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 Premier répère [Tobias & Alessandro] [Terminé]

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Tobias Rapier

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MessageSujet: Premier répère [Tobias & Alessandro] [Terminé]   Jeu 1 Mar - 19:20



Tobias Rapier & Alessandro Amaro
Premier répère


Il n'aimait pas cette ville, et il n'avait pas besoin d'y vivre depuis longtemps pour que ce sentiment soit devenu une évidence pour lui. Deux jours seulement qu'il avait posé les pieds dans cet endroit, et il avait déjà pensé à la fuite dans la matinée. Il était passé au lycée, pour y découvrir sa nouvelle classe, visiter les lieux, et surtout affronter quelques élèves qui n'avaient rien trouvé de mieux à faire que le dévisager avec un regard bovin. Dire qu'il fut un temps lointain ou il avait choisit cette profession lui même, l’œil rieur, une motivation et un sourire rivé aux lèvres fait pour résister à toutes les situations qui s'imposaient à lui.

Stupide jeunesse qu'avait été la sienne. Il aurait du croire sa mère quand elle lui disait que la passion s'effaçait parfois. Pour laisser place à une nouvelle amie. Les livres avaient été remplacés par la soif de sang, et l'amour de sa femme, par les vapeurs de l'alcool dont il aimait s'embrumer l'esprit.

Et à présent il était devant ce bar à la devanture trop colorée, mais qui saurait certainement lui donner ce dont il avait le plus besoin en cet instant. Il lâcha sa cigarette, la laissant chuter au sol avant de passer son pied dessus pour l'écraser, posant sa main sur la porte du bar pour y pénétrer au plus vite. Il se dirigea vers le comptoir, avant de claquer des doigts pour attirer l'attention du serveur. Lorsque l'homme le regarda, il fit cogner quelques coups son poing fermé contre le meuble avant de lancer d'une voix un peu forte pour se faire entendre malgré le bruit ambiant :

-Bonsoir. Whisky. Double et sans glace.

Il passa une main à l'intérieur de sa veste, comptant à l'aveugle les billets qui s'y trouvaient et vérifiant la présence de son arme par la même occasion. Préférant ne pas sortir à découvert dans une ville à la si sinistre réputation. Certes il s'était rangé, mais il refusait de devenir une proie pour autant. Il fit un sourire charmeur à l'homme qui venait de laisser sa commande devant lui avant de murmurer.

-Ne partez pas trop loin je vous prie.

Il prit le verre en main avant de le porter à ses lèvres, le vidant en quelques gorgées, grimaçant juste sous la brûlure de l'alcool alors que ce dernier passait à travers sa gorge. Il le fit retomber un peu sèchement sur le bar, la main toujours serrée autour avant de le repousser vers le barman.

-Envoyez moi le suivant.

Sa voix était descendue d'un octave sous l'effet du liquide ambré, mais il n'y prêta même pas attention. Sortant juste la pointe de sa langue pour aller lécher la goutte qui avait été s'échouer à la commissure de ses lèvres.

 
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Dernière édition par Tobias Rapier le Mar 17 Avr - 10:19, édité 1 fois
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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Premier répère [Tobias & Alessandro] [Terminé]   Ven 2 Mar - 19:02

clickAlessandro & Tobias
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« Primo punto di riferimento »L’opération de la semaine passée est un franc succès. Les caisses d’armes, volées à mon ennemi local, Victor Bars, sont un mauvais coup pour son organizzazione et un coup de pouce pour la mienne. Voilà un stock que nous allons pouvoir utiliser tout en brouillant la flicaille. Mes hommes et moi portions tous des gants pour manipuler ce précieux chargement. Non pour ne pas y coller nos empreintes, ce qui est une évidence, mais surtout pour conserver celles qui y sont déjà. Les futurs meurtres qu’elles commettront, seront attribués à d’autres. Éliminer la concurrence tout en se protégeant, ça Barns ne l’a pas vu venir.

Je n’arrive pas à savoir si c’est lui qui a contacté ceux de la Camora basés à San Francisco, ou si c’est Vincenzo Leonelli, le numéro deux de l’organizzazione de ces Figlio di buona donna de napolitano qui lui prêtent main forte, se doutant du lien puissant qui me lie à Don Stefano Corleone, le parrain de la Cosa Notra. La famiglia à qui je suis rattaché. Il y a quatre mois de cela, j’ai appris que j’étais le bâtard de Don Colerone. Si son fils aîné Frederico, il mio fratellastro, ne s’était pas fait descendre, jamais on ne m’aurait mis au parfum de ce secret familial qui me touche après presque trente ans de purs mensonges. Dire que j’ai méprisé mon padre, le faux, parce que je ne me reconnaissais pas dans ce couard, celui qui a épousé mia madre pour les convenances d’un autre, qui s’est fait serrer par les fédéraux. Ce naïf pensait convoyer de la marchandise de contrebande pour le compte de la Famiglia, mais c’est de la blanche qu’il transportait à son insu. Don Stefano Corleone l’a fait abattre en taule, certain qu’il ne résisterait pas aux interrogatoires musclés du FBI. Il avait sûrement raison. Quelle famiglia !

C’est bientôt l’heure des sorties de bureau, un des pics d’affluence de la journée. Toutefois c’est encore calme, j’en profite pour pomper sur ma sigaretta, comme un noyé retrouve l’oxygène, sur mon coin de trottoir devant le bar. Le temps est variable. Nous avons peu de monde en terrasse, car il y a un risque certain de précipitations. Nous laissons quelques tables dehors, car sans cela, le bar semble fermé. Les travaux d’agrandissement du sous-sol avancent. C’est un peu le chantier dans l’arrière salle, car les maçons ont cassé un pan de mur qui va ouvrir le bar sur la salle de spectacle qui va migrer à l’étage inférieur. Les artistes qui se produisent au Pink auront enfin une vraie scène. L’avantage de scinder le bar en deux niveaux est que les clients qui ne veulent pas se faire envahir par la musique et une lumière très tamisée, auront toute la superficie actuelle qui restera dans l’ambiance bar – pub.

Je remarque un type, sigaretta au bec qui s’approche de la porte du bar. Je vais pour le héler, l’avertissant que si je me les gèle dehors pour fumer, c’est que l’établissement est strictement non-fumeur, exception faite de mon bureau et de mon appartement qui se situe juste au-dessus. Mais le gars écrase sa sigaretta avant d’entrer. Va bene. Je tire à nouveau une taffe, pense aux commandes que j’ai à faire et la belle flemme de m’y coller. Du bruit dans le bar me fait tourner la tête. Le nouveau venu semble appartenir à la catégorie des ventouses de bar.

-Bonsoir. Whisky. Double et sans glace.

D’une chiquenaude, j’envoie mon mégot au centre de la rue et rentre à mon tour. Une main peu regardante sème des billets sur le comptoir comme des graines de courge.

-Ne partez pas trop loin je vous prie.

Encore un poivrot ! Je contourne un peu le type afin de mieux le regarder. Je n’avais guère prêté attention à lui lorsqu’il est entré, sinon sa sigaretta plantée dans sa bouche. Ce n’est pas un vagabondo, il est habillé convenablement. Un mari trompé? Un employé viré ? Un amoureux éconduit ? Il y a bien des raisons pour qu’un homme cherche l’ivresse. Festive ou anesthésiante, joyeuse ou triste, pas besoin d’avoir fait une école de psychologie pour deviner que cet homme ne cherche pas une légère griserie, mais bien un assommoir et l’oubli.

- Envoyez-moi le suivant.

Jerry, mon barman, cherche mon soutient du regard. Non pas qu’il fasse un procès d’intention à ce client, mais il a une longue habitude des gens, et celui-ci entre clairement dans le potentiel à risque. Il ne faut parfois rien. Quelqu’un qui tire sa chaise bruyamment, ou un contact furtif accidentel et une bagarre peut commencer. Je lui fais un signe discret, signifiant que je prends le relais et qu’il peut vaquer à son service. Prévenir, est meilleur que guérir. Puis cela me donne un beau prétexte à moi-même à repousser mes commandes à faire. Je passe derrière le bar et chope un irish whiskey à base d’orge. J’attrape le verre que le client a fait glisser sur le zinc et lui sers une simple dose.

- Ce type d’alcool à une histoire si riche, qu’il est dommage de ne pas prendre le temps de le savourer.

Je pose le verre sur une rondelle en carton devant l’homme, puis attrapant un autre verre, je me sers également.

- C’est un single grain, une saveur moins complexe que ses frères de bouteilles à base de malt.

Je bois une gorgée, l’alcool explose en saveur, chaud, brûlant même. Simple, pas de goût qui change quand on avale.

- J’ai l’audace de penser que l’alcool de qualité que je sers, doit recevoir une attention. Sinon autant s’acheter un tord-boyaux dans un mercato et aller se le siffler seul chez soi.

J’ai posé mes coudes sur le comptoir et scrute cet homme qui me semble bien intrigant. Son regard fait presque peur, comme hanté par de sombre fantôme.

- Alessandro Amaro, le patron de cet établissement.

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MessageSujet: Re: Premier répère [Tobias & Alessandro] [Terminé]   Sam 3 Mar - 13:44



Tobias Rapier & Alessandro Amaro
Premier répère


Il n'avait même pas remarqué l'homme qui venait de rentrer dans l'établissement. Et lorsque ce dernier prit la place du barman, il se demanda ce qu'il avait bien pu faire pour qu'un tel changement soit opéré. Il le fixa tandis qu'il récupérait son verre, y glissant une dose simple de la bouteille qu'il tenait en main. Lorsqu'il le posa devant lui, il mit sa main autour s'y agrippant comme à une bouée de sauvetage. Il comprit bien vite ce qui semblait gêner dans son comportement, il avait du trouver le seul bar de cette ville ou le personnel était doté d'un minimum de conscience professionnelle, et qui de ne devait pas apprécier le fait de ramasser tout les alcooliques du coin. Il avait fini par croire que ce genre d'établissement n'existait plus.

Il porta son verre à son visage, le mettant sous son nez avant d'en respirer l'odeur chaude qui s'en dégageait. Sa main en tremblait presque d’excitation, l'alcool n'était rien d'autre qu'une drogue pour lui, un soutien pour ne pas sombrer dans une folie qui serait sans doute définitive, et il semblerait qu'il ait trouvé ici un moyen de se fournir une dose de bonne qualité. Il laissa pourtant un rictus cynique naître sur ses lèvres avant de lâcher quelques mots d'une voix sans doute un peu trop cassante.

-Apprendre  l'art du whisky à un britannique...

Il était clair que le jeune homme face à lui ne manquait pas de culot, et sans doute encore moins d'assurance. Il le fixa tandis qu'il prenait une gorgée du verre qu'il venait de se servir, avant de fermer les yeux et laisser une lampée du liquide ambré entrer dans sa propre bouche. Et à cet instant il fit une chose qu'il n'avait plus faite depuis des années, il se mit à savourer ce qu'on venait de lui proposer, autant que son palais ruiné par les alcools de qualités diverses pouvait encore le faire. Il le laissa glisser contre sa langue, cherchant un quelconque défaut, en vain, avant de le laisser s'enfuir dans sa gorge. Il lâcha un petit soupir de bien être, une oreille distraite écoutant, et gardant ce que disait le barman dans un coin de son esprit. Il ouvrit les yeux sur ce dernier, perdant l'expression de plaisir fugace qui avait eu le temps de faire une apparition sur son visage.

-Je fais aussi ce genre de choses. Mais il vaut mieux pour moi que j'évite de rester seul trop longtemps.

Il ne prêta que peu d'attention à son interlocuteur, préférant faire tournoyer son verre entre ses doigts pour regarder le liquide se mouvoir avec douceur. Un rire froid et sans joie remonta dans sa gorge lorsque le jeune homme se présenta. Il reposa son verre sur le disque de carton, se reprenant cependant bien vite.

-Donc... Vous êtes venu me servir vous même pour éviter une esclandre... Catalogué comme possible trouble fête après un seul verre, je crois que je viens de battre mon record personnel. Ceci dit ce que vous venez de me servir est excellent.

Il reprit son verre en main, le fixant avant de boire une nouvelle gorgée, savourant juste la brûlure de celle-ci et la contenance de son arôme. Il se fit violence pour ne pas le vider trop vite, luttant contre ses réflexes habituels. Reposant son verre à contre cœur, il posa son regard noir sur Alessandro.

-Monsieur Rapier. Tobias. Je fais parti du nouvel arrivage de professeurs pour le lycée public de cette ville.

Il venait de donner un magnifique image à son métier, un alcoolique notoire, grillé dès son premier verre, se présentant comme homme chargé d'enseigner et de veiller sur les jeunes têtes blondes, avenir de l'Amérique. Il souria à cette pensée, se disant qu'il était là bien loin des standards qui le faisaient rêver lorsqu'il était encore un petit garçon regardant sa mère avec adoration lorsqu'elle lui racontait ses journées. Le gentil et innocent petit Tobias qui semblait a présent mort et enterré sous des couches de malheur, sang, torture et de nombreux cadavres de bouteilles.  
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MessageSujet: Re: Premier répère [Tobias & Alessandro] [Terminé]   Mar 6 Mar - 17:56

clickAlessandro & Tobias
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« Primo punto di riferimento »-Apprendre  l'art du whisky à un britannique...

Je souris à la remarque. Le ton est mordant, mais caractéristique des insulaires, fiers de leur origines. Ce n’est pas moi qui vais m’en offenser. Je suis peut-être né aux States, mais mon cœur est sicilien. Je comprends tout à fait cette fierté et cette chasse gardée. Malgré sa réaction, l’homme change d’attitude et en lieu et place de gober son deuxième verre, il prend le temps d’en savourer les nuances. À ma remarque sur le fait de boire seul, sa réponse laisse deviner les risques d’une ivresse solitaire où les actes irrémédiables sont vites là.

- Donc... Vous êtes venu me servir vous-même pour éviter un esclandre... Catalogué comme possible trouble-fête après un seul verre, je crois que je viens de battre mon record personnel.

Dans le mille. Toutefois sa réaction est saine et celle d’un homme à qui il reste une bonne dose de lucidité.

- En effet, je préfère prévenir. Mais je suis le patron d’un bar qui vend de l’alcool et du bon. Je ne vais pas empêcher mes clients de boire.
- Ceci dit, ce que vous venez de me servir est excellent.


Le frémissement de sa main, ses doigts qui s’impriment sur le verre, sa respiration qu’il tente de réguler et d’apaiser, tous les signes de l’addiction sont là. Il repose son verre non-vide avec un réel effort. J’ai une addiction également, celle de la sigaretta. Je connais très bien ce désir qui se mue en envie, puis en obsession. La différence entre ce gars et moi, c’est que je ne mourrai pas d’un cancer du poumon, alors qu’il est bon pour une cirrhose du foie.

- Monsieur Rapier. Tobias. Je fais partie du nouvel arrivage de professeurs pour le lycée public de cette ville.
- Ah, realmente ? J’ai l’un de vos confrères en client fidèle, Willem Shepherd. Celui qui tente de faire exploser le lycée à chaque travaux pratiques. Puis il y a le nordique dont j’ai oublié le nom en littérature. Je me vois honoré que mon établissement attire le corps professoral du lycée.


Willem est un pilier de bar. Il vient noyer ses doutes dans les cocktails que lui fait Jerry. L’ivresse lui étant refusée, il se perd dans les jeux à boire avec comme objectif de trouver exactement la composition de ce que mon barman lui sert en aveugle. Leoric quand à lui n’est venu qu’une fois. Deux alphas, deux tempéraments différents.

Le regard de Rapier ne m’est pas inconnu. C’est celui d’un homme qui a vu trop d’horreur mais pas du côté des victimes comme a pu l’être Willem, Jansen, ou encore Lewis. Son regard ressemble à celui de Kada’an. Je pourrais dire au mien, mais cela serait faux. De tout le sang qui souille mes mains, il n’y en a qu’un seul qui me hante et me hantera toujours. Celui de Lyly, la première femme dont je suis tombé amoureux.

- Et bien Tobias, je ne vais pas vous empêcher de consommer, car j’apprécie que vos dollars filent du côté de mon tiroir-caisse.

Je souris franchement. Je ne suis pas un philanthrope et je pense qu’il est inutile que je sorte des violons compatissants pour ce prof à la dérive.

- Boire pour oublier c’est ce que fait le commun des mortels. Mais puisque vous êtes sujet Britannique, vous avez la capacité de boire autrement !

Je termine mon verre cul sec, invitant mon client à faire de même. Il est venu boire, grand bien lui en face. Seulement j’ai l’arrogance de penser que je ne gère pas un simple débit de boisson. Un regard sur la salle, le personnel s’en sort sans moi. Parfait. Je tourne le dos à Tobias et analyse ce que j’ai sur les étagères. J’attrape une bouteille avec un liquide ambré avec trois singes de métal incrustés sur l’épaule de la bouteille.

- Un Monkey Shoulder. On change de type de whisky avec un triple malts, élaboré avec trois single malts du Speyside. Nez mirabelle, lavande et chocolat, bouche en fruits rouges, réglisse et foins coupés.

Je nous sers juste un doigt en fond de verre. Rapier aura sa dose d’alcool, mais par petite touche.

- Vous savez que le nom de cet alcool fait référence au rhumatisme à l’épaule dont souffraient les Malteurs de la distillerie à force de retourner l’orge maltée ?

Je sais bien que je me mêle du besoin d’ivresse d’un homme. Mais quoi qu’il en soit, je reste le boss ici, et si on veut se soûler, c’est à ma méthode. J’ai posé son verre sur le rond de carton et le regarde avec une lueur de malice. Aller le Britannique, montre-moi ce que tu as dans le fond du gosier. Cherche les saveurs que je viens de mentionner et tu passeras un bon moment, tout en oubliant ce que tu cherches à oublier.

Kada’an dépose un plateau particulièrement chargé près de nous, obligeant Tobias à se pencher pour lui laisser de l’espace. Un rayon traître du soleil passant par la devanture, se reflète sur un objet sagement rangé sous la veste du professeur. Una pistola. Rien de bien anormal dans un pays qui voue un culte aux armes à feu. Le lycée connait parfois quelques violences. Mais ce n’est pas mes oignons. Puis ce n'est pas comme si l'un de mes colts n'étaient pas rangé sous le bar. Comme je suis souvent en chemise, je ne peux pas me permettre de le porter dans un holster. Mais si ces Porca puttana troia de napolitano tentent quelque chose, je suis prêt à les recevoir.



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MessageSujet: Re: Premier répère [Tobias & Alessandro] [Terminé]   Mer 7 Mar - 13:45



Tobias Rapier & Alessandro Amaro
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Il tentait d'oublier son verre, essayant pour ça de reporter son attention sur ce que lui disait le jeune homme face à lui. Il n'était donc pas le seul professeur de cette ville a voir un sérieux soucis avec l'alcool. Cela le ferait presque sourire si ce n'était pas aussi triste. Lui avait besoin de se saouler pour garder le semblant de santé mentale qui lui restait, mais il se demandait bien ce qui pouvait pousser ses collègues à faire de même. Il n'était pas inquiet pour eux, il se moquait du malheur des autres par principe, estimant avoir gagné le droit de se montrer égoïste pour cette vie, et même pour la prochaine si la réincarnation devait se révéler être autre chose qu'un concept obscur visant à rassurer les gens sur leur vies médiocres. Il sourit presque en entendant parler de lycée explosé, pensant immédiatement aux sciences car cette matière était la seule qui pouvait permettre ce genre d'exploit dans une salle de classe. Puis il entendit parler de sa matière de prédilection, celle qu'il n'avait pas enseigné depuis des années et ses yeux s'illuminèrent.

-J'enseigne les lettres également. Même si cela fait quelques années que je n'ai pas remis les pieds dans une salle de classe.

Il ne voyait pas ou pouvait se trouver un semblant d'honneur dans tout cela, c'était même surement une phrase type que l'italien sortait à tout ceux qui venaient dans son bar. L'alcoolisme et l’enseignement ne faisaient pas bon ménage, et lui même se disaitt qu'il allait devoir faire attention à ce sujet quand il allait reprendre le chemin du lycée. Torturer en étant ivre, cela se faisait bien, enseigner beaucoup moins. Il baissa les yeux vers son verre, agrippant à nouveau sa main autour alors qu'Alessandro lui disait qu'il le servirait sans soucis tant qu'il paierait. Il ne répondit rien, n'en voyant pas l'utilité, la vente de la maison et les assurances vie lui avait assuré une belle rente, et certains contrats bien payés ont achevé de le mettre à l'abri du besoin. Si l'argent était tout ce qui intéressait l'homme face à lui, il n'y aurait jamais le moindre soucis entre eux.

Il sourit finalement plus franchement en entendant le jeune homme lui parler de boire différemment, il ne répondit rien, n'ayant jamais fait parti de la catégorie des grands bavards, et ne traînant pas dans les bars pour discuter avec le premier venu, même si ce dernier s'avèrait être le patron et lui servait ses verres. Mais en effet, il avait toujours été fier de ses origines, lui le gosse qui avait été élevé au fin fond de la campagne anglaise, lui qui avait été presque gêné de présenter Maryssa à ses parents quand il avait appris que celle-ci n'était pas la douce rose anglaise qu'il aurait aimé épouser étant enfant. Non à la place, il s'était trouvé une femme volcanique, avec un caractère bien trempé qui l'avait suivi pendant des semaines à la faculté pour avoir le droit à un rendez-vous. Cette jeune fille, typiquement britannique par l'apparence, mais méditerranéenne dans son comportement, qui l'avait giflé quand il avait eu l'outrecuidance de lui offrir un refus. Il avait fini par céder, jouant les jolis cœurs avec sa belle, oubliant ses études quelques instants. Pour finalement tomber amoureux et ne vivre plus que pour elle. Ce qui n'avait rendu sa chute que plus dure encore. Il sentit sa main se resserrer autour de son verre alors qu'il voyait Alessandro vider le sien, l'enjoignant à faire de même. Il ne se fit pas prier bien longtemps, laissant le liquide chaud couler dans sa gorge, le savourant sans chercher à se cacher. Un soupir d'aise passant la barrière de ses lèvres.

Il fixa le dos de l'italien alors que ce dernier récupérait une bouteille derrière lui après une légère hésitation, l'écoutant comme un enfant qui écoute une nouvelle histoire fantastique, cet homme était en train de lui vendre du rêve. Il ne savait pas si s'en rendait compte, mais il s'en moquait. Il était bien dans cet endroit, certes il aurait pu boire plus et surtout plus rapidement, mais tout seul dans son nouvel appartement. Il savait qu'il n'était pas prêt pour ça, pas après avoir eu un ami, presque un chaperon pendant ses quinze dernières années à ses côtés pour veiller sur lui. Il vit le jeune homme les servir, une dose bien trop petite à son goût, mais il savait que le plaisir n'aurait rien de comparable avec ce qu'il aurait pu boire ailleurs. Alors il ne dit rien, il attendit simplement, se doutant bien qu'après ce verre un autre suivrait, que tant qu'il paierait et saurait se tenir, il aurait ce qu'il voulait. Il relèva les yeux vers Alessandro en l'entendant, avant de murmurer une réponse sur un ton moins froid, mais presque impatient.

-Non je l'ignorais. Finalement vous vous y connaissez sans doute bien mieux que moi à ce sujet. Je ne fais que le boire, et vous le vendez. Cela ne réclame pas le même champ de compétences. En tout cas le nom est sympathique, et l’anecdote agréable.

Il posa sa main autour de son verre dès que ce dernier atterri sur son disque de carton. Il leva un regard vers l'homme qui venait de le servir, celui-ci semblait dans l'attente de quelque chose, une réaction de sa part sans doute. Ses yeux ressemblant plus à ceux d'un gosse qu'à autre chose, de toute façon c'est ce qu'il était à ses yeux. Il devait avoir une petite trentaine d'années au compteur au maximum, alors que lui avait bien dépassé la quarantaine. Il avait toujours sut que si la chasse ne le tuait pas, c'était son foie qui finirait par l’abandonner un matin à force de mauvais traitements. Il était sur le point de porter son verre à ses lèvres quand une jeune fille avec un plateau bien chargé passa près de lui. Il se pencha un peu pour lui simplifier la tâche, se disant que cette dernière semblait bien jeune elle aussi.

Une fois la serveuse partie, il prit son verre, le porta à son nez avant d'en mettre le contenu dans sa bouche d'une seule traite. Et là un choc se produisit quand l'alcool envahit sa bouche. Il le connaissait bien celui-là. C'était la première chose qu'il avait bue quand il était arrivé en Ecosse juste après la tuerie. Une bouteille entière qu'il a vidée comme si ce n'était rien d'autre que du petit lait se rendant malade, et provoquant la rage de son compagnon après l'avoir vu boire un alcool d'aussi bonne qualité avec aussi peu de respect. La gueule de bois et la colère de l'autre n'ayant rendu sa situation que pire encore. Il avait alors été décidé que l'alcool qu'il boirait ne coûterait jamais bien cher, ne voyant pas l'importance de gâcher de l'argent d'une façon aussi bête.

Se sentant incapable d'avaler cette gorgée, il fit une chose que même lui trouvait impolie, il reprit son verre, le dissimulant grâce à sa main avant d'y recracher l'alcool. Il posa son verre sur le disque de carton, avant de sortir un mouchoir de sa poche, s'essuyant la bouche, se retenant de ne pas cracher à nouveau dans le morceau de tissu. Il repoussa son verre vers Alessandro, gêné et les larmes aux yeux avant de tenter d'expliquer son geste.

-Je le connais déjà celui-ci. Certainement excellent, mais chargé de mauvais souvenir. Le premier que j'ai bu. Pour oublier. Et qui malheureusement à un effet totalement contraire à ce que je souhaite à cet instant.

Il repoussa son verre vers le propriétaire des lieux.

-Navré ce que je viens de faire est ignoble, je paierais pour ça. Mais... Je ne peux pas. N'importe laquelle des bouteilles derrière vous, mais pas celle-ci.

Il voulait un verre, un autre ça allait de soi, juste pour effacer ce goût qui était toujours dans sa bouche. Cette sensation atroce qui lui donnait l'impression que son cœur cherchait à s'échapper. En temps normale il aurait allumé une cigarette, mais il avait bien vu l'écriteau sur la porte de ce bar qui l'interdisait.
 
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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Premier répère [Tobias & Alessandro] [Terminé]   Jeu 15 Mar - 18:20

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« Primo punto di riferimento »J’apprends que Tobias enseigne les lettres comme l’alpha que Will’ avait traîné une fois dans mon bar. Je n’ai d’ailleurs pas revu ce pince sans rire. Je me souviens que Willem était sorti du bar un peu précipitamment. Je tente de détourner l’attention de l’ivrogne anglais sur un jeu d’alcool un peu plus glorieux qu’une ivresse rapide.

- Non je l'ignorais. Finalement vous vous y connaissez sans doute bien mieux que moi à ce sujet.
- C’est mon métier, je n’ai aucun mérite.
-  Je ne fais que le boire, et vous le vendez. Cela ne réclame pas le même champ de compétences. En tout cas le nom est sympathique, et l’anecdote agréable.
- Je ne suis pas tout à fait d’accord. Le buveur, même s’il est déraisonnable, peut avoir un palais qualifié.


Je débarrasse le plateau que Kada’an a posé. Les gestes de l’habitude, chaque verres, tasse, chope trouve son panier. Je lance un lavage avec celui qui est plein. D’un geste précis, je pré nettoie les traces de rouge à lèvre qui sont tenaces.

Avec effarement, je vois Tobias recracher son whisky dans son verre. A-t-il le palais si dénaturé que ça pour ne pas apprécier cet alcool aux saveurs si subtiles, qu’une fois que l’on y a goûté ne serait-ce qu’une fois, il est possible de le reconnaître dans une dégustation en aveugle. Je soupire, mon entreprise à vouloir transformer l’autodestruction de ce gars en une torture plus douce est ratée.

Il repousse son verre dans ma direction. Je vais pour faire une remarque acerbe, quand je vois ses yeux humides. Ce n’est pas l’effet e l’alcool, il est bien trop imbibé pour qu’il soit encore sensible à cet effet réactif des glandes lacrymales.

-Je le connais déjà celui-ci. Certainement excellent, mais chargé de mauvais souvenir. Le premier que j'ai bu. Pour oublier. Et qui malheureusement à un effet totalement contraire à ce que je souhaite à cet instant.

J’escamote le verre, vidant son contenu dans l’évier. Le Monkey Shoulder est effectivement inoubliable. Dommage pour cet homme que ce souvenir appelle ce qui souhaite oublier.

-Navré ce que je viens de faire est ignoble, je paierais pour ça. Mais... Je ne peux pas. N'importe laquelle des bouteilles derrière vous, mais pas celle-ci.
- C’est en effet un outrage pour un alcool de ce niveau. Sa saveur est si particulière qu’elle est inoubliable. Dommage pour vous qu’elle soit rattaché à ce que vous fuyez. C’est du gâchis dans un sens, mais l’hédoniste que je suis est heureux de constater cet effet du Monkey Shoulder.


Ce qu’il y a de terrible dans l’alcoolisme, c’est qu’elle annihile toute fierté. Rapier veut boire, car il a besoin de sa dose. Je pourrais le renvoyer, lui dire d’aller se soûler ailleurs, mais la lueur qui tremble dans son regard me parle. Là, ses mains tremblent et se serrent et se croisent dans l’attente de la dose qui comble de l’ironie leur redonneront force et maîtrise, font de lui un être pathétique, mais il y a cette lueur dans son regard. Un prédateur sait en reconnaître un autre. Je jurerai que si Tobias Rapier était un loup, il aurait les mêmes prunelles que moi, d’un bleu glacial, rappelant combien la mort est gelée.

- On va laisser de côté les alcools de votre pays et passer en Belgique pour une bière trappiste. Une Rochefort bleue, 11.3 vol%.

Sans attendre sa confirmation, j’ai ouvert le frigo vitré dans mon dos et sort deux bouteilles que je verse avec art dans un verre préalablement rincé à l’eau claire.

- Les moines ne s’ennuyaient guère autrefois. Cette bière est brassée dans l’abbaye de notre Dame de Saint Rémy. C’est une édition limitée. Eau de source locale et levure unique. Difficile à trouver aux States. Mais on est un aficionados ou pas !

Je range les cadavres dans un rack sous le bar et me saisis de ma choppe pour trinquer.

- A la vôtre Tobias. Cela vous dit d’aller la savourer en terrasse. Votre drogue c’est l’alcool, moi c’est la sigaretta.

Mon verre à la main, je contourne le bar et précède Tobias dehors. Posant mon verre sur une table, j’attrape mon paquet et allume une sigaretta. Je tire ma première bouffée comme un noyé retrouve l’oxygène.

- C’est si insurmontable que ça ?

Je me mêle un peu de ce qui ne me regarde pas. Et viole une des règles de base de tout barman. Écouter, mais ne pas poser de question. Seulement j’avoue que ce type aiguise ma curiosité. Qui a-t-il tué ? La femme qu’il aimait ? Un être proche ?

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MessageSujet: Re: Premier répère [Tobias & Alessandro] [Terminé]   Sam 17 Mar - 0:40



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Premier répère


Il ne pouvait s'empêcher d'être rassuré en voyant qu'Alessandro ne semblait pas lui en vouloir pour son geste déplacé. Dans certains bars, on lui aurait bien vite montré la porte de sortie, mais pas ici, au contraire le gosse semblait prêt à le resservir et plutôt fier de l'effet qu'avait eu son whisky. En effet le goût si particulier de ce dernier était plus que reconnaissable et sans aucun doute très appréciable. Mais son palais pourtant détruit par des années de tabagisme et d'alcoolisme n'avait rien sut trouver de bon dans tout cela. Seul les mauvais souvenirs s'y étaient accrochés

Il faisait de son mieux pour ne pas y penser, concentrant son regard sur ses mains tremblantes, sur le poids du paquet de cigarettes dans la poche de son jean, sur la présence presque rassurante de son arme non loin de là. Il failli glisser une main sous son manteau pour en vérifier la présence mais se retint au dernier moment, ramené sur la terre ferme par la voix de l'Italien et la mention d'une bière. Il n'en avait pas bu depuis des années, pas depuis ce fameux soir, et là ou l'idée d'en boire une a nouveau pourrait se révéler effrayante, il vit dans cet acte quelque chose de rassurant. Presque un retour vers une époque plus douce, ou ces soucis n'étaient en rien comparables à ceux qu'il se coltinait à présent.

Il observait Alessandro tandis que ce dernier remplissait deux verres avec un geste dont la précision trahissait une longue expérience du service. Il attrapa sa chope lorsqu'elle fut déposée devant lui, écoutant à nouveau le propriétaire des lieux comme-ci ce dernier lui contait des histoires merveilleuses. Il lui rappelait à sa façon que l'alcool n'était pas qu'une solution simple pour oublier, non au contraire il lui faisait comprendre que chacune de ses bouteilles avaient une histoire. Il ouvrit la bouche, toujours aussi peu loquace avant de prononcer quelques mots.

-J'ai passé quelques mois en Belgique. Et je n'ai jamais pris le temps de m'arrêter quelque part pour boire une bière. J'espère que celle-ci me fera regretter de ne pas avoir joué les touristes suffisamment longtemps.

Ce fut avec soulagement qu'il accueillit la proposition de l'italien à propos de la terrasse et d'une possible cigarette. Il but une première gorgée, agréablement surpris par la fraîcheur de celle-ci et le goût de l'alcool bien moins violent que celui qu'il buvait habituellement, mais presque aussi satisfaisant. Il suivit Alessandro dehors, sortant son paquet de cigarettes à son tour avant de poser sa chope sur une des tables pour allumer le bout du bâton de nicotine qu'il avait déjà porté à ses lèvres. Il tira une longue bouffée de tabac avant de la laisser s'enfuir par ses narines en deux longs filets de fumée blanche. Puis il toussa, bêtement en entendant la question de son compagnon de tabagisme.

Il savait qu'il ne donnait pas l'impression d'être une personne très saine, que son comportement jugé comme déviant n'aidait en rien dans tout cela. Mais en général les gens ne cherchaient pas plus loin, ils détournaient juste les yeux, ne voulant pas s'intéresser à ce qui pouvait bien l'avoir mit dans cet état. Alors il répondit aussi franchement que la situation le lui permettait. Ne voyant pas ce qu'il avait à perdre dans tout cela, reprenant juste une autre bouffée de tabac pour se donner un peu de contenance.

-Mon fils et ma femme ont été tués par un monstre. Ou plutôt massacrés. Je l'ai vu s'en prendre au petit et j'ai été mis hors jeu quand j'ai voulu prendre le dessus. Quand je suis revenu à moi c'était trop tard.

Il reprit sa chope en main, en faisant rapidement descendre le niveau, sans se soucier de la qualité de l'alcool qu'il avait entre les mains. En cet instant il s'en moquait. Les pleurs de Charles résonnaient encore dans son esprit, comme chaque nuit alors que les cauchemars le réveillaient sans pitié. Il continua son récit, plus pour lui même que pour Alessandro.

-J'ai sans doute perdu l'esprit dans tout cela, et je suis sûrement mort en même temps qu'eux. Je me suis vengé, j'ai fait souffrir les amis de cette enflure, continuant juste pour le plaisir de les entendre supplier. Avant de les abattre quand ils n'étaient plus que des loques. Et j'ai continué, cherchant tout ceux qui pouvaient un jour faire ce genre de choses, faisant en sorte que personne ne subisse ce que j'ai vécu. Pour finalement me rendre compte que j'étais devenu pire que le fumier qui a détruit ma vie.

Et c'était là la raison de sa présence dans cette ville, il avait prit peur. Tout simplement, se rendant compte qu'il était devenu un monstre à son tour, Son arrivée dans ces nouveaux lieux n'étaient que des tentatives pleines d'espoir pour un jour retrouver la vie qu'il avait eu il y a quinze ans de cela. Il tira plusieurs bouffées sur sa cigarette, pompant dessus comme un perdu, à s'en brûler les lèvres avant de jeter un regard en biais au jeune homme.

-Vous n'êtes pas flic au moins ?

Il ne savait même pas pourquoi il s'inquiétait à ce sujet. Lui et son compagnon de chasse avaient toujours nettoyé derrière eux, ne laissant jamais de témoins ou de traces. Les gens ne s'intéressaient jamais aux alcooliques de passage, encore moins quand ceux-ci n'étaient pas très causants. Il n'y avait pas de preuves, aucunes.
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MessageSujet: Re: Premier répère [Tobias & Alessandro] [Terminé]   Ven 23 Mar - 18:15

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« Primo punto di riferimento »Tobias semble être un bon compagnon  de tabagisme. Même gestes fébriles que les miens. Le plaisir qui commence dès que l’on sort la sigaretta de son paquet. Je suis addict de la nicotine, mais aussi de toute la gestuelle qui va avec l’activité d’un fumeur. La première taf est différente des suivantes, car le tabac n’est pas encore réchauffé par les bouffées successives.

-Mon fils et ma femme ont été tués par un monstre. Ou plutôt massacrés. Je l'ai vu s'en prendre au petit et j'ai été mis hors-jeu quand j'ai voulu prendre le dessus. Quand je suis revenu à moi c'était trop tard.


Sa réponse me surprend par sa franchise et sa crudité. Famiglia massacrée, frustration d’avoir été incapable de les sauver, rencontre avec un monde qu’il est préférable d’ignorer. J’ai compris ce qui se cache derrière le mot « monstre ». La façon dont il a prononcé ce mot, élimine le déséquilibré mental lambda. Je bois une gorgée de ma bière, pour la reposer sur une table. D’un tacite accord, nous restons debout à battre le trottoir de nos semelles. Nouvelles bouffées de fumée, il poursuit d’une voix atone, comme s’il se parlait à lui-même.

-J'ai sans doute perdu l'esprit dans tout cela, et je suis sûrement mort en même temps qu'eux. Je me suis vengé, j'ai fait souffrir les amis de cette enflure, continuant juste pour le plaisir de les entendre supplier. Avant de les abattre quand ils n'étaient plus que des loques. Et j'ai continué, cherchant tous ceux qui pouvaient un jour faire ce genre de choses, faisant en sorte que personne ne subisse ce que j'ai vécu. Pour finalement me rendre compte que j'étais devenu pire que le fumier qui a détruit ma vie.


Son verdict sur lui-même est sans appel, la condamnation lourde sans l’once d’une remise de peine possible. La tuerie de sa famille, l’a fait devenir la pire des ordures, le pire des chasseurs. Ce n’est pourtant pas moi qui vais le juger, car je comprends parfaitement son ressenti. J’ai rarement éprouvé du plaisir en tuant. Par contre j’ai souvent assouvi ma colère dans cet acte. Mon dernier coup d’éclat était avec Arès contre les hommes de Victor Barns et ce figlio di buona donna qui avait tenté d’incendier le Pink, frustré que je l’ai renvoyé suite à son incapacité à faire craquer mon voisin de commerce. Je commençais mon implantation dans l’underground de Beacon Hills. Je devais marquer les esprits, créer la terreur. Bien des flics qui sont venus sur les lieux du carnage ont retroussé leurs entrailles, vomi leur dîner de baptême. Je comprends la terreur et l’horreur qu’a pu ressentir Tobias, car je l’ai lu dans le regard de mes victimes. Je n’ai tué des innocents que deux fois. La première fois, je ne m’en souviens même pas, c’était ma première lunaison, je ne savais même pas que j’étais un loup garou. La deuxième fois a grillé mon âme, car c’était la femme que j’aimais.

Sa voix se tarit. J’imagine que son esprit lui remontre la scène honnie. La mémoire est une fonction perfide du cerveau, qui a la fâcheuse tendance à vous balancer ce que vous souhaitez oublier, et égarer ce que vous cherchez en vain à vous souvenir. Nous tétons nos sigaretta en silence. La nicotine aiguise mes sens et mon acuité. Fausse impression ou réalité ? Je n’en sais rien. Je m’adonne à ce plaisir d’autant que je sais que je ne développerais aucun cancer malgré mes deux paquets journaliers.

-Vous n'êtes pas flic au moins ?

Sa remarque me tire un sourire, je lui rends son regard en biais.

- Non. J’exècre la volaille. Je suis… un monstre.

Mon sourire s’élargit, légèrement provocant. Ce gars m’a avoué avoir pratiqué une chasse cruelle. Et pourtant… Une décharge d’adrénaline parcourt mes veines. J’aime la mise en danger. Ce type est un poivrot, mais il porte toujours une arme. Je ne doute pas que son corps n’a pas oublié les gestes de survie et que même légèrement grisé par l’ivresse, il n’en reste pas moins efficace pour dégainer et tirer. Je soupire pour dédramatiser ma provocation. Je tiens mon loup emprisonné d’une main de fer. Il peut s’avérer violent, mais je ne le laisse jamais sortir.

- Mais ce n’est pas le monstre qui est le plus à craindre chez moi.

La cruauté, la vraie, est purement humaine. Un animal ne fait que se défendre. J’admets que la mort de la femme et du bambino de ce gars est un acte purement gratuit. Mais le pourcentage de tarés est le même chez les garous que les humains. C'est ce que les chasseurs se refusent d'admettre.

- J’ai un souvenir qui parfois m’empêche de dormir. Mais aucun somnifère, aucun alcool ne peut m’aider. L’ivresse est une chance mio amico.

Mon regard se voile devant la vision du cou gracile de Lyly qui craque sous mes doigts. Je lève ma chope vers mon compagnon de mauvais souvenirs et en siphonne une bonne moitié dans une longue gorgée.


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MessageSujet: Re: Premier répère [Tobias & Alessandro] [Terminé]   Dim 25 Mar - 19:21



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Premier répère


Au moins il n'est pas flic. Et n'ira pas leur parler de lui, c'est certain vu l'amour qu'il semble leur porter. Tout cela aurait pu être une excellente nouvelle, si le gamin n'avait pas jugé bon de continuer sur sa petite lancée. La fin de sa phrase ne laisse aucune place à l'imagination. Il a bien compris la vraie nature de ce qui a tué la famille de Tobias, et il lui avoue comme ça sans sourciller qu'il en est un lui même. Son cœur s'emballe suite à cette révélation, ses doigts se crispent autour de sa cigarette, et il la porte à ses lèvres dans un geste empressé, espérant y trouver un minimum de douceur. Et du calme surtout. Le calme nécessaire pour ne pas sortir son arme et faire une troisième œil en plein milieu du front d'Alessandro. Ou juste le truffer de balles jusqu'à le rendre groggy, l'emmener dans sa cave et jouer un peu avec.

Mauvaise idée. Il n'y a pas de cave dans son appartement. Et sortir une arme dans la rue est loin d'être une trouvaille de génie. Il sourit à cette pensée, glissant une main sous son manteau, caressant l'objet qui s'y cache, calmant sa respiration et ses nerfs de cette façon. Il ferme les yeux sans s'en rendre compte se disant qu'il n'y aurait aucun intérêt à s'en prendre à Alessandro. Surtout quand il lui dit qu'il n'y a rien à craindre avec son loup. Ou plutôt qu'il est bien pire que ce dernier. Du sang sur les mains donc, ou quelque chose de ce genre, cela explique l'amour qu'il voue aux forces de l'ordre. Et le fait qu'il ne semble pas le juger pour ses activités. Ce point commun et son souhait de revenir à une vie plus normale font s'estomper les idées de massacre qui ont été les siennes quelques instants plus tôt.

Il rouvre les yeux, s'approche de sa chope et la vide sans sourciller, ayant soudainement besoin d'un bon remontant. Cette fois-ci il aurait bien besoin de revenir à un alcool plus fort, mais ne dit rien et rit froidement en entendant l'Italien lui parler d'ivresse. Il lui jette un regard plus doux, enfin ce qu'il a de plus doux en stock. Le genre de choses qu'il a connues avec son propre père, ce regard étrange qui vous fait vous sentir jugé et consolé à la fois.

-Et oui, ce genre de petit privilège n'est pas permis aux putain de loups... Sans je me balancerais au bout d'une corde depuis quelques années.

Il fixe Alessandro, ne cherchant même pas à le faire discrètement. Il porte sa cigarette à ses lèvres avant de grimacer en tirant dessus, il vient de ses brûler les lèvres, le filtre commençant à brûler par manque de tabac à consumer. Le goût dans sa bouche est ignoble et il s'empresse de jeter le mégot au loin avant de sortir une flasque d'une de ses poches pour en boire une longue gorgée, faisant tourner le bourbon bas de gamme dans sa bouche pour oublier le goût de plastique fondu sur sa langue. Il referme la petite bouteille de métal avant de la remettre à sa place, se sortant une nouvelle cigarette l'allumant sans perdre de temps.

Le gosse a perdu quelqu'un lui aussi, car il a l'air au moins aussi piteux que lui en cet instant. C'est presque rassurant de constater que la vie est une peste avec tout le monde. Il lâche sa fumée en plusieurs fois, jouant comme un môme, tentant de laisser s'enfuir des petits cercles a peu près passables avant de repositionner son attention sur l'Italien et poser cette question, celle qui lui tourne en tête, celle qu'il pense avoir le droit de poser avec le calme dont il fait preuve malgré la situation et vu l'indiscrétion dont son interlocuteur à lui même fait preuve quelques instants plus tôt.

-Alors ? Madame est morte aussi ?

Prendre des gants pour poser ce genre de question ne servirait à rien. S'il se fait envoyer sur les roses il comprendra, lui même à tendance à le faire lorsque l'on s'intéresse à sa personne d'un peu trop près. Mais il est prêt à prendre ce risque, il a juste besoin d'oublier ce qu'est l'autre, pour ne pas devenir dingue et retomber dans ses vieux travers, qui tout compte fait ne le sont pas tant que ça. Il n'a pas envie de le voir comme un de ses fichus monstres, juste besoin et envie de voir l'humain qui se planque derrière.

Et puis... Il aime bien cet endroit, même si on refuse de le laisser se saouler aussi vite qu'il ne le voudrait. Et il est presque sur que cela jetterait un froid s'il en tuait le propriétaire.  
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MessageSujet: Re: Premier répère [Tobias & Alessandro] [Terminé]   Mar 27 Mar - 21:33

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« Primo punto di riferimento »Je pourrai presque faire le cheminement de ses pensées. Sans vraiment le fixer, je reste attentif à ses gestes et ce truc mou qui lui sert de cœur. Cette pompe qui envoie l’alcool qu’il ingurgite dans le moindre recoin de son corps. Une multitude de personnes cohabitent sous son crâne.

La première, la plus visible, c’est l’ivrogne, le type à la dérive. Celui qui se brûle les lèvres avec son mégot et qui tient son verre comme un jeune bambino son biberon. Ses mains tremblent, son regard vacille. Déchéance de l’homme et abandon de toute humanité, il vide sa chope et se sert une rasade d’une flasque personnelle.

Ce type ne serait pas intéressant, s’il n’y avait pas tous les autres. Ce père et ce mari qui a perdu les deux trésors de sa vie. Les spectres qui peuplent son regard sont édifiants. Comme si ses prunelles étaient une fenêtre donnant directement sur la Géhenne. Cet homme a la mort à ses côtés. Fidèle amie qui ne le lâche pas d’une semelle.

De sa douleur et son anéantissement est née une créature très sombre, dangereuse et cruelle. Sa main caresse son arme. Le métal dur et froid est son ancre, son amarre. Il cherche un réconfort, une sécurité dans cet engin de mort capable de contrer le monstre que je suis. Le chasseur émerge des brumes alcooliques. Pris dans un dilemme. Torturé entre l’instinct de gestes longuement répétés et un instinct de survie, sinon de raison.

Tirera ou ne tirera pas ?

Un frisson me parcourt, tandis qu’une montée d’adrénaline inonde mon sang. Mon acuité s’étend. Les bruits de la ville sont plus francs. J’entends une cuillère qui tombe à l’intérieur du bar, le claquement feutré d’une portière, le bruissement de sa veste quand sa main sort enfin de son giron… vierge de flingue. La survie a gagné ce round. Décision prise, son rythme cardiaque ralenti. Il s’essaye à des ronds de fumée. Il a dû savoir faire dans une autre vie. Je m’abstiens de lui sortir un rond parfait et souffle ma fumée dans un long jet en souffle de dragon.

Je m’interroge sur l’utilité de ce type. Je ne suis pas un philanthrope et suis rarement aimable sans arrière-pensées. Ce type a la cervelle grillée, trop pour en faire quelque chose de fiable ? Ou pile ce qu'il faut ?

-Alors ? Madame est morte aussi ?

Je serre les dents et grimace. Résumé lapidaire qui me colle au même niveau que ses propres démons.

- La vie à la mauvaise idée d’être mortelle.

Elle sentait la violette. Un parfum subtil et floral, loin des parfums capiteux en vogue qui agressent plus qu’ils ne charment. Lyly était un ange blond. J’étais le démon. Avant d’en finir, j’ai longuement hésité à lui montrer qui j’étais vraiment. Pas seulement ce gangster en puissance, mais un loup. Un animal sauvage qu’elle avait réussi à dompter sans le savoir. Toutefois, j’ai eu peur de son regard. Peur d’y lire du dégoût. J’aurais accepté sa peur, mais pas sa répugnance. J’étais son soleil, je ne voulais pas devenir… un monstre.

Depuis que ses vertèbres ont craqué entre mes mains, dans un geste si rapide qu’elle n’a pas eu le temps de savoir qu’elle mourrait, je me moque bien du regard des autres. Au contraire, j’arrive à me délecter de leurs émotions quand ils comprennent que la fiction rejoint la réalité. Car ce n’est pas seulement la peur du loup qui ressurgit, mais celles de tous les monstres qui ont peuplé leur enfance.

- La vérité sur certaines affaires n’est pas la meilleure chose à dire. Je lui ai évité une longue agonie que d’autres n’auraient pas manqué de lui infliger. J’essaye de voir ça comme un acte d’euthanasie sur quelqu’un irrémédiablement condamné.

Je tire une dernière bouffée sur ma sigaretta avant de jeter le mégot sur la rue.

- Je suis certain que mon histoire aurait inspiré un dramaturge anglais.

Je ricane, me moquant de moi-même. J’ai tué par amour. J’essaye de m’en convaincre. Quels autres choix avais-je ? Me laisser coffrer ? Lyly se serait quand même fait descendre et pas de manière indolore. La convaincre de fermer les yeux ? Elle était si pure et si naïve. Son vrai meurtrier est mio fratello, Matteo. En lui disant dans quelles affaires je trempais, il l’a assurément condamnée. C’est lui qui a assassiné Lyly, m’obligeant à être le bourreau de celle que j’aimais.

Suis-je un monstre ? Il n’y a pas de doute. Suis-je responsable ? La réponse est moins évidente.

- Rentrons ! Il y a quelques bouteilles à tester. Whisky ? Tequila ? Vodka ? Gin ?

J’attrape ma choppe posée sur une table et entre dans le bar en lui tournant le dos. Inconscience ? Non, mon regard ne quitte pas son reflet dans le miroir derrière le bar. Je suis téméraire, mais pas suicidaire. J’ai dans l’idée que notre relation se tend vers les meilleurs ennemis du monde avec monsieur Rapier.


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MessageSujet: Re: Premier répère [Tobias & Alessandro] [Terminé]   Mer 28 Mar - 13:23



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Premier répère


Il le voit serrer les dents et se doute qu'il a mit le doigt sur quelque chose que l'Italien aurait préféré oublier. Mais surtout cette réaction le conforte dans son idée, il pourrait presque avoir pitié de l'autre, s'il s'intéressait encore réellement au malheur de ceux qui l'entourent. Mais il a déjà bien assez de travail avec ses propres démons à gérer sans se mettre à compatir pour tout les malheurs de ceux qui l'entourent.

Un sourire froid prend place sur ses lèvres lorsqu'Alessandro parle de mortalité, il le fixe d'un regard inquiet, presque paternaliste alors que ce dernier semble replonger dans son passé. Il porte sa cigarette à ses lèvres, tirant une longue bouffée de tabac sur celle-ci, encrassant encore un peu plus ses poumons qui doivent être dans un bien mauvais état après plus de dix ans de tabagisme effréné. Mais il s'en moque, il mourra bien un jour lui aussi, que ce soit d'un coup de griffe mal placé, d'une balle, un cancer ou une cirrhose. Il sait que la vie qu'il mène ne fait qu'augmenter ses chances de rencontrer la faucheuse le plus vite possible. Car après tout une partie de lui ne demande que ça, quitter ce monde qui n'a plus vraiment de raisons d'être à ses yeux. Il n'a juste jamais eu le courage de se coller un flingue dans la bouche et appuyer sur la gâchette, mais il sait que chaque jour passé sur cette terre ne fait qu'enfoncer un peu plus les clous de son cercueil.

Il ne peut s'empêcher de tiquer en entendant le loup parler. Ce dernier semble traîner dans des affaires bien louches, et ne prend pas forcément la peine de s'en cacher. Ou bien est-il juste kamikaze, ce qui irait très bien avec le manque de méfiance dont il semble faire preuve. Il ne se serait jamais attendu à avoir un telle réaction de la part d'un être surnaturel face à sa passion bien peu commune, plus habitué à la colère et à l'agression directe qu'à cette passivité. Il a juste l'impression de se retrouver dans un vieux film de gangsters, comme ceux qu'il allait voir au cinéma à l'époque de la faculté avec ses amis. Ces films ou les Italiens représentaient la mafia et s'entretuaient juste pour un morceau de territoire. Des meutes avec des armes à feu à la place des griffes et des crocs.

Il rit doucement en entendant la réflexion du petit, avant de reprendre derrière lui sans vraiment réfléchir.

-Il vaut mieux inspirer la plus triste des histoires d'amour, que n'importe quelle histoire de haine. Bien que l'amour mène souvent à la haine.

Sinistre pensée, mais tellement vraie, à ses yeux en tout cas. Il ne cherche même plus à afficher une parodie de joie, et le ricanement de son compagnon d'infortune lui montre que ce dernier n'a pas non plus le cœur à jouer ce genre de comédie. Il ramène sa cigarette à ses lèvres, y tirant quelques taf rapides avant de l'écraser entre ses doigts pour la jeter au loin lui aussi, ses yeux s'illuminant à la mention d'alcool. Il récupère sa chope au passage, suivant le loup, ses yeux rivés sur sa nuque, sa main libre contre la poche de son jean, caressant à travers le tissu le couteau papillon qui s'y trouve. Se demandant comme ça, juste pour le plaisir, combien de temps il lui faudrait pour l'enfoncer à travers le cou d'Alessandro.

Puis il s'installe sur le tabouret qu'il avait déjà prit d’assaut quelques instant plut tôt, avant de poser ses mains sur le zinc du bar puis répondre d'une voix sans doute un peu trop enjouée.

-Quelque chose de fort. Suffisamment pour calmer ça.

Il désigne d'un geste du menton sa main, et les tremblements qui l'agitent. Il en connait la cause, le manque tout simplement, même s'il a été toujours surpris en découvrant que ceux-ci se stoppait dès qu'il tenait une arme en main, ses gestes devenant alors précis, incisifs, comme si ses membres semblaient prit d'une volonté propre à eux même, n’obéissant qu'à son instinct. L'alcool calme ses tics nerveux lui aussi, enfin pendant un temps, par la suite ils reviennent en force, lorsque la limite acceptable de ce qu'il peut faire subir à son corps est franchie.

Finalement il détache son regard de sa main, se penchant légèrement au dessus du comptoir, ancrant ses yeux noirs dans ceux du loup avant de murmurer quelques mots, sur un ton si bas que même un autre surnaturel ne pourrait les entendre.

-Alors si j'ai bien compris, tu es bien plus qu'un proprio de bar. N'est ce pas petit ?

Même si sa phrase ressemble à une question, dans son esprit elle a tout d'une affirmation. Sans aller jusqu'à imaginer une mafia dans ce coin perdu de Californie, il est certain que ses affaires n'ont rien de tendre. Sinon il n'aurait pas du tuer son amie lui même pour l'épargner. Il est même certain que ce sang n'est pas le seul qui couvre les mains d'Alessandro. Son regard toujours rivé sur lui, il tapote le zinc du bout des doigts, attendant son verre, et une réponse qui, il l'espère lui montrera qu'il n'est pas juste parano et que sa cervelle fonctionne encore à peu près correctement.  
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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Premier répère [Tobias & Alessandro] [Terminé]   Lun 2 Avr - 12:42

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« Primo punto di riferimento »Tourner le dos à un chasseur, voilà qui est bien déraisonnable. Dans le miroir du bar, je vois bien son regard vissé à ma nuque, sa main dans une poche qui doit cacher autre chose qu’un briquet tempête. Toutefois, j’évalue le risque minime. Rapier, même la conscience embrumée par les vapeurs d’alcool, ne se risquerait pas à m’abattre froidement en plein jour sur la terrasse de mon bar.

Mon regard croise le sien dans le miroir. Fugace instant entre le chasseur et sa proie potentiel. Je romps le contact d’un clin d’œil et passe derrière le zinc. Tobias en bon ivrogne a déjà les deux mains posées à plat sur le bar. Son corps déjà heureux de la dose que je lui ai promise.

-Quelque chose de fort. Suffisamment pour calmer ça.

Il me désigne ses mains qui tremblent. Signe du manque. Il a dépassé la pudeur et la honte de son addiction et de sa condition misérable. Il ne cache pas sa dépendance dans de faux semblants. Alors je m’exécute, dégainant un verre propre que je fais promptement claquer sur le comptoir. Les flammes de l’enfer s’allument dans le regard de ce client si particulier. J’observe la lignée des bouteilles d’alcool fort. Je ne cherche plus la distillerie précieuse, ou les fûts sont soigneusement élaborés. Mes doigts attrapent le col d’une bouteille de Gin. En remplissant le verre, je tais l’histoire de cet alcool originaire des Pays-Bas. Je lui fais également grâce de la rondelle de citron qui accompagne normalement notre service. Alors que je lui pose un ramequin de cacahuètes à portée de main, le chasseur capture mon regard.

-Alors si j'ai bien compris, tu es bien plus qu'un proprio de bar. N'est-ce pas petit ?

« Petit ». Combien de fois m’a-t-on donné de ce surnom. Je ne m’en offusque pas et pousse le verre vers Rapier. «Bambino, je le suis en effet par rapport à lui. Son regard me dit qu’il a vu bien plus d’horreur que le mien. Des horreurs que nous avons nous même perpétrées.

- Je fais des affaires. Et je recrute… potentiellement

Pour cette fois, je ne l’accompagne pas dans sa soif destructrice. Accoudé au comptoir, je le scrute. Est-ce qu’un type comme lui pourrait être utile ? Je pense aux projets de Chad de faire s’entre-tuer les chasseurs les uns contre les autres. Se servir de leur avidité, de leur rage et de la folie destructrice qui étreint leurs cervelles. J’ai aussi les hommes de main de Victor Barns, mon concurrent principal dans cette ville. Ce ne sont pas des enfants de cœurs et leurs méthodes empirent depuis que je commence à grignoter considérablement leur territoire. Pourrais-je retourner ce chasseur peut-être pas si rangé que ça ? Lui montrer d’autres cibles, des salopards que personnes ne regrettera. Il pourrait assouvir ses démons de violences tout en étant utile à la communauté.

- Mais vous semblez avoir déjà un métier.

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MessageSujet: Re: Premier répère [Tobias & Alessandro] [Terminé]   Mer 4 Avr - 2:35



Tobias Rapier & Alessandro Amaro
Premier répère


Il hausse un sourcil avant de rire froidement en entendant Alessandro parler de recrutement. Rire qui même s'il n'a rien de joyeux lui réchauffe pourtant bel et bien le cœur. Lui bossant pour un loup, drôle de blague, la meilleure qu'il ait entendue depuis des années. Et qui pourtant pourrait presque se révéler être une idée attirante. Mais seulement si le petit est du bon côté. Il a assez d'innocents sur son tableau de chasse pour ne pas venir en ajouter de nouveaux.

Il attrape son verre, et en bois la moitié en une lampée, ne cherchant même pas à découvrir un goût particulier à son contenu, juste pour sentir sa gorge le brûler alors que le gin entame une descente rapide dans celle-ci. Il serre légèrement les dents en sentant le fond de son palais être attaqué par l'alcool, peu habitué à ceux de ce genre avant de reposer son verre, se désintéressant totalement des cacahuètes qui prennent place à côté. Il fixe ce qui lui reste d'alcool, prêt à terminer tout ça immédiatement, juste pour se faire resservir quand le loup reprend, lui tirant cette fois un simple sourire emprunt de cynisme.

-Un métier qui n'interdit pas une certaine forme de distraction.

Il ne cherche pas à répondre positivement à une quelconque proposition, qui sans doute n'est même pas réelle. Non, il lui fait juste comprendre, ou plutôt il lui confirme que sa retraite est loin d'être effective. Il tente de se racheter une conscience certes, mais ne se fait pas d'illusion, la chasse lui est devenue aussi utile que cet alcool qui remplit ses veines. Sans doute bien plus encore. Il n'est qu'un tueur avec un penchant pour la torture qui se donne l'excuse de la vengeance pour se satisfaire. Sa main se resserre autour de son verre à cette pensée, il le finit finalement d'une seule traite, sans conviction cette fois avant de passer une main dans la poche intérieure de son manteau, dévoilant l'arme qui se cache en dessous, sans se méfier, certain que seul l'Italien la verra. Il sort une liasse de billet roulée sur elle même et tenue par un élastique qu'il retire bien vite avec des gestes mécaniques.

-Ce n'est pas que je ne me sente pas bien en ce lieu, mais je vais devoir te laisser, Je reviendrais sans doute, prouver une nouvelle fois que je ne suis pas homme à faire d'esclandre en public.

Il prend quelques billets en main, jouant avec en regardant Alessandro, attendant que ce dernier ne se décide à prendre son dut, Il se demande presque s'il ne devrait pas ajouter un peu plus, pour l'analyse psychologique foireuse dont il vient d'être la victime. Cette pensée le fait sourire et il glisse finalement un billet de plus sur le zinc.

-Service. Bonne continuation Alessandro.

Il glisse son argent dans sa poche, se relevant du tabouret avant de sortir de l'établissement, remontant son col autour de son visage avant de se diriger vers son appartement pour y défaire les quelques cartons qu'il a emmené avec lui, et commencer à boire réellement.  
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Alessandro Amaro

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MessageSujet: Re: Premier répère [Tobias & Alessandro] [Terminé]   Mer 11 Avr - 21:38

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« Primo punto di riferimento »-Un métier qui n'interdit pas une certaine forme de distraction.

Je ne peux pas m’empêcher de grimacer. Certes j’emploie des tueurs, des mercenaires. Ils ont chacun leur histoire, leur passé. On ne s’improvise pas dans un tel métier. Arès a connu l’orphelinat, le meilleur endroit pour vous couper les ailes dès l’enfance. Ryan, le chef de la Squadra est un ancien militaire. Il a basculé du mauvais côté à cause du peu de reconnaissance de son travail en tant que soldat. Les gens sont des ingrats. De cet égoïsme naissent des frustrations. Les frustrations engendrent la colère. La colère fait basculer un homme. Tous ceux qui bossent pour moi ne sont pas des enfants de cœur, par contre Arès les a choisis avec soin. Pas de psychopathes, pas de malades, pas de névrosés. Des gars certes sans états d’âme, mais avec une conscience.

Tobias est un chasseur et sa douleur l’a amené à une déchéance qui en fait un être potentiellement dangereux. Par « distraction », je ne suis pas sûr d’apprécier ce que cela cache. La notion d’éthique dans le crime peut sembler risible et pourtant je l’applique. L’ivrogne lui n’en est plus là. Sa cervelle a grillée comme le plomb d’un vieux fusible de porcelaine.

Le verre de vodka que je viens de lui servir ne fait pas long feu. Magie éthylique, ses tremblements cessent. Il me fait penser à la famille Lantier dans l’œuvre de Zola. Le célèbre écrivain affirmant que le vice est héréditaire et qu’il existe un gène lié à l’alcoolisme. Tobias Rapier vient-il d’une telle famille ? Il est fort à parier que je ne le sache jamais.

Ce client atypique sort un rouleau de billets, laissant apparaître furtivement son calibre. Un Smith et Wesson, ou… Tobias joue avec ses billets, baroud d’honneur de celui qui feint de s’enivrer par volonté.

-Ce n'est pas que je ne me sente pas bien en ce lieu, mais je vais devoir te laisser, Je reviendrais sans doute, prouver une nouvelle fois que je ne suis pas homme à faire d'esclandre en public.
- Je n’en doute pas. Puis c’est avec plaisir que nous accueillons les consommateurs solvables.


Je me saisis de l’argent qu’il tend. Je n’ai pas le temps de lui rendre sa monnaie qu’il dépose un billet supplémentaire sur le zinc. Je me contente de m’en saisir avec un sourire. Je ne ferai pas l’ingrat la prochaine fois et lui offrirait quelques tournées.

-Service. Bonne continuation Alessandro.
- Ciao’ Amico. A presto Tobias.


Homme digne dans sa déchéance, il sort du bar le pas relativement assuré pour la quantité d’alcool ingurgitée. Je le suis du regard tant que la vitrine me le permet. C’est un tueur, mais il n’a pas le profil que je cherche. Trop indépendant, trop imprévisible. Toutefois il sait tuer. Je garde cette info. Un jour elle servira peut-être, comme jamais.

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