Gardez-vous de l'homme secret et du loup muet.
Les eaux calmes sont les plus profondes. (proverbe italien)
Quand les apparentes brebis enragent, elles sont pires que les loups.






Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

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MessageSujet: Re: The broken beast inside me PV Will   Lun 20 Nov - 21:33

The broken beast inside meLe professeur de sciences naturelles semble voir dans mon regard quelque chose qui ne s’y trouve nullement car lorsque mes souvenirs me portent près de mon oncle peu fréquentable je ne me souviens pas avoir une seule fois au cours de ces derniers avoir adhéré à sa vision terriblement cynique des choses. Mon regard d’animal blessé ne reflète qu’une profonde et tragique déception parfaitement proportionnelle aux attentes que j’avais placé en cet alpha dont Maxine vantait tant les mérites et qui dans le portrait qu’elle m’en avait fait semblait le chef de meute le plus à même de nous comprendre et de nous accepter Kae et moi voire même de nous aider à nous reconstruire malgré les blessures incommensurables qui ne se refermeront jamais. Tout ce que je demandais était de la compréhension et du soutien avant de me faire menacer au sujet de la femme que j’aime parce que c’était ainsi que je me figurais cet alpha salvateur suite aux propos de sa Beta. Tout ce que je demandais était de la sollicitude chose que je n’avais pas reçu une seule fois depuis le drame ayant dévasté ma vie, ravagé mon existence et qui me hanterait probablement jusqu’à la fin de mes jours.

Il fallait reconnaître que je n’en avais pas demandé parce que je me méfiais du monde entier désormais afin de garder K toujours en sécurité. Je n’en avais pas demandé parce que je ne pensais pas trouver quelqu’un capable de m’en offrir. Lorsque j’avais évoqué sans fard la raison faisant que je le comprenais parfaitement bien le gamin déboussolé qu’était Ryan m’avait jeté au visage que cela ne changeait rien. Je n’en avais pas demandé parce que j’avais ma fierté et mon orgueil mal placés tant d’homme, de grand frère, de protecteur, de né loup que de fils d’alpha. Et lorsque j’attendais enfin d’en recevoir une once j’étais jugé, condamné et menacé pour le traumatisme de mon animal intérieur. Alors, oui mon regard était empreint d’une déception sans égale. Pourquoi devrais-je la masquer ? Pourquoi ? O nom de quoi devrais-je ménager l’ego de cet alpha que je ne connaissais pas mais qui me jugeait pour la couleur de mes prunelles au lieu de compatir à mon histoire similaire à la sienne ? Certes je viens tout juste d’exploser de nouveau et de le menacer explicitement de mort s’il arrivait quelque chose à la louve qui était l’une des rares personnes à apaiser mon loup et à me redonner gout à la vie. Je doute même qu’il est connu le même drame que moi parce que sinon son attitude ne pourrait qu’ètre différente.

Ce genre de chose ne pouvait pas laisser un être normalement constitué indemne à moins d’ètre un être dépourvu de sentiments. A moins que tout cela ne soit qu’une question de tempérament. J’ai toujours été sanguin, volcanique, fougueux et entier. Cela ne posait pas de problème particulier lorsque je maîtrisais parfaitement mon animal intérieur et vivais en parfaite harmonie avec lui mais désormais mon cœur, mon esprit, mon être n’était qu’un vaste champ de bataille. Le Shepherd semble lire dans mes yeux des choses que je ne ressens pas et cela ne fait qu’accroitre encore davantage ma déception déjà profonde. Seule la déception perce le marron très foncé de mes prunelles. Nul mépris, nul jugement, nulle condamnation, seulement de la déception. Ma voix avait été glacée parce que lui livrais tout ce que j’avais sur le cœur et que sa menace avait rendu dingue mon loup. Je viens tout juste de déballer tout ce que j’avais sur le cœur à cet inconnu. Je viens tout juste de lui expliquer ce que je ressentais, le bien que me procurait Max, la guérison qu’elle représentait pour mon âme meurtrie.

Je viens tout juste de lui confier ce que je n’avais confié à personne d’autre pas même à ma petite sœur et tout ce qu’il retient une fois de plus c’est que je suis capable de le menacer sans sourciller en vertu de l’amour indéfectible que je ressens pour la louve de sa meute. C’était comme se retrouver devant un tribunal qui avait déjà rendu votre jugement dans votre dos mais qui vous laissait plaider votre cause pour la forme. J’ai bel et bien fait preuve de mépris mais seulement sur la fin parce que sa présence me gêne désormais au vu de la tournure détestable prise par cette conversation alors qu’il y a peine quelques minutes je la trouvais particulièrement apaisante et réconfortante. J’ai l’impression de parler à un mur et cela ne fait que me blesser davantage. Je savais désormais que peu importe ce que je pourrais dire, peu importe ce que je pourrais faire, peu importe ce que je pourrais tenter Willem Shepherd me verrait comme ce loup instable, dangereux, brutal et sanguin et non pas comme la victime d’une tragédie l’ayant amené à devenir ainsi. Soudain, je comprends parfaitement ce que peut ressentir Ryan lorsqu’il est confronté sans ménagement aucun à la violente indifférence du monde à sa situation douloureuse et je ressens une bouffée de fierté et d’amitié pour mon protégé. Le fait qu’il n’ait pas craqué malgré ce qu’il vivait me faisait désormais éprouver pour lui une dose non négligeable de respect.

L’espace d’un instant je ressens l’envie de craquer purement et simplement, de laisser tomber l’armure, le masque de colosse capable de supporter le poids du monde sur ces épaules pour déverser les larmes qui coulaient presque mécaniquement dans l’intimité de la chambre d’hôtel auprès de Kae chaque nuit de cauchemar implacable mais un souvenir vient m’en empêcher. Esperanza vient de rentrer chez sa mère après plus d’un an loin de nous. J’ai foncé chez ma meilleure amie d’enfance transporté de joie et de soulagement à l’idée de la revoir et qu’elle aille bien malgré son exil volontaire. La jeune femme m’accueille chaleureusement signe qu’elle nous avait enfin pardonné d’avoir participé à l’arrestation de Bracken pour son bien. Nous montons sur le toit de sa maison comme nous le faisions plus jeunes et discutons longuement. Lorsque je lui demande comment elle a tenu lorsque la situation était vraiment difficile celle-ci me répond que c’est sa fierté qui l’a aidé à tenir. Sa fierté c’est tout ce qu’il lui restait. Je serre Esperanza dans mes bras, simplement et profondément heureux de la retrouver après tout ce temps. Mon regard se pose de nouveau sur l’alpha qui me fait face et je réprime les émotions violentes manquant de m’embuer les yeux de larmes intarissables. Ma fierté n’est pas à vendre. Je ne me montrerais pas vulnérable face à un loup qui ne parvient pas à me comprendre, à accepter que mon comportement brutal n’est pas inné mais la résultante du fait que quelque chose m’a littéralement brisé de l’intérieur et que je ne parviens plus à voir le monde comme je le percevais avant.

Je n’ai peut-être plus grand-chose si ce n’est de l’argent, ma fierté et ma petite louve. Mais cela me suffit amplement. Je préfère me contenter de cela que d’aller mendier de la sollicitude à une personne à laquelle j’en aurais offert des kilos et des kilos si les rôles avaient été inversés.  Oui, j’ai donné une très mauvaise image de moi en explosant deux fois d’affilés depuis notre rencontre incongrue mais franchement est ce qu’il s’imagine que j’agis ainsi par plaisir, par choix. Si je pensais que m’abaisser à supplier l’alpha face à moi permettrait de lui faire accepter d’intégrer ma sœur à sa meute, je le ferais sans aucune hésitation mais je ne le pense pas. Cet alpha me semble un brin hypocrite à vouloir passer pour le protecteur des âmes brisés alors qu’il semble incapable de comprendre les réactions de l’une d’entre elles. Le serveur revient avec les boissons et je le remercie silencieusement d’un signe de tète en m’imaginant que Shepherd va consommer sa bière puis s’en aller, estimant n’avoir pas de temps à perdre avec un loup dangereux comme moi voire même la laisser en l’état mais il n’en fait rien. Je saisis la bouteille de bourbon et remplis mon verre à ras bord avant de me l’enfiler cul sec. Je suis resté ici pour cuver alors c’est ce que je fais. Je ne prête guère attention à mon voisin de table. A ce moment-là, je ne vois pas pourquoi il ne part pas étant donné qu’il semble ne voir en moi qu’un prédateur sanguinaire ambulant. Soudain sa voix s’élève brusquement et je tourne la tête vers lui pour poser mon regard sur son visage. Je l’écoute patiemment se confier à moi sans omettre aucun détail. Je ne vais pas mentir mon cœur se serre en entendant son histoire.

Je ressens une douleur vive dans le torse en repensant à mon propre cauchemar. Je sens mon cœur saigner abondamment pendant qu’il parle parce que ce qu’il me raconte fait écho à ce que j’ai vécu d’une manière tristement lugubre. Je serre les poings et les desserre parce que sa douleur ne fait qu’accentuer la mienne de manière bien cruelle. Ma bouche reste hermétiquement close et je l’écoute en silence sans jamais l’interrompre. Jusqu’à ce qu’il termine en faisant effleurer son loup à la surface. Je me sers un autre verre de bourbon que j’avale une nouvelle fois d’un trait. Je revois le drame toutes les nuits inlassablement. Sous différentes formes parfois mais mon esprit revient sans cesse vers cet événement qui l’a détraqué, qui nous a brisé ma sœur et moi. Je revois les balles de fusils d’assaut pleines d’aconit traverser le bois et détruire la vie paisible et innocente d’une meute sans histoires n’ayant jamais fait le moindre mal à un humain. Je revois ces balles déchirer la chair, transpercer les organes, briser les os et empoisonner les organismes. Je revois les morceaux de cervelles, la mare de sang. Je revois mon père agonisant m’appeler pour m’ordonner de l’achever afin de perpétuer la lignée de la meute Norton. Je revois mes larmes déchirantes dévaler mes joues. Je le revois utiliser son aura dans un dernier effort. Je me revois plonger mes griffes dans son cœur afin qu’il meure sur le coup. Je revois le chalet se mettre à flamber sous les tisons et les flambeaux. L’odeur de chair grillée, la charpente instable en train de s’effondrer. Je me revois rassembler les survivants comme je le pouvais. Je me revois leur dire que nous devions fuir. Je revois leurs expressions dévastés, vides comme mortes, la lueur éteinte dans leur regard. Je revois ma mère m’ordonner de fuir et de vivre. Je revois Kae être la seule à accepter de fuir pour essayer de survivre. Je revois la honte sur mon visage. Je revois ma sœur me tirer vers l’arrière suite au regard de ma mère.

Je me revois attendre caché que les cris des survivants ne s’élèvent dans la nuit pour sauter par la fenêtre, rattraper ma petite louve et nous enfuir en courant à toute allure. Je me revois guetter la voix de ma mère dans le lointain avec l’espoir qu’elle ne s’était pas sacrifié pour moi et qu’elle était parvenu à s’enfuir. Mais je le sentais dans mon cœur. La mort des membres de la meute m’a déchiré les entrailles au point que je pensais qu’on me les arrachait de l’intérieur mais j’ai continué à courir parce qu’il y avait cette main chaude dans la mienne. J’ai continué encore et encore. Je nous revois Kae et moi dans ce bois que nous pensions sur. Je me revois me précipiter à sa recherche en entendant son cri déchirant. Je revois les chasseurs autour d’elle. Je les revois lui faire du mal. Je me revois devenir fou et me jeter sur eux. Je revois le combat acharné pour la survie. Je me revois tuer trois de ces hommes et Kae en abattre un. Je me revois basculer dans la frénésie meurtrière et m’acharner sur le cadavre de celui lui ayant tiré dessus sans que mon loup ne parvienne à comprendre qu’il était mort. Je me revois retrouver la raison grâce à un murmure puis me précipiter auprès de ma petite louve. La contempler en train d’agoniser puis sacrifier sans hésitation ma puissance pour qu’elle vive.


Cette fois mes larmes débordent et dévalent mes joues et je les balaie furieusement dans un geste rageur. Saloperie de traître que ce corps. Je me sers un autre verre que je ne parviens pas à finir puis je sors un billet de 50 que je pose sur la table.Je suis désolé pour tout à l’heure. Si je t’ai agressé c’était pour voir si tu savais te défendre. Une personne incapable de se défendre elle-même ne me parait pas capable de le faire pour les autres tout simplement. Je suis peut être brutal et sanguin de nature mais je fais de la boxe depuis mon plus jeune âge et les valeurs de ce sport m’ont guidé tout au long de ma vie à l’instar des conseils de mon père. J’aime ma sœur plus que tout au monde raison pour laquelle je perds la raison en ce qui la concerne. La devise de ma meute était la suivante. Dans l’union je puise ma force. Une meute, un cœur, un esprit. Il n’y a jamais eu de rapports de force dans ma famille. Mon père était un alpha bon, juste et apprécié de ses Betas mais qui savait se montrer dominant et dur lorsqu’il le devait. J’ai intégré ce modèle inconsciemment. Seul mon oncle a volontairement dévié de ce chemin. Le truc c’est que je commence malheureusement à voir les choses comme lui. Je suis sincèrement navré de t’avoir fait perdre ton temps Willem. Et je te souhaite une bonne soirée.Je saisis la bouteille de bourbon presque vide et quitte le bar d’un pas rapide. Une fois à l’extérieur, je prends le chemin du campus et jette la bouteille de colère sur un mur en passant. Une fois dans ma voiture j’appelle Kae et lui raconte ma rencontre avec l’alpha. Celle-ci s’insurge et prend mon parti naturellement puisque c’est ma sœur. Elle pourrit et insulte le Shepherd à travers le combiné mais cela ne me tire même pas de sensation réconfortante. Ma petite louve sent ma peine puisqu’elle se calme rapidement et me console comme elle peut. Il n’y a que nous deux petite sœur. Toi et moi contre le monde entier. Je suis vraiment désolé d’avoir tout fait foirer. Non, il n’y a pas d’autres meutes du moins pas à ma connaissance. Tu mérites mieux comme frère.Cette fois c’est moi qui me fait pourrir pour avoir osé dire cela. Je démarre le SUV et quitte le campus.

(…)

Cela fait près d’une semaine que j’évite Shepherd chaque fois que je suis sur le campus. Je ne veux pas de sa sollicitude au rabais. Il me l’a refusé lorsque j’en avais le plus besoin. Alors, pourquoi me l’offrirait il maintenant ? Je me sens terriblement coupable par rapport à Kaelyn. Si, je n’avais pas agi de la sorte elle aurait pu intégrer la meute du professeur. Mais ma sœur est aussi butée que moi et me répète qu’elle ne veut rien avoir à faire avec ce…Les noms d’oiseaux varient au gré de son imagination fleurie. Je me suis recentré sur ma sœur et passe tout mon temps libre avec elle. Puisque je suis le seul qui puisse la protéger je me montre extrême dans mon comportement mais je n’y peux strictement rien. C’est plus fort que moi. C’est un réflexe, mon instinct de loup et d’homme. Cela ne la dérange pas mais elle est triste de me voir me renfermer sur moi-même alors que cette ville me faisait autant de bien qu’à elle.

Je crois que Willem va devoir mettre sa menace à exécution parce que je n’ai pas répondu aux messages et aux appels de ma jolie louve. Je pense que je l’ai rendu malheureuse malgré moi et cela ne fait qu’accroitre la culpabilité qui ne quitte plus mon cœur depuis des jours. J’ai fini mon cours de sport du vendredi avec les mêmes étudiants que la semaine dernière. Cela s’est aussi bien passé malgré mon humeur maussade. Ils ont essayé de me redonner le sourire et y sont parvenus. Mon loup se tend brusquement en reconnaissant des effluves. Je me retourne pour voir les six jeunes de la semaine dernière approcher d’un pas hésitant. La surprise se lit mon visage. On peut faire une partie ou vous comptez nous casser la gueule de nouveau ? Allez-y les mecs, le terrain est à vous. Ils se regardent les uns les autres incrédules. Sérieusement ? Pourquoi est-ce que je mentirais ? Je compte juste rentrer chez moi. Ne bousillez rien du tout s’il vous plait C’est tout ce que je vous demande. Je m’éloigne tranquillement du terrain pour me diriger vers le parking. Hey vous ne voulez pas faire une partie avec nous ?Je me retourne interloqué mais finis par faire demi-tour, estimant que cela pourrait me faire du bien de me détendre de la sorte.
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Willem Shepherd

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MessageSujet: Re: The broken beast inside me PV Will   Jeu 23 Nov - 23:25

Shepherd
Willem

Norton
Cassian

The broken beast inside me
Alpha, bêta, omega. Avant à mes yeux ce n’était qu’une vague notion un peu taillée à l’emporte-pièce. Pour le jeunot que j’étais, l’alpha était celui qui avait toujours le dernier mot. Les bêtas représentaient la famille au sens élargi du terme. Les omégas étaient les loups solitaires parfois instables et dangereux. On m’avait appris à ne pas juger un livre à sa couverture. Et j’ai suivis ce précepte jusqu’à ce que les miens succombent sous les balles explosives d’armes automatiques. Les sept années qui ont suivi m’ont plaqué à la figure la triste réalité du monde. J’ai chuté de mon petit nuage douillet pour les basses fosses de l’insécurité, de la violence et du chacun pour soi.

Sept ans auparavant, Cassian n’aurait pas croisé le même homme. J’ai perdu ma candeur et ma naïveté. Je m’attache pourtant à œuvrer ce pourquoi je pense être bâti. L’aide, l’accompagnement, la médiation. Le souci est que j’ai maintenant des prunelles rouges qui impliquent bien des  responsabilités. Je vis avec cette peur viscérale que cela recommence. Surtout depuis que la meute s’est à nouveau élargie. Peur qu’ils reviennent avec leurs armes automatiques, leurs balles explosives parfumées à l’aconit. Cassian écoute mon histoire. Il vit mon calvaire au fur et à mesure que je lui donne les détails de cette nuit sombre et sordide. L’horreur et le déchirement. La nuit où je suis devenu un assassin. Nous avons une différence Cassian et moi qui tient vraisemblablement de nos caractères foncièrement opposés. Je n’ai pas de dualité avec mon loup. Je suis lui, il est moi. Il pleure quand je pleure. J’enrage lorsqu’il est furieux. Je pense faire partie des chanceux quoique Mady et Keanus sont comme moi. Tobias n’a pas cette chance et visiblement Cassian non plus. Ce tempérament me permet d’avoir une grande tempérance. Il faut que ma part humaine souhaite dépasser les limites pour que le loup en moi s’avance et m’épaule. Nous sommes une équipe, il n’y a pas de maître, ni d’esclave. Mise à part mes premières transformations, nous n’avons jamais été en conflit. C’est peut-être la source de ma mésentente évidente avec Cassian. J’en suis le premier désolé. Pourtant je sais que l’alpha que je suis, ira jusqu’au bout de sa force pour protéger sa meute. Là où je suis moins confiant, c’est dans ma capacité à tenir la meute. Arès m’en dit capable, seulement je culpabilise dès que j’hausse le ton.

En écho à mes mots, Cassian m’avoue revivre bien trop souvent ces gestes maudits que nous avons été obligé de faire lui comme moi. Son émotion qui déborde me prend aux tripes. Je ne sais pas quoi dire. Et un « je sais » me parait ridicule et vain. J’ai senti que son loup m’a retiré sa confiance potentielle. Je ne sais pas quoi faire pour la regagner. Il s’excuse à nouveau. Je n’en demande pas tant.

- Je suis sincèrement navré de t’avoir fait perdre ton temps Willem. Et je te souhaite une bonne soirée.
- Tu ne m’as pas fait perdre mon temps Cassian, je…


Mes paroles meurent sur mes lèvres. Je ne sais pas comment rattraper mon manque de discernement. Je me suis focalisé sur Maxine, la peur au ventre qu’elle souffre à nouveau. J’ai occulté la détresse de l’oméga. Un comble car j’ai la même qui m’étreint le cœur chaque nuit ou presque. Suis-je finalement un mauvais alpha et Arès simplement un super pote qui ne veut pas me blesser ?

(…)

Je suis rentré morose à la maison. Et j’ai même prétexté des bricoles à faire sur l’Impala pour fuir le regard de Maxine. Je m’en veux de ne pas avoir été à la hauteur de la description qu’elle semble avoir fait à Cassian de ma personne. Je ne lui dis donc rien de ma rencontre avec celui dont elle est visiblement très amoureuse, laissant le soin à son chevalier servant de lui brosser un autre portrait de ma personne.

Le reste de la semaine m’accapare entre une descente de flics au lycée. J’ai moyennement apprécié de ne pas avoir été mis au parfum vu mon poste au poste de police. L’impression de m’être fait court-circuiter en rajoute une couche sur mes incertitudes à être une personne fiable et sur qui on compte. Au campus, j’évite la zone des terrains de sport et fait même un détour pour regagner ma voiture sur le parking. Je n’ai pas revu Cassian depuis notre altercation.

Vers midi, je reçois un message de Timothy me demandant si son groupe peut venir échanger quelques balles sur le terrain de basket ou si notre accord est tombé à l’eau. Je lui réponds que c’est toujours bon, lui rappelant que les étudiants sont prioritaires et d’être poli et courtois avec le professeur de sport. En réponse il m’invite à venir jouer avec eux. Je décline n’ayant pas envie de me retrouver nez à nez avec Cassian.

L’après-midi est ennuyeuse. Je me tape la préparation des dossiers pour les stages du premier trimestre. Tâche ingrate qui consiste à plier des feuilles A3 en deux pour former un dossier avec plein de feuilles volantes à l’intérieur. Un non-sens avec les outils informatiques d’aujourd’hui. Lorsque j’ai terminé, je passe par la salle des professeurs pour récupérer mon sac avant de partir. Je suis resté le cul sur une chaise toute la journée, j’ai envie de me bouger. Je repense au message de Timothée. Lorgnant sur le tableau des emplois du temps, je cherche le nom de Cassian. Logiquement il a fini depuis une bonne demi-heure. Il ne doit plus être dans l’enceinte du campus. Je tente donc ma chance du côté des terrains de sport.

(…)

Dès que je passe l’angle du bâtiment de la biologie, je les vois s’en donner à cœur joie sous le panier. Cassian est avec eux. Il ne leur fait pas de cadeau, toutefois je l’entends leur donner des conseils et corriger leurs erreurs. La bande de Tim apprécie visiblement qu’un adulte se donne cette peine alors qu’ils ne sont que tolérés sur le terrain du campus. Je prends ce que je vois comme une leçon d’humilité. Si Timothée and co ont su mettre leurs griefs et orgueils dans leur poche, je dois pouvoir faire de même et tenter de renouer le contact avec Cassian. Je m’avance donc vers eux avec un sourire amical. Quand j’arrive près du terrain, le professeur de sport me salut d’un signe de tête neutre tout en dribblant un des ados. Leur jeu est rapide et fluide.

- Venez jouer avec nous m’sieur.

Ma première envie est de me rétracter en affirmant que je ne fais pas le poids contre le prof de sport, puis je me rappelle que c’est un peu cette attitude que Cassian me reproche. Ce manque d’affirmation et ce penchant à refuser le combat. Cassian est boxeur de base, pas joueur de basket même s’il semble se débrouiller plutôt bien avec un ballon. J’ai donc toutes mes chances et au pire je triche un peu en puisant dans mes aptitudes de garou.

- Ok. Un vieux dans chaque équipe et ceux qui veulent gagner avec moi.

Je fais une grimace explicite à Cassian. Il secoue la tête et accepte le défi. Dans ma jeunesse, c’était plutôt le ballon prisonnier qui avait cours dans la meute. Nos campements provisoires se prêtaient mal au basket qui requière une surface plane et rebondissante. Je ne sais peut-être pas dribbler aussi bien que Cassian vient de le faire devant moi, par contre je sais viser juste et avec force. Je le prouve avec un lobe parfais dix secondes après l’engagement. Le ton est donné. Le jeu crée l’émulation. Et le temps de quelques passes, ma mésentente avec l’oméga est mise de côté. Le jeu est serré, mon équipe a une courte avance d’une dizaine de points. A un moment Tim me passe le ballon alors que j’ai une magnifique fenêtre pour tirer un panier, pourtant je lasse la balle me percuter sans tenter de la rattraper.

- M’enfin ! M’sieur !

Cassian les a également sentis et son regard converge vers ce qui m’a fait instantanément oublier le basket. Timothée s’insurge en regardant le groupe de jeunes adultes qui vient d’arriver. Visiblement il les connait et semble s’être déjà fritté avec eux. Seulement il ne s’agit pas juste d’un gang rival, mais d’un groupe d’omégas. Le ballon finit sa course dans les pieds des intrus. L’un d’eux s’en saisit et le fait éclater simplement avec la pression de ses mains.

- Dégagez !
- Tim, reste tranquille…


L’envie d’en découdre se lit dans le regard des omégas. S’ils attaquent, ils vont faire un carnage dans le groupe de Timothée qui ne sont que de simples humains. L’agressivité est palpable et il est évident qu’ils n’ont que faire de la discrétion, car déjà des regards d’un bleu métallique s’éclairent dans leurs prunelles.

- Tim, toi et ta bande filez en passant par le bâtiment de la biologie. Ce sont des drogués. Avec monsieur Norton je vais régler le problème.
- Je sais ce qu’ils sont M’sieur Shepherd…


La voix de Timothée est blanche de peur. Je comprends avec effroi qu’il a déjà eu affaire au monde surnaturel. La menace est sérieuse, ils essayent déjà de nous encercler, rendant toute fuite impossible aux jeunes humains. Une sombre colère monte en moi. Cela fait des semaines que j’ai approché la bande de Timothée et que je tente de les sortir de la pente infernale qui les faisait glisser vers la délinquance. J’étais ravi de les voir jouer avec Cassian alors qu’une semaine auparavant ils se mettaient sur la figure. Preuve qu’ils ont su évoluer. Je refuse que l’on détruise cet espoir que j’ai qu’ils s’en sortent honorablement avec ce que la vie leur a donné comme cartes. Pas les meilleures. J’ai oublié la présence de Cassian tant l’intrusion de ces omégas que je ne connais pas me rend furieux. Vu que Tim est au courant pour les loups, je ne me cache plus et laisse l’alpha que je suis sortir les griffes et ses crocs. L’instinct de protection émane autant du loup et de l’humain. Je lance un grognement de sommation. On me répond par un doigt d’honneur.

- Ok.

Je laisse l’instinct bestial prend le dessus sur mon humanité. J’ai ainsi de meilleurs réflexes, une plus grande rapidité et un sens du combat accru, moi le mec pacifique de base. Je sens l’aura de Cassian qui n’est pas en reste pour montrer des signes d’intimidation.

- Tim et les autres, vous restez près de monsieur Norton. Compris ?

Pas besoin de leur dire deux fois. Ce n’est pas la bande de Tim qui intéresse les omégas. Mais le rubis de mes prunelles. Ils prennent les humains en otage, pensant me mettre en difficulté. Mon calcul est vite fait. Il faut que j’attire les coups sur moi. Par chance, je ne suis pas seul.

- Cass’ ! Protège les mômes.

Je n’ai aucun doute sur les capacités du professeur de gym à tenir les omégas éloignés, surtout si j’en attire un maximum sur moi. Je ne me rends pas compte que je viens de lui donner un ordre. Ce n’est pas un homme qui bondit au milieu des omégas, mais un loup. Un loup qui protège ceux qu’il a pris sous son aile. Je sens des griffes me tailler la peau. Mais ce n’est rien face aux coups que je renvoie. Ces types ont les prunelles bleues. Mais ils sont loin du drame que Norton ou moi avons pu vivre. Ce sont des loups instables. C’est à cause de mecs comme ça qu’on a les chasseurs aux fesses, que ma famille et celle de Cassian ont péri de la plus abominable des façons.

Il n’y a plus de gentil professeur Shepherd, pas plus que de Will’ qui raconte des conneries. Il y a juste un alpha qui protège une bande de gamins à qui il s’est attaché même si ce sont loin d’être des enfants de cœur. Aucune émotion ne passe sur mon visage. Ils se sont divisés en deux groupes. Trois d’entre eux menacent la bande de Tim et empêcher Cassian de me rejoindre pour m’aider alors que le gros de leur troupe me tombe dessus en même temps. Au début j’ai un peu de mal à donner toute ma puissance. Puis un cri apeuré d’un des potes de Tim m’en rappelle un autre. Je laisse volontairement les images de l’horreur remonter à ma mémoire.

- C’est à cause de types comme vous que nos familles meurent !

Une rage parfaitement contrôlée et attisée s’empare de mes mouvements. Ils sont peut-être à cinq sur moi, leurs coups m’atteignent déchirant mes vêtements mais je cicatrise à mesure. Je protège mes points vitaux et rends les coups.

Un de moins.

Il n’est pas mort, mais dans un sale état. Mon visage n’a plus rien de l’amical professeur de SVT. Enfin je lis la peur dans le regard de celui que je viens de prendre à la gorge. Cela me fait horreur, mais pour protéger les loupiots, je n’ai pas le choix, alors je serre, fort, très fort.

Deux de moins.

La douleur que je reçois est mon châtiment. Celui de répandre la violence que je hais tant. Dans ma vision périphérique, je vois Cassian bondir et protéger les mômes. Les attaquants sont assez malins pour ne pas resté groupé, lui compliquant la tâche. Sans les humains en otage, Cassian n’en aurait fait qu’une bouchée. Je sens son loup qui enrage. Je n’ose pas pousser mon aura pour l’effleurer et caresser son loup pour lui donner un peu d’apaisement.

Des griffes me broient l’épaule. Je me retourne dans cette partie d’empoignade et tirant d’un coup sec je brise un bras ou un poignet. Qu’importe. Ai-je dis que j’étais fortiche en ballon prisonnier ? Je crois tenir un plan pour aider Cassian qui ne sait plus où donner des griffes. Je balance avec force trucmuche au bras cassé contre un de ses potes qui tente de mordre Tim.

- Strike !

Quatre de moins.

Ils ne sont plus que deux contre moi, la même chose pour Cassian. Une formalité. Une fois tous nos adversaires à terre, je me précipite vers les mômes et vérifie qu’ils n’ont rien. Tim s’extasie sur Cassian et moi. Je me moque bien de ses lauriers, soulageant la douleur d’une belle griffure sur un bras de l’un de ses copains.

- Tim, tu les connais d’où ces types ?
- Ils sont arrivés il y a deux ou trois semaines. Ils foutent la merde dans la banlieue.
- Je vois.


Je jette un regard à Cassian. À agir ainsi, une telle bande de cons va finir par attirer les chasseurs. Je n’ai pas l’âme d’un assassin, même si je sais que ces types avaient la ferme intention de me prendre mon rang en me tuant. Il ne reste qu’une solution, celle qu’ils se barrent de Beacon Hills. Je sais que c’est déplacer le problème, mais je ne peux pas porter le fardeau du monde sur mes épaules. Déjà si je sauve Timothée et ses potes d’une vie merdique et éloigne un danger de ma meute, j’en serais content.

- Tim, rentrez chez vous.
- Mais !
- Y a pas de mais ! Obéis pour une fois. Appelle-moi quand tu es chez toi pour me dire que tout va bien.


Je n’ai pas haussé la voix, juste parlé d’une voix lasse. Les mômes obtempèrent et filent non sans nous avoir remerciés d’une voix timide. Ils viennent de comprendre à quoi ils ont échappé la semaine précédente.

Le meneur de la bande d’oméga est déjà en train de se relever, ainsi qu’une partie de ses potes. D’un pas décidé, je m’approche de lui et l’attrape par le devant de son blouson.

- Toi et ta bande de racaille vous dégagez de MA VILLE ! Demain si je sens encore votre odeur, je donne votre nom à pote italien qui est spécialiste dans la disparition des corps.

Je sais qu’Amaro répondra présent. Lui comme moi n’avons pas intérêt à ce que des chasseurs débarquent à Beacon Hills parce que des omégas ne savent pas se contenir. Je lève les yeux vers le panier de basket. Ai-je dit que j’étais bon butteur ? Je raffermis ma prise sur ce volatile de malheur et le balance de toutes mes forces en l’air. Le panier de basket ploie un peu sous le poids de l’oméga qui reste accroché à l’arceau. En temps normal je sortirais une connerie sur le fait que je viens d’esquinter le matériel. Mais là je ne suis pas d’humeur à plaisanter, mais plutôt à rouler des heures avec l’Impala. J’ai du sang sur les mains. Du sang qui n’est pas le mien. Je n’aime pas ça. Pourtant je sais que je recommencerai si ceux que j’aime ou protège sont à nouveau menacer. Chienne de vie.

Le message semble passé. Je vérifie que Cassian n’a rien. Précaution inutile, juste un réflexe. Cette attaque a cassé la bonne ambiance qui s’était installée le temps de quelques passes de ballon. Je ramasse mon sac et ma veste posés au sol et me tourne en direction du parking. Je suis triste, car je n’aime pas faire du mal. Être chef, c’est être seul. Seul avec le poids de cette charge, le poids de l’attente des autres et celui de leurs reproches. C’est le prix de la sécurité de ma meute. Je ne veux pas voir les omégas blessés, alors je fais un vague signe au professeur de sport et me dirige vers ma voiture. J’ai parlé de Beacon Hills comme étant ma ville. Prétention bien arrogante de ma part. Je suis même étonné que l’oméga ait gobé ces mots lancés avec un aplomb que je n’ai pas. Ou que j‘ai eu le temps de ma colère, le temps de protéger ceux qui comptent pour moi. Mais me voilà redevenu l’alpha que Cassian méprise tant. Un type qui marche les épaules basses, perdu dans de sombres pensées, teintées de remises en cause. Je regarde ma montre. Je pourrais faire une virée au Pink, mais ma chemise déchirée et mon jean taché de sang feraient désordre dans l’établissement select d’Alessandro. Reste les bières à la maison, mais je n’ai pas envie que Mady, Kean’ ou les filles me bombardent de questions. Je souhaite juste trouver un trou où me coller pour oublier ce que tout le monde semble attendre de moi. Un trou où trouver du répit, où je peux être simplement moi, un type simple, sans chichi, ni prétention. Un trou d’où je sortirai à la prochaine menace.




Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

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Cassian Norton

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MessageSujet: Re: The broken beast inside me PV Will   Ven 24 Nov - 19:10

The broken beast inside meL’espace d’un instant, je suis littéralement tiraillé par une hésitation naissant dans une peur de voir les choses dégénérer de nouveau comme ce fut le cas la semaine précédente. Or, si les paroles de l’alpha de Maxine ont eu une résonnance particulière dans mon cœur et mon esprit et m’ont permis de comprendre que mes parents ne souhaiteraient pas me voir devenir une bête instable et dangereuse mais un homme capable de se reconstruire et de continuer de faire vivre leur mémoire à travers les préceptes qu’ils nous avaient légués à Kae et moi, la réalité est malheureusement bien plus compliquée que les efforts honorables sur le papier. Je n’effacerais pas ce qui me hante même avec toute la bonne volonté du monde parce que cela faisait et ferait tragiquement toujours partie de moi jusqu’à la fin de mes jours. Je ne parviendrais pas à guérir complètement du traumatisme ayant transformé mon loup en prédateur capable d’abattre une vie sans sourciller. Le drame de mon existence ne me laisserait jamais tranquille. Sans compter que mon éloignement récent de Maxine pesait sur mon humeur et rendait mon double lupin particulièrement agressif envers moi et difficile à contrôler. Sa manière bien à lui de me signifier ce qu’il pensait de ma crainte de voir une lueur de jugement implacable dans ses yeux que j’aimais tant contempler en me perdant dans l’ambre malicieuse de ses prunelles. Cependant malgré toutes ces raisons, je finis par accepter l’offre de Thimothée et sa bande de potes. Parce que Kae ne rentrerait que tard le soir en raison d’un pot de départ de l’une de ses collègues à la mairie. Parce que j’avais plus que besoin de me détendre après la semaine que je venais de passer. Parce que je souhaitais prouver à mon loup que j’étais celui qui étais aux commandes. Parce que la situation de ces jeunes me touchait énormément à l’instar de ce que Willem faisait pour eux et ce eu égard à ce qu’avait vécu Esperanza lorsque la délinquance s’était invitée dans sa vie. Et enfin parce que si je m’en pensais largement incapable, je devais bien essayer de dépasser ce qu’il m’était arrivé. C’est ce qu’Ethan et Elisabeth voudraient. Que j’essaie quitte à échouer lamentablement mais au moins que je tente et que je pousse ma sœur à faire de même.

Alors, je me retourne et fais le chemin inverse d’un pas étonnement léger. Je discute avec les jeunes de tout et de rien comme si c’était notre manière de tirer un trait définitif sur la rixe nous ayant brutalement opposés vendredi dernier. Trop de fierté des deux cotés pour présenter des excuses en bonne et due forme. De leur côté, je sais qu’ils s’estimaient dans leur bon droit et l’étaient bel et bien quelque part au vu de l’accord les liant au professeur de SVT mais ils m’avaient pourtant cherché de manière explicite et avaient porté le premier coup. Du mien, j’avais fait preuve de rigueur professionnelle à un point étroitement excessif chose que l’on aurait naturellement attendu de moi en tant que nouveau professeur tout juste embauché et je m’étais montré bien trop brusque et non diplomate cependant ils n’avaient pas franchement eu à cœur de rectifier le malentendu. De toute manière, j’étais douloureusement conscient que mon loup n’avait eu besoin que d’une excuse potentielle pour me disputer le contrôle et laisser éclater toutes les émotions corrosives et combustibles nous dévorant de l’intérieur afin de se libérer ne serait ce que l’espace de quelques instants du traumatisme et ses affres de la manière la plus cruelle qui soit puisque les morts des jeunes adultes me faisant face n’avaient été évité que grâce à l’intervention du Shepherd. Cette discussion permettait de crever l’abcès de manière détournée sans écorner nos ego respectifs. Ce qui était une chose essentielle puisque nous en avions visiblement tous d’assez importants.

J’apprends qu’ils se nomment Thimothée, Malone, Damian, Keith, Junior et Odell et me présente à mon tour de manière succincte. Nous sommes sept ce qui complique la composition des équipes aussi je décide de proposer une équipe de trois dans laquelle je me trouverais face à une équipe de quatre. Damian et Odell me rejoignent et le reste suit Timothée. Je n’étais pas particulièrement doué au basket mais je me débrouillais plutôt bien. Surtout parce que ce sport était plus facilement praticable que le football américain raison pour laquelle des terrains se trouvaient assez facilement dans toute ville qui se respecte. Je me remémore les parties intenses et les piques amicales de mes potes de toujours. La bande avec laquelle je passais presque tout mon temps de la même manière que le faisait Tim et ses potes. Abel, Connor, Drew, Declan, Gian, Kade et Noah. Une sacrée bande de sauvages que celle-ci. Mon cœur se serre durement alors que les souvenirs inondent mon esprit. Je ne les reverrais probablement plus jamais. J’espérais que tout allait bien pour eux là-bas en Louisiane. L’Etat de ma naissance, celui ou je ne pourrais plus jamais mettre les pieds. Je reprends pied dans la réalité lorsque Odell pose une main sur mon épaule. Je laisse mon regard passer de hagard à chaleureux et gueule des encouragements à mon équipe. Le loup dans mes veines ne fait pas d’esclandre et ne semble même pas entretenir le moindre grief à l’encontre des jeunes en difficulté comme si leur présence lui était purement et simplement indifférente. Ce qui ne prouve tristement que trop bien que l’incident de la semaine passée aurait pu arriver face à n’importe quelle personne me poussant dans mes retranchements sauf Kaelyn et Maxine parce que les deux louves de ma vie étaient les deux seules pouvant se targuer de ne jamais créer de sentiments négatifs chez mon loup. C’était même tout le contraire en ce qui les concernaient. La partie débute et je mets toute l’ardeur dont je dispose dans la partie.

Je redeviens cet homme entier et passionné par tout ce qu’il entreprenait grâce à cette simple proposition amicale d’une bande de gamins défavorisés qui auraient pu m’en vouloir à mort d’avoir manqué de leur coller une dérouillée potentiellement létale il y avait à peine une semaine de cela. Mon cœur se gonfle de quelque chose de neuf que je n’avais plus ressenti depuis presque une éternité à mes yeux sauf lorsque ma jolie louve se trouvait dans mes bras. Ce sentiment que je méprisais malgré moi eu égard à mon état d’esprit désormais profondément désabusé. L’espoir. Les visages de mes parents planent un instant devant mes yeux et je soupire. Essayer. Le match est particulièrement intense et je ne leur fais pas de cadeaux pourtant je suis agréablement surpris par leur niveau. Le score est serré. Je transpire comme un bœuf au bout d’une dizaine de minutes mais le pari est tenu je m’amuse bien et suis parfaitement détendu. Même mon loup se laisse aller et ne tire plus la tronche. Tout en jouant je donne des conseils aux potes de Tim sur leur manière de se positionner, comment anticiper l’adversaire et toutes les choses pouvant les aider à s’améliorer. Je suis agréablement surpris de les voir accepter mes paroles avec humilité et de les voir les mettre en pratique dans la foulée. Je ressens une bouffée de gratitude envers Willem. Je ne l’ai même pas remercié de m’avoir préservé de l’irréparable. Mes yeux de loup ont beau être déjà azur je sais que je m’en serais voulu toute ma vie si j’avais laissé mon loup abattre ces six gamins. Or, j’avais déjà suffisamment de poids sur les épaules et de cauchemars à combattre pour ne pas en rajouter à chaque coup de sang.

(…)

Une demi-heure plus tard, la première partie s’étant achevée sur une victoire de mon équipe, une pause bien méritée plus tard nous remettons cela pour une revanche promettant d’ètre aussi intense que le match d’ouverture. Je dribble Malone et parviens à passer Keith lorsque l’effluve de l’alpha de la meute Shepherd attire immédiatement l’attention de mon animal intérieur. Déconcentré, je me fige et me tourne pour adresser un signe de tète empreint de neutralité à mon collègue. Timothée propose au professeur de sciences naturelles de se joindre à nous et je fais rebondir le ballon devant moi en guettant la réaction de Willem. Je ne voudrais pas empiéter sur son lien de médiateur auprès de la petite bande alors je m’apprête à partir en prétextant que j’avais quelque chose d’urgent à faire et que cela m’était complètement sorti de la tête. Je ne sais pas si l’alpha m’en veut encore pour la semaine dernière, s’il a raconté à Max ma perte de contrôle, s’il va mettre sa menace à exécution concernant sa Beta ou s’il me voit encore comme un danger public ambulant mais je sais que je ne veux pas revoir cette lueur de jugement dans ses yeux alors je préfère partir et continuer de l’éviter. Une attitude n’ayant rien de glorieuse mais dicté par l’émotion.

Mon loup ne se montre pas agressif vis-à-vis de la présence de l’alpha car le basket nous a tous les deux apaisés et je suis dans un état d’esprit relativement paisible inhibant ses excès de saute d’humeur. Mais alors que je comptais m’en aller en m’excusant poliment Willem prend la parole après avoir semble-t-il hésité sur la marche à suivre. Sa réponse me prend au dépourvu mais je me rends compte qu’elle le fait de manière agréable. Il ne veut pas que je m’en aille et s’est même permis une pique amicale qui me tire un sourire amusé qui ne s’éternise pourtant pas sur mes traits. L’alpha m’adresse une grimace explicite et je lève les yeux au ciel avant de secouer doucement la tête. Défi relevé Willem ! Ceux qui veulent gagner avec classe vous savez quelle équipe choisir. Odell et Damian restent de mon coté tandis que Timothée, Junior et Keith rejoignent le professeur de sciences. Malone me rejoint en souriant et tape dans la main d’Odell. Le match débute sur les chapeaux de roues et je découvre que Willem se débrouille de manière plus que respectable. Les premiers points sont pour son équipe grâce à un superbe lob dans la foulée de l’engagement. Damian remet les compteurs à égalité suite à une action collective que j’initie avec réussite. Nous avons le dribble, la vitesse et le talent dans les déplacements tandis qu’ils ont la précision, la manière de défendre efficacement et la vision de jeu de Tim qui est un excellent meneur. Je me fais la réflexion qu’il aurait pu tout à fait avoir sa place dans la sélection du campus. Je reçois la balle et bondis pour mettre un panier sous les vivats de mes camarades.

L’écart en faveur de Willem se réduit comme peau de chagrin. L’alpha reçoit une passe de Tim et ne rattrape pas la balle qui rebondit sur son torse et dévale le terrain pour se porter jusqu’à…Le jeune humain s’exclame de dépit mais je sais pertinemment pourquoi mon collègue a cessé de jouer aussi brusquement. Je soupire de mécontentement en sentant les effluves des huit Omegas. Pourquoi ?! Pourquoi fallait-il que ces instants agréables et apaisants soient souillés par des abrutis de cet acabit ? Qu’ais je fait au cosmos pour mériter un tel acharnement sur ma personne ? Un brin égoïste comme réflexion mais je ne peux que me le demander. Mon loup était en parfaite harmonie avec moi chose suffisamment rare depuis le massacre des miens pour ètre soulignée et appréciée à sa juste valeur et voilà que je vais devoir l’entraver plus solidement et cruellement dans ses chaines pour éviter un autre drame. Tout cela parce que cette bande de loups instables, dangereux et profondément stupides s’est certainement mis en tète d’abattre un alpha pour récupérer sa puissance alors qu’ils n’en sont pas dignes. Nous sommes ici clairement face aux rebuts de notre espèce. Ces loups qui servent d’excuse aux chasseurs pour nous décimer sans distinction aucune. Mon loup se réveille dangereusement en moi tandis que ma propre colère face à une injustice sans nom me brule le cœur. Pourquoi ces salauds étaient encore en vie là ou les miens innocents de tout crime n’étaient plus que cendres et souvenirs déchirants ? Pourquoi !?

(…)

Le ballon finit sa course aux pieds du meneur de ce rassemblement détestable qui le ramasse pour le faire éclater un sourire moqueur plus proche du rictus que du sourire sur les lèvres. Timothée s’avance et s’insurge prestement signe que lui et ses amis s’étaient déjà confrontés à ces nouveaux venus mais recule lorsque le médiateur le lui ordonne. La voix de l’alpha est tendue et chevrotante. Je sais qu’il exècre la violence gratuite puisqu’il me l’avait avoué l’autre fois mais aujourd’hui il n’a pas le choix. Je sens un tourbillon d’émotions explosives remonter en moi, les mêmes que la semaine dernière au même endroit mais cette fois elles ne sont pas tournées contre des innocents mais des coupables. Et cela faisait toute la différence. La colère se mêle à la rage face à ce que mon esprit perçoit comme une injustice sans nom, la douleur nage au coté de la peine, la haine côtoie le ressentiment. Mes yeux sont noirs et lancent des éclairs. Le regard rivé sur les huit intrus est celui d’un prédateur ne rêvant que d’une chose. Bondir en avant et déchirer la chair, briser les os, voir la souffrance dévaster les visages et les yeux se glacer d’une peur inconcevable.

Mon loup ne me mène pas la vie dure à ma plus grande surprise, ne se jette pas sur les barreaux de sa cage, ne hurle pas comme un forcené, ne mord pas et ne griffe pas sa prison de chair. Il ne cherche pas à me disputer le contrôle pour aller tenter d’abattre ces ennemis inopinés. Non, il se redresse simplement en position de combat, dévoile lentement ses crocs et gronde de manière agressive dans mon esprit. Agressivité tournée vers les Omegas et non pas ma propre personne. Je suis estomaqué par cette situation parce que je m’attendais logiquement à devoir réprimer ses ardeurs sanguinaires tout en combattant les loups infréquentables. Je comprends que quand bien même il ne fait pas confiance à l’alpha à mes cotés l’aura de ce dernier a un effet inconscient et involontaire sur lui et qu’il considère les jeunes humains derrière nous comme des personnes à protéger pour la simple et bonne raison qu’elles nous avaient permis de nous évader de notre prison intérieure et de vivre à nouveau simplement comme avant durant une heure particulièrement douce.

Si le canidé dans mes veines peut ressembler à un monstre brisé, il n’en reste pas moins que le sens de la protection est tout autant extrêmement développé chez lui que chez moi. Pour ma part, je veux me défouler sur ces imbéciles qui ne méritent que de se faire salement amocher mais également empêcher les gamins dans notre dos de recevoir un coup létal dans la bataille parce que ce sont des mecs attachants lorsque l’on gratte la surface. Et puis, ils se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment et ne devraient pas risquer d’y passer pour cela. La tension est extrême et palpable. Ma colère s’agrandit en les voyant dévoiler leurs prunelles bleues sans se soucier de la présence de témoins humains. Ces espèces de crétins se moquaient d’attirer les chasseurs en ville. Chasseurs qui traqueraient tout loup garou sans faire de distinction ! Comment pouvait-on être une ordure égoïste à ce point ?! Le bleu de leurs prunelles n’indique que trop bien qu’ils pourraient abattre la bande de Tim sans sourciller. Je n’écoute pas l’échange de Willem et de son protégé et me focalise entièrement sur le groupe qui nous fait face.

Ma colère est si virulente que je ne m’étonnerais pas d’avoir la même tronche que celle de vendredi dernier. Mon loup s’agite de plus en plus en moi, impatient d’aller faire couler le sang de ces Omegas. Le doigt d’honneur du leader adverse me fait esquisser un sourire un brin malsain. Mon loup ne me dispute pas le contrôle mais partage mon envie d’aller faire un carnage. Ce n’est pas mon animal intérieur que je dois museler mais bien moi-même cette fois ci et c’est tout aussi difficile. L’aura d’alpha de Willem se déploie écrasante, intimidante et imposante. Celle-ci sature l’atmosphère au sens littéral du terme et je l’imite à mon tour. Mon aura est particulière et marquée par mes changements de statuts successifs récents mais domine quelque peu celle de ces loups n’ayant jamais appartenu à une meute. Cependant, ce n’est pas mon aura qui indique à quel point je suis dangereux mais bien mon expression hargneuse, mon corps tendu comme un arc et la lueur dans mon regard. J’hoche la tète aux propos de l’alpha qui ordonne aux jeunes de venir se placer derrière moi. C’est lui l’alpha donc il est le mieux placé pour leur faire bouffer les pissenlits par la racine. Je peux en prendre deux à la fois sans trop de problèmes mais pas plus.

La lucidité est la première qualité du combattant. Lorsque le Shepherd m’ordonne de protéger les gamins mon loup ne s’insurge pas et je lui réponds sans bouger d’un iota. Je m’en occupe Will ne t’en fais. Écrase moi ces abrutis. Le loup a déjà bondi dans le tas sous mon regard admiratif. Une admiration partagée par mon double lupin qui jauge le dominant comme s’il le voyait pour la première fois. Cinq loups enragés tombent sur la couenne de Willem tandis que trois viennent me défier avec arrogance sur de leur force et de leur capacité à abattre un seul Omega. Un sourire cruel étire mes lèvres alors que je me transforme rapidement. Vous voulez jouer ? Parfait alors on va jouer. Je ne peux malheureusement pas attaquer le premier et me montrer expéditif étant donné que la bande de Tim doit rester derrière moi. Mon loup est frustré de ne pas pouvoir agresser ses ennemis en leur sautant à la gorge mais il est conscient de la présence des humains derrière lui. Je me déplace parallèlement à une ligne de démarcation servant de frontière qu’ils ne doivent pas dépasser pour ne pas pouvoir atteindre Tim et ses potes.

J’intercepte le premier et saisis son bras dressé en l’air pour lui décocher un coup de tète droit sur le front suivi d’une série de coups de griffes rapides et nerveux sur le torse mais ses deux acolytes se jettent sur moi et je sens des griffes s’enfoncer dans mon bras et dans une jambe. Je mords une épaule avec sauvagerie avant de donner un coup de coude dans la mâchoire du troisième puis de l’envoyer valser d’un coup de pied brutal dans l’estomac. Les loups se relèvent difficilement et me toisent avec une lueur meurtrière dans les yeux. Ils viennent de se rendre compte qu’ils m’avaient complètement sous-estimé. Je crache le sang que j’ai dans la bouche et esquisse un sourire mauvais en les défiant du regard. Protéger les jeunes. Protéger les jeunes. Je dois me repasser cette injonction en boucle afin de ne pas craquer et bondir en avant pour aller taillader sans ménagement la chair. Je me replace devant Tim and co et vérifie qu’ils n’ont rien d’un bref coup d’œil. Les Omegas comprennent que s’en prendre aux protégés de Will est la solution pour m’empêcher de pouvoir les malmener. Mes premières blessures cicatrisent. Mon tee-shirt et mon sweat sont déjà en lambeaux. Comme si j’en avais des centaines ! Je saigne mais la douleur est supportable. J’ai connu bien pire et il ne s’agit pas de douleur physique celle-ci est presque douce comparée à la véritable. Le plus grand des trois se jettent sur moi tandis que ses potes attaquent Malone et Keith.

Je me lance dans une chorégraphie implacable avec mon agresseur et échange coups de poings et de griffes sur tout le haut du corps avant de l’attirer à moi pour lui bouffer l’épaule comme à son camarade un peu plus tôt avant de lui décocher un coup de genoux dans les valseuses. Le deuxième se jette sur moi mais j’esquive et me précipite pour sauver Odell d’un coup de griffe mortel. Le cri de l’humain s’élève dans les airs. Mes griffes se plantent dans le ventre du loup après que je l’ai durement bousculé. Les deux autres se jettent de nouveau sur moi et je dois reculer sous leurs assauts contraignant Tim et ses amis à faire de même. Je reçois une série de coups de griffes de la base du cou au bas ventre en passant par les jambes mais je parviens à les repousser difficilement pour me porter au secours de Tim. Mon loup enrage de devoir bondir de cibles en cibles pour protéger les mômes mais dépasse sa frustration à travers la brutalité des coups que nous infligeons aux Omegas. Le cri du cœur de l’alpha me fait redoubler d’ardeur parce que ce dernier a tristement raison. Je fais abstraction de mes blessures. Mon loup défend les louveteaux comme s’il en était le protecteur, comme il défendrait Kae et Max. Je commence néanmoins à fatiguer et laisse un grondement rageur s’échapper de mes lèvres en même temps qu’une insulte fleurie.

Les loups me faisant face sont aussi exsangues que moi mais esquissent un sourire victorieux. Soudain, l’un d’entre eux s’écrase sur le sol un autre loup le recouvrant. J’adresse un signe de tète de remerciement à Will avant de me jeter sur les deux derniers ébahis. Je brise une épaule avant de faire de même avec le bras du second. Mon double primal hurle de satisfaction devant les cris de douleur des agresseurs. Les humains s’extasient sur nous deux. Mais, pour ma part je dois calmer les élans de sauvagerie de mon loup qui ne serait pas contre continuer de briser les os des Omegas. Une fois l’animal calmé, je rejoins Willem et aspire la douleur de Keith qui avait reçu un coup de griffe superficiel. Mon regard croise celui de l’alpha et nous pensons à la même chose suite aux explications de Timothée. Je suis curieux de savoir comment ce dernier va gérer cette menace à la sécurité de la ville et de nos proches respectifs. Il congédie les humains d’une voix lasse et je les salue d’un signe de tète amical. Les jeunes s’éclipsent sans demander leur reste. Quatre des huit loups se sont déjà relevés. Mon loup est aux aguets prêt à remettre le couvert. Quant à moi, je suis attentif à la réaction de l’alpha. Son avertissement plein d’aplomb et le geste qui s’ensuit impressionne mon loup qui fait désormais confiance au dominant pour veiller sur notre jolie louve. Je suis aussi admiratif que mon double. Le Shepherd vient de gagner mon respect. En temps normal, j’aurais éclaté de rire devant le panorama d’un loup le cul coincé dans un panier de basket mais je n’ai pas le cœur à rire. Je sais de qui il parle par ami italien pour l’avoir rencontré personnellement. Comme le monde est petit.

(…)

Je regarde Willem ramasser sa veste et son sac après s’ètre assuré que j’allais bien. Un geste qui m’a touché. Le médiateur m’adresse un signe de tète avant de s’en aller la tète basse et les épaules voûtées. L’alpha sur de lui d’il y à quelques instants a déjà disparu mais je sais qu’il existe. Et qu’il émergera chaque fois que sa meute ou un innocent aura besoin de lui. Mon cœur se serre. Je l’ai jugé beaucoup trop durement. Mais, ce qui est fait est fait mon loup ne le déteste plus, l’admire et le respecte, lui fait désormais confiance pour Maxine mais je ne suis pas sur qu’il serait prêt à l’accepter comme alpha. Sans compter que K savait se montrer bien plus rancunière que moi. Si, je la protégeais physiquement. Elle me protégeait émotionnellement. Je vais chercher mon propre sac avant de m’élancer derrière mon collègue que je rattrape rapidement. Will, je voulais te remercier…Te remercier de m’avoir fait confiance. Suis-moi, je sais ce qu’il nous faut après un merdier pareil. Une bonne série de bières dans un lieu paisible. Plus tôt dans la semaine, j’avais trouvé un endroit parfait dans les bois en traînant près du manoir Hale. Une falaise dominant la ville en contrebas. Un panorama magnifique. Une ambiance apaisante. Je comptais y emmener K ce week end et certainement Max également si elle me pardonnait mon attitude.

J’observe prudemment sa réaction et m’inquiète presque de le voir si mutique. Cela ne lui ressemble pas franchement. C’est plutôt mon domaine. Il ne faudrait pas que cela devienne une habitude de se fritter ici tous les vendredi. Ma tentative de détendre l’atmosphère échoue lamentablement. Pourtant, l’alpha acquiesce à ma proposition et lorsque je lui demande de me suivre avec sa voiture, il accepte. Je monte dans le quatre-quatre et démarre. Je me suis arrêté dans un petit magasin du centre pour acheter un pack de douze autant prévoir large, un sac poubelle et des chips. Puis, je me gare dans le parking de l’hôtel. Willem sort de son propre véhicule et m’interroge du regard. Ne me dis pas que tu ne souhaites pas prendre une douche avant. Moi, j’en ai besoin en tout cas.  Le regard du réceptionniste à l’accueil vaut son pesant d’or mais il me reconnait alors garde le silence. Une fois dans ma chambre, je dépose les courses sur la table basse. Fais comme chez toi. Je passe le premier à la douche je nage littéralement là.
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Willem Shepherd

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MessageSujet: Re: The broken beast inside me PV Will   Sam 2 Déc - 14:16

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The broken beast inside me
Je me sens vidé avec un gout de défaite dans la bouche. Je rêve d’un eldorado où ma meute pourrait vivre sereine. Je rêve d’un temps révolu où nous dinions des saumons péchés dans la rivière et du gibier chassé. Un temps hors de ce monde surpeuplé. Je fais l’amer constat que nous sommes trop nombreux pour cette planète pour pouvoir y vivre tranquillement. Maintenant je chasse et pêche au centre commercial du coin. Je mange de la viande qui peut venir d’Argentine ou de Chine. Les fruits ont l’air d’être en plastique et les gâteaux sont bourrés de conservateur. Heureusement, Mady continue à nous faire une cuisine traditionnelle malgré ses horaires à l’hôpital. Jusqu’à quel point allons-nous pouvoir conserver une forme de vie traditionnelle ? Keanus, Mady et moi sommes-nous les derniers représentants d’une race de loup qui ont plus vécu comme l’animal le fait que sur le modèle de l’homme moderne ? Que vont devenir les générations futures ? Lorsque je vois Alessandro s’obstiner à vire en homme, usant de sa part loup comme une arme et non faisant partie intégrante de son être, je me dis que c’est le début de la fin de notre espèce. Est-ce vain de vouloir se mêler à eux ? Ce genre humain qui détruit la planète qui l’a mis au monde ?

- Will, je voulais te remercier…Te remercier de m’avoir fait confiance. Suis-moi, je sais ce qu’il nous faut après un merdier pareil. Une bonne série de bières dans un lieu paisible.

Cassian ! Tellement choqué par ce que me coute de jouer l’alpha que j’avais totalement occulté le professeur de sport. Non que je ne le considère point, seulement que j’étais dans ma bulle. J’hoche la tête. Enfiler des bières c’était mon idée. Je pensais le faire dans la solitude, toutefois, j’ai le sentiment que Cassian saura éviter les sujets que je n’ai pas envie de ressasser. J’accepte sa proposition sans dire un mot, juste avec quelques gestes. J’apprécie l’invitation.

- Il ne faudrait pas que cela devienne une habitude de se fritter ici tous les vendredis.

Je hoche la tête à nouveau. Oui ce n’est pas une habitude à prendre. Une sorte de neurasthénie m’embourbe et me rend hermétique à toute forme d’humour. J’ai le bourdon et le cafard. Cassian me demande de le suivre en voiture. Ça me convient. Je me laisse guider un peu absent. Je n’ai pas tué ces omégas, et j’aurais la lâcheté de me tourner vers l’italien pour leur régler leur compte si la nécessité devient loi. Si cela doit se passer ainsi, je n’aurais pas leur sang sur les mains, mais tout de même leur meurtre sur la conscience. Je ne suis pas prêt à revivre ça.

Après avoir pris du ravitaillement dans une boutique, Cassian me mène jusqu’au parking d’un hôtel. Je sors de l’Impala un peu étonné. J’avais imaginé un endroit moins urbain pour noyer mon gosier à défaut de mes tristes souvenirs.

- Ne me dis pas que tu ne souhaites pas prendre une douche avant. Moi, j’en ai besoin en tout cas.
- Je… oui. Bonne idée.


Mon asthénie m’a fait oublier mon t-shirt lacéré et souillé de sang séché. Mes blessures ne sont qu’un lointain souvenir. Le gardien nous lance un regard équivoque. Ce genre de regard que l’on m’a souvent lancé. Avec sa peau sombre, Cassian doit également connaitre. Cette expression qui vous fait sentir étranger et pas à sa place. Une attitude pleine de sous-entendus négatif sur votre moralité. Je suis le loup, laissant glisser les reproches sur moi. J’ai appris à me moquer de l’avis des gens qui ne sont pas mes amis. C’est aux yeux de mes proches, ceux que j’aime que je souhaite avoir une bonne image. Les autres… je suis capable de leur montrer mes fesses rien que pour les conforter dans leur mauvais jugement. Comme Cassian loge ici, je vais m’abstenir de faire un esclandre.

- Fais comme chez toi. Je passe le premier à la douche je nage littéralement là.

Le loup disparait vers la salle de bain. Je tourne en rond dans cette chambre, jette un œil dans le mini frigo. Je n’aime pas l’endroit, je me sens parqué, comme en cage. Même si le ménage a été fait, les traces des précédents occupants souillent le lieu. Comment Cassian et sa sœur de meute peuvent vivre là ?

« - Ils n’ont tout simplement pas le choix… »

Je pourrais lui proposer de le loger, le dépanner. Mais Cassian est un ancien alpha. Fils d’alpha. Moi je ne suis qu’un usurpateur si on approfondit mon histoire. J’ai eu du mal à gérer James. Je suis médiateur et conseillé. Seulement comme le dit l’adage, ce sont les cordonniers qui sont le plus mal chaussés. C’est facile de se poser, de voir les différents et de trouver un compromis d’entente, facile pour les autres et non pour soit. Je n’ai pas le recul nécessaire. Cassian ressort de la salle de bain. Je le regarde avec un air désolé. Ce n’est pas de la pitié de ma part. Simplement l’amer constat qu’il vit dans une cage.

- Maxine a dû de décrire notre maison. Ce n’est pas le grand luxe. Max’ a refait sa chambre. La mienne ressemble à un squat. Pas trouvé un grapheur capable de me taguer un truc qui pourrait me faire penser à la nature.

Quand nous avons acheté la maison, elle était entièrement taguée. Tenter de repeindre est une utopie si près de la cité de l’autre côté de la rue. J’avais donc demandé au plus talentueux d’entre eux de me faire quelque chose de pas agressif visuellement. Je leur donne du fric de temps à autre. Pas tout le temps car cela deviendrait un racket. La faune locale a apprécié que je ne m’offusque pas de leur street art. Notre maison est atypique, mais originale. J’ai vu sur un mur en ville un dessin avec la mer et la plage. Ça serait super pour la future salle de bain pour mec. Il faut que je trouve celui qui a fait cette peinture. Sa signature a été recouverte par un autre tag. Je prends la place de Cassian et passe brièvement sous la douche. La sensation est agréable.

(…)

Nous avons repris la route. Je suis les phares arrière du 4x4 de Cassian. Je le laisse me mener dans ce coin tranquille dont il parlait. Jusque-là je n’ai pas décoincé plus de cinq mots. Voir les arbres border les deux côtés de la route me met du baume au cœur. J’ouvre la fenêtre pour humer l’air ambiant. La nature a un effet apaisant sur mon cœur, car c’est là qu’est ma vraie maison. Un clignotant, puis les feux stop qui s’allument de la voiture que je suis, m’indiquent que nous sommes arrivés. Je descends de la voiture et soulage Cassian d’un des packs de bières qu’il tient.



Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

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MessageSujet: Re: The broken beast inside me PV Will   Sam 2 Déc - 21:42

The broken beast inside meUne fois dans la modeste salle de bain dans laquelle j’avais déjà mes petites habitudes à l’instar de ma petite sœur, preuve que les réflexes et l’instinct se situaient à un niveau inconscient car la dure réalité voyait cette chambre d’hôtel certes suffisamment spacieuse pour deux personnes ne pas convenir au terme de foyer à nos yeux je me déshabille rapidement après avoir déposé des vêtements propres sur le lavabo. Ce n’est pas le grand luxe et nous quittions notre refuge le plus rapidement possible pour échapper à cette exiguïté mais ce petit carré de vie était notre petit carré de vie. Ce simple constat suffisait à balayer les réserves sur ce qui s’apparentait bien plus à une extériorisation des prisons intérieures sièges de terreurs et de tourments nocturnes qu’étaient nos âmes à Kaelyn et moi qu’à un refuge synonyme de protection, de réconfort et de sentiment de bien être. La chambre d’hôtel représentait tout à la fois notre point de chute le plus stable depuis le massacre des nôtres et la cavale en ayant découlé, le point de départ vers quelque chose de plus solide, le premier pas vers une nouvelle vie dans laquelle nous baignons déjà depuis des semaines désormais. La première pierre d’une acceptation dont le chemin serait long et tortueux. En y réfléchissant, il était possible de coller toute une série d’interprétation potentielle derrière ce lieu probablement aussi juste les unes que les autres mais cela n’avait pas vraiment d’importance.

Ce qui en avait était que nous l’occupions parce que nous étions en vie. Bien sûr que nos cœurs se serraient lorsque nous pensions à notre Louisiane natale, au chalet, à mon loft et à toutes les choses que nous avions quitté. A tout ce confort ordinaire qui avait constitué la routine agréable de nos vies. Cependant, cela n’avait aucun impact comparé à la véritable peine celle d’avoir perdu bien plus et bien trop brutalement plus de proches qu’il devait en être permis. Le lieu n’existait pas, il était obsolète. C’était juste un coin nous servant de foyer temporaire. La douleur elle était concrète. Vivre ce que nous avions vécu devait nous avoir plongé dans un état d’indifférence à certaines choses. Cette cage urbaine était détestable pour les deux canidés que nous étions mais il arrive parfois que dans la vie, on se mette à apprécier des choses sans réellement comprendre pourquoi. Kae aimait la verdure, la nature, sa beauté, son bruit, les arbres, les plantes, les fleurs et le monde végétal et animal dans son intégralité. Elle avait rapidement trouvé sa voie dans les études de paysagiste. Quant à moi, j’avais adoré l’environnement si particulier de ma région natale depuis mes premiers pas à l’instar de mon loup. J’aimais ressentir la connexion de mon animal intérieur avec mère nature et communier avec la forêt. Nous étions des loups et les loups étaient les maîtres des bois. Pourtant malgré cela, malgré le fait que cette chambre commençait à me ressortir par les yeux je m’y sentais aussi bien que K. Parce que c’était le premier lieu ou nous nous étions enfin posé. Parce que l’effluve tenace de ma petite sœur imprégnant les lieux rassurait et apaisait mon loup autant que moi. Parce que nous avions pris nos habitudes. Néanmoins, je savais que nous quitterions rapidement ce trou dès que j’aurais la somme nécessaire pour investir dans une maison en périphérie.

Une maison plutôt qu’un loft pour ne pas répéter la Louisiane. Une maison parce que cette notion portait en elle quelque chose de collectif. Une maison parce qu’elle nous refléterait tous deux. Une maison parce que c’était là ou vivait une famille. Je me lave rapidement, savourant la puissance du jet d’eau chaude sur mon corps noué et en guérison. Le sang se mêle à l’eau dans l’intimité de cette salle d’eau. Je me dépêche quand bien même je voudrais passer beaucoup plus de temps sous cette salve aquatique agréable. J’ai un invité et déjà que j’aurais dû lui céder la priorité. Je ne vais pas passer pour plus malpoli que je ne le suis visiblement déjà. Je termine mon affaire, me sèche prestement avant d’enfiler des vêtements propres. Jeans sombre, bottes, tee-shirt ordinaire et perfecto en daim. Je me sens de nouveau frais comme un gardon. Mon loup est tranquille dans mon être comme il ne pouvait que l’ètre dans son antre ou planait des remugles de la présence de notre petite louve. Je me passe une main sur la barbe et me regarde dans le miroir. Je trouve mon expression particulièrement apaisée ce qui m’étonne. La semaine dernière celle-ci était radicalement différente.

Je ressors de la salle de bain et croise assez logiquement Willem vu la taille des lieux. Son expression me touche au lieu de m’énerver. Ma fierté et mon orgueil l’ont mises en veilleuse et la compassion sincère et pure de congénère que je lis dans les yeux de l’alpha procure un effet bien réel à mon double lupin. Son air désolé me pousse simplement à me faire la réflexion qu’il était plus que temps que Kae et moi parvenions à passer le pas de l’installation. Je me sens terriblement coupable et particulièrement mal lorsqu’il évoque Max. Ma jolie louve. Il faut vraiment que je remette les choses en ordre entre nous. Je n’ai pas assumé mes responsabilités vis-à-vis de celle que je considérais comme ma petite amie là ou mon loup dans ses excès préférait le terme de compagne. J’ai eu peur de sa réaction quant à mon pétage de plomb de la semaine dernière alors même qu’elle m’avait promis de ne jamais me juger, qu’elle m’avait accepté comme j’étais et qu’elle m’avait compris. Quel abruti j’ai été ! Je suis persuadé de lui avoir causé énormément de peine et rien que pour cela je pense que Will serait en droit de me jeter de la fenêtre. Mon cœur se serre. En agissant comme je l’avais fait, j’avais manqué à ma promesse de toujours la protéger et de ne jamais la faire souffrir de la plus atroce des manières. J’ai envie de me coller des baffes par centaines et mon loup gronde son assentiment.

Tu avais raison mon vieux. Je n’aurais jamais dû l’écarter comme je l’avais fait, je n’aurais jamais dû imaginer le pire, je n’aurais jamais du ne pas lui faire confiance. Elle aurait certainement compris que j’avais craqué involontairement. Oh Max. Je suis désolé ma belle. Si tu savais à quel point je t’aime. Je reviens à la réalité présente après quelques instants de flottement. Oui, en effet Will. Max m’a décrit son nouveau foyer. Celui que tu lui as gracieusement offert sans hésitation. Tu es un homme bon et elle a de la chance de t’avoir pour alpha. Je l’ai compris à présent. L’autre jour, je n’étais pas dans…Elle m’a décrit sa chambre ainsi que la maison. Elle adore littéralement la maison tu sais. Je marque une pause pour réfléchir à bien des choses, l’esprit encore tourné vers la louve qui me redonnait gout à la vie et que j’avais traité de manière déplorable au cours de la semaine passée à ma plus grande honte.

Le fait que cela ne soit pas le grand luxe n’a aucune importance. Je ne vais pas te cacher que j’avais un niveau de vie confortable avant…Mais, après un drame on a tendance à revoir l’ordre des priorités tu me l’accorderas. Ta proposition sous-jacente me touche profondément mais je pense que je vais acheter une maison dans le même quartier que toi pour Kae et moi. Je pense que ce sera mieux ainsi. Ma sœur t’en veut beaucoup mais je suis persuadé qu’une fois qu’elle t’aura rencontré personnellement elle changera d’avis comme je l’ai fait. Si ta proposition tient toujours.
Je laisse Will aller se laver après lui avoir tendu une serviette de l’hôtel propre. Une fois l’alpha sous la douche, je vais me griller une cigarette sur le balcon. La fumée me fait un bien fou. J’envoie un message à Max dans lequel je m’excuse encore et encore de l’avoir traité de la sorte. J’attends sa réponse avec appréhension mais rien n’arrive. Je comprends sa réaction et décide que j’irais la chercher à son travail pour que nous puissions discuter ensemble. Nous quittons l’hôtel une fois Will frais.

(…)

Willem est toujours aussi morose et je me fais la réflexion qu’il s’agissait bien là d’un comble vu nos caractères respectifs. Nous nous enfonçons dans les bois d’un pas paisible. La quiétude apaisante des bois ravit mon loup qui se sent pleinement dans son élément. Le chant des oiseaux, l’humus sous mes bottes, les effluves nombreuses d’une vie grouillante. Faune et flore s’entremêlent et je me sens bien dans cet environnement. L’alpha tient un pack de bière tandis que je fais de même en sus des chips, sacs poubelles et de mon téléphone ou je guette Max qui ne répond toujours pas. Nous arrivons finalement au niveau de la falaise surplombant la ville et je désigne un coin à quelques pas du précipice. Puis, je m’installe en tailleur sans faire de chichi. Voilà nous y sommes. Le panorama est juste splendide n’est-ce pas ? C’est le genre de vue qui pousse à relativiser et à méditer sur bien des choses. Je me sens particulièrement bien dans ces bois alors que je suis plus habitué aux bayous. J’imagine que peu importe sa forme la nature reste la même aux yeux du loup que je suis. Je saisis deux bières dans le premier pack, ouvre un sac poubelle en prévision de la descente et décapsule celle de Will avec une pierre avant de faire de même pour la mienne. Je lui tends une bouteille avant de lever la mienne. Je ne vois pas vraiment à quoi trinquer. Tu as une idée ? Ah si attends, je crois que j'ai trouvé. Aux remises en question.Et à...à l'espoir.
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MessageSujet: Re: The broken beast inside me PV Will   Jeu 7 Déc - 15:44

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The broken beast inside me
J’emboite les pas de Cassian, et au fur et à mesure qu’il s’enfonce dans les bois, je reconnais l’endroit et devine là où il souhaite nous emmener. Il y a un panorama à couper le souffle sur la ville qui est en contrebas de ce coin ci de forêt. Son idée est bonne de venir ici. L’accès n’est pas vraiment aisé pour des non sportifs, puis à cette heure-là, je doute que nous croisons du monde.

- Voilà nous y sommes. Le panorama est juste splendide n’est-ce pas ? C’est le genre de vue qui pousse à relativiser et à méditer sur bien des choses.
- Oui l’endroit est magnifique. Je suis déjà venu ici au grès de mes errances en forêt.
- Je me sens particulièrement bien dans ces bois alors que je suis plus habitué aux bayous. J’imagine que peu importe sa forme la nature reste la même aux yeux du loup que je suis.
- C’est notre habitat…


Je soupire, une vague de nostalgie me prend aux tripes. Après l’amertume lié aux tracas d’être un alpha, les souvenirs s’invitent. Les bayous pour Cassian, les forêts du grand nord canadien pour moi. La nature à l’état brute, sauvage, dangereuse et hostile. Ma maison. Dehors en pleine nature je me sens chez moi. Mon côté loup prend le dessus sur l’homme sur ce point de vue.

- Je ne vois pas vraiment à quoi trinquer. Tu as une idée ? Ah si attends, je crois que j'ai trouvé. Aux remises en question. Et à...à l'espoir.
- A ma victoire !


Je fais une moue désabusée sur ce jeu de mot sarcastique qui laisse le doute de savoir si je parle de la courte avance de mon équipe tout à l’heure, ou de ma maîtrise de la bande des omégas. Cassian ne réplique rien, mais il a compris le double sens de mes paroles. Nous avons réussi à nous entendre, tant avec Tim et ses potes, que dans le combat qui a suivi où Cassian a parfaitement tenu le rôle d’un bêta en couvrant mes arrières, protégeant les mômes pour me laisser les coudées franches pour coller une dérouillées aux crétins. La dernière fois que je me suis battu contre des omégas, c’est à cause de Tobias. Cette fois-là, c’était Arès et Keanus qui étaient avec moi.

- Je suis né sur les bords du Mississipi. Nous sommes voisins pour nos origines. Seulement, ma meute ne restant jamais au même endroit plus d’un mois, je ne peux pas donner à ce lieu la même importance que toi qui avait une maison sans roue.


Je ris, car mes mots me font remonter un souvenir. J’explique à Cassian que lorsque j’étais môme, à mes yeux d’enfant, il y avait deux types de maison. Les maisons avec roues et les maisons sans roue. Vision d’un nomade pour qui la notion de maison est vaste. Nous buvons notre bière dans un silence troublé par les chips que nous mangeons.

- C’est difficile de se reconstruire après de tels drames. Quand ce pour quoi tu te destinais s’écroule. Je devais devenir l’éducateur au sein de ma meute et toi le futur alpha de la tienne. Me voilà alpha et toi à la recherche d’une meute pour protéger ta sœur. Je sais que j’ai du mal avec ce rang. J’ai plus le caractère d’un labrador que celui d’un rockweller. Ton père t’a donné des tuyaux pour sa succession ?

Je ne sais pas si parler de son père est une bonne idée. Son deuil est encore frais. Pourtant j’ai l’impression que nous sommes tous deux, deux âmes brisés. Il serait possible de se faire la béquille de l’autre.

- Maxine est inquiète tu sais. Je ne lui ai pas dit que tu m’avais attaqué. Juste que c’est moi qui ai merdé lors de notre première rencontre…






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MessageSujet: Re: The broken beast inside me PV Will   Lun 11 Déc - 20:55

The broken beast inside me

Une fois le plus confortablement installé sur l’humus sec de ce coin de la forêt s’ouvrant sur une falaise merveilleusement bien placée surplombant la ville et offrant par la même un panorama incomparable aux courageux capables de se farcir la grimpette, je laisse mes yeux contempler Beacon Hills durant de longs instants au cours desquels je ressens une pointe d’émotion. Emotion trouvant racine dans un constat simple et lucide. Cette petite bourgade comparée aux mégalopoles de la région n’était plus ce refuge temporaire dans lequel ma sœur et moi nous étions arrêtés sans même comprendre pourquoi. La ville Californienne tout juste plus petite que celle de notre naissance était devenue notre foyer sans même que nous soyons prêts à coller cette étiquette derrière cette réalité. Cette réalité s’était imposée à nous sans que nous puissions y changer quoi que ce soit. Je ne savais pas si la magie à défaut de trouver un mot plus adapté pour définir ce phénomène qui nous avait poussé à poser nos maigres bagages ici avait quelque chose à voir dans cette sensation d’avoir finalement retrouvé un autre foyer à des milliers de kilomètres de celui dont nous avions été arrachés sans ménagement par la main criminelles des traqueurs locaux.

Au fond de moi, je ne pensais pas que la force nous ayant attiré ici avait la moindre chose à voir avec notre envie d’installation définitive. La lassitude de la cavale devait probablement jouer, de même que le sentiment d’injustice quant au fait que nous étions les fuyards alors même que notre innocence nous paraissait complète malgré nos crimes au cours de cette fuite. Mais, à mes yeux si nous voulions pouvoir prendre racine dans cette ville Kae et moi afin de tenter de parvenir à aller de l’avant et à construire quelque chose en nous reconstruisant mutuellement c’était bien parce que ces quelques semaines venant de s’écouler nous avaient enseignés bien des leçons. Que la vie suivait son cours malgré la souffrance efférée qui hantait nos carcasses bien vivantes elles là ou nos cœurs avaient bien plus de mal à se laisser aller à la routine machinale de l’existence. Que le monde n’était pas composé uniquement de deux couleurs et qu’il existait une infinité de nuances entre le noir de jais de la tragédie et ses affres et l’ivoire immaculé que nous associons aisément à notre vie en Louisiane. Puisqu’il y avait des personnes comme Colton, Trent et d’autres pour nous tendre la main. Puisqu’il y avait des personnes pour nous aider sans même connaitre notre histoire.

Puisqu’il y avait du bon en l’humanité contrairement à ce qu’oncle Maddox affirmait. Contrairement à ce que Ryan voulait croire. Que l’espoir ne devait pas disparaître de nos esprits car nous pouvions trouver du réconfort dans la présence l’un de l’autre mais également dans celles d’autres personnes comme Max ou Will. Des personnes ayant vécu la même chose que nous et étant parvenu à surmonter ce que nous traversions. Que le simple fait de respirer jour après jour, de parvenir à sourire à rire à nous lever le matin à jouer à vivre à ressentir autre chose que du malheur était un camouflet sans égal jeté fièrement aux visages de nos bourreaux. Ceux là mêmes qui nous considéraient comme des monstres à abattre alors même que nous étions certainement bien plus humains qu’eux dans nos réactions. Ceux là mêmes incapables de ressentir un élan de résipiscence vis-à-vis de leurs actions. La ville s’étendant nonchalamment à notre vue représentait bien plus qu’un simple panorama fut il superbe à mes yeux. Maxine Evans. Oh ma douce aimée. Ma jolie louve espiègle, taquine, malicieuse et lumineuse. Sans toi, je ne parviendrais pas à me sentir comme je sens en cet instant précis. Sans toi, je serais certainement aussi morose que lors de mon arrivée dans cette ville. Sans toi, cette contemplation perdait indéniablement de son charme. Sans, toi Beacon Hills ne saurait devenir pleinement ce foyer qui nous tendait les bras à Kaelyn et moi.

Il faut que tu me pardonnes. Parce que sinon, je ne pourrais pas aller de l’avant. Tu possèdes les clés de cet avenir salvateur auquel j’aspire de toute mon âme. Toi et personne d’autre. Kae doit trouver le sien elle même parce que c’est le genre de chose que l’on doit accomplir seul. Will n’y est qu’un spectateur peu importe ce qu’il pourrait en dire. Puisses-tu me pardonner Max. Je reviens à moi au moment ou le bruit du pack porté par l’alpha posé sur le sol résonne dans mes oreilles. Nous entamons nos premières bières. Un sourire étire lentement mes lèvres malgré mon inquiétude quant au fait d’avoir tout gâché avec Maxine. Je lance la discussion avec mon collègue en ouvrant sur la majesté de notre position. Willem m’apprend qu’il connaissait déjà le coin. Je me rends compte que là ou ma relation avec ma part animale était devenue tendue, compliquée et éprouvante là ou elle avait toujours été paisible avant le drame celle de l’alpha avec la sienne semblait proprement fusionnelle. Là ou mon loup vivait sa condition dans mes veines comme un emprisonnement et cherchait à rester le plus proche possible de la surface le sien avait l’air d’accepter pleinement cette cohabitation avec l’humain aux commandes. Le soupir du chef de meute n’indique que trop bien son amour de la nature. Un amour que nous partageons visiblement car je savoure autant que mon animal intérieur notre présence dans ce paradis végétal préservé de la main de l’homme.

Le silence nous enserre de son étau et durant celui-ci ou nous repensons chacun à nos contrées respectives je me rends compte à quel point l’acmé de notre rencontre était derrière nous. Cela me pousse à rompre le silence mélancolique dans lequel nous baignons pour lever ma bouteille et proposer un toast. Je mets quelques instants à choisir mes mots car je n’avais assez logiquement plus porter de toast depuis un certain temps désormais. Je décide d’opter pour les remises en question car pour nous trouver ici cote à cote après les déboires de vendredi dernier qui avait certainement vu l’alpha me prendre pour un rogue il fallait certainement que nous ayons fait mutuellement preuve de bonne volonté. Ainsi que pour l’espoir parce que sa proposition d’intégrer sa meute sonnait comme tel dans mon esprit. Mais aussi parce que j’avais l’espoir d’une réconciliation avec Max dans un coin de la tête. Will s’exclame avant d’esquisser une moue désabusée. Je comprends qu’il parle de sa victoire dans le match de tout à l’heure mais bien plus de la manière dont il avait donné une belle dérouillée aux Omegas dangereux de tout à l’heure. Je me contente d’hocher la tète avant de porter le goulot à mes lèvres.

Je me rends compte avec le recul que j’ai agi comme un Beta au cours de notre affrontement antérieur. Cela m’a semblé naturel car c’était la bonne chose à faire tant pour protéger la bande de Tim que pour faciliter les choses face aux loups instables. Cela m’a semblé naturel parce que la situation l’exigeait pourtant je comprends qu’avoir obéi aux ordres de l’alpha ne me pose aucun problème à posteriori ni pour ma fierté vis-à-vis de mon ascendance ni à mon loup qui n’avait néanmoins pas encore accordé sa confiance à l’alpha mais avait reconnu à ce dernier sa valeur. Ce qui semblait indiquer que j’avais bel et bien réussi à faire mon deuil de mon héritage, de ces prunelles rubis que je n’arborerais plus jamais. Il y avait des choses plus importantes que la fin de la lignée d’alpha Norton. Cette fois c’est la voix de Will qui transperce le silence. Je l’écoute attentivement en savourant ma bière. Lorsqu’il m’apprend qu’il est né près du Mississipi je sens mon cœur se serrer. Louisiane tant aimée. J’espère qu’un jour mon regard pourra de nouveau se poser sur toi sans que la douleur n’enserre mon cœur. J’inspire une grande goulée d’air frais d’automne pour chasser les nuages tentant de s’imposer en moi. Willem continue en m’évoquant le statut nomade de sa meute ce qui l’empêche de percevoir la région qu’il évoque comme un paradis perdu contrairement à moi qui ait passé toute mon existence là-bas.

Une moue interrogative se peint sur mes traits lorsqu’il évoque le terme de maisons sans roues. Mon rire succède au sien alors qu’il m’explique la différence que le gamin qu’il était à l’époque faisait entre les habitations sédentaires et les roulottes des siens. J’imagine que la sédentarité doit être compliquée à vivre pour lui et comprends mieux son amour pour notre environnement. Nous buvons et mangeons en silence et je profite pleinement de cette escapade sylvestre pour me ressourcer après la semaine difficile loin de Max. Mon visage se tourne vers mon voisin alors qu’il reprend la parole. Willem m’expose par ses mots que nous avons tous deux vu nos paradigmes réciproques être anéantis par les mêmes personnes et de la même manière. Nous opposer l’un à l’autre m’apparait soudainement aussi stupide qu’inconcevable et je sens une pointe de culpabilité remonter en moi au souvenir de l’agression que j’avais perpétré à son encontre. Nous avons tous les deux été victimes d’ostracisme prononcé par des tueurs se cachant derrière de belles valeurs pour assouvir leur soif de sang. Son aveu me touche car il témoigne d’une certaine confiance. Lorsqu’il conclut en m’interrogeant sur Ethan, je sens mon cœur se serrer durement dans mon torse. Mon regard dérive sur Beacon Hills et je laisse mes émotions remonter puis redescendre.

Je crois que le plus important lorsque l’on a une telle responsabilité sur les épaules est de savoir faire preuve de résilience. Non, Ethan ne m’a pas donné de tuyaux car il n’en pas eu le temps. L’aconit qui se diluait dans ses blessures létales rendait notre dernière entrevue tragiquement courte. Il a pourtant usé de sa force d’alpha et de son aura pour me contraindre à planter mes griffes dans son cœur bien conscient que j’avais le plus grand mal à envisager d’abattre mon propre père quand bien même cela abrégerait ses souffrances. Il a jeté ses dernières forces dans cette contrainte parce que c’était la chose à faire non pas pour qu’il puisse quitter ce monde injuste plus rapidement mais parce que la meute allait avoir besoin d’un alpha et qu’il m’avait préparé depuis mes premiers pas pour ce rôle conformément à nos traditions. Ce que je retiens de cela c’est qu’il faut parfois utiliser sa force d’alpha pour contraindre si le plus grand bien est en jeu. Cela n’a rien de glorieux ou d’agréable mais être chef c’est faire ce qui est désagréable afin que les autres n’aient pas à le faire. Car c’est cela montrer l’exemple.


J’ai cessé d’imaginer ce que serait actuellement ma vie dans une uchronie merveilleuse dans laquelle tous les miens seraient encore en vie, dans laquelle nous aurions passé la panséléne sans subir cette tragédie, dans laquelle je me trouverais encore dans ma région natale, dans laquelle Kae s’épanouissait si bien, dans laquelle ma seule préoccupation était la date de la prochaine soirée de beuverie complètement folle avec ma bande. J’ai cessé d’essayer de refaire l’histoire, de vivre en partie dans cette illusion parce que c’était nécessaire pour aller de l’avant. Parce que j’ai trouvé dans cette ville des motivations à vouloir m’en sortir. La plus précieuse d’entre elle est d’ailleurs évoquée par Willem ce qui me tire rapidement de ma torpeur post révélation. Mes yeux se plongent dans ceux de mon vis-à-vis. J’ai merdé Will. J’ai durement et profondément merdé. Je lui avais promis que je ne lui ferais jamais de mal. Je me l’étais promis et je sais que je l’ai blessé par mon attitude. Je suis littéralement terrifié à l’idée qu’elle ne veuille plus de moi. Je ne pourrais pas l’accepter tu sais. J’ai bien trop besoin d’elle dans ma vie. Je sais que je l’aurais bien mérité mais cela me dévasterait. Je l’aime comme je n’ai jamais aimé quiconque avant elle. Je l’aime et pourtant je lui ai fait de la peine…Je crois que je ne la mérite pas. Tu avais probablement raison l’autre jour. Je prie pour qu’elle accepte de m’écouter parce que je ne me vois pas vivre sans elle. Je ne parviens même pas à l’imaginer. Je vais rectifier ça dès ce soir. Si cela ne te dérange pas je pense que je vais la ramener avec moi si elle ne me met pas une raclée avant. Franchement, je pense que je me laisserais faire. Je continue de biberonner ma bière avidement avant de fourrer la bouteille dans un sac poubelle et d’ouvrir deux nouvelles bouteilles. Il nous en reste beaucoup d’autres avant de rentrer. Soudain mon esprit fait tilt. Attends tu as dit que tu ne lui as pas dit que je t’avais attaqué. Que c’était toi qui avait merdé. Pourquoi ? Ce n’était pas comme si je t’avais fait bonne impression.
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MessageSujet: Re: The broken beast inside me PV Will   Lun 18 Déc - 14:24

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The broken beast inside me
Cassian me dit que son paternel ne lui a pas donné de tuyaux, sa mort ayant été si soudaine. Seulement il avoue avoir été préparé à l’idée de prendre un jour sa suite dès ses premiers pas. Est-ce que cela change quelque chose ? Même préparé, cela s’est passé brutalement pour lui comme pour moi. Nous sommes tous deux des écorchés vifs. Seulement ce n’est pas notre peau qui en souffre mais notre âme. Blessures invisible qu’il est si facile de cacher avec un humour douteux pour ma part, et une tronche à faire peur dans le cas de Cassian. Nous gérons cette boue qui coule dans notre cerveau avec les moyens que nous avons. Parfois ce n’est pas glorieux. Souvent même.

- J’ai merdé Will. J’ai durement et profondément merdé. Je lui avais promis que je ne lui ferais jamais de mal. Je me l’étais promis et je sais que je l’ai blessé par mon attitude. Je suis littéralement terrifié à l’idée qu’elle ne veuille plus de moi.
- Nous merdons tous, moi le premier. Je suis bien en peine de te jeter la pierre Cassian.


L’oméga s’étend sur son foirage. Il est sincère. Il est amoureux, autant que peut l’être Maxine. Je n’avais pas su quoi dire à ma bêta. Pendant que Cassian ne pourrait jamais voir en moi un alpha potable. Et quand il parle de l'éventuelle raclée que pourrait lui coller la louve, je souris, un peu amusé. Maxi’ est d’un tempérament calme et réservé. Seulement quand elle a pris ses marques avec quelqu’un, une nouvelle Maxi’ surgit. Celle avec qui je fais les pires bêtises. Ce que j’apprécie avec elle, c’est qu’elle me permet de faire l’imbécile sans jamais déjuger de ma position d’alpha. C’est certain que Cassian l’a profondément déçu, mais le pardon n’est-il pas la plus belle preuve d’amour ?

- Attends tu as dit que tu ne lui as pas dit que je t’avais attaqué. Que c’était toi qui avais merdé. Pourquoi ? Ce n’était pas comme si je t’avais fait bonne impression.
- Ce qu’il s’est passé est entre toi et moi. Si tu m’as attaqué, c’est que tu as eu un doute sur mes compétences. Doute que tu n’aurais jamais dû avoir si moi j’avais fait mon job d’alpha. Je tâtonne Cass’. Tu l’as dit, être alpha c’est faire le sale boulot et risquer de se fâcher avec ceux que l’on contraint pour le bien de tous. Seulement j’ai horreur de me fâcher avec les autres !


Je siffle le fond de ma bière et en ouvre une autre. Je crois que je suis bien parti pour picoler en solo. Mais c’est pour la bonne cause. Puis une idée germe dans mon esprit. Je me redresse et invite Cassian à faire de même. Avant qu’il ne puisse réagir, je m’approche et lui fait une accolade fraternelle.

- Quand Maxi’ en sera au point de te casser la figure, peut-être que sentir mon odeur sur toi t’évitera un nez cassé, ou pire.

Je fais une grimace comique. Le loup me regarde, étonné de cet alpha qui dénote de ce qu’il a pu connaitre. Parfois la méthode Will' Shepherd fait un peu bisounours. Souvent ça fonctionne.

- Va retrouver ta louve et tente de ne pas te faire émasculer mon ami.

Grimace de Cassian qui ne peut pas rester neutre à cette idée.

- Si tu étais mon bêta je t’ordonnerai de te rabibocher avec elle !

Je souris et fait un clin d’œil. Il n’a pas besoin que je le lui ordonne. Mais savoir que je suis pour ne peut que l’aider à foncer et emporter la victoire. Alors qu’il s’apprête à s’en aller, me laissant de quoi biberonner, je l’interpelle une ultime fois.

- Je ne te forcerai pas à entrer dans la meute. Mais t’en savoir pas loin me serait précieux. Y a la bicoque à côté de la nôtre qui va se mettre en vente… J’aimerai rencontrer ta sœur. Peut-être qu’avec mon charme irrésistible je peux la rallier à ma meute et toi avec par ricochet.

Nouveau clin d’œil de ma part et avertissement de prof de sport qu’il ne faut pas sous-estimer sa sœurette, que j’aie une belle gueule ou pas. Je fais une tête de chiot battu. Nouvelle réflexion de mon nouvel ami. Là, j’ai peut-être mes chances.

(…)

Cassian est parti depuis une heure. Je lui ai demandé de m’envoyer un message pour me dire comment ça s’est passé avec Maxi’. J’ai sifflé un pack de bière, la vessie me démange. En bon toutou, je vais marquer mon territoire sur les arbres environnants. J’espère plaire à sa sœur, non que je cherche une femelle, quoi que le départ de Merisha m’ait laissé dans un certain manque… affectif. Cassian est un loup né comme moi, issu d’alpha, élevé pour en devenir un. Il pourrait être de bons conseils. Même si je me doute que si jamais il intègre la meute, il y aura forcément des moments où nous nous boufferons le museau. Mais c’est le propre de toutes relations un peu proche et encore plus avec le lien de meute si intime.

Spoiler:
 





Je plie et ne romps pas. Mais surtout je persévère.

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The broken beast inside me PV Will
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