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 Elle est partie suivre l'aurore [PV Mr Argent]

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Delilah Cosgrove

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MessageSujet: Elle est partie suivre l'aurore [PV Mr Argent]   Ven 30 Jan - 23:46

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Il fait nuit. La route sous ses pieds brille à la lumière des réverbères. Une voiture passe en la klaxonnant, lui envoyant une gerbe d’eau sur les jambes. Elle s’en moque. Elle marche lentement, le temps est presque arrêté dans sa tête. Un pied. Equilibre précaire qui manque de la faire basculer. L’autre pied. Elle regarde le sol, elle ne sait pas à qui sont ces chaussures. Elles sont trop grandes pour elle, elle glisse dedans à chaque pas. La peau au niveau de son talon est à vif. Elle s’arrête au milieu de la route, heureusement peu fréquentée à cette heure. Quelle heure est-il d’ailleurs ? Elle lève la tête, offrant sa gorge nue à la nuit. Des vers luisants accrochés à la toile céleste.

Elle pourrait aller chez quelqu’un où il y a de la lumière et de la musique. Elle fait ça, souvent. Elle boit, elle danse. Mais a-t-elle besoin de musique pour danser ? Non. Elle fait un tour sur elle-même, sa chaussure trop grande patinant sur l’asphalte détrempé. Le vent glacé la fait frissonner, s’attaquant à ses jambes seulement couvertes d’un short délavé. Pas à elle non plus. Son seul rempart contre le froid de l’hiver est ce pull épais et très large, d’une couleur indéterminée. On dirait un moineau perdu, Delilah. Elle s’élance dans les airs, elle retombe, elle tourne encore et encore, jusqu’à ne plus distinguer la gauche de sa droite. Puis elle tombe par terre, assise sur un bout de trottoir. On a coupé les fils de la marionnette.

Elle enserre sa poitrine de ses bras, remontant ses jambes contre son torse. Juste un peu de chaleur. Elle fouille dans ses poches, trouve son briquet et une cigarette. La dernière. Il faudra qu’elle en taxe un paquet à quelqu’un. La cigarette se retrouve coincée entre ses lèvres. Mais ses doigts refusent de lui obéir. Le froid peut-être, ou bien les bandages qu’elle a autour des mains. Elle n’aurait pas dû frapper dans cette vitre. Sa pauvre mère était bien embêtée, à devoir l’emmener aux urgences, avec tous ces gens qui les regardaient. Elle voulait juste une vie sans histoire. Sa mère n’était pas faite pour avoir des enfants. Elle ne sait pas comment agir avec eux. Elle les laisse grandir, le regard fuyant, en priant pour qu’ils ne lui amènent pas d’ennuis. C’est raté.

Son pouce se plie en tremblant, pas assez rapidement pour créer l’étincelle. Elle ne s’énerve pas dessus, elle ne s’énerve pas Delilah. Elle rit de la vie, elle se moque. Elle n’est pas touchée, par rien, sauf par elle-même. Elle s’acharne, méthodiquement. Elle essaye sans relâche, même si ça prend du temps. Qu’est-ce qu’elle en a à faire du temps, après tout ? Elle n’est pas pressée. Il n’y a rien qui l’attend.

Et puis quelqu’un passe. Elle ne sait pas s’il est le genre de personne à se coucher tard ou à se lever tôt. Elle se relève, retirant la cigarette de sa bouche pour lui parler.

« Hé, monsieur. Un peu d’aide ce serait pas de refus. »

Grossière. Elle est terriblement grossière, et ses lèvres engourdies par le froid n’arrangent en rien son articulation. Elle lui présente son briquet, le regardant à peine. Peut-être plus tard, éventuellement. Ses yeux se feront plus insistants, presque dérangeants. Elle le détaillera, le scrutera jusqu’à ce qu’il en devienne mal à l’aise. Mais pour l’instant, Delilah n’est pas vraiment là.

Delilah est emmitouflée dans le manteau de la nuit.



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Mr. Argent

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MessageSujet: Re: Elle est partie suivre l'aurore [PV Mr Argent]   Sam 14 Fév - 14:39



Elle est partie

suivre l'aurore





Le sol était coulant, l'atmosphère empestait des relents d'eau rances par endroit. Les vestiges de la pluie avait transformée le paysage en encre. La ville pourtant unique qui se reflétait aux grès des flaques en miroitement tranquilles donnait au monde l'illusion d'être double, si bien qu'on aurait put se tromper à savoir du haut et du bas, où ce situait le réel. Et les rêves sont ainsi fait que le reflet des immeubles et des réverbères éclatèrent subitement sous la suprématie d'un bâton, suivit par la vague plus dévastatrice d'un pas. Mais doucement, le trouble s'atténua et maisonnées comme lumières finirent par revenir à leurs places. L'ombre accablante du monde supérieur était déjà loin.


Il n'était pas rare que je reste jusqu'à tard dans ma boutique, à bricoler encore mes vieilleries à revendre, à moins comme pouvait laisser couler d'amusantes rumeurs, que je ne m'occupe de quelques occultes activités. Mais il arrivait aussi parfois que je m'aère aux heures les plus sombres. L'air nocturne était tout à fait propice à la ballade. L’atmosphère était chargée de mystères et de noirceur lorsque la lune, farouche voilée ou plus audacieuse auréolée, dominait sur les toits et ruelles faussement endormies. Car jamais aucune ville ne dort vraiment.
Si d'oniriques démons n'étaient pas voués à être chassés, c'est abrité sous la cape de l'obscurité que crissait les plumes et que se réglait des comptes dont on entendait pas parler.

Mais qui savait vraiment, ce que le vieux nantis à la canne pouvait faire dehors au cœur de la nuit? Personne. Et j'avais l'éternelle intention d'entretenir la discrétion de mes manœuvres même les plus bénignes.

– Hé, monsieur. m'interpela une voix faiblarde. Un peu d’aide ce serait pas de refus.

Je m'arrêtais pour juger lentement l'insolent qui m’appelait de la sorte. C'était une gamine qui se redressait de son trottoir en titubant légèrement. Elle était perdue dans un pull fade trop ample, et dépouillée d'un short frôlant l'indécence qui ajoutaient au piteux de sa condition. Pourquoi aurais-je pris la peine de m'attarder sur le sort de cette enfant? Une réflexion sans réel fondement me traversa l'esprit. Il n'était pas prudent de s'attarder sur l'inconnu qui vous guette au bord d'un chemin. Ce pouvait être un agneau, un loup... ou bien pire encore.
...Et pourtant, elle semblait nullement intimidée par ma présence. A errer au beau milieu de la nuit, tout juste souligné par les lumières artificielles, n'étais-je pas plus effrayant?

Les dites lumières dévoilèrent l'éclat d'une pépite d'or, et je tournais les talons à la rencontre de l'inconnue. Elle me tendait obstinément son briquet d'une main pansée avec le regard ailleurs. Alors je saisis l'objet et fit jaillir la petite étincelle tant désirée.

– Vous êtes trempée, et la nuit n'est pas douces. C'est une bien petite flamme pour espérer ce réchauffer avec.  

Il aurait été naïf de croire qu'autant puisse t-elle se brûler les bronches, ce feu rallumerait quelque chose de son esprit engourdie. Et pourtant en observant moi-même la danse fébrile de l'élément, j'étais conscient de l'impact que pouvait avoir une braise égarée dans une vie.
Entendait-elle seulement ce que je lui avais dit? Elle ressemblait à un oiseau noir aux plumes trop abimées pour voler où que ce fut. Un être désorienté et englué dans quelques miasmes obscurs.

– Que puis-je faire pour vous?

Je lui rendait son bien pour me camper sur ma canne et la toiser. Un peu de feu pour se chauffer les poumons, ce n'était certainement pas le secours auquel je faisais référence.

-Ne m'avez vous pas demandé mon aide? fis-je remarquer en feignant son bâtonnet fumant.

Je l'aurais pourtant parié. Pour s'en remettre à une apparition de ténèbres sans éprouver la nécessité de prendre la moindre précaution, il fallait forcément attendre quelque chose.

Peut-être trois fois rien, peut-être le tout pour le tout?


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Delilah Cosgrove

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MessageSujet: Re: Elle est partie suivre l'aurore [PV Mr Argent]   Lun 23 Fév - 0:19

You're still young and stupid




La silhouette s’approche et son briquet s’échappe de ses doigts gourds. Delilah voit la lumière jaillir dans la nuit, vacillant près de son visage. Elle la laisse se refléter quelques instants dans ses yeux avant de les baisser, portant son attention sur la cigarette au bout de ses lèvres. Quand enfin elle est allumée elle relâche son souffle vers le ciel, y ajoutant un nuage de suie.

« Vous êtes trempée, et la nuit n'est pas douces. C'est une bien petite flamme pour espérer ce réchauffer avec. »

Elle semble s’éveiller au son de cette voix. Le voile de ses yeux s’élève timidement. Sa manière de parler l’amuse, l’émerveille, la sort légèrement de cette torpeur dans laquelle elle est plongée. Elle a l’impression qu’il est issu d’un autre temps. Ces mots, simplement posés sur une partition indécelable, résonnent comme des carillons dans le vent. Elle se dit qu’il serait spirituel de répondre sur le même ton. Elle se prépare, ferme les yeux en rejetant une seconde fois la fumée de sa cigarette. Puis elle applique les mots, tantôt forts tantôt doux, dans l’air de la nuit.

« La plus petite des flammes est un brasier dans le froid des ténèbres. »

Il y a une musique dans sa tête. Elle tourbillonne comme la fumée sortie de ses lèvres, elle danse en secret, rien que pour elle. Sans qu’elle s’en aperçoive, le moindre de ses mouvements se met en phase avec cette musique, de son souffle à ses tremblements. En cet instant, elle n’est qu’osmose.

« Que puis-je faire pour vous? »

Ça y est. C’est le moment. Elle ne l’a pas vraiment décidé, c’est juste son corps qui le lui souffle. Elle ouvre les yeux, le laissant remettre le briquet dans sa main. Sa question, elle ne l’a pas vraiment écoutée. C’est l’heure de le regarder, cet homme assez étrange pour ne pas craindre la nuit. Elle scrute la moindre de ses rides, les angles de son visage, de ses mains, ses cheveux grisonnants, ses yeux plus noirs que la pénombre qui règne autour d’eux. Elle s’arrête sur sa posture bien droite, sa poigne assurée sur sa canne finement ouvragée. Il est un morceau de parchemin froissé par le temps, elle trouve ça beau. Tout dans ce monde est empli de beauté et de laideur à la fois. Elle range machinalement son briquet dans sa poche.

« Ne m'avez vous pas demandé mon aide? »

Les dernières notes dans sa tête s’égrènent avant de s’éteindre, leur écho résonnant quelques instants. Puis vient le Silence, le grand Silence, l’effrayant Silence. Il faut combler le vide avant que s’installe la terreur. Sa cigarette se désagrège, dirigée vers le sol, ses cendres disparaissent sur le goudron humide. Elle passe ses doigts sur ses lèvres gercées par le froid, brûlées par le chaud. Elle est sensible à tous les temps Delilah. Elle n’a plus aucune carapace contre la vie, tout lui passe au travers.

« Vous parlez bien, monsieur. Parlez-moi encore. »

Ne plus être seule, pour quelques instants. Se réchauffer par les mots, par la musique. Ce n’est pas un ordre, ce n’est pas une supplication. A peine une demande. Elle ne sait pas vraiment ce que c’est. Un marché peut-être. Un échange. Il est possible qu’ils en retirent quelque chose tous les deux.



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MessageSujet: Re: Elle est partie suivre l'aurore [PV Mr Argent]   Dim 1 Mar - 15:57



Elle est partie

suivre l'aurore




Une rencontre au cœur de la nuit. La flamme du briquet souligna les contours de son visage blême et creusé d'esprit errant, et doucement, elle inhala la fumée pour la recracher vers la lune ombragée. Je ne sentais aucun relent d'alcool, seulement son haleine fumée. Étais-ce une junkie désabusée, ou devait-on craindre qu'une fenêtre soit restée ouverte à l'Echoes House?

Elle parut s'éveiller lorsque je lui fit part de ma curiosité à son égard. Elle me considéra avec la langueur d'une endormie, sans embarra. Il y avait quelque chose d'inquiétant en cette jeune fille, une innocence macabre... Ses regards neutres ne renvoyaient aucun jugement, elle était un livre fermé, même pour moi. Mais rien ne laissait entendre qu'elle puisse être dangereuse.

– La plus petite des flammes est un brasier dans le froid des ténèbres. Me répondit-elle.

Je lui souris avec intérêt à l’écho de mes pensées. J'appréciais sa verve, autant que le petit jeu auquel elle se prêtait. J'étais certainement en mesure de pouvoir apporter quelque chose à cette jeune âme et m'en enquis-je. Mais elle était loin, dans un monde fermé qui n'appartenait qu'à elle. Je me demandais ce qu'elle pouvait bien entendre, à dodeliner ainsi de la tête dans des volutes spectral de son bâtonnet. Les oscillations d'un moineau fatigué.

– Vous parlez bien, monsieur. Parlez-moi encore.

M'entendre parler? C'est ce dont elle avait besoin? Quelle demande étrange...

– J'accepte de parler. Mais en échange, il faudra faire de même.

Ce n'était qu'un simple retour des choses prononcé avec une pointe d'amusement.

– Que faite vous dehors si tard. Mademoiselle?...

Car si nous devions converser, je tenais à savoir à qui je m'adressais. Je laissais le temps à la jeune fille de prendre conscience de ma requête si ce n'est du monde qui l'entourait, puis, de sa voix rauque et fluide, elle poussa quelques notes.

– Delilah... répétais-je pour mieux en apprécier la sonorité. C'est un très jolie prénom.

Une fleur candide, un berceuse volatile.

– Chaque nom vient d'une racine, possède son sens. Connaissez vous la signification du votre? La mettais-je au défis en me réinstallant fièrement sur ma canne.

J'avais espoir d'attirer un minimum l'attention de ce public distrait qui m'avait invité à la parlotte. Je n'étais pas inutilement bavards, mais j'aimais les mots. Le verbe démiurge, les termes qui savaient donner leur identités aux éléments du monde, les formules qui créées ou détruisent, les sentences qui détournes des sentiers évidents... mais je m’intéressais plus encore à leur sens premier et leur impact. Et les noms, plus que n'importe quelles autres dénominations, possédaient leur part de magie, et surtout de malice.

– A vrai dire, l'étymologie est loin d'être une science exacte. Je pourrais bien donner un, deux... peut-être plus de sens à celui-ci.

Pour une femme si chétive, elle portait un bien grand nom. Un nom dangereux, celui d'une femme fourbe qui soutira sa force à son époux. Un nom tragique, celui d'une gloire empoisonnée. Mais tandis que j'observais la femme-enfant, je m'attardais sur ce qui me paraissait lui correspondre le mieux.

– Plus que délicate, c'est un synonyme de guide. Hors, détrompez moi, mais... vous semblez perdue.

Qu'elle ironie. Elle incarnait merveilleusement l'éclaireur qui ignore sa destination. Qu'est-ce qui pouvait ainsi troubler son équilibre? La vie de ce cygne chancelant avait-elle jamais eu un sens? Ne tenait-elle pas plus de l'albatros maladroit, qui se complaît dans les cieux, ceux que l'homme au pieds ancrés en terre ne peux soupçonné alors qu'il moque l'être misérablement échoué à ses pieds? Y avait-il seulement une chance qu'elle puisse reprendre correctement son envol, et ouvrir une voie vers l'ailleurs? N'était-elle pas déjà  condamnée, l'œil vitreux et le froid dans les veines, vivante mais plus morte que certain aurait aimé me croire, vieux vautour inquisiteur perché sur son bâton?...

Je la contemplais sans émotion. Un être consumé par la vie. Perdu, trop faible pour y faire face...
… Ne valait-il mieux pas l'achevé pour abréger ses souffrances?...

– Vous devriez rentrer chez vous. Soufflais-je calmement alors que le froid la faisait frissonner de façon évidente. Ou vous allez finir par attraper la mort.



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Delilah Cosgrove

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MessageSujet: Re: Elle est partie suivre l'aurore [PV Mr Argent]   Dim 15 Mar - 22:47

And the shadows will never find you



« J'accepte de parler. Mais en échange, il faudra faire de même. »

Elle hoche la tête avec cette lenteur intemporelle qui la caractérise, et elle attend. Elle accepte sa condition, de toute manière elle ne s’imaginait pas lui arracher ses paroles sans retour. Ne serait-ce qu’un mouvement de mots pour faire tourner le carrousel.

« Que faite vous dehors si tard. Mademoiselle?... »

Ce qu’elle fait dehors si tard. Il est donc tard. Elle tente de l’imprimer dans sa mémoire, que le soleil ne se lèvera pas avant longtemps. Il est possible qu’elle ne s’en souvienne pas. Elle n’attend pas le lever du soleil, Delilah. Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur elle. Elle plonge ses yeux à la profondeur infinie dans ceux de son correspondant. Ses lèvres tremblent un peu avant qu’elle en retrouve un minimum de contrôle.

« Delilah. »

Chose étrange que de prononcer son nom. Elle sent sa langue rouler contre ses dents, trois fois. Comme trois coups donnés à la porte. Delilah, es-tu là ?

« Delilah... C'est un très jolie prénom. »

Oui, c’est vrai. Delilah c’est une porte. C’est un appel. Delilah, ce n’est pas elle. Elle regarde ses mains enrubannées, rougies par le froid. Elle n’a pas l’impression que ce corps lui appartienne vraiment. C’est un tas de chair, de sang et d’os. Et l’étincelle qui vivait là, à l’intérieur, s’est envolée il y a bien longtemps. Pourrait-elle redevenir Delilah ? Non, ce qui est évaporé ne peut pas revenir.

« Chaque nom vient d'une racine, possède son sens. Connaissez vous la signification du votre? »

Monsieur belle parole est fier, elle le sent dans sa voix, elle le confirme par sa posture. Il doit être comme ça. Sentiment de supériorité ou satisfaction de pouvoir apporter sa pierre à une conversation ? Les deux, éventuellement. Ce n’est pas une mauvaise chose. Elle ne juge pas les gens, Delilah. Elle les observe, comme des papillons éphémères devant ses yeux.

« A vrai dire, l'étymologie est loin d'être une science exacte. Je pourrais bien donner un, deux... peut-être plus de sens à celui-ci. »

Elle est sur le point de rire. C’est ce moment, juste avant l’éclatement de la voix, ce moment où l’air est bloqué au fond de la gorge, comme s’il attendait que toute sa capacité soit concentrée à cet endroit précis pour exploser. Il soulève sa poitrine de manière spasmodique, rire muet, rire qui ne peut pas s’échapper. Un rire sans vie. Elle le trouve amusant, ce monsieur. Elle a toujours hâte de savoir ce qu’il va dire, elle a soif de ses mots. Surprenant. Elle l’enjoint à poursuivre, des notes de malice dans la voix.

« Je vous écoute… »

Son regard la décortique, il cherche parmi les vêtements trop grands, volés, abîmés, il cherche Delilah, mais Delilah n’est pas là. Il ne reste qu’une coquille creuse.

« Plus que délicate, c'est un synonyme de guide. Hors, détrompez moi, mais... vous semblez perdue. »

Elle sourit toujours, parce que cette soirée est tellement drôle. Cette soirée a un drôle de goût, un goût d’inattendu et de mystère. Cependant, quelque chose bouge. Dans sa tête, dans son être. Quelque chose se réveille. Ce n’est pas un sentiment, ni un souvenir. Plus une intuition. C’est trop vague encore pour qu’elle puisse en faire quelque chose, mais elle sent le mouvement. C’est étrange. Comme si le flottement devenait courant encore indéfini.

« N’est perdu que celui qui cherche une direction, vous ne pensez pas ? »

Elle n’a pas besoin de savoir où elle va, Delilah, puisqu’elle n’a nulle part où aller. Elle oublie le mouvement, elle oublie l’intuition. Elle reviendra peut-être. La cendre de la cigarette s’écoule sur le goudron, comme les grains d’un sablier sans début ni fin. Elle erre, hors du temps.

« Vous devriez rentrer chez vous. Ou vous allez finir par attraper la mort. »

Son regard qui s’était perdu dans le vague se pose de nouveau sur lui, sur l’homme à la canne. Elle ne rit plus. Sa bouche est légèrement entrouverte, lui donnant un air hébété, l’air de quelqu’un qui se rappelle quelque chose. Elle se rappelle qu’il est là. Elle oublie, souvent. Son pied glisse sur le bitume, elle s’approche de lui. Pas beaucoup, mais un peu trop.

« Rassurez-vous, mon cher, je compte bien… l’attraper. »

Pas de facétie dans sa voix, une simple pensée jetée dans les airs. Alors qu’elle prononce ces derniers mots, elle enserre la main du vieil homme, l’emprisonnant entre sa chair et le bois de sa canne. Elle ne l’écrase pas, ce n’est qu’une légère pression sur son poing. Un lien.


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MessageSujet: Re: Elle est partie suivre l'aurore [PV Mr Argent]   Jeu 9 Avr - 18:57



Elle est partie

suivre l'aurore



L'oiseau chétif dodelinait doucement de la tête en gardant sur ma personne un regard aussi vague qu'attentif, à ne pas très bien savoir si elle me voyais, ou si elle regardait à travers les choses pour scruter des images inconnues. Ses yeux morts passaient d'un éléments à l'autre, coulaient finalement sur ses mains comme si elle les découvrait pour la première fois. Pourtant, elle ne paraissait pas surprise, seulement pensive. Que pouvait penser une coquille vide? L'était-elle seulement, ou trop pleine pour y déceler une réflexion cohérente...

Mais puis qu'elle avait eut assez de conscience, à moins que ce ne soit le contraire, pour m'inviter à combler le silence, je tergiversais sur son prénom. Il y avait tant à dire sur ce pilier d'identité, que savoir le décortiquer suffisait parfois à décortiquer la part d'un être...

Mais en avait-elle la moindre idée? Je pris soin d’inviter la jeune femme à la discussion, je ne voulais pas perdre son attention, et il me semblai que la leçon valait la peine d'être écoutée. Je réfléchis alors, fouillant et agençant comme un jeu la sémantique, et c'est alors qu'un éclat nouveau anima la plus jeune. Oh, elle ne le laissa pas échapper, mais je le vis bien, ce petit gloussement prisonnier dans sa cage thoracique. La preuve que je savais divertir l'imperturbable, une petite victoire.

– Je vous écoute…

J'en étais ravis. Je poursuivais alors en expliquant combien son appellation ressemblait à une triste ironie. La guide, la preuve, n'était que manque de sens et viduité dans les faits. Un vivant qui à trop vécu, mal vécu, je ne savais pas avec précision, mais tout dans cet être respirait l'abandon et la déroute.

– N’est perdu que celui qui cherche une direction, vous ne pensez pas ?

Voilà une réplique qui balaya mes considérations avec une énergie dissimulée. Sous cette frêle coque se cachait plus de panache que je ne l'aurais imaginé. Et ce ne fut pas pour me déplaire, en témoigna un rictus indulgent.

Pourtant, ce petit sourire qu'on ne pouvait déterminer et que les paroles d'un étranger ne savait faire flétrir ne parvint pas à m'ôter l'image d'une créature trop faible pour exister. Peut-être avait-elle conscience plus que beaucoup d'autres de l'hostilité du monde qui l'entourait, sans pour autant en avoir percé tous les plus sombres mystères. Mais ce serait lui rendre service plus que lui causer du tort de la soustraire au poids néfaste qui comprimait sa raison...

L'endroit était désert, seuls de rares véhicules venaient troubler la quiétude humide et obscure des lieux. L'air était épineux, et si ce n'est pas un mauvais coup du sort qui risquait de se charger d'elle, alors le temps pourrait avoir raison de sa chair glacée...

Je la fixais sans émotion notable, le visage grave et le sourire trop doux pour qu'il ne soit qualifié de mensonger. Son sourire s'en fut allé, la poupée de cire reprit son expression hagarde, plus qu'auparavant même. Je l'autorisai à reconsidérer le ténébreux conteur qui avait su animer sa nuit. Je lui laissais le choix de partir et retrouver sa maison, ou où qu'elle puisse aller, tant que ce serait loin de mon chemin. Je le lui conseillai sans détour sous le masque pourtant volontaire de la bienveillance.

Mais au lieux de s'enfuir, l'imprévisible fit un pas en avant.

– Rassurez-vous, mon cher, je compte bien… l’attraper.

Une approche impulsive et des paroles inconsidérées. Je fus saisis par la témérité avec laquelle elle me contra, et comme un signal dangereux, le contact pourtant frêle sur le revers de ma main me la lui fit aussitôt retirer. Un réflexe machinal pour m'extraire de la prise de cette...

Je scrutai farouchement la créature, troublé par une telle audace et appréhendant une nouvelle atteinte avant de retrouver ma grandeur. Il se dégageait d'elle une influence éthérée qui faisait frémir ma colonne vertébrale. Peut-être avais-je mal estimer l'innocuité de cette jeune fille, toute aussi fragile soit-elle.

Nous nous toisâmes, mon regard plus sévère et un port de canne plus ferme en guise de dissuasion. Quel genre de personne était-ce? Ne fallait-il pas être fou pour se jeter au devant d'un sinistre inconnu? C'était une certitude, la jeune Delilah n'avait plus toute sa tête. Je ferais bien de contacter l'asile local, savoir si l'une de leur résidente ne trainait pas dans la nature sinon l'y expédier. Je devrais peut-être lui apprendre rudement le respect, que tout bon rapport se base sur la considération d'un périmètre privé à ne pas franchir au risque de le payer...

Ce visage de cire me parut beaucoup moins aisé à déchiffrer maintenant que je le savais insensible à la menace et lui même propice à la surprise. Je l'examinai une nouvelle fois dans son intégralité, apparence fébrile cachant un aplomb désarmant, et me décidai sur la marche à suivre.

Ma canne fit des éclaboussures en cognant doucement sur le sol coulant. Je me détournai prudemment de la jeune femme pour prendre la direction opposée à celle que j'aurais poursuivis si je n'avais pas été abordé un peu plus tôt, sans un mot.
Je n'entendis rien que le bruit de mes propres pas. Comptait-elle rester planter sur ce trottoir, à se laisser refroidir un peu plus comme son mégo désormais éteint?
Je ne me retournai pas, avançai toujours d'un même pas sec et cassé. Mais l'invitation était limpide, et quelque chose me dit qu'elle ne la refuserai pas.

– Attraper La Mort, c'est un projet d'ambition. repris-je au cœur du silence et sans quitter le chemin des yeux. Pourquoi vouloir la capturer?

Je m'étais résolue à la promener avec moi, vigilance naturelle d'un homme avisé à se tenir au plus près de la menace pour pouvoir la surveiller. Elle m'intriguais. Mais je l'avais trouvé et emporté comme il m'arrive de dénicher un objet abandonné au milieu de nulle part : sans être encore capable d'en juger la valeur ni l'usage.

Nous nous arrêtâmes devant la devanture d'une boutique dont la grille se leva sous le commandement d'une clef que je gardais dans ma poche. J'ouvris la porte sans un mot pour l'y faire entrer.  

Les lumière allumées réveillèrent doucement le magasin. C'était un petit monde en soi, un univers sans pareille, recelant autant de mensonges que de merveilles. Les ombres que renvoyaient les éclaireuses tamisée remplissaient un peu plus les lieux déjà chargés, offrant une vie illusoires aux babioles et objets délaissés. Bon-grès, mal-grès, qui aurait put dire si ces vieilleries avaient été trouvées au milieu de nulle part pour être sauvés, ou laissés dans cette antre d'une autre époque au prix de quelques faveurs métallisées?
On trouvait de tout dans cette boutique. De quoi ravir les plus expérimentés, et de quoi charmer les plus ignares, de quoi faire briller les yeux de vieux collectionneurs, mais aussi le cœur des plus jeunes. Il y avait cette petite boite à musique que je devais réparer, perdue au milieu de bric et de broc. Trois poupées de porcelaines cachées au sommet d'une étagère derrière de gros vases narcissiques. Un petit peigne finement ouvragé qui trônais parmi miroir et chandeliers à vendre. Autant de diversité que chacun en entrant dans cette boutique pouvait trouver un peu de lui même.

Je songeai en la regardant perdu au milieu de tout ces objets que Delilah se fondait presque avec le décor. Mais mon attention ne fut pas plus porté aux vitrines, mais sur le cadran d'une horloge qui indiquait déjà une heure hâtive. Pendant qu'ici on s'éveillait devant les trésors, ailleurs on ne tarderait pas à sombrer sous le secret.
L'aiguille inéluctablement attirée par le zénith comptait avec moi les accords d'un engagement que je ne doutais pas être bien respecté.

Un loup ne chanterait pas ce soir. Bientôt le gong de l'horloge avertirait la lune qu'un de ces fils manquerait désormais à l'appel...

– Bien! déclarais-je en me retournant vers la jeune femme. Maintenant, si vous me donniez une adresse? Peut-être que vous ne savez pas où aller, mais vous devez bien venir de quelque part? Il y a surement quelqu'un que nous pouvons contacter?


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MessageSujet: Re: Elle est partie suivre l'aurore [PV Mr Argent]   Jeu 16 Juil - 1:05

Tissons les rêves avec de l'air



La main de l’homme à la canne lui paraît brûlante. Le contact dure une seconde à peine, le temps d’un battement de cils. Et pourtant, contre sa peau glacée, la sensation demeure. D’abord estomaqué par cette incartade dont il a fait les frais, elle regarde son expression se modifier, se recomposer, petit à petit. Elle dissèque la manière dont la flamme de ses yeux s’éteint avant de s’embraser de nouveau, différente. L’animosité dans ses prunelles la transperce. Si Delilah avait encore été Delilah, elle aurait été blessée par ce regard. Elle aurait rentré sa tête dans ses épaules, elle aurait demandé pardon.

Il la scrute, il prend conscience que sa première analyse n’était pas correcte. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’aucune analyse ne sera jamais correcte. La jeune fille se laisse dévisager, les yeux à moitié sur lui, à moitié dans le vague. Ça fait comme un souffle sur son visage, qui fait des tours et détours. C’est amusant. Elle pourrait lui faire un clin d’œil, un signe, pour le tirer de sa contemplation. Mais elle préfère rester emmitouflée dans cette drôle de torpeur, cet endroit étrange où plus rien ne semble avoir d’emprise.

Il fait demi-tour, l’homme à la canne. Il tape sur le sol encore et encore, c’est comme l’aiguille d’une horloge. Ni trop lent ni trop rapide. Il y a un fil sur le front de Delilah, quelque chose qui la pousse à le suivre. Le lien a été créé. Alors qu’elle se met en route, elle passe sa main vers son front pour jouer avec cette chose invisible. Elle plie et déplie ses doigts, c’est une petite danse énigmatique.

« Attraper La Mort, c'est un projet d'ambition. Pourquoi vouloir la capturer? »

« Parce que… Parce que j’ai quelque chose à lui demander… »

Elle répond machinalement, la tête tournée vers les étoiles. Le ciel lui paraît si loin. Elle l’aime loin. Elle n’a pas l’impression d’étouffer de cette manière. Sa démarche est irrégulière, imprévisible. Ses pieds semblent ne pas avoir conscience l’un de l’autre. Une valse à deux temps, à trois temps, à cent temps… Il n’y a plus de rythme, tout est désincarné.

La grille se soulève lentement, en grinçant. Le visage de la jeune fille suit son ascension comme si c’était la chose la plus intéressante au monde et comme si ça n’avait aucune importance à la fois. Elle est invitée à entrer. C’est étrange, ça fait bien longtemps qu’on ne l’a pas invitée quelque part. D’ordinaire elle entre d’elle-même, Delilah. Elle semble remercier l’homme à la canne d’un hochement hasardeux de la tête. Elle joue à être polie. Cependant, elle reste sur le seuil après avoir passé la porte. Elle regarde. Ce n’est pas que cette boutique l’impressionne, mais elle sent quelque chose de particulier. Quelque chose qu’elle ne peut pas ignorer. Elle s’assoit par terre et, avec une lenteur presque religieuse, elle retire ses chaussures.

« Bien! Maintenant, si vous me donniez une adresse? Peut-être que vous ne savez pas où aller, mais vous devez bien venir de quelque part? Il y a surement quelqu'un que nous pouvons contacter? »

Ses pieds nus sont ensanglantés au niveau du talon. Elle passe la manche de son pull dessus sans même esquisser une grimace. Puis elle se relève et commence à marcher dans la pièce. Elle ressent toutes les aspérités du parquet sous ses pas, elle tourne sur elle-même comme une boîte à musique sur le point de s’arrêter.

« Oui, il y a un endroit… Là d’où je… viens… Mais il n’est pas encore l’heure… »

Il n’est pas temps d’y retourner, pas tout de suite. Ce n’est pas un caprice d’enfant qui ne veut pas s’arrêter de jouer, c’est une sensation, une intuition. Tranquille, elle pointe du doigt tous les objets qui encombrent la boutique, l’un après l’autre. A aucun moment elle ne s’arrête, rien n’attire son attention en particulier.

« Il y a beaucoup à voir… Beaucoup de choses qu’on montre… On entasse, on entasse, et on cache… »

La brune s’approche d’un des murs qu’elle effleure délicatement. Son regard jusqu’à lors sans expression se pose sur l’antiquaire, porteur d’un message bien trop trouble pour être déchiffré.

« Ce qu’il y a derrière… »



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MessageSujet: Re: Elle est partie suivre l'aurore [PV Mr Argent]   Sam 15 Aoû - 13:58



Elle est partie

suivre l'aurore






L'évaporée avait réussi à me surprendre d'une inquiétante façon en osant le contact. Il se cachait dans cette coque à demi-morte bien plus de vivacité que je ne l'aurais imaginé et j'avais fais l'erreur de la mésestimé. Je m'offusquais mais rien n'ébranla son flegme. Elle se montra aussitôt assez sage pour ne pas mériter une punition, peut-être à regretter derrière ce masque spectral, ou bien à sourire, qui pourrait le dire. Elle me faisait penser au coucou d'une horloge que l'on croit cassée et qui jaillis soudain sans crier gare avant de retourner dans sa cachette. Un appel facétieux. Elle avait fait naitre en moi le sentiment désormais persistant qu'un piège invisible au regard était susceptible de se refermer sur moi, incapable d'admettre que j'ai déjà pus poser le pied dans un filet. Mais au delà de toute la méfiance qu'elle m'inspirait j'avais croisé la route d'une curiosité, et en témoigne mon occupation d'antiquaire, j'étais un homme curieux. Je l'invitais sans invitation à suivre mes pas, abandonnant mon entreprise première pour revenir dans ce qui s'apparentait à ma seconde maison.

Elle triturait une mèche invisible sur son front, faisant danser d'une drôle de manière ses doigts gourds. Elle avait suscité mon intérêt quant-à cette étrange chasse à la Mort. La Mort se craint, se respecte, se vénère ou s'attend, mais jamais encore je n'avais entendu quelqu'un souhaiter l'attraper.

– Parce que… Parce que j’ai quelque chose à lui demander…

– Oh. Mais qu'est-ce qui vous garantis qu'une fois capturée, elle accepterai de répondre? m'étonnais-je avec une pointe de malice.

Elle regardait le ciel comme elle regardait quelqu'un dans les yeux, sans vraiment le voir et en cherchant loin pourtant. Résolu à cueillir quelques signes qui auraient put m'indiquer ce qu'il se tramait dans cette tête trop distraite et quelle requête ou interrogation la Faucheuse aurait put combler, j'essayai de voir moi aussi ce qu'elle avait pus apercevoir entre les nuages que les lumières de la ville rendaient plus consistant. Mais je n'y vis rien d'autre que des nuages. Sa silhouette me devança en gesticulant curieusement. Ses pieds étaient maintenant mus d'une volonté propre, et elle ralentissait puis accélérait sans contrecarrer ma propre marche, tournicotant comme un écrou enchanté échappé de sa machine. Nous traversions ainsi les rues noires et désertes, mes claquements fermes et réguliers de canne rythmant un peu malgré moi sa gigue enfantine. Une bien étrange cadence raisonnant au cœur de la ville.

Son visage indéchiffrable de poupée se redressa en même temps que le rideau, le phénomène semblait plus la captiver que ce qui pouvait ce cacher derrière. Puis elle me remercia d'un petit geste polie et désintéressé à la manière d'une enfant qui imite les adultes, et pénétra dans l'antre.
L'air tiède de l'intérieur me fit évacuer un invisible frisson. Je me dirigeai vers le téléphone derrière le comptoir dans l'intention de contacter l'autorité qui saurait prendre le plus efficacement en charge la femme errante, quand je la vis assise à même le sol devant la porte. Son comportement élémentaire accapara mon attention. Elle passa sa manche sous son pied abimée alors que je retins un soupir de passer mes lèvres, puis elle se redressa avec la souplesse d'un vieux jouet. Elle souillait sans gène le sol de ma boutiques de ses pieds meurtris, insensible aux maux qui les avaient fait saignés. Elle fit le tour des vitrines qui bordaient l'allée jusqu'au comptoir, et de cet élan inattendu, elle se mis à valser maladroitement puis tourner sur elle-même en écartant les bras.

– Oui, il y a un endroit… Là d’où je… viens… Mais il n’est pas encore l’heure…

A l'entendre et à la voir, on aurait pu la croire apparue de nulle part, et prête à disparaitre à la première lueur tel un songe. Elle m'intriguait, j'abandonnai l'idée de la faire partir et revenais vers elle en jugeant son regard voilé mais solidement fixe qui ne souffrait pas le décor qui circulait sous l'effet de son mouvement. Une intuition me piqua, et je jetais un regard discret par dessus mon épaule pour vérifier l'emplacement des aiguilles de l'horloge dans mon dos. Ce n'était qu'une questions de minutes avant que ne s’abatte la sentence ailleurs. Je cru un instant qu'elle m'accusait, mais la jeune fille pointa le monument de bois du doigt, ainsi que les objets qui passaient sous ses yeux sans distinctions. Tel les aiguillons imperturbables et impartiale d'une machinerie obéissant à des forces transcendantes.

– Il y a beaucoup à voir… Beaucoup de choses qu’on montre… On entasse, on entasse, et on cache…

– Oui, c'est le principe même d'une boutique, exposer la marchandise...

...Et cacher quelques sacrilèges. Mais je ne terminais pas ma phrase, interpelé par l’acoustique perturbateur de la ballerine détraquée. Elle me rendit lointain puis soupçonneux, il me vint l’irraisonnée nécessité de savoir jusqu'où s’étendait la vision de celle qui semblait deviner bien au delà des apparences. Jusqu'à quel point un montreur d'artifice comme elle semblait me décrire était susceptible d'échapper à ses discernements trop assidus...

– Ce qu’il y a derrière…

La valse des heures cessa alors, et ce fut bien moi qu'elle désigna. Sont regard me fit l'effet de deux miroirs perçants me révélant un décor auquel je préférais tourner le dos.

Je toisai la demoiselle avec hauteur et froideur, m'affermissant d'une longue inspiration. La curiosité qui habitait mon regard avait laissé place à une impasse virulente.  

– Chacun de nous cache des choses. Et il vaut souvent mieux ne pas savoir ce que c'est.

Je fis un pas en avant, le bâton précédant le pied.

– La curiosité est un défaut trop lourd de conséquence.

Une voix basse, ni menaçante, ni doucereuse, mais le regard et la démarche trop résolu sur la jeune fille pour ne pas laisser entrevoir le danger. Je savais qu'en d'autres lieux, d'autres pas plus vigoureux avançaient fidèlement sur leur propre cible.

– Et toi, Delilah. Que caches tu?

Il me semblait voir ma propre ombre couler sur le sol et manger peu à peu l'enfant coincée contre la tapisserie.

– Qui es tu? Demandais-je en approchant toujours, un pas après l'autre. Qu'es tu?

Combien de créatures étaient susceptibles de lire par delà les traitrises du corps et du langage et remuer les esprits comme elle se plaisait à le faire? Toute fantoche qu'elle soit, je ne pouvais pas croire aux hasard de ses tournures.

– Kitsune?

Je cherchais dans ses yeux trop clairs un indice à mes spéculations.

– Psychique?

J'arrivais juste devant elle et mes pas laissèrent l'horloge compter pour moi les funestes secondes qui s’égrainaient alors. La jeune femme se trouvait acculée sous les regards impuissants des objets installés dans leurs étagères comme un public captivé dans les gradins d'un théâtre dont on connait l'intrigue et redoute la fin de l'histoire sans pouvoir agir. Mais en étais-je réellement l'auteur? Le cadran doré comme un œil trompeur nous laissa à notre ignorance. L'effarée me semblait plus petite qu'elle ne l'était, mais que pouvait-elle? Fragile de corps comme d'esprit, ce n'était pas une bonne idée d'avoir poussé le jeu à regarder par dessus le rempart...

– Esprit? Banshee?  

Les secondes pulsaient leur dernier tour, le gong fébrile jubilait son heure.

– Qu'es tu, Delilah? Répond! Grondais-je dans une grimace et d'un raclement tempéré mais qui ne souffrait aucune issue.

L'aiguille s'érigea au zénith comme la flèche perfora le cœur, et l'éveil de la mécanique cachée brusqua le gong à sonner le glas.  



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MessageSujet: Re: Elle est partie suivre l'aurore [PV Mr Argent]   Ven 6 Nov - 0:00

Nuit tu me fais peur, Nuit tu n'en finis pas



Il est grand. Il est la montagne. Dur, roc, impasse. Delilah pourrait aisément passer au travers de cette muraille qu’il vient de créer, puisqu’elle n’existe pas vraiment. Il lui suffirait de s’approcher un peu, de faire fi des lois de cet univers. Pourtant Delilah ne bouge pas. Elle a décidé de lui laisser l’illusion d’être une montagne.

« Chacun de nous cache des choses. Et il vaut souvent mieux ne pas savoir ce que c'est. »

Ça n’intéresse pas Delilah de savoir. Delilah se moque des informations que certains accumulent, de ce jeu de force et de connaissance. Elle n’a pas besoin de marches puisqu’elle vole, balayée par les courants d’air.

« La curiosité est un défaut trop lourd de conséquence. »

Il arrive, la montagne arrive, fière, prête à l’étouffer sous la roche. La jeune fille reste pétrifiée malgré l’ensevelissement qui la menace. Elle aime cette sensation de panique qui la prend à la gorge, qui la fait se sentir vivante. Son visage est impassible, vilaine poupée de porcelaine, mais à l’intérieur quelque chose bouge. Une petite boule d’énergie qui s’agite, mélange de crainte et d’euphorie. Elle sent que quelque chose est en train de se passer. Ici et pas ici à la fois.

« Et toi, Delilah. Que caches tu ? »

Elle voudrait lui demander quelles ont été les conséquences de sa curiosité. Pas pour savoir, juste pour le faire réfléchir. RÉFLÉCHIS.

« Qui es tu? Qu'es tu? »

Une lueur folle anime ses pupilles azuréennes. Elle ne veut pas que ça se produise, pas encore. Elle ressent le danger, mais cette sensation n’est pas la sienne. Elle ressent le désespoir, la terreur, alors que le destin marche, prêt à frapper.

« Kitsune? Psychique? Esprit? Banshee? »

En elle, la boule d’énergie la griffe de toute part, comme pour la faire réagir. Delilah est impuissante, Delilah n’a pas encore trouvé le moyen de stopper la Mort. Elle a mal à l’intérieur, la tension monte jusqu’à atteindre son paroxysme. Un sifflement lui vrille les oreilles mais sur sa figure rien ne transparaît.

« Qu'es tu, Delilah? Répond! »

Elle trésaille subitement. Ce cri la réveille, il est le point de départ de tout. Tout arrive simultanément. L’horloge fait vibrer son premier gong, il résonne dans le cœur de la jeune fille. La boule d’énergie se met à hurler, emplissant Delilah de son. Un liquide rouge sombre s’écoule de son nez, goutte, goutte, comme ailleurs. La bouche de la banshee s’ouvre, mais aucun bruit ne se fait entendre pour l’instant. C’est une préparation. En rythme avec les douze coups de minuit, sa voix s’envole. Elle se fait murmure, juste assez forte pour être entendue du vieil homme. Delilah est son et sang.

« Je suis Néant. »

Gong. Goutte. Le sang suit l’ourlet de ses lèvres avant de se détacher de sa peau, éclatant sur le sol, tâche vermeille.

« Je suis le vide dans le ciel. »

Gong. Goutte. Le carillon claque comme un coup de révolver, il la rend sourde pendant une seconde avant de revenir, plus fort que jamais.

« Je suis le non-sens. »

Elle se tait, les gongs poursuivent un instant leur cheminement calculé, mais les gouttes, elles, continuent de couler. Elles ne s’arrêteront pas. Quelque part, pas si loin d’ici, quelqu’un voit la vie s’en aller. Et Delilah se sent fatiguée tout à coup. Elle tremble sur ses jambes de moineau, elle est prête à tomber. Peut-être souhaite-t-elle, au fond, accompagner la pauvre âme égarée jusqu’au pas de la porte. Ses yeux se perdent un instant dans le lointain et puis, sans demander la permission, avec cette impudence qui la caractérise, elle se laisse choir, se rattrapant à peine contre l’homme à la canne. Le paysage tourne autour d’elle, c’est comme une machine à laver. On essaye d’enlever les tâches, mais le blanc ne sera plus jamais comme avant.

« Je dois… Je dois accrocher mes étoiles… »

Dans le vide du ciel. Elle le sait maintenant. C’était ça, le courant, c’était ça, cette sensation fugitive de chemin qui se dessine. Elle doit trouver ses étoiles et les percher en haut de l’arbre-monde. Ce n’est pas pour elle, c’est pour autre chose, quelque chose qui la dépasse. Delilah n’a jamais été très forte à la course.



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