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 Nous sommes riches aussi de nos misères Pv Leoric

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Derek Hale
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MessageSujet: Nous sommes riches aussi de nos misères Pv Leoric   Jeu 11 Jan - 17:20


Nous sommes riches aussi
de nos misères.

L
e peigne réservé à cet usage caresse ma peau au niveau de ma mâchoire. Avec des gestes précis, je joue des ciseaux pour tailler ma barbe à la longueur qui me sied. C’est bien plus lent que si j’utilisais une tondeuse électrique, pourtant j’affectionne ce moment de calme. Le résultat est également plus soigné. Ma salle de bain personnelle n’est troublée que par le cliquetis des deux branches de la paire de ciseaux dorés à l’or fin. C’est un cadeau que m’a offert Peter. Dans une boîte en ronce de noyer, il m’avait choisi avec le soin qui lui est coutumier, tout un nécessaire à barbe et à rasage traditionnel. Je n’ai pas encore testé le coupe-chou. Non que je craigne de me couper, mais simplement que je ne souhaite pas avoir le visage glabre. Mon oncle dit que je me planque derrière mes poils. Je l’accuse de jalousie sur une répartition homogène de ma pilosité, là où lui présente des absences disgracieuses quand par exemple lors des vacances il se laisse un peu aller côté présentation.

Ma barbe crisse sous l’effet du peigne. Je prends mon temps. Ce moment intime m’apaise grandement. Quand j’ai fini, je passe sous le jet de la douche et offre mon visage à cette pluie tiède qui emporte les poils coupés. Puis je me shampouine les cheveux. Des doigts je jauge la longueur. Il va falloir que je passe chez le coiffeur dans pas longtemps, mais cela peut attendre encore un peu. Aujourd’hui ma journée va surtout être occupée par la chambre de commerce et d'industrie. Je me suis enfin décidé à monter mon entreprise de consulting en placement boursier. Je pourrai vivre honorablement de mes rentes, surtout que je partage les frais d’entretien du Manoir avec Peter et Ruby. Mais c’est surtout de l’activité dont j’ai besoin, plus que des revenus qu’elle va m’apporter.

***

Le café diffuse une odeur agréable dans la cuisine. Peter descend, prend à peine le temps de boire une tasse et sort avec un vague au revoir pour aller au lycée. Il y va souvent en avance pour préparer ses cours, alors qu’il serait bien plus au calme ici.

Alors que j’en suis à ma deuxième tasse de café, C’est Ruby qui arrive, portant son fils dans ses bras.

— ‘Ton Ek’ babille le petiot en tendant ses menottes vers moi.
— Bonjour bonhomme répondes-je en l’attrapant pour libérer les mains de mon alpha. Bien dormi Ruby ?
— Oui, marmonne celle qui est mon amie d’enfance avant d’être mon alpha et la femme de mon oncle.

Ses traits sont un peu moins tirés et sa peau un peu moins blanche. Le temps s’égrène et avec lui le travail du deuil se fait doucement. J’ai donné un morceau de pain à Ian qui s’acharne consciencieusement dessus. Il est en train de sortir une dent. Cela le rend un peu grognon et irritable, lui qui est habituellement très placide.

— Tu te rappelles qu’aujourd’hui je ne peux pas garder le petit, m’enquière-je auprès de Ruby.
— Oui, oui me répond-elle. Je sors avec Maf’.

Étrange comment ces deux-là s’entendent maintenant comme larron en foire. Je me souviens du début de leur relation. Notre druide drapée dans sa fierté féline, Ruby en mama italienne qui force les contacts amicaux. Maintenant les deux femmes semblent beaucoup s’apprécier et sont devenues particulièrement complices. Une louve alpha et une panthère / chatte, drôle d’association, mais à ma grande honte, je pense qu’elles sont toutes deux la force brute de notre meute. Ruby devient féroce et sans pitié si on s’en prend à ceux qu’elle chérie. Mafdet a une expérience guerrière vieille de cinq mille ans. Sous sa forme humaine, elle affectionne se battre avec deux sabres qu’elle possède depuis la période d’Edo au japon. Lorsqu’elle se laisse aller à sa forme la plus féroce, celle d’une panthère noire imposante, c’est le moment de faire votre prière. Vous ne serez jamais assez rapide pour lui échapper. Jamais assez rapide pour la toucher mortellement avant qu’elle ne vous atteigne. Les loups attaquent en meute. Un félin est un prédateur solitaire. Il n’attaque jamais de front.

***

Cela m’a pris la journée entière pour déposer les minutes de ma société. Les différentes instances se sont fait un malin plaisir à me balader des unes vers les autres. Ma quiétude matinale s’est progressivement fissurée face à ces visages obtus et cette fainéantise administrative qui consiste à distiller chichement une à une les informations, m’obligeant à revenir par trois fois à la mairie. L’employée savait que j’allais avoir besoin d’un autre document, mais comme je ne le lui avais pas explicitement demandé, elle ne me l’a pas donné, m’obligeant à revenir après ma visite à la chambre de commerce.

Mon dépôt est finalisé. Je recevrais dans la semaine mon immatriculation ensuite j’aurais le droit de travailler à mon compte. Il faut maintenant que je m’attèle à me créer un réseau. J’ai déjà commencé l’ébauche d’un site internet. Cela sera ma vitrine principale. Je commencerai par me déplacer chez les gens, puis prendrai un local en ville pour assurer des permanences. Peter m’a bien fait comprendre qu’il voyait d’un très mauvais œil que j’attire ma future clientèle au manoir. Je l’avais rassuré que moi non plus je n’avais guère envie de rameuter du monde dans notre havre de paix.

Sans Ian et Ruby le manoir est calme. Je me suis installé sur la terrasse avec mon PC portable et monte la structure de mon site internet. Ce n’est pas si simple que ça et demande de faire pas mal d’essais entachés d’erreurs qui rendent un affichage parfois tout bugué. Mon PC rame, il faut que je fasse du ménage. Le disque dur est presque plein. Je commence par les classiques : fichiers temporaires, mémoire cachée et la corbeille. Mais rapidement je dois me résoudre à devoir externaliser des sauvegardes. J’ai acheté trois disques durs externes. Mais j’avais toujours reporté le moment de faire ce ménage indispensable dans mes fichiers.

J’hésite à désinstaller le logiciel d’architecture que Chad m’avait passé. Normalement je n’en ai plus besoin, pourtant j’aime me replonger dans les plans de la reconstruction du manoir. Je décide de le garder actif lui et ses innombrables fichiers liés. C’est donc ailleurs que je dois faire le ménage. Je commence par exporter tout un dossier image qui concerne le manoir.

Fouiller dans les entrailles de son ordinateur, c’est fouiller dans son passé. Un passé pas si lointain. Mes archives mail sont pleines d’échanges entre Stiles et moi. Plus je creuse pour ranger et optimiser la place sur mon PC, plus je déterre des souvenirs joyeux, qui ne sont maintenant que douleurs, frustrations et ressentiments. Je n’en veux pas à Stiles spécifiquement. J’en veux à la vie qui a réussi à nous séparer.

Incapable de supprimer cette tranche de ma vie, je déplace les dossiers concernés sur un des disques externe. J’ai rapparié l’ordinateur dans le bureau que je me suis installé dans le manoir. Le transfert va prendre du temps et j’ai besoin de prendre l’air et de trouver un exutoire à mon mal être.

***

J’ai troqué mon jean contre un bas de survêtement en coton noir et changé de t-shirt pour un à bretelles plus propice au sport. Le manoir verrouillé, je pars en petites foulées. Je n’ai pas de but précis et me laisse porter par l’instinct. Celui-ci me fait faire un long détour pour éviter la cabane des Cormier. Ma rupture avec Stiles a mis à mal mon amitié avec Alex qui se fait de plus en plus rare, pour ne pas dire quasiment invisible depuis la derrière fois où on a parlé. Le jour où Stiles m’a opposé une fin de non-recevoir.

L’effort est un réconfort. Pendant que je sens mes muscles se tendre sous ma sollicitation, j’oublie mon cœur qui se dessèche et se ratatine. J’ai souvent pour habitude de terminer mes courses en forêt par une falaise qui domine la ville de Beacon Hills. L’endroit est splendide, assez reculé des routes, c’est rare d’y croiser du monde. L’élévation du terrain donne l’impression de dominer ce qu’il se passe plus bas. Je revois le visage de Stiles quand je lui ai rendu son carton au lycée. Il n’a rien dit, s’est contenté de tendre les mains, veillant à ne pas frôler les miennes. Son regard ne respirait pas la joie de vivre, mais pas non plus l’effondrement le plus total. « Je t’aime »… Tu parles ! Une boule d’émotion se coince dans ma gorge. J’allonge ma foulée, ma respiration a du mal à suivre avec ma gorge serrée. J’essaye de repenser à mes discussions avec Therence qui trouvait notre couple impensable.  Quand est-ce que je me suis aveuglé ? Je cherche des failles dans ma sincérité. Quelque chose qui me montrerait que je me suis leurré tout seul. Cela n’aurait pas été la première fois… Je suis vraiment nul dans le domaine de l’affectif.

Ma respiration a repris un rythme normal. Je fais vœux de mener ma barque seul. Je serais le soutient de ma meute, fiable et solide. Ils sont ma raison de vivre. Eux et personne d’autre. Encore deux cents mètres et j’arrive à la falaise. Les images de Stiles sont tenaces dans ma mémoire. Je ne peux pas faire comme avec l’ordinateur et les coller sur un disque externe, ou comme Dumbledore, utiliser une pensine. Cela serait trop pratique de pouvoir se débarrasser de ses pensées parasites qui vous plombent le moral.

Enfin je débouche sur la mince clairière qui borde la falaise. Je m’apprête à m’avancer et me noyer dans le paysage que le soleil couchant orne de couleurs étincelantes et chatoyantes. Seulement il semble que je sois poursuivi par la loi de Murphy ! L’alpha, le professeur de je ne sais quoi que j’avais croisé au lycée est là.

— Tsss ! Le garde-chiourme ! marmonné-je dans ma barbe.

Je cherche une paix moniale et je tombe sur la flicaille enseignante. Je tourne les talons totalement frustré de me faire voler la récompense de mon effort.  



















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MessageSujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères Pv Leoric   Jeu 11 Jan - 19:55


☾ nous sommes riches aussi de nos misères
Here comes the darkness it's eating at my soul. Now that the spark has gone out of control. This fire is raging, I can't find the door, I just wanna die here but you wanted more. You want me to burn, want me to burn, want me to hurt and maybe I will finally learn.

▼▲▼

Dans la société actuelle, l’interdit attire énormément de monde. Les règles si elles existent c’est parce qu’elles sont faites pour être brisées par quelqu’un, un jour où l’autre. Les mineurs qui fument alors que c’est interdit, en voilà un bon exemple, pourquoi le font-ils ? Parce que c’est "classe", mais au fond c’est parce qu’on a appliqué une règle et que du coup ils se sentent puissants en la brisant. La même chose se voit dans les couples. Pourquoi les infidélités ? Parce que c’est contre l’éthique des temps modernes, alors que dans certaines civilisations c’est totalement normal. Cet interdit est quelque chose d’intense, quand on y est confronté, il est dur d’y résister, de faire en sorte de respecter les règlements imposées par nos mœurs. Tout le monde a déjà réfuté un principe instauré par une entité supérieure, c’est normal, c’est dans la nature humaine. Celui qui dit ne jamais avoir été tenté est un menteur. Je ne parle pas de l’avoir fait, certaines personnes sont strictes envers eux-mêmes, mais ne serait-ce qu’avoir eu envie de le faire, chaque être humain a forcément été confronté à ce genre de problèmes qui n’en est pas un finalement. Je ne vais pas faire dans l’inédit, j’ai souvent transgressé les règlements, j’ai fait le mur, fumé avant l’âge, désobéi à des ordres formels de mon alcoolique de père. L’interdit m’attirait avant, comme un aimant est attiré par les pôles magnétiques. Avant car depuis les événements subvenu à la fin de ma vie en Norvège je ne suis plus qu’un exemple d’apathie, qui ne fait rien, qui ne bouge plus et donc ne brise plus les proscriptions.
Si je parle de cela, c’est parce qu’en ouvrant des cartons pour terminer mon emménagement un album photo est tombé au sol, et les photographies de ma vie passée sont éparpillées au sol et je me revois avec une coiffure minable, une bière à la main et une cigarette à la bouche. J’étais déjà un loup-garou, je savais que toutes ces merdes n’auraient aucun effet sur moi, mais je le faisais car mes amis les faisaient. En étant jeunes, on se révèle tous être des moutons qui se suivent les uns les autres. Je n’irais pas jusqu’à dire que je regrette cette période de ma vie, parce que ce serait mentir. Mon existence suite à la morsure a changé du tout au tout. Ce n’est qu’à mes trente-deux ans que tout a changé en mauvais. Désirant changer de refrain dans la tête et ne plus penser à tout ce qui a pu m’arriver, j’attrape les photos et l’album avant de mettre ça dans la bibliothèque. Il me reste encore une vingtaine de cartons. Principalement des livres et de la décoration ou encore des vêtements. Avec le travail, je n’ai pas le temps de tout faire et il est grand temps qu’en ce jour je fasse mon nécessaire pour faire du ménage.
En réalité je ne travaille pas tous les jours au lycée, il y a des moments où je n’ai pas de cours à dispenser, étant donné que nous sommes plusieurs professeurs de littérature, on se partage les effectifs. Aujourd’hui est un ces jours de repos où je ne me soucie que de moi et de mes affaires personnelles. Au fond du carton je retrouve de vieux effets de mon paternel, son cendrier en argent, une toupie vieille de quarante ans. Autant de souvenirs que je conserve sans avoir exactement pour quelle raison. Je n’ai jamais été proche de mon père, il m’a pourri la vie et a fait que mon enfance n’ait été qu’un vaste cauchemar. Pourtant je n’arrive pas à me débarrasser de ces objets, ils sont une trace de ce que j’ai pu être avant, quelque chose de tangible que je peux regarder pour tenter de me remémorer ma vie passée. Me séparer de tout cela, ce serait comme un crime que je ne saurais tolérer. Et quand je regarde à nouveau un autre carton et que je vois écris dessus "maman" de ma plus belle écriture, je pars le chercher afin de l’ouvrir. A l’intérieur se trouve la seule chose que j’ai d’elle, sa robe de mariage. Sentimentaliste moi ? Si peu. Je la regarde et sens l’odeur qui s’en dégage. Depuis trente-deux ans, ne s’en dégage qu’une odeur poussiéreuse, mais je me souviens que petit, je sentais dessus une odeur délicate de rose. Je secoue la tête et décide de laisser les effets de mes parents dans les cartons, ceux-ci, je ne les ouvrirais pas à nouveau. Debout, les boites dans les mains je pars les déposer dans le débarras de mon loft.
Il faut que je prenne l’air, j’en ai terriblement besoin. Après avoir débarrassé plusieurs de mes effets comme des vêtements en particulier que j’ai rangé dans mon placard, je me sens presque attiré par l’air frais de dehors. Alors vêtu d’un jogging et de baskets, je me suis préparé à aller courir dans la forêt. Le défoulement fait toujours parti de ce processus de décompression des événements. Quand je fais de l’exercice, j’oublie, je ne pense plus aux choses négatives. Et oublier les choses négatives, c’est tout ce qu’il me faut en ce moment. Je préfère y aller en voiture car la foulée rapide, je me serais élancé en direction des bois, les écouteurs vissés dans les oreilles diffusant une musique alternative assez rythmée qui donne une cadence à mes mouvements et mon souffle de façon trop rapide. Je préfère y aller doucement en voiture, surtout dans les rues afin que personne ne puisse me voir à pleine puissance, on se poserait trop de question sur les raisons d’une telle rapidité et une telle détente chez un être humain. J’attends la forêt pour sortir de ma voiture et enfin m’élancer aussi vite que possible, tant et si bien que si quelqu’un me regarderait, il aurait l’impression que mes pieds ne touchent qu’à peine le sol et que je sois entrain de voler. Un sourire béat s’affiche sur mon visage, là je me retrouve enfin complet. Il y a une grande montée devant moi, mais plutôt que de la traverser à pieds, je saute promptement en l’air pour attraper une branche, grimper dessus et sauter à nouveau en faisant un salto avant pour atterrir souplement sur la partie ascendante du tumulus avant de reprendre ma course.
C’est alors que je me retrouve face à une falaise surplombant la ville. Je regarde en bas et découvre un dénivelé vraiment impressionnant. Les yeux à nouveau vers les rues de Beacon Hills, je siffle mon admiration. J’ignorais qu’un tel endroit se trouvait ici, un véritable havre de paix m’ouvre les bras. Soudain un trop plein d’émotions me submerge, et le vent fouettant le visage me fait monter les larmes aux yeux par sa froideur, la faute aux iris clairs. Je regarde l’étendue s’offrant à moi et apprécie le panorama en tentant de détailler chaque chose que je perçois. Défaisant mes écouteurs et m’asseyant au sol, les jambes dans le vide, je souris à ce nouveau monde que je découvre, et à cette nouvelle vie que j’ai décidé de mener dans cet endroit. Peut-être que je viendrais plus souvent ici pour méditer. Alors que je m’imprègne de ce lieu, un bruit de pas fait frémir mes oreilles et rapidement une voix se fait entendre. « Tsss ! Le garde-chiourme ! » Je reconnaîtrais ce timbre aisément, rauque et dure à l’ouïe. Sa présence ne me dérange pas, mais sa remarque si. Je serre les dents et les poings, vexé que l’on puisse me considérer ainsi. Au lycée j’ai des responsabilités à prendre, si je ne les prends pas, je risque ma place en tant que petit dernier arrivé.
Je ne prends même pas la peine de me retourner, je continue à fixer la ville de mes yeux bleus et je prends une longue inspiration semblable plus à un soupir désabusé tout en laissant l’air s’expirer par la suite. Cet homme m’avait fait une étrange impression, attiré par lui, j’avais eu peur que cela dégénère, mais en même temps je savais que cela n’arriverait pas. Il semblait triste, désœuvré face à une douleur trop grande. Et c’est sûrement cela qui me décide à lui parler. « Tu sais, dans la vie de tous les jours je ne suis pas comme au lycée, dis-je tout en ayant un petit sourire triste sur le visage, cela doit s’entendre dans mon ton. » Je ferme les yeux et secoue la tête pour chasser les larmes roulant sur mes joues à cause du froid. C’est la pure vérité, je ne suis pas toujours une flicaille comme il le dit. A vrai dire je déteste même le faire, mais il y a une différence entre aimer et ne pas avoir le choix. Et je suis pourtant persuadé qu’il doit le savoir, dans la vie nous ne faisons pas toujours ce que nous aimons, c’est malheureux, mais il faut s’y conformer, car nous n’avons pas forcément le choix. Tout d’un coup j’ouvre à nouveau les yeux afin de continuer ma diatribe. « Je dirais même que je peux me montrer agréable quand je ne suis pas au travail. » La vérité est là, c’est aussi simple que cela, on peut penser que je suis un abruti prétentieux mais ce n’est pas la vérité, au contraire, il n’y a personne d’aussi peu sûr de soi-même. Je manque cruellement de confiance en moi, et ce depuis toujours, alors parfois je parle de façon un peu sèche ou indélicate comme la dernière fois, et pourtant tout cela sans animosité. Mais il faut que je m’excuse, que je lui dise que je n’avais pas le choix car c’était mon travail qui me dictait ma manière de conduite, alors je m’y atèle. « Excuse moi pour l’autre jour. Au lycée j’ai des prérogatives qui m’obligent à jouer au flic quand des gens étrangers aux bâtiments scolaires pointent le bout de leur nez. Ce n’était absolument pas personnel, je marque une courte pause avant d’ajouter, et ne t’inquiète pas, moi non plus je ne suis pas un grand fanatique de Shakespeare. » Petite allusion à ce qu’il a pu me dire dans le couloir à propos de son oncle. Que je me souvienne de cela montre à quel point cet homme m’a trotté dans la tête. Je ne saurais dire cela est bien ou non, mais de toute manière les visions manichéistes sont souvent idiotes, rien n’est bien, rien n’est mal. Tout ce que je sais c’est que sa présence dans ma mémoire est dérangeante car inédite. Jamais cela ne m’était arrivé de cette façon. En réalité je ne pense pas à lui, je ne veux pas, mais parfois, je me souviens de ses yeux, de l’odeur de sa peau, du son de sa voix. Quelles étranges sensations. A dire vrai cela me dégoûte mais m’attire en même temps sans que je ne puisse absolument rien y faire. Pas une fois je me suis retourné pour le regarder, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai la curieuse impression que si je le fais, son image restera à nouveau gravée dans ma mémoire, comme la dernière fois.


CODAGE PAR AMATIS




Trop souvent, ce qu’on désire le plus au monde, est justement ce que l’on ne peut pas avoir. Le désir parfois, peut vous briser le cœur, vous anéantir. C’est dur de vouloir quelque chose qu’on ne peut pas avoir. Mais ceux qui souffrent le plus, sont ceux qui ne savent pas ce qu’ils veulent.


Dernière édition par Leoric Teniala le Mer 17 Jan - 11:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères Pv Leoric   Ven 12 Jan - 15:45


Nous sommes riches aussi de nos misères.

- T
u sais, dans la vie de tous les jours je ne suis pas comme au lycée.

Je ralentis, ne m’attendant pas à ce qu’il réplique. Ou du moins pas sur une ouverture. Je note le tutoiement instinctif qui appuie son propos sur son comportement en fonction du milieu où il évolue. Le ton de sa voix me fait m’arrêter. Tel Atlas, il porterait le poids du monde sur son dos, qu’il n’en serait pas moins abattu. Une pointe de curiosité éveille mon intérêt.

- Je dirais même que je peux me montrer agréable quand je ne suis pas au travail.
- Travailler ne sous-entend pas d’être obligatoirement désagréable,
marmonné-je dans ma barbe.

Que veut-il prouver en disant cela ? Je me contre-fiche de son job. Je n’y suis plus au lycée. Je fais un nouveau pas pour m’éloigner, puis un deuxième.

- Excuse-moi pour l’autre jour. Au lycée j’ai des prérogatives qui m’obligent à jouer au flic quand des gens étrangers aux bâtiments scolaires pointent le bout de leur nez. Ce n’était absolument pas personnel.

Je m’arrête à nouveau sans pour autant me retourner. C’est rare les gens qui s’excusent de nos jours. Suffisamment rare pour que j'en tienne compte, d’autant que c’est de la part d’un alpha. Ruby a été par le passé arrogante, mais la vie s’est chargée de lui apprendre l’humilité. Et lui ? Qu’a-t-il vécu pour me concéder cet amendement ?

- et ne t’inquiète pas, moi non plus je ne suis pas un grand fanatique de Shakespeare.

Spoiler:
 

Je me retourne avec un sourire en coin. Je me souviens parfaitement de mes propos, car au lycée ses manières m’ont fortement rappelées celles de Peter. Vivre sous le même toi qu’un professeur de littérature peut parfois être un enfer. Ce retour me prouve qu’il a assimilé mes propos et s’en est souvenu.

Il n’a pas bougé, assis au bord de la falaise, les pieds dans le vide, il me semble le voir frissonner. Mon corps est encore chaud de l’effort physique, mais je devine que le vent frais qui souffle légèrement peu vite devenir glacial si on s’attarde, immobile en étant si peu vêtu.

Je ne suis pas un ingrat. Ce gars a mis de l’eau dans son vin, je dois lui concéder une trêve. Je m’avance à nouveau vers la falaise et m’accroupis à un mètre du professeur, une main sur le sol pour conserver mon équilibre. En me plaçant au même niveau que lui, je montre que je ne suis plus dans le conflit ouvert, comme le laissaient entendre mes propos en arrivant. Je décide de me présenter.

- Derek Hale. L’un des trois survivants de la meute des Hale. Une vieille famille de Beacon Hills... Je suis consultant en placement boursier… à mon compte depuis aujourd’hui.

C’est vrai qu’il m’a vu en mode loubard au lycée, et maintenant en marcel trempé de sueur. Difficile d’imaginer que je puisse avoir une profession honorable, si tant est que tout ce qui touche aux finances puisent l’être. Bref, il ne faut pas être la moitié d’un con pour ne pas ruiner ses clients. Je gère la fortune des Hale depuis des années. Peter et moi exerçons un métier uniquement dans le but de nous occuper et ne pas nous sentir inutile.




















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MessageSujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères Pv Leoric   Ven 12 Jan - 17:51


☾ nous sommes riches aussi de nos misères
Here comes the darkness it's eating at my soul. Now that the spark has gone out of control. This fire is raging, I can't find the door, I just wanna die here but you wanted more. You want me to burn, want me to burn, want me to hurt and maybe I will finally learn.

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Moralité, quoi que tu fasses, toute ta vie tourne autour d'un seul mot. Recommencement. Je ne suis pas défaitiste, je ne serais plus de ce monde si c'était le cas, ou du moins je ne suis pas beaucoup défaitiste. Mais au final, tu te construits, tu fais en sorte de rendre les choses merveilleuses, tu tentes d'atteindre le nirvana en faisant de ton monde le plus beau que tu puisses et au final, il y a toujours ce petit quelque chose, ce petit truc qui détruit tout, qui ruine tes projets, qui ruine ta vie, qui fait que tu doives recommencer toujours et encore pour atteindre à nouveau l’éden. A croire que tout est fait exprès, pour que jamais nous nous reposions sur nos lauriers à faire comme si tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil. Non, ce ne sont que foutaises tout cela, les gens ne veulent qu'être supérieurs à toi, que ce soit sur le plan social que le plan économique, n'est-ce pas la nature de l'homme que de vouloir toujours plus que le voisin au sens général du terme ? Les gens sont ainsi, dès que tu as atteint ce que tu juges être parfait, ils ne peuvent s'empêcher de venir te briser ou te mettre dans les bâtons dans les roues. Je vous le dis, la vie est un perpétuel recommencement, tu fais et tu refais, toujours et encore parce que tu n'as pas le choix, parce qu'au final, il y a un jour ou l'autre, tout ce que l'on a construit sera détruit, soit par l'usure, soit par les autres, soit parce que l'on s'en lasse. On veut toujours et encore plus, alors on recommence toujours et encore. Pour ma part, ce sont les chasseurs qui ont tout détruit, nous avions un accord, quelque chose qui officialisait la paix entre nous, mais ça n’a pas été respecté. Ils sont arrivés et tout a été cassé, et me voilà à souhaiter un recommencement, un renouveau qui me permettra d’avancer. Le début de nouvelles choses démarre en ce moment, je le sens au plus profond de mon être, cette discussion sera probablement une prémisse à un avenir meilleur, inutile de me demander comment je le sais, mais c’est une intuition ancrée en mon fort intérieur.
Je viens de faire mon mea-culpa, chose assez rare de nos jours où les gens ne se soucient plus de leur prochain, où la politesse a été remplacée par l’irrespect de l’autre. On peut dire ce que l’on veut de mon père, mais il m’a éduqué de façon à ce que je sois toujours dans la civilité avec ceux qui m’accompagnent. J’ai appris que pour se faire des amis et être apprécié, il valait mieux parfois se taire et dire pardon que de continuer sur sa lancée. Certes ce n’est pas toujours facile, mais c’est nécessaire. Dans le cas présent, honnêtement m’excuser était la seule chose à faire. Si les choses sont devenues compliquées au lycée, c’est en partie par ma faute, pourtant malgré cela, je persiste à dire que je n’avais pas le choix et que si je ne l’avais pas fait et qu’il y avait un danger, cela me serait retombé sur les épaules. Aucun de nous ne s’est regardé pendant que je parlais, je comprends pourquoi, le ressentiment est encore palpable, notre première rencontre a été marquée sous le signe de l’hostilité, de sa part. Moi je ne voulais pas être méchant ou désagréable, je ne faisais que ce pour quoi je suis payé, s’il ne l’a pas compris sur le moment ce n’est en aucune manière ma faute. Mais je me suis excusé néanmoins parce que c’était la seule chose à faire pour tenter d’effacer les tensions. Quoi que l’on puisse penser de moi, je n’ai jamais été quelqu’un souhaitant le mal d’autrui. Mon cœur déborde de trop d’affection, à tel point que ça m’en fait mal. Mal parce que je n’ai plus personne, mal parce que je me retrouve tout seul et que je m’en veux pour ça. C’est de ma faute, uniquement ma faute et le traumatisme reste encore trop grand à tel point que je m’empêche de dispenser ce trop plein qui m’habite.
Suite à mon allusion à ces mots qui sont restés dans ma mémoire sans que je ne le veuille, j’entends d’ici ses pas qui s’arrêtent et je pourrais même percevoir la peau de son visage qui se tend pour former un sourire sur ses lèvres. Puis d’un coup les vibrations sur le sol m’indiquent qu’il s’approche de moi avant de s’accroupir à quelques centimètres de mon corps. Enfin il vient s’installer à mes côtés et je souris à mon tour, heureux de pouvoir avoir une discussion avec quelqu’un d’autre que les gens du lycée. « Derek Hale. L’un des trois survivants de la meute des Hale. Une vieille famille de Beacon Hills... Je suis consultant en placement boursier… à mon compte depuis aujourd’hui. » Je tourne le visage vers lui, la mine sombre à présent, ainsi donc il a lui aussi perdu sa meute. C’est trop courant parmi les surnaturels, on perd tous nos proches les uns après les autres sans que l’on puisse rien y faire. Quand je vois enfin son visage, je remarque cependant une autre personnalité du lycanthrope. Il ne sourit pas vraiment, mais il semble moins sur les nerfs. Je finis par tenter un sourire désolé, peu sûr de l’attitude à adopter quand on annonce ce genre de choses. Ainsi donc il s’appelle Derek. Et il fait partie de la famille Hale. J’ai entendu parler d’eux lorsque je me suis installé et que j’ai regardé les "curiosités" de la ville, leur manoir a brûlé, tuant ceux qui y logeaient. Je ne savais cependant pas qu’ils étaient des loups-garous. Derek, ce nom résonne curieusement à mon oreille et sa voix me paraît moins dure qu’elle n’a pu l’être. Et avec ce changement perceptible je me détends, laissant mes muscles être plus souples et non tendus par l’anxiété.
Je détourne à nouveau les yeux pour ne pas lui laisser croire que je le détaille attentivement et regarde la ville afin de chercher un point que je pourrais fixer sans avoir le besoin de me détourner et de le scruter lui. L’avoir à mes côtés a néanmoins un avantage, il me fait une protection contre le vent et cela me permet de ne plus frissonner. Je n’ai pas réellement froid, le sport m’a permis d’augmenter ma chaleur corporelle, mais quand la pression artérielle et mon pouls redescendront à la normale, ce ne sera pas la même partie de plaisir. « Leoric Teniala. Je viens d’arriver de Norvège, d’où ce petit accent détestable. Tu sais déjà que je suis enseignant, je suis spécialisé en littérature générale et comparée, en gros dans mes cours on compare les textes les uns aux autres. » Je ne le regarde toujours pas, n’ayant pas envie d’avoir un contact visuel qui pourrait chambouler la paix instaurée entre nous deux. Je décide de faire la version courte par rapport à mon boulot, cela ne doit pas l’intéresser autre mesure, surtout vu que Peter est de sa famille il doit en souper de la littérature à tout bout de champ. Je soupire doucement en laissant s’échapper de ma bouche un fin filet de vapeur d’eau et le regarde s’envoler tout en imaginant la forme qu’il prend. Je me souviens que petit j’aimais m’allonger dans le jardin de la maison de mon père et tenter de trouver des animaux ou des objets grâce aux images des nuages, un passe temps qui m’occupait alors que mon père cuvait dans sa chambre les trop nombreuses bouteilles bues la veille au soir. « Je suis arrivé il y a deux semaines, j’ai encore un peu de mal à me faire à ce changement brutal pour être honnête, ça fait beaucoup à supporter, notamment la chaleur, dis pour combler le silence et ne sachant pas trop quoi dire, afin de fournir un début de discussion possible entre nous deux. » Et oui, il fait bien plus chaud ici qu’en Norvège, la faute à la position des pays par rapport à l’Équateur et au Pôle Nord. L’hiver en Californie est bien moins rude, la température est plus "tropicale". Oui j’hyperbolise un peu, mais c’est pour montrer la différence considérable qui existe. Quoi qu’il en soit, c’est agréable de pouvoir parler avec quelqu’un, de ne plus être emmuré dans sa solitude, d’autant plus avec quelqu’un qui m’a trotté dans la tête ces derniers jours.


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MessageSujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères Pv Leoric   Sam 13 Jan - 18:20


Nous sommes riches aussi de nos misères.

A
u faible sourire qu’il me lance j’en déduis que je peux m’épargner le récit de ce qui est arrivé aux miens dans le manoir. Je ne dirai pas que je suis en paix avec cet épisode de ma vie. Mais le temps a fait son effet. La douleur est moins vive, mes remords quant à ma crédulité face à Kate s’atténuent.

- Leoric Teniala. Je viens d’arriver de Norvège, d’où ce petit accent détestable.

Leoric… Je n’ai jamais entendu pareil prénom. La consonance scandinave est évidente, mais pas déplaisante. Leoric, Leo. C’est un prénom qui conviendrait plus à un lion.

- Tu sais déjà que je suis enseignant, je suis spécialisé en littérature générale et comparée, en gros dans mes cours on compare les textes les uns aux autres.

Comment je ne suis pas surpris de la matière qu’il enseigne. Je suis soulagé qu’il m’ait précisé plus tôt ne pas être un fanatique de Shakespeare comme Peter. Leoric évite de me regarder, c’est évident. Une façon pour lui de ne pas m’accabler comme au lycée, ou est-ce autre chose. Je ne suis pas un grand bavard, mais je suis observateur. Le corps parle autant que la langue et la bouche. Les regards aussi, ou plutôt l’absence de regard à ce moment précis.

- Je suis arrivé il y a deux semaines, j’ai encore un peu de mal à me faire à ce changement brutal pour être honnête, ça fait beaucoup à supporter, notamment la chaleur,
- La « chaleur » d’aujourd’hui est considérée comme étant du froid par beaucoup de californiens.


Je souris. J’imagine que le contraste doit lui faire drôle. Et nous ne sommes pas encore en été. Je tourne mon regard comme lui, vers la ville où quelques lumières commencent à s’éclairer en prévision de la nuit qui va tomber. J’ai oublié la contrariété qui m’a fait sortir. Croiser ce gars a détourné mes pensées. Je me sens mieux, comme apaisé. L’aura de l’alpha est bien présente, mais elle n’est pas envahissante. Je me redresse, me lève et tire mes bras en arrière pour faire craquer mes épaules.

La peau du nordique frissonne. Accroupi, je le protégeais de la petite bise un peu fraîche qui vient du Pacifique. Il faut partir avant que nos muscles se refroidissent complétement. Je lève le museau et repère la trace par laquelle il est arrivé. C’est une sente faites par la faune et marquée par les joggeurs qui connaissent ce point de vue.

Leoric étant un alpha, nous sommes amenés à nous revoir. Il est également un collègue de Peter. Je vais faire un bout du chemin avec lui avant de bifurquer en direction du manoir. Cela me crée un détour, seulement je pense qu’il est important de créer un lien amical avec lui. Je lui tends la main pour l’aider à se relever.

- On fait un bout de chemin ensemble ? Il n’est pas conseillé de laisser ses muscles refroidir pendant l’effort.

Pure rhétorique et histoire de dire quelque chose. Ma proposition me fait constater que Stiles ne m’a jamais accompagné lors de mes courses en forêt. Pourtant pour lui, j’aurais pu adapter mon rythme et prendre des chemins moins difficiles. Étrangement, je commence à remarquer des petits détails, des petits riens que nous ne partagions pas.




















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MessageSujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères Pv Leoric   Sam 13 Jan - 21:51


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L'amitié ne commence jamais là où l'on s'y attend. Parfois on croit détester des personnes tout simplement parce qu'on s'estime moins chanceux qu'eux ou même inférieur à ceux-là, mais est-ce une réalité ? Je commence à en douter, ce n'est pas parce qu'on pense que l'on déteste les gens que c'est le cas, d'autant plus lorsqu'on ne les connaît à peine. C'est souvent à cause d'idées fixes que l'on avance pas dans la vie et souvent cela amène à faire des erreurs monumentales en se croyant inflexibles à propos de certaines choses. Voilà pourquoi j’aime laisser une chance aux gens, même après avoir été déçu une première fois, mais je ne suis pas un idiot non plus, passé un certain stade, ma confiance est irrécupérable. Et avec Derek, voilà un bel exemple, une première rencontre qui ne se déroule absolument pas bien et qui laisse présager une mauvaise continuation. Puis le fait de se retrouver à nouveau ensemble et les excuses qui viennent indéniablement réfuter ce que l’on pouvait penser l’un de l’autre. Ou du moins ce qu’il pouvait penser de moi. Pour ma part, rien ne change ; je suis toujours persuadé que le bêta a une blessure profonde qu’il tente de refermer pour ne pas donner l’air de souffrir aux autres. Je ne suis pas totalement rigide non plus et je le vois en lui, je connais sa peine et sa douleur, les places qu’elles prennent dans son cœur. J’ai les mêmes tout au fond mon être, qui brûlent, qui me font suffoquer.
Et dans tout cela, je n’arrive même pas à trouver un bon sujet de conversation, je ne fais que parler de mon émigration et de mon arrivée récente dans ce pays que je juge étouffant de chaleur alors que c’est l’hiver. Mais cela n’est pas étrange étant donné que j’arrive d’un pays où les hivers sont glaciaux. J’aurais pu trouver mieux, mais quand il n’y a rien à dire ou du moins quand il faut lancer un sujet de conversation je ne suis pas le meilleur. « La "chaleur" d’aujourd’hui est considérée comme étant du froid par beaucoup de Californiens. » Je me mets à sourire suite à sa phrase, je sais bien qu’il a raison, mais il y a une différence entre ceux qui ont vécu des froids extrêmes et ceux qui vivent dans un froid tout relatif, mais il ne peuvent pas savoir ce qu’est le froid s’ils n’ont jamais goûté au premier. Suite à sa phrase, je sens le brun se relever et s’étirer, faisant craquer ses épaules. Mais c’est quand il se décale que je reçois un courant d’air froid parcourir ma peau et me donner un grand frisson. Je ne ressens pas réellement la température, mais le fait que mon corps réagisse de la sorte m’indique qu’il faut que je bouge. Je le perçois à nouveau bouger et cette fois-ci je me retourne et vois sa main tendue vers moi. Je la saisis sans hésiter, mais une fois debout et que je la retire, je ressens une sorte de sensation étrange. « Merci, dis-je dans un souffle. » Ce n’était pas normal, pourtant ça m’a réchauffé, ça m’a aidé, et pas seulement à me lever. Je ne voulais pas la retirer au final, ce que je ne comprends, ce que genre de choses, je ne les ai jamais ressenties. « On fait un bout de chemin ensemble ? Il n’est pas conseillé de laisser ses muscles refroidir pendant l’effort. » Il a raison, je ne dois pas laisser cela arriver, cela pourrait me causer des blessures. Rien qu’en pensant ça je me trompe énormément, un lycanthrope ne peut pas être blessé de la sorte.
Je le regarde et lui indique la route à suivre et commence à partir en marchant pour relancer le flux sanguin et tenter de réchauffer à nouveau mes muscles. Un énorme bien être me reprend, le sport permet de me détendre et d’oublier les problèmes. « Allez, en route. » Même en courant, il faut bien au moins vingt bonnes minutes pour atteindre l’endroit où mon automobile est stationnée, bizarrement je n’ai pas envie de rentrer, je ne veux pas aller chez moi, ni retourner à ma solitude. Surtout pas à ma solitude. Pourtant il n’y a pas d’autre échappatoire. Mes pieds me portent d’eux même sur la bonne route, je ne réfléchis pas, je me laisse aller et c’est bien mieux ainsi. Je le vois à mes côtés et je lui souris tout en continuant de marchant au même rythme. Ne souhaitant pas accélérer le temps et faire en sorte que ce moment perdure un peu. « Donc… dis-moi, tu es seul ?  Tu as une meute devrais-je dire ? » Je pose cette question tout naturellement en faisant en sorte de m’intéresser un peu à lui, pour apprendre à le connaître et savoir qui il est.  J’aimerais savoir qui il est, savoir un peu mieux comment il a pu évoluer dans sa vie. Oui, apprendre qui il est c’est vraiment ça. Je le regarde avec un petit sourire pour tenter de faire en sorte qu’il s’ouvre. Je sais bien que ce genre de sujet peut devenir glissant, et que s’il me retourne la question, ça ne va pas le faire, alors je m’y prépare d’avance. Seulement c’est un bien pour un mal qui me paraît nécessaire. On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. S’il refuse c’est son droit, je ne m’en formaliserait absolument pas.


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MessageSujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères Pv Leoric   Dim 14 Jan - 14:50


Nous sommes riches aussi de nos misères.

L
eoric me montre le chemin par lequel il est venu. C’est vrai qu’il est fraîchement débarqué en ville. Il ne fait pas encore le lien qu’issu d’une ancienne famille de Beacon Hills, je connais ces bois mieux que personne. Nous partons en petites foulées, côte à côte quand la végétation nous le permet, sinon je le laisse me précéder pour me « montrer » le chemin. J’imaginais qu’il pousserait le rythme, et chercherait mes limites de vitesses, mais c’est tout l’inverse. Nous nous traînons comme à l’échauffement. Ses réactions me surprennent. Nouvel alpha en ville, il devrait, sans pour autant être agressif, montrer sa force ou du moins son potentiel. Leoric est tout en retenue, non pas qu’il s’excuse d’être un alpha, mais pas loin. Tous les alphas que j’ai croisé et moi le premier, étaient fiers de leur rang. Fiers ou ivres de ce pouvoir. Peter, Deucalion, Ennis, Kali… Il semble que seule ma mère ait fait de ce rang une charge honorable. Ruby suit ses traces et notre meute est paisible… entre deux attaques. Je me souviens de la mort de Fiona, la mère de Chad, lors de sa visite du chantier du manoir. Nous avions dû combattre pour notre survie. Nous nous étions relevés encore une fois, mais mon frère de meute garde une sombre colère dans son cœur. Je sais que Chad rumine sa vengeance.

Nous dépassons un sentier qui bifurque sur la droite. C’est normalement là que je devrais laisser Leoric pour retourner au manoir, mais je ne dis rien et continue de courir à ses côtés.

- Donc… dis-moi, tu es seul ?  Tu as une meute devrais-je dire ?

Je tique à sa première interrogation. Ma séparation avec Stiles est bien trop récente pour que je puisse en parler sereinement. Quand bien même serais-je un jour capable d’aborder le sujet de mes échecs amoureux.

- Nous sommes en meute. Peter a épousé notre alpha, Ruby. Qui est en congé maternité. Sinon elle est adjointe au sheriff. Elle met sa carrière entre parenthèse pour élever son fils. J’ai d’autres frère de meutes, mais ils ne vivent pas au manoir.

Je me tais quelques instants en pensant à la meute. Même  si je le suis également, Chad est clairement le bêta de tête. C’est lui qui avait pris les rênes de la meute quand Ruby s’était faite poignarder lors de son mariage. Lui qui avait resserré de force le lien de meute pour que nous ne nous laissions pas aller à notre fureur. Grâce à Chad, la meute ne s’était pas disloquée. Il y a Mick son compagnon et également le parrain du petit Ian. Miyavi parti en quête de son passé, tout comme Matrim quelque part au Tibet pour mettre fin à une malédiction qui lui pourri l’existence.

- Nous sommes une meute d’âme brûlées, dis-je après un moment.

Je devine de l’empathie se dessiner sur le visage de Leoric. Je sais qu’il a perçu mon état émotionnel. Orgueil mal placé, ou simple pudeur, je n’ai pas envie qu’il creuse mon état. D’ordinaire, je me contre fiche de ce que les autres peuvent penser de moi. Mais là j’ai envie de faire bonne figure devant ce type qui m’a pourtant pris à rebrousse-poil dès notre première rencontre.

- C’est seulement toi ou tous les norvégiens qui êtes si lents ? Demandé-je avec une pointe de malice.

Sans attendre, j’accélère et sors du sentier bien tracé pour partir droit dans les fourrés où le terrain est traitre. J’ai l’avantage de connaître les obstacles potentiels, il a celui d’une vitesse normalement plus élevée que la mienne. La joute est équitable. Je ne me suis pas retourné, mais je l’entends me suivre. La course devient plus technique. J’évite les acrobaties et gère ma course pour qu’elle soit efficace.

- Droit devant il y a une clairière avec une large souche d’arbre assez remarquable.

Je parle du Nemeton, mais je ne lui dis pas ce qu’est cet arbre. Je souhaite voir sa réaction de loup, mais aussi celle du vénérable. Cet arbre mystique sait repousser ceux qu’il ne veut pas voir. Il est aussi capable de mettre son visiteur à l'épreuve. J’ai toujours pensé qu’il s’est volontairement laisser abattre par les bûcherons.

- Le premier qui touche l’arbre donne un gage au perdant, ajouté-je en accélérant sans attendre.

Ce que je ne précise pas à Leoric, c’est qu’entre l’arbre et notre position, se trouve un profond ravin large d’une dizaine de mètres. Il faut prendre un sacré élan pour le franchir. L’alpha court à mon niveau suivant un chemin parallèle au mien, évitant comme il le peut la végétation qui se densifie au fur et à mesure que nous approchons du ravin.



















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MessageSujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères Pv Leoric   Dim 14 Jan - 18:18


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On m'a souvent dit que si l'on part de rien et que l'on perd tout ce que l'on a, cela n'a pas de grande importance. Je ne comprenais pas réellement le véritable sens de ces mots, je les croyais sans réelle caution, je les ai toujours réfuté en croyant que ce n'était qu'une maxime digne des anciens de mon pays, je crois que j'aurais dû m'y pencher de façon sérieuse. Croyez-moi, mon histoire n'a rien de banale, loin de là, si vous avez envie de lire un conte sur un joyeux petit enfant qui a vécu sa vie comme il l'entendait, arrêtez-vous là et demandez à votre maman de vous la raconter, moi j'ai souffert le martyr, j'ai vu trop de souffrance et de sang pour le restant de ma vie. Non ma vie n’est pas enviable et je ne souhaite à personne de vivre la même chose que moi un jour ou l’autre. C’est suite à ma question à Derek que je me mets à penser à de telles choses. Je n’avais pas grand-chose, pas d’amis, pas de mère, un père absent à cause de l’alcool. Tout ce que j’avais c’était moi-même et je savais que ce n’était pas suffisant. Ma vie a changé du tout au tout, j’ai pu améliorer les choses, j’ai même réussi à être heureux, puis j’ai à nouveau plongé avant de sortir la tête de l’eau et d’émerger d’un cauchemar pétrifiant. Et à nouveau il y a eu cette attaque. Sauf que cette fois-ci, je ne peux plus, je n’ai plus la force nécessaire pour maintenir un bonheur constant sur mon âme. C’est noir et plus j’avance dans ce tunnel opaque, moins la lumière se fait présente. Pourtant, je vois une petite étincelle tout au bout, elle ne fait même pas deux millimètres, ce qui caractérise son état d’éloignement par rapport à ma position. Je ne sais même pas ce que cela peut bien signifier, à part que l’espoir est permis et que les choses vont à nouveau changer prochainement. Aucun moyen de savoir dans quel sens, en bien ou en mal ? Je crains néanmoins que les notions de manichéisme avec la lutte du bien contre le mal ne fonctionne plus dans mon cas. Je ne suis pas noir, je ne suis plus tout à fait blanc non plus suite à la mort que j’ai pu engendré. Non, je tire sur le gris, un gris clair qui s’est obscurci les deux derniers mois. Et quand je regarde le monde, je retrouve des nuances de couleur, des sensations qui m’étaient devenues inconnues. A quoi attribuer ce changement subit ? Je ne le sais pas, je crois qu’il y a un concours de circonstances qui crée ce bouleversement interne en moi. Peut-être que c’est un signe qui me montre de ne pas baisser les bras, que j’ai bientôt trouver ma place. Ou alors c’est un leurre qui est destiné à m’attirer dans un océan noir déchiré par les éclairs impitoyables de la mort.
Voilà les élucubrations macabres d’un alpha en berne. On m’aurait dit un jour que je serais plongé dans un tel état, je me serais mis à rire, j’étais tellement sûr de moi et de cette prétendue paix. Foutaises, j’aurais dû être plus prudent. Mais on ne refait pas le passé, c’est impossible, rien ne modifiera ce qui a été fait. Puis le destin a ses raisons, si cela est arrivé, c’est que cela devait arriver. Je ne crois pas réellement en ces notions de destinées, mais je suis bien obligé d’admettre que quelque chose m’a attiré dans cette ville, et si cela n’est pas l’œuvre du destin, je ne sais pas comment appeler cette force. « Nous sommes en meute. Peter a épousé notre alpha, Ruby. Qui est en congé maternité. Sinon elle est adjointe au shériff. Elle met sa carrière entre parenthèse pour élever son fils. J’ai d’autres frère de meutes, mais ils ne vivent pas au manoir. » Leur meute a l’air soudée, familiale. Exactement ce que j’avais avant et que j’ai envie de retrouver. Je me surprends à l’envier, à jalouser cette chance qu’il a. Si cela aurait pu arriver, j’aurais aimé les rejoindre, mais ce n’est pas possible, je suis un alpha et il ne peut y en avoir deux au sein d’une même meute. Je pourrais me destituer de mes pouvoirs, mais à qui les donner ? Ou même comment le faire ? Non, je dois garder cette responsabilité qui m’incombe, encore cette foutue destinée à coup sûr qui me pousse à lutter même si je ne perçois pas à quoi bon pour le moment. « Nous sommes une meute d’âmes brûlées. » Alors j’aurais tout à fait ma place dans sa meute. Ce désignant me correspond également, âme brûlée, âme défoncée. Oui, je connais sa douleur, et cela transparaît sur mon visage au final, car j’arrive à ressentir sa peine, j’ai eu la même.
Nous avançons toujours au même rythme, pour ma part je le fais pour ne pas accélérer le moment où nous nous séparerons chacun de notre côté. Je ne veux pas partir, je préfère être en sa compagnie, aussi taciturne puisse-t-il être, cela me convient bien mieux que la solitude. « C’est seulement toi ou tous les norvégiens qui êtes si lents ? » Je ressens une once de malice dans sa question rhétorique et le vois s’élancer rapidement à foulées souples et vives. Je me mets à le poursuivre pour lui montrer ce que je vaux, je reste simplement à son côté pour le moment, ne voulant pas l’enfoncer. Je le battrais, il n’y a aucun doute là-dessus. « Droit devant il y a une clairière avec une large souche d’arbre assez remarquable. Le premier qui touche l’arbre donne un gage au perdant. » Une fois qu’il a terminé de parler, je le vois s’élancer à toute vitesse pour me semer. Le problème c’est qu’il ne me connaît pas, il ne sait pas de quoi je suis capable. Mon âme d’enfant prend le dessus tandis qu’un rire ravi s’échappe de ma gorge. Je me mets à sa poursuite et le rattrape aisément en ne faisant qu’un avec mon âme de lycanthrope qui prend peu à peu le dessus.
Les yeux rouges et les crocs sortis, ma transformation se fait sans que je ne le veuille, pourtant je la contrôle, étrange sensation qui me prend, mais bizarrement cela me transcende et me plaît énormément. A un moment donné j’arrive à le distancer quelque peu. S’il a l’avantage de connaître la forêt, j’ai celui de mon rang d’alpha qui me donne d’avantage de puissance. Je regarde droit devant moi et renifle quelque chose d’étrange, un ravin. Je me mets alors "à quatre pattes" et cours encore plus vite pour au final m’élancer d’un bond gracieux au-dessus du dénivelé qui sépare les deux bandes de terre. J’atterris souplement et regarde en arrière, je ne suis qu’à quelques centimètres du bord et je me surprends à me dire que ce n’est pas passé bien loin, fort heureusement que j’ai encore de bons réflexes. Je vois mon adversaire arriver et je repars promptement pour le distancer, mais au fur et à mesure que j’avance, je me sens de moins en moins bien. Quelque chose m’attire et me repousse dans le même temps. Une force incroyable. Cette force. Je vois Derek me dépasser et aller toucher la souche de l’arbre alors que je me suis arrêté une fois qu’il est passé devant moi. Je me mets à trembler de tout mon corps, incapable de comprendre ce qui m’arrive. C’est à cause de lui que je suis ici. Je ne saurais dire pourquoi, mais c’est cet arbre qui m’a demandé de venir ici, dans cette ville. Je n’arrive pas à comprendre, mais une sensation de malaise me prend. Je fais un pas en avant mais me stoppe à nouveau. « Derek, qu’est-ce qui m’arrive ? C’est quoi cet endroit ? » D’après ce que j’ai cru comprendre, cet endroit est empli de magie et de surnaturel. L’énergie qui émane de la souche d’arbre est énorme. Pour trouver de meilleurs mots, c’est une sorte de radar qui émet une onde qui attire, qui m’attire inexorablement, mais j’ai peur, j’ai peur de cette sensation étrange. « Je me sens comme… je ne parviens pas à finir ma phrase car ma voix se brise et des larmes se mettent à rouler sur mes joues sans que je ne parvienne à les arrêter. » Je revois des choses dans ma tête, comme des songes, des coups de feu, des flots de sang qui jaillissent des entailles faites à mes amis et mes proches. Je les vois tomber un à un alors que je suis déjà à terre. Que m’arrive-t-il ? Je ne parviens plus à me mouvoir correctement. Mon âme brûle littéralement, mais je supporte la douleur, car cela m’attire.
Tout d’un coup, tout s’arrête, mon rythme cardiaque rentre comme dans un état de léthargie, presque éteint. J’ouvre les paupières mais je ne vois plus rien, comme un aveugle et je me mets à parler d’une voix terne, comme sortie de mes entrailles. « Je revois toute ma meute, mourir, les uns après les autres, et moi, au sol, brisé et contaminé par un venin obscur. Kanima. Les balles des chasseurs les fauchent tous. Ils pensent que je suis comme les autres, mort. Ils s’en vont et je retrouve l’usage de mes membres. Ils sont tous brûlés, et moi j’ai l’âme brûlée. » Une fois le dernier mot prononcé, je reprends peu à peu le contrôle de mon corps et je le regarde, je me souviens de ce qui vient de se dérouler. Et je me surprends à regretter. Je n’y pouvais rien, mais cet endroit possède une force, la force qui me décide à avancer petit à petit, à regarder Derek droit dans les yeux et m’approcher de cette souche. Quand je perçois enfin les lignes d’âge de l’arbre, je saisis, je prononce un seul mot. « Nemeton, dis-je tout naturellement sans être certain que Derek me l’ait dit avant. » Celui de Norvège, celui de ma druide était semblable. Pourtant il n’y avait pas cette force. Je m’en serais souvenu sinon.
Je m’avance encore et je vois toujours la main du bêta, de Derek Hale, posée sur la souche, symbole de sa victoire qui me semble secondaire. Plus que futile. Et je pose mes doigts sur le dos de sa main, je ne sais pas pourquoi, mais je sentais que c’était la chose à faire. Il y a parfois des gestes que l’on ne s’explique pas, et celui-là en fait parti, irrémédiablement. Je sens un courant électrique passer entre nos deux épidermes, une douleur vive et recule ma main avant de faire un pas en arrière. « Excuse-moi, je ne sais pas ce qui m’a pris... » C’est la pure vérité, il pourra le lire en moi, il pourra écouter mon rythme cardiaque. Savoir que je ne mens pas. Tout cela me semble maintenant étrange, parce qu’en mon fort intérieur, je ressens un vide à combler, un espace que je n’ai jamais réussis à remplir. Un espace que j’avais cru avoir empli.


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Trop souvent, ce qu’on désire le plus au monde, est justement ce que l’on ne peut pas avoir. Le désir parfois, peut vous briser le cœur, vous anéantir. C’est dur de vouloir quelque chose qu’on ne peut pas avoir. Mais ceux qui souffrent le plus, sont ceux qui ne savent pas ce qu’ils veulent.
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Derek Hale
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MessageSujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères Pv Leoric   Lun 15 Jan - 11:48


Nous sommes riches aussi de nos misères.

L
eoric m’a rattrapé. Je devine son humeur joyeuse. Le temps d’une course nous revenons à notre état primaire, deux loups qui courent dans la forêt simplement pour le plaisir. Pendant ces quelques minutes, j’oublie ma vie et ses tracas. Je fais corps avec le terrain, préviens les gifles des branchages en levant les avant-bras. L’alpha grignote une petite avance. J’accélère mais pas suffisamment pour combler la distance. J’ai envie de le dépasser, mais j’ai déjà bien sollicité mes jambes. Je ne m’ombrage pas de mon retard. Cela n’aurait pas été la même, si cela avait été Peter qui me dépassait. Mon amertume aurait été bien plus cuisante.

Une légère descente, un rocher allongé là, le bosquet de noisetiers sur la gauche, nous arrivons au ravin. Bien que Leoric soit devant, j’ouvre le bec pour l’avertir. Je ne souhaite pas non plus qu’il se blesse. Puis il pourrait voir dans cet obstacle surprise, un mauvais tour de ma part. Mais je le vois basculer à quatre pattes. Il a senti le vide. Je fais de même. Nous allons avoir besoin de toute notre détente pour sauter par-dessus cette combe profonde. Je pars perdant, mais beau joueur, je continue la course. Lorsque je touche le Nemeton, je suis étonné de ne pas y trouver Leoric. Je me retourne. Il est à la lisière de la clairière.

- Derek, qu’est-ce qui m’arrive ? C’est quoi cet endroit ?

Je ne dis rien pour ne pas troubler l’alchimie qui opère. Rencontrer le Nemeton est un événement personnel. Son corps tremble, ma compassion me pousse à aller le soutenir, pourtant ma main ne quitte pas la vénérable souche. Je me fie à mon instinct et reste immobile. Je suis un peu navré de me faire le voyeur de cette mise à l’épreuve qui ravage Leoric. Quel horrible souvenir fait couler ses larmes ?

L’esprit de l’alpha n’est plus là. Sa voix désincarnée me narre ce qu’il revit. La mort, la violence, le déchirement et l’arrachement d’une meute qui meure. Je serre les dents de rage. Jamais ils nous ne laisseront tranquilles. Je ne connais pas un loup qui n’ait pas perdu un être cher de manière violente.

Peu à peu Leoric reprend pied. Il accroche mon regard comme s’il cherchait un point d’ancrage. Je ne fuis pas ce contact visuel et le regarde s’approcher doucement. J’ai oublié ma main encore posée sur la souche jusqu’à ce que le loup la recouvre de la sienne. À peine effleure-t-il ma peau qu’une décharge électrique nous secoue, nous faisant reculer.

- Excuse-moi, je ne sais pas ce qui m’a pris...
- Ne t’excuse pas. Ici nous n’avons pas forcément la maîtrise de nos actes.


Tout en me massant le dos de la main, je désigne la souche. Impossible d’être faux dans ce lieu de convergence d’énergie. Par déférence, je tourne le dos à Leoric pour lui laisser le temps de se reprendre et essuyer ses larmes.

- Cet arbre est la cause de la concentration anormale de surnaturels dans la région.

Je regarde la souche d’un regard en biais. C’est là que Paige est enterrée. Là que Chris, Melissa et Noah ont été pris en otage par Jennifer pour être sacrifiés. C’est ce lieu que ma mère s’est arrangée à me faire oublier la position, ainsi qu’à Peter. Quand je me retourne vers l’alpha, je le vois se masser la paume de la main. Cette décharge est étrange. Vu ses chaussures et les miennes, il n’y a pas de raison que nous nous soyons chargés d’électricité statique. Je brise ce moment d’émotion avec une futilité.

- Il semble que tu es bon pour m’offrir un verre un de ces jours, dis-je avec un faible sourire.

Je ne précise pas de date. Car je ne compte pas vraiment à ce qu’il tienne son gage. J’ai lancé cela plus pour donner une impulsion que pour gagner réellement quelque chose. Leoric semble désorienté. Effet du Nemeton qui perturbe nos sens à cause de l’énergie qu’il dégage.

- Je vais t’accompagner jusqu’à ta voiture, d’accord ?

L’expérience qu’il vient de vivre est traumatisante, la forêt est dense ici et le Nemeton parfois sournois. Même moi qui connais pourtant cette forêt comme ma poche, il arrive parfois à me dérouter de mon chemin.

***

Nous avons fini le chemin en marchant. Les premières étoiles s’éclairent dans le ciel. Dans une dizaine de minutes il fera nuit. Nous arrivons à sa voiture, orpheline dans ce parking déserté.

- Tu pourrais m’avancer un peu ? Jusqu'au chemin qui même à ma demeure. L’intersection est à environ cinq kilomètres.

J’avoue que là, je n’ai pas vraiment le courage de me taper le chemin à pied.




















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MessageSujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères Pv Leoric   Lun 15 Jan - 19:05


☾ nous sommes riches aussi de nos misères
Here comes the darkness it's eating at my soul. Now that the spark has gone out of control. This fire is raging, I can't find the door, I just wanna die here but you wanted more. You want me to burn, want me to burn, want me to hurt and maybe I will finally learn.

▼▲▼

Le nemeton m’a plongé dans un état de presque léthargie, où je ne contrôle ni mes pensées, ni mes gestes. Il a pris le contrôle sur moi. Je ne saurais dire dans quel but, mais peut-être était-ce réfléchi de sa part. Il faut bien prendre en compte qu’un nemeton est un arbre vénérable utilisé par les druides depuis des époques illustres pour des rituels magiques, ainsi donc, l’arbre en lui-même s’est gorgé de toute cette énergie et s’est presque composé une intelligence. Quand ma druide m’expliquait tout cela, je ne comprenais pas de quoi cela retournait, où si elle me prenait pas pour un débile. Maintenant je saisis, et j’arrive enfin à percevoir tout ce que cela implique. Oui le nemeton est fort, et oui il m’a attiré dans ses filets. De quelle manière, c’est impossible de l’expliquer avec précision, mais tout était calculé, de mes pleurs, à cette sorte d’exorcisme qu’il y a eu, jusqu’à ce déplacement et ce contact forcé avec l’autre loup-garou. Quoi qu’il en soit, ce geste déplacé me fait honte, je n’agis pas de la sorte en temps normal et j’essaye toujours de garder une emprise certaine sur moi-même. Me voir agir ainsi ne me plaît guère et j’en arrive à un point où ce touché de peau m’en dérange profondément. Pourquoi le nemeton m’a-t-il fait faire ceci ? Les raisons obscures de cet arbre me semble de moins en moins claires. S’il voulait me faire parler, c’est fait, s’il voulait faire en sorte que la rédemption vienne, d’accord, ça n’a pas marché. Mais pourquoi faire en sorte que nous nous touchions au-dessus de lui ? Et pourquoi ce contact électrisé une fois nos deux épidermes en contact ? La honte me prend et monte à mes joues un rouge carmin que je n’aurais absolument pas souhaité. Je me suis excusé, parce que ce n’était pas intentionnel, parce que cet endroit a eu un tel ascendant sur moi que je n’ai su résister.
Je le regarde, je secoue doucement ma main encore engourdie par ce courant électrique, l’âme encore en miettes suite à mes révélations. Je ne voulais pas, si je veux parler de ces événements, je le fais de mon plein gré, jamais forcé, et là, je me sens comme violé dans mon intimité, comme si on m’avait arraché les barrières fortifiées que j’avais érigées autour de mon cœur. « Ne t’excuse pas. Ici nous n’avons pas forcément la maîtrise de nos actes. » Il a beau me dire cela, je ne me sens pas pour autant mieux. Oui, on ne maîtrise pas nos actes, et je regrette ce qui s’est passé. Pourtant une nouvelle chose en moi me dit de ne pas avoir de regret, que c’est peut-être mieux ainsi. Derek se retourne et j’en profite pour essuyer mes joues encore pleines de larmes. Je me suis montré faible. J’ai montré ma faiblesse à un homme que je ne connais pas. « Cet arbre est la cause de la concentration anormale de surnaturels dans la région. » En effet, je m’en étais rendu compte, mais je n’imaginais pas la puissance qu’il pourrait avoir. En Norvège ce n’était pas le cas. Ici, le nemeton semble vraiment avoir une conscience propre. Comme si on l’avait ardemment nourri. Ma main me lance toujours, je me masse la paume pour tenter de faire passer la douleur sans savoir exactement ce qui s’est passé. Je crois que je ne le saurais pas tout de suite, et c’est probablement mieux comme ça après tout.
Je sens toujours des émotions profondes m’agiter, et c’est dur d’y résister, je me sens submergé et incapable de faire quoi que ce soit d’autre que de songer aux événements qui viennent de se dérouler. Rapidement j’en arrive à penser que je préférerais rentrer chez moi et m’allonger dans mon lit pour m’endormir comme une masse, pour ne plus penser et pour tenter de récupérer de ce trop plein de choses diverses qui agite mon corps. « Il semble que tu es bon pour m’offrir un verre un de ces jours. » Je le vois sourire, mais j’ai déjà totalement oublié cette histoire de gage parce que j’ai perdu. Lui payer un verre ne me dérange pas, bien au contraire d’ailleurs, mais je n’ai pas la tête à penser à cela. Actuellement j’aimerais comprendre ce qui s’est passé quand nos mains se sont touchées. Mais je ne peux savoir, lui non plus d’ailleurs, aucun de nous n’a la capacité de communiquer avec l’arbre magique. « Je vais t’accompagner jusqu’à ta voiture, d’accord ? » Je le regarde en hochant la tête pour lui dire merci, ravis qu’il ne me laisse pas seul dans un tel état, je ne sais pas trop comment le retour se serait passé si je l’aurais fait en solitaire.


***


Le chemin est terminé, ma voiture est devant nous, les jambes encore chancelantes, je n’arrive pas à reprendre mes esprits. Le soleil commence déjà à se coucher, nous sommes donc seuls dans le parking et je préfère cela, au moins je n’ai pas à cacher mon état de faiblesse. J’ouvre la voiture grâce à la clef et m’y avance pour être à portée et m’installer dedans. La portière ouverte, je le regarde sans trop savoir comment le saluer ou lui dire au revoir, gêné par ce qui a pu nous arriver à tous les deux. « Tu pourrais m’avancer un peu ? Jusqu'au chemin qui même à ma demeure. L’intersection est à environ cinq kilomètres. » Je lui souris timidement, oui, bien sûr que oui. Il n’y a pas de soucis. Honnêtement, je ne pense pas qu’il n’y ait que moi qui sois sorti chamboulé de cette expérience surnaturelle particulière. « Monte, je te dépose. » Je referme ma portière une fois assis dans le siège conducteur et attache la ceinture de sécurité. J’attends que le lycanthrope en ait fait de même avant de mettre le contact et de démarrer la voiture. Je fais rugir un peu le moteur et retire le frein à main en engageant une marche arrière avant de manœuvrer pour sortir du parking et prendre le chemin qu’il m’indique. Il doit me prendre pour un idiot. Un alpha de bas étage incapable de se maîtriser face à un arbre. Je dois avouer que mes capacités de loup-garou ne sont pas au top étant donné que je n’ai pas de meute, mais de là à ne plus pouvoir contrôler son propre corps, il y a un pas énorme. « Excuse moi d’avoir agi de la sorte, il s’est passé des choses étranges... » Tout en parlant, je jette un coup d’œil sur ma main puis sur la sienne. Entre nous il y a eu une sorte de… liaison chimique, je ne saurais comme expliquer ça autrement. Mais c’était surprenant. Je tourne le volant pour suivre la route.
« Derek, tu as déjà vécu quelque chose de similaire ? » Je me retiens deux secondes avant de continuer, comment qualifier ce qui m’est arrivé ? Les propos dits sans le vouloir, les gestes faits sans que mon corps ne m’obéisse. Tout cela était drôlement particulier et traumatisant. « Je veux dire, tu vois j’étais pas dans mon état normal, je comprends pas... » Me concentrer sur la route est difficile, mais je fais un effort pour ne pas avoir d’accident, et parce que je voudrais pouvoir rentrer rapidement, aller m’aliter dans mon lit et ne plus penser à rien. Mais au fond de moi, sans le savoir encore, je sais que je n’arriverais pas à penser à rien, il y aura une pensée en moi. Je ne sais pas encore laquelle, il ne me tarde pas de le découvrir.


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MessageSujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères Pv Leoric   Mar 16 Jan - 11:28


Nous sommes riches
aussi de nos misères


Feat. Leoric

- M
onte, je te dépose.

Je m’en veux de l’avoir soumis à cette épreuve sans le prévenir. Je l’ai clairement testé. Il pouvait très bien ne rien se passer, mais le Nemeton en a décidé autrement. J’ai un peu honte de moi et au regard compatissant de Leoric, je devine qu’il se trompe sur l’origine de mon trouble. Les épreuves je les ai déjà passées. Je suis redevenu adolescent, perdu la mémoire, mes pouvoirs de métamorphes. Pour finir par réveiller celui que je suis réellement lors de la crise du mariage de Ruby. Peter est jaloux de ma capacité à devenir un vrai loup, entier. Seulement mon oncle n’a toujours pas réglé des problèmes plus profonds, ceux qu’ont tous les lycans ou presque. Chad n’est pas loin de la vérité, mais je le suspecte de se freiner volontairement.

J’ai eu beau dire à Peter que cette capacité que ma mère et moi avons est extrêmement rare, il m’avait charcuté de questions. J’avais fini par lui cracher qu’il fallait simplement accepter de mourir pour renaître. Il avait pris ça comme une métaphore, alors que cela n’en est pas une.

Leoric est encore embarrassé par son geste. J’imagine son trouble. Je me souviens du mien, la première fois où j’ai eu un doute sur la nature de mes sentiments pour Stiles. Le refus et le déni clair et net.

- Derek, tu as déjà vécu quelque chose de similaire ?

Je ne réponds pas tout de suite ne sachant pas trop quoi lui répondre.

- Je veux dire, tu vois j’étais pas dans mon état normal, je comprends pas...
- C’est le Nemeton qui te teste. Oui j’ai vécu cela. Ce n’est jamais doux. Vois ça comme un rite initiatique.


J’entends une roue de la voiture mordre sur le bas-côté, Leoric redresse le volant, mais sa conduite laisse à désirer. Il est clairement assommé par ce qu’il a vécu. Je le sens non pas par une observation visuelle, mais comme si nous avions un lien de meute. J’ai une connexion spéciale avec Chad, mais elle est liée à notre ascendance à tous les deux. Rien ne me lie à cet alpha, sinon cette décharge électrique tout à l’heure. Plongé dans mes pensées, j’avertir le professeur un peu tard que nous arrivons à l’embranchement qui mène au manoir. Il pile trop vite, la voiture se déporte, j’ai juste le temps d’attraper le volant et de braquer brusquement pour nous éviter de nous fracasser contre un arbre. La voiture finit par caler et s'arrêter. Mon cœur s’est un peu accéléré dans l’action. Leoric est sonné, il regarde ma main. J’ai agi dans l’urgence, je n’ai pas visé. Ma main serre la sienne sur le volant. Pas de décharge électrique cette fois. Simplement la chaleur de notre peau.

- Tu n’es pas en état de conduire, soufflé-je doucement tout en gardant sa main prisonnière de la mienne.

Il part à la dérive. J’ai sous-estimé l’épreuve que je lui ai imposée de manière bien inconsciente. J’aurai dû le prévenir. Il n’était pas prêt. Je me sens responsable de sa détresse. Lentement je lâche le volant.

- Je vais prendre le volant et te raccompagner chez toi. Je… je suis désolé. Je ne pensais pas que ta réaction serait si violente.

Lâche, je ne lui laisse pas le temps de répliquer, je détache ma ceinture et sors de la voiture pour en faire le tour. J’ouvre sa portière sans brusquerie.

- Je me débrouillerai pour rentrer, ne t’inquiète pas.
























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MessageSujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères Pv Leoric   Mar 16 Jan - 21:52


☾ nous sommes riches aussi de nos misères
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▼▲▼

Plus le temps passe, plus je me sens mal. Cette situation est intenable, et je ne comprends ce qui me prend. Le nemeton a eu une force considérable sur mon esprit et mon corps, et je ne crois pas que justement ces derniers aient apprécié cette expérience. Un truc pareil ne m’était encore jamais arrivé, même mon père quand il était bourré n’avait jamais eu une attitude comme celle que j’ai pu avoir. Le pire dans toute cette histoire c’est que je me souviens d’exactement tout ce qui s’est déroulé. Dans ce genre d’événements, généralement le corps oublie, du moins le cerveau oublie, mais j’étais conscient, je savais ce que je faisais, mais je ne pouvais rien faire contre, comme si j’avais perdu tout le contrôle de mon être. Mon ancienne émissaire m’avait expliqué que l’arbre des druides était enrichis depuis des temps ancestraux grâce aux rituels et aux sacrifices qui étaient réalisés sur lui, d’où l’énergie magique qui pouvait s’en échapper. Seulement elle ne m’avait jamais dit qu’un nemeton pouvait posséder une conscience propre et imposer sa volonté sur l’âme d’une personne.. Il y a tant de choses que j’aurais aimé lui demander, mais ce n’est plus possible, elle n’est plus et moi j’ai perdu mon empire sur ma volonté et mes actes. Et cette expérience éprouvante m’a profondément marqué. Je me sens touché au plus profond de moi, il y a une chose qui s’est modifiée, ça a changé, je sens une sorte de force nouvelle naître quelque part dans mon corps et se diffuser lentement dans mon sang, dans mon âme.
Je suis au volant pour ramener Derek, mais indirectement je ne me concentre plus sur la route, trop occupé par les effets de l’arbre. Pourquoi s’est-il passé une chose pareille ? Je ne saurais le dire, et personne n’est là pour répondre à ma question, je ne sais pas vers qui me tourner, et Derek ne semble pas forcément en savoir plus que moi. Je l’ai vu dans ses yeux, il était comme décontenancé face aux événements qui se sont déroulés. Je lui ai néanmoins demandé s’il avait une explication, par acquis de conscience, au cas où je me sois leurré. Et il ne tarde pas à me dire ce qu’il pense. « C’est le Nemeton qui te teste. Oui j’ai vécu cela. Ce n’est jamais doux. Vois ça comme un rite initiatique. » Je ne parle pas que de l’expérience de la reviviscence des choses passées, mais de ce contact qui a eu lieu entre nous. Il s’est passé quelque chose, je ne pourrais décemment pas mettre de mots dessus, mais je le sens en moi, et il doit probablement le sentir en lui aussi. Pendant que je pense à tout ceci, mon regard se perd au loin et d’un coup je sens le pneu avant droit de ma voiture mordre le bord de la route. Je me redresse immédiatement et retourne correctement sur la chaussée. Les mètres défilent, mais je ne suis plus là, je n’arrive plus à me concentrer sur ma conduite, ni sur quoi que ce soit d’autre que ma main d’ailleurs. C’est quand je l’entends me dire de tourner que je perds définitivement pieds et que la voiture se déporte. Par un réflexe surhumain – il l’est de toute manière – Derek reprend le contrôle des choses et fait caler la voiture exprès pour l’arrêter. Mais je remarque qu’à nouveau sa main s’est posée sur la mienne, et mon cœur bat plus vite, plus fort, douloureusement dans ma poitrine. Je m’attends presque à sentir une nouvelle décharge, mais je ne sens que sa peau qui me semble doucement dure, un parfait oxymore qui convient à la situation. « Tu n’es pas en état de conduire. » Un souffle, je comprends, il a peur pour lui. Je vais probablement le laisser partir et dormir dans ma voiture, ce sera plus prudent. Retenter la route n’est pas une bonne idée.
Je ne l’avais pas remarqué au début, mais sa main est restée collée à la mienne, comme dans un geste protecteur, comme s’il voulait s’assurer que j’allais bien. D’ordinaire c’est moi qui m’inquiète pour les autres, pas le contraire, mais je me sens apaisé par ce contact qui sort de l’ordinaire. Je me sens libéré des craintes que je pouvais ressentir et quand Derek la retire, je me sens désemparé, comme de retour vers la dure réalité. Je ne réponds toujours rien, trop perturbé et incapable de faire marcher ma langue et mes cordes vocales, trop sonné aussi sûrement. « Je vais prendre le volant et te raccompagner chez toi. Je… je suis désolé. Je ne pensais pas que ta réaction serait si violente. » Ma réaction à l’arbre était certes éprouvante, mais le plus violent ce ne fut pas cela. Ce fut la révélation qu’il m’introduit en mon âme et ce lien que je sens grandir en moi. On m’a introduit ça de force et je ne comprends pas vraiment ce qui se passe, toujours autant perdu. Il me faudra du temps pour m’en remettre. Je le vois défaire sa ceinture et sortir de la voiture avant de venir de mon côté pour ouvrir ma portière. Je fais de même et une fois dehors, je l’entends me dire : « Je me débrouillerai pour rentrer, ne t’inquiète pas. » Je me sens faible, je déteste cela. Nous venons de nous rencontrer pour ainsi dire et je montre déjà mes faiblesses. Quel pitoyable alpha je dois paraître à ses yeux. Je pars m’asseoir du côté passager et mets le GPS automatique vers mon loft pour qu’il n’ait qu’à écouter les indications routières à suivre. « Merci, dis-je doucement tout en fermant les yeux. » Je ne me sens pas bien, mais en même temps une nouvelle pléthore d’émotions me submerge. Je serre les dents et regarde la route, bien décidé à ne plus croiser les yeux du bêta. Je déteste viscéralement ce qui s’est passé, je ne le voulais pas et je me sens violé dans mon intimité. Et ce contact avec Derek ne me plaît guère pour être honnête. Mais l’honnêteté me pousse également à me dire que ce n’était pas désagréable. Me voilà perdu dans trop d’éléments qui me font bourdonner les oreilles et m’embrouillent le cerveau.
Le chemin pour sortir de la forêt se fait sans anicroches et nous arrivons bientôt à la lisière même de la ville. Je regarde les bâtiments défiler, le soleil est définitivement entrain de se coucher, et je regrette de laisser le lycanthrope rentrer à pieds à cause de moi. « Excuse-moi, par ma faute tu vas devoir rentrer à pieds dans le noir et le froid. » Oui, lui aussi n’est pas beaucoup vêtu, et la température en cette saison est fraîche pour moi, alors pour lui elle doit être froide, voire peut-être pire. Je m’en veux terriblement de me présenter sous le pire jour possible. « Je dois te paraître minable... et c'est bien la dernière chose que je souhaitais pensé-je en mon fort intérieur. » Nous ne sommes pas encore arrivé, la circulation à cette heure est compliquée vu que tout le monde rentre du travail, ainsi les rues ne sont pas bouchées, il ne faut pas hyperboliser, mais il y a pas mal de voitures. Je regarde dehors, toujours. Bien décidé à ne plus avoir aucun contact quel qu’il soit avec lui, mais mon instinct crie, mon cœur tambourine et il doit l’entendre. Quelque chose a été profondément bouleversé dans ma chair, et je dois juste découvrir quoi. Cette perspective m’effraie autant qu’elle m’excite, sauf que ce n’est ni le moment, ni l’endroit de faire une introspection de mon propre corps.


CODAGE PAR AMATIS




Trop souvent, ce qu’on désire le plus au monde, est justement ce que l’on ne peut pas avoir. Le désir parfois, peut vous briser le cœur, vous anéantir. C’est dur de vouloir quelque chose qu’on ne peut pas avoir. Mais ceux qui souffrent le plus, sont ceux qui ne savent pas ce qu’ils veulent.
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Derek Hale
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MessageSujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères Pv Leoric   Mer 17 Jan - 14:10


Nous sommes riches
aussi de nos misères


Feat. Leoric

J'
imagine sans mal la frustration de l’alpha. J’ai beau faire comme si cela n’a pas d’importance, –ce qui en soi est une réalité–, mais nous sommes des hommes, des loups et lui ajoute la composante de l’alpha. Tout cela véhicule une image à laquelle on cherche à coller, même si elle ne nous représente pas forcément. Je me tais, me fais discret au possible. J’ai volontairement biaisé ma réponse à sa question, me concentrant sur un point de ce qu’il vient de se passer et non sur ce qui le perturbe le plus. Ce contact et la décharge qui a suivi. Cette sensation indéfinissable.

À le voir se coller à la portière passager et s’éloigner de tout contact accidentel… je commence à me sentir un peu vexé. Me prend-il pour un inverti pervers ? Est-ce qu’un jour j’ai eu cette attitude envers Stiles, avant que l’évidence ne me fasse baisser tous mes a priori ? Honnêtement je ne sais pas. Mais le vivre est déplaisant.

Je suis les indications du GPS. Ça aussi c’est une façon de minimiser le contact. Le dessus de ma main me démange, pourtant je n’esquisse aucun geste pour soulager ce désagrément. Je ne souhaite pas qu’il pense que j’y attache une quelconque importance. Je n’affiche pas ma bisexualité, déjà que le ratio homme-femme de mes expériences charnelles n’est absolument pas équilibré, je ne suis de toutes façon pas d’une nature très démonstrative. Sans parler des réactions négatives voire dégoûtées qui me hérissent le poil.

Nous sortons enfin de la zone boisée, la route s’élargit et la circulation se densifie. J’adapte ma conduite. Je ne suis plus le GSP, sachant où Leoric loge, je tente un trajet plus long mais moins fréquenté. La soirée pourrait être belle avec le soleil qui décline des couleurs chatoyantes réchauffant artificiellement ce froid hivernal. Ce n’était pas si mal parti au bord de la falaise. Mais j’ai eu cette idée stupide d’aller vers le Nemeton, juste « pour voir ». Je regarde la température qu’indique le tableau de bord. Le retour promet d’être vivifiant. Je n’ai pas pris mon téléphone. De toute façon Peter et Ruby ont de grandes chances d’être déjà rentrés au manoir. J’ai peu d’espoir avec le stop. La route n’est pas fréquentée et là j’ai une tête à faire peur surtout avec la nuit qui tombe.

Je mets mon clignotant et tourne dans une artère secondaire. L’alpha est toujours assis la limite externe de son siège. J’aurai senti la m*rde, il n’aurait pas agi différemment. Je serre les dents. Mais pourquoi je me carre de ce qu’il pense de moi ? Je n’ai rien à justifier. Puis de toute façon, ces conneries sentimentales, j’arrête les frais. Je pense que je vais cultiver mon côté grognon, ça fera fuir les ultimes téméraires qui pourraient s’imaginer que je cherche des liens sociaux.  

- Excuse-moi, par ma faute tu vas devoir rentrer à pied dans le noir et le froid.
« - Je ne te le fais pas dire Casimir… »
- Y a pas mort d’homme. Cela me fera de l’avance sur mes entraînements sportifs.
- Je dois te paraître minable...

« Ça, oui. À me lancer des regards à peine voilés de dégoût… si tu crois que je n’ai pas senti ta répugnance… Tss…»
- Mais non. Personne n’est infaillible surtout en présence du Nemeton.

Je suis crédible ou carrément hypocrite ? Je m’en contre fiche. Ce n’est pas comme si nous avions décidé de nous revoir. Ma ruse des voies secondaires se retrouve réduite à néant par un carrefour où les feux tricolores sont en panne. Tout pour plaire décidément. Je n’ai qu’une hâte, celle de poser ce type devant chez lui et me casser de là. Je répare ma connerie, point barre. Quelques gouttes de pluies s’écrasent sur le pare-brise brouillant la vision de la route. Génial, il ne manquait plus que ça. J’enclenche les essuie-glaces et sans demander l’autorisation au proprio de la voiture allume la radio. Le style de musique ne convient pas à mon humeur. J’hésite à changer. Tant qu’à passer pour un type peu recommandable autant aller jusqu’au bout. J’écrase le bouton de recherche des fréquences et me colle sur une station spécifique. Celle que je mets quand j’ai besoin de me calmer, une des rares radio qui plait autant à mon oncle qu’à moi. La neuvième symphonie en E mineur d’Antonín Dvořák retentit dans l’habitable. Pile au quatrième mouvement, celui qui prend aux tripes et qui est représentatif de la montée de mon énervement contre le professeur de littérature.



La voiture devant nous avance enfin, mais nous sommes à nouveau bloqués à deux voitures du carrefour. Rhaaa ! Mes doigts pianotent en mesure sur le volant, tout cela commence sérieusement à me courir sur le haricot. Ça lambine à droite, grenouille à gauche et tergiverse en face. Un coup d’œil dans le rétroviseur pour jauger la distance. Je balance la marche arrière, ça klaxonne derrière. Je braque à fond, m’extirpe de notre file, traverse la ligne blanche sans vergogne, passe sur la voie en sens inverse, remonte tous les traînards dans un beau concert et tourne là où je dois tourner. Je ne regarde pas en direction du professeur. Qu’il ose me dire quelque chose et ma main se collera quelque part dans une violente caresse qui lui fera regretter les décharges électriques.

La circulation est à nouveau fluide, la neuvième attaque un rythme decrescendo, les battements de mon cœur suivent. Je prends sur moi pour me calmer. J’ai conscience d’être à l’origine de ce qu’il s’est passé au Nemeton. Je ne pouvais pas me douter que cela aurait un tel impact sur Leoric, ni que cela révélerait toutes ces ambiguïtés. Le GPS annonce que nous arrivons bientôt. Une intersection plus tard je gare la voiture devant l’adresse indiquée. Je coupe le contact, rends la clé à son propriétaire et sors dehors sans plus attendre. La pluie semble hésiter à s'installer. Si cela pouvait tenir encore trois quart d'heure...

Brrr ! C’est qu’il faisait particulièrement bon dans la voiture. Paye ton maillot à bretelle ! Nous ne sommes pas loin de la boutique photo de Matrim, mais il est actuellement au Tibet. Je crois que je ne vais pas suivre la route et couper au plus court quitte à patauger hors sentier. Je connais suffisamment le terrain pour que la nuit ne soit pas un réel obstacle.

- Et bien bonne soirée. J’espère que tu vas récupérer au plus vite.

J’évite soigneusement de dire un « à la prochaine », ou un « à bientôt ».
























(c) Fiche et montage par Mafdet Mahes |•|•|•| Loup by Wolfenchanter


I want answers. Did you ?

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Leoric Teniala

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MessageSujet: Re: Nous sommes riches aussi de nos misères Pv Leoric   Mer 17 Jan - 18:36


☾ nous sommes riches aussi de nos misères
Here comes the darkness it's eating at my soul. Now that the spark has gone out of control. This fire is raging, I can't find the door, I just wanna die here but you wanted more. You want me to burn, want me to burn, want me to hurt and maybe I will finally learn.

▼▲▼

Que disais-je à propos d’une amitié qui ne débute jamais comme on le pense ? Peut-on réellement parler d’amitié suite à ce qui s’est déroulé ? Déchiré en deux par deux émotions contraires, je ne sais plus où me mettre, trop perdu pour songer ne serait-ce que deux instants à la place que je prends et que je ne donne plus à celui qui conduit mon véhicule. Il m’a aidé, il m’a accordé une chance, je lui en ai offert une également. Mais les deux fameuses émotions qui m’habitent dévorent mon cœur chacune l’une après l’autre. D’abord ce rejet que je peux faire de ce lien naissant en mon âme et ensuite ce fameux lien qui me ronge. Je ne sais plus quoi penser ou que dire, je ne sais plus où se situe mon affection et où commence ma haine. Haine de moi-même, haine de ce que l’on a fait de moi. Affection de l’autre, affection de ce que je viens de découvrir. Je serre les dents et les fais grincer les unes contre les autres, créant un son strident qui ne sied qu’à mon ouïe démantelée par les assauts frénétiques de mon rythme cardiaque sur un corps meurtris par l’indécision qui règne en mon fort intérieur. Oh cruel dilemme de mon esprit qui ne sait vers quel penchant se tourner ! Quelle douleur de se voir écartelé entre deux états différents ! Si seulement on pouvait m’apporter les réponses tant voulues sur les explications des événements qui se sont déroulés. Pourtant personne ne semble à même de le savoir, pas même ceux qui l’ont vécu, alors à quoi bon tenter de trouver des éclaircissements quand on sait que nul être n’a jamais vu pareille chose se produire de mémoire d’homme. Peut-être est-ce là le problème. Il ne s’agit pas d’affaires humaines mais de causes surnaturelles qui se sont passées de façon fortuite. Personne ne sait ce que le monde garde en réserve de secrets et mystères.
Je sens la colère de Derek grimper en flèche, il réagit à ma façon d’être, mais je ne m’en préoccupe pas trop, toujours plongé dans des élucubrations qui me font petit à petit m’enfoncer dans les limbes indicibles de la conscience humaine. Je ne cherche plus à me connecter avec la réalité, je veux rester dans mes pensées, à trouver le pourquoi du comment, à chercher à comprendre ce qui s’est passé. Et inconsciemment, cela me met à distance du nouveau venu dans ma vie. Inconsciemment ou pas d’ailleurs, parce que je sais ce que je fais, mais je me sens trop gêné par les contacts qui se sont instaurés. Oui, plutôt que de parler de dégoût, je devrais parler de gêne. Je l’ai entendu me répondre à mes phrases, et je n’ai senti qu’un profond mépris, tâché de haine renaissante. Je ne veux pas qu’il le prenne mal, mais comment lui exprimer ce que je n’arrive même pas à ressentir convenablement en moi. Je voudrais lui dire ma peur, je voudrais lui dire ma gêne. Mais je ne le peux pas, parce que les mots ne franchiront jamais mes lèvres, pas devant un homme alors que je ne saisis même pas l’étendue des sentiments qui résident dans le siège de mes passions.
Je ne fais même plus attention à la route, car je lui fais confiance, au fond de moi, une petite part de ma tête me hurle de laisser la bride au sol et de donner libre court à tout ce qui me hante. Pourtant, je ne peux le faire, car ce n’est pas moi, je ne fonctionne pas ainsi, ça na jamais été le cas. Il y a cependant une autre chose, le nemeton ne m’a pas attiré pour rien, et si c’était pour me montrer que je ne suis pas comme je devrais être. Si c’était pour m’indiquer que le changement était un élément moteur pour la suite de ma vie. C’est avec autant de questions que je l’entends mettre la radio et chercher de la musique classique qui redouble mes peines et mes craintes. Là je vois l’obscurité engloutir mes mânes auparavant grisâtre par la douleur. Je voudrais hurler à plein poumons le désespoir qui agite mes mains fantômes et crier au monde entier que je souffre à force d’avoir autant de questionnements qui troublent ce que je peux être. Pourquoi la vie est-elle aussi compliquée à appréhender ? Pourquoi faut-il toujours endurer milles supplices lorsque l’on arpente cette terre de désolation qui n’apporte que malheur et horreur au bout du compte.
Il s’arrête devant chez moi, éteint le moteur et sortir du véhicule après m’avoir donné les clefs. Je fais tout comme lui et le regarde, l’âme en pièces. Je jette un œil au ciel et me sens encore plus mal de lui infliger le chemin du retour sous un temps qui s’annonce si ce n’est orageux, extrêmement pluvieux. « Et bien bonne soirée. J’espère que tu vas récupérer au plus vite. » Mon cœur saigne de voir autant de dédain dans sa façon de parler et de me regarder. J’essaye de ne rien laisser paraître pourtant, car il me reste une dernière chose à faire avant de le laisser s’en aller. Un dernier geste que je peux faire pour lui éviter le froid. J’ouvre la portière de ma voiture pendant que je le devine déjà partir en marchant. Mon pullover préféré se trouve sur la banquette arrière, je le saisis promptement et referme la porte. « Derek, attends, s’il te plaît… je termine ma phrase sur une plainte perceptible. » Je cours pour aller le rattraper et pose ma main sur son épaule, ce contact je le veux, j’en ai besoin, je regrette terriblement, mais il est déjà trop tard, je me rends compte des choses une fois que l’échéance est terminée. Je lui tends le pullover vert amande avec le motif d’une fleur d’hibiscus dessus. J’y tiens réellement, et quand mes yeux se posent sur ce vêtement tout simple, une réelle attache peut s’y lire. « Prends le, je m’en veux suffisamment comme ça, je ne veux pas que tu ais trop froid, enfile le… et garde le... » Je ferme les yeux et me retourne en lâchant des larmes amères, rendues par les émotions trop fortes des dernières heures. Je finis par rentrer chez moi et avant de refermer la porte je vois le loup au loin qui s’en va, mon sweatshirt sur le dos et un sourire empli de tristesse se trouve être la dernière chose visible au devant de la porte qui referme cet épisode désastreux qui j'espère augurera de beaux lendemains promotteurs.


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Trop souvent, ce qu’on désire le plus au monde, est justement ce que l’on ne peut pas avoir. Le désir parfois, peut vous briser le cœur, vous anéantir. C’est dur de vouloir quelque chose qu’on ne peut pas avoir. Mais ceux qui souffrent le plus, sont ceux qui ne savent pas ce qu’ils veulent.
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