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 Are you not entertained ?

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Cassian Norton

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MessageSujet: Are you not entertained ?   Sam 11 Nov - 21:46

Are you not entertained ?Les semaines défilaient inlassablement mais les effets du drame ayant frappé ma meute et ma famille ne s’estompaient pas aussi rapidement que l’inévitable valse du temps. Les cauchemars continuaient de souiller mon sommeil, les crises nocturnes également ainsi que les moments durant lesquels je devais jeter toute ma volonté et ma force morale pourtant bien chancelante désormais contre mon loup intérieur pour le dominer et l’empêcher de péter un plomb. Seul un loup garou pouvait comprendre à quel point devoir se battre contre une part essentielle de son propre ètre est hautement douloureux et éreintant. C’était comme se mutiler de l’intérieur volontairement de manière répétée. Sans compter les fois où je devais réprimer des pulsions dangereuses causés par le contraste entre le bonheur du monde extérieur. Un état d’esprit insouciant les menant à se plaindre pour des broutilles stupides alors même qu’ils devraient la boucler et profiter de ce qu’ils avaient. Tandis, qu’ils l’ouvraient pour pester contre un retard de livraison, une rupture de stock dans un magasin ou les affres d’une longue journée de travail je restais silencieux.

Quand bien même, j’aurais mille raisons de plus qu’eux de cracher ma colère et ma rage à la face du monde. Ma vie parfaite à mes yeux avait été réduite en lambeaux, mon monde que j’aimais entièrement avait été détruit, ma famille et ma meute avaient été assassinés sous mes yeux, arrachées cruellement sans motif valable à cette existence. Mon passé et mon futur n’étaient plus. Est-ce que je déclamais ma peine et mon désespoir du matin au soir en une litanie de vers rébarbatifs et assommants ? Non ! Alors pourquoi ne pouvaient-ils pas la fermer au lieu de piailler comme des foutus piafs auxquels on aurait arraché des plumes. Seulement, malgré tout cela je ne nous voyais nullement quitter cette ville ma sœur de cœur et moi pour repartir sur les routes en quête d’un foyer à l’abri du danger. D’une part parce que le danger existerait peu importe où nous pourrions nous établir et d’autre part parce que des liens s’étaient immanquablement créés.  Plusieurs rencontres dans cette ville qui nous avaient irrémédiablement attiré de manière inexplicable Kae et moi orientaient mon choix vers une installation définitive dans la petite ville Californienne. Ryan tout d’abord, le gamin avait besoin d’un pilier pour parvenir à se reconstruire et j’avais vite compris que je souhaitais devenir ce pilier pour lui car je savais parfaitement ce qu’il ressentait pour le vivre moi-même. Il s’agissait en somme d’un pari audacieux car j’avais autant de chances que lui de craquer à un moment ou un autre du fait des émotions me déchirant toujours autant de l’intérieur.

Néanmoins, je m’étais engagé auprès de lui et je tiendrais ma parole. La boxe ne pouvait que lui faire du bien. Et j’appréciais ce jeune loup qui avait un très bon fond derrière les airs de mec brutal qu’il utilisait comme un masque protecteur. La seconde rencontre et la plus déterminante de toutes avait été celle de Maxine. Je me remémore encore cette soirée délicieuse du trente et un octobre durant laquelle j’avais retrouvé la paix en la sentant contre moi. Une conversation avec un pote Omega de promo m’était rapidement revenu en mémoire quelques jours après cette rencontre salvatrice. Marcus m’avait un jour dit que les loups contrairement à nous les hommes ne s’unissaient qu’à une seule personne. Je me souviens l’avoir charrié en le traitant de fleur bleu romantique digne d’une ado de quatorze ans. Mais, depuis que je connaissais la louve force était de constater que j’avais révisé mon jugement. Sale monsieur je sais tout à la con avais-je affectueusement pensé. Je ne parvenais pas à concevoir le futur sans elle mais de là à lui avouer…Quoi qu’il en soit, lorsqu’elle se trouvait près de moi sa présence chassait mes démons et me maintenait dans une bulle de paix presque irréelle. Le fameux mot en A correspondait à ce que je ressentais mais encore une fois je ne voulais pas subir une désillusion de plus sans compter que celle-ci pourrait bien achever mon loup et l’éloigner définitivement de tout reste de raison. Alors, je savourais chaque instant en sa compagnie et ne pouvais que prier pour que ce soit réciproque. Pathétique. Mais puissant et apaisant. Elle devenait lentement mais surement ma drogue comme sa louve devenait celle de mon loup.

Enfin, Willem mon collègue sur le campus nous était d’une aide précieuse à Kae et moi. Une fois dépassé la très mauvaise première impression réciproque nous nous étions mutuellement confié nos traumatismes jumeaux bien conscients que l’un ne se montrerait guère sincère vis-à-vis de l’autre sans cette réciprocité parfaite. Je l’appréciais énormément car il était un véritable boute en train prompt à faire des conneries et à s’amuser. Pas tout à fait l’image que je me faisais d’un alpha ni celle que l’on m’avait inculqué et encore moins celle de celui que j’aurais été mais c’était un bon alpha qui n’aspirait qu’au bien des siens. Si, je n’avais pas vécu le drame de ma vie nous aurions pu ètre un sacré duo malheureusement mon humeur ne le permettrait probablement jamais. Pour autant, je ne savais toujours pas si ma sœur de cœur et moi intégrerions sa meute. Je pesais le pour et le contre et Willem avait la délicatesse de nous laisser le choix et de ne pas nous influencer ou nous brusquer. Je ne savais pas parce que réintégrer une meute voudrait dire accepter la fin de ma lignée de porteur de prunelles rubis non pas que je comptais abattre un alpha mais je me rendais compte qu’il me fallait un peu de temps pour me faire à l’idée. Ensuite, je savais que je me montrerais égoïste et privilégierais K avant n’importe qui sauf peut ètre Max ce qui n’était pas franchement le bon état d’esprit pour vivre en meute. Quant à ma sœur de cœur, elle n’était pas contre bien au contraire mais elle avait d’abord besoin de s’acclimater avec les Shepherd, de pouvoir leur faire confiance et qu’ils l’apprivoisent. K me laissait la décision finale ce qui ne m’arrangeait pas parce que je comptais la laisser choisir.  Pour toutes ces raisons ainsi que parce que ma sœur de cœur se sentait bien ici, l’installation était de plus en plus probable. Or, si j’avais des fonds et deux jobs stables je préférais gérer notre capital avec prudence.

(…)

Trent un vétéran de la salle de Colton m’avait un soir que nous étions allés boire une bière avec le vieux propriétaire et Kae, parlé d’une salle de combats clandestins qui pouvaient rapporter gros. Intrigué, j’avais longtemps hésité avant de témoigner mon intérêt au trentenaire avec lequel je m’étais lié d’amitié à la salle sur le ring. Je détestais tout ce qui touchait à l’illégal depuis qu’oncle Madd avait perdu cinq années de son existence derrière les barreaux. Depuis qu’une petite frappe avait failli gâchée la vie de l’une de mes amies d’enfance avant que nous ne le neutralisions la meute et moi. Esperanza s’en était sortie de justesse et depuis je crachais sans ménagement sur tout ce qui sentait l’argent sale. Ethan et Elisabeth m’avaient élevé selon un certain modèle de droiture et des valeurs que j’étais fier de représenter pourtant cette idée me trottait en tête depuis des jours désormais. Ramasser une grosse somme ne pouvait qu’ètre une bonne chose pour que nous nous posions définitivement ma sœur et moi. Un logement n’était pas donné malgré les économies. Je préférais que nous puissions avoir de la marge par simple mesure de sûreté.

Et puis défouler les ardeurs de mon loup traumatisé dans une cage ou les règles seraient bien moins strictes que celles dans le cadre du noble art me tentait énormément. Là-bas, je pourrais me défouler et évacuer tout ce qui me rongeait sans risquer de tuer quelqu’un. Je n’y voyais donc que des avantages sauf celui de vendre mon intégrité et le souvenir de mes parents. Le débat intérieur acharné qui avait été le mien s’était achevé sur une victoire pour le pragmatisme le plus froid. J’irais donc avec Trent qui me servirait de parrain. Qui plus est, je voulais offrir un cadeau à Max et Kae. Un cadeau collectif qui devrait également plaire à la meute Shepherd dont l’humeur n’était pas franchement au beau fixe depuis quelques temps. J’espérais que cela ne froisse pas Willem que je prenne des initiatives. Me défaire de mon éducation d’alpha m’était assez compliqué mais si j’intégrais finalement sa meute je tacherais de ne pas empiéter.

(…)

Dans le vestiaire crasseux et embaumé d’un effluve de sueur rance et tenace, je réponds aux questions du manager des lieux pendant que Trent qui s’est porté garant pour moi bande mes mains. Pas de gants ici. Seulement des bandelettes de protection sommaire. Je donne Sian comme pseudonyme et reste évasif sur les questions trop intrusives à mon gout mais cela ne semble pas déranger le dénommé Largo qui m’évalue du regard avant de me faire me peser. Trent lui annonce mon parcours de boxeur dans le circuit réglementaire afin que l’on ne me colle pas un débutant dans les pattes. Une fois, la procédure achevée je discute un peu avec mon parrain avant que celui-ci n’aille s’installer dans un coin du ring avec une serviette, de l’eau et une éponge. Mon casque sur les oreilles, je laisse la musique me porter et me mettre dans l’ambiance dans laquelle je me dois d’ètre. Beast. Un nom merveilleusement adapté à ma situation parce que je compte bien libérer la bête ce soir et j’espère trouver de quoi l’apaiser dans sa furie. Je finis par me lever et m’échauffer avant de me mettre à boxer dans le vide. Finalement, Largo revient me chercher et je le suis le casque sur les oreilles.

Les rugissements de la foule me reviennent à un faible volume et j’observe ces spectateurs déchainés avec un sourire intérieur. Une fois arrivé, je tends mon ipod à Trent qui le fourre dans sa poche et grimpe sur le ring. Soudain, tous les regards se tournent pour aller se poser sur un homme très élégant arborant une carrure respectable et une gueule qui doit lui valoir des attentions. Non, pas un homme mais un loup. Pas besoin d’avoir fait Harvard pour comprendre qu’il s’agit du propriétaire. L’espace d’un instant nos yeux se croisent et un sourire étire ses lèvres. Pour ma part, je sautille dans mon coin en avisant mon adversaire. Lorsque la cloche sonne, je m’avance en dressant ma garde. Que la fête commence…
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Once upon a time i was alive
But now the agony is never ending. ©️ by anaëlle.


Dernière édition par Cassian Norton le Mer 15 Nov - 22:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Are you not entertained ?   Mar 14 Nov - 15:20


Non ti diverti ?
Metro, boulot, dodo…

Version mafieuse cela donne, Pink Print, règlements de comptes, combats clandestins. Je ne dors souvent que cinq heures par nuit, souvent moins. Heureusement que ma nature lupine m’aide, un simple humain aurait du mal à tenir le rythme. Mon organisation a encore un staff modeste en nombre. Si je peux déléguer en toute confiance beaucoup de tâches à Arès, le modèle du crime organisé veut que la tête d’affiche soit justement à l’affiche. La journée, je brasse au Pink, gérant au téléphone à la fois mes soucis de commandes, mais également toute la partie cachée de mon organisation. Le soir c’est dose de testostérones au HCC ou dans les bouges où nous essayons de déloger la bande de Barns. Ça, plus mes problèmes existentiels font que les jours défilent à la vitesse de la lumière.

J’ai le problème des napoletano de San Francisco à régler. L’affaire est cornélienne. Ils tiennent la famiglia de Finn dans leur ligne de mire et il est évident qu’à moi tout seul, je ne peux pas mettre la Camorra à genoux. Même la Cosa Nostra s’y épuiserait. Je dois venger l’assassinat de mio fratello et faire en sorte que Finn ne se trouve pas dans l’obligation de nous doubler. Foutue équation à x variables…

Le HHC ne désemplit pas malgré le filtre sévère que j’ai fait mettre à l’entrée. Le système de parrainage fonctionne et depuis qu’il a été instauré nous avons beaucoup moins de problèmes. Ce soir est comme tous les soirs. Le Pink a fermé un peu plus tôt que d’habitude, me permettant de faire ma comptabilité et lancer mes commandes à une heure décente. J’ai même pris le luxe de prendre une douche avant de venir au hangar. Je salue Tyrone qui filtre l’entrée avec l’un des gardes engagés par Largo. Je reste avec lui un moment, le temps de finir ma sigaretta. Non que je me soucie des poumons des parieurs et des combattants, mais plus pour savourer le calme de la nuit avant de plonger dans l’atmosphère survoltée du ring et de la foule de parieurs chauffés à bloc.

Enfin j’entre. Sur le ring deux poids légers s’affrontent. Le combat est rapide et tonique. Je fends la foule pour aller saluer l’arbitre, Joe. Mais avant d’arriver jusqu’à celui qui gère le bon déroulé des combats, je dois serrer des mains, écouter des doléances, ou plus couramment me faire caresser dans le sens du poil. C’est parfois usant, mais c’est ainsi que la boutique tourne. Je joue le mec charismatique qui a le pouvoir de régler pleins de problèmes. C’est mon fonds de commerce, alors je rends des poignées de main ferme, je souris à belles dents, promet mon aide, gonfle la poitrine et marche comme le seigneur des lieux. Évidement je ne suis rien sans mon équipe, seulement je suis le monsieur loyal de ce cirque.

Enfin j’arrive jusqu’à Joe. Il me broie la main en me la serrant. Cet ancien boxeur n’a pas perdu sa poigne. Il faut avouer qu’il lui en faut de la force pour parfois séparer deux enragés sur le ring. Toutefois, ce vieux briscard sait s’imposer. Ses décisions d’arbitrage sont rarement contestées.

- On a quoi ce soir ?
- Des poids légers et des poids lourds.
- Des nouvelles de Donovan ?
- Oui, il est à l’hôpital.
- Cosa ?
- Un accident à son travail. Le Fenwick qu’il utilisait était défectueux, il s’est mangé son chargement sur la tête.
- Sérieux ?
- Oui, dans le sens qu’ils vont le virer de l'hosto demain. Pas de mutuelle santé…
- Je vois le topo. Je regarde ce que nous avons en caisse et vois ce qu’on peut faire pour lui. Il s’était bien repris.
- Dac patron. J’en parle à son pote qui est quelque part par-là, pour lui dire qu’on couvre ses frais.
- Un combat intéressant ce soir ? Ou je me plonge directement dans les comptes.
- Oui, un type qui est dans le circuit traditionnel et parrainé par Trent. Il y a des chances d’avoir un beau combat. Je lui ai collé un gars du niveau de son dernier combat dans le circuit officiel.
- Le mec a des soucis d’argent ?
- Je n’en sais rien. Pas très causant.
- Son nom ?
- Norton. Cassian Norton.
- Ça ne me dit rien.
- Il est originaire de l’est du pays.


Je note l’heure de passage de Norton et vais me chercher un verre de Grappa au bar tout en cherchant Largo du regard.

(…)

J’ai discuté avec le gérant du HCC du prochain ravitaillement en alcool. Logiquement c’est l’opération de la Stiddia qui devait renflouer le stock qui baisse dangereusement. Largo craint une rupture si je n’arrive pas à lui trouver rapidement de l’alcool de contrebande. Cette fois nous allons devoir sortir les dollars, car pour le moment il n’est pas question de se risquer à une nouvelle opération de vol. J’ai assuré à Largo que je faisais jouer mes relations dans le circuit pour avoir rapidement du whisky, de la vodka et du gin. Je pourrai dépanner avec quelques caisses prises au Pink, mais cela me créerait un problème de comptabilité sans parler que ça serait donner de la confiture à des cochons.

J’abandonne Largo pour aller regarder le nouveau venu. Je m’approche du ring, discute un moment avec l’un de nos habitués qui comme moi est curieux de voir ce que donne ce gars du circuit régulier. Seul le ring est identique à ce que l’on trouve dans les circuits traditionnels. Par contre les règles sont allégées. Si ce Norton ne s’est jamais fritté avec le circuit clandestin, il peut avoir de mauvaises surprises. A forces égales, celui qui a de la technique l’emporte. Seulement ici certains coups bas sont tolérés. Joe s’assure simplement que les blessures ne soient pas trop conséquentes. L’adversaire de Norton a donc toutes ses chances si ce dernier se cantonne à ce qu’on lui a appris sur un ring. L’école de la rue donne une hargne qui décuple la force et la résistance à la douleur. Je suis bien placé pour en parler, c’est ainsi que j’ai appris, à la dure, à la déloyale, à la fourbe. J’ai ainsi développé l’art de la ruse, de la feinte et de l’esquive. Bon, face à Arès, j’ai beau danser, il me colle une raclée à chaque fois ou presque quand il veut être sympa et pas trop écorcher mon amour propre. Mon souci avec le tigre, est que je n’arrive pas à le déséquilibrer. Maudit félin !

Les combattants montent sur le ring. L’adversaire de Norton me fait un signe. Je le salue. Nous nous sommes déjà affrontés sur le ring. Ce gars est gaucher, ce qui est assez déstabilisant lorsque comme moi on est droitier. Il faut inverser ses contres et ne pas se laisser aller aux vieux réflexes de parer du bras gauche. Mon regard croise furtivement celui du nouveau. Immédiatement je sens une connexion, c’est un lycan comme moi. J’ai du mal à savoir s’il appartient à une meute ou non. L’aura qu’il dégage est comme chamboulée, non stable, pourtant son regard est sûr. Voyons voir ce qu’il vaut, mes lèvres s’étirent dans un sourire de satisfaction. J’apprécie regarder les beaux combats. J’espère que celui-ci sera à la hauteur. Norton est à nouveau concentré sur son adversaire, enfin la cloche sonne. La danse commence. Les parieurs ont jusqu’à la fin du premier round pour finaliser leur pari.

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Cassian Norton

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MessageSujet: Re: Are you not entertained ?   Mer 15 Nov - 22:42

Are you not entertained ?La foule de parieurs et de spectateurs est pour l’heure aussi calme qu’un ciel d’été sans nuage mais dans quelques instants dès que le combat serait lancé, celle-ci se réveillerait tel un monstre endormi animé d’une soif insatiable. Une soif de sang et de sueur, de spectacle et de beaux gestes, de coups vicieux et de douleur. Une soif de combats sanglants et divertissants. Ce carré au milieu du hangar représentait certainement pour eux une échappatoire excitante dans un quotidien morne, un lieu dans lequel ils pouvaient se laisser aller sans se gêner, un endroit dans lequel ils pouvaient s’encanailler en ayant un pied dans le monde souterrain sans risquer quoi que ce soit. De l’alcool frelaté, des combats sans règles et des jeux d’argent. Il n’en faut pas nécessairement plus pour que ces hommes trouvent ici un environnement accueillant à leurs yeux. Je m’échauffe dans mon coin en sautillant sur place et en frappant dans le vide devant moi. Trent me regarde avec attention et me donne quelques conseils. Je fais craquer mes vertèbres avant de me retourner pour jauger mon adversaire d’un regard inquisiteur. Il mesure à peu près la même taille que moi et je pense que nos poids sont également relativement équivalents.

Quelques tatouages sur le bras gauche et le torse, une musculature de combattant expérimenté et un air mauvais sur le visage. Blond, yeux verts, mâchoire carrée, regard intelligent. Rien de tout cela n’a d’importance en cet instant. Ce qui compte sera sa manière de se mouvoir, sa vitesse, la hauteur de sa garde, sa main de prédilection et toutes ces choses qui me sont nécessaires pour parvenir à le coucher. Nul besoin de connaitre son nom. La boxe est pour moi semblable à une partie d’échecs musclée. Il ne s’agit pas de s’arroser de coups puissants sans réfléchir. C’est une danse guerrière, une chorégraphie minutieuse ou chaque erreur peut ètre fatale. Ici, au milieu de ce ring je suis pleinement dans mon élément. C’est mon royaume et mon loup devenu instable le sent puisqu’il ne s’agite pas et me laisse le contrôle bien conscient qu’il ne ferait que me gêner en l’état. Nous sommes un. Il m’aidera à gagner ce combat et libèrera sa frénésie meurtrière dans l’opération pour se défouler et nous décharger de ces émotions violentes qui nous hante. Mon regard croise celui du boss des lieux l’espace d’un instant. Je suis très excité parce que mon père m’emmène voir un match de boxe. J’avais dû le tanner des jours et des jours avant qu’il ne finisse par accepter. Je ne tiens littéralement pas en place et suis dévoré par l’impatience. Ethan saisit ma petite main et nous entrons dans le lieu tant attendu après que des vigiles nous aient laissé passer. Mon père regarde les places et m’entraine à sa suite. Une fois à destination nous nous installons confortablement en attendant le début du combat. Je me suis ennuyé ferme et ais rendu fou Ethan mais me calme immédiatement lorsque le speaker annonce l’entrée des combattants. Mes yeux sont illuminés d’étoiles. Mon père me soulève au-dessus de lui pour me placer sur ses épaules. Le match commence et mes yeux ne quittent pas le duel à un seul instant. Je veux faire comme eux !

L’arbitre un dénommé Joe avec une gueule d’ancien boxeur vu la fracture de son nez mal ressoudé et sa carrure impressionnante nous fait signe d’approcher. Je m’exécute et celui-ci nous expose le règlement succin comme l’on pouvait s’y attendre. J’échange un regard plein d’animosité et de hargne avec mon adversaire du soir. Nos poings s’entrechoquent dans une parodie de salut amical. When the sun rises.  I wake up and chase my dreams cause i live my life like i’m a beast. Les premières paroles de la chanson que j’écoutais planent dans mon esprit. La cloche sonne et soudain la foule rugit avec une telle intensité que je sens des frissons me parcourir. Je sais que c’est une première pour moi et qu’à ce titre je peux tout à fait me manger une raclée car mon domaine de combat est ordinairement légal et porteur d’une certaine vision pleine de valeurs. Je ne sous-estime donc aucunement mon adversaire bien au contraire mais s’il s’agit de mon baptême du feu dans le combat illégal je ne me sous-estime pas non plus pour autant. Je m’avance vers lui simultanément à son mouvement. Ma garde est dressée devant moi comme un rempart de sorte à me permettre de parer et dévier les coups sans me gêner au niveau du visage. Je garde mes yeux résolument vissés dans les siens. Mes jambes se déplacent avec mes épaules de sorte que tout mon corps soit en mouvement. Mon jeu de jambe est assuré et sur. Je décide de partir le premier à l’assaut pour tâter le terrain.

Mes coups sont précis et rapides mais peu puissants. Un crochet, quelques jabs et un direct qui sont parés ou esquivés. Je reçois un crochet du droit dans le plexus après avoir été feinté de superbe manière puisque je n’y ai vu que du feu. Je me repositionne en reculant de quelques pas. Mon adversaire sautille devant moi. La douleur m’arrache un sourire en coin. J’inspire durement pour retrouver mon souffle. Je sens que je vais aimer ce combat. Je m’avance à mon tour et esquive de justesse un uppercut vicieux. J’intercepte un coup de poing visant ma tempe et décoche un direct dans sa mâchoire. Il recule à son tour et je repars en avant. Je vois son poing droit fuser vers mon nez et lève ma garde pour parer mais me rends compte que je viens de faire une monumentale erreur lorsque son poing gauche me frappe à pleine puissance en pleine face. Je chancèle sous l’impact en partie sonné. Ma tête se secoue pour que je récupère mes esprits. Du sang s’écoule de mon arcade sourcilière. Dans la foule des cris s’élèvent mais je ne les entends presque pas. Il avait réussi à me cacher sa patte gauche en utilisant les deux. Mais, son bon poing est le gauche. Je ne fais plus que subir en reculant pour tenter d’échapper au déluge de coups qui me ravagent sur le torse, les épaules, le ventre et le visage. Je pare comme je le peux et esquive un coup sur quatre. Mais, je finis dans les cordes à encaisser sans ménagement les assauts adverses.

Mon corps souffre clairement et me le fait savoir garou ou non. Quant à mon loup il est furieux et cherche désormais à prendre le contrôle. All my grief, it has made me unleash on a bum all opponents will cease. Fighting my way on top of the game with the pain i write this. Oncle Maddox me regarde combattre avec attention alors je redouble d’ardeur pour battre mon opposant. Ce n’est qu’un match d’entrainement à la salle dans laquelle je pratiquais depuis mon plus jeune âge mais sous le regard de Mad celui-ci avait la saveur d’un combat de gala ou de championnat. Je veux le rendre fier. Un crochet est suivi d’un direct du gauche puis d’une esquive pour conclure sur un uppercut. Combinaison somme toute classique mais exécuté à la perfection. L’uppercut couche Brandon et je me retourne vers mon oncle un sourire étincelant sur les lèvres. Celui-ci mime un violon pour me signifier que je venais de lui offrir une bien belle symphonie. Je saute par-dessus les cordes et atterris à côté de lui. Nous nous installons sur un banc et discutons longuement. Il me conseille de passer outre mes parents et de suivre mon cœur pour la boxe. Avant de me dire de ne pas trop m’engluer dans des valeurs illusoires. Qu’oublier les règles est parfois salvateur et que le monde est peuplé de personnes déloyales et que le seul moyen de ne pas se faire manger est de se souvenir que les règles sont faites pour être briser.

Mon regard se fait meurtrier lorsque Joe nous sépare l’un de l’autre. Mon loup me mène la vie dure mais je ne compte pas le laisser faire. Calme-toi mon grand. Tu veux le voir souffrir alors laisse-moi faire. Du sang dégouline d’un coin de ma bouche et j’ai l’impression d’avoir été écrasé par un SUV mais mon loup se calme et je le laisse venir à moi. Je sais maintenant qu’il est gaucher. Vu la puissance de ses coups il a tenté de me finir rapidement et il doit surement penser que je suis mur pour aller dormir. Je dois lui en donner l’illusion. Raison pour laquelle je feins d’ètre plus mal que je ne le suis réellement. Mon adversaire se montre gourmand plutôt qu’audacieux et voit son direct du gauche esquivé pour recevoir un uppercut sous le menton. La surprise sur son visage me fait sourire et j’enchaine avec une série de crochets rapides et nerveux surtout pour le mettre sur la défensive peu importe que mes coups fassent mouche ou non. La boxe et les échecs…Une parade me voit presque prendre l’avantage lorsque je lui renvoie la monnaie de sa pièce en feintant un direct du droit pour lui en décocher un de la gauche. Il ne s’y attendait pas parce que je suis droitier et qu’essayer de finir quelqu’un de la gauche est hasardeux. Désormais c’est lui qui recule sous mes assauts jusqu’à ce qu’il se reprenne et qu’il ne me prouve qu’il est un excellent combattant. Nous sommes à égalité parfaite et malgré mon retour dans le combat, je ne sais pas si je pourrais le battre. Je touche, il me touche. J’esquive. Il pare.

La violence que nous mettons dans notre duel est extrême et j’entends vaguement les spectateurs hurler de plaisir. Mes blessures ne cicatrisent pas sous la pression. To pass me up mentally, to match my agility. From Aspen to Italy I have the ability to send your ass to the Trinity like death when it’s after the Kennedy’s. L’arbitre saisit mon bras sans ménagement alors que je suis littéralement exsangue et à deux doigts de m’effondrer sur le tapis pour tomber dans un sommeil réparateur. Ce dernier en accord avec les juges me proclame victorieux par Ko. Un sourire en coin étire mes lèvres tandis que mon expression témoigne bien assez de mon épuisement. Les applaudissements me poussent dans une sorte de transe électrisante. Mon regard cherche mes proches avec avidité. Les visages d’Ethan, Elisabeth et Kaelyn sont illuminés de fierté et je ne peux m’empêcher de sentir mon cœur se gonfler. Je continue de laisser mon regard dériver. Rebecca ma petite amie me fait un clin d’œil et m’envoie un baiser. A côté d’elle Abel, Connor, Declan, Drew, Gian, Kade et Noah sont littéralement déchaînés et foutent un beau bordel. Mes potes sont toujours dans l’excès. C’est bien pour cela qu’ils le sont et que je les aime. L’arbitre me passe la ceinture de champion régional des poids lourds et je tombe à genoux sous le coup de l’émotion.

Mon cœur se serre à ces souvenirs mais je sens une force nouvelle m’inonder. Des visages apparaissent à mon esprit mais ce ne sont pas ceux des morts ou des perdus mais ceux des vivants. Kae, Max, Ryan. Kae, Max, Ryan. Se battre pour les vivants. Se battre pour les…Je redouble de vigueur dans mes attaques, pare et anticipe le boxeur face à moi. Ce qu’il y a de bien avec le fait de se prendre une dérouillée c’est que l’on n’a rien d’autre à faire que se protéger et observer celui qui nous la colle pendant qu’il nous la colle. Je sais comment il bouge quand il domine, là où il préfère placer ses coups et comment, je sais quel est son premier réflexe. Fini de jouer, le loup a faim et il est sorti du bois. Tu vas prendre pour le tourbillon néfaste constituant mon quotidien émotionnel mon gars et crois moi tu ne vas vraiment pas aimer. Je boxe comme la première fois que j’ai boxé. Je me sens libre et à ma place. Mes coups sont implacables. For the win, i’m gonna increase. The pressure when i’m having no piece, feel me. Beacause i gotta eat i won’t let my demons release kill me ! On your soul i will feast. Une gauche, une esquive, un crochet. Je sautille avec arrogance. A dire vrai, je commence tout juste à m’amuser.

Mon adversaire ne parvient plus à m’atteindre. Il me crache du sang au visage mais je m’en moque et mon poing traverse le nuage écarlate. Un direct du droit s’écrase dans sa face et lorsque je m’apprête à porter le coup final la cloche résonne longuement pour annoncer la fin du round. Quoi ?! Mon loup exprime pleinement son mécontentement de voir sa proie lui être arrachée de la sorte mais je me plie aux ordres et vais m’installer dans mon coin. Trent me passe de l’eau sur le visage avant de me mettre une bouteille dans la bouche puis il me colle des pansements sur l’arcade et au coin de la bouche. Comment tu te sens ? Foutrement bien Trent. Je me sens vivant. Tu aurais pu l’avoir en un round. Il m’a mené la vie dure. Il a une sacrée gauche. J’aurais pu être envoyé au tapis dès les premières minutes. Oui, mais tu as tenu Cassian. Tu as tenu alors maintenant tu vas le finir. Tu vas me le finir ce blondinet. D’accord ! Ouais, je vais le mettre au tapis. Regarde-les me dit-il en désignant la foule électrisée. Ils ont besoin d’un nouveau champion non ? Je suis juste venu ici pour ramasser du blé et basta Trent. Mon ami esquisse un sourire entendu comme s’il ne me croyait guère. Je ferme les yeux pour m’isoler de ce brouhaha assourdissant. Le sourire éclatant de ma sœur de cœur, la lueur malicieuse dans les yeux de ma jolie louve, le regard perdu d’un gamin à la dérive un gamin sous mon aile.
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MessageSujet: Re: Are you not entertained ?   Dim 19 Nov - 15:20


Non ti diverti ?

La cloche sonne le début du combat. Norton engage le premier. Il tâte visiblement le terrain. Un point pour lui, car il pourrait se montrer arrogant en étant dans le circuit officiel. Son professionnalisme se sent tout de suite. Sa posture, ses appuis et cet enchainement de coups pas très forts mais qui testent les réflexes de son adversaire. Cassius annonce la couleur et le touche après une belle feinte. Je souris. Je m’étais fait avoir de la même façon. Toutefois il y a de la riposte dans l’air. Le public aime ça. Ce match s’annonce foutrement intéressant. Cassius joue sur la nouveauté cachant qu’il est gaucher en usant préférentiellement de son poing droit. Je l’ai vu faire un KO par cette technique. Seulement Norton me semble trop prudent pour être inquiété de manière sérieuse. J’attends avec impatience le moment où Cassius va révéler son avantage. Norton va-il bien réagir ?

J’ai posé mes coudes sur mes genoux. Penché vers le ring, je suis chaque mouvement, chaque lueur dans le regard. Puis le moment arrive. Norton n’y voit que du feu, pourtant l’appui de Cassius aurait dû l’alarmer. Le poing droit de Cassius qui fuse, Norton lève sa garde libérant le chemin pour la main la plus puissance de Cassius. Impact. Je vois le visage du nouveau se déformer. Cela doit raisonner sec dans sa tête. La douleur doit être intense. Il chancèle. Va-t-il s’écrouler ? Non. Gardant l’opportunité de la surprise, Cassius enchaîne. Une avalanche s’abat sur le semi-pro qui ne fait que subir. Malgrè les cri de la foule en total délire, j’entends le bruit des impacts des coups. Je grimace, je n’aimerais pas être à sa place. Il se fait bloquer dans les cordes. Joe attend le temps réglementaire et les sépare. Norton a une tête de pastèque trop mure. Il cicatrise, mais il y a du boulot. Son énergie a aussi été utilisée pour ne pas tomber. Rester debout c’est le crédo de tous boxeurs. Toucher le ring avec autre chose que ses pieds, c’est la porte vers la fin du combat et la honte d’avoir perdu.

Je sens l’aura de l’oméga. Le loup est furieux, en colère. Je sens la bataille acharnée entre l’homme et la bête. Je me penche encore plus, cette bataille interne m’intéresse. Je suis bien placé pour savoir que l’animal qui est en nous peut être bien plus fourbe que Cassius et son poing gauche. Cette lutte ne dure que le  temps du réengagement. Le loup a dû céder la place. Quand je vois Cassius revenir un peu rapidement, je devine déjà l’erreur. Il se fait cueillir sous le menton, pour subir quelques crochets avant de parer. Un loup avertit en vaut deux. Si Norton ajuste ses contres comme il le faut, il a surtout une belle capacité à encaisser. La différence semi-pro et clandestin se fait peut-être là. Une aptitude à subir, sans pour autant perdre en réserve. Cela permet d’attendre une ouverture tout en étant proche de son adversaire. Ce n’est pas donné à tout le monde. Norton a même l’audace d’un direct du gauche. J’aime cette impertinence et cette insolence calculée. Ce coup fait moins mal que s’il l’avait porté avec son autre point. Seulement, il blesse l’égo de Cassius, touchant à sa concentration. Les rôles s’inversent et l’avalanche change de sens.

Mais Cassius n’est pas un novice. Il finit par se reprendre et réviser le jugement un peu hâtif qu’il s’était fait de Norton. Les deux hommes nous offrent un superbe spectacle. Comme les autres je me suis levé de mon banc et hurle avec les parieurs. Je n’ai pas de poulain favori. Je ne mise ni sur l’un, ni sur l’autre. J’admire simplement cet affrontement de qualité. Il y a peu de coups irréguliers, simplement placés parce que l’occasion se présente. Je sens presque le désir de revanche de Muhammad Ali en  1971 contre Joe Frazier pour récupérer  son titre de champion du monde. Ali avait été écarté des circuits pour avoir refusé d’aller au Viet-Nam. Un combat en quinze rounds, Frazier gagnant aux points.

Les coups s’enchaînent dans un ballet bien rodé. Les deux combattants se tiennent la dragée haute. Cassius conscient qu’il peut perdre a repris sa concentration. Joe les sépare alors qu’ils sont accrochés comme deux amants qui s’embrassent. Le combat repart de plus bel et…

Les barreaux d’une cage que l’on secoue. Une envie de mordre et de griffer. Le loup que je suis fait écho à celui qui est sur le ring. Je sens l’appel inconscient qu’il lance. Le ralliement d’une meute qui n’existe pas. Alors que j’étais jusque-là neutre, je prends parti pour le loup. Je sens mes crocs poindre sur ma langue. L’appel du sang réveille le monstre qui sommeille. Je bloque ma transformation à cet embryon de crocs et de griffes.

« Dévore-le ! » Hurlé-je mentalement.

Norton commence à dominer. Il sautille frais comme un jeunot. Cassius pisse le sang. Aller ! Fini le ! la cloche traitresse sonne le répit et l’échappatoire pour Cassius. Je grogne ma frustration à l'instar du reste du public. Norton est aussi bien amoché. Les combattants rejoignent leur coin de ring. Je tends l’oreille. Trent est là pour soutenir celui qu’il a parrainé.

« Ils ont besoin d’un nouveau champion non ? »
«  Je suis juste venu ici pour ramasser du blé et basta Trent. »


Ramasser du blé… Norton a donc un besoin. Celui de l’argent, mais pour faire quoi ? J’attrape Largo et lui demande ce qu’il sait sur ce type. Pas grand-chose, sinon son parcourt de boxeur. Pour toute information personnelle, Largo a son numéro de téléphone. C’est la règle, on ne prend ce que l’on veut bien nous dire, un numéro de téléphone étant le minimum. Je regarde les parieurs. Cela s’agite sur les tribunes. Beaucoup rejouent le premier round et décortiquent le combat comme des commentateurs sportifs. Cela fait un moment que nous n’avions pas eu un combat aussi technique. Presque pas de coups irréguliers, de la bonne vieille technique des rings. Du classique qui plait, car cela devient rare.

Norton ferme les yeux. Que voit-il ? A quoi pense-t-il ? Il ne montre pas de satisfaction, alors qu’il serait en droit de la montrer. Son loup reste à l’affut. Vindicatif, haineux et en colère. Je me doute d’un épisode malheureux avec des chasseurs. Étrangement, baigner dans le milieu du crime semble me mettre hors des chemins de ces justiciers de l’ombre. Justiciers ou boucher. Un soir Willem avait fini par me décrire le massacre des siens. Un sombre assassinat méthodique comme je peux en perpétrer dans mes affaires. Mes motivations sont différentes et mes cibles rarement des enfants de cœur. Toutefois un meurtre reste un meurtre. Comme moi, Willem a tué un être cher et ses prunelles rouges ont parfois des reflets bleutés. Et toi Norton ? Qui es-tu tué ? Je n’ai pas besoin de voir le couleur de tes yeux. Je traine dans le milieu depuis mon enfance. Je reconnais ceux qui ont du sang sur les mains. Leur vie est marquée au fer rouge. Marque indélébile qui vous fait dévier de la trajectoire des gens ordinaires. Le HCC a besoin d’une figure charismatique. Un héros que l’on voudrait affronter par simple respect, ou par désire de destituer le champion en titre. Avec le spectacle offert, les mises sont conséquentes. Largo a eu du mal à prendre tous les paris tant les joueurs se sont décidés à la dernière minute pour miser sur Norton. Voilà un gars capable de m’animer le HCC par sa seule présence. Mais ne vendons pas la peau du loup avant qu’il n’ait terminé son combat sur ses deux jambes. Cassius peut très bien se reprendre au round suivant.

- Largo ?
- Oui Patron ?
- Si le nouveau gagne, je veux le voir dans ton bureau.


La cloche sonne la deuxième manche, je retourne m’installer dans les gradins me mêlant aux parieurs. Ils sont contents et me le font savoir. J’aime l’ambiance qui règne ici. L’exaltation, la rage, la force et la violence, toutes les perceptions que je ressens autour de moi nourrissent l’animal sauvage que je suis. Au Pink, c’est mon côté latin qui trouve son compte, ici c’est clairement le loup qui est en joie. Surtout quand je monte sur le ring pour offrir un peu de spectacle quand les combats annoncés sont ternes et convenus. Les parieurs aiment que le boss mouille le torse. Je reste beau joueur lorsque je perds, mais le vainqueur doit éviter de trop parader. Je reste susceptible et imprévisible. Pourtant sur le ring, l’univers se restreint aux cordes qui l’entourent et au trois types qui s’y trouvent. Cassius a un peu récupéré, seulement il est déstabilisé. Cela se lit dans son regard et sa garde totalement fermée. Il est clairement en position défensive. Le match est plié. Reste à savoir en combien de temps.



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MessageSujet: Re: Are you not entertained ?   Lun 20 Nov - 15:36

Are you not entertained ?

Les visages successifs des personnes que j’aime s’impriment dans mon esprit et me permettent de m’éloigner de ce brouhaha assourdissant dans lequel mon corps baigne depuis le début de cet affrontement titanesque. Si, mon corps est encore marqué par les stigmates de ce premier round d’une intensité telle que je n’en n’avais jamais connu entre ces cordes mon esprit lui est désormais loin au-dessus de cette agitation frénétique dans une bulle illusoire de paix confortable. Je sais que je suis venu ici pour de l’argent parce que les salaires tombent à la fin du mois et que mon pécule bancaire d’épargne bien que conséquent doit continuer de rester au chaud en cas de coup dur or si nous finissons par nous installer ici Kae et moi il faudra bien nous trouver un pied à terre acceptable et quitter enfin l’hôtel. Rien n’est immuable et bien que je commence à sincèrement apprécier cette ville à l’instar de ma sœur, je garde dans un coin de mon esprit que le pire peut arriver et qu’il nous faille fuir de nouveau toujours plus vite toujours plus loin. Je ne le souhaite absolument pas car j’ai trouvé ici bien plus que ce que j’aurais pu espérer y trouver. Mon cœur et la réaction de mon loup vis-à-vis de Maxine ne le prouvent que trop bien. M’éloigner d’elle reviendrait à m’amputer un membre ou à m’enfoncer moi-même une balle pleine d’aconit dans le corps. Aussi, je sais que je ne voudrais pour rien au monde quitter cette ville mais mon instinct protecteur vis-à-vis de ma petite louve est situé au-dessus de mes propres sentiments.

Je finis par me reconnecter à la réalité présente pour entendre les parieurs miser à une écrasante majorité sur moi ce qui ne manque pas de flatter mon ego. J’imagine que pour un baptême du feu je ne m’en sors pas trop mal. Mon loup est littéralement déchaîné dans mes veines. Encore furieux à l’idée qu’on l’ait empêché d’abattre symboliquement sa proie en la personne de mon adversaire il s’agite dans tous les sens, mu par une impatience dévorante. Le prédateur est qui plus est encore plus excité en raison de l’atmosphère électrique dans laquelle nous nous trouvons. Je le laisse s’agiter en moi sans le réprimer. Ne suis-je pas également venu ici avec l’espoir inavoué que cette débauche de violence suffise à défouler mon double lupin pour qu’il redevienne un brin moins difficile à dominer ? Son humeur m’atteint comme toujours mais je parviens à ne pas me laisser aller à l’ivresse qui est la sienne en cet instant précis parce que je sais que je dois garder la tête froide pour gagner ce combat. Je ne sous-estime pas mon opposant car il m’a prouvé qu’il était un superbe combattant et qu’il en avait dans les tripes. J’avale une rasade désaltérante d’eau minérale avant de me lever brusquement lorsque la cloche sonne le début du deuxième round. Je m’approche de mon adversaire en sautillant après avoir replacé ma garde.

Un éclair de déception transparaît dans mon regard lorsque je constate que mon vis-à-vis semble perdu comme s’il ne savait pas comment me faire face. Sa garde est résolument défensive à l’instar de sa posture et je comprends qu’il ne compte pas se battre autrement qu’ainsi en tentant de me coucher par des contres fulgurants. De respectueux mon regard passe à méprisant. Il me refuse le combat. Je me contente de lui tourner autour en le titillant de quelques coups bien placés mais certainement pas suffisamment puissants pour le mettre KO. Il ne prend même pas la peine de me les rendre, préférant rester sur de ses appuis dans son détestable monolithe corporel. La foule n’apprécie pas et le fait bruyamment savoir. L’euphorie de tout à l’heure semble brisée et cela ne me fait qu’enrager davantage. Je compte pourtant le respecter en continuant de boxer jusqu’à ce qu’il réagisse mais s’il ne le fait pas je risque d’ètre beaucoup moins agréable. Mon loup quant à lui n’est pas vexé par l’attitude craintive du boxeur blond. Au contraire, il la savoure comme un met particulièrement délicat. La peur dans le regard de l’humain le ravit au plus haut point. Il le voit désormais entièrement comme une proie avec laquelle il peut jouer. Je n’ai jamais dit que mon animal intérieur était un enfant de cœur. Le prédateur se délecte de la situation parce qu’il sait que nous avons déjà gagné ce combat quand bien même l’homme n’est pas inconscient sur le sol. Nous partageons néanmoins le même sentiment à son encontre. Un mépris pour la faiblesse dont il fait preuve au lieu de se dépasser et à sublimer sa défaite probable par une attitude guerrière qui lui vaudrait notre admiration, il s’emmure dans une armure illusoire. Je peux sentir les yeux de la foule sur moi mais plus que tous ces hommes il en est un qui intéresse mon loup. Je sais sans avoir à regarder de qui il s’agit.

Le canidé en moi sent l’excitation de son congénère comme si elle était la sienne. Celle-ci ne fait d’ailleurs qu’accentuer celle qui l’anime. Je décide de ne plus accorder de répit à mon vis-à-vis. Il souhaite la jouer ainsi. Et bien parfait en ce cas faisons-le ! Mes coups pleuvent en rafale sur son corps. Droites, gauches, directs, jabs, crochets, uppercuts. Certains sont parés d’autres esquivés mais l’ouragan se diminue pas en intensité. Je le maltraite avec la même dureté qu’il m’avait offert au début du round précédent. C’est ma vision du respect de l’adversaire. Son arcade sourcilière s’ouvre, ses lèvres gonflent, un œil au beurre noir se forme mais il continue de se protéger en reculant. Pourtant toujours pas de réplique. Je dois réprimer de justesse un grognement lupin de dépit. J’entends Trent me dire de le finir bien vite suivi par les hurlements de la foule exaspérée. Je décide de l’insulter afin de le faire réagir. N’importe quel homme doté d’un brin de fierté ne saurait rester indifférent. Hey espèce de mérinos mal peignés. Ma petite sœur boxe bien mieux que toi ! Les éclats de rire fusent de tous les côtés et je me laisse-moi même aller à un éclat de rire franc. Mon adversaire vient à l’assaut et mon loup gronde intérieurement de joie sauvage. Je lui laisse me coller un direct du droit dans la mâchoire. Parce que ce que j’ai en tête pour le mettre au tapis nécessite un peu de sacrifice. Le duel de tout à l’heure reprend enfin là où il s’était arrêté seulement le blond vient de se recevoir une sacrée rouste et contrairement à moi son corps ne se régénère pas sans compter le fait que je suis désormais le favori de ce combat dans une forme étincelante.

Je pare un crochet du gauche, esquive un jab et décoche un direct dans le plexus avant d’enchainer sur un uppercut qui est esquivé de justesse. L’avalanche de coups que nous nous collons est rythmée et brutale mais je peux estimer par comparaison que mon opposant est au bord de l’épuisement puisque je ne sens pas la même ardeur dans ses attaques. Bon, assez jouer je commence à me lasser de cette danse. Et, je fatigue également. Je tends donc un piège gros comme le bras et mime une ouverture alléchante. Quelqu’un d’autre ne serait pas tombé dans le panneau mais le dénommé Cassius si je me fie aux cris du public ne peut pas laisser passer une telle chance de me coucher. Il décoche un direct du gauche que j’attendais et que j’esquive donc pour lui envoyer un direct du droit de toutes mes forces restantes en plein dans la face. L’humain s’effondre sonné et la foule bruyante explose littéralement. Joe approche de moi et soulève brusquement mon bras pour me proclamer vainqueur. Je ferme les yeux et pourrais presque me croire à la Nouvelle Orléans sur le ring ou j’étais devenu champion régional. J’avais presque oublié à quel point cette sensation est grisante.

(…)

J’ai laissé la foule m’acclamer, serré une litanie de mains moites, accepté les éloges des parieurs avec modestie, échangé quelques mots avec quelques-uns d’entre eux avant de finalement pouvoir retrouver l’intimité doucereuse des vestiaires. Trent m’a chaudement félicité pour ma victoire avant de sortir pour me laisser me changer. J’ai pris une douche glacée qui m’a fait me calmer de manière abrupte. Sous cette pluie glaciale, j’ai pris le temps de chasser mon désir de réitérer l’expérience. Mon loup se sent bien dans cet endroit peu fréquentable. Il peut se laisser aller à ses instincts les plus sombres sans risquer de devoir subir ma volonté restrictive et se plier à mon joug féroce. Il n’est malheureusement pas le seul. J’ai adoré retrouver l’ardeur électrisante du combat sur le ring. Cela n’a rien à voir avec l’entrainement des jeunes chez Colton. Ici, je me sens de nouveau comme le champion que j’avais été par le passé. C’est grisant, enivrant et une très mauvaise idée. Je suis venu ici ramasser un pactole conséquent pour que nous puissions avoir assez K et moi pour nous poser ainsi que pour offrir une belle surprise à la meute de Max et à ma jolie louve. C’est tout. Je ne dois pas me laisser tenter par l’envie de prendre racine dans le coin. Je n’oublie pas ce qui est arrivé à oncle Mad à Miami.  Je n’oublie pas ce qui est arrivé à Esperanza au lycée. Je n’oublie pas les leçons de mes parents. Je me sèche rapidement avant de m’habiller tout en cherchant en vain mon paquet de clopes. Je fumais moins depuis quelques temps mais je fumais toujours. J’aurais bien voulu m’en griller une mais je ne peux pas. Je fourre toutes mes affaires dans mon sac et le cale sur mon épaule. Il n’y a plus qu’à aller chercher ma part du butin et je disparais.

(…)

Trent discute avec un groupe d’habitués autour d’un modeste salon de fortune un verre de vodka de basse qualité dans une main. Je le salue d’un signe de tète avant de me diriger vers Largo pour encaisser mon pognon mais lorsque j’atteins sa position celui-ci m’annonce que le patron veut me voir dans le bureau. Je peux repérer les hommes de main à leur mine patibulaire et fermée ainsi qu’à la concentration sur leurs traits. Sur le ring un autre combat va bientôt commencer. Mon expression se ferme mais je parviens à rester calme. Je suis le manager des lieux jusque dans le bureau à l’étage. Mon sac est déposé au sol par le manager qui m’invite à avancer vers le bureau devant lequel est assis le loup mafieux. Je m’avance nonchalamment et m’installe sur le fauteuil sans un mot. Passons-nous de politesses. Je sais ce qu’il va faire ou du moins essayer de faire et cela me les brise menu d’avance. Non pas que cela m’étonne car je savais que je risquais de taper dans l’œil mais cela m’exaspère au plus haut point parce que je me doute que je serais capable de céder. Seul point positif cela empeste la clope. Est-ce que je pourrais au moins avoir une cigarette à défaut de ma part des paris ?
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MessageSujet: Re: Are you not entertained ?   Jeu 23 Nov - 13:14


Non ti diverti ?
Les natiches collées à l’assise en planches polies par la foule qui s’est assise ici avant moi, je regarde le spectacle. Le HCC n’a rien du panache d’un antique Coliseum romain, toutefois l’ambiance est là. Deux types se cognent dessus comme si leur vie en dépendait. Les spectateurs mugissent leur satisfaction. Les invectives sont guerrières et meurtrières. Les gars veulent voir des coups qui portent, des arcades qui explosent et du sang couler. Un beau combat n’a pas besoin de ces particularités, mais nous ne sommes pas dans une arène officielle. Et encore le HCC ne donne pas dans le combat à mort comme on peut trouver à Los Angeles ou Chicago. Beacon Hills est une ville pas assez importante pour que l’on puisse se permettre de tels combats extrêmes. De plus la demande n’est pas là. Les parieurs qui s’excitent autour de moi ont plutôt le profil du beauf qui vient s’encanailler un peu, que celui de bête sauvage rebut de la société. Ils veulent voir de la castagne, des beaux gestes et de l’hémoglobine, seule preuve à leurs yeux que le combat est réel.

Joe est aux anges avec un poulain comme Norton. Je vois ses yeux briller de plaisir d’arbitrer un combat qui a enfin un peu de style. La tribune tremble sous les trépignements de la foule. Tel un Cesare, j’assiste au combat imperturbable. Passé ma fougue lors du premier round, je me suis rassis et analyse l’impact que Norton pourrait avoir sur le HCC. Même le bouseux local se rend compte que le niveau est plus élevé qu’habituellement. C’est autre chose, un autre style de combat, une autre classe emprunte de désuétude, mais qui garde le panache de l’authenticité. Il faut que je sache quel est le besoin de Norton. A-t-il besoin de fric de façon ponctuelle ? Ce qui ne ferait pas mon affaire. Ou, ce loup que j’ai senti agité a-t-il besoin de se battre ? Je connais que trop bien cette sensation d’apaisement après un combat. Avant les pleines lunes, je demande à Largo de m’inscrire au programme. Cela me permet de calmer le fauve avant que l’astre lunaire attise sa bestialité.

Le combat est plié au deuxième round. Cassius a fait l’erreur de sous-estimer son adversaire. A sa décharge, Norton est nouveau sur le circuit. Impossible de savoir ce qu’il avait dans le ventre avant un premier feu. Il est certain que si ce gars revient se battre, ses adversaires seront plus prudents. Je quitte la tribune quand Joe lève le bras de Norton pour le déclarer vainqueur. J’attrape Largo pour connaitre le montant des gains du boxeur.

- Patron ! Bien managé il peut nous faire gagner un paquet d’oseille.
- S’il se laisse manager… ça c’est moins sûr.
- Envoie le moi, je lui donnerai son dû.


Je grimpe les marches métalliques qui mènent au bureau. Une fois la porte passée, le brouhaha s’atténue pour un calme relatif. J’allume une sigaretta et vais ouvrir le coffre pour sortir les deux mille dollars que Norton a gagné. Je les fourre dans une enveloppe usagée que je glisse dans le tiroir du bureau. En attendant le boxeur je prends connaissance des nombreux messages en attente sur mon téléphone. Il n’avait pas arrêté de vibrer dans ma poche. Seulement même un mafieux a besoin de pause. Je ne pouvais pas savourer le combat en ayant l’oreille collé au téléphone. Sonny m’informe que les napoletano rodent bien autour de la famille de Finn. Ils sont clairement en repérage et notent les habitudes de la sorella de mon homme de main. Un fournisseur s’excuse pour un retard prévisible de whisky pour le Pink. Ryan m’informe que de nouvelles têtes tournent du côté de Victor Barns ce qui n’est pas bon pour nous.

(…)

La porte du bureau s’ouvre sur Largo. Norton est juste derrière lui. Je fais un signe de remerciement au gérant. Il doit retourner en bas pour prendre les paris sur le combat qui va bientôt commencer. Sans un mot Norton s’installe dans le fauteuil en face de moi. Le mobilier de la pièce semble avoir une centaine d’année. Les murs sont sales et la poussière fait la loi. Nous sommes à des années-lumière de mon bureau au Pink à la décoration minimaliste et résolument moderne.

- Est-ce que je pourrais au moins avoir une cigarette à défaut de ma part des paris ?

D’où il croit qu’il ne sera pas payé ? Je n’aime pas les procès d’intention. La madre de ce gladiatore semble avoir oublié de lui apprendre la politesse. Le caractère illégal de l’affaire ne le dégrève pas d’un minimum syndical. Néanmoins je lance mon briquet et mon paquet de sigaretta au scontroso.

- Tu seras payé. L’arnaque n’est pas dans les mœurs de la maison. Je n’ai aucun intérêt de doubler les mecs qui montent sur le ring.

Norton s’allume une sigaretta et tire une longue bouffée avant de me rendre mon bien. Grand fumeur je ne résiste pas au plaisir de m’en allumer une nouvelle alors que le mégot de sa précédente est encore chaud dans le cendrier. Je tire un tiroir du bureau pour en sortir ma bouteille de Grappa ainsi que deux verres d’une propreté surprenante pour le lieu. Sans lui demander son avis, je serre deux verres et en pousse un dans sa direction. Le scontroso semble pressé d’en finir. C’est sans compter sur l’hospitalité italienne dont il n’a que faire.

- C’est un alcool sicilien. Une eau de vie à base de raisins qui pousse sur des terres arides semées de garrigue et de plantes aromatiques.

Je prends mon verre et plonge le nez dedans. Le parfum de l’alcool me fait à chaque fois cet effet. Je tente de faire partager mon plaisir à mon invité.

- Il me suffit de humer les fragrances d’un verre de Grappa pour que je sente un soleil chaud chauffer mes épaules. Et si je ferme les yeux, je peux presque percevoir un zéphyr chargé des senteurs de la Sicile.

Norton prend son mal en patience, visiblement peu convaincu de mes desseins.

- Quand on n'a plus de maison, c’est toujours utile d’avoir quelque chose qui vous la rappelle. Ça m’aide souvent à calmer la bête.

Une lueur d’intérêt s’allume enfin dans cette figure impassible. Norton semble enfin se détendre un peu et goutte à l’eau de vie que je lui ai servi. Mon téléphone vibre sur le bureau. Je le prends et le range dans ma poche. Je resterai averti de l’arrivée de messages sans que nous soyons dérangés par ses interminables vibrations. Je sors l’enveloppe que j’ai préparée, la pose devant moi. Mon verre vient recouvrir le salaire de Norton. Je lui prouve qu’il va être payé, mais ça ne le dispense pas d’une discussion.

- Deux mille dollars en une soirée. Ce n’est pas négligeable. Tu as su créer le spectacle dès le premier round faisant basculer beaucoup de paris de ton côté. C’est l’effet nouveauté qui sera plus difficile à créer, mais je crois que t’es loin d’avoir dévoilé toutes tes capacités. C’est rare qu’un combat me passionne autant. Je tenais à te le dire personnellement.

L’homme est méfiant, le loup est agité. Je reçois l’écho de ma propre instabilité. Je ne connais pas le passif de Norton, mais nous avons le même besoin de violence. J’espère que cette similarité va m’aider à accrocher son intérêt. Je reste persuadé qu’il n’y pas que l’appât du gain qui l’a amené sur le ring. Je pousse enfin l’enveloppe vers Norton et m’adosse à mon dossier mon verre à la main.

- Je te sens solitaire et méfiant amico. Toutefois je crois qu’il est possible que nous trouvions chacun un intérêt dans une forme de contrat très libre. Tu les as entendus t’acclamer. Je ne te crois pas si tu m’affirmes que cela ne t’a rien fait.


Je tapote mon cœur du bout des doigts. Mon geste rappelle que nous sommes tous deux des loups et que la discussion ne peut être que franche. Mon téléphone insiste à me chatouiller l’aine depuis quarante secondes.

- Scusate !

Je m’excuse et sort l’engin maudit qui requière mon attention.

- Basta !

C’est Sonny. Il souhaite que l’on se concerte pour une action à San Francisco. La discussion se passe dans un sicilien rapide et nerveux. « En rafale de mitraillette » comme se moque parfois Jansen. J’avoue que ma langue maternelle peut devenir irritante quand elle n’est pas dite pour charmer. J’abrège l’appel en promettant de rappeler.

- La famiglia… Je pourrais te laisser venir et faire tes combats comme n’importe lequel de nos réguliers. Seulement je sens que tu vaux mieux que ça. Mieux qu’un bourrage de couenne, une douche rapide et filer après avoir ramassé tes gains comme un clodo se casse vite de la poubelle miraculeuse d’un restaurant. Mi sbaglio ?




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Cassian Norton

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MessageSujet: Re: Are you not entertained ?   Ven 24 Nov - 18:53

Are you not entertained ?
Ma pique pleine d’agressivité contenue et de sarcasme moqueur à peine voilée quant à mon peu d’estime pour le milieu dans lequel j’ai évolué ce soir n’est que le reflet de ma lassitude anticipée de ce qu’il va se passer dans l’intimité paisible de ce bureau qui n’en impose absolument pas contrairement au loup garou qui me fait face. Le contraste est d’ailleurs tellement saisissant entre ce modeste lieu plein de poussière et d’un mobilier proche de la ruine et le patron flamboyant plein de prestance et d’autorité naturelle qui me fait face dans le fauteuil en cuir écorné mais relativement digne qui supporte sa masse lupine que je pourrais presque esquisser un sourire amusé si j’étais d’humeur. Mais, je ne le suis résolument pas ce qui n’explique que trop bien mon insolence provocatrice. Si, je suis tendu ce n’est pas tant parce que j’ai tapé dans l’œil averti du propriétaire des lieux qui est visiblement suffisamment expérimenté pour repérer quelque chose d’intéressant lorsqu’il l’a sous le nez mais bien parce que je crains fort de succomber à la tentation de prendre racine dans ce lieu que mes valeurs me poussent à exécrer mais que mon état émotionnel instable et ma condition d’exilé me poussent quant à eux à apprécier. Prisonnier encore et toujours voilà ce que je suis.

Lorsque je ne suis pas piégé dans mes cauchemars, je le suis de mon état de loup traumatisé à l’âme brisée, de fugitif ayant besoin d’empocher de l’argent rapidement pour une installation de plus en plus potentielle conforme au niveau de vie que je souhaite offrir à nous offrir à ma sœur et moi. Je déteste cela cette sensation d’impuissance, le fait de ne plus avoir les clés de mon destin. Je le déteste de toutes mes forces. Si, je n’avais pas perdu mon rang d’alpha et mes prunelles rubis je me sentirais moins inquiet à l’idée de ne pas me trouver à chaque instant près de Kae mais mon héritage m’avait été dérobé comme tout le reste sans ménagement par des assassins. Je n’étais plus qu’un loup ordinaire à l’instar du mafieux tranquille derrière son bureau et ce constat était particulièrement cruel alors que j’étais en train de frayer avec ce envers quoi Ethan et Elisabeth m’avaient mis en garde en évoquant le cas Maddox. Mon loup a été apaisé par le déchaînement de violence dans l’arène des temps modernes à l’étage inférieur aussi celui-ci se tient relativement tranquille dans mon enveloppe corporelle et ne vient pas aggraver mon humeur délétère de la sienne. Il guette la présence de celui qui se trouve devant mes yeux avec une certaine dose de curiosité pour un congénère relativement semblable.

Le propriétaire de l’établissement souterrain reste de marbre et princier mais je peux presque sentir que mon entrée en matière ne lui a pas plu. Tant mieux parce que je ne suis pas franchement ravi de me trouver dans ce bureau exigu. Il m’offre néanmoins son paquet et son briquet dans un lancer leste. Je saisis les deux au vol et le remercie poliment d’un léger signe de tète avant d’en sortir une, de la poser sur mes lèvres et de l’allumer rapidement presque avec avidité. J’exhale une bouffée de fumée avant d’esquisser un sourire de circonstance en tirant sur une autre taffe. Je lui rends ses biens et réponds non sans une dose de sarcasme. Si vous le dites. Laconique mais explicite. Je sais bien qu’il dit vrai parce que la confiance est le ciment de ce genre d’affaire. Les établissements de ce genre non fiables ont vite tendance à couler puisque les combattants les évitent comme la peste pour des raisons évidentes. La foule en bas au pied du ring prouve la pérennité de l’affaire et étrangement je ne le pense pas mauvais au point d’entuber un type ayant mérité sa récompense. Mais, bon qu’il n’exagère pas non plus il reste un criminel pas un bon samaritain. Qu’il n’essaie pas de la jouer, j’ai une conscience professionnelle et une éthique de vie. Il ne me fera pas gober qu’il insuffle des valeurs à son business ou que ma présence ici est motivée par autre chose que l’appât du gain que je pourrais lui faire gagner.

Il sort une cigarette de son paquet et la grille dans la foulée alors qu’une autre se consume encore dans le cendrier. Je prends mon mal en patience en savourant ma clope mais je suis pressé de décarrer d’ici et de rejoindre Max ou Kae. Malheureusement, le prince latin de l’enfer local semble apprécier me rendre chèvre puisqu’il fait apparaître une bouteille de ce qu’il me semble être de l’eau et deux verres de son tiroir à l’instar d’un magicien sortant un lapin de son chapeau. Je lève les yeux au ciel tout en expulsant une autre bouffée de fumée. Je le regarde remplir les deux verres en soupirant intérieurement. Charmant. Oui, sa description presque langoureuse de ce qui semble visiblement être sa boisson préférée ne m’a rien tiré de plus qu’un seul mot. C’est probablement passionnant et l’alcool d’un raffinement sans égal mais cela ne me fait ni chaud ni froid, je souhaite simplement rentrer chez moi. Fin c’est une image étant donné que je n’en ai pas encore. Kae est mon chez moi. Je l’observe se délecter de la fragrance prononcée du contenu de son verre d’un œil circonspect. Il parait que c’est une région magnifique en effet. Abrège Don inconnu. Ma lassitude est bien réelle. Néanmoins la manière dont il a parlé de la Sicile me parle profondément puisque je sais pertinemment que j’évoque la Louisiane de la même manière comme un paradis terrestre à jamais perdu pour moi. Quand bien même les températures étouffantes, la moiteur de l’atmosphère, les moustiques et bien d’autres réjouissances ne sauraient réjouir aucun être normalement constitué. Il s’agissait de notre royaume de naissance à ma petite louve et moi. Vingt huit années de ma vie. Vingt-deux de la sienne. Une part écrasante de mon âme. Si la chaleur Californienne était agréable, elle ne rappelait pas vraiment celle du sud profond. Mais nous étions en vie. C’était bien là le plus important.

Le sicilien porte le coup de grâce sans s’en rendre compte. En évoquant ma situation avec une précision effrayante, il a réveillé mon loup qui s’agite soudainement en moi. Je ne réponds rien mais mon regard se voile l’espace d’un instant avant que je saisisse le verre et le porte à mes lèvres après avoir écrasé mon mégot dans le cendrier. L’alcool est particulièrement bon je dois en convenir mais je repose le verre sur la table après quelques gorgées. Le téléphone bruyant passe de la table à sa poche. Une lueur d’espoir s’allume dans mes yeux lorsque je vois l’enveloppe de ma paie se poser sur le bureau qui s’éteint dans la foulée lorsque son verre s’écrase dessus. Je finis par me faire à l’idée que je ne sortirais pas d’ici sans avoir accepté de discuter avec le proprio. Merci pour ces compliments qui me vont droit au cœur. J’ai fait ce que je sais faire sans sous-estimer mon adversaire ni oublier le fait que je n’avais jamais boxé dans le circuit underground avant ce soir. La nouveauté s’essouffle vite en effet, on se lasse bien trop rapidement de tout à notre époque. Mais, je n’avais pas l’intention de réitérer l’expérience de toute manière. Mensonge. Mon loup a besoin d’un exutoire et j’ai besoin d’argent. La chambre d’hôtel commence à me ressortir par les yeux et ma sœur se sent mieux dans cette ville. Je ne veux pas que nous partions. Si mon loup ne s’agite que faiblement en cet instant précis c’est bien parce qu’il a eu son content de violence déchaînée. Je ne peux le nier. Et moi je veux un loft pour ma sœur et moi, un loft modeste mais suffisant pour plus de deux personnes afin que Ryan puisse passer beaucoup plus de temps avec Kae et moi.

Cela ne pourra que lui faire du bien de vivre avec des gens qui le comprennent et l’acceptent. Un loft suffisamment proche des bois pour que mon loup et la louve de K puissent se sentir en confiance et suffisamment proche de la maison des Shepherd pour que je ne sois pas loin de Max et de Willem. Si notre relation avait très mal démarré, un lien s’était tissé lentement mais surement. Si nous venions à intégrer sa meute ma sœur et moi, je préférais néanmoins garder un domicile personnel. Parce que deux loups traumatisés dans une maison ou une certaine symbiose s’était crée risquait de ne pas faire bon ménage et puis j’avais besoin d’espace pour me sentir bien. Je compte mentalement. Les huit mille de mon compte plus ces deux mille nous amènent à dix mille. Mettons que je puisse récolter mille dollars par combat et cela me fait cinq mille supplémentaire. Je préférerais deux mille pour monter à vingt mille dollars mais rien ne garantit que les bourses se délient aussi rapidement à l’avenir. Les salaires officiels servent à nous faire vivre. Le loup pousse l’enveloppe vers moi et je la ramasse pour la ranger dans la poche intérieure de ma veste. Je pense que je pourrais en dire autant de vous. C’est le monde qui m’a rendu ainsi. Son geste m’invitant à la franchise fait mouche.

Un soupir s’échappe de mes lèvres de nouveau closes. Bien sur que cela m’a fait quelque chose. Cela m’a collé des frissons, fait accélérer mon rythme cardiaque et m’a électrisé mais plus important cela m’a rappelé le temps ou j’étais champion. Cela ne pourrait laisser personne indifférent d’entendre une foule scander son nom. Je le regarde décrocher prestement avec une certaine brusquerie son téléphone qui le harcèle et répondre en italien ou en sicilien. Je ne comprends rien et me concentre sur mon verre de grappa que je porte de nouveau à mes lèvres. Lorsqu’il raccroche finalement tout aussi brusquement qu’il a déroché, je sors d’un débat intérieur animé. A quoi est ce que vous pensez comme contrat libre ? Direct, franc et sans subtilité. Du Cassian Norton. Le poisson a été ferré sauf qu’il s’agit ici de mon intérêt.
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Dernière édition par Cassian Norton le Mer 13 Déc - 17:35, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Are you not entertained ?   Mer 29 Nov - 20:18


Non ti diverti ?
Cassian Norton cache un noir secret. Bien plus noir que sa peau d’ébène. Bien plus sombre que ses prunelles qui me défient. L’homme et le loup sont fiers. Est-il un bien-né malgré les apparences qui le font presque passer pour un homme aux abois ?

J’ai envie d’en savoir plus sur lui. Quelle est son histoire ? Il y a dans son regard, une lueur féroce comme ternie par une cassure. Norton est un animal blessé. Et il n’y a rien de plus dangereux qu’un fauve meurtri. Un loup sauvage, voilà ce qu’il est. Il semble décidé de ne pas vouloir y toucher, à mon business, la gangue des bas-fonds, la plèbe qui se planque de la lumière tout comme le monde surnaturel. Pour ma part j’additionne les deux cas, quand est-il pour Norton ? Sans savoir pourquoi, j’aime sentir son loup défier le mien, j’aime cette agressivité latente. Son arrogance à peine mouchetée. Norton reflète une partie de ma personnalité. Comment gère-t-il cela ? Son noir secret est-il à la mesure du mien ?

- Bien sûr que cela m’a fait quelque chose. Cela m’a collé des frissons, fait accélérer mon rythme cardiaque et m’a électrisé mais plus important cela m’a rappelé le temps où j’étais champion. Cela ne pourrait laisser personne indifférent d’entendre une foule scander son nom.
- Non en effet…


Mon téléphone nous coupe. Je renvois Sonny aussi rapidement que ma position me le permet. C’est-à-dire que j’écoute des doléances avant de raccrocher.

- A quoi est-ce que vous pensez comme contrat libre ?

L’hameçon a été mordu. Il me reste à ferrer ma prise pour l’amener dans mes filets. Seulement j’ai conscience que si Norton sait jouer des poings, ce n’est pas aux dépens d’une intelligence affutée. L’humain semble avoir besoin d’oseille et le loup de sang et de violence. J’ai la possibilité de rassasier les deux, toutefois il semble être un type de principe. L’éthique est une plaie ! Si Arès m’entendait raisonner… L’homme a été direct et franc. La politesse d’usage veut que je lui rende la pareille.

- Je ne suis pas une personne recommandable. Et je lis au fond de mon verre que vous êtes du style à éviter les gars comme moi. Non ho ragione?

Le sourire sarcastique de mon vis à vis est explicite. Pas besoin de mot pour me dire tous le mal qu’l pense des gens comme moi. Je n’en prends pas ombrage. C’est mon job, ma voie et ma vie. On me déteste plus qu’on ne m’aime. Même mon meilleur ami arrive à me cogner si fort sur la gueule qu’il me clou au lit pour une bonne semaine. Mais c’est le jeu, les règles de mon monde. Je les accepte, même si parfois cela fait mal. Mal car finalement je reste seul.

- Libre comme pouvant être rompu sans préavis. Enfin, avec la politesse de ne pas nous laisser en plan le soir d’un combat. Politesse pour ceux qui viendraient te voir et parier sur toi. Car j’imagine bien que cela ne sera pas pour mes beaux yeux.

Norton semble réfléchir, ou plutôt se combattre lui-même. Il n’aime pas le milieu où il vient de mettre les pieds. Pas besoin d’être devin pour le deviner, toute son attitude le trahit sur ce point. Seulement il a aimé se battre sur le ring, aimé les acclamations, aimé coller l’autre au tapis, aimé les deux milles dollars qu’il empoche.

- Je vais être honnête. Je suis le genre de type qui aime être obéit au doigt et à l’œil. Toutefois, je sais que c’est voué à l’échec avec toi. Or, je reste un homme d’affaire, même si je suis un italien arrogant et fier. Je sais faire des exceptions quand je sens la perle rare.

Arès… belle exception. J’y perds en autonomie, pourtant j’ai l’impression d’y gagner sur un plan que je suis incapable de définir.

- Ce soir tu as fait la différence. Ordinairement nous n’avons guère de visibilité sur les combats à venir que d’un soir sur l’autre. Seulement si je pouvais programmer un combat de valeur, genre une semaine à l’avance. Cela créerait une émulation chez les parieurs et ferait monter les gains. Toi comme moi serais gagnant. Est-ce que tu serais d’accord pour participer à des combats médiatisés dans le cercle restreint du HCC avec dans l’idée, d’en faire un événement qui ressemble plus au circuit traditionnel qu’à de la vulgaire castagne qui est souvent notre lot ici.

En lui parlant de mon idée, il me vient même l’envie de l’affronter. Ma technique de rue risque d’être mise à mal face à son professionnalisme. Mais Arès m’a prouvé plusieurs choses. Il s’en est fallu de peu pour que j’arrive à l’avoir. Seulement la force accrue que j’obtiens quand je laisse le loup prendre les rênes est gâchée par la fougue et la précipitation de l’animal. Est-ce que Norton arriverait à m’aider à gérer cette fureur qui me bouffe ? Mais comment dompter le loup quand l’humain que je suis est lui-même plein de fureur et de colère ? Il y a la même instabilité chez le paquet de muscles assis sur le fauteuil en face de moi. Notre association pourrait bien avoir plusieurs dimensions... Si je ne me prends pas un non catégorique.

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MessageSujet: Re: Are you not entertained ?   Sam 2 Déc - 14:51

Are you not entertained ?
Ma question est directe et empreinte d’une implacable franchise. J’avais toujours été quelqu’un de relativement brusque et peu porté sur les interminables discours servant uniquement à enjoliver le dialogue. Ce trait de caractère un brin peu reluisant faisant de moi un individu tout sauf diplomate avait fort logiquement empiré suite à l’éradication inique de la meute m’ayant vu naitre, grandir, apprendre, tomber, me relever, m’épanouir, évoluer, accomplir. Cette meute qui avait été ma famille depuis mes premiers pas en partie parce que ma famille se fondait en elle naturellement. Indivisible avait été cet état de fait de par ma naissance et mon ascendance. Désormais, le terme direct paraissait ètre un doux euphémisme face à mon empressement à expédier les trois quarts de mes conversations. La vie ne tenait visiblement qu’à un modeste fil particulièrement fragile et traître aussi je ne concevais pas de perdre le moindre instant à débattre de choses n’en valant pas la peine. Le cynisme souillant mon esprit baignant dans une morosité coutumière me ferait penser quelque chose comme c’est fou comme échapper à un massacre de masse a tendance à vous pousser à revoir vos priorités. La vérité était bien pire. Elle l’est toujours. La vérité était que le fait de survivre à ce genre de drame avait toujours tendance à durement impacter votre vision du monde peu importe à quoi pouvait ressembler cette dernière.

Dans mon cas, le choc avait été particulièrement rude car certains traits de mon caractère enflammé me poussaient nécessairement à voir et apprécier les meilleurs cotés de l’existence sans faire grand cas des mauvais. Si mon ciel intérieur était désormais la plupart du temps plongé dans une tempête nocturne perpétuelle avant la fin tragique née dans l’anéantissement des miens celui-ci était semblable à un éternel levé de soleil que bien peu de choses parvenaient alors à assombrir. Parfaitement fidèle à ma nature, j’avais embrassé l’exact opposé de mon ancienne vision de la vie. Ne jamais faire les choses à moitié aurait pu ètre mon crédo. Je peux lire la curiosité dans le regard de mon congénère surnaturel. Je peux lire de l’interrogation à peine voilée percer la lueur d’intérêt dans ses yeux. Je peux lire cela car le propriétaire des lieux ne s’en cache nullement. Dommage pour lui, il était bien l’une des dernières personnes à qui je voudrais bien confier mes tourments, mon histoire, mon drame, mes cauchemars, ma vulnérabilité et mes souffrances. L’une des dernières personnes à qui je dévoilerais l’état de délabrement avancé de mon âme et le sinistre de mon être.

Premièrement parce qu’il m’en coûtait extrêmement de simplement me trouver ici dans cette pièce de mon plein gré. J’avais l’impression de salir la mémoire de mes parents eux qui m’avaient explicitement mis en garde contre ce genre de chemin sur lequel je risquais de m’engager. Comme si le triste exemple de mon oncle maternel n’avait pas suffi. Les principes transmis par Elisabeth et Ethan étaient pourtant encore gravés dans mon cœur et ma mémoire, le seraient à jamais désormais. Deuxièmement parce que je savais que dans ce genre de milieu le moindre signe de faiblesse pouvait durement se retourner contre vous. Les requins n’étaient jamais long à passer à l’assaut une fois qu’ils avaient flairés l’effluve alléchant de l’hémoglobine. Or, mon état émotionnel et ses corollaires ainsi que les raisons de cet état macabre de ma carcasse lupine représentait une dangereuse brèche dans une forteresse devenue chancelante. Je le savais d’autant plus que c’était peu ou prou la même chose dans l’intimité guerrière d’un ring. Montrer la moindre faille revenait à offrir une prise à l’adversaire. L’information était le véritable nerf de la guerre dans notre monde. Aussi, moins on pouvait me cerner et mieux je me portais. D’autant plus que je n’avais aucune confiance en le loup me faisant face. Du moins ma confiance potentielle à son égard se limitait à l’enceinte souterraine de cette arène illégale. Je n’avais plus confiance en personne mis à part une poignée de personnes alors je ne voyais pas franchement pourquoi je l’offrirais à un criminel notoire.

Enfin, troisièmement raconter mon histoire revenait bien plus que dévoiler mes faiblesses à me faire du mal en le faisant. Certes, parler revenait parfois à se soulager et je le savais désormais néanmoins avouer des choses aussi tragiques et dévastatrices nécessitait à mes yeux un degré d’intimité et de confiance que je ne pensais pas atteindre avec le Don local. Ou plutôt que je ne souhaitais tout bonnement pas atteindre. Le pragmatisme se dispute à l’éthique dans un combat intérieur acharné. Le premier ayant des alliés de poids en les personnes de mon gout pour l’adrénaline, celui d’ètre acclamé, celui de se sentir vivant au milieu d’un océan de brutalité et enfin en la soif de mon loup intérieur. Soif de combats, soif de se défouler, soif de défis, soif de violence latente, soif d’une échappatoire lui permettant d’évacuer le tourbillon corrosif qui nous ronge. Deux mille dollars en une seule soirée. La vision d’un foyer paisible et réconfortant pour ma petite sœur et moi. Cela vaut bien le coup de mordre à l’hameçon et de négocier. Ce hangar est le reflet négatif de ma vision de mon art néanmoins ne suis-je pas moi même devenu le reflet négatif de celui que j’avais été ? Un sourire particulièrement sarcastique étire lentement mes lèvres pincées d’une moue sévère à ses propos. En effet, je les fuis comme la peste pour rester poli. Bien plus parce que j’ai vu ce qu’ils étaient qu’en raison des leçons de mes parents. Oncle Mad était l’exception confirmant la règle. Et pourtant l’ex lieutenant de police ripoux ayant fait de la taule n’avait pas été dans mon esprit le premier refuge idéal suite au massacre. Signe que malgré ce statut d’exception ainsi que tout l’amour que nous nous portions, mon jugement sur lui était relativement semblable à celui d’Ethan et Elisabeth avant moi.

Je porte le verre gracieusement offert à mes lèvres et avale une autre gorgée de cet alcool sicilien qui parvenait à faire ressentir tant de choses à mon vis-à-vis là ou il ne s’agissait pour moi que d’une boisson alcoolisé particulièrement forte et agréable sous le palais. Cela me brûle la gorge mais de manière doucereuse. Je me fais la réflexion que cela s’accorde parfaitement avec la personnalité du loup mafieux devant mes yeux. Sa proposition m’étonne et me surprend agréablement car je me figurais les dirigeants de ce milieu obsédé par le contrôle complet de leurs hommes, de leurs biens, de leurs actifs…Sachant qu’un poulain est probablement dans leur esprit classé dans la catégorie des actifs -sources de revenus potentiels- j’aurais plutôt imaginé qu’il tenterait de m’allécher avec des gros profits probablement supérieurs à ce que je pouvais réellement ramasser vu mon besoin assez évident de liquidités pour ensuite faire le coup classique de la rupture impossible de contrat oral. Vendre son âme au démon en somme. Un piège somme toute évident mais pourtant certainement terriblement efficace. Je masque néanmoins ma surprise sous une vague d’hésitation et de réflexion intérieure d’une rare intensité. Je sais que je vais probablement accepter et cela me désole énormément. Les visages de mes parents flottent un instant devant mes yeux avant d’ètre remplacé par celui de Maddox. Dans la vie on fait ce que l’on a à faire pour survivre gamin. Je revois Bracken empoisonner la vie d’Espe de sa simple présence néfaste puis son arrestation dans laquelle la meute avait joué un rôle dans l’ombre. Suis-je réellement contraint de tomber si bas ? Mon loup en a besoin. J’en ai besoin.

Nous en avons tous les deux envie mais là n’est pas la question. Kae se sent bien dans cette ville, elle la quitterait sans hésiter si je le lui demandais pour notre sécurité mais je sais que cela lui coûterait. Il est temps que nous arrêtions de fuir même ici au sein de Beacon Hills ou nous vivions pourtant depuis quelques semaines. Le danger est partout et je suis fatigué de cet état d’esprit de fugitif. Nous n’avons rien à nous reprocher. Ce sont les assassins des nôtres qui devraient être hantés par des cauchemars jours et nuits. Ces pourritures qui devraient craindre de subir un courroux et non l’inverse. Nos crimes sont teintés d’un gout de justice. Non pas de vengeance mais bien de justice. Quelque chose nous avait attiré ici. Quelque chose d’incompréhensible. Quelque chose d’ancien, de puissant et de surnaturel. Découvrir ce dont il s’agissait semblait hautement difficile. Mais cela n’avait guère d’importance au final. Je l’interprétais comme un signe. Le signe que Beacon Hills devait devenir notre foyer. L’homme de l’ombre fait preuve de sincérité envers moi en reconnaissant que son caractère le pousserait plutôt à tenter de me contrôler mais qu’il accepte le fait qu’il n’y parviendrait pas. Il prend même la peine de flatter mon ego au passage. Je me contente d’un simple hochement de tête. Heureux qu’il ait rapidement compris que je n’accepterais pas d’ètre une vulgaire marionnette dans ses mains. Que je ne me coucherais pas pour l’argent quand bien même j’en avais besoin. Que je ne trafiquerais pas les combats dans lesquels je serais inscris. Garder une morale même dans les bas-fonds.

Un exercice de style paradoxal probablement stupide mais je m’y contraindrais. Des remugles de conscience…Je me sens hypocrite de condamner ce à quoi je viens de participer comme je me sentirais désormais hypocrite d’enseigner à mes élèves des valeurs que je bafoue dans l’ombre. Bienvenu dans le monde réel Sian me lancerait certainement Maddox. Sa dernière proposition me procure une satisfaction intérieure bien réelle. Etre responsable d’un chamboulement dans une organisation de combats clandestins. Mener celle-ci vers un certain standing supérieur. Je n’ai jamais caché que mon ego était relativement élevé concernant ma passion. J’ouvre la bouche pour répondre au moment ou la sonnerie de mon téléphone brise mon élan. Je sors prestement le smartphone de ma poche et soupire en lisant le numéro de ma petite louve. Je suis tenté par le fait de ne pas répondre afin de ne pas donner involontairement d’informations sur ma situation au chef mafieux en face de moi. Rapport à tout ce que j’ai évoqué plus tôt mais je sens une inquiétude sourde poindre en moi. Mon loup s’agite brusquement dans mes veines partageant entièrement mon inquiétude concernant ma sœur, notre sœur. Ce qui est probablement idiot car cette inquiétude devait être le motif de son appel. Je finis par répondre. J’avais vu juste. Je rassure Kaelyn et lui dis que je rentre rapidement après avoir fait quelque chose que je déteste littéralement. Lui mentir. Je lui dis que j’avais eu envie de m’entrainer plus longtemps avec Trent.

Ma sœur accepte mes explications parce que nous ne nous mentions jamais d’ordinaire. Je sais néanmoins que je devrais lui avouer les raisons des rentrées d’argent soudaines améliorant notre situation. Je pense qu’elle comprendra. J’espère. De toute manière, elle sait que mon loup est devenu instable. Si combattre ici pouvait lui apporter quelque chose, elle ne m’en tiendrait guère rigueur. Je soupire une nouvelle fois. Puis, j’avale une autre gorgée de grappa. Mes excuses pour le coup de fil. Je prends le temps de réfléchir à ses propositions ou plutôt de lui faire croire que je le fais parce que ma décision est déjà prise. Ethan, Elisabeth ne m’en voulez pas trop. Je fais ce que j’ai a à faire pour K et moi. Tout d’abord, je suis rassuré que vous ayez rapidement réalisé que faire de moi un bon toutou fidèle était une utopie. La perle rare apprécie cet effort de votre part de ne pas tenter de faire d’elle une marionnette. Cela nous épargne du temps et de l’énergie. Je pense que ces deux choses vous sont particulièrement précieuses. Une ébauche de sourire en coin étire mes lèvres. La vérité c’est que j’apprécie ce qui se dégage de ce loup. Oh, je le méprise pour la voie qu’il s’est choisi. Mais, je dois dire qu’elle lui va particulièrement bien. Le genre de contrat que vous me proposez me semble inhabituel dans le milieu qui est le vôtre. Raison pour laquelle je ne vais pas cacher que l’idée me plait. Quant à la politesse, je ne suis pas le genre d’homme à ne pas assumer ses responsabilités. Soyez assuré qu’en cas de rupture unilatérale de notre association je me montrerais professionnel dans mon approche des choses et ma démarche.

Je finis par continuer de savourer l’eau de vie offerte tout en réfléchissant à sa dernière proposition. Je pensais initialement débarquer, me battre, gagner dans l’idéal et m’enfuir comme un voleur mon oseille dans les poches. Mais son idée dénote une capacité de gestionnaire compétent et d’un homme d’affaire sérieux et capable d’adapter son activité à la demande. Si nous n’étions pas dans un bureau miteux, siège d’une affaire illégale je pourrais presque être admiratif du loup. J’aime beaucoup l’idée je le confesse. Vous avez raison. Les gains seraient supérieurs ce qui serait une bonne chose pour vous comme pour moi. J’apprécie de devenir le main event de votre affaire mais je souhaite que vous me consultiez pour désigner ce fameux jour. J’ai d’autres préoccupations que les combats illégaux. Vous avez mon accord pour participer à ce genre d’évènement. Votre manager a pris mon numéro de téléphone donc je pense que je peux y aller désormais. Nous avons un accord.A ce moment-là, je ne savais pas que Trent m’avait fait faux bond parce que sa femme l’avait appelé en urgence. Seul un modeste sms me l’indiquerait. J’étais bon pour rentrer à pieds ou en taxi mais l’hospitalité italienne envahissante ou devrais-je dire la curiosité de mon troisième employeur m’éviterait de me les geler sur le trajet du retour.
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MessageSujet: Re: Are you not entertained ?   Jeu 7 Déc - 13:15


Non ti diverti ?
J’ai lancé mon appât. Norton ne me répond pas immédiatement. Le poisson se fait difficile, cela n’en démontre pas moins ses qualités. Son téléphone lui donne un répit et moi l’occasion d’en savoir un peu plus sur l’homme. Il rassure une personne proche. Au ton de sa voix, il me semble évident que c’est quelqu’un qu’il aime. Première information, Norton n’est pas un loup solitaire. Deuxième information, il cache à cette personne le fait qu’il soit venu au HCC pour gagner du blé en combattant dans le circuit illégal. Ce point joue pour le moment en ma défaveur, car cette personne peut le détourner des combats illégaux. Cette information sera utilisable seulement si Norton prend gout à gagner son fric ainsi.

- Mes excuses pour le coup de fil.
- Pas de soucis. Il y a des jours où mon téléphone ne tient pas la charge une journée, tant il sonne.


Norton écoute à moitié ma réponse, trop concentré sur la sienne. Il se dit satisfait que je n’ai pas tenté de l’obliger en quoi que ce soit. Ce type est décidément franc du collier. Cela me plait, car comme il le dit lui-même, cela nous évite de perdre notre temps. Le contraindre est dans mes moyens. Seulement je n’obtiendrai jamais ses meilleures performances de cette façon. Il est bien trop fier et trop avide de liberté pour se laisser acculer si grossièrement. Je ne lui ai pas caché qui je suis, ni ce que je suis. Je joue franc jeu, autant qu’il est possible d’être honnête dans ce milieu. J’ai une puissance de « feu » potentielle et pourtant je ne l’utilise pas. En retour, je le sens réagir positivement à ma façon de gérer cette entrevue. S’il est évident qu’il n’aime pas le milieu dans lequel j’évolue, une part de lui est attiré par ce côté sombre de mes affaires. Norton ne deviendra jamais mio amico, toutefois je le sens capable d’un certain respect quel que soit la voie que je me suis choisi et lui la sienne. Une sorte de respect de l’adversaire. Cela doit venir de son statut de boxeur.

- Le genre de contrat que vous me proposez me semble inhabituel dans le milieu qui est le vôtre.
- Uno dei miei ottimi amici  m’a expliqué un jour que je devais faire un peu plus confiance et ne pas tenter de toujours tout maîtriser par la contrainte.


Norton poursuit en m’assurant qu’il ne me laissera pas en plan du jour au lendemain et qu’il avait une certaine conscience professionnelle qu’il appliquera à ses combats au HCC, aussi clandestin soit-il. Enfin, il savoure la Grappa comme il se doit. Mon appât a fonctionné. C’est un premier point. Il me faut transformer l’essai. Néanmoins, il faut qu’il fasse d’autres combats comme n’importe quels autres combattants afin de stabiliser sa côte. Il faut créer l’émulation du public. Les parieurs doivent voir dans Norton un gars qui arrive tel un outsider. Un type qui crée la surprise. Il ne doit pas montrer tout son potentiel tout de suite. Car pour que les gains grimpent, il faut qu’il y ait des gens qui parient contre lui. Mais hors de question de truquer les combats. Il y a de toute façon trop de surnaturels dans la salle pour qu’ils soient dupes.

- Vous avez mon accord pour participer à ce genre d’évènement. Votre manager a pris mon numéro de téléphone donc je pense que je peux y aller désormais. Nous avons un accord.
- Vous me voyez ravi. Un seul combat n’est pas assez pour que votre côte soit représentative de votre vraie valeur. Largo vous contactera pour d’autres combats ordinaires comme celui-ci. Il cherchera à vous coller des adversaires du même niveau. Je pense qu’en deux ou trois combats, l’opinion de chacun à votre sujet sera forgée. Ensuite, Largo vous colle contre l’un de nos combattants qui a une bonne réputation de vainqueur. Il fait un peu de pub, fait monter la pression. Là, c’est à vous de jouer. Nos combats ne sont pas truqués. Trop de loups…


Je tapote explicitement mon cœur. Au HCC, il n’est pas possible de tricher. Je suis réglo sur l’équilibre des combats. Largo ajustera toujours la puissance de l’adversaire de Norton, pour constamment le mettre en difficulté. C’est sur ce point que Norton m’a tapé dans l’œil. Car malheureusement, une partie de nos combats ont un résultat final connu d’avance. C’est extrêmement difficile de toujours bien appareiller les combattants. Largo doit se débrouiller avec les inscriptions d’un soir sur deux. Cela serait bénéfique de pouvoir programmer un peu plus à l’avance, seulement le milieu ne s’y prête pas. Les gars combattent souvent sur un coup de tête, ou dans l’urgence d’un besoin immédiat d’oseille.

- Je vous laisse fermer Boss ?
- Va bene Largo. Buona notte.


Le gérant avait frappé discrètement à la porte et passé la tête dans l’embrasure. Le hangar est silencieux maintenant qu’il est vidé de ses parieurs. Deux gardes vont se relayer cette nuit pour une surveillance passive. Mais à partir de maintenant, chaque porte reste verrouillée après chaque passage.

- Monsieur Norton ? Je vous laisse partir avec Largo, il fermera derrière vous.

Une poignée de main franche plus tard, je me retrouve seul. Je prends la peine de laver les verres utilisés. J’ai une sainte horreur de boire dans de la vaisselle sale ou mal lavée. Je vérifie que le coffre-fort est bien verrouillé et le système d’alarme activé. Lorsque je descends, je vois encore la poubelle métallique fumer légèrement de toutes les notes des paris de Largo. Pendant les premiers rounds, il note tout sur un calepin. Chaque soir, il incinère ses notes après avoir relevé les côtes des combattants et les gains sur le logiciel de gestion créé par mon contact, Nils. Mis à part une part minime de la caisse dans le coffre-fort, il n’y a rien dans le hangar qui pourrait donner des preuves tangibles à la volaille. Lorsque je sors du HCC, je suis surpris de découvrir Norton qui tape ses semelles sur le trottoir. Il me fait comprendre que son pote Trent s’est cassé sans lui pour une urgence. Largo devant aller ranger l’argent des paris, n’a certainement pas dû se proposer à le raccompagner. Le quartier est excentré, désert et il est tard.

- Besoin d’un chauffeur ?


Le détour me coûte peu et prolonger cette rencontre me plait. Cassian Norton m’intrigue. Au-delà de ce qu’il peut me rapporter, c’est le loup sauvage que je sens en lui qui attise ma curiosité. Le moteur de ma sportive vrombit, je prends la direction qu’il m’indique.

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MessageSujet: Re: Are you not entertained ?   Mer 13 Déc - 17:40

Are you not entertained ?
La réponse du patron du hangar clandestin m’indique que mon statut de champion des lieux n’est fort logiquement pas encore fait car de la même manière que Rome ne s’est pas faite en un jour, mon coup d’éclat aussi impressionnant fut il ne suffit nullement à faire de ma cote la meilleure du ring souterrain. Je me contente d’un simple hochement de tète lorsqu’il m’annonce que j’allais devoir participer à un certain nombre de combats relativement ordinaires avant de pouvoir prétendre à un « main event ». Le dictamen ayant été allègrement jeté aux orties quelques instants plus tôt, j’appréhende cette litanie de combats potentiels d’une manière radicalement différente à celle qui était la mienne en débarquant dans ce bureau en traînant des pieds et en exprimant de manière à peine voilée le mécontentement de me trouver dans une telle antre de la déliquescence.

Je l’appréhende désormais comme le compétiteur que j’ai toujours été. Là ou mon loup intérieur voit simplement un exutoire particulièrement intéressant pour décharger les pulsions de violence explosives nées d’un traumatisme cruel rongeant nos veines, je vois maintenant plus que cela. Plus que ce lieu sombrement secret et prohibé dans lequel je pourrais évacuer la noirceur, dans lequel je pourrais me laisser aller à la rage dévorante dominant mon cœur meurtri. Je vois désormais quelque chose de bien plus intéressant qu’une simple arène illégale qui me verrait me défouler de manière relativement inquiétante. Ma perception de cette situation prend une autre proportion ainsi qu’une autre direction à la fois triste et logique. Triste parce que je viens juste de découvrir qu’il est bien plus aisé de laisser de côté certaines choses que ce que j’imaginais.

Peut être que cette capacité d’accepter à contrecœur certes mais d’accepter tout de même ce que je considérais comme inacceptable quelques semaines plus tôt découle uniquement de mon état émotionnel, de la déchirure intérieure ou même de ma nouvelle vision des choses irrémédiablement plus glaciale, désabusée et pragmatique. A moins que cela ne me serve que d’excuse pour ne pas reconnaître que la ligne entre la moralité et son absence est bien plus fine que ce que je pensais. Et en même temps, il y a bel et bien une certaine logique dans mon revirement soudain. Le sportif que je suis ne peut s’empêcher de voir un défi intéressant et à sa hauteur dans la perspective de dominer cette assemblée hétéroclite de combattants de l’ombre. Un défi digne de l’ex champion de boxe que je suis. Un défi qui devrait s’avérer particulièrement savoureux à relever. On est ce que l’on est dit souvent oncle Madd. Sur ce point, je suis d’accord avec lui. Je suis un gladiateur qui vit ce qu’il entreprend à deux cents pour cent et ne recule jamais avant d’avoir atteint son but et qui apprécie la dose d’adrénaline procurée par la discipline ainsi que les acclamations furieuses d’une foule déchaînée. Les pourritures m’ayant tout arraché ne m’ont pas ôté mon essence véritable.

Pour la première fois depuis que j’ai mis les pieds dans ce bureau, je sens un sourire effleurer mes lèvres. Le loup se tapote le cœur une fois de plus pour insister sur le caractère réglementaire de son business. Il faut dire que vu la proportion de surnaturels devant hanter les lieux, tenter de tricher serait vain et stupide. Le manager des lieux, Largo si ma mémoire ne me fait pas défaut tapote discrètement à la porte avant de passer sa tête dans l’embrasure. Ce dernier annonce à son patron qu’il le laisse fermer les lieux. Invité à quitter les lieux par Amaro. Merci pour le verre de grappa et la proposition. Je vous souhaite une excellente fin de soirée. La main du parrain local passe l’espace étroit du bureau et je la contemple un instant avant de la serrer fermement dans la mienne. Poignée de main virile et empreinte d’un respect étonnant eu égard à mon jugement sur ce genre d’activité. La boxe enseigne des valeurs…Je termine mon verre de grappa cul sec avant de me lever prestement pour aller récupérer mon sac posé près de l’entrée avant de quitter les lieux.

(…)

Seul devant les portes du hangar désormais vide de toute présence humaine si ce n’est celle de deux porte flingues du propriétaire, je rumine et peste dans ma barbe devant le comportement des amis vous laissant en plan au beau milieu d’un quartier excentré, des épouses envahissantes et des décisions stupides que je n’aurais peut ètre pas du prendre. Ridicule, je ne regrette pas mon choix. C’est une décision pragmatique motivée par plusieurs aspects de ma nouvelle vie. Je m’inquiète seulement de la réaction de ma petite louve vis-à-vis de ce milieu que nous exécrions tous deux pour des raisons évidentes. Je pouvais déjà l’entendre me lancer au visage que je trahissais la mémoire d’Ethan et d’Elisabeth en frayant avec le crime organisé de la sorte. Oui, Kae serait furieuse mais en même temps ma sœur m’aimait suffisamment pour comprendre mon besoin d’expurger ces émotions corrosives rongeant mon âme.

Mon loup était devenu extrêmement dangereux, irascible et prompt à l’agressivité sauvage. Oui, elle comprendrait que je devais bien gérer mon double lupin comme je le pouvais. Parce que c’était cela ou me voir prendre le risque d’exploser à n’importe quel moment pour n’importe quel motif. J’avais dit à Ryan que tout garder en soi était très mauvais et je le pensais. Si l’on laisse la flamme nous consumer, on se détruit soi même à petit feu. Je le refuse non pas pour moi mais pour celles que j’aime. Mon sac calé sur l’épaule, je me frotte les mains pour me réchauffer avant de me rassurer en me disant que cette conversation avec ma sœur n’aurait pas lieu dès ce soir. Les deux mille dans l’enveloppe resterait bien au chaud en sureté. A moins que je ne sois obligé de lui demander de venir me chercher. A ce moment-là, l’abcès exploserait dès ce soir. Non, hors de question je vais marcher. Quitte à devoir mettre une heure et demi pour rentrer à l’hôtel. Cela me fera faire encore un peu d’exercice. Trent espèce de saligaud ! Bon, en soit je ne lui en veux pas trop car la raison de son départ est valable mais ce n’est juste jamais agréable d’ètre oublié sur un coin de trottoir.

(…)

Urgence conjugale ou familiale je ne sais pas quel terme est le plus adéquat. Voilà mon résumé de la situation offert à mon nouvel employeur peu recommandable lorsque celui-ci m’interroge sur les raisons de ma présence ici alors que tout le monde avait déjà mis les voiles depuis belle lurette. Un soupir résigné s’échappe de mes lèvres lorsqu’il me propose de me ramener. J’avise la sportive italienne d’un regard appréciateur. Visiblement. Je pose mes guêtres sur le siège passager et fourre mon sac à mes pieds sans faire de manières. Merci beaucoup. J’indique la direction de l’hôtel avant de m’emmurer dans le silence. Je sais très bien que la bonté d’âme du patron du hangar trouve racine dans sa curiosité. Le moteur puissant de la belle cylindrée vrombit alors que nous quittons rapidement la zone désertée. Je ne compte pas me confier ou taper la discute avec mon nouveau boss que je devine tout aussi atturé que moi. Seulement alors que les mètres de bitumes sont avalés avidement par la sportive nerveuse maniée avec maestria par son conducteur, je comprends qu’une fois de plus le dialogue est inévitable. Aussi, j’applique un précepte millénaire arguant que la meilleure défense se trouve être l’attaque. Je ne m’y connais pas en criminalité mais vous me semblez être un bien gros poisson pour une si petite ville. Encore envie de discuter monsieur Amaro ?
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MessageSujet: Re: Are you not entertained ?   Ven 15 Déc - 15:30


Non ti diverti ?
- Urgence conjugale ou familiale je ne sais pas quel terme est le plus adéquat.
- La famiglia… autant source de joies que d’ennuis.


Norton grimpe dans la voiture. Je souris à son regard appréciateur du bolide que je conduis. Un homme reste un homme avec ses travers désidératifs sur les engins automobiles. Les bras croisés sur la poitrine, il s’enferme dans un mutisme impavide. Je démarre et file sur le réseau routier avec l’assurance et la souplesse de conduite que me permet ma voiture. Les rues sont désertes, propice à l’introspection. J’ai envie de cuisiner l’homme que je raccompagne, seulement je le sens rétif. Dès notre premier contact, j’ai compris que ma verve habituelle et ma manière d’appréhender les gens sont superfétatoires avec un type comme lui. Norton est difficile d’accès. C’est une forteresse faites de méfiance et de défiance. Ce loup n’est plus capable de faire confiance. Et il est évident que pour un critique comme lui, je suis la dernière personne à qui il confierait un secret.

Un feu rouge nous arrête. Ordinairement je l’aurai grillé sans même ralentir, mais je prends ce prétexte pour  allonger le temps du trajet. J’ouvre ma fenêtre et allume une sigaretta. J’ai la délicatesse de souffler ma fumée dehors. Je cherche une pierre d’achoppement à saisir pour engager la conversation. Finalement c’est Norton qui commence de la plus surprenante des façons.

- Je ne m’y connais pas en criminalité mais vous me semblez être un bien gros poisson pour une si petite ville.

Je crache ma fumée, tout en souriant. Le boxeur marque un point. Depuis tout à l’heure je cherche à percer sa carapace, voilà qu’il attaque le premier.

- Je préfère que l’on me compare à un loup, monsieur Norton.

Je lui lance un regard malicieux. J’aime son audace. Tout à l’heure, il n’avait qu’une envie, celle de ramasser son fric et de se barrer loin de la possible contamination du milieu où je fraye. Maintenant il se risque à entendre des informations qui le mêleraient de ce qu’il cherchait à éviter.

- Il n’y a pas de petite ville, seulement de minables ambitions. Il faut savoir ne pas s’arrêter à l’emballage et savoir voir loin, imaginer les passerelles que l’on peut construire. Je ne sais pas vous, mais je n’aime pas que l’on me prémâche le travail. Beacon Hills est la bonne ville pour se construire soi-même. Puis je pourrais vous retourner la question. Que fait un boxeur de votre envergure, natif de l’autre bout du pays dans l’arrière-pays californien ?

Le sourire sarcastique change de visage. C’est au tour de Norton de me regarder avec amusement. Un peu plus loin, l’enseigne d’un diner clignote de ses couleurs pétantes.

- Envie de manger un morceau ?

Ma proposition est honnête. Au-delà de la discussion, cela m’évitera à me faire à manger en rentrant au Pink. L’homme hésite, je hausse les épaules, fataliste, et accélère à nouveau quand finalement il accepte. Je fais un demi-tour, roulant la main sur le volant. Je me gare à côté d’un pick-up. Le restaurant n’est pas si désert malgré l’heure avancée. La faune est bigarrée entre le routier qui a forcé sur les heures de route, un jeune couple qui semble être un peu perdu et des insomniaques qui ont fui leur lit et leur cauchemar pour venir boire de la Bud en grignotant des tacos. Nous sommes loin des exigences de qualité du Pink, mais j’ai juste faim et le gosier sec. Nous commandons directement à la caisse pour aller nous installer dans un coin sur des banquettes en moleskine garance. Le type qui a cette heure tardive assure service et préparation des commandes nous amène nos bières. Je dédaigne le verre terni par les détergents industriel du lave-vaisselle pour boire une gorgée directement au goulot.

- Vous me semblez être à mille lieues de mon milieu monsieur Norton, toutefois…

Je passe ma langue sur mes lèvres, cherchant la meilleure formulation possible. Je souhaite éviter de le froisser. Non que je me soucis de son bien-être, mais parce que je sens que ce gars peut apporter un nouveau souffle au HCC. Quelque chose d’un peu plus classe que les combats actuels. Nous avons quelques combattants remarquables, mais ils sont rares et se font rares. Norton a besoin de se battre. Et il est évident que le circuit classique ne suffit plus à l’apaiser.

- Toutefois il n’est contagieux que pour les naïfs et les imbéciles qui manquent de jugement et de retenue.

Implicitement je lui tends une perche, affirmant que mon contact ne va pas le plonger d’office du côté obscure de la force. Mais que si cela devait arriver, cela serait uniquement de son fait.

- J’applique la notion du « besoin d’en connaître ». Un concept qui vous fera rester en vie.


Moue désabusée de mon vis-à-vis. Il s’attendait à quoi ? Que je lui avoue être le nouvel Al Capone et lui étaler toute l’étendue de mon organizzazione sur la table ? Je ne vois pas en lui un pion manœuvrable, ni comme avec Wilder une association bilatérale possible. J’ai un job à offrir, un job qui l’attire. Il y gagnera du fric et moi aussi.

On nous amène nos burgers. Sans plus de manière nous attaquons ce repas, le standard américain saturé de lipides et de sucres. Mais Norton ne m’intéresse pas uniquement pour ce qu’il peut apporter au HCC. Je vois en lui un peu le miroir de moi-même. Cela rue fort dans notre cœur. La bête que l’on tient enfermé dans la prison de notre esprit est sauvage et enragée. De toute évidence, cette exacerbation est récente chez le boxeur, alors que dans mon cas je n’ai jamais su calmer la bête. Ma technique est de la nier. Je m’impose à elle en ne lui donnant aucune valeur. Un affront qu’elle me fait payer cher chaque fois qu’elle arrive à se libérer de mon emprise. Je suis curieux de savoir comment Norton gère ce loup qui de toute évidence de demande qu’à mordre.

- C’est le bordelo ici. Non ? Difficile d’être en guerre permanente avec soi-même.

Je tape mon cœur pour lui faire comprendre que je parle de nos loups respectifs et que je n’ai pas l’outrecuidance d’affirmer être un cador de la maîtrise.

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MessageSujet: Re: Are you not entertained ?   Dim 17 Déc - 21:20

Are you not entertained ?
La nuance carmin d’un feu de signalisation interrompt brusquement la chevauchée moderne d’un bolide aux centaines de chevaux sous le capot. J’apprécie le luxe et la puissance de la sportive dans laquelle je me trouve en compagnie de mon nouvel employeur peu recommandable. Je pense même que si ce n’était pas le propriétaire du cercle de combat illégal dans lequel j’avais marqué les esprits qui se trouvait au volant mais quelqu’un d’autre, quelqu’un n’ayant pas partie liée avec tout ce que j’exècre tant eu égard à l’éducation offerte par mes parents que l’exemple de mon oncle ou la mauvaise période d’une amie d’enfance je me serais probablement laissé aller à quelques commentaires admiratifs et observateurs sur la superbe mécanique d’origine transalpine. Or, je tiens à ce que ce trajet soit le plus silencieux et expéditif possible car quand bien même la confiance se posait en base de notre lien professionnel celle-ci n’atteindrait certainement pas le domaine personnel. Parce qu’il ne fallait pas pousser le bouchon non plus. M’acoquiner avec le crime organisé me coûte déjà bien assez pour que je ne me prenne de sympathie pour ses membres par-dessus le marché. Il y a irrémédiablement de la curiosité dans le regard de sieur Amaro mais ma bouche reste résolument close. Je n’attends qu’une seule chose. Retrouver ma petite sœur puis tenter de trouver le sommeil à défaut de pouvoir en éviter les affres.

Pourtant, lorsque je constate que le chef mafieux ronge son frein je décide d’attaquer le premier et lui lance une observation avisée découlant grandement de l’ancien rang de lieutenant de police de Maddox. La fenêtre coté conducteur s’ouvre machinalement pour que la bouffée de fumée s’échappant des lèvres du garou soit expurgée en dehors du véhicule. Gracieux mais je suis également fumeur. Délicate attention mais qui ne m’empêche nullement de ressentir l’envie réciproque d’en griller une. Un regard en biais m’indique la présence d’un sourire amusé sur les lèvres du chef de meute souterraine. Sa réponse s’accompagne d’un regard malicieux. Je me fends d’un haussement d’épaule nonchalant. Je me doute qu’il ne va pas me déballer grand-chose alors je ne risque rien à le provoquer sur ce point. Pour la nature prédatrice de ce sublime animal je suppose. Je réprime une remarque désobligeante découlant de la comparaison. Le loup est un prédateur intelligent et hautement nécessaire pour l’équilibre naturel tandis que les criminels sont des prédateurs qui nuisent à l’équilibre de la société et vampirisent cette dernière. Comme je m’y attendais fort logiquement sa réponse est remarquablement évasive tout en disant énormément sur la philosophie et le mode de pensée de mon congénère amateur de costumes impeccablement taillés. Un sourire éminemment sarcastique se peint sur mes traits.

Oh mais je suis né dans l’une de ces villes qualifiées de modestes et les ais toujours préférés aux mégalopoles étouffantes. Ce n’était donc nullement un jugement de valeur. Voir loin et dépasser les apparences vous dites. J’imagine que c’est ce j’ai fait ce soir en me présentant dans votre affaire. Nous nous rejoignons en effet sur ce point. Beacon Hills est une ville particulièrement intéressante je vous l’accorde. Même un boxeur de mon envergure apprécie de faire du tourisme. Mensonge éhonté et perceptible que cette dernière affirmation mais je n’en ai cure. Le propriétaire du hangar clandestin me propose d’aller dîner à la vue d’une enseigne clinquante et tape à l’œil. Mon silence est univoque. Je veux rentrer chez moi le plus vite possible. Le feu passe à l’émeraude et le bolide vrombit. Mais, je finis par me raviser en me faisant la réflexion que Kae avait certainement déjà mangé et que je ne voulais pas la déranger en rentrant. Vivre dans une chambre a ses inconvénients. Le bistrot local est dépassé au moment ou je fais part de mon choix final. J’accepte. Laconique à l’extrême. La vérité c’est que le combat m’a creusé l’appétit et collé les crocs. Aussi la perspective de me gaver de lipides dans ce petit établissement de restauration rapide est proprement alléchante. Le demi-tour parfaitement maitrisé nous voit nous garer à coté d’un pick up.

Le restaurant est plus bondé que l’on pourrait l’imaginer à une telle heure et la faune locale est hétéroclite mais je ne me perds pas en analyse sociologique. Un point commun. La faim. Le genre qui rassemble. Nous commandons au comptoir avant d’aller nous installer sur des banquettes usées par le temps. Le serveur nous apporte nos bières et je ne tarde pas avant de porter la mienne à mes lèvres. Je préfère la boire ainsi en toutes circonstances. Le whisky se boit dans un verre, le vin également mais la bière me parait meilleure au goulot. Face à moi l’italien fait de même. La bouteille se repose doucement sur la table entre nous. Une moue désabusée s’imprime sur ma face patibulaire à l’issue de sa mise en garde tacite. Qu’est-ce qu’il s’imagine que je compte postuler pour intégrer son organisation peut être ? Passer du mauvais côté de la barrière malgré la nécessité me colle déjà de l’urticaire alors m’enfoncer plus en avant dans la boue…Un sourire intérieur ne franchit pas mes lèvres. Je suis un combattant alors je compte m’en mettre plein les poches en faisant ce que je fais le mieux tout en me défoulant pour soulager la bête en moi au passage. Je n’ai aucune envie de me retrouver mêler aux enquêtes policières éventuelles à l’encontre de mon nouvel employeur.

Je me vois comme un spectre de passage dans son business et qui le quittera en s’évanouissant dès qu’il n’aura plus besoin de la machine illégale. Rassurez-vous monsieur Amaro je ne compte absolument pas m’acclimater à votre milieu. Ce n’est qu’un moyen me permettant d’atteindre une fin précisément établie. De la même manière que je dois en être un à vos yeux. Les burgers arrivent accompagnés d’une belle portion de frites tout aussi grasses que salés et sans faire de manière, je m’attaque à mon dîner à égale mesure de la faim dans mon estomac. Après quelques bouchées, Amaro reprend la parole pour amener la discussion sur un sujet plus intime. Je m’essuie les lèvres de ma serviette avant de fermer les yeux l’espace d’un instant pour les rouvrir sur mes yeux de loups d’un bleu céruléen. Je me doute que la couleur des prunelles lupines de mon vis-à-vis est identique. Mes yeux reprennent leur pigmentation naturelle dans la foulée et un soupir s’échappe de mes lèvres. Cela n’a pas toujours été le cas pour moi. J’avais toujours vécu en harmonie avec mon double. Comprenant que le mafieux souhaite emmener la conversation sur mon histoire de manière détournée, je suis pris d’une bouffée de colère. Je reconnais que c’est de bonne guerre et que c’est subtilement mené mais je ne suis pas dupe. Comment parvenir à ne pas l’être alors que ce bleu est né lorsque mes griffes ont été contraintes de s’enfoncer dans le cœur de mon propre père et alpha ?

J’ai lancé cela d’un ton glacial alors que je brûle de rage à l’intérieur. Si, j’ai fait cet unique aveu à l’italien c’est bien pour qu’il s’en contente. Peut être que ce dernier ne souhaitait pas m’entuber et qu’il souhaitait juste évoquer la difficulté d’être un loup garou lorsque le loup est instable et dangereux mais qu’importe. Par extension, les deux sujets étaient intimement liés dans mon cas. Aussi, j’ai laissé échapper une information, une pièce du puzzle de mon drame dans l’idée qu’elle soit bien la seule. Je me replonge dans mon repas avec avidité tout en gardant une certaine élégance. Alors même que l’on aurait pu penser que je souhaitais en finir avec mon vis-à-vis le plus rapidement possible, j’interromps ma dégustation. Et chez vous d’où vient ce bordel intérieur ? Vous me semblez pourtant être un obsédé du contrôle.
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MessageSujet: Re: Are you not entertained ?   Jeu 21 Déc - 11:00


Non ti diverti ?
- Cela n’a pas toujours été le cas pour moi. J’avais toujours vécu en harmonie avec mon double.

Norton vient de me dévoiler la couleur de ses prunelles. Je ne cherche pas à cacher ma surprise. Non que je doute que l’oméga n’ait pas eu déjà avoir à cogner plus que de raison, mais parce que je ne l’imaginais pas capable de prendre la vie d’un innocent. Décidément cet homme cache bien des choses. Le bleu de ses iris contredit à mon sens ses propos. Toutefois il est vrai que je n’ai que des bribes parcellaires de son histoire. Pour moi, une fois que l’on a plongé dans la noirceur, il est quasiment impossible d’en ressortir. Il y a bien évidemment toujours des exceptions pour confirmer la règle. Monsieur Norton semble se vanter d’en être une.

J’attaque une nouvelle bouchée de mon burger avec un plaisir non feint. J’avais réellement les crocs. Et cette malbouffe est la bienvenue. Le mélange mayonnaise, ketchup et cornichon apaise une faim légitime.  Le sandwich fait son job, saturant mes papilles gustatives de sensation, envoyant un message au cerveau lui disant que l’on pare aux besoins physiologique du moment. La sensation de faim s’apaise. Je m’interroge sur les circonstances qui ont collé du bleu dans le regard si fier de Norton. Accident déplorable ou réelle intention meurtrière ? La réponse m’arrive tel un uppercut.

- Comment parvenir à ne pas l’être alors que ce bleu est né lorsque mes griffes ont été contraintes de s’enfoncer dans le cœur de mon propre père et alpha ?

Le ton de sa voix est froid, mais je sens son aura qu’il projette vers moi. L’animal bouillonne de rage et de colère. Il est évident qu’à ses yeux, je suis l’incarnation du mal. Cela dit, il n’a pas tout à fait tort. Je ne suis pas un enfant de cœur, même si dans mon cas, la couleur de mes yeux est un accident. Mais la suite de ma vie m’a malheureusement donné d’autres occasions de colorer mes yeux à la couleur du ciel. Lyly… Je commence à saisir la psyché de Norton, devine sa tempête intérieure. La famiglia est à mes yeux sacrée. Assassiner celle que j’aimai m’a demandé de choisir entre deux famiglia, celle qui m’a vu naitre et celle que je pouvais construire. Cela m’a brulé l’âme. Norton est dans le même état que Willem, un assassin par nécessité. Ce genre d’acte laisse une cicatrice indélébile. Difficile de s’en remettre. Quoique Shepherd semble bien s’en sortir, sauf parfois quand il passe bien trop de temps au Pink. Je note une nouvelle information. Norton a été un alpha. Il ne l’est plus mais est encore en vie.

- Et chez vous d’où vient ce bordel intérieur ? Vous me semblez pourtant être un obsédé du contrôle.

Bim ! En plein dans le mille. Sa perspicacité m’agace, pourtant j’apprécie cette rare intelligence dont il fait preuve. Je souris malicieusement tout en mastiquant. Après avoir dégluti et fait passer le tout avec une rasade de bière, je m’essuie les lèvres avec la serviette en papier. Une lueur bleutée passe dans mon regard. Je lui retourne sa politesse, bien qu’il s’attende à cette couleur dans mes prunelles.

- J’ai gagné cette couleur lors de ma toute première pleine lune. Mordu par un alpha psychotique qui s’est fait descendre avant ma première pleine lune. J’ai fait un carnage dans un squat de SDF, sans vraiment comprendre ce qu’il m’arrivait

Je hèle l’employé pour qu’il m’apporte un nouveau burger. J’ai encore un petit creux.

- Contrôler les autres est chose aisée monsieur Norton. Se contrôler soi-même est une gageure. C’est comme se battre contre son double. Il y a un équilibre de force qui annule toute action. Je ne suis pas un loup né. Jusqu’à présent, je mettais l’instabilité de mon loup sur le compte de mon tempérament initial. Je n’ai jamais été une personne posée ou calme. Mais avec ce que vous me dites, il semble que cela ne soit pas si simple.

Je me tais le temps que l’employé pose devant moi un nouveau burger. Je lui réclame une nouvelle bière.

- Je ne vous ferai pas l’affront de vous offrir ma compassion. Sachez simplement qu’à mes yeux la famiglia a un caractère sacré. Vu mon tempérament, si je m’étais retrouvé dans le même cas que vous, ça n’aurait donné quelque chose de joli.  

J’étais déjà un loup instable avant de tuer Lyly. Sa mort est un drame humain et non lié au loup que je suis. Autant j’ai appris à être un homme, un leader et un gangster. Autant je tâtonne toujours avec cette part animale que je bride constamment. Je suis toujours à la recherche de l’éternelle recette miracle. J’avais eu l’espoir en retombant sur Cormier, que le druide m’aide à gérer cette part sauvage. Seulement nos antécédents sont encore présents dans son esprit. Lui aussi me voit comme le mal incarné, bon pour le bucher et non pour une séance de thérapie. J’ai soif de savoir comment gérer la bête. Willem avait été incapable de me dire comment il faisait. Loup-né et élevé dans la paix, la maîtrise était pour lui une seconde nature. N’ayant jamais eu de conflit avec son loup, même après avoir dû comme Norton assassiner son alpha, Will’ était infoutu de me donner des conseils. Je répugne à me confier, car cela signifie donner à l’autre une ascendance sur vous.

- Je connais un gars en ville qui a dû faire la même chose que vous. Il est facile à trouver, c’est l’un des rares alphas de la ville.

Norton fait ce qu’il veut de cette information. J’attaque mon nouveau burger avec un appétit un peu moins grand que pour le premier.

- Je ne suis pas un enfant de cœur. Mais j’aimerai apprendre à dompter l’animal qui parfois me déchire le cœur et l’âme à coup de griffes et de crocs. Les loups stables que je croise, sont infoutus de m’expliquer comment ils font et les autres sont comme moi, à la recherche d’une recette qui marche. Avez-vous un mantra monsieur Norton ? Je suis toujours resté septique quant à l’efficacité de ces ritournelles.


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Cassian Norton

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MessageSujet: Re: Are you not entertained ?   Sam 23 Déc - 18:07

Are you not entertained ?
I have screamed until my veins collapsed. I've waited last, my time's elapsed. Now, all I do is live with so much fate, I've wished for this, I've bitched at that/ I've left behind this little fact :  you cannot kill what you did not create. ••• Un sourire malicieux se peint sur les lèvres latines de mon interlocuteur suite à ma réflexion à son égard. Je lève de nouveau ma bière pour en porter le goulot à mes lèvres et en avale une rasade doucereuse avant de la reposer sur la table. Observer est un réflexe chez tout prédateur qui se respecte et je suis un loup de manière viscérale sans compter que mon rang de boxeur est venu aiguiser ce trait de caractère. Observer c’est prendre des informations essentielles et l’information c’est le pouvoir. En agissant ainsi, en cernant rapidement les gens je me protège moi même et peux protéger ceux que j’aime plus efficacement. L’un des rares enseignement commun à Maddox et Ethan. Je ne sais pas si ma perspicacité l’énerve ou l’indiffère mais ce sourire amusé m’indique qu’il ne m’en veut pas de l’analyser de manière si précise. Dans le cas contraire, cela ne m’aurait de toute manière fait ni chaud ni froid au demeurant. Les yeux humains de l’italien disparaissent pour céder leur place à deux billes d’un bleu azur comme je m’y attendais. Cela nous fait au moins un unique point commun. Mon regard ne quitte pas le sien alors qu’il m’apprend qu’il a été mordu par un alpha irresponsable qui a perdu la vie dans la foulée, le laissant livré à lui même face à une nature complexe et dangereuse qu’il était loin de pouvoir apprivoiser.

Gagner n’est pas le terme que j’aurais utilisé monsieur Amaro. Car, je ne vois aucune fierté dans le fait de posséder une telle couleur de prunelles. Vous me voyez néanmoins désolé d’apprendre que vous avez dû vous débrouiller seul pour appréhender votre nouvelle nature. Tous les alphas ne sont pas dignes de leur rang malheureusement. Votre histoire ne le prouve que trop bien. Mon nouveau patron hèle l’employé et lui commande un autre burger et je fais de même en me rendant compte de l’étendue de ma faim. La même chose pour ma part accompagnée d’une autre bière. La cuisine est conforme à l’image donnée et n’est pas mauvaise alors autant apaiser mon appétit. Je termine ma première bière après une nouvelle bouchée avide. Non ce n’est pas aussi simple. Car malgré mon tempérament relativement comparable au votre, je n’avais jamais eu le moindre problème avec le loup dans mes veines avant cette pleine lune pourpre. Vous avez raison concernant le contrôle personnel. C’est un défi permanent pour des gens comme vous et moi. Me battre contre mon double lupin m’inflige de la douleur s’expliquant par le fait que l’union peut être source de déchirure lorsqu’elle est rompue. Sans compter que j’ai toujours porté mon loup à fleur de peau. J’imagine que si cela n’avait pas été le cas ma relation à cette part de moi serait bien différente.

L’employé revient avec nos commandes et je sens mon estomac bondir de joie à l’idée de continuer de se remplir. Amaro commande une autre bière tandis que j’entame ma seconde. Vous faites bien. Il n’y a rien de plus important que la famille je vous l’accorde. Oh mais j’aurais certainement déjà craqué et perdu la vie dans un baroud d’honneur si je n’avais pas eu une raison inestimable de m’accrocher à l’existence et de conserver ma lucidité. Oh, oui sans la présence de ma petite louve à mes cotés je n’aurais jamais quitté le chalet, je n’aurais jamais fui et aurais livré une dernière bataille en compagnie des miens pour abattre le plus de chasseurs possible et si j’avais finalement tourné les talons tout mon esprit n’aurait été tourné que vers la vengeance. Kae était ma responsabilité et mon loup et moi avions donc fait passer l’instinct de protection avant celui de représailles. C’est extrêmement simple. Ma petite sœur devait survivre. Ma petite sœur doit vivre. J’ai abattu des chasseurs. Trop peu à mon gout mais la légitime défense m’a permise de rendre une partie des crimes à nos bourreaux. Je me replonge prestement dans mon repas en tentant de chasser les souvenirs revenant danser dans mon esprit. J’y parviens finalement en invoquant l’image de ma jolie louve. Maxine en train de sourire et de rire dans un souvenir délicieux. Willem Shepherd j’imagine.

L’alpha de ma belle était en effet l’un des rares alphas de Beacon Hills et le seul correspondant à cette évocation. Les loups stables sont infoutus de le faire parce que cela n’est pas explicable monsieur Amaro. Leur relation avec leur double est apaisée et fusionnelle précisément parce qu’ils sont stables et que leurs existences sont placées sous le sceau d’un certain équilibre. Équilibre leur permettant de ne pas se laisser dominer par leur part animale et permettant à cette dernière de ne pas se sentir prisonnière des errances de l’humaine. Ils ne peuvent se rendre compte de cela car cela leur apparaît inné. Je pense que dans votre cas vous devriez commencer par accepter votre loup intérieur. Non pas l’utiliser comme une arme bien pratique mais l’accepter comme une part de vous. Je peux sentir votre loup. Il est sauvage et instable comme le mien mais pourtant quelque chose diffère radicalement entre les deux. Le mien peut me mener la vie dure et me miner de l’intérieur mais il ne ressent aucune rancœur contre moi. Je me bats contre lui mais si j’étais en danger il chercherait à me protéger à tout prix. Ne me regardez pas comme cela. J’ai grandi entouré de loups et de louves et j’ai été alpha. Je marque une pause pour croquer de nouveau dans mon burger avant de m’essuyer les lèvres puis de reprendre. Ces ritournelles comme vous dites ne peuvent fonctionner que si l’on ne les considère pas comme des ritournelles et sont utilisés avec le cœur. Non, je n’en n’ai plus désormais. Mais celle de ma meute de naissance était la suivante. Dans l’union je puise ma force. Une meute, un cœur, un esprit.  © 2981 12289 0


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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Are you not entertained ?   Ven 29 Déc - 17:19

clickAlessandro & Arès
Are you not entertained ?
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che il buono da conoscere. »
Contrairement à mes habitudes, j’ai admis avoir une faille avec la maîtrise de mon loup intérieur. Secret de polichinelle pour un autre loup qui sent bien la bête que je musèle dans mon corps. Puis ce n’est pas comme si Norton était d’une sérénité exemplaire. Il m’apprend qu’avant de perdre sa famiglia, il n’avait aucun problème de contrôle et ce même en ayant un tempérament plutôt sanguin. C’est donc possible… De gérer le monstre sans se faire dévorer l’âme, sans devoir mener un combat incessant où dans mon cas je serre si fort les attaches du loup qu’elles s’incrustent dans sa chaire le privant du moindre degré de liberté.

Norton connait Will’. Ce bon vieux Willem. Ce gars est une énigme pour moi. A mes yeux, c’est tout bonnement incroyable qu’il soit encore en vie avec ses prunelles rouges. Comme il l’avoue lui-même, c’est un bisounours, incapable de m’expliquer comment il arrive à rester si serein.

- Les loups stables sont infoutus de le faire parce que cela n’est pas explicable monsieur Amaro. Leur relation avec leur double est apaisée et fusionnelle précisément parce qu’ils sont stables et que leurs existences sont placées sous le sceau d’un certain équilibre.
- Comment trouver un équilibre avec un double fou furieux qui tente de prendre les rênes de votre vie ?!
- Ils ne peuvent se rendre compte de cela car cela leur apparaît inné.
- Je les envie…
- Je pense que dans votre cas vous devriez commencer par accepter votre loup intérieur. Non pas l’utiliser comme une arme bien pratique mais l’accepter comme une part de vous.
- J’aime l’ordre, il n’est que chaos. J’aime le contrôle, il n’est que folie furieuse. Comment accepter votre contraire sans se perdre soi-même monsieur Norton ?
- Je peux sentir votre loup. Il est sauvage et instable comme le mien mais pourtant quelque chose diffère radicalement entre les deux. Le mien peut me mener la vie dure et me miner de l’intérieur mais il ne ressent aucune rancœur contre moi. Je me bats contre lui mais si j’étais en danger il chercherait à me protéger à tout prix.


Je lui lance un regard torve. Que sait-il du fauve tapis dans mes veines ? Lors de la patauge dans les égouts avec Will’, Brian et Therencio, je lui avais laissé la voix libre, justement parce que nous étions en danger de mort immédiate. Mon loup s’est battu contre la bête, même si je me souviens parfaitement de l’onde de terreur qu’il a ressentie devant cette aura écrasante. Il est cependant vrai que Will’ a dû le mettre à genoux pour que je puisse reprendre le contrôle. Je me souviens avoir aimé ce combat sous la coupe d’un alpha. Toutefois redevenu humain, je me suis immédiatement extrait de l’emprise de Will’, même si je sais Shepherd répugner user de son aura d’alpha. Je suis bien trop fier. Et je sais parfaitement que le gros du problème vient de là. La réponse de Norton au sujet des martingales ne m’étonne pas.

- Celle de ma meute de naissance était la suivante. Dans l’union je puise ma force. Une meute, un cœur, un esprit.
- Une meute, un cœur, un esprit…


Je me perds à contempler ma bouteille de bière. Une meute… J’ai quelque chose qui y ressemble. La Cosa Nostra, et maintenant l’organizzazione que j’ai monté à Beacon Hills. Un cœur, un esprit... Je cherche ce à quoi je peux me rattacher. Je pense à Arès. Je tiens à mio amico et j’envisage même la folie de me soumettre au test que Za daignera me faire passer pour me considérer comme étant digne de son marito. N’ai-je en fait pas déjà tous les éléments autour de moi ?

Nous payons nos consommations. Norton ayant tenu à payer sa part. Orgueil ou liberté revendicatrice ? Je ne dis rien, car j’aurais fait de même à sa place. Nous sommes semblables sur bien des points n’en déplaise à ce donneur de leçon. Seulement je lui reconnais une avance sur moi quant à la maîtrise de son loup.

- Andiamo.

Nous ressortons du diner et rejoignons l’hôtel où loge Norton. Logement précaire qui vient corroborer avec son besoin de fric. Le black me défie du regard de faire un commentaire, je riposte en lui tendant la main.

- Buona notte monsieur Norton. Nous allons nous revoir rapidement. Je ne doute pas que Largo va s’empresser de vous trouver quelques combats équitables pour asseoir votre côte.

Alors que le boxer sort de ma voiture j’ajoute un détail.

- Généralement je ne mélange pas mes deux business, cependant vous avez une allure respectable. En cas de problème, vous pouvez me trouver au Pink si Largo fait défaut.


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